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Full text of "Le progrès médical : journal de médecine, de chirurgie et de pharmacie"

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Le  Progrès  Médical 

i0oe 


REVUES  DES  SPÉCIALITÉS 


Anthropologie . ZABOFtOWSKI. 

Affections  des  organes  génito  urinaires . A.  MALHERBE. 

Bactériologie . RAMOND. 

Chirurgie . D' LONGUET. 

Dermatologie  et  syphiligraphie . D  P.  RAYMOND. 

Eaux  minérales  et  hydrothérapie . D'  L.  GRAUX. 

Electrothérapie . D  P.  L.  REGNIER. 

Hygiène . D  FILLASSIER. 

Jurisprudence  médicale . D'^  LIRMIN-LIPMAN. 

Maladies  de  la  première  enfance . D'  H.  de  ROTHSCHILD 

Maladies  de  la  deuxième  enfance . D"  PAU L-BONCOU R. 

Maladies  des  oreilles,  du  larynx  et  du  nez . D"  BARATOUX. 

Médecine  dentaire . D'  SIFFRE. 

Neurologie . DMIRALLIÉ. 

Obstétrique  et  gynécologie . D  JEANNIN. 

Ophtalmologie . D'  POULARD. 

Psychiatrie . KERAVAL. 

Thérapeutique . D- CORNET,  NOIR. 

Médecine  légale . D'^  TISSOT. 

Kinésithérapie . . D"  KOUINDJY. 


SOCIÉTÉS  SAVANTES 


Académie  de  Médecine .  . 

Académie  des  Sciences . 

Société  d'Anthropologie . 

Société  de  Biologie . 

Société  de  Chirurgie . 

Société  médicale  des  Hôpitaux . 

Société  de  Médecine  Militaire . 

Société  de  Médecine  de  Paris . 

Société  de  Médecine  publique  et  de  Génie  sanitaire 

Société  d’Obstétrique . 

Société  de  Pédiatrie . 

Société  de  Prophylaxie  sanitaire  et  morale  .  .  . 

Société  de  Thérapeutique . 


D^  PLICQUE. 

Mme  le  PHISALIX 
ZABOROWSKI 

Mme  le  D'  EDWARDS  PILLIET. 
CATZ. 

D  FRIEDEL 
DEMMLER. 

8URET. 

PUJOL 
D'  JEANNIN. 

D'CH  -H.  PETIT  VENDOL 
D^  FIAUX. 

D  FRIEDEL 


JOIIRXAL  DE  .MÉDECINE,  DE  CHIRURGIE  ET  DE  PHARMACIE 


COMITÉ  DE  RÉDACTION  : 


BOURNEVILLE 


.seur  de  Cliniq^ue 
:  de  l'Acade'mie 


de  Médecine. 


E.  BRISSAUD 

Professeur  à  la  Faculté  de  MéJe.ine, 
Médecin  de  l'Hôtel-Dieu. 


DÉJERINE 

Professeur  à  la  p'aculté  de  Médecine 
Médecin  de  la  Saipêtrière. 


POIRIER 

Prof.  d'Aralomie,  Chir.  tes 
Membre  de  l’Académie  ce 


Hôpitaux 

Médecine 


MAGNAN 

Médecin  de  l'Asile  clinique. 
Membre  de  l’Académie  de  Médecine, 


FABRE  {de  Commentry) 
Membie  correspondant  de  l'Académie 
de  Médecine. 


MALHERBE 

Directeur  de  l’Hcole  de  Médecine 


LONGUET 

Prof,  à  l'Ecole  de  Mc  J.  de  Rouen, 
Arcien  int  rue  des  hôpitaux  de  Pa  is 


H.  DE  ROTHSCHILD 
Docteur  en  Médecine. 


PAUL  CORNET  J.  NOIR 

Docteur  en  Médecine,  Docteur  en  Médecine, 

Ex-int.  en  pharmacie  des  hôp.  de  Paris  Secrétaire  de  la  Rédaction 


TRENTE-CINQUIÈME  ANNÉE 

3  BÉFilE.  —  TOME  IKXII  :  1900 

Illustré  de  34  figures  dans  le  texte. 


COLLABORATEURS  PRINCIPAUX: 

ABADIE  (CH.),  ARTHAUD,  BALLET  (G.),  BARATOUX,  (J.),  BITOT  (P.),  BLANCHARD  (R.),  BOISSIER  (F), 
BONNAIRE  (E.),  BOUTEILLIER  (G.),  BURET,  CARRIER,  EHABBERT,  CHARCOT  (J.-B.),  S.  CLADO, 
CORNET  (P.),  CORNILLON  (J.),  DARIER,  DAURIAC,  DEBOVE,  DEMMLER.  M'»'  ED-WARDS-PILLIET 
FÉRÉ  (H.),  FIAUX,  FILLASSIER,  FRIEDEL,  LUCIEN-GRAUX,  JEANNIN.  JOSIAS  (A.),  JOFFROY,  KERAVAL, 
KOENIG,  KOUINDJY  (L.),  LANDOUZY,  LONGUET,  MAGNAN,  MALHERBE  (A.),  MARIE  (P.),  MAUNOURY[(G.), 
MAYGRIER,  MIRALLIÉ,  MONOD  (H.),  MOREL,  MÜSGRAVE-GLAY  (R.  de),  PAUL-BONCOUR  (G.),  PETIT- 
VENDOL  (CH.-H.),M'‘'ePHISALIX,PIERRET,  PITRES,  PLICQUE,’ POULARD,  POZZI,  PUJOL,  RAMOND(F.), 
RANYIER,  RAOULT  (A.),  RAYMOND  (F.),  RAYMOND  (P.),  REGNARD  (P.),  RÉGNIER  (L.-R.),  REVERDIN, 
(de  Genève',  RICHER  (P.),  ROUSSELET  (A.),  SCHWARTZ,  SÉGLAS,  SEVESTRE  (A.),  SOLLIER,  SOREL  (R.), 
TERRIERfF.i.  TROISIER,  VIGOUROUX  (R.),  VILLARD  (F.|,  YVON  (P.l,  ZABOROWSKI. 

CE  VOLUME  RENFERME.  EN  OUTRE,  DES  MÉMOIRES,  DES  LEÇONS  OU  DES  REVUES 

DE  MM. 

Arthaud,  Beauvois,  BenUBarde,  Berne.  Borel,  Marcel  Bourneville,  Chanteinesse,  Cornil,  Coudray,  David.  Demmler 
Dubar,  Frenkel.  Guillain,  Huchet,  Jourdan,  Kanellis,  Konried,  Marc  Laffont.  Laquerrière,  Leblond,  Lefur^ 
Lematte.  Lemoine,  Leriche.  Lombard,  B.  Naricb,  L.  Netter.  M’"'^  Péchin,  Pénières,  Poacet,  Sakorraphos? 
Stephany,  Sortiadès,  Terrien,  A.  Touzé,  Edm.  Vida',  Viron. 


90170 


PARIS 

AUX  BUREAUX  DU  JOURIMAL 
14,  RUE  DES  CARMES,  14 


S5«  ANNÉE.3*  SERIE.  T.  XXII.  N»  I. 


BUREAUX  :  RUE  DES  CARMES,  14 


(i  JANVIER  19C6 


Le  Progrès  Médical 


SOMMAIRE  ;  Vénkréologie  :  Pathogénie  et  traitement  de 
l'épididymite  blennorrhagique,  par  Le  Fur.  —  Bulletin  :  La 
responsabilité  médicale  à  la  suite  de  décès  par  chloroformisa¬ 
tion,  par  Noir.  —  Sociétés  Savantes  :  Société  de  biologie: 
Spirochète  dans  les  taches  de  roséole  syphilitique,  par  Veillon 
et  Girard  ;  Lésions  périvasculaires  de  la  sclérodermie  générali¬ 
sée,  par  Alquier  et  Tou  chard  ;  Evolution  générale  des  actes 
hématolytiques,  par  Froin  ;  Propriétés  acido-résistantes  des 
acides  gras  et  du  bacille  tuberculeux,  par  Camus  et  Pagnier  ; 
Activité  nucléaire  des  cellules  rénales,  par  Nattan-Larrier  et 
Ribadeau-Dumas  ;  Destruction  du  virus  rabique  dans  la  cavité 
péritonéale,  par  Remlinger  (c.  r.  de  Mme  Edwards-Pilliet.)  — 
Académie  de  Médecine  :  Le  tétanos,  par  Kelsch  (c.  r.  de  A. -F. 
Plicque.)  —  Société  de  chirurgie  :  Branchiomes  de  la  région 
sous-maxillaire,  par  Arrou  ;  La  cholédoco-entérostomie,  par 


Delbet  :  La  chloroformisation,  parLegueu  (c.  r.  de  Kendirdjy.' 
—  Société  Médicale  des  Hôpitaux  :  (c.  r.  de  Friedel.)  —  Hygiène 
DOMESTIQUE  :  Le  choix  d’un  logement,  son  aménagement,  son 
entretien,  par  Juillerat  —  Revue  chirurgicale  :  Constipation 
chronique  et  son  traitement  opératoire,  par  Arbuthnot  Lane  ; 
La  chirurgie  enseignée  par  la  stéréoscopie,  par  Camescasse  et 
Lehman  ;  Les  indications  des  interventions  chirurgicales  dans 
les  maladies  internes,  par  Schlesinger  ;  Chirurgie  du  système 
nerveux,  crâne  et  encéphale,  rachis  et  moelle,  par  Berger  et 
Hartmann  (  c.  r.  de  Longuet.)  —  Varia  :  Congrès  international 
d’assistance  publique  et  privée  do  Milan  (Italie)  au  printemps 
de  1906  ;  Ordonnance  pratique  contre  la  tuberculo'Se.  —  For¬ 
mules.  —  Nouvelles.  —  Chronique  des  hôpitaux.  —  Bulle¬ 
tin  bibliographique. 


AVIS  A  NOS  ABONNÉS.  —  L’échéance  du 
JANVIER  étant  l'une  des  plus  importantes  de  l’année, 
nous  prions  instamment  nos  souscripteurs,  dont  l’abonne¬ 
ment  cesse  à  cette  date,  de  nous  envoyer  le  plus  tôt  possible 
le  montant  de  leur  renouvellement  :  DIX  FRANCS  pour 
la  France  ;  DOUZE  FRANCS  pour  l’Étranger  et  SIX 
FRANCS  pour  les  Étudiants.  Ils  pourront  nous  l’adres¬ 
ser  par  l’intermédiaire  du  bureau  de  poste  de  leur  localité, 
qui  leur  remettra  un  reçu  de  la  somme  versée.  Nous  pre¬ 
nons  à  notre  charge  les  frais  de  3  ” ! „  prélevés  par  la  poste. 
Les  mandats  doivent  être  faits  au  nom  du  Progrès  mé¬ 
dical  ou  de  M.  Rouzaud,  administrateur. 

Nous  leur  rappelons  que  la  quittance  de  réabonnement 
leur  sera  présentée  à  partir  du\B  janvier.  Nous  les 
engageons  donc  à  nous  envoyer  de  suite  leur  renouvel¬ 
lement  par  un  mandat  poste.  —  Afin  d’éviter  toute  erreur, 
nous  prions  également  nos  abonnés  de  joindre  à  leur  lettre 
de  réabonnement  et  à  toutes  leurs  réclamations  la  BANDE 
de  leur  journal. 

AVIS  POUR  LES  NUMÉROS  MANQUANTS 

Nous  rappelons  également  à  nos  abonnés  et  à  nos 
correspondants  que  les  NUMEROS  MANQUANTS 
de  1905,  réclamés  avant  le  31  janvier  1906  seront 
envoyés  gratuitement.  Passé  ce  délai,  envoyer  pcmr 
chaque  numéro  25  centimes. 


Notre  numéro  des  étudiants  et  la  presse  américaine. 

Le  .Journal  of  the  American  Medical  Association  apprécie  Fe- 
Numéro  des  étudiants  du  Progrès  Médical,  de  la  façon  sui¬ 
vante  : 

«  Ce  numéro  de  novembre,  contenant  plus  de  160  pages,  e.st 
consacré  à  tout  ce  ijui  concerne  les  facultés  et  écoles  de  méde¬ 
cine,  les  sociétés  medicales,  les  pri.x  offerts,  entin  tout  ce  qui 
peut  être  utile  et  doit  être  connu  de  l'élève  en  médecine.  Ce 
numéro  facilitera  aux  médecins  étrangers  la  visite  de  tous 
les  pays  de  langue  française.  Ce  Journal  est  publié  par  M.  le 
D"  Rourneville,  l’éminent  neurologiste,  qui  est  également  le 
rédacteur  en  chef  des  .irchivesdt  Neurologie.  Ce  numéro  nous 
apprend  cette  année  gue  la  rhino-laryngologle  n’est  enseignée 
qu  a  Bordeaux,  tandis  que  dans  les  autres  facultés  françaises, 
cet  enseignement  libre  est  donné  par  les  chefs  de  service  en 
dehors  de  la  faculté.  Cependant,  il  serait  utile  ipie  le  médecin 
de  campagne  sache  comment  examiner  une  oreille,  un  larynx 
ou  un  nez  et  soigner  les  affections  courantes  de  ces  organes. 
On  n  aurait  qu'a  imiter  des  Allemands,  <iuc  l’ardeur  belli¬ 
queuse  n  emp-clie  pas  de  se  consacrer  aux  conquêtes  pacifi¬ 
ques  de  la  science.  -> 


VÉNÉRÉOLOGIE 


Pathogénie  et  traitement  de  l’épididymite 
blennorrhagique  : 

Par  M.  le  D'  René  LE  FUR.  ancien  interne  des  hôpitaux  de  Paris. 

La  question  de  la  pathogénie  de  l’orchi-épididymite 
blennorrhagique  a  été  des  plus  discutées,  et  cependant 
l'accord  est  encore  loin  d'être  fait  à  ce  sujet.  Nous  vou¬ 
drions,  tout  en  rappelant  les  principaux  travaux  qui 
ont  été  publiés  sur  cette  question,  exposer  quelques 
idées  personnelles  sur  la  façon  dont  nous  comprenons 
la  pathogénie  et  le  traitement  de  l’épididyme  blennor¬ 
rhagique. 

Les  classiques  admettent  trois  voies  pour  expliquer 
la  propagation  de  la  blennorrhagie  de  l'urèthre  anté¬ 
rieur  à  la  glande  génitale  :  1°  la  voie  m'éthrale,  sur¬ 
tout  acceptée  dans  les  cas  d’orchites  survenant  chez  les 
vrais  urinaires  (rétrécis,  prostatiques)  on  après  un  ca¬ 
thétérisme  imprudent,  et  que  certains  auteurs  admettent 
volontiers  pour  l’épididymite  blennorrhagique,  sur-' 
tout  quand  cette  dernière  a  été  précédée  nettement  de 
prostatite,vésiculiteet  déférentite  :  2°  l&voie  artérielle 
[théorie  de  l' infection  générale),  surtout  admise  pour 
les  vraies  orchites  -infectieuses  survenant  aux  cours 
des  maladies  générales  (oreillons,  grippe,  fièvre  typhoï¬ 
de,  etc.)  et  que  l’on  peut  étendre  à  l’orchi-épididymite 
blennorrhagique,  si  l’on  considère  la  blennorrhagie, 
plus  comme  une  maladie  générale  que  comme  une  af¬ 
fection  locale  ;3“  \&  voie  veineuse  cpn  n’a  trouvé  que 
peu  do  défenseurs  (Después,  Reliquet  et  Tiuépin).  l’in¬ 
fection  blennorrhagique  gagnant  le  testicule  par  l'inter¬ 
médiaire  des  veines  funiculaires. (Phlébite  du  cordon). 

Nous  laisserons  de  côté  cette  dernière  théorie  que 
nous  n’admettons  guère  pour  les  vraies  épididymites 
blennorrhagiqiies,  la  réservant  au  contraire  pour  expli¬ 
quer  certains  cas  de  fausses  orchites  ou  épididymites 
qu’on  rencontre  surtout  chez  de  jeunes  neuro-arthriti¬ 
ques,  et  qui  sont  plus  exactement  des  poussées  aiguës 
de  varicocèle,  nous  en  avons  décrit  quelaues  cas(  l  )  ; 
on  peut  les  observer  chez  des  gens  atteints  on  non  de 


(1)  M.  I.bFur.--  Ti-ailenienl  du  viirieoréle  piip  l'élecirisntion  des 
veinendii  serotiiiii.  (.dsxoc.  Franc.  d'IJrolo^e.  l'aris.  l«m.) 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


blennorrhagies,  etc.  ;  elles  sont  caractérisées  par  une 
congestion  intense  des  veines  du  cordon,  avec  .aug¬ 
mentation  de  volume  de  celui-ci;  des  douleurs  vives 
mais  passagères,  l'absence  de  fièvre  et  d’état  général, 
la  disparition  rapide  des  phénomènes  sous  l'inlluence 
du  repos,  de  la  glace  et  des  applications  dé  courant 
continu,  la  maladie  n'aboutissant  pas  en  somme  à  l'or- 
cbi-épididymite,  etavortant  en  chemin. 

Quant  à  la  théorie  de  l'infection  générale  (propaga¬ 
tion  artérielle'],  nous  croyons  qu'on  peut  très  rarement 
la  revendiquer  en  cas  d’épididymite  hlennorrhagique.; 
la  meilleure  preuve  en  est  que  cette  dernière  ne  sur¬ 
vient  ordinairement  pas  dans  la  période  aiguë  ou  in¬ 
fectieuse  de  la  blennorrhagie  ;  ce  n’est  que  tardivement, 
vers  la  4®  ou  5' semaine,  quelquefois  même  plus  tard, 
alors  que  l’infection  gonococcique  générale  s'est  déjà 
beaucoup  atténuée,  que  la  blennorrhagie  est  devenue 
subaiguë,  c’est  surtout  alors  qu’apparaît  l’épididymite. 
Et  pourqjuoi  ?  C'est  précisément  parce  que  la  blennor¬ 
rhagie  s’est  à  ce  moment  propagée  à  l'urèthre  posté¬ 
rieure  et  à  la  prostate.  Mais  nous  retombons  alors  dans 
la  première  théorie  (propagation  par  voie  uréthrale  et 
par  continuité  de  tissus). 

Nousne  craignons  pas,  en  effet,  d'affirmer  bien  hau¬ 
tement  ceci:  c  lorsqu  une  épididymite  blejinor- 

rhagiquese  déclare,  V  urèthre  postérieur  et  la  prostate 
sont  toujours  enrahis  par  V infection  gonococcique 
depuis  quelque  temps  déjà.  Nous  ne  voulons  pas, par 
des  statistiques  nombreuses,  établir  la  réalité  de  cette 
affirmation  dont  nous  ne  craignons  pas  de  faire  une  loi 
absolue.  Contentons-nous  de  rappeler  les  statistiques 
anciennes  de  Sigmund  qui,  sur  1342  malades  atteints 
d’épididymite  hlennorrhagique,  avait  noté  400  fois  de 
la  déférentite,  c'est-à-dire  dans  près  d’un  tiers  des  cas  ; 
celles  plus  récentes  d'Humbert  et  Lucas  (l)  qui  dans 
une  proportion  de  47  °/„  constatent  la  participation  à 
l'inflammation  de  la  prostate  et  de  la  vésicule  séminale 
dans  le  cas  d’orchi-épididymite  blennorrhagique.  En 
réalité,  ce  chiffre  est  encore  trop  faible,  et  si  nousnous 
rapportons  à  notre  expérience  personnelle,  qui  est  assez 
grande  en  l’espèce,  car  nous  avons  l’habitude  de  pra- 
tiqner  systématiquement  le  toncher  rectal,  l’examen  de 
la  prostate,  des  vésicules  séminales  et  de  la  portion  pel¬ 
vienne  du  canal  déférentdans  tous  les  cas  de  blennor¬ 
rhagie  aiguë  ou  chronique,  nous  sommes  obligé  de  re¬ 
connaître  que  toujours  nous  avons  constaté,  soit  en 
même  temps  que  l’orchi-épididymite,  soit  le  plus  sou¬ 
vent  avant  l’apparition  de  cette  dernière,  l’envahisse¬ 
ment  dutractus  uréthro-prostato  séminal. 

Mais  cette  notion  ne  suffit  pas  à  établir  d’une  façon 
assez  précise  la  pathogénie  de  l’épididymite  blennor¬ 
rhagique.  Nous  venons  de  voir  que  le  poijitde  départ 
constant  de  l’infection  blennorrhagique,  en  ce  qui  con¬ 
cerne  l’épididymite,  est  ce  carrefour  prostato-  génital, 
comprenant  furèthre  profond,  la  prostate  oii  vien¬ 
nent  s’ouvrir  aussi  les  canaux  éjaculateurs  conduisant 
dans  les  vésicules  séminales,  et  qui  constitue  un  véri¬ 
table  foyer  infectieux,  d'où  l’infection  gonococcique 
pourra  rayonner  dans  différentes  directions  (prostate, 
vessie,  voies  spermatiques).  Cherchons  maintenant  à 
établir  la  voie  que  devra  suivre  cette  infection  pour  ga¬ 
gner  l’épididyme. 

La  plus  fréquente  est  certainement  la  voie  des  mu¬ 
queuses,  l’inilammation  gagnant  de.  proche  en  proche 
les  canaux  éjaculateurs,  la  vésicule  séminale,  le  canal 

(1)  Li  cvs. —  nesiillals  <lu  loueher  roc'lal  dans  285  cas  d'épididv- 
mile  ldciinorrliagii|uc,  Th.  Paris  J894. 


déférent  et  l’épididyme.  Ce  mode  de  propaption  semble 
le  plus  rationnel,  et  la  clinique,  ainsi  que  l'anatomie  pa  ¬ 
thologique  s’unissent  pour  en  établir  la  véracité  et  la 
fréquence.  Des  autopsies  ont  permis  en  effet  de  retrouver 
les  vésicules  séminales, ainsi  que  le  canal  déférent, gros 
et  congestionné  ;  la  muqueuse  est  rouge,  vascularisée 
et  épaissie  ;  il  y  a  desquamation  épithéliale  abondante  ; 
l'examen  clinique  du  malade  montre  que  tous  ces 
organes  sont  enflammés  et  douloureux  à  la  pression  ; 
l’on  constate  souvent  des  éjaculations  nettement  puru¬ 
lentes  et  sanglantes. 

Ainsi  s’expliquent  facilement  ces  épididymites  sn- 
baiguës  survenant  au  déclin  de  la  blennorrhagie,  pré¬ 
cédées  de  tous  les  symptômes  faciles  à  retrouver  lors- 
(^u'on  veutbien  les  rechercher  systématiquement,  de 
1  uréthrite  postérieure, de  prostatite  subaiguë,  de  vésicu- 
lite  et  de  déférentite. 

Mais  cette  explication  pathogénique  convient-elle  à 
tous  les  cas  d’orchi-épididymites  blennorragiques,  et 
s’applique-t-elle  en  particulier  aussi  bien  à  ces  cas  d’é¬ 
pididymites  foudroyantes  pour  ainsi  dire  et  suraiguës, 
s’accompagnant  de  fièvre  intense  (40"),  de  symptômes 
généraux  graves,  et  de  phénomènes  de  péritonisme  in¬ 
quiétants.  Nous  ne  le  croyons  pas.  Ici  il  faut  invoq'uer 
une  autre  pathogénie, et  la  propagation  de  l’infection  par 
continuité,  par  l’epvahissement  progressive  des  mu¬ 
queuses,  ne  semble  pas  admissible.  Ce  n'estd'ailleursquc 
plus  tardivement, mais  souventd'une  façon  plus  précoce 
(1*'  et  2®  semaine)  que  survient  cette  variété  aiguë  d’épi¬ 
didymite  ;  la  plupart  du  temps,  elle  n’apparaît  pas 
spontanément  comme  la  forme  subaiguë  que  nous  avons 
commencé  par  décrire  ;  mais  au  contraire,elle  est  plutôt 
provoquée  par  une  violence  quelconque,  untraumatis- 
me,  une  injection  forcée, une  exploration  intempestive 
du  canal,  un  massage  brutal  de  la  prostate,  d’un  autre 
côté,  elle  est  excessivement  aiguë  dans  son  évolution 
et  dans  ses  manifestations  :  douleur  violente,  presque 
syncopale,  localisée  bien  plus  au  bassin  et  dans  la 
région  inguinale  qu’au  niveau  des  bourses  et  du  testi¬ 
cule  ;  réaction  inflammatoire  considérable  de  tous  les 
organes  atteints  (vésicule,  canal  déférent,  épididyme). 
Chose  curieuse  et  intéressante  à  noter,  l’inflammation 
siège  bien  plu  s  dans  les  tuniq  ucs  entourant  les  voies  sper¬ 
matiques  qu'au  niveau  de  la  muqueuse  môme  de  ces 
conduits  ;  il  s’agit  bien  plu'lôt,en  elfet,de  périvésiculite 
de  péridéférentite  ou  funiculite,  de  péri-épididymite 
que  de  vésiculite,  de  déférentite  ou  d'épididymite  ;  or, 
il  y  a  là  un  œdème  inflammatoire  énorme  du  tissu  con¬ 
jonctif.  Des  incisions  pratiquées  à  différentes  périodes 
du  processus  inflammatoire  ont  permis  de  constater 
soit  l'infiltration  de  tout  ce  tissu  conjonctif  par  une  sé¬ 
rosité  purulente,  soit  la  présence  de  multiples  petits  ab¬ 
cès  autour  des  voies  spermatiques,  ou  même  de  collec¬ 
tions  purulentes  beaucoup  plus  fréquentes  qn’on  ne 
croit.  Le  toucher  rectal  montre  (Escat),  en  même  temps 
que  de  la  prostatite  constante,  un  boudin  parfois  énor¬ 
me  constitué  par  la  périvésiculite  et  la  péridéférentite  que 
l’on  peut  poursuivre  très  loin  le  long  de  la  paroi  pel¬ 
vienne.  L’i'xploration  des  régions  abdominale,  ingui¬ 
nale  et  scrotale  montre  le  cordon  volumineux  et  très 
douloureux  :  la  funiculite  intense  qui  a  fondu  tous 
les  éhîments  du  cordon  en  une  même  masse  ne  per¬ 
met  plus  d'isoler  le  canal  déférent  ;  l'épididyme  forme 
avec  le  testicule  une  masse  énorme  encore  augmen¬ 
tée  parla  vaginalitc  concomitante. La  guérison  est  plus 
lente  à  se  produire  ;on  note  des  récidives  assez  fréquen¬ 
tes,  et  parfois  on  observe  la  suppuralion. 


Le  mogrès  médical 


Cette  forme  est  donc  fort  différente  au  point  de  vue 
de  son  étiologie,  de  sa  symptomatologie  et  de  son  évo¬ 
lution.  (Juelle  en  est  la  pathogénic  1 

Nouscroyons  que  deux  explications  sont  seules  pos¬ 
sibles  :  Ou ‘bien  il  faut  admettre  une  inflammation  s’é¬ 
tant  propagée  parles  lymphatiques  qui  entourent  les 
voies  spermatiques,  une  sorte  de  lymphangite  difl'use 
péri-spermatique,  ou  encore  de  phlegmon  ditîusdu  tis¬ 
su  conjonctif  lâche  qui  entoure  ces  conduits, etàl'appui 
de  cette  hypothèse,  on  peut  citer  l’œdème  inflamma¬ 
toire  énormedu  tissu  conjonctif  qui  caractérise  cette  va¬ 
riété  d'orchi-énididyme;  —  ou  bien  il  se  produit  une  obs¬ 
truction  brusque,  sur  un  point  de  leur  parcours, des  voies 
spermatiques  déjà  enflammées, obstruction  qui  entraîne 
la  rétention  du  sperme  et  des  sécrétions  pathologi¬ 
ques,  d'où  distension  et  dilatement  du  conduit  dont  la 
muqueuse  est  déjà  altérée  par  la  suppuration.  Quand 
nous  parlons  d’éclatement  du  conduit,  nous  entendons 
par  là  aussi  bien  une  effraction  minime,  macroscopi¬ 
que,  qu’une  rupture  complète  qui  doit  être  bien  rare. 

En  somme,  dans  tous  les  cas  d’orchi-épididymites 
intenses  et  aiguës,  nous  admettons  bien  plutôt  l’infec¬ 
tion  de  la  gaine  conjonctive  par  voie  lymphatique,  et 
nouscroyons  que  cette  infection  survient  presque  tou¬ 
jours  par  effraction  ou  rupture  de  la  muqueuse  ramollie 
des  voies  spermatiques.  Elle  peut  cependant  survenir 
sans  solution  de  continuité,  au  moins  apparente  de  la 
muqueuse,  par  exemple  dans  les  cas  do  prostatite  et 
péri-prostatite  ;  les  gaines  conjonctives  et  les  lympha¬ 
tiques  sont  alors  envahis  par  l’inflammation  qui,  de  la 
prostate,  gagne  la  périphérie  de  la  vésicule,  du  canal  dé  ¬ 
férent  et  de  l'épididyme  ;  le  foyer  d'infection  primitif 
part, alors  de  très  bas, et,  dansdescas  pareils, l'infection 
peut  être  localisée  exclusivement  à  l'extérieur  des  con¬ 
duits,  la  muqueuse  élantrestée  saine.  Mais  le  plus  sou¬ 
vent,  l'affection  doit  se  produire  dans  l'intérieur  des 
conduits  spermatiques,  sous  l'influence  d’une  pression 
exagérée  du  contenu  des  voies  spermatiques. Cette  pres¬ 
sion  peut  être  provoquée  parun  lavage  ou  une  injection 
uréthrale  pratiquée  de  façon  violente  qui  entoure  les 
orifices  des  canaux  éjaculateurs  normalement  fermés  par 
un  sphincter  physiologique.  Elle  peut  aussi,  croyons- 
nous,  survenir  par  simple  accumulation  du  sperme 
ou  des  sécrétions  pathologiques  dues  à  l'obstruction 
d'un  point  quelconque  des  voies  spermatiques  Cette 
obstruction  doit  surtout  se  produire  au  niveau  de  l’ori¬ 
fice  des  canaux  éjaculateurs  dans  l’urèthre  prostati¬ 
que,  soit  par  simple  spasme  de  ces  orifices,  soit  plutôt 
par  congestion  voisine  de  l’urèthre  postérieur  ou  de  la 
prostate  qui  vient  boucher  ces  orifices  ;  nous  avons  vu 
une  ou  deux  fois  ces  orifices  complètement  obturés  par 
unbouchon  muco-purulent.  Mais  l'obstruction  peut  se 
faire  à  un  autre  point  du  parcours  des  voies  spermali- 
uesetnous  tenons  à  insister  sur  ce  fait  que  le  canal 
éférent  étant  très  peu  extensible,  et  sa  lumière  inté¬ 
rieure  très  étroite,  celle-ci  peut  facilement  être  obturée 
par  un  bouchon  de  pus  concrété  et  mélangé  au  sperme. 

U ù  se  fait  l’effraction,  larupturedu  conduit  sperma¬ 
tique!  Sans  doute  assez  souvent  au  niveau  delà  vési¬ 
cule  séminale  ou  du  canal  déférent,  puisque  l’on  cons¬ 
tate  une  funiculite  intense. 

11  est  vrai  que,  quel  que  soit  le  point  où  se  fait  la  so¬ 
lution  de  continuité,  l’infection  doit  très  vite  pénétrer 
ar  cette  porte  ouverte  et  se  propager  à  la  fois  par  en 
aut  et  pir  en  bas.  Or  des  expériences  ont  montré  que 
quand  on  injectait  des  liquides  sous  pression  dans  l'in¬ 
térieur  des  voies  spermatiques,  c'était  presque  toujours 


au  niveau  de  l’épididyme  que  se  faisait  la  rupture.  Sans 
doute,  à  ce  niveau  se  trouve  le  point  faible,  l’endroit  le 
moins  résistant  des  conduits  spermatiques,  et  c'est 
pourquoi  l'on  observe  à  ce  niveau  la  localisation  la 
plus  fréquente  de  l’inflammation  blennorrhagique. 

'  L’on  conçoit,  d'aprèscelte  théorie  pathogénique, l’im¬ 
portance  qu’offre,  au  point  de  vue  de  l’apparition  ou  de 
la  non-apparition  de  l’épididymite  blennorrhagique,  la 
perméabilité  des  voies  spermatiques.  Les  auteurs  an¬ 
ciens  avaient  deviné cette  importance  en  édifiant  la  théo¬ 
rie  de  la  rétention  spemiatique  comme  cause  détermi¬ 
nante  de  l’orchite  blennorrhagique.  L’on  comprend 
aussi  comment  le  retour  de  la  perméabilité  doit  en¬ 
traîner  l’amélioration  et  favoriser  la  guérison  de  l’epi- 
didymite,  comment  au  contraire  l'imperméabilité  sur¬ 
venant  de  nouveau  entraîne  forcément  une  rechute, une 
nouvelle  poussée  d’épididymite. 

Un  dernier  mot  sur  la  pathogéuie  de  l'orchite  par  ef¬ 
fort.  Nous  commençons  d'abord  par  déclarer  que  nous 
ne  croyons  guère  à  l'orchite  par  effort.  Nous  admet¬ 
tons  des  orchi-épididymites  Iraumatiquesou  par  torsion 
du  cordon  spermatique  s’accornfipgnant  de  ruptures 
vasculaires  avec  infiltrations  sanguines  se  faisant  sur¬ 
tout  au  niveau  des  veines  funiculaires  et  du  cordon, 
rarement  au  niveau  de  l’épididyme,  etpouvant  donner 
naissance  à  de  petits  kystes  sanguins  qui  laissent  à  leur 
suite  des  noyaux  indurés. 

Mais  en  dehors  de  ces  cas,  et  en  éliminant  naturelle¬ 
ment  ausy  certaines  hématocèles  traumatiques,  nous 
croyons  que  toutes  les  orchi-épididymites  dites  par  ef¬ 
fort  (orchites  des  cavaliers,  orchites  par  marches  for¬ 
cées,  fatigues,  soulèvement  d'un  poids,  contraction  du 
crémaster,  etc.)  relèvent  d'une  vieille  blennorrhée  igno¬ 
rée  ou  méconnue,  avec  infection  de  l’urèthre  profond, 
des  vésicules  séminales  et  du  canal  déférent.  L’effort, 
le  traumatisme,  n’ont  été  que  la  cause  provocatrice  et 
ont  servi  à  localiser  à  l'épididyme  une  infection  qui 
sommeillait  depuis  longtemps  déjàdansles  voies  sper¬ 
matiques  elles-mêmes.  Le  traumatisme  ou  la  contrac¬ 
tion  musculaire  ont  produit  une  effraction  ou  rupture 
delà  muqueuse  des  voies  spermatiques,  et  nous  ren¬ 
trons  dans  le  cas  précédent. 

Ensomme,nous  pouvons  résumer  cette  longuepatho- 
génie  en  disant  que,  pratiquement,  nous  pouvons  con¬ 
sidérer  comme  constante  l’infection  de  l’urcthre  pro¬ 
fond  et  de  la  prostate  dès  la  seconde  semaine  d'une 
blennorrhagie,  et  comme  très  fréquente  l’inflammation 
de  la  vésicule  et  du  canal  déférent.avant-coureurs  obli¬ 
gés  de  l’épididymite.  Ces  considérations  nous  dictent  le 
traitement  à  suivre  pour  prévenir  d'abord  l'apparition 
del’épididymite  blennorrhagique,  pour  la  soigner  en¬ 
suite  rationnellement,  si  on  n’a  pu  l’empêcher. 

Mais  nous  avons  beaucoup  plus  grande  confiance  dans 
le  traitement  préventif  qm'  dans  le  traitement  cura¬ 
teur,  et  nous  avons  la  satisfaction  de  pouvoir  affirmer 
u'avec  la  méthode  de  traitement  que  nousrecomman- 
ons  contre  la  blennorrhagie,  il  est  exceptionnel  de  voir 
apparaîtic  une  épididymite  dans  le  cours  du  traite¬ 
ment. 

Il  faut  d’abord  systématiquement,  dans  tout  cas  de 
blennorrhagie  aiguë  ou  chronique,  praticjuersouvcntle 
toucher  rectal  qui  permettra  de  déceler  1  uréthrite  pos¬ 
térieure  ordinairement  précoce,  la  prostatite, la  sperma- 
tocystite  et  la  déférentite  :  l'exploration  rectale  servira 
ainsi  de  véritable  baromètre  et  permettra  de  se  rendre 
un  compte  exact  de  l’extension  de  l'infection  blennor¬ 
rhagique,  elle  permettra  eu  même  temps  de  pratiquer. 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


nonpasle  massage  de  la  pro)itate,à&  la  vésicule  et  de 
la  portion  pelvienne  du  canal  déférent,  mais  V expres¬ 
sion,  V  évacuation  de  tous  ces  condidts  ;  unmassage  bru¬ 
tal  et  maladroit  pourrait  au  contraire  provoquer  une 
épididymite, c’est  surtout  pendant  la  période  aiguë  et  su¬ 
baiguë  de  la  blennorrhagie  qu’il  faut  procéder  avec 
douceur  et  prudence  ;  nous  avons  même  l’habitude, par 
excès  de  précaution, de  ne  pratiquer  le  toucher  rectal  et 
l’évacuation  des  conduits  spermatiques  qu’après  avoir 
fait  prendre  au  malade  une  série  de  3  ou  4  lavements 
tiès  chauds  suivis  de  suppositoires,  ce  qui  provoque  dé¬ 
jà  une  certaine  évacuation  de  la  prostate  et  des  vésicules. 
Nous  recommandons  aussi,  toujours  dans  le  môme  or¬ 
dre  d’idées,  de  ne  pratiquer  l’expression  de  ces  organes 
qu’après  avoir  fait  prendre  au  malade,  une  heure  aupa¬ 
ravant,  un  lavementtrès  chaud. 

Nous  ne  pratiquons  pendant  toute  la  période  aiguë  de 
la  blennorrhagie  queues  lavages  de Furèthre antérieur 
d’abord  (pendant  7  à  8  jours),  des  deux  urèthres  ensuite 
au  moyen  d’une  solution  très  faible  de  permanganate 
de  potasse  (de  1/6000  à  1/4000)  avec  expression  de  la 
prostate  etdes  vésicules  pratiquée  au  milieu  du  lavage. 
Nous’eonseillons  abstenir  de  toute  exploration,di- 

latation,  instillation  uy'éthrale,  tant  qu'il  y  a  du  gono¬ 
coque  dans  la  goutte  uréthrale,  que  les  urines  sont 
troubles  dans  le  premier  verre,  que  la  prostate  et  les 
vésicules  séminales  sont  douloureuses  à  la  pression. 

Quand  l’épididymite  a  apparu,  la  conduite  à  tenir 
doit  différer  suivant  les  cas;  mais  un  principe  absolu  est 
de  ne  pas  interrompre  les  lavages  de  l’urèthre  quelle 
quesoitla  forme,  même  très  intensede  l’épididymite; 
remploi  des  lavages,  qu’on  doit  employer  très  faibles, 
fl/StXX)  à  l/600t>),  diminue  l’intensité  et  la  durée  de 
l’épididymite. 

Dans  les  cas  très  aigus,  le  repos  au  lit  est  indispensa¬ 
ble.  Nous  employons  alors  les  compresses  ou  cataplas¬ 
mes  excessivement  chauds  et  laudanisés  très  fréquem¬ 
ment  renouvelés ,  mais  nous  leur  préférons  encore  la 
glace  .  il  faut  seulement  bien  entourer  l'épididyme  et 
le  cordon  et  prolonger  môme  la  glace  sur  le  trajet  ingui¬ 
nal  et  abdominal  du  cordon,  grâce  à  des  sachets  de  for¬ 
me  spéciale.  Les  lavements  très  chauds  et  les  suppo¬ 
sitoires  calmants  sont  parfois  indiqués  ;  une  piqûre  de 
morphine  sera  nécessaire,  v 

Dans  certains  cas,  nous  nous  sommes  très  bien 
trouvé  des  courants  continus  appliqués  sur  la  glande. 

Enfin  si,  malgré  ce  traitement,  les  douleurs  persis¬ 
tent  ainsi  que  la  fièvre,  surtout  avec  des  phéno¬ 
mènes  de  péritonisme  et  un  mauvais  état  général,  et  si 
l’on  constate  surtout  un  œdème  inflammatoire  énorme, 
une  suppuration  plus  ou  moins  diffuse,  on  est  autorisé 
àinciserlepointle  plus  tendre  au  niveau  de  l'épididyme 
ou  du  cordon  ;  on  voit  souvent  tomber  la  fièvre  et  fe 
processus  inflammatoire. 

C'est  surtout  dans  ces  cas  aigus  que  l’on  a  intérêt  à 
évacuer  doucement  la  prostate,  les  vésicules  séminales, 
par  le  toucher  rectal  pratiqué  une  heure  après  que  le 
malade  a  pris  un  lavement  très  chaud. 

Dans  les  cas  moyens  et  chroniques,  on  insistera  plus 
sur  le  massage  de  la  prostate,  des  vésicules  et  du  canal 
déférent;  puis, dès  que  l'infection  gonococcique  aura  dis¬ 
paru,  il  ne  faudra  pas  craindre  d’employer  la  dilatation 
associée  aux  lavages  avec  les  instruments  de  Kolmann- 
Eranch),puis  aux  instillations  ;  la  dilatation  devra  être 
poussée  très  haut . 

11  faut  savoir  que,  dans  cerlains  cas,  les  épididymi¬ 
tes  blennorrhagiques  sont  désespérantes  par  leur  téna¬ 


cité  et  le  retour  des  infections  uréthrales  qu’elles  pro¬ 
voquent  ;  l'on  comprend  que  lorsqu’une  vésicule,  un 
canal  déférent  ou  un  épididyme  ont  été  profondément 
infectés,  il  est  très  difficile  de  les  désinfecter  complète¬ 
ment,  car  on  ne  peut  agir  sur  tous  ces  organes  qu’indi- 
rectement. 

Aussi  est-il  vrai  de  dire  qu’il  est  plus  difficile  de  gué¬ 
rir  une  spermatocystite  qu’une  prostatite.  11  est  très  diffi¬ 
cile  aussi  de  pouvoir  en  affirmer  la  guérison  définitive 
à  cause  des  reprises  et  évacuations  successives  qui  ca¬ 
ractérisent  cette  affection  pendant  longtemps .  On  con¬ 
çoit  toute  l’importance  de  cette  notion  pour  la  question 
mariage  :  nous  avons  observé  des  malades  qui  parais¬ 
saient  absolument  guéris, n’ayant  plus  la  moindregoutte 
uréthrale,  et  auxquels  on  aurait  cru  pouvoir  permettre 
le  mariage.  Leur  sperme  cependant  était  encore  infec¬ 
tant  au  moment  du  coït.  Le  coït,  avec  protecteur,  est 
alors  indiqué  pour  évacuer  les  vésicules  et  voies  sperma¬ 
tiques  infectées,  ainsi  que  le  massage,  les  suppositoi¬ 
res  et  lavements  chauds,  qu’il  faut  continuer  très  long¬ 
temps. 

L’épididymite  guérie,  reste  encore  une  question  im¬ 
portante  pour  l’avenir  ;  la  perméabilité  physiologique 
des  voies  spermatiques;  encasd’orchi-épididymite  dou¬ 
blé,  le  pronostic  fonctionnel  est  à  réserver.  Mais  nous 
voyons  que  le  retour  de  la  perméabilité  peut  être  sou¬ 
vent  obtenu  lorsque  l’épididymite  a  été  convenablement 
soignée  et  nous  estimons  que  la  stérilité  définitive  par 
orchi-épididymite  double  est  plus  rare  qu’on  ne  l’a  dit. 


LA  VALÉROBROMINE  LEGRAND 

est  plus  active  que  les  bromures  et  les  valé- 
rianates. 


BULLETIN  DU  PROGRÈS  MÉDICAL 

La  responsabilité  médicale  à  la  suite  de  décès 
par  chloroformisation. 

Doit-on  donner  le  chloroforme  à  un  alcoolique  ? 

Dans  une  de  ses  savantes  leçons  de  médecine  légale 
sur  les  asphyxies  par  les  agents  anesthésiques  (1), 
le  Brouardel,  examinant  les  prétendues  contre-in¬ 
dications  du  chloroforme,  répondait  nettement  à  cette 
question  ; 

«  On  a  parlé,  disait-il,  de  l’alcoolisme.  Si  l’alcoo¬ 
lisme  constituait  une  contre-indication,  je  m’imagine 
que  l’on  endormirait  rarement  les  malades  de  nos 
hôpitaux.  A  moins  de  lésions  alcooliques  graves,  je 
pense  qu’il  n’y  a  là  aucune  contre-indication.  » 

Ainsi  pensait  le  professeur  de  médecine  légale  de  la 
Faculté  de  médecine  de  Paris,  mais  son  opinion  ne 
fait  pas  partout  autorité.  Le  Bon  Juge  de  Ghàteau- 
Thierry,  redresseur  attitré  des  méfaits  de  notre  juris¬ 
prudence  surannée,  prétend,  à  l’encontre  des  experts, 
que  les  alcooliques  ne  doivent  pas  être  soumis  au 
chloroforme  ;  ou  plutôt  il  demande  (ce  qui  en  pratique 
revient  exactement  au  même)  qu’avant  de  proposer  à 
un  alcoolique  la  chloroformisation,  le  médecin  doit 
obtenir  son  acquiescemeut  après  lui  avoir  fait  remarquer 

(1)  t*.  Bbou.irdeL—  Les  Jispliv.xies  pup  les  y;m,  les  vapeurs  et  les 
.inesUiési.iues.  (Cours  de  iiiédeiiiie  léf?ale  de  la  Faeullé  di-  umle- 
eiue  do  Paris,,  .l.-ü.  Bailliere,  édil.,  1890. 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


la  possibilité  d'un  dénouement  fatal.  Voilà,  du  reste,  le 
considérant  du  jugement  récent  du  tribunal  de  Château- 
Thierry  où  la  nouvelle  jurisprudence  du  Président 
Magnaud  est  nettement  exposée  : 

«  Considérant....  dit  le  jugement,  qu’avant  de  pratiquer  la  dan¬ 
gereuse  anesthésie  de  X...  par  le  chloroforme,  surtout  pour  pro¬ 
céder  à  un  simple  examen,  de  médecin)  Z.  a  négligé  de  le  prévenir 
des  chances  de  mort  qu’il  pouvait  courir  ; 

«  Qu’il  le  devait  d’autant  plus  qu’il  savait  X.  teinté  d’alcoolisme 
et  que  les  syncopes  fatales  étaient  par  conséquent  plus  à  redouter; 

«  Attendu  qu’en  administrant  le  chloroforme  à  X,  sans  avoir 
obtenu  de  lui  un  acquiescement  dopné  en  pleine  connaissance  d’un 
dénouement  fatal  possible,  alors  que  l’existence  de  l’intéressé  n’é¬ 
tait  pas  menacée  par  le  statu  quo  (le  médecin)  Z.  a  commis  une 
faute  lourde  engageant  complètement  sa  responsabilité  ;  »  etc. 

Il  s’agit  là  d’une  affaire  datant  déjà  de  quelques  mois, 
dont  nous  avons  eu  en  mains  toutes  les  pièces, et  qui  va 
venir  devant  la  Cour  d’appel,  nous  croyons  intéressant 
de  la  relater  et  de  la  commenter. 

Un  médecin  de  campagne,  vieux  praticien  expéri¬ 
menté,  fort  estimé  dans  son  pays,  fut  appelé  à  soigner 
un  individu  qui,  au  cours  d’une  rixe,  s'était  luxé 
l’épaule.  Le  médecin  tenta  la  réduction.  Cependant,  le 
lendemain  et  les  jours  suivants,  le  malade  souffrait 
encore  et  certains  mouvements  étaient  fort  limités  ou 
impossibles.  Ne  pouvant  faire  un  examen  complet,  tant 
à  cause  de  la  douleur  que  du  gonflement  survenu  à 
l’épaule  luxée,  le  médecin  proposa  un  examen  sous  le 
chloroforme.  Le  malade  accepta  et  le  praticien  se  mit 
en  devoir  de  procéder  à  l’anesthésie. 

Rompu  à  la  pratique  de  la  chirurgie  d’urgence,  ce 
n’était  pas, certes,  pour  la  première  fois  que  notre  con¬ 
frère  donnait  le  chloroforme. 

Il  eût  pu  demander  le  concours  d'un  autre  inédecin, 
mais  l’unique  confrère  de  la  localité,  en  froidavec  lui, 
lui  avait  déjà  refusé  son  aide.  Quant  à  faire  venir  un 
médecin  éloigné,  c’eût  été,  sans  grande  nécessité,  aug¬ 
menter  les  frais  de  la  maladie,  et  le  blessé  n’était  pas 
riche.  Du  reste,  le  médecin  comptait  bien,  après  avoir 
obtenu  une  anesthésie  légère,  se  borner  à  un  simple 
examen  clinique  ;  il  désirait  pour  cela  n’être  plus  gêné 
dans  son  investigation  par  l'intolérante  sensibilité  du 
malade  ;  puis  il  aurait  remis  à  plus  tard,  s’il  y  avait 
lieu,  une  intervention  qui  eût  nécessité  des  aides  expé¬ 
rimentés. 

Le  malade  se  laissa  endormir  avec  l’appréhension 
la  plus  vive.  Il  aurait  même  dit  à  un  des  assistants  ; 

«  Tu  viens  donc  à  mon  enterrement  ».  Le  médecin  le 
rassura,  lui  fit  respirer  à  deux  reprises  quelques  gout¬ 
tes  de  chloroforme.  Une  courte  période  d’excitation 
survint  au  cours  de  laquelle  le  blessé  se  raidit,  son 
visage  se  congestionna  et  le  malade  tomba  aussitôt  en 
syncope,  syncope  dont  il  ne  put  revenir. 

Aucune  faute  technique  ne  pouvait  être  relevée.  Le 
blessé  était  à  jeun,  il  était  couché  la  tête  basse,  la  poi¬ 
trine  découverte  et  la  dose  de  chloroforme  absorbée  par 
lui  était  insignifiante.  Tout  le  possible  fut  tenté  pour  le 
rappeler  à  la  vie.  Flagellations  avec  un  linge  impré¬ 
gné  d’eau  froide,  sur  le  visage  et  la  poitrine,  insuffla¬ 
tion  d  air  daûs  la  bouche,  tractions  de  la  langue,  respi¬ 
ration  artificielle  prolongée,  piqûres  d'éther,  rien  n'y  fit. 

Le  chloroforme  analysé  fut  reconnu  pur.  La  famille 
de  la  victime  intenta  un  procès  au  médecin  qu’elle  | 


considérait  comme  responsable.  Le  tribunal  de  Ch⬠
teau-Thierry  commit  par  jugementun  expert,  médecin 
légiste  de  Paris,  qui  relata  dans  son  rapport  les  faits 
que  nous  venons  de  résumer.  Il  conclut  en  toute  sin¬ 
cérité,  après  avoir  entendu  toutes  les  dépositions  des 
témoins,  que  le  médecin  poursuivi  n’avait  pas  commis 
de  faute,  qu’il  avait  fait  tout  son  devoir  et  qu’on  ne 
saurait  le  rendre  responsable  d’un  malheur.  Le  Tribu¬ 
nal  admit  les  conclusions  de  l’expert,  mais  il  fut  recher¬ 
cher  la  faute  lourde  avant  la  chloroformisation.  Se 
basant  sur  les  considérants  que  nous  avons  reproduits, 
il  affirma  que  le  médecin,  sachant  son  malade  alcoo¬ 
lique,  aurait  dû  le  prévenir  de  la  possibilité  d’un  acci¬ 
dent  fatal  et  ne  l’endormir  qu’après  avoir  obtenu  dans 
ces  conditions  l’acquiescement  du  blessé. 

Tels  sont  les  faits.  Nous  espérons  que  la  Cour 
d’appel  ne  ratifiera  pas  le  jugement  du  tribunal  de 
Château-Thierry.  Si  ce  jugement  faisait  jurisprudence, 
il  rendrait  en  principe  toute  intervention  chirurgicale 
impossible. 

La  lecture  du  rapport  du  médecin  expert  montre 
que  le  malade  était  fort  au  courant  des  dangers  qu’il 
pouvait  courir  puisqu’il  dit  à  un  témoin,  au  moment 
même  oii  l’on  allait  lui  donner  le  chloroforme  :  «  Tu 
viens  donc  à  mon  enterrement  ». 

Cette  constatation,  précieuse  pour  l’avocat  de  notre 
confrère,  est  pour  nous  d’une  importance  secondaire. 
Au  point  de  vue  professionnel,  c’est  le  principe  qu’il  faut 
envisager. 

Cette  victime  de  la  chloroformisation  est  indiscuta¬ 
blement  morte  de  la  syncope  initiale  par  réflexe  inhi- 
bitoire,  assez  fréquente  au  cours  de  la  période  d’exci¬ 
tation  de  l’anesthésie  chloroformique .  L’étiologie  de 
cet  accident  est  encore  totalement  inconnue.  Nous 
avons  parcouru  les  discussions  approfondies,  qui,  au 
cours  de  1902,  eurent  lieu  à  l’Académie  de  médecine 
et  à  la  Société  de  chirurgie  sur  les  accidents  dus  à  l’a¬ 
nesthésie  chloroformique.  On  y  rapporta  un  grand 
nombre  d’observations  de  syncope  initiale.  Aucun 
chirurgien  n’attribua  dans  cet  accident  un  rôle  quel¬ 
conque  à  l’alcoolisme. 

M.  Quénu  (1)  pensait  alors  que  l’état  psychique  du 
malade  était  un  facteur  important  et  conseillait  de 
ne  pas  endormir  les  malades  dans  la  salle  d’opération. 
M.  Lucas- Championnière  affirmait  que  rien  ne  pou¬ 
vait  expliquer  cette  syncope  initiale,  ni  l’état  du  su¬ 
jet,  ni  la  qualité  de  l’anesthésique,  ni  la  manière  dont 
il  a  été  administré  (2).  A  l’Académie  de  médecine,  où 
MM.  Huchard,  Berger,  Chauvel,  Le  Dentu,  Lucas- 
Championnière,  Richelot,  Reynès,  Guyon,  Brouardel, 
Prunier,  Panas,  Poncet,  Delorme,  Marty,  Renault  (de 
Lyon),  etc.,  firent  tour  à  tour  connaître  leur  opinion, 
l’alcoolisme  ne  fut  jamais  cité  comme  cause  prédispo¬ 
sante  aux  accidents  chloroformiques  et  la  grande  ma¬ 
jorité  des  membres  de  l’Académie  s’accorda  même  à 
ne  pas  considérer  les  affections  cardiaques  comme  des 
contre-indications  de  la  chloroformisation. 

Aussi,  nous  espérons  que  la  Cour  d’appel,  mieux 
informée,  réformera  le  jugement  du  Tribunal  de  Ghâ- 

(1)  Soc.  de  chirurgie,  8  janvier  1<.K»2. 

(2)  Soc.  de  chirurgie,  29  janvier  1902. 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


teau-Thierry  ;  elle  pensera  qu’en  voulant  poursuivre  un 
idéal  de  justice  absolue  placé  trop  haut,  on  risque  de 
tomber  dans  les  pires  iniquités,  que  le  vieil  adage  : 
summum  jus,  summa  injuria,  a  toujours  sa  valeur. 
Peut-être  se  trouvera-t-il  un  avocat  ou  un  expert  pour 
poser  la  question  de  principe,  la  plus  importante,  la 
seule  vraiment  importante  en  l’espèce, et  qu'il  répétera 
aux  magistrats  les  paroles  que  Velpeau,  dans  un  cas 
analogue,  prononçait  à  la  Cour  de  Paris,  peu  après  la 
découverte  du  chloroforme  : 

«  Vous  tenez  entre  vos  mains,  disait-il,  l’avenir  de  la 
chirurgie.  La  question  intéresse  le  public  plus  que  le 
médecin.  Si  vous  condamnez  le  chirurgien  qui  a  employé 
le  chloroforme,  aucun  de  nous  ne  consentira  à  l’em¬ 
ployer  désormais  ;  aucun  médecin,  s’il  sait  qu’à  la 
suite  d’un  accident  impossible  à  prévoir,  il  encourt  une 
responsabilité,  ne  voudra  plus  l’administrer.  C’est  à 
vous  de  maintenir  l’abolition  de  la  douleur  ou  de  la 
réinventer.  ».  J.  Nom. 


SOCIÉTÉS  SAVANTES 

SOCIÉTÉ  DE  BIOLOGIE 
Séance  du  23  décembre  1905. 

Spirochète  dans  les  taches  de  roséole  syphilitique. 

MM.  Veillon  et  GiRARDont  étudié  les  taches  de  roséole  au  dé¬ 
but  et  ont  décelé  le  sphirochète  de  Schaudinn  par  la  méthod  e 
I.evaditi.  Les  coupes  montrent  la  valeur  pathogène  du  spiro¬ 
chète  qu’on  voit  nettement  dans  une  lésion  à  l'abri  d’infec¬ 
tion  secondaire.  Les  lésions  de  la  roséole  syphilitique  audébut 
sont  de  la  congestion  intense  des  capillaires  avec  infiltration 
péri-vasculaire.  Le  spirochète  de  Schaudinn  se  distribue  dans 
la  peau  de  façon  à  expliquer  la  pathogénie  de  la  roséole.  La 
tache  congestive  n’est  pas  une  lésion  toxique,  mais  une  em¬ 
bolie  du  parasite  par  le  sang  qui  se  fixe  dans  les  capillaires 
terminaux  des  papilles  ;  il  provoque  une  congestion.  La  pré¬ 
sence  hors  des  vaisseaux  et  le  début  d’infiltration  font  soup¬ 
çonner  des  lésions  plus  profondes  papilles. 

Lésions  périvasculaires  de  la  sclérodermie  yénéralisée. 

Màl.  Alquier  et  Touchard  avaient  déjà,  dans  une  autopsie 
de  sclérodermie  généralisée  et  intense  (sclérodactylie)  observé, 
sur  les  points  où  la  lésion  était  peu  intense,  de  la  sclérose  pé¬ 
rivasculaire  contrastant  avec  l’intégrité  du  tissu  connectif  plus 
éloigné  des  vaisseaux.  Sur  des  malades  atteints  de  sclérodermie 
généralisée,  au  moyen  de  biopsies,  les  .auteurs  ont  vu,  sur  des 
I>oints  peu  atteints  et  sur  des  points  très  atteints,  la  présence, 
autour  des  capillaires  sanguins,  de  nombreuses  cellules 
allongées  du  tissu  connectif  iMastzellel.  De  ces  séries  d’étu¬ 
des,  les  auteurs  concluent  que  : 

Dans  la  sclérodermie  généralisée,  à  un  stade  de  début,  il  y 
a,  autour  des  petits  vaisseaux  sanguins,  des  cellules  allongées 
de  tissu  connectif  (  Mastzellel,  dont  le  nombre  est  en  raison  in¬ 
verse  du  degré  de  sclérose  et  diminue  à  mesure  que  la  mala¬ 
die  progresse.  C’est  donc  par  une  irritation  périvasculaire, 
<[ue  débute  la  sclérose  conjonctive.  Or,  en  même  temps,  on 
constate  dans  les  petits  vaisseaux,  de  la  tuméfaction  de  l’en¬ 
dothélium  avec  épaississement  des  lésions  dégénératives  de  la 
paroi.  Il  s’agirait  donc,  étant  donné  ce  début  vasculaire,  d’une 
intoxication  sanguine. 

Evolution  générale  des  actes  hématoly tiques. 

M.  Froin.  —  Dans  le  liquide  céphalo-rachidien,  les  globu¬ 
les  rouges  peuvent  se  conserver  intacts  longtemps  et  quand 
ils  s’altèrent,  leur  hémoglobine  est  dissoute,  non  détruite. 
Au  cours  des  hémorrhagies  méningées,  le  liquide  conserve 
une  constitution  chimique  presque  normale,  et  l’hémoglo¬ 
bine  se  transforme  rapidement  en  pigment  jaune.  Or  les 


seuls  éléments  étrangers  au  liquide  sont  les  globules  rouges 
et  les  leucocytes  provenant  de  la  diapédèse. 

De  128  examens  faits  sur  56  hémorrhagies  méningées,  l’au¬ 
teur  déduit  que  :  1°  la  résorption  des  globules  rouges  est 
d’abord  massive  et  en  apparence  spontanée  pour  se  ralentir 
ensuite  pour  co'incider  avec  une  macrophagie  locale  appa¬ 
rente. 

2»  L’hémoglobinalyse,  ou  transformation  en  pigment  jaune 
de  l’hémoglobine  ne  concorde  pas  tant  avec  une  forte  leu- 
cocytose  qu’avec  la  présence  simultanée  de  polynucléaires 
neutrophiles  ou  de  mononucléaires.  Le  liquide  d’une  héma¬ 
turie  peu  dilué  est  très  jaune  et  présente  la  réaction  de 
Gmelin. 

3“  La  globulolyse  prédomine  quand  le  foyer  hémorrhagi(|ue 
ne  contient  plus  que  quelques  globules  rouges,  et  quand  les 
lymphocytes  et  les  macrophages  sont  prépondérants  dans  l’hé¬ 
maturie  il  y  a  alors  peu  de  pigment  jaune. 

Propriétés  acido-résistantes  d'^s  acides  gras  et  du  bacille 
tuberculeux. 

àlM .  J.  Camus  et  Pagniez  ont  déjà  montré  la  similitude  des 
lésions  causées  dans  le  tissu  par  les  acides  gras  et  par  les  ba¬ 
cilles  tuberculeux.  Ces  acides  ont  la  propriété  acido-résis¬ 
tante, et  traités  par  les  méthodes  de  Ziehl  et  d’EhiTich,  réagis¬ 
sent  comme  les  microbes  tuberculeux.  Les  produits  du  ba¬ 
cille  tuberculeux  traités  par  l’éther  et  le  chloroforme  sont  des 
acides  gras  libres  et  des  graisses  neutres.  Le  bacille  tubercu¬ 
leux  contient  donc  des  acides  gras  libres ,  et  les  propriétés 
acido-résistantes  qui  servent  à  le  différencier  proviennent  de 
là. 

Activité  nucléaire  des  cellules  rénales. 

MM.  Nattan-Larrier  et  Ribadeau-Domas  cbncluent,  d’expé¬ 
riences  sur  6  cobayes,  que  les  cellules  rénales,  au  cours  de 
lésions  rénales  subaiguës,  participent  par  leur  noyau,  à  la  sé¬ 
crétion  pathologique.  Cette  activité  nucléaire  est  représentée 
par  la  production  régulière  ou  anormale  de  filaments  basaux 
et  d’affinités  tinctoriales  spéciales. 

Destruction  du  virus  rabique  dans  la  cavité  péritonéale . 

M.  Remlinger. —  Le  virus  rabique,  tant  en  sac  qu’en  émul¬ 
sion  épaisse,  introduit  dans  le  péritoine  du  chien,  perd  rapi¬ 
dement  ses  qualités  virulentes  :  après  1  heure,  diminution  ; 
après  12  heures,  suspension  de  la  virulence.  Edwars-Pilhet. 

ACADÉMIE  DE  MÉDECINE 
Séance  du  2  janvier. 

Au  début  de  la  séance,  M.  Guéniot  vice-président,  rempla¬ 
çant  M.  Léon  Colin  m.alade,  résume  avec  beaucoup  de  bon¬ 
heur  les  travaux  de  l’Académie  en  1905. 

M.  Guéniot  annonce  en  termes  émus  la  mort  de  MM.  Mé- 
gnin  et  Renon. 

M.  Capiot  donne  lecture  du  discours  prononcé  par  lui,  au 
nom  de  l’Académie,  sur  la  tombe  de  M.  Mégnin. 

M.  Brouardel  présente  un  ouvrage  du  P'-  Morache.de  Bor- 
deaux,étudiant  les  divers  degrés  de  la  responsabilité  crimi¬ 
nelle. 

M.Pûncet  présente  une  thèse  duD'"  Mangenot  résumant  ses 
recherches  sur  la  polyarthrite  du  conventionnel  Couthon  et 
montrant  son  origine  tuberculeuse. 

Le  tétanos. 

Le  P’’  Kelsch  présente  un  travail  de  M.  Vincent,  du  Yal-de- 
Grâce.  Ce  travail  est  fort  imioorlant  pour  la  pathogénie  du  té¬ 
tanos.  11  offre  en  outre  un  grand  intérêt  pour  l’étiologie  géné¬ 
rale  des  maladies  infectieuses. 

M.  Vincent  observa  un  cas  de  tétanos  suraigu  chez  un  sol¬ 
dat,  sur  le((uel  on  ne  découvrit  que  des  égratignures  insigni¬ 
fiantes,  mais  qui  avait,  sept  ou  huit  jours  auparavant,  subi, 
au  cours  d’une  marche  pendant  les  chaleurs,  un  commence- 
mentd’insolation. 

11  pensa  que  la  haute  température  avait  dû  jouer  ici  un 
rôle,  en  communiquant  au  microbe  une  virulence  particu¬ 
lière.  11  inocula  donc  1/5  de  centimètre  cube  de  culture  fil¬ 
trée  du  bacille  de  Nicolaier  —  debarrassée  ainsi  des  atoxines. 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


—  à  deux  cobayes,  dont  l’un  fut  placé  pendant  quelque 
temps  dans  une  étuve  où  la  température  était  poussée  de  40 
degrés  à  42  degrés.  Sorti  de  l’étuve,  le  cobaye,  qui  paraissait 
d’abord  remis,  fut  pris,  au  bout  de  trois  jours,  de  symptô¬ 
mes  de  tétanos  suraigu,  avec  dispersion  des  bacilles  dans  tout 
l’organisme,  —  ce  qui  est  rare  pour  le  microbe  du  tétanos, 
ordinairement  localisé  au  lieu  d’inoculation,  —  tandis  que 
le  cobaye  non  chauffé  continuait  à  se  bien  porter.  M.  \  in¬ 
cent  par  d’autres  expériences  put  constah'r  qu’à  ces  tempéra¬ 
tures,  ce  n’est  pas  la  virulence  du  microbe  qui  s’exalte,  mais 
la  défense  de  l'organisme  qui  diminue  :  les  leucocytes  poly¬ 
nucléaires.  les  phagocytes  chargés  d’ahsorber  les  microbes 
au  point  d’attaque,  sont  paralysés  et  sans  action  ;  de  là  la  pé¬ 
nétration  rapide  du  bacille  dans  toute  l'économie. 

’M.  Relsch  rapproche  cette  importante  expérience  du  rôle 
des  chaleurs  dans  d’autres  maladies  infectieuses  (fièvre 
typho'ide,  choléra)  du  rôle  thérapeutique  des  bains  froids 
dans  les  infections  et  surtout  la  fièvre  tyi)boide. 

Pour  le  tétanos,  le  lait  de  M.  Vincent  semble  en  opposition 
avec  le  rôle  souvent  observé  du  refroidissement  (blessés  des 
campagnes  d’hiverl.àlais  il  n’est  pas  impossible  (jue  fhypother- 
mie  diminue  les  défenses  organiques  aussi  bien  (jue  l'hyper- 
thermie.  M.  Kelsch  engage  vhement  M.  à  incent  à  reprendre 
ses  expériences  sur  des  cobayes  soumis  à  un  refroidissement 
artificiel.  On  aura  ainsi  une  étude  très  complète  et  très  cu¬ 
rieuse  sur  les  causes  du  tétanos. 

A. -F.  Plicque. 


SOCIÉTÉ  DE  ClllRL  RGIÉ 
Séance  du  27  décembre  1900. 

Branchiomes  de  la  région  sous-maxillaire  (suite). 

M .  Arroü  se  souvient  avoir  opéré,  il  y  a  trois  ans,  une  femme 
de  68  ans,  portant  une  tumeur  dans  la  région  sous-maxil¬ 
laire  droite.  Le  diagnostic  était  :  tumeur  maligne  de  la  glande 
sous-maxillaire.  M.  Arrou  opéra.  La  tumeur  était  adhérente 
au  muscle  mylo-liyo'idien  dont  la  moitié  correspondante 
fut  enlevée.  L’examen  histologique,  pratiqué  par  M.  Durante, 
montra  qu'il  s’agissait  d’un  épithélioma  d’origine  branchiale 
ayant  subi  fenvahissement  muqueux. 

La  malade  mourut  quatre  mois  après,  en  pleine  récidive. 

M.  Le  Dentu,  revenant  sur  la  question,  passe  en  revue  tous 
les  cas  de  cancer  primitif  des  ganglions  du  cou  qu’il  lui  a 
été  donné  d’observer  jusqu’à  ce  jour  et,  pour  ceux  dont  l’ob¬ 
servation  est  complète  et  comprend  l’examen  histologique, 
pense  pouvoir  établir  rétrospectivement  le  diagnostic  de 
branchiome  malin. 

La  cholédoco-eniérostomie  (suite). 

M.  Deleet  insiste  sur  ce  point  d’anatomie  bien  établi  par 
Wiartdans sa  thèse,  à  savoir  :  la  jonction  très  tardive  du  canal 
cystique  et  hépatique  pour  former  le  canal  cholédoque.  Celui- 
ci  paraît  commencer  très  haut,  tandis  qu’il  naît,  en  réalité, 
très  bas,  derrière  le  duodénum,  tellement  que  Wiart  ne  lui 
reconnaît  pas  une  portion  sus-duodénale.  Il  en  résulte  que 
l’on  croit  souvent  qu’il  s’agit  d’un  calcul  du  cholédoque  lors¬ 
qu’il  ne  s’agit  que  d’un  calcul  du  canal  cystique. 

11  faut  donc  reprendre  l’étude  du  signe  classique  de  Cour- 
voisier-Terrier  d’après  lequel  l’obstruction  calculeuse  du  cho¬ 
lédoque  s’accompagne,  dans  la  grande  majorité  des  cas,  d  une 
atrophie  de  la  vésicule  biliaire.  Én  réalité,  le  calcul  siège  la 
plupart  du  temps  dans  le  canal  cysthiue  et  l’on  comprend 
ainsi  que  la  vésicule,  ne  recevant  plus  de  bile,  s’atrophie.  Au 
contraire,  lorsque  c’est  le  cholédoque  qui  est  obstrué,  que  ce 
soit  par  un  calcul  ou  par  une  compression  extérieure,  la  vé¬ 
sicule  est  dilatée. 

Par  contre,  l’obstruction  du  cysticiue  par  un  calcul,  ou  par 
une  compression  extérieure,  s’accoini)agne  toujours  d’atro¬ 
phie  de  la  vésicule.  C’est  donc,  en  définitive,  une  notion  de 
siège  de  l’obstacle  à  substituer  à  la  notion  de  nature  de  l’obs¬ 
tacle. 

•Au  point  de  vue  opératoire,  M.  Delbet  est  d’avis  que  dans 
les.cas  d’obstruction  du  canal  double  cyslico-hépatique,  ce 
RU  il  faut  faire,  c’est,  non  pas  une  cholécystentérosloraie  ni 


même  une  cholédocoentérostomie,  mais  une  hépatico-enté¬ 
rostomie. 

D’une  manière  générale,  àl.  Delbet  préfère  les  anastomoses 
bilio-intestinales  aux  fistules  cutanées. 

La  chloroformisation  (suite). 

M.  Legueu,  après  m.  Faure,  vient  faire  I  éloge  de  l’appareil 
de  Ricard  qu’il  a  expérimenté,  dans  son  service  de  Ricêtre, 
environ  200  fois.  La  quantité  de  chloroforme  employée  est 
minime,  surtout  si  l’on  considère  la  dose  d’entretien  (moyenne 
de  2'J  gram.mes  à  fheure  pendant  la  seconde  demi-heure). 
La  période  d’excitation  est  moins  fréquente  et  moins  accusée: 
elle  a  manqué  ICO  fois.  Quant  aux  vomissements,  ils  ont 
beaucoup  diminué  pendant  l’anesthésie,  mais  après  l’opéra¬ 
tion,  leur  proportion  est  restée  à  peu  près  la  même. 

M.  Legueu  voudrait  faire  apporter  deux  modifications  :  la 
première  concerne  la  soupape  supérieure'  qui,  lorsque  le  ma¬ 
lade  est  couché  sur  le  côté  (opéiations  sur  le  reinj  cesse  de 
fonctionner  régulièrement  ;  la  deuxième  concerne  le  tube  de 
caoutchouc  quise  plie  dans  certaines  positions  etqu  on  pour¬ 
rait  remplacer  par  un  tube  métallique. 

1  acunces  du  jour  de  l’An. 

La  prochaine  séance  de  la  Société  aura  lieu  le  mercredi  10 
janvier.  L.  Kenmrdjy. 


SOCIÉTÉ  MÉDICALE  DES  IIOPITAUA 
Séance  du  27  décembre. 

Celte  dernière  séance  de  l'année  a  été  consacrée  selon  la 
coutume,  au  résumé  général  des  travaux  et  à  la  lecture  de 
courtes  notices  sur  les  membres  décédés.  M.  le  secrétaire  gé¬ 
néral,  le  D' Siredey,  s’est  acquitté  de  cette  tâche  délicate  et 
diflicile  avec  beaucoup  de  tact  et  en  une  forme  littéraire  très 
soignée. 

Nous  renvoyons  nos  lecteurs  au  Bulletin  de  la  société  pour 
les  notices  complètes,  ne  donnant  ici  que  quelques  dates  : 

M.  le  D--  H.  SoupAULT  (1864-1905),  né  à  Villeneuve-le-Roi  le 
15  août  i864,  de  famille  riche,  fit  ses  humanités  au  collège 
Stanislas,  fut  nommé  interne  des  hôpitaux  en  1889,  pré¬ 
senta  sa  thèse  sur  «  les  Dyspepsies  nerveuses  »  en  1893  et 
f  ut  nommé  médecin  des  hôpitaux  en  1900.  C'est  dans  le 
service  de  M.  ie  Prof.  Debove  qu’il  commença  ses  études  des 
maladies  du  tube  digestif  pour  s’y  spécialiser  avec  succès. 
Collaborateur  de  MM.  Debove  et  Achard,  de  M.  Hartmann, 
pour  la  chirurgie  gastro-intestinale,  de  M.  le  D"  Mathieu,  il 
publia  une  série  de  travaux  remarquables  qui  lui  ont  valu 
sa  place  parmi  les  spécialistes.  Il  était  déjà  atteint  de  la  ma¬ 
ladie  qui  devait  l’emporter  lorsqu  il  entreprit  la  publica¬ 
tion  de  son  Traité  des  maladies  de  l'estomac.  Ce  volume  a  paru 
quelques  jours  après  sa  mort. 

M.  le  D--  Lecorché  (1830-1904),  né  le  30  mars  1830  a  Saint- 
Ma  rds-en  Olhe,  fut  un  des  meilleurs  élèves  du  collège  de 
T  royes,  fît  ses  études  de  droit  et  de  médecine,  fut  nommé 
interne  en  1854  et  présenta  en  1858  sa  thèse;  «  De  l’observation 
de  la  vision  dans  la  néphrite  albumineuse  (maladie  de 
Bright  ».  11  tenta  de  se  spécialiser  un  moment  en  oculistique 
à  la  suite  de  ses  études  spéciales;  il  se  consacra  pendant  un 
moment  à  la  médecine  thermale,  pour  aborder  dans  la  suite 
définitivement  les  concours.  11  fut  nommé  agrégé  en  1866, 
et  médecin  des  hôpitaux  en  1872.  11  étudia  spécialement  iS 
Maladies  du  rein,  de  la  nutrition  [Goutte,  diabètei.  Ayant  aban¬ 
donné  depuis  1894  ses  fonctions,  il  se  retira  dans  son  pays 
natal,  où  il  mourut  le  12  décembre  1904. 

M.  le  D'^  Hkrvieux  (1818-1905).  Entré  à  l’Ecole  Normale  en 
1838,  il  quitta  les  lettres  pour  la  médecine.  Interne  en  1844 
docteur  en  1847  (thèse:  ictère  des  nouveau-nés),  il  fut  nom¬ 
mé  au  bureau  central  en  1857.  Envoyé  comme  chef  de  ser- 
vice  à  la  Maternité,  il  y  resta  jusqu’à  la  lin  de  sa  carrière 
(  1883).  Frappé  de  la  mortalité  effrayante  des  maternités,  il 
en  etudia  la  cause  et  c’est  ainsi  que  parut  son  «  Traiteclini- 
que  et  pratique  des  malaates  puerpérales,  suites  de  couches  »  et 
qu’il  joua  le  rôle  prépondérant  dans  les  discussions  fameu¬ 
ses  sur  ce  sujet.  11  croyait  à  Yempoisonnemenl  puerpéral 
théorie  qui  contribua  à  renforcer  lidée  de  contagion  que 
devaient  démontrer  les  travaux  de  Pasteur  et  de  son  école 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


C’est  Hervieux  qui  remplaça  la  vaccine  humaine  par  la  vac¬ 
cine  animale. 

M.  le  D--  Du  Castel  (1846-1905)  docteur  en  1872,  médecin  du 
bureau  central  en  1880  ;  il  étudia  surtout  la  vénéréologie  et 
la  dermatologie  à  l’hôpital  du  Midi  et  à  St-Louis. 

M.  leD^GuYOT  (1828-1905).  Nommé  médecin  du  bureau 
central  en  1864,  il  remplaça  Hervieux  à  la  Maternité  et, comme 
lui  fut  frappé  de  la  terrible  mortalité  de  ce  service.  C’est 
grâce  à  son  énergique  initiative  que  des  mesures  d’hygiène 
plus  sévères  furent  prises.  Il  signala  à  chaque  instant  les  né¬ 
gligences  etles  abus  administratifs  et  c’est  à  lui  et  à  Hervieux 
qui  revient  le  mérite  des  améliorations  des  maternités.  Cons¬ 
ciencieux  et  exact  dans  sa  profession  hospitalière,  il  forma 
une  phalange  d’élèves  travailleurs  et  sérieux  (Rendu.  Du- 
flocq,  Chevalier)  auxquels  il  a  eu  la  douleur  de  survivre. 

M.  le  D''  Mauriac  (1832-1905).  Médaille  d’or  en  1858,  méde¬ 
cin  des  hôpitaux  en  1862,  il  fit  une  thèse  de  doctorat  sur  «  les 
altérations  de  la  fibre  cardiaque  et  leur  importance  dans  la 
pathogéniede  cet  organe  «.Après  avoir  essayé  delà  gynécologie. 
Use  cantonna  plus  tard  dans  la  vénéréologie.  Fin  lettré,  mu¬ 
sicien,  artiste,  il  voyageait  beaucoup  jusque  dans  les  der¬ 
niers  jours  de  sa  vie.  H  est  mort  dans  son  pays  natal  (Dor¬ 
dogne).  Friedel. 

Pour  l’année  1906,  le  bureau  de  la  Société  médicale  des  hôpi¬ 
taux  est  composé  de  la  façon  suivante  :  président  :  M.  Letulle; 
vice-président  :  M.  Barth  .  secrétaire  général  :  M.  Siredey  ; 
trésorier  :  M.  Hudelo  ;  secrétaires  des  séances  :  M.M.  Josué  et 
Gasne. 


Remplacez  dans  tous  leurs  usages 
la  morphine,  la  codéine  et  leurs  dérivés  par  le 

NARCYL  GRÉMY  supérieur  en  tous  points 

HYGIÈNE  DOMESTIQUE 

Le  choix  d  un  logement,  son  aménagement,  son 
entretien  il) 

Par  Paul  Juillerat, 

Chef  du  Bureau  de  l’Assainissement  de  l’habitation  et  du  Casier 
sanitaire  des  maisons  de  Paris. 

Je  ne  vous  apprendrai  rien  en  vous  répétant  qu’une  des 
conditions  nécessaires  pour  conserver  la  santé  est  d’habiter 
un  logement  salubre.  Depuis  plus  de  cinquante  ans  tous  les 
hygiénistes,  à  l’envi,  proclament  ce  principe.  Et  pourtant, 
combien  d’entre  vous  peuvent  se  vanter  d’habiter  un  loge¬ 
ment  qui  ne  constitue  pas  un  danger  permanent  pour  leur 
santé  et  celle  de  leur  famille  ?  Je  voudrais  tâcher  de  dégager 
devant  vous  et  de  faire  pénétrer  dans  votre  esprit,  avec  tout 
l’absolu  d’un  dogme,  un  certain  nombre  de  principes  qui 
devront  vous  guider  dans  le  choix  d’un  logement. 

Dans  la  plupart  des  cas,  on  loue  un  appartement  parce  que 
le  quartier  vous  plaît,  parce  qu’il  est  voisin  soit  d'amis  que 
l’on  tient  à  voir,  soit  de  théâtres  que  l’on  aime  fréquenter  ; 
on  examine  si  le  salon  est  bien  décoré,  si  la  distribution  des 
pièces  permet f  exercice  facile  des  devoirs  ou  des  plaisirs  mon¬ 
dains,  si  les  meubles  que  l’on  possède  peuvent  y  trouver 
place.  Dans  d’autres  cas,  on  prend  au  hasard,  parce  que  la 
maison  est  proche  des  lieux  où  vous  appellent  vos  occupa¬ 
tions  habituelles.  Des  conditions  de  salubrité  du  logement 
on  ne  se  soucie  guère.  Tout  au  plus  demande-t-on  qu’il  y  ait 
de  l’eau  etque  les  W.  G.  soient  du  système  «  tout  à  l’égout  ». 
Eh  bien  !  le  choix  d’un  logement  est  beaucoup  plus  compli¬ 
qué  que  cela  et  nous  verrons  que  nous  devons  nous  guider 
par  des  considérations  toutes  différentes  de  celles  que  l’on 
envisage  le  plus  souvent.  Gomme,  en  somme,  le  logement  est 
appelé  à  jouer  un  rôle  prépondérant  dans  l’étiologie  de  la 
tuberculose,  nous  examinerons  d’abord  les  conditions  qu’il 
doit  remplir  pour  nous  mettre  autant  que  possible  à  l’abri  de 


(1)  Cette  coiiférenee  a  été  faite  au  Grand  Palais  par  M.  Paul 
Juillerat  à  la  suite  du  Congres  international  de  la  tuberculose. 


la  contagion  et  nous  nous  apercevrons  bien  vite  que  le  loge¬ 
ment  anti-tuberculeux  est  précisément  le  logement  idéal. 

La  tuberculose, en  effet, tue  chaque  année  12.000  Parisiens, 
causant  ainsi  plus  du  5"  du  nombre  total  des  décès.  Elle  est 
à  elle  seule  trois  fois  plus  meurtrière  que  toutes  les  autres 
maladies  contagieuses  réunies.  Elle  frappe  dans  tous  les 
milieux  sociaux,  depuis  le  plus  riche  jusqu’au  plus  miséra¬ 
ble.  Comment  procède-t-elle  ?La  tuberculose  est  due  au  dé¬ 
veloppement,  dans  l’organisme, d’un  microbe,  d’un  bacille, le 
bacille  de  Koch.  Pour  devenir  tuberculeux,  il  faut  donc  in¬ 
troduire  ce  bacille  dans  l’économie  ;  il  faut  aussi  que  ce  ba¬ 
cille  trouve  dans  nos  organes  un  terrain  favorable  à  son  dé¬ 
veloppement,  c’est-à-dire  que  notre  organisme  soitvis-à-vis 
de  ce  bacille  dans  un  état  de  moindre  résistance,  déprimé, 
anémié,  dépourvu  d’énergie  vitale.  A  ces  deux  conditions  in¬ 
dispensables  pour  devenir  tuberculeux,  il  en  faut  joindre 
une  troisième  :  il  faut  que  l’action  du  microbe  soit  répétée 
et  prolongée  pendant  un  temps  assez  long. 

Le  bacille  de  Koch  est  des  plus  résistants  ;  il  n’est  pas  dé¬ 
truit  par  la  plupart  des  antiseptiques  usuels.  Il  pullule  dans 
les  crachats  ou  les  suppurations  des  tuberculeux  et  est  dis¬ 
séminé  par  eux,  par  myriades,  dans  les  locaux  qu’ils  habi¬ 
tent,  ou  dans  lesquels  ils  séjournent,  même  quelques  ins¬ 
tants.  Le  tuberculeux,  sauf  pendant  la  dernière  période  de 
son  mal,  n’est  pas  alité.  Il  va,  vient,  vaque  à  ses  occupations 
habituelles  pendant  des  mois,  des  années  même.  Et  pen¬ 
dant  tout  ce  temps,  dans  la  rue,  au  bureau,  à  l’atelier,  dans 
toutes  les  parties  de  son  logement,  partout  où  il  passe  et  sé¬ 
journe,  il  tousse,  crache,  répandant  autour  de  lui  par  mil¬ 
lions,  dans  ses  crachats,dans  les  buées  qu’il  projette  en  tous¬ 
sant,  les  bacilles  meurtriers.  Ces  bacilles  innombrables,  mê¬ 
lés  aux  poussières,  peuvent  conserver  pendant  des  mois  et 
même  des  années,  leur  redoutable  virulence.  Si  l’on  réfléchit 
qu’à  Paris  des  milliers  d’hommes  et  de  femmes  promènent 
de  tous  côtés,  pendant  des  années,  des  tuberculoses  ouver¬ 
tes,  on  frémit  du  danger  permanent  auquel  on  est  exposé. 

Qui  peut  prétendre,  quelle  que  soit  sa  position  sociale,  qu’il 
ne  recevra  jamais  chez  lui  un  tuberculeux,  visiteur  ou  do¬ 
mestique,  qui  déposera  dans  son  logis  le  redoutable  germe  ? 

L’homme  serait  presque  désarmé  contre  cet  ennemi  si  la 
nature  ne  lui  avait  suscité  un  redoutable  adversaire  dans 
la  lumière  solaire.  Gomme  tous  les  malfaiteurs,  en  effet,  le 
bacille  de  Koch  aime  l’ombre  ;  la  lumière  solaire  le  met  en 
déroute  et  nous  avons  pu  dire  comme  conclusion  de  nos  étu¬ 
des  sur  la  répartition  de  la  tuberculose  à  Paris,  que  «  la  tu¬ 
berculose  est  la  maladie  de  l’obscurité  ».  Tout  local  obscur, 
que  ne  visitent  pas  les  rayons  solaires,  peut  devenir,  si  un 
tuberculeux  y  séjourne  même  accidentellement,  un  dange¬ 
reux  réceptacle  où  le  bacille  s’installera  à  demeure,  pour 
infecter  successivement  tous  ceux  qui  viendront  l’habiter. 

Au  contraire,  un  local  clair,  dans  lequel  les  rayons  solaires 
pénétrent  sans  obstacle,  pourra  être  souillé  par  les  crachats 
d’un  phtisique  ;  il  s’assainira  tout  seul  en  quelques  minutes 
ou  quelques  heures  au  plus  et  ne  pourra  jamais  devenir  un 
foyer  de  contagion.  Ces  faits,  que  les  travaux  de  Koch, 
d’Edwin  Solly,  de  Grancher,  de  Brouardel,  avaient  mis  en 
lumière,  ont  été  confirmés  par  les  belles  recherches  de  M. 
le  docteur  Louis  Rénon,  les  patientes  investigations  de  Noir 
dans  le  quartier  Saint-Sévérin,  de  Paul  Strauss,de  Fillassier 
de  Mosny,  de  Lucien  Graux,  de  toute  une  pléiade  de  cher-  f 
cheurs  philaniropes  et  aussi  par  les  études  que  nous  avons  If 
entreprises,  am  moyen  des  documents  du  Gasier  sanitaire, 
sur  la  répariition  de  la  tuberculose  dans  les  maisons  de 
Paris  pendant  les  onze  dernières  années.  Ainsi  donc  nous 
possédons  un  moyen  sûr,  peu  coûteux,  d’un  emploi  facile, 
pour  détruire  le  bacille  de  Koch,  c’est  la  lumière  solaire. 

Gette  vérité,  si  grosse  de  conséquences,  a  été  établie  il  y  a 
vingt  ans.  Vérifiée  maintes  fois,  depuis,  par  les  savants  do 
toute  nation,  aujourd’hui  elle  est,  si  je  puis  m’exprimer  ainsi, 
tombée  dans  le  domaine  public.  Et  pourtant  l’action  bien¬ 
faisante  du  soleil  est  connue  depuis  les  origines  de  l’his¬ 
toire. 

Les  Aryas,  nos  ancêtres,  le  révéraient  sous  le  nom  d’In¬ 
dra,  la  forme  céleste  d’Agni,  le  feu  créateur.  Les  théogonies 
mexicaines  et  péruviennes  avaient  comme  dieu  suprême 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


l’Astre  qui  vivifie  et  met  en  fuite  toutes  les  paissances  des¬ 
tructrices.  Les  empereurs  du  Mexique,  comme  les  Incas  du 
Pérou,  comme  les  Pharaons  de  l’Egypte  antique,  se  glori¬ 
fiaient  du  titre  de  fils  du  Soleil.  Le  proverbe  persan  dit: 

«  Où  entre  le  soleil,  le  médecin  n’entre  pas.  »  De  nos  jours, 
une  tribu  de  l’Arizona,  les  Hopis,  nous  semble  avoir  réalisé 
d’une  façon  saisissante  les  desiderata  de  l’hygiène  moderne. 
Chez  eux,  il  est  interdit  de  construire  une  maison  qui  mas¬ 
que  le  soleil  à  une  maison  existante.  Que  ne  prend-on  chez 
nous  exemple  sur  ces  sauvages  ?  Cela  prouve  une  fois  de  plus 
que  la  science  humaine  est  un  perpétuel  recommencement  et 
que  l’on  redécouvre  sans  cesse  des  faits  déjà  connus  depuis 
des  siècles. 

Ces  constatations  nous  amènent  à  ce  premier  principe  : 
on  doit  choisir  un  logement  que  les  rayons  solaires  visitent 
chaque  jour  dans  toutes  ses  parties.  Dans  un  tel  logement, 
en  effet,  le  bacille  de  Koch  peut  être  introduit,  il  n’y  restera 
pas.  Quelques  heures  d’insolation  le  détruiront  à  coup  sûr. 
On  comprend  dès  lors  que  si  toutes  les  pièces  habitées  d’une 
ville  étaient  chaque  jour  ensoleillées,  la  part  énorme  qui 
revient  à  la  contagion  dans  le  développement  de  la  tubercu¬ 
lose  serait  réduite  à  zéro  ;  la  tuberculose  ne  serait  plus 
qu’une  maladie  ordinaire,  individuelle,  dont  la  science  bien¬ 
tôt  pourrait  restreindre  les  ravages. 

Ce  ne  sont  pas  là  des  vues  théoriques:  l’rxpérience,  l’ob¬ 
servation  directe,  en  ont  démontré  la  justesse.  AParis,  nous 
avons  constaté  par  une  observation  poursuivie  pendantonze 
années  que  la  tuberculose  se  localisait  dans  les  maisons  et 
les  logements  obscurs;  que  les  étages  supérieurs  des  mai¬ 
sons,  bien  éclairés,  étaient  moins  durement  frappés  que  les 
étages  inférieurs  sombres  ;  que  la  tuberculose,  une  fois  in¬ 
troduite  dans  une  maison  mal  éclairée,  située  dans  une  rue 
étroite,  pourvue  de  cours  insuffisantes,  n’en  sortait  plus  et 
continuait,  malgré  toutes  les  précautions  que  l'on  pouvait 
prendre,  à  y  décimer  la  population. 

Au  contraire,  les  maisons  indemnes  sont  celles  qui  sont 
largement  éclairées,  dans  des  rues  larges,  avec  des  cours 
spacieuses.  Rénon,  dans  son  magistral  ouvrage  sur  les 
Maladies  populaires,  que  doit  lire  et  méditer  tout  homme 
qu’intéresse  l’avenir  de  notre  race  a  liépeint  les  ravages  du 
logement  obscur.  Le  D'^  Noir  nous  a  montré,  par  des  exem¬ 
ples  vécus,  que  tous  les  autres  facteurs,  l’encombrement 
même,  étaient  secondaires  quand  on  les  compare  à  l’obscu¬ 
rité  des  logements. 

La  conclusion  de  toutes  ces  études,  de  tous  les  travaux 
des  savants,  la  seule  qui  s’impose,  c’est  que,  pour  pouvoir 
braver  le  danger  que  fait  courir  à  nous  et  à  notre  famille  la 
tuberculose,  il  faut,  je  le  répète,  habiter  un  logement  dont 
toutes  les  parties  sont  chaque  jour  visitées  par  les  rayons 
solaires.  A  Paris,  de  tels  logements  sont  relativement  rares, 
malheureusement.  Il  faut  donc  savoir  comment  il  est  possi¬ 
ble  de  les  découvrir.  Si  le  logement  que  vous  avez  en  vue 
s’étend  sur  une  seule  façade  de  la  maison,  vous  ne  devez 
admettre  qu’une  des  trois  expositions  est,  ouest  et  sud,  à 
l’exclusion  du  nord.  Si  votre  appartement,  ce  qui  est  le 
plus  fréquent,  doit  présenter  deux  faces,  ces  deux  faces  doi¬ 
vent  respectivement  regarder  les  régions  est  et  ouest,  c’est- 
à-dire  que  la  rue  doit,  autant  que  possible,  se  rapprocher 
de  la  direction  nord-sud. 

Dans  les  rues  étroites,  celles  de  12  mètres,  dans  les  mai¬ 
sons  pourvues  de  cours  modernes  de  5  à  6  mètres  de  large, 
ce  n’est  qu’à  partir  du  4'  étage  que  les  logements,  même  les 
mieux  orientés,  peuvent  recevoir  une  insolation  suffisante. 
Pour  obtenir  ce  résultat  dans  les  étages  inférieurs,  il  faut 
des  voies  de  15  ou  20  mètres  et  des  cours  exceptionnelles, 
surtout  dans  la  construction  moderne.  Il  faut  que  la  gran¬ 
deur  des  fenêtres  soit  proportionnée  à  la  surface  des  pièces, 
a  eclairer.  t 

11  ne  suffit  pas  que  les  pièces  que  vous  habiterez,  vous  et 
tes  vôtres,  soient  largement  ensoleillées  ;  il  faut  que  le  soleil 
pénétré  dans  la  cuisine  de  votre  appartement.  On  ne  sau¬ 
rait  trop  répéter  qu’une  cuisine  obscure  peut  devenir,  même 
pour  un  appartement  clair,  un  foyer  redoutable  de  contagion 
semant  le  deuil  dans  une  famille.  Tout  le  monde  sait,  et  les 

ygienistes  les  plus  autorisés,  Brouardel,  Landouzy,  Gran- 


cher,  l’ont  maintes  fois  signalé,  que  les  domestiques  four¬ 
nissent  dans  les  villes  un  contingent  excessif  à  la  mortalité 
tuberculeuse.  La  cause  en  est  à  l’obscurité  de  la  plupart  des 
cuisines.  Dans  la  cuisine,  en  effet,  où  se  trouvent  réunis 
l’évier,  la  boîte  à  ordures,  le  fourneau  potager  et  le  garde- 
manger,  la  bonne,  qui  y  séjourne  14  ou  15  heures  par  jour, 
se  trouve  déjà  placée  dans  des  conditions  de  milieu  défavo¬ 
rables  à  la  santé  ;  en  fait,  les  domestiques,  après  quelques 
années  de  séjour  dans  une  grande  ville,  sont  presque  toutes 
anémiées,  c’est-à-dire  dans  les  conditions  les  plus  favorables 
pour  devenir  la  proie  du  bacille  tuberculeux. 

Si  une  domestique  tuberculeuse  a  séjourné  dans  une  cui¬ 
sine  obscure,  et  il  en  est  bien  peu  qui  ne  soient  pas  dans  ce 
cas,  les  bacilles  qu’elle  y  a  déversés  par  millions,  en  tous¬ 
sant,  en  crachant,  s'y  installent  à  demeure  ;  ils  se  glissent 
dans  toutes  les  fissures,  dans  tous  les  reiioins,  partout  où 
la  poussière  s’entasse.  A  partir  de  ce  jour,  toute  domestique 
qui  habitera  cette  cuisine,  anémiée  déjà  par  son  genre  de 
vie,  couchée  chaque  nuit  dans  une  mansarde,  glaciale  en 
hiver,  torride  en  été  et  par  conséquent  impropre  à  lui  per¬ 
mettre  un  sommeil  réparateur,  est  presque  fatalement  con¬ 
damnée  à  contracter  l’impitoyable  maladie.  Ces  domesti¬ 
ques  successives  contaminent  sans  cesse  l’appartement 
tout  entier,  les  corridors,  les  W.  C.,  partout  où  le  soleil  ne 
pénètre  pas  librement.  Vienne  une  fatigue,  un  surmenage 
quelconque  chez  quelque  membre  de  la  famille,  à  son_  tour 
il  est  frappé.  On  voit  qu’en  dehors  des  raisons  d’huçanité 
qui  doivent  nous  pousser  à  protéger  la  vie  et  la  santé  de 
ceux  qui  nous  servent,  notre  intérêt  même  exige  qu’il  en  soit 
ainsi. 

Le  second  point  que  nous  devons  considérer  quand  nous 
choisissons  un  logement,  c’est  que  les  dispositions  en 
soient  telles  que  notre  santé  générale  puisse  s’y  conserver  ' 
intacte. 

Jules  Arnould  définit  ainsi  le»  conditions  de  l’habitation 
salubre  :  «  L’idéal  de  l’habitation  serait  évidemment  une 
«  création  qui  soustrairait  l’individu,  la  famille  ou  les  grou- 
«  pes  à  l’action  des  propriétés  physiques  de  l’atmosphère, 

«  dans  la  mesure  convenable  et  rien  que  dans  cette  mesure; 
tt  en  même  temps  qu’elle  permettrait  aux  Intéressés  de  jouir 
«  de  l’intégralité  parfaite  des  propriétés  chimiques  et  biolo- 
«  giques  de  l’air.  » 

Une  telle  habitation  est  celle  dont  l’air,  incessamment  re¬ 
nouvelé,  est  toujours  pur,  qui  vous  protège  contre  les  va¬ 
riations  de  la  température  extérieure,  dont  aucune  émana¬ 
tion  malsaine  ne  vient  vicier  l’atmosphère. 

Les  appartements  ainsi  compris  ne  sont  pas  rares  dans 
les  maisons  modernes.  On  y  trouve  des  pièces  vastes,  des 
murs  d’une  épaisseur  suffisante,  des  appareils  presque  par¬ 
faits  pour  l'évacuation  rapide  des  matières  usées,  de  l’eau 
pure  en  abondance.  On  y  trouve  moins  souvent  de  bons  ap¬ 
pareils  de  chauffage.  Les  calorifères  à  air  chaud  sont  détes¬ 
tables  ;  tous  vicient  l’air  des  pièces  et  souvent  y  déversent 
de  l’oxyde  de  carbone  dont,  même  quand  il  n’est  pas  à  dose 
mortelle,  les  effets  anémiants  sont  aujourd’hui  connus. Vous 
éviterez  donc  avec  soin  les  maisons  chauffées  par  ce  pro¬ 
cédé.  Evitez  également  les  maisons  dans  lesquelles  on  fait 
usage  des  appareils  de  chauffage  à  combustion  lente.  Tous 
sont  dangereux  et  l’on  ne  compte  plus  les  accidents  dont  ils 
sont  causes.  Une  bonne  cheminée,  munie  d’une  ventouse, 
où  brûle  du  bois  bien  sec  est  encore  le  mode  de  chauffage 
I  le  plus  recommandable.  Dans  un  tel  logement,  rien  ne  sera 
une  cause  de  diminution  de  vitalité  pour  vos  organes, et  vous 
et  les  vôtres  présenterez  toujours  à  la  contagion  les  condi¬ 
tions  de  plus  grande  résistance.  Si  vous  y  joignez  l’influence 
bienfaisante  de  l’action  directe  des  rayons  solaires,  vous 
pouvez  être  sans  crainte  :  sauf  dans  des  cas  bien  rares,  la 
j  tuberculose  ne  saurait  vous  atteindre. 

En  résumé,  choisissez  un  appartement  bien  aéré,  facile  à 
chauffer,  pourvu  de  vastes  fenêtres,  exposé  de  telle  sorte 
que  le  soleil  pénètre  chaque  jour  quelques  heures  dans  tou¬ 
tes  les  pièces,  comportant  une  cuisine  vaste,  largement  en¬ 
soleillée.  Fuyez  les  appartements  sombres,  repoussez  les 
cuisines  ob.scures,  :  redoutez  les  maisons  chauffées  par  des 
calorifères  à  air  chaud  ou  des  appareils  à  combustion  lente. 


10 


LE  PROGRÈS  MEDICAL 


et  vous  aurez  supprimé  pour  vous  et  les  vôtres  les  principa¬ 
les  chances  du  contamination  tuberculeuse. 

Supposons  que  vous  ayez  choisi  un  logement  répondant  à 
toutes  ces  données,  il  faut  encore  que  les  aménagements 
que  vous  lui  ferez  subir  ne  détruisent  pas  les  bons  effets 
de  ses  dispositions.  Ici,  c’est  à  vous.  Mesdames,  que  je  fais 
surtout  appel  parce  que  la  décoration  intérieure  de  l’appar¬ 
tement  est  votre  domaine.  Il  ne  faut  pas  de  rideaux  aux  fe¬ 
nêtres,  ou  plutôt,  il  né  faut  pas  que  les  rideaux  ni  les  per- 
siennes  soient  fermées  pendant  le  jour.  Tout  au  plus  en  été, 
pendant  la  grande  ciialeur,  est-il  permis  de  les  fermer  aux 
heures  les  plus  chaudes  du  jour.  Je  sais  bien  que  vous  allez 
vous  récrier  !  Le  soleil  mange  les  couleurs  des  tentures,  des 
tapisseries  ;  il  abîme  !!1  le  mobilier.  Certainement.  Mais  que 
voulez-vous  y  faire  ?  11  faut  choisir  entre  la  conservation  de 
votre  mobilier  et  celle  des  êtres  que  vous  aimez.  Il  faut 
bien  vous  pénétrer  de  cette  vérité  que  toute  année  que  vous 
ajouterez  à  l’existence  de  vos  étoffes  et  de  vos  tentures  par 
une  obscurité  soigneusement  entretenue,  peut  représenter 
une  année  que  vous  retranchez  à  l'existence  d’un  des  vô¬ 
tres.  Je  ne  me  permettrai  pas  de  croire  que  vous  hésiterez 
un  instant  dans  votre  choix. 

Une  autre  précaution  non  moins  importante,  c’est  d’éviter 
le  balayage  à  sec.  11  faut  essuyer  les  meubles,  les  murs, 
avec  un  linge  humide  pour  éviter  de  disperser  les  poussières 
toujours  dangereuses,  répandre  sur  les  parquets’ et  les  ta¬ 
pis  quelques  poignées  de  sciure  de  bols  humide  avant  de  les 
frotter  on  de  les  balayer.  Un  excellent  mode  de  nettoyage  des 
lapis  à  demeure,  tapis  dont  l’usage  ne  laisse  pas  que  d'être 
assez  dangereux  et  qu’il  serait  désirable  de  faire  disparaî¬ 
tre,  est  l’aspiration  par  le  vide.  Mais  il  n’est  applicable,  vu 
son  prix  élevé,  que  pour  de  grands  appartements.  J«  ne 
_  poursuivrai  pas  plus  loin  mes  conseils.  Vous  êtes  toutes. 
Mesdames,  des  maîtresses  de  maison  accomplies  et  ce  serait 
de  l'outrecuidance  de  ma  part  d’insister  sur  l’entretien  de 
votre  logis.  Je  dois  ajouter  toutefois  qu’il  est  indispensable, 
chaque  fois  que  vous  avez  congédié  une  domestique, de  faire 
désinfecter  à  fond  non  seulemennt  la  mansarde,  mais  aussi 
et  surtout  la  cuisine.  Il  faut  aussi  faire  désinfecter,  avant  de 
l’habiter,  tout  appartement  dans  lequel  vous  devez  vous  ins¬ 
taller. 

Ce  que  j’ai  voulu  vous  dire,  vous  démontrer,  ce  que  je 
voudrais  avoir  fait  pénétrer  dans  votre  esprit,  c’est  que  tout 
local  où  ne  pénètre  pas  le  soleil  est  dangereux  et  peut  de¬ 
venir  pour  vous  et  les  vôtres  un  redoutable  foyer  de  tuber¬ 
culose  ;  tandis  qu’un  local  où  le  soleil  pénètre  ne  peut 
jamais  être  infecté  par  un  microbe. 

Gœlhe  mourant  appelait  ;  «  La  lumière  !  La  lumière  !  ». 
Que  ce  cri  du  grand  philosophe  expirant  soit  votre  devise 
dans  le  choix  d'un  logement.  Vous  tous  qui  avez  le  souci 
d'éviter  les  maladies,  la  souffrance  et  le  trépas  prématuré 
des  êtres  qui  vous  sont  chers,  faites  entrer  largement  le 
soleil  dans  vos  demeures  ;  c'estle  meilleur  moyen  d’en  écar¬ 
ter  la  maladie,  le  deuil  et  le  chagrin. 


THÉRAPEUTIQUE 

Le  traitement  de  la  grippe  et  de  ses  manifestations 
broncho-pulmonaires  par  l'hélénine. 

De  toutes  les  manifestations  grippales  si  fréquentes  en 
cette  saison,  celles  qui  portent  sur  les  voles  respiratoires 
offrent  plus  de  dangers.  L'inflammation  des  premières  voies 
respiratoires  détermine  une  toux  rebelle  et  pénible,  et  est 
souvent  suivie  de  l’extension  de  l’infection  grippale  aux 
bronches  et  même  au  parenchyme  pulmonaire.  L'action  de 
l'hélénine  du  D»  de  Korab,  qui  calme  la  toux,  qui  modifie  et 
diminue  l’expectoration,  qui  jouit  en  outre  d'un  pouvoir  mi- 
crobicide  bien  constaté,  sera  d’une  grande  utilité  dans  le 
traitement  curatif  de  la  grippe  et  dans  la  prophylaxie  de  ses 
complications  broncho-pulmonaires.  Ce  précieux  agent  thé¬ 
rapeutique,  qui  a  fait  brillamment  ses  preuves  dans  les 
épidémies  de  grippe  de  ces  dernières  années,  s’administre  à 
la  dose  de  3  à  3  globules  d’hélénine  du  D""  de  Korab,  par  jour. 


REVUE  CHIRURGICALE 

Rédacteur  spécial  :  M.  le  L.  LONGUET, 

Professeur  à  l'Ecole  de  Médecine  de  Rouen. 

I.  —  Constipation  chronique  et  son  traitement  opératoire  ;  par. 
M.  ArbuthnOT  Lane.  Mémoire  de  31  pages  avec  ligures,  édité 
par  The  medical  publishitig  company.  (Limited.  London,  1904.) 

A.  Anatomie  pathologique.  —  L’ectasie  du  tractus  digestif  est 
le  phénomène  dominant.  Elle  porte  sur  l’estomac,  sur  la  fin  du 
grêle,  sur  le  cæcum,  le  côlon  ascendant  et  transverse,  l’anse 
sigmo'ide,  voire  même  le  rectum,  avec  prédominance  sur  cer¬ 
tains  segments  du  côlon,  qui  peuvent  être  pris  individuelle- 
pient.  Et  la  dilatation  s’associe  à  un  allongement  en  longueur. 
Cette  distension  a  comme  conséquences  des  anomalies  de  po¬ 
sition,  des  adhérences  secondaires,  des  obstacles  à  la  perméa¬ 
bilité  intestinale  :  a)  Anomalies  de  position  :  le  cæcum  s’étale  en 
bas  et  en  dedans,  obstruant  le  bassin.  Le  côlon  transverse  des¬ 
cend  en  anse  très  déclive,  s’infléchissant  en  boucle, coudé  à  ses- 
deux  angles. L'anse  sigmo'ide  devient  plus  sinueuse,  plus  mo¬ 
bile.  Le  rectum  boursouflé  prend  contact  avec  le  cæcum  ; 
circonstance  propice  à  l’abouchement  opératoire  de  l’iléon  dans 
TansesigmoiJeoulerectum.fi)  Les  adhérences  secondaires  se 
remarquent  dans  ces  portions  du  gros  intestin  déjà  relativement 
fixes  anatomiquement, tel  le  tiers  supérieur  du  cæcum,  le  côlon 
ascendant,  l'angle  hépatique,  Tangle  splénique,  le  côlon  iliaque. 
Ces  segments  s’adossent  largement  au  péritoine  pariétal  avec 
lequel  ils  contractent  des  adhérences  de  plus  en  plus  étendues  , 
la  surface  péritonéale  de  l’intestin  décroissant  progressivement, 
y)  Les  obstacles  de  perméabilité  résultent  de  ces  dislocations. 
Ils  consistent  en  ébauche  de  torsion,  de  volvulus  incomplet, 
portant  sur  le  cæcum,  et  principalement  sur  Tanse  sigmo'ide 
hypermobilisée.  Là,  l’obstruction  peut  être  complète,  la  cir¬ 
culation  se  trouvant  arrêtée  par  la  rotation  de  la  boucle  sig¬ 
mo'ide  surchargée.  D’autre  part,  les  adhérences  précitées  exer¬ 
cent  parfois  sur  l'intestin  une  tension  capable  d'en  réduire  le 
calibre  à  certains  points  ;  et  cette  sténose  s’exagère  par  la  dis¬ 
tension  sus-jacente.  Cette 'cause  d’obstruction  extra-pariétale 
s’observe  surtout  sur  le  côlon  ascendant,  au  niveàu  de  la  crête 
iliaque.  Enfin,  il  arrive  que  Tanse  sigmo'ide,  après  une  phase, 
de  mobilité  excessive,  ait  son  méso  progressivement  dédoublé, 
étalé,  ce  qui  la  raccourcit,  la  fixe  à  la  paroi  abdominale,  et  de 
ce  fait  rétrécit  sa  lumière. 

La  paroi  intestinale  s’amincit  par  atrophie  de  sa  musculeuse 
circonstance  qui  complique  les  opérations. 

B.  Causes.  —  Ces  lésions  seraient  dues  en  grande  partie  à  la 
station  debout,  aux  positions  sédentaires  de  la  vie  civilisée  ; 
circonstances  exagérées  chez  la  femme  par  le  corset,  et  dans 
les  deux  sexes  gar  le  développement  imparfait  des  muscles  de 
la  paroi  abdominale.  Dans  l’attitude  de  la  défécation,  le  cæcum 
est  tiré  en  bas  et  en  avant  dans  le  pelvis,  tendant  à  entraîner 
le  rein  droit.  Ainsi  nous  perdons  le  bénéfice  de  l’énorme  pres¬ 
sion  apportée  par  le  contact  de  la  cuisse  et  de  l’abdomen  dans 
la  position  accroupie.  Cette  position  accroupie  facilite  l’éva¬ 
cuation  du  cæcum,  du  côlon  ascendant  et  de  Tanse  signfoîde 
qu’elle  refoule  en  haut,  en  même  temps  qu’elle  tend  à  retenir 
le  rein  dans  sa  situation  normale. 

C. Symptômes.  —  Ce  sont  d’abord  des  troubles  digestifs,  indi¬ 
gestions,  nausées,  vomissements,  flatulence,  borborygmes, 
bruits  liquidiens  dans  Tiléon,  constipation  opiniâtre  avec  éva¬ 
cuations  intermittentes  du  trop-plein  sous  forme  de  diarrhée 
séreuse  irritante.  Tous  ces  désordres  sont  la  conséquence  de 
la  distension  colique  qui  détermine  une  perturbation  ré¬ 
flexe  sur  le  tractus  gastro-intestinal  et  une  stercorémie  chro¬ 
nique. 

La  douleur  est  sourde,  spontanée,  localisée  sur  le  trajet  du 
gros  intestin,  du  cæcum,  du  côlon  ascendant,  de  Tangle  hépa¬ 
tique,  du  côlon  pelvien.  Elle  est  réveillée  par  la  pression, 
l’exploration,  le  passage  des  matières.  Elle  se  complique  sou¬ 
vent  d’irradiations  névralgiques  dans  les  branches  du  plexus 
lombaire  ou  hypogastrique,  donnant  alors  le  change  pour  une 
calculose  rénale.  Et  maintes  fois  le  chirurgien  a  été  conduit  à 
examiner  le  rein  droit  qu’il  trouva  sain,  ou  légèrement  ptosé. 
Parmi  les  points  douloureux  d’élection,  signalons  le  sous- 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


11 


costal  droit  ;  le  sous-costal  gauche  ;  le  sacro-iliaque  droit.  Les 
deux  premiers  seraient  dus  à  la  traction  exercée  par  la  pesan¬ 
teur  sur  les  adhérences,  lorsque  le  malade  est  debout  ;  à  la 
poussée  des  matières  lorsqu’il  est  couché.  Le  point  sacro- 
iliaque  droit  ressortirait  à  l’obstruction  du  pelvis  par  le 
cæcum  distendu.  Aussi  est-il  particulièrement  exagéré  par  la 
défécation,  donnant  au  patient  la  sensation  d’un  obstacle  qu'il 
ne  peut  vaincre. 

Objectivement,  l’abdomen  est  distendu,  ballonné  plus  ou 
moins  irrégulièrement.  Au  palper,  l’on  reconnaît  cependant 
les  segments  coliques  malades,  à  leur  empâtement,  leur  car¬ 
tonnage,  leurs  concrétions  fécales,  molles,  dépressibles  ou  du¬ 
res,  ovillées,  à  leur  pourtour  bien  limité.  Au  toucher  rectal, le 
cul-de-sac  de  Douglas  est  encombré  par  le  cæcum  engorgé  ou 
enflammé,  descendant  très  bas. 

IJétat  général  s’altère  plus  ou  moins  vite.  Les  troubles  con¬ 
sistant  en  diminution  de  la  capacité  respiratoire,  entraînant 
comme  conséquence  une  diminution  générale  des  forces,  et 
locale  de  la  motilité  intestinale,  véritable  parésie.  C’est  peut- 
être  à  un  réveil  de  la  tonicité  colique  par  manipulation  explo¬ 
ratrice,  en  même  temps  qu'à  une  désobstruction  des  anses 
hépatiques  ou  spléniques,  qu’on  doit  attribuer  l’amélioration 
temporaire  plusieurs  fois  mentionnée  à  la  suite  de  laparoto¬ 
mies  restées  infructueuses  après  examen  du  rein  droit  fausse¬ 
ment  considéré  comme  calculeux.  L'haleine  est  fétide.  Les 
chairs  sont  imprégnées  de  la  même  odeur.  Il  arrive  même 
que  l’incision  laparotomique  et  surtout  la  large  ouverture  de 
la  cavité  péritonéale  révèlent  immédiatement  à  l’opérateur  cet 
empoisonnement  fétide,  caractéristique  de  la  circulation  de 
substances  toxiques  dans  les  vaisseaux. 

L’amaigrissement  survient  parfois  brusquement,  comme  si 
les  tissus,  après  avoir  offert  pendant  longtemps  une  résistance 
suffisante  aux  poisons,  cessaient  tout  à  coup  la  lutte.  Mais  le 
malade  peut  maigrir  graduellement.  Ce  décharnement  contri¬ 
bue, avec  l’état  sec, non  élastique  delà  peau  et  le  faciès  terreux, 
à  produire  une  apparence  de  sénilité  précoce. 

Les  téguments  sont,  en  effet,  d’aspect  sale,  de  teinte  jaun⬠
tre  qui  fait  dire  du  malade  qu’il  est  bilieux,  que  son  foie  fonc¬ 
tionne  mal,  que  les  cholagogues  sont  indiqués.  En  plus  de  la 
pigmentation  générale,  il  y  a  des  îlots  particulièrement  foncés. 
Ceux-ci  correspondent  habituellement  aux  surfaces  exposées  au 
frottement  ou  normalement  sombres,  comme  la  peau  des  lè¬ 
vres,  de  l’anus,  du  bord  inférieur  de  l’aisselle,  ou  bien  celle  qui 
recouvre  les  apophyses  épineuses  des  vertèbres  lombaires;  et, 
chez  la  femme  spécialement, la  peau  de  la  paupière  inférieure 
et  la  région  immédiatement  sous-jacente.  La  partie  la  plus  in¬ 
terne  des  paupières,  les  régions  proéminentes  de  la  joue  et  de 
la  tempe,  les  conjonctives  montrent  nettement  cette  pigmenta¬ 
tion.  Elle  disparaît  au  début  sous  l’influence  d’un  purgatif  ; 
mais  plus  tard, elle  est  définitive  avec  alternatives  de  diminution 
et  d'exacerbation.  , 

A  cela  s  ajoutent  des  troubles  nerveux, de  l’insomnie, des  varia¬ 
tions  de  caractère, des  somnolencesrappelant  l’action  des  narco¬ 
tiques  et  dus  à  l’imprégnation,  des  centres  nerveux  par  les  pto- 
maïnes  en  circulation.  Le  patient  ne  peut  reposer  sur  le  côté 
gauche  par  suite  de  la  traction  exercée  par  le  cæcum  sur¬ 
chargé. 

Tous  les  troubles  généraux  se  résument  en  ce  seul  mot  :  la 
Stercoremie  chronique.  La  stagnation  des  fèces  par  adhérences 
extrinsèques,  par  volvulus  incomplet,  par  coudure  du  gros 
intestin,  explique  suffisamment  les  résorptions  de  produits 
toxiques  au  niveau  de  la  muqueuse  intestinale. 

A  titre  de  complications,  signalons  des  lésions  utero-an- 
nexielles  chez  la.  femme.  La  présence  du  cæcum  enflammé 
dans  le  pelvis  détermine  un  matelassement  de  l’ovaire  et  de  la 
trompe  qui  deviennent  kystiques.  L’utérus  parésié  a  ses  fonc¬ 
tions  ralenties,  ou, au  contraire,  elles  sont  exagérées,  éréthi- 
ques  avec  irritations  réflexes  des  mamelles. 

La  ptose  rénaleuai  ou  bilatérale, avec  prédominance  à  droite, 
est  si  fréquente  que  nombre  de  malades  observés  par  Larue 
avaient  subi  préalablement  la  néphrorraphie.  La  chute  du  rein 
serait  due  à  la  traction  exercée  sur  ces  glandes  par  les  côlons 
pesants  et  distendus,  ainsi  qu’à  la  disparition  de  la  capsule 
graisseuse  par  auto-intoxication  stercorémique. 

L  appendiçite  est  une  complication  également  très  fréquente. 


Elle  aurait  pour  cause  les  torsions  ou  coudures  déterminée 
sur  l’appendice  par  le  cæcum  prolabé.  D’où  transformation  du 
vermium  en  cavité  close  avec  rétention  dans  sa  lumière  et  con¬ 
crétion  stercorale.  Ce  mécanisme  serait  particulièrement  mar¬ 
qué  chez  l’enfant,  quand  la  dislocation  cæcale  se  produit  alors 
que  l’appendice  est  encore  haut,  et  verticalement,  et  profon¬ 
dément  situé.  D’autres  fois,  il  est  dû  à  des  adhérences  de  cet 
organe  aux  viscères  pelviens  avec  lesquels  il  prend  contact 
attiré  par  le  cæcum.  Dans  certains  cas,  l’appendicite  est  due  à 
un  processus  d’infection  chronique  relevant  de  la  constipation 
prolongée. 

La  dilatation  stomacale  s’explique  en  partie  par  la  prolonga¬ 
tion  des  déjections  entretenues  par  l’accumulation  anormale 
de  matières  dans  le  tube  intestinal,  en  partie  par  la  quantité 
excessive  de  gaz  de  décomposition. 

De  la  diminution  de  capacité  respiratoire  et  des  indiges¬ 
tions  répétées,  résulte  un  dépérissement  par  ralentissement  des 
échanges  vitaux,  surtout  marqué  rapidement  chez  l’enfant; 
avec  engorgements  lymphatiques  et  ascite.  De  là,  la  prédispo¬ 
sition  à  la  tuberculose,  au  rhumatisme,  à  la  goutte,  à  l’ulcère 
stomacal,  à  la  gingivite,  à  la  pharyngite,  à  l’amygdalite,  avec 
déversement  de  produits  fétides  dans  l'estomac,  et  souillure 
de  l’air  qui  pénètre  dans  les  poumons.  Tous  les  microorea- 
nismes  trouvent  un  excellent  milieu  de  culture  dans  les  tissus 
stercorémiés  et  en  état  de  moindre  résistance. 

Cette  polymorphie  symptomatique  explique  les  difficultés  de 
diagnostic  et  les  nombreuses  erreurs  commises. On  croit  à  une 
calculose  rénale,  à  un  -  affection  du  foie,  des  voies  biliaires, de 
l’estomac,  du  rectum  sans  penser  à  l’intestin. Ailleurs,  on  croit 
à  une  appendicite  banale,  on  a  une  tendance  marquée  à  rap¬ 
porter  à  l’appendice  toute  sensibilité  siégeant  dans  la  zone  de 
Mac  Burney  ;  et  sur  cette  donnée, l’on  opère. On  enlève  le  ver¬ 
mium  libre  et  mobile.  L'ne  amélioration  survient  tant  que  le 
malade  est  au  lit  parce  que  la  circulation  des  matières  se  fait 
mieux,  sans  action  contrariante  de  la  pesanteur, dans  un  intes¬ 
tin  horizontalement  placé  et  au  repos.  Puis  avec  la  reprise  de 
l’attitude  verticale,  tous  les  symptômes  reparaissent  progressi¬ 
vement. 

Traitement.  Il  est  évident  qu’une  thérapeutique  médicale 
évacuatrice  s’impose  aussi  précocement  que  possible  ;  cela 
dans  le  but  d’éviter, avec  les  délabrements  ectasiques  du  gros 
intestin,  l’imprégation  toxique  et  les  accidents  presque  irrémé¬ 
diables  qui  en  sont  la  conséquence.  Mais  si  l’affection  est  de¬ 
venue  invétérée,  médicalement  incurable, il  convient d’interve- 

a)  Comme  opération,  Lane  a  plusieurs  fois  pratiqué  avec 
succès  desinterventions  de  correcfion  consistant  en  section  de 
brides,  section  des  bandes  longitudinales,  destruction  d’adhé¬ 
rences,  redressement  de  courbures,  de  coudures,  de  rotations 
par  fixations  pexiques  de  segments  intestinaux  ou  de  leur  njéso, 
avec  cure  attentive  ultérieure  du  fonctionnement  de  l’intestin. 
Mais  ce  genre  d’intervention  est  souvent  insuffisant,  et  suivi 
d’amélioration  temporaire. 

S|  Lorsqu’au  cours  de  la  laparotomie,  on  constate  des  lé-» 
sions  trop  graves  et  trop  étendues  ;  il  faut  préférer  Viléo- 
sigmdidostomie,  avec  exclusion  unilatérale  du  gros  intestin  ;  on 
implante  l’iléon  dans  l’anse  sigmo'ide,  ou  dans  le  rectum  au  cas 
ou  rS  iliaque  bridé,  adhérent,  n’offre  pas  la  place  suffisante. 
Mais  il  est  rarequ’après  libération,  on  ne  puisse  dégager  au 
dehors  un  segment  d’anse  sigmo'ide  utilisable. 

La  technique  consiste  i»  à  sectionner  l’iléon  à  i5  centimè- 
tresdu  cæcum.  Pour  aller  vite, on  appliquera  sur  l’intestin  deux 
pinces  écrasantes,  à  3  centimètres  l’une  de  l’autre,  suivies 
d’une  ligature  circulaire  à  la  soie  en  leur  lieu  et  place. Excision 
du  segment  intermédiaire  ;  ligature  du  mésentère. Invagination 
des  deux  bouts  par  une  suture  circonférencielle  en  bourse. a^ap- 
prochementdu  bout  iléal  au  contact  de  l’anse  sigmo'ide;3‘>  anas¬ 
tomose  longitudinale  latérale  de  ces  deux  segments, par  une  cou¬ 
ronne  de  sutures  pénétrant  toute  l’épaisseur  des  parois,  et 
doublée  elle-même  d’une  rangée  de  sutures  non  perforantes. 
Parfois  le  chirurgien  anglais  a  anastomosé  ensemble  les  deux 
branches  de  la  boucle  sigmo'ide  à  l’aide  d’un  bouton  de  Murphy. 

Les  résultats  de  l'iléo-sigmo'idostomie  avec  exclusion  sont 
bons,  si  toutefois  le  grêle  n’est  pas  trop  adhérent,  ni  trop  ma¬ 
lade.  On  peut  craindre  le  reflux  des  stercora  jusque  dans  le 


12 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


cæcum  avec  complications  nouvelles.  Aussi  les  évacuations 
rectales  seront  surveillées  chaque  jour. 

La  colectomie  •primitive  est  trop  grave  chez  ces  malades 
intoxiqués,  pour  être  recommandable.  Mais  faite  secondai¬ 
rement  lorsque  la  stercorémie  a  disparu,  que  le  malade  est  ré¬ 
tabli,  elle  serait  bénigne  et  facile. Elle  conviendrait  précisé¬ 
ment  dans  ces  cas  d’engorgement  cœcal  consécutif  à  l’anasto¬ 
mose  avec  exclusion.  Plus  l’intervention  chirurgicale  sera 
précoce,  meilleurs  seront  les  résultats,  car  la  fibre  lisse  intesti¬ 
nale, contrairement  à  la  fibre  striée  volontaire, une  fois  disten¬ 
due  et  fatiguée,  ne  reprend  que  lentement,  qu’imparfaitement 
son  énergie. 

Cette  étude  est  fort  intéressante,  pleine  d’aperçus  nouveaux. 
Pour  la  compléter,  j’ai  hâtivement  groupé  autour  des  obser¬ 
vations  de  L.  Lane  (i)  igoi-igoS,  celles  deTreves  (2),  de  Ri¬ 
chardson  (3)  1899,  de  Wolmer  (4)  S.  L.  1899  ;  de  Trzebicky  (5), 
de  Frommer  (6)  1902,  de  F.  Franke  (7)  (de  Brunswick)  1902  ; 
de  von  Giordano  (8),  deBossowski  (9),  de  Murray  (lo)  igoS  ;  de 
von  Beck  (i  i),  de  Lejars  (12),  de  Michel  (i3),  de  Longuet  (14) 
1904;  de  Bastianelli  (i5),  de  Longuet  (16),  de  Pozzi  (17)  igoS, 
pour  ne  parler  que  de  celles  qui  portent  mention  d’opé¬ 
ration  motivée  principalement  ou  exclusivement  par  la  cons¬ 
tipation  et  non  par  la  colite  ulcéreuse, hémorragique, ou  muco¬ 
membraneuse. 

Ces  faits  m’amènent  à  quelques  considérations  que  voici  : 

A. Anatomie  pathologique.~K  côté  de  la  forme  ectasique  par¬ 
tielle  ou  totale, qui  est  la  plus  fréquente,  il  faut  faire  place  à 
une  forme  sténosante,  contracturante,  où  tous  les  segments 
coliques  sont  uniformément  rétrécis,  et  épaissis,  remplis  de 
scyballes  dures,  formant  chapelet,  perceptibles  au  travers  de  la 
paroi  abdominale  ;  comme  c’était  le  cas  chez  ma  première 
opérée.  Ce  cas  vérifie  opératoirement  l’exactitude  absolue  de 
la  forme  décrite  récemment  en  clinique  par  Mathieu  (18)  sous 


(1)  Lane  (.4.). — Observations  in  Clinicai  Journal,  Jane  5th.  1901. 
Mardi  25  th.  1903,  January  20  th.  1904  et  Lancet  :  January  17  th. 
1904,  January  2  nd.  1904. 

(2)  Tmeves  cité  par  Duval. —  Revue  de  chirurgie  :  Colectomie,  gué- 

(3)  Richardson.  —  Cas  relaté  par  Fitz  ;  American  Journal  of  the 
med.  sciences,  août  1899.  (Colectomie,  guérison). 

(4)  Wolmer — (S.L.)  Two  cases  of  extreme  dilatation  of  thesigmoid 
flexure  :  colopexy,  recovery.  British  med.  Journal,  3  juin  1899  et 
«  Surgical  aspects  of  constipation  ».  Lancet,  16  juin  1900. 

(5)  Trzebicky,  in  Frommer  p.  48.  —  Zur  casuistick  der  anomalien 
des  Dickdarmes.  (Archiv.  fur  klinische  Chirurgie,  XLVII.  I.  1902). 

(6)  Frommer,  cité  plus  haut. 

(7)  Franke,  F. (de  Brunswick).— Congrès  delà  Société  allemande  de 
Chirurgie  1902  et  Semaine  médicale,  p.  131,  1902  (Iléo-sigmoïdosto¬ 
mie  sans  exclusion,  insuccès  thérapeutique,  extirpation  consécu¬ 
tive,  guérison. 

(8)  Giordano.  —  Traitement  chirurgical  de  la  coloneciasie. [Archi¬ 
ves  internationales  de  chirurgie,  1903.) 

(9)  Bossowski.  —  Idiopathic  dilatation  of  the  colon.  (Annales  of 
Surgery,  novembre  1903. 

(10)  Murray.  —  Même  indication. 

(11)  Von  Beck  :  500  malades  traités  pour  symptômes  de  colite 
chronique,  dont  6  traités  par  iléo-sigmoïdostomie,  avec  1  mort  par 
péritonite  due  au  houton  de  Murphy.  Traitement  chirurgical  de  la 
colite  chronique,  33”  Congrès  de  la  Société  allemande  de  Chirurgie, 
avril  1904. 

(12)  Lejars.  —  Les  formes  graves  de  la  constipation  et  leur  traite¬ 
ment  chirurgical  (1  guérison  après  laparotomie  exploratrice)  Se¬ 
maine  médicale,  n“52,  p.  408,1904. 

(13)  Michel.  —  Iléo-sigmoïdostomie  avec  exclusion  unilatérale  du 
cæcum,  du  côlon  ascendant,  du  côlon  Iransverse  dans  un  cas  de 
constipation  opiniâtre.  (Congrès  français  de  chirurgie,  octobre 
1904  ) 

;14)  Longuet  (L.).  —  (Cas  n“  1),  opéré  le  20  décembre  1904avec  leD” 
Studer,  médecin  de  l'hôpital  de  Vernonet  Mortagne.  (Laparotomie 
et  colotomie  évacuatrice,  anus  coecal.)  Malade  in  extremis,  mort. 

(15) BASTrAXELLi  (L.)  —  La  colonoplication  comme  moyen  de  trait e- 
mcnt  des  colonectasies  essentielles  totales  ou  partielles.  Policlinico, 
14  mai  1905. 

(16)  Lunglet  (L.).  —  Cas  n"  2,  opéré  le  15  juin  1905.  (Laparotomie, 
appendicectomie,  salpingectomie,  cæcostomie).  Guérison  :  In  Bulle¬ 
tins  de  X&Société  de.  médecine  Ao  Reims,  1905. 

(17)  l’üzzi.  —  Colotomie  évacuatrice  et  colonoplirature  ;  guérison. 
I  S'  Congrès  de  chirurgie  de  Paris,  octobre  1905. 

(18)  Mathieu.  —  Gaiçette  des  hôpitaux,  17  août  1905. 


le  nom  de  constipation  spasmodique,  dont  la  corde  colique  de 
Glénard  est  l'une  des  expressions  objectives. 

B.  Cliniquement. — J’ai  observé  plusieurs  formes  particulières 
dues  à  la  prédominance  d’un  symptôme  : 

Ce  sont  :  1“  une  forme  fébrile,  où  les  frissons, la  fièvre  à  38»5, 
et  son  cortège  surviennent  par  intermittences  plus  ou  moins 
régulièrement  périodiques,  chacune  des  poussées  coïncidant 
avec  une  exacerbation  de  la  constipation,  et  de  la  stagnation, 
(cas  personnels  non  opérés)  ;  2“  une  forme  pseudo-diarrhéique, 
dans  laquelle  les  évacuations  trompeuses  s’accompagnent  néan¬ 
moins  de  rétention  coprostasique  excessive.  Le  flux  en  hyper¬ 
tension  s’infiltre  entre  les  concrétions  stercorales  et  la  paroi 
intestinale  ;  mais  l’intestin  n’en  reste  pas  moins  encombré. (Cas 
personnels  non  opérés.) 

3”  Une  forme  à  prédominance  nerveuse.  G.  Beck  a  signalé 
ces  malades  longtemps  soignées  comme  névropathes.  La  cause 
réelle  et  originelle  de  cette  névropathie  passe  inaperçue.  Elle 
est  due  à  la  colite.  Je  rapprocherai  ces  faits  desnéphroptoses  et 
des  splenoptoses  à  forme  nerveuse  prédominante. 

4°  Une  forme  à  prédominance  de  tumeur.  Dans  une  obser¬ 
vation  de  J.  Ditlmar  (i)(de  Wilhemshagen),  la  masse  d’ampleur 
exceptionnelle  avait  le  volume  d’une  tête  d’enfant  ;  elle  était 
mate,  peu  mobile,  régulière,  ferme,  située  dans  le  flanc  et  l’hy- 
pochondre  gauche.  Quatre  fois,  elle  avait  fait  une  apparition 
soudaine, pour  se  dissoudre  et  fondre  après  de  larges  débâcles. 
La  dernière  fois,  le  bloc  mit  4  mois  à  se  laisser  entamer  et  alors 
s’effritant  en  une  nuit,  il  disparut,  laissant  l’abdomen  souple  à 
son  endroit. 

5°  Une  (orme  pseudo-néoplasique  :  Assez  souvent,  comme  le 
rappelle  Lejars,  l’affection  joue  absolument  le  tableau  du  can¬ 
cer  ;  âge  avancé,  teinte  jaunâtre,  tumeur  abdominale,  diffuse, 
état  général  cachectique,  par  suite  d’une  intoxication  stercoré- 
mique  invétérée.  Avec  un  lavement  huileux,  avec  un  purgatif, 
le  pseudo-néoplasme  s’évanouit. 

G.  Au  point  de  vue  pathogénique,  on  tend  à  faire  jouer  un 
rôle  prédominant  à  la  congénitalité.  Quant  à  l’explication  mé¬ 
canique  de  ptose  rénale  par  traction  sur  le  rein,  des  côlons  dis¬ 
tendus  et  pesants,  elle  me  semble  peu  acceptable.  J’ai  vu  la 
ptose  colique  associée  à  la  ptose  stomacale,  à  la  ptose  rénale, 
à  la  rétroversion  utérine,  au  prolapsus  génital,  à  la  ptose  de 
la  paroi  abdominale  en  forme  de  tablier.  En  sorte  que  ces  pto¬ 
ses,  au  lien  d’être  subordonnées  les  unes  aux  autres,  me 
semblent  ressortir  toutes  à  une  seule  et  même  maladie,  à  ma¬ 
nifestations  multiples  :  l’insuffisance  physiologique  congéni¬ 
tale  ou  acquise  du  tissu  fibreux.  A.  Lane  considère  la  colonec- 
tasie  comme  consécutive  à  la  coprostase.  On  peur  se  deman¬ 
der  si  l’inverse  n’a  pas  lieu,  si  la  coprostase  n’est  pas  consécu¬ 
tive  à  l’ectasie  colique.  Parmi  les  complications,  s’il  est  vrai 
que  l’appendicite  peut  être  la  conséquence  d’un  prolapsus 
cœcal  ou  d’une  dilatation  du  gros  intestin  je  crois,  par  contre, 
avoir  suffisamment  démontré  que,  dans  certains  cas  du  moins, 
la  lésion  colique  dyspepsigène  esf  la  conséquence  d’une  appen¬ 
dicite  chronique  retentissant  sur  le  côlon  ou  s’y  propageant  (2). 

D.  Thérapeutique.  La  question  du  traitement  chirurgical  de 
la  constipation  chronique  est  encore  trop  neuve  pour  être  au¬ 
jourd’hui  tranchée  en  une  formule  nette  et  précise.  Voici  quelle 
est  ma  manière  de  voir  :avec  tous,je  suis  d’accord  pour  recon¬ 
naître  que  le  chirurgien  ne  doit  intervenir  qu’après  l’insuffi¬ 
sance  et  l’échec  bien  constaté  d’un  traitement  médical  consis¬ 
tant  en  grands  lavages  chauds  sous  faible  pression,  régularisa¬ 
tion  des  évacuations,  introduction  d’une  sonde  un  peu  longue 
dans  le  rectum  pour  faciliter  l’émission  des  gaz  ;  friction, mas¬ 
sage, électrisation  intestinale  (3). 

A  cela  Mathieu  ajoute  les  calmants,  bains  chauds,  douches 
chaudes,  le  repos  physique  intellectuel  et  moral,  la  belladone, 
la  jusquiame  à  titre  d’anti-spasmodique.  L’usage  des  purgatifs 
devra  être  évité  autant  que  possible. 


(1)  Cas  rapporté  par  Lejars. 

(2)  Longuet(L.)  —  De  la  dyspepsie  appendiculaire.(5em<iùie  med/ 
ca/e,juin  1902) 

(3)  Dans  une  observation  de  S.  V.  Levi  (de  Philadelphie)  on 
a  employé  la  strychnine  et  l’ésérine  pour  réveiller  la  contraction 
intestinale.  (Pédiatrie  soc/et/,séance  du  13  octobre  1903,in  fl reft/ve* 
of  pediatrics  décembre  1903,  p.935.) 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


13 


Chirurgicalement,  deux  méthodes  sont  en  présence  :  la  pal¬ 
liative,  sous  forme  d’entéro-anastomose;  la  radicale, sous  forme 
de  colectomie.  Or  je  crois  au  contraire  à  l’avenir  cæcostomie 
associé  aux  fixatures  vicérales. 

La  méthode  palliative  comprend  : 

1°  La  ponction  intestinale  pour  évacuer  les  gaz.  Or,  cette 
opération  me  semble  devoir  être  rejetée  radicalement,  comme 
insuffisante  et  dangereuse. 

2°  La  laparotomie  exploratrice  avec  massage  de  l’intestin  n’est 
également  qu’une  défaite.  Elle  ne  peut  donner  qu’un  résultat 
temporaire  fort  court. 

3“  L'opération  correctrice  seule  est  encore  défendue  par  quel¬ 
ques  chirurgiens.  Sous  ce  nom,  je  groupe  un  ensemble  de  ma¬ 
nœuvres  opératoires  consistant  en  section  (i)  des  brides,  des 
adhérences,  des  bandes  longitudinales  (Lane)  —  en  fixation  {2) 
des  segments  ptosés  après  redressement  de  leurs  courbures  et 
torsions  ;  colopexies  (Woobner)  —  en  colotomie  évacuât nce  (3) 
c’est-à-dire  en  incision  du  côlon  pour  extraction  séance  te¬ 
nante  du  ou  des  stercoromes,  avec  fermeture  immédiatement 
consécutive,  colorraphie.f  Longuet,  cas  n»  i) — eaplicaturage(4) 
du  gros  intestin  pour  en  rétrécir  le  diamètre  ectasié.  (Parla- 
vecchio;Bastianelli). 

Les  succès  donnés  par  l’opération  correctrice  pure  n’ont  pas 
étésuivis  assez  de  temps  pour  emporter  définitivement  les  con¬ 
victions.  Le  plicaturage  ne  se  présente  pas  sous  le  même  jour 
qu’au  niveau  de  l’estomac.  Il  me  semble  ajouter  une  série  de 
sténoses  artificielles  aux  sténoses  pathologiques  qu’on  cherche 
précisément  à  supprimer.  Enfin  la  récidive  est  possible  comme 
après  toutes  les  opérations  palliatives.  En  sorte  que  l’opinion 
de  Lace,  défavorable  à  l'opération  correctrice,  dont  il  a  fait 
lui-même  l’expérience,  semble  être  l’expression  de  la  vérité. 

4°  VUéosigmoïdostomie{5}  est,  dit-on,  l'intervention  de  choix, 
car  l'anus  artificiel,  avec  lequel  on  la  peut  mettre  en  parallèle, 
est  une  infirmité  dégoûtante.  L’anastomose  doit  être  cachée, 
et  non  ouverte  à  l’extérieur. 

On  pratique  soit  l’anastomose  de  l’iléon  avec  l’anse  sigino'ide 
ou  le  rectum,  soit  l’anastomose  du  côlon  avec  lui-même.  Et 
l’anastomose  est  simple  ou  bien  associée  à  une  exclusion  uni¬ 
latérale  de  l’intestin. 

Cette  pratique  aurait  le  même  avantage  que  la  colectomie, 
sans  en  avoir  la  gravité  ;  ce  serait  une  colectomie  physiologi¬ 
que,  le  côlon  étant  fonctionnellement  supprimé  (Giordano). 

Or,  cette  intervention  n’est  pas  exempte  de  gravité  chez  les 
malades  profondétnent  intoxiqués  de  vieille  date.  Elle  laisse 
subsister  intégralement  la  stase  colique,  cause  de  la  stercoré¬ 
mie  ;  et  cela  qu’il  y  ait  ou  non  exclusion  unilatérale  de  l’intes¬ 
tin.  Dans  deux  cas,  l’un  de  Franke,  l’autre  de  Lane,  on  dut 
réintervenir  par  suite  d’accidents  de  rétention  dans  le  segment 
colique  sus-jacent  à  l’anastomose.  Le  siège  de  la  néostomie  au 
voisinage  du  rectum  expose  le  malade  à  des  défécations  diar¬ 
rhéiques  réitérées,  incoercibles.  Enfin,  dans  un  cas,  Giordano 
assistantà  1  éclosion  d’une  appendicite  quelque  temps  après 
l’intervention,  eut  le  regret  de  n’avoir  point  enlevé  le  vermium 
lors  de  la  première  séance. 

5“  Laniis  artificiel  complémentaire  on  non  d’une  cœliotomie 
est  pour  moi  l’intervention  palliative  de  choix.  Voici  quelle  a 
été  ma  conduite  : 

a)  Cœliotomie  abdominale,  exploratrice,  destinée  à  remédier, 
s  il  y  a  lieu,  à  un  obstacle  mécanique,  ablation  d’une  trompe 
malade,  par  exemple. 


(1)  Observations  de  sections  des  bandes  longitudinales,  des  bri 
e>\  insuffisants.  A.  Lane. 

M  '^‘'*«fvations  de  fixations  eolonoiiexiques  (bons  résultat 
rapproches).  Woolmer,  Trzeiiigky. 

V  )  Observations  de  colotomie  évacualriee.  Longuet,  cas  n*  1,  cæco 
toime.  Pozzi,  sigmoldotomie. 

tint!  de  coloncplicature.  Parla vecchio  (expérimenta 

ceTder.  i  ®f“‘“"*-.I’-U'8TiANELLl,  Pozzi  (bons  résultats  dan: 
ces  dernieres  observations). 

simple.  Fromer,  1902  ;  F 
nllérieure  )  ’  (Kuérison  suivie  d’une  app4'ndicit. 

<^’déO‘sigmoidostomie  avec  exclusion  unilatérale 
rison)!  ’  '  ^  1 


b)  Appendicectomie  séance  tenante, le  vermium  étant  toujours 
suspect  pour  l’instant  ou  pour  l’avenir,  c)  Fixation  à  l’aide  de 
quelques  points  des  organes  ptosés  :  côlon  pelvien,  côlon 
transverse,  utérus,  d)  Fermeture  de  l’abdomen,  e)  Cæcostomie 
par  une  petite  laparotomie  latérale  ;  le  cæcum  est  fistulisé  à  la 
plaie,  au  niveau  de  sen  fond  sous  forme  d’un  pertuis  aussi 
petit  que  possible,  réalisant  en  même  temps  une  cœcopexie. 
Ultérieurement,  lavages  abondants  du  gros  intestin  par  la 
néostomie. 

Cette  cæcostomie  est  préférable  à  une  appendicostomie. 
Aboucher  à  la  plaie  l’extrémité  du  ver.i  ium  pour  introduire 
ensuite  des  sondes  par  sa  lumière,  ce  serait,  si  non  aller  au 
devant  d’une  appendicite, par  réveil  d’une  infection  déjà  latente 
dans  le  diverticule,  du  moins  méconnaître  l’utilité  de  la  sup¬ 
pression  de  cet  organe  dans  les  cas  dé  ce  genre.  D’autant  que 
la  situation  anatomique  de  l’appendice  est  parfois  défavorable 
à  un  rapprochement  cutané,  a  moins  de  traction,  de  rotation 
et  de  torsion  du  cæcum,  et  qu 'enfin  le  canal  appendiculaire, 
souvent  oblitéré,  est  inserviable  comme  l’a  fait  remarquer 
Lejars. 

Les  bénéfices  de  la  coecostomie  s'accusent  immédiatement 
par  l’évacuation  des  gaz  et  la  suppression  du  météorisme,  du 
ballonnement  avec  ses  conséquences,  ultérieurement,  par  la 
disparition  progressive  de  la  constipation,  de  la  stase,  et  de 
tous  les  symptômes  de  stercorémie.  La  circulation  des  matières 
se  rétablit  sous  l’influence  des  lavages  quotidiens  des  côlons 
et  de  la  progression  déterminée  par  ceux-ci  dans  le  sens  phy¬ 
siologique.  Les  parois  intestinales  ectasiées  reprennent  pro¬ 
gressivement  leur  calibre  et  leur  tonicité.  Enfin  le  spasme  dis¬ 
parait,  au  même  titre  que  dans  la  gastrotomie  pour  sténose 
œsophagienne.  Or,  le  spasme  est  d’importance  capitale  d’a¬ 
près  les  travaux  de  Mathieu.  J’ajoute  que  le  qualificatif  d’in¬ 
firmité  dégoûtante  n’est  ici  nullement  justifiée.  A  leur  arrivée 
dans  le  cæcum, les  matières  sont  dénuées  delà  fétidité  qu'elles 
ont  après  stagnation  colique  lors  de  toute  défécation  ;  ce  fait 
était  fort  net  chez  mon  opérée.  Et  l’incontinence  par  la  néos- 
tomie  avec  tt^us  ses  inconvénients  d’érythème,  d’inflammation 
est  totalement  supprimée  si  la  cæcostomie  est  de  dimension 
minuscule.  Il  n’en  reste  pas  moins  que  la  récidive  est  théori¬ 
quement  possible  après  les  opérations  palliatives, quelles  qu’elles 
soient. 

2“  Opération  radicale.  La  colectomie  suivie  de  la  restauration 
de  continuité  pa  anastomose  terminale,  ou  termino-latérale  de 
l’iléon  au  rectum  est  d’exécution  plus  complexe,  de  pronostic 
opératoire  plus  sérieux  que  les  opérations  palliatif  es.  Primi¬ 
tive,  elle  me  paraît  imprudente  chez  les  malades  dont  il  s’agit 
dont  la  résistance  est  amoindrie  par  stercorémie.  Au  contraire 
consécutive,  secondaire  à  la  cæcostomie  après  rétablissement 
de  l’état  général,  elle  semble  d’uiy  pronostic  plus  bénin. L'ave¬ 
nir  est  peut-être  dans  cette  suppréssion  radicale  du  sac  septi¬ 
que  qu’est  le  gros  intestin  avec  toute  sa  flore  microbienne  si 
riche  et  les  conséquences  qu’elle  entraîne,  conséquences  sur 
lesquelles  le  professeur  Metchnikoft  a  récemment  appelé  l’at¬ 
tention.  Mais  pour  l’instant,  l’heure  ne  semble  pas  encore 
venue  de  préconiser  la  colectomie  pour  constipation  autrement 
qu’en  seconde  ligne  (1) 

IL—  Ua  chirurgie  enseignée  par  la  stéréoscopie.  (Cure  radicale 

de  la  hernie  inguinale, A 3  stéréoseopies  ;  par  Camescasse  et  Lehman. 

(Editée  par  J. -B.  Baillière  ;  19,  rue  Hautefeuile,  Paris,  1900.) 

Qui  donc  nierait  aujourd’hui  l’importance  de  l’enseigne¬ 
ment  par  la  photographie  et  ses  dérivés.  Sous  toutes  ses  for¬ 
mes,  cette  méthode  complète  celle  du  dessin,  des  planches, 
figures,' schéma. Elle  a  même  l’avantage  d’être  plus  à  la  portée 
de  tous  par  son  exécution  purement  mécanique.  Elle' est  plus 
précise  aussi,  et  plus  censurale.Elle  complète  le  dessin, qu’elle 
ne  peut  prétendre  toutefois  supplanter  complètement.  En  chi¬ 
rurgie,  le  mode  de  démonstration  graphique  est  d’application 
fort  étendue.  Pour  ma  part,  j’estime  que  l'enseignement  clinir 
que  ou  opératoire  est  en  grande  partie  réalisable  par  cette 
méthode.  C’est  le  meilleur  moyen  d’évi’er  d’inutiles  souffran¬ 
ces  et  des  présentations  de  malade  devant  une  assistance  d'é- 


(1)1>UVAL  cite  2  surcès  sur  5  colerlomie»  (Treven-Birbnrjlson). 

L.  C.iiEiMSSE  ;  In  Semaine  médicale,  n"46,  |).  Jll,  1904,  ajoute  les 
succès  de  Bossowki  et  de  Murray. 


14 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


lèves  pour  le  seul  besoin  de  l’instruction.  Or,  avec  les  progrès  | 
de  la  sociologie,  le  jour  est  venu  où  quelque  patients  refusent  | 
toute  exhibition  publique  avec  leurs  nmiladies  e:  infirmités,  i 
Pourquoi  le  pauvre,  disent-ils,  aurait-il,  à  cette  heure  le  privi-  1 
lège  de  payer  les  exigences  de  l’enseignement,  alors  que  la 
science  met  à  notre  disposition  de  riches,  de  multiples  moye  ns 
de  représenter  avec  une  exactitude  presque  parfaite,  ce  qu’il 
faut  voir,  entendre  et  savoir  ? 

Le  livre  de  Camescasse-Lehman  paraît  donc  au  bon  moment. 

11  éveille  notre  attention  sur  le  profit  que  nous  devons  tirer  de 
la  stéréoscopie.  Et  ce  profit  est, en  effet,  très  réel,  ne  serait-ce 
qu’au  point  de  vue  historique.  Ainsi  le  petit  volume  dont  il 
est  ici  question  nous  révèle  l’état  de  la  chirurgie  à  la  fln  du  siè¬ 
cle  dernier.  Nous  reconnaissons  l’empreinte  d’un  grand  maî¬ 
tre  de  l’époque  immédiatement  prébiologique.  Dans  la  tech¬ 
nique  reproduite  par  ses  disciples,  noas  assistons  au  règne  du 
pincement.  Pour  une  cure  de  hernie,  le  champ  opératoire  est, 
à  la  page  1 5, occupé  par  de  nombreuses  pinces  à  forci  pressure, 
avec  quelques  grands  clamps  ;  soit  22  anneaux  disposés  en 
couronne  autour  de  1  incision  ;  avec  application  des  mors  non 
seulement  sur  les  vaisseaux,  mais  sur  le  sac  herniaire,  sur  la 
section  aponévrotique  de  l’anneau  inguinal  externe,  sur  les 
chefs  des  fils. 

Dans  ma  conception  de  la  technique,  guidée  par  la  biologie, 
l'absence  totale  de  pincement  donne  un  lacies  absolument  diffé¬ 
rent  au  champ  opératoire.  A  la  ligature  des  artères  après  ap¬ 
plication  de  pinces  hémostatiques,  je  substitue  la  ligature  im¬ 
médiate  par  un  fil  passé  à  l'aide  d'une  aiguille  autou  du  vais¬ 
seau.  La  forcimorçure  massive  a  le  gros  inconvénient  de  frois¬ 
ser,  meurtrir,  contusionner,  nécroser  une  quantité  considéra¬ 
ble  d’éléments  histologiques  surpris  en  pleine  santé  ;  ceux-là 
mêmes  qui,  voisins  des  diérèses,  constituent  les  meilleurs  fac¬ 
teurs,  les  premiers  agents  de  la  reparation.  Je  reviendrai  sur 
cette  questio.1  fondamentale  de  machirurgie  biologique.il  n’en 
reste  pas  moins  acquis  que  le  livre  d:nt  nous  parlons  est  d’un 
puissant  inté.êt  historique,  puisque  précisément  il  reste  pour 
nous  l'un  des  stigmates  la  physion:  miques  de  la  chirurgie  opé¬ 
ratoire  de  la  deuxième  moitié  du  XIX'  siècle  jusqu’à  l’année 
1900  ;  apparition  de  a  phase  biologique  pure. 

III.  —  Les  indications  des  interventions  chirurgicaies  dans  les 
maladies  internes  :  par  Herman  SchleSINGEI!,  (le  Vienne.  (Tra¬ 
duction  deL.  Liclitwilz  et  J.  Sabrazès  ;  (Deuxième  partie).  Edile 
par  Vigot,23,  place  de  l’Ecole-de -Médecine,  Paris,  1905.) 

Ce  petit  volume  contient  en  25o  pages  un  c.urt  résumé  des 
maladies  du  foie  et  de  la  vésicule  biliaire,  de  la  rate,  du  pan¬ 
créas, du  rein  et  du  bassinet, de  la  vessie.  La  pari  ie  clinique  tient 
une  large  place  ainsi  que  la  discussion  du  diagnostic  et  des 
indications  opératoires.  A  côté  d’observations  personnelles, on 
trouve  un  reflet  des  travaux  les  plus  importants  publiés  sur 
ces  sujets.  Toutefois  ces  questions  sont  e  .core  en  grand 
nombre  trop  fluctuantes  pour  qu’on  puisse  aboutir  à  des  solu- 
.tions  nettes  sur  le  chapitre  de  thérapeutique. 

IV.  —  Chirurgie  du  système  nerveux  ;  crâne  et  encéphale  :  ra¬ 
chis  et  mœlle  ;  iiar  Hehc.ek  cl  H.  H.vrtmaxn  (rédigée  par  Ma¬ 
rion).  (Editée  ](ar  Sleinhcl,  2,  rue  Casimir-Delavigne,  Paris,  1905.) 
(Illustrée),  par  Varice. 

La  chirurgie  du  système  nerveux  reste  en  retarJ*Sur  celle  des 
autres  viscères,  malgré  les  progrès  de  la  technique  générale. 
Et  ses  résultats  sont  encore  loin  d'être  satisfaisants.  L’œuvre 
considérable  de  Chipault  a  mis  les  questions  au  point.  Les  tra¬ 
vaux  de  Duret  constituent  d’autre  part  une  œuvre  personnelle 
non  moins  documentée.  Marion  s’en  est  inspiré,  et  grâce  à  ces 
travaux,  il  a  cherché  et  réussi  à  écrire  un  livre  essentiellement 
pratique.  Aucun  doute  qu’il  n’ait  présenté  aussi  clairement 
que  possiole  «  l’indication  de  ce  qu’il  faut  faire  dans  chaque  cas 
et  la  meilleure  façon  de  le  réaliser  ».  Et  pourtant  ’a  tâche  était 
particulièrement  ingrate,  chaque  opérateur  n’ayant,  dans  l’es¬ 
pèce, qu’une  expérience  fort  restreinte. Ce  gros  ouvrage  est  donc 
recommandable  à  plus  d’un  titre.  Il  est  de  ceux  qu’on  ne  peut 
guere  analyser  ;  sa  lecture  s’imposan  à  tous  ceux  qui  s’adon¬ 
nent  spécialement  à  cette  branc’ne  fort  intéressante  de  la  chi- 


VAJIIÂ 

Congrès  International  d’Assistance  publique  et  privée 
de  Milan  (Italie)  au  printemps  de  1906. 

L’initiative  du  Congrès  de  Milan  étant  partie  de  Paris,  la 
France  se  doit  à  elle-même  d’y  être  convenablement  représen¬ 
tée.  L’adhésion  ne  sera  pas  sans  utilité  pour  les  personnes  que 
leurs  occupations  empêcheront  de  se  rendre  en  Italie  au  mois 
de  mai  prochain  ;  contre  le  versement  de  la  cotisation  de  vingt 
francs,  elles  recevront  non  seulement  le  bulletin  préparatoire 
de  ce  Congrès,  dont  4  numéros  sont  déjà  parus,  mais  aussi  le 
compte  rendu  complet  des  séances  et  la  collection  des  rapports 
comprenant  des  travaux  originaux  de  notabilités  du  monde 
entier  sur  les  cinq  questions  de  l’ordre  du  jour. 

Ces  questions  ont  trait  :  à  l’assistance  des  étrangers  ;  à  l’é¬ 
ducation  des  auxiliaires  bénévoles  de  l’assistance  publique  ou 
privée  ;  à  la  protection  de  la  jeune  fille  et  de  la  femme  isolée  ; 
à  la  lutte  contre  la  mortalité  infantile  ;  à  l’évolutioii  sociale 
qui  tend  à  substituer  progressivement  la  prévoyance  à  1  assis¬ 
tance. 

En  outre,  le  Congrès  publiera  une  statistique  internatio¬ 
nale  et  rétrospective  de  l’assistance  dans  les  grandes  villes. 

Les  adhérents  et  adhérentes  qui  pourraient  disposer  d’un 
mois  ne  profiteront  pas  seulement  des  facilités  de  communi¬ 
cations  accordées  pour  se  rendre  à  Milan,  ville  nouvellement 
desservie  par  la  voie  ferrée  du  Simplon,  et  pour  visiter  son 
exposition  internationale,  des  réductions  sur  les  chemins  de 
fer  leur  seront  accordées  pour  excursionner  en  Italie,  notam¬ 
ment  pour  un  voyage  circulaire  permettant  de  visiter  en  vingt 
jours  les  principaux  établissements  d’assistance  du  Royaume. 
Pour  donner  un  aper(;u  de  ce  voyage  d’études  et  d’agrément, 
dont  les  dernières  dispositions  restent  à  régler,  il  suffit  de  faire 
connaître,  que,  moyennant  le  prix  à  forfait  de  330  fr.  on  sera 
défrayé  de  toutes  dépe-ases  d’bi'itels,  voitures,  gondoles  d’ex¬ 
cursion,  compris  les  divers  pourboires  et  la  rémunération  des 
guides,  du  27  mai  au  17  juin,  à  Milan  Venise,  Bologne,  Mo- 
rence,  Fiesole,  Rome,  Caserte,  Naples,  Sorrente,  Pompeï,Bat- 
tipaglia.  Messine,  Taormina,  Catane,  Palerme,  Tivoli,  Sienne 
Pise.  Gênes  et  Turin. 

On  sait  d’autre  part  que  le  Congrès  se  tiendra  du  23  au  27 
mai.  Durant  cette  période,  tout  adhérent  pourra  trouver  à 
Milan  le  logement  et  la  nourriture  (trois  repas;  dans  les  hiMels 
désignés  par  le  Comité,  à  partir  deO  fr.  25  par  jour,  compris 
lumière  et  service. 

La  cotisation  de  '20  francs  doit  être  envoyée,  avec  l’adhésion, 
au  Trésorier  du  Congrès  International  d’Assistance  Valazzo 
Municipale  Milano  (Italie), 

Les  collectivités  peuvent  adhérer  comme  les  individus.  Les 
gouvernements  s’y  feront  représenter  ;  les  villes,  les  départe¬ 
ments,  les  établissements  publics,  les  œuvres  charitables,  y  _ 
sont  égalementinvités.  ^ 

Si  vous  voulez  vousépargner  la  peine  de  prendre  un  man-  ^ 
dat-poste  international,  vous  pourrez  adresser  le  montant 
des  adhésions  recueillies  par  vos  soins,  en  un  chèque  ou  en  , 
toute  autre  valeursur  Paris,à  M.  Rondel,  secrétaire  du  Comité  ' 
International,  161,  boulevard  Murat  (  \M'’l,  (jui  se  chargera  de  J 
les  transmettre  collectivement.  ^ 

Ordonnance  pratique  contre  la  tuberculose. 

Nous  lisons  dans  Y  Eclaireur  du  ¥•=  Arrondissement  la  lettre 
suivante  d’un  conseiller  municipal  socialiste  que  nous  'ou-, 
drions  bien  voir  contresignée  par  tous  les  élus  parisiens  : 

Les  illustres  Esculapes.  qui  congressionnent  chaiiue  annéel^ 
dans  les  grandes  villes  d’Europe,  contre  la  Tuberculose,  font  J 
des  efforts  surhumains  pour  trouver  dans  le  domaine  delà.  I 
science  médicale  un  remfîde  à  ce  terrible  fléau,  qui  fauche  j 
tous  les  ans,  rien  qu’en  France,  175.000  vies  humaines.  E»t' J 
ce  bien  dans  la  science  médicale  que  nous  devons  chercher* 
le  remède  !'  N’est-ce  pas  pluhàt  dans  le  domaine  économûiue^ 
des  nations  ?  ■ 

I  L’ordonnance  suivante,  rigoureusement  observée,  ne  se-H 
rait-elle  pas  plus  efficace  (pie  tous  les  remèdes  pliarmaceu*B 
tnpies  2  H 

1»  Eviter  de  tuer  le  ver,  le  matin,  sur  le  zinc  ;2®  Se  dispen^efU 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


de  prendre  avant  chaque  repas  l’apéro,  qui  n'est  que  la  fausse 
clef  qui  ouvre  rapvélit  ;  3“  Observer  scrupuleusement  le  repos 
de  la  nuit  ;  4»  Tenir  le  corps,  les  vêlements  et  le  linqe  propres  ;  5“ 
Travailler  8  heures  par  jour,  sans  surmenage  physique  ;  6°  Ha¬ 
biter  un  logement  largement  aéré  et  bien  éclairé  ;  autant  que 
possible  ensoleillé  ;  1°  Faire  trois  repas  par  jour,  de  nourriture 
saine  et  suffisamment  abondante. 

Le  Docteur  de  la  Sociale,  Jean  Colly,  Conseiller  municipal. 

P.  S.  -  On  m'objectera  que,  pour  faire  établir  cette  ordon¬ 
nance,  il  faut  beaucoup  d’argent  ?  Je  réponds  par  avance  : 
que  les  articles  1  et  2  apportent  au  contraire  des  économies 
dans  le  ménage  ;  que  le  3®  est  facilement  réalisable  ;  que  le 
4'  ne  coûte  pas grand’chose  ;  que  le  ô',  quoique  difficilement 
applicable,  peut  néanmoins  être  réalisé,  si  les  travailleurs  le 
veulent  fermement.  Il  n’y  a  que  les  gens  qui  ne  font  rien 
qui  sont  opposés  à  la  journée  de  8  heures.  Et  qu'enfin,  pour 
ce  qui  est  des  6'  et  articles,  le  monde  du  travail,  ce  grand 
producteur  de  toutes  les  richesses,  n’a  qu’à  réclamer  un  peu 
plus  énergiquement  qu’il  l’a  fait  jusqu’à  ce  jour  ses  droits  à 
la  vie.  Dans  une  société  bien  harmonisée,  au  point  où  nous 
en  sommes  du  progrès  réalisé,  chacun  devrait  pouvoir  se  lo¬ 
ger  à  l’aise,  s’habiller  à  sa  taille  et  manger  à  sa  faim.  J.  C. 


!.  ^  Contre  la  diarrhée  des  tuberculeux. 

Phosphate  tricalcique .  2  grammes 

Mie  de  pain  de  froment .  'i  — 

Gomme  pulvérisée .  ..  14  — 

Sucre  blanc .  12  — 

Eau  de  fleurs  d’oranger .  2  — 

Eau  distillée .  q.  s.  p.  200  cc. 

A  prendre  dans  les  vingt-quatre  heures  par  cuillerées  à 
soupe  ou  par  verres  à  madère.  Rénon. 

II.  --  Contre  les  adénites  tuberculeuses. 

Calot  (de  Berck)  cité  par  le  D'-  Loze  dans  sa  thèse  conseille 
les  injections,  dans  le  ganglion,  de  1  c.c.  de  : 

Naphtol  camphré . . 

Emulsine . Uà  1  gramme 

Glycérine  neutre . : .  ) 


Huile  stérilisée. . . . 

Ether . 

Naphtol  camphré.. 

lodoforme . 

Créosote . 

Gaïacol . 


On  ne  doit  d'après  Loze  ne  jamais  injecter  plus  d’»»  centi¬ 
mètre  cube.  L’injecMon  se  fera  lentement,  en  évitant  de  la  faire 
dans  du  tissu  sam*ou  dans  le  foyer  d’ un  abcès,  siège  d’une 
hémorragie. 


Allaitement,  Dentition,  )  pk 
Rachitisme,  Bronchites,  i  Çhaux  du  D  Churchill.  Del 
Lymphatisme,  ’  /  ^  ’  cuillères  a  potage  par  jour. 
Diabète,  Cancer. 


Natalité  ds  Paris.  —  Du  dimanche  3  décembre  au  samedi  9 
décembre  1905,  les  naissances  ont  été  au  nombre  de  1040,  se  dé¬ 
composant  ainsi  ;  légitimes  754,  illégitimes  292. 

Mortalité  a  Paris.  —  Population  d’après  le  recensement  de 
1901  :  2.660.559  habitants.  Les  décès  ont  été  au  nombre  de  937, 
savoir  :  472  hommes  et  465  femmes .  Les  décès  sont  dus  aux 
causes  suivantes  :  Fièvre  typhoïde  (typhus  abdomin.)  :  5.  — 
Typhus  exanthématique  :  0.  —  Fièvre  intermittente  et  cachexie 
palustre  :  0.  —  Variole  :  4.  —  Rougeole  :  19.  —  Scarlatine  :  0. 

—  Coqueluche:  1.  —  Diphtérie  et  Group  :  3.  —  Grippe  ;  2. 

—  Choléra  asiatique  :  0.  —  Choléra  nostras  :  0.  —  Autres 
maladies  épidémiques  :  0.  —  Tuberculose  des  poumons  :  174.  — 
Tuberculose  des  méninges  :  22.  —  Autres  tuberculoses  :  9.  — 
Cancer  et  autres  tumeurs  malignes  :  68.  —  Méningite  simple  :  19. 

—  Gonge.stion  hémorrhagique  et  ramollissement  du  cerveau  :  62. 

—  Maladies  ,organiques  du  cœur  :  79.  —  Bronchite  aiguë  :  9. 

—  Bronchite  chronique  :  27.  —  Pneumonie  :  30.  —  Autres  affec¬ 
tions  de  l’appareil  respiratoire  :  96.  —  Affections  de  l’estomac 
(cancer  exc.)  :  3.  —  Diarrhée  et  entérite  de  0  à  1  an  :  sein  :  5  ;  au¬ 
tre  alimentation  :  5.  —  Diarrhée  et  entérite  de  1  à2  ans  :  4. —  Her¬ 
nies,  obstruction  intestinale  :  12.  —  Cirrhose  du  foie  :  10 —  Néphrite 
et  mal  de  Bright  :  29.  —  Tumeurs  non  cancéreuses  et  autres  ma¬ 
ladies  des  organes  génitaux  (femmes)  :  3.  —  Septicémie  puerpérale 
(fièvre,  péritonite,  phlébite  puerpérale)  :  2.  —  Autres  accidents 
puerpéraux  de  la  grossesse  et  de  l’accoucnement  :  3.  —  Débilite 
congénitale  et  vices  de  conformation  ;  26.  —  Débilité  sénile  :  36. 


APIOLINE  CHAPOTEAUT 

N«  RA»  CONFOND»*  AV*C  l’ÀFIOL 

L’ipioline  exerce  son  action  sur  le  système  circulatoire,  en  déterminant  des 
phénomènes  de  congestion  vasculaire  et  d’excitation,  en  même  temps  que  sur  la 
contractibilité  de  la  fibre  musculaire  lisse  de  la  matrice.  L’Apioline  liquide,  cou- 
ew  acajou,  est  renfermée  dans  de  petites  capsules  rondes,  contenant  chacune 
J.  n  Administrée  2  à  3  jours  avant  l’apparition  des  règles,  à  la  dose 

prises  aux  repas,  l’Apioline  rappelle  et  régularise 
le  nux  mensuel.  —  rharmarie  VIAI,.  1,  me  Beardalone,  PA  B 18 


AHVSEPTIQUE  DÊSIHFECTAHT 


■b¥b111B 


ANALGESIQUE,  ANTIPYRÉTIQUE,  HYPNOTIQUE,  ANTUMIQRAINE,  ANTUNÉVRALGIQUE,  ANODINE 

_  NE  DONNANT  PAS  LIEU  A  L'ACCOUTUMANCE  ET  NE  PRODUISANT  JAMAIS  D’EFFETS  TOXIQUES 

^_iv»iiiiii  ^  ^  ■  a  CONSTANTE  DANS  SES  EFFETS  i  iimsimi 


t  SUCCED/W1E  PE  LA  MORPMIME.3 


La  Société  Chimique  d’Antikamnia  e.  rue  de  la  paix,  paris 


DANS  TOUTES  LES  PHARMACIES 


16 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


—  Morts  violentes  :  27.  —  Suicides  :  9.  —  Autres  maladies  :  116. 

—  Maladies  inconnues  ou  mal  définies  :  17. 

Mort-nés  et  morts  avant  leur  inscriotion  :  62.  qui  se  décom¬ 
posent  ainsi  :  légitimes  42,  illégitimes  20. 

Distinctions  honorifiques. — Sont  nommés  :  Officiers  de  l' Ins¬ 
truction  publique  :  MM.  Boursier,  Lebruy,  Lance,  Minet,  Roche, 
Astier,  Delmas,  Guichard.  —  Officiers  d’ Académie  :  MM.  Roeser, 
Beauvellard,  Plicque,  A.  Dumont,  Mouton,  Bretonville. 

Légion  d'honneur.  —  Sont  nommés  Chevaliers  :  MM.  Devaux, 
Legendre,  Neiret,  médecins-majors. 

Société  médicalf,  du  littoral  méditerranéen.  —  Dans  sa 
dernière  séance,  la  Société  médicale  du  littoral  méditerranéen  a 
procédé  à  l’élection  de  son  bureau  pour  l’année  1906.  Ont  été  élus  : 
Président  :  D' Cuiter  (Cannes);  vice -présidents  :  D'' Vivant  (Mon¬ 
te-Carlo)  ;  Moriez  (Nice)  ;  Baréty  (Nice)  ;  Sardou  (Nice)  ;  secré¬ 
taire  général  :  D''  Hérard  de  Bessé  (Beaulieu)  ;  trésorier  :  D'’ 
Bonnal  (Nice)  ;  Archiviste  :  D^  Ardoin  (Nice)  ;  secrétaires  :  D’’® 
Mignon  (Nice)  ;  Gilli  (Nice)  ;  Bienfait  (Cannes). 

Nécrologie.  —  Nous  avons  le  regret  d’annoncer  la  mort  de  M. 
le  D'  Delarue,  député  radical  de  l’Ailier.  M.  Delarue  a  légué 
toute  sa  fortune  (800.000  environ)  à  la  ville  de  Gannàt  et  sa  maison 
de  Gannat  destinée  à  devenir  un  Musée  local  ;  de  M.  Mégnin, 
vétérinaire,  membre  de  l’Académie  de  médecine  ;  de  M.  le  D' 
PiÉCHAUD,  professeur  de  Clinique  infantile  .  à  la  Faculté  de  mé¬ 
decine  de  Bordeaux. 

Chronique  des  hôpitaux. 

Fondation  ophtalmologique  Adolphe  de  Rosthschild,  29, 
rue  Manin  et  rue  Priestley,  56-58  (Buttes  Chaumont).-  —  Méde¬ 
cin  en  chef  ;  D’’  A.  Trousseau.  —  Cette  fondation  regoit  les  ma¬ 
lades  atteints  d’affections  oculaires  curables.  —  Opérations  :  Le 
mercredi  à  9  h.  du  matin  :  D’’  A  Trousseau.  —  Consultations  : 
Tous  les  jours  de  9  à  11  h.  le  matin;  D''  Sulzer.  ■ —  Tous  les 
jours  de  1  à  3  h.  le  soir  ;  D''  Millée.  —  Les  mardi,  jeudi  et  sa¬ 
medi  de  7  à  8  h.  du  soir  :  D"'  Hourmouziadès  et  Df  Vigier. —  Ser¬ 
vices  auxiliaires  :  Réfraction  et  examens  fonctionnels  :  D’’  Polak. 

—  Electrothérapie  :  D'  Bissérié.  —  Bactériologie  et  histologie  : 
D'  Duclos.  —  Oto-rhino-laryngologie  :  D'  F.  Landolt. 

Hospice  de  Bicétre.  {Fondation  Vallée).  —  M.  Bourneville 
Visite  du  service  (gymnastique,  danse,  travail  manuel,  écoles,  et 
présentation  de  malades)  le  samedi  à  9  h.  et  demie  très  précises. 


Consultations'  médico-pédagogiques  gratuites  pour  les  enfants,  le 
jeudi  à  9  h.  1/2. 

Clinique  d’accouchement  Tarnier.  —  Professeur  P-- Budin. 
—  Tous  les  mardis  à  9  heures  :  Leçons  de  clinique  obstétricale. 
Tous  les  samedis  à  9  heures,  Leçons  sur  l'allaitement  et  l’hygiène 
du  nourrisson. 

Hôpital  de  la  Charité.  —  Leçons  de  clinique  obstétri¬ 
cale. —  M.  le  D'' M.AYGRiER(amplîithéâtre  Potain),  le  jeudi  à  10 
heures. 

Hospice  de  i-a  Salpêtrière.  (Clinique  mentale  et  nerveuse). 
— M.  le  Dr  J.  Voisin,  le  jeudi  à  10  heures. 

Hôpital  Laennec.  —  M.  le  D'  E.  Barié  :  Leçons  de  clini¬ 
que  et  de  thérapeutique  sur  les  maladies  du  cœur,  le  mercredi  à 
10  heures. 

Hôpital  de  la  Pitié,  —  Dr  Rénon  :  Maladies  du  cœur  et  du 
poumon  (diagnostic,  thérapeutique,  diététique,  médecine  profes¬ 
sionnelle!  le  vendredi  à  10  heures  du  matin. 

Hôpital  Broca.  — Le  D'  G.  Thibierge  ,  à  10  h.  du  matin, 
leçons  sur  les  maladies  de  la  peau  et  la  syphilis  (avec  présentation 
de  malades) . 


BULLETIN  BIBLIOGRAPHIQUE 

VIENT  DE  PARAITRE 

EN  VENTE  AU  BUREAU  DU  PROGRÈS  MEDICAL 
14,  RUE  DES  Carmes 

Bourneville  :  Traitement  médico-pédagogique  des  idioties  les 
plus  graves.  In-8“  de  32  pages.  Prix  ;  1  franc. 

Pour  nos  abonnés.  Prix  :  0  fr.  75. 

Librairie  A.  LFICLERC 
10.  rue  .Moiisieur-le-Prince. 

Vaudet  (P.aul).  —  Technique  précise  de  radiothérapie.  1  vol. 
In-8“  de  156  pages.  Prix .  5  fr. 

Boureille. —  Le  sud-ouest  parisien  tuberculose  et  tuberculi¬ 
sation.  In-8"  de  112  pages.  Vaillot,  imp.  à  Nemours. 

Premier  congrès  de  l’hygiène  des  travailleurs  et  des  ateliers. 
1904.  In-S»  de  160  page’s. 


PHTISIE,  BRONCHITE,  CATARRHES.  —  L'Emulsion 
Marchais  est  la  meilleure  préparation  créosotée.  Elle  di¬ 
minue  la  toux,  la  fièvre  et  rexpectoration.  De  3  à  6  cuil¬ 
lerées  à  café  par  jour  dans  lait,  bouillon  ou  tisane. 

(D'  Ferrand.  —  Trait,  de  méd.) 

SAVONDENTIFRICE  VICIER,  antiseptique  pour  l’entre¬ 
tien  des  dents,  des  gencives  et  des  muqueuses  de  la  bouche. 

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Contre  le  SEBCMBAGILLB 

CALVITIE.  -  PELADE.  -  TEIGSE.  -  TRICHOPHYTIES.  -  SEBORRHEE.  -  ACRE,  ETC 

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Le  Sebumbaoille,  microbe  de  la  calvitie  vulgaire,  a  été 
découvert  par  M.  Louis  DEQUttANT.  p’narmacien,  38,  rue 
de  Clignancourt,  Paris.  (Mémoires  déposés  à  l’Académie  de 
Médecine,  23  mars  1897, 8  mai  1898).  L  extrait  de  ces  Mémoires 
est  adressé  gracieusement  à  tous  les  médecins  qui  lui  en 
feront  la  demande.  Renseignements  gratuits  et  prix  de  faveur 

pour  tous  les  membres  du  corps  médical.  ^ _ 

_ Le  Rédacteur-Gérant  :  Bournbvillx. 

Imprimerie  Daix  frères,  Clermont  (Oise). 

I  Maison  spéciale  pour  publications  périodiques  médicales. 


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<j5' ANNÉE.3*  SERIE.  T.  XXII.  N“  2. 


BUREAUX  :  RUE  DES  CARMES,  14 


13  JANVIER  1906 


Le  Progrès  Médical 


SOMMAIRE  :  Chirurgie  biologique  :  La  stérilisation  du 
matériel  de  suture,  ligature,  sondage,  drainage,  par  Longuet.  — 
Bulletin  :  Le  dossier  sanitaire  devant  les  conseils  de  révision, 
comment  on  doit  l’établir,  par  Demmler.  —  Sociétés  Savan¬ 
tes  :  Société  de  biologie  :  Nouveau  procédé  d'isolement  gastri¬ 
que  pour  l'obtention  et  l’étude  de  la  sécrétion  gastrique  pure 
du  porc,  par  Ilepp  ;  Ictère  et  sécrétion  biliaire,  par  Géraudel  ; 
Mucinase  dans  les  matières  fécales,  par  Riva  ;  Ascite  opales¬ 
cente  due  à  une  mucine,  par  Gouraud  et  Cosset  ;  Réactions 
colorantes  des  acides  gras,  par  Jacobson  ;  Toxicité  du  contenu 
intestinal,  par  Roger  et  Garnier  ;  L'hématolyse  normale,  par 
Froin  ;  Tension  artérielle  chez  les  convalescents,  par  Oddo  et 
Achard  ;  (c.  r.  de  Mme  Edwards-Pilliet.)  —  Académie  de  Méde¬ 
cine  ;  Conditions  légales  pour  l’emploi  des  rayons  X,  par  Chauf¬ 


fard  ;  L’épidémie  cholérique  d’Allemagne,  par  Chantemesse  ; 
Traitement  des  névralgies  faciales  rebelles,  par  Raymond  (c.  r. 
de  A.-F.  Plicque.)  —  Revue  de  thérapeutique  :  Traité  -élé¬ 
mentaire  de  clinique  thérapeutique,  par  Lyon  (c.  r.  de  Cornet.) 
—  Bibliographie  ;  La  médecine  et  les  médecins  en  France  à 
l'époque  de  la  Renaissance,  par'Wickersheimer.  —  Correspon¬ 
dance  :  A  propos  des  accidents  de  la  chloroformisation,  par 
Raymond.  —  Varia  :  L'enseignement  de  l’oto-rhino-laryngo¬ 
logie  à  Tours.  —  Médecine  pratique  :  Les  formiates.  —  Actes 
ET  thèses  de  la  faculté  DE  MÉDECINE  DE  PaRIS.  —  FaCULTÉ 
DE  .MÉDECINE  DE  BORDEAUX. - FORMULES. - THÉRAPEUTIQUE! 

Traitement  des  congestions  pulmonaires  et  des  hémoptysies  par 
l’hélénine.  —  No;Uvelles.  —  Chronique  des  hôpitaux.  —  Bul¬ 
letin  BIBLIOGRAPHIQUE. 


AVIS  A  NOS  ABONNÉS.  —  L’échéance  du  j" 
JANVIER  étant  l’une  des  plus  importantes  de  l'année, 
nous  prions  instamment  nos  souscripteurs,  dont  l’abonne¬ 
ment  cesse  à  cette  date,  de  nous  envoyer  le  plus  tôt  possible 
le  montant  de  leur  renouvellement  :  DIX  FRANCS  pour 
la  France  ;  DOUZE  FRANCS  pour  l’Étranger  et  SIX 
FRANCS  pour  les  Étudiants.  Ils  pourront  nous  l’adres¬ 
ser  par  lintermédiaire  du  bureau  de  poste  de  leur  localité, 
qui  leur  remettra  un  reçu  de  la  somme  versée.  Nous  pre¬ 
nons  à  notre  charge  les  frais  de  3  ° ^  prélevés  par  la  poste. 
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dical  ou  de  M.  Rouzaud,  administrateur. 

Nous  leur  rappelons  que  la  quittance  de  réabonnement 
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lement  par  un  mandat  poste.  —  Afin  d’éviter  toute  erreur, 
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Nous  rappelons  également  à  nos  abotinés  et  à  nos 
correspondants  que  les  NUMEROS  MANQUANTS 
de  1905,  réclamés  avant  le  31  janvier  1906  seront 
envoyés  gratuitement.  Passé  ce  délai,  envoyer  pour 
chaque  numéro  25  centimes. 


Identification  par  la  morsure.  —  Un  maréchal  des  logis  de 
gendarmerie  vient  d’inventer  un  procédé  tout  à  fait  curieux  pour 
permettre  à  ses  collègues  de  reconnaître  l’identité  des  malfai¬ 
teurs  :  c’est,  si  l’on  peut  dire,  V identification  par  la  morsure. 

Dernièrement,  des  cambrioleurs  s’introduisirent  chez  une 
brave  femme  de  Fismes,  dans  la  Marne,  et  en  ressortaient  sans 
laisser  aucune  trace  utile  de  leur  passage.  Le  maréchal  des  lo¬ 
gis  chargé  de  l’i-nqnète,  M.  Gaudroo,  en  cherchant  dans  la  mai¬ 
son  quelque  indice  révélateur,  aperçut  un  las  de  pommes.  Il 
pnt  un  à  un  les  fruits,  les  examina  et  finit  par  en  trouver  un 
dans  lequel  on  avait  mordu  ;  l'empreinte, toute  fraîche, révéla  une 
dentition  très  défectueuse  et  assez  particulière.  Il  partit  en  cam- 
pagne,  emportant  quelques  pommes. 

inof  il  rencontrait  dans  une  commune  voisine  deux 

naividus  de  mauvaise  mine.  Il  entra  en  conversation  avec  ei 
ei  nnalement  leur  offrit  une  pomme.  A  peine  l’un  d’eux  avait-il 
cnm  aip  fruit  que  le  gendarme  le  lui  arrachait  des  dents,  et 
no  i®.  ®®ddd<id  à  la  première.  Une  concordance  absolue 

,  ***.  id'ssait  aucun  doute  et  sans  permettre  an  personnage  de 

corn""’  stupéfaction,  il  l’arrêtait,  ainsi  d’ailleurs  que  son 
pomme,  qui  perdit  notre  mère  Eve,  avait  aussi 
le  cambrioleur  de  Fismes.  {Semeur  de  l'Oise,  25  nov.  1905.) 


CHIRURGIE  BIOLOGIQUE 

(cours.  iiF  leçon.) 

La  stérilisation  du  matériel  de 
suture,  ligature,  sondage,  drainage  ; 

Par  le  P'  L.  LONGUET  ^de  Rouen). 

Sommaire  :  .Aperçu  historique.  Phase  prépastorienne  ;  phase 
pastorienne  :  phase  biologique. 

S  L  Enumération  et  nature  des  objets  :  Fils  de  substance  animale, 
fils  de  substance  végétale,  fils  métalliques,  bobines,  drains  de 
substance  animale,  de  substance  végétale,  métallique,  sondes, 
brosses.  Réduction  numérique  possible  de  ces  divers  objets 
pour  tous  les  besoins  de  la  chirurgie.  La  question  de  résorbabi- 
lité. 

S  IL  Stérilisation germicide  :  Lister.  A:  méthode  antiseptique. — 
B  :  méthode  de  l’ébullition.  —  G.  méthode  de  la  vapeur  d’eau 
«  fluente  à  100°  »  et  «  stagnante  à  120°  »,  Seule,  cette  dernière 
confère  une  stérilisation  germicide  absolue.  Mais  elle  est  in- 
constamment  et  incomplètement  sporicide,  elle  a  l’inconvénient 
d’hydrater  le  matériel  de  suture,  ligature,  drainage,  sondage, 
favorisant  ainsi  les  infections  secondaires. 

§  III.  Sténlisation sporicide  :  Longuet.  A  ;  méthode  de  la  vapeur 
anhydre  sous  pression  à  185°.  Elle  est  applicable  au  cas  particu¬ 
lier,  se  présente  avec  des  avantages  de  déshydratation,  de  des¬ 
siccation.  de  sécurité  stérilisante  absolue,  étant  constamment 
sporicide. 

Messieurs, 

Aujourd'hui,  je  vais  étudier  avec  vous  les  moyens 
dont  nous  disposons  pour  stériliser  le  matériel  de  su¬ 
ture,  ligature,  drainage,  sondage  utilisé  en  biochirur¬ 
gie  humaine  et  comparée. Ce  lot  d’objets  fort  dissembla¬ 
bles  se  composedp  fils  et  bobines,  dedrains  et  sondes, 
de  brosses,  ces  dernières  pour  la  préparation  des  tégu¬ 
ments.  S'il  m’arrive  d'effeuiller  le  chapitre  de  la  liga¬ 
ture  et  de  l’hémostase,  celui  du  drainage  et  de  ses  in¬ 
dications,  celui  de  la  purification  des  mains  et  des 
champs  opératoires  en  général,  je  me  réserve  d’exposer 
plus  tard  ma  manière  de  voir  sur  ces  importantes  ques¬ 
tions,  afin  de  ne  point  m’éloigner  pour  l’instant,  de  la 
stérilisation  par  laquelle  j’ai  commencé  cet  enseigne¬ 
ment  de  la  biologie  chirurgicale. 

A.  L’emploi  des  fils,  des  drains,  des  sondes,  en  chi¬ 
rurgie, date  des  temps  les  plus  reculés.  Ainsi  Avicenne 
utilisait  le  fil  desoie.  Bertapaglia  (1460)  celui  de  lin. 
Paré,  au  XVI'  siècle,  érigea  la  ligature  en  méthode 
dont  la  vulgarisation  se  fit  vers  la  fin  du  XVII'sièclc. 


18 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


Après  quoi,  elle  retomba  dans  l’oubli,  pour  repren¬ 
dre  faveur  le  jour  où  A.  Cooper,  en  1822,  lia  un  ané¬ 
vrysme  popliléavec  une  substance  précédemment  inau¬ 
gurée  par  Rhazes  pour  la  suture  de,  l’intestin:  ce  lien 
était  la  corde  à  boyau  dont  Porta  constata  expérimen¬ 
talement  la  résorbabilité.  Flaubert,  de  Rouen,  se  servit 
vers  1860  de  fil  de  fer  pour  réunir  les  fragments  osseux 
après  résection  de  l’humérus.  Mais  ces  ligatures  furent 
toutes  suivies  d’un  tel  cortège  de  complications  qu’on 
dut  à  nouveau  délaisser  les  fils  pour  d’autres  moyens 
d'hémostase,  torsion,  compression,  écrasement,  cauté¬ 
risation.  Aux  chii'urgiens  de  cette  époque,  il  manquait 
des  notions  fondamentales  de  biologie.  Ils  ignoraient, 
nos  premiers  ancêtres,  que  par  les  fils  ils  semaient  des 
«  germes  »  vivants  dont  la  pullulation  trouble  la  cica¬ 
trisation  normale  des  plaies  en  apportant  «  la  vie  parasi¬ 
taire  dans  la  vie  humaine  ».  Le  fait  de  lier  une  artère  sur 
un  vivant  n’est  point,  comme  on  l’a  cru  trop  longtemps, 
aussi  simple  quc'celuide  serrer  un  lien  sur  une  canule 
introduite  dans  l’aorte,  ou  la  carotide,  pour  injecter  un 
mort. 

B.  Avec  Pasteur,  la  lumière  se  fit  sur  un  point.  La 
notion  de  contamination  possible,  fréquente  même,  par 
le  matériel  de  ligature,  apparut  en  pleine  lumière. 
Lister  en  1867  vit  là  une  source  méconnue  d'infection 
dont  il  sut  tirer  enseignement.  Il  s’appliqua  à  sup- 
primerdes  fils  tout  germe  vivant,  et  porta  son  choix 
sur  l’antique  corde  à  boyau  dénommée»  catgut  »  par  les 
Anglais.  Dès  lors  le  calgut  acquit  rapidement  une  pré¬ 
séance  qu’il  a  conservée  jusqu’à  ce  jour,  sans  avoir  été 
détrôné  jamais  par  un  rival.  D’autant  qu’ila  pour  lui 
la  précieuse  qualité  de  résorption  habilement  mise  en 
l’elief  par  son  promoteur. 

G.  Avec  «  Père  biologique  »  actuelle,  la  question  se 
dresse  à  nouveau  pas  encore  résolue.  Et  d’abord  à  la 
germicidation  poussée  très  loin  par  nos  devanciers,  il 
nous  faut  substituer  la  sporicidation. 

D’autre  part,  certaines  des  notions  biologiques  nous 
incitent  à  réformer  notre  manière  de  voir  sur  la  valeur 
des  substances  utilisées.  C’est  ainsi  qu’à  mon  sens,  le 
calgut  doit  désormais  resterau  môme  titre  que  lescpon- 
ges,  à  l’époque  lislérienne,  à  laquelle  tous  deux  appar- 
liennent  historiquement,  pour  faire  place  à  d’autres 
matériaux  absolument  et  parfaitement  sporicidables. 
Plntin  nous  avons  à  tenir  compte  du  mode  de  réaction  de 
l’organisme,  vis-à-vis  de  ces  corps  étrangers,  du  rôle 
leucocyto-phagocytairc  du  terrain  cellulaire  de  la  plan¬ 
tation,  autant  de  points  encore  peu  éclaircis. 

gl.  GÉNÉRALITÉS  SUR  LE  MATÉRIEL  de  suture,  ligature, 
sondage,  drainage'. 

Voyons  d’abord  les  principaux  fils  utilisés  jusqu’à  ce 
jour.  Ils  sont  de  souche  différente,  d’origine  animale: 
exemple,  le  catgut;  d'origine  végétale  :  exemple,  la  soie  ; 
d’origine  métallique:  exemple,  le  fil 'd’argent. 

Parmi  les  fils  de  substance  animale,  je  relève  en 
première  ligne  le  boyau  de  mouton  ou  de  chat,  A\i  cat¬ 
gut,  réhabilité  par  Lister  (1)  en  1867  et  les  Anglais. 
Plustard,en  1884, les  Russes, avec  Putiloff  (2),  préconi¬ 
sèrent  le  toidon  de  renne  ou  fil  d’Üstiaks  ;  et  plus 
tard  encore  en  1888,  en  Amérique  avec  O.  Marcy,  on 


(1)  Lf  Catgut,  préconisé  en  Angleterre  par  Lister,  fut  adop¬ 
té  immédiatement  par  I’.cget  1870.  par  Gibb  (ligature  de  la  fé¬ 
morale)  réunion  per  primam,  mort  d'éry.sipéle  ((uelques  jours 
après).  VVatson  constate  et  confirme  la  résorbabilité.  —  En  Alle¬ 
magne,  il  fut  préconisé  par  Fischer  ,Xcssbaum,  Esmarch.  En 
France  par  Bœckel,  et  surtout  J.  L.  CHAMPicTNNtÈRE. 

(2)  Tendon  du  renne  préconisé  en  Russie  par  Porit.oFF,  et  sur¬ 
tout  Sneouikeff,  en  France  par  Tuffier. 


vit  apparaître  les  fibres  du  tendon  de  la  queue  du 
Kanguroo.  Sans  parler  des  lanières  de  peau  de  daim, 
ni  (lu  tendon  de  baleine  plutôt  proposés  que  mis  en 
pratique. 

A  cette  liste  j’ajoute  les  crins  de  cheval,  les  crins  du 
Japon,  et  surtout  les  crins  de  Florence  (1),  fibres  ex¬ 
traites  des  glandes  séricigènes  du  ver  à  soie,  dont  l’in¬ 
novation  remonte  à  Passavant,  en  1865,  mais  la  vulga¬ 
risation  à  vingt  années  seulement.  Si  nous  mettons 
les  crins  à  part  —  car  ils  se  comportent  sous  tous  les 
rapports  comme  des  fils  métalliques,  malgré  leur  pro¬ 
venance  animale  —  nous  voyons  que  les  fils  de  cette 
catégorie  se  recommandant  surtout  par  leur  résorba¬ 
bilité.  En  sorte  que  s’ils  sont  infectés  ou  mal  stérilisés, 
ils  n’entretiennent —  dit-on  — aucun  accident  durable 
vu  leur  disparition  opportune.  Par  contre,  ils  sont  de 
souplesse  médiocre,  de  résistance  moyenne,  et  de  sté- 
rilisabilité  difficile,  à  ce  point  que  dans  la  récente  thèse 
de  mon  élève  Deschamps,  vous  ne  relèverez  pas  moins 
de  100  modes  de  préparation  pour  le  seul  catgut. 

II.  Les  fils  de  substance  végétale  — ne  parlons  pas 
des  inusités,  tels  ceux  de  chanvre  ou  do  coton  —  sont 
représentés  on  première  ligne  par  la  soie.  Billrolh  vers 
1880  réhabilita  ce  lilà  l’occasion  de  ses  interventions 
sur  le  tube  digestif.  Et  l’on  vit  alors  des  soies  de  tout 
calibre,  de  toute  texture;  ronde  ou  tordue;  plate  ou  tres¬ 
sée  ;  cette  dernière  préférable  parce  qu’elle  glisse  mieux 
et  se  ((desserre  »  moins.  Depuis  lors,  on  a  voulu,  tout 
comme  jadis,  perfectionner  ce  fil,  le  rendre  plus  glissant, 
plus  lisse,  plus  résistant  en  l'imbibant  d’huile,  en  le 
poissant  de  cire,  de  savon.  Cependant  qu’un  nouvel 
arrivant  gagne  du  terrain,  c’est  le  fit  de  lin,  réhabilité 
en  1895  par  Quénu  et  Longuet.  Ici  encore,  je  vois 
qu’on  s’efforce  à  l’étranger,  d’améliorer  le  fil  de  lin  par 
l’empoissement  à  la  celluloïde  (2'),  précaution  qui 
—  pour  le  dire  dès  maintenant — présente  le  double  in¬ 
convénient  de  supprimer  la  résorption  possible,  et  de 
rendre  la  stérilisation  plus  difficile.  Bref,  les  fils  d’ori¬ 
gine  végétale  ont  pour  eux  la  souplesse  inaxima,  mais 
ils  sont  moins  résistants,  moins  facilement  slérilisa- 
bles  que  les  métalliques. 

III.  Parmi  les  fils  métalliques,  celui  A'argent,  pré¬ 
conisé  en  Amérique  parMarion  Sims,  a  successivement 
détrôné  celui  de  plomb,  de  cuivre  ou  de  laiton,  de  fer 
recuit  ou  étaméou  galvanisé,  celui  de  platine  et  d’or. 
Voici  pourtant  que  récemment  un  fil  nouveau,  en  alu- 
wf/imw  bronzé,  utilisé  par  Delagénière,  tend  à  prendre 


(I)  Le  crin  de  Florence  n'est  pas  du  crin  et  ne  vient  pas  de 
Florence.  Ce  n’est  pas  non  plus  de  l'intestin  du  ver  à  soie,  mais 
la  fibre  extraite  des  glandes  séricipares  du  bombyx  mori,  avant 
qu’il  ait  commencé  à  filer  son  cocon,  c'est  de  la  soie  non  filée. 

Passavant  (de  Francfort-sur-Ie-Mein)  s’en  servit  en  18ü5  dans 
une  staphylorraphie.  Mais  c’est  surtout  Granville  Bantock,  en  An¬ 
gleterre,  qui  l’utilisa,  et  le  vulgarisa  pour  la  ligature  et  les  sutu¬ 
res  cutanées. 

(2j  Fil  à  la  celluloïde.  C’est  un  fil  anglais  ordinaire,  de 
bonne  qualité,  qui,  après  dégraissage  soigné,  est  trempé  dans  une 
solution  spéciale  de  celluloïde,  puis  lavé,  séché,  stérilisé  à  main¬ 
tes  reprises.  11  a  un  aspect  grisâtre,  une  surface  unie,  lisse,  bril¬ 
lante,  une  grande  résistance,  une  rigidité  supérieure  à  celle  delà 
soie,  mais  il  est  assez  souple  pour  être  noué.  It  se  laisse  mieux 
enfiler,  car  lacelluloïdc  qui  l’imprègne  étant  insoluble, il  ne  se  gon¬ 
flerait  jamais  sous  l'action  dî  l'eau,  ou  des  liquides  de  l’organis¬ 
me.  Pour  les  mêmes  raisons,  il  ne  s’infecterait  pas  au  contact  des 
liquides  et  pourrait  par  conséquent  être  employé  pout  toutes  les 
sutures  et  ligatures  perdues,  dans  les  cas  ou  le  catgut  serait  cou-i 
trindiqué  à  cause  de  sa  solidité  ;  enfin  il  ne  risquerait  jamais  de 
casser  comme  la  soie.  Ce  fil  à  la  celluloïde  a  été  préconisé  p»^ 
Linhart,  Trendelenburg,  Lawson  Tait,  Pagenstecher  (d’Elberfeld) 
et  Schlutiuslde  Krefeldj. 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


19 


dans  cette  catégorie  la  môme  place  que  le  fil  de  lin  dans 
la  précédente.  Les  fils  métalliques  ont  pour  eux  la  résis¬ 
tance  maxima,  la  stérilisabilité  la  plus  facile  pp’  suite 
de  leur  trame  compacte,  non  poreuse,  originairement 
inaccessible  aux  bactéries.  Mais  ils  manquent  de  sou¬ 
plesse,  d’où  la  difficulté  de  les  nouer;  ils  sont  coupants, 
d’où  l’impossibilité  de  les  utiliser  pour  les  ligatures  ; 
iis  sont  complètement  irrésorbables,  demeurant  pour 
toujours  ensevelis  à  l’état  de  corps  étrangers  enkystés 
dans  les  tissus,  vestiges  du  passage  des  chirurgiens. 

Il  n’est  pasjusqu’àla  question  de  bobine  (\yn  n’ait  son 
importance  au  point  de  vue  de  la  stérilisation.  11  existe 
des  modèles  de  tout  genre,  plaques  de  verre  ou  de 
métal,  cylindres  de  verre  ou  de  métal,  etc.,  etc.  Laissez- 
les  tous.  Seuls  les  cadres  répondent  au  desideratum, 
parce  qu'ils  permettent  l’accès  de  l'agent  sporicide  sur 
toute  la  circonférence  des  fils,  et  non  sur  une  demi- 
circonférence.  Le  professeur  Terrier  (1)  a  souligné  cet 
avantage,  et  préconisé  des  cadres  métalliques  inoxyda¬ 
bles  en  nickel  pur.  Adoptant  cette  pratique,  j’ai  confec¬ 
tionné  de  grands  cadres  à  l'aide  de  fils  d’aluminium. 
J’ajoute  que  laquestion  d’oxydation  n’existe  plus  avec 
la  vapeur  anhydre.  Ici  un  conseil  :  veillez  à  ce  que 
l’enroulement  du  fil  soit  sur  uue  seule  rangée.  Vous 
comprenez  bien  que  s’il  y  a  superposition, les  fils  super¬ 
ficiels  empêchent  l’accès  de  l’agent  germicide  ou  spori¬ 
cide  jusqu’aux  rangées  profondes.  J’insiste  enfin  pour 
que  vous  preniez  l’habitude  de  manier  les  fils  par  l’in¬ 
termédiaire  de  pinces  et  ciseaux  stériles  ;  jamais  avec 
les  doigts  ni  les  mains  même  préalablement  lavées. 
Vous  seriez  singulièrement  surpris  si  vous  examiniez 
au  microscope,  la  quantité  de  cellules  détachées  par 
îlots  ou  lambeaux  de  l’épiderme  humide  à  chaque  ma¬ 
nipulation.  Or,  avec  ces  colonies  épidermiques  en  voie 
de  nécrose,  ineptes  à  la  grelfe,  vous  déposez  sur  les  fils 
nombre  de  staphylocoques  blancs  ;  c’est-à-dire  que 
vous  apportez  à  la  fois  des  parasites-germes  et  un  mi¬ 
lieu  de  culture,  celui-ci  composé  de  vos  débiis  organi¬ 
ques  macérés  ;  d’eau  trouble  proveruxnt  des  mains  hu¬ 
mides  et  du  fil  lui-même  imprégné  d’eau,  par  les  mé¬ 
thodes  hydratantes  de  stérilisation  usuelles. Ce  sont  là 
minuties  qui  paraîtront  peut-être  indignes  d’intérêt. 
Elles  ont  cependant  —  croyez-moi  —  une  grande  im¬ 
portance.  Il  y  a  sans  ces  précautions  une  source  mé¬ 
connue  d’infections  dites  secondaires,  en  réalité  pri¬ 
maires,  mais  d’apparition  tardive. 

La  question  des  drains  se  présente  à  nous  sous  le 
même  jour  que  celui  des  fils.  Aux  anciens  revient  le  mé¬ 
rite  d  avoir  apporté  les  premiers  modèles,  de  s’être  in¬ 
géniés  à  trouver  une  substance  inoffensive  pour  les 
tissus.  Tant  que  le  drainage  fut  appliqué,  avec  Chassai- 
gnacaux  seules  plaies  suppurantes,  la  stérilisation  mê¬ 
me  imparfaite, avaitsinonunintérêtsccondaire  du  moins 
un  effet  peu  apparent.  Mais  lorsqu’avec  Arnaud  et  Roux 
(de  Toulon)  en  1848,  le  drain  fut  préconisé  à  titre  pré¬ 
ventif,  dans  les  diérèses  non  infectées, le  rôle  des  germes 
SC  manifesta  ici  évident  comme  pour  les  fils.  Aussi  les 
pstériens  se  préoccupèrent-ils  de  n’utiliser  que  des  tu¬ 
bes  purifiés. 

Dans  la  liste,  je  relève  :  1®,  des  drains  de  substance 
animale  an  tête  desquels  figure  le  catgut  en  tube,  en 
faisceau  ou  en  paquet  (Chienc),  l’o.'î  décalcifié,  le 
crin  de  cheval  en  faisceau  ou  paquet  (White  et  Mars- 


(t  I  Tkrrier.  —  De  j  asepsie  opératoire  :  Hn'ucde  chirurqit  18!)/. 
large  de  6  a  8  centimètres  de  long  sur  2  centiméireg  de 


chall)  :  la  résorbabilité  est  ici  encore,  sauf  pour  le  crin 
de  cheval,  ou  de  florcnce,  l’avantage  prédominant. 

2“  Les  drains  de  substance  végétale,  comprennent 
en  première  ligne  ceux  de  caoutchouc  durci  ou  de 
chouc  rouge,  des  lanières,  des  mèches  de  gaze  simple, 
ou  phéniquée,  ou  iodoformée  (Billroth)  ;  des  tubes  de 
carton  d'amiante  (Longuet). 

3®  ha?,  drains  métalliques  son{  à' argent,  de  'plomh, 
suivant  une  pratique  ancienne, ou  mieux  à' aluminium. 
On  peut  placera  côté  d’eux  malgré  leur  texture  diffé¬ 
rente,  mais  à  cause  de  leur  rigidité  similaire,  les  drains 
de  verre,  préconisés  par  Ivœberlé  (1).  Leur  vogue  fut 
éphémère,  malgré  la  facilité  de  leur  stérilisation,  de  leur 
entretien,  car  ils  sont  fragiles,  cassent,  constituant  alors 
dans  les  plaies  des  corps  étrangers  piquants  ou  cou¬ 
pants. 

Très  soucieux  de  faciliter  l’écoulement  des  liquides,  ' 
quelques  chirurgiens  ont  substitué  au  «drainage  tubu- 
baire  »  simple,  le  drainage  par  mèches  absorbantes,  vé¬ 
ritable  «drainage  capillaire  »  ;  ou  mieux  encore  le  «  drai¬ 
nage  mixte,  lubulo-capillaire  )<  tubulaire  à  la  périphé¬ 
rie,  capillaire  au  contre.  Dès  1807,  Kœberlé  (2)  utilisait 
celle  pratique  mixte  très  estimée  depuis  par  plusieurs 
gynécologistes,  Ilegar  etlvallcnbach,  Wiedow,  Saenger, 
Kehrer,  Delagénière.  Etj’apprends  qu’en  cemomentà 
Boston,  à  Philadelphie,  on  se  sert  pour  la  cavité  péri¬ 
tonéale,  de  «  drains-cigarettes  »  constitués  par  une 
■  mèche  de  gaze  enveloppée  d’un  mince  feuillet  decaoiit- 
choiic,  de  la  même  façon  que  le  tabac  d’une  cigarette 
est  entouré  d’une  feuille  de  papier  (-3). 

Les  bougies,  explorateurs,  sondes  et  cathéters  sont 
également  de  structure  très  variable.  Mais  on  y  retrouve 
toujours  soit  la  provenance  animale,  soit  la  prove¬ 
nance  végétale  :  exemple  les  sondes  de  caoutchouc 
rouge,  ou  celles  de  gomme;  soit  la  provenance  mé¬ 
tallique:  exemple  les  sondes  d’argent,  les  sondes  nicke¬ 
lées,  les  sondes  d’étain.  D’une  manière  générale,  en 
matière  desonde,  de  bougie,  d’explorateurs,  mes  pré¬ 
férences  vont  àralqminium,  à  cause  de  la  légèreté,  de 
la  souplesse,  de  la  facile  stérilisabilité  de  ce  métal.  Mais 
je  n’enlends  point  ici  généraliser,  systématiser,  ni  sur¬ 
tout  disqualilierles  instruments  habituels,  telle  la  sonde 
en  caoutchouc  rouge  si  infiniment  précieuse  en  pratique 
courante.  D’ailleurs,  les  conditions  ne  sont  nullement 
celles  que  j’envisage  plus  particulièrement,  c’est-à-dire 
le  cas  d’une  intervention  en  perspective,  en  préparation, 
ou  celui  d’une  plaie  à  créer  ou  à  réparer. 

Enfin  les  ô/’osxej  sont  constituées  soit  àa  matière 
animale,  soit  de  matière  végétale,  de  crins  par  exem¬ 
ple,  assimilables  aux  soies  sous  le  rapport  de  la  stéri- 
.lisabilité.  Je  les  mentionne  seulement,  sans  discuter 
aujourd’hui  s’il  convientde  préparer  les  téguments  par 
nettoyage  mécanique  ou  chimique. 

En  résumé,  voici  un  bien  confus  assemblage  d’ob¬ 
jets  très  différents  qui  nécessitent  chacun  isolément  un 
procédé  de  stérilisation  spécial.  Vous  connaissez  ma 
tendance,  mon  travers  d’esprit,  j’aime  à  simplifier. 
Or,  il  me  semble  qu’il  y  a  intérêt  à  se  conformer  à 
une  méthode  unique,  si  l’on  veut  obtenir  une  cons- 


(1)  Le  (irainaRC  préventif  a  été  également  préconisé  par  Aza.m 
(  Je  Bordeaux),  puis  par  Lister  en  Angleterre. 

(2)  IvfEBEKi.K  remplissait  une  canule  de  verre  de  bourdonnets 
d'ouate  phéniquée  destinée  à  l'absorption. 

(3)  Je  laisse  de  ciJté  le  tamponnement  à  la  Mikulicz  qui  est  un 
tamponnement  et  non  un  drainage.  Qu’il  me  suflise  de  dire  que  je 
n’ai  jamais  recours  à  cette  manamvre,  n'ayant  constaté  que  des 
inconvénients  dans  les  cas  où  je  l'ai  vu  employer. 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


tance  dans  les  résultats.  Et  d’abord  j'estime  que  la  liste 
des  matériaux  en  discussion,  doit  être  raccourcie.  Ainsi 
les  objets  de  provenance  animale,  sont  exclus  délibé¬ 
rément  de  ma  pratique.  Bien  plus,  je  pense  que  cette 
suppression  réalise  un  grand  progrès.  Comment,  par 
exemple,  persister  à  accepter  avec  quiétude  d'esprit 
dans  notre  technique,  une  matière  comme  le  catgut, 
fait  de  boyau  de  mouton, c'est-à-dire  d’intestin  suscepti¬ 
ble  de  véhiculer, d'hébergerdes  microorganismes  sporu- 
lés  extrêmement  résistants,  parmi  lesquels  figurent  des 
spores  de  tétanos  et  de  charbon  !  En  vérité  peut-on 
imaginer  un  choix  biologique  plus  mauvais  !  Vous  me 
direz  ;  Laissons  le  catgut,  mais  ses  voisins  de  même 
souche  animale  sont  bons  n'étant  point  originairement 
septiques,  ainsi  le  tendon  de  la  queue  des  Ivanguroo. 
Oui,  mais  ils  n'en  restent  pas  moins  des  tissus  orga¬ 
niques  nécrosés,  c'est  à  dire  éminemment  putrescibles 
à  la  moindre  approche  micro-parasitaire. 

Au  reste,  quelle  est  donc  la  raison  de  celle  faveur? 
c'est  la  qualité  ào,  résorption .  Eh  bien!  discutons  un 
peu  la  portée  de  cet  argument.  Je  commence  par  lais¬ 
ser  de  côté  les  fils  pseudo-résorbables,  comme  le  fil  du 
tendon  de  Ivanguroo,  puisque  sa  disparition,  disent  ses 
défenseurs,  exige  au  minimum  3  à  5  mois  de  sé¬ 
jour  dans  les  plaies.  Pour  peu  que  ce  fil  soit  un  peu 
volumineux,  bien  solide,  germicidé  et  durci  par  l’acide 
chromique,  on  peut  pressentir  que  le  processus  de  di¬ 
gestion  durera  (les  mois  etdes  années.  Voilà  pourquoi 
sans  doute,  les  Lislériens  reviennent  toujours  au  fil 
dont  ils  cherchent  à  s’éloigner;  le  catgut,  type  du  fil 
résorbable.  Et  de  fait,  Gibb,  puis  Watson,  ont  clini¬ 
quement  constaté  :  Porta  dan.s  33  cas  sur  80,  Schu¬ 
chardt,  Marcy,  Callender,  Holmes,  Flemraigg,  ont  ex¬ 
périmentalement  vérifié  cette  disparition  totale.  Donc 
elle  existe,  premier  point  acquis.  Mais  est-elle  cons¬ 
tante,  deuxième  point? 

Pratiquant  un  jour  une  laparotomie  pour  accident 
lointainement consécutif  à  une  cure  radicale  de  hernie, 
je  découvris,  au  centre  d'un  grosgàleau  épiploïque,  un 
réseau  de  fort  catgut  germicidé.  enseveli  là  depuis  la 
première  opération  datant  de  5  ans.  Il  était,  ce  catgut, 
si  peu  altéré  que  je  reconnus  une  ligature,  exécu¬ 
tée  suivant  une  technique  que  je  n'emploie  jamais  : 
la  ligature  en  chaîne.  Ce  fait  n'est  pas  unique  ;  j'en  ai 
rassemblé  4  autres  de  Bryant,  plus  1  cas  de  Murinoff  (cat¬ 
gut  retrouvé  intact  après  70  jours),  1  cas  de  Sanger,  1 
cas  de  Dœderlein  (ces  deux  gynécologues  constatèrent 
l'intégrité  du  catgut  chez  des  femmes  ayant  survécu  à 
l’opération  cœsarienne).  A  cela  s’ajoutent,  les  vérifica¬ 
tions  expérimentales  d’irrésorbabilité,  consignée  47  fois 
par  Porta,  puisparGuterbrœck,  par  Meyer,  par  Thomp¬ 
son  pour  le  catgut  germicidé  à  l’acide  chromique.  ISré 
nous  laissons  donc  point  prendre  à  un  mirage,  et  con¬ 
venons  que  la  croyance  à  la  constante  disparition  du 
boyau  de  chat  ou  de  mouton  dans  nos  tissus  est  mal  fon¬ 
dée.  Un  fait  mieux  établi,  c'est  la  possibilité  d’acci¬ 
dents  dus  à  l’usage  de  cet  intestin  ;  Tantôt  il  se  résorbe 
trop  vite,  et  alors  nous  assistons,  s’il  a  été  utilisé 
comme  agent  de  ligature,  à  des  hémorragies  mor¬ 
telles  de  Tutérine  comme  dans  un  cas,  non  unique, 
rapporté  par  Lafolie(])  ;  de  la  fémorale,  comme  dans 
une  observation  relatée  récemment  par  .Moreau  ; 
s’il  a  été  employé  à  titre  de  fil  de  suture,  à  des  rup¬ 
tures  de  cicatrice,  à  des  éventrations.  Tantôt  Tirré- 
sorbtion  est  totale  ;  ceci  se  produit  surtout  en  cas  d’in- 


(1)  Lafolie,  —  Asepsie  et  antisepsie,  Jhèse  de  Bordeaux,  1900- 
1901. 


tervention  pour  affection  septique,  c’est-à-dire  dans 
l’éventualité  où  précisément  la  résorption  nous  apparaît 
comme  particulièrement  désirable.  Elle  fait  défaut  parce 
que  la  phagocytose  est  insuffisante,  troublée  par  l’évo¬ 
lution  microbienne.  Où  est  donc  l’avantage  du  catgut  ? 
D'autant  que  ce  boyau  est  d’une  désinfection  reconnue 
tellement  difficile  que  les  nouvelles  méthodes  de  purifi¬ 
cation  imaginées  à  son  intention  se  multiplient  sans 
trêve.  Or,  aucune  de  ces  techniques,  y  compris  la 
mienne  (1)  ne  peut  prétendre  ici  conférer  une  sporicida- 
tion  absolue.  Comment  jamais  atteindre  les  spores  qui, 
si  elles  existent,  siègent  non  pas  à  la  périphérie  du  fil, 
mais  bien  en  plein  centre,  dans  l’ancienne  lumière  intes¬ 
tinale  virtualisée  par  torsion,  traction  et  enroulement? 
Le  spectre  de  complications  infectieuses,  septicémiques, 
charbonneuses  (2)  ou  tétaniques,  plusieurs  fois  signa¬ 
lées,  me  semble  facile  à  écarter  désormais  ;  rejetons 
définitivement  le  catgut.  Etsi  j’en  disautant  de  ses  voi¬ 
sins,  les  autres  fils  organiques  animaux,  c’est  parce  que 
je  crois  de  mauvaise  pratique  biologique  d’introduire 
sous  forme  de  fibres  nécrosées  «  la  mort  dans  la  vie  ». 

Go  départ  fait,  le  champ  s’éclaircit.  Les  matériaux 
végétaux  et  métalliques  entrent  en  ligne.  En  ce  qui 
concerne  les  fils,  je  pense  qu’on  peut,  sauf  pour  quel¬ 
ques  rares  interventions,  faire  toute  la  chirurgie  avec 
une  seule  espèce  de  fil,  de  calibre  différent.  Mes  ten¬ 
dances  vont  en  droite  ligne  vers  le  fil  d’aluminium,  à 
cause  de  sa  facilité  de  stérilisation  absolue.  Il  est  regret¬ 
table  qu’il  soit  un  peu  coupant,  rigide,  blessant  par  ses 
pointes.  Or  la  pratique  exige  un  fil  souple  pour  les  tissus 
souples.  Voilà  pourqui  je  m'en  liens  au  fil  de  lin.  Sans 
vouloir  imposer  ma  manière  de  voir,  je  le  préfère  au 
crin  de  Florence,  parce  que  souple,  il  se  prête  mieux 
aux  nœuds,  aux  ligatures,  aux  sutures  perdues  ;  qu’il  ne 
coupe  pas  la  peau  ;  qu’il  donne,  s’il  esttrèsfin,de  belles 
lignes  cicatricielles  jamais  pigmentées,  jamais  disgra¬ 
cieuses  en  «  échelle  de  perroquet  »  ;  qu’il  est,  comme 
dit  Qiiénu,  d’une  ablation  moins  douloureuse,  ne  pré¬ 
sentant  pas  de  bouts  rigides  formant  levier  de  trans¬ 
mission  à  la  plaie  des  moindres  ébranlements  pendant 
le  pansement. 

Jele  préfère  à  la  soie,  comme  plus  solide,  à  diamè¬ 
tre  égal;  comme  moins  poreux  et  par  conséquent  mieux 
sporicidable,  pouvant  supporter  185°  en  milieu  anhy¬ 
dre  déshydratant  ;  comme  susceptible  de  résorption 
totale  après  plusieurs  mois,  par  attaque  et  digestion 
phagocytaire  de  la  part  des  leucocytes.  J'ai  constaté 
celte  disparition,  inconstante  d’ailleurs,  pour  les  fils  fins 
et  récemment  Neuber  (3)  Ta  vérifiée  également. 

Enfin, il  me  semble  préférable  au  fil  d’argent,  pour¬ 
tant  si  facilement  stérilisable,  mais  trop  rigide, trop  cou¬ 
pant,  trop  difficile  à  nouer,  blessant  par  ses  extrémités 
coupées  ;  d’application  et  d’ablation  difficile  au  fond  des 
cavités.  Toutefois  je  le  répète,  je  laisse  place  aux  pré¬ 
férences  personnelles,  ne  prétendant  nullement  impo¬ 
ser  mon  choix,  car  demain  peut-être  le  fil  idéal,  jusqu’ici 
introuvé,  sera  découvert  ou  supprimé  par  la  naissance 
de  méthodes  hémostatiques  autres  que  la  ligature,  et 
de  moyens  de  réunion  autres  que  la  suture. 

Une  même  évolution  sporicidique  simplificatrice 
me  conduit  à  raisonner  pour  les  autres  matériaux 


(1)  Deschamps-.  —  Le  catgut.  Thèse  de  Paris,  1905. 

(2)  Charters  Symonds. —  Un  cas  de  charbon.  Le  mouton  dont 
provenait  le  catgut,  fut  ultérieurement  reconnu  mort  de  charbon. 
Communication  à  la  Société  de  médecine  et  rhiruraie  de  Londres, 
28  février  189.3. 

(3)  Necber.--  Société  de  médecine  de  Kiel,  juillet  1904, 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


21 


comme  pour  les  fils.  Ainsi,  pour  les  grandes  interven¬ 
tions  abdominales,  lés  drains  en  amiante  avec  mèche 
de  gaze  centrale  me  semblent  particulièrement  recom¬ 
mandables.  Ceux  de  caoutchouc  supportant  mal  la  pré¬ 
paration  dans  la  vapeur  hydrique  ou  anhydre  à  150°. 
Quant  aux  sondes,  bougies*  explorateurs,  sous  la  forme 
métallique  demi-souple  en  aluminium,  ils  méritent 
mention  favorable.  Spécifions  bien  le  cas  de  leur  emploi 
pour  grandes  interventions,  par  exemple  sur  les  voies 
biliaires  ou  urinaires.  En  toute  autre  occasion,  la  spo- 
ricidité  ne  s'impose  plus  avec  une  aussi  étroite  rigueur, 
s’il  n’y  a  pas  de  tranche  cruenlée,  pas  de  diérèse  fraîche, 
pas  de  vaisseau  ouvert;  mais  une  surface  de  plaie  déjà 
résistante,  organisée,  protégée  par  épithélium,  ou  épi- 
thélialisation,  non  saignante,  accoutumée  à  la  défense. 
11  en  est  souvent  ainsi  dans  la  pratique  usuelle  de  la 
petite  chirurgie  courante  journalière  oùlagermicidation 
apparaît  comme  suffisante. 

Je  ne  veux  point  terminer  ce  premier  chapitre  sans 
vous  rappeler  une  fois  de  plus  combien  il  importe 
ici  comme  pour  le  matériel  de  pansement,  de  procé¬ 
der,  avant  toute  stérilisation,  aux  soins  préliminaires 
de  propreté  :  lavage  anhydre,  blanchissage,  dégrais¬ 
sage.  Si  vous  choisissez  la  stérilisation  par  vapeur 
anhydre  au  toluène,  la  besogne  est  simplifiée.  Il  n’y  a 
aucune  manœuvre  de  dégraissage,  aucune  manipula¬ 
tion  préalable  à  exécuter  ;  le  toluène  comme  la  benzine, 
dissolvant  les  graisses.  Vous  n'aurez  donc  alors  qu’à 
placer  vos  cadres,  chargés  de  fils  en  compresse,  avec 
lesdrains,  les  instruments,  ou  les  objets  de  pansement, 
dans  tes  récipients  d’aluminium  du  modèle  déjà  décrit. 

Ceci  fait,  quelles  sont  les  méthodes  de  stérilisation 
aujourd’hui  en  usage  ?  Qu’il  s’agisse  de  préparations 
pour  usage  immédiat,  ou  pour  usage  retardé,  — ce  der¬ 
nier  vaut  moins,  —  vous  chercherez  un  effet  germicide 
ou  sporicide.  Ici  encore  vous  retrouvez  la  classification 
des  méthodes  qui  nous  est  maintenant  familière  : 

STÉRILISATION  GERMICIDE 

A.  Méthode  antiseptique  (Lister,  1867). 

K.  Méthode  de  l'air  chaud  (A.  Reverdin,  1888). 

C.  Méthode  de  V ébullition  (Nilson,  1888). 

D.  Méthode  de  la  vapeur  fluente  »  à  100°  ou  '<  sta¬ 
gnante  »  à  120"  (Schimmelbusch,  1890). 

STÉRILISATION  SPORICIDE 

A.  Méthode  de  la  vapeur'  anhydre  comprimée  à 
190“  (Longuet,  1900). 

(.1  suivre.) 


LA  VALÉROBROMINE  LEGRAND 

est  plus  active  que  les  bromures  et  les  valé- 
rianates. 


Enquête  suri.es  sourds-muets.  — Le  ministre  de  l’intérieur, 
désireux  de  répondre  aux  vœux  du  Parlement  en  ce  qui  concerne 
1  assistance  des  sourds-muets  des  deux  sexes,  a  décidé  de  procéder 
à  une  enquête  spéciale  dans  tous  les  établissements  consacrés  à 
ces  anorroau.x.  Cette  enquête  a  été  elîectuée  en  l'.l05  pour  les  éta¬ 
blissements  situés  dans  les  départements  de  l’Ain,  de  l’Aisne,  de 
la Cote-d  Or,  du  Doubs.  d’Eure-et-Loir,  du  Loiret,  de  Meurthe- 
et-Moselle,  du  Rhône  et  de  la  Seine.  Elle  va  secontinuer  en  ÎIIÜH 
et  a  déjà  donné  lieu  lieu  à  des  rapports  très  documentés  <uï  sont 
lormulés  des  observations  et  des  desiderata  qui  permettront  d’é- 
tuaier  les  mesures  à  prendre  en  vue  de  l'amélioration  du  sort  de 
CCS  déshérités  et  notamment  pour  le  développement  de  leur  cnsei- 
êtnement  profe-ssionnel.  (/.e  Temps). 


BULLETIN  DU  PROGRÈS  MÉDICAL 

Le  dossier  sanitaire  devant  les  Conseils  de  révision. 
Comment  on  doit  l’établir. 

L’ouverture  prochaine  des  conseils  de  révision  rend 
intéressante  la  question  du  ilossier  sanitaire,  dont  la 
nécessité  a  été  reconnue  par  nos  assemblées  législati¬ 
ves,  Déjà  en  1899,  nous  avions,  dans  ce  journal,  appelé 
l’attention  du  public  médical  sur  l'importance  des  cer¬ 
tificats  délivrés  aux  jeunes  conscrits.  Les  arguments 
que  nous  invoquions  ont  été  repris  p’ar  nos  confi'ères, 
membres  du  Sénat  ou  de  la  Chambre  des  députés,  et  le 
Progrès  médical  est  heureux  d’avoir  été  l’un  des  pre¬ 
miers  à  signaler  l’importance  de  ces  certificats  et  à  leur 
donner  force  de  loi  dans  les  décrets  établis.  Noire  devoir 
d’experts  devient  donc,  par  cela  même,  plus  formel,  et 
notre  responsabilité, aussi  bien  devant  l’armée,  c’est-à- 
dire  devant  le  pays,  que  devant  nos  clients,  s’accroît 
davantage.  Nous  devons  donc  nous  efforcer  d’apporter 
dans  la  rédaction  de  ces  certificats  non  seulement  la 
plus  scrupuleuse  exactitude,  mais  aussi  la  clarté  la 
plus  grande,  le  sens  clinique  le  plus  irréprochable. 
Nous  le  devons  d’autant  plus  que  nous  allons  nous 
trouver  en  présence  de  demandes  nombreuses,  parce 
qu’il  n’y  a  plus  d’autres  moyens  d’éviter  le  service  et 
que  la  simulation  va  devenir  le  moyen  de  défense  de 
tous  les  paresseux  ou  poltrons.  Malheureusement,  on 
est  obligé  de  constater  que  lés  certificats  médicaux  ne 
sont  pas  toujours  rédigés  comme  je  viens  de  le  dire. 
Un  de  nos  confrères  de  l’armée,  le  médecin-principal 
Mareschal,  attaché  à  la  place  de  Paris,  — dont  l’expé¬ 
rience  —  considérable  à  ce  point  de  vue,  puisqu’il  com- 
pidse  chaque  année  plusieurs  centaines  de  certificats, 
n’a  d’égale  que  sa  parfaite  urbanité  déontologique,  et 
sa  bienveillance  pour  les  péchés  véniels  qu’une  trop 
gi’ande  sollicitude  maternelle  ou  des  intérêts  respecta¬ 
bles  peuvent  excuser,  —  a  fait,  le  14 juin  1905,  devant 
les  membres  de  l’i  nion  fédérative  des  médecins  de 
réserve,  une  très  intéressante  conférence  sur  ce  sujet. 
Nos  confrères  qui  voudraient  lire  ce  travail  (et  je  ne 
saurais  trop  les  y  engager)  publié  dans  le  numéro  2 
du  Bulletin  officiel  de  Z’Uuion,  comprendront  combien 
est  difficile  la  tâche  du  médecin-militaire  pour  déjouer 
la  paresse  ou  la  mauvaise  foi  de  jeunes  gens,  s’ap¬ 
puyant  hî  plus  souvent  sur  des  certificats  extorqués 
par  surprise,  sur  des  recommandations  politiques  ; 
escomptant  les  craintes  d’un  article  ou  d’un  reportage 
fallacieux.  Ils  reconnaîtront  combien  un  certificat 
donné  mal  à  propos  ou  mal  rédigé  mettra  dans  l’em¬ 
barras  nos  confrères  militaires  ,  partagés  entre  le  sen¬ 
timent  des  intérêts  qu’ils  sont  chargés  de  défendre  et 
la  crainte  de  se  tromper  dans  l’appréciation  de  faits 
exposés  incomplètement  ou  sans  clarté. 

Les  e.xemples  qu’il  a  choisir,  entre  des  milliers  qu’il 
aurait  pu  citer  entraîneront  cette  conviction  ([uc  mes 
assertions  n’ont  rien  d’exagéré.  Je  ne  puis,  à  mon 
grand  regret,  donner  ici  une  analyse  complète  de  ce 
travail,  et  je  dois  me  contenter  d’indiquer  les  deside¬ 
rata  constatés  le  plus  souvent  par  notre  confrère  dans 
la  rédaction  de  cos  certificats  ; 


22 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


1“  Absence  de  diagnostic  ; 

2“  Diagnostic  imprécis  et  peu  scientifique  ; 

3°  Diagnostic  dramatisé,  en  contradiction  évidente 
avec  les  conclusions  demandées  ; 

4“  Certificats  fantaisistes,  non  légalisés,  ne  paraissant 
pas  émaner  de  médecins  ; 

5°  Simple  énoncé  des  allégations  de  l'intéressé  ; 

6°  Conclusions  inopportunes  au  point  de  vue  mili¬ 
taire,  quoique  rationnelles  au  point  de  vue  médical  ; 

7"  Manque  de  précision  ; 

8°  Diagnostic  dissimulé. 

La  conférence  faite  par  notre  confrère  embrasse  la 
rédaction  des  certificats  de  toutes  espèces.  Indiquer  les 
règles  à  observer  dans  chaque  cas  particulier  (permis¬ 
sions,  prolongations  de  congés,  convalescences,  réfor¬ 
mes,  etc.)  serait  l’oeuvre  d'un  véritable  traité  de  mé¬ 
decine  médico-légale  militaire.  Aussi,  je  dois  me  bor¬ 
ner  à  donner  seulement  mon  avis  sur  la  façon  dont 
nous  établirons  les  certificats  destinés  a  former  le  dos¬ 
sier  sanitaire  remis  au  conseil  de  révision. 

Deux  cas  peuvent  se  présenter. 

1®  La  lésion  est  évidente  et  grossière.  Il  existe  une 
difformité  que  le  premier  venu  peut  constater,  une 
maladie  si  manifeste  qu’il  est  impossible  de  s'y  mé¬ 
prendre,  une  tuberculose  avancée,  par  exemple  ;  une 
affection  cardiaque  dont  les  signes  sont  appréciables  à 
tous  les  points  de  vue  ;  une  déformation  du  squelette 
incompatible  avec  un  service  quel  qu’il  soit. 

Dans  tous  ces  cas,  aucun  certificat  n’est  nécessaire,  à 
mon  avis,  parce  que  nous  n’avons  rien  à  apprendre  à 
nos  confrères  militaires,  ni  sur  une  lésion  qu’ils  sont  à 
même  de  reconnaître  aussi  bien  que  nous,  ni  sur  les 
conséquences  qu’elle  peut  avoir  au  point  de  vue  mili¬ 
taire,  dont  ils  apprécieront  les  exigences  avec  une  com¬ 
pétence  plus  grande  que  la  nôtre.  Néanmoins,  devant 
l’insistance  de  nos  clients  qui  croient  à  la  toute-puis¬ 
sance  des  certificats,  nous  pourrons  être  contraints  de 
l'établir.  Dans  ces  cas,  il  devra  être  très  explicite,  dé¬ 
crire  en  quelques  mots  nets  et  concis  la  lésion  consta¬ 
tée  ;  mais  on  s’abstiendra  de  tirer  des  conclusions  au 
point  de  vue  militaire.  En  effet  notre  rôle  doit  se  bor¬ 
ner  à  affirmer  la  lésion  que  nos  confrères  peuvent 
constater  comme  nous  ;  notre  responsabilité  devant 
nos  clients  est  dégagée  par  le  fait  que  nous  avons  ap¬ 
pelé  l'attention  du  conseil  sur  leur  réclamation.  Seul 
notre  confrère  militaire  est  à  même  de  décider  en  con¬ 
naissance  de  cause  si  cette  lésion,  sur  laquelle  notre 
accord  est  commun,  est  compatible  avec  tel  ou  tel 
degré  du  service  militaire. 

2°  Rien  différent  est  le  second  cas,  dans  lequel  les 
lésions  sont  visibles,  mais  d'une  gravité  plus  ou  moins 
discutable  ;  ou  bien  ont  disparu  sans  laisser  de  traces 
physiques  appréciables,  sinon  un  état  de  santé  plus  ou 
moins  précaire,  et  sont  susceptibles  d’un  réveil  ino¬ 
piné. 

Il  ne  suffira  plus  de  donner  un  simple  énoncé  de  la 
lésion  ou  de  l’affection  latente  que  nous  avons  consta¬ 
tées  autrefois,  dans  leur  comfilète  manifestation  symp¬ 
tomatique,  ou  dans  des  récidives  répétées.  Il  faut  en¬ 
core  citer  les  causes  qui  les  ont  produites,  la  marche 
que  la  maladie  a  présenté,  les  conséquences  qu’elle  a 


pu  entraîner  sur  la  santé  générale,  sur  le  développe¬ 
ment  de  l’individu,  afin  que  notre  confrère  soit  bien 
renseigné  sur  la  possibilité  d’une  aggravation  de  cette 
lésion  ou  d’un  réveil  de  cette  maladie,  par  le  fait  d’ex¬ 
poser  notre  client  aux  mêmes  causes  étiologiques  ;  sur 
les  dangers  qu’il  lui  fera  courir  en  le  plaçant  dans 
un  milieu  privé  de  toutes  les  conditions  hygiéniques 
particulières  dont  nous  avons  maintes  fois  reconnu 
pour  lui  la  nécessité.  Non  seulement,  nous  devons 
fournir  à  notre  confrère  toutes  les  indications  capables 
d’éclairer  sa  religion,  mais  encore,  en  pareil  cas,  notre 
devoir  est  de  donner  des  conclusions  nettes  au  point  de 
vue  du  service,  puisque,  mieux  que  personne,  nous 
avons  pu  étudier  l’influence  de  certaines  circonstances 
sur  cette  lésion  ou  cette  affection,  puisque  notre  con¬ 
viction  des  dangers  qui  résulteraient  pour  notre  client,  si 
on  le  plaçait  à  nouveau  dans  de  semblables  conditions, 
est  formelle,  et  que  notre  responsabilité  serait  engagée 
si  nous  ne  la  faisions  pas  connaître. 

Quelques  exemples  viendront  confirmer  ma  manière 
de  voir. 

Fn  jeune  homme,  vers  l’àge  de  12  ans,  en  se  livrant 
au  jeu  du  «  cheval  fondu  »  reçoit  sur  le  dos  plusieurs 
de  ses  camarades.  Il  tombe,  et  quelques  jours  après,  il 
entre  à  l’infirmerie  où  l’on  constate  un  léger  gonfle¬ 
ment  douloureux  au  niveau  delà  région  dorsale.  Après 
quelques  mois  de  traitement,  il  reprend  le  cours  de  ses 
études,  conservant  toujours  une  légère  voussure  au 
niveau  de  la  région  dorsale,  et  très  sujet  à  s’enrhumer. 
Vers  l’àge  de  16  ans,  il  est  atteint  d’une  broncho- 
pneumonie  double,  qui  nécessite  plusieurs  semaines  de 
traitement,  après  lesquelles  il  est  retiré  définitivement 
du  lycée,  pour  continuer  son  éducation  dans  sa  famille. 

Au  moment  de  l’appel  de  sa  classe,  sa  nutrition  et  sa 
musculature  générale  sont  assez  bonnes  ;  la  région 
dorsale  présente  une  légère  voussure  avec  un  peu  de 
scoliose,  sans  toutefois  que  cette  déformation  soit  assez 
prononcée  pour  qu’on  puisse  la  constater  quand  il  est 
habillé.  Antécédents  héréditaires  fortement  entachés 
d’arthritisme.  Si  ce  jeune  homme,  dont  la  lésion  du 
squelette  n’est  pas  absolument  incompatible  avec  le 
métier  militaire,  tout  au  nâoins  dans  les  corps  non 
combattants,  est  soumis  aux  influences  morbides  du 
milieu  de  la  caserne,  il  va  courir  le  risque  de  voir  sa 
résistance  organique,  dont  les  antécédents  morbides 
indiquent  déjà  la  fragilité,  fortement  diminuée  par  les 
causes  délétères  auxquelles  il  sera  exposé,  et  qui  pour¬ 
ront  provoquer  le  réveil  d’une  dyscrasie  dont  je  ne 
puis  affirmer  la  disparition  complète,  puisque  j’ai  cons¬ 
taté  la  susceptibilité  morbide  de  ce  jeune  homme, 
puisque  je  connais,  en  outre,  l'hérédité  familiale,  de  par 
laquelle  il  se  trouve  placé  en  état  de  résistance  moin¬ 
dre.  11  est  de  mon  devoir  d’exposer  tout  au  long  à  mon 
confrère  la  genèse,  la  filiation  des  phénomènes  obser¬ 
vés,  de  montrer  comment  cette  lésion  qui  paraît,  a 
priori,  compatible  avec  le  service  militaire,  et  qu’on 
pourrait  considérer  comme  une  difformité  congénitale 
ou  de  croissance,  est  de  nature  fort  suspecte,  et  par 
cela  même  nécessite  une  mesure  plus  radicale  que 
celle  qu’on  serait  disposé  à  prendre,  je  veux  dire  l'éloi¬ 
gnement  du  service  actif,  et  non  le  classement  dans  un 


.f 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


23 


corps  d’infirmiers  ou  de  secrétaires,  vivant  en  caserne, 
et  au  milieu  duquel  le  jeune  homme  ne  serait  pas  à 
l’abri  d’un  réveil  possible  de  sa  dyscrasie. 

Autre  exemple.  —  Un  jeune  homme,  vers  l'àge  de 
10  ans,  présente,  à  la  suite  d’une  scarlatine,  une  albu¬ 
minurie  qui  persiste  plusieurs  mois.  A  13  ans,  il  est 
atteint  d’une  fièvre  typhoïde  au  cours  de  laquelle  l’al¬ 
bumine  réapparait  en  assez  grande  quantité.  Pendant 
plusieurs  années,  les  analyses  pratiquées  à  diverses  re¬ 
prises  dénotent  dans  les  urines  des  quantités  minimes 
d’albumine,  avec  recrudescence  àl'occasion  de  la  moin¬ 
dre  fatigue  ou  d’indispositions  passagères. 

Depuis  deux  ans,  l'albumine  a  disparu  dans  les  urines  ; 
mais  l’état  général  de  la  santé  laisse  à  désirer,  quoique 
les  apparences  extérieures  ne  soient  pas  mauvaises.  La 
langue  est  fréquemment  saburrale.  l 'appétit  capricieux, 
les  fonctions  intestinales  irrégulières,  la  céphalée  fré¬ 
quente  ;  l  essoufflement  arrive  au  moindre  effort  ;  on 
constate  une  extrême  susceptibilité  des  bronches,  quoi¬ 
que  l’auscullationne  revèle'aucun  signe  suspect  ;  l’exa¬ 
men  cryoscOpique  etla  recherche  de  la  toxicité  urinaire 
ont  démontré  l'existence  d'un  ralentissement  de  circu¬ 
lation  glomérulaire  et  une  mauvaise  épuration  rénale. 
En  fait,  je  suis  persuadé  de  l'existence  d’une  albu¬ 
minurie  résiduale  avec  lésion  rénale  minimum,  mais 
persistante  et  pour  laquelle  le  service  militaire  quel 
qu'il  soit  peut  être  l’occasion  d’un  réveil  grave.  Mais 
l’état  de  santé  extérieure  n’indique  rien  de  tout  cela  ; 
l’examen  des  urines,  si  on  le  pratique  ,  ne  présentera 
plus  rien  de  suspect  au  point  de  vue  de  l’albuminurie. 
Et  pourtant,  si  le  médecin  militaire  non  prévenu  incor¬ 
pore  ce  jeune  homme,  même  à  titre  d'essai,  même  en 
le  surveillant,  les  conséquences  peuvent  être  déplora¬ 
bles.  11  est  donc  nécessaire  que  je  lui  fasse  partager  ma 
conviction  et  ma  manière  devoir,  en  lui  exposantle  ré¬ 
sultat  de  mes  observations,  en  mettant  à  l’appui  toutes 
les  preuves  cliniques  nécessaires,  que  je  lui  donneclai- 
rement  mon  avis  au  sujet  du  danger  qu’on  peut  faire 
courir  à  mon  client  en  adoptant  telle  ou  telle  mesure 
à  son  égard. 

Gomment,  en  pareil  cas, sera  rédigé  le  certificat  médi¬ 
cal  que  notre  devoir  professionnel  nousimpose. 

Nous  entendons  dire  quelquefois  par  les  familles  : 
<<  Donnez-nous  un  certificat  très  bref  :  quand  il  est  trop 
développé,  le  Conseil  ne  les  lit  pas.  »  Il  y  a  souvent 
beaucoup  de  vrai  dans  cette  assertion,  et  je  crois  qu'il 
est  préférable,  en  principe,  d’établir  des  certificats 
brefs,  nets  et  concis.  Cette  règle  est-elle  applicable 
dans  le  cas  que  je  viens  d’examiner?  Oui,  si  l'on  procède 
de  la  façon  que  je  vais  indiquer  ;  J’établis  sur  papier 
timbré  un  certificat  déclarant  que  M.  X.,  est  atteint  de 
telle  ou  telle  maladie  ou  lésion,  en  ayant  soin  de  don¬ 
ner  un  diagnostic  précis^  court,  conforme  aux  données 
cliniques,  et  je  donne  mes  conclusions  en  basant  mon 
avis  sur  l’importance  des  causes  que  l’observation  m’a 
prouvé  susceptibles  d'augmenter  la  gravité  de  la  lésion 
ou  1  affection  actuellement  latente.  Mais,  en  même 
temps,  pour  justifier  ma  manière  de  voir,  pour  permet¬ 
tre  à  mon  confrère  d  être  renseigné  en  parfaite  connais¬ 
sance  de  causes,  je  relate  sur  papier  libre  l’observation 
détaillée  du  passé  pathologique  démon  client,  en  énu¬ 


mérant  les  conditions  étiologiques,  les  phénoitaènes 
morbides  qu’elles  ont  pu  provoquer,  les  résultats  obte¬ 
nus  par  les  différents  examens  cliniques,  bactériologi¬ 
ques,  chimiques,  la  marche  de  la  maladie, ses  récidives, 
etc.  Voilà  ce  qui  doit  constituer  le  dossier  sanitaire  qui 
n’est  plus,  ne  doit  pas  être,  en  pareil  cas,  un  simple  cer¬ 
tificat. 

De  toutes  façons,  l’attention  du  médecin  militaire 
sera  attirée  sur  notre  client  par  la  lecture  rapide  du  cer¬ 
tificat  lui-même.  Si  sa  conviction  n’est  pas  faite  immé¬ 
diatement,  si,  le  temps  pressant,  il  ne  peut,  au  moment 
du  Conseil,  prendre  connaissance  de  l’observation  dé¬ 
taillée  qui  doit  dissiper  ses  doutes,  il  suffira  d’ajourner 
l'examen  à  la  fin  de  la  séance,  et  de  prendre  avec  son 
camarade  une  décision  en  tou  te  connaissance  de  cause. 
Dans  un  précédent  travail,  publié  dans  le  Progrès  mé¬ 
dical,  sur  la  réforme  des  conseils  de  révision,  je  disais 
qu'il  serait  juste  que  le  médecin  ayant  établi  un  certifi¬ 
cat  fût  mis  à  môme  de  discuter,  en  fin  de  conseil,  sa 
manière  de  voir  avec  ses  confrères  militaires.  Je  ne  vois 
pas  quelle  objection  on  pourrait  faire  à  cette  proposi¬ 
tion. 

Le  médecin  serait  libre  d’assister  ou  non  son  client 
devant  le  conseil  ;  les  frais  résultant  de  son  déplace-' 
ment  seraient  alfaire  entre  lui  et  la  famille.  En  revan¬ 
che,  je  suis  persuadé  que  cette  êonsultation  entre  con¬ 
frères  civils  et  militaires  —  bien  préférable  à  l’adjonc¬ 
tion  demandée  par  quelques  députés,  de  médecins  ci¬ 
vils  comme  experts  permanents  dans  les  conseils  de 
révision  —  aurait  les  plus  heureux  résultats,  tant  au 
point  de  vue  du  soin  que  les  premiers  apporteraient 
dans  la  rédaction  de  leurs  certificats,  que  de  la  consi¬ 
dération  et  de  l’importance  que  les  seconds  y  attache¬ 
raient.  Car,  je  ne  puis  m’empêcher  de  croire  que,  lors¬ 
qu’un  confrère,  quel  qu’il  soit,  est  mis  à  même  de  re¬ 
connaître  le  scrupule,  la  sagacité,  le  vrai  sens  clinique, 
apportés  dans  l’exposé  de  faits  énumérés  avec  une  cer¬ 
titude  évidente,  on  puisse  conserver  un  doute  sur  la 
réalité  d’un  cas  dont  les  signes  actuels  ne  permettent 
pas  néanmoins  de  certifier  l’existence.  Et  précisément 
voici  ce  que  je  demande,  ce  que  j’ai  toujours  demandé, 
ce  qui  doit  être,  parce  que  nous  sommes,  les  uns  et  les 
autres,  pénétrés  de  la  dignité  de  notre  profession  et  du 
respect  que  nous  nous  devons  mutuellement  ;  en  pa¬ 
reil  cas,  notre  certificat  seul  doit  déterminer  Indécision 
à  prendre,  puisque  l’absence  de  signes  manifestes  em¬ 
pêche  actuellement  de  contrôler  l’évidence  des  faits  an¬ 
térieurs  ;  et  puisqu’un  cas  de  doute  il  serait  dangereux 
de  faire  subir  à  notre  client  une  épreuve  dont  il  ne 
sortirait  pas  indemne. 

Tel  est,  àmon  avis,  la  conduite  que  nous  devons  sui¬ 
vre  les  uns  et  les  autres.  En  agissant  ainsi,  nous  res¬ 
terons  dans  le  rôle  si  élevé,  si  noble  que  nous  avons 
à  remplir.  Nous  resterons  les  arbitres  impartiaux 
des  droits  que  nous  avons  réciproquement  à  défendre. 
Nos  confrères  militaires  seront  mis  à  l’abri  par  cette 
consultation  faite  en  commun  des  revendications  ulté¬ 
rieures,  des  chantages  plus  ou  moins  honnêtes  dont 
on  les  entoure  pour  obtenir  des  faveurs.  Ils  n’auront 
plusà  lutter  seuls  contre  les  objurgations  de  politiciens 
plus  ou  moins  scrupuleux  réclamant  injustement  pour 


24 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


des  électeurs  influents,  de  ronds-de-cuir  ministériels, 
utilisant  le  papier  officiel  pour  chercher  à  imposer  une 
faveur  dont  l’obtention  rehausserait  leur  valeur  néga¬ 
tive  ;  enfin,  le  commandement,  dégagé  de  toute  crainte 
<!e  scandale,  n’aurait  plus  quelquefois  la  tendance  de 
dictera  nos  confrères  une  décision  qu’ils  hésitaient  à 
prendre. 

Ainsi  nous  aurons  été  les  artisans  de  la  dignité  et 
de  l’indépendance  professionnelles,  qui  sont  la  devisede 
notre  corporation,  quel  que  soit  le  vêtement  que  nous 
portions.  A.  Demmler. 


SOCIÉTÉS  SAVANTES 

SOCIÉTÉ  DE  BIOLOCIE 
’  Svancc  du  G  janvier  1906. 

Nouveau  procédé  d’isolement  gastrique  pour  l’obtention  et  l'étud  e 
de  la  sécrétion  gastrique  pure  du  porc. 

M.  "Maurice  Hepp  présente  à  ta  Société  du  suc  gastrique  ri¬ 
goureusement  pur  prélevé  de  festomac  du  porc  grâce  à  une 
nouvelle  méthode  opératoire  d’isolement  gastrique  (1).  Les 
raisons  qui  ont  conduit  M.  Hepp  à  celte  nouvelle  façon 
d'opérer  senties  suivantes:  par  l’exclusion  gastrique  simple, 
sans  oblitération pytorique,  qu'il  pratique  depuis  plusieurs 
années,  on  ne  peut  recueillir  qu’un  suc  mélangé  d'une  cer¬ 
taine  quantité  de  bile  et  de  sucre  panoréatico-duodénal  thé¬ 
rapeutiquement  actif.  mais  impropre  à  l’étude  physiologi¬ 
que  rigoureuse.  Par  ia  séquestration  totale  de  l'estomac  on 
obtient  un  suc  pur,  mais  la  quantité  de  la  sécrétion  diminue 
rapidement  et  la  santé  de  l’animal  s’altère.  C’est  pourquoi 
il  a  pensé  qu’il  convenait  de  laisser  à  l’animal  unepartie  de 
son  estomac,  tant  dans  l’intérêt  de  sa  santé  que  pour  lui  per¬ 
mettre  d’entretenir  la  sécrétion  de  la  poche  séquestrée,  en 
déversant  dans  son  intestin  une  certaine  quantité  delà  subs¬ 
tance  excilo-sécrétoire  dont  Froin  a  démontré  l’existence 
dans  le  suc  gastrique.  L'estomac  ainsi  séquestré  sécrète 
une  quantité  quotidienne  de  600  à  700  cc.,  la  santé  du  pro¬ 
ducteur  restantbonne  et  la  sécrétion  «  orthodoxe  ».  Reste 
à  savoir  si  les  animaux  ainsi  opérés  pourront  être  conser¬ 
vés  en  bonne  santé  pendant  trois  et  quatre  ans.  comme  ceux 
dont  l’estomac  est  seulement  unilatéralement  exclu. 

Quant  aux  analyses  pratiquées  sur  le  suc  gastrique  obtenu 
par  le  nouveau  procédé  opératoire,  elles  ont  démontré  que 
le  suc  gastrique  de  porc  est  franchement  plus  riche  que  les 
sucs  humain  et  èauin.  Le  suc  gastrique  canin  est  un  suc  gas¬ 
trique  de  carnivore  hyperchlorydrique.  Le  suc  gastrique  de 
porc,  au  contraire,  estcertainement  celui  qui  se  rapproche  le 
plus  du  suc  humain  et  c’e.st  celui  qu'il  importe  le  plus  d’étu¬ 
dier,  au  point  de  vue  physiologique,  en  vue  delà  médecine 
humaine. 

Ictère  et  sécrétion  biliaire. 

M.  Emile  (iÉRAUDEi..  —  Les  deux  glandes  distinctes  et  im¬ 
briquées  du  foie  entraînent  par  leur  physiologie  des  consé- 
<|uences  importantes. 

La  glande  porte  (périphérie  du  lobulel  est  une  glande  à  sé¬ 
crétion  interne  avec  déchets  hématiques  venus  de  la  rate, 


(I)  Voici  en  quoi  consiste  le  procédé  :  on  commence  par  section¬ 
ner  l’œsophage,  parfaitement  isolédes nerfs  pneumogastriques,  au- 
dessus  du  cardia  ;  on  l'implante  ensuite,  par  une  anastomose  ter- 
mino-latérale,  sur  le  duodénum,  puis,  ayant  rétabli  ainsi  la  con¬ 
tinuité  du  trajet  digestif,  on  amène  l’estomac  dans  la  plaie  de  la- 
Iiarotoniie  ;  on  effondre  en  un  point  le  petit  épiploon  au  contact  de 
la  petite  courbure  et  on  saisit  l’organe  transversalement  entre  deux 
clamps.  On  le  sectionne  alors  franchement  en  deux  poches  que  l’on 
ferme  respectivement  ;  l’une,  pylorique,  demeure  la  propriété  de 
l’animal  ;  l’autre.  cardia<pie,  conservant  tous  ses  vaisseaux  et  tous 
ses  nerfs,  est  listniisée  à  ta  peau  :  c’est  elle  qui  fournit  le  sue  gas¬ 
trique  i)ur. 


elle  fabrhpie  des  pigment.s  et  produit  une  cholémie  normale 
intra-hépatique. 

L’autre  glande  à  sécrétion  externe,  glande  sns-hépaliqur 
(centre  du  lobule)  reprend  au  sang  intra-hépatique  les  pig¬ 
ments  déversés  par  la  glande  porte.  L’oblitération  des  voies 
biliaires  entraîne  l’arrêt  de  la  glande  sus-hépatique  et  son 
atrophie  ;  la  glande  porte  n’est  pas  altérée,  la  cholémie  intra¬ 
hépatique  déborde  le  foie  et  devient  générale  et  il  n’y  a  pas 
d’ictère  de  rétention.  Celui-ci  est  fonction  de  la  défaillance  de 
la  glande  sus-hépatique. 

Mucinasc  dans  tes  matières  fécales. 

M.  Riva  a  étudié  les  variations  de  la  muccinase.dans  les 
matières  fécales.  Ce  ferment,  découvert  par  Roger,  n’est  pas 
influencé  par  l’état  physique  des  selles  ni  par  la  durée  de  la 
traversée  digestivç.  La  constipation  habituelle,  la  dysenterie 
chronique,  inlluent  sur  la  présence  de  la  muccinase  en  l’aug¬ 
mentant.  La  quantité  du  mucus  et  des  muco-membranes 
dans  les  selles  augmentent  proportionnellement  à  f  Intensité 
de  la  diarrhée. 

Ascile  opalescente  due  à  une  mucine. 

M.  E.  \.  Gouraud  et  Cosset  ont  observé  dans  le  service  de 
AI.  le  prof.  Dieulafoy  une  ascite,  opalescente,  non  clarifiée  par 
le  liipiide  d’ Vdam,  ne  contenant  pas  de  graisse,  éclaircie  par 
l'acide  acétiipie  et  donnant  toutes  les  réactions  de  la  mucine. 

Réactions  colorantes  des  acides  gi'as. 

Al.  Jacobson  (de  Bucarest)  étudie  une  méthode  de  colora¬ 
tion  décelant  les  acides  gras  libres,  surtout  dans  les  selles  de 
nourrissons  et  permettant  d’étudier  la  digestion  des  graisses 
chez  les  enfants  dyspeptiques. 

To.vicité  dxi  contenu  intestinal. 

AI\[.  Roger  et  GARNiiR  ont  présenté  leurs  études  sur  la 
toxicité  de  l'intestin  grêle  des  lapins  {.Soc.  bioL,  4  nov.  19ü5i  : 
ils  ont  ensuite  recherché  la  toxicité  des  extraits  de  l'intestin 
grêle  du  chien.  Ceux-ci  sont  très  virulents  pour  le  lapin,  les 
entérotoxines  y  atteignent  144,5  et  provoquent  la  mort  après 
injection  des  veines  périphériques  à  la  dose  de  0  cc.  41  à 
1  cc. -i  par  kilogr.  d'animal.  La  mort  n'est  |>as  due  aux  coa¬ 
gulations  intra-vasculaires  ;  le  foie  neutralise  en  partie  ces- 
poisons  ;  il  faut  trois  fois  plus  d  '.  toxique  si  ce  Ihpiide  est 
introduit  par  la  veine  porte. 

Le  poids  du  résidu  sec  de  ce  liquide  est  infime.  Le  poison 
intestinal  du  chien  tue  le  lapin  à  dose  de  76  milligr.  par  kilog  ; 
l’alcool  détruit  la  molécule  toxique  ;  les  corps  dissous  par 
falcool  ou  ceux  qu'il  précipite  n’ont  pas  le  pouvoir  toxique 
du  produit  primitif. 

Les  poisons  intestinaux  du  chiên  viennent  de  l’alimenta¬ 
tion  et  diminuent  quand  on  soumet  l’animal  au  régime  lacté  ; 
il  faut  alors  4  à  8  cent,  cubes  pour  tuer  l’animal  injecté  et  les 
entérotoxines  s’abaissent  à  38  gr.,  l’intestin  fabrique  donc 
avec  le  lait  quatre  fols  moins  de  poison  qu’avec  la  viande. 

L'hématolysc  normale. 

M.  Froin aobservé  80  fois,  sur  178  liquides  hémorrhagiques,, 
après  centrifugation  immédiate,  une  teinte  brunâtre  ou  brun 
jaunâtre  due  à  l'hémoglobine  dissoute  dans  le  liquide.  Il 
s’agissait  de  liquides  cancéreux,  tuberculeux,  contenant  beau¬ 
coup  d  urée.  La  réaction  de  Gmelin  y  est  presque  constante 
et  le  pigment  biliaire  y  coexiste  avec  le  mono-nucléaire.  Ges 
faits  supposent  à  ceux  où  on  voit  l’hémoglobine  se  transfor¬ 
mer  au  fur  et  à  mesure  de  sa  mise  en  liberté  en  pigment 
jaune  on  en  pigment  biliaire.  Cette  hématolyse  est  vraiment 
l’hématolysc  normale  ;  tandis  ([u’on  peut  nommer  hémato¬ 
lyse  anormale  celle  où  l'hémoglobinolyse  n’évolue  pas  paral¬ 
lèlement  à  la  globulolyse.  Ce  sont  là  faits  exceptionnels, 
concernant  les  liquides  cancéreux  et  tuberculeux. 

Tension  artérielle  chez  les  convalescents. 

AIM.  Oddo  et  Achard  (de  Alarseillei  ont,  dans  leu i-s  recher¬ 
ches  cliniques  sur  la  tension  artérielle  chez  les  convalescents, 
observé  3  phases  successives  :  tension  faible,  tension  moyenne 
instable,  tension  stable.  L'instabilité  est  chez  la  plupart  ca¬ 
ractère  de  la  tension  artérielle  et  du  système  cardiaque  et  il 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


25 


faut  chez  eux  graduer  très  prudemment  la  reprise  de  la  fati¬ 
gue  musculaire  et  de  refforl.  L.  P- 

ACADÉMIE  DE  MÉDECIAK 
Séance  du  9  janvier. 

Conditions  légales  pour  l'emploi  des  Hayons  .V. 

M.  Chauffard  dépose  un  intéressant  rapport  montrant  tout 
l'intérêt  de  la  récente  proposition  du  Prof.  Debove,  (jui  vou¬ 
drait  réserver  aux  seuls  médecins  le  radiodiagnostic  et  la  ra¬ 
diothérapie.  11  montre  l’importance  et  les  difficultés  de  ce 
diagnostic,  ses  applications  nombreuses,  et  s’accroissant  cha¬ 
que  jour.  11  signale  les  erreurs  possibles.  AL  Lucas-Cham- 
pionnière,  dit-il,  insistait  tout  récemment,  avec  juste  raison, 
sur  les  erreurs,  aussi  préjudiciables  pour  le  malade  que  pour 
le  chirurgien,  qui  sortent  trop  souvent  de  certaines  officines 
radiographiques  ;  il  citait  des  exemples  de  fausse  fracture  du 
fémur,  soi-disant  constatée  par  la  radiographie,  alors  qu’elle 
n’existait  nullement  en  réalité  ;  d’une  fracture  du  radius  (jui. 
sur  la  radiographie,  avait  été  prise  par  un  empirique  pour 
une  luxation  d'un  os  du  carpe.  «  Tout  un  monde  de  radio- 
graphes  ».  dit  notre  collègue,  tend  à  perpétuer  dans  le  public 
les  opinions  les  plus  fausses  sur  les  fractures  et  les  consoli¬ 
dations.  Assurément,  il  n’est  ici  aucun  de  nos  collègues  en 
chirurgie  qui  ne  puisse  s'associer  à  cette  déclaration,  et  lui 
apporter  l’appui  de  plus  d’une  observation  personnelle,  citer 
des  cas  où  une  erreur  de  diagnostic  radiologique  a  pu  entraî¬ 
ner  des  infirmités  ou  des  incapacités  définitives. 

Vu  point  de  vue  thérapeutique,  l’importance  n’est  pas 
moins  grande.  Un  traitement  mal  dirigé  peut  entraîner  des 
aggravations  des  accidents.  Un  radiographe  novice  peut 
même  s’exposer  lui-mème  à  des  dangers  sérieux. 

M.  Chauffard  conclut  que,  déjà  en  ce  qui  concerne  le  dia¬ 
gnostic,  la  jurisprudence  admet  que  cette  partie,  la  plus  im¬ 
portante  et  la  plus  délicate  de  l’art  médical,  est  exclusive¬ 
ment  réservée  au  médecin.  A  plus  forte  raison,  tout  traite¬ 
ment  radiothérapiciue  pratiqué  ou  dirigé  par  une  personne 
non  munie  d'un  diplôme  médical  constitue  l’exercice  illé¬ 
gal  le  plus  avéré  de  la  médecine. 

11  y  a  donc  là  une  situation  irrégulière,  ambiguë,  dont  la 
prolongation  ne  peut  paraître  que  regrettable  et  dangereuse. 

Si  donc,  comme  nous  fespérons,  l’.Vcadémie  se  rallie  à  la 
proposition  de  M.  Debove,  seuls  les  médecins,  ou  les  den¬ 
tistes  diplômés,  en  ce  qui  concerne  la  pratique  odontologique, 
doivent  être  autorisés  à  appliquer  les  rayons  Rœntgen  au 
diagnostic  et  au  traitement  des  maladies.  La  radiologie  leur 
appartient  aussi  indiscutablement  que  les  autres  branches 
des  sciences  médicales  :  leur  en  réserver  la  prati(j[ue  exclu¬ 
sive,  c’est  prendre  non  seulement  leurs  intérêts,  mais,  ce  qui 
importé  beaucoup  plus,  les  intérêts  du  malade  et  de  la  société. 

L’.Académie  sera  dans  son  rôle  de  protectrice  de  la  santé 
publique  en  adoptant  et  en  appuyant  de  sa  haute  autorité  la 
proposition  qui  lui  a  été  soumise  par  M.  Debove. 

En  conséquence,  votre  commission  propose  à  l’Académie 
l'adoption  des  conclusions  suivantes  : 

Considérant  : 

(jue l’emploi  médical  des  rayons  Rœntgen  peut  déterminer 
des  accidents  graves  : 

Que  certaines  pratiques  peuvent  créer  un  danger  social  ; 

Que  seuls  Ip  docteurs  en  médecine,  officiers  de  santé  ou 
dentistes  diplômés  (en  ce  qui  concerne  la  pratique  odontolo- 
girmei  sont  capables  d'interpréter  les  résultats  obtenus  au 
point  de  vue  du  diagnostic  et  du  traitement  des  maladies  : 

L  .Académie  est  d  avis  que  : 

L  application  médicale  des  rayons  Rœntgen,  pardesper- 
sonnp  non  pourvues  des  diplômes  ci-dessus,  constitue  un 
acte  d  exercice  illégal  de  la  médecine. 

L  épidémie  cholérique  d'Allemagne. 

M.  Chantemesse  montre  l'enseignement  à  tirer  des  mesures 
•  ussi  radicales  qu'efficaces  appliquées  récemment  en  Alle¬ 
magne  contre  l’invasion  du  choléra. 

**  I?'’'‘P3i'é  dès  RtOO  une  loi  d'exception,  appli- 
lèn  ^  ■'*,“  choléra,  a  ta  peste,  à  la  lièvre  jaune,  au  typhus,  à  la 

Pre,  a  la  variole.  Celte  loi  impose  la  déclaration  rigoureuse 


des  cas,  la  nécessité  d'une  constatation  précise,  avec,  s’il  est 
nécessaire,  l’autopsie  des  cas  suspects,  et  revêt  le  médecin  du 
district  d’une  sorte  de  dictature  sanitaire  momentanée.  Elle 
prescrit  la  surveillance  des  malades  et  des  suspects,  poussée 
jusqu'à  la  possibilité  de  l'isolement  absolu.  Elle  prévoit  que 
le  domicile  d’un  malade  pourra  être  pourvu  d’une  marque 
apparente  qui  le  désigne  à  l'attention  publique  et,  si  le  malade 
ne  peut  être  efficacement  isolé  chez  lui,  la  loi  exige  que  lui 
et  ceux  qui  le  soignent  soient  transportés  et  isolés  ailleurs. 

Cette  loi  si  rigoureuse  de  1900  fut  encore  renforcée  par  celle 
de  février  1904  qui  dispose  :  isolement  certain  de  tout  malade: 
observation  de  cinq  jours  et  isolement  possible  de  tout  sus¬ 
pect  ;  isolement  <le  tout  porteur  de  bacilles  en  apparence  bien 
portant,  mais  considéré  comme  un  malade. 

On  édicta  un  règlement  très  rigoureux  visant  la  surveil¬ 
lance  sanitaire  de  la  navigation  intérieure  et  de  la  batellerie. 
Les  bateliers  reçurent  l’instruction  ci-dessous  rédigée  en  sorte 
de  commandements  religieux  : 

Tu  peux  te  protéger  toi  et  ta  famille  contre  le  choléra. 

Le  poison  cholérique  est  contenu  dans  l'eau  avec  laquelle 
la  profession  te  met  en  contact. 

.Ne  bois  pas  l’eau  des  rivières.  Ae  t’en  sers  pas  pour  te  net¬ 
toyer,  ni  toi  ni  les  objets  dont  tu  fais  usage. 

Ne  puise  de  beau  ((u’aux  fontaines  munies  d'un  écriteau 
favorable. 

Avant  de  prendre  tes  repas,  lavè-toi  les  mains  avec  de 
l’eau  et  du  savon. 

Ne  mange  que  des  aliments  cuits. 

Ne  souille  pas  l’eau  des  rivières  avec  des  déjections 
et  fais  cette  défense  à  ceux  (jui  dépendent  de  toi. 

Emploie  pour  tes  besoins  des  vases  spéciaux  (jui  te  seront 
remis  et  (pii  contiennent  du  lait  de  chaux. 

En  cas  d’indisposition  va  trouver  le  médecin  le  plus  pro¬ 
che. 

Le  service  allemand  organisa  le  long  des  fleuves  et  des  ca¬ 
naux,  où  s  était  répandue  fépidémie,  un  service  de  surveil¬ 
lance  médicale.  La  \isite  était  faite  à  des  postes  fixes  ou  en 
cours  de  route  par  des  canots  portant  un  médecin  et  signalés 
à  l'attention  publique  par  un  pavillon  blanc.  Chaque  district 
de  surveillance  fluviale  disposait  d’un  local  pour  l’isolement 
des  malades  et  d’un  second  pour  celui  des  suspects.  Les  mé¬ 
decins  veillaient  à  ce  que  les  bateliers  ne  fissent  usage  ((ue 
d'une  eau  pui-e  et  des  vases  étaient  remis  pour  que  les  déjec¬ 
tions  subissent  une  désinfection  énergique  avant  d’être  jetées 
à  l’eau.  Les  bateaux  fluviaux  devaient  arborer  un  drapeau 
jaune  pour  signaler  la  présence  à  bord  d’un  cas  de  choléra, 
un  drapeau  noir  pour  un  décès  cholérique.  Dans  l’un  et  l’au¬ 
tre  cas,  les  bateaux  étaient  arrêtés  et  ceux  (pii  se  trouvaient 
à  bord,  isolés.  L’analyse  bactériologirjue  des  selles  était  prati- 
((uée  et  ce  n'est  (ju  après  deux  examens  négatifs  ({ue  les  sus¬ 
pects  étaient  remis  en  liberté. 

En  France  notre  service  d’inspection  sanitaire  obtient  déjà 
de  bons  résultatsen  arrêtant  aux  gares  frontières  les  suspects, 
pro.scrivant  l'entrée  du  linge  sale, donnant  des  passeports  sani¬ 
taires,  assurant  la  désinfection  des  vvater-closets,  des  gares  et 
des  trains,  surveillant  la  santé  des  voyageurs  encours  de  route. 

Mais  notre  loi  de  1902  paraîtra  bien  débile  à  l’égard  de  la 
loi  allemande  de  1904,  qui  sacrifie  sans  hésiter  les  agréments 
de  findividu  malade  ou  simplement  de  l'homme'  suspect  de 
choléra  au  bien  général  de  la  collectivité.  A  is-à-vis  de  l'admi¬ 
rable  riîglement  allemand  (jui  commande  la  mano'uv  re  de 
l’émigration,  le  règlement  fran(,'ais,  qui  date  de  1862,  est  bien 
insuffisant. 

M.  Lha.ntkmesse  compte  revenir,  dans  une  prochaine  séance, 
sur  les  améliorations  nécessaires  à  cet  antique  règlement. 

AL  Brouardei.  demande  s’il  ne  serait  pas  utile  d’avoir  un 
règlement  spécial  à  cha(pie  maladie  pestilentielle,  au  lieu  de 
dispositions  trop  générales  ne  s’ap|)li(p]ant  à  aucune  maladie 
en  particulier. 

Al.  Lhantemesse  api>rouve  pleinement  cette  proposition. 

Traitement  des  névralgies  faciales  rebelles. 

Le  Professeur  Raymond  montre  les  bons  résultats  obtenus 
dans  le  traitement  des  névralgies  faciales  rebelles  par  les  injec- 


26 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


lions  profondes  d’alcool  cocainé  à  titre  progressivement  crois¬ 
sant,  suivant  la  ténacité  des  cas. 

Il  est  très  utile  d’ajouter  quatre  gouttes  de  chloroforme  par 
centimètre  cube  de  solution  d’alcool  cocaïné.  A.-F.  Plicque. 


NARCYL  GRÉMY  médicament  spécifi¬ 
que  de  la  toux,  spécialement  de  la  toux  des  tu¬ 
berculeux. 


REVUE  DE  THÉRAPEUTIQUE 


Rédacteur  spécial  :  M.  le  D’’  Paul  CORNET. 

I. — Traité  élémentaire  de  clinique  thérapeutique  ;  par  (iaslon 
t.Ydî,'.  anrioii  chef  do  clii)i(pie  à  la  Faculté.  1  gros  vol.  in-4"  do 
170Ü  p.,  clioz  Masson,  1905.) 

C’est  la  continuation  d’an  travail  considérable  qui  permet 
à  M.  Gaston  Lyon  de  nous  offrir  la  6'  édition,  revue  et  aug¬ 
mentée,  d’un  ouvrage  fort  apprécié  depuis  son  apparition. 
Sa  caractéristique  est  une  mise  au  point  raisonnée  de  la 
conclusion  thérapeutique  des  divers  chapitres  de  la  méde¬ 
cine  [malaiii's  des  appareils  digestif,  respiratoire,  eireulatoire, 
urinaire  ;  maladies  du  système  nerveux,  maladies  infectieuses, 
maladies  delà  nutrition)  y  compris  les  empois  onnemenis  (mer¬ 
cure,  phosphore,  arsenic,  sulfure  de  carbone),  les  intoxien- 
tions  (aliments,  venin  des  serpents,  saturnisme,  tabagisme, 
morphinomanie,  alcoolisme),  et  les  accidents  causés  par  les 
agents  physiques  (foudre  et  électricité,  froid  et  chaleur,  air 
comprimé,  raréfié,  confiné).  Il  est  peu  facile,  vu  l’impor¬ 
tance  de  l’ouvrage,  d’en  présenter  à  égal  titre  les  diverses 
parties. Et  nous  sommes  personnellement  enclin  à  l'analyse 
de  la  thérapeutique  des  maladies  des  voies  digestives,  telle  que 
l’expose  M.  Gaston  Lyon. 

Avec  un  court  aperçu  de  la  palhogénie  de  I’œsoph.vgisme, 
l’auteur  en  donne  le  traitement  général  et  méthodique  ; 
hydrothérapie,  applications  chaudes  au-devant  du  cou,  bro¬ 
mures,  valerinnates,  cocaïne,  «  sans  d’ailleurs  accorder  trop 
<■  de  confiance  aux  moyens  médicamenteux  »  ;  traitement 
psychique  et  hygiénique.  Si  besoin  est,  dilatation  méthodique 
par  des  bougies  ou  des  olives  ;  M.  Lyon  préfère  les  olives,  et 
nous  aussi.  Plus  difficile  est  Y  électrisa  lion,  indirecte,  ou 
directe  par  la  franklinisation  hertzienne,  la  faradisation  ou 
la  galvanisation. 

Passons  sur  I'embarras  gastrique  dont  on  connaît  en  géné¬ 
ral  le  traitement,  eu  rappelant  futilité  du  lavagedeYestomac, 
les  compresses  humides  sur  l’estomac,  et  en  terminant  par 
cette  formule  de  purgatif  salin  : 


Sulfate  de  magnésie .  30  gr. 

Sirop  de  framboises .  30  gr.  _ 

Eau .  100  gr. 


Les  GASTRITES  CHRONIQUES  motivcnt  une  classification,  à 
propos  de  laquelle  nous  sommes  heureux  de  voir  l’esprit 
positif  de  M.  Lyon  remettre  eu  juste  valeur  les  précieuses 
données  du  chimisme  stomçu'al{\),  en  lui  donnant  toute  l’am¬ 
pleur  méritée  (p.  77),  mais  en  mettant  en  garde  contre  üne 
appréciation  trop  absolue.  Glissons  sur  le  régime  alimen¬ 
taire,  où  nous  trouvons  le  bouillon,  moins  nutritif  que  sti¬ 
mulant,  avec  ses  indications  et  ses  contre-indications  qui 
ne  sont  pas  suffisamment  observées  dans  la  pratique.  Les 
lavements  alimentaires  sont  réduits,  surtout  après  les  re¬ 
cherches  de  MM.  Alb.  Mathieu  et  Ch.  Roux  (Ci  à  leur  juste 
valeur,  et  voie;  une  recette  très  complexe,  ainsi  que  les 
alTectionne  M.  le  Professeur  Albert  Robin  : 


(1)  Noms  ne  rappellerons  pas  les  travaux  de  notre  ami  VVinler  ni 
les  noires  sur  ce  sujet. 

(2)  Ga:(.  des  hôf.,  22  déc.  1903. 


Œufs  frais . 

Peptone  liquide . ■ . 

Solution  glucose  à  20  ®  . . 

Sel  marin . 

Pepsine . 

Laudanum . 

Bouillon  frais  q.  s.  pour  2,)0  c.c. 

F.  s.  a.  un  lav.  alimentaire. 


40 


n»  1-3 
à  50  gr. 
100  gr. 


Ô  50 
III  gouttes. 


La  partie  médicamenteuse  est  sainement  pesée  par  M. 
Lyon,  qui  cite  le  traitement  de  r/iypopepsic  par  M.  Robin  en 
prescrivant  les  sels  de  potasse  à  petites  doses  ; 


Azotate -de  potasse . .  0  gr.  50  centig. 

Sulfate  de  potasse .  0  gr.  05  centig. 

Poudre  d’ipéca .  0  gr.  01  centig. 

Bicarbonate  de  soude .  0  gi‘.  30  centig. 


pour  1  paquet  à  prendre  avant  chaque  repas. 


A  propos  de  l’emploi  de  l’acide  chlorhydrique,  il  peut  être 
avantageux  de  l’associer  à  l'albumine,  comme  le  recom¬ 
mande  M.  Linossier,  et  de  ne  l’utiliser  qu’à  petites  doses, 
comme  le  demandeut  en  particulier  MM.  Mathieu  et  IIii- 
chard  : 


Acide  chlorhydrique .  0  gr.  50  centig. 

Eau  distillée .  .500  gr. 

un  verre  à  madère  apres  chaque  repas. 

N’onblions  pas  l’acide  phosphorique,  très  utilement  em¬ 
ployé  dans  l'hypopepsie,  malgré  le  point  d’interrogation  posé 
par  M.  Lyon  (p.  138l  : 


Acide  phosphorique  officinal .  10  gr. 

Phosphate  acide  de  soude. . .  20  — 

Eau  distillée . . .  200  — 


de  1  à  4  cuill.  à  café,  suivant  la  tolérance. 

Dans  les  dgpepsies  nervo-motriccs,  M.  Mathieu  fait  prendre,  . 
spécialement  aux  flatulents  gastro-intestinaux,  un  des  pa¬ 
quets  : 

Sulfate  de  soude .  1  gr. 

Chlorure  de  sodium .  2  — 

Bicarb.  de  soude . • 2  — 

pour  un  paquet,  à  prendre  le  matin  à  jeun  ou  demi-heure 
avant  le  repas,  dans  un  verre  d’eau  de  St-Galmier. 

Mais,  d’après  M.  Ilayem.le  sulfate  de  soude  peut  être  dan¬ 
gereux  dans  les  cas  d’hypopepsie,  laquelle  a  souvent  eu  pour 
cause  fabus  des  purgatifs  salins,  et  des  cures  aux  eaux  de 
Carlsbad.  Cette  opinion  est  appuyée  sur  des  recherches  dont 
une  série  a  été  faite  par  nous  au  laboratoire  de  ce  profes¬ 
seur  (1).  Par  contre,  et  toujours  d'après  M.  Ilayem,  le  sulfate 
de  soude  peut  être  prescrit  chez  les  hyperpeptiques,  aux 
doses  de  G  à  8  grammes,  pendant  3  à  4  semaines  au  minimum. 
Voici  une  solution  qui  convient  aussi  bien  aux  hypo-  qu’aux 


hyperpeptiques  ; 

Chlorure  de  sodium . . . .  3  gr. 

Sulfate  de  soude . . .  3  — 

Eau  distillée .  1  litre. 


k  prendre  par  quart  de  litre  ;  froide  au  chauffée  à  40“ 

La  DiLAT.ATioN  DE  l’estomac  Commande  une  thérapeutique 
symptomatique  bien  complexe,  lorsque  le  traitement  n'est 
pasjusticiable  de  la  chirurgie.  La  constipation,  pour  ne  re 
lever  qu'un  symptôme,  sera  uniquement  combattue  par  les 
lavements,  le  massage,  ou  par  les  médicaments  suivants,  re¬ 
commandé  par  le  regretté  M.  Soupault  ; 

Phosphate  de  soude .  5  gr. 

Sulfate  de  soude .  4  — 

Bibarb.  de  soude .  3  — 

pour  1  paquet  à  dissoudre  dans  une  bouteille  d’eau  et  à  pren¬ 
dre  le  matin  à  jeun,  a  raison  d’un  verre  tous  les  2  jours. 

Comme  traitement  général,  les  injections  sous-cutanées  de 
cacodylate  de  soude,  les  compresses  de  Priessnilz,  les  frictions 
sèches  ou  à  l’alcool,  V hydrothérapie,  la  gymnastique  suédoise 
le  repos  prolongé  à  la  ou  de  préférence  dans  une 

station  de  montagne. 


(1)  CovxXET.  —  Bull,  médical,  18  fév.  1893. 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


Passons,  après  enjambée,  à  rui.cÈRE  de  d’estomac.  Se  bien 
mettre  en  mémoire,  qaeX alimentation  rectale  exclusive  doit' 
précéder  i’cmploi  du  régime  lacté.  Voici  une  formule  de  la¬ 
vement  due  à  Boas  : 

Lait .  250  c. 

Jaune  d’œuf .  n»  2 

Sel  de  cuisine .  une  pincée . 

Vinrouge . .  1  cuill.  à  bouche. 

Faire  prendre  :i  lavements  dans  les  24  heures,  après  un 
lavement  évacuateur  chaque  matin. 

Cette  formule  précédente  est,  comme  une  quantité  d’au¬ 
tres,  de  valeur  nutritive  bien  contestable,  et  les /rormenf-s- 
d'eau  tiède  (200  c.c.i  auraient  la  même  valeur,  s’il  n’y  avait 
peut  être  lieu  de  tenir  compte  de  l’influence  morale  sur  le 
malade. 

Le  CANCER  DE  l'estomac  n’a  présenté,  hélas  !  jusqu'ici,  d'au¬ 
tres  considérations  thérapeutiques  que  celles  qui  sont  déjà 
connues  du  praticien,  en  faisant  la  distinction  entre  le  can¬ 
cer  limité,  le  cancer  diffus,  et  le  cancer  des  nrifices.  M.  Lyon 
repasse  cependant  en  revue  cette  médication  si  découra¬ 
geante  :  glaces,  boissons  gazeuses,  cocaine,  condurango,  etc., 
ainsi  qae  le  chlorate  de  soude  qui,  d’après  M.  Brissaud,  son 
premier  préconisateur,  aurait,  à  la  dose  quotidienne  de  8  à 
16  grammes,  fait  cesser  les  hématémè-es.  la  cache-vie  et  les 
vomissements. tout  en  diminuant  la  tumeur,  et  remontant  le 
poids  et  l’appétit. 

Terminons  ici  cette  courte  revue  par  la  médication  ces  co¬ 
liques.  La  colique  est-elle  due  au  météorisme  ? 

Administrer,  dans  ce  cas,  l'éther,  la  teinture  d'anis,  la  li- 
queur  d'Hoffmann  sous  la.  forme  suivante  ; 


Liqueur  ammoniacale  anisée .  10  gr. 

Liqueur  d’Hoffmann .  2  gr  . 

XX  à  XXX  gouttes  dans  de  l’eau  sacrée  : 
ou  la  potion  suivante  : 

Teinture  d’anis . .  XX  gouttes 

Ether  sulfurique . .  X.XX  » 

Laudanum .  X  » 

Sirop  simple .  .50  grammes. 

Eau  de  mélisse .  12.5  » 


1  cuillerée  à  bouche  toutes  les  heures. 

- - 

BIBLIOGRAPHIE 

La  médecine  et  les  médecins  en  France  à  l’époque  de 
la  renaissance;  par  le  D''  Wickersheimkr.  (Maloine,  édi¬ 
teur.) 

Le  peintre  commence  par  tracer  les  traits  généraux  du 
tableau  qu’il  se  propose  de  peindre.  L’historien  en  fait  de 
même. Ainsi,  avant  d’étudier  la  médecine  pendant  la  Renais¬ 
sance  faut-il  savoir  ce  que  l'on  entend  par  «époque  delà  Re¬ 
naissance  ».  M.  V\  ictersheimer  a  suivi  cette  règle,  aussi  son 
livre  s’ouvre-t-il  par  un  exposé  très  net  de  l'époque  à  la  fois 
évolutionnaire  et  révolutionnaire  ((ue  fut  le  XVI'-  siècle.Ceci 
dit,  il  nous  fait  faire  connaissance  avec  le  médecin  d’alors  ; 
le  costume,  leshonoraires,les  différents  travaux,  la  vie  et  le 
secret  professionnel  du  médecin  sont  exposés  dans  le  pre- 
mier  chapitrél  Cette  partie  de  l'ouvrage  aurait  peut-être  ga¬ 
gné  à  être  plus  étendue  ;  quelques  détails  l'auraient  animée  ; 
cependant  elle  est  intéressante  par  sa  documentation. 

La  seconde  partie  du  livre  est  consacrée  aux  écoles  de 
Médecine  de  Paris  (1;  et  de  province  et  à  l’enseignement 
chirurgical.  Les  renoueurs,  les  sages-femmes,  les  arracheurs 
de  dents  suivent  les  chirurgiens.  Puis  vient  une  étude  lon¬ 
gue  et  détaillée  des  théories  scientifiques  et  philosophiques 
des  médecins  du  XVI  -  siècle. 

L  auteur  montre  les  erreurs,  les  croyances  amusantes  des 
confrères  d’alors,mais  il  ne  faudrait  cependant  pas  trop  rire 
ignorance,  car  aujourd’hui,  si  nous  savons  beaucoup 

(F)  V  oir  à  ce  sujet  le  |ielil  ouvrage  du  J>'  Nom  :  T  Ancienne  Faculté 
UC  la  rue  de  la  Bûclierie. 


plus,  nous  sommes  beaucoup  plus  exposés  à  nous  tromper. 
Qui  nous  dit  qu’il  n'y  a  pas  encore  quelque  frugistigue  dans 
notre  chimie  '? 

Presque  la  moitié  du  livre  de  M.  ’VVickersheimer  est  donc 
consacrée  à  cette  étude  générale  écrite  dans  un  esprit  large  et 
net.  Les  anatomistes  liront  avec  intérêt  la  partie  consacrée  à 
leur  science. Le  XVP  siècle  n’a-t-il  pas  été  apjielé  le  siècle  de 
l’anatomie  !  Mais  une  étude  approfondie  des  textes  de  l'épo¬ 
que, que  l’auteur  cite  à  l'occasion  et  un  sens  critique  bien  di¬ 
rigé  font  que  toutes  les  parties  de  ce  chapitre  sont  autant 
de  petites  pierres  qui,  réunies,  formentune  belle  céramique 
d’ensemble.  Cependant  l’analyse  du  traité  deLaurent  Joubert 
aurait  pu  être  plus  approfondie  et  être  l’objet  d’on  travail 
analogue  à  celui  qu’a  publié  M.  Figard  sur  Jean  Fernel  (1).  ’ 
D’autres  pages  nous  font  assister  aux  luttes  des  chirur¬ 
giens  avec  les  médecins  d’une  part,  avec  les  barbiers  de 
l’autre.  Nous  n’insisterons  pas  à  ce  sujet,  nous  ne  saurions 
en  effet  que  répéter  ce  que  nous  avons  déjà  dit  dans  un  pré¬ 
cédent  article  (2 1.  Ce  livre  est,  en  somme,  digne  de  figurer 
avec  avantage  dans  une  bibliothèque  de  curiosités  médica¬ 
les  et  nous  ne  saurions  trop  en  recommander  la  lecture. 

Marcel  R. 

CORRESPONDANCE 


A  propos  des  accidents  de  la  chloroformisation. 

Notre distinguécollaborateur,  M.  le  !)■■  Raymond,  professeur 
agrégé  des  Facultés  de  médecine,  nous  écrit  la  lettre  suivante  : 

(Mon  cher  Secrétaire, 

Je  croyais  que  la  question  de  la  syncope  au  début  de  la 
chloroformisation  était  tranchée  :  je  vois,  en  lisant  votre  der¬ 
nier  «  Bulletin  »  qu’il  n’en  est  rien,  et  qu'un  de  nos  confrères 
a  maille  à  partir  avec  la  justice  mal  informée  sur  ce  point. . . . 
commesur  tantd'autres.  Je  suis  frappé  del.i  phrase  prononcée 
parle  iiialade:«  Tu  viens  donc  à  mon  enterrement  ». C’est  que 
je  suis  convaincu,  en  effet,  de  l’importance  du  facteur  psychi- 
(jue  dans  les  accidents  de  chloroformisation,  et  si  je  suis  ar¬ 
rivé  àcette  conviction,'  c'est  à  la  suite  d’un  exemple  person¬ 
nel  qui  m'a  fait  «  travailler  la  question  ». 

Peut-être,  aussi  bien,  mon  observation  sera-t-elle  utile  à  no¬ 
tre  confrère  pour  sa  défense. 

En  1884,  j’étais  interne  du  professeur  Richet.  Notre  maître 
consacra  un  jour  une  de  ses  clinûiues  aux  accidents  du  chlo¬ 
roforme,  et  il  démontrait  (juc  par  le  procédé  qu'il  employait 
il  n’avait  jamais  d’accidents.  MaisM.  Richet  était  quelque  peu 
prolixe,  et  il  était  bien  évident  que  les  seuls  mots  que  devait 
retirer  le  patient,  présent  à  la  leçon,  étaient  ceux  de  -  danger 
et  de  mort.  La  leçon  finie,  M.  Richet  me  commande  de  don¬ 
ner  le  chloroforme  ;  à  peine  m' étais-je  approché  du  malade  q\x''\l 
tomba  en  syncope.  Nous  ei'imes  toutes  les  peines  du  monde  à 
le  faire  revenir  à  la  vie.  C'est  vous  dire  que  ce  triste  souvenir 
de  ma  carrière  médicale  est  bien  pi  écis  à  ma  mémoire  et  que 
je  suis  de  ceux  rjui  pensent  :  1"  qu’on  peut  mourir  delà  peur 
du  chloroforme  ;  2"  qu’il  ne  faut  pas  jeter  la  pierre  à  ceux 
qui  sont  les  témoins  de  tels  accidents. 

Non  ignari  malt,  miseris  succurrere  disco. 

\  euillez  agréer,  mon  cher  secrétaire,  l'expression  de  mes 
meilleurs  sentiments. 

D'^  Paul  Raymond. 


(1)  l’n  médecin  philosophe  au  XVl"  siècle  par  L.  Figard.  .tlcaii, 
ihlil. 

(2)  Progrès  .Médical,  3  juin  1P05. 


Les  iHFinsiiERs  et  le  Conseil  Municipal.  — La  commission  du 
personnel  du  conseil  municipal  a  décidé  de  porter  de  dix  à  vingt 
et  un,  avec  une  indemnité  de  1  franc,  le  nombre  de  jours  de 
congé  accordésau  personnel  infirmier  des  hôpitaux.  La  commis¬ 
sion  a  également  décidé  la  création  de  quatre-vingt-dix  postes 
de  veilleurs  et  veilleuses,  de  manière  à  assurer  au  personnel 
trois  nuits  de  repos  par  mois. 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


VAJIIA. 

L  Enseignement  de  l’oto  rhino-laryngologie  à  Tours. 

Lne  note  ayant  trait  à  l'enseignement  de  la  laryngologie  à 
Tours  à  été  égarée  et  n'a  pu  être  utilisée  dans  l'article  de  notre 
collaborateur  le  D'’  Paul  Laurens  (Numéro  des  Etudiantsi. 
Voici  le  texte  de  cette  note  cjue  nous  devons  à  l'obligeance 
de  M.  Archambault, de  Tours  : 

«  Comme  professeur  suppléant  à  l’Ecole  de  Médecine,  j  'ai, 
après  entente  avec  la  commission  administrative  de  l'hospice, 
ouvert  en  18)5  une  clinique  oto-rhino-laryngologique  avec 
consultation  gratuite, deux  fois  par  semaine. pour  les  malades 
de  1  hôpital  et  pour  les  malades  du  dehors.  Les  élèves  de  no¬ 
tre  école  sont  admis  à  la  consultation.  Je  leur  fais  des  leçons 
à  l’occasion  des  malades  qui  se  présentent  et  je  les  habitue  à 
faire  des  examens  de  larynx,  d’oreilles  et  de  nez  ;  ce  sont 
donc  des  leçons  essentiellement  pratiques.  Telles  sont  les 
grandes  lignes  des  renseignements  que  j'avais  fait  parvenir 
au  D’’  Laurens  ». 

MÉDECINE  1>RATI0UE 

Les  Formiates. 

Le  14  mars  1905,  le  professeur  Hcchard,  de  Paris,  et  le 
docteur  Clément,  de  Lyon,  ont  présenté  à  l'Académie  de 
médecine  une  communication  sur  la  valeur  thérapeutique 
des  formiates  ;  leur  étude  était  basée  sur  des  expériences 
prises  et  contrôlées,  pendant  deux  années,  sur  eux-mêmes  et 
sur  des  malades.  Voici  les  conclusions  très  importantes  de 
leur  rapport  : 

«  1“  Les  formiates  peuvent  être  donnés  à  l’homme  sain  et  à 
l'homme  malade  dans  une  ([uantité  pres([ue  illimitée. 

«  2“  Les  formiates  produisent  une  action  tonilianle  sur 
tout  le  système  musculaire,  non  seulement  sur  les  muscles 
des  membres  et  des  difïérents  segments  du  corps,  mais  au¬ 
tant,  et  même  davantage,  sur  les  fibres  musculaires  des  or¬ 
ganes,  tels  que  le  cœur,  l’estomac,  la  vessie,  et  sur.  la  tuni(|ue 
musculaire  des  artères. 

«  3"  L’action  toni(|ue  des  formiates  est  immédiate  et  cons¬ 
tante  ;  elle  se  manifeste,  chez  l’adulto, 'après  trois  doses  de  1 
gramme  prises  dans  l’intervalle  de  24  heures  ;  cet  effet  atteint 
son  maximum  après  un  usage  continué  pendant  10  jours,  et 
se  maintient  alors  intégralement  pendant  le  même  laps  de 
temps  ». 

Une  personne  (jui  prend,  pendant  (luehiucs  jours,  3  gram-  j 
mes  de  formiate,  éprouve,  aussitôt,  un  sentiment  (pii  la 
porte  au  mouvement  et  à  l’activité.  Elle  ne  redoute  ni  le  tra¬ 
vail,  ni  Teflort,  et,  chose  plus  remarquable,  elle  a  beau  se 
mouvoir  et  travailler,  elle  ne  ressent  ni  fatigue  ni  lassitude. 
Cet  effet,  stimulant  et  réconfortant,  se  fait  sentir  chez  tous  les 
individus,  aussi  bien  chez  les  vieux  (pie  chez  les  jeunes,  chez 
les  malades  que  chez  les  bien  portants.  Un  sujet,  (jui  n’avait 
pu  fournir  qu’un  travail  de  21  kilogrammètres,  clfectue, 
après  avoir  pris  trois  fois  4  comprimés  de  poly-formiate  à  25 
centigrammes  chacun, un  travail  de  lOG  kilogrammètres. 

L'effet  tonifiant  des  formiates,  chez  les  personnes  âgées, 
provient  de  l’action  stimulante  sur  les  muscles  de  la  respira¬ 
tion  et  sur  les  fibres  musculaires  du  cauir  et  des  artères. 
L'oppression  et  les  palpitations  disparaissent,  parce  que  le 
sujet  respire  plus  facilement  et  plus  profondément  ;  le  cœur 
travaille  plus  à  l'aise,  et  les  artères  font  circuler  le  sang  plus 
facilement,  dans  tous  les  tissus  et  dans  tous  les  organes.  Ainsi 
est  maintenu  et  rétabli  réc[uilihre  dans  la  circulation.  Les 
formiates  conservent  au  cœur  et  aux  artères  leur  fonetmn 
normale,  sont  le  remède  préventif  et  rationnel  contre  l'ar- 
lério-sclérose. 

Les  formiates  ont  des  effets  remarquables  dans  tous  les  états 
d'épuisement  nerveux  :  dans  les  névropathies,  caractérisées 
par  la  dépression  pliysiqne  et  morale  ;  ils  réveillent  rapide¬ 
ment  la  vitalité  et  le  tonus  musculaire,  et  lont  disparaître  la 
lassitude  et  la  dépression,  si  fré(juentes  au  réveil  et  que  le 
malade  appelle  la  neurdsthènie  matinalr.  Stimulant  les  mus¬ 
cles  de  1  est(}mac  et  de  l'intestin,  les  formiates  activent  et  ré¬ 
gularisent  la  digestion  :  ils  améliorent  ainsi  la  nutrition  et 


brisent  le  cercle  vicieux  ({ui  retient  les  neurasthéniques  dans 
leur  état  de  faiblesse  et  d’épuisement. 

IlucHARD  et  Ci.ÉMEST  Ont  insisté  sur  l’action  diurétique  des 
formiates  ;  non  seulement  la  quantité  des  urines  augmente, 
mais  les  produits  de  désassimilation  et  les  matériaux  ter¬ 
naires  deviennent  plus  abondants  dans  tes  urines.  C’est 
ainsi  que  les  formiates  sont  surtout  indi(iués  aux  arthri¬ 
tiques,  c’est-à-dire  à  tous  ceux  dont  la  nutrition  est  ralentie  : 
il  est  Iiors  de  doute  que,  par  leur  action  tonifiante,  les  for¬ 
miates  senmt  associés,  le  plus  heureusement  et  au  plus 
grand  profit  pour  les  malades,  aux  cures  thermales -telles 
([ue  celles  de  Vichy,  Pougues,  La  Bourboule,  Evian,  etc. 

(ÎLKMENT,  de  Lyon,  a  prouvé,  par  des  expériences  faites  sur 
lui-même  et  sur  de  nombreux  malades. l’innocuité  absolue  des 
Formiates  vis-à-v  is  des  organes  de  la  digestion.  Au  contraire, 
l’atonie  de  l'estomac  et  de  l’intestin  disi)araissent,  la  fonction 
du  foie  est  activtie  et  régularisée,  la  sécrétion  de  la  bile  devient 
plus  abondante.  11  est  hors  de  doute  ([ue  dans  le  traitement 
de  la  constipation  habituelle,  les  Formiates  sont  appelés  à 
remplacer  tous  les  laxatifs,  purgatifs  et  drasti(iues,  (jui  ne 
sont  jamais  que  des  palliatifs  et  irritent  pres(iue  toujours  l’es¬ 
tomac  et  l’intestin.  De  nombreuses  expériences  ont  déjà  dé¬ 
montré  (|ue,  dans  les  constipations  rebelles, l’emploi  deajuatre 
comprimés  de  Poly-Formiate,  à  cha([ue  repas,  c(mtinué  pen¬ 
dant  dix  jours,  amène  une  fonction  régulière  de  l’intestiij, 
(£u’il  est  très  facile  de  maintenir. 

Il  est  à  remarrjuer  (pie  l'action  stimulante  des  Formiates  ne 
s’exerce  pas  seulement  sur  l’homme  et  sur  les  animaux.  L’a¬ 
griculteur  n’ignore  pas  les  propriétés  excitantes  de  ce  produit 
et  les  utilise  pour  activer  la  germination  des  graines.  On  fait 
des  arrosages  avec  une  solution  au  millième,  et,  au  lieu  d'une 
dizaine  de  jours,  ce  qui  est  le  délai  habituel  pour  les  semis 
faits  à  la  saison  d'été,  on  obtient  ainsi  un  début  bien  plus  h⬠
tif  de  la  germination,  en  deux  ou  trois  jours  environ.  C’est  ce 
qui  a  donné  l'idée  au  docteur  à  ernleulcn, directeur  de  Vlnsii- 
tul  de  rnécanolhéraine  de  Paris,  d’étudier  l’action  des  Formiates 
sur  la  croissance. 

M.  à'ermeulen  a  d'ores  et  déjà  pu  conclure  (pie,  dans  les  re¬ 
tards  de  croissance,  le  Poly-Formiate  iqiii  seul  a  été  employé 
dans  ses  expériences),  a  une  action  stimulante  sur  l’ostéogé- 
nèse,  (jui  se  manifeste  dans  la  troisième  ou  (juatrième  se¬ 
maine  de  la  médication  par  une  reprise  de  la  croissance.  Ce 
praticien  fait  mention  des  ctfets  (pi'il  appelle  «  surprenants  » 
des  Formiates  dans  la  scoliose  habituelle  du  premier  degré. 
•'  L'attitude  vicieuse,  écrit-il,  (jui,  devenue  habituelle, se  trans- 
«  forme  en  scoliose,  est,  en  général,  l'effet  d’un  déséijuilibre 
«entre  les  muscles  et  le  squelette  ;  l'enfant  se  tient  mal  parce 
«  (pie  ses  muscles  sont  trop  faibles  ;  l'action  tonifiante  des 
«  Formiates  produit  chez  lui  un  effet  si  rapide,  ipie  ce  médi- 
«  cament  est  dev  enu  pour  moi  un  auxiliaire  indispensable  du 
«  traitement  orthopédi(iue.  » 

Le  Poly-Formiate  Couturieux,  qui  correspond  à  l'é(iuation 
minérale  du  plasma  vivant,  est  la  forme  la  jihis  rationnelle 
et,  dirions-nous,  la  iilus  physiologique,  parce  que,  par  sa 
composition  spéciale,  il  compense  la  déminéralisation  fonc¬ 
tionnelle  de  l'organisirie.  Le  comprimé  est  la  forme  pharma- 
ceutûpie  la  plus  avantageuse  :  il  est  fiicile  à  prendre  et  per¬ 
met  un  dosage  mathémati<pie  et  une  conservation  parfiiite. 

Doses  :  Adultes  :  3 à  4  comprimés  avant  ou  pendant  chaipie 
repas  (soit  neuf  à  douze  par  jour;  ;  après  dix  jours,  suspen¬ 
sion  de  traitement  pendant  dix  jours.Enfants  :  do  sept  àdouze 
ans,  trois  fois  par  jour,  2  comprimés.  De  douze  à  dix^htiit 
ans,  trois,  fois  par  jour,  3  comprimés, 

Ecoi.e  DE  MARINE.  DE  bordeaux. —  Par  (li'cision  ministérielle 
(lu  2!)  décembre  1905,  M.  l’étudiant  en  médecine  Raymon(i  (Ar¬ 
mand-Eugène).  classé  le  .52“  à  la  suite  du  concours  de  1905,  a  èio 
nommé  élève  du  service  de  santé  de  la  marine  à  l’école  de  Bor¬ 
deaux. 

Conférence  du  D'  Jean  Charcot.  —  Le  D'  Jean  Charcot  fera, 
le  mardi  :i0  janvier,  à  la  mairie  du  quatrième  arrondissement, 
une  conférence  sur  son  exploration  au  pôle  Sud.  Cette  soirée,  or¬ 
ganisée  par  le  «  Foyer  du  soldat  de  Paris  »,  présidée  par  M.  Mau¬ 
rice  Braibant,  réunira  un  millier  de  militaires  de  toutes  armes 
I  de  la  gamison parisienne. 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


29 


Actes  et  Thèses  de  la  Faculté  de  Médecine  de  Paris. 

Thèses  de  doctorat.  —  Mercredi,  i  7  janvier.  —  M.  Cammas  :  De 
remploi  du  fer  (médication  adjuvante)  dans  le  traitement  de  la  sy¬ 
philis  (MM.  Landouzy,  Brissaud,  Reclus,  Legueu).  —  Mme  Jacob- 
spn  :  Maladies  ankylosantes  (MM.  Brissaud,  Landouzy,  Reclus,  Le- 
j^ueu).  — M.  üheilly  :  Contribution  à  l’étude  des  ruptures  traumati- 
<|ues  du  diaphragme  par  contusion  ou  effort  (MM.  Reclus,  Lan- 
douzj’,  Brissaud,  Legueu). 

Jeudi,  J  S  janvier  J go6. — M.  Tourrenc  :  Etat  mental  des  incen¬ 
diaires  (MM.  Jofîroy,  Raymond,Hulinel,  Dupré).  —  Af.  Poirault  : 
Les  méthodes  de  traitement  de  l’épilepsie  (MM.  Raymond,  Jof- 
froy,  Hutinel,  Dupré). —  M  :  Tuberculose  latente  réveillée 

subitement  par  une  intervention  sur  un  autre  foyer  tuberculeux. 
(Etude  expérimentale  sur  l’action  de  certains  poisons  tuberculeux) 
(MM.  Hutinel,  Jolîroy,Raymond,  Dupré).  —  Al.  Lebrun  :  Empirisme 
et  remèdes  populaires  :  (MM.  Chantemesse,  De  Lapersonne,  Jeaii- 
selme,  Auvray).  —  M.  Giraud  :  De  la  révision  en  matière  d’acci¬ 
dents  du  travail  portant  sur  l’appareil  de  la  vision  (MM.  De  La¬ 
personne,  Chantemesse,  Jeanselme,  Auvray).  —  Al .  Casteran  :  Du 
traitement  rationnel  et  précoce  de  l’œil  abortif  (MM.  Budin,Pozzi, 
Hartmann,  Demelin). —  M.  Senellard  :  De  la  duree  du  travail  dans 
ses  rapports  avec  le  poids  de  l’enfant  et  le  terme  de  la  grossesse 
chez  les  primipares  (M.M.  Budin,  Pozzi.  Hartmann,  Demelin).— .H. 
Lesciire  :  Contribution  au  traitement  palliatif  du  cancer  du  col  de 
l’utérus  (MM.  Pozzi,  Budin,  Hartmann,  Demelin). 

Examens  de  doctorat.  —  Lundi,  l,")  janvier.  —  (Chirurgie.  1” 
partie,  1'”  série,  Hôtel-Dieu)  ;  MM.  Reclus,  Delens,  Legueu.  -  5’ 
((Uiirurgie,  1"  partie,  2°  série,  Hôtel-Dieu)  :  MM.  Segond,  Broca 
(.Vug.),  Mauclaire. 

Alardi,  16 janvier.  —  3’  (1"  partie.  Oral,  Sall(‘  Beelai'd)  :  M.M.  Poi¬ 
rier,  Faure,  Demelin.  —  3“  ^2- partie.  Oral,  Salle  Pasleur)  :  M.M. 
Hutinel,  Gouget,  Jeanselme.  —  4”  (Salle  Broussais)  ;  MM.  Gilbert, 
Dupré,  Langlois.  —  5°  (Chirurgie,  1”  partie,  P"  série,  (Jiarite)  ;  MM. 
Guyon,  Tbiéry,  Auvray.  — 5' (Chirurgie,  P- iiarlie.  2' serie.  (Jiari- 
té)  :  MM.  Pozzi,  Marion,  Moreslin.  —  5"  (2*  jiartie,  (.barile)  :  M.M. 
Dieulafoy,  Rénon,  Carnot. 

Mercredi,  1 7  janvier.  —  .Médecine  opératoire  (Ecole  pratique)  : 
MM.  Kirmisson,  Sébileau,  Proust.  —  2*  (Salle  Corvisart)  :  MM.  Gau- 
tièr,  Gley,  Branca.  —  3”  (P*  partie.  Oral,  Salle  Charcot)  :  MM.  Terrier, 
Lepage,  Cunéo. 

Jeudi,  18  janvier.  —  Médecine  opératoire  (Ecole  pratique)  :  MM. 
Berger,  Poirier,  Faure.  —  3'  (2'partie,  Laboratoire  des  travaux  pra¬ 
tiques  d’anatomie  pathologique]  :  MM.  Cornil,  Bezançon,  Richaud. 
—  2*  (Salle  Béclard)  :  MM.  Launois,  Langlois,  Maillard.  -  3’  fp* 
partie.  Oral,  .Salle  Broussais)  :  MM.  Le  Dentu,  Tbiéry,  Brindeim. 

Vendredi,  i g  janvier.  —  Médecine  opératoire  (Ecole  pratique)  : 
MM.  Tuffier,  Cunéo,  Pierre  Duval.  -  2"  (Salle  Richet)  ;  MM.  Ch. 
Richet,  Retterer,  Broca  (André).  —  4*  (Salle  Tbouret)  :  MM.  Pouchet, 
Ballbazard,  Macaigne.  —  5”  (obstétrique,  1™  partie.  Clinique  Bau- 
delocque)  :  MM.  Pinard,  Wallich,  Potocki. 

Samedi  20  janvier.  -5’  (2”  partie,!'"  série,  Beaujon)  :  MM.  Clian- 
lemesse,  Thirolois,  Renon.  —  5"  (2'partie,  2'  série,  Beaujon  :  .M.M. 
Acbard,  Vaquez,  Bezan-çon. 

CouKS  ANN^E  DE  CLINIQUE  CHIRURGICALE.  —  Par  arrêté  du 
ministre  de  l’Instruction  publique,  le  docteur  Aimé  Guinard, chi¬ 
rurgien  de  l’Hôtel-Dieu,  est  chargé  d’un  cours  de  clinique  annexe 
à  la  feculté  de  médecine  de  l’U.niversité  de  Paris. 


FACULTÉ  DE  MÉDECINE  DE  BORDEAUX 
Année  scolaire  1905-1006 

Etat  nominatif  des  étudiants  reçus  docteurs  en 
médecine. 

Novembre  1905.  —  Chamontin,  Influence  de  la  suggestion  sur 
les  soldats  du  premier  Empire.  —  Quentkl,  Sur  la  genèse  et  l’é¬ 
volution  normale  de  Furèthrite  gonococienne  chez  l’homme.  — 
Charrier,  De  la  conduite  à  tenir  dans  les  grands  traumatismes 
des  membres.  —  Perreaux,  Appendicite  pelvienne  infantile.  — 
Uupouv,  la  douleur  à  la  pression  du  pneumo.gastrique  au  cou 
dans  la  tuberculose  pulmonaire.  —  Dotkzac,  La  hernie  ingui¬ 
nale  est-elle  un  accident  du  travail.  —  Yvernoüeau,  Contribu¬ 
tion  a  1  étude  de  la  trichotillomanie.  —  Nourv,  Contribution  à 
^tude  des  tumeurs  botryomycosiques  de  la  lèvre  chez  l’homme. 
T’t  j***'*^^’  Iss  intoxications  par  les  vapeurs  d’alcool. 

Etude  expérimentale  et  clinique.  —  Duval,  De  la  duplicité  du 
canal  génital  lanatomie  et  physiologie).  —  Dklaboudiniére,  Des 
anomalies  de  1  uretère.  —  Dei.omeau,  Contribution  à  l’étude 
ue  la  scopolamine  comme  anesthésique  génital.  —  L.\couture. 

ontnbution  à  1  étude  des  manifestations  cliniques  aiguës  de  la 
tuberculose  appendiculaire.  —  Denier,  Hornies  traumatiques  du 
p^dr^?’  ”  L'^poi-ble,  Etude  sur  les  abcès  du  foie  d'origine  ap- 


Déoembre  1905.  —  Dumora.  Paraphasie,  jargonaphasie  et  dé¬ 
mence  (Recherches  cliniques  et  anatomo-pathologiques).  — 
Brouqueyre.  De  l’éosinophilie  générale  et  locale  dans  les  kystes . 
hydatiques.  —  Plazy,  Traitement  du  décollement  de  la  rétine.  — 
Lafont,  De  la  cure  radicale  de  la  hernie  rurale  par  le  procédé 
de  Guihé  et  Proust. — Duburquois,  Hématologie  de  la  coqueluche 
—  Le  Berre,  Etude  des  causes  de  déchéance  des  races  indigènes 
dans  nos  colonies.  —  Robin,  De  l’étiologie  de  la  fièvre  jaune.  — 
Pichon,  Les  maladies  vénériennes  aux  colonies.  Leur  prophyla¬ 
xie  dans  l’armée  coloniale. —  Brochet,  Essai  de  procédé  manuel 
de  topographie  oranio-encôphalique.  —  Bodet,  des  vices  de  ré¬ 
fraction  de  l’acuité  visuelle  du  sens  chromatique  et  du  champ  vi¬ 
suel  dans  l’année  et  la  marine.  —  C.asabi.anca,  Des  végétations 
adénoïdes  du  pharynx  nasal  chez  les  nourrissons.  —  Jambon, Des 
sinusites  syphilitiques.  —  Bruneau, Contribution  à  l’étude  du  dé¬ 
lire  alcoolique  d’après  54  observations  prises  à  la  clinique  psy¬ 
chiatrique  de  I  hôpital  “Saint- André. 


FOMÜLES 

III.  —  Contre  la  tuberculose. 


Carbonate  de  chaux .  0  gr.  50 

Phosphate  tribasique  de  chaux .  0  «  20 

Chlorure  de  sodium .  0  »  15 

Magnésie  calcinée .  0  »  05 

Pour  1  cachet.  Trois  par  jour  aux  repas.  (Paul  Ferrier). 


IV.  Contre  !  hyperidrose  plantaire. 

Matin  et  soir,  pédiluve  de  5  litres  d’eau  très  chaude,  addi¬ 
tionné  de  5  gr.  de  borate  de  soude  et  d'une  teinture  de  ben¬ 
join.  Poudrer  ensuite  les  pieds  et  les  chaussettes  avec  : 


Talc  on  poudre . 

Poudre  d’iris . ^0  g*-’ 

Acide  saiieylique .  2  gr. 

(Gaucher). 

V.  -  Contre  l'acné  de  la  face. 

Lotions  le  soir  après  un  lavage  chaud  avec  : 

Soufre  précipité .  6  gr. 

Talc  pulvérisé .  2  » 

Glycérine .  CO  » 

Eau  de  roses .  120  >> 

Teinture  de  quillaya .  10  »  » 


(Gaucher). 

VI.  —  Contre  les  dyspepsies. 

Pour  calmer  les  douleurs  précoces  à  la  suite  des  repas  :  . 


Chlorhydrate  d’héroïne .  0  gr.  05 

Chlorhydrate  de  cocaïne .  0  »  10 

Liqueur  de  Hoffmann .  5  » 

Sirop  de  fleurs  d  orangers .  20  » 

Eau  chloroformée . . .  50  » 


2  à  3  c.  à  café  dans  un  demi-verre  d'eau  à  la  lin  du  repas. 


ou  : 

Bromure  de  calcium .  10  gr. 

Hydrate  de  chloral .  2  »  .50 

Codéine .  0  »  30 

Sirop  d’éther .  30  » 

Eau  distillée .  110  » 


l  C.  à  café  dans  de  la  tisane  chaude  de  camomille. 

(M.  Soupaült). 


THÉRAPEUTIQUE 


Traitement  des  congestions  pulmonaires  et  des  hémop¬ 
tysies  par  l'Hélénine. 

Introduite  dans  le  sang,  l’Hélénine  de  Korab  exerce  à  un 
haut  degré  une  action  stimulante,  accompagnée  de  diminu¬ 
tion  de  la  tension  vasculaire  et  d’abaissement  delà  tempé¬ 
rature, rigoureusement  observée  par  les  appareils  du  profes¬ 
seur  Marey  du  Collège  de  France  (communication  à  la  So¬ 
ciété  de  Biologie}.  La  propriété,  bien  démontrée,  que  pos¬ 
sède  l’Hélénine  de  diminuer  la  tension  vasculaire,  fait  d'elle 
un  médicament  précieux  pour  combattre  les  congestions 
pulmonaires  et  prévenir  les  hémoptysies. 

De  là  résulte  l’avantage  incontestable  de  l’employer  dans 
les  phases  d’ulcérations  et  même  de  cavernes,  où  la  fonte 
des  tissus  fait  craindre  la  rupture  d’un  vaisseau  ayant  pour 
cause  la  disproportion  entr'-  la  tension  vasculaire  et  la  paroi 
sanguine  amincie.  L’Hélénine  s’administre  sous  forme  de 
globules  du  D' de  Korab  à  la  dose  de  2  à  4  par  jour. 


LE  PROGRÈS  MEDICAL 


NOUVELLES 

Natalité  dis  Paris.  —  Du  dimanche  24  décembre  la  samedi  30 
décembre  1905.  les  naissances  ont  été  an  nombre  de  994.  se  dé¬ 
composant  ainsi:  légitimes  717,  illégitimes  277. 

Mortalité  a  Paris.  —  Population  d’après  le  recensement  de 
1901  :  2.660.559  habitants.  Les  décès  ont  été  au  nombre  de  1009, 
savoir:  531  hommes  et  478  femmes.  Les  décès  sont  dus  aux 
causes  suivantes  :  Fièvre  typhoïde  (typhus  abdomin.)  :  5.  — 
Typhus  exanthématique  :  0.  —  Fièvre  intermittente  et  cachexie 
palustre  :  0.  —  Variole  :  0.  —  Rougeole  :  16  —  Scarlatine  :  0. 

—  Coqueluche  :  3.  —  Diphtérie  et  Croup  :  2.  —  Grippe  :  2. 

—  Choléra  asiatique  :  0.  —  Choléra  nostras  :  0.  —  Autres 
maladies  épidémiques  :  2.  —  Tuberculose  des  poumons  :  220.  — 
Tuberculose  des  méninges  :  17.  —  Autres  tuberculoses  ;  16.  — 
Cancer  et  autres  tumeurs  malignes  :  58.  —  Méningite  simple  :  22. 

—  Congestion  hémorrhagique  et  ramollissement  du  cerveau  :  47. 

—  Maladies  organiques  du  cœur  :  86.  —  Bronchite  aiguë  :  23. 

—  Bronchite  chronique  :  23.  —  Pneumonie  :  46.  —  Autres  affec¬ 
tions  de  l’appareil  respiratoire  :  118.  —  Affections  de  l’estomac 
icancerexc.)  :  5. —  Diarrhée  et  entérite  deO  à  1  an  :  sein  :  2  ;  au¬ 
tre  alimentation:  8.  —  Diarrhée  et  entérite  de  1  à 2 ans  :  1. —  Her¬ 
nies,  obstruction  intestinale:  9.  —  Cirrhose  du  foie  :  16.  — Néphrite 
et  mal  de  Bright  :  20.  —  Tumeurs  non  cancéreuses  et  autres  ma¬ 
ladies  des  organes  génitaux  (femmes)  :  (i.  —  Septicémie  puerpérale 
(fièvre,  péritonite,  phlébite  puerpérale)  :  3.  —  Autres  accidents 
puerpéraux  de  la  grossesse  et  de  Taccono  jment  :  0.  —  Débilite 
congénitale  et  vices  de  conformation  ;  27  —  Débilité  sénile  :  45. 

—  Morts  violentes  :  31.  —  Suicides  :  15.  -  Antres  maladies  :  108. 

—  Maladies  inconnues  ou  mal  définies  :  2 1. 

Mort-nés  et  morts  avant  leur  inscription  :  64  qui  se  décom¬ 
posent  ainsi  :  légitimes  48,  illégitimes  16. 

Distinctions  honorifiques  ;  —  Lqiion  d'honneur  :  Officier  : 
M.  Ruault,  à  Paris.  —  Chevalier  :  M.  Gaillard,  à  Paris. 

Acte  de  courage  et  de  dévouement.  —  Médaille  de  bronze  :  M. 
O’Follewel,  à  Paris. 

Un  médecin  sous-préfet.  — M.  Gouzy  est  nommé  sous-préfet 
de  Nontron. 

La  succession  de  M.  Lej.irs.  —  Par  arrêté  préfectoral,  M. 
Caillens,  chef  de  bureau  de  4“  classe  à  l’Assistance  publique, 
est  chargé  du  service  du  personnel  en  remplacement  de  M. 
Le,iars. 

Service  de  santé  militaire.  — Réserve  et  territoriale  :  Sont 
nommés  ou  promus. 

Médecin  jirincipnl  de  1'^  classe  de  reserve,  le  médecin  prin- 
cipa.l  de  P'  classe  de  l’armée  active  retraité  Au  dot,  10'’  région. 

Médecins  principaux  de  S’adosse  de  l'armée  territoriale, les  mé¬ 
decins  principaux  de  2'’  classe  de  l’armée  active  retraités  Camus, 
,5''  région  ;  Famechon,  P”  région. 

Médecins-niaiors  de  l’’”  classe,  de  l'armée  territoriale,  les  mé¬ 
decins-majors  de  P'  classe  de  l'armée  active  retraité  Moutie,  17" 
région  ;  Leuc,  16"  région  ;  Fix,  19"  région  ;  Chamieze,  19"  région  ; 
Beaumier,  7"  région  ;  Guégan  (Tunisie)  ;  Félix,  IP  région. 

Médecins-majors  de  2"  clape  de  l'armée  territoriale,  le  méde¬ 
cin  major  de  P"  classe  de  l’armée  active  retraité  Haller,  13"  ré¬ 
gion;  Galba,  3'  région,  médecin-major  de  2'  classe  de  l’armée 
active  ;  Robert,  18"  région. 

Médecins  aides-majors  de  f""  classe  de  l’armée  territoriale  : 
Cliabaneix,  12"  région,  médecin  aide  major  de  P"  classe  de  l'ar¬ 
mée  active  ;  Démangé,  6'  région. 

Médecins  aides-majors  de  2"  classe  de  réserve,  les  docteurs  en 
médecine  :  15'  région,  de  Paretti  ;  10"  région,  Labbé  ;  15"  ré¬ 
gion,  Dalard  ;  12"  région  Dupic  ;  16"  région, Barbot  ;  l(i"  région, 
Michel  ;  17"  région,  Mombet  ;  10"  région,  Mauban  ;  8"  région. 
Petit  ;  20'  ré.gion,  Sauvage  ;  il"  région,  Pagniez  ;  20'  région,  Hu- 
guier  ;  5"  région,  Grébault  ;  10"  région,  Bridant  ;  11"  région, 
Froin  ;  4"  région,  Arnal  ;  15"  région. Imbert  ;  19"  région.  Cabe.ssa; 
12"  région,  Gadaud  ;  ,5"  région,  Tissot  ;  17'  région,  Puyaubert  ; 
4"  région,  Lemierre  ;  9'  région,  Tillaye  ;  14"  région,  Bertier  ;  14' 
région,  Rolland  ;  11' région,  Leqnerrc  ;  1 1"  région.  Cotennec  ;  12" 
région,  Bourras  ;  17' région,  do  Meller  de  Labarthe. 

15' région.  Ko vier  ;  3"  région,  Cormon  ;  Engel  :  18"  région. 
Lande  ;  10' région,  Tessier  ;  8"  région,  Liabot  ;  (i"  région.  Mai¬ 
resse  ;  6' région,  Bourguct  ;  5'  région,  Rollin  ;  11"  région,  Bar¬ 
thélemy  ;  10'  région,  Bloch  ;  4"  région,  Denis  ;  2"  région, Seraper; 
P"  région,  Grapez  ;  15"  région,  Desanti  ;  12'  région.  Boyer  ;  4" 
région,  Crenet  ;  14"  région,  Tomasi;  12'  région.  Barbancey  ;  10' 
région,  Brunet;  16"  région,  Bordes  ;  3'  région,  Fabre;  4'  région, 
Finet  ;  P"  région,  Merveille  ;  13®  région,  Mougeot  ;  5"  région,, 


Juillet  ;  12"  région,  Verdier  ;  16"  région,  Colliere  ;  3"  région.  Pe¬ 
tit  ;  8" région,  Peguet  ;  1 1"  région,  Cattin  ;  13"  région,  Binet;  10" 
région.  Marquet  ;  13"  région,  Flechet  ;  9"  région,  Bouchet  ;  15" 
région,  Alamelle  ;  20"  région,  Job  ;  7"  région,  Troussard  ;  6"  ré¬ 
gion,  Jesson  ;  15"  région,  Roux  ;  12"  région,  Neboitx  ;  11"  région, 
Warot  ;6"  région,  Candon  ;  14"  région,  Bcriel  ;  2"  région,  De- 
bono. 

16"  région,  Guiraud,  Piet  ;  2"  région,  Mezie  :  P'  région,  Gal- 
land  ;  8"  région,  Bouréc  ;  3"  région,  Chapotin  ;  10“  région,  Ôppen- 
heim  ;  16"  région,  Castany  ;  11"  région,  Monique  ;  P"  région, 
Bertrand  ;  15"  région,  Arnoitx  ;  10"  région.  Le  Duigou  ;  3"  ré¬ 
gion,  Clavel  ;  13"  région,  Richard  ;  1"  région,  Lernout  ;  9"  ré¬ 
gion,  Couffon  ;  10"  région.  Petit  ;  9"  région,  Mazoux  ;  17'  région, 
Adoue  ;  3"  région,  Poinsot  :  17' région.  Esquirol  ;  15"  région, 
Barse  ;  14"  région.  Gentil  ;  18"  région,  Gendrou  ;  8'  région,  Ber- 
thezenne  ;  19“  région,  Auzimour  ;  4"  région,  Mignon  ;  6"  région. 
Bolet  ;  région,  Doin  ;  20"  région,  Abrand  ;  16"  région,  Fran¬ 
çois  ;  16"  région.  Babcau  ;  6“  région,  Forthomme  ;  20"  région, 
Roussel  ;  9"  région,  Dubreuil-Gbambardel  ;  Î8“  région,  Perus  ; 

P"  région,  Faucheux  ;  18'  région,  Foubert  :  14"  région,  Guérin  ; 

17“  région,  Ducasse  ;  6"  région.  Fontaine  ;  20"  région.  Thirion. 

16"  région,  Boyer  :  8"  région.  Dupont  ;  13"  région.  Compris  ; 

13"  région,  Desgeorges  ;  15®  région,  Balestre  ;  18"  région,  Du- 
don  ;  15"  région,  Gariniond,  Bordéres  ;  2"  région,  Fiatte  :  14" 
région,  Pavy  ;  2“  région,  Obers  ;  P"  région,  Maes  ;  16"  région, 
Galen  ;  20-’  région.  Ganol  ;  16"  région.  Rives  ;  8"  région.  Beau- 
fils  ;  16"  région,  Cocural  ,  19"  région.  Montes  ;  12"  région,  Ver- 
deaux  :  13"  région,  Roddier  ;  16'  région,  Stoltz  ;  IP  région,  Ro¬ 
ger  ;  10"  région,  Morvan  ;  16"  région,  Goiny. 

Médecins  aides-majors  de  2"  classe  de  l'armée  territoriale  : 

Les  docteurs  en  médecine  :  9’  région,  Roulleau  ;  15"  région. 
Sinoncelli  ;  13'  région.  Faucheux  ;  5'  région,  Garamanos  ;  10" 
région,  do  Guérin  ;  11"  région,  Artaud  ;  3“  région,  Lévy-Valency  ; 

P"  région,  Scliultz  ;  5"  région,  Isclin  ;  6"  région,  Bocquet. 

Médecins  SÉNATEURS. —  Ont  été  élus  sénateurs  aux  élections 
du  7  janvier:  MM.  IcsDrs  Lannelongue  ('Gers),  Petitjean  (Nièvre),' 
Flaissières,  (Bouches-du-Rhône)  ;  Viget  (Loiret). 

Parmi  les  candidats  malheureux,  nous  relevons  les  Drs  Gazes, 
Dupouy  (Gers),  Dumont,  Tissier  (Indre),  Thomas  (Manche), Beau- 
fils  (Nièvre),  Debierre  (Nord). 

Ecole  DE  MÉDECINE  d’Amie.vs. —  Par  arrêté  du  ministre  de 
l’Instruction  publique,  des  beaux-arts  et  des  cultes  en  date  du  29 
décembre  1905,  un  concours  s'ouvrira  le  10  juillet  1906.  devant 
la  faculté  mixte  de  médecine  et  de  pharmacie  de  Lille,  pour  l'em¬ 
ploi  de  suppléant  des  chaires  do  pathologie  et  de  clinique  chirur¬ 
gicales  et  de  clinique  obstétricale,  à  l’école  préparatoire  de  niéde- 
cime  et  de  pharmacie  d’Amiens.  Le  registre  d’inscription  sera  clos 
un  mois  avant  l’ouverture  dudit  concours. 

La  disparition  de  la  fièvre  jaune  a  Cuba.  —  La  légation  de 
Guba  à  Paris  communique  à  la  presse  une  dépêche  de  son  gou¬ 
vernement,  l’informant  qu’il  n’existe  plus  aucun  cas  de  fièvre  i 
jaune  à  la  Havane  ni  .sur  aucun  autre  point  du  pays. 

Collège  de  France. —  M.  François  Frank  a  repris  ses  leçons 
sur  les  mécanismes  de  la  fonction  respiratoire  le  mércredi  10  jan¬ 
vier  à  3  h.  3/4.  Il  fera  ses  leçons  de  démonstrations  les  vendre¬ 
dis  à  11  heures. 

Faculté  des  sciences  de  l’Université  de  Marseille.  —  Par 
arrêté  du  ministre  deT’instruc  ion  publique  des  beaux-ar:s  et  des  'f 
cultes  en  date  du  10  janvier  1906,  la  chaire  de  botanique  agri-  i 
cole  de  la  faculté  d’Aix-Marseille  est  déclarée  vacante.  Un  délai  1 
de  vingt  jours,  à  partir  de  la  publication  du  présent  arrêté,  est 
accordé  aux  candidats  pour  produire  leurs  titres. 

La  mai.adie  du  jour.  —  L'anémie  et  la  neurasthénie  vont- elles 
être  déchues  de  l’empire  delà  mode  '!  Il  se  pourrait,  car  on  vient 
de  découvrir  en  Amérique  une  nouvelle  maladie,  qui  ne  manque 
assurément  pas  de  charme  poétique.  Cette  maladie  nouvelle  est 
l  ostéocie,  autrement  dit  la  maladie  (le  la  légèreté. 

L’ostéocie  ou  légéreté  des  os  se  manifeste  au  bain.  Certaines 
personnes,  des  jeunes  filles  surtout,  s’y  sentent  silégéres,  si  impon-  ^ 
dérables. . .  qu’elles  ne  peuvent  réussir  à  plonger  dans  l’eau.  Pour  ' 
pouvoir  rester  assise  au  fond  de  sa  baignoire,  au  lieu  de  renion-  /’ 
ter  à  la  surface  avec  la  promptitude  d’un  bouchon,  Mlle  M...  est  t 
obligée  de  se  munir,  à  chaque  main,  d’haltéres  pesant  huit  kilos.  ] 
On  craint  même  qu’elie  ne  vienifc  un  beau  matin  à  s’élever  dans  /' 
les  airs,  telle  une  vierge  d  Assomption.  Maladie  de  la  légèreté  ;  ■ 
maladie  bien  féminine,  n'est-ce  pas  ’f  'L'Aurore,  II  janvier.)  ( 

Inhumation  PRÉCIPITÉE.  —  D'après  une  nouvelle  adressée  de  ' 
Milan  au  Netv  York  Herald  et  reproduite  par  le  Matin,  il  y  a  i 
quelques  jours,  mourait  à  Gastellina,  on  Toscane,  un  jiaysan  âgé  •, 
de  cinquante  ans.  Après  le  service  funèbre,  la  bière  fut  déposée  ’ 


LE  PROGRÈS  -MÉDICAL 


31 


dans  la  chambre  mortuaire  du  cimetière  en  attendantlïnhu^nation. 
Pendant  la  nuit,  le  prétendu  mort  se  réveilla  de  son  sommeil  lé¬ 
thargique  et,  saisi  d’épouvante  à  l’aspect  du  lieu  où  il  se  trouvait, 
se  jeta  sur  la  porte,  l’enfonça  et  courut  chez  lui,  toujours  enve¬ 
loppé  de  son  linceul.  En  le  voyant,  sa  famille  horrifiée  le  prit 
pour  un  spectre  et  refusa  de  le  recevoir.  Ce  fut  à  grand’peine, 
qu’il  parvint  à  se  fairereconnaître.  Les  autorités  ont  ouvert  une 
enquête  sur  cette  déclaration  de  décès  trop  hàtivc, 

Enseig.mement  m.vternei.  des  poivrots.  —  Voici  le  jour  de 
l’an.  L’imagination  des  spécialistes  pour  les  jeux  récréatifs  et  ins¬ 
tructifs  de  l’enfance  est  sans  limites.  Je  viens  d’admirer  aux  vitri¬ 
nes  d’un  grand  magasin,  sous  la  rubrique  d’«  Etrennes  utiles  aun 
jouet  merveilleux  intitulé  le  Petit  liquorhte,  copie  exacte  du 
comptoir  de  marchand  de  vin. 

Ce  comptoir,  large  de  prés  d’un  mètre,  est  garni  de  tous  ses 
accessoires,  brocs,  seaux,  percolateur,  robinets,  verres  de  toutes 
dimensions,  etc.,  etc.  Dans  le  fond,  il  bouteilles  :  absinthe,  ver¬ 
mouth,  marc,  cognac,  rhum,  cassis,  calvados,  amer  Picon,  ani- 
sette,  gomme,  menthe,  curaçao.  Plus  haut  les  liqueurs  de  marque. 
Un  cadran  indique  l’heure  aux  jeunes  clients, et, dit  le  prospectus, 
«  la  gerbe  de  fleurs  habituelle  donne  une  note  gaie  habituelle  à 
ce  gentil  commerce  »... 

Voilà  ce  qu'on  appelle  de  l’enseignement  maternel  commence¬ 
ment  de  siècle.  Faites  donc  des  Sociétés  de  tempérance,  des  Con¬ 
grès  contre  la  tuberculose  !  Tous  les  efforts  de  prophylaxie  sont 
enrayés  par  les  choses  les  plus  simples  en  apparence  qui  sous 
une  forme  gracieuse  font  sourire  pour  amener  plus  tard  des  acci¬ 
dents  terribles  plus  néfastes  que  la  guerre. 

A  la  demoiselle  préposée  au  rayon  des  jouets,  je  demandais 
si  ce  jouet  se  vendait  't  «  A  merveille,  monsieur  ;  les  petits  garçons 
en  sont  fous  !  Pendant  que  les  jeunes  demoiselles  prépareront  la 
dînette  dans  leur  vaisselle,  ces  messieurs  prendront  l’apéritif  au 
bar  !  »  Et  mine  erudimini.  A.  Rousselet. 

Triple  c.vs  de  Gkmellarité.  —  Ce  sera  vraiment  une  cérémo- 
niepeu  banale  que  celle  qui  se  déroulera  dans  la  matinée  du'J  jan¬ 
vier,  à  la  mairie  du  dix-septième  arrondissement.  Deux  frères  ju¬ 
meaux,  peintres  de  talent,  MM.  Alphonse  et  Gabriel  Chanteau,  y 
échangeront  leur  foi  avec  deux  charmantes  jeunes  filles,  sœurs  j  u- 
melles  également,  Mlles  Geneviève  et  Suzanne  Renaud.  Les  gar¬ 
çons  d’honneur  seront  aussi  deux  jumeaux,  cousins  de  MM.  Chan 
teau,  les  frères  Gustave  et  Maurice  Freunzer.  {Progrès  de  Lyon, 
Tjanv.) 


Nécrologie.— Nous  avons  le  regret  annonce  la  mort  de  M.  le 
docteur  Dupont,  vice-président  du  conseil  général  de  la  Haute- 
Savoie,  où  il  représentait  le  canton  de  Laroche.  Il  était  cheva¬ 
lier  de  la  Légion  d’honneur  et  âgé  de  soixante-deux  ans. 


Chronique  des  hôpitaux. 

Fondation  ophtalmologique  Adolphe  de  Rosthschild,  29, 
rue  Manin  et  rue  Priestley,  56-58  (Buttes  Chaumont).  —  Méde¬ 
cin  en  chef  :  D’’  A.  Trousseau.  —  Cette  fondation  reçoit  les  ma¬ 
lades  atteints  d'affections  oculaires  curables.  —  Opérations  :  Le 
mercredi  à  9  h.  du  matin  :  D’’ A  Trousseau.  —  Consultations  : 
Tous  les  jours  de  9  à  1 1  h.  le  matin  :  D''  Sulzer.  —  Tous  les 
jours  de  1  à  ü  h.  le  soir  :  Df  Millée.  —  Les  mardi,  jeudi  et  sa¬ 
medi  de  7  à  8  h.  du  soir  :  D''  Hourmouziadès  et  D"' Vicier. —  Sei'- 
vices  auxiliaires  :  Réfraction  et  examens  fonctionnels  :  D’’  Polak. 

—  Electrothérapie  :  D''  Bisséirié.  —  Bactériologie  et  histologie  : 
D"'  Duclos.  —  Oto-rhino-laryngologie  :  D''  F.  Landolt. 

Hospice  de  Bicêtre.  {Fondation  Vallée].  —  M.  Bourneville 
Visite  du  service  (gymnastique,  travail  manuel, écoles,  et  présen¬ 
tation  de  malades)  le  samedi  à  9  h.  et  demie  très  précises.  Con¬ 
sultations  médico-pédagogiques  gratuites  pour  les  enfants  atteints 
de  maladies  du  système  nerveux,  le  jeudi  à  9  h.  1/2. 

Clinique  d'aci-.ouchement  Tarnier.  —  Professeur  Pi^  Büdin. 

—  Tous  les  mardis  à  9  heures;  Leçons  de  clinique  obstétricale. 
Tous  les  samedis  à  9  heures,  Leçons  sur  l'allaitement  et  l’hygi'ene 
du  nourrisson. 

Hôpital  de  la  Charité.  Leçons  de  clinique  obstétricale.  — 
M.  le  Dr  Maygrier  (amphithéâtre  Potain),  le  jeudi  à  10  heures. 

Hospice  DE  LA  Salpétrière.  (Clinique  mentale  et  nerveuse). 
— M.  le  Dr  J.  Voisin,  le  jeudi  à  10  heures. 

Hôpital  Laennec.  —  M.  le  D''  E.  Barié  :  Leçons  de  clini¬ 
que  et  de  thérapeutique  sur  les  maladies  du  cteur,  le  mercredi  à 
10  heures. 

Hôpital  de  la  Pitié.  —  Dr  Rénon  :  Maladies  du  cœur  et  du 
poumon  (diagnostic,  thérapeutique,  diététique,  médecine  profes¬ 
sionnelle)  le  vendredi  à  10  heures  du  matin. 

Hôpital  Broca.  — Le  Dr  G.  Thibierge  ,  à  10  h.  du  matin, 
leçons  sur  les  maladies  de  la  peau  et  la  syphilis  (avec  présentation 
de  malades). 


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tes  questions  relatives  à  la  protection  de  l’enfance.  Directeur-ré¬ 
dacteur  en  chef,  M.  Henri  Roli.bt,  32,  avenue  du  Château  à  Bel- 
levue(Seine-et-Ôise|,  France,  un  an,  5  fr.  ;  étranger,  6  fr,  Nous 
appelons  vivement  l’attention  de  nos  lecteurs  sur  cette  très  inté¬ 
ressante  publication. 


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découvert  par  M.  Louis  DEQUtiANT.  pharmacien,  38,  rue 
de  Glignancourt,  Paris.  (Mémoires  déposés  à  l’Académie  de 
Médecine,  23  mars  1897, 8  mai  1898).  L'extrait  de  ces  Mémoires 
est  adressé  gracieusement  à  tous  les  médecins  qui  lui  en 
feront  la  demande.  Renseignements  gratuits  et  prix  de  faveur 
pour  tous  les  membres  du  corps  médical. 

_ _ Le  Rédacteur-Gérant  :  Boürwbvillx. 

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médicales  de  Lyon,  Académie  des  Sciences  de 
Pans,  Société  académique  de  la  Loire-Infér” 
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BUREAUX  :  RUE  DES  CARMES,  14 


20  JANVIER  1906 


Le  Progrès  Médical 


SOMMAIRE  :  Psychiatrie  :  Les  psychopathies  chez  le  paysan, 
par  Terrien.  —  Bui.letin  :  L'exercice  illégal  de  la  médecine  à 
l'étrano’er,  par  Friedel  :  Du  placement  des  aliénés,  en  particulier 
des  enfants,  par  Bourn'eville.  —  Sociétés  Savantes  ;  Société 
de  biologie’:  Coloration  des  hématoblastes  du  sang  humain,  par' 
Nollet  •  Modification  de  la  tétanie,  par  Prévost  et  Stern  ;  Chlo-  ? 
rure  de  sodium  du  lait,  par  Porcher  ;  Suc  pancréatique  et  gly¬ 
cémie.  par  Parisot  ;  Cryoscopie  de  petites  quantités  de  liquide, 
par  Hamburger  ;  Dosage  du  chloroforme,  par  Nicloux  (c.  r.  de 
Mme  Edwards-Pilliet.)  —  Académie  de  Médecine  :  L’emploi  des 
rayons  de  Rœntgen  (c.  r.  de  A.-F.  Plioque.)  —  Société  de  chi¬ 
rurgie  :  Etiologie  de  Thydronéphrose,  par  Bazy  ;  Pathogénie  de 
l’atrophie  de  la  vésicule  biliaire,  par  Hartmann  ;  Traitement  des 
prolapsus  du  rectum,  par  Picqué  ;  Le  drainage  lombaire,  par 
Villemin  ;  Corps  étrangers  instestinaux,  par  Broca  (c.  r.  de 
Catz.)  —  Société  Médicale  des  Hôpitaux  :  Intoxication  mercu¬ 
rielle  thérapeutique,  mort,  autopsie,  par  Le  Noir  et  Camus  ; , 
Contribution  à  l’étude  clinique  et  bactériologique  des  lésions  ' 
enc'éphalo-méningéeschez  lonouveau-né  syphilitique,  par  Ravaut 
etPonsselle  ;  Emploi  de  l’adrénaline  en  thérapeutique,  par  Josué 


(c.  r.  de  Friedel.)  —  Société  deMédecine  de  Paris  :  Rapport  sur 
les  travaux  de  laSociété  pendant  l’année  1905,  par  Buret  ;  Obser¬ 
vations  personnelles  d’appendicite  opérée  ;  Séance  extraordi¬ 
naire  (c.  r.  de  Buret.)  —  Revue  de  pédiatrie  :  L’art  d’élever 
le  nouveau-né,  par  Magnus  ;  La  scoliose,  par  Monin  ;  La  scro¬ 
fule  et  les  infections  adénoïdiennes,  par  Gallois  ;  Physiologie  de 
la  lecture  et  de  l’écriture,  par  Javal  (o.  r.  de  Paul-Boncour.)  — 
Bibliographie  :  Traité  élémentaire  de  clinique  médicale,  par 
Debove  et  Sallard.  —  Revue  d’hydrologie  :  Proportionnalité 
directe  entre  le  point  cryoscopique  d'une  eau  minérale  de  la 
classe  des  bicarbonatées  et  la  composition  de  cette  eau  en  sels 
anhydres  et  en  monocarbonates,  par  Graux.  —  Radiologie  ; 
Action  des  rayons  X  sur  les  organes  profonds,  par  Foveau  de 
Courmelles.  —  Médecine  pratique.  —  Varia  :  Accidents  de 
football  en  Amérique  ;  Une  mère  qui  a  eu  six  enfants  dans  la 
môme  année  ;  L’énfance  anormale.  —  Cabinet  Gallet.  —  For¬ 
mules.  —  Actes  et  thèses  de  la  faculté  de  médecine  de 
Paris.  —  Nouvelles.  — Chronique  des  hôpitaux.  —  Bulletin 
bibliographique. 


AVIS  POUR  LES  NUMÉROS  MANQUANTS 

Nous  rappelons  également  à  nos  abonnés  et  à  nos< 
correspondants  que  les  NUMEROS  MANQUANTS 
de  1905,  ï'èclamés  avant  le  31  janvier  1906  seront 
envoyés  gratuitement.  Passé  ce  délai,  envoyer  pour 
chaque  numéro  25  centimes. 


psychiatrie 


Les  Psychopathies  chez  le  paysan  : 

Par  le  D' TERRIEN 

Médecin  directeur  de  In  maison  de  santé  de  Boulon  lés-Nantes  | 

Autrefois  on  se  plaisait  à  considérer  l'hystérie  et  la 
neurasthénie  comme  des  affections  presque  exclusive¬ 
ment  urbaines.  Les  bals,  les  spectacles,  les  plaisirs  de 
tous  genre,  le  surmenage  intellectuel,  et  moral,  sont  au¬ 
tant  d’éléments  propres  à  favoriser  le  développement 
des  névropathies.  Etle  paysan,  le  rustre,  qui  paraît  être 
à  l’abri  de  toutes  ces  causes,  de  toutes  ces  influences,  de¬ 
vait  de  ce  seul  fait  y  être  moins  fréquemment  exposé. 
Car  le  paysan  a  la  vie  calme,  il  ignore  toutes  les  gran¬ 
des  émotions,  il  n’a  pas  autant  que  l’habitant  des  vil¬ 
les  le  souci  de  la  lutte  pour  l’existence.  Il  se  contente 
de  peu.  Il  vit  sans  grandes  ambitions,  partant  sans 
grandes  déceptions.  La  terre  lui  suffit.  Il  ne  connaît 
guère  que  son  champ,  sa  charrue  et  ses  bœufs.  Même 
safamille  semble  le  préocuper  moins  que  son  bétail.  Or 
comment  se  fait-il  que  les  névroses,  les  psychonévro¬ 
ses,  aient  envahi  la  campagne,  dans  des  proportions 
telles  qu’elle  n’ait  plus  rien  à  envier  sur  ce  point  aux 
grandes  cités  tumultueuses  et  industrielles  ?  Car  il 
n  est  pas  niable  que  les  névropathies  soient  extrê¬ 
mement  fréquentes  chez  les  paysans.  Parmi  eux,  on 
trouve  beaucoup  d’hystériques,  beaucoup  de  neurasthé¬ 
niques,  plus  qu’à  la  ville  si  j’en  juge  par  mon  expérience 
personnelle.  C’est  du  moins  là  le  résultat  que  m’ont 
fourni  mes  16  années  de  clientèle,  dont  12  années  pas¬ 
sées  au  fond  du  bocage  vendéen,  le  reste  à  la  ville.  Quant 
aux  raisons  explicatives,  je  vais,  dans  cette  brève  étude, 
essayer  de  les  rechercher  ;  j’en  ai  dit  ailleurs  quelques 
*nots  dans  un  mémoire  sur  les  maladies  nerveuses  en 


Vendée  [Archives  de  Neurologie]  ;  mon  enquête  s’ap¬ 
pliquait  naturellement  d’une  façon  spéciale  à  la  région 
qu’alors  j’habitais. 

Je  disais  :  «  Le  paysan  est  un  buveur,  5  ou  6  litres  de 
vin  semblent  être  une  dose  fort  raisonnable  aux  pay¬ 
sans  du  Bocage  et  les  buveurs  à  cette  dose  sont  légion. 
Mais  ce  sont,  il  est  vrai,  des  buveurs  presque  exclusifs 
de  vin,  du  vin  qu’ils  récoltent  eux-mêmes,  vin  non  fre¬ 
laté  par  conséquent.  Les  buveurs  d’alcools,  d’apéritifs, 
les  buveurs  mixtes,  vinet  alcools,  sont  de  très  rares  ex¬ 
ceptions.  Et  si  l’on  rencontre  quantité  d’ivrognes,  on  y 
trouve  fort  peu  d’alcooliques.  »  Ce  fait  m’avait  frappé, 
dès  le  début  et  j’en  avais  fait  mention  au  congrès 
des  aliénistes  à  Angers  et  dans  une  note  lue  à  l’Acadé¬ 
mie  de  médecine  par  le  Professeur  Laborde,  lors  de  sa 
discussion  avec  Lancereaux  sur  la  cause  des  cirrhoses 
du  foie.  Toutefois  de  ces  habitudes  d’intempérance, 
d’ivrognerie  même  en  l’absence  de  l’alcoolisme,  découle 
pour  les  descendants  la  tare  dégénérative.  Les  en¬ 
fants  ne  sont-ils  pas  conçus  le  plus  souvent  dans  ces 
heures  d’ivresse.  C’est  après  avoir  sacrifié  à  Bacchus 
que  le  paysan  buveur  sacrifie  surtout  à  l’Amour.  Et  les 
enfants  naissant  dans  d’aussi  déplorables  conditions 
ne  sont  ils  pas  voués  aux  névropathies  ?  Et  ce  que  je 
viens  de  dire  pour  le  paysan  vendéen,  je  puis  l’appli- 
uer  aux  paysans  en  général  s’ils  ne  boivent  pas  tous 
'une  façon  aussi  continue,  aussi  exagérée  qu’en  Ven¬ 
dée,  cependant  ils  sont  buveurs,  et  les  dimanches, les  jours 
de  marché, sont  jours  de  fête,jours  de  réjouissances  et  le^ 
réjouissances  se  manifestent  toujours  chez  eux  par  d’a¬ 
bondantes  libations  suivies  le  plus  souvent  des  mômes 
excès  génésiques.  Ainsi  l’alcoolisme,  l’ivrognerie  sans 
alcoolisme  doivent  être  rangés  parmi  les  causes  des 
psychopathies  chez  le  paysan,  en  raison  de  l’influence 
nocive  que  ces  excès  exercent  sur  lui  et  sur  sa  des¬ 
cendance. 

Il  y  a  également  cette  autre  considération  qu’un  mi¬ 
lieu  de  primitifs,  comme  Test  le  milieu  campagnard, 
où  les  idées  supertitieuses  dirigent  tant  dc  i^rveaux,  où 
règne  le  fanatisme  religieux,  où  la  croyance  en  tout  ce 
qui  est  surnaturel  est  si  profondément  enracinée, 
qu’un  tel  milieu  peut  voir  se  développer  plus  aisément 
les  névropathies.  L’enfant  au  coin  du  feu,  dans  les 
longues  veillées  d’hiver,  entend  raconter  les  histoires 
les  plus  fantasques  de  revenants,  de  sorciers.  Le  jour 


34 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


il  y  pense,  la  nuit  il  y  rêve.  Toutes  ces  images,  toutes 
ces  représentations  terrifiantes,  ne  sont-elles  pas  pro¬ 
pres  à  ébranler  le  système  nerveux,  à  le  surexciter  au 
point  de  produire  bientôt  un  état  névropathique  qui 
sera  l’hystérie  ou  la  neurasthénie.  Et  ceci  est  bien  vi  ai 
non  seulement  pour  le  paysan  vendéen,  mais  pour  tous 
les  paysans  à  quelque  coin  du  sol  qu’ils  appartiennent. 
On  retrouve  presque  partout  chez  eux  cette  môme  men  ¬ 
talité,  ces  mêmes  mœurs. Et  ces  idées  de  sorcellerie  qu’on 
imprime  dans  ces  jeunes  cerveaux,  qui  les  ébranlent 
d'une  si  étrange  et  si  déplorable  façon,  au  point  d’en 
faire  promptement  de  petits  névropathes,  de  petits  hys¬ 
tériques,  ces  idées  contiennent  leur  action  nocive,  l’en¬ 
fant  devenu  homme.  Le  cerveau  en  reste  pour  toujours 
imprégné.  En  malheur  vient-il  fondre  sur  son  bétail, 
vitelc  paysan  en  leporle  lacause  sur  des  influences 
étrangères,  sur  des  personnes,  sur  des  voisins,  qu'il 
accusera  d’avoir  empoisonné  son  toit,  tari  le  lait  de  ses 
vaches,  de  leur  avoir  donné  telle  maladie  qui  tue.  On 
juge  aisément  les  ravages  produits  par  de  telles  concep¬ 
tions,  par  toutes  ces  idées  obsédantes  do  sorcellerie,  de 
maléfices, sur  une  mentalité  déjà  compromise.  Les  psy¬ 
chonévroses  jaillissent  aisément  dans  de  tels  milieux. 

J’ai  appelé  aussi  l’attention  sur  les  mariages  consan¬ 
guins  si  fréquents  dans  le  monde  des  paysans.  Je  pour¬ 
rais  citer  certaines  grandes  communes  où  l’on  ne  trouve 
que  quelques  familles.  Les  raisons  en  sont  multiples. 
D’abord  voyageant  peu,  restant  fixé  au  sol  qui  l’a  vu  naî¬ 
tre  (bien  que  depuis  quelques  années  il  émigre  davan¬ 
tage  à  la  ville)  le  paysan  ne  connaît  guère  que  ceux 
qu'il  approche.  On  se  mariera  donc  entre  voisins,  et  ce 
voisin  sera  leplus  ordinairement  son  parent.  Et  puis, au¬ 
tre  raison  de  ces  mariages  consanguins;  on  ne  veut  pas 
que  quelques  lopins  de  terre  contigus  parce  que  pro¬ 
venant  de  la  môme  famille  soient  séparés  et  on  unit 
les  propriétaires.  On  vise  l’union  du  sol,  souvent  avant 
de  viser  l’union  des  personnes.  Plus  que  partout  ailleurs 
peut-être  le  mariage  est  le  marché  honteux  que  l’on 
sait.  Tous  ces  mariages  consanguins,  qui  favori¬ 
sent  la  dégénérescence  mentale,  ne  favorisent-ils  pas 
également  les  névropathies.  On  peut  ajouter  l’im- 
paludisme,  qui.  quoique  plus  rare  qu’autrefois,  n’en 
e.xiste  pas  moins  dans  certaines  régions,  Et  les  plus 
frappés,  ce  sont  toujours  les  paysans  qui  vivent  au  mi¬ 
lieu  de  ces  marais,  qui  y  travaillent  et  qui,  plus  qu’au¬ 
cun  autre,  en  respirent  les  miasmes  qui  s’en  déta¬ 
chent. 

Egalement  et  dans  |le  mêmejordre  d’idées,  les  soins 
hygiéniques  sont  chez  eux  beaucoup  plus  rudimentai¬ 
res.  Le  paysan  est  sale.  Il  est  donc  plus  qu’un  autre 
exposé  aux  infections  et  aux  auto-intoxications.  Or,  on 
n’ignore  pas  le  rôle  important,  considérable,  qu’infec¬ 
tions,  intoxications,  anto-intoxications  jouent  dans  l’é¬ 
closion  des  psychoses  et  des  psycho-névroses.  Autre  re¬ 
marque  que  j’ai  faite  en  étudiant  la  genèse  des  accidents 
hystériquesde  mes  paysans,  remarque  dont  on  compren¬ 
dra  bien  vite  l’importance,  puisqu’elle  servira  à  établir 
la  production  vraiment  anormale  de  l’hystérie  à  la  cam¬ 
pagne  :  j’ai  constaté  que  les  accidents  hystériques 
étaientfréqucmment  dus  à  l’imitation.  Et  cette  consta¬ 
tation,  je  l’ai  faite  surtout  à  la  campagne.  Tel  malade  a 
fait  de  l’hémiplégie  hystérique  parce  qu’un  voisin, 
un  médullaire  marchait  péniblement,  traînant  la  jambe; 
un  autre  a  fait  de  l’astasie-abasie  parce  que,  se  trouvant 
un  jour  faible  des  jambes,  il  s’est  imaginé  qu’ilne  pour¬ 
rait  bientôt  plus  se  tenir  debout,  comme  sa  voisine 
clouée  sur  un  fauteuil  par  une  paraplégie  spasmodique. 


et,  lôjours  après,  ne  marchait  plus  qu’en  rampant  ;  un  : 
autre  fera  du  tremblement  hystérique,  en  vivant  près  i 
d’un  parkinsonien,  6  jeunes  filles  feront  de  la  pseudo¬ 
coxalgie  (épidémie  de  Saint-Fulgent)  parce  qu’elles  ont 
approché  leur  camarade  fixée  clans  un  appareil  pour 
coxalgie;  un  autre  fera  de  lapseudo-méningite,du  diabète 
hydrurique  hystérique,  du  chcyne-stokes  hystérique, 
de  la  pseudo-appendicite  hystérique,  parce  qu’il  aura 
vécu  près  d’un  homme  mort  de  méningite,  d’un  malade 
Souffrant  de  polyurie  diabétique,  d’un  cardiaque  à  res¬ 
piration  de  Cheyne  Stokes  [Progrès  médical)  près  d’une 
femme  opérée  d’appendicite.  Je  prends  des  exemples 
quej’aieus  sous  lesyeux.il  imitera,  cet  hystérique,  sous 
forme  de  manifestations  psychiques,  les  manifestations 
d’une  maladie  organique  ou  inorganique  dont  il  a  été 
l’attentif  témoin.  Ét  cet  esprit  d’imitation  particulier  à 
l’hystérie  trouvera  son  application  plutôt  à  la  campa¬ 
gne  qu’à  la  ville,  où  là  on  vit  isolé  des  voisins,  où  Ton 
s’ignore,  où  Ton  ignore  par  conséquent  les  affections  de  j 
tous  ceux  qui  vous  entourent.  11  n’en  est  plus  de  même  ■ 
à  la  campagne  où  Ton  vit  dans  une  sorte  de  commu-  I 
nauté  familiale,  ou  tout  le  monde  d’un  môme  bourg  * 
ou  môme  des  bourgs  voisins  se  connaît.  Il  n’existe  pas 
une  maladie  grave  qui  ne  soit  connue  de  tous,  même 
dans  ses  plus  petits  détails,  avec  ses  multiples  manifes¬ 
tations.  On  va  très  fréquemment  visiter  le  malade;  le 
soir,àla  veillée, on  en  parle  ;  c’est  le  sujet  de  la  conver¬ 
sation,  on  le  plaint,  on  se  lamente  sur  son  sort  et  Ton 
tremble  pour  soi  que  la  même  affection  vous  saisisse. 
Or,  chez  le  prédisposé,  chez  celui  qui  a  l’hystérie  en 
puissance,  sans  qu’elle  se  soit  encore  manifestée  d’une 
façon  tangible,  cette  crainte  exagérée  du  mal  suffit  sou¬ 
vent  pour  créer  le  mal,  mal  psychique,  bien  entendu. 
C’est  surtout  vrai,  quand  cet  hystérique  est  un  paysan, 
à  culture  intellectuelle  rudimentaire,  recevant  plus  vile 
les  impressions  du  dehors  que  ne  vient  pas  réfréner 
la  raison.  J’ai  pu  citer  dans  un  travail  tout  récent  de 
nombreux  exemples  où  cette  étiologie  de  l’accident  hys¬ 
térique  nous  apparaît  avec  la  plus  grande  netteté.  Si 
l’imitation  n’est  pas  capable  de  produire  à  elle  seule 
Thystérie,  elle  peut  créer  des  accidents  hystériques  chez 
des  hystériques  nés.  Et  je  suis  persuadé  que  beaucoup 
de  ces  prédisposés  auraient  pu  traverserla  viesans souf¬ 
frir  d’accidents  hystériques  si  le  milieu  ambiant  dans 
lequel  ils  s’agitent  n’était  venu  leur  en  fournir  le  mo¬ 
dèle.  C’est  donc  bien  là  une  nouvelle  cause,  une  nou¬ 
velle  source  de  psychopathies,  une  nouvelle  source 
d’hystérie, et  qui  se  manifestera,  pourles  raisons  quej’ai 
indiquées,  beaucoup  plus  chez  le  paysan  que  chez  le 
bourgeois  et  l’ouvrier. 

Enfinje  mentionnerai, pourexpliquer  que  les  psycho¬ 
névroses, chez  le  paysan, sont  toujours  en  croissance,  je 
mentionnerai  que  le  travailleur  des  champs  n’est  plus 
l’homme  heureux  d’autrefois,  à  qui  la  terre  suffisait 
pour  lui  créer  les  joies  matérielles,  les  seules  qui  le 
touchent  particulièrement.  La  lutte  pour  l’existence, 
sans  être  aussi  âpre  qu’elle  Test  à  la  ville,  a  pénétré 
cependant, depuis  quelques  années, la  campagne;  il  faut 
désormais  que  le  paysan  peine,  souffre  pour  donner  à 
lui  et  à  ses  enfants  le  simple  bien-être  qu’il  convoite  ;  lui 
qui  ne  connaissait  que  le  surmenage  physique  a  appris 
à  connaître  le  surmenage  moral,  pour  lequel  il  n’était 
pas  fait.  L’inquiétudedu  présent,  deTavenir,Ta  envahi- 
On  comprendi  a  donc  sans  peine,  après  toutes  ces  don¬ 
nées,  que  le  paysan  fait  de  Thystérie  et  de  la  neuras¬ 
thénie  autant,  je  dirai  plus,  que  le  bourgeois,  l’indus¬ 
triel  et  l’ouvrier,  des  villes. 


LE  PROGRES  medical 


S5 


Hyslérie,  neurasthénie,  les  psyclioses  sont-elles  chez  du  milieu  qui  a  vu  éclore  leur  affection.  Aussi  suis- 
luide  même  ordre  ?  Offrent-elles  chez  lui  quelques  par-  je  en  droit  de  prétendre  que  les  accidents  hystériques 
ticularilés?  Iln’y  a  pas  l'hystérie  du  paysan,  la  neu-  du  paysan  sont  plus  facilement  curables.  Je  tenais  à 
rasthénie  du  paysan.  On  trouvera  cependantque  l'hys-  signalerce  fait. 

térie  surtout  se  présente  sous  des  aspects  un  peu  spé-  Dernière  particularité  :  j’en  aidit  un  mot  en  étudiant 
ciaux.  .  plus  hautla fréquence  des  psychopathies  ;  une  forme 

üiifait  d’abord  m’a  frappé  dans  l’examen  dc'tous  mes  qui  n'est  pointrare  chez  le  paysan  et  qui  se  présente 
paysans  hystériques,  c’est  la  très  grande  rareté  de  la  surtout  chez  lui  :  ce  sont  des  accidents  hystériques 
formeconvulsive.  Je  ne  puis  dire  le  nombre  d’hystéri-  d’imitation.  J’ai  dit  ce  qu'ils  étaient  et  pour  quoi  la 
ques  que  j’ai  vus  et  étudiés  à  la  campagne,  mais  il  est  campagne  devait,  plutôt  que  la  ville,  y  donner  lieu, 
considérable.  Est-ce  500  '?  Est-ce  1000  ?  Je  ne  sais.  Ce  On  ne  sera  pas  exposé  à  trouver  à  la  ville  une 
chiffre  paraîtra  exagéré  pour  qui  neconnaît  pas  la  Ven-  petite  épidémie  de  pseudo-coxalgie  analogue  à  celle 
dée,  il  ne  le  sera  pas  pour  celui  qui  aura  jeté  les  yeux  que  j  ai  indiquée.  A  la  ville  l’hystérique  fait  sponlané- 
sur  tous  les  mémoires  que  j’ai  fait  paraître  sur  laques-  ment  son  accident,  sans  y  être  incité  par  les  voisins 
tion.  Eh  bien!  dans  ce  gros  chiffre  d’hystériques,je  n’ai  qu’ordinairement  il  ne  connaît  pas. 
rencontré  que  quatre  fois  la  forme  convulsive.  Chez  Pour  la  neurasthénie,  je  ne  vois  rien  de  spécialà  si- 
tous  les  autres,  ce  sont  des  paralysies  diverses,  contrac-  gnaler  ;  céphalée,  asthénie  musculaire,  rachialgie, 
turcs,  astasies-abasies,  chorées  rythmées,  des  pseudo-  dyspepsie,  impuissance  au  travail,  dégoût  de  tout  ce 
méningites,  de  l’aphonie,  de  la  cécité,  etc.,  puis  des  mala-  qui  intéressaitautrefois,  ce  sont  en  réalitéÿles  mêmes 
des  avec  manifestations  moins  éclatantes,  étouffements,  stigmates  que  l’on  rencontre  dans  la  neurasthénie  du 
vomissements,  anorexie,  dyspepsie,  névralgies,  etc.  bourgeois  et  dans  celle  du  paysan.  Ce  dernier  toute- 
d’origine  hystérique.  Mais  de  crises,  presque  jamais,  fois  accusera  moins  souvent  le  vide  cérébral  ;  n’étant 
Et  c’est  heureux,  car  c’est  bien  là  la  forme  la  plus  re-  pas  habitué  aux  efforts  intellectuels,  il  souffre  moins 
belle  au  traitement.  Une  autre  particularité,  c’est  la  fa-  de  son  incapacité,  de  son  amoindrissement,  de  son  inap- 
cilité  vraiment  surprenante  avec  laquelle  on  arrive  à  litude  à  tout  travail  du  cerveau.  Et  puis  j’ajouterai 
supprimer  les  accidents  hystériques  du  paysan.  C’était  pour  clore  ces  courtes  réflexions  sur  la  neurasthénie, 
vraiment  devenu  un  jeu  pour  moi,  une  amusette,de  sup-  Chez  le  paysan  où  l’hystérie  est  si  facilement  curable, 
primer  une  hémiplégie,  une  contracture,  un  tremble-  je  parle  bien  entendu  des  accidents,  puisque  d’après 
ment,  des  vomissements  hystériques.  Un  simple  com-  moi  on  guérit  simplement  l’accident,  et  non  l’hystérie, 
mandement,  sans  l’aide  de  sommeil  provoqué,  le -plus  on  ne  change  pas  le  terrain  ;  chez  le  paysan  la  neu- 
souvenl  suffisait.  On  en  trouvera  la  preuve  dans  mes  rasthénie  est  aussi  tenace  que  chez  le  bourgeois,  con- 
diverses  publications.  La  persuasion  effaçait  en  quel-  trairement  donc  à  l’hystérie.  Il  est  vrai  de  dire  que  la 
ques  minutes  ce  que  l  auto-suggestion  le  plus  souvent  psychothérapie, chez  le  neurasthénique,  quel  qu’il  soit, 

avait  produit.  a  fort  peu  d'effet,  à  moins  qu’il  ne  soit  entaché  d’hys- ■ 

Mais  dira-t-on,  pour  les  hystériques  delà  ville,  n’est-  térie.  D’abord  l’hypnose,  qui  est  la  suprême  ressource 
ce  pas  la  même  chose  ?  Si*  je  dois  m'en  rapporter  à  pour  combattre  un  accident  hystérique  que  la  persua- 
mon  expérience  personnelle,  je  répondrai  catégorique-  sion  simple  n’a  pu  réussir  à  supprimer,  ne  peut  pas 
ment  que  non.  J’ai  pu,  en  effet,  depuis  que  j’ai  aban-  utilisée  dans  la  neurasthénie,  pour  la  bonne  raison 

donné  la  campagne  pour  la  ville  faire^une"^  sorte  de  qu’on  n’obtient  jamais  le  sommeil,  quoiqu’on  dise  Bé- 
contre-épreuve.  Je  n’ai  plus  actuellement  des  suc-  rillon  et  son  école  ;  le  sommeil  hypnotique  étant  un 
cès  aussi  brillants.  Pourtant  le  médecin  est  le  phénomène  hystérique,  on  ne  peut  par  conséquent 
même,  et  je  ne  sache  qu’il  se  soit  déjà  amoindri.  Mais  1®  produire  que  chez  celui  qui  a  l’hystérie  en  puissance, 
le  sujet  est  différent.  Ce  n’est  plus  le  paysan  crédule,  ®ii  gei’me.  Dernière  remarque  :  tandis  qu’à  la  ville,  la 
confiant,  j’entends  au  point  de  vue  médical,  ce  n’est  neurasthénie  y  est  plus  fréquente  que  l’hystérie,  j’ai 
plus  le  paj'san  si  facile  à  impressionner,  à  convaincre  trouvé  à  la  campagne  la  proportion  inverse,  l’hystérie 
qu’une  simple  pression  sur  la  jambe  agitée  de  trem-  s'y  rencontre  le  plus  souvent. 

blements  choréiques,  par  exemple,  suffira  à  mettre  au  Quant  aux  affections  vésaniques  pures,  j’ai  été  sur¬ 
repos,  qu  une  simple  cuillerée  d’eau  à  laquelle  il  atta-  pris  de  ne  pas  trouver  le  chiffre  considérable  que  sem- 
'-hera  une  vertu  magique  arrêtera  ses  vomissements,  blait  devoir  commander  le  terrain  tout  spécial  sur 
faradique,  même  quand  pour  lequel  s’étendait  ma  clientèle  ;  clientèle  de  dégénérés, 
un  deiaut  de  la  pile  le  courant  ne  se  produit  pas,  don-  clientèle  de  buveurs.  Dans  ce  pays  de  dégénérés  où  les 
neia  en  quelques  minutes  le  mouvementàun  membre  porteurs  de  stigmates  physiques  de  dégénérescence  se 
paialyse.  Aon,  c  est  un  sujet  toujours  impressionna-  rencontrent  à  chaque  pas,  où  l’on  trouve  quantité  de 
e,  parce  qu  hystérique,  mais  à  un  degré  beaucoup  tiqueurs,  de  bègues,  de  sourds-muets,  de  ptoses,  de 
i^aqins  confiant,  un  sujet  qui  faces  asymétriques,  j’ai  vu  en  12  ans,  19  aliénés  avec 
d'apprécier,  de  juger  la  délire  nettement  caractérisé,  pouvant  nécessiter 
Il  f)  institue  ;d’en  peser  l’importance,  l'internement.  C’est  peu  si  l’on  songe  à  la  grande  éten- 

Dêcho  ,  •  ®1  le  doute,  chez  l’hystérique,  em-  due  de  ma  clientèle,  et  au  terrain,  c’est  peu  si  l’on 

foi  A  de  la  cure.  A  l’hystérique,  il  faut  la  songe  aux  habitudes  d’ivrognerie  de  nos  paysans.  Il 

ner  a"  hystérique,  il  est  plus  facile  de  la  don-  est  vrai  que  ce  sont  des  ivrognes  de  vin  naturel  et  peu 

sont  ’  T  I  alcoolisé  (G  à  7“).  Et  puis  l’état  social,  le  genre 

les  If®®’ l^‘l  flu®  j’ai  obtenu  mes  plus  l’aci-  d’existence  ,  la  vie  active  en  plein  air,  le  travail 
les  hvsfér^  Avec  mes  malades  de  la  ville,  môme  avec  musculaire  permanent  doivent  annihiler  en  partie 
rium*  ®hez  moi,  à  mon  sanalo-  l’action  nocive  des  boissons  spiritucuses.  Son  genre 

bien  nue  “htiens  pas  les  mêmes  résultats  brillants,  de  nourriture,  son  alimentation  presque  cxclusivc- 

heaucoim^ni  ™ *1  ^®®®  trouvent  dans  des  conditions  ment  végétale  (haricots,  pommes  de  terre,  chouxj  pro- 

P  P  us  lavorables,  puis  qu’isolés  de  la  famille,  duisant  moins  de  fermentations  digestives,  élaborant 


36 


LE  PROGRÈS  MEDICAL 


moins  de  toxines,  met  le  paysan  dans  des  conditions 
meilleures  pour  conserver  indemnes  ses  cellules  hé¬ 
patiques,  cérébrales  et  neutraliser  les  effets  du  poison. 
Notre  savant  confrère,  le  D'Culerre,  médecin  directeur 
de  l’Asile  de  la  Roche-sur-Yon,  est  venu  appuyer  mes 
affirmations  en  disant  que  les  délirants  alcooliques 
reçus  dans  son  établissement  étaient  surtout  des  bu¬ 
veurs  de  cabarets,  des  buveurs  mixtes,  vins  et  alcools. 
Or  ce  n’est  pas  chez  les  paysans  qu’on  les  trouve  géné¬ 
ralement.  Ils  boivent  chez  eux  ou  chez  levoisin  et  tou¬ 
jours  du  vin.  Ainsi  le  delirium  tremens  et  le  délire 
alcoolique  chronique  sont  rares  chez  le  paysan  .Le  paysan 
faisait  autrefois  très  rarement  de  la  paralysie  géné¬ 
rale.  .l’en  ai  soigné  2  en  12  ans,  dont  un  appartenant 
à  la  classe  bourgeoise.  Il  est  probable  qu'en  raison  du 
service  militaire  obligatoire,  le  paysan  pourra  contrac¬ 
ter  à  la  ville  la  syphilis  et  sera,  de  ce  fait,  susceptible  à 
son  tour  de  verser  moins  rarement  dans  la  paralysie 
générale.  Chez  les  paysans  touchés  par  la  vésanie,  il 
m’a  été  doAé  de  remarquer  la  place  importante  que 
prennent  1(^  idées  de  sorcellerie,  de  mysticisme  dans  le 
délire  de  ces  malades.  Rien  de  surprenant  quand  on 
songe  à  quel  point  le  paysan  normal  est  hanté  parles 
idées  superstitieuses. 

J  apporterai  entin  mes  conclusions.  Laissant  de  côté 
les  vésanies  qui  n’offrent  rien  de  particulier,  je  dirai 
que  les  névroses,  l’hystérie  e  t  la  neurasthénie  ne  doi¬ 
vent  plus  être  considérées  comme  des  maladies  sur¬ 
tout  urbaines.  La  campagne  autant  peut-être  plus  que 
la  ville  leur  paie  un  très  large  tribut. 


NARCYL  GRÉMY  médicament  spécifi¬ 
que  de  la  toux,  spécialement  de  la  toux  des  tu¬ 
berculeux. 


BULLETIN  DU  PROGRÈS  MÉDICAL 

L’exercice  illégal  de  la  médecine  à  l’Etranger 

Ce  mal  dont  souffre  la  profession  médicale  existe 
dans  tous  les  pays,  et,  loin  de  diminuer,  il  ne  fait  que 
s’accroître  d’année  en  année.  Ecoutons  les  plaintes  des 
confrères  français  et  étrangers.  En  France,  le  pharma¬ 
cien  a  beaucoup  restreint  son  champ  d’opération.  Bien 
entendu,  il  fait  encore  toujours  le  premier  pansement 
aiprès  un  accident,  il  continue  à  délivrer  des  drogues  à 
la  domestique  et  même  au  bourgeois,  qui  le  consul¬ 
tent  sur  certains  malaises.  Mais  il  peut  alléguer  pour 
son  excuse  que  le  sergent  de  ville  ou  le  public  lui 
amène  le  blessé,  que  le  médecin  n’était  pas  chez  lui 
et  qu  on  ne  peut  pas  laisser  souffrir  ou  saigner  le  mal¬ 
heureux  en  attendant.  D’ailleurs,  il  ne  néglige  pas  de 
conseiller  une  consultation  médicale,  lorsque  le  trau¬ 
matisme  est  quelque  peu  sérieux  ou  lorsqu’il  soup¬ 
çonne  une  maladie  grave.  Le  pharmacien  sait  que 
le  médecin  pourrait  à  son  tour  lui  nuire,  en  dépréciant 
les  drogues  qu’il  vend  à  un  malade  qui  ne  guérit  pas 
assez  vite.  Ce  n’est  donc  pas  de  ce  côté  que  vient  le 
mal.  Le  véritable  rebouteux  est  plus  dangereux,  mais 
hàtons-nous  d’ajouter  queleor  juombçe  en  F rajice,  laisse 
loin  derrière  celui  que  donnent  les  statistiques  d’Alle¬ 
magne,  d’Angleterre  et  d’Amérique. 


La  «  Medizinalstatistik  »  de  Prusse  signale  pour 
l’année  1903,  5148  rebouteux  contre  4104  l’année 
précédente,  et  dans  ce  chiffre  ne  sont  pas  compris  les 
masseurs,  les  infirmiers  et  les  barbiers,  qui  tous  font 
plus  ou  moins  uneconcurrenceillégale  aux  médecins. 
Ce  qui  fait  22,8  rebouteux  pour  100  médecins.  Dans 
certains  districts,  il  y  a  môme  plus  de  rebouteux  que  de 
médecins.  A  Berlin  seul,  1013  charlatans  pratiquent 
à  côté  des  2875  médecins.  La  population  berlinoise  a 
augmenté  de  30  %  de  1897  à  1902,  le  nombre  des 
«  Naturheilhunatler  »  a  augmenté  de  57  7o-  Pas  éton¬ 
nant,  alors,  que  dans  la  capitale  allemande  il  y  ait 
un  nombre  très  respectable  de  praticiens  exemptés  de 
patente,  parce  qu’ils  ne  gagnent  que  000  à  1200  francs 
par  an.  Cette  misère  de  la  profession  est  duo  à  la 
«  Geweibefreiheit  »  (liberté  de  métier)  et  au  Gewerbege- 
setz  qui  déclare  l’art  de  guérir  comme  un  métier. 

Il  existe  en  Allemagne  835  sociétés  de  «guérison  par 
la  nature  »  (Naturheilkunst),  qui  ont  lancé  en  3  ans 
392.000  brochures  prônant  l’excellence  de  la  thérapeu¬ 
tique  naturelle  pour  l’application  de  laquelle  on  n’a  pas 
besoin  du  médecin  diplômé.  Un  journal  de  la  société 
tire  à  112.000  numéros!  et  le  livre  de  M.  Bilz,  prophète 
de  ces  confréries  malfaisantes  a  été  vendu  à  un  million 
d’exemplaires!  On  n’a  pas  idée  de  la  clientèle  énorme, 
soignée  par  feu  Kneipp  et  qui  a  passé  aux  mains  de  ses 
successeurs.  Nous  signalons  à  ceux  qu’intéresse  cette 
question  le  journal  «  Hygienische  Bliitter»  qui  a  pour 
but  de  combattre  le  charlatanisme  et  qui  donne  des 
faits  du  plus  haut  intérêt. 

En  .Angleterre,  la  situation  n’est  pas  meilleure.  Le 
praticien  anglais  se  plaint  du  «  quack  »  (rebouteux), 
des  «  quackadvertisements  »  (réclame  dans  la  presse), 
du  pharmacien  et  de  l’opticien,  qui  donnent  des  con¬ 
sultations  et  instituent  séance  tenante  le  traitement. 
11  se  plaint  des  gardes-malades  engagées  par  certaines 
communes  et  surtout  de  la  nurse  et  du  pasteur,  qui 
prend  charge  non  seulement  de  l’âme  mais  aussi  du 
corps  de  ses' paroissiens.  Bien  entendu,  la  nurse  anglai-' 
se,  telle  qu’on  la  voit  dans  les  hôpitaux,  est  une  infir¬ 
mière  supérieure  à  tous  les  points  de  vue  tant  qu’elle 
travaille  avec  le  chef.  Elle  devient  nuisible  et  dange¬ 
reuse  pour  le  praticiendès  qu’elle  s’établit  àson compte. 
Il  arrive  en  effet  souvent  qu  elle  met  en  pratique  par 
elle-même  les  connaissances  acquises  pendant  son  stage* 
à  l’école  d’infirmières  ;  elle  le  fait  d’autant  plus  facile¬ 
ment,  qu’elle  est  instruite  en  général  et  que  ses  no¬ 
tions  de  médecine  sont  très  étendues  (voir  les  pro¬ 
grammes  de  ces  écoles  de  Londres  !)  Beaucoup  depra-  _ 
ticiens  accusent  leurs  confrères  de  se  servir  des  nurses- 
pour  faire  de  la  clientèle.  Ils  les  reçoivent  dans  leurs 
familles,  les  comblent  de  cadeaux,  etc.,  et  en  retour  se  . 
font  proposer  par  elles  aux  malades.  Le  pasteur  tient  | 
par  h;  môme  moyen  les  praticiens,  et  gare  à  celui  quij 
lui  déplaît  ou  qui  ne  favorise  pas  son  église.  j 

Le  paradis  du  charlatan  est  sans  conteste  la  libre! 
Amérique,  où  il  y  a  cependant  actuellement  1  médecin  1 
pourbOühabitants  («lans  les  villes).  Les  «  ostéopafh  «éJ 
les  «  vitapath  »  et  tous  les  guérisseurs  en  path  sont! 
d’anciens  infirmiers  chassés  des  hôpitaux  ou  encore  J 
d’anciens  étudiants  en  médecine  enlisés,  fruits  secs,j 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


37 


qui  n’ont  pu  obtenir  de  diplôme.  Et  cependant  tout  le 
monde  sait,  quel  trafic  de  parcliemins  est  pratiqué  par 
•certaines  écoles.  A  JNew-York  ily  a  à  peu  près  2000  re¬ 
bouteux  (bonesetters,  quacks),  appartenant  aux  sectes 
les  plus  variées.  C'est  en  imitant  les  «  Christian scien- 
tisls»  les  faitbeurists  que  s'est  formée  la  secte  des 
((  Gesundbeler  »,  dont  a  eu  à  s'occuper  naguère  la 
police  allemande.  Combien  d’émules  n’a  pas  eu  la 
«  motlierEddy  )>(mèreEddyj.Ilne  fautpas  croire,  que  le 
quack  peut  pratiquer  librement  dans  tous  les  Etats  de 
la  confédération.  Des  amendes  variant  entre  250  et  400 
francs  leur  sont  octroyées,  mais  qu'est-ce  cela  pour  un 
■ostéopatli,  qui  gagne  30.000  francs,  et  dont  l'autorité 
dépasse  celle  du  meilleurcliirurgien  de  l’endroit.  Dans 
l'Oueida  County  I  Etat  de  Aew-York)  pratique  un  re- 
t  bouteux  avec  tant  de  succès  qu’un  jury  n’oserait  pas  le 
condamner.  Sa  valeur  pour  le  public  ne,  dépend  pas  de 
son  savoir  et  de  son  habileté,  mais  de  ce  (ju’il  gagne. 

Ces  quelques  faits  montrent  combien  grand  est  le  mal 
partout  et  combien  urgente  estime  organisation  inter- 
i  nationale  pour  lalutle  contre  l'exercice  illégal  de  la  mé¬ 
decine.  Espérons  que  le  prochain  Congrès  nous  fera 
faire  un  pas  en  avant  dans  notre  défense. 

D’C.  Fhiedel. 


Du  placement  des  aliénés,  en  particulier  des  enfants. 

.  En  octobre  1903,  Mme  Thé....  nous  amena  à  notre  con¬ 
sultation  du  jeudi,  à  Bicêtre,  son  fils  Lucien,  né  le  5  mai 
1900,  atteint  de  crises  nerveuses  depuis  l’ége  de  27 
■mois  (juillet  1902i.  Avant,  il  était  nerveux,  mais  avait 
percé  toutes  ses  dents  sans  convulsions.  »  Ça  l’a  pris 
tout  d'un  coup,  en  dormant,  dans  l'après-midi  :  c’était 
le  début  d’une  méningite.  Do  1  h.  1/2  à  4  h.  [mardi] 
convulsions.  Retour  de  la  connaissance  pendant  1.5  minu¬ 
tes.  Puis,  réapparition  des  convH/iionx généralisées,  con¬ 
tracture,  secousses  à  4  h.  1/4  jusqu’à  5  heures, le  samedi. 
Il  est  resté  3  semaines  malade.  » 

Alors  ont  suivi,  dès  la  convalescence,  des  étourdisse¬ 
ments,  ensuite  des  accès  (novembre  1902).  A  partir  de  là, 
persistance  des  accidents  épileptiques.  Èn  octobre  1903, 
accès  nombreux,  admission  à  l'hôpital  général  de  Rouen 
et,  au  bout  de  15  jours,  envoi  à  l’asile  de  yuatremares 
où  il  reste  2  mois.  Il  en  est  renvoyé  parce  que, durant  ce 
temps,  il  n  avait  pas  eu  de  crises.  Un  médecin  conseille 
"l’aller  de  Rouen  à  la  campagne. 

Le  mari,  employé  au  chemin  de  fer  de  l'Ouest  (1 10  fr. 
•par  mois,  après  retenue),  demande  son  changement 
pour  Gisors,  il  y  aura  3  ans  le  29  mars.  Le  médecin  de 
la  Compagnie  refuse,  assure-t-on,  de  délivrer  le  certi- 
)  ficat  pour  l’admission  dans  un  asile.  Le  pharmacien  du 
!  pays  donne  une  lettre  de  recommandation  pour  le  méde- 
I  cin  du  dispensaire  de  la  Cité  du  Midi,  lequel  l’adresse  à 
!  le  D'  L.  Guinon,  de  l’hôpital  Trousseau.  Au  cours  de 
1  examen,  l’enfant  a  eu  un  accès  et  (par  humanité) 

;  L.  Guinon  rédige  un  certificatconstatant  ;  «  débilité 
:  mentale,  avec  accès  d’épilepsie,  arrêt  de  développe¬ 
ment  intellectuel,  instabilité  physique,  excitation  conti- 
:  ouelle  qui  rendent  presque  impossible  la  vie  dans  la 
famille  et  nécessitent  l’admission  dans  une  maison 
de^ducalion  spéciale  »  1;.  Paris,  10  janvier  1900. 

Et  on  ajoute  mon  adresse  personnelle,  sans  doute  afin 

i  ^lieux  .lupail-oii  dit  «  plalilisseiiivnl  sp.-ciul  »  ou  <■  ««te 


d’aider  au  placement.  Or,  l’enfant  appartenant  à  l’Eure, 
je  ne  puis  le  faire  admettre  à  Bicêtre.  La  signature  de 
notre  distingué  collègue  de  Trousseau  n’étant  pas  lé¬ 
galisée  (ce  qu’exige  la  loi)  Mme  T...  est  obligée  de 
retourner  chez  le  commissaire  de  police  du  quartier  de 
cet  établissement  (quartier  Piepus).  Enfin  je  lui  indique 
les  auires  formalités  à  remplir  pour  faire  admettre  l’en¬ 
fant  à  l’asile  du  département  de  l’Eure,  où  ses  parents  ont 
leur  domicile  de  secours,  c’est-à-dire  à  Xav’arre,  près 
Evreux. 

Ces  déplacements  de  la  famille  et  de  l’enfant,  ces  vi¬ 
sites  à  trois  médecins  non  payés),  auraient  pu  être  évi¬ 
tés  en  remplissant,  au  pays  même,  les  formalités  légales  : 
demande  au  préfet  de  l’Eure,  certificat  de  médecin  léga¬ 
lisé  par  le  maire  ou  le  commissaire  de  police,  bulletin  de 
naissance. 

On  nous  reproche  quelquefois  d’accorder  trop  déplacé 
dans  ce  journal  aux  questions  d’assistance.  On  voit,  par 
ce  fait,  que  d’ennuis,  de  dépenses,  le  médecin,  qui  doit 
être  l'homme  secourable  par  excellence,  posait  épar¬ 
gner  aux  familles  s’il  était  bien  au  courant  de^onditions.. 
à  remplir  pour  l’hospitalisation  des  aliénés,  adultes  et 
enlants.  Nous  reviendrons  bientôt  sur  cette  question, 
à  un  point  de  vue  général,  à  propos  d’une  lettre  très  in¬ 
téressante  de  M.  le  D''  Triboulet.  B. 

- - 

SOCIÉTÉS  SAVANTES 

SOCIÉTÉ  DE  BIOLOGIE 

Sninrc  du  13  janvier  1900 
Coloration  des  tinnaloblaslés  du  sang  humain. 

M.  Noi.i.et  ide  Montpellier)  se  sert  du  réactif  de  Gerson, 
et,  au  moyen  d’une  méthode  spéciale,  il  arrive  à  colorer  les 
héniatoblastesdu  sang  humain. 

.Modification  de  la  tétanie.  » 

■M.  Prévost  et  M"'  Stern  (de, Genève)  ont  étudié  faction 
d’un  courant  alternatif  appliqué  de  la  bouche  à  la  nuque  et 
alternativement  de  la  nuque'à  la  bouche  chez  des  chiens 
thyro'idectomisés  atteints  de  tétanie.  Cette  action  est  capable 
d’éloigner  les  crises  de  tétanie  et  prolonge  nettement  la 
surviede  fanimal. 

Chlorure  de  sodium  du  lait. 

M.  Porcher  (de  Lyon  a  trouvé  très  occasionnellement  dans 
le  lait, à  des  doses  très  variables,  du  chlorure  de  sodium.  Il  ne 
dépend  pas  de  l’alimentation  et  sa  dose  dépend  surtout  d'un 
processus  purement  physique,  la  régulation  de  l’équilibre 
osmotique. 

Sur  ‘pancréatique  et  glycémie. 

M.  P.iRisoT  établit  par  des  expériences  que  l’emploi  du  suc 
pancréatique  dans  le  système  nerveux  produit  de  l’hypergly¬ 
cémie  et  de  la  glycosurie,  1  injection  de  sécrétine  dans  la 
veine  porte  ne  produit  pas  d’hyperglycémie  dans  la  veine 
sus-hépatique,  ce  qui  est  un  argument  eh  faveur  de  l’indé¬ 
pendance  des  deux  1  onction  s  hépatiques  ;  la  fonction  biliaire 
et  la  fonction  glycogénique. 

Cryoscopie  de  petites  quantités  de  liquide. 

M.  Hamburger  décrit  une  méthode  permettant  l’analyse 
cryoscopique  de  quantités  très  minimes  de  liquide. 

Dosage  du  chloroforme. 

M.  N1C1.0UX  a  dosé  le  chloroforme  dans  Pair,  le  sang  ou 
dans  tout  liquide  par  un  procédé  très  simple  (lu’il  a  trouvé. 

E.  1>. 


38 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


ACADÉMIE  DE  MEDECIXK 
Séance  du  IG  janvier. 

L’emploi  des  rations  de  Rœntuni. 

Le  remarquable  rapport  de  M.  Chauffard  donne  lieu  à 
unedesdiscusionsles  plus  importantes  qui  aient  eu  lieu  de¬ 
puis  longtemps  à  l'Académie. 

M.  Pinard  rappelle  qu’on  acraintde  voir  employer  les  rayons 
.V  pour  produire  la  stérilité  ou  l'avortement.  Ces  craintes 
semblent  excessives. Depuis  l<S9(),estétabli,àla  clinique llaude- 
locque,  un  service  de  radiographie  ;  des  femmes  ont  été  sou¬ 
mises  à  des  séances  d’une  durée  de  30  à40  minutes,  et  cela  à 
plusieurs  reprises,  etcela  au  début,  au  cours,  à  la  lin  de  la 
grossesse,  après  l’accouchement.  Un  certain  nombre  d'entre 
elles  ont  été  revues  ;  aucune  n’a  paru  en  avoir  souffert. 
Voilà  pour  l’individu. 

De  ces  femmes,  2;’.  sont  revenues  accoucher  à  Baudelocque  : 

10  l’année  suivante. 

3  au  bout  de  2  ans, 

4  au  bjfet  de  3  ans, 

4  au  bfct  de  4  ans, 

1  six  ans  après. 

Une  de  ces  femmes,  qui  avait  un  bassin  oljlique  ovalaire, 
et,  de  ce  fait, avait  été  radiographiée  souvent, a  mis  au  monde 
un  enfant  qui  pesait  0  litres. 

Cet  emploi  abusif  des  rayons  restera  donc  fort  incertain, 
si  encore  il  est  possible. 

M.  Reynier  rappelle  les  services  rendus  par  les  physiciens 
aux  progrès  de  la  radiographie.  11  ne  croit  pas  au  danger  des 
rayons  X.  maniés  avec  les  précautions  les  plus  élémentaires. 
Il  réclame  un  enseignement  techniiiue  et  un  contrôle  médi¬ 
cal.  Mais  il  désirerait  le  maintien  des  situations  acquises. 

M.  Chauff-ard  répond  qu’en  se  plaçant  au  seul  point  de  vue 
scientifique,  l’emploi  clinique  des  rayons  de  Rœntgen  ne 
saurait  être  fait  que  par  les  médecins. 

M.  CoRNiL  apporte  la  preuve  histologique  des  lésions  créées 
par  les  rayons  X  imprudemment  maniés. 

La  radiothérapie,  traitementde  choix  dans  lesépithéliomas 
superficiels,  à  marche  lente,  est  désastreuse,  quand  elle  est 
appliquée  sans  mesure,  avec  des  séances  trop  rapprochées. 
En  somme,  l’emploi  des  rayons  \  ne  peut  être  prescrit 
que  par  un  médecin,  et  ils  peuvent  être  aussi  dangereux 
pour  l’opérateur  que  pour  le  patient. 

M.  Reynier  compare  les  rares  accidents  provoqués  par  les 
rayons  X  aux  accidents  dus  au  chloroforme. Ces  accidents  sont 
toujours  dus  à  quelque  faute  de  technique. 

M.  Brouardei., comme  médecin  légiste  protestent  montre  que 
dans  l'emploi  du  chloroforme  comme  dans  celui  des  rayons 
.X.des  accidents  graves  ne  sont  pas  toujours  évités  parles  mé¬ 
decins  les  plus  instruits  et  les  plus  soigneux. 

MM.  Labbé  et  Le  Dkntu  défendent  la  tlièse  deM.  Brouardei 
si  importante  pour  protéger  la  responsabilité  médicale.  On  ne 
saurait  dire  que  les  dangers  des  rayons  V  et  du  chloroforme 
tiennent  toujours  à  des  fautes  dans  le  maniement. 

M.  Reynier  explique  sa  pensée.  Il  reconnaît  que  certains 
faits  cliniques  tromperont  toujours  toutes  les  prévisions 
et  la  technique  la  plus  parfaite.  Mais  ces  faits  restent  l'excep¬ 
tion. 

M.  Brouardei.  admetqu’on  doiye  faire  une  distinction  parmi 
les  radiologues  non  médecins.  Certaines  situations  acquises 
pourront  peut  être  être  maintenues  dans  les  hôpitaux  où  le 
contrôle  médical  est  permanent.  Mais  ceci  regarde  l’ Assis- ' 
tance  publique,  de  même  que  l'enseignement  de  la  radiologie 
concerne  la  seule  Faculté. 

Ce  que  l’Académie  doit  condamner  avec  énergie,  c’est  l’exer¬ 
cice  illégal  de  la  radiologie  dans  la  clientèle  de  ville,  exercice 
fait  souvçnt  avec  le  plus  éhonté  charlatanisme. 

M.  Le  Dentu  montre  que  quelques  radiologues  non  méde¬ 
cins  ont  rendu  de  grands  services  dans  les  hôpitaux  et  rempli 
leurs  fonctions  de  la  façon  la  plus  dévouée  etla  plus  correcte. 

M.  Gariel  montre  qu’un  médecin  peut  vite  et  facilement 
acquérir  lesnotions  de  physique  indispensables.  Un  radiolo¬ 


gue  non  médecin  commettra,  au  contraire,  par  ignorance,  les  ] 
imprudences  les  plus  graves. 

M.  Cornu,  rappelle  les  accidents  mortels  dont  furent  Aic-i 
ti  mes  plusieurs  radiologues.  Il  fait  une  allusion  discrète  à  la 
gangrène  du  bras  dont  mourut  R.,  physicien  pourtant  des 
plus  instruits  et  des  plus  expériraent  és,  ayant  beaucoup  fait 
en  France,  pour  la  technique  radiologique. 

M.  Debove  résume  la  question  avec  son  esprit  net  et  mor-1 
dant.  Doit-on  permettre  l’emploi  des  rayons  X  àdessomnam-' 
bules,  des  magnétiseurs,  des  photographes,  des  marchands: 
de  vins  ?  La  création  d'un  diplôme  spécial  de  radiographie^ 
est  inutile.  Tous  les  médecins  qui  désirent  apprendre  cettç; 
science  spéciale  peuvent  le  faire  très  vite  à  la  Faculté.  Poui^ 
les  radiographes  non  médecins,  cette  création  couvrirait  tous! 
les  abus.  ' 

L’intervention  de  M.  Debove  est  décisive  et  les  conclusions! 
du  rapport  de  M.  Chauffard  sont  adoptées  à  l'unanimité. 

Souhaitons,  sans  trop  l’espérer,  que  cette  importante  déli-^ 
bération  n’aille  pas  rejoindre  les  paisibles  tiroirs  où  dormentj 
—  d’un  bon  sommeil  —  tant  de  vœux  académiques. 

A.-F.  Plicquk. 

SOCIETE  DF  CIIIRl  RG1E 
Sénncf  du  10 janvier. 

Eliologie  de.  Phtjdronéplirosc. 

M.  Bazv  croit  pouvoir  expliquer  l'étiologie  de  certaines  liy-j 
dronéphroses  par  l’existence  d’une  artère  anormale  qui,  par-i 
tie  de  l’aorte  abdominale,  aborde  le  hile  du  rein  en  passant, 
en  avant  de  l’uretère  ;  lorsijue  le  rein  s’abaisse,  l’uretère  se 
coude  sur  l’artère,  d’où  hydronéphrose. 

'  PatliOfiénie  de  t'atrophie  de  la  vésinile  biliaire. 

.M.  Hartmann,  revenant  sur  une  communication  antérieure: 
de  M.  Delbet,  à  propos  delà  pathogéniede l’atrophie  de  la  vé-| 
sicule  biliaire  au  cours  des  obstructions  des  voies  biliaires  pen-j 
se  ipie  cette  atrophie  est  due  à  une  cholécystite  chroniquei 
sclérosante  et  que  si  l’atrophie  de  la  vésicule  fait  défaut  dans! 
le  cancer.c’est  que  l’intlammation  vésiculaire  n’a  pas  le  temps., 
d’évoluer. 

Traitement  des  prolapsus  du  rectum. 

M.  PicQuÉ.raiiportant  un  cas  de.  prolapsus  du  rectum opéré^ 
par  XL  Eenormand,  estime  que  la  colopexie  reste  l’opérationi 
de  choix  dans  les  prolajisus  graves. 

Le  drainafie  lombaire. 

M.  \  ii.LEMiN  fait  une  communication  sur  le  drainage  lom¬ 
baire  dans  les  cas  d’appendicite  avec  péritonite  purulentéi 
Seul,  ce  drainage  assurerait  l’écoulement  del’épanchemcnt  au 
point  le  plus  déclive. 

Corps  étrangers  intestinaux. 

M.  Broca  présente  une  épingle  de  cravate  ([ui  a  été  avalée' 
par  un  enfant  et  expulsée  au  l^out  de  trois  jours,  par  l’anus,' 
sans  accident. 

M.  le  Dkntit  et  M.  Claudot;  citent  des  faits  analogues.  XI. 
Second  rappelle  que  l’expulsion  n'a  pas  toujours  lieu,  et  ilansj 
deux  cas,  la  radiographie  lui  a  peimis  de  s’assurer  que  les. 
corps  étrangers  s'étaient  arrêtés  dans  le  duodénum.  Les  deuri 
cas  nécessitèrent  la  laparotomie. 

■  '  A.C.vtz. 

SOCIETE  medicale  DES  HOPITAUX. 

Séance  du  12  janvier. 

Intoxication  mercurielle  thérapeutigue. Mort,  .iutopsie. 

MM.  Le  Xoir  et  Camus  rapportent' l’observation  d’une  ma-| 
lade  adulte  qui  a  reçu  4  injections  de  7  gouttes  d’huile  grise] 
en  un  mois.  Début  de  stomatite  3  jours  après  la  dernière  in-1 
jection  ;  un  mois  après,  stomatite  ulcéro-gangréneuse  intense,ij 
albuminurie,  diarrhée,  fièvre,  amaigrissement,  cachexie  et 
mort.  l'autopsie,  on  constate  des  lésions  d’entérite  grave  et 
une  néphrite  toxique  aiguë.  Ce  fait  doit  donc  rendre  réserv^ 
l'emploi  des  injections  mercurielles  insolubles. 

M .  Brocq  fait  remarquer  que  la  précision  de  la  dose  et  les  | 
précautions  dans  l’administration  ont  une  grave  importance^ 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


Cet  accident  ne  peut  en  rien  diminuer  les  avantages  si  pré¬ 
cieux  des  injections  d'huile  grise. 

M-  Bai.zer  admet,  dans  le  cas  particulier,  une  idiosyncra¬ 
sie  de  la  malade,  et  estde  l’avisde  M.  Brocq.Non  seulement  il 
considère  les  injections  d’huile  grise  comrne  un  excellent  trai¬ 
tement,  mais  aussi  il  n’a  pas  observé  d'abcès  depuis  qu’on 
les  fait  suivant  la  technique  réglementaire,  c'est-à-dire  :  dose 
bien  connue,  propreté  minutieuse,  injection  en  plein  mus¬ 
cle. 

il.  D.\ni.os  réserve  les  injections  à  la  syphilis  rebelle  au 
traitement  par  les  méthodes  anciennes. 

M.  Thibierge  se  range  du  côté  de  MM.  Balzer  et  Brocq.  Les 
accidents  sont  dus  au  manque  de  soins  de  la  part  des  mala¬ 
des. 

M.  Qceyrat.  qui  traite  de (i.OOO  à  7.000  syphilitiques  par  an 
avec  l'huile  grise,  n’a  jamais  observé  d'accidents  graves. 

M.  Le  Gendre  demande  aux  syphiligraphes  cpiel  traite¬ 
ment  il  faut  appliquer  chez  les  syphilitiques  qui  ont  de  la 
néphrite.  Faut-il  faire  des  injections  et  lesquelles  ? 

M.  Brocq  ne  considère  pas  une  néphrite  antérieure  à  la  sy- 
philiscomme  contre-indication  du  traitement  anti-syphiliti¬ 
que.  Il  faut  cependant  surveiller  les  reins.  Dans  lesnéphrites 
secondaires,  il  se  sert  de  sels  solubles  et  s'abstient  des  sels 
insolubles. 

,  M.  F-usans  demande  aux  spécialistes  si  l’usage  des  sels  so¬ 
lubles  ou  insolubles  est  indilTérent,  quels  que  soient  les  acci¬ 
dents  et  leur  âge.  Dans  les  affections  tertiaires  les  sels  insolu¬ 
bles  lui  paraissent  nécessaires,  tandis  que  dans  la  période 
secondaire  les  sels  solubles  sont  suffisants.  . 

^I.  AntVony  I  Val-de-Gràce)  objecte  aux  injections  insolubles 
de  ne  pas  permettre  un  dosage  suffisant  de  l’action  médica¬ 
menteuse  et  dit  qu'il  a  assez  souvent  observé  des  phlegmons 
et  des  névrites. 

M.  THiBiERGE-met  ces  complications  sur  le  compte  des  fau¬ 
tes  de  technique.  Le  calomel  lui  paraît  plus  souvent  donner 
lieu  à  des  abcès. 

Contribution  à  l’étude  clinique  et  bactériologique  des  lésions  en- 
céphalo-méiiingées  chez  le  nouveau-né  syphilitique. 

MM.  R.vyaüt  etA.  Ponsselle,  rapportent  l’observation  d'un 
nouveau-né  syphilitique,  qui  présenia  des  syphilides  papu¬ 
leuses  très  confluentes,  une  hypertrophie  du  foie  et  de  la 
rate,  des  convulsions  des  muscles  de  la  face  et  des  muscles 
de  l’œil  et  de  la  nuque.  La  ponction  lombaire  révéla  une 
lymphocytose  marquée  sans  microbes.  Mort  par  cachexie, 
-àutopsie  :  foie  silex  net,  rate  hypertrophiée,  congestion  du 
cerveau  et  inflammation  des  méninges  corticales,  exsudât  sé¬ 
rofibrineux  à  la  base  recouvrant  les  vaisseaux  et  nerfs-  Spiro¬ 
chètes  nombreux  dans  les  coupes  des  vaisseaux  et  dans  l'ex- 
sudat,  qui  est  formé  d’un  réticulum  fibrineux  infiltré  de 
cellules  uninucléées  et  de  spirochètes.  Cette  constatation  mon¬ 
tre  le  rôle  pathogène  du  spirochète. 

Emploi  de  l'adrénaline  .en  Ihérdpeutiquc. 

M.  JoscÉ  rappelle  que  ce  médicament  provoque  une  hyper¬ 
tension  très  marquée  et  est  donc  contre-indiqué  dans  l'hy- 
Perten.sion  déjà  existante  dans  les  lésions  des  artères  du  cer- 
■reau,  dans  l’anévrysme.  La  voie  gastro-intestinale  est  préfé¬ 
rable  à  l'injection  veineuse. 

M.  Ménétrier  rapporte  un  cas  de  syphilis  congénitale  où  il 
®  trouvé  le  spirochète  en  grand  nombre  dans  le  sang  et  les 
i^rgahes  sanguins. 

M.  Letulle  rapporte  l’observation  d'un  cas  de  cancer  de 
t  ampoule  de  Vater,  qui,  quoiqu’àpeine  gros  comme  un  pois, 
provoqua  une  obstruction  complète  du  canal  de  Wirsung  et 
’ine  infection  biliaire.  Mort  en  six  mois.  Friedei.. 

SOCIÉTÉ  DE  MÉDECINE  DE  PARIS 
Séance  du  i3  janvier  igo5. —  Présidence  de  MM.  Graux, 
Desnos  et  Berne. 

Éa  séance  est  ouverte  à  4  h.  45.  —  Le  procès-verbal 
“C  la  précédente  réunion  est  adopté  à  l’unanimité. 

m-  le  Président  annonce  que  m.  Boursier,  membre 
correspondant  national,  à  Contrexéville,  vient  d’être 


nommé  officier  d’ Académie  à  l’occasion  du  centenaire 
de  la  Société  Médico-chirurgicale,  dont  il  est  le  secré¬ 
taire  général.  Il  le  félicite  au  nom  de  la  Société. 

Mention  est  faite  au  procès-verbal, en  vertu  de  l’article 
2Sdii  règlement,  que  MM.  Baraduc,  Bois  et  de  Christmas, 
malgré  les  réclamations  réitérées  du  Trésorier  et  une 
lettre  de  rappel,  recommandée,  envoyée  au  nom  du  Con¬ 
seil  d’Administration,  —  n’ayant  pas  daigné  répondre  ou 
s’acquitter  de  leurs  cotisations  en  retard,  sont  considé¬ 
rés  comme  ne  faisant  plus  partie  de  la  Société. 

M.  Graux,  président  sortant,  prononce  le  discours 
suivant  ; 

Messieurs  et  Chers  Collègues, 

L’an  dernier,  nous  vous  avons  promis  d’étudier  un  projet 
de  fusion.  Pourcela.il  fallait  modifier' les  statuts.  Une  com¬ 
mission,  nommée  conformément  aux  règlements,  a  rédigé, 
après  un  long  et  consciencieux  travail,  qui  a  duré  toute  l'an¬ 
née,  un  projet  qu'elle  vous  soumet  aujourd'hui  et  sur  l(u{u®l 
vous  allez  avoir  à\ous  prononcer  à  la  lin  de  la  séance. 

La  décision  que  vous  allez  prendre  est  grave  pour  l'avenir 
de  la  Société.  La  commission  vous  dit  ce  qu'il  est  possible  de 
faire  :  à  vous  de  voir  ce  qu’il  faut  faire. 

Certes,  vous  apprécierez,  d’une  part,  les  avantjiges  qu’on 
doit  retirer  delà  constitution  d’une  Société  puissante  et  nom¬ 
breuse  et  vous  n’oublierez  pas  que  la  Société  à  laquelle  on 
nous  propose  de  nous  unir  est  celle  qui  se  rapproche  le  plus 
de  la  nôtre,  par  son  ancienneté,  son  honorabilité  et  ses  tradi¬ 
tions.  *■ 

Mais  Amus  aurez  aussi  à  juger  si  les  nouveaux  statuts  per¬ 
mettent  à  notre  Société  de  rester  elle-même  et  de  conserver 
'  ses  traditions  et  son  autonomie. 

Vous  déciderez  s'il  est  préférable,  pour  l’accroissement  de 
notre  Société,  de  conserver  le  recrutement  individuel,  en 
i  .élargissant  peu  à  peu  les  cadres,  ou  s'il  vaut  mieux  adopter 
j  le  recrutement  en  masse,  qu'on  vous  propose,  par  l'adjonc¬ 
tion  d’une  autre  Société  plus  nombreuse  que  la  nôtre  ;  s’il 
I  n’est  pas  à  craindre  que  la  fusion,  en  déplaçant  la  majorité, 
n’annihile  complètement  notre  Société  de  médecine  actuelle. 

Vous  vous  demanderez  si  la  nouvelle  Société,  bien  qu’elle 
conserve  le  nom  de  Société  de  Médecine  de  Paris,  sera  encore 
réellement  la  Société  de  médecine  de  Paris,  alors  qu'elle  n’en¬ 
trera  que  pour  un  tiers  dans  sa  composition,  si  elle  conser¬ 
vera  les  usages  et  les  habitudes  de  l’ancienne  Société  ou  si,  au 
I  contraire,  la  majorité  de  la  nouvelle  Société  ne  modifiera  pas 
tout  à  sa  guise. 

Vous  vous  demanderez  enfin  si. par  l’adoption  de  la  fusion, 
notre  Société  de  Médecine  de  Paris,  jusqu’à  présent  maîtresse 
de  ses  destinées,  ne  commet  pas  un  acte  trop  complet  d'ab¬ 
négation  en  se  laissant  assimiler,  comme  on  l’a  dit  récem¬ 
ment,  par  l'autre  Société,  et  si,  au  contraire,  croyant  s’a¬ 
grandir,  elle  ne  va  pas  disparaître  dans  la  Société  nouvelle. 

Un  de  nos  anciens  présidents  a  dit  :  ><  Notre  Société  doit 
se  rajeunir  tout  en  restant  vénérable,  doitchercher  le  progrès 
tout  en  gardant  ses  traditions.  » 

Vous  pèserez  toutes  ces  considérations  mes  chers  collègues, 
pour  déterminer  votre  vote  et  je  suis  certain  que,  soucieux 
de  conserver  à  la  Société  de  Médecine  de  Paris  le  rang  pré¬ 
pondérant  qu’un  long  et  glorieux  passé  lui  a  assuré  jusqu’à 
présent  parmi  les  autres  Sociétés  médicales,  vous  ne  vous 
laisserez  guider  que  par  l’intérêt  de  notre  chère  Société. 

Avant  de  descendre  de  ce  fauteuil,  qu'il  me  soit  encore 
permis,  mes  chers  collègues,  de  vous  remercier  une  dernière 
fois  du  fond  du  cœur  du  très  grand  honneur  que  vous  m’a¬ 
vez  fait  en  m’élevant  à  la  présidence  delà  Société  de  méde¬ 
cine  de  Paris.  Mon  rôle  a  d'ailleurs  été  aussi  facile  qu’agréa¬ 
ble,  grâce  aux  traditions  de  bonne  confraternité,  d’urbanité, 
de  camaraderie  et  d  indulgence  réciproque  qui  président  à 
toutes  nos  discussions. 

Je  garderai  précieusement  le  souvenir  des  heures  agréables 
et  instructives  passées  au  milieu  de  vous,  dans  la  véritable 
famille  que  constitue  notre  vieille  société. 

Je  laisse  à  notre  si  distingué  et  dévoué  secrétaire  général  le 
soin  devons  résumer  les  travaux  qui  se  sont  produits  à  notre 
tribune,  pendant  l’année  qui  vient  de  s’écouler. 


40 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


Il  vous  parlera  aussi  de  nos  perles  et  de  nos  nouvelles  re¬ 
crues  auxquelles  je  suis  heureux  de  souhaiter  la  bienvenue. 

11  m’est  aussi  agréable,  en  terminant,  de  remercier,  en  vo¬ 
tre  nom,  en  même  temps  que  notre  secrétaire  général  lîuret, 
tous  les  membres  du  bureau  et  particulièrement  nos  secré¬ 
taires  annuels,  MM.  Monel  et  Mortier. 

Et  maintenant,  j'invite  notre  éminent  nouveau  président, 
mon  ami  Desnos,  à  venir  me  remplacer  au  fauteuil. 

M.  Desnos,  nouveau  président,  vient  prendre  place  au 
fauteuil  et  prononce  l’allocution  suivante  : 

Mes  chers  confrères, 

(jue  mes  premières  paroles  soient  foules  de  remerciements 
et  de  gratitude  pour  l'honneur  insigne  que  vous  m'avez  fait 
en  m'appelant  à  présider  vos  séances.  Il  n’en  est  pas  de  plus 
grand  que  vous  puissiez  témoigner  à  l’un  des  vôtres.  Aussi, 
quand  je  parcours  des  yeux  les  rangs  de  celte  Assemblée  et 
que  j’y  vois  tant  de  personnalités  éminentes  qui  mieux  que 
moi  méritaient  d’occuper  ce  fauteuil,  je  cherche  comment 
votre  bienveillance  a  pu  m’accorder  un  pareil  privilège,  et 
je  reste  persuadé  qu'à  défaut  du  mérite,  vous  avez  voulu 
prouver  que  le  zèle  et  le  dévouement  ne  sont  pas  indignes  de 
récompenses  :  c’en  est  une  de  ce  genre  ([ue  vous  avez  voulu 
m’attribuer  en  m'élevant  à  cette  place.  Mais  quelles  qu'aient 
été  vos  raisons,  la  fierté  que  je  ressens  de  votre  choix  ne  sau¬ 
rait  s’exprimer. 

Il  m’est  possible,  depuis  longtemps  déjà,  de  jeter  mes  re¬ 
gards  en  arrière  et  ce  n’est  pas  sans  émotion  queje  me  lepoi  te 
au  temps  déjà  lointain  où  la  Société  de  médecine  de  Paris 
m  a  ouvert  ses  portes,  dans  le  vénérable  bâtiment  de  la  rue 
de  l'Abbaye,  encore  debout  aujourd'hui,  dont  les  vieux  murs 
semblaient  attester  l’origine  reculée  de  notre  Société.  Anciens 
et  nouveaux  rivalisaient  de  travail  et  d’ardeur;  j’y  vois  encore 
les  fidèles  d’alors,  llaillarger,  de  Beauvais,  Dubuc,  Polaillon, 
apportantle  fruit  de  consciencieuses  observations,  documen¬ 
tés  et  écoutés  ;  Reliquet,  toujours  ardent  à  la  lutte  ;  Duro- 
ziez,  dont  la  fine  ironie  et  l’aimable  enjouement  faisaient  le 
charme  de  nos  séances  ;et  Ilorteloup  et  Wickham,  mon  ami 
d’enfance,  et  tant  d’autres  disparus  de  nos  rangs,  mais  tou¬ 
jours  présents  dans  nos  mémoires  ;  enfin  et  surtout  notre  se¬ 
crétaire  général  d’alors,  notre  cher  collègue  Christian,  à  qui 
la  Société  a  dû  si  longtemps  de  faire  preuve  d’une  activité 
sans  égale.  Les  vides,  inévitables. hélas  !  produits  parmi  nous 
ont  été  remplis  et.  après  quelques  vicissitudes,  notre  Compa¬ 
gnie  reste  pleine  de  vigueur  et  d’entrain. 

En  considérant  ainsi  les  hommes  d’élite  qui  m’ont  précédé 
ici,  j’éprouve  la  crainte  bien  justifiée  de  me  trouver  inférieur 
à  la  tâche  que  vous  m’avez  confiée.  Mais  je  trouve  aussi  de 
précieux  encouragements  et  j’espère  qu’en  m’inspirant  de 
leur  exemple,  je  ne  resterai  pas  trop  indigne  de  la  mission 
dont  vous  m’avez  investi. 

Cette  mission  est,  cette  année,  particulièrement  troublante, 
car  une  transformation  plus  importante  que  toutes  les  pré¬ 
cédentes,  va  se  faire  très  probablement.  Nos  rangs  vont  s’é¬ 
largir  et  une  société  amie,  une  société  sixiur.  va  se  joindre,  à 
la  nôtre  ;  de  nos  efforts  unis,  résultera  une  prospérité  plus 
grande,  uneautorité  supérieure.  Si  notre  tâche  devient  plus 
dure  et  plus  étendue,  l’avenir  semble  aussi  plus  brillant. 
Ainsi  transformée  et  grandie,  notre  chère  Société  de  méde¬ 
cine  de  Paris  va  retrouver  toute  sa  jeunesse  et  toute  sa  force. 
Mais  ce  qui  ne  saurait  se  tiansfoimer,  c’est  son  esprit  même, 
la  bonne  confraternité,  les  aimables  rapports,  l’amitié  fidèle, 
une  probité  à  toute  épreuve  ;  tellessont,en  effet, les  traditions 
dont  ont  vécu  nos  anciens  et  que  vous  conserverez  avec 
amour. 

Vous  me  permettrez,  Messieurs,  au  moment  où  je  succède 
à  mon  ami  îeD"^  Graux,  de  vous  rappeler  l’affabilité  et  l’auto¬ 
rité  avec  lesquelles  il  a  présidé  nos  séances  et  le  précieux- 
concours  qu’il  a  apporté  à  nos  travaux.  En  votre  nom,  je  re 
mercierai  de  tout  cmur  les  membres  du  Bureau;  en  qui  je 
suis  certain  de  trouver  de  précieux  collaborateurs.  Mon  ami 
le  D’'  Buret,  notre  secrétaire  général,  l’âme  de  notre  Société, 
toujours  rempli  de  vaillance  et  qui,nous  l’espérons  du  moins, 
voudra  bien,  quoi  qu  il  advienne,  continuer  à  consacrer  à 


notre  Société  les  trésors  de  son  expérience  et  de  son  dévoue¬ 
ment  ;  notre  trésorier,  notre  archiviste,  précieux  gardien  de  • 
nos  richesses,  et  enfin  nos  secrétaires  qui  font  revivre  nos 
séances  dans  la  presse. 

C'est  donc  plein  de  confiance  dans  l’avenir  que  je  salue  ^ 
notre  prospérité  nouvelle,  convaincu,  comme  vous  l’êtes 
tous,  qu’elie  ne  se  démentira  plus. 

M.  LE  Secrétaire  général  lit  son  rapport  sur  les  tra¬ 
vaux  do  l’année  1905. 

Rapport  sur* les  travaux  de  la  Société  pendant 
l’année  1  905 

M  Bcret,  secrétaire  général. 

Messieurs  et  chers  collègues. 

L’année  RIO,')  nous  oblige  à  enregistrer  six  décès  qui  ont. 
atteint  toutes  les  classes  de  notre  Compagnie,  sauf  celle  des 
membres  titulaires.  Nous  comptons  d’abord  deux  membres 
honoraires.  M.  Coi.i.iNKAr  .  décédé  le  9  janvier  et  sur  lequels- 
je  vous  ai  lu,  l’année  dernière, une  notice  biographique.  Puis 
M.  Mai  riac,  dont  nous  avons  appris  la  mort  en  juin  dernier 
par  la  voie  de  la  presse  ;  nous  n’avons  donc  pu  lui  rendre  nos 
derniers  devoirs . 

Vous  avez  tous  connu  Mauriac.  Le  distingué  médecin  des 
hôpitaux,  à  la  figure  si  fine,  était  universellement  renommé  , 
comme  syphiligraphe.  Il  entra  à  la  Société  en  1875  et  y  lut.  ^ 
le  fî  février,  un  travail  de  candidature  très  remarqué  quiavait 
pour  titre  :  Notesitr  les  sijnovites  ieadinemes  symotomatiques 
de  la  blemoniiayie  el  de  la  syphilis  En  1881,  il  fait  une  com¬ 
munication  sur  des  cas  mj-es  de  tumeurs  péri-u  rethrales  bien- 
_  norrhagiques. 

Nommé  membre  honoraire  en  1893,  il  perdit  peu  à  peu 
l’habitude  de  venir  aux  séances  ;  on  le  revit  toutefois  en  1898, 
lorsqu  il  vint  faire  le  rapporteur  la  candidature  de  M.  Guil- 
land,  membre  correspondant  d’Aix-les-Bains.  lien  profita 
pour  nous  apporter  son  important  ouvrage  sur  le  Traitement 
de  la  syphilis.  Depuis,  nous  ne  l’avons  plus  revu.  C’est  un  sa¬ 
vant  qui  disparaît.  Mauriac  était  chevalier  delà  Légion  d’hon¬ 
neur. 

Le  18  mai.  nous  perdions  un  denos  membres  associés  rési¬ 
dants,  M.  Pierre  Vicier,  un  des  représentants  les  plus  émi¬ 
nents  du  corps  pharmaceutique.  Président  honoraire  de  la 
Société  de  pharmacie  de  Paris,  de  la  Société  Thérapeutique, 
etc.,  il  a  succombé  à  une  longue  et  douloureuse  maladie,  à 
Page  de  72  ans.  Praticien  distingué,  il  a  servi  sa  profession 
pendant  près  de  45  ans  avec  une  admirable  correction  et  une 
dignité  exemplaire.  Homme  de  science  très  apprécié,  il  est 
l’auteur  de  nombreux  travaux,  parmi  lesquels  nous  signale- 
ronsses  mémoires  sur  le  pansement  des  plaies  parl’épithème 
argileux,  sur  la  préparation  et  l’emploi  thérapeutique  du 
phosphure  de  zinc,  sur  les  préparations  à  base  de  ferments 
digestifs,  sur  l'huilegrise,  les  phosphates  et  glycérophospha¬ 
tes,  etc.  Enfin,  sa  haute  compétence  professionnelle  l’avait 
fait  désigner  comme  membre  de  la  Commission  du  Codex. 
C’est  une  grande  physionomie  scientifique  qui  disparait  ;  le- 
corps  médical  et  le  corps  pharmaceutique  portent  également 
son  deuil. 

Un  membre  correspondant  national,  le  D'^  Gustave  Hameat. 
d’Arcachon.  a  succombé  pendant  les  vacances.  Je  laisse  à  no¬ 
tre  digne  collègue,  M.  Leudet,  qui  l’a  connu,  le  soin  de  pro¬ 
noncer  son  éloge. 

Enfin,  nous  avons  encore  perdu  deux  membres  correspon¬ 
dants  étrangers  :MM.  Gomez  Torres,  de  Madrid,  et  Jacques 
de  Narkikwicz-Iodko,  directeur  du  sanatorium  de  Nad- 
Niémen  (Russie).  Ce  dernier  étaitfort  attaché  à  notre  Sociétér 
et  il  ne  manquait  jamais,  le  jour  denotre  banquet  annuel, 
de  nous  envoyer  un  télégramme  de  félicitations.  Seuls  ont 
pu  le  connaître  ceux  d’entre  nous  qui  assistaient  à  la  fêle  du 
centenaire  de  la  Société  de  Médecine  de  Paris,  où  il  prononça- 
des  paroles  enthousiastes  à  l’égard  de  la  science  française  en 
général  et  de  la  Société  de  Médecine  en  particulier. 

Après  cet  hommage  posthume  rendu  à  nos  collègues  dis¬ 
parus.  je  m’empres.se  d’aborder  un  sujet  beaucoup  moins  pé¬ 
nible  :  c’est  le  bilan  de  nos  Ira'  aux  de  Panne e  passée. 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


41 


M.  Beni-Barde  nous  a  communiqué  un  important  mémoire 
sur  la  neurasthénie  appendiculaire,  où  il  fait  ressortir  le 
rôle,  non  soupçonné  jusqu’ici,  que  peut  jouer  l’appendicite 
dans  les  neurasthénies  observées. 

Quelques  considérations  sur  la  syphilis  et  la  paralysie  géné¬ 
rale,  présentées  par  M.  Christian,  ont  donné  lieu  à  des  dis¬ 
cussions  fort  intéressantes. 

M.  CouDRAv,  au  nom  de  M.  Cornil  et  au  sien,  nous  aexposé 
des  considérations  très  remarquables  sur  les  tumeurs  à  myé- 
loplaxes. 

M.  DcBARnousa  fait  des  communications  très  intéressantes 
sur  le  traitement  d’urgence  des  otites  moyennes  aiguës  et 
nous  a  rapporté  une  observation  très  suggestive  de  phlegmon 
sous- maxillaire  consécutif  à  la  discision  amygdalienne. 

A  remarquer  également  une  observation  de  M.  Godlewski 
relative  à  un  érythème  polymorphe  consécutif  à  un  abcès  de 
la  jambe,  et  ses  considérations  sur  la  tension  artérielle  dans 
les  neurasthénies. 

M.  Gugliei.minetti  nous  a  présenté  un  appareil  fort  ingé¬ 
nieux,  avec  dosage  d'oxygène,  pour  les  opérations  intra- tho¬ 
raciques.  Vous  avez  tous  présente  à  la  mémoire  son  intéres¬ 
sante  croisade  contre  la  poussière  des  routes  et  la  discussion 
qui  s’en  est  suivie. 

MM.  Laquerrière  et  Delherm  nous  ont  présenté  un  appa¬ 
reil  transportable  pour  la  radiographie  à  domicile,  progrès 
qui  n’avait  pas  encore  était  réalisé  jusqu'à  ce  jour. 

M.  Le  Fur  nous  a  exposé  des  considérations  nouvelles  sur 
la  pathogénie  et  le  traitement  de  l’épididymite  blennorrha- 
gique,et  vous  avez  tous  été  frappés  de  ses  aperçus  nouveaux 
sur  les  causesde  la  chronicité  de  la  blennorrhagie.Maintenant, 
le  gonocoque  ne  saura  plus  où  se  réfugier,  grâce  à  M.  Le  l'ur, 
qui  le  poursuit  dans  ses  derniers  retranchements  et  nous  a 
dénoncé  ses  cachettes  les  moins  soupçonnées. 

A  M.  Margain  nous  devons  des  travaux  bien  étudiés  sur 
les  accès  passagers  de  tristesse  illogique  et  anxieuse,  d'appa¬ 
rence  spontanée,  et  sur  les  améliorations  qu'on  peut  obtenir 
dans  la  paralysie  générale. 

M.  Marie  nous  a  exposé  ses  vues  suc  l'action  hypnotique  du 
neuronal  chez  les  aliénés,  sur  l'action  thérapeutique  de  l'eau 
de  mer  en  pathologie  mentale,  et  sur  l'état  du  sang  dans  l’a¬ 
cromégalie  Pt  le  gigantisme.  En  collaboration,  avec  Madame 
le  D''  Pelletier,  il  nous  donne  des  observations  de  mal  perfo¬ 
rant  dans  la  paralysie  générale  :  avec  M.  Barbaux,  il  nous  pré¬ 
sente  une  calotte  crânienne  qui  nous  permet  de  constater  la 
réfection  de  l'os  après  une  craniectomie. 

M.  Mi.NET  nous  initie  aux  méfaits  de  la  sonde  de  trousse,  et 
ses  observations  sont  d  un  grand  intérêt  pratique. 

M.  Mohei.  nous  a  rapporté  une  observation  très  curieuse 
d’intoxication  par  l’éosine  ayant  produit  une  dermite  artili- 
cielle.  Il  s’agissait  d’un  carnet  de  bal  armorié  qu’une  dame 
avait  laissé  dans  son  cbrsage  pendant  plusieurs  heures  en 
contact  avec  la  peau,  du  côté  où  était  la  couleur  rouge  de 
l'écus.son. 

M.  Mortier  nousa  fait  une  savante  communication  sur  trois 
cas  de  sarcomes  :  c'est  un  nouveau  collègue  dont  je  parlerai 
tout  à  l'heure. 

M.Picqué  nousa  rapporté  une  observation  fort  instructive 
de  kyste  hydatique  du  foie  à  forme  insolite  dont  le  diagnos¬ 
tic  fut  des  plus  difficiles  ;  puis  il  nous  a  fait  une  intéressante 
leçon  sur  les  douleurs  abdominales  chez  la  femme. 

M.  Rogalski,  de  Tunis, nous  a  adressé  d’intéressantes  consi¬ 
dérations  sur  la  transmissibilité  de  la  lèpre,  qu’il  ne  considère 
pas  comme  contagieuse. 

M.  Stassano,  en  collaboration  avec  M.  Bei.codère,  nous  a 
exposé  des  vues  nouvelles  sur  le  traitement  de  la  syphilis  par 
le  levurargvre  :  c’est  le  nom  que  les  deux  auteurs  ont  donné  à 
un  composé  mercuriel  organo-métallique  trouvé  et  étudié  par 
eux.  Il  n’est  nullement  toxique.  M.  Stassano  nous  a  présenté 
ensuite  une  étude  sur  le  mercure  envisagé^com  me  catalyseur 
et  agent  thérapeutique. 

M.  Suarez  de  Mendoza  s’appuie  sur  de  nombreuses  obser¬ 
vations  pour  démontrer  la  nécessité  de  l’examen  vétérinaire 
en  matière  de  syphilis,  la  mentalité  des  malades  les  porU  nt  le 
plus  souvent  à  dissimuler  leur  cas,  par  suite  d’une  sorte  d'a¬ 
berration  incompréhensible,  mais  toujours  préjudiciable 


I  quand  le  médecin,  en  présence  des  dénégations  des  malades, 
néglige  tout  examen  approfondi. 

Enfin  M.  Vidai.,  de  Blida,  lors  de  son  passage  à  Paris,  est 
venu  nous  exposer  des  vues  fort  intéressantes  sur  l’opothé¬ 
rapie  ganglionnaire  et  le  résultat  de  ses  essais  thérapeutiques. 

Vous  pouvez  voir,  Messieurs,  par  ce  court  résumé,  que  notre 
Société  est  loin  d’être  en  décadence  :  il  y  a  uil  progrès  sensi¬ 
ble  sur  Tannée  dernière. 

Pour  terminer,  je  souhaiterai  la  bienvenue  à  nos  nouveaux 
collègues.  Nous  comptons,  pour  1905,  quatre  membres  titu- 
[  laires  nouveaux,  M.  Mortier,  que  vous  connaissez  par  ses 
travaux,  et  il  a  fallu  toute  la  rigueur  des  règlements  pour 
m’empêcher  de  le  faire  figurer  sur  la  liste'de  janvier  dernier  : 
le  rapport  sur  sa  candidature  n'était  pas  encore  lu.  M.  Vian, 
qui  arrive  ensuite,  est  son  collaborateur  en  bactériologique. 

I  Ce  sont  deux  élèves  de  M.  Picqué,  que  vous  avez,  sur  la  pro- 
i  position  du  Bureau,  nommés  secrétaires  annuels.  J  estime, 
pour  ma  part,  que  ce  choix  est  excellent. 

Puis  c'est  M.  Cathelin,  ancien  interne  des  hôpitaux  et  uro- 
[  logisle  distingué.  La  remarquable  conférence  qu’il  nous  a 
I  faite  au  momentde  sa  candidature  est  pleine  de  promesses 
pour  Tordre  du  jour.  Enfin,  M.  Duclaux,  également  ancien 
interne  des  hôpitaux,  ce  qui  dit  tout  le  prix  dexiettenouve  le 
recrue. 

Malgré  Tadmissioqde  ces  quatre  nouveaux  membres,  nous 
restons,  comme  Tannée  dernière,  au  chiffre  de  üT.  C’est  que 
'  M.  Perret,  quittant  Paris,  est  devenu  notre  membre  corres¬ 
pondant  national  à  Salins.  Et,  chose  regrettable,  nous  avons 
dû  supprimer  les  noms  de  trois  collègues  que  tous  les  efforts 
prescrits  par  le  Règlement,  et  tentés  par  le  Conseil  d’adpainis- 
tration,  ont  été  impuissants  à  convaincre  delà  nécessité  qu’il 
y  a  à  se  mettre  en  règle  vis-à-vis  du  trésorier.  Ce  cas  est  très 
rare  chez  nous,  c’est  la  première  fois  que  je  le  constate. 

Un  nouveau  membre  correspondant  étranger,  M.  Moniz 
d’AiiAGON  (en  portugais  :  deAragâoi,  est  entré  dans  notre  Com¬ 
pagnie.  C’est,  comme  vous  le  savez,  un  professeur  de  l’Uni¬ 
versité  de  Bahia,  au  Brésil,  où  il  enseigne  la  médecine.  Il  est 
membre  de  plusieurs  Instituts  étrangers  et  notamment  de 
l’Académie  royale  des  sciences  de  Lisbonne,  dont  l'accès  est 
des  plus  difficiles  :  les  nomimations  sont  soumises  à  l'appro¬ 
bation  et  à  la  signature  du  Roi  de  Portugal.  C’est  une  recrue 
!  qui  ne  peut  que  faire  honneur  à  notre  Société. 

Nous  savons  que  plusieurs  collègues  se  proposent  de  nous 
I  présenter  de  nouveaux  candidats  au  titulariat  ;  le  chiffre  de 
!  70  sera  vite  atteint. 

Maintenant, Messieurs, il  ne  me  reste  plus  que  deux  mots  à 
vous  dire  :  l’heure  est  grave  et  solennelle  ;  vous  allez  être 
appelés  à  vous  prononcer  sur  le  sort  de  notre  compagnie. 
Eclairez-vous  afin  de  voter  en  pleine  connaissance  de  cause. 
Mais  permettez-moi  de  vous  engager  à  discuter  sans  passion 
;  et  à  laisser  de  côté  toute  considération  de  personnes.  Vous 
ne  devez  avoirqu’un  seul  objectit,  l’intérêt  général  :  en  d’au¬ 
tres  termes,  l'avenir  de  la  Société  de  médecine  de  Paris. 

M.  Desnos,  obligé  de  s’absenter  pendant  une  demi- 
heure,  donne  provisoirement  la  présidence  à  M.  Birne. 

Correspondance  imprimée.  —  Revues  et  journaux  habi¬ 
tuels. 

Correspondance  MANUSCRITE. —  1“  Lettres  de  MM.  Leu- 
det,  Jullien  et  Picqué, qui  s’excusent  de  ne  pouvoir  assi.s- 
ter  à  la  séance  pour  cause  d’indisposition.  2“  Lettre  du 
D"  Bernard,  de  Cannes,  annonçant  la  mort,  survenue, 
il  y  a  3  mois,  de  M.  Gimbert,  membre  correspondant 
national,  également  à  Cannes.  3"  Lettres  de  .MM.  Nicolas 
et  Doyon,  membres  correspondants,  s’excusant  de  ne 
pouvoir  assister  au  banquet.  -i“  Lettre  de  M.  Glénard, 
obligé  de  partir  pour  l^yon,  qui  s’excuse  de  ne  pouvoir 
assister  à  la  séance.  5“  Lettre  de  M.  le  Docteur  Dias 
Amado,  de  Lisbonne,  posant  sa  candidature  au  titre  de 
membre  correspondant  étranger.  Parrains  :  MM.  Moniz 
d’Aragon  et  Buret. 

M.  le  Secrétaire  général  informe  ses  collègues  que 
M.  Dias  Amado  est  un  syphiligraphe  distingué  de  Lis¬ 
bonne,  membre  de  l’Institut  de  cette  ville,  de  TAcadé- 


42 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


mie  de  Bahia,  etc.,  et  qu’il  fera  honneur  à  la  classe  des 
membres  correspondants  étrangers  de  la  Société. 

Celte  candidature  étant  prise  en  considération,  elle 
est  renvoyée  à  l’examen  d’nne  commission  composée  de 
MM.  Couciray,  Duclaux  et  Buret.  rapporteur. 

M.  Mortier  lit  une  communication  sur  un  cas  de 
cancer  utérin  à  forme  polypeuse  sera  publiée).^ 

M.  LE  Présibent  donne  lecture  d’une  observation 
d’appendicite  opérée,  envoyée  par  M.  Bruch,  de  Tunis. 

Observation  personnelle  d  appendicite  opérée. 

Docteur  A.  R. .chirurgien  de  l’IIôpital  civil  français  de 
Tunis,  38  ans,  sans  antécédents  héréditaires. 

Antécédents  personnels  :  santé  parfaite,  jamais  de 
constipation,  selles  très  régulières. 

Au  mois  de  juin  IGO'-t,  j’eus  une  première  crise  d’ap¬ 
pendicite,  simple  colique  appendiculaire  qui  a  passé 
pour  ainsi  dire  inaperçue. puisque  je  n’ai  ressenti  de  ma¬ 
laise  et  une  légère  douleur  dans  la  fosse  iliaque  droite 
(avec  un  seul  vomissement  alimentaire;  que  pendant 
une  journée  et  que  cela  ne  m’a  pas  empêché  d’assister  à 
une  réunion  d’amis,  le  soir,  pour  le  souper,  auquel  je  fis 
même  honneur  !  Je  plaisantais  moi-même  et  annonçais 
en  riant  que  j’avais  de  l’appendicite,  tellement  les  symp¬ 
tômes  ressentis  étaient  bénins.  Je  n’y  pensais  plus,  lors 
qu’en  septembre  de  la  même  année,  le  23,  je  fus  repris 
d’une  2‘  crise.  Ce  n’est  alors, en  rassemblant  mes  souve 
nirs,  que  je  diagnostiquais,  rétrospectivement,  la  pre¬ 
mière  crise  du  mois  de  juin. 

Cette  deuxième  crise,  me  prenant  en  pleine  santé,  fut 
plus  sérieuse.  Elle  débuta  par  du  malaise  stomacal,  des 
douleurs  irradiées  dans  tout  l’abdomen,  au  creux  épi¬ 
gastrique,  douleurs  vagues  et  légèrement  angoissantes. 
Me  trouvant  en  voiture  sur  lagrande  route, rentrant  delà 
campagne,  à  une  heure  de  l'après-midi,  j’attribuai  ces 
malaises  à  la  faim.  Rentré  chez  moi,  je  mangeai  «  du  bout 
des  dents  »,  sans  appétit.  Les  douleurs  s’accentuèrent 
alors  et  je  rendis  le  peu  que  j’avais  absorbé.  J’étais  fixé 
car,  me  couchant  aussitôt  et  me  palpant,  je  trouvai  très 
net  le  point  de  Mac  Burney  !  Ça  y  était.  Mon  collègue,  le 
docteur  Braquehaye,vint  confirmer  le  diagnostic. Le  trai¬ 
tement  Classique  fut  immédiatement  prescrit  ;  diète  ab¬ 
solue,  poche  à  glace  sur  le  ventre.  Extrait  d’opium. 
Température  38‘’2.  Cette  crise  dura  8  jours,  après  quoi  je 
repris  mes  occupations. 

Dix-huit  mois  après,  le  5  mars  1905,  dans  la  nuit,  je 
ressentis  les  mêmes  prodromes  qu’en  septembre  1903.  J  ’é- 
tais  pincé  pour  la  3“  fois.  Cette  fois, la  crise  fut  plus  forte: 
vomissement,  douleur  très  nette  au  point  classique,  dé¬ 
fense  musculaire,  rétention  des  gaz,  empâtement  de  la 
fosse  iliaque,  température  38"3.  Je  gardai  le  lit 8  jours, 
après  quoi  je  pus  me  lever  un  peu  dans  la  chambre.  La 
période  aiguë  était  passée.  Je  souffrais  bien  encore  un 
peu  dans  les  eü’orts  de  toux, mais  il  fallait  que  je  sois  de¬ 
bout  ertfax  assister  anmariage  dema  belle-fille  le  16 mars. 

Le  20,  toute  douleur  avait  disparu,  l’appétit  revenait, 
mais  je  suivis  "quand  même  un  régime  très  sévère. 

C’est  alors  qu’en  présence  d’une  3'  crise  j’envisageai 
sérieusement  l’idée  d’une  opération. et  sur  les  conseils  de 
mon  père  (professeur  de  clinique  chirurgicale  et  direc¬ 
teur  de  l’École  de  médecine  (en  retraite)  d’Alger  et  du 
docteur  professeur  agrégé  Brequehaye,  je  pris  la  déter¬ 
mination  de  me  faire  enlever  l’appendice.  J’étais  dans  un 
état  général  très  bon. On  ne  sentait  presque  plus  mon  ap¬ 
pendice,  à  la  palpation,  il  semblait  être  immédiatement 
«  sous  la  peau.  »  Aucune  douleur,  aucune  fièvre. 

L’opération  eut  lieu  le  28  mars  avec  le  plus  grand  suc¬ 
cès.  L’appendice,  caché  derrière  le  cæcum,  longeait  la 
paroi  de  la  fosse  iliaque,  il  mesurait  8  centimètres  et 
demi  de  long  ;  l’extrémité  libre  mesurait  2  centimètres 
de  large. 

L’extrémité  caecale  était  de  dimension  normale.  Deux 
grosses  et  solides  adhérences  maintenaient  l’épiploon  à 
l’appendice,  à  tel  point  qu’il  fallut  en  réséquer  un  bon 
morceau  qui  était  légèrement  congestionné.  L’extrémité 


libre  dé  l’appendice  était  perforée  et  une  goutte  de  pus  en 
voie  de  résorption  était  retenue  au  milieu  d’une  sorte  de 
petite  poche  formée  par  les  adhérences  épiploïques, cir¬ 
constance  heureuse  à  laquelle  je  dus  d’éviter  une  périto¬ 
nite  par  propagation  du  pus  dans  la  grande  cavité  péri¬ 
tonéale. 

A  l’examen  de  la  pièce,  l’appendice  était  vide.  Les 
parois  étaient  très  épaisses. .A  l’extrémité  libre  seulement, 
existait  une  petite  cavité,  cavité  close,  dont  l’extrémité 
était  perforée  d’unpetit  orifice  par  lequel  certainement 
la  goutte  du  pus  avait  fait  irruption  au  dehors. 

Donc  pas  de  corps  étranger. Peut-être  cette  crise  était 
elle  due  à  de  la  grippe,  d’autant  plus  que  pendant  les 
mois  de  janvier  et  février  j’avais  été  surmené  et  avais 
même  eu  lin  peu  de  grippe  ambulatoire. 

Les  suites  de  l’opération  furent  excellentes.  Un  drain 
de  prudence  avait  été  placé  et  un  premier  pansement 
jours  après  l’opération  fut  diminué  puis  bientôt  suppri¬ 
mé.  Je  me  levai  sur  la  chaise  longue  le  22*' jour. Et  le  20" 
jour  je  circulai  dans  l’appartement. 

La  température  n’a  jamaisdépassé36°8,  sauf  le  Séjour 
où  elle  est  montée  à37°7. 

Actuellement,  U’mai,  la  cicatrice  est  parfaite, il  ne  sub¬ 
siste  qu’un  tout  petit  bourgeon  charnu,  à  l’endroit  du 
drain. 

Cette  observation,  banale  en  soi,  prouve  une  chose, 
c’est  qu’il  ne  faut  pas  hésiter  à  se  faire  opérer  dès  que 
l’appendicite  est  confirmée. 

En  somme,  c’est  après  la  2'  crise  que  je  me  suis  rér 
signé.  La  première  crise  vraiment  avait  été  bien  insigni¬ 
fiante.  Je  risquais  certainement  une  quatrième  crise,  et 
certainement  aussi  elle  eût  été  beaucoup  plus  grave  à 
cause  de  la  présence  de  la  perforation. 

Je  l’avais  échappé  belle,  car,  sans  avoir  présenté  des 
symptômes  à  grand  fracas,  ces  différentes  crises  prén 
sentèrent  de  gros  dangers,  et  certainement,  si  je  n’avais 
été  moi-môme  chirurgien,  j’eussefait  comme  beaucoup  de 
malades  ordinaires  auraient  fait,  j’aurais,  devant  la  bé¬ 
nignité  des  symptômes,  pris  des  purges  et  tout  autre  mé¬ 
dicament  avant  d’appeler  un  médecin. 

Une  foisdeplus,  l’intervention  sanglante  esta  recom¬ 
mander  dès  qu’il  est  avéré  qu’un  malade  est  ou  a  été  at¬ 
teint  d’appendicite,  si  bénins  que  soient  ou  aient  été  les 
symptômes. 

Aujourd’hui  6  décembre,  santé  parfaite.  Best  à  remar¬ 
quer  le  changement  survenu  dans  le  caractère.  Précé¬ 
demment  d’un  tempérament  emporté  et  coléreux,  actuel¬ 
lement  beaucoup  plus  calme,  d’un  caractère  beaucoup 
plus  paisible,  remarque  déjà  faite  par  quelques  chirur¬ 
giens  et  explicable  par  le  travail  lent  et  insensible  d’in- 
liammation,  d’adhérences  du  côté  de  l’appendice,  reten¬ 
tissant  sur  l’état  général.  Une  fois  de  plus,  l’appendice 
n’est  utile  arien,  du  moins  apparemment,  puisque,  une 
fois  enlevé,  la  santé  devient  parfaite,  les  digestions  très 
régulières,  les  selles  très normales- 

M.  Tissier.  —  J’ai  eu  une  petite  fille  de  3  ans,  opérée 
d’appendicite  en  pleine  période  inflammatoire  :  on  trouva 
une  perforation  de  l’appendice  et  du  pus  dans  le  péritoine. 

M.  Berne.  —  C’est  pour  cela  qu’on  doit  opérer  dès 

u'on  le  peut,  surtout  pour  éviter  la  perforation,  car 

ans  les  appendicites  avec  perforation,  la  statistique  est 
peu  encourageante. 

La  Société  se  forme  en  comité  secret. 

Séance  extraordinaire. 

A  6  h.  30.  il  est  procédé  au  vote,  avec  appel  nominal, 
sur  l’opportunité  de  la  modification  des  statuts  devant 
entiaîner  la  fusion  avec  la  Société  médico-chirurgicale. 

Le  scrutin  donne  les  résultats  suivants  : 


Inscrits . • .  64 

Votants .  40 

(Majorité  absolue  :  :i:3  voix). 

Oui .  23 

Non .  16 

Bulletin  blanc .  1 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


43 


La  majorité  exij^ée  par  les  statuts  (moitié  plus  un  des 
inscrits)  n’ayant  pas  été  atteinte,  la  modification  propo¬ 
sée  n’est  pas  adoptée. 

La  séance  est  levée  à  6  h.  50. 

Le  secrétaire  général.  Le  secrétaire  annuel, 

F.  Buret.  Mortier. 

^  LA  VALEROBROMINE  LEGRAND 

est  plus  active  que  les  bromures  et  les  valé- 
p'ianates. 

REVUE  DE  PÉDIATRIE 

Rédaction  spécial  :  M.  le  G.  PAUL-HOXCOlJR. 

I. — L'Art  d’élever  le  nouveau-né,  par  le  D'  Magnus  (Lyon,Poîiial, 

éditeur,  1905.) 

Petit  livre  par  demandes  et  par  réponses  donnant  comme 
beaucoup  d'autres,  des  indications  sur  les  soins  d’hygiène  et 
sur  la  direction  de  l’allaitement  des  enfants  en  bas  âge. 

11.  —  La  scoliose  ;  par  le  D'  Monin  (Paris,  Doin,  1905.) 

Nous  signalons  ce  petit  livre  de  40  pages  qui  contient  '^es 
considérations  fort  utiles  et  clairement  exposées  sur  la  na¬ 
ture  de  la  scoliose,  ses  causes,  la  façon  de  l’éviter  et  le  trai¬ 
tement  à  appliquer. 

III.  —  La  scrofule  et  les  infections  adéno'idiennes,  par  le  D'  Paul 

Gallois  (de  Rudeval,  Paris, 1905.1 

;  On  connaît  la  théorie  du  D’'  Gallois  sur  la  scofule  :  le  trou¬ 
ble  constaté  n’est  pas  la  cause  essentielle  des  symptômes 
morliides  ;  il  est  le  résultat  d'une  infection  portant  sur  le 
rhino-pharynx  et  des  végétations  adéno'ides. 

L’altération  n’est  plus  endogène  mais  exogène,  suivant  le 
mot  du  professeur  Gaucher.  Avec  de  nombreuses  observa¬ 
tions,  M.  feallois  montre  que  le  type  morbide  répondant  à  la 
scrofule  n’est  que  l’intoxication  d’origine  microbienne  de 
l’organisme  ;  l’auteur  prend  chacun  des  accidents  rangés 
dans  le  cadre  de  la  vieille  scrofule  et  montre  quelle  est  leur 
genèse,  quelles  sont  leurs  relations  avec  des  accidents  d’in¬ 
fection  bien  localisés. 

Ce  travail  d’analyse  une  fois  fait,  M.  Gallois  établit  magis¬ 
tralement  le  type  morbide  tel  qu’il  le  conçoit  et  tel  q|Ue  le 
conçoivent  beaucoup  de  maîtres  à  l’époque  actuelle.  D’autres 
auteurs  ont  essayé  récemment  de  donner  une  idée  nouvelle  de 
la  scrofule  ;  aucun,  on  peut  le  dire, n’y  a  réussi  avec  autant  de 
succès  queM.  Gallois.  On  trouve  à  la  fin  de  l’ouvrage  une 
étude  historique  de  l’affertion. 

IV. —  Physiologie  de  la  lecture  et  de  l'écriture  ;  par  le  D'  .Iatal, 

de  l'Académie  de  médecine  [Bibl.  Sc.  Intern.  Félix  Alcan,  Paris.) 

M.Javal  nous  donne  un  livre  curieux  et  intéressant  sur  des 

questions  qui  sont  généralement  ignorées  des  médecins  et 
cette  ignorance  provient  incontestablement  de  la  difficulté 
où  l’on  se  trouve  de  comprendre  certains  faits,  pour  lesquels 
une  éducation  théorique  est  nécessaire  au  préalable. 

L’auteur  s’est  efforcé  de  rendre  abordable  les  notions 
théoriques  sur  lesquellfes  U  fonde  ses  démonstrations.  Grâce 
à  son  habileté,  à  sa  compétence  spéciale,  il  y  a  admirable¬ 
ment  réussi,  et  on  peut  dire  que  c'est  la  première  étude  vrai¬ 
ment  complète  qui  ait  été  publiée  sur  ce  sujet. 

Une  premiè.-e  partie  est  consacrée  aux  notions  historiques; 
l’évolution  de  l’épigrapliie,  de  l’écriture,  de  la  typographie, 
de  l'écriture  en  relief,  de  l’écriture  musicale,  es  t  traitée  d’une 
façon  attrayante  et  fort  complète. 

Dans  une  deuxième  partie  on  rencontre  une  série  de  cha¬ 
pitres  sur  l’optique  de  l'œil,  sur  l’acuité  visuelle  et  sur  le 
mécanisme  de  la  lecture  et  de  l’écriture. 

Malgré  leur  aridité  apparente, les  chapitres  ne  nécessitent 
aucun  effort  tellement  l'exposition  en  est  nette.  Le  reste  du 
volume  est  destiné  aux  déductions  pratiques.  Nous  citons 
quelques-unes  des  questions  qui  y  sont  traitées  pour  en 
montrer  l'importance  :  l’éclairage  public  et  privé  au  point 
de  vue  del’hygiène  des  yeux,  les  livres  et  la  myopie,  les  avan¬ 
tages  de  l’éciiture  droite,  la  graphologie,  les  expertises  en 
écriture,  l’écriture  et  la  lecture  des  aveugles.Ce  livre  ne  s’a¬ 


dresse  pas  seulement  aux  hygiénistes  qui  désirent  recueillir 
des  préceptes  pour  la  conservation  de  la  vue  ;  beaucoup  de 
personnes  y  trouveront  des  documents  utile?  et  des  indica¬ 
tions  sérieuses  ;  les  éditeurs  y  apprendront  comment  obte¬ 
nir  un  maximum  d’ellet  avec  un  minimum  de  fatigue,  grâce 
au  choix  de  la  forme  des  caractères  typographiques  ;  les  ar¬ 
chitectes  y  puiseront  la  science  de  l’éclairage  intérieur, di/nc 
on  constate,  par  la  simple  observation,  la  fréquente  igno¬ 
rance.  Les  éducateurs  de  la  jeunesse  liront  avecbénéflce  le 
chapitreoù  M.Javal  a  résumé  le  résultatde  ses  études  sur  l’hy¬ 
giène  visuelle  et  indique  les  pages  à  lire  plus  spécialement. 

De  nombreuses  figures  ornent  le  texte  de  ce  ce  volume  qui 
fait  grand  honneur  aux  connaissances  en  physiologie  de  .son 


RIBLIOGRÂPHIE 


Traité  élémentaire  de  clinique  médicale  ;  par  Dliiove  et  Sallard 
(grand  in-S"  de  1294  pages  avec  li,g.,  Masson,  Paris). 

Nous  sommes  heureux  d'annoncer  aux  lecteurs  du  journa 
la  publication  d’un  excellent  livre  de  médecine  clinique. 
Tous  auront  intérêt  à  avoir  ce  volume  sous  leur  main';  les 
étudiants  y  trouveront  un  guide  pratique  dans  l’examen  des 
malades  ;  les  praticiens  qui  n’ont  pas  le  temps  de  consulter 
de  volumineux  et  de  nombreux  ouvrages  auront  ainsi  un 
aide-mémoire  documenté  où  toutes  les  notions  nécessaires  à 
un  bon  diagnostic  sont  groupées.  Les  maladies  de  chaque 
système  (nerv.eux-circulatoife-pulmonaire,  etc.)  sont  précé¬ 
dées  d’une  étude  de  séméiologie  générale  où  les  moyens  d’in¬ 
vestigations  la  technique  spéciale,  les  découvertes  les  plus 
modernes,  sont  exposés  avec  une  clarté  parfaite  ;  les  types 
de- chaque  affection  sont  rapidement  résumés  et  les  notions 
étiologiques  utiles  sont  envisagées  lorsque  leur  étude  facilite 
le  diagnostic.  Il  est  nécessaire  de  bien  remarquer  que  cer¬ 
tain?  procédés  spéciaux,  tels  que  les  examens  laryngosco- 
piques  par  exemple,  sont  longuement  expliqués  :  c’est  là  une 
méthode  heureuse  et  qui  dispense  de  parcourir  des  traités 
spéciaux  que  beaucoup  de  praticiens  n'ont  pas  dans  leur  bi¬ 
bliothèque  en  général.  Si  les  auteurs  ont  tenu  à  alléger  leur 
ouvrage  de  détails  inutiles, ils  n’ont  pashésité  à  y  introduire 
des  gravures,  des  représentations  histologiques  et  des  résu¬ 
més  schématiques.  Ce  traité,  en  un  mot,  rendra  de  grands 
services.  G.  P. -IL 


REVUE  DTIYDROLOGÎE 

Proportionnalité  directe  entre  le  point  cryosco- 
pique.  d  une  eau  minérale  de  la  classe  des  bi¬ 
carbonatées  et  la  co.'Tiposition  de  cette  eau  en 
sels  anhydres  eten  monocnrbonates.  [Loi Lucien 
Graux). 

Par  le  D''  L.  Graux  (1). 

Les  recherches  que  j’ai  faites  depuis  plus  d’un  an  sur 
la  cryoscopie  des  eaux  minérales  m’ont  permis  de  dé¬ 
terminer  d’une  façon  rigoureuse  la  relation  e.xistant  en¬ 
tre  le  point  ci-yoscopique  d’une  eau  minérale  de  la  classe 
des  bicarbonatées  et  sa  composition. 

Les  analyses  des  eaux  minérales  sont  rédigées  habi¬ 
tuellement  en  bicarbonates.  Il  n’existe  alors  aucune  re¬ 
lation  entre  le  chiffre  total  de  leurs  minéralisations  et 
celui  de  leurs  points  cryoscopiques . 

C’est  ainsi  que  l’analyse  de  l’eau  de  Châtel-Guyon  se 
présente  avec  un  total  de  8  gr.  3930.  Or  son  point  cryos- 
copique  est  le  suivant  ;  — 0,338. 

On  sait  d’autre  part  que  le  point  cryoscopique  d’une 
solution  isptonique  (c’est-à-dire  de  9  grammes  par  litre) 
est  le  suivant  :  —  0,.5S0.  Le  rapport  des  points  cryosco¬ 
piques  est  le  suivant  : 


(1)  Coramunicalion  à  Y  Académie  des  Sciences  du  15  janvier  1906., 


44 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


Le  rapport  des  minéralisations  de  l’eau  de  Chàtol- 
Guyon  et  de  la  solution  isotonique  est  alors  inexplicable: 

si)  =  *•“» 

J’ai  recalculé  cette  analyse  en  monocarbonates  :  le 
total  obtenu  est  de  5  j^r.  8c2. 

Le  rapport  des  minéralisations  concorde  cetle  fois 
d’une  façon  très  satisfaisante  avec  celui  des  points 
cryoscopiques  : 


Il  en  est  de  même  pour  les  autres  eaux  bicarbonatées. 
A  Royat, par  exemple, le  chiffre  tolal  delà  minéralisation 
est  de  3  gr.  847  au  lieu  de  5  gr.  623  et  à  Vichy  (Céles- 
tins)  de  4  gr  8639  au  lieu  de  8  gr.  244,  etc.  1). 

Dans  toutes  les  eaux  observées  le  point  cryoscopique 
était  proportionnel  au  chiffre  total  exprimé  en  mono¬ 
carbonates  et  entièrement  hors  de  proportion  avec  celui 
delà  minéralisation  hypothétique  des  bicarbonates. 

Voulant  préciser  la  façon  dont  se  comporte  dans  une 
solution  minérale  l’acide  carbonique  dit  demi-libre,  j’ai 
expérimenté  avec  des  solutions  pures  de  carbonate  et  de 
bicarbonate  de  soude. 

Le  point  cryoscopique  d’une  solution  contenant  par 
litre  un  dixième  de  la  molécule-gramme  de  carbonate  de 
soude,  c’est-à-dire  10  gr.  0  est  de  —  0,45.5. 

Celui  d’une  solution  contenant  par  litre  un  dixième 
de  molécule-gramme  de  bicarbonate  de  soude  pur, 
c’est-à-dire  8  gr.  4  est  de  —  0,389. 

Or  le  point  cryoscopique  d’une  solution  contenant  une 
demi-molécule-gramme  de  carbonate  bisodique  soit 
5,3  de  carbonate)  est  de  —  0,356,  c’est-à-dire  insensible¬ 
ment  le  même  que  celui  de  la  solution  précédente. 

Il  s’ensuit  que, dans  une  solution  de  bicarbonate  sodi- 
que,  seule  la  molécule  de  carbonate  influe  sur  la  pression 
osmotique. 

L’acide  carbonique  demi-libre  ne  se  comporte  pas  au¬ 
trement  au  point  de  vue  cryoscopique  que  s’il  était  en¬ 
tièrement  libéré. 

J’ai  donc  le  droit  de  conclure  des  recherches  précé¬ 
dentes  qu’il  serait  rationnel  de  présenter  les  analyses 
des  eaux  minérales  sous  forme  de  monocarbonates. 

On  peut  formuler  ainsi  la  loi  nouvelle  qne  y  ai  détermi¬ 
née  : 

« //  existe  une  proportionnalité  directe  entre  le  point 
cryoscopique  d’une  eau  minérale  de  la  classe  des  bicarbo¬ 
natées  et  la  composition  de  cette  eau  exprimée  en  sels 
anhydres  et  en  tnonocarbonates.v 


RADIOLOGIE 

Action  des  rayons  X  sur  les  organes  profonds  : 

par  leï)'  Foveau  de  Coiirmelles  rt). 

Le  cœur  bat  plus  vite{Séguy  et  Quénisset,  181)7).  l.e  pouls 
est  modifié  (Destot);  des  troubles  viscéraux  se  produis'uit 
(üudin,  Barthélemy,  Darier),  les  cobayes  deviennent  as- 
permaliques  (Albert-Schamiierg)  et  répilhélium  de  leurs  ca- 
nalicules  est.  détruit  (F.Frieben),mais  ie  pouvoir  coputatif  se 
garde  (Filloy-Brown  et  Alfred  Osgod).  Tilden  Brown  pré¬ 
tend  que  le  voisinage  des  rayons  X  rend  l’iiomme  stérile 
pour  un  certain  temps.  Boleslas,  traitant  un  prurit  anal  par 
la  radiothérapie  périnéale,  constata  que  les  spermatozoïdes, 
existant  avant,  disparurent  plusieurs  mois,  pour  ne  se 
rencontrer,  peu  à  peu,  que  trois  mois,  après  la  cessation  du 
traitement.  Lapowski  a  ainsi  trouvé,  selon  la  durée  d'action 
des  rayons  X  :  l’azoospermie,  l’oligospermie  ou  la  nécros- 
spermle.  Des  ovaires  de  lapin  femelle  s'atrophient  (L. 


(1)  Lucien  Graux.  — La cryoscopie  des  eaux  minérales.  Paris, 
Rtiusset  {sous  presse). 

(2)  Ce  résumé  très  bien  fait  est  extrait  de  la  6"  Année  électrique  <(ui 
paraîtra  dans  q  elques  jours. 


Ilalberstaedter).  En  traitant  des  fibromes,  les  ovaires 
s’àtroptiient  comme  la  tumeur  (Foveau  de  Coiirrnelles).  Les 
testicules  du  rat  blanc  gardent  la  perméabilité  des  canaux 
excréteurs,  mais  on  a  une  claire  transformation  cytologique 
etchimique  et  résorption  des  éléments  (J.Bergonié  et  L.'fri- 
bomleau)  ;  les  mêmes  auteurs  ont  ex|)osé  sous  le  microscope 
unegouttede  sperme  humain,  avec  lames  lie  verre  ou  du 
plus  perméable  mica,  les  spermatozoïdes  ont  gardé  leur  mo¬ 
bilité  même  après  une  demi-iieure  d’exposition. 

La  lame  d’aluminium  interposée,  comme  pour  la  peau  qui 
ne  s'ulcère  plus,  diminue  l'oppression,  les  palpitations... 
(Destot). 

L’ingestion  de  corps  thyroï  les  ou  l'exposition  des  reins 
aux  rayons  Xdiminue  d’abord,  puis  augmente  ler.ipppitde 
l’acide  phosphorique  à  l'urée.  Les  reins  e.xposcs  seraient 
lésés  (Buschke  et  Schmidt),  parfois  hématuriques.  La  rétine 
est  alTectée  (A.Birch-IIirschfeMi.La  rate  de  cobayesa  été  trou¬ 
vée  petite  et  brune  (Ileineke).  Un  animal  sain  devient  leu- 
copénique  (llelber  et  Linseri,  les  lymphocytes  sont  affectés 
surtout  ;  les  globules  rouges  résistent  iles  mêmes,  Milchner 
et  Mosse);  ces  auteur.-i  ont  vu  que  la  moelle  osseuse s’allérait 
gravement.  Les  animaux  exposés  résisteraient  mieux  à  cer¬ 
taines  affections  (Qnadronei.  La  lécithine  devient  toxique 
(VVerner,  Hoffmann  et  Schuiz). L’albumine  est  modifiée, plus 
liquide,  moins  coagulable  .Bordier  et  Galimard).  Beaucoup 
de  leucémies  ont  cédé  iSenn,  Bozzolo,  Barjon,  Cadet,  Nogier, 
Schleip  et  llildebraudt,  Aubertiu  et  Beanjard  Ledingham  et 
Mckerron,  Lommel,  Melland,  Cli.  Colombo  (11.  L’excitation 
initiale  des  rayons  X,  phénomène  qui  ne  dure  pas,  est  d’aug¬ 
menter  les  globules  blancs  (Guerra,  Schleip  et  Ilüdohrandl) 
Le  goitre  (L.Gorl,  Stegmann),  la  maladie  de  Basedow  (Carl- 
Beck), l'hypertrophie  prostatique  iMoszkowicz,  C.  Casabolli 
etc.  Ijuraski,  L.  Moszkowiez  et  U.  Stegmanni,  les  tumeurs 
fibreuses  (Foveau  de  Courmellesi,  l’anachlorhydrie  et  l'ano¬ 
rexie  hystérique  (B.  Lépinel,  les  névralgies  iF.-  IL  Williams, 
Ch.  L.  Léonard),  l’épilepsie,  J.  H.  Branth,  S.  G.  Dracyiy  ont 
été  soumis. Voilà, résumées,  les  actions  profondes  des  rayons 
X.  dont  nous  verrons,  pour  certaines,  des  détails  complé¬ 
mentaire.». 

Quant  aux  troubles  semi-superliciels,  le  professeur  Gau¬ 
cher  a  consacré  une  leçon  à  une  radio- nevrile  avtc  les 
troubles  trophiques  cutanés  consécutifs  Ujlossy-sliin,  télanqiec- 
tesie,  papillomes  épithcliomu).  Il  s’agit  d'un  électricien  qui 
dès  le  début,  s’occupa  des  rayons  X,  se  sentit  sèche  ia 
peau  des  mains  au  bout  d’un  an,  après  avoir  perçu  d’a¬ 
bord  mieux  l'approche  de  l'ampoule;  puis  la  sensibililé 
tactile  diminua,  il  eut  des  douleurs  et  des  crampes, 
les  ongles  devinrent  friables  et  tombèrent.  Le  dus  des 
mains  et  des  doigts  se  couvrirent  bientôt  de  petites  dilata¬ 
tions  vasculaires,  de  télangiectasies  disséminées,  de  petites 
croûtes,  de  véritables  papillomes  cornés,  surtout  aux  points 
de  frottement.  La  face  dorsale  de  l'index  droit,  heiîrté,a  eu 
une  ulcération  iucicatrisa'ole  et  qui  s'agrandit,  le  fond  est 
épais,  bourgeonnant,  à  base  infiltrée  et  dure,  saignant  faci¬ 
lement,  douloureuse. 

Enlin  mort. 

L  .iction  utrophiquelüides rayons  Xsur  les  ylawiesde  L'appareil 
reproducteur,  notamment  (testicules,  ovaires)  est  de  plus 
en  plus  prouvée  par  des  recherches  de  laboratoire  sur 
les  animaux  (Albers-Schœnberg,  A.  L.  Brown, Ilalbersdter  ; 
.1.  Bergonic.  I  .  Tribondeau  et  D.  Bécamierl. 

•1  M.  Coloiuho  (tic  Itoiuc  il  traite  trois  cas  de  leiiccmie  par  les 
rayons  de  Bicnlgen.  Au  déliiil  de  la  cure, la  syïiiptoiualogie  empira, 
le  nombre  des  glol.'ules  rouges  diminua,  dans  un  cas  de  2, '(80.000  à 
2.500, 000)celui  des  leucocytes  augmenta  (de  96,000  à  140,000  eu  parti¬ 
culier  les  polyniich'-aires  passèrent  de  64,000  à  140,000, les  mononuclé¬ 
aires  de  3'2,übo  à  :tü0,00Oi,  tandis  (|ue  le  volume  de  la  rate  lièvre  ne 
subissaient  aucune  modiltcalion.  L'est  seulement  dans  les  séances 
nllèrieures  que  ces  conditions  ebhngèrenl  en  procédant  en  sens 
inverse  (augmentation  des  globules  rouges,  diminution  des  leuco¬ 
cytes  .  Le  traitement  comprit  au  total  de  120  à  150  sil-ances,  cbaque 
s('-ance  durant  environ  quarante  minutes,  dont  dix  pour  le  sternum,^ 
dix  i>onr  la  rate,  dix  pour  les  coudes  et  dix  pour  les  genoux. 

(2)  Lommunication  du  !>'  Foveau  de  Lourmellesù  l'.Vcadémie  des 
Sciences  de  Paris,  le  27  février  1905,  par  le  professeur  d'Arsonval 
du  Collège  de  France. 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


45 


Voici  maintenant  des  faits  cliniques  qui  les  confirment. 

J'ai  eu  1  occasion,  depuis  une  communication  antérieure  (1) 
sur  te  ttiagnostic  et  la  thérapeutique  de  certains  fibromes 
par  les  rayons  X,  confirmée  ensuite  par  Deutscli,  de  Munich, 
et  par  Bondet,  Lyon,  de  traiter  encore  un  certain  nombre 
de  ces  tumeurs  et  de  constater  presque  toujours  les  phé¬ 
nomènes  suivants  :  dès  la  première  séance,  durée  5 
minutes,  intensité  du  courant  au  primaire  de  la  bobine  : 
5  ampères  ;  110  volts  ;  0  m.25  étincelle  équivalents  7  au  ra¬ 
dio-chronomètre  de  Benoist  ;  sensation  de  contraction  dans 
l’atérus  et  resserrement  des  tissus  qui  s'accentue  avec  la  ré¬ 
pétition  des  séances  et  la  diminution  de  la  tumeur.  Si 
des  symptômes  douloureux  existent,  ils  cèdent  rapidement. 
Quant  aux  hémorrhagies,  elles  augmentent  plutôt  au  début 
du  traitement, laissant  après  chaque  période,  augmentée  ou 
non  d'ailleurs,  la  tumeur  plus  affaissée.  Puis,  peu  à  peu»  ces 
hémorrhagies  s’éloignent  et  s’atténuent.  Des  fibromateuses 
ayant  d'abondantes  hémorrhagies  toutes  les  trois  semaines 
ne  les  ont  bientôt  plus,  atténuées  du  reste,  que  toutes  les 
4,5, 6, 7, 8,  semaines  progressivement,  puis  tous  les  4,5  ou  6 
mois  pour  enfin  cesser  complètement. 

Gomme  on  ne  peut  juger  sur  le  vivant  de  l’état  d'un 
organe  que  par  ses  manifestations  fonctionnelles,  cet  éloi¬ 
gnement  et  cette  diminution  des  époques  menstruelles  indi¬ 
quent  évidemment  une  régression  atrophique  des  ovaires. 
Selon  l’âge  des  patientes, il  faut  arriver  à  cet  état  atrophique 
en  un  nombre  variable  de  séances  de  rayons  X  allant  de  5  à 
à  15  minutes,  selon  les  cas  et  la  façon  dont  elles  sont  sup¬ 
portées  par  l’état  général  (toujours  sans  réaction  cutanée, 
grâce  à  la  plaque  d'aluminium  bien  reliée  au  sol,  mais  par¬ 
fois  avec  fièvre  et  frisson  qui  font  espacer  les  séances  );aprês 
50  ans,  on  a  souvent,  dès  les  premières  époques  qui  sui¬ 
vent  les  applications,  une  diminution  de  ces  menstrues. 
Vers  40  ans,  je  ne  l’ai  obtenue  qu’après  des  mois  (5  à  6 
mois  et  deux  séances  par  semaine)  de  traitement  chez  des 
malades  qui  ne  voulaient  pas  être  opérées,  mais  toujours 
cette  régression  se  produisait  et  se  traduisait  manifestement. 
Avant  40  ans,  cet  état,  tout  en  s’obtenant,  exigerait  plus  de 
temps  encore  (8  à  10  mois). 

Chez  les  patientes,  soit  une  trentaine,  que  j’ai  pu  suivre, 
et  d’âge  variant  entre  35  et  55  ans,  les  phénomènes  ont  été 
constants. 

Pour  des  cancers  du  sein,  contre  lesquels  on  a  préconisé 
l’ablation  des  ovaires,  j’ai  eu  l’idée  de  faire  dans  trois  cas 
des  applications  consécutives  sur  la  région  galactophore 
cancéreuse  et  sur  la  région  abdominale  ;  j’ai  ainsi  obtenu 
des  résultats  plus  rapides  dans  la  régression  de  la  tumeur, 
du  sein  que  quand  j'agissais  simplement  sur  celle-ci.  Les 
menstrues  s'atténuaient  aussi. Dans  un  de  ces  cas,  la  peau  et 
lesystème'pileux  du  sein  exposés  noircirent. Dans  un  autre, 
que  l’on  dut  opérer  quand  même,  les  douleurs, d'abord  apai¬ 
sées,  ayant  repris,  l’examen  histologique  de  la  tumeur  ne 
révéla  plus  que  du  tissu  fibreux  ;  et  aussi  est  -il  probable 
que  la  douleur  réapparue  tenait  à  la  présence  de  corps  étran¬ 
gers  inertes  encore  volumineux  qu'était  devenue  la  tumeur  ; 
quant  aux  ganglions  capillaires,  ils  étaient  ré  luits  à  de  mi¬ 
nuscules  grains  de  millet,  mais  très  durs. 

En  résumé,  la  clinique  confirme  les  recherches  expérimen¬ 
tales  ;  les  ovaires,  les  seins  et  les  ganglions  lympliatiques 
se  rétractent  et  s'atrophient  sous  l'action  des  rayons  X  ;  d'au¬ 
tre  part,  la  pénétration  de  ceux-ci  varie  avec  les  organes  et 
semble  se  faire  de  façon  élective. 

Mais  je  crois,  bien  que  n’ayant  qu'un  seul  fait,  mais  com¬ 
bien  probant,qirit  faut  des  rayons  directement  appliques  pour 
ngir  ;  j’ai,  dans  mon  cabinet  dont  elle  ne  quitte  pas,  et  sé¬ 
journant  près  des  tubes  en  activité,  dans  ta  zone  basse,  une 
petite  chienne,  genre  griffon  havanais,  et  dont  les  règles,  bi¬ 
annuelles  depuis  six  ans  et  demi, n’ont  été  nullement  influen¬ 
cées  ou  plutôt  dans  le  sens  de  l'avance  et  de  l'intensité,  ce 
fiui  est  normal,  chez  tes  chiennes.  Les  rayons  obliques  n'ont 
donc  pas,  d’autre  part,  les  dangers  qu’on  a  dit.  Les  insuccès 
dans  certains  fibromes  (Laquerrière)  prouvent  aussi  que 
®ême  les  actions  directes  ne  sont  pas  absolues.  Mais  cepen- 

(1)  Académie  des  scieuces,  11  jauvier  1904. 


dant  l’ensemble  des  faits  positifs  parle  assez  haut  pour  que 
le  seul  médecin  puisse  appliquer  les  rayons  X,  alors  que, 
dans  les  hôpitaux  parisiens  et  près  des  tribunaux, tes  radio- 
graphes  ne  sont  pas  médecins. 

- -  ■ 

MÉDEGINE_PRATIQUE 

O  La  Créosote  possède  une  action  aussi  énergique  contre  la 
tuberculose  pulmonaire  parce  qu’elle  est  le  plus  puissant 
des  antiseptiques  et  qu’elle  possède,  en  outre,  la  propriété 

d'exciter,  dans  cette  maladie,  les  fonctions  digestives . On 

ne  pourra  donc  déduire  à  priori  l'action  physiologique  de 
la  créosote  de  l’action  propre  de  ces  éléments  constitutifs.  On 
ne  pourra  l’établir  que  par  l'étude  du  mélange  lui-même,  car 
c’est  tout  juste  l’association,  en  faibles  proportions,  de  diffé¬ 
rentes  substances,  ayant  toutes  une  action  de  même  espèce, 
qui  fera  obtenir  des  effets  thérapeutiques  et  physiologiques, 
ne  représentant  nullement  la  somme  de  chacune  des  actions 
en  particulier,  mais  devant  être  considérée  comme  l’expres¬ 
sion  d’une  action  nouvelle.  »  (Professeur  Stokvis,  Leçons  de 
Plutrmacologie,  t.  L,  p.  338). 

Le  récent  Congrès  de  la  Tuberculose  a  démontré  que  le 
traitement  de  cette  redoutable  maladie  n’avait  pas  encore  lait 
de  progrès  au  point  de  vue  pharmacologique.  Les  produits 
créosotés  restent,  comme  avant,  l'unique  moyen  de  lutter 
avantageusement  contre  les  phénomènes  d'infection,  locaux 
ou  généraux.  Le  traitement  sérothérapique  n'a  donné  aucun 
résultat;  quantauremèdedeBehring.ilestet  restera  sans  doute 
une  simple  rêverie  d’un  esprit  nébuleux.  Par  conséquent,  c’est 
toujours  la  créosote  qui  continue  à  tenir  la  tête  dans  la  liste 
des  préparations  anti-tuberculeuses.  Mais  qu'est-ce  que  la 
créosote  et  comment  doit-on  la  prescrire  ?  Le  seul  produit 
([ui  devrait  être  employé  en  médecine  est  la  créosote  offici¬ 
nale  de  goudron  de  hêtre.  Mais  il  suffit  de  lire,  dans  les 
traités  spéciaux,  les  recommandations  faites  pour  s'assurer 
delà  pureté  du  médicament,  pour  se  rendre  compte  de  la 
difficulté  qu’on  éprouve  a  se  procurer  une  créosote  répon¬ 
dant  vraimentaux  nécessités  de  l'administration. 

Une  bonne  créosote  possède  une  densité  de  1075  à  1085  ; 
elle  doit  bouillir  entre  195°  ou  mieux  200°  et  220°  ;  elle  est 
incolore.  Sa  composition,  d’après  Béhal  et  Choay,  donne  : 
Phénols  monovalents,phénol,  crêsylols,  xylénols,etc.,  40% 
Gayacol  25  °  „  ;  Ethers-phénols  bivalents,  créosol,  homo- 
créosol.  vératrol,  etc.,  35  °/o.  Ainsi  constituée,  la  créosote 
est  un  liquide  odorant,  à  odeur  franche  de  fumée,  à  saveur 
caustique  très  vive,  doué  de  propriétés  escharrotiques  mani¬ 
festes.  Cette  causticité  rend  son  administration  difficile.  C’est 
pourquoi  beaucoup  de  praticiens  ont  songé  à  en  séparer  les 
constituants,  de  manière  à  utiliser  ceux  qui  paraissent  le 
plus  avantageux,  tels  le  phénol  et  le  ga'iacol.  Mais  on  a  géné¬ 
ralement  admis  «lue  les  effets  de  ces  dérivés  étaient  loin  d'a¬ 
voir  la  valeur  de  ceux  qui  sont  fournis  par  l’emploi  de  la 
créosote  pure.  L'opinion  de  l’éminent  pharmacologue  Stok¬ 
vis,  citée  plus  haut,  en  est  la  preuve. 

On  a  aussi,  sous  des  noms  divers,  essayé  de  combiner,  non 
plus  l'un  des  constituants  de  la  créosote,  mais  la  créosote 
elle-même  a  des  acides  ou  des  bases.  Les  créosotates  alcalins 
ne  possèdent  pas  du  tout  les  propriétés  de  la  créosote,  et  ont 
dù  être  abandonnés.  Quant  aux  phosphates,  carbonates,  cin- 
namates,  benzoatesou  tannates,ils  n’ont  aucune  supériorité 
sur  les  bases  organiques  isolées  qui  constituent  la  créosote.  En 
somme,uneétudeapprofondie  de  la  thérapeutique  et  de  la  chi¬ 
mie  pharmaceuthiue  démontre  que  tout  ce  qui  a  été  essayé 
pour  remplacer  la  vieille  créosote  a  été  inutile,  lorsque,  mê¬ 
me,  l’effet  n'a  pas  été  préjudiciable  à  l’activité  du  remède. 
On  aura  donc  répondu  à  toutes  les  indications  quand  on  au¬ 
ra  présenté  la  créosote  sous  une  forme  bien  assimilable  et  dé¬ 
pourvue  d’effets  nocifs  ;  et  pour  obtenir  ce  résultat,  point 
n'est  besoin  de  sortir  de  la  pharmacie  et  dépasser  au  laborar 
tolre  du  chimiste. 

Le  procédétpii  a  permis  d’obtenir  la  Solution  Pautaubergp 
reste  certainement  i  un  de»  meilleurs  qu’on  puisse  offrir  au 
médecin  pour  l’administration  de  la  crebsbte,  et  restera  long- 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


temps  encore  la  forme  de  choix.  En  effet,  l’addition  de  chlo-  j 
rhydro-phosphate  de  chaux  permet  d’obtenir  une  atténuation  j 
des  effets  irritants  du  médicament,  tout  en  ajoutant  ses  pro-  < 
priétcs  reconstituantes  propres  ;  d’autre  part,  l’extrême  dilu¬ 
tion  de  la  créosote  met  à  l’abri  de  l’intolérance  gastro-intes¬ 
tinale,  tout  en  conservant  à  la  créosote  tous  ses  effets  antisep¬ 
tiques.  La  Solution  se  trouve  ainsi  présenter,  dans  une  com-  i 
binaison  pharmaceutique,  et  non  dans  une  combinaison  chi¬ 
mique,  les  produits  les  plus  susceptibles  d’agir  favorable¬ 
ment  sur  le  processus  tuberculeux,  la  créosote  apportantson 
action  anti-bacillaire  et  excitante  de  l’acte  digestif,  tandis  que 
le  sel  phosphoré  calcique  apporte  le  moyen  de  reconstituer  le 
terrain  salin  du  malade,  dont  la  déminéralisation  est  l’un  des 
gros  dangers  de  la  tuberculose. 

11  faut,  d’ailleurs,  bien  se  rendre  compte  que  présenter  les 
sels  (phosphates,  phosphites,  carbonates,  etc.)  de  créosote 
comme  des  produits  définis,  c’est  jouer  sur  les  mots.  La 
créosote,  nous  l  avons  dit,  n'est  pas  un  produit  défini  ; 
c’est  un  mélange  complexe,  comme  tous  Iss  meilleurs  mé¬ 
dicaments,  et,  à  ce  titre, ses  préparations  ne  peuvent  être 
définies  dans  le  sens  chimique  du  mot.  Par  conséquent,  les 
préparations  de  la  créosote  obtenues  par  combinaisons  avec 
des  acides  ou  des  sels  acides  se  valent,  et  l'on  peut  pré¬ 
tendre,  avec  raison,  que  les  formes  pharmaceutiques  ont 
l’avantage  de  présenter  le  médicament  dans  de  meil¬ 
leures  conditions  d’administration,  parce  qu’à  ce  point  de 
vue,  elles  ont  été  soigneusement  étudiées. 


VARI,\ 

Accidents  de  Football  en  Amérique 

Ce  jeu,  quelquefois  brutal  au  dernier  degré,  a  provoqué, 
cette  année,  un  nombre  considérable  d’accidents:  19  cas  de 
morts  et  137  traumatismes  graves.  Sur  les  19  morts,  1 1  étaient 
âgésdelT  ans  ouau-dessous,  troisétaient  étudiants,  les  autres 
appartenaient  aux  sociétés  non  universitaires  et  étaient  plus 
âgés. 

Les  causes  de  la  mort  étaient  des  coups  violents  portés  sur 
les  différentes  parties  du  corps  (abdomen  et  têtei,  des  fractures 
delà  colonne  vertébrale,  ou  la  septicémie  consécutive  aux 
traumatismes.  Les  traumatismes  graves  consistaient  en  frac¬ 
tures  de  la  clavicule  (19  cas)  de  l'omoplate  ou  de  l’humérus 
(12  cas),  fracturesde  jambe  (31  cas),  fractures  du  bras  (2  cas) 
fracture  des  os  du  crâne  (19  cas). 

On  dit  que  les  bons  joueurs  sont  moins  exposés  à  ees  acci¬ 
dents.  Maigre  consolation,  si  l’on  considère  qu’avant  d'être 
bon  joueur  il  faut  s’exposer  aux  plus  graves  dangers.  En  face 
de  cet  état  de  choses  alarmant  un  confrère  américain  propose 
de  porter  la  question  du  football  et  spécialement  du  «  rough 
play  »  (jeu  brutal)  devant  les  autorités  compétentes, afin  qu’on 
y  porte  remède.  (Chicago  Tribune.) 

Une  mère  qui  a  eu  six  enfants  dans  la  même  année. 

Madame  llilgen,  de  ï.  en  Bavière,  a  accouché  de  triplets  en 
janvier  et  en  décembre  de  la  même  année. Etonnez-vous  alors 
de  l’augmentation  menaçante  delà  population  allemande  ! 
[Münch.  n.  Nachrichten). 

L’Enfance  anormale. 

Nous  venons  de  recevoir  le  l'^  n»  du  Bulletin  officiel  du  Comité 
National  Français  pour  Tétude  et  la  protection  de  T  Enfance 
anormale,  revue  trimestrielle,  médico-pédagogique  et  philanthro¬ 
pique.  Rédacteur  en  chef  :  M.  Louis  Granvilliers.  Rédaction  et 
administration,  imprimerie  P.  Legendre  à  Lyon.  Abonnement, 
1  an  :  3  fr.  ;  le  n»  :  0  fr.  75.  Adresser  la  correspondance  au  ré¬ 
dacteur  en  chef,  à  Meyzieu  (Isère).  C’est  là  une  publication  des¬ 
tinée  à  activer  beureusement  la  propagande  en  faveur  des  enfants 
anormaux  que  nous  sommes  heureux  de  signaler  à  l’attention  de 
nos  lecteurs. 

Cabinet  Gallet.  iClientèles  médicales).  47,  Bd.  Sl-Michcl. 

Rhône.  —  Seul  médecin,  fait  pharmacie.  3.500  fr.  de  fixes. 
11.000  fr.  touchés.  Loyer  500  fr.  prix  4.500  fr. 

Aisne. —  Seul  médecin,  fait  pharmacie.  15.000  fr.  touchés 
Prix  0.000  fr. 


FORMÜLFS 

VII.  —  Contre  les  douleurs  dyspeptiques  survenant 
tardivement  après  les  repas. 

Bicarbonate  de  soude .  0  gr.  50 

Craie  préparée .  0  »  30 

Magnésie  calcinée .  0  »  20 

Poudre  de  belladone .  0  »  02 

Chlorhydrate  de  cocaïne .  0  »  01 

pour  un  paquet. 

Prendre  trois  de  ces  paquets  à  2  heures  d’intervalle  dans  de 
l’infusion  très  chaude  de  tilleul. 

- - 

Actes  et  Thèses  de  la  Faculté  de  Médecine  de  Paris. 

Thèses  de  doctorat.  — Mercredi,  24  janvier.  —M.Fradin  :  Con- 
Iribulionà  l’étude  de  la  résistance  électrique  du  corpshumain  (MM. 
Gariel,  Brissaud,  Broca  (André),  Claude).  —  M.  liruel  :  Les  traite, 
inents  des  chorées  et  des  tics  deTenfance.  Alitement  et  isolement. 
iJiscipliiie  psycho-motrice  (MM.  Brissaud,  Gariel,  Broca  (André), 
Claude).  —  M.  Halberchtadt  :  Contribution  à  l’étude  de  la  folie  par 
contagion  mentale  (MM.  Brissaud,  Gariel,  Broca  (André),  Claude). 

—  M.  Clenet  :  Contribution  àfétude  des  salpingites  dans  leur  rap¬ 
port  avec  la  grossesse  et  lapuerpéralité  (MM.  Pinard,  Segond,  Lepa¬ 
ge,  Proust).  — M.  Pecharmant  :  Contribution  à  l’étude  desostéo-pé 
riostites  mastoïdiennes  (MM.  Segond,  Pinard,  Lepage,  Proust).  — 
M.  Dorléans  :  Coexistence  d'accidents  syphilitiques  tertiaires  avec 
le  tabes  et  la  paralysie  générale  ;MM.  Gaucher,  Roger,  Legry,  Ma- 
caigne).  —  M.  Verani:  Etude  surta  leucoplasie  vulvo-vaginale  et 
le  Kraurosis  vulvæ,  et  leurs  rapports  avee  la  syphilis  (MM.  Gaucher, 
Roger,  Legris,  Macaigne). 

Jeudi.  2  5  janvier.  —  M.Bonsant  .-Contribution  à  l’étude  des  états 
décoratifs  et  de  leur  substratum  organique  (MM.  JolTroy,  Ray¬ 
mond,  Dupré,  Jeanselme).  — il/.  7'o«c/jird  :  Recherches  anatomo¬ 
cliniques  sur  la  sclérodermie  généralisée  (MM.  Raymond,  JolTroy, 
Dupré,  Jeanselme).  — M.  Chardin  ;  Rechutes  de  rougeole  (MM.  IIu- 
tinel,  Chantemesse,  Gilbert,  Méry'.  —  M.  Taubé  :  (Jzène  des  bron¬ 
ches  (MM.  Chantemesse,  Hutinel,  Gilbert,  Méry).  —  M.  Guyot  : 
Contribution  au  traitement  des  arthropathies  blennorrhagiques  (MM. 
Gilbert,  Hutinel,  Chantemesse,  Méry).  —  M.  Bourretère  :  Contri¬ 
bution  à  l’étude  du  pronostic  du  placenta  prœvia.  Résultats  statisti¬ 
ques  recueillis  à  la  maternité  de  St- -Antoine  '^MM.  Budin,  Pozzi, 
Bar,  Faure).  — M.  Verdier  :  De  Thémalométrie  dans  le  cancer  du 
corps  utérin  (MM.  Pozzi,  Budin,  Bar,  Faure). 

Examens  de  doctorat.  —  Lundi,  22  janvier.  —  5"  (Chirurgie,  1" 
partie,  P"  série,  Hôtel-Dieu)  :  MM.  Terrier.  Legueu,  Gosset.  —  5" 
(Chirurgie,  1”  partie,  2”’  série,  Hôtel-Dieu)  :  M.M.  Reclus.  Pierre  Du- 
val,  Proust. 

Mardi,  a,?  janvier.— 5' (Chirurgie.l”  partie,  1”  série.  Charité)  : 
MM.  Berger,  Faure,  Marion.  —  5'  (Chirurgie,  P"  partie,  2'  série, 
Charité)  :  MM.  Pozzi.  Auvray,  .Morestin.  — 5'  :  (2' partie.  Charité)  : 
MM.  Robin,  Achard,  Carnot. 

Mercredi  24  janvier.  —  Médecine  opératoire  (Ecole  pratique)  ; 
Terrier, Gosset,  Cunéo.  — 2  (l'“  série.  Salle Béelard)  :  MM.  Gautier, 
Gley,  Branca.  —  -2"  (2-  série.  Salle  Richet)  :  MM.  Ch.  Richet,  Réité¬ 
rer.  Desgrez.  — 3'(P”  partie.  Oral,  Salle  Vulpian)  :  MM.  Kirmisson, 
Potocki,  Pierre  Duval. —  3' (‘J*  partie.  Oral,  Salle  Charcot)  :  MM. 
Blanchard,  Dejerine,  Teissier.  —  5'  (2“  partie,  Laënnec)  :  MM.  Lan- 
donzy,  Balthazard,  L.abbé  (Marcel). 

Jeudi  2  5  janvier.  —  Médecine  opératoire  (Ecole  pratique)  :  MM. 
Poirier,  Marion,  Morestin.  —  2'  :  (Salle  Corvisart)  :  MM.  Pouchet, 
Launois,  Langlois  — S'il"  partie,  P”  série.  Oral,  Salle  Pasteur)  ; 
MM.  Le  Denlu,  Retlerer,  Demelin.  —  3"  (P*  partie,  2'  série.  Oral, 
Salle  Charcot)  :  MM.  Berger,  Thiéry,  Brindeau.  —  4‘  ;  (Salle  Ri¬ 
chet)  ;  M,M.  Robin,  G  Ballet,  Guiart. 

Vendredi,  26  janvier.  —  3"  (2"  partie.  Laboratoire  des  travaux  pra¬ 
tiques  d'anatomie  pathologique!  :  MM.  Gautier,  Blanchard,  Legry. 

—  •2“  'Salle  Richet)  ;  MM.  Gariel,  Ch.  Richet,  Retlerer.  —  3‘  (P-  par¬ 
tie,  Oral,  Salle  Broussa's)  :  MM.  Reclus,  Sébileau,  Potocki.  — 3*  (2‘ 
partie.  Oral,  Salle  Pasteur)  :  MM.  Landouzy,  Roger,  Claude.  — 
4* (Salle  Thouret)  :  MM  Pouchet, Balthazard,  Macaigne.  —  5"  (Obs¬ 
tétrique,  1"  partie,  Clinique  Baudelocque)  :  MM.  Pinard,  Lepage, 
Wallich. 

Samedi,  2  j  janvier.  —  5*  (2'  partie,  P*  série,  Beaujon)  :MM.  Ray¬ 
mond,  Troisier,  Thiroloix.  —  5' (2"  partie,  2”  série,  Beaujon)  :  MM. 
Gilbert,  Achard,  Méry.  —  5'  (2*  partie,3’  série,  Beaujon)  ;  MM.  Ro¬ 
bin.  Gougel,  Jeanselme.  —  (Obstétrique,  P'-  partie,  clinique  Tar- 
nier)  :  MM.  Budin,  Demelin,  Brindeau. 


Médaii-i.e  d’or.  —  La  Société  nationale  d’agriculture  a  décerné 
une  médaille  d’or  àM.  le  docteur  A.  Pressât  pour  ses  recherches 
sur  le  paludisme  et  les  moustiques  à  Ismaïlia. 


LE  l’RUGKÈS  MÉDICAL 


47 


NOUVE^ES 

Natalité  DK  Paris.  —  Du  dimanche  31  décembre  1905  an  samedi 
6  Janvier  19(6,  les  naissances  ont  été  an  nombre  ae  997,  se  dé¬ 
composant  ainsi  :  légitimes  736,  illégitimes  261. 

Mortalité  a  Paris.  —  Population  d'après  le  recensement  de 
1901  :  2.660.559  habitants.  Les  décès  ont  ete  au  nombre  de  961, 
savoir:  528  hommes  et  441  femmes.  Les  décès  sont  dus  aux 
causes  suivantes  ;  Fièvre  typhoïde  (typhus  abdomin.)  :  8.  — 
Typhus  exanthématique  :  0.  —  Fièvre  intermittente  et  cachexie 
palustre  :  0.  —  'Variole  ;  1.  —  Rougeole  :  21.  —  Scarlatine  :  0. 

—  Coqueluche:  3.  —  Diphtérie  et  Croup  :  3.  —  Grippe  :  1. 

—  Choléra  asiatique  :  0.  —  Choléra  nostras  :  0.  —  Autres 
maladies  épidémiques  :  2.  —  Tuberculose  des  poumons  :  167.  — 
Tuberculose  des  méninges  :  24.  Autres  tuberculoses  :  14.  — 
Cancer  et  autres  tumeurs  malignes  :  56.  —  Méningite  simple  :  20. 

—  Congestion  hémorrhagique  et  ramollissement  du  cerveau  :  63. 

—  Maladies  organiques  du  coeur  :  92.  —  Bronchite  aiguë  :  12. 

—  Bronchite  chronique  :  22.  —  Pneumonie  :  44.  —  Autres  affec¬ 
tions  de  l’appareil  respiratoire  :  107.  —  Affections  de  l’estomac 
(cancer  exc.)  :  2.—  Diarrhée  et  entérite  de  0  à  1  an  :  sein  :  2  ;  au¬ 
tre  alimentation  :  14. —  Diarrhée  et  entérite  de  1  à 2  ans  :  1. —  Her¬ 
nies,  obstruction  intestinale  ;9.  —  Cirrhose  du  foie  :  10.  — Néphrite 
et  mai  de  Bright  :  36.  -  Tumeurs  non  cancéreuses  et  autres  ma¬ 
ladies  des  organes  génitaux  (femmes)  :  3.  —  Septicémie  puerpérale 
(fièvre,  péritonite,  phlébite  puerpérale)  :  3.  —  Autres  accidents 
puerpéraux  de  la  grossesse  et  ue  raccoumement  ;  2.  —  Débilite 
congénitale  et  vices  de  conformation  :  33.  —  Débilité  sénile  :  32. 

—  Morts  violentes:  26.  —  Suicides  :  9.  —  Autres  maladies  :  117. 

—  Maladies  inconnues  ou  mal  définies  ;  19. 

Mort-nés  et  morts  avant  leur  inscription  :  78,  qui  se  décom¬ 
posent  ainsi  :  légitimes  56,  illégitimes  22. 

Distinctions  honorifiques.  —  Légion  d’honneur  :  Com¬ 
mandeur  :  M.  le  docteur  Richard,  médecin  inspecteur  de  l’armée  ; 
Officiers  :  MM.  les  docteurs  Ruault  (de  Paris)  ;  Achintre,  Billot, 
Dubujadoux,  Gerhault,  de  Santi,  médecins  de  l’armée  active  ; 
F.-L.-A.  Camus,  ancien  médecin  militaire  ;  Chevaliers  :  MM.  les 
docteurs  Gaillard  (de  Paris)  ;  E.-A.  Forgue  (de  Montpellier)  ; 
Auhry,  G. -P.  Benoît,  Campos-Hugueney,  M.-F.  Courtois,  Cuvier, 
Ferrier,  Frache,  Gilles,  Guihal,  Keim,  Launois,  Manon,  P. -J. 
Simoniiij  M.-J.  Spillman,  Tricot,  Wenzinger,  médecins  de  Tar- 
mée  active  ;  Barillet,  Dubois,  L.-A.  Durand,  Hamon,  L’Eost, 
Morgue,  'Vergues,  médecins  de  la  marine  ;  Legendre,  médecin  des 
troupes  coloniales,  directeur  de  l’Ecole  de  médecine  de  Tchentou  ; 
Devaux,  Neiret,  médecins  des  troupes  coloniales. 

Dbcor.ations  AC-tDÉMiQuEs.  —  Officicrs  de  l'Instruction  pu- 
hliquc  :  MM.  les  docteurs  Berthod  et  Rœser  (de  Paris). 

Officiers  d’ Académie.  —  MM.  les  docteurs  Beauvillard,  Bour¬ 
sier,  L.-D.  Dumont,  L.-E.-A.  Dumont,Labroy,  Lance,  Minet,  Mou- 
Ion,  Plicque,  Alphonse-Léonard  Roche  (de  Paris)  ;  de  Bretonville 


(de  Vincennes)  ;  Astier,  P. -J.  Delmas,  M.-F.  Guichard,  médecins 
millitaires  ; 

Actes  de  courage  f.t  de  dévouement.  — Médaillé  de  bronze. 
M.  le  docteur  O’FolIowell  (de  Paris).  —  .Mi-ntion  honomble.  M.  le 
docteur  Brenta  (d’Alger). 

Hôpitaux  de  Marseille.  —  M.  le  docteur  Aubert  a  été  nommé, 
après  concours,  chirurgien  adjoint  des  hôpitaux. 

Médecins  sénateurs.  —  Le  dimanche  7  janvier,  ont  été  élus 
au  Sénat  ;  MM.  les  D''®  Aubry  (Constantine)  ;  Daniel  (Mayenne)  ; 
Flaissières  (Bouches-du-Rhône)  ;  Lannelongue  (Gersi  ;  Lourties 
(Landes)  ;  Petitjean  (Nièvre)  ;  Rey  (Lot)  ;  Reymond  (Loire)  ;  San- 
cet  (Gers)  ;  Viger  (Loiret).  Ce  qui  porte  à  44  le  nombre  des  séna¬ 
teurs  médecins. 

Prix  de  LA  Faculté  pour1906.  —  La  Faculté  de  médecine 
propose  les  sujets  suivants  pour  les  prix  à  décerner  en  1906  : 

Prix  Corvisart  :  L’hémoptysie. 

Pria:  Samlour  :  Des  rapports  de  l’alcoolisme  et  des  accidents 
saturnins. 

Prix  Behier  :  Syphilis  hépatique. 

Médecin  des  hôpitaux.  —  Un  concours  pour  l’admissibilité  aux 
concours  de  nomination  aux  places  de  médecin  des  hôpitaux  et  hos¬ 
pices  civils  de  Paris  sera  ouvert  le  lundi  26  février  1906,  à  midi, 
dans  la  salle  de  concours  de  l’administration,  rue  des  Saints-Pè¬ 
res,  n'>49. 

MM.  les  docteurs  en  médecine  qui  voudront  concourir  devront 
se  faire  inscrire  à  l’administration  centrale,  3,  avenue  Victoria, 
service  du  personnel,  du  lundi  22  janvier  au  samedi  10  février, 
inclusivement  de  midi  à  3  heures. 

Le  nombre  des  places  d'admissible  mises  au  concours  sera  an¬ 
noncé  aux  candidats  lors  de  la  première  séance,  ce  nombre  ne  pou¬ 
vant  être  établi  qu’après  la  fermeture  du  registre  d’inscription. 

A  cet  effet,  les  candidats  dispensés  du  concours  d'admissibilité 
devront  se  faire  inscrire  en  vue  du  concours  d’admission  dans  les 
mêmes  délais  que  les  candidats  au  concours  d’admissibilité,  savoir 
du  lundi  22  janvier  au  samedi  10  février  inclusivement,  de  midi  à 
3  heures. 

Un  concours  pour  la  nomination  àtrois  places  de  médecin  des 
hôpitaux  et  hospices  s’ouvrira  quinze  jours  après  la  clôture  des 
opérations  du  présent  concours  d’admissibilité.  Seront  admis  à  se 
présenter  à  concourir  les  candidats  dispensés  de  ce  concours  en 
raison  de  leurs  admissibilités  antérieures  et  les  nouveaux  admis¬ 
sibles,  déclarés  à  la  suite  du  concours  du  26  février. 

Chirurgien  des  hôpitaux. —  Un  concours  pour  la  nomination 
à  deux  places  de  chirurgien  des  hôpitaux  de  Paris  sera  ouvert  le 
lundi  26  mars  1906,  à  midi,  dans  la  salle  des  concours  de  l’admi¬ 
nistration,  49,  rue  des  Saints-Pères. 

MM.  les  docteurs  en  médecine  qui  voudront  concourir  devront 
se  faire  inscrire  à  l’administration  centrale,  3,  avenue  Victoria 
(service  du  personnel)  de  midi  à  3  h.,  du  lundi  19  février  au  sa¬ 
medi  3  mars  inclusivement. 


:  N*A  PAS  D*ACT»ON~SUR  LE  CŒUR  : 


ANALGESIQUE,  ANTIPYRETIQUE,  HYPNOTIQUE,  ANTLMIGRAINE,  ANTUNEVRALGIQUE,  ANODINE 


NE  DONNANT  PAS  LIEU  A  L’ACCOUTUMANCE  ET  NE  PRODUISANT  JAMAIS  D’EFFETS  TOXIQUES 
mm  ti  I  »J1T1|  I  i  CONSTAMTE  DANS  SES  EFFETS  — ><mhiiii  «mm  m  w 

indications.— ^3lux  de  tête,  Migraine,  Insomnies,  Névroses.  Hystérie.  Mensthiations  doulonrenses.  Névralgies,  Convtdsions,  Vertiges  et  toutes  aftections  ner 


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La  Société  Chimique  d’Antikamnia  6.  rue  de  m  paix,  paris 

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jÉ-a.  ILié0éz:^  â  ïfestiorae»  ~ .  l'fjàarvt  4&  SJ»  Aaap.saaf 


48 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


Médecins  conseillers  généraux.  —  M.  le  Roy  a  été  élu 
conseiller  général  des  Deux-Sèvres,  pour  le  canton  d’Argenton- 
Château. 

Encore  deux  nouveau-nés  dans  notre  microcosme  :  Le  rap¬ 
porteur  médical  et  la  Provence  médicale.  Longue  vie  et  prospé¬ 
rité  à,  ces  deux  confrères,  selon  riiabituelle  formule,  dit  la.  Chro¬ 
nique  médicale  du  !"■  janvier.  Ajoutons  un  troisième  journal  La 
Clinique,  journal  hebdomadaire  de  médecine  et  de  chirurgie  pra¬ 
tique  publié  chez  l’Editeur  O.  Doïn  et  sous  la  direction  do  notre 
confrère  le  D''  Sersiron,  secondé  de  M.  le  D’’  Cl.  Doin. 

Nécrologie  :  Nous  apprenons  avec  regret  la  mort  de  M.  le  D' 
PiÉCHAUD,  professeur  de  clinique  chirurgicale  des  maladies  des 
enfants  à  la  Faculté  de  Bordeaux. 

Chronique  des  hôpitaux. 

Clinique  chirurgicale  de  l’IIotel-Dieu.  —  Cours  pratique 
d'Oto-Rhino-Lai'yngoloijie.  —  Le  D''  Guisez,  ancien  interne  des 
hôpitaux, recommencera  son  cours  pratique  d' Oto-Rhino-Larijnqo-  . 
logie  le  mardi  6  févrie^à  3  h.  1/1!  et  le  continuera  les  mardi,  jeu¬ 
di,  samedi, à  la  même  heure. 

Le  cours  sera  essentiellement  pratique  et  comprendra  1?  leçons 


(examen  des  malades,  maniement  des  instruments  spéciaux,  peti¬ 
tes  opérations).  Droits  d’inscription  :  50  francs. 

S’inscrire  les  mardi  et  samedi, de  4  à  5  h.,  consultation  de  laryn- 
gologie  de  l’hôpital. 

BULLETIN  BIBLIOGRAPHIQUE 

L'enfant,  revue  mensuelle  illustrée  consacrée  à  l’étude  de  tou¬ 
tes  questions  relatives  à  la  protection  de  l’enfance.  Directeurs-ré¬ 
dacteurs  en  chef.  MM.  Henri  Rollet  et  JaciiuesTnuTSCH,  13.  rue 
de  l’Ancienne-Comédie.  France,  un  an,  5  fr.  ;  étranger,  6fr-  Nous 
appelons  vivement  l'attention  de  nos  lecteurs  sur  cette  très  inté¬ 
ressante  publication. 

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plus  graves.  In-8“  de  32  pages  aMec  22  lig.  Prix  :  1  franc. 

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lerées  à  café  par  jour  dans  lait,  bouillon  ou  tisane. 

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découvert  par  M.  Louis  DEQU«z.ANT.  pharmacien,  38,  rue 
de  Glignancourt,  Paris.  (Mémoires  déposés  à  l’Académie  de 
Médecine,  23  mars  1897,  8  mai  1898).  L'extrait  de  ces  Mémoires 
est  adressé  .gracieusement  à  tous  les  médecins  qui  lui  en 
feront  la  demande.  Renseignements  gratuits  et  prix  de  faveur 

pour  tous  les  memores  du  corps  médical. _ 

Le  Rédacteur-Gérant  ;  Bournbvillx, 
Imprimerie  Daix  tobres,  Clermont  (Oise). 


contre  la  goutte: 

et  le  RElUMA'riSME 

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les  semences,  qui  forment,  généra-^;;?^^  S 
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BUREAUX  :  RUE  DES  CARMES,  14 


27  JANVIER  1906 


Le  ProgrèS’;,Médical 


SOMMAIRE  ;  Chirurgie  biologique  ;  La  stérilisation  du  maté¬ 
riel  de  suture,  ligature,  sondage,  drainage,  par  Longuet.  — 
Clinique  spéciale  ;  Cinquante  cas  d’œsophagoscopie,  par  Cui¬ 
sez.  —  Bulletin  :  Les  homœopatlies,  par  Friedel  ;  Les  femmes 
médecins  et  les  concours,  par  J.  Noir  ;  Médecine  sanitaire  mari¬ 
time,  par  Grosset.  — -  Sociétés  Savantes  :  Académie  de  Méde¬ 
cine  :  La  tuberculose  en  France  et  en  Allemagne,  par  Robin  ; 
La  rate  et  la  sécrétion  biliaire,  par  Lancereaux  ;  La  vaccine  en 
Alsace  au  siècle  dernier,  par  Kelsch  (c.  r.  de  A. -F.  Plicque.)  — 
Société  de  chirurgie  :  Drainage  lombaire  dans  les  péritonites 
appendiculaires,  par  Routier,  Chaput  et  Segond  ;  Traitementdes 
kystes  hydatiques  du  foie,  par  Quénu  ;  Guérison  opératoire 
d'une  paralysie  cubitale  et  radiale,  par  Potherat  (c.  r.  de  Catz.) 
—  Société  Médicale  des  Hôpitaux  :  Intoxication  mercurielle 
d'origine  thérapeutique,  par  Sicard  ;  Hydarlhrose  syphilitique, 
étude  cytologique,  par  Griffon  et  Déhérain  ;  Pseudo-rhuma¬ 
tisme  syphilitique,  par  Galliard  ;  Le  formiate  de  quinine  (quino- 
forme),  par  Hitz  (c.  r.  de  Friedel.)  — Société  de  Pédiatrie  ;  Ané¬ 
vrysme  de  l’aorte  d’origine  rhumatismale,  par  Comby  ;  Ménin¬ 
gite  cérébro-spinale,  par  Sevestre  ;  Adénopathie  trachéo-bron- 


chifpjp^ par  Variot  ;  Emploi  du  citrate  de  soude  en  thérapeutique 
iülÈflIile,  par  Variot  ;  Méningite  cérébro-spinale  traitée  avec 
succès  par  les  injections  intra-rachidiennes  de  co-llargol,  par 
Papillon  (c.  r.  de  Ch.  Petit-Vendol.)  — Société  d'obstétrique  de 
Paris  :  Note  sur  le  chauffage  de  la  couveuse  au  thermosiphon, 
par  Mercier  ;  Atrésie  cicatricielle  du  vagin  au  terme  de  la  gros¬ 
sesse,  par  Mercier  ;  Un  cas  de  grossesse  gémellaire  pouvant 
faire  croire  à  la  superfœtation,  différence  de  1850  gr.  entre  les 
deux  fœtus,  par  Bouohacourt  et  Cathala  ;  Dégénérescence  hyda- 
tiforme  d’un  œuf  de  2  mois  expulsé  au  6'  mois  de  la  grossesse, 
par  Bernheim  ;  A  propos  d’une  rupture  utérine,  par  Brindeau 
et  Caron  ;  Opération  de  Gigli  pour  bassin  oblique  ovalaire,  par 
Porak  ;  A  propos  de  la  communication  de  M.  Foix  ;  «  présenta¬ 
tion  d'un  cas  d’extrophie  de  la  vessie  et  de  l’intestin  terminal  », 
par  Cunéo,  etc.  (c.  r.  de  Jeannin.)  —  Médecine  pratique.  — 
Revue  de  pathologie  mentale  (c.  r.  de  Keraval.)  —  Varia. 
Les  congrès.  —  Formules.  —  Actes  et  thèses  de  lafaculté 
DE  médecine  de  Paris.  Thérapeutique  :  Propriétés  thérapeu¬ 
tique  de  l’hélénine.  —  Nouvelles.  —  Chronique  des  hôpitaux. 
—  Bulletin  bibliographique. 


AVIS  POUR  LES  NUMÉROS  MANQUANTS 

Nom  rappelons  également  à  nos  abonnés  et  à  nos 
correspondants  que  les  NUMEROS  MANQUANTS 
de  1905,  réclamés  avant  le  31  janvier  1906  seront 
envoyés  gratuitement.  Passé  ce  délai,  envoyer  pour 
chaque  numéro  25  centimes. 


CHIRURGIE  BIOLOGIQUE 

(cours.  IIP  LEÇON.) 

La  stérilisation  du  matériel  de 
suture,  ligature,  sondage,  drainage  : 

Par  le  P'  L.  LONGUET  fde  Rouen). 

[Suite  et  fin.) 

%  il.  STÉRILISATION  GERMICIDE 

(Lister  1867). 

A.  Méthode  antiseptique,  (Lister  1867).  —  Les 
considérations  développées  dans  les  précédentes  le¬ 
çons  me  dispensent  d’entrer  en  une  nouvelle  descrip¬ 
tion,  à  proposdu  matériel  deligature,  suture,  drainage. 
Jetez  seulement  un  coup  d’œil  sur  le  relevé  ci-joint 
fidèlement  dressé,  et  vous  serez  frappés  de  ce  fait  que 
la  liste  des  antiseptiques  est  plus  riche  encore  que  celle 
de  germicidation  chimique  pour  pansement,  preuve 
que  Us  accidents  provenant  de  cette  source  sont  tout 
particulièrement  fréquents  ;  aussi  nous  voyons  les  chi¬ 
rurgiens  préconiser,  les  uns,  une  seule  substance  an¬ 
tiseptique,  les  autres  plusieurs  antiseptiques  associés. 
Ce  sont,  comme  solutions  mono-antiseptiques  ;  la  so¬ 
lution  phèniquée  (Lister)  ;  la  solution  de  sublimé 
(Bergqaann)  ;  la  solution  iodée  (Claudius)  ;  la  solution 
formolce  (Moty)  ;  la  solution  de  sulfate  d' ammoniaque 
(Elsberg)  ;  la  solution  de  bichromate  de  potasse  (Ede- 
bohls)  ;  la  solution  de  permanganate  de  potasse ,àoni 
I  avantage  est  d’enlever  l’excès  de  soufre  contenu  dans 
le  caoutchouc  vulcanisé,  etc.,  eic. 

Comme  solution  polyantiseptique,  la  solution 
quée  et  A' essence  de  térébenthine  (L.  Championnière)  ; 
lu  solution  pAdmçMc’e  et  d’ac/dec/jromiçMe  (Mikulicz)  ; 
lu  solution  de  sublimé  et  de  naphtol  P  (Schwartz)  ;  la 


solution  de  sublimé  et  d’essence  de  genevrier  (Pozzi)  ; 
\ essence  de  girofle  suivi  d’afcooZ  à  95"  (Webster,  etc). 
Tout  ceci  pour  la  préparation  immédiate. 

La  préparation  pour  usage  retardé  a  fait  naître  de 
nouvelles  combinaisons.  Les  fils,  drains,  sondes,  sont 
d’abord  individuellement  placés  en  tube  de  verre,  plus 
ou  moins  long.  On  verse  alors  jusqu’à  immersion  tota¬ 
le  :  soit  de  \ éther  iodoformé  (à  20  p.  100)  Hegar  ;  soit 
du  sublimé  et  de  Vhuile  de  genièvre  :  soit  du  sublimé 
et  du  bichromate  de  potasse  ;  soit  de  V  eau  antiseptique 
(sublimé  2  gr.,  thymol,  1  gramme,  phénoR'ogr.,  alcool 
20  gr.,  eau  distillée  bouillie  980  grammes)  Terrillon.  Il 
conviendrait  d’utiliser  pour  les  fils  un  excédent  d’anti¬ 
septique,  d’après  L.  Championnière. 

Ceci  fait,  le  tube  est  fermé,  soiPpar  un  bouchon  de 
caoutchouc  bouilli,  soit  par  simple  adaptation  d’un 
couvercle  s’il  s’agit  d’un  récipient  ;  et  le  tout  rassem¬ 
blé  est  mis  en  , dépôt  dans  une  «  petite  armoire  porta¬ 
tive  ». 

Les  objets  macèrent  ainsi  pendant  un  temps  illimité. 
Quelques  opérateurs  pourtant  préfèrent  une  conserva¬ 
tion  à  sec,  mode  Hegar  :  ce  chirurgien  laisse  l’antisep¬ 
tique  s’évaporer  dès  qu’il  a  fait  son  effet  ;  puis  il  sau¬ 
poudre  les  soies,  crins,  drains,  sondes,  de  poudre  d’io- 
doforme  porphyrisé. 

Les  brosses  à  main  sont  encore  aujourd’hui,  en 
maints  endroits,  conservées  par  la  macération  à  froid 
prolongée  dans  l’eau  pbéuiquée  ou  le  sublimé. 

B.  La  méthode  de  rair  chaud,  (-4.  Reverdin  1888), — 
est  ici  telle  que  je  vous  l’ai  décrite  à  propos  des  panse¬ 
ments.  D’une  manière  générale,  elle  a  peu  d’adeptes, 
sans  doute  parce  que  les  fils,  lesdrains  supportent  mal 
l’air  sec  à  190  ou  140°.  Aussi  je  ne  la  vois  guère  men¬ 
tionnée  que  pour  la  germicidation  du  catgut. 

C.  La  méthmlc  de  réhullitioii,  (Nilson  1888),  réu¬ 
nit  par  contre  de  nonibreux  défenseurs.  Rien  de  bien 
particulier  pour  l’application  de  la  méthode,  telle  que 
vous  la  connaissez, aux  objets  qui  nous  occupent.  Je  re¬ 
marque  cependant  que  frappés  vraisemblablement  par 
les  inconvénients  de  l’hydratation,  les  chirurgiens  ont 
volontiers  délaissé  ici  l’eau  simple  ou  salée,  ou  carbo- 
natée,  pour  l’eau  alcoolisée,  pour  l’huile  d’olive  ou  la 
glycérine.  Pendant  qu’ils  sont  encore  en  milieu  bouil- 


50 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


lant,  les  lils,  drains,  sondes  sont  retirés  du  bouilleur  à 
l'aide  d'une  longue  pince  stérile  qui  les  dépose  à  proxi¬ 
mité  de  l’opérateur  à  mesure  de  ses  besoins.  Après  30 
minutes  de  ce  traitement,  on  pourrait  considérer  les 
lils  comme  très  suffisamment  purifiés.  Des  soies  toutes 
maculées  de  pus  desséché,  furent  reconnues  stériles 
après  8  minutes  seulement  d’ébullition  dans  l'eau. 

ŸonvXsi  conservation,  les  objets  inclus  individuclle- 
m.ent  en  tubes,  sont  d’abord  bouillis,  puis  les  tubes  sont 
bouchés  ou  scellés,  et,  lors  de  l’usage,  après  macération 
plus  ou  moins  longue  dans  l’eau  stérile,  on  procède  à 
une  nouvelle  ébullition  sommaire,  dès  que  le  tube  est 
ouvert. 

D.  La  méthode  de  la  vapeur  d'e.au  (Schimmel- 
busch,  1890)  est  utilisée  sous  ses  2  formes  : 

a)  La  «  Vapeur  fluente  »  à  100“  :  Même  technique  que 
pour  les  pansements.  Durée  d'exposition  à  la  vapeur, 
30  minutes,  et  usage  immédiatement  après.  La  pré¬ 
paration  pour  conserve  a  fait  naître  des  «  dévidoirs 
stérilisateurs  ».  Ce  sont  des  récipients  rectangulai¬ 
res  en  verre,  fermés,  contenant  plusieurs  bobines  gar¬ 
nies  de  longs  fils,  dont  l’extrémité  seule  saille,  pointe 
è  l’extérieur.  De  la  sorte,  tout  transvasement  des  lils 
est  rigoureusement  évité.  Il  suflit,avant  chaque  suture 
et  ligature,  de  tirer  sur  le  bout  du  fil  pour  que  la  bo¬ 
bine,  constamment  immergée  dans  l'eau  stérile,  se  dé¬ 
roule  en  vase  clos.  Gomme  cette  extrémité  dépassant  à 
l’air  libre  est  de  ce  fait  exposée  à  la  contamination,  il 
est  bon  d'en  réséquer  un  fragment  sur  une  certaine  lon¬ 
gueur  lors  de  chaque  prise,  en  particulier  de  la  pre¬ 
mière.  Schimmelbusch  a  vérifié  lui-même  la  valeur  de  ! 
la  vapeur  fluente  à  100>  pour  la  germicidation  des  fils, 
des  drains  préalablement  contaminés.  Ce  serait  une 
technique  absolument  sûre. 

b)  La«  vapeur  stagnante  »  à  120“,  a  été  préconisée, 
en  France,  par  Terrier  et  Quenu  1892,  par  Terrillon 
et  Chaput  1893,  pour  le  matériel  de  suture,  ligature, 
drainage  et  sondage,  c’est-à-dire  peu  de  temps  après 
l’application  delà  même  méthode  aux  pansements. 

La  préparation  extemporanée  est  décrite  ainsi  par 
Terrier  :  Les  cadres  chargés  de  fils,  les  drains,  sont  en¬ 
veloppés  dans  une  compresse  nouée.  Le  tout  est  placé 
dans  une  petite  boîte  métallique  supportant  2  atmos¬ 
phères.  Puis  la  boîte  est  mise  dans  un  petit  autoclave 
spécial  qu’on  porte  à  120“  avec  tube  témoin  d'acide 
benzoïque  additionné  d’une  petite  quantité  de  vert 
brillant,  dérivé  de  l’aniline.  Ceci  fait,  on  ouvre  la  boîte 
à  fils  ou  drains,  on  étale  la  compresse  enveloppante 
au  moment  de  l’opération.  La  préparation  exige  donc 
une  séance  spéciale,  car  cette  stérilisation  ne  peut  être 
ici  poussée  aussi  loin  que  celle  des  compresses  ;  les  soies 
deviendraient  cassantes. 

La  préparation  pour  usage  retardé  a  été  également 
exposée  par  Terrier  :  Les  fils  enroulés  sur  les  cadres, 
les  drains,  les  sondes,  sont  individuellement  glissés  en 
tube  de  verre,  plus  ou  moins  large,  plus  ou  moins  long, 
obturé  d’un  tampon  d’ouate  comme  un  tube  de  bouil¬ 
lon  de  culture.  11  importe  de  mettre  sur  chaque  ca¬ 
dre  métallique  une  petite  quantité  de  fil  de  soie,  puis¬ 
que  le  tube  une  fois  ouvert,  tout  ce  qui  reste  inutilisé 
après  l’intervention  ne  peut  plus  servir  sans  nouvelle 
stérilisation.  Dans  chaque  tube  on  ajoute  un  petit  tube 
témoin  d’acide  benzoïque. Le  tout  est  porté  à  l’autoclave 
à  120  pendant  3  quarts  d’heure.  Après  quoi  les  tubes 
sont  scellés  à  la  lampe  au  niveau  du  bouchon  d’ouate. 
Un  trait  de  lime  horizontal  est  marqué  vers  l’une  des 
extrémités,  Pour  ouvrir,  on  appuie  un  corps  chaud  sur  i 


le  trait  rayé,  et  une  fracture  nette  transversale  se  pro¬ 
duit  en  cet  endroit  (1).  Ainsi  traités,  les  drains,  fils, 
sondes  en  gomme,  se  conservent  indéfiniment  stériles 
en  tube  clos  contenant  une  faible  quantité  d  eau  stérile. 

L'effort,  l’imagination  des  chirurgiens  germicides, 
en  particulier  du  promoteur,  méritent  ici  encore 
plus  qu'un  éloge.  Si  les  méthodes  de  début  nous  ap¬ 
paraissent  comme  réellement  insuffisantes,  elles  n’en 
ont  pas  moins  la  valeur  de  priorité.  Elles  restent  les  pre¬ 
miers  vestiges  d'une  évolution  nouvelle  de  la  chirurgie 
elles  témoins  sont  lànombreux,  qui  nous  affirment  une 
réelle  amélioration  dans  les  résultats  opératoires  com¬ 
parés  avant  et  après  Lister.  Rendons  une  fois  de  plus  un 
hommage  mérité. 

Cependant,  sans  renouveler  une  discussion  épuisée 
dans  les  précédentes  leçons,  je  dois  à  la  vérité  de  dire 
que,  de  toutes  les  méthodes,  seule,  la  dernière  sous  la 
forme  de  «  vapeur  »  stagnante  à  120“,  réalise  constam¬ 
ment,  sùrementle  butgermicide  recherché.  Voilà  pour¬ 
quoi  nous  voyons  les  partisans  de  l’ébullition  faire  «  ma¬ 
chine  arrière  »  — ce  que  les  expériences  de  Repin  (2) 
permettaient  de  prévoir,  —  et  combiner  à  leur  techni¬ 
que  l’addition  d'antiseptiques,  dont  les  effets  cellu- 
cides,  altérants,  coagulants  en  croûtes  protectrices 
pour  les  microorganismes,  nous  sont  connus.  D’autre 
part,  au  sujet  delà  «  vapeur  fluente  »,  Terrier  s’est 
exprimé  ainsi  ;  «  Les  appareils  type  Schimmelbusch, 
prêtent  à  critique  :les  bobines  sont  chargées  au  maxi¬ 
mum  pour  que  le  débit  dure  longtemps.  Quand  la  stéri¬ 
lisation  est  obtenue  —  ce  qui  doit  être  difficile  avec  des 
bobines  ainsi  chargées  —  on  ne  peut  penser  la  conser¬ 
ver  bien  absolue,  malgré  la  fermeture  soit  de  la  boîte 
métallique,  soit  des  tubes  métalliques  emboîtés  l’un 
dans  l’autre.  Puis,  quoi  qu’onfasse,  l’extrémité  libre  des 
fils  sera  vite  contaminée,  il  faudra  donc  toujours  les  ré¬ 
séquer  avant  de  s’en  servir.  Or,  dans  quelle  étendue 
cette  résection  devra-t-elle  être  faite  pour  que  le  fil  uti¬ 
lisé  soit  aseptique  ?  Tout  fil  qui  a  été  mis  en  contact 
avec  l’air,  ne  peut  être  regardé  comme  parfaitement 
stérile.  Ceci  fait  comprendre  pourquoi  nous  n’avons 
ii'une  confiance  fort  limitée  dans  les  appareils  inventés 
ans  le  double  but  de  stériliser  les  fils  de  soie  et  de 
les  conserver  stérilisés  pliis  ou  moins  longtemps  ; 
tout  en  s’en  servant  quand  besoin  est  ». 

Reste  donc  la  seule  préparation  par  «  vapeur  sta¬ 
gnante  »  à  120“.  Et  la  question  serait  définitivement 
tranchée,  si  les  objets  ainsi  préparés  n’étaient  constam¬ 
ment  hydratés,  humides,  c’est-à-dire  facilement  infec- 
tables,  et  si  d’autre  part  nos  expériences  ne  démon¬ 
traient  qu’excellente,  parfaite  en  tant  que  germicide,  la 
vapeur  hydrique  à  120"  demeure  insuffisamment  spo- 
ricide.  Ces  raisons  justifient  nos  recherches  person¬ 
nelles. 


(1)  Comme  mode  de  fermeture  et  d’ouverture  des  tubes  de 
fils  pour  conserve,  signalons  un  ingénieux  dispositif  de  Robert  et 
Leseurre,  très  répandu  dans  le  commerce, dispositif  qui  donne  une 
ouverture  facile,  nette,  sans  éclat  de  verre.  Le  seul  inconvénient 
de  ce  mode  de  bouchage  est  qu’il  nécessite  des  tubes  de  forte 
dimension  formant  de  véritables  engins  peu  transportables  en 
grande  quantité. 

(2)  Repin  in  Terrier,  (fleatte  de  chirurgie  1894)  :Lesfils  à  liga¬ 
ture  enroulés  sur  bobines,  même  en  petite  quantité  (5  cm),  n’étaient 
pas  stérilisés  par  l’eau  bouillante  après  30  minutes.  D’autre  part  les 
expériences  favorables  à  l’ébullition  ne  sont  point  probantes  en  ce 
sens  que  le  pus  choisi  comme  agent  de  contamination  ne  contient 
que  des  microorganismes  destructibles  à  basse  température,  (strep¬ 
tocoques,  staphylocoques).  Quant  aux  procédés  du  commerce. 
Mouiller,  élève  du  professeur  Décès  a  vérifié  après  enquête  que 
la  plupart  des  fils  vendus  dans  le  commerce  comme  bouillis,  n’ont 
jamais  subi  l’ébullition. 


Le  progrès  médical 


51 


I  III.  STÉRILISATION  SPORICIDE. 

(Longuet,  1900.) 

A.  —  Méthode  de  la  vapeur  anhydre  déshydratante 
comprimée  à  ISo^-lOO". 

Ici  non  plus,  je  ne  reviendrai  pas  sur  le  principe  ni 
la  technique  générale  d’une  méthode,  longuement 
exposée  à  propos  des  objets  de  pansement. 

Pour  la  préparation  immédiate^  placez  les  fils  de  lin 
(gros  et  fins,  enroulés  sur  cadre  en  aluminium),  les 
drains  (1),  les  sondes,  les  explorateurs  métalliques,  (le 
tout  enveloppé  en  compresse  de  gaze)  dans  les  réci¬ 
pients  à  recouvrement  déjà  décrits  à  propos  des  objets 
de  pansement. 

Le  tout  est  porté,  dans  le  stérilisateur  approprié, 
à  la  température  de  180, 195°  ;  sousune  pression  de  2  à3 
atmosphères  pendant  45  minutes.  Au  cas  où  ces  objets 
sont  peu  tassés,  peu  épais,  non  stratifiés,  non  serrés, 
la  pression  de  répartition  calorique  peut  être  main¬ 
tenue  à  1  kilogr.  seulement,  en  laissant  le  robinet 
de  purge  légèrement  ouvert.  Ainsi  la  vapeur  s’échappe 
vers  un  récipient  condensateur,  sans  empêcher  l’as¬ 
cension  thermique  à  190\  levons  rappelle  qu’en  cette 
manière  de  faire,  il  convient  de  mettre  préalablement 
dans  le  stérilisateur  un  excès  de  liquide  vaporisant, 
pour  ne  point  s’exposer  à  chauffer  à  sec  et  agir  alors 
comme  dans  la  méthode  germicide  dite  de  l’air  chaud. 
Le  point  important,  intéressant,  nouveau,  c’est  que  les 
fils  de  lin,  au  moins  ceux  de  bonne  qualité,  supportent 
très  bien  cette  haute  température,  conservent  une 
résistance  satisfaisante,  à  la  condition  de  ne  pas  ce¬ 
pendant  réitérer  plus  de  deux  fois  ce  même  traite¬ 
ment  pour  le  même  fil.  En  outre,  le  fil  se  trouve 
tout  naturellement  dégraissé  par  la  vapeur  de  toluène 
sans  manipulation  préalable.  Quant  aux  cadres,  explo¬ 
rateurs,  drains  en  aluminium,  ils  sont,  comme  les  ins¬ 
truments,  inaltérés,  inoxydés.  Enfin  tous  ces  objets 
ont  l’avantage  d’être  rigoureusement  secs,  déshydratés, 
chaque  fois  que  la  condensation  spontanée  s’est  faite 
naturellement,  sans  précipitation,  sans  ouverture  trop 
hâtive  du  stérilisateur  encore  trop  chaud. 

La  préparation  en  vue  d'mage  retardé,  peut  être 
indispensable.  Le  matériel  est  alors  réparti  individuel¬ 
lement  en  tube  de  verre,  de  calibre  approprié,  allongé, 
étiré  à  la  lampe  à  chaque  extrémité  ouverte.  Ainsi  la 
vapeur  traverse  tous  les  tubes  librement  de  part  en  part. 
Ces  tubes  sont  eux-mêmes  placés  bien  horizontale- 
ment  en  compresse  enveloppante  dans  les  boîtes  à  re¬ 
couvrement.  Après  la  stérilisation,  quand  tout  est  re¬ 
froidi,  les  boîtes  sont  ouvertes  ;  les  tubes  toujours  ma¬ 
niés  horizontalement  afin  d’empêcher  la  pénétration  de 
microorganismes  aériens  (2),  sont  scellés  immédiate- 
nient  à  la  lampe,  au  niveau  de  chacun  de  leurs  cônes 
affilés.  Luis  l’ouverture  ultérieure  est  préparée  par  un 
h'ait  de  lime  horizontal,  sur  lequel  on  applique  la  lame 
'lun  thermocautère  au  moment  de  les  ouvrir,  ou  toute 
pointe  métallique  portée  au  rouge.  Telle  est  la  prépa¬ 
ration  de  réserve  suffisante  pour  les  petites  interven¬ 
ions  journalières. 


(1)  Pas  ceux  de  caoutchouc  qui  fondent,  s'altèrent,  se  ramol- 
*ssent  à  ces  températures  élevées. 

L!  On  sait,  en  effet,  qu’un  tube  de  bouillon  de  culture  stérile  ne 
'Contamine  pas  par  l’air  pendant  son  ouverture,  si  on  prend  la 
PjCcautionde  l'incliner  légèrement  suivant  la  mameuvre  classique. 

est  ainsi  «  a  fortiori  »  pour  nos  tubes  cflilés,  non  pas  indi¬ 
cé^’  couchés  horizontalement,  et  de  plus  perforés  à  leurs 
nés  do  terminaison  en  pertuis  capillaire  de  faible  dimension. 


J’ai  vérifié  l’action  sporicidante  sur  des  fils  préalable¬ 
ment  contaminés  de  subtilis;  suivant  la  même  techni¬ 
que  que  pour  les  pansements. 

Messieurs,  de  celte  leçon,  je  voudrais  que  vous  rete¬ 
niez  au  moins  ceci  : 

I.  Les  objets  de  suture,  ligature,  drainage,  son¬ 
dage,  brossage,  souvent  réductibles  à  l’unité,  peuvent 
être  germicidés  sûrement  par  la  «  vapeur  hydrique  « 
à  120“  ;  ils  le  sont  moins,  ou  mal,  ou  pas,  avec  les  autres 
méthodes,  dites  des  solutions  antiseptiques,  de  l’air 
chaud,  de  l’ébullition,  ou  de  la  «  vapeur  fluenle  »  à 
100".  La  germicidation  parfaite  peut  donner  en  pra¬ 
tique  de  fort  bons  résultats.  Elle  a  pour  elle  des  étals 
de  service  déjà  longs  qui  parlent  en  sa  faveur. 

II.  Toutefois,  la  «  sporicidatiojin  par  «  vapeur  anhy¬ 
dre  »  à  190"  est,  dans  l’espèce,  possible,  logique,  satis¬ 
faisante  et  sûre.  Par  la  déshydratation  des  drains,  fils, 
sondes,  elle  prémunit  contre  les  infections  secondai¬ 
res  ;  l’hydratation  et  l’humidité  constituant  le  premier 
bouillon  de  culture  pour  la  contamination  toujours  à 
craindre  Cette  fois  encore,  j’arrive  donc  progressive¬ 
ment  V(TS  mon  but  unique  qui  est  l’unificalion  des 
méthodes  de  préparation  du  matériel  chirurgical,  par 
l’unilé  de  technique  :  la  séance  de  stérilisation  pré-opé¬ 
ratoire  collective  et  globale. 


CLINIQUE  SPÉCIALE 

Cinquante  cas  d’œsophagoscopie  ; 

Parle  D'GÜISEZ, 

Aiu'ion  iiilerne,  ehef  cle^<  Irnvaux  d’olo-rhino  laryngologie 
à  rHôlel-I)ieu. 

Depuis  le  mois  de  novembre  1903  jusqu’en  septem¬ 
bre  1905,  il  nous  a  été  donné  d’examiner  un  peu  plus 
de  cinquante  malades  (52)  à  l’œsophagoscope.  C’est  le 
résultat  de  ces  examens  que  nous  désirons  vous  rap¬ 
porter  fidèlement  et  nous  verrons  l’enseignement  que 
i’on  peut  en  tirer.  Nous  ne  reviendrons  pas  ici,  l’ayant 
exposépar  ailleurs,  sur  les  perfectionnements  que  nous 
avons  cru  devoir  apportera  la  technique  et  à  l’instru¬ 
mentation  de  cette  méthode  toute  nouvelle,  que  nous 
croyons  avoir  ainsi  rendue  beaucoup  plus  pratique. 

Au  point  de  vue  diagnostic  et  thérapeutique,  elle  nous 
a  donné  des  résultats  tout  à  fait  positifs  et  ce  .sont 
eux  que  nous  voudrions  développer  dans  ce  travail. 

Nous  avons  été  amené  à  œsophagoseoper  un  certain 
nombre  de  malades  à  propos  d'affections  très  diverses 
mais  que  l’on  peut  grouper  sous  plusieurs  chefs. 

Nous  avons  recherché  la  présence  de  corps  étrangers 
réels  ou  imaginaires.  Nous  avons  constaté  (fc  zu'sM  des 
lésions  pariétales  de  l’cesophage,  desaltérationscicatri- 
ciellesou  cancéreuses, fixantainsi  leur  diagnostic  et  leur 
-pronostic;  d’autres  fois,  nous  avons  reconnu  qu’il 
s’agissait  simplementde  spasme,  d’msophagisme. 

Corps  étrangers  réels  ou  imaginaires.  Quatorze  ma¬ 
lades  nous  ont  été  adressés  ou  sont  venus  directement  à 
nous  pour  des  corps  étrangers  dans  l’œsophage,  réels  ou 
imaginaires,  et  se  plaignant  dans  tous  les  cas  de  dyspha¬ 
gie  plus  ou  moins  complète.  Dans  quatre  cas,  ilnous 
a  été  permis  de  voir  directement  à  Lœsophagoscopc  ce 
corps  étranger  et  de  l’extraire,  séance  tenante,  à  l’aide 
d’une  pince  spéciale.  Chez  un  malade  adulte,  que  nous 
a  adressé  notre  maître,  le  docteur  Mauclaire,  il  s’agis¬ 
sait  d’une  volumineuse  arête  de  poisson,  siégeant  au 
tiers  inférieur  de  l'œsophage  {Gazette  des  Hôpitaux,  6 


52 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


mai  1905).  Chez  un  autre,  c’était  un  petites  plat  et 
pointu,  siégeant  à  l’origine  même  de  ce  conduit. 

Chez  deux  enfants,  de  6  et  8  ans,  tous  deux  adressés 
à  nous  par  M.  Ainfroid,  et  radiographiés  à  la  Salpê¬ 
trière,  il  s’agissait  de  pièces  de  monnaie  :  une  pièce  de 
un  franc  siégeant  au  tiers  moyen  de  l’œsophage  et  un 
sou  à  la  partie  moyenne  également  {Gazette  des  Hôpi¬ 
taux,  loc.  cit.)  Le  diagnostic  dans  les  deux  premiers  cas 
a  été  établi  directement  par  l’œsophagoscope  ;  dans  les 
deux  autres,  il  l’était  déjà  par  la  radiographie,  et  nous 
l’avons  confirmé  à  l’œsophagoscopie.  L’extraction  a  été 
faitedèsla  première  séance  et  très  facilement. 

Le  chloroforme  a  été  seulement  nécessaire  pour  les 
deux  enfants.  Comme  il  s’agissait  de  corps  étrangers 
séjournant  depuis  peu  dans  l’œsophage,  nous  n’avons 
observé  aucune  lésion  des  parois,  sauf  une  légère  éro¬ 
sion  dans  le  cas  de  l’arête.  Les  malades  se  sont  remis 
très  rapidement.  La  dysphagie,  qui  était  complète,  en 
particulier  dans  les  cas  de  l’arête  et  de  l’os,  a  disparu 
aussitôt  après  l’intervention. 

Dans  ces  différents  cas,  nous  avons  employé  pour 
l’extraction  notre  pince  à  articulation  terminale  mon¬ 
tée  sur  le  manche  universel,  .et  des  tubes  appropriés 
au  calibre  derœsophage. 

Chez  quatre  malades  chez  qui  nous  avons  reclierché 
des  corps  étrangers  dans  l’œsophage,  bien  qne  laradio- 
graphiefaitetrès  récemment,  quelques  heures  aupara¬ 
vant  dans  un  cas,  montrât  le  corps  étrauger  dans  l’œ- 
■sophage,  il  n’y  était  déjà  plus  et  l’endoscope  permit  d’af¬ 
firmer  que  ce  conduit  était  libre  dans  toute  sa  hau¬ 
teur. 

C’est  ainsi  que,  le  30  octobre  1904,  nous  avons  été  ap¬ 
pelé  par  notre  collègue  Lardry,  pour  examiner  à  l'œ- 
sophagoscope  un  enfant  du  service  de  M.  P.  Rroca  qui 
avait  avalé  un  gros  clou  de  tapissier.  La  radiographie 
faite  par  M.  Coulremoulins  le  montrait  comme  fixé 
dans  la  paroi  o’sophagienne  au  niveau  de  la  deuxième 
vertèbre  dorsale.  L’examen  systématique  de  l’œsophage  | 
fait  dans  toute  sa  hauteur  ne  révéla  dans  celui-ci  aucun 
corps  étranger.  Une  nouvelle  radiographie,  faite  le  lende¬ 
main,  16  montra  dans  la  fosse  iliaque  droite,  il  ne  tarda 
pas  à  être  évacué  avec  les  matières. 

En  mai  de  cette  année  un  enfant  avale  un  sou  sous 
If  s  yeux  de  sa  mère  qui  le  lui  avait  donné  pour  calmer 
ses  pleurs.  L’alimentation  est  aussitôt  impossible  ;  une 
radiographie  montre  le  sou  dans  le  cou  en  arrière  du 
manubrium.  A  l’œsophagoscope  rien  dans  l'œsophage, 
il  était  déjà  plus  bas. 

Le  docteur  Chauveau  nous  adresse  un  enfant  en 
juillet  dernier  à  qui  un  accident  pareil  est  arrivé  deux 
ours  auparavant;  une  radiographie  faite  àlaSalpêlrière 
e  montre,  sur  l’épreuve,  à  la  partie  moyenne  de  l’œso¬ 
phage  et  cependant  nous  constatons  que  l’œsophage  est 
libre. 

Dans  un  dernier  cas  enfin,  nous  avons  recherché  une. 
pièce  de  dix  centimes  que  la  radiographie  localisait 
auprèsdu  cardia  et  sur  laquelle  le  D"  Marion,  àla  con¬ 
sultation  de  chirurgie  de  l’Ilôtel-Dieu,  avait  essayé 
de  pratiquer  l’extraction  à  l’aide  du  crochet  de  Kirmis- 
sion.  A  l’endoscope,  rien  dans  l’tesophage,  le  sou  était 
déjà  dans  l’eslomac.  Comme  on  le  voit  dans  ces  obser¬ 
vations,  la  radioscopie  nous  avaitilonné  des  renseigne¬ 
ment  inexacts  sur  la  localisation  du  corps  étranger.  Il 
ne  faut  pas  oublier,  en  etfet,  que  les  pièces  de  monnaie, 
en  particulier  dans  un  conduit  analogue  à  ruîsophage,ne 
sont  pas  du  tout  fixés  et  sont  appelées  à  descendre  dans 
l’estomac  toutnaturellement. 


On  ne  peut  nous  reprocher  d’avoir  tardé  à  faire 
l’œsophagoscopie.  Dans  un  cas  en  particulier,  la  ra¬ 
diographie  avait  été  faite  à  9  heures,  et  à  midi  le  sou 
n’était  déjà  plus  dans,  l’œsophage.  Il  est  assez  difficile 
d’agir  plus  rapidement  après  l’examen  radioscopique. 

On  voit  par  là  à  quelles  erreurs  s’exposent  les  partisans 
de  l’œsophagotomie  externe  quand  iis  opèrent  sur  la 
foi  de  la  radiographie. 

Dans  d’autres  cas,  il  s’agissait  de  corps  étrangers 
purement  imaginaires.  On  sait  que  des  illusions  de 
fausse  présence  de  corps  étrangers  peu  vent  très  bien 
exister  chez  tous  les  sujets  nerveux, aussi  bien  pour  l’œ¬ 
sophage  que  pour  le  larynx,  lé  pharynx.  La  radiogra¬ 
phie  ne  nous  renseigne  pas  toujours,  puisque  les  ra¬ 
yons  X  ne  sont  pas  arrêtés  par  tous  les  corps.  C’est 
ainsi  que  nous  avons  examiné  conscieusement  l’œso¬ 
phage  de  plusieurs  malades  qui  nous  affirmaient  avoir 
avalé  un  os,  une  épingle,  une  arête  de  poisson,  une 
pièce  de  dentier.  Tous  le  localisaient  parfaitement  et 
la  dysphagie  était  assez  marquée, surtout  chez  le  mala¬ 
de  qui  voulait  à  tout  prix  avoir  une  arête  à  la  parfie  su¬ 
périeure  de  l’œsophage.  Chez  lui  nous  avons  constaté 
à  l’œsophagoscope  sur  la  paroi  droite  de  l’œso¬ 
phage  une  petite  érosion  à  bords  tuméfiés  et  enflam¬ 
més  qui  était  sans  doute  la  cause  de  tout  le  mal. 
Chez  un  malade  dont  nous  reparlerons  plus  loin  la 
fausse  sensation  du  corps  étranger,  la  dysphagie,  était 
amenée  par  une  légère  brûlure  occasionnée  par  un  li¬ 
quide  caustique  administré  dans  un  but  thérapeuti¬ 
que. 

L’œsophagoscope  dans  tous  ces  cas  nous  a  permis 
d’affirmer  d  une  façon  absolue  qu’il  n'existait  point  de 
corps  étranger  et  de  rassurer  les  malades. 

Xous  croyons,  du  reste,  trèsfermement  que  lorsqu’un 
malade  vient  nous  consulter  pour  un  corps  étranger 
quin’existe  pas  et  qu’il  localise  à  un  endroit  très  précis 
de  rœsophage,  les  choses  ontdù  se  passer  de  la  manière 
suivante.  A  la  suite  d’une  déglutition  vicieuse,  il  y  a 
eu  probablement  présence  d’un  corps  étranger  pen¬ 
dant  quelque  temps  dans  l’œsophage  :  Les  phénomènes 
aigus  survenus  au  moment  de  l’accident  semblent  le 
témoigner.  Ensuite  sous  l’inflnence  delà  déglutition,  le 
corps  étranger  est  descendu  laissant  peut-être  une 
érosion  (ainsi  que  nous  avons  pu  le  constater  nettement 
dans  deux  cas.)  Il  n’est  point  àn'ier  que  l’on  ait  affaire 
dans  la  plupart  de  ces  cas  à  des  nerveux,  mais  nous 
sommes  persuadé  que  la  dysphagie  si  nette  et  la  douleur 
que  ressentent  les  malades  répondent  quelquefois  à  des 
lésions  minimes  qui,  dans  l’œsophage,  deviennent  rapi¬ 
dement  très  vives. 

Au  point  de  vue  technique,  bien  que  nous  ne  vou¬ 
lions  point  entrer  dans  d'autres  détails,  qu'il  nous  soit 
permis  défaire  quelques  remarques  que  nous  a  ensei¬ 
gnées  notre  pratique. Nous  ne  croyons  pas  qu’il  soit  né- 
cessaire,  surtout  chez  les  enfants,  d’employer  les  tubes 
les  plus  larges  que  l’on  puisse  introduire  dans  l’œsopha¬ 
ge.  Chez  eux,  en  effet,  la  recherche  des  corps  étrangers 
se  fait  dans  la  narcose  et  dans  la  position  horizontale. 
Dr,  il  arrive  bien  souvent  que  les  pièces  de  monnaie 
compriment  un  peu  la  trachée. 

Point  n’est  besoin  d’un  tube  bien  large,  pourvu  que 
l'on  aperçoive  le  corps  du  délit  d’autant  que  l’on  est 
toujours  obligé  d’enlever  la  pièce  de  monnaie  en  même 
temps  que  le  tube,  celui-ci  ayant  toujours  un  diamètre, 
quelque  large  qu’il  soit,  inférieur  de  quelques  millimè¬ 
tres  à  celui  de  la  pièce  de  cinq  ou  de  dix  centimes- 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


53 


II.  —  Altérations  des  parois. 

Â)  Cancers.  —  Par  l’opsophagoscopie  nous  avons  pu 
poser  le  diagnostic  de  certaines  lésions  de  l’œsophage  et 
notamment  établir  d’une  façon  ferme  et  rfe  üwm  l’exis¬ 
tence  d'une  néoplasie  de  ses  parois  (dans  quinze  cas). 

Dansions,  sauf  dans  un,  il  s’agissait  déformé  molle 
du  cancer.  La  surface  était  sanieuse,  et  saignante  au 
moindre  contact.  Chez  un  malade  cependant  gastroto- 
misé  récemment  à  l’Hôtel-Dieu  par  le  Mauclaire,  il 
s'agissait  d’une  forme  dure,  scléreuse,  occupant  toute 
la  lumière  de  l’œsophage  près  du  cardia. 

Un  fait  nous  a  toujours  frappé  dès  le  début  de  l’exa¬ 
men,  c’est  l’immobiiité  de  la  région  malade.  Avec  l’en¬ 
doscope,  en  effet,  l’œsophage  normal  se  déplace  ryth¬ 
miquement  avec  les  mouvements  respiratoires:  il  est  ab¬ 
solument  immobile  quand  il  est  atteint  de  cancer.  La 
dilaUttion  qui  précède  le  point  rétréci  est  toujours  très 
marquée. 

La  poche  ainsi  formée  est  remplie  d'un  liquide  vis¬ 
queux  collant  qui  remonte  diflicilement  dans  la  pompe 
aspiratrice. 

Toute  la  surface  de  celte  tumeur  est  sanieuse,  gris⬠
tre  et  rouge  par  places  saignant  au  moindre  contact.  Les 
bourgeons  épithéliomateux  sont  généralement  très  petits. 
Dans  un  cas,  il  existait  une  sorte  d’énerme  végétation 
pédiculée  longue  de  plusieurs  centimètres,  véritable 
polype  de  l'œsophage  dégénéré  coexistant,  du  reste,  avec 
une  tumeur  néoplasique  de  la  paroi  postérieure  de  la 
trachée.  Chez  une  malade,  nous  avons  aperçu  nettement 
des  sortes  de  traînées  blanchâtres  au-dessus  de  la  néo¬ 
plasie,  véritables  plaques  de  leucoplasie. 

Ces  examens, dans  le  cas  de  cancer, doivent  être  faits 
avec  la  plus  grande  prudence  à  cause  de  la  friabilité 
toute  spécial  de  la  paroi  à  son  voisinage. 

L’on  introduira  l’œsophagoscope  muni  de  son  man¬ 
drin, que  l’on  enlèvera  aussitôt  que  l'orifice  supérieur  de 
l’œsophage  aura  été  franchi,  et  l'on  continuera  la  des¬ 
cente  du  tube  sous  le  contrôle  exact  de  la  vue. L’on  ne 
perdra  point  de  vue  ce  fait,  dans  les  examens  sur  les 
sujets  cancéreux,  que  l’on  a  affaire  à  des  malades  qui 
sont  privés  depuis  longtemps  d’alimentation  et  qui  man¬ 
quent  absolument  de  résistance.  On  sait  avec  quelle 
facilité  ils  succombent  aux  plus  petites  interventions. 
Aussi  en  présence  de  malades  très  cachectiques,  vaudra- 
t-il  mieux  s'abstenir. 

Cet  examen  nous  a  permis,  dans  un  certain  nombre 
-de  cas,  d’éliminer  l'idée  de  cancer  chez  des  malades 
qui  avaient  d’autres  lésions  ou  simplement  des  spasmes 
et  chez  qui,  dans  certaines  conditions,  comme  nous  le 
verrons  plus  loin,  le  diagnostic  de  cancer  avait  été  éta¬ 
bli  par  les  signes  cliniques. 

Dans  tous  les  cas  de  doute,  la  biopsie  d’un  fragment 
de  la  tumeur  nous  apermisdeux  foisdetrancher  le  dia¬ 
gnostic. 

Pour  ce  qui  est  du  cancer,  la  méthode  n’a  de  valeur 
qu’au  point  do  vue  diagnostic  et  nous  déconseillons  tout 
àfait,  au  point  A%\u&thérapeulique,  d’essayer  la  dila¬ 
tation  du  rétrécissement,  même  sous  le  contrôle  de  la 
''ue  et  avec  des  bougies  molles.  Nous  avons  essayé 
ce  traitement  chez  un  malade  d’Ivry  et  dans  descondi- 
hons  tout  à  fait  favorables.  Les  résultats  n’ont  pas  été 
durables.  —  Nous  déconseillons  d'une  façon  générale 
toute  manœuvre  intra-ujsophagienne  quand  il  s'agit 
de  cancer. 

Si  les  commémoratifs  suflisent  la  plupart  du  temps 
^  établir  la  nature  des  i-èlrècissements  cicatriciels,  il 


ne  faut  point  oublier  que  dans  certains  cas,  ils  sont 
consécutifs  à  toute  autre  chose  qu'à  des  brûlures  par 
caustiques  ou  autres. 

.Aussi  est-il  indiqué  d’employer  l’œsophagoscopepour 
en  établir  d’une  façon  ferme  le  diagnostic  et  en  tous 
cas  pour  en  fixer  le  pronostic. 

(b)  Rétrécissements  cicatriciels .  Nous  avons  eu  l’occa¬ 
sion  d’examiner  à  l’œsophagoscope  7  malades  atteints 
de  rétrécissements  cicatriciels  consécutifs  à  des  brûlu¬ 
res.  Il  s'agissait  d'adultes  (5  cas)  et  d’enfants  (1  de  10 
ans).  Chez  deux  d’entre  eux,  le  rétrécissement  princi¬ 
pal  siégeait  à  la  partie  toute  supérieure.  Chez  les  autres 
il  siégeait  au  tiers  moyen  (3  cas)  et  au  tiers  inférieur 
(4c.as.) 

Dans  tous  ces  œsophages  nous  avons  constaté  du  tissu 
cicatriel  blanchâtre  très  épais,  disposé  sous  forme  de 
plaques  ou  de  stries  plus  marquées  sur  l’une  des  parois 
que  sur  l'autre.  Dans  quatre  cas  les  cicatrices  affectaient 
nettement  la  disposition  radiée. 

Trois  fois,  il  avait  un  rétrécissement  moins  serré 
au  dessous  du  rétrécissem  nt  principal.  L’orifice  rétréci 
était  le  plus  souvent  excentrique,  franchissable  dans 
cinq  de  ces  malades,  il  ne  l’était  pas  chez  les  deux  autres 
même  aux  plus  fines  bougies.  En  général,  ladilalation 
susjacente  au  rétrécissement  était  très  peu  marquée. 

Chez  un  malade  que  nous  a  adressé  il  y  a  quelques 
jours  le  docteur  Marcorelle,  il  s’agissait  d'une  brûlure 
par  caustique  chez  un  malade  qui  pensait  avoir  un  corps 
étranger  dans  l’œsophage  (tendon  de  bœuf'.  On  voyait 
nettement  à  l’origine  de  ce  conduit  une  surface  bour¬ 
souflée, rouge  et  grisâtre  par  places,  indiquant  une  brû¬ 
lure  superficielle.  L'introduction  du  tube  ne  pouvait  se 
faire  à  plus  de  4  cm.,  le  tube  étant  serré  par  le  spasme 
œsophagien  provoqué  par  Ih  brûlure.  Celle-ci,  due  à 
l'ingestion  d’une  potion  trop  forte  en  acide  chlorhy¬ 
drique  ordonnée  par  un  médecin  paraît  du  reste  assez 
superficielle,  car  la  dysphagie,  complète  au  début  dimi¬ 
nue  progressivement. 

Dans  un  seul  cas  il  nous  a  été  donné  d’observer  une 
cicatrice  consécutive  à  une  ulcération  des  parois  de 
l’œsophage. 11  s’agissait  d'une  lésion  vraisemblablement 
syphilitique,  le  malade  ayant  contracté  la  syphilis  dix 
ans  auparavant  et  présentait  sur  Je  voile  du  palais  une 
cicatrice  également  spécifique,  une  autre  cause  n'ayant 
pu  être  trouvée. 

Quant  à  la  thérapeutique  des  rétrécissements  cica¬ 
triciels,  nous  ne  savons  si  elle  doit  profiter  de  l’œso- 
phagoscopie. 

Nous  avons  fait  construire  par  Collin  un  œsophago- 
tome  spécial  sur  le  modèle  de  l’uréthrotome  de  Maison¬ 
neuve  faisant  ainsi  l’œsophagotomie  interne  sous  le 
contrôle  de  la  vue. 

Chez  deux  malades  opérés  dans  le  service  de  notre 
maître,  le  professeur  Le  Dentu.etdont  un  aétégastros- 
tomisé  deux  ans  auparavant,  les  résultats  sont  surpre-: 
nants,  le  malade  pouvant  s'alimenter  et  prendre  tous 
les  aliments  solides  n’importe  lesquels,  tellement  que, 
chez  le  gaslrostomisé,la  bouche  stomacale  put  être  fer¬ 
mée  assez  rapidement.  L’opération  date, chez  tous  deux, 
de  6  et  8  mois  et  la  dilatation  a  été  maintenue  jusqu'à 
présent  à  l’aide  de  bougies  cylindro-coniques  que  l’on 
passe  tous  les  8  ou  10  jours. 

Chez  un  malade  du  service  du  D’Auvray,  suppléant  le 
P’  filiaux,  nous  avons  eu  recours  aune  opération  ana¬ 
logue  mais  ayant  laissé  une  sonde  à  demeure  dans  Tœso- 
nhage,  nous  voulûmes  le  lendemain  injecter  un  peu  de 
liquide  dans  l’estomac  par  celle  sonde.  Le  malade  rcs- 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


sentit  tout  aussitôt  une  très  vive  douleur  et  un  pneu¬ 
mothorax  ne  tarda  pas  à  se  déclarer  enlevant  la  malade 
rapidement. 

Nous  croyons  donc,  tout  comme  pour  le  cancer,  que 
l'on  doit  continuer  à  être  très  prudent  et  circonspect 
dans  l’usage  de  toutes  les  opérations  ayant  pour  siège 
l’intérieur  de  l’oesophage  ;  tout  au  plus  pourrait-on  le 
dilater  sous  le  contrôle  de  la  vue  à  l'aide  de  bougies 
en  gomme. 

En  terminant,  nous  voudrions  tout  particulièrement 
insister  sur  les  réels  services  que  nous  a  rendus  l’œso- 
phagoscopie  chez  un  groupe  particulier  de  malades  at¬ 
teints  d’une  affection  spéciale,  œsophagisme,\&  spasme 
de  l’œsophage. 

Chez  huit  malades,  nous  avons  pu  faire  le  diagnostic 
d’affection  purement  nerveuse,  la  muqueuse  de  l’œso¬ 
phage  étant  saine  de  haut  en  bas. 

Et  cependant  dans  trois  cas  le  diagnostic  de  cancer 
avait  été  posé  et  même  dans  deux  d’entre  eux,  on  discu¬ 
tait  la  question  de  l’intervention.  On  s'était  basé  pour 
faire  le  diagnostic,  sur  l’àge  avancé  des  malades  (45 
et  55  ans)  la  dysphagie  progressive,  l'obstacle  existant 
toujours  au  même  niveau,  la  salivation  abondante,  et 
l’amaigrissement  très  marqué. 

Dans  ces  cas  l’œsophagoscope  montra  l’absence  de 
lésions  du  côté  de  la  muqueuse,  on  voyait  nettement 
lastricture  se  reproduisant  toujours  au  même  endroit. 
Nous  avons  pu  constater  la  fixité  du  siège  de  ces  ré¬ 
trécissements  spasmodiques,  contrairement  à  ce  que 
les  classiques  affirment  à  ce  sujet,  se  basant  sur  les  no¬ 
tions  fournies  par  le  cathétérisme. 

Dans  2  cas,  la  slricture  sur  le  tube  était  tellement 
forte  que  l’on  était  autorisé  à  porter  le  diagnostic  de 
sténose  organique  si  elle  n’avait  cédé  de  suite  à  la  sim¬ 
ple  cocaïnisation.  Chez  un  malade  l’œsophagoscope 
montra  le  siège  du  rétrécissement  bien  plus  haut  que 
ne  l’indiquait  la  radioscopie  (épreuve  du  cachet  de 
bismuth)  c’est-à-dire  à  la  partie  supérieure  de  l’œso¬ 
phage  au  lieu  de  la  partie  moyenne. 

Chez  ce  même  malade-  nous  pfimes  par  plusieurs 
séances  de  cocaïnisation  faire  disparaître  définitivement 
cette  dysphagie  et  l’embonpoint  n’a  pas  tardé  à  revenir. 

Tels  sont  les  cas  qu’il  nous  a  été  permis  d’examiner 
depuis  2  ans  et  demie  que  nous  pratiquons  l’œsopha- 
goscopie.  C’est  comme  on  le  voit,  une  méthode  très 
précise,  la  meilleure,  sans  contredit,  qui  existe  pour 
établir  le  diagnostic  et  pratiquer  l’extraction  des  corps 
étrangers  de  l’œsophage.  Elle  seule  permet  de  les  en¬ 
lever  de  visu  et  sans  aucun  danger  comme  le  témoi- 
«^nent  tous  les  faits  de  Rozenheim  V.  Acker  Kilian. 

La  statistique  la  plus  récente  est  celle  de  Stark 
[Munc.  med.  Woch,  1905).  Il  a  réuni  72  cas  d’extrac¬ 
tion  de  corps  étrangers  de  l’œsophage.  11  n’y  eut  que 
4  échecs,  il  s’agissait  aloi’s  d’objets  séjournant  profon¬ 
dément  et  depuis  longtemps  dans  l’œsophage.  Même 
dans  ces  cas  l’œsophagoscopie  a  donné  des  indications 
importantes  pour  les  opérations  (gastrotomies,  œsopha¬ 
gotomies  externes)  qui  durent  être  faites. 

C’est  aussi  le  meilleur  moyen  pour  différencier  les 
unes  des  autres,  les  lésions  de  l’œsophage,  cancer,  ré¬ 
trécissements  cicatriciels,  spasme. 

Mais  elle  ne  doit  pas  être  trop  ambitieuse,  elle  n’est 
pas  destinée  à  remplacer  tous  les  autres  modes  d’exa¬ 
men  :  commémoratifs,  cathétérisme,  radioscopie  ;  elle 
les  complète  et  est  beauconp  plus  précise  qu'eux. 

Que  l’on  n’objecte  point  que  cette  méthode  est  d’une 
application  difficile.  Autant  la  bronchoscopie  exige 


une  éducation  spéciale ,  autant  Tœsophagoscopie  est 
facile  à  apprendre.  Un  éclaireur  et  quelques  tubes, voilà 
tout  ce  dont  se  compose  l’instrumentation  que  nous 
avons  simplifiée  le  plus  possible.  L’œsophagoscopie 
peut  être  rapidement  apprise.  Au  contraire,  la  bron¬ 
choscopie, et  en  particulier  la  bronchoscopie  supérieure 
nécessite  un  long  entraînement  de  la  part  du  médecin. 
Franchir  la  glotte  et  s’éclairer  dans  les  petits  tubes 
branchoscopiques  constituera  toujours  deux  grandes 
difficultés  de  la  méthode  et  s’il  est  facile  de  voir  dans 
les  tubes  œsophagoscopiques  toujours  larges,  la  vision 
est  toujours  difficile  dans  les  tubes  étroits  bronchosco¬ 
piques  (1). 


NARCYL  GRÉMY  médicament  spécifi¬ 
que  de  la  toux,  spécialement  de  la  toux  des  tu¬ 
berculeux. 


BULLETIN  DU  PROGRÈS  MÉDICAL 


Les  Homœopathes. 


Nous  avons  lu  avec  grand  intérêt  une  jwtite  brochure 
récente  dans  laquelle.un  des  fervents  adeptes  de  l’homéopa- 
tliie  s’est  plaint  du  dédain  avec  lequel  la  Faculté  de  Paris 
avait  traité  cette  doctrine  thérapeutique.  L’auteur  cite  à  cette 
occasion  certaines  découvertes  faites  dans  les  derniers  temps 
comme  confirmant  les  principes  homéopathiques  et  termine 
son  plaidoyer  en  se  consolant  par  l’honneur  dont  jouit  l’ho¬ 
méopathie  en  Amérique.  Quant  à  cette  consolation,  elle  est 
maigre,  car  si  le  nombre  des  «  Homéopathie  colleges  -  fut 
grand  il  y  a  (pielque  temps,  il  diminue  rapidement  (d’après 
les  récentes  statistiques  universitaires).  D’ailleurs  augmente¬ 
raient-ils,  cela  ne  parlerait  pas  en  faveur  de  l’homéopathie, 
surtout  si  l’on  considère,  (lu'en  Amérique,  les  sectes  médica¬ 
les  sont  aussi  nombreuses  que  les  confréries  religieuses.  Dans 
ce  pays  de  toutes  les  libertés,  l’homéopathie  n’est  rien  de 
plus  qu’une  marque  commerciale  de  médecine,  en  faveur  un 
moment  et  qui  disparaît  à  fur  et  à  mesure,  que  les  études 
médicales  deviennent  plus  sérieuses.  Que  les  homéopathes 
cherchent  à  mettre  en  harmonie  avec  leurs  doctrines  les 
grandes  découvertes  modernes  de  la  science,  qui  travaille  et 
cherche  avec  méthode  et  persévérance,  libre  à  eux  de  le  faire, 
mais  un  fait  est  certain  :  aucun  homéopathe  n’a  contribué 
à  ces  conquêtes  en  quoi  que  ce  soit  et  n’a  rien  produit,  qui 
ait  fait  faire  un  pas  en  avant  à  la  science.  Au  contraire,  les^ 
théories  homéopathiques  sont  restées  ce  qu’elles  étaient  il  v 
a  un  siècle,  c’est-à-dire  stériles. 

Qu’entend-on  par  homéopathie?  Tout  le  monde  sait  <(ue 
la  création  du  système  est  due  à  Ilahnemann.  Cet  homme  a 
eu  le  grand  mérite,  il  y  a  cent  ans,  de  faire  table  rase  de  tou¬ 
tes  les  erreurs  grossières  qui  entachaient  alors  la  niédeiûne, 
11  a  surtout  lutté  contre  l’incroyable  polypharmacie,  qui  ré¬ 
gnait  en  souveraine  depuis  le  moyen-àge.  Cela  était  bien.  Dans 
son  Orfjarwn  il  explique  ce  qu’il  croit  être  la  maladie  :  force 
vitale  en  déséquilibre  (S  12);  altération  des  forces  dynamiques 
partout  présentes  dans  notre  organisme.  11  ne  veut  reconnaître 
aucune  cause  matérielle  à  la  maladie,  etc.,  etc.  (5'  édition) 
et  se  moque  souverainement  des  savants,  qui  au  contraire 
cherchaient  la  cause  directe  de  la  maladie  et  pressentaient  ce 
que  Pasteur  et  son  école  devaient  si  lumineusement  prouver 


(1)  Dans  lin  article  jiaru  en  août,  dans  la  Presse  médicale,  le  D' 
lloure  revendique  la  priorité  de  rapplication  de  l  œsophasgo’scopie 
en  France. Il  U1  en  effet,  quelques  essai.s  avant  nous  d'endoscopie  de 
l’oesophage,  niais  c'esl  nous  qui  avons  praticpié  (extraction  d'tm 
clou  de  la  3“  ramification,  décembre  1903)  le  premier  avec  succès  la 
bronchoscopie  bien  jiliis  difUeile  el  nous  sommes  encore  actuelle¬ 
ment  le  seul  en  France  à  avoir  réussi  la  bronchoscopie  supérieure 
par  rextraclion  de  trois  corps  él rangers  des  voies  aériennes  un  de 
[a  trachée  el  deux  des  bi-onches.  (Galette  des  hôpitaux,  n*  du9  mars 
1995). 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


55 


par  des  faits  précis  et  physiquement  contrôlables.  \oilà 
pour  la  pathologie.  En  thérapeutique,  Hahnemann  posa  le 
principe  :  si  milia  similibvs,  ce  qui  veut  dire  :  employez  les 
médicaments  qui  produisent  sur  l'organisme  sain  des  phéno¬ 
mènes  semblables  aux  phénomènes  morbides  à  combattre; 
donnez  contre  l’angine  la  belladone,  car  eUe  produit  les 
symptômes  angineux  ;  sécheresse  de  la  gorge,  dysphagie, 
rougeur,  etc.;  luttez  contre  la  céphalalgie  par  un  médicament 
■qui  la  provoquerait  si  elle  n’existait  pas  ;  remplacez  une  in- 
llammation  pathologique  par  une  inflammation  médicamen¬ 
teuse,  expérimentale  et  guérissez  votre  malade  en  suppri¬ 
mant  ensuite  le  médicament.  Cette  théorie  a  priori  ne  peut 
pas  être  prouvée.  La  médecine  pratique  l  a  mise  à  l’épreuve 
et  a  constaté  que,  quoique  peut-être  \ raie  dans  quelques  cas, 
elle  ne  peut  et  ne  doit  être  érigée  en  un  principe  de  théra¬ 
peutique.  Qu’on  ne  dise  pas  que  c’est  par  mauvaise  volonté, 
que  la  majorité  des  praticiens  refusent  de  l'admettre.  Ln 
bon  moyen  de  guérir  est  toujours  et  partout  accepté  lorsqu’il 
a  fait  ses  preuves,  qu’il  vienne  d’où  il  voudra.  Etre  utile 
avant  tout  à  son  malade,  voilà  ce  que  cherche  tout  praticien. 

Les  homéopathes  modernes  ont  modifié  la  doctrine  de  llah- 
nemann  en  lui  imprimant  une  nouvelle  direction  ;  aux 
sirnilia  similibus  ils  ont  ajouté  le  principe  de  la  force  des 
médicaments  ;  les  stimulants  faibles  excitent  la  force  vitale, 
tes  stimulants  moyens  la  fortifient,  les  stimulants  forts  la 
paralysent,  les  très  forts  la  détruisent. Tout  cela  ne  veutxien 
dire  et  ne  sert  qu’à  varier  les  médicaments  quant  à  la  dose. 
Ils  arrivent  ainsi  à  administrer  la  belladone  de  la  li'  à  la  30' 
dilution .  c’est-à-dire  à  faire  absorber  au  malade,  par  exemple, 
0,0000001  gr.  d’alcaloïde  =  eau  pure  colorée  en  jaune.  Le 
malade  peut  guérir,  sans  doute,  cela  ne  lui  fait  en  tout  cas 
pas  de  mal,  mais  que  l’homéopathe  ne  vienne  pas  nous  dire 
que  c’est  par  l’action  de  la  dose  infinitésimale  qu’il  a  guéri. 
Certainement  cette  médication  anodine  est  supérieure  à  la 
polypharmacie,  qui  éreinte  l’estomac  le  plus  solide  sans 
aucun  profit.  Mais,  messieurs  les  confrères  homéopathes, 
soyons  francs  :  prescrivons  de  l’eau  pure,  agissons  sur  l’état 
mental  du  malade  en  formulant  :  «  aqua  fontis  »  ou  «  mica 
panis  »  mais  ne  donnons  pas  pour  cela  à  cette  thérapeutique 
un  nom  à  part  qui  nous  expose  à  être  traités  de  charlatans. 

Fribdel. 


Les  lemmes  médecins  et  les  concours. 

Une  intéressante  question  vient  d’être  résolue  par 
M.  Mirman,  directeur  de  l’Assistance  et  de  l'Hygiène 
publiques  au  Ministère  de  l’Intérieur.  Les  femmes 
pourvues  du  diplôme  de  docteur  en  médecine  pourront 
désormais  prendre  part  aux  concours  de  médecin  des 
Asiles  d’aliénés.  La  logique  et  le  simple  bon  sens 
s’accordaient  à  faire  admettre  que  les  femmes,  autori¬ 
sées  aujourd’hui  à  conquérir  le  diplôme  de  docteur  en 
médecine  et  les  fonctions  d’externes  et  d’internes  des 
hôpitaux  et  des  asiles,  qui  peuvent,  à  Paris,  concourir 
pour  devenir  médecin  de  l’assistance  à  domicile,  et 
sont  agréées  par  nombre  d’administrations,  puissent 
ïlevenir  médecins  des  asiles  d’aliénés.  11  n’en  était  pas 
pourtant  ainsi.  H  a  fallu  que  Mlle  Madeleine  Pelletier, 
docteur  en  médecine  et  interne  à  l’asile  de  Villejuif, 
écrivît  au  ministre  de  l’intérieur  pour  solliciter  l’auto¬ 
risation  de  prendre  part  aux  concours  des  médecins  des 
asiles  jusqu’ici  fermés  aux  femmes. 

M.  Mirman,  en  donnant  satisfaction  à  la  demande 
très  légitime  de  Mlle  Madeleine  Pelletier,  a  fait  suivre 
sa  décision  de  la  seule  opinion  qu’un  homme  à  l’es- 
prit  large  peut  avoir  sur  pareille  question  :  à  savoir 

‘îu’il  n’y  a  aucune  raison  de  mettre  des  barrières  à 
1  activité  des  individus  en  raison  de  leur  sexe  et  que  la 
capacité  seule  doit  être  prise  en  considération.  » 


Nous  souhaitons  à  Mlle  Pelletier  un  brillant  concours 
et  nous  espérons  qu’au  cas  échéant  on  suivrait  ce  pré¬ 
cédent  libéral  aux  concours  de  médecins  des  hôpitaux 
et  à  ceux  de  l’agrégation.  J.  Noir. 

Médecine  sanitaire  Maritine 

Deux  ou  trois  cents  docteurs  en  médecine  sont  ac¬ 
tuellement  embarqués  sur  les  paq uebots-poste  français 
et  sur  les  naviresàémigrants. Pour  remplir  ces  fonctions 
il  faut  être  muni  dudiplômede  médecin  sanitaire  ma- 
ritimequi  est  donné  ; 

1“  A  ceux  qui  ont  subi  avec  succès  un  examen  spécial  ; 
2'  Aux  médecins  de  la  marine  de  l'Etat  ayant  5  ans 
d’exercice  ;  3”  Aux  diplômés  des  Ecoles  coloniales  de 
Bordeaux,  de  Paris  et  Marseille. 

Les  médecins  désireux  de  se  renseigner  plus  com¬ 
plètement  devront  consulter  l’Appendice  que  le  Pro¬ 
fesseur  Le  Dantec  a  ajouté,  dans  la  2*’  édition,  à  son  ex¬ 
cellent  «  Précis  de  pathologie  exotique  ». 

Malgré  la  modicité  du  traitement  (la  Compagnie 
Transatlantique  donne  généreusement  150  fr.  par  mois 
aux  débutants  des  lignes  d’Afrique), la  place  de  médecin 
de  paquebot  pourrait  convenir  provisoirement  aux  jeu¬ 
nes  confrères  ayant  quelque  fortune...  et  ne  craignant 
pas  le  mal  de  mer. 

Malheureusement,  les  Médecins  sanitaires  maritimes, 
à  la  merci  des  Compagnies  de  navigation,  ne  possèdent 
pas  l’indépendance  et  l’autorité  nécessaires  pour  assu¬ 
rer  la  parfaite  exécution  de  leur  service  (isolement  des 
contagieux,  mesures  de  désinfection,  etc.). 

La  situation  est  pour  eux  d’autant  plus  pénible  qu’ils 
ont  pour  voisin  l’agent  des  postes  qui  lui,  commissaire 
du  Gouvernement,  jouit  de  la  liberté  qui  leur  manque. 
Le  bon  fonctionnement  des  services  postaux  serait-il 
donc  plus  important  que  la  santé  des  équipages  et  des 
passagers  et  que  la  défense  sanitaire  des  ports  de  com¬ 
merce'?  Notre  nouveau  Directeur  de  l’hygiène  publique, 
M.  Mirman,  a  là  une  occasion  d’exercer  utilement  son 
tempérament  de  réformateur.  E.  Grossbt. 

Incendie  a  l’hospice  d'Angers.  —  Un  incendie  a  détruit,  le 
dimanche  21  janvier,  une  partie  de  l’établissement  de  retraite  de 
Saint-Martin-la-Forêt,  situé  derrière  rhôpitai  d’Angers.  Il  était 
neuf  heures  un  quart  quand  une  infirmière  s’est  aperçue  que 
la  toiture  de  l’aile  droite  était  en  flammes.  Une  demi-heure  après, 
les  services  de  secours  étaient  organisés,  mais  ce  n’est  qu’à 
deux  heures  du  matin  et  après  les  plus  grands  efforts  que  le  si¬ 
nistre  a  pu  être  conjuré. 

L’établissement  de  Saint-Martin-la-Forêt  a  la  forme  d’un  rec¬ 
tangle  ouvert  sur  un  vaste  jardin  ;  l’aile  droite  et  le  retour 
juscpi’à  la  chapelle  qui  forme  le  centre  sont  occupés  par  les  vieil¬ 
lards  retraités.  L'aile  gauche,  heureusement  épargnée  par  les 
flammes,  est  la  clinique  opératoire  du  docteur  Monprofît.  Les 
vieillards,  promptement  vêtus  ont  pu  être  mis  à  l’abri,  sauf  une 
femme  de  quatre-vingt-deux  an.s  qui  a  été  oubliée  dans  sa  chambre 
et  «jui  est  morte  asphyxiée.  Les  docteurs  Monprofit  et  Canonne 
ont  surveillé  les  secours  dès  les  premiers  instants.  (D’après  le 
Temps  du  23  janvier.) 


DlOMNE-MEHCK  spécifique  de  la  TOUX  et  de  la  DOULEUR, 
plus  active,  inoias  toxique  que  les 
opiacés  et  tous  leurs  dérivés,  même  synthétiques. 

SÉDATION  IMMÉDIATE  de  la  TOUX 

SIROP  DU  D'"  BOUSQUET,  A  LA  DIONINE  MERCK 

(0,01  parcuil.  à  bouche,  avec  2  gU"  de  Hromoforine)  4  à  8  par  jour). 


56 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


SOCIÉTÉS  SAVANTES 


ACADÉMIE  DE  MEDKCINL 
Séance  du  23  janvier. 

La  tuberculose €71  Fmtice  et  en  Allemaf/ne. 

M.  A.  Robin  communique  à  l’Académie  le  rapport  très  do¬ 
cumenté  qu’il  a,  sur  la  demande  de  la  Commission  perma¬ 
nente  de  préservation  contre  la  tuberculose,  établi  sur  la 
mortalité  par  tuberculose  en  France. 

Contrairement  aune  assertion  souvent  répétée,  en  particu¬ 
lier  par  les  partisans  des  sanatoriums  la  mortalité  par  tuber¬ 
culose  ne  paraît  pas  plus  considérable  en  France  qu’en  Alle¬ 
magne.  Les  ebiffres  fréquemment  donnés  ;  39  pour  10.000  lia- 
bitants  demortalité  pour  la  France,  22  pour  l’Allemagne, 
semblent  très  exagérés  pour  la  l’rance. 

Ce  chiffre  de  39  décès  comprend  de  nombreux  cas  de  bron¬ 
chite  chronique.  En  outre,  pour  les  très  nombreuses  petites 
communes  où  on  ne  fait  aucune  statisti([ue  exacte,  on  a  arbi¬ 
trairement  adopté  un  chiffre  beaucoup  trop  fort  de  mortalité 
par  tuberculose. 

Une  loi  très  remarquable  est  en  effet  que  celle-ci  décroît 
d’une  façon  à  peu  près  régulière  avec  la  densité  de  la  popu¬ 
lation.  En  d’autres  termes,  que  moins  cette  population  est 
agglomérée  et  que  mieux  elle  est  protégée  contre  le  fléau. 

Le  tableau  suivant  des  décès  tuberculeux  relevés  en  1903 
dans  divei'ses  villes  de  France  en  donne  la  preuve  : 

Total  des  décès  tuberculeux  par  10.000  habitants. 


Paris .  4.5,2 

Villes  de  100.000  à  492.000  habitants. . .  .34,4 

—  de  30.000  à  100.000  —  . .  32.8 

—  de  20.000  à  30.000  —  . .  30,8 

—  de  10.000  à  20.000  -  . .  2(l,li 

—  de  .5.000  à  10.000  -  . .  23,4 

—  de  1.000  à  5.000  —  ..  20,4 


Le  calcul  ainsi  établi  par  .M.  Albert  Robin  l’amène  au  chif¬ 
fre  de  24.4  pour  le  nombre  moyen  de  décès  causés  en  France 
par  la  tuberculose  sur  10.000  habitants.  Voilà  qui  est  loin 
des  39  pour  lO.OcO  de  la  statistique  officielle  et  qui  se  rappro¬ 
che  singulièrement  des  22  pour  10.000  Allemands. 

«  Dn  cite,  à  chaque  instant,  ajoute  M.  Vlbert  Robin,  les 
ebiffres  de  la  statistique  allemande  pour  prouver  l’efficacité 
du  système  de  lutte  dont  le  sanatorium  populaire  est  consi¬ 
déré  comme  le  pivot  et  pour  assurer  à  celui-ci  une  place 
dominante  dans  l’armement  antituberculeux. 

«  Si,  en  France,  où  ce  système  n’a  pas  prévalu,  la  mortalité 
par  la  tuberculose  n’est  pas  plus  élevée  qu’en  Vllemagne, 
n'est'il  pas  permis  de  conclure  que  le  système  allemand  n’a 
pas  toute  la  valeur  qu’on  lui  attribue  et  que  la  principale 
cause  de  la  diminution  de  la  mortalité,  dans  les  deux  pays, 
réside  dans  les  mesures  d'hygiène  publique,  législatives,  ad¬ 
ministratives,  collectives  et  individuelles  qui  ont  été  adop¬ 
tées  dans  les  vingt-cinq  dernières  années,  et  pour  l’applica¬ 
tion  et  l’extension  desquelles  il  faut  réserver  toutes  les  res 
sources  budgétaires,  collectives  et  individuelles  dont  nous 
pouvons  disposer.  » 

Comme  conclusion,  M.  Albert  Robin  propose  à  l’Académie 
de  mettre  en  discussion  le  projet  de  vmu  suivant  : 

«  L’Académie  de  médecine  demande  à  M.  le  ministre  de 
l’intérieur  que  la  statistique  des  causes  de  décès;  actuelle¬ 
ment  établie  pour  713  villes,  soit  étendueà  toutes  les  commu¬ 
nes  du  territoire  français.  « 

M.  Brouardel  fait  plusieurs  objections  très  importantes  : 
l"  L’étiquette  de  bronchite  chronique  n’est  souvent  qu’un 
euphémisme  pour  déguiser  la  tuberculose.  Dans  bien  des 
villes  de  province  on  ne  meurt  de  tuberculose  qu’à  l’hùpital. 
Dans  la  classe  aisée  On  voit  succomber  de  bronchite  chronique 
des  enfants  et  de  tout  jeunes  gens.  D’ailleurs,  dans  sa  statisti- 
que,.\I.  Brouardel  a  soigneusement  séparé  les  deux  causes  de 
décès. 

t  2“  La  mortalité  par  tulierculose  est  considérable  dans  cer¬ 


taines  bourgades  peu  peuplées.  En  Bretagne,  dans  certains 
villages,  des  enquêtes  très  précises  ont  montré  une  mortalité 
encore  plus  considérable  qu’à  Paris. 

M.  Brouardel  se  joint  à  M.  Robin  pour  demander  une  sta¬ 
tistique  plus  précise  et  plus  complète.  11  croit  que  celle-ci  ne 
sera  obtenue  que  par  la  déclaration  obligatoire. 

Mais  dès  aujourd’hui  la  mortalité  par  tuberculose  en  France 
peut  être  regardée  comme  assez  formidable  pour  nécessiter 
un  effort  énergique.  Avec  beaucoup  d’éloquence  il  demande  à 
l’Académie  de  prendre  la  direction  de  cet  effort. 

M.  Guéniot  propose,  à  l’assentiment  unanime,  d’ouvrir  une 
discussion  sur  la  prophylaxie  générale  de  la  tuberculose.  Cette 
importante  discussion  continuera  dans  la  prochaine  séance. 

La  rate  et  la  séc/'cliori  biliaire. 

M.  Lancereaux  a  lu  un  rapport  sur  un  travail  adressé  par 
le  professeur  Paulesco  (de  Bucarest),  qui  établit  que,  contrai¬ 
rement  à  l’opinion  soutenue  par  M.  Charrin  et  quelques  autres 
auteurs,  la  rate  n’a  aucune  influence  sur  la  sécrétion  de  la 
bile.  Des  analyses  précises  de  bile  pratiquées  sur  des  animaux 
aux([uels  on  avait  enlevé  la  rate,  d’autres  faites  sur  d’autres 
sujets  avant  et  après  l’enlèvement  de  la  rate, ont  montré  à  AL 
Paulesco  que  la  bile,  dans  un  cas  comme  dans  l’autre,  gardait 
une  composition  sensiblement  constante. 

La  vaccine  en  Alsace  au  siècle  dernier. 

M-.  Kecsch  résume  un  travail  de  AI.  Goldschmidt,  de  Stras¬ 
bourg.  Ce  travail,  d’un  réel  intérêt  historique,  montre  les 
énergiques  mesures  de  réglementation  vaccinale  prises  par 
Napoléon  au  cours  d’une  épidémie  très  meurtrière  dans  le 
Bas-Rhin.  _  .A.-F.  Plicque. 

société  de  chirurgie 

Séance  du  11  janvier. 

I)7-ainage  lombaire  dans  les  péritonites  appendiculaires. 

MM.  Routier,  Chaput  et  Second  estiment  que  le  drainage 
par  la  voie  lombaire, préconisé  par  M.  A  illemin,est  dangereux 
car  il  augmente  le  traumatisme  opératoire  ;  il  ne  serait  indi¬ 
qué  que  dans  les  collections  purulentes  rétro-cœcales .  • 
Ti-aite7nent  des  kystes  hydatiques  du  joie. 

M.  Q(.  ÉNU  pense  que  le  meilleur  traitement  des  kystes  hyda¬ 
tiques  non  extirpables  consiste  dans  le  formoluye  suivi  d’inci¬ 
sion  de  la  poche,  de  l’extraction  de  la  membrane  germinative 
etde  suture.  L’accolement  idéal  est  très  rare  après  suture  de 
la  poche  :  le  plus  souvent,  il  se  produit,  dans  les  jours  qui 
suivent  l’opération,  une  exsudation  séreuse  aseptique  et  quï 
se  résorbe  au  bout  de  quelques  jours.  Quelquefois  il  se  pro¬ 
duit  dans  la  poche  un  épanchement  de  bile  ;  celle-ci  peut 
être  infectée,  et  si  le  liquidées!  abondant,  il  tend  la  poche  et 
menace  de  la  rompre  au  niveau  de  la  suture. 

Pour  éviter  l’infection  du  péritoine,  AJ.  Quénu  conseille  do 
placer  toujours  un  drain  au  contact  de  la  suture. 

AL  Broca  pense  que  lorsqu’après  avoir  vidé  la  poche  et  ex¬ 
trait  la  membrane  fei  tile,on  aperçoit  sur  l’adventice  des  taches- 
ou  des  traînées  brunes,  on  do.it  renoncer  à  la  suture  et  marsu- 
pialiser.  Ces  traînées  représentent  des  canaux  biliaires  super¬ 
ficiels  qui  laissent  toujours  transsuder  de  la  bile.  C’est  aussi, 
l’avis  de  AL  Tuffier. 

Guéi'isoti  opératoire  d’une  pae'alysie  cubitale  et  radiale. 

AL  PoTHERAT  présente  un  malade  auquel  il  a  fait  une  suture 
du  nerf  cubital,  sectionné  et  englobé  dans  un  massif  osseux- 
épitrochléen  à  la  suite  d’une  fracture  du  coude.  Le  soir  même., 
la  sensibilité  de  la  main  réapparaissait  et,  fait  curieux,  une 
paralysie  radiale,  qui  existait  aussi  depuis  le  traumatisme,, 
avait  complètement  disparu.  !)'■  Gatz. 

SOCIÉTÉ  MÉDICALE  DES  HOPITAUX 
Séance  du  janvier. 

Intoxication  mei-airielle  d'origine  thérapeutique. 

M.  SicARD  communique  une  observation  d’intoxication 
mercurielle  après  4  injections  d’huile  grise.  A  l’encontre  de 
M.  Le  Noir,  il  ne  laissa  pas  évoluer  ces  accidents.  La  nodosité- 
mercurielle  étant  localisée  par  la  radiographie,  il  fit  faire 
l’excision  chirurgicale.  Le  malade  guérit. 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


57 


M.  Griffon  a  observé  un  cas  semblable  à  celui  relaté  par 
Bal/er.  Des  injections  au  calomel,  pratiquées  pour  des 
accidents  secondaires,  furent  suivies  de  convulsions  et  de 
mort.  A  l’autopsie  on  constata  nn  foie  infectieux,  mou,  sans 
autres  lésions  viscérales. 

M.  Rknaut  fait  observer  qne  l’excision  proposée  par 
\I.  Sicard  a  déjà  été  faite  par  M.  Lesser.  Il  présente  ensuite 
un  malade  syphilitique  à  la  période  tertiaire,  dont  le  dos  et 
les  membres  étaient  couverts  de  syphilides  tuberculeuses 
typiques.  Ces  syphilides  étaient  anormalement  disposées  en 
confluence,  exceptionnelle  à  la  période  tertiaire,  et  qui  recon¬ 
naît  pour  cause  l’insuffisance  de  traitement  de  la  syphilis 
datant  de  30  ans  et  l’éthylisme  manifeste  du  malade. 

Hijàarlhrose  syphilitique.  Etude  cytologique. 

MM.  Griffon  et  Deherain  ont  observé  un  malade,  qui  en 
pleine  période  secondaire  fit  une  poussée  de  rhumatisme 
généralisé  d’abord  puis  localisé  au  genou  droit,  qui  deiint 
le  siège  d’une  hydarthrose  volumineuse,  indolente,  à  allure 
froide.  11  fallait  penser  à  la  tuberculose.  Des  inoculations 
furent  faites  avec  le  liquide  ponctionné  (15  c.  c.  dans  le  péri¬ 
toine  de  cobayes),  sans  qu’on  pût  constater  de  la  tuberculose 
expérimentale  au  bout  de  4  mois.  L’examen  cytologique 
donna  une  polyiiiicléi  se,  formule  différente  de  celle  de  MM. 
Boidin  et  (îrandmaison  qui  ont  constaté  une  lymphocytose 
marquée.  La  tuberculose  put  donc  être  éliminée  par  le  ré¬ 
sultat  de  finoculation  et  par  l’examen  cytologique.  La  nature 
syphilitique  de  cette  hydarthrose  paraît  beaucoup  plus  pro¬ 
bable.  La  différence  des  formules  leucocytaires  s’explique  par 
fàge  différent  anquel  furent  faits  les  examens. 

Pseudorhumatisme  syphilitique. 

M.  Galliard  rapporte  trois  cas  de  pseudorhumatisme,  sur¬ 
venu  pendant  la  période  secondaire  d’une  syphilis  et  guéri 
par  les  pilules  de  protoiodure  ou  la  liqueur  de  \  an  Swieten. 
Ln  autre  pseudorhumatisme  syphilitique  grave  guérit  éga¬ 
lement  par  le  traitement  mercuriel  (benzoate  de  Hg).  Détail 
important,  ce  dernier  malade,  rhumatisant  avant  la  syphilis, 
avait  contracté  deux  blennorrhagies  sans  manifestations  arti¬ 
culaires. 

MM.  Legendre  et  D  ifoiir  font  observer  que  les  bons  effets 
du  traitement  mercuriel  sur  ces  poussées  de  rhumatisme  ne 
permettent  pas  à  euxseuls  de  conclure  au  pseudorhumatisme 
syphilitique,  le  même  traitement  ayant  depuis  longtemps 
donné  d’excellents  résultats  dans  les  arthropathies  nette¬ 
ment  tuberculenses  ou  blennorrhagiques. 

M.  Barbier  voudrait  que,-  pour  exclure  la  tuberculose, 
fit  des  injections  de  tuberculine.  MM.  Griffon  et  \  aquez 
n’admettent  pas  ce  moyen  de  diagnostic,  car  nn  résultat 
positif  n’indiquerait  pas  nécessairement  une  hydarthrose 
tnberculeuse. 

M.  Hcdelo  lit  le  rapport  financier  pour  l’année  1905. 

Le  formiate  de  quinine  {quinoforme). 

M.  IIiRTz  a  expérimenté  dans  son  service  à  l’hôpital  Aecker 
les  effets  thérapeutiques  du  formate  de  quinine  (quinoformei, 
nouveau  set  introduit  dans  l’organisme  par  injection  hypo¬ 
dermique.  Après  un  historiiiue  détaillé  sur  la  thérapeutique 
par  la  quinine  le  rapporteur  a  indiqué  les  inconvénients  de 
l’absorption  par  voie  digestive  et  les  accidents,  qui  accom¬ 
pagnaient  l’injection  liypodermique  de  tons  les  sels  quiniques 
employés  jusqu’ici.  En  elfet.  en  dehors  des  douleurs  extrê¬ 
mement  vives,  il  y  avait  fréquemment  des  abcès,  des  adéni¬ 
tes,  du  sphacèle  voire  même  des  tétanos.  M.  Lacroix  a  pré¬ 
paré  et  étudié  les  formiates  et  c’est  le  formiate  basiipie  de 
huinine  ipii  a  servi  à  l’expérimentation  de  M.  llirtz. 

Le  quinoforme  cristallise  en  belles  aiguilles  blanches,  bril¬ 
lantes,  formant  des  houppes  soyeuses:  il  est  très  stable  et  ren¬ 
ferme  87,  5()  %  de  quinine  pure,  c'est-à-dire  qu’il  est  le  plus 
riclieen  alcaloïde  de  tous  les  selsde  quinine  usités.  Il  forme 
avec  l’eau  une  solution  neutre  au  tournesol  et  il  fond  dans 
19  fois  son  poids  d’eau  à  16»,  dans  8  fois  son  poids  d’eau  532°. 
Il  est  donc  le  plus  soluble  des  sels  basiques,  mais  ce  qui 
marque  son  avantage  sur  toutes  les  autres  préparations,  c’est 
1  indolence  com|)lète  des  injections.  Tandis  que  les  sulfates 
mi  chlorhydrates  en  injections  donnent  un  iiuart  d’heure 
après  des  douleurs  lancinantes  et  une  gêne  considérable  du 


membre  pendant  24  à  48  heures,  on  n’observe  rien  de  sem¬ 
blable  avec  le  formiate.  Aucune  réaction  locale  ni  immédiate, 
ni  consécutive.  M.  llirtz  a  injecté  le  quinoforme  à  la  dose  de 
2Ü  centigrammes  pour  une  seringue  de  Pravaz  de  2  c.  c.  chez 
un  certain  nombre  de  tuberculeux.  La  courbe  de  tempéra¬ 
ture  n’a  pas  été  influencée.  La  maladie  spécifique  pour  la 
quinine  est  le  paludisme,  qui  est  rare  dans  nos  services  hos¬ 
pitaliers.  Aussi  M.  llirtz  aimerait-il  voir  employer  le  quino- 
/■oi  we  aux  colonies  et  surtout  dans  les  hôpitaux  militaires. 
L’avantage  capital  du  nouveau  sel  réside  beaucoup  plus  dans 
son  indolence,  que  dans  sa  solubilité,  qui  par  ce  fait  même 
perd  son  importance,  car  on  pourra  facilement  injecter  la 
dose  de  quinine  voulue.  Une  précaution  sera  à  prendre  :  le 
tube  qui  contient  la  solution  de  quinoforme  doit  être  exa¬ 
miné  a  la  lumière  et  si  on  observait  une  ou  quelques  aiguilles 
de  cristallisation,  il  faut  chauffer  légèrement  le  tube.  Gela 
suffira  pour  le  redissoudre  sur  le  champ  et  on  évitera  ainsi 
une  cause  de  douleur. 

M.  Lemoine  (Val-de-Grâce)  a  employé  le  formiate  de  qui¬ 
nine  chez  des  paludéens  et  a  observé,  ce  que  M.  llirtz  n’a  pu 
faire,  c’est-à-dire  son  action  rapide  sur  la  fièvre.  La  tolérance 
a  été  parfaite.  Les  accès  ont  rapidement  disparu.  L’estomac, 
si  souvent  délicat  chez  les  paludiques,  est  ainsi  à  l’abri  des 
irritations  et  ce  fait  est  trè.«  précieux. 

M.P.  Cl- VISSE,  à  pu  également  expérimenter  le  quinoforme 
sur  huit  de  ses  malades.  Il  a  constaté  que  les  injections 
étaient  parfaitement  tolérées  et  a  insisté  sur  la  valeur  prati¬ 
que  de  ce  nouveau  sel  de  quinine  chez  des  paludéens  à  esto¬ 
mac  délicat. 

Friedei-, 


SOCIÉTÉ  DE  PÉDIATRIE. 

Seance  du  16  janvier  1906.  —  Présidence  de  M.  Comby. 

Anévrysme  de  l’aorte  d’origine  rhumatismale. 

M.  Comby  présente  une  jeune  fille  de  14  ans  chez  laquelle 
on  constate  tous  les  signes  d’un  anévrysme  de  l’aorte  :  batte¬ 
ments  très  manifestes  à  droite  du  sternum,  double  souffle  in¬ 
tense,  thrill . ,  etc.  Cet  anévrysme  s’est  développé  à  la  suite 

d’une  attaque  de  rhumatisme  accompagné  d’endocardite, 
dont  elle  a  été  atteinte  en  lf(02. 

Méningite  cérébro-spinale. 

M.  Sevestre.  ^  La  fillette  qui  fait  le  sujet  de  cette  observa¬ 
tion  fut  amenée  à  l’hôpital  après  36  ou  48  heures  d’accidents 
fébriles  accompagnés  de  vomissements, que  l’on  avait  cru,  au 
premier  abord,  pouvfair  rattacher  à  une  simple  indigestion. 
Mais  bientôt  se  montrèrent  des  douleurs  très  vives  dans  le 
dos  et  dans  la  hanche  droite,  puis  du  coma,  avec  fièvre  modé¬ 
rée  mais  irrégulière,  et  sans  que  l’on  observât  l’ensemble  ha¬ 
bituel  des  signes  de  la  méningite  classique.  Les  symptômes 
néanmoins  firent  porter  le  diagnostic  de  méningite  cérébro- 
spinale,  et  la  ponction  lombaire  confirma  ce  diagnostic,  en 
fournissant  un  liquide  louche,et  en  procurant  un  sonlagement 
manifeste  et  rapide.  L’enfant  fut  traitée  par  les  bains  chauds 
et  par  la  ponction  lombaire  répétée  3  fois  à  quelques  jours 
d’intervalle,  donnant  un  liquide  de  moins  en  moins  trouble. 
Le  rétablissement  fut  complet  au  bout  d’une  dizaine  de  jours. 

M.  Comby  cite  un  cas  de  méningite  cérébro-spinale  qui  pré¬ 
senta  cette  particularité  de  rester  apyrétique  pendant  toute  sa 
durée.  Dans  ce  cas,  on  fit  des  ponctions  lombaires  réitérées, 
à  la  suite  desquelles  on  vit  plusieurs  fois  survenir  une  atté¬ 
nuation  notable,  mais  passagère,  de  la  raideur  de  la  nuque. 
Malheureusement,  ce  cas  se  termina  par  la  mort  au  bout  de 
6  semaines. 

Adénopathie  trachéo-bronchique. 

M.  ’S'ariot  présente  un  enfant  de  5  ans  atteint  d’adénopa¬ 
thie  trachéo-bronchique,avec  cette  particularité  qu’il  est  pris, 
de  temps  à  autre,  de  crises  dyspnéiques  avec  douleurs  très 
violentes  analogues  à  celles  de  l’angine  de  poitrine.  M.  Variot 
propose  d’appliquer  à  cette  variété  symptomatique  de  l’adé¬ 
nopathie  trachéo-bronchique  l’expression  de  «  forme  cardial- 
gique  ». 


58 


LE  PROGRÈS  MEDICAL 


Emploi  du  citrate  de  soude  en  thérapeutique  infantile, 

M.  ^  ARioT  rappelle  ses  récentes  communications  sur  l’em¬ 
ploi  du  citrate  de  soude  chez  les  nourrissons  ,et  présente  quel¬ 
ques  observations  sur  l’emploi  de  ce  médicament  chez  des 
enfants  plus  âgés.  Le  citrate  de  soude  a  l’avantage  d'être  effi- 
eace  et  inoffensil  autant  que  le  bicarbonate  de  soude.  C’est 
tout  à  la  fois  un  antiémétique  et  un  eupeptique,  et  il  possède 
ces  deux  qualités  indépendamment  l’une  de  l’autre.  M.  \  a- 
riot  a  utilisé  le  citrate  de  soude  dans  plusieurs  cas  de  trou¬ 
bles  digestifs  divers  chez  des  enfants  du  second  âge,  et  il  en  a 
obtenu  des  résultats  très  satisfaisants  chez  ceux-ci  comme 
chez  les  nouveau-nés.  11  cite  en  particulier  un  pauvre  petit 
tuberculeux  de  son  service,  qui,  sous  l’influence  de  ses  accès 
de  toux,  avait  des  vomissements  rebelles  aux  diverses  médi¬ 
cations  usuelles  ;  on  eut  l’idée  d’essayer  de  lui  donner,  contre 
les  vomissements,  du  citrate  de  soude,  dont  on  avait  observé 
l’action  antiémétisante  chez  des  nourrissons  ;  or,  cette  médi¬ 
cation  empirique  procura  à  ce  malheureux  enfant  une  notable 
et  incontestable  diminution  des  vomissements  (jui  l’épuisaient 
auparavant. 

M.  jNoBÉcouRT,en  son  nom  et  au  nom  de  M.Prosper  Merklen 
lit  une  communication  sur  Véliminntion  de  rurée  dans  la 
rougeole  suivant  les  régimes. 

Méningite  cérébro-spinale  traitée  avec  succès  par  les  injections 
intra  rachidiennes  de  collargol. 

M.  Papii.lon  communique  une  observation  de  méningite 
cérébro-spinale  à  méningocoques,  dans  laquelle  on  obtint  un 
heureux  résultat  d’un  essai  de  thérapeutique  locale  consistant 
en  injections  intra-rachidiennes  de  collargol.  Il  s'agissait  d’un 
enfant  de  3  ans  1  2,  qui  entra  à  l’hôpital  3  jours  après  le  dé¬ 
but  d’une  méningite  cérébro-spinale  avec  fièvre  intense  (40»). 
On  lui  fit  une  ponction  lombaire,  qui  donna  issue  à  un  li¬ 
quide  louche  et  franchement  purulent  ;  à  la  suite  de  cette 
ponction,  on  injecta  dans  le  canal  rachidien  une  dose  de  so¬ 
lution  de  collargol  correspondant  à  deux  centigrammes  de 
cette  substance.  On  ne  nota  aucun  phénomène  particulier 
imputable  à  l’injection,  et  dès  le  lendemain,  les  symptômes, 
la  fièvre  en  particulier,  présentèrent  une  atténuation  mani¬ 
feste,  qui  se  soutint  pendant  quelques  jours,  üne  nouvelle 
élévation  thermique  (40“  I  l  s’étant  produite,  on  fit  une  nou¬ 
velle  ponction,  suivie  d’une  injection  correspondant  à  une 
dose  de  collargol  de  4  centigrammes  ;  on  nota  à  la  suite  de 
celle-ci  quelques  petits  malaises  sans  gravité  et  qui  ne  durè¬ 
rent  pas.  La  guérison  fut  obtenue  peu  de  jours  après. 

M.  Papillon  communique,avec  présentation  de  pièces  à  l’ap¬ 
pui,  une  observation  d’hémiplégie  survenue  au  cours  d’une 
fièvre  typhoïde.  Gh.  H.  Petit-\'endol. 


SOCIÉTÉ  D’OBSTÉTRIQUE  DE  PARIS 
Séance  du  18  janvier  1906. 

Note  sur  le  chauffage  de  la  couveuse  au  thermosiphon. 

M.  Mercier.  —  Il  s’agit  d’un  système  facile  à  entretenir  et 
peu  coûteux,  ce  qui  est  de  nature  à  en  répandre  l’emploi 
dans  les  milieux  ouvriers. 

Ati'ésic  cicatricielle  du  vagin  au  terme  de  la  grossesse. 

M.  ^Iercier.  —  Le  vagin  est  complètement  divisé  en  2  com¬ 
partiments  ;  une  application  de  forceps  est  rendue  nécessaire  ; 
elle  donne  naissance  à  un  enfant  vivant.  Cette  atrésie  semble 
être  la  conséquence  d’une  vaginite  plastique. 

Un  cas  de  grossesse  gémellaire  pouvant  faire  croire  «  la 
super fœtati on  ;  différence  de  1850  gr.  entre  les  deux  fœtus. 

MM.  Bouchacoürt  et  Cathai.a.  —  11  semble  qu'il  y  ait  trois 
mois  de  diflérence  entre  les  2  foetus  nés  de  cette  grossesse 
gémellaire  :  le  gros  enfant  pèse  2.440  gr.  et  le  petit  760  gr.  ; 
tous  les  deux  sont  nés  vivants  :  le  premier  s’est  bien  élevé,  le 
second  a  succombé  quelques  heure.s  a  près  la  naissance.  V 
première  vue,  on  pouvait  croire  à  un  cas  de  superfœtation, 
mais  la  radiographie  a  montré  que  les  points  dbssification 
sont  bien  apparents  chez  le  petit  foetus  :  celui-ci  est  venu  à 
terme,  en  dépit  de  son  apparence  extérieure.  Il  fautdonc,en 
pareil  cas  se  méfier  beaucoup  avant  de  conclure  à  la  super¬ 


fœtation.  Le  défaut  de  développement  peut,  dans  ces  cas, 
s’expliquer  par  des  lésions  placentaires. 

M.  Brindeau  remarque  que  le  placenta  qui  correspond  au 
petit  fœtus  estlibrinilié.Dans  ces  circonstances,  le  fœtus  peut 
même  succomber. 

M.  Budin  rappelle  qu’il  faut  se  méfier  de  ce  défaut  de  dé¬ 
veloppement  du  fœtus  chez  les  albuminuriques,  pour  ne  pas 
provoquer  l'accouchement  comme  on  est  quelquefois  sollicité 
de  le  faire. 

Dégénérescence  hydatiforme  d’tin  œuf  de  2  mois  expulsé  nu 
6‘  mois  de  la  grossesse. 

M.  Bernheim.  —  Une  femme  de  36  ans  expulsa  un  œuf 
ayant  le  volume  d’un  œuf  de  2  mois,  juste  6  mois  après  la 
cessation  des  règles.  Cet  œuf  semble  atteint  de  dégénéres¬ 
cence  môlaire. 

M.  Brindeai:  considère  ces  lésions  de  l’œuf  comme  de  sim¬ 
ples  lésions  de  régression. 

M.  Budin  rappelle  qu’il  a  jadis  vu  un  œuf  semblable,  où 
l’amnios  était  soulevé  par  des  masses  violettes  rappelant  l’as¬ 
pect  de  certaines  prunes. 

A  propos  d'une  rupture  utérine. 

MM.Brindeau  et  Caron.  —  Une  rupture  au  cours  du  travail, 
rupture  spontanée,  permit  au  fœtus  et  au  placenta  de  passer 
dans  l’abdomen.  Après  laparotomie,  on  peut  constater  que 
l’utérus  était  presque  complètement  amputé  au  niveau  du 
segment  inférieur.  Les  débris  de  segment  inférieur  furent, 
après  ablation  de  l’utérus,  fixés  à  la  paroi  antérieure. M.  Brin- 
deau  remarque  combien  est  grandel’étendue  des  lésions  dans 
ces  cas  de  rupture  utérine  ;  aussi  ne  faut-il  pas  hésiter  à  pra¬ 
tiquer  la  laparotomie  et  à  enlever  l'utérus  ;  sur  5  opérations 
personnelles.rauteurapu  en  sauver  2.  Il  ne  faut  pas  mettre 
ces  femmes  en  position  de  Trendelenburg,  en  raison  de  la 
grande  quantité  de  sang  (jui  se  trouve  dans  le  ventre. 

M.  Demelin  considère  la  question  du  drainage  comme  abso¬ 
lument  capitale  en  pareil  cas  :  il  faut  drainer  d’une  façon 
énorme,  colossale. 

Opération  de  Gigli  pour  bassin  oblique  ovalaire. 

M.  PoRAK. — Il  s’agit  d’un  bassin  oblique  ovalaire  typique  ;  la 
femme  avait  déjà  mis  au  monde  un  enfant  qui,  trop  comprimé 
par  les  poussées  pelviennes,  est  mort  au  bout  de  2  heures.  La 
section  pubienne  fut  faite  du  côté  lésé  ;  une  application  de 
forceps  en  OT  a  donné  très  facilement  issue  à  un  enfant  vi¬ 
vant.  Cette  femme, opérée  depuis  2  mois,  est  en  parfait  état. 

A  propos  de  la  communication  de  M.  Voix:  «  Présentation 

d'un  cas  d'exirophie  de  la  vessie  cl  de  Viulestin  terminal  ». 

M.  CuNÉo.  —  àl.  Cunéo  explique  les  anomalies  existant  en 
cette  pièce  (présentée  à  la  séance  antérieure)  par  un  vice  de 
position  et  un  développement  exceptionnel  du  bouchon 
cloacal  ;  il  y  aurait  eu,  en  même  temps,  arrêt  de  descente  de 
l’éperon  périnéal. 

Présentation  d'un  microcéphale. 

M.  Guéniot.  —  Pendant  le  travail,  l'enfant  présenta  des 
mouvements  convulsifs  qui  firent  croire  à  un  cas  d'anen¬ 
céphalie.  11  y  a  synostose  des  os  du  crâne,  comme  le  fait  s’ob- 
sei’ve  habituellement  en  pareil  cas. 

Discussion  à  propos  de  la  communication  de  M.  Boissard  :  La 

volonté  de  la  mère  sur  le  choix  de  l'opération  doit-elle  être 

prépondérante  ? 

41.  Brindeai  remarque,  à  propos  de  cette  question,  que 
1  embryotomie  ne  donne  pas  0  %  de  mortalité  maternelle 
comme  on  Ta  prétendu. 

M.  Tissier  considère  ces  cas  d'embryotomie  comme  excej)- 
tionnels.  D’une  façon  générale  cette  opération  doit  être  consi¬ 
dérée  comme  d'usage  beaucoup  moins  nocif  que  l’opération 
césarienne. 

M.  Demelin  a  fait  4.7  cas  de  basiotripsie  ;  il  eut  2  morts  de 
femmes,  ce  qui  ferait  une  mortalité  globale  de  4  %  ;  mais 
dans  ces  2  cas,  la  femme  est  morte  d'infection.  M.  Demelin 
considère  la  basiotripsie  comme  une  opération  très  grave 
(juand  le  bassin  est  fortement  rétréci. 

M.  Budin  estime  également  qu’on  ne  peut  pas  poser  de 


LE  PROGRES  MÉDICAL 


59 


règle  générale  ;  il  est  des  embryotomies  très  faciles,  il  en  est 
d’autres  très  pénibles  :  tout  dépend  du  degré  de  l  angustie 
pelvienne,  de  la  présence  de  fibrome,  etc... 

En  ce  qui  concerne  l’avortement  en  cas  de  bassin  rétréci, 
M.  Budin  rappelle  (jue  la  question  a  été  tranchée  à  la  Société 
de  médecine  légale,  à  la  suite  d’un  rapport  de  M.  Maygrier. 

Cyrille  Jk.\nnin. 


MÉDEGIN^PRATIQUE 

Saprophytes  et  infections  dans  la  tuberculose. 

Par  le  !)'■  Vuibert. 

Dans  une  très  intéressante  clinique,  publiée  récemment  il), 
M.  le  professeur  Hutinel  examine  les  principales  causes  de  la 
tuberculose  et,  tout  en  tenant  compte  de  la  contagion,  il  in¬ 
crimine  surtout  l’encombrement,  le  surmenage,  l’alcoolisme 
et  les  maladies  antérieures  des  voies  respiratoires  supérieures. 

Ces  causes,  nos  devanciers  les  avaient  entrevues  et  on  se 
souvient  des  remarquables  travaux  publiés  sur  ce  sujet  par 
Damaschino,  llanot,  Villemin  et  tant  d’autres  savants.  Mais 
quand  Robert  Koch  découvrit  le  bacille  qui  porte  son  nom, 
toutes  ces  causes  perdirent  de  leur  valeur  et  passèrent  au  se¬ 
cond  plan.  Or,  actuellement,  grâce  aux  expériences  répétées 
et  aux  recherches  remarquables  de  l’école  bactériologique 
française,  Letulle,  Auclair,  ^  erliac,  Bezançon,  Leray,  etc.,  le 
bacille  n’a  plus  à  nos  yeux  cette  puissance  immuable  (jui  sem¬ 
blait  lui  appartenir  au  début  ;  il  a  même  perdu  son  i)restige 
de  nocivité,  car,  somme  toute,  ce  germe  offre  une  étroite  pa¬ 
renté  avec  de  simples  saprophytes  et  le  fameux  bacille  tuber¬ 
culeux  pourrait  n’être  qu’un  saprophyte  à  la  virulence  ré¬ 
veillée  ou  exaltée  (Hutinel). 

On  sait  pourtant  que  ses  produits  de  sécrétion  contiennent 
des  poisons  ayant  une  réelle  spécificité  et  déterminent  les  uns 
la  caséification,  les  autres,  la  sclérose  (éthéro  et  cliloroformo- 
bacilline  d'Auclair»  ;  mais  on  sait  d’autre  part  que  les  acides 
gras  introduits  dans  l’organisme  amènent  des  effets  analogues. 
Dès  lors,  le  bacille  tuberculeux  ne  serait  qu’un  élément  de  la 
maladie,  mais  non  la  maladie  tout  entière. 

En  dernière  analyse,  il  faudrait,  dans  la  tuberculose,  tenir 
un  plus  grand  compte  du  terrain,  tout  en  soignant  les  infec¬ 
tions  secondaires  qui,  grâce  à  l’infériorité  de  l’organisme,  se 
greffent  et  se  développent  en  particulier  au  niveau  des  bron¬ 
ches  et  des  poumons.  C’est  pourquoi  il  importe  d'instituer  la 
cure  d’air,  de  repos  et  d’alimentation,  mais  sans  oublier  le 
traitement  médicamenteux  local,  qui  doit  être  un  adjuvant 
t)récieux,  indispensable  même  du  traitement  général. 

Dans  ce  but,  il  sera  excellent  de  prescrire  le  sirop  Roche  au 
thiocol  qui,  comme  nous  avons  eu  mainte  fois  l'occasion  de 
le  constater,  réalise  la  meilleure  médication  des  affections 
broncho-pulmonaires.  Nous  avons  l’habitude  de  prescrire 
progressivement  deux,  trois,  quatre  et  même  cinq  ou  six  cuil¬ 
lerées  du  sirop  Roche  et  nous  avons  toujours  obtenu  d’excel¬ 
lents  résultats,  en  particulier  dans  les  catarrhes  laryngo- 
trachéo-bronchiques  associés  ou  non  à  la  tuberculose  pul¬ 
monaire.  Nous  l’avons  également  essayé,  dans  de  nombreux 
cas  de  tuberculose  confirmée  au  premier  ou  au  deuxième  de¬ 
gré  et  il  nous  a  donné  toute  satisfaction. 

Ce  ([ui  nous  a  surtout  frappé,  au  cours  des  divers  traite¬ 
ments  dont  il  constituait  la  base,  c’est  sa  parfaite  innocuité  et 
aussi  la  façon  remarquable  dont  il  est  supporté  même  par  les 
estomacs  les  plus  délicats  :  et  ceci  est  un  argument  «lui  a 
une  grande  valeur,  car  l’estomac,  on  l’a  dit  et  répété  avec 
Germain  Sée,  est  la  place  forte  du  phtisique,  et  s'il  ne  fonc¬ 
tionne  pas  ou  s’il  fonctionne  mal,  on  ne  peut  pas  espérer  faire 
disparaître  ou  rétrocéder  le  tubercule  qui,  cependant,comme 
1  a  dit  le  professeur  ( «rancher,  est  «  une  néoplasie  fibro-ca- 
séeuse  (jui  porte  en  lui  sa  guérison  ». 

fl)  Journal  de  médecine  interne,  1905,  ii"  24.  p.  ;hU. 


LA  VALEROBROMINE  LEGRAND 

est  plus  active  que  les  bromures  et  les  valé- 
fianates. 


REVUE  DE  PATHOLOGIE  MENTALE 

Rédacteur  spécial  :  D‘  1*.  KEK.WAL. 

I.  —  Essai  de  diagnostic  entre  les  états  da  débilité  mentale  ; 

par  tl.  I).^.M.xYE.  (Paris,  in- 8,  1904,  Sleinheil,  édit.) 

Chaque  malade  est  soumis  à  vingt  genres  d’examens,  grou¬ 
pant  la  connaissance  de  soi-même  et  des  personnes  qui  vous 
entourent  ;  les  questions  relatives  au  monde  extérieur,  aux 
moyens  de  relation  avec  ce  dernier,  au  .souci  de  l’avenir,  au 
rôle  du  patient  dans  la  société  ;  l’étude  de  certaines  facultés 
importantes  et  de  l’habitus  extérieur  ;  enfin  des  notionsd’or- 
dre  supérieur.  Autrement  dit,  fauteur  examine  l'état  de  la  ma¬ 
nière  d'être,  du  langage,  de  la  lecture,  de  l'écriture,  du  calcul, 
du  dessin,  de  la  compréhension  et  de  l’attention  ;  les  réponses 
sur  les  parents,  l'âge,  la  connaissance  du  corps,  les  mouve¬ 
ments,  les  objets,  les  sensations  internes,  le  temps,  le  lieu,  la 
patrie,  le  service  militaire,  le  métier  et  la  religion.  A  chaque 
partie  de  l’investigation,  il  affecte  un  coefficient  de  o  à  5  selon 
la  façon  dont  l’enfant  répond  ou  se  comporte,  si  bien  que  le 
maximum  des  points. pour  les  vingt  articles  soit  de  loo.  Pour 
qui  a  suivi  pas  à  pas  les  détails  de  ce  procédé  et  les  tableaux 
correspondants,  il  résulte  que,  sur  les  aSo  enfants  de  la  Colo¬ 
nie  de  'Vaucluse,  on  trouve  :  ccnt-soixante  débiles,  dont  47  dé¬ 
biles  moraux  ou  dégénérés  supérieurs  (leur  coefficient  total  est 
supérieur  à  90),  et  ic3  débiles  intellectuels  dont  le  coefficient 
est  inférieur  à  90.  Vingt-trois  sont  entre  la  débilité  mentale  et 
rimbécillité  ;  coefficient  entre  5o  et  60.  Quarante-trois  sont  des 
imbéciles  :  coefficient  entre  3o  et  5o.  Dix-neuf  flottent  entre 
l’imbécillité  et  l'idiotie  ;  coefficient  entre  20  et  3o.  Cinq  possè- 
prodent  un  coefficient  total  inférieur  à  20  ;  ce  sont  des  idiots 
profonds. 

II.  —  La  démence  précoce  ;  par  R.  M.vsselo.n.  (Paris,  in-lC,  1904, 

A.  Joanin,  édit.) 

La  démence  précoce  apparaît  généralement  à  l’adolescence. 
Elle  évolue,  à  travers  des  épisodes  variés,  vers  l'affaiblisse¬ 
ment  intellectuel  précoce  dont  tous  les  phénomènes  aigus 
portent  la  marque,  affaiblissement  intellectuel  progressifabou- 
tissant  le  plus  souvent  à  la  ruine  totale  des  facultés. C’est  une 
affection  qui  atteint  primitivement  l’affectivité  ;  une  indiffé¬ 
rence  primordiale,  une  activité  involontaire  et  inconsciente  se 
substitue  peu  à  peu  à  l’activité  intentionnelle  et  volontaire  de 
l’homme  normal.  Il  en  existe  une  forme  simple  constituée  par 
une  phase  prodromique  à  symptômes  quasi -neurasthéniques, 
remplacée  finalement  par  l’affaiblissement  de  fintelligence,  le 
négativisme,  les  tics,  fugues,  impulsions,  violences  subites  et 
sans  cause,  l’inattention  perpétuelle,  la  puérilité  des  actes  et 
des  propos. 

Mais, dans  la  majorité  des  eas,  après  une  phase  prodromique 
de  quelques  mois  à  deux  ou  trois  ans,  voire  tout  à  coup,  ap¬ 
paraissent  des  séries  de  phénomènes  aigus  surajoutés  qui  ont 
fait  créer  les  formes  catatonique,  hébephrénique,  paranoïde. 
Ces  formes  sont  surtout  des  divisions  inventées  pour  la  com¬ 
modité  de  la  description,  car  tous  les  intermédiaires  s’y  ren¬ 
contrent  ;  et  certains  cas  cliniques,  par  exception,  peuvent 
évoluer  en  passant  par  des  formes  différentes. 

Dans  la  démence  précoce  catatonique , on  constate  :  des  états  de 
stupeur  ou  d’agitation,  où  dominent  le  négativisme  (raideur 
contre  toute  sollicitation  extérieure), là  suggestibilité  (adoption 
de  toutes  les  sollicitations  extérieures),lastéréotypie  (persistan¬ 
ce  des  impressions  motrices).  Il  faut  d’ailleurs  distinguer  la 
stupeur  catatonique  propre, caractérisée  par  l’immobilité  des  atti¬ 
tudes  ou  la  résistance  aveugle  à  toute  demande,  de  l'agitation 
ratalonigue  stéi'éolypéc  dans  laquelle  le  sujet  reproduit  inces¬ 
samment  les  mêmes  mouvements  et  les  mêmes  paroles, coupant 
sa  verbigération  de  brusques  mouvements  automatiques,  de 
violences  impulsives,  de  fugues.  La  démence  précoce  hébéphré- 
nique  est  un  ensemble  d’états  de  dépression  et  d’agitation  en 
rapport  avec  des  délires  polymorphes  qui  n’ont  aucune  ten¬ 
dance  à  la  systématisation  et  sont  à  base  d’hallucinations  ou 
d’interprétations.  On  y  rencontre  aussi  le  négativisme,  la  sté- 
réotypie,  et  la  paramînie  hébéphrénique  ou  discordance  entre 
les  états  émotionnels  et  leur  expression  mimique. 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


Dans  la  démence  précoce  paranoïde,  ce  sont  des  conceptions 
délirantes  un  peu  mieux  systématisées,  mais  le  plus  souvent 
absurdes,  qui  n’évoluent  point  et  prennent  rapidement  une 
expression  figée  et  stéréotypée.  Enfin  n’oublions  pas  les  formes 
frustes  susceptibles  d’un  affaiblissement  intellectuel  léger.  Le 
plus  fréquemment,  la  démence  précoce  se  termine  par  une  dé¬ 
mence  profonde.  Mais  il  y  a  des  cas,  bien  que  rares,  de  guéri¬ 
son.  Des  rémissions  plus  ou  moins  longues  sont  possibles.C’est, 
pour  M.  Masselon,  une  psychose  accidentelle,  due  probable¬ 
ment  à  une  aulo-inlox/raliort  d’origine  seirtfeZ/f.  Elle  se  déve¬ 
loppe  le  plus  habituellement  chez  des  sujets  héréditairement 
prédisposés,  mais  qui,  jusque-là, n’avaient  manifesté  aucune  tare 
névropathique  intense.  Il  se  peut  que  d’autres  auto-intoxica¬ 
tions  (thyroïdienne,  gastro-intestinale,  etc.)  soient  capables  de 
la  réaliser. 

III.  —  Rioerche  sul  ricambio  materiale  nei  démenti  preoooi  ; 

par  .V.  (I'Ohmïa  et  Maggiotto.  (FeiTare,in-8  1904,  chez  (iiorgio.f 

Etude  sur  l'urine  des  déments  précoces,  aboutissant  à  peu 
près  aux  mêmes  résultats  que  celle  de  Dide  et  Chenais.  Si 
l'on  en  rapproche  le  retard  notable  de  l’élimination  du  bleu 
de  méthyle  et  de  l'iodure  de  potassium  par  les  reins,  puis  la 
prolongation  de  leur  excrétion,  il  appert  que  le  catabolisme 
organique  est  fort  altéré  chez  ces  malades,  quelle  que  soit  la 
forme  symptomatique, quel  que  soit  l’épisode  de  leur  affection. 

I  V.  —  A  paranoïa  e  os  syndromas  paranoïdes  ;  par  J.  Moiieiha 

et  PeixotO.  (Rio-de-Janeiro,  in-3,  chez  Bcsnard  frères,  1905.)  j 

La  paranoïa  a  pour  caractères  :  une  autephilie  primitive  et 
originaire  que  l’éducation  a  permise  et  favorisée  ;  l'inadapta- 
bilîté  d’un  moi  démesuré  au  milieu  non  conforme  ;  des  actions 
et  réactions  de  persécutions  ;  la  systématisation  des  idées  et, 
consécutivement,  des  délires  cohérents,  logiques,  fixes,  par 
falsification  de  la  mémoire,  qui  déterminent  la  transformation 
de  la  personnalité  ;  la  rareté  des  hallucinations  et  la  précocité 
des  hallucinations  auditives  par  rapport  aux  autres,  l’intelli¬ 
gence  demeurant  lucide  et  résistant  longtemps  à  la  déchéance 
démentielle.  'Voilà  de  quoi  séparer  la  paranoïa  des  épiphéno-  > 
mènes  dépourvus  de  régularité,  de  base  et  de  cohésion,  qui  ! 
surgissent  hors  de  propos  sur  un  terrain  hallucinatoire  battu 
par  des  erreurs  sensorielles  multiples  et  profondes,  et  que 
nous  appelons  des  syndromes  paranoïdes  communs  à  toutes 
les  maladies  mentales. 

V.  —  Hypnotlsmus  und  Suggestlvlheraple  ;  par  L.  HiitscHLAFF 
(.Leipzig,  in-8,  19U5,  J.  -V.  Rai-th,  édit.). 

Compendium  très  soigné  des  connaissances  actuelles  sur 
l’hypnotisme  et  la  thérapeutique  suggestive.  L’auteur  examine 
à  fond  successivement  :  l’histoire  de  l’hypnotisme  thérapeuti¬ 
que,  les  phénomènes  en  rapport  avec  l’hypnotisme  expérimen¬ 
tal,  l’hypnothérapie  pratique,  la  thérapeutique  suggestive  pra¬ 
tique.  Nous  appellerons  particulièrement  l’attention  sur  le 
Ch.  V.  intitulé:  résultats  thérapeutiques.  On  y  trouvera  dé¬ 
taillés  :  les  produits  de  la  thérapeutique  hypnotique  et  sugges¬ 
tive  ;  ses  principes  ;  les  dangers  de  l’hypnose  ;  les  indications 
et  contre-indications. 

Les  indications  sont  tirées  de  la  personnalité  du  malade  ;  de 
la  nature  de  la  maladie  ;da  genre  des  facteurs  curatifs  à 
mettre  enjeu.  Il  y  a  lieu  de  procéder,  suivant  M.  Hirschlaff,  à 
l’hypnothérapie  et  à  la  thérapeutique  suggestive  quand  on  a 
affaire  à  des  personnes  tombant  facilement  dans  l’hypnose  par 
des  méthodes  simples.  Tel  est  le  cas  de  certains  états  de  disso¬ 
ciation  neuropsychique,  comme  l’hystérie,  les  intoxications 
chroniques.  C’est  là  son  triomphe.  Chez  ces  malades-là,  elle 
est  en  sus  une  auxiliaire  indirecte  dans  leurs  affections  orga¬ 
niques  ;  car  elle  permet  de  leur  appliquer  un  régime  ;  de  les 
manier,  de  leur  procurer  du  sommeil,  de  leur  remonter  le  mo¬ 
ral,  d’alléger  leurs  douleurs.  La  même  thérapeutique  convient 
à  tout  individu  qui,  sans  être  à  proprement  parler  profondé¬ 
ment  hypnotisable,  est  facilement  accessible  aux  impressions 
mentales,  notamment  aux  gens  aimables,  gouvernables,  con¬ 
fiants,  à  ceux  aussi  qui,  doués  d’une  humeur  et  d’une  énergie 
instables,  subissent  le  découragement  quand  ils  sont  abandon¬ 
nes  à  eux-mêmes,  tandis  qu’ils  se  relèvent  quand  ils  sentent  le 
réconfort  d’autrui.  Ici, comme  plus  haut.l’intervention  n’est  pas 
seulement  de  mise  dans  les  états  pathologiques  fonctionnels  ; 


elle  s’impose  en  outre,  dans  les  complications  organiques  qui 
atteignent  le  sommeil,  l'appétit,  l'état  d’esprit,  la  capacité  de 
travail. 

L’hypnothérapie  et  la  thérapeutique  suggestive  sont  surtout 
applicables  aux  névroses  fonctionnelles, telles  que:  neurasthénie, 
hystérie,  hypochondrie,  dépression  mélancolique  légère,  ob¬ 
sessions,  états  anxieux,  dysthymies,  troubles  de  la  parole  et 
fonctionnels.  Il  n’y  à  pas  que  les  affections  hystériques  qui  en 
soient  justiciâliles.  On  devra  donc  agir  sur  n’importe  quel 
symptôme  ou  maladie  en  rapport  avec  des  troubles  neurofonc¬ 
tionnels  primitifs  ou  secondaires,  quel  qu’en  soit  le  substra¬ 
tum,  fût-il  anatomo-pathologique.  Les  facteurs  curatifs  qui, 
en  l’espèce,  entrent  en  jeu,  sont  de  nature  purement  fonction¬ 
nelle.  C'est  par  voie  indirecte  qu’agit  la  suggestion  sur  les  phé¬ 
nomènes  organiques.  Il  y  a  lieu  de  supposer  que  l’on  ne  réus¬ 
sit  à  modifier  suggestivement  les  maladies  organiques  que  lors¬ 
que  la  constitution  neuropsychique  du  patient  permet  une  in¬ 
fluence  psychique  indirecte,  ou  quand  les  complications  ner¬ 
veuses  ou  mentales,  d’emblée  ou  secondairement  curables,  su¬ 
rajoutées  aux  altérations  o'rganiques,  sont  fonctionnelles. 

Les  contre-indications  sont  :  un  septicisrae  insurmontable  et 
permanent  de  la  part  d’un  patient  prévenu  et  récalcitrant  à 
l’égard  de  ce  mode  de  traitement  ;  l'apparition  de  phénomènes 
hypnotiques  anormaux  graves  ;  les  maladies  mentales  qui, dans 
certaines  circonstances,  peuvent  davenir  l’occasion  d’un  délire 
à  texte-suggestivo-hypnotique.  Que  penser  des  théories  de 
l'hypnotisme,  de  la  suggestion  et  de  la  suggestibilité?  Il  n’y 
aurait  pour  le  moment  pas  de  théorie  irréprochable  de  l’hyp¬ 
nose,  pas  plus  qu’il  n’y  en  a  du  sommeil  et  de  l’hystérie. Il  s’é¬ 
coulera  encore  un  long  temps  avant  que  ne  soient  résolues  par 
la  scienceles  énigmes  de  l’hypnotisme  expérimental. Mais  c’est, 
à  tout  prendre,  la  psychologie  qui  est  la  première  intéressée  à 
cette  solution.  La  science  médicale  est  indépendante  des  théo¬ 
rèmes  de  ce  genre,  car  l’hypnotisme  thérapeutique  n’a  encore 
de  commun  avec  l’hypnotisme  expérimental  que  le  nom. 

VI.  —  Etude  sur  les  délires  post-partum  pethogénle  ;  par  I’rivat 
(leFonruxiÉ.  (Paris,  in-3,  1904.  Masson,  édil.) 

Du  cadre  de  la  folie  puerpérale,  il  faut  exclure  tout  délire 
relevant  de  causes  étrangères  k  la  grossesse  ou  à  l’accouche¬ 
ment.  On  en  éliminera  la  paralysie  générale  constatée  au  cours 
de  la  grossesse  ou  peu  après  l’accouchement,  et  tout  délire  re¬ 
levant  d’une  maladie  infectieuse  intercurrente.  Il  faut  établir 
une  démarcation  très  nette  entre  les  délires  de  la  grossesse  et 
les  délires  post-partum.  Les  modifications  organiques  de  l’ac¬ 
couchement  empêchent  qu’on  n’assimile  ces  deux  variétés.  Il  y 
a  d’ailleurs  une  disproportion  énorme  entre  le  nombre  des  dé¬ 
lires  de  grossesse  et  celui  des  délires  post  partum.  Les  délires 
de  lactation  n’ont  pas  d’existence  autonome  ;  ils  ont  générale¬ 
ment  la  même  origine  que  ceux  des  suites  de  couches.  Bon 
nombre  d’entre  eux  émanent  de  causes  étrangères  à  la  puer'pé- 
ralité.  Dans  le  vaste  groupe  des  délires  post-partum  il  y  a  :  — 
.4. —  des  délires  symptomatiques  d’infections  ou  d’intoxications 
aiguës  (septicémie  ou  éclampsie}.  —  B.—  des  délires  qui  cons¬ 
tituent  en  apparence  toute  la  maladie  :  en  ce  cas,  ou  la  puer- 
péralité  n’est  que  l’occasion  banale  du  délire  (excès  alcooli¬ 
ques,  névrose  ou  dégénérescence  mentale),  ou  le  délire  relève 
d’un  trouble  pathologique  qui  est  lui-même  la  conséquence  de 
l’état  puerpéral,  exemple  :  auto-intoxications  par  lésions  du 
foie,  des  reins,  développées  pendant  la  grossesse  ou  aggravées 
par  elle,  lésions  infectieuses  de  l’appareil  génital  subaiguës  ou 
chroniques. 

Les  délires  in  fectieux  post  partum  comprennent  2  variétés: 
—  ,4  —  le  délire  de  la  septicémie  puerpérale,  délire  accessoire 
exigeant  le  traitement  à  l’hôpital  tout  simplement.  —  B  —  les 
délires  d’infection  subaigus  ou  chroniques  de  l’appareil  génital  ; 
c’est  là  la  folie  puerpérale  infectieuse  qui  appartient  à  l'asile. 
Le  rôle  de  l’infeclion  est  souvent  méconnu  parce  que  les  lésions 
causales  sont  généralement  apyrétiques,  et  que  le  délire  éclate 
d’ordinaire  à  une  époque  déjà  éloignée  de  l’accouchement. 
D’où  la  nécessité  d’examiner  systématiquement  les  femmes 
atteintes  de  délire  à  la  suite  d’accouchements,  de  les  opérer, 
de  les  suivre  pour  noter  l’influence  du  traitement  sur  l’évolu¬ 
tion  du  délire. 

Pour  les  délires  infectieux,  aigus  ou  chroniques,  la  dégéné- 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


61 


rescence  mentale,  agit  comme  cause  prédisposaute  nécessaire. 
Prédisposées  sont  et  les  malades  à  tares  héréditaires  et  celles 
à  excès  alcooliques,  ou  ayant  eu  jadis  une  maladie  infectieuse 
grave  telle  que  la  fièvre  typhoïde,  ou  présentant  les  stigmates 
d’une  névrose.  Le  rôle  de  l’hérédité  est  d’autant  plus  impor¬ 
tant  que  la  cause  occasionnelle  a  été  moindre.  11  en  est  de 
même  pour  les  cas  où  une  infection  légère  n’intervient  que 
pour  mettre  en  action  là  dégénérescence  mentale.  Mais  cette 
cause  occasionnelle  a  été  indispensable  pour  faire  éclore  le 
délire.  Dégénérescence  mentale  n’égale  donc  pas  folie  puerpé¬ 
rale,  Et  quand  cela  serait,  il  faut  encore  combattre  l'infec¬ 
tion. 

VII.  —  Les  psychoses  puerpérales  et  les  processus  d’auto- 

intoxication;par  R.  DupouY.(Paris,  in-S,  1901.  J.  Roussel,  édit.) 

La  folie  puerpérale  ne  survient  que  chez  des  femmes  prédis¬ 
posées  ;  la  dégénérescence  mentale  est  le.terrain  obligatoire  Mais 
il  faut  encore  une  auto-intoxication.  De  celle-ci  l’étiologie 
varie.  Il  y  a  à  ce  point  de  vue  des  psychoses  par  épuisement 
et  des  psychoses  par  auto-intoxication  pro  pre.  L’état  puerpé¬ 
ral,  en  modifiant  la  crase  sanguine,  prédispose  à  l'anémie  et 
l'epuisement  (hémorrhagies,  fatigues)  engendre  la  psychose. 
L’infection  puerpérale,  sous  toutes  ses  formes,  peut,  aidée  de 
la  dégénérescence  mentale,  déterminer  des  troubles  mentaux 
à  allures  différentes  suivant  sa  gravité  La  puerpéralité  met  la 
(emmo  en  état  de  moindre  résistance  vis-à-vis  des  agents  toxi- 
infectieux  ;  une  auto-intoxication  se  déclarera  facilement  à 
raison  de  l’insuffisance  d’un  organe  quelconque  à  fonction  an- 
litoxique,  ou  à  raison  de  l’augmentation  des  toxines  produites 
dans  l’économie. 

L'hépatotoxhémie  gravidique  est,  de  toutes  les  auto-intoxi¬ 
cations  survenant  chez  la  puerpérale,  la  plus  étudiée  et  la 
mieux  connue  ;  elle  tient  sous  sa  dépendance  les  troubles  so¬ 
matiques  et  mentaux  les  plus  divers  comme  aspect  et  comme 
gravité.  Ceux-ci  peuvent  également  relever  de  toxhémie  par 
insuffisance  thyroïdienne,  ovarienne,  etc. 

La  symptomatologie  des  psychoses  puerpérales  est  émi¬ 
nemment  variable  suivant  les  facteurs  ;  intensité  plus  ou  moins 
grande  du  processus  d’auto-intoxication,  son  évolution  aiguë 
ou  chronique,  les  qualités  physiques  et  mentales  du  terrain, 
l’origine  du  poison.  Il  faut  traiter  l’auto-intoxication  causale 
des  psychoses  puerpérales. 

VIII. —Contribution  à  l’étude  des  décubitus  aigus  et  chroni¬ 
ques  chez  les  déments  paralytiques  ;  par  G.  Saillaxt.  (Paris. 

in-81905,  H.  Jouve,  édit.) 

A  n'importe  quelle  phase  de  la  paralysie  générale,  à  la  suite 
d’un  ictus  épileptiforme  ou  apoplectiforme  avec  élévation  ther¬ 
mique,  apparait  du  côté  convulsé  ou  paralysé  une  escfiarefes- 
sière  {decubitus  acutus  cérébral).  Unilatérale,  très  précoce,  sou¬ 
vent  d’allure  foudroyante,  elle  tend  à  creuser  les  téguments. 
Elle  peut  être  fruste  et  susceptible  de  cicatrisation  quand  vient 
à  cesser  l’irritation  cérébrale.  Souvent  elle  entraîne  la  mort 
rapidement  ;  à  l’autopsie,  il  existe  toujours  un  foyer  d’encé¬ 
phalite  ou  une  prédominance  locale  inflammatoire  des  lésions. 
Au  cours  de  la  paralysie  générale  peut  survenir  une  méningo- 
myélite  qui  peut  provoquer  une  eschare  sacrée  médiane  avec 
hyperthermie  (déciibitus  acutus  spinal).  Elle  envahit  en  .surface 
symétriquement  et  très  rapidement  les  téguments  d’abord, puis 
la  membrane  sacrocoçcygienne.  Le  canal  rachidien  ouvert,  il 
se  produit  une  meningomyélite  purulente.  L’évolution  en  est 
terrible.  11  n'y  a  pas  de  guérison.  Au  cours  do  la  paralysie 
générale  brusquement  se  produit  une  eschare  sacrée  médiane 
avec  hyperthermie  qui  accompagne  des  névrites  parenchyma¬ 
teuses  infectieuses  ;  décubitus  acutus  néoritique.  Le  pronostic 
en  est  d’ordinaire  bénin.  A  la  derni:re  période  de  la  paralysie 
générale,  par  déchéance,  compression,  macération  des  tégu¬ 
ments  dans  l’urine  et  les  fèces,  se  montrent  des  excoriations 
épidermiques  qui  se  creusent  lentement  et  se  compliquent  de 
suppurations  secondaires  circonscrites  puis  diffuses.  L’est  le 
décubilus  chronique  ou  eschares  des  traités  classiques.  Elles  peu- 
'vent  à  la  longue  entraîner  la  mort  par  extension  des  lésions, 
leur  propagation  au  canal  rachidien,  par  méningo-mvélo- 
encéphalite  purulente  ou  embolies,  métastases.  Elles  doivent 
être  totalement  évitées  ou  guérir  par  des  soins  hygiéniques. 


v\RI\ 

Un  nouveau  Journal  médical  ;  La  Médecine  Sociale  ». 

Tous  les  jours  nous  voyons  naître  de  nouveaux  confrères. 
Ils  débutent  par  un  article  intitulé  ;  Notre  Programme  ou  Notre 
But.  Nous  leurs  souhaitons  beaucoup  de  succès  et  une  longue, 
vie,  et  ces  nouveaux  membres  de  la  Presse  médicale  française 
tombent  pour  la  plupart  bientôt  dans  la  banalité  ou  l’oubli. 
Notre  confrère  et  ami,  le  D’’  Paul  Berthod,  a  cependant  réussi 
à  donner  au  nouveau  journal  qu’il  vient  de  fonder  un  carac¬ 
tère  original  qui  nous  porte  à  faire  pour  son  succès  des  vœux 
plus  sincères. 

Sous  le  nom  de  Médecine  Sociale,  le  D’’  Paul  Berthod  a  créé 
un  organe  de  crititiue  professionnelle  où.  avec  son  franc  parler, 
bien  connu,  franc  parler,  qu’à  notre  époque  on  ne  saurait 
trop  apprécier,  il  signale  les  abus  et  relève  les  vices  que  le 
médecin  rencontre  un  peu  partout  sur  sa  route, depuis  l’Ecole 
de  médecine  jusque  dans  les  diverses  fonctions  que  l’Etat 
envahissant  lui  impose. 

Annonçant  dès  les  premiers  numéros  son  journal  comme 
une  feuille  de  véritable  polémique,  le  D’  Berthod  a  voulu 
qu’il  en  offrît  l’aspect,  aussi  l’a-t-il  imprimé  comme  les  jour¬ 
naux  politiques  à  un  sou.  Nous  adressons  tous  nos  vœux  de 
prospérité  à  la  Médecine  Sociale  et  nous  espérons  que  d  ici  peu 
nous  applaudirons  aux  résultats  de  l’œuvre  qu’elle  entre¬ 
prend,  œuvre  de  véritable  assainissement  médico-social. 

Nous  recevons  en  môme  temps  l’annonce  d’une  nouvelle 
publication  :  be  Petit  Journal  de  Médecine  de  Paris  qui,  pa¬ 
raît-il,  est  spécialement  consacré  aux  Etudiants.  Encoré  bons 
souhaits  et  longue  vie  à  ce  nouveau-né,  selon  la  formule  con¬ 
sacrée.  J.  N. 

L’Ecole  de  psychologie. 

La  sixième  réouverture  des  cours  de  l’Ecole  de  psycholo  - 
gie  vient  d’avoir  lieu  sous  la  présidence  d'honneur  de  M.  le  D’' 
lluchard,  et  la  présidence  effective  de  M.  le  D'  Jules  Voisin, 
médecin  de  la  Salpêtrière.  Un  grand  nombre  de  notabilités  et 
de  médecins  assistaient  à  cette  réunion.  En  particulier  :  M.  Frin- 
gnet,  inspecteur  d’académie  ;  M.  le  D''  Saint- Yves  Alénard, 
MM.  les  D’’®  Pan  de  Saint-'Martin,  Lux,  Dubois  ide  Saujon), 
Bérillon,  Paul  Magnin.  Paul  Farez,  Félix  Régnault,  R.  Pa- 
mard.  Barbier,  Demonchy,  Brochard,  Legendre,  Ilahn,  Salo¬ 
mon.  Provotel,  Rouet-Henry,  Naville  (de  Genèvel,  A.  William 
(d’Edimbourg  .  de  Barros-Castro  (de  Coïmbre',  etc. 

Après  une  allocution  de  M.  le  D’'  Bérillon  dans  laquelle  il 
expose  le  programme  de  l’Ecole  de  psychologie,  et  un  discours 
de  M.  le  D"' Jules  à  oisin.  M.  le  D'^  Paul  Magnin.  dans  une  le¬ 
çon  d’ouverture  ayant  pour  titre  Psychothérapie  et  hypnotisme, 
a  fait  la  critique  des  systèmes  si  diversauxquels  ont  donnélîeu 
les  diverses  écoles  de  psychothérapie.  Il  n’a  pas  eu  de  peine  à 
démontrer  que  c'était  aux  travaux  de  Charcot  qu’il  fallait  re¬ 
monter  pour  trouver  la  base  de  tout  ce  qu'il  y  a  de  rigoureu¬ 
sement  scientifique  dans  ces  études.  A  chaque  instant,  on  voit 
présenter,  comme  ayant  un  caractère  de  nouveauté,  des  doc¬ 
trines  et  des  procédés  qui  sont  exposés  tout  au  long  dans  l’œu¬ 
vre  de  Charcot.  Ces  emprunts  mal  déguisés  démontrent  que 
l’œuvre  du  maître  est  restée  intacte.  La  leçon  du  D''  Paul  Ma¬ 
gnin  a  eu  un  vif  succès  après  de  son  auditoire  et  elle  a  cons¬ 
titué  une  préface  éloquente  au  cours  qu’il  fera  cette  année  sur 
les  paralysies  hystériques.  Marcel  B. 

LES  CONGRÈS 

XV'=  Congrès  international  de  Médecine 

(Lisbonne,  19-26  avril  1906). 

A  l’occasion  du  Congrès  internationnal  do  Médecice,  qui  se 
tiendra  à  Lisbonne  du  19  au  26  avril  1906,  la  Compagnie  Orient- 
Pacific  Line  organise  une  croisière  sur  le  bateau  «  Ophir»,  à  la¬ 
quelle  pourront  participer  les  médecins  français,  qui  se  rendront 
à  Lisbonne.  Le  bateau  quittera  Londres  le  12  avril  et  s’arrêtera  le 
vendredi  13  avril  à  7  heures  du  matin  à  Cherbourg,  où  pourront 
s’embarquer  les  .médecins  français  qui  prendront  part  à  la  croi¬ 
sière.  De  Cherbourg,  VÜphîr  fera  escale  à  Vigo,  Tanger,  Gibral¬ 
tar  et  arrivera  à  Lisbonne  le  mercredi  18.  Pendant  la  durée  du 
Congrès,  le  bateau  stationnera  à  quai  à  Lisbonne  et  les  passagers 
continueront  à  y  loger  et  à  y  prendre  leurs  repas.  Le  Congrès 
Uni,  Vüphir  quittera  Lisbonne  le  24  avril  au  soir  et,  après  un 


62 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


arrêt  à  Oporto,  débarquera  les  médecins  français  à  Cherbourg  le 
samedi  28  à  midi. 

Le  prix  de  la  croisière,  comprenant  la  nourriture  à  bord  pen¬ 
dant  le  voyage  et  pendant  les  escales  et  le  séjour  à  Lisbonne  est 
de  370  à  900  francs,  suivant  la  position  de  la  cabine  occupée.  On 
peut  retenir  des  cabines  :  à  l’Agence  Cook  (1,  place  de  l'Opéra,  à 
Paris)  ;  à  Marseille,  chez  MM.  Worms,  16,  place  Beauvais  ;  à 
Bordeaux,  chez  M.  Henry  Danis  6,  quai  Louis  X'VIII. 

Une  autre  Compagnie  anglaise,  Travel-Bureau,  organise  une 
autre  croisière,  avec  départ  de  Liverpool  et  arrêt  au  Havre,  pour 
embarquer  les  Congressistes  français.  Prix  du  billet  Liverpool-Lis- 
bonne  et  retour  :  29Ô  frs.  Pour  retenir  les  cabines,  s'adresser  à  The 
Travel-Bureau,  9,  B.  Banks.  Cookspen  Street,  26,  Londres. 


FOMULF.S 

VIII.  —  Contre  la  blennorrhagie  chronique. 

Instillations  avec  les  liquides  suivants  au  moyen  de  la 
seringue  de  Guyon  et  de  la  sonde  à  bout  olivaire. 

Protargol .  1  gr.  à  1  gr.  50 

Lanoline . . 

4  c.  cubes  environ  de  cette  solution  le  soir  durant  une  semai¬ 
ne,  puis  lui  substituer  la  semaine  suivante  : 

Dermatol .  1  gr.  à  1  gr.  50 

5 ... 

{Belgique  Médicale). 
IX. —Contre  l’anémie. 

Sulfate  de  fer .  0,09  ctgr. 

Bicarbonate  de  soude .  0,75  ctgr. 

Huile  de  foie  de  morue .  1,20  gr. 

à  mélanger  et  à  enfermer  dans  une  capsule  de  gélatine  sans 
bulles  d’air. 

Faire  20  capsules. 

Prendre  une  tous  les  jours  au  moment  des  trois  repas. 
(Nouvelles  pilules  de  Blaud). 

{Therapeuüschc  Monalshcfle,  n°  12,  1905.) 


Actes  et  Thèses  de  la  Faculté  de  Médecine  de  Paris. 

Thèses  de  doctorat.  ^Mercredi,  3 r  janvier. —  M.Séjournel  :  U<> 
la  forme  syncopale  de  l’avortement  et  de  l’accouchement  prématuré 
(MM.  Pinard,  Landouzy,  Lepage,  Labbé.  Marcel  .  —  M.  Bouchot  : 
Contribution  àl’étude  du  syndrome  scorbutiforme  des  jeunes  en¬ 
fants  (MM.  Landouzy,  Pinard,  Lepage,  Labbé,  Marcel). 

Jeudi,  J" février.  —  M.  Tassin:  Des  lésions  infectieuses  du  rein 
d’ordre  chirurgical  (Elude  diagnostique)  (MM.  Guyon,  Berger,  Bu- 
din,  Demelin).  —  M.  Couetoux  :  Contribution  à  l’étude  du  dévelop¬ 
pement  et  delà  structure  des  épulis  sarcomateuses  (MM.  Berger, 
Guyon,  Budin,  Demelin).  —  Ad.  Benoist:  Des  rapports  entre  l’em¬ 
bryon  et  le  placenta  dans  l’avortement  (MM.  Budin,  Guyon,  Ber¬ 
ger,  Demelin).  — M.  Lecoq  :  Contribution  à  l’étude  des  enapoiso»ne- 
ments  par  les  gâteaux  à  la  crème  (MM.  Brouardel,  Pouchet,  Guiart, 
Bicbaud).  —  Af.  Bexm’er  :  Intoxication  par  le  gaz  d’éclairage  à  do¬ 
ses  massives  et  à  doses  réduites,  étude  expérimentale,  observations 
cliniques,  applications  à  l’hygiène  (MM.  Brouardel,  Pouchet,  Guiart, 
Richaud).  —  Ai.  Legras  :  Contribution  à  l’étude  physiologique  et 
chimique  dubornéol  et  des  éthers  du  bornéol(MM.  Pouchet,  Brouar¬ 
del,  Guiard,  Richaud).  —  iW.  Ledroit  Les  inégalités  pupillaires  dans 
les  pleurésies  avec  épanchement  (MM.  Dieulafoy,  Chantemesse, 
Renon,  Bezançon).  —  M.  Fagart  :  Contribution  à  l’élude  delà  pres¬ 
sion  artérielle  dans  les  pleurésies  sérofibrineuses  tuberculeuses 
(MM.  Chantemesse,  Dieulafoy,  Benon,  Bezançon). 

Examens  de  doctorat.  — Lundi,  2  g  janvier.  —  5*  (Chirurgie,  1" 
partie,  Hôtel-Dieu)  :  MM.  TeiTier,  Legueu,  Gosset.  —  5"  (2*  partie, 
Hôtel-Dieu)  :  MM.  Brissaud,  Legry,  Macaigne. 

Mardi,  3o  janvier.  —  5”  (Chirurgie,  P”  partie,  l"  série.  Charité)  : 
MM.  Berger,  Faure,  Marion.  —  5'  (Chirurgie,  1"  partie,  2*  série. 
Charité)  :  MM.  Pozzi,  Auvray,  Morestin.  —  5'  (2*  partie.  Charité)  ; 
MM.  Dieulafoy,  Dupré,  Carnot. 

Mercredi,  3i  février.  — Médecine  opératoire,  (Ecole  pratique)  : 
MM.  Terrier,  Legueu,  Cunéo.  —2*  (Salle  Richet)  :  MM.  Ch.  Ri¬ 
chet,  Broca  (André),  Branca. — 3”  (P- partie,  P”  série,  Oral,  Salle 
Charcot).  MM.  Kirmisson,  Retterer,  Wallich.—  3"  (P‘  partie,  2“  sé¬ 
rie,  Oral,  Salle  Pasteur)  :  MM.  Segond.  Potocki,  Pierre  Duvat.  — 
4*  (Salle  Thouret)  :  MM.  Pouchet,  Balthazard,  Macaigne. 


Jeudi,  1°^ février.  —  3”  (2*  partie)  Laboratoire  des  travaux  prati¬ 
ques  d’anatomie  pathologique;  MM.  Cornil,  Méry,  Maillard.  —  2" 
(Salle  Richet)  :  MM.  Gley,  Launois,  Desgrez.  —  3'  (1”  partie,  1" 
série.  Oral,  Salle  Broussais)  :  MM.  Pozzi,  Bar,  Marion.  —3”  (P"  par¬ 
tie,  2*série,  Oral,  Salle  Béclard)  :  MM.  Poirier,  Faure,  Brindeau. 

Vendtedi,  2  février.  —  5*  (Chirurgie,  P'  partie,  l'"  série  Xecker)  : 
MM.  Kirmisson,  Legueu.  Gosset. —  5"  (Chirurgie,  t”  partie,  2*  série. 
Xecker)  :  MM.  Reclus,  Pierre  Duval,  Proust.  —5'  (Obstélrique,  1” 
partie,  Clinique  Baudelocque)  :  MM. Pinard,  Lepage .  Wallich. 

Samedi,  3  février.  —  3’  (2’  partie, Laboratoire  des  travaux  pratiques 
d’anatomie  pathologique)  :  MM.  Chantemesse,  Desgrez,  GuiarL  — 
3'(P*  partie,  Oral,  Salle  Pasteur)  ;  MM.  Berger,  Bonnaire,  Launois. 
—  4’  (Salle  Charcot)  ;  MM.  Gilbert,  Dupré.  Mérjv  — 5“  (Obstétrique, 
1"  partie.  Clinique  Tarnier)  :MM.  Budin,  Demelin,  Brindeau. 


THÉRAPEUTIQUE 


Propriétés  thérapeutiques  de  PHélénine. 

Dans  tous  les  cas  de  maladies  de  l'appareil  respiratoire, 
les  résultats  généraux  de  l’Hélénine  de  Korab  sont  :  rémis¬ 
sion  dans  les  phénomènes  de  la  toux,  de  la  dyspnée  et  des 
douleurs  thoraciques,  qui  disparaissent  rapidement.  L’ex¬ 
pectoration  change  toujours,  devient  gélatineuse  et  diminue 
en  quantité.  En  outre,  sur  les  voies  digestives,  l’Hélénine  a 
un  effet  tonique  très  marqué  augmentant  l’appétit  et  facili¬ 
tant  la  digestion,  même  chez  les  phtisiques  dont  l’anorexie 
était  invincible  (1).  Ce  précieux  agent  thérapeutique  s’admi¬ 
nistre  à  la  dose  de  2  à  4  globules  du  D’’  Korab  par  jour. 


NOUVELLES 


Natalité  DK  Paris.  —  Du  dimanche  31  décembre  1905  an  samedi 
6  Janvier  1906,  les  naissances  ont  été  an  nombre  de  997,  se  dé¬ 
composant  ainsi:  légitimes  736,  illégitimes  261, 

Mortalité  a  Paris.  —  Population  d’après  le  recensement  de 
1901  ;  2.660.559  habitants.  Les  décès  ont  été  au  nombre  de  961, 
savoir  ;  528  hommes  et  441  femmes.  Les  décès  sont  dus  aux 
causes  suivantes  :  Fièvre  typhoïde  (typhus  abdomin.)  :  8.  — 
Typhus  exanthématique  :  0.  —  Fièvre  intermittente  et  cachexie 
palustre  ;  0.  -  'Variole  :  1.  —  Rougeoie  ;  21.  Scarlatine  ;  0. 

—  Coqueluche  :  3.  —  Diphtérie  et  Croup  :  3.  —  Grippe  :  1. 
~  Choléra  asiatique  ;  0.  -  Choléra  nostras  :  0.  —  Autres 
maladies  épidémiques  :  2.  —  Tuberculose  des  poumons  ;  167.  — 
Tuberculose  des  méninges  :  24.  —  Autres  tuberculoses  :  14.  — 
Cancer  et  autres  tumeurs  malignes  :  56.  —  Méningite  simple  :  20. 

—  Congestion  hémorrhagique  et  ramollissement  du  cerveau  :  63. 

—  Maladies  organiques  du  cœur  :  92.  —  Bronchite  aiguë  :  12. 

—  Bronchite  chronique  :  22.  Pneumonie  ;  44.  —  Autres  affec¬ 
tions  de  l’appareil  respiratoire  107.  —  Affections  de  l’estomac 
I cancer exo.)  ;  2.  -  Diarrhée  et  entérite  deO  à  1  an  :  sein  :  2  ;  au¬ 
tre  alimentation  :  14  —  Diarrhée  et  entérite  de  1  à2  ans  :  1. — >  Her¬ 
nies.  obstruction  intestinale  9.  —  Cirrhose  du  foie  ;  10.  —  Néphrite 
3t  mai  de  Bright  ;  36.  Tumeurs  non  cancéreuses  et  autres  ma¬ 
ladies  des  organes  génitaux  (femmes)  :  3.  —  Septicémie  puerpérale 
(fièvre,  péritonite,  phlébite  puerpérale)  :  3.  —  Autres  accidents 
puerpéraux  de  la  grossesse  et  de  l’accoucnement  ;  2.  —  Débilite 
congénitale  et  vices  de  conformation  ;  33.  —  Débilité  sénile  :  32. 

—  Morts  violentes  ;  26.  —  Suicides  :  9.  —  Autres  maladies  :  117. 

—  Maladies  inconnues  ou  mai  définies  :  19. 

Mort-nés  et  morts  avant  leur  inscription  :  78,  qui  se  décom¬ 
posent  ainsi  :  légitimes  56,  illégitimes  22. 

Légion  d’honneur.  —  Sont  nommés  sur  la  proposition  de 
ministre  de  l'Intérieur  :  Commmdeur  :  M.  le  D*-  Peyrot,de  l’A¬ 
cadémie  de  médecine,  sénateur.  Officier  :  M.  le  D''  Josias,  méde¬ 
cin  des  hôpitaux  de  Paris.  Chevaliers  :  M.le  D’’  Coudray  et  M. 
le  D’’  Tollemer,  de  Paris. 

Sur  la  proposition  du  Ministre  de  la  Marine  :  Chevaliers  :  M.le 
D'’  Mosny.  médecin  des  hôpitaux  de  Paris,  auditeur  au  Comité 
consultatif  d’hygiène  publique  de  France  ;  M.  leD'’  Brunschwig, 
médecin  oculiste  de  la.  Marine  au  Havre. 

Service  de  santé  militaire.  —  A  la  suite  du  concours  ouvert 
le  15  décembre  1905  pour  l’admission  à  l’emploi  de  médecin  sta¬ 
giaire  à  l’école  du  service  de  santé  militaire,  ont  été  nommés  au 
dit  emploi  par  décision  du  17  janvier  1  06  :  MM.  Barthès  (Louis- 
Charles),  Vincent  (Lucien-Elie- Armand),  Wickersheimer  (Char¬ 
les-Adolphe-Ernest),  Homolle  (René- v(arie-Eugène). —  Ces  méde¬ 
cins  stagiaires  devront  se  présenter  le  22  janvier  prochain  à  M.  le 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


médecin  inspecteur,  directeur  de  l’école  d’application  du  Val-de- 
Gràce,  et  entreront  en  solde  à  cette  date. 

Asssitance  publique  ;  Récompenses.  —  Médaille  de  bronze  : 
M.  le  D'' Sandras,  chef  de  service  à  riiôpital  civil  d’Oran  ; 
Mondot,  chirurgien  au  même  hôpital  ;  M.  le  D'  Brégeat,  méde¬ 
cin  des  enfants  assistés  à  Oran. 

Hommage  au  D''  Ch.  Monod.  —  Les  élèves,  les  collègues  et 
les  amis  du  D  Charles  Monod  ont  l’intention  de  lui  offrir,  à  l’oc- 
casion de  sa  retraite  de  chirurgien  des  hôpitaux,  une  médaille 
commémorative,  dont  l’exécution  a  été  confiée  à  M.  Charpentier. 
M.  le  professeur  Guvon  a  bien  voulu,  dès  à  présent,  accepter  la 
présidence  de  la  cérémonie  qui,  suivant  le  désir  exprimé  par  M. 
Monod, aura  un  caractère  de  très  grande  simplicité.  Aussi  n’avons- 
nous  pas  constitué  de  Comité  pour  centraliser  les  souscriptions  ; 
celles-ci  devront  être  adressées  avant  le  28  février  à. U.  P.  Masson, 
éditeur  120,  boulevard  Saint-Germain,  à  Paris.  Le  chiffre  des 
souscriptions  n’est  pas  limité.  Tout  souscripteur  d’au  moins  25 
francs  recevra  un  exemplaire  en  bronze  de  la  médaille.  11  n’a  pas 
été  possible  d’offrir  ce  souvenir  à  M.  Monod  quand  il  a  quitté 
l’hôpital  Saint-Antoine,  la  médaille  luiseraremise  ultérieurement, 
et  U  date  sera  indiquée  en  temps  utile,  pour  permettre  à  tous  ceux 
qui  veulent  donner  à  M.  Monod  ce  témoignage  d’affection,  de 
s’associera  cette  manifestation. 

Hommage  au  Professeur  Zaccarelli.  —  Au  cours  de  l’année 
190fi,  sera  célébré  le  jubilé  de  l'enseignement  de  l'antropologie 
criminelle  par  le  célèbre  professeur  Angelo  Zuccarelli.  A  cette 
fête,  qui  sera  celle  de  la  science  et  de  la  civilisation,  un  comité  se 
propose  d’offrir  au  distingué  professeur  un  recueil  d’autographes 
des  spécialistes  qui  se  sont  intéressés  à  ces  études, et  unmédaillon 
en  marbre,  œuvre  remarquable  du  sculpteur  professeur  G.  Let- 
tieri.  Le  Comité  d’honneur  comprend  :  MM.  Léonardo  Bianchi, 
Enrico  Ferri,  Jull  Morel,  Giuseppe  Sergi,  Cesare  Lombroso, 
Raffaele  Garofalo  et  Moritz  Benedikt.  On  est  prié  d’envoyer  adhé¬ 
sion  et  cotisations  à  M.  Umberto  Fiore,  à  Naples,  via  Ponte- 
oorvo  n“  35. 

Avis  important  aux  nouveaux  docteurs.  —  Se  méfier  des 
postes  offerts.  —  Tout  médecin  sollicité  de  venir  s’établir  à 
Bouviers  est  prévenu  qu'il  n’y  est  appelé  que  pour  entrer  en 
guerre  à  l’occasion  d’une  demande  de  relèvement  de  tarifs  pour 
les  sociétés  de  secours  mutuels  avec  tous  les  médecins,  sans 
exception,  de  l’arrondissement  groupés  en  syndicat.  Le  corps 
médical  à  Bouviers  et  aux  environs  est  déjà  encombré,  et  le  con¬ 
frère  qui  pourrait  être  appelé  fera  bien,  dans  son  intérêt,  de  se 
renseigner  soit  près  du  Président  du  Syndicat  de  Bouviers,  soit 
près  du  Président  de  l’Association  des  médecins  de  l’Eure. 

Conseil  de  surveillance  de  l’assistance  publique  de  Paris. 
—  Par  décret  sont  nommés  pour  une  nouvelle  période  les  mem¬ 
bres  sortants  du  conseil  de  surveillance  de  l’Assistance  publique  : 
MM.  Chausse,  Fribourg,  Patenne,  Rébeillard,  conseillers  muni¬ 
cipaux  ;  Rester,  secrétaire  de  la  chambre  du  commerce  ;  Bom- 
pard,  ancien  député,  conseiller  de  préfecture  de  la  Seine  ;  Bern¬ 
heim,  docteur  en  droit  ;  Brouardel,  ancien  doyen  de  la  faculté  de 
médecine  ;  Goudchaux,  président  delà  Société  des  forges  et  acié¬ 


ries  du  Nord  et  de  l’Est.  En  outre  sont  nommés  comme  membres 
nouveaux  :  MM.  le  docteur  Bonnaire,  médecin  accoucheur  des 
hôpitaux,  en  remplacement  du  docteur  Porak,  membre  sortant  ; 
Herbet,  avo  cat,  maire  du  "VP  arrondissement,  en  remplacement 
de  M.  Beurdeley,  décédé. 

La  rage  en  Bretagne.  —  Onze  paysans  de  Lamilis  et  de  Lan- 
déla,  mordus  par  des  chiens  enragés,  ont  été  envoyés  à  l’Institut 
Pasteur. 

Centenaire.  —  A  l’infirmerie  protestante  de  larue  du  Platane, 
à  Marseille,  vient  de  mourir  Mlie  Thérèse  Gieg,  née  le  21  septem¬ 
bre  1803,  âgée  par  conséquent  de  103  ans. 

Révision  du  procès  Boisleux  de  La  Jarrige.  —  Le  Journal 
du  21  janvier  annonce  que  la  chambre  criminelle  de  la  Cour  de 
cassation  doit  s’occuper  de  la  demande  en  révision  formée  par  le 
docteur  de  La  Jarrige  contre  l’arrêt  de  la  Cour  d’assises  de  la 
Seine  qui  l’avait  condamné,  lui  et  son  coaccusé,  le  docteur  Bois- 
leux,  dans  les  circonstances  que  l'on  sait. 

Muséum  d’histoire  naturelle.  —  Enseignement  colonial.  — 
Programme  pour  1906.  —  Conférences  S'ir  iIndo-Chine  françai¬ 
se.  -  Les  conférences  ont  lieu  à  2  heures  de  l’après-midi,  les  mar¬ 
di  et  jeudi,  dans  l’Amphithéâtre  de  la  nouvelle  galerie  d’ Anatomie 
comparée.  Entrée  directe  par  la  porte  de  la  place  'Valhubert.  9 
janvier.  Le  Muséum  et  les  colonies  en  1905,  M.  Ed.  Perrier. — 
11  janvier.  Géographie  et  ethnographie  générales  de  la  presqu’île 
Indo -Chinoise,  M.  Hamy.  —  16  janvier.  Lerizen  Indo-Chine,M. 
CosTANTiN.  —  18  janvier.  Notions  de  géologie  pour  les  voyageurs 
naturalistes.  (Formations  cristallines.)  M.  St.  Meunier.  —  23 
janvier.  Le  quinquina  en  Extrême-Orient,  Gostantin.  —  25  jan¬ 
vier.  Anthropologie  de  l’Indo-Ghine.  (Les  sauvages  Khas,  Mois, 
Penongs.)  M.  Hamy.  — 30  janvier.  Notions  de  paléontologie  pour 
les  voyageurs  naturalistes,  M.  A.  Thévenin. —  1"  février. Notions 
de  géologie  pour  les  voyageurs  naturalistes.  (Formations  strati¬ 
fiées)  St.-Meunier.  —  6  février.  Cyclones  et  typhons,  M.  R. 
Berget.  Chargé  de  conférences  à  la  Sorbonne.  —  8  février.  An¬ 
thropologie  del’Indo-Chine,  M.  Hamy.  —  13  février.  Myriapodes, 
arachnides  et  crustacés,  M.  Bouvier.  • —  15  février.  Insectes  de 
rindo-Chine,  M.  P.  Lesne.  —  20  février.  Insectes  nuisibles  au 
riz,  M.  J.  Kunckel  d’Herculais.  — 22  février.  Anthropologie  de 
rindo-Chine.  (Les  Tsiamps  et  les  Tsiams)  M.  Hamy.  —  27  fé¬ 
vrier.  Recherches  sur  les  minéraux  en  Indo-Chine,  M.  P.  Gau- 
BERT.  —  pi  mars.  Les  mammifères  de  ITndo-Ghin  e,M.  Méné- 
gaux.  — 6  mars.  Les  caoutchoucs  en  Indo-Chine,  .M.  le  Di  Du- 
BARD.  —  8  mars.  Anthropologie  de  l’Indo-Chine.  (Laotiens  et 
Siamois),  M.  H.amy.  —  13 mars.  La  minéralogie  de  l’Indo-Chine, 
M.  De  Romeu.  —  li*  mars.  Algues  fixées,  algues  flottantes,  leur 
importance,  M.  Mangin.  —  20  mars.  Les  grandes  cultures  de 
l’Indo-Chine,  M.  Capus,  directeur  général  de  l’agriculture  en  In¬ 
do-Chine. —  22  mars.  Anthropologie  de  l’Indo-Chine.  (Annamites 
et  Chinois),  M.  Hamy.  —  27  mars.  Les  mollusques  producteurs 
de  nacre  en  Indo-Chine,  M.  Seurat.  —  29  mars.  Notions  pour 
la  recherche  des  animaux  invertébrés  en  Indo-Chine,  M.  Joubin. 
—  3  avril.  La  forêt  en  Indo-Chine,  M.  Capus,  —  5  avril.  Les  oi¬ 
seaux  de  l’Indo-Chine,  M.  Ménégaux.  —  10  avril.  Les  moteurs 


r  I^A  PAS  D’ACTION^SUR  LE  CŒUR  ■ 


CONTRE  DOULEUR 


ANALGESIQUE,  ANTIPYRETIQUE,  HYPNOTIQUE,  ANTNMIGRAINE,  ANTLNEYRALGIQUE,  ANODINE 

NE  DONNANT  PAS  LIEU  A  L’ACCOUTUMANCE  ET  NE  PRODUISANT  JAMAIS  D’EFFETS  TOXIQUES 
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DESODORISANT 

DESINFECTANT 


♦♦❖♦♦«il 


64 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


animés  aux  colonies,  M.  le  Commandant  Annet.— ‘  26  avril. Etat 
de  nos  connaissances  sur  la  flore  de  la  Cochinchine,  M.  H.  Hua. 

P'  mai.  Chimie  végétale  indo-chinoise.  (Plantes  textiles  alimen¬ 
taires),  L.  Bourgeois.  —  3  mai.  Les  Bovins  de  l’Indo-Chine,  P. 
Dechambre,  professeur  de  Zootechnie  à  l’école  nationale  de  Gri¬ 
gnon.  —  10  mai.  La  Ramie,  Henri  Lecomte,  professeur  aux 
lycées  Saint-Louis  et  Henri-IV.  —  15  mai.  Chimie  végétale  indo¬ 
chinoise.  (Plantes  tinctoriales  et  médicinales),  L. Bourgeois.  — 22 
mai.  L’envenimation  et  son  traitement, principalement  dans  les  co¬ 
lonies  indo-chinoises,  AchaLmë,  directeur  du  lalioratoire  colo¬ 
nial.  —  22  mai.  Maladies  de  l’Indo-Chine,  principalement  les  mala¬ 
dies  qui  se  transmettent  par  l’eau,  D''  Ci-airac,  directeur  du  ser¬ 
vice  de  santé  du  corps  d’armée  des  troupes  coloniales.  —  29  mai. 
Maladies  de  l’Indo-Chine,  principalement  les  maladies  qui  se 
transmettênt  par  l’eau  {suite),  Dr  Clarac,  directeur  du  service 
de  santé  du  corps  d’armée  des  troupes  coloniales. —  31  mai.  Plan¬ 
tes  alimentaires  de  l'Indo-Chine  (légumes  et  fruits).  Bois. 

Chronique  des  hôpitaux. 

Hospice  de  Bicêtre.  {Fondation  Vallée).  —  M.  Bourneville 
Visite  du  service  (gymnastique,  travail  manuel, écoles,  et  présen¬ 
tation  de  malades)  le  samedi  à  lOh.  très  précises.  Consultations 
médico-pédagogiques  gratuites  pour  les  enfants  atteints  de  mala¬ 
dies  du  système  neiveux,  le  jeudi  à  9  h.  1/2. 

Clinique  d’accouchement  Tarnier.  —  Professeur  P'  Budin. 
—  Tous  les  mardis  à  9  heures  :  Leçons  de  clinique  obstétricale. 
Tous  les  samedis  à  9  heures,  Leçons  sur  l'allaitement  et  l’hygiène 
du  nourrisson. 

Hôpital  de  la  Charité.  —  Leçons  de  clinique  obstétricale.  — 
M.  le  Dr  Maygrier  (amphithéâtre  Potain),  le  jeudi  à  10  heures. 

Hospice  de  la  Salpétrière.  (Clinique  mentale  et  nerveuse). 
— M.  le  Dr  J. 'Voisin,  lejeudià  lOheures. 

Hôpital  Laennec.  —  M.  le  Dr  E.  Barié  :  Leçons  de  clini¬ 
que  et  de  thérapeutique  sur  les  maladies  du  cœur,  le  mercredi  à 
10  heures. 


BULLETIN  BIBLIOGRAPHIQUE 

L’enfant,  revue  mensuelle  illustrée  consacrée  à  l’étude  de  tou¬ 
tes  questions  relatives  à  la  protection  de  l’enfance.  Directeurs-ré¬ 
dacteurs  en  chef,  MM.  Henri  Rollet  et  Jacques  Teutsch.  13,  rue 
de  l’Ancienne-Comédie.  France,  un  an,  5  fr.  ;  étranger,  6fr.  Nous 
appelons  vivement  l’attention  de  nos  lecteurs  sur  cette  très  inté¬ 
ressante  publication. 

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plus  graves.  In-8“  de  32  pages  avec  22  fig.  Prix  :  1  franc. 

Pour  nos  abonnés.  Prix  :  0  fr.  75. 


Avis  à  nos  lecteurs. 

Nous  nous  faisons  un  plaisir  d’aviser  nos  nombreux  lecteurs 
qu’ils  pourront  compléter  leur  bibliothèque  à  bon  Compte.  Une 
très  importante  bibliothèque  est  actuellement  à  vendre.  On  nous 
annonce  en  effet  que  I’Institut  de  Bibliographie,  93,  Boulevard 
Saint-Germain,  à  Paris,  qui  font  fondé  il  y  a  prés  de  quinze  ans 
par  le  D  M.  Baudoin  met  en  vente  ses  nombreuses  collections 
d’ouvrages  médicaux  et  scientifiques,  ha  bibliothèque  de  l’Institut 
de  Bibliographie  contient  près  de  30.000  volumes,  environ  8.000 
thèses  de  Paris,  la  Province  et  l’Etranger  et  plus  de  1.200  revues 
ou  périodiques  français  ou  étrangers.  Tous  les  principaux  auteurs 
français,  allemands,  anglais,  italiens,  espagnols,  etc,  etc,  y  sont 
représentés  ;  toutes  les  principales  revues  et  le  plus  grand  nom¬ 
bre  des  périodiques  médicaux  français  et  étrangers  y  sont  catalo¬ 
gués.  On  y  trouve  même  quantité  d’ouvrages  et  travaux  épuisés  en 
librairie  et  ([u’il  est  très  difficile  de  trouver  ailleurs. 

Avant  d’acheter  un  livre,  une  brochure,  une  thèse,  ou  de  com¬ 
pléter  leurs  collections,  nous  engageons  tous  nos  confrères  et  a- 
mis  lecteurs  à  s’adresser  au  Liq  nidateur  de  l'Institut  de  Biblio¬ 
graphie,  93,  Boulevard  Saint-Germain,  à  Paris. 


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Marchais  est  la  meilleure  préparation  créosotée.  Elle  di¬ 
minue  la  toux,  la  fièvre  et  1  expectoration.  De  3  à  6  cuil¬ 
lerées  à  café  par  jour  dans  lait,  bouillon  ou  tisane. 

(D'  Ferrand.  —  Trait,  de  méd.) 


SAVON  H  ENTIFRICE  VICIER,  antiseptique  pour  l’entre¬ 
tien  des  dents,  des  gencives  et  des  muqueuses  de  la  bouche. 


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Le  Sebumbacille,  microbe  de  la  calvitie  vulgaire,  a  été 
découvert  par  M.  Louis  DEQUiaANT.  pharmacien,  38,  rue 
de  Clignancoart,  Paris.  (Mémoires  déposés  à  l’Académie  de 
Médecine,  23  mars  1897, 8  mai  1898).  L'extrait  de  ces  Mémoires 
est  adressé  gracieusement  à  tous  les  médecins  qui  lui  en 
feront  la  demande.  Renseignements  gratuits  et  prix  de  faveur 
pour  tous  les  membres  du  corps  médical. 

Le  Rédacteur-Gérant  :  Bournbvillx. 
liiFBiMERiE  Daix  frèbes  et  Thirox,  Clermobt  (Oise). 

Maison  spéciale  pour  publications  periodiaue.s  médicales. 


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Paris, 
et  tu.4,hi- 


35«  ANNÉE.  3*  SERIE.  T.  XXII.  N«  5 


BUREAUX  :  RUE  DE&ÇARMES,  14 


3  FÉVRIER  1906 


Le  Progrès  Médical 


SOMMAIRE  :  Clinique  chirurgicale  :  Phlegmon  sus-hyoïdien 
médian  consécutif  à  la  discision  amygdalienne,  par  Dubar.  — 
Thérapeutique  :  Action  de  l’iode  et  des  iodiques,  par  Nigoul. 
—  Bulletin  :  Cliirurgien  d'hôpital  et  commission  administra¬ 
tive  hospitalière  ;  La  définition  de  l’exercice  illégal  de  la  méde¬ 
cine,  par  J.  Noir.  —  Sociétés  Savantes  :  Académie  des  Scien¬ 
ces  :  Sur  l’acide  glycuronique  dans  les  globules  et  dans  le  sérum 
du  sang,  par  Lépine  et  Boulard  (c.  r.  de  Phisalix.)  —  Société  de 
biologie  :  Hémolyse  et  cholémie  expérimentale  chez  le  chien, 

•  par  Froin  ;  Liquide  d’hydatides  d’aspect  séreux  avec  éosino¬ 
philie  du  dépôt,  par  Sabrazés  ;  Nature  graisseuse  de  l’opales- 
.  cence  du  sérum  sanguin,  par  Gilbert  et.Iomier  ;  Cirrhoses  alcoo¬ 
liques,  par  Carnot  et  Ancel  ;  Dosages  de  petites  quantités  de 
chloroforme,  par  Nicloux  ;  Oralité  de  l'enseignement,  par  Bon¬ 
nier  ;  Coloration  des  sphirocètes,  par  Lovaditi  et  Manouélian  : 
Trypanosome  des  poissons,  par  Brumpt  (c.  r.  de  Mme  Edvvards- 
Pilliet.f  —  Academie  de  Médecine:  La  mortalité  tuberculeuse, 
par  Kelsch  ;  Epuration  des  eaux  potables,  par  Kermorgaiit  :  Le 
mycétome,  par  Blanchard  (c.  r.  de  A. -F.  Plicque.l  —  Société 
■  Médicale  acs  Hôpitaux  :  Cas  de  pseudo-hermaphrodisme  mas¬ 


culin,  par  de  Beurmann  et  lloubinovitch  ;  Méningite  tubercu¬ 
leuse  à  forme  somnolente  de  la  première  enfance,  par  Lesage  et 
Abrami  ;  Septicémie  à  tétragènes,  par  Roger  et  Trémolières  ; 
Estomac  en  sablier  (sténose  médio-gastrique),  par  Lion(e.  r.  de 
Friedel.)  —  Société  de  Médecine  de  Paris  :  Rapport  snr  les 
titres  et  travaux  de  M.  le  docteur  Dias  Amado,  de  Lisbonne, 
candidat  au  titre  de  membre  correspondant  étranger,  par  Buret 
(c.  r.  do  Buret.)  ---  Revue  de  chirurgie  :  De  la  phlébite  vari¬ 
queuse,  par  Etienne.  —  Hygiène  hospitalière  :  Prophylaxie  et 
traitement  de  la  tuberculose  dans  les  asiles  d’aliénés,  par  Briand. 
—  Bibliographie  :  Nouveau  traité  de  médecineet  de  thérapeu¬ 
tique,  par  Brouardel  et  Gilbert  ;  Guide  pratique  pour  l’essai 
des  médicaments,  par  Goupil  et  Rroquiii  ;  Recherches  histori¬ 
ques  sur  les  fractures  dans  la  part  faite  au  massage  et  à  la  mo¬ 
bilisation,  par  Guermonprez.  —  Varia.  —  Les  congrès.  — 
Formules.  —  Actes  et  thèses  de  la  faculté  de  méde¬ 
cine  de  Paris.^  —  Thérapeutique  :  Action  de  l’hélénine  sur 
le  bacille  de  la  tuberculose.  — Nouvelles.  —  Chronique  des 
hôpitaux.  —  Enseignement  medical  libre.  —  Bulletin  biblio¬ 
graphique. 


CLINIQUE  CHIRURGICALE 

Phelgmon  sus-hyoïdien  médian  consécutif  à  la 
discision  amygdalienne  (1)  ; 

Par  le  D-  DUBAR,  de  Paris. 

Laryngologiste  du  Dispensaire  de  la  Maison-Blanche. 

A  la  Clinique,  le  16  avril  1903,  se  présente  une 
femme  âgée  de  54  ans, ancienne  marchande  des  quatre- 
saisons,  retirée  des  affaires,  recommandée  par  son  mé¬ 
decin, le  docteur  Thoumas,  qui  me  prie  d’examiner  le 
pharynx  et  ses  dépendances. 

Dans  son  passé,  rien  de  spécial.  D'une  santé  robuste 
d’un  embonpoint  sérieux,  le  teint  couperosé,  une  voix 
rauque  qui  ne  manque  pas  de  trahir  son  origine  pro¬ 
fessionnelle,  elle  se  rappell^voir  beaucoup  et  fréquem¬ 
ment  souffert  de  la  gorge  dans  son  enfance.  Depuis 
lagedc  20  ans,  ses  tourments  |Ont  disparu,  mais  depuis 
trois  ans,  elle  a  fait  trois  abcès  dans  la  gorge.  L’ouver¬ 
ture  s’est  faite  spontanément,  après  des  souffrances  pé¬ 
nibles,  et  d’une  durée  de  cinq  à  huit  jours. 

11  y  a  trois  semaines  elle  a  été  reprise  d’un  nouveau 
mal  de  gorge  qui  a  été  une  simple  poussée  inflamma¬ 
toire  n’ayant  pas  abouti  à  la  suppuration. 

A  l'examen,  on  constate  une  rougeur  diffuse  de  toüt 
l’isthme  pharyngien.  i 

L’amygdale  droite  est  hypertrophiée,  cryptique^ il 
existe  à  la  partie  antérieure  un  replis  de  His  très  déve¬ 
loppé,  et  l’exploration  des  cryptes  permet  d’extraire  des 
masses  caséeuses  très  fétides. 

L’amygdale  gauche  est  volumineuse, cryptique,  infec¬ 
tée  également. 

L’amygdale  linguale  participe  à  l’hypertrophie  et  à  la 
rougeur  diffuse. 

L  amygdale  pharyngée  est  mamelonnée,  recouvertes 
de  mucosités. 

Le  larynx  présente  deux  cordes  vocales  à  surface 
rugueuse,  dépolie,  notablement  épaisses, faisant  immé¬ 
diatement  songer  aux  «  p’tits  pois,  p’tits  pois  »  et  aux 
'<  belles  poires  »  lancés  K  »  toute  corde  »  selon  les  sai¬ 
sons. 

Les  fosses  nasales  sont  libres  et  la  respiration  se  fait 

(1)  Communication  faite  à  la  Société  de  Médecine. 


facilement,  bien  qu’il  existe  un  éperon  qui  obstrue  la 
fosse  nasale  gauche  dans  sa  portion  inférieure. 

Je  propose  la  discision  des  amygdales;  qui  est  ac¬ 
ceptée,  et  après  avoir  réalisé,  au  préalable,  l’asepsie 
naso-bucco-pharyngienne  par  des  gargarismes, des  bains 
de  bouche  et  des  applications  de  pommade  dans  les  fos¬ 
ses  nasales,je  pratique  la  première  séance  de  morcelle¬ 
ment  à  droite,  après  quelques  attouchements  avec  une 
solution  de  cocaïne  à  10  %. 

Aucune  hémorragie  ne  se  produit  ni  pendant  l’opé¬ 
ration,  ni  secondairement.  Les  soins  précédemment  in¬ 
diqués  sont  continués  scrupuleusement  et  régulière¬ 
ment,  dit  la  malade. 

Après  quatre  séances,  dont  deux  pour  chaque  amyg¬ 
dale,  les  résultats  sont  satisfaisants. 

—  Après  la  dernière  séance  —  pratiquée  à  droite  et 
pendant  laquelle  de  nombreux  dépôts  caséeux  sont 
exprimés  parla  pince  à  morcellement —  la  loge  amyg- 
daiienne  droite  est  complètement  curetée. 

Le  1'”^  mai  au  soir,  le  jour  même  de  la  dernière  in¬ 
tervention,  se  produit  une  ascension  thermique,  la  ma¬ 
lade  est  altérée,  les  lèvres  sèches,  le  cou  devient  dou¬ 
loureux  au  palper,  la  bouche  s’ouvre  difficilement  le 
thermomètre  marque  38".  Abattement,  céphalée,  nuit 
agitée,  pas  de  sommeil. 

Le  2  au  matin,  on  constate  que  la  cavité  buccale  est 
remplie  de  mucosités  ;  adhérentes  la  bouche  s’ouvre  plus 
difficilement  encore,  la  plaie  amygdalienne  a  cepen¬ 
dant  un  aspect  normal  ;  il  existe  une  petite  surface  gri¬ 
sâtre,  normalement  observée,  le  cou  est  douloureux, 
augmenté  de  volume  ;  les  ganglions  angulo-maxillaires 
sont  à  peine  sensibles  à  l’e-xploration  digitale  et  n’ont 
pas  augmenté  de  volume. 

Température  le  soir,  38'’2  :  régime  lacté. 

Le  3,  l’état  de  la  cavité  buccale  reste  le  même  ;  le  cou 
devient  volumineux  ;  la  région  sous-maxillaire  n’est 
pas  douloureuse, mais  la  région  médiane  est  très  sensi¬ 
ble.  11  existe  un  point  douloureux  au  niveau  de  la  ligne 
médiane,  l’empâtement  à  ce  niveau  est  profond  et  il 
est  impossible  de  reconnaître  exactement  les  détails 
anatomiques  de  la  région.  Des  pansements  humides 
sont  appliqués  sur  la  région  maxillo-hyo'idienne. 

Le  4,  môme  état,  et  le  5  l’examen  fait  percevoir  les 
signes  d’une  collection  sus-hyo’idiennc. 

Une  incision  est  pratiquée  sur  la  ligne  médiane 


66 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


descendant  de  la  pointe  du  menton  au  -devant  du  larynx 
et  longue  de  six  centimètres.  On  pénètre  dans  une  col¬ 
lection  abondante  de  pus  qu’on  peut  évaluer  à  un  verre 
ordinaire.  L’exploration  à  la  sonde  cannelée  montre 
qu’il  y  a  des  décollements  profonds  et  lointains  s’éten¬ 
dant  à  droite  et  à  gauche,  latéralement. 

Le  20  mai,  la  malade  était  complètement  guérie  ;  les 
pansements  ont  été  très  simplement  appliqués,  selon 
les  règles  de  la  clinique  générale.  Pansements  humides 
et  drainage  avec  une  mèche  de  gaze  iodoformée. 

11  s'agit  donc  ici  d'un  phlegmon  localisé  de  la  région 
sus-hyoïdienne  et  siégeant  sur  la  ligne  médiane,  con¬ 
sécutif  à  la  discision  des  amygdales. 

C’est  là,  nous  semble-t-il,  un  fait  assez  curieux  tant 
au  point  de  vue  étiologique  qu'au  point  de  vue  anato¬ 
mique  et  clinique. 

Au  point  de  vue  dïïoZo^r/g'wejl’origine  d’une  collection 
suppurée,  survenant  à  la  suite  d'une  intervention  ra¬ 
dicale  faite  dans  les  conditions  d’asepsie  et  d'antisepsie 
voulues  et  observées,  est  des  plus  rares  à  notre  connais¬ 
sance  et  il  ne  nous  a  jamais  été  donné  de  l’observer. 

Autant  est  fréquente  la  réaction  ganglionnaire  sous- 
maxillaire,  autant  est  rare  la  formation  d’un  véritable 
abcès  dans  les  interventions  de  cette  nature. 

Au  point  de  vue  anaiomiqice,  nous  savons  tous  que 
l'ensemble  des  formations  du  tissu  adénoïde  constitue 
à  l’entrée  des  voies  digestives  et  respiratoires  une  pre¬ 
mière  ligne  de  défense  contre  l’invasion  microbienne. 
Ce  cercle, c’estl’anneau  de  Waldeyer,quiest  doublé  par 
un  autre  cercle  ganglionnaire  tributaire  duréseau  lym¬ 
phatique-pharyngien  et  distribué  de  telle  façon  que 
les  ganglions  intra-pharyngiens  de  Gillette  relèvent  des 
lymphatiques  intra-pharyngiens  ;  les  ganglions  sous- 
angulo-maxillaires  de  Chassaignac  relèvent  des  amyg¬ 
dales  palatines  et  les  ganglions  sous-maxillaires  médians 
des  autres  régions  du  pharynx  et  en  particulier  de 
l’amygdale  linguale. 

La  localisation  de  l’abcès  dans  la  région  sus-hyoï¬ 
dienne  ne  peut  donc  s’expliquer  que  par  la  puissance  des 
anastomoses. 

Au  point  de  vue  clinique,  la  formation  de  cet  abcès 
peut  s’expliquer  par  la  mise  en  liberté  des  microbes  oi. 
de  leurs  toxines  contenues  dans  les  cryptes  infectées 
et  arrêtés  dans  leur  passage  à  travers  la  deuxième  ligne 
de  défense  représentée  par  les  ganglions  dont  la  fonc¬ 
tion  phagocytaire  n’a  pu  triompher  de  l’infection. 

La  destruction  d’un  foyer  de  suppuration  non  isolé, 
non  fermé  —  comme  c’est  le  cas  dans  les  amygdalites 
chroniques  —  expose  l’organisme  à  ces  accidents  et 
l’on  peuts'étonner  qu’ils  se  produisent  avec  tant  de  ra¬ 
reté. 


Un  four  crém.a^toire  a  duon.  —  Le  conseil  municipal  de  Dijon, 
au  cours  de  sa  dernière  séance,  a  voté  une  somme  de  GÜ.ÜÜO  francs 
pour  la  construciion  et  l'installation  d’un  four  crématoire  dans  le 
cimetière  de  la  ville,  appelé  cimetière  des  Péjoces.  C'est  le  qua¬ 
trième  appareil  d’incinération  que  l'on  trouvera  en  province  :  déjà 
Rouen  et  Reims  en  possèdent  chacune  un  en  fonctionnement  et  l'on 
en  construit  un  à  Marseille.  Le  fonctionnement  de  l’appareil  d’inci¬ 
nération  du  cimetière  du  Père-Lachaise,  à  Paris,  dans  l.tquel  qua¬ 
tre-vingt  mille  corps  ont  déjà  été  incinérés,  a  permis  d’étudier  les 
installations  de  ce  genre  avec  tout  le  soin  voulu. 

N  A  RC  Y  L  G  RÉMY  médicament  spécifi¬ 
que  de  la  toux,  spécialement  de  la  toux  des  tu¬ 
berculeux. 


THÉRAPEUTIQUE 

Action  de  l'iode  et  des  iodiques 

{Au  sujet  de  la  communication  sur  les  iodiques  faite  a- 
l'Académie  de  médecine  par  le  Prof.  Poi  chkt.) 

Par  le  D'  M.  Nigoul, 

Médecin  en  chef  du  Dispensaire  de  la  Préfecture  de  la  Seine. 

Ayant  publié  déjà  dansle  Progrès  médical  (n°  40,  190.'). 
une  étude  clinique  complète  du  vasogène  iodé,  la  commu¬ 
nication  que  M.  le  Professeur  Pouchet  a  faite  dernière¬ 
ment  sur  lesiodiques  à  l’Académie  de  Médecine  (1)  nous 
a  particulièrement  intéressé.  C’est  en  quelque  sorte  le  ré¬ 
sumé  et  les  conclusions  de  son  propre  cours  professé  pen¬ 
dant  le  semestre  d’hiver  19  id-Ü.")  à  la  Faculté  de  Paris  (2). 

L’étude  pharmacologique  de  ces  remèdes  si  usités  en 
médecine,  est  renfermée  dans  ses  leçons  éditées  par  O. 
Doiji,  et  le  praticien  même  peut  y  trouver  d’utiles  ren¬ 
seignements. 

Entre  l’iode  naturel,  les  iodures,  les  composés  organi¬ 
ques  iodés  et  les  substances  albuminoïdes  iodées  natu¬ 
relles  telles  que  l'iodotliyrine,  M.  Pouchet  prend  parti  ; 
il  préfère  les  iodures  et  parmi  eux  l’iodure  de  potassium. 
Le  professeur  expose  sa  manière  de  voir  sur  le  mécanis¬ 
me  de  l’action  médicamenteuse  des  iodiques.  Pour  qu’ils 
puissent  agir  d’une  façon  énergique  sur  l’économie,  ils 
doivent,  dit-il,  <1  solliciter  l’intervention  des  humeurs  par 
une  sorte  d’ébranlement,  de  mise  en  train  due  à  la  double 
décomposition  que  ces  sels  doivent  subir  après  leur  ab¬ 
sorption  « .  Ce  serait  en  impressionnant  le  protoplasma 
cellulaire  par  ces  actes  chimiques  intérieurs  que  les  io  - 
diques  auraient  leur  véritable  action.  Or,  l’iodure  de  po¬ 
tassium  en  particulier  est  l'objet  de  cette  double  décom¬ 
position  :  il  se  transforme  d’abord  en  iodure  de  sodium 
organique .  et  celui-ci  se  décompose' ensuite  en  mettant  de 
1  iode  en  liberté. 

La  supériorité  thérapeutique  des  iodures  minéraux  ré¬ 
siderait  donc  et  avant  tout  dans  ce  fait  que  l’ébranlement 
moléculaire  et  l'activité  vitale  des  cellules  sont  rendus  plus 
puissants  grâce  à  eux,  tandis  que  les  préparations  organi¬ 
ques  sont  moins  diffusibles  et  favorisent  dès  lors  beau¬ 
coup  moins  la  pénétration  intime  de  l’économie  par  l’iode. 
On  avait  pensé  cependant,  en  administrant  ces  com- 

Fosés  organiques  artificiels ,  éviter  les  inconvénients  de 
iodure  sur  l’estomac  et  l’état  général.  Mais  M.  Pouchet 
distingue  à  ce  point  de  vue  entre  les  composés  organi¬ 
ques  renfermant  une  grande  quantité  d’iode,  et  ceux  plus 
nombreux  qui  en  contiennent  une  faible  proportion.  Or 
les  premiers  possèdent  les  inconvénients  de  l’iodure  mé¬ 
tallique.  Dans  toutes  les  expériences,  en  effet,  la  sensi¬ 
bilité  du  sujet  envers  l’iode  a  été  presque  identiquement 
la  même  à  dose  égale  d’iode  pour  toutes  les  préparations 
organiques  et  minérales.  Dans  le  second  cas, au  contraire 
il  y'  aura  moins  à  craindre  l’iodisme  parce  que  ces  prépa¬ 
rations  résistent  beaucoup  moins  aux  influences  décom- 
j)osantesde  l’organisme  et  c’est  précisément  parce  que  ces 
dernières  combinaisons  organiques  ont  une  décomposi¬ 
tion  lente  et  progressive,  que  nous  pouvons  par  elles 
soumettre  les  malades  à  une  action  de  l'iode  uniforme 
et  plus  persistante. 

Ainsi  donc,  voilà  en  présence  les  iodures  alcalins  et  les 
composés  organiques  artificiels.  Les  premiers  ayant  une 
action  curative  plus  énergique  parce  qu’ils  portent  au 
plus  haut  point  l’activité  moléculaire  des  cellules,  gi’âce 
aux  diverses  transformations  qu’ils  subissent.  Les  se¬ 
conds  moins  énergiques  peut-être,  mais  permettant  une 
action  uniforme  plus  persistante  de  l’iode  et  pouvant  éloi¬ 
gner  les  possibilités  d’iodisme. 

Eh  bien  !  il  existe  dans  la  thérapeutique  actuelle  un  io- 
di(jue  particulier  qui  n’entre  pas  dans  le  groupe  des  io- 

/ 1)  .Séanro  du  26  lléccmbrp  1005. 

(2)  Voïv  l'iode  et  les  iodiques,  Doin.  édileiir  Ihiris.  lOOC, 


J 


LE  PROGRÈS  MÉDIGÀL 


dures  minéraux,  qui  n’est  pas  non  plus  un  composé  or¬ 
ganique  artificiel  et  qui  cependant  réunit  les  avantages 
et  les  qualités  de  l'une  et  de  l’autre  de  ces  préparations. 
Ce  corps  est  l'iodosol.  Il  est  constitué  par  une  solution 
de  ti  gr.  d'iode  métallique  dans  lüO  gr.  de  vasogène,  hy¬ 
drocarbure  oxygéné. 

Je  dis  qu  il  est  aussi  actif  que  l’iodure  ordinaire,  et  en 
efiet  si  l’on  envisage  le  mécanisme  des  transformations 
subies  par  l’iodure  et  qui  lui  donnent,  d’après  Pouchet. 
toute  sa  puissance,  on  remarque  que  ce  mécanisme  est 
le  même  pour  l’iode  du  vasogène. 

L’iodure  de  potassium  arrivé  dans  l’économie  produit 
aussitôt  i’'®  transformation)  un  iodure  de  sodium  organi¬ 
que,  i)uis  (2‘  transformation)  cet  iodure  dégage  de  1  iode 
et  il  se  forme  des  iodalbuminates  organiques  qui  circu¬ 
lent  et  vont  imprégner  les  éléments  anatomiques  ;  alors 
commence  l'action  physiologique  de  l'iode. 

L  iode  du  vasogène  "forme  lui  aussi  dès  sa  pénétration 
dans  l’économie  un  iodure  de  sodium  organique  (  1  trans¬ 
formation)  et  à  son  tour,  cet  iodure  abandonne  son  iode 
en  formant  (2'"  transformation"!  un  iodalbundnate  organi¬ 
que  circulant  et  imprégnant  les  tissus.  Il  n  y  a  comme 
différence  entre  les  deux  mécanismes  que  la  mise  en  li¬ 
berté  du  jjotassium  dans  un  cas  et  son  absence  dans  l’au¬ 
tre.  Or  l'action  du  potassium  peut  jiarfois  être  dange¬ 
reuse  et  «  peut  même  effacer  complètement  celle  de  l’io¬ 
de  »  (Pouchet  i.  Ainsi  donc,  des  deux  parts,  même  double 
décomposition  et  par  conséquent  mêmes  effets  dynami¬ 
ques  sur  les  cellules  vivantes,  même  excitation  de  leur 
pouvoir  chimiotactique.  Et  je  dis  encore  que  l’iodosol 
n’offre  pas  plus  les  dangers  d’iodisme  que  les  préparations 
organiques  artificielles.  Aous  ferons  remarquer  d’abord 
qu'avec  sa  teneur  en  iode  de  6  %  ,  l’iodosol  ne  saurait  être 
comparé  à  la  première  catégorie  des  composés  organi¬ 
ques  très  chargés  en  iode,  mais,  bien  au  contraire,  qu’il 
se  rapproche  de  la  deuxième  catégorie,  c'est-à-dire  des 
préparations  organiques  habituellement  employées  en 
médecine  et  qui  renferment  une  quantité  peu  élevée  d  io¬ 
de  minéral.  Or  celles-ci  ne  déterminent  pas  d’iodisme. 
De  plus,  il  est  permis  d  admettre  que  la  combinaison  de 
l’iode  libre  du  vasogène  avec  les  liquides  organiques, pro¬ 
duit  un  composé  d  iodure  de  sodium  organique  naturel, 
moins  toxique  que  les  produits  organiques  artificiels  in¬ 
troduits  dans  l’économie. 

Nous  connaissons,  en  outre,  1  importance  du  mode  d’in¬ 
troduction  du  remède  au  point  de  vue  de  sa  toxicité  et 
souvent  l’état  des  voies  digestives  permet  la  production 
de  manifestations  toxiques,  que  l’on  ne  voit  pas  se  réali¬ 
ser  en  administrant  une  égale  dose  du  même  comiiosé 
par  la  voie  cutanée.  Or  c’est  précisément  le  cas  de  l’io- 
dosol  qui.  employé  en  frictions  cutanées,  sans  jamais  dé¬ 
terminer  d’inflammation  locale  abandonne  librement  son 
iode  métallique  qui  va  aussitôt  entrer  en  combinaisons 
organiques  et  sans  nocivité  Ainsi,  au  point  de  vue  de 
l’action  pharmacodynamique,  liodosol  se  rapproche  des 
iodures  alcalins  préférés  par  Pouchet  et  il  se  place  au- 
dessus  des  composés  organiques  artificiels.  Ceux-ci,  en 
effet,  voulant  livrer  àl  économie  une  préparation  organi¬ 
que  déjà  faite,  calquée  sur  les  propres  réactions  de  l’or¬ 
ganisme,  espèrentla  rendre  ainsi  facilement  tolérable, 
niais  ils  ne  remarquent  pas  qu’ils  évitent  dans  une  cer¬ 
taine  mesure  ces  réactions  de  double  décomposition  ab¬ 
solument  utiles  et  qui  représentent  par  leur  excitation 
cellulaire  le  mode  d’action  le  plus  énergique  du  médica- 
nient.  Et  au  j)oint  de  vue  de  l’action  toxique,  1  iodosol 
est  au  moins  égal  aux  combinaisons  organiques  puisqu'il 
abandonne  comme  elles,  petit  à  petit,  son  iodeau  fur  et  à 
mesure  des  besoins  de  1  économie  et  ([ue,  de  plus,  il  est 
passible  de  la  médication  externe. 

Ea  clinique,  d’ailleurs,  nous  prouve  la  vérité  de  ces  as¬ 
sertions.  Car  aussi  bien  que  l’iodure  ordinaire,  le  vaso 
gene  iodé  nous  adonné  de  bons  résultats  dans  les  cardio- 
Pathie\\  les  affections  vasculaires,  l' artériosclérose, 
‘Emphysème,  les  adénites  e/c...  La  pression 

Vasculaire  subit  un  abaissement  ai)préciablc  surtout  dans 


C artériosclérose  et  les  hypertrophies  cardiaques.  La  res¬ 
piration  de  l’asthmatique  devient  plus  aisée,  les  expecto¬ 
rations  se  fluidifient.  Dans  la  syphilis,  l’iodosol  est  j)rati- 
quement  supérieur  aux  autres  iodiques  parce  qu’il  per¬ 
met  d'éviter  la  voie  stomacale  s’il  y  a  lieu,  et  de  faire  ab- 
sorber  l'iode  par  des  frictions  cutanées  absolument  indo¬ 
lores  et  sans  danger  pour  l’épiderme. 

Il  était  à  notre  avis,  nécessaire  d’attirer  l’attention  sur 
ce  fait  très  intéressant,  qu’il  existe  dans  la  thérapeutique 
un  corps  iodé  tout  aussi  puissant  que  les  iodures,  tout 
aussi  tolérable,  sinon  plus,  que  les  préparations  organi¬ 
ques  arti^cielles,  et  que  cependant  l'iodosol  n’est  ni  l’un 
ni  l’autre  de  ces  médicaments.  En  d’autres  termes  le  va¬ 
sogène  iodé  nous  offre  les  qualités  de  l’iodure  sans  en 
avoir  les  inconvénients. 


BULLETIN  DU  PROGRÈS  MÉDICAL 

Chirurgien  d’hôpital 

et  Commission  administrative  hospitalière. 

Dans  les  hôpitaux  de  petite  ville,  les  chirurgiens  ne 
peuvent  guère  être  nommés  au  concours  ;  ils  sont  le  plus 
souvent  choisis  par  la  commission  administrative  hospi¬ 
talière  de  la  localité.  Il  semble  au  premier  abord  que  ce 
choix  doit  avoir  pour  conséquence  des  relations  amicales 
entre  médecins  et  administrateurs.  11  n'en  est  pas  tou¬ 
jours  ainsi.  En  facteur  dissolvant  survient,  la  politique. 
El  cetic  terrible  politique  est  souvent  exploitée  pardes 
confrères  envieux  qui  attendent  trop  impatiemment  la 
succession  modeste  du  médecin  de  l’hôpilal.  On  entre 
alors  dans  l'èredes  tracasseries  administratives.  Ces  tra¬ 
casseries  furent  de  tous  les  temps  et  de  tous  les  régimes. 

Nos  pères  républicains  en  furent  victimes  sous 
l’Empire  et  l'Ordre  iMoral  ;  plusieurs  de  nos  confrères, 
praticiens  consciencieux,  bien  que  conservateurs, 
ont  souffert  de  nos  jours  du  zèle  intransigeant  de 
commissions  se  croyant  vraiment  républicaines,  car 
les  mots  changent  de  sens  avec  les  circonstances  et 
les  gens.  Tout  ceci  est  profondément  regrettable;  le 
rôle  des  Commissions  hospitalières  devrait  être  de  bien 
administrer  les  hôpitaux  et  hospices  et  non  de  tra¬ 
casser  leurs  médecins  en  s'ingérant  dans  leur  pratique 
avec  une  incompétence  parfois  dangereuse  et  toujours 
ridicule.  En  voici  un  récent  exemple  : 

Dans  une  ville  qui  n'est  pas  fort  éloignée  de  Paris 
existe  un  hôpital.  Un  médecin  en  chef  et  un  chirur¬ 
gien  en  chef,  assistés  d’un  médecin-adjoint,  en  assu¬ 
rent  le  service. 

Un  indigent  tuberculeux  atteint  d’appendicite  entra 
à  cet  hôpital  pour  se  faire  soigner.  Une  intervention 
fut  décidée.  Le  chirurgien  la  pratiqua  assisté  du  méde¬ 
cin-adjoint  et  d'un  autre  confrère.  Le  cas  était  com¬ 
plexe,  de  nombreuses  adhérences,  la  gangrène  du 
cæcum  rendirent  l'opération  fort  laborieuse  et  le  ma¬ 
lade  quelques  jours  après  succomba.  Tout  ceci  est 
bien  banal,  pareils  faits  malheureux  se  répètent  cha¬ 
que  jour,  même  dans  les  meilleurs  hôpitaux  pari¬ 
siens;  néanmoins  cet  insuccès  opératoire  eut  un  épilo¬ 
gue.  Un  délateur  (on  en  trouve  actuellement  de  tous 
côtés)  pourvu  d'une  conscience  timorée  au  point  d’avoir 
tenu  à  garder  l’anonyme,  adressa  une  dénonciation  à 
la  commission  administrative,  imputant  cette  mort  à 


o8 


•  LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


l'audace  imprudente  de  l'opérateur.  Heureux  de  pou¬ 
voir  jouer  un  tour  au  chirurgien  dont  le  seul  tort  était, 
croyons-nous,  d'être  d'une  nuance  politique  plus  fon¬ 
cée,  nos  bons  administrateurs  prirent  aussitôt  la  déli¬ 
bération  suivante,  sans  s'inquiéter  de  sa  portée  : 

L’an  1905,  le  ... .  décembre,  à  9  heures  du  matin, la  commission 

administrative  de, l’Hospice  civil  de . s’est  réunie  au  lieu 

ordinaire  de  ses  séances  sous  la  présidence  de  M.  X.,  maire, 

Etaient  présents  :  MM.  X.  président,  A.  B.  C.  D.  E.,  adminis¬ 
trateurs.  Comme  suite  à  une  remarque  faite  par  M.  le  président, 
remarque  motivée  par  une  plainte  à  lui  adressée  au  sujet  d’une 
opération  dernièrement  faite,  la  commission  décide  que  : 

Dans  les  opérations  chirurgicales  présentant  une  certaine  gra¬ 
vité,  M.  le  chirurgien  et  M.  le  médecin-adjoint  devront  se  mettre 
préalablement  d’accord  sur  la  nécessité  de  l’opération.  En  cas  de 
désaccord,  ils  devront  prendre  l’avis  de  M.  le  médecin  chef  de 
l’hôpital,  qui  les  départagera,  ou  de  tout  autre  médecin  de  la 
ville,  même  étranger  à  l’hôpital,  etc. 

évidemment,  les  administrateurs  n’ont  pas  réfléchi 
que  la  plupart. des  «  opémtious  chirurgicales  présen¬ 
tant  une  certaine  gracitê  »  dans  une  petite  ville  assez  | 
proche  de  Paris,  sont  des  interventions  d’urgence  ; 
que  dans  ces  cas  le  chirurgien  a  besoin  de  toute  son 
indépendance  et  de  toute  son  autorité  ;  qu’il  est  quel¬ 
que  peu  ridicule  d’imposer  pour  une  opération  à  un 
chirurgien  en  chef  la  permission  de  son  assistant  ;  que 
ce  dernier,  fût-il  éclairé  par  toutes  les  lumières  du 
Saint-Esprit,  peut  se  tromper,  différer  d'avis  avec  le 
chirurgien  et  qu'en  attendant  le  troisième  consultant 
pour  départager  les  confrères,  le  malade  a  le  temps  de 
mourir. 

Nous  nous  permettrons,  en  outre,  de  faire  remarquer 
dans  quelle  posture  dangereuse  va  se  trouver  la  Com¬ 
mission  administrative  s'il  survient  au  chirurgien  un 
accident  mettant  en  jeu  sa  responsabilité  civile.  Jus¬ 
qu'alors  les  tribunaux  ont  été  unanimes  à  ne  pas 
admettre  la  responsabilité  des  administrations  hospi¬ 
talières  quand  il  survient  un  accident  dont  la  cause 
peut  être  imputée  au  chirurgien  de  l’hôpital. 

Si  les  commissions  hospitalières  se  mêlent  de  dicter 
aux  médecins  et  surtout  aux  chirurgiens  leur  conduite 
p.rofessionnelle,  si  elles  veulent  les  guider  dans  leurs 
décisions,  elles  acceptent  de  ce  fait  une  part  de  res¬ 
ponsabilité  en  cas  d’accident.  Le  chirurgien  n'agit  pas 
librement,  il  devient  un  employé  placé  sous  la  tutelle 
de  la  Commission  administrative.  Nul  doute  qu'en 
prenant  à  la  hâte  une  pareille  délibération,  cette  com¬ 
mission  n'a  pas  réfléchi  aux  dangers  qu'elle  fait  cou¬ 
rir  aux  malades  et  à  la  responsabilité  que,  bien  incons¬ 
ciemment,  elle  assume.  J.  Nom. 


La  définition  de  l’Exercice  illégal  de  la  médecine. 

A  propos  des  poursuites  intentées  contre  un  spirite 
guérisseur  qui  traitait  toutes  les  maladies  par  des  évo¬ 
cations  et  des  impositions  de  mains,  le  journal  Le 
Matin  dit  : 

«  Le  cas  du  guérisseur  spirite  a  soulevé  un  point  de 
droit  intéressant  :  M.  IL,  n’ayant  jamais  prescrit  aux 
malades  le  moindre  remède,  et  s’étant  borné  à  faire  des 
passes  et  à  évoquer  des  esprits,  l'inculpation  d'exercice 
illégal  de  la  médecine  pourra-t-elle  être  retenue  ?  Au 
Palais,  les  avis  sont  des  plus  partagés.  » 


Nous  ne  croyons  pas  les  avis  partagés,  car  ce  point 
de  droit  a  été  délinitivement  fixé  par  la  chambre  cri¬ 
minelle  de  la  cour  de  cassation  dans  l’audience  du  29 
décembre  1900.  11  s’agissait  d’un  pourvoi  en  cassation 
contre  un  arrêt  de  la  Cour  d'Angers  acquittant  un  ma¬ 
gnétiseur  poursuivi  par  le  syndicat  médical  d’Angers 
pour  exercice  illégal  de  lamédecine. L’Union  des  syndi¬ 
cats  médicaux  de  France  soutenait  le  Syndicat  des  mé¬ 
decins  d'Angers  désirant  obtenir  la  solution  définitive 
de  ce  point  de  droit.  La  Cour  de  cassation,  considérant 
les  passes  magnétiques  comme  agents  thérapeutiques, 
cassa  l'arrêt  de  la  Cour  d’appel  d’Angers  et  renvoya  le 
magnétiseur  poursuivi  devant  la  Cour  de  Rennes,  où  il 
fut  condamné  par  un  arrêt  rendu  le  5  mars  1901. 

J.  Nom. 


TABLETTES  de  STYPTICINE  MERCK,  à  0,05  ; 

5  à  6  par  jour  comme  sédatif  ;  DYSMÉNORRHÉE, 
ou  hémostatique  :  HÈllIlORRHtGlES  de  toutes  sortes,  HÉMOPTYSIES. 


SOCIÉTÉS  SAVANTES 

ACADÉMIE  DES  SCIENCES 
Séance  du  23  janvier  1906. 

Sur  Pacide  gUjeuronique  dans  les  globules  et  dans  le  sérum  du 
sang. 

MM.  R.  Lépine  et  Boulard  ont  montré  antérieurement  que 
dans  Je  sang  du  chien  à  l’état  normal,  les  conjugaisons  de 
l’acide  glycuronique.  qui  deviennent  réductrices  seulement 
après  le  cliauflage  de  l’extrait  de  sang,  en  présence  d’un  acide, 
sont  localisées  dans  les  globules,  de  sorte  qu'on  en  trouve  une 
proportion  assez  faible,  parfois  même  nulle,  dans  le  plasma 
(et  le  sérum!.  Il  en  est  de  même  dans  un  grand  nombre  de 
conditions  plus  ou  moins  pathologiques,  soit  chez  le  chien, 
soit  chez  l’homme,  où  elles  peuvent  atteindre,  dans  les  glo¬ 
bules  25  0  0  de  matières  sucrées. 

Exceptionnellement,  l’acide  glycuronique  paraît  faire  défaut 
dans  les  globules  ;  c'est  tjuand,  pendant  la  durée  de  la  centri¬ 
fugation,  il  est  détruit  par  glycolyse,  ce  qui  prouve  que  cer¬ 
taines  conjugaisons  de  cet  acide-sont  plus  facilement  glycoli- 
sées  que  le  glucose. 

1)  autre  part  pendant  la  centrifugation,  il  peut  se  produire 
de  l’acide  glycosurique,  et  la  quantité  produite  est,  dans 
dans  certains  cas,  très  supérieure  à  celle  qui  est  détruite  par 
la  glycolyse. 

Vinsi.les  chiffres  d’acide  glycuronique  trouvés  par  le  dosage 
des  matières  sucrées,  soit  dans  le  sérum,  soit  surtout  dans 
les  globules,  ne  peuvent  être  acceptés  (pi’après  une  sévère 
critique  des  conditions  de  l’expérience,  puisqu'ils  sont 
presque  toujours  faussés,  soit  par  une  destruction,  soit  par 
une  production  de  cet  acide,  consécutives  à  la  sortie  du  sang 
du  vaisseau.  (  )utre  ces  deux  causes  perturbatrices,  il  faut  aussi 
tenir  compte  de  la  présence  d’une  certaine  quantité  de  sérum 
dans  la  couche  globulaire. 


SOCIETE  DE  BIOLOGIE  , 

■  Séance  du  ÜO janvier  1906. 

Hémolyse  et  cholémie  expérimentale  chez  le  chien. 

M.  Froin  a  réalisé  une  destruction  lente  des  hématies  et 
des  leucocytes  dans  le  système  vasculaire  du  chien  en  lui  in¬ 
jectant  du  sérum  liémoiy tique  du  lapin. 

In  vitro,  1  expérience,  avait  été  faite  qui  consistait  à  détruire 
parallèlement  au  moyen  de  sérum  hémolytique  du  lapin  des 
hématies,  des  leucocytes.  Dans  l'organisme  du  chien,  l’action 
a  varié  un  peu  ;  le  chiffre  des  liématies  détruites  en  4<S  heures 
est  deu.x  fois  moindre  que  celui  des  leucræytes.  Etau  bout  de 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


ce  temps,  l’action  toxique  étant  diminuée,  il  y  a  hyperleuco¬ 
cytose  sans  hyperglobulie. 

Ces  variations  des  leucocytes  ne  dépendent  pas  de  l’ac¬ 
tion  toxique  du  sérum,  et  résultent  de  la  désintégration  de  la 
globuline,  car  des  milliers  de  milliards  d'hématies  sont  sus¬ 
pendues  dans  le  sang. 

Vvec  la  globulolysc  intra-vasculaire,  il  y  a  hémoglobinolyse 
et  cholémie  aveccholurie  :  le  pigment  biliaire  est  très  abon¬ 
dant,  surtout  au  début  de  l'bémolyse. 

Liquide  d’hydalidcs  d'aspect  séreux  avec  éosinophilie  du  dépôt. 

\1.  Sabrazès  (de  Bordeauvi.  —  Par  suite  de  traumatisme  des 
parois  du  parasite,  le  sang  peut  s’épancher  dans  les  kystes  hy¬ 
datiques  ;  il  en  résulte  des  phénomènes  d’hématolyse,  le  li¬ 
quide  doit  alors  sa  teinte  jaunâtre  à  la  présence  d'hémoglo¬ 
bine  ou  de  pigment  biliaire  ;  le  dépôt  contient  des  hématies 
déformées,  des  crochets,  des  germes  echinococciques,  des  gra¬ 
nulations  diverses  ;  des  corpuscules  calcaires,  des  éosinophi¬ 
les  qui  abondent  dans  l’adventice. 

Dans  un  cas  de  kyste  hydatique  du  triangle  de  Scarpa.  où 
l’on  avait  pensé  à  un  lympbo-adénocèle  ;  dans  un  kyste  de  la 
face  convexe  du  foie,  une  deuxième  ponction  ramena  un  li¬ 
quide  jaune  clair,  rappelant  le  liquide  de  la  pleurésie. 

Nature  graisseuse  de  l'opalescence  du  sérum  sanguin. 

ÔIM. Gilbert  et  JoMiERont  examiné  8  sérums  humains  pour 
rechercher  la  nature  graisseuse  de  1  opalescence.  Leur  méthode 
est  celle  par  ceniri;'ugalion  du  sérum  additionné  d’éther  et 
par  traitement  de  la  couche  supérieure  constituant  un  disque 
gélatineux  composé  d’agrégats  de  granulations  gonflées  par 
l’éther,  qui,  étendues  d’eau  distillée  donnent  naissance  à  l’opa¬ 
lescence.  ' 

Celle-ci  est  due,  au  microscope,  à  la  masse  de  granulations 
réfringentes  en  suspens,  analogues  aux  globules  du  lait,  gra¬ 
nulations  qui  noircissent  par  l’acide  osmique.  Le  sérum  aban¬ 
donné  par  ledisciue  est  tout  à  fait  translucideet  le  fait  d’avoir 
altéré  par  l’acide  osmique  les  granulations  qui  rendaientopa- 
lescent  le  sérum  fait  conclure  à  la  nature  graisseuse  de  ce 
,  principe  de  l’opalescence. 

Cirrhoses  alcooliques. 

MM.  P.  Carnot  et  Ancel.  —  Ayant  étudié  les  îlots  de  Lan- 
gerhaus  dans  les  divers  processus  morbides,  les  auteurs  ont 
noté  la  fréquence  de  leur  hypertrophie. 

Les  îlots  de  Langerhans  normaux  contiennent  de  30  à  lOOélé- 
ments  cellulaires  ;  dans  les  cirrhoses  alcooliques, atrophiques 
ou  hypertrophiques,  les  cellules  vont  de  200  à  450  ;  dans  un 
cas  de  cirrhose  de  Laënnec  on  a  trouvé  1150  à  1500  noyaux 
distincts  :  les  îlots  paraissent  aussi  plus  nombreux.  Et  ceci 
cadre  bien  avec  les  résultats  du  travail  de  Lefas  sur  l’augmen¬ 
tation  du  pancréas  dans  ces  cas  ;  tous  pesaient  de  130  à  1,50 
grammes. 

Ces  îlots  préposés  à  la  sécrétion  interne  peuvent  être  rap¬ 
prochés  de  l’hypertrophie  splénique  observée  dans  les  mêmes 
conditions. 

Dosages  de  petites  quantités  de  chloroforme. 

M.  A.  Aicloux  décrit  des  méthodes  de  dosage  permettant 
au  physiologiste  et  au  médecin  légiste  d’effectuer  le  dosage  de 
chloroforme  dans  l’air,  le  sang  ou  un  autre  liquide 
aqueux. 

La  méthode  est  simple, rapide  et  très  exacte,  permettant  de 
reconnaître  ,50  milligrammes  de  chloroforme  dans  100  cent, 
cubes  de  sang.  Après  cessation  de  l’anesthésie,  la  quantité  di¬ 
minue  rapidement. 

Oralité  de  l'enseignement. 

M.  P.  Bonnier  a  étudié  la  capacité  auditive  des  élèves  des 
deux  sexes  de  5  à  15  ans,  la  capacité  vocale  des  élèves  profes¬ 
seurs  des  écoles  normales  de  la  Seine.  Chez  les  filles  53  0,0, 
chez  les  garçons  (150  0  doivent  doubler  leur  efiort  intellectuel 
pour  comprendre. 

•W  %  des  élèves  maîtresses,  78  0,  0  des  élèves  maîtres  n  ont 
P«s  d’emblée  la  capacité  vocale  nécessaire  pour  parler  sans 
efforts  ety  arrivent  facilement  dès  qu’on  leur  indique  la  façon 
'Mile  professionnellement  de  porter  leur  voix. 


Coloration  des  sphirocètes. 

MM.  Levaditi  et  Manouélian  emploient  les  procédés  de 
Bamon  et  Cajal,  modifié  par  Levaditi  pour  colorer  les  spiro¬ 
chètes  des  coupes  ;  mais  ce  procédé  par  imprégnation  prolon¬ 
gée  du  nitrate  d'argent  est  imparfait.  La  pyridine,  substance 
pénétrante,  imprègne  rapidement  tous  les  spirilles  de  Schau- 
dinn  ;  le  bain  d’argent  puis  le  réducteur  (acétone  et  acide 
pyrogallique),  racourcissent  le  temps  d’imprégnation  et  de  ré¬ 
duction. 

Trypanosome  des  poissons. 

M.  Brumpt  a  précisé  l’espèce  des  trypanosomes'des  poissons. 
Le  sang  des  poissons  est  aspiré  par  des  sangsues  et  c’est  dans 
les  hirudinées  que  se  termine  l’évolution  du  trypanosome. 

E.  P. 


ACADEMIE  DE  MÉDECINE 
Séance  du  30  janvier. 

La  mortalité  tuberculeuse. 

M.  IvELSCH  montre  que, dans  l’armée,  où  cependant  la  statis¬ 
tique  comprend  non  seulement  la  mortalité,  mais  la  morbi¬ 
dité,  le  nombre  exact  des  tuberculeux  n’est  pas  connu.  La 
même  difficulté  se  rencontre  dans  les  armées  étrangères:  tous 
les  chiffres  donnés  sont  inférieurs  à  la  réalité.  On  ne  saurait, 
en  outre,  comparer  au  contingent  français  le  contingent  alle¬ 
mand.  Celui-ci  est  l’objet  d  une  sélection  plus  rigoureuse.  Il 
s’épure,  en  outre,  à  jet  continu  après  l’incorporation. 

M.  Landoi  zv  rappelle  (pie,  même  à  Paris,  la  cause  exacte 
de  la  mort  n’est  pas  indiquée  pour  27,9  "/o  des  décès.  11  rap¬ 
pelle  les  résultats  de  son  referendum  préparé  avec  le  D''  Weill- 
Mantou  et  adressé  à  9.C00  médecins.  La  tuberculose  paraît 
un  peu  partout  augmenter.  Dans  les  deux  principales  villes  de 
province,  sur  un  total  de  47.490  décès,  10.178  ont  été  inscrits 
sous  la  rulirique  «  autres  causes  ».  Dans  les  villes  de  moyenne 
importance,  comme  Roanne,  sur  34.000  habitants  et  72.'J  décès, 
la  statistique  indique  74  décès  tuberculeux,  342 pour  «autres 
causes  »  et  20  pour  cause  inconnue.  Il  en  est  ainsi  à  peu  près 
partout  :  à  Nanterre,  plus  de  la  moitié  des  décès  échappe  à 
toute  information. 

M.  Landouzy  ajoute  qu’il  ne  faudrait  pas  croire  que  la 
tuberculose  fasse  peu  de  ravages  dans  les  campagnes.  C’est 
une  erreur  :  un  village  peut  rester  indemme,  mais  une  fois 
qu’il  est  contaminé,  c’est  pour  longtemps,  car  on  y  pratique 
peu  l’hygiène  et  on  ignore  la  désinfection.  La  contamination 
s’y  produit  par  les  soldats  qui  reviennent  au  pays,  atteints 
de  bronchite  chronique,  ou  par  les  ouvriers  des  villes,  et  s’y 
entretient  par  l’alcoolisme  et  le  manque  de  propreté. 

M.  Landouzy  termine  en  proposant  à  l’Académie  d  émettre 
un  vœu  invitant  le  ministre  de  l’intérieur  à  prendre  les  me¬ 
sures  voulues  pour  nous  donner  des  statistiques  capables  de 
nous  renseigner  aussi  exactement  que  possible  sur  l’état  sa¬ 
nitaire  du  pays  et  spécialement  sur  la  tuberculose. 

M.  Chauffard  croit  que  la  statistique,  malgré  ses  lacunes, 
précise  déjà  les  conditions  sociales  qui  provoquent  la  tuber¬ 
culose.  Certaines  maisons  sont  déjà  de  véritables  foyers. Tout 
dernièrement  une  tuberculeuse  soignée  dans  le  service  de  M. 
Chauffard  avait  occupé  pendant  vingt  ans  comme  concierge 
une  loge  où  son  mari  et  ses  dix  enfants  étaient  morts  de  tuber¬ 
culose.  Jamais,  par  un  véritable  crime  social,  il  n’y  avait  eu 
de  désinfection.  Un  jugement  récent  de  la  7“  chambre  oblige 
les  parents  d’un  tuberculeux  mort  dans  un  hôtel  à  payer  les 
frais  de  désinfection.  A  défaut  de  déclaration  obligatoire,  il  y 
là  un  progrès  réel.  Mais  la  déclaration  serait  indispensable, 
au  moins  en  cas  de  décès. 

M.  A.  Robin  admet  aussi  futilité  de  la  déclaration  obliga¬ 
toire  et  surtout  de  la  désinfection  après  décès. (.juelle  que  soit 
la  valeur  de  la  statistique  il  a  tenu  à  démontrer  deux  choses: 
la  première,  c’est  que  l’avantage  indiqué  en  faveur  de  l’Al¬ 
lemagne  n’existait  pas  en  réalité  ;  la  seconde,  c’est  que  les 
moyens  aux»iuels  on  attribuait  la  di  minution  de  la  tubercu¬ 
lose  chez  nos  voisins  n’étaient  pour  rien  dans  cette  affaire. 
11  est  certain  qu’il  y  a  des  fuitesdans  les  chiff  res  représentant 
la  tuberculose,  mais  je  ne  sais  d’où  elles  proviennent.  No¬ 
tamment,  le  chiffre  des  bronchites  chroniques  et  celui  des 


70 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


maladies  de  cause  inconnue  ou  mal  définies  a  tendance  à  dé¬ 
croître  en  même  temps  que  le  nombre  des  tuberculoses  a  di¬ 
minué.  Ce  n'est  donc  pas  là  que  s’abritent  les  tuberculoses. 

M.\  allin  signale  l’utilité  qu’il  y  aurait,  comme  dans  la  sta¬ 
tistique  de  Paris,  à  classer  les  tuberculoses  par  régions.  Dans 
la  statisti((ue  anglaise,  toutes  les  tuberculoses  sont  englobées 
sous  la  rubrique  de  phtisie  ce  qui, pour  l’observateur  non  pré¬ 
venu  augmente  la  fréquence  des  tulierculoses  pulmonaires. 

La  suite  de  cette  importante  discussion  continuera  mardi 
prochain. 

Epuration  des  eaux  potables. 

M.  Kermorgant  présente  un  travail  de -VL  l.ambert,  phar¬ 
macien  des  troupes  coloniales,  sur  un  nouveau  mode  d’épu¬ 
ration  des  eaux  parle  permanganate. 

Le  mycétome. 

M.  Blanchard  lit  un  rapport  sur  un  travail  de  MM.  Nicolle 
et  Brunswic-le-Bihan,  sur  un  cas  de  mycétome  en  Tunisie. 

A. -F.  Plicque. 

SOCIÉTÉ  MÉDICALE  DES  HOPITAL \ 

Séance  du  '26  janvier  1006. 

Cas  de  pseudo- hermaphrodisme  masculin. 

MM.  DE  Beurmann  et  Roubinovitch  présentent  un  sujet,  âgé 
de  iO  ans  quia  les  caractères  d’une  femme  :  figure  imberbe, 
chevelure  abondante  et  fine  :  peau  fine  et  glabre,  voix  fémi¬ 
nine, mamelles  très  développées, cambrure  lombaire  très  accu¬ 
sée,  bassin  élargi.Les  organes  génitaux  externes  sont  ceux  d'un 
homme  (verge  de  4 centimètres  et  gland, scrotum  bifide,  pré¬ 
sence  de  testicules  dans  chaque  sac, hypospadias.)La  masturba¬ 
tion  produit  un  liquide  sans  spermatozoïdes. Cet  androgyne  gy- 
nécomaste  est  un  pseudo-hermaphrodite  héréditaire  :  un  oncle 
et  une  tante  maternels  présentent  le  même  difformisme  sexuel. 
Dégénérés  dans  la  famille. Le  sujet  lui- même  est  un  érotique 
cérébral,  s’adonnant  à  l’onanisme  et  recherchant  infructueu¬ 
sement  le  commerce  des  femmes. Ce  cas  est  intéressant  :  l»par 
lecôté  médico-social,  le  sujet  revendiquant  un  changement  de 
son  étatcixil(il  est  inscrit  comme  étant  du  sexe  féminini2®  par 
la  parenté  (jui  relie  étroitement  le  pseudo-hermaphrodisme 
à  la  dégénérescence  physique  et  mentale  i  psychopathies  sexuel¬ 
les)  ;  3°  par  l'azoospermie  étant  probablement  la  cause  des 
caractères  féminins  du  sujet.  Une  opothérapie  sera  essayée. 

Méningite  tuberculeuse  à  fome  somnolente  de  lapremib't 
enfance. 

MM .  Lesage  et  Abrami  ont  pratiqué  systématiquement  la 
ponction  lombaire  chez  tous  les  nourrissons  présentant  des 
troubles  méningés  quelconques  ;  ils  ont  examiné  à  l'autopsie 
les  méninges  et  le  système  nerveux,  et  fait  l’inoculation  au 
cobaye.  Us  ont  été  frappés  de  la  fréqusnce  considérable  de 
la  méningite  tuberculeuse,  et  par  le  tableau  clinique,  qui  ne 
fut  classique  qu’en  quatre  cas  sur  2!)  ;  dans  25  cas  tous  les 
symptômes  classiques  furent  absents.  Par  contre  les  auteurs 
ont  mis  en  évidence  un  syndrome  particulier  caractérisé  par: 
1"  une  somnolence  progressive  et  continue  ;  2°  une  catalep¬ 
sie  oculaire  précoce;  3»  une  instabilité  du  pouls  et  la  dissocia¬ 
tion  du  pouls  et  de  la  température  ;  4"  un  amaigrisse  ment 
précoce  continu  et  progressif,  différent  de  l’amaigrissement 
brusque  consécutif  aux  diarrhées  graves. 

Examen  cytologique:  lymphocytose  ;'7  fois  présence  du  ba¬ 
cille  de  Koch. 

Inoculation  :  toujours  positive.  Examen  nécropsique  : 
rareté  de  la  granulie  méningée,  méningite  de  la  base  (chi- 
asma  et  protubérance)  nodules  tuberculeux  anciens  dans  la 
substance  cérébrale. 

Pour  les  auteurs  cette  forme  somnolente  est  beaucoup  plus 
fréquente  que  la  forme  classique  et  doit  être  dépistée  par  les 
symptômes  cardinaux  sus  indiqués. 

Septicémie  à  tétragènes. 

MM.  11.  Roger  et  Trémolières  ont  observé,  chez  un  homme 
atteint  de  purpura  rhumato'ide,  la  présence  à  l'état  pur  d’un 
tétragène  analogue  à  ceux  déjà  décrits,  qu’ils  ont  appelé  Te- 
tragenus  ruber  pour  indiquer  la  coloration  rouge  que  donne  sa 


culture  sur  pomme  de  terre.  Ce  tétragène  est  bien  la  cause  des 
accidents  observés,  car  ses  cultures  sont  rapidement  aggluti¬ 
nées  par  le  sérum  du  malade. 

Lucas  semblable  publié  par  Chauffard  et  Ramond,  confir¬ 
me  avec  celui-ci  la  tendance  (ju’ont  les  infections  à  tétragè¬ 
ne  à  envahir  les  articulations,  les  plèvres  et  à  provoquer  en 
même  temps  des  éruptions  cutanées.  En  général,  c’est  au  ni¬ 
veau  et  au  pourtour  de  la  bouche  et  du  pharynx  que  ce  mi¬ 
crobe  exerce  son  action  nocive  :  abcès  dentaires,  angines  ; 
mais  il  peut  envahir  les  voies  respiratoires  (broncho-pneumo¬ 
nies,  pleurésies!  le  péritoine,  l’intestin  et  le  sang. 

Estomac  en  sablier  (sténose  mëdio-gastrique.) 

M .  Lion  refait  à  propos  d'une  malade  de  son  service  opérée 
pour  sténose  pylorique  qui  était  en  réalité  une  biloculation, 
l’histoire  de  l'estomac  en  sablier.  On  décrit  deifx  variétés  de 
biloculation  suivant  que  la  sténose  médio-gastrique  est  com¬ 
plète  ou  non. Sous  la  première  variété  qui  simule  une  sténose 
pylorique  on  observe  :  1“  une  ectasie  paradoxale  (clapotage 
après  tubage  ou  lavage)  ;  2“  après  lavage  complet,  jusqu'à  li¬ 
quide  clair  un  deuxièmelavage  ramène  de  nouveau  un  lûïuide 
trouble. Bouveret  ajoute  à  ces  signes:  l’insufflation  remplit 
d'abord  la  première,  puis  la  deuxième  poche  ;  l'obstruction 
médio  gastrique  peut  être  provoquée  par  les  aliments  et  on 
peut  prendre  la  tumeur  ainsi  formée  pour  une  tumeur  de  la 
rate  ou  du  lobe  gauche  du  foie.  Friedel. 


SOCIÉTÉ  DE  MÉDECINE  DE  PARIS 

Séance  du  27  janvier  1906.  —  Présidence  de  M.  Berne, 
Vice-Président. 

La  séance  est  ouverte  à  4  h.  45. 

M.le  Président  annonce  que  notre  collègue, M.Coudray, 
et  M.  Simon,  membre  correspondant  de  Buends-Ayres 
viennent  d’être  nommés  chevaliers  de  la  Légion  d’hon¬ 
neur.  Il  les  félicite  chaleureusement  au  nom  de  la  So¬ 
ciété. 

Correspondance  imprimée.  —  Journaux  et  revues  ordi-. 
naires.  Un  nouveau  journal  :  La  Ligue  nationale  contre 
l’alcoolisme. 

Correspondance  manuscrite.  —  Lettres  de  MM.  Monel, 
Rougon  et  Leudet  s’excusant  de  ne  pouvoir  assister  ni  a 
la  séance, ni  au  banquet. 

Rapportsur  les  titres  et  travaux  de  M.  le  Docteur  Dias 

Amado,  de  Lisbonne,  candidat  au  titre  de  membre 

correspondant  étranger  ; 

Par  M.  Buret. 

Messieurs, 

Le  docteur  Dias  Amado,  de  Lisbonne,  qui  est  candidat  au 
titre  de  membre  correspondant,  nous  a  adressé,  à  l’appui  de 
cette  candidature,  un  travail  inédit,  étayé  de  sept  observations 
fort  intéressantes.  Frappé  des  résultats  obtenus  par  le  D''  Mo- 
niz,  d’Aragon,  dans  le  traitement  des  maladies  cutanées  et  sy¬ 
philitiques,  par  des  extraits  de  plantes  de  la  flore  brésilienne, 
il  a  voulu  contrôler  ces  résultats  sur  des  malades  de  sa  clien¬ 
tèle  et  ce  sont  ces  observations  qu’il  nous  envoie  aujour¬ 
d’hui. 

Je  vous  ai  déjà  parlé  de  ces  plantes  dans  un  précédent  rap¬ 
port  :  il  n’y  a  donc  pas  lieu  de  revenir  sur  leur  classification 
en  botanique  et  leurs  noms  indigènes  ;  je  me  bornerai  à  vous 
rappeler  le  nom  scientifique  des  trois  espèces  employées  par 
le  médecin  portugais.  Ce  sont  la  franmem  imi//ora,  la  è>- 
coma  speciosa  et  leJacaranda  lanijoliata,  qui  ont  servi  ensem¬ 
ble  à  préparer  l’extrait  administré  aux  malades.  Nous  citerons 
brièvement  les  cas  les  plus  intéressants. 

Une  veuve  de  47  ans,  ayant  des  antécédents  héréditaires  au 
poiiit  de  vue  de  la  tuberculose,  est  atteinte  en  1903,  d’éléphan- 
tiasis  de  la  vulve.  C’est  une  scrofuleuse,  portant  des  cicatri¬ 
ces  d’adénites  cervicales  suppurées.  L’hypertrophie  des  gran¬ 
des  lèvres  empêcliait  la  malade  de  s'asseoir  et  elle  fut  consi¬ 
dérée  comme  inopérable  par  leD’’  Cabéça,un  des  plus  grands 
cliniciens  de  Lisbonne.  A  titre  d’essai,  l’extrait  de  plantes  lui 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


71 


fut  administré  à  la  dose  de  trois  cuillerées  à  potage  par  jour. , 
Amélioration  notable  au  bout  de  3  mois  ;  guérison  médicale 
en  1905,  c’est-à-dire  en  2 ans.  —  Une  blanchisseuse  de37  ans 
qui  était  dans  le  même  cas,  en  1904,  fut  guérie  en  14  mois.^ 

Une  marchande  de  poisson,  de  32  ans,  était  atteinte,  à  la 
Jambe  gauche,  d’ulcères  gommeux  qui  alfectèrent  bientôt  une 
allure  serpigineuse  inquiétante  à  ce  point  qu'une  amputation 
fut  proposée  à  l’hôpital  San  José,  de  Lisbonne.  Guérison  en  un 
an  par  l’extrait  de  plantes,  ainsi  qu’en  témoignent  les  photo¬ 
graphies.  Une  autre  malade, de  33  ans,  dont  les  photographies 
sont  également  jointes  à  l’observation,  avait  des  gommes  ul¬ 
cérées  de  la  face,  que  le  traitement  mercuriel  n'avait  pas 
améliorées.  Llcérations  profondes,  perte  de  substance,  pus 
fétide,  nécrosCj  séquestres  du  maxillaire.  Radicalement  gué¬ 
rie  après  6  mois  de  traitement. 

Unhérédo  de  5  ans,  couvert  de  syphilides  pustulo-crusta- 
cées  rebelles  aù  mercure,  est  guéri  en  un  mois.  Un  autre  hé- 
rédo,  de  18  mois,  atteint  d  impétigo  et  de  coryza  syphiliti¬ 
ques  rebelles,  est  guéri  en  8  mois.  Ces  deux  malades  ont  été 
également  photographiés. 

,  Le  docteur  Dias  Amado  a  expérimenté  l’extrait  des  plantes 
citées  plus  haut  dans  le  traitement  de  nombreux  malades  pen¬ 
dant  une  période  de  quatre  ans.  Il  a  pu  observer  l’eflicacité 
absolu  de  ce  traitement  dans  les  dermatoses  et  pendant  tou¬ 
tes  les  phases  de  la  syphilis.  Il  n’a  pas  constaté  de  troubles 
gastro-intestinaux. 

Nous  nous  bornerons  à  former  de  nouveau  le  vœu  que  les 
douanes  franc, aises  laissent  enfin  passer  les  extraits  de  plan¬ 
tes  brésiliennes  que  M.  Moniz  d’Aragon  veut  bien  mettre  à  la 
disposition  des  expérimentateurs.  .Si  réellement  ces  plantes 
ont  de  telles  propriétés  —  car  nous  ne  pouvons  pas  supposer 
que  leur  efficacité  soit  limitée  au  Brésil  ou  au  Portugal  —  il 
nous  tarderait  de  voir  ce  qu’elles  pourraient  faire  sur  des 
Francjais.  et  nous  serions  parmi  les  premiers  a  en  proclamer 
les  résultats. 

Aotre  candidat,  M.  le  D''  Dias  Amado,  qui  a  le  grade  de 
pharmacien  de  l'°  classe,  est  un  syphiligraphe  réputé  de  Lis¬ 
bonne.  Il  a  été  lauréat  de  l'Université  Royale  de  Coïmbre  ; 
actuellement,  il  est  membre  de  l'Institut  de  Lisbonne,  de 
l’Académie  de  Pernambouc.  de  l’Institut  de  Bahia.  etc.  Nous 
citerons,  parmi  ses  principales  publications  :  Contribution  à 
V étude  des  maladies  du  sançj  ;La  Thérapeutique  rationnelle,  etc. 
Ln  ouvrage,  actuellement  sous  presse,  a  pour  titre  :  Les  pé¬ 
riodes  contagieuse  et  organiques  de  la  syphilis  et  leur  traite¬ 
ment. 

Ces  renseignements  concernant  notre  confrère  portugais 
nous  donnent  la  preuve  qu’il  est  estimé  dans  son  pays  comme 
un  homme  de  haute  valeur  et  que  sa  réputation  a  pénétré 
dans  les  pays  voisins.  J’estime  qu’il  sera  une  e.xcellente  re¬ 
crue  pour  notre  Compagnie,  et  je  vous  propose,  au  nom  de  la 
Commission,  de  l’admettre  comme  membre  correspondant  à 
titre  étranger. 

M.  Tissier  fait  observer  que  M.  Moniz  d’Aragon  pour- 
Tait,  pour  éviter  les  droits  de  douane  et  surtout  les  dif¬ 
ficultés,  adresser  ses  produits  àlVI.  le  professeur  de  bo¬ 
tanique  de  l’École  de  Pharmacie  de  Paris. 

M .  le  Secrétaire  Général  répond  qu’il  en  avisera  no¬ 
tre  collègue,  en  ce  moment  à  Lisbonne. 

Les  conclusions  favorables  du  rapport  sont  mises  aux 
voix  et  adoptées  ;  le  vote  aura  lieu  dans  la  prochaine 
séance. 

^L  le  D"  B.arbaüx  présente,  au  nom  de  M.  M.arik,  une 
série  de  pièces  osseuses. 

1°  La  première  pièce  concerne  un  demi-bassin  d’idiote 
{côté  gauche). 

La  malade,  enfant  trouvée,  alitée,  gâteuse,  incapable 
de  renseigner,  mourut  à  l’asile  avec  une  rétraction  du 
membre  inférieur  qui  était  en  adduction  forcée  et  rejeté 
sur  la  cuisse  du  côté  opposé,  fortement  rapproché  de  la 
partie  inférieure  du  tronc.  (Décès  par  entérite  tuber¬ 
culeuse.' 

A  l’autopsie, ontrouve  une  synostose  fémoro-iliaque,la 
cavité  cotyloïde  antérieurement  soudée  avec  la  tête  fémo- 
l'ale  et  des  ponts  osseux  reliant  le  corps  du  fémur  au  pubis,  à 


travers  les  muscles  dégénérés  et  les  téguments  adhérents 
par  soudure  semblable  à  celles  qui  suivent  certaines 
brûlures  ;  pas  de  renseignements  sur  la  possibilité  d’ac¬ 
cidents  coxalgiques  antérieurs,  pas  de  lésion  localisée 
unilatérale  de  l’hémisphère  correspondant.  Idiotie  mi¬ 
crocéphalique  par  dégénérescence  tuberculeuse  diffuse 
de  l’encéphale.  —  Pas  de  tubercules  pulmonaires. 

2“  La  deuxième  pièce  concerne  un  os  iliaque  de  dément 
sénile,  alité,  gâteux,  mort  cachectique,  et  présentant  à 
l’autopsie  des  traces  d’altérations  anciennes  de  l’os  ilia¬ 
que,  pouvant  se  rapporter  à  une  ancienne  suppuration  os- 
téo-myélitique,  ou  à  une  altération  sénile  comparable  au 
morbuscoxœ  senilis.  (La tête  fémorale  atrophiée  corres¬ 
pondant  à  la  cavité  cotylo’ide  altérée  a  été  perdue.)  (Ra¬ 
mollissements  anciens  des  deux  hémisphères.) 

La  Société  se  constitue  en  Comité  secret  pour  enten¬ 
dre  quelques  orateurs  relativement  au  rejet  du  projet 
de  modification  de  statuts  dans  la  dernière  séance.  A 
l’unanimité, on  vole  l’opportunité  d’une  note  explicative 
que  le  Secrétaire  général  adressera  officiellement  à  la 
Société  Médico-Chirurgicale. 

La  séance  est  levée  à  6  h.  30. 

Le  Secrétaire  général,  Le  secrétaire  annuel, 

F.  Bi  ret.  Mortier. 


LA  VALÉROBROMiNE  LEGRAND 

est  plus  active  que  les  bromures  et  les  valé- 
rianates. 


REVUE  DE  CHIRURGIE 


De  la  phlébite  variqueuse,  par  le  D'  IL  Etienne. 

Sauf  contre-indication  rare,foîUe  phlébite  rariqueiise  doit  être 
opérée.  V  oilà  ce  que  nous  avons  soutenu  dans  notre  thèse  inau¬ 
gurale  (11,  inspirée  par  nos  maîtres  Quénu  et  Longuet.  «  L’in¬ 
tervention  s’impose  parce  qu’il  est  dans  l’évolution  de  cette 
maladie  soit  de  se  prolonger  (phlébite  prolongée;  ;  soit  de  ré¬ 
cidiver  (phlébite  à  répétition),  soit  de  se  propager  vers  les 
gros  troncs  veineux  (phlébite  propagée),  soit  de  se  compliquer 
d'abcès  ou  de  troubles  trophiques  (phlébite  névritiquei,  soit 
enfin  de  déterminer  la  mort  brusque  par  embolies  microbien¬ 
nes  pures  ou  embolies  de  caillots  (phlébite  embolhiue'  »  (Lon¬ 
guet).  La  grossesse  iQuénui,  l’albuminurie,  la  glycosurie  de 
moyenne  intensité!  Longuet  I  ne  sont  pas  des  contredndications 
à  l’opération,  qui  est  d’autant  plus  simple,  plus  anodine  qu’elle 
est  exécutée  plus  précocement  et  même  au  stade  préphlébiti- 
que,  c’est-à-dire  de  varice  non  encore  infectée  (Longuet). 

Or  notre  pratique  justifie  jusqu’ici  le  bien  fondé  de  cette  ma¬ 
nière  de  voir.  C’est  à  ce  titre  que  nous  croyons  devoir  publier 
les  2  observations  suivantes,  dont  la  première  nous  est  com¬ 
mune  avec  notre  maître,  le  professeur  Longuet  : 

Observation  I.  (Longuet  et  Etienne). 

] hrombo-phébite  variqueuse  prolongée.  Opération.  Guérison. 

H.  67  ans,  ancien  variqueux  présente  depuis  quelques  jours  une 
plaque  plilegmoneuse  rougeâtre  superficielle  un  peu  au-dessus  et 
en  arriére  du  condyle  interne,  sur  le  trajet  de  ta  saphène  interne, 
multibosselée,  pâteuse,  de  consistance  de  suif,  un  peu  chaude  au 
toucher, enclavée  et  adhérente  dans  le  tissu  cellulaire  sous-cutané, 
■  longue  de  5  travers  de  doigts  large  de  2  travers  de  doigt. 

La  veine  saphène  externe  est,  d’autre  part,  enflammée  depuis  le 
niveau  de  la  malléole  externe,  jusqu’au  milieu  du  mollet;  mais  avec 
augmentation  régulièrement  cylindrique  de  son  calibre,  elle  roule 
sous  le  doigt  sous  forme  d’un  «  tuyau  de  pipe  »  rigide. 

Le  diagnostic  est  évident  :  tlirombo-phlébite  variqueuse  de  la 
saphène  interne  et  de  la  saphène  externe.  La  porte  d’entrée 
de  l’infection  est  ici  manifestement  une  excoriation  de  la  région 
malléolaire  externe,  encore  visible  actuellement.  Ainsi  s’explique 


(1)A.  KriEXNE.  —  Phlebectoiiiie  dans  les  phlébites  variqueuses  des 
membres.  Thèse  de  Paris,  19('2. 


72 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


la  phlébite  de  la  saphène  externe.  Et  nous  pensons  que  l’infection 
s’est  probablement  transmise  à  la  saphène  interne  par  quelque 
veine  anastomotique  intersaphénique.  D'ailleurs  la  tumeur  sous- 
rétrocondylienne  interne, quoique  plus  volumineuse,  ne  s’est  déve¬ 
loppée  qu’aprés  celle  de  la  jambe.  Enfin  l’observation  pendant  un 
mois  nous  ayant  démontré  que  l’affection,  malgré  le  repos,  n’aau- 
cune  tendance  à  la  rétrocession,  nous  conseillons  l'opération  refu¬ 
sée  jusqu'ici. 

Opération,  le  23  novembre  lOOû,  par  Longuet.  —  Phlébectomie 
de  la  tumeur  saphène  interne  et  phlébectomie  do  la  saphène  externe 
■sur  une  longueur  de  15  centimètres.  Comme  particularités,  signa¬ 
lons  l’absence  complète  d’antiseptiques  ;  la  ligature  haute  première 
des  troncs  veineux  avec  du  fil  de  lin  sporicidé  ;  enfin  l’absence 
totale  de  forcipressure,  selon  la  technique  générale  de  Longuet. 

Suites  immédiates  :  excellentes. 

Suites  éloignées  Le  malade  guérit  vite  (en  15  jours)  et  radicale¬ 
ment,  malgré  un  mauvais  état  général  dù  à  l’artério- sclérose,  à 
l’emphysème  et  à  l'alcoolisme.  La  plaie  est  réunie  par  première 
intention. 

Observation  II  (Etienne) 

Phlébite  variqueuse  de  la  saphène  externe  ;  récidive  à  l’occasion 
d'un  accouchement. 

F.  21  ans,  très  variqueuse  des  deux  jambes  depuis  sa  première 
grossesse  (1903)  présente  une  thrombo-phlébite  variqueuse  delà  sa¬ 
phène  externe  gauche  au-dessous  du  creux  poplité,  au  voisinage 
de  l’embouchure  dans  la  veine  poplitée.  Consistance  dure.  Pas  de 
rougeur  des  téguments.  Douleur  très  légère  à  la  pression.  Pas  de 
trouble  de  la  marche  ;  cette  malade  a  fait  2  kilomètres  à  pied  pour 
venir  nous  consulter.  Actuellement  cette  femme  est  enceinte.  Nous 
conseillons  l’intervention  immédiate,  qui  est  refusée. 

Comme  traitement,  le  repos  au  lit  est  observé  pendant  un  mois, 
avec,oomme  traitement  local, des  applications  de  cataplasmes  chauds 
renouvelés,  et  d’une  pommade  à  l’iodure  de  plomb  conseillée  ail¬ 
leurs,  avec  une  tisane  diurétique.  L’affection  semble  guérie. 

Le  !='■  décembre,  je  suis  appelé  pour  un  accouchement  qui  a  lieu 
à  terme,  très  normalement,  en  O.I.G.A. 

12  heures  plus  tard,  la  température  esta  38°5,  le  pouls  à  105  ; 
la  tumeur  poplitée  devient  douloureuse,  durcità  nouveau  et  le  len¬ 
demain,  se  présente  avec  tous  les  caractères  qu'elle  avait  lors  de 
la  première  poussée,  et  une  douleur  plus  intense. 

Nous  conseillons  à  nouveau  l’opération  :  mais  pas  pour  l'instant 
puisque  la  malade  va  conserver  le  lit.  Mieux  vaut,  pensons-nous, 
attendre  maintenant  que  la  phase  puerpérale  soit  complètement  ter- 

Diagnostic.  —  Est- ce  une  phlébite  variqueuse  réveillée,  ou  une 
phlébite  puerpérale  ;  une  phlegmatia  des  accouchées. Or  l’iiypothèse 
de  phlegmatia  d’origine  utérine  nous  semble  devoir  être  ici  écar¬ 
tée.  D’abord,  il  n’y  a  pas  eu  d’intervention  pour  l’accouchement, 
pas  de  manipulation.  Un  seul  toucher  pour  le  diagnostic  de  posi¬ 
tion.  Le  début  dans  les  12  heures  qui  ont  suivi  la  délivrance  est 
bien  rapide  pour  une  infection  à  point  de  départ  utérin  retentissant 
jusqu'au  niveau  de  la  saphène  externe.  L’absence  totale  de  fétidité 
et  de  caractères  anormaux  dans  les  lochies  et  la  régression 
rapide  de  l'utérus  par  la  suite,  la  localisation  de  la  phlébite 
à  la  veine  saphène  externe  sans  rien  aux  veines  profondes, 
nous  semblent  des  raisons  suffisantes  pour  écarter  le  diagnos¬ 
tic  de  phlegmatia  des  accouchées  à  point  de  départ  utérin.  D’au¬ 
tre  part,  les  commémoratifs,  la  similitude  de  l’alïection  avec  ce 
qu’elleétait  lorsque  nous  fûmes  amenés  à  l'examiner3  moisplustôt 
nous  font  conclure  à  une  thrombo-phlébite  variqueuse  à  répéti¬ 
tion,  récidivée  à  l'occasion  de  l’accouchement. 

En  résuméces  deux  observations  présentent  un  intérêt  direct 
très  différent.  La  première  démontre  que,  malgré  l’àge,  mal¬ 
gré  un  mauvais  état  général  entretenu  par  artério-sclérose 
emphysème  et  alcoolisme, l’opération  estla  meilleure  conduite, 
efficace  et  bénigne  en  cas  de  thrombo-pliébite  variqueuse.  La 
deuxième  confirme  l’opportunité  de  l’intervention  au  coursde 
la  grossesse.  Et  surtout  elle  établit  la  possibilité  d’une  récidive 
causée  par  l’accoucherïîent.  Lors  de  la  soutenance  de  notre  thè.  ’ 
se,  notre  maître,  le  professeur  Budin,  avait  attiré  notre  atten¬ 
tion  sur  ce  point.  11  nous  demandait  si  nous  connaissions  des 
récidives  de  phlébite  variqueuse  du  lait  de  l'accouchement. 
Nous  lui  sommes  reconnaissant  et  heureux  aujourd'hui  d’en 
apporter  une  observation  tirée  de  notre  pratiijue  personnelle. 


Le  Malt  Tissot,  connu  sous  le  nom  de  Maltésine,  est  le  seul 
qui  soit  aussi  chargé  en  diastase  et  houblon.  Prix  spéciaux 
aux  médecins. 


HYGIÈNE  HOSPITALIÈRE 

Prophylaxie  et  traitement  de  la  tuberculose  dans  les 
asiles  d’aliénés  (  1). 

Par  le  D"'  Marcel  Briand. 

Médecin  de  l'asile  de  Villejuif. 

La  lutte  contre  la  tuberculose  doit  être,  dans  un  asile  d’a¬ 
liénés,  l’objet  de  préoccupations  plus  attentives  que  dans 
toute  autre  collectivité.  Les  aliénés  ont,  si  l’on  peut  dire, 
plus  de  droits  que  tous  les  autres  hospitalisés  à  être  traités 
selon  les  méthodes  médicales  modernes.  Les  temps  sont 
heureusement  passés. où  l’asile  d’aliénés  était  une  simple  gar¬ 
derie,  une  «  maison  de  fous  ». 

Le  danger  de  contagion  est  plus  grand  danb  les  asiles  que 
partout  ailleurs.  On  comprend,  en  effet,  combien  il  est  dif¬ 
ficile  d’apprendre  à  un  aliéné  tuberculeux  à  pratiquer  Ls 
précautions  hygiéniques  indispensables  pour  diminuer  les 
chances  de  contagion  de  son  entourage. 

Il  serait  tout  aussi  impossible  d’obliger  ceux  qui  sont  in- 
demmes  à  suivre  une  hygiène  individuelle  les  assurant  de 
l’immunité. 

En  se  plaçantà  un  autre  point  devue,  on  ne  saurait,  d’ail¬ 
leurs,  proclamer  assez  haut  que,  si  la  société  a  le  droit  de 
priver  de  sa  liberté  un  de  ses  membres,  dans  un  souci  légi¬ 
time  de  sa  propre  sécurité,  elle  n’a  certes  pas  celui  del’expo- 
ser  à  une  contagion  de  conséquences  aussi  graves  que  la  con¬ 
tagion  tuberculeuse. 

Les  aliénés  être  soumis,  à  l’asile,  à  un  régime  non  seule¬ 
ment  hygiénique,  mais  encore  confortable,  afin  de  leur  faire 
oublier,  dans  la  mesure  du  possible,  l’attentat  porté  à  leur  li¬ 
berté  au  nom  delà  sécurité  publique. 

La  fréquence  de  la  tuberculose  dans  les  asiles  tient  non 
seulemement  à  la  contagion  si  facile,  mais  encore  à  cette 
raison  capitale  que  la  tuberculose  est  très  souvent  la  consé¬ 
quence  de  la  déchéance  physique,  survenant  dans  nombre 
de  maladies  mentales.  Les  paralytiques  généraux,  les  dé¬ 
ments  précoces,  les  idiots  se  tuberculisent  avec  une  facilité 
toute  particulière  et  répandent  inévitablement  autour  d’eux 
des  germes  morbides.  Comme  facteur  étiologique,  on  doit 
malheureusement,  trop  souvent  incriminer  encore  la  mau¬ 
vaise  installation  des  locaux,  qui  rend  impraticables  les  pré¬ 
cautions  hygiéniques  même  élémentaires,  sans  parler  de 
l’encombrement,  cetle  plaie  de  beaucoup  d’asiles.  Enfin  le 
médecin  a  le  devoir  strict  de  se  préoccuper  de  son  person¬ 
nel  qui  passe  sa  vie  au  milieu  des  aliénés  et  veiller  à  ce  que 
celui  ci  ne  se  contamine  pas  ieur  voisinage.  Depuis  quelques 
années,  dans  tous  les  pays,  on  s’occupe  de  cette  question  ei¬ 
de  nombreux  travaux  ont  paru  sur  ce  sujet.  Bornons-nous  à 
en  citer  quelques-uns.  En  France.  M.  Anglade  a  fait  des  re¬ 
cherches  bactériologiques  importantes  et  a  établi  la  fréquence 
dans  les  asiles  de  la  tuberculose  intestinale  ;  MM.  Char¬ 
don  et  Raviart  ont  fait  une  communication  sur  la  question 
au  congrès  de  Bruxelles  (1903)  1  M-  Marie,  au  Congrès  de 
Paris  (1900)  a  fait  adopter  un  vœu  analogue  à  celui  que  j’au¬ 
rai  l’honneur  de  vous  soumettre;  M.  Maussire  a  consacre  à  ce 
sujetsa  thèse  inaugurale.  En  Allemagne,  citons  les  publica¬ 
tions  de  Nœtel,  Snell,  Hagen,  surtout  le  récent  travail  de 
Geist  ;  en  Russie,  l'article  de  Toporkoff,  qui  contient  unere- 
vue  générale  de  la  question  et  de  nombreuses  indications 
bibliographiques. 

Depuis  i888,  je  me  suis  préoccupé  de  cette  question  de  la 
prophylaxie  et  du  traitement  de  la  tuberculose  dans  mon 
service,  ainsi  qu’il  résulte  d’un  rapport  de  l'année  1889  à  M.  le 
Préfet  de  la  Seine  ;  je  crois  même  avoir  été  un  des  premiers 
médecins  d'asiles,  dans  tous  les  cas  le  premier  en  France, 
qui  ait  pratiqué  systématiquement  l’isolement  des  aliénés 
tuberculeux  etleur  traitement  par  la  cure  d’air. Dans  ce  but,, 
j’ai  fait  aménager  à  très  peu  de  frais  un  petit  sanatorium  com¬ 
prenant  5  lits,  dans  le  jardin  de  mon  infirmerie;  il  consiste 
en  un  simple  abri  rectangulaire  sous  une  galerie  couverte, 

(1)  Communication  au  Congrès  de  la  tuberculose,  1905. 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


73 


complètement  ouvert  à  l  est.  En  soulevant  un  auvent  on  peut 
aussi  l’ouvrir  du  côté  sud.  Les  malades  y  séjournent  été 
comme  hiver,  jour  et  nuit.  Là  eiles  sont  soumises  à  un  traite¬ 
ment  diététique  et  médicamenteux  approprié  à  leur  état 
physique. 

Les  dangers  de  la  contagion  sont  ainsi  presque  nuis  pour 
les  autres  pensionnaires  de  l’étabiissement. 

Je  n’exclus  du  bénéfice  du  sanatorium  que  deux  catégories 
d’aliénées  :  1°  ies  aliénées  très  agitées  et  dangereuses  ;  2°  cel¬ 
les  dont  les  lésions  tuberculeuses  sont  trop  avancées  pour 
que  des  chances  de  guérison  existent. 

Ces  deux  dernières  catégories  de  mal  ad  es  sont  maintenues 
dans  des  chambres  d’isolement  et  des  cours  isolées  où,  au 
moins,  elles  sont  assez  inotîensives,  au  point  de  vue  de  la 
contagion. 

Au  cours  de  17  années  de  cette  pratique  personnelle,  je 
n  ai  jamais  rencontré  de  grandes  difficultés  pour  appliquer 
ce  système  de  traitement.  Les  résultats  en  sont  très  encoura¬ 
geants.  Plusieurs  infirmières  ont  également  profité  de  ce 
sanatorium.  Depuis  3  ans,  17  aliénées  tuberculeuses  ou  sim¬ 
plement  suspectes  y  ont  séjourné.  Parmi  ces  malades,  6  ont 
été  nettement  améliorées. 

Chez  deux  malades,  que  nous  observons  encore  actuelle¬ 
ment,  l’état  est  resté  stationnaire  ;  l’une  est  atteinte  de  tu- 
berculoseganglionnaire  ducou  et  elle  a  déjà  subi  une  opé¬ 
ration  à  l’asile  Sainte-Anne,  au  pavillon  de  chirurgie  de  mon 
distingué  collègue  et  ami  le  D’’  Picqué,  l'autre  vient  d’être 
opérée  d’une  fistule  anale  consécutive  à  des  lésions  pulmo¬ 
naires  anciennes, aujourd’hui  cicatrisées.  Chez  .7  malades,  les 
résultats  sont  encore  incertains.  Enfin,  4  ont  succombé.  Sur 
les  4  malades  décédées,  une  était  cardiaque  et  avait,  en 
plus,  une  alfcction  organique  grave  des  centres  nerveux. Une 
autre  était  épileptique.  Les  2  autres  étaient  des  vésaniques 
simples. 

C'est  après  de  grandes  hésitations  etbien  des  tâtonnements 
que  je  suis  arrivé  à  appliquer  systématiquement  la  méthode 
que  je  préconise  actuellement  ;  à  ce  sujet,  il  peut  être  inté¬ 
ressant  de  rappeler  un  incident  du  début  de  ma  pratique  ; 
il  remonte  à  l’année  1888.  A  cette  époques  jeunes  filles  por¬ 
tant  des  lésions  très  accusées  des  sommets  furent  installées 
dans  le  Sanatorium  depuis  leur  lever  jusqu’à  l’heure  du  cou¬ 
cher.  Deux  d’entre  elles  suivirent  ponctuellement  les  indica¬ 
tions  qui  leur  avaient  été  données  et  prenaient  même  leurs 
repas  audehors.  L’appétit  disparu  revenant  progressivement 
les  hémoptysies  diminuant  de  fréquence,  les  forces  se  rele¬ 
vant  et  l’accoutumance  à  la  vie  en  plein  air  s’effectuant  peu 
à  peu,  deux  des  trois  jeunes  filles  commencèrent  bientôt  à 
coucher  dehors,  vers  la  fin  de  l’été.  Elle  étaient  abritées  de 
la  pluie  par  une  cloison  en  planches,  mais  la  neige  flocon- 
nait,  à  certains  moments,  jusque  sur  leurs  lits. 

Néanmoins,ellesetrouvaientfortbien  de  ce  régime  lorsque 
par  une  imprudence,  l’une  d’elles  eut,  au  cours  de  l'hiver,  à 
suite  d’un  bal,  une  broncho-pneumonie  qui  nécessita  l’em¬ 
ploi  des  ventouses.  Comme  par  le  froid,  on  ne  pouvait  décou- 
’''rirla  malade  pour  les  lui  appliquer,  elle  fut  transportée  à 
l'intérieur  de  l’inlirmerie  jusqu’au  jour  de  la  guérison  de  cet 
accident  intercurrent.  Or,  pendant  la  durée  de  son  séjour 
dans  l'infirmerie,  on  fut  obligé  de  maintenir  constamment 
ouverte  la  fenêtre  de  la  chambre  qu’elle  occupait,  parce 
que  la  chaleur  la  fatiguait, et  l’étoutfait,  suivant  sa  propre 
ospression.  A  peine  remise,  Mlle  G...  demandait  avec  insis- 
lance  à  reprendre  sa  place  sous  la  galerie  où,  par  tous  les 
temps,  elle  n’a  cessé  de  coucher  jusqu’à  sa  guérison. 

Depuis  1888,  mon  petit  sanatorium  de  l’infirmerie  a  pres¬ 
que  toujours  été  occupé  par  un  certain  nombre  de  tubercu- 
leuses  qui  l’habitent  nuit  et  jour. Plusieurs,  dont  quelques  in¬ 
firmières,  y  ont  recouvré  la  santé.  Cet  aménagement  des 
plus  simples  a  reçu  de  fréquentes  visites  de  personnalités 
®odicales,  de  commissions,  etc.  Les  malades  ont  été  maintes 
fois  interrogées  sur  leurs  impressions  personnelles  et  toutes 
ont  étéunanimes  à  reconnaître  le  bien-être  qu  elles  éprou- 
^uient  à  vivre  en  plein  air,  sans  jamais  être  incommodées 
par  le  froid,  même  aux  époques  les  plus  rigoureuses  de  l’hi- 

u*‘>  il  faut  ajouter  qu  elles  sont  revêtues  d’une  chemise  de 

anelleetque,  pendant  la  saison  froide,  elles  couchent  en¬ 


tre  deux  couvertures  de  laine,  qu’elles  sont  munies  de  chauds 
édredons  et  de  bouillottes  dont  l’eau  est  renouvelée  nuit  et 
jour.  Comme  mesure  prophylactique,  il  est  recommandé 
aux  malades  de  ne  pas  cracher  ailleurs  que  dans  un  crachoir 
antiseptique.  La  literie  et  la  vêture  qu’elles  abondonnent 
dans  leur  ancien  quartier  sont  rigoureusement  désinfec¬ 
tées.  Le  parquet  de  la  chambre  abri  est  fréquemment  lavé 
avec  une  solution  de  sublimé  ou  de  formol.  Je  me  suis  livré  à 
une  enquête  auprès  de  quelque>-uns  de  mes  collègues  des 
asiles  départementauxque  je  remercie  ici  deleurs  obligeants 
renseignements  sur  la  fréquence  de  la  tuberculose  chez  les 
aliénés  séquestrés. 

Je  possède  actuellement  des  documents  provenant  d’une 
trentaine  de  services.  Il  résulte  de  cetteenquête  d’abord  une 
très  grande  inégalité  dans  le  pourcentage  des  aliénés  tuber¬ 
culeux  etensuite  que  plusieurs  médecins  aliénistes  sepréocc- 
cupent  depuis  quelques  années  de  la  prophylaxie  de  la 
tuberculose  dans  leurs  services.  Je  me  propose  d’utiliser  ces 
documents  dans  un  travail  étendu  et  qui  paraîtra  prochai¬ 
nement  dans  les  Annales  d'hyr/iène  publique  en  collabora¬ 
tion  avec  mon  interne,  M.  Halberstadt. 

Grâce  aux  renseignements  qui  m’ont  été  fodrnis,je  puis  déjà 
faire  connaître  que  dans  un  asile  on  compte  50  tuberculeux 
sur  une  population  de  880  aliénés  1.  C’est  le  pourcentage 
énorme  de  morbidité  tuberculeuse  qui  m’a  amené  à  retenir, 
pendant  quelques  instants,  l’attention  du  Congrès,  en  lui 
signalant  un  danger  trop  peu  connu. 

Il  faut  aus'i  dire  que,  en  général,  les  conditions  d’assis¬ 
tance  des  tuberculeux  dans  les  asiles  sont  lamentables;  je 
me  hâte  d’ajouter  que  la  principale  cause  de  cette  inaction 
provient  du  manque  ou  de  riusuffisance  des  crédits  néces¬ 
saires  mis  à  la  disposition  des  médecins.  Cette  pénurie  tient  à 
ce  que  certains  conseils  généraux  se  croient  quittes  de  toute 
obligation  envers  les  aliénés  quand  ils  ont  assuré  leur  vivre 
et  leur  couvert  et  cela,  nous  l’avons  dit,dans  des  conditions 
souvent  peu  hygiéniques.  L'adoption  d'un  système  d’isole¬ 
ment  analogue  à  celui  dont  je  préconise  l’emploi  pourrait 
s’effectuer  sans  grands  frais,  puisque  la  main-d’œuvre  de 
l’asile  suffirait  pour  édifier  le  sanatorium  nécessaire  à  la 
prophylaxie  et  à  la  cure.  Il  n'est  que  juste,  d'ailleurs,  de  si¬ 
gnaler  que,  dans  plusieurs  établissements,  des  mesures  sé¬ 
rieuses  ont  été  prises  et  que  même,  dans  quelques  asiles, des 
quartiers  spéciaux  ont  été  aménagés. Ce  sont  là  les  consé¬ 
quences  heureuses  de  la  circuL^irede  M.  le  Ministre  do  l’in¬ 
térieur  de  juin  1901,  dans  laquelle  il  était  recommandé  aux 
Directeurs  d’asile  de  veiller  à  la  diminution  de  la  contagion 
tuberculeuse  par  l’installation  plus  conforme  à  l’hygiène 
des  services,  par  l'aménagement,  si  possible,  de  quartiers 
spéciaux  pour  tuberculeux. 

Comme  conclusion,  je  formule  ce  vœu  :  que  dans  tous  les 
asiles  d’aliénés  l’installation  de  locaux  spéciaux  préconisée 
par  la  circulaire  ministérielle  de  juin  190!  devienne  obliga¬ 
toire  et  que  ces  quartiers  spéciaux  soient  aménagés  au  triple 
point  de  vue  de  l'isolement,  de  la  prophylaxie  et  du  traite¬ 
ment  des  aliénés  tuberculeux  ou  même  simplement  suspects. 


La  vaccination  obligatoire. 

Elle  porte  ses  fruits  depuis  longtemps  Jen  Allemagne.  Dans 
les  dix  dernières  années,  le  chiffre  de  la  mortalité  par  -i^ariole  os¬ 
cille  entre  5  et  56  pour  tout  l’empire,  au  maximum  un  par  million 
d’habitants.  Et  il  est  démontré  que  presque  tous  les  cas  sont  dus 
aux  immigrés,  surtout  russes  et  italiens.  Pourtant  i  1  y  a  un  demi- 
siècle  la  variole  faisait  de  terribles  ravages  en  Allemagne.  Pro¬ 
portionnellement  à  la  population  et  comparés  à  la  plus  mauvaise 
année  en  Allemagne,  les  chiffres  de  la  mortalité  sont  pour  la  Bel¬ 
gique  17  fois  plus  forts,  pour  l’Angleterre  21  fois,  pour  la  F  rance 
93  fois.  (Revue  méd.  dé  Louvain,  5  janv.) 

Tous  les  médecins  des  établissements  hospitaliers  (hôpi¬ 
taux,  hospices,  asiles,  etc.)  devraient  vacciner  leurs  malades, 
et  la  vaccination  devrait  être  pratiquée  avec  le  plus  grand 
soin.  A  Bicêtre,  de  1879  à  fin  1905,  à  la  Fondation-4  allée  de 
1890  à  ce  jour,  à  l’Institut  Médico-pédagogique  (4  itry-sur-Seine> 
nous  vaccinons  nous-même  ou  faisons  vacciner  devant  nous. 

B. 


74 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


BIBLIOGRAPHIE 


Nouveau  traité  de  médecine  et  de  thérapeutique  ;  pu-  j 

blié  en  fascicules,  sous  la  direction  de  MM.  Brouardel  et  ! 
Gk.bert  (2®  édit.,  Baillière,  édit..  Paris  1905.) 

Le  public  médical  français  et  étranger  a  fait  à  la  première 
édition  un  accueil  des  plus  empressés  ;  c’est  que  la  rapidité 
avec  laquelle  se  précipitent  les  découvertes  médicales  ne 
permet  plus  au  médecin  de  vivre  pendant  toute  la  durée  de 
sa  pratique  sur  les  données  seules  de  sa  période  d’études  ;  et 
sur  beaucoup  de  points  il  est  obligé  de  refaire  lui-même 
complètement  son  éducation  scientifique.  Les  ouvrages, 
d’autre  part,  vieillissent  vite  ;  ils  doivent  être  fréquemment 
révisés.  C’est  ce  qu’ont  compris  admirablement  les  profes¬ 
seurs  Brouardel  et  Gilbert,  et  pour  ce  faire,  ils  se  sont  en¬ 
tourés  d’une  pléiade  de  jeunes  collaborateurs  qui  n’ont 
ménagé  ni  leur  temps  ni  leur  peine  pour  faire  de  la  2=  édi¬ 
tion  un  modèle  du  genre.  Le  premier  fascicule,  publié  sous 
la  signature  de  M.  Carnot,  en  est  la  meilleure  preuve.  Il 
traite  des  maladies  microbiennes  en  général  ;  et  il  faut  voir 
avec  quelle  clarté  et  compétence  le  jeune  professeur  nous 
entretient  des  propriétés  biologiques  générales  des  micro¬ 
bes,  des  facteurs  de  la  virulence  et  de  l’immuuité,  des  mé¬ 
thodes  thérapeutiques  rationnelles,  etc.  F.  Ramond. 

Guide  pratique  pour  l’essai  des  médicaments  ;  par  P. 

Goupil  et  L.  Broquin,  pharmaciens  de  P'’  classe  (l  volume 
360  pages,  chez  J.-B.  Baillière  et  fils.  Paris,  1905.) 

Cet  ouvrage  est  d’une  utilité  incontestable  pour  le  pharma¬ 
cien  qui  doit  vérifier  l'identité  et  constater  la  pureté  des  pro¬ 
duits  que  le  plus  souvent  il  ne  peut  préparer  lui  même.  I 
Le  livre  est  divisé  en  deux  parties  :  dans  la  première,  les  1 
auteurs  énumèrent  les  réactifs  qui  sont  indispensables  pour 
les  essais  qualitatifs  et  décrivent  ensuite  les  opérations 
diverses  que  nécessitent  les  essais  et  les  dosages.  Ils  donnent  ' 
toutes  les  indications  relatives  aux  déterminations  de  la  den¬ 
sité,  du  point  de  f"sion,  de  la  température  d'ébullition,  et  de  j 
la  solubilité  des  composés  chimiques  ;  ils  terminent  par  la  i 
description  des  procédés  généraux  d’analyse  et  de  dosage.  , 
La  deuxième  partie  de  l’ouvrage  est  consacrée  aux  essais 
des  médicaments  chimiques.  Pour  chacun  d’eux, MM.  Goupil 
et  Broquin  indiquent  la /’orrnw/e,  la  synonymie,  les  constantes 
relatives  <à  la  ccTiisistance,  à  la  couleur,  à  Vodeur,  h  la  saoeur,k 
V aspect  aux  points  de  fusion  et  d’ébullition,  à  la  densité,  à  la 
solubilité,  dans  les  divers  véhicules. 

Ils  passent  ensuite  en  revue  les  principales  réactions  d’in¬ 
tensité  et  indiquent  les  divers  modes  d’essai,  ainsi  que  le 
dosaye  du  principe  actif  lorsqu’il  y  a  lieu  de  le  faire. 

Tel  est  le  plan  adopté  par  les  auteurs  :  l’ordre  alphabé¬ 
tique  a  été  choisi  et  rend  facile  la  recherche  des  renseigne¬ 
ments.  P.  Yvon. 

Recherches  historiques  sur  les  fractures  dans  la  part 
faiteau  massage  et  à  la  mobilisation  ;  par  Fr.GuER.MON- 
PREZ.  (Jules  Rousset,  édit.) 

Dans  cet  intéressant  travail,  publié  par  le  professeur  de 
Lille  d’après  les  notes  recueillies  par  ses  élèves,  Eissendeck 
et  Guillaux,  l’auteur  passe  en  revue  d’abord  1  historique 
même  du  massage  depuis  l’antiquité  jusqu’au  siècle  dernier. 
Ensuite  il  montre  le  passage  graduel  du  massage  à  la  mobili¬ 
sation  dans  le  traitement  des  fractures. 

Une  place  très  large  est  donnée  avec  raison  aux  travaux 
d’Amédée  Bonnet,  qui  serait  le  vrai  initiateur  du  traitement 
des  fractures  par  la  mobilisation.  Malheureusement,  Bonnet 
rencontra  une  résistance  dogmatique  des  chirurgiens  de  son 
temps  ;  et  ses  efforts  furent  peu  couronnés.  11  lutta  contre  la 
routine  avec  une  certaine  modestie,  ne  voulant  pas  froisser 
ceux  des  pontifes  de  la  médecine  dont  dépendaient  la  consécra¬ 
tion  de  sa  méthode,  méthode  qui  proscrivait  l’immobilité, 
qui  exigeait  les  exercices  élémentaires  et  les  exercices  com¬ 
plets  des  mouvements,  afin  d’obtenir  le  rétablissement  de  la 
fonction  articulaire  d’une  fracture  traitée. Si  la  routine  domi¬ 
nait  le  corps  médical,  l’instinct  du  gros  du  public  compre¬ 
nait  l’utilité  de  ce  traitement  et  avait  recours  alors,  comme 


à  présent, aux  empiriques.  Ce  qui  explique  le  succès  des  gué¬ 
risseurs,  des  rebouteurs,  etc. 

A  côté  de  la  mobilisation,  le  massage  fut  négligé.  Et  cepen¬ 
dant, quelques-uns  l’ont  utiliséavec  succès  sans  en  souffler  un 
mot.  Ce  n’est  que  plus  tard  que  le  massage  pouvait  être  con¬ 
sidéré  comme  l’un  de  deux  facteurs  principaux  des  traite¬ 
ments  kinésithérapique  des  fractures  ;  l’autre  facteur  est  la 
mobilisation.  Grâce  aux  travaux  d’Estradère,  de  Aordstnim. 
de  Lucas-Championnière,  de  Guermonprez.etc.,  il  paraît,  ac¬ 
tuellement, qu’il  ne  peut  plus  y  avoir  de  discussion  sur  le  mode 
du  traitement  des  fractures.Or,la  discussion  sur  le  même  sujet 
au  premier  Congrès  de  physiothérapie  de  Liège  a  montré  qu’il 
existe  encore  des  chirurgiens,  et  pas  des  m  oindres,  qui  con¬ 
tinuent  à  persister  dans  le  traitement  des  fractures  par  l’im¬ 
mobilisation. 

Nous  comptons  revenir  dans  un  prochain  article  sur  ce 
sujet  :  en  attendant,  faisons  remarquer  que  presque  tous  les 
kinésithérapeutesfurentd’avis,  documents  en  mains,  que, bien 
amduit  et  appliqué  par  un  médecin  massothérapeute,  le 
traitementkinésithérapiquetelque  l'ont  compris  les  meilleurs 
chirurgiens  modernes  et  tel  qu’il  est  indiqué  dans  l’intéres¬ 
sant  travail  de  M.  Guermonprez,  est  certainement  le  traite¬ 
ment  de  choix  des  fractures.  Il  peut  exister  des  divergences 
entre  la  façon  d’appliquer  ce  traitement  ;  mais,  il  est  indiscu¬ 
table  quel’immobilitéabsolue  doit  être  proscrite  de  la  théra¬ 
peutique  des  fractures.  En  mettant  sous  les  yeux  la  chronologie 
des  difficultés,  supportées  par  ce  traitement, qu’on  est  presque 
d’accord  à  admettre  comme  classique,rauteura  renduun  réel 
service  à  la  science  massothéra  pique  et  aussi  à  la  mémoire  du 
savant  chirurgien  de  Lyon,  dont  le  nom  est  inséparable  de 
celui  de  la  gouttière  bien  connue.  P.  Kouindjy. 

- - 

VARI-i 

Assemblée  générale  de  l’Œuvre  des  colonies  scolaires 
de  vacances. 

Le  vendredi  28  janvier,  à  9  heures  du  soir,  dans  le  grand 
amphith  éàtre  de  1  Hôtel  des  Sociétés  savantes,  l’Œuvre  des 
colonies  scolaires  de  vacances  (de  la  rue  Louvois)  a,  devant 
un  public  très  nombreux,  tenu  sa  troisième  assemblée  géné¬ 
rale.  M.  le  ministre  de  l’Instruction  publique,  qui  devait  pré¬ 
sider,  s’était  fait  représenter  par  un  de  ses  chefs  de  cabinet, 
M.  Lillas,  ancien  membre  du  conseil  d’administration  de 
l’Œuvre.  Après  le  rapport  du  secrétaire  général.  M.  Prignon, 
et  lecompte  rendu  du  trésorier,  M.  Dobry,  M..  Bonnet,  dans 
un  rapport  général  très  documenté,  a  exposé  le  fonctionne¬ 
ment  de  l’œuvre  durant  l’année  1905  et  les  progrès  étonnants 
obtenus  par  la  Société  dans  sa  deuxième  année  de  fonction¬ 
nement.  M.  le  D'-  Noir  a  complété  le  rapport  général  par  un 
rapport  médical.  Avec  une  franchise  qu'on  ne  saurait  trop 
apprécier  et  trop  rare  dans  les  œuvres  de  ce  genre,  oîi  les 
rapports  consistent  souvent  en  de  mutuelles  congratulations, 
MM.  Bonnet  et  Noir  se  sont  surtout  attachés  à  rechercher 
les  améliorations  que  l’on  pourrait  introduire  dans  le  fonc¬ 
tionnement  de  r(Euvre,qui  dépasse  de  beaucoup  cependant, 
à  ce  point  de  vue,  les  œuvres  similaires.  M.  Legoy,  président, 
qui,  avec  le  secrétaire  général,  est  le  véritable  organisateur 
de  cette  société  si  utile,  au  succès  de  laquelle  il  s’est  absolu¬ 
ment  voué,  a  terminé  le  séance  officielle  par  un  court  et  élo¬ 
quent  appel  au  dévouement  et  à  la  générosité  des  assistants, 
appel  qui  sera  entendu. 

L  n  concert  des  mieux  réussis  a  fait  suite  à  la  distribution 
de  diplômes  et  de  médailles,  récompenses  attribuées  à  ceux 
(jui  ont  rendu  des  services  aux  colonies  de  FCEuvre  en  1905. 

Les  adhésions  à  l’(  )Euvre  des  colonies  doivent  être  envoyées 
àM.  Legoy,  président,  ou  à  M.  Prignon.  secrétaire  général,  au 
siège  social,  6,  rue  Louvois.  Le  montant  delà  première  coti¬ 
sation,  y  compris  le  droit  d’entrée  de  1  fr..  s’élève  à  six 
francs. 

Le  dossier  sanitaire  des  conscrits. 

La  nouvelle  loi  militaire  a  apporté  de  nombreuses  modifi¬ 
cations  dans  le  fonctionnement  des  conseils  de  révision.  Lne 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


75 


des  modifications  les  plus  intéressantes  consiste  dans  l’éta¬ 
blissement,  pour  les  conscrits  qui  en  feront  la  demande,  d’un 
dossier  sanitaire.  Jusqu’à  présent,  les  conscrits  pouvaient  pré¬ 
senter  au  conseil  de  révision,  mais  à  titre  purement  officieux, 
des  certificats  médicaux  à  l’appui  des  réclamations  qu’ils 
avaient  à  formuler. 

11  n’en  sera  plus  de  même  maintenant.  En  effet,  pour  les 
conscrits  qui  en  feront  la  déclaration  à  la  mairie  de  leur  com¬ 
mune,  il  sera  établi  un  dossier  sanitaire  contenant  les  certi¬ 
ficats  déposés  par  l’intéressé.  Ce  dossier  devra  être  soumis 
au  conseil  de  révision,  et  si  malgré  les  infirmités  ou  maladies 
invoquées,  l'inscrit  est  déclaré  bon  pour  le  service,  son  dos¬ 
sier  sanitaire  deyra  le  suivre  après  son  incorporation  et  être 
conservé  parle  corps  auquel  il  sera  affecté  et  transmis  à  cha¬ 
que  mutation  à  son  nouveau  corps. 

Pour  cette  année,  le dosier  sanitaire  devra  être  constitué  au 
plus  tard  le  15  février  prochain  (art.  10  de  la  loi  du  21  mars 
1905.)  {Lf  Matin.) 

Le  traitement  du  cancer  à  l’Académie  de  médecine  de 
Belgique. 

D’après  le  Petit  Bleu,  de  Druxelles,  le  professeur  à'an  Ermen- 
ghem  vient  de  faire  à  l’Académie  de  Belgique  une  communi¬ 
cation  résumant  les  travaux  du  D"'  Ch.  Jacobs,  à  sa  clinique 
d’Anderlecht,  sur  le  traitement  du  cancer.  L’éminent  chirur¬ 
gien  démontre  qu'il  est  parfaitement  exact  que  le  cancer  soit 
d’origine  microbienne  comme  Doyen  l’a  avancé  et  comme 
Metchnikoff  l’a  confirmé.  Le  traitement  de  la  terrible  affec¬ 
tion  sera  une  vaccination,  son  remède  sera  un  vaccin,  c’est- 
à-dire  un  produit  dérivant  du  microbe  lui-même.  Mais  ce  re¬ 
mède,  dans  des  mains  ignorantes  et  pour  bien  des  raisons, 
peut  èti-e  dangereux,  tout  domme  les  remèdes  organiques 
contre  la  tuberculose.  Le  docteur  Ch.  Jacobs,  par  une  longue 
suite  d’expériences  sur  la  composition  intime  dû  sang  aurait 
trouvé  les  lois  qui  doivent  présider  à  l'administration  ration¬ 
nelle  du  vaccin  anticancéreux,  non  seulement  suivant  chaque 
malade  particulier,  mais  encore  suivant  chaque  situation  du 
même  patient  dans  le  cours  de  sa  maladie.  Le  traitement  an ti- 
cancéreux  cesserait  donc  d’être  empirique,  il  entrerait  dans 
la  phase  scientifique. 

Les  médecins  de  l’assistance  médicale  gratuite  au 
Conseil  d  Etat. 

La  loi  du  15  juillet  1893  a  laissé  pleins  pouvoirs  aux  con¬ 
seils  généraux  pour  organiser  le  service  de  l'assistance  médi¬ 
cale  gratuite,  en  tenant  compte  des  habitudes  et  des  préfé¬ 
rences  locales.  C’est  aux  conseils  généraux  notamment  qu’il 
appartient  dedéterminerdansles règlements  départementaux 
les  règles  relatives  au  choix  des  médecins.  Ces  assemblées  se 
sont  partagées  entre  deux  systèmes.  Le  premier  consiste  à  faire 
désigner  par  le  préfet  pour  chaque  circonscription  un  méde¬ 
cin  auquel  les  malades  assistés  doivent  obligatoirement  s’a¬ 
dresser.  Le  second  fait  participer  au  service  de  1  assistance 
tous  les  médecins  qui  acceptent  les  conditions  de  fonctionne¬ 
ment  du  service,  11  a  le  grand  avantage  de  permettre  aux  ma¬ 
lades  pauvres  de  choisir,  comme  les  malades  les  plus  fortu¬ 
nés,  le  praticien  qui  leur  convient.  Le  conseil  général  de  la 
Lozère  a  adopté  ce  second  système  et  il  a  voté  un  règlement, 
en  stipulant  que  les  médecins  qui  voudraient  prêter  leur  con¬ 
cours  au  service  de  l’assistance  médicale  gratuite  n’auraient 
fin  à  y  adhérer,  cette  adhésion  impliquant,  pour  celui  d’entre 
eux  qui  serait  le  plus  rapproché  du  domicile  d’un  malade, 
1  obligation  de  se  rendre  à  son  appel, 

texte  contient  un  article  1 1 ,  portant  que  tout  médecin 
fini  refuserait  son  concours  sans  motif  légitime  ou  qui  ne  se 
conformerait  pas  au  règlement,  pourrait  être  exclu  du  service 
par  décision  motivée  du  préfet.  Les  médecins  de  l’assistance 
Ue  sont  donc  pas  des  fonctionnaires,  et  leur  exclusion  éven¬ 
tuelle  est  limitée  à  des  cas  très  déterminés, 

Or,  il  advint  que  le  docteur  V.,,,  médecin  à  Saint-Chély- 
d  Apcher,  qui  avait  adhéré  au  règlement,  fut  appelé  par  un 
uialade  domicilié  dans  un  autre  canton.  .Ayant  constaté  que 
^  nialade  avait  besoin  d’être  opéré  d’urgence,  et  dans  le  but, 
dd- il,  d’éviter  au  service  tes  frais  de  visites  réitérées  et  loin- 
aines,  il  le  fit  entrer  à  l’hôpital  de  Saint-Chély,  où  jl  l’opéra 


et  lui  fit  plusieurs  pansements.  Puis  quand  le  malade  fut 
guéri,  le  docteur  Y,,,  envoya  à  l’administration  un  mémoire 
de  2.'i  fr.  .50  pour  l’opération  et  huit  visites. 

L’administration  prétendit  <iu’il  n’y  avait  eu  que  cinq  visi¬ 
tes,  ce  qui  faisait  une  différence  de  4  francs,  et,  la  politique 
s’en  mêlant,  le  docteur  A  .,.,  qui  paraît  avoir  été  en  mauvais 
termes  avec  la  préfecture,  fut  l'objet,  le  5  mars  1904,  d'une 
mesure  d’exclusion.  Le  préfet  prit  un  arrêté  lui  interdisant 
à  titre  d’avertissement,  pendant  toute  l’année  1904,  de  soigner, 
pour  le  compte  de  l’assistance  médicale  les  assistés  du  can¬ 
ton  où  s’était  produite  la  réclamation.  Puis,  à  la  suite  d’une 
violente  polémique  de  presse,  il  prit,  le  21  mai  suivant,  un 
nouvel  arrêté  excluant  jusqu’à  nouvel  ordre  le  docteur  A  ...., 
sur  tout  lé  territoire  du  département  du  service  de  l’assis¬ 
tance.  Cet  arrêté  du  21  mai  1901  était  motivé  par  la  polé¬ 
mique  à  laquelle  s’était  livré  le  docteur  A’...,  et  portait  que 
dans  ces  conditions,  il  n’était  pas  possible  de  continuer  avec 
lui  des  rapports  administratifs.  Le  docteur  A  ...  a  alors  saisi 
le  Conseil  d’Etat  et  lui  a  déféré  l’arrêté  préfectoral. 

La  haute  juridiction  vient  de  lui  donner  raison.  Elle  a 
estimé,en  èffet,  que  la  mesure  attaquée  avait  été  prise  en 
dehors  des  cas  d’exclusion  limitativement  prévus  par  l’article 
11  du  règlement  du  conseil  général.  En  conséquence,  l’arrêté 
préfectoral  a  été  annulé.  {Le  Petit  Temps.) 

La  ventilation  du  Métropolitain. 

Le  Conseil  d’hygiène  de  la  Seine  a  constaté  que  l’air  des  tun¬ 
nels  du  Alétropolitain  et  surtout  celui  des  n  agons  qui  y  cir 
culent,  toujours  encombrés,  est  irrespirable  et  a  émis  les  vœux 
suivants  : 

1»  Etablir  des  cheminées  d’appel,  munies  de  puissants  ven¬ 
tilateurs,  échelonnées  le  long  du  tunnel  ;  l’efficacité  de  ce  s 
cheminées  pourrait  être  accrue  par  l'installation  de  quekpies 
machines  soufflantes  destinées  à  insuffler  Pair  du  dehors  ; 

2"  Pendant  la  nuit,  au  moment  où  le  Alétropolitain  ne 
marche  pas,  substituer  aux  portes  existantes,  qui  empêchent 
pendant  la  journée  le  renouvellement  de  l’air,  des  grillages 
permettant  l’arrivée  de  l’air  extérieur  qui  refroidirait  l’atmos¬ 
phère  du  souterrain  ; 

3°  Agrandir  les  vasistas  des  wagons  ou  disposer  dans  cha¬ 
cun  d’eux  un  ou  plusieurs  petits  ventilateurs  électriqùes  fi¬ 
xés  à  l’avant  et  à  l’arrière  des  voitures. 

Des  mesures  vont  être  aussitôt  prises  pour  re  médier  aux 
graves  inconvénients  du  Alétropolitain  soutewain. 

Migration  des  corps  étrangers. 

D‘'  Ernst  Feischer,  de  Budapest,  a  rapporté  un  cas  très  cu¬ 
rieux  de  la  migration  d'une  balle  de  revolver.  Ayant  pénétré, 
il  y  a  4  ans  IpJ,  dans  le  cinquième  espace  intercostal,  surlali- 
gne  mammaire,  elle  fut  découverte  il  y  a  six  mois  dans  une 
hernie  scrotale  (congénitale)  droite.  A  l’opération  la  balle  oc¬ 
cupait  un  sac  péritonéal  dans  le  sac  herniaire.  (Wiener,  klin. 
therap.  Wochschr). 

Ligue  contre  la  poussière  sur  les  routes. 

A  la  dernière  séance  de  la  Ligue,  à  Paris,  séance  à  laquelle 
Al.  le  Alinistre  des  travaux  Publics  et  AI.  le  Directeur  de  l'Assis¬ 
tance  et  de  l’Hygiène  s’étaient  fait  représenter,  assistaient  éga¬ 
lement  tous  les  délégués  des  Automobiles-Clubs  et  desTouring- 
Clubs  étrangers.  D’après  les  rapports  officiels  des  ingénieurs 
des  Ponts  et  Chaussées  des  départements  de  la  Seine,  Seine-et 
Alarne,  Seine-et-Oise  et  de  la  A  ille  de  Paris,  les  4  années  d’essais 
du  goudronnage  ont  donné  des  résultats  excellents  à  tous  les 
points  de  vue,  justifiant  complètement  les  dépenses  engagées, 
qui  varient  entre  12  et  17  centimes  le  mètre  carré.  Sur  l’ave¬ 
nue  Thiers,  à  Alelun,  entre  autres,  l'économie  annuelle  résul¬ 
tant  du  goudronnage  a  été  évaluée  à  10  centimes  par  mètre 
carré  sur  la  diminution  de  l’usure  et  5  centimes  par  m.  c, 
sur  l'arrosage  et  l’ébouage,  de  sorte  que  le  goudronnage 
dans  les  traversés  d’agglomérations  ne  coûte  rien,  en  proc- 
rant  aux  riverains  le  bénéfice  d'une  route  sans  boue  ni  pous¬ 
sière.  Le  goudronnage  est  donc  en  train  de  devenir  un 
nouveau  moyen  d’entretien  des  routes,  moyen  considérable¬ 
ment  perfectionné  ces  derniers  temps  par  des  a[)pareils  per¬ 
mettant  de  répandre  automatiquement  et  rapidement  le  gou- 


76 


LE  PROGRÈS  MEDICAL 


dron  en  adoptant  (à  cause  de  la  nécessité  d’opérer  dans  des 
circonstances  atmosphériques  favorables  1  la  devise  :  Vite  et 
Bien.  Aussi  le  Ministre  des  Travaux  Publics  a-t-il  consenti,  sur 
la  demande  de  la  Ligue,  à  nommer  une  commission  techni¬ 
que  pour  l’étude  de  la  question. 

L’application  de  la  loi  sur  la  santé  publique  en 
province. 

Nous  avons  reçu  de  M.  le  Maire  de  Rouen,  à  la  date  du  26 
janvier,  la  lettre  suivante  : 

Monsieur  le  Directeur, 

En  réponse  à  votre  lettre  du  16  janvier  courant,  j'ai  l’honneur  de 
vous  informer  que  l’application  de  l’art.  6  de  la  loi  du  la  février 
1902  sur  la  santé  publique,  est  assurée  à  Rouen,  depuis  le  mois  de 
mai  dernier. 

A  cet  effet,  de  nombreuses  affiches  ont  été  placardées  en  avril 
et  septembre  dans  tous  les  quartiers,  notamment  à  la  porte  des 
principaux  établissements  industriels,  avisant  le  public  de  l’obli¬ 
gation  de  la  vaccination  ou  de  la  revacoination  aux  trois  époques 
delà  vie,  mentionnées  dans  la  loi.  D’autre  part,  il  a  été  dressé, 
dans  mes  bureaux,  pour  chaque  période  de  la  vaccination,  une  liste 
pour  chacune  des  3  catégories  de  personnes  qui,  par  leur  âge, 
étaient  assujetties  à  la  loi  ;  voici  comment  il  a  été  procédé  pour 
l’établissement  de  ces  listes. 

A)  Pour  les  enfants  âgés  de  moins  d'un  an,  il  a  été  procédé 
au  bureau  de  l’état-cKil,  au  relevé  des  naissances  déclarées.  Bl 
Pour  les  enfants  entrés  dans  leur  onzième  année,  la  liste  en  a  été 
établie  à  l'aide  de  celles  dressées  par  le  bureau  municipal  de  l’ins¬ 
truction  publique  pour  la  fréquentation  scolaire  obligatoire.  Cl 
Enc'equi  concerne  les  personnes  entrées  dans  leur  2  P  année,  le 
relevé  en  a  été  fait  à  la  suite  d’un  recensement  général  fait  à  do¬ 
micile  par  les  gardiens  de  la  paix.  Dans  ce  but,  chaque  agent 
avait  reçu  un  certain  nombre  d’imprimés  afin  de  lui  permettre 
d’établir  autant  de  listes  que  de  rues  comprises  dans  le  rayon  qu’il 
était  chargé  de  recenser. 

Ce  travail  fait  et  les  listes  générales  établies  ensuite  par  ordre 
alphabétique,  deux  docteurs  en  médecine,  désignés  par  M.  le  Pré¬ 
fet,  ont  procédé  aux  vaccinations,  aux  j  ours  et  heures  indiqués  dans 
les  affiches  dont  je  vous  envoie  deux  exemplaires.  J’ajouterai  que, 
pour  parfaire,  dans  la  mesure  du  possible,  les  opérations  entre¬ 
prises,  les  deux  docteurs  se  sont  rendus,  dans  le  cours  du  mois  de 
juillet,  dans  tous  les  établissements  scolaires  publics  et  privés 
existant  en  ville  et  qu’il  a  été  procédé  à  des  vaccinations  gra¬ 
tuites. 

Agréez,  etc. 

Extension  de  la  loi  du1  7  août  1  876  sur  les  retrai¬ 
tes  aux  fometionnaines  de  l’enseignement  secondai¬ 
re  et  supérieur. 

La  loi  du  17  août  1876  ne  visait  que  des  fonctionnaires  de  l’en¬ 
seignement  primaire.  Elle  portait  la  clause  suivante  qu’il  est 
indispensable  d’étendre  aux  fonctionnaires  de  l’enseignement  se¬ 
condaire  et  supérieur. 

Art.  2,  —  La  pension  de  retraite  sera  basée  sur  la  moyenne 
des  traitements  et  émoluments  de  toute  nature  soumis  à  la 
,  retenue -dont  l’ayant  droit  aura  joui  pendant  les  six  années  qui  au¬ 
ront  produit  le  chiffre  le  plus  élevé. 

Actuellement,  pour  les  fonctionnaires  de  l’enseignement  secon¬ 
daire  et  supérieur  on  calcule  la  retraite  sur  la  moyenne  des  traite¬ 
ments  soumis  à  la  retenue  pendant  les  six  dernières  années.  Que 
pendant  ces  six  dernières  années  le  traitement  ait  été  bien  infé¬ 
rieur  au  traitement  des  années  antérieures  on  ne  veut  aucunement 
en  tenir  compte.  Et  en  cela  on  va  à  l’encontre  de  l’esprit  du  légis¬ 
lateur  qui  en  accordant  que  la  retraite  serait  calculée  sur  le  trai¬ 
tement  des  six  dernières  années,  en  général  supérieur  aux  traite¬ 
ments  de  début,  voulait  favoriser  le  retraité.  C’est  pour  faire  cesser 
la  spoliation  dont  sont  victimes  les  fonctionnaires  de  l’enseigne¬ 
ment  secondaire  et  supérieur  que  les  intéressés  doivent  demander 
à  leurs  députés  qu’on  leur  applique  l’articla  du  17  août  1876  qui 
jusqu’à  présent  ne  s’appliquait  qu’aux  fonctionnaires  de  l’ensei¬ 
gnement  primaire. 

LES  CONGRÈS 

Congrès  international  laryngo-rhinologique. 

Jubilé  de  Fürek-Czermak. 

^  Vienne  1908.1 

Dans  le  courant  de  l’année  1908,  il  y  aura  cinquante  ans  que  la 
laryngologie  et  la  rhinologie  cliniques  furent  fondées  à  Vienne, 
par  Fürck  et  Gzermak.  11  est  permis  d'admettre  que  nos  collè¬ 
gues  de  tous  les  pays,  auront  à  cœur  de  ne  pas  passer  sous  silence 
le  cinquantième  anniversaire  de  cette  date  mémorable,  si  impor¬ 


tante  pour  la  science  médicale.  Guidée  par  cette  conviction  ainsi 
que  par  un  sentiment  de  patriotisme  local,  la  «  “Wiener  laryngolo- 
gische  Gesellscbaft  »  a  pris  la  détermination  d’organiser  un  Con¬ 
grès  international  laryngo-rhinologique  pendant  la  semaine  de 
Pâques  de  l’année  de  19U8,  c’est-à-dire  à  partir  du  mardi  21  jus¬ 
qu’au  samedi  25  avril.  Dans  cette  circonstance  solennelle,  nous 
trouverons  l’occasion  de  célébrer  dignement  le  jubilé  de  cinquante 
ans  de  notre  science  spéciale.  Le  Secrétaire  Professeur  £)■■  M. 
Grossmann,  IX.,  Garnisongasse  10,  “Wien.  —  Le  président  :  Pro¬ 
fesseur  D'  O.  Chiari,  L,  Bellariastrasse,  12  Wien. 

2'  Congrès  international  des  colonies  de  vacances. 

(Bordeaux,  17  avril  1906.) 

Dans  le  dessein  de  préparer  le  deuxième  Congrès  des  Colonies 
de  vacances,  d’examiner  les  questions  qui  figurent  à  l’ordre  du 
jour  de  ce  congrès  et  de  rapprocher  pour  cet  examen  les  œuvres 
diverses  de  la  région  parisienne  et  les  personnes  qui  s’intéressent 
à  ces  œuvres,  une  réunion  aura  lieu  au  Musée  Social,  5,  rue  Las- 
Cazes,  le  samedi  3  février,  à  huit  heures  et  demie  du  soir/  au 
cours  de  laquelle  M.  Louis  Comte,  secrétaire  général  du 
Congrès  de  Bordeaux,  prendra  la  parole.  Adresser  toutes  commu¬ 
nications  concernant  cette  réunion  à  M.  Raoul  Vimard,  docteur 
en  droit,  à  La  Garenne-Colombes  (Seine). 

2=  Congrès  international  d’hygiène  scolaire. 

Tenu  à  Londres  15-10  août  1907.) 

Le  succès  du  Congrès  international,  tenu  à  Nuremberg  en  1904, 
a  fait  décider  qu'<,n  organiserait  tous  les  trois  ans  pareille  réu¬ 
nion.  La  prochaine  aura  lieu  à  Londres,  du  5  au  10  août  1907. 
Etant  donné  d’une  part  la  façon  dont  les  Anglais  savent  recevoir, 
et  d’autre  part  la  notoriété  de  Sir  Lauder  Brunton,  président  de 
ce  Congrès,  sa  réussite  est  d’ores  et  déjà  assurée. 

Le  Comité  anglais  d’organisation  est  ainsi  composé  :  Prési¬ 
dent  ;  Sir  Edward  Bralbrook  ;  trésorier  :  Sir  Richard  Biddulph 
Martin  ;  .secrétaires  généraux  ;  MM.  James  Kerr  et  E.  AVbite 
Wallis  ;  bureaux;  Parkes  Muséum,  Margaret  str.  W.  Le  premier  • 
soin  du  Bureau  a  été  de  solliciter  la  création  de  comités  natio- 

Le  Comité  français  est  ainsi  formé  : 

Comité  de  patronage  :  Président  d’honneur:  M.  Bienvenu-Mar¬ 
tin,  ministre  de  l’Instruction  publique.  Membres  :  MM.  Chaumié, 
ministre  de  là  Justice,  Ribot,  G.  Leygues,  Léon  Bourgeois. Poin- 
carré,  Pierre  Baudin,  Liard,  E.  Lavisse,  Rabier,  Gasquet,  G.Lan- 
son,  Frank-Puaux,  Jules  Gautier,  Debove,  Bouchard.  Brouardel, 
Chantemesse,  Grancher,  Hutinel,  Landouzy,  Pinard,  Pozzy.  J. 
Courmont,  De  Nabias. 

Comité  français  central  d’action  :  Président  ;  M.  le  D’’  Albert 
Mathieu.  Vice-présidents  ;  MM.  X.  Léon  et  Bougier.  Membres  : 
AI.M.  Créhange, Normand.  Malapert,  Gory,  Le  Gendre,  Méry,  A. 
Siredey,  Mosny,  Blondel,  Galtier-Boissière,  Granjux,  L.  Gouri- 
chon.  Secrétaire  général  :  M.  le  D''  Dinet,  Ilôts,  rue  Cernnschi., 
Trésorier  :  M.  le  ï)’'  J. -Ch.  Roux,  46,  rue  de  Grenelle. 


FORMULES 


XX.  —  Contre  la  tricophytie  de  la  barbe. 

Bichlorure  de  mercure .  ...  0  gr.  j20 

Formol .  0  gr.  75 

Acétone .  10  gr. 

Alcool  camphré .  100  gr. 

L  s.  ext. 

On  touchera  les  parties  malades  malin  et  soir  avec  cette 
préparation.  Pour  la  nuit,  on  appliquera  : 

Vaseline .  20  gr. 

Iode  métallique . 0  gr.  20 

L’emploi  de  l’acétone  a  l’avantage  de  rendre  la  préparation 
plus  pénétrante. 

(Biocq,  cité  par  les  Nouveaux  Remèdes). 


Personnel  médical  des  hôpitaux.  —  Sont  nommés  chefs  de 
service  dans  les  hôpitaux  : 

Le  D’’  Aviragnet,  médecin  des  hôpitaux,  à  l’institution  Sainte- 
Périne.  Le  Dr  'Villemin,  chirurgien  des  hôpitaux,  à  l’hospice  de 
Bicêtre .  Le  D'  Mauclaire,  professeur  agrégé  de  la  faculté  de  mé¬ 
decine,  chirurgien  des  hôpitaux,  à  la  Maison  municipale  de  san¬ 
té.  Le  Dr  Tbiéry,  professeur  agrégé  de  la  faculté  de  médecine, 
chirurgien  des  hôpitaux,  à  l’hospice  d’Ivry.  - 


LE  PROGRES  MÉDICAL 


77 


Actes  et  Thèses  de  la  Faculté  de  Médecine  de  Paris. 

Thèses. —  Mercredi,  7  février.  —  .1/.  Blain  :  De  la  surveillance 
et  de  l’assistance  médicale  de  la  femme  enceinte  dans  les  villes 
et  les  villages  (MÀ.  Pinard,  Terrien,  Wallich,  Gossel).  —  M. 
Roubaud  :  Contribution  à  l'étude  de  la  filaire  de  Médine  (MM. 
Terrier,  Pinard,  Wallieh,  Go  set). 

Jeudi,  8  février.  —  M.  Mora  :  La  pneumonie  traumatique  et 
la  loi  sur  les  accidents  du  travail  (.MM.  Brouardel,  Pouehet,  Chan- 
leinesse,  Uupré).- —  il/..  Durer  :  Contribution  à  l’étude  de  la  ration 
alimentaire  des  nourrissons  atrophiques  (MM.  Poucbet,  Brouardel, 
Chantemesse,  Uupré).  —  .M.  Boi.iin  :  Recherches  expérimentales 
sur  lespoisons  de  la  bactéridie  charbonneuse.  Nature  de  la  réac¬ 
tion  locale  dans  l’oedème  malin  (MM.  Chantemesse,  Brouardel, 
Pouehet,  Uupré).  —  M.  Andrikidis  :  Elude  clinique  des  troubles 
morbides  allribuables  au  trichoeéphale  de  l’homme  (MM.  Uieula- 
foy,  Hulinel,  Rénon,  Jeanselme).  —  M  .Paisseau  :  Sur  réliminalion- 
et  la  rétention  de  l’urée  dans  l’organisme  malade  (MM.  Hulinel, 
Dieulafoy,  Rénon, Jeanselme'.  —  M.  Marchand  :  Chloroforme  et 
psychopathie  (MM.  Berger,  Budin,  Ue  Lapersonne,  Faure).  —  M. 
Cornu  :  Sur  quelques  cas  d’intolérance  des  nourrissons  pour  le 
lait  de  femme  (M.\l.  Budin,  Berger,  Ue  Lapersonne,  Faure).  — 
J/. 'LiVgard  :  Emploi  du  collyre  huileux  à  l’éserine  dans  le  Iraite- 
iiienl  adjuvant  des  «  ulcères  infectieux  de  l’hypopion  »  (M.M.  Ue 
Lapersonne,  Berger,  Budin,  Eaure). 

Examexs.  —  Lundi,  5  février.  —  2'  (P”  série.  Salle  Béelard)  : 
MM.  Gauthier.  Gley,Branca.  —  2'  (2'  série.  Salle  Richet)  ;  MM. 
(3i.  Richet.  Retterer.  Broea  (André).  —  3'  (l"  partie.  Oral.  Salle 
Broussais)  ;  MM.  Kirmisson,  Wallich,  Cunéo.  —  5*  (Chirurgie,  P" 
partie,  Hôtel-Uieu)  ;  MM,  Terrier.Legueu,  Mauelaire.  —  (2* 

partie,  Uôtel-Uieu)  :  MM.  Roger.  Teissier,Macaigne. 

Mardi,  6  février.  —  1"  (Oral,  Salle  Charcot)  :  .MM.  Berger, 

Poirier,  Launois.  —  2' (Salle  Pasteur)  :  MM.  Corail,  Gley,  Mail¬ 
lard.  —  3“  (P"  partie.  Oral,  Salle  Riebel)  :  MM.  Pozzi,  Thiéry, 
Brindeau.  —  .3*  (2”  partie, Oral,  Salle  Corvisarl)  :  MM.  Ilutinel, 
Thiroloix.  Guiart.  —  5'  (2*  partie,  P'  série.  Charité,  ;  MM.  Uieu- 
lafoy.  Vaquez,  Renon.  —  5*(2*  partie,  2’ série,  Charité)  :  MM.  Jof- 
roy,  Jeanselme,  Carnot. 

Mercredi.  7  fév'  ier.  —  Médecine  opératoire  Ecole  prali<iue)  : 
mm.  Kirmisson,  Legueu, Cunéo.  —  2  (1"  série,  Salle  Riehél)  :  M.M. 
Gautier,  Ch.  Richet,  Macaigne  — 2’  (2’  série,  Salb-  Béelard)  ;  MM 
Gariel,  Gley,  Branca. 

Jeudi,  8  février. —  Médecine  opératoire  (Ecole  pratique)  :  MM. 
Pozzi,  Launois, Morest in.  —  3"  (2”  partie.  Laboratoire  des  travaux 
pratiques  d’anatomie  pathologique)  :  MM.  Joffroy,  Guiart.  Mail¬ 
lard.  —  2' (Salle  Charcot,  :  MM  Corail,  Glev,  Ucsgrez.  — 3'  (P* 
partie.  Oral,  Salle  Broussais)  :  .MM.  Guvon, Poirier,  Brindeau. 

Vendredi,  ')  février.  —2*  ('."  série.  Salle  Richet.)  :  MM  Gautier, 
Ch.  Richet,  Macaigne. — 2’ (2*  série,  .Salle  Pasteur)  :  MM.  Gariel, 
Gley, Branca.  —  3'  (2‘  partie.  Oral,  Salie  Charcot)  :MM,  Blanchard. 
Teissier,  Legry.  — 5\C  lirurgie,  l”  partie,  l”  série,  Necker)  :  MM. 
Terrier.  Reclus,  I  .egueu,  —  5°  (Chirurgie.  1"  partie,  1”  série.  Nec¬ 
ker)  ;  MM.  Segond,  Mauelaire,  Pierre  Uuval. 

Samedi,  10  février.  —  2-  (Salle  Pasleur;  :  MM.  Gley.  Launois, 
Brora  (André).  —  3'(P'>  partie.  Oral,  Salle  Cliarcol)  :  MM  Berger, 
Boirier,Bar.  —  4”(SalIeBécl,ard)  :  MM.  Chantemesse.  Gilbert,  Uu- 
Peé-  —  5'  Obstétrique,  1"  partie.  Clinique  Tarnier)  :  )MM,  Bon- 
naire,  Demelin,  Brindeau. 

- - 

THÉRAPEUTIQUE 

Action  de  l’hélénine  sur  le  bacille  de  la  tuberculose. 
Ainsi  que  le  fait  avait  été  déjà  signalé  par  le  D'’  de  Korab 
-  y^’^émkdes  Sciences,  1882l,  Pi  latte  (r/ièxe  de  Montpellier,  1885) 
®  femarqué  que  des  quantités  minimes  d’Iiélenine  suffi¬ 
saient  à.  empêcher  le  développement  des  bacilles  tubercu- 
cux.  Il  faut  en  conclure  que  l’hélénine  a  une  puissante  ac- 
h>n  pour  empêcher  le  développement  de  la  phtisie,  action 
ldi  a  été  constatée  et  admise  par  MM.  Erhard  et  Cornil  et 
P^r  Ilanot  (Traité  de  la  phtisie  pulpionaire).  L’hélénine  s’aJ- 
dtinistre  à  la  dose  de  2  ou  3  globules  du  D>’  Korab  par  jour. 


g  ACCIDENT.  —  Mme  MicH.AUD  femme  du  Dr  Michauo, 

^j^.*’dconduisant  sur  le  palier  de  sa  maison  quelques  amis  qni 
venus  diner  chez  elle,  2,  boulevard  lîaspail,  se  pencha 
P de  l’ascenseur,  pour  leur  dire  au  revoir.  A  ce  moment, 
^Ppareil  se  mettait  en  mouvement  et  Mme  Midiaud,  n’ayant  pu 
jji  .'■‘SdScPà  temps,  (fut  étranglée.  Le  Prof/rès  médical  prie  le  Dr 
.vaaud  d’agréer  scs  sincères  condoléances. 


NOUVELLES 


Natalité  de  Paris.  —  Du  dimanche  14  janvier  1905  an  samedi 
20  janvier  1906,  les  naissances  ont  été  au  nombre  de  985,  se  dé¬ 
composant  ainsi  :  légitimes  719,  illégitimes  266. 

Mortalité  a  Paris.  —  Population  d’après  le  recensement  de 
1901  :  2.660.559  habitants.  Les  décès  ont  été  au  nombre  ae  897, 
savoir:  478  hommes  et  419  femmes.  Les  deoes  sont  dus  aux 
causes  suivantes  :  Fièvre  typhoïde  (typhus  abdomin.)  :  2.  — 
Typhus  exanthématique  :  0.  —  Fièvre  intermittente  et  cachexie 
palustre  :  0.  —  Variole  :  0  —  Rougeole  :  21.  —  Scarlatine  :  1. 

—  Coqueluche  :  2.  —  Diphtérie  et  Group  :  2.  —  Grippe  :  4. 

—  Choléra  asiatique  :  0.  —  Choiera  uostras  :  0.  —  Autres 
maladies  épidémiques  :  2.  —  Tuberculose  des  poumons  :  187.  — 
Tuberculose  des  méninges  :  15.  —  .Vutres  tuberculoses  :  10.  — 
Ganctr  et  autres  tumeurs  malignes  :  69.  —  Méningite  simple  :  13. 

—  Congestion  hémorrnagique  et  ramollissement  du  cerveau  :  50. 

—  Maladies  organiques  du  oceur  ;  76. —  Bronchite  aiguë  :.i4. 

—  Bronchite  chronique  :  16.  -  Pneumonie  :  26.  —  Autres  affec- 
’.ions  de  l’appareil  respiratoire  111.  —  Affections  de  l’estomac 
icancerexo.)  :  2.  -  Diarrhée  et  entérite  de  0  à  1  an  :  sein  :  4  ;  au¬ 
tre  aiimeniation  ;  13.  —  Diarrhée  et  entérite  de  1  à2  ans  :  2. —  Her¬ 
nies.  oDstruction  intescmaie  2.  —  Cirrhose  du  foie  :  11.  —  Néphrite 
et  mai  de  Brigùt  ;  25.  Tumeurs  non  cancéreuses  et  autres  ma¬ 
ladies  des  organes  génitaux  (femmes)  :  3.  —  Septicémie  puerpérale 
(fièvre,  péritonite,  phlébite  puerpérale)  :  3.  —  Autres  accidents 
puerpéraux  de  ta  grossesse  et  de  faccouenement  ;  0.  —  Débilité 
congénitale  et  vices  de  conformation  ;  23.  —  Débilite  -senile  :  29. 

—  Morts  violentes;  23. —  Suicides  :  10.  —  Autres  maladies  :  122. 

—  Maladies  inconnues  ou  mal  définies  ;  14. 

Mort-nés  et  morts  avant  leur  inscription  :  66,  qui  se  décom¬ 
posent  ainsi  :  légitimes  47,  illégitimes  19. 

Légion  d’honneur.  —  Au  gradé  de  commandeur  :  M.  le  D' 
Peyrot  (Jean),  membre  de  l’Académie  de  médecine.  —  Att  grade 
de  chevalier  :  MM.  Joyeux-Laffuée,  (de  Caen)  ;  Ritti,  (de  Clia- 
renton)  ;  Tollemer,  May,  Goudray,  (de  ParisI  ;  Marandon  de 
Montyel,  médecin  en  chef  de  l’asile  de  Ville-Evrard  ;  Jacques 
Bertillon,  chef  des  travaux  statistiques  de  la  ville  de  Paris  ; 
Sclilemmer,  médecin  au  Mont-Dore  ;  Haugé,  médecin  à  Challes- 
les-Ëaux,  Séailles,  administrateur  de  la  Société  municipale  du  17“ 
arrondissement,  médecin  à  Paris  ;  Darier,  médecin  oculiste  à 
Paris,  Courdouan,  médecin  à  Lorgnes  (Var)  ;  Veil,  médecin  à 
Paris,  Dr  Tucoulat.  adjoint  au  maire  de  Bayonne. 

Dans  la  catégorie  des  Français  résidant  à  l’étranger,  sont  nom¬ 
més  chevaliers  :  MM.  Brossard,  médecin-chirurgien  de  l’hôpital 
français  du  Caire  ;  Simon,  médecin  à  Buenos-Aires. 

Dans  la  catégorie  des  étrangers  résidant  en  France,  est  nommé 
chevalier  :  Arthur  Gardiner,  sujet  britannique,  vice-président 
de  la  commission  administrative  de  l’Iiôpital  de  la  Providence  à 
Dinard. 

Enfin,  par  un  décret  spécial,  est  nommé  chevalier  de  la  Légion 
d'honneur  :  M.  Gérasime  Phocas,  professeur  de  clinique  chirur¬ 
gicale  à  l’université  d’Athènes  ;  services  rendus  à  la  science  et  à 
l’influence  française. 

Nos  sincères  félicitations  aux  nouveaux  promus,  parmi  lesquels, 
nous  comptons  des  amis. 

Décorations  académiques.  —  Officiers  de  l'Instruction  pu- 
hlique.  — M5I.  les  docteurs  Georges  Alexandre,  Baudet,  Bérard, 
Blottière.  G.  Brouardel,  Burlureaux,  Carlier,  G.  Chenet,  D.  Cour- 
tade,  Maurice  de  Fleury.  L.  Frey,  A.-G., Gilbert.  J.-A.  Hugnet, 
Josset,  Levassort,  Péraire,  Pochon,R.atynski,  A.  Riche,  Rougeot, 
Sébiüotte,  E.  Sénac,  F.  Soulier  (de  Paris  )  ;  Allary  (de  Lencate)  ; 
Béal  (de  Saignes)  ;  Bernard,  (de  Dinard);  Bonnenfant  (de  Saint- 
Prouant)  ;  Bornay  (de  Saint-Pol)  ;  Cannac  (de  Quins)  ;  Carton  (de 
Mehun-sur-A'évre)  ;  Chaudron  (d’Eclaron)  ;  Clievillon  (de  Mar¬ 
seille)  :  Cornet  (d  Aubièrel  ;  Delpierre  (d’Ansauviliers)  ;  Dupret 
(de  Groslay)  ;  Fillon  (de  La- Roche-sur- Yon)  ;  Gilson  ((l’Angon- 
léme)  ;  Giquel  (de  Vannes)  :  Guy  (de  Limours)  :  Héron  (de  Tours); 
Hortolès  (de Montpellier);  Jardel  (de  Remiremontl  ;  Kleinschmidt 
(de  Montpellier)  ;  La  garde  (de  Vals-les-Bains)  ;  Lespine  (de  Ver¬ 
dun)  ;  Leuillieux  (de  Confie);  Long  (de  Toulon)  ;  Marcailhou 
d’Aymeric  (de  Blidalii  ;  Martres  (deBetchat)  ;  Mattrais  (de  Ghi- 
non)  ;  Mohamed  Ben  Amonde  Bone);  Nuguetlde  Luzy)  ;  Pépin 
(de  Montournais)  ;  Petrolacci  (de  Bône)  ;  de  Saint-Fuscien  (de 
Grandvilliers) W’^iet  (de  Reims);  Catteau  (médecin  militaire). 

Officiers  d'-icadémi' ,  —  MM.  les  docteurs  C.  Ascher.  Barjon, 
Bauingarten,  P.-L.  Berthelot,  J.-C.  Boyer,  Colonna,  L.-R.  De- 
làge,  Estrabaut,  Farez,  Faucon,  Fougères,  (Tandy,  Gaumerais, 
Guibert.  Jacquemin,  A.  Javal,  Joyau,  Krieger,  B.  Lamy,  Lapointe, 
Lefa-s,  II.  Legrand,  Lieper,  Luez,  Mcnier,  Francis  Munch,  Nigay, 
Guvrier,  O.  Pasteau,  L.-A.  Petit-Quéry,  Quillier,  Stef,  L.  Un- 
gauer,  L.-U.  W.eill  (de  ParisI  4  ... 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


1 


Abd-el-Nour  (de  Bazeilles)  ;  Astruc  f  Je  Montarnaud)  ;  Aubert 
(d’Oraison)  ;  Auraont  (de  Saint-Illide)  ; 

Barandon  (de  Grandieu)  ;  Baréty  (de  Nice)  ;  J.-A.-E.  Battarel 
(d’Alger)  ;  Beaudonnet  (de  Septfonds)  ;  Beaujeu  (de  Noisy-le-Sec) 
Bernard  (de  Bourbon-l’Archambault)  ;  Bidache  (de  Toulouse!  : 
Bigex  (de  Romilly-sur-Seinel  ;  P.-J.-E.  Bitot  (de  Bordeaux)  ; 
Bonneau  (de  Toulouse)  ;  Borde  (de  Lourdes)  ;  Bourguignon  (de 
Limoges)  ;  Bourlaux  (de  Villenave-d  Ornon)  ;  Boutineau  (de  Cou- 
hé)  ;  Bouyssou  (de  Toulouse)  ;  Bruel  (deLouvres)  ;  Bula-Lafont 
(de  Saint-\!artin-de-Seignaux). 

Canda  (de  Norrent-Fontes)  ;  Carette  (de  Flixecourt)  ;  Gazes  (de 
Fontanes)  ;  Chanfreau  (de  Pointis-Inard)  ;  G.  Charpentier  (de  Pré- 
mery)  ;  Gonvers  (de  la  Javie)  ;  G.-A.-Coriveaud  (de  Blaye);Goste 
(de  Lamontgie'  ;  Gouillac  (d’Ambèsi  ; 

Debray  (de  Laon)  ;  Delangle  (de  Gentilly)  ;  P.-E.  Delors  (de 
Baud;  ;  Derrien  [de  Roban)  ;  Despeignes  (des  Echelles)  ;  D’Hôtel 
(de  Gbarleville)  :  Diofr(du  Blanc)  ;  Ducos  (de  Viella)  ;  Dumarest 
(d’Hauteville)  :  Dupont  (de  Bordeaux)  ;  Dupré  (de  Laval)  ;  Duran 
(de  Saint-Gaudensi  ;  Duval  (de  Marigny)  ; 

P.  Fabre  (de  Pertuis)  ;  Fabre  (du  Puyl  ;  Faille  (de  Fismes)  ; 
Fayt  (de  Théminettes)  ;  Flous  (je  Gaillac)  ;  Fontan  (de  Trie)  ; 
François  (do  Marseille)  ;  Franqueville  (de  Rue)  ; 

Gascuel  (du  Havre)  ;  Gaultier  (d'Evran)  ;  Geslat  (de  Louiy)  ; 
Ghisgand  (j’Anzin)  ;  Gibiat  (de  Saint-Estépbe)  ;  Gorez  (de  Lille)  ; 
de  Grailly  (de  Vouvray)  ;  Grégoire  (de  Vaucouleurs)  ;  Grenet  (de 
Maisons-Laffitte)  ;  Hannion  (de  Nogent-sur-Vernisson)  ;  Haran- 
chipy  (de  Gourbevoie)  ;  Houdart  (de  Brest)  ;  Huguet  (de  Palai¬ 
seau)  :  Hurault  (de  Savigny-sur-Braye)  ;  Imbert  (de  Fresneaux- 
Montchevreuil)  ;  Jacowski  (de  Beaumont-on-Gâtinais)  ;  Labiche 
(de  Mérévilie)  ;  Lafaye  (de  Saint -Astier)  :  Lallement  (de  Besan¬ 
çon)  ;  Le  Faguays  (de  Nantes)  ;  Lefebvre  (de  Bohain)  ;  Legrand 
(de  Verneuil)  ;  Léquibin  (d’Oisemont)  ;  Le  Roy  de  Langevinière 
(dEtaples)  ;  Magne  (de  Mèze)  ;  Malençon  (de  Sainte-Mère-Eglise)  ; 
Martinaud  (d'Avignon)  ;  Massina  (de  Vornet-les-Bains)  ;  Masso- 
nié  (de  Verdun-sur-Garonne)  ;  Mangue  (des  Martres-de-Veyre)  ; 
Mazoyer  (de  Villefort)  ;  Meignant(de  Ghalonnes-sur-Loire)  ;  Mel- 
ciqn  (de  Sauvignyj  ;  Meyvlile  (d’Olorori)  ;  D’Olier  (d’Orléans)  ; 

Paradis  (de  Quiry-le-Sec)  ;  Péan  (de  Médéa)  ;  Pellerin  (de 
Neuilly-le-IIéal)  ;  Penot  (de  Bellac)  ;  Peretti  (de  Sartène)  ;  de 
Perettifde  Lévie)  ;  Perrier  (de  Puylaurens)  ;  Peyronnet  (de  Tou¬ 
louse)  ;  Pognon  (de  Saint-Mandé)  :  Prat-Flottes  (de  Toulon)  ; 
Rapine  (de  Marseille)  ;  Reynaud  (de  Saint-Etienne)  ;  G. -J. -A. 
Reynaud  (de  Marseille)  ;  Reynes  (d'Orange)  ;  Robert  (de  Salers)  ; 
B.  Rocca  (de  Marseille)  ;  Rodié-Talbére  (de  Valence-d’Agen;  ; 
Ronnaux  (de  Gambrai)  ;  Roumieu  (de  Saint-Privat)  ;  Salva  (d’Ag- 
de)  ;  Santi  (d’Orgon)  :  Sarda  (d’Annonay)  ;  Sauvage  (je  Vraiville)  ; 
Sicard(de  Jonzac)  ;  Tison  (d'Avesnes-les-AubertI  ;  Tison  (de  Tem- 
pleuve)  ;  Trazit  (de  Saint-Flour)  ;  Vandier  (de  La  Grèche)  ;  Wagner 
(de  Lieurey)  ;  Bouffandeau,  Cousergne,  Delahaye,  Knoll,  Lajoanio, 
M.-A.  Rujier  (médecins  militaires)  ;  Barthélemy  (médecin  de  la 
marine)  ;  Bouffard  (médecin  des  troupes  coloniales)  ;  Mme  Héron 
de  ô  illefosse  née  Petit,  docteur  en  médecine  à  Paris  ;  Mlle  Rous¬ 
sel,  docteur  en  médecine  à  Rouen. 

Mérite  agricole.  —  Chevaliers.  —  MM.  les  docteurs  Garri¬ 
gues,  Louart,  Pourtié  (de  Paris),  Ganazzi  (d’Olmeto),  Gazaux  (de 
Langoiran),  Glément  (de  Marseille),  Gardé  (de  Neuilly-sur- 
Seine),  Gémin  (de  Ghâteaubriant),  Honneau  (de  Saint-Mathieu), 
Lucciardi  (de  Santo-Pietro-di-Tenda),  Ogier  (de  La  \  erpillière), 
Sauvagnat  (de  GharentonI,  Zuccarelli  (de  Bastia,  Gadiot,  Garret 
(médecins  militaires).  Spire  (médecin  des  troupes  coloniales). 

Gorps  de  santé  militaire.  —  Mutations  :  Les  médecins-majors 
de  1"  classe  :  Vilmain,  méd.  chef  hospice  mixte  de  Toul,  est  dé¬ 
signé  pour  hospice  mixte  de  Tours  ;  Pesme,  duD®  génie,  pour  hos¬ 
pice  mixte  de  Nantes  ;  Vincent,  du  làl'  d’inf..  pour  le  120'  :  La- 
litte,  du  1  Ô.ï'  d'inf . ,  est  nommé  méd.  chef  hospice  mixte  de  T  oui  : 
Licht,  du  l"  génie,  est  désigné  pour  le  4'  ;  Deumié,  du  oO'  d’inf., 
pour  le  l'i  génie. 

Les  médecins-majors  de  2*  classe  :  Pierron,  du  20'  bat.  chass., 
pour  le  39'  d’inf.  ;  Lenez,  du  7'  drag.,  jtour  le  155'  d’inf.  :  Army- 
not  du  Ghatelet,  du  10'  chass.,  pour  le  151'  d’inf.  ;  Pourrat,  du 
12'  huss  ,  pour  le  10'  chass.  ;  Dodlean,  des  hôpitaux  d’Alger, 
pour  le  128'  d’inf.,  pour  le  110'  ;  Marlier,  du  156'  d’inf.,  pour  le 
8'  drag.  ;  Bourcier,  du  2' étranger,  pour  le  12'  huss.  ;  Mendy,  du 
8'  drag.,  pour  le  7'  ;  Doumeng,  du  45®  d’inf.  pour  le  4'  bat.  d’inf. 
légère  d’Afrique;  Ga,  dit  Gentil,  du  3'  zouaves,  pour  le  2C'  bat. 
de  ch. 

Les  médecins  aides-majors  de  1”  classe  :  Duguet,  du  18'  drag., 
pour  le  156'  d’inf.  :  Gaubert,  du  112'  d’inf.,  pour  le  64'  :  Jeandi¬ 
dier,  des  hôpitaux  de  Constantine,  pour  le  3'  zouaves  ;  Gimazane, 
des  hôpitaux  de  Gonstantine,  pour  le  2'  étranger  ;  Gruié,  des 
hôpitaux  d’Alger,  pour  le  96'  d’inf.  ;  Dupuich,  du  3'  chass. ,  pour 
le  146'  d'inf.  ;  Brunetière,  du  32'  d’inf.,  pour  le  147'  ;  Petit,  du 
117'  d’inf.,  pour  le  76'  ;  Bailliart,  du  76'  d’inf,,  pour  le  3'  chass.  ; 
Roudié,  du  34'  d’inf,,  pour  les  hôpitaux  d’Alger  ;  Boussenot,  du 


23'  bat.  chass.,  pour  le  89'  d’inf.  ;  Barthélemy,  du  43'  d’inf.,  pour 
les  hôpitaux  d’.Vlger  ;  Flaoh,  du  9'  dragons,  pour  le  23'  bat.  chas.  ; 
Gaud,  du  158'  d'inf.,  pour  les  hôpitaux  de  Constantine  ;  Darthe- 
nay,  du  19'  d’inf.,  pour  les  oasis  sahariennes  ;  Artus,  du  28'  bat. 
chass.,  pour  le  112'  d’inf. 

Les  médecins  aides -majors  de  2'  classe  :  Fontan,  de  l’hôpital 
de  Bourges,  pour  le  134'  d’inf.  ;  Rigal,  de  l’hôpital  Villemanzy, 
de  Lyon,  pour  le  158'  d’inf.  ;  Balme,  de  l’hôpital  Villemanzy,  de 
Lyon,  pour  le  28'  bat.  chass.  ;  Rudlcr,  de  l'hôpital  de  Lille,  pour 
le  4'  d’inf.  ;  Trêves,  de  l’hôpital  de  Lille,  pour  le  43'  d'inf.  ; 
Moynet,  de  l’hospice  mixte  de  Verdun,  pour  le  9'  drag. 

Le  pharmacien  aide-major  de  1"  classe  Isnard,  des  hôpitaux 
d’Alger,  pour  les  hôpitaux  d’üran. 

Le  pharmacien  aide-major  de  2'  classe  Dejussieu,  des  hôpitaux 
d’Oran,  pour  les  hôpitaux  de  la  division  d’Alger. 

Corps  de  s\nté  colonlal.  —  Mutations.  —  Sont  affectés,  savoir  : 
1“  En  Annam  :  Le  médecin  principal  de  2'  classe  Dumas,  en  rési¬ 
dence  libre,  remplira  dans  la  position  d’activité  hors  cadres,  les 
fonctions  de  directeur  du  service  de  santé  de  l’Annam.  — •  2°  Et 
France  :  Médecins-majors  de  1"  classe  :  au  2'  d’inf.  col.  à  Brest, 
M.  Le  Guen,  rentré  de  la  Réunion  ;  au  4'  à  Toulon,  M.  Recou¬ 
les,  attendu  du  Tonkin.  Médecins-majors  de  2'  classe  :  au  3'  d’art, 
col.  à  Toulon,  M.  Broquet,  rentré  de  la  Réunion.  Médecins  aides- 
majors  de  1"  classe  :  au  2'  d’arfill.  col.  à  Cherbourg,  M.  Lailheu- 
gue,  rentré  du  Soudan  ;  au  1"  rég.  d’artill.  col.  à  Lorient,  M. 
Duperron,  du  2'  rég.  d'art,  (n’a  pas  rejoint). 

Médecins  de  l’assistance  publique.  —  Par  arrêté  ministériel 
du  15  janvier  sont  nommés  médecins  de  l'Assistance  publique  les 
médecins  suppléants  dont  les  noms  suivent  ;  M.  le  D'  Acheroy 
(Paul -Edouard-Joseph),  rue  de  Vaugirard,  164,  affecté  au  13' ar¬ 
rondissement.  M.  le  D'  Picard  (Georges-Frédéric),  rue  Jacques- 
Cœur,  11  ôts,  affecté  au  1 1' arrondissement;  M.le  D'  Dézille  (A- 
bel-Jean-Baptiste),  rue  Didot,  53,  affecté  au  13'  arrondissement. 
M.  le  D' Bâtisse  (Benoîl-Jean-Joseph),  rue  du  Cherche-Midi,  99, 
affecté  au  13'  arrondissement;  M.  le  D'  Gayrol  (André-Pierre- 
Joseph),  avenue  Niel,  93  affecté  an  19'  arrondissement  :  M.  le  D' 
Berruyer  (Gaston-Louis-Victor).  rue  des  Saints-Pores,  73  bis, 
affecté  au  19' arrondissement  ;  M.  le  D' Sain.mont  (Camille-Jules) , 
rue  de  la  Roquette.  36.  affecté  au  20-  arrondissement;  M.  leD' 
Arnoux  (Emile-Henri-Adolphe),  rue  Monceau,  91,  affecté  au  19* 
arrondissement. 

Société  amicale  de  secours  mutuels  des  employés  de  la 

FACULTÉ  DE  MÉDECINE  ET  DÉ  L’ÉCOLE  SUPERIEURE  DE  PHARMACIE 

DIS  PARIS.  —  L’Amicale  de  secours  mutuels  de  la  Faculté  de  mé¬ 
decine  et  de  l’Ecole  de  pharmacie  a  tenu,  le  14  janvier,  dans  le 
grand  amphithéâtre  de  l'Ecole  de  Pharmacie,  sa  première  assem¬ 
blée  générale  sous  la  présidence  de  M.  le  Docteur  Ghouvier  a.s- 
sisté  de  M.  le  Docteur  Lombard. 

Après  la  lecture  des  rapports  de  MM.  Pierron,  vétérinaire  et 
Duboc,  trésorier,  le  président,  M.  Ghouvier  a  fait  ressortir  que  la 
société,  fondée  il  y  a  un  an  à  peine,  possède  à  l’heure  actuelle  un 
fonds  social  de  près  de  30UÜ  fr.  Le  jocteur  Lombard  a  prononc  é 
un  discours  en  faveur  de  la  Mutuelle  des  employés  des  facultés, 
ses  anciens  collègues  restés  ses  bons  amis. 

Un  banquet  à  eu  lieu  le  soir  à  8  heures  au  Palais  d’Or¬ 
léans. 

La  tuberculose  et  le  personnel  des  postes.  —  La  commis¬ 
sion  instituée  au  sous-secrêtariat  des  postes  pour  étudier  l’orga¬ 
nisation  des  sanatoriums  en  faveur  du  personnel  des  postes,  des 
télégraphes  et  des  téléphones,  s’est  réunie  sous  la  présidence  de 
M.  Seligmann-Lui,  inspecteur  général. 

La  commission  a  adopté  un  vœu  déposé  par  le  docteur  Lachau 
député,  tendant  à  ce  qu’un  projet  de  loi  ou  un  article  additionnel 
à  la  loi  de  finances  soit  déposé  à  bref  délai  pour  obtenir  du  Parle¬ 
ment  le  vote  d’un  crédit  de  1,206,(100  francs  pour  l’envoi  en  «  con 
gé  définitif  de  maladie  »  des  agents  tuberculeux  incurables,  dange¬ 
reux  pour  la  contagion  à  l’égard  du  personnel  et  du  public.  M. 
le  sénateur  Peyrot  et  .M.  Lachaud,  député,  ont  promis  leur  appui 
pour  assurer  le  succès  de  cette  proposition  au  Parlement.  Dans 
une  prochaine  séance,  la  commission  examinera  les  moyens  à 
prendre  pour  obtenir  les  ressources  nécessaires  par  souscription 
volontaire  du  personnel,  loteries  ou  autres,  afin  d  assurer  le  trai¬ 
tement  des  prétubercùleux  et  l'envoi  dans  les  sanatoriums  des  a- 
gents  tuberculeux  curables. (Ac  Temps}. 

Gontre  la  Peste.  —  Le  .Matin  annonce  que  le  D'  Klein,  dans 
une  communication  aux  autorités  anglaises,  déclare  avoir  trouvé 
un  remède  contre  la  peste. 

En  Russie.  —  Le  journal  la  Molva  prétend  que  le  comité 
municipal  des  hôpitaux  de  Saint-Pétersbourg  a  refusé  de  laisser 
transformer  en  prisons  les  hôpitaux. 

Les  journaux  racontent  les  atrocités  que  les  soldats  auraient 
commises  à  l’asile  d’aliénés  de  Saint-Nicolas.  Sur  1,000  pension' 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


79 


naires  700  avaient  été  internés  pour  tendances  révolutionnaires. 
Le  règlement  de  l’état  de  siège  partiel  autorise  la  police  d’en¬ 
voyer  tous  ceux  qu'elle  voudra  dans  un  asile  d’aliénés.  Les  soldats 
auraient  maltraité  les  internés  et  les  membres  du  personnel. 

La  crémation  en  angi.eterre.  —  En  Angleterre,  comme  en 
France,  les  progrès  du  système  d’incinération  des  corps  sont  des 
plus  lents.  Le  nombre  des  cadavres  livrés  aux  fours  crématoires 
fut  de  475  en  1903  :  de  560  en  1904  ;  de  600  en  1905.  Le  nombre 
des  établissements  d’incinération  s’est  élevé  à  9  à  12.  Ce  n’est  en¬ 
core  que  l’élite  de  la  société  —  ou  ce  ne  sont  que  des  gens  désireux 
d’appeler  sur  eux  l’attention  après  leur  mort  —  qui  renoncent, 
jusqu’ici,  à  l’enterrement  ordinaire.  On  estime  qu’il  faudra  au 
moins  un  demi-siècle  avant  que  le  système  ne  se  popularise.  {Le 
Petit  Parisien,  du  21  janvier  1906.) 

Une  exposition  intern.ationale  a  Anvers  est  annoncée  pour 
les  mois  d’avril  et  mai  1906.  La  partie  de  Ib.  médecine  et  de  V hy¬ 
giène  y  occupera  une  place  très  importante.  Nous  engageons  for¬ 
tement  les  fabricants  à  participer  à  cette  exposition  qui  est  patron¬ 
née  officiellement  et  placée  sous  la  très  haute  Présidence  de  S.  A. 
R,  Madame  la  Comtesse  de  Flandre.  Tous  les  renseignements 
peuvent  être  demandés  au  Secrétariat,  26,  rue  d’Arenberg,  An¬ 
vers.  'Cercle  Royal  Artistique). 

Muséum  d’histoire  n.aturelle.  —  Cours  de  chimie  appliquée 
aux  corps  organiques.  —  M.  Arnaud,  professeur,  commencera 
ce  cours  le  jeudi  8  février  1906,  dans  l'Amphithéâtre  de  chimie 
du  Muséum  d’histoire  naturelle,  rue  de  Buffon,  n"*  63,  à  quatre 
heures,  et  le  continuera  les  samedis,  mardis  et  jeudis  suivants, 
à  la  même  heure.  Le  professeur  traitera  des  hydrates  de  carbone, 
des  sucres  et  des  glucosides,  ainsi  que  des  méthodes  synthétiques 
et  analytiques  qui  se  rattachent  à  l’étude  de  cette  classe  impor¬ 
tante  de  principes  immédiats. 

Dés.aveu  de  Paternité.  Durée  db  la  grossesse  :  Le  triom¬ 
phe  DE  l’esprit  juridique.  —  La  femme  du  garçon  de  café  Lam- 
mier  ayant  accouché  cent  quatre-vingt-quatre  jours  après  son  ma¬ 
riage,  et  avouant  d’ailleurs  que  ce  n’était  pas  des  œuvres  de  son 
mari,  le  garçon  de  café  demandait  à  la  première  chambre  de  dé¬ 
clarer  que  l’enfant  ainsi  né  n’est  pas  de  lui. 

Mais  le  Code  civil  décidant  qu’il  ne  peut  y  avoir  désaveu  de  pa¬ 
ternité  que  s’il  est  prouvé  que  le  mari  s’est  trouvé  dans  l’impossi¬ 
bilité  de  cohabiter  avec  sa  femme  du  trois  cent  quatre-vingtième 
jour  avant  la  naissance  de  l'enfant,  il  s’en  fallait  de  quatre  jours 
pour  que  cette  impossibilité  se  présentât  dans  le  cas  de  M.  Lam- 
mier,  et  le  tribunal  a  décidé  que  c’était  assez  pour  qu’il  fut  le  père  ; 
l’aveu  de  la  mère  étant  d’ailleurs  écarté  comme  irrecevable,  dans 
1  intérêt  de  l’enfant. 

Seulement,  le  tribunal  a  prononcé  le  divorce  entre  M.  Lammier 
et  sa  femme,  au  profit  du  mari,  à  raison  de  l’injure  grave  à  lui 
faite  par  sa  femme,  en  lui  cachant,  au  moment  du  mariage,  qu’elle 
était  enceinte  de  l’enfant  dont  pourtant  M.  Lammier  est  déclaré  le 


père  !  N’est-ce  pas  le  dernier  mot  de  l’esprit  juridique  ?  {L'Auro¬ 
re,  17  janv.i 

Mort  d’une  centenaire  —  La  nuit  dernière,  s’est  éteinte  de 
vieillesse  à  l’inPrmerie  protestante,  rue  du  Platane,  à  Marseille, 
Mlle  Gleg,  née  le  21  septembre  1803.  Mlle  Gleg  a  gardé  le  lit 
quelquesjours  à  peine.  {L’Action  du  22  janvier  1906.) 

Laïcisation  de  l’hopitai.  d’Issoire. —  On  nous  assure  que 
l’hôpital  de  cette  ville  a  été  laïcisé  il  y  a  6  mois. 

Nécrologie.  —  Nous  avons  le  vif  regret  d’annoncer  la  mort  de 
M.  le  D''  de  Vecker,  l’oculiste  distingué. 

Chronique  des  hôpitaux. 

Concours  pour  la  nomin.ation  a  deux  places  d'ophtalmolo¬ 
giste  DES  hôpitaux  de  Paris. —  Ce  concours  sera  ouvert  le  lundi 
9  avril  1906,  à  midi,  dans  la  salle  des  concours  de  l’Administra¬ 
tion,  49,  rue  des  Saints-Pères,  49.  Cette.séance  sera  consacrée  à 
la  composition  écrite.  MM.  les  docteurs  qui  désireront  concourir 
seront  admis  à  se  faire  inscrire  au  service  du  personnel  de  l’ad¬ 
ministration,  de  midi  à  3  heures,  du  jeudi  l'"'  mars  au  samedi  24  du 
môme  mois  inclusivement. 

Hotel-Dieu.  —  Clinique  des  maladies  nerveuses.  —  M.  Gil¬ 
bert  Ballet  reprendra  ses  leçons  sur  les  Maladies  Nerveuses,  le 
dimanche  4  février,  à  10  heures,  amphithéâtre  Trousseau,  et  les 
continuera  les  dimanches  suivants  à  la  môme  heure.  Consultation 
externe  et  policlinique  pour  les  maladies  nerveuses  et  mentales, 
le  samedi  à  9  h.  1/2  (salon  de  la  salle  Sainte-Anne) 

Hôpital  Cochin-annexe.  —  Le  D"'  Queyr.at  commencera,  le 
jeudi  8  février,  à  10  h.  1/2,  des  conférences  sur  les  maladies  vé¬ 
nériennes  et  les  maladies  de  la  peau  (avec  présentation  de  malades 
et  démonstrations  bactériologiques),  et  les  continuera  les  jeudis 
suivants  à  la  même  heure. 

Hospice  de  Bicétre.  {Fondation  Vallée).  —  M.  Bourneville 
Visite  du  service  (gymnastique,  travail  manuel, écoles,  et  présen¬ 
tation  de  malades)  le  samedi  à  lOh.  très  précises.  Consultations 
médico-pédagogiques  gratuites  pour  les  enfants  indigents  atteints 
de  maladies  du  système  nerveux,  le  jeudi  à  9  h.  1/2. 

Clinique  d’accouchement  Tarnier.  —  Professeur  P''  Budin. 
—  Tous  les  mardis  à  9  heures:  Leçons  de  clinique  obstétricale. 
Tous  les  samedis  à  9  heures.  Leçons  sur  l’allaitement  et  l’hygiène 
du  nourrisson. 

Hôpital  de  la  Charité.  —  Leçons  de  clinique  obstétricale.  — 
M.  le  Dr  Maygrier (amphithéâtre  Potain),  le  jeudi  à  10  heures. 

Hospice  de  LA  Salpétrière.  (Clinique  mentale  et  nerveuse). 
— M.  le  Dr  J.  Voisin,  lejeudià  10  heures. 

Enseignement  libre. 

Conférence.  —  M.  le  Dr  A.  Ghervin  fera  le  6  févrierà8  heures 
3/4  très  précises  du  soir,  à  l’Hôtel  des  Sociétés  savantes,  8,  rue 
Danton,  une  conférence  sur  les  troubles  de  la  parole. 


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L'Apioline  exerce  son  action  sur  le  système  circulatoire,  en  déterminant  des 
phénomènes  de  congestion  vasculaire  et  d’excitation,  en  même  temps  que  sur  la 
contractibilité  de  la  fibre  musculaire  lisse  de  la  matrice.  L’Apioline  liquide,  cou¬ 
leur  acajou,  est  renfermée  dans  de  petites  capsules  rondes,  contenant  chacune 
20  centigrammes.  Administrée  2  à  3  jours  avant  l’apparition  des  règles,  à  la  dose 
de  2  à  3  capsules  par  jour,  prises  aux  repas,  l'Apioline  rappelle  et  régularise 
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DANS  TOUTES  LES  PHARMACIES 


80 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


BULLETIN  BIBLIOGRAPHIQÛE 

L’enfant,  revue  mensuelle  illustrée  consacrée  à  l’étude  de  tou¬ 
tes  questions  relatives  à  la  protection  de  l’enfance.  Directeurs-ré¬ 
dacteurs  en  chef,  MM.  Henri  Rollbt  et  Jacques  Teutsch.  13,  rue 
de  l’Anoienne-Gomédie.  France,  un  an,  5  fr.  ;  étranger,  6fr.  Nous 
appelons  vivement  l’attention  de  nos  lecteurs  sur  cette  très  inté¬ 
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qu’ils  pourront  compléter  leur  bibliothèque  à  bon  compte.  Une 
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français,  allemands,  anglais,  italiens,  espagnols,  etc,  etc,  y  sont 
représentés  ;  toutes  les  principales  revues  et  le  plus  grand  nom¬ 
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pléter  leurs  collections,  nous  engageons  tous  nos  confrères  et  a- 
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Médecine,  23  mars  1897,  8  mai  18981.  L’extrait  de  ces  Mémoires 
est  adressé  gracieusement  à  tous  les  médecins  qui  lui  en 
feront  la  demande.  Renseignements  gratuits  et  prix  de  faveur 

pour  tous  les  memores  du  corps  médical.  _ _ 

_ Le  Rédacteur-Gérant  :  Bournbvillx. 

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10  FÉVRIER  1906 


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Résultats  éloignés  de  la  transposition  testiculaire  à  la  Longuet, 
par  Pélicier.  —  Electrothérapie  :  Interrupteur  à  mercure 
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Lemoine  ;  Les  fractures  du  crâne  chez  l’enfant,  par  Gasne  ;  Im 
Grenzlande  ou  au  pays-frontière,  par  Moebius  ;  Traité  des  mala¬ 
dies  de  l’estomac,  par  Soupault  ;  La  détermination  de  la  dose 
toxique  de  l’acide  carbonique  chez  les  vertébrés,  par  Gréhant  ; 
Des  bacillaires  arthritiques  «  lithiasiques  primitifs  »,  par  Dedet, 
—  Varia  ;  L’inauguration  du  buste  de  Liébeault  ;  La  protection 
mécanique  des  habitations  dans  le  paludisme  ;  Les  casiers  sani¬ 
taire  et  L’assistance  familiale  ;  L’assistance  familiale  et  les  trou¬ 
pes  coloniales  et  de  marine  ;  Un  hospice  en  flammes  ;  Préfec¬ 
ture  delà  Seine.  —  Formules.  —  Actes  et  thèses  de  la 
FACULTÉ  DE  MÉDECINE  DE  Paris.  — ■  THÉRAPEUTIQUE  t  Traite¬ 
ment  des  congestions  pulmonaires  et  des  hémoptysies  par  l’hélé- 
nine,  —  Nouvelles.  —  Chronique  des  hôpitaux.  Enseigne¬ 
ment  médical  libre.  —  Bulletin  bibliographique. 


SOMMAIRE  ;  Pathologie  interne  :  Sur  la  prétuberculose 
fondée  sur  le  syndrome  respiratoire  et  urinaire,  son  identité 
avec  la  tuberculose  classique,  par  Laffont.  — ■  Gynécologie  : 
Cancer  du  corps  utérin  à  forme  polypeuse,  par  Mortier.  —  Bul¬ 
letin  :  Ouverture  de  cours  :  Clinique  obstétricale,  par  Bar.  — 
Sociétés  Savantes  :  Société  de  biologie  :  ^irochète  dans  le 
placenta  syphilitique,  par  Nattan-Larrier  et  Brindeau  ;  Spiro¬ 
chète  dans  le  placenta,  par  Wallich  et  Levaditi  ;  Diapédèse 
dans  les  hématomes,  par  Froin  ;  Effets  sur  le  sang  de  l’albumine 
hétérogène,  par  Castaigne  et  Chiray  ;  Chloroforme  dosé  dans 
les  tissus,  par  Nidoux  ;  Catalose  dans  les  organes,  par  Isco- 
vesco  (c.  r.  de  Mme  Edwards-Pilliet.)  —  Société  de  chirurgie  : 
A  propos  des  appareils  pour  anesthésie  chloroformique,  par 
Reynier  ;  La  chloroformisation  chez  les  psychopathes,  par  Pic- 
qué  ;  Suture  nerveuse,  par  Reynier  ;  Rachistovaïne,  par  Cha- 
put  (c.  r.  de  Catz.)  —  Société  Médicale  des  Hôpitaux  :  Septicé¬ 
mie  et  tétragène,  par  Œttinger  et  Malloizel  ;  Cyanose  congéni¬ 
tale  sans  signes  d’auscultation,  par  Variot  ;  Régime  achlorurô 
dans  la  scarlatine,  par  Pater  ;  Fièvre  prévaricellique,  par  Gal- 


PATHOLOGIE  INTERNE 

Sur  la  prétuberculose  fondée  sur  le  syndrome 
respiratoire  et  urinaire.  Son  identité  avec  la 
tuberculose  classique  ; 
par  le  Docteur  Marc  UAFFONT 

La  prétuberculose  fondée  sur  les  syndromes  du  chi¬ 
misme  respiratoire  et  urinaire,  suivant  les  travaux  de 
MM.  A.  Robin  et  M.  Binet,  n’existe  pas  comme  entité 
morbide,  je  vais  le  prouver. 

On  sait  que  la  plupart  d’entre  nous  portent  à  l’état  de 
saprophyte,  aux  oritices  communs  des  voies  respiratoi¬ 
res  et  digestives  le  microbe  de  Koch,  dont  la  virulence 
variable  suivant  l’habitat  sur  divers  animaux,  depuis 
l’orvet  jusqu'à  l’homme,  l’est  encore  chez  une  même 
espèce  animale,  sous  diverses  conditions  dont  le  déter¬ 
minisme  jusqu’ici  n’est  pas  scientifiquement  expliqué. 

On  sait  également  que  le  microbe  de  Koch  a  été  trou¬ 
vé  dans  des  organes  sains  en  apparence  (testicules,  gan¬ 
glions  lymphatiques,  reins,  moelle  osseuse,  etc.)  ;  sur¬ 
vienne  un  état  pathologique  aigu,  une  pyrexie,  la  tu¬ 
berculose  évolue.  Je  rappelle  ici  cette  phrase  profonde 
de  Laënnec,  citée  par  Dameschino  dans  sa  thèse  d’agré¬ 
gation  sur  Y  Etiologie  de  la  tuberculose ,  1872  •.  «  Une 
«  fartie  enflammée  ressemble  à  la  terre  inculte  depuis 
«  longtemps,  et  dans  laqmlle  le  labour  fait  germer 
«  une  foule  de  graines  qu  elle  renfermait  depuis  long- 
«  temps  dans  son  sem  >; . 

Toutporteà  croire  que  beaueoupsont,  sans  s'en  aper¬ 
cevoir,  l'habitat  de  ce  terrible  microbe,  qui  prend  sa 
Virulence  à  son  heure,  lorsque  nous  nous  y  attendons 
le  moins,  et  qu’il  évolue  alors,  trop  souvent  fatalement 
poumons  ! 

Mais,  si  la  prétubereulose  n'existe  pas  avec  ses  mer¬ 
veilleuses  indications  sur  la  prophylaxie  tuberculeuse, 
sommes-nous  désarmés  pour  dépister  les  premières  ma¬ 
nifestations  du  redoutable  mal,  alors  qu'il  est  facile¬ 
ment  curable?  Que  non  pas,  heureusement.  La  métho¬ 
de  o/’/fcîg^fej’auscultation  et  de  percussion  do  profes¬ 
seur  Grancher,  l’étude  méthodique  des  variations  de  la 
mnipérature  selon  les  indications  de  M.  Daremberg,  la 
l’eeherche  méticuleuse  des  adénites,  nous  suffisent  lar- 
?nûient  et  ce  sont  les  méthodes  que  Je  préfère.  Nous 


avonsdeplus  l’épreuve  de  la  tuberculine,  le  séro-dia- 
gnostic  de  MM.  Arloing  et  P.  Courmont,  le  cyto-dia- 
gnostiede  MM.  Widal  et  Ravaut,  l’inoscopie  de  M.  Jous- 
set,  l’épreuve  du  vésicatoire  de  MM.  Roger  et  Josué,  la 
pneumographie  de  MM.  Ed.  Hirtz  et  Rrouardel,  l’exa¬ 
men  microscopique  du  sang,  etc.  Après  ce  préambule  un 
peu  long,  j’arrive  à  la  réfutation  des  théories  de  MM.  Ro¬ 
bin  et  Binet,  je  trouve  d’abord  que  leur  point  de  départ, 
c’est  à  dire  le  chimisme  respiratoire  moyen  de  l’hom¬ 
me  normal,  n’a  pas  toute  la  rigueur  scientiüquement 
exigible  en  pareille  matière. 

Toutes  choses  égales  d'ailleurs,  la  taille,  le  poids,  le 
nombre  des  respirations,  le  chiffre  de  la  ventilation 
etc.,  la  moyenne  du  chimisme  réspiratoirc  varie  ce¬ 
pendant  de  1901  à  1905.  —  C’est  ainsi  que  O  fixé  par 
les  tissus  est  trouvé  par  ces  MM.  dans  leur  moyenne  de 
1905,  57  %  plus  fort  quedans  leur  moyenne  publiée 
en  1901  — Pourquoi? 

MM.  Robin  et  Binet  annoncent  comme  leur  découver¬ 
te  que  les  échanges  respiratoires  des  phtisiques  sont 
augmentés,  «  contrairement  à  l’opinion  générale  et  à  la 
théorie  officiellement  enseignée  ».  Cependant,  dès  1879 
M.  P.  Regnard,  dans  sa  remarquable  thèse  sur  les 
«  Combustions  respiratoires»,  n'avait  pas  dit  autre  cho¬ 
se,  et  ses  nombreuses  analyses  du  chimisme  respiratoi¬ 
re,  faites  avec  toute  la  rigueur  scientifique  qui  était  de 
règle  au  laboratoire  de  notre  regretté  maître  Paul  Bert, 
démontrent  quela  quantité  totale  de  O  disparu  dans  la 
respiration  des  phtisiques,  est  de  beaucoup  supérieure 
à  la  normale,  de  même  que  O  absorbé  par  les  tissus  pour 
les  combustions  organiques,  d'où  diminution  souvent 
de  près  de  50  %  du  quotient  respiratoire  ou  rapport  de 
CO^ 

O  * 

Lorsque  la  fièvre  est  moins  forte,  même  chez  les 
phtisiques  avancés,  ce  quotient  se  rapproche  deO.8  nor¬ 
male  adopté  par  tous  les  physiologistes. 

Quantà  CO-  produit  dans  la  période  de  fièvre,  son 
augmentation  n'est  pas  en  rapport  avec  O  total  consom¬ 
mé,  quelquefois  même  inférieur  à  lanormale  (15  à  10 
litres  par  heure),  à  laquelle  il  remonte  pendant  la  pé¬ 
riode  apyrétique,  pour  la  dépasser  même  souvent  par 
suite  de  l'augmentation  du  nombre  des  mouvements  res¬ 
piratoires  chez  les  phtisiques  (24  mouvements  au  lieu 


82 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


de  16),  modification  respiratoire  qui  fait  passer  dans  les 
poumons  une  plus  grande  quantité  d’air,  parce  que  le 
phtisique,  quoiqu’en  disent  MM.  Robin  et  Binet  est  un 
affamé  d’oxygène. 

Tout,  au  reste,  est  incompréhensible  pour  moi  dans 
cette  partie  du  travail  des  auteurs  précités.  C’est  ainsi 
qu’ils  annoncent  que  la  production  de  CO’  est  augmen¬ 
tée  de  86  %  chez  la  femme,  de  04  %  chez  l’homme,  en 
même  temps  que  la  quantité  de  O  absorbé  par  les  tissus 
croit  de  163  %  chez  la  femme  et  de  95  %  chez  l’homme. 
Or,  pour  arrivera  l’augmentation  simultanée  chez  l’hom¬ 
me  de  00^  produit  et  de  0  fixé  par  les  tissus,  dans 
les  proportions  indiquées  par  les  auteurs,  il  faudrait 
une  augmentation  énorme  de  0  total  utilisé,  soit  36  li¬ 
tres  à  l’heure,  au  lieu  de  la  moyenne  20  à  21 
augmentation  que  l’on  rencontre  seulement  dans  les 
états  pathologiques  très  graves  avec  des  températures 
avoisinant  40°.  Encore,  dans  toutes  ces  combustions  exa¬ 
gérées,  l'augmentation  porte-t-elle  surtout  sur  0  fixé 
par  les  tissus, et  le  quotient  respiratoire  diminue  de  50  % . 
L’étude  du  chimisme  respiratoire,  même  sans  être  pous¬ 
sée  à  l’exagération,  est  inutile  comme  élément  de  dia¬ 
gnostic,  tout  individu  présentant  une  augmentation  du 
nombre  des  respirations  de  1/3,  avec  augmentation  des 
combustions,  s’il  n’est  pas  affecté  de  pyrexies,  fièvres 
infectieuses,  etc.,  est  facilement  reconnu  tuberculeux 
par  l’auscultation  et  la  percussion.  J’ajoute  que,  même 
chez  les  tuberculeux  manifestes,  mais  apyrétiques,  ce 
chimisme  respiratoire  peut  disparaître.  Les  prétubercu¬ 
leux  de  MM.  Robin  et  Binet  sont  donc  des  tuberculeux 
classiques  et  je  ne  vois  rien  d  étonnant  à  ce  qu'ils  en 
rencontrent  60  %  parmi  les  descendants  de  phtisiques. 

Autres  sont  les  manifestations  para-tuberculeuses, 
aujourd'hui  officiellement  enseignées,  ce  sont  :  la  chlo¬ 
rose  et  la  chloro-anémie,  la  scrofule  et  le  lymphatis¬ 
me,  l'infantilisme  de  Lorrain,  les  aplasies  cardio-arté¬ 
rielles.  Les  descendants  des  tuberculeux  présentent 
souvent  ces  manifestations  auxquelles  ils  doivent  de 
l'anaphylaxie  pour  l'infection  tuberculeuse.  L'anaphy¬ 
laxie,  mot  heureusement  créé  par  le  professeur  Richet 
pour  exprimer  une  susceptibilité  spéciale,  provoquée 
pour  les  infections  ;  j’ai  pu  la  produire  dans  des  expé¬ 
riences  sur  la  tuberculose  que  j’ai  instituées  dans  mon 
laboratoire  avec  mon  élève  le  André  Lombard,  en 
injectant  préventivement  des  animaux  avec  la  tubercu¬ 
line. 

Non  seulement  ces  animaux  n’ont  pas  été  vaccinés, 
mais  ils  ont  présenté  au  contraire  de  l’anaphylaxie  tu¬ 
berculeuse,  ont  été  infectés  plus  rapidement  par  une 
inocülation  du  virus  tuberculeux  et  sont  morts  avant 
les  témoins.  A  mon  avis,  porteurs  ou  non  de  B. de  Koch, 
les  descendants  tuberculeux  atteints  de  para-tubercu¬ 
lose,  ont  été  rendus  anaphylactiques  pour  l’infection 
tuberculeuse,  par  les  toxines  solubles  qu'il  ont  reçues 
pendant  leur  vie  fœtale. 

Tous  les  autres  états  de  déchéance  vitale,  dont  les 
principaux  facteurs  sont,  sans  contredit,  l’alcoolisme, 
la  misère  (en  1862  Bertillon  trouve  13  tuberculeux  sur 
100  morts  riches  et  33  sur  100  pauvres),  et  l’absence 
d’hygiène,  s  ils  ne  constituent  pas  la  para-tuberculose, 
mettent  néanmoins  l’organisme  à  l'état  de  réception 
très  facile  pour  le  virus  tuberculeux,  parce  que  la  dé¬ 
fense  est  amoindrie.  Dans  la  même  classe,  malgré  MM. 
Robin  et  Binet,  après  un  grand  nombre  d’auteurs  clas¬ 
siques,  je  place  comme  prédisposant  à  la  tuberculose, 
l’arthritisme  avec  toutes  ses  modifieations  variées  du 
côté  de  la  peau,  des  séreuses. de  l’appareil  locomoteur. 


de  l'appareil  circulatoire,  des  viscères,  toutes  les  fois 
que  ces  manifestations  auront  amené  de  la  déchéance 
vitale.  Trébeneau  a  trouvé  34  arthritiques  sur  100  tu¬ 
berculeux,  le  D'’  F.  O.  Merson,  à  Leysin,  1  rhumati¬ 
sant  sur  5  tuberculeux  et  M.  Bouveyron  12  sur  30. Déjà 
en  1865,  Pollock,  cité  par  Powell  en  1874,  dans  son  in¬ 
téressante  thèse  sur  les  «  Pseudo-rhumatisme  tuber¬ 
culeux  »  avait  signalé  la  fréquence  des  affections  rhu¬ 
matismales  et  cardiaques  au  cours  de  la  tuberculose. M. 
le  professeur  A.  Poncet  et  ses  élèves  ont  généralisé  l’é¬ 
tude  de  cette  forme  de  tuberculose,  sous  le  nom  de 
tuberculose  inflammatoire,  mais  rappelons-nous  que 
la  découverte  en  est  due  à  Gubler  dont  l’observation 
de  1860  restera  classique  comme  description  et  inter¬ 
prétation.  Aussi  proposerai-je  de  donner  au  rhuma¬ 
tisme  TUBERCULEUX,  la  dénomination  de  rhumatisme 
DE  Gubler. 

Je  reviens  au  syndrome  respiratoire,  expression  de 
la  prétuberculose,  selon  M.M.  Robin  et  Binet,  et  je  ré¬ 
pète  que  ce  chimisme  respiratoire  est  celui  de  la  tuber¬ 
culose  classique  :  j’ajoute  que  la  faible  quantité  de  CO' 
éliminé  parle  fonctionnement  du  globule  rouge,  par 
rapport  à  l'élévation  de  O  total  consommé,  reconnaît 
pour  cause  l'altération  du  sang  dont  la  capacité  respi¬ 
ratoire  est  diminué  de  20  au  1°'  degré,  de  30  "/o  fiu  2* 
degré,  de  50  "/o  fit  plus  au  3'  degré,  comme  nous  le  sa¬ 
vons  depuis  les  remarquables  recherches  de  Quinquaud 
en  1872  et  de  M.  Regnard  en  1879. 

En  même  temps  l'hémoglobine  baisse  dans  de  fortes 
proportions,  comme  je  l’ai  établi  au  moyen  de  la  mé¬ 
thode  colorimétrique  trouvée  par  le  professeur  Jolyet 
et  moi. 

Le  syndrome  urinaire  invoqué  par  la  même  école, 
est-il  davantage  une  preuve  de  prétuberculose  ?  je  ne 
le  crois  pas.  Je  ne  m’appuierai  pas  sur  les  analyses  con¬ 
tradictoires  de  M.  Berlioz,  ni  sur  celles  de  M.  Ott  (de 
Wittlich),  non  plus  sur  les  centaines  d’analyses  d'u¬ 
rine  faites  par  M.  Lombard  et  moi  depuis  5  ans.  Je  di¬ 
rai  avec  M.  Daremberg  dans  son  précieux  traité  de  la 
«  tuberculose  »  (1905),  la  déminéralisation  ne  peut 
servir  d’élément  de  diagnostic  pour  la  tuberculose,  car 
on  l’observe  dans  un  grand  nombre  de  maladies.  J’a¬ 
jouterai  que,  môme  pour  la  déchloruration  urinaire, 
cette  rétention  des  chlorures  dans  l’organisme  est  fonc¬ 
tion  de  toutes  les  maladies  infectieuses  et  non  de  la 
tuberculose  seule.  Enfin  je  dirai  avec  MM.  Marcel  et 
Henri  Labbé  :  dans  une  analyse  d’urine,  si  l’existence 
ou  l’absence  de  substances  anormales  dans  l’urine, 
constituent  un  élément  très  important  de  diagnostic, 
les  chiffres  indiquant  le  taux  des  principes  normaux 
ne  lui  sont  d’aucune  utilité  indispensable,  car  en  de¬ 
hors  de  tout  trouble  morbide,  à  l'état  de  santé,  l’excré¬ 
tion  dépend  avant  tout  de  l'ingestion.»  Il  ne  peut  sor¬ 
tir  de  l’organisme  que  ce  qui  y  a  pénétré.» 

En  résumé,  il  n'y  a  point  de  prétuberculose  comme 
entité  morbide  opposée  à  l’arthritisme.  Il  y  a  des  para- 
tnberculeux  issus  de  tuberculeux  et  présentant  des  ta¬ 
res  organiques  qui  les  rendent  anaphylactiques  pour 
les  virus  tuberculeux.  La  déchéance  vitale,  quelle 
qu'en  soit  la  cause  favorise  l’infection  par  le  bacille  de 
Koch. 

Certainement,  la  phtisie  évolue  en  deux  périodes, 
mais  contrairement  à  JVl.M.  Robin  et  Binet,  je  place  avec 
tous  les  auteurs  l’infection  avant  la  consomption  qà* 
en  est  le  corollaire. 

Les  initiateurs  de  la  prétuberculose  n’ont  fait  aU' 
cune  découverte,  car  le  chimisme  respiratoire  desphti' 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


83 


siques  a  été  parfaitement  étudié  avant  eux  par  M.  Re¬ 
gnard,  et  je  ne  crois  pas  que  l’enseignement  officiel 
ait  jamais  dit  que  la  phtisie  n'était  pas  une  maladie  de 
consomption  et  que  la  vitalité  est  amoindrie  chez  les 
tuberculeux. 

MM.  Robin  et  Binet  pensent  que  leur  découverte 
«  bouleverse,  par  conséquent,  toutes  les  idées  directri- 
«  ces  actuelles  de  la  prophylaxie  et  du  traitement  de  la 
<(  phtisie. . .»  j’espère  que  non,  et  je  compte  pour  cela 
sur  les  travaux  de  la  section  d'hygiène  de  notre  con¬ 
grès.  Les  médecins  continueront  à  tonifier  les  phtisi¬ 
ques,  c’est-à-dire  à  stimuler,  à  invigorer  les  organites 
(leucocytes,  lymphocytes,  phagocytes  en  général), char¬ 
gés  de  prendre  dans  le  tube  digestif  les  éléments  de 
nutrition  et  d’apporter  aux  émonctoires  les  déchets  de 
cette  nutrition  avec  les  toxines  Iranformées. 

La  vraie  découverte,  la  seule  qui  ait  bouleversé  les 
idées  directrices  d’infection,  de  prophylaxie  et  de  traite¬ 
ment  de  la  tuberculose,  c'est  la  découverte  de  la  pha¬ 
gocytose  dont  le  monde  est  redevable  à  M.  Metchni- 


La  tonification  des  phtisiques,  nous  la  chercherons 
surtout  dans  l’hygiène,  le  repos  et  l’alimentation  judi¬ 
cieuse,  car  nous  n’oublions  pas  l’axiome  de  Bouchar- 
dat:  «  ce  n'est  pas  ce  que  Von  mange  qui  nourrit,  c'est 
ce  qu'on  digère  »,  ni  celui  de  M.  Daremberg  :  «  on  ne 
refait  pas  un  tuberculeux  comme  on  fait  un  animal  de 
boucherie.  »  On  peut  dire  qu’un  tuberculeux  qui 
mange,  qui  assimile,  qui  digère,  prolongera  son  exis¬ 
tence,  guérira  peut-être. 

Si  Voltaire  a  pu,  en  toute  vérité,  mettre  dans  la  bou¬ 
che  du  chirurgien  Sidrac  ces  paroles  mémorables  ; 
«  Que  le  premier  mobile  de  toutes  les  actions  dos  hom¬ 
mes, c’était  la  chaise  percée  »,  je  serai  également  tenté 
de  dire  :  le  principal  élément  de  pronostic  de  la  tuber¬ 
culose,  c’est  la  chaise  percée. 


(iYNÉGOLOGIE 


Cancer  du  corps  utérin  à  forme  polypeuse  i  l)  ; 

P.11-  MORTIER 

Le  cancer  du  corps  de  l’utérus  se  diagnostique  faci¬ 
lement  quand  il  s’accompagne  de  ses  symptômes  habi¬ 
tuels.  -  Il  est  bien  évident  qu’en  présence  d’une  femme 
âgée  de  45  à  5(j  ans,  qui  accuse  de  violentes  douleurs, 
un  état  leucorrhéique  intense  et  des  hémorrhagies  abon¬ 
dantes  on  a  le  droit  de  songer  à  un  néoplasme  utérin, 
surtout  si,  par  le  toucher  vaginal,  on  trouve  un  utérus 
peu  mobile  et  augmenté  de  volume. 

Mais  il  n’en  est  pas  toujours  ainsi  ;  dans  certainscas, 
les  symptômes  primordiaux  peuvent  faire  totalement 
défaut,  et  on  a  cependant  atfaire  à  un  cancer  utérin, 
comme  le  démontre  le  laboratoire. 

Telle  est  l’histoire  d’une  malade  qui, le  Boctobre  der¬ 
nier,  entre  dans  le  service  de  mon  excellent  maître,  le 
D'‘Picqué,à  l’hôpital  Bichat. 

Cette  femme  âgée  de  50  ans,  se  plaint  uniquement 
de  métrorrhagies  abondantes.  Depuis  4  ans,  elle  n’a 
pas  cessé  de  perdre  du  sang,  d’abord  à  intervalles  irré¬ 
guliers,  ce  qui  lui  faisait  croire  aux  effets  de  son  retour 
d’àge,  puis  par  périodes  de  plus  en  plus  rapprochées. 
Depuis  5à  (5  mois,  ses  pertes  sont  continuelles,  et,  de¬ 
puis  Imois,  terriblement  abondantes  ;  malgré  d’ingé¬ 
nieux  procédés,  elle  ne  peut  arriver  à  se  garantir  suffi¬ 
samment  si  bien  que,  à  bout  de  forces  et  honteuse 

(1)  CuiHinunioaiiun  à  la  Soc.  de  Médecine  de  Paris. 


d’elle-même,  puisqu’elle  macule  de  sang  les  endroits 
où  elle  passe,  elle  s’est  décidée  à  venir  consulter. 

Elle  n'a  pas  maigri  ;  son  état  général  est  bon;  elle 
n’a  aucun  trouble  fonctionnel  et,  n’était  son  faciès 
décoloré,  comme  une  personne  un  peu  exsangue,  on  ne 
la  soupçonnerait  pas  malade. 

Elle  n’a  jamais  eu  la  moindre  douleur  dans  le  bas- 
ventre  ;  elle  a  toujours  été  bien  réglée  jusqu’à  l’àge 
de  46  ans  ;  ses  règles  n’étaient  ni  douloureuses  ni  abon¬ 
dantes. 

On  ne  trouve  chez  elle  aucun  passé  morbide  ; 
mariée  à  l’àge  de  20  ans,  elle  a  eu  un  enfant  qui  est 
mort  de  convulsions,  à  l’àge  de  4  mois  ;  et,  depuis  de 
nombreuses  années,  elle  est  veuve,  son  mari  ayant  suc¬ 
combé  à  une  tuberculose  pulmonaire. 

Voilà  donc  une  femme  qui  n’a  jamais  souffert,  dont 
l’état  général  n’est  pas  modifié  et  qui  accuse  unique¬ 
ment  de  violentes  hémorrhagies  d’origine  utérine. L’idée 
de  rétention  placentaire  ou  d’avortement  doit  être  im¬ 
médiatement  écartée,  parce  que  les  métrorrhagies 
persistent  depuis  4  ans.  —  Alors  doit-on  soupçonner 
un  polype  de  l’utérus  faisant  saillie  dans  le  vagin  ? 
Non  puisque  le  toucher  vaginal  démontre  l’existence 
d’un  col  normal,  non  hypertrophié,  et  ne  laissant  pas- 
.ser  aucun  polype.  Aussi,  paraissait-il  plus  vraisem- 
ble  de  songer  à  l’existence  d’un  néoplasme  utérin,  sur¬ 
tout  en  considérant  l’àge  de  la  malade. 

Fort  de  cette  idée,  on  aurait  pu,  m’objectera-t-on, 
chercher  à  contrôler  ce  diagnostic  en  prélevant  une 
parcelle  de  la  tumeur  supposée  au  moyen  d’nne  curette 
et  en  la  confiant  à  un  histologiste.  —  Mais  M.  Picqué 
estime  que  cette  manœuvre  n’est  pas  sans  dangers,  sur¬ 
tout  quand  on  pénètre  dans  un  utérus  à  parois  peu 
résistantes,  probablement  friables,  et  qu’on  a  plus 
d’avantages,  quand  on  peut  faire  le  diagnostic  sans 
elle,  à  n’ypas  recourir. 

M.  Picqué  décida  donc  une  intervention  estimant  à 
juste  titre  que,  vis-à-vis  de  1  âge  de  la  malade,  il  pou¬ 
vait,  sans  grands  inconvénients,  faire  chez  elle  une  hys¬ 
térectomie  subtotale  ;  c’est  ce  qu’iPfit  le  24  octobre. 

Selon  ses  prévisions,  il  trouva  un  utérus  très  peu  aug¬ 
menté  de  volume,  sans  aucune  adhérence,  de  colo¬ 
ration  normale,  et  les  annexes  indemnes  de  lésions. 

Macroscopiquement,  l’utérus  semblait  peu  malade  ; 
mais,  en  l’incisant  suivant  son  grand  axe,  on  trouve 
implantée,  au  niveau  du  fond,  une  petite  tumeur  de  la 
grosseur  d’une  noix,  absolument  fixe,  comme  englobée 
dans  l’organe  ;  cette  tumeur,  non  ulcérée,  est  sail¬ 
lante,  très  irrégulière,  avec  un  aspect  végétant,  poly- 
peux  ;  elle  semblait  adhérente  aux  parois,  un  peu  épais¬ 
sies,  de  l’utérus. 

Une  partie  de  cette  tumeur  fut  prélevée,  incluse  au 
collodion,  coupée  et  colorée  ;  voici  quel  en  fut  mon 
examen  histologique  : 

Au  milieu  d’un  stroma  conjonctif  peu  modifié,  on 
trouve  une  série  de  cavités  glandulaires  très  altérées; 
certaines  d’entre  elles  sont,  en  effet,  le  siège  d’une  abon¬ 
dante  prolifération  cellulaire  ;  au  lieu  de  constater  une 
seule  rangée  de  cellules  comme  couche  de  revêtement, 
on  voit  plusieurs  assises  de  cellules  superposées,  et  de 
formes  très  diverses  ;  le  type  cylindrique  n’est  plus  ob¬ 
servé,  et  tandis  que  les  cellules  qui  tapissent  les  pa¬ 
rois  de  la  cavité  ont  encore  cet  aspect  cylindrique, celles 
qui  se  I approchent  du  centre  de  l’acini  sont  devenues 
de  forme  toute  autre.  De  plus,  quelques  cavités  glan¬ 
dulaires  sont  complètement  obstruées  par  ces  éléments 
cellulaires  à  formes  polymorphes,  au  point  que  leur  lu- 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


mière  a  totalement  disparu.  Quant  aux  vaisseaux,  ils 
ont  leurs  parois  très  épaissies  ;  certains  renferment 
des  globules  sanguins  en  quantité  notable,  mais  aucun 
ne  contient  d’embolie  épithéliale.  Enfin  on  voit,  par 
place,  des  amas  manifestes  de  leucocytes,  ce  qui,  pour 
M.  Brault,  serait  en  faveur  d’un  néoplasme  récent. 

Cet  ensemble  de  faits  permet  d'éliminer  l’idée  d’adé¬ 
nome  tubulé,  ou  bien  encore  de  glandes  simplement 
enflammées,  de  métrite  chronique  ;  car,  si,  dans 
ces  derniers  cas,  on  trouve  aussi  une  abondante  pro¬ 
lifération  cellulaire  dans  les  cavités  glandulaires,  on 
ne  constate  pas  cependant  un  semblable  degré  de 
polymorphisme  parmi  les  cellules  elles-mêmes.  De 
même,  le  fait  de  trouver  des  acini  complètement  bour¬ 
rés  d’éléments  cellulaires  pourrait  éveiller  peut-être 
l’idée  d’un  cancer  pavimenteux  ?  Mais  alors,  à  côté  de 
ces  cavités  remplies  de  cellules,  on  ne  trouverait  pas, 
comme  dans  le  cas  présent,  d’autres  conduits  dont  la 
lumière  soit  nettement  visible. 

Il  s’agit  donc  bien  ici  d’un  cancer  utérin,  d'origine 
cylindrique,  végétant,  et  à  forme  polypeuse. 

Ceci  nous  montre.  Messieurs,  que  certains  cancers 
peuvent  évoluer  sournoisement,  sans  grand  cortège 
symptomatique,  et  qu’il  y  a  grand  intérêt  à  pouvoir  les 
diagnostiquer  au  plus  tôt. 

Aussi,  en  préence  d’une  malade  âgée  de  45  à  50  ans, 
qui  accuse  peu  ou  pas  de  symptômes  en  dehors  de  ses 
métrorrhagies,  doit-on  songer  toujours  àunnéoplasme 
possible.  La  malade  en  bénéficiera  d’autant  plus  que, 
le  diagnostic  étant  posé,  on  pourra, chez  elle,  sans  atten¬ 
dre  l’apparition  de  nouveaux  symptômes  plus  impor¬ 
tants,  faire  une  intervention  nécessaire,  nettement  jus¬ 
tifiée  et  qui  aura,  pour  l’avenir,  d’autant  plus  d’effets 
qu’elle  aura  pu  être  pratiquée  plus  tôt. 


NARCYL  GRÉMY  médicament  spécifi¬ 
que  de  la  toux,  spécialement  de  la  toux  des  tu¬ 
berculeux. 


BULLETIN  DU  PROGRÈS  MÉDICAL 


Ouverture  de  Cours. 

Clinique  obstétricale  :  M.  le  D'  BAR, 
prof,  agrégé. 

Les  Boiteries  au  point  de  vue  obstétrical. 

Leçon 

M.  le  D'  Bar  a  fait,  le  20  janvier,  à  la  Maternité  de 
l’Hôpital  Saint-Antoine,  sa  première  leçon  de  l’année. 
En  outre  des  cliniques  faites  chaque  jour  au  lit  du  ma¬ 
lade,  à  la  consultation  des  noumssons,  ou,  tous  les 
mardis  et  vendredis,  à  la  consultation  des  femmes  encein¬ 
tes,  des  leçons  seront  faites,  tous  les  samedis  à  10  h., 
par  M.  le  D''  Bar  ou  M.  le  D'  Brindeau. 

La  leçon  du  20  janvier  était  consacrée  à  l’étude  des 
Boiteries  aufointde  vtie  obstétrical. 

Après  un  historique  rapide  de  cette  question,  M 
Bar,  indique  que  pour  comprendre  comment  un  bas¬ 
sin  peut  se  déformer  sous  l’action  des  boiteries,  il  est 
indispensable  de  connaître  les  lois  de  sa  formation.  Or, 
le  bassin  d'un  nouveau-né  est  très  particulier  :  poul¬ 
ies  uns,  le  diamètre  antéro-postérieur  du  détroit  supé¬ 


rieur  est  sensiblement  supérieur  aux  diamètres  trans¬ 
versaux  ;  pour  d’autres,  M.  Brindeau  notamment,  le  dé¬ 
troit  supérieur  du  bassin  du  fœtus  est  sensiblement  cir¬ 
culaire.  Si  maintenant  nous  examinons  le  bassin  d’une 
femme  adulte,  nous  voyons  que  les  diamètres  transver¬ 
saux  l’emportent  sur  le  diamètre  antéro-postérieur,  au 
détroit  supérieur  :  diamètre  antéro-postérieur,  11  cm.  ; 
diamètre  transversal  13  1/2.  Ces  différences  entre  le  bas¬ 
sin  de  l'adulte  et  celui  du  nouveau-né  tiennent  à  plu¬ 
sieurs  causes  :  c’est  tout  d’abord  le  développement,  des 
os  et  cela  en  vertu  d’une  force  atavique  :  toute  circons¬ 
tance  qui  empêchera  cette  transformation,  sera  une 
cause  de  déformation  du  bassin. 

La  2=  cause  tient  au  développement  de  l’appareil  gé¬ 
nital.  Tout  est  en  harmonie  dans  le  corps  humain  ; 
or,  qu’est-ce  que  le  bassin,  sinon  un  organe  de  protec¬ 
tion  ?  Le  bassin  est  à  l’appareil  génital  ce  que  la  boîte 
crânienne  est  à  l'encéphale.  H  y  a  une  proportion  en¬ 
tre  le  développement  des  organes  protégés  et  desorga- 
ganes  protecteurs.  On  voit  des  femmes  chez  lesquelles 
Tutérus,  le  vagin,  les  ovaires,  ne  se  sont  pas  dévelop¬ 
pés,  leur  bassin  ne  se  développera  pas  transversale¬ 
ment.  Il  restera  un  bassin  d’adolescente  :  c’est  l’herma¬ 
phrodite.  Le  statuaire  antique  Ta  bien  vu,  qui  a  mo¬ 
delé  à  l’hermaphrodite,  un  tel  bassin.  Inversement,  des 
femmes  ont  deux  utérus  ;  leurs  hanches  seront  très  lar¬ 
ges  ;  l’organe  protecteur  suit  le  mouvement  que  lui 
donne  l’organe  protégé.  Ces  exemples  sont  pris  aux 
deux  extrêmes.  Dans  la  pratique  journalière,  on  verra 
un  grand  nombre  de  femmes  dont  les  bassins  seront 
généralement  rétrécis,  stigmate  de  rachitisme,  etimmé- 
diatement  on  redoutera  un  accouchement  laborieux 
parce  que  le  bassin  a  peu  d’ampleur,  mais  aussi  parce 
que  les  appareils  génitaux  présenteront  une  étroitesse 
extrême. 

La  3”  cause  tient  à  cette  circonstance  que  le  bas¬ 
sin  est  encore  l'emprise,  l’attache  des  membres  infé¬ 
rieurs  sur  le  tronc.  La  femme  est-elle  debout,  la  colonne 
vei’tébrale  va  transmettre  sa  pression  au  fémur  par  lès 
lignes  innommées,  et  ces  deux  branches  s’écarteraient 
indéfiniment  si  les  deux  tirants  du  pubis  n’empêchaient 
un  écartement  trop  grand  des  parties  latérales.  Qu’ar- 
rivera-t-il  dans  la  marche  ?  supposons  le  bassin  agrandi 
dans  le  sens  antéro-postérieur,  les  tirants  résistent,  mais 
laissent  un  certain  écartement,  et  peu  à  peu  les  diamètres 
transversaux  vont  s’affirmer. 

La  femme  est-elle  assise  ?  elle  repose  sur  les  deux 
ischions,  et  la  pression  produite  par  la  colonne  verté¬ 
brale  suivra  l’aileron,  et  descendra  pour  gagner  les  is¬ 
chions  qui  auront  tendance  à  s’écarter  ;  cet  écar¬ 
tement  est  arrêté  par  deux  tirants  qui  vont  d’un  ischion 
à  l’autre  ;  mais,  au  lieu  d’être  parallèles  aux  deux  ti¬ 
rants  supérieurs,  ils  prennent  une  direction  oblique 
pour  devenir  les  branches  ischio-pelviennes,  ces  bran¬ 
ches  permettent  un  certain  écartement,  et  à  mesure  que 
l’enfant  grandit,  le  bassin  prend  la  forme  transversale. 
Ce  sont  ces  facteurs  qui  dominerontla  genèse  des  vicia¬ 
tions  pelviennes. 

1“  Action  de  développement.  Interviendra-t-elle  dans 
la  boiterie  ?  Oui,  chaque  fois  que  la  cause  de  la  boiterie 
1  sera  capable  d'agir  sur  les  os  du  bassin. 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


85 


2®  Aclion  du  développement  génital.  On  peut  répondre 
ici  par  la  négative. 

3“  Action  des  contre-pressions .  Cette  action  se  fera 
sentir  très  nettement  et  on  pourra  dire  que  toute  boite¬ 
rie  atteignant  le  bassin  proprement  dit  pourra  entra¬ 
ver  le  développement  des  os  ;  que  toutes  les  causes 
de  boiteries  qui  siègent  bas  auront  la  plus  grande 
chance  de  laisser  les  os  du  bassin  indemnes  ;  que  tou¬ 
tes  celles  qui  siégeront  haut  risqueront  d’arrêter  le 
développement  de  l’os  iliaque.  On  dira  encore  que  plus 
la  boiterie  sera  considérable,  plus  le  facteur  pressions 
et  contre-pressions  interviendra  ;  que  plus  la  boiterie 
débutera  tôt,  plus  son  action  sera  nocive  sur  le  bassin, 
car  les  os  sont  plus  malléables.  Enlin  un  dernier  fac¬ 
teur  devra  être  retenu  ;  comment  a-t-on  traité  la  boi¬ 
terie  ? 

Dans  la  pratique,  plusieurs  hypothèses  pourront  se 
présenter  : 

1  "■  Cas  :  Raccourcissement  d'un  memRrc  par  résec¬ 
tion. 

Examinons  la  femme,  de  dos  :  le  pli  fessier  du  côté 
réséqué,  est  au-dessous  de  l’autre  ;  la  fesse  s’efface  ;  la 
fossette  de  Michaëlis  descend  plus  bas  ;  la  femme  se 
porte  du  côté  opposé  et  on  note  un  pli  pathognomoni¬ 
que  dè  la  boiterie.  Le  poids  de  la  colonne  vértébrale 
porte  du  côté  opposé,  elles  pressions  s’exercentdu  côté 
opposé  à  celui  de  la  boiterie.  Si  la  femme  boite  à  gau¬ 
che,  elle  use  surtout  de  son  membre  droit,  et  c’est  le 
côté  droit  du  bassin  qui  sera  le  plus  rétréci. 

.  2'  cas  :  Pied  bot.  —  Comment  se  comportera  le  bas¬ 
sin  ?  On  n’a  guère  décrit  que  le  bassin  dans  le  pied  bot 
double  ;  ici,  la  femme  marche  eu  faisant  faire  un  grand 
tour  au  membre  qu’elle  a  projeté  en  avant;  elle  produit 
donc  à  chaque  fois  un  choc  violent  du  côté  de  la  cavité 
cotyloïde,  il  y  a  enfoncement  dans  les  deux  cavités,  et 
l’excavation  à  ce  niveau  est  saillante  en  dedans.  —  En 
général  ces  femmes  accouchent  bien. 

3®  cas  :  Paralysie  infantile.  —  On  peut  dire  que 
lorsque  la  paralysie  infantile  n'atteint  que  la  partie 
inférieure  du  membre,  le  bassin  est  indemne.  Si  les 
parties  hautes  sont  touchées,  on  peut  avoir  unaplalisse- 
montdii  côté  sain;  l'accouchement  est  difficile,  mais 
possible.  Si  la  racine  du  membre  est  lésée,  il  faut 
recourir  aux  opérations  sanglantes. 

4®  cas  :  Luxation  congénitale  de  la  hanche.  —  Et 
d’abord,  la  luxation  congénitale  de  la  hanche  existe- 
t-elle?  Oui,  certes,  et  il  y  a  15  ans,  M.  Bar  en  recueil¬ 
lait  la  première  observation  très  certaine,  et  persuadait 
ainsi  M.  Verneuil  qui  l’avait  niée.  Mais  ici,  il  faut 
noter  que  tous  les  cas  observés  l’ont  été  à  la  suite  de 
présenialions  par  le  siège;  dès  lors  ne  sont-ce  pas  les 
interventions  qui  amènent  la  luxation  congénitale  de 
la  hanche?  Elle  peut  être  simple  ou  double;  il  faut 
s’attachera  la  bien  reconnaître.  La  femme  est  debout; 
aile  ne  peut  arriver  à  se  tenir  droite  ;  les  fesses  présen¬ 
tent  une,  forte  saillie  ;  l’ensellure  lombaire  est  très  con¬ 
sidérable;  au  niveau  des  reins  on  constate  un  grand 
pii»  la  peau  est  trop  longue.  Examinons-nous  une 
femme  vue  de  dos  dans  la  luxation  gauche?  le  pli  fes¬ 
sier  est  plus  élevé  parce  que  la  tête  fémorale  étant  faus¬ 


sée  dans  la  fosse  iliaque,  entraîne  tout  avec  elle  ;  il 
est  plus  marqué.  S’agit-il  d’une  luxation  double,  vue 
de  dos  ;  les  jambes  fléchissent;  les  fesses  sont  très  sail¬ 
lantes  en  arrière  ;  il  y  a  déformation  des  parties  latéra- 
nes  et  ensellure.  La  femme  est-elle  couchée?  on  ob¬ 
serve  la  déformation  des  hanches,  le  déplacement  de 
la  tête  fémorale,  le  raccourcissement  des  membres 
inférieurs.  Pour  vérifier  ce  dernier  point,  on  admet 
que  le  corps  humain  répond  à  7  têtes  1/2;  de  la  plante 
des  pieds  à  l’extrémité  inférieure  de  la  rotule,  2 tètes; 
de  la  rotule  à  l’extrémité  supérieure  du  trochanter,  2  tê¬ 
tes;  le  tronc  représente  le  surplus.  Ce  raccourcissement 
est  facile  à  constater.  Richet  remarque  qu’à  l’état  nor¬ 
mal,  une  femme  étant  couchée  sur  un  lit  bien  plan, 
les  distances  doivent  être  égales,  de  l’extrémité  infé¬ 
rieure  de  la  rotule  au  milieu  du  pli  de  l’aîne,  d’une 
part,  et  de  la  plante  des  pieds,  à  l’extrémité  inférieure 
de  la  rotule  de  l’autre.  Un  second  mo3'en,  consiste  à 
faire  fléchir  les  jambes;  un  gemou  reste  au-dessous  de 
l’autre  ;  il  correspond  au  côté  luxé. 

M.  le  P®  Bar  examinera  dans  sa  prochaine  leçon, 
comment  ces  déformations  agissent  sur  le  bassin. 

A.  F. 


Les  Boiteries  au  point  de  vue  obstétrical. 

2®  Leçon. 

Reste  à  déterminer  l’inlluence  de  la  luxation  congé¬ 
nitale  de  la  hanche  sur  le  bassin.  Elle  est  double  : 
influence  sur  la  direction  du  bassin,  influence  sur  ses 
dimensions. 

1“  Influence  de  direction.  Les  deux  fémurs  s’in¬ 
sèrent  trop  en  arrière,  trop  haut,  le  bassin  bascule  en 
avant.  Un  seul  fémur  est-ii  en  arrière,  le  bassin  bas¬ 
cule  en  avant,  mais  de  plus  s'incline  du  côté  luxé. 

2“  Influence  sur  les  dimeusions  du  bassin. 

La  femme  qui  a  une  luxation  congénitale  tire  son 
bassin  du  côté  luxé  ;  la  largeur  du  bassin  augmente 
donc  des  deux  côtés,  ou  du  côté  luxé  et  sa  hauteur  di¬ 
minue.  Chez  toute  femme  ayant  une  luxation  unilatérale, 
le  poids  du  corps portesur  le  côté  sain  qui  s'aplatit  ;  le 
côté  malade  est  reporté  en  dehors  ;  c'est  essentielle¬ 
ment  un  bassin  asymétrique. 

Au  détroit  inférieur,  l'ischion  est  tiré  en  dehors  du 
côté  luxé, d’où  agrandissement  du  détroit  inférieur;  l'is¬ 
chion  exerce  une  traction  sur  le  coccyx  qui  est  amené 
en  avant. 

La  luxation  est-elle  double  ?  Cette  asymétrie  que 
nous  venons  de  constater  dans  la  luxation  congénitale 
unilatérale  n’existe  plus,  le  bassin  redevient  symétri¬ 
que  :  il  est  aplati  d’avant  en  arrière. 

Enfin,  dans  l’hypothèse  d'une  luxation  bilatérale,  il 
y  a  traction  sur  les  deux  ischions,  et  le  bassin  est  trè.> 
large  au  détroit  inférieur,  dans  ses  dimensions  trans¬ 
versales.  On  peut  dire  que,  dans  la  luxation  bilatérale,  le 
bassin  est  large  en  haut  et  en  bas,  et  qu’il  est  anté- 
versé. 

Ouelle  répercussion  cette  malformation  aura-t-elle 
sur  la  grossesse  et  l'accouchement  ? 

En  général,  le  bassin  est  peu  vicié.  Pendant  la  gros- 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


sesse,on  pourra  redouter  les  accidents  de  l’antéversion  ; 
lors  de  raccouchement,  on  pourra  craindre  des  anoma¬ 
lies  de  présentation  ;  l'antéversion  du  bassin  a  pour 
conséquence  un  manque  de  franchise  dans  la  présen¬ 
tation;  elle  a  un  autre  effet:  laprocidence  d'un  membre, 
du  cordon,  sera  fréquente. 

Quant  au  passage,  le  fœtus  ne  sera  généralement  pas 
trop  gros  pour  les  détroits  supérieur  et  inférieur,  car 
la  déformation  est  d'ordinaire  peu  considérable .  Dans  le 
bassin  luxé  ;  dès  que  le  détroit  supérieur  est  passé,  tout 
est  franchi,  si  bien  que  les  diflicultés  de  l’accouchement 
chez  la  femme  à  luxation  sont  surtout  des  difficultés  de 
présentation. 

Le  bassin  étant  large,  le  bassin  descend  en  transverse 
et  se  dégage  de  même. 

Le  pronostic  est  donc  bon  en  général  ;  il  sera  donc 
rare  de  provoquer  l’accouchement.  Au  moment  du 
travail,  la  grande  difficulté  n’est  pas  le  rétrécissement, 
c’est  l'antéversion  ;  pour  la  corrige.!’,  on  ne  saurait 
employer  le  forceps,  instrument  de  force,  mais  la 
version,  instrument  de  souplesse. 

Peut-on,  après  tout  ceci,  permettre  le  mariage  à  des 
femmes  atteintes  d’une  luxation  congénitale  de  la  han¬ 
che  ?  Oui,  certes,  mais  la  malformation  sera  souvent 
héréditaire. 

Si  nous  arrivons  à  la  dernière  cause  de  boiterie,  le 
bassin  co.xalgique,  la  situation  diffère  totalement. 

La  coxalgie  est  une  arthrite  de  l’articulation  coxo-fé- 
morale  ;  elle  mettra  obstacle  à  la  nutrition  du  bassin 
et  laissera  après  elle  de  l'ankylose. 

On  a  distingué  des  coxalgies  essentiellement  fémora¬ 
les,  et  d’autres  coxo-fémorales  :  il  n’y  a  pas,  en  réalité 
de  coxalgie  sans  que  la  cavité  cotyloïde  ne  soit  atteinte. 

C’est  dans  la  forme  dite  coxale  que  la  lésion  est  por¬ 
tée  à  son  maximum  ;  on  peut  voir  alors  un  véritable  ef¬ 
fondrement  de  la  cavité  cotyloïde  ;  la  fosse  iliaque  est  en¬ 
vahie  par  des  tumeurs  ostéophytiques  ;  en  outre,  les 
parois  de  la  cavité  pelvienne  sont  épaissies.  Dans  la  lu¬ 
xation  congénitale,  nous  avons  parlé  des  détroits  ;  ici,  la 
coxalgie  agira  sur  une  grande  hauteur,  l’excavation  sera 
touchée. 

La  statique  aura  également  une  grande  importance. 
L'enfant  marche  de  diverses  manières  ;  la  jambe  droite 
ou  en  abduction  ou  en  adduction. 

Sur  la  jambe  droite  ?  La  pointe  du  pied  repose  seule 
à  terre  :  tout  l'effort  porte  du  côté  sain  et  nous  avons 
un  épaississement  du  côté  malade,  une  diminution  par 
l’effet  des  tumeurs  ostéophytiques,  et  un  aplatissement 
du  côté  sain.  En  abduction?  L’effort  porte  sur  le  côté 
sain  mais  un  peu  sur  lecôté  malade  quele  sujet  estporté 
à  étendre.  En  adduction  ?  Même  situation  que  pour 
laiarabe  droite,  mais  le  côté  malade  subit  un  peu  plus 
l'effort. 

Comment  peut-on  reconnaître  ces  malformations  par 
la  mensuration  ? 

Le  bassin  est  légèrement  rétréci  d'avant  en  arrière, 
mais  seules  les  lésians  latérales,  en  hauteur,  ont  de 
l’importance. 

Du  côté  malade,  on  sent  une  muraille  et  le  rejet  en 
dedans  de  la  branche  ischio-pubienne. 


Ce  diagnostic  ne  se  fait  pas  d’ailleurs  très  facilement, 
car  le  vaginisme  peut  empêcher  l’examen,  et  c’est  un 
apanage  des  rétrécissements  du  détroit  inférieur.  L’exa¬ 
men  peut  être  difficile  si  la  jambe  est  en  adduction  ;  on 
y  procède  alors  dans  le  décubitus  genu-pectoral. 

Pronostic.  —  M.  Bar  redoute  la  coxalgie  ;  sans  doute 
Bonnaire  fournit  une  statistique  où  12  cas  n'ont  entraî¬ 
né  que  3  fois  une  opération  sanglante.  Mais  est-ce  bien 
brillant  ? 

Si  les  altérations  de  l’excavation  sont  peu  considé¬ 
rables,  le  fœtus  passe  mais  si  elle  est  plus  ou  moins  obs¬ 
truée  par  des  productions  ostéophytiques,  on  échoue 
avec  le  forceps,  et  on  aboutit  à  une  basiotripsie. 

La  radiographie,  lé  toucher  rectal,  qui  permet  de  sen¬ 
tir  une  puissante  muraille,  doivent  faire  craindre  le 
mariage  ;  plus  l’ischion  est  en  dedans,  plus  grave  est 
le  pronostic  ;  il  est  très  sombre  dans  tous  les  cas  d’ad¬ 
duction  . 

L’intervention  repousse  la  version,  qui  est  une  opé¬ 
ration  de  souplesse,  pour  réclamer  le  forceps. 

Si  l’opération  sanglante  est  nécessaire,  la  symphy¬ 
séotomie  est  scabreuse  car  il  n’est  pas  très  bon  de  scier 
des  os  qui  ont  été  malades,  mais  surtout  parce  que  les 
articulations  ne  permettent  pas  l’écartement. 

M.  Bar  n'a  pas  l’expérience  de  l'ischio-pubiotomie 
dans  ces  circonstances. 

L'opération  césarienne  reste  l'intervention  de  choix. 

En  résumé  :  les  femmes  atteintes  de  luxation  congé¬ 
nitale  de  la  hanche  accouchent  très  bien  ;  les  coxalgi- 
ques  accouchent  très  mal.  A.  F. 


DlflXIXE-MERCIv  spécifique  de  la  TOUX  et  de  -la  DOULEUR, 
plus  active,  moins  toxique  que  les 
opiacés  et  tous  leurs  dérivés,  même  synthétiques. 


SOCIÉTÉS  SAVANTES 

SOCIÉTÉ  DE  BIOLOîîlE 
Séance  du  37  janvier. 

Spirochæte  dans  le  placenta  sypliililiiiue. 

MM.  J.  Aatt.cn-Larrieret  Brindeau.  —  En  Uaitanl  les  pla¬ 
centas  sypliilitiqnes  provenant  de  femmes  accouchées  par  la 
méthode  Levaditi  {imprégnation  au  nitrate  d’argent  et  acide 
])yrogalliqiie).  les  aulenrs  ont  décélé  des  formes  très  nettes 
de  spirochètes  dans  le  tissu  conjonctif  infiltré  ou  nécroséde 
la  \  illosité  et  dans  la  In nique  moyenne  des  artères  alléiées. 
Ils  soid  rare.s  dans  les  tissus  maternels  et  n’oid  pas  été  retrou¬ 
vés  dans  les  thrombus  des  lacs  sanguins  maternels. 

Spirocheie  dans  le  placenta. 

MM.  Mali.ich  et  Levaditi  ont  (  raité  h's  placentas  du  service 
du  B'  Pinard.  Chez  les  syphilitiques  tous  les  frottis  et  toutes 
les  coupes  ont  donné  des  résultats  négatifs,  sauf  dans  un  cas 
on  le  fiKlns.  lié  aveedn  peniphigus  plantain’  et  jialinairc,  suc¬ 
comba  deux  jours  après  sa  naissance.  La  mère  ne  présen¬ 
tait  aucun  accident,  le  itère  inconnu.  Les  spirochètes  se 
retrouvaient  dans  le  ti.ssu  muqueux  des  villosités  autour  des 
vaisseaux  épaissis  :  il  y  en  avait  très  jten  dans  la  région  ma¬ 
ternelle  et  .senlemenl  entre  les  grosses  utérines  de  la  cadu¬ 
que. 

Diapédèse  dans  les  hématomes. 

M.  Froin.  —  Dans  les  hématomes,  les  globules  blancs  vien¬ 
nent  des  vaisseaux  par  diapédèse  ;  aprt*  leur  formation,  en 
effet,  leur  formule  leucocytaire  est  totalement  différente  de 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


87 


celle  du  sang  circulant.  Le  nombre  des  leucocytes  varie  au¬ 
tant  que  celui  des  hématies.  La  leucolyse  accompagne  l'hé¬ 
molyse.  La  résorption  et  la  destruction  des  globules  rouges 
est  à  peu  près  la  même  quelle  que  soit  la  proportion  des  glo- 
hules  rouges.  Ce  n’est  donc  pas  comparable  à  ce  qui  ce  passe 
m  vitro  où  la  durée  de  destruction  des  hématies  par  le  sérum 
hémolysant  est  d’autant  plus  grande  que  ces  globides  sont 
plus  nombreux.  Dans  les  hématomes,  la  substance  hémoly¬ 
tique  est  pour  ainsi  dire  dosée  d’après  le  travail  à  accomplir. 
L’hémoglobine  diffusant  en  grande  abondance  dans  le  liquide 
ne  provo([ue  pas  de  diapédèse  leucocytaire,  mais  une  exsuda¬ 
tion  du  plasma  sanguin. 

Effets  sur  le  sang  de  l'albumine  hétérogène. 

MM.  Castaignf.  et  Chiray.  Les  albumines  hétérogènes  pas¬ 
sent  dans  1('  sang  et  y  déterminent  de  1  à  3  p.  c.  de  diminu¬ 
tion  des  albumines  fixes  du  sérum.  Otle  bai.ssc  n'est  pas 
due  à  l'hydrémie  ;  le  taux  des  hématies  reste  uniforme 
avant  et  après  l’injection  ;  au  contraire  l’hypo-albuminose  est 
sous  l'intbience  de  l’injection,  car  elle  ne.  vient  jamais  en 
dehors  d'elle.  Ces  albumines  hérétogènes  agissent  donc 
comme  un  poison  spécifique  des  albumines  fixes  du  sérum 
et  produisent  un  dépérissement  progressif  de  l’animal  et  sa 
mort,  même  si  elles  sont  espacées  assez  pour  éviter  les 
lésions  rénales.  11  y  a  augmentation  d'urée,  d’azote  et  de  .sou¬ 
fre  urinaire,  substances  produites  parla  combustion  des  albu- 
mino'ides. 

Aussi  les  injections  faites  pour  alimenter  par  voie  vascu¬ 
laire  par  injections  de  solutions  albuminoïdes  ont-elles  don¬ 
né  des  résultats  contradictoires. 

Les  albuminoïdes  injectées  liassent  en  nature  dans  l'urine 
où  on  les  retrouve  aACC  leurs  qualités  chimiques  et  biologi¬ 
ques.  C’est  sans  doute  aux  leucocytes  qu’on  peut  attribuer 
leur  transport  dans  des  tissus  ;  elles  y  sont  conservées  et  il  y 
a, en  consécpience,  augmentation  des  éléments  azotés  delurinc. 

Chloroforme  dosé  dans  les  tissus. 

M.  Nicloux  a  dosé  d’après  sa  méthode  le  chloroforme  ddns 
les  tissus  d’un  chien  mort  au  cours  de  l’anesthésie  ;  il  a 
trouvé  :  dans  le  foie,  50  milligrammes,  le  rein,  4-5  ;  la  rate,  35; 
le  cerveau,  00  ;  la  moelle,  70  ;  la  graisse  130  milligrammes 
alors  ([ue  le  sang  n’en  contenait  (pie  55. 

M.  Tissot  déclare  que  c’est  dans  le  cerveau  iju’il  faut  cher¬ 
cher  la  mesure  du  chloroforme  absorbé  ;  la  dose  morlelle  est 
de  48  à  67  milligr.,  variable  d’ailleurs  suivant  les  animaux  ex¬ 
périmentés. 

Catalose  dans  les  organes. 

M.  IscovEsco.  —  Les  organes  frais  d’un  animal  ayant  subi  le 
lavage  du  sang  ne  contient  pas  de  traces  de  catalo.se  et  le  foie 
seul  est  riche  en  cette  substance.  E.  P. 


SOCIÉTÉ  DE  CUIRE  RCIE. 

Séance  du  31  janvier  1906. 

A  propos  des  appareils  pour  anesthésie  chloroformique. 

-  M.  Reynier  insiste  sur  la  nécessité  de  n’employer  que  les 
appareils  titrés  qui  dosent  le  chloroforme  en  chiffres  ;  en  em¬ 
ployant  un  tel  appareil  M  Reyniern’aeuqu’tmseul  casdev/io/î 
an  cours  de  1270  anesthésies. 

La  chloroformisation  chez  les  psgehopathes. 

M.  PicQuÉ,  fidèle  au  procédé  de  la  compresse,  a  pratiijué 
(>43  anesthésies  chez  des  psychopathes  divers  à  l’asile  Sainte- 
Anne.  11  résulte  de  sa  pratique  que  :  les  morphinomanes  se- 
pp  sont  exposés  à  des  syncopes  ;  aussi  faut-il  leur  faire  une 
ipjection  de  morphine  avant  la  chloroformisation  ;  les  alcoo¬ 
liques  internés  et  soustraits  à  l’intoxication  recente  dorment 
Rès  bien  ;  seuls  les  alcooliques  récemment  encore  sous  Tin- 
fluence  du  poison,  ont  de  l'agitation.  Enfin  M.  Picqué  re¬ 
commande  de  donner  aux  hystériques  et  aux  épileptiques  des 
doses  massives  d'emblée  ;  lespremiersont,  en  effet,  de  l’agita¬ 
tion  au  début  de  l'anesthésie,  les  seconds  de  l’anxiété. 

Suture  nerveuse. 

M.  Reynier. —  L'cnserremenl  d'un  membre  dansunegangue 


conjonctive  peut  empêcher,  après  un  traumatisme,  le  retour 
fonctionnel,  bien  ([ue*  le  nerf  soit  en  parfaite  continuité.  11 
suffit  de  libérer  cette  gaine  conjonctive  pour  voir,  de  suite,  le 
retour  fonclionnel. 

Rachistovaine. 

M.  Chaput  a  fait,  en  1905,  309  opérations  à  la  rachistovaïne 
lombaire.  La  rnéthode  est  surtout  admirable  dans  les  interven¬ 
tions  sur  les  membres  inférieurs,  sur  la  région  ano-génitale, 
sur  les  hernies.  Le  seul  accident  possible  est  la  céphalée  ;  il  est 
facile  de  l’éviter  en  soustrayant  quelques  centimètres  cubes 
de  liquide  céphalo-rachidien  avant  de  faire  l’injection.  Chez 
les  alcooliques,  les  peureux,  les  jeunes  femmes,  les  malades 
épuisés  par  la  douleur,  les  résultats  sont  médiocres;  enfin, 
la  rachistovaïne  est  dangereuse  chez  les  cachectisés.. 

M.  Rirmisson  présente  un  enfant  auquel  il  a  fait  une  arthro¬ 
tomie  puur  réduire,  au  25®  jour,  une  luxation  du  coude  en 
dehors  et  en  arrière. 

M.  PoTHER.AT  présente  un  malade  atteint  de  fracture  i.wlée 
de  la  tubérosité  externe  du  tibia  sans  fracture  du  péroné. 

D®  Catz. 

SOCIÉTÉ  MÉDiCALÉ  DES  HOPITALX 
Séance  du  9  février. 

Septicémie  et  tétragène. 

M.M.  Œttinger  et  Malloizel  ont  observé  deux  cas  analo¬ 
gues  à  celui  signalé  par  M.  Roger.  Dans  un  des  cas  le  tétra¬ 
gène  avait  déterminé  une  méningite  cérébro-spinale.  Ils  ont 
constaté  également  la  fréquence  des  manifestations  articulai¬ 
res  et  pleurales. 

Cyanose  congénitale  sans  signes  d'auscultation. 

M.  Variot  a  observé  ce  cas  où  la  cyanose,  due  probablement 
à  une  communication  interventriculaire  ne  donnait  pas  de 
souffle,  parce  qu’elle  était  accompagnée  d’un  rétrécissement 
pulmonaire  uniforme,  qui  égalisait  la  pression  dans  les  deux 
ventricules. 

M.  Vaquez  connaît  d’autres  causes  de  cyanose  (transposi¬ 
tion  des  vaisseaux),  mais  les  sujets  ne  vivent  que  quelques 
mois,  tandis  que  la  communication  interventriculaire  permet 
une  survie  de  plusieurs  années. 

M.  V  ariot  a  vu  de  ces  cas,  mais  il  y  avait  alors  atrophie 
avec  croissance  retardée,  ce  qui  n’est  pas  le  cas  chez  son  petit 
malade. 

Régime  uchlorurc  dans  la  scarlatine. 

M.  IL  Pater.  —  Ce  régime  est  bien  supporté  et  très  utile,  car 
le  poids  des  malades  augmente,  ce  qui  raccourcit  la  conva¬ 
lescence.  Les  infections  secondaires  sont  plus  rares.  L’albumi¬ 
nurie  du  début  de  la  maladie  disparaît.  Le  régime  achloruré, 
inoffensif  pour  le  rein  et  profitable  à  la  nutrition  générale 
paraît  donc  le  régime  idéal  de  la  scarlatine  dès  que  la  fièvre 
est  tombé.  11  est  bien  supporté  par  les  malades. 

Fièvre  prévaricellique. 

M.  Galliari)  rapporte  un  cas  de  varicelle,  où  l’éruption  fut 
précédée  par  une  période  d’invasion  avec  fièvre  vive  sans  au¬ 
tres  symptômes.  On  n’a  trouvé,  à  l’examen  du  sang,  aucune 
aglutination  pour  le  microbe  de  la  typhoïde  et  de  paraty¬ 
phoïde. 

.ilbuminurie orthostatique,  searlaline,  alimentation. 

M.  Dufour.—  Ln  enfant  albuminurique  orthostatique,  con¬ 
tracte  une  scarlatine  et  est  soumis  au  régime  alimentaire  so¬ 
lide  avec  deux  grammes  de  sel  par  jour.  L’albuminurie  existe 
seulement  lorsque  Tenfant  est  debout.  En  recherchant  les 
cas  delà  littératureoù  la  scarlatine  était  incriminée  deprovo- 
quer  l'albuminurie  orthoslatique  il  a  constaté  que  dans  au¬ 
cun  de  ces  cas  on  n’avait  analysé  les  urines  avant  la  maladie. 
Il  convient  donc  d’être  prudent  dans  ces  cas  avant  de  mettre 
l’albuminurie  orthostatiiiue  sur  le  compte  de  la  scarlatine. 

M.Vaquez.  —  Depuis  les  travaux  de  Linossier  et  de  Lemoine 
qui  ont  mis  en  relief  l’importance  des  conditions  mécaniques 
sur  l’albuminurie  orthostathiue,  on  a  abandonné  les  albu¬ 
minuries  fonctionnelles. 

M.  Legendre  cite  l’observation  d'un  malade  orthostatique, 
qui  à  la  suite  d’une  scarlatine  a  vu  disparaître  son  albuminu- 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


rie.  M.  Siredey  a  vu  un  cas  analogue,  où  une  pneumonie  fît 
disparaître  l’albuminurie  chez  un  malade  qui  avait  fait  au¬ 
paravant  une  crise  d'urémie  comateuse. 

M.  Ltnossier  rapporte  ses  travaux  sur  l’orthostatisme. 

M .  Lion-  rappelle  un  nouveau  cas  d’estomac  en  sablier,  où 
le  diagnostic  fut  confirmé  par  l’opération. 

M.  Thibierge  rapporte  le  cas  d’une  éruption  bulleuse  après 
absorption  de  quinine.  Friedel. 


LA  VALÉROBROMINE  LEGRAND 

est  plus  active  que  les  bromures  et  les  valé- 
rianates. 


REVUE  DE  CHIRURGIE  PRATIQUE 

Résultats  éloignés  de  la  transposition  testiculaire  à  la 
Longuet,  par  le  D''  Albert  Pelicier. 

Aux  54  observations  colligées  par  le  I)''  Gambier  (  1|  on  lÙOO  ’ 
puis  par  nous  on  1902  (2)  dans  noitre  thèse  inaiigu raie  pour 
établir  la  valeur  teclinitiue  et  thérapeuticpie  do  la  transposition 
testicAilaire  conçue,  réglementée,  appli([uée  par  noire  maître 
depuis  9  ans  (3)  à  la  cure  de  l’hydrocèle  et  du  varicocèle,  nous 
croyons  intéressant  d’ajouter  aujourd’hui  deux  nouveaux  cas 
suivis  assez  longtemps  pour  être  considérés  comme  probants. 
Ces  faits  valent  d'être  mentionnés,  vu  l’extension  pri.se  ré¬ 
cemment  par  cette  opération  tant  en  France  (4 1  qu’à  l’étran¬ 
ger  (5),  indépendamment  du  retournement  de  la  vaginale  de 
Vautrin  et  parallèlement  à  ce  procédé.  Je  rappelle  que  la  mé- 
ihode  dont  il  s’agit  ici  s'individualise  par  trois  éléments:  A.  La 
ransposüion  du  testicule  hoi-s  de  sa  séreuse  et  de  sa  loge  nor¬ 
male.  —  B.  L’utilisation  de  cette  séreuse  pour  Vengaine ment  du 
cordon,  de  sorte  (jne  la  vaginale  de  péri  testiculaire  devient 
l)érifuniculaire.C.  L’absence  de  toute  forcipressure,  l’hémostase 
étant  évitée  par  la  réclinaison  des  vaisseaux  prévaginaux  et 
assurée  par  un  surjet  hémoslati(iue  de  la  tranche  vaginale, 
puis  par  une  bonne  suture  cutanée. 

Observ.vtion  1  (Pélicier).  —  Hydrocèle  vaginale.  Transposi¬ 
tion.  Guérison.  —  Il  s’agit  d’un  homme,  âgé  de  .50  ans,  porteur 
d’une  hydrocèle  de  moyen  volume  (volume  poing),  siégeant  à 
droite, et  dont  le  début  remonte  à  10  ans.  Au  cours  de  cette  décade, 
il  a  été  fait  5  ponctions,  dont  une  avec  injection  iodée,  il  y  a 
5  ans.  Après  chaque  séance,  la  récidive  survint  très  rapidement. 
Signes  classiques  de  l’hydrocèle.  Rien  de  particulier  à  noter  du 
coté  de  l’état  général. 

Opération,  le  31  mars  1904  ;  MM.  Longuet  et  Pélicier.  — 
Anesthésie  locale.  Technique  telle  qu’elle  est  décrite  longuement 
avec  figures  dans  notre  thèse.  Fixation  du  testicule  dans  une  logo 
de  nouvelle  formation,  voisine  de  la  cloison.  La  vaginale  n’est  pas 
épaissie  et  présente  une  grande  souplesse. 

Suites  immédiates.  — Aucun  épanchement  sanguin,  aucun  héma¬ 
tome  dans  les  bourses.  Il  se  produit,  par  contre,  comme  de  cou¬ 
tume,  un  œdème  scrotal  indolent  qui  disparait  en  4  jours.  Et  le 
malade  reprend  ses  occupations  dès  le  6=  jour,  sans  accident. 

Suites  éloignées. —  La  guérison  est  constatée  par  nous,  le  8  mai 
1904,  puis  le  31  janvier  1906,  soit  deux  ans  après  l’opération. 


(1)  Gamiiier  (.V.)  :  De  la  cure  radicale  de  l'hydrocèle  par  la  nic- 
Ihode  de  Longuet.  Thèse  de  Paris,  janyirr  1901. 

(2)  PÉi.U'.iKH  (.V.)  :  La  transposition  opératoire  du  testicule.  Mé¬ 
thode  et  procédés  de  Longuet,  (10  figures).  Thèse  deParis,  éditeur 
J.-lt.  Baillière,  1902. 

(;3)  Loxc.t  kt  (L.)  :  Transposilion  opératoin- du  testicule  :  Presse 
médicale  :  31  octobre  1900  et  Progrès  médical.  21  septembre  1901. 

(4)Not.\  ;  Citons  les  travau.v  parus  en  France  :  OcÉ.Nr  1901  (Pa¬ 
ris)  in  (Gmbikb,  loco  citato.  ;  tlriXARi)  1903  (Paris!  :  in  Ch. 
.\i  oEii,  Thèse  de  Paris,  juillet  1903  ;  Gtki.uot  1£H)2  (Reims)  :  in 
Pelicier, /oco  citato  ;  L.viinEXXOïs  :  1903  (Reims), in  .Société  médicale 
de  Reims,  lOOt. M \rtix  1903  (.Vngers'  :  in  Société  médicale  d’An¬ 
gers,  1903. 

•  (5)AuxElals-rnis  :  l>i  i.licy  Tait,  1901:  A, mats  ofsurgery,  avril 
1901.  —  SciiEUMAAX,  1902  ;  in  Pelicier  :  loco  citato.  En  Italie  :  Vis- 
e.ARDl,  Gyn,  1903.  Contrilnito  alla  cura  radicaladell’  idrocele  con  la 
esteriorizzazione  dell  tesliciilo  dell  Longuet  :  Ga-^.  degli  Osped.,  5 
juillet  1903. 


Remarquons  notamment  la  bonne  situation  occupée  par  le  testi¬ 
cule  fixé  haut  dans  une  néocavité. 

flBSERVATioN  II  (Pélicier). —  Hydrocèle  vaginale.  Transposi¬ 
tion.  Guérison. —  Homme  de  48  ans,  malingre  et  affaibli  (misère 
physiologique), porteur  depuis  5  ans  d’une  hydrocèle  droite  du  vo¬ 
lume  d’un  gros  œuf,  indolente,  mais  gênante  par  son  poids  et  par 
les  tractions  qu’elle  détermine  sur  le  trajet  du  cordon.  Athérome, 
artério-sclérose.  Une  ponction  avec  injection  iodée  faite  il  y  a 
2  ans  a  été  suivie  de  récidive.  Malgré  l’état  précaire,  nous  esti¬ 
mons  que  le  malade  bénéficiera  de  l’opération  ;  ne  serait-ce  qu’au 
point  de  vue  déambulation  qui  est  gênée  par  une  sensation  de  pe¬ 
santeur. 

Opération,  le  11  juin  190.5.  —  MM.  Longuet  et  Pélicier.  Anes¬ 
thésie  générale.  Technique  ut  supra.  Poche  ayant  une  paroi 
épaisse  de  5  millimètres  en  moyenne. 

Suites  immédiates,  bonnes,  pas  d’hématome  scrotal.  Légère 
infiltration  séreuse  des  bourses.  Le  malade  fatigué  de  vieille  date 
goûte  beaucoup  le  repos  au  lit  qui  lui  est  accordé  pendant  8  jours 

Suites  éloignées.  — Revu?  mois  après.  L’état  local  est  satisfai- 
ant.  Le  testicule  est  bien  fixé  et  haut  placé.  Pas  trace  de  récidive. 

Ces  deux  observations  nous  suggèrent  quelques  réflexions. 
Je  ferai  d’abord  remarquer  l’inefficacité  du  classique  traite¬ 
ment  non  sanglant  dit  de  «  l’injection  iodée  »  dont  ma  thèse 
contient  nombre  d’exemples  similaires.Ensuite  il  faut  éviter 
de  confondre  la  transposition  testiculaire  avec  une  méthode 
récemment  préconisée  par  un  auteur  étranger,  et  qui  con¬ 
siste  à  fisluliser  la  vaginale  sons  la  peau  ;  véritable  vaginos- 
tomie  sous-culanée. Pour  en  apprécier  la  valeur,  nous  avons, 
avec  notre  Maître, opéré  un  malade  do  celte  manière  à  Tenon 
en  1901.  Le  résultat  fut  marqué  par  une  récidive  dans  les  trois 
mois  ;  seule  récidive  que  nous  connai-ssions  chez  nos  56  opé¬ 
rés.  11  est  donc  utile,  de  prévenir  ceux  qui  seront  comme  nous 
séduits  par  la  méthode  en  question. 

Revenant  à  la  transposition,  la  bénignité,  la  simplicité, 
l’efficacité  ne  sont  plus  à  démontrer.  Mais  il  est  un  point  que 
je  n’ai  peut-être  pas  suffisamment  mis  en  lumière  dans  mon 
travail  de  1902.  C’est  la  valeur  pexique,  fixatrice,  de  cette 
manière  de  faire.  Le  testicule  transporté  se  maintient  haut 
placé  dans  sa  nouvelle  cavité.  Et  la  poche  tégumentaire  scro- 
tale  elle-même  se  rétracte  spontanément,  du  fait  de  l’ascen¬ 
sion  orchidopexique.  Or,  n’est-ce  point  précisément  une 
imperfection  commune  à  bien  des  procédés, que  la  «reposition» 
pure  et  simple  de  la  glande  trop  bas  et  trop  flottante  en  une 
bourse  devenue  trop  large  par  suite  de  la  distension  extrême 
à  elle  préalablement  imposée  par  l’épanchement  hydrocéli- 
que.  :*  Notre  technique  confère  donc  un  résultat  «  orthomor- 
phique  »  et  «  orthopexique  »  sur  lequel  il  est  juste  d’attirer 
l’allention. 


ÉLEGTROTHÉRAPIE 


Interrupteur  à  mercure  autonome. 

Parmi  les  intéressantes  nouveautés  exposées  au  dernier  Con¬ 
grès  de  chirurgie,  nous  tenons  à  signaler  l’interrupteur  auto¬ 
nome  Caille.  La  caractéristique  de  cet  appareil  est  d’être 
simple,  robuste  et  bon  marché  (fig.  2i. 

Dans  sa  description,  nous  nous  occuperons  tour  à  tour  :  !  > 
de  la  partie  interrupteur  ;  2°  du  système  moteur. 

L'interrupteur  est  du  genre  turbine  à  jet  de  mercure  tour¬ 
nant.  Le  récipient  de  fonte  de  l’interrupteur  présente  des  ai¬ 
lettes  destinées  à  empêcher  le  mouvement  de  rotation  du  li¬ 
quide.  La  rupture  s’effectue  dansl’alcool. 

Le  moteur  est  du  type  à  attraction  magnétique  dans  lequel 
l’enroulement  est  fixe  et  l’armature  mobile. 

P,  P  sont  les  électros  du  moteur.  P  est  l’armature  qui 
porte  les  rochets  p'  p-  (ligi. 

Comme  l’enroulement  des  électros  est  en  série  avecl’induc- 
teur  de  la  bobine,  il  suffit  de  donner  avec  le  doigt  une  vive 
impulsion  à  l’armature  mobile  pour  amorcer  le  jet  de  mer¬ 
cure  ;  le  courant  traverse  alors  la  bobine,  l’enroulement  mo¬ 
teur,  et  l’interrupteur  continue  à  tourner  de  lui  même. 

Pour  régler  le  nombre  d’interruptions,  on  peut  agir  Sioit 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


sur  le  rhéostat  branché  en  tension  avec  la  bobine,  soit  sur  un 
rhéostat  placé  en  dérivation  sur  l’enroulement  moteur. Ce  der¬ 
nier  rhéostat  sert  de  shunt,  do  telle  sorte  que  le  circuit  mo¬ 
teur  n’est  traversé  que  par  une  partie  seulement  du  couvant 
alimentant  la  bobine. 


En  résumé,  le  schéma  de  montage  d’une  bobine  avec  cet 
interrupteur  est  celui  représenté  lig.  I.  Le  courant  provenant 
delà  source  traverse  un  rhéostat  de  série,  arrive  a  la  borne  de 


Fig.  2. 

Gnterrupieur,  traverse  l’enroulement  moteur,  vient  à  la  bor- 
jjj  pst  reliée  à  la  masse  de  l’appareil,  et  par  suite  au 
^ure.  Lecouxant  passe  alors  par  la  dent  a,  la  couronne  C 


et  la  troisième  borne  E  de  l’interrupteur  ;  de  là  il  traverse  la 
bobine  et  revient  à  la  source. 

Les  condensateurs  de  l’interrupteur  se  branchent  en  C  etE. 
Si  on  utilise  le  réglage  par  rhéostat  de  dérivation,  il  faudra  le 
relier  aux  bornes  C  et  S. 

L’interrupteur  auto-moteur  est  susceptible  de  marcher  à 
tous  les  voltages  sans  changer  autre  chose  que  la  largeur  des 
dents,  largeur  qui  règle  letemps  de  passage  du  courant. 

Comme  l’interrupteur  auto  moteurest  capable  de  marcher 
sur  un  petit  nombre  d’accumulateurs,  6  à  l,\,  il  peut  très  bien 
être  utilisé  comme  interrupteur  transportable. 

Point  imwrtaiH  :  Vinlerruptmr  à  mercure  peut  semonter  très 
facilement  sur  toutes  installations  existantes.  Il  suffira  simple¬ 
ment  de  réaliser  les  connections  représentées  fig.  1. 

L’entretien  de  l’interrupteur  à  mercure  est  presque  nul  ; 
aucune  pièce  ne  s’use  ni  ne  sedétériore  puisqu’il  n’existe  aucun 
contact  par  frottement,  ni  bague,  ni  collecteur. 

En  résumé,  le  nouvel  interrupteur  auto-moteur,  fonction¬ 
nant  avec  toutes  les  bobines  et  sous  tous  les  voltages, présente 
à  la  fois  un  fonctionnement  électrique  et  mécanique  parlaits 
une  grande  robustesse  et  exigeun  entretien  presque  nul. 


BIBLIOGRAPHIE 


Traité  de  pathologie  interne,  par  G.  Lemoine,  i  vol  in-S», 

Vigot  frères  éditeurs,  2.!,  place  de  l’Ecole-de-Médecine, 

Paris,  1905. 

Voici  un  ouvrage  que  l’on  peut  louer  sans  réserves  ;  les 
étudiants  auront  un  guide  sur  ;  les  praticiens  trouveront  faci¬ 
lement  et  vite  les  renseignements  dont  ils  ont  besoin  tous  les 
jours.  Chaque  chapitre  est  clair  et  concis  ;  chaque  ma¬ 
ladie  a  sa  physionomie  propre  et  le  lecteur  ne  retrouve  pas 
la  même  symptomatologie  appliquée  à  des  maladies  diverses. 
L’étude  des  symptômes  est  surtout  développée  ;  et  le  diagnos¬ 
tic  différentiel  des  affections  les  plus  communes  est  plus  lon¬ 
guement  traité  que  ne  sont  décrites  les  maladies  rares  :  ce¬ 
pendant  rien  n’est  laissé  de  côté  ;  des  tracés,  des  schémas 
illustrent  le  texte  ;  quelques  données  de  bactériologie,  des 
notions  sur  révolution  des  idées  médicales  font  de  cet  ouvrage 
un  traité  complet  et  que  n’alourdit  pas  une  documentation 
encombrante  ou  une  érudition  fastidieuse. 

D’'  André  Lombard. 

Les  fractures  du  crâne  chez  l'enfant  ;  par  E.  Gas.ne. 

(Thèse  de  Paris,  chez  Jacques,  14t)  pages,  5  fig.). 

L’auteur  a  entrepris  l'étude  complète  des  fractures  du 
crâne  chez  l'enfant,  en  insistant  seulement  sur  les  caractères 
particuliers  qu’elles  y  présentent. 

Dans  un  chapitre  d’anatomie  pathologique,  il  montre  la 
rareté  des  irradiations  de  ces  fractures  à  l’étage  moyen  du 
crâne, leur  fréquence  relative  au  contraire,à  l’étage  antérieur. 
Il  admet  la  possibilité  des  enfoncements  .sans  fractures,  niés 
par  beaucoup  d’auteurs  en  dehors  des  cas  obstétricaux,  et 
insiste  sur  les  disjonctions  suturaires.  Enfin,  il  note  la  déchi¬ 
rure  habituelle  de  la  dure-mère,  et  la  fréq  uencc  des  lésions 
encéphaliques.  C’est  sur  ces  didérents  caractères  anatomo-pa¬ 
thologiques  qu’il  base  les  difléreuces  de  symptômes,  de  pro¬ 
nostic,  de  complications,  etc.,  que  lu’ésenten  t  les  fractures 
du  crâne  chez  l’enfant  et  chez  l’adulte. 

Au  point  de  vue  symptomalogie,  l'auteur  insiste  sur  l’im¬ 
portance  des  lésions  superficielles,  sur  la  raretédes  phéno¬ 
mènes  cérébraux,  persistant  alors  même  que  le  cerveau  est 
lésé,  sur  l’élévation  considérable  de  température,  même  si  le 
pronostic  est  favorable,  sur  la  fréciucnce  des  vomissements, 
des  épistaxis,  et  l'absence  habituelle  de  compression  localisée 
ou  généralisée.  Le  pronostic  est  particulièrement  bénin,  le 
traitement  simple  et  les  indications  opératoires  rares. 

La2'partiede  l’ouvrage  a  trait  aux  complications  et  plus 
particulièrement  à  l’écartement  progressif  des  bords  de  la 
fracture  et  à  la  méningocèle  traumatique,  qui  sont  spéciales  à 
la  première  enfance.  L’écartement  des  bords  de  la  fracture, 
dû  au  rachitisme,  et  à  un  trouble  purement  mécanique  du 


LE  PROGRÈS  MEDICAL 


développement  du  crâne,  est  une  complication  grave,  qui  non 
seulement  rend  très  dangereux  les  moindres  traumatismes 
de  la  tète,  si  fréquents  chez  les  enfants,  mais  peut  causer 
aussi  l’épüepsie  et  différents  accidents  hystériques.  D'après 
l’auteur,  le  traitement  de  choix  est  l'ostéoplastie  par  la  mé¬ 
thode  de  Müller-Kônig. 

M.  Gasne  s’étend  enfin  sur  la  méningocèle  traumatique  dont 
il  rapporte  78  cas.  11  montre  qu'au  point  de  vue  anatomique 
il  en  existe  2  variétés  ;  l’une  où  la  tumeur  communique  seu¬ 
lement  avec  les  espaces  sous-arachnoïdiens,  l'autre  où  elle 
communique  avec  le  ventricule  latéral. Ces  deux  variétés,  im¬ 
possibles  à  distinguer  cliniquement,  semblent  diftérer  pour¬ 
tant  au  point  de  vue  du  pronostic  et  du  traitement. 

Toutes  deux  ont  d’ailleurs  la  même  cause  :  l’hydrocéphalie 
traumatique. l’hypertension  céphalo-rachidienne,qui.chez  des 
enfants,  grâce  à  des  conditions  spéciales,  peut  n’amener  que 
le  développement  d’une  méningocèle,  alors  que  chez  l’adulte 
elle  amène  des  troubles  de  compression  graves.  L'existence  de 
cette  hypertension  céphalo-rachidienne  doit  toujours  guider 
rétablissement  du  traitement,  et  en  fait  varier  les  indications. 

Im  Grenziande  ou  au  pays-frontière;  par  M.  le  docteur 
Mœbius.  lUn  vol.  in-40  de  238  p.  ;  chez  Ambrosiiis  Barth,  à 
Leipzig,  igoS.) 

C’est  le  quatrième  volume  des  œuvres  choisies  de  P. -J. 
Mœbius,  de  Leipzig,  dont  nous  avons  déjà  analysé  certaines 
œuvres  (li.  Il  s'agit,  cette  fois,  de  conceptions  métaphysiques 
sur  «  les  choses  delà  foi  »,  et  l’auteur  se  déclare  disciple,  sur 
.ce  domaine,  de  Gustave  Théodor  Fechner.  La  première  page 
indique  que  ce  4®  vol.  est  lui-mê.me  un  recueil  de  pensées,  qui 
s’échelonnent  de  i8gt  à  igo?,  et  qui  ont  comme  frontispices  ; 
Sur  les  trois  chemins  de  la  pensée  (i8gi)  ;  Trois  dialogues  sur  la 
religion  {iSgS],  Sur  Tennoblissemcnt  de  l'homme.  (1898),  Trois 
dialogues  sur  la  métaphysique  {igoi  ),  Sur  le  but  delà  üie(igo4), 
SurVanthropomorphisme\igo^).  Nous  ne  suivrons  pas  l’auleur 
sur  tous  ces  terrains,  où  peut  se  complaire  la  spéculation  d’es¬ 
prit,  surtout  lorsqu’il  y  a  prédisposition  ainsi  qu’un  véritable 
talent  comme  chez  M . -Mœbius.  Du  moins,  est-il  sûr,  sur  les  ré¬ 
gions  aussi  élevées  où  il  se  place,  de  ne  s’attirer  les  foudres, 
ni  des  femmes  ni  des  hommes.  Concluons  que  ce  livre  mérite 
en  tous  points  d’être  lu  par  les  philosophes  et  les  psycholo¬ 
gues.  P.  Cornet. 

T raité  des  Maladies  de  l’Estomac  ;  par  le  docteur  Maurice 
SouPAULT,  avec  la  collaboration  de  MM.  Hartmann, Cautri;, 
Delherm,  Gourin,  g.  Leven,  Binet,  Pariset,  Sai.ignat.  (Un 
gros  vol.in-4  de  860  p.  avec  iii  fig.  noires  et  coloriées,  chez 
Baillière  et  fils,  igo6.) 

Cet  important  ouvrage  est  dû  pour  la  plus  grande  part  au 
regretté  M.  Soupault,  lequel  est  mort  à  la  tâche,  à  la  veille, 
pour  ainsi  dire,  de  la  publication.  Ou  découvre  cinq  parties  : 
technique,  séméiologie,  maladies  organiques  de.  l'estomac,  dys¬ 
pepsies  et  phénomènes  sine  materia,  thérapeutique. 

La  technique  comporte  de  longs  et  minutieux  détails  sur 
Vinlerrogatoire  du  malade,  Vexamen  objectif  du  thorax  et  de 
l’abdomen,  l'inspection,  l’insufflation,  percussion,  palpation. 
Nous  trouvons  qu’il  n’y  a  pas  assez  de  détails  sur  la  diaphanos- 
eopie,  et  une  injustice  par  omission  (2)  parmi  les  noms  de 
ceux  qui  se  sont  longuement  et  publiquement  occupés  de  ce 
genre  d’exploration.  Par  contre,  il  y  a  exacte  mise  au  point  de 
la  valeur  réelle  des  rayons  X  en  exploration  gastrique.  De 
bonnes  figures  explicatives  rendent  cette  partie  de  l’ouvrage  très 
clairement  didactique.  Cependant  nous  aurions  désiré  un  peu 
plus  de  place  à  la  phonendoscopie. 

Le  chapitre  III  traite  du  cathétérisme  de  T  estomac,  l'explora¬ 
tion  chimique  et  mia’Jscopique,\a  recherche  des  corps  étrangers. 
La  séméiologie  (modifications  de  la  faim,  pyrosis,  merycisme, 
aérophagie,  etc.)  est  aussi  remarquablement  traitée.  Toute  la 


(1)  Entre  anlves  :«  Le  pathologique  dans  Goethe  o  et  «  La  faiblesse 
d’esprit  normale  clie^  la  femme  »  (in  Progrès  médical,  22  fév.,  8  et  15 
mars  1902,  et  10  juin  1904. 

(2)  !)'■  P.  Cornet.  — Sur  l'éclairage  électrique  de  Vestomac,  in  Pro¬ 
grès  médical,  in  Revue  internationale  d'électrothérapie,  in  Bulletin 
polyc.  (août  et  sept.  1896  ) 


partie  clinique  est  décrite  avec  détails,  sans  digressions  exagé¬ 
rées  au  point  de  vue  pathogénique. 

Les  dyspepsies  sont  dues,  comme  étude,  à  MM.  Soupault 
et  son  élève  G.  Leven,  puis  viennent  des  monographies  dues 
aux  collaborateurs.  C'est  un  bon  chapitre  sur  les  indications  de 
l’intervention  chirurgicale  dans  les  affections  dites  médicales  de 
l'estomac,  par  M.  Hartmann  ;  puis  les  grandes  indications  du 
régime  alimentaire  dans  les  maladies  de  l'estomac,  par  M.  Bi¬ 
net  ;  ensuite  le  traitement  par  les  eaux  minérales,  par  M.  Li- 
nossier  ;  l’hydrothérapie  par  MM.  Pariset  et  Salignat  ;  le  mas¬ 
sage,  par  M.  Cautru  ;  l’électrothérapie,  par  M.  Delherm  ;  et 
enfin  un  formulaire  p-ar  notre  ami  d’internat  en  pharmacie 
Gourin.  La  partie  des  collaborateurs  est  peut  être  trop  raccour¬ 
cie,  trop  hâtée,  et  paraît  plutôt  faire  appendice  que  partie  inté¬ 
grante.  Mais  l'ensemble,  c’est-à-dire  l’ouvrage  en  entier  est 
important,  remarquablement  étudié,  et  doit  trouver  nécessai¬ 
rement  place  dans  la  bibliothèque  de  l’étudiant  et  du  médecin. 

Paul  Cornet. 

La  détermination  de  la  dose  toxique  da  l’acide  carbo¬ 
nique  chez  les  vertébrés  ;  par  S.  Gréhant  docteur  ès 
sciences.  (Alcan,  lilOri.) 

Les  recherches  de  M.  S.  Gréhant  portent  sur  des  animaux 
représentants  des  quatre  classes  de  vertébrés.  Les  mélanges 
gazeux  respirés  renferment,  le  plus  souvent,  avec  des  propor¬ 
tions  variables  de  CO-,  la  même  quantité  d’oxygène  que  l’air. 
Ces  mélanges  se  préparent  à  T'aide  des  formules  suivantes  : 
a  acide  carbonique 
20,8 

-  a  oxygéné 

79,2 

100  (1 - )  air 

79,2 

Ln  tableau  donne  les  chiffres  pour  des  mélanges  conte¬ 
nant  de  20  à  79,  2  %  de  CO^. 

Les  poissons  succombent  en  des  temps  variables,  mais  leur 
résistance  est  toujours  grande.  Pour  les  amphibiens,  le  mé¬ 
lange  gazeux  mortel  contient  40  y  o  CO  2,  on  dose  alors  80  ce. 
de  ce  gaz  dans  100  grammes  de  muscles  Si  la  proportion 
d’oxygène  augmente  dans  le  mélange  respiré,  la  quantité  de 
CO dans  le  muscle  peut  s’élever  jusqu;à  118  cc.  pour  100 
grammes.Une  tortue  vit  pendant  10  heures  dans  CO^  pur.  Elle 
est  alors  malade  mais  non  anesthésiée  et  se  rétablit  rapi¬ 
dement.  Un  mélange  à  37  °/o  est  fatal  pour  le  pigeon  en  30 
minutes  ,  le  canard  résiste  pendant  le  même  temps  à  79,2 
pour  cent. 

Parmi  les  mammifères  étudiés,  le  hérisson  vit  pendant  une 
heure  dans  95  %  ;  la  chèvre  meurt  à  6l)  0  0.  et,  phénomène 
remarquable,  conserve  sa  sensibilité  jusqu’au  moment  même 
de  la  mort. 

Dans  toutes  les  expériences,  GO-  est  dosé  dans  le  sang  et 
dans  les  muscles. —  Ces  recherches  ont  été  surveillées  et  con¬ 
trôlées  par  Téminent  professeur  du  .Muséum,  père  de  l’au¬ 
teur.  Cést  assez  dire  avec  quelle  conscience  elles  ont  été 
poursuivies.  A.  F. 

Des  bacillaires  arthritiques  «  Lithiasiques  primitifs  »; 
par  le  D®  Dedet  (de  Martigny,  Vosges).  {Compte-rendu  du 
Congrès  d’hy.irol.  et  climat,  de  Venise,  1905.) 

«  Les  bacillaires  lithiasiques  primitifs  d'après  M.  Dedet  sont 
des  arthritiques  tuberculeux,  non  rénaux,  chez  lesquels,  appa¬ 
raît  de  la  gravelle  primitive,  caractérisée  par  l’originalité 
qu’elle  emprunte  au  terrain  sur  lequel  elle  se  développe. S’ap¬ 
puyant  sur  l’autorité  des  Pidoux,  Guéneau  de  Mussy.  Jaccoud, 
Potain,  Verneuil,  Barié,  Grasset,  Allard,  Sarda,  Vires,  il  rap¬ 
pelle  les  allures  particulières  que  revêt  la  bacillose  dans  un 
terrain  arthritique  «  la  lenteur,  le  te  mps  d’arrêt  dans  l’évolu¬ 
tion,  la  facilité  à  faire  de  la  sclérose  ;  Tanta gonisme,  en  un 
mot, du  sol  arthritique  et  du  sol  bacillaire.» 

Après  avoir  rapporté  deux  curieuses  observations  du  D' 
Huchard  à  la  Société  d’hydrologie  en  TKll,  touchant  deux 
cas  de  bronchite  uricémique  rebelle  à  toute  médication  ordi' 
1  naire,  et  guérie  par  le  traitement  hydrique,  par  les  eaux  aP 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


91 


câlines  faibles,  le  régime  lac to- végétarien,  l’exercice  raison¬ 
né,  il  présente  quelques  observations  personnelles  de  bacil¬ 
laires  pulmonaires,  sans  lésion  rénale,  atteints  de  lithiase 
primitive  et  guéris  ou  améliorés  par  la  cure  à  sa  station.  Il 
part  de  cette  constatation,pour  établir  la  symptomatologie  de 
cette  catégorie  de  lithiasiques  bacillaires,  très  différents  du 
bacillaire  rénal,  en  faille  diagnostic  différentiel,  en  insistant, 
sur  un  moyen  de  recherche  précieux,  et  souvent  négligé, 
l’examen  des  urines. 


VARIA 


L’inauguration  du  buste  de  Liébeault. 

L'inauguration  du  buste  de  Liébeault,  l'inspirateur  de 
l'Ecole  psychothérapique  de  Nancy  a  eu  lieu,  jeudi,  dans 
la  salle  des  conférences  de  l'Ecole  de  psychologie,  rue  Saint- 
André-des-Arts,  sous  laprésidence  d'honneur  de  M.le  minis- 
trede  l'instruction  publique  et  de  M.  B  ertlielot,  secrétaire 
perpétuel  de  l’Académie  des  sciences. 

M.  leD'^  Voisin,  médecinde  la  Salpêtrière,  présidait,  assisté 
de  MM.  Lilla/,  sous-chef  du  cabinet  du  ministre  de  l'instruc¬ 
tion  publique,  représentant  M.  Bienvenu-Martin;  Mesureur, 
directeur  de  l'Assistance  publique  ;  le  D’’  Lloyd-Tuckey,  de 
Londres  ;  Giard,  de  l'Académie  des  sciences  ;  D''  Saint  \ves- 
Ménard,  de  l’Académie  de  médecine,  des  D”  Paul  Magnin. 
vice  président  de  la  Société  d’hypnologie  et  Bérillon,  mé¬ 
decin  inspecteur  des  asiles  d'aliénés,  secrétaire  du  comité. 

Dans  l'assistance  se  trouvaient  :  Mme  veuve  Liébeault  et  sa 
fille;  Mme  Paul  Bert;  M.  Cornejo,  ministre  plénipotentiaire 
du  Pérou,  M.  Scié  Tou -Fa,  attaché  d’ambassade  de  Chine. 

Parmi  les  médecins,  citons  MM.  les  D’’'  :  Fiessinger,  membre 
correspondant  de  l’Académie  demédecine  ;  Godon,  directeur 
del’Ecole  dentaire;  Prieur.secrétaire  général  de  la  Société 
d’histoire  de  la  médecine  ;  Bilhaut,  président  du  Syndicat  de 
la  presse  scientifique;  Paul  Farez,  Félix  Régnault,  Binet- 
Sanglé,  Lemesle,  Pamart,  professeurs  à  l'Ecole  de  psycholo¬ 
gie;  Grollet,  secrétaire  de  la  Société  de  pathologie  comparée  ; 
Raffegeau,  Pottier,  Morel,  Lagrange,  Marcellin  Cazaux,  Cour- 
tault,  Boucard,  Salomon,  Ilahn,  Paul  Joire,  Saint-Hilaire, 
Mercier,  Barbier,  Morel,  Marnay,  Bellemanière,  Bernard, 
Barthe  de  Sandfort,  Poulalion,  Fouineau,  Lorain.  : 

Mmes  Bouet-Henry  et  de  Boudareff;  D'"  Germignet,  Bei¬ 
gnier,  Willmm,  Robinson,  de  Barros  Castro,  Fainenne.  etc., 
M.  Dyvrandc  procureur  de  la  République,  M.  Baguer,  direc¬ 
teur  des  sourds-muets,  M.  Lionel  Dauriac,  professeur  à 
Montpellier,  M.  Caustier,  professeur  au  lycée  Condorcet, 
M.  Lemaire,  professeur  agrégé  de  philosophie,  etc. 

L’armée  était  représentée  par  un  certain  nombre  de  notabi¬ 
lités,  l’amiral  Antoine,  le  colonel  Collet,  le  commandant 
Bellon,  le  contrôleur  général  Leblanc  et  le  médecin-major 
Pourcines,  amis  personnels  de  Liébeault. 

En  ouvrant  la  séance,  .M.  le  Bérillon  a  lu  une  lettre  de 
M.  Berlhelot  s’excusant  de  ne  pouvoir  assister  à  la  cérémonie 
et  faisant  l’éloge  de  Liébeault.  Il  a  également  donné  com¬ 
munication  de  télégrammes  d’excuses  des  professeurs  Van 
Benterghem.  d’Amsterdam  ;  Orlitsky,  de  Moscou  ;  Hamilton 
Osgood,  de  Boston,  IVetterstrand  (de  Stocklolm).  Forel  (de 
Bausannei,  Ladame  (de  Genève),  Spehl  ide  Bruxelles!,  Fran- 
cotte  etilenrijean  (de  Liège),  Masoin  (de  Louvaini,  O.  \  ogt 
(de  Berlin).  Podiapolsky  (de  Saratow;,  Flournoy  (de  Genève), 
et  de  nombreux  professeurs  français. 

Mm.  les  !)'■»  Voisin  et  Paul  Magnin  ont  fait  ensuite  l’éloge 
de  Liébeault.  Après  eux.  M.  le  D‘-  Bérillon  a  retracé  la 
^rtère  du  savant.  Il  a  montré  comment  Liébeault,  à  ses 
débuts,  futamenéà  s’occuper  d'hypnologie  etquelles  difficul- 
ms  il  eut  ^  faire  admettre  dans  la  médecine  cette  science  nou- 
'^Mle  qui  révolutionnait  toutes  les  anciennes  méthodes.  Ce 
B  qu'après  plus  de  vingt-cinq  années  de  lutte  qu’il  réussit 
J  triompher  de  l'incrédulité  et  parfois  même  de  l’hostilité 
d  ses  confrères.  Il  fallut  pour  cela  des  expériences  condu¬ 
ites  faites  sous  sa  direction,  en  18811,  à  l’asile  de  Maréville, 
près  de  Nancy. 


A  partir  de  ce  moment,  le  traitement  psychothérapique  fît 
de  nombreux  adeptes,  et  un  comité  international  présidé 
par  le  docteur  \an  Reenterghem  (d’Amsterdam)  organisa 
unegrande  manifestation  en  1  honneur  de  Liébeault.  Elle  eut 
lieu  à  Nancy  le  25  mai  1891. 

Puis,  au  nom  des  médecins  étrangers,  le  docteur  Lloyd 
Tuckey  dans  un  discours  prononcé  en  anglais,  s'est  associé 
aux  hommages  :endus  au  D’’  Liébeault. 

Après  l'inauguration  du  buste,  dû  au  sculpteur  Maillot, 
M.  Paul  Mounet,  de  la  Comédie-Française,  a  lu  une  poésie 
de  M.  Jules  Cois  iHymne  à  Liébeault)...  Ensuite  le  délégué 
du  ministre  de  1  Instruction  publique  a  remis  les  palmes 
au  statuaire. 

Le  soir,  les  amis  et  les  élèves  de  Liébeault  se  sont  réunis, 
chez  Marguery,  en  un  banquet  de  quatre-vingt  couverls. 
Des  toasts  ont  été  prononcés  par  MM.  les  D"^'  Voisin,  Lloyd- 
Tuckey,  Bilhaut,  Bérillon,  par  M.  le  professeur  Lionel  Dauriac 
et  par  M.  Dyvrande,  procureur  de  la  République. 

Marcel  B. 

La  protection  mécaniquedes  habitations  dans  le 
paludisme. 

On  sait  maintenant  que  la  lièvre  n'est  pas  causée  par  l’é¬ 
manation  de  l’air  des  marais.  La  découverte  par  Laveran 
d'un  parasite  dans  ie  sang  de  tous  ies  paludéens  et  son  trans¬ 
port  de  l’homme  malade  à  l’homme  sain  par  un  moustique 
particulier,  l'anophèle,  ont  fait  rentrer  le  paludisme  dans  la 
catégorie  des  maladies  en  partie  évitables.  Dans  un  inté¬ 
ressant  mémoire,  M.  Kermorgant,  inspecteur  général  du 
service  de  santé  des  colonies  (I  )  a  traité  la  prophyla.xie  du 
paludisme  ;  nous  renvoyons  le  lecteur  à  cet  article  pour  n’in¬ 
sister  que  sur  la  protection  mécanique  des  habitations. 

On  sait  qu’une  loi  du  2  novembre  1901  a  rendu  cette  protec¬ 
tion  obligatoire,  en  Italie,  en  pays  palustre,  pour  tous  les  ou¬ 
vriers  et  employés  du  gouvernement.  Les  expériences  faites 
sur  les  troupes  occupant  l'été  les  forts  insalubres  des  envi¬ 
rons  de  Rome  ont  montré  que  les  soldats  protégés  contre  les 
moustiques  à  l’aide  de  toiles  métalliques  et  soumis  à  la  qui¬ 
nine  préventive  n’ont  été  atteints  de  paludisme  que  dans  la 
proportion  de  1,15  pour  100;  ceux  qui  protégés  de  même,  ne 
prenaient  pas  de  quinine,  ont  été  atteints  dans  la  proportion 
de  2,67.A  cemoment.les  lièvresétaient  très  communes  ettrès 
graves  dans  la  population  civile  habitant  au  voisinage  des 
forts,  elles  anophèles  y  étaient  très. nombreux. 

En  Corse, les  résultats  ont  été  aussi  heureux  qu’en  Italie.  A 
Porto-Vecchio,sur23  personnes  habitant  la  caserne  des  doua¬ 
nes,  on  constatait, en  1901,  14  cas  de  paludisme  ;  l’année  sui¬ 
vante,  après  application  de  toiles  métalliques  on  ne  comp¬ 
tait  que  1  cas  pour  le  même  effectif.  Les  Japonais  ont  égale¬ 
ment  expérimenté  à  Formose  la  protection  mécanique  dans 
leurs  casernements. Une  compagnie  de  115  hommes  a  étépre- 
tégée  complètement  contre  les  moustiques  tandis  que  le  reste 
du  bataillon  ne  l’était  pas.  Or,  il  n’y  a  eu  aucun  cas  de  palu¬ 
disme  parmi  les  115  protégés  ;  le  reste  du  bataillon,  qui 
comptait  G46  hommes,  eut  235  cas  de  paludisme,  soit  44  pour 
100,  et  une  mortalité  de  1,12  p,  100. 

Les  résultats  obtenus  en  Algérie, dans  les  gares  protégées, 
n’ont  pas  été  moins  concluants.  Au  Sénégal  et  au  Soudan 
français,  les  administrateurs  des  chemins  de  fer,  après  des 
essais  partiels,  ont  décidé  de  protéger  mécaniquement  tou¬ 
tes  les  gares.  Le  ministre  des  colonies  a  prescrit  l’essai  de 
grillages  métalliques  sur  une  partie  des  bâtiments  militaires 
auSénégal. 

Les  toiles  sont  vite  détruites  par  la.  rouille  ;  il  faut  donc 
recourir  de  préférence  aux  toiles  étamées  :  quand  on  n’a  pas 
de  toile  métallique,  on  peut  momentanément  se  servir  d’étof¬ 
fe  à  moustiquaire.  Avant  d’apposer  des  grillages  métalliques 
à  toutes  les  ouvertures  du  casernement, il  faut  faire  l’éduca¬ 
tion  des  soldats,  afin  d’éviter  ce  qui  est  arrivé  en  Italie,  où 
les  hommes  s’amusaient  à  percer  les  grillages  à  coups  de 
baïonnettes.  Martha. 


(1)  Ann.  d'Hyg.  pub.  et  de  méJ.  Ug,]  uillet  1905,  Baillière  et  fils. 


92 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


Les  casiers  sanitaires  et  l’assistance  familiale  ; 

«  Des  premières,  la  Belgique  décidait  la  création  de  ces 
bureaux  d’hygiène  qui  furent  vite  des  modèles  imités,  et  qui 
trouvèrent  en  France  un  officiel  accueil,  bientôt  consacré  par 
la  loi  du  1 5  février  1 902,  sur  la  protection  de  la  santé  publique, 
qui  décide  que  toutes  les  villes  de  plus  de  20.000  habitants, 
et  les  villes  thermales  de  plus  de  2.000  âmes,  devront  en  pos¬ 
séder  un,  obligatoirement  (1). 

Inutile  de  refaire  ici,  un  tableau  des  services  qu’ils  grou¬ 
pent;  il  suffit  d’en  retenir  un  :  à  savoir  cette  institution  admi¬ 
rable,  cette  institution  nécessaire,  a-t-on  écrit  récemment  (2), 
des  casiers  sanitaires.  Ici  encore,  la  Belgique  s’aperçut  vile 
des  avantages  qu'on  pouvait  espérer  dans  la  lutte  contre 
la  maladie  et  la  mort,  et  si  la  plupart  de  vos  villes  possèdent 
aujourd’hui  cet  organisme  nouveau,  elles  n’en  ont  plus  le 
monopole.  L’étranger  les  a  copiées,  et  si  on  jette  un  coup 
d’œil  en  France  on  relève  les  villes  de  Paris,  Nice,  Arcachon, 
Le  Havre,  Lille,  Amiens,  Lorient,  Nancy,  Nantes,  Orléans, 
Saint-Etienne,  et  combien  d’autres,  qui  ont  suivi  l’exemple. 

A  Paris,  le  conseil  municipal  décidait,  en  1893,  la  création 
d’un  casier  sanitaire,  et  sur  la  proposition  de  M.  Menant,  di¬ 
recteur  des  affaires  municipales,  le  bureau  de  l’assainissement 
de  l’habitation  eut  mission  de  l’organiser  et  d’en  assurer  le 
fonctionnement.  En  moins  de  six  ans,  toutes  les  maisons  de 
Paris  ont  été  décrites. 

La  forme  d’assistance  familiale,  —  nous  n'avons  pas  à  en 
vanter  ici  les  avantages,  —  est  la  forme  désirable  d’assistance. 
Certes,  ce  n'est  pas  une  panacée  universelle,  applicable  à  tous 
les  cas.  La  maladie  et  la  souffrance  ont,  hélas  !  des  formes 
trop  protéiques  pour  qu’on  puisse  leur  appliquer  uniformé¬ 
ment  une  môme  loi.  —  Mais  il  n'en  reste  pas  moins  qu’il  faut 
désirer  que  l’orientation  qui  s’est  manifestée  dans  ce  sens, 
s’affirme;  le  convalescent  ou  le  malade  y  trouveront  plus  de 
bien-être  et  plus  de  soins. 

Or,  pour  que  cette  Assistance  donne  tout  ce  qu'on  doit  en 
espérer,  il  faut  qu’elle  s’entoure  de  précautions  délicates  ;  que 
les  familles  choisiessedistinguent  par  leurdévouement,  qu’el¬ 
les  remplissent  certaines  conditions  minima  parmi  lesquelles 
on  fera  figurer  en  bonne  part  l’installation  matérielle,  le  res¬ 
pect  des  conditions  d’hygiène  et  de  salubrité. 

Immenses  sont  les  avantages  que  l’Assistance  familiale 
pourrait  retirer  de  l’organisation  des  Casiers  Sanitaires.  — 
Ceux-ci,  dans  une  forme  à  déterminer,  pourraient  être  com¬ 
muniqués  aux  personnalités  chargées  de  l'appliquer,  et  celles 
ci  auraient  là,  dès  l’instant,  un  précieux  auxiliaire. 

Ce  service  serait  d’ailleurs  payé  de  retour.  Les  personnes 
placées  dans  les  familles  sont  l'objet  d’une  surveillance  at¬ 
tentive  et  affectueuse  ;  ceux  qui  en  ont  la  charge  pénètrent  li- 
hrement  auprès  d’elles  ;  ils  pourraient  à  leur  tour  fournir  au 
service  du  Casier  Sanitaire  de  la  localité  d'utiles  renseigne¬ 
ments  qui  donneraient  à  ses  travaux  plus  de  sécurité.  A.  F. 

L’Assistance  familiale  et  les  troupes  coloniales 
et  de  marine. 

Lorsque  le  soldat  et  le  marin  tombent  malades,  ils  sont 
dirigés  vers  l’hospice  le  plus  proche,  et  si  la  maladie  continue 
en  affectant  une  forme  chronique  ou  si  une  amélioration  se 
produit,  mais  insuffisante  pour  permettre  de  reprendre  la 
tâche  quotidienne,  l’un  et  l’autre  sont  renvoyés  à  la  métro¬ 
pole. S’agit-il  d'un  soldat,  ou  d’un  marin  de  la  flotte  de  guerre, 
il  obtient  un  congé  de  convalescence.  A-t  il  encore  quelque 
famille,  ou  trouve-t  il  un  tiers  qui  consente  à  se  reconnaître 
avec  lui  une  subite  parenté,  il  quitte  l’hôpital,  et  l’adminis¬ 
tration  militaire  n’en  exige  plus  rien,  que  de  revenir  à  date 
fixe,  et  de  rembarquer  pour  un  nouveau  voyage.  Or,  qu’ar¬ 
rive-t-il  ?  Si  le  convalescent  rentre  chez  lui,  c’est  l’hypothèse 
la  plus  heureuse.  Les  parents  sont  dans  une  situation  sou¬ 
vent  difficile,  ils  ne  peuvent  subvenir  à  ses  besoins  ;  le  veu¬ 
lent-ils,  que  sa  dignité  s’irrite  en  constatant  son  oisiveté  au 
milieu  de  tant  de  labeurs,  et  il  retourne,  imparfaitement  gué¬ 
ri,  à  l’établi  ou  à  la  charrue  !...  Cette  imprudence  ne  tarde 

(1)  Lucien  Graüi  —  La  loi  de  1902  et  tes  slalions  hydroininéra- 
les-  l.es  Arrêtés  municipaux  elles  lois  sanitaires  (Uousset). 

(2)  Voir  Paul  JuiLLEnAT.  —  Une  institution  nécessaire.  Le  casier 
sanitaire  des  maisons.— Voir  égalomeiit  Kénon:  Maladies  populaires. 


pas  à  produire  ses  fâcheux  effets  ;  l’amélioration  qui  se  ma¬ 
nifestait  s’évanouit,  il  se  fatigue  et  il  s’épuise,  et  bientôt  une 
rechute  douloureuse,  souvent  redoutable,  le  punit  cruelle¬ 
ment. 

Si,  au  contraire,  nous  sommes  en  présence  d’un  malheu¬ 
reux  sans  famille, et  dont  nul  ne  répond,  on  propose  de  créer 
pour  eux  des  villas  coloniales  où  ils  seraient  recueillis.  Cel¬ 
les-ci  seraient  édifiées  en  des  contrées  choisies  pour  l’égalité 
et  la  clémence  de  leur  climat,  perspective  agréable  mais  nul¬ 
lement  pratique.  Ces  villas  devront  en  effet  être  très  nom¬ 
breuses  ;  car  elles  ne  doivent  réunir  sous  un  même  toit  que 
quelques  convalescents  ;  les  frais  de  construction,  d’aména¬ 
gement,  de  fonctionnement  et  d’administration  seront  dès 
lors  sensiblement  élevés  et  nous  redoutons  que  la  question 
financière  ne  soit  un  obstacle  difficile  à  vaincre.  Ne  se  sou¬ 
vient-on  pas  que,  lorsque  tout  le  monde  demandait  la  créa¬ 
tion  des  sanatoriums  pour  tuberculeux,  M  Albert  Robin  a 
eu  le  courage  de  montrer  le  premier  quel  désastre  financier» 
entraîneraient  leur  construction  et  leur  entretien  pour  un  ré¬ 
sultat  douteux  ?  Il  en  est  de  même  ici. 

On  ne  devra  pas  permettre  davantage  la  construction  de 
vastes  établissements  ;  on  serait  en  présence  d'une  agglomé¬ 
ration  considérable  avec  tous  ses  travers  :  promiscuité  dé¬ 
plaisante,  nécessité  d’une  discipline  commune  ,  suppression 
de  toute  initiative  chez  le  malade,  et  dès  lors  monotonie  f⬠
cheuse,  état  psychique  désastreux  et  guérison  compromise. 
Combien  ne  serait-il  pas  préférable  à  tous  égards  de  recourir 
à  l’assistance  familiale  ? 

Au  lieu  de  garder  nos  soldats  fatigués  en  dévastas  caser-  j 
nes-hôpitaux,  au  lieu  de  les  laisser  livrés  à  eux-mêmes,  à  la 
faveur  d’un  répondant  bénévole,  combien  ne  semblera  t-il 
pas  meilleur  de  pratiquer  pour  eux  notre  système  d’assistance 
familiale  dont  l’excellence  n'est  plus  à  démontrer  et  dont  vo-  ; 
tre  réunion  témoigne  une  fois  de  plus  des  bienfaits.  Grâce  à 
l’assistance  familiale,  soldats  et  marins  pourraient  être  réu-  ; 
nis  par  les  soins  de  l’autorité  militaire.  Puis  on  ferait  choix 
d'un  certain  nombre  de  familles  installées  dans  la  campagne, 
en  des  régions  particulièrement  saines,  autant  que  possible 
loin  des  cours  d’eau  et  des  zones  humides  qui  constituent 
pour  la  plupart  des  maladies  coloniales  une  condition  favo-  ( 
risante,  et  nos  convalescents  y  seraient  installés. 

Plus  de  constructions  onéreuses,  plus  d’administration  \ 
compliquée,  plus  de  discipline  rigide,  mais  un  travail  jour¬ 
nalier  calculé  suivant  le  pays,  la  liberté  et  le  bien-être.  Nos 
coloniaux  et  nos  marins  placés  ainsi  n'auraient  aucun  besoin 
de  s'absorber  en  un  labeur  fatigant  ;  leur  nourriture  et  leur 
entretien  seraient  assurés.  Voudraient-ils  se  livrer  à  quelque 
occupation  distrayante,  ils  en  auraient  le  loisir  ;une  surveil¬ 
lance  discrète,  paternelle,  qu’elle  vienne  du  médecin  de  la 
localité  ou  de  quelque  agent  des  services  d’assistance  fami¬ 
liale,  s’assurera  simplement  qu’ils  ne  travaillent  pas  au-delà 
de  leurs  forces.  Pas  de  discipline,  mais  le  droit  de  disposer 
d’eux-mêmes  à  leur  gré,  pourvu  qu’ils  ne  se  laissent  pas 
aller  à  des  manifestations  qui  leur  pourraient  nuire,  tel  est 
est  le  tableau  très  incomplet  des  avantagesde  cette  façon  d’a- 
çon  d’agir,  que  vous  approuverez,  je  l’espère  de  votre  tiaute 
autorité. 

Et  lorsque,  la  convalescence  expirée,  le  soldat  s’en  retour¬ 
nerait  servir  son  pays  sous  quelque  ciel  lointain,  c’est  avec 
une  reconnaissance  émue  qu’il  songerait  au  toit  qui  delongs 
mois  fut  le  sien,  aux  joies  qu  il  partagea,  aux  tristesses  mê¬ 
me  qui  frappèrent  sa  famille  d’election  et  qui  le  firent  souf¬ 
frir  avec  elle.  Et  qui  sait  si,  au  jour  de  sa  libération,  son  ser¬ 
vice  terminé,  il  ne  viendrait  s’y  réfugier  pour  y  vivre  sa  vie, 
vie  d’homme,  alors  que  sans  l’assistance  familiale  il  se  serait 
trouvé  isolé  au  milieu  d’un  monde  qu’il  aurait  désappris  à 
connaître  au  cours  de  ses  voyages.  Lucien  Graux. 

Un  hospice  en  flammes. 

Rennes,  4  février.  —  L  n  effroyable  incendie  a  éclaté  cette 
nuit,  vers  deux  heures,  dans  l’hospice  des  veillards  de  la  Pü' 
tière,  faubourg  de  Paris.  Tous  les  bâtiments  ont  été  détruitSi 
et  plusieurs  hospitalisés  ont  péri  dans  les  flammes. Les  autre* 
ont  pu  être  sauvés,  grâce  à  des  prodiges  de  dévouement- 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


93 


l'abbé  Stenou, aumônier  de  l'hospice,  a  été  grièvement  blessé 
en  procédant  à  des  sauvetages.  On  considère  son  état  comme 
désespéré.' Ln  pompier  a  également  reçu  des  blessures  gra¬ 
ves.  Pendant  l’incendie,  qui  faisait  encore  rage  à  la  nuit  tom¬ 
bante,  le  spectacle  était  lamentable  des  visages  angoissés 
d’épouvante  apparaissaient  aux  fenêtres,  des  cris  déchirants 
sortaient  des  bâtiments  réservés  aux  femmes.  Tandis  que  les 
pompiers  et  de  courageux  citoyens  se  précipitaient  à  leur 
secours,  on  découvrait  successivement,  sous  les  premiers 
décombres,  deux,  puis  quatre  cadavres. Le  soir,  on  comptait 
onze  victimes.  Trois  femmes  qu’on  avait  pu  sauver,  sont 
mortes  à  la  suite  des  émotions  terribles  qu’elles  avaient  res¬ 
senties.  Parmi  les  morts,  six  vieillards  seulement  ont  été 
reconnus.  Seize  pensionnaires  de  l'hospice  ont  disparu. 

L'infirmerie  et  la  lingerie  sont  complètement  détruites. 
Cent  mètres  de  bâtiments  sont  inutilisables.  L’incendie  n'a 
pu  être  éteint  qu’à  neuf  heures.  Pour  parer  aux  premières 
nécessités,  la  municipalité  a  demandé  200  lits  au  campement 
militaire  et  du  linge  aux  hospices.  (Le  Matin,  du  5  février.) 

Préfecture  de  la  Seine 

Le  Sénat  et  la  Chambre  des  députés  ont  adopté,  Le  Président 
de  la  République  promulgue  la  loi  dont  la  teneur  suit  : 

Article  premier.  —  Le  paragraphe  5  de  l’article  20  du  titre  II 
delà  loi  du  1 5  février  1902  sur  la  protection  de  la  santé  publique 
est  modifié  comme  suit  : 

«  Chaque  Commission  sanitaire  de  circonscription  sera  compo¬ 
sée  de  cinq  membres  au  moins  et  de  neuf  au  plus,  pris  dans  la  cir¬ 
conscription.  Elle  comprendra  nécessairement  un  conseiller  géné¬ 
ral  élu  par  ses  collègues  et  au  moins  un  médecin,  un  pharmacien, 
tm  vétérinaire,  un  architecte  ou  un  technicien  d’une  compétence 
;  Malogue.  », 

-Art. 2  .  —  L’article  25  est  modifié  comme  suit  ; 

«  Art.  25.  —  Le  Conseil  supérieur  d’hygiène  publique  de  France 
.délibère  sur  toutes  les  questions  intéressant  l’hygiène  publique 
l’çïercice  de  la  médecine  et  de  la  pharmacie,  les  conditions  d’ex¬ 
ploitation  ou  de  vente  des  eaux  minérales,  sur  lesquelles  il  est 
consulté  par  le  Gouvernement.  Il  est  nécessairement  consulté  sur 
les  travaux  publics  d’assainissement  eu  d’amenée  d’eau  d’alimen¬ 
tation  des  villes  de  plus  de  5,000  habitants  et  sur  le  classement 
des  établissements  insalubres,  dangereux  ou  incommodes.  Il  est 
:  Véoialement  chargé  du  contrôle,  de  la  surveillance  des  eaux  captées 
en  dehors  des  limites  de  leur  département  respectif  pour  l’ali- 
mentatioq  des  villes.  Le  Conseil  supérieur  d’hygiène  publiques 
de  France  est  composé  de  cinquante-cinq  membres. 

«  Sont  memln-es  de  droit  :  le  directeur  de  l’Assistance  et  de 
1  Hygiène  publiques  au  ministère  de  l’Intérieur  ;  l’inspecteur  gé¬ 
nial  des  Services  sanitaires  ;  le  directeur  de  l’Administration 
départementale  et  communale  au  ministère  de  l’Intérieur  ;  le  di- 
^teur  des  Consulats  des  Affaires  commerciales  au  ministère  des 
Affaires  étrangères  ;  le  directeur  général  des  Douanes  ;  le  direc¬ 
teur  des  Chemins  de  fer  au  ministère  des  Travaux  publics  ;  le  di- 
^téur  du  Travail  au  ministère  du  Commerce,  des  Postes  et  des 
télégraphes  ;  le  directeur  de  l’Enseignement  primaire  au  ministère 
"e  l’Instruction  publique  ;  le  président  du  Comité  technique  de 
Wnté  de  l'armée  ;  le  directeur  du  Service  de  santé  de  l’armée  ;  le 
président  du  Conseil  supérieur  de  santé  de  la  marine  ;  le  prési-, 
^t  du  Conseil  supérieur  de  santé  au  ministère  des  Colonies  ;  le; 

I  ®uteur  des  Domaines  au  ministère  des  Finances  ;  le  doyen  de 
ta  Faculté  de  médecine  de  Paris  ;  le  directeur  de  l’Ecole  de 
WariMcie  de  Paris  ;  les  professeurs  d'hygiène  des  facultés 
médecine  de  Paris,  Lyon,  Bordeaux,  Lille,  Nancy,  Toulouse, 
^ontpellier  et  des  écoles  de  médecine  et  de  pharmacie  de  plein 
ïercice  d’Alger,  Marseille,  Nantes  et  Rennes;  le  président 
Ç  la  Chambre  de  commerce  de  Paris  ;  le  directeur  de  TAd- 
^istration  générale  de  l’Assistance  publique  à  Paris  ;  les  vice- 
j^idents  du  Conseil  d’hygiène  et  de  salubrité  du  département  de 
oeine  ;  l’inspecteur  général  du  service  d’Assainissement  de  l’ha- 
ation  de  la  Préfecture  de  la  Seine  ;  le  vice-président  du  Con- 
tg**® ^^fipveillance  de  l'Assistance  publique  de  Paris;  l'inspec- 
bÀTi  ^^®éral  des  Ecoles  vétérinaires  ;  le  directeur  de  la  Carte 
8«ologique  de  France. 

pie  d  ^  Membres  seront  nommés  par  le  ministre  sur  une  liste  tri- 
Oiie  d  présentation  dressée  par  l’Académie  des  sciences,  TAcadé- 
æii  Médecine,  le  Conseil  d’Etat,  la  Cour  de  cassation,  le  Con- 
du  travail,  le  Conseil  supérieur  de  l’assistanée  pu- 
de  France. 

membres  seront  désignés  par  le  ministre  parmi  les 
•  ^yff'dnistes,  ingénieurs,  chimistes,  légistes,  etc. 

‘Jn  décret  d’administration  publique  réglementera  lafonotion- 


nement  du  Conseil  supérieur  d’hygiène  publique  de  France,  la 
nomination  des  auditeurs  et  la  constitution  d’une  section  perma¬ 
nente.» 

La  présente  loi,  délibérée  et  adoptée  par  le  Sénat  et  par  la 
Chambre  des  députés,  sera  exécutée  comme  loi  de  l’Etat.  Fait  à 
Paris,  le  29  janvier  1906, Emile  Loubet.  Par  le  président  de  la 
République  :  Le  ministre  de  l’Intérieur,  Dubief. 

FORMULES 


XI.  —  Traitement  du  shock  opératoire. 

Faire  une  piqûre  d’éther  et  une  de  caféine  et  injecter  du 
sérum  artificiel  (500  gr.)  additionné  de  1  cc.  de  la  solution 
d’adrénaline  au  '  T  000  par  litre.  Cette  injection  peut  se  faire 
par  la  voie  intra-veineuse,  rectale,  sous-cutanée  ou  péritonéale. 

XII. —  Inhalations  dans  la  bronchite  chronique. 

Dans  un  flacon  à  large  goulot,  muni  d'un  bouchon  traversé 
de  deux  canules  en  verre  qui  sont  recourbées  à  angle  droite! 
dont  l’une  plongera  dans  le  liquide  du  flacon  tandis  que  l’au¬ 
tre  ne  le  touchera  pas,  versez  80  cc.  de  la  solution  suivante  : 


Menthol .  0  gr.  50 

Thigénol .  0  gr.  50 

Ga'iacol  cristallisé .  1  gr. 

Teinture  d’eucalyptus .  0  gr.  45 

.Alcool  à  60“ .  20  gr. 

Eau  distillée .  160  gr. 


Faire  trois  inhalations  par  jour  d’uneduréede  ciitq  minutes 
chacune. 


Pansements  gynécologiques. 

«  Le  traitement  régulier  seul  peut  assurer  le  succès  et  la 
guérison  ;  comme  conséquence,  une  spécialité  doit  donc  être 
parfaite  et  bon  marché  tout  à  la  fois.  C’est  le  cas  des  Glycovu- 
les  Tissot  »,  les  plus  actifs  et  les  moins  coûteux.  Boîtes  de  dix, 
3et3fr.  75. 


Actes  et  Thèses  de  la  Faculté  de  Médecine  de  Paris. 

Thèses  de  doctorat.  —  Mercredi,  1 4 février.  —  M.  Pontés  :  Con- 
tribulion  à  rétude  de  la  leucémie  à  streptocoque  dans  la  tubercu¬ 
lose  (MM.  Landouzy,  Gaucher,  Reclus,  Legueu).  —  M.  Halbron  : 
Tuberculose  et  infections  associées  (élude  critique  et  expérimen- 
lale)  (MM.  Landouzy,  Gaucher,  Reclus,  Legueu).  —  M.  Louste  : 
Baetérioseopie  et  eystoscopie  du  sang  et  des  liquides  hémorrhagi¬ 
ques  par  riiéraolyse  immédiate  (Erythrocytolise)  (MM.  Gaucher, 
Landouzy,  Réélus,  Legueu).— A/.  Leuthreau  :  Contribution  à  l’étude 
du  trailement  chirurgical  de  Tectopie  testiculaire  chez  l’enfant 
(MM.  Reclus,  Landouzy,  Gaucher,  Legueu). 

Jeudi,  i5  février.  —  Af.  A/oiii/m/i'e  :  La  névrose  traumatique  et 
la  loi  sur  les  accidents  du  travail  (MM.  Brouardel,  Cornil,  Dupré, 
Bezançon).  —  M.  Dusolier  :  Aperçu  historique  sur  la  médecine  en 
Espagne,  particulièrement  au  XVI"  siècle  (MM.  Gornil,  Brouardel. 
Dupré,  Bezançon).  — M.  Popovitch  :  Les  spirochètes  en  pathologie 
humaine  (MM.  Cornil,  Brouardel,  Dupré,  Bezançon).  — A/.  Lapla:;e  : 
Des  applications  inlra-reelales  des  courants  de  haute  fréquence 
(MM.  Le  Dcnlu,  Berger,  Faure,  Moreslin).  —  M.  Martin  :  Contri¬ 
bution  à  t’élude  des  anus  vulvaires  (.MM.  Le  Denlu,  Berger,  Faure, 
Moreslin).  —  Puisségur  :  Troubles  gastriques  de  causes  mécani¬ 
ques  au  cours  du  rein  mobile  (MM.  Berger,  Le  Denlu,  Faure,  Mores¬ 
lin).  —  M.  Legrand  :  Considérations  sur  l’assistance  maternelle 
(MM.  Budin,  Gilbert,  Vaquez,  Demelin).  —  M.  Liebert  :  De  l'emploi 
des  courauls  continus  dans  le  traitement  du  rhumatisme  chroni¬ 
que  déformant  (MM.  Gilbert,  Budin,  Vaquez,  Demelin). 

Examens  de  doctorat.  —  Lundi,  1 2  février.  —  (Médecine  opéra¬ 
toire,  Ecole  pratique)  :  MM.  Segond,  Cunéo,  Proust.  —  2"  (1"  sé¬ 
rie,  Salle  Béclard)  ;  MM.  Gautier,  Roger,  Branea.  —  2"  (2"  série, 
Salle  Richet)  :  M.M.  Ch.  Richet,  Broca  (André),  Macaigne.  —  2“  (3* 
série,  Salle  Charcot)  ;  M.M.  Blanchard,  Gley.  Desgrez.  — 5*  (Chirur¬ 
gie.  D"  parlie,  1”  série,  Hôtel-Dieu)  ;  M.M.  Terrier,  Mauclaire,  Gos- 
set.  —  5’  (!'■  parlie,  2"  série,  Hôtel-Dieu)  :  MM.  Kirinisson,  Leguen, 
Pierre  Duval. 

Mardi,  r  y /eVri'er.  —  (Médecine  opératoire.  Ecole  pratique)  :  MM. 
Poirier.  Auvray,  Moreslin.  —  3"  (P*  partie.  Oral,  Sa  lie  Pasteur)  : 
MM.  Guyon,  Launuis,  Demelin.  —  3"  (2“  parlie,  1'"  partie.  Oral, 


94 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


Salle  Broussais)  :  MM.  Dieulafoy,  Méry,  Renon.  —  3'  (2"  parlie,  2= 
série.  Oral,  Salle  Corvisart)  ;  MM.  Hutinel,  Dupré,  Bezançon.  —  5” 
(Chirurgie,  1"  parlie.  Charité)  :  MM.  Pozzi,  Faure,  Marion.—  5'  (2' 
partie,  1"  série.  Charité)  :  MM.  Joffroy,  Thiroloix,  Carnot.  —  5*  (2* 
partie,  2-  série.  Charité)  :  MM.  Rohin,  Vaquez,  Gouget. 

Mercredi,  14  février.  —  Médecine  opératoire  (Ecole  pratique)  : 
MM.  Terrier,  Mauclaire,  Cunéo.  —2*  (1"  série.  Salle  Béclard):MM. 
Gariel,  Roger,  Macaigne.  — 2’  (2”  série.  Salle  Richet)  :  MM.  Ch. 
Richet,  Desgrez,  Branca.  —2"  (3'  série.  Salle  Broussais):  MM.  Blan¬ 
chard,  Gley,  Broca  (André). 

Jetidi,  1 5 février.  —  Médecine  opératoire  (Ecole  pratique)  :  MM. 
Pozzi,  Poirier,  Marion.  —  3"  (2'  partie)  Lahoraloire  des  travauxpra- 
tiques  d’anatomie  pathologique  :  MM.  Joffroy,  Guiart,  Maillard.  — 
2' (Salle  Thouret)  :MM.  Pouchel,  Gley,  Launois.  —3'  (Impartie, 
Oral,  Salle  Pasteur)  :  MM.  Guyon,  Thiéry,  Rrindeau. 

Vendredi,  16  février.  —  (Médecine  opératoire.  Ecole  pratique)  : 
MM.  Reclus,  Cunéo,  Pierre  Duval.  —  2"  (1”  série.  Salle  Béclard)  ; 
MM.  Gariel,  Gley,  Branca.  —  2"  (2"  série.  Salle  Richet)  :  MM .  Ch.  Ri¬ 
chet,  Desgrez,  Macaigne.  —  3”  (P"  partie,  Oral,  Salle  Charcoti  : 
MM.  Terrier,  Sehileau,  Lepage.  —  5"  (Chirurgie,  1”  parlie,  1“  série, 
Necker)  :  MM.  Kirmisson,  Legueu,  Gosset.  —  5'  (Chirurgie,  Impar¬ 
tie,  2*  série,  Necker)  :  MM.  Segond,  Mauclaire,  Proust.  —  5'  (Obs¬ 
tétrique,  1”  partie,  Clinique  Baudelocquej  :  MM.  Pinard,  Wallich, 
Potocki. 

Samedi,  1-  février.  -  (Médecine  opératoire.  Ecole  pratique)  :  MM. 
Le  Dentu,  Poirier,  Moreslin.  —  3'i2*  parlie.  Laboratoire  des  travaux 
pratiques  d’anatomie  pathologique)  :  MM,  Cornil,  Guiart,  Maillard. 
—  2*  (Salle  Pasteur)  :  MM.  Launois,  Langlois,  Desgrez.  —  4"  (1"  sé¬ 
rie,  Salle  Charcot)  :  MM.  Chantemesse,  ’V’aquez,  Dupré.  —  4' (2=  sé¬ 
rie,  Salle  Béclard)  :  MM.  Gilbert,  Méry.  Richaud.  —  5“  (2'  partie, 
1"  série,  Beaujon)  :  MM.  Raymond,  Thiroloix,  Gouget.  —  5°  (2"  par¬ 
lie,  2”  série,  Beaujon)  :  MM.  Robin.  Jeanselme,  Carnot.  —  5'  (Obs^ 
télrique,  P*  partie.  Clinique  Tarnier)  :  MM.  Maygrier,  Demelin, 
Brindeau.^ 

Questions  des  prix  proposés  pour  l’année  190G.  —  Prix 
Béhier  (l,800,fr.)  :  Syphilis  hépatique.  —  Prix  Corvisart 
(médaille  de  vermeil  et  ^(10  fr.l  ;  L’hémoptysie.  —  Prix  Sain- 
lour  (3,000  fr  )  :  Des  rapports  de  l’alcoolisme  et  des  accidents 
saturnins. 


THÉRAPEUTIQUE 

Traitement  des  congestions  pulmonaires  et  des  hémop¬ 
tysies  par  l'Hélénine. 

Introduite  dans  le  sang,  l’Hélénine  de  Korab  exerce  à  un 
haut  degré  une  action  stimulante,  accompagnée  de  diminu¬ 
tion  de  la  tension  vasculaire  et  d’abaissement  delà  tempé¬ 
rature, rigoureusement  observée  par  les  appareils  du  profes¬ 
seur  Marey  du  Collège  de  France  (communication  à  la  So¬ 
ciété  de  Biologie).  La  propriété,  bien  démontrée,  que  pos¬ 
sède  l’Hélénine  de  diminuer  la  tension  vasculaire,  fait  d'elle 
un  médicament  précieux  pour  combattre  les  congestions 
pulmonaires  et  prévenir  les  hémoptysies. 

De  là  résulte  l’avantage  incontestable  de  l’employer  dans 
les  phases  d’ulcérations  et  même  de  cavernes,  où  la  fonte 
des  tissus  fait  craindre  la  rupture  d’un  vaisseau  ayant  pour 
cause  la  disproportion  entre  la  tension  vasculaire  et  la  paroi 
sanguine  amincie.  L’Hélénine  s’administre  sous  forme  de 
globules  du  D' de  Korab  à  la  dose  de  2  à  4  par  jour. 


Médecins  des  enfants-assistés. —  Par  arrêtés  préfectoraux  en 
date  du  29  janvier  1906  :  M.  le  docteur  Chapoutot  a  été  nommé 
médecin  du  service  des  Enfants-Assistés  pour  la  circonscription 
d’Ygrande,  en  remplacement  de  M.  le  docteur  Mennechand,  démis¬ 
sionnaire.  Ont  été  nommés  médecins  des  Enfants-Assistés  (emplois 
créés)  :  MM.  les  docteurs  Pombourg,  à  Acheux  ;  Blasart,  à  Aves- 
.  nes-le  Comte  ;  Dehée,  à  Saulty  ;  de  Lambert,  à  Pourrain  ;  Ribail- 
lei,  à  Treigny  ;  Goste,  à  Charroux  ;  Gautheron,  à  Anost  ;  Malbot, 
à  Romorantin  ;  Ferry,  à  Mur-de-Sologne,  et  Lemerle,  à  Gièvres. 

Asile  d’aliknés  de  'Ville-Evrard. —  Par  arrêté  du  23  jan¬ 
vier,  M.  le  docteur  Leroy  (Achille),  ancien  interne  des  asiles 
de  la  Seine,  reçu  le  premier  au  concours  d’adjuvat  de  la  Seine  en 
1896,  médecin-adjoint  de  l’asile  public  d'aliénés  d’Evreux  (Eure), 
est  nommé  à  ce  poste. —  M.  le  docteur  Leroy  continuera  à  jouir, 
en  qualité  de  médecin-adjoint  de  l’asile  d’aliénés  de  Ville-Evrard, 
du  traitement  de  4,000  francs  dont  il  est  titulaire  et  bénéficiera  des 
avantages  en  nature  spécifiés  par  le  réglement. 


NOUVELLES 


Natalité  de  Paris,  —  Du  dimanche  14  janvier  1905  au  samei 
20  janvier  1906.  les  naissances  ont  été  au  nombre  de  985,  se  dé 
composant  ainsi  ;  légitimes  719,  illégitimes  266. 

Mortalité  a  Paris.  —  Population  d’après  le  recensement  di 
1901  :  2.660.559  habitants.  Les  décès  ont  été  au  nombre  de  891, 
savoir:  478  hommes  et  419  femm  s.  Les  décès  sont  dus  am 
causes  suivantes:  Fièvre  typhoïde  (typhus  abdomin.)  :  2.- 
Typhus  exanthématique  :  0.  —  Fièvre  intermittente  et  cachexà 
palustre  :  0.  —  Variole  :  0.  —  Rougeole  :  21.  —  Scarlatine  :! 

—  Coqueluche  :  2.  —  Diphtérie  et  Group  :  2.  —  Grippe  :  4 

—  Choléra  asiatique  :  0.  —  Choléra  nostras  :  0.  —  Autre 
maladies  épidémiques  :  2.  —  Tuberculose  des  poumons  :  187.  - 
Tuberculose  des  méninges  ;  15.  —  Autres  tuberculoses  :  10.  - 
Cancer  et  autres  tumeurs  malignes  :  69.  —  Méningite  simple  :  Ü 

—  Congestion  hémorrhagique  et  ramollissement  du  cerveau  :  ôfl 

—  Maladies  organiques  du  cœur  :  76.  —  Bronchite  aiguë  :  14 

—  Bronchite  chronique  :  16.  —  Pneumonie  :  26.  —  Autres  affec 
lions  de  l’appareil  respiratoire  :  111.  — Affections  de  l’estom» 
(cancer  exc.)  :  2. —  Diarrhée  et  entérite  de  0  à  1  an  :  sein  :  4  ;  an 
tre  alimentation  :  13  —  Diarrhée  et  entérite  de  1  à2ans  :  2. —  Hei 
nies,  obstruction  inrestinaie  ;2.  —  Cirrhose  du  foie  :  1 1.  —  Néphrit 
et  mai  de  Bright  :  25.  -  Tumeurs  non  cancéreuses  et  autres  m» 
ladies  des  organes  génitaux  (femmes)  :  3.  —  Septicémie  puerpéral 
(fièvre,  péritonite,  phlébite  puerpérale)  :  3.  —  Autres  accident 
puerpéraux  de  la  grossesse  et  de  i’accoucnement  :  0.  —  Débilil 
congénitale  et  vices  de  conformation  :  23.  —  Débilité  sénile  :  21 

—  Morts  violentes  :  23. —  Suicides  :  10.  —  Autres  maladies  :  121 

—  Maladies  inconnues  ou  mal  définies  :  14. 

Mort-nés  et  morts  avant  leur  inscriotion  :  66,  qui  se  décoœ 
posent  ainsi  :  légitimes  47,  illégitimes  19. 

Légion  d’honneur  —  Est  nommé  grand  officier  :  Bouchu 
(Charles-Jacques),  membre  de  l’Académie  des  sciences  et  de  l'I 
cadémie  de  médecine,  professeur  à  la  Faculté  de  médecine  dePi 

Médailles  des  épidémies.  —  1“  Médaille  d'or.  —  M.  le  DH 
Vergely  (de  Bordeaux).  —  2°  Bappel  de  médaille  d’or.  —  M.l 
D''  Carlier  (médecin  militaire).  —  3”  Médailles  de  vermeil.  —  M) 
les  D’’»  Hoël  (de  Reims)  ;  Lestocquoy  (d’Arras)  ;  Pitance  |i 
Saint-Moreil) .  —  4°  Bappels  de  médailles  de  vermeil.  —  Ml 
les  D''*  André  (de  Toulousel  :  Balestre  (de  Nice)  ;  Baudin  (i 
Besançon)  ;  Foucault  (de  Fontainebleau).  —  5“  Médailles  d’0 
gtnt.  —  MM.  les  D'’»  Caraescasse  (de  Saint-Arnoult)  ;  Devé  n 
Beauvais)  ;  Hassler,  P.-C.  Petit  (médecins  militaires)  ;  Roufliai 
.  dis  (médecin  des  troupes  coloniales)  ;  Félix  (de  Bruxelles).  - 
6°  Rappels  de  médailles  d'argent.  —  MM.  les  Dr®  Colin  (j 
Quimper)  ;  Legros  (de  Rochefort-sur-Mer)  ;  Leray  (de  Rennea 
René  Moreau  (de  Sens)  ;  E.-J.  Jaubert,  Sudour  (médecins  mil 
taires).  —  7°  Médailles  de  bronze.  —  MM.  les  D''®  Bernard  (ij 
Corbelin)  ;  Jacquey  (de  Faucogney)  ;  Malafosse,  Paul  Marti 
(médecins  militaires)  ;  Coppin,  Montel,  Pélissier  (médecins  à 
troupes  coloniales)  ;  Le  Roy  des  Barres  (d’Hanoï).  —  8°  Rappt 
de  médailles  de  bronze.  —  MM.  les  D^®  Brisson  (de  La  Palisse 
Decouvelaëre  (d  Hazebrouok)  ;  Dezaulière  (de  La  Machine)  ;G« 
rin  (de  Blois)  ;  .Moulonguet  (d’Amiens)  ;  Ollivier  (de  Dina^ 
Omont  (de  Pont-Audemer)  ;  Paris  (de  Maréville)  ;  Deumier,  M® 
net  (médecins  militaires). 

Mutualité.  —  La  médaille  d'argent,  de  la  mutualité  a  été  3* 
cernée  à  M.  le  D^  Malinas  (médecin  militaire). 

Ecole  de  médecine  d’Alger.  —  Un  concours  s  ouvrira, 
16  juillet  1906,  devant  l’Ecole  supérieure  de  pharmacie  de  Mo* 
pellier,  pour  l’emploi  de  suppléant  des  chaires  de  pharmacie  et' 
matière  médicale  à  l’Ecole  de  médecine  d’Alger. 

Concours  pour  l’admission  a  sixempi.ois  d’interne  en méo* 
CINE  ET  en  chirurgie  (a  LA  MAISON  DÉPARTEMENTALE  DE  ^ 
terre  (durée  des  fonctions  :  du  juin  1906  au  31  mai  1* 
—  Le  préfet  de  police,  sur  la  proposition  du  Secrétaire  Géné** 
arrête  : 

Article  l®''.  —  Un  concours  sera  ouvert  le  7  mai  1906,1'*^ 
six  emplois  d’interne  en  médecine  et  en  chirurgie  à  la  mais<^ 
Nanterre.  Durée  des  fonctions  :  du  l'"’ juin  1906  au  31  mai  1™ 
Traitement  :  1.800  francs,  plus  une  indemnité  de  logo^ 
de  300  francs.  —  article  2.  Tout  interne  qui  serait  reçu  doc^ 
avant  le  P®  mars  1907  ne  pourra  continuer  à  exercer  ses  fo® 
tiens.  — ■  article  3.  Les  candidats  qui  désireront  prendre? 
au  concours  devront  se  faire  inscrire  à  la  Préfecture  de 
(service  du  personnel,  caserne  de  la  cité).  —  Le  registre  M 
cription  sera  ouvert  le  février  1906,  à  10  heures  du  m»* 
clos  définitivement  le  25  avril  suivant  à  4  heures.  —  Les 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


95 


dats  devront  remplir  les  conditions  suivantes  :  1“  Etre  Français  ; 

Etre  âgés  de  moins  de  trente  ans  ;  3“  Etre  pourvus  d’au  moins 
douze  inscriptions  en  médecine,  justifiées  par  un  certificat  de  sco¬ 
larité  de  date  récente  ;  4°  avoir  accompli  le  stage  obstétrical  ;  a" 
N’étre  pas  reçus  docteurs  en  médecine.  Ils  devront  adresser  au 
préfet  de  police  une  demande  sur  le  papier  timbré  et  y  joindre  un 
extrait  authentique  sur  timbre  de  leur  acte  de  naissance  ;  Les 
pièces  établissant  leur  situation  au  point  de  vue  militaire  ;  Une 
notice  indiquant  leurs  titres  scientifiques  ou  hospitaliers  ;  Le  cer¬ 
tificat  de  l’accomplissement  du  stage  obstétrical  ;  et  l’engagement 
en  cas  de  nomination,  de  se  démettre  de  toutes  fonettions  dans  les 
hôpitaux,  hospices  ou  cliniques.  —  articlk  4.  Le  concours,  qui 
aura  lieu  à  la  maison  départementale  de  Nanterre,  comprendra 
deux  séries  d’épreuVes  :  1° -Epreuves  d’admissibilité  ;  2=  Epreuves 
définitives. 

A.  Epreuves  d'aimissibililé.\°  Examen  d’un  malade  de  médeci¬ 
ne  ;  2°  Examen  d’un  malade  dechirurgie.il  sera  accordé  pour 
chaque  malade  :  dix  minutes  d’examen,  dix  minutes  de  réflexion, 
dix  minutes  d’exposé  oral  ;  3“  Une  question^  d’obstétrique  traitée 
en  cinq  minutes  après  cinq  minutes  de  réflexi’on.  Chacune  de  ces 
trois  épreuves  sera  évaluée  en  chiffres  (20  points  aux  maximum). 

B.  Epreuves  définitives.  —  1“  Formuler  par  écrit  le  traitement 
de  deux  maladies,  l’une  infantile,  l’autre  sénile  ;  dix  minutes  se¬ 
ront  accordées  pour  cette  rédaction.  Cette  épreuve  sera  évaluée 
en  chiffres  (20  points  au  maximum)  ;  2“  Une  reconnaissance  ana¬ 
tomo-pathologique.  Cette  épreuve  sera  évaluée  en  chiffres  (20 
points  aux  maximum  );  3“  Une  épreuve  de  médecine  opératoire. 
Cette  épreuve  sera  également  évaluée  en  chiffres  (20  points  au 
maximum) .  article  5 .  Les  candidats  seront  classés  par  ordre  de 
mérite  ;  dans  le  classement  ex  æquo.  il  sera  tenu  compte  des  titres. 

Thermes  de  Bourbon-l'Archambault.— '  Le  ministre  de  l’in¬ 
térieur  et  le  ministre  des  finances  ont  déposé  au  Sénat  un  projet 
de  loi  adopté  par  la  Chambre  prolongeant  le  bail  delà  concession 
de  Bourbon-l’Archambault  (Allier)  àM.  le  D' Martin. 

Service  de  santé  militaire.  —  Par  décision  du  31  janvier  1906, 
M.  Antoine,  classé  n»  5  sur  la  liste  établie  par  le  jury  du  concours 
d’admission  à  l’emploi  de  médecin  stagiaire  à  l’école  d'application 
du  service  de  santé  militaire,  a  été  nommé  audit  emploi,  en  rem¬ 
placement  de  M.  Wiokersheimer,  dont  la  démission  est  acceptée. 


L’esprit  DES  autres.  —  «  Faut-il  qu’il  soitbon  pour  qu’on  dise 
tant  de  mal  de  lui  »  {Progrès  de  Lyon). 

—  C’est  curieux.  Plus  le  médecin  est  jeune,  plus  il  connaît  de 
microbes. 

Mots  de  la  fin.— En  coniultation. Prem/er  médecin. Alors  nous 
n  opérerons  pas?  Second  médecin.  Oui...  Que,  croyez-vous,  pou¬ 
vons-nous  demander  à  notre  client  pour  la  décision  de  ne  pas  in¬ 
tervenir  '?  lUDGE. 

Chronique  des  hôpitaux. 

Concours  d’ophtalmologie.  —  Un  concours  pour  deux  places 
d’ophtalmologiste  des  hôpitaux  s’ouvrira  le  9  avil  1906.  Inscrip¬ 
tions  du  !"■  au  24  mars. 

UoTEL  Bie^v.  —  Clinique  d  s  maladies  nerveuses.  —  M.  Gil¬ 
bert  Ballet  a  repris  ses  leçons  sur  les  Maladies  Nerveuses,  le 
dimanche  4  février,  à  10  heures,  amphithéâtre  Trousseau,  et  les 
continue  les  dimanches  suivants  à  la  même  heure.  Consultation 
externe  et  policlinique  pour  les  maladies  nerveuses  et  mentales, 
le  samedi  à  9  h.  1/2  (salon  de  la  salle  Sainte-Anne). 

Hôpital  Cochin-annexe.  —  Le  D'  Queyr.at  a  commencé,  le 
jeudi  8  février,  à  10  h.  1/2,  des  conférences  sur  les  maladies  vé¬ 
nériennes  et  les  maladies  de  la  peau  (avec  présentation  de  malades 
et  démonstrations  bactériologiques),  et  les  continuera  les  jeudis 
suivants  à  la  même  heure. 

Hospice  DÉ  Bicètre.  (Fondafion  Vallée).— M.  Bourneville, 
Visite  du  service  (gymnastique,  travail  manuel,écoles,  et  présen¬ 
tation  de  malades)  le  samedi  à  lOh.  très  précises.  Consultations 
médico-pédagogiques  gratuites  pour  les  enfants  indigents  atteints 
de  maladies  du  système  nerveux,  le  jeudi  à  9  h.  1/2'. 

Hôpital  de  la  Charité.  —  Leçons  de  clinique  obstétricale.  — 
M.  le  D''  Maygrier  (amphithéâtre  Potain),  le  jeudi  à  10  heures. 

Hospice  DE  LA  Salpêtrière.  (Clinique  mentale  et  nerveuse). 
— M.  le  J. 'Voisin,  le  jeudià  10  heures. 

Enseignement  libre. 

Le  mardi  13  février,  à  8  h.  1/2,  à  V Association  française  pour 
l'avancement  des  sciences  (sociétés  savantes,  8,  rue  Danton),  le  D' 
Bérillon,  professeur  à  l’Ecole  de  psychologie  fera  une  confé¬ 
rence,  avec  projection,  ayant  pour  titre  :  Excursion  psychologi¬ 
que  à  travers  les  anomalies  et  les  excentricités  humaines. 


ANTISEPTIQUES 

MEDICINAUX 


55»  année.  3»  SERIE.  T.  XXII.  N*  7. 


BUREAUX  :  RUE  DES  C.\RMES,  14 


17  FÉVRIER  1906 


Le  Progrès  Médical 

SOWMAIRE  :  Revue  critique;  La  scopolamine  morphine  déA.-F.  Hlcque.)  —  Société  de  chirurgie  :  ChÎTvkTgieàes  voies 

comme  anesthésique  général,  par  Viron  et  Morel.  —  Bulle-  1  BRïaires^^ar  Lejars  ;  Cancer  des  voies  biliaires,  par  Tuffier  ; 
TIN  ;  Les  médecins  allemands  et  les  tribunaux  d’honneur,  par  vPancrcatejé  chronique,  par  Terrier  (c.  r.  de  Catz.)  —  Société 
Friedel.  —  Sociétés  Savantes  :  Société  de  biologie  :  Passage  Médiêaiç-'des  Hôpitaux  :  Rapports  réciproques  de  Talbuminurie 

des  spirochætes  pallida  des  tissus  fœtaux  aux  tissus  maternels,  orthèstatiqne  et  de  certains  états  pathologiques  ou  physiologi- 

par  Nattan-Larrier  et  Brindeau  ;  Diagnostic  rapide  des  lésions  ques,  par  Le  Noir  ;  Eruption  quinique  à  forme  bulleuse,  par 

mhilitiques,  par  Borrel  et  Burnet  ;  Chloroforme  du  plasma  et  Thibierge  ;  Oblitération  de  la  veine  cave  supérieure,  par  Corn¬ 
ées  cellules  du  sang,  par  Nicloux  ;  Anatomie  topographique  by  ;  Granulie  à  forme  typlioïde,  par  Siredey  (e.  r.  de  Friedel.) 

des  ganglions  spinaux  des  batraciens,  par  Wintrebert  ;  Mal  de  —  Société  de  Médecine  de  Paris  :  La  mobilisation  des  membres 

Bright  et  substances  azotées  du  sérum,  par  Widâl  et  Rouchèse  ;  inférieurs  dans  le  traitement  des  phlébites,  par  Berne  ;  Elec- 

Inosite  dans  les  tissus,  les  excrétions  et  les  sécrétions,  par  Meil-  lions  (c.  r.  de  Buret.)  —  Revue  d’hydrologie  et  de  climato- 

liére  ;  Chloroforme  dosé  dans  le  liquide  céphalo-rachidien,  par  logie  ;  Les  cardiopathies  artérielles  et  la  cure  d’Bvian,  par 
Sicard  ;  Sels  de  calcium  comme  préventif  des  éruptions  de  Bergouignan  ;  La  cure  arsenicale  et  les  nouvelles  salles  d’inha- 

sérum,  par  Netter  ;  Hémorrhagie  cérébelleuse,  par  Laignel-  lation  de  la  Bourboule,  par  Sersiron  ;  Note  sur  le  traitement  du 

Lavastine  et  Halbron  ;  Pression  artérielle,  parGarnier  et  Thaon  ;  diabète  à  la  Bourboule,  par  Verdal,  etc.,  (c.  r.  de  Graux.)  — 

Coastituants  colloïdes  du  sang,  par  Iscovesco  ;  Liquide  de  Varia.  —  Les  congrès.  —  Nécrologie.  —  Actes  et  thèses 

Rioger  et  de  Lacke,  par  Capitan  ;  Syphilis  expérimentale,  par  de  la  faculté  de  médecine  de  Paris.  —  Formules.  —  Nou- 

Thibierge,  Raoult  et  Burnet  (c.  r.  de  Mme  Edwards-Pilliet.)  —  telles.  —  Thérapeutique  ;  L’hélénine  et  ses  applications 

Académie  de  Médecine  :  Les  émigrants  et  la  santé  publique,  par  thérapeutiques.  —  Chronique  des  hôpitaux.  — Bulletin  biblio- 

Chantemesse  ;  La  mortalité  par  tuberculose,  par  Monod  (c.  r.  graphique. 


REVUE  CRITIQUE 


La  Scopolamine  morphine  comme  anesthésique 
général  (1)  ; 

Par  le  D'  VIRON,  pharmacien  de  la  Salpétrière, 
et  L.  MOREl,,  interne  en  médecine  des  hôpitaux. 


La  Scopolamine  ou  hyoscine  est  un  alcaloïde  répon¬ 
dant  à  la  formule  G’’’  AZO^.  Elle  existe  dans 
différentes  plantes  de  la  famille  des  Solanées  :  scopolia 
atropoïdes  et  japonica  ;  duboisia  myoporoïdes,  qui 
renferme  un  mélange  en  proportions  variables  de  sco¬ 
polamine  et  d'hyosciamine  que  l’on  désigne  sous  le 
nom  deduboisine,  datura stramonium,  jusquiame noire, 
belladone  et  mandragore,  etc. 

On  la  retiré  des  eaux-mères  qui  ont  servi  a  l’extrac- 
lionderhyosciamine.  Les  alcaloïdes  amorphes  qu'elles 
eontiennent  sont  transformés  en  un  chloroaurate  qui 
wistallise  facilement  ;  les  premiers  cristaux  qui  pren¬ 
nent  naissance,  fusibles  à  199°,  sont  à  base  de  scopo- 
lamine. 

La  scopolamine  est  soluble  dans  l’eau,  l'alcool,  l’é- 
iner  et  le  chloroforme  ;  elle  se  présente  sous  deux  états 
•Mmériques,  la  scopolamine  gauche,  qui  est  celle  que 
jon  obtient  parle  procédé  signalé  plus  haut  ;  sa  solu- 
«on  alcoolique,  en  présence  de  la  soude  se  transforme 
scopolamine  inactive,  isomère  qui  prend  également 
naissance  quand  on  traite  le  bromure  par  l'oxyde  d’ar- 
8®nthumide.La  scopolamine,  sous  l'action  des  alcalis, 
dédouble  en  scopoîine  ou  oscine  et  en  acide  atropique 

1  *  mi-même  peut  se  transformer  en  acide  tropique 

1  action  de  l’eaü  de  baryte  en  excès.  Le  sulfate  de 
^''Polamine  est  en  aiguilles  incolores,  très  solubles 
^.•'s  leau.  Le  chlorure  cristallisé  avec  deux  molécules 
L’iodure  est  moins  soluble  dans  l’eau.  Le  bro- 

2  de  scopolamine  C  H  AZO  ^  HBR  -f  3  11^0 

tau  actuellement  expérimenté  dans  les  hôpi- 

5jg^“*^Prance  et  à  l’étranger,  pour  produire  l’anesthé- 

î  «üiv  présente  les  caractères  et  les  réactions 

cristaux  rhomboïdaux,  incolores,  de  saveur 


Merck  1904  :  Presse  médicale,  p.  398,  1905  ;  Semait 
'  PJ’-  15  et  529,  1905  ;  Bulletin  de  la  Soc.  de  Chir.,  1905 
«ed.  Journ.,  1905  ;  Lancet,  nov.  1905,  etc. 


amère  et  brûlante.  Desséché  à  100°  ou  sur  l'acide  sulfu¬ 
rique,  il  perd  12  37  %  de  son  poids  et  entre  en  fusion 
à  190°.  Il  est  facilement  soluble  dans  l’eau  ;  sa  solution 
est  lévogyre  et  rougit  le  papier  bleu  de  tournesol.  Il  est 
peu  soluble  dans  l’alcool,  l’éther  et  le  chloroforme. 

Sa  solution  aqueuse  1  :  20  précipite  en  jaune  parle 
nitrate  d’argent  ;  elle  n’est  pas  influencée  par  l'ammo¬ 
niaque,  tandis  que  la  soude  caustique  détermine  un 
trouble  blanchâtre.  0.01  de  ce  sel  additionné  de  5 
gouttes  d’acide  nitrique,  fumant  et  évaporé  à  sec  au 
bain-marie,  abandonne  un  résidu  à  peine  jaunâtre  qui, 
après  le  refroidissement,  prend  une  coloration  violacée 
au  contact  d'une  solution  alcoolique  de  potasse.  X  la 
calcination,  il  ne  doit  pas  laisser  de  résidu  sensible. 

Dose  maxima  ; 


Dose  maxima  simple. . .  0,001  0,0005 

Pour  24  heures .  0,003  0,0015 

La  toxicité  de  la  scopolamine  n’est  pas  nettement 
établie,  car  tandis  que  la  pharmacopée  allemande  in¬ 
dique  0,001  comme  dose  maxima  simple  et  0,003 
comme  dose  maxima  en  24  heures  ;  le  professeur  Le- 
win  (de  Berlin)  dans  son  Traité  de  Toxicologie,  traduit 
par  le  professeur  Pouchet,  évalue  la  dose  toxique  à 
0,001.  La  mort  en  collapsus  serait  survenue  à  la  suite 
de  l’absorption  de  cette  dose  de  chlorydrate  de  scopo  - 
lamine . 

Dans  un  cas,  Ids  symptômes  observés  étaient  les  sui¬ 
vants  :  engourdissement,  ensuite  coma  profond,  tris- 
mus,  convulsions  classiques  (membres  et  de  temps  en 
temps  maxillaire  inférieur)  pâleur  de  la  face,  pupilles 
immobiles  dilatées  au  maximum,  accélération  du  pouls, 
rétention  d’urine  et  de  matières  fécales . 

Après  avoir  absorbé  .0  milligrammes  d’alcaloïde,  un 
malade  s’affaissa  subitement,  de  l’écume  lui  vint  à  la 
bouche,  le  réflexe  cornéen  disparut,  les  lèvres  et  les 
ongles  se  cyanosèrent;  du  tremblement  avec  des  accès 
de  contractions  spasmodiques  et  d’apnée  vint  s’ajouter 
à  ces  symptômes. 

Les  convulsions  ayant  disparu,  grâce  à  la  morphine, 
on  observa  la  rigidité  des  muscles  du  tronc  et  ensuite 
un  sommeil  profond.  La  guérison  fut  obtenue  en  peu  de 
temps.  Dans  d’autres  cas,  on  vit  apparaître  :  spasmes 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


pharyngiens,  lipothymie,  collapsus,  céphalée,  vertige, 
délire,  hallucinations  visuelles  et  auditives,  tremble¬ 
ments,  convulsions. 

A  la  suite  d'un  rapport  très  documenté,  présenté  à 
la  Société  de  chirurgie  iséance  du  15  février  dernier) 
par  M .  le  professeur  Terrier,  sur  un  travail  de  M.  Des¬ 
jardin  concernant  l'emploi  de  la  scopolamine-morphine 
comme  agent  anesthésique,  ce  médicament  a  été  expé¬ 
rimenté  par  un  grand  nombre  de  chirurgiens.  Avant  de 
résumer  ce  travail,  il  y  a  lieu  de  signaler,  d'après  les  An¬ 
nales  de  Merck  de  1904, les  communications  parues  an- 
térieurement.La  narcose  parla  morphine-scopolamine, 
recommandée  par  Schneiderlin-Kotf,  est  basée,  comme 
on  sait,  sur  l'opinion  d'après  laquelle  les  effets  hypno¬ 
tiques  et  anesthésiques  de  ces  deux  alcaloïdes  s'ajoutent 
l'un  à  l'autre, tandis  queleseffets  toxiques,  antagonistes, 
sur  ta  respiration  et  la  circulation,  se  ci'inpenscnt.  Les 
communications,  assez  nombreuses,  putdiées  sur  cette 
méthode,  étant  en  partie  contradictoires,  nous  devons 
ici  présenter  les  opinionsdes  divers  auteurs  et  les  faits 
les  plus  importants  sur  ce  sujet. 

L.  Grevsen  se  prononce  en  faveur  de  l’emploi  de  la 
narcose  par  la  morphine-scopolamine,  se  basant  sur 
son  expérience;  il  conseille  de  ne  se  servir  que  de  solu¬ 
tions  de  scopolamine  récemment  préparées  et  il  exprime 
aussi  le  vœu  que  la  question  de  posologie,  un  peu 
soumise  encore  à  l’arbitraire,  soit  l'objet  d’études  ap- 

firofondies.  Bloch  a  employé  la  narcose  par  la  scopo- 
amine  dans  les  opérations  de  longue  durée  ;  quatre 
heures,  deux  heures  et  une  heure  avant  l’opération;  il 
a  injecté,  chaque  fois,  1  gramme  d’une  solution  de 
0  gr.  12  de  chlorydrate  de  morphine  et  de  0  gr.012  de 
bromhydrate  de  scopolamine  dans  10  grammes  d’eau  ;  il 
a  eu  aussi  recours,  au  besoin,  durant  un  peu  de  temps, 
au  masqueduchloroforme.il  a  pu  constater  que  le 
malade,  au  moment  du  réveil,  présentait  un  bien-être 
parfait.  D’après  G.  Yolkmann,  la  narcose  par  la  mor¬ 
phine-scopolamine  offre  de  grands  avantages,  parmi 
lesquels  ilfaut  signaler  le  mode  agréable  d’administra¬ 
tion,  la  longue  durée  du  sommeil,  qui  ressemble  au 
sommeil  naturel,  la  facilité  d’arrêter  les  hémorragies  et 
la  diminution  des  pertes  humorales,  consécutive  à  l’ac¬ 
tion,  réductive  du  produit  sur  les  sécrétions.  On  peut 
éviter  les  accidents  par  une  surveillance  attentive  qui 
doit  porter  principalement  sur  les  troubles  de  la  respi¬ 
ration  et  de  la  circulation. 

\V.  lleinalz  a  aussi  été  satisfait  de  cette  méthode, 
bien  que  très  souvent  il  ait  dù  avoir  recours  au  chloro¬ 
forme.  B.  Korlf  propose  les  doses  suivantes,  qui  repré- 
sententune  moyenne  pour  un  homme  adulte,  et  qui 
pourront  ultérieurement  être  un  peu  modifiées  suivant 
l'âge,  l’activité  du  cœur  et  les  dispositions  nerveuses  du 
patient. 


Broraliydrate  de  scopolamine .  0,01 

Chlorhydrate  de  morphine .  0,25 

Eau  distillée  bouillie .  10,0 


Deux  heures  J /2  avant  l’opération,  on  injecte  un  tiers 
de  seringue  de  Pravaz  ;  on  en  injecte  autant  une  heure 
et  demie  et  une  demi-heure  avant  l’opération,  en  tout, 
par  conséquent,  0.001  de  scopolamine  et  de  0.025  de 
morphine.  La  narcose  est,  dans  la  plupart  des  cas,  par¬ 
faitement  suffisante  ;  mais  quand  les  douleurs  sont  par¬ 
ticulièrement  intenses,  on  pourra  la  renforcer  en  fai¬ 
sant  inhaler  au  malade  quelques  gouttes  d’éther  ou  de 
chloroforme. 

Stolz  est  d'avis,  au  contraire,  que  le  calme  qui  ac¬ 
compagne  la  narcose  doit  être  attribué  plutôt  à  la  mor¬ 


phine  qu'à  la  scopolamine  et  qu’on  peut  l'obtenj] 
mieux  et  d’une  manière  plus  inoffensive  en  faisant 
avant  la  narcose  ordinaire,  une  injection  de  morphin 
ou  de  morphine-atropine.  L.  Wild  et  S.  Flatau  voi 
môme  jusqu’à  mettre  en  garde  contre  l'emploi  del 
narcose  par  la  miorphine-scopolamine.  Il  faudrait,  d'j 
près  eux,  la  considérer  comme  peu  applicable  et  mêni 
dangereuse  dans  la  médecine  usuelle, dans  la  pratiqu 
générale  de  la  chirurgie  et  surtout  dans  la  partie  obs 
tétricale. 

G.  Hartog  a  trouvé  cependant  qu'une  combinaiso 
de  la  narcose  par  la  morphine-scopolamine  avec! 
narcose  éthérée  était  entièrement  inoffensive  et  tri 
pratique.  Une  heure  et  demie  avant  deprocéderai 
narcose  par  l'éther,  il  administre  par  la  voie  sous-ci 
tanée  Omgr.  5  de  scopolamine  et  1  gr.  de  morphini 
D’après  les  résultats  favorables  qu'il  a  obtenus,  sa  m 
thode  combinée  paraît  mériter  d’être  recommanda 
d’autant  plus  qu  elle  réduit  au  minimum  les  danga 
de  la  narcose  par  l'éther  et  en  amoindrit  les  effets 
cessoires  fâcheux,  résultat  qui  a  aussi  été  confirq 
parE.  A.  Roberston. 

D'après  les  expériences  de  Schneiderlin,  les  incoi 
vénients  de  la  narcose  par  la  morphine-scopohimiii 
sont  qu'elle  doit  être  d'abord  mise  à  l'épreuve,  ce  qi 
fait  perdre  du  temps,  et  que,  après  la  narcose,  on  doi 
le  cas  échéant,  contrôler  la  respiration  r  ses  avantagi 
sont  que,  ayant  été  bien  mise  à  l'epreuve,  elle  est  dt 
pourvue  de  danger,  que  l’on  peut  se  passer  de  narcot 
seur,  et  que  le  choc  psychique,  parfois  grave,  qui) 
produit  dans  la  narcose  par  le  chloroforme,  fait  à  p» 
près  entièrement  défaut  et  peut,  avec  un  peu  de  pP 
dence,  être  tout  à  fait  évité.  Schneiderlin  attribue  1 
insuccès  signalés  par  certains  auteurs  à  ce  que  la  w 
cose  n’a  pas  été  mise  à  l’épreuve,  à  ce  qu’on  a  adn 
nistré  des  doses  trop  élevées  et  qu’on  n’a  pas  attend 
pour  opérer,  que  la  narcose  eût  commencé. 

Bumke  a  employé  le  bromhydrate  de  scopolafflj 
comme  sédatif,  sous  forme  d’injections  sous-cutané( 
dans  le  traitement  des  affections  mentales,  et  il  est» 
rivé  à  ce  résultat  que  ce  médicament  peut  rendre,dai 
ces  cas,  d’excellents  services,  car  il  agit  non  seulemei 
avec  rapidité,  mais  encore  avec  certitude.  Les  quelqi 
accidents,  peu  inquiétants  d’ailleurs,  auxquels  il  p 
donner  lieu,  ne  sont  rien  à  côté  de  ses  avantages.) 
administré  ce  produit  aux  doses  de  Omgr.  5  à  1  uigp 
D’après  les  observations  de  M.  Pickardt,  le  bromhydti 
de  scopolanûne  s’est  révélé  un  bon  médicament  d» 
le  traitement  des  affections  gastriques;  administré  a 
doses  de  Omgr.  3  deux  fois  par  jour,  il  a  fait  difl 
nuer  les  sécrétions  qt  relevé  l’état  général  des  lUiJ 
des.  Il  a  donné  aussi  de  bons  résultats  dans  la  gasW 
rhée  idiopathique.  Dans  sa  communication,  M.  lep 
fesseur  Terrier  attire  l'attention  sur  ce  fait  que  la  s* 
polamine-morphine  détermine  une  anesthésie 
tant  longtemps  après  le  réveil.  .\I.  Terrier  emploi* 
solution  suivante  : 


Bromhydrate  de  scopolamine .  t  milligr. 

Chlorhydrate  de  morphine .  1  centigr. 

Eau  distillée .  1  ce. 


L’association  de  la  morphine  à  la  scopolamin® 
raît  obligatoire  car  la  morphine  est  un  puissant  ^ 
dote  de  la  scopolamine. 

La  technique  consiste  en  3  injections  sous-cut^ 
laites  avec  la  seringue  de  Pravaz,  quatre  heures,^ 
heures  et  une  heure  avant  l’opération.  Voici  le®  r 
nomènes  observés  par  l’auteur;  «  Environ 20  à 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


99 


r 


nutes  après  la  première  injeclion,  le  patient  s’endort 
naturellement,  mais  présente  encore  certains  mouve¬ 
ments  réflexes.  Après  la  seconde  injection,  les  réflexes 
disparaissent,  le  malade  dort  profondément. 

La  troisième  piqûre  n’est  pas  sentie  et  n’interrompt 
pas  le  sommeil,  llyade  la  vaso-dilatation  de  la  face. 
La  respiration  est  peu  fréquente.  Le  pouls  est  rapide 
et  varie  entre  50  et  100.  Les  pupilles  sont  dilatées. 
La  résolution  des  membres  n’est  pas  complète,  et  si  on 
secoue  le  sujet  ou  si  on  fait  du  bruit  autour  de  lui,  il  se 
réveille.  Alais  l’anesthésie  persiste  après  l’opération  ; 
lemalade  continue  à  dormir,  la  durée  du  sommeil  va¬ 
rie  entre  4  et  5  heures.  (Juant  au  réveil, il  est  calme  et 
lemalade  est  très  étonné  d’apprendre  que  l’opération 
est  terminée.  Aucun  phénomène  consécutif,  jamais  de 
céphalée,  de  nausées,  ni  de  vomissements. 

L’anesthésie  persiste  alors  que  les  fonctions  cérébra¬ 
les  sont  revenues  intactes,  et  pendant  la  premièrejour- 
née,  lemalade  ne  ressent  aucune  douleur  du  fait  de  la 
lésion  traumatique.  Les  avantages  de  cette  méthode 
sont  donc  :  de  supprimer  l’appréhension  de  l’acte 
opératoire,  de  supprimer  l’e.xcitationqui  précède  l’anes¬ 
thésie,  de  supprimer  les  nausées  et  les  vomissements 
qui  suivent  le  réveil  :  d’éviter  à  l’opéré  les  douleurs  de 
lacté  opératoire  qu’il  vient  de  subir. 

Parmi  les  inconvénients  sérieux  de  la  scopo-mor- 
phinisation,  il  faut  encore  citer  la  vaso-dilatation  pé-' 
ripliérique  consécutive  à  l’injection,  qui  gène  considé¬ 
rablement  au  cours  de  certaines  interventions  ;  ainsi 
que  la  contracture  invincible  de  la  paroi  abdominale, 
qui  peut  apporter  un  obstacle  sérieux  au  cours  des  la¬ 
parotomies.  Enfin,  on  a  signalé  un  état  délirant  transi¬ 
toire  chez  les  sccn)o-morphinisés. 

Ce  mode  d’anesthésie  comptait  1489  applications 
lors  du  rapport  du  D'  Terrier  (15  février  19Ü5).  L’au¬ 
teur  en  préconisait  l’adoption  ;  etdonnait  le  détail  de 
25 nouveaux  cas  recueillis  dans  son  service. 

mm.  Terrier  et  Desjardin  avaient  suivi,  dans  leurs 
premières  applications  descopo-morphine,la  technique 
?e  Bloch,  de  Fribourg.  Dans  les  anesthésies  suivantes, 
'h  la  modifièrent  et  M.  Terrier  présenta  une  nouvelle 
®®rie  de  53  cas  à  l’appui  de  sa  nouvelle  méthode  d’ad- 
Ornistration.  «  Tout  d’abord,  dit  M.  Terrier,  j’ai  mo¬ 
difié  ma  technique,  en  ce  sens  qu’au  lieu  de  faire, 
^mme  au  début  et  à  la  manière  des  Allemands,  3  in- 
JOftions  de  1  milligramme  chacune,  quatre  heures, 
heures,  et  une  heure  avant  l’opération,  je  ne  fais 
Ptusmaintenantqu’imeseule  injection  de  1  milligramme 
heures  avant  l'opération. . .  Je  puis  dire  mainte- 
non  seulement  on  obtient  les  mêmes  avan- 
.eos,  mais  de  plus  qu’on  évite  les  quelques  inconvé- 
'onls  signalés  :  contracture  de  la  paroi  et  vaso-dilata- 
''0  superficielle  qui  deviennent  si  appréciables. 

côté  de  cette  méthode  d’anesthésie  par  la  scopo- 
^•■phine,  il  faut  citer  la  méthode  de  M.  Walther:  la 
^Po-morphinisation  pî'échloroformique. 
jjL  ;  alther,  le  21  juin  1905,  exposa  devant  l,a  So- 
sonn  chirurgie  les  résultats  de  sa  technique  per- 
Iher  ^  différente  de  celles  de  Bloch-Terrier.  M.  Wal- 
pQyj.®.®®ocie  la  scopolamine-morphinc  au  chloroforme 
jjjfi  '  ®Dcsthésie  générale,  k  Ce  n’est  pas,  dit-il,  l’a- 
fju  complète  par  la  scopolamine,  mais  bien 
de  chloroformique  précédée  d'une  injection 

ilfjj^t**^' ®c>mmenl  il  opère  :  une  heure  avant  l’opération 
seule  injection  avec  la  solution  suivante  : 


Bromhydrate  de  scopolamine. .  12  déciinilligr. 

Chlorydrate  de  morphine .  12  milligr. 

Eau  distillée  .  1  cc. 


A  la  suite  de  cette  injection,  les  malades  s’endor¬ 
ment  d’un  sommeil  calme,  qui  supprime,  quand  on 
commence  la  chloroformisation,  toute  périoae  d’e.xci- 
tation.  De  plus,  le  sommeil  chloroformique  se  conti¬ 
nue  jusqu’au  bout  dans  un  calme  parfait.  Il  n’y  a 
jamais  d'alertes  et  il  suffit  de  petites  quantités  de  chlo¬ 
roforme  pour  entretenir  l’anesthésie. 

Les  malades  se  reposent  après  l’opération  dans  un 
état  de  demi-sommeil,  qui  se  prolonge  pendant  plu¬ 
sieurs  heures,  et  qui  les  soustrait  ainsi,  sans  morphine, 
aux  douleurs  qu’entraine  après  elle  toute  opération. 

Leur  secrétion  urinaire  semblenettementaugmenter . 

Se  fondant  sur  une  statistique  personnelle  de  56 
anesthésies,  M.  Walther  montra  que  cc  nouveau  mode 
d’administration  faisait  disparaître  les  inconvénients 
précités,  observés  avec  l’ancienne  technique, principale¬ 
ment  la  vaso-dilatation  et  la  contracture  abdominale. 
Quelques  jours  plus  tard  (5  juillet),  M.  Defontaine, 
du  Creusot,  soumettait  à  la  Société  de  cMrurgie  une 
série  de  30  scopomorphinisations,  donl24  préchlorofor¬ 
miques:  scs  conclusions  étaient  analogues  à  celles  de 
M.  Walther. 

Au  total,  àlasuite  de Schneiderlin  id’Emmendingcn) 
nombre  de  chiiurgiens  ont  appliqué  en  la  modifiant 
plus  ou  moins  l’anesthésie  à  la  scopolamine.  Kortf 
(200  cas)  :  Grevsen  (69  cas)  ;  Stolz,  (5  cas)  ;  Hartog 
(93  cas)  :  Volkmann  (20  cas);  Zinke  (13  cas)  ont  uti¬ 
lisé  à  l’étranger  cet  anesthésique,  sans  accidents 
sérieux.  En  France,  MM.  Terrier  et  Desjardin  (76  cas)  ; 
Walther,  '.56  cas)  ;  Defontaine  (30  cas)  ;  etc. . . ,  sont  aussi 
satisfaits  de  son  emploi  chez  l’adulte,  en  chirurgie 
générale.  Chez  des  enfants  de  12  à  14  ans,  en  rédui¬ 
sant  la  dose  de  moitié,  M.  Walther  a  eu  de  bons  ré¬ 
sultats.  En  obstétrique,  IL  von  Steinbüchel,  de  Gratz, 
en  a  préconisé  l’emploi,  et  montré  les  avantages. 

En  somme,  il  res.sort  des  travaux  analysés  jusqu’ici 
que  l’introduction  de  la  scopolamine  dans  l’arsenal 
anesthésique  constitue  un  progrès  dans  l’anesthésie 
générale.  Mais  toute  médaille  a  son  revers;  et  il  faut 
reconnaître  qu’à  peine  née,  la  scopo-morphinisation 
avait  contre  elle  un  formidable  dossier.  On  trouvera 
dans  la  médicale,  année  1905,  pages  15  et 

5)29  le  relevé  d’un  certain  nombre  de  cas  de  morts 
nettement  imputables  au  nouvel  anesthésique.  Nous 
résumerons  brièvement  ce  réquisitoire. 

En  1902;  Bos,  de  Carlsruhe,  et  Witzel,  de  Bonn, 
publient  chacun  un  cas  de  mort  qu’ils  attribuent  à  la 
scopolamine.  En  1903,  Flalau,  de  Nuremberg,  ajoute 
un  troisième  cas.  En  1904,  Dirk,  dans  le  service  du 
P’’  Botter,  et  le  P'  Israël,  de  Berlin,  publient  chacun 
trois  décès  par  suite  de  l’emploi  de  la  scopolamine. 
Plus  récemment,  Zifferct  le  P"  Dirner,  de  Buda-Pest, 
font  connaître  encore  trois  morts.  .Au  total  12  décès 
«  notoirement  imputables  aux  injections  sous-cuta¬ 
nées  de  scopolamine-moi  phine...  Nous  voyons  qpe  la 
léthalité  due  à  la'  méthode  de  Schneiderlin  corres- 

f)ond,  en  chiffres  ronds,  à  1  %  .»  Ces  chiffres,  donnés  par 
a  Semaine  niédicale  du  11  janvier  1905  ont  paru 
discutables  à  MM.  Terrier  et  Desjardin,  qui  les  ont 
analysés  et  interprétés.  (Voir  Presse  médicale  du  4  mars 
190.5).  «  11  ressort  clairement  de  la  lecture  de  ces  12 
observations  de  mort  notoire  par  la  scopolamine,  disent 
ces  auteurs,  qu’aucune  ne  peut  être  d’une  fa<;on  cer¬ 
taine  attribuée  à  l’anesthésique.  » 


100 


LE  PROGRÈS  MEDICAL 


Il  semble  que,  dans  les  deux  opinions  extrêmes  que 
nous  venons  de  présenter,  l’une  optimiste, l'autre  pessi¬ 
miste,  il  y  ait  une  part  de  vérité.  Assurément,  la  mor¬ 
talité  imputable  à  la  scopo-morphinisation  est  au-des¬ 
sous  de  1/100  ;  mais  elle  n'en  reste  pas  moins  élevée  ; 
beaucoup  plus  élevée  que  la  mortalité  du  chloroforme 
et  de  l'éther.  A  chaque  série  heureuse  de  scopo  mor- 
phinisation  on  peut  répondre  par  une  série  de  décès 
où  l’anesthésie  semble  responsable.  C'est  Zahrodnicky, 
de  Nemecky  Brod  ;  c'est  Bakes,  de  Trebitsch  ;  c’est  Lo- 
vrich,  de  Budapest  ;  c'est  Landau,  de  Berlin,  qui  tour 
à  tour  déclarent  dangereuse  la  méthode  de  Schneider- 
lin.  On  ne  saurait  assurément  attribuer  une  égale  valeur 
de  démonstration  à  des  cas  qui  diffèrent  du  tout  autout 
(âge  du  malade,  nature  de  l’intervention,  association 
d’autres  anesthésiques  à  la  scopo-morphine,dosedesco- 
polamine,  etc.)  Et,  ici  comme  ailleurs,  les  statistiques 
gardent  toute  leur  incertitude  ;  néanmoins  de  lourdes 
charges  pèsent  sur  l’anesthésique  inculpé. 

Elle  peut  tuer  par  le  cœur  et  par  le  bulbe.  1“  Par  le 
cœur,  dont  elle  altère  le  fonctionnement  et  la  fibre.  Des 
recherches  expérimentales,  déjà  anciennes,  de  H.  de 
Stella  (1897),  il  résulte  que  la  scopolamine,  comme 
l’atropine  et  comme  l' h yoscine,  paralyse  les  fibres  mo¬ 
dératrices  du  pneumogastrique,  et  détermine  une  dé¬ 
générescence  graisseuse  du  myocarde. 

Ces  lésions  inhibitrices  et  dégénératives,  nous  les  re¬ 
trouvons  mentionnées  dans  les  observations  cliniques 
et  les  protocoles  d'autopsie,  après  scopo-morphinisation  ; 
et  lors  même  que  l'action  toxique  do  la  scopolamine 
o’cst  pas  mortelle,  elle  se  décèle  cliniquement  par  des 
symptômes  évidents. L'un  de  nous, à  l'hôpital  Saint- An¬ 
toine  dans  le  service  du  D'  Monod,  dont  il  eut  l'honneur 
d'être  l'interne,  a  suivi  anxieusement  les  phases  d'une 
intoxication  par  la  scopolamine  chez  une  opérée.  Voici 
la  note  remise  à  notre  vénéré  maifte,  qui  a  bien  voulu 
l'utiliser  dans  sa  communication  du  26  juillet  à  la  So¬ 
ciété  de  chirurgie  : 

»  La  malade  n'était  plus  depuis  vingt  minutes  sou¬ 
mise  à  l’action  du  chloroforme  —  elle  était  encore  sur 
le  chariot,  dans  la  salle  d'opérations,  je  me  lavais  les 
mains  dans  la  pièce  exactement  contiguë  —  lorsque  je 
m'entendis  appeler  par  l’infirmière  que  j’avais  placée 
près  de  l'opérée  et  qui  avait  remarqué  que  la  figure  de 
celle-ci  «  changeait.  » 

A  ce  moment, le  vi.sage  était  sans  expression,  bleu⬠
tre,  des  gouttes  de  sueur  perlaient  sur  le  front,  les  pu¬ 
pilles  étaient  insensibles  à  la  lumière  et  dilatées,  le  ré¬ 
flexe  cornéen  était  aboli.  La  respiration  était  extrême¬ 
ment  superficielle  et  perceptible  seulement  après  exa¬ 
men  prolongé.  Le  cœur  battait  mais  à  peine,  son  ryth¬ 
me  ne  semblait  pas  modifié  ;  je  n’ai  pas  eu  le  temps  de 
compter  ses  battements,  mais  je  pense  que  leur  '  nom¬ 
bre  oscillait  autour  de  '75  à  80  à  la  minute.  La  langue 
n’était  pas  avalée.  La  malade  reçut  immédiatement  2 
centimètres  cubes  d’éther  et  2  centimètres  cubes  de  ca¬ 
féine  ;  en  même  temps  on  pratiquait  la  respiration  ar¬ 
tificielle  combinée  aux  tractions  rythmées  de  la  langue, 
et  l’on  faisait  des  inhalations  d’oxygène.  Au  bout  de 
dix  minutes,  tout  semblait  perdu,  le  cœur  ne  battait 
plus,  les  pupilles  étaient  énormes,  l’œil  vitreux.  On 
continua  cependant  la  respiration  artificielle  et  les  trac¬ 
tions  rythmées.  Au  bout  de  dix  nouvelles  minutes,  soit 
vingt  minutes  après  le  début  de  la  syncope,  nous  avons 
senti  de  nouveau  le  cœur  battre  nettement  ;  mais  le 
pouls  n’était  pas  encore  perceptible.  Il  ne  l'est  devenu 
que  cinq  minutes  plus  tard,  mais  très  faible  et  fuyant. 


M.  Launay,  assistant  de  M.  Monod,  que  j’avais  faj 
demander,  a  vu  la  malade  à  ce  moment.  Il  la  jugea  dai 
un  état  encore  très  alarmant,  et  m’engagea  à  co( 
tinuer  les  manœuvres  de  reviviscence .  A  plusieurs  ij 
prises,  le  pouls  fila  de  nouveau  et  le  cœur  sembla  s’aj 
rêter.  Il  reprit  définitivement  et  régulièrement  à  p* 
près  trente-cinq  minutes  après  le  début  des  accidena 
La  malade  fut  alors  portée  avec  précaution  dans  so] 
lit  et  reçut  encore  éther,  caféine  et  huile  camphréij 
Pendant  deux  jours,  l’état  resta  alarmant,  le  cœur  éti 
mou  comme  un  cœur  atteint  de  myocardite  ;  mais 
rythme  régulier,  aux  environs  de  80.  Actuellement, 
malade  va  bien,  mais  son  cœur  reste  le.  point  faible,  1^ 
systoles  sont  certainement  plus  molles  qu’avantl  anei 
thésie.  » 

Ces  symptômes,  très  différents  de  ceux  qu’on  obsen 
dans  l’intoxication  chloroformique,  ne  nous  laissa 
personnellement  aucun  doute  surle  rôle  néfaste  qu’ij 
vait  joué  dans  ce  cas  la  scopolamine.  i 

2"  Par  le  bulbe.  D'abord  excitatrice  des  centres  insw 
ratoires,  la  scopolamine  est  consécutivement  inhibitria 
de  ces  centres.  Des  modifications  respiratoires,  l’appj 
rition  du  type  respiratoire  de  Cheyne-Stokes,  l’arn 
momentané,  puis  définitif, de  la  respiration,  sont  signi 
lées  dans  nombre  d’observations  (Bios,  Flatau,  üiri 
Zilfer,  Lasek,  etc) . 

Au  total  :  vingt-cinq  morts  nettement  imputables! 
l’emploi  de  la  scopolamine,  un  plus  grand  nombn 
d’accidents  sérieux  et  quantité  de  petits  accidents  sal 
gravité,  tel  est  le  passif  d’un  anesthésique  employé  dai 
uu  maximumde  2000  cas  Est -ce,  comme  l’a  écrit  M.< 
Maurans,  «  la  faillite  de  la  scopomorphinisation  »  ?  Bj 
ce  la  réaction  excessive  après  l’enthousiasme  des  pH 
miersjours  ?  Nous  ne  saurions  le  dire  ;  mais  l’analyse  dj 
faits  que  nous  avons  impartialement  rapportés  ne  pq 
met  guère  de  garder  des  espérances  sur  l’innocuité  d 
l’anesthésie'  par  la  scopolamine  seule  ou  associée  4 
chloroforme;  et  son  emploi,  même  par  la  méthode  pd 
dente  de  Walther,  nous  semble  encore  incertain  et  ad 


NARCYL  GREMY  médicament  sp( 

que  de  la  toux,  spécialement  de  la  toux  des  d 
berculeux. 


THÉRAPEUTIQUE 

L’hélénine  et  ses  applications  thérapeutiques. 

L’hélénine,  corps  solide  cristallisé  en  prismes  quadrao^ 
laires  incolores,  insoluble  dans  l’alcool  chaud,  l'éther,  le®* 
sences,  le  kérosolène,  donne  des  résultats  thérapeutiques  ' 
marquables  bien  mis  en  lumière  par  le  D"'  de  Korab 
diverses  communications,  notamment  à' la  Société  de  B’"' 
gie  et  à  l’Académie  des  Sciences.  Elle  calme  la  toux, 
l’expectoration,  facilite  la  respiration,  est  douée  d’un 
table  pouvoir  bactéricide.  Elle  a,  en  outre,  une  action 
ventive  et  curative  sur  l’hémoptisie,  excite  l’appétit,  fac'® 
la  digestion.  C'est,  en  somme,  le  médicament  de  choix 
bronchites  chroniques  et  de  la  tuberculose  pulmonaire.  ^ 
la  prescrit  sous  la  forme  de  globules  d'hélénine  du  D’de  Af"’ 
à  la  dose  de  3  à  6  par  jour. 


Les  frauoks  alimentaires  au  sénat.  —  Gomme  sanotiet 
l’Interpellation  adressée  par  M. Ricard,  sénateur  de  la  Côte-^ 
au  ministre  de  l’agriculture,  le  Sénat  à  nommé  dans  ses  bor^ 
quatre  membres  complémentaires  de  la  commission  des  ft'*?'! 
alimentaires.  Ont  été  élus  :  MM.  Monis,  Gauthier  (Ilaute-S»®‘^ 
Thézard  et  Labbé. 


LK  PROGRÈS  MÉDICAL 


101 


bulletin  du  progrès  médical  I 

Les  médecins  allemands  et  les  tribunaux  d’honneur. 

Il  y  aura  bientôt  six  ans  que  ces  tribunaux  ont  été 
créés.  La  médecine  étant  considérée  et  classée  en  Alle¬ 
magne  comme  une  industrie,  on  conçoit  aisément  que 
les  abus  sont  nombreux.  La  concurrence  est  terrible 
dans  la  carrière  encombrée,  et  petit  à  petit  un  grand 
nombre  de  praticiens  ont  oublié  ce  qu'est  la  dignité 
professionnelle.  Journellement  on  peut  voir  des  méde¬ 
cins  offrir  leurs  services  aux  compagnies  d’assurances 
contre  la  maladie  et  aux  sociétés  de  secours  mutuels  à 
un  prix  vraiment  humiliant  :  10  à  30  centimes  la  con¬ 
sultation  et  25  à  50  la  visite  à  domicile.  D’autres  ne 
considèrent  pas  comme  déshonorant  de  faire  clianter 
leurs  louanges  dans  les  journaux  non  professionnels 
sous  les  titres  les  plus  extravagants  par  exemple  :  Gué¬ 
rison  miraculeuse  de  Madame X.  parle  docteur  Z.,  ou 
guérison  certaine  de  telle  ou  telle  maladie  par  le  D‘  Y. 
{on  rend  l’argent  en  cas  d’insuccès),  etc.,  etc.  Ajoutez  à 
cela  le  chancre,  des  rebouteux  qui  ronge  la  profession 
et  vous  comprendrez  le  désir  de  la  corporation  de  porter 
remède  à  cet  état  déplorable. 

D’un  autre  côté  le  gouvernement  ne  voyait  pas  avec 
déplaisir  cette  tendance  d’organisation,  qui  lui  permet¬ 
tait  de  caporaliser  j)lus  ou  moins  toute  une  catégorie 
de  citoyens  jusque  là  indépendants.  Un  projet  fut  donc 
élaboré,  des  chambres  de  médecine  et  des  tribunaux 
d’honneur  créés,  malgré  une  forte  opposition  de  cer¬ 
tains  médecins,  qui  voyaient  très  bien  que,  tout  en 
étant  assimilés  aux  fonctionnaires,  ils  ne  jouiraient 
pas  des  avantages  de  ceux-ci,  alors  qu’ils  aliéneraient 
leur  liberté  d’opinion  et  d’action,  qu’ils  ne  pourraient 
plus  manifester  librement  leurs  idées  politiques,  sans 
être  accusés  de  manquer  à  la  dignité  professionnelle. 
Le  fait  est  d’ailleurs  arrivé  :  un  médecin  socialiste  de 
Westphalie  fut  cité  devant  le  tribunal  d’honneur,  un 
confrère  saxon  qui  fréquentait  les  sociétés  d’ouvriers 
fut  mis  en  accusation  et  condamné. 

Le  paragraphes  du  Règlement  du  25  novembre  1899 
stipulait  cependant  catégoriquement,  que  les  idées  poli¬ 
tiques  et  scientifiques  ne  pouvaient  jamais  donner  lieu 
à  des  poursuites. 

Depuis  1899  ces  tribunaux  fonctionnent  mais  n’ont 
amené  aucune  amélioration  à  la  situation  de  la  grande 
majorité  des  médecins.  Les  rares  réformes  sont  dues  à 
1  Union  médicale  de  Leipzig  (Leipziger  Verband)  asso¬ 
ciation  indépendante  du  gouvernement,  libre  par  con¬ 
séquent  de  parler  haut.  Les  tribunaux  d’honneur 
a  ont  pu  réaliser  aucune  des  aspirations  du  monde  mé¬ 
dical,  ils  sont  privés  de  toute  autorité,  leurs  verdicts 
a  ont  aucene  sanction  légale.  Le  condamné  se  soumet 
SI  bon  lui  semble,  et  les  compagnies  et  les  mutuelles 
continuent  comme  auparavant  à  donner  leurs  postes 
a«x  praticiens  qui  travaillent  à  bas  prix.  Le  libre  choix 
oes  médecins  si  àprement  revendiqué  n’existe  pas  en¬ 
core.  Les  tribunaux  ont-ils  été  plus  heureux  dans  les 
sentences  en  cas  d’infraction  contre  la  dignité  profes¬ 
sionnelle  ?  On  peut  répondre  franchement  :  non.  On 
*^«0  d  après  les  us  et  coutumes,  non  d'après  les  lois 


écrites  et  codifiées,  et  alors  le  terme  élastique  de  di¬ 
gnité  professionnelle  donne  forcément  lieu  à  des  dé¬ 
cisions  variables  suivant  la  province  et  les'villes  et  les 
juges.  Un  praticien  qui  lutte  pour  le  libre  choix  du  mé¬ 
decin  dans  sa  ville  se  voit  intliger  100  marcs  d’amende 
et  un  blâme,  non  parce  qu’il  rompait  une  lance  pour 
la  liberté,  pour  un  principe,  mais  parce  que  cette  ré¬ 
forme  lui  aurait  profité,  parce  qu'il  avait  par  cela 
manqué  à  la  dignité  professionnelle.  Pourtant  le  di¬ 
lemme  est  net  :  ou  le  médecin  déjà  engagé  par  la 
mutuelle  faisait  son  devoir  et  possédait  la  confiance 
des  malades,  alors  le  libre  choix  ne  lui  aurait  fait 
aucun  tort  ;  ou  il  ne  possédait  pas  la  confiance,  alors 
il  y  avait  contrat  illégal  étant  basé  sur  la  contrainte. 
Antre  exemple  :  un  médecin  des  écoles  de  la  ville  de  Z. 
réclame  dans  les  journaux  un  service  hospitalier  spécial 
pour  les  enfants  malades,  qui  ne  devraient  plus,  disait- 
il  être  considérés  comme  quantité  négligeable,  et  être 
soignés  seulement  lorsque  le  service  des  adultes  laisse¬ 
rait  aux  médecins  en  fonction  le  temps  et  lorsqu’il  y 
aurait  place  dans  les  salles.  Le  tribunal  d’honneur  de 
province  a  condamné  ce  protecteur  de  l'enfance  pour 
diffamation  de  ses  confrères.  Le  tribunal  d’appel  a 
cassé  le  jugement,  il  est  vrai,  mais  sans  lui  donner  rai¬ 
son  pour  le  fait. 

Très  souvent  les  tribunaux  ont  à  s'occuper  des  dis¬ 
cussions  scientifiques,  qui  il  fautle  dire  manquent  quel¬ 
quefois  d’aménité  voire  même  de  politesse  chez  nos 
confrères  allemands.  lisse  traitent  volontiers  de  voleurs 
dans  les  questions  de  priorité,  ils  accusent  les  adver¬ 
saires  de  leurs  théories  et  travaux  de  négliger  sciem¬ 
ment  certains  faits  acquis,  d’avoir  faussé  les  résultats 
des  expériences,  de  ne  pas  savoir  observer  convenable¬ 
ment,  de  dire  des  bêtises,  etc.,  etc.  Ces  querelles 
n’ont  cependant  rien  de  contraire  à  la  dignité  profes¬ 
sionnelle,  aussi  longtemps  que  les  clients  ne  les  con¬ 
naissent  pas.  Si  on  était  logique,  on  verrait  des  séan¬ 
ces  plutôt  grotesques,  la  table  du  jury  serait  encom¬ 
brée  de  microscopes,  de  cobayes, d’appareils,  etc., pour 
permettre  aux  juges  de  rechercher  eux-mêmes  le  vrai 
et  le  faux. 

Mais  ce  n’est  que  la  forme  de  la  polémique  qui  est  ju¬ 
gée  ;  vous  pouvezfortpolimentreprocher  à  votre  ad  ver 
sairé  de  méconnaître  l’honnêteté  la  plus  élémentaire, 
sans  pour  cela  le  traiter  de  voleur  !  Personne  n’ose  plus 
critiquer  les  faits  et  gestes,  voire  les  travaux  d'un  «  pon¬ 
tife  )),car  le  «  petit  »  a  toujours  tort.  Le  règlement  dé¬ 
fend  par  exemple  aux  médecins  de  faire  de  la  réclame 
c’est-à-dire  défaire  parler  de  lui.  Le  débutant  doit,  par 
exemple,  rester  chez  lui  à  se  croiser  les  bras  et  à  at¬ 
tendre  qu’un  client  veuille  bien  le  consulter  ;  il  ne  doit 
jamais  mentionner  devant  d'autres  personnes,  qu’il  est 
médecin,  ce  serait  taire  de  la  réclame  indigne  d'un  pra¬ 
ticien.  On  laisse  par  contre  passer  inattaqué  l’article  du 
journal  politique,  qui  raconte  au  long  l'opération  pra¬ 
tiquée  avec  un  brillant  succès  par  le  célèbre  professeur  A. 
sur  la  personne  du  comte  IL  ou  de  la  princesse  G. 

Tout  cela  nous  montre  que  les  tribunaux  d’honneur 
n’ont  pas  donné  ce  qu'on  en  attendait.  Au  lieu  de  s'oc¬ 
cuper  sérieusement  de  la  situation  précaire  du  praticien, 
ils  se  rendent  ridicule  par  les  interprétations  groles- 


102 


LE  PROGRÈS  MEDICAL 


qiies  du  terme  :  dignité  professionnelle.  Ce  terme  ne 
se  définit  pas  et  une  conduite  honorable  ne  peut  pas  être 
inculquée  à  ceux  qui  ne  l’ont  pas.  Le  respect  de  soi- 
même  doit  suffire, tant  pis  pour  ceux  qui  ne  savent  pas 
se  respecter.  G.  Frieuel. 


DIOMXE-MERCK  spécifique  de  la  TOUX  et  de  la  DOULEUR, 
plus  active,  moins  to.xique  que  les 
opiacés  et  tous  leurs  dérivés,  même  synthétiques. 

SÉDATION  IMMÉDIATE  de  la  TOUX 

SIROP  DU  D"  BOUSQUET,  A  LA  DIONINE  WERCK 

0,01  par  cnil,  à  bouche,  avec  2  gll"  de  llromoforme)  4  à  S  par  jour) 


SOCIÉTÉS _SA  VANTES 

SOCIÉTÉ  DE  BIOLOGIE. 

Séance  du  3  février  1900. 

Tassage  des  spirochætes  pallida  des  tissus  fœtaux  aux  tissus 
matemels. 

MM.  Nattan  Larrier  et  Brindeau.  —  Les  auteurs  admet¬ 
tent  que  la  voie  do  pénétration  des  spirochètes  de  la  mère  à 
l'enfant  peut  être  par  l’intermédiaire  des  leucocytes  ou  par 
rupture  vasculaire  de  la  villosité  ;  mais,  comme  font  démon¬ 
tré  MM.  tVallich  et  Levaditi,  le  spirochète  se  trouve  souvent 
dans  les  grosses  cellules  de  la  couche  superficielle  de  la  cadu¬ 
que.  Pour  les  auteurs,  ce  serait  là  un  processus  constant,  les 
cellules  de  Langhans  pénétrant  directement  dans  la  caduque 
dont  elles  remanient  la  couche  superficielle.  Dans  des  cas 
plus  rares,  le  plasmode  peut  être  altéré  et  donner  passage  au 
spirochète  par  un  infarctus  péri-villosihiire  avec  ou  sans 
intervention  des  leucocytes.  Mais  là  il  s'agit  d’un  accident 
pathologique. 

Diagnostic  rapide  des  lésions  syphilitiques. 

MM.  Borrec  et  BüRvf;T.  —  La  recherche  des  spirochètes  de 
Schaudinn  dans  les  frottis  sur  lame  des  lésions  suspectes  est 
entrée  dans  la  pratique.  Le  procédé  de  (iiemsa,  généralement 
employé,  peut  être  remplacé  par  l’usage  de  la  fuchsine  phé- 
niquée  après  mordan<;age  par  une  mise  au  tannin.  Des  lava¬ 
ges  et  des  dilutions  successives  peuvent  éclaircir  la  prépara¬ 
tion  pour  obtenir  en  15  minutes  des  images  démonstratives. 

Chloroforme  du  plasma  et  des  cellules  du  sang. 

M.  Nicloux  continue  ses  expériences  sur  la  présence  du 
chloroforme  dans  le  sang  après  l’anesthésie  chloroformique. 
Les  cellules  ont  une  teneur  de  chlorofonne  bien  plus  consi¬ 
dérable  que  le  plasma,  et  celui-ci  semble  avoir  une  affinité 
très  marquée  pour  félément  cellulaire. 

Anatomie  topographique  des  ganglions  spinaux  des  batraciens. 

M.  WiNTREBERT.  —  Lcs  racincs  motrices  de  la  moelle  des 
batraciens  donnent  des  fibres  aux  ganglions  spinaux.  Ces 
fibres  se  détachent  au  moment  où  la  racine  centrale  croiæ  le 
ganglion.  Sur  les  grosses  racines  du  plexus,  elles  s’isolent 
jusqu’à  former  une  troisième  racine  accessoire,  et  ne  font  que 
traverser  le  ganglion  pour  faire  partie,  à  la  sortie,  de  la  partie 
motrice  des  nerfs  dorsaux. 

Mal  de  Bright  et  substances  a:-otées  du  sérum. 

MM.  WiDAL  et  Rolchèse.  —  Au  cours  du  mal  de  BrighL 
l’urée  peut  être  retenue  en  excès  dans  le  sang,  mais  il  peut 
être  utile  de  reconnaître  les  autres  substances  azotées  en 
rétention  dans  le  sang  et  leurs  rapports.  Le  rapport  azoturique 
dans  le  sérum,  c’est-à-dire  l’azote  de  l’urée  comparé  à  l’azote 
total  pur  albuminoïdique  est  le  plus  important  et  oscille 
entre  80  p.  100  chez  les  animaux  qui  n’ont  pas  de  rétention 
azotée,  même  s’ils  ont  de  Tœdème  et  de  la  rétention  chloru¬ 
rée.  Chez  les  brighti<iues  azoturiques,  la  proportion  augmente 


à  mesure  que  la  rétention  s’accuse  et  atteint  92  à  96  p.  100. 
L’azote  résiduel,  qui  n’est  pas  l’urée,  a  une  proportion  inverse, 
de  20  p.  100,  chiffre  normal,  il  peut  descendre  à  4  p.  lüü. 

L’azote  de  l'acide  urique,  ne  suit  pas  l’ascension  de  l’urée  ; 
elle  n’est  que  doublée  dans  l’a/otémie,  alors  que  l’azote  de 
l’urée  est  décuplée.  L’azote  de  l’ammoniaque  que  l’on  trouve 
dans  le  résidu  est  encore  moins  modifié. 

C’est  donc  de  Turae  que  proviennent  les  substances  azo¬ 
tiques  contenues  en  excès  dans  le  sang  des  brightiques  azoté- 
miques.  Cette  substance  suit  l’importance  de  ta  néphrite. 

Inosite  dans  les  tissus,  les  excrélijns  et  ks  sécrétions^ 

M.  Meiclière  dose  l’inosite  des  tissus  et  des  liquides  ;  on 
la  retrouve  chez  les  polyuriques  et  chez  ceux  dont  l’urine 
présente  une  réaction  anormale  de  la  liqueur  de  Fehling. 

Chloroforme  dosé  dans  le  liquide  céphalorachidien. 

M.  SicARu  a  employé  la  méthode  de  M.  Aicloux  pour  doser 
les  chloroformes  dans  les  tissus  qui  en  fixent  la  plus  forte 
dose  ;  les  centres  nerveux  (70  milligr.)  et  le  liquide  céphalo- 
rachien.  Ce  liquide,  par  100  cent,  cubes,  contient  de  10  à  15 
milligr.  de  chloroforme.  Le  but  pratique  serait  peut-être, 
chez  les  asphyxiques,  de  faire  une  ponction  lombaire  et  d’éli¬ 
miner  le  liquide  céplialorachidien  toxique. 

Sels  de  calcium  comme  préventif  des  éruptions  de  sérum. 

M.  INetter  a  utilisé  le  chlorure  de  calcium  à  la  dose  de 
1  gramme  le  jour  de  l’injection  de  sérum  antidiphtérique 
et  les  deux  jours  suivants  ;  il  a  ainsi  prévenu  l’éruption  séri¬ 
que  qui  se  déclare  parfois  ;  l’expérience  porte  sur  516  enfants  ; 
les  258  enfants  qui  n’ont  pas  pris  de  chlorure  de  calcium  ont 
eu  l’éruption  dans  la  proportion  de  40  pour  100  ;  cette  pro¬ 
portion  s’est  abaissée  à  6  pour  100  pour  les  258  autres. 

Hémorrhagie  cérébelleuse. 

MM.  Laicnel-Lavastine  et  Halbron  ont  examiné  le  cerve¬ 
let  d’un  homme  ayant  succombé  à  un  ictus  avec  déviation 
conjuguée  de  la  tête  et  des  yeux  à  gauche,  .sans  asymétrie 
faciale,  avec  prédominance  de  la  paralysie  des  membres 
à  gauche,  abolition  des  reflexes  à  gauche,  et  diminution 
à  droite,  sans  phénomène  de  Babinski. 

L’hémisphère  cérébelleux  droit  présentait  une  hémorrhagie 
centrale  par  rupture  de  l’artère  du  nucléus  den  ta  tus  droit  ayant 
détruit  le  noyau  dentelé  et  les  deux  tiers  postéro-internes  de 
la  substance  blanche,  jusrpi’à  la  partie  profonde  des  lobes 
semi-lunaires.  Le  sang  atteint  fuse  dans  le  ventricule  et  un 
caillot  effleure  le  plancher  protubérantiel  dans  sa  moitié 
droite.  Ainsi  la  déviation  conjuguée  de  la  tête  et  des  yeux 
co’incidait  avec  une  lésion  destructive  de  l’hémisplière 
cérébelleux  droit  et  intégrité  des  voies  optiques.  Le  phé¬ 
nomène  de  Babinski  manquait  et  le  système  pyramidal 
était  intact  ;  le  réflexe  centro-latéral  des  adducteurs  de  Marie 
existait  du  .côté  lésé  avec  diminution  de  la  réflectivité 
rotulienne. 

Pression  artérielle. 

MM.  Garnier  et  Thaon  ont  étudié  l’action  sur  la  pression 
artérielle  de  l’injection  des  deux  lobes  hypophysaires  du  bœuf 
et  du  lapin. 

Le  lobe  antérieur  reste  sans  action.  Le  lobe  postérieur  pro¬ 
duit  une  élévation  légère  de  la  pression  artérielle,  suivie  d’une 
chute  rapide,  puis  la  pression  remonte  lentement  au  niveau 
antérieur  et  les  pulsations  se  ralentissent  et  augmentent 
d’amplitude. 

La  section  des  deux  pneumogastriques  supprime  cette  action 
de  l’hypophyse  sur  la  circulation,  et  si  la  section  est  fai  te  après 
l’injection  de  l’extrait  etpendant  la  période  de  ralentissement, 
immédiatement  celui-ci  disparaît.  L’hypophyse  n’agit  proba¬ 
blement  pas  sur  le  myocarde  ni  sur  les  ganglions intra-carcüa- 
ques,  mais  sur  les  aivités  bulbaires  du  cœur. 

Constituants  colloïdes  du  sang. 

M.  IscovEsco  a  fait  des  recherches  au  moyen  de  sulfure 
d’arsenic  colloïdal  comme  réactif  électronégatif  et  de  Thy- 
drale  de  fer  colloïdal  comme  réactif  électropositif. 

Le  sérum  sanguin  est  un  mélange  de  colloïdes  positifs  et 
N  négatifs. 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


103 


Le  globule  rouge  est  constitué  par  une  enveloppe  électro- 
négative  et  un  contenu  positif.  Le  schéma  globulaire  est  élee- 
tronégatif 

Liquide  de  Rtnger  et  de  Lacke. 

M.  C.vpiT  AN  a  étudié  les  milieux  liquides  fabriqués  pour  faire 
vivre  des  tissus  musculaires  et  même  des  cœurs  d'animaux. 
Ces  liquides  employés  en  thérapeutique  au  lieu  des  divers 
sérums,  à  la  dose  de  5  cent,  cubes  injectés  chaque  jour  sont 
une  dose  ne  provoquant  pas  de  douleurs  et  donnant  des 
résultats  très  favorables. 

Syphilis  expénmentale. 

MM.  Thibierge,  Raoui.t  et  Bcrnet  ont  inoculé  à  des  maca¬ 
ques  des  fragments  de  ganglions  de  papules  et  de  chancres 
et  ont  réinoculè  d’autres  animaux  en  série  avec  les  lésions 
ainsi  déterminées,  ils  ont  toujours  retrouvé,  au  frottis,  à  la 
coupe,  le  spirochète  pallida.  Ce  qui  prouve  que  la  nature  de 
la  lésion  partie  d'un  point  de  départ  sûr  peut  être  suivie  au 
cours  d’une  série  de  passages  et  constitue  un  argument  sur 
la  spécificité  du  spirochète  delà  syphilis.  E.  P. 


ACADÉMIE  DE  MÉDECINE 
Séance  du  .5  février. 

Les  émigrants  et-  la  santé  publique. 

MM.  Chantemesse  et  Borel  montrent  l'insuffisance  des  me¬ 
sures  prises  en  France  pour  la  police  sanitaire  des  émigrants. 
Ils  font,  avec  la  rigueur  des  mesures  adoptées  dans  les  autres 
pays  surtout  en  Angleterre  et  aux  Etats-Unis,  un  parallèle  des 
plus  curieux.  Au  Havre, la  visite  médicale  d'émigration  a  sur¬ 
tout  pour  but  d'éliminer  les  émigrants  qui  seraient  refusés 
pour  maladie  en  Amérique  et  devraient  être  rapatriés  gratui- 
'tement  par  les  compagnies  de  navigation. 

Les  individus  éliminés  définitivement  sont  renvoyés  dans 
leur  pays  ;  les  autres  malades  sont  placés  à  l’hôpital  quand 
leur  état  est  suffisamment  grave  ;  lorstiu'il  ne  s’agit  que  de  fa- 
vus,  pelade,  conjonctivite,  blennorragie,  syphilis  en  évolution, 
gale,  etc.,  la  Compagnie  de  navigation  héberge  ces  malades 
dans  un  hôtel  quelconque  ;  ils  doivent  se  rendre  chaque  jour 
chez  le  médecin  et  partent  quand  ils  sont  guéris...  non  sans 
avoir  répandu  la  contagion  autour  d'eux  ;  car  les  hôtels  qui 
les  reçoivent  ne  sont  soumis  à  aucun  règlement  spécial,  à  au¬ 
cune  mesure  de  désinfection. 

H  y  a  mieux  encore.  Le  consul  des  Etats-Unis  du  Havre,  ar¬ 
mé  de  son  règlement,  oblige  les  Compagnies  de  navigation  à 
conserver,  durant  cinq  jours  au  moins,  dans  le  port,  les  émi¬ 
grants  venant  de  pays  où  existe  le  choléra.  Comme  il  n’y  a 
pas  au  Havre  un  local  d'isolement  analogue  à  celui  de  Ham¬ 
bourg,  les  individus  considérés  comme  suspects  par  les  Amé¬ 
ricains  errent  à  travers  les  rues  de  la  ville,  prêts  à  répandre 
la  contagion  s’ils  sontréellementinfectés. 

N'est-il  pas  admirable  de  voir  quels  soins  nous  prenons  pour 
la  santé  publique  des  Etats-Unis  et  quelle  incurie  pour  la  nê)- 
tre  1  Car  notre  législation  actuelle  ne  peut  presque  rien  contre 
les  émigrants  arrivés  au  port  d’embarquement,  où  ils  échap¬ 
pent  aux  règlements  sanitaires  de  police  maritime  puisqu’ils 
sont  venus  par  terre. Quant  au  service  médical  de  l’émigration, 
il  se  borne  à  découvrir  des  cas  de  trachome  ou  de  favus,mais 
il  ignore  absolument  le  choléra. 

Mm.  Chantemesseet  Borel  montrent  la  nécessité  rl^d’une  vi¬ 
site  médicale  sérieuse;  2»  de  la  surveillance  des  émigrants  mala¬ 
des  :  3“  de  mesures  suffisantes  d  isolement  en  cas  de  contagion 
possible. 

M.  Larbé  croit  aussi  aux  dangers  très  sérieux  présentés  par 
les  maladies  contagieuses  dont  sont  atteints  les  émigrants.  La 
révision  de  nos  lois  et  de  nos  règlements  serait  très  urgente  et 
Irèsutile. 

On  voit  toute  fimportance  de  la  question  soulevée  par  M. 
Éhantemesse.  Plustpi’aucun  autre  pays,  la  Francese  laisseen- 
rahir  par  les  étrangers  indigents  et  malades.  Dans  certains 
^rvices  d'hôpitaux,  iln’est  pas  rare  de  voir  un  grand  nombre 
de  lits  occupés  par  ces  malades  contre  lesquels  des  mesures  de 
police  un  peu  strictes  auraient  pu  efficacement  nous  pro¬ 
téger. 


La  mortalité  par  tuberculose. 

M.  Monob  présente  deux  remarques  intéressantes. II  montre 
que  les  statistiques  actuelles  sont  la  conséquence  d’un  ac¬ 
cord  international  résultant  du  Congrès  de  1900,  et  qull  fau¬ 
drait,  pour  les  modifier,  provoquer  une  nouvelle  Conférence 
internationale.Quant  à  la  déclaration  o//ù'gafoj?'e,ellerésultede 
la  loi  de  1902,  qui  a  stipulé  que  la  listedes  maladies  auxquel¬ 
les  s’appliquerait  cette  obligation  serait  arrêtée  par  l’Acadé¬ 
mie  de  médecine.  Or,  dans  la  liste  établie  en  1903,  l’Académie 
n’avait  pas  compris  la  tuberculose  parmi  les  maladies  à  décla- 
>  ration  obligatoire.  H  lui  appartient  donc,  aujourd’hui,  de  pro¬ 
poser  au  ministre  de  l’intérieur  une  révision  de  cette  liste. 

M.  Chauvel  necroit  pasàl’utUitéde  la  déclaration  obliga¬ 
toire.  Celle-ci  a  donné  bien  peu  de  résultats  pratiques  pour  les 
autres  maladies  contagieuses. Ce  qu’il  faut,  c’est  insister  sur  la 
désinfection. 

’M.  Landouzv  pense  (jne  les  tuberculeux  vivants  sontencore 
bien  plus  dangereux  comme  contagion  (jue  les  tuberculeux 
morts.  Leur  éducation  au  point  de  Vuedes  précautions  néces¬ 
saires,  la  désinfection  au  cours  de  leur  maladie,  seraient  en¬ 
core  plus  nécessaires  qu’après  le  décès. 

M. Chauffard  montre  la  difficulté  pratnjueet  socialedes  dé¬ 
sinfections  réitérées  au  cours  des longsmois(jue  dure  souvent 
une  tuberculose.  Mais  il  réclame  la  désinfection  après  tout  dé¬ 
cès  tuberculeux. 

M.  Robin  revient  sur  la  question  de  statistique,  point  de  dé¬ 
part  de  cette  importante  discussion.  La  statistique  dressée  par 
le  Ministère  de  finlérieur  comprend  1,147  rubriques,  rangées 
en  37  groupes  :  les  35  premiers  comprennent  7.’2  catégories  de 
causes  de  décès,  un  autre  comprend  les  causes  indéterminées, 
le  trente-septième  renferme  445  rubriques  plus  rares,  quali¬ 
fiées  en  bloc  «  autres  causes  »,  mais  toutes  bien  spécifiées, 
parmi  lesquelles  6  seulement  (carie,  diarrhée,  entérite,  péri¬ 
tonite,  etc,)  peuvent  dissimulera  la  rigueur  ([uelques  cas  de 
tuberculose.  Ce  n'est  pas  suffisant,  conclut  M.  Albert  Robin, 
pour  justifier  l'écart  formidable  existant  entre  le  chiffre  de 
83,000  décès  tuberculeux  pour  la  France  auquel  il  est  par¬ 
venu,  et  celui  de  150,000  qu’adoptent  M.  Brouardel  et  M.  Lan- 
douzy. 

M.  Landouzy,  pour  simplifier  les  formalités  de  déclaration 
obligatoire,  propose  une  solution  des  plus  ingénieuses  ;  la  dé¬ 
sinfection  obligatoire  après  tout  décès  pour  lequel  un  certificat 
médical  n’affirmera  pas  qu’il  n’y  a  aucun  risque  de  con¬ 
tagion. 

Cette  proposition  de  M.  Landouzy  soulève  l’intérêt  général. 
Elle  sera  discutée  dans  la  prochaine  séance.  Elle  mérite  une 
très  grande  attention.  On  peut  même  se  demander  s’il  ne  con¬ 
viendrait  pas  de  réclamer  la  désinfection  après  tout  décès 
(luelle  qu’en  soit  la  cause.  A  elle  seule,  la  putréfaction  du  ca- 
dave  devient  un  élément  infectieux  important  à  combattre. 
Quoi  qu’il  en  soit,  M.  Landouzy  a  eulegrand  mérite  de  bien 
séparer  la  désinfection, mesure  utile,  et  la  déclaration  qui  n’est 
le  plus  souvent  qu'une  vraie  paperasserie. 

A.-P.  Plicque. 

SOCIÉTÉ  DE  CHIRURGIE 
Séance  du  8  février  1906. 

Chirurgie  des  voies  biliaires. 

M.  Lejars  aborde  dans  sa  communication  trois  points  de 
chirurgie  biliaire  :  la  cholédoco-entérostomie,  la  duodénosto¬ 
mie  exploratrice,  le  drainage  des  voies  biliaires. 

\ji  cholédoco-entéro-anaslomose  est  une  mauvaise  opération, 
et  dans  les  obstructions  totales  du  cholédoque,  il  ne  faudra  y 
avoir  recours  que  si  la  cholécysto-entérostomie  est  absolu¬ 
ment  impossible. 

La  duodénostomie  exploratrice  est  une  excellente  manœuvre. 
Vu  cours  d  une  laparotomie  pour  occlusion  du  cholédoque, 
M.  Lejars  trouva  ce  canal  enfoui  dans  des  adhérences,  mais 
nulle  trace  de  calcul  ni  de  néoplasme.  I.a  duodénostomie 
montra  que  l’ampoule  de  Vater  était  absolument  saine.  Fort 
de  ce  renseignement  négatif,  M.  Lejars  attribua  l’obstruction 
aux  seules  adhérences.  H  les  libéra,  il  referma  le  ventre.  Or 
l’ictfjre  disparut,  le  cholédoque  devint  perméable  et  le  malade 
guérit. 


104 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


Le  drainage  des  raies  biliaires  a  donné  à  M.  Lejars  trois 
belles  guérisons  d'obstructions  calculeuses  qui  sont  à  ajouter 
aux  deux  malades  opérés  avec  succès  par  l’auteur  en  1904. 
La  technique  est  celle  de  Rehr:  incision  large  du  cholédoque, 
extraction  des  calculs  (jui  se  trouvent  dans  ce  canal  et  dans 
l'hépatique,  introduction  d'un  drain  qui,  du  cholédoque, 
monte  aussi  haut  que  possible,  fixation  du  drain  aux  lèvres 
de  la  plaie  du  cholédoque,  et  suture  de  cette  plaie  ;  le  tout 
suivi  de  l'extirpation  de  la  vésicule  et  du  canal  cystique. 

Cancer  des  voies  biliaires. 

M.  Tuffier  a  rencontré  trois  fois  des  noyaux  concéreux 
ségeant  au  niveau  du  confluent  cyslico-hépatique.  Les  symp¬ 
tômes  furent  ceux  d'un  cancer  de  la  tête  du  pancréas.  M. 
rutlier,  fit  à  tous  les  trois  malades  le  drainage  des  voies  bi¬ 
liaires,  deux  succombèrent,  le  troisième  guérit,  il  est  porteur 
d'une  fistule,  mais  l'ictère  a  disparu  et  les  forces  sont  reve¬ 
nue-. 

Pancréatite  chronique. 

’M.  Terrier,  se  basant  sur  la  présence  d’une  tumeur  abdo¬ 
minale  chez  un  cachectique  avec  ictère  et  dont  les  urines 
contenaient  du  sucre,  et  les  fèces  de  la  graisse  et  des  fibres 
musculaires  non  digérées, fit  le  diagnostic  de  pancréatite  chro- 
nitiue  que  la  laparotomie  confirma,  le  cholédoque  étant  obs¬ 
trué  dans  toute  sa  hauteur.  M.  Terrier  se  contenta  de  faire  le 
ilrainage  de  l'hépatique.  Mort  le  lendemain. 

M.  VVxi.THER  présente  l'appareil  à  chloroformisation  de 
Ricard  modifié. 

M.  Lu  VS  présente  une  épingle  à  cheveux  enlevée  de  la  ves¬ 
sie  d'une  femme  à  l'aide  de  son  cystoscopc  à  vision  directe. 

D‘  Gatz. 

SOCIÉTÉ  MÉDICALE  DES  HOPITAUX. 

.Séance  du  0  février. 

M  Barth  annonce  la  mort  du  D'^  Guffer,  médecin  de  l'hô  - 
pital  Necker  et  donne  un  résumé  de  ses  travaux. 

Rapports  réciproques  de  Valbuminurie  orthostalique,  el 
de  certains  étais  pathologiques  ou  physiologiques. 

M. Le  Noir  résume  des  observations  dans  lesquelles  l’albu  - 
minurie  orthostatique  a  disparu  pendant  certaines  maladies: 
scarlatine,  fièvre  typho'ide,  ou  pendant  la  grossesse,  pour  ré¬ 
apparaître  après  la  guérison  ou  l’accouchement  avec  tous  ses 
caractères,  sans  aggravation  de  l'albuminurie  ni  de  l’état  gé¬ 
néral.  Dans  ces  albuminuries, le  régime  fortifiant  sera  le  plus 
souvent  bien  toléré.  Le  pronostic  des  états  pathologiques  ou 
phy.siologiques  n’est  pas  aggravé. 

Eruption  quinique  à  forme  bulleuse. 

M.  THiBiERGEcommuniqueune  observation  d’éruption  qui¬ 
nique  à  forme  bulleuse  et  élément  unique,  chez  une  femme 
qui  a  déjà  eu  des  éruptions  semblables  après  l’absorption 
d’antipyrine.  Une  légère  différence  existait  dans  la  violence 
du  processus. Dans  les  deux  éruptions,  Térythème  phlycténu- 
laire  resemblait  à  celui  produit  par  une  énergique  vésication. 

Oblitération  de  la  veine  cave  supérieure. 

M.  CoMBY  rapporte  l'observation  d’une  malade,  morte 
de  iiaralysie  générale  quinze  ans  après  l’oblitération  de  la 
veine  cave  supérieure.  Tout  le  système  veineux  cave  supé¬ 
rieur  fut  trouvé  transformé -en  cordon  fibreux  avec  dépôts 
calcaires.  Les  symptômes  cliniques  avaient  été  ordinaires. 

.M.  Apert  cite  un  cas  semblable  vu  dans  le  service  du  D'' 
Dieulafoy,  où  l’autopsie  démontrait  également  une  oblitéra¬ 
tion  de  la  veine  cave  supérieure  avec  transformation  fi¬ 
breuse.  Un  deuxième  cas  observé  par  lui  fut  l'oblitération 
des  veines  sous-clavière  et  de  la  jugulaire  droites  après  e.x- 
traction  dentaire  difficile  et  suivie  de  suppuration.  Dans  ce 
dernier  cas  la  perméabilité  se  résolut  après  U)  jours. 

Granulic  à  forme  typhoïde. 

M.  SiREDEY  communique  une  observation  de  granulie 
chez  un  homme  de  4.âans  avec  'mort  par  urémie.  La  fièvre 
el  la  dyspnée  furent  les  seuls  éléments  de  diagnostic  après 
élimination  de  fièvre  typho'ide.  L’autopsie  confirma  le  dia- 
gno'lic. 


M.  Dufour  a  soigné  en  18  mois  375  scarlatines.  Régime 
oligochloruré  ou  achloruré.  Saignée  dans  les  cas  hypertoxi- 
ques  1,60  OlO  de  mortalité.  Une  seule  néphrite  guérie. 

AI.  G.  Lion  communique  un  nouveau  cas  d’estomac  en  sa¬ 
blier  avec  sténose  médiogastrique.  Friedei,. 


SOCIÉTÉ  DE  MÉDECINE  DE  PARIS 
Séance  du  lo  février  iqoO.  —  Présidence  de  M.  Desnos. 

La  séance  est  ouverte  à  4  h.  4-5. —  Le  procès-verbal 
de  la  dernière  réunion  est  adopté  à  l’unanimité. 

Correspondance  imprimée.  —  Revues  et  journaux  habi¬ 
tuels.  Archives  de  Biothérapie  (décembre -janvier  1906).. 
Gompte  rendu  du  Congrès  des  Sociétés  savantes  tenu  à 
Alger  en  1905. 

Correspondance  manuscrite.  —  1“  Lettre  de  Madame- 
Jullien, écrivant  au  nom  de  son  mari  souffrant,  et  remer 
ciant  la  Société  de  son  témoignage  de  sympathie  à  Toc- 
casion  du  Banquet  annuel. 

2“  Lettre  de  candidature  de  M.  le  D"  Lucien  Graux,  au 
titulariat.  Parrains  :  MM.  Graux,  père,  et  Buret.  Cette 
candidature  est  prise  en  considération. 

3“Télégramme  de  félicitations  de  M.  Moniz  d’Aragon, 
à  l’occasion  du  banquet;  le  secrétaire  général  a  re¬ 
mercié  par  lettre  adressée  à  Lisbonne. 

M.  LE  Secrétaire  général  annonce  à  la  Société  de 
Médecine  que,  comme  il  a  été  convenu,  il  a  adressé,  le 
28  janvier,  une  lettre  officielle  à  la  Société  Médico-Chi¬ 
rurgicale  de  Paris,  et  en  a  communiqué  officieusement  le 
texte  à  la  Société  de  Médecine  et  de  Chirurgie  Prati¬ 
ques.  —  En  attendant  la  réponse  officielle  de  la  Société 
Médico-Chirurgicale,  la  Société  de  Médecine  et  de  Chi¬ 
rurgie  pratiques  «  déclare  une  fois  de  plus  quelle  juge¬ 
rait  excellente  la  fusion  des  trois  sociétés  similaires  ». 

M.  Buret  propose,  comme  Conseil  judiciaire  de  la 
Société  de  Médecine,  AI.  de  Leymarie,  ancien  magistrat 
et  avocat  û  la  Cour  de  Paris,  déjà  Conseil  judiciaire  de 
la  Société  de  Géographie  :  il  accepterait  volontiers 
d’éclairer  la  Société  pour  la  forme  à  adopter,  soit  dans 
la  rédaction  de  ses  nouveaux  statuts,  soit  dans  ses  dé¬ 
marches  officielles,  notamment  auprès  du  Conseil  d’Etat. 
—  Le  vote  a  lieu  à  mains  levées  et  à  l’unanimité  ;  AI.  de 
Leymarie  est  nommé  Conseil  judiciaire  de  la  Société 
de  Médecine  de  Paris. 

M.  Frenkel  lit  une  communication  sur  la  médication 
pho^phoacide  au  point  de  vue  biochimique  (sera 
publié.) 

M.Lematte. — La  communication  de  notre  collègue  sou¬ 
ligne  une  fois  de  plus  l’union  féconde  du  laboratoire  et 
de  la  clinique.  A^oilà  une  méthode  tapageuse  qui  ne 
résiste  pas  au  contrôle  expérimental. 

Il  y  a  plusieurs  années,  j’ai  traité  devant  vous  les 
facteurs  physiologiques  de  l’acidité  urinaire.  On  oublie 
trop  que  le  rein  secrète  une  zymase  très  acide  capable 
de  dédoubler  des  sels  neutres.  D’autre  part,  Tacidilé 
urinaire  est  encore  fonction  de  l’état  de  l’appareil  diges¬ 
tif,  de  la  tension  osmotique  du  sang  au  niveau  du  rein, 
des  combustions  intra-cellulaires  et  de  l’état  du 
plasma  sanguin.  On  comprend  combien  il  est  illusoire 
de  vouloir  accorder  à  Tacidité  urinaire  une  importance 
capitale  permettant  de  classer  le  terrain  organique  avec 
l'étiquette  de  hyper  ou  hypoacide.  Notons  aussi  que  le 
chimiste  rencontre  de  grandes  difficultés  opératoires 
pour  doser  cette  acidité.  Le  chiffre  varie  avec  la  tempé¬ 
rature  et  les  réactifs  employés. 

Il  y  a  un  lien  étroit  entre  la  sécrétion  gastrique  et 
Tacidilé  urinaire.  Cette  constatation  trouve  son  applica¬ 
tion  dans  l’étude  de  l’urologie  des  dyspeptiques.  Chez, 
les  hyperchlorhydriques  qui  sécrètent  des  principes 
acides  pendant  un  temps  beaucoup  plus  long  que  les 
sujets  normaux,  on  voit  l’acidité  urinaire  atteindre  son 
minimum  seulement  8  ou  9  heures  après  le  repas.  Le 
fait  inverse  se  produit  chez  les  hypopeptiques. 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


105 


Winter  a  jugé  ainsi  la  méthode  Joulie  il  y  a  quelques 
années  :  «  Ses  indications,  ne  répondent  pas  du  tout  au 
but  annoncé,  elles  ne  représentent  ni  l’acidité  urinaire 
ni  la  richesse  phosphatique  des  urines  ». 

Malgré  ces  études, on  voit  encore  des  praticiens  insti¬ 
tuer  une  médication  phosphorique  intense  par  la  seule 
considération  du  coefficient  Jculie. 

M.  Berne  lit  une  communication  sur 

La  mobilisation  des  membres  inférieurs  dans  le 
traitement  des  phlébites  ; 

l>ar  le  D'  Georges  BERNE 
Viec-président,  anelen  interne,  lauréat  des  Hôpitaux. 

C'est  à  dessein  que  j'emploie  le  mot  de  mobilisation 
pour  caractériser  quel  doit  être  le  traitement  des  phlé¬ 
bites  des  membres  inférieurs.  Certains  praticiens  n’ont 
I  que  trop  insisté,  à  mon  avis,  sur  le  massage  employé 
dans  le  traitement  de  cette  redoutable  affection,  alors 
que,  bien  au  contraire,  te  mot  de  «mobilisation»,  levrait 
I  être  presque  exclusivement  employé. 

Le  praticien  ne,  doit  aborder  le  traitement  des  phlé- 
i  bitiques  qu'avec  d’intinies  précautions. 

I  A  quelle  époque  de  la  maladie  la  mobilisalion 
peut-elle  être  considérée  comme  dépourvue  de  danger  ? 
Toute  la  question  de  l'intervention  réside  dans  cette 
«  mise  au  point  »  du  moment  où  le  médecin  peut  avoir 
la  certitude  d'èlre  absolument  utile,  et  d’opérer  sans 
Jauger  pour  son  patient. 

De  jeunes  praticiens  ont  préconisé  le  traitement  par 
le  massage  et  la  mobilisation  très  pende  temps  après 
la  cessation  de  tout  phénomène  fébrile.  Ils  n'hésitent 
pas  à  commencer  le  traitement  mobilisateur  de  sept  à 
quinze  jours  après  que  la  température  est  redevenue 
normale.  D’autres  recommandent  d'instituer  le  même 
traitement,  vingt  jours  après  que  l'uedème  est  en  fran¬ 
che  décroissance  et  que  les  veines  accessibles  ont 
cessé  d’être  sensibles  à  une  palpai  ion  légère. 

Les  travaux  de  Merkleu  çnt  prouvé  que  les  embo¬ 
lies  tardives  peuvent  survenir  plusieurs  semaines  après 
ledébut  de  la  phlébite.  11  peut  donc  se  produire  des 
■poussées  secondaû'es  et  tardives  de  phlébite  latente 
«  dans  une  grosse  veine,  avec  formation  de  coagulations 
nouvelles,  non  immédiatement  adhérentes,  aussi  faci¬ 
lement  mobilisables  que  celles  de  la  phlébite  commen¬ 
çante  ».  Merklen  est  d’avis  que,  conformément  à  la 
règle  établie  par  le  professeur  Pinard  :  «  Le  séjour  au 
lit  des  accouchées  atteinl  es  de  phlegmatia,  leur  im- 
^bilisation,  doit  durer  un  mois  après  la  dernière  élé- 
I  vation  de  la  température  »  ;  c’est  là  une  règle  profon¬ 
dément  judicieuse  et  que  la  pratique  démontre  la  seule 
acceptable. 

Rendu  fit  remarquer,  à  l’occasion  de  la  communica- 
honde  Merklen,  que  l'embolie  est  à  craindre,  bien  plus 
»  la  lin  de  la  3'  semaine  qu’au  début  des  phlébites,  car 
®  ce  moment,  le  caillot  se  dissocie.  C’est  là  une  rai- 
;  *cn  de  plus  de  ne  commencer  le  traitement  qu’à  la 
dndc  la  4‘  semaine.  Je  ne  me  propose  pas  de  faire 
*f*.‘cxpo3é  anatomo-pathologique  de  l'évolution  du 
j^dlot.  Notons  toutefois  que,  d'après  'l'roisier,  si  le  cail- 
est  récent,  il  se  détache  presque  en  totalité.  S’il 
ancien,  il  peut  «  s’effriter  »  et  se  rompre  au  niveau 
partie  prolongée  (ce  (jui  est  rare  I.  Les  couches 
périphériques  du  caillot  peuvent  elles-mêmes,  ajoute 

coisier.  subir  un  ramollissement  progressif,  et  dans 
jjJ*  ^^nditions.  il  s’en  détache  incessamment  de  petites 
yJ*^^Res  entraînées  parle  courant  circulatoire  ;  c’est 
phénomène  que  l’on  désigne  habituellement  sous  le 


nom  «  d’émiettement  du  caillot  ».  Ajoutons  que,  pour 
Vulpian,  la  masse  fibreuse  ne  devait  pas  être  l’objet 
d’une  destruction  complète.  11  avait,  en  effet,  constaté 
chez  le  même  sujet  jusqu’à  trois  et  quatre  atteintes  de 
phlegmatia  alba  avec  disparition  des  accidents,  au 
bout  de  peu  de  temps.  Toutes  ces  notions  condamnent 
l’intervention  précoce,  et  montrent  l'extrême  témérilé 
du  massage  etde  la  mobilisation  audébutde  la  maladie. 

D’une  manière  générale,  à  toutes  les  époques  de  son 
évolution,  la  phlébite  est  dangereuse  par  la  menace  de 
l'embolie. 

Quel  doit  être  le  rôle  du  praticien  prudent  ?  11  devra 
respecter  le  plus  possible  l’évolution  du  caillot  et  la 
production  du  cordon  fibreux  dû  à  la  phlébite  adhé- 
sive,  mode  curateur  ayant  pour  effet  compensateur  la 
dilatation  des  veines  collatérales  conservant  aussi  une 
perméabilité  à  caractère  permanent. 

Les  massages,  même  réduits  à  l'effleurage,  doivent 
être  absolument  proscrits  dans  la  période  du  début  de 
la  phlébite  et  n’être  employés  qu’avec  la  plus  grande 
parcimonie  et  une  rigoureuse  prudence,  même  un  mois 
après  la  disparition  de  tout  phénomène  fébrile.  On 
connaît  ces  cas  où  une  embolie  pulmonaire  a  suivi  le 
simple  examen,  par  la  palpation,  de  cordons  veineux 
indurés  par  la  phlébite. 

Chez  certaines  malades,  auxquelles  on  avait  fait  du 
massage  trop  précocement,  ainsi  que  j’en  ai  été  informé, 
il  a  fallu  attendre  deux  ou  trois  semaines  pour  repren¬ 
dre  un  traitement  d’abord  intempestif  par  sa  précocité, 
car  il  y  avait  eu  retour  de  phénomènes  fébriles.  J’ai 
appris  aussi  qu’un  de  nos  confrères,  atteint  de  phlébite 
consécutive  à  une  fracture  de  jambe,  a  succombé  à 
une  embolie  quelques  minutes  après  s'être  mis  dans  la 
station  debout,  à  une  période  trop  rapprochée  du  début 
de  la  phlébite.  L'accident  est  survenu,  paraît-il,  dans 
la  première  quinzaine  delà  maladie.  11  est  vrai  que  ce 
confrère  n’avait  pas  eu  soin  d'habituer  progressivement 
ses  membres  inférieurs  à  reprendre  la  situation  verti¬ 
cale. 

De  tels  accidents,  quoique  rares,  sont  utiles  à  con¬ 
naître,  car  ils  nous  donnent  la  notion  qu’il  ne  faut 
pas  trop  demander  aux  malades  en  ce  qui  concerne  la 
reprise  rapide  de  la  station  debout.  Il  faut  aussi  se  dé¬ 
fendre  des  conseils  de  l’entourage  des  malades  et  du 
zèle  excessif  de  certains  gardes  malades. 

Voici  la  pratique  à  laquelle  je  crois  devoir  accorder 
le  plus  de  confiance  ; 

Pour  le  cas  de  phlébite  des  membres  inférieurs,  il 
faut  éviter  de  commencer  le  traitement  par  la  mobili¬ 
sation  avont  un  mois  après  que  toute  élévation  de 
température  aura  cessé.  S’abstenir  de  tout  massage  à 
cette  période  sous  quelque  forme  que  ce  soit. 

Il  faudra  recommander  jusqu’à  la  fin  de  la  4”  semaine 
un  déc'bitus  rigoureux  et  éviter  absolument  que 
la  malade  fasse  la  moindre  tentative  de  s’asseoir  dans 
son  lit. 

L' intervention  précoce  est  dangereuse,  gêne  Dévo¬ 
lution  du  caillot,  expose  les  malades  à  l’embolie.  11 
faut  la  rejeter. 

L' intervention  tardive,  c’est-à-dire  dès  la  fin  de  la 
4'  semaine,  alors  que  la  température  sera  normale, 
qu’il  n’y  aura  plus  aucun  cordon  veineux  douloureux 
et  que  l'état  général  sc  sera  sensiblement  amélioré, 
quoique  offrant  un  minimum  de  danger  d’embolie, 
n’en  impose  pas  moins  au  praticien  de  grandes  pré¬ 
cautions. 

Le  massage  devra  se  borner  à  wneffleurage  exlré- 


106 


LE  PROGRÈS  MÉmCÂL 


moment  léger  et  borné  à  la  région  superficielle  du 
ied  et  surtout  à  la  partie  du  pied  ou  l  ædème  s'em- 
lera  prédominer.  (Se  garder  d'effleurer  Va  partie  in¬ 
terne  de  la  cuisse  et  la  région  interne  et  postérieure 
et  externe  de  la  jambe).  En  aucun  cas  il  ne  faut  exercer 
de  pressions  sur  le  triangle  de  Scarpa. 

'A  ceinoment,du20' au  35®  jour,doncdansles2premiè- 
res  semaines  de  traitement,  la  mobilisation  sera  limitée 
aux  articulations  des  orteils  et  du  tarse,  à  la  flexion  et 
à  l’extension  du  pied.  Vers  la  fin  de  la  2"  semaine  de 
traitement  (du  40®  au  50'  jour),  il  faudra  essayer  de 
très  légers  mouvements  de  flexion  et  d’extension  du  genou 
s'il  y  a  de  ï équinisme  de  l’un  ou  des  deux  pieds,  on 
pourra  en  essayer  le  redressement  passif, en  maintenant 
le  pied  à  angle  droit  soit  au  moyen  d’un  support  fixe 
(caisse  carrée,  gros  livre,  rebord  d  n  lit,  gouttière  en 
fil  de  fer, etc.),  soit  en  habituant  la  malade  à  redresser 
activement  son  pied  par  la  contraction  de  ses  muscles, 
soit  passivement,  au  moyen  d’une  serviette  dont  le 
plein  sera  appliqué  sur  la  partie  plantaire,  les  deux 
extrémités  nouées  étant  tirées  de  temps  en  temps  par 
la  malade  elle-même. 

Si,comme  il  arrive  fréquemment,  le  genou  est  at¬ 
teint  d’hydartbrose,  on  pourra  doucement,à  ce  moment, 
malaxer  le  pourtour  delà  rotule  et  même  appliquer  un 
léger  appareil  ouaté,  compressif,  maintenu  par  une 
bande  en  colon  élastique,  laquelle,  partant  du  pied, 
plutôt  appliquée  que  serrée,  et  s’étendant  jusqu’à  3  ou 
4centimètres  au-dessus  du  genou.  Ce  bandage  nedevra 
être  maintenu  que  quelques  heures  le  jour,  et  enlevé 
la  nuit. 

En  même  temps,  une  légère  compression  sera  aussi 
exercée  sur  le  pourtour  de  l'articulation  tibio-tarsienne 
et  de  la  région  dorsale  du  pied.  Vers  le  55®  jour  (vers 
la  fin  de  la  3'  semaine  de  traitement;,  commence  la 
période  vraiment  active  de  l’intervention  :  il  faudra 
«  làter  »  progressivement  la  résistance  des  veines  à  la 
pression  sanguine.On  commencera  donc  à  incliner, vers 
cette  époque  du  traitement,  les  membres  inférieurs,  un 
peu  au-dessous  du  plan  du  lit,  pendant  deux  ou  trois 
minutes;puis,  dès  qu’une  teinte  violacée  de  la  peau  se 
sera  manifestée, on  placera  les  jambes  sur  des  coussins 
maintenus  au-dessus  du  plan  du  lit  ;  on  appliquera 
ensuite  la  bande  légère  en  coton  élastique  dont  nous 
avons  parlé  plus  haut. 

Le  lendemain,  on  pourra  très  doucement  essayer  de 
faire  soulever  le  thorax  de  la  malade,  à  15“  environ,  au- 
dessus  du  plan  du  lit  ;à  ce  moment,  on  évitera  de  flé¬ 
chir  les  cuisses  sur  le  hassin.Ve  lendemain,  on  renou¬ 
vellera  cette  tentative  d’élévation  du  tronc  à  20°  et 
ainsi  progressivement  jusqu’au  moment  où  la  malade 
pourra  s’asseoir  sans  fatigue, d’abord  pendant  1/4  d’heure 
ou  une  demi-heure. 

Le  jour  qui  suixTa,  on  essaiera  de  faire  pendre  les 
jambes  en  dehors  du  lit,  verticalement, et  on  leur  fera 
toucher  le  sol  pendant  deux  ou  trois  minutes. 

Dès  qu’on  aura,  par  tâtonnements  successifs,  mesuré 
le  degré  de  résistance  des  veines  à  la  pression  verticale 
du  sang,  on  procédera  à  la  tentative  de  placer  la  malade 
dans  la  station  tout  à  fait  verticalc.iS’i^  y  a  ves'tiges, 
s’empresser  de  replacer  la  malade  dans  le  déeubitus 
horizontal  demi-assis,  ou  horizontal  rigoureux, pendant 
plusieurs  heures. 

Viendra  ensuite  la  période  de  la  gymnastique  médi¬ 
cale  proprement  dite  et  qui  se  composera  des  mouve¬ 
ments  suivants  : 

l'Elévation  passive  et  active  des  membres  inférieurs 


au-dessus  du  plan  du  lit,  progressivement,  de  l’horizon¬ 
tale  à  la  verticale; 

2®  Mouvements  de  circumduction  passifs  et  actifs 
du  membre  inférieur; 

3°  Mouvements  de  rotation  de  l'ensemble  du  membre 
inférieur  en  dehors  et  en  dedans  (activement  et  passive¬ 
ment); 

4°  Massage  très  doux  du  triceps  sural  à  sa  partie 
externe  et  des  muscles  fessiers  en  général  plus  ou  moins 
atrophiés; 

5°  Mouvements  divers  pendant  la  station  debout  : 
marche, rotation  du  pied  en  dehors  et  en  dedans.  Exer¬ 
cices  divers  d’assouplissement, rééducation  des  muscles 
vertébraux  faire  asseoir  et  relever  la  malade.  En  géné¬ 
ral,  l’œdème  disparaît  peu  à  peu  grâce  à  l’exercice 
môme  de  la  marche,  vers  la  fin  de  la  5'  semaine  de 
traitement. 

On  peut  voir  que,  dans  ce  traitement,  ainsi  compris 
etinstitué,le  dangerd’embolie  est  réduit  à  son  minimum. 
Vers  la  5®  semaine  de  la  maladie  (après  le  retour  de  la 
température  au  taux  normal),  la  méthodique  progres¬ 
sion  des  mouvements  actifs  et  passifs  et  surtout  l’ex¬ 
trême  prudence, en  ce  qui  concerne  la  reprise  de  la  sta¬ 
tion  verticale, assurent  un  bon  et  définitif  retour  des  fonc¬ 
tions  normales.  On  le  voit,  la  rééducation  du  raouve-, 
ment^  comme  traitement  des  troubles  fonctionnels  con¬ 
sécutifs  à  la  phlébite,  domine  le  traitement. Le  massage 
vrai,  même  réduit  à  l’effleurage,  ne  doit  être  réservé- 
qu'à  la  dernière  période  du  traitement  et  relégué  au 
dernier  plan  des  moyens  destinés  à  ramener  le  bon 
fonctionnement  des  membres.  Je  ne  puis  que  répéter 
ce  que  j’ai  publié,  il  y  a  près  de  quinze  ans  :  «  Dans 
le  traitement  des  phlébites  plus  peut-être  qu’en  toute 
autre  circonstance  pathologique,  il  faut  savoir  «  tem¬ 
poriser». 

M.  Audistère.  —  J’ai  vu  pas  mal  de  phlébites,  et  j’ai 
vu  que  plus  les  muscles  étaient  atrophiés,  plus  les  va¬ 
rices  étaient  fréquentes. 

Je  crois  que,  pour  le  traitement,  la  goutttière  a  des 
inconvénients  :  d’abord  la  position  des  muscles,  qui 
favorise  leur  atrophie  future,  puis  la  gêne  pour  le  ma¬ 
lade  de  supporter  une  gouttière. 

Quant  à  la  mobilisation  (un  des  points  les  plus  im¬ 
portants),  il  faut  éviter  défaire  mettre  le  malade  debout 
avant  que  les  muscles  n’aient  repris  leur  état  primitif; 
la  production  des  varices  est  due  à  un  trouble  trophique 
favorisé  par  le  poids  du  sang  qui  distend  les  veines  : 
or,  le  principalprotecteur  des  veines,  c’est  le  muscle; 
donc  ne  faire  du  massage  qu’au  moment  où  les  muscles 
auront  repris  leur  intégrité  première. 

M.  Godlewski.  —  Il  y  a  dans  cette  question,  en  de¬ 
hors  de  l’embolie,  un  écueil  très  important  :  la  raideur 
musculaire  consécutive.  J’ai  toujours  remarqué  que 
cette  raideur  articulaire  persistait  fort  longtemps,  pou¬ 
vant  donner  lieu  à  une  impotence  et  une  incapacité  de 
travail. 

J’estime,  comme  le  dit  le  D'  Berne,  que  4  ou  ."j  semai¬ 
nes  après  la  disparition  de  la  lièvre,  on  peut  faire 
massage  vrai  ;  mais  avant  ce  laps  de  temps,  on  peut,  je 
crois,  faire  de  légères  flexions.  Il  y  a  en  outre  un  point 
capital  :  la  position  du  pied  :  dès  le  début,  il  faut  main¬ 
tenir  le  pied  à  angle  droit,  et  en  faisant  quelques  fle¬ 
xions  précoces,  surtout  chez  les  personnes  âgées,  on 
peut  éviter  les  raideurs  articulaires  tutures  :  donc  7  oU 
8  jours  après  la  disparition  de  la  fièvre,  on  peut  faire, 
très  prudemment  de  légères  flexions. 

Quant  à  la  positicnjde  la  jambe,  elle  aune  très  grand® 
importance,  surtout  au  point  de  vue  des  conditions  d® 
la  marche  future.  Donc  «  quand  il  s’agit  du  bras,)nette2' 


LE  PRO&RÈS  MÉDICAL 


107 


le  en  flexion,  quand  il  s’agit  de  la  jambe,  mettezda  en 
extension  ». 

M.  Berne.  —  Je  n  ai  constate  de  varices  que  chez 
d’anciens  variqueux  ou  chez  des  gens  ayant  des  antécé¬ 
dents  variqueux.  Ma  communication  a  surtout  trait 
aux  femmes  devenues  phlébitiques  après  leurs  couches . 
De  plus,  je  n’ai  jamais  voulu  traiter  les  varices  par  le 
massage,  car  j’estime  ce  traitement  inefficace.  Je  n’ai 
jamais  vu  de  malades  guérir  de  leurs  varices  par  le 
massage.  '  .  . 

Quant  à  attendre  que  l’atrophie  musculaire  ait  disparu 
pour  mettre  le  malade  debout,  ce  serait  s’exposer  à 
attendre  par  trop  longtemps,  etj  ’estime  que, au  contraire, 
pour  faire  la  rééducation  des  muscles,  et  combattre 
l’atrophie  musculaire,  il  y  a  avantage  à  mettre  les  ma¬ 
lades  debout  malgré  que  les  muscles  aient  conservé  un 
notable  degré  d’atrophie. 

Pour  les  raideurs  articulaires,  dont  parle  M.  God- 
lewski,  il  y  a  lieu  de  faire  des  réserves.  C’est  surtout 
par  la  mobilisation  et  le  maintien  du  pied  à  angle  droit 
qu’on  arrive  à  une  bonne  solution.  Quand  le  mal  siège 
au  genou,  envahi  par  une  hydarthrose  volumineuse,  on 
fait  de  l’effleurage  très  discret  sans  exagérer  la  com¬ 
pression.  , 

Pour  la  position,  je  suis  d’avis  qu’il  faut  maintenir  le 
membre  en  position  rectiligne.  A  l’exemple  de  la  plupart 
des  praticiens,  j’ai  toujours  redouté  de  traiter  des  phlé¬ 
bitiques  ;  autrefois  je  ne  voulais  pas  commencer  le  trai¬ 
tement  avant  que  deux  ou  trois  mois  se  soient  écoulés 
après  la  chute  de  la  fièvre  ;  aujourd’hui  je  les  traite  un 
mois  après  la  chute  de  la  température  et  mes  résultats 
sont  satisfaisants. 

M.  Berne  fait  hommage  à  la  Société  de  la  3“  édition  de 
son  volume:  Le  massage;  manuel  théorique  et  pra¬ 
tique,  paru  récemment. 

M.  Lematte  donne  lecture  d’un  travail  intitulé  : 

Nécessité  de  tenir  compte  de  l’apport  alimentaire 
dans  l  interprétation  des  chiffres  de  l’analyse 
d’urine  [sera  publié). 

Elections. 

M.  le  D*^  Dias  Amado,  de  Lisbonne,  est  nommé,  à 
l’unanimité  des  membres  présents,  membre  correspon¬ 
dant  étranger  de  la  Société  de  médecine  de  Paris. 

La  séance  est  levée  à  G  h.  30. 

Le  secrétaire  général.  Le  secrétaire  annuel, 

F.  BruET.  Mortier. 


LA  VALÉROBROMINE  LEGRAND 

est  plus  active  que  les  bromures  et  les  valé- 
rianates. 


revue  D’HYDROLOGIE  et  de  CLIMATOLOGIE 

Rédacteur  spécial  :  I)'  Lucien  GllAL'X. 

I. —  Les  Cardiopathies  artérielles  et  la  cure  d'Evian  ; 
parBiRüoncNAN.  (Paris,  Sleiiilieil.) 

M.  Huehard  a  montré  que  les  troubles  canlio-artériels  dé¬ 
pendaient  tous  de  l’artério-sclérose.  La  thérapeutique  des 
'Cardiopathies  arterieües  dérive  de  l’hypothèse  pathogénique 
‘l'd  considère  l’artério-sclérose  et  ses  troubles  fonctionnels 
Multiples  comme  provoqués  et  entretenus  par  l’intoxication 
ne  l’organisme.  Il  faut  donc  un  traitement  amitoxique  et  éli- 
®>nateur.  Or,  la  cure  d’ Evian  régularise  la  diurèse  des  artério- 
*'^*éreux,  elle  régularise  l’élimination  de  leurs  solides  urinai- 
elle  peut  amener  chez  eux  des  déchlorurations  accentuées 
J  ■‘^°®pagnées  ou  non  de  perte  de  poids,  elle  coïncide  avec 
niminution  progressive  et  souvent  durable  de  l'hypertension 
'*es  signes  physiques  et  fonctionnels. 

cur-e  arsenicale  et  les  nouvelles,  sadies  d-’inhatatipQ  de  la 
Bourboule;  par  SEUSiRON.,(l’aris,  Masson., 

Lauieur  décrit  d'une  façon  précise  et,  intçressàûté.  les  nqu- 


velles  salles  d’iahalation  de  la  Bourboule.  ILjoint  à  son  travail 
cinq  planches  et  deux  photographies.  La  création  de  ces  salles 
permettra  d’é.viter  les  troubles  gastro-intestinaux  dont  se  plai¬ 
gnaient  certains  malades.  On  pourra  instituer  un  traitement 
intensif  en  donnant  une  nouvelle  voie  d’absorption  par  la  niu- 
queuse  pulmonaire. 

III.  —  Note  sur  le  traitement  du  diabète  à  la  Bourboule  ; 

par  le  1)’'  Veroalle.  (Arch.  gén.  de  méd.j 
Le  traitement  par  les  eaux  chlorurées  sadiques  arsenicales 
a  une  action  très'efficace  sur  le  diabète  (surtout  dans  la  lorme 
hyperhépatique)  cette  action  porte  à  la  fois  sur  la  glycosurie 
et  sur  Tazoturie.  ’ 

IV.  —  Indications  des  eaux  thermales  de  Brides-les-Bains  et  de 
Salins-Moutiers  ;  par  le  D'  Laissus,  père,  êil.  (Mouliei-s. 
Uucloz.) 

Les  eaux  salées  chaudes  de  Salins-Moutiers  sont  éminem¬ 
ment  toniques,  reconstituantes  et  résolutives.  Elles  sont  indi¬ 
quées  dans  toutes  les  maladies  qui  sont  sous  la  dépendance 
du  lymphatisme,  de  l’anémie,  de  la  faiblesse. 

V.  —  L’abus  des  lavages  d’intestin  ;  par  le  U'  Esmo.vet  (de  Chiitel 

Guyoa). (.dreh.  gen.  deméd.) 

Dans  cet  intéressant  travail,  l’auteur  établit  que  l'abus  du 
lavage  d’intestin  entretient  assez  souvent  la  constipation  en 
maintenantle  spasme  colique  et  en  même  lemps  la  colite  muco¬ 
membraneuse.  Il  convient  de  l’appliquer  avec  la  modération 
et  la  prudence  qui  distinguent  fart  de  la  médecine  des  arts 
similaires. 

VI.  —  Graphiques  thermométriques  comparés  ;  par  le  D'  Louir. 

(Biarritz.) 

L’auteur  établit  avec  l'aide  de  graphiques  thermométriques 
soigneusement  relevés  que  Biarritz  ne  possède  pas,  en  été,  des 
températures  maxima  plus  élevées  que  celles  de  Paris.La  cha¬ 
leur  y  est  supportable  parce  qu'elle  y  est  moins  continue.  Ses 
effets  sur  l’organisme  y  sont  atténués  par  une  brise  de  mer  à 
peu  près  quotidienne  et  par  la  fraîcheur  relative  des  nuits. 

(ihacun  des  trois  mois  d’hiverpendant  les  i6  dernières  années 
a  offert  à  Biarritz  une  moyenne  plus  élevée  qu’à  Brest  et  qu'à 
Nice. 

VII.  —  Altitudes  et  eaux  minérales  dans  la  prophylaxie  de  la  tu- 

Iterculose  chez  les  enfants;  par  le  D’’  Marcellin  Cazacx.  {Congiès 
de  la  tuberculose.)  -, 

La  prophylaxie  de  la  tuberculose  pulmonaire  chez'  les  en¬ 
fants  doit  être  recherchée  dans  l'amendement  des  divers  ter¬ 
rains  qui  sont  propres  à  la  culture  du  bacille. 

Ces  amendements  s’obtiennent,  suivant  les  sujets,  par  des 
médications  et  des  méthodes  variées  ;  ils  s’obtiennent  par  la 
vie  à  la  campagne  a  ^ec  un  régime  et  des  exercices  rationnels  ; 
ils  s’obtiennent  par  les  agents  naturels,  notamment  par  la  cure 
marine  qui  en  est  la  forme  la  plus  usitée. 

A  côté  de  la  cure  marine,  doit  prendre  place  la  curé  de  mon¬ 
tagne,  principalement  chez  les  enfants  qui,  par  névropathie, 
excitabilité  vasculaire  ou  susceptibilitébronchique,  supportent 
mai  l’air  de  la  mer. 

Dans  certains  cas  déterminés  pourront  convenir  les  altitudes 
alpines  (lîoo  à  2000  m.),  si  l’enfant  est  atone  et  réagit  peu  ; 
dans  les  autres  cas,  il  faudra  recourir  aux  altitudes  subalpines 
(400  à  1.200  m.)  où  peuvent  se  faire  de  longs  séjours  d’été. 

Mais  le  traitement  le  plus  efficace  consistera  dans  la  combi¬ 
naison  de  la  cure  d'altitude  avec  la  cure  hydro-minérale  appro¬ 
priée  :  celle-ci  sera  réalisée,  selon  les  circonstances,  par  les 
eaux  chloruréîs  sodiques,  les  arsénicales,  les  ferrugineuses  et 
les  sulfurées  calciques  et  surtout  sodiques  qui  paraissent  avoir 
une  action  profonde  et  durable. 

VIII.  —  Des  modifications  des  rapports  urinaires  à  la  suite  des 
cures  de  bains  carbo-gazeux  de  Royat  ;  pat  le  D'  Heitz  el  M. 
Mignard.  (Gaqctfe  des  ifaujr,  24  août  1905.; 

La  quantité  des  urines  augmente  qq  diqçiinue  à  la  $uite  des 
bains  salés,  suivant  leur  plus  ou  moins  grande  concentration  1 
Elle  s’est  montrée  habituellement  augmentée  à  la  BourL-oulç  et 
à- Saint-Nectaire,  diminuée  à  Çautereis.  .  r  . 

L’urée  a  été  trouvée  régulièretnent  augmentée  dans  IçL^xpp.- 
riences  de  M.  Robin,  moins  régulièrement  dans  celles  de  fvel- 
ler  et  de  Bahouzewitch.  .  -  . 


108 


LE  PROGRÈS  MEDICAL 


Le  rapport  azoturique  augmente  toujours  à  la  suite  des  bains 
salés  qu’elle  qu'en  soit  la  concentration. 

IX.  —  L'impôt  de  la  patente  et  les  médecins  des  villes  d'eaux  ; 

par  leD'  Morice.  (Galette  des  Eaux,  3  amit  1905.) 

Dans  un  excellent  article  M.  Morice  commente  l’article  4  de 
la  loi  du  21  avril  igoS  relatif  à  la  patente  des  médecins  d’eaux. 
Il  montre  que  désormais  il  y  a  2  classes  de  médecins.  En  de¬ 
hors  de  son  poste  thermal  ou  balnéaire,  le  médecin  d’eaux  devra 
refuser  toute  visite  ou  consultation  médicale,  tenir  tête  à  des 
sollicitations  multiples. 

X.  —  Les  stations  d'altitudes  estivaias  dans  les  Pyrénées- 
Orientales  ;  par  le  ü'  Maroellin  Cazaux.  {Cadette  des  Eaux,  21 
juillet  1905  et  sq.) 

Long  et  important  mémoire  ayant  pour  but  de  stimuler  l’ini¬ 
tiative  des  médecins  d’eaux  pour  instituer,  dans  les  Pyrénées, 
des  centres  de  séjour  d’été  dont  l’utilité  n’est  pas  contestable 
et  dont  le  succès  est  assuré. 

XI.  —  Des  bacillaires  arthritiques  lithi  asiques  primitifs,  ;  par 

le  U'  Dedet.  (Congrès  d’ Hydrologie  de  Venise,  1905.) 

Il  est  une  catégorie  de  tuberculeux  qu’il  ne  faut  pas  priver  du 
bénéfice  de  la  cure  hydrique  des  eaux  alcalines  froides  des 
■Vosges  :  ce  sont  les  tuberculeux  dits  arthritiques.  L’analyse 
renseignera  sur  l'opportunité  de  la  cure.  Les  tuberculeux  vrais 
sont  généralement  des  sous-.-ninéralisés  ;  leur  sol  est  hypo- 
acide.  Le  terrain  arthritique  est  surminéralisé  et  hyper..cide. 
M.  Dedet  présente  quelques  observations  personnelles  intéres¬ 
santes  de  bacillaires  pulmonaires,  sans  lésion  rénale,  atteints 
de  lithiase  primitive  et  guéris  ou  améliorés  par  la  cure 

XII.  —  Influence  de  l'acide  carbonique  sur  le  point  cryoscopi- 
que  des  eaux  minérales  ;  parle  D'  Lucien  Guaux.  (Soc.  d’hy- 
drqlogie  medicale,  séance  du  27  nov.1905.  (Sera  publié.) 

XIII.  —  Etude  sur  l'eau  minérale  naturelle  d  Orezza  ;  par  le 

D'  ZucCAHELLi  (Paris,  Maloine,  1905.) 

L’eau  «  ferrugineuse,  manganésifère,  acidulé,  gazeuse  »  d'O- 
rezza,  en  Corse,  a  fait  l'objet  dans  ce  livre  d'une  étude  très, 
consciencieuse  et  très  étudiée  où  sont  pa-sés  en  revue  succes¬ 
sivement  la  géologie  de  la  région,  sa  climatologie,  le  mode 
d’action  et  l’etude  clinique  des  maladies  traitées.  Les  indica¬ 
tions  et  contre-indica.  ions  sont  les  mêmes  que  celles  des  sour 
ces  analogues.  L'auteur  conclut  en  réclam  .nt  la  création  d’un 
hôpital  d.  convalescents. 

BIBLIOGRAPHIE. 

Autman'n.  — Traitement  local  de  l'hypertrophi  >  prostatique 
par  les  eaux  radio-actives.  (Wieiisr  liliilüch.  Wocll.,  n"  49.) 

Angelby.  —  De  l'infection  intestinale.  Son  traitement  par 
les  eaux  de  Châtel-Guyon.  d’/tj/dr.,  de  ofi'/!.  et  de  phy- 

siolA. .juillet  1904.) 

C ARLES.  — Arcachon.  [Gazette  des  Eaux,  12  oct.  1905. i 
Carles.  —  Les  eaux  mi.nerales  dites  indéterminées.  {Journ. 
de  7ned.de  Boi'deaux,  oct.  igoS.) 

Danjoo.  —  Rennes-les-Bains  (.Aude).  [  P /-esse  Ihei-rn,  10  août 
1905.) 

Delmas.  —  Action  physologique  des  boues  de  Dax.  [üax 
médical,  juillet  igoS.) 

Espine  (d')  (de  Genève).  —  La  cure  marine  de  la  scrofule  à 
l’asile  Dolfus  de  Cannes.  [Gaz.  des  Eaux,  14  sept.  igoS.) 

Gandy.  —  Climatologie  et  climatothérapie  du  Sud-Ouest 
français.  [Gaz.  des  Eaux,  10  août  igoé  et  sq.) 

Graux  (Lucien).  —  La  Commission  des  stations  hydromi¬ 
nérales.  (Tribune  médicale,  22  juillet  igoS.) 

Heitz.  —  Du  retour  des  sensibilités  profondes  et  spéciale¬ 
ment  de  la  sensibilité  osseuse  chez  les  tabétiques  par  l’action 
des  bains  carbo-gazeux.  (.4rc/t.  yénéi’.  de  méd.,zi  fév.  igoS.) 

Layet.  —  La  vie  humaine  entre  les  tropiques.  (Gazette  des 
Eaux,  26  oct.  igoS  et  sq.) 

Niepce.—  L’inhalalion  à  Allevard.  {Presse  t/icrm.,  10  octobre 
1905.) 

Mouren.  —  Sur  la  composition  chimique  des  lué'anges 
gazeux  radioactifs  qui  se  dégagent  de  l’eau  de  quelques  sources 
thermales.  Présence  de  l’hélium.  [Journ.  de  physiolh.,  i5  fév. 
1903,  p.  56.) 

Pailiias.  — Balnéation  et  hydrothérapie  dans  le  traitement 


des  maladies  mentales.  (Congrès  des  7nédecins  alién.et  neui'pl.de 
langue  jrançaise.  (Rennes,  août  igoS.) 

Pelon.  —  Les  eaux  sulfurées  des  Pyrénées  et  spécialement 
de  Luchon.  {Montpellier  médical,  3o  }siavieT  igoS.) 

Petit.  —  L’eczémaet  son  traitement  interne. (Prme 
10  nov.  igoS.) 

Riesenfeld.  —  Teneur  en  radium  des  sources  thermale  . 
(Deutsche  med.  Wochensch) if t,  5  ianv.  i9o5,p.  ig.) 


VARIA 

La  Mutuelle  générale  des  médecins  français. 

La  .Mutuelle  Générale  des  .Médecins  fi-ançais,  créée  en  confor¬ 
mité  de  la  loi  de  18Ü8,  vient  d'être  approuvée  par  un  arrêté  du 
ministre  de  l’intérieur  en  date  du  12janvier  RIOfi. 

Pourquoi  les  organisateurs  ont-ils  choisi  le  type  d’une  so¬ 
ciété  de  secours  mutuels  analogues  à  celle  des  ouvriers  et  des 
employés.  D’abord  parce  que,  il  n'y  a  pas  défaussé  honte  à 
l’avouer,  en  France  beaucoup  de  médecins  n'ont  pas  un  gain 
journalier  plus  élevéou  une  fortune  supérieure  à  cellede  toute 
une  catégorie  d’ouvriers  ou  d'employés,  qui  forment  la  clien¬ 
tèle  habituelle  des  Mutualités.  En  second  lieu  parce  que  si. 
pour  offrir  plus  de  sécurité  aux  confrères,  ils  veulent  bien  ac¬ 
cepter  le  contrôle  rigoureux  de  l'Ftat.  ils  veulent  également 
jouir  des  avantages  accordés  aux  sociétés  mutuelles  approu¬ 
vées  :  subventions  de  l’Etat,  des  départements  et  des  commu¬ 
nes, placements  des  fonds  à  la  Caisse  des  dépôtset  consigna  lions 
avec  intérêt  de  4  1/2  0/0,  faculté  de  recevoir  des  dons  et  legs 
immobiliers,  exemption  du  timbre  et  de  l'enregistrement 
pour  tous  les  actes  de  la  société,  une  remise  de  la  taxe  muni¬ 
cipale  sur  les  convois,  des  locaux  gratuits  pour  les  réunions, 
le  droit  de  posséder  et  acquérir  des  immeubles  jusqu’à  con¬ 
currence  des3/4de  leur  avoir,  de  les  vendre  et  de  les  changer. 
Cette  société  est  largement  ouverte  ;  elle  admettes  étudiants 
en  médecine,  les  médecins  civils  et  militaires,  leurs  femmes. 
Les  limites  d'âge  sont  20  ans  et  OO  ans.  Elle  assure  à  ses  mem¬ 
bres  T)  francs  par  jour  en  cas  de  maladie  et  d’accidents  pen¬ 
dant  2  mois,  4  francs  pendant  le  3'  mois,  puis  des  secours 
renouvables,  elle  accorde  au  décès  du  sociétaire  1.000  francs 
à  ses  ayants  droit,  environ  300  francs  de  retraite  à  GO  ou  à5ü 
ans,  après  15  ans  de  participation  selon  que  l’on  aura  adopté 
la  combinaison  A  ou  B.  Cette  somme  peut  être  augmentée 
par  des  secours  ou  allocations  annuelles  renouvables. 

La  société  a  eu  pour  but  d’assurer  à  la  famille  médicale  un 
minimum,  la  bouchée  de  pain  indispensable  à  l’existence, 
permettant  ainsi  aux  médecins  de  compléter  ce  minimum 
dans  les  sociétés  de  prévoyance  médicales  déjà  existantes. 
La  modestie  de  ses  prétentions  ne  peut  ainsi  porter  ombrage 
à  ses  aînées. 

Les  secours  et  les  allocations  renouvelables  qui  permettent 
d’augmenter  le  minimum  prévu  par  la  loi  dépend  en  grande 
partie  des  ressources  supplémentaires  et  surtout  des  cotisa¬ 
tions  des  membresfondateurs,  bienfaiteurs,  honoraires,  et  do¬ 
nateurs  .  Les  organisateurs  sont  assurés  de  ne  pas  être  in¬ 
duits  en  erreur  quand  ils  pensent  que  les  maîtres,  les  favoris 
du  sort,  seront  heureux  de  contribuer  à  l’amélioration  de  b 
condition  de  leurs  confrères  moins  fortunés,  que  les  grands 
fabricants  de  spécialités,  les  villes  d’eaux,  les  établi ssement^ 
thermaux,  etc.,  voudront  les  aider  dans  leur  œuvre, 
intéresser  d’une  façon  honorable  à  leur  fortune  dont  les  pra' 
ticiens  ont  été  de  tout  temps  les  ouvriers  bénévoles. 

Le  Conseil  Provisoire  comprend  les  organisateurs  de  la  So¬ 
ciété,  D''  IIyvert  (de  Nérondes) Cher  ;  Vimont,  8,  rueEtienn® 
Marcel,  Paris  ;  Secrétaire,  D'' Laisse  y,  38,  rueOrdener,  Paris  > 
Trésorier,  1)''  Cot..r,  à  Vichy  ;  (du  octobre  au  15  mai), 
rue  de  l’Etablissement  Thermal,  à  Paris  (du  15  maiau  1"^  oc¬ 
tobre),  25!l.  avenue  Daumesnil. 

LesD"  Grange, 72,  Avenuedela  République,  Paris;  VinM 
5,  rue  Bourlan.  Alger  ;  Haude,  au  Buisson,  par  Coin<ïi 
(.Aisne). 

La  lutte  contre  l’alcoolisme  en  Alsace-Lorraine- 

Un  correspondant  de  .Metz  écrit  au  Temps  : 

l.e  directeur  général  des  chemins  de  fer  d’Alsace- LorraiO* 


.  LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


a  interdit,  àpartirdu  pf  février,  l’usage  des  boissons  alcooli¬ 
ques  pendant  les  heures  de  service  à  tous  les  employés  et 
ouvriers  des  chemins  de  fer.  Cette  interdiction  s’étend  à 
tous  les  services  sans  exception  et  à  toutes  les  heures  de  la 
journée.Toute  contravention  à  cet  ordre  serapiinie  d'une  mise 
à  pied,  et  en  cas  de  récidive  du  renvoi  définitif  de  l’adminis¬ 
tration.  Aux  ateliers  des  chemins  de  fer  d’Alsace-Lorraine, 
qui  occupent  à  Montigny.  près  Metz,  deux  mille  ouvriers, 
cette  mesure  a  provoqué  lundi,  une  certaine  effervescence  ; 
mais  la  présence  dans  les  ateliers  des  ingénieurs  et  des  hauts 
fonctionnaires  de  l’administration,  qui  déclarèrent  être,  eux 
aussi,  soumis  aux  mêmes  prescriptions,  la  calma  bientôt. 
Cette  mesurea  été  prise  à  la  suite  des  accidents  trop  fréquents 
qui  se  sont  produits  depuis  un  an  tant  dans  le  service  actif 
des  chemins  de  fer  que  dans  les  ateliers. 

La  tuberculose  et  les  municipalités. 

Signalons  une  tentative  très  intéressante  que  vient  de 
prendre  V Association  communale  de  France  en  organisant  de 
grandes  conférences  sur  les  questions  municipales.  M.  Mon- 
theuil,  qui  en  est  l’âme  et  qui,  on  le  sait,  dirige  avec  tant  de 
succès  la.  Revne  municipale,  a  fait  appel, pour  la  première  con¬ 
férence  à  M.  le  D'  Rénon,  médecin  de  la  Pitié,  professeur 
agrégé,  âl.  Henri  Monod,  directeur  honoraire  de  l’Assistance 
présidait. 

M.  Rénon  avait  pris  pour  sujet  :  la  tuberculose  et  les  mu¬ 
nicipalités.  C’est  en  termes  très  heureux  que  l’orateur  a  mon¬ 
tré  à  son  auditoire  composé  de  maires  et  de  conseillers  mu¬ 
nicipaux  que  les  municipalités  pouvaient  lutter  avec  effica¬ 
cité  contre  deux  grandes  causes  de  la  tuberculose  :  l’alcoo¬ 
lisme  et  l’obscurité. 

L'emploi  du  blanc  de  céruse. 

On  vient  de  distribuer  le  rapport  de  M.  le  D''  Treille,  an¬ 
cien  sénateur,  sur  l’emploi  du  blanc  de  céruse,  à  la  com¬ 
mission  du  Sénat  nommée  à  cet  effet.  Voici  les  conclusions 
de  ce  rapport  : 

Sur  174  anciens  peintres  qui  étaient,  à  des  titres  divers, 
pensionnaires  des  hospices  de  France  en  1904,  27  seulement 
présentaient  des  infirmités  considérées  comme  d’origine  pro¬ 
fessionnelle.  En  supposant  même  que  l’on  doive  ajouter  en¬ 
core  à  ce  chiffre  un  nombre  double,  pour  les  peintres  infir¬ 
mes  qui  pourraient  ne  pas  être  hospitalisés,  nous  sommes 
loin,  de  toute  manière,  des  milliers  d’estropiés  par  la  céruse, 
dont  parlaient  les  formules  accréditées  jusqu'à  ce  jour. 

•Nous  n'avons  pas  eu  davantage  la  confirmation  d’une  mor¬ 
talité  excessive  des  peintres,  due  à  l'exercice  de  la  profes¬ 
sion. 

En  admettant  que  le  minium  ou  les  autres  produits  à 
base  de  plomb  employés  dans  la  peinture  ne  dussent  être 
comptés  pour  rien,  non  plus  que  l’alcoolisme,  la  mortalité 
saturnine  pour  les  peintres  en  bâtiment  serait  annuellement 
aux  hôpitaux,  tout  compte  largement  fait,  d'une  dizaine  de 
décès  environ  pour  toute  la  France,  soit  1  décès  par  7  ou 
8,tXX)  peintres. 

LES  CONGRÈS 
Croisière  des  médecins  français 

Organisée  à  l’occasion  du  XV‘ Congrès  inlernalional  de  Médecine 
(Lisbonne,  19-26  avril  1906) 

L  grandnombrede  Médecins  déjà  inscrits  au  Congrès  In¬ 
ternational  de  Médecine  va  augmenter  les  difficultés  de 
trouver  à  Lisbonne  des  logements  suffisants  pour  abriter  les 
Congressistes  ;  aussi  des  croisières  ont-elles  été  préparées,  de 
puis  plusieurs  semaines,  par  les  étrangers.  C’est  ainsi  que 
sur  les  rives  du  Tage  les  pavillons  anglais,  allemand,  amé¬ 
ricain,  seront  représentés  par  nombre  de  navires. 

En  présence  de  ce  mouvement  on  a  pensé  qu’il  serait  bon 
de  voir  egalement  flotter,  là-bas,  les  couleurs  de  la  France. 
En  navire  a  été  retenu,  l’Étoi/c,  probablement,  dont  le  nom 
est  de  bon  augure.Ge  bateau  de  plaisance,  aménagé  avec  tout 
le  confort  moderne,  partira  de  Marseille  le  8  avril,  touchera 
aux  rives  fleuries  de  Majorque,  fera  escale  àMalaga.  Là,  un 
Ifain  spécial,  après  avoir  traversé  les  gorges  merveilleuses 


d’El  Choro.  amènera  la  caravane  à  Grenade, la  capitale  splen- 
dine  des  Rois  maures,  où  l'on  retrouve  à  chaque  pas  les  ves¬ 
tiges  d’une  civilisation  presque  disparue  ;  ensuite,  escale  à 
Tanger  ;  visite  de  la  ville  surlaquelle  le  monde  a  aujourdhui 
les  yeux  fixés.  Le  groupe  se  dirigera  alors  sur  Cadix,  et,  re- 
I  montant  le  Guadalquivir,  arrivera  à  Séville  pour  assister  aux 
i  fêtes  si  originales  du  Samedi-Saint  et  du  jour  de  Pâques.  A 
Séville,  le  bateau  servira  d’hôtel  ;  repas  et  séjour  à  bord, sans 
aucun  dérangement.  Après,  viendra  Cordoue,  où  l’on  ira  par 
train  spécial  (Mosquée,  l’une  des  plus  belles  et  des  plus  an¬ 
ciennes  du  monde).  Enfin  nouveau  séjour  à  Séville  pour  la 
visite  des  monuments,  l’Ab  azar  et  ses  jardins,  la  Cathédrale 
et  la  Tour  de  Giralda,  etc.  Et  arrivée  à  Lisbonne.  Durant  le 
Congrès,  repas  et  séjour  à  bord,  promenades  dans  les  envi¬ 
rons,  probablement  excursion  à  Porto  par  le  bateau.  Après  les 
fêtes  du  Congrès,  retour  à  Marseille  par  Algésiras,  le  détroit 
de  Gibraltar  etlescôtes  d’Espagne. 

Prix  du  voyage  de  Marseille  à  Marseille, tewt  compris'  (trans¬ 
port,  nourriture,  excursions  en  trains  spéciaux,  visites,  entrée 
promenades  en  groupes,  pourboires)  :  S-ôO  francs.  Durée  du 
voyage  ;  23  jours.  Retour  à  Marseille  le  30  avril  dans  l’après- 
midi.  La  Compagnie  P.  L  M.  accordera  des  permis  de  demi- 
tarif  pour  Marseille  et  retour.Il  a  paru  néx«ssaire,  pour  labon- 
ne  réussite  du  projeten  cours,  que  son  organisation  demeu¬ 
rât  impersonnelle.  Il  est  indispensable  cependantde  créer  un 
centre  de  renseignements.  J'ai  été  choisi  comme  «  Boîte  aux 
Lettres  ».  C'est  donc  au  Docteur  Hei.me,  10,  rue  de  Saint-Pé- 
terbourg,  Paris,  que  lesadliésions  ou  demandes  de  renseigne¬ 
ments  devront  être  adressées. 

Pour  que  la  croisière  ait  lieu,  il  faut  au  moins  cent  adhé¬ 
sions.  Sont  admis  les  Médecins,  Etudiants  et  leur  famille, 
voire  même  drs  amis.présentés  par  un  membre  du  corps  mé¬ 
dical.  M.  Heuzé,  qui  s'occupe  depuis  près  de  huit  ans  de  l'or¬ 
ganisation  matérielle  des  V.  E.  M.,  dirigera  la  caravane.  C’est 
dire  que  les  excursionnistes  sont  assurés  de  tout  le  confort  et 
de  tous  les  soins  possibles. 

N.  B.  —  Les  places  à  bord  seront  attribuées  dans  l’ordre 
d’inscription.  Chaque  cabine  ne  comportera  que  deux  occu¬ 
pants,  trois  ou  quatre  si  on  le  désire,  mais  dans  ce  dernier 
cas  on  devra  en  faire  la  demande  et  indiquer  ses  compagnons 
de  route. 

Adresser  les  adhésions  et  souscriptions  au  Docteur  Helme, 
10,  rue  Saint-Pétersbourg,  Paris.  15  mars.  Terme  de  rigueur. 


NÉCROLOGIE 

Notre  rédacteur  en  chef  vient  d’être  cruellement 
éprouvé  par  la  mort  de  Madame  Bourneville,  décédée 
le  10  février  à  l’âge  de  58  ans,  après  une  courte  maladie. 
L’incinération  de  Madame  Bourneville  a  eu  lieu  le  lundi 
12 février,  au  cimetière  du  Père-Lachaise,  où  de  nom¬ 
breux  amis,  élèves  et  collaborateurs  sont  venus  témoi¬ 
gner  à  M.  Bourneville  et  à  sa  famille  leur  respectueuse 
sympathie. 

Le  D  H  CUFFER 

Médecin  de  l’hôpital  Necker, 

On  annonce  de  Cannes  la  mort  de  M.  le  D’  P.  GuÉTer. 

Né  en  1850,  interne  des  hôpitaux  en  1873,  médaille 
d’or  en  1877,  docteur  en  1878,  il  était  reçu  en  1881  mé¬ 
decin  des  hôpitaux.Le  D'  Cuffer  abandonna  les  concours 
pour  se  consacrer  à  la  clientèle.  Il  publia  cependant 
quelques  travaux  importants, notamment  sur  les  néphri¬ 
tes  et  sur  la  séméiologie  cardiaque. Sa  thèse  inaugurale 
a  pour  titre.  Recherches  cliniques  et  expérimentales  sur 
les  alterations  du  sang  dans  l'urémie  et  sur  la  pathogénie 
des  accidents  urémiques.  Nous  ne  saurions  oublier  que 
M .  Cuffer  publia  dans  le  Progrès  médical  son  premier 
mémoire  important.  C’est  un  travail  paru  en  1877,  lors 
de  sa  dernière  année  d  internat,  intitulé  ;  Des  causes  qui 
peuvent  muaijier  les  bruits  de  souffle  cardiaque  et  en  par- 


110 


LE  PROGRÈS  MEDICAL  . 


ticulier  de  ses  modifications  sous  l'influence  des  change¬ 
ments  de  position  des  malades. 

- '  - 

Kctes  et  Thèses  de  la  Faculté  de  Médecine  de  Paris. 

Thèses  de  doctorat.  —  Mercredi,  2 1  février.  —  M.  Laçasse  : 
Contribution  à  l’étude  des  hernies  ombilicales  dites  cong-énilales. 
Hernies  des  nouveau -nés  et  des  enfants  (MM.  Pinard,  Déjerine. 
Lepage,  Legry).  —  M.  Rasis  :  Indications  du  curettage  dans  les  ac¬ 
cidents  fébriles  post-partum  jMM.  Pinard,  Uéjeriiie  Lepage,  Le¬ 
gry).  —  Mlle  Francillon  :  Essais  sur  la  puberté  chez  la  femme  (MM. 
Déjerine,  Pinard,  Lepage,  Legry). 

Jeudi,  2  2.  —  Àf.  Hallopeau  :  Contribution  à  l’étude  des  tumeurs 
malignes  de  la  prostate  (MM.  Le  Dentu,  De  Lapersonne,  Auvray, 
deMorestint.  — M. Bichon  :  Durôledes  infections,  particulièrement 
de  la  syphilis,  dans  la  production  des  lésions  de  la  myopie  progres¬ 
sive  (MM.  De  Lapersonne,  Le  Denlu,Auvray,  Morestin. 

Examens  de  doctorat.  —  Lundi,  i  p  février.  —  (Médecine  opéra¬ 
toire,  Ecole  pratique)  :  MM.  Segond,  Mauclaire,  Cunéo.  —  3“  (1" 
partie.  Oral,  Salle  Béclard)  :  MM.  Terrier.  Wallich,  Branca.  —  5' 
(2"  partie.  P'  série,  Hôtel-Dieu)  ;  MM.  Brissaud,  Tcissier,  Legry.  — 
5*  {2*  partie,  2«  série,  Hôtel-Dieu)  :  MM. Roger,  Claude,  Labbé  (Mar- 

Mardi,  2ofévrier.  — (Médecine  opératoire.  Ecole  pratique):  MM. 
Berger,  Poirier,  Marion.  —  4*  (Salle  Broussais)  :  MM.  Gilbert,  Lan¬ 
glois,  Richaud.  —  5”  (Chirurgie.  P'  partie.  Charité)  :  MM.  Guyon, 
De  Lapersonne,  Faure.  —  5”  (2*  partie,  1"  série.  Charité)  :  MM. 
Dieulafoy,  Dupré,  Renon.  — 5'  (2*  partie,  2*  série.  Charité)  :  MM.  Ro¬ 
bin,  Jeanselme,  Carnot. 

Mercredi,  2 1  février.  —  Médecine  opératoire  (Ecole  pratique)  :  MM. 
Reclus,  Cunéo,  Pierre  Duval.  —  3'  (1"  partie,  P'  série.  Oral,  Salle 
Béclard)  :  M  .VI.  Terrier,  Sébileau,  Potocki  — 3”  (P”  partie,  2'  série. 
Oral,  Salle  Corvisart)  :  MM.  Kirmisson,  ’VVallich,  Branca.  —  4"  (Sal¬ 
le  Pasteur)  :  MM  Pouchet,  Richaud,  Ballhazard. 

Jeudi,  2  2  février.  — Médecine  opératoire  (Ecole  pratique)  .  MM. 
Pozzi,  Poirier,  Faure.  —  3‘ (2"  partie.  Laboratoire  des  travaux  pra¬ 
tiques  d’anatomie  pathologique)  :  MM.  Cornil,  Guiard,  Maillard.  — 
3*  (P"  partie.  Oral,  Salle  Broussais)  :  MM.  Berger,  Launois,  Brin- 

Vendredi,  23  février.  —  fMédecine  opératoire.  Ecole  pratique  : 
MM.  Terrier,  Cunéo,  Pierre  Duval.  —3"  (P'  partie.  Oral,  Salle  Char¬ 
cot)  :  MM.  Reclus,  Potocki,  Branca.  —  5'  (Chirurgie.  1"  partie,  P” 
série.  N’ecker)  :  MM.  Segond,  Legueu,  Gossel.  —  5*  (Chirurgie, 
P*  partie,  2'' série,  Necker)  :  MM.  Delens,  Mauclaire,  Proust. 

Samedi,  24  février.  —  (Médecine  opératoire.  Ecole  pratique)  :  MM. 
Le  Dentu,  Poirier,  Auvray.  —3*(2' partie.  Oral.  Salle  Pasteur)  :  MM. 
Hutinel,  (îouget,  Guiart.  —  5"  fObstéIrique,  Impartie,  Clinique  Tar- 
hier)  :  MM.  Maygrier,  Demelin,  Brindeau. 


FORMULFS 

XIII.  —  Contre  les  angines  et  l’érysipèle. 

Lenhaclz  {Miinch.  med.  Wock.  et  Berlin  klin. ,  Woch.,  1905, 
tité  par  les.Arcft.  gcn.  deméd.,  du  6  février  1900)  aurait  retiré 
dés  effets  merveilleux  en  .donnant,  toutes  les  3  ou  4  heures, 
deux  cuillerées  h  soupe  de  salicylate  de  fer  ainsi  préparé  : 

Salicylate  de  soude .  4  gr. 

Eau .  00  cc. 

Ajoutez  successivement  : 

Teinture  de  perchlorure  de  fer .  7  cc. 

Chlorate  de  potasse . . .  2  gr. 

Glycérine .  15  cc. 

Eau . q.  s.  p.  24()  cc. 


La  Nei  vocithine  a  un  pouvoir  actif  certain,  à  la  fois  sur  les 
système  nerveux,  clef  de  la  régularisation  vitale,  et  sur  le 
système  musculaire  :  elle  est  donc  douée  d'une  activité  géné¬ 
rale  de  premier  ordre 


CONFÉRENCB  DE  BeHRING  A  GeRI.IN  SUR  L.\  TUBERCUI.OSE  ET 

LE  Bovo-VACCIN.  —  Lo  Pc  Beliring  a  cxposé  dans  une  conférence 
publique,  le  8  février  le  résultat  de  ses  travaux.  11  préserverait  les 
bovidés  par  son  bovo-vaccin  et  obtiendrait  avec  la  tuberculose  la 
guérison  de  vaches  atteintes  de  phtisie.  Le  public  aurait  assez 
froidement  accueilli  la  communication  du  savant  bactériologiste. 
(  S  il  f^  en  croire  un  correspondant  du  .Vatin  une  opposition  sys¬ 
tématique  lui  aprait  été  manifestée  par  les  représentants  du  minis¬ 
tère  de  l’Agriculture  et  les  élèves  de  R.  Koch. 


NOÜV^ES 

Natalité  dk  Paris.  —  Du  dimanche  21  janvier  1905  an  samedi 
27  janvier  Î9C6.  les  naissances  ont  été  au  nombre  de  1.016,  se  dé¬ 
composant  ainsi  :  légitimes  749,  illégitimes  267. 

Mortalité  a  Paris.  —  Population  d'après  le  recensement  de 
1901  :  2.660.559  habitants.  Les  décès  ont  été  au  nombre  de  951, 
savoir  :  479  hommes  et  472  femmes.  Les  décès  sont  dus  aux 
causes  suivantes  :  Fièvre  typhoïde  ityphus  abdomin.)  ;  4.  — 
Typhus  exanthématique  :  0.  —  Fièvre  intermittente  et  cachexie 
palustre  :  0  Variole  :  2  —  Rougeoie  ;  22  Scarlatine  :  1. 

—  Coqueluche:  1.  —  Diphtérie  et  Croup  :  4.  —  Grippe  :  4. 

—  Choléra  asiatique  ;  0.  —  Choléra  nostras  :  0.  —  Autres 
maladies  épidémiques  :  3.  —  Tubercuiose  des  poumons  :  182.  — 
Tuberculose  des  méninges  :  27.  —  Antres  tuberculoses  :  18.  — 
Cai.cer  et  autres  tumeurs  malignes  :  68.  —  Méningite  simple  :  20. 

—  Conaesiion  hémorrhagique  et  ramollissement  du  cerveau  :  56. 

—  Maladies  organiques  du  coeur  :  66.  —  Bronchite  aiguë  :  10. 

—  Bronchite  chronique  :  19.  — Pneumonie  :  31.  —  Autres  affec¬ 
tions  de  l’appareil  respiratoire  :  99.  —  Affections  de  l’estomac 

cancer  exc.)  :  7.  -  Diarrhée  et  entérite  de  0  à  1  an  :  sein  ;  3  :  au- 
're  alimentation  :  17  -  Diarrhée  et  entérite  de  1  à2ans  :  0. —  Her¬ 
nies.  obstruction  intestinale  :  10.  —  Cirrhose  du  foie  :  15.  —  Néphrite 
et  mal  de  Bright  ;  29.  -  Tumeurs  non  cancéreuses  et  autres  ma¬ 
ladies  des  organes  génitaux  (femmes)  :  7.  —  Septicémie  puerpérale 
(fièvre,  péritonite,  phlébite  puerpérale)  ;  6.  —  Autres  accidents 
puerpéraux  de  ia  grossesse  et  de  l'accouoiiement  :  0.  —  Débilité 
congénitale  et  vices  de  conformation  ;  32.  -  Débilité  senile  :  42. 

—  Morts  violentes:  16. —  Suicides  :  5.  —  Autres  maladies  :  107. 

—  Maladies  inconnues  ou  mal  définies  :  23. 

Mort-nés  et  morts  avant  leur  inscription:  69.  qui  se  décom¬ 
posent  ainsi  :  légitimes  45.  illégitimes  24 

Prix  et  récompenses  accordés  pour  ée  service  de  la  vac¬ 
cine  EN  1904.  —  I"  Un  prix  de  1.000  fr.  à  M.  le  Dr  Arnould  (mé¬ 
decin  des  troupes  coloniales). 

2”  Médailles  d'or.  —  MM.  les  D^' Fuzet  du  Pouget  (de  Castel- 
jau)  ;  Le  Guéyel  (de  Pont-l’Abbé)  ;  Peihiot  (du  Conquet).  3  "Rap¬ 
pels  de  médailles  d'or.  —  MM.  les  D’’'^  Bossion  (de  Saint-Ar- 
nauld)  ;  Ciaudo  (de  Nice!  ;  Dorain  (de  Nantes)  ;  Poujol  (d'Aïn- 
Bessem)  ;  de  Welling  (de  RouenI  ;  Busquet  (médecin  militairei. 

A"  Médailles  de  vermeil.  —  MM.  les  Dr»  Colin  (de  Quimper  )  ; 
Gouez  (de  Plougastel-Daoulas)  :  Latour  (du  Puy)  ;  Reny  (de  Long- 
wyl  ;  Sanquer  (de  Morlaix)  ;  Houillon  (médecin  des  troupes  colo¬ 
niales!.  5°  Rappels  ae  médailles  de  vermeil.  —  MM.  les  iJr» 
Caraescasse  (de  Saint-Arnoult)  ;  Chabaud  (de  Lavelade)  ;  Cour- 
tade  (d'Outarville)  ;  Denizet  (de  Château-Landon)  ;  Frémicourt 
(de  Jaulgonne)  ;  Gagniéreide  Saint  Chefi  ;  Morvan  (de  Pleyben). 

6°  Médailles  d’arpent.  —  MM.  les  Dr»  Agniel  (de  Bagnols-sur- 
Cère)  ;  Alirol  (du  Puy)  ;  Aubry  1  de  Campbon)  ;  Auger  (de  Bel- 
bec)  ;  Balland  (de  Paris!  ;  Benoist  (de  Guémené-Penfaol  ;  Bergo- 
ret  (de  Bourgoin)  ;  Bertoye  de  Villeurbanne)  ;  Braillon  (de  Pa- 
risl  ;  Briot  (de  ChaussinI  :  Cailleteau  (de  Saint-l’hibert-de-Grand- 
lieu)  ;  Chatelier  (de  Saint- Vincent-des-Landes)  ;  Chevrot  (de  Rlet- 
terans)  ;  M.  Coliez  (de  Longwy)  ;  Contai  (de  Blénod-les-Toul)  ; 
Courvoisier  (de  Champagnole)  ;  Crouigiieau  (de  ParisI  ;  Daum 
(de  Saint-Lupioin)  ;  Deville  (de  Toulon!  ;  Dodin  (de  Challans)  ; 
Douare  (de  Saint -Siméon-dc-Bressieux)  ;  Ducos  (de  Viella)  ;  Du¬ 
four  (de  Co'rné)  ;  Evrard  (de  Vernantes)  ;  Fournial  (de  Montras- 
truc)  ;  Fourrier  (de  Briey!  ;  Greslé  (de  Guenrouet)  :  Haut  (de 
Villers-la-Montagne)  ;  deJaegher  (de  Carha^x)  ;  Joly(de  Mendei; 
Lamarche  (de  Florac)  ;  Lamothe  (de  GraniatI  ;  Le  Gabon  (de  Plo- 
gastel-Saint-Germain)  ;  Leraitre  (de  Beauvais)  ;  Lévy  (de  Nan¬ 
cy)^  Luquet(de  Toulon-.sur-Arroux  1  ;  P.  Magnin  (de  ParisI  ;  Mal 
bos  (de  (youdargues!  ;  Mansion  (de  Nomény)  ;  Marchai  (de  Saint- 
Nicolas-du-Port!  ;  Massé  (de  Moirans-du-Jurai  ;  Mérop  (d’Audier- 
ne)  ;  Ollivet  (du  'Vigan)  ;Ott  (de  Lillebonne!  ;  Panel  (de  Rouen)  ; 
Parmentier  (de  Flize)  ;  Portalier  (de  Florac)  ;  Pottevin  (du  Ilavre): 
Rapp  (deCirey)  ;  Robert  (d’ArboisI  :  Rochette  (du  Cheylardi  ; 
Schmitt  (de  Baccarat)  ;  Toigne(de  Cazères-sur-(4aronne!  :  Rran- 
(médecin  des  troupes  coloniales)  ;  Félix,  Galli-Valcrio  (de  Lau¬ 
sanne!. 

Rappels  de  médailles. l'argent.  —  MM.  les  Dr»  Abrial  (du 
Puy)  ;  Azéma  (d’Aurignacl  ;  de  Béclion  (de  Brest)  ;  Behr  (d’Yve- 
-tot)  ;  Berraondy  (de  Nice)  ;  Bois  (de  Paris)  ;  Bonnet  (de  Saint-Ge- 
nis-l.aval)  ;  Boyt  (deLamastrel  ;  Calmeau  (de  Pans)  ;  Gazai  (de 
Toulouse)  :  Charpenel  (de  Narbonne)  ;  Daday  (de  Bourg-d'Oi- 
sans)  :  V.  Delarue,  Dubreuil  (de  Paris)  ;  F.  Ducournau  (de  Be- 
nesse-Maremne)  ;  Faure  (de  Lonbens)  ;  Krasey  (del’arisi;  Gazzo- 
la  (de  Nice)  :  E,-A.  Gérard  (de  Paris)  ;  Girard  (de  Cannes);  H. 
Gourichon,  L.  Gourichon  ^de  Paris)  :  Guers  (de  Mouzaïaville)  : 
Hamaide  ((ie  Paris(  ;  Isnel  (de  Vizille)  :  Lagarde  (de  Vais)  ;  Le 
Cocjuil  (de  Cliàteauneuf)  ;  Messier  (de  Badonviller)  ;  Michel  (de 
Cavaillonj  ;  Miquel  (de  Paris)  ;  Pactet  (de  Mont-sous- Vaudrev;  ; 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


111 


Pascalis  (de  Paris)  ;  Quintin  (de  Malestroit)  ;  Recht,  E.-L.  Ri* 
chard  (de  Parisi  :  Rondet  (de  Neuville)  ;  Rouvier  (de  Voiron)  ; 
Sage  (de  la  Tour-du-Pin)  ;  Tagnard  (de  La  Mure)  ;  Talazac  (de 
risle-en-Dodon)  ;  Tolédano  (de  Paris)  ;  Trémoureux  (de  Niort)  ; 
Trouillet  (de  Kairouan)  ;  Valette  (de  Cahors)  ;  Vitry,  Zibelin  (de 
Paris)  ;  Malafosse.  Sandras  (médecins  militaires). 

8°  Médailles  de  bronze. —  MM.  les  D''  Dépéret-Muret  (de  Paris). 
Ménard  (de  Port-Gueydon)  ;  Merle  (de  Djendel)  ;  Paisseau  (de 
Paris);  Trenga  (de  Tablat)  ;  Trulïet  (de  Seyssel)  ;  Pelegrin,  Syl¬ 
vestre  (médecins  militaires)  ;  Chagnolleau,  de  Goyon  (médecins 
des  troupes  coloniales). 

Rappel  de  médaille  de  bronze:  M.leD^'Blind,  de  Paris. 

Légion  d’honneur.  —  'ommandeurs  :  le  D''  Lucas-Cham- 

pionnière  ;  —  Officiers  :  MM.  les  Dr»  Bodros  et  Mauriac,  de  l'ar¬ 
mée  territoriale  ; —  Chevaliers:  MM.  les  D''*  Dalché  et  Barbier, 
médecins  des  hôpitaux  de  Paris  ;  Humbert,  de  Rambouillet  ;.Mos- 
sonié  (de  la  réserve)  ;  Brault,  Butel,  Jacquemin,  Laurans,Schoull, 
Therre  et  Weiss  (médecins  de  l'armée  territoriale). 

Distinction. — La  Commission  permanente  d’hygiène  infantile  de 
l’Académie  de  médecine  vient  de  décerner  une  médaille  de  bronze 
à  M.  Diffloth, ingénieur  agro.iome,  directeur  de  la  «  Belle-Etoile  » 
pour  ses  beaux  travaux  sur  le  lait  dont  nous  avons  parlé  ici- 

Epidémie  de  syphilis  dans  une  garnison  Allemande.  —  Dans 
la  petite  ville  de  Morhange  (Alsace)  qui  compte  une  garnison  de 
7.0)00  hommes  pour  5.000  habitants,  le  taux  de  la  syphilis  dans 
l’élément  militaire  se  serait  élevé  à  plus  de  30  °/o.  Le  maire,  à  la 
réquisition  do  chef  de  corps,  aurait  interdit  dans  les  brasseries  et 
es  débits  le  personnel  féminin. 

Concours  de  l'Assistance  médicale.  —  Cinquante  et  un  can¬ 
didats  se  sont  fait  inscrire.  Le  Concours  s’ouvrira  le  mercredi  21 
février,  à  midi,  à  la  salle  des  concours  de  l’Administration,  49, 
rue  des  Saints-Pères. 

MM.  Barbier,  Menusier,  Boureille,  Oguse,  Legrand,  Bing,  Rein- 
burg,Beauvy,  Croll,Castex,  Facdouel,  Darin,  Eltchnninolï,Roohu, 
Blondin,  Signoret,  Sécheret,  Vincent.  Goüin,Catz,  Hutinel.  Oppen- 
heim,  Friedel,  l.echmann,  Luisi,  Cauzard,  Nicolas,  Bail,  Nau, 
Guitard,  Fatout,  Bonhomme"  Emannel,  Poisson,  Deschamps, 
Benoit,  Piérart,  Bernheim,  Nais,  Petit,  Hahn,  Hazard,  Leichnam, 
Poulain,  Bourilhet,  Chazal,  Broudic,  Poirault,  Wàhlen,  Mettex, 
Tourtourat,  sont  candidats. 

— Le  jury  du  concours  est  définitivement  composé  de  MM.Virey, 
Liandier,  Noir,  Puech,  Vigouroux. 

Cours  pratiques  par  d’anciens  internes.  —  Une  D'  série  de 
cours,  conçus  dans  un  esprit  absolument  pratique,  et  s'adressant 
surtout  aux  étudiants  à  la  fin  de  leurs  études  aura  lieu  du  5  mars 
au  28  mars  1906.  Chaque  cours  comprendra  lU  leçons  qui  se  sui¬ 
vront  à  deux  jours  d'intervalle  ;  pour  chacun  le  prix  d’inscription 
est  de  20  francs.  Cette  série  comprendra  les  cours  suivants  (à  heu¬ 
res  dilférentes)  : 


Lundi,  mercredi,  vendredi  :  Maladies  de  la  peau,  M.  Lenglet  ; 
Hydrologie,  M.  Esmonet  ;  Gynécologie  pratique,  M.  Bender  ; 
Maladies  nerveuses,  M.  Armand  Delille  ;  Voies  urinaires,  M. 
Minet  :  Chirurgie  journalière.  M.  Hugier  ;  Orthopédie,  M.  Tridon. 

Mardi,  jeudi,  samedi  :  Larynx,  nez,  oreilles,  M.  Bourgeois  ; 
Maladies  des  yeux,  M.  Terrien  ;  Maladies  des  appareils  respira¬ 
toires.  M.  Oppenheim  ;  Maladies  de  l’esto'mac  et  du  foie,  M.  Lipp- 
man  ;  Maladies  des  enfants,  M.  Bail  ;  Electrothérapie,  radiothé¬ 
rapie,  M.  Delherm  ;  Obstétrique,  M.  Jeannin. 

Pour  les  renseignements  et  l’inscription,  s’adresser,  13,  rue- 
Malebranche,  les  lundi,  mercredi,  vendredi,  de  2  à  4  h.,  ou  par 
correspondance  au  D''  Minet. 

Médecins  SERVANT -A  l’étranger. —  Sont  inscrits  d’office,  au 
titre  des  missions  :pour  médecins-majors  de  P'  cla.sse, le  médecin- 
major  de  2'  classe  Matignon,  de  la  mission  française  en  Mand¬ 
chourie  pendant  la  guerre  russo-japonaise  ;  pour  chevalier  de  la 
Légion  d’honneur,  le  médecin-major  de  2“  classe  Jafïary,  de  la 
mission  militaire  française  au  Maroc. 

Réorganisation  DU  CORPS  de  santé  maritime.  —  La  commis¬ 
sion  s  natoriale  de  la  marine  a  examiné  le  projet  relatif  à  la  réor¬ 
ganisation  du  corps  de  santé  de  la  marine.  Après  échange  d’ob¬ 
servations,  elle  a  décidé  d’entendre  le  ministre  de  la  marine  sur 
les  questions  des  écoles  annexes  et  sur  l’augmentation  du  nombre 
des  médecins  principaux. 

Un  NOUVEAU  JOURNAL. —  Nous  venonsde  recevoir  la  ChimieMé- 
dicale,  revue  nouvelle  des  travaux  de  la  chimie  appliquée  à  la 
thérapeutique,  publiée  par  M.  Jaubert,  docteur  ès-sciences.  Lon¬ 
gue  vie  et  prospérité  à  notre  nouveau  confrère. 

L.aicisation  des  Hospices  de  Grenoble.  —  Par  ordre  de  la 
municipalité,  les  crucifix  ont  été  enlevés  de  toutes  les  salles  des 
hospices  laïcisés  de  la  ville  de  Grenoble.  {.Semaine  religieuse  de 
Lyon,  2  fév.  ) 

Muséum  d’histoire  naturelle.  —  Cours  de  paléontologie. — 
M.  Marcellin  Boule,  professeur,  commencera  ce  cours  le  mercre¬ 
di  21  février  1906,  à  trois  heures,  et  le  continuera  le  vendredi  et  le 
mercredi  de  chaque  semaine,  à  la  même  heure  Dans  la  première 
partie,  le  professeur  terminera  l’étude  des  mammifères  fossiles . 
Dans  la  seconde  partie,  qui  s’ouvrira  le  2  mai,  il  traitera  de  la 
Paléontologie  humaine.  Les  leçons  seront  faites  dans  l’amphi¬ 
théâtre  des  nouvelles  galeries,  rue  de  Buffon,  n®  2.  Des  leçons 
complémentaires  et  d’un  caractère  plus  pratique  seront  données 
les  lundis  dans  la  galerie  ou  le  laboratoire  de  Paléontologie.  Le 
laboratoire  de  recherches,  rattaché  à  l’école  des  hautes  études,  est 
ouvert  tous  les  jours  de  dix  heures  du  matin  à  six  heures  du  soir. 

Chronique  des  hôpitaux. 

Concours  de  médecins  des  hôpitaux.-^  Jury  pour  iadmissi- 
bitîîé  aux  places  des  médecins  des  hôpitaux  :  MM.  Brault,  de 
Beurmann,  Thoinot,  Dalché,  Roger,  Labadie-Lagrave,  Florand, 
Comby,  Tapret  et  Moutard-Martin. 


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L’enfant,  revue  mensuelle  illustrée  consacrée  à  l’étude  de  tou¬ 
tes  questions  relatives  à  la  protection  de  l’enfance.  Directeurs-ré¬ 
dacteurs  en  chef,  MM.  Henri  Rollbt  et  Jacques  Teutsch,  13.  rue 
de  l’Ancienne-Gomédie.  France,  un  an,  5  fr.  ;  étranger,  6fr.  Nous 
appelons  vivement  l’attention  de  nos  lecteurs  sur  cette  très  inté¬ 
ressante  publication. 


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découvert  par  M.  Louis  OEQUt.ANT.  pharmacien,  38,  rue 
de  Clignancourt.  Paris,  i  Mémoires  déposés  à  l’Académie  de 
Médecine,  23  mars  1897.  8  mai  1898).  L'extrait  de  ces  Mémoires 
est  adressé  gracieusement  à  tous  les  médecins  qui  lui  en 
feront  la  demande.  Renseignements  gratuits  et  prix  de  faveur 

pour  tous  tes  membres  du  corps  médical. _ 

Le  Rédacteur-Gérant  :  Bournbvii.i.x. 

Imprimerie  Daix  prbreb  et  Thiron,  Clebmost  (Oise). 


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drastiques  contenus  dans  le  bulbe 
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24  FÉVRIER  1906 


Le  Progrès  Médical 


SOMMAIRE  ;  Radiologie  médicale  :  L’examen  radiosco¬ 
pique  de  l’estomac,  par  Konried.  —  Bulletin  :  La  réforme 
des  études  médicales,  par  j.  Noir.  —  Sociétés  Savantes  : 
Académie  de  Médecine  :  Dangers  sanitaires  de  l’émigration, 
par  Gliantemesse  ;  La  mortalité  tuberculeuse,  par  Brouar- 
del  ;  Traitement  de  l’ozène,  par  Hallopeau  ;  L’hygiène  à  Mada¬ 
gascar,  par  Kermorgant  ;  Le  sérum  antityphique  de  Chantemesse, 
par  Brunon  ;  Le  sérum  anti-dysentérique,  par  Vaillârt  et  Dopter; 
Suite  de  la  discussion  sur  la  mortalité  tuberculeuse,  par  Lave- 
ran  ;  Les  moustiques,  par  Kermorgant  (c.  r.  de  A.-F.  Plicque.) 
—  Société  de  chirurgie  :  Kyste  hydatique  du  foie,  par  Ghaput  ; 
Pancréatite  chronique,  par  Segond  ;  A  propos  du  tétanos,  par 
Meynier  (c.  r.  de  Gatz.)  —  Société  Médicale  des  Hôpitaux  : 
Oblitération  de  la  veine  cavé  supérieure,  par  Sergent  et  Gûm- 
bier  ;  Gas  type  de  mongolisme,  par  Goraby  ;  Œdème  pulmonaire 
au  cours  d’infections  pulmonaires,  par  Gaussade,  Milhit  et  de 
Jûng  ;  Pseudo-rhumatisme  infectieux  à  entérocoque,  par  Méné¬ 
trier  et  Duval  (c.  ■  r.  de  Friedel.)  —  Société  d'obstétrique  de 
Paris  :  Présentation  d’un  enfant  porteur  d’un  bec-de-lièvre  cica¬ 
trisé  congénital,  par  Macé  ;  Présentation  d’une  pièce  de  disten¬ 
sion  vésicale  chez  le  fœtus,  par  Herbinet  ;  De  la  pression  arté- 


RA,D10L0GIE  MÉDICALE 


L’examen  radioscopique  de  l’estomac 

Par  le  D"  KONRIED 

Médecin-directeur  des  Therme.s  t'aleiitia  (Monaco)  (1)  . 

Messieurs, 

L’examen  radiologique  prend  de  plus  en  plus  d’im¬ 
portance,  môme  dans  le  diagnostic  des  maladies  inter¬ 
nes. 

Pour  ceux,  Messieurs,  qui  suivent  attentivement  les 
progrès  de  cette  science,  il  résulte  le  fait  très  intéressant 
que,  dans  chaque  phase  de  son  développement,  le  pro¬ 
cès  est  à  l’instant  plus  reniarquahle  que  l’examen  par 
l’écran  fluorescent  :  l’examen  radioscopique  remplace 
l’examen  par  la  photographie. 

Et  ce  fait,  vous  le  comprendrez  hiên,  si  vous  y  pen¬ 
sez,  que  la  radioscopie  nous  montre  les  organes  qu’elle 
peut  atteindre  dans  leurs  différentes  positions,  de  tous 
les  côtés,  qu’elle  peut  nous  donner,  jusqu’à  un  certain 
degré,  une  idée  de  leur  fonction  et  nous  permet,  pour 
ainsi  dire,  d’entrer  dans  leur  vie  ;  tandis  que  la  photo¬ 
graphie,  môme  la  meilleure,  ne  peut  donner  qu’un  ins- 
fant  de  cette  vie,  une  phase  de  cette  fonction. 

C’est  pourquoi.  Messieurs,  j’emploie  de  préférence  ou 
presque  exclusivement  la  radioscopie,  en  me  réservant 
la  radiophotographie  pour  certains  buts  limités,  dans 
lesquels  elle  est  toutefois  indispensable. 

Boas  et  Lévy  Dorn  ont  été  les  premiers  qui, à  l’aide  de 
1  introduction  des  capsules  de  1  à  2  grammes  de  sous- 
aitrate  de  bismuth,  ont  essayé  d’obtenir  des  vues  radio¬ 
logiques  de  l’estomac. 

C’est  Rosenfeld  qui, le  premier,  proposa  d’obtenir,  par 
1  insufflation  d’air  dans  restomac,des  contours  plus  nets 
aocet  organe.  Toutefois,  les  résultats  de  ces  premiers 
aasais  furent  pauvres  et  peu  satisfaisants.  En  1904,  Rie- 

ôr,  à  Munich,  amena  un  progrès  important  dans  cette 
partie  de  la  science  radiologique, par  son  idée  d’introdni- 

0  dans  l’estomac  le  sous-nitrate  de  bismuth  en  grande 
^antité.  Au  moyen  de  cette  nouvelle  technique  et  d’un 
^ûd  nombre  de  vues  photographiques  de  l’estomac 

janvier  ^  **  Société  luédicaic  de  Munnco  le  18 


rielle  pendant  la  grossesse  et  les  suites  de  couches,  par  Vaquez; 
Tension  artérielle  dans  l’éclampsie,  par  Vaquez  et  Lequéux  ; 
Un  cas  d’éclampsie  tardive,  par  Vaquez  ;  Du  consentement 
préalable  des  malades  en  matière  d’intervention,  par  Picqué  ; 
Excitation  de  la  polynucléose  par.  le  sérum  de  Petit  dans  les 
infections  puerpérales,  par  Petit;  Musculature  d’un  membre 
malformé  chez  un  hémiméle,  par  Faix  (c.  r.  de  Jeannin.)  — 
Revue  de  pathologie  générale  :  Nouvelles  idées  sur  la  ma¬ 
tière,  par  Max  ;  La  guérison  du  cancer,  par  de  Backer  4  Rap¬ 
port  sur  les  recherches  faites  sur  le  cancer  ;  Traitement  par  les 
rayons  X,  par  Cappes  et  Smith  ;  Influence  des  infections  sur 
la  marche  de  la  leucémie,  par  Dock  ;  Observation  d’un  fibro¬ 
myome  utérin  envahi  par  un  adéno-oarcinome,  par  Noble  ;  Sta¬ 
tistique  personnelle  sur  les  opérations  pratiquées  sur  les  dialié- 
tiques,  par  Noble,  etc.  (c.  r.  de  Ramond.)  — ;  Bibliographie, 
—  Thérapeutique  :  L'emploi  thérapeutique  de 4’hélénine  dans 
les  hôpitaux.  —  Varia.  —  Formules.  —  Actes  et  thèses  de 
la  faculté  de  médecine  de  Paris.  ^ —  Nouvelles.  —  Ghronî- 
que  des  hôpitaux.  —  Enseignement  médical  libre.  —  Bulletin 
bibliographique. 


rempli  de  bismuth,  il  réussit  à  obtenir  une  idée  .plus 
approfondie  de  la  physiologie  et  de  la  pathologie  de 
cet  organe. C’est  Holzknecht  à  Vienne,  et  d’après  ses  in¬ 
dications  moi  (dans  mon  sanatorium  d’Edlacli)  qui,  les 
premiers, ont  employé  comme  système  l’examen  radios¬ 
copique  de  l’estomac  rempli  de  bismuth  dans  les  diffé¬ 
rentes  positions  et,  point  capital,  dans  les  diverses  pha¬ 
ses  de  la  digestion.Dèsmaintenant,ces  examens  présen¬ 
tent  la  possibilité  d’un  emploi  général,  et  une  impor¬ 
tance  plus  considérable. 

Je  passerai  d’abord  brièvement  aux  accessoires  tech¬ 
niques  nécessaires  pour  obtenir  des  vues  bien  claires  ; 
Nousavons  employé  lehismuth  de  la  manière  suivante); 

]  °  Dans  sa  forme  la  plus  simple,  de  la  capsule  remplie 
de  2  gr.  de  sous-nitrate  de  bismuth,  équivalant  d'une 
gorgée,  qui  nous  permet  de  voir  la  descente  et  le  pasr 
sage  à  travers  l’eptomac.  (Nous  n'avons  presque  ja,mais 
employé  cet  examen  seul,  mais  simplement  comme  un 
moyen  préliminaire  d’exploration.) 

2“  La  mixture  de  bismuth  obtenue  pjir  l’addition  de 
10  à  15  gr.  de  sous-nitrate  de  bismuth  à  lOQgr.  d’eau. 

3°  Les  repas  au  bismuth  composés  dedOàôO  gr.  de 
sous-nitrate  de  bismuth,  intimement  mélangés  à  500 
gr.  de  semoule  au  lait,  avec  un  peu  de  sucre  de  lait, 
Avec  l’emploidu  bismuth  nous  avons  souvent  combiné 
le  gonflement  par  l’acide  carbonique. 

Les  autres  accessoires  techniques  ne  sont  imllement 
compliqués.  L’instrumentation  indispensable  est  par¬ 
tout,  facile  à  placer,  et  ne  nécessite  que  l’emploi  d’un 
support,  ampoule  mobile,  et  un  écran  mobile  dîins  tons 
les  sens;  en  outre,  un  litpiiant  radiographique.  Quant 
à' la  méthode  employée  pour  l’examen,  je  m’éten(lrai 
seulement  sur  les  parties  les  plus  importantes,  la  briè¬ 
veté  de  cette  communication  ne  me  permettant  pas  d’en¬ 
trer  dans  tous  lesdétails. 

Nous  commençons  par  un  examen  général  du  malade, 
passons  ensuite  à  la  mesure  de  sa  taille  et  à  l'anno¬ 
tation  de  toutes  les  anomalies  du  squelette,  qui  sont 
très  importantes  pour  la  juste  appréciation  des  vues 
obtenues  par  la  radioscopie  :  l’inspection  des  poumons, 
du  cœur  et  de  l’amplitude  respiratoire  du  diaphragme 
faite,  on  passe  avec  l’ampoule  sous  ce  dernier  et  l’ob 
voit  alors  dans  l’abdomen  les  viscères,  comme  une  mas¬ 
se  opaque,  dans  laquelle  se  dessine,  par  places,  une 


114 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


partie  plus  transparente,  causée  par  une  portion  de  l'in¬ 
testin  remplie  de  gaz.  En  général,  on  trouve  une  place 
pareille  plus  transparente  sons  l’hypocondre  gauche, 
souvent  de  la  forme  d’une  poire  renversée,  produit  par 
une  bulle  d'air  qui  remplit  le  haut  de  l’estomac.  Après 
annotation  de  ces  observations  générales,  le  malade 
étant  à  jeun,  couché  sur  le  lit  ou  debout,  avale  soit  la 
mixture,  soit  le  repas  au  sous-nitrate  de  bismuth.  Dès 
que  le  bismuth  entre  dans  l'estomac  nous  le  voyons,  tel 
une  bande  grise  noire,  descendant  jusqu’au  point  le  plus 
bas  de  l’estomac  pour  le  remplir  ensuite  en  partie  va¬ 
riable  :  nous  voyons  l’estomac  se  déplier  dans  toutes 
ses  parties  mobiles,  dont  les  contour-s  deviennent  appa¬ 
rents. 

Suivant  la  position  du  malade,  nous  atteignons 
maintenant,  plus  distinctement,  les  différentes  parties 
de  l’estomac  ; 

«  Ainsi  quand  il  est  debout,  la  petite  et,  mieux  en¬ 
core,  la  grande  courbure  se  présentent  à  la  vue  ;  coucbé 
sur  le  dos,  éclairé  par  dessous,  la  grande  courbure  et 
les  parties  antérieures  sont  clairement  visibles  ;  couché 
sur  le  côté  droit,  c’est  surtout  la  partie  pylorique  et  la 
grande  courbure  qui  sont  visibles.  » 

Outre  ces  positions  extrêmes,  il  y  a  beaucoup  de 
vues  intermediaires  qui  peuvent  nousdonnerune  idée 
très  nette  de  la  configuration  de  cet  organe.  Nous  obte¬ 
nons  ainsi  des  détails  précis  très  importants  sur  la  vraie 
position  de  l’estomac,  sur  son  volume  et  sa  capacité, 
sur  la  souplesse  de  ses  tissus,  ainsi  que  sur  la  forme 
et  la  mobilité  de  la  partie  pylorique.  l'ar  des  examens 
répétés  à  intervalles,  nous  avons  pu  également  nous 
rendre  compte  du  mouvement  péristaltique. 

On  peut  résumer  la  situation  physiologique  de  l’esto¬ 
mac  dans  les  termes  suivants  ;  sa  position  physiologi¬ 
que  semble  varier  avec  les  différents  individus  ;  quel¬ 
ques-uns  l'ont  court,  placé  haut,  d’autres  l’ont  allongé 
et  descendant.  En  général,  chez  la  plupart  des  indi¬ 
vidus,  dans  la  position  verticale,  l’axe  longitudinal  de 
l’estomac  s’étend  presque  en  totalité  dans  le  côté  gau¬ 
che  de  l’abdomen  et  ce  ne  sont  que  les  parties  pylori- 
ques  qui  se  trouvent  à  travers  la  colonne  vertébrale 
un  peu  à  droite. 

La  petite  courbure  se  trouve  généralement  entre  les 
2«et  4'  vertèbres  lombales  et  la  grande  courbure  entre 
les  4®  et  5“.  Les  femmes  onten  général  l’estomac  plus 
petit  que  les  hommes,  et  placé  plus  bas.  On  voit  clai¬ 
rement  que  l’estomac  suit  l’action  respiratoire  du  dia¬ 
phragme  par  des  mouvements  d’ascension  et  de  des¬ 
cente  allernatifs,  pourvu  qu'il  n’y  ait  pas  d’adhérences 
ou  tumeurs  fixantes  aux  organes  avoisinants.  Dans 
çes  conditions,  l'estomac  se  laisse  également  déplacer 
un  peu  à  droite  et  à  gauche  par  la  main  palpante. 
La  percussion,  la  palpation  et  l’auscultation  des  bruits, 
des  clapotements  donnent,  d'après  nos  constatations, 
souvent  des  indications  tout  à  fait  erronées  sur  la  vraie 
situation  de  l'estomac  dont  les  contours,  nous  avons 
pu  le  constater  souvent,  à  notre  grand  étonnement, 
sont  loin  de  nos  suppositions. 

La  digestion  se  fait  do  telle  manière  que  le  chyme 
gasfesque  se  liquéfie  et  passe  peu  à  peu  en  petites  par¬ 
ties  par  le  pylore  qui  se  déplie.  L’action  péristaltique 
est  souvent  bien  visible,  surtout  à  la  grande  courbure 
et  dans  la  partie  pylorique  qui,  en  vérité,  semble  re¬ 
présenter  le  moteur  de  cet  organe.  Le  temps  que  l’es¬ 
tomac  met  jusqu'au  commencement  de  cette  évacua 
tion  est  variable,  mais  nous  avons  pu  la  constater  déjà 
une  demi-heure  après  l’ingestion  du  repas. 


Après  3  à  4  heures,  nous  avons  parfois  trouvé  les 
aliments  passés  jusqu'au  gros  intestin,  tandis  quel  es¬ 
tomac  contenait  encore  les  restes  du  repas.  L’estomac 
atone  ou  dilaté  garde  pendant  8  et  10  heures  des  par¬ 
ties  variables  d’aliments  solides,  tandis  que  les  aliments 
liquides  en  sortent  bien  plus  facilement  (ce  qui,  soit 
dit  entre  parenthèse),  ne  semble  pas  bien  s'accorder 
avec  notre  traitement  usuel  des  ectasies  de  l’estomac. 

Maintenant.  Messieurs,  pour  vous  rendre  plus  claire 
l’application  de  la  radioscopie  à  la  pathologie  de  l’esto¬ 
mac,  je  me  permettrai  de  vous  présenter  quelques  es¬ 
quisses  qui  sont  copiées  un  peu  d’une  manière  sché¬ 
matique. 

Nous  fixons  d  habitude  les  images  vues  sur  l’écran  à 
l’usage  de  notre  protocole  avec  des  crayons  de  couleur 
sur  une  plaque  de  verre  adaptée  à  l’écran  tluorescent  et 
la  figure  que  nous  obtenons  de  celte  manière  est  copiée 
avec  du  papier  à  calquer.  En  outre,  tous  les  points 
importants  pour  fixer  la  position  et  la  grandeur  de  l’es¬ 
tomac  sont  marqués  sur  le  corps  du  malade  avec  des 
crayons  de  couleur. 


La  figure  3  vous  montre  l’entrée  et  la  descente 
du  bismuth  dans  un  estomac  que  l’on  peut  dire  normal, 
L’œsophage  passé,  vous  voyez  le  bismuth,  comme  une 
bande  noire,  sortir  du  diaphragme  et  entrer  dans  la 
boule  d’air  qui  occupe,  en  général,  la  partie  supérieure 
de  l’estomac.  S’adaptant  à  la  paroi  médiane,  elle  des¬ 
cend,  suivant  un  peu  le  contour  de  la  partie  supérieure 
delà  petite  courbure  (avec  une  inclinaison  facilement 
concave  à  gauche)  descend  ensuite  pendant  un  certain 
moment  presque  verticalement  pour  tourner,  après, 
dans  une  courbe  concave  finissant  en  ligne  presque  ho¬ 
rizontale  ou  légèrement  remontante.  L'endroit  où  1® 
courbe  s'arrête  est  bien  la  partie  pylorique .  Le  bis' 
miith  forme  ensuite  dans  la  partie  inférieure  de  l’esto¬ 
mac  une  couche  noirâtre  de  niveau  horizontal. 

La  figure  4  vous  montre  l'exemple  de  la  dégluti¬ 
tion  anormale  dans  un  cas  de  cancer  de  l'estomac  pu¬ 
blié  par  le  D' llolzknecht.  Vous  voyez  que  la  courbe  qu® 
fait  le  bismuth  pendant  sa  descente  est  toute  différent® 
que  celle  citée  précédemment. 

Dès  son  entrée  dans  l’estomac,  il  fait  une  courb® 
concave,  bien  allongée  à  gauche  et  tourne  ensuite  suD' 
tement  en  forme  de  S.  Déjà  ce  trajet  anormal  dubis) 
muth  devrait  susciter  l’idée  d’une  tuméfaction  daO’  j 
l’intérieur  de  l’estomac  qui  faisait  dévier  la  bouché®’ 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


115 


P' 


^(OUS  reviendrons  plus  loin  sur  le  même  cas,  très  ins¬ 
tructif. 


Je  vous  montrerai,  fig.  5  a.  les  contours  d'un  esto¬ 
mac  d'une  grandeur  et  dans  une  position  à  peu  près 
normales . 


Vous  voyez,  Messieurs,  un  estomac  un  peu  court  et 
encore  visiblement  au-dessus  de  l’ombilic  ;  les  tissus 
sont  absolument  mobiles  et  souples,  ce  dont  vous  pou- 
vezjuçer  par  la  différence  de  grandeur  entre  l’estomac 
•■empli  environ  au  tiers  et  l’estomac  presque  plein  (5  6) 
Il  appartenait  à  une  femme  petite  et  grêle,  souffrant 
Constamment  de  troubles  digestifs  avec  attaques  paro- 
*ysmales  de  tachycardie  qui  furent  expliquées  par 
l’existence  d’une  ptose  gastrique  et  viscérale.  De  fait, 
neuf  grossesses  antérieures,  la  percussion,  le  bruit  de 
clapotement,  la  constipation  opiniâtre,  la  dilatation  des 
muscles,  de  l’abdomen,  une  ptose  bien  prononcée  du 
ceindroit,  plaidaient  en  faveurde  ce  diagnostic. 

La  radioscopie  avec  le  repas  au  bismuth  nous  mon- 
Icait,  comme  vous  le  voyez,  un  estomac  plutôt  petit, 
dans  une  position  tout  à  fait  normale,  sans  aucun  symp- 
tôme  pathologique  ;  par  conséquent  le  diagnostic 
porté  sur  ptose  gastrique  devait  être  abandonné.  Nous 
^'^ons  traité  le  cas  comme  une  myocardite  avec  en¬ 


gorgement  secondaire  abdominal,  et  la  thérapie  ins¬ 
tituée  justifiait  le  diagnostic  parle  succès  obtenu. 

La  figure  6  se  rapporte  à  un  homme  âgé  “d’en¬ 
viron  40  ans,  souffrant  depuis  longtemps  de  troubles 


gastriques  très  graves  dffaiblissant  sa  nutrition  à 
un  tel  degré  qu’à  40  ans,  il  avait  déjà  l’aspect  d’un 
vieillard.il  devait  retirer  chaque  nuit  et  souvent  aussi 
dans  la  journée,  quelques  heures  après  le  repas,  le  con¬ 
tenu  de  son  estomac,  au  moyen  de  la  pompe  gastrique, 
à  cause  des  douleurs  que  lui  produisait  le  chyme  sta¬ 
gnant  et  pour  éviter  des  vomissements  continus.  Sans 
entrer  dans  des  détails  ultérieurs,  je  signalerai  seule¬ 
ment  que  les  médecins  consultés  avaient  conclu  à  une 
sténose  du  pylore  ayant  son  origine  oudansun  néo¬ 
plasme  de  développement  lent  ou  dans  une  sténose  pro¬ 
duite  par  la  cicatrisation  d’un  ulcère  pylorique  et  l’o¬ 
pération,  la  gastro-entérostomie  fut  recommandée  au 
malade  comme  le  seul  moyen  de  tliérapie. 

L’examen  par  les  rayons  X,  avec  une  quantité  un 
peu  plus  grande  de  repas  de  bismuth,  nous  permit  une 
vue  approfondie  de  l’origine  de  ces  graves  symptômes. 

Vous  voyez.  Messieurs,  un  estomac  ressemblant  à  un 
ballon  allongé,  descendant  presque  verticalement  dans 
le  côté  gauche  de  l’abdomen,  la  portion  supérieure  est 
remplie  en  partie  parle  gaz,  tandis  que,  dans  la  portion 
inférieure,  le  repas  de  bismuth  bien  visible,  ne  rem¬ 
plit  l’estomac,  malgré  sa  grande  quantité,  qu’en  partie 
relativement  petite.  La  grande  courbure  pouvait  être 
suivie  presque  jusqu’à  la  bande  de  Poupart  et  la  partie 
pylorique  était  près  de  la  vessie. 

En  outre,  à  l’aide  du  gonflement  à  l’acide  carboni¬ 
que,  l’estomac  se  déplia  totalemeçt  et  la  partie  pylori¬ 
que  ne  montra  rien  de  pathologique,  à  part  une  moti¬ 
lité  péristaltique  amoindrie.  Mais  à  un  certain  moment, 
faisant  un  massage  modéré  vers  le  pylore,  nous  voyons 
de  petites  parties  du  repas  de  bismuth  passer  ce  der¬ 
nier  pour  entrer  au  duodénum. 

Les  détails  de  ces  actions  répétées  prouvaient  que  le 
diagnostic  d’une  sténose  pylorique  n’était  plus  admis¬ 
sible.  Par  contre,  l’évacuation  du  chyme  gastrique  était 
retardée  à  tel  point  que  môme  après  dix  heures  nous 
pouvions  encore  constater  des  quantités  considérables 
du  repas  d’épreuve  dans  les  parties  basses  de  l’estomac, 
Nous  avions  évidemment  à  faire  à  une  grave  ectasie 
avec  ptose  gastrique,  et  la  radioscopie  nous  fournissait, 
dans  ce  cas-là  au  moins,  un  moyen  de  pronostic  très 
apprécié  parle  malade. 


116 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


1 


Eùün  je  réviendtai  au  cas  du  D'  Hblzknecht,  men¬ 
tionné  plus  haut.  Je  vous  ai  démontré  i’éVôlution  anor¬ 
male  de  la  déglutition.  La  prochaine  figure  7  vous 
montre  l'estomac  du  même  malade,  après  ingestion  de 


Iq  mixture  de  bismuth.  Vous  voyez  qu’elle  n’est  pas, 
conrme, d’habitude,  accumulée  dans  la  partie  inférieure 
de  l'estomac  en  une  masse  solide,  au  niveau  horizon¬ 
tal,  niai.s  présente  un  aspect  bizarre  de  morcellements 
etdÆ  sinuosités  bien  visibles.  Vous  le  voyez  de  même, 
dans  la  figure  suivante  i  lig.  8)  prise  en  position  horizon¬ 


tale  après  ingestion  du  repas  au  bismuth.  Ges  vues 
anormales  plaidaient  d’emblée  avec  la  première  vue  de 
la  descente  de  la  bouchée,  pour  le  diagnostic  d’une 
tumeur  barrant  le  passage  à  l’intérieur  de  l’estomac.En 
effet,  après  la  mort  du  malade  en  question,  l'abduction 
faite  démontrait  l’existence  d’un  cancer  aplati  dont  le 
siège  principal  était  la  petite  courbure.  C’étaient  les 
plis  et  les  sinuosités  de  ce  cancer  qui  avaient  fait  dé¬ 
vier  la  masse  de  bismuth  de  son  cours  normal. 

Parcès  exemples  probants,  vous  pourrez  déjà  juger. 
Messieurs, de  la  valeur  et  de  l'importance  de  l'examen 
radiologique  de  l'estomac.  Grâce  à  lui,  nous  obtiendrons 
des  indications  très  précieuses  sur  la  forme  et  la  posi¬ 
tion  dé  l’estomac,  sur  sa  capacité,  son  volume,  l’ex¬ 
tensibilité  de  ses  tissus,  et  par  cela  même,  sur  sa  mo¬ 


bilité  active  respiratoire  et  sur  sa  mobilité  passive  ; 
nous  arriverons  aussi  à  juger  sa  motilité  péristaltique  et 
le  temps  qu'il  met  pour  achever  la  digestion.  Nous  ob¬ 
tiendrons  ainsi  des  indications  d’une  certitude  qui  sur¬ 
passe  celle  obtenue  par  tous  les  autres  moyens  de  dia¬ 
gnostic,  notamment  dans  les  cas  de  ptoses  et  de  dila¬ 
tation  de  l’estomac,  dans  les  anomalies  de  configura¬ 
tion  (estomac  en  bissac),  dans  les  affections  inflamma¬ 
toires  adhésives,  chroniques  (périgastritc)  et  aussi  dans 
le  diagnostic  des  néoplasmes.  Pour  ceux  qui  con¬ 
naissent  les  difficultés  d’un  diagnostic  précoce  de  ces 
maladies,  il  sera  facile  d’en  apprécier  la  valeur.  Ge 
sont  en  particulier  ces  cas  qui,  pour  le  moment,  consti¬ 
tuent  le  domaine  de  la  radioscopie  de  l'estomac  ;  nul 
doute  qu’il  s’élargira  en  peu  de  temps,  grâce  au  tra¬ 
vail  opiniâtre  et  continu  de  tant  de  médecins. 

Je  ne  veux  pas  finir  sans  vous  parler  d’un  autre  fait, 
très  important  pour  la  généralité  des  médecins,  fait  in¬ 
contestablement  acquis  par  l’examen  radiologique  de 
l'estomac.  Nous  avons  obtenu,  avec  son  aide,  la  certi¬ 
tude  de  l’efficacité  d’un  traitement  que  beaucoup  de 
médecins  refusent  de  reconnaître,  je  veux  dire  le  mas¬ 
sage  et  l’électrothérapie  appliqués  dans  les  maladies  de 
la  digestion.  Pour  nous,  les  spécialistes, une  expérience 
de  nombreuses  années  nous  a  démontré,  sans  permet¬ 
tre  aucun  doute,  l'efficacité  de  ces  agents  physiques 
qui  nous  sont  devenus  indispensables  dans  beaucoup 
d’affections  de  l'estomac  et  de  l'intestin. 

Par  contre,  nombre  de  médecins  sceptiques,  comme 
il  y  en  a  malheureusement  encore  beaucoup,  prétendent 
que  le  massage  de  l’estomac  n’atteint  que  les  muscles 
de  la  paroi  abdominale  qu’il  fortifie,  et  que  les  amélio¬ 
rations  obtenues  par  la  galvano-faradisalion,  dans 
certaines  maladies  de  la  digestion,  sont  dues  à  l’effet 
suggestif  de  l’électrothérapie.  Dès  maintenant,  Mes¬ 
sieurs,  la  question  est  bien  tranchée,  puisque  nous 
avons  pu  voir  sur  le  lit  radioscopique  comment  le  mas-  ■ 
sage  atteint  bien  l'estomac  et  l’intestin,  que  le  massage, 
manuel  et  faradique  active  le  mouvement  péristaltique 
et  peut  taire  passer  les  aliments  digérés  beaucoup  plus 
vite  par  le  pylore .  Ainsi  la  période  de  la  digestion  et 
de  l'évacuation  d’un  estomac  atone  ou  dilaté  peut  être 
abrégée  de  une  à  deux  heures. 

Nul  doute.  Messieurs,  que  nous  arrivions  par  la  gal- 
vano-faradisation  à  agir  aussi  sur  les  parties  profondes 
de  l’abdomen,  de  façon  à  influencer  et  à  exciter  le  foie, 
le  pancréas  et  leurs  conduites  émonctoires.  Je  crois 
également  pouvoir  prétendre  que  non  seulement  les 
fonctions  delà  motilité  mais  aussi  la  fonction  sécrétoire 
de  ces  organes  peut  être  modifiée  et  améliorée  par  nos 
agents  thérapeutiques.  Dans  la  preuve  de  l’efficacité 
d’une  thérapie  tellement  bienfaisante  et  néanmoins  si 
peu  appréciée,  consiste. je  crois,  pour  une  grande  partie, 
l’importance  des  recherches  de  l'examen  radioscopique 
de  l’estomac,  au  moins  pour  le  plus  grand  nombre  des 
praticiens. 


NARCYL  GRÉMY  médicament  spécifi¬ 
que  de  la  toux,  spécialement  de  la  toux  des  tu¬ 
berculeux. 


La  Responsabilité  dés  Ambulances  urbaines.  —  La  respoD' 
sabilité  des  ambulances  urbaines  n’est  point  engagée  par  le  fa** 
quelles  ont  procuré  à  un  malade  un  infirmier  ne  saoliant  pas  faire 
de  piqûre  de  quinine.  Telle  est  la  décision  que,  sur  plaidoiries  àe 
M's  Roux  et  Gatineau,  vient  de  rendre  la  septième  cliambre  <ta 
tribunal.  {Le  Matin.) 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


117 


bulletin  du  progrès  médical 


La  réforme  des  études  médicales. 

A  propos  d’une  enquête  sur  la  réorganisation  néces¬ 
saire  des  études  médicales,  le  rapporteur  distingué 
d’une  importante  Association  éci^ivait  : 

«  La  Société  a  vu  que  l’enseignement  public  de  la  médecine 
est  presque  partout  \  icieux  ou  nul,  que  les  corps  chargés  de 
i  conférer  les  grades  sont  trop  nombreux  pour  qu’ils  puissent 
i  conserver  cette -vigueur  sans  laquelle  ils  doivent  nécessaire- 
I  ment  dépérir  ;  que,  la  manière  dont  les  professeurs  sont  ad- 
:  mis  aux  concours  et  celle  dont  les  candidats  sont  reçus  dans 
i  les  Ecoles  favorisent  partout,  sinon  l’ignorance,  au  inoins 
la  médiocrité  :  que  dans  la  disti  ibution  des  études  les  élèves 
sont  astreints  à  des  formalités  et  gênés  par  des  entraves  qui 
n’ont  aucun  but  utile.  Elle  a  vu  ([ue  les  parties  les  plus  es¬ 
sentielles  dp  l'enseignement  médical  sont  absolument  ou¬ 
bliées  et  que  les  hôpitaux  ne  sont  nulle  part  organisés  de  ma¬ 
nière  à  rendre  l'instruction  facile  et  à  faire  servir  aux  progrès 
de  l’art,  les  établissements  que  l’on  destine  au  soulagement 
de  l’humanité. 

Que  peut-on  attendre  en  effet,  dequelques  années  d’études., 
où  l’on  ne  dit  pas  un  mot  des  fonctions  publiques  du  méde¬ 
cin,..  ..  et  d’où  l’on  sort  enfin  sans  avoir  rien  appris  de  ce  ((u’un 
médecin  doit  savoir  !  » 

Quel  est  l’auteur  de  cette  virulente  philippique  '?Ne 
serait-ce  pas  M.  le  D'  Marot,  qui  naguère  à  la  Cham¬ 
bre  des  députés,  montrait  à  l’occasion  du  budget  de 
rinslruclion  publique,  la  nécessité  d'une  réforme  des 
éludes  médicales  et  disait  à  la  tribune  : 


“  L’étudiant,  l’apprenti  médecin  doit  vivre  à  l’hôpital  et 
c’est  là  seulement  qu'il  apprendra  le  métier,  métier  que, 
comme  le  constate  tristement  ’M.  le  P''  Itayem,  il  ignore  sou¬ 
vent  trop  complètement.  C’est  la  et  non  point  dans  les  livres 
ou  dans  les  amphithéâtres,  qu’il  acquerra  cette  éducation  des 
sens,  qui  lui  donnera  le  sens  clinique  qui  manque  à  beau¬ 
coup  de  nos  plus  brillants  médaillés  des  concours.  » 


Eh  bien  1  non,  la  critique  de  l’enseignement  de  la  Fa¬ 
culté  que  nous  venons  de  citer  n’est  pas  de  notre  épo- 
<}«e,eile  est  l’exorde  d’un  plan  de  réformes  médicales 
Vicq  d’Azyr  présentait  au  nom  de  la  Société  Royale 
^  médecine,  h  V Assemblée  nationale  en  novembre 
1790  (1). 

L  histoire  est  un  éternel  recommencement  et,  à  bien 
peu  de  choses  près,  le  réquisitoire  de  Vicq  d'Azyr  et 
son  nouveauplan  pour  la  constitution  de  lamédecine 
France  pourraient  être  des  œuvres  d’actualité, 
entendre  les  critiques  qui  s’élèvent  un  peu  partout, 
jl semble  bien  que  nos  Facultés  de  médecine  ont  subi 
même  évolution  que  l’Antique  Faculté  de  l’ancien 
^^ginie,  qu’il  y  a  quelque  chose  de  pourri  dans  leur 
®’’ganjsalion,  selon  l’expression  shakespearienne,  et 
Rue  nous  sommes  à  la  veille  -d'une  véritable  révolution 
®|^^nseignement  médical. 

''icq  d’Azyr  avait  compris  que  la  réforme  devait  por- 
<1  abord  sur  le  recrutement  du  corps  enseignant.  11 
imposait  la  nomination  des  professeurs  au  concours 
durée  de  douze  ou  quinze anset  les  soumettait, 
J_^^ette  période,  à  une  réinstallation  prononcée  par 


à  ce  sujet  la  très  inlérossanle  thèse  du  1)'  Dei.au- 
19o5’j  ’aende  médical  parisien  au  XVIIl- siècle.  »  (•!•  Housse!, 


le  vote  d’un  corps  électoral,  dontles  praticienset  même 
les  étudiants  ayant  une  certaine  scolarité  devaient  faire 
partie. 

Si,  à  notre  époque,  ce  système  de  recrutement  pro¬ 
fessoral  n’a  pas  été  proposé,  il  ne  faut  pas  croire  que 
les  praticiens  et  les  étudiants  se  soient  désintéressés  de 
la  question.  Ce  sont  les  étudiants  en  médecine  qui  l’ont 
posée  et,  pour  se  faire  entendre,  ils  ont  été  obligés  d'a¬ 
voir  recours  à  de  bruyantes  manifestations  publiques, 
manifestations  qui  visaient  moins  un  de  leurs  maîtres  que 
le  système  suranné  qui  régit  encore  leurs  études.  Les 
praticiens  n’ont  pas  tardé  à  suivre  ce  mouvement  d’une 
importance  considérable  pour  l’avenir  de  leur  pro¬ 
fession. 

Les  enquêtes  et  les  plans  de  réformes  sesontmulti- 
pliés  dans  la  presse  médicale.  L’Union  des  Syndicats 
médicaux  de  France  a  mis  depuis  plusieurs  mois  la 
question  àson  ordre  du  jour.  Elle  a  décidé  de  deman¬ 
der  au  ministre  de  l'Instruction  publique  la  création 
d'une  commission  extra  parlementaire  où  le  corps  des 
médecins  praticiens,  légalement  organisés  sous  la  for¬ 
me  syndicale  en  vertu  des  lois  de  1884  et  de  1892,  se¬ 
rait  représenté  dans  les  mêmes  proportions  que  le  corps 
enseignant  des  Facultés. 

11  serait  surprenant,  en  effet  que  l’on  confia  le  soin  d’une 
réorganisation  des  études  médicales  aux  seules  Facul¬ 
tés  qui  n’ont  su  se  maintenir  dans  la  voie  du  progrès  à 
la  hauteur  de  leur  tâche,  et  qu’on  négligeât  les  avis  des 
médecins  praticiens,  qui,  chaque  jour,  dans  l’exercice 
de  leur  profession  sont  à  même  de  se  rendre  compte 
des  lacunes  parfois  considérables  de  leur  éducation  mé¬ 
dicale. 

Les  professeurs  sont,  du  reste,  les  premiers  à  consta¬ 
ter  la  décadence  de  nos  Facultés  de  médecine  et  nous 
n'avons  nullement  été  surpris  de  lire,  dans  un  article 
écrit  par  le  P‘'Debierre  rot  T  Enseignement  supérieur 
en  France  (  1) ,  des  passages  qui  ne  le  cèdent  en  rien  aux 
acerbes  critiques  de  Vicq  d’Azyr  contre  la  vieille  Fa¬ 
culté  et  parmi  lesquels  nous  relevons  le  suivant  : 

«  C’est  par  leurs  Privat-Docents  que  les  Facultés  de  médeci¬ 
ne  allemandes  sont  devenues  les  premières  du  monde.  C’est 
faute  de  jeunes  savants  que  nos  Facultés  de  médecine,  a  jus¬ 
tement  écrit  M.  Ferdinand  Lot,  sont  en  pleine  décadence  :  les 
professeurs  titulaires  —  et  même  les  agrégés  -  -  ne  font  plus 
guère  que  de  la  clientèle  pour  gagnerde  l’argent,  et  délaissent 
le  travail  scientifique.  « 

Décidément,  l’heure  de  la  réforme  a  sonné  ;  nous 
saurons,  je  l’espère,  éviter  que,  pour  défendre  quelques 
intérêts  privés,  on  ne  la  rende  à  la  fois  mesquine,  incom¬ 
plète  et  inutile. 

.1.  Noir. 

(t)  L’Action  du  6  février  1906. 


CAPSULES  D’IODIPINE-MERCK  :  3  représentent  1  gr.  Kl 
beaucoup  mieux  supportées  que  les  bromures  alcalins  ; 
lODIPlNE  à  iô  O  O  par  injections  sous-cutanées. 

Gongrks  ALi.EMANi)  DE  RAuioi.oGiE .  —  Nous  soHimes  avisés 
que  le  2'  Congrès  de  la  Société  allemande  de  Roentgenoi.o- 
GiE  n’aura  pas  lieu  le  8  et  9  avril,  mais  le  l'f  et  2  avril. 


118 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


SOCIÉTÉS  SAVANTES 

ACADÉMIE  DE  MEDECINE 

Séance  du  13  févi'ier. 

Daiujers  sanitaires  de  l’émigraiion. 

LeP'’ Chantemesse  propose  et  fait  adopter  par  PAcadémie 
les  importantes  conclusions  qui  suivent. 

L'Académie  de  médecine,  considérant  : 

Que  le  transit  des  émigrants  à  travers  la  France  constitue, 
pour  la  santé  publique,  un  danger  permanent  qui  s’accroît 
beaucoup  lorsque  le  choléra  règne  dans  un  des  pays  d’origine 
de  ces  émigrants  ; 

t^ue  la  législation  française,  en  matière  d’émigration,  date 
de  1861-62  et  n'est  plus  en  harmonie  avec  les  nécessités  ac¬ 
tuelles  ; 

Que  tous  les  pays  européens,  sauf  la  France,  servant  de 
passage  aux  émigrants,  ont  réglementé  sévèrement  ce  transit  ; 

Que  la  conférence  sanitaire  internationale  de  Paris,  en  1903, 
a  prévu,  dans  son  articleil,  l’édiction  de  mesures  spéciales  à 
l'égard  des  émigrants  ; 

Que  les  lois  américaines  comprennent  maintenant  les  dis¬ 
positions  relativesà  une  quarantainepréventivedes émigrants 
provenant  de  pays  infectés  de  choléra,  quarantaine  qui  doit 
être  subie,  avant  le  départ,  dans  un  port  d’embarquement  ; 

Emet  le  vœu  : 

1“  Que  la  législation  française,  en  matière  d’émigration, 
soit  modifiée  dans  ses  dispositions  concernant  l’entrée  des 
émigrants  sur  notre  territoire,  leur  voyagea  travers  la  France 
et  enfin  leur  séjour  dans  notre  pays. 

2“  Que  cette  nouvelle  réglementation  s’inspire  des  mesures 
édictées  par  les  gouvernements  étrangers  ;  notamment  la 
Hollande,  l’Allemagne  et  les  pap  américains. 

,3®  Que  la  surveillance  administrative  et  la  surveillance  sa¬ 
nitaire  des  émigrants,  complètement  différentes  l’une  de  l’au¬ 
tre  dans  leur  but  et  leurs  moyens,  soient  désormais  divisées  et 
confiées  chacune  au  service  compétent. 

La  mortalité  tuberculeuse. 

Le  P'  Brouardei.  montre  l'insuffisance  des  documents 
tournis  par  les  statistiques  actuelles.  Pour  la  tuberculose  en 
particulier,  un  seul  moyen  :  la  déclaration  obligatoire  sous 
pli  cacheté  permettrait  une  appréciation  sérieuse.  Tous  les 
essais  de  déclaration  facultative  n’ont  donné  aucun  résultat. 

M.  CoRNiL  ajoute  que  les  statistiques  dans  beaucoup  de 
villes  sont  absolument  fantaisistes.  Quant  aux  désinfections 
pour  tuberculose,  elles  seraient  difficiles  et  fort  cou  teuses 
dans  les  grands  centres,  irréalisables  à  la  campagne. 

M.  Bucquoy  présente  une  note  du  D"^  Marquez.  d’IIyères, 
réclamant  pour  les  médecins  le  droit  de  demander  toutes  les 
fois  qu’ils  le  jugeront  utile  la  désinfection  aux  municipalités. 

M.  Kelsch  ne  croit  à  futilité  ni  de  la  déclaration  obligatoire, 
ni  même  de  la  désinfection.  L  observation  dans  f armée  mon¬ 
tre  l'extrême  fréquence  de  la  tuberculose.  Bien  peu  de  gens 
échappent  à  ses  atteintes.  L’essentiel  est  d  offrir  un  terrain 
assez  résistant,  d’éviter  le  surmenage,  l’alcoolisme,  le  séjour 
dans  des  ateliers  mal  ventilés  et  encombrés,  dans  des  loge¬ 
ments  insalubres.  La  lutte  contre  la  tuberculose  est  avant  tout 
une  question  d'améliorations  sociales.  Elle  offre  par  suite  de 
très  grandes  difficultés. 

M.  Lereboullet  croit  que  la  déclaration  obligatoire  aurait 
plus  d’inconvénients  que  d'avantages,  (luantàla  désinfection 
au  cours  de  la  maladie,  la  plus  utile  dans  la  tuberculose,  elle 
est  irréalisable.  Des  tentatives  très  suivies  ont  été  faites  à 
Paris  par  le  D''  Martin.  Leur  résultat  était  iinariable;  alarme 
rapide  des  autres  locataires  de  la  maison  et  congé  donné  au 
tuberculeux  ainsi  signalé  à  toutes  les  craintes  et  à  tous  les 
soupçons. 

Traitement  de  l'ozènc. 

M.  Hallopeau  présente  un  travail  du  l)"Etié\ant,  de  Lyon, 
sur  le,  traitement  de  fozène  parles  injections  sous-muqueu- 
ses  de  paraffine. 

L'hygiène  à  Madagascar. 

M.  K.ERMORGANT  lit  Une  note  sur  V. Assistance  médicale  et 


TUygiène  publique  indigènes  à  Madagascar  en  1904.  Si  FAssis- 
tance  aux  indigènes  n’a  pas  subi  de  grandes  modifications  en 
1904.  elle  a  été  surtout  manjuée  par  une  réglementation  dé¬ 
finitive,  et  par  son  extension  à  la  plupart  des  circonscriptions 
administratives  de  la  Côte  Est. 

Séance  du  W  février. 

Le  sérum  antityphique  de  Chantemesse. 

Le  P''  Brunon,  de  Rouen,  donne  les  résultats  de  ce  traite- 
ment  sur  1(!0  enfants  de  3  à  16  ans  atteints  de  fièvre  lypho'ide. 
Voici  ses  conclusions  : 

1”  Dans  le  service  des  enfants  de  l’Hospice  général  de  Rouen, 
la  mortalité  par  fièvi-e  typhoïde  était  de  17  “  o  avec  le  traite¬ 
ment  des  bains. 

Elle  est  tombée  à  3  »  »  avec  le  traitement  par  te  sérum  et 
les  bains. 

2®  Tous  les  malades  traités  dès  la  première  semaine  ont  guéri. 

Ceux  (jui  sont  morts  avaient  été  injectés  tardivement  :  15', 
16®,  38®  jour. 

L’injection  de  sérum  divise  la  marche  de  la  maladie  en  deux 
périodes  : 

L'injection  est  suiv  ie  d’une  courte  période  de  réaction  à  laquelle 
fait  suite  la  période  de  défervescence. 

Dans  tous  les  cas  injectés  près  du  début,  la  durée  de  la 
maladie  a  été  diminuée,  la  marche  a  été  normale  et  sans  com¬ 
plications. 

Enfin,  sur  100  cas,  les  complications  graves  ont  été  rares. 

5®  D’après  les  cas  observés  par  nous  pendant  une  période 
de  deux  ans  et  demi,  le  sérum  de  Cbanlemesse  a  modifié  la 
physionomie  classique  de  la  fièvre  typhoïde,  atténué  la  ma¬ 
ladie  dans  son  ensemble,  diminué  la  durée,  diminué  les  ris¬ 
ques  de  complications  et  abaissé  considérablement  le  taux  de 
la  mortalité. 

Le  sérum  anti-dysentérique. 

MM.  \  Au.LART  et  Dopter  montrent  les  bons  effets  de  ce 
nouveau  sérum  :  1“  sur  les  accidents  locaux  et  généraux  de  la 
dysenterie  ;  2°  sur  la  rapidité  de  la  guérison. 

Le  sérum  antidysentérique  agit  d’autant  mieux  qu’il  a  été 
injecté  tout  au  début  de  falfection.  Il  influence,  cependant, 
très  favorablement  les  atteintes  prolongées. 

20  cc.  de  sérum  sont  suffisants  dans  les  formes  moyennes  ; 
30  cc.  dans  les  formes  sévères  ;  40  à  60  cc.  d’emblée  sont  né 
cessaires  dans  les  formes  graves  ;  si,  le  lendemain,  la  détente 
n’est  pas  jugée  suffisante,  de  nouvelles  doses  doivent  être  ré 
injectées.  Dans  les  formes  extrêmement  graves,  il  ne  faut  pa> 
hésiter  à  injecter,  dès  le  premier  jour,  80,  90  et  fOO  cc.,  et  » 
répéter  les  injections  les  jours  suivants. 

Le  sérum  antidysentériq-çe  constitue,  en  réalité,le  seul  trai¬ 
tement  spécifique  de  la  dysentérie  bacillaire.  Il  est  incompa¬ 
rablement  supérieur,  en  efficacité,  à  tous  les  autres  traite¬ 
ments  habituellement  employés. 

Suite  de  la  discussion  sur  la  mortalité  tuberculeuse. 

M.  Laveran  montre  les  difficultés  des  mesures  préventives 
dans  une  maladie  aussi  fréquente  et  aussi  endémique  qu^ 
la  tuberculose.  Les  tentatives  de  désinfection  régulière  faite* 
à  Paris  ont  eu  pour  premier  résultat  de  faire  expulser  pat' 
tout  les  tuberculeux. 

M.  Pinard  voudrait  non  pas  la  déclaration  obligatoire.ma^ 
le  droit  pour  les  médecins  et  pour  les  maires  d’ordonner  |> 
désinfection.  Pourtant,  puisque  la  déclaration  existe,  M.  P', 
nard  voudrait  lavoir  s’étendre  à  la  coqueluche,  maladies' 
souvent  très  grave.  Dans  la  commune  de  banlieue  dont  il  es* 
maire,  M.  Pinard  exige  l’isolement  des  coquelucheux  étraO' 
gers  arrivant  dans  la  commune,  dans  un  pavillon  spécial  d" 
f  hôpital.  On  évite  ainsi  de  dangereuses  contagions. 

Les  Moustiques. 

M.  Ixermorgant  présente  à  l’Académie,  au  nom  de  M-  ^ 
Moal,  médecin-major  de  2®  classe  des  troupes  coloniales,  E" 
mémoire  intitulé  :  Etude  sur  les  moustiques  en  Afrique  oed' 
dentale  française  :  mesures  prophylactiques  qui  en  découlent^ 
painl  de  l'ur  de  l'hggiene. 

A. -F.  Pl.ICQUE- 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


119 


SOCIÉTÉ  DE  CHIRURGIE 
Séance  du  15  février. 

Kyste  hydatique  du  foie. 

\L  Chaput  s’est  contenté,  dans  six  cas,  d’injecter  un  cent, 
cube  de  solution  de  formol  à  40  “/o  ;  dans  aucun  cas  il  n’y  eut 
de  récidive. 

Pancréatite  chronique. 

\L  Second,  à  propos  de  la  communication  de  M.  Terrier 
(voir  le  précédent  numéro  du  Progrès),  cite  le  cas  d'un  ma¬ 
lade  atteint  d'ictère  chronique  avec  douleurs  hépatiques  et 
phénomènes  infectieuxet  oùla  cause  desaccidents  —  une  pan¬ 
créatite  chronique  avec  tête  pancréatique  augmentée  de  vo- 
jy  me  —  ne  fut  reconnue  qu’à  la  troisième  laparotomie. 

A  propos  du  tétanos. 

M.  Mf.ynier  cite  le  cas  d’un  malade  blessé  au  doigt  et  dont 
la  plaie  fut  saupoudrée  de  sérum  antitétanique  sec  une  heure 
à  peine  après  l’accident  ;  malgré  cette  précaution,  le  tétanos 
éclata  quelques  jours  après.  D’’  Catz. 

SOCIÉTÉ  MÉDICALE  DES  HOPITAL  V 
Séance  du  16  février. 

Oblitération  de  la  veine  cave  supérieure. 

MM.  E.  Sergent  et  CoMBiER,  à  propos  des  observations  de 
la  dernière  séance,  montrent  le  cœur  d’un  homme,  mort  à  54 
ans  degranulie,  et  ayant  présenté,  pendant  les  derniers  mois 
de  sa  vie,  tous  les  signes  de^l’oblitération  de  la  veine  cave  su¬ 
périeure.  Le  rétrécissfement  allait  presque  à  l’oblitération. 
La  veine  cave  dut  être  littéralement  sculptée  dans  la  masse 
ganglionnaire  médiastinale. 

La  médiastinite  était  due  à  une  tuberculose  fibro  cavitaire 
du  lobe  inférieur  du  poumon  droit. 

M.  SiREDEY  attribue  l’œdème  unilatéral  à  la  déclivité  par 
décubitus  latéral  ;  un  de  ses  malades,  affecté  d’abord  d'un  œ- 
dèmé  du  côté  droit,  présenta  de  l’œdème  gauche  après  chan¬ 
gement  du  ht  et  par  suite  du  décubitus. 

Cas  type  de  mongolisme. 

M.  CoMBY  présente  un  nouveau  cas  d’idiotie  mongolienne  ty¬ 
pique  chez  une  jeune  fille  de  ti  ans  :  visage  arrondi,  bou¬ 
che  entr’ ouverte,  yeux  petits,  obliques,  lendus  en  amandes. 

L’épicanthus  est  très  prononcé .  Front  régulier,  tète  arron¬ 
die,  brachycéphale,  46  cm.  de  circonférence.  Cheveux  abon¬ 
dants  et  fins,  différents  des  cheveux  épais  des  myxœdéma- 
teux.  Langue  volumineuse,  dépouillée  d’épithélium,  légère¬ 
ment  fissurée.  Pas  de  rachitisme.  Taille  1  mètre,  poids  15 
tilos.  L’entant  est  agitée,  nerveuse,  très  arriérée.  Mère  et  père 
sont  bien  portants.  Pas  d’autres  enfants. 

Accouchement  normal,  pas  de  fausses  couches. Comme  in¬ 
cidents  de  la  grossesse,  grande  frayeur  au  deuxième  mois. 

M.  Guinon  fait  observer  que,  dans  (juclques  cas  de  mongo¬ 
lisme,  on  a  trouvé  chez  les  générateurs  des  troubles  psycho- 
Wthiques.  Le  diagnostic  ne  lui  semble  pas  aussi  sévère  (ju’à 
«■  Comby,  ces  idiots  étant  susceptibles  d’être  améliorés  par 
tm  traitement  convenable. 

M.  Queyrot  demande  si  on  a  recherché  la  syphilis  chez  les 
parents.  M.  Comby  n’en  a  pas  trouvé  d'indices.  La  langue  scro- 
We  ne  lui  paraît  pas  forcément  d’origine  hérédo-syphilitique. 
M-  SiREDEY  est  du  même  avis. 

Œdème  pulmonaire  au  cours  d' infections  pulmonaires. 

-'Dl.  Caussade,  Mii.hit  et  J.  de  Jong  rapportent  des  obser¬ 
vations  d’œdème  pulmonaire  fébrile  (38'’5-.J;)isurvenu  au  cours 
JÇ  bronchites,  congestions,  pneumonies  et  tuberculoses.  Dif- 
®rent  de  l’œdème  aigu,  il  débute  sournoisement  et  n’est  dé- 
Pisté  qu’à  l’autopsie.  D’autres  fois,  il  donne  lieu  à  un  imint 
^  côté.  L’expectoration  facile  est  abondante,  albumineuse, 
^^^èine  dure  15,  l’O  jours  et  survit  à  l’affection  concomi- 

H.  Ménétrier  rapiielle  sa  thèse  sur  l'œdème  pulmo  pneu- 
^^‘^cique.  M.  Carnot  attribue  également  au  pneumocoque 
rcle  pathogénique  important. 

Pseudo-rhumatisme  infectieux  à  enlerocoque. 
Ménétrier  et  R.  Duvai-  donnent  l’observation  d’un 


pseudo-rhumatisme,  aboutissant  à  la  suppuration.  Dans  le 
pus  prélevé  après  la  mort  on  trouve  l’éntérocoque  de  Thier¬ 
celin  à  l’état  pur.  Les  cultures  et  l’inoculation  donnèrent  éga¬ 
lement  le  même  microbe.  On  l’a  trouvé  dans  les  reins.  11 
s’agissait  donc  d’une  véritable  septicémie  entérococcique. 

Friedel. 


SOCIÉTÉ  D’OBSTÉTRIQUE  DE  PARIS 
Séance  du  jeudi  15  février  lOlKi. 

Présentation  d  un  enfant  porteur  d’un  bec-de-lièvre  cicatrise 
congénital. 

M.  Macé.  —  On  voit  sur  la  lèvre  supérieure  une  trouée 
cicatricielle  donnant  l'impression  d’une  opération  de  bec-de 
lièvre. 

M.  Bouchacourt  a  vu  deux  cas  semblables. 

Présentation  d'une  pièce  de  distension  vésicale  <  hez  le  fœtus. 

M.  Hebbinet. —  La  distension  est  due  à  l’absence  d’urèthre; 
r  intestin  s’abouche  dans  la  vessie.  D’autre  part,  les  organes 
génitaux  externes  existent.  Un  autre  fœtus  de  4  mois  en¬ 
viron  présente  également  de  la  distension  de  la  vessie. 

M.  Brindeau  craint  qu’en  pareil  cas,  il  puisse  y  avoir  oli- 
gamnios. 

De  la  pression  artérielle  pendant  la  grossesse  et  les  suites  de 
couches. 

M.  Vaquez. —  Pendant  la  grossesse,  la  tension  est  de  12, 13 
ou  14  cm.;  pendant  l’accouchement,  cette  pression  qui  monte 
à  19  ou2ü  au  début,  redescend  ;  elle  s’élève  de  nouveau  vers 
23  ou  24,  et  retombe  à  16  ou  17.  Lors  de  la  délivrance,  nouvelle 
hypertension,  puis  la  pression  revient  à  la  normale  dès  le  len¬ 
demain  ;  il  n’y  a  donc  pas  d’hypertension  physiologique  pen¬ 
dant  les  suites  des  couches,  pas  plus  que  pendant  lagrossesse  ; 
seul,  l’effort  de  l’accouchement  la  produit  momentanément. 

Tension  artérielle  dans  l'éclampsie. 

M  M.  Vaquez  et  Lequeux.  —  Sur  9  cas,  il  y  a  hypertension 
de  6  à  13  cm.  ;  c’est-à-dire  que  la  pression  est  montée,  au  lieu 
de  12  à  1 4,  de  19  à  27  cm.  Donc  toute  femme  qui  présente  de 
r  hypertension  est  menacée  d’éclampsie  ;  tant  que  la  tension 
n'est  pas  revenue  à  la  normale,  on  ne  peut  pas  considérer  la 
malade  comme  guérie. 

Fn  cas  d'éclampsie  tardive. 

M.  Vaquez. —  L'éclampsie  éclata  chez  une  femme  lors  du 
retour  de  couches;  les  accès  furent  nombreux, mais  la  femme 
guérit.  Ces  cas  sont  rares  ;  on  en  a  signalé  cependant. 

M.  Bonnaire  n’attache,  ainsi  que  M.  Vaquez,  aucune  valeur 
thérapeutique  à  la  ponction  lombaire  dans  l’éclampsie. 

Du  consentement  préalable  des  malades  en  matière 
d'intervention. 

M.  PtcQuÉ  estime  qu’il  n’y  a  pas  lieu  de  passer  outreàla  vo¬ 
lonté  de  la  malade. 

Excitation  de  la  polynucléose  par  le  sérum  de  Petit,  dans  les  . 
infections  puerpérales. 

M.  Petit.  —  Dans  17  cas  d’infection  puerpérale,  R.  Petit  a 
expérimenté  la  production  artificielle  de  la  polynucléose  par 
le  sérum  de  cheval  chauffé. L’utérus  étant  vide, on  y  place  une 
mèche  imbibée  de  sérum  et  contenant  du  sérum  en  poudre. 
Dans  le  liquide  gluant  qui  s’écoule,  on  voi  t  un  très  grand 
nombre  de  polynucléaires  contenant  les  mic  robes  dans  leur 
proto  plasma. 

Ce  sérum,  excellent  milieu  pour  la  vie  cellulaire,  est  un 
mau\ais  milieu  de  culture  pour  les  germes. 

Musculature  d'un  membre  imilformé  chez  un  hemimèle. 

M.  F.vix  (présentation  de  la  pièce).  Cyrille  Jeannin. 


LA  VALEROBROMINE  LEGRAND 

est  plus  active  que  les  bromures  et  les  valé- 
rianates. 


120 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


REVUE  DE  PATHOLOGIE  GÉNÉRALE 

Rédacteur  spécial:  M.  le  D'^F.  RAMOND 


I.  —  Nouvelles  idées  sur  la  matière  ;  par  Léon  Max.  (Roussel 
éd.  1904,  Paris.) 

C’est  dans  un  petit  volume  de  40  pages  seulement  que 
l'auteur  fait  le  procès  de  beaucoup  d’idées  courantes  sur  la 
matière  ;  c’est  dire  qu’il  procède  trop  par  affirmation,  pas 
assez  par  démonstration,  chose  d'ailleurs  encore  bien  diffi¬ 
cile  quoique  prétende  M.  Max. 

II.  —  La  guérison  du  canosr  ;  par  de  B.acker.  (Maloine, 'éditeur, 
Paris,  1905.) 

Il  s’agit  toujours  de  la  thérapeutique  par  les  levures, 
qu’étudie  l’auteur  depuis  plus  de  15  ans.  Mais  ce  ne  sont 
pas  des  levures  banales,  telles  que  la  levure  de  bière  ;  ce 
sont  des  levures  extraites  —  plus  ou  moins  aseptiquement  — 
des  viscères  de  fœtus  animaux,  et  cultivées  dans  de  l'eau 
sucrée.  Pour  de  Backer,  leur  action  sur  le  cancer  est  des 
plus  simples  ;  elles  enlèvent  à  la  tumeur  le  glycogène  qu’elle 
renferme  en  abondance  ;  celle-ci  ne  peut  plus  végéter,  d’où 
sclérose,  puis  guérison.  Mais  à  ce  compte,  il  y  a  tout  lieu  de 
craindre  que  les  levures  ne  se  bornent  pas  à  dévorer  le  seul 
glycogène  des  tumeurs.  Et  alors. . .  '! 

III.  —  Rapport  sur  les  recherches  faites  sur  le  cancer  ;  sons  la 
direction  du  College  royal  de  Londres.  (Librairie  Taylor  et  Fran- 
ces.  Londres  1904.) 

Ce  premier  rapport  résume  les  travaux  de  MM.  Bashford 
et  Murray  ayant  trait  à  la  distribution  zoologique  du  cancer 
à  sa  transmissibilité,  et  aux  divers  caractères  histologiques 
des  tumeurs  en  voie  d’accroissement.  Dd  nombreuses  figures 
très  claires  et  très  nettes  ajoutent  à  l’intérêt  de  ce  conscien¬ 
cieux  rapport. 

IV.  —  Traitement  par  les  rayons  X  de  la  leucémie  ;  par  Cappes 
et  Smith.  [The  Journal,  A.  M  A.,  24  septembre  191)4.) 

Cette  thérapeutique  ne  s'applique  pas  aux  leucémies 
aigues,  qui  n’en  retirent  aucun  bénéfice  ;  en  revanche,  elle 
améliore  les  leucémies  chroniques,  surtout  à  type  spléno- 
mégalique.  Il  ne  semble  pas  que  l’amélioration  obtenue  soit 
définitive,  mais  seulement  provisoire. 

4'.  —  Influence  des  infections  sur  la  marche  de  la  leucémie; 
par  Dock.  (The  amer.  Journ.of  the  med.  Sciences,  avril  1904.) 
Cette  influence  est  assez  variable.  Souvent  cependant,  au 
cours  d’une  complication  infectieuse,  telle  que  pneumonie, 
grippe,  etc.,  on  voit  la  leucocythémie  diminuer,  en  même 
temps  que  le  foie,  la  rate  et  les  ganglion»  tendent  à  repren¬ 
dre  leur  volume  normal.  Il  y  a  donc  parfois  une  améliora¬ 
tion  apparente  ;  mais  si  le  leucémique  survit  à  l’infection, 
la  récidive  est  de  règle.  L’auteur  se  demande  si  l’on  ne  pour¬ 
rait  pas,  dans  ces  conditions,  traiter  la  leucémie  par  des 
injections  de  toxines  microbiennes,  dont  la  dose  pourrait 
être  graduée  ;  ces  recl-erches  seraient  tentées,  peut  être 
avec  succès,  sur  des  animaux  atteints  de  leucémie. 

VI.  —  Observation  d’un  fibromyome  utérin  envahi  par  un 
adéno-carcinome  ;  par  Ch.  Noble.  [The  am.  Journ.  of  Obst., 
1994,  n*  13.) 

VIL  —  Statistique  personnelle  sur  les  opérations  pratiquées 
sur  des  diabétiques  ;  par  Ch.  Noble.  [The  am.  med.,  1903,  n*  3.^ 
L’auteur  met  ses  malades  au  régime  antidiabétique  avant 
toute  opération;  dans  ces  conditions,  les  résultats  opératoi¬ 
res  sont  satisfaisants.  On  ne  doit  cependant  pas  opérer  un 
diabétique  arrivé  à  la  phase  do  cachexie.  F.  H. 

VIIl.  —  Travaux  du  laboratoire  biologique  de  Manille.  (Publi¬ 
cation  du  ministère  de  l'intérieur,  Manille,  1904.) 

11  serait  trop  long  d’anaiyser  chacun  des  mémoires  publiés; 
disons  qu’ils  se  recommandent  tous  par  leur  sincérité,  leur 
indépendance  des  influences  officielles  ;  car  leurs  auteurs 
n’hésitent  pas  à  critiquer  s’il  le  faut  les  pouvoirs  publics. 
Signalons  en  passant  les  travaux  qui  nous  ont  paru  les  plus 
intéressants. 

La  pesle  existe-t-elle  à  l'état  endémique  à  Manille  ;  par 
Maximilian  Herzog  et  Ch.  Hare. 


La  péri-pneumonie  bovine  ;  par  P.  Woollev  et  "W.  Sorreli..' 
La  maladie  de  Pinto  (sorte  de  dermatomycose)  ;  par  p' 

WOOLLEY. 

Sur  la  Frambœsia  (sorte  de  dermatite  simulant  la  lèpre)  • 
par  P.  WoOLLEY. 

Quelques  remarques  sur  la  biologie  du  spirille  du  choléra  >■ 
par  W,  Wherry. 

Rapport  entre  la  virulence  des  microbes  et  leur  pouvoir  immu¬ 
nisant  ;  par  U.  Stro.nq. 

Elude  sur  la  vaccination  cholérique  ;  par  R.  Strong. 

IX.  — Travaux  de  l'Institut  de  pathologie  d'Helsingfors,  réunis 
sous  la  direction  du  professeur  Ilonieu.  (G.  Fischer,  édil.Iéna  190!.) 

Titres  des  principaux  travaux  ; 

Action  de  quelques' bactéries  et  de  leurs  toxines  sur  les  nerfs' 
périphériques,  les  ganglions  spinaux  et  la  moelle  ;  par  le  pro¬ 
fesseur  Honieu. 

Rôle  favorable  du  trauma  dans  la  localisation  de  lésions  du 
cerveau  par  des  microbes  ;  par  E.  Ehrnrooth. 

Action  de  quelques  bactéries  et  de  leurs  tovines  sur  le  foie;i 
par  M.  Bjôrksten.  * 

Action  du  staphylocoque  et  de  sa  toxine  sur  la  muscl  -s  ;  par  ^ 
M.  Bjôrksten. 

Action  de  certaines  bactéries  sur  les  reins  ;  leur  filtration  par 
le  rein  ;  par  O.  Streng. 

Action  des  staphylocoques  sur  tes  poumons  ;  par  J.  Silfvast. 
Etude  des  toxines  cachectisantes  ;  par  Ü.  Streng. 

X.  —  L'érythrobacillus  pyosepticus  et  les  bactéries  rouges  ; 

par  L.  Fortineau.  (Th.  Paris  1904,  Jouve,  édit.) 

Le  bacille  fut  isolé  par  Fortineau  au  cours  de  recherches 
bactériologiques  sur  la  désinfection  du  linae  de  corps  ;  il  se 
montre  pathogène  pour  tous  les  animaux  de  laboratoire. 
Peut-être  devient-il  virulent  pour  l’homme,  et  est-il  la  cause 
de  certaines  formes  de  panaris  rouges?  Il  subit  de  profondes 
modifications  par  son  passage  dans  des  milieux  contenant! 
une  faible  dose  d’antiseptique.  L’auteur  termine  son  cons- j 
ciencieux  travail  par  l’étude  de  diverses  bactéries  rouges 
jusqu’ici  signalées. 

XL  —  Contribution  à  l’étude  de  la  mioolonia  ;  par  .1.  Valobba. 
(l’nion  typographique,  édit.  Turin,  1901.) 

11  existe  une  mioclonie  infectieuse,  due  à  des  toxines 
microbiennes,  mais  agissanttoujours  sur  un  terrain  prédis¬ 
posé  par  une  dégénérescence  nerveuse  acquise  ou  hérédi¬ 
taire.  Cette  forme  permet  d’englober  dans  une  même  grande 
classe  les  mioclonies  connues  et  la  chorée,  car  elle  leur  sert 
de  transition. 

XII.  —  Recherches  expérimentales  sur  les  modifications  du 
sang  après  les  injections  de  sérums  thérapeutiques  et  de 
sérum  normal  ;  par  H.  KdGharavzewski.  (.4  rc/i.  Int.  de  Phar¬ 
macodynamie,  1904.) 

L'action  secondaire  des  sérums  observée  souvent  à  la 
suite  d’injections  est  due  à  l’influence  des  sérums,  et  no» 
aux  antitoxines  qu’ils  renferment.  Le  sérum  antidiphtéri¬ 
que,  pris  comme  exemple,  provoque  un  léger  abaissement 
de  la  quantité  d’hémoglobine  et  des  hématies  ;  les  petites 
doses  ne  provoquant  aucune  modification  des  leucocytes  f 
les  grosses  doses  produisent  au  contraire  une  certaine  leu-  | 
cocytose,  celle-ci  étant  surtout  du  type  lymphocytaire;  l6 
sérum  antitétanique  semble  provoquer  plus  tôt  la  polynu¬ 
cléose,  tout  comme  le  sérum  antistreptococcique. 

XIII.  —  L’anémie  ankylostomiasique  des  mineurs  ;  par  A- 
Manouwicz.  (Roussel  éd.,  Paris,  1904.) 

t  L’avenirappartiendra  au  pays  qui  produira  le  plus  de 
houille,  disait,  il  y  a  plus  d’un  siècle,  le  célèbre  Beel  ;  mais- 
ajoutait-il,  celui-là  en  produira  le  plus  qui  assurera  le  mieuA 
la  vie  et  la  santé  des  ouvriers.  >>  L’humanité  et  l’égoisme 
s’associent  donc  ici,  et  justifient  l’importance  q‘.e  l’u® 
accorde  à  l’hygiène  du  mineur,  dont  un  des  fléaux  les  pi»® 
terribles  est  certainement  l’ankylostomiase.  M.  Manouvrier, 
comme  conclusion  de  son  étude  sur  l'anémie  des  mineurs, 
conseille  une  série  de  précautions  hygiéniques  des  plo* 
rationnelles  qui  tendent  de  plus  en  plus  à  être  appliquées- 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


121 


x'iV.  — Précis  du  paludisme;  jiar  .1.  Crespin.  (1  vol.  Maloine, 
édit.  Paris,  1905.) 

(je  livre  vient  à  son  heure,  alors  que  les  entreprises  de 
colonisation  si  en  voprue  sont  contrariées  surtoivt  par  leur 
éternel  ennemi,  le  paludisme.  Tout  praticien,  comme  tout 
colonial,  a  besoin  d’avoir,  condensées  en  quelques  pa^es 
clairement  écrites,  les  questions  qui  se  rattachent  au  palu¬ 
disme,  maladie  ubiquitaire  par  excellence  !  Les  découvertes 
récentes  sur  la  transmission  delà  maladie, par  le  moustique, 
sur  les  diverses  formes  de  l’hématozoaire,  les  déductions 
touchant  le  traitement  et  la  prophylaxie  sont  exposées  avec 
beaucoup  d’exactitude,  et  les  idées  de  l'auteur,  tout  en  cor¬ 
roborant  les  opinions  admises,  donnent  à  cet  ouvrage  un 
caractère  original,  qui  en  augmente  l’attrait.  Les  graphiques 
et  la  planche  en  couleur  qu’il  renferme,  rendent  encore  sa 
compréhension  plus  facile. 

XV.  —  Hématologie  et  cytologie  clinigues  ;  par  E.  Lefas.  (1  vol. 
J. -B.  Baillière  éd.  Paris  1904.) 

De  plus  en  plus,  les  recherches  de  laboratoire  deviennent 
indispensables  au  clinicien.  Mais  le  moyen,  au  milieu  des 
occupations  de  clientèle,  souvent  loin  de  tout  centre  d’in¬ 
formation,  de  se  mettre,  puis  de  se  tenir  au  courant  des 
nouvelles  découvertes  ?  Un  des  meilleurs  est  certainement 
la  lecture  du  petit  manuel  de  M.  Lefas,  conçu  en  dehors  de 
toute  idée  dogmatique  sur  la  nature  ou  la  genèse  des  élé¬ 
ments  cellulaires,  ne  traitant  que  des  procédés  de  techni¬ 
que  véritablement  pratiques,  qui  ont  fait  leurs  preuves,  et  à 
l’aide  desquels  on  peut  obtenir  des  constatations  sérieuses, 
commodes  et  précises.  On  y  trouvera  également  toutes  les 
données  acquises  en  clinique  sur  la  cytologie  ;  et  de  nom¬ 
breuses  figures,  soit  en  noir,  soit  en  couleur.permeltront  au 
praticien  le  plus  Inexpérimenté  de  pouvoir  lire  sans  trop  de 
difficultés  une  préparation  quelconque  de  sang  ou  de  cellu¬ 
les  exsudées. 

XVI.  —  L'arthrltls  avec  ses  diverses  manifestations;  rhuma¬ 
tisme,  goutte,  diabète,  artério-sclérose.  neurasthénie,  affec¬ 
tions  nerveuses,  asthme,  calculs,  etc  ,  est  une  maladie  géné¬ 
rale,  microbienne,  transmissible.  Prophylaxie,  traitement  ; 
par  Théophile  Guyot.  Préface  de  E.  Besxieb.  (l  vol.  Sleinlieil, 
éd.  Paris,  1905,  2"  édil.) 

La  première  édition  de  cet  intéressant  travail  a  été  analy¬ 
sée  ici-même,  ily  a  à  peine  un  an.  Le  succès  qui  l’accueillit 
dès  le  début  est  le  meilleur  éloge  ;  et  l’auteur  a  dû  faire 
paraître  une  seconde  édition,  dont  la  vogue  sera  tout  aussi 
grande.  On  connaît  maintenant  la  théorie  hardie  de  M.  Guyot  : 
l’infection,  dont  la  porte  d’entrée  est  variable,  est  la  source 
de  tout  le  mal  ;  elle  nous  explique  l’arlério-sclérose  tout 
d’abord.  Mais  à  côté  de  cette  infection  sanguine,  il  existe  un 
fond  d’autres  infections,  celles  des  voies  respiratoires  et 
digestives,  susceptibles  de  se  combiner  à  la  première,  pour 
produire  asthme,  emphysème,  lithiases,  dermatites,  arthrites 
sèches,  inflammations  nerveuses.  Ce  qui  caractérise  surtout 
ce  second  travail,  c’est  l’adjonction  de  nouvelles  observa¬ 
tions  confirmatives,  et  surtout  de  recherches  microbiennes 
qui  donnent  à  l’ouvrage  un  appui  scientifique  souvent  indis¬ 
cutable.  Sans  doute  il  serait  prématuré  de  prétendre  que  la 
démonstration  est  complète  :  —  peut-être  aussi  l’auteur 
n’iiisiste-l-il  pas  assez  sur  l’influence  de  l’hérédité,  du  ter¬ 
rain,  des  sécrétions  toxiques  de  quelques  glandes,  dont  la 
surrénale.  Mais  il  ne  faut  pas  oublier  que  beaucoup  des 
manifestations  arthritiques,  telles  que  les  lithiases,  sont 
d’essence  nettement  infectieuses  ;  et  il  n’est  pas  impossible 
que  ce  qui  est  démontré  pour  les  lithiases  ne  devienne  pas 
aussi  évident  pour  la  plupart  des  autres  complications 
arthritiques. 

II-  -  Les  médications  préventives;  par  Nattan-Larrier. 
■t  vol.  des  Actualités  médicales,  Baillère,  éd.,  Paris,  1905.) 

L’auteur  étudie  les  deux  principales,  la  sérothérapie  et  la 
pactériothérapie  ou  vaccination  ;  il  passe  en  revue  les 
'ufections  qui  semblent  en  avoir  tiré  un  certain  avantage,  la 
diphtérie  en  première  ligne  ;  puis  le  tétanos,  la  peste  et  le 
choléra. 


XVIII.  —  Les  maladies  des  pays  chauds;  prophylaxie  et  hygiène  ; 
avec  un  appendice  traitant  de  la  vie  au  Brésil  ;  parC.  MuziO. 
(1vol.  de  la  collection  Ibcpli.  Ilœpli,  cd..  Milan,  1904.) 

XIX.  —  Précis  élémentaire  d'anatomie  pathologique  ;  par  A, 
Poui.AiN.  (G.  Sleinlieil  éd.  Paris  1905.) 

Ce  livre  de  pratique  est  destiné  à  l’étudiant  désireux  d’ap¬ 
prendre  les  matières  de  son  programme  ;  aussi  renferme-t-il 
l’abrégé  des  connaissances  nécessaires  au  diagnostic  histo¬ 
logique,  à  l’œil  nu  et  au  microscope,  des  lésions  principales 
de  tous  les  organes.  Les  discussions  théoriques  sont  rédui¬ 
tes  à  leur  plus  simple  expression,  de  même  que  l’étude  de  la 
technique,  utile  seulement  aux  étudiants  des  laboratoires. 


BIBLIOGRAPHIE 


^  Le  poignet  et  les  accidents  du  travail  ;  parle  D''  Destot. 

Paris  l*JUr).(\  igot  frères,  édit,  i 

Dans  une  plaquette  de  13G  pages,  notre  confrère  Destotfait 
uneétude  complète  des  fractures  du  poignet.  Après  avoir  in¬ 
sisté  sur  l’utilité  de  la  multiplicité  des  épreuves  radiogra¬ 
phiques  d’une  même  région  prise  sous  différents  aspects,  afin 
d’avoir  une  idée  bien  nette  de  la  disposition  anatomique  nor¬ 
male  ou  pathologique  de  l’organe  blessé,rauteur  met  en  garde 
contre  les  anomalies  ou  les  vices  de  photographie  suscep¬ 
tibles  d’induire  en  erreur  quiconque  est  peu  accoutumé  à  la 
lecture  de  ces  épreuves. 

Faisant  ensuite  table  rase  de  toutes  les  données  physiologi¬ 
ques  que  nous  avons  jusqu’à  présent  apprises  à  connaître  dans 
nos  classiques  dont  la  clarté,  soit  dit  en  passant,  n’est  pas  la 
qualité  dominante.  Deslot  montreque  le  grand  os  est  en  quel¬ 
ques  sorte  la  clef  d’une  voûte  formée  par  l’ensemble  du  carpe. 

Par  sa  forme,  et  par  sa  position,  le  grand  os  qui  se  peut  met- 
i  tre  dans  toutes  les  positions  est  le  pivot  autour  duquel  évolue 
i  le  poignet  pour  prendre  toutes  les  positions:  flexions,  exten- 
1  sion,  rotation,  pronation  et  supination  que  prend  la  main 
^  évoluant  à  l’extrémité  du  bras. 

Le  scapho’ide,  sorte  de  cale,  limite  des  mouvements  trop  éten¬ 
dus  empêchant  ainsi  une  exagérée  distension  des  ligaments 
et  des  tendons  qui  passent  à  ce  niveau. 

Deslot  examine  ensuite  les  fractures  de  l’extrémité  infé¬ 
rieure  du  radius  en  insistant  sur  l’utilité  pour  le  praticien  de 
connaître  la  situation  du  segment  inférieur  par  rapport  au 
segment  supérieur,  le  traitement  en  découlant  aussi  bien  au 
point  devue  de  la  réduction  qu’au  point  devue  des  soins  con¬ 
sécutifs  à  celle-ci. 

Souvent,  fait-il  remaniuer,  un  fragment  d’os  qui  ne  peut 
reprendre  sa  place  primitive  gène  l’évolution  de  la  guérison 
et  nécessite  une  intervention  sanglante.  Il  faut  le  savoir  et 
surtout  y  penser  pour  éviterdes  déboires  ultérieurs,ainsi  qu’u¬ 
ne  accusation  d’ignorance  portée  contre  le  médecin  par  les 
profanes  qui  s’imaginent  qu’il  suffit  d’examiner  conscien¬ 
cieusement  la  fracture  pour  vaincre  toute  difficulté. 

Les  fractureset  entorses  du  scapho’ide  sont  l’objet  d’un 
chapitre  spécial  dans  lequel  Destot  fait  rentrer  l’étude  des 
fractures  des  autres  os  du  carpe.  La  luxation  enavant  du  se¬ 
mi-lunaire  et  la  subluxation  en  arrière  du  scaphoïde  sont 
longuement  étudiées,  ainsi  que  les  luxations  médiocarpien- 
nes.  toutes  choses  pour  lesquelles  une  intervention  sanglante 
s’impose  souvent  pour  tout  remettre  en  place. 

L’auteurdans  un  chapitre  spécial  étudie  les  cas  exception¬ 
nels  rares  à  la  vérité,  mais  qu’il  n'en  faut  pas  moins  connaî¬ 
tre. 

Le  diagnostic  différentiel  fait  l’objel  d’une  longue  critique 
de  laquelle  il  ressort  que  le  pronostic  bénin  des  fractures 
de  l’extrémité  du  radius  est  un  leurre.  Destot  le  démontre 
avec  preuves  cliniques  à  l’appui  et  insiste  sur  la  prudence 
dont  l'expert  ne  devra  jamais  se  départir  en  matière  d’acci¬ 
dent  du  travail. 

Tel  cas,  dit-il  en  substance,  qui  semblait  anodin,  a  donné 
plus  tard  naissanceà  des  troubles  très  importants.  Il  faut  re¬ 
connaître  que  la  plupart  du  temps  il  s’agissait  d’une  lésion 
du  carpe  prise  au  moment  de  l’accident  pour  une  lésion  du 


122 


LE  PROGRÈS  MEDICAL 


radius.  Il  a  fallu  parfois  recourir  à  une  résection  osseuse 
pour  remettre  toute  chose  en  place  tout  en  laissant  subsister 
une  incapacitéde  travail  assez  forte. 

Ce  mémoire  bourré  de  documents  ne  peut,  malgré  sa  clarté, 
être  analysé  en  détails.  11  faut  le  lire  et  le  relire  pour  être  pé¬ 
nétré  de  son  importance.  Les  lésions  du  poignet  sont  peu 
connues,  pour  ne  pas  dire  inconnues.  Peu  de  régions  donnent 
plus  facilement  lieu  à  des  erreurs  de  diagnostic  et  à  un  pro¬ 
nostic  plus  sombre.Tous  ces  ennuis  peuvent,  par  bonheur, être 
facilement  évités  à  la  condition  de  porter  un  bon  diagnostic, 
chose  moins  difficile,  grâce  à  la  radiographie.  Le  traitement  qui 
en  découle  amène  prescfue  toujours  une  amélioration  si  sen¬ 
sible  quele  pronostic  s’atténue  au  point  d’en  devenir  presque 
bénin.  D'-Thébault. 

Le  Sud-Ouest  parisien.Tuberculosa  et  tuberculisation  ; 

par  leD'-  Boi  reii.i.e,  avec  la  collaboration  des  médecins  et 

assistants  du  Dispensaire  antituberculeux  du  S.-O.  parisien. 

Cette  étude  comprend  l'examen  social,  médical  et  bactério¬ 
logique  de  lil3  personnes  indigentes,  parmi  lesquelles  3(i9 
tuberculeux,  habitant  presque  toutes  le  W*’  arrondissement 
de  Paris  (\augirard).  Les  observations  sociales  prises  parle 
D''  Boureille,  directeur,  et  M.  Dcsclefs,  assistant  social,  ont  porté 
sur  l’habitation, l’alimentation,  les  conditions  de  travail  etles 
ressources,  l’immigration.  Elles  montrent  que  ces  1213  per¬ 
sonnes  habitent  des  logements  où  l'air  et  le  soleil  ne  pénètrent 
presque  jamais  et  que  leurs  ressources  sont  souvent  insuffisan¬ 
tes.  Qu’il  nous  suffise  de  citer  les  deux  points  suivants,  parmi 
les  nombreuses  statistiques  de  ce  travail.  1“  Presque  toutes  les 
personnes  examinées  habitent  les  étages  inférieurs  de  maisons 
de  5  et  6  étages,  entourées  elles-mêmes  de  maisons  sembla¬ 
bles.  L’étendue  de  1  espace  respirable  et  lumineux  y  est  pres¬ 
que  toujours  insuffisant.  2“  ^ous  trouvons  131  chômeurs  sur 
369  tuberculeux.  Les  salaires  de  ceux  qui  travaillent  ne  dé¬ 
passent  pas,  dans  58  cas  sur  71,800  fr.  par  tête  et  par  an,  et 
dans  229  sur  370,  2  fr.  par  jour  et  par  tête.  L’étude  sociale  en 
bloc  des  quartiers  où  habitent  ces  1.213  personnes  montre 
qu’elles  ne  sont  pas  l’exception,  mais  une  simple  moyenne 
dans  ce  milieu. 

L’examen  médical  pratiqué  par  tes  D-^®  (Juilloteau.  chirur¬ 
gien,  Acheray  et  Boutes, médecins  du  dispensaire,  fait  assister 
aux  signes  constatés  chez  les  369 reconnus  tuberculeux.  L’exa¬ 
men  bac tériologique  et  chimique,  fait  sous  la  direction  de  M. 
Sautier,  chef  du  laboratoire,  montre  un  nombre  relativement 
faible  de  bacillaires.  Enfin,  les  auteurs  font  constater  les  ré¬ 
sultats  obtenus  :  crachoirs,  désinfection  de  153  logements. dé¬ 
sinfection  hebdomadaire  du  dispensaire,  isolementdes  conta¬ 
gieux,  déménagement  de  52  familles,  améliorations  obtenues 
dans  60  immeubles,  congés  accordés  à  des  militaires,  congés 
payés  par  le  patron  à  4t  malades,  réduction  des  heures  de 
travail,  salubrité  des  ateliers,  envoi  d’enfants  à  la  campagne, 
28  conférences  dans  les  quartiers  contaminés,  secours  accor¬ 
dés  à  53  familles,  62  malades  envoyés  à  la  campagne,  6  en  sa¬ 
natorium,  9  dans  les  services  spéciaux  de  tuberculeux.  Telle 
est  r  œuvre,  surtout  sociale, accomplie  par  le  dispensaire  pré- 
ventorium  du  61,  boulevard  Garibaldi  à  Paris.  Ce  prévento¬ 
rium  parisien  est  affilié  à  la  Fédération  anti-tuberculeuse 
française  et  subventionné  par  la  Mlle  de  Paris. 


THÉRAPEUTIQUE 


L'emploi  thérapeutique  de  l’Hélénine  dans  les  hôpitaux. 

«  J’ai  expérimenté  PHélénine  à  l’hôpital  sur  un  certain 
nombre  de  malades,  dit  Audhouî,  médecin  des  hôpitaux, 
dans  la  Thérapeutique  contemporaine  (avril  1882).  Le  ma¬ 
lade  rend  moins  de  crachats,  expectore  plus  aisément,  res¬ 
pire  mieux,  voit  la  toux  diminuer,  et,  par  conséquent,  dis¬ 
paraître  la  douleur  de  poitrine,  l’agitation,  l’insomnie.  »  Et 
Chéron,  médecin  de  l’hôpital  Saint-Lazare,  ajoute  dans  sa 
Revue  médico-chirurgicale  des  maladies  des  femmes  que  l’action 
de  PHélénine  est  immédiate. 

L’Hélénine  s’administre  à  la  dose  de  2,  3,  on  4  globules, 
du  D'  de  Korab,  par  jour. 


VARIA 


L'assistance  médicale  et  la  vaccine 
en  Afrique  occidentale. 

Le  Journal  officiel  de  l’Afrique  occidehtale  française,  dans 
son  numéro  du  25  janvier  dernier,  annonce  que  le  budget 
prévoit  la  création  pour  l’année  1906  de  treize  nouveaux  pos¬ 
tes  d’assistance  médicale  indigène  qi^i  seront  confiés  à  de 
jeunes  docteurs  français. 

C’est  la  continuation  de  la  grande  téuvred’hygiène  et  de  sa¬ 
lubrité  entreprise  par  M.  Roume.  yfn  nouvel  arrêté  la  com¬ 
plète  en  organisant  le  recrutement  èt  l’instruction  d’aides-mé¬ 
decins  indigènes.  lisseront  destinés  à  rester  sous  la  surveil- 
lence  du  médecin  européen  dont  ils  ne  doivent  être  que  les 
auxiliaires. 

Pour  être  réellement  utiles.ces  aides  seront  recrutés  locale¬ 
ment  dans  la  colonie  où  ils  doivent  servir..  Leur  instruction  et 
leur  dressage  doivent  être  l’œuvre  des  médecins  qui  les  em¬ 
ploieront. 

Le  bagage  scientifique  qui  leur  est  nécessaire  doit  être  tout 
pratique.  Ils  peuvent  l’acquérir  en  servant  en  qualité  d'élè¬ 
ves  auprès  des  médecins  de  l’assistance  médicale  indigène, 
dans  les  consultations  et  dans  les  dispensaires  dont  ceux-ci 
sont  chargés.  Un  stage  hospitalier  de  quelques  mois  suffira 
pour  coordonner  et  généraliser  utilement  les  connaissances 
qu’ils  auront  acquises  auprès  de  leur  premier  instructeur. 

Ln  examen  probatoire,  passé  au  chef-lieu  après  ce  stage, 
leur  donnait,  avec  le  titre  définitif  d’aides-médecins  indigè¬ 
nes.  l’investiture  nécessaire  pour  être  employés  au  service  de 
l’assistance  indigène. 

Désignés  pour  servir  dans  une  circonscription,  il  appartien¬ 
dra  à  chaque  colonie  de  leur  faire  une  situation  qui  leur  per¬ 
mette  de  mener  une  vie  honorable  dans  le  milieu  indigène  où 
ils  devront  être  placés. 

Ils  prendront  leur  part  dans  les  soins  à  donner  aux  indigè¬ 
nes,  et  .seront  des  agents  de  pénétrationet  d’information  pré¬ 
cieux.  Ils  aideront  leurs  chefs  à  lutter  contre  les  pratiques 
des  marabouts  ou  des  féticheurss,  répandront  leur  influence 
et  deviendront  des  propagateurs  de  premier  ordre  pour  les 
idées  civilisatrices  que  nous  nous  efforçons  de  répandre  en 
Afrique. 

Ün  autre  décret  décide  qu’il  sera  créé,  dans  chaque  colonie, 
au  moins  un  institut  vaccinogène,  qui  aura  pour  mission  de 
produire,  à  l’aide  de  génisses  inoculées,  le  vaccin  nécessaire 
aux  besoins  de  la  colonie.  En  eflet,  le  vaccin  importé  de 
France  ou  même  de  Saint-Louis,  en  tubes,  n’est  pas  «  accli¬ 
maté  ».  La  lymphe  devient  stérile  et  les  insuccès  sont  alors 
fréquents.  [Le  Temps.) 

Hygiène  des  stations  hydro-minérales. 

Le  D''  Lucien  Graux,  95,  av.  Kléber,  membre  de  la  Com¬ 
mission  permanente  des  stations  hydrominérales  et  clima¬ 
tiques  du  ministère  de  l’Intérieur  et  chargé  par  la  Sous- 
Commission  d’hygiène  de  réunir  tous  les  documents  concer¬ 
nant  l'hygiène  des  stations  hydrominérales  et  climatiques 
serait  heureux  de  recevoir  tous  les  documents  concernant 
cette  question.  (Rapports,  travaux,  arrêtés.. 

L’alimentation  suffisante  d’un  homme  et  son  prix  de 
revient. 

Il  paraît  que  les  Parisiens  d'il  y  a  60  ans  consommaient  à 
peine  chacun  20kilogr  de  viande  par  an  ;  aujourd’hui,  lechif- 
fre  aurait  doublé  (38  kilogr  par  tête  et  par  an  en  1905).  Est-ce 
à  cela  que  l’on  doit  la  fréquence  des  appendicites  et  des  enté¬ 
rocolites  ?  Le  . l/a  b'«,  à  propos  de  cette  constatation,  a  demandé 
au  Pf  Armand  Gautier  son  avis  sur  l’alimentation  de  1  homme. 
L’espèce  humaine,  a-t  il  répondu  est  omnivore  par  son  ins¬ 
tinct,  par  sa  dentition,  ses  sécrétions,  surtout  par  son  besoin 
d’activité. 

D’aprèsM.  Armand  Gautier,  les  Hindous  porteurs  de  dépê¬ 
ches  parcourent,  chaque  jour,  vingt  lieues,  allant  de  villes  en 
villes,  et  ne  mangeant  que  du  riz.  Les  paysans  roumains  et 
russes  travaillent  aux  champs  de  seize  à  dix-huit  heures  et  ne 
mangent  que  des  legumes,  du  pain  noir  ou  de  la  polenta,  un 


LE  PROGRES  MEDICAL 


123 


peu  de  fromage  et  d'ail.  Les  mineurs  de  l’Amérique  du  Sud, 
les  soldats  turcs,  les  portefaix  de  Saloniqueet  de  Constantino¬ 
ple,  tous  hommes  rudes  qui  transportent  des  fardeaux  très 
lourds,  ne  vivent  que  de  légumes  cuits,  de  riz,  de  figues,  ne 
touchent  presque  pas  à  la  viande  et  ne  boivent  pas  de  vin. 

Des  trois  régimes  :  carnivore,  semi-carnivore,  et  anticarni¬ 
vore  ce  dernier  est  le  moins  cher.  Un  homme  pourrait  se 
nourrir  avec  70  centimes  par  jour  par  le  régime  semi-carni- 
vore,  et  avec  35  centimes  s'il  est  végétarien  absolu. 

Le  régime  végétarien  absolu  ne  répond  pas  bien  aux  besoins 
et  aux  intérêts  des  races  européennes.  Mitigé  par  l’adjonction 
du  lait,  de  la  graisse,  du  beurre,  des  œufs,  il  a  de  grands 
avantages.  Il  alcalinise  le  sang,  acc  élère  les  oxydations,  dimi¬ 
nue  les  déchets  organiques  et  les  toxines  qui  nous  empoison¬ 
nent.  Ce  régime  moyen,  qui  emprunte  au  régime  animal  fort 
peu  d’éléments,  épargne  les  maladies  de  la  peau,  l’arthrilis- 
me,  les  congestions  des  organes  internes .  Il  tend  à  transfor¬ 
mer  les  peuples,  à  les  rendre  pacifiques  et  non  pas  agressifs  et 
violents.  11  est  pratique  et  rationnel. 

M.  Armand  Gautier  déclare  qu’il  doit  être  accepté  si  l’on 
poursuit  l’idéal  de  la  formation  et  de  l’éducation  de  races  dou¬ 
ces,  intelligentes,  artistiques,  et  cependant  prolifiques,  vigou¬ 
reuses  et  actives. 

Quels  que  soient  les  avantages  hygiéniques  du  végétarisme, 
dit  le  Matin,  qui  poursuit  à  ce  sujet  son  enquête,  il  y  a  des 
gens  qui  préfèrent  une  nourriture  plus  variée.  Ils  peuvent 
se  satisfaire  sans  dépasser  les  chiffres  modestes.  Une  famille 
de  six  personnes  consommant  1.500  grammes  de  viande  par 
jour,  six  œufs  et  la  quantité  de  légumes,  de  pain  et  de  lait 
nécessaire  pour  compléter  ces  premiers  éléments,  peut  vivre 
facilement  pour  4  francs  par  jour.  La  dépense  est  au-dessous 
de  70  centimes  par  tête  et  par  jour,  et  la  quantité  de  viande 
consommée  dépasse  de  plus  de  moitié  la  moyenne  indiquée 
pour  l’année  1905.  Elle  s’élève  à  89  kilos  par  tête  et  par  an  au 
lieu  de  38.  Pour  des  personnes  qui  se  contentent  de  la  mo¬ 
yenne  et  absorbent  seulement  50  grammes  de  viande  par  re¬ 
pas,  soit  100  grammes  par  jour  et  36  kilos  par  an,  le  prix  de 
la  nourriture  s’abaissera  sensiblement.  Il  tombe  à  23  cen¬ 
times  par  repas,  46  centimes  par  jour  dans  une  famille  de 
six  personnes.  Il  s’abaisse  davantage  encore  quand  le  nombre 
des  repas  préparés  ensemble  devient  plus  élevé.  L  ne  expé¬ 
rience  récente,  dont  les  résultats  sont  contrôlés  et  certains, 
permet  d’affirmer  qu’un  restaurant  populaire  fournissant 
30D  repas  dépotage,  pain,  plat  de  viande  et  plat  de  légumes 
par  semaine,  peut,  en  couvrant  toutes  ses  dépenses,  y  com¬ 
pris  le  loyer,  le  service,  le  chauffage  et  l’éclairage,  fournir 
des  repas  à  21  centimes  l’un.  Si  le  chiffre  des  repas  servis  s’é¬ 
lève  à  ,500 par  semaine, le  prix  net  de  revient  s’abaisse  à  18  cen¬ 
times  et  demi. 

Ces  chiffres  démontrent  qu’il  n’est  pas  nécessaire  de  réfor¬ 
mer  complètement  son  régime  pour  vivre  avec  37  centimes 
par  jour  d’une  façon  hygiénique  et  satisfaisante. 

Nous  ne  discuterons  pas  les  chiffres  donnés  par  le  savant 
rédacteur  du  Matin  ;  mais  si  théoriquement  ils  sont  admissi¬ 
bles,  dans  la  pratique  ils  reçoivent  chaque  jour  de  nombreux 
démentis. 

Installation  du  Conseil  supérieur  d’Hygiène. 

Depuis  le  vote  de  la  loi  du  24  janvier  dernier,  le  Conseil  su¬ 
périeur  d’hygiène  a  été  reconstitué.  11  comprend  comme  mem¬ 
bres  de  droit  les  professeurs  d’hygiène  des  facultés  de  méde¬ 
cine  de  Paris,  de  Lyon,  Nancy,  Toulouse,  Montpellier,  et 
des  écoles  de  médecine  et  de  pharmacie  de  plein  exercice 
d'Alger,  Marseille,  Nantes  et  Rennes, 

^  La  séance  d’installation  a  eu  lieu,  lundi  19  février,  dans 
l’après-midi,  au  ministère  de  l’intérieur,  sous  la  présidence 
de  M.  le  !)■  Dubief,  ministre  de  l’intérieur,  qui,  dans  une 
allocution,  a  indiqué  le  rôle  des  nouveaux  membres  du 
Conseil  ; 

«  Ils  devront,  a-t-il  dit,  apjairter  au  conseil  le  tribut  de 
^ir  exjHuience,  la  connaissance  des  besoins  régionaux  et  ils 
^vront  apporter  aussi  dans  leur  département  l’écho  des  dé¬ 
libérations  du  conseil,  créer  des  centres  d’activité  scientifique 
'îii  harmonie  avec  celui  delà  capitale.  Ges  professeurs  d’hy- 
S'ène  dans  les  facultés  et  écoles  de  Paris  et  des  départements 


joueront  un  rôle  essentiel  ;  les  progrès  de  l’hygiène  se  mesu¬ 
reront  au  degré  de  connaissances  qu  ils  feront  acquérir  aux 
générations  nouvelles.  Ils  prépareront  ceux  qui  auront  pour 
tâche  dans  l’avenir  d’assurer  la  complète  application  de  notre 
législation  de  1902.  dont  on  peut  attendre  le  plus  grand  bien 
pour  la  chose  publique,  le  jour  où  seront  dissipées  les  résis¬ 
tances  opposées  par  l’égo’isme  des  uns,  l’indifférence  du  plus 
grand  nombre.  En  dépit  d’un  retard  très  fâcheux,  il  y  a  lieu 
de  penser  que,  dans  un  bref  délai,  sera  promulgué  ledemier 
règlement  d’administration  publique  prévu  par  la  loi  de  1902, 
le  dernier  et  le  plus  délicat  et  le  plus  utile  peut-être, celui  qui, 
dans  chaque  ville  de  plus  de  20.0u0  habilants,  organisera  un 
service  municipal  de  désinfection  et  un  service  départemental 
pour  l’ensemble  des  autres  communes  moins  peuplées. 

Le  3  janvier  dernier,  a  été  promulgué  le  règlement  d’.admi- 
nistration  publique  relatif  à  «  l’organisation  et  au  fonction¬ 
nement  des  bureaux  municipaux  d’hygiène».  Vous  avez,  dans 
la  séance  de  ce  jour,  à  terminer  cette  œuvre  législative,  puis¬ 
que  le  décret  laisse  au  conseil  supérieur  le  soin  de  déterminer 
quelles  sont  les  «  personnes  aptes  »  à  remplir  le  rôle  de  di¬ 
recteurs  de  ces  bureaux  d’hygiène  et  parmi  lesquelles  les 
maires  pourront  exercer  leur  choix.  \  ous  aurez  à  arrêter  au¬ 
jourd’hui  la  procédure  que  vous  jugerez  utile  d  instituer  pour 
vous  acquitter  du  rôle  particulièrement  délicat  que  ce  décret 
vous  a  dévolu. 

Sans  aucun  doute  le  choix  de  ces  directeurs  des  bureaux 
d’hygiène  a  une  importance  capitale  :  les  conditions  sanitai¬ 
res  d’une  ville  pourront  être  en  quinze  ou  vingt  ans  trans¬ 
formées  si  ce  bureau  est  confié  à  un  homme  sachant  unir  la 
compétence  scientifique  au  souci  des  nécessités  administra¬ 
tives. 

La  suppression  de  Saint-Lazare. 

Le  conseil  supérieur  des  prisons  a,  sur  un  rapport  de  M. 
Boudenoot,  sénateur  du  Pas-de-Calais,  décidé  la  suppression 
de  la  maison  de  Saint-Lazare  qui  sera  remplacée  par  une  pri¬ 
son  pour  femmes  que  I  on  construira  à  Ivry.  Le  conseil  supé¬ 
rieur  n’a  voulu  statuer  que  sur  la  prison  de  droit  commun. 
Il  s’est  énergiquement  opposé  à  la  réunion  de  la  prison  de 
droit  commun  avec  l’établissement  administratif  et  le  dispen¬ 
saire  où  l’on  maintient  administrativement  des'  malades  I  au 
nombre  de  723  en  19ü4i.M.Roudenoota  montré  la  nécessité  de 
considérer  les  malades  comme  des  maladeset  non  comme  des 
criminelles.  N 'est  il  pas  étrange  d  être  obligé  encore  au  XX»  siè¬ 
cle,  de  proclamer  cette  nécessité  et  de  constater  que  notre  ad¬ 
ministration  a  conservé  des  traditions  médicales  aussi  bar¬ 
bares,  traditions  qui  choquent  à  la  fois  le  sens  commun  et  la 
dignité  humaine. 

M.  Boudenoot  a  terminé  son  rapport  par  les  conclusions 
suivantes  ; 

1°  Il  n’y  a  pas  lieu  d’admettre,  pour  remplacer  la  prisonac- 
tuelle  de  Saint-Lazare,  ni  en  principe  ni  en  fait,  un  seul  éta¬ 
blissement  réunissant  dans  une  même  enceinte  générale, bien 
que  séparés  par  une  rue  intérieure,  ainsi  que  .sous  une  même 
direction  constituant  une  unité  administrative  du  service  pé¬ 
nitentiaire  :  le  quartier  pénitentiaire,  le  quartier  de  détention 
et  les  services  hospitaliers  (jui  sont  actuellement  groupés  à 
Saint-Lazare  ; 

2°  11  convient,  au  contraire,  d’édifier  une  maison  d’arrêt  et 
de  correction  pour  femmes,  absolument  séparée  et  distincte 
de  rétablissement  qui  sera  affecté  aux  services  administratifs 
et  hospitaliers  ; 

•  3»  Cette  maison  d’arrêt  et  de  correction  peut  être  établie  à 
Ivry-sur-Seine. 

Le  conseil  su|)érieur  des  prisons  a  adopté  à  l’unanimité  ces 
conclusions. 

Sur  la  proposition  de  M.  Grimanelli,  de  M.  Sarrien  et  de 
M.  Baudoin,  procureur  général  à  la  Cour  de  cassation,  le 
conseil,  avec  l’assentiment  deM.  Boudenoot.  a  ajouté  : 

Le  conseil  supérieur,  en  adoptant  ces  conclusions  sur  la 
seule  question  dont  il  se  considère  comme  saisi  au  point  de 
vue  pénitentiaire,  n’entend  préjuger  dans  aucun  sens  la  ques¬ 
tion,  qui  lui  échappe,  du  caractèreà  donner,  dans  un  intérêt 
général  dont  l’Etat  ne  peut  se  désintéresser,  à  l’établissement 
séparé(|ui  devra  remplacer  la  section  administrative  de  la 
maison  de  Saint-I.azare. 


124 


LE  PROGRÈS  MEDICAL 


Espérons  que  Saint-Lazare  une  fois  disparu,  et  ([iie  les  cri¬ 
minelles  auront  été  dotées  d'une  nouvelle  prison,  les  malades 
seront  rendues  à  l’hôpital  et  que  le  médecin  n'aura  plus  à  ré¬ 
clamer  pour  le  traitement  de  ses  malades  le  concours  des  gar¬ 
des-chiourme.  J.  Noir. 

La  responsabilité  des  infirmiers. 

Un  huissier  parisien,  M.  Philippe  Ormaux,  plaiJait,  hier,  à 
l’audience  de  la  septième  chambre  du  tribunal,  contre  le  directeur 
d’une  Société  d’infirmiers,  auquel  il  réclamait  une  somme  de 
1  ,000  francs  de  dommages-intérêts. 

Il  soutenait  que  le  directeur  avait  engagé  sa  responsabilité  en 
lui  envoyant  comme  infirmier  un  homme  qui  ignorait  sa  profession 
et  qui  lui  aurait  fait  superficiellement  trois  piqûres  de  quinine  à 
la  jambe  gauche,  au  lieu  de  les  faire  sous  la  peau,  ainsi  qu’il 
convient.  Après  plaidoiries  de  Gatineau  et  Albert  Roux,  le 
tribunal,  présidé  par  M,  Uciani,  de  répondre  : 

Attendu  que  Ormaux  n’établit  pas  qu’en  demandant  un  infirmier 
il  ait  indiqué  que  cet  infirmier  devait  avoir  les  connaissances  né¬ 
cessaires  pour  pratiquer  les  injections  hypodermiques  :  — que  l’in¬ 
jection  hypodermique  constitue  une  opération  de  «petite  chirurgie  » 
qui,  d’après  les  usages  reçus,  doit  être  faite  par  le  médecin 
lui- même  ou  en  sa  présence  et  sous  sa  surveillance  directe  ;  — 
qu’elle  peut,  lorsqu’elle  est  pratiquée  par  une  personne  n’ayant 
pas  les  précautions  nécessaires,  provoquer  chez  les  malades  des 
accidents  graves  ;  —  que  cette  opération  ne  rentre  pas  dans  les 
soins  que  l’infirmier  doit  donner  pour  assurer  l’exécution  des  pres¬ 
criptions  du  docteur. 

L’huissier  perd  donc  son  procès.  (Journaux  politiques  de  février 
1906.) 

Ce  fait  montre  la  nécessité  pour  ceux  qui  veulent  exer¬ 
cer  la  profession  d’infirmier  —  et  il  en  est  de  même  pour  les 
femmes  ~  de  suivre  les  cours  des  Ecoles  d’i  nfirmiers  et 
d’infirmières,  d’assister  aux  exercices  pratiques  et  de  faire  un 
stage  dans  un  service  de  médecine  et  de  chirurgie. 

Statuts  de  la  Société  belge  pour  la  propagation  de  la 
crémation. 

Article  premier.  —  La  Société  belge  pour  la  propagation  de 
la  crémation,  fondée  en  dehors  de  toutes  préoccupations 'religieu¬ 
ses  ou  politiques,  a  pour  but  :  de  propager,  en  Belgique,  la  cou¬ 
tume  de  l’incinération  des  cadavres  :  de  faire  toutes  études  sur 

la  pratique  de  l’incinération  :  3“  d’obtenir  la  reconnaissance  lé¬ 
gale  de  l’incinération  facultative  des  cadavres.  Elle  agira  par  voie 
de  conférences,  de  tracts,  de  brochures,  de  journaux,  de  concours, 
d’expositions,  etc.  Elle  créera  une  bibliothèque  à  l’usage  de  ses 
membres. 

Art.  2.  —  Les  personnes  majeures  appartenant  aux  deux  sexes 
peuvent  être  admises,  par  la  commission  administrative,  en  qua¬ 
lité  de  membres  de  la  société.  Par  le  fait  de  leur  adhésion,  les  mem¬ 
bres  ne  s’obligent  nullement  à  prendre  des  dispositions  en  vue  de 
faire  pratiquer  sur  eux-mêmes,  à  leur  décès,  l’incinération.  La 
commission  administrative  peut  exclure  tout  membre  qui  no  rem¬ 
plit  pas  ses  obligations  financières  envers  la  société  ou  qui  agit 
contre  les  intérêts  de  celle-ci.  Le  membre  démissionnaire  ou  exclu 
perd  tous  ses  droits  sur  l’avoir  social. 

Art.  3.  —  Les  membres  adhérents  payent  une  cotisation  annuelle 
d’un  franc  ;  les  membres  titulaires  versent  cinq  francs  au  moins,  les 
membres  donateurs  font  un  versement  unique  et  minimum  de  cent 
francs. 

Art.  4.  —  La  société  est  administrée  par  une  commission  com¬ 
posée  d'un  président,  de  deux  vice-présidents,  d’un  secrétaire-gé¬ 
néral,  d’un  secrétaire-adjoint,  d’un  trésorier  et  de  trois  membres. 
Cette  commission  est  élue  annuellement  par  l’assemblée  générale 
qui  se  réunit  obligatoireme.ut,  dans  le  courant  du  mois  de  mars,  à 
l’elTet  d’entendre  le  rapport  de  la  commission  sur  la  situation  mo¬ 
rale  et  matérielle  de  la  société. 

Art.  5.  —  Il  pourra  être  constitué,  par  la  commission  adminis¬ 
trative,  des  sous-comités  en  province  chargés  de  l’aider  dans  la 
propagande.  Il  sera  formé  à  Bruxelles  deux  sections  qui  se  préoc¬ 
cuperont  :  l'une  de  la  propagande,  l’autre  de  l'étude  des  questions 
techniques,  scientifiques  et  esthétiques. 

Art.  6.  — •  Les  présents  statuts  ne  pourrontêtre  revisésqu’à  lama- 
jorité  des  deux  tiers  des  membres  présents  convoqués  spécialement 
dans  ce  but  ;  la  dissolution  de  la  société  ne  pourra  être  prononcée 
que  par  les  trois  quarts  des  membres  présents  convoqués  à  cet 
effet.  En  cas  de  dissolution,  l’avoir  social  sera  remis,  sur  décision 
de  l’assemblée  générale,  à  une  autre  société  belge  de  crémation 
et,  à  son  défaut,  à  une  entreprise  semblable  étrangère.  Siège  so¬ 
cial  :  hôtel  Ravenstein,  Bruxelles. 

— - — - 


FORMULES 

XIV.  —  Teinture  d  iode  chloroformique. 

Iode  bi-sublimé .  1  gr. 

Chloroforme  pur .  10  cc. 

Pour  badigeonnages  révulsifs.  iChassevant). 

XV.  —  Contre  le  rhumatisme  aigu. 

Salicylate  de  soude .  60  gr. 

Sirop  d’écorces  d'oranges  amères .  ."lOO  cc. 

Cognac .  200  cc. 

Alcoolature  d’oranges  douces .  75  ce. 

Eau .  100  cc. 

Extrait  d’opium .  0  gr .  60 

Cette  solution  est  prise  sans  répugnance.  Chaque  cuillerée 
à  soupe  contient  1  gr.  de  salicylate  et  0  gr.  01  centigr.  d’ex¬ 
trait  d’opium.  {Province  Médicale.) 


Actes  et  Thèses  de  la  Faculté  de  Médecine  de  Paris. 

Thèses  de  doctorat.  — Jeudi  i"'  mars.  — A/.  Ehvinger  :  Contri¬ 
bution  à  l’étude  des  péritonites  à  pneumocoques  et  à  streptocoques 
primitives  (MM.  Dieulafoy,  Le  Dentu,  Pozzi,  Renon.  — M.  Binet: 
Des  luxations  ouvertes  de  l’articulation  du  coude  ;MM.  Le  Dentu, 
Dieulafoy,  Pozzi.  Uenon.  —  M.  Lequeux  :  Etiologie  et  pathogénie 
des  liémorragies  graves  <lu  nouveau- né  M.M.  Pozzi,  Dieulafoy,  Le 
Dentu,  Maygrier.) 

Examens  de  doctorat.  —  Jeudi,  /"  mars.  —3'  (P"  partie,  1"  sé¬ 
rie,  Oral,  Salle  liéclard)  :  MM.  Guyon,  Bonnalre,  Launois.  —  3“ 
(1"  partie,  2"  série,  Oral,  Salle  CorvisarP  :  MM.  Berger,  Thiéry. 
Rrindeau.  —  3"  (P“  partie,  3‘  série,  Oral,  Salle  Charcot'  ;  MM.  Poi¬ 
rier,  Riliemont-Dessaignes,  Marion.  —  3*  (P*  partie,  4“série,  Oral, 
Salle  Richet)  :  MM.  Bar,  Hartmann,  Rieffel.  —  3*  (2"  partie,  Oral, 
Salle  Pasteur)  :  MM.  .loft'roy,  Thiroloix,  Guiart. 

Vendredi,  2  mars.  —  (Médecine  opératoire,  Ecole  pratique)  ;  MM. 
Reclus,  Sébileau,  Proust.  —  3"  (2'  partie,  Laboratoire  des  travaux 
pratiques  d’anatomie  pathologi(iue)  ;  MM.  Blanchard,  Desgrez,  Le- 
gry.  —  S’  (P”  parlie,  Oral,  .Salle  Charcot)  :  MM.  Terrier,  Potocki, 
Cunéo.  —  3’  (2"  partie,  Oral,  Salle  Corvisart)  :  MM.  Joffroy,  Bris- 
saud,  Macaigne.  —  4*  (Salle  Pasteur)  :  MM.  Pouchet,  Richaud,  Bal- 
thazard.  —  5"  (Chirurgie,  1'"  parlie,  l’’’  série,  Necker)  ;  MM.  Kirmis- 
son,  Delcns,  Lcgucu.  —  .'V"  (Chirurgie.  1"  parlie.  2‘  série.  Necker)  : 
MM.  Segond,  Mauclaire,  Gossel. 

Samedi,  3  mars.  —  (Médecine  opératoire,  Ecole  pratique)  :  MM.  De 
Lapersonne,  Thiéry,  Marion.  —  3"  (2"  partie.  Laboratoire  des  tra¬ 
vaux  pratiques  d’anatomie  pathologique)  :  MM.  Cornil,  Guiart,  Mail¬ 
lard.  —  3"  (1”  partie,  P’  série,  Oral,  Salle  Béclard)  :  MM.  Le  Dentu. 
Bar,  Launois.  —  3'  (P"  partie,  2°  série,  Oral,  Salle  Charcot)  :  MM. 
Poirier.  Bonnairc,  Moreslin.  —  4"  (Salle  Pasteur)  ;  M.M.  Raymond. 
Cliauteinesse,  Vaquez.  —  5'  (2“  parlie.  P"  série,  Beaujon)  :  M.M.  Gil¬ 
bert,  Mcry,  Gouget.  — 5"  (2°  partie,  2"  série,  Beaujon)  :  MM.  Troi- 
sier,  Jeanselnie,  Bezançon.  —  5"  (Obstétrique,  l"  jiarlie.  Clinique 
Tarnicr)  :  MM.  .Maygrier,  Ribemonl-Dessaignes,  Brindeau. 


NO^l^ES 

Natalité  dk  Paris.  —  Du  dimanche  4  février  1906  au  samedi 
10  février  1906,  les  naissances  ont  été  an  nombre  de  1 .049,  se  dé¬ 
composant  ainsi:  légitimes  515,  illégitimes  534. 

Mortalité  a  Paris.  —  Population  d’après  le  recensement  de 
1901  :  2.660.559  habitants.  Les  décès  ont  été  an  nombre  de  984, 
savoir  :  508  hommes  et  476  femmes.  Les  décès  sont  dus  aux 
causes  suivantes  :  Fièvre  typhoïde  (typhus  abdomin.)  :  5.  — 
Typhus  exanthématique  :  0.  —  Fièvre  intermittente  et  cachexie 
palustre  :  0.  —  'Variole  :  0.  —  Rougeole  :  21.  —  Scarlatine  :  3. 

—  Coqueluche:  8.  —  Diphtérie  et  Croup  :  3. —  Grippe  :  11. 

—  Choléra  asiatique  :  0.  —  Choléra  nostras  :  0.  —  Autres 
maladies  épidémiques  :  2.  —  Tuberculose  des  poumons  :  192.  — 
Tuberculose  des  méninges  :  30.  —  Autres  tuberculoses  :  22.  — 
Cancer  et  autres  tumeurs  malignes  ;  57.  —  Méningite  simple  :  16. 

—  Congestion  hémorrhagique  et  ramollissement  du  cerveau  :  54. 

—  Maladies  organiques  du  cœur  :  77.  —  Bronchite  aiguë  :  10. 

—  Bronchite  chronique  :  23.  —  Pneumonie  :  40.  —  Autres  affec¬ 
tions  de  l’appareil  respiratoire  ;  122.  —  Affections  de  l’estomac 
(cancer exc.)  :  3. —  Diarrhée  et  entérite  deO  à  1  an  :  sein  :  6  ;  au¬ 
tre  alimentation  :  6.  —  Diarrhée  et  entérite  de  1  à2  ans  :  1 . —  Her¬ 
nies,  obstruction  intestinale  :  2.  —  Cirrhose  du  foie  ;  17.  —  Néphrite 
et  mal  de  Bright  :  27.  —  Tumeurs  non  cancéreuses  et  autres  ma¬ 
ladies  des  organes  génitaux  (femmes)  :  3.  —  Septicémie  puerpérale 
(fièvre,  péritonite,  phlébite  puerpérale)  :  4.  —  Autres  accidents 


35»  ANNÉE.  3'  SERIE.  T.  XXII.  N“  9 


BUREAUX  ;  RUE  DES  CARMES,  14 


3  MARS  1906 


Le  Progrès  Médical 


SOMWAIRE:  Thérapeutique  :La  médication  phosphoacide au 
point  de  vue  biooliiinique,  par  Frenkei. — Pathologie  chirur¬ 
gicale  ;  Les  notions  nouvellessurlevaricocèle,  parDesohamps. 
—  Bulletin:  Professeurset  déontologie,  par  Noir  ;  Les  pupilles 
de  l’assistance  publique,  par  Graux. —  Sociétés  Savantes:  So- 
ciétédebiologie:  Dooimasie  pulmonaire,  par  Balthazard  et  Le¬ 
brun  ;  Résistance  globulaire  dans  la  lièvre  bilieuse,  par  Vincent 
et  Dopter  ;  Pathogénie  de  la  fièvre  bilieusehémoglobinurique, 
par  Vincent  et  Dopter  ;  Nitrite  d’amyle,  par  Plumier  ;  Extrait 
d’intestin  sur  la  pression  artérielle,  par  Roger  et  Josué  ;  Anti¬ 
toxines  spécifiques,  par  Charrin  et  Delamarre  ;  Hémoglobinurie 
paroxystique,  par  Vidal  et  Rostaine  ;  Eosinophiles  myéloïdes, 
par  Bloch  et  Aubertin  ;  Parotidite  des  hémiplégiques,  par  Gil-, 
bert  et  Vaillaret  ;  Passage  du  chloroforme  de  la  mère  à  l’en¬ 
fant,  par  Nicloux  ;  Infections  paratypbiques  en  Tunisie,  par  Ni¬ 
colle  et  Cathoire  (c.  r.  de  Mme  Edwards-Pilliet.)  —  Académie 
de  Médecine  :  (c.  r.  de  A. -F.  Plicque.)  — Société  de  chirurgie  : 
Chirurgie  des  voies  biliaires,  par  Terrier  ;  Corps  étranger  de  la 


bronche  droite  extrait  par  lirdnchoscopie,  par  Picqué  (c.  r.  de 
Catz.)  —  Société  Médicale  des  Hôpitaux  :  Troubles  fonction¬ 
nels  du  diaphragme  dans  la  maladie  des  ptoses,  par  Glénard  ; 
Streptococcie  et  staphylococcie  combinées,  mort  par  abcès  aréo- 
laires  du  foie  avec  péricardite  aiguë  sérofibrineuse,  par  Letulle 
et  Verliac  ;  Statistique  de  scarlatine,  par  Sevestre  (c.  r.  de 
Friedel.)  —  Société  de  Médecine  de  Paris  :  Fragment  d’épiploon 
détaché  de  la  masse  épiploïque,  fixé  au  fond  d’un  sac  de  hernie 
inguinale  et  simulant  une  tumeur  fibreuse  de  la  paroi,  par  Cou- 
dray  ;  Cancer  du  col  utérin  (c.  r.  de  Buret.)  —  Bibliographie: 
Précis  de  psychiatrie,  par  Régis.  —  Thérapeutique  ;  Traite¬ 
ment  de  l’empliyséme  par  l’héïénine. — ■  Varia  :  L’incinération 
en  Allemagne  ;  Projet  de  lutte  contre  la  tuberculose  à  Paris  par 
l’hospitalisation.  —  Nécrologie  :  Le  médecin -inspecteur  géné¬ 
ral  Léon  Collin.  —  Formules.  —  Médaillons  médicaux  :  Les 
transfuges  de  la  médecine,  par  le  D»  Deval,  par  Bourneville.  — 
Pharmacologie,  — Actes  et  thèses  de  la  faculté  de  mé¬ 
decine  DE  Paris.  — Nouvelles.  — Chronique  des  hôpitaux. 


THÉRAPEUTIQUE 

La  médication  phosphoacide  au  point  de  vue 
biochimique  1  )  : 
par  M.  FRENKEU  docteur  ès  sciences. 

La  médication  par  l’acide  phosphorique  a  eu  (je  ne 
sais  pas  si  elle  en  a  encore)  de  chauds  partisans  et  de 
forts  détracteurs. 

Née  d’une  hypothèse  urologique  deM.  Joulie,  hypo¬ 
thèse  basée  sur  une  méthode  analytique  non  soutena¬ 
ble,  cette  médication  pouvait  très  bien  ne  pas  parta¬ 
ger  le  sort  de  la  méthode  analytique. 

L’on  voulait  nous  démontrer  que  presque  tout  le 
monde,  le  monde  malade  bien  entendu,  était  hypoacide, 
et  qu’il  était  alors  logique  de  combattre  l’hypoacidité  et 
les  maux  qui  s’en  suivent,  par  un  acide  à  qui  l’on  at¬ 
tribue  des  propriétés  distinctes,  en  tant  qu'acide,  des  au¬ 
tres  acides  minéraux. Le  phosphore  étant  un  constituant 
important  de  l’économie,  c’est  l'acide  phosphorique 
qui  devait  être  cette  panacée  presqu’universelle. 

Je  crois  que  tout  autre  acide  minéral  aurait  les 
mêmes  litres  que  l’acide  phosphorique  à  être  choisi 
pour  combattre  la  prétendue  hypoacidité.  Les  chloru¬ 
res  etles  sulfates  sont-ils  donc  moins  importants  com¬ 
me  parties  constitutives  du  plasma  sanguin  et  de  tous 
les  organes  sans  exception  ? 

En  diluUon  convenable,  la  tolérance  et  l’intolérance 
de  tous  les  acides  minéraux  se  valent. 

Mais  il  importait  de  savoir  quelle  était  l’action  phy¬ 
siologique  de  l’acide  phosphorique.  Et  sur  ce  sujet, 
j  ai  en  vain  cherché  un  travail  expérimental  précis. 

Si,  je  le  répète,  le  dosage  de  l’acidité  urinaire  d’après 
la  méthode  de  M.  Joulie  est  inexact,  comme  je  crois 
l'avoir  démontré  (2),  et  après  moiM.  Jégou  (.2)  et  M. 
Henri  Labbé(4), la  médication  pouvait  persister  si  son  ac¬ 
tion  physiologique  offrait  des  avantages  ou  du  moins 
n’offi-ait  pas  à  la  longue  un  danger.  C’est  pourquoi  j’ai 


.  (1)  Coininuniealion  f.iilc  à  la  Société  de  Médecine  de  Paris,  séanep 
du  9  f.-vrier. 

(8)  M.  Fhenkel.  —  Sur  l’acidilé  urinairr.  Xnn.  d'Ityd.  méd.  1902, 

'^7,3  eu. 

Jégou.  —  Acidilé  urinaire.  Paris,  1901  (chez  Coceoz). 

\V  Henri  Labbé.  —  L'acidité  des  urines  a  l’elat  physiologique, 
■Presse  Médicale,  1905,  n*  67,  p.531. 


entrepris  ce  travail  qui  traite  le  sujet  au  point  de  vue 
biochimique. 

Le  point  de  départ  de  ce  travail  a  été  une  observa¬ 
tion  de  M.  Joulie,  d’après  laquelle  il  a  constaté  un 
jour  dans  son  urine  1  gr.  80  d’ammoniaque,  quantité 
énorme,  représentant  environ  le  triple  ou  le  quadru¬ 
ple  de  la  quantité  normale.  La  veille,  il  avait  pris  50 
gouttes  d’acide  phosphorique  officinal.  L’acidité  de  cet¬ 
te  urine  n’avait  cependant  nera  d'excessif.  Et  il  ajou¬ 
te  que  c’est  précisément  cette  production  fort  exagérée 
d’ammoniaque  qui  l’oblige,  pour  maintenir  son  acidi¬ 
té,  à  prendre  de  semblables  doses  d’acide  phosphori¬ 
que. 

Nous  savons  aujourd’hui  que  l’urine  dont  l’acidité 
n’avait,  d’après  M.  Joulie,  rien  d’excessif,  est  en  réalité 
fortement  hyperacide. 

Malheureusement,  ni  M.  Joulie,  ni  aucun  de  ses 
partisans,  n’ont  jamais  publié  une  analyse  contenant 
le  taux  de  l’ammoniaque  urinaire  chez  leurs  prétendus 
hypoacides  avant  l’institution  de  la  cure  phosphoacide. 

Pour  des  raisons  théoriques,  avant  toute  expérimen¬ 
tation,  j’avais  exprimé  la  supposition  que  ces  grandes 
quantités  d’ammoniaque  n’étaient  nullement  un  phéno¬ 
mène  primaire,  mais  bien  un  effet  secondaire  provo¬ 
qué  par  l’ingestion  de  l’acide  phosphorique,  et  que  le 
traitement  phosphoacide  amenait  un  trouble  métaboli¬ 
que  qu’il  allait  ensuite  combattre  avec  sa  propre  arme 
et  établir  ainsi  un  véritable  cercle  vicieux. 

Je  puis  apporter  aujourd’hui  les  preuves  expérimen¬ 
tales  delà  justesse  de  cette  supposition.  L’acide  phos¬ 
phorique  produit,  comme  un  de  ses  effets,  l’augmenta¬ 
tion  considérable  de  l’ammoniaque  urinaire. 

J’ai  expérimenté  sur  moi-même.  Toutes  les  conditions 
de  fixité  alimentaire  ayant  été  prises,  je  fis  une  analyse 
des  urines,  dans  lesquelles  notamment  l’ammoniaque 
fut  dosé  par  une  méthode  rigoureuse.  La  production 
d’ammoniaque  en  24  heures  a  été  de  0  gr.  378. 

Après  un  intervalle  de3  jours  pendant  lesquels  j’ah- 
sorbaisde  l’acide  phosphorique  à  raison  de  45  gr.  par 
jour  d’une  solution  à  3  je  commençais  le  4"  jour, 
tout  en  continuant  l’ingestion  d’acide  phosphorique  à 
la  môme  dose,  à  recueillir  l’émission  urinaire  en  24 
heures. 

La  production  d’ammoniaque  a  été  de  0  gr.639. 


130 


LE  PROGRÈS  MEDICAL 


Les  dosages  d'acide  phosphorique  et  de  l’acidité 
totale  ont  donné  ; 

Pour  la  première  analyse,  2  gr.  48  de  P  205  ;  4,29 
d’acidité  en  cc.  de  soude  déci-normale. 

Pourla  deuxième  analyse, 3 gr. 27 de  P  205;  5  gr.33 
d’acidité. 

Il  y  avait  donc,  sous  l'influence  de  l’acide  phosphori¬ 
que  absorbé,  simultanément  augmentation  de  l’ammo¬ 
niaque,  des  phosphates  et  de  l’acidité. 

Et  ceci  montre  d’abord  que  l’ammoniaque  n’est  pas 
une  mesure  de  l’acidité  urinaire,  ensuite  que  l’excès 
d’ammoniaque  est  fort  bien  compatible  avec  l’hypera- 
cidie  et,  enlin,  que  l'exagération  est  une  conséquence 
directe  de  l’acide. 

La  raison  de  ce  phénomène  réside  dans  un  principe 
fondamental  qui  régit  la  conservation  de  l’organisme.  II 
importe  d’avoir  ce  principe  présent  à  l’esprit  quand  on 
veut  se  rendre  compte  de  l’action  physiologique  et  thé¬ 
rapeutique  des  acides  et  des  alcalins. 

Ce  principe  consiste  en  la  ténacité  avec  laquelle  l’or¬ 
ganisme  garde  les  bases  alcalines,  soude,  potasse, 
chaux,  magnésie,  qui  sont  indispensables  à  la  vienor- 
male.  Des  animaux  nourris  abondamment  avec  de  la 
viande  ou  avec  des  légumes,  dont  on  avait  artificielle¬ 
ment  extrait  des  matières  minérales,  périssent  rapide¬ 
ment. 

L’oxydation  des  aliments  riches  en  soufre  et  en  phos¬ 
phore  mène  à  la  formation  d’acide  sulfurique  et  phos¬ 
phorique  qui,  pour  se  saturer,  déminéralisent  les  tis¬ 
sus.  Mais  l’organisme  garde  jalousement  ses  alcalis 
fixes  et  lorsque  la  quantité  d’acide,  que  celui-ci  pro¬ 
vienne  des  oxydations  dans  l’organisme  ou  de  l’inges¬ 
tion  directe,  atteint  un  taux  excessif,  alors  entre  en  jeu 
un  mécanismededéfense.  L’excèsd'acide  ne  trouve  plus, 
pour  se  saturer,  les  alcalis  fixes  gardés  jalousement  par 
les  tissus,  et  c’est  l’ammoniaque  qui  vient  saturer  les 
acides  en  excès.  D’où  provient  cet  ammoniaque  ?  Du 
carbonate  et  du  carbonate  d’ammoniaque,  qui  sont  des 
produits  intermédiaires  de  la  désassimilation  des  matiè¬ 
res  albuminoïdes  et  qui,  normalement, subissent  dans  le 
foie  la  synthèse  dont  le  produit  est  Yurêe. 

C’est  une  vaine  illusion  de  s’imaginer  que  l’acide 
phosphorique,  administré  comme  médicament,  puisse 
faire  exception  à  la  loi  de  l’action  des  acides.  Je  crois 
avoir  démontré  que  l’organisme  se  défend  contre  l’at¬ 
teinte  que  vient  porter  l’acide  phosphorique  à  sa  réserve 
des  matériaux  alcalins  fixes  et  qu’il  réagit  en  abandon¬ 
nant  à  l’acide  une  partie  de  la  combinaison  ammonia¬ 
cale  qui  est  ainsi  soustraite  à  la  synthèse  en  urée. 

Il  est  évidentquela  neutralisation  ainsi  produite  n’est 
que  relative.  L’ammoniaque  se  combine  avec  l’acide 
phosphorique  pour  former  du  phosphate  mono-ammo¬ 
niacal,  du  phosphate  acide,  et  c’est  ce  sel  que  nous 
trouvons  en  abondance  dans  l’urine  après  absorption 
d’acide  phosphorique. 

On  comprend  donc  la  compatibilité  absolue  de  l’hy¬ 
peracidité  et  de  l’excès  d’ammoniaque  dans  l’urine. 

Il  s’agissait  à  présent  de  savoir  si  la  formation  de  sels 
ammoniacaux  dans  l’organisme  et  leur  élimination  par 
le  rein  était  proportionnelle  à  la  quantité  del’acide  phos¬ 
phorique  ingéré. 

A  cet  effet,  je  lis  une  seconde  série  d’expériences  sur 
moi-même. 

Après  12jours,  l’équilibre  alimentaire  ayant  été  com- 
plètenyent  rétabli,  l’analyse  fut  faite  et,  aussitôt  après, 
je  commençai  à  absorber  de  l’acide  phosphorique  à 


dose  environ  deux  fois  plus  forte  que  lors  de  la  pre¬ 
mière  série  d’expériences. 

J’ai  trouvé  :  avant  l’acide  phosphorique,  0  gr.  415 
d'ammoniaque  en 24  h.  ;  après  l’acide  phosphorique, 
0  gr.  828  d’ammoniaque  en  24  h. 

L’augmentation  de  la  dose  d’acide  phosphorique  pro¬ 
duit  donc  une  augmentation  à  peu  prèsproportionnelle 
d’ammoniaque. 

Le  tableau  qui  suit  résume  les  résultats  obtenus  en 
ce  qui  concerne  la  question  qui  nous  occupe. 

hi/luence  de  l'acide  phosphorique  sur  laproduction  d’ammonia¬ 
que  et  sur  quelques  autres  caractère  des  urines. 

8-0  Janvier.  —  Equilibre  alimentaire.  Analyse  1  A. 

10  Janv.  10  h.  4r)  m.  fj  cc.  ac.  phosph.  à  3  %  eflâcc.  d’eau. 

3  h.  4,-)  s.  là  cc.  »  .)  .) 

.  0  h.  30  s.  1.-)  ce.  »  ') 

11  Janv.  11  h.  m.  IT)  ce.  »  »  » 

3  h.  30  s.  13  cc. 

7  h.  s.  10  cc.  X  »  » 

12  Janv.  2  h.  3.7  s.  12  cc.  »  i>  » 

4  h.  4.7  s.  1,7  cc.  »  .) 

7  h.  s.  1.7  cq,  »  »  » 

12-13  Janv.  Analyse  1  B. 

2'i-25  Janv.  Equilibre  alimentaire.  Ajouté  au  régime  du  8-0 
janvier,  300  cc.  de  thé  sucré.  Analyse  2  A. 

2.7  .lanv.  Il  h.  m.  30  cc.  ac.  phosph.  à  3  %  et70cc. d'eau. 
3  h.  s.  ;i0  cc.  ,  »  ..  » 

7  h.  s.  30  cc.  ))  .1  O 

2G  Janv.  0  h.  30  m.  30  cc.  »  »  » 

Midi  1.7  cc.  t  „  ■! 

7  h.  s.  30  cc.  »  >1  „ 

20-27  Janv.  Régime  comme  24-2.7  janvier.  Analyse  2  B. 


Sér 

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EX  r4  HEURES 

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[Volume  (en  cc.  à  1.7“) . . . 

1342 

1525 

2030 

Acidité  [CC.  de  soude 

•);100  4,29.7 

,7.3r)8 

3,510 

6,902 

;.\cide  phosphorique. . . . 

.  .gr.  i  2,484 

3,270 

2,348 

4,959 1 

i  (en  0^1. 

Ammoniaque  (en  Az  4^) 

..gr.  0,378 

0,639 

0,415 

0,828 

Urée . . 

..gr.i  — 

20,020 

17,320 

1  Quantité  d'acidephosphoriquei 

1  absorbé  dans  la  journée  dei 

1  1  expenence . 

. 1 

0,924 

1,050 

1  Quantité  d’acide  phosphorique 

éliminé  en  plus . 

. 

0,754 

1,611 1 

Il  Rapport  de  l  uree  a  l  ammo-  | 

49  :  î 

21  :  1 

Quantitéd'eauabsorbéee 

nplus 

avec  l’acide  phosphe 

rique 

1  dans  la  journée  de  lexpe-i 

Il  nence . 

. 

117 

37,7 

1  Quantité  d’eau  éliminée  e 

nplus 

100 

,705 

On  peut  tirer  de  ces  données  les  conclusions  sui¬ 
vantes  : 

1.  Contrairement  aux  affirmations  des  partisans  de 
la  médication  par  l’acide  phosphorique,  ce  dernier  n’est 
pas  assimilable.  11  s’élimine  en  totalité. 

2.  L’acide  phosphorique  exagère  et  l’acidité  urinaire 
et  la  production  de  l’ammoniaque,  celui-ci  au  détri 
ment  de  l’urée.  L’ammoniaque  ne  peut  servir  de  mesu¬ 
re  de  l’acidité.  L’urine  peut  en  même  temps  être  hyper- 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


131 


acide  et  hyperammoniacale  sous  forme  de  sels  ammo-  i 
niacaux  acides.  j 

3.  C’est  prendre  l’effet  pour  la  cause  que  de  s’obsti¬ 
ner  à  administrer  des  doses  de  plus  en  plus  élevées  d’a¬ 
cide  phosphorique  sous  prétexte  de  faire  baisser  le  taux 
de  l’ammoniaque  :  plus  on  prendra  d’acide  et  plus  on 
aura  d’ammoniaque,  en  vertu  du  mécanisme  de  défense 
qui  fait  garder  à  l’organisme  ses  alcalis  fixes. 

4.  L’acide  phosphorique  n’est  pas  capable  d’augmen¬ 
ter  la  diurèse. 

5.  L’acide  phosphorique  fait  baisser  le  taux  d'urée,non 
seulement  par  suite  de  la  soustraction  d’une  partie  de 
composés  ammoniacaux  à  l’action  synthétique  du  foie, 
mais  au-delà,  d’une  façon  absolue,  par  suite  du  ralen¬ 
tissement  des  oxydations.  Tandis  que  dans  l’urine  nor¬ 
male  le  rapport  de  l’urée  à  l’ammoniaque  fut  trouvé  de 
49.1,  dans  l’urine;  après  le  traitement  phosphoacide,  ce 
rapport  n’a  été  que  de  21.1. 

INous  avons  vu  quelle  importance  prend,  dans  cer¬ 
tains  cas,  la  détermination  de  l’ammoniaque  urinaire. 
Celte  détermination  est  trop  négligée. 

Généralement,  dans  le  dosage  de  l’urée  par  l’Iiypo- 
bromite,ron  oublie  qucce  réactif  décompose  aussi  l’am¬ 
moniaque.  Les  erreurs  peuvent  être  quelquefois  consi¬ 
dérables.  Pour  s’en  rendre  compte,  il  suffit  de  remar¬ 
quer  que  les  diabétiques,  foMs  fortemenl  hypcracides 
commeje  l’ai  pu  constater  à  l’occasion  d’une  statisti¬ 
que  des  hyperacides,  que  je  viens  de  communiquera 
l'Académie  de  Médecine,  éliminent  jusqu’à  dix  gram¬ 
mes  parjour  d’ammoniaque- 

L’on  commet  donc  une  forte  erreur,  dans  les  cas  pa¬ 
reils,  en  mettant  au  compte  de  l’urée  ce  qui  revientà 
l’ammoniaque. 

L’excès  de  l'am.moniaque  urinaire  est  sous  la  dépen¬ 
dance  de  deux  facteurs  qu'il  importe  nettement  de  dis¬ 
tinguer. 

C’est  d’abord  une  acidité  exagérée  des  humeurs,  aci¬ 
dité  artificielle,  comme  dans  lecasdela  médication  phos¬ 
phoacide,  ou  hyperacidité  constitutionnelle,  caractère 
propre  aux  maladies  par  ralentissement  de  la  nutrition. 

Ensuite,  c’est  l’insuffisance  de  l’activité  hépatique  qui 
est  une  cause  indirecte  de  l’accumulation  dans  le  sang 
des  sels  ammoniacaux, qui  apparaissent  en  grande  quan- 
titédans  lesurines.  Le  flot  sanguin  peut  apporter  aufnie 
les  produits  de  la  désassimilation  des  matières  protéi¬ 
ques;  l’organe  lésé  fonctionneliement  ou  anatomique¬ 
ment,  n’est  pas  capable  d’accomplir  la  synthèse  deTurée 
ou  ne  l’accomplit  que  dans  des  limites  restreintes,  et 
voilà  réalisé  le  phénomène  de  \ hyperamuionie . 

N’y  a-t-il  pas  là  un  moy’en  nouveau  de  saisir  une 
anomalie  débutante  ou  plusou  moinsavancéede  l’insuf¬ 
fisance  hépatique’.^  Il  suffirait  d’abaisser  l’hyperacidie  si 
elle  était  constatée  par  l’administration  des  alcalinsqui, 
nornaalement,  produisent  une  baisse  considérable  de 
1  ammoniaque  urinaire  en  fournissant  aux  acides  for¬ 
més  dans  les  oxydations  intraorganiques  des  bases  fi¬ 
xes,  sans  qu’il  soit  porté  atteinte  à  la  minéralisation  ni 
à  la  synthèse  des  tissus  deTurée. 

Si,  dans  ces  conditions,  Thyperammonie  persistait, 
Tonpourraitconclure  à  Tinsufiisance  hépatique. 

.  C’est auxrecherches cliniques  ultérieuresqu'ilappar- 
tientde  porter  un  jugement  sur  la  valeur  de  ce  nouveau 
®igne  pathognomonique. 

N  A  RC  Y  L  G  RÉMY  médicament  spécifi- 

*îuede  la  toux,  spécialement  de  la  toux  des  tu¬ 
berculeux. 


PATHOLOGIE  CHIRURGICALE 

•  Les  notions  nouvelles  sur  le  varicocèle  ; 

Par  le  D'  Henri  DESCHAMPS. 

Deux  articles  récents, l’un  du  D''  Dudley-Tait  (1),1905; 
l’autre  du  D''  A.  Pélicier  (2),  1906,  sont  pour  moi  l’oc¬ 
casion  d’exposer  brièvement  les  notions  nouvelles  re¬ 
lativement  au  varicocèle  des  adolescents.  Des  données 
d’ordre  différent,  pathogénique,  clinique,  du  théra¬ 
peutique  dont  nous  avons  pris  connaissance,  il  ressort 
clairement  qu’avec  le  présent  siècle,  la  maladie  banale 
en  question,  entre  définitivement  en  une  phase  bien 
différente  de  celle  où  elle  était  jadis,  grâce  surtout  aux 
importants  travaux  de  notre  maître,  le  professeur 
L.  Longuet  (3).  Ses  visées  principales  se  résument  à 
ceci  : 

tï  1.  Notions  pathooéniqües.  Au  point  de  vue 
pathogénique,  »  le  varicocèle  est  uae  aplasie  fibro- 
musc  'ulaire  gënito-scrotale  »,  à  prédominance  gauche 
(Longuet),  formule  précise  en  contraste  avec  les  hypo¬ 
thèses  vagues  d’antan  réun’ies  sous  le  qualificatif  né¬ 
buleux  de  maladie  essentielle,  idiopathique. 

1“  C’est  une  aplasie  ;  c’est-à-dire  un  arrêt  de  déve¬ 
loppement  des  tissus  fibreux  et  musculaires  lisses. 
Observons  attentivement,  comparons  avec  l'état  sain. 
Nous  voyons,  chez  le  varicocélique,  que  l’appareil  de 
soutènement  génital,  que  celui  de  suspension  sont 
amincis,  grêles,  aplatis,  allongés,  distendus,  flasques, 
atones,  en  insuffisance  physiologique. 

2’  L’aplasie  est  génito-scrotale.  Sans  doute,  elle 
frappe  les  veines,  elle  prédomine  dans  la  paroi  vei¬ 
neuse  et  lacharpente  valvulaire  .  Mais  elle  s’irradie  aussi 
à  la  sphère génito-scrotale  entière.  En  fait,  le  testicule 
est  souvent  petit,  atrophique,  arrêté  en  son  évolution. 
Et  cela  dès  le  principe,  en  dehors  de  toute  action 
traumatisante  accidentelle,  de  toute  intervention  opé¬ 
ratoire  destructive  des  artères  nourricières.  Or,  de  cette 
aplasie  glandulaire,  découle  immédiatement  l’expli¬ 
cation  de  multiples  symptômes  jusqu’ici  nettement 
constatés,  mais  nullement  interprétés  dans  leur  ge¬ 
nèse.  Nombre  de  troubles  mentaux  ou  de  croissance 
ressortissent  à  une  insuffisance  testiculaire,  témoi¬ 
gnant  d’une  hyposécrélion  externe  et  surtout  d’une 
hyposécrétion  interne,  la  glande  fonctionnant  mal  en 
tant  que  glande  vasculaire  sanguine. 

Des  lésions  veineuses  et  testiculaires,  rapprochons 
maintenant  d’autres  altérations  similaires,  ■  également 
aplasiques,  disséminées  dans  tout  l’appareil  de  con¬ 
tention  (couche  musculaire  lisse  du  scrotum,  du  dartos, 
couche  musculaire  striée  du  cremaster  (4),  fibres  conjonc¬ 
tives  de  la  fibreuse  commune)  —et  dans  Tappareilde  sus¬ 
pension  (relâchement  du  mésotestis,des  fibres  conjonc¬ 
tives  de  ce  cordon,  raréfaction  atrophique  des  fibres 
musculaires  lisses  du  cordon,  voire  même  relâchement 


(1)  üi  i)LEy-Taiï.  —  A  conlribulion  lo  lhe  study  of  vai-icocelo. 
California  State  Journal  of  meiieine,  décembre,  1904. 

(i)  PÉLiciF.ii  (A.).  —Résullals éloignés  de  la  Iransgosilion  leslicn- 
laire  à  la  Longuel  Progrès  médical,  n”  d.  p.  8S.  1000. 

(3)  LONdUKT  (L.)  —De  la  phlébilc  variqueuse  du  cordon  el  son 
trailement  par  pblébectoiiiie.  Presse  médicale,  u"  0,  p.  88,  1090. 

Chirurgie  radicale  du  varicocèle  (conception,  méthode  Ibéra- 
pculi(|ue,  procédés  opératoires  classiques)  Gazette  des  hôpitaux, 
10  et  20  juillet,  n"  80  el  83,  1001. 

Chirurgie  réparatrice  du  varicocèle  (avec  3  ligures;.  lu  Thèse  de 
Pélicier,  Paris  1002.  et  Presse  médicale,  13  septembre,  n'’74,  1902. 

(4)  J.-L.  Petit  incriminait  l’insuflisance  du  seul  muscle  cre¬ 
master.  M.\c,  CiiAW.  1802.  défenil  la  même  opinion.  Dudley-Tait, 
1904,lui  accorde  une  réelle  valeur. 


132 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


des  plans  fibreux  inguinaux),  d’où  la  possibilité  d’une 
série  de  modalités  anatomo-cliniques,  en  rapport  avec 
la  localisation  du  processus  aplasique  à  tel  ou  tel  des 
plans  précités. 

S"  L’aplasie'enfin  est  congénitale  (1).  L’observation 
des  malades  démontre  souvent  la  coexistence  d’une 
pointe  de  hernie  inguinale,  d'un  affaiblissement  des 
aponévroses  abdominales,  d’une  hydrocèle,  d’un  phi¬ 
mosis,  d’un  pied  plat,  d’une  scoliose  légère  datant  de 
l’enfance  ;  antant  de  stigmates  disséminés  d’une  mal¬ 
formation  congénitale  tardive  en  son  apparition  cli¬ 
nique,  contemporaine  de  la  puberté,  c’est-à-dire  de  la 
rapide  poussée  des  organes  génitaux.  Ainsi  l’affection 
prend  place  à  côté  de  la  hernie  inguinale  congénitale. 
C’est  en  quelque  sorte  une  hernie  localisée  dans  les 
tissus  de  l’appareil  génital.  Telle  est,  d’après  Lon¬ 
guet,  la  pathogénie  de  la  maladie  varicocélique, 
notion  nouvelle  qui  comporte  plus  qu’un  intérêt  doc¬ 
trinal.  car  elle  entraîne  une  rénovation  complète  de 
la  thérapeutique  (2). 

§  11.  Notions  cliniques.  —  Le  tableau  classique 
magistralement  tracé  parles  anciens,  demeure  intégra¬ 
lement  debout  en  ce  qui  concerne  la  partie  fondamen¬ 
tale  de  l’affection,  c’est-à-dire  la  tumeur  varicocélique 
elle-même  avec  ses  caractères  objectifs.  Toutefois  il 
doit  être  complété  aujourd’hui  sous  le  rapport  des 
formes  cliniques,  sous  celui  des  lésions  concomitantes 
à  distance,  sous  celui  surtout  des  troubles  nerveux.  11 
nous  faudrait,  pour  être  complet,  parler  aussi  d’une 
complication  bien  étudiée  :  la  phlébite  du  cordon, 
^lais  cette  dernière  à  elle  seule  exigerait  un  chapitre 
spécial . 

En  ce  qui  concerne  les  formes  cliniques.  Lon¬ 
guet  distingue,  d’après  la  prédominance  .  mais  non 
Tcxclusivismfe  de  l’aplasie  sur  les  différents  plans  :  un 
varicocèle  veineux  antérieur  (ou  du  groupe  antéiieür 
des  veines  spermatiques)  —  un  veineux  postérieur  (ou 
du  groupe  postérieur  des  veines  spermatiques)  — ■  un 
veineux  inférieur,  ramusculaire  (ou  des  veines  de  la 
queue  de  Tépididyme  (varicocèle  de  Doumenge,  péri- 
épididymite  de  Mignon  et  Sieur),  des  veines  albugi- 
niques,et  des  veines  intra-testiculaires,  —  ou  veineux 
supérieur,  inguino-abdominal  (ou  des  gros  troncs 
veineux  spermatiques)  ;  —  un  varicocèle  des  enveloppes 
(ou  scrutai  avec  ou  sans  développement  ectasique  des 
veines  sous-cutanées),  —  enfin  un  varicocèle  com¬ 
plexe  total,  généralisé,  où  tous  les  plans  sont  intéres¬ 
sés  à  des  degrés  divers  depuis  le  plan  des  veines  jus¬ 
qu’au  scrotum  inclusivement. 

Relativement  aux  lésions  concomitantes,  rappelons 
la  fréquence  d’un  pied  plat,  •  d’une  scoliose,  d’une 
pointe  de  hernie  inguinale,  en  sorte  qu’au  lieu  d’une 
maladie  purement  locale,  nous  arrivons  à  la  conception 
d’une  maladie  généralisée,  à  manifestations  multiples 
mais  à  prédominance  sur  la  zone  génito-scrotale  gau¬ 
che.  D’où  la  dénomination  plus  exacte  de  «  maladie 
varicocélique  ». 

Au  point  de  vue  des  troubles  nerveux,  signalés  mais 


(1)  Pour  Escat,  le  varicocèle  est  une  aplasie  congénitale  des 
veines  du  cordon.  Or,  nous  venons  de  voir  que  les  veines  du  cowlon 
sont  loin  d  cire  le  seul  tissu  inléressé.  Pour  Longuet,  le  varicocèle 
est  plus  qu’une  aplasie  de  l'appareil  guluM-naculaire,  mais  une 
aplasie  conjonctivale  génito-scrotale.  Or,la  tiuaiice  est  grande  entre 
ces  deux  formules  de.  couipréliension  très  dilTérente.  Les  consé- 
quenees  tliérapeiiUques  qui  en  découlent  sont  dissemblables. 

(2)  C.onime  notion  étiologique  nouvelle,  relative  à  la  fréquence, 
Si;nx  examinant  9,81.")  recrues  pour  la  guerre  hispano-américaine 
trouva  le  varicocèle  chez  2.018  sujets,  ta  moitié  de  ceux-ci  igno¬ 
raient  lutalemciit  leur  étal. 


non  étudiés  par  les  anciens,  nous  savons  aujourd’hui 
qu’ils  reconnaissent  en  partie  pour  cause  une  insuffi¬ 
sance  fonctionnelle  du  testicule  en  tant  que  glande  vascu¬ 
laire  sanguine.  Cliniquement,  la  névropathie  des  varico- 
céliques  est  de  forme,  et  de  gravité  variables.  Chez  les 
non  aliénés,  il  y  a  :  1°  des  varicocéliques  hystériques 
(Longuet).  Ceux-ci  présentent  tous  les  stigmates  de  la 
névrose  telle  qu’elle  a  été  décrite  par  l’école  de  la  Sal¬ 
pêtrière,  rétrécissement  concentrique  du  champ  vi¬ 
suel,  dyschromatopsie,  anesthésie  sensitivo-sensorielle, 
algies  disséminées,  anesthésie  pharyngée,  etc.  L’in¬ 
tervention  peut  ici  donner  de  bons  résultats  si  l’hys¬ 
térie  est  légère  et  de  moyenne  intensité . 

2°  Des  pseudo-varicocèliques  hystériques  on  névro¬ 
pathiques  (Picqué)  (Ij  :  il  s'agit  de  malades  souffrant 
beaucoup  d’un  varicocèle  imaginaire  et  réclamant  la 
suppression  de  la  tumeur  supposée.  Or,  l'opération 
doit  être  refusée,  d’abord  parce  qu’il  n’y  a  aucune 
lésion  ;  ensuite  parce  que  l’orchialgie  ou  névralgie  tes¬ 
ticulaire  persiste  après  l’exérèse. 

Soit  encore  les  cas  d’aliénés.  Le  varicocèle  s’ob¬ 
serve  chez  des  hypochondriaques  à  forme  légère.  Ce 
sont  des  impressionnables,  des  déprimés  légèrement 
neurasthéniques.  Ou  bien  même  la  forme  est  plus  ac¬ 
centuée  :  il  y  a  des  tendances  continuelles  à  la  mélan¬ 
colie,  du  délire  mélancolique.  Or,  d’après  Picqué,  les 
malades  de  cette,  catégorie  peuvent  bénéficier  de  l’opé¬ 
ration. 

Restent  les  vésaniqucs-hypochondriaqiies,  porteurs 
de  varicocèle.  Ce  sont  des  malades  très  déprimés,  ayant 
la  manie  du  suicide,  persécutés-persécuteurs.  Ici  l’abs¬ 
tention  est  de  rigueur  i  Picqué). 

Ajoutons  que  parfois  l’état  névropathique  ou  celui 
de  neurasthénie  génitale  n’ont  avec  le  varicocèle  qu’u¬ 
ne  relation  purement  fortuite,  de  simple  coïncidence, 
sans  rapport  de  cause  à  effet  (  Longuet  ). 

111.  Notions  THÉRAPEUTIQUES.  —  ATantique  no¬ 
tion  de  «  tumeur  hargneuse  »  qui  pendant  19  siècles 
conduisit  les  chirurgiens  à  traiter  le  varicocèle  par 
l’exérèse  sous  différentes  formes  (2),  Longuet,  comme 
déduction  de  la  conception  d’effondrement  ectasique, 
a  substitué  la  cure  opératoire  réparatrice,  correctrice 
ou  de  consolidation  avec  conservation.  11  renforce 
les  plans  défaillants,  mais  n’enlève  rien.  Or,  cette 
thérapeutique  nouvelle  gagne  du  terrain.  Elle  compte 
parmi  ses  défenseurs  les  professeurs  Parona  i3).  1898 
(Italie)  ;  Dudley-Tait  (4)  1901  (  Etats-l'nis)  ;  Phocas  (5) 
1902  (Grèce)  et  leurs  élèves. 

Mais  tout  en  visant  le  même  but  de  consolidation, 
les  techniques  diffèrent.  Elles  se  groupent  autour  de 
deux  méthodes  opératoires  : 

A.  L’une,  la  plus  ancienne,  recherche  exclusivement 
la  fixation  de  la  glande.  Elle  estpurerpent  orchidope- 
xique.  Pressentie  dès  1896  par  Zœge-Manteuffel  (de 
Dorpat)  qui  pour  suspendre  le  testicule,  avait  proposé 
de  faire  traverser  la  paroi  abdominale  parle  cordon 
en  un  point  plus  élevé  que  le  trajet  inguinal,  l’orchido- 
pexie  simple  asurtoutété  préconisée  par  Parona  qui 
suspend  la  glande  autour  et  au-dessous  de  l'orifice  in- 


(1)  l’icijfÉ.  —  Vapîcoeèle  t‘I  obsession.  Progrès  médical,  n"  15, 
15  avril  1905. 


(2)  En  outre  des  récidives  après  soroteclomie  déjà  inenlionnées 
dans  le  mémoire  de  Lonjruel.  nous  enregistrons  d'autres  cons¬ 
ultations  analogues  de  Dudley-Tait. 

(8)  Paroxa  ;  Policlinico,  15  janvier  1809. 

(4)  Dudley-Tait  (loco-citato).  Dès  1901,  ce  chirurgien  s'est  rallié  ù 
la  méthode  pexique  par  transposition  testiculaire. 

(5;  Phocas.  — Congrès  Français  de  chirurgie,  octobre  1903. 


LE  PROGRÈS  MEDICAL 


133 


guinal  externe  par  l’intermédiaire  de  la  vaginale  re¬ 
tournée  enfermant  ainsi  la  tumeur  variqueuse  dans  ce 
sac  lâche  où  elle  s’étale  à  l'aise.  Mauclaire  (1),  plus  ré¬ 
cemment.  a  imaginé  la  fixation  du  testicule  à  celui  du 
côté  opposé  «  véritable  synorchidie  ».  Entin  Pliocas, 
respectant  la  vaginale,  juge  utile  de  sectionner  le  liga¬ 
ment  scrotalpour  faciliter  l’orchidopexie.  Nous  croyons 
au  contraire  de  bonne  pratique  de  respecter  ce  ligament 
avec  les  vaisseaux  qu’il  renferme,  vaisseaux  nécessaires 
•  pour  assurer  à  la  glande  déjà  en  état  de  vitalité  précaire, 

'  le  maximum  de  source  nourricière. 

B.  L’autre  méthode,  considérant  l’orchidopexie  seule 
comme  insuffisante  en  l’espèce,  associe  en  une  même 
combinaison  polypexique  toute  une  série  de  fixations. 
Telle  est  l’opération  de  Longuet,  adoptée  par  Dudley- 
Tait,  qui,  à  la  fixation  testiculaire  par  transposition, 
ajoute  plusieurs  consolidations.  Ainsi  ces  chirurgiens 
,  maintiennent  les  veines  dilatées  dans  une  gaine  cons¬ 
tituée  par  la  vaginale  (phlebopexie).  Ils  fixent  le  testi¬ 
cule  par  2points  de  suture  haut  sur  la  cloison  (orchi- 
dopcxie).  Ils  rétrécissent  l’orifice  inguinal  externe  gé- 
néralement  dilaté  (inguinopexie).  Enfin  ils  suturent 
.  transversalement  l’incision  cutanée  longitudinale  pré- 
funiculo-inguinale,  ce  qui  rehausse  le  scrotum  en  l’é¬ 
largissant  (scrotopexie).  En  résumé,  l’opération  de  Lon¬ 
guet  réalise  Mn&plilébo-orchido-inguino-parietopexie. 

Ici,  je  m’arrête,  ne  voulant  point  aborder  les  détails 
detechnique  ni  l’étude  des  résultats  éloignés  conférés 
;  par  la  thérapeutique  correctrice  (2).  Qu’il  me  suffise  de 
i  dire  que,  pour  apprécier  sa  valeur,  il  faut  avoir  soin  de 
[  dissocier  le  résultat  contre  l’élément  douleur,  le  résul- 
i  tat  contre  l’élément  tumeur  vmriqueuse,  enfin  le  résultat 
!  morphologique  au  point  de  vue  du  scrotum.  11  y  a  là 
1  trois  points  qui  demandent  à  être  envisagés  séparément, 

[  trois  effets  distincts  qu’une  évaluation  globale  risque 
[  de  laisscrdansl’ombre. 


BULLETIN  DU  PROGRÈS  MÉDICAL 


Professeurs  et  déontologie. 


En  inaugurant  récemment  le  nouveau  Cours  de  clini¬ 
que  chirurgicale  annexe  de  l’IIôtel-Dieu,  M.  le  D'"  Güi- 
î*ARD,le  distingué  chirurgien  chargé  de  cet  enseigne- 
®ent,  a  pris  l’heureuse  initiative  de  commencer  ses  le¬ 
vons  par  des  conseils  sur  les  devoirs  des  élèves  dans 
les  hôpitaux.  Ces  conseils  ont  porté  sur  les  rapports  des 
étudiants  avec  l’administration,  avec  les  malades,  avec 
les  médecins  étrangers  au  service,  avec  le  chef  de  ser¬ 
vice  lui-même.  M.  Guinard,  «  au  risque,  a-t-il  dit,  de 
Paraître  un  peu  poncif  et  prudhommesque  »  a  conseillé 
^  ses  élèves  l’économie  et  a  blâmé  le  gaspillage  dans 
pansements.  Il  a  recommandé  la  bienveillance,  le 
vespect,  la  douceur  à  l’égard  des  malades,  la  plus 
grande  discrétion  et  la  délicatesse  la  plus  courtoise 
ans  les  examens  cliniques  quand  il  s’agit  d’une 
®nime.  U  a  déploré  la  froideur  avec  laquelle  on  ac- 
■*^|>eillait  les  médecins  étrangers  et  exigé  à  l’égard  du 
^  efde  service  la  franchise  la  plus  grande  et  la  vérité 
plus  absolue  dans  les  observations  recueillies. 


î'ni„?^'VC'..4inK.  —  Le  traitement  des  varicocèles.  Orehidoi)e.\ies. 

fj  TÎr  wedjcj/e,  septembre-octobre  1903. 

■de  ei'^®"uporlantes  questions  feront  l’objet  d'une  nouvelle  «i 
-  U  enquêtes  de  la  part  du  D'A.  Pélicier. 


Fin  donnant  ces  excellents  conseils,  vous  n'avez  en 
rien,  mon  cher  maître,  paru  ridicule,  poncif  ni 
prudhomnesque.  En  choisissant,  pour  inaugurer  votre 
cours,  pareil  sujet,  ce  n’est  pas  à  vos  seuls  élèves  que 
vous  avez  donné  une  bonne  leçon, mais  surtout  à  cer¬ 
tains  de  vos  collègues  qui,  trop  systématiquement,  pa¬ 
raissent  ignorer  qu’ils  sont  à  la  fois  les  instructeurs 
scientifiques  et  les  éducateurs  professionnels  de  la  jeu¬ 
nesse  médicale. 

Et  ce  n’a  pas  été  sans  une  très  légitime  satisfaction 
que  nous  vous  avons  vu  aborder  l’exposé  des  rapports 
qu,e  les  élèves  des  hôpitaux  doivent  avoir  avec  les  mé¬ 
decins  étrangers  au  service,  les  praticiens  de  la  ville, 
amenés  à  l’hôpital  par  le  désir  de  s’instruire  ou  parles 
nécessités  de  la  clientèle.  Eu  apprenant  à  l’étudiant  à 
ne  pas  considérer  le  praticien  comme  un  intrus,  un 
gêneur,  et  le  mettant  en  garde  contrôles  réflexions  in¬ 
discrètes,  contre  les  critiques  déplacées  faites  sur  un 
diagnostic  ou  un  traitement,  en  lui  montrant  tout  le 
tort  qu’il  peut  faire  sottement  à  un  médecin  et  toute  la 
déconsidération  qui  en  rejaillit  sur  le  corps  médical, 
vous  avez  fait  la  plus  belle  des  leçons  qu'un  profes¬ 
seur  de  clinique  puisse  faire.  Certes,  nous  n’attendions 
pas  moins  de  l’ancien  président  du  Syndicat  des  méde¬ 
cins  de  la  Seine,  si  généralement  estimé. 

Cette  leçon  de  belle  et  bonne  déontologie  nous  con¬ 
sole  du  manque  de  courtoisie  et  de  bonne  confraternité 
dont  certain  professeur  de  la  Faculté  vient  de  faire 
preuve,  s’il  faut  en  croire  l’ordre  du  jour  suivant  du 
Conseil  d’administration  de  notre  Syndicat  médical  : 

Le  Conseil  d’administration  du  Syndicat  des  médecins  de 
la  Seine,  considérant  que  les  règles'de  la  déontologie  sont  les 
mêmes  pour  les  médecins  praticiens  et  pour  les  professeurs 
de  la  Faculté  de  médecine  ; 

Considérant  que  ces  derniers  ont  pour  premier  devoir  la 
pratique  de  la  déontologie  qu’ils  doivent  enseigner  par 
la  parole  et  par  l'exemple  ; 

Regrette  qu'un  professeur  de  la  Faculté,  cité  par  un  con¬ 
frère  devant  le  Conseil  d’administration  du  Syndicat  des 
médecins  de  la  Seine  pour  manquement  aux  règles  de  la 
déontolo^e,  ait  négligé,  sans  explication,  de  se  rendre  à  cette 
convocation. 

Il  s’agissaiten  l’espèce,  d’un  fait  des  plus  incorrects  ; 
au  cours  d’une  consultation  avec  un  praticien  âgé  et 
des  plus  honorables, un  professeur  de  la  Faculté  s’était 
permis  devant  le  malade  les  critiques  les  plus  vives  et 
les  plus  injustifiées  sur  le  traitement  appliqué  à  ce  der¬ 
nier.  Le  résultat  avait  été  d’abord  la  déconsidération  du- 
médecin  praticien  dans  la  famille  du  malade,  puis  le 
refus  de  paiement  des  honoraires. 

Heureusement,  la  leçon  réconfortante  de  M.  Guinard  . 
corrige  les  écarts  de  langage  de  ce  Professeur  et  nous 
prouve  que,  pour  être  juste,  il  ne  faut  pas  généraliser 
et  ne  jamais  rendre  responsable  une  collectivité  des 
méfaits  de  l’un  de  ses  membres.  J.  Noir. 


Frince  OCULISTE.  —  Les  Ihr  nie  res  NouvelLts  de  Munich  an¬ 
noncent  que  le  duc  Charles-  Théodore  de  Bavière,  beau-frère  de 
l’empereur  François-Joseph,  a  procédé,  il  y  a  quelques  jours, 
dans  un  hôpital  qu’il  a  fondé  aux  environs  de  Munich,  en  pré¬ 
sence  de  la  duchesse  sa  femme,  qui  lui  servait  d’assistant,  à  sa 
cinq-millième  opération  de  la  cataracte.  On  se  souvient  qu’aprés 
avoir  servi  dans  l’armée  bavaroise,  le  duc  Charles-Théodore, s'est 
consacré,  depuis  des  années,  à  l’étude  et  à  la  cure  des  maladies 
das  yeux.  {Le  Temps.) 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


1 


Les  Pupilles  de  l’Assistance  Publique. 

L’administration  vient ,  après  quatre  ans  d’étndes, 
d'aboutir  à  un  projet  concernant  les  mntualitésscolaires 
des  enfants  assistés  de  la  Seine,  Nous  ne  saurions  ap¬ 
prouver  ce  projet,  que  notre  excellent  ami  M.  Jules  Lau¬ 
rent,  avocat  à  la  cour  d'appel,  vient  de  combattre  dans 
des  articles  retentissants  de  Is.  Mulnalitè  Nationale. 

»  On  commença,  dit-il,  par  établir  des  projets,  puis 
on  dut  les  abandonner.  Ainsi  n’avait-on  pas  voulu  en¬ 
fermer  tous  les  pupilles  de  la  Seine  dans  une  mutualité 
unique,  où  les  pauvres  petits  se  seraient  trouvés,  en¬ 
core  une  fois  séparés  des  autres,  confinés  dans  leur  pré¬ 
tendue  tare  1  L'administration  centrale  fut  obligée  d'é¬ 
lever  la  voix.  — Ceci  dit  simplement  pour  expliquer 
cet  intervalle,  un  peu  extraordinaire,  de  quatre  années 
pour  l'élaboration  d’un  projet.  » 

Les  enfants  assistés  formeront  une  section  spéciale, 
au  scindes  «  petites  Gavé  >'  où  la  cotisation  hebdo¬ 
madaire  de  10  centimes  ne  subira  aucun  prélèvement 
pour  le  service  de  la  maladie.  Les  pupilles  ne  partici¬ 
peront  à  la  mutualité  scolaire  que  pour  la' retraite  ;  as¬ 
sistés  eux-mêmes,  ils  n'assisteront  pas  leurs  petits  ca¬ 
marades  aux  jours  de  souffrance.  La  cotisation  versée 
parle  département  sera  affectée  pour  moitié  à  la  cons¬ 
titution  d'un  livret  de  la  Caisse  nationale  des  retraites  à 
capital  aliéné  ;  la  «  petite  Gavé  »  sera  ici  une  simple 
intermédiaire.  L'antre  moitié,  portée  à  un  compte  spé- 
oidl  des  pupilles,  servira  soit  à  payer  le  droit  d'entrée 
de  ces  derniers  dans  les  sociétés  d'adultes,  soit  à  former 
un  fonds  commun  destiné  à  majorer  lesretraites  au  mo¬ 
ment  de  la  vieillesse.  «Ainsi,  fait  remarquer  M.  Jules 
Laurent,  les  pupilles  de  l'Assistance  ne  se  confondront 
pas  avec  la  masse  des  petits  mutualistes;  il  y  aura  jux¬ 
taposition  et  non  touchante  association  de  leurs  efforts  ; 
il  n'y  aura  pas  secours  mutuels,  mise  en  commun  des 
apports  et  des  sentiments  des  uns  et  des  autres.  La  sec¬ 
tion  desassistés  fonctionnera  parallèlement  à  la  mutuelle 
à  laquelle  elle  sera  rattachée.  Les  distances  sont  sau¬ 
vegardées.  On  a  beau  dire  qu'en  apparence  la  partici¬ 
pation  des  petits  abandonnés  à  la  mutualité  scolaire  ne 
différera  pas  de  celle  des  autres  écoliers  ;  néanmoins 
il  n’y  apas  cette  belle  etfraternelle  mêlée,  que|’aurais 
voulu  voir,  entre  viifants  de  la  misère  et  enfants  du 
bonheur,  entre  ceux  qui  ont  la  Joie  de  sentir  la  douce 
chaleur  de  l'amour  qui  les  entoure  au  foyer  familial,  et 
ceux  qui  ont  été  délaissés  sur  la  grande  route  delà  vie 
par  la  faim,  la  faute,  ou  le  \dce  :  point  de  communion 
réelle,  effective  de  ces  nouveaux  condamnés  sociaux, 
jeunes  innocents,  et  des  autres  plus  heureux  qui  ne  de¬ 
mandent  qu’à  leitr  tendre  lamain,  » 

Ou’arrivera-t-il  au  sortir  de  l'école  ? 

C’est  le  directeur  de  l'agence  dont  dépend  l’enfant 
assisté  qui  centralisera  les  livrets  de  retraite.  La  direc¬ 
tion  de  chaque  agence  deviendra  le  siège  d’une  mu¬ 
tuelle  des  assistés  adolescents. 

Puis,  adulte,  il  entrera  dans  une  mirtualité  de  son 
choix.. Dans  le  cas  contraire,  et  ce  sera  évidemment  là 
latrès  grande  œaj'orité,  il  sera  affilié  d'uffioe,  d'auto¬ 
rité,  à  une  Mutualité  des  jmpilies  du  département  de 
la  Seine. 


C’est  ainsi  que  l'on  fera  subsister  dans  la  viede  l'a¬ 
dulte  latarede  son  origine  qui  parfois  pourra  lui  fer¬ 
mer  des  portes  et  lui  causer  de  nombreux  préjudices. 

Aussi  ne  saurions-nous  trop  nous  associera  l'intelli¬ 
gente  initiative  de  .M.  Laurent.qui  proteste  contre  ce  pro¬ 
jet.  Ne  serait-il  pas  plus  rationnel  d’affilier  purement  et 
simplement  les  pupilles  aux  mutualités  scolaires  existan¬ 
tes,  le  département  encaissant  les  indemnités  pécuniaires 
allouées  aux  petits  assistés  lorsqu'ils  sont  malades  ? 

C'est  ce  qui  vient  d'être  fait  avec  succès  dans  divers 
départements,  notamment  pour  les  enfants  assistés  de 
l'arrondissement  d’Avallon,  où  se  trouvent  réunis  plus 
de  KXK)  garçonnets  et  fillettes  venus  de  quatre  dépai- 
tements  différents. 

Dans  un  article  tout  récent.  M.  Jules  Laurent  nous 
initie  précisément  à  l'organisation  choisie  dans  cet  ar¬ 
rondissement  (1). 

Sur  la  cotisation  annuelle  de  5  fr.  20,  4  francs  sont 
affectés  à  la  constitution  d'un  livret  de  la  caisse  natio¬ 
nale  des  retraites,  et  la  partie  restante,  soit  1  fr.  20— i 
somme  sensiblement  égale  à  celle  que  laisse  disponible 
le  service  des  malades  fonctionnant  à  l’égard  des  autres 
écoliers  —  va,  comme  ce  dernier  excédent,  alimenter 
le  fonds  commun  inaliénable  de  retraites  destiné  à  as¬ 
surer  aux  jeunes  prévoyamts,  lors  de  leur  vieillesse,  une 
pension  complémentaire,  truit  de  l'effort  social,  del’eîM 
fort  collectif.  L’enfance  abandonnée  et  l'enfance  heu¬ 
reuse  mêlent  donc  fraternellement  leurs  apports. 

Les  petits  assistés  ont  trouvé  là  pour  toujours  une 
famille  nouvelle,  où  ils  seront  traités  en  frères  égaux, 
sans  que  rien  ne  vienne  jamais  leur  rappeler  leur  ori¬ 
gine  ou  l’indiquer  aux  préjugés.  A  18  ans,  l’assimila¬ 
tion  sera  complète  entre  eux  et  les  autres  sociétairçs, 
ces  derniers  cessant  de  pouvoir  participer  à  l’assurance- 1 
maladie. 

Nous  avons  tenu  à  joindre  notre  voix  à  celle  de  M. 
Laurent,  espérant  ainsi  contribuer  à  faire  modifier  le 
réglement  proposé  pour  les  Enfants  assistés  de  la  Seine 
suivant  les  idées  que  nous  avons  exposées.  Ce  n’est  pa? 
au  moment  où.  grâce  aux  efforts  répétés  de  M.  Barbe- 
ret,  le  dévoué  apôtre  de  l’idée  mutualiste,  les  effectifs 
des  prévoyants  ont  doublé  en  quelques  années,  qu'H 
convient  de  laisser  en  dehors  de  eenx-ci  les  pupilles  de 
l’Assistance  1  Mais  encore  faut-il  ne  pas  les  traiter  en 
parias  et  les  recevoir  comme  des  enfants  égaux  aus 
autres  dans  les  mutualités  scolaires  existantes. 

LirciENtGRATis; . 


(1)  l.a  Mietmlité  'Nationale,  15  février  1906. 


CAPSULES  D’IODIPINE-WIERCK  :  3  représentent  1  gr- 
beaucoup  mieux  supportées  que  les  iodures  alcalins  : 
lODIPINE  à  “  O  pour  injections  sous-cutanées. 


CAPSULES  de  BROMIPINE-mEBCK  !  2  repr.  1  gr.  gSt 

beaucoup  mieux  supportées  que  les  bromures  alcalins  ; 
BROMIPINE  à  33  O  O  pour  lavements  ;  ÉPILEPSIE. 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


SOCIÉTÉS  SAVANTES 


SOCIÉTÉ  DE  BIOLOGIE. 

Séance  du  17  février  1906. 

Docimasie  'pulmonaire. 

MM.  B-U-thazard  et  Lebrun  ont  recherché  les  marques  de 
la  respiration  chez  le  nouveau-né  et  indiquent  qu’au  lieu  de 
recourir  à  Texamen  hydrostatique  ou  chimique,  il  est  préfé¬ 
rable  d’employer  la  méthode  histologique  qui  permet  d'indi¬ 
quer  avec  précision  la  présence  ou  Tabsence  de  l'air  dans  les 
alvéoles  pulmonaires. 

Résistance  globulaire  dans  la  fièvre  bilieuse. 

MM.  Vincent  et  Dopter.  —  Un  paludéen,  présentant  des 
crises  d'hémoglobinurie  chaque  fois  qu’il  ingérait  la  quinine,' 
a  donné  les  particularités  suivantes  : 

A  l’état  normal,  la  résistance  globulaire  est  plus  faible  que 
chez  un  sujet  sain.  Après  la  quinine,  la  résistance  s’affaiblit 
pendant  une  heure  pour  s'élever  à  la  fin  de  la  crise  hémoglo- 
binurique.  ÎN'euf  jours  après,  elle  égalait  la  normale. 

■  La  résistance  globulaire  à  la  quinine  a  été  constamment 
inférieure  à  la  normale;  la  quinine  est  donc  une  cause  capi¬ 
tale  d'hémoglobinurie  chez  les  paludéens. 

Le  retour  à  la  normale  de  la  résistance  globulaire  aux  solu¬ 
tions  hypotoniques  de  chlorure  de  sodium  s’explique  par  ce 
fait  que  l’hémolyse  a  provoqué  la  formation  d’une  sensibili¬ 
satrice  ayant  provoqué  elle-même  la  formation  d’une  antifixa¬ 
trice  spécifique. 

Pathogénie  d--  la  fièvre  bilieuse  liémoglobinurigue. 

MM.  Vincent  et  Dopter.  —  L’hémolyse  dans  la  fièvre  bi¬ 
lieuse  hémoglobinurique  n'est  pas  due  à  l'insuffisance  d'anti¬ 
sensibilisatrice.  Chez  un  malade  étudié,  le  sérum  est  doué 
d’un  pouvoir  antifixateur  aussi  énergique  que  chez  le  sujet 
sain  ;  l’épreuve  de  Landstener  a  toujours  été  négative.  La 
cytose  en  excès  n’en  est  pas  la  cause,  les  globules  humains 
sensibilisés  mis  en  présence  de  l’alexine  du  sujet  normal  et 
du  malade  ont  été  hémolysés  par  mêmes  doses,  de  cytose  ; 
l’anticytose  est  aussi  sans  action,  car  le  sérum  du  malade  est 
aussi  protégé  que  celui  de  l’individu  témoin. 

L'hémolyse  due  à  la  quinine  chez  les  paludéens  peut  être 
déterminée  par  l'insuffisance  des  substances  lipo'ides  et  par 
une  déminéralisation  des  globules  sanguins  ;  le  globule  a  en 
effet  une  moindre  résistance,  et  les  injections  de  sérum 
artificiel  ont  un  pouvoir  préventif  sur  l’apparition  des  crises 
bilfeuses  hémoglobinuiiques.  Les  globules  rouges  du  malade 
prélevés  au  moment  de  leur  résistance  minima  au  chlorure 
de  sodium,  imprégnés  de  chlorure  de  calcium,  puis  lavés, 
récupèrent  alors  une  résistance  à  peu  près  égale  à  celle  du 
sujet  sain. 

Nitrite  d'amyle. 

^  M.  Plumier.  —  Chez  le  chien,  le  nitrite  d'amyle  détermine 
une  vaso-constriction  pulmonaire  selon  Pic  et  Petitjean.  Or, 
fauteur  y  retrouve  une  vaso-dilatation, et  l'aspect  exsangue  du 
poumon  est  due  à  un  changement'de  coloration  du  sang  par 
Injection  intra-veineuse  du  nitrite  d’amyle. 

Extrait  d'intestin  sur  la  pression  artérielle. 

Mm.  Rourr  et  .losuÉ.  —  L’intestin  de  lapin  vidé,  macéré 
dans  trois  fois  son  poids  d'eau  salée  à  T/ûOO  détermine,  injec- 
6  dans  les  vessies  de  lapins,  un  abaissement  de  pression  ar- 
10  c.  c.  d’extrait  —  dose  souvent  mortelle  —  ont 
^issé  de  90  millimètres  ;  à  cent,  cubes,  de  .iO  millimètres  ; 

cubes  donnent  un  résultat  inconstant.  La  chute  se 
Woduit  rapidement,  une  minute  après  l'injection.  La  pres¬ 
sa  maxima  vient  au  bout  de  5  minutes,  persiste,  puis  re- 

onteet  au  bout  de  23  minutes  la  diminution  subsiste.  Une 
^itième  injection,  même  élevée,  10  cent,  cubes,  introduite 
sans  effet  sur  la  courbe  qui  continue  son  ascension, 
les  •  doses,  restées  sans  action  sur  la  pression,  modifient 
JJ  'jetions  suivantes.  Des  petites^  injections  répétées  amè- 
f  des  troubles  tels  que  l'injection  de  fortes  doses  très 


actives,  même  mortelles  quand  on  les  injecte  d'emblée,  res¬ 
tent  sans  modification  de  la  pression  artérielle. 

.intitoxines  spécifiques. 

MM.  Charrin  et  Delam.xre  montrent  qu'au  moyen  d'anü- 
toxines  spécifiques  on  peut  empêcher  les  tares  viscérales 
chez  1^  fœtus  sous  l’influence  des  cystotismes  maternelles. 

Séance  du  24  févrie')-  1906. 

•  Hémoglobinurie  paroxystique. 

MM.  Vidai,  et  Rostaink  ont  fait  sur  l’hémoglobinurie 
paroxystique  a  frigore  des  recherches  qui  leur  ont  prouvé 
que  l’insuffisance  d’antisensibilatrice  dans  le  sang  estla  cause 
de  la  crise  qui  éclate  sous  l’action  du  froid.  In  l’itro.ils  avaient 
obtenu  des  résultats  tels  qu'ayant  injecté  à  un  hémoglohinu- 
rique  un  sérum  antisensibilisateur,  ils  avaient  obtenu  la 
suppression  de  Turine  sanglante  sous  l’influence  du  froid. 

Cette  injection  au  sérum  antisensibilisateur  a  été  répétée 
avec  succès  chez  une  autre  malade  sensible  au  froid.  Celle-ci 
urinait  du  sangdès  qu’elle  trempaitles  mains  dans  l'eau  à  IQ'*; 
chez  elle,  le  sérum  impressionnait  in  vitro  les  hématies.  Ce 
résultat  a  été  obtenu  sur  cinq  malades  paludéens  à  crises 
hémoglobinuriques. 

L’ingestion  de  chlorure  de  calcium,  comme  l’a  montré 
M.  Vincent,  a  pu  prévenir  la  crise  d’hémoglobinurie  quinique 
chez  quelques  malades  ;  la  crise  d’hémoglobinurie  a  frigore 
n’a  jamais  été  modifiée  par  ce  médicament,  au  contraire, 
l’antisensibilisatrice  a  été  constamment  active  chez  ces  malades. 

Eosinophiles  myéloïdes. 

MM.  Louis  Bloch  et  Ausertin  ont  observé  que  quelques 
éosinophiles  sont  accompagnés  d’une  réaction  myéloïde. 
Chez  une  malade  du  service  du  D"'  Brocq,  atteint  de  dermatite 
polymorphe  douloureuse,  les  éosinophiles  contenaient  des 
cellules  mononucléées  ;  et  dans  le  sang  se  trouvait  une  myé- 
locytose  neutrophile  notable,  avec  quelques  cellules  de  Tttrk. 

Le  nombre  des  polynucléaires  augmente  avec  la  poussée, 
le  taux  des  myélocjdes  éosinophiles  se  maintient,  tandis  que 
les  myélocytes  neutrophiles  se  raréfient. 

Dans  la  lèpre,  il  peut  y  avoir  ébauche  de  myélémie,  qui 
n’est  peut-être  qu’un  stade  préparatoire  de  Téosinophilie  pure 
à  polynucléaires. 

La  réaction  myélo'ide  n’est  pas  fonction  de  l'intensité  de 
l’éosinophilie  ni  de  la  leucocytose  globale. 

Ces  cas  d'éosinophilie  myélo'ide  paraissent  jouer,  dans  le 
groupe  des  éosinophilies,  la  place  qu’occupe  dans  les  leuco- 
cytoses  neutrophiles  la  leucocytose  myéloïde  de  la  variole 
qui  s'accompagne,  en  effet,  d'une  myélémie  non  élective. 

Parotidite  des  hémiplégûjiies. 

M.M.  Gilbert  et\  Au.LARET communiquent  deux  observations 
de  parotidite  au  cours  de  l'hémiplégie  et  du  côté  paralysé. 
Le  siège,  la  rapidité  d'évolution,  les  troubles  vaso-moteurs  et 
trophiques  du  même  côté-donnent  un  aspect  spécial.  L’âge 
avancé  des  sdjets,  l'artériosclérose,  la  dépression  et  l’anémie 
dus  à  l’ictus,  la  misère  physiologique,  sont  des  causes  prédis¬ 
posant  à  l’infection  de  la  glande.  11  y  a  hypotonalité  des 
fibres  lisses  des  gros  conduits  excréteurs  parotidiens  et  trou¬ 
bles  vaso-moteurs  donnant  une  hypothermie  unilatérale  et 
diminuant  les  globules  rou'  es  du  côté  paralysé  ;  il  y  a  aussi 
des  troubles  trophiques  glandulaires  du  même  côté  ;  déplus, 
le  décubitus  de  ces  malades  favorise  l’infection. 

Passage  du  chloroforme  de  la  mère  à  l'enfant. 

M.  XicLoux  montre  que  ce  passage  est  rapide,  que  le  chlo¬ 
roforme  contenu  dans  le  foie  du  fœtus  est  supérieur  à  celui 
du  foie  de  la  mère. 

Infections  paratyphiques  en  Tunisie. 

MM.  Nicolle  et  Cathoire  font  leurs  réserves,  dans  les  étu¬ 
des  du  paratyphisme  en  Tunisie,  sur  Finterprétation  de  la 
séro-agglutination  quand  le  taux  est  peu  élevé.  E.  P. 


136 


LE  PROGRÈS  MEDICAL 


ACADÉMIE  DE  MÈDECLNE 


SOCIÉTÉ  DE  MÉDECINE  DE  PARIS. 


Séance  du  '31  février. 

Par  suite  de  la  mort  de  M.  Léon  Colin,  ancien  président 
de  l’Académie,  la  séance  est  levée  en  signe  de  deuil. 

A. -F.  Plicque. 

SOCIÉTÉ  DE  CHIRURGIE 
('hirurrjie  des  voies  biliaires. 

M.  Terrier  rapporte  deux  observations  de  lithiase  biliaire 
s’accompagnant  d'obstruction  du  cholédoque  avec  ictère, 
dans  lesquelles  il  a  pratiqué  le  drainage  de  l'hépatique  sui¬ 
vant  la  méthode  de  Kehr,  après  cholécystectomie  et  extrac¬ 
tion  des  calculs. 

M.  OuÉNu  clùt  la  discussion  sur  la  chirurgie  des  voies  biliai¬ 
res. 

Corps  ctrançjer  la  bronche  droite  ex  rait  par  bronchoscopie. 

M.  P'CQuÉ  présente  le  malade  chez  lequel  l’extraction  a  été 
faite  avec  la  plus  grande  facilité  par  M.  Cuisez,  sans  trachéo¬ 
tomie  ;  il  s’agissait  d'une  pièce  de  cinquante  centimes. 

_ _  D-  C.^TZ.  I 

SOCIÉTÉ  MÉDICALE  DES  HOPITAUX. 

Troubles  fonctionnels  dn  diaphragme  dans  li  maladie 
des  ptoses. 

M.  F.  Gi.énard,  à  l'occasion  d’un  travail  publié  dernière¬ 
ment.  expose  devant  la  Société  les  troubles  dus  à  la  ptose  du 
diaphragme,  la  phrénoptose.Daiis.le  cadre  de  cette  affection, 
rentrent  le  cœur  mobile  de  Cherchewski  et  la  cardioptose  de 
Rummo.  conséquences  de  la  phrénoplose.  M.Glénard  main¬ 
tient  toujours  son  opinion  sur  la  nature  hépatique  de  l’enté- 
téroptose. 

Slreptococcie  et  staphylococcie  combinées.  .Mort  par  abcès 
aréolaires  du  foie  avec  péricardite  aigue  sérofibrineuse. 

MM.  Letulle  et  Veri.iac  rapportent  une  observation  de 
malade,  chez  lequel  malgré  la  connaissance  des  microbes  pa¬ 
thogènes  en  action,  il  fut  impossible  pendant  des  mois  de 
déterminer  le  foyer  exact  des  lésions.  On  pensa  à  une  grippe, 
à  une  fièvre  typhoïde,  à  une  infection  généralisée  avec  bron¬ 
cho-pneumonie,  paralysie  radiale  et  péricardite.  Le  malade 
succomba  après  cinq  mois  de  maladie  et  l’autopsie  révéla  un 
abcès  du  foie.  La  situation  haute  de  çet  abcès  le  fit  passer  ina¬ 
perçu. 

M.  Danlos  attire  l’attention  sur  un  signe  non  cité  par  les 
auteurs  et  qu’il  a  rencontré  deux  fois  sur  cinq  abcès  tropi¬ 
caux  anciens  :  c’est  la  présence,  dans  le  pus,  de  cristaux  mi¬ 
croscopiques  de  bilirubine  de  coloration  rouge-orangée. 

M.  Achard  reconnaît  les  difficultés  réelles  dans  la  différen¬ 
ciation  des  abcès  du  foie  de  la  pleurésie  purulente.  La  dysen- 
térie  peut  être  absente  ou  consister  en  diarrhée  modérée  ; 
le  pus  peut  être  stérile,  de  sorte  qu'on  croit  à. une  pleurésie 
tuberculeuse.  Un  petit  épanchement  pleural  réel  peut  exister. 
H  propose  un  moyen  de  différenciation  ;  il  injecte  de  l’air 
stérilisé  dans  l’abcès  et  fait  faire  une  radiographie,  qui  mon¬ 
tre  alors  la  tache  claire  au-dessus  ou  au-dessous  de  la  bande¬ 
lette  diaphragmatique.  Dans  un  cas  de  pleurésie  purulente, 
il  a  pu  faire  ainsi  le  diagnostic. 

Statistiriue  de  scarlatine. 

M.  Sevestre  apporte  sa  statistique  de  1905  :  234  cas,  avec 
4  morts,  soit  1,68  %  de  mortalité. 

MM.  Ménétrier  et  R.  Dcvai.  communiquent  un  pseudo¬ 
rhumatisme  à  entérocoques. 

MM.  Josi.É  et  Lion  rapportent  la  guérison  d’une  septicémie 
à  tétragène  par  injection  de  collargol. 

MM.  Œttinger  et  Malloizel  ont  guéri  une  méningite  cé¬ 
rébro-spinale  avec  septicémie  streptococcique  par  injections 
intra  rachidiennes  d’argent  colloïdal. 

MM.  Ménétrier  et  Duval  lisent  l’observation  d'une  périto¬ 
nite  àpneumocoques  chez  un  cirrhotique.  • 


Séance  du  24  février  iqoG.  —  Présidence  de  M.  Desnos. 

La  séance  est  ouverte  à  4  h.  45.  Le  procès-verbal  de  la 
précédente  réunion  est  adopté  à  l’unanimité. 

M.  LE  Secrétaire  général  annonce  qu’il  a  reçu  de  Bos¬ 
ton  (Etats-Unis  d’Amérique),  des  renseignements  rela-»^ 
tifs  au  prix  "Warren,  à  décerner  en  1907  par  le  corps 
médical  do  l’hôpital  général  des  Massachusetts,  et  donne 
la  traduction  du  document.  Ce  prix,  fondé  par  feu  le  D' 
,1.  Mason  "Warren,  en  mémoire  de  son  père,  est  triennal. 
Il  est  de  500  dollars  (2.500  fr.)  Les  mémoires,  inédits, 
accompagnés  d'un  pli  cacheté,  portant  une  devise,  doi-  ; 
vent  parvenir  à  Boston  avant  le  14  avril  1907.  Le  tra¬ 
vail  doit  porter  sur  un  point  spécial  {spécial  subject  de 
la  physiologie,  de  la  chirurgie  ou  de  la  pathologie,  et 
laissé  au  choix  de  l’auteur.  Le  document  ne  dit  pas  si  la 
langue  anglaise  est  obligatoire.  L’auteur  qui  se  ferait 
connaître  avant  l'attrihution  du  prix  serait  disquali¬ 
fié. 

Correspondance  imprimée.  —  Revues  et  journau.x  habi¬ 
tuels.  —  Un  nouveau  journal  :  Le  Médecin  praticien.  — 
L’ostéomyélite  de  la  hanche,  par  le  D'"  Dcclaux.  —  M. 
Duclaux,  secrétaire  du  Médecin  Praticien,  offre  de 
faire  passer  dans  ce  journal  des  comptes-rendus  analy-.’ 
tiques  des  travaux  delà  Société  :  M.  lé  Président  accepte 
et  remercie  M.  Dnclaux. 

Correspondance  manuscrite.  —  1°  Lettre  de  M.  de  Ley- 
marie,  remerciant  la  Société  de  l’avoir  nommé  conseil 
judiciaire.  —  2”  Lettre  de  M.  le  D’’  Boursier,  secrétaire 
général  de  la  Société  médico-chirurgicale,  accusant  ré¬ 
ception  de  la  lettre  et  du  document  officiel  qui,  une  pre¬ 
mière  fois,  n’étaient  pas  parvenus  au  siège  social.  — 
3°  Lettre  de  M.  le  D”  Dias  Amado,  de  Lisbonne,  remer¬ 
ciant  la  société  de  l’avoir  nommé  membre  correspon¬ 
dant  à  titre  étranger. 

M.  le  D''  Lucien  Graux,  candidat  au  titulariat,  lit  un 
travail  sur  le  «  Rôle  des  casiers  sanitaires  des 
maisons  dans  l’assainissement  des  villes  ».  — 
L’examen  de  cette  candidature  est  renvoyé  à  une  com¬ 
mission  composée  de  MM.  Christian,  Tissier  et  Leudet, 
rapporteur. 

M.  Duclaux  décrit  un  «  Nouveau  procédé  de  cure 
radicale  du  phimosis  ».  [Sera  publié.) 

M.  Desnos  fait  observer  qu’un  procédé  qui  semble  sim¬ 
ple  peut  donner  par  cela  même  trop  de  sécurité  à  l’opé¬ 
rateur  ;  et  il  cite  un  cas  dans  lequel  il  fut  appelé,  plu¬ 
sieurs  heures  après  l’opération,  pour  arrêter  une  hémor¬ 
rhagie.  L’écrasement  linéaire  avait  été.  pratiqué  par  un 
chirurgien  très  distingué. 

M.  Duclaux  pense  que  l’instrument  n’est  pas  resté  en 
place  assez  longtemps. 

Citfe  question  sera  remise  à  l’ordre  du  jour  de  la  pro-, 
chaine  seance,  M.  Picqué  désirant  prendre  part  à  D 
discussion. 

M.  CouDu.AY  fait  la  communication  suivante  : 

Fragment  d  épiploon  détaché  de  la  masse  épi- 

plo'ique,  fixeau  fondd’un  sac  de  hernie  inguinale 

et  simulant  une  tumeur  fibreuse  de  la  paroi. 

1*.H'  lo  D'  Paul  COUDRAY. 

En  novembre  1905,  je  voyais,  avec  le  D’ E.  PasteaUr 
M.  H...,  âgé  de  49  ans,  de  bonne  santé  habituelle, 
désirait  être  débarrassé  d’une  petite  tumeur  de  l’aiue 
droite  qui  le  gênait  pour  le  port  d'un  bandage  herniaire) 
dont  il  faisait  usage  depuis  plusieurs  années. 

On  trouvait,  en  effet,  immédiatement  au-dessus  e® 
l’arcade  de  Fallope  du  côté  droit,  une  tumeur  du  volui»® 
d’une  petite  chsitaigne,  très  dure,  assez  régulière,  p®®' 
sentant  une  extrême  mobilité,  qui  permettait  de  la  dép**' 
cer  dans  tous  les  sens  sous  la  peau.  Cette  tumeur  ne  s® 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


137 


prolongeait  pas  du  côté  du  trajet  inguinal  dont  l’orifice 
superficiel  était  cependant  un  peu  dilaté.  En  faisant 
tousser  le  malade,  on  ne  provoquait  pas  d’issue,  ni  de 
l’intestin,  ni  de  l’épiploon. 

Cette  singulière  tumeur  était  beaucoup  trop  mobile 
pour  appartenir  à  une  adénite  (l  i.  Une  ectopie  testicu¬ 
laire  ne  pouvait  être  en  cause,  car  le  testicule  droit  était 
en  place  dans  les  bourses  ;  seule,  l’hypothèse  d’une 
tumeur  fibreuse  pédiculée,  en  relation  avec  l’apovrose 
du  grand  oblique  semblait  plausible. 

■  Néanmoins,  l’existence  d’une  hernie  antérieure  était 
certaine,  et  cette  hernie  était  encore  sortie  très  peu  de 
temps  avant  l’apparition  de  la  tumeur  en  question.  Cette 
hernie  s’était  montrée  en  1898  avec  des  phénomènes 
douloureux,  petite,  rentrant  avec  facilité,  et  sortant  dès 
que  le  bandage  était  enlevé.  A  deux  reprises,  en  1901  et 
en  1904,  la  hernie  sortit  plus  volumineuse  provoquant  des 
accidents  d’inflammation  ou  de  début  d’étranglement  : 
nausées,  sensibilité  locale,  et  elle  ne  put  être  réduite 
qu’au  bout  d’une  heure,  à  ia  suite  de  l'application  de 
compresses  chaudes  dans  un  cas,  d’un  bain  chaud  dans 
l’autre  cas.  Dans  la  suite,  la  hernie  resta  bien  contenue 
et  pendant  trois  mois  ne  sortit  plus,  même  lorsque  le 
bandage  était  enlevé.  Enfin  il  y  a  deux  mois,  le  malade 
remarqua  que  la  hernie  s’était  reproduite  et  qu’on  ne 
ouvait  la  réduire  complètement  ;  une  petite  tumeur 
are  restait  en  permanence  sous  la  peau,  tumeur  dont 
nous  avons  examiné  plus  haut  les  caractères  . 

Bien  que  cette  tumeur  ne  fût  pas  en  rapport  apparent 
avec  la  hernie  dont  l’existence  encore  récente  n’était 
pas  douteuse,  il  fallait  prévoir  le  cas  où  cette  tumeur  de 
nature  incertaine  (lipome  herniaire,  épiplocèle)  aurait  fait 
partie  du  sac. 

Aussi  le  malade  fut-il  prévenu  que  la  cure  radicale 
pouvait  être  nécessaire  au  cours  de  l’opération. 

Cette  opération,  pratiquée  le  22  novembre  1905,  mon¬ 
tra  la  tumeur  entourée  de  multiples  couches  lamellaires 
d’un  tissu  conjonctif  riche  en  graisse,  et  se  continuant 
en  haut  dans  l’épaisseur  de  la  paroi  abdominale  par  un 
long  pédicule.  Ce  pédicule  était  un  sac  herniaire  complè¬ 
tement  vide.  Ce  sac  n’était  pas  adhérent  au  cordon, 
mais  aux  plans  fibreux  ;  tous  les  plans  fibro-aponévro- 
tiques  de  la  région  furent  incisés  pour  découvrir  l’extré¬ 
mité  supérieure  du  sac  et  le  lier,  et  le  réséquer  à  son 
embouchure  dans  le  péritoine.  Avant  cette  ligature,  il 
avait  fallu  réséquer  un  morceau  d’épiploon  qui  s’enga¬ 
geait  obstinément  dans  la  partie  profonde  du  sac;  l’in¬ 
testin  était  à  peine  visible  derrière  l'épiploon  à  l’entrée 
de  la  cavité  abdominale.  Suture  à  trois  étages  de  la  pa¬ 
roi.  Suites  normales. 

Ainsi  notre  tumeur  était  appendue  à  l’extrémité  infé¬ 
rieure  d’un  sac  de  hernie  inguinale,  sac  étroit,  vide  et 
mince,  surtout  dans  sa  moitié  profonde,  tumeur  grosse 
comme  l’extrémité  du  pouce,  très  dure,  ayant  un  peu  la 
forme  d’un  rein  de  lapin  ou  encore  d’un  petit  testicule, 
f  examen  histologique  seul  pouvait  indiquer  la  nature 
de  celle  tumeur  d’aspect  fibreux. 

L’examen  histologique  fait^av  M.  le  prof.  Cornil,  qui 
présenté  la  pièce  à  la  Société  anatomique  dans  la 
séance  du  9  février  1906,  a  montré  que  la  tumeur  était 
raanifestement  contenue  dans  un  sac  herniaire  dont  elle 
^‘Itérait  le  fond,  et  qu’elle  était  constituée  non  seule- 
par  un  tissu  fibro-graisseux,  mais,  dans  une  partie 
otable  de  son  étendue,  par  un  tissu  épiploïque  iden- 
uque  au  tissu  du  grand  épiploon  ;  cloisons  fibreuses 
^es^^i  P®’’  endothélium  à  grosses  cel- 

È  est  donc  impossible  de  penser  ici  à  un  simple 
Pome  herniaire. 

i  mode  de  formation  de  cette  singulière  tumeur  est 
corn  par  ce  que  nous  savons  sur  la  manière  dont  se 
g  ^partent  certaines  épiploïtes  Si,  dans  la  majorité  des 
tumeurs,  surtout  à  la  région  inguinale,  sont  vo- 

fi)  Voir,  Tliése  de  n.irl>el,  1Î85-86,  Paris. 


lumineuses  et  ont  un  pédicule  bien  appréciable,  même 
au  doigt,  quelques-unes  sont  petites  et  ont  un  pédi¬ 
cule  tellement  étroit  et  filiforme  qu'on  a  parfois  de  la 
difficulté  à  le  trouver  au  cours  des  opérations.  Il  est  fa¬ 
cile  de  comprendre  qu’un  pareil  pédicule  puisse  se  rom¬ 
pre  à  l’occasion  d’un  mouvement  brusque  quand  la  her¬ 
nie  est  sortie,  mieux  encore  pendant  un  taxis  pour  faire 
rentrer  la  hernie. 

J’ai  été  très  étonné  de  ne  pas  trouver  défaits  sembla- 
I  blés  dans  les  recherches  assez  étendues  que  j’ai- faites  ; 
il  est  possible  qu'un  certain  nombre  d’observations  qua¬ 
lifiées  de  lipomes  herniaires  appartiennent  à  la  catégo¬ 
rie  de  faits  que  j’envisage  ;  il  est  donc  nécessaire  de  re¬ 
voir  au  point  de  vue  histologique  ces  lipomes  herniaires, 
dont  le  diagnostic  clinique  avec  les  épiploïtes  est  à  peu 
près  impossible,  suivant  la  remarque  autorisée  du  prof. 
Berger. 

M.  PicQuÉ.  —  Le  fait  présenté  par  M.  Coudray,  est 
des  plus  intéressants.  — M.  Coudray  dit  avoir  touvé  au 
fond  d’un  sac  herniaire  une  tumeur  que  l’examen  histo¬ 
logique  a  démontré  être  un  fragment  d’épiploon .  M.  Gou- 
dray  a  bien  voulu  rappeler  une  thèse  que  j’ai  inspirée 
sur  ce  sujet  à  un  de  mes  élèves.  Barbet,  il  y  a  20  ans, 
quand  j’étais  chef  de  Clinique  du  Professeur  Richet.  — 
Au  point  de  vue  clinique,  la  question  m’intéresse  médio¬ 
crement,  car  du  moment  où  on  trouve  une  tumeur  ino- 
[  bile  dans  le  trajet  inguinal,  ou  doit  prendre  le  bistouri. 

I  —  Par  contre,  il  y  a  dans  la  communication  de  M.  Cou- 
'  dray  une  question  de  premier  ordre  :  les  maladies  spé- 
j  ciales  du  sac  herniaire  étaient  inconnues  autrefois,  on 
décrivait  les  masses  épiploïques,  garnissant  l’intérieur 
du  sac  herniaire  ;  mais  je  ne  connaissais  pas  la  pré¬ 
sence  de  la  masse  épiploïque  séparée  du  ventre,  comme 
le  raconte  M.  Coudray.  —  D’où  la  grande  importance 
de  la  pathogénie,  qui  peut  s’éclairer  'en  partie  par  la 
communication  de  M.  Coudray.  —  Quoi  qu’il  en  soit, 
quand  on  trouve  une  tumeur  isolée  du  sac,  on  a  ten¬ 
dance  à  penser  à  une  transformation  néoplasique  ou 
tuberculeuse  du  sac  ;  dès  lors  on  devra  songer  à  cette 
nouvelle  variété  de  lésion  signalée  par  M.  Coudray. 

M.  Mortier  communique  un  cas  de  cancer  du  col 
utérin  chez  une  femme  de  31  ans,  opérée  récemment  par 
le  D’  Picqué  dans  son  service  de  l’hôpital  Bichat,  et 
présente  l’utérus  et  ses  annexes  enlevés  par  le  procédé 
de  l'hystérectomie  vaginale. 

Cancer  du  col  utérin. 

Dans  une  précédente  communication,  j’ai  eu  l'hon¬ 
neur  d’attirer  votre  attention  sur  l'importance  qu’il  y 
avait  à  diagnostiquer  au  plus  tôt  un  cancer  de  l’utérus, 
de  façon  à  pratiquer  une  intervention  large  et  précoce 
dont  puisse  bénéfier  la  malade  dans  la  plus  large  me¬ 
sure.  .le  me  suis  attaché  à  vous  démontrer  que,  vis-à- 
vis  de  certaines  hémorrhagies  rebelles  et  abondantes, 
on  devait  songer  à  la  possibilité  d’un  néoplasme  utérin 
et  ce,  sans  tenir  compte  de  l’àge  de  la  malade. 

La  pièce  que  je  vous  présente  aujourd'hui  n'a  pas  un 
bien  grand  intérêt  au  point  de  vue  anatomo-patholo¬ 
gique  ;  il  s’agit  d'une  tumeur  de  la  portion  vaginale  du 
col  utérin  ;  mais  le  fait  intéressant,  et  sur  lequel  je  me 
permets  d'insister  à  nouveau,  c'est  l’àge  de  la  malade. 

Il  est  classique  de  dire  que  l’épithélioma  du  col  uté¬ 
rin  est  rare  de  20  à  30  ans  et  se  rencontre,  avec  son 
maximum  de  fréquence,  de  40  à  50  ans.  Imbus  de  cette 
idée,  on  aurait  tendance,  en  présence  d'une  femme 
jeune,  et  par  le  fait  même  de  sa  jeunesse,  d'écarter 
l'hypothèse  d’un  néoplasme  utérin  ;  je  crois  donc  lo¬ 
gique  d'avancer  que  vis-à-vis  de  certaines  urétrorrha- 
gies  rebelles,  douloureuses  ou  indolores,  accompa¬ 
gnées  même  d'un  état  général  bon,  et  quel  que  soit 
l’àge  de  la  malade  (  j’insiste  sur  ce  point),  on  doit  tou¬ 
jours  songer  à  un  épithélioma  possible  de  l’utérus. 


138 


LE  PROGRÈS  MEDICAL 


Tel  est  le  caspiésent,  qui  fait  l’objet  de  cette  courte 
communication  :  il  s’agit  d'unejeune  femme  de  31  ans, 
bien  portante, sans  antécédents  morbides' et  qui,  depuis 
18  mois,  avait  des  pertes  blanches  abondantes.  Depuis 
10  mois  elle  a  eu  de  violentes  métrorrhagies,  surtout 
à  la  suite  des  rapports  avec  son  mari  ;  certaines  hé¬ 
morragies  sont  tellement  abondantes  qu’elles  sont 
parfois  suivies  de  syncopes. 

Elle  avait  été  vue,  au  dél)ut  de  son  mal,  par  un 
spécialiste  de  Paris  qui  avait  constaté  une  endométrite 
chronique,  mais  dont  les  signes  n’étaient  pas  assez  nets 
pour  permettre  de  poser  un  diagnostic  précis.  Il  avait 
prié  la  malade  de  revenir  le  voir,  mais,  malgré  ses 
conseils,  celle-ci  ne  se  présenta  à  sa  clinique  qu’un  an 
après.  A  ce  moment,  le  diagnostic  s’imposait,  et  ce 
médecin-spécialiste  adressa  alors  la  malade  à  mon 
maître,  le  D"  Piqué,  dans  son  service  de  l’hôpital 
Bichat. 

M.  Piqué  constata,  par  le  toucher  vaginal,  que  le 
col  utérin  présentait  un  bourgeonnement  total,  affec¬ 
tant  la  forme  d’une  cupule  largement  excavée  en  son 
centre.  L'aspect  normal  du  col  avait  disparu,  mais  les 
culs-de-sac  n’étaient  pas  envahis,  et  Fulérus  avait 
conservé  toute  sa  mobilité. 

L'état  général  de  la  malade  est  excellent  ;  pas  d’amai¬ 
grissement  notable  pour  le  moment. 

Le  22  février,  M.  Picqué  pratiqua  chez  cette  malade 
l'hystérectomie  totale  en  un  temps  :  après  avoir  lié 
préalablement  les  artères  utérines,  il  décolla  la  vessie 
en  avant  et  ouvrit  le  cul-de-sac  antérieur  du  vagin. 
Par  cette  brèche,  il  put  désinsérer  circulairement  le 
col  utérin  de  ses  insertions  vaginales,  et  put  extirper 
l’utérus  en  entier  après  avoir  disséqué  de  chaque  côté 
les  segments  de  l’artère  utérine  sur  les  deux  parois 
latérales  de  la  tumeur  ;  tamponnement  du  vagin,  fer¬ 
meture  incomplète  du  vagin  par  deux  points  de  suture 
à  la  soie,  et  drainage  à  la  gaze  de  la  cavité  pelvienne. 

Je  n’ai  pu  encore  pratiquer  l'examen  histologique 
de  cette  tumeur,  l’opération  remontant  à  avant-hier  ; 
mais,  au  point  de  vue  macroscopique,  on  a  tout  lieu 
d’assurer  qu’il  s’agit  d’un  épithélioma  pavimenteux. 

Ainsi  donc.  Messieurs,  le  néoplasme  de  l’utérus  doit 
être  toujours  suspecté,  même  en  présence  d’une  femme 
jeune  ;  on  peut  en  déduire  de  suite  toute  l'importance 
thérapeutique  ;  on  dépistera  plus  vite  le  cancer,  on  en 
fera  un  diagnostic  rapidement,  en  ayant  recours,  dans 
les  cas  douteux,  aux  lumières  du  laboratoire  et  on 
pourra  pratiquer  aussitôt  une  intervention  vraiment, 
utile  et  bienfaisante.  On  pourra  espérer  d’enrayer  la 
généralisation  du  mal,  et,  pour  le  cas  qui  nous  occupe, 
la  tumeur  étant  localisée  au  col  utérin  et  au  vagin,  les 
annexes  étant  indemnes  de  lésions,  et  l’exploration 
des  ganglions  hypogastriques  ayant  été  négative,  on  a 
le  difoit  de  penser  qu’on  est  intervenu  assez  à  temps 
pour  espérer  chez  la  malade  une  longue  survie. 

Est  déposée  sur  le  Bureau  une  demande  signée  par 
cinq  membres  titulaires  et  ainsi  libellée  :  «  Demande  à 
l'effet  d'une  modification  avec  révision  intégrale  des 
statuts  de  la  Société  de  Médecine  de  Paris  ».  Ont  signé: 
MM.  Mouzon,  Goujlevvski,  Duclaux,  Graux  et  Bergeron. 

Cette  demande  étant  prise  en  considération  par  la 
Société,  une  commission  de  cinq  autres  membres  sera 
nommée  poiïr  l’étudier  dans  la  prochaine  séance. 

La  seance  est  levée  à  6  h.  30. 

Le  secrétaire  général.  Le  secrétaire  annuel^ 

F.  Buret.  Mortieh. 

- - - 


LA  VALÉROBROMINE  LEGRAND 

est  plus  active  que  les  bromures  et  les  valé- 
rianates. 


BIBLIOGRAPHIE 

Précis  de  psychiâtnie  ;  par  E.  Régis,  professeur-adjomt  à 

l’Université  de  Bordeaux,  chargé  du  cours  de  clinique 

psychiatrique,  1906. 

Plus  de  vingt  années  se  sont  écoulées  depuis  la  première 
apparition  de  ce  petit  livre,  intitulé  alors  modestement  «  Ma¬ 
nuel  pratique  de  médecine  mentale  ».  Deux  éditions  succès^ 
sîves  publiées  à  une  dizaine  d’années  d’intervalle  (1884-1892) 
en  ont  consacré  le  succès. 

Pendantcette  période  (1884-1906);  se  prodoisait,  en  France 
et  à  l’éti-anger,  un  large  mouvement  d’idées  et  d’opinions  qui 
affranchissait  la  psychiatrie  des  dogmes  stériles  de  l’héré¬ 
dité  et  de  la  dégénérescence  et  «  la  faisait  entrer  définitive¬ 
ment  dans  la  médecine  ordinaire  par  la  voie  des  grandes  doc- 
trinesde  la  pathologie  générale  actuelle...  » 

Hardiment,  et  le  premier  en  France,  M.  Régis  se  plaça  à  la 
tète  de  ce  mouvement,  combattant  par  la  plume  et  par  la  pa¬ 
role,  et  entraînant  à  sa  suite  une  pléiade  d’élèveS  formés  à 
son  enseignement.  C’est  donc  à  lui,  plus  qu’a  tout  autre, 
qu’il  appartenait  de  nous  délivrer  des  vieilles  rubriques  psy¬ 
chiatriques,  puisqu’aussi  bien  l’occasion  lui  en  était  offerte 
par  la  publication,  devenue  nécessaire,  d’iine  3“  édition  de  son 
ancien  manuel.  M.  Régis  l’a  si  bien  compris  que,  de  pro¬ 
pos  délibéré,  il  a  donné  à  cette  3'  édition  le  nom  de  «  Précis 
de  ijsychialrîe  »,  affirmant  ainsi  sun  intention  de  faire  une 
œuvre  vraiment  neuve  et  originale. 

Dans  quelle  mesure  il  y  a  réussi,  c’est  ce  que  va  nous 
montrer  l’analyse  de  son  livre. 

Celui-ci  est  divisé  en  trois  parties.  La  première  est  consa- 
erée  à  la  ]mjcMatne  générale,  la  seconde  à  la  psgchiatine  spé¬ 
ciale  et  la  troisième  est  réservée  à  la  pratique  psychiatrique, 
envisagées  au  double  point  de  vue  médical  et  médico-légal. 

Après  avoir  résamé  brièvement  I  bistoire  de  la  médecine 
mentale  à  travers  les  âges  et  montré  sa  tendance  actuelle  à 

I  unification  avec  la  médecine  ordinaire,  en  ce  quiconcerne 
ses  procédés  d'examen,  ses  méthodes,  de  recherches,  etc., 
l’auteur  passe  en  revue,  dans  la  B"’  partie,  les  notions  les  plus 

.  importantes  relatives  aux  psychopathies  en  général, c'est-à- 
dire  leurs  causes,  leur  évolution,  lésions  qui  caractérisent 
un  certain  nombre  d'entre  elles,  leur  pronostic, \enrs  compli¬ 
cations,  etc. 

Vient  ensuite  un  chapitre  de  séméiologie  ou  de  symptomato¬ 
logie  générale  dans  lequel  sont  étudiés  la  plupart  des  éléments 
constitutifs  de  ces  psychopathies  :  troubles  de  l'idéation, des 
perceptions,  de  l’émotivité,  de  la  conscience,  de  la  person¬ 
nalité,  de  l’activité,  etc.,’  troubles  de  la  motilité,  de  la  sensi¬ 
bilité,  des  fonctions  organiques,  viscérales,  trophiques,  va¬ 
somotrices,  etc. 

Ce  chapitre  qui  constitue  une  préface  indispensable  a 
l’étude  individuelle  des  psychoses  a  été  complètement  rema¬ 
nié  et  enrichi  de  tontes  les  acquisitions  les  plus  récentes  suf 
les  modifications  des  sécrétions,  notamment  du  S2ic  gastriq^’ 
de  la  hile,  des  urines,  ainsi  que  des  humeurs,  du  sang,  du  W- 
guide  céphalo-rachidien,  etc., chez  les  aliénés. 

A  côté  des  troubles  psychiques  et  physiques  des  psycho^ 
proprement  dites,  on  trouvera  encore  dansce  chapitrel  im»' 
cation  des  principaux  stigmates  physiques  ou  psychiqties  d^s 
états  de  dégénérescence  ou  de  déchéance  organiques. 

Cette  première  partie  se  termine  par  un  exposé  raisonne 
de  la  classification  qui  sert  de  base  et  de  fondement  à  la  Psf 
chîatrie  spéciale,  objet  de  la  seconde  partie. 

M-  Régis  distingue,  dans  l'ensemble  des  états  psycuop*^  ■ 
THiQiiES,ceux  qui  sont  primitifs  et  ceux  qui  soal  seeondaittf; 

II  divise  ensuite  les  ét.ats  psychopathiques  primitifs,  qn' 

1  considère  O. »miue  les  seules  formes  autonomes  des  maladi® 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


mentale,  en  psychopathiea-nudadies  ou  ps^h^ses^el  enpsycho- 
mihies-inftr  mités. 

Les  PSYCHOPATHIES-MALADIES  OU  PSYCHOSES,  QUl  «  tTOUbleDt 

le  psychisme  dans -sonifonotionaeinent  «.sont  formées  à  leur 
tour  de  deux  {r.ponpes  ;  1“  le'^  psychoses  généralisées  corapre- 
nant  quatre  espèces  :  la  manie, la  mélancolie,  W  manie-mélan¬ 
colie  «U  folie  à  double  forme  et  la  confusion  mentaie  ;  2“  les 
psychoses  essentielles  ou  folies  .•iystématisées  ramenées  toutes  à 
une  espèce  unique,  la  psychase  syslématisée  proynes.vive,  dont 
elles  représentent  simplement  autant  de  variétés  on  d  étapes. 

Les  psYCHOPATHiES-iNFiRMiTÉs.qui  «  lè’seKt  le  psychisiDe  dans 
sa  constitution  », sont  éfralement  de  deux  ordres;  l”les  infir¬ 
mités  psychiques  d  évolution,  qui  arrêtent  ou  vicient  le  psy¬ 
chisme  dans  son  développement  (déséquilibrations,  e.vcan- 
tricités,  originalités  avec  ou  sans  psychoses  concomitantes, 
imbécillités,  idioties,  etc.)  ;  2“ les  infirmités  psychiques  d'in- 
volution  qui,  «  le  psychisme  une  fois  développé,  le  désagrè¬ 
gent  et  l’allai blissent  »  (démence  primitive  simple  ou  avec 
psychose). 

Les  ÉTATS  PSYCHOPATHIQUES  SECONDAIRES,  SYMPTOMATIQUES 

OU  ASSOCIÉS  comprennent  «  une  infinité  de  formes  morbides 
qui  encombraient  auparavant,  disséminées  sons  des  étiquettes 
diverses  (folies  sympathiques,  viscérales,  diathésiques,  etc.) 
le  cadre  nosologique,  et  qui,  actuellement,  se  trouvent  réu¬ 
nies  parleur  communauté  d’origine  et  de  symptômes  en  une 
synthèse  logique  et  naturelle.  » 

Cette  synthèse  est  l’œuvre  maîtresse  de  M.  Régis.  C’est 
lui,  avec  ses  élèves,  qui, depuis  une  quinzaine  d’années,,  s’est 
attaché  à  montrer  que  les  psychopathies  dues  à  des  auto- 
inioxicatioDS,pour  si  divers  que  soient  les  poisons  qui  Les 
engendrent,  comportent  des  altérations  du  système  nerveux 
et  des  manifestations  symptomatiques  analogues  à  celles 
de  toutes  les  autres  intoxications.  En  ce  qui  concerne  no¬ 
tamment  la  symptomatologie,  il  a  établi  qu  elle  était  sem¬ 
blable  à  la  fois  dans  les  psychoses  d  exo  et  d’auto-intoxica¬ 
tion  et  dans  les  psychoses  d’infections.Cette  symptomatolo¬ 
gie  tire  ses  caractères  de  la  mélancolie, delà  confusion  men¬ 
tale  et  du  délire  onirique.  Ainsi  se  trouve  constitué  un  vé¬ 
ritable  syndrome  des  psychoses  toxi-infectieuses,  des  «déli¬ 
res  des  hôpitaux  »  pour  employer  l’heureuse  expression  de 
M.  Régis,  syndrome  qui  permet  de  relier  et  de  grouper  tou¬ 
tes  ces  psychopathies  dans  une  seule  famille  nosologique. 

Cette  doctrine  a  été  accueillie  avec  enthousiasme  par  toute 
la  jeune  école  psychiatrique,  et,  réserve  faite  de  quelques 
exagérations,  de  quelques  généralisations  un  peu  systéma¬ 
tiques,  on  peut  dire  qu’elle  constitue  un  des  plus  grands 
progrès  réalisés  en  médecine  mentale  durant  les  vingt-cinq 
dernières  années. 

Il  nous  faut  louer  également  sans  réserves,  sans  avoir  le 
temps  d’y  insister, toute  latroisième  et  dernière  partie  del’ou- 
vrage  consacrée  aux  «pp/icafio  isde  la  psychiatrie  à  la 
médicale  et  médico-légale.  Médecins  et  étudiants,  sans  parler 
desspécia‘istes,y  trouveront  les  indications  les  plus  utiles  re- 
latives  an  diagnostic  et  au  traitement  des  maladies  mentales, 
aux  différents  modes  d'assistance  et  de  placement  des  aliénés, 
à  la  législation  qui  les  concerne,  etc.,  etc. 

Au  point  de  vue  médico-légal, les  nombreuses  et  épineuses 
questions  de  droif  criminel  et  de  droit  civil  que  soulèvent  à 
chaque  instant,  les  crimes,  les  délils  ou  -implement  les  actes 
de  la  vie  ordinaire  commis  par  les  aliénés.sonl  traitées  avec 
la  compétence  et  l’autorité  que  l’auteur  a  puisées  dans  l’exer¬ 
cice  de  ses  délicates  fonctions  d'expert  en  matière  de  psy¬ 
chiatrie  civile  et  militaire. 

A  elle  seule, cette  dernière  partie  suffirait  à  assurer  le  suc¬ 
cès  dece  «Précis», qui, abstraction  faite  dequelques  idées  doc- 
Icinales  dont  la  critique  ne  saurait  trouver  place  ici, est  ac- 
tueliemeat  le  résumé  le  plus  judicieux  et  le  plus  substantiel 
ue  nos  connaissances  théoriques  et  pratiques  en  médecine 
G.  Deny. 


U  ^CIÉTÉ  DES  M>:DECINS  INSPECTEURS  DES  ÉCOLES  DE  LA  V'iLI.E  DE 

«US  et  DE  LA  Seine.  -  Bureau  poui'  l'.lüB  :  Président,  !)'■  L. 
•oui-ichon  ;  vice-présidents  :  D»  Layla.  Iloury,  de  Pradel  ;  secré- 
:  IP  (lutte;  trésorier  :  t)'' Cieorces  Lévy;  secrétaires: 
“  Biard,  .Meyer. 


THERâPEUTIOUE 


Traitement  de.Pemphysème  par  l’Hélénine. 

Sous  rinfluence  de  l’Hélénine,  l'entrée  de  Pair  dans  les  vési¬ 
cules  pulmonaires  cesse  d’être  gênée  et  la  respiration  se  fait 
librement  ;  ce  que  le  D»  de  Korab  a  constaté  maintes  fois,  non 
seulement  par  la  percussion  et  l’auscultation,  mais  aussi  au 
moyen  du  polygrap'he,  appareil  enregistreur  de  M.  le  profes¬ 
seur  Marey,  que  le  professeur  Constantin  Paul  a  bien  voulu 
mettre  à  sa  disposition  à  Lariboisière.  L’oppression  cesse  et 
le  malade  devient,  si  nous  osons  nous  servir  d’une  expression 
comparative,  comme  l'arsenicophage  de  la  Haute-Autriche 
plus  apte  à  respirer  dans  la  marche  ascendante.  Ainsi  s’ex¬ 
plique  l'action  bienfaisante  de  I  Hélénine  dans  l’emphysème. 

Trois  à  quatre  globules  du  D»  de  Korab  par  jour. 


VARIA 

L’incinération  en  Allemagne. 

L’état  comparé  de  la  France  et  de  l’Allemagne,  au  point 
de  vue  de  l'incinération,  a  déjà  figuré  ici  même  1).  C’est-à- 
d'ire  qu’en  pays  libre,en  F  rance,  où  ia  loi  consacre  la  liberté 
des  funérailles,  on  ne  compte  que  trois  crématoriums,  et  une 
seule  Société  de  propagande  comprenant  700  membres  envi¬ 
ron.  En  Allemagne,  au  contraire,  nation  autocratique  et 
«  pieuse  »,  où  les  principau.x  Etats  (Prusse,  Wurtemberg, 
Bavièrel  défendent  de  brûler  les  cadavres,  on  découvre  huit 
monuments  crématoires  t2l  et  près  de  cinquante  sociétés  d'inci¬ 
nération,  dont  celle  de  Berlin,  à  elle  seule,  comptait,  en  mai 
1003,  2523  membres  (3). 

On  me  transmet  les  statuts  et  3  comptes  rendus  annuels 
d’une  nouvelle  Société  pour  1  incinération,  qui  a  surgi  en 
1901,  à  Plauen  (4)  dans  la  Saxe.  On  y  voit  que  le  nombre  des 
sociétaires  s’est  accru  chaque  année  d’une  manière  très  sensi¬ 
ble,  soit  respectivement  :  126,  165,  220  membres.  La  Société 
se  propose  d'obtenir  : 

La  pratique  de  Fiacinération  d  ans  le  royaume  de  Saxe  ; 

2'  L’incinération  obligatoire  de  tous  cadavres  de  contagieux, 
etc.  On  peut  y  lire  encore  que,  dans  une  conférence  tenue  à 
Dessau  le  17  février  1904,  le  Pasteur  principal,  M.  Stage,  de 
Hamburg,  a  e.xprimé  l’avis  qu’il  n  y  a  nulle  contradiction  en¬ 
tre  l’inhumation  et  l’incinération,  que  ce  dernier  mode  n’est 
pas  en  opposition  avec  le  dogme  de  la  Résurrection,  et  que 
l’Eglise  devrait  travailler  à  écarter  les  préjugés  et  à  ne  pas 
laisser  amoindrir  son  autorité  (5) 

Le  Crématorium  le  plus  proche  de  la  ville  de  Plauen  est 
celui  de  lenec,  puis  celui  de  Gotha.  C’est  donc  vers  Fune  ou 
l’autre  de  ces  deux  villes  que  les  cadavres  sont  dirigés  , de 
Plauen,  avec  le  minimum  de  frais  de  transport.  L’incinéra¬ 
tion  coûte  au  total  306  francs  si  elie  a  lieu  à  léna.  et  332 
francs,  si  elle  est  faite  à  Gotha  ;  la  différence  des  sommes  tient 
à  celle  des  distances.  Enfui  les  Membres  de  la  Société  d’inci¬ 
nération  de  Plauen,  peuvent  s’assurer  comme  d  au  tres  so¬ 
ciétés  d’ .Allemagne,  pour  parer,  contre  une  faible  prime  an¬ 
nuelle,  aux  frais  d’incinération.  P.  G. 

Projet  de  lutte  contre  la  tuberculose  à  Paris  par 
l'hospitalisation. 

Leconsdl  desurveillance  de  F  Assistance  publique  de  Paris 
vient  d’adopter  le  rapport  que  M.  Léon  Bourgeoislui  a  adressé 
au  nom  de  la  Commission  de  la  tuberSulose  ayant  trait  à 
l’hospitalisation  des  tuberculeux. 

Voici  comment  M.  Léon  Bourgeois  à  indiqué  les  trois  points 
importants  qui  doivent  servir  de  direction  au  plan  de  lutte 
contre  la  tuberculose  tels  queles  a  reproduits  le  Temps  : 


(1)  l’aul  Cornet  h  L'Jncinération  en  Allemagne  r,  iii  Progrès 
Médical,  7  et  Ci  février  1904. 

(2)  A  Gotha,  Heidelberg,  Hambourg,  lena,  DHenbaeh,  Mannheim, 
Eisenaeh,  Mainz. 

(3)  Haul  Gobxet.  —  Loc.  cû.,'P-  *>■ 

(4)  Vereinfiir  Feiierbestattung  in  Plauen,-i.-  \  . 

(5)  3.  Jahresbericht  lies  Vereins  für  Feiierbestattung  pi  Plaueiif  i. 
V.  p.  0. 


140 


LE  PROGRÈS  MEDICAL 


1°  L’Assistance  publique  accomplira  son  devoir  étroit,  son 
premier  devoir  envers  les  autres  malades  en  isolant  d'eux 
les  tuberculeux  ;  mais  elle  n’accomplira  pas  encore  son  de¬ 
voir  envers  ces  derniers  en  leur  ouvrant  simplement  des  hô¬ 
pitaux  ou  des  quartiers  spéciaux.  Ce  qu’elle  doit  leur  assurer, 
c’est  un  ensemble  de  conditions  de  traitement  particulières 
et  variables  comme  les  conditions  du  mal  lui-même. 

2“  11  nesufiit  ni  de  traiter  temporairement  à  l'hôpital  cer¬ 
tains  accidents  aigus,  ni  de  recueillir  comme  dans  un  quar¬ 
tier  d’hospice  des  chroniques  auxquels  on  se  borne  à  donner 
quelque  soulagement  et  à  procurer  une  fin  plus  douce.  Si 
l  Assistance  publique  veut  remplir  tout  son  devoir,  —  si  mê¬ 
me  simplement  elle  veut  parvenir  à  diminuer  le  nombre 
toujours  croissant  des  chroniques  qui  encombrent  ses  s’ervi- 
ces  et  dont  les  tuberculeux  forment  une  si  grande  part,,  — 
c’est  à  tous  les  degrés  et  à  toutes  les  conditions  variables  du 
mal  <iu’elle  doit  apporter  des  moyens  d'action  et  c  est  par 
une  organisation  de  la  lutte  contre  le  mal  qu’elle  doit  procé¬ 
der  en  variant  ses  moyens  d'action  suivant  les  variétés  et  les 
degrés  du  mal. 

Suivant  le  degré  du  mal,  le  traitement  de  la  tuberculose 
doit  être  : 

Ou  assuré  au  dehors,  chez  le  malade  lui-même,  et  dans  sa 
famille,  — lorsqu'il  n’en  résultera  aucun  danger  pour  celle- 
ci  ni  pour  lui-même,  — grâce  à  un  systèiae  de  consultations 
externes,  de  secours  en  nature  ou  en  argent,  de  conseils  et  de 
prescriptions  d'hygiène,  constituant  en  somme  le  type  de  la 
cure  de  dispensaire  ; 

Ou  assuré  dans  un  quartier  d'hùpital,  à  Paris,  lorsque  des 
raisons  d’ordre  médical  exigent  l'hospitalisation,  ou  lorsque 
des  raisons  sociales  interdisent  la  séparation  de  la  famille  et 
rendraient  trop  pénible  un  trop  grand  éloignement.  Les  hô¬ 
pitaux  ou  les  quartiers  spéciaux  destinés  à  cette  catégorie  de 
malades  doivent  être  organisés  non  comme  desétablissements 
généraux,  mais  dans  les  conditions  particulières  d’aération, 
d’orientation  et  d’outillage  hospitalier  exigées  pour  un  trai¬ 
tement  véritable  de  la  tuberculose  ; 

Ou.  enfin,  assuré  dans  des  hôpitaux  ou  des  quartiers  spé¬ 
ciaux  hors  de  Paris,  toutes  les  fois  quelcs  conditions  des  deux 
cas  précédents  ne  seprésententpas,  toutes  les  fois  notamment 
<iu’ii  s’agira  d’un  séjour  possible  d’une  assez  longue  durée, 
jiour  lequel  les  influence's  atmosphériques  et  climatériques 
ont  naturellement  le  plus  d'effet.  Les  hôpitaux  ou  quartiers 
spéciaux  doivent  être  situés,  outillés,  bien  entendu,  en  vue  de 
la  véritable  cure. 

3”  Pour  que  chaque  malade  ou  chaque  groupe  de  malades 
trouve  dans  cette  organisation  hospitalière  tripartite  la  place 
<{ui  lui  convient  réellement,  il  faut  que  ces  trois  moyens  d’ac¬ 
tion  de  l’Assistance  publique  soient  reliés  les  uns  aux  autres 
par  une  pensée  et  une  direction  communes;  il  faut  que  le 
tuberculeux  puisse,  selon  les  changements  de  son  état,  être 
soit  observé  et  suivi  par  leservice  de  la  consultation  et  du  dis- 
pensaire,soit  placé  immédiatement  dans  une  salle  de  l’hôpital 
d'où  dépendra  ce  dispensairè,  soit  désigné  pour  un  transfert 
dans  l’hôpital  extra-urbain.  11  est  possible, il  est  probable  que 
plus  d’un  de  nos  malades  pourra  passer  successivement  par 
chacun  de  ces  trois  sélections. 

D’où  la  nécessité  de  donner  son  dispensaire  à  chacun  des 
hôpitaux  ou  quartiers  spéciaux  parisiens  affectés  à  la  tuber¬ 
culose,  et  d'établir  des  relations  régulières  avec  un  hôpital  ou 
un  quartier  spécial  suburbain. 

Pour  essayer  de  mettre  ce  vaste  projeté  exécution,  le  Con¬ 
seil  de  surveillance  a  décidé  les  innovations  suivantes  : 

1"  Création,  à  l’hôpital  Laënnec,  surles  terrains  en  bordure 
de  la  rue  'Vanneau,  d’un  service  de  consultation  et  d’un  dis¬ 
pensaire  hospitalier  pour  tuberculeux  ; 

2»  .\ffectation  d’un  quartier  spécial  de  l’hôpital  l..aënnec  (4 
salles  d’hommes,  4  salles  de  femmes,  représeulant  250  lits)  au 
traitement  des  tuberculeux  examinés  par  ce  dispensaire  et 
désignés  pour  l’hospitalisation  immédiate  à  Paris  ; 

3“  Aménagement  de  cette  partie  de  Laënnec  en  vue  du  trai¬ 
tement  véritable  (galeries  de  cure,  etc.;  ; 

4“  Affectation  de  500  lits  disponibles  de  Brévannes  aux  tuber¬ 
culeux  désignés  par  la  consultation  de  Laennec  pour  l'hospi¬ 
talisation  à  la  campagne. 


Une  fois  ce  premier  essai  tenté,on  créerait  à  l’hôpital  Tenon 
une  organisation  semblable  ;  à  savoir  :  un  dispensaire  aveccon--^ 
sultation,  400  lits  d’hôpital  affectés  aux  tuberculeux  et  le  sa¬ 
natorium  d'Angicourt  comme  hôpital  de  campagne. 

Enfin  grâce  à  l’emprunt  de  45  millions  on  pourrait  créer  à 
l’hôpital  St-Antoine  un  quartier  de  1.700  lits  pour  tubercu¬ 
leux,  complété, par  un  hôpital  de  campagne  projeté  à  Ivry  ou 
à  Vaucresson. 

Le  Conseil  de  surveillance  ayant  adopté  les  conclusions  de 
M.  Léon  Bourgeois,  des  propositions  détaillées,  avec  les  chif¬ 
fres  précis  des  dépenses  élevées  qui  devront  être  engagées  se¬ 
ront  soumises  au  Conseil  municipal. 


NÉCROLOGIE 


Le  médecin-inspecteur  général 
Léon  COLLIN. 

M.  le  médecin-inspecteur  général  Léon  Collin,  ancien 
professeur  d'épidémiologie  au  Val-de- Grâce  ;  ancien  prési¬ 
dent  de  l’Académie  de  médecine,  est  décédé.  Cette  mort  est 
une  perte  pour  la  Science,  dont  il  fut  un  des  maîtres  les  plus 
■'éco'Utés.  et  pour  le  Corps  du  service  de  santé  militaire  dont 
il  resta  toujours  un  chef  respecté.  Son  nom  s'ajoutera,  dans 
le  Livre  d'Or  de  la  médecine  militaire,  à  ceux  des  Percy,  Lar¬ 
rey,  Sedillot,  Michel  Levy,  Laveran,  Villemin  et  tant  d'au¬ 
tres,  dont  nous  conservons  toujours  un  souvenir  recon¬ 
naissant  pour  la  gloire  qu'ils  nous  ont  donnée.Mais  ce  savant 
était  aussi  un  homme  essentiellement  probe  et  modeste  ; 
respectueux  de  la  dignité  et  des  opinions  des  autres,  surtout 
quand  ils  étaient  ses  subordonnés,  sachant  admettre  toutes 
les  façons  de  croire  et  de  penser;assez  amoureux  de  la  justice 
et  de  la  vérité  pour  rechercher, dans  les  idées  en  contradic¬ 
tion  avec  les  siennes,  les  parcelles  de  vérité  qu’elles  pouvaient 
contenir. —  Et  voilà  peut-être,  dans  les  temps  où  nous  vivons, 
le  fleuron  le  plus  appréciable  du  patrimoine  que  notre  Maître 
lègue  à  ceux  qui  le  pleurent  1  A.  De.vmler. 


FORMULES 


XVI.  —  Contre  la  carie  des  alvéoles. 


En  applications  sur  les  gencives  : 

Teinture  de  Pyrédire . 

Laudanum  de  Sydenham . 

Chloroforme . 


Chlorhydrate  de  cocaïne. . , 
Chlorhydrate  de  morphine. 

Acide  benzoïque . 

Eugénol . 

Alcool  absolu . 


gf. 

gr. 

gr. 


0 

0 

(5 

30 


ou  : 

Chloroforme . j 

Créosote. . .  . .  •  âà  2  gr. 

Laudanum  de  Sydenhaip . ' 

Teinture  de  benjoin .  10  gr. 

(M.  Péraibe  et  G.  M.xhé,  cités  par  le  Mcdccin  prolidetü 


Commission  de  la  vaccination 

Par  arrêté  du  23  janvier  1906,  le  préfet  de  la  Seine  a  con^ 
titué  une  commission  chargée  de  fixer  les  conditions  de  l’obli' 
gation  légale  de  la  vaccination  et  de  la  revaccination. 

Cette  commission, placée  sous  la  présidence  de  .M.  Menant, 
directeur  des  affaires  municipales,  comprend. outre  les  secré¬ 
taires  chefs  de  bureau  des  mairies  de  Paris,  MM.  Galli,  Bus- 
sat  et  lleppenheimer,  conseillers  municipaux  ;  M.  Juillerah 
chef  du  bureau  de  l'assainissement  de  1  habitation,  et  M.  Fü' 
lassier,  secrétaire. 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL  141 


MÉDAILLONS JIÉDICAUX 

Les  transfuges  de  la  médecine. 

Le  D'  Abel  DEVAL 

Rue  Caumartin,  une  grande  cour  ;  au  fond  une  porle  vilrée, 
lerrière,  un  rfègre. 

-D"  Deval  s.  v.  j).  ? — Montez...  Lne  antichambre,  meu- 
iles  Louis  XIII,  un  employé,  plusieurs  personnes,  surtout  du 
ejediflérent  de  celui  de  votre  serviteur...  sans  doute  des 
Rentes  ■'  Non.  des  actrices...  üh  1  oh  I  ce  médecin...  ;  nonce 
iest  pas  cela.  Le  D’’  Deval  est  directeur  de  l'Athénée,  cette 
li.irmantc  petite  salle  dont  les  Parisiens  ont  réappris  le  che- 
iiin  depuis  que  notre  confrère  en  a  la  gestion. 

C'est  d'ailleurs  justement  parce  (pie  M.  Deval  dirige  l’A- 
hénée  que  le  Progrès  médirai  a  été  lui  rendre  visite.  Nous 
lions  cru,  en  effet,  qu’il  serait  intéressant  à  connaître  les rai- 


—  Ce  sont,  nous  dit  il,  des  raisons  de  famille  qui  m'ont 
poussé  à  faire  mes  études  médicales.  Il  y  a  de  nombreux  mé¬ 
decins  dans  mes  parents  entre  autres  mon  frère,  sénateur  du 
Tarn.  En  outre,  l’on  ne  pouvait  comprendre  chez  moi  qu’un 
homme  pùt  gagner  sa  vie  dans  une  carrière  artisthiue  et  sur¬ 
tout  théâtrale. 


L’impression  que  j’ai  retirée  des  études  médicales  ?  Oh,  une 
impression  de  grande  force  intellectuelle,  je  les  considère 
comme  une  gymnastique  des  plus  productrices  :  grâce  à  elles 
j’ai  pu  acipiérir  une  méthode  d’observation  et  de  déduction, 
qui  m’a  été  très  utile  dans  la  vie  et  au  théâtre. 

—  Que  pensez-vous  du  monde  médical  ? 

—  Quant  à  la  corporation  médicale,  j’estime  que,  quoiqu’on 
en  dise,  c’est  une  de  celles  où  l'esprit  de  solidarité  est  encore 
le  plus  vif  et  le  mieux  compris.  J’ai  toujours  conservé  une 
grande  admiration  pour  mes  anciens  maîtres.  Panas,  Pozzi,  Le- 
tulle,  Vidal,  Delbet.  Quant  à  mes  anciens  camarades.  Grillon, 


''squi  ont  pu  pousser  des  médecins  à  abandonner  la  médeci- 
Ij^Près  avoir  fait  de  sérieuses  études.  En  effet  si  l’on  consulte 
liA®“LParis.  l’on  constate  qu’il  y  a  dans  le  monde  politique, 
artistique,  militaire,  diplomatique  et  dans 
proprement  dit,  un  nombre  considérable  de  méde 
.'l’ii  n’r.rorrat  pas.  Pouniuoi  ?  G  est  ce  que  nous  sommes 
t^“®®^anderâ  M.  Deval  et  ce  que  nous  demanderons  à  d’au- 

personnalités. 

apprenez  pourquoi  nous  sommes  chez 
j^l^val,  nous,  nous  l'attendons. 

*ûe  /  claque,  M.  Deval  paraît,  et  nous  conduit  lui-mè- 
élégant  cabinet.  Meubles  confortables,  quel- 
nçQtà^  désordre,  une  bouteille  d'eau  de  source  don- 
(Jra^d  ^  bureau  directorial  une  petite  allure  médicale  .. 
platL’,.®®*?^,  d’une  élégance  sobre,  M.  Deval  ressemble 
ieufj  officier  qu’à  un  médecin  ou  à  un  acteur.  D’ail- 
Plajg-  ^  aimable,  il  nous  accueille  en  souriant  et  se  fait  un 
instant  avec  nous  de  sa  vie,  de  scs  études 


llesan(;on,  Cottru,  je  m’honore  d’être  devenu  leur  ami  ;  c'est 
d'ailleurs  toujours  avec  satisfaction  que  je  parle  de  la  mé¬ 
decine  et  je  suis  avec  intérêt  les  travaux  et  les  ouvrages  du 
jour. 

Le  Deval  n’a  jamais  exercé;  d’ailleurs  il  était  au  Conserva¬ 
toire,  classe  de  Got,  pendant  ses  études  et  avaitdéjà  faitd'im- 
portantes  créations  lors  de  la  soutenance  de  sa  thèse  dont  le 
sujet  a  été  préparé  au  laboratoire  du  D' Griffon  en  1895  ;  le  titre 
en  est  ;  L'imj)etiijo  au  point  de  vue  historique  et  bactériologique. 
Parmi  ses  succès  au  théâtre,  citons  Les  Rois,  Michel  Strogoff, 
Magda,  Gismonda,La  Tosca.  Le  Spiritisme,  Fédora,  Perr,  Gy nth, 
lil  passa  sa  thèse  de  docteur  <iuelques  jours  après  sa  création 
des  Mauvais  Bergers). 

—  Ma  véritable  vocation  était  le  théâtre,  j'étais  forcé  de  faire 
de  la  nuidecine,  j'en  ai  fait,  j’y  ai  pris  goût,  mais,  je  leréi>ète, 
mon  véritable  butélail  le  théâtre. 

Si  je  donne  la  préférence  au  théâtre,  pour  l’heure  actuelle, 
la  médecine  est  ccpendiuit  pour  moi  un  i»as.se-temps.  un  art 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


1 


d'agrément,  c'est  d’ailleurs  le  plus  grand  bien  que  j’en  puisse 
dire. 

Nous  demandons  alors  à  M.  Deval  s’il  a  eu  ou  s’il  a  quelques 
l’ois  l’occasion  d’appliquer  ses  connaissances  de  médecin. 

—  Oui,  quelquefois,  étant  aide-major  de  réserve,  je  profite 
de  cette  occasion  pour  pratiquer  un  peu,  tandis  que  mes  con¬ 
frères  considèrent  en  général  leurs  périodes  d’instruction 
comme  des  vacances  ;  également  en  voyage,  il  m’est  arrivé  d’a¬ 
voir  besoin  de  recourir  à  mes  connaissances  dans  des  cas  ur¬ 
gents. 


Non  je  ne  regrette  ni  d’avoir  fait  ma  médecine,  ni  d'avoir 
ensuite  choisi  le  théâtre.  Je  referais  la  même  chose  si  j’avais  à 
recommencer  ma  vie.  En  effet,  j’ai  tiré  des  satisfactions  des 
deux. 

—  Ne  seriez- vous  pas  tenté  d’exercer  i* 

—  Non,  car  je  sais  ce  qu’est  le  théâtre  et  j’ignore  ce  que  pour¬ 
rait  être  pour  moi  l’exercice  de  la  médecine.  Le  théâtre  m'a 
réussi  tandis  que  l'exercice  de  la  médecine  ne  me  réussirait 
peut-être  pas. 


-  Oui  je  suis  et  j’admire  les  progrès  croissants  faits  parla  mé¬ 
decine  et  je  crois  fermement  en  son  avenir.  Selon  moi  la  mé¬ 
decine  ne  fait  que  commencer  ;  mais  elle  restera  comme 
un  art  auquel  un  alphabet  de  science  est  nécessaire,  mais 
aujourd’hui,  surtout  un  art.  » 

L’idée  qu'exprime  M.  Deval  est  fort  juste,  et  d'autant  plus 
curieuse  dans  sa  bouche  qu’il  n’a  jamais  exercé.  En  effet  le 
grand  savant  n’est  pas  toujours  grand  professeur,  de  même  le 
docteur  qui  connait  à  fond  les  sciences  médicales  peut  n’ètre 
(ju’un  piètre  praticien  aussi  ignorant  de  l’art  de  soigner  que 
le  professeur  est  ignorant  de  la  pédagogie.  Ce  ne  sont  pas  les 
livres,  mais  la  vie  de  tous  les  jours,  qui  apprend  qu’à  côté  du 
traitement  scientifique  il  y  en  a  un  moral  qui  est  peut-être 
plus  efficace  que  le  premier.  On  étudie  donc  la  vie  puis  on  l’ap¬ 
plique  en  la  traduisant,  qu’est-ce  cela  sinon  la  formule  de 
l’art 


—  Non,  je  ne  crois  pas  (juc  beaucoup  de  médecins  fassent  du 
théâtre,  car  il  leur  faudrait  la  vocation  ([u’ils  peuvent  avoir, 
mais  qui  n’a  aucun  rapport  avec  leurs  études. 

Nous  n’avions  plus  qu'à  remercier  l’aimable  directeur  de 
l'Athénée  et  à  le  laisser  continuer  sa  réception  que  nous  avions 
interrompue  peut-être  trop  longtemps. 

L  n  médecin  acteur  !  comme  les  ma;urs  ont  changé  depuis 
Molière  !  Ouais!  Monsieur  Purgon,  vous  voilà  donemontésur 
les  planches  ?  Marcel  R. 


PHARMACOLOGIE 

«  L'activité  de  deux  substances  combinées  est  supérieure  à 
la  somme  de  la  puissance  de  chacune  d  elles.  >'  C'est  ce  qui 
explique  et  affirme  l’activité  de  la  Nervocithine  Tissot,  phos- 
pho  arséniée  organique  et  hématique,  véritable  reconstituant 
du  plasma  cellulaire,  terrain  primordial  et  essentiel  de  l'orga¬ 
nisme  ;  les  praticiens  l’emploient  soit  en  ampoules  pour  in¬ 
jections,  soit  en  dragées  ou  sirop  au  moment  des  repas. 


Notes  et  Thèses  de  la  Faculté  de  Médecine  de  Paris. 

Thèses  de  doctorat.  —  Mercredi,  7  mars.  —  M.  Broquiii-Lacombe: 
Contribution  à  l’élude  de  l’inlo-xicalion  aiguë  par  le  chlorure  nier- 
curique  (sublimé  corrosif)  (MM.  Gautier,  Gaucher,  Roger,  Uiebaud). 
—  M.  Kalian  :  De  ralimeutalion  par  les  décoctions  végétales  dans 
les  gastro-entérites  infantiles  (M.M.  Gaucher,  Gautier,  Roger,  Ri¬ 
chaud).  —  M.  Cliaumel  :  Recherches  sur  la  croissance  des  enfants 
des  écoles  de  Paris  et  des  crèches,  dispensaires  et  consultations 
externes  des  hôpitaux.)  (MM.  Gaucher,  Gautier,  Roger,  Richaud'. — 
M.  Touqc  :  L’appendicectomie  préventive,  méthode  de  Longuet 
(MM.  Roger,  Gautier,  Gaucher,  Richaud.)  — M.G.de  Saunais  de 
Guermarquer  :  L’appendicite  parasitaire  (MM.  Hlanchard,  Kirmis- 
son,  Segond,  Teissier).  — M.  Jsautier  :  Ostéomyélite  derextrémité 
supérieure  de  l'humérus  (MM.  Kirmisson,  Rlanehard,  Segond,  Teis¬ 
sier).  —  M.  Persan  :  Contribution  à  l’étude  des  fistules  appendicu- 
lo-vésicales  (MM.  Segond,  Rlanehard,  Kirmisson,  Teissier).  —  Af. 
Merlot  :  Contribution  à  l’élude  de  l'cxlension continue  dans  le  trai¬ 


tement  des  fractures  obliques  de  la  jambe  (MM.  Segond.  RI;  moJ 
Kirmisson,  Teissier. 

Jeudi,  8  mars.  —M.Ferre:  De  certaines  infections  second, 
d'origine  buccale  (MM.  Cornil,  Raymond,  Dupré,  Rezan(;on.),| 
Jo//y:  Crises  hépatiques  et  tabes  (MM.  Raymond,  Corni',  Dupré,: 
zançon  )  —  M.  Gaudemet  :  De  l’intervention  chirurgicale  ( 
l’ulcère  non  perforé  de  l’estomac  (MM.  Le  Dentu,  Rudiii,  DeL 
sonne,  Rrindeau.)—  M.  Gasse  ;  L’école  des  mères  (MM.  Rudin, 
Dentu,  De  Lapersonne,  Rrindeau.)  —  .V/.  Charelle  :  De  l’inflnd 
du  traumatisme  sur  la  production  et  l'évolution  des  tiiiueur, 
l’œil  et  de  ses  annexes  (MM.  De  Lapersonne,  Le  Dentu,  Hÿ 
Rrindeau. 

Examens  de  doctorat.  — Lundi,  A  mars.  —  (Salle  Richet',  ; 
Ch.  Richet,  Rroca  LViidré),  Maeaigne.  —  3*  (1"  partie,  l"  série,) 
Salle  Réclard)  :  MM.  Pinard.  Mauclaire,  Cunéo.  —  3"  (1'"  parti; 
série.  Oral,  Salle  Rroussais)  :  MM.  Terrier, .Lepage,  Rieffel. 
(1"  partie,  3”  série,  Oral,  Salle  Pasteur)  ;  MM.  Kirmisson,  Sèbil 
Potocki.  —  •3"  (1"  partie,  4"  série,  oral,  Salle  Velpeau)  :  MM. 
gond,  Wallich,  Rranca.  —  5“  (2*  partie,  1”  série,  Hôtel-Dieu)  ; 
Dejerine,  Teissier,  Legry.  —  5"  (2’  partie,  2'série,  Hôtel-Dieu)  « 
Gaucher,  Claude,  Ralthazard.  4 

Mardi,  6  mars.  —  .3-  (2“  partie. Laboratoire  des  travaux  pratqi 
d’anatomie  palbologiquek;  MM. Cornil,  Guiard,  Maillard.  — 3* 
partie,  P'  série.  Oral,  Salle  Pasteur)  :  MM.  Le  Dentu,  lionm 
Launois.  —  3*  (1"  partie,  2”  série.  Oral,  Salle  Charcot)  :  MM.  Pi 
Maygrier,  Rieffel.  —  3'  (P” partie,  3’  série.  Oral,  Salle  Rroiisssi 
MM.  Poirier,  Hartmann,  Rrindeau.  —  5'  (Chirurgie,  P'  partie,  h 
rie,  Charité)  ;  MM.  Guyon,  De  Lapersonne,  Marion.  —  5”  (Chii 
gie,  t"  partie,  2'  série,  Charité)  ;  MM.  Rerger,  Auvray,  Morei 
—  5'(2"  partie,  Charité):  MM.  .Joffroy,  Gouget,  Jeanselrao.  ; 

Mercredi,  7  mars.  —  3"  (P"  partie,  1"  série.  Oral,  Salle  l’astei 
MM.  Pinard,  Gosset,  Rranca.  —  3‘  (P'  partie,  2°  série.  Oral,  S 
Charcot)  :  M  M.  Terrier,  Sébileau,  AVallich.  —  .3’  (p“  partie,  3'! 
Oral,  Salle  Corvisarl;  :  MM.  Reclus,  Lepage,  Cunéo  —  3*  (H 
lie,  4  série,  Oral,  Salle  Richet)  :  MM.  TulTier,  Potocki,  RiefTel 

Jeudi,  S  mars.  —  P  (Oral,  Salle  Charcot)  :  MM.  Poirier.  Laol 
.\uvray.  -  3"(1”  partie,  P"  série.  Oral,  Salle  Réclard  :  M.M.Gni 
Rar,  Thiérj-.  —  3"  (P"  partie,  2'  série,  Oral.  Salle  Pasteur)  :  J 
Rerger,  Retlcrer,  Ronnaire.  —  .3”  (P"  partie,  o'  série.  Oral,  8 
Richet)  :  MM.  Pozzi,  Ma,ygrier,  Rieffel.  ' 

Vendredi, Dinars.  —  3”  (2°  partie.  Laboratoire  des  travaux  prali( 
d’anatomie  patliologique)  :  MM. Gautier,  Rlanclmrd,  Legry.  —3 
partie.  Oral,  Salle  Richet)  :  MM.  Reclus,  Lepage. Rieffel.  —  î 
partie.  Oral,  Salle  Pasteur)  :  MM.  Joffroy,  Rrissaud,  Teissici 
4"  (Salle  Corvisarl)  :  MM.  Pouchet,  Richaud,  Ralthazard.  — 5'j 
rurgie,  1"  partie,  P”  série, Necker)  ;  MM.  Terrier,  Delens,  (ioss 
5“  (Cliirurgie,  1"  partie,  2'série,  Necker)  :  MM.  Segond,  Maucl 
Proust.  — 5"  (Obstétrique,  P' partie.  Clinique  Ra;idelocque)  : 
Pinard,  NVallich,  Potocki. 

Samedi,  10  mais.  —  3'  (P*  partie.  Oral,  Salle  Charcot  :  MM 
Lapersonne,  Rar,  Thicry.  —  4‘  (Salle  Rroussais)  :  MM.  Ck 
messe,  G.  Rallet,  Vaquez.  — ô"  (2°  partie,  1"  série,  Reaiijon)  • 
Raymond,  Thiroloix,  Gouget.  —  5“  (2-  partie,  2'  série,  Reaoj 
Robin,  Jeanscime,  Rezanvon.  —  5"  (Obstétrique,  1"  partie,  Clft 
Tarnier)  :  MM.  Maygrier,  Ribemont-Dessaignes,  Rrindeau.  ' 

Cours  DE  clinique  thérapeutique.  —  M.  le  Albert  R' 
inaugurera  ce  cours  le  .jeudi  8  mars,  à  10  heures  du  matiri)  j 
continuera  les  mardis,  jeudis  et  samedis. 

Cours  de  pathologie  et  thérapeutique  générales 
SI.  le  P'’  Bouchard  commencera  ce  cours  le  jeudi  8  mars  1” 

5  heures  dans  le  Petit  Amphithéâtre  de  la  Faculté  et  lecontii 
les  samedis,  mardis  et  jeudis  suivants.  L’objet  du  cours  sera, 
année,  la  tlicrapeuliqne  des  maladies  chroniques. 

Clinique  sur  les  maladies  du  système  nerveux.  — M-J 
Dejerine  commencera  le  mardi  le  6  mars  1006  à  5  heures,  sesW 
cliniques  sur  les  affections  du  système  nerveux,  dans  la  sali* 
consultations  externes  de  l’hospice  de  la  Salpêtrière.  Le  mercr* 
Oh.  1/4,  il  procédera  à  sa  consultation,  à  l'examen  clinique  de* 
lades.  Son  cours  se  continuera  tous  les  mardis  et  vcnJ/cd^ 
heures  indiquées. 

Conférences  de  pathologie  interne.  —  M.  le  D’’  Thir^ 
agrégé,  commencera  ses  conférences  le  mercredi  7  mars,  à  5 
dans  le  petit  amphithéâtre  de  la  Faculté,  et  les  continuera  1,®® 
dredis,  lundis  et  mercredis  suivants.  Il  traitera  des  malo^^ 
voies  respira  loir  es. 

Conférences  d’histologie.  —  M.  le  I)’’  Branca.  agré^ 
mencera  ses  conférences  sur  les  tissus, Icsorgnnes  de  la 
l'appareil  uro-tjéniUütm  grand  amphithéâtre  de  la  l-’aeulté,!®^ 

3  mars,  â  5  heures,  et  les  continuera  les  mardis,  jeudis  et  saw 

Conférences  de  physiologie.  —  M.  le  Dt  Langi.ois,  ^ 

1  commencera,  Iclundia  mars,  à4  heures,  dans  le  grand  ainP*’* 


LE  PROGRES  MEDICAL 


Conférences  de  physique.  —  M.  le  D>'  Broca,  agrégé,  com- 
{ocera  scs  leçons  de  physique  médicale,  le  lundi  5  mars,  à  5  heu- 
à  l’amphithéâtre  de  physique  et  chimie  delà  faculté  elles 
•  itinuera  les  mercredis  et  lundis  suivants. 


I  Uatalité  DK  Paris.  —  Du  dimanche  1 1  février  1900  au  samedi 
■février  1906.  les  naissances  ont  été  au  nombre  de  1 .027,  se  dé- 
^posant  ainsi  :  légitimes  767,  illégitimes  260. 

^ORTALiTK  A  PARIS.  —  Population  d'après  le  recensement  de 
m  :  2.660.559  hahitaïus.  Les  décès  ont  été  au  nombre  de  970, 
tToir:475  hommes  et  495  femmes.  Les  décès  sont  dus  _aux 
fenses  suivantes  :  Fièvre  typhoïde  (typhus  abdomin.)  :  7.  — 
EVphns  exanthématique  ;  0.  —  Fièvre  intermittente  et  cachexie 
ÿttstre  ;  0.  —  'Variole  ;  0.  —  Rougeoie  ;  20  —  Scarlatine  :  2. 
^Coqueluche  :  5.  —  Diphtérie  et  Croup  ;  0.  —  Grippe  :  6. 
t-  Choléra  asiatique  ;  0.  —  Choléra  nostras  :  0.  —  Autres 
isaiâdies  épidémiques  :  2.  —  Tuberculose  des  poumons  :  201.  — 
hberculose  des  méninges  :  19.  —  Autres  tuberculoses  :  14.  — 
^cer  et  autres  tumeurs  malignes  :  04.  —  Méningite  simple  :  18. 
r  Congestion  hémorrhagique  et  ramollissement  du  cerveau  :  56. 
(^Maladies  organiques  du  cœur  :  72.  —  Bronchite  aiguë  :  13. 
pBronehite  chronique  :  26.  — Pneumonie  :  31.  —  Autres  affec- 
ponsde  l’appareil  respiratoire  :  133.  —  Affections  de  l’estomac 
Mcerexc.)  ;  4. —  Diarrhée  et  entérite  deO  à  1  an  ;  sein  :  5  ;  au- 
Se  alimentation  :  13.  — Diarrhée  et  entérite  delâ2ans:  0. —  Her- 
ps,  obstruction  imestinaie  ;  4.  —  Cirrhose  du  foie  ;  14.  —  Néphrite 
K  mai  de  Bright:  34.  —  Tumeurs  non  cancéreuses  et  autres  ma- 
Mesdes  organes  génitaux  (femmes)  ;  4.  —  Septicémie  puerpérale 
[téTre,  péritonite,  phlébite  puerpérale)  :  3.  —  Autres  accidents 
■erpéraux  de  la  grossesse  et  de  l'accoucnement  :  1.  —  Débilite 
Bngenitale  et  vices  de  conformation  :  21.  —  Débilité  sénile  :  44. 
r  Morts  violentes:  16. —  Suicides  :11.  —  Autres  maladies  :  99. 
r  Maladies  inconnues  ou  mal  définies  ;  19. 

I  Mort-nés  et  morts  avant  leur  inscription  :  67,  qui  se  décom- 
fosent  ainsi  :  légitimes  48,  illégitimes  19. 


Corps  DE  santé  coi.oniai..  — ■  Le  médecin  aide-major  de  1'* 
classe  Cavasse,  du  3“  d’infanterie  coloniale,  est  désigné  pour  ser¬ 
vir  en  Afrique  occidentale,  par  permutation  avec  le  médecin  aide- 
major  de  R  classe  Ouzilleau,  précédemment  affecté  à  la  coloniej 
et  qui  a  été  maintenu  aux  batteries  du  1»''  d’artillerie  coloniale,  à 
Rochefort. 

Muséum  DH ;sT0iRE  naturelle.  —  L’assemblée  des  professeurs 
administrateurs  du  Muséum  d’histoire  naturelle,  réunie  sous  la 
présidence  de  M.  Edmond  Perrier,  a  désigné  au  choi.x  du  minis¬ 
tre  deux  candidats  à  la  chaire  de  botanique  :  M.  Henri  Lecomte, 
professeur  au  lycée  Saint-Louis,  et  M.  Bois,  assistant  au  Mu¬ 
séum. 

Hôpitaux  d’Aix-en-Provence.  —  Un  concours  s’ouvrira  le 
vendredi  16  mars,  à  l’Hôtel-  Dieu  d’Aix,  pour  l’attribution  de  deux 
places  d’internes  en  médecine.  Les  demandes  d'inscriptions  en  vue 
de  ce  concours  doivent  être  adressées  au  secrétariat  de  l’admi¬ 
nistration,  avant  le  9  mars.  (La Proveiicemédicale). 

Société  FRANÇ.AisE  d’hygiène.  —  Dans  sa  séance  du  9  février, 
la  Société  Française  d’Hygiène  a  procédé  à  l’élection  de  son  bu¬ 
reau  qui  se  trouve  ainsi  constitué  pour  l’année  19(W  :  Président  : 
M.  Edmond  Perrier,  de  l’Institut,  directeur  de  Muséum.  Vice-Pré¬ 
sidents  :  M.  Fichet.  D''  Degoix,  D''  Foveau  de  Courmelles,  Dr 
Moreau  de  Tours,  Dr  F.  Bremont,  H.  Goudal.  Secrétaire-Géné¬ 
ral  :  M.  A.  Joltrain.  Secrétaire-Général  adjoint  :  M.  F.  Marié-Da- 
vy.  Secrétaires  ;  MM.  le  D'  Blazac,  Rouxel,  Dr  Charlier,Dr  O’  Fol- 
lowell.  Trésorier  :  M.  J.  Landau.  Bibliothécaire  :  Mme  M.  Jol¬ 
train.  Chef  du  Laboratoire  :  M.  Ferdinand  Jean.  En  outre,  la  So¬ 
ciété  a  décidé  à  l’unanimité  et  par  acclamation  d'accorder  le  titre 
ds  Président  honoraire  à  M.  Janssen,  de  l'Institut,  président  sor- 

CoNCOURS  POUR  l’année  1906.  —  Fidèle  à  ses  traditions  de  vul¬ 
garisation  scientifique,  la  Société  Française  d’Hygiène  met  au  con¬ 
cours  la  question  de  l’.Vir  :  Sa  composition.  Causes  de  viciation, 
Aération  et  Ventilation  des  Locaux  habités,  Portes  et  Fenêtres. 
La  Société  affecte  à  ce  concours  une  médaille  de  vernaeil,  offerte 
par  son  président  honoraire.  M.  Janssen,  de  l’Institut  ;  une  mé¬ 
daille  d’argent  et  une  médaille  de  bronze.  Les  mémoires  devront 
être  inédits,  écrits  en  français  et  ne  pas  dépasser  36  pages  in-8“. 
Ils  seront  remis  dans  la  forme  académique,  avant  le  l®''  décembre 
1906,  au  siège  de  la  Société  Française  d’Hygiène,  Hôtel  des  So- 


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exerce  son  action  sur  le  système  circulatoire,  en  déterminant  des  i  I  I 

de  congestion  vasculaire  et  d’excitation,  en  même  temps  que  sur  la 
j^^^ilité  de  la  fibre  musculaire  lisse  de  la  matrice.  L’Apioline  liquide,  con-  ÉCHAMTIIIOII  SRATUIT 

est  renfermée  dans  de  petites  capsules  rondes,  contenant  chacune  *  dsmutde 

4g  2  "‘‘grammes.  Administrée  2  à  3  jours  avant  l'apparition  des  règles,  à  la  dose  société  française  du  lysol 

“eflui*  “epsules  par  jour,  prises  aux  repas,  l'Apioline  rappelle  et  régularise  (^^^^^ie»ar^auHmann^Mi5^^^ 

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144 


LE  PROGRÈS  MÉDIGAI. 


oiétés  Savantes,  26  rue  Serpente.  Un  second  concours,  spéciale¬ 
ment  réservé  aux  auteurs  féminins,  et  institué  par  M.  Janssen, 
qui  y  affecte  une  médaille  de  vermeil,  portera  sur  les  Vêtements 
et  le  Linge,  leur  Entretien  hygiénique. —  Mêmes  conditions  et 
même  date  que  pour  le  concours  de  l'Air. 

Médecin  acquitté.  —  Nous  sommes  heureux  d'annoncer  que 
notre  confrère,  Bours,de  Coincy  (Aisne),  qui  avait  été  condamné  à 
des  dommages-intérêts  à  la  suite  d’un  accident  de  chlorofomisa- 
tion  dont  onne  pouvait  en  toute  équité  le  rendre  responsalile  (Voir 
Bulletin  du  Progrès  médical,  n»  du  G  janvier  19061  vient  d’être 
acquitté  en  appel.  Nos  sincères  félicitations  à  notre  Confrère. 

Reconnaissance  d’une  étudiante  américaine.  —  Nous  appre¬ 
nons  avéc  plaisir,  lisons-nous  dans  la  Gazette  méd.  de  Nantes  du 
24  févr.,  que  Mlle  Louise  Robinowitch,  docteur  en  médecine,  qui 
a  passé  plusieurs  examens  prés  de  notre  Ecole,  vient  de  [s’inscrire 
comme  membre  titulaire  perpétuel  de  la  Société  de  protection  de 
l'Ecole  de  Médecine  et  de  Pharmacie  de  Nante.s  et  a  versé  àce  ti¬ 
tre  une  somme  de  cinq  cents  francs. 

Ecoi.e  de  Médecine  de  Limoges.  —  Par  arrêté  du  ministre  de 
l’instruction  publique,  des  beaux-arts  et  des  cultes  en  date  du 
24  février  1906,  un  concours  s’ouvrira,  le  15  octobre  1906,  devant 
la  Faculté  mixte  de  médecine  et  de  pharmacie  de  l’Université  de 
Bordeaux  pour  l’emploi  de  suppléant  des  chaires  de  pathologie  et 
de  clinique  médicales  à  l’Ecole  préparatoire  de  médecine  et  de 
pharmacie  de  Limoges.  Le  registre  d’inscription  sera  clos  un  mois 
avant  l’ouverture  dudit  concours.  P.  M. 

Poste  médical  important.  —  La  Cie  de  caoutchouc  de  la 
Haute-Sangha,  Congo  français,  demande  un  jeune  médecin  vigou¬ 
reux,  de  27  à  32  ans,  pour  soigner  les  employés  de  sa  F actorerie. 
Traitement  :  8.000  francs  de  fixe.  Plus  une  gratification  annuelle 


qui  ne  sera  jamais  inférieure  à  4.000  francs,  et  qui  pourra 
ver  bien  au-dessus.  —  S’adresser  au  D’’  Helme,  10,  rue  de  Sai 
Pétersbourg,  Paris. 

Nécrologie.  —  Le  Lyon  médical  du  25  février  annonce 
mort,  à  Vienne,  du  D"'  Mi'chalon. 


Chronique  des  Hôpitaux. 

Concours  de  l’internat.— Epreuve  écrite  supplémentaire p 
3  candidats  dont  les  copies  avaient  été  égarées.  Question  donné 
«  Artère  sylvienne.  Signes  et  diagnostic  del’ hydronéphrost. 
Deux  copiés  ont  été  remi.ses,  aucun  des  candidats  n’a  réponde 
l’appel  de  son  nom  pour  la  lecture  de  sa  copie. 

Concours  de  médecin  dé  hôpitaux.  —  Dans  la  séance 
26 février, le  sujet  de  l’épreuve  écrite  a  été  :  Anatomie  'patholtf 
<me  et  hactériologie  de  ta  méningite  cérébro-spinale  cpidérrM 
Diagnostic  de  l'àsthme.  Le  jury  s’est  divisé  en  deux  sectionsd 
section  d’anatomie  pathologique  comprend  )MM.  Moutard-Mi 
tin,Tapret,  Dalché,Gomhy,  Labadie-Lagrave.La  section  de  syn 
tomatologie  comprend  MM.  Florand,  Thoinot,  Roger,  de  Bet 
mann  et  Brault. 

Concours  de  dentiste  des  hôpitaux.  —  Le  jury  compri 
MM.  Ferrier.  Richer,  Brault,  Delbet,  Lannelongue. 

Salpétrière.  —  Maladies  du  système  nerveux.  —  Le  proie 
seur  Déjerine,  médecin  de  la  Salpêtrière,commencera  ses  leçm 
cliniques  sur  les  maladies  du  système  nerveux,  à  la  SalpêtrièrcJ 
mardi  6  mars  à  5  h.  et  les  continuera  les  mardis  suivants  i 
même  heure.  Le  mercredi  matin  à  9  h.  1/4,  examen  des  maladei 
la  consultation  externe.  Le  cours  aura  lieu  dans  la  salle  del 
consultation  externe. 


PHTISIE,  BRONCHITE,  CATARRHES. —Z.’Æ’mw/xioK 
Marchais  est  la  meilleure  jiréparation  créosotée.  Elle  di¬ 


minue  la  toux,  la  fièvre  et  1  expectoration.  De  3  à  6  cuil¬ 
lerées  à  café  par  jour  dans  lait,  bouillon  ou  tisane. 

(D'  Ferrand.  —  Trait,  de  méd.) 


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tien  desdents,  des  gencives  et  des  muqueuses  de  la  bouche. 


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découvert  par  M.  Louis  OEQUiaANT.  pharmacien,  38,  rp 
de  Glignancourt,  Paris.  (Mémoires  déposés  à  l’Académie i 
Médecine,  23  mars  1897, 8  mai  1898).  L'extrait  de  ces  Mémoirj 
est  adressé  gracieusement  a  tous  les  médecins  qui  lui  ■ 
feront  la  demande.  Renseignements  gratuits  et  prix  de  favét 
pour  tous  les  membres  du  corps  médical. 


Le  Rédacteur- Gérant  :  Boornbvillx. 


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10  MARS  1906 


Le  Progrès  Médical 


Société  de  Pédiatrie  :  Observations  sur  la  rubéole,  par  Appert  et 
Aviragnet  ;  Néphrite  guérie  après  une  scarlatine,  par  Gillet  ; 
Pleurésie  enkystée  bilatérale,  empyèmé  double,  guérison,  par 
Ëschbach  ;  Sur  un  casde  laryngo-typlms,  par  Weil-Hallé  (c.  r. 
de  Ch.  Petit-Vendol.)  —  Revue  chirurgicale  :  A  propos  de 
l'amputation  intersoapulo-thoracique,  par  Morel.  —  Biblio¬ 
graphie  :  Promenade  d’un  médecin  à  travers  l’histoire,  par 
Barraud  ;  La  population  de  Vitry-le-François,  1773-1901,  par 
Langlet.  —  Thérapeutique  :  Traitement  médicamenteux  des 
bronchites  chroniques  et  de  la  tuberculose  par  l’hélénine  créo- 
sotée.  —  "Varia  :  Traitement  des  maladies  du  cuir  chevelu 
dénommées  teignes  tondantes.  —  Les  congrès  :  XV''  congrès 
international  de  médecine.  —  Faculté  de  médecine  et  de  phar¬ 
macie  DE  Bordeaux.  — Actes  et  thèses  de  la  faculté  de 
médecine  de  Paris.  — Nouvelles. 


SOMMAIRE  :  Mai  .adîes  nerveuses  :  Accidents  hystériques 
d’imitation,  pàr  Terrien.  —  Bulletin  :  Ouverture  des  cours  : 
Conférences  d’histoire  naturelle  médicale,  par  Guiart,  agrégé  ; 
Conférences  d’anatomie  topographique  élémentaire,  par  Cunéo, 
agrégé  ;Conférencesdepâthologie externe,  par  Gosset,  agrégé. — 
Sociétés  Savantes:  Académie  de  Médecine  :  Sérothérapie  dans 
la  fièvre  typhoïde,  par  Josias  ;  La*  mortalité  tuberculeuse,  par 
Robin  (c.  r.  de  A. -F.  Plicque.)  —  Société  de  chirurgie  :  Sur  la 
scopolaminc.  par'Walther  ;  Plaies  pénétrantes  de  l’abdomen,  par 
Picqué  ;  Hydronéphrose  partielle,  par  Bazy  ;  Gangrené  de  l’uté¬ 
rus  avec  perforation,  par  Lapointe  (c.  r.  de  Catz.)  —  Société 
Médicale  des  Hôpitaux  :  Pouls  lent  permanent,  importance  des 
lésions  du  co'ur  au  point  de  vue  pathogénique,  par  Brouardel  et 
Villaret  ;  Gardioptose,  par  Barié  ;  Indications  de  l’intervention 
chirurgicale  biliaire,  par  Linossier  (c.  r.  de  Friedel.)  —  Société 
de médecine  publique  et  de  génie  sanitaire  (c.r,  de  A.  PujoL)  — 


M.VLADIES  NERVEUSES 

Accidents  hystériques  d’imitation 

Par  le  D'  TERRIEN. 

Médecin  directeur  de  la  maison  de  santé  de  Doiilon-lés-Naiiles. 

Si  ,  l’on  veut  prendre  la  peine  d’étudier  avec  soin  la 
genèse  des  gros  accidents  de  l’hystérie,  tels  que  paraly¬ 
sies,  contractures,  tremblement,  aphonie,  cécité,  etc.) 
on  sera  surpris  de  constater  combien  ils  sont  souvent  le 
produit  de  l  imitation.  Un  hystérique  voit  à  côté  de  lui, 
dans  son  village,  un  médullaire  qui  traîne  la  jambe,  se 
raidit  en  marchant,  un  parkinsonnien  dont  les  mem¬ 
bres  sont  agités  d’un  tremblement  caractéristique,  un 
tuberculeux  à  qui  le  larynx  touché  refuse  presque  la 
voix,  un  coxalgique  que  la  douleur  fait  boiter,  etc.,  cet 
hystérique,  si  peu  qu’il  soit  impressionnable  —  et  ils  le 
sont  tous  —  pourra  fort  bien,  suivant  le  cas  dont  il  est 
1  attentif  témoin,  se  créer  une  paralysie  oii  une  contrac¬ 
ture,  un  tremblement  rythmé,  ou  une  pseudocoxalgie, 
etc.  La  peur  du  malade  suffit  souvent  pour  créer  le  mal, 
mal  psychique,  bien  entendu,  chez  tous  ces  prédispo¬ 
sés.  L’hystérique  copie  fidèlement  les  manifestations 
du  voisin,  si  fidèlement  que  le  médecin  parfois  est  sus¬ 
ceptible  de  s’égarer  sur  la  véritable  nature  de  ces  ma¬ 
nifestations.  Et  cet  hystérique  copie  tout.  Ne  copie-t-il 
pas,  maintenant  que  l’appendicite  est  entrée  dans  le 
domaine  des  maladies  bien  connues  du  vulgaire,  même 
du  paysan  le  plus  arriéré,  ne  copie-t-il  pas  l’appen¬ 
dicite  avec  tous  les  phénomènes  bruyants  qui  la  carac¬ 
térisent  et  qu’il  n'ignore  pas, pour  les  avoir  lus  ou  pour 
lesavoir  vus  chez  un  voisin  '?  il  fait  de  lapseudo  appen¬ 
dicite  hystérique,  j’en  signalerai  un  beau  cas.  Et  ces 
pseudo-méningites,  qui  n'en  a  rencontré  ?  Et  ces 
mux  diabètes  ?  Et  ces  vomissements  incoercibles  de  la 
grossesse  d'origine  hystérique  ?  Et  ces  pseudo-ataxies? 
Uherchez  bien,  fouillez  soigneusement  la  genèse  de  tou- 
jes  les  manifestations  dont  je  viens  de  parler,  vous 
trouverez  assez  fréquemment  qu’à  côté,  dans  le  voi- 
smage  ou  dans  la  famille  du  malade,  un  enfant  est 
^orl  de  méningite,  un  parent  avait  le  diabète  sucré,  une 
'’msine  était  enceinte  et  vomissait,  un  ami  avait  de  l’in- 
'^oordination  des  mouvements  et  marchait  péniblement, 
l’appui  de  cette  thèse,  certes  pas  nouvelle,  mais 


que  j’ai  tenu  à  bien  mettre  en  lumière,  j  ’apporterai  une 
liste  de  cas,  la  plupart  très  probants  ;  cette  liste  serait 
longue,  si  je  devais  citer  tous  les  faits  dont  j’ai  été  le 
témoin.  Je  chercherai,  parmi  ceux-là,  les  plus  remar¬ 
quables,  dont  quelques-uns  d’ailleurs  ont  été  consignés 
dans  plusieurs  de  mes  mémoires. 

J’ai, en  effet,  publié,  il  y  a  quelques  années,  l’histoire 
si  curieuse  de  cet  astasique  abasique  de  la  Vendée.  Ce 
paysan  du  Bocage,  à  3.")  ans,  s’est  vu  un  jour  dans  l’im¬ 
possibilité  de  marcher,  de  se  tenir  debout,  tout  en 
conservant  une  force  dynamométrique  normale.  Déplus, 
complication  rare  chez  les  astasiques,  il  se  trouvait 
enrnème  temps  paralysé  des  deux  mains.  Après  Tan¬ 
nées  de  cette  vie  de  misères,  où  le  malade,  plutôt  que 
de  rester  toute  la  journée  étendu  dans  un  lit,  avait  choisi 
le  seul  mode  de  locomotion  dont  il  pouvait  disposer,  la 
marche  en  rampant  sur  les  genoux  et  les  avant-bras, 
les  coudes, après  ces  4  années  cet  homme  qui  avait  couru 
tous  les  médecins  de  la  région,  épuisé  sans  succès 
les  médications  les  plus  variées, était  apporté  dans  mon 
cabinet  et  en  sortait  quelques  minutes  après  debout 
sur  sesjambes,  à  sa  grande  stupéfaction.  On  l’avait 
considéré,  et  il  se  considérait  comme  incurablej  et  il 
était  radicalement  guéri.  On  l’avait  descendu  très  péni¬ 
blement  de  sa  charrette,  il  y  remontait  seul,  sans  le  se¬ 
cours  de  personne,  au  grand  étonnement  du  voiturier, 
qui  tremblait  d’émotion  et  de  sa  femme, qui  versait  d’a¬ 
bondantes  larmes.  Le  lendemain  il  travaillait  à  la  terre. 
Voilà  huit  ans  que  le  fait  s’est  passé,  la  santé  s’estmain- 
tenue  toujiours  excellente. 

Or  comment  ce  paysan  avait-il  fait  son  astasie-aba- 
sie?  C’était,  bien  entendu,  un  prédisposé,  un  névropa¬ 
the.  Dans  la  ferme  attenante  à  la  sienne,  vivait  une 
infirme  de  63  ans,  qui  depuis  quelques  années  ne 
pouvait  quitter  son  fauteuil  pour  une  paralysie  des 
deux  jambes.  C'était  une  paralysie  spasmodique, or¬ 
ganique  celle-là,  car  j'ai  eu  occasion  de  voir  cette  ma- 
ladeàma  consultation,  puisqu’après  la  guérison  su¬ 
bite  de  notre  astasique*abasique,  arrivaient  enfouie 
dans  mon  cabinet  tous  les  estropiés  incurables  de 
la  région,  véritable  cour  des  miracles.  C’eût  été  gro¬ 
tesque,  si  ça  n’avait  été  profondément  triste.  C’est  à 
cette  vieille  paraplégique  que  j’attribue  l’affection  de 
mon  Vendéen".  Je  le  laisse  parler.  «  lîn  jour,  raconte-t-il, 
«  j’éprouvai  de  la  faiblesse  dans  les  deux  jambes 


146 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


«  Est-ce  fatigue  ?  Est-ce  autre  chose  ?  Je  n’en  savais 
«  rien.  Mais  l’idée  me  vint  aussitôt  que  je  pouvais  être 
«  frappé  de  la  môme  maladie  que  ma  voisine,  l'idée 
(<  prit  corps  dans  mon  cerveau, j’y  pensai  constamment, 

«  j’eus  peur  ;  plus  j’étudiais  mes  jambes,  plus  il  me 
«  semblait  que  la  faiblesse  augmentait.  Je  n’endormais 
«  plus  la  nuit.  Au  bout  de  15  jours  ou  3  semaines,  j’étais 
(i  si  épuisé  que  je  ne  pouvais  plus  me  tenir  debout. 

«  Bientôt  il  me  fut  impossible  de  me  relever.  C’est  alors 
(.  que  j’ai  commencé  à  marcher  sur  les  genoux  et  les 
«  mains,  rampant  ainsi  jusque  dans  la  cour,  dans  les 
«  écuries,  surveillant  mes  domestiques  et  les  travaux 
<(  de  la  ferme.  J’étais  inôme  plus  malheureux  que  ma 
«  voisine,  puisque  mes  mains  devenues  paralysées  me 
«  refusèrent  bientôt  tout  service.  Il  fallait  me  porter  les 
«  aliments  à  la  bouche  ». 

Ce  cas  est-il  assez  net  au  point  de  vue  de  l’étiologie  ? 
On  se  représente  assez  bien  notre  hystérique  observant 
sa  voisine,  se  lamentant  sur  son  sort,  plein  d’effroi  à 
la  pensée  qu’une  aussi  terrible  maladie  pouvait  le  frapper. 
Puis  un  jour  qu’il  éprouve,  suite  de  fatigue,  de  la  fai¬ 
blesse  dans  lesjambes,  notre  homme  l’esprit  préoccupé, 
obsédé  par  la  paralysie  de  la  vieille  femme,  a  vite  fait 
de  s’imaginer  que  cette  faiblesse  était  le  prélude,  le  dé¬ 
but  d’une  affection  grave, le  commencement  d’une  para¬ 
lysie  similaire.  Il  s’autosuggestionne,  il  copie  la  mala¬ 
die  de  la  voisine,  il  la  copie  mal  évidemment,  il  ne 
prend  pour  lui  que  ce  qui  est  tangible,  que  les  manifes¬ 
tations  quiont  frappé  sa  vue  :  l’impuissance  à  la  marche, 
à  la  station  debout.  Et  notre  homme  ne  peut  plus  se  te¬ 
nir  snr  ses  jambes.  L’astasie-abasie  était  créée.  Nous 
avons  dit  plus  haut  comment  la  suggestion  avait  défait 
rapidement,  en  5  minutes,  ce  qu’avaient  fait  l  imitation 
et  l’auto-suggestion. 

J’ai  également  raconté  dans  mon  mémoire  sur  l’hysté¬ 
rie  en  Vendée  [Archives  de  Neurologie) 
de  pseudo-coxalgie  survenue  dans  le  petit  bourg  de  Saint- 
Fulgent,  qui  est  bien  le  centre  de  ce  remarquable  foyer 
d’hystérie  que  j’ai  signalé  en  plein  Bocage  Vendéen, 
J’avais  placé  dans  un  appareil  unejeune  ttllede  19  ans 
pour  coxalgie  à  gauche.  Quelquesjours  après, je  voyais 
arriver  dans  mon  cabinet  une  jeune  fille  du  même  vil¬ 
lage  se  traînant  péniblement,  boitant,  souffrant  de  la 
hanche.  «  Elle  a  bien  peur,  dit-elle,  d’être  atteinte  de 
»  la  môme,  maladie  que  sa  camarade  etd’être  fixée  à  son 
<■  tour  dans  un  appareil.  »  Cen’est  pas  tout. 

Une  deuxième,  puis  une  troisième,  six  jeunes  filles  du 
même  village  ou  des  villages  voisins,  connaissant  tou¬ 
tes  ma  première  malade  se  présentèrent  dans  l’espace 
d’un  mois,  toujours  pour  les  mômes  raisons,  douleurs 
à  la  hanche,’ claudication,  peur  d’être  placées  dans  une 
gouttière.  Tant  de  coxalgies  survenant  à  la  fois  chez 
des  jeunes  filles  qui  redoutent  l’affection  de  leur  cama¬ 
rade  avec  ses  conséquences  ne  pouvaient  être  que  de 
fausses  coxalgies  hystériques. C’était  exact, la  psychothé¬ 
rapie  venant  défaire  en  peu  de  jours  ce  que  l’imitation 
avait  créé.  Pas  plus  que  dans  le  premier  cas,  et  moins 
encore  que  dans  le  premier  cas,  si  possible,  il  existe  de 
doute  surlagenèse  de  ces  phénomènes  :  douleurs, clau¬ 
dication,  simulant  le  début  d’une  coxalgie  vraie. Ce  sont 
bien  des  accidents  hystériques  d’imitation.  Ces  jeunes 
filles  ont  copié  assez  fidèlement  les  manifestations  les 
plus  apparentes  de  la  coxalgie  de  leur  petite  amie. 

Voici  un  troisième  exemple  non  moins  typique  — 
je  l’avais  relaté  au  Congrès  de  Toulouse. 

Un  enfant  à  la  suite  d’une  diphtérie  grave  a  présenté 
de  la  paralysie  des  deux  jambes.  Chaque  jour  je  me 


reudais  à  la  ferme  pour  l’électriser.  Je  profitais  égale¬ 
ment  de  ces  visites  quotidiennes  pour  examiner  avec  | 
soin  la  gorge  de  tous  les  autres  enfants  de  la  maison. 
Or  un  malin,  je  ne  suis  pas  peu  surpris  de  constater 
qu'un  des  petits  frères,  âgé  de  11  ans,  marchait  pénible¬ 
ment  traînant  la  jambe.  Il  est  paralysé,  lui  aussi,  me 
dit  la  mère.  Or  cet  enfant,  je  le  certifie,  n’a  jamais  eu 
de  fièvre,  jamais  eu  de  rougeur  à  la  gorge,  n’a  jamais 
rien  eu  en  en  mot  qui  pût  révéler  la  diphtérie.  Il  n’en 
a  pas  moins  fait  de  la  paralysie.  C'était  évidemment  de 
la  paralysie  dipbtérilique.  Il  avait  imité,  copié  la  para¬ 
lysie  de  son  frère.  Je  n’insisterai  pas  davantage  sur 
Téliologie  de  l’accident,  elle  est  d'une  clarté  trop  ma¬ 
nifeste.  La  psychothérapie  a  eu  rapidement  raison  de 
cette  «  pseudo-paralysie  toxique  ». 

Autre  observation  intéressante,  quoique  cependant 
moins  précise  au  sujet  de  l’étiologie  de  l’affection.  Il  s’a¬ 
git,  dans  l’espèce,  d’une  polyurie  très  abondante,  dia¬ 
bète  hydrurique  hystérique  chez  une  jeune  fille,  le 
pèreayant  depuis  longtemps  un  diabète  sucré. Elle  uri¬ 
nait  10  à  12  litres  d’une  urine  claire,  limpide,  sans 
traces  d’éléments  anormaux  et  buvait  10  à  15  litres 
d’eau.  N  est-on  pas  autorisé  à  penser  que  cette  jeune 
malade,  hystérique  à  crises,  entendant  constamment 
parler  près  d’elle  du  diabète  et  de  ses  manifestations, 
les  a  copiées  ?  Son  esprit  d’imitation  n’a  pu  lui  faire 
expulser  du  sucre  mais  lui  a  donné  la  soif,  et  l’urine 
exagérées,  a  créé  le  diabète  hydrurique  hystérique.  Et 
cette  autremalade  pensionnaire  dans  mon  établissement, 
quia  faitun  superneCheyne-Stokes, après  avoir  entendu 
racontera  table  l’iiistoire  si  curieuse  d’un  malade  delà 
Vendée,  un  parkinsonnien  cardiaque  avec  angine  de 
poitrine,  qui  pendant  6  mois  a  présenté  la  respiration- 
de.  Cheyne-Stokes,  avec  des  pauses  de  45  à  50  secondes 
alternant  avec  des  phases  dyspnéiques  de  même  durée. 

J  'ai  publié  dans  le  Progrès  médical  ce  cas  si  curieux  par 
la  durée  du  Cheyne-Stokes.  Quand  le  hasard  de  la  con¬ 
versation  m’a  amené  un  soir  à  reproduire  l’histoire  de 
ce  malade,  eu  essayant  d’imiter,  pour  mieux  me  faire 
comprendre,  le  mode  de  respiration,  je  ne  m’attendais 
certes  pas  aux  conséquences  que  ce  récit  pourrait  avoir. 
La  jeune  fille  èn  question  était  une  hystérique  à  crises 
et  à  crises  d’une  intensité  telle,  que  je  n’ai  pu  la  main¬ 
tenir  dans  mon  établissement  à  cause  du  voisinage  des 
autres  pensionnaires.  Et  puis  elle  offrait  ceci  de  parti¬ 
culier  et  de  gênant,  que,  aussitôt  la  perle  de  connais- 
sance  et  la  chute  à  terre,  elle  arrachait  avec  une  brus¬ 
querie,  une  rapidité  qui  surprenait  parfois  sa  gardienne, 
les  épingles  posées  dans  ses  cheveux  ou  dissimulées  dans 
son  corsage  et  les  avalait. 

Le  lendemain  du  jour,  où  avait  été  tenue  cette  con¬ 
versation  dont  j’ai  parlé,  notre  jeune  fille,  tombée  dans 
une  crise  de  sommeil  hystérique,  nous  montra  un  sü- 
perbe  Cheyne-Stokes.  C’était  la  première  fois  que  je 
constatais  ce  mode  de  respiration  dans  l’hystérie.  Le  fait 
doit  donc  être  très  rare.  Les  pauses  respiratoires  étaient 
parfois  extrêmement  longues,  j’en  ai  noté  plusieurs  de 
75  et  80  secondes,  la  moyenne  des  pauses  était  de  45à 
50  secondeset  les  phases  dyspnéiques  de  40à50  secon¬ 
des.  Ce  mode  respiratoire  s  est  prolongé  pendant  2.  heu¬ 
res  le  1®'' jour,  l  heure  le  second,  4  heures  1/2  le  3”  jour. 
11  n’a  pas  reparu  en.sui te. 

A  quoi  attribuer  ce  phénomène  chez  notre  jeune  ma¬ 
lade  ?  Ce  serait  vraiment  une  bien  étrange  coincidenee, 
si  bn  ne  devait  attribuer  qu’au  hasard  ce  mode  de  res¬ 
piration  survenant  précisément  15  heures  après  cette 
conversation  où  je  rappelais  et  décrivais  ce  phénomène. 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


147 


J’estime  qu'on  est  en  droit  d’y  voir  plutôt  une  relation  1 
de  cause  à  effet.  La  jeunefilie  a  imité,  a  copié  le  Cheyne-  ] 
stokes  que  j'avais  essayé  de  reproduire  devant  elle.  Ce 
serait  donc  encore  là  un  accident  hystérique  d’imita¬ 
tion. 

Encore  un  cas  qu’il  importe  de  noter.  U  s’agit  ici 
de  vomissements  incoercibles  delà  grossesse  d’origine 
hystérique.  Je  dis  :  «  d’origine  hystérique  »  mal- 
o-ré  l’affirmation  du  professeur  Pinard  qui  veut  que 
tous  les  vomissements  incoercibles  de  la  grossesse 
soient  dus  à  des  toxines,  à  une  auto-intoxication .  Nous 
verrons  par  cette  observation  que  cette  opinion  est  trop 
e.xclusive.  On  doit  admettre,  selon  moi,  que  l’auto  in¬ 
toxication  est  la  cause  ordinaire,  mais  non  la  cause  né¬ 
cessaire  de  ce  vomissement,  que  l’hystérie  est  capa¬ 
ble  à  elle  seule  de  les  fairê  naître,  et  que,  si  l’on  n’in- 
Icrvient  pas  énergiquement  dans  certaines  circons¬ 
tances,  la  malade  peut  fort  bien  en  mourir.  Voici  com¬ 
ment  le  petit  drame,  où  le  tragique  se  mêlait  au  co¬ 
mique,  s’est  déroulé  chez  noire  jeune  femme.  Un  mot 
d’abord  pour  éclairer  la  genèse  de  ces  vomissements. 
Dans  la  petite  ville  des  Essarts,  une  dame,  une  amie 
de  notre  malade,  enceinte  de  3  mois,  avaitdepuis  4  se¬ 
maines  des  vomissements  que  toutes  les  médications 
étaient  impuissantes  à  arrcMer.  L’état  de  cachexie  était 
très  prononcé.  En  présence  du  danger  qui  semblait 
imminent,  je  conseillai  l’avortement  qui  fut  refusé. 
La  malade  mourut.  Son  amie  fut  prise  à  son  tour, 
mais  après  elle,  des  mêmes  vomissements  incoer¬ 
cibles.  Et  la  situation  chaque  jour  s’aggravait.  Le 
pouls  était  petit,  filiforme  presque  incomptable;  pas 
de  fièvre  cependant,  le  visage  était  émacié,  d’une  p⬠
leur  cadavérique.  Je  redoutais  comme  chez  sa  camarade 
uneissue  fatale.  Avec  deux  demes  confrères,  les  D"  Blé 
et  Guibert  de  la  Roche-sur- A'on  nous  décidions  l'avor¬ 
tement.  Le  danger  pressant,  nous  ei'imes  recours  aux 
seuls  moyens  dont  nous  disposions  :  la  sonde  à  demeure. 
Au  bout  do  3  jours  pas  do  changement,  ni  coliques, 
ni  écoulements  sanguins.  Et  la  malade  s’affaiblissait 
toujours,  allait  mourir  d’inanition. Songeant  que  cette 
femme  était  extrêmement  nerveuse,  peut  être  hys¬ 
térique,  j'ai  eu  l’heureuse  idée  d’essayer  la  psychothé¬ 
rapie,  bien  que  je  fusse  convaincu  de  l’inutilité  de  cet- 
tç  tentative.  Et  voici  comment  je  l’appliquai.  Après 
avoir  retiré  la  sonde,  nous  déclarons  très  sérieusement 
à  la  malade  que  l’avortement  était  fait,  nous  lui  mon¬ 
trons  tout  triomphants  les  mucosités  épaisses  fixées 
aux  parois  de  la  sonde,  comme  étant  de  minces  débris 
de  l’embryon.  Ehbièn  1  le  résultat  fut  parfait.  La  jeune 
femme  sachant  bien,  que  la  grossesse  était  la  cause  de 
ses  vomissements,  que  n'étant  plus  enceinte,  elle  n’a- 
'ait  plus  le  droit  de  vomir,  a  vu  cesser  aussitôt  scs  vo- 
niissements.  Elle  qui  depuis  un  mois  ne  pouvait  garder 
une  seule  cuillerée  d’eau,  a  pris  d’un  bon  appétit,  et 
gardé  un  quart  d'heure  après  cette  peu  banale  séance 
Un  grand  bol  de  lait,  puis  un  second.  Le  lendemain  et 
jours  suivants  elle  continua  de  s’alimenter  d’une  fa¬ 
çon  parfaite.  Plus  jamais  un  seul  vomissement  Elle  était 
guérie.  10  jours  après  elle  se  levait  et  0  mois  après  elle 
Recouchait  d’un  bel  enfant  bien  constitué.  Je  me  suis 
RRardéun  peu  dans  les  détails  de  celle  observation. 

e  cas  était  trop  curieux,  pour  qu’on  ne  s'y  arrêtât  pas  ; 
furieux  à  cause  de  la  nature  des  vomissements  et  sur¬ 
dut  à  cause  du  procédé  singulier  de  guérison.  Ainsi 
vomissements  étaient  manifestement  d’origine  hys- 
j^’vtque,  puisque  la  psychothérapie  a  pu  les  supprimer. 

Ruto- intoxication  n'était  donc  pas  en  cause.  —  Et 


ces  vomissements  se  produisirent, nous  l’avons  vu,  au 
moment  même  où  la  malade  allait  rendre  de  quoti¬ 
diennes  visites  à  son  amie.  Serait-il  osé  de  prétendre 
que  les  vomissements  de  cette  amie  ont  joué  un  rôle 
important  dans  l’éclosion  des  manifestations  hysté¬ 
riques  de  Mme  X...  '?  Je  ne  le  pense  pas.  Son  amie 
intoxiquée  vomissait  et  est  morte  de  ses  vomissements. 
Notre  malade  a  imité  ces  vomissements,  elle  a  vomi, 
comme  sa  camarade,  non  par  intoxication,  mais  à  cause 
de  son  hystérie.  Vomissements  incoercibles  hystériques 
d’imitation. 

J’auraisbien  d’autres  faits  à  signaler,  ainsi  un  trem¬ 
blement  rythmé,  une  chorée  hystérique  chez  un  en¬ 
fant  del2ans  habitant  le  même  village  qu’un  parkin- 
sonnien,  la  môme  ferme,  tremblement  qu’il  fut  aisé  de 
faire  cesser,  un  simple  commandement  très  impératif, 
avec  application  forte  des  mains  sur  ses  briis  mainte¬ 
nus  en  extension  pondant  quelques  minutes,  suffit  pour 
arrêter  les  mouvements  choréiformes  et  les  empêcher 
de  se  reproduire. 

On  remarquera  avec  étonnement —  moi-même  ai 
éprouvé  le  premier  celte  surprise — on  remarquera,  dis- 
je,  la  facilité  vraiment  extraordinaire  avec  laquelle  je 
suis  arrivé  à  supprimer  les  accidents  hystériques  chez 
mes  malades.  Laplupartde  ces  névrosés  dont  je  raconte 
ici  l’histoire  pathologique  sont  des  paysans  du  Bo¬ 
cage.  Et  j’ai  dit  dans  divers  mémoires  :  »  Hystérie  en 
\cndéc»{A7'chioes  de  Neurologie)(f  Hystérie  infantile  en 
Vendée  «(congrès  des  aliénistes, Toulouse,!  8971, combien 
la  Vendée,  surtoutle  Bocage,et,  dans  le  Bocage,  un  foyer 
très  étendu,  mais  nettement  limité,  nettement  circons¬ 
crit, combien  ce  pays  était  peuplé  de  nerveux,  hystéri¬ 
ques  et  neurasthéniques,  hystériques  surtout;  j’ai  dit 
combien  tous  ces  dégénérés  hystériques  étaient  faciles  à 
la  suggestion  avec  ou  sans  hypnose.  Aussi  la  psychothé¬ 
rapie  fut-elle  pour  moi  une  ressource  précieuse  pour  la 
cure  de  tous  ces  névropathes.  Nulle  part  je  n’ai  trouvé 
une  pareille  suggestibilité.  Et  nulle  part  je  u'aitrouvé 
des  succès  thérapeutiques  aussi  faciles.  I)ans  le  pays 
u’actuellement  j’habite  et  qui  est  pourtant  limitrophe 
e  la  Vendée,  dans  mon  sanatorium  où  je  reçois  des  hys¬ 
tériques  un  peu  de  tous  les  départements  de  l’Ouest, 
mes  malades  sont  plus  réfractaires  au  traitement  psy¬ 
chique,  quoique  se  trouvant  dans  des  conditions  beau¬ 
coup  plus  favorables,  puisque  isolés  de  leurs  familles, 
et  du  milieuquia  vu  éclore  leur  affection.  Le  Bocage 
vendéen  offre  donc  certainement  quelque  chose  de  par¬ 
ticulier  au  point  de  vue  des  psychopathies  tant  à  cause 
de  leur  n-ombre  (on  trouve  des  villages  entiers  d’hys- 
téri(iues)  qu’à  cause  de  la  soudaineté,  de  la  brusquerie 
avec  laquelle  un  médecin  peut  supprimer  les  plus  gros 
accidents  de  l’hystérie.  C’est  un  pays  où  les  mira¬ 
cles  scientifiques  sont  aisés.  Mais  je  m’aperçois  queje 
m’éloigne  un  peu  de  mon  sujet.  On  me  pardonnera  ce- 
pendantcetle  digression,  parce  qu'elle  a  son  intérêt. 

Je  reviens  à  mes  accidents  hystériques  d’imitation 
pour  conclure.  Auparavant,  je  voudrais  dire  un  mot 
d’un  accident  hystérique,  assez  fréquent  aujourd’hui, 
peut-être  parce  qu’assez  nouveau,  du  moins  pour  le 
gros  public,  ctdela  lésion  organique  à  laquelle  cet  acci¬ 
dent  hystérique  correspond.  Je  veux  parler  des  pseudo¬ 
appendicites,  des  appendicites  hystériques.  Celle  affec¬ 
tion,  l'appendicite  vraie,  le  monde  extra  médical  la 
connaît  maintenant,  presque  tout  le  mondeen  connaît 
les  principales  manifestations,  fièvre,  douleurs  violen¬ 
tes  dans  un  côté  du  ventre,  ballonnement,  vomisse¬ 
ments,  constipation  opiniâtre,  et  même  le  paysan  le 


148 


LE  PROGRÈS  MEDICAL 


plus  arriéré  a  entendu  parler  do  l’appendicite,  de  ses 
symptômes,  de  sa  gravité.  Eh  bien  !  il  y  a  beaucoup 
d’appendicites  aujourd'hui  ;  j’estime  qu’il  y  en  a  trop, 
pour  qu’elles  soient  toutes  réelles  ;  dans  ce  nombre,  il 
y  en  a  de  fausses.  Si  j’avance  cette  proposition,  c’est 
qu’il  m’a  été  donné  de  constater  de  ces  pseudo-appen¬ 
dicites.  imitant  si  bien  l’appendicite  vraie,  qu’il  fallait 
y  regarder  de  bien  près  pour  ne  pas  s’y  tromper.  Il  m’est 
même  arrivé  et  je  n’ai  aucune  fausse  honte  à  l’avouer 
d’avoir  commis  à  ce  sujet  une  grossière  erreur  sur  une 
de  mes  malades. 

Un  très  grand  chirurgien  de  mes  amis  s’est,  comme 
moi,  laissé  égarer.  Notre  malade  a  été  opérée,  on  a  ré¬ 
séqué  son  appendice.  Qu’a-t-on  trouvé  ?  rien.  L’appen¬ 
dice  était  très  sain  et  sous  le  champ  du  microscope 
no  présentait  aucune  altération.  Mais  je  plaide  pour 
nous  deux  les  circonstances  atténuantes.  Notre  erreur 
était  excusable.  La  malade  avait  une  douleur  violente 
dans  la  fosse  iliaque  gauche,  du  ballonnement,  des  vo¬ 
missements  incoercibles,  une  constipation  que  rien  ne 
pouvait  combattre  et,  avec  tout  ce  cortège  de  symptô¬ 
mes,  une  fièvre  variant  entre  39  et  40.  En  fallait-il  da¬ 
vantage  pouf  justifier  notre  diagnostic  ?  Eh  bien,  c’é¬ 
tait  pourtant  de  l'appendicite  hystérique.  J’ai  pu  d’ail¬ 
leurs  constater  après,  que  ma  malade  avait  des  stigmates 
d'hystérie,  un  rétrécissement  concentrique  très  mar¬ 
qué  du  champ  visuel,  de  l’anesthésie  de  l’arrière-gorge 
de  l’anesthésie  des  fosses  nasales,  elle  avait  eu  égale¬ 
ment  dans  sa  jeunesse  des  crises  convulsives. 

'  J’ai  rencontré  d’autres  cas  de  pseudo-appendicites 
mais  j’ai  insisté  sur  celui-ci,  à  cause  des  conséquences 
qu’a  entraînées  mon  erreur  de  diagnosticetaussi  à  cau¬ 
se  d’une  particularité  que  je  vais  signaler  et  qui,  pour  le 
sujet  qui  nous  occupe,  aune  certaine  importance.  Dans 
ce  même  bourg  de  St-A  ...  on  avait  opéré  2  mois  aupa¬ 
ravant  un  malade  d’une  appendicite.  L'opération  avait 
fait  beaucoup  de  bruit  dans  le  pays.  Or  je  me  rappelle 
que  le  jour  où  je  fus  appelé  près  de  ma  malade  elle  me 
fit  part  de  sa  crainte  au  sujet  de  son  affection  qui  pre¬ 
nait,  disait-elle,  les  mêmes  allures  que  celle  du  voisin. 
Est-ce  à  dire  que  c’est  la  maladie  du  voisin,  tout  le  bruit 
fait  par  l’opération  qui  fut  la  cause  déterminante  de  l’ac¬ 
cident  hystérique.  On  ne  peut  évidemment  le  certifier. 
Mais  la  probabilité  peut  être  admise. 

Quoi  qu'il  en  soit,  j’en  ai  dit  assez  pour  montrer  que 
tes  accidents  hystériques  sont  souvent  des  accidents 
d’imitation. 

L'hystérie,,  a-t-on  dit  avec  justesse,  est  essentielle¬ 
ment  protéiforme,  elle  peut  imiter,  elle  peut  copier, 
presque  toutes  les  maladies.  Et  si  l’on  cherche  bien 
dans  les  antécédents  de  la  famille,  dans  les  antécédents 
des  voisins,  on  trouvera  fréquemment  le  lésion  dont 
l’hystérique  a  su  prendre  pour  elle,  a  su  copier  les 
manifestations  extérieures,  les  manilestations  les  plus 
apparentes. Une  hystérlqueàcrises, personne  ne  l'ignore, 
peut  provoquer  des  crises  dans  l’entourage  chez  les 
prédisposés,  aussi  est-il  bon  de  l'isoler.  Mais  ces  prédis¬ 
posés  sont  également  susceptibles  de  copier  d’imiter 
autrechose  que  les  accidents  vulgaires  de  l'hystérie,  ils 
peuvent  imiter,  jusqu’à  égarer  parfois  le  médecin,  les 
alfections  non  psychiques,  les  afl’ections  organiques. 
Fouillons  la  genèse  des  accidents  de  l'hystérie,  on  trou- 
veraassez  fréquemment,  c’est  là  ce  que  j’ai  essayé  dlé- 
tablir,  que  ce  sont  des  accidents  d’imitation. 

Et  la  conclusion  pratique  est  qu’il  faudrait  autant  que 
possible  éviter  de  parler  maladies,  de  décrire,  une  mala¬ 
die  en  face  d’hystériques.  On  l'a  bien  vu  pour  cette 


jeune  fille,  chez  qui  mon  récit  avait  suffi  à  créer  le 
Gheyne-Stokes.  El  je  ne  serais  pas  surpris,  s’il  existe 
une  hystérique  dans  une  salle  d’hôpital,  qu’elle  rappor¬ 
tât  chez  elle  en  rentrant,  avec  le  souvenir  de  ce  qu’elle 
a  vu,  les  éléments  suffisants  pour  créer  la  pseudo-affec¬ 
tion  d’une  voisine  délit. 


NARCYL  GRÉMY  médicament  spécifi¬ 
que  de  la  toux,  spécialement  de  la  toux  des  tu¬ 
berculeux. 


BULLETIN  DU  PROGRÈS  MÉDICAL 

Ouverture  des  Cours. 

Conférences  d’histoire  naturelle  médicale  ; 

IVl.  le  D'  Jules  GUIART,  agrégé. 

Considérations  générales  sur  le  parasitisme. 

C’est  devant  un  amphithéâtre  rempli  par  un  public 
attentif  que  le  D''  Guiart  a  fait  son  premier  cours,  le  3 
mars  1906.  Après  avoir  donné  des  indications  précises  sur 
le  programme  qu’il  compte  suivre,  le  professeur  annonce 
qu'il  consacrera  cette  première  séance  aux  généralités 
sur  le  parasitisme. 

Il  montre  que  la  lutte  pour  l'existence  est  une  des 
principales  lois  qui  régissent  les  rapports  des  animaux 
entre  eux.  Il  en  résulte  une  hostilité  flagrante,  d'où  le 
besoin  de  s’associer  pour  la  lutte.  Ces  associations  ani-r 
males  varient  nécessairement  suivant  qu’elles  sont  con¬ 
stituées  par  des  individus  appartenant  à  une  même  esr 
pèce  ou  à  des  espèces  différentes.  Quand  plusieurs  indU 
vidus  appartenant  à  une  même  espèce  sont  en  relations 
intimes  les  uns  avec  les  autres  et  ont  un  ou  plusieurs 
organes  communs,  ils  constituent  une  co/on/e. Exemple  : 
le  corail,  le  ténia.  Quand  plusieurs  individus,  apparte¬ 
nant  à  une  même  espèce,  vivent  en  commun  tout  en  res¬ 
tant  libres  et  indépendants,  ils  constituent  une  société. 
Exemples  :  les  abeilles,  les  fourmis,  les  hommes.  Mais 
quand  les  individus  qui  vivent  en  commun,  appartien¬ 
nent  à  des  espèces  diverses,  ils  peuvent  vivre  à  l’état 
de  commensalisme,  de  mutualisme,  de  symbiose  ou  de 
parasitisme. 

Le  commensal  ne  demande  à  son  hôte  que  le  partage 
de  sa  nourriture  et  sauvent  même  un  simple  gîte.  Exem¬ 
ple  :  la  Rémora.  Quand  le  service  rendu  se  trouve  payé, 
la  commensal  devient  un  mutualiste  ;-ily  a  une  véritable 
association.  Exemple.:  Adamsia  et  Bernard-l’Hermite. 
La  symbiose  résulte  de  l’union  tellement  intime  de  deux 
êtres  qu’ils  ne  constituent  plus  qu’un  seul  être  physio¬ 
logique  :  Exemple  :  Lichen  formé  par  la  symbiose  d’une 
aigue  et  d’un  champignon. 

Le  parasite  se  nourrit  aux  dépens  de  son  hôte,  mais  au 
lieudetuer  sa  jtroie  pour  s’en  repaître,  il  se  contente  de 
l’attaquer  lorsqu’il  est  poussé  par  la  faim  ou  bien  s’y  ius- 
tale  à  demeure  et  va  môme  jusqu’à  y  développer  sa  progé¬ 
niture. On  peut  le  définir  :un  être  vivant, animal  ou  végé^f 
tal,  passant  une  partie  ou  la  totalité  de  son  existence  à 
la  surface  ou  dans  l’intérieur  d’un  autre  être  vivant  plus 
puissant  que  lui  aux  dépens  duquel  il  se  nourrit.  Les 
parasites  accidentels  sont  ceux  qui  peuvent  indifféremment 
mener  une  existence  libre  ou  vivre  en  parasites.  Tel  est 
le  cas  des  Myriapodes  et  des  larves  de  mouches.  Les 
parasites  proprement  dits  sont  tous  les  êtres  dont  le  cy¬ 
cle  vital  comporte  toujours,  ne  Jùt-ce  que  pendant  très 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


149 


peu  de  temps,  la  condition  de  parasites.  Les  parasites 
erranis  sont  ceux  qui  peuvent  passer  facilement  d’un 
hôte  à  un  autre.  Ils  comprennent  les  parasites  intermit¬ 
tents  qui  ne  viennent  sur  i'hôte  que  pour  se  nourrir 
'moustique,  puce),  et  les  parasites  continus  qui  restent 
en  permanence  à  la  surface  de  l’hôte  (poux,  sarcopte). 
Les  parasites  fixes  ont,  au  contraire,  un  habitat  très  li¬ 
mité  et  ne  peuvent  passer  spontanément  d’un  hôte  à  un 
autre  ;  tel  est  le  cas,  par  exemple,  des  vers  intestinaux. 
Ils  se  divisent  en  parasites  temporaires  et  en  parasites 
permanents.  Les  parasites  temporaires  vivent  sur  leur 
hôte  durant  une  période  plus  ou  moins  longue  de  leur 
existence  :  les  uns  seulement  pendant  le  jeune  âge, 
comme  les  larves  de  mouches  ;  les  autres  seulement  à 
l’à^e  adulte,  comme  l’ankylostome  ou  la  chique.  Les  pa~ 
rasites  permanents  sont  parasites  toute  leur  vie  ;  le  meil¬ 
leur  exemple  est  la  trichine. 

Il  existe,  on  le  voit,  tous  les  intermédiaires  entre  la 
vie  libre  et  la  vie  parasitaire.  Ceci  amène  le  conférencier 
à  parler  de  l’influence  du  parasitisme  sur  l’organisme 
animal, et  par  de  nombreux  exemples  choisis  dans  les  dif¬ 
férents  groupes  du  règne  animal,  il  montre  qu’au  fur  et 
à  mesure  que  le  parasitisme  s’accuse,  l’organisation  se 
simplifie. 

Les  parasites  monoxènes  («jlovo;,  un  seul  ;  hôte)  j 

sont  ceux  dont  l’évolution  s’accomplit  chez  un  seul  hôte. 
Les  parasites  hétéroxènes  (Etapo;  dilférenti  sont  ceux 
dont  l’évolution  exige  le  passage  dans  plusieurs  hô¬ 
tes  successifs  ;  on  dit  alors  qu’il  y  a  génération  alter¬ 
nante.  L’hôte  qui  traverse  le  parasite  durant  sa  période 
larvaire  est  hôte  provisoire  ;  celui  où  il  arrive  à  l’état 
adulte  est  Yhàte  définitif.  L’hôte  provisoire  est  générale¬ 
ment  un  animal  aquatique  ou  herbivore  et  la  larve  est 
logée  dans  les  tissus  profonds  ou  les  cavités  closes. 
L'hôte  définitif  est  au  contraire  le  plus  souvent  un  car¬ 
nivore  et  le  parasite  se  rencontre  dans  les  organes  en 
communication  avec  l’extérieur,  de  manière  à  permettre 
l'expulsion  des  œufs  en  dehors  et  la  diffusion  de  la  pro¬ 
géniture.  Les  parasites  les  plus  intéressants  ne  sont 
pas  toujours  ceux  dont  l’homme  constitue  l’hôte  définitif. 
Exemples  ;  le  kyste  hydatique  et  l’hématozoaire  du  palu¬ 
disme. 

Passant  ensuite  en  revue  l’influence  des  parasites  sur 
lit  santé,  il  montre  que  de  tous  temps  elle  a  été  l’objet 
d  appréciations  contradictoires. La  nocuité  tend  en  grande 
partie  à  l’habitat  ;  elle  peut  tenir  encore  à  la  virulence 
'les  toxines  secrétées  et  enfin  aux  inoculations  possi¬ 
bles  du  sang  par  les  parasites  hématophages.  Mais  les 
chapitres  les  plus  importants  de  la  pathologie  parasitaire 
sontceux  du  diagnostic  et  delà  prophylaxie. 

Le  diagnostic  des  maladies  parasitaires  peut  se  faire 
accidentellement  par  le  rejet  des  parasites,  mais  il  se 
h’ra  scientifiquement  par  l’examen  microscopique  du 
des  crachats,  des  excréments,  de  l'urine,  etc.,  où 
®  défaut  du  parasite,  on  pourra  trouver  du  moins  ses 
'Sufs  ou  ses  embryons. 

Quant  à  la  prophylaxie,  elle  est  basée  sur  l'étude  du 
duv’eloppement  et  sur  l’étiologie.  Ce  chapitre  a  pris  une 
'uiportance  considérable  en  hygiène  sociale  depuis  qu’on 
*>•11  qu’il  suffit  de  s'attaquer  à  certains  parasites  errants, 
c  détruire  par  exemple  les  moustiques  qui  infestent 
"Ue région, pour  faire  disparaitre  certains  fléaux  del'hu- 
'uanité,  tels  que  la  fièvre  jaune  ou  le  paludisme. 

b^ans  les  leçons  suivantes, le  professeur  se  propose  de 
commencer  l'étude  des  maladies  parasitaires  par  celles 
®ont  produites  par  les  protozoaires.  11  aura  donc  à 
“dier  tout  d’abord  la  dysenterie,le  paludisme  et  les  try- 


panosomoses.  Tous  les  samedis,  durant  la  seconde  demi- 
heure,  des  interrogations  seront  faites  sur  les  matières 
traitées  dans  le  semestre  d’hiver  (bactéries  et  champi¬ 
gnons  pathogènes)  et  M.  Guiart  se  tiendra  àla  disposi¬ 
tion  des  auditeurs  pour  les  renseignements  complémen¬ 
taires  qui  pourraient  lui  être  demandés.  A.  F. 


Conférences  d'anatomie  topographique  élémen¬ 
taire  :  M.  le  CUNÉO,  agrégé. 

M.  le  D'' CuNÉo  fera  une  série  de  leçons  d’anatomie 
topographique  élémentaire,  les  lundis, mercredis  et  ven¬ 
dredis,  de  3  à  4  heures,  à  l'amphithéâtre  de  l’Ecole  prati¬ 
que.  La  première  conférence  avait  pour  sujet  la  région 
occipito-frontale.  Le  jeune  professeur  a  exposé  simple¬ 
ment  et  clairement  les  limites  de  cette  région,  ses  par¬ 
ties  constituantes,  en  insistant  surtout  sur  la  vasculari¬ 
sation  et  l'innervation,  point  important  en  somme,  pour 
le  futur  praticien.  M.  Cunéo  a  touché  d’un  mot  la  réforme 
des  études  médicales,  qui  est  en  l’air,  et  a  assuré  que 
son  cours  sera  fait  de  manière  à  venir  au-devant  des  re¬ 
vendications  du  corps  médical,  c’est-à-dire  qu’au  lieu  de 
parler  pour  les  quelques  étudiants,  qui  concourent,  il 
s’adressera  aux  futurs  praticiens. 


Conférences  de  Pathologie  externe  : 

M  le  D’GOSSET,  prof,  agrégé. 

Le  D"  Gosset  fera  quarante  leçons  sur  les  fractures  et 
luxations  des  membres  inférieurs  et  supérieurs  les  lun¬ 
dis,  mercredis  et  vendredis  à  4  heures,  au  petit  amphi¬ 
théâtre  de  la  Faculté.  Ce  programme,  a  dit  le  conféren¬ 
cier  au  début  de  sa  première  leçon,  ne  l’amuse  pas,  lui 
étant  imposé  parle  règlement.  Il  juge  en  plus  ce  cours 
inutile,  parce  que  théorique  et  par  conséquent  incom¬ 
plet.  Il  voudrait  que  cet  enseignement  se  fit  à  l’hôpi¬ 
tal  avec  l’aide  de  moniteurs,  de  tableaux,  de  prépara¬ 
tions,  de  radiographies,  et  surtout  de  malades. 

Pour  tous  ces  points  nous  sommes  d’accord  avec  le 
professeur.  Nous  ne  voyons  cependant  pas  bien,  com¬ 
ment  les  1.10  ou  200  auditeurs  e.xamineraient  à  tour  de 
rôle  un  pauvre  accidenté,  une  fracture  et  une  luxation 
étant  surtout  très  douloureuse.  Evidemment  il  faudra 
réformer,  mais  pour  faire  cela  la  hardiesse  ne  suffit  pas. 
Il  faudra  de  la  réflexion,  beaucoup  de  réflexion.  M.  le  D'' 
Gosset  n’a  certainement  pas  réfléchi  lorsqu’il  a  propo¬ 
sé  d’imiter  l’enseignement  allemand.  Toute  personne 
compétente  ,qui  a  voyagé  en  Allemagne  pour  étudier 
l’enseignement  médical  et  qui  a  su  regarder  lui  donnera 
tort.  Il  faut  juger  la  valeur  d’un  enseignement  par  le  ré¬ 
sultat  qu’il  donne  et,  sous  ce  rapport,  nous  affirmons, 
que  la  majorité  des  jeunes  praticiens  français  sont 
meilleurs  cliniciens  que  leurs  collègues  allemands. 
Pourquoi  a-t-on  ajouté  la  sixième  année  purement 
pratique,  au  curriculum  allemand?  Probablement  parce 
qu’on  a  reconnu  que  les  connaissances  cliniques 
étaient  par  trop  insuffisantes.  Ce  que  demande  M.  Gos¬ 
set,  c’est-à-dire  uii  stage  obligatoire  après  quelques 
années  ('()  de  travail  théorique,  existe  du  moins  sur  le 
papier,  et  si  les  règlements  de  la  Faculté  sont  restés 
lettre  morte,  à  qui  la  faute  ?  Aux  élèves  ou  aux  pro¬ 
fesseurs  ?  'Voilà  ce  qu'il  convient  d’élucider  avant  de  ré- 
lormer.  Ou  verra  bien  vite  qu’à  part  les  paresseux,  qui 
ne  vont  pas  à  l'hôpital,  ce  sont  justement  les  futurs  maî¬ 
tres,  qui  y  travaillent  le  moins.  Ils  font  acte  de  présen¬ 
ce,  débitent  une  amabilité  au  chef,  puis  s’éclipsent  pour 
apprendre  par  cœur  les  questions  de  concours.  Ils  arri¬ 
vent  premiers  et  nous  en  avons  connu  qui  exposaient 


150 


LE  PROGRÈS  MEDICAL 


I 


brillamment  en  question  de  cinq  minutes  ce  qu’était  un 
hygroma  du  genou  et  qui  n’avaient  pas  reconnu  cette 
affection  au  lit  du  malade, dix  minutes  auparavant.  Pour 
conclure,  nous  admettons  la  nécessité  des  réformes, 
nous  exigeons  leur  exécution,  mais  pas  dans  le  sens  indi¬ 
qué  par  le  D''  Gosset.  Encore  un  mot  sur  les  cliniques 
d’accouchements.  La  clinique  Baudelocque  mérite  certes 
d’être  vantée  comme  exemple  d’une  bonne  école,  mais  à 
notre  humble  avis  la  clinique  Tarnier  donne  un  enseigne¬ 
ment  au  moins  aussi  bon,  sinon  meilleur. 

Ceci  dit,  revenons  à  la  leçon  de  vendredi.  M.  Gosset 
a  parlé  de  la  fracture  bimalléolaire  la  plus  fréquente  du 
membre  inférieur. Il  a  résumé  ce  que  Maisonneuve,  Sédil- 
lot  et  Blain,  Dupuytren,  ont  longuement  écrit  sur  la 
question.  Grand  Dupuytren,  vous  avez  évidemment  très 
bien  —  dixit  orator  —  décrit  la  fracture  qui  porte  votre 
nom,  mais  vous  n’aviez  pas  de  radiographies  de  ces  frac¬ 
tures,  vous  n’osiez  pas  enlever  un  ovaire  ou  un  estomac, 
et  vos  moignons  suppuraient  souvent.  Ne  soyez  donc 
pas  trop  chagrin,  si  le  jeune  et  brillant  dgrégé  de  la 
faculté  vous  a  traité  quelque  peu  avec  dédain. 


Contre  l’INSOMNIE,  prescrire  : 

T.VBLETTES  MERCK  DE  VÉROKAL,  au  cacao. 

dosées  à  0,50  et  divisibles  par  moitié. 


SOCIÉTÉS RIVANTES 

ACADIAIIE  DE  MEDÉCIAE 
Séance  du  6  mars. 

Sérothérapie  dans  la  fièvre  typhoïde. 

M.  Josias,  en  employant  depuis  4  ans  chez  ses  typhuiaes  de 
l’hôpital  Bretonneau,  le  sérum  de  Chantemesse  combiné  avec 
la  balnéation  froide  a  obtenu  une  diminution  de  la  morta¬ 
lité  à  3.8  au  lieu  de  la  mortalité  antérieure  à  10  et  12  pour 
cent.  Il  donne  en  outre  la  statistique  des  hôpitaux  d’enfants 
où  la  sérothérapie  n’est  pas  employée.  Voici, dit-il,  les  princi¬ 
paux  chiffres  ; 

Nombre  d'enfants  soignés  pour  la  lié\Te 


typhoïde  entrés  et  sortis  du  I"  mars  Décès 

1902  au  !"'■  mars  1905 . 

Enfants-Malacle.s. . .  380  39 

'f  rousseau .  410  55 

Ilérold .  91  18 

Bretonneau  (service  du  D'-  Sevestrel.  150  16 


Soit . .  1031  130 

Mortalité  moyenne  :  12.6  %. 


Comme  ma  statistiïiue  de  décès  indique  un  chiffre  vérita¬ 
blement  minime  et  des  deux  tiers  inférieur,  d’une  part,  au 
chiffre  de  la  mortalité  typhoïque  des  autres  hôpitaux  de  Paris 
et,  d'autre  part,  au  chiffre  de  la  mortalité  que  j’avais  dans  mon 
propre  service,  à  l’époque  où  je  traitais  mes  malades  exclusi¬ 
vement  par  la  méthode  de  Brand,  je  me  permets  de  présenter 
àJ’Académie  les  conclusions  suivantes  : 

1“  Le  sérum  antityphoïde  de  Chantemesse,  employé  comme 
il  convient,  est  inoffensif. 

2“  Les  enfants  atteints  de  fièvre  typho'ide  qui  sont  traités 
de  bonne  heure  [ïar  le  sérum  et  par  les  bains  ont  des  chances 
de  guérir  très  supérieures  à  celles  que  leur  procu  re  la  bal- 
néothérapie  seule. 

La  mortalité  tuberculeuse  isuite). 

M.  A.  Robin  montre  (pie  trop  souvent  déjà  les  tuberculeux 
sont  traités  en  suspects  ou  en  parias.  Les  domestiques  sont 


renvoyés  des  laniilles  au  moindre  soupçon  de  tuberculosà 
Les  employés  ayant  passé  par  un  sanatorium  sont  rel'u^ 
partout. 

.V  deux  reprises  différentes  les  malades  sortant  d’Angicourt 
ont  adressé  des  pétitions  à  la  Commission  permanente  de 
préservation  contre  la  tuberculose,  pour  qu’on  s’occu]^ 
d’eux,  car  ils  ne  trouvaient  aucun  travail.  ” 

Dans  ces  conditions,  M.  Bobin  estime  ((u’on  ne  saurait 
songer  à  rendre  obligatoire  la  déclaration. de  la  tuberculose, 
avant  d’avoir  fait  le  nécessaire  pour  protéger  les  malheureux 
tuberculeux. 

M.  Bknj.^min  insiste  sur  la  nécessité  de  la  désinfection.  Il 
montre  qu’actuellement,  en  France,  les  animaux  sont  beau¬ 
coup  mieux  protégés  contre  la  tuberculose  que  les  hommes. 

M.  Landouzy  rappelle  que  la  vaccine  à  ses  débuts,  la  lutte 
récente  entreprise  par  les  Vméricains  à  Cuba,  contre  la 
lièvre  jaune,  ont  soulevé  bien  des  protestations.  Sans  doute 
la  déclaration  obligatoire  et  la  désinfection  rencontreront 
aussi,  dans  la  tuberculose,  des  difficultf's.  Mais  elles  sont  le 
seul  moyen  de  lutter  eflicacemcnt  contre  le  lléau. 

M.  Henri  Monod  montre  l’alïsence  totale  de  résultats  donvj 
nés  par  la  déclaration  facultative.  Les  moyens  matériel^ 
d’assurer  partout  la  désinfection  vont  être  prochainement;'; 
établis.  Mais  ce  grand  effort  resterait  stérile  au  moins  pour'] 
la  tuberculose  sans  la  déclaration  obligatoire. 

\.-F.  l'i.ICQUE. 


SOCIETE  DE  CIllRültGIE 

Séance  du  28  février 
Sur  la  scopolamine. 

M.  Walther  rapporte  347  cas  d’anesthésie  obtenue  à  l’aide 
d’injections  sous-cutanées  de  scopolamine.  L’emploi  de  la 
scopolamineseuZe,  sans  chloroforme,  suffit  dans  les  réductions 
des  luxations,  l’application  d'appareils  plâtrés,  etc.  Pour  les 
interventions  où  l’anesthésie  doit  être  absolue,  il  faut  adrai*; 
nistrer  le  chloroforme  une  heure  après  avoir  fait  une  injec¬ 
tion  sous-cutanée  d’une  solution  de  1  mgr.  de  scopolamine el 
d’un  ctgr.  de  morphine  dans  1  c.c.  d’eau  ;  souvent  même 
on  peut  se  contenter  d’injecter  un  demi-milligramme  de 
scopolamine  et  un  demi-centigr.  de  morphine.  M.  Walther 
n’emploie  pas  la  scopolamine  chez  les  enfants  ;  de  même  chex 
l'adulte,  il  évite  l’emploi  de  cet  alcaloïde  dans  les  intervenu 
tions  sur  la  bouche  ;  après  ces  opérations  les  malades  doiyeB{4 
pouvoir  cracher  facilement  et  la  scopolamine  par  le  sommeil' 
prolongé  dans  lequel  il  plonge  les  malades  empêche  de  le 
faire.  Les  affections  cardiaques,  loin  de  constituer  une  contre-' 
indication, doivent  au  contraire  inciter,  à  l’emploi  delà  scopo-- 
lamine  ;  dans  plusieurs  cas  de  ce  genre,  M.  Walther  a  eu  à  se 
louer  de  l’emploi  de  cette  substance  qui  permet  de  donner^ 
très  petites  doses  de  chloroforme  et  aussi  d’éviter  aux  mala¬ 
des  l’appréhension  du  chloroforme  qui  n’est  administré  qu® 
lorsque  le  malade  est  déjà  dans  le  sommeil  scopolaminique. 

Plaies  pénétrantes  de  V abdomen. 

M.  PicQUK  fait  un  rapport  sur  un  cas  de  plaies  de  l’abdo¬ 
men  ayec  quinze  perforations  de  l'intestin.  Toutes  ces  perfo¬ 
rations  ont  été  suturées  en  bourse  ce  qui  a  permis  d’allervite- 

M.  CriAPUT  est  intervenu  dans  un  cas  semblable  et  n’a  eo 
qu’à  se  louer  delà  suture  en  bourse  qui  lui  permit  de  termi' 
ner  Fintervention  en  trois  quarts  d’heure. 

Ihjdronéphrbse  partielle. 

M.  Bazy  est  intervenu  dans  un  cas  d'hydronéphrose  inter¬ 
mittente  d’abord  par  la  néphrotomie,  puis, six  mois  après.par 
la  néphrectomie.  Seul,  le  pôh'  inférieur  du  rein  était  dis" 
tendu. 

M.  Le  Dentu  citcunc^s  dumême  genreoVil’hydronéphros^ 
s’était  constituée  exclusivement  au  dépens  du  pôle  supérlettf 
durein,  le  pôle  inférieur  étant  absol  u  ment  sain., Aussi  se  coO- 
tenta-t-il  défaire  une  ablation  partielle  et  la  guérison  futpaf' 
faitq. 

Gangrené  de  l’utérus  avec  perforation. 

M.  Lapointe  présenteun  utérus  provenant  d'une  femme qd* 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


151 


a  été  hystérectomisée  pour  accidents  infectieux  post-abor¬ 
tum.  Mort  le  15'  jour  de  l’opération  par  septicémie  lente.  11 
existe  au  niveau  de  la  face  postérieure  de  l’utérus  une  large 
perloration  ;  comme  il  n’y  eut  pas,  de  l’aveu  de  la  malade, 
demanœuvresintra-utérines,  M.  Lapointe  pense  qu’il  s’agit 
d’un  cas  de  gangrène  de  l’utérus  avec  eschare. 

Gatz. 


SOCIÉTÉ  MÉDICALE  DES  HOPITAL  V 
Séance  du  S  mars. 

Pouls  lent  permanent.  Importance  des  lésions  du  cœur 
au  point  de  vue  pathogénique. 

mm.  g.  Brouardei. et  M.Villaret. —  Une  femme  de 53  ans, 
sans  antécédents  toxiques  ou  infectieux,  présente  un  pouls 
lent  permanent,  24  à  30  pulsations  par  minute,  avec  crises 
syncopales.  Albuminurie,  mais  pas  de  crises  urémiques.  Ré¬ 
gime  lacté  et  achlorurique  sans  influence  sur  la  maladie.  Les 
tracés  cardiographiques  et  sphygm  ographiques,  pris  simul¬ 
tanément  avec  Texamen  radioscopique,  ont  montré,  outre  les 
systoles  complètes  et  rares  correspondant  au  soulèvement  de 
la  radiale,  des  contractions  ventriculaires  ondulatoires  qui 
ne  se  produisaient  pas  par  le  passage  de  l’ondée  sanguine  jus¬ 
qu'à  la  radiale.  Les  oreillettes  se  contractaient  normalement 
et  on  peut  admettre  par  conséquent  l’autonomie  de  la  con¬ 
traction  du  ventricule  et  de  l’oreillette.  L'autopsie  révéla  une 
myocardite  scléreuse  très  intense,  les  artères  du  cerveau  sclé¬ 
rosées,  sans  oblitération  et  d’une  façon  généralisée. 

Les  auteurs  tendent  donc  à  attribuer  un  rôle  pathogénique 
très  important,  dans  la  production  du  pouls  lent  permanent, 
aux  lésions  myo  cardiaques  et  artérielles  qui  agiraient  secon¬ 
dairement  sur  l’irrigation  bulbaire. 

M.  Galciari)  cite  le  cas  d’un  homme  de  51  ans,  qui  présen¬ 
tait  des  crises  de  contractions  cloniques  et  de  convulsions 
toniques  sans  morsures  de  la  langue,  sans  émissions  d’urine, 
après  aura  sensitive.  Cet  homme  avait  30  à  32  pulsations 
par  minute  et  12,  14  et  16  pendant  les  crises.  Jamais  on  n'a 
observé  d'arrêt  du  cœur.  Après  emploi  sans  succès  de  K 
Br  et  IK.  on  soumit  le  malade  aux  inhalations  de  nitrite  d  a- 
niyle  et  à  l'usage  de  la  trinitrine  (X  à  XY  gouttes  de  la  solu¬ 
tion  à  1  0  0)  et  on  arriva  à  calmer  les  crises. 

M.  Hirtz  rappelle  son  travail,  dans  lequel  il  attribua  un 
rôle  important,  dans  la  production  du  pouls  lent  permanent, 
.au  surmenage  et  au  travail  musculaire  exagéré. 

M.  Vaquez  fait  jouer  le  rôle  principal  aux  modifications  de 
l’excitabilité  et  de  la  contractilité  de  la  fibre  cardiaque.  Les 
modifications  d’excitabililé  entraînent  le  pouls  lent  paroxys¬ 
tique,  les  modifications  de  la  contractilité  entraînent  le  pouls 
lent  alternant,  de  pronostic  souvent  grave.  En  résumé, il  sem¬ 
ble  que  ce  soient  surtout  les  modifications  de  conductibilité 
'lui  provoquent  le  pouls  lent  permanent. 

Pour  différencier  ces  variétés, il  faut  étudier  les  tracés  com¬ 
paratifs  du  pouls,  du  cœur  et  des  jugulaires,  il  faut  exami- 
*rar  attentivement  Ips  lésions  myocardiques  à  Tautopsie. 

M.  UE  M.\ssary  rappelle  le  cas  publié  par  Rendu,  où  le  pouls 
mut  permanent  était  dû  uniquement  à  une  gomme  du  cœur- 
Cardioplose. 

.M.  Barié.  —  La  cardioptose  est  fréquemment  associée  aux 
^eéroptoses  surtout  Thépatoptose.  La  ptose  rénale  coexiste 
JPoins  fréquemment.  La  cardioptose  est  plus  fréquente  chez 
“oname  (18  hommes  sur  4  femmes). 

J  corset  paraît  jouer  un  i  ôle  dans  cette  différence.  La 
P  0^  du  diaphragme  parait  nécessaire  à  la  production  de  la 
‘^fdioptose. 

Indications  de  l'inlervenlion  chirurgicale 
dans  la  lithiase  biliaire. 

sera  expose  le  traitement  de  la  cholélithiase,  qui 

médicale  dans  la  lithiase  latente  et  dans  la  colique  hépa- 
gi^®  'Morphine  et  désinfection  des  voies  biliaires),  et  chirur- 
l'i^f  ®  les  phénomènes  douloureux  sont  permanents  et  si 
svipp  bon  est  rebelle  au  traitement  médical  (cholécptite 
et  die P*?longé(8  et  10  mois).  Les  symptômes  hépatiques 
sestifs  dirigent  l'intervention. 


M.  Le  Gendre  n’attendrait  pour  décider  une  intervention 
chirurgicale  que  deux  ou  trois  mois.  Il  ne  se  laisserait  pas 
influencer  par  des  accalmies,  excepté  à  un  i’îge  plus  avancé.  En 
présence  des  progrès  qu’a  faits  dans  ces  dernières  années  la 
chirurgie  des  voies  biliaires,  il  n’hésitera  pas  à  provoquer 
une  intervention  rapide. 

M.  SiREDEY  fait  remarquer  que  d’après  les  statistiques  al¬ 
lemandes,  la  mortalité  par  cholélithiase  a  augmenté  du  dou¬ 
ble  depuis  20  ans,  ce  que  quelques  membres  de  la  Société  in¬ 
terprètent  en  défaveur  de  l’intervention  chirurgicale. 

M.  Linossier  explique  cette  augmentation  plutôt  par  le  fait 
que  les  interventions  permettent  de  poser  plus  souvent  le 
diagnostic  des  complications  hiliaires. 

MM.  Sevestre  et  Aubertin  communiquent  l’observation 
d’une  péritonite  pneumococcique.  Friedel. 

SOCIÉTÉ  DE  MÉDECIAE  PUBLIQUE  ET  DE  GÉNIE 
SANITAIRE 

Séance  du  98  février  1900. 

Présidence  de  M.  Bonnier. 

M.  i.E  Président  annonce  le  décès  de  M.  Coi.lin,  membre 
de  la  Société. 

M.  Calmette  lit  une  longue  réfutation  des  critiques  for¬ 
mulées  par  M.  Bézot  sur  l'épuration  des  eaux  d  égoût,  et  ter¬ 
mine  en  vantant  l’excellence  de  ce  procédé  d  épuration. 

M.  ViNCEY  lit  une  étude  comparative  entre  le  pi-océdé  d'épura¬ 
tion  biologique  des  eau.r  d'égoul  et  le  procédé  d'épuration  par 
l'épandage.  11  résulte  de  cette  étude  que  le  procédé  biologique 
n’enlève  aux  eaux  d’égout  que  la  moitié  environ  des  matières 
organiques,  tandis  que  l'épandage  en  enlève  06  %  .  Le  nom¬ 
bre  des  bactéries  restant  dans  les  eaux  effluentes  est  égale¬ 
ment  moindre  dans  ce  dernier  procédé  que  dans  le  premier. 
De  sorte  que  ces  eaux,  provenant  de  l’épandage,  peuvent 
être,  sans  danger  pour  les  riverains,  rendues  à  la  rivière  ;  on 
n’en  saurait  dire  autant  de  celles  de  l'épuration  biologique. 

On  a  dit  que  la  surface  des  terrains  d’épandage,  pour  un 
même  volume  d’eaux  d'égout,  était  50  fois  plus  considérable 
que  la  surface  nécessaire  aux  lits  bactériens.  Cette  proportion 
est  extrêmement  exagérée  :  il  résulte  de  la  comparaison  faite 
entre  les  terrains  de  la  Madeleine  et  ceux  d’épandage  de  la 
ville  de  Paris,  que  la  surface  de  ceux-ci  est  seulement  8  fois 
plus  grande.  Cette  dernière  proportion  est,  certes,  considéra¬ 
ble  ;  mais  si  l’on  tient  compte  de  la  manipulation  nécessaire 
des  boues  produites  en  grande  quantité  par  l’épuration  biolo¬ 
gique,  ce  qui  entraîne  beaucoup  de  main-d’œuvre  ;  si  Ton 
songe  qu’il  faut  se  débarrasser  des  eaux  effluentes  qu’on  ne 
peut  pas  sans  danger  rejeter  à  la  rivière  ;  si  Ton  se  rappelle 
enfin  que  les  eaux  provenant  de  Tépandage  sont  rendues 
directement  sans  danger  à  la  rivière,  après  que  cet  épandage 
a  servi  pour  une  bonne  part  à  l’utilisation  agricole,  on  peut 
sans  témérité  penser  que,  même  au  point  de  vue  économi¬ 
que,  le  procédé  par  Tépandage  est  supérieur  au  procédé  par 
lits  bactériens.  11  est  regrettable  que  la  comparaison  entre  les 
deux  procédés,  à  ce  dernier  point  de  vue,  n’ait  pas  encore 
été  faite. 

M.  Calmette  demande  à  la  Société  de  lui  laisser  le  temps 
d’étudier  le  travail  de  M.  Y'incey  pour  y  répondre,  ne  pouvant 
le  faire  ex  abrupto  aujourd’hui  même.  Mais  dès  maintenant  il 
tient  à  déclarer  qu’il  ne  condamne  nullement  le  procédé 
d  épuration  par  Tépandage,  mais  que  ce  procédé  ne  peut  pas 
s’appliquer  sur  tous  les  terrains,  et  qu’alors  le  procédé  bio¬ 
logique  est  tout  indiqué. 

M.  Martin  lit  un  travail  sur  V hospitalisation  des  maladies 
contagieuses,  et  demande  à  la  Société  d’en  discuter  les  conclu¬ 
sions  à  Tune  des  prochaines  séances.  A.  I’u.ioi.. 

SOCIÉTÉ  DE  PÉDIATRIE 
Séance  du  20  février  1900. 

Présidence  de  M.  Comby. 

Observations  sur  la  rubéole. 

MM.  Appert  et  Aviragnet  ont  observé,  Tiin  en  ville,  Tau- 
tre  àThôpital  Suint-Louis,  deux  épidémies  de  rubéole  sur  des 


152  LE  PROGRÈS  MÉDICAL  \ 


enfants  de  la  même  famille,  et  ils  conimuniciuent  à  la  Société 
les  particularités  qui  les  ont  frappés  dans  l’évolution  de  la 
maladie  chez  ces  enfants. 

La  durée  de  la  période  d’incubation  a  été  régulièrement  de 
làjours  chez  les  petits  malades  de  la  ville  suivis  par  M.  Avi- 
ragnet  ;  elle  a  été  moins  régulière  à  l’hôpital,  chez  ceux  de  M 
Appert.  La  maladie  est  contagieuse  (pielques  jours  avant 
l’éruption. 

l>’éruption,  (jui  débute  par  la  face,  se  généralise  très  rapide¬ 
ment  à  toutle  corps,  et  aftecte  souvent  le  type  scarlatiniforme 
Klle  est  précédée  d’une  légère  poussée  fébrile,  avec  un  peu 
d’embarras  gastrique  pendant  12  heures  environ,  sans  catarrhe 
nasal  concomitant,  avec  très  léger  catarrhe  oculaire,  les  taches 
rubéoliques  sont  arrondies  et  non  groupées  en  demi  cercle 
comme  dans  la  rougeole.  La  température  monte  le  I"  jour, 
atteint  son  maximum  le  2",  et  tombe  le  3“  donnant  un  tracé 
en  forme  de  clocher.  Chez  les  nourrissons  et  les  enfants  cachec- 
lûjues,  la  marche  de  la  lièvre  est  moins  rapide,  et  le  tracé  isl 
«  en  lormede  palissade  ».Le  plus  souvent,  absence  d'engorge¬ 
ments  ganglionnaires.  Comme  complications,  on  a  observé 
un  abcès  rétro-pharyngien  dans  un  cas  et  une  broncho- pneu¬ 
monie  dans  un  autre. 

La  rubéole  se  distingue  facilement  de  la  rougeole  par  l'ab¬ 
sence  de  prodromes,  le  faible  degré  de  fièvre,  l’ab-sencedeca-  - 
tarrhe  oculaire  et  nasal,  et,  en  outre,  parles  caractères  diffé 
rents  de  l’éruption.  Parfois,  la  rubéole  pourra  être  confondue 
avec  la  scarlatine,  les  éruptions  sudorales.  on  encore  avec  cer¬ 
tains  érythèmes  polymorphes. 

M.Skvkstre  confirme  ce  (jui  a  été  dit  parM.  Appert  sur  la 
marche  de  la  maladie  et  la  durée  de  l’incubation  ;  mais  il  dit 
(jue  les  engorgements  ganglionnaires  s’observent  dans  la  moi¬ 
tié  des  cas. 

M.  Netter  appuie  l’opinion  de  NI.  Sevestre  relativement 
à  la  fréquence  des  engorgements  gangdionnaires  ;  il  dit  ([uele 
diagnostic  avec  la  scarlatine  est  particulièrement  difficile  à 
faire. 

Néphritc.quérie  après  une  scarlatine. 

M.  Gh.i.et  rapporte  l'observation  d’une  petite  fille  qui,  à  la 
suite  d’une  poussée  de  néphrite,  resta  six  mois  alitée  sans  que 
l’on  retrouvât  pendant  tout  ce  temps  de  l’albumine  dans 
l’urine,  et  chez  (jui  l  albumine  reparut  dès  que  l'enfant  com¬ 
menta  à  se  lever.  Survint  alors  une  scarlatine,  à  la  suite  de 
la(pieilc  l’albumine  disparut  définitivement. 

MM.  \  ARioT  etCn.vu.viKT  présentent  àla  Société  des  lahles  de 
croissance  des  enfants  parisiens  ae  1  à  16  ans,  qu’ils  ont  établies 
d’après  les  mensurations  de  4.500  enfants  des  deux  sexes. 

Pleurésie  purulente  enkystée  bilatérale.  Empyème  double. 

Guérison. 

M.  A.  Eschb  vch  présente  à  la  Société  un  enfant  de  7  ans 
guéri  d'une pléurésie  purulente  bilatérale  ayant  nécessité  un 
double  empyème.  L'enfant  encore  en  parfaite  santé  le  2G  dé¬ 
cembre  dernier,  fut  pris  brusejuement  dans  la  nuit  suivante, 
d'une  oppression  extrême  avec  fièvre  assez  intense,  et  fut 
amené  le  18  à  l’hôpital  des  Enfants-Malades  dans  le  service 
de  M.  Variot.  On  constata  d’abord  des  phénomènes  qui  firent 
admettre  l’existence  d'une  pneumonie  à  droite  et  d'une  pous¬ 
sée  congestive  à  gauche. 

Le  .^janvier,  ces  signes  se  sont  modifiés,  en  même  temps 
(lue  la  température, après  s’être  élevée  jusqu’à  40°, oscille  au¬ 
tour  de  39°,  et  l’on  pose  et  vérifie  au.ssitôt  par  une  ponction  ex¬ 
ploratrice  le  diagnostic  de  pleurésie  purulente.  Malgré  l’éva¬ 
cuation  de  300  grammes  de  pus,  la  dyspnée  persistant  et  l’état 
général  restant  fort  inquiétant,  l’empyème  fut  pratiqué  le 
soir  même.  L’amélioration  de  l’état  du  malade  à  la  suite  de 
l’opération  lut  moins  accentuée  que  l'on  était  en  droit  de 
l'espérer,  et  bientôt  des  phénomènes  congestifs  que  I  on  cons¬ 
tatait  du  côté  oppQsé  de  la  poitrine  tirent  place  à  des  signes 
nets  de  pleurésie  dece  côté,  donnant  l'explication  de  la  per¬ 
sistance  delà  dyspnée  et  de  l  état  fébrile.  On  fit  d'abord  une 
ponction  exploratrice  qui  donna  issue  à  du  liquide  purulent, 
et  le  lendemain  en  raison  de  la  dyspnée  toujours  inten.se,  de 
la  lièvre  toujours  vive  et  de  l'état  général  in(iuiétant,  on  se 
décida  à  pratifjuer,  de  ce  côté  aussi,  un  nouvel  empyème  i  12 


janvier).  Les  symptômes  s’atténuèrent  lentement,  ce  ne  fu 
qu’au  bout  de  3  semaines  que  la  fièvre  tomba  définitivemenl 
mais,  en  fin  de  compte,  vers  la  fin  de  février,  le  petit  ma. 
ladeétait  complètement  guéri. 

Sur  un  cas  de  larynyo-typlius. 

M.  A\  eii.-IIai.lé.  —  Il  s’agit  d’un  enfant,  qui,  à  la  suite  d’uiif 
rougeole,  fut  pris  d'une  conjonctivite  pseudo-membraneusf 
et  traité  par  une  injection  de  sérum.  On  constata  ensuiit 
quelques  phénomènes  imputables  à  de  l'adénopathie  trachm 
bronchique.  Enfin,  des  symptômes  de  fièvre  de  typho'ide  * 
manifestèrent,  et  au  bout  de  quelques  jours  une  dyspnée  in¬ 
tense  avec  tirage  très  accentué  motivaient  le  tubage  et  une  in¬ 
jection  de  sérum,  tn  peu  plus  tard,  les  symptômes  typhi¬ 
ques  et  la  dyspnée  persistant,  on  changea  le  tube,  que  î’oa 
trouva  noirci  vers  sa  partie  supérieure.  Ce  nouveau  tubagf 
ayant  cette  fois  été  insuffisant  pour  calmer  la  dyspnée,  oneul 
recours  à  la  trachéotomie  ;  mais  l'enfant  succomba  pendant 
l’opération. 

A  l  autopsie,  lésion  de  fièvre  typho'ide  et  d’adénopathie  tr* 
chéo-bronchique.  En  outre,  idcération  profonde  à  la  hauteui 
de  l’anneau  thyroïdien,  avec  infiltration  du  lai-ynx  et  bacille 
d'Eberth  au  niveau  de  l’ulcération. 

Le  présentateur  fait  remarquer  que,  dans  des  cas  sembla¬ 
bles  d'ulcération  post-typhûjue,  toujours  longues  à  réparer, 
on  doit  préférer  la  trachéotomie  à  un  tubage  qui  devra  êt» 
toujours  prolongé  et  par  conséquent  sera  toujours  plus  dan¬ 
gereux  pour  le  larynx  malade. 

MM.  ÀVeii.-Hvlle  et  Lem.vire  présentent  les  pièces  et  l’oh 
servation  d’un  cas  de  thrombose  cardiaque  et  entbolie  pulm. 
nuire  au  1 P  jour  d’une  diphtérie. 


LA  VALÉROBROMINE  LEGRAND 

est  plus  active  que  les  bromures  et  les  valé- 
rianates. 


REVUE  CHIRURGICALE 


A  propos  de  l'amputation  interscapulo-thoraci- 

que(l); 

l>ar  L  -E.  MOREU 

L'amputation  du  membre  supérieur  dans  la  contiguïtf 
du  tronc  (amputation  interscapsulo-thoracique)  a  éÜ 
élaborée  vers  1887  par  M.  le  P.  Berger  avec  la  coll»' 
boration  du  P''  Farabeuf.  Successivement  exécutée  pat 
M.  Berger  dès  1882,  réglée  en  1887  ;  exécutée  avec  suc¬ 
cès  depuis  par  l’auteur  un  certain  nombre  de  fois,  elle* 
vu  ses  indications  se  préciser  Les  mémoires  successifs 
de  V.  Riche  (thèse,  1904  ,  Jeanbrau  {Revue  de  chirur^it 
1905),  Jeanbrau  et  Riche  (Revue  de  chirurgie  190-5),  le» 
communications  récentes  à  la  Société  de  chirurgie,  e® 
font  une  question  à  l’ordre  du  jour.  Le  P''  Berger  la  ré¬ 
sume,  y  ajoute  les  documents  de  sa  pratique  person¬ 
nelle,  et  en  modifie  légèrement  le  manuel  opératoire- 
Telle  est  la  substance  du  travail  que  nous  allons  ana¬ 
lyser.  • 

Aux  observations  antérieurement  publiées  et  dont  o» 
trouvera  le  résumé  dans  les  travaux  sus-indiqués, 
Berger  ajoute  un  certain  nombre  de  faits  nouveaux  d’un 
grand  intérêt  ;  témoin  cette  observation  : 

Une  jeune  femme  de  24  ans,  récemment  accouchéCi 
voit  un  mois  après  son  accouchement  son  épaule  gauche, 
traumatisée  peudant  la  grossesse,  devenir  douloureuse' 
Bientôt  les  douleurs  s'accrurent  et  il  s'ensuivit  uDj 
gêne  croissante'des  mouvements.  Les  douleurs  étaieu 
apparues  au  mois  de  mai  ;  en  septembre,  à  la  suite 
séances  de  massage,  les  douleurs  redoublent  et  latuffl*^ 
faction  augmente.  En  octobre,tout travail  devient  imp^' 

(l)  M'après  l<>lravail  du  P'  Berger.  Revue  de  Chirurgie.  10  a®''* 
1!K)5. 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


153 


*  sible.  En  décembre, on  constate  une  impotence  fonction¬ 
nelle  absolue,  des  douleurs  très  vives,  un  œdème  de  tout 
le  membre  supérieur  gauche,  un  gonflement  énorme  de 
l’épaule,  et  une  fièvre  continue  à  38".  L’appétit,  le  som¬ 
meil  les  forces,  ont  disparu.  La  malade  entre,  cachecti¬ 
que, le  9janvier  lOOodans  le  service  du  P"  Berger.  t\  cette 
époque,  comme  on  le  voit  sur  la  figure  10,  la  tumeur  hé- 


Entre  la  peau  et  les  muscles,  à  la  partie  antérieure  du 
moignon  de  l’épaule,  un  vaste  décollement  est  rempli  de 
caillots  sanguins.  L’articulation  scapulo-humérale  pa¬ 
raît  saine,  les  surfaces  cartilagineuses  sont  normales  ; 


Fif.  10. 

misphérique,  du  volume  d’une  tête  d’adulte,  couvre  le 
moignon  de  l’épaule,  déborde  en  haut  vers  l’acromion, 
en  bas,  vers  le  deltoïde,  en  avant  vers  le  grand  pecto¬ 
ral  qui  commence  à  être  envahi,  en  arrière  vers  les  mus¬ 
cles  sus  et  sous-épineux  qui  sont  infiltrés.  Elle  remplit 
l’aisselle,  on  ne  sent  pas  de  ganglions. La  peau  non  adhé¬ 
rente,  mobile,  est  amincié,  violacée,  et  sillonnée  'de 
nombreuses  arborisations  vasculaires.  La  tumeur  est 
chaude  au  toucher,  irrégulièrement  ferme  ou  fluctuante, 
non  pulsative,  non  crépitante.  Le  bras,  œdématié,  en¬ 
gourdi,  est  le  siège  de  vives  douleurs  spontanées,  que 
la  palpation  redouble.  La  température  oscille  entre  38" 
et  39".  L’état  cachectique  s’accentue. 

fie  11  janvier  1905,  on  pratique  la  désarticulation  in- 
terscapulo-thoracique,  suivant  le  procédé  réglé  par  M . 
Berger,  et  qui  comprend  les  temps  suivants  : 

1"  Résection  de  la  partie  moyenne  de  la  clavicule. 

.2“  Ligature  et  section  des  vaisseaux  axillaires. 

3“  Dissection  du  lambeau  antéro-inférieur  (pectoro- 
a-xillaire  . 

4°  Dissection  du  lambeau  postéro-supérieur  icervico- 
scapulaire], 

5°  Section  des  attaches  musculaires  de  l’omoplate. 

0"  Réunion  des  lèvres  de  la  plaie  en  T.  (fig.  11 1. 

La  seule  modification  qu’apporta  M.  Berger  fut  la  ré¬ 
section  de  la  partie  interne  delà  clavicule,  substituée  à 
la  résection  de  la  partie  moyenne. 

L'intervention, absolument  correcte, n’eut  aucune  suite 
lâcheuse.  La  douleur  cessa  complètement,  la  malade  re- 
Pfit  de  l’embonpoint  ;  mais  5  semaines  après  la  malade 
®aourut  d'une  pleurésie. 

L’examen  de  la  pièce  enlevée  chirurgicalement  mon¬ 
tra  l’existence  d’une  fracture  spontanée  del’humérus,  au 
uiveaudu  col  chirurgical  :1e  néoplasme  engainait  étroite¬ 
ment  les  deux  fragments  jusqu’au  tiers  supérieur  de  l’hu- 
merus.  Tissus  sains  et  tissus  néoplasiçjues  sont  réunis 
Par  une  zone  impréciseau  niveau  du  moignon  de  l’épaule. 


un  certain  degré  de  mobilité  conservée.  Les  muscles 
de  l’omoplate  ont  conservé  leur  couleur  et *leur  consis¬ 
tance  naturelles  :  ils  sont  peu  ou  pas  atteints  fig.  12;. 


Fi(,.  12. 

L’examen  microscoijique  montre  qu'il  s'agit  «  d’un  sar¬ 
come  central  de  l’humérus,  ayant  débuté  par  la  zoneju.x- 


ta-épiphysaire,  Tayant  détruite,  et  ayant  de  la  sorte  dé¬ 
terminé  une  sorte  de  décollement  épiphysaire.  La  large 
intervention  qui  avait  été  faite  pouvait  faire  espérer  une 
longue  survie  ;  on  a  vu  qu'il  n’en  fut  rien,  et  que  la  ma¬ 
lade  succomba  à  une  pleurésie  hémorrhagique  évidem¬ 
ment  due  à  la  généralisation  sarcomateuse. 

M.  Berger  retint  de  ce  cas  la  facilité  extrême  que  lui 
donna  la  réaction  de  la  partie  interne  de  la  clavicule 
(modification  de  son  procédé  antérieur  dans  la  ligature 
des  vaisseaux. 


Un  second  cas  çécent  de  M.  Berger  porta  sur  un  chon¬ 
drome  plusieurs  fois  récidivé  de  l'extrémité  supérieure 
de  l'humérus  gauche  fîg.  13'.  Instruit  parle  cas  précé- 


Cela  tient  :  1"  aux  difficultés  de  ligature  des  vaisseauj| 
dont  les  rapports  sont  modifiés  par  ces  tumeurs  :  2"  anj 


dent.  M.  Berger  sectionna»  la  clavicule  vers  sa  partie 
moyenne,  au  point  où  elle  est  le  plus  facilement  accessi¬ 
ble,  et  après  avoir  dénudé  rapidement  tout  le  fragment 
interne  en  le  soulevant  avec  un  davier,  il  l’extirpa...  puis 
réséqua  le  fragment  au  ras  des  insertions  du  deltoide.  » 
fig.  14  et  15).  C’est  encore  ce  qu’il  fit  dans  un  cas  de  sar¬ 
come  ganglionnaire  de  l’aisselle  fig.  10  et  17  .  Au  total, 
M.  Berger  a  pratiqué  6  fois  l'amputation  interscapsulo- 
thoracique  :  4  fois  il  a  obtenu  la  guérison  opératoire  ra¬ 
pide  :  il  a  même  obtenu  mieux,  puis  qu'entre  autres,  son 
opéré  de  1S90  myxome  de  l’extrémité  supérieure  de  l’hu¬ 
mérus)  est  encore,  au  bout  de  9  ans,  en  bonne  santé . 
Joignant  son  expérience  personnelle  aux  matériaux  ras¬ 
semblés  par  MM.  Jeanbrau  et  Riche,  le  P''  Berger  étu¬ 
die  les  résultats  fournis  par  128  observations  d’ampu¬ 
tation  interscapulo-thoracique. 

I.  Mort.\lité  opératoire. 

1"  Tumeurs  de  l’humérus,  73 amputations  interscapulo- 
thoraciques  pour  tumeurs  de  l’humérus  donnent  2  cas  de 
morts,  soit  2  75  %  demortalité.  Elles  se  décomposent  en: 
a,  64  pour  tumeurs  malignes,  donnant  2  morts,  soit 
3.12  %  ;  et  é)  9  cas  pour  chondromes,  sans  décès,  soit 
0  pour  cent. 

2"  Tumeurs  de  l'omoplate.  —  21  amputations  intersca- 
pulo-thoraciques  pour  tumeurs  de  l’omoplate  donnent 
5  morts,  soit  23.80  %  de  mortalité.  Elles  se  décomposent 

a].  20  cas  pour  sarcome  de  l'omoplate,  donnant  5 morts 
soit  25  %;  b)  1  cas  pour  chondrome,  pas  de  décès,  soit  0  % 

3“  Tumeurs  scapulo-humérales,  et  des  parties  molles,  35 
cas  donnant  4  morts,  soit  11.24  %  de  mortalité. 

En  somme  l’interscapulo-thoracique  prend  un  caractère 
de  gravité  certain  quand  elle  s’attaque  à  des  des  tu¬ 
meurs  de  l’omoplate  et  des  parties  molles  de  l’aisselle . 


Fig.  15. 

tivée  par  des  tumeurs  malignes  de  l’humérus,  l'amputa¬ 
tion  interscapulo-thoracique  est  peu  grave,  très  sûre,  et 
le  souvent  facile.  »  , 


délabrements  étendus  nécessités  par  l’ablation  de  ces  tu¬ 
meurs  envahissantes.  Au  contraire  »  quand  elle  estmo- 


^  "'T-  -. 

LE  PROGRÈS  MEDICAL 


II.Gl'KRlSONS  DÉFINITIVES,  RÉCIDIVES,  GÉNÉRALISATIONS. - 

11  faut  distinguer  les  tumeurs  malignes  et  les  ckondro- 
mes. 

1»  Sarcomes  de  l'humérus.  —  62  cas  de  guérisons  opé¬ 
ratoires  qui  se  répartissent  comme  suit  :  30  morts  de  ré¬ 
cidive  ou  généralisation,  plus  ou  moins  longtemps  après 


Fig.  16. 

l'opération  ;  3  morts  d’affections  indépendantes  ;  24  sur¬ 
vivants  ou  récemment  perdus  de  vue  ;  5  insuffisamment 
suivis.  D’où  la  proportion  :  Généralisations  et  récidives 
constatées,  48.38  %  Survivants  ou  perdus  de  vue  en 
bonne  santé,  38.70  %  . 


^’^^omes  de  l'omoplate.  —  15  cas  de  guérisons  opé- 
donnant  la  proportion  :  Généralisation  et  réci- 
p  î;®  constatées,  6(5.66  %  :  survivants  ou  perdus  de  vue 
bonne  santé  :  33.33  %. 

^^''^'otnes  scapulo-huméraux  et  des  parties  molles.  — 
ns  de  guérison  opératoire,  donnant  la  proportion  : 


155 


Généralisations  et  récidives  constatées  :  08.96  %  ;  sur¬ 
vivants  ou  perdus  de  vue  en  bonne  santé  20.68  %  .  On 
voit  qu’ici  encore,  c’est-à-dire  au  point  de  vue  dès  résul¬ 
tats  éloignés,  l’interscapulo-thoracique  donne  de  meil¬ 
leurs  résultats  quand  elle  s’attaque  aux  tumeurs  de  l'hu¬ 
mérus  que  lorsqu'elle  s’attaque  aux  autres  tumeurs  de 
l’épaule  (omoplate  et  parties  molles).  Comme  le  dit  M. 
Berger:  «  cela  n’a  rien  qui  doive  surprendre  :  pour  les 
tumeurs  de  l’humérus,  l’amputation  du  membre  dans  la 
contiguïté  du  tronc  est  l'amputation  éloignée,  l'opération 
large  qui  se  fait  dans  les  parties  saines  ;...  pratiquée 
pour  les  tumeurs  de  l’omoplate,  cette  opération  estl’am- 
putatiou  de  nécessité  ..  insuffisante,  ou  tout  au  moins 
précaire.  » 

II.  Durée  DE  la  survie  après  amput.atiün  pour  sarcomes. 

M.  Berger  estime  que  les  chiffres  indiqués  par  Jean- 
breau  et  Riche  au  point  de  vue  de  la  survie  après  ampu¬ 
tation  interscapulo-thoracique  (5  ans  et  moins)  devien¬ 
nent  beaucoup  trop  optimistes  si  on  ne  considère  que  la 
survie  dans  les  cas  d’intervention  pour  sarcomes. 

1“  Sarcomes  de  l’humérus. —  Survie  moyenne  de  19  à  20 
mois  chez  ceux  qui  ont  succombé  à  récidive  ou  générali¬ 
sation  ;près  de  4  ans  chez  les  malades  perdus  de  vue. 
Gomme  chiffres  extrêmes,  citons  un  mois  et  demi  (Ber¬ 
ger*  et  13  ans  (Ochsner). 

2"  Sarcomes  de  l'omoplate.  —  Survie  moyenne  de  13  à 
14  mois,  chez  ceux  des  opérés  qui  ont  été  finalement  en¬ 
levés  par  récidive  ou  généralisation  ;  de  2  ans  et  demi 
chez  ceux  qui  ont  été  perdus  de  vue. 

3"  Sarcomes  de  diverses  provenances. — Survie  moyenne, 
19  à  20  mois  pour  ceux  des  opérés  qui  ont  succombé  à 
récidive  ou  généralisation  ;  près  de  4  ans  chez  ceux 
qu’on  a  fini  par  perdre  de  vue. 

4"  Chondromes  de  l'humérus.  —  Survie  beaucoup  plus 
longue.  Certains  cas  datent  de  15  ans  et  n’ont  pas  en¬ 
core  récidivé. 

M.  Berger  pose  d’après  ces  chiffres  les  conclusions  sui¬ 
vantes  ;  «  L’amputation  interscapulo-thoracique  doit  être 
proposée  dès  le  début  dans  tous  les  cas  de  tumeurs  ma- 
ligues  de  l’extrémité  supérieure  de  l’humérus.  Tl  ne  peut 
y  avoir  de  réserve  que  pour  les  tumeurs  de  petit  vo¬ 
lume,  présentant  un  moindre  degré  de  malignité,  telles 
que  les  tumeurs  à  myéloplaxes,les  myxomes,  et  surtout  les 
chondromes,  pour  lesquels  l’extirpation  limitée  ou  la  ré¬ 
section  de  la  tête  de  l’humérus  peuvent  être  adoptées, 
mais  seulement  lorsqu’on  s’est  assuré,  par  une  cons¬ 
tatation  directe,  de  la  nature  relativement  bénigne  de  la 
néoplasie  à  laquelle  on  a  affaire. 

Les  chondromes  de  l’extrémité  sufiérieure  de  l'hu¬ 
mérus  nécessitent  parfoisl’amputation  interscapulo-tho¬ 
racique,  à  cause  de  leur  énorme  développement  ;  l’opé¬ 
ration  dans  ces  cas.  quel  que  soit  le  volume  de  la  tumeur, 
est  une  opération  des  meilleures  et  des  plus  sûres. 

Les  tumeurs  malignes  de  l’omoplate,  les  tumeurs  ma¬ 
lignes  de  l'aisselle  et  du  moignon  de  l’épaule  ne  justifient 
l’amputation  interscapulo-thoracique  que  lorsque  la  con¬ 
servation  du  membre  supérieur  n’est  pas  compatible 
avec  l’extirpation  totale  de  la  tumeur. 

Ilyalieu  de  substituer  à  la  résection  de  la  partie 
moyenne  de  la  clavicule  — comme  temps  préliminaire  de 
la  ligature  de  vaisseaux  —  la  résection  de  son  extrémité 
sternale  pratiquée  après  section  de  la  clavicule  à  sa  par¬ 
tie  moyenne. 

Le  drainage  le  plus  large  et  le  plus  minutieux  du  point 
déclive  des  zones  décollées, sauvegarde  la  vie  de  l’opéré, 
et,  en  tons  cas,  hâte  notablement  sa  guérison. 

L.-E.  Morel. 


Expressions  curieuses.  —  Les  malades  ou  leurs  parents  ont 
quelquefois  des  expressions  originales  pour  caractériser  leur 
maladie  ou  ses  sym|>tôjnes.  Parlant  des  crises  de  sa  fillette 
hystérique,  la  mèrê  nous  dit  :  «  Aile  tombe  toujours  à  dents», 
en  d’autres  termes,  elle  tombe  en  avant,  sur  la-face. 


156 


LE  PROGRÈS  MEDICAL 


1 


BIBLIOGRAPHIE 


Promenade  d’un  médecin  à  travers  l’histoire  ;  par  le 

D'-J.  Hakraui),  Kiuievai,  éditeur. 

Ce  livre  dédié  au  D''  Cabanès  est  digne  de  lui  :  même  pré¬ 
cision,  même  allure  mordante  et  gaie  que  chez  le  maître. 

L’ouvrage  que  nous  offre  le  Barraud  vient,  en  appor¬ 
tant  une  nouvelle  pierre  à  l’édifice  de  la  médecine  histo¬ 
rique,  confirmer  ce  que  nous  disions  précédemment,  à 
savoir  que  si  les  médecins  voulaient  s’occuper  d’être  des  his¬ 
toriens,  ils  parviendraient  à  éclairer  d’une  lumière  vraiment 
inattendue  des  passages  de  l’histoire  demeurés  obscurs 
jusqu'alors. Le  D''  Barraud  nous  confirme  par  des  exemples. 
Son  livre  est  composé  de  plusieurs  études.  «  plusieurs  pro¬ 
menades  ».  Une  promenade, pour  être  bonne,  doit  être  courte 
et  faite  sous  un  ciel  éclatant  de  lumière.  Les  études  de  cet 
ouvrage  sont  toujours  très  brèves,  une  impression,  un  détail 
qui  caractérise  et  c'est  tout  ce  qu'il  faut  pour  les  faire  briller 
comme  une  peinture  italienne. 

Tous  ces  petits  tableaux  sont  des  exemples  de  ce  qui  a  été 
avancé.  Un  pris  entie  tous  :  De  quoi  est  mort  Mozart  ?  telle 
estle  litre  d'uneélude  du  livre  écrit  par  le  If  Barraud  pen¬ 
dant  ses  promenades.  L’on  sait  quel  bruit,  provoqua  àla  lin 
del791  et  au  commencement  de  1793 dans  l’Autriche  (le reste 
de  l’Europe  était  trop  occupé  par  la  France  révoltée)  la  mort 
de  VVolfrang  Amédée  Mozart. 

Empoisonné,  Mozart  était  empoisonné  par  Saliéri,  son  ri¬ 
val  !  Tout  semblait  confirmer  le  crime  ;  la  Jeunesse,  les  paro¬ 
les  du  grand  musicien, lajalousiede  Saliéri,  dont  les  cabales 
avaient  réduits  l’auteur  de  Don  Juankla  misère.  L’état  civil 
lui-même  semblait,  par  sa  pseudo-ignorance,  vouloir  jeter  un 
voile  sur  celte  affaire  :  «  Mort  d'une  lièvre  cérébrale  »,  nous 
disent  les  registres  olliciels.  C’est  bien  là,  semble-t-il,  l'éti¬ 
quette  prise  au  hasard  et  collée  sur  un  flacon  dont  on  vent 
cacher  le  vrai  contenu. 

La  question  se  pose  donc  alors  :  Mozart  a-t-il  été  empoi¬ 
sonné  ?  Nous  le  verrons  tout  à  l’heure. 

Cependant  aujourd'hui  tousles  biographes  de  Mozart  ayant 
plus  ou  moins  écarté  l’idée  d’empoisonnement,  ont  adopté 
presque  généralement  une  version  que  M.  Barraud  nous 
montrera  fausse  ou  du  moins  invraisemblable  :  la  phtisie. 

Mozart  est-il  mort  de  tuberculose  ? 

LeD''  Barraud  étudie  les  antécédents  du  compositeur.  Le 
grand-père  a  laissé unenombreuso  famille  qui  s’est  mainte¬ 
nue  jusqu’à  nos  jours.  Le  père  grand,  vigoureux,  meurt  à 
70  ans.  sans  aucune  maladie, après  une  vie  fort  agitée,  cepen¬ 
dant.  La  mère  de  Mozart  est  malade  souvent,  sur  7  enfants,  5 
meurent,  cependant  la  sœur  de  Mozart  qui  fut  avec  lui  le 
seul  enfant  qui  vécut  et,  malgré  des  maladies  et  des  ennuis, 
ne  mourut  qu’à  80  ans.  Mozart,  lui-même,  n’est  pas  le  petit 
garçon  souffreteux  qu’on  veut  bien  en  faire.  11  est  cependant 
très  nerveux  :  la  .«onnerie  d'un  clairon  le  fait  évanouir  ;  il 
n'est  cependant  pas  «  faible  »  ;  en  effet,  il  eut  successive¬ 
ment  ;  scarlatine,  petite  vérole,  typho’i'de,  autre  maladie  (?), 
catarrhe;  au  moment  de  son  mariage  (1781), le  grand  com¬ 
positeur  est  maigre  et  pâle,  la  tête  forte,  l’œil  grand,  proémi¬ 
nent  et  vague.  Il  s'évanouit  facilement.  Pourquoi  cet  état 'f 
Trois  causes;  1°  maladies  successivès  ;  2"  voyages  ; 3°  tra¬ 
vail.  Nous  connaissons  les  maladies,  vo  yons  les  voyages,  ils 
sont  nombreux,  faits  dans  de  mauvaises  conditions  physi¬ 
ques  par  manque  d'argent,  très  fréquents  et  souvent  ac¬ 
compagnés  de  travail.  -Mozart  a  travaillé  d'une  «  façon  co¬ 
lossale  »  dans  sa  vie,  ses  improvisations  elles-mêmes  n’é¬ 
taient  que  la  solution  instantanée  d’un  problème  longtemps 
médité. 

Voilà  dans  quel  état  Mozart  se  présente  devant  le  notaire 
avec  cette  santé  chancelante  ;  quelle  garantie  matérielle  'f 
Aucune.  La  misère  ne  tarde  pas  à  se  glisser  dans  le  ménage 
qui  s'augmente  bientôt  de  trois  enfants.  Dans  cette  situation 
désespérée  une  hallucination  épouvantable  surgit  soudain  ; 
le  comte  de  Walseg  lui  a  commandé  un  Requiem,  Mozart 
croit  que  c’estle  sien  ;  sa  femme  qu'il  aime  n’est  pas  là  pour 
l’écarter  de  ces  idées  ;  elle  accourt,  cache  le  Requiem,  mais  les 


pieds  et  les  mains  du  musicien  enflent,  il  s’alite,  l’agonie 
commence  ;  elle  va  durer  un  mois  !  Enfin,  le5  décembre,  l’aii. 
leur  de  Figaro  s’éteint.  Le  lendemain  matin,  par  un  temps  de 
neige,  éclairé  d'un  jour  blafard  le  corbillard  des  pauvres 
emportait  ver.«  la  fosse  commune  du  cimetière  Saint-Marc  le 
précurseur  de  toute  la  musique  moderne.  Et  tout  ça  pour  1{ 
florins.... 

Mozart  est  donc  mort  d'usure,  d’excès  de  tr  avail  physique 
et  moral  ;  mais  la  maladie  qui,  en  se  greffant  là-dessus i 
emporté  Mozart,  semble  être  une  néphrite  (amaigrissement 
étouffements,  syncopes,  pieds,  mains  enflés,  parésie).  Riei 
d'étonnant  à  ce  qu’une  néphrite  emporte  si  vite  un  orga¬ 
nisme  usé  comme  l'était  celui  de  Mozart,  c’était  la  goutte 
d'eau  qui  fait  déborder  le  vase  . 

Ce  n’est  donc  ni  la  tuberculose,  ni  le  poison  qui  ont  em¬ 
porté  Mozart  comme  on  l’avait  cru  jusqu’alors. 

L’on  voit' combien  l’histoire  pourait  tirer  des  médecini 
paç  ce  résumé  de  l’étude  de  M.  Barraud. 

Un  autre  petit  tableau  est  brossé  très  aimablement  et^ 
avec  des  détails  nouveaux  ;  son  sujet  :  «  Un  apothicaire  ati 
temps  du  gr/md  roi  ».  Cependant  comme  nous  avons  déjà 
donné  ici  le  résumé  d’une  étude  sur  les  apothicaires  du  temps 
passé  (1),  et  que  la  place  nous  manque,  nous  nous  permet¬ 
trons  de  passer,  et  pourcette  même  et  dernière  raison,  nous 
ne  pourrons  que  citer  les  études  sur  Saint-Hilaire,  évêque  ilt 
Poitiers,  la  Prostitution  au  temps  d'Isabeau  de  bnoière,  la  Cour 
des  Miracles,  Christine  de  Suède  et  Bourdelot  comme  particu¬ 
lièrement  intéressantes. 

Cependant  un  dernier  mot  encore,  une  question  :  M.  Bar¬ 
raud  dans  la  préface  de  ce  livre  dont  on  a  pu  juger  l'intérêt, 
dit  ;  w  Un  médecin  qui  contemple  le  monde  extérieur  s'en  fait 
une  idée  différente....,  nous  avons,  nous  médecins,  des  lu¬ 
nettes  qui  nous  changent,  redressent  les  objets,  les  montrent 
sous  leur  véritable  aspect  !  »  Sous  leur  véritable  aspect, 
croyez-vous  M.  Barraud,  croyez-vous 'f 

La  population  de  Vitry-le-François,  1773-1901, 

par  leD'  I-angi.ki  .  Beims,  Matot-Braine  éditeur. 

M.  Langlet,  qui  a  déjà  publié  un  certain  nombre  de  tra¬ 
vaux  statistiques  et  historiques  sur  Reims  et  les  environs 
nous  en  donne  un  nouveau. 

Après  avoir  rappelé  la  bibliographie  statistique  del’arron- 
dissement  de  Vitry,  il  en  étudie  la  population.  Son  travail 
s’ouvre  par  une  étude  de-  la  ville  avec  des  détails  fort  inté¬ 
ressants  au  point  de  vue  des  ménages,  professions,  etc., 
puis  le  relevé  des  paroisses  avec  deux  états,  l’un  pour  les 
communes  de  l'ancienne  élection,  l’autre  pour  les  commu¬ 
nes  avec  l’évolution  de  la  population  jusqu’en  1901.  Des  gra¬ 
phiques  précisent  ces  données.  Enfin  le  D-'  Langlet  termine 
pàr  une  étude  générale  de  l’arrondissement  considéré  dans 
son  ensemble.  Ce  travail  fait  consciemment  aura  sûrement 
beaucoup  d’intérêt  pour  les  historiens  de  Vitry-le-François-f 


ff)  V.  Comple-i-eudu  des  Médecins  Je  Guéret,  juin  1005. 


CHEMIN  DE  FER  D’ORLÉANS 


Billets  d'aller  et  retour  de  famille  pour  les  stations  thermales  j 
et  hivernales  des  Pyrénées  et  du  Golfe  de  Gascogne  (Area-  I 
chon.  Biarritz.  Dax,  Pau,  Salies-de-Bearn.  etc.  (Tarif  spé' | 
cial  F.  V.  m  106  (Orléans). 

Des  billets  de  famille  de  1”,  2-  et  3*  classes,  comportant  un* 
réduction  de  20 à  40  0,  0,  suivant  le  nombre  des  personnes,  soot 
délivrés  toute  l’année,  à  toutes  les  gares  du  réseau  d’Orléanfi 
pour  les  stations  termales  et  hivernales  du  Midi,  sous  condition 
d’effectuer  un  parcours  minimum  de  300  kilomètres  (aller  d 
retour  compris)  et  notamment  pour  :  Arcachon,  Biarrit^.  DàZ, 

Guéthary  [tiaXte  ,Hcndaye,  PaujSaint-Jean-de-Lu^,Salics-de-Biar*<  | 

etc. 

Durée  de  validité:  33  jours  non  compris  les  jours  de  départ 
d’arrivée. 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


157 


r 


THÉRAPEÜTIÜÜE 

Traitement  médicamenteux  des  bronchites  chroniques 
et  de  la  tuberculose  par  THélénine  créosotée. 

Les  propriétés  de  l'hélénine  sont  bien  connues  de  nos  lec- 
eurs,  et  nous  ne  rappellerons  sa  bienfaisante  action  dans 
es  bronchites  chroniques  et  la  tuberculose  que  pour  insis- 
er  sur  son  association  à  la  créosote,  qui  augmente  l’action 
éciproque  de  ces  deux  principes  médicamenteux.  Le  D>'  de 
'orab,  après  une  longue  expérimentation,  a  pu  établir  la 
luissa’nce  thérapeutique  de  l'hélénine  créosotée.  Les  globu- 
es  à'hélénine  créosotée  de  Korab  à  la  dose  de  2,  3  ou  4  par  jour 
ont  acceptées  sans  dégoût  et  sans  répugnance  par  les 
naïades  ;  la  créosote  est  mieux  tolérée  par  l’estomac,  grâce 
1  l’action  calmante  de  l’hélénine  sur  les  muqueuses.  L’ab- 
orption  du  médicament  est  fort  rapide  comme  en  font  foi 
es  exhalaisons  créosotées  jointes  au  parfum  de  l'hélénine 
iix  minutes  après  l'administration  des  globules.  En  un  mot 
hélénine  créosotée  de  Korab  doit  tenir  une  place  de  choix 
ians  la  liste  trop  courte  des  médicaments  efficaces  des  bron- 
jhites  chroniques  et  de  la  tuberculose  pulmonaire. 


Traitement  des  maladies  du  cuir  chevelu  dénommées 
teignes  tondantes  ; 

On  lit  dans  le  Bulletin  municiftal  du  3  mars  ; 

.âvisà  MM.  les  directeurs,  à  Mmes  les  directrices  des  écoles 
publiques  et  privées  et  à  MM.  les  médecins  inspecteurs  des 
écoles. 

Depuis  deux  ans,  à  l’hôpital  Saint-Louis  (école  Lailler), 
la  radiothérapie  est  appliquée  aux  nialadies  du  cuir  chevelu 
dénommées  «  teignes  tondantes  ».  Cette  méthode  a  produit 
de  bons  résultats  en  réduisant  dans  la  proportion  des  cinq 
sixièmes  environ  la  durée  du  traitement. 

Il  est  rappelé  à  ce  propos  que,  les  lundis  et  mercredis,  à 
neuf  heures  du  matin,  fonctionna  à  l’hôpital  Saint-Louis,  rue 
Bichat,  42,  une  consultation  publique  des  affections  du  cuir 
chevelu.  Cette  consultation  est  spécialement  destinée  aux 
élèves  des  écoles  publiques  et  libres. 

Si  l’affection  constatée  n’est  pas  contagieuse,  l’enfant  re¬ 
çoit,  avec  l'indication  du  traitement  approprié,  un  certifi¬ 
cat  constatant  qu'il  peut  être  admis  en  classe  sans  danger 
iwur  ses  condisciples.  Si,  au  contraire,  il  s’agit  d’une  maladie 
contagieuse,  le  malade  est  admis  à  l’école  Lailler,  soit  com- 
roo  externe,  soit  comme  interne.  En  quelques  semaines  la 
guérison  peut  être  obtenue. 

Mm.  les  directeurs  et  Mmes  les  directrices  sont  priés  de 
j  communiquer  ce  renseignement  aux  parents  intéressés. 

LES  CONGRÈS 

XV»»!  Congrès  International  de  Médecine 

(Lisbonne,  19-26  Avril  1906l. 

Le  Comité  exécutif  du  XV'  Congrès  International  de  Médecine 
est  assuré  un  nombre  considérable  d’appartements  (  chambres 
;  ou,  pour  la  plupart,  à  plusieurs  lits),  au  prix  de  6,  8  et  10 

i  ^cs  par  lit,  suivant  la  catégorie.  Il  y  a  aussi  quelques  logements 
I  ®®^usion,à  15  francs  par  personne.  On  payera  les  tickets  à  la 
i  et  if ®  Lisbonne  en  arrivant  par  chemin  de  feiq 
I  durée  du  Congrès,  soit  huit  jours.  11  y  a  toute  facilité 

(tue  '■opas  dans  les  restaurants  et  hôtels  de  Lisbonne,  ainsi 
.j,  o^us  le  restaurant  du  Congrès. 

fiv-'^®®  los  logements  seront  distribués  au  fur  et  à  mesure  qu’ar- 
à  lit*'?!*  les  demandes  :  celles-ci  sont  à  adresser,  avant  le  31  mars 
j'';UOEL  .losÉ  DA.  Sii.v.t,  Palacio  Foz,  Praça  dos  Restaura- 
ggj  ’  L>®bonno,  qui  est  chargé  de  ce  service.  L’affaire  des  voya- 
PssDoI  ®®**"‘*Lement  réglée  avec  les  chemins  de  fer  français  e.s- 
'èvov^  0^  portugais  qui  permettent  aux  congressistes  d'ciïectuer 
*ouion  ^  Be  retour  par  un  itinéraire  diffèrent  de  celui  de  l’aller, 
l’aller  ?”  l'énéficiant  de  la  réduction  de  50  % ,  à  condition  que 
grés  ç  1® '’olour  se  f^ssenj  par  voie  ferrée.  Le  Comité  du  Con- 
jours-ci  l’envoi  des  cartes  spéciales 

mes  pour  les  compagnies  des  trois  pays.  Nous  apprenons  en 


ce  moment  qu'aussiles  chemins  de  fer  italiens  accordent  la  réduc¬ 
tion  de  50  %  . 


Faculté  de  médecine  et  de  Pharmacie  de  Bordeaux 

Thèses  soutenues  pendaut  l  année  scolaire  I90ii-19n(î. 

Décembre  1905,  —  Fauré.  La  neurasthénie  traumatique  chez 
les  artério-scléreux.  —  Potel.  Genèse  et  descendance.  Etude 
critique  d’unconflit  moderne  (Contribution  à  1  histoire  de  la  Bio¬ 
logie).  —  Gaiulaud.  Essai  sur  la  cérébralité  féminine.  —  Pochoy. 
Indications  et  contre-indications  de  la  bronchoscopie  supérieure 
et  inférieure  dans  le  cas  de  corps  étrangers  des  voies  aériennes. — 
Roton.  Les  kystes  hydatiques  du  pancréas.  —  Bézos.  Les  tu- 
'meurs  du  grand  pectoral.  —  Bouthillier.  De  l’iridectomie  et  de 
la  sclérectomie  combinées  dans  le  traitement  du  glaucome.  — 
IIerve.  Signes,  diagnostic  et  traitement  des  accès  amygdaliens. 
Valeur  des  signes  anciens.  —  NtCAUDi8.De  la  valeur  diagnostique 
et  pronosticpie  de  la  diazoréaotion  dans  la  tuberculose.  —  Rouxeu 
Les  teignes  à  l’hépital  civil  de  Brest  depuis  8  ans.  —  Gachbt. 
Mouvements  involontaires  et  stèréotypies  des  doigts  s’organisant 
en  tic  dans  le  tabes. 

Janvier  1906,  —  Védy.  L’eau  de  mer  en  thérapeutique  et  prin¬ 
cipalement  chez  les  tuberculeux.  —  Dupin.  Quel  est  le  meilleur 
traitement  opératoire  des  fistules  vésico-vaginales  ?  Résultats 
comparés  des  diverses  méthodes.  —  Bardet.  Du  traitement  chi¬ 
rurgical  de  l’éclampsie  puerpérale.  —  Rioms.  La  torsion  du  pédi¬ 
cule  des  kysto.s para-ovariens,  —  Lefebvre.  Contribution  àl’étitde 
de  l’urétrotomie  interne  à  setions  multiples. 

Delahet.  Le  tempérament  bilieux.  Etude  historique,  clinique, 
thérapeutique.  —  Bouissière.  Traitement  du  cancer  des  paupières 
•  par  lesrayonsX.  — Güisei.in. Du cancerde l’ombilic.- — Cheynel. 
De  l’ovariteourlienne.  —  Bouchaud.  Contribution  à  l’étude  delà 
médication  formique,  —  Duhoürcau.  Sur  le  saprophytisme  du 
bacille  du  Koch. 

Espinasse.  De  la  valeur  de  la  funiculopexie  et  de  l’extension 
élastique  dans  le  traitement  de  l’ectopie  testiculaire  inguinale.  — 
Popp.  De  l'évolution  clinique  et  bactériologique'  des  salpingites. 

—  Vidal.  De  l’aménorrhée  (Etude  du  sang  chez  les  aménorrhéi- 
ques).  —  Duc^llier.  Lumière  et  galvanocaustie.  Installations 
sur  canalisations  életriques  urbaines.  —  Audhuy.  Radiothérapie 
coloniale.  —  Marque.-  De  la  coexistence  de  l’appendicite  ingui¬ 
nale  droite  (Traitement  opératoire).  —  Bksse.  Grenouillette  de 
la  glande  de  Nuhn-Blandin.  —  Geoffroy.  Modifications  de  la 
respiration  dans  l’hyperthermie  expérimentule.  Etude  physiologi¬ 
que  de  pneumographie  et  de  pneumochimie.  —  Badin.  Recherche 
du  spirochète  pallida  dans  les  lésions  superficielles  de  la  syphilis. 

•  ■ —  Beinet.  La  tuberculose  de  la  prostate. 

Millon.  L’empalement.  —  Laporte.  L’ostéomyélite  du  pubis. 

-  Li  TAUD.  Contribution  à  l’étude  du  traitement  des  varices  des 
j  membres  inférieurs  par  la  méthode  sanglante.  -  Villeneuve,  La 
I  femme  et  la  médecine.  —  Dufresne.  Notes  sur  la  vie  et  les  œu¬ 
vres  de  Vicq  d’Azyr.  (1748-17941.  Histoire  de  la  Fondation  de  ' 
l’Académie  de  médecine. — -  Duliscouét.  Les  lépreux  au  moyen- 
âge  en  France.  —  Salonne.  Les  ruptures  sus-rotuÙennea du  qua- 
driceps  fémoral.  Avantages  du  traiteinent  par  lu  suture,  —  Vou- 
TERS.  De  l’intervention  chirurgicale  dans  les  tumeurs  de  la  vessie. 
Challier.  Du  choix  d’un  traitement  dans  l’épididymite  tubercu¬ 
leuse  (Etat  actuel  de  la  question). —  Blain.  L’altruisme  morbide 
dans  la  paralysie  générale. 

Renault. Sur  un  nouveau  mode  de  traitement  du  coryza  spasmo- 
diqueavec  ousanshydrorrhéepar  les  injectionsinterstitielles  de  pa¬ 
raffine. — Bourrut-Lacouture.  Contribution  à  l’étude  anatomique 
des  vestiges  du  canal  péritonéo-vaginal  chez  l’enfant.  Leur  rôle 
dans  la  production  des  kystes  du  cordon.  —  Sauvet.  Importance 
du  terrain  dans  l’évolutiop  de  la  tuberculose.  — Lepage.  Le  bacille 
de  Koch  dans  les  selles  chez  l’enfant.  Technique  et  valeur  diag¬ 
nostique.  —  Guennoc.  Contribution  à  l’étude  de  la  laparotomie 
par  le  procé4é  de  Pfannenstiel.  —  De  Schacken.-  Etude  de  la  bi¬ 
lharziose.  Sa  localisation  au  point  de  vue  anatomo-pathologique. 

—  Gunaud.  Le  classement  des  voix.  -  Réca.mier.  Action  des 
rayons  X  sur  le  développement  de  l’os.  —  Fr.vnçois.  Le  chancre 
induré  de  la  main.  —  St-1Iarty.  De  la  gymnastique  respira- 

IIüet.  Contribution  à  l'étude  de  la  valeur  séméiologique  du 
signe  d’Argyll-Robertson.  —  SIbenaper.  L’âge  du  discernement. 
Considérations  juridiques  et  médico-légales  sur  la  responsabilité 
de  l’enfance  coupable.  —  Mauvoisin,  De  l’otite  moyenne  et  de  la 
mastoïdite  d'origine  puerpérale.  —  G.xubil.  Calculs  et  tu  meurs 
du  rein.  —  Armstrong.  Critiques  des  théories  émisessur  le  bruit 
de  rappel.  —  Benjamin.  La  colonisation  pénale  à  la  Guyane  fran¬ 
çaise.  Considérations  médicales,  biologiques,  économiques  ej  so¬ 
ciales. 


158 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


1 


Actes  et  Thèses  de  la  Faculté  de  Médecine  de  Paris. 

Thèses  de  doctorat.  — Mercredi,  14  mars.  —  M.  Lagrange  : 
Nouvelle  luélhode  de  dosages  de  l'aeide  salicyiique  el  application 
de  ce  procédé  à  la  recherche  de  quelques  dérivés  salicylés  (M.M. 
.  (iautier.  Landouzy,  Desgrez,  Labbé  (Marcel).  —  M .  Poissonnier  : 
Le  cœur  dans  les  déviations  du  rachis  et  les  déformations  thoraci¬ 
ques  (MM.  Landouzy,  Gautier,  Desgrez,  Labbé  (Marcel). —jt/.  Che- 
vai'SH  :  Tumeurs  du  testicule  (MM.  Reclus.  Segond,  Pierre  Duval, 
Proust).  —  M.  Noé  :  Des  abcès  appendiculaires  ouverts  dans  l’in- 
leslin  (MM.  Segond,  Reclus,  Pierre  Duval,  Proust) 

Jeudi,  1 5  mars.  —  M.  Detoc  :  Etude  générale  sur  les  champi¬ 
gnons  (MM.  Cornil,  Raymond,  Dupré,  Guiart) .  —  M.  Uhry  :  De  la 
valeur  comparée  des  médicaments  toni-cardiaques  (résultats  clini¬ 
ques).  (M.M.  Raymond.  Cornil,  Dupré.  Guiart).  — M.  Ginrdani  :  Sui¬ 
te  diagnostic  des  tumeurs  de  l'hypophyse  par  la  radiographie  (MM. 
R.iymond,  Cornil,  Dupré,  Guiart).  — M.  Picot:  Le  massage  de  la 
jirostate  (MM.  Le  Dentu,  De  Lapersonne,  .Luvray,  Morestin).  —  M. 
Para:;ols  :  De  quelques  aspects  ophtalmoscopiques  des  sérosités 
optiques.  (MM.  De  Lapersonne,  Le  Dentu,  Ajivray,  Morestin).  — 
M.  Santon  :  Contribution  à  l’étude  du  traitement  de  l'iritis  rhuma- 
timale  par  les  injections  intra-veineuses  du  salicylate  de  soude 
(MM.  De  Lapersonne,  Le  Dentu,  Auvray,  Morestin). 

Examens  de  doctorat.  —  Lundi,  12  mars.  —  Dissection  (Ecole 
jiratique)  :  MM.  Poirier,  Mauclaire,  Cunéo.  —  3”  (Impartie,  P'  série. 
Oral,  Salle  Béclard)  :  MM.  Kirmisson.  Lepage.  Branca.  —  3"  (P"  par¬ 
tie,  2-  série.  Oral.  Salle  Broussais)  :  .M.M.  Segond,  Wallich.  RielTel. 
—  5'  (Chirurgie.  P-  partie,  Hôtel-Dieu)  :  MM.  Terrier.  Dclens.  Gos- 
set.  —  5'  (2'  partie.  Hôtel-Dieu)  :  MM.  Déjerine,  Teissier,  Labbé 
(Marcel). 

Mardi,  /.?  mars.  —  Dissection  (Ecole  pratique)  :  M.M.  Le  Dentu. 
Thiéry,  Rieffel.  —  .3”(l"  partie.  P'  série.  Oral,  Salle  Pasteur)  ;  .M.M. 
Berger.  Ribeuiont-Dessaignes.  Lauiiois.  —  3*  (1"  partie.  2*  série. 
Oral.  Salle  Charcot)  :  M.M.  Poirier.  Hartmann,  Brindeau.  —  .5"  (Chi¬ 
rurgie.  P*  partie.  P'  série.  Charité)  ;  MM.  Guyon.  De  Lapersonne. 
Morestin.  —  ,V  (Chirurgie,  P”  partie,  2' série,  Charité)  ;  MM.  Pozzi, 
Marion,  .Luvray. 

Mercredi,  14  mars.  —  Dissection  'Ecole  pratique)  :  MM.  Kirmis¬ 
son.  Cunéo,  Rieffel.  —  P' (Oral,  Salle  Charcot):  .MM.  Poirier.  Le- 
gueu.  Branca. — 4"  (.Salle  Broussais)  :  M.M.  Pouchet,  Richaud.  Bal- 
thazard. 

Jeudi,  1 5  mars.  — Dissection  (Ecole  pratique)  :  MM.  Poirier,  .Ma¬ 
rion,  Rieffel.  —  .3'  (2-  partie.  Laboratoire  des  travaux  pratiques  d'a¬ 
natomie  pathologique)  :  .MM.  Joffroy.  Bezançon,  .Maillard.  —3“  (2* 
partie.  Oral,  .Salle  Pasteur)  ;  MM.  Hutinel,  Thiroloix,  Jeanselme. 

Vendredi,  16  mars.  —  Dissection  (Ecole  pratique)  :  M.M.  Poirier, 
Legueu,  Cunéo.  —  l"  (Oral,  Salle  Corvisart)  :  MM.  Blanchard, 
Gosset,  Rieffel. 

Samedi,  17  mars.  -  Dissection(Ecole  pratique)  :  .M.M.  De  Laper¬ 
sonne,  Thiéry,  Morestin.  —  3' (2’partie,  Laboratoire  des  travaux  pra¬ 
tiques  d’anatomie  pathologique)  :  M.M.  Cornil,  Guiart,  Maillard.  — 
4"  (Salle  Béclard,  :M.M.  Raymond,  Chantcraesse,  Vaquez.  —  5"  (2“ 
partie,  1"  série,  Beaujon)  ;  MM.  Hutinel,  Méry,  Gouget.  —  5”  (2' 
partie.  2'  série,  Beaujon)  :  MM.  Robin,  Jeanselme,  Bezançon.  —  5- 
(Obstétrique,  1"  partie.  Clinique  Tarnier)  :  M.M.  Maygrier,  Bonnai- 
re,  Brindeau. 


NOUVELLES 


Natalité  DE  Paris.  —  Do  dimanche  11  février  1906  an  samedi 
17  février  19C6,  les  naissances  ont  été  an  nombre  de  1.027,  se  dé¬ 
composant  ainsi  :  légitimes  767,  illégitimes  260.  1 

Mortalité  a  Paris.  —  Population  d’après  le  recensement  de 
1901  :  2.^.559  habitants.  Les  décès  ont  été  an  nombre  de  970.  * 
savoir:  475  hommes  et  495  femmes.  Les  décès  sont  dus  aux 
causes  suivantes  :  Fièvre  typhoïde  (typhus  abdomin.)  :  7.  — 
Typhus  exanthématique  :  0.  —  Fièvre  intermittente  et  cachexie 
palustre  :  0.  —  'Variole  :  0.  —  Rougeoie  :  20.  —  Scarlatine  :  2. 

—  Coqueluche  :  5.  —  Diphtérie  et  Croup  :  0.  —  Grippe  :  6. 

—  Choléra  asiatique  ;  0.  —  Choléra  nostras  ;  0.  —  Autres 
maladies  épidémiques  :  2.  —  Tuberculose  des  poumons  :  201.  — 
Tuberculose  des  méninges  :  19.  —  Antres  tuberculoses  :  14.  — 
Cancer  et  autres  tumeurs  malignes  :  64.  —  Méningite  simple  :  18. 

—  Congestion  hémorrhagique  et  ramollissement  du  cerveau  :  56. 

—  Maladies  organiques  du  coeur  ;  72.  —  Bronchite  aiguë  :  IJ. 

—  Bronchite  chronique  :  26.  —  Pneumonie  :  31.  —  Autres  affec¬ 
tions  de  l’appareil  respiratoire  ;  133.  —  Affections  de  l’estomac 
icancerezc.)  :  4.—  Diarrhée  et  entérite  deO  à  1  an  ;  sein  :  5  ;  au¬ 
tre  alimentation  ;  1 3.  —  Diarrhée  et  entérite  de  1  à  2  ans  :  0. —  Her¬ 


nies,  obstruction  intestinaie  :  4.  —  Cirrhose  du  foie  :  1  i.  —  Néplw 
et  mal  de  Bright  ;  34.  —  Tumeurs  non  cancéreuses  et  autres  g 
ladies  des  organes  gçnitaux  (femmes)  ;  4.  —  Septicémie  puerpérj 
(fièvre,  péritonite,  phlébite  puerpérale)  :  3.  —  Autres  aocid^ 
puerpéraux  de  la  grossesse  et  de  l’acooncnement  :  1.  —  Débit 
congénitale  et  vices  de  conformation  :  21. —  Débilité  sénile 

—  Morts  violentes:  16. —  Suicides  :  11.  —  Autres  maladies  :(] 

—  Maladies  inconnues  ou  mal  définies  :  19. 

Mort-nés  et  morts  avant  leur  inscrintion  :  67.  qui  se  décos 
posent  ainsi  :  légitimes  48,  illégitimes  19 

Distinctions  honorifiques.  — Officiers  de  l'Instruction  ■ 
blique.  —  MM.  les  D'’-’ Audollent,  F.-R.  Belin.  Dubar,  Dubrig 
H.  Gourichon,  Laskine,  M.-J.  Legros.  Letellier,  Mugnier,  P® 
zot,  J.-P.  Tessier,  Zibelin,  de  Paris  ;  Barthés,  d’Ivry-sur-Seig 
Bierry,  deLons-.e-Saunier  ;  Bouteloup,  d'Orléansville  ;  Goûta» 
de  Montferrand  :  Delahaye,  de  Toulon  ;  Hubert,  de  Cherbour| 
Langlebert,  de  Neuilly-sur-Seine  ;  Lelièvre,  de  la  Loupe  :  Peyi 
de  Bordeaux  ;  Prengreber.  de  Palestre  ;  Rigabert,  de  Marly-j 
Roi  :  Benech.  médecin  militaire. 

Officiers  d’.icadémie.  — MM.  les  D'- Barrault,  F.-P.  Bernai 
Blandamour,  Blondin,  Cattier,  Courtillicr,  Faucillon,  Forestii 
Jahaii,  Julliiet.  C.-E.  Kieffer,  Landais,  Moïse  Lehmann.  Leq 
Bing,  Pauly,  Puech,  Sanz  de  Santamaria,  Silva,  Soulé.  E.-i 
Tison.  Vignat,  Vilenski,  G.  E.  Vimont,  J. -A.  Weil,  J.-F.  Wnit 
de  Paris  :  Aubin,  de  Marans  ;  Aulés.  de  Saillans  ;  Azalbert.'i 
Cannes  ;  Castaneda  de  Campes,  de  Pontoise  ;  Chesnais,  de  1 
dréac  ;  Clause,  de  Clermont-en-.\rgonne  ;  Colandre,  d’Eglisenfl 
ve-d'Entraigues  ;  Daniel,  de  Mila  ;  Daumy,  de  Saint-Eloy-Ies-Mi 
nés  ;  Denoy,  de  Narbonne  ;  Dubarry,  de  Tarbes  ;  Fraikin,  d’Ar 
gelès-Gazost  ;  Fusier,  de  Thoiry  ;  Galangau,  de  Cerbère  ;  Géri| 
de  BordJ-Bou-.\rréridJ  ;  Gouez,  de  Plougastcl-Daoulas  :  Grï 
fault,  de  La  Motlie-Saint-Héraye  ;  Guiol,  d'Hyères  ;  Hazemaig 
de  Combles  ;  Hugues,  des  Arcs  (Jourdan,  de  Thônes  ;  H.  Lamanl 
de  Haspres  ;  Laugier,  de  Bar-sur-Ie-Loup  ;  Laurent,  de  Vitrey 
Léoncini,  de  Nice  ;  Levrat.  de  Lyon  ;  Louis  Malausséna,  de  Nice 
Mallet,  de  Tournan  (Marion,  de  Digne;  Martial,  de  Paulhaguetj 
Maugart,  de  la  Roche-suriYon  ;  Petit,  de  Montereau  ;  Picarel.  il 
Villeneuve-lés  Corbières  :  Pitti-Ferrandi.  de  Pietra-di-Verdé’ 
Pothef,  du  Perreux  ;  Raullet.  d'Aumale  ;  Reymondon,  de  Clirt 
béry  ;  Roger,  do  Laurens  ;  Rousseau,  de  Brest  ;  Rouvier,  deVeî 
ran  ;  Roux,  de  Marseille  ;  Roux,  de  Nice  ;  Saramito,  de  Sospet 
Springer,  d’Alençon  ;  Truffet,  de  Seyssel  ;  Chaudoye,  Doramaq 
tin.  Meyer,  Moinet,  Rabuson,  II.-L.  Robert,  médecins  militairelj 
M"»':  le  D'’  Ragu  née  Lsoovesco,  M''®  le  D"'  Roussel,  de  Paris.  Pat 
mi  les  pharmaciens  décorés  signalons  M.  Pennés,  maire-adjo* 
du  V‘'  arrondissement  de  Paris  et  M.  Midy,  les  spécialistes  bil 
connus. 

Chevaliers  du  Mérite  Agricole.  —  MM.  les  D''’-  Ilugaei 
d'Alger  et  H.-L.  Robert,  médecin  militaire. 

Eaux  minérales  de  la  P’rance.  —  Médaille  d'or.  —  M.  le 
Meilliére,  de  Paris.  —  Médaille  de  vermeil.  —  M.  le  D’’  Piatot,  * 
Bourbon-Lancy.  —  Rappel  de  médaille  de  vermeil.  —  M.  leD" 
Chiais,  d’Evian.  —  Médailles  d' argent.  —  MM.  les  D'“  Const^ 
de  Vittel  ;  Verdalle,  de  La  Bourboule.  —  Rappel  de  médail 
d'argent.  —  M.  le  D''  Poulain,  de  Bagnoles-de-l’Orne.  —  Méds\ 
les  de  bronze.  —  MM.  les  D'''  P.  Bergouignan,  d'Evian  :  Mougeol 
de  Royat  ;  Valby,  de  Mustapha  ;  Zuccarelli,  de  Bastia  ;  Carre^ 
médecin  militaire.  s 

Médaille  de  bronze  des  épidémies.  —  M.  Francière,  méàf 
cin  auxiliaire  au  126'  d'infanterie. 

Médaille  de  bronze  de  la  mutualité.  —  M.  le  D'  H.  Pdf^ 
médecin  militaire. 

Hôpitaux  de  Toulouse.  -M.  le  D'  Mériel  est  nommé,  apt* 
concours,  chirurgien  des  hôpitaux. 

Amphithéâtre  d'anato.viie  des  hôpitaux.  —  I.  Cours  ^ 
exercices  techniques  de.  médecine  opératoire  régionale 
direction  de  M.  Pierre  Sébileau.  directeur  des  travaux  scienO®: 
ques.  avec  l’assistance  de  MM.  les  D'*  Chifoliau  et  Chevri®*’ 
prosecteurs  des  hôpitaux.  -  , 

U.  Opérations  sur  le  foie,  l'estomac,  C intestin  et  le  reefu* 
par  5IM.  E.  Quénu,  professeur  agrégé,  chirurgien  de 
Cochin,  et  Pierre  Duval,  professeur  agrégé,  chirurgien  des 
taux.  —  Ce  cours  commencera  le  vendredi  16  mars.  -- 
lieu  à  4  heures  un  quart.  —  I.  Chirurgie  générale  du  foie  ; 
d’accès  (abdominaJe,  transpleurale)  ;  résection  et  suture  du  WG 
hépatopexie  :  exploration  générale  dae  voies  biliaires.  Vend^ 
16  mars.  —  II.  (Iholécystotomie  et  cholécystostomie  ;  cholécys)^ 
tomie,  cholécystb-entérostomie.  Les  cholédocotomies.  Lundi 


J 


LE  PROGRES  MEDICAL 


unies  (antérieure,  postérieure,  en  Y|.  Vendredi  23  mars.  — 
iV  Gastrectomie  ;  jéjunostomie.  Lundi  26  mars.  —  Interven- 
■ion  pour  plaies  d’intes^tin  par  armes  à  feu  :  sutures  de  l’intestin  ; 
niérectomies  et  entero-anastomoses.  Vendredi  30  mars.  — 
/I  Colostomie  (temporaire  et  définitive)  ;  fistulisation  tempo¬ 
raire  du  cæcum  ;  appendicectomie.  Lundi  2  avril.  —  VII.  Résec¬ 
tion  du  segment  ileo-cœcal  ;  résection  du  colon  pelvien  ;  résec¬ 
tion  des  segments  fixes  du  gros  intestin.  Mercredi  4  avril .  — 
VIIl.Les  anastomoses  colo-coliques  ;  iléo-sygmoïdostomies. Ven¬ 
dredi  6  avril.  —  IX.  Incision  des  abcès  de  l’anus  ;  traitement  dos 
fistules  simples  et  complexes  de  l’anus  ;  cure  radicale  des  hémor- 
rhoïdes  :  traitement  du  prolapsus  rectal.  Lundi  9  avril.  —  X.  Les 
amputations  du  rectum  ;  résection  partielle  par  voie  para  sacrée  ; 
extirpation  périnéale  extrasphineférienne  et  intrasphinctérienne . 
Extirpation  abdomino-périnéale.  Mercredi  11  avril. 

Les  Elèves  répéteront  les  opérations  sous  la  direction  des 
Prosecteurs  et  de  plusieurs  Moniteurs.  Le  nombre  des  Elèves 

t  limité.  Le  droit  à  verser  est  de  60  francs.  Le  Cours  est  gra¬ 
tuit  pour  les  Internes  des  hôpitaux.  Se  faire  inscrire  :  17,  rue  du 
Fer-à-Moulin,  de  10  heures  à  4  heures. 

Chirurgie  d'urgence,  chirurgie  courante  et  chirurgie  du  tho¬ 
rax, p&t  MM.  C.  Walther,  professeur  agrégé,  chirurgien  delà 
Pitié,  et  J.  Arrou,  chirurgien  de  l’Hôpital  Herold.  —  Ce  cours 
I  commencerale  vendredi  16  mars.  —  Il  aura  lieu  à  4  heures  un 
'  quart.  —  I.  Suture  des  plaies  ;  Hémostase  ;  Anesthésie  locale  : 

I  Greffes,  (lundi  2  avril).  —  H.  Suture  des  tendons  et  des  nerfs  ; 
Traitement  de  l’hémarthrose  ;  Arthrotomies  :  Trépanations  osseu¬ 
ses.  (mercredi  4  avril)  —  III.  Chirurgie  des  traumatismes  de  la 
main;  Amputations  de  l’avant-bras  et  du  bras,  et  leurs  indications 
(vendredi  Gavrill. —  IV.  Chirurgie  des  traumatismes  du  membre 
inférieur  (écrasements  et  fractures  compliquées).  Lundi  9  avril.  — 
4 .  Tumeurs,  blanches  ;  Hygromas  ;  Halluxvalgus  ;  Ongle  incar¬ 
né  (mercredi  11  avril).  —  VI.  Chirurgie  du  thorax;  Plaies  de  poi¬ 
trine  ;  Pleurésies  purulentes  ;  Fistules  pleurales  ;  Abcès  froid 
costal  (vendredi  16  mars).  —  VIL  Chirurgie  du  sein  ;  Abcès  ;  Tu¬ 
meurs  bénignes  ;Tumeurs  malignes  (lundi  19  mars).— VIII.  Chirur 
giede  l’abdomen  ;  Contusions  et  plaies  de  l’abdomen  ;  péritonites; 
Appendicite  (vendredi  23  mars).  —  IX.  Hernies  ;  Hernie  étran¬ 


glée  ;  Cure  radicale  des  Hernies  (lundi  26  mars).  —  Occlusion 
intestinale,  Anus  artificiciels  ;  Héraorrhoïdes  ;  Abcès  et  Fistules 
de  l’anus  (vendredi  30  mars). 

Les  Elèves  répéteront  les  opérations  sous  la  direction  des  Pro- 
secteurs  et  de  plusieurs  moniteurs.  Le  nombre  des  Elèves  est  li¬ 
mité.  Le  droit  à  verser  est  de  60  francs.  Le  Cours^est  gratuit  pour 
les  Internes  des  Hôpitaux.  —  Se  faire  inscrire  :  17.  rue  du  l’er-à- 
Moulin,  de  10  heures  à  4  heures. 

Programme  des  cours.  — Premier  cours:  Opérations  sur  le 
foie,  l’estomac,  l’intestin,  le  rectum,  par  E.  Quénu,  Professeur 
agrégé.  Chirurgien  de  l”hôpital  Cochin,  et  Pierre  Duval,  Chirur¬ 
gien  des  hôpitaux.  Ce  Cours  commencera  le  16  Mars.  —  Deuxiè¬ 
me  Cours  :  Opérations  courantes  et  chirurgie  d’urgence,  par  C. 
Walther,  Professeur  agrégé,  Chirurgien  de  la  Pitié  et  J.  Arrou, 
Chirurgien  de  l'hôpital  Herold.  Ce  Cours  commencera  le  16 
mars.  —  Troisième  Cours  :  Opérations  de  Gynécologie,  par  A. 
Ricard,  Professeur  agrégé.  Chirurgien  de  l’hôpital  Saint-Louis 
et  A.  Gosset,  Professeur  agrégé.  Chirurgien  des  hôpitaux.  Ce 
Cours  commencera  le  1®'’  Mai.  —  Quatrième  cours  :  Opérations 
sur  l’appareil  génito-urinaire  de  l'homme,  par  J.  Albarran,  Pro¬ 
fesseur  agrégé.  Chirurgien  de  la  Maison  Municipale  de  Santé  et 
R.  Proust,  Professeur  agrégé.  Ce  cours  commencera  le  2  Mai. 
—  Cinquième  cours  :  Opérations  sur  la  tête,  le  cou,  l’oreille,  le 
nez  et  le  larynx,  par  Pierre  Sebileau,  Professeur  agrégé.  Chirur¬ 
gien  de  Lariboisère  et  E.  Lombard,  Oto-Rhno-Laryngologiste 
des  hôpitaux.  Ce  Cours  commencera  le  6  juin. —  Sixième  cours  : 
<  ipérations  sur  l’œil  et  son  appareil  annexiel,  par  V.  Morax,  Oph¬ 
talmologiste  de  l’hôpital  Lariboisière.  Ce  cours  commencera  le  6 
Juin. —  Le  nombre  des  Elèves  est  limité.  Sont  admis  à  suivre  ces 
Cours  les  Docteurs  français  et  étrangers  et  les  Etudiants  imma¬ 
triculés  qui  auront  à  acquitter,  pour  chaque  Cours,  un  droit  de  80 
francs.  —  Les  Cours  sont  ouverts  gratuitement  à  tous  les  internes 
des  hôpitaux,  sans  autre  limite  de  nombre  que  celle  imposée  aux 
exercices  techniques  par  les  ressources  du  laboratoire. 

Suicide  d’un  médecin  militaire.  —  Pour  échapper  aux  atroces 
douleurs  que  lui  causait  une  maladie  incurable  dont  il  souffrait  depuis 
longtemps,  le  docteur  Emile  Spire,  médecin-major  en  retraite,  do¬ 
micilié,  233,  boulevard  Péreire,  s'est  tué  l’avant-dernière  nuit,  au 
cours  d’une  crise,  en  se  tirant  deux  balles  de  revolver  dans  la  tète, 
[Aurore,  jeudi,  8  mars  1906.) 


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Soluiion  huileuse  d  oléo-sulfonaie  de  sodium 

Le  plus  actif  et  le  meilleur  marché  de  tous  les  médicaments  employés 
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160 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


Nouveau  journal.  —  U  Education  moderne  :  Hygiène  scolaire 
éducation  physique,  l)iologie  et  pédagogie,  enfants  anormaux. 
Directeurs  :  Df  Jean  Philippe  et  D"’  Paul  Boncour. —  Programme 
de  la  revue  par  les  directeurs  —  Hygiène  du  livre  à  l’école,  par 
A.  Marie.  —  Les  enfants  menteurs,  par  Pierreson.  —  Education 
physique  au  Japon,  par  J.  Tillier.  —  Les  illettrés  dans  l’armée, 
par  G.  Paul-Boncour.  iiiditeur.  Paulin,  21,  rue  Hautefeuille.  Prix 
de  l'abonnement  :  Paris  et  départements,  10  fr.  ;  Etranger  : 
12  fr..  Prix  du  numéro  1  fr.  —  Nous  félicitons  les  fondateurs  de 
ce  journal  de  leur  heureuse  idée  et  faisons  les  vœux  les  plus  sin¬ 
cères  pour  leur  succès. 

Mot  de  la  fin.  —  Une  jolie  défmition  de  la  virginité.  —  Ma¬ 
dame  Vertuchoux  adresse  une  semonce  àsa  fille  ;  —  «  Oui,  Made¬ 
moiselle,  l’innocence  e.st  un  trésor.  Dieu  vous  en  avait  confié  la 
garde.  Qu’en  avez-vous  fait  ?  La  jeune  fille  baisse  la  tête  et  rougit. 
—  Ah  1  je  comprends  :  vous  ne  l’avez  déjà  plus.  —  Hélas  !  Mais 


aussi,  comment  garder  un  trésor  dont  tous  les  hommes  ont  lacU 
sur  eux  ?  »  Et  voilà  comment.  [Journal  de  Médecine.)  J 


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Méditerranée  * 


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Aller  :  Paris,  départ  :  9  h.  20  soir  :  Marseille,  arrivée  :  0  h,  ï 
matin  ;  Nice,  arrivée  :  2  h.  12  soir  ;  Menton,  arrivée  :  3  h.  24  soit. 

Retour  :  Menton,  départ  :  1  h.  40  soir  ;  Nice,  départ  :  2  h.  a 
soir  ;  Marseille  départ  :  8  h.  soir  ;  Paris  arrivée  ;  8  h.  30  matij. 


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Marchais  est  la  meilleure  préparation  créosotée.  Elle  di¬ 
minue  la  toux,  la  fièvre  et  Pexpectoration.  De  3  à  6  cuil¬ 
lerées  à  café  par  jour  dans  lait,  bouillon  ou  tisane. 

(D'  Ferrand.  —  Trait,  de  méd.) 


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Contre  le  SEBUMBACILLK 

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Le  Sebumbaoille.  microbe  de  la  calvitie  vulgaire,  aéti 
découvert  par  M.  Louis  OEQUi:.ANT.  pharmacien.  38,  rue 
de  Clignancourt,  Paris.  (Mémoires  déposés  à  l’Académie  de 
Médecine,  23  mars  1897,  8  mai  1898).  L'extrait  de  ces  Memoiro 
est  adressé  gracieusement  à  tous  les  médecins  qui  lui  ei: 
feront  la  demande.  Renseignements  gratuits  et  prix  de  favew 

pour  tous  les  memores  du  corps  médical. _ _ 

Le  Rédacteur-Gérant  :  Bournbvillx. 
Imprimerie  Daix  freres  et  Thirok,  Clermost  (Oise). 

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toutes  les  Sociétés  savantes  en  1870  et  1871  ; 
Académie  de  Médecine,  Société  des  Sciences 
médicales  de  Lyon,  Académie  des  Sciences  de 
Pans,  Société  académique  de  la  Loire-Infér” 
Société  médico-chirurgicale  de  Liège,  etc. 

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17  MARS  1906 


Le  Progrès  Médical 


SOMMAIRE  :  Chirurgie  biologique  :  De  la  stérilisation  du 
matériel  instrumental,  par  Longuet.  —  Bulletin  :  Ouverture 
des  cours  :  Clinique  thérapeutique,  par  Robin;  Cours  d’hygiène, 
par  Chantemesse  ;  Cours  de  chimie  médicale,  par  Gautier  ; 
Conférences  de  thérapeutique,  par  Vaquez. —  Sociétés  Savan¬ 
tes  ;  Société  de  biologie  :  Chlorure  de  calcium,  son  influence  sur 
l’hémolyse,  par  Vincent,  Dopffer  et  Billet  ;  Décomposition  du 
peroxyde  de  magnésium  dans  l’intestin,  par  Frenkel  ;  Régénéra- 
tiondes  libres  des  racines  postérieures  dans  le  tabès,  parNageot- 
te  ;  Constituants  du  suc  gastrique,  par  Iscovesco  ;  Dosage  de 
de  l’acide  urique,  par  Bouchèse  ;  Phénomènes  protoplasmiques 
de  l’anesthésie  chez  le  glaucoma,  par  Fauré-Frémiet  ;  Action 
des  sérosités  humaines  et  de  leurs  cellules  dissociées  sur  les 
globules  rouges  du  lapin,  par  Froin  (c.  r.  de  Mme  Edwards- 
Pilliet.)  —  Académie  de  Médecine  :  Le  rhumatisme  tuberculeux, 
par  Poncet  et  Leriche  ;  Une  nouvelle  fonction  glandulaire  des 
cellules  fixes  d’un  tissu  conjonctif,  la  fonction  rhagiocrine,  par 
Renault  ;  La  mortalité  tuberculeuse,  par  Vallin  ;  Origine  des 
eaux  minérales,  par  Gautier  (c.  r.  de  A. -F.  Plicque.)  —  Société 
Médicale  des  Hôpitaux  :  Intervention  de  la  cholélithiase  ;  Pleu¬ 


GHIRÜRGIE  RIOLOGIQUE 


(Cours.  IV“'  leçon.  ) 

De  la  stérilisation,  du  matériel  instrumental  ; 

Par  le  P'  L.  LONGUET  (de  Rouen). 

Sommaire  :  §1.  Généralités  sur  l’instrumentation.  —  Aperçu 
historique.  —  Classification  biologique.  —  Réduction  numé- 
riquepossible.  —  Intérêtde  la  métallisationexclusive  pour  toute 
l’instrumentation,  récipients  compris.  —  Soins  préliminaires 
d'entretien  et  de  propreté. 

5  IL  Stérilisation  germicide  :  Lister.  A  :  méthode  antiseptique 
de  Lister.  —  B  :  méthode  du  flambage.  —  C  :  méthode  de  l’air 
surchaufl’é  de  Durante.  —  D  :  méthode  de  l’ébullition  de  Ter- 
rillon.  Ces  méthodes  sont  partiellement  ou  totalement  germi- 
cides,  mais  nullement  sporicides.  Elles  ont  en  outre  l’inconvé¬ 
nient  d’altérer  le  matériel  instrumental  par  oxydation.  En  cas 
d'urgence,  ou  d'imprévu,  ou  de  petite  chirurgie  courante,  elles 
constituent  toutefois  une  précieuse  série  de  ressources. 

§  III.  Stérilisation  sporicide  :  Longuet.  A  ;  méthode  de  la  va- 
]^ur  anhydre  deshydratnnle  à,lSE- {90%  a.  i  Aüi.  de  pression. 
Elle  est  applicable  en  l’espèce,  confère  une  sécurité  absolue, 
n’altère  pas  le  matériel  instrumental.  Elle  trouve  son  indication 
dans  toutes  les  grandes  interventions. 

Messieurs, 

Il  en  est  des  instruments  comme  des  compresses- 
lâtnpons  :  les  uns  et  les  autres  prennent  avec  lés  élé¬ 
ments  cellulaires  des  plaies  un  contact  toujours  iramé- 
mat,  direct,  inévitable,  mais  temporaire.  Vous  enten- 
"Sz  parfois  parler  de  pincement  à  demeure.  Mais  cette 
technique,  érigée  en  méthode  par  les  hystérectomistes 
aefenseurs  de  la  voie  vaginale,  n’est  qu'au  expédient, 
pis-aller,  dont  le  double  inconvénient  biologique  est 
ae  compromettre  d’emblée  la  réunion  par  première  in- 
ention  et  d'agréer  une  cicatrisation  spliacélique  né- 
'^•'ogène,  ^u’il  n’est  pas  en  notre  pouvoir  de  limiter, 
gf^uer  ni  enrayer  dans  son  évolution. 

I  De  la  rencontre  prévue  des  instruments  avec  les  cel- 
ç,  es  vivantes,  une  déduction  pratique  découle  évidente  : 
^est la  nécessité  primordiale  de  stériliser  ce  matériel. 
^  autant  que  chacun  de  ces  objets  sert  à  toute  une  lon- 
ÿe suite  d’interventions  et  transmet  de  ce  fait  —  si  vous 
Pvanez  garde  —  des  germes  morbides  d'un  sujet  in- 
sér'  J, “Vautre  qui  ne  l’est  pas,  voire  môme  à  toute  une 
viril  avec  renforcement  progressif  des  effets 

'Clients  d’individu  à  individu,  conformément  à  ce  que 


résie  purulente  ayant  duré  15  ans,  par  Legendre  et  Genevrier  ; 
Pince  hémostatique  oubliée  dans  l’abdomen,  par  Legendre  et 
Genevrier;  Anémie  pernicieuse  traitée  avec  succès  par  les  rayons 
X  et  le  sérum  antitoxique,  par  Rénon  et  Tixier  ;  Infections  san¬ 
guines  au  cours  des  érythèmes  infectieux  (streptococciques,  enté - 
rococique,  tétragénique,  parSacquépée  et  Loiseleur  ;  Spirochète 
pallida  dans  tous  les  organes  d’un  firtus  hérédo-syphilitique, 
par  Feuillé  (c.  r.  de  Friedel.)  —  Société  de  Médecine  de  Paris  ; 
Présentation  d’une  pièce  osseuse  (c.  r.  de  Buret.)  —  Société  in¬ 
ternationale  de  la  tuberculose  :  Nouvelle  tuberculine  Jacobs,  par 
Jacobs.  —  Bibliographie  :  Fracture  du  radius  chez  les  automo¬ 
bilistes,  par  Fougère  ;  Technique  du  traitement  de  la  luxation 
congénitale  de  la  hanche,  par  Calot  ;  Interprétation  nouvelle 
du  mécanisme  de  l’hémoptysie  tuberculeuse,  par  Barbary  ; 
Maladie  osseuse  de  Paget,  par  (Ettinger  et  Agasse-Lafont  ; 
L’acide  formique  et  la  force  musculaire,  par  Clément,  etc.  — 
Thérapeutique  :  Traitement  de  la  coqueluche.  —  Varia.  — 
Les  congrès.  —  Actes  et  thèses  de  la  faculté  de  méde¬ 
cine  DE  Paris.  —  Formules.  —  Pharmacologie.  —  Nouvel¬ 
les.  —  Enseignement  médical  libre. 


nous  enseigne  l’inoculation  streptococcique  expéri¬ 
mentale  répétée  par  passage  de  lapin  à  lapin. 

I  I  GÉNÉRALITÉS  SUR  L’INSTRUMENTATION 

A.  Avant  Pasteur,  la  contagiosité  par  le  modeinstru- 
mental  était  ignorée,  méconnue,  à  peine  admise  obs¬ 
curément  par  quelques  clairvoyants.  Aux  chirurgiens 
des  époques  cadavériques, revient  le  mérite  d’avoir  ima¬ 
giné,  vulgarisé,  perfectionné,  tout  un  arsenal  dont  plu¬ 
sieurs  échantillons  sont  encore  aujourd’hui  d’usage 
courant. 

B.  Avec  les  doctrines  pastoriennes,  la  question  d’ins¬ 
trumentation  apparut  sous  unjour  nouveau.  Lister,  le 
premier  en  1867  comprit,  exposa  le  danger  de  transmis¬ 
sion  par  ces  objets, en  même  temps  qu’il  donna  un  moyen 
de  les  «germicider  m.  Bientôt,pour  satisfaire  aux  exigen¬ 
ces  de  purification,  les  opérateurs  esquissèrent  un  tra¬ 
vail  de  transformation  du  matériel.  Alors  nous  vimes 
disparaître  en  1888  les  anciens  manches  debois,  de  buis, 
d’ébène,  de  corne,  d’os,  de  caoutchouc  durci,  emprun¬ 
tés  aux  scalpels,  cependant  que  le  bi-métal,  sous  forme 
d’acier  ou  de  fer  recouvert  de  nickel,  mieux  apte  à  sup¬ 
porter  l’attaque  des  agents  désinfectants  prit  une  exten¬ 
sion  prédominante. 

C.  Aujourd'hui, guidés  par  desnotions  biologiques  plus 
précises,  non  plus  seulement  microbiennes,  mais  aussi 
cellulaires,  faut-il  envisager  encore  l’instrumentation 
sous  le  même  jour  que  les  prébiologistes  Listériens? 
Tout  porte  à  croire  qu'elle  peut,  qu’elle  doit  encore 
progressera  la  lumière  des  données  actuelles.  A  lager- 
micidation,  je  substitue  la  sporicidation  :  à  labimétal- 
lisalion  partielle,  la  monométallisation  totale  absolue, 
quasi-exclusive  ;  à  l’usage  facultatif  indifférent  de  telles 
ou  telles  espèces  instrumentales,  à  leur  <<  pléthore  », 
le  rejet  ou  l'emploi  raisonné,  limité, guidé  par  la  notion 
vitale  du  tissu  sur  lequel  porte  notre  action. 

Donner  ici  la  liste  complète  de  l’arsenal  serait  une  t⬠
che  longue,  fastidieuse,  sans  intérêt  immédiat  autre  que 
celui  de  l’histoire.  Il  faudrait  faire  un  relevé  pour  -la 
chirurgie  générale,  et  pour  les  spécialités,  par  exemple 
pour  la  chirurgie  osseuse  (ostéolomes,  trépans,  perfo¬ 
rateurs,  rugines,  scies),  pour  la  chirurgiegynécologiqiie 
(cureltes,  tire-bouchons.)  etc  Plaçons-nous  à  un  point 
de  vue  plus  élevé,  celui  de  l’action  biologique  des  ins- 


162 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


truments.  Sous  le  rapport  de  leurs  effets  cellulaires, les  ] 
instruments  se  groupent  en  quatre  catégories:  les  cou¬ 
pants  ou  de  diérèse  ;  les  piquants  ou  de  ligature-suture  ; 
les  contondants  ou  d’hémostasie  ;  les  mousses  ou  d’ex¬ 
ploration. 

Parmi  les  coupants,  prennent  place  :  les  lancettes,  les 
scalpels,  les  bistouris, le  bistouri  boutonné,  les  couteaux 
d'amputation,  les  ciseaux  droits  et  courbes. 

Dans  les  piquants,  rangeons  les  pinces  à  griffes,  les 
pinces-érignes  dérivées  des  tire-balles,  les  broches,  les 
trocarts  et  toutes  les  aiguilles,  innombrables  en  leurs 
modalités. 

h&s  contondants  ont  comme  type  habituel  les  pinces 
à  forcipressure,  variables  de  forme  et  de  dimension,  de¬ 
puis  la  petite  pince  hémostatique  jusqu’aux  clamps  et 
aux  volumineux  écraseurs,  renouvelés  des  anciens. 

Les  mousses  enfin  sont  représentés  parles  écarteurs, 
les  sondes  ou  cathéters,  les  explorateurs,  dont  le  stylet- 
aiguille,  la  sonde  cannelée,  sont  des  modèles  aussi  vieux 
que  classiques. 

Tous  ces  instruments  font  honneur  à  leurs  inven¬ 
teurs  et  par  moments  suscitent  en  nous  un  réel  senti¬ 
ment  d’admiration.  Mais  mon  habituelle  tendance  sim¬ 
pliste  me  conduit  encore  ici  à  la  réduction  numéri¬ 
que  ;  la  richesse  inlinie  de  l’arsenal,  malgré  son  puis¬ 
sant  intérêt  historique,  ou  mécanique,  devenant  en 
pratique  un  obstacle,  une  inutile  complication  ;  expli¬ 
quons-nous  ; 

Et  d’abord  les  cOMpauis  sauf  cas  spécial,  exception¬ 
nel,  sont  réductiblesà  un  simple  couteau  et  aux  ciseaux. 
Un  couteau  de  taille  petite  ou  moyenne,  suffit  en  bio¬ 
chirurgie  —  j’en  ai  commencé  l’expérience  —  pour 
toutes  les  interventions  depuis  l’ablation  d’une  phalan¬ 
gette  nécrosée,  jusqu’aux  grandes  désarticulations  de  la 
ceinture  scapulaire  ou  pelvienne  en  cas  de  tumeur  ma¬ 
ligne. 

S’agit-il  d’une  cœliotomie  abdominale,  une  fois  inci¬ 
sés  la  peau  et  le  tissu  cellulaire,  j’ai  coutume  d’aban¬ 
donner  le  couteau,  préférant  pour  toute  la  suite  les  ci¬ 
seaux  mousses  qui  taillent  «  comme  dans  une  étoffe», 
donnent  une  tranche  peu  saignante  et  une  sécurité  grande 
par  l’intromission  préalable  d’une  de  leurs  branches 
au  travers  d’une  boutonnière,  faisant  office  de  protec- 
teur-décollateur  à  l’égard  des  plans  sous-jacents.  Que 
signifie  aujourd’hui  le  bistouri  boutonné,  si  non 
l’intention,  delà  part  de  celui  qui  l’emploie,  découper 
aveuglément,  d’opérer  à  ciel  fermé,  au  Iravers  d’une 
minime  incision,  par  respect  scrupuleux  d’une  tradition 
séculaire!  Donc,  messieurs,  à  chacun  son  bien. Laissons 
aux  nécropsistes  leurs  scalpels,  aux  herniologues  de 
la  renaissance  le  bistouri  boutonné,  et  toute  la  gamme 
des  couteaux  d’amputation  à  ceux  qui  envisagent  la 
chirurgie  purement  manuelle,  moins  comme  l’art  de 
tailler  et  de  coudre  en  étoffe,  que  comme  celui  de 
dépecer. 

Les  instruments  piquants  suggèrent  des  réflexions 
similaires.  En  plus  de  quelques  pinces  à  griffes  et  du 
trocart?  les  aiguilles  courbes  sont  réductiblesà  3  ou  4, 
variables  de  forme,  de  dimensions,  de  courbure.  Et  si 
ma  prodigalité  va  jusqu’à  4,  c’est  par  crainte  de  res¬ 
ter  en  échec  lorsque  l’une  d’elles  cesse  inopportuné¬ 
ment  toute  fonction.  Quant  aux  longues  aiguilles 
mousses,  dites  à  pédicule,  si  estimées  des  gynécologistes 
du  siècle  dernier,  par  terreur  des  artères  abdomina¬ 
les,  et  pour  le  passage  d’énormes  câbles  de  soie  destinés 
à  l’étreinte  massive,  globale,  d’une  région  entière,  vous 
seriez  fixés  sur  leur  valeur,  si  vous  compariez  leur  ré-  I 


sultat  :  qui  est  l’énorme  moignon  <<  anlibiologique  » 
source  de  nécrose,  de  névrite,  d’adhérences  viscérales 
ultérieures,  au  fin  nodule  actuel,  enfouissable  sous  le 
péritoine,  résultant  du  travail  de  couture-ligature  à  l’ai¬ 
guille  piquante.  Donc  l’abandon  des  aiguilles  mousses, 
comme  celui  des  broches  ne  doit  laisser  aucun  regret. 

Parmi  les  instruments  contondants,  les  pinces  h-émos- 
tatiques  ont  donné  lieu  à  de  singuliers  abus.  Pour  ma 
part,  j’exécute  nombre  d’interventions  sans  aucune 
forci-pressure  :  transposition  testiculaire,  phlébecto¬ 
mie,  herniotomie,  appendicectomie,  hystérectomie,  etc. 
D’autre  part,  la  biologie  nous  interdit  les  énormes  écra¬ 
seurs  et  avec  eux  les  clamps,  qui,  par  contusion  maxima, 
tuent  d’emblée  de  vastes  champs  cellulaires,  dont  les  ca¬ 
davres  constituent  un  terrain  organo-nécrobiotique  infini¬ 
ment  propice  à  l’infection,  éminemment  défavorable  à  la 
réunion  par  première  intention,  toujours  suspeetdespha- 
cèle,  d’adhérence,  d’hémorragies  secondaires.  Un  même 
respect  de  la  vitalité  leucocytaire  m’a  conduit  à  exclure 
presque  radicalement  tous  les  instruments  de  forcimor- 
sureetde  pincement.  C’est  la  méthode  générale  d’hé¬ 
mostase  première,  c’est-à-dire  exécutée  avant  l’exérèse 
de  l’acte  opératoire  principal  qui  a  donné  naissance,  à  la 
fin  (lu  siècle  dernier,  à  l’abus  progressif  de  ces  instru¬ 
ments.  On  en  vint  à  pincer  tout,  toujours,  partout.  Non 
seulement  leszones  vasculaires,  mais  les  plans  fibreux,  la 
muqueuse, la  peau,  le  péritoine,  voire  mèmefils  et  com¬ 
presses  furent  pincés  de  la  sorte,  afin  d’éviter  les  minus¬ 
cules  suintements  sanguins  d’origine  capillaire.  J’ai  vu 
ainsi  des  champs  opératoires  encombrés  de  forêts  de  pin¬ 
ces  à  anneaux  disposées  en  couronne.  Au  moment  de 
l’e.xérèse  ou  do  la  pose  des  ligatures  définitives,  des  obs¬ 
tacles  surgissaient  nombreux.  Quand  vint  la  réaction 
sous  forme  A’hêmostase  consécutive,  c’est-à-dire  réa¬ 
lisée  seulement  après  l’acte  opératoire  principal,  la  for- 
cimorsure  fut  moins  en  vogue.  Mais  les  pertes  sangui¬ 
nes  trop  abondantes,  d’autant  moins  négligeables  qu’il 
s’agit  souvent  de  malades  déjà  anémiés,  expliquent  la 
persistance  de  l’habitude  du  pincement.  Pour  ma  part, 
je  pratique  une progressive, chemin  faisant, 
par  ligature  immédiate  à  l’aiguille  avant  ou  après  section, 
sansaucune  application  préalable  de  pince.  Les  avanta¬ 
ges  de  cette  «  filipressure  »  sur  la  «  morsure  »  sont  d’em¬ 
pêcher  tout  encombrement  défaire  opératoire  superfi¬ 
cielle  ou  profonde, d’éviter  une  double  manœuvre  de  pin¬ 
cement  et  de  ligature,  de  ne  point  exposer  à  l’oubli  (l’un 
instrumentdans  l'abdomen,  de  faciliter  le  temps  d’exérè¬ 
se,  enfin  de  moins  compromettre  la  vitalité  des  cellules, 
et  par  conséquent  d’assurer,  pour  une  certaine  part,  la 
réunion  par  première  intention  des  tissus  non  contu¬ 
sionnés,  non  froissés,  non  ischémiés. 

Les  instruments  mot/vsc.x  échappent  à  toute  criti¬ 
que  biologique.  A  leur  sujet,  j'ai  simplement  à  dire 
(jue  le  stylet  et  la  sonde  cannelée  sont,  au  point  de  vue 
opératoire,  sinon  à  celui  du  diagnostic  clinique,  gén^ 
râlement  inutiles  dans  les  grandes  interventions.  Ln 
gros  fil,  ou  une  bougie  filiforme  métallique  flexible  et 
malléable,  remplace  avantageusement  le  stylet.  D’au¬ 
tre  part,  les  ciseaux  mousses  fermés  jouent  très 
bien  l’office  d’une  sonde  cannelée  pour  la  décolla¬ 
tion.  La  cannelure  de  cette  sonde  est  éminemment 
défavorable  au  point  de  vue  de  la  stérilisation,  vu  son 
emploi  habituel  pour  l’élimination  du  pus  qui  s  ycon- 
crèle  échappant  ainsi  à  la  germicidation.  En  sorte  quUi 
je  verrai  avec  plaisir  la  disparition  de  cet  antique  et 
très  respectable  explorateur-protecteur-évacuateur. 

La  cannelure  m’amèneà  vous  parler  de  toutes  les  rai- 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


.163 


nures,  fissures,  ràpures,  aspérités,  irrégularités  de  l’ins- 
Iriimentation  actuelle.  D’une  manière  générale,  les  stries 
et  les  crans  ont  pour  but  d'éviter  le  «  dérapage  »,  le 
o-lissemenl  des  pinces.  Avec  la  «lilipressure  »  à  l’aiguille 
fa  queslion  se  simplifie  ;  les  pinces  à  crans  sont  d’usage 
fort  restreinl.  J’ai  insisté  il  va  quelques  années  sur  la 
nécessité  d’avoir  des  instrumen.tsaussi  unis,  aussi  lisses 
que  possible  (1).  Je  poursuisdepuis  lors  le  môme  bulavec 
une  certaine  ténacité,  en  vue  d’une  plus  grande  facilité 
d’entretien  et  de  stérilisabilité. 

La  matière  du  métal  offre  elle-même  une  réelle  im¬ 
portance.  Le  fer  ou  l’acier  doublés  d’une  pellicule  de 
nickel  sont  aujourd’hui  d’un  usage  généralisé.  Et  de 
lait  ils  offrent  de  réels  avantages.  Voici,  par  exem¬ 
ple  des  écarteurs  bien  brillants  ;  ils  éclairent  (?)  par  ré- 
ilcxion  les  cavités  profondes.  Cependant,  l’impossibilité 
degarderlongtemps  intacte,  l’instrumentation  bimétal¬ 
lique  dont  la  nappe  superficielle  de  recouvrement  dis¬ 
paraît  vite  et  fatalement  par  «oxydation,  »  par  décapage 
mécanique  au  frottement,  nous  conduit  à  préconiser 
l’instrumentation  à  métal  unique.  C’est  la  raison  de  ma 
prédilection  actuelle,  mais  non  de  mon  exclusivisme, 
pour  l’aluminium,  métal  léger,  peu  coi'iteux,  de  belle  cou 
leur  blanc-blcnàtre,  inaltérable  pai‘ le  brossage  et  ino¬ 
xydable  en  milieu  anhydre.  Vous  connaissez  mes  ré¬ 
cipients  à  recouvrement,  composés  chacun  de  deux 
cellules  plates  en  aluminium,  opposables  par  leurs 
bords,  subintrantes,  perforées  d’une  double  ou  triple 
rangée  de  trous  au  voisinage  du  rebord  de  la  cellule  re¬ 
couverte  pour  la  pénétration  dt  la  vapeur  sporicidante. 
La  forme  est  la  même  pour  les  boites  à  objets  de  pan¬ 
sement  et  pourlcs  boites  à  instruments.  Seulement,  la 
hauteur  peut  être  moindre  dans  cette  dernière  desti¬ 


nation.  Vous  y  remarquez  l’absence  de  toute  glissière, 
de  tout  ornement,  de  toute  strie,  soudure,  angulation, 
autant  do  conditions  favorables  à  laspuricidation,qui  est 
ici  simultanément  exécutable  pour  l’instrumentation 
et  les  récipients.  J’expérimenterai  aussi  l’aluminium 
pour  les  tables  d’opération,  etc.  Nous  voici  loin  déjà 
du  classique  plat  émaillé  ou  de  la  cuvette  rectangu¬ 
laire  photographique  de  vogue  universelle  en  ce  rno- 
nient.  Toutefois,  l’acier  conserve  ses  droits  ;  ainsi 
pour  les  pointes,  les  lames  tranchantes,  les  instru- 
U'ents  de  force,  etc. 

Quelle  qu’en  soit  la  composition,  le  matériel  inslru- 
•nental  exige  des  soins  particuliers,  une  propreté 
axlrème.  Car  le  sang,  le  pus,  la  rouille,  agglomérés 
sous  les  pilons,  dans  les  rainures,  cannelures,  glissiè- 
fissures,  mortaises,  offrent  aux  microorganismes 
des  cryptes, des  retraites  où,  sous  leur  coque  protectrice 
coagulation,  ils  demeurent  inaccessibles  à  nos 
Moyens  destructeurs.  Afin  de  remédier  à  cet  état  de 
‘•■uo.-es,  les  Listériens  ont  adopté  le  «  nettoyage  hydri- 
9f<e  »  par  dissolution,  consistant  en  :  D  grand  lavage 
■luant  à  l’eau  ;  2°  brossage  à  l’eau  savonneuse  froide, 
ir  la  chaude  coagulerait  les  albumines  ;  3"  assèclie- 
..^ntparun  lavage  à  l’alcool  à  1)0“  ;  4“  essuyage  au 
propre. 

sol  part  je  procède  :  1°  à  un  brossage  dans  une 

JJ  ,  très  diluée  de  lessive  de  soude  ou  de  carbo- 
•jo  P  Polasse,  à  titre  bémo-séro-[)yolysant  ; 

(ro“  à  une  immersion  dans  toluène, on  une  au- 
do  anhydre  (2),  avec  essuyage  après  chacune 

ces  deux  séances. 

-^^jmtassc  agit  siirles  graisses;  le  toluène,  dessèche. 

f  'Ji'ks  •  Place  à  griffes  d'un  nouveau  modèle  :  h'u- 

, .radical,  V,  septembre  1891). 

l  xemple,  i  essence  minérale,  le  pétrole  du  commerce. 


Ceci  fait,  vous  pouvez  procéder  à  la  stérilisation  de 
deux  manières,  ou  par  germicidation,  ou  par  sporici- 
dation.  Toutes  les  variantes  d’exécution  sont  contenues 
dans  le  relevé  que  voici  ; 

Stérilisation  geriuicide. 

A  ;  'Sléihoàc.  antiseptique  (Lister,  1867). 

B  ;  Méthode  du  flambage. 

C  :  Méthode  de  t air  surchauffé  (Durante,  1885). 

D  :  Méthode  de  ï ébullition  (Terrillon,  1888). 

Stérilisation  sporicide. 

A  :  Méthode  de  la  vapeur  anhydre,  h  185‘’-190'’ 
sous-pression  ;  do  1-2  atlim.  (Longuet,  1900). 

Chacune  de  ces  méthodes  stigmatise  une  époque, 
caractérise  un  effort,  marque  un  échelon  sur  la  route 
de  la  stéiilisalion  absolue  des  instruments.  Voyons  d’a¬ 
bord  la  germicidation. 

g  II.  STÉaiLI34TION  GERMICIDE. 

(Lister,  1867.) 

A.  Jlétliodo  antiseptique  (Lister,  1867).  —  La  mé¬ 
thode  est  ici  ce  qu’elle  est  pour  le  matériel  de  panse¬ 
ment  ou  d,e  ligature-suture,  c’est-à-dire  l’immersion 
avant,  pendant  et  après,  en  solution  antiseptique. 

Ce  que  vous  savez  déjà  me  dispense  d’une  nou¬ 
velle  description.  Parmi  les  bains  antiseptiques  pour 
instruments,  je  relève  plus  particulièrement,  la  solu¬ 
tion  phéniquée  à  1  p.  20  ou  1  p.  40  (Lister)  ;  le  bi- 
chlorure  de  mercure  à  1  p.  1000,  ;  le  cyanure  de 
zinc  et  de  mercure  (Lister)  ;  l'oxycyanure  de  mercure 
(Cliibrelj  ;  le  lusofor-me  (Cuérard)  ;  le  naphtol  camphré 
(Périer);  les  solutions  potassiques  (Polak);  le  formol  : 
etc. 

Le  matériel  métallique,  au  dire  des  anlisepsistes,  n’est 
pas  altéré  ;la  stérilisation  est  sûre  d’après  de  nombreuses 
constatai  ions  cliniques  et  expérimentales.. Ainsi  Kummel 
de  Hambourg,  puis  Gartner  ont  démontré  la  stérilité 
parfaite  des  instruments  préalablement  contaminés  au 
sortir  du  bain  phéniqué  à  5  p.  100.  Toutefois,  ditlvum- 
mel,  un  séjour  de  6  minutes  peut  être  mieux  insuffi¬ 
sant  ;  il  faut  au  moins  10  minutes. 

B. )  Jlétliode  de  flambage.  —  Flamber  c’est  pas¬ 
ser  dans  la  flamme  les  instruments  et  les  récipients. 
De  date  très  ancienne,  ce  mode  de  «  purification  par  le 
feu  »  fut  appliqué  au  cas  en  question  ici  vers  1875  ;  il 
se  généralisa  en  1890;  et  aujourd’hui  son  emploi  est 
adopté  partout,  mais  généralement  réservé  aux  réci¬ 
pients.  Les  instruments  sont  stérilisés  par  ébullition, 
puis  transportés  en  cuvettes,  plats  émaillés,  ou  plateaux 
photographiques  préalablement  flambés. 

■  Il  y  a  deux  manières  de  procéder  ;  a)  Dans  le  flambage 
individuel,  chaque  objet,  soit  par  exemple  une  pince 
hémostatique,  est  présenté  séparément, mors  ouverts,  à 
la  flamme  d  une  lampe  à  alcool,  de  préférence  à  celle 
d’un  bec  de  gaz,  car  cette  dernière  «  dépose  du  charbon 
snr  les  parties  soumises  à  son  action  »  (Terrier). Puis  on 
refroidit  cet  objet  soit  par  agitation  dans  l’air,  soit 
mieux  par  dépôt  dans  une  solution  d’eau  bouillie  froide 
(Terrier).  Quant  au  récipient,  il  est  également  flambé  à 
1  alcool  avant  de  recevoir  les  instruments. 

b)  Le  Hambage  collectif,  encore  dit  «  punch  aux 
instruments  »  (l),estd’e.xécution  beaucoup  plus  rapide, 

,1)  IC.\|)rcssion  oltribuèc  .au  prorfssciir  Tédrnal  de  MimtppIlitT. 
Voir  (lonxET  :  «  l’raliqiic  de  cliirurgio  i-oui-anlc  ».  p.  l.j. 

•Vlcaii.  l’aris  nW. 


164 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


Placez  tous  les  instruments  dans  un  récipient  solide  ; 
arrosez-les  d’alcool  à  90'’  très  pur  ;  allumez  ce  der¬ 
nier  ;  et  laissez  brûler  jusqu'à  consomption  totale,  sans 
souffler,  «  sous  peine  de  contamination  par  particules 
septiques  projetées  en  expiration  forcée  »  (Quénu.) 
Vous  refroidissez  ensuite  en  versant  de  l’eau  germici- 
dée  à  100“  ou  120°. 

La  méthode  du  flambage  est  considérée  comme  d’une 
sécurité  absolue.  Elle  eût,  sans  doute,  détrôné  ses 
rivales  si  le  matériel  ainsi  traité  ne  s’altérait  profondé¬ 
ment  en  une  seule  séance. 

C. )  3Iétlxo(le  de  l'air  sureliauffé  (Durante,  1886). 
—  Ici  l’on  répartit  l’action  microbicide  du  feu  à  la 
surface  des  instruments  par  l’intermédiaire  de  l’air 
porté  à  100“  en  étuve  sèche. 

Le  professeur  Durante, en  1886,  a  préconisé  cette  mé¬ 
thode  en  Italie  pour  la  stérilisation  des  instruments  et 
des  objets  de  pansement.  Poupine!,  en  1888,  l’a  perfec¬ 
tionnée  et  vulgarisée  en  France.  Bantock,  en  1889,  l’a 
adoptée  enAngleterre,et.Mundé,en  1890, aux  Etats-Unis. 
Plusieurs  constructeurs  spécialistes  l’ont  depuis  modi¬ 
fiée.  Et  l’enquête  internationale  (1)  de  1902,  démontre 
qu  elle  partage  en  ce  jour  toutes  les  faveurs  avec  l’é¬ 
bullition  pour  la  stérilisation  des  instruments. 

Voici  la  technique  :  Placez  les  instrumenté  préalable¬ 
ment  disposés  en  caisse  métallique,  dans  une  étuve 
dite  «  sèche  ».  Les  instruments  tranchanis  et  pi¬ 
quants  doivent  reposer  séparément  dans  des  tubes  de 
verre  bouchés  par  de  l’ouate.  Les  pinces  gisent  en 
bloc,  mors  ouverts  (Terrier)  .  Les  couvercles  sont 
déposés  non  pas  sur  les  boîtes,  mais  à  côté  d'elles.  Ils 
renfermentune  couched’ouate  destinée  à  assurer  l’occlu¬ 
sion  parfaite  de  la  boîte  après  stérilisation  (Poupinel). 
On  chauffe  alors  Tétuve  jusqu’à  150°  pendant  45  mi¬ 
nutes,  en  prenant  soin  de  fermer  la  porte  seulement 
quelques  minutes  après  l’allumage,  afin  d'évacuer  la 
vapeur  d’eau  néfaste  par  ses  oxydations.  Il  convient 
de  surveiller  la  température,  à  l’oide  du  thermomètre 
dont  la  graduation  paraît  à  l’extérieur  et  de  régler  la 
chaufferie,  pour  éviter  les  ascensions  brusques,  sortes 
de  coups  de  teu  qui  détrempent  les  instruments,  et 
altèrent  les  tranchants.  Les  45  minutes  écoulées,  vous 
éteignez,  vous  laissez  refroidir,  vous  ouvrez  et  placez 
immédiatement  les  couvercles  sur  leurs  boîtes  res¬ 
pectives.  Ainsi  conservés  en  vase  clos,  les  instruments 
demeurent  stériles  jusqu'au  moment  de  l’opération 
(Poupinel) . 

Les  étuves  «  sèches  »  pour  instruments  sont  de  mo¬ 
dèle  fort  variable  (2),  mais  dans  leurs  grandes  lignes 
diffèrent  peu  du  four  à  flamber  dont  elles  dérivent. 

La  méthode  passe  pour  donner  une  sécurité  absolue 
sans  altération  de  matériel. 

D.  ^léthodederébullitioii.  (Terrillon  1888). —  Ici  la 
chaleur  est  répartie  à  la  surface  des  instrumerits  et 
récipients  par  l’intermédiaire  d'un  liquide  bouillant  à 
100»  ou  au-dessus  120,  130“. 

La  méthode  sous  l’impulsion  de  Terrillon  se  vulga¬ 
risa  vite  en  F'rance,  à  partir  de  1888,  puis  en  Allema¬ 
gne  sous  l’influence  de  Bergmann  1889  ;  puis, en  Bel- 

(1;  Voir  le  ra|)porl  do  VALV.ii!Bîi?,  Société  internationale  de  chi¬ 
rurgie.  Bru.xellcs  1902. 

(2)  .le  dois  luenlionner  ici  :  1*  l'étuve  de  I’OUPinel  (rop'iila- 
leur  de  pression  à  {faz  Moitossier,  ;  2"  réluve  de  Sorel  oonle- 
nant  entre  les  deux  parois  du  xyloiie  bouillant  à  UlO*  ;  3"  l’éluve  de 
It.ACKER  qui  utilise  la  paraflinè  ;  4”  l’éluve  do  M/.ri.ai  d  .  5"  l’éluve 
d'AnxET-l’ÉAX  :  6"  l’étuvo  de  Leouelx  'obaufTap'e  électrique  );  7"  la 
boile-étuvo  de  Wiaut  (cliauflape  électrique). 


gique  sous  celle  de  llertoghe.  Aujourd’hui,  Tébullitiou  f 
des  instruments  jouit  en  tous  pays  d’une  très  haute  | 
considération.  1 

Les  bouilleurs  (1)  sont  les  uns  à  ciel  ouvert  :  exem-  1 
plela  classique  «  poissonnière  »  ;  les  autres  à  fermeture  ‘ 
lâche:  d’autres  à  fermeture  serrée  :  exemple  l'auge  à  ^ 
boulon  de  llertoghe.  Ces  derniers  sont  préférables  en  i 
cas  de  liquides  inflammables  ou  producteurs  de  va¬ 
peurs  irritantes. 

Le  liquide  est  soit  de  l’eau  simple  ('ferrillon),  bouil- 
lant  à  100“  ;  — ■  soit  de  l’eau  salée  physiologique 
(Fritsch)  bouillantà  101“  ; — soit  une  solution  aqueuse 
de  carbonate  ou  d’azotate  de  soude  à2  p.  100  (Ber¬ 
gmann),  bouillant  à  104°  ;  —  soit  l'alcool  (llertoghe),  ; 
bouillant  à  74°,  mais  porté  à  100°  et  au-dessus  par  un  : 
bain-marie  périphérique —  soit  la  glycérine  (Poncet), 
portée  à  120°  —  soit  la  vaseline  liquide,  pétro-va- 
seline  (Poncet),  portée  à  120,  130“  —  soit  l’huile  (Tri¬ 
pier),  portée  à  130°. 

A  la  séance  de  10  minutes  recommandée  par  Terrillon, 
on  préfère  celle  de  20  minutes  à  partir  de  l’ébullition 
franche  sur  le  conseil  de  Poncet.  Il  convientde  n’im¬ 
merger  les  instruments  qu’au  moment  de  l’ébullition 
bruyante  en  cas  de  solution  aqueuse.  Le  temps  de 
stérilisation  une  fois  écoulé,  vous  transportez  indivi¬ 
duellement,  à  l’aide  d’une  «  pince  spéciale  »,  cliaque 
instrument  dans  les  plateaux  préalablement  flambés. 

La  méthode  serait  d'une  sécurité  absolue.  Elle  a  été 
vérifiée  après  5  minutes  d’action,  par  Davidsohn  pour 
l’ébullition  des  instruments  dans  l’eau,  par  Tavel  pour  i 
l’ébullition  dans  l’eau  salée,  par  Behring  pour  l’ébul¬ 
lition  dans  l’eau  carbonatée.Et  ce  matériel  ainsi  traité 
ne  subirait  aucune  altération,  ni  détérioration. 

Messieurs,  avant  d’établir  la  valeur  exacte  de  cha¬ 
cune  des  méthodes  germicides  appliquées  à  l’instru¬ 
mentation,  c’est  pour  moi  un  devoir  de  rendre  hom¬ 
mage  aux  principaux  chefs  de  file,  en  particulier  au 
promoteur  le  professeur  Lister  d’Edimbourg.  Ses  suc¬ 
cesseurs  ont  perfectionné  la  germicidation,  qui  entre 
leurs  mains  a  donné  tout  ce  qu’elle  pouvait.  J’enten¬ 
dais  récemment  médire  systématiquement  de  l’anti¬ 
sepsie,  du  flambage,  de  l’échauffement,  de  l'ébullition 
pour  le  matériel  instrumental,  parce  qu’aujourd’hui 
nous  pouvons  plus  et  mieux.  N’est-il  pas  injuste  de 
lancer  l’anathème  sur  telle  ou  telle  pratique  un  peu 
vieillie,  démodée,  surprise  dans  ses  défauts?  Demain, 
sans  doute,  le  même  reproche  sera  retourné  contre 
nous.  Et  puis,  tm  cas  de  nécessité,  d’urgence,  d’im^ 
prévu,  de  petite  chirurgie  courante,  vous  serez  peut- 
être  heureux  de  vous  souvenir  des  anciennes  technU 
ques  pour  les  utiliser.  Toutefois,  je  considère  aussi 
comme  un  devoir  d’exposer  avec  quelque  franchise  D 
vérité  et  ma  manière  devoir.  Procédant  dans  mon  app^^ 
ciationpar  »  morcellement  »  voici  ce  que  je.  puis  dire: 

A  :  La  méthode  antiseptique  de  Lister,  appliquée 
aux  instruments,  est  passible  d'une  série  d’objections 
trop  nettement  formulées  dans  mes  précédentes  leçon® 
pour  que  j’y  revienne  longuement.  Si  elle  a  pour  elÈ 
la  simplicité  dans  l’exécution,  elle  a  contre  elle  :  1' 

1  insuffisance  de  sécurité.  Aux  expériences  de  vérifie^' 
tion  apportées  plus  haut,  j’oppose  d’autres  expériences 
de  Kummel  lui  même  constatant  la  colonisation  apr^s 
l'immei-sion  d’instruments  préalablement  contamine^ 
dans  une  solution  d’acide  carboliqueà5  p.  100, pendant  o 

{Il  .U-  dois  men  lion  lier  ;  1"  les  bouilleurs  de  l’oNCET  !  j! 
bouilleur  de  Tbiwkr  ;  S"  le  bouilleur  de  Schimmelbusch  :  Ir  ' 

leur  de  Coi.Lix  ;  le  bouilleur  d’AnsET  ;  l’aufre  (I’HertogHE, 
lure  à  boulons  sur  rondelle  d'amiante. 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


Médication  Reconstituante 

uypophosplûtes  du  CHURCHILL 

SIROPS  Q’HYPOPHOSPHITE  di  CHAUX 
OU  DE  SOUDE 

ïabersolose.  Rachitisme,  Anémie  ^ 

Bronchite  chronique 

Allaitement.  Dentition,  etc. 

SIROP  D’HYPOPHOSPHITE  DE  FER 

Chlorose,  Anémie,  Pâles  coulenrs 

Dysménorrhée,  Aménorrhée ,  etc. 

SIROP  d  HYPOPHCSPHITES  CO  APOnË 

Ionique  puissant 

Véritable  alimentation  chimique  pourto  is  les(  m 
d’Affaiblissemeot  musculaire  ou  n  entai 

PILULES  dHYPOPHOSPHITE  de'^UINI»  E 

Flèï^res  intermittentes,  paludée  mes 
InDnen?<a.  etc. 

Îéritâîi^s  spécifiotte  de  k  Wérralgie 

PCoduit  d’une  grande  solubilité,  bien  plus  actif  par 


do  propriétés  de  beaucoup 
toales  les  préparations  juij'-i 

Ph«'  SWAPiN,  12,  liup  de  ( 


^  CHUBCHii.L 
mum  d’oxydation 
niables,  jouissent 


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_ _ contient  exactement  /  gr.  par  cuillerée  à  potage. 

SIBOP  LAROZE  AU  BBOMURi  DE  SODIUM 

contient  exactement  /  gr.  de  se!  chlmlQuement  pur  par  cuillerée  à  potage. 

SIROP  LÂROZi  AU  BROMURE  DE  STRONTIUM 

complètement  exempt  de  Baryte,  con tirent  exactement  /  gr.  de  sel  par  cuillerée  à  potage. 

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I_i.A.PLOîZS,  3,  ria©  des  l-iions  St.-'PaaTJLl- 

ROHAIS  et  C'''i  Pharmacien  de  classe,  ex-Interne  des  Hôpitaux  de  Paris. 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


165 


minutes,  dans  une  solution  de  sublimé  à  1  p.  1000,  ou 
dans  l’essence  de  térébenthine,  ou  dans  une  solution  de 
notasse  5  p.  100,  ou  dans  un  bain  d’huile  de  moutarde 
ou  dans  une  solution  de  peroxyde  d'hydrogène  à  10  p, 
100,  pendant  15  minutes.  J’oppose  les  expériences 
de  Redard  plus  démonstratives  par  ce  fait  qu’elles 
propèdent  a  la  fois  par  cultures  et  inoculations.  Redard 
soumet,  pendant  2  heures  à  l’action  des  germicides, 
des  lames  de  bistouri,  des  instruments  à  rainure,  des 
aiguilles  perforées  préalablement  contaminées.  Il  les 

Slace  ensuite  dans  des  flacons  de  bouillon,  de  gélatine, 
e  lichen  stériles,  et  5  fois  sur  7  des  cultures  se  déve¬ 
loppent  abondamment.  Dans  june  autre  expérience,  il 
obtient  le  même  résultat,  malgré  24  heures  de  désin¬ 
fection  chimique.  Il  inocule  avec  résultat  positif  des  ani¬ 
maux  par  des  fragments  d  instruments  d’abord  conta¬ 
minés,  puis  antiseptisés.  Enfin  dans  les  expériences 
dé  Gaertner,  comme  dans  les  précédentes  d'ailleurs,  la 
contamination  instrumentale  ne  concerne  que  des  bac¬ 
téries  non  sporulécs,  de  vitalité  relativement  fragile, 
comme  le  staphylocoque,  le  streptocoque,  le.  bacille 
(tiphtéric[ue. 

2”  D’autre  part  le  matériel  ainsi  germicidé  est  nui¬ 
sible  pour  les  cellules  des  plaies  avec  lesquelles  il  prend 
contact.  Or  cette  action  globulicide  est  biologiquement 
mauvaise  au  point  de  vue  de  la  réunion. Vous  en  avez  un 
exemple  journalier  dans  l’action  irritante  des  soudes  ger- 
inicidéesau  sublimé,  au  nitrate  d'argent,  au  formol  (1). 
En  résumé,  tout  confirme  aujourd'hui  ce  que  le  pro¬ 
fesseur  Terrier  a  écrit  dès  1890  sur  la  méthode  en  gé¬ 
néral.  «  Elle  n’est  jamais  paifaileet  ne  peut  guère  être 
absolue  ;  on  n’a  pas  la  certitude  dans  le  sens  absolu, 
mathématique  du  mot.  »  Et  défait  elle  est  asporicide; 
partiellement  et  très  inconstammentgermicide;  ici  com¬ 
me  en  d'autres  circonstances  d'ailleurs.  Les  constata¬ 
tions  cliniques  concordent  avec  les  preuves  expérimen¬ 
tales.  Sans  chercher  beaucoup  vous  pourrez  lire  ceci 
dans  Guyon  (2)  :  «  L’acide  borique  même  concentré  ne 
stérilise  pas  les  sondes  ». 

B.  La  méthode  du  flambage,  malgré  son  prestige 
nniversel,  est  absolument  infidèle,  exception  faite  pour 
les  aiguilles  en  platine  iridié,  stérilisables  à  200°  au 
Blême  litre  que  les  fils  de  platine  utilisés  en  bactériolo¬ 
gie  pour  les  ensemencements.  A  l’appui  de  ma  manière 
lie  voir,  j’ai  apportédes  constatations  cliniques  de  Que- 
Bu,  Longuet,  qui  dès  ISO.')  signalèrent  l’inefficacité  du 
flambage  des  plateaux  photographiques.  L’inégalité 
de  tépartition  du  caloi’ique  ncrus  inquiétait.  Gertaines 
^ones  brûlantes  contrastent  avec  d’autres  à  peine 
i^Baudes,  malgré  le  soin  d’une  bonne  répartition  du 
“  punch  »  par  quelques  mouvements  imprimés  aux 
^i^eipienis  enflammés.  Aussi  pour  plus  de  prudence. 
Bous  avions  l’habitude  de  renouveler  le  flambage  trois 
Ois  consécutivement,  puis  d’iuterposer,  surle  conseil 
f/^*'rier,  une  compresse  stérile  entre  les  instruments 
«itefond  du  plateau. 

A  propos  des  instruments  et  récipients,  les  récentes 
Biuliipjgg  vérifications  expérimentales  de  Godin,  de 
Niclot  (3),  de  Rérard  et  Lumière  (4),  de  De- 


(*)  Guït 


-  Annales  gén.  urin.,  p.  146,  1896. 


''oUnrB  EOOt  et  Nioi.ot.— Dans  une  cnvelte  éiiiaillée.on  dépose  une 
lamh»  y*'‘.ul*‘nte  de  staphylocoque,  de  cliarl>nii,  de  tétanos.  On 
'•nsenienee.  Il  va  des  cultures.  Hésnllats  plus  dé- 
*'''  •‘.■'•■ore  si  les  insirumenis  sont  enduits  de  sanp-,  de  pus. 
^4,  J,  ,  P®*’  leur  coajjulation  une  cocpie  protectrice. 

Sient  DumiEhe.—  Même  résultat  si  on  fait  lécher  direcle- 

‘‘‘s  cultures  par  la  tlamine  d  un  bec  Ilunzen. 


page  et  Gotignies  (1),  démontrent  que  le  passage  à  la 
flamme  d’une  pince,  d’une  aiguille  de  Pravaz  (si  souvent 
incrustée  de  concrétions  salines  ou  organiques),  d’une 
cuvette  émaillée,  d’un  plateau  de  faïence,  assure  une 
stérilisation  absolumentinsuffisante.  Sans  doute,  en  in- 
sislantsurla  durée,  sur  l’intensité  du  flambage,  j’admets 
qu’on  puisse  obtenir  une  destruction  radicale  de  tous 
les  micro-organismessporulés  ou  non.  Mais  une  erreur 
se  glisse  bien  facilement.  La  pratique  est  aléatoire  ; 
elle  pèche  à  la  fois  par  manque  d’unité  de  temps,  d’unité 
d’intensité,  d’unité  de  répartition  dans  l’action  du 
calorique.  Je  dis  donc  hardiment  que  le  flambage  des 
instruments- récipients  ne  peut,  bien  qu’aseptique, 
rester  désormais  au  rang  des  bonnes  méthodes  de  stéri¬ 
lisation  usuelles.  Sans  en. conclure  toutefois  qu’il  con¬ 
vient  de  retourner  à  l’antisepsie  (2)  comme  quelques-uns 
ont  cru  bon  de  le  faire. 

G.  Au  sujet  de  la  méthode  de  Vair  surchauffé  à 
150°,  je  n’ai  rien  à  modifier  à  mon  appréciation  gé¬ 
nérale  d’insécurité  par  inégale  répartition  du  calo¬ 
rique,  par  insuffisance  de  la  puissance  calorifique  de 
l’air,  déjà  nettement  exprimée  à  propos  des  généralités, 
des  objets  de  pansement  et  du  matériel  de  suture 
ligature.  Il  semble  d’ailleurs  que  les  défenseurs  de  la 
métliode  aient  douté  d’elle,  puisqu’ils  recommandent 
de  placer  les  instruments  dans  les  étag'es  élevés  des 
étuves  sèches  parce  que  là  la  température  est  plus 
élevée  que  dans  les  zones  déclives.  J’ai  dit  que  Quénu 
avait  dû  renoncer  à  ce  mode  de  stérilisation  pour  ins¬ 
truments.  Il  le  tenait  pour  suspect  après  expérimen¬ 
tations  réitéréees.  Enfin  un  grave  inconvénient  résulte 
de  la  très  grande  lenteur  de  la  méthode.  Si  je  prends, 
par  exemple,  le  modèle  le  plus  perfectionné  au  point 
de  vue  du  réglage,  celui  de  Wiart,  on  voit  que  pour 
une  petite  boite  d’instruments  (de  25  sur  lU,  sur  5) 
—  remarquez  bien  pour  une  boîte  seulement  —  il 
faut  1  heure  1/2  pour  stériliser  à  170°,  dont  4.5  minutes 
pour  gagner  L5f)’.  En  cas  de  boîte  plus  grande  (30  cm. 
sur  15  sur  17)  ;  il  faut  2  heures  dont  1  heure  1/4  pour 
atteindre  150°  1 

D.  La  méthode  de  V ébullition  a  été  elle  aussi  trop  lon¬ 
guement  discutée  pour  nous  arrêter  longuement.  Je 
n’ai  ici  qu'à  ajouter  un  mot.  Le  reproche  d’insuffi¬ 
sance,  d  insécurité  ne  s’adresse  pas  seulement  aux 
liquides  bouillants  à  100°,  mais  aussi  à  ceux  que  l’on 
porte  à  120°,  à  130°.  En  effet.  Redard  a  démontré  que 
des,  sondes,,  dds  trocarts,  des  pinces  à  griffes  ne  sont 
que  très  difficilement  stérilisés  en  milieu  humide,  à  120° 
même  après  3/4  d’heure  d'action.  Faut-il  rappeler 
maintenant  mes  résultats  avec  la  vapeur  d’eau  à  130, 
140°,  150°  sur  les  spores  de  subtilis  ?  D’autre  part,  la 
méthode  pèche  comme  la  précédente  par  son  trop  de 
lenteur,  puisque  Terrier,  Morax  et  Repin  ont  fait 
remarquer  que  5  litres  d'eau  nécessitent  45  minutes 
pour  être  partout  en  ébullition.  Enfin  l’on  ne  peut 
négliger  complètement  l’odeur  nauséeuse  de  l’huile  ou 
de  la  glycérine  portées  à  120-130°,  ni  la  viscosité 
qu’elles  entretiennent  sur  les  instruments. 


_  ’t  Gotiümes.  —  Sur  plus  de  59  e.vpéi-iences  relatives  à 

des  plateaux  émaillés  eonlaiiiinés  ])ardes  eullures  de  staphyloeuque, 
slreptoeuque,  haeilie  d’Kherlli,  haeillesdu  eharbou,  ees  chirurgiens 
ubliiirenl  des  eullures  dans  tous  les  cas. 

\-i'l  Aveuot  el  Pf.iihoy.  -  Pour  être  rigoureusement  stériles,  les 
ivetles  doivent  être  d'abord  lavées  avec  une.  solution  c.nrbonaléç; 
is  badigeonnées  au  sublimé  à  .5  p  llKl  ;  puis  lavées  à  l’eau  boail- 
1  d'eulever  toute  Iraee  de  sublimé  ea|>al>le  d'altérer  les  ins- 

_  ils  ;  badigeonnées  an  formol  ou  au.v  aeides  forts,  neifte 

eblorhydrii|Ue  s’il  y  a  eoiitaminafion  très  virulente  ;  enfin  asséchées 


lielal 


LE  PROGRÈS  MEDICAL 


Pour  terminer  ce  long  réquisitoire,  je  réserve  deux 
reproches  collectifs  visant  à  la  fois  toutes  les  moda¬ 
lités  de  la  stérilisation  germicide.  Le  premier  c’est 
l'altération  du  matériel  instrumental  par  ces  pra¬ 
tiques,  la  rouille  certaine  à  bref  délai,  l'émoussage  des 
pointes  et  des  tranchants.  Aucune  des  espérances  de  la 
remière  heure  qu’on  nous  laissait  entrevoir  sur  la 
onne  conservation  des  instruments  par  l’eau  phé- 
niquée  (1),  par  l'eau  salée,  par  l’eau  carbonatée  (2), 
par  la  glycérine  ne  s'est  réalisée.  Avec  la  chaleur 
sèche  les  instruments  se  détrempent,  reçoivent  des 
coups  de  feu.  Avec  le  flambage,  c’est  pis  encore  ! 

Le  deuxième  reproche  collectif,  c’est  que  chacune  de 
ces  techniques  expose  à  une  contamination  secondaire 
des  instruments  au  cours  de  leur  transport  individuel  du 
milieu  stérilisant  dans  le  récipient.  Or,ce  transport  n’est 
plus  acceptable  aujourd’hui.  Récipients  et  instruments 
ne  doivent  pas  être  stérilisés  séparément  par  deux 
méthodes  distinctes.  Pourquoi  s’adresser  à  deux,  à 
trois  pratiques  différentes  ?  Il  faut  simplifier,  suppri¬ 
mer  les  manœuvres  inutiles,  longues,  qui  inultiplient 
sans  profit  les  causes  possibles  de  contamination.  Sté¬ 
rilisons  simultanément  instruments  et  récipients,  le 
tout  en  bloc,  par  une  seule,  par  une  même  méthode. 
Les  instruments  seront  disposés,  ordonnés  dans  leurs 
plateaux  respectifs,  avant  la  stérilisation. 

Ce  long  débat  nous  amène  à  des  conclusions  quelque 
peu  déconcertantes.  Elles  portent  un  coup  de  hache 
dans  quelques  dogmes,  dans  certains  rites  très  res¬ 
pectables  qui  nous  assuraient  jusqu’ici  toute  quiétude 
d’esprit.  Comment  !  Voici  maintenant  que  trois  mé¬ 
thodes  de  bonne  renommée  —  puisqu’elles  sont  asep¬ 
tiques  —  peuvent  être  parfois  surprises  en  défaut,  et 
fausser  nos  résultats  !  Tout  cependant  paraissait  acquis, 
définitivement  classé  sur  ce  point,  et  je  dis  à  propos 
de  la  chaleur  elle-même,  ce  qu'on  disait  il  y  a  10  ans 
de  la  méthode  antiseptique  :  elle  confère  une  sécurité 
relative,  nullement  absolue,  non  mathématique  ; 
elle  suit  le  «  calcul  des  probabilités  ».  Oui,  la  chaleur 
est  un  excellent  moyen  de  détruire  les  microorga¬ 
nismes  ;  mais  seule,  sous  la  forme  superficielle  du 
flambage,  d’air  chaud,  ou  de  liquide  bouillant,  elle 
peut  être  insuffisante  :  elle  est  partiellement  ou  tota¬ 
lement  germicide,  mais  pas  sporicide  ou  du  moins 
pas  constamment  sporicide  ?  {A  suivre). 


(!',  1  chloroforme  h  froid  a  élé  recommandé,  en  place  d’eau 
pliéhiquée  par  Lucas  Charapioniiière,  pour  les  bistouris,  puis 
les  ciseau.\.  D'autres  aiilisepsistes  ont  élargi  celle  pratique  aux 
trocarts,  aux  aiguilles. 

(2)  Pour  eelle'i-aison.  Ouénu  dut  abandonner  la  solution  carbo- 
nalèe  pour  germicidalion  des  inslruraenls  dès  lijltt. 


NARCYL  GRÉMY  médicament  spécifi¬ 
que  de  la  toux,  spécialement  de  la  toux  des  tu¬ 
berculeux. 


CHEMINS  DE  FER  DE  PARIS  A  LYON  ET  A  LA 
MÉDITERRANÉE 

Relations  de  Paris  avec  la  Côte  d'Azur. 

Rapide  quotidien  entre  Paris,  Nice  et  Menton  composé  de 
voitures  de  P*  classe,  de  lits-salons  et  de  wagons-lits. 

Londres-Nice  eu  27  heures.  Paris  Nice  en  17  heures.  Correspon¬ 
dances  directes  de  et  pour  Londres. 

Aller  :  Paris,  départ  :  9  h.  20  soir  ;  Marseille,  arrivée  :  9  h.  35 
matin  ;  Nice,  arrivée  :  2  h.  12  soir  ;  Menton,  arrivée  :  3  h.  24  soir. 

Retour  :  Menton,  départ  :  1  h.  40  soir  ;  Nice,  départ  :  2  h.  50 
soir  ;  Marseille  départ  :  8  h.  soir  ;  Paris  arrivée  :  8  h.  30  matin. 


BULLETIN  DU  PROGRÈS  MÉDICAL' 

Ouverture  des  Cours 

Clinique  thérapautique  ;  Wl.  le  P  Albert  ROBIN. 

C’est  en  termes  très  aimables  que  M.  Debove,  doyen 
de  la  Faculté  de  médecine,  a  ouvert  le  cours  de  clinique 
thérapeutique  récemment  créé  et  a  présenté  le  nouveau 
professeur.  Cette  petite  formalité  remplie,  M.  Albert 
Robin  a  commencé  son  cours. 

La  matière  médicale  et  la  pharmacologie  sont  indis¬ 
pensables,  c’est  là  un  fond  sans  lequel  le  futur  praticien 
se  trouve  voué  à  l’empiriSme  le  plus  absolu.  Mais  ce 
fond  est  absolument  insuffisant.  En  face  de  ses  premiers 
malades,  le  jeune  médecin  est  très  embarrassé.  Il  ne 
connaît  le  plus  souvent  que  des  schémas  de  médications. 
L’individualité  du  malade  échappe  à  toute  formule 
dogmatique  et  le  traitement  doit  s’appliquer  non  à  • 
telle  maladie  donnés,  mais  à  tel  cas  particulier  devant 
lequel  on  se  trouve.  C’est  alors  que  le  débutant  reste- 
hésitant  devant  la  responsabilité  qui  lui  incombe, 
devant  le  traitement  qui  est  confié  à  ses  mains  incer¬ 
taines.  C’est  pourquoi  la  chaire  nouvelle  répond  à  un 
véritable  besoin.  Elle  rompra  l’étudiant  à  ces  difficultés. 
Elle  sera  à  la  thérapeutique  ce  que  la  clinique  est  à  la 
pathologie.  La  clinique  thérapeutique  est  à  la  fois  Y  art  et 
la  science  du  traitement,  non  des  maladies,  mais  des 
malades. 

M.  Robin  s’est  élevé  contre  le  scepticisme  qui  tend  à 
envahir  les  générations  modernes.  Beaucoup  ont  perdu 
la  foi  dans  l’art  de  guérir  et  se  bornent  souvent,  après 
un  examen  très  détaillé  des  malades,  à  ne  prescrirai 
qu’une  médication  symptomatique  ou  se  contentent  du 
«vain  cérémonial  »,  suivant  l’expression  du  professeur 
Bouchard. 

La  thérapeutique  n’est-elle  pas  bannie  des  concours? 

Il  serait  désirable  qu’il  lui  fût  réservé  une  part  impor¬ 
tante  dans  ces  derniers,  en  lui  donnant  un  caractère- 
pratique.  Dans  toute  épreuve  les  candidats  devraient 
développer  les  conclusions  thérapeutiques  que  comporte 
un  diagnostic.  Le  médecin  doit  s’attacher  aux  faits,  les 
reconnaître,  décomposer  pièce  à  pièce  les  phénomènes 
qui  forment  la  maladie  et  déterminer  leur  importance 
particulière.  Il  faut  s’abstraire  de  toute  théorie,  de  toute 
entrave  doctrinale.  Les  travaux  récents  faits  d’après 
cette  méthode  ont  donné  les  résultats  les  plus  heureux. 
Ne  doit-on  pas  à  M.  Armand  Gautier  les  procédés  pour 
annihiler  les  toxines  microbiennes  et  à  M.  Huchard, 
l'étude  de  l’hypertension  artérielle.  Grâce  à  eux  on  peut 
prolonger  davantage  l’existence  de  certains  malades  et 
-soulager  leurs  souffrances. 

Nous  sommes  à  une  époque  de  transition.  Les  médi¬ 
cations  traditionnelles  doivent  fo'.’nier  le  fond  delà  thî- 
rapeutique. 

A  côté  d’elles,  se  placent  certaines  médications  étiolo- 
logiques  et  pathogéniques  homologuées  par  une  appro¬ 
bation  universelle  et  qui  seront  la  tradition  de  demain. 
Viennent  ensuite  les  indications  fonctionnelle3,dont  les 
progrès  de  la  physiologie  augmentent  peu  à  peu  le  nom 
bre  et  qui  s’adressent  aussi  bien  aux  lésions  matérielles 
qu’aux  troubles  dont  elles  sont  la  conséquence  ou  le 
résidu.  Enfin,  les  médications  des  vices  de  la  nutrition, 
visant  des  symptômes  profonds  que  la  chimie  pathoI^ 
gique  exprime,  tandis  que  les  médications  symptoraati* 
ques  ordinaires  répondent  aux  symptômes  extériori'  . 
ses .  ' 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


167 


La  tactique  thérapeutique  est  l’art  d’exploiter  ces  mé¬ 
dications.  Elle  fixe  leurs  indications,  apprécie  la  portée 
et  la  place  qu  elles  occupent,  vient  eti  aide  à  la  nature 
'  dans  les  maladies  aiguës  et  nombre  de  maladies  chroni¬ 
ques,  on  attaque  directement  le  mal  quand  l’organisme 
n’a  pas  qualité  pour  se  défendre. 

Il  ne  faut  pas  avoir  de  système  préconçu  :  les  regards 
doivent  rester  en  éveil  vers  toutes  les  fenêtres  d’où 
quelque  clarté  peut  jaillir  tout  en  sachant  ne  pas  pren¬ 
dre  les  mirages  pour  des  réalités. 

Cette  leçon,  d’une  haute  tenue  littéraire,  d’un  charme 
profond,  a  obtenu  le  plus  vif  succès.  Regrettons  seule¬ 
ment  que  l’amphithéâtre  de  Beaujon  n’ait  pu  contenir 
qu’une  petite  partie  des  auditeurs  du  maître, dont  la  plu¬ 
part  durent  écouter  cette  conférence  par  les  fenêtres 
grandes  ouvertes  sur  la' cour. . .  Nous  n’avons  pu  repro¬ 
duire  les  citations  innombrables  qui  émaillèrent  la  leçon 
inaugurale  de  M.  Robin.  Depuis  longtemps,  la  chaire  de 
la  Faculté  n’avait  entendu  une  éloquence  pareille. 

Citons  seulement  cette  admirable  péroraison  qui  fut 
•chaleureusement  applaudie  par  un  auditoire  enthou¬ 
siaste  :  a  Quand  le  mal  sembla  défier  toutes  uos  res¬ 
sources  et  l’organisme  lui-même,  nous  avons  la  sublime 
mission  de  relever  le  lambeau  d’espérauce  qui  surnage 
au-dessus  de  toutes  ces  choses  pleines  de  misère  où 
s’effondi-e  la  vie.  Cette  suprême  consolation  de  l’espé¬ 
rance,  il  nous  appartient  plus  que  de  l’entretenir  mais 
de  la  pratiquer,  afin  qu’aux  mornes  extrémités  de  tout, 
l’être  qui  nous  a  confié  son  existence  n’ait  pas  le  droit 
de  crier  :  «  Vous  ne  m’avez  pas  guéri,  vous  ne  m’avez 
pas  soulagé,  vous  ne  m’avez  pas  consolé  !  »  Dans  le  der¬ 
nier  combat,  si  fatale  qu’on  en  juge  l’issue,  conservez 
sans  faiblir  cette  furtive  espérance  ;  ne  cessez  pas  de 
lutter  et  mettez  en  œuvre  tout  ce  que  votre  conscience 
autorise,  puisque  la  science  est  vaine.  L’énergie  et  la 
ténacité  nous  ménageront  de  victorieuses  revanches.  Le 
Sénat  et  le  Peuple  Romains  décernaient  les  honneurs  du 
triomphe  aux  soldats  vaincus  qui  n’avaient  pas  déses¬ 
péré  de  vaincre  !  » 


Cours  d  Hygiène:  Wl.  le  P  CHANTEMESSE 

M.  le  Professeur  Chantemesse,  a  repris  le  jeudi  8  mars, 
son  cours  d’hygiène  à  la  Faculté  à  6  heures  du  soir 

Dans  la  première  leçon,  le  maître  a  étudié  la  désin¬ 
fection. 

ha  désinfection  est  le  procédé  par  lequel  on  détruit 
les  causes  de  l’infection.  La  stérilisation  est  tout  autre 
ehose.  C’est  ainsi  que  lorsqu’un  enfant  a  eu  la  diphtérie, 
il  est  inutile  de  causer  des  dégâts  regrettables, de  détruire 
Ifis.  matelas  et  d’abimer  son  linge.  La  désinfection  n’est 
Pes  l’asepsie.  Elle  n’est  pas  davantage  l’antisepsie. 
Jetez  du  sucre  dans  un  aliment  et  vous  obtenez  de  la 
confiture.  Elle  se  conserve.  Donc  le  sucre  est  véritable¬ 
ment  un  antiseptique.  Il  en  est  de  même  du  sel,  mais  ce 

6st  pas  là  de  la  désinfection. 

Un  désinfectant  idéal  devrait  détruire  les  germes  de 
^.maladie,  coûter  très  bon  marché,  n’attaquer  que  les 
microbes  et  non  le  linge  ou  les  matelas,  ne  pas  avoir 

®denr  mauvaise,  agir  rapidement. 

11  n’y  a  pas  à  l’beure  actuelle  de  désinfectant  réalisant 
mutes  ces  qualités. 

11  existe  d’ailleurs  une  sorte  de  désinfection  naturelle. 

ontes  les  épidémies  ne  s’arrêtent -elles  pas  d’elles- 
jjjg^^^^Parce  que  les  germes  ont  été  détruits  natureile- 

l^lnsieurs  faits  permettent  d’expliquer  cet  arrêt  des 


épidémies.  C’est  d’abord  la  dilution  des  microbes  dont 
le  nombre  est  diminué  dans  un  endroit  donné  par  le 
vent  qui  balaye  la  région  et  les  disperse.  On  sait  que 
l’organisme  peut  lutter  contre  des  microbes,  s’ils  sont  en 
petit  nombre. 

La  dessiccation^  joue  aussi  un  rôle  important.  Les  mi¬ 
crobes  sont  des  êtres  vivants  et  l’eau  leur  est  nécessaire 
comme  à  tout  ce  qui  vit. 

Le  soleil  et  la  lumièj-e  ont  une  action  très  nette. 
Chacune  des  régions  du  prisme  a  des  propriétés  parti¬ 
culières.  C’est  ainsi  qu’un  milieu  ensemencé  est  stérilisé 
presque  immédiatement  par  les  rayons  chimiques.  On 
sait  combien  certains  cours  d’eau  présentent  d’impu¬ 
retés.  La  Seine  est  toute  différente  avant  et  après  Paris. 
Mais  déjà  à  Mantes  l’eau  est  assez  pure.  Comment  se 
fait  cette  désinfection  ? 

Par  des  phénomènes  de  symbioses  des  microbes. 

La  désinfection, pour  être  effîcace,devrait  être  faite  par 
des  hommes, instruits.  Il  faut  aller  droit  sur  le  germe.  Il 
est  évident  que  la  désinfection  doit  être  différente  suivant 
les  maladies  auxquelles  on  a  affaire.  Les  procédés  actuels 
rappellent  la  mousqueterie  des  anciennes  armées  qui 
faisait  beaucoup  de  bruit, mais  peu  de  chose. 

Avant  de  désinfecter,  il  faudrait  donc  que  le  diagnostic 
de  la  maladie  fût  posé  par  un  homme  instruit,  connais¬ 
sant  la  cause  de  celle-ci,  ses  moyens  de  propagation 
et  les  degré  s  de  résistance  des  germes.  C'est  alors  que  les 
désinfecteurs  pourraient  faire  œuvre  utile. 

Cette  première  leçon  a  eulieu  devant  un  public  extrême¬ 
ment  attentif,  qui  a  suivi  avec  le  plus  grand  intérêt  les 
i  dées  si  justes  qui  étaient  exprimées  par  M.  le  profes¬ 
se  ur  Chantemesse,  à  qui  il  n’a  pas  ménagé  ses  sentiments 
d’approbation  et  de  respectueuse  sympathie. 

Sept  ou  huit  leçons  seront  consacrées  à  la  désinfec¬ 
tion  et.  suivant  l’usage  inauguré  d’une  façon  si  heu- 
r  euse  par  M.  Chantemesse;  plusieurs  visites  faites  sur 
place  sous  la  direction  du  professeur  illustreront  d’une 
façon  pratique  les  leçons  faites  à  la  Faculté  de  méde¬ 
cine. 


C  O  urs  de  chimie  médicale  .  M.  le  P>  Armand 
-  GAUTIER 

L’utilité  de  l’enseignement  des  sciences  accessoires  a 
été  longuement  discutée  ces  dernières  années  et  certes, 
la  réforme  des  études  médicales  doit  être  examinée 
par  les  pouvoirs  publies  dans  un  avenir  prochain.  Il  y 
a  cependant  un  fait  qui  prouve  immédiatement  l’utilité 
d’un  cours  donné  :  c’est  l'empressement  plus  ou  moins 
vif  des  élèves  à  le  suivre.  Or  l’amphithéâtre  de  chimie 
était  absolument  comble  à  la  leçon  d’ouverture  la  se¬ 
maine  dernière.  Etait-ce  la  chimie  qui  attirait  les  étu¬ 
diants  ou  la  personnalité  môme  de-M.  Armand  Gautier 
qui,  on  le  sait,  possède  un  art  jiarticulier  pour  exposer 
les  données  les  plus  abstraites  d’une  façon  simple  et  com¬ 
préhensible  ?  Aussi  explique-t-on  que  de  nombreux  audi¬ 
teurs  tiennent  à  suivre  ses  leçons  où  ils  sont  sûrs  d’en¬ 
tendre  d  es  idées  neuves  et  d’apprendre  des  faits  qu’ils 
ignorent. 

Aussi  bien  une  leçon  d’ouverture  présente-t-elle  tou¬ 
jours  un  attrait  particulier.  M.  Armand  Gautier  nous 
a  parlé  des  fondateurs  de  la  chimie  moderne,  Priestley, 
Scheele  et  Lavoisier  et  sa  parole  éloquente  a  su  nous 
faire  revivre  les  expériences  fameuses  de  ces  précurseurs. 
De  vifs  applaudissements  lui  ont  montré  tout  l’intérêt 
que  son  auditoire  avait  pris  à  ses  très  intéressantes  ex¬ 
plications. 


168 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


Conférences  de  thérapeutique;  M.le 
iD^  VAQUEZ, agrégé. 

M.  Vaquez  a  insisté,  dans  sa  leçon  inaugurale,  sur  ce 
fait  que  les  étudiants  en  médecine  ne  reçoivent  plus 
aujourd'hui,  dans  les  hôpitaux, un  enseignement  suffi¬ 
sant  pour  les  rompre  à  la  pratique  des  ordonnances. 
Jadis  les  consultations  étaient  faites  à  tour  de  rôle  par 
les  médecins  de  chaque  service.  On  sait  qu’il  y  a  mainte¬ 
nant  des  médecins  spéciaux  pour  les  consultations  dans 
chaque  hôpital.  Il  en  résulte  que  seuls  les  élèves  qui  ont 
fréquenté  ces  dernières  sont  en  état  de  formuler  des 
ordonnances.  Il  n’est  pas  suffisant,  en  effet,  de  connaître 
les  préceptes  théoriques  et  d’avoir  appris  la  pharmaco¬ 
logie  et  la  matière  médicale.  11  faut  étudier  les  malades 
et  leur  prescrire  une  ordonnance  contenant  à  la  fois  les 
préceptes  d’hygiène  indispensables  et  les  médicaments 
nécessaires. 

Puis  M.  Vaquez  a  passé  en  revue  les  divers  genres 
de  médication  dermique,  hypodermique,  gastro-intesti¬ 
nale  (cette  voie  étant  la  plus  simple  et  la  plus  naturelle 
d’introduction  des  médicaments).  Dans  les  médications 
hypodermiques,  l’on  doit  prescrire  des  doses  moins 
élevées  car  l’absorption  des  médicaments  est  plus  rapide 
que  dans  la  voie  gastro-intestinale  où,  en  outre  ceux-ci, 
passant  par  la  circulation  porte  et  le  foie,  il  y  a  une  dimi¬ 
nution  de  leur  toxicité. Gomme  d’habitude  l'amphithéâtre 
était  archi-comble  et  les  étudiants  ont  fait  une  ovation  à 
M.  Vaquezqui  souffrant  jeudi  dernier  était  venu  samedi, 
mal  remis  encore. 

Félicitons-le  bien  sincèrement  d’avoir  voulu  faire  un 
cours  pour  les  étudiants  et  non  pour  lui-même  et  d’avoir 
commencé  celui-ci  par  trois  leçons  consacrées  à  l’art  de 
formuler,  montrant  ainsi  son  désir  de  former  des  théra¬ 
peutes  et  non  de  leur  faire  entendre  de  belles  disserta¬ 
tions  sur  des  médicaments  quelconques. 

DIOMXE-MERCK  spécifique  de  la  TOUX  et  de  la  DOULEUR 
plus  active,  moins  to.xique  que  les 
opiacés  et  tous  leurs  dérivés,  môme  synthétiques. 

SÉDATION  IMMÉDIATE  de  la  TOUX  j 

SIROP  DU  D"  BOUSQUET,  A  LA  DIONINE  MERCK 

0,01  par  cuit,  à  bouche,  avec  2  gU"  de  Bromoforme  (4  à  8  par  jour). 

S0ClÉTÉS_SA\  ANTES 

SOCIÉTÉ  DÉ  BIOLOGIÉ 
Seance  du  k  man  1906. 

Chlorure  de  co.  cium,  son  influence  sur  l’hémolyse 
MM.  Vincent.  Dopffer  et  Billet  (du  Val-de-Grâcei.  Le 
chlorure  de  calcium  est  anti-hémolysant  vis  a-vis  du  mélange 
de  sensibilisation  spécifique  et  d’alexine,  aussi  bien  qu’à 
l'égard  des  poisons  chimiques  et  des  médicaments  (quinine, 
antipyrine,  pyrogallol,  silicate).  Il  favorise  au.  contraire  les 
hémolysiaes  bactériennes,  tétanolysine.  staphylolysine,  typho- 
lysine,  etc,  et  réveille  l’action  des  hémolysiaes  bactériennes 
affaiblies  par  la  dilution,  le  vieillissement,  la  lumière,  l’air. 

Il  réveille  les  microbes  qui  ne  sécrètent  normalement  que 
peu  ù'hémolysine  :  bacilles  diphthérique,  charbonneux, 
dysentérhiue  et  les  saprophytes  vulgaires  et  inoffensifs  qui 
sans  chlorure  de  calcium  sont  sans  effet  sur  les  globules 
rouges. 

Le  chlorure  de  calcium,  très  recommandable  dans  certaines 
intoxications  chimiques  et  médicamenteuses  (quinine  et 
antipyrine),  ainsi  que  dans  les  accidents  sériques,  est  contre- 
indiqué  dans  les  hémoglobinémies  bactériennes. 


Décomposition  du  peroxyde  de  maynésium  dans  l'intestin. 

M.  Fkenkel,  par  des  expériences,  démontre  qu’à  la  tempé¬ 
rature  du  corps,  le,  carbonate  et  le  bicarbonate  de  soude 
décomposent  le  peroxyde  de  magnésium  et  mettent  en  liberté 
l'oxygène  actif,  même  sans  ferment.  L’action  oxydante  du 
peroxyde  dans  l’intestin  se  trouve  ainsi  expliquée. 
Kcjhiér.ition  des  fibres  des  racines  postérieures  dans  le  tabès. 

M.  Nagrotte  a  étudié  histologiquement  la  régénération  des 
fibres  des  racines  postérieures  au  cours  du  tabès.  Cette  régé¬ 
nération  est  bien  mise  en  évidence  par  la  méthode  de  Cajal, 
et  montre  les  renflements  cylindraxiles  qui  caractérisent  cet¬ 
te  régénération. 

Constituants  du  suc  gastrique. 

M  Iscovtsco  a  étudié  le  suc  gastrique  pur  provenant  d'une 
fistule  d'un  estomac  de  chien  isolé  par  la  méthode  de  Paulow 
après  un  repos  semilictil.  Le  suc  gastrique  ne  contient  que 
des  coHo'ides  électro-positifs.  La  pepsine,  contrairement  au.x 
autres  albuminoïdes  est  positive  et  se  rapproche  du  seul  col- 
lo'ide  positif  connu  actuellement,  l’hémoglobine. 

Le  sulfure  d'arsenic  collo'idal  arrête  ou  diminue  faction  du 
suc  gastrique,  tandis  que  le  fer  collo'idal  est  sans  action. 

Séance  du  \0  mars. 

Dosage  de  l’acide  urique. 

M.  Bouchèse  dose  l'acide  urique  avec  une  solution  titrée- 
d'iode.  La  solution  est  alcalinisée  par  du  borax  et  la  solution 
décinormale  d’iode  y  tombe  goutte  à  goutte. 

Phénomènes  protoplasmiques  de  l'anesthésie  chez  le  glaucoma.. 

M.  Fauré  Frémiet  a  suivi  cliez  le  glaucoma,  physiologi¬ 
quement  et  biologiquement,  les  phénomènes  de  l’anesthésie,. 

Action  agglulinatricc  des  sérums  typhiques  et  paralyphiques 
sur  les  bacilles  d'intoxication  carnée. 

MM.  Rikux  et  SiCquépée  étudient  les  bacilles  d’intoxication 
carnée,  qui  comprennent  deux  groupes  ;  les  bacilles  du  type 
Gartner  et  ceux  du  type  Aertryck.  La  plupart  des  sérums 
typhiques  agglutinent  les  deux  groupes' de  bacilles  carnés, 
mais  cette  agglutination  est  inférieure  à  l’agglutination  spé- 
i  cificjue.  Les  sérums  paratyphiques  A  sont  sans  action  utile. 
Les  sérums  du  type  B,  peu  actifs  sur  le  bacille  de  Gartner, 
agglutinent  fortement  les  bacilles  type  Aertryck. 

.A.  saturation,  les  agglutinations  des  deux  types  paraissent 
égales. 

Devant  l’agglutination,  les  bacilles  A  et  ceux  du  type  Ver- 
tryck  se  comportent  comme  deux  espèces  voisines,  sinon 
identiques.  Les  bacilles  type  Gartner  se  différencient. 

Action  des  sérosités  humaines  et  de  leurs  cellules  dissociées 
sur  les  globules  rouges  du  lapin. 

M.  Froin  étudie  les  propriétés  dissolvantes  des  sérosités  à 
l’égard  des  globules  rouges  et  de  leur  hémoglobinurie. 

Les  cellules  contenues  dans  ces  sérosités,  dissociées  dans  de 
l’eau  physiologique,  empêchent  la  diffusion  hémoglobinu  rique 
obtenue  par  le  sérum  seul. 

Le  sérum  sanguin,  liquides a.-citiques  ou  pleuraux,  perdent 
leur  pouvoir  hémolysant  en  présence  d’un  extrait  cellulaire 
obtenu  soit  avec  des  lymphocytes, soit  avec  des  polynucléaires  ■ 
neutrophiles. 

L  n  extrait  abandonné  au  contact  des  hématies,  puis  décanté, 
ne  les  immunise  pas  contre  une  sérosité  hémolysante.  Ln 
extrait  chauffé  à  5t)°  conserve  le  pouvoir  antihémolysant.  8i 
l’extrait  est  dilué,  l'hémolpe  apparait  et  s'accentue  à  mesure 
que  la  dilution  de  1  extrait  augmente. 

L’extrait  cellulaire  concentré,  ajouté  à  un  liquide  séreux 
figur-e  un  état  anatomique  comparable  à  une  sérosité  puru¬ 
lente  dans  laquelle  sont  concentrés  un  grand  nombre  de 
débris  protaplasmiques.  Les  liquides  purulents  centrifugés 
(pleurésie  purulente,  abcès  froidi  n’ont  présenté  aucune 
action  sur  les  globules  du  la[>in,  que  des  liquides  non  puru¬ 
lents  hémolysaient  en  quelques  minutes.  É.  P. 


LË  PROGRÈS  MÉDICAI. 


ACADÉMIE  DÉ  MÉDECIAE 
Séance  du  i?  mars. 

Le  rhumalisme  tuberculeux. 

MM.  PoNCET  et  Leriche  montrent  le  rôle  delà  tuberculose, 
non  seulement  dans  les  rhumatismes  mono,  oligo,  polyarti¬ 
culaire.  mais  dans  les  maladies  ostéoarticulaires  de  la  crois¬ 
sance,  les, déviations  des  adolescents  scoliose,  pied  plat,  val- 
gus  douloureux)  la  tarsalgie  et  même  l’ostéomalacie. 

Les  conclusions  qui  découlent  des  faits,  disent-ils,  montrent 
que  le  rhumatisme  tuberculeux  n’est  rien  autre  que  la  forme 
ostéo-articulairede  la  tuberculose  inflammatoire. 

Dès  lors,  celle-ci  nous  apparaît  suscéptible  de  prendre,  sur 
le  squelette,  trois  modes  évolutifs,  capables  de  se  combiner 
diversement.  Elle  peut  produire  :  'le  la  raréfaction,  osseuse,  de 
l’hyperostose,  du  rarnoUiss>'ment  o.weux  (ostéomalacie  partielle, 
diffuse:. 

Si  l’on  songe  que  les  malades  porteurs  de  telles  tuberculoses, 
peu  virulentes,  frustes,  abortives,  sont  aussi  peu  tuberculeux 
que  possible,  tout  au  moins,  pendant  un  temps  plus  ou 
long  ;  que  leur  foyer  infectieux,  le  plus  souvent  latent,  doit 
être  cherché,  on  pensera  volontiers  que  bien  des  lésions  in¬ 
flammatoires  indéterminées,  dans  lesquelles  ces  différents 
processus  sont  diversement  combinés.,  ont  très  vraisemblable¬ 
ment  la  tuberculose  comme  premier  agent. 

C’est  qu’en  effet,  les  ostéomalacies  partielles  permettant  des 
•  déformations  localiséés,  guérissant  finalement  par  ostéite 
condensante,  sont  légion,  et  leur  nature  est  jusqu  ici  restée 
mystérieuse. 

Pour  nou«,  le  rachitisme  tardif  n’existe  pas.  Ce  n’est  qu’un 
processus  inflammatoire  quelconque,  qui  passe  par  deux 
étapes  :  ostéomalacie,  puis,  ostéite  condensante.  La  première 
de  ces  étapes  permet  de  comprendre  le  rôle  des  causes  mé¬ 
caniques  et  commence  la  théorie  de  la  surcharge.  La  seconde 
explique  la  fixation  définitive  des  lésions,  leur  guérison  défi¬ 
nitive,  avec  des  formations  spontanément  incurables,  quand 
le  processus  infectieux  est  éteint. 

Tel  est  le  syndrome  anatomo-clinique. 

Toute  infection  peut  le  réaliser  (staphylococcienne  d’après 
Frœhlich).  Nous  estimons  que,  la  plupart  du  temps,  le  ba¬ 
cille  de  Koch  est  seul  en  cause . 

On  voit  quel  est  le  champ  étendu  de  la  tuberculose  inllam- 
matoire  dans  ses  localisations  squelettiques.  Le  rhumatisme 
tuberculeux  n’en  est  qu’une  forme  ostéo-articulaire.  Les  ma¬ 
ladies  de  la  croissance  et  nombre  de  processus  ostéomalaci- 
ffuesen  sont  d’autres  exemples.  Mais,  nous  le  répétons,  il  ne 
faut  pas  s’attendre  à  trouver,  alors,  des  lésions  articulaires, 
osseuses,  virulentes,  ou  de  graves  localisations  viscérales. 

La  tuberculose  inflammatoire  se  voit,  surtout,  chez  des 
tuberculeux  à  miniina,  porteurs  de  tuberculoses  latentes, 
U  il  faudra  dépister,  avec  peine  quelquefois. 

Le  diagnostic  précoce  n’en  sera  pas  inutile, 
lue  nouvelle  fonction  glandulaire  des  cellules  fixes  d’un  iLsu 
conjonctif,  la  fonction  rhagiocrine 
P'Renact  (la  séance,  on  le  voit  est  le  triomphe  de  l’E- 
e  de Lyoni  montre  dans  une  communication  très  impor- 
ote  pour  la  pathologie  générale, les  propriétés  glandulaires 
a  présence  d’un  proferment  très  important  pour  la  jabago- 
lgj°^  ‘fans  les  cellules  fixes  du  tissu  conjonctif,surtout  dans 
Tous  ces  faits  versent  une  grande  lumière 
série  de  processus  morbides,  en  particulier  sur  l’o- 
des  scléroses,  mais  surtout  sur  le  mécanisme  des  actes 
pg-  d'importance  majeure  et  cependant  jusqu’ici  à 

s®  Passent  dans  le  milieu  conjonctif  et 
solu*^'^*  a  l’activité  individuelle  deses  éléments  propres,  ab- 
tulg®®“l  distincts  de  celle  des  leucocytes.  Ce  sont  les  cel- 
l'l'agiocrines,  libres  à  l’origine,  et  dont  on 
‘fans?  1  adulte,  un  grand  nombre  restées  telles 

intecs?/.‘T’Ji‘le  des  séreuses,  qui  sont  les  agents  de  ces  actes 
vienne*"®^®  j’our  y  prendre  part,  elles  se  mobilisent  et  par- 
agij  facilement  aux  points  où  elles  doivent  se  fixer  et 
Près  J  ®  a  y  portent  par  leurs  mouvements  amiboïdes  pro- 
fion.  r  façon  générale,  par  les  voies  de  la  circula- 

'-e  sont  des  cellules  essentiellement  interstitielles. 


La  mortalité  tuberculeuse  {suite). 

M.  N  Ai.LiN  admet  que  la  déclaration  facultative  est  illusoire. 
Mais  la  déclaration  obligatoire  est  inutile,  1°  dans  les  tuber¬ 
culoses  fermées  ;  2°  dans  les  tuberculoses  ouvertes,  soignées 
par  un  médecin  qui  impose  toutes  les  précautions  indispen¬ 
sables.  Mais  la  déclaration  devrai  t  être  obligatoire  dans  tous  les 
cas  de  tuberculose  semblant  dangereux  pour  l’entourage  et 
pour  la  collectivité,  tout  au  moins  dans  les  cas  de  tuberculose 
ouverte  après  décés.  Avec  M.  Monod,  AI.  Vallin  reconnaît  que 
la  désinfection  sans  la  déclaration  obligatoire  constitue  une 
impossibilité  véritable. 

Origine  des  eaux  minérale.^. 

M.  A.  G.vutier,  président  de  la  commission  des  Eaux 
minérales,  montre  le  rôle  important  des  phénomènes  volca¬ 
niques  dans  la  production  des  eaux.  A.-F.  Plicque. 


SOCIÉTÉ  MÉDICALE  DES  HOPITAUX 
Séance  du  9  mars  1906. 

1  ntervenlion  dans  la  cholélithinse. 

A  propos  de  la  communication  faite  dans  la  précédente 
séance  par  AL  Linossier,  AI.  Siredey  lit  les  conclusions  d’un 
travail  de  AI.  le  D'  Norgois  (Bordeaux)  qui  justifie  l'interven¬ 
tion  chirurgicale  :  1°  si  avec  la  crise  urinaire  ne  co'incide  pas 
la  régression  du  gros  foie  ;  2'’ si  on  trouve  dans  le  sérum  san¬ 
guin  des  pigments  anormaux,  indice  d’une  fonction  défec¬ 
tueuse  de  la  cellule  hépatique. 

Pleurésie  purulente  ayant  duré  Ï.3  ans. 

AIAI.  Legendre  et  Genevrikr  présentent  lespièces  d’un  ma¬ 
lade,  mort  d’asystolîe  avec  cirrhose  cardiaque.  La  plèvre  avait 
contenu  un  Injuide  purulent  très  épais  et  très  gras,  ressem¬ 
blant  à  de  la  mayonnaise.  Cette  pleurésie  remontait  à  15  ans 
(en  1890  on  avait  retiré  par  ponction  un  demi-litrede  pus). Les 
enfants  de  ce  malade  sont  morts  tuberculeux.  La  plèvre  était 
très  épaissie.  Le  liquide  purulent  contenait  beaucoup  de  cho¬ 
lestérine. 

Pince  hémostalique'onbliée  dans  l’abdomen. 

MM.  Legendre  et  Genevrier  rapportent  l’observation  d’une 
malade  à  l’autopsie  de  laquelle  on  trouva  dans  l’intestin  pel¬ 
vien  une  pince  hémostatique  oubliée  à  l’occasion  d'une. opé¬ 
ration  pelvienne  il  y  a  six  ans. AL  Legendre  avait  pensé  à  une 
récidivede  la  tumeur.En  réalité, la  mort  était  due  à  une  phle- 
luatia  secondaire  à  une  nécrose  de  l’os  iliaque  avec  infection 
et  dislocation  de  la  hanche. 

Anémie  pernicieuse  traitée  avec  succès  par  les  rayons  X  et  le 
sérum  antitoxique. 

AIM.  Louis  Benon  et  Léon  Tixier. —  Le  traitement  arsénical,. 
spécifique  dans  l’anémie  pernicieuse,  n’avait  donné  .aucun 
succès.  Les  rayons  X  et  le  sérum  antitoxique,aii  contraire,  ont 
amené  une  réparation  sanguine,  comme  l’ont  montré  les  exa¬ 
mens  du  sang  pendant  le  traitement';  présence, en  nombre  très 
augmenté,  des  hématies,  et  éosinophilie  considérable  et  cons¬ 
tante.  Les  organes  hématopoiétiques  avaient  donc  été  for¬ 
tement  stimulés  par  le  traitement.  Les  rayons  X  détruisent  les 
leucocytes  (leucotoxines  dans  le  sangi  le  sérum  produit  une 
hémolyse  intense  (hémolysine  dans  le  sang). 

AL  JosuÉ  a  montré,  avec  M.  Roger,  que  le  sérum  antidiphi- 
térique provoque  dans  la  moelle  osseuse  une  réaction  très  spé¬ 
ciale,  la  formation  d’hématies  nucléées.  L’injection  de  toxine 
diphtérique  détermine  la  réaction  myéloïde  portant  sur  la 
série  blanche.  Toxine  et  antitoxine  injectées  ensemble  provo¬ 
quent  une  réaction  mixte.  Les  mêmes  phénomènes  s’obser¬ 
vent  avec  le  sérum  antitétanique. 

Infections  sanguines  au  cours  des  érythèmes  infectieux  (strepto- 
cocciques,  enlérococciquc,  tétragénique). 

MM.  S.ACQUEPEE  et  Loiseleur.  —  Les  ensemencements  du 
sang  dans  les  érythèmes  ont  démontré  une  infection  sangui¬ 
ne,  les  érythèmes  primitifs  sont  donc,  comme  les  secondaires, 
de  nature  microbienne.  Les  faits  cliniques  :  troublesdigestifs, 
arthralgies,  oedèmes,  imposent  celte  hypothèse  confirmée  par 


170 


LE  PROGRES  MEDICAL 


rcnsemenceiuent  et  placent  ces  ér\  thèmes  dans  un  rang  voi¬ 
sin  des  érythèmes  infectieux  secondaires. 

Spirochète  jmllida  dans  tons  les  organes  d’un  fœtus 
hérédo-syphilitique. 

M.  pRurii  i.É  a  trouvé  le  spirochète  dans  le  l'oie,  la  rate,  les 
reins,  les  capsules  pararénales,  dans  un  ganglion  mésentéri¬ 
que,  le  thymus  etlecorps  thyroïde. La  présence  du  spirochète 
dans  le  testicule  confirme  l’infectiosité  du  .sperme  démontrée 
sur  le  singe  par  l'ingeret  Landsteiner.  Conclusion:  nécessité 
d'un  traitement  sévère  pendant  la  grossesse.  I'rikdkl. 


SOCIÉTÉ  DE  MEDECINE  DE  PARIS. 

Séance  du  lo  mars  igo6.  —  Présidenck  de  M.  Desnos. 

La  séance  est  ouverte  à  4  h.  45.  Le  procès-verbal  de 
la  précédente  réunion  est  adopté  à  Tunanimité. 

Correspondance  imprimée.  —  Revues  et  journaux  habi¬ 
tuels.  Unn°de  Y  Etoile  bleu,  journal  de  la  Ligue  Natio¬ 
nale  contre  l’alcoolisme  et  les  Annales  de  la  Société 
Suisse  de  balnéologie,  offertes  par  le  D''  Relier,  de 
Rheinfelden. 

Correspondance  manuscrite.  —  Lettre  de  M.  le  Secré¬ 
taire  général  de  la  Société  médico-chirurgicale,  annon-  i 
çant  que  la  dite  Société  a  voté,  dans  sa  séance  du  26 
lévrier  1906,  la  fusion  en  projet  avec  les  deux  Sociétés 
similaires,  la  Société  de  Médecine  et  de  Chirurgie  Prati¬ 
ques  et  la  Société  de  Médecine  de  Paris. 

M.  le  Présid^înt  adresse  au  nom  de  la  Société  ses  féli¬ 
citations  àM.  Dubar,  récemment  nommé  officier  de  l’Ins¬ 
truction  Publique. 

Présentation  d’une  pièce  osseuse. 

M.  le  Docteur  Marie  présente  une  pièce  pathologique 
provenant  d'une  aliénée  avec  la  radiographie  corres¬ 
pondante.  C’est  Los  iliaque  droit  d’une  jeune  fille  hysté¬ 
rique  de  17  ans. Mélancolie  dégénérative, teptative de  sui¬ 
cide  par  ingurgitation  du  contenu  d’un  étui  a  aiguilles. 

Appendicite  ultérieure  et  phlegmon  iliaque  droit  (la 
pièce  provient  d'une  autopsie  antérieure  à  1888).  Cette 
malade  ne  fut  opérée  qu’à  cause  de  la  suppuration  de  son 
phlegmon  iliaque  dont  elle  mourut  néanmoins  par  infec¬ 
tion. 

L’arcade  crurale  est  criblée  d’aiguilles  farcissant  le 
paquet  vasculo-nerveux  et  adhérent  à  ses  divers  élé¬ 
ments  ainsi  qu’au  périoste  et  aux  cloisons  fibreuses  et 
ligaments  de  l’arcade. 

Une  radiographie  accompagne  la  pièce  et  permet  de 
compter  plus  de  cinquante  pointes  d’aiguilles. 

Les  artères  iliaques  extérieure  et  fémorale  ne  sont  pas 
ulcérées,  ainsi  que  le  montre  l’injection  préalable  des 
vaisseaux. 

.  Les  pièces  correspondent  à  un  cas  doublement  inté¬ 
ressant. 

Les  aliénés  in^rgitant  des  objets  insolites  sont  fré¬ 
quents  ;  et,  parmi  les  hystériques, les  avaleuses  d’aiguilles 
ne  sont  pas  rares. 

Mais  les  suicides  de  ces  dernières  sont  souvent  des 
tentatives  théâtrales  et  peu  sérieuses.  Ici,  les  aiguilles 
furent  avalées  d’un  bloc  et  entraînèrent  un  phlegmon 
iliaque,  puis  la  mort. 

Il  est  curieux,  d’autre  part,  de  retrouver  au  même 
point,  la  série  complète  des  aiguilles  ingérées  et  l’appen¬ 
dicite  qui  a  permis  leur  issue  en  totalité  de  l’intestin, 
semble  montrer  qu’elles  cheminèrent  de  conserve 
dans  presque  toute  la  longueur  du  tube  digestif  :  peut- 
être  les  précautions  prises  après  l’accident  y  co'ntribuè- 
rent-elles  (purées,  blancs  d’œuf,  etc.,  ingérés). 

M.  Leudet  lit  son  rapport  sur  les  titres  et  travaux  de 
M.  le  Docteur  Lucien  Graux,  candidat  au  titulariat. 

Messieui-s, 

Au  nom  d’une  Commission,  composée  de  MM.  C.hristi.an, 
Tissier.  et  Leudet  rapporteur,  je  viens  vous  rendre  compte 
d’un  travail  de  M  le  D''  Lucien  Graux,  lu  par  l’auteur,  dans 


la  dernière  séance,  à  l’appui  de  sa  candidature  au  titre  de 
membre  titulaire  de  notre  Société. 

Ce  travail  :  Rôle  des  casiers  sanitaires^  des  maisons  dam 
l’assainissement  des  villes,  est  un  document  d’hygiène  sociale,] 
qui  précise  expérimentalement  quelques-unes  des  don¬ 
nées  cliniques  du  problème  pathogénique  delà  tubèrculose 
pulmonaire. 

L’insalubrité  de  l’habitation  —  nous  le  savons  tous  et  de 
longue  date  —  est  un  des  facteurs  les  plus  importants  de  la 
diffusion  des  maladies  transmissibles  et  en  particulier  delà 
dissémination  de  la  tuberculose.  Mais  les  agents  de  cette  insa¬ 
lubrité,  quels  sont-ils.  et  où  tes  voyons  nous  '!  Comment  les 
atteindre,  les  surprendre  dans  leur  œuvre  néfaste  !'  Pour  les 
combattre  avec  efficacité,  il  faudrait  connaître  les  repaires! 
dont  ils  font  amant  de  foyers  d’infection.  {^)ui  nousdonnera^ 
cette  connaissance  ?  Qui  nousdira  avec  certitude  que  c’est  là 
qu’il  faut  frapper,  si  nous  voulons  éteindre  sur  place  la  fé¬ 
condité  des  germes  infectieux  !' 

Pour  répondre  à  ces  que.stions,  pour  les  élucider  elles  ré¬ 
soudre,  le  médecin  a  besoin  d’avoir  d’autres  armes  que 
celles  que  lui  prête  1  observation  du  malade.  Où  trouver  ces 
armes  ?  Dans  le  casier  sanitaire  des  maisons  nous  dit  M.  Lu- 

La  création  dece  casiersauitaire  des  habitations  à  Paris  est 
de  date  récente;  elle  remonte  à  12  ans.Et  cette  œuvre,  dont  le 
fonctionnement  marque  une  étape  si  féconde  pour  la  libéra- j 
tionde  fadasse  ouvrière  de  ses  servitudes  et  de  ses  fatalités 
morbides,  nous  a  déjà  fourni  des  documents  précieuxet  ir¬ 
réfutables  pour  la  lutte  sans  relâche  que  nous  poursuivons 
contre  la  maladie  tuberculeuse. 

Je  ne  suivrai  pas  M.  Lucien  Graux  (dans  Tliistorique,  la 
structure  et  le  mécanisme  de  ces  casiers  sanitaires,  qui  sont 
comme  un  organisme  nouveau,  dont  M.  Paul  Juu.i.erat  a 
doté  Paris.  Je  ne  retiendrai  qu’un  point  de  la  question,  le 
plus  important  du  reste,  celui  qui  a  trait  à  la  tuberculose. 

La  propreté,  l’espace,  l’air  et  la  lumière,  voilà  les  qualités 
({ui  font  la  maison  salubre.  Si  l’exiguité  et  Tencombrement 
des  locaux  sont  les  facteurs  ordinaires  de  la  propagation  des 
maladies  contagieuses,  comme  la  rougeole,  la  scarlatine,  la 
coqueluche,  etc.,  l’absence  de  lumière,  l’obscurité,  paraît 
jouer,  et  joue  en  réalité  le  rôle  prépondérant  dans  l’éclosioBj 
et  la  dysémination  de  la  tuberculose.  Le  fait  est  disprouvé  par 
la  statistique  des  décès  tuberculeux,  fournie  par  les  diffé¬ 
rentes  catégories  des  maisons  de  Paris. 

Tandis  que  dans  les  rez-de-chaussée  et  les  premiers  étages 
des  habitations  donnant  sur  des  cours  étroites,  la  mortalité' 
par  tuberculose  est  grande  et  lamentable,  elle  est  moindre, 
presque  nulle,  dans  les  étages  supérieurs,  où  se  rencontrent 
pourtant  des  causes  d’infériorité  sociale,  mais  où  pénètre  la 
lumière  solaire. 

C’est  ainsi  que  les  maisons  sordides  des  fortifications, inon¬ 
dées  de  soleil,  ne  présentent  pas  de  cas  de  tuberculose  ;  et  que 
des  maisons,  dans  des  quartiers  riches,  sont  des  foyers  cons¬ 
tants  de  bacillose,  quand  les  fenêtres  prennent  jour  sur  des 
courettes 

On  réclame  pour  Paris  des  espaces  libres,  des  squares,  des 
parcs,  des  jardins,  pour  donner  à  la  cité  les  poumons  qui  loi 
manquent.  Mais  comme  le  dit  très  justement  M.  Lucien 
Graux,  c’est  dans  1  intérieur  même  des  habitations  qu’il  faut 
créer  ces  espaces  libres  ;  c’est  le  logement  lui-même  qu'l 
faut  aérer  et  ensoleiller. 

Oui,  il  existe  dans  Paris  des  maisons  ravagées  par  le  liaciU® 
tuberculeux,  et  ces  maisons  ne  sont  mortelles  que  pour  1* 
tuberculose.  La  mortalité  des  autres  maladies  infectieuses  f* 
est  normale.  Faites  pénétrer  le  soleil  dans  ces  maisons  meur- 
trièi-es.  et  celles-ci  n’existeront  plus. 

Devant  des  témoignages  aussi  probants,  il  est  impossibl® 
de  ne  pas  conclure  à  l’inffuence  prépondérante  de  la  lumiéi* 
sur  révolution  et  la  propagation  du  mal  tuberculeux. 

.Mais  ici,  dans  ce  problème  si  vaste  et  si  complexe  de  la  tU' 
berculose,  deux  facteurs  absolument  distincts  sont  en  pr*" 
sence  :  le  bacille  et  l’organisme,  la  graine  et  le  terrain.  Et  c®® 
facteurs  sont  l’un  et  l’autre  enjeu  dans  la  question d’hygiéB* 
(pii  nous  occupe. 

Le  casier  sanitaire  des  habitations  parisiennes  nous  ense*' 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


171 


„ne  que.  partout  où  le  soleil  pénètre,  le  bacille  est  tué  ;  que  le 
soleil,  en  hypiène  sociale,  est  le  premier  des  microbicides.  (^)ue 
nous  a  appris  et  «lue  nous  apprend  chaque  jour  l'observation 
clinique  ?  Cette  même  action  souveraine  de  la  lumière  sur 
l'organisme  aux  prises  avec  la  tuberculose.  Le  malade  trou¬ 
verait  ainsi  dans  le  même  agent  une  double  protection  :  ce 
qui  stérilise  la  graine  enrichit  le  terrain,  et  ce  qui  tue  le  mi¬ 
crobe  vivifie  l’organisme. 

Dans  cette  lutte  contre  la  tuberculose,  de  quel  côté  vais-je, 
moi  médecin,  diriger  mes  efforts  ?  J’avoue  que,  jusqu’à  plus 
ample  informé,  tous  les  moyens  hygiéniques  ou  thérapeuti¬ 
ques  dont  je  dispose  s’adresseront  au  tuberculeux  lui-même. 
Son  terrain  est  maniable;  la  graine  (juiensemenceest  insaisis¬ 
sable.  En  rendant  son  organisme  réfractaire  aux  atteintes  du 
microbe  —  ce  qu’il  nous  est  permis  d’obtenir  —  nous  savons 
que  le  bacille  languira  au  lieu  de  pulluler,  et  qu'il  .sera  pri¬ 
sonnier  dans  les  tissus  sains  au  lieu  de  provoquer  une  intoxi¬ 
cation  générale  de  l’économie. 

Mais  je  m’arrête  dans  ces  considérations,  qui  m’entraîne¬ 
raient  bien  au-delà  de  mon  sujet. 

Je  crois.  Messieurs,  en  avoir  dit  assez  pour  vous  montrer 
l’intérêt  et  la  valeur  du  mémoire  que  vous  a  présenté  M.  Lu¬ 
cien  Gr.xux. 

Tout  en  proclamant  très  haut  les  bienfaits,  chaque  jour 
grandissants,  de  l’hygiène  socigle,  notre  jeune  confrère  n’hé¬ 
site  pas  à  signaler  le  danger  decertainsde  ses  empiètements. 
C’est  ainsi  que  dans  des  articles  successifs  parus  dans  la  Tri¬ 
bune  médicale,  il  regarde  comme  attentatoire  «  aux  intérêts  et 
même  au  bon  renom  du  corps  médical  »le  projet,  un  instant 
conçu,  de  la  création  d  un  diplôme  A' hygiéniste  public.  Sa 
vive  et  judicieuse  polémique  ne  fut  pas  étrangère  au  rej^t 
de  la  proposition  par  M.  le  ministre  de  l’intérieur.  Mais  si  les 
services  de  l’hygiène  publique  ne  sont  pas  aujourd’hui  ré¬ 
servés  à  des  diplômés  officiels  au  détriment  du  docteur  en 
médecine,  il  n’en  reste  pas  moins  que  des  certificats  d’études 
d’hygiène  vont  êtreou  sont  déjà  créés  par  certaines  Universi¬ 
tés,  et  que  ces  certificats  pourront  être  délivrés  à  des  indivi¬ 
dualités  diverses,  ne  faisant  pas  partie  de  notre  corpora¬ 
tion. 

M.  L'jcien  Gr.xux  n’a  pas  hésité,  je  le  répète,  à  protester 
contre  des  créations  qu’il  considère  comme  une  faute. Il  porte 
d  ailleurs,  dans  l’examen  de  tous  ces  problèmes  d’hygiène,  un 
«prit critique  du  meilleur  a  loi.  Guidé  par  la  précision  du 
fait  scientifique,  il  sait  voir  et  interroger  le  malade  ;  il  ne  sert 
et  ne  veut  se  servir  de  1  expérimentation  (jue  pour  éclairer 
1  observation  clinique.  Celle-ci  reste  toujours  la  souveraine 
maîtresse  de  son  jugement  médical. 

à  ersé  dans  toutes  les  questions  d'hygiène  sociale,  dont  il  a 
fait  une  étude  approfondie,  comme  le  prouventeh  son  travail 
inaugural  et  mainte  autre  publication,  il  ne  se  laisse  pas 
wsorber  par  elles.  Laborieux  et  chercheur,  àla  veille  d’entrer 
dansla  carrière  hydrologique,  que  lui  a  si  brillamment  ,  ou¬ 
verte  et  tracée  son  père,  notre  président  d’hier.  M.  Lucien 
Lraüx  a  entrepris,  sur  la  composition  intime  des  eaux  miné- 
^  de  recherches  qui  fixèrent  immédiatement 

^nrluil’attention  du  monde  savant. 

Des  expériences  faites  et  contrôlées  dans  le  Laboratoire  de 
ntre  distingué  collègue,  M.  Frenkel,  lui  ont  permis  de  for¬ 
mer  une  loi  qui  porte  son  nom  et  dont  la  teneur  est  des 
^'iSgestives  pour  les  déductions  à  tirer  de  la  constitution 
°^anisation  intime  et  réelle  d’une  eau  médicinale  natu- 
recherches’ ces  expériences  d’ordre  physico-chimi- 
y  ®:Sont  consignées  dans  sa  thèse  de  doctorat.  Application  de 
d  l'étude  des  eaux  mi  né  ni  les.  Elles  ont  valu  àno- 
confrère  des  distinctions  rapides  et  méritées.  Ses  ti- 
scientifiques  sont  déjà  nombreux, 
dical  Graux  est  membre  de  la  Société  d’hydrologie  mé- 
uj/  arrêté  ministériel  du  15  février  dernier.il  est  nom- 

de  la  Commission  permanente  des  stations  iiydru- 
*'^Urli  instituée  au  Ministère  de  l'inté- 

intern  ^  de  la  Commission  permanente  des  congrès 

^^^toiiaux  d'assainissement. 

votre  Commission,  j’ai  l’honneur  de  vous  pro- 


1°  D’inscrire  M.  Licien  Graux  sur  la  liste  des  candidats  un 
titre  de  membre  titulaire. 

De  renvoyerson  mémoire  au  Comité  de  publication. 

M.  le  Secrétaire  Général  donne  lecture  d’un  travail 
adressé  par  M.  Sakorraphos,  d’Athènes,  intitulé  :  Scro¬ 
fule  et  phtisie  pulmonaire.  L’auteur  soutient  l’idée  que  la 
scrofule  immunise  presque  toujours  contre  la  consomp¬ 
tion  ou  phtisie,  période  ultime  de  la  tuberculose  pulmo¬ 
naire  ;  il  reconnaît  d’ailleurs  que  son  opinion  est  abso¬ 
lument  contraire  aux  idées  généralement  admises. La  So¬ 
ciété  estime  que  les  conclusions  de  M.  Sakorraphos  sont 
peut-être  un  peu  prématurées  et  reposent  sur  un  trop 
petit  nombre  d’observations  et  d’expérimentations  pour 
entraîner  la  conviction.  Elleengage  l’auteur  à  poursui¬ 
vre  ses  recherches  dont  elle  publiera  les  résultats  lors¬ 
que  ceux-ci  reposeront  sur  des  bases  plus  solides  et  lui 
paraîtront  plus  concluantes. 

En  raison  de  la  demande  de  révision  intégrale  des 
statuts,  déposée  sur  le  bureau  dans  la  dernière  séance, 
la  Société  nomme,  pour  étudier  cette  question,  une  com¬ 
mission  de  cinq  membres  qui  sont  ;  MM.  Christian,  Lis¬ 
sier,  PicQuÉ,  Coudray  et  Dubar,  assistés  du  Président  et 
du  secrétaire  général,  membres  de  droit  de  toutes  les 
commissions. 

La  séance  est  levée  à  6  h.  30. 

Le  secrétaire  général,  Le  secrétaire  annuel, 

F.  Bdret.  Yian. 


SOCIÉTÉ  INTERNATIONALE  DE  L.V  TLRERGULO.SE 

Séance  du  6  mars  1906.  —  Présidence  de  M.  Lancereaux. 

Xoucelle  tuberculine  Jacobs. 

M.  le  D’'  Jacobs, de  RruxeIles,communique  les  résultats  ob¬ 
servés  par  de  nombreux  médecins,  tant  en  Belgique,  qu’en 
Angleterre,  en  France,  en  Suisse  par  l’emploi  de  la  tubercu¬ 
line  T.  J.  11  attire  l’attention  sur  le  nombre  élevé  de  guérisons, 
la  constance  de  ces  guérisons,  Tinnocuité  du  traitement. Plus 
de  60.000  injections  T.  J.  ont  été  faites  à  différents  malades 
sans  qu’aucùn  accident  ait  été  constaté. 

Sur  500  malades  iiu’il  a  traités,  le  prof.  Jacobs  compte  :  62 
guérisons,  20ft  améliorations,  58décès,  171  malades,  ont  aban¬ 
donné  le  traitement.  Parmi  les  décès,  certains  sont  dus  à 
l’imprudence  des  malades  ou  à  des  maladies  intercurrentes. 

On  compte  parmi  la  guérison  des  cas  de  laryngite  tubercu¬ 
leuse, de  péritonite  tuberculeuse. d’entérite,  de  tuberculose  os¬ 
seuse,  d’arthrite,  de  coxalgie,  de  lupus,  de  gommes  tubercu¬ 
leuse. 

M.  le  D'  Lespinne, de  Bruxelles,  a  soigné  par  la  T.  J.  des  lu¬ 
pus,  des  gommes,  des  adénites.  Chez  les  lupiijues  on  observ  e 
une  régression  marquée  de  Tinfiltrat,  une  décongestion,  des 
limites  plus  nettes  et  aussi  des  cordons  minces  de  lymphan¬ 
gite  au  voisinage  des  ganglions.  Certaines  guérisons  se  sont 
maintenues  après  deux  années. 

M.  le  1)'  Bsrnheim.  de  Paris.  —  .\ctuellement  nous  avons 
certains  malades  en  traitement  depuis  3  mois.  Nous  n’avons 
pas  pratiqué  la  méthode  apsonique  et  cependant  nous  avons 
constaté  des  résultats  tellement  sensibles  que  nous  en  som¬ 
mes  nous  même  surpris.  D’après  nos  expériences,  nous  avons 
constaté,  chez  nos  malades,  après  4  ou  5  injections  que  l'ap¬ 
pétit  reparaît  et  l’état  général  se  remonte.  Sur  40  malades,  2‘.t 
ont  été  suivis  de  très  près  et  étaient  tuberculeux  à  la  2"  et  à  la 
3*'  période.  Tous,  sauf  2,  avaient  des  bacilles  dans  les  crachats. 
Chez  la  plupart.l'amélioration  de  1  état  général  et  de  l’état  lo¬ 
cal  a  été  très  appréciable  :  les  crachats  ont  diminué,  les  ba¬ 
cilles  ont  diniinuéetont  disparu  chez  un  petit  nombre  de 
malades,  l.a  tuberculine  de  Jacobs  a  l'air  d’agir  surtout  sur 
les  microbes  associés  du  bacille  de  Koch.  l’appui  de  son  as¬ 
sertion. le  D  Bernheim  présente  ensuite  ses  malades  chez  les¬ 
quels  on  conslate  une  profonde  amélioration. 

M.le  I)'  Georges  Pkt:  i  a  17  malades  en  traitement  parla  T.J. 
sur  23  à  qui  il  avait  proposé  le  traitement.  L’auteur  déclare 
qu  il  s’est  conformé  aux  prescriptions  du  professeur  Jacobs, 
qu’il  n’a  jamais  observé  de  réaction  et  cependant  tous  ces  ma- 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


lades  étaient  atteints  de  tuberculose  confirmée.  Les  résultats 
sont  très  encourageants,  et  les  améliorations  aussi  manifestes 
((lie  rapides. 


LA  VALÉROBROMINE  LEGRAND 

est  plus  active  que  les  bromures  et  les  valé- 
rianates. 


BiBLIOCmAPHlE 

Fracture  du  radius  chez  les  automobilistes  : 

Par  II.  Fougère,  Thèse  de  Paris, l%êi. 

C’est  à  l’hôpUal  Beaujon  que  notre  confrère  R.  Faugère  a 
recueilli  ses  observations.  Son  travail  très  méthodique  et 
très  documenté  sera  toujours  consulté  avec  fruit  par  tous 
ceux  qu'intéresse  non  seulement  la  loi  des  accidents  du  tra¬ 
vail,  mais  encore  par  ceux  qui,  ayant  conscience  de  la  res- 
I-onsabilité  qu’ils  assument  en  acceptant  de  soigner  un  ou¬ 
vrier  blessé  sont  persuadés  que  le  plus  grand  bénéfice  qu’on 
puisse  accorder  à  un  travailleur  est  de  lui  permettre  de  ré¬ 
cupérer  l’intégrité  d'un  membre  lésé. 

L’auteur,dans  une  introduction  àlaquelleje  ferai  le  repro¬ 
che  d’être  écrite  en  argot  d’automobilisme,  nous  explique  le 
mécanisme  du  retour  de  manivelle.J’avoue,  à  ma  honte, igno¬ 
rer  ce  qu’on  entend  par  capacité  de  la  cylindrée,  avance  à  Tal- 
lumage  et  autres  expressions  du  même  genre.  Néanmoins,ie 
crois  pouvoir. d'après  Faugère,  expliquer  comme  suit  le  mé¬ 
canisme,  grâce  aux  incidentes  que  l’auteur  a  introduites 
dans  son  texte, mais  qui  constituent  à  mes  yeux  des  explica¬ 
tions  insuffisantes  pour  les  profanes  —  comme  moi  —  de 
l’automobilisme. 

Les  moteurs  produisent  des  gaz  qui  explosent,  et  ce  sont 
ces  explosions  qui  perme’ttent  au  piston  de  se  mouvoir  et 
par  conséquent  de  mettre  la  machine'  en  marche.  La  pre¬ 
mière  explosion  est  toujours  produite  directement  par  le 
mécanicien  qui  tourne  une  manivelle.  Or  si,  au  moment  de 
celte  explosion,  le  mécanicien  aune  position  défectueuse,  la 
manivelle  qui  permet  de  la  déterminer  subit  un  mouvement 
inverse  de  celui  qu  elle  doit  avoir  et  pesant  sur  la  main  qui 
la  fait  mouvoir,  main  qui  le  plus  souvent  est  elle-même  en 
position  également  défectueuse,  il  en  résulte  une  fracture  du 
radius. 

Abordantl’étiologie, Faugère  étudie  :  Lies  fractures  par  clau¬ 
se  directe, qui  intéressent  seulement  le  radius  depuis  l’apo¬ 
physe  stylo’ide  jusqu’à  une  certaine  hauteur  du  corps  de  l’os. 
Quelqucd'ois  les  depx  os  de  l’avant-bras  sont  fracturés  au 
même  niveau,  mais  le  nombre  des  observations  recueillies 
est  si  restieint  que  l’on  peut  considérer  cette  lésion  comme 
une  rareté. 

3“  Les  fractures  par  cause  indirecte  sont  les  plus  fréquen¬ 
tes;  tantôt  l’apophyse  styloïde  est  seul  intéressée, tanlôtil  s’a¬ 
git  de  toute  l’extrémilé  épiphysaire.  D’autres  fois  le  trait  de 
fracture  siège  au  niveau  du  tiers  inférieur  du  radius. 

Faugère  fait  observer  qu’on  constate  en  même  temps  des 
relâchements  ligamentaires, des  épanchements  sanguins,des 
ruptures  complètes  de  toutes  les  attaches  de  la  main,  avec 
élongation  des  nerfs,  ce  qui  est  d’une  capitale  importance  en 
matière  d’accident  du  travail,  à  cause  des  troubles  doulou¬ 
reux  qui  en  résulteront  et  dont  la  durée  sera  considérable. 

Pathogéniquement,  deux  théories  sont  eu  présence  :  Par 
suite  d’une  extension  forcée  des  ligaments,  ceux-ci  arrachent 
l’extrémité  osseuse  sur  laquelle  ils  s’insèrent. C’est  la  théorie 
de  l'arrachement. 

Si  au  contraire  le  choc  exerce  sur  le  poignet  une  sorte  de 
tassement,  on  a  la  théoiàe  de  ta  transmission  directe  du  choc. 

Faugère  rejette  l’hypothèse  de  Pouleau,  qui  admet  la  con¬ 
traction  musculaire  comme  facteur  delà  lésion. 

Les  symptômes  n’offrent  rien  de  particulier.  Dans  les  frac¬ 
tures  directes,  il  y  a  douleur,  impotence  fonctionnelle,  ecchy¬ 
mose,  déformation  inconstanteet  quelquefois  crépitation.  Ces 
signes  sont  souvent  insullisants,  de  même  que  la  crépita¬ 
tion. 


Dans  les  cas  douteux,  la  radiographie  est  d'un  puissant 
secours,  bien  que  je  ferai  remarquer  qu’elle  ne  donne  pas  tou¬ 
jours  ce  qu’on  en  attend. 

Ces  fractures  se  compliquent  souvent  de  plaies.  Les  frac¬ 
tures  indirectes  se  présentent  sous  deux  aspects.  Tantôt  il  y  a 
déformation  nette  due  au  déplacement  des  fragments.  On  a 
alors  le  type  en  dos  de  fourchette.  Tantôt  on  n’a  aucun  dé-., 
placement.  Ces  lésions  sont  les  plus  fréquentes.  La  douleur 
est  parfois  peu  considérable  et  l’impolence  fonctionnelle  peut- 
être  incomplète. 

Le  diagnostic  est  assez,  facile  lorsqu’on  possède  bien  les' 
symptômes.  Quant  au  pronostic,  il  varie.  Si  l’on  a  affaire 
à  une  fracture  sans  déplacement,  la  consolidation  s’obtient, 
en  3  semaines  environ.  Le  massage  précoce  active  la  gué¬ 
rison  et  empêche  les  raideurs  articulaires  ultérieures. 

Dans  les  fractures  avec  déplacement,  le  pronostic  n’t  st  pas. 
moins  favorable,  bien  que  la  coaptation  parfaite  des  frag¬ 
ments  puisse  être  impossible. 

Le  traitement  consiste  à  réduire  les  fragments  qui  ne  coap- 
tent  pas  qt  à  placer  la  main  en  bonne  position  dans  un  appa¬ 
reil  plâtré. 

La  récidive  survenant  au  même  niveau  quelque  temps  aprèst 
la  première  lésion,  n’empêche  pas  la  guérison  aussi  rapide-"^ 
ment  ni  aussi  bien  que  si  l’on  avait  un  os  fracturé  pour  la  ’i 
première  fois. 

Ce  travail, fait  très  consciencieusement,  se  termine  par  une  : 
longue  bibliographie  qui  peut  être  d’une  grande  utilité  à  ceux 
qui  désirent  remonter  aux  sources.  V.  Théb.vult. 

Technique  du  traitement  de  la  luxation  congénitale  de 

la  hanche  :  parle  D'  Calot  (de  Berck)  (Masson,  édit.i. 

Sous  ce  titre,  parait,  aujourd'hui,  le  deuxième  volume  du 
Traité  pratique  de  technique  orthopédique.  L’auteur,  très  qua¬ 
lifié  pour  traiter  cette  ((uestion  d’actualité,  a  imprégné  son 
livre  du  résultat  dé  ses  recherchés  personnelles  et  de  sa 
grande  expérience.  Pratique  avant  tout,  et  se  proposant] 
«  d’être  un  guide  devant  permettre  à  tous  les  médecins  de  soi¬ 
gner  la  luxation  congénitale  de  la  hanche  j),  cet  ouvrage 
comprend  :  des  préliminaires,  une  partie  technique  et  une 
partie  clinique.  Les  préliminaires  traitent,  en  quelques  pages 
alertes  et  pittoresques,  du  diagnostic  et  du  pronostic  de  la 
luxation  congénitale.  Aous  notons,  pour  le  praticien  et  pour 
l’étudiant,  des  détails  précieux  et  d'un  réel  intérêt  à  relire 
avant  l’examen  au  lit  du  malade. 

La  partie  technique  comporte,  très  développées,  les  solutions 
de  tous  les  problèmes  que  soulève  la  question  si  discutée  du  ' 
traitement  de  la  luxation,  congénitale  :  préparation  et  réali-' 
sa  lion  de  la  réduction  ;  manuel  opératoire  de  cette  réduction, 
diagnostic  de  la  réduction  obtenue.  Puis  vient  l’imporlant 
chapitre  du  maintien  de  la  réduction  :  comment  et  combien 
de  temps  maintenir  réduit  ;  traitement  consécutif  à  la  con¬ 
tention  ;  traitement  des  reluxations  antérieures  et  postérieu¬ 
res.  Enfin  la  partie  clinique  contient  nombre  de  renseigne^ 
ments  sur  les  variétés,  simple  ou  double,  de  luxation  ;  le  pro-^ 
nostic  et  la  thérapeutique  qu’elles  demandent  dans  les  diver¬ 
ses  conditions  d’âge  et  de  lésions  anatomiques.  Suit  un  cha¬ 
pitre  sur  les  résultats  du  traitement  non  sanglant,  et  leur 
amélioration  progressive.  «  Dans  les  cas  de  luxations  traitées 
à  temps,  on  peut  dire  sans  exagération  que  Ion  peut  avoir  à 
l’avenir  des  statistiques  blanches,  au  même  titre  et  dans  le 
môme  sens,  par  exemple,  que  les  chirurgiens  peuvent  avoir 
des  statistiques  blanches  de  cures  radicales  de  hernies  siffl' 
pies.  »  Pour  le  traitement  de  luxations  demeurées  irréduc¬ 
tibles  par  la  méthode  non  sanglante,  restent  les  opérations  d® 
Iloffa,  de  Senger  et  de  Calot,  dont  l’auteur  montre  les^  avau- 
tages  comparatifs.  _ 

Des  observations  justificatives  viennent  à  l’appui  des  mé-  l 
thüdes  thérapeutiques  préconisées  ;20l)  figures  et  5  planches  j 
illustrent  cet  ouvrage  édité  avec  le  plus  grand  soin. 

L.  Moue:.. 

Interprétation  nouvelle  du  mécanisme  de  l’hémoptysi® 
tuberculeuse:  i)arl(' !)'■  B\ui;akv  l’ai  is,  lUidcvab. 

Pour  le  !)'■  Harbarv  ,  l’héiuoptysie  tuberculeuse  est,  dans  l»! 
.najorilé  des  cas,  dépendante  de  l’hyperlension  artérielle. 


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4  de  préparer  elles-mêmes  le  Képhir.  ^  . 

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INSTITUT  MÉDICO-PiiGOGIOUE 

POUR  LE  TRAITEMENT  ET  l'ÉDÜCATION 

DES  ENFANTS  NERVEUX  &  ARRIÉRÉS 

MÉDEcm-DiREOTBijR  :  D'  BOURNEVILLE 


GÂPSDLES  DE  SCLFÂTE  de  QUininEj 

rte  PEIaLETIEIl  ou  des  Trois  Oach.ets 


L’Institut  médico-pédagogique  est  des 

tiné  : 

!•  Aux  enfants  présentant  de  l'instabilité 
mentale  et  sujets  à  des  impulsions  mala¬ 
dives  qui  les  empêchent,  quoique  possédant 
un  certain  développement  de  l’intelligence, 
de  se  soumettre  à  la  règle  des  lycées  ou  des 
pensions,  et  qui  ont  par  conséquent  besoin  à  la 
fois  d’une  méthode  d’éducation  spéciale,  et 
d’une  discipline  particulière  ; 

Aux  enfants  arriérés,  faibles  d'esprit  à 
tous  les  degrés  ; 

3*  Enfin  aux  enfants  atteints  d'affections 
nerveuses  compliquées  ou  non  d’accidents 
convulsifs. 

Les  enfants  de  ces  diverses  catégories 
forment  des  groupe  s  tout  à  fait  distincts. 

L’établissement  où  se  trouvent  réunis  tous 
les  moyens  d’instruction  et  d’éducation  em¬ 
ployés  dans  le  service  de  Bicêtre,  est  placé  au 
milieu  d’un  parc  superbe,  sur  le  versant 
d’une  colline,  et  dans  les  meilleures  conditions 
d’hygiène.  Les  enfants  y  sont  l’objet  de  soins 
spéciaux  appropriés  à  leur  situation  intellec¬ 
tuelle  et  pnysique. 

Moyens  de  communication  :  Tramways 
du  Châtelet  à  Vltry  et  à  Ghoisy-le-Roi.  — 
Voitures  de  place. 

S'adresser  pour  renseignements  à  M.  le 
D'  BoüRHEViLLE,  14,  rue  des  Carmes,  à  Paris, 
nercredi  et  le  vendredi,  de  i  heure  à  a 
res.  Ecrire  pour  rendez-vous. 


Gcs  capsules,  de  la  grosseur  d’un  pois,  contiennent  dix  eentigr.  de  sulfate  ^  N 
de  quinine,  garanti  par  l’inscription,  sur  chacune  d’elles,  du  nom  de  (min») 
elles  s’entr’ouvent  en  quelques  minutes  dans  l’eau  froide,  ne  durcissent  V  y 
pas  comme  les  pilules,  s’avalent  plus  facilement  que  les  eaehsts.  Le  prix  pour  ] 
le  Pharmacien  est  de  six  eentimas  la  pièce  par  Flacon  de  100,  il  p«nt  les  j 
détailler  au  gré  du  médecin. 

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Bisulfate  de  Quinine.  1  Yalérianats  ds  Qnlnins. 

Bromhydrate  de  Quinins.  Chlorhydrate  ds  Qninins. 

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3c  délivrent  également  en  capsule»  d»  10  eenlig.,  mai»  leur  prix  varie  iuivant  le»  cour 

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1  ou  2  verres  à  Bordeaux.  —  Dosage  ;  10  grammes  de  viande  de  bœuf 
digérée  par  la  pepsine,  par  verre  de  Bordeaux. 

La  Peptone  Chapoteaut,  vu  sa  pureté,  est  employée  depuis  sept  années 
par  l’Institut  Pasteur  et  les  laboratoires  de  physiologie  dé  Berlin,  Saint- 
Pétershourg,  Vienne,  etc.,  pour  la  culture  des  organismes  microscopiques.  —  On 
1  nourrit  avec  elle  les  malades  les  plus  gravement  aifectés  sans  aucun  autre  aliment. 
Pharmacie  VIAU.  I,  Rue  Bourdaloue,  PARIS. 


MALADIES  DE  lESTORIAC  et  de  lINTESTIN 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


173 


estdonc  possible  en  surveillant  la  tension  artérielle  de  sup¬ 
primer  dans  bien  des  cas  l'hémoptysie.  La  thérapeutique  pré¬ 
ventive  des  hémoptysies  consiste  dans  le  traitement  des  dilTé- 
rentes  causes  de  l’hypertension,  fréquente  et  souvent  mécon¬ 
nue  chez  les  tuberculeux.  Le  D'-  Baibary  apporte  dans  ce  tra¬ 
vail  étudié  et  intéressant  un  grand  nombre  d’observations  et 
de  chiflres  à  l'appui  de  sa  théorie.  On  sait  que,  d’une  fa<;on  gé¬ 
nérale,  on  considère  habituellement  que  le  tuberculeux  pré¬ 
sente  de  l’hypotension.  Lucien  Graux. 

maladie  osseuse  de  Paget  ;  par  OEttinger  et  E.  Agasse- 

Depuis  le  mémoire  de  Paget  en  1876  sur  l’ostéite  déformante, 
peu  d'observations  ont  été  publiées  sur  cette  affection.  — 
Il  est  rare  que  deux  cas  aient  été  observés  dans  une  même  fa¬ 
mille.  Or,  MM.  CEttinger  et  E.  Agasse-Lafont  apportent  trois 
nouveaux  cas  qui, précisément, appartiennent  à  une  même  fa¬ 
mille  ;  ils  en  tirent  des  conclusions  très  nouvelles  sur  l’étiolo¬ 
gie  et  la  pathogéniede  cette  maladie.  L’un  des  malades  pré¬ 
sentés  avait  exercé  le  métier  de  blanchisseur,  l’hypothèse 
d’une  intoxication  chronique  par  les  acides  minéraux  ne  peut- 
elle  êlre  admise  ?  Deux  autres  cas  observés  dans  cette  famille 
même,  où  la  profession  de  blanchisseur  est  exercée  depuis 
longtemps,  ne  la  fortifient-t-ils  pas  PAussi  les  aute  urs  ont-ils 
etaminé  Une  à  une  toutes  les  observations  de  la  maladie  de 
Paget  publiées  en  France  ;  sur  42,  29  indiquent  la  profession 
du  sujet  atteint,  or,  13  avaient  été  exposés  à  l’intoxication 
par  les  acides. 

L’acide  formique,  et  la  force  muscuiaire;  par  le  D‘ 

Clément,  de  Lyon.  (Paris,  1905,  ’Vigot  frères,  éditeurs). 
Intéressante  à  lire  cette  monographie  de  135  pages,  très 
bien  éditée,  ornée  de  vignettes  curieuses  et  belles.  Un  trouve 
aussi  grand  plaisir  dans  le  style  plus  littéraire  que  scientifi¬ 
que  et  où  s’étale  une  érudition  qui  fait  honneur  à  notre  con¬ 
frère  de  Lyon. 

Scientifiquement  l’acide  formique  est  connu  ;  il  est  même 
^rchl-connu.  puisqu’il  commence  à  ne  plus  l’être.  M. 
Clément  a  soin  de  nous  rappeler  dans  un  chapitre  plein  de 
franchise,  puisqu’il  porte  à  son  frontispice  «  pro  domo  me»  », 
l’idée  directrice  qui  l’a  poussé  à  étudier  et  à  faire  valoir  l’a¬ 
cide  formique.  Ce  fut  en  1903  que  fauteur  publia  sa  décou¬ 
verte  pour  la  première  fois.  Lisons  haut  cette  boutade  qui  ne 
manque  pas  d’un  fonds  de  vérité  :  <-  La  pressse  médicale,  à 
*  cette  époque,  ne  souffla  mot  de  mon  travail.  Il  n’y  avait 
"  pas  de  quoi  m’émouvoir.  C’est  assez  dans  les  usages  de  no- 
'  Ire  pays.  La  presse  médicale  parisienne  ne  connaît  que  ce 
“  qui  se  fait  ou  se  dit  à  Paris,  et  les  journaux  de  province, 

"  en  dehors  de  leurs  œuvres  locales,  ne  font  que  reproduire 
"  ce  que  dit  la  presse  parisienne.  De  sorte  que  si  vous  êtes 
"  provincial,  vous  êtes  une  individualité  sans  mandat.  ■> 

11  serait  fastidieux  de  reproduire  ici  les  conclusions  aux¬ 
quelles  M.  Clément  a  été  conduit  par  ses  recherches.  Con- 
jjions,  à  notre  tour,que  le  travail  de  notre  confrère  peut-être 
uavecplaisir  et  utilité,  par  les  médecins  et  par  ceux  qui  ne 
*®®Ontpas.  P.  Cornet. 

®P'um.  Morphine  et  Cocaïne  ;  parM.  le  Prof.  Brouardel 
i-uvol.,  br.,in-4,  del53p.,  chez  Baillière  et  fils,  1906.) 
^uus  sommes  en  pleine  médecine  légale,  en  présence  de 
^  cçons  si  claires,  si  nourries  de  faits,  telles  que  nous  les 
jadis  entendues. 

few*^**  •  ^'intoxication  aigu?  par  l’opium  et  scs  alca- 

uioiT  et  les  mangeurs  d’opium  et  les  morphino- 

Ocxe'^ci  ^  par  la  cocaïne.  \  iennent  ensuite,  en  an- 

PQj  ’  pièces  documentaires  de  médecine  légale  sur  l’em- 
ceUçj'^^roent  par  le  laudanum,  la  responsabilité  médicale, 
pharmacien,  mesures  à  prendre  pour  diminuer  la 
liijj^^'^roanie,  etc.  Tout  serait  à  relever  ici  en  raison  de 
vécag  *^68  exemples  choisis  et  des  détails  pratiques  et 
*Pain.s^l^^  ®y  trouvent.  Ce  livre  doit  se  trouver  entre  les 
ciuel^®  fous  ceux  qui  ont  un  attrait  spécial  pour  méde 
pour  la  toxicologie.  Je  crois  même  (avis  aux  Etu- 
VfepQ  est  nécessaire  deconnaître  la  substance  de  ce  li- 
'■roussir  à  ses  examens.  P.  Cornet. 


Formulaire  des  médicaments  nouveaux  pour  1906; 

par  Bocquillon -Limousin.  (In  12  de  325  pages,  chez  Baillière 

et  fils,  Paris,) 

Sans  doute  ce  formulaire  est  très  utile  !  Comment  sortir, 
sans  ce  fil  d’Ariane,  du  dédale  des  médicaments  nouveaux  2 
Ceux-ci  ne  dépassent-ils  pas  le  nombre  de  457,  à  en  croire 
M.  Iluchard,  dans  la  préface  qui  ouvre  ce  petit  livre?  M.  Li¬ 
mousin  a  pris  soin  de  nous  signaler  les  additions  faites  à  la 
181  et  présente  édition  de  son  formulaire.  La  thérapeutique 
s’est  «  enrichie  »  de  ce  qui  suit  :  acide  formique,  almatenia, 
alypine,  arhovine,  benzdüperoxijde.  broméinc,  caloméial,  carbo- 
vis,  ceycsatiba,  eictogan.  gentiopicrinc  hémoplase,  hermitine, 
hippiol,  hopogan,  ibogaïne,  iothion,  iridine,  isoformé,  lentin, 
maréline,  méthylrodine,  naflalan,  neurodine,  olivéol,  perbora- 
tes,  pélrosulfofpurgène,  quinobromine,  quinoforme,quinoléine, 
santhéose,  thiocine,  vasenol,  zimphéne,  etc. 

Evidemment,  pour  connaître  les  propriétés  physiques, 
chimiques  et  thérapeutiques,  ainsi  que  le  mode  d’emploi  de 
de  chacun  de  ces  produits  qui  se  succèdent  si  rapidement,  il 
faut  un  répertoire,  et  M.  Limousin,  en  présentant  le  sien  cha¬ 
que  année,  rend  certainement  à  la  mémoire  des  thérapeutes 
les  plus  grands  services. 

Ce  formulaire  est  de  petit  format,  cartonné,  et  ainsi  porta¬ 
tif  et  pratique,  P.  Cornet. 

Portez-vous  bien  ;  parle  D^  Terw.agne  (Paris,  Vigot, 

3»  édition). 

Ce  livre,  nous  dit  l’auteur,  est  écrit  sans  autre  prétention 
que  de  répandre  dans  le  peuple  les  notions  d’hygiène  les  plus 
nécessaires  à  la  santé. 

Il  y  étudie  tour  à  tour  le  rôle  de  l’air,  de  la  lumière,  de 
l’eau,  facteurs  de  salubrité.  Un  long  chapitre  est  consacré  à 
1  alimentation  :  les  autres  traitent  de  l’influence  du  sommeil, 
de  la  profession,  du  travail,  etc. . .  h  auteur  expose,  en  un 
style  très  clair,  des  notions  qu'il  importe,  en  effet,de  vulgari¬ 
ser  sans  se  lasser  ;  il  donne  en  autre  mille  conseils  utiles, 
fruits  d’une  expérience  éclairée  et  d’une  observation  atten¬ 
tive,  A.  Fîllassier. 


,  THÉRAPEUTIQUE 

Traitement  delà  Coqueluche, 

L'Hélénine  de  Korab  diminue  d’une  façon  notable  fex- 
citabilité  laryngo-pharyngienne  ;  c’est  un  modérateur,  un 
calmant  du  système  nerveux  (Communications  à  la  S&ciété 
de  Biologie),  Cette  propriété  bien  démontrée  fait  comprendre 
iapuissance  curative  de  l’Hélénine  dans  la  coqueluche  ;  d’a¬ 
près  ’Valenzuela  {El  Siglo  medico  de  Madrid),  les  effets  de 
l’Hélénine  sont  merveilleux.  Introduite  dans  f  estomac,  l’Hé- 
lénine  agit  à  la  manière  des  amers  aromatiques  et  s’oppose 
aux  vomissements  si  fréquents  et  si  pénibles  qui  accompa¬ 
gnent  les  quintes  de  toux.  Cet  agent  thérapeutique  doitétre 
administré  sous  forme  de  Sirop  du  D' de  Korab  à  la  dose 
de  quatre  à  cinq  cuillerées  à  café  par  jour. 


Banquet  en  l’honneur  du  D»  Séailles,  —  Le  Conseil  d’admi¬ 
nistration  du  Syndicat  des  médecins  de  la  Seine,  d’accord  avec 
l’Union  des  Syndicats  médicaux  de  France,  la  Société  médicale 
des  Bureaux  de  Bienfaisance  et  celle  des  médecins  de  l’état  civil, 
a  résolu  d’offrir  au  D»  Séailles,  président  sortant  du  Syndicat 
des  médecins  de  la  Seine,  ancien  membre  du  Conseil  de  l’Ünion 
des  Syndicats  médicaux  de  France,  ancien  président  de  la  Société 
médicale  des  Bureaux  de  Bienfaisance  de  Paris,  etc.,  un  banquet 
amical  à  l'occasion  de  sa  promotion  dans  la  Légion  d’honneur. 
Cette  fêle  confraternelle  aura  lieu  le  vendredi  23  mars  à  7  heures 
et  demie,  au  restaurant  Marguery,  sous  la  présidence  de  M.  le 
Professeur  Brouardel,  président  d’honneur  du  Syndicat.  Le  prix 
du  banquet  est  de  seize  francs. 

Prière  de  renvoyer,  avant  le  18  mars,  les  adhésions  au  Di  Bel- 
lencohtre,  secrétaire  général,  1.34,  boulevard  Haussmann.  Il  sera 
prélevé  sur  ce  prix  la  somme  nécessaire  à  l’acquisition  d’un  sou¬ 
venir.  Les  confrères  et  amis  du  Di  Séailles,  empêchés  d’assister 
au  banquet,  peuvent  adresser  au  Secrétaire  général  leur  offrande 
pour  le  souvenir. 


174 


LE  PROGRÈS  MEDICAIi 


varia 


La  Ligue  des  mères  de  famille. 

I.a  ligue  internationale  des  mères  de  famille,  pour  la  dé¬ 
fense  de  leurs  foyers  contre  les  grands  fléaux  du  X\=  siècle,  a 
tenu  une  réunion  à  Washington-Palace,  11, rue  Magellan, sous 
la  présidence  du  D''  Suarez  de  Mendoza  Le  Président  a  exposé 
lanaissance,  le  développement,  les  travaux  et  les  projets  de  la 
Ligue.  La  Ligue  se  propose  d’employer  tous  les  moyens  possi¬ 
bles  pour  enrayer  l’action  isolée  ou  collective  de  ces  fléaux, 
dont  les  victimes  se  chiffrent  annuellement,  pour  la  France, 
à  plus  de  six  cent  mille.  La  Ligue  organisera  des  conférences 
et  ouvrira  des  dispensaires  spéciaux.  Des  conférences  ont  en¬ 
suite  été  faites  sur  les  fléaux  en  question.  Le  docteur  Gastou, 
chef  de  laboratoire  à  la  Faculté, a  parlé  sur  «  les  portes  d  entrée 
delà  tuberculose  elles  moyens  de  s’en  défendre.  »  Avariose 
et  mariage  fut  le  sujet  traité  par  le  docteur  Griffon.  M-  Rie- 
man  a  montré  les  ravages  de  l'alcoolisme  dans  la  famille.  M. 
Cheysson.de  l’Institut, a  fait  sentir  les  avantages  qu’il  y  avait  au 
point  de  vue  de  l'économie  des  forces  vives  delà  société  à  ins¬ 
truire  simultanément  les  mères  de  famille  sur  toutes  les  véri¬ 
tés  nécessaires  pour  mener  à  bien  la  lutte  contre  les  grands 
fléaux, et  enfin  le  Président,  dans  une  allocution  accompagnée 
de  projections  a  exposé  quelques  considérations  générales 
sur  les  grands  fléaux  du  siècle  :  avariose,  neissérose,  tuber¬ 
culose,  alcoolisme,  gastro-entérite, e'c.  {Communique}. 

LES  CONGRÈS 

Congrès  international  de  médecine  de  Lisbonne 

(Avril  ItlOG.) 

Les  médecins  f  ranimais  qui  se  rendront  au  Gong  rès  interna¬ 
tional  de  médecine  de  Lisbonne,  qui  commencera  le  19  avril 
1901),  pourront  utiliser,  pour  leur  voyage,  la  voie  de  terre  ou 
la  voie  de  mir.  Geux  qui  emploieront  la  voie  de  terre  béné¬ 
ficieront  d’une  réduction  de  5Ü  "/o  sur  le  tarif  ordinaire.  Les 
Compagnies  de  chemins  de  fer  françaises,  espagnoles  et  por¬ 
tugaises  leur  délivreront,  à  cet  effet, des  coupons  détachables, 
d’un  emploi  facile.  Les  congressistes  français  qui  préféreront 
la  voie  de  mer  auront  plusieurs  bateaux  à  leur  disposition  ; 

l“Le  bateau  français.  l’Etoile,  spécialement  affrété  pour  les 
circonstances,  partira  de  Marseille  le  8  avril,  fera  différentes 
escales  à  Malaga,  Cadix,  etc.  Des  excursions,  organisées  par 
train  spécial, permettront  la  visite  à  .Séville,Cordoue  Grenade. 
Ce  bateau  reviendra  à  Marseille  après  une  croisière  de  vingt- 
trois  jours.  Le  prix  total  sera  de  8ôü  francs.  (Pour  cette  croi¬ 
sière,  adresser  les  demandes  de  renseignements  et  les  adhé¬ 
sions,  jusqu'au  l.T  mars,  terme  de  rigueur,  au  docteur  Ilelme 
10,  rue  de  Saint-Pétersbourg,  Paris.) 

‘2"  L'n  bateau  anglais,  l’O/j/tic,  s’arrêtera  le  13  avril  à  Cher- 
bor’rget  pourra  embarquer  les  congressistes  français.  Ce  ba¬ 
teau  sera  de  retour  à  Cherbourg  le  samedi  28  avril.  Le  prix 
de  cette  croisière  varie  de  39j  à  925  fr.,  suivant  la  cabine  oc¬ 
cupée.  Pour  cette  croisière,  adresser  les  demandes  de  rensei¬ 
gnements  et  les  adhésions  à  l'Agence  Cook  de  Paris,  1  place  de 
l’Opéra.) 

3»l  II  autre  bateau  anglais;  ÏAmbrose,  fera  escale  au  Havre 
à  Palier  et  au  retour,  et  pourra  aussi  embarquer  des  passa¬ 
gers  du  Continent  (S’adresser,  pour  cette  croisière,  au  Travel 
Bureau,  29,  Cookzpur  Street,  London). 

Les  congressistes  qui  choisiront  la  voie  de  mer.  auront  l’a¬ 
vantage  de  n’avoir  pas  à  se  préoccuper  de  leurs  logements  à 
Lisbonne.  Les  bateaux  Etoile,  Op’iir  et  Ambrosc,  qui  les  amè¬ 
neront,  resteront  à  quai  à  Lisbonne  et  leur  serviront  d'hôtel 
pendant  toute  la  durée  du  Congrès,  Ils  pourront  continuer  à 
y  loger  età  >  prendre  leurs  repas.  Le  prix  de  la  croisière  par 
mer  comprend  tous  les  frais  deséjour  à  Lisbonne  et  tous  les 
frais  d’excursion  supplémentaires  (  nourriture,  service,  trains 
spéciaux,  etc.,  etc.) 

Pour  tous  renseignements  généraux,  s’adresser  au  docteur 
Richardière,  secrétaire  du  Comité  français,  18,  rue  de  P  Uni¬ 
versité,  Paris. 


Actes  et  Thèses  de  la  Faculté  de  Médecine  de  Paris, 

Thèses  de  doctorat.  — Mercredi,  2i  mars.  —  M.  Morin  :  La  ré. 
section  du  cordon  spermatique  sans  castration.  —  Opérai  ion  com¬ 
plémentaire  de  lacure  radicale  de  la  hernie  inguinale  (MM.  Terrier 
Landonzy,  Reclus.  Lablié  (Marcel).  —  M.  Eugène  :  La  luherculosr 
dans  le  personnel  infirmier  des  hôpitaux  de  Paris  (MM.  Landonzy, 
Terrier,  Reclus.  Labhé  (Marcel).  —M.  Calvé  :  De  la  coxalgie  doù- 
hle  chez  l'enfant  (MM.  Reclus,  Terrier.  Landouzy,  Pierre  Duval;. 

Samedi,  24  mars.  —  M.  Leroy  :  De  la  paralysie  générale  conju. 
gale  et  de  ses  rapports  avec  la  syphilis  (MM.  .loffroy,  Raymond, 
Roger,  Jeanselmeî.  —  M.  Moussaud  Mal  de  Potl  sans  signe  rachi¬ 
dien  chez  radulle  (MM.  Raymond.  .loffroy.  Roger.  .leanselmc).  — 
M.  Gebert  ;  Le  tétragène  en  pathologie  (MM.  Roger.  Joffroy.  Ray¬ 
mond.  Jeanselme). —  M.  Bouchet  :  Conlrihution  à  l’élude  du  traite¬ 
ment  rationnel  des  fractures  des  os  longs  iMM.  Berger,  Hutinel,  An- 
vray.  Carnot).  —  M.  Faseuille  :  Diphtérie  nasale  amhulatoire  (MM. 
Hutinel,  Berger,  Auvray,  Carnot) . 

Examens  de  doctorat.  —  Lundi,  ig  mars.  —  Dissection  (Keole 
pratique)  :  MM.  Poirier,  Rietl'el,  Pierre  Duval.  —  3*  (2*  partie.  Labo¬ 
ratoire  des  travaux  pratiques  d'anatomie  pathologique)  :  MM.  Gan¬ 
tier,  Landouzy,  Legry.  —  3”  (2*  partie.  Oral.  Salle  Réclard)  :  MM. 
Rrissaud,  Roger,  Balihazard.  — 5”  (2”  partie,  1"  série,  Hôtel-Dien): 
MM.  Dejerine,  Teissier,  Claude.  —  5"  (2’ partie,  2' série,  Hôtel-Dieu): 
M.M.  Gaucher,  Lahhé  (Marcel),  Macaigne. 

Mardi,  20  mars.  —  Dissection  (Ecole  iiratiipie)  :  MM.  De  Laper- 
sonne,  Ricffel,  Morestin. —  .3' (2' partie.  Laboratoire  des  travaux 
pratiques  d'anatomie  pathologique)  ;  M.M.  Cornil,  Guiard,  Mailhard. 

—  4'  (Salle  Brouss  .is)  :  MM  Chanlemesse,  'N'aquez,  Dupré.  — 5' 
(Chirurgie,  P*  partie.  Charité)  :  MM.  Guyon,  Pozzi,  Auvray.  —  5' 
(2' partie,  1"  série.  Charité)  :  MM.  Dieulafoy.  Renon,  Jeanselme.— 
5*  (2”  pa''!'**.  série.  Charité):  MM.Joffro.v,  .Méry,  Gonget. 

Mercredi,  21  mars.  —  Dissection  (Ecole  pratique)  :  MM.  Poirier, 
Cunéo,  Proust.  —  3"  (2*  partie.  Laboratoire  des  travaux  pratiipics 
d'anatomie  pathologique)  :  MM,  Blancliard,  Desgrez,  Legry.  —  i 
(Salle  tlorvisarl)  :  MM.  Gantier.  Roger,  Branca. 

Vendredi,  23  mars.  —  Dissection  (Ecole  pratiipie)  :  MM.  Poirier. 
Gosset,  Cunéo. — 3'  (2' partie.  Laboratoire  des  travaux  pratiques 
d'anatomie  patliologique)  :  MM.  Gautier,  Teissier,  Macaigne.  —  ^ 
(2"  série.  Oral,  Sa'le  Pasteur  :.MM.  Brissaud,  Legry,  Claude.  —  t* 
Salle  Thouret)  ;  MM.  Pouchet.  Richaud,  Balihazard.  —  ô-  (Chirur¬ 
gie.  p’partie,  P"  série,Necker)  :  MM.  Kiriuisson,  Delens.  Legiieu. 

—  5'  (ciiirurgie,  P”  partie,  2" série,  Necker)  :  MM.  Segond,  Mauclai- 
re,  Proust. 

Samedi,  24  mars.  —  Dissection  (Ecole  pratique)  :  MM.  Le  Denln, 
Thiéry,  Morestin .  —  3'  (2*  partie,  Laboratoire  des  travaux  jiratiques 
d’anaforaie  pathologique)  :  MM. Cornil.  Bezançon,  Maillard.  —  ? 
.Salle  Béclard)  :  MM.  Launois,  Langlois,  Rroca  (André).  —  5''Gli5- 
létrique,  P*  ])arlie.  Clinique  Tarnier)  :  MM.  M.aygrier,  Bounair^l 
Brindeau. 


FORMULES 


XVII.  —  Contre  l'eczéma. 

Lilharge . 

'Vinaigre . 

Huile  d’olive . , . / 

Axonge . 7 . ) 

Ichlhyol . 

Derinatol . /  ,. .. 

Oxyde  de  zinc . ' 

Vaseline . i  .. ., 

Lanoline . ) 


10  gr. 
1  gr. 


(Unna).  I 


PHARMACOLOGIE 


«  L'activité  de  deux  substances  combinées  est  supérieurB^ 
la  somme  de  la  puissance  de  chacune  d  elles.  >-  C'est  ce  9*  ■ 
xplique  et  aflîrme  l’activité  de  la  Acrvocithine  Tissot,  - 


pho-ai'seniée  organique  et  hématique,  véritable  reconstitua 
du  plasma  cellulaire,  terrain  primordial  et  essentiel  de  1  oi? 
nisme  ;  les  praticiens  l’emploient  soit  en  ampoules  pour 
jections,  soit  en  dragées  ou  sirop  au  moment  des  repas. 


L  v  GUÉRISON  DU  CANCER.  —  On  s’intéresserait  à  Berlin  ! 
travaux  d'un  médecin  allemand,  le  D""  Mayer,  qui  croit  avoirj 
couvert  un  moyen  de  guérir  le  cancer.  Le  docteur  Mayer 
UC  80  %  de  sesexpjrienccssur  de.5 animaux  ont  réussi.  (Stau®®' 


LE  FROGHÈS  MÉDICAL 


NOUVELLES 


Natalité  dk  Paris.  —  Du  dimancüe  1 1  février  1906  au  samedi 
17  février  19C6.  les  naissances  ont  été  au  nombre  de  1.027,  se  dé¬ 
composant  ainsi  :  légitimes  767,  illégitimes  260. 

Mortalité  a  Paris.  —  Population  d'après  le  recensement  de 
1901  :  2.660.559  habitants.  Les  décès  ont  été  au  nombre  de  970, 
savoir  :  475  hommes  et  495  femmes.  Les  décès  sont  dus  aux 
causes  suivantes  ;  Fièvre  lypnoide  ityptius  abdomm.)  :  7.  — 
Typûus  exanthématique  :  0.  —  Fievre  intermittente  et  cachexie 
palustre  :  0.  -  Variole  :  0.  —  Rougeoie  :  20.  Scarlatine  ;  2. 

—  Coqueluche;  5.  —  Dipiiterie  et  Group  :  0.  —  Grippe  :  6. 

—  Choléra  asiatique  :  0.  —  Choiera  nostras  :  0.  —  Autres 
maladies  épidémiques  :  2.  —  Tuberculose  des  poumons  :  201.  — 
Tuberculose  des  méningés  :  19.  —  Autres  tuberculoses  :  14.  — 
Cancer  et  autres  tumeurs  malignes  :  64.  —  Méningite  simple  ;  18. 

—  Congestion  hémorrhagique  et  ramollissement  du  cerveau  :  56. 

—  Maladies  organiques  du  cœur  :  72.  —  Bronchite  aiguë  :  13. 

—  Bronchite  chronique  :  26.  — Pneumonie  ;  31.  —  Autres  affec¬ 
tions  de  l’appareil  respiratoire  :  133.  —  Affections  de  l’estomac 
icancerexc.,)  :  4.  —  Diarrnée  et  entérite  deO  à  1  ah  :  sein  :  5  ;  au¬ 
tre  alimentation  :  13.  —  Diarrhée  et  entérite  de  1  à2  ans  :  0. —  Her¬ 
mès.  obstruction  intestinale  :  4.  —  Cirrhose  du  foie  :  14.  —  Néphrite 
et  mai  de  Brigüt  :  34.  Tumeurs  non  cancéreuses  et  autres  ma¬ 
ladies  des  organes  génitaux  (femmes)  :  4.  —  Septicémie  puerpérale 
(Hèvre,  péritonite,  phlébite  puerpérale)  :  3.  —  Autres  accidents 
puerpéraux  de  la  grossesse  et  de  l’accouonemenl  ;  1.  —  Débilité 
congénitale  et  vices  de  conformation  :  21.  —  Débilité  senile  ;  44. 

—  Morts  violentes  :  16.—  Suicides  :  11.  —  Autres  maladies  :  99. 

—  Maladies  inconnues  ou  mal  définies  ;  19. 

Mort-nés  et  morts  avant  leur  inscription  :  67,  qui  se  décom¬ 
posent  ainsi  :  légitimes  48,  illégitimes  19. 

Légion  d’honneur. —  Sont  nommés  chevaliers  :M.le  D'’  Gras¬ 
set,  adjoint  au  maire  de  Riom,  médecin  de  l’hôpital  de  la  même 
ÿle  ;  M.  leD'"  Brumpt,  préparateur  à  la  Faculté  de  médecine  de 
Paris  (explorations  au  Congo  et  dans  l’Afrique  centrale)  ;  M .  le 
D^Turquet,  collabo  rateur  de  la  mission  Charcot. 

Décorations  académiques.  —  MM.  les  D'»  Dietrick  et  Via- 
lettes  sont  nommés  officiers  d’Académie.  \ 

Muséum  d’histoire  naturelle.  —  Cours  d’anatomie  compa- 
réf.  —  M.  Edmond  Perrier,  professeur,  membre  de  l’Institut, 
eommencera  ce  cours  le  mardi  20  mars  1906,  à  une  heure  et  demie, 
dans  l’Amphithéâtre  des  Nouvelles  Galeries,  rue  de  Buffon,  n®  2, 
et  le  continuera  les  jeudis,  mardis,et  samedis  .suivants,  à  la  même 
heure.  Le  professeur  traitera  des  appareils  de  nutrition  et  du  dé¬ 
veloppement  embryogénique  des  vertébrés  terrestres  (batraciens, 
oiseaux,  mammifères). 

M.  le  docteur  H. -P.  Gervais,  assistant,  dirigera,  avec  le  con- 
^nrs  de  M.  Neuville  et  de  M.  le  docteur  Anthony,  prépara- 
6hrs,  des  travaux  pratiques  d’anatomie  (technique  des  dissections 


et  des  injections  ;  étude  comparée  des  différents  organes,  etc.), qui 
aurontlieu  tous  les  jours,  de  deux  heures  à  cinq  heures.  Le  labo¬ 
ratoire  des  recherches  histologiques  dirigé  parM.  le  docteur  Au¬ 
guste  Pettit,  est  ouvert  tous  les  jours,  de  deux  heures  à  quatre 
heures.  Le  laboratoire  maritime  du  muséum,  à  Saint-Vaast-la- 
Hougue,  est  ouvert  du  mois  d'avril  au  mois  de  novembre.  S’ins¬ 
crire  d’avance,  l'après-midi,  au  laboratoire  d’anatomie  comparée, 
rue  de  Buffon,  n®  55. 

Coursde  physiologie  générale.  —  M.  Nestor  Gréhant,  mem¬ 
bre  de  l'Académie  de  médecine,  professeur,  commencera  le  cours 
le  lundi  19  mars  1906,  à  quatre  heures,  dans  son  Laboratoire, 
situé  quai  Saint-Bernard,  et  le  continuera  les  mercredis,  vendredis 
et  lundis  suivants,  à  la  même  heure.  Le  Professeur  fera  l’étude  de 
l’acide  carbonique  au  point  de  vue  physiologique  et  toxicologique. 
Il  s’occupera  ensuite  de  recherches  nouvelles  sur  l’air  confiné.  La 
seconde  partie  du  cours  sera  consacrée  à  l’étude  des  anesthésiques 
et  des  alcaloïdes  de  l’opium.  Expériences  et  projections. 

Avis.  —  Un  groupe  de  médecins  prient  les  confrères  qui  se¬ 
raient  assnrés  à,  Mutuelle  de  Bordeaux  (anciennement  l’Union 
française)  ou  qui  seraient  en  relations  avec  cette  Compagnie,  de 
bien  vouloir  envoyer  leur  nom  au  secrétaire  du  groupe,  le  docteur 
Millée,  8,  rue  de  Milan. 

Tentative  de  meurtre  contre  M.le  D'’Qoeyr.at. —  Le  jeudi 
8  mars,  au  matin,  à  l’heure  de  sa  visite,  M.  le  Dr  Queyrat,en  ren¬ 
trant  à  l’hôpital  Ricord,  a  essuyé  six  coups  de  revolver  qui,  heu¬ 
reusement  ne  l’ont  pas  atteint.  L’auteur  de  cet  attentat  est  un 
nommé  Joseph  Bourdin,  âgé  de  29  ans,  soigné  par  M.  Queyrat 
dans  son  service.  Il  n’est  pas  douteux  que  ce  malheureux  ne 
jouit  pas  de  la  plénitude  de  ses  facultés  intellectuelles,  car  M .  le 
D'  Queyrat,  fort  aimé  de  ses'  malades  et  très  estimé  de  ses  con¬ 
frères,  n'a  pu  en  rien  provoquer  un  acte  de  vengeance  de  la  part  de 
Bourdin. 

Cimetières  espagnols. —  Le  rempx  publie  la  nouvelle  sui- 

Emu  par  les  récits  macabres  des  journaux  sur  l’état  lamentable 
d'un  cimetière  des  faubourgs  de  Madrid,  la  Patriarcal,  le  gouver¬ 
neur  de  la  capitale  espagnole,  M.  Ruiz  Yvinenez,  a  visité  ce  ci¬ 
metière.  De  nombreux  vols  de  cadavres  s’étant  produits  ces  temps 
derniers  dans  le  cimetière  en  question,  beaucoup  de  tombes  se 
trouvent  ouvertes  ;  dans  les  unes,  les  cadavres  apparaissent  à  l'air 
libre  ;  dans  d’autres,  les  cercueils  manquent.  De  plus,  il  s’y  est 
établi  une  véritable  colonie  de  lapins  dont  les  habitants  se  comp¬ 
tent  par  centaines.  Cet  état  de  choses  dure,  parait-il,  depuis  assez 
longtemps  pour  qu’un  écrivain  madrilène,  Pio  Baroja,  s’en  ait  fait 
le  sujet  d’une  de  ces  nouvelles  les  plus  récentes,  intitulée  «  la 
Basca  »  (la  Recherche) . 

Nécrologie. —  Nous  avons  le  regret  d’annoncer  la  mort  de  M. 
le  D'E.  Spire,  médecin-major  en  retraite,  qui,  pour  échapper  aux 
atroces  douleurs  que  lui  causait  une  maladie  incurable  doit  il  souf¬ 
frait  depuis  longtemps,  s’est  tué  au  cours  d’une  crise,  en  se  tirant 
deux  balles  de  revolver  dans  la  tête. 


■  N’A  PAS  D’ACTION  SUR  LE  CŒUR  1 


CONTRE  DOULEUR 


analgésique,  antipyrétique,  hypnotique,  anti-migraine,  ANTI-NÉYRALGIQUE,  ANODINE 


/*(«,,,„  ■** 


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NE  DONNANT  PAS  LIEU  A  L’ACCOUTUMANCE  ET  NE  PRODUISANT  JAMAIS  D’EFFETS  TOXIQUES 
«J  CONSTANTE  DANS  SES  EFFETS 

e,  Migraine.  Insomnies.  Névroses,  Hystérie,  Menstmations  douloureuses,  Névralgies.  Convulsions,  Vertiges  et 
Dose.— De  deux  à  huit  tablettes  dans  les  24  heures. 


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de  Bouteilles 
Déol^rla  aUntérét  Bu-bÜo 


176 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


Nous  avons  encore  le  regret  d’apprendre  le  décès  de  M.  le 
D''  A.  Rknk,  agrégé  de  la  Faculté  de  Nancy;  de  M.  le  D''  C. 
Vernet,  médecin  en  chef  de  l’Asile  de  Maréville. 

Enseignement  médical  libre 

Le  conseil  de  l’Université  de  Paris  vient  d’autoriser  l'ouverture 
d’un  cours  libre  de  «  psychopathologie  du  tube  digestif  qui  sera 
inauguré,  après  Pâques,  à  la  Faculté  de  médecine,  par  M.  le  doc¬ 
teur  Paul  Farkz. 

CHEMINS  DE  FER  DE  L'OUEST 

LES  AFFICHES  EN  CART  '•POS'ALES 

La  compagnie  des  chemins  de  fer  de  l’ouest  met  en  vente,  aujtrix 
de  0  fr.  40,  dans  les  bibliothèques  des  gares  de  son  réseau,  un 
carnet  sous  couverture  artistique  de  8  cartes  postales  illustrées 
reproduisant  en  couleurs,  les  plus  jolies  affiches  établies  pour  son 
service  entre  Rom  et  Londres,  par  Rouen,  Dieppe  et  Newhaven  et 
contenant  en  outre  la  relation  de  ce  voyage  avec  8  vues  en  simili¬ 
gravure  des  principaux  points  situés  sur  lè  parcours. 

Ce  carnet  de  cartes  postales  est  adressé  franco  à  domicile. 


contre  l’envoi  de  Ofr.  40  en  timbres-poste  au  service  de  la  publi- 
cité  de  la  compagnie,  20,  rue  de  Rome,  à  Paris.  ' 


CHEMIN  DE  PER  D’ORLÉANS 


Billets  d'aller  et  retour  de  famille  pour  les  stations  thermales 
et  hivernales  des  Pyrénées  et  du  Golfe  de  Gascogne  (Area- 
ohon.  Biarritz,  Dax,  Pau.  Snlies-de-Béarn,  etc.  (Tarif  spé- 
cial  F.  V.  n’  106  (Orléans). 

Des  billets  de  famille  de  1",  2*  et3‘  classes,  comportant  une 
réduction  de  20  à  40  0  0,  suivant  le  nombre  des  personnes,  sont 
délivrés  toute  l’année,  à  toutes  les  gares  du  réseau  d'Orléaas, 
pour  les  stations  termales  et  hivernales  du  Midi,  sous  condition 
d’effectuer  un  parcours  minimum  de  300  kilomètres  (aller  çt 
retour  compris)  et  notamment  pour  ;  Arcachon,  Biarritz;.  Dm, 
Guéthary  (nA\X.e),Hendaye,  Pau,  Saint-Jean-de-Ln^,  Salies-de-Béan, 
etc.  I 

Durée  de  validité:  33  jours  non  compris  les  jours  de  départ  elj 
d’arrivée.  •  ; 


PU  MME.  BhONCHM  E.  CA  IAhKHE.>  —  L  kmuisior. 
Mat  chats  est  la  meilleure  préparation  creosotee.  Elledi- 


toux,  la  fièvre  et  1  expectoration.  De  3  a  6  c 
'.afé  par  jour  aans  lait,  bouillon  ou  tisane. 

'D'  Ferrand.  —  Trait,  de  med. 


I  LOTION  LOUIS  DEQUEâNT 

Contre  le  SEBÜMBACIX-LB 

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En  vente  che^  les  pharmacien,  seulement. 


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tien  des  dents,  des  gencives  et  des  muqueuses  ue  la  bouche 


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Le  Sebumbaoille.  microbe  de  la  calvitie  vulgaire,  a 

découvert  par  M.  Louis  DEQUtANT.  pharmacien.  38,  i 
de  Clignancourt,  Paris.  Mémoires  déposés  à  l’Académie  d« 
Médecine,  23  mars  1897,  8  mai  18981.  L'extrait  de  ces  Memoira 
est  adressé  gracieusement  a  tous  les  médecins  qui  lui 
feront  la  demande.  Renseignements  gratuits  et  prix  de  favev 
pour  tous  les  memores  du  corps  médical. 


Le  Rédacieur-Gerant  :  Bqurwbvillx. 

;  Daiî  pbèbes  et  Thihon,  Clebmopt  (Oise).  I 


SIROP 


VERNEUIL 


ENFANTS 


Cette  alcooiature,  faite  avec  la  fleur  fi 
du  Colchique,  est  exempte  des  principes 
drastiques  contenus  dans  le  bulbe  ou 
les  semences,  qui  forment,  généra-^^^?^^ 
lement,  la  base  de  toutes 
préparations  analogues.^xi^î^^^^^l  ^ 
DOSE  ;  6  Capiules^ÿj:^^  %  ^ 

par  jour  en  azt 

d'accée.  ni 


SEUL  VERITABLE 


LEXTRAITde  IVIALT  FRANÇAIS  DÉ  JARDIN  11 


Bière  de  Santé  Diastasée ,  Phosphatéef CéTéalopbospbatesjCietit «dmiie d»*» im Hôpitm de Piri«).  pbix:  iefl.i'25.  - 

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BUREAUX  ;  RUE  DES  CARMES,  14 


24  MARS  1906 


Le  Progrès  Médical 


SOMMAIRE  :  Pathologie  expérimentale  :  Recherches  sur 
la  tuberculose  expérimentale,  par  Laffont.  —  Chirurgie  biolo¬ 
gique  :  De  la  stérilisation  du  matériel  instrumental,  par  Lon¬ 
guet.  —  Bulletin  :  Enquête  sanitaire  en  Bretagne,  par  Fillas- 
sier.  —  Sociétés  Savantes:  Académie  .des  Sciences  :  Les  effets 
de  l’ingestion  de  la  tuberculine,  par  Calmette  et  Breton  (c.  r. 
de  Phisalix.)  — Société  de  biologie  :  Analyse  de  l’air  des  raines, 
par  Gréhant  ;  Mucus  des  entérites,  par  Roux  et  Riva  ;  Biliru¬ 
bine  du  sérum  sanguin,  par  Gilbert  et  Hersoher  ;  Dosage  de 
l’acide  urique,  par  Rouchèse  (c.  r.  de  Mme  Edwards-Pilliet.)  — 
Académie  de  Médecine  :  La  mortalité  tuberculeuse,  par  Chauf¬ 
fard  ;  Méningites  et  surdi-mutité,  par  Marchand  et  Castex  ;  Modi¬ 
fications  chimiques  du  lait  de  femme  sous  l’influence  de  l’extrait 
de  graines  du  cotonnier,  par  Gilbert  ;  Les  amyotrophies  articu¬ 
laires.  par  Rochard  ;  Les  maladies  contagieuses  dans  les  sta¬ 
tions  balnéaires,  par  De  Ranse  (c.  r.  de  A.-F.  Plicque.)  — 
Société  de  chirurgie  :  Sur  un  symptôme  rare  de  compression 
tioraco-abdominale,  le  masque  ecchymotique,  par  Villemin  : 
Anévrysme  artérioso-veineux  des  vaisseaux  sous-claviers  .'guéri 
spontanément  huit  mois  après  son  apparition  ;  Torsion  de  l’épi¬ 


ploon  dans  on  cas  herniaire  ;  Périsigmoïdite  d  origine  ovarien" 
ne  ;  Technique  de  l'hvstérectomie  alidominale  totale,  par  Cha- 
put  (c.  r.  de  Catz.)  ~  Société  Médicale  des  Hôpitaux  :  Rupture 
de  l’aorte  par  endocardite  ulcéro-végétante,  par  Bergé  ;  Colo¬ 
nies  familiales  de  vieillards,  par  Marie  ;  Œdème  aigu  de  la 
langue,  par  Gaillard  ;  Cancer  de  l’ampoule  de  Vater,  par  Carnot 
et  Xavier  (c.  r.  de  Friedel.)  —  Société  d'obstétrique  de  Paris  : 
Présentation  d’un  enfant  ayant  une  paralysie  faciale  spontanée, 
par  Bonnaire  ;  Lésion  traumatique  chez  un  enfant  après  accou¬ 
chement  dans  un  bassin  rachitique,  par  Brindeau  et  Guéniot  ; 
Présentation  d'un  enfant  ayant  un  crâne  asymétrique,  par  Brin¬ 
deau  :  De  la  cystoscopie  chez  la  femme  enceinte,  par  Bar  et 
Luys,  etc.,  (c.  r.  de  Jeannin.)  —  Société  de  Pédiatrie  :  (c.  r.  de 
Ch.  Pntit-'Vendol.)  —  Société  d'hyprwlogie  et  de  psychologie. 
—  Revue  DE  chirurgie. —  Bibliographie.  —  'Thérapeuti- 
QUE  :  Traitement  de  la  grippe  et  de  ses  manifestations  bron¬ 
cho-pulmonaires  par  l'héléninc.  —  'Varia.  —  Les  congrès.  — ■ 
Formules.  —  Actes  et  thèses  de  la  faculté  de  médecine 
DE  Paris.  —  Nouvelles.  —  Enseignement  médical  libre.  — 
Bulletin  bibliographique. 


PATHOLOGIE  EXPÉRIMENTALE 


Recherches  sur  la  tuberculose  expérimentale  ; 

Par  le  D' Marc  LAFFONT. 

Au  dernier  Congrès  International  de  la  tuberculose 
plusieurs  communications  sur  les  essais  de  vaccination 
ou  mieux  d’immunité  provoquée  contre  le  virus  tuber¬ 
culeux  ont  été  faites.  Ües  travaux,  émanés  de  savants 
consciencieux  et  d’une  autorité  universellement  recon¬ 
nue, devant  laquelle  je  suis  le  premier  à  m'incliner,  ne 
m'ont  cependant  pas  convaincu,  j'ai  la  hardiesse  de  le 
dire. 

C’est  que,  en  effet,  nous  devons  nous  demander  si 
la  tuberculose  n’est  pas,  comme  l’érysipèle,  la  grippe, 
une  de  ces  maladies  dont  une  première  atteinte  prédis¬ 
pose  à  des  atteintes  futures,  donne  à  l’organisme  de 
I  anaphylaxie  pour  cette  maladie. 

Pour  ma  part,  j’en  ai  la  conviction,  et  il  n’est  peut- 
être  pas  un  médecin-praticien  qui  n’ait  observé  des 
malades  guéris  de  premiers  accidents  tuberculeux, 
florissants  de  santé  pendant  un  laps  de  temps  plus  ou 
®oins  long,  et  qui  cependant  n'ont  pas  bénéficié 
dune  immunité  conférée  par  une  première  atteinte, 
^usi  que  cela  se  passe  pour  la  variole  par  exemple. 

I  ous  avons  tous  observé  de  ces  malades  revenus  à 
^  santé,  puis,  sous  un  coup  de  fouet  donné  par  une 
Maladie  fortuite,  repris  tout  à  coup  d’accidents  tuber- 
"^uleux  dont  les  manifestations  sont  de  plus  en  plus 
graves. 

Pans  ces  conditions,  que  vient-ôn  parler  de  vaccin  ? 
on  abandonne  plutôt  l’apophtegme  de  Pasteur  émis 
®  sujet  du  charbon  :  «  Prévenir,  nonguérir  »;  dites 
est  “  guérir,  non  prévenir  car  prévenir 

ressort  de  l’hygiène  seule,  et  si  l’Etat  favorise, 
P l’hygiène  de  salubrité,  d’asepsie,  il  vitduman- 
Ji  ®  d  hygiène  alimentaire,  de  l’alcoolisme,  osons  le 
^  0,  et  «  ig  peuple  en  meurt  »  comme  l'a  si  bien  dit 
^‘‘offlberg.  .le  dis  donc  :  abandonnons  toute  idée 
(jgi^^join,  et  dirigeons  nos  recherches  sur  la  guérison 
Pm® -“herculose.  Etablissons  tout  d'abord  ce  qu’il  faut 
j„j^ndre  par  preuve  de  guérison  de  ce  terrible  Iléau. 
me  la  guérison  ne  peut  se  faire  chez  l’hom- 

'  guérii  '>.  la  tuberculose,  indiscutablement, celui 


qui,  après  avoir  inoculé  le  virus  complexe  retiré  des 
humeurs  ou  sécrétions  virulentes,  ou  organes  virulents 
de  l’homme  infecté,  à  des  animaux  mourant  fatale¬ 
ment  d’une  telle  inoculation,  guérira  couramment 
ceux  des  animaux  qui  seront  soignés  par  sa  méthode, 
alors  que  les  animaux  témoins  seront  morts.  La  preuve 
de  la  guérison  sera  faite  par  l’examen  nécropsique 
des  animaux  soignés  et  l'inoculation  infrnctneuse  à  de 
nouveaux  animaux,  des  émulsions  d’organes  des  ani¬ 
maux  soignés  et  sacrifiés.  Je  fais  une  distinction  pro¬ 
fonde,  en  particulier  pour  la  tuberculose, entre  les  ino¬ 
culations  de  cultures  pures  et  les  inoculations  d’émul¬ 
sions  d'organes  contaminés.  Les  premières  provoquent 
des  maladies  évoluant  pour  ainsi  dire  mathématique¬ 
ment,  franchement,  et  l’on  conçoit  la  possibilité  d'en- 
rayerla  marche  d’un  ennemi  lorsqu’on  la  connaît  d'a¬ 
vance.  Au  contraire,  l’inoculation  de  virus  complexes, 
associés,  a  une  marche  sournoise  qui  déroute  souvent 
nos  pronostics.  C’est  ainsi  que, dans  mes  premières  re¬ 
cherches,  de  1897  au  mois  d’août  1901, toutes  mes  ino¬ 
culations  ont  été  faites  avec  des  cultures  pures,  et  de¬ 
puis  cette  époque  avec  des  émulsions  d’organes  conta¬ 
minés.  Je  ne  parle  pas  de  la  période  de  1897  à  1900 
où  mes  essais  portèrent  sur  les  extraits  de  microbes, les 
tuberculines,  etc.  ;  ces  essais  ne  m’ayant  donné  aucun 
résultat  précis,  je  m’abstins  de  toute  publication. 

Dès  1900,  je  cherchai  à  augmenter  les  moyens  de 
défense  naturelle  de  l’organisme  contre  le  virus  tuber¬ 
culeux.  Je  composai  un  sérum  artificiel  invigorateur 
leucocytaire  où  entrent  :  cacodylate,  méthylophosphi- 
nate,  corps  aromatiques  et  corps  gras  sulfurés.  Des  in¬ 
jections  quotidiennes  de  0  cc.  25  dece  sérum  hyperto¬ 
nique  me  donnèrent  constamment  une  survie  des  ani-^ 
maux  soignés  variant  du  1/3  au  double  et  davantage  sur 
les  animaux  témoins  inoculés  en  môme  temps  et  delà 
môme  façon.  Néanmoins  ces  animaux  soignés  mou¬ 
raient  toujours  tuberculeux. 

Au  moisde  juillet  1904,  commence  la  3'  phase  de 
mes  recherches  :  je  voulus  ajouter  à  mon  sérum  hy¬ 
pertonique  des  auliloxines  spécifiques.  Mon  raisonne¬ 
ment  fut  le  suivant  :  Dans  toute  invasion  microbien¬ 
ne,  l’organisme  entre  en  lutle  avec  l’intrus  au  moyen 
des  phagocytes  qui, en  cherchant  à  le  dévorer,  fabri¬ 
quent  pourrendre  la  tâche  plus  facile  des  antitoxines, 
cytoses,  fixateurs,  etc.  Je  considérai  l’animal  infecté 


178 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


comme  un  bouillon  de  culture  dans  lequel  se  trouve¬ 
raient  non  seulement  les  toxines  microbiennes, comme 
dans  les  bouillons  de  culture  de  laboratoire,  mais  en¬ 
core  les  produits  leucocytaires  antitoxiques  qui  ne  peu¬ 
vent  se  rencontrer  que  dans  un  milieu  qui  a  été  le  thé⬠
tre  d’une  lutte.  Les  animaux  traités  par  mon  sérum 
hypertonique,  ayant  une  survie, considérable, devaient 
contenir  plus  d’antitoxines  ;  dans  cette  idée,  à  la  mort 
des  animaux  témoins,  je  sacrifiai  les  animaux  soignés, 
encore  bien  portants,  quoique  présentant  à  l’autopsie 
des  signes  manifestes  d’infection,  .l’utilisai  tous  leurs 
tissus,  hormis  la  peau,  le  tube  digestif,  la  vessie, la  vé¬ 
sicule  biliaire  et  leur  contenu  ;  le  tout  fut  broyé,  pulpé 
et  mis  en  vase  clos  au  bain-marie  <à  la  température  de 
100\  J  avais  observé  en  effet  que, même  à  cette  tempé¬ 
rature,  les  tuberculines  classiques  étaient  encore  toxi¬ 
ques.  Le  produit  de  ce  traitement  fut  nommé  tubercu¬ 
line  n"  1. 

De  plus,  j’avais  observé  que  la  l’ésistance  à  l’infec¬ 
tion,  d'animaux  de  même  espèce,  est  variable  ;  j’avais 
vu  certains  témoins  inoculés  avec  la  même  émulsion, 
au  même  endroit,  survivre  au  120°  jour,  alors  que  leurs 
co-témoins  étaient  morts  en  35  jours.  Je  me  posai  à 
moi-même  l’objection  que  j’avais  pu  soigner  des  ani¬ 
maux  qui  auraient  peut-être  survécu  longtemps  d’eux- 
mêmes.  Désormais,  j’attendis  dans  mes  lots  d’animaux 
l'infection  manifeste  (adénopathie,  perte  de  poids).  Je 
choisis  comme  témoins  les  animaux  les  plus  résistants 
et  soignai  les  plus  infectés,  avec  1  cc.  de  mélange  en  par¬ 
ties  égales  de  mon  sérum  hypertonique  et  de  tubercu¬ 
line  n°  1.  Cette  méthode  m'a  permis  de  conserver  vivant 
à  ce  jour  encore,  un  animal  (cobaye)  inoculé  le  2  dé¬ 
cembre  1904.  11  ne  présente  que  la  même  adénopathie 
qu’il  présentait  au  21  décembre,  premier  jour  du  trai¬ 
tement.  Son  témoin  beaucoup  moins  infecté  que  lui  au 
21  décembre,  est  mort  dans  le  courant  de  janvier  1905. 

J’ai  utilisé  les  animaux  soignés  des  lots  parallèles. 

r  J’ai  constaté  qu’ils  étaient  porteurs  d’adénomes 
scléreux  inguinaux  et  axillaires  du  côté  inoculé,  adé¬ 
nomes  également  scléreux  de  la  cavité  abdominale  et 
quelquefois  du  médiastin.  Quelques-uns  portaient  en 
outre  de  rares  tubercules  miliaires  fibreux  aux  pou¬ 
mons  et  à  la  rate.  Je  rappelle  que  tous  ces  animaux 
n'avaient  commencé  à  être  soignés  qu'après  infection 
confirmée.  2°  En  inoculant  à  des  animaux  neufs  l'é¬ 
mulsion  de  ces  organes  scléreux,  j  'ai  obtenu  des  tuber¬ 
culoses  très  lentes,  évoluant  en  5  et  (î  mois.  Mais  chose 
à  noter,  lorsque  j’enlève  à  ces  nouveaux  animaux  les 
ganglions  hypertrophiés, qu'avec  leur  émulsion  j’inocu¬ 
le  une  série  nouvelle  d’animaux  neufs,  la  tuberculose 
aiguë  se  régénère.  Ces  animaux  de  3”  série  meurent 
entre  5  et  7  semaines,  avant  les  fournisseurs  de  virus 
qui  survivent  longtemps  après  eux.  Ces  expériences 
nous  expliquent  les  particularités  de  certaines  tuber¬ 
culoses  familiales  dans  lesquelles  des  parents  atteints 
de  tuberculose  lente,  venant  àconlaminer  leurs  enfants, 
ces  derniers  meurent  de  tuberculose  aiguë,  tandis  que 
les  parents  continuent  à  traîner  leur  tuberculose.  3“ 
La  haute  température  employée  pour  la  production 
de  ma  tuberculine  n”  1  avait  dù  détruire  tout  ou  partie 
des  éléments  anti-  toxiques  produits  dans  la  lutte,  car 
nous  savons  que  les  anti-toxines  sont  détruites  à  une 
température  bien  inférieure  à  100“,  supérieure  toutefois 
à  celle  nécessaire  pour  la  destruction  des  toxines.  J'ai 
donc  fabriqué  avec  la  pulpe  des  organes  des  animaux 
soignés,  sacrifiés  en  bonne  santé,  après  la  mort  des  té¬ 
moins, une  tuberculine  n°  2  no  différant  de  la  première 


que  par  la  température  de  production  qui  ne  dépasse 
pas  05". 

Les  expériences,  en  cours  dans  mon  laboratoire, que 
je  poursuis  activement  avec  mon  élève  et  ami  le  D' 
André  Lombard,  ne  sont  pas  encore  assez  avancées 
pour  que  je  puisse  affirmer  aujourd'hui  la  guérison  in¬ 
tégrale  de  la  tuberculose  expérimentale,  et  j’aurais 
encore  gardé  le  silence,  sans  le  Congrès  de  la  tubercu¬ 
lose. 

Mais  un  point  se  dégage  nettement  déjà.  Cette  tuber¬ 
culine  n’est  pas  nuisible  ;  expérimentalement  elle  s’est 
déjà  montrée  plus  active  que  la  tuberculine  n"  1,  même 
et  surtout  pour  des  malades.  Aussi,  j'ose  dire,  j’affirme 
que  les  tissus  réduits  en  pulpe  des  animaux  tubercu¬ 
leux,  soumis  assez  longtemps  à  une  température  infé¬ 
rieure  à  70",  non  seulement  ne  sont  pas  nuisibles,mais 
bien  au  contraire  doivent  être  considérés  comme  un 
remède  anti-tuberculeux. 

Tel  est  le  principe  de  ma  méthode  que  je  me  propose 
de  généraliser  pour  toutes  les  maladies  microbiennes 
et  en  particulier  pour  la  morve  et  les  autres  maladies 
épizootiques. 

Chaque  jour  nous  annonce  de  nouveaux  remèdes 
antituberculeux,  chacun  de  nous,  pour  ainsi  dire,  croit 
avoir  guéri,  par  une  méthode,  un  médicament  spé¬ 
cial,  des  tuberculeux.  11  cite  des  exemples,  montre 
des  malades,  et  annonce  en  toute  bonne  foi  qu'il  a 
enfin  trouvé  le  remède  infaillible,  oubliant  que  les  au¬ 
topsies  nous  prouvent  que  souvent  l'tiomme  lui-mêjne. 
à  son  insu,  peut  guérir  sa  tuberculose.  11  en  a  été  de 
même  pour  la  diphtérie,  et  cependant  seul,  jusqu'ici, 
le  sérum  anti-diphtéritique  est  venu  révolutionner 
la  thérapeutique  et  abaisser  dans  des  proportions 
énormes  la  mortalité  par  la  diphtérie.  .Ai-je  trouvé  l’an- 
ti-toxine  tuberculeuse  ?  Le  remède  spécifique  ?  Je  le 
révois  à  bref  délai,  et  j’espère  qu’au  congrès  deLis- 
onne  je  pourrai  dire  bientôt  que  je  guéris  la  tuber¬ 
culose  expérimentale,  seule  preuve  indiscutable  d’une 
médication  spécifique  anti-tuberculeuse. 


CHIRURGIE  BIOLOGIQUE 

(Cours.  IV”'  leçon.) 

De  la  stérilisation  du  matériel  instrumental  ; 

Par  ip  P'  L.  LONGUET  (de  Rouen}. 

I  III  -  STÉRILISATION  SPORICIOE. 

V  Longuet  1900). 

A.  Méthode  de  la  vapeur  anhydre  A  185-190° 
pression  de  1  à  2  A  thm.  (Longuet).  — C’est  précisénie® 
à  propos  de  l’instrumentation  que  j’ai  réalisé 
premières  stérilisations  sporicides.  Vous  savez 
pour  atteindre  ce  but,  il  m'a  fallu  associer  trois 
teurs  :  1  "  la  chaleur  à  haute  température  (185-l9t*';' 
premier  agent  physique  sporicide  d’importance  capi' 
taie  ;  2"  la  payeur  anhydre,  agent  chimique 
ment  sporicide  par  déshydratation  :  3'  la  pression^ 
cette  vapeur  à  1-2  Athm.,  agent  mécanique  de  rép*^ 
tition  du  calorique,  assurant  un  échauffement  non 
surface,  mais  de  pénétration.  . 

En  matière  de  stérilisation  d’instruments,  la 
anhydre  s'impose  ;  puisque  la  vapeur  hydrique  oxv 
fatalement  les  métaux  dès  qu’elle  se  refroidit.  D®. 
la  rouille,  l’altération  rapide  du  matériel,  .\ussi  '* 
cord  fut-il  unanime  parmi  les  chirurgiens  pour  rej®‘ 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


179 


la  méthode  do  vapeur  d’eau  «  fluente  »  ou  '<  sta- 
«rnante  '>  proposée  à  une  certaine  époque.  En  1888, 
Panas  concluait  de  ses  essais,  ceci  :  «  les  instruments 
sont  tellement  détériorés  par  la  vapeur  d'eau  qu’ils 
deviennent  rapidement  inserviables  »  (11. 

Ma  technique  diffère  par  quelques  détails  seulement 
de  celle  décrite  à  propos  des  objets  de  pansements  et 
du  matériel  de  suture-ligature.  Dans  les  ('  boites  à 
recouvrement  »  préalablement  garnies  quant  au  fond, 
d'une  compresse  de  gaze,  disposez  vos  instruments, 
branches  et  morsouverts.  Maintenez  chaque  couvercle 
en  ('  diastasis  »  à  l'aide  de  4  bouchons-taquets  obtu¬ 
rant  4  trous  bi-équatoriaux  de  chaque  cellule  recou  • 
verte.  La  pile  ainsi  constituée  est  placée  dans  un 
panier  métallique  grillagé  doublé  d’une  grande  gaze 
compresse  enveloppante  ;  et  le  tout  est  déposé  dans  le 
stérilisateur  «  ad  hoc  »  sans  prendre  contact  avec  la 
nappe  liquide  anhydre. 

Duand  le  stérilisateur  est  bien  fermé,  chauffez-le 
progressivement  jusqu’à  114"  marqués  au  thermo¬ 
mètre  plongeur,  sous  échappement,  alin  d’évacuer  de 
l’appareil  l’air  puis  les  premières  vapeurs  toluéniques 
que  le  tuyau  de  purge  conduit  dans  un  petit  récipient 
d'eau.  Vous  reconnaissez  que  tout  l'air  est  chassé 
lorsque  le  toluène  commence,  après  barbottement,  à 
former  une  nappe  à  la  surface  de  l’eau.  Alors  vous 
fermez  le  robinet  d’évacuation,  mais  incomplètement  ; 
en  sorte  que  la  pression  gagne  mais  ne  dépasse  pas 
l-2Athm.  :  l’excès  de  vapeur  continuant  à  fuir  par  le 
tuyau  011  elle  se  condense  et  d’où  vous  la  recueillez  à 
l’état  liquide  en  un  récipient  clos  substitué  au  récipient 
d’eau.  C’est  en  somme  une  véritable  «  distillation» 
sous  pression. 

Grâce  à  cette  oblitération  incomplète,  il  est  facile  de 
régler  par  le  jeu  du  robinet  la  pression  au  degré  désiré 
soit  1-2  Athm.  D’autre  part  vous  maintenez  la  tempé¬ 
rature  à  180-190"  en  modérant  le  débit  de  la  source 
chauffante,  dès  que  le  degré  calorique  recherché  est 
atteint.  Tels  sont  les  moyens  d’obtenir  une  dissociation 
de  la  température  et  de  la  pression,  tout  en  fixant 
1  une  et  l’autre  au  point  désiré . 

Après  40  minutes  de  température  maxima,  fermez  ; 
1”  la  chaulferie,  2  puis  le  robinet  évacuateur  ;  mais  ce 
dernier  seulement  lorsque  l’aiguille  manoméirique 
est  revenue  à  0".  Ainsi  vous  évitez  la  rentrée  d'air  ou 
de  liquide  que  le  vide  aspire  vers  l’intérieur  du  stérili¬ 
sateur  ;  3"  ouvrez  l’appareil  lorsqu’il  est  complètement 
refroidi.  Les  gouttelettes  de  condensation  suivent  les 
parois  périphériques  refroidies  les  premières  pour  s’ac¬ 
cumuler  au  fond,  sans  inonder  le  matériel.  Si  vous 
ouvrez  trop  tôt,  quand  tout  est  chaud,  l’arrivée  de 
*air  froid  précipite  en  masse  la  buée  qui  se  dépose  en 
oappe  liquide  sur  les  instruments.  A’ous  les  trouvez 
toî"'  rigoureusement  secs,  mais  baignés  de 

Le  stérilisateur  ouvert,  soulevez  le  panier  grillagé, 
a  mesure  qu’une  boîte  arrive  en  vue,  enlevez  immé- 
latenacnt  ses  taquets.  De  la  sorte,  toutes  les  cellules 
^couvrantes  tombent  à  fond  sur  leur  cellule  recou- 
erle,  avant  pénétration  d’air  contaminé  dans  leur  in- 
rieur.  En  vue  d’un  transport  à  longue  distance,  les 
ç  1®®.  superposées  dans  l’appareil  sont,  au  sortir  de 
oi-ci^  serrées  les  unes  contre  les  autres  par  la  com- 
1  csse  enveloppante  stérile  qui,  développée,  formera 
PPo  stérile  sur  la  table  dite  «  aux  instruments  ». 


Enfin,  j’estime  qu’au-dessus  de  tous  les  récipients  il 
est  bon,  lors  de  leur  ouverture,  et  pendant  la  durée 
de  l’opération,  de  tendre  horizontalement  une  com¬ 
presse  stérile,  sorte  de  tente  protectrice  contre  la  chute 
des  microbes  de  l’air.  Dans  mon  projet  de  salle  d’opé¬ 
ration,  sporicidable  en  mémo  temps  que  son  contenu, 
les  instruments  peuvent  rester  à  l’air  libre,  sans  com¬ 
presse  protectrice  ni  inclusion  en  boîte. 

A  l’appui  de  la  méthode  appliquée  aux  instruments, 
je  puis  fournir  des  observations  cliniques  de  chirurgie 
humaine  ou  comparée .  Mais  il  est  clifficile  dans  les 
interventions  heureuses  de  dissocier  la  part  réciproque 
qui  revient  à  la  bonne  stéiilisation  dos  instruments, 
des  mains,  des  téguments  de  l’opéré .  Aussi  les  preu¬ 
ves  expérimentales  sont-elles,  à  ce  point  de  vue,  plus 
immédiatement  démonstratives. 

1  "  Une  petite  sonde  cannelée  fut  imprégnée  et  frottée 
avec  un  voile  de  siobtilvs  :  puis  séchée,  stérilisée  en 
vapeur  anhydre  à  185-190",  lavée  dans  3  bouillons 
pour  chasser  toute  substance  «  empêchante,  »  enfin 
ensemencée  sans  résultatdans  un  bouillon  terminal  mis 
à  l’étuve  pendant  15  jours. 

2"  Une  petite  aiguille  de  Reverdin,  privée  de  tige 
mobile,  afin  d’expérimenter  surtout  sur  la  rainure  de 
glissement,  fut  trompée  24  heures  dans  une  culture 
sur  bouillon  de  bacterium  anthracis,  puis  séchée,  sté¬ 
rilisée,  lavée  «  ut  supra  »  enfin  ensemencée  sans  résul¬ 
tat  dans  un  bouillon  terminal  mis  à  l’étuve  pendant 
15  jours. 

3“  Une  épingle  de  sûreté  servit  pour  des  recherches 
analogues  avec  le  bacille  du  tètanoH  comme  agent  de 
contamination.  Résultat  négatif  avec  cet  anaérobie. 
La  stérilisation  fut  de  3/4  d’heure  dans  chacune  de 
ces  expériences. 

Indépendamment  de  la  sécurité,  j’ajoute  que  l’im¬ 
prégnation  des  instruments  par  la  vapeur  anhydre  a 
l’avantage  d’éloigner  les  mucidées,  cause  de  souillure 
non  évitée  dans  certaines  autres  méthodes,  où  les  ins¬ 
truments  sont  simplement  déposés  àseedans  les  pla¬ 
teaux.  Enfin  le  matériel  n’est  pas  altéré,  pas  oxy'dé, 
les  pointes  et  tranchants  pas  émoussés,  les  manches 
pas  recouverts  d’enduit  humide  ou  visqueux,  quand  la 
vapeur  a  été  maintenue  constamment  en  état  de  satura¬ 
tion  . 

Messieurs,  do  cette  leçon  consacrée  à  lastérilisation 
des  instruments,  vous  reliendrez  ceci  : 

îi  1.  L’insirumcntation  'gagnera  à  être  réduite  comme 
nombre,  transformée  comme  métal,  unifiée  comme 
surface,  appropriée  par  nettoyage  anhydre. 

S  IL  La  (jermicidation  des  instruments  n’offre 
u'une  sécurité  très  relative:  quil  s’agisse  delamétho- 
e  antiseptique,  de  celle  du  flambage,  de  celle  de  l’air 
surchauffé,  ou  de  celle  de  l’ébullition.  La  destruction 
des  germes  est  partielle  ou  totale,  mais  jamais  mathé¬ 
matique,  jamais  absolue  puisque  les  spores  persistent. 
Toutes  ces  pratiques  ont  le  double  inconvénient  d’al¬ 
térer  le  matériel  par  oxydations  réitérées,  et  d’expo¬ 
ser  à  une  contamination  secondaire  lors  du  transbor¬ 
dement  individuel  des  instruments  en  récipients. 

ü  111.  La  sporicidatitm  confère  une  sécurité  maxima 
constante  et  mathématique,  sans  altération  du  maté¬ 
riel,  cl  sans  cause  de  contamination  secondaire.  Elle 
marque  une  étape  bien  nette  svir  la  roule  de  la  ■<  slè- 
rilisat ion  absolue  ».  Celte  fois  encore,  j’arrive  à  l’u- 
nilicalion  de  méthode  et  de  technique.  Nous  verrons 
(juelles  conséquences  générales  découlent  de  celle 
simjdilicalion  pour  toute  la  biochirm'gic. 


180 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


NARCYL  GRÉMY  médicament  spécifi¬ 
que  de  la  toux,  spécialement  de  la  toux  des  tu¬ 
berculeux. 


BULLETIN  DU  PROGRÈS  MÉDICAL 

Enquête  sanitaire  en  Bretagne. 

Inapplication  de  la  loi  du  15  lévrier  1002  sur  la 
protection  de  la  sauté  publique  dans  les  Côtes-du- 
Nord. 

I.  —  L'administration  préfectorale.  —  L’admi¬ 
nistration  préfectorale  des  Côtes-du-Nord  a  tenu  la 
main  à  l’application  des  dispositions  de  la  loi  du  15 
février  1902,  relative  à  la  protection  de  la  santé  publi¬ 
que.  C’est  ainsi  que  les  municipalités  ont  été  invitées 
par  ses  soins  à  présenter  des  projets  de  règlements  sani¬ 
taires,  ainsi  que  l’ordonnait  d’ailleurs  l'article  1'  “  de  la 
loi  de  1902.  Sur390  communes,  334  sont  entrées  dans 
cette  voie,  et  sont  actuellement  pourvues  de  ce  règle¬ 
ment.  Les  maladies  à  déclaration  obligatoire  sont  régu¬ 
lièrement  déclarées,  sauf  de  rares  exceptions.  Les  muni¬ 
cipalités  sont  incitées  à  prescrire  l’exécution  de  toutes 
les  mesures  ordonnées,  soit  par  le  médecin  traitant, 
soit  par  le  médecin  des  épidémies. 

Le  service  des  épidémies  est  assuré  dans  chaque  ar¬ 
rondissement  par  un  médecin  spécialement  désigné  à 
cet  effet. 

Le  service  de  la  vaccination  et  de  la  revaccination 
fonctionne  dans  le  département  des  Cotes-du-Nord,  de¬ 
puis  le  1"  janvier  1904.  Il  donne  de  bons  résultats  : 
depuis  cette  époque  04.490  vaccinations  ont  été  faites. 
Les  dépenses  du  service  se  sont  élevées  à  23.224  fr.  70. 
Le  Conseil  départemental  d’hygiène  a  été  réorganisé 
depuis  la  promulgation  de  la  loi  :  il  compte  22  mem¬ 
bres,  dont  15  membres  avec  voix  délibérative. 

De  plus,  le  département  a  été  divisé  en  15  circons¬ 
criptions  sanitaires  ainsi  réparties  ; 


.Arrondissement  de  Saint-Brieuc .  4 

Arrondissement  de  Dinan . 3 

Arrondissement  de  Guingamp .  3 

Arrondissement  de  Lannion . 2 

-Arrondissement  de  Loudéac .  3 


Ces  commissions  comptent  7  membres. 

IL— L’.vdministration  municipale  de  Saint-Brieuc. 
—  La  ville  de  Saint-Brieuc  compte  2.000  maisons  envi¬ 
ron  ;  la  banlieue  703  :  ce  qui  donne  pour  la  commune 
même  2.703  maisons  habitées  par  22.198  habitants  dont 
1.200  hommes  de  troupes  ;  parmi  ces  22.198  habitants, 
18.492  forment  la  population  agglomérée, 3. 700  environ, 
la  population  éparse.  L'état  sanitaire  de  la  ville  a  été 
assez  bien  décrit  dans  une  étude  du  D'  R.  Guibert  pu¬ 
bliée  à  Paris  en  1901.  Il  y  note  que  depuis  1895  la  ville 
possède  un  service  municipal  d’eau,  et  un  réseau 
d'égouts.  Depuis  cette  époque,  des  branchements 
d'égouts  sont  construits  chaque  année  sur  les  crédits 
ordinaires  ;  un  emprunt  de  (iOO.OOO  fr.  va  être  réalisé 
pour  permettre  de  terminer  le  réseau  et  les  branche¬ 
ments.  Les  matières  liquides  et  les  eaux  ménagères 


sont  seules  déversées  à  l’égout  ;  les  matières  solides 
sont  recueillies  dans  des  fosses  étanches  et  cimentées. 

La  municipalité  s’est  efforcée  de  se  conformer  aux 
dispositions  les  plus  pressantes  de  la  loi  de  1902.  Uq 
projet  de  règlement  sanitaire  qui  suit  assez  fidèlement 
le  modèle  du  Comité  consultatif  d’hygiène  publique 
de  France  a  été  approuvé  par  le  maire  le  18  décembit 
1903. 

Le  service  de  la  vaccination  fonctionne  assez  régu-- 
fièrement  ;  il  y  a  un  médecin  vaccinateur  par  canton, 
La  municipalité  fournit  au  préfet  la  liste  des  enfants 
nouveau-nés  ;  la  deuxième  liste  comprend  les  enfants 
des  écoles  publiques  ou  privées  ;  la  troisième  com¬ 
prend  les  hommes  appelés  sous  les  drapeaux. 

Le  service  de  la  désinfection  possède  un  appareil 
qui  emploie  l’aldéhyde  formique  ;  toutefois  la  munici¬ 
palité  admet  la  désinfection  faite  par  tout  autre  appa- , 
reil  sauf  vérification  ;  cette  circonstance  ne  se  produil| 
d’ailleurs  qu’assez  rarement.  Dès  qu'une  désinfection  t 
a  été  opérée, avis  en  est  donné  au  préfet.  La  literie  est  ' 
envoyée  à  l’hôpital  qui  possède  une  étuve. 

Le  matériel  comprend  encore  deux  voitures,  une 
pour  les  objets  contaminés,  l’autre  pour  les  objets 
désinfectés.  La  municipalité  n’attend  pas  toujours  d’ê¬ 
tre  requise  par  un  médecin  ;  c’est  ainsi  que  le  service  1 
de  l’assistance  médicale  gratuite  prend  l’initiative  de 
cette  mesure.  La  taxe  de  désinfection  est  fixée  à  15  fr. 
mais  la  municipalité  se  montre  assez  libérale  pour  le 
recouvrement.  De  toutes  les  maladies  contagieuses,  la 
plus  fréquente,  àbeaucoup  près,  serait  la  fièvre  t.yphoH 
de;  la  part  de  la  tuberculose  ne  peut  être  appréciée 
utilement,  les  renseignements  étant  assez  incomplets. 

Il  convient  de  signaler  ici  avec  quelle  énergie  la 
municipalité  assure  la  prophylaxie  des  maladies  conta¬ 
gieuses. 

Le  Bureau  d’hygiène  de  Saint-Brieuc  ayant  appris 
que  deux  enfants  d’un  sieux  X...  étaient  morts  à  la 
suite  de  la  rougeole,  des  démarches  furent  faites 
auprès  du  père  de  famille  pour  que  ses  trois  antres 
enfants  déjà  atteints  fussent  transportés  à  l’hospice  de 
Saint-Brieuc.  Il  s’y  refusa.  La  municipalité  s’efforça  de 
le  convaincre  et  lui  offrit  môme  d’autoriser  la  mère  à 
venir  soigner  ses  enfants.  Il  persista  dans  sa  décision. 
Dans  ces  conditions,  le  Maire  prit  un  arrêté  qui  or¬ 
donna  le  transfert  des  enfants  X...  à  l'hospice. 

Bien  que  nous  Layons  publié  déjà  dans  la 
Municipale  du  16  septembre  dernier^  nous  croyons 
devoir  en  donner  ici  le  texte  à  raison  de  l’intérêt  qn® 
cette  question  présente  ; 

'I  Le  Maire  de  Saint-Brieuc, 

«  Vu  les  lois  des  15  février  1902  et  7  avril  1903  rel«' 
tives  à  la  protection  de  la  santé  publique  ; 

«  Vu  le  règlement  sanitaire  municipal  de  Ta  ville 
Saint-Brieuc  (art.  55  et  56)  ; 

<<  Vu  la  loi  du  5  avril  1884  relative  à  l’organisali®* . 
municipale  (art.  97)  ; 

«  Considérant  que  deux  cas  de  rougeole  suivis  = 
mort  ont  été  constatés  au  domicile  du  sieur  X.  -  ' 
habitant  rue . ,n'’...; 

<(  Considérant  que  malgré  une  première  désinfectio* 


à 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


181 


du  local  contaminé,  la  maladie  continue  à  y  régner  et 
au’actuellement  les  trois  autres  enfants  sont  atteints  de 
rougeole  ;  qu’il  convient,  dans  ces  conditions,  de  pren¬ 
dre  les  mesures  prophylactiques  les  plus  énergiques 
pour  éviter  la  propagation  du  mal  et  décider,  notam¬ 
ment,  l’isolement  des  malades. 

«  Arrêtons  : 

„  Article  premier.  —  Les  enfants  X...,  atteints  de 
rougeole,  maladie  transmissible,  seront  transportés 
immédiatement  à  l’hospice  général  de  Saint-Brieuc, 
pour  y  être  mis  en  traitement  dans  le  local  dit  «  des 
Isolés  > . 

(c  Le  véhicule  servant  au  transport  des  malades  sera 
désinfecté  à  son  retour. 

I,  2.  — ■  M.  le  commissaire  de  police  est  chargé 
de  l’exécution  du  présent  arrêté  qui  servira  de  titre 
d’admission  à  l’hospice.  » 

On  sait  les  travaux  de  M.  Paul  Juillerat  sur  les  mai¬ 
sons  tuberculeuses  de  Paris  ;  on  nous  a  assuré  que  cer¬ 
taines  maisons  de  Saint-Brieuc  pourraient  porter  le 
même  qualificatif  de  «  maisons  maudites».  Déplus,  on 
nous  a  assuré  que  certaines  maisons  sont  plus  particu¬ 
lièrement  atteintes  par  la  fièvre  typhoïde,  sans  qu’on 
puisse  incriminer  leur  alimentation  en  eau.  Nous 
donnons  cette  indication  sous  réserves,  le  temps  nous 
ayant  manqué  pour  procéder  à  une  véiification. 

Saint-Brieuc  ne  possède  pas  encore,  mais  possé¬ 
dera  bientôt  un  casier  sanitaire  ;  des  tableaux  sont 
dressés  à  présent  où  figurent  les  maisons  où  l’autorité 
communale  doit  le  plus  souvent  intervenir. 

En  résumé,  on  peut  dire  que  si  bien  des  efforts  sont 
encore  à  réaliser,  la  plus  louable  énergie  a  été  déployée 
pour  donner  satisfaction  à  la  loi  de  T902. 

L’initiative  privée  ne  restait  pas  d’ailleurs  inactive  et 
plusieurs  «  Gouttes  de  lait  «se  sont  formées  qui  ont  nota¬ 
blement  amendé  les  tableaux  de  mortalité  infantile. 

A ,  Fillassier. 


tablettes  de  STYPTICINE  MERCK,  à  0,05  ; 

à  à  6  par  jour  comme  sédatif  :  DYSWÉNORRHÉE, 
ou  hémostatique  :  HÉMORRHAGIES  de  toutes  sortes,  HÉmOPTYSIES 


CHEMINS  DE  FER  DE  PARIS  A  LYON  ET  A  LA 
MÉDITERRANÉE 


Relations  de  Paris  avec  la  Côte  d’Azur. 
quotidien  entre  Paris,  Nice  et  Menton  composé  de 
classe,  de  lits-salons  et  de  wagfons-lits. 
poo  t:  y  heures.  Paris  Nice  en  n  heures.  Gorrespon- 


Ifw Puuc  Londres.] 
matin  départ  :  9  h.  20  soir  : 

&  Nie®,  arrivée  :  2  h.  12  soir  ; 
Soir .  ■  ®I®uton,  départ  :  1  h.  40 

_J^arseille  départ  ;  8  h.  soir  ; 


—  .  Nice,  départ  :  2  h.  50 
Pans  arrivée  ;  8  li.  30  matin. 


H**'/  sérum  antisyphilitique.  —  M.  Champagne,  prépa- 
qaelq„g5  hactériologie  à  la  Faculté  de  Bordeaux,  a  inoculé  il  y  a 
ses  rgç,  à  des  singes  le  microbe  de  la  syphilis.  Continuant 

r  ®®rait  arrivé  à  isoler  et  cultiver  le  microbe  de 
atténué  injecté  à  des  singes,  ces  derniers 
'^ïement  j®  syphilis  plus  bénigne  qui  guérit  facilement  par  les 
Drnn.  *  Le  sérum  de  ces  animaux  serait  alors  doué 

L'n  immunisantes. 

sÉrum,  pour  dix  kilogrammes  d’ètrevivant,  suffi- 

traiter  un  malade. 


SOCIÉTÉS  SAVANT’ES 


ACADÉMIE  DES  SCIENCES 
Séance  du  lô  mars  190G. 

Les  effets  de  rinr/estionde  la  tuberculine. 

MM.  Calmette  et  Breton  lisent  une  note  sur  les  effets  de 
la  tuberculine  absorbée  par  le  tube  digestif.  La  tuberculine 
ingérée  produit  les  mêmes  effets  qu’inoculée  sous  la  peau 
chez  les  animaux  tuberculeux,  et  elle  peut  être  ainsi  toxique 
pour  les  animaux  sains,  surtout  lorsqu’ils  sont  en  bas  âge. 

En  en  faisant  ingérer  une  petite  quantité  aux  sujets  suspects, 
on  peut  obtenir  la  réaclion  fébrile  habituelle.  Cette  méthode 
permettra  facilement  d’établir  le  diagnoslic  des  tuberculoses 
douteuses. 


SOCIETE  DE  BIOLOCIE 
Séance  du  11  mars. 

Analyse  de  F  air  des  mines. 

M.  N.  Gréhant  a  fait  des  recherches  analytiques  sur  le  gri¬ 
sou  et  donne  les  résultats  obtenus  par  les  analyse.s  du  mé¬ 
lange  de  formène  et  d’air  dans  le  grisoumètre  à  eau,  le  grisou 
contenant  9  O/Oü  de  formène.  Or  I  /50  de  formène  donne  une 
réduction  de  22  divisions  ;  1/100  de  11  divisions,  I  500  de  2.4 
divisions  et  1/1000  de  l.l  division.  Des  analyses  répétées  de 
l’air  des  mines  permettraient  donc  de  prévoir  l'augmenta¬ 
tion  de  formène  et  de  lutter  efficacement  contre  le  grisou,  ce 
grand  ennemi  de  l’humanité. 

Mucus  des  entérites. 

MM.  J.  Roux  et  Riva.  —  Le  mucus  trouvé  dans  les  fèces  au 
cours  de  l’entérite  ne  vient  pas  uniquement  du  gros  intestin, 
comme  l’affirment  les  auteurs  allemands.  Au  moyen  d’une 
fistule  du  jéjunum,  les  auteurs  ont  pu  constater  que  le  mu¬ 
cus  formé  à  ce  niveau  passait  dans  les  fèces  et  ne  se  différen¬ 
ciait  pas  du  mucus  du  gros  intestin,  d’ailleurs  le  mucus  se 
digère  difficilement  et  passe  presque  intact  dans  fappareil- 
digestif. 

Bilirubine  du  sérum  sanguin. 

MM.  Gilbert  et  Herscher  ont  pratiqué  le  dosage  cholémi- 
métrique  dans  23  cas  d’asystolie  d’origine  variable  et  ont  trouvé 
comme  proportion  moyenne  0  gr.  24  pour  l’ensemble  de  la 
masse  sanguine. La  cholémie  varie  d’intensité  suivant  la  cause 
de  Tasystolie.  Elle  est  plus  intense  dans  la  congestion  du  foie 
liée  aux  lésions  valvulaires,  elle  est  plus  faible  en  cas  d’em¬ 
physème  pulmonaire,  et  plus  marquée  lorsque  la  myocardite 
scléreuse  est  causale,  sans  doute  à  cause  de  la  néphrite  inter¬ 
stitielle  amenant  l’augmentation  des  pigments  biliaires  du 
sérum.  La  cholémie  s’accuse  dans  la  cachexie  cardiaque  et 
atteint  1/300Ü,  dans  les  3  cas  observés. 

Ces  divers  degrés  de  cholémie  rendent  compte  des  aspects 
divers  d’ictère  constatés  dans  Tasystolie.  Le  plus  souvent,  la 
résorption  biliaire  reste  modérée,  les  pigments  biliaires  sont 
transformés  par  le  rein  totalement  en  urobiline  ;  l’ictère  est 
achlorurique  et  prend  l’apparence  hémaphéique  du  fait  de  la 
rareté  de  l’urine.  Dans  quelques  cas,  la  cholémie  est  accusée, 
une  partie  de  la  biliburine  passe  telle  quelle  dans  Turine; 
l’utérus  est  biliphéique. 

Dosage  de  l'acide  iingnc. 

M.  Rouchèse  indique  la  technique  à  suivre  pour  appliquer 
à  Turine  son  procédé  de  dosage  de  l'acide  urique. 

L’acide  urique  est  préalablement  isolé  sous  forme  d’urate 
d'ammoniaque  en  additionnant  100  cent,  cubes  d’urine  de 
15  cc.  d’amufoniaque  et  de  15  grammes  de  chlorhydrate 
d'ammoniaque  et  laissé  en  contact  une  demi-heure.  On  le 
dose  ensuite  à  l’aide  d'une  solution  titrée  d’iode  en  se  met¬ 
tant  dans  les  conditions  qu’il  a  indiquées.  E.  l>. 


182 


LE  PROGRÈS  MEDICAL 


AGVDÉMIL  DE  MÉDECINE  ' 

Séance  du  20  mars. 

La  Mortalité  tuberculeuse. 

M.  Chaufhkii  résume  avec  une  grande  clarté,  d’un  côté 
les  avantages  scientifiques  de  la  déclaration  obligatoire,  de 
l’autre  ses  difficultés  pratiques  Lne  formule  atténuée  n’exi¬ 
geant  la  déclaration  et  la  désinfection  qu’après  tout  décès 
supprimerait  les  principales  objections. 

L’idée  de  M.  N  ali.in  de  se  limiter  aux  cas  dangereux  pour 
l’entourage  est  intéressante  mais  peu  pratique,  car  on  tombe 
dans  l'arbitraire  le  plus  absolu. 

La  loi  sanitaire  actuelle  a  grand  besoin  d'ètre  réformée  et 
perfectionnée.  Elle  s’attaque  à  des  maladies  relativement 
rares  et  néglige.complètement  les  plus  grands  tléaux  moder¬ 
nes  :  tuberculose,  alcoolisme,  maladies  vénériennes. 

M.  Lanckrtîaux  insiste  sur  le  rôle  prépondérant  du  teri’ain 
dans  la  tuberculose.  Quant  à  la  contagion,  quelques  mesures 
de  propreté  suffisent  pour  en  mettre  à  l’abri.  La  déclaration 
obligatoire  lui  semble  par  suite  bien  excessi\e.  Ce  qui  est 
nécessaire  c’eSt  surtout  : 

1“  En  distribuant  partout  de  l’air  et  de  la  lumière  ;  en  ins¬ 
truisant  les  populations  de  la  nécessité  de  la  propreté  et  d’une 
hygiène  convenable. 

2"  En  prenant  les  mesures  propres  à  diminuer,  et  mieux 
encore,  autant  que  faire  se  peut,  à  supprimer  l’alcoolisme. 

Ce  sont  là,  les  mesures  prophylactiques  les  plus  propres  à 
triompher  de  cette  aflection.  i 

Les  moyens  curatifs  ne.  doixent  pas  non  plus  être  négligés, 
et  celui  que  nous  plaçons  en  première  ligne  est  la  création 
de  sanatoriums,  non  pas  anx  environs  de  Paris  ou  sur  les 
bords  de  la  mer,  mais  dans  des  lieux  élevés  et  abrités,  en 
Savoie  ou  en  Suisse,  à  une  altitude  de  1400  à  1800  mètres, 
au  milieu  du  froid,  ce  grand  stimulant  de  la  nutrition,  et 
des  neiges  qui,  rétléchissant  les  rayons  du  soleil,  placent  le 
malheureux  tuberculeux  dans  un  bain  d’air  et  de  lumière  à 
peu  près  constant, 

M.  Landouzy  apporte  un  argument  des  plus  sérieux  sur  le 
nMe  de  la  contagion  en  donnant  le  résultat  d’une  enquête 
qu’il  vient  d’achexer  sur  un  groupe  de  257  ouvriers  d’une 
industrie  à  poussière  (menuisiers,  emballeurs  et  parqueteursi,  j 
Cette  enquête  comprend  cinq  années  d’observations  à  la  cli-  ! 
nique  de  l'hôpital  Laënnec  ;  elle  a  montré  que  chez  ces  ouvriers 
exposés  aux  poussières  de  bois  contaminé,  la  morbidité  par 
tuberculose  atteignait  30  0  0  environ  et  la  mortalité  70/0.  Ces 
chilfres  sont  relativement  élevés,  mais  ils  restent  bien  en- 
dessous  de  ceux  fournis  par  l’industrie  du  blanchissage,  où 
la  morbidité  atteint  50  0  0  et  où  la  tuberculose  tue  75  0  0  des 
malades  atteints.  Les  poussières  bacillifères  du  linge  sale 
resten  t  donc  de  beaucoup  l'agent  de  contamination  le  plus 
actif  de  la  tuberculose  professionnelle.  A  ce  sujet.  M.  Lan-  I 
rlouzy  fait  remarquer  que  les  résultats  de  son  enquête  lui  ' 
permettent  de  dire  à  quelle  âge  une  blanchisseuse  devient  î 
tuberculeuse.  II  faut  quinze  ans  de  métier  pour  qu’une 
robuste  fille,  qui  a  débuté  vers  17  ou  19  ans,  soit  terrassée  ’ 
par  le  mal  ;  vers  32  à  34  ans,  elle  est  finie  !  Pour  les  hommes, 
qui  n’ont  pas  les  mêmes  causes  d’affaiblissement  physiolo-  ï 
gique,  la  résistance  est  plus  prolongée  et  dure  environ  ('quand  j 
toutefois  l’alcoolisme  intensif  n’intervient  pas)  de  quinze  à  ! 
vingt  ans.  ! 

.Ucningites  et  surdi-mutilé. 

MM.  Marchand  et  Castex  étudient  trois  cas  de  surdi-mutité,  ! 
dus  à  des  lésions  de  méningites  anciennes. 

D’après  Elechsig,  le  nerf  auditif  est  le  dernier  à  se  myéli-  | 
niser.  Il  y  a  peut-être  là  une  raison  anatomique  pour  que  les  i 
méningites  déterminent  souvent  la  lésion  des  centres  trophi- 
(lues  périphériques  des  nerfs  auditifs. 

Conclusions  :  1°  Ces  trois  cas  de  surdi-mutité  étaient  mani- 
iestenient  dus  à  des  méningites  anciennes  ayant  entraîné  l’a¬ 
trophie  des  neurones  auditifs.  ‘ 

2“  Le  grand  nombre  des  surdités  congénitales  donne  à  pen-  i 
ser  qu’il  existe  des  réactions  inflammatoires  méningées  de  la  | 
vie  intra-utérine,  dues  sans  doute  à  la  présence  de  toxines  î 
dans  le  sang  de  la  mère. 


3“  L’importance  de  la  méningite  dans  l’étiologie  de  la  surdi- 
mutité  est  confirmée  par  l’anatomie  pathologique  comnn^ 
par  la  clinif|ue.  ' 

Modifications  chimir/ucs  du  lait  de  femme  sous  l’injluence  dt 
r extrait  de  (irai,.es  du  cotonnier. 

M.  Gh-bert  présente  un  travail  de  M.  Rarlerin  montrant 
l'augmentation  notable  et  rapide  des  éléments  nutritifs  du 
lait  (beurre  et  caséine)  sous  l’influence  de  cet  extrait.  Cràcef 
cette  augmentation,  l’allaitement  naturel  deviendra  souvent 
possible,  car  ce  moyen  peut  rendre  le  lait  de  la  mèrenon 
seulement  meilleur,  mais  plus  abondant. 

Les  amyotrophies  articulaires. 

M.  Rochard  montre  l’importance  et  lafréciuence  des  atro- 
ph'es  musculaires  consécutives  aux  arthrites.  Il  insiste,  pour 
prévenir  une  infirmité  souvent  grave,  sur  la  nécessité  d'un 
traitement  précoce  et  suffisamment  prolongé. 

Les  maladies  contagieuses  dans  les  stations  balnéaires. 

NI.  DE  Hanse  montre  les  dangers  spéciaux  créés  par  l’encon^ 
brement  au  moment  de  la  saison,  dans  beaucoup  de  stations 
thermales  etbalnéaires.  Il  montre  les  difficultés  réelles  pour  la 
prophylaxie.  Celles-ci  ne  pourraient  être  surmontées  qu'en 
donnant  aux  médecins  et  aux  maires  des  pouvoirs  plus  éteiK 
dus.  A.-F.  Pi.icQUE. 


SOCIÉTÉ  DE  CIIIRLHGIE 

Séance  du  7  mars  1006. 

Sur  un  symptôme  rare  de  compression  thoraco-abdominale  ; 
le  masque  ecchymotique . 

M.  VicLEMiN  analyse  une  observation  adressée  à  la  Société' 
par  M.  Morestin.  11  s’agit  d’un  enfant  de  quinze  ans  dont  le 
thorax  fnt  comprimé  par  une  charrette. 

Après  une  courte  syncope,  l’enfant  revint  à  lui  en  ayant 
tmite  la  face  ecchymosée,  violette,  bien  (jue  le  traumatisme 
ne  portât  nullement  sur  le  visage. 

Au  bout  de  quehjues  jours,  la  teinte  violette  disparut  et 
comme  il  n’y  avait, aucune  autre  lésion,  l’enfant  guérit  com¬ 
plètement. 

Cette  ecchymose  faciale  survenant  à  la  suite  d’un  trauma¬ 
tisme  lointain  est  utile  à  connaître  :  elle  éloignera  l’idée  d’un 
traumatisme  direct  à  laquelle'  on  est  tenté  de  penser  en  fa(» 
d'une  violente  ecchymose  faciale.  La  pathogénie  de  ce  symp¬ 
tôme  est  discutée.  M.  \  illemin  adopte  Fopinion  de  Millnef 
qui  met  l’ecchymose  faciale  sur  le  compte  de  l’effort  considé-; 
râble  (jue  font  les  blessés  afin  d’éviter  la  violente  pressiez 
qu’ils  subissent.  L’elfort  augmente  la  pression  intra-veineu» 
à  tel  point  que  les  tuni([ues  vasculaires  cèdent,  d’où  ecchy¬ 
mose. 

.inéorysme  artérioso-veineux  des  vaisseaux  sous-claviers  gviO 
spontanément  huit  mois  après  son  apparition. 

Le  cas  a  été  communûyué  à  la  Société  par  M.  Pi.uvETTE.df 
Marseille. 


Torsion  de  Tépiplpon  dans  un  cas  herniaire. 

Cette  complication  rare  des  épiplocèles  a  été  observée p*’’ 
ScHMiD,  de  ÎNice  ;  l’observation  est  rapportée  par  M.  (inNAR'’- 
MM  Tuffier,  Broca,  Mauci. aire,  ont  observé  des  casanal‘’'| 
gués. 

Périsigmoïdite  d'origine  ovarienne. 

Observation  de  M.  Michaux. 


Technique  de  T  hystérectomie  abdominale,  totale. 

M.  Chaput  a  employé,  dans  49  cas,  une  technique  spécial®' 
ligature  des  ligaments  larges  en  étages  à  l’aide  de  la  l’ince-^l 
cart  spéciale  de  l’auteur  :  surget  au  catgut  sur  la 
vaginale  postérieure;  drainage  du  bassin  parle  vagin; 
Ionisation  par  suture  du  lambeau  vésico-utérin  à  l’a®- 


sigmo’îde. 


Catz. 


m 


LA  VALEROBROMINE  LEGRAg 

est  plus  active  que  les  bromures  et  les 
rianates. 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


183 


SOCIÉTÉ  MÉDIC  ALE  DES  HOPITAL  \ 

Séance  du  16  mars. 

Rupture  de  l'aorte  par  endocardite  ulcéro-végélante. 

M.  Bercé  présente  le  cœur  et  Taorte  dMn  homme  de  24 
ans,  mort  subitement  d’une  rupture  de  l’aorte  intrapéricar- 
dique  due  à  une  endocardite  ulcéreuse  intéressant  l’orifice 
aortique.  La  perforation  s’est  faite  en  arrière  de  la  valvule 
sigmoïde  gauche  et  s’ouvre  dans  le  sinus  de  Yalsalya.  Le 
péricarde  contenait  1,250  gr.  de  sang.  Cette  complication  de 
l’endocardite  est  extrêmement  rare. 

Colonies  familiales  de  vieillards. 

M.  A.  MARjEexposele  fonctionnement  de  la  colonie  familiale 
fies  vieillards  et  infirmes  de  la  Seine  à  Lurcy  (.Allier).  Cent 
vingt  malades  ont  pu  être  assistés  dans  cette  colonie  au  prix 
de  1  fr.  35  par  jour  et  par  tête. 

M.  SiREDEY  recommande  ces  institutions  pour  faciliter  le 
désencombrement  des  hôpitaux  parisiens. 

M.  Dufour  voudrait  ne  pas  voir  placés  ainsi  les  malades 
qui  ont  besoin  de  soins  médicaux  et  M.  Bergé  fait  la  même 
distinction  entre  chroniques  infirmes  et  chroniques  ma¬ 
lades,  lesquels  derniers  doivent  être  soignés  dans  un  hôpital. 
MM.  Carnot  et  Ménétrier  désirent  également  qu’on  fasse 
cette  sélection. 

Œdème  aigu  de  la  îhngue. 

M.  Galliarb  rapporte  deux  cas  d’œdème  aigu  de  la  langue, 
oedème  qu’il  qualifie  d’idiopathique,  parce  qu’il  ne  dépend 
ni  d’une  inflammation,  ni  d’une  intoxication,  ni  d’autre 
cause  locale  connue.  Ce  sont  soit  des  œdèmes  névropa¬ 
thiques,  soit  des  œdèmes  inflammatoires  arrêtés  avant  la 
suppuration. 

Le  premier  malade,  bacillaire  au  2'  degré,  présente  une 
tuméfaction  considérable  de  la  langue  et  du  plancher  buccal, 

■  accompagnée  de  troubles  fonctionnels  prononcés  et  de  tem¬ 
pérature  Une  saignée  locale  par  scarification  profonde  de  la 
face  inférieure  de  la  langue  arrêta  l’évolution  de  1  nMème 
et  le  malade  guérit  en  cinq  jours.  Le  deuxième  malade  guérit 
également  en  4  jours  par  le  même  traitement. 

-M.  Balzer  a  observé  un  cas  semblable  chez  tm  syphilitique 
«n  traitement  sans  trace  de  stomatite.  Mais  ce  malade  fit  une 
pneumonie  avec  albuminurie. 

M.  Danlos  a  vu  apparaître  ces  œdèmes  à  la  suite  du  trai¬ 
tement  ioduré. 

M.  Bernard  a  vu  éclater  un  œdème  lingual  unilatéral  à  la 
suite  d'un  refroidissement.  La  guérison  fut  obtenue  parles 
diurétiques  et  les  compresses  chaudes.  . 

Cancer  de  l'ampoule  de  Vaicr. 

Mm.  Carnot  et  Xavier  rapportent  l’observation  d’un  can- 
■cer  de  l’ampoule  de  4  ater  intéressant  par  certains  détails 
cliniques  et  anatomo-pathologiques.  Début  par  douleurs 
■épigastriques  et  ictère  continu  et  progressif  par  rétention. 

exploration  fonctionnelle  de  la  sécrétion  du  pancréas  dé- 
^ntra  Tabse  nce  du  suc  pancréatique  dans  le  duodénum,  et 
^  retentions  biliaires  et  pancréatiques  permirent  de  loca- 
^®jJ,obstacle  au  niveau  de  la  portion  terminale  des  canaux 
nn  |-  et  de  Wirsung.  La  vésicule  fournit  à  la  ponction 
liquide  de  rétention,  dû  probablement  à  la  compression 
n  cystique  par  des  ganglions. 

,  ^'itopsie  vérifia  le  diagnostic.  L’ampoule  de  4  ater  était 
“inineuse  et  de  son  orifice  sortait  une  touffe  dq  villosités, 
lob  de  4Virsung  était  oblitéré  par  un  néoplasme  déve- 
jjVPc  dans  sa  paroi  inférieure,  le  cholédoque  était  compri¬ 
mer  histologique  montra  qu’il  s'agissait  d’un  can- 

manal  a  ^  ayant  son  origine  dans  les  cellules  épithéliales  du 
®ent  1  ®  '''^icsung.  et  dans  la  profondeur  le  néoplasme  pré- 
^  le  type  de  Tadéno-carcinome. 

— . _  Friedel, 


I-  Etat  civil.  —  M.  le  D''  Xli’ell,  médecin  de  l’As- 
oiedeci  ,ieale  du  XVI'  arrondissement,  vient  d’être  nommé 
de  U  i”  Y\  ^'Etat  civil  du  môme  arrondissement  en  remplacement 
•  •  le  ly  Barbe. 


SOCIÉTÉ  D  OBSTÉTRIQUE  DE  P  ARIS 
Séance  du  Ib  mars 

Présentation  d'un  enfant  ayant  une  paralysie  faciale  spontanée. 

M.  Bonnaire.  —  L’enfant,  né  spontanément,  présente  une 
paralysie  faciale  persistant  encore  au  l'2'  jour,  le  crâne  est  lé¬ 
gèrement  asymétrique.  L’auteur  estime  qu’il  y  a  eu,  du  fait 
d’une  inclinaison  forte  de  la  tête  (le  bassin  de  la  mère  étant  . 
légèrement  vicié),  compression  du  facial  par  l’épaule,  au  ni¬ 
veau  de  sa  sortie  du  trou  stylo-mastoi'dien. 

41.  Bar  rappelle  qu’il  y  a  eu  d’autres  cas  de  paralysie  spon¬ 
tanée  chez  le  nouvcau-né.  Il  aurait  tendance  à  croire,  en 
pareil  cas,  à  une  compression  de  la  région  faciale  jiar  le  pro¬ 
montoire. 

Lésion  traumatique  chez  un  enfant  après  accouchement  dans  un 
bassin  rachitique. 

4141.  Brindeau  et  Gukniot.  —  Des  pressions  avaient  détei- 
terminé  des  escharres  ;  de  plus,  il  y  avait  à  la  naissance  un 
peu  de  paralysie  faciale,  bien  qu’on  n’ait  fait  aucune  inter¬ 
vention. 

Présentation  d'un  enfant  ayant  un  crâne  asymétrique. 

M.  Brindeau.  -  L’accouchement  avait  étéspontané  ;  le  fron¬ 
tal  gauche  très  aplati  semble  atrophié. 

De  la  cystoscopie  chez  la  femme  enceinte. 

4141.  Bar  et  Luvs.  —  Cette  cystoscopie  est  très  aisée.  Elle 
servira  à  déterminer  les  déformations  de  la  vessie  au  ternie 
de  la  grossesse  ;  celle-ci,  ijuand  elle  est  vide. apparaît  comme 
une  sorte  de  bonnet  de  coton  coifïant  le  segment  inférieur, 
et  ayant  3  prolongements,  1  supérieur  et  r2  latéraux.  Ces  po¬ 
ches  latérales  se  vident  avec  grande  difficulté.  Le  trigone 
vésical  se  trouve  plié  transversalement  rendant  un  peu  spé¬ 
ciale  la  recherche  des  orifices  urétéraux.  Cette  disposition  de 
la  vessie  explique  la  production  et  la  ténacité  des  infections 
vésicales. 

Des  lésions  du  foie  en  cas  d'hémorragie  rétro-placentaire. 

4IM.  Bar  et  De  Kervilly.  —  On  trouŸe  des  lésions  hépati- 
(pies  rappelant  exactement  celles  de  l’éclampsie.  Dans  ces 
c  onditions, l’hémorragie  rétro-placentaire  deviendrait  un  d^s 
i  ncidents  de  l’éclampsisme,- au  même  titre  que  les  hématu¬ 
ries  du  foie  et  les  hémorragies  méningées. 

41.  Brindeau  a  vu,  dans  ces  cas,  des  lésions  histologiques  du 
placenta  semblables  à  celles  du  placenta  éclamptique. 

Fausses  urines  sanglantes  ;  fausse  cystite  membraneuse  au  courj. 
d'une  pyélite  suppurée  chez  une  femme  enceinte.  Rôle  de  l'arn- 
moniurie  dans  la  production  de  ce  phénomène. 

4IM.  Bar  et  Daunay.  —  Au momentdel’émissionlesurincs 
sont  rosées  avec  un  dépôt  de  pus;  puis,  au  bout  de  quelque 
temps,  Turine  se  reposant  en  vase  prend  une  teinte  pourpre,  et 
ledépôtprend  un  aspect  rappelant  le  fromage.  Cette  couleur 
pourpre  est  dueàla  murescinese  développant  sous  l’influence 
de  la  fermentation  ammoniacale.  Cette  fermentation  ammo¬ 
niacale  a  dû  commencer  dans  les  voies  urinaires.  En  aug¬ 
mentant  artificiellement  l’ammoniurie  par  adjonction  d’am¬ 
moniaque,  on  fait  apparaître  le  phénomène  immédiatement. 
En  donnant  à  la  femme  de  l'acide  phosphorique  et  en  lavant 
la  vessia,  on  supprime  la  coloration  rosée  de  l’urine  lors  de 
son  élimination.  L’examen  cystoscopique  de  la  vessie  montra 
l’existence  de  ‘2  poches  latérales  contenant  du  pus  accolé  à  la 
muqueuse  vésicale,  et  simulant  de  fausses  membranes.  Il  y  a 
probablement  d’autres  cas  où  des  urines  sanglantes  ne  l’é¬ 
taient  pas  réellement. 

Présentation  d'un  bassin  sacro-coxalgique. 

.MM.  Brindeau  et  L’Hirondel.  —  A  la  suite  d’une  craniocla- 
siejtrès  pénible,  la  femme  mourut  emportée  par  une  périto¬ 
nite.  Le  bassin  a  la  déformation  oblique  ovalaire  typique. 

Un  cas  de  déformations  congénitales  multiples. 

M.  4Iaycrier.  —  La  vessieest  extrêmement  développée  ;  l’anus 
est  imperforé.  et  le  rectum  vient  se  terminer  par  un  cul-tle 
sac  dans  la  vessie.  Le  rein  droit,  petit,  atrophié,  ne  iioss(’'de 
pas  d  uretère. 


184 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


M.  Bar  insiste  sur  l  oligo-amnios  que  l'on  observe  en  pareil 
cas.  Ce  fait  prouve  une  fois  de  plus  que  la  grande  source  du 
liquide  amniotique  est  la  sécrétion  rénale  du  fœtus. 

Bons  rmilto.ls  du  traitement  mercuriel  dans  certains  cas  de 
selérème. 

M.  Kaüffmasn.  —  L'apparition  du  selérème  marchant  bien 
avec  la  nutrition  défectueuse  liée  à  la  syphilis,  le  traitement 
■  mercuriel  doit,  en  pareil  cas,  donner  de  bons  résultats:  de 
fait,  c’est  ce  que  prouve  la  clinique.  Cyrille  Jeannin. 

SOCIKTÉ  DE  PKDKÏBIE 
Séance  du  20  mars  l'MO.  —  Présidence  de  M.  Comby. 

Arthropathies  suppvrécs  dans  la  maladie  de  Parrot. 

M.  Marfan.  —  L’enfant  dont  il  s’agit  dans  cette  observation 
est  maintenant  âgée  de  9  mois  ;  elle  est  née  à  terme,  d’une 
femme  de  27  ans,  fille-mère  abandonnée,  qui  ne  peut  donner 
de  renseignements  sur  la  santé  du  père  de  la  petite  malade. 
Six  semaines  après  pa  naissance,  malgré  les  bons  soins  de  sa 
mère  et  nourrice,  l’enfant  commença  à  manifester  une  sensi¬ 
bilité  très  grande  se  traduisant  par  des  cris  au  moindre 
mouvement  imprimé,  et  à  présenter  des  signes  croissants  de 
jiaralysie  des  quatre  membres.  L’inertie  des  membres  était 
complète  quand  la  petite  malade  fut  amenée  à  l’hôpital,  peu 
de  temps  après  le  début  de  ces  accidents.  Les  deux  membres 
inférieurs  étaient  en  flexion,  avec  gonflement  considérable 
des  genoux,  surtout  du  droit,  et  ces  deux  articulations  pré¬ 
sentaient  une  fluctuation  nette  qui  indiquait  l’existence  d’un 
épanchement.  Le  coude  droit  était  sensiblement  gonflé,  les 
deux  bras,  inertes  comme  tes  jambes,  offraient  tous  les  carac¬ 
tères  de  la  pseudo-paralysie  de  Parrot.  D’ailleurs,  pas  de 
lésions  viscérales.  L'état  général  de  l’enfant  était  tel  que 
M.  Marfan,  et  M.  Broca,  à  qui  il  la  fit  voir  quelques  jours 
après  son  entrée,  désespéraient  fous  deux  de  la  guérison. 
L’enfant  fut  soumise  au  traitement  spécifique  par  les  frictions 
mercurielles  à  la  dose  de  2  grammes  par  jour,  et,  sous  l'in¬ 
fluence  de  ce  traitement,  on  eut  la  satisfaction,  d’abord  ines¬ 
pérée,  devoir  l'entant  guérir  complètement.  On  a  fait  plu¬ 
sieurs  ponctions  du  genou  droit,  lesquelles  ont  donné  du 
pus  qui  ne  contenait  ni  spirochètes,  ni  aucune  autre  espèce 
de  microbes. 

L’enfant,  que  M.  .Marfan  fait  voir  à  la  Société,  est  maintenant 
un  beau  bébé  qui  a  récupéré  toutes  les  apparences  de  la  santé 
la  plus  satisfaisante.  Les  suppurations  observées  dans  les 
arthropathies  syphilitiques  de  ce  genre  ont  été  rapportées, 
par  la  plupart  des  auteurs,  à  une  infection  surajoutée  à  l’in¬ 
fection  syphilitique  ;  l’observation  actuelle  montre  que  le 
syphilome  articulaire  peut  aboutir  à  lui  tout  seul  à  suppura¬ 
tion,  sans  intervention  d’un  autre  microbe. 

M.  Comby  a  vu  récemment,à  sa  consultation.un  enfant  qui, 
en  même  temps  que  tous  les  signes  de  la  maladie  de  Parrot, 
présentait  une  grosse  tuméfaction  fluctuante  de  l’épaule. 
Malgré  tous  les  autres  signes,  il  se  préoccupa  tout  spéciale¬ 
ment  de  cet  épanchement  articulaire,  au  point  iiu’il  crut  bon 
de  demander  à  ce  sujet  l’avis  de  son  collègue,  ôl.  Aug.  Broca. 
Celui-ci  n’hésita  pas  à  rattacher  la  lésion  scapulaire  à  la  même 
cause  que  les  autres  symptômes,  c’est-à-dire  à  la  maladie  de 
Parrot,  et  le  traitement  spécifique  par  les  frictions,  institué 
aussitôt  par  ÔI.  Comby,  procura  une  guérison  rapide,  àf.  Comby 
insiste,  à  ce  propos,  sur  l’efficacité  constante  des  frictions 
dans  les  cas  de  ce  genre,  et  leur  donne,  à  tous  les  points  de 
vue,  la  préférence  sur  tous  les  autres  traitements. 

Cicatrices  de  la  raric'lle. 

M.  Marfan  présente  une' fillette  chez  laquelle  on  constate 
des  cicatrices  d'un  aspect  particulier,  consécutives  à  une 
varicelle,  et  bien  différentes  des  cicatrices  d'ulcérations  et 
de  grattage.  Ces  cicatrices  se  montrent  sous  trois  formes,  dont 
deux  seulement  existent  sur  la  -petite  malade  présentée  :  les 
unes  sont  des  taclies  blanches,  achromiques,  sans  dépression 
ni  saillie,  sans  aspect  chagriné  de  leur  surface  ;  les  autres 
s  int  des  taches  pêdes  comme  les  précédentes,  mais  saillantes 
et  légèrement  gaufrées  ;  la  troisième  forme  ou  variété,  inter¬ 
médiaire  entre  les  deux  premières  et  la  tache  violacée  de  la 


varicelle  récente,  est  constituée  par  des  taches  blanches  au  î 
centre,  avec  une  zone  de  pigmentation  périphérique.  Ces 
taches  semblent  durer  pendant  un  temps  assez  long  ;  cepen-  i 
dant  elles  ne  sont  pas  indélébiles,  car  jamais  M.  Marfa» 
ne  les  a  observées  chez  des  adultes. 

M'"®  Nageotte-Wilbouchbwitch  cite  le  cas  d’une  jeune  fillp 
chez  qui  elle  a  observé  une  varicelle  il  y  a  12  à  15  ans,  et 
qui  aujourd’hui  encore  porte  des  taches  analogues  à  celles 
que  décrit  ÔI.  Marfan. 

Sur  une  variété  d'incontinence  d’urine. 

M™'  A.ageotte-Wii.boucheavitch  fait  une  communication 
sur  une  variété  assez  commune,  d’après  elle,  d’incontinenci 
d’urine  chez  les  enfants,  laquelle  incontinence  d’urine  est  pro¬ 
voquée  et  entretenue  par  les  pratiques  maladroitement  diri¬ 
gées  que  l’on  met  en  œuvre  sans  prétexte  d’habituer  les 
enfants  à  être  propres  debonneheure.  On  les  expose  plus  ou 
moins  longtemps  le  ventre  et  les  membres  inférieurs  à  l’air 
pour  les  provoquer  à  uriner,  recommençant  souvent  à  bref 
intervalle  en  cas  d’insuccès  ;  l’enfant,  sous  l’influence  du 
froid  auquel  il  a  été  exposé,  urine  bientôt  après  dans  ses 
vêtements,  nouvelle  cause  de  refroidissement  ultérieur,  et 
ainsi  de  suite,  de  telle  sorte  qu’une  espèce  spéciale  d’inconti-, 
nence  s’établit  ainsi, laquelle  a  ceci  de  particulier,  qu’elle  cesse 
la  nuit  quand  l’enfant  n’a  pas  à  subir  les  refroidissements 
qui  provoquent  ses  mictions  diurnes.  Le  traitement  comporte 
une  réglementation  bien  ordonnée  de  tentatives  faites  pour 
accoutumer  l'enfant  à  uriner  à  intervalles  réguliers  quand 
on  le  place  sur  le  vase,  et  à  lui  changer  son  linge  aussi  sou¬ 
vent  que  besoin  en  est  pour  parer  à  l’inconvénient  des  refroi¬ 
dissements  par  les  langes  baignés  d'urine:  c’est,  en  somme, 
une  rééducation  à  faire,  et  pour  la  personne  qui  soigne  l’en¬ 
fant  avec  un  zèle  intempestif  et  maladroit  et  pour  l'enfant 
lui-même,  dont  il  faut  reprendre  l’éducation  fonctionnelle 
jusque-là  mal  dirigée. 

Arrêt  de  développement,  microcéphalie. 

M.  Variot  présente  un  enfant  de  8  ans,  atteint  d’arrêt  de 
développement  général  et  régulier,  avec  microcéphalie.  Cet 
enfant  pèse  seulement  12  kil.  300,  poids  inférieur  de  beaucoup 
à  la  moyenne  de  son  âge  ;  il  n'a  que  44  centimètres  de  périmé 
tre  thoracique.  11  y  a  là  une  hypotrophie  générale,  ({ue  .M- 
à  ariot  a  pu  suivre  depuis  la  naissance  de  l’enfant,  car  celui-ci 
a  été  depuis  lors  un  client  de  son  dispensaire,  et  il  a  pu  sui¬ 
vre  attentivement  et  en  détail  toutes  les  particularités  de  son 
développement.  Eet  enfant  n’a  jamais  manqué  de  rien,  a  tou¬ 
jours  été  très  bien  alimenté  et  bien  soigné  par  sa  mère,  âgée 
maintenant  de  47  ans,  qui  est  bien  portante  et  n'a  aucune 
tare.  11  est  né  débile,  est  resté  débile,  au  point  qu’il  ne  pesail 
que  5  kilogrammes  à  un  an,  et  il  continue,  malgré  tous  les 
soins,  à  rester  bien  au-dessous  des  limites  du  développement 
correspondant  à  son  âge.  Cet  état  de  choses  reconnaît  pour 
seule  cause  appréciable  l’influence  héréditaire  d’origine  pâ' 
ternelle  :  le  père,  viveur,  alcoolique  et  tuberculeux,  est  fflod 
à  50  ans  ;  le  grand-père  paternel,  également  alcoolique  et  vi' 
veur.  était  mort  à  42  ans.  Des  frères  et  sœurs  de  l’enfant,  an 
nombre  de  6,  3  sont  morts  :  une  fille,  coxalgique,  à  28  ans,  une 
autre,  atteinte  de  mal  de  Pott,  à  18  ans,  un  3'  d’entérite,  à  1- 
mois  ;  les  deux  autres,  dont  l’aîné  a  23  ans,  survivent  en  bû? 
état  de  santé.  C’est  donc  l’hérédité  paternelle  qui  peut  et 
être  mise  en  cause  dans  ce  cas,  pour  expliquer  l'état  de  dyS" 
trophie  du  petit  malade  dont  il  est  ici  question. 

Résistance  (/lobulaire  chez  l’enfant  à  l'état  norni  il 
et  au  cours  de  la  rougeole. 

MM.  Lesnk  et  Gaudeau.  —  Dans  la  majorité  des  cas.  au  débn* 
des  fièvres  éruptives  (scarlatine,  varicelle,  rougeolel,  la  l'és'^ 
tance  globulaire  est  augmentée,  sauf  dans  la  rubéole  où 
reste  normale.  —  Dans  la  rougeole,  la  résistance  globulaire  ^ 
ordinairement  redevenue  normale  à  la  fin  de  l’éruptto'’’ 
I^e  maintien  de  son  accroissement  doit  faire  craindre 
complication.  En  effet,  dans  les  rougeoles  compliquées  da'^j 
dents  pulmonaires,  la  résistance  globulaire  reste  augmeo»^ 
pour  les  cas  suivis  de  guérison,  mais  elle  retombe  au  conW' . 
à  la  normale  pour  les  cas  à  évolution  fatale.  Les  xarialii’®^ 


V 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


iir. 


de  la  R-  G.  peuvent  donc,  dans  une  certaine  mesure,  montrer 
le  degré  de  résistance  de  l’organisme  et  renseigner  sur  le 
pronostic  de  la  rougeole. 

M.  Güinon  présente  une  enfant  de  12  ans,  atteinte  d'adipose 
généralisée,  avec  liypertrichose  el  type  masculin  très  accentué. 
Cette  enfant,  qui  a  maintenant  12  ans,  avait  toutes  les  appa¬ 
rences  d’une  très  gentille  fillette  jusqu’à  l’âge  de  lO  ou  11 
ans,  mais  depuis  un  an  environ,  elle  a  subi  un  changement 
considérable  à  son  désavantage,  et  offre  l'aspect  d’un  adoles¬ 
cent  masculin,  déformé  par  une  obésité  précoce,  avec  une 
hypertrichose  abondante  ;  en  même  temps,  son  intelligence 
a  sensiblement  diminué.  Elle  n’est  pas  réglée.  Les  seins  sont 
bien  saillants,  sans  exagération  de  volume.  Le  clitoris  est  très 
développé,  on  constate  une  forme  un  peu  anormale  des  gran- 
deslèvres  et  l’existence  d’un  petit  orifice  vulvaire  avec  hymen; 
on  ne  perçoit  rien  dans  l’épaisseur  des  grandes  lèvres.  11  ne 
semble  pas  que  ce  cas  puisse  être  considéré  comme  imputa¬ 
ble  au  myxœdème  :  la  question  d'hermaphrodisme  est  égale¬ 
ment  soulevée,  mais  non  tranchée,  jusqu'à  plus  ample  exa¬ 
men.  àl.  Guinon  a  eu  déjà  cette  enfant  dans  son  service  il  y 
a  2  ans,  pour  une  diphtérie  grave,  pour  laquelle  elle  fut  trai¬ 
tée  par  des  injections  de  sérum  et  le  tubage  ;  les  parents  n’ont 
pas  manqué  de  rendre  la  sérothérapie  responsable  des  trou¬ 
bles  trophiciues  ultérieurement  survenus. La  nature  exacte  de 
ces  troubles  n’est  pas  encore  nettement  établie,  néanmoins 
àl.  Guinon  a  cru  devoir  commencer  un  traitement  thyro'idien. 

Ch. -H.  I’etit-Vendoi.. 


SOCIÉTÉ  D'HVPNOLOGIE  ET  DE  PSYCHOLOGIE 
Séances  du  mardi  16  janvier  et  duQO  février  1906. 
Ppésidence  ub  M.  .Iri.ES  Voisin. 

Crises  de  sommeil  hystérique. 

M.  Barbier.  —  l’ne  femme  de  47  ans,  cuisinière,  est  trouvée 
endormie  sur  la  voie  |)ubli(|ue  ;  des  agents  essayent  en  vain  de 
la  réveiller;  elle  ne  sort  de  son  sommeil  qu’au  bout  de  trois  jours. 
C'est  la  septième  fois  en  deux  ans  qu’elle  tombe  ainsi,  subite¬ 
ment,  sans  connaissance  dans  ta  rue.  Chaque  crise  survient  pen¬ 
dant  la  période  cataméniale  ;  la  première  a  eu  pour  cause,  une 
grande  frayeur.  Pendant  ces  crises,  la  menstruationn’est  nulte- 
rnent  troublée  ;  les  fonctions  de  nutrition  sont  notablement  i-a- 
lenties,  l'alimentation  nulle  pendant  ])lusieurs  jours,  les  mictions 
très  rares.  Les  sensibilités  spéciales  ont  conservé  toute  leur  inté¬ 
grité  ;  par  contre,  l'anesthésie  cutanée  est  presque  complète,  à 
part  deux  zones  d'hyperesthésie  (oculaire  et  ovarienne).  Le  blé- 
pharospasme  constitue  le  seul  phénomène  nettement  hystérique  ; 
tous  les  muscles,  sauf  ceux  des  paupières,  sont  en  résolution 
romplète.  Ces  crises  de  sommeil  ne  dui-ent  que  quebiues  jours  ; 
elles  représentent  l'équivalent  d'une  altaqne  d’hystérie  clonique 
et  rentrent  dans  la  variété  apoplectiipie. 

-M.  Paul  Farez.— L’anesthésie  généralisée,  l'immobilité  abso¬ 
lue,  les  contractures  musculaires,  la  suspension  de  l'alimentation 
et  des  excrétions  sont  des  caractères  ipie  l'on  attribue  aux  cas 
types  de  sommeil  hystérique.  Leur  coexistence,  loin  d'être  géné¬ 
rale,  est  plutôt  rare.  En  clinique  courante,  on  constate  tantôt  la 
présence,  tantôt  l’absence  de  quebpies-uns  de  ces  grands  signes 
Massiques.  Chaque  cas  comporte  ses  variations  individuelles. 
-Ainsi,  chez  Gésine,  l'ouïe  est  totalement  suspendue,  la  vue  et  le 
art  sont  obtus,  le  goi'it  est  normal  et  l'odorat  considérablement 
^PperesUiésié.  yuant  au  réveil,  il  peut  avoir  lieu,  non  pas  brus- 
‘lUernent,  mais  par  une  i-estauration  progressive  des  diverses 
^nsibilités  inhibées,  comme  chez  .Xrgentina.  Parfois  aussi  l'on 
pendant  les  sommeils,  une  indigence  à  peu  près  com- 
P  rte  de  signes  somatiques  ;  ainsi  Argentina  était  dans  un  état 
de  résolution  musculaire  aussi  bien  que  Gésine  ; 
ç,  . ‘‘^rS’ de  loin  en  loin,  .\rgentina  présentait  seulement  une 
fest  '®‘’*'“re  passagère  de  la  langue.  De  même,  loin  de  ne  mani- 
11101^*-^*'  ***'  i^atisfaire  aucun  besoin,  Gésine  s’agite  et,  par  des 
Iteso''*^!*^*"!'*^  appropriés,  manifeste  sa  faim,  sa  soif,  ainsi  que  ses 
*'*‘‘r  rt  'la  déféquer  ;  elle  manifeste  aussi  parfois  son 
«tdé.u  *•**'*'"'*’”*  ■  fiiiand  on  lui  donne  à  manger,  elle  mastique 
'''‘J'dje  même  les  aliments  qui  lui  déplaisent.  De 
'  'lUi'  toute  autre  manifestation  de  la  grande  névrose,  le 


sommeil  liystérique  ne  saurait  comporter  une  symptomatologie 
univoque. 

31.  .lacques  Bertillon.  —  On  peut  se  demander  dans  quelle, 
mesure  des  actions  suggestives  sont  intervenues  dans  la  création 
et  l’entretien  de  ces  états  pathologiques.  Quand  on  se  trouve  en 
présence  d’hystériques  très  suggestibles,  il  faut  se  délier  de  la 
suggestion.  La  moindre  parole  inconsidérée  leur  trace  une  ligne 
de  conduite  et  elles  s’y  conforment  automatiquement. 

D''  Bérillon.  —  L’observation  de  31.  Bertillon  est  très  juste. 
Tous  ceux  jusqu’à  la  connaissance  de  l’influence  de  la  suggestion, 
quiont  observé  des  hystériques  les  ont  influencées  sans  s’en  dou¬ 
ter. 

La  qualité  delà  voLv  dans  la  pratique  de  la  suggestion. 

31.  G.vllia.  —  La  qualité  indiquée  est  le  timbre  clair,  mordant, 
incisif,  qui,  en  plus  du  choc  vibratoire  produit,  grave  fortement 
le  mot  de  l'idée.  .3Iais  ce  timbre,  qui  résulte  du  renforcement  des 
vibrations  laryngées  par  la  résonance  thoracique,  dépendant  de 
dispositions  physiologiques  assez  rares,  il  est  possible  d'y  sup¬ 
pléer  par  la  diction  claire.  Gette  diction  s’obtient  spontanément 
dans  les  voix  couvertes  en  atténuant  je  timbre  et  en  augmentant 
l'intensité  de  l'expiration.  On  dispose  ainsi  d’une  sorte  de  voix, 
confidentielle  très  précise  par  le  coloris  exact  des  voyelles  el  la 
vibration  forte  des  consonnes,  qui  est  susceptible  de  donner  au 
mot  et  à  l’idée  le  maximum  d'affirmation  etd’énergie. 

31.  Bérillon.  — La  culture  de  la  voix  est  une  des  questions  les 
plus  importantes  qui  se  posent  dans  la  pratique  de  la  psychothé¬ 
rapie.  On  ne  conçoit  pas  un  bègue,  un  homme,  à  la  parole  hési¬ 
tante  ou  embarrassée,  faisant  de  la  suggestion.  Pour  hypnotiser 
pour'convaincre,  pour  suggérer,  il  faut  s’exprimer  avec  clarté, 
avec  précision,  avec  autorité.  Qu  ehpie  peu  d'éloquence  naturelle 
n'est  pas  inutile;  aussi  la  question  de  la  culture  etde  l’adaptation 
de  la  parole  à  la  pratique,  de  la  psychothérapie  doit  rester  àl’o  r- 
dre  du  jour  de,  la  Société. 

Mutisme  hystérique  guéri  en  une  séance  de-suggestion  hypnotique. 

31.  Damogloü  (du  Gaire  ).  —  3Ime  F.,  âgée  de  29  ans,  a  de  fré¬ 
quentes  crises  convulsives,  causées  pardespleui’s,des  discussions, 
des  émotions  quelconques  .  Déjà,  il  y  a  4  ans,  au  sortir  d'une 
crise  convulsive,  elle  perdit  complètement  l’usage  de  la  parole  ;au 
bout  de  15  jours,  grâce  à  l’hypnotisme,  elle  put,  de  nouveau,  par¬ 
ler  comme  par  le  passé.  11  y  a  quelques  mois,  après  une  crise 
convulsive  causée  par  une  discussion,  elle  est,  une  fols  encore, 
incapable  d’articuler  une  parole.  Je  l’hypnotise.  Pendant  son  som¬ 
meil,  je  lui  fais  prendre  un  médicament  psychique  auquel  ma 
suggestion  confère  une  grande  puissance  thérapeutique  et,  au  ré¬ 
veil,  cette  femme  est  totalement  guérie  de  son  mutisme. 

lî.ramens  de  convulsionnaires  au  XYIII^ siècle. 

31.  deGoynard  communique  el  commente  les  procès-verbaux 
médicaux  sur  lesquels  s’appuient  l’ordonnance  royale  de  1732 
pour  prescrire  lafermelure  du  cimetière  de  Saint-Médard. Les  mé¬ 
decins  et  chirurgiens  commis  par  le  roi  pour  examiner  les  préten¬ 
dus  convulsionnaires  concluent  unanimement  que  leurs  mouve¬ 
ments  el  contoraions  n’ont  rien  de  convulsif  ni  de  surnaturel, 
mais  sont  absolument  volontaires. 

Peut-on  provoquer  l'accouchement  par  la  suggestion  hypnotique  2 

31.  Bonjour  (de  Lausanne).  —  En  certain  nombre  d’observa¬ 
tions  et  d’expériences  m'ont  permis  de  formuler  les  deux  conclu¬ 
sions  suivantes  :  1“  dans  le  cas  où  l'on  peut  mettre  la  femme  en 
somnambulisme,  elle  accouchera  le  jour  suggéré,  àla  condition 
de  faire  tomber  ce  jour,  au  plus  tôl,  huit  jours  avant  la  date 
fournie  parle  calcul  et  l’examen.  Le  médecin  ne  devra  pas  s’é¬ 
loigner  de  l'accouchée  avant  que  la  dilatation  ail  commencé  ; 
■Ao  Si  l'on  n'a  pas  eu  le  temps  d’obtenir,  ou  si  l'on  ne  peut  obtenir 
une  hypnose  somnambulique,  on  pourra  cependant,  sans  être 
sûr  de  provoquer  l’accouchement  au  jour  suggéré,  faire  qu'il 
commence  jiendant  la  nuit  et  que  la  période  de  dilatation  et  d’ex¬ 
pulsion  n'ait  lieu  que  le  lendemain,  pendant  le  jour. 

liorhorygmes  guéris  par  la  suggestion  hypnotique. 

31.  i.e31enant  des  Ghesnais.  —  Lne  jeune  bonne  souffrait,  de¬ 
puis  plusieura  mois,  de  borborygmes  tellement  intenses  qu’on  les 
entendait  d’une  pièce  voisine.  Ils  persistent  pendant  le  sommeil 
nocturne.  Pendant  la  journée  ils  rendent  cette  jeune  fille  pres¬ 
que  incapable  de  faire  son  service,  surtout  celui  delà  table.  Ils 
ne  son!  nullement  douloureux.  A  pari  une  timidité  et  une  émo- 


186 


LE  PROGRÈS  MEDICAL 


tivité  excessives,  on  ne  constate  aucun  stigmate  d'hystérie.  Cette 
jeune  bonne  est  hypnotisée  ;  les  borborygines  continuent,  pour 
diminuer  bientôt  sous  l’influence  de  la  suggestion  verbale  et  de 
la  suggestion  armée  ;  au  bout  de  quelques  séances,  ils  ont  dis¬ 
paru  pendant  la  journée,  mais  pei-sistent  lanuit  ;  linalement,ils 
disparaissent  tout  à  fait.  Depuis  lors,  toute  émotion  violente  les 
fait  réapparaître,  mais  ils  ne  durent  pas  plus  que  l'émotion  elle- 
même. 

A  propos  de  la  définition  de  la  stigçiestion. 

M.  Louis  Favre. —  La  définition  de  chose  doit  être  i)rovisoire- 
ment  laissée  de  côté  ;  elle  ne  peut  être  donnée  que  lorsque  la 
science  est  assez  avancée.  C’est  la  délinilion  du  mot  qui  peut  ai¬ 
der  au  développement  de  la  science.  La  suggestion  pourrait  être 
définie  :  l’action  de  provoquer  un  état  de  conscience  (sensation, 
idée,  sentiment,  volition),  que  cet  état  de  conscience  soit  accom¬ 
pagné  ou  non  d'un  acte  extérieur  qui  lui  corresponde.  Ce  sens 
très  général  est,  en  quelque  sorte,  un  genre  dans  lequel  il  con¬ 
vient  de  faire  rentrer  toutes  les  formes  connues  de  la  suggestion; 
celles-ci  doivent  être  considéréescomme  des  espèces  et  désignées, 
ainsi  qu’on  le  fait  en  sciences  naturelles,  par  deux  mots,  par 
exemple,  suggestion.  hypnoti<iue,  etc. 

M.  Bérillon. —  Un  des  mots  qui  apportent  dans  nos  études  le 
plus  de  confusion  est  celui  de  suggestion. On  l’emploie  à  tort  et  à 
h-avers. Tantôt  il  est  envisagé  comme  cause  et  tantôtcomme  effet. 
La  suggestion  est  la  parole  qui  soi  t  de  la  bouche  de  l’hypnotiseur 
c’est  aussi  le  phénomène  qui  se  réalise  dans  le  cerveau  de  l’hypno¬ 
tisé.  C’est  absolument  comme  si  on  se  servait  du  même  mot  pour 
désigner  le  fusil,  le  projectile  et  la  blessure  qu’ils  déterminent. 
-\utant  le  mot  hypnotisme  caractérise  un  mot  nettement  défini, 
celui  du  sommeil  provoqué  (à  des  degrés  pinson  moins  profonds, 
comme  dans  le  sommeil  ordinaire  dont  la  profondeur  varie  éga- 
lementl,  autant  celui  de  suggestion  est  obscur.  Il  conviendrait  de 
se  montrer  un  peu  plus  révolutionnaire  et  de  recourir  à  des  mots 
nouveaux,  plutôt  que  de  subir,  par  routine,  des  mots  qui  n'ont 
aucune  signification  précise. 

La  Société  décide  de  réunir  bientôt  la  Commissionde  la  termi¬ 
ne  repos  et  le  travail  intellectuel. 

M.  Lionel  Dauriac.  —  Quand  on  cherche  une  solution,  qu’on 
s’endort  et  qu’on  la  possède  au  réveil,  on  a  l’habitude  de  dire 
qu’on  Ta  tnmvée  pendant  son  sommeil.  Ce  n’est  là  qu’une  expli¬ 
cation  purement  verbale.  Quand  je  fais  un  effort  iiour  retrouver 
un  souvenir,  il  n’aboutit  jamais,  tant  que  dure  la  tension  intel¬ 
lectuelle  ;  (juand  l’effort  a  cessé,  le  souvenir  ne  tarde  pas  à  sur¬ 
gir  spontanément.  De  même,  je  serais  porté  à  croire  que  les  suc¬ 
cès  obtenus  au  réveil  résulteraient  d’une  sorte  de  déclanchement 
automatique,  grâce  à  la  détente  et  au  repos  qu’apporte  le  som¬ 
meil  et  non  en  vertu  d’un  travail  intellectuel  continué  pendant 
le  sommeil. 


REVUE  DE  CHIRURGIE 

I. —  Le  diagnostic  des  maiadies  chirurgicales  du  rein  ;  pur  te  D' 
Haiitmaxx.  Compte-rendu  de  la  Soc.  int.  de  Chirurgie,  (tongrès 
de,Bru.xelles.) 

Il  faut  attacher  une  grande  importance  à  l’interrogatoire  et 
à  l’anamnèse  qui  permettent  souvent  d’arriver  à  un  diagnostic 
que  l’examen  physique  ne  fait  que  préciser.  Le  palper  est  le 
mode  d’exploration  le  plus  important  ;  on  peut  le  faire  dans 
le  déeuhitus  dorsal,  dans  le  décubitus  latéral,  etc.  Pour  les 
petites  tumeurs,  il  faut  recourir  à  la  manœuvre  dite  de 
ballottement;  Contrairement  à  ce  qu’on  croyait  autrefois,  le 
ballottement  n’est  pas  spécialaux  tuméfactions  du  rein.  Toute 
tumeur,  prenant  le  contact  lombaire,  peut  le  donner.  L’aüteur 
l’a  constaté  dans  des  tumeurs  du  côlon,  de  la  face  inférieure 
du  foie,  de  la  rate,  du  pancréas.  Le  ballottement  rénal  a  son 
maximum  lorsqu’on  déprime  l’angle  costo-vertébral,  tandis 
que  le  ballcttement  des  autres  tumeurs  se  constate  surtout 
par  des  pressions  exercées  dans  1  espace  costo-iliaque.  Pour 
arriver  au  diagnostic  des  tumeurs  développées  dans  un  rein 
ectopié,  on  a  conseillé  de  faire  le  cathétérisme  de  l’uretère, 
combinant  même  ce  cathétérisme  avec  la  radiographie  fen 
mettant  un  fil  de  plomb  dans  la  sonde).  Depuis  longtemps. 


M.  Hartmann  enseigne  qu  il  est  beaucoup  plus  simple  de 
placer  le  malade  en  position  élevée  du  bassin.  La  tumeur  reste 
dans  le  segment  sous-ombilical  du  ventre  s’il  s’agit  d’une 
tumeur  génitale;  elle  se  place  dans  Thypochondre  s’il  s’agit 
d’une  rate  :  elle  prend  le  contact  lombaire  s’il  s’agit  d’un  rein. 
Les  tumeurs, nées  dans  la  partie  supérieure  de  l’abdomen  et 
descendues  dans  le  bassin  par  l’etfet  de  la  pesanteur,  retour¬ 
nent  par  l’effet  de  la  môme  pesanteur  à' leur  point  de  départ 
lorsqu’on  élève  le  bassin.  La  percussion  permet  de  constater 
la  présence  de  l’intestin  au-devant  de  la  tumeur;  ses  résultats, 
quelquefois  peu  nets,  quand  le  côlon  est  aplati,  deviennent 
évidents  lorsqu’on  insuffle  l’intestin.  La  radiographie,  im¬ 
portante  lorsqu’elle  donne  un  résultat  positif  (  certains  calculs), 
ne  permet  aucune  conclusion  lorsqu’elle  est  négative.  L’au¬ 
teur  n’a  pas  l’expérience  de  la  cryoscopie  sanguine,  dont  la 
valeur  est,  du  reste,  contestée.  Au  contraire,  il  accorde  une 
certaine  importance  à  la  recherche  de  la  manière  dont  se  fait 
l’élimination  du  bleu  de  méthylène.  Il  n’accepte  cependant 
pas  l’opinion  de  ceux  qui  pensent  qu’en  présence  d’une  lésion 
manifeste  d’un  reinet  d’une  élimination  normale  de  bleu, on 
peut  affirmer  l’intégrité  de  l’autre  rein.  Il  a  observé  des 
faits  montrant  le  .danger  qu’il  y  aurait  à  se  fier  à  une  pareille 
hypothèse.  On  a  aujourd’hui  le  devoir  de  recueillir  simulta¬ 
nément  et  séparément  les  produits  d’excrétion  de  chacun  des 
deux  reins.  Inutile  de  recourir  au  cathétérisme  de  l’uretère  ; 
on  y  arrive  très  simplement  avec  le  séparateur  construit  par 
M.  Gentile  pour  son  assistant,  M.  Luys.  Plus  de  3ÜU  sépa¬ 
rations,  faites  actuellement  dansnotre  service,  montrent  que 
cette  simple  séparation  intra-vésicale  est  toujours  suffisante. 
Il  suffit  de  voiries  urines  absolument  claires  d’un  côté,  san¬ 
glantes.  ou  purulentes  de  l'autre,  pour  être  convaincu  de 
l’étanchéité  de  l’instrument.  Une  heure  et  demie  avant  de 
faire  la  séparation,  on  injecte  un  centigramme  de  bleu  sous 
la  peau,  puis  on  examine  les  urines  recueillies  à  un  triple 
point  de  vue.  intensité  de  la  coloration,  analyse  chimique, 
examen  histo-bactériologique . 

La  séparation  a  encore  l’avantage,  mieux  que  le  cathétéris¬ 
me,  qui  ouvre  1  uretère,  de  permettre  de  préciser  la  manière 
dont  se  fait  l’arrivée  de  l’urine  dans  la  vessie,  et,  par  suite, 
la  manière  dont  se  fait  l’évacuation  du  contenu  des  reins.  II 
suffit  quelquefois  de  soulever  un  rein,  au  cours  de  la  sépara¬ 
tion.  pour  voir  immédiatement  arriver  par  la  sonde  corres¬ 
pondante  un  flot  de  liquide.  Avec  ces  moyens  simples  d’exa¬ 
men,  tout  chirurgien  peut,  sans  aucune  éducation  spéciale 
faire  un  diagnostic  précis  et  n’opérer  qu’à  bon  escient,  ne  ris¬ 
quant  pas  de  voir,  comme  cela  arrivait  autrefois,des  néphrec- 
tomisés  mourir  d’insuffisance  rénale. 

II.  —  La  Chirurgie  réparatrice  de  la  face,  par  le  D'  DEP.iOS, 
de  Bruxelles.  iG.  R.  du  Congrès  fr.  de  chir.  rapport.) 

M .  Depage  a  divisé  son  étude  sur  la  réparation  de  la  face  en 
deux  parties.  La  première  est  consacrée  à  l'examen  des  pro¬ 
cédés  généraux  de  réparation  faciale  et  aux  règles  générales 
d’autoplaslie  applicables  à  la  chirurgie  delà  face  ;  l’auteur 
insiste  particulièrement  ici  sur  les  greffes  de  Thiersch  et  sur 
la  prothèse  intra-dermique  par  injection  de  paraffine. Dans  la 
seconde  partiede  son  rapport,  il  envisage  successivement  les 
procédés  principaux  de  réparations  chirurgicale  et  prothéti¬ 
que  des  anomalies  congénitales  et  acquises  des  paupières, 
du  nez,  des  lèvres  (y  compiis  la  palatoplastie),  des  joues,  des 
mâchoires  et  des  grandes  pertes  de  substance  de  la  face  éten¬ 
dues  à  plusieurs  régions  ;  les  deux  derniers  chapitres  sont  re¬ 
latifs  au  traitement  des  lésions  nerveuses  de  la  face  et  des 
malformations  de  l’oreille  externe. 

L’auteur  insiste  sur  les  inconvénients  qu’il  y  a  souvent  à 
vouloir  toujours  terminer  en  une  seule  séance  des  répara¬ 
tions  parfois  très  compliquées  ;  il  montre  qu’il  ne  faut  pa* 
s’entêter  dans  des  interventions  de  ce  genre  et  qu'il  vaut 
mieux  y  revenir  à  plusieurs  reprises  pour  tirer  de  l’inter- 
ventionle  maximum  de  bénéfice.  Le  rapport  se  termine 
les  conclusions  suivantes  :  La  chirurgie  réparatrice  de  la  fac® 
comporte  des  méthodes  diverses  dont  l’indication  est  asse* 
nettement  établie  dans  tel  ou  tel  cas  particulier  ;  les  greffe* 
conviendront  spécialement  dans  certaines  déformations  des 
joues  et  des  paupières  et  pour  la  cicatrisation  des  région*’ 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


187 


d’emprunt  ;  les  différentes  variétés  d’autoplastie  (française 
indienne.italieune)seront  appliquées  suivant  dès  règles  assez 
précises,  pour  la  rhinoplastie.  la  cbeiloplastie,  la  blépharo¬ 
plastie;  les  prothèses  serviront  surtout  avec  avantage  pour 
éviter  les  déformations  consécutives  aux  pertes  de  substance 
des  mâchoires.  De  façon  générale,  nous  pouvons  dire  aussi 
que  certaines  régions  sont  susceptibles  de  réfections  très 
satisfaisantes,  notamment  les  paupières  et  les  lèvres,  tandis 
que,  pour  d’autres  organes  et  spécialement  pour  le  nez,  les 
résultats  sont  encore  inconstants  et  des  recherches  nouvelles 
s’imposent.  Acôtédes  procédés  anciens  de  restauration,  nous 
avons  eu  à  signaler  l’apparition  d'un  certain  nombre  de  mé¬ 
thodes  nouvelles  :  les  greffes  cartilagineuses  et  osseuses,  les 
opérations  purement  cosmétiques,  les  injections  de  paraffine, 
laneurorraphie,  les  prothèses  immédiates,  la  combinaison 
de  l’autoplastie  avec  la  prothèse  réparatrice.  Mais  si  nous 
avons  pu  marquer,  çà  et  là,  des  préférences,  noter  des  indi¬ 
cations  plus  ou  moins  précises  pour  tel  ou  tel  procédé, esquis¬ 
ser  des  règles  de  technique,  nous  avons  toujours  relevé,  com¬ 
me  caractère  dominant,  la  variabilité  excessive  des  métho¬ 
des  de  traitement  et  la  part  considérable  laissée  dans  chaque 
cas  a  l’originalité  et  à  la  spontanéité  du  chirurgien.C’est  cette 
circonstance  qui  rend  la  chirurgie  réparatrice  de  la  face  si 
difficile  et  ses  résultats  si  incertains  ;  mais  c’est  elle  aussi 
qui  lui  confère  l'intérêt  prépondérant  qu’elle  suscite  et  qui 
cause  la  satisfaction  profonde  que  nous  procure  toujours  la 
réussite  complète  d’une  réparation  faciale. 

III.— Sur  le  diagnostic  des  lésions  chirurgicales  des  reins,  par 
If  D' B  K7.Y.  (C.  r.  de  la  Soc.  int.  de  ehir.  Congrès  de  Bruxelles,  1905). 

M.  Bazy  estime  que  tout  praticien  qui  voudrait  étudier 
et  observer  son  malade  peut  être  à  même  de  faire  le  diagnostic 
d’une  lésion  chirurgicale  infectieuse  des  reins,  non  pas 
seulement  quand  les  lésions  sont  très  avancées,  mais  même 
quand  elles  sont  minimes  et  à  leur  début,  alors  que  te  dia¬ 
gnostic  est  peut  être  le  plus  important,  et  cela,  sans  avoir  re¬ 
cours  aux  procédés  particuliers  préconisés  comme  seuls  per¬ 
mettant  ce  diagnostic,  et  nécessitant  l’emploi  d’instruments 
dont  le  maniement  n’est  pas  à  la  portée  de  tout  le  monde  : 
d’autre  part  leur  emploi  peut  être  rendu  impossible,  soit  par 
l’état  du  canal,  soit  par  celui  de  la  vessie.  Les  signes  clini¬ 
ques  suffisent  le  plus  souvent  à  ce  diagnostic,  et  ceux-là  sont 
à  la  portée  de  tout  le  monde.  M.  B.azy  n’insiste  pas  sur  les  si¬ 
gnes  connus  depuis  longtemps  :  1°  hypermégalie  rénale  ; 
2“  douleur  spontanée  dans  la  région  lombaire  avec  irradia¬ 
tions  et  crises  plus  ou  moins  violentes  ;  3°  polyurie  trouble  ; 
^‘'pyurie  abondante,  qui  sont  le  plus  souvent  des  signes  de 
lésions  anciennes  et  confirmées.  L'auteur  ne  parle  que  des 
signes  du  début,  mais  qui,  à  plus  forte  raison,  peuvent  être 
observés  dans  les  formes  plus  avancées .  1  e  plus  important 
est  la  pollakiurie  nocturne,  et  pollakiurie  absolue  ourelative, 
pollatiiurie comparative  ;  c’est  un  signe  d'autant  plus  impor¬ 
tant,  que  les  symptômes  des  lésions  infectieuses  des  reins, 
qu’elles  soient  simples  ou  tuberculeuses,  simulent  à  s’y  mé¬ 
prendre  les  symptômes  de  la  cystitc-pyurie,  pollakiurie, 
douleur  terminale  et  même  hématurie. .Mais  dans  la  cystite, 
la  pollakiurie  n’est  quediurne,  elle  n’est  pas  nocturne. 

Les  autres  symptômes  sont  tirés  de  l’étude  de  la  douleur 
provoquée,  et  alors  on  trouve  en  haut  du  pôle  du  rein  :  1“  Le 
Voiiit  paraombitical  on  urétéral  supérieur,  situé  à  l’intersec- 
fion  d’une  ligne  horizontale  passant  par  l'ombilic  et  d’une 
\erticale  passant  par  le  point  de  Mac-Burney,  mais  bien  dis¬ 
tincte  de  lui  ;  il  est  quelquefois,  mais  rarement,  situé  plus  en 
dedans.  La  pression  détermine  quelquefois  une  douleur  vers 
la  Vessie  :  c’est  le  réflexe  pyélo-vésical  ;  2“  Le  point  sous-cos¬ 
tal  au-dessous  du  rebord  costal  ;  3®  Le  point  lombaire  déjà 
connu. 

En  bas,  on  trouve  le  point  urétéral  inférieur  au  niveau 
de  l’abouchement  de  l’uretère  dans  la  vessie,  perceptible  fa- 
cuenaeni  par  le  toucher  vaginal  chez  la  femme,  et  qu’on  dé- 
ernaiaepar  la  pression  au-dessus  de  l’une  ou  de  l’autre  cor- 
0  prostatique  chez  l’homme.  Quelquefois  la  pression  déler- 
'ne  l’envie  d’uriner  (réflexe  urétéro-vésical)  ou  une  douleur 
inT  (réflexe  ascendant  ou  vésieo-rénah.  Les  moyens 

*trumentaux  peuvent  et  doivent  être  souvent  employés; 


mais  déjà  le  diagnostic  est  assuré  auparavant  :  le  plus  sou¬ 
vent,  ils  ne  font  que  le  confirmer..  Tous  les  moyens  propo¬ 
sés  pour  déterminer  la  valeur  fonctionnelle  des  reins,  et  en 
particulier  celui  du  rein  supposé  sain,  ont  été  successive¬ 
ment  abandonnés,  preuve  qu’ils  n’étaient  pas  bons.  L’épreuve 
de  la  polyurie  expérimentale,  dernière  venue  de  cette  série, 
appartient  aussi  bien  aux  reins  malades,  ainsi  que  le  mon¬ 
trent  des  chiffres  qui  ont  été  indiqués  dans  ma  communica¬ 
tion.  En  tout  cas  tous  ces  moyens  supposent  la  possibilité 
de  faire  la  séparation  de  l’urine  des  deux  reins,  ce  qui  n'exis¬ 
te  pas  toujours.  L'épreuve  du  bleu  de  méthylène  a  tou¬ 
jours  donné  satisfaction, et  c'est  la  plus  sûre. 


lURLIOdRAPHIE 


Anatomie  pathologique  du  rhumatisme  tuberculeux. 
Tuberculose  inflammatoire  et  ses  localisations 
ostéoarticulaires;  par  MM.  Antonin  Poncet  et  René 
Leriche  (d’après  une  communication  à  l'Académie  de  médé- 
crue,  du  19  mars  1901)). 

La  doctrine  du  rhumatisme  tuberculeux,  formulée  il  y  a 
quehiues  années  par  M.  Poncel,  est  aujourd’hui,  en  dehors 
de  tout  conteste.  A  son  apparition,  elle  fut  accueiUie  avec  un 
certain  scepticisme.  Vivement  discutée  au  début,  elle  fut  bien¬ 
tôt  vérifiée  par  l’observation  journalière  et  contrôlée  parl’expé- 
rimentation.  Comme  l'a  dit,  l’année  dernière,  J.  Tessier,  dans 
son  rapport  au  Congrès  de  Liège,  «  le  rhumatisme  tuberculeux, 
ne  soulève  plus  ([ue  des  controverses  d'ordre  secondaire  ». 

I  Vbandonnant,  pour  le  moment,  le  terrain  clinique,  MM. 
Poucet  et  Leriche  envisagent  les  lésions  articulaires  et  osseuses 
que  l’on  rencontre  dans  les  manifestations  de  ce  nouveau 
rhumatisme  infectieux.  Ils  rai>pellent,  tout  d’abord,  qu’il  est 
la  localisation  articulaire  de  la  tuberculose  inflammatoire,  c’est- 
à-dire  d’une  modalité  de  lésions  tuberculeuses. quine  font  vas  leur 
preuve  par  l'anatomie  patholonique.  C'est  là  ce  qui  le  différen¬ 
cie,  avant  tout,  des  manifestations,  jusqu’ici  décrites,  de  la 
tuberculose  articulaire  classi(jue. 

I  II  ne  faut  donc  pas  le  confondre  avec  les  tumeurs  blanches 
;  bénignes,  avec  la  carie  sèche  de  Volkmann,  avec  toutes  les 
I  tuberculoses  atténuées  dont  les  néoformations  spéciflque.s 
I  signent  la  nature.  11  n'y  a,  entre  ce  groupe  de  lésions  et  le  rhu- 
I  matisme  tuberculeux,  qu’un  seul  point  commun, leur  origine 
tuberculeuse.  Le  comprendre  ainsi,  ce  n’est  pas  en  restreindre 
I  les  limites,  c’est  le  renfermer  sur  son  véritable  terrain. 

'  Quant  au  déterminisme  pathogénique  exact  de  pareilles  lé¬ 
sions,  macroscospiquement  et  histologiquement  banales,  il 
est  assez  difficile  à  établir .  Les  travaux  remarquables  d’.Vu- 
clair,  les  expériences  d’.Vrmand  D<‘lille,  de  Jousset,  de  Ber¬ 
nard  et  Salomon,  d'üppenheim  et  Loeper,  etc.,  les  recherches 
de  L  Dor.  de  Dieulafoy,  de  Griffon,  de  Braillon,  d’Arloing, 
etc.,  tendent  toutes  à  cette  notion  capitale  en  l’espèce  :  Avec 
I  te  bacille  de  Koch,  il  est  expéiirnentalemen  t  possible  d' obtenir 
\  des  inflammations  simples,  à  marche  aiqu'é  ou  chronique,  se 
j  lerpiinant  par  résolution  ou  par  sclérose.  Cette  détermination, 
par  le  Laboratoire,  de  la  tuberculose  inflammatoire  trouve  sa 
justification  dans  les  lésions  anatomiques  du  rhumatisme  ar¬ 
ticulaire  tuberculeux,  lésions  qui  sont  des  lésions  inflamma¬ 
toires,  simples,  conrantes.  (.lu'il  s'agisse  du  rhumatisme  aigu, 
subaigu,  chronique,  le  processus  est  le  même,  c’est  un  pro¬ 
cessus  purement  inflammatoire,  sans  caractères  spécifiques. 

Parfois,  cependant,  on  saisit, du  côté  des  ligaments,  des  tissus 
fibreux  péri-articulaires,  comme  une  ébauche  vers  la  spécifi¬ 
cité.  Il  est  alors  tel  groupement  cellulaire,  telle  vascularisa¬ 
tion  anormale,  etc  ,  <iui  évtxiuent  1  idée  de  la  tuberculose 
classique  (L.  Don.  Le  rhumatisme  tuberculeux  aigu  offre 
deux  évolutions  différentes,  subordonnées  à  deux  localisa¬ 
tions  anatomiques:  line,- à  prédominance  synoviale,  hydropi- 
que,  guérissant  par  récupération  intégrale  des /’onchons.i  Excep¬ 
tionnellement  le  bacille  de  koch  a  été  trouvé  dans  les  exsu¬ 
dais  i.  L'autre,  à  prédominance  péri-articulaire  et  osseuse,  sè¬ 
che,  plastique,  ankylosante  d'emblée.  Quant  au  rhumatisme  lu- 


188 


LE  PROGRÈS  MEDICAL 


berculeux  chronique  (1),  il  se  présente,  sous  les  mêmes  for¬ 
mes.  et  avec  les  mêmes  caractères  anatomi(iues  que  le  rhu¬ 
matisme  ordinaire,  que  le  rhumatisme  vrai. 

MM.  Poncet  et  Leriche  lui  considèrent  deux  formes  ;  une 
forme  atrophique,  raréfianle,  une  forme  plastique,  hyperos- 
losantc.  A  la  première  forme  appartiennent  les  raréfactions 
osseuses,  les  médullisations  plus  ou  moins  étendues,  qui 
s’accompagnent  d’ostéomalacie,  partielle,  diffuse.  Gomme 
dans  des  processus  infectieux  autres  que  le  bacillose,  la 
moelle  osseuse  a  un  aspect  fodal,  une  coloration  rouge, 
carminée.  C’est  une  moelle  d’infection,  processus  de  défense 
très  probablement,  se  traduisant  par  des  caractères  identi¬ 
ques  à  celui  décrit  par  Josué  dans  sa  thèse  sur  la  moelle  des 
tuberculeux,  par  Roger,  dans  son  remarquable  Traite  des 
maladies  infictieuses.  Ce  ramollissement  osseux,  dans  lequel, 
malgré  sa  nature  tuberculeuse,  on  ne  trouve  encore  aucun 
élément  spécifique,  permet  de  comprendre,  d’interpréter 
toute  une  série  de  déformations  osféo-articulaires  survenant 
pendant  l’adolescence  :  pieds  plats,  valgus  douloureux, 
scoliose,  coxa-vara,  genu  yalgum,  etc.,  qu'il  faut  rattacher, 
dans  nombre  de  cas,  à  l'infection  tuberculeuse.  Ce  chapitre 
des  ostéomolacies  d’origine  bacillaire  constitue  une  des 
parties  les  plus  intéressantes  de  la  communication  de  MM . 
Poncet  et  Leriche.  Les.  lésions  du  rhumatisme  chronique, 
noueux,  déformant,  celles  de  l’ostéo-arlhrite  sèche  (morbus 
coxœ  senilis  et  autres)  sont  ensuite  décrites  avec  grand  soin. 

Elles  sont  tout  à  fait  superposables  à  celles  qui  ont  été  at¬ 
tribuées  autrefois  au  rhumatisme  ordinaire  et  qui  ont  été  si 
magistralement  décrites  par  Cruveilbier,  Rroca,  Charcot, 
Cornil  et  Ranvier.  etc. 

La  similitude,  dans  les  deux  cas,  des  altérations  pathologi- 
(jues  est  telle  que  .MM.  Poncet  etXeriche  émettent  cette  opi¬ 
nion,  très  vraisemblaljle,.  en  raison  de  la  fréquence  du  rlm- 
matisme  chronique  tuberculeux,  que  l’anatomie  pathologi¬ 
que  des  arthropalhies  chroniques  dites  rhumatismales  a  été 
l'aite  avec  des  pièces  d'arthrites  d’origine  tuberculeuse. 
Plusieurs  figures  donnent  une  bonne  idée  de  ces  déforma¬ 
tions  articulaires  et  osseuses.  Aous  signalerons  plus  parti¬ 
culièrement  celles  qui  ont  trait  au  rhumatisme  tuberculeux 
ankylosant,  dont  le  type  Marie  est  représenté  par  deux  an¬ 
kylosés  complètes,  deux  synostoses  absolues  des  deux  han¬ 
ches. 

La  fusion  entre  les  tètes  fémorales  et  les  cavités  cotylo'ides 
est  telle  que  l’ensemble  forme  un  bloc  osseux,  sans  aucune 
ligne  de  séparation. 

A  la  lin  de  leur  communication,  .MM.  Poncet  et  Leriche 
s'expriment  ainsi  : 

Si  maintenant,  nous  essayons  de  synthétiser  ces  ditférentes 
notions, nous  voyons  que  le  rhumatisme  articulaire  tubercu¬ 
leux, qu’il  soit  mono, oligo, polyarticulaire,  qu’il  soit  partiel, 
((u’ilsoit  généralisé,  revêt,  anatomiquement,  deux  formes  :  ai¬ 
guë  et  chronique.  Dans  la  première,  deux  modes  d’évolution 
sont  possibles  :  une  évolution  hydropique  ;  une  évolution  sè¬ 
che  et  plastique.  Dans  la  deuxième,  on  trouve  deux  groupes 
principaux  de  lésions.  Les  unes  relèvent  d'un  processus  raré- 
tiant, comme  la  polyarthrite  déformante, les  autres  d'une  in- 
llammation  liyperostosante,périphérique  et  localisée  (arthrite, 
sèche,  sénile),  <ju  totale  (arthrite ankylosante).  11  s’agit  là  |de 
phénomènes,  purement  inflammatoires,  indiflérents,  aussi 
bien  à  l’examen  microscopi<iue  qu'à  l’œil  nu,  et  néanmoins, 
de  nature  tuberculeuse. 

Telles  sont  les  conclusions  qui  découlent  des  faitstiue  nous 
avons  exposés.  Elles  montrent,  nous  1  avons  spécifié  dès  nos 
premières  recherches, que  le  rlmmatisme  tuberculeux  n’est 
rien  autre  que  la  forme  ostéo-articulaire  de  la  tuberculose 
Inflammatoire. 

Dès  lors, celle-ci  nous  apparaît  susceptible  de  prendre,  sur 
le  squelette,  trois  modes  évolutifs  capables  de  se  combiner 
diversement.  Elle  peut  produire  :  de  la  raréfaction  osseuse,  de 


(1)  Le  Hiuiiiatisme  lul)ereuleux  ehroiiique  est  loin  d'èlre  rare. 
Dah's  leur  iniporlanl  article  ;  Rhumatismes  chroniques,  du  Nouveau 
Traité  de  médecine  et  de  thérapeutique  de  Brouardel  et  Gilbert,  .1. 
’reissier  et  G.  Hocque  estiment  i|ue,  50  fois  sur  100,  le  rhumatisme 
chronique  est  de  nature  tuberculeuse. 


Thyperostose.  du  ramollissement  osseux  (ostéomalacie  partielle, 
diffuse). 

C’est  ici  plus  qu’un  simple  groupement  didactique,  car, 
transportée  dans  le  domaine  clinique,  cette  notion  nous  pa¬ 
raît  devoir  être  d’une  portée  considérable  et  singulièrement 
extensive.  Si  l’on  songe  que  les  malades  porteurs  de  telles  tu¬ 
berculoses,  peu  virulentes,  frustes,  abortives,  sont  aussi 
peu  tuberculeux  que  possible,  tout  au  moins  pendant  un 
temps  plus  ou  moins  long  ;  que  leur  foyer  infectieux,  le  plus 
souvent  latent,  doit  être  cherché,  on  pensera  volontiers  que 
bien  des  lésions  intlammmatoires  indéterminées,  dans  les¬ 
quelles  ces  différents  processus  sont  diversement  combinés, 
ont  très  vraisemblablement  la  tuberculose  comme  premier 
agent .  C’est  qu'en  effet,  les  ostéomalacies  partielles  permet¬ 
tant  des  déformations  localisées,  guérissant  finalement  par 
ostéite  condensante,  sont  légion,  et  leur  nature  est  jusqu’ici 
restée  mystérieuse. 

Ainsi  se  trouve  visé,  pour  ne  parler  que  des  os  et  des  arti¬ 
culations,  tout  ce  vaste  groupe  des  maladies  chirurgicales 
de  l’adolescence,  expliquées,  pour  les  uns,  par  le  rachitisme 
tardif  ;  pour  les  autres,  par  une  surctiargeet  un  excès  de  tra¬ 
vail.  Ces  deux  théories,  l’une  dystrophique,  l’autre  mécani¬ 
que,  on  les  retrouve  partout  en  présence,  pour  le  pied  plat 
douloureux,  pour  le  genu  valgum,  pour  la  coxa-vara,  pour  la 
scoliose,  etc.  ;  en  un  mot,  pour  toutes  les  déformations  ostéo¬ 
articulaires  de  l’adolescence,  dites  encore,  déformations  es¬ 
sentielles  delà  croissance.  On  n’a  guère  songé  à  leur  origine 
tuberculeuse  possible.  Seule  la  tuberculose  inflammatoire 
permet  de  le  faire. 

On  a  noté  cependant,  fréquemment,  la  co'incidence  de 
l'ostéomalacie,  généralisée,  vraie,  et  de  la  tuberculose.  Cer¬ 
tains  auteurs  même  (Paviotet  G.  Mouriquand)  (Il  ont  insisté 
sur  le  parallélisme  d’évolution.  D'après  ce  que  nous  avons 
observé  dans  le  rhumatisme  tulierculeux,  nous  pensons  qu  il 
ne  faut  pas  voir  là  des  séries  morbides  parallèles,  mais  deux 
manifestations,  seulement  de  siège  différent  :  l'une  viscérale, 
l’autre,  squelettique,  d’une  infection  commune,  parle  ba¬ 
cille  de  Koch. 

.Appliquant  cette  donnée  aux  nombreuses  lésions  du  sque¬ 
lette,  dans  lesquelles  un  processus  de  ramollissement  précède 
l’ankylose,  dite  de  guérison,  ou  l’ostéite  condensante  termi¬ 
nale,  nous  nous  sommes  efforcés,  depuis  quelque  temps,  de 
chercher  la  tuberculose  larvée  chez  de  tels  malades.  Nous  l’a¬ 
vons  souvent  trouvée  et  nous  avons  déjà  fait  connaître  plu¬ 
sieurs  observations  (2)  :  de  pied  plat  valgus  douloureux,  de 
scoliose,  etc.,  non  pas  seulement  chez  des  tuberculeux,  mais 
bien  de  nature  tuberculeuse. 

Dans  le  même  ordrede  faits,  nous  avons  examiné  récem¬ 
ment  une  jeune  bacillaire  atteinte  d’une  subluxation  progres¬ 
sive  des  deux  poignets,  réalisant  un  beau  type  de  la  maladie 
de  Madelung,  etc.  Aussi  nous  considérons  aujourd’hui  :  que 
les  di/férents  typesde  maladies  osléo-articulairesde  la  croissance 
que  les  déviations  osléo-urticulaires  des  adolescents,  sont  fré¬ 
quemment  doriyine  tuberculeuse. 

Démontrer  cette  origine  bacillaire  pour  l’une  d’entre  elles, 
pour  la  tarsalgie  de  Gosselin,  par  exemple,  c’est  évoquer 
cette  même  étiologie,  pour  toutes  les  autres  maladies  simi¬ 
laires  de  l’adolescence,  que  tous  les  cliniciens  réunissent  dans 
une  même  pathogénie,  et  qu’il  n'est  pas  rare,  du  reste,  de 
rencontrer  associées  sur  un  même  sujet. 

Pour  nous,  le  rachitisme  tardif  n’existe  pas.  Ce  n’est  qu’un 
processus  inflammatoire  ((uelconque,  (|ui  passe  par  deux  éta¬ 
pes  :  ostéomalacie,  puis  ostéite  condensante.  La  première  de 
ces  étapes  permet  de  comprendre  le  rcMe  des  causes  mécani¬ 
ques  et  commence  la  théorie  de  la  surcharge.  La  seconde 
explique  la  fixation  définitive  des  lésions,  leur  guérison  défi¬ 
nitive,  avec  des  déformations  spontanément  incurables,  quand 
le  processus  infectieux  est  éteint.  Tel  est  le  syndrome  anato¬ 
mo-clinique.  Toute  infection  peut  le  réaliser  (staphylococ- 
cienne  d’après  Erœhlichl.  Nous  estimons  que,  la  plupart  du 
temps,  le  bacille  de  Koch  est  seul  en  cause. 


{l)Sociélé  médicale  des  hôpitaux  de  Lyon,  juin  1903. 

(2)  L.  Tbevenot  et  G.vuthieu.  — Revue  d'orthopédie,  1905,  et  !<■* 
thèses  de  Martin,  de  Moliniard,  Lyon,  1905. 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


On  voit  quel  est  le  champ  étendu  de  la  tuberculose  inflam¬ 
matoire  dans  ses  localisations  squelettiques.  Le  rhumatisme 
tuberculeux  n'en  est  qu'une  forme  ostéo -articulaire.  Les 
maladies  de  la  croissance  et  nombre  de  processus  ostéomalaci- 
ques  en  sont  d’autres  exemples.  Mais,  nous  le  répétons,  il  ne 
faut  pas  s’attendre  à  trouver,  alors,  des  lésions,  articulaires, 
osseuses,  virulentes,  ou  de  graves  localisations  viscérales. 
La  tuberculose  inllammatoire  se  voit,  surtout,  chez  des  tuber¬ 
culeux  à  miiiima,  porteurs  de  tuberculoses  latentes  (ju’il  fau¬ 
dra  dépister,  avec  peine  quelquefois,  le  diagnostic  précoce 
n’en  sera  pas  inutile. 


MÉDAILLONS  MÉDICAUX 


Les  transfuges  de  la  médecine; 
Le  D  Paul  MOUNET 


Cliché  de  V  «  Illustration.  » 


Ainsi  que  nous  l’avions 
annoncé,  nous  continuons 
notre  voyage  chez  les 
fuges  de  la  médecine  Nous 
étions  allé  voir  le  D'  De-, 
val,  la  semaine  dernière, 
cette  semaine  nous  rendons 
visite  à  M.  Paul  Mounet. 
Comme  au  directeur  de  l’A¬ 
thénée  nous  avons  demandé 
au  sociétaire  de  la  Comédie- 
Française  ses  impressions 
sur  la  médecine  et  la  profes¬ 
sion  médicale. 

Combien  de  médecins  avouent  avec  peine  qu’ils  habi¬ 
tent  au  cinquième  étage'  Gomme  il  leur  serait  facile  d’é¬ 
viter  cet  ennui  en  logeant  chez  Molière  !  le  D'  Mounet 
habite  en  effet  l’étage  Préville  —  c’est  ainsi  que  l’on 
compte  à  laMazïon.  Nous  avons  donc  été  a  l’étage  Pré¬ 
ville, où  très  aimablenient,  M.  Mounet  nous  a  reçu  ;  et  une 
fois  le  motif  de  notre  visite  connu  il  nous  fixa  un  rendez- 
■  vous. 

A  la  sortie  du  Conservatoire, je  me  retrouve  donc  avec 
le  nouveau  légionnaire  (car  tout  le  monde  sait  que  M.  P. 
Mounet  a  été  récemment  nommé  chevalier  de  la  Légion 
d’honneur)  qui  vient  de  faire  son  cours. . . 

—  Je  reviens  de  tournée  je  suis  encore  fatigué,nousdit 
le  maître,  mais  vous  voyez,  il  faut  cependant  reprendre 
le  boulet  :  je  sors  du  Conservatoire  ponr  aller  répéter... 
et  toujours  la  môme  chose. Nous  pourrons  cependant  cau¬ 
ser  un  instant.  » 

Nous  nous  installons  dans  un  café  sur  les  boulevards... 
Un  soleil  ironique  envoie  par  instant  des  bouffées  de 
chaleur  à  la  pluie,  vieille  dame  que  la  désinvolture 
de  ce  fumeur  importun  trouble  dans  ses  idées  tracas- 
sieres. 


«  Ce  n’est  pas  par  vocation  «.médicaley)  que  j’ai  fait  ma 
>hedeeine.  C’est  par  besoin  d’action.  En  eflfet,  j’ai  voulu 
successivement  préparer  leBorda,  5aînt-Cj^r,puis  m’en- 
ga^er.  J’étais  attiré  par  les  péripéties  de  la  vie  de  marin 
^  d  officier,  mais  pendant  une  période  de  vacances,  je 
laissais  influencer  par  ma  famille  contraire  à  mes 
Çsseins.  Je  me  contentai  de  passer  mes  baccalauréats 
t  je  commençai  ma  médecine, c’était  en  effetla  profession 
ont  les  caractères  se  rapprochaient  le  plus  des  pré- 
j  do^ts.  Cependant  la  guerre  éclatait,  j’étais  versé  dans 
'ofirmiers.. .  Mais  à  la  nouvelle  de  la  formation  d'un 
ioimf  ™obilesdans  mon  département,  je  voulus  le  re 
je  „  '’C-  Avec  mes  compatriotes  je  fis  toute  la  campagne 
j  gt®dê^dai  mes  galons  et  lorsque  la  triste  paix  fut  signée 
Je  P  d.^^*oier,  j'aurais  pu  y  rester  et  il  s’en  fallut  de  peu. 
la  g  PU®  dépendant  ma  mèdecine,mais  en  approchant  de 
bigjjd’  1®  m’inquiétais  de  plus  en  plus  de  savoir  si  j  étais 
Mon  d  la  lutte,  si  j’étais  digne  d’ètre  médecin, 
et  JJ,' ^dde,  un  certain  nombre  d’amis  étaient  au  théâtre, 
oagageaient  aies  suivre.  Aussi  peu  de  temps  après 


ma  thèse  passée  au  mois  d’août  18>10)  sur  la  congestion 
pulmonaire  al.  oolique.\'n\\3.i  à  l’audition  de  l'O  léon,  je 
fus  admis  dans  ce  théâtre  et  depuis  j  ai  toujours  continué 
dans  cette  carrière. 

M.  Mounet  pense  que  les  études  médicales  sont 
peut-être  les  plus  difficiles  à  bien  faire.  Cependant  elles 
ont  un  avantage,  car  qnoique  paraissant  très  spéciales, 
elles  préparent  à  tout. Un  médecin  pourra  devenir  ingé¬ 
nieur,  professeur,  avocat  avec  une  grande  facilité  alors 
que  le  contraire  n'a  pas  lieu.  Le  baccalauréat  ouvre  la 
porte  des  études,  la  médecine  celle  de  la  vie. 


Non,  je  n’ai  pas  l’occasion  d’exercer,  et  en  outre  je  ne 
puis  à  cause  de  mes  trop  nombreuses  occupations.  Je  ne 

Euis  môme  pas  me  tenir  aucourantde  ce  qui  se  fait  dans 
1  profession  que  je  voudrais  aujourd’hui  avoir  pu  exercer. 
Garje  regrette  beaucoup  de  n’avoir  pas  fait  réellement  de 
médecine. 

J’ai  grande  confiance  dans  l’avenir  de  la  médecine, sur¬ 
tout  dans  la  bactériologie.  Un  événement  douloureux  de 
ma  vie.  la  mort  dé  ma  fille, a  attiré  mon  attention  très  vi¬ 
vement  sur  cette  question . D’autres  points  dont  on 

parle  beaucoup  aujourd’hui,  comme  la  syphilis,  auront 
selon  moi  des  solutions  beaucoup  plus  simples  que  l’on 
croit  ;ainsi  pour  cette  terrible  maladie  je  pense  que  la 
circoncision  serait  non  pas  un  curatif,mais  un  préserva¬ 
tif  très  sérieux.  L’étude  attentive  de  maintes  questions 
donnera,  je  crois,  des  résultats  dont  la  simplicité  éton¬ 
nera  tout  le  monde. 

Puis  M.  Mounet  nous  parle  du  théâtre.  La  médecine 
n’a  pas  eu  d’influence  sur  le  choix  de  son  genre  au  thé⬠
tre,  d’ailleurs  l’exposé  de  sa  biographie  en  est  la  preuve. 

—  Cependant  je  ne  dis  pas  que  la  médecine  ait  tou¬ 
jours  été  pour  moi  séparée  du  théâtre  ;  j’ai  eu  quelques 
fois  l’occasion  de  recourir  à  mes  connaissances  médica¬ 
les  pour  l’étude  de  rôles  de  malades,  pour  rendre  une 
scène  de  mort. 

. ? 

Oui.j’ai  déjà  remarqué  et  déploré  cette  surabondance, 
cette  pléthore  de  médecins,  mais  c’est  partout  la  même 

chose,  au  théâtre,  au  barreau . C’est  la  faute  de  la 

diffusion  de  l’instruction.  Cependant  au  théâtre  si  l’ins¬ 
truction  a  eu  l’inconvénient  d’envoyer  un  excès  d’artis¬ 
tes,  elle  a  eu  l’avantage  de  relever  leur  niveau.  Pour  en 
revenir  aux  médecins,  je  crois  que  dans  cette  grande 
lutte  ils  ont  une  supériorité  :  celle  d’avoir  appris  ce 
qu’est  la  vie  et  d’être  aptes  à  tout  entreprendre.  Grâce  à 
leur  expérience,  à  leurs  connaissances,  ils  pourront  lut¬ 
ter  mieux  qu'un  acteur,  un  ingénieur,  car  ils  pourront 
devenir  tout  cela  sans  que  la  réciproque  soit  vraie. 

. ^ . . . . ? 

Certainement,  je  referais  la  médecine  s'il  fallait  recom¬ 
mencer. 

Et  lorsque  je  prendrai  ma  retraite,  je  commencerai 
à  disséquer  le  système  nerveux  et  à  étudier  les  mala¬ 
dies  mentales  qui  m’intéressent  particulièrement.  Puis 
M.  Mounet  nous  fait  part  de  ses  projets,  il  nous  dépeint 
son  futur  intérieur,  son  cabinet  de  travail  qui  saura  le 
retenir  et  lui  faire  aimer  ses  livres. . . . 

—  Mais  excusez-moi,  interrompt-il  tout  à  coup,  l’heure 

passe  et  je  dois  aller  répéter  le  BÛrgraves . 

Marcel  B. 


NÉCROLOGIE 

Nous  avons  le  vif  regret  d’annoncer  la  mort  prématurée  de 
M.  le  D''  Phisaux,  assistant  au  Muséum  d’histoire  naturelle, 
un  de  nos  plus  anciens  et  distingués  collaborateurs.  M.  Phi- 
salix  avait  abandonné  la  médecine  militaire  pour  s’adonner 
complètement  aux  recherches  biologiques. 

Dans  un  de  nos  prochains  numéros,  nous  consacrerons  un 
article  à  la  biographie  de  ce  savant  distingué,  dont  le  décès 
est  une  perte  irréparable  ix)ur  les  sciences  naturelles  fran¬ 
çaises. 


190 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


THÉRAPEUTIQUE 

Le  traitement  de  la  grippe  et  de  ses  manifestations 
broncho-pulmonaires  par  l'hélénine. 

De  toutes  les  manifestations  grippales  si  fréquentes  en 
cette  saison,  celles  qui  portent  sur  les  voies  respiratoires 
offrent  plus  de  dangers.  L'inflammation  des  premières  voies 
respiratoires  détermine  une  toux  rebelle  et  pénible,  et  est 
souvent  suivie  de  l'extension  de  l'infection  grippale  aux 
bronches  et  même  au  parenchyme  pulmonaire.  L'action  de 
rhélpninç  du  D"'  de  Korab,  qui  calme  la  toux,  qui  modifie  et 
diminue  l’expectoration,  qui  jouit  en  outre  d'un  pouvoir  mi- 
crobicide  bien  constaté,  sera  d'une  grande  utilité  dans  le 
traitement  curatif  de  la  grippe  et  dans  la  prophylaxie  de  ses 
complications  broncho-pulmonaires.  Ce  précieux  agent  thé¬ 
rapeutique,  qui  a  fait  brillamment  ses  preuves  dans  les 
épidémies  de  grippe  de  ces  dernières  années,  s’administre  à 
la  dose  de  3  à  5  globules  d'hélénine  du  D''  de  Korab,  par  jour. 


VA^IA 

L’alcoolisme  et  ses  dangers. 

Ners  la  fin  de  décembre  l!f0‘-’,  une  affiche  de  couleur 
blanche  fut  placardée  sur  tous  les  murs  de  Paris.  Elle  por¬ 
tait,  comme  en-tête:  «  République  française.  Liberté.  Egalité, 
Fraternité.  —  .\dministration  de  l'Assistance  publuiue  ». 
Puis  venaient  ces  mots,  en  grosses  lettres  :  «  l.’alcoolisme  et 
ses  dangers  ».  Suivait  un  extrait  du  procès-verbal  de  la 
séance  du  Lonseil  de  surveillance  de  l’Assistance  publique 
du  IH  décembre  1902.  Le  président  de  la  corporation  des 
marchands  de  vin  et  liquoristes  de  Paris  assigna  tout  aussitôt 
devant  le  tribunal  de  la  Seine,  en  un  franc  de  dommages- 
intérêts,  les  signataires  de  l’affiche,  .MM.  de  Selves,  Mesureur 
et  Thilloy. 

L’assignation  soutenait  que  l'affiche  placardée  était  déna¬ 
turé  à  porter  le  plus  grave  préjudice  à  tous  les  commen.ants 
qui  vendent  les  produits  si  violemment  discrédités.  Le  tri¬ 
bunal,  présidé  par  M.  Turcas,  a,  sur  les  plaidoiries  de 
M““  Flageul,  Raoul  Roussel  et  Ulrich,  et  après  avoir  entendu 
M.  le  substitut  Paul  Boulloche  en  ses  conclusions,  rendu 
un  jugement  d’incompétence,  les  signataires  ayant  agi 
non  cpiiime  hommes  privés,  mais  comme  fonctionnaires  de 
l’Assistançe  publique  «  en  portant  à  la  connaissance  de  tous 
un  document  d'un  intérêt  général  au  point  de  vue  de  la 
santé  et  de  l'hygiène,  matières  qu'on  ne  saurait  considérer 
comme  étrangères  aux  attributions  de  l'Assistance  publique, 
chargée,  à  Paris,  du  service  des  hôpitaux  et  hospices  ».  C'esI 
devant  la  juridiction  administrative  que  la  corporation  des 
marchands  de  vin  et  liquoristes  devra  se  pourvoir.  {Le Matin.) 

L’hôpital  anglais  de  Nice. 

Le  19  mars  a  eu  lieu  l  inauguralion  de  l’hôpital  anglais  du 
quartier  Montboron,  construit  en  souvenir  de  la  reine  A  ic- 
toria. 

Le  (  )ueen  A  ictoria  Alemorial  Hospital,  d'après  une  corres¬ 
pondance  du  Matin,  du  18  mars,  comprend  deux  im¬ 
meubles  :  l'un,  situé  presque  en  bordure  de  la  route  de  A  il- 
lefranche.  l'autre,  élevé  au  sommet  de  la  colline,  sous  les 
pins.  G  est  AI.  Henri  Samuelson  qui  a  fait  construire  ce  der¬ 
nier  corps  de  bâtiment  en  mémoire  de  son  père,  sir  Bernard 
Samuelson.  Dans  ce  pavillon  seront  isolés  les  hospitalisés 
atteints  de  maladies  contagieuses.  On  y  accède  par  un  ma¬ 
gnifique  escalier  taillé  dans  le  roc  à  coups  de  mines  :  com¬ 
posé  d'un,  sous-sol,  d  un  rez-de-chaussée  el  d'un  étage,  il 
comporte  vingt  lits.  Le  bâtiment  principal  peut  recevoir 
trente  malades  et  a  pour  dépendance  un  petit  pavillon  pour 
le  personnel  et  l’administration. 

La  cérémonie  a  été  présidée  par  la  princesse  Uhristian  de 
Schleswig-Holstein,  sœur  du  roi  Edouard  A  H,  accompagnée 
de  la  princesse  .Alexandre  de  Hohenlohe-Langenburg,  de  MAL 
Mac  NA'illan,  consul  d’.Angleterre,  Joly,  préfet  des  .Klpes- 
Alaritimes,  général  Barbe,  gouverneur  de  Nice,  prince  Mau¬ 
rice  de  Hühenlohc,  amiral  de  Fellows,  Randon,  premier 


adjoint,  de  sir  Georges  AVhite,  directeur  de  l'hôpital  ;  sir  Sa¬ 
muelson,  président  du  comité  de  fondation,  etc. 

La  fanfare  du  2U  bataillon  de  chasseurs  a  fait  entendre  le 
(iod  save  the  A’ùig  à  l’arrivée  de  la  sœur  du  roi  Edouard. 
L'évêque  de  Gil)raltar,  M.  Collins,  a  dit  ensuite  des  prières; 
puis  des  discours  ont  été  prononcés  par  M.  Mac  AA  illiam. 
sir  Georges  White  et  sir  Samuelson  Après  quoi,  la  princesse 
Christian,  ayant  ouvert  la  porte  principale  avec  une  clef  en 
or,  pénétra  dans  l'établissement,  dont  elle  admira  fort  1  ins¬ 
tallation  :  elle  a  prié  le  Comité  de  1  inscrire  comme  vice-pré¬ 
sidente  d  honneur. 

La  corvsommation  de  la  glace. 

Le  conseil  d’hygiène  a  approuvé  les  conclusions  d’un  inté¬ 
ressant  rapport  de  AL  Laveran  sur  le  commerce  de  la  glace  à 
rafraîchir.  Le  Petit  Temps  nous  donne  à  ce  sujet  d'intéres¬ 
sants  renseignements  : 

«  Le  commerce  de  la  glace,  qui  se  développe  de  plus  en  plus 
à  Paris,  intéresse  à  un  haut  degré  l’hygiène  publique.  Des 
microbes  pathogènes,  le  bacille  de  la  fièvre  typho'ide  entre 
autres,  peuvent  rester  vivants  des  mois  entiers  dans  les  blocs 
de  glace  ;  par  suite,  la  glace  naturelle  ou  artificielle  provenant 
de  la  congélation  d'une  eau  souillée  est  dangereuse  si  elle 
est  utilisée  pour  des  usages  alimentaiies. 

Une  ordonnance  préfectorale  en  date  du  13  décembre  1899 
a  eu  pour  but  de  prévenir  les  dangers  que  la  glace  impure 
fait  courir  aux  consommateurs.  Cette  ordonnance  a  produit 
d’excellents  résultats  ;  dans  les  prélèvements  du  laboratoire 
municipal,  la  proportion  des  échantillons  mauvais  est  tom¬ 
bée  de  50  0  I)  à  moins  de  10  0  0.  Alais  cette  proportion  est 
encore  dangereuse  pour  la  santé  pul)lique,  et  le  conseil 
d'hygiène,  après  étude  de  la  question,  a  été  d’avis  de  modifier 
l'ordonnance  de  1899.  Sans  proscrire  pour  certains  usages  la 
glace  naturelle,  non  stérilisée,  il  édicte  des  prescriptions  nou¬ 
velles  en  ce  qui  concerne  la  glace  «  alimentaire  ».  C'est  ainsi 
que  le  texte  nouveau  spécifiera  : 

1°  Qu'il  est  interdit  à  tous  marchands,  fabricants,  dépositaires 
ou  débitants  de  glace,  cafetiers,  limonadiers,  restaurateurs,  cré¬ 
miers  et  débitants  de  boisson,  de  vendre  ou  livrer  à  la  consom¬ 
mation,  pour  les  usages  alimentaires,  de  la  glace  qui  ne  donnerait 
pa.»,  par  fusion,  de  l’eau  potable  ; 

2“  Qu'ils  ne  devront  mettre  cette  substance  alimentaire  à  h 
disposition  de  leur  clientèle  que  dans  des  récipients  portant,  ea 
lettres  très  apparentes,  les  mots  :  «  Glace  alimentaire  »  ; 

3“  Que  les  fabricants  et  dépositaires  de  glace  industrielle  et  de 
glace  alimentaire  devront  conserver  ces  deux  sortes  de  glace 
dans  des  locaux  entièrement  sé[)arés  : 

4°  (Jue  les  véhicules  servant  au  transport  de  la  glace  porteront 
des  inscriptions  spéciales  peintes  de  chaque  côté  de  la  voiture, 
selon  qu’ils  seront  affectés  au  transport  de  la  glace  alimentaire 
ou  de  la  glace  non  alimentaire. 

C'est  sur  ces  bases  qu'on  prépare  à  la  préfecture  de  police 
une  nouvelle  ordonnance  dont  les  prescriptions  seraient  aP" 
plicables  dès  1  été  de  1906. 

LES  CONGRÈS 

XV  Congrès  International  de  Médecine 

Lisbonne,  19-26  avril  1906. 

Croisière  des  médecins  français  organisée  par  .MM.  les  lU 
Desfosses  et  Helme,  dirigée  par  Al .  Heuzé,  secrétaire  technr 
((ue  des  A'.  E.  AI.  (.Andalousie,  Alaroc,  Portugal,  Baléare'i 
Marseille,  Malaga,  Grenade,  Gibraltar,  Algésiras.  Tangef' 
Cadix,  Séville,  Cordoue,  Lisbonne, Belem,  (iintra  Palmai.  ^ 
Départ  de  Marseille  le  8  avril  l'.K)6.  Retour  à  Marseille  le 
avril  1906.  Durée  :  23  jours. 

But  du  voi/ape.  —  La  Croisière  est  organisée  dans  le  butu 
faciliter  aux  Alédecins  ({ui  se  rendent  aux  Congrès  de  D' 
bonne,  à  leurs  familles  et  à  leurs  amis,  la  visite  des  prince 
!  pales  villes  de  l'.Vndalousie  et  du  Portugal,  et  de  leur  assU' 
t  er,  à  Séville  et  à  Lisbonne,  un  logement  confortable,  ce  9“ 
sera  rendu  difficile,  à  Séville  à  cause  des  Fêtes  de  laSeinai'f 
1  Sainte  et  de  la  Foire,  et  à  Lisbonne,  à  cause  du  Congrès  W' 
i  même.  Sont  seuls  admis  à  cette  Croisière  les  Alédecins,  M 
I  diants  en  médecine,  leurs  familles  et  leurs  amis.  . 

En  raison  de  répocpie  tardive  à  hujuelle  nos  amis  nous  o 
1  priés  de  nous  occuper  de  cette  Croisière,  nous  n'avons  r 


hE  PROGRÈS  MÉDICAL 


191 


encore  arrêter  le  bateau  qui  fera  le  voyage  ;  mais  nous  avons  [ 
le  cfioix  entre  deux  navires  d’une  installation  absolument 
confortable  (condition  à  laquelle  nous  tenons  essentiellement).  | 
Nous  ne  pourrons  décider  ce  choix  que  lorsque  nous  aurons 
acquis  les  cent  premières  adhésions  fermes,  ce  qui  sera, 
nous  l’espérons,  un  fait  accompli  avant  la  fin  de  ce  mois 
puisque  nous  ne  demandons  pas  d'arrhes  et  ([ue  nous  rem¬ 
bourserons  ceux  de  nos  Confrères  empêchés  à  la  dernière 
heure.  Nous  faisons  donc  un  pressant  appel  à  tous  nos  con¬ 
frères  et  à  nos  amis  pour  les  prier  de  faire  avec  nous  la  pro¬ 
pagande  la  plus  active,  et  à  laquelle  eux-mêmes  sont  direc 
lement  intéressés,  s  ils  veulent  prendre  part  au  voyage.  iNous 
avons  déjà  la  moitié  du  chifïre  minimum  fixé.) 

Programme.  — Dimanche  8  avril.  De  10  li.  à  11  h.  em¬ 
barquement.  Déjeuner  à  midi.  Départ.  —  Lundi  9  avril.  En 
mer  ;  passage  en  vue  des  Baléares.  —  .Mardi  10  avril.  Vers 
4  h  du  soir  arrivée  à  Malaga.  Visite  de  la  ville.  —  Mercredi  1 1 
avril.  Le  matin,  départ  en  train  spécial.  Traversée  des  Gorges 
d’El  Chorro.  Arrivée  à  Grenade  ;  déjeuner.  \  isite  de  la  ville 
basse.  Dîner.  Coucher.  —  ./endi  LJ  awil.  Le  matin,  visite  de 
TAlhambra,  de  la  Généralife.  Déjeuner.  Visite  des  monu¬ 
ments  de  la  ville  basse  ;  du  quartier  de  l’Albacin  et  du 
quartier  des  Gitanes  \faeult  itif\.  Dîner.  Départ  en  train  spé¬ 
cial  ;  arrivée  à  Malaga  à  minuit.  Embarquement.  Départ.  — 
Vendredi  Li  avril.  Le  matin  arrivée  à  Algésiras.  Gibraltar. 
L'après-midi,  Tanger.  — Samedi  i4  avril.  A  la  première  ma¬ 
rée,  remontée  du  Gualdaquivir  .Arrivée  à  Séville  dans  la  ma¬ 
tinée.  A'isite  de  la  ville.  —  Dimanche  de  Pâques.  Journée  fa¬ 
cultative  à  Séville.  —  Lundi  16  avril.  Le  matin  départ  en  train 
spécial  pour  Cordoue.  Visite  de  la  ville  et  de  la  mosquée.  Le 
soir  retour  à  Séville  (soirée  facultatiro.  —  Mardi  li  avril. 

\  isite  des  monuments  de  Séville  :  1  Alcazar  ;  les  Jardins  ;  la 
Cathédrale  ;  la  (îiralda  ;  les  Palais,  etc.  —  Mercredi  18  avril. 
Le  matin,  descente  du  Guadalquivir.  \  isite  de  Cadix.  Arri¬ 
vée  la  nuit  en  rade  de  Lisbonne.  -  Jeudi  19  au  jeudi  '26.  Sé¬ 
jour  à  Lisbonne.  Congrès.  Visite  de  Belem,  Cintra  et  ex¬ 
cursions  organisées  par  le  Congrès.  —  Jeudi  '26  avril.  Après  la 
clôture  du  Congrès,  départ .  Visite,  au  passage,  d’Almeria  et 
de  Palma.  —  Lundi  30  avril.  .Arrivée  à  Marseille.  Dîner  à 
bord.  Dislocation. 

Nota.  —  Les  organisateurs  se  réservent  de  pouvoir  modifier 
le  programme  selon  les  circonstances  et  pour  le  mieux  de  la 
Cieisière. 

Prix  ri  conditions.  La  Compagnie  P.-L.-M.  accorde  une  ré¬ 
duction  de  50  %  sur  le  prix  des  places  aux  adhérents  à  ce 
voyage.  Sur  l'indication  de  leur  point  de  départ,  donnée  en 
s’inscrivant,  nous  nous  chargeons  de  la  demande  des  billets. 
Ceux  de  nos  voyageurs  qui  doivent  rentrer  de  Lisbonne  en 
r  rance  par  voie  de  terre,  devront,  en  s'inscrivant  eux-mêmes 
au  Congrès,  demander  les  titres  de  transport  pour  le  x  oyage 
par  terreau  Secrétariat  du  Congrès  Nous  faisons  à  ces  adhé¬ 
rents  une  réduction  proportionnelle  de  \0  irancs  par  jour  sur 
la  nourriture  à  partir  du  jour  où  ils  auront  déclaré  quitter  la 
Croisière  à  Lisbonne,  les  autres  frais  de  bateau  et  de  per- 
^nnel  ne  pouvant  être  réduits.  Le  prix  de  chaque  place  de 
uarseille  à  Marseille  est  de  850  francs  dont,  en  principe,  400 
Irancs  à  payer  en  adressant  son  adhésion  au  D"  IIELME,  10, 
•■ue  de  Saint-Pétersbourg,  à  Paris.  Ce  prix  comprend  le  trans¬ 
port,  la  nourriture,  les  débarquements,  les  excursions,  les 
reins  spéciaux,  les  entrées  et  les  pourboires.  11  ne  sera  mis 
HUe  deux  voyageurs  par  cabine.  Le  voyage  ne  pourra  avoir 
•eu  que  si  nous  recueillons  cent  adhésions  au  minimum,  et 
®es  le  cas  où,  pour  une  raison  quelconque,  le  voyage  n  au- 
‘tpas  lieu,  les  personnes  inscrites  ne  pourraient  prétendre 
eu  remboursement  des  sommes  vérsées.  Nous  ne  deman- 
j  'US  pas  d’arrhes  et  les  Confrères  qui  seraient  empêchés  au 
fuonaent,  par  un  cas  de  force  majeure,  seraient  rem- 
‘“^ôgralement.  Nous  prions  donc  de  s’inscrire  sans 
Sun  h  *'^®‘iue  voyageur  est  tenu  de  s’occuper  lui-même  de 
(lécp  I"  ®*'SUuisationde  la  Croisière 

reient^  *®ute  responsabilité  pour  tous  les  accidents  qui  pour- 
'luef  Pi'uduire,  de  quelque  nature  qu’ils  soient  et  en  quel- 
avan*.*^**’  9u’ils  se  produisent.  Le  voyageur  renonce  donc  par 
a  toute  réclamation  de  ce  chef  contre  elle. 


FORMULES 

XVIII.  —  Contre  le  zona. 

Badigeonnages  avec  le  collodion  suivant  : 

Acide  picrique . 0  gr.  75 

Cannabine . 0  gr.  25 

Alcool  à  &0'’ .  2  gr. 

Ether .  J  gr. 

Collodion  élastirpie .  4  gr. 

(Brocakd.  I 

XIX.  —  Contre  Tamygdalite  aiguë. 

M.  le  docteur  Molinié,  de  Marseille,  jiropose  un  nouveau 
traitement  de  l’amygdalite. 

Par  la  bouche  grande  ouverte  du  malade  on  introduit 
l’index,  on  pénètre  jusqu’à  la  base  de  l’amygdale,  et  remonte 
en  comprimant  de  bas  en  haut,  du  pôle  inférieur!  au  pôle 
supérieur.  De  cette  façon  on  exprime  la  multitude  de  con¬ 
crétions  et  résidus  septiques,  qui  remplissent  les  cryptes  et 
qui,  après  avoir  été  la  cause  de  l’inflammation,  entretiennent 
celle-ci. 

Le  massage  fait  saigner  l’amygdale  et  cette  petite  saignée 
locale  aide  aussi  la  guérison. 

Cette  manœuvre  est  assez  douloureuse,  mais,  comme  elle 
est  de  courte  durée  et  que.  après  une  légère  exacerbation 
momentanée  de  la  douleur,  elle  procure  un  grand  soulage¬ 
ment  au  malade,  nous  pouvons  la  recommander. 

Elle  est  certainement  supérieure  et  plus  anodine  que  le 
grattage  instrumental  préconisé  il  y  a  quelque  temps  par 
les  laryngologistes,  l  n  badigeonnage  à  la  glycérine  phéni- 
(luée  l/lüO  termine  l’opération.  51.  le  l)"'  Molinié  a  eu  un 
plein  succès  chez  tous  ses  malades.  Friedel. 

- - - 

Actes  et  Thèses  de  la  Faculté  de  Médecine  de  Paris. 

Thèses.  —  Mercredi,  28  mars.  —  M.  Ferry  :  Valeur  comparée 
de  l’hysléropexie  abdominale  directe  et  de  Thystéropexie  médiate 
intra-péritonéale  par  les  ligaments  ronds  dans  les  rétro-déviations 
(MM.  Terrier,  Brissaud,  Reclus,  Teissier).  —  M.  Monteil  :  Contri¬ 
bution  A  l'étude  du  liquide  parotidien  (MM  Brissaud.  Terrier, 
Reclus,  Teissier).  —  M.  De  Lastic  :  l.a  pathologie  mentale  dans 
l’œuvre  de  Flaubert  (MM.  Brissaud,  Terrier,  Reclus, Teissier).— A/. 
A.  Lancet  :  La  température  et  le  pouls  dans  quelques  appendi¬ 
cites  aiguës  (MM.  Reclus,  Terrier,  Brissaud,  Teissier) 

Jeudi,  2g  mars:  —  M.  Bolot  :  Considérations  sur  le  massage 
abdominal  dans  les  affections  du  Inbe  digestif  (MM.  Debove,  Jof- 
roy,  Hutinel,  Achard)  —  A/.  Aagon-  ;  Contribution  à  l’étude  des 
adénomes  sébacés  symétriques  de  la  face  (MM.  Joffroy,  De¬ 
bove,  Hutinel,  Achard). —  M.  Schwartz  :  Contribution  à  l’étude 
de  pleurésies  à  signes  pseudo-cavitaires  chez  les  enfants  (MM. 
Hutinel.  Debove.  Joffroy,  Achard).  —  M.  LaérevoR  :  Tuberculo¬ 
se  et  adipose  (MM.  Chantemesse,  Roger,  Méry,  Gouget).  —  M. 
Chevrel  :  Bacilles  paratyphiques  et  infections  paratyphoïdes  (MM. 
Roger,  Chanleinesse,  Méry,  Gouget). 

Examens.  —  Lundi,  26  mars.  —  Dissection  (Ecole  pratique)  : 
MM.  Poirier,  Mauelaire,  Rieffel.  —  3*  (1*  partie.  Laboratoire  des 
travaux  pratiques  d’anatomie  pathologique)  :  MM.  Blanchard,  Des- 
grez,  Legry.  —  1"  oral  (l"  série.  Oral)  :  MM.  Terrier,  Cunéo, 
Branca  —  1"  (oral,  2*  série)  :  MM.  Reclus,  Sébileau,  Macaigne.  —  3' 
(oral.  2“  partie)  :  MM.  Brissauil,  Gaucher,  Balthazard.  —  5"  (Chi¬ 
rurgie.  I”  partie,  1"  série.  Hôtel-Dieu)  :  MM.  Kirmisson.  Delens. 
Pierre  Duval.  —  5' (1"  partie,  2'  série,  Hôtel-Dieu)  :  MM.  Segond, 
Legueu,  Proust. 

Mardi,  27  mars.  —  Dissection  (Ecole  pratique)  :  MM.  Poirier. 
Hartmann,  Rieffel.  —  3*  (2*  partie,  laboratoire  des  travaux  prati¬ 
ques  d’anatomie  pathologique)  :  .M.M.  Cornil,  Guiart,  Maillard.— 
1"  (oral)  :  MM.  Berger,  "Thiéry,  Launois. —  4*  :  MM.  Cbantemes- 
se.  Robin,  Dupré.  —  5"  chirurgie  (P'  partie,  1'”  série.  Charité)  : 
MM.  Guyon.  De  Lapersonne,  Marion.  —  5"  (chirurgie,  1"  partie,  2" 
série.  Charité)  :  MM.  Le  Dentu,  Auvray,  Morestin.  —  5*  (2*  partie. 
Charité)  ;  MM.  Dieulafoy,  Méry,  Renon. 

Mercredi,  28  mars.  —  Dissection  (Ecole  pratique)  ;  MM.  Kirmis¬ 
son,  Rieffel,  P.  Duval.  —  3*  (2*  partie,  laboratoire  des  travaux 
pratiques  d’anatomie  pathologique)  :  MM.  Gautier,  Legry,  Bal- 
thazard. —  l"  (oral.  P*  série)  :  MM.  Blanchard,  Mauelaire,  Ma- 
caigne.  —1"  (oral,  2*  série)  :  .MM.  Poirier,  Legueu,  Cunéo.  —  1" 
oral  (3*  série)  ;  M.M.  Segond,  Sébileau,  Branca.  —  2*  :  MM.  Ch.  Ri¬ 
chet,  Réitérer,  André  Broca. 

Jeudi,  2g  mars.  —  DissecÜon  (Ecole  pratique)  :  MM.  Guyon, 


192 


LE  PROGRÈS  MEDICAL 


De  Lapersonne,  Rieffel.  —  3'  (2*  partie,  lalioratoire  des  travaux 
pratiques  d'anatomie  pathologique)  :  MM.  Cornil,  Desgrez,  Guiart. 
—  l"  (oral)  :  MM.  Poirier,  Launois,  Moreslin.  —  3”  (oral,2“  partie)  : 
MM.  Dieulafoy,  Thiroloix,  Jeanselme. —  4"  ;  MM.  Raymond,  Va¬ 
quez,  Langlois. 

Vendredi,  So  mars.  —  Dissection  (Ecole  pratique)  :  M.M.  Poirier, 
Cunéo,  Proust.  —  3*  (2"  partie,  laboratoire  des  travaux  pratiques 
d'anatomie  pathologique)  :  MM.  Rlanehard,  Desgrez,  Maeaigne.  — 
1"  (oral,  P'  série)  ;  MM.  Kirmisson,  Legry,  Rieit'el.  —  l"  (oral,  2" 
série)  :  MM.  Reclus,  Séhileau,  Branea.  — 2’  :  MM.  Gariel,  Ch.  Ri¬ 
chet,  Retlerer.  —  3”  (oral,  2”  partie,  :  MM.  Brissaud,  Teissier,  M. 
Labhé.  — 4"  ;  MM.  Pouehet,  Déjérine,  Richaud.  — .5"  (Obstétrique, 
!'•  partie,  clinique  Baudelocque)  :  MM.  Pinard.  Wallich, Potocki. 

Samedi.. ?r  mars.  Dissection  (Ecole  pratique)  ;  MM.  Berger. 
Thiéry,  Auvray.  —  3“  (2*  partie,  laboratoire  des  travaux  pratiques 
d’anatomie  pathologique)  :  .MM.  Chantcmesse,  Guiart,  Maillard. — 
l"  (oral,  1”  série)  :  MM.  Cornil,  Betterer,  Maiion— P'  (oral.  2'  série): 
MM.  De  Lapersonne,  Launois,  Morestin.  —  5'  (2"  partie,  1"  série, 
Beaujon)  :MM.  Raymond,  Thiroloix,  Gouget.  —  5'  (2'  partie.  2'  sé¬ 
rie,  Beaujon)  :  MM.  Roger,  Méry,  Jeanselme,  —  5*  (2*  partie,  .'P 
série.  Beaujon)  :  MM.  Robin,  Aehard,  Bezançon. 


NOUVELLES 


Natalité  dk  Paris.  —  Du  dimanche  2.')  février  190f)au  samedi 
3  mars  1906.  les  naissances  ont  été' au  nombre  de  1.248,  se  dé¬ 
composant  ainsi  ;  légitimes  919,  illégitimes  329. 

Mortalité  a  Paris.  —  Population  d’après  le  recensement  de 
1901  :  2.660.559  habitants.  Les  deces  ont  été  au  nombre  de  1 .068, 
savoir:  548  hommes  et  520  femmes.  Les  décès  sont  dus  aux 
causes  suivantes  :  Fièvre  typhoïde  (typhus  abdomin.)  :  3.  — 
Typhus  exanthématique  :  0.  —  Fièvre  intermittente  et  cachexie 
palustre  :  0.  —  'Variole  :  0.  —  Rougeoie  ;  28.  -  Scarlatine  :  0. 

—  Coqueluche:  3.  —  Diphtérie  et  Croup  :  3.  —  Grippe  :  12. 

—  Choléra  asiatique  :  ().  —  Choléra  nostras  :  0.  —  Autres 
maladies  épidémiques  :  5.  —  Tuberculose  des  poumons  :  201.  — 
Tuberculose  des  méninges  :  25.  —  Autres  tuberculoses  :  14.  — 
Cancer  et  antres  tumeurs  malignes  :  71.  —  Méningite  simple  :  16. 

—  Congestion  hémorrhagique  et  ramollissement  du  cerveau  :  56. 

—  Maladies  organiques  du  coeur  :  73.  —  Bronchite  aiguë  :  12. 

—  Bronchite  chronique  :  19.  — Pneumonie  :  41.  —  Autres  affec¬ 
tions  de  l’appareil  respiratoire  :  137.  —  Affections  de  l’estomac 
(cancer  exc.)  :  5.—  Diarrhée  et  entérite  de  0  à  1  an  :  sein  :  8  :  au¬ 
tre  alimentation  :  7.  —  Diarrhée  et  entérite  de  1  à2  ans  :  0. —  Her¬ 
nies,  obstruction  intestinale  :  7.  —  Cirrhose  du  foie  :  13.  —  Néphrite 
et  mai  de  Bright:  30.  —  Tumeurs  non  cancéreuses  et  autres  ma¬ 
ladies  des  organes  génitaux  (femmes)  :  2.  —  Septicémie  puerpérale 
(6èvre,  péritonite,  phlébite  puerpérale)  :  2.  —  Autres  accidents 


puerpéraux  de  la  grossesse  et  de  l’accouchement  :  5.  —  Débilité, 
congénitale  et  vices  de  conformation  :  50.  —  Débilité  sénile  :  44. 

—  Morts  violentes  ;  36. —  Suicides;  18.  —  Autres  maladies:  122. 

—  Maladies  inconnues  ou  mal  définies  :  18. 

Mort-nés  et  morts  avant  leur  inscription  :  75,  qui  se  décom¬ 
posent  ainsi  :  légitimes  52,  illégitimes  23. 

Corps  DE  s.antk  militaire.-- M.  Simonin,  méd. -major  de  l''- 
cl.,  est  nommé  jirofesseur  au  Val-de-Gràce (médecine légale, légis¬ 
lation  et  administration  militaires. 

Corps  de  santé  de  la  marine.  —  Mutations. —  M.  le  méd.  de 
H®  cl.  Rolland  est  dés.  pour  emb.  sur  le  Forbin. 

Corps  DE  santé  des  colonies. —  M.  Bouet  méd. -major  de  ‘-e 
cl.  est  maintenu  à  la  disposition  du  ministre  des  colonies  pour 
f  aire  partie  d’une  mission  en  Afrique  occidentale  M.  Rigaud,  méd.- 
major  de  2®  cl.,  est  nommé  chef  du  service  de  santé  à  laRéunion. 

Eî:«!i,e  de  médecine  de  Nantes.  —  Par  arrêté  du  ministre  de 
rjnstruction  publique, des  Beaux-Arts  et  des  Cultes  en  date  du  17 
mars  1906,  des  concours  s’ouvriront  le  8  octobre  1906,  devant 
l’école  de  plein  exercice  de  médecine  et  de  pharmacie  de  Nantes 
pour  les  emplois  de  chef  des  travaux  de  bactériologie  et  de  chef 
des  travaux  de  chimie  à  la  dite  école.  Les  registres  d’inscription 
seront  clos  un  mois  avant  l'ouverture  des  dits  concours. 

Chronique  des  hôpitaux. 

Concours  des  prix  de  lTntkrnat.  —  Médecine.  Le  concours 
s’est  terminé  le  17  mars,  et  a  donné  les  résultats  suivants  ; 
Médaille  d'or  :  M.  Lœderich.  —  Médaille  d’argent  :  M.  Roussy.  — 
Accessit  :  M.  Halleron. 

Concours  de  l’Internat.  —  Questions  données  le  mars: 
Artère  poplitée.  Fractures  de  la  rotule.  —  Le  18  mars  :  Struc¬ 
ture  de  la  peau. Signes  et  complications  de  la  rougeole. 

La  Maternité  de  Tananahive.  — •  Le  31  janvier,  le  docteur  Vil- 
lette  adonné,  dans  les  locaux  et  jardins  de  la  Maternité,  fondée 
par  .ses  soins  à  Tananarive,  une  fête  malgache  en  l’honneur  du 
trois-millième  bébé  venu  au  monde  dans  son  établissement.  De 
nombreux  indigènes  assistaient  à  cette  fête  <[ue  le  gouverneur  gé¬ 
néral  a  lui-même  honorée  de  sa  présence. 


BULLETIN  BIBLIOGRAPHIQUE 

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de  Clignancourt,  Paris,  l  Mémoires  déposés  à  l’Académie  de 
Médecine,  23  mars  1897,  8  mai  1898).  L'extrait  de  ces  Mémoires 
est  adressé  gracieusement  a  tous  les  médecins  qui  lui  es 
feront  la  demande.  Renseignements  gratuits  et  prix  de  favevs 

pour  tous  les  memores  du  corvs  médical.  _ _ „ 

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Le  Progrès  Médical 


SOWIWIAIRE  :  Clinique  chirugicale  :  Etude  clinique  sur  les 
parotidites  post-opératoires,  par  Morel.  —  Bulletin  :  Ernest 
Haeckel  et  la  philosophie  Moniste,  par  J.  Noir. —  Sociétés  Sa¬ 
vantes  :  Académie  des  Sciences  :  Sur  les  effets  de  la  tubercu¬ 
line  absorbée  par  le  tube  digestif  chez  les  animaux  sains  et  chez 
les  animaux  tuberculeux,  par  Calmette  et  Breton  ;  Rayons  X 
et  activité  génitale,  par  Villemin  ;  La  réaction  du  sang,  fonc¬ 
tion  de  la  nutrition,  par  Gautrelet  ;  Analyse  des  bacilles  tuber¬ 
culeux,  par  Baudran  ;  Sur  la  toxine  et  l’antitoxine  cholériques, 
par  Brau  et  Denier  (c,  r.  de  Phisalix).  —  Société  de  biologie  : 
Action  du  foie  sur  les  extraits  intestinaux,  par  Rocher  et  Josué; 
Salicylate  de  soude  contre  l’érysipèle,  par  Lortat-Jacob  et  Vi- 
try  ;  Microbisme  normal  de  l’appendice,  Gilbert  et  Lippmann  ; 
Virus  rabique  et  virus  antirabique,  par  Remlinger  ;  Action  pré¬ 
cipitante  du  suc  gastrique  sur  le  suc  pancréatique,  pai’  Iscoves- 
co  (c,  r.  de  Mme  Edwards-Pilliet.)  —  Académie  de  Médecine  : 
La  morbidité  coloniale  en  1904,  par  Kermorgant  ;  Les  verres 
jaunes  en  ophtalmologie,  par  Motais  :  Mortalité  tuberculeuse 


CLINIQUE  CHlRURCxIGALE 

Etude  clinique  sur  les  parotidites 
post  opératoires  ; 

Par  Louis  MOREL, 

Interne  des  hôpitaux. 

La  sympathie  qui  relie  la  glande  parotide  aux  or¬ 
ganes  génitaux  est  d’observation  vulgaire  ;  mais  ce 
ui  l’est  moins,  c’est  de  voir  la  chose  inverse,  c’est-à- 
ire  la  sympathie  se  manifester  des  organes  génitaux 
vers  la  parotide.  » 

Cette  remarque  de  Trousseau  ,contrûuvée  par  quelques 
auteurs  es  t  acceptée  par  le  plus  grand  nombre . Toutefois, 
la  relation  de  cause  à  effet  entre  le  point  de  départ  génital 
etla  réaction  parotidienne  doit  être  c  nvisagée  dans  deux 
conditions  :  tantôtla  parotidite  n’est  que  la  manifestation 
locale  d’une  toxi-infection  générale  ;  telles  sont  les  pa¬ 
rotidites  des  cachectiques,  désintoxiqués,  des  infectés, 
etc —  Il  n’est  pas  exceptionnel  de  les  voir  survenir 
pendant  le  refroidissement  d’une  appendicite  ou  d'une 
salpingite.  Ce  premier  groupe  de  faits  est  bien  connu. 
Maiscc  qui  l’est  moins,  c’est  la  parotidite  survenant  en 
dehors  de  toute  infection  générale.  J’entends  infection 
sens  clinique  du  mot,  chez  les  malades  génitaux. 
L  est  principalement  à  la  suite  d’interventions  chirurgi¬ 
cales  qu’on  a  observé  ces  parotidites  ;  et  à  de  très 
^es  exceptions  près,  il  s’agissait  toujours  d’opérations 
'or  1  appareil  génital .  Parfois  même  le  traumatisme 
opératoire,  l'iniectioh  même  atténuée  d’origine  chirur- 
^Wle,  n’ont  pu  être  incriminés,  et  nous  rappellerons  le 
I  tclassiquede  Peter,  cité  par  Trousseau. dans  lequel 
parotidite  périodique  remplaçait  la  menstruation 
^ente.  Voici  cette  observation  ; 

ter^  ^  été  observé  par  le  D"'  Peter  pendant  qu’il  était  in- 

professeur  Gerdy.  Le  l"  mai  1885,  une  jeune  femme 
tou  1**^*  est  admise  à  l’hôpital  de  la  Charité.  Elle  présente 
h  léri  d’une  violente  congestion  inQammatoire  de 

parotidienne  droite  il  y  a  tuméfaction  et  douleurs, 
Un  le  voit  ni  rougeur  ni  fluctuation.  Il  existe  de  plus 
jPeu  de  fièvre  et  de  l’anorexie. 

Ir^  e  débuté,  quatre  jours  auparavant,  par  une  gêne 
timjA*^®“de  des  mouvements  de  la  mâchoire  inférieure  ;  la 
leur  '^‘^bon  est  survenue  une  heure  après,  puis,  la  don- 


en  France  et  en  Allemagne,  par  Huchard  (c.  r.  de  A. -F.  Plic- 
que.)  —  Société  de  chirurgie  :  Périsigmoïdite,  par  Lejars;  Sté¬ 
rilisation  des  gants  en  caoutchouc  employés  en  chirurgie,  par 
Chaput  (c.  r.  de  Ca.tz.)  —  Société  Médicale  des  Hôpitaux:  Ascite 
et  pleurésie  opalescentes  chez  une  cardiaque.  Réaction  myé¬ 
loïde  considérable  du  sang  par  Raymond  et  Tixier  ;  Surrénalite 
spécifique  de  l’adulte,  présence  du  tréponème  pâle  de  Schau- 
dium,  par  .lacquet  et  Sézary(c.  r.  deFriedel.)  —  Société  de  Méde¬ 
cine  de  Paris  :  Election  (c.  r.  de  Buret.)  — Conseil  supérieur  de 
l'assistance  publique.  —  Varia  :  Banquet  en  l'honneur  du  D'' 
Séailles  ;  La  prophylaxie  de  la  diphtérie  dans  les  stations  bal¬ 
néaires.  —  Les  congrès  :  Congrès  international  de  médecine 
de  1909.  —  Formules.  —  Thérapeutique  :  Traitement  des 
congestions  pulmonaires  et  des  hémoptysies  par  Thélénine.  — 
Actes  et  thèses  de  la  faculté  de  médecine  de  Paris.  — 
Nouvelles.  —  Chronique  des  hôpitaux.  —  Bulletin  biblio¬ 
graphique. 


Mais,  ce  qui  est  très  intéressant,  c’est  que  la  malade  raconte 
avoir  eu,  un  très  grand  nombre  de  fois  déjà,  une  semblable 
affection,  qui  se  manifestait  toujours  aux  époques  menstruel¬ 
les  et  les  remplnçait.  Lamalade,  assez  mal  men.struée,  est  quel¬ 
quefois  plusieurs  mois  de  suite  sans  voir  ses  règles,  et  alors, 
dit-elle,  elle  éprouve  du  mal  de  tète  ;  la  région  parotidienne 
se  gonfle,  le  plus  habituellement  à  gauche  et  quelquefois  il 
y  a  perte  de  connaissance  pendant  une  heure.  Dans  tous  les 
cas,  la  guérison  est  obtenue  promptement  par  l’application 
des  sangsues  et  des  cataplasmes. 

Ce  n'est  pas  tout  ;  plus  fréquemment  encore  que  les  paro¬ 
tides,  et  toujours  aux  époques  menstruelles,  quand  ses  règles 
font  défaut,  la  malade  a  eu  des  espèces  de  thrombus  de  la  pe¬ 
tite  lèvre  gauche,  avec  vive  douleur,  impossibilité  de  la  mar¬ 
che,  le  tout  durant  quatre  ou  cinq  jours,  pour  se  terminer 
par  une  légère  hémorragie  de  la  petite  lèvre.  La  malade  sor¬ 
tit  guérie  le  5  mai,  et  fut  admise  de  nouveau  dans  le  même 
service  le  4  septembre,  à  une  époque  qui  était  rigoureusement 
celle  des  règles,  et  encore  avec  le  même  engorgement  inflam¬ 
matoire,  du  côté  gauche,  cette  fois.  Elle  disait  avoir  eu,  en 
juin,  un  commencement  de  parotidite  ;  en  juillet,  un  throm¬ 
bus  de  la  petite  et  de  la  grande  lèvres  gauches,  suivi  d'hé¬ 
morragie  assez  considérable  ;  en  août,  une  parotidite,  et  voi¬ 
ci  qu'en  septembre  elle  se  présentait  de  nouveau  avec  acci¬ 
dent. 

Voici  une  seconde  observation,  comparable  à  la  pré¬ 
cédente,  que  nous  empruntons  à  M.  P.  Dalché.  (La 
Gynécologie,  août  1903)  : 

Mme  X,  âgée  de  quarante-quatre  ans,  obèse,  neuro-arthri¬ 
tique,  arrive  à  la  ménopause.  Après  les  bouffées  de  chaleur, 
les  irrégularités  de  la  menstruation,  elle  accuse  une  absence 
de  règles  qui  a  duré  trois  mois,  puis  le  sang  a  reparu,  mais  il 
s’est  installé  un  état  de  neurasthénie  singulièrement  aggravé 
par  les  accidents  pour  lesquels  elle  vient  me  consulter. 

Depuis  un  an  environ,  elle  est  sujette  à  des  crises  doulou¬ 
reuses  qui  frappent  les  régions  parotidiennes,  recommencent 
tous  les  mois  environ,  rarement  deux  fois  dans  le  même  mois 
quelquefois  au  bout  de  six  semaines  à  deux  mois. 

Ayant  constaté  un  des  accès,  il  m’est  facile  de  les  décrire  : 
une  glande  parotide  devient  sensible,  puis  très  rapidement 
la  souffrance  augmente,  arrive  à  être  très  vive  et,  'dans  le 
courant  de  la  nuit  suivanteou  le  lendemain,  la  .seconde  pa¬ 
rotide  se  prend  à  son  tour  ;  cette  bilatatéralité  des  accidents 
n'a  jamais  manqué.  La  tuméfaction  s’installe  très  rapidement 
des  doux  cô  tés,  avec  rougeur,  peau  luisante  et  tendue,  si  bien 
que,  comme  apparence,  c’est  à  s’y  méprendre,  on  diagnosti¬ 
querait  des  oreillons.  Mais  il  y  a  très  peu  ou  pas  de  fièvre,  la 
langue  est  à  peine  saburrale,  et  la  malade  ne  paraît  pas  res- 


194 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


1 


sentir  une  sécheresse  de  la  bouche  bien  notable.  Elle  se 
plaint  uniquement  de  la  douleur,  qu’elle  dit  atroce,  avec  une 
sensation  de  distension  rapide  et  intolérable.  Heureusement, 
la  crise,  au  bout  de  deux  à  trois  jours,  diminue  et  disparaît 
presque  avec  autant  de  rapidité  qu’elle  est  apparue.  Mais  la 
répétition  des  accidents  terrifie  la  patiente  et  exaspère  la  neu¬ 
rasthénie  de  la  façon  la  plus  inquiétante. 

En  dehors  de  l’obésité,  du  neuro-arthritisme  et  de  la  mé¬ 
nopause.  je  n’ai  à  signaler  chez  elle  qu’une  très  légère  métrite 
chronique  pour  laquelle  elle  n’a  jamais  été  soignée.  Sa  den¬ 
tition  n’est  pas  défectueuse,  la  bouche  ne  présente  rien  de 
particulier.  Les  urines  sont  normales. 

Quel  était  donc  le  diagnostic  à  poser  ?  Evidemment,  il  ne 
pouvait  s’agir  d'oreillons,  je  n’insiste  pas.  Je  me  trouvais  en 
présence  d’une  poussée  flit.rionnaire  frappant  les  parotides, 
sans  fièvre,  sans  état  général  :  son  évolution,  rapide  et  fort 
douloureuse,  demeurait  cependant  bénigne  puisque  jamais  il 
n’y  a  eu  menace  de  suppuration  ni  de  complication  quelcon¬ 
que.  D’autre  part,  la  fréquente  répétition  des  phénomènes 
indiquait  une  cause  persistante.  En  désespoir  de  cause,  étant 
donné  le  tempérament  de  ma  malade,  j'aurais  pu  songer  à  la 
goutte  ;  mais  l’examen  le  plus  minutieux  ne  m’a  pas  permis 
de  dépister  dans  les  articulations  dans  les  tissus,  pas  plus 
que  dans  les  urines,  la  moindre  trace  de  la  diathèse  gout¬ 
teuse. 

Aussi  je  crois  à  des  poussées  fluxionnaires  dues  à  la  méno¬ 
pause,  se  portant  sur  la  parotide. 

De  tels  cas  sont  certainement  rares  :  mais  leur  exis¬ 
tence  est  indiscutable  ;  les  observations  de  Uabran,  de 
Knapp,  etc.,  sont  tout  à  fait  comparables  à  celles  que 
nous  venons  de  rapporter.  11  semble  bien  difficile  de 
faire  de  cette  fluxion  parotidienne  un  accident  infec¬ 
tieux  distant  du  foyer  initial  ;  il  faut  donc  admettre 
qu'à  côté  des  parotidites  infectieu.«es  bien  connues,  il 
existe  des  parotidites  de  causes  mal  élucidées,  mais 
d’origine  génitale  ;  le  type  en  est  fourni  par  les  paro- 
lidites  post-opératoires  qu'on  voit  survenir  chez  des 
femmes  ayant  récemment  subi  une  opération  aseptique 
sur  l’appareil  utéro-ovarien.  Ces  parotidites  post-opé¬ 
ratoires  sont  rares,  beaucoup  plus  rares  que  les  quel¬ 
ques  travaux  dont  elles  ont  fourni  la  matière  tendent 
à  le  faire  croire.  On  trouve,  en  effet,  pêle-mêle  dans 
ces  travaux,  à  côté  de  parotidites  post-opératoires 
iudiscutables,  de  simples  parotidites  de  second  plan 
d’origine  infectieuse. 

C’est  le  cas  pour  la  plupart  des  observations  réunies 
parGoodell,  Moricke,  Cotterill,  Benoit,  .Morley,  etc. Nous 
avons  nous-même  failli  faire  rentrer  dans  notre  cadre 
une  observation  dont  voici  le  résumé.  Une  femme  de 
24  ans,  lllpare,  présentant  les  symptômes  d’une  gros¬ 
sesse  extra-utérine  rompue,  est  opérée  d’urgence  par  no¬ 
tre  excellent  collègue  et  ami  René  Kautfmann.  Six  jours 
plus  tard,  elle  présente,  sans  la  moindre  réaction  abdo¬ 
minale,  une  tuméfaction  de  la  région  parotidienne 
gauche,  en  même  temps  qu'une  brusque  élévation  ther¬ 
mique  et  des  douleurs  violentes  ;  nous  pensons  à  une 
de  ces  parotidites  qui  font  l’objet  de  cette  étude,  nous 
incisons  sur  la  tuméfaction  :  il  s’écoule  de  la  sérosité, 
les  douleurs  diminuent  et  la  température  baisse  ; 
mais  le  thermomètre  ne  tarde  pas  à  remonter  malgré 
l'amélioration  de  l’élat  local  parotidien,  et  nous  cons¬ 
tatons,  au  huitième  jour,  sous  le  pansement  abdominal 
la  présence  de  la  sérosité  odorante,  provenant  d’une 
fistuletle  stercorale  qu’expliquait latrès  laborieuse  libé¬ 
ration  de  solides  adhérencesau  cours  de  l’intervention. 
Malgré  l'absence  de  suppuration  abdominale,  nous  ne 
pouvons  retenir  ce  cas,  nettement  en  rapport  avec  l’in¬ 
cident  intestinal  ;  et  nous  avons  cru  devoir  éliminer  de 
la  même  façon  les  trois  quarts  des  observations  rassem-  | 


blées.  Cette  sélection  faite,  il  nous  restait  10  cas  récents 
indiscutables,  dont  un  cas  personnel.  De  l’étude  atten. 
tive  de  ces  observations  nous  avons  essayé  de  dégager 
quelques  points  de  l’histoire  de  la  parotidite  post-opjj 
ratoire  d’origine  génitale,  chez  des  malades  clinique, 
ment  non  infectés;  nous  avons,  à  dessein,  passé  sous 
silence  l’anatomie  pathologique  et  le  traitement  de  et 
groupe  de  parotidites  ;  ces  chapitres  n’offrant  aucune 
particularité,  qui  justifie  ici  un  développement  spécial. 

Etiologie.  —  La  parotidite  post-opératoire,  telle 
que  nous  la  comprenons,  est  très  rare.  Moricke,  utili. 
sant  les  documents  rassemblés  par  Schrœder,  sur  deiu- 
cents  ovariotomies  de  sa  pratique  chirurgicale,  ne  rap¬ 
porte  que.")  cas  de  parotidite  post-opératoire  ;  surcesâ: 
cas,  3  seulement  sont  probants,  les  deux  autres  ne 
constituent  que  la  localisation  salivaire  d'infection  pé- 
ritonéo-abdominale.  Vincent,  de  Lyon,  déclarait  ré¬ 
cemment  à  la  Société  de  Chirurgie  de  Lyon,  à  l’occa¬ 
sion  d’une  communication  de  Condamin,  n'avoirja>j 
mais  observé  de  parotidite  post-opératoire.  Sur  les  re¬ 
gistres  du  mouvement  opératoire  de  plusieurs  services, 
très  actifs  d'hôpitaux  de  Paris,  nous  n’avons  pu  releva 
un  cas  bien  net  de  l'affection  qui  nous  occupe. 

Nous  croyons  donc  trop  élevés  les  chiffres  de  propor¬ 
tion  de  1/40  des  laparotomies  (Schneder)  et  même  de 
1/30  (Slawjansky).  On  la  voit  survenir  assez  longtemps 
après  la  laparotomie  ;  le  plus  souvent  du  fi  au  jour. 

Dans  un  cas  elle  débuta  le  IS”  jour  (observ.  Slaw- 
jansky),dans  un  autre  le  4”  jour  (observ.  Chavannazccf 
sont  les  chiffres  extrêmes. 

Les  opérées  étaient  d’un  âge  assez  avancé  :  la  plas 
jeune  avait  31  ans  (obs.  Morel), la  plus  âgée  fifi  (obs. 
Moricke  ).  Le  plus  grand  nombre  sur  les  dix  était  dans 
la  phase  d’activité  sexuelle,  mais  trois  d’entre  elles 
avaient  doublé  la  ménopause.  Presque  toutes  étaient 
des  multipares  :  une  opérée  de  Schrœder  avait  eu  lOen- 
fants  et  3  fausses  couches  ;  une  de  Moricke,!)  enfants, 
une  de  Slawjansky,  3  enfants. 

Peut-être  le  froid  joue-t-il  un  rôle  prédisposant  dans 
l’apparition  de  ces  parotidites  ;  à  l’exception  de  trois 
cas  (obs.  Moricke,  Macdonald,  Chavannaz),  qui  évolué 
rent  en  été,  tous  les  autres  concernent  des  opérés  d’hi- , 
ver. 

Dans  les  dix  observations  rapportées,  il  s’agit  de 
femmes.  11  ne  faut  y  voir,  croyons-nous,  qu’une  simph 
co'incidence,  car  Bilroth  a  observé  la  parotidite  consé¬ 
cutive  à  l’orchite  traumatique,  chez  7  malades  de  sî 
clinique  de  Zurich,  et  Paget  en  rapporte  3  cas  chez  se» 
rétrécis  qu’on  dilatait. 

Mais  toujours  l’intervention  ou  maladie  initiale  af¬ 
fectait  la  sphère  génitale,  et  plus  spécialement  1* 
glande  génitale,  dans  les  deux  sexes. 

Le  plus  souvent  unilatérale  (7  fois  sur  10)  et  pl“| 
fréquemment  droite  (6  cas  sur  10),  la  parotidite 
être  double  (obs.  Pawloff,  Slawjansky,  Morel).  P® 
reste,  l'infection  salivaire  peut  s'étendre  aux  autre» 
glandes, sous-maxillaires  et  sus-linguales, l’observatioa 
deSchro'der  en  témoigne:  mais  le  cas  est  extrêmetnai** 
rare . 

La  PATHOGÊNIE  des  parotidites  post-opératoires  de* 
meure  actuellement  le  point  obscur  de  leur  histoir^- 
On  a  donné  bien  des  explications  dont  aucune  ne  rf' 
siste  à  la  critique,  et  le  doute  subsiste  encore  non  se^'  _ 
lement  sur  la  détermination  delà  cause  efficiente  B***®’ 
encore  sur  le  mode  d’envahissement  (canaliculaire  ® 
sanguin  I  de  la  glande  infectée. 


195 


LE  PROGRES  MEDICAL 


Quelques  auteurs  pensent  que  l'infection  est  le  plus 
souvent  réalisée  par  la  voie  canaliculaire  ;  ce  qui  est, 
du  reste,  le  cas  ordinaire  dans  les  parotidites  en  général. 
On  fait  valoir  ici  le  mauvais  état  de  la  dentition  :  l’en¬ 
semencement  buccal  par  la  pince  à  langue,  le  tampon 
monté  non  stériles  du  chloroformisateur  ;  la  contu¬ 
sion  de  la  parotide  par  les  tractions  exercées  sur  le  ma¬ 
xillaire  inférieur  au  cours  de  l’anesthésie;  l'absence  re¬ 
grettable  de  soins  buccaux  dans  les  jours  qui  suivent 
fopération  ;  l'absence,  la  réduction  ou  la  nature  de  l'a¬ 
limentation  post-opératoire,  qui,  en  atténuant  le  tra¬ 
vail  sécréteur  des  glandes  salivaires,  ne  permet 
plus  le  «  coup  de  balai  »  salivaire,  répété  et  salutaire 
dans  le  milieu  buccal  :  une  exaltation  de  ta  virulence 
des  microbes  nouveaux  de  la  bouche  ;  une  diminution 
de  la  résistance  de  l'épithélium  glandulaire,  etc. 

Ces  vues  sont  un  peu  théoriques,  et  avec  Cotterill 
nous  ferons  remarquer  qu’elles  n’expliquent  guère  la 
parotidite  consécutive  à  l’application  d’un  pessaire.  à 
un  cathétérisme  doux  de  l'urètre,  à  une  intervention 
sans  anesthésie  générale,  sur  le  testicule.  Elles  n'ex¬ 
pliquent  pas  non  plus  l’intégralité  presque  systémati- 
qne  de  la  sous-maxillaire  et  de  la  sub-linguale,  qui 
devraient,  au  même  titre,  que  la  parotidite,  être  infec¬ 
tées  par  le  milieu  buccal  incriminé. 

L'infection  parotidienne  par  voie  sanguine  a  aussi 
scs  défenseurs.  A  la  suite  deSlepheu  Paget,  on  a  ad¬ 
mis  que  le  péritoine  «  servait  de  trait  d'union  entre  les 
affections  des  organes  abdominaux  et  les  maladies  de 
lorigine  des  voies  digestives  ».  Cette  explication  assez 
vague  est,  comme  le  fait  remarquer  Chavannaz  pure¬ 
ment  hypothétique,  et  implique  en  tous  cas  le  rôle  de 
la  voie  sanguine.  Le  rôle  attribué  au  sympathique, 
dont  l’excitation  au  cours  des  affections  abdominales, 
SC  traduirait  à  distance  par  des  effets  excitateurs  ou 
inhibitoiressur  la  sécrétion  salivaire,  n’est  pas  non  plus 
îpsolument  démontré.  S’il  était  acquis  que  la  paroti¬ 
dite  post-opératoire  est  la  manifestation  éloignée  d'une 
mfectiqn  très  atténuée,  anatomiquement  indiscutable, 
®sis cliniquement  insoupçonnable  lejôle  transmetteur 
^ la  circulation  sanguine  serait  bien  vraisemblable, 
e  point  ne  pourra  être  élucidé  que  par  de  nouvelles 
J  arches  portant  sur  l'examen  du  sang  et  du  tissu 
pndulaire  au  cours  de  parolidites  opératoires,  et  après 
,1  ement,  par  culture,  d’un  •microorganisme  trouvé 
Hans  le  sang  et  dans  la  glande  Morley. 

•  lors,  il  sera  démontré  que  les  parotidites  post-opé- 
reutrent  dans  le  groupe  banal  des  métastases 
de  d'origine  abdominale.  Mais,  en  l'absence 

alte  V  il  semble  qu’on  doive  prêter  quelque 

de  cette  hypothèse  de  Dyball  :  que  la  sécrétion 

HneTfT**”^  organes  modifiés  (ovaire,  testicule)  par 
dej  s-  ]•  traumatisme  peut  mettre  les  glan- 

quer^  ^1^1  Jo  nioindre  résistance,  et  expli- 

ble  infection  canaliculaire  ou  sanguine,  irréalisa- 
aau^*'.  ns  conditions  physiologiques.  Cette  théorie 
des  ^  in  naérite  d’expliquer  la  fréquence  relative 
des  „|^?'^j^iiiies  consécutives  aux  lésions  aseptiques 
es  génitales  :  alors  qu’on  n’observe  rien  du 
iieinie  *  ^  ^*^^ns  salivaires  après  une  cure  radicale  de 
amputation, une  appendicectomie, une anas- 
mtestinale,  correctement  conduites. 

frent  —  I-es  parotidites  post-opératoires  of- 

i^’edroin*^*^ Particularités  symplomati(jues.  Les 
l’affe nml  conuus,  cevqui  tient  à  la  rareté 
‘on  et  à  la  tendance  très  légitime  de  rappor¬ 


ter,  dans  les  premières  heures,  tout  phénomène  alar¬ 
mant  au  péritoine  traumatisé. 

Généralement,  vers  le  6°  ou  jour,  la  température 
qui  jusqu'alors  était  normale  monte,  d’ordinaire  brus¬ 
quement,  à  39"  ou  40°  ;  cette  hyperthermie  s’accom¬ 
pagne  d’un  cortège  de  symptômes  généraux  (  anorexie, 
fétidité  de  l’haleine,  oligurie,  etc.).  Ce  n’est  que  le  len¬ 
demain,  ou  le  surlendemain  que  la  malade  attire  l’at¬ 
tention  sur  la  gène  légère  qu’elle  éprouve  à  mastiquer 
et  à  déglutir,  et  sur  l’endolorissement  de  la  région  pa¬ 
rotidienne.  La  tuméfaction  que  l’examen  révèle,  est 
peu  accusée  ;  unie  ou  bilatérale,  totale  ou  partielle,  elle 
est  dure,  recouverte  de  téguments  normaux,  que,  dans 
les  premiers  jours,  le  doigt  ne  déprime  pas  en  godet. 
Le  palper  détermine  parfois  la  douleur  ;  plus  souvent 
ilia  précLse,  et  la  localise  à  la  glande. 

En  dehors  du  palper,  dans  le  repos  absolu,  la  région 
parotidienne  devient  rapidement  le  siège.de  battements 
pénibles,  avec  irradiation  vers  la  tempe,  la  nuque  et 
l’angle  du  maxillaire. 

Les  mouvements  de  la  mâchoire  redoublent  ces  sen¬ 
sations  douloureuses,  la  mastication  est  une  souffrance, 
la  déglutition  est  difficile,  larespiration  même  est  quel¬ 
quefois  gênée.  L’ouïe  peut  être  émoussée  ;  les  bour¬ 
donnements  d’oreille  sont  fréquents. 

Lorsque  l’abaisse-langue  a  réussi  à  vaincre  le  trismus 
de  la  malade,  on  constate  une  vive  inflammation  delà 
muqueuse  buccale,  et  par  l'orifice  du  canal  de  Sténon 
turgescent  on  voit  sourdre  parfois  un  écoulement  puru¬ 
lent. 

La  salive  est  moins  abondamment  sécrétée,  quelque¬ 
fois  même  la  sécrétion  semble  tarie.  Rapidement,  ces 
symptômes  arrivent  au  maximum,  ils  coïncident  avec  le 
gonflement  extrême  de  la  région  parotidienne  entraî¬ 
nant  une  déformation  caractéristique  du  visage. 

Une  boufl'isure  d’aspect  phlegmoneux  étendue  à  la 
moitié  correspondante  de  la  face  enfouit  l’adl  dans 
l’œdème,  la  peau  rouge  et  luisante  prend  une  apparence 
érysipélateuse.  Dans  les  parotidites  bilatérales  ;  l’as¬ 
pect  est  repoussant  ;  les  traits  complètement  déformés 
deviennent  méconnaissables,  la  face  double  de  lar¬ 
geur,  le  cou  participant  à  la  tuméfaction  répond  au 
type  classique  du  cou  proconsulaire.  La  malade  garde 
précautionneusement  sa  tète  immobile.  La  palpation 
locale  donne  à  ce  moment  des  renseignements  différents 
de  ceux  du  premier  jour.  Sous  la  peau  élastique,  le 
doigt,  qui  y  laisse  son  empreinte,  perçoit  parfois  une 
pseiulo-fluctuation,  une  rénitence  lointaine,  (|ui  dé- 
note  la  suppuration  de  la  glande.  Le  godet  que  la  pal¬ 
pation  détermine  sur  la  peau  parotidienne  montre  l’a¬ 
bondance  de  l’cedème,  résultat  de  la  compression  mé¬ 
canique  de  la  circulation  derctouretaussidcla«throm- 
bose  de  quelques  veines  »  .Morestin).  Les  troubles  de 
compression  nerveuse  sont  exceptionnels,  pourtant  Né- 
laton  et  Gillette  ont  signalé  des  paralysies  définitives, 
consécutive  à  la  destruction  du  facial.  L’état  reste  le 
même  pendant  quelques  jours,  généralement  trois  ou 
quatre,  puis  l’affection  évolue  vers  l’une  des  destinées 
suivantes  : 

harésolation.  Gettc  terminaison  est  fréquente  puis¬ 
que  nous  la  notons  (i  fois  sur  dix  cas.  Elle  se  produit 
brusquement  iobserv.  3)  ou  plus  volontiers  peu  à  peu. 
I.a  température  redevient  normale,  en  môme  temps 
que  l’état  local  s’améliore,  la  sécrétion  salivaire  repa¬ 
raît,  l’tedèmc  .s’atténue,  et  les  troubles  fonctionnels  s’é¬ 
vanouissent.  Longtemps  après  la  disparition  de  tout 
phénomène  inflammatoire,  il  persiste  une  induration 


19b 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


très  nette  de  la  glande  ou  d’un  certain  nombre  de,  ses 
lobules.  La  un  peu  moins  fréquente  est 

notée  dans  nos  observations.  Atfectant  la  masse  ou 
plusieurs  points  delà  parotide  frappant  une  seule  glan¬ 
de,  ou  les  deux  simultanément,  ou  l'une  après  l'autre, 
la  suppuration  se  devine  plutôt  qu’elle  ne  s’impose  par 
le  palper  de  la  région.  La  dissémination  des  foyers  ab- 
cédés,  la  barrière  aponévrotique  qui  les  sépare  (iu  doigt 
explorateur,  ne  permettent  pas  de  sentir  bien  nettement 
la  tluctuation.  c  C’est  d’ailleurs  un  signe  tardif  quand  il 
devient  manifeste,  et  d’une  façon  générale  il  est  pru¬ 
dent  de  ne  pas  l’attendre  pour  inciser.  »  (Morestin).  En 
admettant,  en  effet,  la  possibilité  d’une  tendance  heu¬ 
reuse  à  fuser  vers  les  téguments  et  non  vers  les  parties 
profondes ,  il  n’en  reste  pas  moins  que  la  collection  paroti- 
dienne  ouverte  spontanémeutàla  peau  occasionuerapour 
le  moins  une  cicatrice  difformeya  tendance  chéloïdicnne 
et  parfois  même  une  étroite  et  sinueuse  listule,  laissant 
il  l’occasion  des  repasou  d’une  excitation  gustative,  sour¬ 
dre  des  gouttes  de  salive.  Ce  phénomène  explique  une 
partie  des  cas  publiés  sous  le  nom  d'èphidosc  paroti¬ 
dienne  I  Bézardj .  Il  est  enfin  une  forme  heureusement  rare 
dontnous  avons  observé  un  exemple  (obs.l),  c’est  Infor¬ 
me  gangreneuse.  Après  quelques  jours  d’une  évolution 
de  tout  point  semblable  à  celle  de  la  forme  suppurée, 
l’affection  prend  une  allure  particulière.  La  peau  paro¬ 
tidienne  devient  brunâtre,  la  consistance  de  la  tumé¬ 
faction  paraît  pâteuse  ;  l'état  général  s’aggrave  et  dé¬ 
note  une  toxi -infection  profonde.  L’incision  ne  donne 
pas  issue  à  du  pus,  mais  à  des  lambeaux  spbacélés  de 
couleur  vert-de-gris,  et  d’odeur  infecte  ;  le  fond  de 
la  plaie  est  constitué  par  des  tissus  mortifiés  bru¬ 
nâtres,  qui  s’éliminent  les  jours  suivanis,  jusqu’à  vi¬ 
der  le  creux  parotidien.  La  chute  des  eschares  entraîne 
toujours  de  petites  hémorrhagies,  et  ouvre  parfois  des 
Vaisseaux  importants.  Lorsque  la  guérison  survient, 
elle  n’est  qu’au  prix  de  pertes  de  substance  et  de  dé¬ 
formations  profondes  de  la  région  parotidienne. 

Ladurdedes  parolidites  post-opératoires  varie  avec 
leur  tendance  évolutive. 

Les  formes  suppuréessont  d’ordinaire  les  plus  lentes; 
les  formes  gangreneuses  entraînent  généralement  la 
mort  rapidement.  Sur  dix  observations  nous  notons 
une  durée  moyenne  de  12  jours  ;  nous  avons  relevé 
comme  chiffres  extrêmes  3  jours  et  16  jours. 

Les  parolidites  bilatérales  évoluant  le  plus  souvent 
en  deux  temps  ont  une  durée  beaucoup  plus  longue  ; 
35  jours  dans  l’observation  1. 

Leur  PRONOSTIC  est  sévère.  Décelant  une  atteinte 
profonde  de  la  vitalité  de  l'organisme,  elles  ajoutent 
un  surcroît  de  Iravail  à  ses  moyens  de  défense  déjà 
compromis  ;  aussi,  dans  deux  cas  sur  dix,  voyons-nous 
la  mort  survenir.  Suivant  la  résistance  de  l’opérée, l'exal¬ 
tation  de  la  virulence  de  l’agent  infectieux  la  nature 
de  la  parotidite,  etc.,  la  terminaison  fatale  se  pro¬ 
duit  à  une  période  plus  ou  moins  éloignée  de  la  laparo¬ 
tomie.  Dans  un  cas  de  Moricke  elle  est  survenue  le  9“ 
jour  ;  dans  un  autre  cas  du  même  auteur  la  malade  ré¬ 
sista  jusqu’au  35'jour. 

.Mais,  en  règle  générale,  la  guérison  est  habituelle  : 
lente  et  laborieuse,  elle  esl  soin  ent  retardée  par  de  lé¬ 
gères  rechutes  :  et  immobilise  la  malade  à  l’iiopital, 
alors  môme  que  sa  plaie  opératoire  est  cicatrisée.  Dans 
notre  cas  (  parotidite  gangreueusc  bilatérale),  l’opérée  ne 
peut  être  considérée  comme  guérie  de  sa  parotidite 
qu’au  bout  de  5  semaines. 

Sérieuse  en  elle-même,  la  parotidite  post-opératoire 


l’est  encore  par  les  complications  qui  peuvent  surTj, 
nir.  Les  plus  habituelles  sont  les  fusées  purulentes, 
Surtout  résistante  au  niveau  de  sa  paroi  externe,  || 
loge  parotidienne  l’est  beaucoup  moins  en  bas  etende. 
dans  ;  la  marche  du  pus  s’effectue  volontiers  vers  le 
pharynx,  en  arrière  duquel  une  collection  se  fornij 
qui  peut  ulcérer  le  pharynx  (Richet),  ou  descendu 
vers  le  thorax  (.l.-L. Petit,  Ravaton)  et  déterminer  lut 
médiastinite  suppurée  ou  une  pleurésie  purulente  :  Li 
gaine  du  sterno-cléido-mastoïdien  draine  parfois  le  p# 
vers  la  région  sus-claviculaire,  l’observation  7  en  a 
un  exemple.  Enfin  la  migration  et  l’ouverture  vers î 
conduit  auditif  externe  ont  été  observées,  et  incriai 
nées  comme  cause  d’arthrite  temporo-maxilluire  d'» 
titc/moyenne,  et  de  méningo-encéphalite . 

Comme  complication  nous  citerons  encore  les  ht 
morrhagies  artérielles  ou  veineuses,  d’abondance  w 
riable,  souvent  alarmantes,  parfois  mortelles .  Rida 
ne  sauva  un  de  ses  malades  qu’au  prix  de  la  ligature  d 
la  carotide  externe.  Gillette  moins  heureux,  n’eût  p| 
letempsde  faire  l’hémostase  et  perdit  le  sien  :  Roba 
Smith,  à  l’autopsie  d’un  enfant  atteint  de  parotidfl 
suppurée  et  mort  d’hémorrhagie,  constata  l’ouvertuB 
de  la  jugulaire  interne. 

Enfin  on  a  signalé  des  thromboses  des  gros  tront 
veineux  (jugulaire,  facialcj  ou  sinusiens  (sinus  câvw 
neux,  sinus  latéral). 

Observation  I.  (Morel,'.  —  Grossisse  exlra-ulérine  rompt 
Laparotomie.  Parotidite  gangreneuse  bilatérale.  Guérüon.- 
Mme  P..,  31  ans,  entre,  à  10  heures  du  soir,  le  27  octoli 
1003,  salie  Chassaignac,  à  l’hôpital  Bichat,  dans  le  seuil 
de  mon  maître,  le  D--  Picqué.  Elle  est  envoyée  pourunew# 
d’appendicite,  et  nous  remet  une  co  aâe  note  de  son  méde 
rin  qui  mentionne  «  outre  trois  crises  antérieures,  vraiseï 
blablement  appendiculaires,  une  irrégularité  inaccoulo» 
dans  les  règles  depuis  quelques  mois  ».  Les  symptôme* ' 
l'entrée  n’étaient  pas  immédiatement  alarmants  :  Tempéi* 
ture  rectale,  38“  ,  pouls,  100“  ;  ventre  peu  douloureux  ; 
gue  humide  ;  pas  de  nausées  ni  de  vomissements  ;  unescü 
le  matin  :  et  par-dessus  tout,  bon  état  général.  Le  le»**' 
main  matin  28  octobre,  on  pratique  le  toucher  vaginal, 
pendant  l’exploration,  on  a  la  sensation  très  nette  q»® 
collection  liquide  pelvienne  vient  de  rompre  sous  l'impnl® 
de  la  main  abdominale.  On  cesse  immédiatement  tout  et* 
men,  la  malade  est  reportée  à  son  lit  avec  de  grandes  P* 
cautions,  mise  à  la  diète,  et  étroitement  surveillée.  Laj*® 
née  est  bonne,  et  à  l'heure  de  la  contre-visite  je  Irouv» 
malade  endormie.  Mais  dans  la  soirée,  versll  heures, jaS* 
appelé  près  d’elle.  Je  la  trouve  anxieuse,  très  pâle,  etk  ’ 
sage  baigné  de  sueurs  ;  elle  n’a  pas  vomi,  mais  accus* 
nausées,  elle  souffre  un  peu, du  ventre,  sans  pouvoir 
ser  un  maximum  douloureux.  La  température  est  nor®* 
i3T“),  mais  le  pouls,  extrêmement  rapide  (140")  est  fuJ  ||î 
tout  petit.  Ces  symptômes,  les  ronstatations  dumatin.e 
régularité  des  règles  me  font  penser  à  la  rupture  d'unSe  ‘ 
sesse  extra-utérine.  L'intervention  immédiate  propose®, 
acceptée,  et  la  malade  transportée  à  la  salle  d'opéi^ 
Chloroformisation  légère.  Laparotomie  médiane  sous-®^ 
licale.  Le  péritoine  ouvert,  on  tombe  sur  des  caillots  ^ 
gains  adhérant  à  l’épiploon  et  formant  capuchon.  j 

prudemment  enlevés,  j’amène  dans  le  champ  opératoi^ 
annexes  droites,  qui  ont  le  volume  du  poing,  et  on  ^ 
sang  gicler  en  jet  d'une  rupture  de  la  portion  ampuH»' . 
ia  trompe  droite.  Quelques  adhérences  épiploïques  so 
bérées,  et  la  trompe  gravide  enlevée  sous  ligature. 
soigneuse  du  péritoine,  extraction  des  derniers  caiH®  ^ 
ture  totale  de  la  paroi, en  deux  plans.  Les  suites  fu^'®®  (. 

lument  normales  et  apyrétiques  jusqu'au  septième  J®  < 
cette  date,  la  température  monte  brusquement  à 
compagnant  d'un  mauvais  état  général  et  d’inapp®^ 
rien,  du  côté  de  la  plaie,  ne  justifie  ces  symptômes- 


LE  (PROGRÈS  MÉDICAL 


197 


tre  estsouple,  indolore,  les  mictions  et  les  selles  sont  régu¬ 
lières.  Mais  le  8' jour,  on  constate  un  ffonllement  assez  con¬ 
sidérable  de  la  région  parolidienne  droite. 

Le  doigt  déprime  la  peau  un  peu  luisante  rjui  recouvre 
cette  tutaéfaction  et  y  laisse  son  empreinte.  Les  douleurs 
sont  très  vives,  spontanées,  avec  irradiations  dans  le  cou  et 
dans  la  nuque.  La  mastication  est  impossible,  à  cause  du 
trismus,  la  déglutitionest  douloureuse.  L'haleine  est  extrê¬ 
mement  fétide.  L’incision  de  cette  parotidite  ne  donne  issue 
qu’à  un  peu  de  sérosité,  qui  sourd  de  la  brèche  faite  dans  le 
tissu  glandulaire  mortiüé.  Lavage  à  l’eau  oxygénée  et  drai¬ 
nage.  Malgré  la  répétition  des  lavages,  pendant  deux  jours, 
on  n'obtient  aucune  sédation  des  accidents  tant  locaux  que 
généraux  :  le  sphacèle  continue,  et  la  température  persiste. 
Le  IL  jour,  apparition  d’une  parotidite  gauche  do  même  as¬ 
pect  que  la  précédente.  L’aspect  du  visage  de  la  malade  est 
repoussant.  Il  a  doublé  de  largeur,  on  ne  distingue  plus 
aucun  contour  latéral,  les  yeux  semblent  enfouis  dans  l'œ¬ 
dème.  L’anorexie,  le  mauvais  état  général,  persistent  ;  la  tem¬ 
pérature  oscille  entre  39“  et  39“5.  Incision,  lavage,  et  drai¬ 
nage  de  la  parotidite  gauche,  constatation  de  lissu  sphacélé 
comme  du  côté  opposé.  Les  lavages  furent  continués  pen¬ 
dant  dix  jours,  et  peu  à  peu  la  température  redescendit  à  la 
normale  ;  les  symplômes  généraux  disparurent  peu  à  peu, 
teès  lentement.  Entre  temps,  les  fils  avaient  été  enlevés  Je 
10' jour,  la  réunion  delà  plaie  abdominale  s’étant  faite  sans 
incident.  La  malade  sortit  de  l’hOpital,  guérie  de  ses  deux 
parolidites,  et  sans  fistule  salivaire,  le  7  décembre. 

Observation  IL  {Chwa^^naz,  Journal  de  médecine  de  Bordeaux, 
n»  41,  1905.)  Fibrome  utérin  avec  hydro-salinnx.  Castration 
uléro- ovarienne.  Pui'olidite  droite.  Guérison.  —  La  nommée 
Louise  P...,  âgée  de  quarante-cinq  ans,  entre  à  l’hôpital  Tas- 
tet-Girard  le  18  juin  1905.  Réglée  pour  la  première  fois  à 
douze  ans,  les  règles  se  sont  toujours  montrées  régulières, 
mais  très  abondantes  et  douloureuses.  Mariée  à  vingt-trois 
ans,  première  grossesse  à  vingt-quatre  ans,  terminée  nor¬ 
malement  et  à  terme  ;  deuxième  grossesse  à  trente  et  un 
ans,  terminée  par  une  fausse  couche  suivie  d’aecidents  de 
pelvi-peritonite. 

Dans  les  premiers  jours  d’avril  1905,  la  malade  est  prise 
subitement  de  violentes  douleurs  dans  le  bas-ventre,  accom¬ 
pagnées  de  vomissements,  de  dysurie  et  de  ballonnement. 

Deux  autres  erises  présentant  les  mêmes  caractères  se  pro¬ 
duisent,  l’une  à  la  fin  d’avril,  l’autre  dans  le  courant  du  mois 
de  mai. 

b  examen  général  ne  révèle  rien  d’anormal  dans  les  diffé- 
|*nls  appareils,  sauf  du  côté  des  organes  génitaux  :  on 
ouve  dans  la  région  de  l'utérus  une  tumeur  qui  remonte  -à 
'-chemin  de  l’ombilic  à  la  symphyse.  Bile  est  peu  mobile, 
011  douloureuse.  Le  coi  est  normal.  L’utérus  est  fixé  et  blo¬ 
que  par  des  tuméfactions  annexielles,  surtout  sensibles  dans 
®  cul-de-sac  latéral  gauche  et  dans  le  Douglas. 

'0  21  juin  1905,  laparotomie  par  le  professeur  Démons.  Au 
de  l’ouverture  du  péritoine,  une  anse  grêle  est  Jé- 
j  intéressée.  La  plaie  intestinale  est  immédiatement 

par  un  double  plan  de  sutures  à  la  soie. 

Ygj®. “““breuses  adhérences  réunissent  le  dôme  utérin,  la 
adhé"  anses  grêles.  Les  annexes  gauches,  fortement 
"Il  descendant,  sont  kystiques  et  renferment 

est  A  droite,  l’ovaire  est  kystique,  la  trompe 

niais  non  augmentée  de  volume.  L’utérus  porte 
cor,fi^  postérieure  un  fibrome  sous-péritonéal  qui  oc- 
Douglas. 

hoa  subtotale  est  pratiquée,  suivie  de  l’abla- 

de  la  annexes  des  deux  côtés.  Péritonisation.  Fermeture 
ban  1  pians.  Drainage  hypogastrique, 
lueiic^  jours  qui  suivent  immédiatement  l’opération,  fré- 
secona  •  élévation  de  la  température,  qui  arrive  le 

’  mais  pas  de  météorisme,  pas  de  vomis- 
Le  df  douleurs. 

à  3- O jour,  la  température  est  le  malin  à  36,0  ;  le 
■^ireusé’À'  jour-là  apparaît  une  tuméfaction  rouge,  dou- 
’  dans  la  région  parotidienne  droite.  La  tuméfaction 


I  va  en  augmentant  les  jours  suivants,  empêchant  1  ouverture 
de  la  bouche  etcausant  des  douleurs  très  vives. 

La  température,  le  27  juin,  atteint  37,6,  puis  redescend 
bientôt  à  la  normale. 

La  tuméfaction  parotidienne,  traitée  par  les  pansements 
humides,  entre  lentement  en  résolution  et  disparaît  sans 
avoir  jamais  présenté  aucun  signe  de  suppuration.  C’est 
seulement  quinze  jours  après  son  début  que  la  parotidite 
peut  être  considérée  comme  guérie.  Les  suites  opératoires 
ont  été  normales,  à  part  cette  complication,  et  la  plaie  a  réuni 
per  primam. 

Observation  III.  (résumée).  Condamin.  [Soc.  de  chirurgie  de 
Lyon,  26  févr.  1903.)  —  Malade  atteinte  de  môle  hydatiforme  ; 
n'ayant  présenté  aucun  symptôme  d’infection.  M.  Condamin 
pratique  le  curettage  de  l’utérus  ;  l'opération  fut  très  facile. 
Il  n'y  eut  aucune  température  au  début.  Vers  le  6*  jour 
débuta  l'inflammation  parotidienne  ;  la  température  monta; 
une  tuméfaction  bien  limitée  à  la  glande  atteignit  le  volume 
du  poing.  Au  bout  de  5  à  6  jours,  la  tumeur  s’affaissa  brus¬ 
quement  en  même  temps  qu’il  s’écoulait  une  grande  quan¬ 
tité  de  salive. 

Observ.  IV.  Parotidite  double  suppurée  à  la  suite  de  l'ablation 
■d'un  kyste  multiloculaire  de  l’ovaire  gauche.  Guérison.  — 
l'S.-.AwjANSKY.  (.4)in.  deyynéc.,  Paris,  1885,  p.  105.)  —  Mme  A... 
K.,  44  ans,  entre  à  l’hôpital  le  26  janvier  1885.  Réglée  à 
15  ans,  régulièrement  et  sans  douleurs  ;  mariée  à  26  ans, 
elle  a  eu  3  enfants  à  terme.  En  mai  1884,  son  ventre  a  com¬ 
mencé  à.  grossir,  aujourd’hui  il  a  le  développement  d’une 
grossesse  à  terme.  Le  diagnostic  porté  est  :  kyste  multilocu¬ 
laire  de  l’ovaire.  Laparotomie  le  31  janvier  1885.  Ablation 
d’un  kyste  renfermant  8  litres  d’un  liquide  foncé  et  verdâtre; 
le  soir  de  l’opération,  la  température  s’éleva  à  38“,  puis  elle 
revint  à  la  normale. 

Le  huitième  jour  après  l’opération,  on  relire  dix  sutures, 
Pt  le  onzième  jour  toutes  les  autres.  Réunion  par  première 
intention,  cicatrice  linéaire. 

Le  douzième  jour,  la  malade  commence  à  éprouver  une  cer¬ 
taine  gêne  au  niveau  des  deux  parotides,  une  irritation  super¬ 
ficielle,  et  présente  un  tuméfaction  légère  de  la  région.  Les 
jours  suivants,  la  tumeur  augmente  considérablement  de 
volume  et  entraîne  de  la  gène  dans  Pacte  de  la  mastication, 
de  la  difficulté  de  la  parole  et  de  la  dysphagie.  Il  existait  des 
élancements  au  niveau  des  parotides.  La  malade  maintient 
la  tête  bien  droite,  immobile,  évitant  le  moindre  déplace¬ 
ment  latéral.  11  lui  est  (.resque  impossible  d'ouvrir  la  bou¬ 
che.  Diminution  de  l’ouïe  et  bourdonnements  continus  dans 
les  oreilles. 

Le  soir  du  treiziéme  jour  après  l’opération,  la  température 
commence  à  s’élever  et  monte  à  38“.  Le  troisième  jour  de  la 
maladie,  elle  est  à  39”4. 

Le  septième  jour  après  le  début  de  la  parotidite,  apparaît, 
au-dessus  de  la  tumeur,  une  rougeur  luisante.  Il  est  facile 
de  constater  de  la  fluctuation  au  niveau  de  la  parotide 
droite. 

Le  D'  E.Pawloff  incise  à  ce  moment  la  tumeur, et  il  s’écoule 
une  grande  quantité  de  pus.  Le  lendemain,  c’est-à-dire  20 
jours  après  l’opération,  des  signes  analogues  apparaissant 
au  niveau  de  la  parotidite  gauche,  on  incise  également  à  ce 
niveau.  Résultat  identique. 

Enfin,  le  treizième  jour  de  la  maladie,  c’est-à-dire  le  vingt- 
cinquième  jour  après  l’opération,  la  température  est  refe- 
venue  normale  et  ne  s’élève  plus. 

La  malade  se  rétablit  rapidement  et  quitte  l’hôpital  par¬ 
faitement  guérie.  Elle  présente  une  cicatrice,  peu  apparente, 
a  I  niieau  de  la  région  de  la  glande  parotide  du  côté 
droit. 

Obs.  V.  —  Parotidite  consécutive  à  Cablation  des  ovaires.  — 
Guérison.  —  Cas  du  D'  Bousquet  (Clermont).  —  B.  Marie,  31 
ans.  Un  enfant  il  y  a  12  ans.  Depuis  6  mois,  pertes  abon¬ 
dantes  pour  lesquelles  elle  vient  à  l’IIôlel-Dieu,  le  12  sep¬ 
tembre.  A  clé  déjà  soignée  à  Brives-la-Gaillarde,  où  on  lui  a 
fait  un  curetage. 

Examen  :  Fibrome  lisse  remontant  à  2  fr.Tv  rs  de  doigt 


198 


LE  PROGRES  MEDICAL 


au-dessoas  de  l'ombilic.- Culs  de  sae  libres.  Col  volumineux. 
Opération  le  18  septembre  ;  Hystérectomie  vaginale...  Six 
jours  après,  la  malade  a  avec  un  état  saburral  des  plus 
manifestes.  Le  ventre  est  souple,  les  escharres  s’éliminent 
bien  ;  rien  de  péritonéal,  la  température  osc'îllê  entre 
et  3Q. 

Le  huitième  jour,  poussée  de  parotidite  à  droite  avec 
maux  de  tète  et  douleurs  vives.  Cette  poussée  évolue  nor¬ 
malement,  la  glande  reste  enflammée  et  volumineuse  durant 
dix  jours,  puis  tout  rentre  dans  l'ordre  :  la  glande  diminue 
peu  à  peu  et  la  température  baisse  progressivement. 

Le  14  octobre,  la  malade  sort  du  service  très  bien  guérie, 
et, depuis  lors,  elle  nous  â  écrit  qu’elle  était  aussi  bien  que 
possible. 

Obs.  VL  —  Parotidite  gauche  après  l'oranotomie.  —  Mni't.  — 
Moricke.  (Zeitsch.  f.  G.  und,  G.,  1880.)  —  La  femme  Sch.,  âgée 
de  4S  ans,  réglée  à  17  ans,  irrégulièrement  a  accouché  dix 
fois  et  avorté  trois  fois  ;  la  menstruation  existe  encore  ac¬ 
tuellement.  Depuis  cinq  ans,  elle  remarque  un  accroissement 
de  son  corps  :  ellé  a  de  la  douleur  et  de  la  difliculté  de  la 
miction.  L’abdomen  est  distendu  par  une  tumeur  élastique 
et  manifestement  fluctuante,  dans  les  parties  déclives  de 
l’abdomen,  et  pendant  la  narcose,  l’utérus  est  facilement, 
distrait  delà  tumeur  ;  on  ne  peut  sentir  l’ovaire. 

Le  29  Juin  79  :  Ovariotomie. 

La  tumeur  se  trouve  à  la  partie  postérieure  de  l’abdomen, 
adhérente,  libre  seulement  à  la  partie  supérieure,  et  fixée 
au  cæcum  à  la  partie  inférieure,  le  kyste  vient  de  l’annexe 
gauche. 


Dans  les  premiers  jours  après  l’opération,  on  cote  une  élé¬ 
vation  de  la  température  ;  la  fièvre  tombe  le  quatrième  jour  ; 
pas  de  fièvre  le  cinquième  jour  ;  le  sixième  jour  au  matin  pas 
de  fièvre,  mais  Je  soir  on  note  une  tuméfaction  et  une  douleur 
de  la  parotide  gauche  avec  phénomènes  fébriles.  Le  dixième 
jour,  le  pansement  fut  changé,  le  ventre  est  tout  à  fait  plat 
et  mou,  la  plaie  est  cicatrisée,  les  points  de  suture  sont 
enlevés.  Le  onzième  jour,  la  fluctuation  parotidienne  étant 
manifeste,  on  incise  ;  il  sort  une  quantité  considérable  de 
pus,  la  fièvre  tombe,  mais  réapparaît  après  un  peu  moins  de 
huit  jours.  Le  toucher  fait  sentir  un  exsudât  considérable 
autour  de  l'utérus.  On  fit  la  ponction,  mais  la  température 
continua.  La  malade  mourut  le  3.")<’  jour  après  l'opération. Pas 
d’autopsie. 

Obs.  vil  —  Parotidite  droite  consêcutirc  à  ['ovariotomie.  — 
Mort.  —  Moricke.  {Zeitsch.  f.  G.  und.  G.,  1880.)  —  La  femme 
L....  âgée  de  6.7  ans,  réglée  régulièrement  depuis  l’âge  de  16 
ans,  a  accouché  neuf  fois.  La  ménopause  est  survenue  il  y  a 
15  ans.  Depuis  dix  à  onze  semaines,  on  remarque  dans  le 
ventre  une  tuméfaction  qui  s'est  accrue  rapidement  pendant 
les  derniers  temps.  La  malade  est  chétive  et  anémique. 

Le  6  novembre  1879. Ovariotomie  :  Gros  kyste  avec  contenu 
fortement  collo'i'de  ;  ce  contenu  est  gluant  et  consistant;  il  ne 
s’écoule  pas  spontanément,  mais  doit  être  extrait  avec  la 
main.  L’opération  ne  présente  du  reste  rien  de  particulier. 
Les  premiers  jours. pas  de  fièvre  :  le  sixième  jour,  les  glan¬ 
des  sous-maxillaires,  sublinguale  et  parotide  droite  com- 
mençèrent  à  s’enflammer  au  milieu  de  légers  phénomènes 
fébriles  et  déjà  le  lendemain  du  pus  s’écoulait  du  conduit 
de  Wharton.  L’inflammation  gagne  le  cou  avec  une  lièvre 
modérée,  le  pouls  devient  petit  et  très  fréquent  ;  le  17 
novembre  on  incise  et  il  s’écoule  une  quantité  assez  consi¬ 
dérable  de  pus  ;  la  malade  meurt  le  soir  même. 

L’autopsie  ne  fut  pas  autorisée. 

Obs.  VIII.  —  Parotiiitc  droite  consécutive  «  l'ovariotomie.  — 
Guérison.  (Moricke.  —  Zeitsch.  f.  G.  und.  G..  1880.)  —  La 
femme  Sch.,  âgée  de  60  ans.  a  accouché  deux  fois  ;  ses  rè¬ 
gles  sont  irrégulières  et  peu  abondantes.  Depuis  2  ans. 
elle  remarque  que  son  corps  a  grossi,  mais  surtout  depuis  le 
dernier  trimestre.  La  malade  est  une  femme  forte,  sanguine 
et  corpulente.  L’abdomen,  très  tendu, ne  permet  pas  une  ex¬ 
ploration  bien  exacte. L'utérus  se  trouve  derrière  la  tumeur. 


les  annexes  gauches  sont  tendues  plus  fortement  que 
droites  :  les  extrémités  inférieures  sont  fortement  œdéifei 
liées.  I 

Le 20  décembre  1879,  ovariotomie.  Les  parois  sont  gieaa, 
etépaisses...  Tumeur  adhérente.  La  malade  se  rétablit  rapi¬ 
dement  ;  elle  n’a  pas  de  fièvre  les  premiers  jours.  Le  sixièn* 
et  le  septième  jour  apparaissent  de  la  douleur  et  de  la  tumé-l 
faction  de  la  parotide  droite  avec  un  peu  de  fièvre,  touteh 
joue  droite  prend  une  apparence  Informe  et  occasionne  de  b 
difficulté  pour  boire  et  manger.  L'enflure  se  résorbe  et  sii 
jours  après,  retour  à  l’état  normal.  La  malade  guérit. 

Obs.  IX.  —  Parotidite  droite  après  l'ovariotomie.  Guérim. 
(Macoonai-dI.  {Edimb.  med.  Journ.,  1895,  p.  1.020.')  —  MmeD, 
âgée  de  42  ans,  se  plaint  d’une  tumeur  abdominale.  Sa 
règles  ont  cessé  ity  a  sept  ans.  Depuis  sept  mois,  la  malade 
sent  une  masse  lourde  dans  sa  région  iliaque  gauche,  q 
dont  elle  souffre  beaucoup. 

L’abdomen  est  distendu  par  une  tumeur  déformé  globe- 
leusede  la  grosseur  d’une  grossesse  à  terme. 

Onfitl’ovariotomiele  28  juin  1884.  I.a  tumeur  pesait  il)  li¬ 
vres. 

La  malade  perdit  des  gaz  le  troisième  jour  ;  l’intestin  font- 
tionnale  sixième  jour  et  les  points  de  suture  furent  enletà 
le  septième  jour  après  l’opération.  Huit  jours  après  l'opéra¬ 
tion,  la  glande  parotide  droite  enfla  considérablement,  et 
resta  dans  cel  état  quinze  jours.  La  guérison  de  la  malade 
ne  fut  d’ailleurs  pas  interrompue.  Elle  partit,  )e  9  août,  ei 
bonne  santé. 


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LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


MARCYL  GRÉMY  médicament  spécifi-  j 

que  de  la  toux,  spécialement  de  la  toux  des  tu¬ 
berculeux.  I 


bulletin  du  progrès  médical 

Ernest  Haeckel  et  la  Philosophie  Moniste 

Le  XIX'-  siècle  a  été  le  véritable  siècle  des  progrès 
scientifiques.  Les  sciences  biologiques  surtout  ont  pris 
brusquement  un  essor  étonnant  si  on  compare  leurs 
conquêtes  aux  notions  rudimentaires,  pauvre  héritage 
des  médecins  et  des  naturalistes  des  époques  passées. 
Nous  pouvons  affirmer  sans  exagération  que,  dans  le 
siècle  dernier,  un  pas  prodigieux  a  été  fait  vers  la  con¬ 
naissance  de  la  vérité.  Malheureusement,  le  développe¬ 
ment  des  institutions  sociales  n’a  pas  suivi  l’évolution 
des  sciences  et  de  leurs  applications  pratiques.  Selon  la 
constatation  d’Alfred  Wallace  :  «  pour  nous,  peuples  soi- 
disant  civilisés  nos  systèmes  de  gouvernement,  notre  jus¬ 
tice  administrative,  notre  éducation  nationale  et  toute 
notre  organisation  sociale  et  morale,  sont  restés  à  l’état 
de  barbarie  ».  Ce  conflit  nous  expose  à  des  terribles  ca¬ 
tastrophes,  dont  les  évènements  de  Russie  ne  sont  peut- 
être  qu'un  léger  prodrome.  Il  est  indispensable  de  faire 
connaître  à  tous  ceux  qui  peuvent  réfléchir  et  compren¬ 
dre  jusqu’où  les  découvertes  scientifiques  ont  conduit 
l’esprit  humain  par  l’étude  empirique  de  la  nature,  sur  le 
chemin  de  la  vérité.  Le  médecin  plus  que  tout  autre  doit 
apprécier  les  conquêtes  biologiques  auxquelles  il  a  pris 
une  part  si  active  et  qui  font  la  base  solide  de  son  art 
et  l’avenir  glorieux  de  sa  profession. 

Ernest  Hœckel,  le  grand  biologiste  allemand,  disci¬ 
ple  de  Darwin  et  apôtre  du  transformisme,  après  avoir 
consacré  sa  vie  à  la  recherche  des  origines  des  êtres  vi¬ 
vants  en  général  et  de  l’homme  en  particulier,  a  jugé 
bon  de  terminer  sa  carrière  en  condensant  en  un  li¬ 
vre  synthéthique  le  résultat  de  ses  recherches  expéri¬ 
mentales,  et  la  philosophie  qui  logiquement  en  découle. 
Pour  cela,  il  a  écrit  les  «  Enigmes  de  F  Univers  »  (1),  con¬ 
firmation  et  développement  des  convictions  qu’il  a  ex¬ 
posées,  indiquées  et  défendues  durant  de  longues  an¬ 
nées,  Haeckel  avait  fait  un  plus  vaste  projet,  il  avait  ré¬ 
solu  d’édifier  tout  un  système  de  philosophie  moniste  sur 
la  base  de  la  doctrine  évolutionniste  ;  mais  ce  projet  l’eût 
outraîné  trop  loin.  «  .Mes  forces,  écrit-il  dans  la  préfa¬ 
ce  fies  Enigmes  de  l’Univers,  ne  suffisent  plus  à  la  tâche 
et  bien  des  symptômes  de  la  vieillesse  qui  s’approche  me 
poussent  à  terminer  mon  œuvre.  D  ailleurs,  je  suis  sous 
tous  les  rapports  un  enfant  du  XIX°  siècle  et  je  veux,  le 
lour  où  il  se  terminera,  apposer  à  mou  travail  le  trait 
final.  » 

.Sagesse  admirable  de  ce  savant  qui,  en  entière  posses¬ 
sion  de  toutes  ses  facultés  intellectuelles,  veut  mettre  de 
i-même  un  terme  à  ses  travaux  et  écrire  dans  la  plé- 
nfie  le  sa  raison  son  testament  philosophique, 
r.  .  i"  c’est  un  véritable  testament  philosophique  que  les 
^'‘igmes  de  l’Univers 

-  *^®®ckel  y  a  pris  pour  prétexte  la  résolution  du  célèbre 
j,^oblème  posé  en  1880  par  Emile  du  Bois-Reymond  a 
gj^?,®'^ômie  des  sciences  de  Berlin  au  cours  d’une  séance 
....^^J^o^eur  de  Leibnitz,  où  le  physicien  prussien  distin- 

e(üUu’'***j5  librairie  G.  Reiiiwal,  Kehleiehcr  frères  et  Cie, 

"v,  U,  rue  des  Saiiits-Péres. 


guait  sept  énigmes  de  l'Univers  (1  .  Ernest  Haeckel 
n’admet  qu’une  énigme  :  le  problème  de  la  substance  ; 
toutes  les  autres  s’expliquent  ou  entrent  dans  cet  unique 
inconnu.  Et  tout  le  livre  sera  un  e.xposé  du  conflit  entre 
la  raison  et  le  dogme,  où  la  première  n’aura  guère  de 
peine,  avec  l’appui  d’innombrables  arguments  scientifi¬ 
ques,  à  avoir  le  dessus. 

Tout  système  philosophique,  d’après  Haeckel,  doit  ac¬ 
tuellement  se  résoudre  en  deux  conceptions  : 

1“  Le  Dualisme,  qui  «  sépare  dans  l’Univers  deux  subs¬ 
tances  absolument  différentes,  un  monde  matériel  et  un 
Dieu  immatériel,  qui  se  pose  en  face  du  premier  comme 
son  créateur,  son  conservateur,  son  régisseur. 

2“  Le  Monisme  qui  réunit  dans  une  substance  unique 
Dieu  etia  Nature,  le  Corps  et  l’Esprit.  Le  Monisme  d’Haec- 
kel  n’est  pas  le  Matérialisme  qui  nie  l’esprit  et  fait  du 
monde  un  amas  d’atomes  morts  ;  ce  n’est  pas  le  spiri¬ 
tualisme  pur, qui  nie  la  matière  et  ramène  l’Univers  à  un 
groupement  d’énergies  et  de  forces.  C’est  un  système 
qui  admet,  selon  l’affirmation  de  Gœthe,  que  «  la  matière 
n’existe  jamais,  ne  peut  agir  jamais  sans  l’esprit,  et  l’es¬ 
prit  jamais  sans  la  matière.  »  Le  Monisme  d’Haeckel  est 
un  descendant  du  Naturalisme  de  Lucrèce  et  lé  fils  légi¬ 
time  du  panthéisme  de  Spinoza. 

A  l’appui  de  sa  doctrine,  Hœckel  cherche  les  arguments 
dans  la  nature  ;  il  démontre  que,  dans  la  série  animale, 
l’homme  tient  son  rang  mais  n’est  nullementun  être  <à  part, 
privilégié. L’étude  de  l’anatomie  de  notre  corps  montre  la 
conformité  d’ensemble  et  de  détails  qui  existe  entre  l’or¬ 
ganisation  de  l’homme  et  celle  des  mammifères.  Avec 
la  physiologie  il  établit,  sans  qu’il  soit  possible  de  met¬ 
tre  en  doute  ces  constatations,  l’identité  dans  la  struc¬ 
ture  du  corps  et  dans  toutes  les  fonctions  delà  vie  entre 
l’homme  et  le  singe.  L’embryologie  humaine  et  comparée 
permet  encore  moins  de  séparer  l’homme  des  autres 
vertébrés. 

Les  recherches  phylogéniques  montrent  que  l’homme 
encore  descend  des  vertébrés  et  directement  des  prima¬ 
tes.  Tout  penseur  impartial  et  conséquent  est,  à  ce  jour, 
obligé  d’admettre  que  cette  généalogie  de  l’homme 
n’est  plus  une  vague  hypothèse,  mais  un  fait  histori¬ 
que. 

Passant  dans  le  domaine  psychologique,  Hœckel  étu¬ 
die  la  nature  de  l’âme,  il  démontre  toute  la  confusion 
qui  a  régné  jusqu’à  notre  époque  dans  les  études  psy¬ 
chologiques  et  la  faiblesse  des  résultats  de  la  psycholo¬ 
gie  introspective  si  elle  n’est  pas  secondée  par  la  psy¬ 
chologie  physique  et  comparée. 

La  psychologie  n’est,  en  somme,  qu’une  branche  de  la 
physiologie.  La  psychologie  comparée  nous  permet  de 
nous  faire  une  idée  de  la  vie  psychique  bornée,  chez  les 
êtres  inférieurs,  au  plaisir  et  à  la  douleur,  formes  rudi¬ 
mentaires  de  l’attraction  et  de  la  répulsion.  Puis  par  une 
longue  série  d’intermédiaires  de  plus  en  plus  élevés 
nous  sommes  conduits  par  transition  aux  phénomènes 
si  comple.xesde  l’âme  humaine  consciente  et  raisonnable. 

L’âme,  du  reste,  évolue  comme  le  corps,  et  il  est  facile 
de  se  rendre  compte,  même  par  une  observation  super¬ 
ficielle,  des  modifications  qui  s’y  manifestent  chez  l’en¬ 
fant,  l’adulte  et  le  vieillard  ;  elle  évolue  aussi  progres¬ 
sivement  dans  la  série  des  êtres,  et  la  complexité  des 
phénomènes  qui  la  caractérisent  est  en  rapport  direct 

1)  Les  sept  énigmes  de  Du  Dois-Reymond  sont  :  1“  La- nature  de 
la  matière  et  de  la  force,  2”  l'origine  <Iu  mouvement,  I:i  première 
apparition  de  la  vie,  4*  la  finalité  de  la  nature,  5*  l'apparition  de  la 
simple  sensation  et  de  la  conscience,  0"  ta  raison  et  la  pensée  avec 
l’origine  du  langage,  "ï”  la  (piestion  du  libre  arbitre. 


200 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


1 


avec  le  développement  des  organes  nerveux  (cerveau 
dont  elle  est  la  fonction. 

La  conscience  n’est  pas,  quoi  qu'en  ait  dit  du  Bois- 
Reymond,  une  énigme  inexplicable.  On  la  voit  naître 
chez  l’enfant  à  mesure  que  les  sensations  se  multiplient 
et  que  les  phénomènes  cérébraux  se  manifestent. 

L’enfant  prend  peu  à  peu  conscience  de  son  moi,  de 
sa  personnalité.  Et  cotte  conscience  que  nous  voyons 
naître  chez  l’enfant,  nous  la  voyons  se  développer  chez 
les  êtres  à  mesure  que  nous  remontons  l’échelle  ani¬ 
male,  et  chez  les  hommes  en  général  sous  l’influence 
des  progrès  de  culture  et  de  civilisation. 

Hœckel  aborde  ensuite  le  problème  de  l’immortalité  de 
l’àme,  de  l’athanatisme,  selon  l’expression  qu’il  adopte. 
Il  énumère  les  preuves  misérables  que  théologiens 
et  philosophes  ont  été  obligés  de  chercher.  Kant  n’avait 
pu  faire  de  l’immortalité  de  l’àme  une  connaissance  de 
la  raison  pure  ;  voulant  l’admettre  en  dépit  du  bon  sens, 
il  en  avait  été  réduit  à  en  faire  «  un  postulat  de  la  rai¬ 
son  pratique  ».  Aucun  des  arguments  tendant  à  démon¬ 
trer  l’immortalité  de  l’âme  n’a  pu  supporter  l’examen  de 
la  critique  scientifique,  et  l’on  n’a  pu  trouver  mieux  que 
d’en  faire  un  article  de  foi,  une  croyance  transcendante. 
Cette  croyance  en  l’immortalité  de  l’âme  est  une  basse 
superstition  et  chaque  peuple,  selon  son  degré  de  sau¬ 
vagerie,  fait  de  la  vie  future  de  cette  âme  immortelle  un 
tableau  plus  on  moins  grossier  correspondant  toujours 
à  la  vie  qu’il  mène  sur  la  terre.  Chaque  croyant  tend  à 
lui  donner  dans  le  paradis  on  il  voudrait  la  faire  survi¬ 
vre.  les  satisfactions  passionnelles  qui’l  apprécie  le  plus 
ici  bas.  «  La  croyance  à  l’immortalité  de  l’âme,  conclut 
Haeckel,  est  un  dogme  qui  se  trouve  en  contradiction 
insoluble  avec  les  données  expérimentales  les  plus  cer¬ 
taines  de  la  science  moderne  ». 

Haeckel  aborde  enfin  l’établissement  scientifique  de 
son  système  moniste.  Il  le  base  sur  la  loi  fondamentale 
cosmologique  la  loi  de  substance,  qui  elle-même  réunit 
deux  lois  naturelles  : 

]“La  loi  chimique  de  conservation  de  la  matière,  que 
le  chimiste  français  Lavoisier,en  1789,  définit:  La  somme 
de  matière  qui  remplit  V espace  infini  est  constante.  2°  La 
loi  de  la  conservation  de  la  force  formulée  par  le  méde¬ 
cin  souabe  Robert  Mayer  en  1842  ;  La  somme  de  force 
qui  agit  dans  l’espace  infini  et  produit  tous  les  phénomènes 
est  constante.  Cette  dernière  loi  fut  précisée  et  dévelop¬ 
pée  par  Ilelmhotz  en  1847.  La  création,  telle  que  l’ad¬ 
mettent  les  religions,  ne  peut  s’accorder  avec  les  cons¬ 
tatations  scientifiques.  Haeckel  lui  substitue  l’évolu¬ 
tion.  Il  admet  que  de  toute  éterni.é  l’univers  infini  a  été, 
est  et  restera  soumis  à  la  loi  de  substance.  L’espace  est 
infiniment  grand  et  illimité,  il  n'est  jamais  vide, 
mais  partout  rempli  de  substance.  Le  temps  est,  de 
même,  infini, sans  commencement  ni  fin,  c’est  l’éternité. 
La  substance  se  trouve  partout,  en  tous  temps,  d  \ns  un 
continuel  état  de  mouvement,  le  repos  parfait  n’existe 
pas  ;  la  quantité  de  matière  demeure  aussi  invariable 
que  la  quantité  d’énergie.  Le  mouvement  éternel  dans 
l’espace  est  un  cercle  éternel  avec  des  phases  d’évolu¬ 
tion  se  répétant  périodiquement.  Ces  phases  d  évolution 
consistent  en  une  alternance  périodique  des  conditions 
d’agrégat, et  la  principale  estla  différenciation  delà  subs¬ 
tance  en  masse  pondérable  et  éther  Impondérable. Cette 
condensation  donne  naissance  à  des  corps  célestes,  qui 
ensuite  se  détruisent  en  s’entrechoquant. Des  sommes 
inouïes  de  chaleur  ainsi  produites  se  transforment  en 
forces  nouvelles  qui  mettent  en  mouvement  les  pous¬ 
sières  cosmiques,  amènent  de  nouveau  leur  agrégat  en 


nouveaux  corps  célestes,  et  ce  jeu  éternel  se  contini 
indéfiniment.  Le  soleil  est  un  de  ces  corps  célestes  don 
notre  terre  est  un  fragment  désagrégé. 

Dans  ces  corps  se  produisent  les  phénomènes  néc^ 
saires  à  la  vie,  les  êtres  formés  évoluent,  se  transfoi 
ment  sous  l’influence  de  la  sélection.  Le  développemei 
de  l'univers  entier  est  un  processus  mécanique  uniform 
dans  lequel  on  ne  peut  découvrir  ni  de  but,  ni  de  fin. 

Haeckel  traite  le  problème  de  la  divinité  dans  un  chs 
pitre  intitulé  Dieu  et  le  monde.  Il  montre  les  formes  vj 
riées  que  prendle  Dieuanthropomorphedes  diversescoi 
ceptions  religieuses.  Il  étudie  tour  à  tour  le  polythéi» 
me  qui  persiste  dans  le  catholicisme  avec  le  culte  de  h 
vierge  et  des  innombrables  saints,  le  triplothéisme  (doc 
trine  de  la  trinité),  l’amphithéisme,  où  l’on  voit,  commi 
encore  dans  le  christianisme, le  principe  du  bien  en  lutti 
avec  le  principe  du  mal,  le  monothéisme  qui  n’existe 
guère  à  l'étafde  pureté  que  dans  l’islamisme,  le  my.xo- 
théisme  qui  est  la  forme  la  plus  fréquente  des  religions 
où  se  trouvent  réunies  des  conceptions  différentes  par¬ 
fois  contradictoires  (unité  de  Dieu  et  trinité  dans  le 
christianisme). 

Toutes  ces  religions  ont  fait  de  Dieu  un  être  personnel 
extramondain.  La  philosophie  moniste  confond  Dieu 
avec  le  monde,  l’admet  intramondain,  en  un  mot  est 
panthéiste. 

Haeckel,  comme  tout  savant,  ne  se  fait  pas  d’illusiou 
sur  les  lacune^  scientifiques  que  présente  son  système. 
Nous  ne  savons  pas, nous  ne  saurons  jamais  toute  lavé 
rité.  Ces  lacunes  se  comblent  au  fur  à  mesure  des  pro¬ 
grès  delà  science, mais  en  attendant  quelles  soient  com¬ 
blées, nous  sommesen  droit  de  remplir  les  vides  qu’elles 
laissent  par  des  hypothèses  que  Haeckel  appelle  des 
croyances.  Rétablit  une  différence  très  nette  entre  ces 
croyances  superstitieuses  des  religions  révélées  et  ces 
croyances  scientifiques;  les  secondes  expliquent  les  faits 
en  s’harmonisant  avec  les  lois  indiscutables  de  la  na¬ 
ture  ;  les  premières  font  intervenir  simplement,  pour  ré¬ 
soudre  le  problème,  l’extravagant  surnaturel,  le  miracle. 

Et  logiquement,  le  grand  transformiste  est  conduit  à 
établir  un  parallèle  entre  la  science  et  le  christianisme, à 
exposer  le  conflit  irréductible  qui  doit  exister  entre  l’ex¬ 
périence  scientifique  et  la  révélation  chrétienne. 

Le  christianisme  des  premiers  âges  eut  d’abord  comme 
règle  le  seul  noble  principe  de  l’amour  universel  dn 
prochain  et  les  obligations  morales  qui  en  résultent- 
Les  chrétiens  des  premiers  siècles  étaient  des  sortes  de 
communistes  ou  des  démocrates-socialistes  que  le® 
gouvernements  poursuivraient  encore  à  notre  époque- 
Petit  à  petit,  cette  pure  morale  de  Tamour  d’autrui 
s’est  déformée  en  un  instrument  d’oppression  et  est 
devenue  le  papisme,qui,à  partir  du  IV'  siècle, au  concile 
de  Nice  (327), sous  la  direction  de  l’empereur  Constantin) 
déclara  une  guerre  sans  merci  à  la  science  et  fut  cause 
de  la  longue  période  d’ignorance  médiévale . 

La  Réforme  survint,  et  alors  commença  la  <■  renais* 
sance  de  la  raison  enchaînée  ».  Mais  les  Réforma*  | 
teurs,  malgré  leur  hardiesse,  ne  surent  se  libérer  co®' 
plètement  des  superstitions  papistes. 

C’est  ainsi  que  Luther  condamna  la  découverte 
Copernic,  parce  que  Josué  avait  ordonné  au  Soleil  c  j 
non  à  la  Terre  de  s’arrêter,  et  que  Calvin  fit  brûler  * 
Genève  .Michel  Servet,  le  médecin  espagnol  qui  avait  es* 
attaquer  la  croyance  en  la  Trinité.  .  j 

Mais  au  XIX*  siécle,le  christianisme  affecta  un  nou?® 
avatar,  il  devint  un  pseudo-christianisme  où  les  crû} 
ances,  trop  ébranlées  par  les  progrès  de  la  connaissau 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


201 


delà  nature,  ne  furent  piastres  solides  ni  très  sincères. 
Le  pape  en  fut  réduit, pour  ranimer  le  zèle  de  ses  fidèles 
à  jeter  successivement  les  plus  formidables  défis  à  la 
science  et  au  sens  commun.  Ce  fut  d’abord  en  décembre 
1854  la  proclamation  du  dogme  de  l’immaculée  Concep¬ 
tion,  puis  en  1864  l’Encyclique,  qui  condamne  toute  la  1 
civilisation  et  toute  la  culture  intellectuelle  moderlie.  ' 
Le  Syllabus  aggravait  l’Encyclique  en  énumérant  et  ! 
anathémisant  la  raison  et  les  vérités  les  plus  indiscutées  I 
de  la  science.  Enfin  le  13  juillet  1870,  le  pape  mettait  le  | 
comble  à  cette  e.xtravagante  lutte  contre  la  vérité  en  i 
déclarant  son  infaillibilité.  j 

En  face  de  ces  transformations  du  christianisme, 
Haeckel  dresse  la  religion  moniste  de  la  raisoif  qui 
s’harmonise  avec  la  science,  et  le  triple  idéal  de  son 
culte  est  le  vrai,  le  beau  et  le  bien.  Sa  religion  est  la  , 
religion  de  la  nature.  Tout  y  reste  soumis  à  l’éternel  j 
grand  rythme  de  1’  «  apparition’  et  de  la  disparition  »  j 
qui  régit  l’Univers.  Cette  religion  a  son  temple  partout,  ' 
son  église  est  la  splendide  nature  elle-même.  i 

Ce  système  a  aussi  sa  morale.  Elle  n’y  est  pas  en  ; 
contradiction  avec  les  premiers  principes,  comme  celle 
de  Kant, qui, après  avoir  édifié  son  merveilleux  palais  de 
cristal  de  la  raison  pure,  crut  nécessaire  d’y  construire 
le  château  de  cartes  de  la  raison  pratique  pour  y  abri¬ 
ter  les  trois  fameux  postulats  mystiques  (Dieu,  l’àme  ( 
immortelle  et  le  libre  arbitre).  La  morale  du  monisme 
est  simple  :  elle  consiste  à  établir  l’équivalence  de 
l’égoïsme  et  de  l’altruisme.  L’égoïsme  tend  à  la  ; 
conservation  de  l’individu,  l’altruisme  à  la  conser¬ 
vation  de  l’espèce.  La  règle  d’or  de  celte  loi  morale  ; 
n’est  autre  que  le  précepte  des  chrétiens  des  premiers 
siècles  :  «  Fais  aux  autres  ce  que  tu  veux  qu’ils  te  fas¬ 
sent  ».  Il  n’y  a  dans  la  morale  de  la  religion  moniste 
aucun  mépris  imposé  aux  fidèles  comme  dans  le  catho-  | 
licisme,  qui  ordonne  tour  â  tour  le  mépris  de  soi-même,  l 
le  mépris  du  corps,  le  mépris  de  la  nature,  le  mépris  de 
la  civilisation  etdesesconquêtes,  les  biens  terrestres, le 
mépris  de  la  femme  et  de  la  famille,  en  exaltant  la  sain-  ’ 
teté  du  célibat. 

Telle  est  cette  superbe  doctrine  philosophique  moniste  : 
basée  sur  les  sciences  biologiques,  telle  que  Ernest  llœc- 
kell’a  condensée  dans  sonlivre  :  Les  E nigmes  de  V  Univers. 
Cette  religion  de  la  science  sera  peut-être  la  religion  de 
l’avenir,  quand  l’homme,  plus  généralement  instruit,  I 
sera  capable  de  raisonner  et  de  comprendre.  Les  énig¬ 
mes  de  l’Univers  s’y  réduisent  à  une  seule  mais  absolu¬ 
ment  insoluble,  le  problème  de  la  substance. 

Il  est  permis  de  ne  pas  adopter  le  système  scientifique  > 
d  Haeckel  formé  en  partie  de  très  séduisantes  hypo¬ 
thèses.  Mais  ce  qui  résulte  de  cette  philosophie  basée 
l’empirisme,  c’est  un  grand  amour  de  la  tolérance, 
k’homme  doué  de  l’esprit  véritablement  scientifique 
D  admet  que  les  vérités  qu’il  peut  constater  avec  ses 
sens,  mesurer  ou  observer  avec  les  instruments  qui  en  ! 
^wgmentent  la  puissance,  mais  sa  certitude  se  borne  là. 

1  sait  que  son  cerveau  et  ses  organes  ont  une  puissance  | 
•mitée  qu’il  pourra  augmenter  et  étendre,  mais  qui  ne 
sera  jamais  infinie. 

Quel  que  soit  donc  son  enthousiasme  dans  la  défense 
.es  théories  qu’il  échafaude,  des  hypothèses  qu’il  émet,  ; 
^^••e  se  croira  jamais  en  possession  de  la  vérité  absolue 
)  par  conséquent,  il  restera  sceptique  et  ne  cherchera  i 
mais  à  imposer  ses  idées  à  ceux  qui  l’entourent.  Nous 
®  ^I^eckel  terminer  l’étude  des  Enig- 
affi'  ^P^tivers  par  un  appel  à  cette  tolérance,  par  une 
rniation  du  doute  scientifique.  Nous  eussions  voulu 


l’entendre  proclamer  que  les  véritables  et  seuls  ennemis 
du  progrès  sont  les  fanatiques  qui,  savants  ou  religieux, 
sont  assez  convaincus  déposséder  la  vérité  absolue  pour 
vouloir,  envers  et  contre  tout,  l’imposer  aux  autres. 

J.  Noir. 


L'eau  oxygénée  chimiquement  pure  et  neutre  ne  peut 
être  obtenue  qu'en  diluant  le 

PERHYDROL-MERCK,  titrée  à  100  voi. 


SOCIÉTÉS  SAVANTES 


AUâDKMIE  DES  SCIE.NCES 
Séances  des  LJ  cl  19  mars  1900. 

Sur  les  effets  de  la  luherculine  absorbée  par  le  liibe  di(jeslif  chez 
les  animaux  sains  el  chez  les  animaux  tuberculeux  : 

.MM.  .4.  Cai.mettf.  et  M.  Breton  adressent  les  résultats  de' 
leurs  expériences  sur  l'ingestion  de  tuberculine  :  tout  comme 
l'ingestion  de  bacilles  tuberculeux  tués,  l’absorption  de  tuber¬ 
culine  parles  voies  digestives  entraîne,chez  les  cobayes,  même 
sains,  des  accidents  mortels  si  les  doses  administrées  sont 
suftisantes;  cette  toxicité  est  surtout  manifeste  chez  les  ani¬ 
maux  jeunes  ;  fingestion  dedoses  progressivement  croissantes 
de  la  substance  toxique  ne  détermine  aucune  accoutumance. 

Chez  les  cobayes  tuberculeux,  on  constate  toujours  une 
réaction  après  ingestion  d’une  dose  de  0  gr.  001  milligr.  de 
tuberculine,  dose  inoll'ensive  pour  l’animal  sain,  lien  résulte 
que  la  réaction  à  la  tuberculine  peut  être  recherchée,  au 
moins  chez  les  animaux,  par  l’ingestion  aussi  bien  que  par 
l’inoculation  sous-cutanée  de  cette  substance. 

Rayons  .Y  et  activité  génitale. 

M.  Vii.i.EMiN  montre  par  des  expériences  que  l’atrophie 
testiculaire  consécutive  à  faction  des  rayons  de  Roentgen  porte 
exclusivement  sur  la  glande  séminale  et  nullement  sur  la 
glande  interstitielle.  L’intégrité  du  tractus  génital  (nptam- 
menl  des  vésicules  séminales)  et  la  persistance  de  l’instinct 
sexuel  chez  les  animaux  ainsi  traités  prouve  bien  l’indépen¬ 
dance  physiologique  des  glandes  eii  question. 

La  réaction  du  sang,  fonction  de  la  nutrition. 

M.  J.  Gautrei.f.t,  se  fondant  sur  de  nombreux  dosages  hé- 
moglobiniques  et  hémo-alcalimétriques  arrive  à  la  conclu¬ 
sion  qu’il  y  a  un  parallélisme  absolu  entre  f alcalinité  appa¬ 
rente  du  sang  et  l’activité  des  échanges  organiques  mesurée 
par  le  titre  hémoglobinique.  En  d’autres  termes,  la  réaction 
humorale  suit  les  vicissitudes  de  la  nutrition  :  (juand  celle-ci 
est  ralentie,  l’alcalinité  du  sang  diminue,  et  inversement  ;  et 
il  est  intéressant  de  noter  que  cette  règle  se  vérifie  également 
(ju’il  s’agisse  de  la  série  animale  ou  des  diverses  conditions 
d'un  même  individu. 

.Analyse  des  bacilles  tuebrculevx. 

M.  B.aijdran  déduit  de  ses  expériences  la  composition  sui¬ 
vante  des  bacilles  tuberculeux  :  ceux-ci  contiennent  36  à 
44  %  de  subtances  grasses,  3  à  4  %  de  nucléine,  3,60  à  5,50  % 
decellulose.Ogr.  006  à  0  gr.  008  %  de  fer,  des  traces  de  man¬ 
ganèse,  et  50  à  56  %  de  substances  albuminoïdes.  La  quantité 
de  fer  est  supérieure  de  quelques  milligrammes  dans  le  ba¬ 
cille  humain. 

Sur  la  toxine  et  l'antitoxine  cholérigues. 

MM.  Brau  et  Denier.  —  On  peut  obtenir  en  milieu  albumi¬ 
neux  une  toxine  soluble  avec  tous  les  vibrions  cholériques 
authentiques.  Injectée  dans  les  veines,  cette  toxine  manifeste 
brusquement  ses  effets,  sans  période  d’incubation  ;  la  dose 
mortelle,  pour  le  cobaye,  est  d'un  quart  à  un  dixième  de 
cent,  cube  en  injection  intra-xeinMise,  d’un  demi-centimètre 
cube  en  injection  sous-cutané-e  ou  intra-péritonéale  ;  chez  le 
lapin  elle  est  sensiblement  plus  élevée.  Les  animaux  sontdif- 


202 


LE  PROGRÈS  MEDICAL 


cilement  immunisables  quand  on  leur  injecte  la  toxine  sous 
la  peau  :  ils  acrjuièrent,  au  contraire,  l’immunité  active  à  la 
suite  des  injections  intra-veineuses,  et  leur  sérum  acquiert 
alors  des  propriétés  antitoxiques  ;  un  cheval  ayant  re^u  dans 
les  veines,  en  six  mois,  un  demi-litre  de  toxine,  fournit  un 
sérum  qui,  à  la  dose  d’un  cinquantième  de  centimètre  cube, 
neutralise  in  i’itro,après  trente  minutes  de  contact,  deux  doses 
mortelles  de  toxine  cholérique.  Injecté  préventivement  sous 
ta  peau,  ce  sérum  protège  le  cobaye  pendant  une  dizaine  de 
jours  environ  ;  il  est  également  curatif  s’il  est  introduit  dans 
le  péritoine.  Outre  son  pouvoir  antitoxiqne,  ce  sérum  pré¬ 
sente  encore  des  propriétés  microbiennes,  agglutinantes  et 
précipitantes.  On  peut  également  obtenir  un  sérum  anti¬ 
toxique  en  injectant  des  cultures  vivantes  de  vibrion  cholé¬ 
rique  dans  lés  veines  du  cheval  ;  ce  sérum  est  même  plus  ac¬ 
tif  que  celui  qui  est  préparé  avec  les  toxines  solubles. 

_  M.  I>HI9AI.IX. 

SOLIÊTÉ  DE  BlOLOtilE. 

Séance  du  24  mars  1906. 

Action  du  foie  sur  les  extraits  inleslimmx. 

MM.  Roger  et  Josué.  —  En  injectant  dans  les  veines  de 
l'extrait  de  la  paroi  d’intestin  grêle  du  lapin,  il  y  a  diminu¬ 
tion  considérable  et  prolongée  de  la  pression  artérielle.  Des 
(juantités  trop  faibles  pour  produire  ces  variations  rendent 
l’animal  réfractaire  aux  doses  plus  élevées. 

Le  foie  arrête-t-il  la  substance  hypotensive  2 

L’extrait  concentré  injecté  dans  une  branche  d’origine  de 
la  veine  porte  ne  produit  aucune  action  hépatique  ;  le  foie, en 
effet,  ne  peut  arrêter  que  les  substances  en  dilution  faible  ; 
qu’il  s’agisse  de  glycose  ou  de  poison,  les  solutions  concen¬ 
trées  traversent  librement  le  foie  ;  les  extraits  étendus 
d’eau,  au  contraire,  se  montrent  moins  énergiqües  dans  les 
injections  intra-veineuses  qu'avant  la  dilution.  L’extrait 
tlilué,  injecté  dans  une  branche  de  la  veine  porte  n’abaisse  la 
pression  que  dans  des  proportions  minimes. 

Si  le  foie  neutralise  le  pouvoir  hypotensif  des  extraits 
intestinaux, il  laisse  subsister,  par  une  véritable  sélection  pro¬ 
tectrice,  l’action  immunisante.  L’n  animal  qui  a  reçu  une  dose 
unique  par  la  veine  porte,  suivie  d’une  injection  des  veines 
périphériques,  dix  minutes  plus  tard,  de  5  à  6  cent,  cubes 
d’extrait  non  dilué,  ne  subit  aucune  modification  de  la  pres¬ 
sion  sanguine. 

Salicylate  de  soude  contre  l’érysipèle. 

MM.  Lortat^acob  et  ViTRY  ont  fait  une  série  d’expérien¬ 
ces  pour  démontrer  l’action  préventive  du  salicylate  de  soude 
contre  le  streptocoque. 

Dans  trois  séries  d’expériences,  ils  ont  obtenu,  avec  les 
injections  intraveineuses  de  petites  doses  répétées  de  salicy¬ 
late  de  soude,  une  augmentation  de  résistance  du  lapin  à 
l’inoculation  consécutive  du  streptocoque.  .\vec  un  strepto¬ 
coque  de  virulence  forte  l’animal  meurt  en  5  jours,  tandis 
que  le  témoin,  non  traité, meurt  en  ‘à  jours.  Avec  un  strepto¬ 
coque  de  moyenne  virulence,  aucun  accident  local  ;  tandis 
(jue  les  témoins  ont  un  érysipèle  typique  et  meurent  en  6 
jours,  les  animaux  injectés  ne  meurent  pas. 

Microbisme  normal  de  l'apikêndice. 

M.VI.  Gilbert  et  Lippmann  apportent  le  résumé  d^e  leurs 
recherches  sur  la  bactériologie  de  l  appendice  chez  le  lapin, 
et  surtout  le  chien  dont  l'alimentation  et  la  forme  de  l’ap¬ 
pendice  se  rapprochent  de  l’homme.  Les  auteurs  ont  pu  cons¬ 
tater  que,  à  l’état  normal,  l’appendice  a  une  More  micro¬ 
bienne  très  variée  et  très  abondante.  Les  anaérobies  l'empor¬ 
tent  ;  le  colibacille  pullule  abondamment  et  constamment, 
empêchant  la  culture  des  autres  germes.  Les  anaérobies  ap¬ 
partiennent  à  la  flore  microbienne  normale  des  voies  biliai¬ 
res,  salivaires  et  pancréatiques  et  ont  été  décrits  dans  les 
appendicites  et  surtout  les  appendicites  fétides.  l,e  régime 
alimentaire  influe  sur  la  qualité  du  microbisme  appendi¬ 
culaire.  » 

]Hrits  rabicfiie  et  Hrus  antirabique, 

M.  Remi.incer. —  Le  vrrus  rabique  se  propage  presefue  uni¬ 


quement  par  les  nerfs.  Les  lymphatiques  ne  jouent  qu’un 
rôle  très  ellacé.  -Les  animaux  auxquels  on  inocule  le  viru? 
rabique  dans  les  ganglions  ne  contractent  presque  jamaia 
la  rage,  et  dans  ce  cas  la  voie  de  propagation  est  par  les 
nerfs  ganglionnaires.  Le  vaccin  antirabique,  au  contraire, 
suit  la  voie  lymphatique  ;  les  ganglions  axillaires  sont  sou¬ 
vent  engorgés  au  cours  du  traitement  pasteurien,  autrement 
il  serait  indiqué  de  faire  les  inoculations  dans  les  régions 
riches  en  nerfs, et  dans  les  cas  urgents, dans  le  canal  rachidien 
la  voie  épidurale  ou  sous-arachino'idienne.  s 

Action  ^précipitante  du  suc  gastrique  sur  le  suc  pancréatique. 

M.  11.  Iscovesco  a  vu  que  le  suc  gastrique  total  précipite 
le  suc  pancréatique  total  ou  dialysé  sans  que  l’acide  du  suc 
gastrique  en  soit  la  cause. 

Le  collo'ide  positif  du  suc  gastrique  forme  avec  le  colloïde 
négatif  du  suc  pancréatique  une  combinaison,  un  complexe 
insoluble  dans  un  milieu  légèrement  acidifié  par  l'acide 
chlorhydrique,  et  dissous  dans  un  milieu  fortement  acidifié 
par  l’acide  chlorhydrique. 

Ces  faits  sont  importants  au  point  de  vue  du  pouvoir 
digestif  dos  mélanges  des  sucs  g3stric{ue  et  pancréatique. 

E.  P. 

VGADÉVllE  DE  MÉDECINE 
Séance  du  27  mars. 

La  morbidité  coloniale  en  190i. 

M.  Kermorgant  lit  un  rapport  sur  la  situation  sanitaire  de 
nos  colonies  en  1904.  Les  faits  les  plus  importants  sont  :  1»  le 
rôle  prépondérant  de  l’alcoolisme  dans  la  tuberculose  et  les 
hépatites  des  pays  chauds  ;  2“  la  fréquence  croissante  de  la 
lèpre  et  de  la  maladie  du  sommeil  ;  3°  les  ravages  sévères  de 
la  grippe  à  Madagascar  ;  4“  les  résultats  obtenus  contre  l’im- 
paludisme  et  sa  r^ression  manifeste  dans  les  localités  où  l’on 
poursuit  méthodiquement  la  destruction  des  larves  d’ano¬ 
phèles,  où  l’on  a  régulièrement  recours  à  la  quinine,  soit  à 
titre  préventif,  soit  à  titre  curatif. 

Les  verres  jaunesen  ophtalmologie. 

M.  Mot  Aïs  (d’.ùngers),  afin  de  protéger  delà  lumière  les 
yeux  sensibles,  emploie,  depuis  quinze  ans,  des  verres  jaunes 
légèrement  orangés,  dits  verres  jaunes  hygiéniques. 

Ces  verres  donnent  un  éclairement  remarquable.  Le  ciel  et 
les  objets  sont  illuminés  de  tons  chauds,  très  agréables  à  l’œil. 
En  outre,  et  malgré  cette  luminosité,  ils  produisent  un  effet 
calmant,  en  sorte  qu'avec  des  teintes  proportionnées  à  l’inten¬ 
sité  de  la  lumière  ou  à  l’iiyperesthésie  rétinienne,  on  peut 
préserver  les  yeux  les  plus  sensibles. 

L’éclairement  des  verres  jaunes  est  surtout  précieux  lors¬ 
que  l’acuité  visuelle  des  naalades  est  notablement  affaiblie 
(rétinites,  choroïdites,  myopie  progressive,  atrophie  des  nerfs 
optiques,  kératites,  etc.)  Avec  les  verres  bleus  ou  fumés,  cfô 
malades  n’y  voient  plus.  Avec  les  verres  jaunes,  au  moins 
aussi  calmants.  1  éclairement  est  à  peine  diminué,  même 
dans  les  teintes  foncées. 

D’après  les  expériences  deM.Javal.  reprises  par  MM.  Tscher- 
ning  et  d  autres,  la  double  action  éclairante  et  calmante,  con¬ 
tradictoire  en  apparence,  des  verres  jaunes,  s’exphque  par  la 
suppression  des  rayons  chimiques. 

Mortalité  tuberculeuse  en  France  eten  Allemagne. 

M.  Hucward  termine  cette  discussion  par  un  très  beau  dis¬ 
cours  montrant  que  la  déclaration  obligatoire  est  inutil® 
tant  qu’on  ne  s’attaquera  pas  aux  causes  mêmes  de  la  tuber¬ 
culose  :  l’alimentation  insuffisante,  les  logements  insalubres, 
l’alcoolisme  surtout.  11  montre  avec  éloquence  toute  l’étendue 

du  péril  alcoolique  et  le  nombre  croissant  des  cabarets.  11  mon¬ 
tre  la  décroissance  de  la  tuberculose,  suivant,  en  Suède  et  en 
Norwège  la  lutte  sévère  contre  l’alcoolisme.  11  signale  l'inter¬ 
diction  de  labsinthe  en  Belgique.  Mais  se  décidera-t-on  j*' 
mais  à  agir  dans  un  pays  où  le  marchand  de  vin  est  roi. 

M.  Goéniot  .déclare  la  discussion  close  et  renvoie  les  nota- 
breuses  propositions  faites  à  la  Commission  permanente  n® 
la  tuberculose.  Celle-ci  lescondensera  et  déposera  son  rapport- 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


203 


LHe  s’adjoindra  pour  cette  rédaction  les  membres  de  l’Acadé- 
niie  qui  ont  formulé  des  yœux.  A.-F.  Plicque. 

SOCIÉTÉ  DE  CHIRURGIE 
Séance  du  21  mars  l'.lOti 
Périsigmoïdîte. 

\I.  Lbjars.  —  On  ne  doit  ranger  sous  ce  nom  que  les  inflam¬ 
mations  d’origine  intestinale.  Il  importe,  de  plus,  de  faire  la 
distinction  entre  les  inflammations  de  TS  iliaque,  tes  sigmdi- 
dites,  et  celles  du  tissu  cellulaire  périsigmoidien  ;  périsigmoï- 
dite.  M.  Lejars  relate  un  cas  desîgmoïdite  survenu  chez  une 
femme,  qui,  dix  jours  après  l’accouchement,  accusa  une  dou¬ 
leur  vive  dans  la  fosse  iliaque  gauche,  avec  fièvre,  constipa¬ 
tion  et  sensation  de  gros  boudin  à  la  palpation.  Vu  bout  de 
dix  jours  les  accidents  s'amendèrent,  pour  se  réveiller  de 
nouveau  quelipies  jours  après.  Guérison  définitive  après  cette 
rechute. 

Les  fénsigmoïdites  peuvent  être  aiguës  ou  chroniques.  Ces 
dernières  peuvent  mettre  de  longs  mois,  des  années  même 
à  évoluer  et,  la  distinction  d’avec  un  néoplasme  est  très  diffi¬ 
cile,  témoin  le  cas  de  M.  Monod  et  celui  d’une  femme  chez 
laquelle  \I.  Lejars  porta  le  diagnostic  de  néoplasmse  à  cause 
des  douleurs,  de  la  diarrhée,  de  la  cachexie  et  de  la  tumeur 
iliaque  gauche  :  or  tous  les  troubles  disparurent  par  le  repos 
et  le  traitement  médical. 

M.  Tuffier  est  intervenu  deux  fois  dans  des  cas  de  périsig- 
moïdite  aiguë  ;  de  plus,  il  relate  l’observation  d’un  homme 
âgé  de  45  ans  chez  lequel  on  porta  le  diagnostic  de  néoplasme 
de  rs  iliaque,  et  l’étatgénéral  fut  jugé  si  mauvais  qu’on  s’abs¬ 
tint  de  toute  intervention  ;  or  le  malade  guérit  complètement 
par  le  repos. 

M.  Second  est  intervenu  deux  fois  chez  des  malades  atteint 
l’un  depéricolite  sugpnrée  gauche  ;  l’autre  d’une  périsigmoïdite 
suppurée  diagnostiquée  néoplasme  de  l’iliaque.  Incision  sim¬ 
ple  et  guérison  dans  les  deux  cas. 

Stérüisation  des  gants  encfioittehouc  employés  en  chirurgie. 

M.  Chaput  insiste  sur  les  avantages  du  modèle  de  gants 
qu’il  emploie  depuis  1899  :  largeur  et  brièveté  des  doigtiers . 
Leur  stérilisation  s'obtient  par  le  simple  ébouillantage  dans 
l’eau  pendant  une  heure.  Gomme  d’habitude,  les  gants  se 
gonflent  d’air,  surnagent  et  risquent  d’échapper  en  partie  à 
la  stérilisation.  VL  Chaput  conseille  d’employer  un  bouilleur 
spécial  où  les  gants  sont  fixés  sur  un  chevalet  (fui  repose  au 
fond  du  bouilleur.  C  atz. 

SOCIÉTÉ  MÉDICVLE  DES  HOPITAl  \. 

Séance  du  TS  mars. 

Ascite  et  pleurésie  opalescentes  chez  une  rardiague.  Jtéurlion 
myéloïde  considérable  du  sang.' 

MVI.  Rénon  et  TraiER  ont  observé  pendant  plusieurs  mois 
iine  malade  cardiaque,  qui  présentait  de  l’ascite  et  de  la 
pleurésie  opalescentes.  L’examen  du  sang  révéla  une  réaction 
myéloïde  intense.  Cette  opalescence  n’était  pas  due  à  une  alté- 
mhon  des  chylifères.  Ils  excluent  également  un  passage  possi- 
hledu  liquide  ascitique  péritonéal  dans  la  cavité  pleurale  à  tra- 
'  ers  les  lymphatiques  du  diaphragme  et  expliquent  la  teinte 
tles  liquides  épanchés  par  la  dégénérescence  et  la  désintégra- 
lon  des  cellules  altérées,  en  suspension  dans  le  liquide.  Les 
tuteurs  ne  croient  pas  non  plus  à  un  rapport  de  cause  à 
la  présence  du  liquide  opalescent  et  la  réaction 
myeloïde  intense  du  sang  (8  myélocytes  neutrophiles,  29 
^maties  nucléées  pour  100  leucocytes).  Cette  réaction  peut 
J,  provoquée  par  un  état  infectieux  (luelconque,  qui  irrite 

une  façon  lente  et  continue  les  organes  hématopoiéti<iues. 
auf  ^  opinion  va  à  l’encontre  de  la  théorie  de  quelques 
il  veulent  que, pourla  production  delà  myélocytose, 

aille  une  infection  spécifique  (variole,  purpura). 

“'enalite  spécifique  de  radiiüe.  Présence  du  tréponème  pâle  de 
Schandinn. 

mquET  et  Sézary  apportent  une  première  observation 
a  Présence  du  tréponème  de  Scliaudinn  dans  les  viscères 


d’un  adulte  syphilitique.  Le  malade  entra  dans  le  service 
pour  un  chancre  avec  sypbilides  papuleuses  des  bourses.  11 
présenta  en  même  temps  un  syndrome  addisonnien  fruste, 
mais  net,  dont  il  guérit  par  le  traitement.  Revenu  deux  mois 
après  pour  récidive  des  syphilides  scrotales,  le  malade,  suc¬ 
comba  à  une  hémorrhagie  cérébrale.  V  l’examen  des  viscères, 
on  ne  trouva  lésées  que  les  capsules  surrénales  :  elles  étaient 
très  hypertrophiées,  sclérosées,  avec  infiltration  lymphocyti- 
que  nodulaire  et  contenaient  en  quantité  considérable  sur¬ 
tout  dans  la  zone  fasciculée.le  tréponème  pâle. Ces  tréponèmes 
ne  furent  trouvés  ni  dans  les  papules  ni  dans  les  ganglions 
inguinaux.  Aucun  des  antres  viscères  n’en  contenait.  La 
surrénalite  syphilitique, dont  quehpies  observations  cliniques 
existent,  a  désormais  une  base  anatomique  précise.  Elle 
joue  peut-être  un  rôle  dans  la  pathogénie  des  localisations 
spécifiques.  Friedel. 


SOCIÉTÉ  DE  MÉDECINE  DE  PARIS 
Séance  du  24  mars  igo6.  —  Prksidenxe  ne 
MM.  Berne  et  Desnos. 

La  séance  est  ouverte  à  4  h.  55. 

Le  procès-verbal  delà  précédente  séance  est  adopté  à 
l’unanimité. 

CoHRESPONDA.NCE  IMPRIMÉE.  —  Revues  et  joiimaux  habi¬ 
tuels.  —  «  L'euca'ine  et  la  stovaine  en  obstétrique  »  du  D’ 
Samuel  Gâche  ;  «  Clinical contributions  »,  de  Thôpital  des 
Massachussets  ;  «  LaFécondité  de  la  femme  dans  j  o  paysn . 
du  D’  Samuel  Gâche;  La  Pformandie  médicale  ;  Le  Droit 
Médical  ». 

Correspondance  manuscrite. — 1“  Lettre  do  candidature 
au  titulariat  de  M.le  D’  Blondin,  ancien  interne  des  hô¬ 
pitaux  ;  parrains  ;  MM.  Delherm  et  Duclaux.  Cette  de¬ 
mande  est  prise  en  considération  par  la  Société  ;  2°  Lettre 
d’excuses  de  M.Leudet,quine  peut  assister  à  la  séance  ; 
3“  lettre  du  secrétaire  général  delà  Société  de  médecine 
et  de  chirurgie  pratiques  annonçant  que  cette  Société  a 
chargé  son  bureau  de  se  mettre  en  rapport  avec  les  com¬ 
missions  nommées  par  les  Sociétés  de  médecine  de  Paris 
et  médico-chirurgicale. 

L’  «  Association  des  médecins  de  langue  française  de 
l'Amérique  du  Nord  »  invite, par  une  lettre  circulaire,  la 
Société  de  médecine  à  se  faire  représenter  à  son  3”  Con¬ 
grès, qui  se  tiendra  à  Trois-Rivières  (Canada)  les  2(5,  27 
et  28  juin  1906. Les  principales  questions  traitées  seront  : 
1“  la  tuberculose  :  2"  l’aleoolisme;  3'*  l’hygiène  infantile. 

M.  LE  Président,  au  nom  de  la  Société,  remercie  l’As¬ 
sociation  des  médecins  de  langue  française  de  l’Amé¬ 
rique  du  Nord  ;  la  Société  de  méilecihe  délègue  M.  Adels- 
tan  de  Martigny,  membre  correspondant  à  Montréal, 
pour  la  représenter  à  ce  Congrès. 

M.  LE  Secréfaire  général  annonce  le  décès  de  M.  le 
D’H.  Devalz, membre  correspondant  aux  Eaux-Bonii  es  ; 
il  a  adressé  une  lettre  de  condoléance  à  sa  veuve  au 
nom  de  la  Société. 

M.  Stassano,  au  nom  du  DMuHien, empêché,  et  au  sien, 
fait  une  communication  sur  :  Cinq  cas  de  gommes 
traitées  par  le  levurargyre.  {Sera  publiée.) 

M.  Graux  demande  la  dose  exactedu  médicament. 

M.  Stassano.  —  Pour  les  cas  secondaires,  nous  avons 
donné  3  fois  par  semaine  une  injection  de  10  cm-'  de 
levurargyre  ;  bons  résultats.  —  Dans  les  cas  graves, 
nous  avons  injecté  jusqu’à  lOO  cm"  de  levurargyre  ;  mais 
nous  avons  vu  que  ces  doses  massives  étaient  inutiles, 
et  nous  obtenons  de  bons  résultats  en  employant  10  cm" 
en  moyenne  par  injection.  —  Le  lévurargyre  est  du  mer¬ 
cure  fixé  par  de  la  levure  de  bière  que  je  cultive,  et  ad¬ 
ditionnée  de  bichlorure  de  mercure. 

Le  fait  d’injecter  3  fois  par  semaine  10  cm"  de  lévura- 
gyre  repré.sente  9  milligrammes  de  mercure  métal. 

M.  Duclaux.  —  Quel  est  l’avautage  de  cette  médica¬ 
tion  ? 

M.  Stassano.  —  C’est  d’employer  une  moindre  quantité 
de  mercure  métal. 


204 


LE  PROGRÈS  MEDICAL' 


? 


M.  Lematte. —  l’endaiit  longtemps,  ou  a  cru  que  plus 
on  augmentait  la  dose  des  médicaments,  plus  l’organisme 
en  profitait  :  ceci  est  absolument  faux. 

Si  on  donne  du  phosphore  sous  forme  de  nucléo-pré- 
téide  vivante,  on  a  une  fixation  du  phosphore  sur  la 
molécule. 

Pour  le  mercure,  on  a  dit  souvent  à  tort  :  le  composé 
le  plus  riche  en  mercure  sera  le  plus  apte  à  guérir  la 
syphilis. 

Les  expériences  de  M.  Stassano  prouvent  que,  pour 
agir  bien  et  vite,  il  faut  que  le  mercure,  comme  tous  les 
métaux  pour  agir  convenablement,  passe  par  un  milieu 
organique.  Et  ce  qui  est  vrai  pour  le  mercure  est  vrai 
pour  l’iode,  et  tant  d’autres. 

M.  Stassano.  —Je  remercie  M.  Lematte  d’avoir  mis 
la  question  au  point,  et  je  tenais  aujourd’hui  à  publier 
surtout  des  cas  spéciaux. 

M.  Berne.  —  L’intéressante  communication  de  nos 
confrères  Jullien  et  Stassano  nous  permet  de  constater, 
sur  l’épreuve  radiographique, l'aspect  réel  de  l'hyperos- 
tose  syphilitique  du  tibia. 

Nous  rapprochons  cet  état  de  celui  constaté  pour  la 
première  fois  par  le  professeur  Lannelongue,  sur  les 
tibias  dans  la  syphilis  héréditaire  à  détermination 
osseuse,  le  tibia  des  héréditaires,  tibia  en  «  lame  de 
sabre  »,  appelé  aussi  «  tibia  Lannelongue  »  ne  présente 
pas  de  déviation  de  l'axe  de  l’os.  Même  chose  dans  ce 
cas  de  syphilis  osseuse  chez  l’adulte  dont  nous  voyous 
la  reproduction  radiographique  de  profil. 

Sur  la  planche  soumise  à  notre  examen, le  tibia  parait 
convexe  et  incurvé, mais  n’est  que  modifié  dans  sa  forme 
et  non  dans  la  direction  de  son  axe  ;  il  y  a  hyperostose 
c’est-à-dire  production  exagérée  de  la  substance  de  l’os 
et  du  périoste  ;  la  syphilis  est  ossifiante  dans  la  plupart 
des  cas  de  lésions  gommeuses  sous-périostées.  L’io- 
dure  de  potassium  était  employé  à  l’hôpital  Trousseau 
avec  grand  succès  par  le  prof.  Lannelongue  dans  le 
traitement  des  hyperostoses  gommeuses  observées  chez 
les  enfants  atteints  de  syphilis  osseuse. 

M.  Godlewski.  —  On  a  demandé  à  M.  Stassano  les 
avantages  de  cette  préparation  ? 

Je  crois  que  les  injections  hydrargyriques,  tout  en  fai¬ 
sant  beaucoup  de  bien,  peuvent  faire  beaucoup  de  mal. 
—  Donc  en  employant  les  faibles  doses  de  mercure  métal 
de  M. Stassano,  et  en  obtenant  ainsi  de  bons  résultats, on 
peut  trouver  un  grand  avantage  dans  cette  médication, 
car  on  pourra  éviter  les  accidents  d’hydrargyrisme . 

M.  Stassano.  —  C’est  pour  cela  que,  même  en  pleine 
stomatite,  nous  avons  employé  avec  résultat  le  lévurar- 
gyre. 

M.  Graux.  -  Où  peut-on  se  procurer  ce  médicament  ? 

M.  Stassano.  —  Il  est  maintenant  dans  le  commerce. 

M.  Christian. —  Pourquoiy  a-t  ileu,mème  avec  ce  mé¬ 
dicament,  des  récidives  dans  les  cas  publiés  par  M .  Stas¬ 
sano  ? 

M.  Stassano.  —  Il  n’y  a  pas  eu  de  récidives  dans  les 
cas  que  j’apporte,  car  il  ne  s’agissait  alors  que  d’un  trai¬ 
tement  non  prolongé,  et  l’insuffisance  du  traitement  a 
été  la  cause  de  cette  récidive. 

M.  Christian.  —  On  nous  a  appris  autrefois  que  la  sy¬ 
philis  tertiaire  relevait  uniquement  de  l’iodure  de  potas¬ 
sium  et  que,  dans  ces  cas,  le  mercure  était  nuisible.— J’ai 
vu  ainsi  et  par  ces  traitements  des  cas  aggravés  et  gué¬ 
ris. —  .\ujourd’hui  tout  est  changé:  pourquoi  ne  veut-on 
plus  employer  l’iodure  de  potassium  ? 

M.  Stassano. —  Je  vois,  avec  notre  médication,  même 
en  24  heures,  des  progrès  considérables  :  voilà  pour¬ 
quoi  je  la  préfère. 

M.  Christian.  —  Je  crois  qu'on  a  les  mêmes  résultats 
heureux  avec  l’iodure  de  potassium  ;  et  c’est  à  cette  mé¬ 
dication  que  j’aurais  encore  recours  si  je  devais  soigner 
une  syphilis  tertiaire. 

M.  Godlewski  — J’aieuàsoignerbien dessyphilitiques 
etj’ai  remarquél’efficacitéincontestable  del’iodurede  po¬ 
tassium  dans  la  syphilis  tertiaire.  —  Je  crois  donc  qu’il 


faut  avoir  recours,  dans  les  cas  tertiaires,  àce  médica-  • 
ment  ;  tel  est  le  cas  des  syphilitiques  hémiplégiques, 
chez  lesquels  on  peut,  grâce  à  l’iodure  de  potassium,  ob¬ 
tenir  de  merveilleuses  améliorations. 

M.  Monel.  —  Pour  répondre  à  M.  Christian,  ce  ne 
sont  ni  les  malades  ni  les  médecins  qui  ont  changé  ;  la 
manière  de  traiter  a,  seule,  changé. 

La  syphilis  qui  occasionne  des  accidents  vasculaires 
est  heureusement  combattue  dans  certains  cas  par  l’io- 
dure  ;  mais  ce  senties  cas  les  plus  rares. 

Pour  les  gommes  de  la  jambe,  par  exemple,  traitez 
avec  de  Tiodure  ou  avec  du  mercure,  et  vous  verrez  la 
différence. 

Il  est  essentiellement  illogique,  par  exemple,  dans  lés 
cas  d’accidents  de  la  bouche,  de  donner  de  l’iodure  qui 
augmentera  encore  ceslésions  par  sa  présence,  en  irri¬ 
tant  les  muqueuses.  —  Le  mefeure  bien  employé,  dans 
la  grande  majorité  des  cas,  peut  suffire. 

M.  Duclaux. —  Je  crois  que,  dans  certains  cas,  on  peut 
employer  Tiodure  de  potassium  sous  forme  d’injec¬ 
tions  locales  au  pourtour  de  la  plaie.  —  Labadie- Lagrave 
Ta  préconisé  autrefois,  et  j’ai  eu  moi-même  l’occasion  de 
le  faire  avec  succès  sur  des  enfants. 

M.  Deléage.  —  J’ai  entendu  dire  autrefois  que  Tio¬ 
dure  était  très  dangereux  à  employer  dans  le  cas  de  sy¬ 
philis  cérébrale  ;  pour  ma  part,  j’ai  observé  un  cas  mortel 
de  syphilitique  traité  par  Tiodure. 

Il  s’agit  d’un  jeune  homme  de  22  ans,venu  me  consulter 
à  Vichy  et  qui  présentait  une  syphilis  du  foie  avec  une 
roséole  intense.  —  Je  lui  donnai  de  Tiodure  pendant 
quatre  jours  ;  le  cinquième,  j’observai  une  vaste  tache 
ecchymotique  de  la  région  fessière  qui  disparut  par  le 
régime  lacté  ! 

Le  malade  partit,  revint  consultera  Paris  un  derma- 
tologiste  qui  lui  préconise  de  Tiodure.  —  Il  part  en  Nor¬ 
mandie,  prend  son  iodure  et  meurt  en  peu  de  jours  d’une 
hémorragie  intestinale. 

Aussi  serai-je  très  réservé  dans  l’emploi  de  Tiodure 
pour  le  cas  de  syphilis,  surtout  avec  lésions  hépatiques. 

M.  Desnos.  —  Le  mercure  à  hautes  doses  dans  les  cas 
graves  a  donné  de  merveilleux  résultats  ;  je  crois  que  la 
syphilis  est  très  délicate  à  traiter,  et  il  faut  suivre  le 
malade  avec  grand  soin  pour  voir  l’effet  du  traitemenf. 

M.  Monel.  —  J’estime  qu’il  est  prudent  de  faire  tou¬ 
jours  l’examen  des  urines  avant  de  soigner  un  syphili¬ 
tique  ou  de  recommencer  une  série  d’injections. 

La  variabilité  des  maladies  est  très  grande,  il  y  a  un 
vrai  doigté  à  acquérir  pour  traiter  la  syphilis  qui  ne  doit 

Elus  se  traiter  comme  autrefois  selon  une  formule  algé- 
rique. 

Election. 

M.  le  D’  Lucien  Gr.aux,  ayant  obtenu  l’unanimité  des 
suffrages,  est  proclamé  membre  titulaire  delà  Société  de 
Médecine  de  Paris.  * 

La  séance  est  levée  à  0  h.  45. 

L'un  des  secrétaires  annuels, 

D'  Mortier. 

CONSEIL  SUPÉRIEUR  DE  L’ASSISTANCE 
PUBLIQUE. 

Session  de  mars  igoG. 

Conformément  à  un  arrêté  ministériel  en  date  du  22 
février  dernier,  le  Conseil  supérieur  de  l’Assistance 
publique  s’est  réuni  en  session  ordinaire  mardi  dernier 
27  mars.  La  session  a  été  ouverte  par  M.  Sarraut,  sous- 
secrétaire  d’Etat,  parlant  au  nom  de  notre  ami/^- 
Clemenceau,  ministre  de  l’intérieur.  M.  Sarraut  s'est 
exprimé  ainsi  : 

Monsieur  le  Minisire  de  Tlnlérieur  avait  à  cœur  de  présider 
à  l’ouverture  de  a  os  travaux.  Une  obligation  impérieuse  de 
sa  charge,  celle  d’assister  au  Conseil  des  Minisires,  Ten  eiU' 
pèi  he.  il  m’a  confié  la  mission  de  l’excuser  auprès  de  vou-' 
et  le  très  grand  lionneiir  de  vous  traduire  les  sentiments 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


205 


haute  estime  et  de  confiance  dont  il  eût  aimé  vous  apporter 
lui-même  l’expression. 

En  son  nom,  Messieurs,  je  veux,  une  fois  de  plus,  \ous 
remercier  du  concours  si  précieux  et  si  dévoué  que  le  Conseil 
supérieur,  depuis  sa  fondation,  n’a  cessé  de  donner  au  gou¬ 
vernement  de  la  République.  Le  pays  et  ses  représentants 
savent  combien  vo),re  part  est  grande  dans  l'œuvre  d'assis¬ 
tance  et  de  justice  sociale  qui  s’est  accomplie  depuis  dix-huit 
ans.  Ils  savent  que  c’est  dans  le  sein  de  votre  assemblée, 
»râce  au  labeur  judicieux  et  considérable  de  vos  délibérations, 
où  les  esprits  les  plus  éminents  comme  les  plus  généreux 
associent  la  double  et  féconde  collaboration  de  la  science  et 
de  la  bonté,  que  se  sont  dégagées,  tracées  et  précisées,  les 
lignes  essentiélles  des  lois  sur  la  protection  de  l’enfance,  sur 
les  secours  médicaux  donnés  aux  malheureux,  et  l'obligation 
de  l’assistance  aux  vieillards  et  aux  incurables. 

En  ouvrant  votre  session  de  190.'),  le  ministre  de  l'intérieur 
vous  disait  qu’il  comptait  faire  un  appel  plus  large  encore  à 
votre  bienfaisant  concours  et  qu'il  demanderait  au  Gonseij 
supérieur  sa  collaboration  constante  à  l’action  administra¬ 
tive,  afin  d’assurer  les  applications  pratûiues  des  lois  dont 
vous  aviez  posé  les  principes  directeurs. 

Telle  est  aussi,  ûlessieurs,  l’intention  du  ministre  actuel  et 
vous  en  trouverez  la  preuve  dans  l’exposé  des  questions  ins¬ 
crites  à  votre  ordre  du  jour,  comme  aussi  dans  la  liste  de 
celles,  plus  nombreuses  encore,  dont  1  étude,  confiée  à  vos 
sections,  se  poursuivra  et  s'achèvera,  nous  l’espérons,  à  bref 
délai,  dans  le  labeur  de  vos  discussions  générales. 

Aussi  bien,  cette  session  manjue  une  évolution  essen¬ 
tielle,  on  peut  le  dire,  dans  le  fonctionnement  de  votre 
assemblée. 

Les  pouvoirs  publics  ont  pensé  avec  raison  (ju'une  assem¬ 
blée  telle  que  la  vôtre  avait  qualité  non  seulement  pour 
donner  des  avis  facultatifs,  mais  aussi  pour  collaborer  plus 
intimement  à  l’action  gouvernementale  et  à  l’application  des 
lois  que  votre  effort  avait  préparées. 

Et  c’est  ainsi  que  vous  êtes  appelés  à  surveiller  et  à  régula¬ 
riser  l’application  de  la  loi  du  14  juillet  lyOà  sur  l’assistance 
aux  vieillards  en  nommant  la  commission  chargée  de  statuer 
définitivement  sur  les  secours  qui  pourront  être  formés  en  ce 
qui  touche  Tinscriptiôn  sur  les  listes. 

D’autre  part,  aux  termes  du  projet  de  règlement  d’admi¬ 
nistration  publique  actuellement  soumis  au  Conseil  d’Etat, 
TOUS  serez  appelés  à  participer  à  l’établissement  du  tableau  | 
d’avancement  du  personnel  de  l'inspection  de  l’Assistance 
publique. 

Ainsi,  Messieurs,  le  Conseil  supérieur  se  transforme  ;  son 
rôle  s’élargit  et  se  précise  à  la  fois  :  d’assemblée  consultative, 
il  devient  un  corps  ayant,  sur  certaines  questions,  un  pouvoir 
propre  et  une  action  spéciale. 

Dans  cette  nouvelle  partie  de  vos  attributions,  le  gouver¬ 
nement  sait  que  vous  apporterez  sans  compter  le  concours 
"®™andé  à  un  dévouement  et  une  compétence  dont  vous  avez 
déjà  donné  tant  de  témoignages  précieux. 

Et  c’est  pour(£uoi,  Messieurs,  au.  nom  des  déshérités  et  des 
inalheureux  dont  il  entend,  parmi  effort  justement  obstiné, 
aUéger  chaque  jour  davantage  le  fardeau  douloureux  de  mi- 
’^res,  le  Gouvernement  vous  remercie  de  l’aider  si  généreuse¬ 
ment  dans  la  tâche  de  solidarité  humaine  et  de  justice  sociale 
fini  sera  le  plus  lourd  devoir,  mais  (jui  sera  aussi  le  suprême 
>onneur  de  la  Républi([ue  E’rançaise. 

Après  ce  discours,  accompagné  de  nombreux  applau- 
î®®®ments,  le  Conseil  a  maintenu  l'ancien  Bureau  (1)  et 
Tn  a  ^  la  discussion  de  la  première  des  questions  à 
,  jour  ;  Projet  de  Règlement  d'administration 

I  Olique  pour  l'exécution  de  la  loi  du  24  juillet  1889  sur 
g®  ^tfants  moralement  abandonnés,  rapport  de  M. 
^.^®yre.A  propos  de  l’article  6,  prescrivant  la  tenue  d’un 
ront^î-  lequel  seront  indiqués,  à  la  date  où  elles  au- 
^  Imu,  les  visites  effectuées  par  les  médecins,  nous 
l’addition  suivante  :  «  Le  médecin 
ra  inscrire  sur  ce  carnet  le  diagnostic  des  maladies 

M.  Stfîuis.);  vicc-iaésidrnls.  .M.M.  11  Tliulir  ot  Sai.ra,,. 


présentées  par  l’enfant  »,  tentant  de  constituer  ainsi 
un  essai  de  carnet  sanitaire  qui,  en  dépit  des  efforts  de 
quelques  médecins,  ne  se  vulgarise  pas  du  tout.  Malgré 
l’appui  de  M.  Pédebidou,  le  Conseil  a  écarté  notre  pro-- 
position.  —  Les  autres  questions  étaient  les  suivantes  : 

3"  Projet  de  Réglement  d'administration  publique,  pour  l'exécu¬ 
tion  du  la  loi  du  28  juin  1904  sur  les  pupilles  difficiles.  M.  Brueyre, 
rapporteur . 

4“  Avis  à  donner  sur  les  demandes  des  communes  formées  en 
vertu  de  l’article  35  de  la  loi  du  15  juillet  1893.  M.  Campagnole, 
rapporteur. 

5“  Election  des  15  membres  du  Conseil  appelés  à  faire  partie  de 
la  Commission  centrale  prévue  par  l'article  17  de  la  loi  du  14  juil¬ 
let  1905  sur  l’assistance  aux  vieillards,  aux  infirmes  et  aux  incura¬ 
bles  privés  de  ressources. 

Ont  été  nommés  :  MM.  Strauss,  Labiche,  Labrousse, 
Dron,  Mirman,  Ogier,  Paulet,  Mesureur,  Coulon,  de 
A’^illeneuve,  Alapetite,  Rondel,  Magnan,  Ferdinand 
Dreyfus;  —  Suppléants:  MM.  Briand,  Boucart  et  Bru- 
not. 

6"  Vote  d’une  liste  de  présentation  de  3  membres  du  Conseil, 
pour  l’un  d’eux  être  appelé  à  faire  partie  du  Conseil  supérieur 
d’hygiène,  en  exécution  de  l'article  25  de  la  loi  du  15  février  1902, 
sur  la  protection  de  la  santé  publique  et  du  décret  du  7  juillet  1904. 

Les  membres  désignés  sont  MM.  Bourne ville,  Droui- 
neau  et  Lande.  La  session  a  été  close  hier  vendredi. 


LA  VALEROBROMINE  LEGRAND 

est  plus  active  que  les  bromures  et  les  valé- 
rianates. 


VAJIÂ 

Banquet  en  l'honneur  du  D''  Séailles. 

Vendredi  23  mars,  à  7  heures  1/2,  a  eu  lieu  chez  Marguery 
un  banquet  confraternel  en  l’honneur  du  D‘  Séailles,  ancien 
président  du  Syndicat  des  médecins  de  la  Seine,  qui  a  été  ré¬ 
cemment  promu  chevalier  de  la  Légion  d  honneur.  M.  Rotil- 
loOj  au  nom  du  Syndicat  des  médecins  delà  Seine;  M.Billon, 
au  nom  delà  Société  médicale  des  bureaux  de  bienfaisance  ; 
M.  Louis  Gouriebon,  au  nom  de  l’Union  des  Syndicats  médi¬ 
caux  de  France:  -M.  Diverneresse,  au  nom  du  Concours  Médi¬ 
cal  :  M.  Weil,  au  nom  des  médecins  de  l’état  civil,  M"  Rocher 
et  Groslard,  avocats  du  Syndicat  des  médecins  de  la  Seine  ; 
M.  Suarez  de  Mendoza,comme  médecin  étranger,  ont  pris  tour 
à  tour  la  parole.  M.  Mesureur,  directeur  de  l'Assistance  pu¬ 
blique,  a  terminé  la  série  des  toasts.  Rappelant  les  services 
rendus  aux  pauvres  de  Paris  par  M.  Séailles  comme  médecin 
des  Bureaux  de  bienfaisance  et  comme  organisateur  et  direc- 
tcurd’un  dispensaireantituberculeux,  qui  est  un  des  rares  (jui 
remplissent  bien  leur  but  humanitaire  et  prophylactique, 
M.  Âlesureur  a  fait  remarquer  que  la  fleur  rouge  qui  avait 
poussé  i\  la  boutonnière  deM.  Séailles  était  semblable  à  une 
de  ces  humbles  fleurs  des  champs  qui  éclosent  naturellement 
sur  le  terrain  qui  leur  est  destiné  ;  elle  n’a  certes  rien  de  com¬ 
mun,  a-t-il  ajouté,  avec  ces  fleurs  de  serre  qui  ont  besoin 
pour  naître  de  tous  les  artifices  d'une  culture  intensive  et  ne 
peuvent  s’épanouir  que  sous  l’influence  pressante  d’une  cha¬ 
leur  artificielle.  De  nombreux  bans  ont  salué  toutes  ces  mar¬ 
ques  d'estime  et  de  sympathie  et  la  fête  s’est  terminée  par  la 
remise  au  D»  Séailles  d’un  bas-relief  en  bronze  de  Chapu  «  üt 
Prnsve  »  souvenir  de  cette  belle  soirée.  J,-M. 

La  Prophylaxie  de  la  diphtérie  dans  les  stations 
balnéaires. 

M.  Dubief,  avant  de  <£uilter  le  ministère  de  l’intérieur, 
a  adressé  à  toutes  les  communes  une  circulaire  relative  aux 
mesures  préventives  qui  doivent  être  prises  dans  les  cas  de 
diphtérie,  conformément  à  la  loi  du  15  février  1902.  Elle 
avait  été  dictée  par  les  motifs  suivants  :  Le  docteur  4  aucrére. 


■206 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


à  la  suite  d'incidents  qui  s’étaient  produits  à  la  fin  de  là  sai¬ 
son  dans  une  station  balnéaire,  avait  réclamé  du  conseil 
supérieur  d’hygiène  et  de  M.  Mirman,  directeur  de  l'hygiène 
publique,  une  enquête  médicale  ayant  pour  but  de  vérifier 
les  allégations  qu'il  avait  produites  au  sujet  de  cas  de  diphté¬ 
rie.  M.  Mirman,  a  déclaré  à  la  Chambre  qu'il  avait  chargé  le 
docteur  RenaulL  inspecteur  général  des  services  sanitaires, 
médecin  des  hôpitaux,  de  procéder  sur  place  à  cette  enquête, 
que  des  cas  de  diphtérie  assez  nombreux  s’étaient  réellement 
manifestés,  et  (ju’un  service  de  désinfection  avait  été  organisé 
par  la  municipalité  qui  avait  pris  toutes  les  mesures  pour 
empêcher  la  contagion  de  s’étendre.  L’Académie  de  méde¬ 
cine,  dans  sa  dernière  séance,  s’est  occupée  de  la  prophylaxie 
des  maladies  contagieuses  dans  les  stations  balnéaires,  afin 
que  certains  pouvoirs  soient  donnés  aux  médecins  en  vue  de 
l’isolement  des  malades  et  de  la  désinfection.  (Le  Temps  du 
27  mars.)- 

LES  CONGRÈS 

Congrès  international  de  Médecine  de  1  909. 

g  Le  gouvernement  royal  hongrois  a  chargé  les  délégués  hongrois 
auprès  du  XV'  Congrès  international  de  médecine,  à  Lisbonne, 
d'inviter  le  Congrès  pour  sa  XVI'  session,  tn  1909,  à  Budapest. 
Le  gouvernement  a  misa  sa  disposition  100,000  couronnes  pour  les 
dépenses;  l’assemblée  générale  de  la  capitale  de  Budapest  a  voté 
la  même  la  somme.  L’invitation  sera  présentée  par  le  président  du 
comité  hongrois.  M.  L.  de  Toth,  conseiller  ministériel. 


FORMLF-S 

XX.  —  Contre  l  iritis  rhumatismale. 

Salicylate  de  soude .  5  gr. 

Caféine . .' .  0  gr.  50 

Eau  distillée  stérilisée .  25  gr. 

2  ou  3  cc.  en  injection  intraveineuse  dans  la  veine  médiane 
céphalique  par  exemple  tous  les  jours  ;  ou  4  ou  6  cc.,  trois 
fois  par  semaine.  (A.  Darier,  in  Sem.  Méd.) 


THÉRAPEUTIQUE 

Traitement  des  congestions  pulmonaires  et  des  hémop¬ 
tysies  par  l’Hélénine. 

Introduite  dans  le  sang,  FHèlénine  de  Korab  exerce  à  un 
haut  degré  une  action  stimulante,  accompagnée  de  diminu¬ 
tion  de  la  tension  vasculaire  et  d'abaissement  delà  tempé- 
rature,rigoureusement  observée  par  les  appareils  du  profes¬ 
seur  Marey  du  Collège  de  France  (communication  à  la  So¬ 
ciété  de  Biologie).  La  propriété,  bien  démontrée,  que  pos¬ 
sède  l'Hélénine  de  diminuer  la  tension  vasculaire,  fait  d'elle 
un  médicament  précieux  pour  combattre  les  congestions 
pulmonaires  et  prévenir  les  hémoptysies. 

De  là  résulte  l’avantage  Incontestable  de  l'employer  dans 
les  phases  d’ulcérations  et  même  de  cavernes,  où  la  fonte 
des  tissus  fait  craindre  la  rupture  d’un  vaisseau  ayant  pour 
cause  la  disproportion  entr-  la  tension  vasculaire  et  la  paroi 
sanguine  amincie  L’Hélénine  s'administre  sous  forme  de 
globules  du  D'de  Korab  -à  la  dose  de  2  à  4  par  jour. 


Radiologie  MÉDICALE.  — {Cours  de  vacances, par  le  D'A.  Bé- 
CLÈRE,  médecin  de  l’hôpital  Saint- Antoine,  tons  les  jours  de  la  se¬ 
maine  avant  Pâques)  du  dimanche  8  avril  au  samedi  14  avril.  — 
Matin  :  10  heures.  Enseignement  des  notions  théoriques  et  tech¬ 
niques  indispensables  à  la  pratique  de  la  radioscopie,  de  la  radio¬ 
graphie  et  de  la  radiothérapie  —  Matin  ;  11  heures.  Exercices  pra¬ 
tiques  de  radioscopie  particulièrement  appliquée  à  l’exploration 
des  organes  thoraciques  et  de  l’estomac  -  Soir  :  2  heures.  Exer¬ 
cices  pratiqi>es  de  radiographie  simple  et  stéréoscopique  des  diver¬ 
ses  régions. 

Le  cours  théorique  est  librement  ouvert  à  tous  les  étudiants  et 
docteurs  en  médecine.  Il  commencera  le  dimanche  8  avril  à  10 
heures  du  matin  à  l’hôpital  Saint-Antoine.  Le  droit  d’inscription 
pour  les  exercices  pratiques  de  radioscopie  et  de  radiographie 
est  de  100  francs  Ces  exercices  auront  lieu  à  partir  du  lundi  9 
avril  dans  le  laboratoire  du  D'Béclére.  (En  raison  du  nombre  for¬ 
cément  très  restreint  des  personnes  qui  pourront  participer  à  la 
fois,  on  est  prié  de  s’inscrire  le  plus  tôt  possible.) 


Actes  et  Thèses  de  la  Faculté  de  Médecine  de  Paris. 

Thèses  de  doctorat.  —  Mercredi,  4  avril.  —  M.  Audbert  :  Lara, 
chistovainisalion  en  obstétrique  (MM.  Pinard,  Reclus,  .Segond,  Wal- 
lich).  — Mlle  Avdakoff:  La  paralysie  de  la  branche  externe  du  spi- 
nal  dans  le  tabes  (MM.  Reclus,  Pinard,  Segond.  XVallich).  —  M. 
Prudhomme  :  Les  fistules  du  cou  d'origine  dentaire  (M.M.  Reclus, 
Pinard,  Segond,  W.allich'.  —  M.  Sauve  :  Contribution  à  l’étude  des 
grossesses  tubaires  bilatérales  successives  et  simultanées  (MM.  Se¬ 
gond,  Pinard,  Reclus. VVallich).  —  M.  Bauer  :  Recherches  sur  les 
voies  de  la  circulation  sanguine  intrahépatique  (MM.  Brissaud,  Ro- 
ger,  Richaud,  Ralthazard) .  —  M.  Civatte  :  Les parapsoriasis  de  Brocq 
(MM.  Bris.saud,  Roger,  Richaud,  Ralthazard).  —  M.  Sabatier  :  Mé¬ 
decine  et  mutualisme  (de  l'tKiivre  médicale  dans  les  sociétés  de 
prévoyance  et  d’assistance  sociales  (MM.  Roger,  Brissaud,  Richaud, 
Ralthazard).  —  M.  Noir  :  Dactylite  syphilitique;  Syphilis  osseuse 
du  métacarpe  et  du  métatarse  (MM.  Gaucher,  Retterer,  Claude,  Ma- 
caigne).  — M.  Boisseau  :  Traitement  local  des  gommes  syphilitiques 
I>ar  des  injections  d'iodure  de  potassium  (MM  Gaucher,  Retterer, 
Claude,  Maeaigne).  —  M.  Symoneaux  :  Etude  du  lichen  scrofulo- 
sorum  (MM.  Gaucher,  Retterer,  Claude,  Maeaigne). 

Jeudi.  5  avril.  —  M.  Queuille:  L’artérite  rhumatismale  aiguë  (artè¬ 
res  périphériques)  (MM.  Debove.  JolTroj-,  Raymond.  Dupré).  — M. 
Charpentier  :  Dégénérescenee  mentale  et  hystérie.  Les  empoison¬ 
neuses.  Etude  psychologique  et  médico-légale  (MM.  Joffroy.  Debo¬ 
ve,  Raymond, 'Dupré.  —  M.  Menaut  :  De  la  main  bote  dans  la  ma¬ 
ladie  de  Friedreich  (M.M.  Ray'iuond.  Debove,  Joffroy.  Dupré).  —  M. 
Xnnon:  Contribution  à  l’étude  des  kystes  séreux  du  rein  MM.Guyon, 
Le  Dentu.  Berger,  Brindeau).  —  M.  Dhéry  :  La  tuberculose  du  pu¬ 
bis  chez  l’enfant  (MM.  Le  Dentu,  Guyon,  Berger,  Brindeau).  —  M. 
Devraigne  :  Valeur  du  dosage  de  l'hémoglobine  dans  la  pratique  des 
accouchements  (MM.  Le  Dentu,  Guyon.  Berger.  Brindeau).  —  M. 
Alquier  :  Hernies  intercostales  abdominales  (MM.  Berger,  Guyon. 
Le  Dentu.  Brindeau).  — M.  de  la  Lande  de  Valliére  :  Contribution 
à  l'étude  de  l'insuffisance  hépatique  dans  l'infection  puerpérale 
(MM.  Cornil,  Budin,  Bezançon.  Demelin).  —  M.  Voguet  :  .Section 
latérale  du  pubis  dite  opération  de  Gigli  (MM.  Budin.  Cornil,  Be¬ 
zançon.  Itenieliu'.  —  M.  Baudon  :  Le  syndrome  de  Little  —  Valeur 
nosolgique  —  Formes  cliniques  —  Traitement  (MM.  Hutinel.  Gil¬ 
bert,  Tbiroloix,  Méry).  — -V.  7’ou/ain  :  Relations  de  la  chorée  de 
Sydenham  avec  la  tuberculose  (M.M.  Gilbert.  Hutinel.  Tbiroloix, 
Méry. 

Examens  de  doctorat.  — Lundi,  2  avr.l. —  3' (2*  partie.  Labora¬ 
toire  des  travaux  pratiques  d'anatomie  pathologique)  :  MM.  Gautier, 
Gaucher,  Legry.  —  1"  (l"série.  Oral,  Salle  Broussais)  :  .MM.  Blan¬ 
chard,  Legucu,  Branca.  —  1"  (2*  série.  Oral,  Salle  Charcot)  :  -MM. 
Poirier,  Cunéo,  Proust.  —  1"  (3’  série.  Oral,  Salle  Vulpian)  :  MM. 
Reclus,  Sébileau,  Rieffel.  —  3’  (2*  partie,  Oral,  Salle  Richet)  ;  MM. 
Brissaud,  Roger,  Teissier.  —  4”  (Salle  Béclard)  :  MM.  Dejerine, 
Richaud.  Maeaigne.  —  5"  (Chirurgie,  1"  partie,  P*  série,  Hôtel- 
Dieu)  ;  M.VL  Kirmisson,  Legueu  Pierre  Duval.  —  5*  (Chirurgie,  1" 
pârlie,  2' série,  Hôtel-Dieu)  :  MM.  Segond,  Mauclaire,  Tuffier. 

Mardi,  3  avril.  —  Médecine  opératoire  (Ecole  pratique)  :  MM. 
Pozzi,  Thiéry,  Marion.  —3'  (2' partie,  Laboratoire  des  travaux  pra- 
ti([ues  d'anatomie  pathologique)  ;  MM.  Cornil,  Desgrez,  Guiard.  — 
1"  Oral,  Salle  Richet)  :  MM  Poirier.  Launois,  Rieffel.  —  3-  (P'  par-  ‘ 
tic.  Oral,  Salle  Pasteur)  :  MM.  De  Lapersonne,  Retterer,  Brindeau. 

—  3'  (2"  partie.  Oral,  Salle  Corvisart)  :  MM.  Hutinel.  Tbiroloix,  Be¬ 
zançon.  —  4”  (Salle  Charcot)  :  MM.  Chantemesse,  (i.  Ballet,  A'aquez. 

—  5'  (Chirurgie,  P*  partie,  Charité)  :  MM.  Le  Dentu,  Auvray,  Mo- 
restin.  —  5‘  2"  iiartie,  P"  série,Charité)  :  MM.  Dieutafoy,  Dupré,  Re¬ 
non.—  .')“  (2*  partie,  2"  série, Charité)  :  MM.  Itaymond,  Méry,  Gougel. 

Mercredi,  4  avril.  —  3*  (2"  partie, Laboratoire  des  travaux  pratiques 
d’anatomie  pathologique)  :  MM.  Blanchard,  Desgrez.  Legry.  —  1" 
(Oral,  Salle  Richet)  :  MM.  Poirier,  Delens,  Rieffel.  —  2"  (Salle 
tlharcot)  :  MM.  Gautier,  Ch.  Richet,  Branca.  —  3' (P'  partie,  Oral, 
Salle  Béclard)  ;  M.M.  Terrier,  Lepage,  Cunéo.  —  3'  ('2“  partie,  Oral, 
Salle  Broussais)  :  MM.  I.andouzy,  Déjerine,  Teissier. 

Jeudi,  5  avril.  —Médecine  opératoire  :  Ecole  pratique)  :  MM.  De 
Lapersonne,  Auvray.  Rieffel.  —  3'(2"  partie.  Laboratoire  des  tra¬ 
vaux  pratitpiesd’anatoiniepathologiquei  ;  MM.  Chantemesse,  Guiart, 
Maillard.  —  1  '  (Salle  Charcot)  :  MM.  Poirier,  Launois,  Marion.  " 

3“  (2“  partie.  Oral,  Salle  Béclard)  :  MM.  Dieiilafoy,  Renon,  Jeausel- 
me.  —4"  (Salle  Broussais)  :  MM.  (i.  Ballel,  Vaquez,  Langlois. 

Vendredi,  tj  avril.  —  .Médecine  opératoire  (Ecole  pratique)  : 
Poirier,  Mauclaire,  Proust.  — 3‘  (2'  partie,  Laboratoire  des  travaux 
jiratiques  d’anatomie  jiatiiologiquc)  ;  MM.  Blanchard,  Desgrez,  Ma- 
caigne.  —  1"  (Oral,  Salle  Richet  :  MM.  Reclus,  Cunéo,  Rieffel.  -' 

3*  (2"  partie,  P"  série.  Oral,  Salle  Béc'ard)  :  MM.  Landouzy.  'l’e*®' 
sier,  Retterer.  —  3*  (2*  partie,  2*  série.  Oral.  Salle  Broussais)  :  -'D* 
Brissaud,  Legry,  Claude.  — 4“(.Salle  Charcot)  ;  MM. Gaucher,  Gl'^J' 
Richaud.  —  5”  (Chirurgie.  1"  partie,  1"  série,  Necker)  ;  M.M.  Ts‘'( 
rier,  Delens.  Gosset.  —  5'  (Chirurgie,  P'  partie,  2"  série,  Necker)  • 


LE  PROGRES  MÉDICAL 


MM.  Segond.  Legueu,  Pierre  Duval.  —  .j’  'Obstétrique,  1"  partie, 
Clinique  Baudelocque)  :  MM. Pinard.  Wallieli,  Potoeki. 

Samedi,  ^  avril.  —  3"  (2’  partie.  Laboratoire  des  travaux  pratiques 
d'anatomie  pathologique)  :  MM.  Oornil,  Guiart,  Maillard.  —  l"  (1” 
série.  Oral.  Salle  Pasteur)  :  MM.  Le  Dentu.  Launois,  Morestin.  — 
1*<  (2' série.  Oral,  Salle  Corvisart)  :  MM.  Berger,  Thiéry,  Auvray. — 
1"  (3*  série.  Oral,  Salle  Cbareot)  :  MM.  De  Lapersonne,  Retterer, 
Marion.  — -1”  '.Salle  Ricbct)  :  MM.  G.  Ballet,  Vaquez,  Langlois.  — 
5-  (2*  partie,  P*  série,  Beaujon)  MM. Raymond,  Roger,  Méry.  —  5“ 
'2*  partie,  2"  série,  Beaujon)  :  MM.  Hutinel,  Renon,  Gouget.  —5*  (2" 
partie,  S"  série,  Beanjon)  :  M.M.  Gilbert,  ,Ieanselme,  Bezançon.  —  5" 
(Obstétrique,  l"  partie,  GliniqueTarnier)  :  MM.  Budin,  Demelin, 
Brindeau. 

NOÜVl^ES 

Natalité  DK  Paris.  —  Du  dimanche  11  au  samedi  17  mars 
1906.  les  naissances  ont  été  an  nombre  de  978,  se  décomposant 
ainsi:  légitimes  711,  illégitimes  267. 

Mortalité  a  Paris.  —  Population  d’après  le  recensement  de 
1901  :  2.660.559  habitants.  Les  décès  ont  été  au  nombre  de  984, 
savoir:  481  hommes  et  503  femmes.  Les  décès  sont  dus  aux 
causes  suivantes  ;  Fièvre  typuoide  ityptius  abdomin.)  :  5.  — 
Typhus  exanthematique  :  0.  —  Fievre  intermittente  et  cachexie 
palustre  ;  0.  —  Variole  :  0.  —  Rougeole  :  25.  —  Scarlatine  :  1. 

—  Coqueluche  ;  6.  —  Diphtérie  et  Croup  :  2.  —  Grippe  :  5. 

—  Choléra  asiatique  :  0.  —  Choléra  nostras  ;  0.  —  Autres 
maladies  épidémiques  :  3.  —  Tuberculose  des  poumons  :  199.  — 
Tuberculose  des  méninges  :  16.  —  Autres  tuberculoses  :  18.  — 
Cancer  et  autres  tumeurs  malignes  :  61.  —  Méningite  simple  :  14. 

—  Congestion  hémorrhagique  et  ramollissement  du  cerveau  :  43. 

—  Maladies  organiques  du  cœur  :  77.  — ■  Bronchite  aiguë  :  7. 

—  Bronchite  chronique  :  17.  —Pneumonie  :  34.  —  Autres  affec¬ 
tions  de  l’appareil  respiratoire  :  126.  —  Affections  de  l’estomac 
icancerexc.)  :  5. —  Diarrhée  et  entérite  de  0  à  1  an  :  sein  ;  7  ;  au¬ 
tre  alimentation;  13.  —  Diarrhée  et  entérite  del  à 2 ans  :  1. —  Her¬ 
nies,  obstruction  intestinale  ;  10.  —  Cirrhose  du  foie  :  1 1 .  —  Néphrite 
et  ma!  de  Bright  ;  23.  -  Tumeurs  non  cancéreuses  et  autres  ma¬ 
ladies  des  organes  génitaux  (femmes)  ;  7.  —  Septicémie  puerpérale 
(fièvre,  péritonite,  phlébite  puerpérale)  :  3.  —  Autres  accidents 
puerpéraux  de  la  grossesse  et  de  l’accoucnement  ;  0.  —  Débilite 
congénitale  et  vices  de  conformation  :  32.  —  Débilité  sénile  :  52. 

—  Morts  violentes:  25. —  Suicides:  12.  —  Autres  maladies  :  123. 

—  Maladies  inconnues  ou  mal  définies  ;  13. 

Mort-nés  et  morts  avant  leur  inseriotion:  61,  qui  se  décom¬ 
posent  ainsi  :  légitimes  45,  illégitimes  16. 

Concours  de  l’assistance  médicale. —  Le  classement  pour  les 
dixplaces  mises  au  concours  est  le  suivant  :  MM. les  D"'*  Poulain, 
Catz,  Blondin,  Beauvy,  Friedel,  Cauzard,  Vincent,Bernheim,Gas- 
ici  et  Signoret. 

CONCOUI 


E  MEDECIN-ADJOINT  D 


---  — _ _  —  -  Le  concours, 

pour  lequel  les  questions  écrites  avaient  été  :  Nerf  facial,  anato- 
thie  et  physiologie, s’est  continué  à  l’Asile-clinique  par  les  épreu¬ 
ves  orales  à  partir  du  samedi  24  mars.  Le  jury  est  composé  de  MM. 
Urouineau, président  ;.Ioffroy,  Mairet,  Régis,  Dubuisson,  Giraud, 
hizaret,  Antheaume. 

Corps  de  santé  militaire.  Promotions.  —  Sont  nommés  Mr- 
de  !'■»  classe  :  Les  médecins-majors  de  2'  classe  : 
Montéty,  114«  inf.,  maintenu  ;  Goulon,  l"'  inf.,  maintenu  ;  Le- 
Ch^’»  I  '  Inf ,  maintenu  ;  Benoît,  93*  inf.,  maintenu  ;  Armynot  du 
hfelet,  lâle  inf.^  maintenu  ;  Wenzinger,  150*  inf.,  maintenu. 

J,,"”!  de  2'  classe  :  Les  médecins  aides-majors  de 

Pi  *•  Cordier,  109*  inf.,  maintenu  ;  Lannou,  93*  inf.,  maintenu  : 

école  du  service  santé,  maintenu  ;  Billon,  77*  inf.,  main- 
83,  ■  i  ®hvornin,  163*  inf.,  maintenu  ;  Tellier,  en  congé  à  Cosne, 
ha  •  lô3*inf.,  maintenu  ;  Ecochard,  137*  inf.,  mainte- 

Biâint  hôp.  division  Oran,  maintenu  ;  Munaret,  125“  inf., 

fillon^"-  1. Blondel  de  Joigny,  159*  inf.,  maintenu  ;  Pasquet,  Cas- 
Ij'e  :’  1  Perrot,  école  service  santé,  maintenu  ;  Spindler, 

maintenu. 


Mutations.  —  Les  médecins  majors  del**  classe  Mickanienski, 
Saint-Mandé,  passe  Epinal  ;  Fribourg,  Saint-Germain,  à  Lille  ; 
Maguin,  du  19“  art.,  affecté  hospice  Nîmes  ;  Guillabert,  du  29* 
art.  au  19*  ;  Rouget,  Val-de-Grâce,  affecté  ministère  guerre. 

Les  médecins  majors  de  2*  classe  Guirlet,  direct.  4*  corps,  passe 
29'  art,  ;  Pouy,  6*  chass.,  passe  école  Versailles  ;  Genod,  Alger, 
passe  6*  chass.  ;  Mathieu,  école  de  Versailles,  à  direcf.  4*  corps  ; 
Letainturier  de  la  Chapelle,  3*  tir.,  passe  Tonkin  ;  Blary,  127*  inf,, 
au  3*  tir.  alg. 

Le  médecin  aide-major  de  P*  classe  Nurdin,  3*  chass.  à  pied, 
passe  127*  inf. 

Les  médecins  aides-majors  de  2*  classe  Querleux,  de  Tunis,  à 
div.  Tunis  ;  Martin,  id.  ;  Geay,  d’Alger,  passe  div.  Alger  ;  Rey- 
naud.  hôp.  Lille,  passe  36*  inf.  ;  Grondone,  hôp.  Marseille,  passe 
112*  inf.  ;  Perot.  hôp.  Oran,  à  div.  Oran  ;  Laloy,  camp  Châlons, 
passe  25*  art.  ;Nugue,  hôp.  Belfort,  au  3*  bat.  chas.  ;  Daumont, 
off.  adm.  2“  cl.  hôp.  Chambéry,’ à  Besancon. 

Corps  de  santé  colonial  ;  Promotions.  —  Sont  promus  au 
grade  de  -.Médecin  principal  de  2*  classe:  Le  médecin-major  de 
P*  classe  Roques,  22*  d’infanterie  coloniale. 

.Médecin  principal  de  2*  -  lasse  :  Simond,  en  congé. 

Médecins  majors  de  1**  classe  :  Les  médecins  majors  de  2*  classe 
Thoulon,  Compagnie  chemin  de  fer  Yunnan,  maintenu  ;  Le¬ 
gendre,  Madagascar,  maintenu  :  Cordier,  Tonkin.  maintenu  ; 
Mille,  8*  infanterie  coloniale,  maintenu. 

Méiecins  majors  de  2^  classe  :  Les  médecins  aide-majors  de  P* 
classe  Imbert,  Cochinchine,  maintenu  ;  Couvy,  3*  art.  col.,  main¬ 
tenu  ;  Clavet,  corps  occupation  Chine,  maintenu  ;  Gravot,  atta¬ 
ché  mission  Cameroun  maintenu  ;  Brochard,  compagnie  chemin 
de  fer  Chan-Si,  maintenu. 

Pharmacien  principal  de  2*  classe  :  Le  pharmacien-major  de 
P'  classe  Kérébel,  en  congé. 

Pharmacien  principal  de  classe  :  Le  pharmacien  major  de 
2“  classe  Etchegaray,  Martinique,  maintenu. 

Pharmacien-major  de  2*  classe  :  Le  pharmacien  aide-major  de 
P*  classe  Serph,  établissements  de  l’Inde,  maintenu. 

Ligue  française  des  mères  de  famille.  —  L’Assemblée 
générale  de  la  Ligue  française  des  mères  de  famille,  fondée  par 
Mm*  la  Doctoresse  EnwARds-PiLLiET,  aura  lieu  le  mercredi 
4  avril,  à  S  h.  1  *2,  à  la  Mairie  du  IV*  arr.  Elle  sera  suivie  d’un 
concert.  Nous  invitons  tout  particuliérement  MM.  les  Médecins 
et  les  Infirmières  diplômées. 

Nécrologie.  —  Le  médecin  principal  de  P*  classe  en  retraite 
Leplat,  est  décédé  à  l'hôpital  militaire  du  Val-de-Grâce,  le  20 
mars  dernier,  dans  sa  80*  année  i  Médaille  d’or  de  l’internat 
(médecine),  il  entra  dans  la  médecine  militaire  et  fut  agrégé 
d'épidémiologie  à  l’école  d’application  du  Val-de-Grâce.  Il  était, 
au  moment  de  sa  retraite,  directeur  du  service  de  santé  du  4* 
corps  d’armée  au  Mans.  Il  a  publié,  entre  autres  travaux,  dans 
les  .Archives  de  Médecine,  en  collaboration  avec  Saillard,  un 
travail  remarqué  sur  les  Virus  charbonneux,  au  moment  même 
où  Davaine  s’emparait  de  la  question. 

—  Nous  avons  le  regret  d’annoncer  la  mort  de  M.  le  D'  V. 
Massini,  de  Marseille  :  de  M.  le  D*  E.  Romt,  de  Marseille. 


Chronique  des  hôpitaux. 

Concours  de  l'Internat.  —  Oral.  Questions  données  le  20 
mars  :  Nerf  moteur  oculaire  commun.  Signes  et  diagnostic  de  lu 
paralysie  infantile  ;  le  2î  mars  :  Ligaments  larges  ;  Des  hémor¬ 
rhagies  de  la  délivrance  dans  l’ accouchement  à  terme  et  de  leurs 
traitements  ;  le  23  mars  ;  Orifice  aorlimie  signes  et  diagnostic  de 
L’insuffisance  aorticjue  ;  le  24  mars  ;  Tiibes  'urinifères,  Hématu¬ 
rie  ;  le  27  mars  :  Muscles  releveurs  de  l'anus  chez  l’homme.  Si¬ 
gnes,  diagnostic  et  complications  de  ta  dysenterie. 

Concours  de  chirurgien  des  hôpitaux.  —  Le  concours  s’est 
ouvert  le  26  mars.  Les  questions  données  ont  été  :  Bapports  du 
rein.  Hydronéphrose.  Les  questions  restées  dans  l’urne  étaient  : 
Ligaments  de  l’articulation  du  genou  et  ankylosé  du  genou. Espace 
intercostal  et  abcès  froids  de  la  paroi  thoracique. 


SURALIMENT  CONCENTRÉ  AU  MAXlNlUiyi  :  90  %  DE  PRINCIPES  NUTRITIFS,  LA  ♦ 

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208 


LE  PROGRÈS  MEDICAL 


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Revue  d’Hygikne  et  de  Médecine  infantile  el  Annales  de  la 
Policliniqiie.  H.  de  Rothschild.  —  Directeur  :  D>'  H.  de  Roths¬ 
child  ;  Secrétaire  de  la  rédaction  :  Ch.  Mettling.  —  Sommaire 
du  numéro  I  |t.  V)  :  Travaux  originaux  :  De  l’emphysème  sous- 
cutané,  par  A.  JosiAS.  —  Evolution  de  la  tuberculose  pulmonaire 
chronique  chez  les  enfants,  sous  Tinfluence  du  suc  de  viande  et  de 
la  viande  crue,  par  A.  Josias  et  J. -Ch.  Roux.  —  Types  d'idiotie  ; 
1  cas  d’idiotie  myxoedémateuse,  par  Boürneville,  Lutaud  et 
Tournât.  —  Mortalité  infantile  et  statistique  des  consultations  de 
nourrissons  par  P.  Gavaglia.  —  Essais  sur  une  phsychologie  des 
dessins  d’enfants  par  N.  Vaschidê  et  P.  Meunier.  —  Analyses; 
Hygiène  et  alimentation.  —  Médecine.  —  Revue  des  livres.  — 
Variétés.  —  Index  bibliographique. 

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vaccine  en  France,  en  Angleterre,  en  Bavière  et  en  Suisse.  In -18 
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Poveau  de  Courmklles.  —  L’année  électrique.  1  vol.  In-12, 
de  372 pages.  Prix . • .  3  fr.  50. 

Thiéllé  (H.).  —  Traitement  de  la  tuberculose  par  les  courants 
de  haute  fréquence  et  de  haute  tension,  basé  sur  l’étude  di^  chi¬ 
misme  respiratoire.  1  vol.  In-8“  de  140  pages,  Mégard  à  Rouen. 


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Kropotkine.  —  L'entr’aide.  Un  facteur  de  l’évolution.  1  vol. 
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Gau.ssf.l  (A.).  — Les  mouvements  associés  des  yeux  et  les  nerfs 
oculogyres.  !  vol.  In-16  de  226  pages.  Prix .  3  fr. 

Kirmisson.  —  Précis  de  chirurgie  infantile.  1  vol.  ln-8“  de  803 
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Lacassagne  (A.).  —  Précis  de  médecine  légale.  1  vol.  ln-8”de 
892  pages.  Prix .  10  fr. 

Poirier  et  Baumgartner.  —  Précis  de  dissection.  1  vol.  In- 
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de  Glignancourt,  Paris.  Mémoires  déposés  à  l’Academie  de 
Médecine.  23  mars  1897, 8  mai  1898l.  L'extrait  de  ces  Mémoires 
est  adresse  gracieusement  a  tous  les  médecins  qui  lui  et 
feront  la  demande.  Renseignements  gratuits  et  prix  de  faveur 

pour  tous  les  memores  du  corps  médical. _ ^ 

_ Le  Rédacteur-Gerant  :  Bourwbvillx.  _ 

Imprimerie  Daix  frerbs  et  Thirok,  Clermont  (Oise). 

Maison  spéciale  pour  publications  periodianes  médicales. 


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7  AyRIL  1906 


Le  Progrès  Médical 


SOMMAIRE  :  Urologie  :  Utilité  de  tenir  compte  des  apports 
alimentaires  dans  les  commentaires  urologiques,  par  Lematte. 

_ Bulletin  :  Les  laboratoires  régionaux  de  bactériologie  en 

Belgique,  par  Graux  ;  Un  cas  d’hématidrose  chez  une  hysté¬ 
rique,  par  Bourneville.  — Sociétés  Savantes  :  Société  de  bio¬ 
logie  :  Mucus  de  l’instestin,  par  Roux  et  Riva  ;  Albumine  du 
liquide  céphalo-rachidien,  par  Rénon  et  Tixier  :  Injections  de 
sérum  antidiphtérique  chez  le  lapin,  par  Lemaire;  Hyperglo- 
bnlie  dans  le  pneumothorax  tuberculeux.  parRaybaud;  Cellule 
du  corps  jaune  du  cobaye,  par  Mulon  ;  Réaction  myéloïde  du 
sang  dans  la  lèpre,  par  Alézais  ;  Influence  du  régime  alimen¬ 
taire  sur  les  coefficient  urologiques  et  sur  le  poids  de  la  mo¬ 
lécule  élaborée,  par  Desgrez  et  Ayrignae  (c.  r.  de  Phisalix).  — 
Académie  de  Médecine  :  L’inversion  utérine,  par  Pinard  ;  La 
néphrotomie  dans  l’éclampsie,  par  Pinard  :  Les  remèdes  secrets, 
par  Huchard  (c.  r.  de  A. -F.  Plicque.)  —  Société  de  chirurgie: 
Vingt-sejit  cas  de  botryomycose  humaine,  par  Hartmann  ;  Anes¬ 
thésie  par  la  scopolamine,  par  Routier  ;  Occlusion  intestinale 
par  riiiatus  de  Winslow,  par  Faure  ;  Cholécystectomie  pour 


lithiase  de  la  vésicule,  par  Bazy  (c.  r.  de  Catz.)  — Société Médi- 
ealedes  Hôpitaux.  Traitement  de  la  tuberculose  par  la  recal- 
cification,  par  Ferrier  ;  Surrénalite  syphilitique  de  l’adulte. 
Tréponème  pâle,  par  Hirtz  ;  Spirochète  et  paralysie  générale, 
par  Queyrat  ;  Porencéphalie  acquise,  probablement  d’origine 
traumatique.  Mort  en  état  de  mat  épileptique,  par  Chauffard  et 
Rivet  (c.  r.  de  Friedel.)  —  Revue  de  thérapeutique  :  Sur  le 
traitement  crêosoté  des  afTections  pulmonaires  non  tubercu¬ 
leuses,  par  Nigoul.  —  Nécrologie  :  Le  D''  C.  A.  Phisalix 
(1852-19U6j,  par  J.  Noir.  —  Varia  :  Les  aliénés  à  Madagascar  ; 
Association  des  médecins  du  département  de  la  Seine  ;  L’assu¬ 
rance  médicale  contre  la  maladie  et  les  accidents.  —  Les  con¬ 
grès  ;  Congrès  national  de  gynécologie,  d’obstétrique  et  de  pé¬ 
diatrie  (5®  sessioni  ;  2®  Gongiés  international  des  colonies  de 
vacances  ;  Deuxième  congrès  international  d’hygiène  scolaire. 
—  Formulés.  —  Actés  et  thèses  de  la  faculté  de  méde¬ 
cine  DE  Paris.  —  Thérapeutique  ;  Propriétés  thérapeutiques 
de  l’hélénine.  — Nouvelles  ;  Chrçnique  des  hôpitaux  Ensei¬ 
gnement  médical  libre.  —  Bulletin  bibliographique. 


UROLOGIE 

Utilité  de  tenir  compte  des  apports  alimentaires 
dans  les  commentaires  urologiques. 

Méthode  des  3  bocaux. —  Chiffres  rapportés  au  kilog 
corporel.  —  Erahiation  facile  du  bilan  de  la  nutri¬ 
tion  ; 

Par  L.  LEMATTE  (1). 

Que  dirait-on  d'un  ingénieur  qui,  voulant  évaluer 
le  travail  d'une  machine,  analyserait  les  cendres  du 
foyer,  sans  s’occuper  de  la  nature  et  de  la  quantité  du 
combustible  employé?  C’est  pourtant  ce  qu'on  fait  tous 
les  jours  en  urologie  pratique.  On  commet  une  erreur 
grossière  en  ne  tenant  aucun  compte  du  régime  alimen¬ 
taire  suivi  par  le  malade,  lorsqu'on  interprète  les  chif¬ 
fres  de  son  analyse. 

Nous  avons  démontré  dans  plusieurs  éludes  antérieu¬ 
res  que  l’excrétion  urinaire  contient,  comme  dit  Cl. 
Bernard,  les  détritus  résultant  des  phénomènes  chi¬ 
miques  intimes  qui  s’accomplissent  dans  tout  l’orga¬ 
nisme  ».  ' 

Malgré  l'autorité  d'une  telle  affirmation,  nous  voyons 
encore  l’utilité  de  l’analyse  discutée.  Dans  son  travail 
drologie,  sa  pseudo- faillite,  le  docteur  Hugu et  indi¬ 
que  les  principales  causes  de  cette  pseudo-faillite.  11 
mconte d'une  manière  très  humoristique  «  comment  on 
uevient  urologiste  ».  L'incompétence  du  pseudo-chi- 
“usle  est  un  coefficient  dont  il  faut  tenir  compte  cer- 
ninement.  Le  médecin  a  tout  intérêt  de  ne  pas  laisser 
analyses  s’égarer  dans  un  laboratoire  au  «  polari- 
®tre  d’occasion  »,  donlparle  lluguet  !  J'ai  dit  que  l’a- 
uijse  devait  être  faite  dans  un  <>  sens  clinique  »,  en 
ch  corollaires  pathologiques  qui  se  ratta- 

nir  H  constatations  analytiques.  Si  on  veut  obte- 
urologie  tout  ce  qu’elle  peut  donner,  on  doit 

de  toute  nécessité  : 

■>  P ’^uaîtreles  apports  alimentaires  ; 
d’u  f  les  émissions  de  vingt-quatre  heures, 

jjy  mt:on  telle  qn’on  puisse  dégager  nettement  l’in- 
nii'ux®  I  alimentation,  du  travail  et  du  repos  sur  la 
^!ü!!^émissions  : 

faite  à  la  Société  de  Médecine  de  Paris,  le  10 


3°  Rapporter  tous  les  chiffres  au  kilog.  corporel; 

4“  Enfin,  dans  les  commentaires  qui  suivront  les  ré¬ 
sultats  analytiques,  tenir  compte  des  antécédents  patho¬ 
logiques  du  malade,  de  sa  température,  de  son  sexe,  et 
surtout  de  son  âge. 

En  un  mot,  l’analyse  de  l’urine  ne  sera  vraiment  utile 
que  si  elle  est  entourée  de  toutes  les  précautions  qu’il 
convient  de  prendre  pour  qu'elle  puisse  jiréciser  un  dia¬ 
gnostic  et  aider  le  médecin  à  instituer  une  diététique 
spéciale  et  un  traitement  rationnel. 

Une  objection  m’a  été  faite  :  Vous  demandez  trop  au 
malade  ;  vous  n'obtiendrez  pas  tous  ces  renseignements. 
Une  expérience  déjà  longue  est  là  pour  réduire  à  néant 
ces  objections.  Si  on  s@  donne  la  peine  de  souligner 
l’utilité  de  ces  indications,  qui  doivent  aider  le  méde¬ 
cin  dans  sa  tâche,  on  obtient  de  suite  et  de  très  bonne 
grâce  ce  qu’on  désire. 

Nous  allons,  dans  ce  travail,  préciser  comment  il  con¬ 
vient  de  mettre  en  pratique  les  données  précéden¬ 
tes. 

Volume  de  24  heures. —  On  pourrait  croire  que  l’ab¬ 
solue  nécessité  d’opérer  sur  la  totalité  des  urines  de 
vingt-quatre  heures  était  chose  admise.  Pas  du  tout  :  il 
nous  arrive  presque  tous  les  jours  de  refuserun  échan¬ 
tillon  d’urine  prélevé  à  un  moment  quelconque  de  la 
journée,  avant  ou  après  le  repas,  le  matin  ou  le  soir  ; 
cette  prise  d’essai  est  mise  dans  une  fiole  d’une  propreté 
douteuse  et  apportée  ainsi  au  laboratoire.  Pas  de  ren¬ 
seignements,  ni  sur  le  volume  de  vingt-quatre  heures, 
ni  sur  le  poids  corporel,  l’âge  et  le  régime  alimentaire 
suivi  par  le  malade.  Faut-il  enchre  insister  sur  la  non- 
valeur  d’une  analyse  pratiquée  sur  uti  tel  échantillon  ? 
Pour  éviter  au  malade  dés  transvasements  inutiles 
nous  lui  envoyons  un  petit  panier  contenant  trois  bocaux 
Voici  comment  il  faut  procéder  ; 

Méthode  des  trois  bocàux. —  A  une  certaine  heme, 
le  matin  à  jeun,  le  malade  urine  pour  vider  sa  vessie, 

far  exemple  à  8  heures,  c'est  le  point  de  départ.  Toute 
urine  émise  jusqu’au  repas  de  midi  est  recueillie  dans 
le  bocal  n”  1.  Puis,  après  le  déjeuner,  dans  l’après-midi, 
après  le  dîner  et  dans  la  nuit,  on  urine  dans  le  bocal  n°2, 
ces  émissions  sont  iniluencées  par  le  régime  alimen¬ 
taire,  la  digestion,  le  travail  intellectum  ou  manuel, 
hinfin,  le  lendemain,  à  8  heures,  le  malade  urine  une 


210 


l.E  TROGIIÈS  MÉDICAL 


seule  fois  dans  le  bocal  n“  3  :  c’est  l’urine  la  pluséloi-  |  plus  strict.  Au  contraire,  si  nous  trouvons,  après  la  ré¬ 


gnée  du  dernier  repas  ;  elle  ne  subit  aucune  des  inlluen- 
ces  physiologiques  impulables  à  la  fatigue  ou  à  l'ali-  I 
mentation  ;  c'estrurine  du  repos  quirétlète  l'intégrité, 
ou  l'altération  des  fonctions  ou  des  organes.  La  com¬ 
position  de  cette  dernière  émission  est  différente  des 
deux  autres.  Sa  densité,  sa  teneur  en  matières  organi¬ 
ques  et  minérales,  son  acidité,  sont  variables.  C'est 
sur  cet  échantillon  que  nous  dosons  l'acidité.  On  sait 
combien  la  digestion  modifie  ce  facteur,  qui  peut  tom¬ 
ber  à  0,  de  cinq  à  huit  heures  après  le  repas.  Sans  atta¬ 
cher  à  l'acidité  l'importance  que  Joulie  a  voulu  lui  don¬ 
ner,  rapprochée  de  la  teneur  en  acide  phosphorique  et 
des  composés  azotés  mal  oxydés,  elle  peut  donner  une 
idée  de  l’acidité  du  plasma.  Nous  reviendrons  plus  tard 
sur  ces  considérations. 

Fait  capital  et  qui  mérite  de  fixer  l'attention  :  seule 
cette  méthode  dite  des  trois  hocanaa  permet  de  déce¬ 
ler  les  albuminuries  et  glycosuries  d'origine  exclusi¬ 
vement  alimentaire.  Ppur  faire  l’analyse  complète, 
nous  mélangeons  le  contenu  des  trois  bocaux  on  ayant 
soin  de  conserver  un  échantillon  de  chacune  des  émis¬ 
sions.  Si,  dans  la  recherche  du  sucre  et  de  l'albumine, 
on  décèle  la  présence  d'un  de  ces  deux  éléments,  ou  tous 
les  deux  à  la  fois,  nous  recherchons  séparément  leur 
présence  dans  chacun  des  trois  échantillons.  11  m’est 
arrivé  bien  des  fois  de  trouver  des  traces  d’albumine  et 
de  glucose  dans  le  bocal  n°2.  Au  contraire,  dans  l'urine 
émise  le  matin  à  jeun,  on  ne  pouvait  pas  déceler  ces 
substances.  Doit-on  conclure  alors  à  une  altération  de 
Fépithélium  rénal  ou  à  une  glycosurie  franche  ?  .Je  ne 
crois  pas.  Une  alimentation  trop  riche  en  toxines  et 
une  digestion  défectueuse  peuvent  laisser  passer  des 
corps  qui  seront  une  cause  d'irritation  pour  le  rein, 
dont  la  vigilance  sera  prise  en  défaut  et  laissera  transsu¬ 
der  un  peu  de  sérine.  C'est  un  avertissement  qui  nous 
indique  le  mauvais  état  du  tube  digestif  ou  la  qualité 
défectueuse  des  aliments. 

Lorsque  la  digestion  est  terminée,  la  cause  dispa¬ 
raissant,  le  rein  remplit  son  rôle  ;  l'albuminurie  est 
absente  à  jeun  :  il  n'y  a  donc  pas  de  lésion.  Si  l’alimen¬ 
tation  est  normale  et  qu'on  trouve,  en  chautfantl’urine 
delà  journée  fduhocal  numéro  2)  un  légertrouble,  l'at¬ 
tention  du  médecin  devra  so  porter  sur  la  place  du  rein. 
Les  albumineries  dites  orthostatiques  ont  souvent  pour 
cause  un  rein  déplacé.  Après  le  repos  de  la  nuit,  l'or¬ 
gane,  nullement  fatigué  par  la  station  verticale,  a  rem¬ 
pli  sa  fonction  normale  :  on  ne  trouve  pas  d’albumine 
dans  le  bocal  n“  3. 

La  recherche  du  sucre  faite  séparément  sur  nos  trois 
échantillons  fait  souvent  constater  la  présence  de  très 
petites  quantités  de  glucose  dans  l’urine  des  repas  (bo¬ 
cal  numéro  2  )  et  l'absence  de  ce  sucre  dans  l’urine 
du  matin.  Une  conclusion  s’impose  ;  les  apports  ali¬ 
mentaires  doivent  être  modifiés.'  Nous  avons  vu  des 
malades,  dont  la  ration  était  trop  riche  en  sucre  ou  en 
amidon,  laisser  passer  une  très  petite  quantité  de  ces 
substances  non  comburées.  Un  changement  de  régime 
faisait  disparaître  d’une  façon  définitive  le  sucre. 

Cette  méthode  permettra  au  médecin  de  surveiller 
étroitement  le  régime  de  ses  diabétiques.  Supposons 
qu’on  trouve  dans  l'urine  moyenne,  par  litre,  4<,t  gr.  de 
glucose,  dans  l'urine  des  repas  33  gr.,et  dans  l’urine  à, 
jeun  .■)  gr.,  la  conclusion  à  tirer  est  que  le  régime  n’est 
pas  assez  sévère  ;  le  malade  n’a  pas  suivi  les  prescrip¬ 
tions  données.  Il  faut,  en  lui  mettant  cescliitfres  sous  les 
yeux,  lui  faire  voir  la  nécessité  de  suivre  tin  régime 


prise  des  féculents  ;  dans  l’urine  des  repas  5  gr.  de  su¬ 
cre,  et  4  gr.  50  à  jeun,  on  pourra  être  moins  strict  dans 
l'exclusion  des  sucres  et  des  féculents,  puisque  le  ré¬ 
gime  alimentaire  a  ici  une  influence  très  effacée  sur  la 
production  de  la  glucose. 

Voulons-nous  savoir  si  la  digestion  intestinale  est 
normale  ?  Recherchons  séparément  l'Indican  sur  nos 
trois  bocaux.  On  pourra  souvent  remarquer  la  présence 
de  ce  corps  dans  le  bocal  des  repas  et  son  absence  àjeun. 
On  voit  l'importance  que  prend  la  séparation  des  émis¬ 
sions  lorsqu’on  vent  apprécier  la  qualité  de  la  nutrition. 
Chaque  bocal  contient  une  pincée  de  naplitol-  Nous 
conservons  ainsi  à  l'urine  toutes  ses  qualités  physiques 
et  chimiques  :  son  acidité  primitive,  sa  teneur  en  urée 
ne  varient  pas  pendant  plusieurs  jours.  On  comprend 
toute  l'utilité  de  cette  précaution  pour  le  dosage  de  l'a¬ 
zote  total  et  la  recherche  de  l’alcalinité  ou  de  l’hypoaci- 
dilé  pathologiques. 

Chiffres  de  24  heures  rapportés  au  kilog  corporel 
—  Ces  recherches  effectuées  sur  nos  trois  bocaux,  il 
convient  de  faire  l’analyse  quantitative  sur  l'urine 
moyenne.  Nous  allons  obtenir  des  chiffres  que  nousrap- 
porterons  au  litre,  puis  au  volume  de  24  heures,  puis¬ 
que  le  malade  nous  a  donné  toute  l'urine  émise  pendant 
ce  temps.  Nous  allons  inscrire  ces  chiffres  dans  notre 
colonne:  Chiffres  trouvés  par  24  heifres  »,  et  nous 

allons  comparer  ces  résultats  aaix, moyennes  inscrites 
en  regard.  Voici  un  exemple  : 


Par  24  heures  Pour  i  kil^o  corporel  ’ 


^ - - 

- - 

- - 

- - 

Mlle  5o  ans,  io5  kilos. 

Chiffres 

ChirtVes 

Chirtres 

Matières  organiques.... 

30-35 

42 

0.50 

0,40 

Matières  minérales . 

15-20 

23.10 

0,25 

0,22 

Total  des  matières  dissou- 

45  55 

65.  fO 

0.75 

0.62 

Urée . 

26 

28 

0,35 

0.26 

Acide  tirique . 

0,50-0,60 

0,38 

0.008 

0,003 

Acide  phosphorique . 

;i,2-;].5 

2,04 

o:o36 

0,028 

Chlorures . 

10-12 

12.8 

o;i6 

0,12 

Les  chiffres  de  24  heures  nous  feraient  croire  que 
cette  malade  a  une  nutrition  normale  du  côté  de  l'azote, 
du  chlore  et  du  phosphore.  Le  chimiste  remet  ces 
chiffres  au  médecin  qui  est  étonné  des  résultats  :  c’est 
une  arthritique  obèse,  pesant  105  kilogr.  Nous  avons 
fait  ici  une  erreur  très  grande  en  comparant  les  chiffres 
d'un  individu  qui  pèse  105  kilogr.  aux  chiffres  normaux 
qui  se^ rapportent  à  une  personne  pesant  65)  kilogr.  Nous 
ne  devons  donc  pas  nous  servir  des  mômes  moyennes 
pour  ces  deux  individus,  mais  nous  pouvons  comparer 
les  chiffres  se  rapportant  à  leur  kilogr.  corporel.  Si  nous 
observons  ici  ces  chiffres,  les  commentaires  changent 
complètement.  Notre  obèse  oxyde  trop  peu  :  la  théra¬ 
peutique  et  le  traitement  vont  s’orienter  pour  utilisef 
mieux  les  matériaux  azotés  qui  laissent  trop  de  déchet? 
dans  l’économie. 

Cequiest  vrai  pour  l'adulte,  l'est  a  fortiori,  pourl^ 
enfants,  dont  le  poids  varie  d'année  en  année  jusqu 
quinze  ans. 

Fn  recueillant  les  documents  de  Gaube,  de  Caron  0® 
la  Carrière,  dc.Monfet,  et  ceux  que  notre  pratique  nous* 
fournis,  nous  avons  composé  les  tableaux  suivant?- 
qui  donnent  les  variations  de  poids  pour  les  enfants,  g^' 
çons  et  filles,  et  leurs  chiffres  urologiques  de  0  à  »  ’ 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


211 


Urologie  de  l'enfant. 

Che::  Venfajit,  tous  les  phénomènes  de  la  nutrition 
sont  beaucoup  plus  actifs  que  chez  l'adulte.  Comme 
Xenfant  varie  constamment  de  poids,  il  est  absolu¬ 
ment  nécessaire  de  connaître  le  poids  corporel. 

Tous,  les  résultats  analytiques  doivent  être  rappor¬ 
tés  au  kilo  corporel.  —  Les  cMffres  de  l'adulte  ne 
peuvent  pas  .s  appliquer  à  l'enfant. 

POIDS  NORMAUX  DES  ENFANTS  DE 


COîiPOSITION  DE  l'urine  AUX  DIFFERENTS  AGES 


1  ! 

5  moi 

à  3  ansp  ans  à  lo  ans 

10  ans 

.Sans 

;  i 

Urincl 

Urine 

Urine  j 

norm.j 

analys.'  norm.  analys. 

norm. 

analys.  ! 

'Volume  par  kilocorporel 

29cc(i 

—  i27«G  — 

28 -cG 

Aspect . 

Lirapi- 

—  Liin- 1  — 

Liin- 

-  1 

’ 

|Couieur . 

de 

pide 

pide 

Jaune 

—  Jaune  — 

Jauoe 

— 

Odeur . 

pile 

pile 

pile 

•utge 

—  Suige-  — 

Suige- 

—  1 

neris 

neris 

iDensité . 

1,022 

-  i  1.022'  - 

1,021 

_ 

Acidiié  en  P-  Qs . 

0  051 1 

—  i0  045i  — 

0,0i8 

0.08 

Matiûies  organiques  . . . 

0.81 

-  |o;85  !  - 

Z  : 

Matières  minérales.  . . . 

0.5G 

1.37 

—  0,.57  1  — 

0,54 

_ 

Matières  totales  par  kilo 

-  1,42  - 

_ 

Azote-urée . 

jUrée . 

0,30 

0,00 

0.32 

0  011 

-  *0,30  '  - 
_  :  0  00  _ 

ü;2Ô 

- 

Azoïe  total . 

_  ioÎ33  _ 

(}’-)- 

Acide  uriciue...  . 

—  o’,012,  — 

-  0,053  - 

üioîo 

ffOil 

.4cide  phosphorique.. . 

O’OGT 

Z 

ij^hlorure  de  sodium... 
iLnaux . 

0,31 

-  0,32  - 

_  iQ  ()()7|  _ 

0)36 

0  007 

- 

!  Magnésie  .  . 

o!oo4 

_  o',003  _ 

0003 

^dan  de  la  nutrition  en  tenant  compte  des  apports 
—  Ces  réserves  faites  dans  l'interprétu- 
on  des  chi lires,  il  faut  aussi  évaluer  les  apports  ali- 
j  .'J**'®*’-  Il  semble  paradoxal,  dans  l'établissement 
çjjI.  J  ^  <Ic  lu  nutrition,  de  s’occuper  des  sorties,  de 
caler  le  poids  des  matériaux  azotés,  chlorés  ou  phos- 
Pîi*' 1  organisme,  sans  tenir  compte  des 
lula'^*^f  Ir-oniment  ponvoirjugerdufonctionnementcel- 
ap  **^**’,  fl  011  u’é value  pas  la  quantité  de  combustible 
^  machine  pour  réparer  lusure?  C'est  en 

pri .  ces  données,  que  certains  praticiens  se 

opnori  avantages  qu'une  analyse  faite  en  temps 
unalvs^*™’  I^'^r  fournir.  .l'ai  s'ous  les  yeux  deux 

"écesVLsl^*  démontre  d'une  façon  frappante  l’absolue 
[  g  *1?  connaître  les  apports  alimentaires. 

Poids  jeune  lille  de  dix-sopt  ans  ; 

oienno  ''  V  otat  général  très  mauvais,  dvspepsie  an- 
t)gp  ’  .Si'ande  faiblesse. 

me  r  temps,  dit  le  père,  elle  suit  un  régi- 

deux  consommés  faits  à  la 
j^Ones  etdeux  potages  au  lait  avec  deux 


Si  on  établitla  balance  entre  les  entrées  et  les  sorties, 
on  trouve  que  notre  malade  fait  de  l'autophagie  et  em¬ 
prunte  tous  les  jours  2  grammes  d'azote  à  ses  tissus. 

Un  deuxième  exemple  aussi  frappant  nous  est  fourni 
par  une  malade  dont  on  nous  prie  de  doser  le  sucre  ; 
depuis  plusieurs  semaines  celle  malade  gardait  le  lit 
pour  une  sciatique  grave.  Tous  les  jours,  le  médecin 
constatait  une  réduction  très  nette  delà  liqueur  deFeh- 
ling.  Pas  de  polyurie. 

Les  chiffres  des  entréeset  des  sorties  se  balancent 
très  bien.  Son  urine,  en  effet,  réduit  la  liqueur  cupro- 
potassique.  Au  polarimètre,  nous  voyons  une  déviation 
(I  gauche [\o.  glucose  dévie  adroite).  Après  un  nouvel 
interrogatoire,  nous  apprenons  que  la  malade  prenait 
par  jour  plus  de  1  kilogr.  de  raisin.  La  suppression  de 
cet  aliment  fit  disparaître  la  lévulose  de  l'urine. 

Ces  exemplcsnous  dispensent  d’insister  sur  la  néces¬ 
sité  de  connaître  très  exactement  le  régime  alimentaire 
de  nos  malades,  si  on  veut  interpréter  leurs  chiffres 
urologiques. 

Evaluation  de  la  ration  alimentaire.  —  Comment 
peut-on  évaluer  d’une  façon  pratique  la  ration  alimen¬ 
taire  du  malade  en  expériences?  Rien  n’est  plus  facile, 
.l’ai  calculé  la  teneur  en  cc.  des  ustensibles  de  table. 
Voici  les  chiffres  moyens  ; 


Une  assiette  creuse  à  potage  contient .  300  ec. 

Un  bol  à  déjeuner .  350  cc. 

Une  tasse  à  thé . .• .  120  cc. 

Une  tasse  à  café .  100  cc. 

Un  verre  à- boire  ordinaire .  150  cc. 

Un  verre  à  bordoau.K .  100  cc. 

Une  cuillerée  à  soupe .  15  cc. 

Une  cuillerée  à  dessert .  ,S  cc. 

Une  cuillerée  à  café .  5  cc. 


La  viande  consommée  à  chaque  repas  par  une  per¬ 
sonne  d’appétit  moyen  est  environ  de  120  à  150  gr. 

Pour  les  autres  aliments,  la  quantité  ingérée  est  en 
moyenne  par  jour  ;  pain,  400  gr.,  sel,  10  gr.  :  légu¬ 
mes,  100  gr. 

Le  tableau  ci-après  contient  les  quantités  d'azote,  de 
chlore,  de  phosphore,  d'eau  et  de  matières  minérales 
totales  des  principaux  aliments  et  des  liquides  de  bois¬ 
sons. 

Avec  ces  renseignements,  rien  n’est  plus  facile  pour 
faire  les  entrées.  Le  malade  indique  la  quantité  de  liquide 
absorbée  évaluée  par  verrées  :  la  nature  et  la  quan¬ 
tité  de  viande  absorbée,  de  pain,  de  légumes,  etc.  Avec 
ces  tableaux,  on  peut,  en  quelques  minutes,  faire  le  bi¬ 
lan  nutritif.  Connaissant  les  entrées  et  les  sorties,  on 
peutapprécier  ulilement  l'épargne.  Si  on  sait  qu'un 
individu  normal  a  une  ration  moyennequi  comprend, 
par  vingt-quatre  heures  :  matiè.-es minérales  32-33 gr., 
acide  phosphorique  1  gr.  75,  chlore  (en  Aacl.)  6  à  10 
gr.,  azote  13  à  14  gr.,  on  pourra  aussi  voir  si  l'alimen¬ 
tation  est  rationnelle  et  apporte  les  matériaux  nécessai¬ 
res  aux  dépenses  organiques. 

Ces  tables  pourront  aussi  servir  à  composerl'alimen- 
tation  des  sujets  chez  qui  on  voudra  insister  sur  la  re¬ 
minéralisation  des  plasmas.  Au  contraire,  pour  les  al¬ 
buminuriques,  les  minéraux,  et  surtout  les  chloru¬ 
res  alcalins  doivent  être  diminués;  il  sera  facile  de  choi¬ 
sir  ses  aliments  peu  minéralisés. 

Régime  lo.ciè.  —  Ici  la  nature  des  apports  change 
tellement  les  conditions  normales,  qu’il  est  indipensa- 
ble  de  tenir  compte  des  entrées,  si  on  veut  juger  la  qua¬ 
lité  de  la  nutrition. 

11  faut  trois  litres  de  lait  pour  la  ration  d’entretien 
correspondant  à  lU"  grammes  d’albuminoïdes  et  4W 


212 


LE  PROGRÈS  MEDICAL 


Tableau  donnant  la  com'position  chimique  des 
principaux  aliments. 


t^rammes  de  principes  ternaires  (gras  ou  amylacés).  Ces 
3  litres  contiennent  :  azote,  16  gr.  50  ;  phosphore  (en 
P'O^),  6  grammes  ;  chlorures,  3  gr.  60. 

L'équilibre  physiologique  est  rompu  :  le  régime  lacté 
apporte  à  l’organisme  un  surcroît  d’azote  et  occa¬ 
sionne  un  déficit  minéral  considérable. 

La  fatigue,  accusée  par  les  malades  soumis  au  régime 
lacté  exclusif  peut  être  facilement  diminuée  par  l’ad¬ 
jonction  d’un  mélange  bien  étudié  de  différents  miné¬ 
raux  (chlorures,  phosphates,  sulfates,  etc.).  Pendant 
ce  régime,  les  composés  azotés  inférieurs,  créatine,  créa¬ 
tinine,  acide  urique,  diminuentetce  pour  le  plus  grand 
bien  de  l’organisme  intoxiqué,  mais  il  estindispensable 
de  combler  le  déficit  en  minéraux. 

Régime  végétarien .  —  A  tort  on  à  raison,  ce  régime 
est  suivi  par  un  certain  nombre  de  personnes.  Nous  de¬ 
vons,  dans  l’interprétation  de  nos  chiffres,  nous  rap¬ 
peler  que  ce  régime  apporte  à  l’individu  le  minimum 
d’azote.  11  faudrait  pour  obtenir  la  quantité  normale 
d’azote  excrété,  qu’un  homme  prenne  par  jour  1,265 
gr.  de  pain,  7,66üde  pommes  de  terre,  7kil.  de  salade 
ct25kiLde  pommes  !  Etant  donnée  la  petite  quantité 


d’azote  contenue  dans  les  végétaux,  on  ne  s'étonnera 
pas  des  chiffres  très  faibles  d’urée  qu’on  retrouve  dans 
les  urines.  En  ignorant  ces  remarques,  on  pourrait  faire 
un  diagnostic  erroné,  et  craindre  une  insuffisance  rénale 
ou  hépatique,  alors  que  la  petite  quantité  de  matériaux 
azotés  excrétée  a  pour  cause  un  minimum  d’apports. 

En  résumé  : 

Pour  qu’une  analyse  d’urine  apporte  au  médecinles 
éléments  nécessairesà  son  diagnostic,  il  faut  : 

1°  Recueillir  toute  la  quantité  émise  en  vingt-quatre 
heures,  en  séparant  les  émissions  qui  suivent  les  repas, 
des  émissions  à  jeun  : 

2°  Faire  un  bilan  exact  des  entrées  et  des  sorties,  si  on 
veut  apprécier  la  qualité  de  l’épargne  organique. 

Avec  ces  notions  précises,  on  peut,  en  toute  connais-, 
sance  de  cause,  instituer  un  régime  alimentaire  ration¬ 
nel  et  untraitementutile.  il'. 


NARCYL  GRÉMY  médicament  spécifi¬ 
que  de  la  toux,  spécialement  de  la  toux  des  tu¬ 
berculeux. 


BULLETIN  DU  PROGRÈS  MÉDICAL 


Les  Laboratoires  régionaux  de  bactériologie  en 
Belgique. 

Ainsi  que  le  constatait  M.  le  P'  Malvoz,  la  Belgique 
est  peut-être  le  pays  du  monde  le  mieux  pourvu  de  labo; 
ratoires  consacrés  aux  diagnostics  bactériologiques. 
L’importance  de  cette  constatation  n’échappera  pas  à 
tous  ceux  qui  s’occupent  de  ces  questions,  et  on  de¬ 
vine  combien,  dans  leur  pratique  journalière,  les  mé¬ 
decins  trouvent  d’utiles  conconrs  dans  ces  organisations, 
Ce  mouvement  prit  son  point  de  départ  lors  de  l’épi¬ 
démie  cholérique  de  l’Europe  occidentale  en  1891-1892. 
Le  Sénat  de  Hambourg  décida  qu'un  institut  serai! 
mis  à  la  disposition  des  autorités  sanitaires  et  des  mé¬ 
decins.  De  même  les  laboratoires  de  Gand  et  de  Lie: 
ge  furent,  à  cette  époque,  chargés  de  l’examen  des  eau? 
suspectes  et  des  déjections. 

La  découverte  du  sérum  antidiphtérique  de  Roux  aug¬ 
menta  l’importance  pratique  de  ces  services,  et  dès 
1894.  le  Conseil  provincial  de  Liège  décida  que  le  labo¬ 
ratoire  de  batériologiede  l’Cniversité  recevrait  des  sub¬ 
ventions  destinées  à  permettre  l’examen  bactériologi¬ 
que  des  excreta  et  la  distribution  du  sérum.  Bientôt  o® 
Conseil  adopta  le  projet  de  création  d’un  institut  provin¬ 
cial  qui  fonctionne  depuis  le  1"  janvier  1896.  Cet  exem¬ 
ple  a  été  suivi  ;  la  province  de  Brabant  a  traité  ave® 
les  Instituts  bactériologiques  des  Universités  de  BrU' 
xelles  et  de  Louvain.  La  province  d’.Anvers,  la  pf®( 
vince  du  llainaiit,  l’ont  imité  tandis  que  les  provino^) 
de  Namuret  du  Lim bourg  s’adressaient  aux  InstiW*-"  ; 


voisins. 

/Institut  provincial  de  bactériologie  de  Liège  » 
une  importance  considérable.  C’est  ainsi  que  depui» 
fondation  en  1896,  34,920  analyses  ont  etc  faites  P®* , 


(1)  ('onsuller:  L'alimentation  et  les  Régimes^  par 
La  Minéralogie  biologique^  \iav  G. - 


nés.  par  Ann.  G  ai 
Origine  de  PaciditC  ** 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


213 


ses  soins.  L'examen  des  éléments  dece  chiffre  démon¬ 
tre  que  la  progression  a  été  surtout  rapide  depuis  1898. 

Nous  trouvons,  en  effet,  1,154  analyses  pour  1898, 
2  114  pour  1899,  4,394  pour  1901,  4,579  pour  1903  et 
14  045  pour  1904.  Les  commentaires  sont  mutiles. 

Parmi  ces  14.045  examens,  signalons  :  784  envois 
faits  au  service  des  produits  diphtériques,  1469  au  ser¬ 
vice  de  l’analyse  des  expectorations  tuberculeuses  ;  146 
au  service  des  produits  infectieux  variés  ;  135  au 
service  du  séro-diagnostic  de  la  fièvre  typhoïde,  671 
au  service  des  analyses  d'eau. 

Là  ne  s'est  pas  limitée  la  tâche  de  l'Institut  provin¬ 
cial  de  Liège  :  en  mai  1903,  fut  créé  le  Dispensaire  du 
Mineur  fondé  sur  l’initiative  de  l’Institut  provincial  de 
Liège.  Ce  dispensaire,  dont  le  succès  fut  considérable, 
a  pris  la  tête  du  mouvement  de  lutte  contre  l'ankylos- 
tomasie  ;iIprocèdepar  enseignement  aux  mineurseten 
même  temps  qu’il  leur  apprend  les  mesures  prophylacti¬ 
ques  utiles,  il  étudie  les  mœurs  et  la  manière  d’être  du 
parasite  qui  détermine  cette  affection.  Le  Conseil  provin¬ 
cial  a  puissamment  contribué  au  succès  de  cette  œuvre 
en  décidant  que  les  ouvriers  atteints  qui  se  soumet¬ 
traient  au  traitement  de  l’Institut  recevraient  un  secours 
de  chômage,  sans  limitation  de  durée. 

Il  y  a  là  une  innovation  très  heureuse  qu’il  importe  de 
signaler.  Il  est  désirable  d'ailleurs  que  la  France  entre 
résolument  dans  la  voie  ouverte  par  la  création  des  Ins¬ 
tituts  régionaux  de  bactériologie.  Nous  y  reviendrons. 

Lucien  Graux. 


Un  cas  d’hématidrose  chez  une  hystérique. 

Les  hasards  de  la  consultation  —  l’amenée  d’une  fil¬ 
lette  de  12  ans,  atteinte  à! épilepsie,  nous  ont  rappelé  les 
notes  très  intéressantes  prises  sur  sa  mère,  dont  le  cas 
mérite  d’être  cité. 

Madame  X...  (de  l’Eure)  est  venue  nous  consulter  en 
avril  1892.  Elle  était  alors  âgée  de  23  ans.  Elle  a  été  ré¬ 
glée  à  11  ans  1/2,  s’est  mariée  à  16  ans,  a  eu  des  coliques 
néphrétiques  de  18  â  20  ans  1/2.  Le  calcul  le  plus  volumi¬ 
neux  avait  la  dimension  d’un  «  gros  haricot».  Le  D"  Bi¬ 
dault  (d’Evr  eux)  lui  adéclaré  n’en  avoir  jamais  vu  d’aussi 
grandes  dimensions.  Premier  enfant  à  20  ans,  mort  à 
nn  an  on  ne  sait  de  quoi,  avec  convulsions  terminales  ; 

*  Il  ne  faisait  qu’un  cri  depuis  qu’il  était  au  monde.  » 
Début  des  crises  hystériques  à  21  ans,  sans  motif  dé- 
elaré:  traction  de  la  langue,  qu’elle  mordait,  déviation 
ns  yeux, agitation  violente,  morsure  des  bras  qui  étaient 
ournés  à  l’envers.  «  Ma  gorge  était  gonflée  et  allait  jus- 
qn  a  mon  menton.»  Le  ventre  était  distendu,  on  enten- 
j  nomme  si  c’était  de  l'eau  qu’il  y  avait  dedans.  «Il  fal- 
^t  trois  hommes  pour  me  tenir  et  des  fois  ils  avaient  du 
^  a  ».  Il  y  a  des  crises  dand  lesquelles  «  je  chante  et  ris, 
autres  dans  lesquelles  j’ai  peur  et  je  pleure.»  La  pre- 
ç  attaque  a  duré  Theures.  En  se  réveillant  et  en  re- 
^^nnaissant  le  monde,  elle  a  des  pleurs  abondants.  Pas 
miction  exagérée. Fatigue  générale, 
rg  ®  f^co?7ie  crise  a  eu  lieu  2  ou  3  jours  après  la  premiè- 
crises  se  sont  éloignées,  la  dernière  est  sur- 
Para^’  ^  semaines, l’avant-dernière  15  jours  au- 

yj„  Quatre  crises  au  maximum  en  une  semaine, 

mum  de  durée  7  à  8  heures. 

apprg®  Soyons  lamaladeen  décembre  1892.  Elle  nous 
end  que  trois  fois,k  la  fin  de  ses  crises,elle  a  eu  des 


sueurs  de  sang,  sur  les  deux  côtés  du  front,  sur  la  pom¬ 
mette  gauche,  sous  les  aisselles,  entre  les  fesses  :  «  C’est 
rouge, rouge,  quand  ça  sort,puis  ça  devient  jaune.»  Rien 
aux  mains  ni  aux  pieds.  L’apparition  de  Vhématidrose  est 
précédée  durant  1 5  minutes  de  aloM/eM/-x'vivex  ;  la  peau  des 
régions  est  rouge;  «  Ça  me  brûle  et  ça  me  pique.  »  «  C’est 
comme  la  sueur  quand  elle  sort  beaucoup.» Les  douleurs 
cessent  dès  que  le  sang  coule.  Ce  sont  là  des  prodromes 
classiques. 

Hémianesthésie  incomplète  à  gauche.  Autrefois  tout 
était  plus  marqué;depuis  quelque  temps,  la  douleur  ova¬ 
rienne  prédomine  tantôt  à  gauche. tantôt  à  droite. 

Peu  d’appétit,  vomissements  alimentaires  presque  quo¬ 
tidiens.  Fréquents  vomissements  de  sang,  tous  les  jours 
pendant  une  semaine,puis  une  rémission  de  deux  semai¬ 
nes.  .Maximum  un  verre.  Ces  hématémèses  se  produisent 
souvent  à  la  suite  des  règles.  «  Celles-ci  viennent  régu¬ 
lièrement  au  jour  dit  ;  Ça  marque  et  c’est  tout,je  souffre 
beaucoup  et  j’ai  des  coliques  de  matrice. «Leucorrhée  lé¬ 
gère,  rapports  non  douloureux,  pas  d’hémorroïdes.  La 
miction  n'a  jamais  été  involontaire  ;  mais  M®  X...  ne  peut 
se  retenir  longtemps  :  «  J’ai  toujours  été  comme  ça,  étant 
jeune  ça  m’échappait.» 

Parfois  toux  sèche,  quelquefois  crachats  A\ec  filets  de 
sang.^n  mouchant,il  y  a  souvent  du  sang.Ces  deux  der¬ 
niers  accidents  se  montrent  avant  l' apparition  des  règles. 

La  coïncidence  des  différentes,  hémorrhagies,  y  com¬ 
pris  les  larmes  de  sang,  sont  fréquentes  chez  les  hystéri¬ 
ques  atteintes  à'hématidrose. 

Son  père, sobre, est  mort  écrasé.  Sa  mère, morte  de  la 
variole  noire  en  1871, était  sujette  à  descrises  de  nerfs.Xén 
frère, en  bonne  santé,  n’est  pas  nerveux.  Une  sœur,  une 
tante, deux  oncles  maternels, sont  morts  de  «la  poitrine». 
Ils  n’étaient  pas  nerveux. 

Madame  'P.. .en  plus  de  l’enfant  cité  plus  haut  a  eu  une 
fausse  couche  et  deux  filles,  l’une,  Georgette,  âgée  de 
12  ans,  atteinte  à.' épilepsie  :  elle  nous  amène  une  autre 
fille  de  5  ans  en  bonne  santé,  sans  convulsions. 

Les  crises  hystériques  ont  disparu  lorsqu’elle  était  en 
ceinte  de  Georgette  —  notre  épileptique  —  de  quelques 
mois.  Depuis  cette  époque,c’est-à-dire  depuis  12  années, 
elle  n’en  a  plus  eu. 

Dans  une  brochure  intitulée  Louise  Lateau  ou  la  stig¬ 
matisée  belge,  nous  avons  eu  l’occasion  de  parler  des 
sueurs  de  sang  chez  les  hystériques. Chez  elle, comme  chez 
Mlle  T...,  comme  chez  la  malade  de  Parrot,celles  deBoer- 
have,  de  Chauffard,  de  Magnus  Huss,  la  sueur  de  sang, 
était  précédée  de  douleurs  vives  et  se  compliquait  d’hé¬ 
morragies  diverses,  en  particulier  d'hémalémèses.  C’est 
en  raison  de  la  rareté  des  cas  de  ce  genre  que  nous  avons 
cru  utile  de  relater  celui  de  Mme  T.  (1). 

Bol’rnevillk. 


(1)  On  consultera  avec  intérêt  l’article  Hematidrose,  de  Maurice 
Raynaud,  dans  le  Dictionnaire  de  Jaccoud  (avec  une  bibliographie 
intéressante),  ainsi  que  les  histoires  concernant  les  stigmatisés, 
(François  d'Assises,  efc.) 


DIONINE-MEIICK  spécifique  de  la  TOUX  et  de  la  DOULEUR 
plus  active,  moins  toxique  que  les 
opiacés  et  tous  leurs  dérivés,  môme  synthétiques. 


SÉDATION  IMMÉDIATE  de  la  TOUX 

SIROP  DU  D"  BOUSQUET,  A  LA  DIONINE  MERCK 

0,01  par  cuil.  à  bouche,  avec  2  gtl*’  de  Itromoronne  (4  à  8  par  jour). 


214 


LE  PROGRÈS  MEDICAL 


1 


SOCIÉTÉS  SAVANl'ES 

SOCIÉTÉ  DE  BIOLOGIE. 

Séance  du  31  mors  190tl. 

Mucus  de  l’intestin. 

MM.  Ch.  Roux  et  Riva  ont  vu  que  le  mucus  de  l'intestin 
grêle  est  sécrété  par  la  muqueuse  sous  forme  de  flocons 
hyalins,  qui  se  dissolvent  dans  le  contenu  du  gros  intestin. 
Sur  l’animal  muni  d’une  fistule  intestinale,  les  auteurs  ont  pu 
démontrer  que  l’extrait  aqueux  des  fèces  dissout  le  mucus 
hyalin  sécrété  par  l’intestin  grêle. 

Albumine  du  liquide  cévhato-rachidien. 

MM.  L.  Rénon  et  L.  Tixier  rapportent  un  syndrome  très 
caractérisé  au  cours  duquel  le  liquide  céphalo-rachidien 
contenait  une  notable  proportion  d'albumine  (de  2  àogr.). 
alors  que  l’examen  cytologique  ne  donnait  que  des  résultats 
négatifs . 

L’examen  du  liquide  céphalo-rachidien  pathologique  a 
donné  pour  les  réactions  cellulaires  et  les  réactions  chimi¬ 
ques  des  résultats  sensiblement  parallèles. 

Pour  les  auteurs,  si  l’examen  de  l’albumine  du  liquide 
cérébro-spinal  n’a  pas  toute  la  précision  désirable,  il  fouriîit 
seul,  dans-  certains]  cas,  en  dehors  des  signes  cliniques,  les 
preuves  indiscutables  de  l’existence  d'un  processus  méningé 
aigu  ou  chronique. 

D’autre  part,  jamais  ils  n’ont  observé  la  réaction  cellulaire 
positive  avec  la  réaction  chimique  négative.  Cette  dissociation, 
d'ailleurs,  est  possible.  Des  traces  indosables  d’albumine 
peuvent  se  retrouver  dans  le  liquide  céphalo-rachidien  nor¬ 
mal,  et  cette  recherche  a  d’autant  plus  de  valeur  qu’elle  est 
faite  extemporanément  avec  les  techniques  usuelles  pour 
les  recherches  d’albumine. 

Injections  de  sënim  antidiphtérique  chez  le  lapin. 

M.  IL  Lemaire  a  observé,  après  injection  de  sérum  antidiph¬ 
térique  au  lapin,  que  le  sérum  est  décelable  dans  le  sang  dès 
les  premières  heures,  diminue  vers  le  6"  jour,et  du  7'  au  11>*, 
apparaissent  les  précipitines.  Le  sérum  de  cheval  coexiste 
quelques  jours  puis  disparaît  vers  le  lO'  jour  après  l’injection. 
Les  précipitines  sont  encore  abondantes. 

Dans  les  injections  intra  veineuses,  les  précipitines  appa¬ 
raissent  de  façon  précoce,  vers  le  3“  jour  et  sont  fugaces  et 
passagères. 

Après  injection  de  sérum  antidiphtéritique,  l’état  général 
de  l’animal  reste  normal, les  précipitines  le  font  diminuer  de 
poids,  mais  U  reprend  vite  ;  l'injection  n’a,  localement,  donné 
aucun  accident. 

Une  fois  sur  quatre  l'auteur  a  observé  une  lésion  symétrique 
à  caractère  nécrotique  à  la  face  plantaire  du  métatarse  posté¬ 
rieur. 

Hyperglobulie  dans  le  pneumothora.v  tuberculeux . 

M .  Rayb.aüd  (de  Marseille)  a  observé  un  jeune  homme  de 
23  ans  atteint  de  pneumothorax  droit  d’origine  tuberculeuse, 
avec  augmentation  des  globules  rouges,  qui  pourrait  être 
attribué  en  l’absence  de  splénomégalie,  à  la  gêne  mécanique 
de  la  respiration. 

Cellule  du  corps  jaune  du  cobaye. 

M.  Mulon  a  trouvé  dans  des  corps  jaunes  de  15  jours  des 
cellules  dont  le  cytoplasma  contient  des  formations  filamen¬ 
teuses  :  il  y  a  décelé  1°  une  substance  osmophile  ainsi  qu’un 
corps  gras,  2°  un  acide  gras.  Ces  cellules  sont  identiques  à 
celles  que  l’on  rencontre  dans  la  zone  ^anduleuse  des  surré¬ 
nales  du  cobaye  décrites  ailleurs  par  l’autèur.  Ceci  crée  un 
lien  morphologique  entre  les  surrénales  et  le  corps  jaune. 

Réaction  myéloïde  du  sang  dans  la  lèpre. 

M.  Alézais  (de  Marseille)  signale  un  cas  de  lèpre  avec  réac¬ 
tion  myéloïde,  surtout  éosinophilique,  du  sang. 

Influence  dM  "régime  alimmîaire  sur  kscoeffioients  urologiques 
.  et  sur  le  poids  de  la  molécule -élaborée. 

MM.  Desgrbz  et  Aykignac  ont  vu  que  la  molécule  la  plus 


grosse  est  fournie  par  le  régime  végétarien  parce  que  ce  4, 
nier  détermine  la  formation  et  le  passage  dans  les  urines  4 
corps  azotés  et  aromatiques,  acide  hippurique  et  analogue 
de  poids  moléculaire  très  élevé.  E.  P. 


ACADÉMIE  DE  MÉDECINE 
Séance  du  3  avril. 

L'inversion  utérine. 

M.  Pinard  rapporte  un  cas  d’inversion  utérine  chez  imj 
multipare  accouchée  avec  le  forceps.  Réduite  manuellemsi 
l'inversion  se  reproduisit  quatre  jours  après,  dans  des  effo4 
de  défécation.  Le  ballon  de  Champetier  de  Ribes  donna  m 
exœllent  résultat.  En  cas  d'inversion  un  peu  ancienne,  avec 
menace  d'étranglement,  cet  instrument  est  très  supérientà 
la  réduction  manuelle. 

En  dehors  des  tractions  intempestives  sur  le  cordon,  fia. 
version  utérine  est  assez  rare.  Elle  peut  cependant  survei» 
par  insertion  du  placenta,  comme  l’a  vm  le  Mériel.  Elle 
pieut  aussi  être  due  à  l'inertie  utérine. 

La  réduction  est  en  général  facile,  surtout  avec  le  ballni 
de  Champetier.  Mais  en  cas  d’étranglement  et  de  sphacèle,  i 
faudrait  faire  l’hystérectomie. 

La  néphrotomie  dans  l'éclampsie. 

M.  Pinard  rapporte  un  beau  succès  obtenu  par  MM.  Poussm’ 
et  Chambrelent,  de  Bordeaux,  par  la  néphrotomie,  chezum 
éclamptique.  Sans  agir  sur  la  néphrite  même,cette  opén^j 
supprime  le  gonflement  du  rein,  qui  se  trouve  bientôt  tropi! 
l’étroit  dans  sa  capsule  fibreuse.  Est-ce  là  la  cause  de  l’albu¬ 
minurie  et  de  l’éclampsie  ?  Il  est  certain  qu’Edebohls,  lorsqu'il 
eut  l’idée  ingénieuse  et  hardie  d’aller  découvrir  le  rein  d' 
d’inciser  sa  capsule,  vit  celui-ci  faire  hernie  par  la  fente,  et' 
qu’il  observa  aussitôt,  avec  la  décompression  du  rein,  la 
cessation  des  accidents  éclamptiques. 

Cette  opération  peut  fournir  une  ressource  dans  des  œ 
très  graves.  Mais,  dans  la  pratique  courante,  elle  ne  doit  pas 
faire  oublier  les  bons  résultats  du  régime  lacté  rigoureux  fit 
assez  précoce,  de  la  saignée,  au  besoin  même  de  la  ponctioil 
lombaire  ;  moyens  plus  simples,  moins  graves  et  trt-s  efficaces. , 
Les  remèdes  secrets. 

M.  IlucHARD  lit  un  rapport  sur  les  nombreux  remède 
secrets  proposés  à  l’Académie.  Aucun  d’entre  eux  ne  mérite 
de  retenir  vraiment  l’attention.  A. -F.  Plicque. 

SOCIÉTÉ  DE  CHIRURGIE 
Séance  du  28  mars  190d 
Vingt-sept  cas  de  botryomyco.se  humaine. 

M.  Hartmann  ajoute  aux  5  cas  apportés  récemment  à l» 
Société  27  cas  nouveaux  dus  la  plupart  à  M.  Thiéry.  La  spé¬ 
cificité  des  tumeurs  botryoïnycosiques  n’étant  plus  admi* 
aujourd'hui,  M.  Hartmann  propose  de  désigner  ces  tumeurSi 
d’après  leur  structure,  sous  le  nom  de  granuiomes  télangiei-\ 
tasiques,  terme  qui  ne  préjugent  en  rien  leur  origine,  rap" 
pelle  leurs  principales  particularités  anatomiques. 

Anesthésie  par  la  scopolamine. 

M.  Routier  a  employé  un  certain  nombre  de  fois  les  injeO" 
tions  sous-cutanées  de  scopolamine  combinées  au  ctilo^ 
torme  et  il  pense  qu’on  exagère  l’influence  de  la  scopolamio' 
sur  la  marche  de  l’anesthésie  chloroformique. 

_  M.  Ferrier,  M.  Chaput,  M.  Second,  insistent  au  contrai** 
sur  les  avantagesdes  injections  sous-cutanées  de scopolaBai**'- 
morphine  avant  l’administration  du  chloroforme.  Ces  avaO' 
tages  sont  :  la  suppression  de  l’appréhension  pré-opératoi<* 
et  des  douleurs  post-opératoires  et  l’atténuation,  dans  de^ 
proportions  considérables,  des  vomissements. 

'  Occlusion  intestinale  par  l'hiatus  de  Winsiou:. 

M.  Faure  fait  un  rapport  sur  un  mémoire  deJeanbraB** 
Riche. 

l'holécysteclomie  pour  lithiase  de  la  vésicule. 

M.  Bazy  présente  une  gro.sse  vésicuk  extirpée  récemB*^ 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


215 


r  lithiase  biliaire.  D’après  l'auteur,  on  rencontre  dans  la 
oj^se  des  voies  biliaires  tantôt  la  dilatation  de  la  vésicule, 
tantôt  de  la  rétraction  :  dans  le  premier  cas  il  y  aurait  sclé¬ 
rose  vésiculaire  débutant  par  le  col  de  la  vésicule,  dans  le 
second,Ia  sclérose  débuterait  par  le  fond.  Catz. 


SOCIÉTÉ  MÉDICALE  DES  IIOPIÏALX. 
Séance  du  30  mars. 


Traite  ment  de  la  tuberculose  pur  la  recalcification. 

M.  P.  I’ebrier  imite  les  procédés  de  la  nature  qui  calcifie 
d’anciens  foyers  tuberculeux, en  employant  dans  le  traitement 
jBititubercuïeux  les  sels  de  chaux  (carbonates  et  phosphates) 
et  les  eaux  minérales  bicarbonatées  calciques  11  proscrit  en 
Hième  temps  les  causes  nombreuses  qui  font  perdre  de  la 
chaux  et  du  phosphore  à  l’organisme,  causes  (lui  sont  dues 
aux  fautes  alimentaires  et  qui  consistent  en  introduction  ou 
production  d’acides  non  saturés  de  chaux.  Donc  calcifica¬ 
tion  intensive,  élimination  des  facteurs  de  décalcification 
(acides  ),  combinées  aux  mesures  hygiéniques,  voilà  comment 
traite  M .  Ferrier  les  tuberculeux  en  attendant  le  sérum  de 
Behring. 

M.  E.  Sergent  a  eu  d’excellents  résultats  avec  ce  traite¬ 
ment  qui,  en  somme,  est  très  rationnel. 

M.  Rénon  aussi  a  expérimenté  le  traitement  sur  six  mala¬ 
des  de  son  service  et  a  observé  une  amélioration  sensible. 

II  a  constaté  que  les  ouvriers  des  fours  à  chaux,  quoique 
éthyliques  le  plus  souvent,  ne  fournissent  pas  de  bacillaires 
et  dans  le  pays  environnant  on  a  noté  une  diminution  de  la 
bacillose.  Ces  faits  semblent  confirmer  la  théorie  deM.  Fer¬ 
rier. 


Svrrénnlite  sypltiliiiijue  de  VaiuUe.  Tréponème  paie. 

.M.  E.  IliRTz  revient  sur  l’observation  de  M.  Jacquet  (séance 
du  ïàjpour  demander  quel  était  l'état  de  l’aorte  de  son  ma¬ 
lade.  Dans  la  syphilis,en  effet, l’aortite  et  l’artériosclérose  sont 
extrêmement  fréquentes,  et  l’observation  deM  Jacquet  expli¬ 
querait  très  bien  cette  lésion.  La  surrénalite  constatée  his- 
tologiquements  la  présence  du  tréponème  démontrée  bacté- 
riologiquement,  paràl  Jacquet  expliquent  la  tendance  méla- 
nodermique  des  manifestations  cutanées  de  la  syphilis  et  l’as- 
.thénie  qui  caractérise  cette  infection. 

.M.  Jacquet  n’a  pas  examiné  la  crosse  aortique. mais  l’aorte 
^ominale  était  certainepient  athéromateuse  et  la  mort  par 
hémorrhagie  cérébrale  parle  bien  en  faveur  de  l'existence  de 
la  sc^rose  artérielle.  Cependant  l’examen  macroscopique  n’a 
Ws  été  assez  complet  et  le  sujet  était  âgé,  ce  qui  diminue 
l'm portance  de  la  sclérose  artérielle  du  cerveau. 

M.  JosuÉ  rappelle  que  les  lésions  artérielles  de  la  syphilis 
aontdedéux  ordres:  i”  lésions  syphilitiques  propres,  épais¬ 
sissements  et  dépressions  arrondis  ou  étoilés,  nodules  lym¬ 
phocytaires  dans  la  tunique  externe  et  moyenne,  bandes  sclé- 
l^nses,  déchirures  des  lames  élastiques  ;  2"  lésions  athéroma- 
^uses  banales,  fréquentes  chez  les  syphilitiques  et  ces  lésions 
Peuvent  fort  bien  être  provoquées  par  les  altérations  des  cap¬ 
sules  surrénales. 


Siriroehète  et  paralysie  générale. 

M.  Que  Y  RAT  n’a  jamais  trouvé  le  spirochète  de  Schaudinn 
^^sles  cerveaux  de  malades  morts  de  P.  G.  Mais  ce  résultat 
^u^me  pgg  pQyj.  Queyrat  le  rapport  de  cause  à  effet  en- 
V® ctlaP.  G.,  qui  serait  fonction  de  la  syphilis  dans 
”  J»  des  cas. 

^■1-  SicARD  partage  l  avis  de  M.  Queyrat. 

^^épkalie  acijuise,  probablement  <£ origine  traumatique. 
Mort  en  état  de  mal  épileptique. 

et  Rivet  rapportent  l’ob-servation  d’un 
®P^**  ■  anS’  qui  succomba  en  état  de  mal  épileptique 
présenté  trois  séries  de  crises  jacksoniennes  qui 
dtosU  ®“?rountant  d’intensité.  Mort  avec  hyperthermie 
|j  ^*^3psus, 

Tuesié”**^^®*®  trouva  une  lésion  de  para-encéphalite  typi- 
uu  avant  de  la  zone  psychomotrice  gauche,  dans  le 
**®de  l’artère  frontale  interne  antérieure. 


Comme  étiologie,  on  trouve  un  traumatisine  subi  à  Tàgede 
13  ans.  La  ponction  lombaire  ne  décela  rien  d’anormal,  mais 
chaque  crise  était  précédée,  accompagnée  et  suivie  d’une 
énorme  hypertension  artérielle  |30).  MM.  Chauffard  et  Rivet 
n  e  croient  pas  néanmoins  pouvoir  mettre  les  crises  en  dépen¬ 
dance  de  cette  hypertension,  mais  admettent  plutôt  la  lésion 
p  orencéphalique  comme  provocateur  et  de  la  crise  et  de 
l’hypertension .  D’ailleurs,  les  tentatives  qui  ont  été  faites 
d’inhiber  les  crises  parles  médicaments  hypotenseurs  etpar 
le  chloral  n’ont  donné  aucun  résultat. 

M.  A  ARioT  présente  un  nouveau  casde  microsphygmie  per¬ 
manente  sans  lésion  cardiaque,  avec  ichtyose  congénitale  et 
débilité  mentale.  Friedel. 


LA  VALEROBROMINE  LEGRAND 

est  plus  active  que  les  bromures  et  les  valé- 
rianates. 


REVUE  DE  ÏHÉILVREÜTIQUE 

Sur  le  traitement  créosoté  des  affections  pulmonaires 
non  tuberculepses  ; 

Par  le  D'  M.  NIGOÜL 

Médecin  en  chef  du  Dispensaire  de  ia  Préfecture  de  la  .Seine. 

Presque  toutes  les  maladies  pulmonaires  sont  d’origine 
infectieuse  ;  leur  pronostic  dépend  de  la  nature  et  de  la  vi¬ 
rulence  de  l'agent  pathogène.  Mais  il  dépend  aussi  de  la  ré¬ 
sistance  organique.  Chacun  est  malade  à  sa  manière  :  tel 
arthritique  ou  cungestifréagira  par  des  phénomènes  inflam¬ 
matoires  exagérés,  alors  que  tel  névropathe  aura  des  accès 
de  toux  pénibles,  une  fièvre  intense,  peut-être  du  délire.  Mais 
tous  présenteront  des  symptômes  fonctionnels  et  généraux 
analogues,  variables  seulement  dans  leur  intensité,  suivant 
la  résistance  du  sujet  et  la  gravité  de  l’infection.  Infection 
locale,  parfois  générale,  réactions  organiques,  tels  sont  par 
conséquent  les  deux  principes  pathogéniques  qui  doivent 
inspirer  toute  la  médication  pulmonaire,  et,  sans  négliger  de 
calmer  la  toux, d’abattre  la  fièvre,  de  diminuer  l’expectoration, 
le  praticien  avant  tout  doit  se  laisser  diriger  par  la  préoccu¬ 
pation  bien  plus  importante  de  détruire  cette  virulence  et  de 
stimuler  ces  réactions  défensives.  Mais  ici  les  discussions 
commencent  :  «  Vous  cherchez,  nous  dit-on,  à  soutenir  l’or¬ 
ganisme  prêt  à  défaillir,  rien  n’est  plus  légitime  et  les  moyens 
ne  manquent  pas.  Mais  comment  espérez-vous  atteindre 
l'agent  pathogène  lui-même,  à  l’abri  dans  le  tissu  pulmo¬ 
naire  encombré  de  leucocytes  détruits,  et  qui  émet  autour 
de  lui  ses  toxines  mortelles  ?  Nous  n’avons  pas  encore  un 
moyen  efficace  d’agir  directement  sur  lui,  et  nous  devons 
accorder  notre  attention  plutôt  à  l’état  général.  '> 

Cet  aveu  d'impuissance  n’est  plus  de  mise  aujourd’hui. 
Il  était  possible  au  temps  où  la  Terpine,  les  balsamiques,  les 
agents  béchiques  ordinaires  remplissaient  toutes  nos  for¬ 
mules,  au  temps  où  la  créosote, que  l’on  savait  pourtant  anti¬ 
septique  et  dynamogénique,  c’est-à-dire  capable  de  réaliser 
le  desideratum  cherché,  était  encore  difficile  à  manier,  toxi¬ 
que,  caustique,  instable  et  chimiquement  mal  définie.  Mais 
à  l’heure  actuelle,  il  n’en  est  plus  ainsi.  La  médication  créo- 
sotée  est  devenue  pratique,  car  il  a  suffi  aux  chimistes  de 
sulfoner  le  ga’iaeol,  pour  conserver  à  ce  remède  ses  vertus 
curatives  en  lui  faisant  perdre  ses  inconvénients.  Le  corps 
ainsi  formé,  contenant  52  %  de  gaïacol  cristallisé,est  stable, 
bien  défini,  absolument  sans  toxicité  sans  causticité,  sans 
le  moindre  dangerpour  le  tube  digestif  :  J’ai  nommé  le  thio- 
col. 

Ainsi  constitué,  ce  corps  chimique  ne  représente  pas,  à 
notre  axis,  un  médicament  indépendant,  tout  à  fait  personnel 
dans  la  ÜiérapeuLique  moderne,  mais  il  doit  être  envisagé 
comme  le  moyen  pratique,  vraiment  sans  danger,  d’assurer 
aux  malades  tous  les  bénéfices  de  la  médication  créosotée. 
Et  alors,  le  domaine  de  cette  médication  s'élargit  singulière- 


216 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


ment!  Désormais,  nous  ne  reprendrons  pas  seulement  la  mé¬ 
dication  de  la  tuberculose  que  nous  avions  été  forcé  d’aban¬ 
donner  ;  mais  le  thiocol  nous  offrira  lui-même  la  possibilité 
d’intervenir  contre  la  pneumonie,  les  bronchites,  les  locali¬ 
sations  pulmonaires  de  la  grippe,  de  la  rougeole,  la  bron¬ 
chectasie.  la  pleurésie,  en  un  mot,  la  plupart  des  affections 
respiratoires. 

Jusqu’à  ce  jour,  presque  tous  les  auteurs  avaient  perdu  de 
vue  cette  nouvelle  voie  de  la  médication  créosotée.  Ils  avaient 
consacré  leur  thèse  inaugurale  ou  d’importantes  publications, 
uniquement  à  l’action  du  thiocol  contre  le  bacille  de 
Koch  (1).  Ainsi  ils  ont  fait  naître  dans  l’esprit  du  praticien 
cette  pensée  que  thiocol  signifie  presque  toujours  tubercu¬ 
lose  pulmonaire. 

Il  importe,  à  notre  avis,  de  réagir  contre  cette  association 
d’idées  qui  tend  à  spécialiser  ce  remède  au  prolit  d  une  seule 
maladie,alors  qu'il  est  logique  d’admettre  que. s’il  donne  des 
résultats  dans  la  bronchite  bacillaire,  à  plus  forte  raison 
son  activité  sera-t-elle  manifeste  dans  les  autres  infections 
respiratoires.  Et  si  nous  arrivons  à  démontrer  que  le  thiocol 
exerce  sur  l’agent  pathogène  de  ces  maladies  un  véritable 
pouvoir  antiseptique;  que, d’autre  part,  il  relève  l'état  géné¬ 
ral,  c’esl-à-dire  les  défenses  organiques,  nous  aurons  ainsi 
prouvé  qu’il  réalise  nettement  les  conditions  thérapeutiques 
exigées  par  la  palhogénie  de  ces  mêmes  affections.  Nous 
avons  donc  traité  par  le  thiocol  9  cas  de  bronchite  aiguë  et 

6  cas  de  bronchite  catarrhale  chronique.  Nous  avons  or¬ 
donné  les  comprimés  de  thiocol  dosés  à  0,50  clgr.,  dans  3  cas 
de  pneumonie  franche,  dans  3  cas  de  pleurésie,  dans  2  cas 
de  bronchectasie  et  dans4  cas  de  grippeà  forme  respiratoire. 
Nous  l’avons  essayé  aussi  dans  5  cas  d'emphysème  et  chez 

7  enfants  atteints  de  rougeole  avec  gros  râles  muqueux  et 
toux  quinteuse  pénible.  Cela  fait  un  ensemble  assez  consi-- 
dérable  de  faits  cliniques  nous  permettant  d’appuyer  notre 
opinion  sur  la  médication  thiocolée. 

Dans  la  br mchite  aiguë,  notre  expérience  nous  autorise  à 
dire  qu’il  faut  donner  le  thiocol  soit  à  la  première  période, 
avant  la  formation  des  crachats,  soit  vers  la  fin  de  la 
période  de  coction.  Dès  que  le  malade  a  la  fièvre  et  com¬ 
mence  à  tousser,  donnez  4  à  G  comprimés  par  jour  et  vous 
pourrez  voir  souvent  la  bronchite  guérir  en  une  semaine, 
avec  une  période  de  coction  à  peu  près  insignifiante.  Dès  le 
début,  la  fièvre  tombe  et  les  troubles  gastriques  disparais¬ 
sent.  Si  vous  ôtes  appelé  au  moment  de  l’expectoration,  ne 
donnez  pas  immédiatement  ie  thiocol,  ou  donnez-le  à  dose 
faible, 2  à  3  comprimés  tout  au  plus,  afin  de  ne  pas  tarir  cette 
expectoration  et  de  permettre  l’évacuation  des  déchets  in¬ 
flammatoires  déjà  constitués.  Mais  au  bout  de  4  à  5  jours, 
prenez  sans  hésiter  la  dose  de  4  à  6  comprimés  et  même  8. 
et  vous  arrêterez  facilement  la  formation  des  crachats.  Le 
malade  toussera  beaucoup  moins,  il  reprendra  des  forces, 
son  appétit  augmentera,  les  râles  disparaîtront  et  vous  au¬ 
rez  en  moins  de  2  semaines  obtenu  une  guérison  autrement 
nette  que  par  toute  autre  médication. 

Dans  la  bronchite  chronique  et  l’emphysème,  les  effets  du 
remède  sont  encore  tout  à  fait  remarquables,  et  c’est  ici  que 
nous  observons  surtout  une  action  asséchante  énergique 
sur  ta  muqueuse  bronchique.  Dans  nos  6  observations,  la 
iiionchorrhée  a  nettement  diminué  sous  l’influence  de  G  à  8 
comprimés,  et  il  est  arrivé  chez  plusieurs  malades  que 
l’expectoration  a  complètement  cessé  pendant  des  intervalles 
d’une  à  deux  semaines.  Ils  toussaient  encore  par  moments, 
mais  leur  toux  était  sèche  et  l’auscultation  révélait  de  sim¬ 
ples  râles  ronfl  ints  ;  les  râles  humides  avaient  complètement 
disparu.  Cette  action  asséchante  du  thiocol  est  vraiment 
remarquable,  les  praticiens  ne  manqueront  pas  de  la  cons¬ 
tater.  Généralement,  les  malades  qui.  une  fois  ces  effets  ob¬ 
tenus,  continuent  l’ingestion  de  2  à  4  comprimés  par  jour, 
conservent  ce  hon  état  respiratoire  et  se  mettent  à  l’abri 
des  recrudescences  inflammatoires.  Pas  plus  chez  le  bron¬ 
chitique  aigu  que  chez  le  chronique,  le  thiocol  ii’a  jamais 
iucommo  lé  les  fonctions  gastro-intestinales,  l’appétit  s’est 
toujours  maintenu  et  l’état  général  est  devenu  rapidement 
plus  satisfaisant.  _ 

^1  Voir  la  /fîW/og  aphte  a  ta  lin  de  ee  travail. 


Pour  l'emphysème,  nous  ne  trouvons  pas  évidemment 
dans  ce  remède  le  moyen  de  réparer  des  lésions  irrémé- 
diaqles,  mais  il  fait  disparaître  les  râles  de  bronchite  con¬ 
comitante,  il  tarit  l’expectoration,  diminue  la  toux,  parait 
faciliter  la  ventilation  pulmonaire  et  relève  encore  l’état 
général.  On  connaît  la  grande  facilité  qu’ont  les  emphysé¬ 
mateux  à  présenter  des  accès  de  bronchite  aiguë  et  de 
congestion  pulmonaire,  ür  ici  encore  quand  ces  symptômes 
inflammatoires  auront  disparu  sous  l’action  de  8  comprimés 
de  thiocol  par  jour,  on  peut  éviter  le  retour  de  semblables 
accidenis  en  faisant  absorber  aux  malades  2  à  3  comprimés 
par  2i  heures  un  jour  sur  deux, pendant  longtemps,  avec  un 
repos  de  10  jours  par  mois. 

Dans  la  pneumonie  franche,  nous  obtenons  aussi  des 
effets  énergiques  avec  la  médication  thiocolée.  Plusieurs 
auteurs  ont  préconisé  déjà  le  traitement  créosoté  contre  la 
pneumonie,  et  ils  ont  montré  que,  par  ce  moyen,  nous  pou¬ 
vons  agir  à  la  fois  sur  l’élément  infectieux  et  sur  l’état  gé¬ 
néral  affaibli.  French  (2i  a  cité  plusieurs  observations  de 
guérison  rapide  par  le  thiocol.  'Van  Zandt  (3|,  Smith  (4)  el 
Gracey  (5l  ont  déclaré  qu’appliqué  de  bonne  heure, ce  traite¬ 
ment  était  presque  spécifique  de  la  pneumonie.  G.  Gain  (fil 
prétend  que,  chez  plusieurs  pneumoniques  traités  par  lui. 
aucune  autre  médication  n’a  été  nécessaire  et  que  la  durée  de 
la  maladie  a  été  nettement  abrégée.  Nos  observations  per¬ 
sonnelles  n’infirment  en  rien  les  conclusions  de  ces  auteurs. 
Et  pour  mieux  faire  saisir  faction  du  thiocol  sur  l’infection 
pneumococcique  nous  citerons  ici  l'observation  suivante  : 

Obs.  I  —  Il  s’agissait  d’un  homme  de  37  ans,  atteint  de  pneu¬ 
monie  franche  du  sommet  droit.  Quelques  heures  après  le  point 
de  côté  initial,  la  température  atteignait  39‘8.  La  dyspnée  était 
accentuée  et  la  toux  quinteuse.  Un  grand  nombre  de  râles  crépi¬ 
tants  fins  éclataient  au  niveau  du  lobe  supérieur  du  poumon  droit 
qui  offrait  une  matité  très  nette.  Ce  foyer  était  facilement  per¬ 
ceptible  en  auscultant  dans  l’aisselle.  Le  cœur  était  normal 
malgré  112  pulsations. 

Nous  avons  aussitôt  ordonné,  avec  une  révulsion  des  plM 
énergiques  (ventouses  scarifiées  à  ce  niveau)  8  comprimés  de 
thiocoi  par  jour.Le  lendemain  au  soir,  à  4  h.  1/2,  le  thermomèlre 
marquait  :!8"4  ;  le  surlendemain  37“0  et  le  3*  jour  37'>3.  La  fièvre 
était  donc  tombée  en  48  heures  ;  le  pouls  était  presque  normal. 
La  respiration  n’était  plus  dyspnéique  el  la  toux  ne  fatiguait 
plus  le  malade.  L’abondance  des  urines  n’avait  en  aucun  Bo¬ 
rnent  diminué.  Il  existait  cependant  quelques  crachats  hémop¬ 
toïques.  La  matité  pulmonaire  persistait  encore  et  l’auscultatioi 
I  faisait  entendre  une  respiration  légèrement  soufflante.  L’étal 
général  n'avait  pas  faibli,  et  cependant  nous  n’avons  pas  et 
recours  aux  stimulants  habituels  comme  la  potion  de  Tood,  la 
kola,  etc. 

Au  4*  jour,  le  malade  a  pris  C  comprimés  de  thiocol  par^l 
heures.  Les  crachats  hémoptoïques  n’ont  pas  reparu.  L’expee- 
toratlon,tr«s  peu  abondante, est  devenue  muqueuse,  la  toux  s’esl 
calmée,  la  matité  s’est  éclaircie  et  nous  avons  pu  considérer  <* 
pneumonique  guéri  en  G  jours  de  traitement. 

Les  deux  autres  cas  de  ce  genre  noiis  ont  permis  d’obsef' 
ver  que  faction  curative  du  thiocol  était  d’autant  plus  énei' 
gique  que  la  médication  se  rapprochait  du  déb  ut  de  l'aff^f 
tion.  Ordonné  plus  tard  dans  une  de  ces  observations, 
s’est  montrée  moins  nette, tout  en  exerçant  encore  uneact'®’ 

I  favorable  sur  l’évolution  pathologique.  Nous  pensons,  ^ 
effet  que  le  thiocol  s’oppose  nettement  aux  dangers 
patisation  grise.  Comme  pour  la  bronchite  aiguë,  ce  renB’“ 
évite  les  convalescences  traînantes  de  la  pneumonie,  si 
pices  aux  infections  nouvelles,  de  telle  sorte  qu’il 
paraît,  comme  aux  auteurs  précités,  exercer  nettement® 
pouvoir  à  la  fois  curatif  et  préservatif.  Mais,  nous  le  ré^ 
tons,  il  importe  de  le  donner  dès  le  début  et  à  doses  fof*^ 

Le  thiocol  donne  encore  de  bons  résultats  dans  les  loc^ 
sations  pulmonaires  de  la  grippe  et  ici  nous  pouvons 
que  ce  remède  abrège  sensiblement  la  durée  de  cette  ^ 
tion.  Si  en  effet,  au  début  delà  grippe  on  donne  en  moy®*^ 

6  comprimés  de  Thiocol  par  jour,  on  est  surpris  de 
tater  au  bout  d’une  semaine  environ  la  sédation  des 
mènes  inflammatoires  du  poumon  et  aussi  un  relève®  -|j 
appréciable  de  l'état  général.  Le  malade  a  plus  de  forceS’ 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


217 


a  de  l’appétit,  augmente  ensuite  de  poids,  et  on  évite  ainsi  de 
redoutables  complications  infectieuses. 

11  en  est  de  même  dans  la  rougeole  infantile,  et  pour  notre 
part,  nous  avons  l’habitude  dès  le  début  de  la  période  érup¬ 
tive  au  moment  où  l’exanthème  morbilleux  est  intense  sur 
l'appareil  broncbo-pulmoiiaire  d’ordonner  le  sirop  Roche  au 
thiocol  par  cuillerée  à  café  de  '2  bernes  en  2  heures.  Avec 
cette  façon  de  procéder,  il  est  rare  de  ne  pas  observer  l’at¬ 
ténuation  très  nette  des  gros  làles  bullaires  et  de  la  toux. 
Nous  pensons  aussi  que  ce  remède  est  un  préservatif  <les 
complications  streptococciques  au  moins  aussi  puissant  (pie 
l’antisepsie  nasale  et  bucco-pharyngienne.  Dans  plusieurs 
cas,  il  nous  a  même  semblé  (pie  le  thiocol  favorisait  la  sortie 
de  Vexanthème.  Etnons  expliquons  ce  plu  nomène  par  ce 
fait  que  le  médicament  est  un  stimulant  général  des  fonc¬ 
tions  organiques. 

Une  autre  indication  très  nette  de  la  médication  Ibiocolée' 
est  la  bronchectasie  et  la  bronchite  putride. 

Obs.  II.  —  Chez  une  femme  de  57  ans  atteinte  depuis  fort  long¬ 
temps  debronchile  chronique, l’haleine  étaitdevenue  fétide.  Tou  s 
les  matins  au  réveil,  la  malade  était  secouée  par  des  accès  de 
toux  qui  s’accompagnaient  d’une  expectoration  liés  abondante 
sorte  de  vomique  muco-purulenle  et  de  fort  mauvaise  odeur. 
Abandonnée  dans  un  vase,  ces  crachats  se  divisaient  en  trois 
couches,  dont  l’inférieure  était  verdâtre.  Il  y  avait  eu  quelques 
'hémoptysies.  A  l’auscultation,  on  constatait  les  signes  d’une  ca¬ 
verne,  mais  l’examen  des  crachats  les  montra  indemnes  de  ba¬ 
cilles  et  de  fibres  élastiques.  Il  s’agissait  donc  d'un  cas  bien  dé¬ 
terminé  de  dilatation  bronchique. 

Six  comprimés  de  Thiocol  par  24  heures  firent,  en  10  jours  en¬ 
viron, complètement  disparaître  l’odeur  fétide  des  crachats  et  di¬ 
minuer  leur  abondance.  A  ce  moment,  il  se  produisit  une  hémop¬ 
tysie.  Mais  elle  s’arrêta  d’elle-mème  et  ne  reparut  pas.  La  toux 
était  calmée  et  l'état  général  meilleur. 

Par  la  suite  cette  femme,  a  continué  l’usage  du  thiocol,  et  sans 
arriver  à  tarir  complètement  son  expectoration,  elle  est  parve¬ 
nue  cependant  à  conserveries  résultats  acquis.  Les  signes  phy¬ 
siques  étaient  atténués  ;  il  n’y  avait  presque  plus  de  gargouille¬ 
ments;  le  souffle  cavitaire  persistait  seul. 

Dans  nos  3  cas  de  pleurésie  séro-fibrineuse  dite  a  friçfore  et 
cependant  fonction  de  tuberculose,  nous  pensons  avoir  em¬ 
pêché  ou  tout  au  moins  retardé  pour  longtemps  l’apparition 
des  signes  bacillaires  sur  le  poumon.  Sous  l’influence  de  4  à 
6  comprimés  par  jour  nous  avons  noté  le  relèvement  de  l’état 
général,  de  l’appétit,  des  forces,  une  réelle  augmentation  de 
poids  et  malgré  toute  notre  attention  nous  n’avons  pi;  déceler 
au  sommet  l’existence  du  2®  schème  de  Grancher.  Le  thiocol 
ne  nous  paraît  pas  avoir  une  action  bien  efficace  sur  l’abon¬ 
dance  ou  la  résorption  de  Tépanchement.  La  médication  diu¬ 
rétique  et  la  ponction  passent  toujours  ici  en  première  ligne. 

Mais  nous  ne  craignons  pas  de  poser  en  principe  que.  dans 
la  pleurésie  séro-fibrineuse,  la  médication  thiocoléeest  in¬ 
dispensable  pour  rendre  le  parenchyme  pulmonaire  réfrac¬ 
taire  au  développement  de  la  bacillose.  C’est  surtout  à  ce 
point  de  vue  qu’elle  doit  être  instituée. 

En  résumé,  deux  remarques  s’imposent  à  tout  médecin  qui 
traite  comme  nous  le  faisons,  les  affections  respiratoires  non 
oacillaires  par  le  thiocol.  C’est  d’abord  la  rapidité  des  ré¬ 
sultats  et,  en  second  lieu,  l’action  favorable  du  médicament 
au  point  de  vue  pronostique  sur  l’évolution  morbide.  Nous  ve¬ 
nons  de  voir,  en  effet,  que  très  peu  de  jours  après  le  début  du 
traitement,  l’expectoration  change  de  caractère.  Elle  devient 
muqueuse  perd,  sa  purulence,  sa  mauvaise  odeur,  et  peut 
se  tarir  complètement  ensuite.  La  toux  elle-même  est  cal¬ 
mée.  La  dyspnée  disparaît,  la  lièvre  tombe  et  l'état  général 
améliore.  Dans  lapneiimonie,  les  effets  du  thiocol  sont  en- 
ore  plus  rapides  et  la  fièvre  cède  en  48  heures  environ. 
l®s  malades  atteints  d'affection  générale  infectieuse, 
la  rougeole  et  la  grippe,  le  médicament  prévient  les 
mplicalions  broncho-pulmonaires.  Dans  la  pleurésie,  il 
Ppose  à  l’envahissement  pulmonaire  par  le  bacille.  En  un 
cou’  ®^llon  curative  et  préventive,  telle  est  la  conclusion  de 
etu(le  clinique. 

Tliio*^i  ajouierl’aciion  stomachique  et  orexique  du 

*ste  d” ’ pouvoir  dynamogénique,  sa  propriété  mani- 
b  exalter  les  défenses  organiques.  Or,  si  le  thiocol  est 


un  merveilleux  asséchant  pour  la  muqueuse  bronchique,  il 
n’entre  pourtant  pas  dans  la  classe  des  balsamiques;  s’il  est 
sédatif  de  la  toux,  il  ne  fait  pas  partie  du  groupe  des  anti- 
nervins  ;  s’il  abat  rapidement  la  fièvre,  il  n’est  pas  un  anti- 
Ihermique  ;  etla  question  se  pose  de  savoir  comment  ce  re¬ 
mède  peut  alors  déterminer  des  effefs  si  divers.  C’est 
uniquement  par  son  pouvoir  antiseptique.  Nous  savons,  en 
effet,  d’après  les  recherches  de  Gripon  (7),  Martial  (8;,  Mara- 
maldi  (9),  Schnirer  (10),  Foussal  (11),  etc.,  que  le  thiocol 
exerce  sur  les  agents  infectieux  qui  habitent  normalement 
ou  pathologiquement  les  m  iqneusès  respiratoires  une  ac¬ 
tion  antiseptique  certaine.  Si  l’on  recherche  dans  les  cra- 
cbats  la  présence  de  ces  microorganismes  avant  et  après 
le  traitement,  on  constate  que  leur  nombre  a  sensiblement  di- 
ininuéet  parfois  même  qu’ils  n’existent  plus  après  l'inges¬ 
tion  régulière  pendant  une  dizaine  de  jours  de  6  à  8  compri¬ 
més  dosésà  0,.50  cigr.  (Il-ukesboven)  (1). 

D’autre  part,  nous  savons  que  l’innocuité  du  thiocol  permet 
de  le  faire  absorber  à  des  doses  assez  élevées  pour  déverser 
dans  l'économie  une  quantité  de  principe  actif  suffisante  pour 
imprégner  le  tissu  pulmonaire,  les  ganglions  bronchiques, 
et  arrêter  aussi  l’action  infectieuse. 

Voilà  bien  la  solution  du  problème.  Gomment  en  effet,  ex¬ 
pliquer  autrement  ce  fait  que,  dans  la  pneumonie,  la  fièvre 
tombe  en 48  heures,  la  toux  se  calme,  la  maladie  guérit  d'une 
façon  plus  rapide  ?  Gomment  expliquer  autrement  que,  dans 
la  bronchectasie,  le  caractère  fétide  et  purulent  de  l’expecto¬ 
ration  disparaît  en  peu  de  jours  ?  Et  copiment  expliquer  en¬ 
core,  si  ce  n'est  ainsi,  que  dans  tous  les  cas  de  bronchite 
aiguë  et  chronique,  les  crachats  deviennent  très  rapidement 
muqueux  et  disparaissent  ;  que  dans  la  grippe,  la  rougeole, 
maladies  essentiellement  infectieuses,  les  complications 
pulmonaires  sont  évitées  ou  tournent  court  ;  que  dans 
la  pleurésie,  les  signes  de  bacillose  sont  des  plus  difficiles  à 
apprécier  sur  les  poumons  soumis  au  thiocol  ?  Evidemment, 
la  clinique  nous  prouve  la  vérité  des  notions  fournies  par  les 
laboratoires,  et  nous  pouvons  affirmer  que  le  thiocol  agit  sur 
les  poumons  malades  par  son  pouvoir  antiseptique.  Nous 
n’allonopas  jusqu’à  dire  que  cette  propriété  s’exerce  sur  le 
bacille  de  Koch  lui-même,  bien  que  certains  auteurs  l’aient 
affirmé.  Mais  nous  prétendons  sans  hésiter  qu’il  est  nette¬ 
ment  destructeur  des  autres  agents  pathogènes  et  des  infec¬ 
tions  secondaires.  Mais  si  le  thiocol,  en  frappant  les  micro¬ 
bes,  en  arrêtant  leurs  toxines,  permet  aux  défenses  organi¬ 
ques  une  réaction  plus  énergique,  il  est  d’autre  part  certain 
que  ce  remède  est  un  accélérateur  de  la  uutrition  générale. 
Avec  Berlioz  (12),  avecMaramaldi.  C.  Pinet, (13)  Schwartz  (14), 
Noe  (15),  Grumberg  (16),  Kaplansky  (17),Scboull(18)  etc.,  nous 
affirmons  l’action  stomachique  de  ce  remède.  Nous  affir¬ 
mons  que  jamais  un  seul  de  nos  malades  n’a  éprouvé  le  moin¬ 
dre  malaise  gastrique  après  l’ingestion  des  comprimés  dis¬ 
sous  dans  un  quart  de  verre  d'eau  aromatisée  ou  sucrée  ;  et 
que  ce  soit  le  relèvement  de  l’appétit,  que  ce  soit  l’atténua¬ 
tion  des  lésions  locales  constatée  à  l’auscultation,  que  ce 
soit  la  réunion  de  ces  deux  propriététés  en  une  même  action 
thérapeutique,  nous  observons  que  le  thiocol  relève  les  for¬ 
ces,  augmente  le  poids  des  malades,  active  en  un  mot  la 
résistance  de  l'organisme. 

Ainsi  donc,  eu  dernière  analyse,  la  clinique  démontre  que 
la  médication  thiocolée,  tout  en  étant  symptomatique  des  af¬ 
fections  pulmonaires,  est  avant  tout  pathogénique,  puisque 
les  deux  notions  directrices  de  toute  thérapeutique  pulmo¬ 
naire  ;  septicité  locale,  et  résistance  organique  se  trouvent 
précisément  réalisées  par  le  thiocol  dont  les  deux  proprié¬ 
tés  fondamentales  sont  faction  antiseptique  et  faction  dyna¬ 
mogénique. 

Bibliographie.  —  (Il  Gripon.  Thèse  de  Paris,  1903.  — Mara- 
MAi.Di.  De  la  valeur  et  de  l’efficacité  du  thiocol  dans  le  traitement 
de  la  tuberculose  pulmonaire.  Naud,  éditeur,  1899.— Schnirer.Du 
traitement  médical  de  la  tuberculose  pulmonaire.  Presse  médicale, 

;  Klinish.  thérap.  Woch.,  n®»  35-36,  1899.  —  Fouss.al.  Le 
Progrès  médical,  n°  49,  1904.  —  Bousquet.  L'évolution  de  la 

(1)  Heckeshovex.—  ExpérimentcUes  liber  die  Wirhiingdes  Thio- 
colsbei  tuberculose.  (Bern,  1899). 


218 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


médication  créosotée.  Presse  medicale,  mars  1904  ;  Mendelsohn 
Deutsche  Aerste seilung.,  n°  21,  1900.  — Jifard.  Gas.  des  hop., 
n«  24,  19(14.  —  (2)  Traitement  de  la  pneumonie  par  la  médication 
créosotée.  —  Gazette  des  hôpitaux,  d,  1904.  —  (3)  Medical  Re¬ 
cord,  30  mars  1901.  —  (4)  Med.  :\'eics,  novembre  1899.—  (5)  Char¬ 
lotte  méd.  Journ.,  décembre  1899.  —  (6)  The  therap.  Gazette,  15 
juillet  1905.  (7.)  Loe.  cit.—  (S)  Archives  de  thérap..  n»»  2  et  18, 

1904.  —  (9)  Loc.  eît.  -  (10)  Loc.  rit.  —  (11)  Loc.  cit.  —  (12)  Le  Pro¬ 

grès  medical,  27  février  1904.  —  (13)  Le  Concours  médical,  n»®  19 
et  20,  1904.  (14)  Klinisch  therap.  Woch.,  n°  19,  1898.  —  (15) 

Archives  générales  de  Méd.,  n®  42,  1903.  —  (16)  Thèse  de  Paris, 

1905.  —  (17)  Thèse  de  Paris,  1900.  —  (18)  Journal  des  Praticiens, 
n®  33,  1900. 

XÉCR0L0(iIE 


LE  D  O.  A  PHISALIX 
1852  1906. 


Cliché  E.  Pirou 


«  Il  apparaît  de  temps  en  temps  sur  la  face  de  la  terre 
des  hommes  rares,  exquis,  qui  brillent  par  leur  vertu,  et 
dont  les  qualités  éminentes  jettent  un  éclat  prodigieux. 

«  Semblables  à  ces  étoiles  extraordinaires  dont  on 
ignore  les  causes,  et  dont  on  sait  encore  moins  ce 
qu’elles  deviennent  après  avoir  disparu,  ils  n’ont  ni 
aïeuls,  ni  descendants  :  ils  composent  à  eux  seuls  toute 
leur  race  »  (1). 

Ce  court  passage  de  La  Bruyère  est  Téloge  le  plus  vrai 
le  plus  juste  que  l’on  peut  faire  du  D'’  Pbisalix,le  savant 
collaborateur  dont  nous  avons  le  douloureux  regret  de 
déplorer  la  perte  prématurée. 


Césaire-Auguste  Phisalix  naquit  à  Mouthier-Haute- 
pierre  dans  le  Doubs,  le  8  octobre  1852.  Il  était  fils  de 
modestes  vignerons  et  c’est  en  prenant  part  dans  son  en¬ 
fance  aux  travaux  des  champs  que  le  futur  savant  ac¬ 
quit  cette  passion  de  l’étude  des  choses  de  la  nature 
qui  devait  jusqu’à  la  fin  le  posséder.  Ses  excellents 
parents  jugèrent  que  sa  constitution  trop  frêle  ne  lui 
permettrait  guère  le  rude  labeur  du  paysan,  aussi  favo¬ 
risèrent-ils  de  toutes  leurs  forees  te  goût  que  l’enfant 
mettait  à  s’instruire.  Les  braves  gens  firent  ce  qu’ils 

(1)  L\  Bui  yérk.  —Les  Caractères  :  Ch.  IT.  Du  Mérite  Personnel. 


purent  ;  leur  fils  commença  scs  études  secondaires  à 
l’établissement  le  plus  voisin,  le  Petit  Séminaire  d'Or- 
nans,  puis  de  là,  fut  dirigé  vers  le  Collège  catholique  de 
Besançon.  Le  jeune  homme,  par  un  travail  assidu, 
reconnut  les  sacrifices  très  lourds  que  s’imposaient  ses 
parents  et  une  fois  bachelier,  tant  pour  diminuer  leurs 
charges  que  par  prévoyance  de  l’avenir,  il  se  destinai 
la  médecine  militaire.  Il  prit  ses  premières  inscriptions 
en  1873,  à  l’Ecole  de  médecine  de  Besançon,  comme  élève 
du  service  de  Santé.  Ses  études  médicales  se  terminè¬ 
rent  à  Paris  où  il  soutint  une  thèse  de  doctorat  sur  la 
néphrite  interstitielle  aiguë  en  1877.  Entré  à  l’Ecole 
d’application  du  Val-de-Gràce,  il  en  sortit  pour  être 
attaché  d’abord  à  l’Hôpital  militaire  de  Lyon,  puis  peu 
après,  en  1879,  il  fut  envoyé  comme  aide-major  au 
4“  régiment  d’artillerie  à  Besançon.  Ainsi  de  retour  au 
pays  natal,  Phisalix  vit  renaître  et  se  développer  son 
penchant  pour  les  sciences  naturelles.  Il  consacra  à  leur 
étude  les  longs  loisirs  que  lui  laissait  la  vie  de  garnison. 
Ce  ne  fut  f)as  sans  lui  provoquer  quelques  déboires. 
Avec  l’esprit  étroit  et  retardataire  qui  caractérisait 
encore  les  vieux  officiers  de  cette  époque,  esprit  qui 
venait  de  conduire  la  France  au  bord  de  l’abîme,  les 
supérieurs  du  D'  Phisalix  ne  purent  comprendre  qu’un 
officier  occupât  ses  loisirs  à  autre  chose  qu’à  s’alcooliser 
dans  les  cafés  de  la  garnison.  Le  médecin  laborieux  fut  * 
appelé  chez  le  commandant  qui  lui  reprocha  ses  travaux 
et  lui  infligea  un  blâme  officiel  avec  le  motif  :  «  Occupa¬ 
tions  étrangères  à  la  médecine.  Il  fallut  que  le  D'' Phisalix 
se  disculpât, qu’il  plaidât  presque  les  circonstances  atté¬ 
nuantes,  qu’il  donnât  comme  argument  à  la  légitimité  de 
ses  études,  jugées  dangereuses  et  subversives,  l’exis¬ 
tence  d’une  épreuve  de  sciences  naturelles  dans  les 
examens  pour  le  doctorat  en  médecine.  Ce  fait  est  digne 
d’être  rapporté,  pour  montrer  tout  le  mérite  qu’eurent 
les  médecins  militaires  de  cette  époque  pour  parvenir, 
malgréde  pareilles  entraves  à  s’instruire  et  à  se  distin¬ 
guer. 

Sur  ces  entrefaites,  l’expédition  de  Tunisie  fut  décidée 
et  le  D''  Phisalix  accompagna  en  Kroumirie  la  brigade 
Vincendon.  Dans  cette  campagne, où  le  véritable  combat¬ 
tant  fut  le  médecin  et  le  seul  ennemi  dangereux  la 
maladie,  le  D""  Phisalix,  comme  tous  ses  confrères,  fit  son 
devoir.  Il  en  fut  même  une  des  victimes,  car  il  contracta 
une  grave  affection  intestinale  qui  nécessita  son  retour 
en  France  et  dont  il  ne  parvint  jamais  à  guérir  complète¬ 
ment. 

Pendant  son  séjour  en  Tunisie,  Phisalix  continuait  ses 
recherches  en  zoologie. 

Lesiommes,  qui  aimaient  leur  major,  recueillaient  soi¬ 
gneusement,  pour  lui  plaire,  au  cours  de  leurs  expé¬ 
ditions,  les  échantillons  réputés  venimeux  de  la  faune 
locale.  La  tente  des  officiers,  au  grand  effroi  de  quel¬ 
ques-uns,  prit  un  air  de  laboratoire. 

L’autorité  supérieure  intervint  encore  et  le  jeune  sa¬ 
vant  dut  modérer  le  zèle  de  ses  pourvoyeurs  et  exiger 
d’eux  plus  de  discrétion  dans  la  livraison  de  leurs  captu¬ 
res. 

La  convalescence  de  M.  Phisalix  devait  être  longue.Il 
résolut  d’aller  passer  son  congé  à  Roscoff  et  y  travailla 
au  laboratoire  maritime, accumulant  les  documents  d’une 
thèse  de  doctorat  ès  sciences. 

Envoyé  à  l’hôpital  militaire  d’Amélie -les-Bains  tout  en 
faisant  régulièrement  son  service,  il  put  y  continuer  ses 
recherches  scientifiques,  grâce  au  voisinage  du  labora¬ 
toire  maritime  de  Banyuls  et  à  la  bienveillante  hospita¬ 
lité  de  M.  de  Lacaze-Duthiers. 

Il  trouva  à  Amélie-les-Bains  un  milieu  intellectuel 
bien  différent  de  celui  de  son  régiment  d’artillerie.  Ses 
supérieurs  surent  vite  l’apprécier  et  ne  lui  ménagèrent 
ni  sympathies,  ni  encouragements. 

On  ne  considéra  pas  ses  occupations  comme  étrangè¬ 
res  à  la  médecine,  on  le  pria,  au  contraire,  de  faire  des 
conférences  sur  l’Histoire  Naturelle  et  toute  la  popula¬ 
tion  de  l’hôpital  se  fit  fête  d’y  assister. 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


219 


Le  D''  Pfaisalix  a  toojcmrs  gardé  un  sotrvenir  ému  de 
ce  réconfortant  séjour  à  Amélie-les-Bains  et  a  conservé 
ane  grande  reconnaissance  à  son  médecin-ckef  M .  le  D'' 
Haro.  En  luitémoignant  son  affectueuse  estime,  cet  Oi^ 
ficier  distingué  avait  su  favoriser  ses  études,  il  lui  faci¬ 
lita  en  outre  l’obtention  de  sa  retraite  prématurée.La  dé¬ 
bilité  de  la  santéde  Phisalix  l’obligea  en  effet  à  briser  sa 
carrière  militaire . 

Sa  situation  devenait  eritique,mais  d’autre  part  il  pou¬ 
vait  se  consacrer  entièrement  à  la  science  et  réaliser  le 
rêve  de  sa  vie.  En  avril  1884,  il  était  nommé  préparateur 
à  la  Faculté  des  sciences  de  Besançon  et  soutenait  bril¬ 
lamment  l’année  suivante,  sa  thèse  de  doctorat  ès  scien¬ 
ces  dont  le  sujet  était  :  Anatomie  et phrsiologie  de  la  rate 
che\  les  Ichtyopsidés .  Professeur  de  Zoologie  médicale  a 
PEcole  de  médecine  de  Besançon  en  1886  suppléant  dans 
sa  chaire  M .  Moquin-Tandon  appelé  à  Toulouse,  il  ve¬ 
nait  en  1888  d’être  nommé  chef  des  travaux  de  zoologie 
àla  Faculté  des  sciences  de  Besançon, quand  le  Muséum 
d’Histoire  Naturelle  de  Paris  lui  ouvrit  ses  portes.  H  y 
entra  au  litre  d’aide-naluraliste  à  la  chaire  de  patholo¬ 
gie  comparée,  titrée  qui  fut  changé  en  1892,en  celui  d’as¬ 
sistant.  Il  devait  conserver  ces  fonctions  jusqu’au  jour  de 
sa  mort,  le  16  mars  1906,  c’est-à-dire  pendant  ISans. 
Durant  cette  longue  période,  Phisalix  prit  une  part  ac¬ 
tive  à  l’enseignement,  soit  en  remplissant  à  diverses  re¬ 
prises  le  rôle  de  professeur  suppléant,  soit  en  exposant 
dans  des  conférences  publiques  le  résultat  de  ses  recher¬ 
ches  biologiques. 

Les  TRAVAUX  du  D"  Phisalix  eurent  tout  d’ahord  trait  à 
l’anatomie,  à  l’embryologie  et  à  la  physiologie  animales, 
et  dès  le  début  le  classèrent  parmi  les  biologistes  zoo¬ 
logistes .  Après  avoir  un  instant  évolué  vers  îk  physiolo¬ 
gie  pure  et  lapathologie  comparée,  il  revint  peu  après  au 
sujet  favori  de  ses  études,  les  recherches  sur  les  venins. 
Les  découvertes  qu’il  fit  exigèrent  une  somme  de  labeur 
considérable,  elles  sont  capitales  et  jettent  un  jour  nou¬ 
veau  sur  la  théorie  de  l’immunité.  Le  nom  de  Phisalix 
restera  indissolublement  attaché  à  cet  intéressant  chapi¬ 
tre  des  sciences  biologiques. 

La  vie  privée  de  M.  Phisalixfutd’unebelleTinité  ;  chez 
lui  Thomme  et  le  savant  étaient  si  intimement  nuis  qu’il 
n’était  guère  possible  de  les  séparer. Il  ne  brigua  aucune 
fonction,  aucune  poste  qui  pût  l’éloigner  ou  même  mo¬ 
mentanément  le  distraire  de'  ses  études.  Son  existence 
de  travailleur  se  fut  continuée  solitaire  dans  un  froid 
célibat,  s’il  n’avait  eu  le  bonheur  de  rencontrer  sur  sa 
route  la  femme  supérieure  digne  de  lui. En  1895,  il  épousa 
ilUe  Picot,  agrégée  des  lycées  de  jeunes  filles,  qui  fut  aus¬ 
sitôt  son  édève  et  peu  après  sa  collaboratrice.  Devenue 
docteur  en  médecine,  Mme  Phisalix  sut  admirablement 
seconder  son  mari  et  égayer  les  deimières  années  de  sa 
savant.  Au  lieu  de  disputer, dans  une  jalousie  excu- 
^ble  et,  pour  beaucoup,  légitime,  son  maria  la  Science, 
"Outil  était  si  passionnément  épris,  elle  préféra  prendre 
^^part  intime  à  son  existence  austère  de  chercheur, 
affection  bienfaisante  adoucfibses  derniers  moments 

lin  laissa  le  suprême  espoir  de  survivre  en  nne  colla- 
^î^*'rtcequi  ne  laisserait  pas  inachevées  les  recherches 
^roeprises  en  commun. 

„  T^,  modestie  du  D’  Phisalix  était  connue  de  tons  ceux 
mit  approché;  il  ne  rechercha  ni  honneurs,  ni  récora- 
3  P  ce  furent  eux  qui  vinrent  le  trouver.  En  1884, 
pi  l'apport  de  M.  Perrier,  il  obtint  de  l’Institut  une 
au  Concours  du  Prix  Da  Gana  Machado  pour 
Ea  jou,  ^cehes  sur  les  chromatophores  des  céphalopodes. 
^t  1  P ’■  découverte  d’un  .sérum  antivenimeux  lui  va- 
ea  i^P^^Ionthyon, qu’il  partagea  avec  Gab.  Bertrand  ; 
Brib  °  on  rapport  du  P"  Bouchard,  il  obtint  le  Prix 
Poor  ses'  travaux  d'ensemble  sur  les  veains  et  les 
^’cnimetix. 

1900  l’Instruction  publique  en  1899.  il  était  en 

Promu  chevalier  de  la  Légion  d'honneur  et  était 


nommé  en  1903,  officier  de  l’Ordre  du  Lion  et  Soleil  de 
Perse.  M.  Phisalix  était  depuis  ISSO-membre  de  la  So¬ 
ciété  de  Biologîeet  faisaitaa.ssi  partie  de  la  Société  d’Ën- 
toaaologie  de  Franee.  ,J.  No». 

Liste  bibliographique  des  travaux  de  M.  te  D'  Phisalix. 

De  la  néphrite  interstitielle  aiglie.  Thèse  de  Doctorat  en  méd., 
Paris  1877.  —  Rupture  partielle  la  zounle  de  Ziun  par  trauma¬ 
tisme  du  globe  oculaire.  Arch.  de  méd.  etde  chiru-gie  milita',  187t>, 

—  Structure  et  texture  de  la  rate  chez  raujuille  commune  (7.  U. 
de.  dex  Sc.,  16  juillet  1883.  —  Recherches  sur  l'anatomie  et  la 
physiologie  de  la  raie  chez  les  Ichtyopsidés.  Thèse  Doct.  ès-sc . 
nai.,  Paris  1®5  ;  A/ck.  Zooï.  Exp.,  188.5.  —  Anatomie  et  physio¬ 
logie  de  la  raie  chez  les  poissons  et  les  aiuphlhiens  Rev.  bio.  ùniv . 
des  SC.  méd-,  .30  novembre  1885.  —  Sur  le  mode  de  formation  des 
chromatophores  chez  les  céphalophodes  C.  R.  .4c.  dt'.î  .«c.,  29  mars 
1836.  —  De  révolution  post-emhryonnaire  du  sac  vile) lin  chez  les 
oiseaux.  C.  R.  .4c.  d.es  sc..  21  juin  188(5,  leii  collaboration  avec 
M  €hart)onnel-Salle).  —  De  la  sécrétion  lactée  du  jalx)!  de  pigeon 
en  incubation.  C.  R.  .4c.  des  sc.,  26  juillcl  1846.  (on  collaboration 
avec  .\I.  Cliarbonnel-Salle).  —  Sur  les  nerfs  crâniens  d'un  embryon 
humain  de  32  jours.  C.  R.  Ac.  des  sc..  21  janvier  18'7. —  Sur 
l’analoraie  d'nn  em’bryon  humain  de  32  jours.  C.  R.  Ac.  des  sc . 
14  mars  18.47.  —  Sur  les  nerfs  crâniens  des  sélaciens.  Assoc. 
franc,  aranc.  .tes  sc  Toulouse  1887.  —  Elude  d'un  embryon  humain 
de  lÔmlllim.  Arc.  de  exp  ,  2*  série.  1.  VI,  1884.  —  jÇole  sur 
le  ganglion  ophtalmique  et  la  première  cavité  céphaliqmi  chez  les 
pmssons.  C.  R.  Soc.  de  biol.  28  juillet  1888. —  Noie  sur  la  cyclopie 
chez  les  manmnîfères.  €.  R.  Soc.  de  Biol.,  25  juillet  1888.—*  Mons¬ 
tres  cytflopes.  Journ.  de  l’anat.  et  de  la  pbrsiol ,  1848.  —  Nouvedles 
expériences  sur  le  venin  de  la  salamandre  lerfeslre.C.R.  ylc.  des  sc. 
2  seplembre  1889.  —  .tcüon  physiologique  du  vemin  de  salamandre 
terrestre.  C.  R.  Ac.  des  sc.,  16“ septembre  1889.  (en  collaboration 
avec  M.  P.  Langlois).  —  Expériences  sur  le  venin  de  la  salamandre 
terrestre  et  son  alcaloïde.  Assoc.  franc,  avanc  des  sc.,  14  août  18s9. 

—  Sur  un  mécanisme  de  transformation  de  la  circnlaDon  veineuse 
chez  l’embryon  humain.  Soc.  de  biol.,  10  mai  1890.  —  Influence  du 
milieu  ganglionnaire  sur  la  vitalité  du  bacillus  nnthracis.  Cong. 
int.  deméd.  de  Berlin,  1890.  —  €ontrihution  à  la  pathologie  de 
l’embryon  humain.  Joum.  de  l'Anat.  et  delà  Ehysiol.  t.  XXVI,  1890. 

—  Eluîie  expérimentale  da  rdle  attribué  anx  cêllulpsljmphatjijnes 
dans  la  protection  de  l’organisme  contre  l'invasion  '  du  bacillus 
anthracis  et  dans  le  mécanisme  de  Hininunité  acquise.  T.  R.  Ac. 
des  sc.,  18  novembre  1890.  — •  Sur  un  nématode,  nouveau  parasite 
du  poumon  chez  le  dauphin.  Soc.  de  Biologie,  i9  novemlve  1890. 

—  Sur  le  mode  de  vascularisation  du  jabot  de  pigeon.  Soc  de  biol. 
14  juin  1890.  —  Sur  quelques  points  de  la  physiologie  des  glandes 
cutanées  de  la  salamamlre  terrestre.  SoC.  de'  biol.,  3  mai  1890.  — 
Nouvelles  recherches  sur  les  glandes  à  venin  de  la  salamandre, 
terrestre.  Soc  de  biol.,  14  mars  1891, (en  eollaboration  avec  tlontejean) 

—  Sur  la  nature  du  mouvement  des  ehromatophorcs  des  eépba- 
lojroëes.  C.  R.  .4c.  âessc.,  19 octobre  1891.  —  Nouvelles  recherches 
sur  la  maladie  charbonneuse  ;  produetaon  expérimentale  du  char¬ 
bon  chronique.  .4  rc.  de  méd.  exp.  1"  mars  1891. —  Recherches 
physiologiques  snr  les  chromatophores  des  céphalopodes.  Arc.  de 
Physvol.,  avril  1892  —  De  la  transmission  héréditaire  des  carac¬ 
tères  acquis  par  le  bacillus  anthracis  sous  l'inBuence  d’une  tem- 
pératnre  dysgénésique .  C.  R.  .4c.  drs  sc.,  21  mars  1892.  —  Struc- 
tnre  et  dèveli^ement  des  elwomatephores .  .4rc.  de  Physiol., 
juillet  1892.  —  Chromatopbfjresdes  céphalopodes.  Soc.  de  Biologie. 
1892,  p.  44;.  —  Régénératioa  de  la  projniété  sporogène.  (*ez  le 
bacillus  anthracis  qui  en  a  été  préalhhtemeal  destitué  jKir  la 
ciialeur.  Soc.  de  Biologie.,  30  joillel  1892.  —  Sur  une  conditioïi 
qui  fait  varier  lafoi’mede  la  baciéridie  dans  4e  sang  d’animaux 
morts  du  charbon  .  .Voc.  dr  Rio/ugie,  p. -981,  1902.  —  Abolùion  per¬ 
sistante  de  la  l'oncUon  chromogène  du  bacith'  pyocyanique.  Soc 
de  Biologie,  p.  .576,  1892  (en  col'lahoration  avec  tTharrin).  — 
Sur  la  nature  da  mouvement  des  chromatophores  des  céphalopo¬ 
des  ;  causes  et  mécaniaue  de  ee  mouvement.  Ass.  franc,  conr 
l’avanc.  des  sciences.  Besaaçoo.  1891.  —  Sur  un  phénomène  d’inhi- 
hition  chez  les  céjdialepodes  ;  eonstricUoii  paralytique  des  ohi-o- 
matophores.  Sac.  de  Biologie,  p.  847.  1893.  —  Recherches  sur  la 
toxicité  du  sang  du  crapziud  ccrnirnuu.  Arch  de  Physiol..  pp.  511 
517,  5"  série.  1893  (en  collahoralion  avee  Gabriel  Bertrand'.  — 
roxieité  comparée  du  sang- et  du  veain  de  crapaud  eommnn.'oon- 
sidérée  au  poiat  de  vue  de  la  sécrétion  interne  des  glandes  cuta¬ 
nées  de  cet  animal.  Aoc.  de  Biol.,  p.  477,  1893.  (en  colUboratiou 
avec  Gab.  Bertrand).  —  i4ur  la  losicité  du  sang  de  la  vipère.  Soc. 
Biol.,  9  décembre  1893.  (e.n  eollaboration  avec  Gab.  Berlraad  . 
Ac.  des  Sc.,  1893,  —  Influence  de  la  chaleur  sur  la  prcqiriété  spo- 
rogène  du  bacillus  antluacis.  AJioütion  peisàstanle  de  celle 
fonction  par  bèrt'dité  de  caractère  acquis.  Arch.de  Physiol.,  1893. 

—  Varialiilité  de  la  fonction  sporôgéne  du  bacillus  antliraeis. 
Arch.  de  Physiol.,  1893. —  NoHveltes  recherches  sur  les  ehroma- 
tophores  des  cé^iulopudes.  Genlres  inhibiluiies  da  inouveroenl 
des  taches  pigmentaires,  dreft.  de  Rftysioï.,  janvier  1894.  —  Glandes 
veuimecfcses  chez  les  conleuwes  et  toxicité  de  ces  animaux.  G.  B. 
Sac.  Biol.,  p.  8,  1894  ;  Ac.  des  Sc..,  1894.  —  ThvToüdecUimie  chez  la 
Salamaodiy.  Soc.  de  Bled.,  13  janvier  1894  (eu  cidlaboration  avee 
M.  Gley).  —  AMénuation  du  veuin  devipèi-e  par  la  chaleur  et  vac- 
cinatinn  du  cobaye  contre  le  venin.  Arch.  de  Pkrsiol.  5'  série  ; 
Ac.  desSc.,  SfénTier  1^94  (eB'cellahorsIiun  avec  M.  Gab.  liertnuid). 
Sur  la  propriété  auüloxiqne  tlu  sang  des  aaimanx  vacoü»és  ixMitw 
le  venin  de  vipt-rc  G.  B.  -le.  des  Sc.,  12  février  ;  Soc.  Bial  ,  10  fév.; 
Ai-ck.  de  Physiol..  1894.  —  Xnceinntioii  et  accoutumance  du  cobaye 


220 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


contre  le  venin  de  vipère.  Congrès  de  Rome,  1894.  —  Sur  les  effets 
de  l’ablation  des  glandes  venimeuses  chez  la  vipère  au  point  de 
vue  de  la  sécrétion  interne.  Arch.  de  Physiol.  n’  1, janvier  18"'= 
(en  collaboration  avec  Gab.  Bertrand). —  Recherches  sur  __ 
causes  de  l’immunité  naturelle  dés  couleuvres  contre  le  venin  de 
vipère.  Toxicité  du  sang  et  glaudès  venimeuses.  Arc  de  Physiol. 
3"  série,  VI,  1893  (en  collaboration  avec  Gab.  Hertrand).  —  1 
las  propriétés  ontitoxiques  du  sang  de  salamandre  terrestre  vi 
vis  du  curare  C.  R  .4  c.  des  Sc  ,  20  août  18r4  (en  collaboration  a 
Contejeani.  —  Modifications  imprimées  au  bacillus  subtilis  par  la 
chaleur.  Congrès  méd‘  de  Rome.,  1894.  —  Toxicité  comparée  du 
sang  et  du  venin  de  la  vipère.  Arch.  de  Physiol.,  janvier  1894, 
(en  collaboration  avec  Gab.  Bertrand).  —  Recherches  pbvsiolo- 
giques  sur  la  matière  colorante  du  pyrrhocaris  apterus.  C.  R. 
Sc  de^Sc.,  1894. 

Variation  de  virulence  du  venin  de  vipère.  Arch.  Physiol..  .avril 
1896(en  coll.  avec  Gab.  Bertrand).  —  Surl’emploi  et  le  mode  d’ac¬ 
tion  du  chlorure  de  chaux  contre  la  morsure  des  serpents  veni¬ 
meux.  (en  coll.  avec  Gab.  Bertrand)  C.  R.  .le.  des  Sc.  C.  R.  Soc. 
Biol.,  8  juin  1895.  —  Sur  les  effets  de  l’ablation  des  glandes  veni¬ 
meuses  chez  la  vipère  au  point  de  vue  de  la  sécrétion  interne,  (en 
coll.  avec  Gab.  BertrancB.  C.  R.  Soc.  de  Biol.  1"  déc.  1S94. 
Arch.  de  Physiol.  janv.  1895.  —  Sur  l’emploi  du  sang  devipère  et  de 
couleuvre  comme  substances  antivenimeuses  (en  coll.  avec  Gab. 
Bertrand).  C.  R.  5oc.  BiO/.,  23  nov.  1895.  —  Recherches  sur  l'im¬ 
munité  du  hérisson  contre  le  venin  de  vipère.  C.  R.  Soc.  Biol.  21 
juillet  1895  (en  collab.  avec  Gab.  Bertrand).  — Influence  de  la  sai¬ 
son  sur  la  virulence  du  venin  de  vipère.  Bull.  Muséum  n"  2, 1895.  — 
Contribution  à  l’étude  de  la  variabilité  et  du  transformisme  en  mi¬ 
crobiologie.  .\  propos  d’une  nouvelle  variété  de  bactérie  charbon¬ 
neuse  (b.  anthraeis  claviformis),  (en  collab.  avec  M.  Chauveau). 
C.  R.  .4c.  Sc.  p.  801,1895.  —  Sur  q^uelques  particularités  relatives 
aux  venins  de  vipère  et  de  cobra.  Bull.  Mus.  M.  Wat.  n"  31895  (en 
coll.  avec  G.  Bertrand).  —  Remarques  sur  la  toxicité  du  sang  de  co¬ 
bra  capello.  Soc.  de  Biol.,  25  juillet  1895  (encollai),  avec  Gab.  Ber¬ 
trand). 

Recherches  expérimentales  sur  le  venin  du  scorpion  Bull.  Mu¬ 
séum, o'  2,1896.  —  .\tténuations  du  venin  de  vipère  par  les  cou 
rants  de  haute  fréquence.  Soc.  Biol.  29  mars  1696.  —  Sur  les  re 
lations  qui  existent  entre  les  deux  procédés  d’immunisation  :  l’ai 
coutumance  et  la  vaccination.  B«//.  du  jt/uieum  n"  1,  1896  —  .Su. 
l'existence  à  l’état  normal  de  substances  antivenimeuses  dans  le 
sang  de  quelques  mammifères  sensibles  au  venin  de  vipère.  Bull 
Musé.,  mars  1896.  Soc  Biol.,  avril  1896.  —  Action  du  filtre  de  por¬ 
celaine  sur  le  venin  devipère;  Séparation  des  substances  toxiques 
et  des  substances  vaccinantes.  C.  R.  Ac.  Sc.  juin  1896. —  Démons¬ 
tration  directe  de  l’existence  dans  le  venin  de  vipères  de  principes 
vaccinants  indépendants  des  substances  toxiques.  Bu//.  Mus.,  n*5, 

1896.  —  .4utagoni?mephysiologi<|ue  entre  les  glandes  labiales  su¬ 
périeures  et  les  glandes  à  venin  chez  la  vipère  et  la  couleuvre  :  la 
sécrétion  des  premières  vaccines  contre  les  venin  des  secondes.  Ca- 
rollaire  relatif  à  la  classification  des  ophidiens.  Bull. Muséum.  1895. 

—  Propriétés  immunisantes  du  sérum  d’anguille  contre  le  venin  de 
vipère.  Bull.  Muséum  31  juillet  1896.  • —  Etat  actuel  de  nos  con¬ 
naissances  sur  les  venins.  Rev.  Gén. des  Sciences,  29fév.  1896. 

Entérite  aiguë  de  coli-baciltc  chez  deux  chats  de  Siam.  Bull,  du 
Muséum,  janv.  1897.  —  Sur  quelques  conditions  favorisant  l'in¬ 
fection  pyocyanique.  Bu//.  A/nx..fév.  1897.  G.  R.  Soc.  Biol.,  27 
févr.  1897.  —  Causes  de  la  diminution  de  résistance  des  carnassiers 
au  charbon.  Bu//.  3/ux.,  30  mars  1897.  —  Action  physiologique  du 
venin  desalamandre  du  Japon.  .Vtténuation  par  la  clialcur  et  vacci¬ 
nation  de  la  grenouille,  contre  le  venin.  Bu//.  Muséum  29juin  1897. 

—  Propriétés  immunisantes  du  venin  de  salamandre  du  Japon  vis- 
à-vis  du  venin  de  vipère.  C.  R.  Biol.,  31  juillet  1897.  —  Sur  les  pro¬ 
priétés  antitoxiques  du  sérum  de  vijière  comparées  à  celles  du  sé¬ 
rum  aiiti-vénimeux  obtenu  artificiellement.  Congrès  méd.  de  Mos¬ 
cou,  août  1897. — Nouveaux  procédésde  séparation  de  l’échidnase  et  de 
l'échidno-vaccin  du  venin  de  vipère.  Congrès  méd.  de  3/oscou,aoùt 

1897.  —  Venins  et  animaux  venimeux  dans  la  série  animale  (P  par¬ 
tie)  Cours  du  Muséum,  1897.  — .Vnfagonisme  entre  le  venin  des  ves- 
pidae  et  celui  delà  vipère  ;  le  premier  vaccine  contre  le  second.  C. 
R.  Biol.  4  déc.  1897.  —  La  cholestérine  et  les  sels  biliaires  vaccin» 
ehimiimes du  venin  de  vipère.  Bu//.  Muséum  \69il.  Biol..  11  dée. 
97  C.R.  Ac.  Sc-  —  Etude  comparée  des  toxines  microbiennes  et 
des  venins.  Année  Biolog.  1897. 

.Vetion  du  venin  de  vipère  sur  le  névraxe.  Paraplégie  spasmo¬ 
dique.  Soc.  Bio/.,  28  janv.  1898  (en  eoll.  avec  M.  Charrin).  —  Ab¬ 
sence  totale  de  veine  cave  inférieure  chez  un  cobave  ;  persistance 
de  la  veine  cardinale  gauche.  C.  R.  Soc.  Biol.,  5  fév.''l898.  —  La  ty¬ 
rosine,  vaccin  chimique  du  venin  de  vipère.  G.  R.  Soc.  Biol.  5  fcv. 

1898.  — La  propriété  préventive  du  sérum  antivenimeux  résulte 
d’une  réaction  de  l’organisme  ;  c’est  donc  en  réalité  une  propriété 
vaccinante.  C  A.  Soc.  Biol.  5  mars  1898.  —  Lésions  du  système 
nerN’eux  dans  un  cas  d’intoxication  expérimentale  par  le  venin  de 
vipère.  C.  R.  Bi'o/.,  19  mars  1898.  (en  coll.  avec  MM.  Charrin  et 
Claude).  —  Sur  une  septicémie  du  cobaye.  C.  R.  Soc.  Biol  " 
juillet  1898.  —  Sur  ta  présence  d’une  oxvdase  dans  la  peau  de  ra 
esculenta.  C.  R.  Soc.  Biol.,  23  juill.  18a8.  —  Méningo-eneéiihalo- 
myélite  aiguë  déterminée  chez  le  chien  par  le  bacille  de  la  septicé¬ 
mie  du  cobaye.  C  R.  Ac.  Sc.  25  juil.  1898,  Soc.  Bio/.  23  juillet,  /en 
collab.  avec  M.  Claude).  —  Panophtalmie  infectieuse  expérimen¬ 
tale.  C.  R.  Soc.  Biol.,  8  sept.  1898.  —  Sur  quelques  espèces  de 
champignons  étudiés  au  point  de  vue  de  leurs  propriétés  vacci- 

...  •„  ■  jp  vipère.  C.  R.  Soc.  de  Biol.,  24  sept.  1398 


nantes  contre  le  V( _ 

—  Sur  l'immunité  du  hérisson  contre  le  vi _ 

Levin)  Soc.  de  Biol.  4  fév.  1899  (en  collab.  t 


Sur  un  cas  de  mort  par  infection  chlolériforme  chez  le  felis  con- 
color.  Bull.  Mus.,  n’  1,  1899.  —  Sur  une  forme  d’hépatite  toxi-in, 
fectieuse  expérimentale.  C.  R.  Soc.  de  Biol.,  4  mars  1899  (en  collab, 
avec  M.  Claude).  —  Expériences  sur  le  venin  des  vives.  Bull,  dit 
Mus.  n' 5  1899.  —  Sur  un  cas  de  pseudo-tuberculose  chez  le  niara. 
Bu//.  A/«x.  n°  6  1899.  — Nouvelles  observations  sur  l'échidnase! 
C.  R.  Ac.  Sc.  10  juil.  1899.  C,  R.  Soc.  Biol.  —  Propriétés  physio¬ 
logiques  du  venin  de  eœlopeltis  insignitus.  Corollaires  relatifs  à  la 
classification  des  opisthoglyphes.  Volume  jubilaire  de  la  Société  de 
Biologie,  1899.  —  Venins  et  coagulabililé  du  sang.  C.  R.  Soc.  Biol. 
28  oct.  1899.  —  Relations  entre  le  venin  de  vipère,  la  peptone  et 
l’extrait  de  sangsue  au  point  de  vue  de  leur  influence  sur  la  coagu. 
labité  du  sang.  C.  R.  Soc.  de  Biol.  4  iiov.  1899.  —  Sur  la  coagulatioa 
du  sang  chez  la  vipère.  C.  R.  Soc.  Biol.  11  nov.  1899.  —  Essai  sur  le 
mécanisme  des  phénomènes  en  sérothérapie.  Rev.  Gén.  des  Sc.  là 
nov.  1899. 

Sur, un  cas  de  maladie  de  Maurice  Raynau(l,  chez  le  cobaye.  C. 
R.  Soc.  de  Biol.,  29  janv.  1900.  — Recherches  physiologiques* sur  le 
Kosan.  Bu//,  du  Mus.,  n"  2,  fév.  1900.  —  Sur  un* nouveau  microbe 
pathogène:  la  bactéridie  myophage  du  lapin.  Bull.  Mus.,  n"  3, 
mars,  1900.  —  Résistance  dïi  hérisson  à  la  tuberculose  huniaiae. 
C.  p.  Soc.  Biol.,  28  juillet  1900.  —  Observations  sur  le  sang  de 
l’es’cargot,  réduction  ile  l’hémocyanine  C.  R.  de  la  Soc.  de  Bioh,. 

28  juillet  1900.  —  Sur  une  variété  de  bacille,  cliarboiineiix  à  forme 
courte  et  asporogène  (bacillus  Anthraeis  brevigemmans).  C,  R. 
Soc.  de  Biol.,  28  juillet  1900.  —  Un  venin  volatile,  sécrétion  cuta¬ 
née  du  lulus  terrestris.  C.  R.  Soc.  de  Biol.,  8  décembre  190.1.  Bull. 
Mus.,  n”  7,  1900.  —  La  quinone,  principe  actif  du  venin  du  lulus 
terrestris.  Soc.  Chimique,  p.  88.  t.  25.  1900  (en  collab.  avec  M. 
Béhal). 

Recherches  sur  la  maladie  des  chiens.  Vaccination  du  chien 
contre  l’infection  expérimentale  par  le  bacille  spécifique.  C.  R. 
Ac.  des  Sc.,  7  av.  19ul.  —  Maladie  des  jeunes  chiens,  statistique 
des  vaccinations  pratiquées  du  15  mai  au  31  juillet  1901  ;  Résultats 
au  1"  nov.  1901.  Soc.  de  Méd.  Vét.  Pratique,  1901.  —  Action  phy¬ 
siologique  de  ribogalne.  C.  R.  Soc.  Bio/.,  7  décembre  1901. 

Relations  de  parenté  entre  nos  deux  espèces  indigènes  de  vipè¬ 
res.  Utilité  des  caractères  physiologiques  de  classification.  Bull. 
Mus.,  n*  2,  fév.  1902.  —  Sur  la*  jirésence  du  venin  en  nature  dans 
le  sang  du  cobra.  Bull.  Mus.,  n'  8.  1902,  mars.  —  Maladie  des  jeu¬ 
nes  chiens,  statistique  des  vaccinations  pratiquées  du  15  mai  1901 
au  15  mai  1902.  C.  R.  .4c.  Sc  ,  20  mai  1902.  —  Polvmor- 
phisnie  des  Pasteurella.  C.  R.  Soc.  de  Bio/.,  7  juin  1902.  Bull.' Mus., 
24  juin.  —  Choléra  des  autruches  et  des  nandous.  Bull,  du  Muséum, 

29  av.  1902.  Bull,  de  la  Soc.  Nat.  d'acclim.,  t.  L,  (juillet  1903).  — 
Sur  les  principes  actifs  du  venin  de  craiiaud  commun.  C.  R  Soc. 
de  Biol.,  12  juillet  1902  (en  collaboration  avec  Gab.  Bertrand).  — 
.\clion  du  venin  de  vipère  sur  le  sang  de  chien  et  de  lapin.  Etude 
comparée  de  l’hématolyse  par  les  venins  chez  le  chien  et  chez  le 
lapin.  Bull,  du  Mus.,  ri"  7,  1902.  C.  R.  Soc.  de  Biol.,  26  juillet  1902. 
—  Le  jaune  d’œuf  comme  milieu  de  culture  du  microbe  de  la  tu- 
bereuiose  ;  variabilité  du  bacille  de  Koch.  C.  R.  Soc.  Biol.,  1'.  02. 

Recherches  sur  la  toxine  du  microbe  de  la  maladie  des  chiens. 
C.  R.  Soc.  Biol.,  4  juillet  1903.  —  Observations  à  propos  des  notes 
de  M.  Lignières,  sur  le  microbe  de  la  maladie  des  chiens  et  la  vac¬ 
cination.  C.  R.  Soc.  Biol ,  4  juillet  1903.  —  Statistique  des  vaccina¬ 
tions  contre  la  maladie  des  chiens,  depuis  le  15  mai  1902,  jusqu’au 
11  juillet  19c3.  C.  R.  Soc.  de  Biol.,  lü  juillet  1903.  —  Les  venins 
considérés  au  point  de  vue  de  la  Biologie  générale  et  de  la  patho¬ 
logie  comparée,  .Vrf.  Revue  Gén.  des  Sciences,  3;i  juillet  1903.— 
Recherches  sur  les  causes  de  l’iinuiiifé  naturelle  des  vipères  et  des 
couleuvres.  C.  R.  Ac.  des  Sc.,  27  juillet  1903.  C.  R.  Soc.  Biol.,  ^ 
juillet  1903.  —  Guérison  spontanée  des  plaies  du  cœur  et  résis¬ 
tance  aux  hémorrhagies  chez  la  couleuvre  à  collier.  C.  R.  Soc- 
Biol.,  5  décembre  1903,  et  Bull.  Mus.,  29  décembre  i903.  —  Corréla¬ 
tions  fonctionnelles  entre  les  glandes  à  venin  et  l’ovaire,  chez  le 
crapaud  commun.  C.  R.  .4c.  des  Sc..  14  décembre  1903,  C.  R.  Soc. 
de  Biol.,  19  décembre  1903. 

Attaques  épileptiformes  et  zone  épileptogène  chez  un  cobaye  tl. 
R.  Soc.  Biol.,  13  fév.  1904.  —  Influence  des  radiations  du  radium, 
sur  la  to-xicité  du  venin  de  vipère.  C.  R.  Ac.  Sc..  22  fév.  1904,  C.  B- 
Soc.  de  Biol..  21  fév.  1904.  —  Recherches  sur  le  venin  d'abeilles.  C. 
R.  Ac.  Sc.,  25  juillet  1904,  C.  R.  Soc.  de  Biol.,  23  juillet  1904. 
Sur  un  nouveau  caractère  distinctif,  entre  le  venin  de  vipéridés  et 
celui  des  cobridés.  Bull.  .\/iix.,  29 nov.  1904,  C.  R.  Soc.  de  Biol..? 
decemjjre  1904.  —  Intluenee  de  l’émanation  du  radium  sur  la  toxi¬ 
cité  des  venins.  C.  R.  de  la  Soc.  de  Biol.,  25  fév.  1905.  C  R- 
Ne..  27 fév.  1905.  —  Su'’  la  présence  du  venin  en  nature  dans  les 
œufs  de  vipère,  C.  R.  .4c.  Sc.,  26  juin  1905,  C.  R.  Soc.  Biol..  1" 
juillet  1905.  —  Sur  la  présence  du  venin  dans  les  œufs  d  abeille»> 
C.  R.  .4c.  Sc.,  24  juillet  1905,  Soc.  Ent.  de  France.  -26  juillet  1905.  - 
Sur  le  changement  de  coloration  des  larves  de  Phyllodromia  ger- 
manica,  C.  R.  de  la  Soc.  de  Biol..  1"  juillet  1905.  "  ^ 


Condamnation  d'ln  dentiste  non  diplômé.  —  Afin  d'arracher 
sans  douleur  treize  dents  à  une  de.  ses  clientes,  un  dentiste  non 
diplômé  avait  eu  recours  au  chlorure  d’éthyle,  qui  anesthési»  J* 
glotte  de  la  patiente  et  permit  ainsi  à  une  racine  de  dent  de  péné¬ 
trer  dans  le  poumon.  Cette  racine  occasionna  une  broncho-pn®'*' 
monie,  dont  la  malade  ne  se  débarrassa  qu’en  expectorant,  a*'? 
une  quinte  de  toux,  le  corps  étranger  qui  avait  pénétré  dans  t^ 
poumon.  Traduit  devant  la  10'  chambre  correctionnel  sous  1 
culpation  de  blessures  par  imprudence,  il  a  été  condamné  à  n 
mois  de  prison,  avec  sursis.  o.(K)0  francs  de  dommages-intér® 
ont  été  alloués  à  la  partié  civile.  (D’après  le  Matin.) 


LE  PROGRES  MÉDICAL 


Les  aliénés  à  Madagascar. 

>'ous  empruntons  à  une  correspondance  publiée  par  le 
uâlin  du  30  mars  1900  le  passage  suivant  qui  se  passe  de 
commentaires  !  «  11  n’existe  pas  à  Madagascar  de  service  hos¬ 
pitalier  pour  les  aliénés.  Dès  qu’un  indigène  est  atteint  d’alié¬ 
nation  mentale,  vous  ne  devineriez  jamais  le  traitement  qui 
lui  est  infligé.  On  rive  à  ses  deux  chevilles  deux  anneaux  de 
fer  reliés  entre  eux  par  une  forte  chaîne  de  1  m.  30  de  lon- 
LTieur.  Les  poignets  sont  de  même  emprisonnés  et  ..on  le 
lâche  sur  la  voie  publique. 

la  commisération  publique  s’en  empare,  l’héberge  et  le 
nourrit,  tantôt  chez  l  un,  tantôt  chez  l’autre,  quand  ce  ne  sont 
pas  les  enfants  (lui  le  harcèlent  à  coups  de  pierre  ! 

J'en  connais  à  Tananarive  trois  encore  à  ce  jour  soumis  à 
ce  traitement  barbare.  Et  nous  sommes  au  vingtième  siècle, 
et  nous  sommes  des  civilisés  !  « 

Association  des  médecins  du  département  ^e  la  Seine. 

L’Assemblée  générale  annuelle  de  cette  association  aura  lieu 
dans  le  grand  amphithéâtre  de  la  Faculté,  sous  la  présidence  de 
M.  Brouardel,  président,  le  dimanche  8  avril,  à  2  heures  très 
précises.  Cette  assemblée  a  pour  objet  :  1°  La  lecture  du  compte 
rendu  de  l’année  1905  par  le  secrétaire  général.  —  2“  L’élection  : 
d'un  président  et  de  deux  vice-présidents  :  MM.  Brouardel,  Pré- 
sifient  sortant,  Guyon  et  Fernet,  Vice-Présidents  sortants  sont 
rééligibles  et  se  présentent  de  nouveau  aux  suffrages.  —  3®  Le 
renouvellement  par  tirage  au  sort  de  vingt-deux  membres  titulai¬ 
res  de  la  Commission  générale.  La  désignation  de  (luarante  iiua- 
tre  suppléants. 

Moucemenl  de  la  Caisse  pendant  l'exercice  100-5. 


eu  plus  prospère.  Elle  a  pour  but  primordial  le  paiement  à 
tout  sociétaire  malade  d’une  indemnité  de  10  francs  par  jour 
et  cela  sans  aucune  limitation  de  temps,  à  l’inverse  de  toutes 
les  sociétés  similaires.  Autrement  dit,  tout  sociétaire  atteint 
d’une  incapacité  de  travail  chronique  (maladie  ou  accident)  a 
droit  à  une  rente  annuelle  et  perpétuelle  de  trois  mille  six 
cent  cinquante  francs  (3.C50  fr.). Malgré  que  la  Société  ait  versé 
jusqu’ici  à  ses  malades  environ  450  000  francs,  son  capital  ré¬ 
servé,  placé  en  bonnes  rentes,  s’élève  à  plus  de  500=000  francs. 
Elle  compte  014  sociétaires  et  ses  recettes  annuelles  s’élèvent 
à  près  de  100  000  francs.  On  peut  donc  envisager  avec  con¬ 
fiance  1  avenir.  Nous  ne  saurions  trop  engager  nos  jeunes  con¬ 
frères  à  s’assurer  contre  les  risques  terribles  de  la  maladie  ou 
de  l’accident.  Nous  leur  offrons  pour  un  sacrifice  modique  de 
10  francs  par  mois  —  ce  qui  représente  33  centimes  par  jour 
—  la  sécurité  morale  qui  leur  permettra  de  lutter  et  les  aidera 
à  vaincre.  Pour  tous  les  renseignements,  s’adresser  soit  au 
siège  social,  rue  Etienne-Marcel,  37,  soit  au  siège  adminis¬ 
tratif,  rue  Rambuteau,  116. 

LES  CONGRÈS 

Congrès  national  de  gynécologie,  d'obstétrique  et  de 
pédiatrie  5“  session). 


Reliquat  de  l'année  1904.. 


Dépenses  et  emploi  : 
l'ecours  à  six  sociétaires  et  à  cinquante-qi 

^  veuves  ou  familles  de  sociétaires . 

beconrs  à  (juarante-quatre  personnes  étrang 
à  l’Association . 


Recouvrement  des  cotisations . 

■pprimerie,  dépenses  diverses. . . . 
rort  des  imprimés,  timbres- poste, 
•^chat  de  818  francs  de  rente  3  %  . 


Fonds  Ameuille-Barthélem; 
Recettes  : 

“tércts  des  fonds  placés  et  reliquat  de  1904. . 
P  Dépenses  : 

■^^t°d*  semestres)  et  frais  diver 


®hat  de  177  francs  de  rente  3  % . 

Total . 

Reste . 

assurance  médicale  contre 
.  accidents. 


'^épart^  dernier,  l’Association  médicale  mutuelle  du 

de  la  Seine  (association  Lagoguey)  a  tenu  son 
^^%in  ^  générale  dans  le  grand  amphithéâtre  de  l’Ecole  de 

société.qui  compte  20 ans  d’existence, s'affirme  de  plus 


Le  cinquième  congrès  périodique  de  gynécologie,  d’obsté¬ 
trique  et  de  pédiatrie'tiendra  sa  prochaine  session  à  Alger,  du 
au  8  avril  l  .i07,  sous  la  présidence  des  professeurs  :  Quei- 
rel  (de  Marseille),  président  général  et  pour  la  section  d’obs- 
rétrique  ;  Boursier  (de  Bordeaux  ),  pour  la  section  de  gynéco¬ 
logie,  et  de  M.  Guinon  (de  Paris),  pour  la  section  de  pédia¬ 
trie. 

Les  médecins  (jui  désireraient  faire  une  coihmunication  sur 
un  sujet  de  leur  choix  voudront  bien  en  faire  part  avant  le  L'' 
février  1907  au  secrétariat  général.  La  liste  des  questions  mises 
à  l’ordre  du  jour  par  chaque  sectionsera  incessamment  pu¬ 
bliée.  Le  prix  de  la  cotisation  est  de  20  francs  par  membre  ; 
elle  donne  droit  à  la  participation  aux  travaux,  aux  fêtes,  aux 
excursions  et  au  vote  du  congrès  et  à  la  distribution  gratuite 
des  volumes  contenant  les  rappports  sur  les  questions  proptv 
sées  et  toutes  les  communications  faites  au  Congrès.  Les  da¬ 
mes,  les  étudiants  en  médecine  et  les  personnes,  non  docteurs 
en  médecine,  qui  s’intéressent  aux  sciences  médicales,  peu¬ 
vent  être  admis  au  congrès,  moyennant  une  cotisation  de  10 
francs  ;  ces  membres  associés  ont  les  mêmes  prérogatives  que 
les  membres  titulaires,  sauf  le  droit  de  vote.  Toute  demande 
de  renseignements  et  tout  envoi  d’adhésion  et  de  fonds  peu¬ 
vent  être,  dès  à  présent,  adressés  au  secrétaire  général  du  con¬ 
grès  :  Prof.  Jules  Bouvier,  52,  rue  Daguerre,  Alger. 

2'  Congrès  international  des  colonies  de  vacances. 

Le  'p-  Congrès  international  des  colonies  de  vacances  doit  se 
tenir  à  Bordeaux,  du  17  au  20  avril  prochain,  sous  la  prési¬ 
dence  de  MM.  Casimir-Périer,  Bourgeois.  Mirman,  Monod, 
l’abbé  Lemire.  Le  Congrès  étudiera  notamment  un  projet  de 
Fédération  des  œuvres  de  colonies,  des  questions  d’assurance 
contre  les  accidents,  de  tarifs  de  transports,  de  fiches  médi¬ 
cales,  et  le  mode  de  placement  des  enfants.  —  Le  programme  • 
du  Congrès  comporte  en  outre  des  visites  aux  principales 
œuvres  d’hygiène  sociale  de  la  région.  Le  prix  de  la  cotisation 
est  fixé  à  20  francs  pour  les  sociétés  et  à  5  francs  pour  les 
membres  individuels.  Les  Congressistes  profiteront  d’une 

C'  ’üction  de  50  p.  c.  sur  tous  les  réseaux  de  chemins  de  fer. 

adhésions  sont  reijues  par  le  comité  d’organisation,  10, 
rue  Beaubadat  à  Bordeaux. 

Deuxième  congrès  international  d’hygiène  scolaire. 

(Londres,  5-lOaoût  1907.) 

Le  deuxième  des  Congrès  internationaux  d'hygiène  scolaire, 
qui  doivent  go  succéder  à  trois  ans  d’intervalle,  se  tiendra  à 
Londres,  du  5  au  10  août  1907.  Il  sera  certainement  aussi  im¬ 
portant  <iue  l’a  pté  le  premier  de  ces  Congrès,  qui  a  eu  lieu  à 
Nuremberg  du  4  au9  avril  1004.  et  qui  a  réuni  1.200  person¬ 
nes  venues  des  diverses  régions  du  monde  civilisé.  Au  Con¬ 
grès  de  Londres,  des  sections  particulières  s’occuperont. des 


LE  PROGRÈS  .MÉDICAL 


([uestions  suivantes  ;  Hygiène  des  bâtiments  et  du  mobilier 
scolaire  ;  Hygiène  des  internats  ;  Méthodes  de  recherche  de 
l’hygiène  scolaire  ;  Programmes  scolaires  :  Enseignement  de 
1  hygiène  aux  maîtres  et  aux  élèves  ;  Education  physique  des 
enfants  et  des  jeunes  gens  ;  Ecoles  spéciales  pour  enfants 
anormaux  ;  Ihgiène  de  la  jeunesse  en  dehors  de  l’école  ;  Hy¬ 
giène  du  corps  enseignant  ;  Sujets  divers.  Des  rapports  des¬ 
tinés  à  être  discutés  en  séances  plénières  ou  en  séances  desec- 
tion  seront  faits  sur  des  sujets  particulièrement  intéressants 
ou  des  questions  urgentes  d’hygiène  scolaire  et  de  pédagogie 
physiologique.  De  nombreuses  communications  seront  éga¬ 
lement  lues  et  discutées  dans  les  sections. 

La  Ligue  des  médecins  et  des  familles  pour  l’hygiène  sco¬ 
laire  a  été  chargée  par  le  Comité  permanent  des  Congrès  in¬ 
ternationaux  d’hygiène  scolaire  et  par  le  Comité  d’organisa¬ 
tion  du  congrès  de  Londres,  déformer  un  Comité  français. 
Elle  a  constitué  un  Comité  de  patronage  et  un  Comité  d'ac¬ 
tion  dont  vous  trouverez  plus  loin  la  composition.  En  leur 
nom,  nous  venons  vous  prier  instamment  de  donner  votre 
adhésion  au  Congrès  de  Londres  et  de  lui  permettre  votre 
collaboration.  Les  Sociétés  qui  s’occupent  d  hygiène  sociale 
ou  d’enseignement  sont  tout  particulièrement  invitées  à  ad¬ 
hérer  et  à  se  faire  représenter  officiellement  au  Congrès  de 
Londres.  Dès  maintenant  on  peut  verser  la  cotisation  règle¬ 
mentaire  de  i.i  francs  entre  les  mains  du  Trésorier  français, 
M.  le  D'  J. -Ch.  Roux,  4(),  rue  de  (îrenelle.  Paris,  et  se  faire 
inscrire  pour  une  ou  plusieurs  communications  devant  les 
sections . 


FORMULES 

XXL  —  Pour  pratiquer  l’anesthésie  locale. 

La  solution  suivante  est  plus  active  que  les  solutions  de 
cocaïne,  beaucoup  moins  toxique  et  plus  facile  à  maintenir 
asepti(iue.  Elle  a  été  très  utilisée  par  le  Braun,  de  Leipzig  : 

Novocaïne .  0  gr.  2j  à  2  gr. 

Solution  d'adrénaline  à  1  p.  lOOU  'V  à  X  gouttes 
Solution  salée  physiologique. . . .  lüO  gr. 

La  novoca'ine  est  un  chlorhydrate  de  paraminobenzoyldic- 
thylamino-éthanol  découvert  récemment  par  Einhorn. 

(Klein,  in  Bull.  Tlienip.) 

XXil.  —  Contre  l’anorexie. 

Glycérophosphate  de  chaux .  0  gr.  .'iO 

Pepsine  amylacée .  0  gr.  dO 

Poudre  de  fève  de  Saint-Ignace .  0  gr.  O.'i 

Pour  1  cachet.  A  prendre  quelques  minutes  avant  le  repas. 


Les  diasthases  et  les  alhuinoses  qui  ont  le  plus  d’activité 
sont  celles  d’origine  végétale. 

La  bière  de  Malt  Tissot  est  le  reconstituant  idéal.  En  effet, 
toniqire  et  digestive  par  le  houblon  et  la  diastase,  elle  est 
légèrement  laxative  pur  le  lupuTtn  du  houblon  : 

\oilà  une  propriété  spéciale  qui  distingue  de  la  bière  de 
Malt  Tissot  de  tous  les  similaires. 


Concours  des  .vsiles  d’aliénés.  —  Le  concours  il’adjuvat  pour 
le  recrutement  dos  médecins  dos  olablissemoiUs  d’aliénés  s’ost 
terminé  le  31  mars  au  ministère  de  rinlériour.  Los  <lix  candidats 
reçus  sont,  .suivant  l’ordre  de  cla.ssemont  :  i 

'  MM.  les  Dr*  :  1,  Claudius  Vurpas.  2,  Gahriol-Roné  Dromard. 
3.  Jean  Ducos.  4,  Marie-Albert-Josoph  Carpentier,  ."i,  Grégoire 
Ilalberchstadt.  (i.  Joseph  Lova.ssorr.  7,  Raoul-Louis  Renon.  8 
Pierre  Daday.  9,  Henry  Damaye.  10,  Marcel  Viollet. 

CO.MMISSION  DES  STATIONS  HYDkOMINKRALES.  —  Sont  nommés 
membres  do  la  commission  permanente  des  stations  hydrominc- 
rales  et  climatiques  de  France  :  MM.  Mirman,  directeur  de  l’as¬ 
sistance  publique,  les  docteurs  Monard.  à  Aix-les-Bàins,  Blondel, 
rédacteur  en  chef  du  Joiirnul  .Médical,  liergouignan,  à  Evian, 
Mongool,  à  Royat,  Schlommer,  au  Mont-Dore,  Nhucien  Graux,  à 
Paris:  M.M.  Bruman,  directeur  de  l’administration  déiiartementalo, 
Bonjean,  chef  du  laboratoire  du  conseil  supérieur  d’hygiène  pu¬ 
blique  de  France,  Capron,  maire  de  Cannes. 


Actes  et  Thèses  de  la  Faculté  de  Médecine  de  Paris 

Thèses  de  doctorat.  —  Mercredi,  2  5  avril.  —  M.  Benoit  ;  (;„|| 
tribulion  à  l  élude  du  traitement  de  la  tumeur  blanche  <tu  genoi 
par  les  injections  modificatrices  (.VM.  Terrier,  Landouzy,  Brissaoé, 
Tuffier).  —  M.  Boucherie  :  Contribution  à  Tétude  des  tumeurs  di 
médiastin  (MM.  Laodouzy,  Terrier,  Urissaud,  Tuffierl.  —M.Ljfi, 
liant  :  La  néphrite  aigué  tuberculeuse  (MM.  Brissaud,  Terrier,  Lan. 
douzy,  Tuffier).  —  M.  Guillaume- Louis  :  De  la  cholédocotomic(M.\l 
Poirier,  Segond,  Mauclaire.  Cunéo).  —  M.  Mestre  :  Contribiilionli 
Telude  du  traitement  des  abcès  froids  par  les  injections  déllief 
iodoformé  (MM.  Segond,  Poirier.  Mauctaire,  Cunéo). 

Jeudi,  2O  avril.  —  M.  Derue  :  Conlrihution  à  l’élude  des  fraclo. 
res  du  calcanéum  avec  documents  radiographiques  (MM.  Comil, 
Berger,  Budin,  Demelin).  —  M.  Lavillette  :  Angiomes  intracrânien» 
MM.  Berger,  Cornil,  Budin,  DemelinL  —  M.  Bricout  :  Contribution 
à  Tétude  de  la  eonceplion.  au  cours  de  l’aménorrhée.  (Aménorrhée 
de  la  lactation  et  aménorrhée  essentielle)  MM.  Budin,  Cornil,  Ber¬ 
ger,  Demelin). 

Examens  de  doctorat.  —  Lundi,  23  avril.  —  ,3*  (i'  partie,  Lah». 
ratoire  des  travaux  pratiipies  d’anatomie  path(dogi(|iie  :  MM  Lan. 
douzy,  Desgrez,  Legry.  —  1"  (1"  série.  Oral,  Salle  Béclard)  :  MM. 
Blanchard,  Bieffel,  Pierre  Duval.  —  l"f2'  série.  Oral.  Salle  Richet): 
.MM.  Sebileau,  Macaigiie.  Proust.  —  3‘ (l'“partie.  Oral,  Salle  Brous 
sais)  :  .MM.  Reclus,  Lepage,  Cunéo,—  3'  (J'  partie.  Oral,  Salle  Corvi- 
sarl)  :  M.M.  Brissaud,  Ganelier,  Labbé  (Marcel), — ."i*  (Chirurgie,  If 
partie,  1”  série.  Hôtel  Dieu)  :  MM. Terrier,  Delens,  Gosset.  —  ifc 
it.liirurgie.  l"  partie,  2"  série,  Hôtel-Dieu)  :  MM.  (segond,  Leguen, 
.Mauclaire. 

Mardi,  24  avril.  —  3'(2'  partie,  Laboratoire  des  travaux  pratiques 
d'anatomie  pathologique)  :  MM.  Bavmond,  Guiard,  Maillard.  —  l" 
d"  série.  Oral,  Salle  Béclard)  :  M.m'.  Cornil,  Betterer,  Bieffel.  - 
1"  (a*  série, Oral,  Salle  Richet):  M.M.  Thiéry,  Hartmann,  Launois 

—  .3”  (2”  partie.  Oral,  Salle  Broussais):  MM.  Hutinel,  Thiroloix,  Gon- 
get.  —  4’ (i^alle  Corvisart)  :  M.M.  Chantemesse  ï'aquez.  Dupré.  —  ? 
(Chirurgie,  1"  (larlie,  P'  série,  Charité)  :  M.M.  Guyon.  deLafiersonne, 
Marion.  —  (ü”  Chirurgie,  P*  partie,  2“  série,  Charité):  MM.  Berger, 
-Vuvray,  .Moreslin,  — 5"  (2*  partie.  Charité)  :  MM.  Dieulafoy,  Mér), 
Renon. 

Mercredi,  2  5  avril.  —  3*  (2“  partie.  Laboratoire  des  travaux  pr>- 
liipies  d’anatomie  pathologie)  ;  MM  Gaucher,  Desgrez,  Legrv.  «• 
1"  (P-  série.  Oral,  Salle  Pasteur^  :  M.M.  Blanchard,  Legueii.  RielTel. 

—  1  (2'  série.  Oral.  Salle,  Richell  :  MM.  Reclus.  Sebileau.  Branc». 

—  3'  (2'  partie.  Oral,  Salle  Corvisart!  :  MM.  Dejerine,  Claude.  Labb* 
(Marcel).  —  4*  (Salle  Thouret)  ;  M.M.  Pouchet,  Richaud,  Baltliazari 

Jeudi,  26  avril.  —  3' (2'  partie.  Laboratoire  des  travaux  praliqu*» 
d’anatomie  palho'ogi(|ue)  :  MM.  Chantemesse,  Desgrez.  Guiart. - 
P-  (P*  série.  Oral.  Salie  Charcot)  :  .MM.  De  Lapersonne,  Tliier)- 
Rieffel.  —  1"  (2*  partie,  Oral,  (salle  Richet)  :  MM.  Poirier,  LaunoU 
Morestin.  —  3“  (2-  partie.  Oral,  Salle  Pasteucy  :  MM.  Hutinel,  Thiro¬ 
loix.  Bezançon.  —  4'  (Salle  Thouret)  :  M.M.  Pouchet,  ï'aquez,  11“' 

Vendredi.  2  7  avril.— 3’  (2'  partie.  Laboratoire  des  travaux  prati¬ 
ques  d’anatomie  pathologique)  :  >DI.  Gaucher,  B'anchard,  Desgreî- 

—  P'  (P"  série.  Oral,  Salle  Richet)  :  MM.  Poirier,  Mauclaire,  Cunéo. 

—  1"  (2-  série.  Oral,  Salle  Vulpian):  .MM.  Reclus,  Macaigne.  Bra“' 

ea.  —  P'  (3-  série.  Oral,  Salle  Chareoti  :  M.M.  Segond,  Legrv.  Bif'- 
fel.  —3'  (1"  partie.  Oral,  Salle  Béclard)  :  MM.  Terrier.  SéhileaU.Lf, 
liage.  — 3'’(2‘  iiarlie.  Oral,  Salle  Broussais):  M.M.  Brissaud. Tessirrt 
tllaude.  —  5“  lObslcIriqiic,  P- parlic,  tilinique  Baudelocquc)  : 
Pinard,  Wallicli,  Polocki.  .  ^ 

Samedi,  2S  avril.  —  .•,■  12’  parlie.  Laboratoire  des  travaux  pi'“^ 
i|iies  d’anatomie  palholognpic!  :  ,M^f.  tiornil,  Guiart,  Maillard.—^ 
(2-  parlie.  Oral,  Salle  Béclard,  :  .MM.  Troisier,  Ttiiroloix,  CarnoCq 
I  à-  (-2'  parlie,  1"  série.  Beaujom  :  .MM.  Raymond,  Méry,  Gouget.  (l 
5'  (2"  partie, 2‘ série,  Beau.|on)  :  .MM.  Roliin,  Jeanselme,  Bezaiiçog 
I  —  â'  (Obstétrique,  P'  partie,  Clini(|ue  Tarnier)  ;  MM.  Budin,  I>ct“^ 
lin,  Brindeau.  ,  ^ 


Hommage  dtî  la  France  au  P'’  Baceli  i.  —  Le  conseil  3^ 
ministres  a  décidé  que  le  .gouvernement  serait  représenlc 
professeur  Bouchard  à  l'inauguration  do  la  polyclinique  fondée^ 
Italie  par  le  professeur  Bacoelli.  cette  occasion,  le  professotu 
Baccelli  sera  promu  à  un  grade  supérieur  dans  l’ordredc  la  Légi“ 
d’honneur. 

Médecin  attaqué  et  blessé.  —  Le  docteur  Martin  a  étéassai 
dans  une  rue  de  Tarascon,  et  frappé  de  coups  de  couteau. 

Conférence  de  la  croix-rougb.  —  Le  gouvernement  ^ 
Elats-l;nis  a  reçu  du  gouvernement  suisse  l'invitation  de  pre‘>“^ 
part  à  la  conférence  ((ui  aura  lieu  le  1 1  juin,  :i  Genève, 
but  d’étendre  encore  davantage  l'œuvre  do  la  Croix- ItougJ  ’ 
nationale. 


LK  l'HOGMÈS  MÉDICAL 


^23 


THERAPEUTIQUE 


■  Propriétés  thérapeutiques  de  l’Hélénine. 

Dans  tous  les  cas  de  maladies  de  l'appareil  respiratoire, 
les  résultats  généraux  de  l’Hélénine  de  Korab  sont  :  rémis¬ 
sion  dans  les  phénomènes  de  la  toux,  de  la  dyspnée  et  des 
douleurs  thoraciques,  qui  disparaissent  rapidement.  L^ex- 
pectoration  change  toujours,  devient  gélatineuse  et  diminue 
en  quantité.  En  outre,  sur  les  voies  digestives,  l’Hélénine  a 
un  effet  tonique  très  marqué  augmentant  l’appétit  et  facili¬ 
tant  la  digestion,  piême  chez  les  phtisiques  dont  l’anorexie 
était  invincible  (I).  Ce  précieux  agent  thérapeutique  s’admi¬ 
nistre  à  la  dose  de  ®  à  4  globules  du  D--  Korab  par  jour. 


NOUVELLES 


Natalité  D*  Paris.  —  Du  dimanche  11  au  samedi  17  mars 
KKH).  les  naissances  ont  ete  au  nombre  de  978,  se  décomposant 
ainsi  ;  légitimes  71 1 ,  illégitimes  207. 

Mortalité  a  Paris.  —  Population  d'après  le  recensement  de 
t901 :  2.6fi0.559  habitants.  Les  décès  ont  été  au  nombre  de  984, 
savoir:  481  hommes  et  50.3  femmes.  Les  décès  sont  dus  aux 
causes  suivantes  :  Fièvre  typhoïde  (typhus  abdomin.)  :  5.  — 
T^hus  exanthématique  :  0.  —  Fièvre  intermittente  et  cachexie 
painsire  :  0.  —  'Variole  :  0.  —  Rougeole  :  25  -  Scarlatine  :  1. 

—  Coqueluche  :  6.  —  Diphtérie  et  Croup  :  2.  —  Grippe  :  5. 

—  Choléra  asiatique  :  0.  —  Choléra  nostras  ;  0.  —  Autres 
maladies  épidémiques  :  3.  —  Tubercuiose  des  poumons  :  199.  — 
Tuberculose  des  méninges  :  16.  —  Autres  tuberculoses  :  18.  — 
Ctucer  et  autres  tumeurs  malignes  :  61.  —  Méningite  simple  :  14. 

—  Congestion  hémorrhagique  et  ramollissement  du  cerveau  :  43. 

—  Maladies  organiques  du  cœur  :  77.  —  Bronchite  aiguë  :  7. 

—  Bronchite  chronique  :  17.  —  Pneumonie  :  34.  —  Autres  affec¬ 
tions  de  l’appareil  respiratoire  :  126.  —  Affections  de  l’estomac 
cancer exc.)  :  5.  -  Diarrhée  et  entérite  deO  à  1  an  :  sein  :  7  ;  an¬ 
se  alimentation  :  13.  —  Diarrhée  et  entérite  de  1  à2ans  :  1. —  Her- 
ues,  obstruction  intestinale  :  10.  —  Cirrhose  du  foie  :  11.  —  Néphrite 
ai  mai  de  Bright  :  23.  -  Tumeurs  non  cancéreuses  et  autres  ma- 
ladies  des  organes  gémtauxj femmes)  :  7.  —  Septicémie  puerpérale 
'fièvre,  péritonite,  phlébite  puerpérale)  :  3.  —  Autres  accidents 
puerpéraux  ue  la  grossesse  et  de  i’accoucriement  :  0.  —  Débilite 
«îongenitaie  et  vices  de  conformation  :  32.  —  Débilité  senile  :  52. 

Morts  violentes  ;  25. —  Suicides  ;  12.  —  Autres  maladies  :  123. 

—  Maladies  inconnues  ou  mal  définies  :  13. 

^ort-nés  et  morts  avant  leur  inscription:  61,  qui  se  décom¬ 
posent  ainsi:  légitimes  45,  illégitimes  16. 

Epidémie  DE  rougeoi.e.  —  Par  suite  d’une  épidémie  de  rou- 
pole  qui  sévit  actuellement  parmi  la  garnison  de  Belfort,  tous 
^  hommes  accomplissant  une  période  d’instruction  militaire  ont 
■'•e  licenciés. 


Concours  des  prix  de  l’Internat  ;  Chirurgie). — }IedaiUe  d'or: 
M.  Okinozyc;  iledaille d'argent:  M.Capette  ;  Accessit  :  M.  André- 
Jean  Martin. 

Concours  de  l'internat.  —  Séance  du  30  mars.  Questions 
posées  :  Append'tce.  iléo-cœcal.  Œdème  aigu  du  poumon  ;  le  31 
mars  :  Nerf  grand  hypoglosse.  Traitement  du  croup.  —  Nomina¬ 
tions  :  Internes  titulaires  :  1  J,  Roux,  Chabrol,  Tinel,  Saissi, 
Comhier,  Joltrain,  Leconte,  Le  Mée,  Brin.  Troisier  ;  11  Lemarchal, 
Brissaud,  .Macé  de  Lépinay.  Deverre,  Hamel,  Lebras,  Silbert, 
Mlle  Landry,  Bazy,  Henri  Bénard  ;  21  Moulu.  Chenot,  Hovelac- 
que,  Chénier,  Eliot.  M.  Lasnier,  Ghazarain,  René  Bénard,  Partu- 
rier,  Sauphar  :  31  Rais,  Mlle  Debat-Ponsan,  Halphen,  Froget, 
Boudet,  Ch.  Foix,  Lévy-Valensi,  Lyon-Caen,  Chastagnol,  Moy- 
rand  ;  41  Flurin,  Bailly,  Bonvoisin,  G.  Durand,  Marsan,  Marie, 
H.  Chené,  Pinard,  Garban,  Lamy  ;  51  Pottet,  de  Brunei  de  Ser- 
bonnes,  Soh.Tffer,  Monsaingeon,  Ehrenpreis,  Marcorelles,  A. 
Chevallier,  Debré,  Garipuy,  Cawadias  ;  61  Duverger,  P.  Merle, 
Guyader,  Vezard,  V.  d’Heucqueville,  Le  Moine. 

Internes  provisoires  :  1  Deroye,  Petiteau,  Olivier,  Duvoir,  Mlle 
Giry,  Senleeq,  Burnier,  Martin,  Deroide,  Cléret  ;  11  Pérol,  Tou¬ 
raine,  Rou.tinesco,  Dubosc,  Robert,  Jacoulet,  Laroche,  Coryllos, 
Stévenin.  Cesbron  ;  21  Boulard,  Davesne,  Rousseau-Langwelt, 
Cruet,  Basset,  Pernet,  Boudol,  Strœhlin,  Duchet-Suchaùx,  Bour- 
dier  ;  31  Houzel.L.  Brisset,  Gendron,  Chambord.  Cadenat,  Ribérol, 
Cottenot,  Braun,  Henry,  Lemeroier  ;  41  Charrier,  Galup,  Mallein, 
Fiinbel,  Duval,  Blanc,  Lorin,  Porée,  Pénard,  Hondard  ;  51  Paul- 
Boncour,  Brémond,  Grasset,  Dehelly,  Paillard,  Bécus.  Guggen- 
heim,  Pélissier,  Frinault,  Debertrand  ;  61  Barbet,  Sorrel,  Vuillet. 

Nécrologie.  —  Une  des  illustrations  du  corps  médical  de 
Strasbourg,  le  professeur  Aubenas,  vient  de  mourir  dans  sa  soi¬ 
xante-dix  septième  année.  Après  l’annexion,  M.  Aubenas,  qui  en 
1869  avait  été  nommé  officiellement  professeur  suppléant  à  l’é¬ 
cole  d'accouchement,  contribua  à  créer  à  Strasbourg  l’école  libre 
de  médecine  qui  subsista  jusqu'en  septembre  1872.  Dés  la  fonda¬ 
tion  de  l'universilé  de  Strasbourg,  il  y  obtint  la  chaire  de  gyné¬ 
cologie  et  resta  à  ce  poste  jusqu’au  moment  de  sa  retraite,  en 
1893.  Depuis  1871,  M.  Aubenas  était  médecin  titulaire  des  hospi¬ 
ces  civils  do  Strasbourg.  {Le  Temps,  2  avril  1906.1 

Nous  avons  le  vif  regret  d'annoncer  le  décès  de  M.  le  D""  Paul 
ViBERT,  médecin  do  l'hôpital  du  Puy,  mort  des  suites  d’un  phleg¬ 
mon  de  la  main  contracté  en  pansant  un  malade  ;  de  M.  le  D""  La¬ 
fitte,  de  la  Brède. 

Chronique  des  hôpitaux.' 

Hôpital  de  L'a  Pitié.  —  M.  Paul  Dalché  commencera  ses 
leçons  cliniques  de  Gynécologie  Médicale  le  jeudi  3  mai  à  10  heu¬ 
res  et  les  continuera  les  jeudis  suivants  à  la  même  heure.  --  (Labo¬ 
ratoire  de  la  salle  Serres.) 

Enseignement  médical  libre 

Clinique  Apostoli-Laquerrière  (15, rue  Montmartre.)  — MM. 
les  D''“  Laquerriére,  directeur  de  la  Clinique,  et  Delherm.  ancien 
interne  des  Hôpitaux  de  Paris,  commenceront,  le  23  avril,  une 
série  de  12  conférences  pratiques  d'Electrothérapie. 

Programme  :  I  et  H,  Electrop'aysique  et  Appareils.  —  III, 


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224 


LE  PROGRÈS  MEDICAL 


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Eleclrophysiolosie.  —  IV  et  V,  Gynécologie.  —  VI  et  VH,  Tube 
digestif.  —  VIII  et  IX,  Maladies  nerveuses.  —  X,  Dermatoses. 
XI,  Maladies  de  la  nutrition.  —  .XI.,  Applications  chirurgicales 
applications  diverses  (voies  urinaires,  affections  articulaires,  etc. 
etc.)  —  Le  prix  de  la  série  est  fixé  à  ûO  fr.  Ces  conférences  au¬ 
ront  lieu  le  soir  à  8  h.  1,  2.  On  est  prié  de  s’inscrire  d’avance;  s’a- 
dressër  à  la  Clinique,  les  mardi,  jeudi. samedi,  de  3  à  6  heures. 


BULLETIN  BIBLIOGRAPHIQUE 


Librairie  DOIX 
8,  place  de  1  Odéon. 

Desnos.  —  Neuvième  session  de  l’association  française  d’uro¬ 
logie.  Paris,  octobre  1905.  1  vol.  In-8“  de  640  pages.  Prix.  10  fr. 

François-Frank. —  L’œuvre  de  B.  J.  Marey.  In-8°  de  56  pages. 
Prix.... . . .  1  fr.  50. 

PenièRes.  — Le  rhumatisme  pathogénie,  ët  traitement.  In-S®  de 
30  pages.  Prix . . .  1  fr. 

Perret.  —  La  diarrhée  infantile  chez  les  nourrissons  de  0  à 
2  ans.  —  Historique.  —  Prophylaxie.  — •  Traitement.  In-8“  de  (>8 
pages .  Prix .  2  fr . 

Sersiron.  —  Rapport  sur  le  paludisme  én  Algérie,  considéré 
comme  maladie  sociale.  In-S"  de  32  pages.  Prix . '  1  fr. 

ViGNÉ  (Ch.).  —  Les  accidents  du  travail  dans  la  marine  mar¬ 
chandé  et  la  caisse  de  prévoyance.  In-8"  de  100  pages.  Prix.  3  fr. 

Librairie  G.  STEIXHEIL 
1.  rue  Casimir-DelavT^ne 

Belletrud  et  Ed.  Mercier.  —  L’affaire  Ardison.  1  vol. 
10-8“  de  123  pages. 

Grasset  (J..).  —  Ceux  qui  sont  tristes  parce  qu’ils  pleurent  et 
ceux  qui  pleurent  parce  qu’ils  sont  tristes.  In-8“  de  16  pages. 


JuNÈs  (T .  ).  —  Essai  sur  la  polyarthrite  aiguë  tuberculeuse  bé. 
nigne,  ses  applications  à  la  médecine  infantile.  1  vol.  In-S^de  13{ 
pages'.  N 

JoLicœuR  (R.i.  —  L'idée  de  persécution  stigmate  de  dégéné. 
rescence.  1  vol.  In-8“  de  106  pages. 


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fêtes  compris)  et  toute  l'année  (Irajetde  jour  enSh.  f,  2j 
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2"  classe; 35 fr.,  aidasse,  23 fr.  25. 

Billets  d’aller  et  retour  valables  pendant  un  mois  :  1”  classe, 
82  fr.  75;  2' classe,  58  fr.  75  ;  3'  classe,  41  fr.  50. 

Départs  de  Paris  Sl  Lazare  :  10  h.  20  matin,  9  h.  30  soir  :  arri¬ 
vées  à  Londres  :  London-Bridge  :  7  h.  soir,  7  h.  30  malin  ;  Victo¬ 
ria  :7  h.  soir,  7  h.  30  malin. 

Départs  de  Londres  ;  London-Bridge;  10  h.  matin.  9  h.  10  soir; 
Victoria  :  10  h.  matin,  9  h.  10  soir  :  arrivées  à  Paris  St-Lazaré; 
6  h.  41  soir,  7  h.  5  matin. 

Les  trains  du  service  du  jour  entre  Paris  et  Dieppe  el  vice- 
versa  comportent  des  voitures  de  1"  classe  et  de  2’  classe  i 
couloir  avec  W.  G.  et  toilette  ainsi  qu’un  wagon-restauranl: 
ceux  du  service  de  nuit  comportent  des  voitures  à  couloir  des 
trois  classes  avec  W.  C.  et  toilette.  La  voiture  de  P'  classe  i 
couloir  des  trains  de  nuit  comportent  des  compartiments  à  cou¬ 
chettes  (supplément  de  5  fr.  par  place).  Les  couchettes  peuveut 
être  retenues  à  l’avance  aux  gares  de  Paris  et  de  Dieppe  moyeu- 
nant  une  surtaxe  de  1  fr.  par  couchette. 

La  Compagnie  de  l’Quest  envoie  franco,  sur  demande  affrau- 
chie,  un  bulletin  spécial  du  service  de  Paris  à  Londres. 


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Marchais  est  la  meilleure  préparation  créosotée.  Elle  di¬ 
minue  la  toux;  la  fièvre  et  rexpectoration.  De  3  à  6  cuil¬ 
lerées  à  café  par  jour  dans  lait,  bouillon  ou  tisane. 

(D'  Ferrand.  —  Trait,  de  méd.  \ 


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découvert  par  M.  Louis  DEQUtANT.  pharmacien.  38,  r® 
de  Clignancourt,  Paris.  (Mémoires  déposés  à  l’Académie “ 
Médecine,  23  mars  1897,  8  mal  1898|.  L'extrait  de  ces  Memoiro 
est  adressé  gracieusement  à  tous  les  médecins  qui  lui 
feront  la  demande.  Renseignements  gratuits  et  prix  de 

pour  tous  les  memores  du  corvs  médical. _ * 

Le  Rédacteur-Gérant  :  BournbvilU^ 
Imprimerie  Daix  frères  et  Thiron,  Clermont  (Oise). 

Maison  spéciale  pour  publicatious  périodiques  médicales. 


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Lauréat  de  V Institut  de  France  :  Prix  de  500  fr. 

dette  preparauon  nouvelle  a  subi  l'epreuve 
de  l’expérimentation  cllmque  et  le  contrôle  de 
toutes  les  Sociétés  savantes  en  1870  et  1871  : 
Académie  de  Médecine,  Société  des  Sciences 
médicales  de  Lyon.  Académie  des  Scieuces  de 
Pans,  Société  académique  dè  la  Loire-Infêr" 
Société  médieo-Chintl-gicalé  de  Llege,  etc. 

Guérison  sdr:  des  dyspepsies,  gastrites, 
aigreurs,  eailx  clàirbs,  Vomissements,  renvois, 
points,  constipations,  et  tous  les  autres  acci¬ 
dents  de  la  première  bu  de  la  seconde  digestion. 
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maladies  du  système  nerveux,  sont  vendues  à  nos  abonnés  Ljf- 
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14  AVRIL  i9G6 


Le  Progrès  Médical 


SOMMAIRE  :  Hygiène  urbaine  ;  Rôle  des  casiers  sanitaires 
des  maisons  dans  l’aisainissement  des  villes,  par  Graux.  — 
Bulletin  :  La  réforme  des  études  médicales.  La  délégation  des 
syndicats  médicaux  chez  le  ministre  del’instruction  publique, par 
.T.  Noir.  —  Sociétés  Savantes  :  Académie  de  Médecine  :  Lapa- 
ratuberculose,  par  Poncet  ;  L’opération  de  Delorme  dans  l’em- 
pyème  par  Pic.qné  (c.  r.  de  A. -F.  Plicque.)  —Société  Médicalrdes 
Hôpitaux  :  Eruption  médicamenteuse,  par  Gaucher,  Boisseau, 
Desmouliéres  ;  Indications  opératoires  dans  la  lithiase  biliaire, 
par  Bernard  ;  Spirochète  et  syphilis.  Etude  bactériologique,  cli¬ 
nique  et  expérimentale,  par  Thibiorge,  Ravaut  et  Le  Sourd  ; 
Purpura  hémorrhagique  grave  prétuberculeux,  par  Carnot,  Ben- 
saude  etllarvier  (c.  r.  deFriedel.) —  Sociétéde  Médeclnede Pa¬ 


ris  :  Rapport  de  la  commission  nommée  pour  étudier  les  modi¬ 
fications  aux  Statuts  de  la  Société  de  Médecine  de  Paris,  par 
Dubar.  Nécrologie  :  Obsèques  duD''  Phisalix.  —  Médecine 
PRATIQUE  :  Traitement  des  tuberculoses  et  affections  des  voies 
respiratoires.  —  Varia  :  Concours  d'adjuvatdes  Asiles  publics 
d'aliénés  de  1906  ;  De  l'anesthésie  chirurgicale  par  la  scopola- 
mine-morpbine;  Voyages  d’études  médicales  aux  Stations  hydro- 
minérales  et  climatiques  de  France.  — Lescongrès  :  Deuxième 
congrès  international  d’hygiène  scolaire  ;  .XV“  Congrès  inter¬ 
national  de  médecine  :  Congrès  pour  la  répression  de  l'exercice 
illégal  de  la  Médecine.  —  Formules.  . —  Thérapeutique  ;  Ac¬ 
tion  de  l’hélénine  sur  le  bacille  de  la  tuberculose.  —  Nouvelles. 
—  Enseignement  ntédical  libre,  —  Bulletin  bibliographique. 


HYCtIÈNEJ  RB.UXE 

Rôle  des  casiers  sanitaires  des  maisons  dans 
l'assainissement  des  villes  : 

Parle  IF  LUCIEN  GRAUX. 

Depuis  longtemps,  les  hygiénistes  montrent  l'in¬ 
fluence  de  l'habitation  sur  la  propagation  de  la  tuber¬ 
culose  et  insistent  sur  l’importance  de  l'encombrement 
et  de  la  petitesse  des  locaux  sur  la  diffusion  de  la  ma¬ 
ladie.  De  nombreuses  statistiques  ont  établi  que  les 
quartiers  riches  présentaient  une  faible  mortalité  tu¬ 
berculeuse,  tandis  que  les  quartiers  surpeuplés  avaient 
uneléthalité  effroyable. 

Toutefois  l’influence  du  logement  dans  l’étiologie  de¬ 
là  tuberculose  n’est  apparue  nettement  aux  yeux  de 
tous  qu’au  Congrès  de  la  tuberculose,  qui  vient  de  te¬ 
nir  ses  assises  à  Paris,  où  elle  a  été  mise  très  nettement 
en  lumière  dans  le  rapport  si  précis  de  MM.  .luillerat  et 
Bonnier.  Si  nous  rapprochons  ces  données  des  faits 
rapportés  précédemment  parM.  Juillerat,chefdu  Bureau 
de  l’Assainissement  de  l'habitation  de  Paris,  dans  seS 
rapports  à  M.  le  directeur  des  affaires  municipales,  et 
dans  son  livre  sur  le  Casier  sanitaire  des  maisons, 
ainsi  que  des  documents  fournis  par  lui  à  MM.  Rénon, 
^oir  et  à  nous-mème.  nous  pouvons,  sans  crainte,  affir- 
que  l’on  sait  aujourd’hui  le  rôle  que  joue  l'habita- 
flon  dans  la  propagation  de  la  tuberculose,  que  l’on 
peut  dire  d’une  façon  très  précise  quelles  sont  les  mai¬ 
sons  où  Ton  meurt  à  Paris  de  cette  maladie  et  pourquoi 
on  en  meurt 

Ces  données  si  importantes  et  si  exactes  nous  sont 
oumies  par  un  organisme  de  création  relativement 
l^cente  puisqu’il  n’a  que  douze  années  d’existence  à 
'*1?^  ■  casier  sanitaire  des  maisons. 

^  •'Opuis  longtemps,  un  service  analogue  fonctionnait 
î??’“’^olles,  puisque  en  1870  .M.  Lamonroux,  con- 
nler  municipal  de  Paris,  proposait,  sans  succès  d’ail- 
de  créer  à  Paris  un  liôhier  analogue, 
fur  ^  qu’en  1893  lorsque  les  services  d’hygiène 
la  J-  ^‘‘.'^“sférés  de  la  direction  des  travaux  de  Paris  à 
,ji^jî*'®otion  des  affaires  municipales,  que  M.  Menant  le 
directeur  des  affaires  municipales,  créa  le 
ouu  de  l’.S^ssainissement  de  l’habitation  et  chargea 


IM.Juillerat,  chef  de  ce  nouveau  service,  de  l'organi¬ 
sation  du  Casier  sanitaire  des  maisons  de  Paris.  Peu 
après,  le  conseil  municipal  ratifiait  la  création  nouvelle 
à  la  suite  d'un  rapport  favorable  de  M.  Escudier. 

Chaque  maison  do  Paris  possède  à  l’heure  actuelle 
un  casier  sanitaire  à  l’annexe  de  la  rue  Lobau.  Elle 
est  décrite  d’une  façon  très  précise  et  un  plan  par  terre 
au  2,00D'  a  été  établi  sur  place  pour  chaque  immeu¬ 
ble. 

Le  casier  sanitaire  d’une  maison  quelconque  com 
prend  les  éléments  suivants  : 

1°  Une  chemise  portant  l’indication  de  l'arrondisse¬ 
ment,  du  quartier,  de  la  rue  et  du  numéro  de  l'im¬ 
meuble  ; 

2“  Un  pl.an  P.4R  TERRE  .AU  DEUX-MILLIEME  de  la  mai- 
son,  avec  l’indication  des  canalisations,  fosses,  puits, 
puisards,  fontaines,  fosses  à  fumier,  etc.; 

3°  Une  feuille  de  description  de  l’immeuble  ; 

4“  Une  feuille  indiqu.a.nt  les  décès  par  maladies 
transmissibles,  survenus  chaque  jour  àanÿ.  la  maison; 

5"  Une  feuille  relatant  les  désinfections  opé¬ 
rées,  leurs  dates  et  leurs  causes  ; 

6°  Une  ou  plusieurs  feuilles,  contenant  l'indica¬ 
tion  des  travaux  prescrits  par  le  bureau  d’hygiène  et 
la  suite  donnée  à  ces  prescriptions  ; 

7°  Une  feuille  contenant  les  résultats  d’une  en¬ 
quête  sanitaire,  quand  cette  enquête  aura  été  reconnue 
nécessaire. 

Tous  les  dossiers  des  maisons  d’une  môme  rue  sont 
contenus  dans  une  chemise  en  carton  portant  les 
indications  générales  utiles  à  connaître  :  longueur  et 
largeur  de  la  voie  ;  nombre  de  maisons,  nombre  d'habi¬ 
tants  ;  système  d’égouts;  canalisation  d'eau,  etc. 


Toutes  les  maisons  de  Paris  possèdent  à  l'heure  ac¬ 
tuelle  des  casiers  sanitaires  analogues  à  celui  que  je 
viens  de  décrire. Il  aété,en  effet,  effecljuésur  place 73.031 
descriptions  de  maisons  du  P’ janyior  1804  au  1'^  jan* 
vier  1900.  De  plus,  on  dut  établir  ^  951  descriptions 
nouvelles  de  maisons  récemment  bâties.  Depuis  1900, 
on  a  revu  sur  place  48.401  maisons  décrites  iivant  1897.  ,. 

Un  a  inscrit  sur  les  easier8l38.7(10décèspar  maladies  ^ 
transmissibles  du  1"  janvier  1894  au  1"  janvier  11)05 


226 


LE  l'ROGRÈS  MÉDICAL 


ainsi  que  283.157  désinfections.  Le  service  d'hygiène  a 
fait  inscrire  1 8. <X)0 travaux  à  exécuter  et  251  enquê¬ 
tes  sanitaires. 

.\insile  casier  révèle  constamment  l'état  sanitaire 
d’une  maison  donnée.  Lorsque  celle-ci  est  démolie  on 
conserve  son  dossier  qui  est  frappé  d'un  timbre  indi- 
uant  la  date  de  la  démolition  et  ce  casier  est  placé 
ans  le  dossier  de  la  nouvelle  maison  construite  sur  son 
emplacement. 

Des  casiers  sanitaires  analogues  àcelui  de  Paris,  que 
nous  avons  pris  pour  modèle,  existent  dans  diverses 
villes  de  province  et  de  l'étranger.  Il  est  inutile  de  si¬ 
gnaler  les  différences  de  peu  d’importance  qu’y  a  entre 
eux. 


Cette  énorme  quantité  de  documents  entassés  dans 
les  casiers  sanitaires  n’est  heureusement  pas  demeurée 
improductive,  grâce  à  l’intelligente  initiative  du  chef  du 
bureau  de  l’assainissement,  M.  Paul  Juillerat. 

Dès  1900  il  établissait  la  situation  sanitaire  du  3'’  ar¬ 
rondissement  de  Paris  en  classant  les  maisons  d’après 
leur  hauteur.  Ce  tableau,  qu'il  communiqua  au  D'A. J. 
Martin  fut,  on  le  sait,  soumis  par  ce  dernier  à  la  com- 
mission-de  la  tuberculose  et  publié  dans  le  rapport  gé¬ 
néral  deM.  Ilrouardel. 

Depuis  cette  époque,  M.  Juillerat  a  établi  la  réparti¬ 
tion  par  éta^e  des  cas  de  tuberculose  constatés  et  non 
plus  seulement  des  décès. 

Il  a  groupé  ensemble  les  maisons  comportant  le  mê¬ 
me  nombre  d’étages,  en  les  divisant  chacune  en  deux 
twanebes  :  la  première  comprenant  les  étages  inférieurs: 
la  seconde  les  étages  supérieurs.  Les  étages  inférieurs 
étaient  toujours  beaucoup  plus  durement  frappés  que 
les  étages  supérieurs.  C’est  pourtant  dans  les  étages  su¬ 
périeurs  qu'habite  la  population  la  moins  aisée,  celle 
que  ses  conditions  sociales  devraient  prédisposer  plus 
que  foute  autre  aux  atteintes  du  fléau.  Cn  outre,  les  rez- 
de-chaussée,  occupés  en  grande  partie  par  des  bouti¬ 
ques,  sont  généralement  peu  peuplés  et  les  chiffres, 
pourtant  faibles  des  tableaux,constituent  une  pro[iorlion 
considérable.  Le  chiffre  relativement  élevé  des  cas  cons¬ 
tatés  au  6'  étage,  provient  de  la  fréquence  de  la  tuber¬ 
culose  chez  les  domestiques  habitant  cet  étage  qui,  la 
plupart  du^temps,  sont  contaminés  dans  les  étages  in¬ 
férieurs. 

Voici  le  relevé  des  cas  de  tuberculose  constatés  en 
1903  et  1904  dans  1.500  maisons  de  0  étages,  avec  la 
proportion  des  cas  pour  100  habitants.  Pour  45.257  ha¬ 
bitants  logés  aux  rez-de-chaussée,  1'"  étage,  2’’  étage  et 
3'  élage,  le  nombre  de  cas  a  été  de  830,  soit  une  pro¬ 
portion  de  18,339  pour  1.000  habitants. 

Sur  48,404  personnes  habitant  les  4%  5"  et  6°  étages, 
le  nombre  de  cas  a  été  de  757,  soit  une  proportion  de 
15,(>39  pour  1.000  habitants. 

On  obtient  le  tableau  suivant  (1)  en  e.xaminant  étage 
par  étage  : 


•  (l)  Voir  LuctEN-OiiAi  x.  —  La  tuberculose  et  l'habitation  urbaine, 
Pîiris.  Roussel  p  20. 


Nombre  total .  93.661 

Proportion  des  cas  pour  100  habitants.  1,6944 

Etages  inférieurs  {rez-de-chaussée,  1“',  2^  et  .5'). 

Nombre  d’habitants .  .  4.Ô.257 

—  de  cas .  8.30 

Proportion  des  cas  pour  100  habitants. .  1 ,8339 

Etages  supérieurs  (4=,  5'  et  6'). 

Nombre  d’habitants .  48.404 

—  de  cas .  7r>7 

Proportion  des  cas  pour  100  habitants..  1,5639 


Il  existe  six  îlots  de  maisons  situés  dans  les  IV,  V'', 
XI,  VIL  XIV  et  XIX”  arrondissements  où  la  mortalité 
tuberculeuse  est  particulièrement  effroyable. 

C’estainsi  que  celui  du  IV'arrondissement  par  exemple 
renferme  12  rues,  desservant  281  maisons  comptant 
9,715habitants. 

30  maisons  n’ont  pas  de  décès  4uberculeux  ;  238  en 
ont  présenté. 

La  mortalité  tuberculeuse  annuella  est  de  12,47  pour 
1000  habitants  depuis  10  ans.  Elle  n’est  que  de  1,01  pour 
toutes  les  autres  maladies  contagieuses. 

Dans  une  des  rues,  elle  atteint  42,03  pour  1000  ha¬ 
bitants  dans  les  hôtels  garnis. 

Nous  pourrions  multiplier  ces  exemples. 


Un  autre  résultat  important  du  casier  sanitaire  con¬ 
siste  dans  l'établissement  d’une  Liste  desmaisons  tu¬ 
berculeuses  de  Paris. 

Cette  liste  existe  à  l  heure  actuelle.  Elle  est  particu¬ 
lièrement  suggestive. 

Paris  compte  environ  80.000  maisons.  Celles-ci  peu¬ 
vent  se  répartir  en  trois  groupes.  Celles  où  on  ne  meurt 
pas  de  la  tuberculose,  celles  où  on  en  meurt  peu  et  les 
maisons  foyers  de  tuberculose. 

En  11  ans,  il  y  a  eu  un  total  de  101.496  décès  dus  à 
la  tuberculose  et  répartis  dans  39.477  maisons. 

Sur  80.000  maisons,  il  y  ena  34.214  où  il  y  a  eu  peu 
de  décès  par  tuberculose,  soit  un  total  de  63.487  décès. 
C'est  là  le  Dégroupe. 

Une  2"  statistique  permet  de  constater  que  29.509 
décès  se  sontproduits dans  4.443  maisons.Ce  sontlàles 
maisons  suspectes. 

Mais  c’est  le  3“  groupe  qui  doit  retenir  l’attention  de 
l'hygiéniste  ;  dans  820  maisons,  véritables  foyers  de 
tuBerculose,  il  y  a  eu  11.500  décès,  soit  10%  du  chiffre 

total, soit  une  moyenne  de9.834pour  1000  habitants, alors 

qu'on  sslit  que  la  mortalité  moyenne  de  la  ville  n’est 
que  de  4,95  pour  1000. 

La  population  totale  de  ces  820  maisons  est  de 
106.300  habitants. 

Mais  il  y  a  mieux.  Sur  ces  820  maisons,  195  sont  des 
hôtels  garnis,  dont  la  population  totale  est  de  13.630 
habitants,  qui  ont  fourni  en  onze  ans  une  mortalité 
taie  de  2.888,  soit,  par  an,  une  mortalité  annuelle  de 
19,26  pour  1000  habitants. 

Ces  chiffres  ont  ému  M.  le  Préfet  de  la  Seine  qui,l^ 
10  avril  1905,  a  nommé  une  commission  chargée  d'étu¬ 
dier  l’influence  de  l’habitation  sur  l’étiologie  et  la  pro" 
pagation  de  la  tuberculose  à  Paris  et  de  rechercher 
les  mesures  à  prendre  pour  combattre  le  développé' 
ment  de  cette  maladie.  , 

Ajoutons  que  les  statistiques  qui  viennent  d’être  de- 
terminées  pour  l’année  1905  confirment  de  la  faÇO® 
la  plus  complète  tous  les  résultats  déjà  énoncés. 


LE  PROGRÈS  MEDICAL 


227 


Les  documents  du  casier  sanitaire  nous  permettent 
donc  de  déterminer  les  maisons  tuberculeuses.  H  y  a 
un  fait  très  net  à  l’heure  actuelle  :  c’est  l’influence  du 
soleil. 

Partout  où  pénètre  le  soleil,  le  bacille  tuberculeux  ne 
résiste  pas,  partout  où  il  ne  peut  pénétrer,  un  foyer  de 
tuberculose  peut  se  rencontrer;  Des  maisons  insalubres 
et  sordides,  comme  notamment  celles  que  l’on  rencontre 
près  des  fortifications  où  elles  sont  enveloppées  de  lu¬ 
mière  et  de  soleil,  ne  présentent  pas  de  cas  de  tubercu¬ 
lose,  tandis  que  des  maisons  bâties  récemment  dans  des 
quartiers  ricnes  et  construites  avec  grand  luxe  contien¬ 
nent  parfois  de  véritables  foyers  de  tuberculose  lors¬ 
qu’elles  ont  de  petites  cours  sur  lesquelles  prennent  jour 
une  population  nombreuse  de  domestiques. 

On  sait  que  depuis  plusieurs  années  on  réclame  dans 
toutes  les  Sociétés  en  faveur  des  espaces  libres,  cesré- 
sei’voirs  d’air,  ces  poumons  de  la  cité. 

Certes,  nul  plusquenous,nedésirerétablissementdes 
squares  et  des  parcs,  la  création  de  jardins  ouvriers, 
mais  qu'on  ne  s'y  trompe  point,  ces  squares,  ces  jar¬ 
dins  n’ont  de  valeur  que  comme  lieux  de  promenades. 
S'ils  servent  à  l'aération  des  maisonssituées  à  50  mètres, 
ils  ne  leur  donnent  en  aucune  façon  de  la  lumière  et  du 
soleil  puisque  les  logis  séparés  par  un  simple  rideau  de 
maisons  présentent  fréquemment  une  mortalité  tuber¬ 
culeuse  constante  effroyable. 

Ici  encore  le  casier  sanitaire  nous  apporte  des  faits 
irréfutables  qui  doivent  forcer  l’attention.  La  Seine,  ré¬ 
servoir  d’air  admirable,  côtoie  un  îlot  de  maisons  qui 
à30  mètres  à  peine,  présente  depuis  dix  ans  une  mor¬ 
talité  annuelle  de  10.40  pour  1000. 

Un  2'  lot  est  aune  distance  de 50  mètres  du  parc  des 
Buttes-Chaumont.  Sa  mortalité  tuberculeuse  annuelle 
est  de  7,10  pour  1000.  Un  autre  îlot  situé  à  100  mètres 
du  square  de  la  tour  Saint-Jacques  et  de  la  place  de 
rHôtel-de-Ville  présente  une  mortalité  tuberculeuse 
moyenne  de  12,40  pour  lOOO. 

'<  Si  on  examine,  ditM.  Juillerat,  deux  voies  parallèles 
de  grande  longueur,  par  exemple  la  voie  formée  d'une 
part  parle  boulevard  Saint-Michel,  le  boulevard  de  Sé¬ 
bastopol  et  le  boulevard  de  Strasbourg,  et  d’autre  part 
la  voie  formée  parla  rue  Seint-Jacques,  la  ruedu  Pe¬ 
tit-Pont  et  la  rue  Saint-Martin,  nous  constatons  les 
faits  suivants  :  L’ensemble  des  trois  boulevards  nous 
donne,  pour  la  période  de  onze  années  écoulée  du  l'" 
janvier  1894  au  1"  janvier  1905,  une  mortalité  moyenne 
ue  1,34  pour  1.000  ;  les  rues  Saint-Jacques,  du  Petit 
Pont  et  Saint-Martin,  presque  rigoureusement  parallè¬ 
les  à  nos  boulevards,  séparées  d’eux  par  une  distance 
qui  n’excède  pas  1.50  mètres,  présentent  ensemble,  de¬ 
puis  onze  ans,  une  mortalité  tuberculeuse  annuelle  de 
^)b4  pour  1.000. 

Èt  pourtant  que  de  réservoirs  d’air  sur  le  trajet  com- 
»iun  des  deux  voies  :  les  jardins  du  Val-de-(iràce  ,  le 
Luxembourg,  le  square  Cluiiy.  la  Seine,  le  parvis  No- 
ji'e-pame,  le  marché  aux  Fleurs,  la  place  du  Châtelet, 

place  de  l'Hôtel-de-Ville,  le  square  de  la  tour  Saint- 
ucques,  celui  dos  .Vrls-et-Métiers.  » 

11  semble  donc  bien  établi  par  les  statistiques  du  ca- 
sanitaire  que  les  es'paces  librex  n’ont  qu'une  in- 
Uence  locale,  c'est-à-dire  sur  les  maisons  qui  les  bor- 
directement. 

Usimple  rideau  de  maisons  arrête  net  leurs  bienfaits. 
toiiV 1  ou  peut  se  demander  si  l'on  ne  doit  pas  avant 
ussainir  les  maisons  tuberculeuses.  C'est  dans  l’in¬ 


térieur  même  des  maisons  qu'il  faut  créer  des  espaces 
libres,  disions-nous  déjà  il  y  a  près  d’un  an  (Ij. 

Les  maisons  tuberculeuses  ont,  en  effet,  ce  fait  com¬ 
mun  qu’elles  ont  des  cours  insuffisantes,  très  étroites, 
véritables  puits  ou  la  lumière  directe  et  à  fortiori  le  so¬ 
leil  ne  pénètrent  jamais  aux  étages  inférieurs  (2).  Parfois 
même  ces  cours  sont  couvertes  à  des  hauteurs  variées. 
Nous  avons  constaté  nous-mème  des  faits  analogues  à 
Nantes,  lorsde  notre  enquête  sanitaire  en  Bretagne  (3). 
«  De  véritables  foyers  tuberculeux,  écrivions-nous,  se 
trouvent  ruedu  M. . .  et  rue  S...,  qui  cependant  sont 
larges,  maisdontles  maisons  ont  des  cours  très  étroites 
formant  de  véritables  ruelles,  sans  aboutissant,  où  le 
soleil  ne  pénètre  pas.  Un  philanthrope  nantais  paraît 
décidé  à  assainir  ces  quartiers.  11  voudrait  acheter  ces 
maisons  malsaines  et  écentrer  leurs  façades  de  façon 
à  permettre  au  soleil  de  pénétrer  dans  les  cours  mal¬ 
saines  actuelles.  ■> 


Tels  sonlles  résultats  que  donne  l’examen  du  casier 
sanitaire  des  maisons.  Sont-ils  exacts  ?  On  peut  faire 
divers  reproches  à  ces  statistiques. 

C’est  ainsi  que  l’on  peut  dire  tout  d’abord  qui  si  des 
maisons  données  ont  une  mortalité  tuberculeuse  ef¬ 
froyable,  cela  tient  non  pas  à  la  façon  dont  sont  cons¬ 
truites  ces  habitations,  mais  bien  à  le'urs  locataires  qui 
forment  une  population  surpeuplée,  mal  nourrie,  al¬ 
coolisée. 

11  est  certain  que  les  maisons  tuberculeuses  sont  le 
plus  souvent  habitées  par  des  malheureux,  entassés 
dans  des  locaux  trop  étroits.  Mais  ce  n'est  pas  toujours 
le  cas.  La  statistique  possède  des  listes  de  maisons  meur¬ 
trières  qui  se  trouvent  situées  dans  les  quartiers  riches. 

D’autre  part  certaines  maisons  possèdent  une  popu¬ 
lation  très  dense.  On  rencontre  plusieurs  personnes  vi¬ 
vant  à  l’étroit  dans  une  seule  chambre  :  il  n’y  a  généra¬ 
lement  pas  de  tuberculose  si  la  chambre  est  au  soleil, 
mais  si  celle-ci  est  mal  éclairée  la  mortalité  devient 
effroyable . 

J’ai  pu  faire  des  recherches  personnelles  dans  le  ca¬ 
sier  sanitaire  des  maisons  do  Paris  et  voici  les  docu¬ 
ments  inédits  et  probants  que  je  puis  apporter  ici  ; 

Dans  le  XVP  arrondissement,  rue  X.,  n°  13,  se  trouve 
une  maison  n’ayant  pas  quarante  ans  d’existence.  J’ai 
trouvé  12  décès  par  tuberculose  dans  cette  maison  de¬ 
puis  1894  et  pas  un  seulcas  de  maladies  transmissibles. 
Or  que  m'a  révélé  l’enquête  sur  place  :  il  y  a  dans  la 
cour,  pourtant  assez  vaste,  deux  hangars  obstruant  te 
jouret  l’air  d’une  partie  des  logements  de  ces  deux  b⬠
timents,  dansla  hauteur  du  rez-de-chaussée.  Ces  han¬ 
gars  ne  laissent  au-devant  des  baies  qu’un  prospect  de 
1  m.  75  c’est-à-dire  absolument  insuffisant. 

Dans  une  autre  maison  du  XVP,  n°  17,  rue  X.,  je  trou¬ 
ve  lu  décès  par  tuberculose  contre  1  seul  dû  à  la  rou¬ 
geole.  Cette  maison,  qui  contient  environ  237  habitants, 
n’a  que  des  cours  très  étroites  et  tout  en  longueur  puis¬ 
que  cette  maison  a  une  profondeur  de  près  de  8U  mè¬ 
tres. 

Dans  un  autre  quartier  riche,  le  VIP,  me  X.,n“  21. 
je  trouve  une  maison  datant  do  45  ans  et  présentant  12 


(II.LCIF.N  UUACX.  —  Iiinuence  deraérutiun  sur  la  propagation  de 
la  tuheroulose.  {Progrès  médic.xl  32  avril  l‘.*e,").) 

(2,,  L'article  22  du  réglement  sanitaire  de  Paris  22  juin  1(K)4)  exige 
comme  iiiinimuin  de  vue  directe  des  pièces  destinées  â  l'habila- 
lion  0  mètres  sur  les  voies  publiques  et  privées.  L'article  23  exige 
4  mètres  de  vue  directe  quand  ces  pièces  donnent  sur  une  cour. 

(S)  Progrès  medical,  28  oct.  100."). 


328 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


décès  par  tuberculose  et  ayant  une  population  de  03 
habitants.  Là  encore  se  rencontrent  deux  toutes  petites 
cours  sur  lesquelles  deux  chambres  prennent  jour.  On 
a  dû  proposer  l’interdiction  de  l’habitation  dans  trois  de 
ces  logements  en  raison  de  l’étroitesse  de  ces  cours. 

Dans  leVl’’  rue  IL,  n“  5,  une  maison  de 295m.  de  su¬ 
perficie  possède  une  cour  de 20 mètres.  Elle  aune  po¬ 
pulation  de  92  habitants;?  décès  par  tuberculose. 

Dans  le  IIP  rue  X . ,  n"  15,  la  superficie  de  la  maison 
estde  528  m.pour  une  cour  de  88  m.  mais  celle-ci  est 
couverte  au  étage.  Population:  131  habitants;  11 
décès  par  tuberculose.  Plusieurs  concierges  y  sont  morts 
tuberculeux. 

Voici  une  autre  maison  située  cette  fois  dans  un 
quartier  excentrique,  dans  le  XX'.  Elle  est  peu  peuplée 
et  a  une  cour  en  proportion  avec  sa  superficie  (54  m. 
pour  200  m.),  70  habitants  sont  logés  dans  une  ving¬ 
taine  d’appartements.  Mais  plusieurs  pièces  prennent 
jour  sur  des  courettes  de  5  m.,  de  5  m.  50  et  de  6  m. 
De  plus  la  cour  de  54  m. ,  est  couverte  au  1"  étage.  Mor¬ 
talité  par  tuberculose  :  11  décès. 

On  pourrait  multiplier  ces  exemples. 

La  réciproqiie  est  vraie.  Des  taudis,  des  logis  im¬ 
mondes,  parfaitement  insalubres,  mais  situés  en  pleine 
lumière  et  largement  ensoleillés,  n’ont  pas  de  tubercu¬ 
lose.  11  en  estde  môme  des  maisons  surpeuplées,  dans 
des  quartiers  ouvriers,  si  elles  ont  de  grandes  cours. 

J’en  ai  trouvé  des  exemples  typiques  dans  mes  re¬ 
cherches  dans  le  casier  sanitaire.  Une  maison  située 
dans  le  XX'  arrondissement  dans  un  quartier  surpeuplé 
rue  X.,  n®  90,  possède  1.58  habitants.  Elle  a  5  corps  de 
bâtiments,  une  profondeur  de  100  m.  une  superficie 
de  3000  mètres  carrés  mais  la  superficie  des  cours  avec 
les  hangars  comprend  23.50  m.  c.  11  n’y  a  pas  eu  en  12 
ans  un  seul  décès  par  la  tuberculose  Je  pourrais  don¬ 
ner  de  nombreux  exemples  analogues. 

Les  maisons  meurtrières  ne  sont  mortelles  que  pour 
la  tuberculose.  La  mortalité  des  autres  maladies  infec¬ 
tieuses  s’y  trouve  normale.  Ce  fait  résulte  dans  cette 
donnée  de  M.  Juillerat  :  la  tuberculose  est  la  maladie 
de  robscurité. 

Des  faits  paradoxaux  en  apparence  ont  finalement  con¬ 
firmé  cette  théorie.  Ainsi,  pour  donner  un  exemple  iné¬ 
dit  je  puis  citer  le  cas  suivant  :  une  maison  présentait 
un  nombre  important  de  décès  tuberculeux,  au  rez- 
de-chaussée,  sur  une  cour,  et  pourtant  cette  com'  était 
d’après  le  plan  l’une  des  plus  belles  et  des  plus  grandes 
qüe  nous  puissions  voir  à  Paris. 

Une  enquête  sur  place  révéla  ce  fait  que  les  locaux 
tuberculeux  ne  recevait  pas  la  lumière  directe  ni  les 
rayons  de  soleil  à  canse  d’une  marquise  qui  les  arrê¬ 
taient  d'une  façon  complète. 

-Notre  théorie  était  donc  une  fois  de  plus  vérifiée.  Peut- 
être  suffira-t-il  d'enlever  celle  marquise  pour  arracher 
à  la  mort  les  habitants  de  cet  appartement  maudit. 

Un  autre  reproche  a  été  fait  :  le  casier  sanitaire  ne 
lient  pas  compte  du  mouvement  des  malades,  il  est 
évident  (|u  un  tuberculeux  habitant  un  logis  suffisant, - 
peut  par  suite  de  la  maladie  et  partant  de  la  privation 
ou  de  la  diminution  de  ses  ressources  être  amené  à 
prendre  un  appartement  moins  cher  et  échouer  ainsi 
finalement  dans  ces  maisons  sordides  ou  ces  hôtels  gar¬ 
nis  borgnes  que  la  statistique  nous  représente  comme 
ayant  une  léthalité  tuberculeuse  effroyable. 

Là  est  évidemment  un  reproche  sérieux  et  il  y  au¬ 
rait  un  intérêt  puissant  à  savoir  où  débutent  en  effet 
les  cas  de  tuberculose.  .Mais  pour  cela,  il  faudrait  rendre 


la  déclaration  de  la  tuberculose  obligatoire.  Il  n'est  pas 
nécessaire,  que  ce  soit  d’ailleurs  le  médecin,  mais  le 
chef  de-famille,  par  exemple,  qui  soit  astreint  à  déclarer 
la  maladie. 

Il  y  a,  en  effet,  un  cercle  vicieux.  Ces  maisons  meur¬ 
trières  qui  ont  en  grande  majorité  des  loyers  bas,  atti¬ 
rent  les  malades  qui  y  meurent.  Mais  si  ces  malades 
avaient  à  leur  disposition  des  locaux  identiques  coin- 
me  prix,  mais  salubres, ensoleillés,  qui  nous  dit  qu  ils 
ne  guériraient  pas  ? 

Il  est  certain  que  si,  demain,  on  peut  démolir  les  ilôts 
malsains,  les  maisons  maudites,  et  construire  à  leur 
place  des  rues  aérées,  des  maisons  de  rapport  superbes, 
la  tuberculose  aura  disparu  de  ces  endroits  ;  mais  la 
population  malheureuse,  malade  et  alcoolisée  qui  les 
habitait  se  reportera  tout  entière  (l’histoire  de  Paris  le 
•démontre)  dans  des  îlots  voisins, aux  maisons  insalubres 
mais  aux  loyers  bas,  dont  la  léthalité  tuberculeuse 
n’est  pas  bonne  à  l’heure  actuelle,  mais  qui  deviendra 
tout  d’un  coup  déplorable. 

Ce  qu’il  faudrait,  en  effet,  c’est  construire  des  maisons 
nouvelles  suivant  les  règles  dites  de  l'hygiène,  c’est-à- 
dire  la  hauteur  maximum  des  maisons  ne  pouvant 
excéder  la  largeur  des  rues,  et,  les  cours,  destinées  à 
éclairer  des  pièces  habitables  ayant  une  largeur  mini¬ 
mum  égale  à  la  hauteur  des  bâtiments  qu  elles  desser¬ 
vent. 

Ces  maisons  ayant  le  même  confortable  ou  plutôt  le 
même  manque  de  confortable  que  les  anciennes,  mais 
ensoleillées  et  aérées,  aux  loyers  bas,  recueilleraient 
l’ancienne  population  et  un  foyer  de  tuberculose  de 
Paris  serait  éteint. 

La  mortalité  tuberculeuse  a  diminué  d'une  façon  re¬ 
marquable  à  Londres  avec  son  extension  en  surface. 
Comment  peut-on  expliquer  autrement  que  par  l'action 
de  la  lumière  et  du  soleil  ce  fait  que  des  maisons,  des 
hôtels  garnis  analogues,  dans  un  même  quartier,  aux 
loyers  identiques,  ont  une  mortalité  tuberculeuse  dif¬ 
férente,  suivant  que  la  rue  est  orientée  de  telle  ou  telle 
façon,  qu  elle  est  plus  ou  moins  lar^e,  suivant,  en  un 
mot,  que  ces  maisons  sont  ou  non  baignées  par  le  soleil 
une  partie  de  la  journée  ? 

Enfin  nous  avons  déjà  indTqué  ce  fait  curieux  que 
ces  maisons  borgnes,  ces  hôtels  garnis  louches,  habités 
par  une  population  plus  malheureuse  encore,  pouvaient 
ne  présenter  que  peu  de  tuberculose  situés  dans 
des  quartiers  excentriques,  en  pleine  lumière.  Ces 
maisons,  insalubres  d’ailleurs,  étant  parfois  de  vérita¬ 
bles  foyers  de  maladies  infectieuses  ! 

Les  malades  qui  quittent  les  appartements  riches  pour 
faute  de  ressources,  échouer  dans  les  maisons  pauvres, 
n’iraient  donc,  la  plupart  du  temps,  que  dans  les  mai¬ 
sons  tuberculeuses  ? 

Non,  il  est  évident  que  ces  maisons  renferment  une 
cause  de  mort  en  elles-mêmes. 

D’ailleurs,  n’oublions  pas  que  nos  statistiques  sont 
certainement  inférieures,  à  la  vérité.  Combien  parmi 
ces  malades  de  ces  maisons  pauvres,  vont  passer  leurs 
derniers  jours  et  mourir  sur  un  lit, d'hôpital,  enlevant 
ainsi  des  unités  à  ces  maisons  meurtrières  ? 

I  (Combien  d'aufres  vont  mourir  en  province  ! 

Certes,  nous  ne  nierons  pas  l'importance  capitale  du 
[  terrain  du  malade.  Les  individus  alcoolisés,  en  état  de 
dénutrition  (1  ),  les  émigrés  des  campagnes  à  Paris  (2), 


(1)  Lam)Oi;/.y.  -  Kiiquèli'  sur  l’aliiuenlalion.  P.ii-is,  .Masson. 

^^{2,  (ïeorges  UucitiiEOis.  —  lîxode  rural  el  tuberculose.  Paris 


LE  l'ROGRES  MEDICAL 


constituent  autant  de  proies  faciles  pour  la  maladie. 

Mais  c'est  surtout  lorsque  ces  sujets  tout  prépa- 
oarés  à  recevoir  le  germe  de  la  tuberculose  se  trouveront 
privésde  soleil  qu'ils  deviendront  malades.  C’est  ainsi 
Le  les  cuisinières  vivant  continuellement  près  d’une 
curette  sans  soleil  et  sans  lumière  directe  deviennent 
tuberculeuses  par  ce  fait  seul,  et  non  à  cause  de  leurs 
mansardes  où  le  soleil  a  vite  fait  de  détruire  les  bacil¬ 
les  nocifs.  ■  -1  t 

On  parle  toujours  de  1  alcoolisme,  qui  joue,  il  est 
incontestable,  un  rôle  des  plus  importants  dans  l'étio¬ 
logie  de  la  maladie.  M  lis  si  l'on  prend  des  individus 
idLtiques,  des  matelots  par  exemple,  tous  alcooli¬ 
ques,  on  peut  voir  que  les  pêcheurs  habitués  à  vivre 
au  grand  air  ne  sont  pas  tuberculeux,  tandis  que  les 
marins  de  l'Etat,  entassés  dans  desnavires  à  plusieurs 
étages  et  vivant  continuellement  au-dessous  du  pont 
deviennent  tuberculeux  dans  des  proportions  considé¬ 
rables  (1). 

Il  est  facile  aussi  démontrer  dans  les  campagnes  les 
maisons  des  paysans  avec  ces  petites  fenêtres  que  l’on 
arrive  à  restreindre  le  plus  possible  à  cause  de  l’impôt 
sur  la  lumière,  l’impôt  des  portes  et  fenêtres.  En  Breta¬ 
gne  cette  étroitesse  hors  de  toute  idée  des  fenêtres  (uni- 

Sues  par  maisons  d’ailleurs)  et  la  disposition  des  lits 
os  favorisent  étrangement  la  propagation  do  la  tuber¬ 
culose  parmi  une  population  de  plus  en  plus  alcoolisée. 
Le  bacille  de  Koch  installé  dans  une  maison  n’y  est  ja¬ 
mais  détruit  par  le  soleil  qui  n’y  pénètre  pas.  Toute  la 
famille  disparaîtra. 


Nous  croyons  donc  que  les  casiers  sanitaires  des 
maisons,  peuvent  rendre  des  services  inappréciables.  Si 
l'on  songe  qu’à  Paris,  il  suffit  d’un  employé  pour  8000 
maisons,  on  voit  que  ce  service  est  bien  peu  coûteux, 
étonné peutqu’approuver  le  Congrès  de  la  Tuberculose 
d  avoir  demandé  l’établissement,  dans  toutes  les  villes, 
de  casiers  sanitaires  des  maisons.  Le  ü'  Marcel  Durand 
légalement  proposé  au  Conseil  Général  de  créer  des  ca¬ 
siers  sanitaires  dans  les  communes  du  département  de 
la  Seine. 

On  a  beaucoup  vanté  l’œuvre  prophylactique  et  so¬ 
ciale  des  dispensaires  antituberculeux.  C’est  avec  rai- 
que  M  Fillassier  a  pu  demander  que  l’on  établît 
one  entente  entre  les  services  sanitaires  et  les  adminis- 
^•ions  des  œuvres  d’assistance.  Les  enquêteurs  des 
dispensaires  feraient  ainsi  proliter  les  casiers  sanitaires 
d®s  résultats  de  leurs  investigations,  et  ceuxrci  .à  leur 
leur  donneraient  des  indications  précieuses 
la  salubrité  des  immeubles  qui  les  intéressent  et 
Pourraient  même  prescrire  les  mesures  nécessaires,  le 
^*^éant.  Le  Dispensaire  Siegfried-Robin,  de  Thô- 
Beaujon,  s’est  empressé,  parmi  les  premiers,  de 
^ttre  en  pratique  cette  exeellente  mesure. 

L-es  Casiers  sanitaires  forment  une  arme  excellente 
la  lutte  contre  la  tuberculose.  Si  la  tuberculose  a 
ç-^gée  parmi  les  maladiesà  déclaration  facultative, 
tre  tluiis  la  pratique,  on  ne  peut  rien  con- 

dfip*  Le  sérum  anti-tuberculeux  n’apas  été  encore 
5^  les  rapports  si  documentésde  M.  Thoinot 

consultatif  d’hygiène,  et  de  M.  Josias  à  TA- 
®  médecine,  ont  démontré  que  la  désinfection 

Pt  dans  ce  cas  particulier  qu’une  mesure  illusoire 

!li®Praticable. 


-  ~  habitations  flotlnnles.  1"  Congrès 
nisserapiil  ei  «le  la  salubrité  de  l'bahitalion.  Paris  19(M. 


Dans  notre  communication  au  Congrès  de  la  Tuber¬ 
culose  nous  établissions  que  par  l’article  l*'',  §  2,  du  règle¬ 
ment  sanitaire,  pris  eu  vertu  de  la  loi  de  1902,  article 
qui  détermine  les  prescriptions  destinées  à  assurer  la 
salubrité  des  maisons  et  de  leurs  dépendances,  tout 
maire  ale  droit  d’empêcher  une  chambre  de  devenir 
un  foyer  de  tuberculose  et  Aq 'proscrire  pour  l'habita¬ 
tion  toute  pièce  qui  ne  peut  recevoir  la  lumière  so¬ 
laire  directe  d’une  façon  constante  (1) . 

Or  rienn’aété  faitdansce  sens  dans  les  divers  règle¬ 
ments  sanitaires  pris  en  vertu  de  la  loi  de  1902,  même  à 
Paris. 

Ce  serait  alors  au  Casier  sanitaire  des  maisons  de 
nous  signaler  ces  locaux  inhabitables.  Cette  mesure, 
combinée  avec  une  pratique  raisonnée  de  la  désinfec¬ 
tion,  ferait  certainement  décroître  dans  une  propor¬ 
tion  importante  le  chiffre  actuel  des  décès  par  la  tuber¬ 
culose. 


Les  propriétaires  seuls  peuvent  avoir  aujourd’hui 
communication  du  casier  sanitaire  de  leurs  maisons. 
On  ne  leur  en  donne  aucune  copie.  Les  locataires  n’ont 
pas  le  droit  d’en  prendre  connaissance.  M.  André  Lefè¬ 
vre  avait  proposé  de  créer  une  plaque  sanitaire  qui 
serait  apposée,  sur  la  demande  du  propriétaire,  sur  les 
maisons  reconnues  salubres.  C’est  là  une  proposition 
intéressante. 

Mais  ce  que  l’on  pourrait  faire  et  c’est  là  le  vœu  nou¬ 
veau  nous  émettrons  ici,  c'est  que  Ton  remît  au 
propriétaire,  sur  sa  demande  no.  extrait  duCasier  sa¬ 
nitaire  de  sa  maison,  comme  Ton  délivre  dans  une  au¬ 
tre  administration  un  Extrait  du  casier  judiciaire 
aux  intéressés. 

Ainsi  tout  locataire  soucieux  de  sa  santé  pourrait 
demander  à  son  propriétaire  communication  de  ce 
dossier  et  connaître  ainsi  le  passé  sanitaire  du  logis  où 
sa  famille  et  lui  vont  vivre,  de  même  qu’un  patron 
demande  à  son  employé  de  lui  faire  connaître  son 
passé  judiciaire. 

Les  propriétaires  ne  sont  pas  tous  les  assoiffés  d’ar¬ 
gent  que  Ton  représente,  et  j’en  sais  qui  viennent  dire 
très  franchement  à  la  Préfecture  :  ma  maison  est  tuber¬ 
culeuse,  que  faut- il  faire  pour  la  rendre  salubre  ? 

Il  serait  à  Ssouhaiter  que  chaque  propriétaire  possédât 
bientôt  VExtrait  du  casier  sanitaire  de  sa  maison 
et  essayât  de  lui-même  de  la  rendre  plus  saine. 


On  voit  toute  Tinfluence  bienfaisante  que  peut  avoir 
le  casier  sanitaire  des  maisons  et  toute  Tulilité  de  cet 
organisme  si  peu  coûteux.  Qui  nous  dit  qu’en  même 
temps  qu’il  y  a  des  maisons  tuberculeuses,  il  n’y  a  pas 
d’autres  maisons  où  sont  en  permanence  d’autres  mala¬ 
dies? 

A  Saint-Brieuc,  ne  dit-on  pas  qu’il  y  a  des  maisons 
typhiques?  (2).  Dès  maintenant  nous  pouvons  dire 
que  le  service  du  casier  sanitaire  de  Paris  fait  une 
enquête  à  ce  point  de  vue.  Peut-être  certaines  maladies 
infectieuses  sont-elles  plus  fréquentes  dans  des  maisons 
déterminées?  Le  casier  sanitaire  pourrait,  en  nous  four¬ 
nissant  des  données  précises  sur  ces  sujets,  permettre 
de  faire  des  recherches  curieuses  et  utiles. 


(1)  Ingurtisance  «le  la  loi  de  1902  el  des  réglciuentg  sanilaireg 
fraoçais  dans  la  lutte  contre  la  tuberculose. 

(2)  Fillassier.  —  Enquête  sanitaire  à  Sainl-Hrieuc.  Progrès 
médical,  1906. 


LE  PROGRÈS  MEDICAL 


Quoi  qu'il  en  soit,  il  semble  dès  maintenant  que  l’on 
doive  attribuer  un  rôle  de  plus  en  plus  important  au 
casier  sanitaire  des  maisons  dans  l’assainissement  des 
villes. 

BIBLIOGRAPHIE 

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la  tuberculose.  Revue  Int.  de  la  Tuberculose,  novembre  1901. 

Delforge.  —  Les  habitations  à  boa  marché,  par  la  mutualité 
immobilière,  Paris,  Rousset. 

Fillassier.  —  Les  casiers  sanitaires  des  villes  et  les  œuvres 
d’assistance.  Entente  nécessaire.  Académie  des  Sciences  morales 
et  politiques,  1905. 

Graux  (Lucien).  — La  tuberculose  et  l’habitation  urbaine.  Paris, 
Rousset.  —  Les  arrêtés  municipaux  et  les  lois  sanitaires.  Paris, 
Rousset.  —  Insultisance  de  la  loi  de  1902  et  des  rèsriements 
sanitaires  français  dans  la  lutte  contre  la  tuberculose  {Congrès  de 
la  Tuberculose,  1905).—  Influence  de  l’aération  sur  la  propagation 
de  la  tuberculose.  Progrès  médical,  22  avril  1905. 

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salub.  de  Vhabit.,  Paris,  1904.  —  Le  casier  sanitaire  des  maisons. 
Paris,  Rousset.  1905. 

JuiLLERAT  et  Bonnier. —  La  tuberculose  et  l’habitation.  Congrès 
Intern.  de  la  Tuberculose,  1905. 

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Landoüzy.  —  Aperçus  de  médecine  sociale  Paris,  Alcan,  1905. 

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Paris.  1905. 

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nécessiteux  dans  un  coin  AxtWoviX-P  ans  .Congrès  de  la  Tuberculose, 
1905. 

Rénon.  —  Les  maladies  populaires.  Paris,  Masson.  —  Où  doit 
porter  l’effort  dans  la  défense  sociale  contre  la  tuberculose  ?  Con¬ 
grès  de  la  Tuberculose.  —  La  défense  sociale  dans  la  tuberculose 
Conférence  faite  à  l’Exposition  de  Liège. 

Strauss.  —  La  Croisade  sanitaire. 

Strauss  et  Fillassier.  —  Commentaire  de  la  loi  1902.  2-  éd., 
Paris,  Rousset. 

Vigne.  —  Le  casier  sanitaire  des  maisons.  Avenir  médical,  1906. 


NARCYL  GRÉMY  médicament  spécifi¬ 
que  de  la  toux,  spécialement  de  la  toux  des  tu¬ 
berculeux  . 


BULLETIN  DU  PROGRÈS  MEDICAL 


La  réforme  des  études  médicales.  La  délégation  des 
syndicats  médicaux  chez  le  ministre  de  l’instruc¬ 
tion  publique. 

Par  des  manifestations  tumultueuses,  les  étudiants 
en  médecine  de  Paris  sont  parvenus  à  démontrer  que 
tout  n’était  pas  pour  le  mieux  dans  les  meilleures  des 
écoles  de  médecine  possibles.  Tout  le  monde  parla  de 
réformes  et  un  ministre  de  l'instruction  publique,  bien 
intentionné,  demanda  aux  facultés  de  médecine  d’en 
élaborer  le  projet.  Les  étudiants  se  plaignaient  que 
leurs  maîtres  n'avaient  aucun  souci  de  les  préparer  à 
remplir  utilement  la  profession  à  laquelle  ils  se  desti¬ 
naient,  qu'on  avait  la  prétention  de  tout  leur  ensei¬ 
gner  sous  prétexte  que  la  médecine  empruntait  ses 
moyens  de  diagnostic  ou  ses  agents  thérapeutiques  à 
toutes  les  sciences  et  qu’en  somme,  on  ne  leur  appre¬ 
nait  rien  d’utilisable. Le  ministre,  en  demandant  l’avis 
des  professeurs  de  faculté,  paraissait  faire  à  ces  plain¬ 
tes,  indiscutablement  fondées,une  réponse  amèrement 
ironique  ;  c’était  un  peu  (qu’on  nous  passe  la  compa¬ 
raison)  comme  si  un  magistrat,  après  avoir  fait  arrêter 
un  délinquant  en  flagrant  délit,  le  priait  d’instruire 
son  procès  et  de  se  juger  lui-même. 

Le  conseil  d’administration  de  l’IInion  des  syndicats 


médicaux  de  France  a  pensé  qu’il  était  du  devoir  de. 
ceux  que  leurs  confrères  ont  chargés  de  veiller  aui 
intérêts  moraux  et  matériels  de  la  profession  médicale 
d’intervenir  dans  la  question.  En  vertu  des  droits  qoe 
la  loi  de  1884  confère  aux  syndicats  professionnels,  le 
conseil  de  l’Union  a  nommé  une  commission  d’étude 
composée  de  MM.  Louis  Gourichon,  J.  Noir,  Berthod^ 
Leredde,  Jeanne  et  Millon,  rapporteur. 

Celte  commission  a  rédigé  une  lettre  à  M.  le  Minis¬ 
tre  de  l'Instruction  publique  et  une  délégalion,  con¬ 
duite  par  M.  Dubuisson,  député,  à  laquelle  sont  venus 
se  joindre  les  représentants  des  principales  SociétMi 
médicales  de  praticiens  de  Paris  est  allée  remettre," 
mercredi,  11  avril,  cette  lettre  au  ministre.  M.  le 
D"'  Gairal,  président  de  l’Union  des  Syndicats  médi¬ 
caux,  a  exposé  lui -même  la  situation  au  ministre^ 
Cette  interventioii  des  médecins  'praiiciens  est  logi¬ 
que  et  nécessaire.  On  ne  comprendrait  guère  que  l’on 
pût  entreprendre  la  réforme  sérieuse  d’un  enseigne¬ 
ment,  avant  tout  professionnel,  sans  demander  l’avis 
de  ceux  qui  exercent  cette  profession.  Sans  discuter 
la  compétence  spéciale  du  corps  enseignant,  nous 
ferons  remarquer  qu’il  lui  est  impossible,  surtout  à 
Paris,  d’apprécier  sainement  les  besoins  des  praticieni 
et  en  particulier  des  praticiens  de  la  campagne.  En 
effet,  le  corps  enseignant  des  facultés  est  composé  de 
médecins  haut  placés  pourvus  d’une  clientèle  très 
riche  ,  les  gens  de  plus  modeste  condition,  c’est-à- 
dire  la  presque  totalité  des  malades,  n’ont  recours  à  eux 
que  dans  des  consultations  exceptionnelles  que  létaux 
élevé  des  honoraires  rend  relativement  très  rares.  Le 
professeur  ne  connaît  donc,  en  fait  de  malades,  que  les 
malades  riches.  On  nous  objectera  qu’il  voit  tous 
les  jours  des  malades  pauvres  à  l’hôpital.  Cela  est 
vrai,  mais,  c’est  dans  un  milieu  totalement  différent  de 
leur  domicile,  car  à  l’hôpital,  tout  est  combiné  pour 
faciliter  la  tâche  des  médecins. 

Le  praticien,  au  contraire, doit  s’ingénier  pour  adapter 
à  chaque  milieu  les  mesures  indispensables  d  hygiène, 
de  prophylaxie  et  de  thérapeutique.  Aussi,  seul, le  pra¬ 
ticien  est  à  même,  après  quelques  années  d’exercice, 
de  signaler  les  lacunes  les  plus  graves  de  son  éduca¬ 
tion  professionnelle.  Il  sait  que  ses  malades  en  ont 
souffert,  qu’il  a  dû  péniblement,  lui-même,  acquérir 
par  l’expérience  et  le  travail,  au  sortir  de  la  Faculté, 
la  presque  totalité  îles  connaissances  qui  lui  sont  néces¬ 
saires  pour  remplir  utilement,  consciencieusement, 

honnêtement  sa  mission.  Son  avis  est  donc  indispe*^ 
sable  dans  l’étude  des  réformes  de  l’enseignenae® 
médical,  et  les  syndicats  médicaux,  en  demandaaTl 
être  entendus,  remplissent  le  plus  strict  de  leurs  devoirs- 

La  lettre  que  les  délégués  des  syndicats  ont  remé 
au  ministre  fait  remarquer  que  les  praticiens  n®  ^ 
placent  pas  absolument  au  même  point  de  vue  que  1^ 
professeurs  ;  elle  proteste  contre  la  durée  trop  couf 
des  études  médicales,  contre  «  la  confusion  et  1 
gisme  »  qui  régnent  dans  les  Facultés,  où  nombre  e 
professeurs  bornent  leur  enseignement  à  des  «  cours® 
parade  et  sans  utilité  ». 

Elle  proteste  contre  la  tendance  à  créer  des 
mes  secondaires  de  psychiatre,  de  légiste,  d’hygiéD*®  ' 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


231 


etc  etc.,  qui  «  diminuent  progressivement  la  valeur 
Jii  diplôme  de  docteur  en  médecine  et  le  ravale- 
,  ront  d’ici  peu  à  un  vague  officiât.  »  Elle  constate 
les  variations  'excessives  de  sévérité  et  d’indulgence 
dans  les  examens.  Elle  montre  le  favoritisme  devenu 
(I  la  monnaie  courante  de  nos  concours»,  et  constate 
<jue  «  l’agrégation  est  une  épreuve  souvent  peu  loyale, 
oui  a  pu  rebuter  les  meilleurs  d’entre  les  bons  et  les 
décourager  dès  la  première  épreuve.  »  —  «  Pourquoi 
ne  le  dirions-nous  pas,  ajoutent  les  signataires  de  la 
lettre,  puisque  c’est  un  sentiment  unanime  dans  le 
monde  médical,  et  puisque  des  Professeurs,  voire 
même  un  Doyen,  l’ont  écrit  récemment.  »  Et  la  lettre 
de  l'Union  des  Syndicats  médicaux  de  France  au 
Ministre  de  l’Instruction  Publique  conclut  sagement 
ainsi  : 

U  nous  semble  que,  dans  une  matière  aussi  vaste,  ce  n’est 
que  par  un  débat  minutieux  qu’une  appréciation  raisonnable 
(leut  se  faire  jour.  Aussi  venons-nous,  en  matière  de  conclu¬ 
sion,  vous  demander  que  l’étude  de  la  réforme  de  l’enseigne- 
1  ment  médical  soit  discutée  dans  un  esprit  démocratique, 

I  qu’elle  soit  faite  non  d’une  manière  arbitraire,  en  choisissant 
i  au  hasard  parmi  les  vœux  émanés  des  Facultés,  consultées 
séparément,  mais  qu’elle  soit  le  fruit  d’un  travail  prolongé, 
d’un  effort  considérable  et  synthétique,  émanant  du  corps 
médical  dans  son  ensemble.  Nous  demandons  que  vous  con¬ 
fiiez  l’étude  des  réformes  de  l’enseignement  médical  à  une 
Commission  comprenant  des  membres  du  corps  ensei¬ 
gnant  et,  en  nombre  au  moins  égal,  des  membres  désignés  par 
les  Syndicats  médicaux.  Nous  ne  savons  ce  qui  résultera  des 
travaux  de  cette  Commission  ;  mais  ce  que  nous  savons  bien, 
céstque  plus  elle  seraouverte  aux  bonnes  volontés,  plus  sé¬ 
rieux,  plus  prolongés  seront  ses  efforts,  plus  vous  aurez  ren¬ 
du  service  à  la  cause  de  l’enseignement  national  et  aux  inté¬ 
rêts  delà  santé  publique. 

Il  n’est  pas  douteux  que  cette  lettre  reçoive  l'appro¬ 
bation  de  l’unanimité  des  médecins  praticiens. 

Depuis  sa  rédaction,  d’importantes  Sociétés  scienti¬ 
fiques  de  médecins  indépendants  ont  adhéré  à  cette 
campagne  de  rénovation  des  études  médicales. 

I.e  Ministre  de  l’Instruction  Publique,  M.  Briand, 
«ont  nous  connaissons  bien  l’esprit  large  et  vraiment 
émocrate,  a  comprisqii’il  ne  fallait  pas  laisser  étouffer 
**”(’  réforme  qui  intéresse  à  un  si  haut  point  la  santé 
publique  sous  des  remaniements  vagues  de  program¬ 
mons  et  des  transformations  plus  apparentes  que  réelles. 

I  a  répondu  à  la  nombreuse  délégation  des  médecins 
galiciens  (1)  que  sa  demande  lui  paraissait  parfaite- 
nnt  légitime  et  réalisable,  qu’il  ne  lui  répondrait  pas 
Ç  ues  promesses  banales  qui  pourraient  ne  pas  être 
ml  effet’ mais  qu’il  ferait  très  sérieusement  étu- 
j  question  et  tâcherait,  dans  l’intêret  public, 
une  réforme  sérieuse  de  l’enseignement  mé- 


îfmcntdef.pClegation  comprenait:  MM.  (iairal.  des  .Vrdennes,  pré- 
“^otédn  pP*?ades  syndicats  médicau.x,  Dubuisson,  vice-président, 
'"'claire  <fén’“?mère,  Louis  Gourichon,  vice-président,.!.  Noir,  se- 
f'^'Oent  a  Millon,  secrétaire  général  adjoint,  Kotillon, 

Oeredde  Ha  ‘^ymbeat  des  médeeins  de  la  Seine,  Paul  Berthod, 
coars  rocrabres  de  l’Union,  de  Grissac.délégné  du  Gon- 

f  a  ceUa  61  du  Sou  Médical,  membre  de  l’Union. 
v  l?l,  vice  n—i'*  étaient  venus  spontanément  se  joindre  :  M. 
i;hacor  ^vresidenlet  délégué  de  la  Société  médico-chirurgicale, 
m’  R;  ‘dent  de  la  Société  de  médecine  et  de  chirurgie  pra- 
*'68  d’artn président  du  Conseil  général  des  Sociétés  médi- 
"disscmenl  de  Paris  et  de  la  Seine. 


CAPSULES  D'IODIPINE-WERCK  :  3  représentent  1  gr.  Kl 
beaucoup  mieux  supportées  que  les  iodures  alcalins  ; 
lOOlPINE  à  25  “,/o  pour  injections  sous-cutanées. 


SOCIÉTÉS  SAVANTES 

ACADÉMIE  DE  MÉDECINE 
Séance  du  10  avril. 

La  paratubercalose. 

Le  Prof.  PoNCET,  de  Lyon,  complétant  la  série  de  ses  com¬ 
munications  antérieures,  montre  que  le  bacille  tuberculeux  et 
ses  toxines  sont  susceptibles  de  produire  dans  l’organisme  des 
lésions  trèsdiverses  Le  rhumatisme  tuberculeux  peut  donner 
les  formes  d’arthrites  les  plus  variées,  le  plus  souvent  sans 
bacilles  visibles.  M.  Poncet  croit  également  à  l’origine  toxi- 
tuberculeuse  de  certaines  tumeurs  du  sein  et  de  la  glande 
thyro’ide,  les  adénomes,  que  les  chirurgiens  ont  souvent  quel¬ 
ques  difficultés  à  distinguer  du  cancer.  Pour  lui,  ces  adéno¬ 
mes  ont  tous  les  caractères  des  tumeurs  inflammatoires  de 
réaction  :  on  n’y  découvre  aucune  forme  microbienne  cons¬ 
tante,  ni  même  souvent  aucun  bacille.  Mais,  par  l’étude  de 
l’hérédité  des  sujets,par  la  comparaison  des  formes  cliniques, 
M.  Poncet  n’en  conclut  pas  moins  àleur  nature  tuberculeuse. 

Par  la  connaissance  de  ces  lésions  indirectes  dues  à  l’inflam¬ 
mation  provoquée  par  les  toxines,  le  domaine  de  la  tubercu¬ 
lose,  déjà  si  vaste,  se  trouve  encore  notablement  agrandi. 

M.  L.vbbé  fait  une  objection  à  cette  théorie  ingénieuse. 
Diverses  lésions  tuberculeuses  telles  que  les  grains  riziformes 
des  synoviales  ne  renferment  pas  de  bacilles.  Mais  elles  sont 
néanmoins  inoculables.  Cette  inoculation  ne  paraît  pas  se  réali¬ 
ser  pour  les  adénomes  du  rein  et  du  corps  thyroïde. 

Le  P’’  Fournier  rapproche  la  paratuberculose  de  la  para- 
syphilis.  La  syphilis  produit  des  lésions  indirectes  résistant 
au  traitement  spécifique  et  qui  cependant  ne  seraient  pas  sur¬ 
venues  sans  elle.  Le  microbe  récemment  découvert  de  la 
syphilis  ne  se  retrouve  pas  dans  ces  lésions,  pas  plus  que  le 
bacille  de  la  tuberculose  dans  certaines  tuberculides,  dans  le 
lupus  érythémateux.  Il  s’agit  cependant  bien  de  toxiinfections 
spéciales,  remarquables  souvent  par  leur  marche  lente  et  leur 
caractère  atténué.  Les  rapports  de  la  syphilis  avec  le  tabes  et 
avec  la  paralysie  générale  ne  se  comprennent  bien  que  par  ces 
réactions  indirectes  de  la  syphilis.  Le  traitement  précoce  et 
suffisamment  intensif  est  le  meilleur  moyen  de  prévenir 
ces  graves  manifestations. 

L'opération  de  Delorme  dans  l'empyème. 

M.  PicQuÉ  montre  les  beaux  résultats  que  peut  donner  dans 
certaines  pleurésies  purulentes,  résistant  à  l'incision  simple 
et  même  à  la  résection  costale  une  opération  plus  complète  : 
la  décortication  du  poumon  avec  ablation  de  la  plèvre  épais¬ 
sie.  11  présente  un  malade  chez  qui  le  résultat  de  cette  opéra¬ 
tion,  imaginée  par  Delorme,  a  été  excellent. 

A. -F.  Plicque. 


SOCIÉTÉ  MÉDICALE  DES  HOPITAUX 
Séance  du  6  avril. 

Eruption  médicamenteuse. 

MM.  G.vucher,  Büisse.w,  Desmoolières.  —  Un  malade  at¬ 
teint  de  cystinurie  et  de  bronchite  présenta  à  chaque  médi¬ 
cation  anti  bronchitique  une  éruption  urticarienne  généra¬ 
lisée  et  très  prurigineuse  Les  médicaments  absorbés  étaient 
l’eau  de  laurier-cerise,  la  belladone  et  l’opium.  Aussitôt 
l’éruption  constituée,  les  symptômes  de  bronchite  disparu¬ 
rent,  pour  réapparaître  après  la  guérison  et  la  desquamation 
de  l’éruption.  L’examen  des  urines  démontra  une  autointo¬ 
xication  par  fermentations  intestinales  anormales  et  une 
fonction  hépatique  défectueuse.  La  moindre  hétéro-intoxi- 


232 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


cation  détermina  donc  les  phénomènes  morbides  du  côté  de 
la  peau. 

Indications  opératoires  dans  la  lithiase  biliaire  ■ 

M.Léon  Bernard  oppose  aux  dangers  de  la  méthode  expul- 
sive  et  à  l’incertitude  des  méthodes  de  stérilisation  l’efficacité 
et  la  sécurité  de  l’intervention  chirurgicale.  Cette  interven¬ 
tion  devra  être  précoce  et  même,  dans  les  cas  de  coliques 
hépatiques  simples,  qui  récidivent,  il  vaut  mieux  attaquer 
le  mal  dans  la  vésicule  que  d’attendre.  D’ailleurs,  le  diagnos¬ 
tic  de  colique  hépatique  est  appliqué  souvent  à  des  phases 
plus  avancées  delà  lithiase.  Plus  l’opération  est  précoce,  plus 
elle  est  aisée,  efficace  et  bénigne. 

Spirochète  et  Syphilis.  Etude baclérioloyû/uc,  clinique, 
et  expérimentale. 

MM.  Thibierge,  Ravaüt  et  Le  Sourd  ont  recherché  le  spi- 
lochète  sur  des  frottis,  sur  des  coupes  et  sur  les  lésions  ex¬ 
périmentales  produites  par  inoculation  aux  singes.  Pour  le 
frottis,  ils  ont  trouvé  le  spirochète  30  fois  sur  39  chancres 
syphilitiques,  en  utilisant  surtout  la  sérosité  qui  s’exsude 
après  grattage  Les  résultats  par  examen  des  coupes  et  par 
inoculation  sont  les  mêmes  ;  lesauleurs  ont  constaté  l’absen¬ 
ce  du  spirochète  dans  le  liquide  céphalorachidien  et  le  li¬ 
quide  pleural.  Le  procédé  le  plus  sensible  est  l’inoculation, 
puis  vient  l’examen  des  coupes,  puis  le  frottis.  Ce  dernier 
procédé  cependant,  bien  exécuté,  permet  de  reconnaître  la 
nature  syphilitique  d’une  lésion  et  de  porterun  diagnostic 
ferme  en  cas  de  doute.  Ces  méthodes  sont  en  tous  points 
identiques  à  celles  employées  pour  le  diagnostic  des  lésions 
tuberculeuses. 

Purpura  hémorrhagique  grave  prétuberculeux. 

MM.  Carnot,  BENSAUDEetP.  IIarvier.  —  Lne  jeune  femme 
sans  antécédents  tuberculeux, allaiblie  par  une  grossesse  et  un 
allaitement  de  six  mois,  maigrit  et  fut  atteinte  d’une  forme 
grave  de  purpura  hémorrhagique  (hémorrhagies  nasales, 
gingivales,  rénales).  Après  une  période  d'état  très  mauvaise, 
les  hémorrhagies  cessent,  une  amélioration  survient,  mais 
une  tuberculose  galopante  s’installe  et  arrive  à  l'excavation 
en  six  semaines.  Le  pronostic  de  ce  purpura  prétuberculeux 
n’est  pas  toujours  si  grave,  comme  plusieurs  observations  en 
font  foi.  malgré  le  mauvais  état  général,  les  lésions  sangui¬ 
nes,  et  la  marche  rapide  de  la  luberculose. 

M.  Lion  P  ésente  une  malade  qui  a  tous  les  signes  d'une 
sténose  de  l’extrémité  inférieure  de  l'œsophage.  Les  aliments 
s’arrêtentau-dessus  du  cardia  pendant  deux  heures, puis  après 
une  série  de  mouvements  de  déglutition  d'air,  toute  la  mas¬ 
se  alimentaire  tombe  dans  l’estomac  avec  un  bruit  de  glou¬ 
glou  Ces  étapes  des  masses  alimentaires  sont  nettement  dé¬ 
montrées  par  la  radiographie. 

Priedel. 


SOCIÉTÉ  DE  MÉDECINE  DE  PARIS. 

.Séance  du  7  avril  igo6.  —  Présidence  de  M.  Desnos. 

La  séance  est  ouverte  à  4  h.  4.5. 

A  l’unanimité, le  procès-verbal  de  la  précédente  réunio  n 
est  adopté . 

Correspondance  imprimée.  —  .Journaux  habituels  j 
Travaux  de  la  Société  de  Médecine  de  Nancy.  —  Ap¬ 
plication  de  la  cryoscopie  à  V étude  des  eaux  minérales 
par  le  D’  Lucien  Graux;  —  Modifications  à  apporter  aux 
articles  7,  11,  19,  20  de  la  loi  du  i5 février  igo2,  par  le 
D'  Lucien  Graux  :  — Choix  d’un  logement,  par  P.  .1 aille - 
rat  ;  Les  habitations  à  bon  marché  par  A.  Delforge. 

Correspondance  manuscrite.  —  1"  Lettre  de  M.  le  D’ 
Lucien  Graux,  qui  remercie  la  Société  d'avoirbien  voulu 
le  nommer  membre  titulaire. 

'2'’)  Lettre  de  M.  le  D’  Rlondin  s’excusant  de  ne  pouvoir 
venir  lire  son  travail  de  candidature. 

M.  Dubar  donne  lecture  du  rapport  de  la  Commission 
nommée  pour  étudier  les  modifications  aux  statuts  de  la 
Société  de  .Médecine  de  Paris. 


Rapport  de  la  Commission  nommée  pour  étudier 

les  «  Modifications  aux  Statuts  »  de  la  Société  de 

Médecine  de  Paris. 

M.  Dubar,  rapporteur.  . 

Durant  l’année  scolaire  1904-190.3.  la  Sociétéde  Médeçinedt 
Paris,  désireuse  d’occuper  la  place  à  laquelle  elle  a  droit  dam 
le  monde  médical,  nommait  une  Commission  chargée  d’éto 
dier  les  moyens  propres  à  agrandir  son  champ  d'actiou.i 
élargir  ses  moyens  d'activité  et  de  vitalité  et  surtout' le  moyei 
d'apporter  un  remède  sérieux  à  linsuffisance  delà  publica¬ 
tion  et  du  retentissement  au  dehors  des  travaux  scientifiqiKs 
auxquels  elle  consacrait  le  meilleur  de  son  temps  et  de  son 
talent. 

.\près  là  mois  d’efforts,  cette  commission  établissait  un  pp> 
jet  de  fusion  avec  la  Société  Médico-Chirurgicale,  projet  qui 
fut  établi  durant  de  nombreuses  séances  au  sein  de  chaqK 
société  respective. 

Chaque  article  fut  ainsi  discuté, approuvé  et  le  projet  adopté 
dans  son  ensemble. 

Tout  allait  pour  le  mieux,quand  le  14  janvier  19  16  en  séance 
extraordinaire,la  Société  de  Médecine  — convoquée  régulière¬ 
ment  -  rejetait  ce  projet  de  fusion  à  dcu.r  par  un  vote  ainsi 
décomposé  : 

Pour  la  fusion .  23 

Contre  la  fusion .  16  1  bulletin  blanc 

Dans  cette  même  séance,il  est  vrai,  un  amendement  tut  pré¬ 
senté  par  notre  distingué  collègue  Coudray  demandant  la  fu¬ 
sion  des  trois  Sociétés  :  Médico-Chirurgicale,  Médecine  et 
Chirurgie  Pratiques  et  Société  de  Médecine  de  Paris  sousTim 
périeuse  raison  ejue  le  groupethent  de  tous  leurs  membres 
serait  seul  capable  d  assurer  un  avenir  certain  à  la  nouvelle 
Société. 

Du  reste,  ces  Sociétés,  réunies  fréquemment  en  des  Asseia 
blées  plénières,  voisinaient  au  mieux  de  leurs  intérêts,  justi¬ 
fiant  le  propos  d’un  membre  qui  —  au  sortir  d’une  de  ces 
réunions  plénières  —  déclarait  spontanément,  dans  la  chaleur 
communicative  des  discussions  «  qu'il  fallait  fusionner  les  S 
»  sociétés,  faire  des  sections  et  rivaliser  avec  l’.Acadéniie  J* 
«  Médecine  »  iD’'  Doléris  26  nov.  1904.) 

Cetamendement  fut  votéà  l'unanimité  des  quarante  meffl 
bres  présents. 

La  Sociétéde  Médecine  de  Paris  affirmait  par  un  vote, so» 
désir  et  sa  volonté  de  voir  groupées  en  une  Société  unique  le* 
trois  Sociétés  précitées. 

Dès  lors,  la  tâche  se  simplifie,  iln'y  a  qu'àsuivre  les  indica¬ 
tions  reçues. 

Ouverte  à  tous  les  jirogrès,  comprenant  qu'il  s'agit  d'uniO' 
térêt  vital  et  désireuse  avant  tout  d’aboutir,  la  Société  de  Mé¬ 
decine  de  Paris  entre  dans  le  domaine  des  réalités  en  provo¬ 
quant  une  réunion  plénière  des  Commissions  nommées  P** 
les  trois  Sociétés. 

Le  28  mars,  les  trois  commissions  se  réunissent  sous  la 
sidence  de  M.  Desno,s,  acclamé  à  Punanimité. 

La  Sociétéâlédico-Chii  urgicale.  entre  autres  points  partie® 
fiers  sur  lesquels  tout  le  monde  est  d'accord, pose  comme  Pf*" 
cipe  qu'il  faut  éviter  les  questions  personnelles.  M-  Christ'* 
partage  cette  manière  de  voir.  11  pense  aussi  que  lesd"^^ 
lions  de  personnes  devront  être  écartées,  si  l'on  veut  rester- 
le  terrain  de  la  justice  et  de  l'équité  sous  la  forme  des  dre' 
acquis  et  aussi  parce  que  c'est  la  seule  façon  de  faire  abai' 
la  fusion. 

L’ordre  du  jour  suivant  est  déposé  : 

«  Les  membres  des  Commissions  des  Sociétés  de  Médedf 
«  de  Paris,  Médico-Chirurgicale,  de  Médecine  et  de 
■'  Pratiques  nommées  dans  ces  Sociétés  en  vue  de  la 
«  une  Société  unique,  intitulée  Société  de  .Médecine  de 

«  réunis  le  2.3  mars  18üli  déclarent  adopter  cette  fusion  d:"*’  1 

i»  forme  suivante  ; 

«  A  u  les  déclarations  du  Conseil  d’Etat,  les 
«  Sociétés  Médico -Chirurgicale,  de  Médecine  et  de 
<>  pratiques  entreront  dans  la  Société  de  Médecine  de  ' 
■■  sous  le  titre  Dispositions  transitoires,  à  savoir  : 


233 


LE  PROGRES 


MÉDICAL 


«  Les  membres  de  la  Société  de  Médecine  et  de  Chirurgie 

<  pratiques  et  de  la  Société  Médico-Chirurgicale  sont  dispen- 
sés  des  obligations  et  conditions  imposées  par  les  articles 

«4,  5,  6,7,  8,  9,11,  12,  13  et  14. 

«  Les  statuts  nouveaux  seront  élaborés  par  les  trois  Com- 
«  missions  et  soumis  à  l’approbation  de  leurs  Sociétés  res- 
«  pectives. 

«  La  Société  de  Médecine  de  Paris  continue  à  faire  les  dé- 
(  marches  nécessaires  pour  obtenir  la  transformation  de  ses 

<  Statuts  en  ce  sens.  » 

{Adopté  à  l  unammilé.  Suivent  les  14  signatures,) 
Conformément  à  cet  ordre  du  jour  un  rapporteur  a  été  dé¬ 
signé  dans  chaque  Société  et  les  «  Modifications  aux  Statuts  de 
la  Société  de  Médecine  de  Paris  élaborées  en  commun,  avec  le 
projet  ancien  comme  base. 

Les  anciens  statuts  de  la  Société  persistent,  ils  ont  simple¬ 
ment  subi  des  modifications  de  détail. 

La  Société  de  Médecine  de  Paris  garde  donc  son  titre  et  ses 
Statuts,  elle  reste  elle-même  aux  yeux  des  plus  exigeants  ; 
c'est  son  agrandissement  que  nous  demandons. 

A  son  passé  glorieux,  à  son  esprit  de  tradition  --  peut- 
être  trop  longtemps  gardé  par  des  Sénateurs  respectables  | 
mais  timorés,  —  il  convenait  d’ajouter  une  force  nouvelle. 

Cette  force,  ce  sang  nouveau  si  l'on  peut  dire,  vous  la  trou¬ 
verez  dans  le  nombre  et  vous  me  permettrez  de  vous  dire  que 
la  loi  du  nombre  est  vraie  partout. 

Que  tous  ceux  qui  ont  pris  à  cœur  cette  noble  tâche  et  qui 
ont  contribué  au  succès  final  trouvent  ici  un  écho  de  gratitude 
et  de  haut  témoignage . 

Et  puis  soyons  unis  !  Soyons  forts  ! 

L’heure  n’est  plus  aux  divisions,  soyons  des  hommes  d’ac¬ 
tion  et  non  des  gens  de  parole. 

Travaillons  !  !  .... 

M.  Burkt  fait  observer  que  les  statuts  imposent,  pour 
le  vote  en  Assemblée  générale,  la  date  de  la  séance  qui 
suit  la  lecture  et  la  discussion  du  rapport. 

La  prochaine  séance  aura  lieu  le  28  avril  1901  ;  or, 
plusieurs  de  nos  collègues,  retenus  au  Congrès  de  Lis¬ 
bonne,  ne  pourront  peut-être  pas  être  rentrés.  D’un  au¬ 
tre  côté,  certains  membres  peuvent  être  souffrants  et  em¬ 
pêchés  ce  jour-là,  il  ne  serait  que  justice  de  tenir  compte 
de  leur  opinion  du  moment  où  le  secret  du  vote  peut  être 
sauvegardé.  D’ailleurs,  la  Société  a  déjà  eu  à  se  pronon- 
rersurcettequestionet, dansune  circonstance  analogue, 
le  24  février  1894,  le  vote  par  correspondance  a  été  admis. 

M.  le  Président  met  la  question  aux  voix  :  la  proposi¬ 
tion  du  secrétaire  général  est  adoptée. 

La  discussion  est  déclarée  close  :  le  vote,  sur  convoca- 
li"n  spéciale,  aura  lieu  lesamedi  28  avrill906,à  Q  heures. 
Chaque  membre  titulaire  viendra,  à  l’appel  de  son  nom, 
déposer  dans  l’urne  le  bulletin  de  vote  qu’il  aura  détaché 
de  la  lettre  de  convocation  :  il  aura  à  écrire  «  oui  »  ou 
*non  »  au-dessous  de  la  question  suivante  ;  «  Approu¬ 
vez-vous  le  texte  des  nouveaux  statuts,  dont  un  exemplaire 
vous  a  été  récemment  adressé  ?  » 

Les  sociétaires  absents  de  Paris  ou  empêchés  n’auront 
quà  détacher  ce  même  bulletin  préalablement  rempli  et 
le  mettre  sous  enveloppe  fermée.  Ils  placeront  le  pli 
dans  une  seconde  enveloppe,  avec  leur  carte  de  visite, 
et  adresseront  le  tout  au  secrétaire  général.  Celui-ci,  à 
*  appel  du  nom  du  sociétaire  absent,  déposera  dans  l’ur- 
ae  le  bulletin  enfermé  sous  pli,  sans  l'ouvrir.  Ce  système 
delà  double  enveloppe  assure  le  secret  du  vote,  confor¬ 
ma  ment  aux  statuts. 

Le  «bon  à  tirer  »  des  nouveaux  statuts  proposés  a  été 
donné  le  7  avril  :  l’imprimeur  est  chargé  de  l’expédi- 
lon.  Les  exemplaires  parviendront  vraisemblablement 
^^dmt  Pâques. 

,  tl  a  été  décidé,  en  outre,  que  la  liste  générale  des  mem- 
des  trois  sociétés  similaires  serait  jointe  à  cet  en- 
di-  Le  secrétaire  général  est  chargé  de  s’occuper  de  l’im- 
P'-essiori  de  cette  liste. 

.  Société  ayant  compris  la  nécessité  de  s’agrandir, 
dcun  des  membres  est  engagé  à  lire  attentivement  les 


nouveaux  statuts  et  à  venir,  voter,  ou  tout  au  moins  en¬ 
voyer  son  bulletin  de  vote  le 28  avril.  Il  est  indispensable 
que  tous  expriment  leur  opinion. 

Le  Bureau  rappelle  que,  aux  termes  des  statuts^  touie 
demande  de  modification  doit,  pour  être  soumise  a  l’aji- 
probation  du  gouvernement,  réunir  en  sa  faveur  les  deu  .x 
tiers  des  suffrages  exprimés  et  que  cette  majorité  doit, 
pour  être  valable,  comprendre  la  moitié  plus  un  des 
membres  titulaires  inscrits.  Or,  la  liste  actuelle  compre¬ 
nant  65 membres,  la  majorité  doit  être,  au  minimum,  de 
34  voix.  Ce  chiffre  sera  suffisant  si  le  nombre  des  votants 
ne  dépasse  pas  51.  Avec  52  suffrages,  la  majorité  des  2 
tiers  est  35  :  avec  53  et  54,  elle  est  de  36  ;  avec  55.  il  faut 
37  :  avec  56  et  57, — 38  :  avec  .58,  -39  ;  avec  59  et60,  —40; 
avec  61,  — 41  ;  avec  62et  63, — 42  ;  avec  63, —  43  ;  et  avec 
65, — 44. 

La  séance  est  levée  à  6  h.  15. 

Le  Secrétaire  général^  Le  Secrétaire  annuel . 

F.  Buret.  Mortier 


LA  VALÉROBROMINE  LEGRAND 

est  plus  active  que  les  bromures  et  les  valé- 
rianates. 


NÉCROLOGIE 


Obsèques  du  Phisalix. 

Les  restes  du  D’’ Phisalix  onl  été  transportés  à  ôlouthiers- 
Hautepierre,  son  pays  natal  ;  à  la  gare  de  Lyon,  lors  delà  le¬ 
vée  du  corps,  les  discours  suivants  ont  été  prononcés  devant 
une  nombreuse  assistance  de  collègues  et  d’amis. 

Discours  de  M.Ed.  Pkiuiier,  Directeur  du  Muséum 
d'histoire  naturelle. 

Messieurs, 

L’hnmme  exquis  auquel  nous  disons  aiijourd'liui  un  dernier 
adieu  laisse  au  Muséum  et  dans  la  Science  un  vide  aussi  srrand 
que  dans  le  cœur  de  ses  amis.  lîon,  dévoué,  modeste,  il  avait 
toutes  les  qualités  qui  suscitent  l’affection,  et  celte  loyauté  sans 
capitulation  qui  commande,  l’eslirae  ;  ses  travaux  étaient,  comme 
ses  actes  de  la  vie  courante,  marqués  au  coin  de  cette  exactitude 
et  de  celte  précision  qui  sont  la  probité  du  savant. 

11  était  venu  tardivement  et  d’nn  peu  loin  à  la  science.  Méde- 
cin-majordans  un  régiment  d'artillerie  à  Besançon,  il  avait  quitté 
l'armée  pour  se  consacrer  exclusivement  à  la  Science  et  s’était 
»lout  de  suite  fait  remarquer  par  des  travaux  importants  de  phy¬ 
siologie.  Mais  il  avait  laissé  parmi  ses  camarades  de  l’armée  de 
tels  souvenirs  que  ses  anciens  chefs  ne  cessèrent  de  s'enquérir 
de  ses  travaux,  et  que  son  camarade,  le  D'  Schneider,  médecin 
de  sa  Majesté  le  Shah  de  Perse,  lors  d’une  des  dernières  visites 
de  ce  souverain  au  muséum,  me  demanda_  de  ie  signaler  tout 
particulièrement  pour  la  Croix  d’officier  dê  l’ordre  du  Lion  et  du 
Soleil  de  Perse,  qui  lui  fut  effectivement  décernée  sans  qu’il  se 
doutât  que  sa  candidature  avait  été  posée.  Il  était  déjà  chevalier 
de  la  Légion  d'honneur. 

Phisalix  était  depuis  18S8  assistant,  au  Muséum,  de  la  chaire  de 
pathologie  comparée.  Après  des  recherches  de  pure  physiologie 
notamment  des  recherches  délicates  sur  les  changements  de  cou¬ 
leur  chez  les  animaux  qui  lui  valurent  le  litre  de  lauréat  de  l'Insti  - 
tut,  il  s'était  fait  une  spécialité  de  l’étude  des  virus  et  des  venins. 
Ses  reclierclies  sur  les  venins  des  abeilles,  des  batraciens,  des 
serpents,  sont  aujourd'hui  classiques.  Dans  des  substances  de¬ 
meurées  longtemns  mystérieuses,  il  découvrit  des  ferments  spé¬ 
ciaux  qu’il  sut  définir  noltemeni,  dont  il  détermina  avec  rigueur 
toutes  les  propriétés.  Mais  cela  ne  lui  siilflsait  pas  ;  il  trouva  le 
moyen  de  neutraliser  plusieurs  d'entre  eux  et  peut  disputera 
Calraelle,  qu  il  semble  bien  avoir  devancé  d’ailleurs,  l’honneur 
d'av.oir  trouvé  un  puissant  antidote  contre  les  venins  des  serpents 
les  plus  redoutables. 

L’élude  des  maladies  niicrohieniies  lui  fournit  aussi  l’occasion 
d’importantes  découvertes.  Il  avait  réussi  dans  ces  dernières 
annéesà  immuniser  les  jeunes  chiens  contre  la  maladie  qui  cause 
parmi  eux  tant  de  ravages. 

A  Besançon,  où  ilavait  fait  ses  premiers  travaux, Phisalix  avait 
trouvé  une  compagne  digne  de  lui.  Mademoiselle  Marie  Picot, 


234 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


qui  s’était  déjà  distiuguée  à  l’Ecole  normale  supérieure  de  jeu¬ 
nes  filles  de  Sèvres  par  son  goût  pour  les  sciences  naturelles,  y 
continuait  ses  études.  Elle  a  conquis  depuis  sa  licence  ès  scien¬ 
ces  naturelles  et  le  doctorat  en  médecine.  Devenue  Madame  Phi- 
salix,  non  seulement  elle  allégea  sa  vie  des  menus  détails  de 
l’existence  quotidienne,  mais  elle  se  fit  sa  compagne  assidue  de 
laboratoire,  sa  collaboratrice  intelligente  et  active,  comme  ellea 
été  jusqu’au  dernier  jour  sa  gardienne  dévouée. 

Hélas  !  moins  que  personne  elle  ne  pouvait  se  faire  illusion 
sur  les  progrès  d’un  mal  insidieux,  laissant  parfois  renaître 
l’espoir  pour  réapparaître  bientôt  aggravé. Lui,  se  montra  jusqu’à 
la  fin  courageux  pour  elle,  ne  voulant  pas  laisser  paraître  la  certi¬ 
tude  qui  se  faisait  plus  nette  chaque  jour  dans  son  esprit  que 
la  fin  était  proche.  Ilia  voyait  venir  sans  effroi,  cherchant  seule¬ 
ment  à  élever  son  esprit  toujours  plus  haut,  rêvant  de  ne  laisser 
planer  aucune  ombre  sur  son  souvenir. 

Vous  pouvez,  cher  ami,  dormir  en  paix;  tous  vos  maîtres,  tous 
vos  collègues,  tous  vos  amis  ressentent  également  la  perte  qu’ils 
viennentde  faire,  etle Muséum  regretteen  vous  un  de  sesplusfi- 
dèles  serviteurs, un  de  ceux  qui  pouvaient  encore  lui  apporter  de  la 
gloire.  Je  suis  leur  interprète  ému,  et  je  vous  apporte  surtout  le 
tribut  des  regrets  et  les  adieux  de  l’homme  éminent  qui  vous 
avait  attaché  à  lui  et  qui  m’a  prié  de  prendre  la  parole  en  son 
nom  particulier,  comme  je  le  fais  au  nom  du  Muséum  tout  entier. 

Ces  témoignages  unanimes  de  sympathie  adouciront  votre 
peine  ;  je  l’espère.  Madame,  mais  vous  avez  une  autre  consola¬ 
tion.  Vous  n'avez  pas  été  seulement  la  compagne  de  Phisalix  ; 
vous  avez  partagé  sa  pensée  ;  etle  continuera  à  vivre  en  vous  et 
\ous  serez  de  ces  femmes  privilégiées  qui  ne  perdent  pas  leurs 
morts  parce  que  leur  esprit  continue  à  les  inspirer. 

AprèsM.  le  Prof.  Pkkkii-.k.  M.  le  D"  Gi.ey  a  pris  la  parole 
au  nom  des  assistants  du  Miisénin  d’histoire  naturelle,  collè¬ 
gues  de  M.  Phisalix. 

Discours  de  M.  Gi.ey. 

Messieurs. 

Il  y  a  neuf  ans.  disparaissait  soudainement  du  laboratoire  de 
pathologie  comparée  du  Muséum  un  jeune  physiologiste  dont  les 
travaux  déjà  nombreux  et  d'une  rare  originalité  annonçaient  une 
des  plus  amples  etdes  plus  fructueuses  moissons  scientifiques 
qu’il  fût  loisible  d’espérer.  Et  voilà  qu’au jourd’hui  s’en  va,  dans 
la  maturité  d’nn  esprit  exercé,en  possession  de  toutes  ses  forces, 
i'.ôssistant  du  même  laboratoire. 

A  ce  rapprochement  que  tous  sans  doute  ont  fait,  dans  la  mai¬ 
son  à  laquelle  ont  appartenu  Contejean  et  Phisalix,  de  quelle 
tristesse  n’être  pas  saisi,  et  de  quels  regrets  !  Ce  sont  ces  regrets 
que  je  suis  chargé  d’exprimer  au  nom  des  Assistants  du  Mu¬ 
séum. 

Lorsque  le  professeur  Chauveau  fit  entrer  Phisalix  dans  son 
laboratoire,  il  y  a  près  de  vingt  ans,  notre  Collègue  était  déjà 
connu  par  de  très  intéressants  travaux  d’histologie  et  d’embryo¬ 
logie  qu’il  avait  su  poursuivre  tout  en  remplis.sant  au  mieux  les 
fonctions  de  son  grade  dans  la  médecine  militaire,  et  par  sa 
thèse  de  dectorat  ès  sciences  sur  le  développement,  la  structure 
etle  rôle  de  la  rate  chez  les  poissons  osseux. 

Mais  c’est  dans  le  laboratoire  que  se  développa  vraiment  sa  vie. 
C’est  là  qu’il  conçut  et  mena  à  bien,  grâce  à  un  labeur  persévé¬ 
rant,  ses  recherches  sur  les  chromatophores  des  céphalopodes 
et  sur  leur  innervation,  sur  les  variations  du  bacille  dû  charbon 
et  de  ses  fonctions,  et  particulièrement  ce  bel  et  solide  ensemble 
de  travaux  si  méthodiquement  conduit,  avec  l’aide  fréquente  de 
son  ami  Gabriel  Bertrand  sur  les  venins  des  serpents,  leur  pro- 
priéiés  toxiques  et  les  moyens  1 1  les  atténuer,  la  vaccination 
antivenimeuse  et  les  antitoxines  de  ces  venins. 

Que  de  notions  neuves  ■••ont  sorties  de  ces  travaux,  depuis  la 
connaissance  de  la  toxicité  du  sang  des  serpents  venimeux,  com¬ 
parée  à  celle  de  leur  venin,jusqu’à  la  découverte  du  sérum  antive¬ 
nimeux.  Tout  le  monde  sait  quecette  découverte,  faite  simulta¬ 
nément  dans  un  autre  laboratoire,  a  constitué  une  des  applica¬ 
tions  les  plus  brillantes  de  la  sérothérapie.  Ainsi  les  sagaces  et 
patientes  études  de  notre  collègue  n’ont  pas  seulement  fourni 
des  résultats  d’une  telle  importance  que  leur  place  est  désormais 
fixée  dans  toute  doctrine  de  l’immunité,  mais  elles  sont  aussi 
pour  beaucoup  dans  l’institution,  du  traitement  que  l’on  peut  qua¬ 
lifier  d’infaillible,  des  terribles  accidents  dusà  la  morsure  des  ser¬ 
pents.  Heureux  le  savant  auquel  il  est  ainsi  donné  de  justifier  le 
mot  de  'Taine  :  que  les  travaux  de  laboratoire  et  de  cabinet  ne 
eçoivent  toute  leur  sanction  et  tout  leur  prix  que  par  les  emplois 
utiles  qu’on  en  fait  !  Et  quel  plus  utile  emploi  du  labeur  du  phy- 

iologiste  que  de  sauver  des  vies  humaines  ! 

Fidèle  à  la  méthode  comparative,  Phisalix  a  étendu  à  d’autres 
espèces  animales  ses  recherches  sur  les  venins.  .Ses  éludes  sur 


les  poisons  des  batraciens  et  sur  ceux  des  insectes  lecondui- 
sirent  encore  à  des  découvertes  très  intéressantes. 

Toutes  ces  recherches  ont  reçu  la  publicité  à  laquelle  elle* 
avalent  droit,  et  notre  collègue  eut  plusieurs  fols  l’occasion  de 
les  exposer  avec  succès  dans  des  conférences  au  Muséum.  Ellea 
lui  valurent  aussi  les  distinctions  et  la  grande  notoriété  qu’il 
méritait. 

L’hommage  que  nous  lui  rendons  ne  serait  point  complet  si  je 
n’ajoutais  que  nous  avons  toujours  trouvé  en  lui  un  collègue 
courtois  et  serviable,  d’une  cordialité  simple,  d’une  sûre  loyauté. 
A  cés  qualités  qu’il  portait  dans  ses  relations  avec  nous,  nous 
imaginons  aisément  les  qualités  de  Thomme  privé  et  nous  com¬ 
patissons  à  la  douleur  de  celle  qu’il  n’avait  pas  seulement  choi¬ 
sie,  comme  dit  l'Ecclésiaste,  pour  manger  son  pain  en  joie  avec 
elle,  mais  aussi  pour  vivre  avec  lui  toute  sa  vie  scientifique.  De 
cette  vie,  trop  tôt  fermée,  la  science,  permanente  et  indestructi¬ 
ble,  gardera  du  moins  la  trace. 

Au  nom  de  la  Société  de  Biologie,  M.  J.-P.L\ngi,ois  a  adressé 
à  son  regretté  collègue  un  dernier  hommage. 

Discours  de  M.  J. -P.  Laniilois. 

Messieurs, 

Notre  Président,  étant  retenu  par  ses  devqirs  professionnels, 
m’a  chargé  de  représenter  la  Société  de  Biologie  et  d’adresser, 
en  son  nom,  le  dernier  adieu  à  notre  regretté  collègue  Phisalix. 
Depuis  plusieurs  mois,  à  nos  réunions  du  samedi,  nous  ne 
voyions  plus  Phisalix,  et  son  absence  était  douloureusement 
constatée,  car  nous  connaissions  tous  son  assiduité  à  suivre  nos 
séances.  La  maladie  seule  pouvait  l’éloigner  ainsi  du  centre 
scientifique  qu’il  affectionnait  tant. 

Phisalix  était,  suivant  l’expression  du  XVIII*  siècle,  «  un  cu¬ 
rieux  de  la  nature  ».  Son  esprit  chercheur  le  poussait  en  effet  à 
porter  ses  investigations  dans  les  différentes  branches  du  do¬ 
maine  biologique.  Ses  travaux  sur  les  chromatophores  des  cé¬ 
phalopodes  le  classent  parmi  les  biologistes  zoologistes.  Dans 
ses  longues  et  patientes  recherches  au  laboratoire  de  Roscoff,  il 
réussit  à  pénétrer  le  mécanisme  de  la  chromo-constriction,  à 
donner  la  clef  d’un  phénomène  peu  connu  avant  lui.  Bactériolo¬ 
giste,  il  s’attaque  à  la  biologie  si  troublante  de  la  bactéridie 
charbonneuse  et,  ici  encore,  il  a  la  joie  d’appporter  une  nouvelle 
page  à  l’histoire  déjà  bien  chargée  de  cet  agent  pathogène.  H 
parvient  à  créer  une  race  asporogène. 

Mais  l’œuvre  principale  de  notre  cher  collègue  est  constituée 
par  son  étude  magistrale  sur  les  venins.  Ce  sont  ses  travaux  faits 
en  collaboration  fréquente  avec  Bertrand,  et  ceux  de  Galmette, 
qui  ont  doté  la  science  française  de  cette  nouvelle  conquête  si 
précieuse  :  la  vaccination  contre  les  morsures  des  serpents.Je  ne 
me  rappelle  pas  sans  une  réelle  émotion  notre  collaboration  dans 
l’étude  physiologique  du  venin  de  la  salamandre,  point  de  dé¬ 
part  de  se.s  recherches  sur  les  substances  vaccinantes  contre  les 
poisons  des  glandes  à  venin.  Sériant  le  «  problème  »,  il  montre 
tout  d’abord  que  la  substance  toxique  du  venin  de  vipère  existe 
dans  le  sang  de  l’animal,  que  par  le  chauffage  on  peut  obtenir 
dans  le  venin  et  même  dans  le  sang  une  substance  vaccinante. 
Enfin  il  parvient  à  expliquer  l’immunité  des  serpents  contre 
leur  propre  venin  par  l’existence  d’une  substance  a’ntitoxique 
coexistant  dans  leur  sang. 

Malgré  une  santé  depuis  bien  longtemps  précaire,  Phisalix  fut 
toujours  un  travailleur  infatigable,amant  passionné  de  la  science, 
et  il  avait  trouvé  en  Madame  Phisalix  non  seulement  l’épouse 
dévouée  et  attentive,  mais  une  collaboratrice  fidèle.  Au  nom  de 
la  Société  de  Biologie,  où  Phisalix  comptait  de  si  nombreux  amis, 
nous  la  prions  d’accepter  nos  .«incères  regrets. 

Le  dimanche  18  mars  1906,  à  Mouthier-Hautepierre,  les  ob¬ 
sèques  du  D'’ Phisalix  ont  été  célébrées.  \I.  JocFKROY,  maire 
de  Mouthier,  a  prononcé  sur  la  tombe  le  discours  suivant  : 

Dicours  de  M.  Jocffroy,  maire  de  Mouthier. 

Mesdames,  Messieurs, 

En,  qualité  de  maire  et  surtout  d’ami  personnel  du  défunt,  j’ai 
le  pénible  et  bien  douloureux  devoir  de  ne  pas  laisser  fermer 
cette  tombe  sans  adresser  un  adieu  amer  à  la  dépouille  mortelle 
du  docteur  Phisalix,  qu’une  mort  prématurée  vient  de  ravir  à 
Taffectiou  des  siens  et  de  ses  nombreux  amis. 

Né  en  18.52,  d’une  modeste  famille  de  vignerons,  le  jeune  Phi- 
salix  montra  de  très  bonne  heure  un  goût  prononcé  pour  l’étude  ; 
ses  condisciples  ne  tardèrent  pas  à  constater  la  supériorité  de 
son  intelligence  et  à  prévoir  qu’il  était  appelé  à  un  brillant  ave¬ 
nir.  Les  débuts  de  la  vie  ne  turent  pas  pour  lui  sans  dlfficuités. 
mais  sa  grande  intelligence,  doublée  d’une  Incroyable  énergi®» 
en  raison  de  tous  les  obstacles.  Il  débuta  dans  l’armée  comm® 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


235 


médecin-major  au  4*  d’artillerie,  c’est  en  celte  qualité  qu’il  fit  la 
campagne  de  Tunisie.  A  son  retour,  il  s'occupa  plus  spéciale¬ 
ment  de  sciences  naturelles  et  fréquenta  assidûment  les  labora¬ 
toires  de  Roscof  et  de  Banyuls.  Depuis  1880,  il  a  sucesslvement 
passé  avec  succès,  à  la  faculté  des  sciences  de  Paris,  ses  examens 
de  licence  et  de  de  doctorat  ès  sciences  naturelles.La  science  fut 
le  culte  de  toute  sa  vie,  les  recherches  auxquelles  il  se  livra  le 
menèrent  à  faire  des  découvertes  importantes  qui  laisseront  son 
nom  à  la  postérité  et  qui  feront  dire  que  le  docteur  Phisalix  a  été 
une  illustration  pour  son  pays  et  pour  le  village  qui  l’a  vu  naître. 

Phisalix  ne  fut  pas  seulement  un  savant,  il  fut  aussi  un  grand 
cœur  qui  s’intéressait  à  tout  ce  qui  était  de  nature  à  améliorer  la 
situation  de  son  village,  qu’il  aimait  passionnément  et  où  il  a 
voulu  venir  dormir  son  dernier  sommeil  au  milieu  des  siens. 

Ce  fut  toujours  aussi  un  modeste,  qui  garda  jusqu'au  bout  son 
caractère  d’origine  plébéienne;  sous  une  apparence  qui  paraissait 
un  peu  froide,  de  prime  abord,  on  ne  tardait  pas  à  découvrir  la 
bonté  de  son  âme  et  la  tendresse  de  ses  sentiments.  Arrivé  par 
la  ténacité  de  son  travail  à  une  situation  qu’il  n’avait  jamais  es¬ 
pérée,  marié  depuis  quelques  années  à  une  compagne  aimante, 
dévouée  et  absolument  digne  de  lui,  Phisalix  semblait  devoir  vi¬ 
vre  heureuxencore  de  longues  années,  mais  l’impitoyable  mort 
est  venue  mettre  un  terme  à  ce  bonheur  bien  mérité  et  faire  cou¬ 
ler  les  larmes  de  son  épouse  éplorée  et  de  sa  vénérable  mère  qui 
ne  croyait  pas  avoir  la  douleur  de  lui  survivre.  J’adresse  à  l’une 
et  à  l’autre,  l’expression  de  ma  douloureuse  sympathie. 

Adieu,  bien  cher  ami,  que  la  terre  te  soit  légère.  Nous  veille¬ 
rons  sur  ta  tombeavecle  plus  grand  respect, nous  puiserons  dans 
ta  mémoire  le  souvenir  des  enseignements  que  tu  nous  a  laissés. 
Adieu  docteur  Phisalix.  adieu  ! 

M.  le  D''  Di'sgrez,  professeur  agrégé  à  la  Faculté  de  Méde¬ 
cine  de  Paris,  ami  personnel  du  D'  Phisalix,  est  venu.au  nom 
des  amis  et  des  collègues  du  défunt  lui  adresser  le  suprême 
adieu. 

Discours  de  M.  le  D'  Desorez. 


Mesdames,  Messieurs, 

Dans  la  foule  émue  des  amis  et  des  admirateurs  qui  ont  ai 
compagné,  hier  soir,  à  la  gare  de  Lyon,  la  dépouille  mortelle  de 
Phisalix,  l’Université  de  Paris  et  les  Sociétés  savantes,  l’Acadé¬ 
mie 'des  sciences,rAcadémie  de  médecine, la  Société  de  biologie, 
et  le  Muséum  d’histoire  naturelle,  ont  tenu  à  honneur  d’être  re¬ 
présentés  par  quelques-uns  de  leurs  membres  les  plus  illustres. 
C’est  que  si  la  mort  parait  parfois  se  plaire  à  briser  les  plus  belles 
espérances,  elle  s’est  montrée  plus  cruelle,plus  aveugle  que  ja¬ 
mais,  en  frappant,  dans  la  maturité  de  son  talent,  dans  le  plein 
épanouissement  de  son  œuvre,  le  chercheur  infatigable  dont  les 
travaux  ont  projeté  une  lumière  éclatante  sur  quelques-uns  des 
problèmes  les  plus  difficiles  de  la  biologie  générale  !  Les  voix 
autorisées  des  maîtres  de  la  science  ont  célébré  hier,au  moment 
Ou  départ  suprême,  les  mérites  exceptionnels  de  l’œuvre  scienti- 
uque  de  Phisalix.  Mais  puisqu’il  est  venu,  selon  .son  désir  le 
PiUs  cher,  dormir  son  dernier  sommeil  à  l’ombre  de  la  mai¬ 
son  quia  abrité  son  berceau,  dans  l’humble  .  imetiére  où  repo¬ 
sent  ses  afeux,  ne  convenait-il  pas  que  l’un  de  ces  enfants  de  la 
Comte  qu’il  a  le  plus  honorés  de  son  affection  vînt  jusqu’ici  lui 
renouveler,  avec  l’adieu  suprême,  le  témoignage  des  sentiments 
O  admiration  et  de  regret  de  tous  ceux  qui  furent  les  confidents 
6  sa  pensée,  les  témoins  de  son  labeur,  de  ses  luttes  comme  de 
ses  victoires  ? 

Césaire-Auguste  Phisalix,  est  né  à  Mouthier  le  8  octobre  1852. 
es  parenls,qui  étaient  cultivateurs  et  avaient  plusieurs  enfants, 
mposèrent  les  plus  lourds  sacrifices  pour  le  placer  comme  élè- 
d'abord  au  petit  séminaire  d’Ornans,  pris  au  collège 
pi.^“?*hiué  de  Besançon’  Phisalix  manifesta  dès  cette  époque  une 
p.  marquée  pour  les  sciences  naturelles  qui  devaient, 

tard,faire  la  grande  passion  de  sa  vie  et  le  conduire 
plus  belles  découvertes. 

g,  ,  en  médecine  à  Besançon,  puis  élève  du  service  d( 
Grâr  **’®i*’e.  ü  'vint  àParis,  en  1873,  faire  un  stage  au  Val-de- 
remat^*^  études  de  médecine  par  une  thèse  très 

decin  -f.®  néphrite  aiguë.  En  1881-1882,  il  fait,  comme  mé- 

üne  campagne  de  Tunisie.  C’est  là  qu’il  contracte 

Prpne  gastro-intestinale  des  plus  graves,  qui  l’oblige  à 

Au  r  ’  retraite  prématurée, 

leren*®**  chercher,  dans  l’exercice  de  la  profession  médicale, 
tencL  eenfort  qui  constituent  l’idéal  de  tant  d’autres  exis  - 
obtint  Faculté  des  sciences  de  Besançon,ou 

tanioup*’  poste  de  préparateur  de  zoologie  et  de  bo- 

“’epport  chaire  de  Moquln-Tandon.  Si  cette  situation 

®oins  1p  lî  fortune,  pas  même  l’aisance,  elle  apportait  du 

ment  “onheur  puisque  notre  compatriote  revenait  déflnitive- 
tenties^®®  études,  aux  sciences  naturelles  i  De  celte  époque  da- 
Premiers  travaux  importants  de  Phisalix,  sur  divers  su¬ 


jets  de  zoologie  et  d’embryologie.  Il  passe,  en  1885,  sa  thèse  de 
doctorat  ès  sciences,  puis  est  nommé,  au  concours,  professeur 
suppléant  à  l’Ecole  de  médecine  de  Besançon,  en  1886.Mals  l’ac¬ 
tivité  de  Phisalix  avait  besoin  de  s’exercer  dans  un  champ  d’é¬ 
tudes  plus  vaste  que  celui  d’une  modeste  faculté  de  province. 
Aussi  le  retrouvons-nous  à  Paris,  en  1888,  comme  aide-natura¬ 
liste,  au  Muséum,  titre  qui  fut  changé  (en  1892)  en  celui  d’assis¬ 
tant. 

Au  laboratoire  du  professeur  Chauveau,  Phisalix  trouva  les 
moyens  de  poursuivre  les  recherches  dont  il  accumulait  les  ma¬ 
tériaux  depuis  plusieurs  années.  Parmi  ces  travaux,  l’Institut  ac¬ 
cordait,  en  1894,  sur  un  rapport  très  élogieux  du  professeur  Per- 
rler,  une  première  récompense  à  des  recherches  relatives  aux 
variations  de  couleur  de  la  peau  de  céphalopodes.  Quel  que  fût 
leur  intérêt,  ces  recherches  ne  suffisaient  pas  à  satisfaire  l'ar¬ 
deur  scientifique  de  notre  jeune  savant.  La  même  année,  en  effet, 
l’Académie  des  sciences  lui  décernait  un  de  ses  prix  Monthyon 
pour  ses  premiers  travaux  sur  les  venins,  exécuté  en  collabora¬ 
tion  avec  Gabriel  Bertrand. Par  ces  mémorables  recherches  Phi¬ 
salix  inaugurait  un  champ  nouveau  d’investigations  scientifiques 
Il  établissait,  en  effet,  que  l'immunisation  n’est  pas  produitedi- 
rectement  par  la  matière  vaccinante,  mais  qu’elle  résulte  d’une 
réaction  de  l’organisme.  C’était  la  démonstration  expérimentale 
d’une  idée  féconde,  introduite  en  pathologie  générale  parle  pro¬ 
fesseur  Bouchard.  C’était  une  conquête  d’importance  décisive 
dans  la  biologie  des  animaux  venimeux.  Elle  conduisait  son  au- 
teur  à  fixer  la  nature  et  l’action  physiologique  de  leurs  venins 
pour  les  comparer  à  celle  des  toxines  microbiennes,  surtout  au 
point  de  vue  des  phénomènes  de  l’immunité.  Elle  le  conduisii, 
en  outre,  à  la  mémorable  découverte  du  vaccin  contre  les  morsu¬ 
res  des  animaux  venimeux.  Et  c’est  ainsi,  par  un  travail  opini⬠
tre,  par  une  suite  de  recherches  logiques  que  l’humble  enfant  de 
Mouthier, que  le  petit  naturaliste  parti  de  Besançon  avec  un  ba¬ 
gage  scientifique  modeste,  avec  des  ressources  pécuniaires 
plus  modestes  encore  ;  mais  avec  la  noble  ambition  de  la  con¬ 
quête  scientifique,  réalisa  une  découverte  pour  l'importance  de 
laquelle  l’histoire  des  sciences  lui  décernera  le  titre  de  bienfai¬ 
teur  de  l’humanité  ! 

Sur  le  rapport  du  professeur  Bouchard,  l’Académie  des  scien¬ 
ces  attribua  à  Phisalix,  en  1898,  le  grand  prix  Bréant.  Gomme 
cette  magnifique  récompense  paraissait  encore  inférieure  à  l’im¬ 
portance  des  services  rendus,  le  gouvernement  y  ajouta  bientôt 
la  croix  de  la  Légion  d'honneur.  Phisalix,  qui  rêvait  d’autres 
conquêtes,  continua  la  série  de  ses  recherches.  Il  montra  bientôt 
que  la  bile  agit  comme  antidote  chimique  et  comme  vaccin,  que 
les  sels  biliaires  exercent  vis-à-vis  du  venin  de  vipère,  la  même 
neutralisation  chimique  que  la  bile  entière,  qu’un  certain  nom¬ 
bre  de  substances  chimiques  sont  douées  d’une  action  physiolo- 
logique  analogue,  etc.,  etc. 

Je  ne  saurais  prolonger  outre  mesure,  mes  chers  compatrio¬ 
tes,  celte  liste  des  secrets  arrachés  à  la  nature  par  l’inlassa¬ 
ble  activité  du  savant  que  nous  pleurons  aujourd’hui,  'fous  ses 
travaux  marquent  autant  d’étapes  glorieuses  sur  lesquelles  pren¬ 
dront  un  appui  solide  les  chercheurs  de  l’avenir. 

En  1895,  Phisalix  épousa  Mlle  Picot,  qui  devint  bientôt  sa  meil¬ 
leure  élève  et  sa  collaboratrice  dévouée.  Agrégée  des  lycées  de 
jeunes  filles,  Mme  Phisalix  fit  honneur  à  son  maître  en  débutant 
dans  la  vie  scientifique  par  une  thèse  de  doctoral  de  médecine 
qui  lui  valut  une  médaillé  d’argent  delà  Faculté  de  Paris.  Aux 
mérites  de  cette  collaboration,  elle  sut  unir  ceux  de  la  femme 
idéale  en  prodiguant  à  son  mari  tous  les  soins  délicats  qu’exi¬ 
geait  une  santé  restée  fragile  depuis  la  campagne  de  Tunisie  et 
épuisée  encore  davantage  par  une  activité  incessante,  par  un 
labeur  immense.  En  m’inclinant  respectueusement  devant  la 
pauvre  mère  qui  a  partagé  la  joie  des  triomphes  de  son  fils,  mais 
qui  va  connaître  la  douleur  amère  de  lui  survivre,  en  m’incli¬ 
nant  devant  la  compagne  dévouée  du  savant  si  prématurément 
arraché  à  son  affectueuse  tendresse,  je  leur  apporte  à  toutes  les 
deux  l’hommage  de  douloureuse  sympathie  de  nombreux  amis 
que  je  représente  à  cette  cérémonie. 

Et  maintenant  mon  cher  ami,  mon  cher  Phisalix,  il  me  reste 
à  vous  redire  encore  une  fois  ;  Adieu  !  Adieu  !  "Vos  travaux  ont 
creusé  un  sillon  lumineux  dans  un  domaine  scientifique  resté  in¬ 
culte  jusqu’à  vous. Les  savants  qui  s’engageront  dans  la  voie  que 
vous  avez  ouverte  salueront  en  vous  un  des  conquérants  paclfi- 
fiques  les  plus  glorieux  de  notre  époque.  Ils  béniront  votre  nom 
comme  le  bénissent,  tous  les  jours,  les  victimes  des  reptiles  ve¬ 
nimeux  que  vos  admirables  travaux  arrachent  à  une  mort  cer¬ 
taine.  Le  petit  village  de  Mouthier  peut  s’enorgueillir  de  vous  a- 
voir  donné  le  jour.  Les  futurs  historiens  de  notre  belle  province 
graveront  dans  ses  annales  votre  nom  en  lettres  d’or,  à  côlé 
des  noms  immortels  de  Cuvier  et  de  Pasteur  ! 


236 


l.K  l'ROGHÈS  MEDICAL 

— -  . -  ■  m 


MEDECINE  l'I^ÂTIQllE 

Traitement  des  tuberculoses  et  affections  des  voies  j 
respiratoires. 

Dans  son  Traité  de  médecine, le,  docteur  Ferrand  dit  ;  «  L’E- 
inulsion  Marchais  est,  d’après  l’avis  des  médecins.la  meilleu¬ 
re  préparation  créosotée  ;  elle  diminue  rapideniant  la  toux,  | 

I  expectoration,  la  fièvre  et  active  la  digestion.  '• 

Le  professeur  Trélat,  ancien  président  de  l'Académie  de  i 
Médecine.écrit, février  1885  :  L’Emulsion  Marchais  me  paraît  I 
un  bon  médicament:  j’en  use  personnellement, je  la  conseil¬ 
le  et  j’en  donne  à  mes  malades  de  l’hôpital.  ■  L’Emulsion  ! 
Marchais  se  prend  à  la  dose  de  ü  à  (j  cuillerées  à  café  par  ! 
jour, dans  lait,  tisane,  bouillon.  | 

“  I 

Concours  d’adjuvatdes  Asiles  publicsd’aliénés  | 

de  1906 

Le  concours,  coniinencé  le  I9  mars  1900,  a  fini  le  31  mars  1906. 

Le  jury  était  ainsi  composé  :  M.  le  D''  Drouineau,  inspecteur 
générai  des  services  administratils,  président.  I 

Membres  :  M.M.  le  Ü'  .lotîroy,  professeur  à  la  faculté  de  mé-  i 
decine  de  Paris  ;  le  D'' Mairet,  professeur  à  la  faculté  de  méde-  | 
cine  de  Montpellier  ;  le  1)''  Ilégis,  professeui-  à  la  faculté  de  mé-  | 
decine  de  Ilordeau.x  :  le  1)''  Ciraud,  directeur  médecin  à  l’asile  de 
Saint- Yorne  ;  le  IL-  Dubuisson,  directeur  médecin  à  l’asile  de  I 
Dracqueville  (Haute-Laronne)  :  le  l)''  Sizaret,  médecin  en  chef  i 
à  l’asile  de  Saint-Méen.  —  Membre  suppléant  :  le  1)''  An-  I 
theaume,  médecin  de  la  Maison  nationale  de  Cliarenton.  j 

Questions  choisies  par  le  Jury.  —  Question  écrite  :  Xerf  fa-  j 
<i(d  (Anatomie  et  physiologie).  —  Les  questions  restées  dans  ' 
l’urne  étaient  :  1°  Circulation  sanguine  du  cerveau  (anatomie  et 
pliysiologie)  ;  2”  Les  espaces  sous-arachnoïdiens  cérébro-spinau.x  ;  j 
Liquide  céphalo-rachidien  (anatomie  et  physiologie).  | 

•?»  Question  écrite  :  Quelles  sont,  dans  la  loi  du  30  juin  1838,  , 

II  s  dispositions  prévues ]>our  éviter  les  séquestrations  arbitraires  :  ; 
Questions  restées  dans  l’urne:  1°  De  la  correspondance  de  l'aliéné 
placé  dans  un  asile  et  delà  responsabilité  médicale  ou  adminis¬ 
trative.  Droits  de  l’aliéné,  de  la  famille,  du  service  médical  et  du 
service  administratif  ;  2“  Aliénés  non  interdits.  Administration 
de  leursbiens. 

Qiiestioiis  orales.  —  1'“  Séance  :  1"  Insuffisance  aortique  [Symp- 
(omes  et  diagnostic).  Tétanos  (Symptômes  et  diagnostici.  Questions  | 
n'stées  dans  l’iirne  :  1®  Complication  de  la  scarlatine.  Luxation  j 
de  l'épaule  ;  2°  Détention  d'urine.  Complications  de  la  rougeole,  i 

2®  Séance  :  2"  Diagnostic  de  la  tuberculose  pulmonaire  au  dé¬ 
but.  Fistules  anales (yçmplbmoi,  diagnostic  et  traitement).  Ques-  | 
lions  restées  dans  l'urne  :  .3»  Complications  delà  scailatine,  luxa¬ 
tion  de  l'épaule  ;  4°  \  ariolo'ide.  (Causes,  signes  et  marche  de  la 
maladie)  —  Signes  et  diagnostic  de  la  hernie  étranglée. 

3'  Séance  :  3®  Symptômes  et  diagnostic  de  la  pleurésie  franche 
aiguë.  Symptômes,  diagnostic  et  traitement  des  fractures  décotes. 
Questions  restées  dans  l'urne  :  5"  Symptômes  et  diagnostic  <tes  ■ 
anévrismes  de  l’aorte,  tumeur  blanche  du  genou  ;  6®  Appen-  ; 
dicite  (médecine  et  chirurgie) .  i 

4®  Séance  :  4“  Diagnostic  de  l’anévrisme  de  la  crosse  de  l’aorte.  ! 
Diagnostic  et  traitement  de  la  tumeur  blanche  du  f/euOM. Questions 
restées  dans  l'urne  :  7“  -Appendicites  (médecine  et  cliiiurgiei  :  8" 
symptômes,  diagnostic  et  terminaison  de  laphelgmalia  alba  dolens  ' 
Diagnostic  et  traitement  des  hernies  éti-anglées. 

Nombre  de  places  mises  au  concours  10.  —  Candidats  reçus,  10,  I 
dontles  noms ,guivant  par  ordre  déclassement  :  L'M.  Vurpas  (de 
Sainte-Anne)  ;  2”  M.Dromardjdu  Dépôt)  ;  3“M.  Ducos(de  Château- 
Diconi  ;  4®  M.  Charpentier(de  Saiute--\nne)  ;  5®  .M.  Halberschladt 
(de  Villejuif)  ;  6"  M.  Levassort  (du  Dépôt!  ;  7°  M.  Renon  (de 
A  ille-Evrard)  ;  8®  M.  Daday  (de  l'asile  privé  de  Piivas)  ;  9®  M.  Da- 
maye  (de  Villejuif)  ;  10®  M.  Viollet  (de  Sainte-.Vnne).  —  24 
candidats  s'étaient  fait  inscrire.-  18  seulement  ont  pris  part  aux 
épreuves. 

De  l’anesthésie  chirurgicale  par  la  scopolamine-mor- 
phine. 

L’article  très  documenté  deM.  Morei.  et  A  iron,  publié  dans  | 
le  n®  7  du  Progrès  médical  (p.  97)  sur  la  scopolaniine,  a  rensei-  | 
gné  nos  lecteurs  sur  ce  médicament,  encore  très  discuté.  ! 


Voici  un  extrait  du  travail  de  M.  le  1)'  Lorendan,  publié 
dans  le  Bulletin  médical  de  Québec  (lévrier  19061,  à  titre  docu- 
men  taire. 

Si  je  suivais  la  routine,  je  ferais  mon  article,  puis  je  tirerais 
les  conclusions.  J’aime  mieux  faire  autrement;  l'expérience  que 
j’ai  (ie  cet  anesthésique  me  permet  d’en  tracer  immédiatemeot 
les  règles  suivantes,  sans  hésitation. 

l”’La  scopolamine-morphineen  injections  hypodermiques  sui¬ 
vant  les  indications  et  procédés  que  J’ai  décrits  dans  le  Bulletin. 
est  un  excellent  anesthésique,  d’avenir  brillant,  mais  à  indica¬ 
tions  spéciales. 

2“  La  scopolamine-morphine  n’est  pas  appelée  à  remplacer  le 
chloroforme,  mais  les  deux  anesthésiques.administrés  conjointe¬ 
ment, dans  les  conditions  déterminées,  diminuent  les  dangers, les 
inconvénients  de  chacun  d’eux  séparément. 

3“  Le  cœlflfient  toxicologique  de  la  scopolamine-morphine  .sur 
la  cellule  de  notre  économie  est  moindre  que  celui  du  chlorofor¬ 
me  et  la  manifestation  en  est  plus  facile,  parce  que  la  méthode 
d’administration  est  plus  précise,  mieux  ordonnée  et  laisse 
■•noins  à  l’appréciation  individnelle. 

A/oyages  d  Etudes  Médicales-Stations  hydrominérales 
et  climatiques  de  France. 

A  .  E.  M.  1906.  -  Le  8®  voyage  d’études  médicales  aura  lieu 
sous  la  direction  scientifique  du  professeur  Landouzy.  du  1» 
au  12  septembre  1906. 

11  comprendra  les  Stations  de  Savoie  et  du  Dauphiné  :  llau- 
Jeville  (Sanatorium),  Evian,  Thonon.  Saint-Gervais,Cliamonii 
Annecy,  Aix,  Alarlioz.  Le  Devard,  Challes,  Salins-Moutiers, 
Brides,  Pralognan  Allevard,  Bouquéron.  La  Alolte,  L  riage.- 
Le  programme  détaillé  sera  publié  en  mai  1906. 

Douze  bourses  de  voyage  sont  données  au  A'.  E.  AL  de  I90G 
jtar  :  le  Professeur  llenrot.—  les  Administrations  des  Eaus 
minérales  de  :  Chàtel-Guyon.  Evaux-les-Bains.  Evian  i4  bour¬ 
ses  ,  Fougues.  Iloyat,  A  ichy— le  Conseil  municipal  des  Eaux- 
Bannes— la  Compagnie  générale  des  Eaux  Minérales  et  Bains 
de  Mer.  Elles  sont  attribuées  par  leurs  fondateurs  à  :  1®  un 
Alédecin  anglai.-,  un  Alédecin  belge,  un  Alédecin  danois,  un 
Médecin  italien  ;  2®  deux  Alédecins,  membres  du  Concours 
médical  et  de  l’Association  générale  des  Alédecins  de  France; 
3®  deux  Internes  des  Hôpitaux  de  Paris  ;  4®  un  Etudiant  de 
la  Faculté  de  Bordeaux,  un  de  Lyon,  un  de  Paris,  un  de 
Reims.  Pour  tous  les  renseignements, s’adresser  à  AL  le  D’ Lar¬ 
ron  de  la  Carrière,  2. rue  Lincoln,  Paris,  ou  à  AI.  le  1)  '  Jouaust, 
10,  rue  du  Colisée.  Paris. 

LES  CONGRÈS 

Deuxième  congrès  international  d'hygiène  scolaire. 

(Londres,  5-lOaoùt  1907.) 

Le  deuxième  des  Congrès  internationaux  d’hygiène  scolair^ 
qui  doivent  se  succéder  à  trois  ans  d’intervalle,  se  tiendra  * 
Londres,  du  5  au  10  août  1907.  U  sera  certainement  aussi  i®) 
portant  que  l’a  été  le  premier  de  ces  Congrès,  qui  a  eu  lie***  | 
Nuremberg  du  4  au  9  avril  1904,  et  qui  a  réuni  1.200  perso**- 1 
nés  venues  des  diverses  régions  du  monde  civilisé.  B  eo®"  I 
vient  que  la  France  soit  beaucoup  plus  largement  représe^ 
tée  au  Congrès  de  Londres  qu’elle  ne  l’a  été  au  Congrès 
N  U  remberg,non  seulement  par  des  délégations  oflicieBe^ 
mais  par  de  nombreux  adhérents  à  titre  privé.  Notre  •  j 
le  devoir  de  prendre  une  large  part  au  mouvement  de  ^ 
novation  de  l'hygiène  de  la  jeunesse  des  écoles  si  ***te®® 
dans  toutes  les  nations  cultivées.  Au  Congrès  de  Londres,  <* 
sections  particulières  s’occuperont  des  questions  suivant^ 
Hygiène  des  bâtiments  et  du  mobilier  scolaire  ;  Hygiène 
internats  ;  Aléthodes  de  recherche  de  l'hygiène  soola*  ^  ^ 
Programmes  scolaires  ;  Enseignement  de  1  hygiène  aux  *** 
très  et  aux  élèves  ;  Education  physique  des  enfants  et  j 
jeunes  gens  ;  Ecoles  spéciales  pour  enfants  anormaux  ;  • 

giène  de  la  jeunesse  en  dehors  de  l’école  ;  Hygiène  du  ” 
enseignant  ;  Sujets  divers . 

Des  rapports  destinés  à  être  discutés  en  séances  plénièr^^^, 
en  séances desection  seront  faits  sur  des  sujets  parlicui'^^J 
ment  intéressants  ou  des  questions  urgentes  d’hygiène 
laire  et  de  pédagogie  physiologique .  De  nombreuses 
nications  seront  également  lues  et  discutées  dans  les  sec  *^  j 
I.a  Ligue  des  médecins  et  des  familles  pour  l’hygiène  -  j 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL^ 


237 


lionaux  d’hygiène  scolaire  et  par  le  Comité  d’organisa- 
®du  congrès  de  Londres,  de  former  un  Comité  français, 
a  constitué  un  Comité  de  patronage  et  un  Comité  d'ac- 
dont  vous  trouverez  plus  loin  la  composition.  En  leur 
ni  nous  venons  vous  prier  instamment  de  donner  votre 
jhé^ioo  au  Congrès  de  Londres  et  de  lui  promettre  votre 
élaboration.  Les  Sociétés  qui  s’occupent  d  hygiène  sociale 
d'enseignement  sont  tout  particulièrement  invitées  à  ad- 
érer  et  à  se  faire  représenter  officiellement  au  Congrès  de 
nndres-  Dès  maintenant  on  peut  verser  la  cotisation  régle- 
lentaire  de  2.i  francs  entre  les  mains  du  Trésorier  français, 
l  lel>J--Eh.  Roux,  46. rue  de  Grenelle.  Paris. et  vous  faire 
Mcrire  pour  une  ou  plusieurs  communications  devant  les 
tclions.  11  importe, pour  la  prompte  élaboration  du  pro- 
pimnie,  que  le  titre  des  communications  proposées  soit 
^■Binuniqqé  le  plus  tôt  possible  au  Comité  de  Londres.  Des 
ludions  importantes  seront  certainement  consenties  par 
(Compagnies  de  chemins  de  fer  anglais  et  français  et  par 
(Compagnies  de  navigation.  Le  Comité  de  Londres  asso¬ 
ie  logement  des  Congressistes  suivant  leur  désir.  Des 
s  spéciales  du  prix  de  lüfràncs  permettront  aux  Dames 
’bsisler  aux  séances  plénières  et  aux^réunions, réceptions  et 
Jsrtiesde  plaisir  organisés  à  propos  du  Congrès. 

XV'  Congrès  international  de  médecine 

(19-26  avril  19()6i. 

Le  programme  définitif  des  fêtes  du  Congrès  est  arrêté 
§omme  suit  :  —  19  Avril  :  Séance  solennelle  d'inauguration,  à 
heures  de  l’après-midi,  dans  les  locaux  delà  Société  de  Géo- 
Tiphie.  —  Soir  :  Réception  par  le  Président  du  Congrès  à 
tole  de  médecine  (siège  du  Congrès.  —  2Ü  avril  Après-mi- 
li.  üardea-party  offert  par  M.  Cook  à  Monserrate.  —  21  Avril 
Pinerdu  Roi  aux  premiers  délégués  des  Gouvernements.  — 
KAvrü,  Course  de  taureaux  à  Villa  Franca,  avec  aller  et  re- 
■»reii  bateau.  —  23  Avril  :  Soirée  offerte  aux  congressistes 
J«la Société  de  Géographie.  —  24  Avril;  Garden-party  offert 
fleRoiàNecessidades.  —  Soir  :  Réception,  par  le  Gouver¬ 
nent, des  délégués  des  Gouvernements  et  de  ceux  des  éco- 
ée  médecine  et  sociétés  scientifiques.  —  2.5  Avril  ;  Récep- 
ffl  de  tous  les  congressistes  par  la  V’ille.A  ces  fêtes  sont  ad- 
’s  tous  les  congressistes, à  l’exception  du  dîner  du  Roi  inour 
seuls  chefs  des  délégations  ofticiellesi  et  de  la  réception 
^bouvernement  (pour  tous  les  délégués). 

travaux  scientifiques  du  Congrès  se  font  à  l’école  de 
üj^ecine  les  20,  21,  23,  24,  25  avril.  Les  séances  des  20  sec- 
J®ns  auront  lieu  de  8  1  2  à  2  ou  3  heures,  selon  les  jours,  et 
®  conférences  générales  les  jours  où  il  n’y  a  pas 
|«rete  d’après-midi. 

programme  des  sections, tant  pour  les  travaux  scienti- 
Nnt'  ies  fêtes,  excursions,  visites  aux  établisse- 

r foi  pas  encore  définitivement  arrêté. 

■  Une  définitifs.  —  France  Billets  directs 

■Édn  /funçaise  quelconque  à  Port-Bou  ou  Irun,  avec  la 
rfel’*l?  et  faculté  d’arrêts  en  route.  Obligation  de 

lu  retour  par  voie  ferrée,  avec  faculté  de  sui- 
P'nt  itinéraire  différent  de  l’aller.  Enregistre- 

^  ^gages  directement  pour  la  frontière  ou  pour  les 
’  I^ocument  nécessaire  :  carte  verte  (coupons  A, 

et  PortUf/al.  Faculté  de  voyager  dans  toutes 
•'^en personne:  Pesetas 
iron dom'^  ’’  en  2  cl.,  plus  10  0/0  pour  le  Tsésor  (en- 
l'orlmjal  :  demi-tarif.  Port  Bmt-Lisbotjine 
®*^.8tl  ,®’^®eagosse-Madrid-Valencia  d’Alcantarai  :  Pese- 
^'bpilh,?^  en  2'  cl.,  Irun-Lisbonne  (viaMedina- 

62.00  enl  cl  ,47.7.5  en  2  cl.  Docu- 
;Une  gj  earte  verte.  —  Italie,  Billets  d’aller  et  retour 
'^lienne  à  Vintimille  ou  Modane  :  parcours  jus- 
ju .,  I  >  I  cl-  L.  0.074  ;  2  cl.  L.  0.052  p  km.;  -  de  201  à 
yht)  ;  2  :  '2  cl.  »  0.043  »;  -pourplus  de  400  »,  1  cl.  » 

^ille  *  0-1135  »  Documents  nécessaires  ;  carte  verte  et 
’  ~-^ori'è/)e,Ruù/«rie. Réduction  de  50  %  sur  le 
®lmples,sur  présentation  de  la  carte  verte, 
concessions  vont  l'o/aWes  du  5  avril  au  25  mai. — 


Angleterre.  Billets  spéciaux  d’allet  et  retour  Londrês-lrtln,  au 
prix  de  L;  G.13.0  eil  I  cl.,  et  4.12.0  en  seconde  classe.  A  ala- 
bles  via  Dover  et  Calais,Ou  Folkestone.et  Boulogne.pour  une 
durée  de  45  jours. 

Congrès  pour  la  répression  de  l'exercice  illégal  de 
la  Médecine. 

il^ris,  28au3i  mai  1906). 

Siège  28,  rue  Serpente  (Hôtel  dës  Sociétés  savantes). 

En  raison  des  élections,  le  Congrès  pour  la  répression  de  l’exer¬ 
cice  illégal  de  la  Médecine,  qui  devait  se  tenir  à  Paris  le  30  avril, 
aura  lien  du  28  au  31  mai,  sous  la  présidence  de  M.  le  Professeur 
Brouardel. 


FORMULES 

XXIII.  —  Contre  les  névralgies  faciales. 

Butyl-chloral  hydraté . . . 10  gr. 

Alcool . 10  gr. 

Glycérine .  20 

Eau  distillée . . .  120  gr. 

L  ue  à  deux  cuillerées  à  soupe  par  jour  de  cette  solution. 

(11.  Bocquillôn-Limousin). 


THÉRAPEUTIQUE 

Action  de  l’héiénine  sur  le  bacille  de  la  tuberculose 

Ainsi  que  le  fait  avait  été  déjà  signalé  par  le  D''  de  Korab 
(Académiedes  Sciences,  I882l,  Pilatte  {Thèse  de  Montpellier,  1885) 
a  remarqué  que  des  quantités  minimes  d’iiélénine  suffi¬ 
saient  à  empêcher  le  d'“veloppement  des  bacilles  tubercu¬ 
leux.  Il  faut  en  conclure  que  l’hélénine  a  une  puissante  ac¬ 
tion  pour  empêcher  le  développement  de  la  phtisie,  action 
qui  a  été  constatée  et  admise  par  MM.  Erhard  et  Cornil  et 
par  Hanoi  (Traité  de  la  phtisie  pulmonaire).  L’tiélénine  s’ad¬ 
ministre  à  la  dose  de  2  ou  3  globules  du  D'-  Korab  par  jour. 

- - _ 

.  NOUVEI.LES 


Natalité  dk  Paris.  —  Du  dimanche  11  au  samedi  17  mars 
4906.  les  naissances  ont  ete  au  lomnre  ue  978,  se  décomposant 
ainsi:  légitimes  711,  illégitimes  267. 

Mortalité  a  Paris.  —  Population  d’après  le  recensement  de 
1901  :  2.660.559  habitants.  Les  deoes  ont  été  au  nombre  de  984, 
savoir;  481  hommes  et  503  femmes.  Les  décès  sont  dus  aux 

causes  suivantes:  Fièvre  typnoide  (typhus  abdomin.)  ;  5. _ 

Typhus  exanthématique  :  0.  —  Fièvre  intermittente  et  cachexie 
palustre  ;  0.  —  ’Variole  ;  0.  —  Rougeole  ;  25.  —  Scarlatine  :  1. 

—  Coqueluche  :  6.  —  Diphtérie  et  Croup  :  2.  —  Grippe  :  5. 
“  Choléra  asiatique  :  0.  -  Choléra  nostras  :  0.  —  Autres 

maladies  epidemiqaes  ;  3.  —  Tubercuiose  des  poumons  :  199. _ 

Tubereniose  des  méningés  :  16.  —  Autres  tuberculoses  :  18.  — 
Cancer  et  autres  tumeurs  malignes  ;  61.  —  Méningite  simple  :  14. 

—  Congestion  hemorrnagique  et  ramollissement  du  cerveau  :  43. 

—  Maladies  organiques  du  cœur  ;  77.  —  Bronchite  aiguë  :  7. 

—  Bronchite  cûroniqne  :  17.  —  Pneumonie  :  34.  —  Autres  affec¬ 
tions  de  l’appareil  respiratoire  :  126.  -  Affections  de  l’estomac 
(cancer exc.)  :  5. —  Diarrùee  et  entérite  deO  à  1  an  :  sein  :  7  -  au¬ 
tre  alimentation  :  13.  —  Diarrhée  et  entérite  de  1  à2ans  :  L—  Her¬ 
nies.  obstruction  intostmaie.  f  0.  —  Cirrhose  du  foie  ;  I  !..  —  Néphrite 
et  mai  de  Bngdt  23.  Tumeurs  non  cancéreuses  et  autres  ma¬ 
ladies  des  organes  génitaux  ifemmesi  :  7.  —  Septicémie  puerpérale 
(fièvre,  péritonite,  phlébite  puerpérale)  :  3.  —  Autres  accidents 
puerpéraux  ae  la  grossesse  et  ue  l’accoucoement  :  0.  —  Débilité 
oongenitaie  et  vices  de  conformation  :  32.  —  Débilité  senile  ;  52. 

—  Morts  violentes:  25.—  Suicides:  12.  —  Antres  maladies  :  123! 

—  Maladies  inconnues  ou  mal  définies  :  13. 

Mort-nes  et  morts  avant  leur  inscriution:  61,  qui  se  décom¬ 
posent  ainsi  :  légitimes  45,  iliégitimes  16. 

Légion  d’honneur. —  M.  Je  D''  Bérillon,  directeur  de  la 
Revue  de  T  Hypnotisme,  vient  dlêtre  nommé  chevalier  de  la  Légion 
d’honneuf. 

Concours  de  médecins  des  hôpitaux.  —  Jury  provisoire  • 
MM.  A.  Renault,  Œttinger,  P.  Marie,  Béclére,  Richardière,  Par- 
mentierj  Gaucher,  Hip.  Martin-Roux  et  Dupiay.  -  '  - 


238 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


Prix.  —  L’Institut  de  France  (Académie  des  sciences  morales  et 
politiques)  met  au  concours  pour  1906  (prix  Saintour,  3.000  fr.)  le 
sujet  suivant  ;  «  Des  modifications  à  apporter  à  la  législation  fran¬ 
çaise  sur  les  aliénés  au  double  point  de  vue  de  la  liberté  indivi¬ 
duelle  et  de  la  sécurité  des  personnes  ».  —  {Dépôt  des  mémoires 
au  plus  tard  le  31  décembre  1906.) 

Avis  a  nos  Confrères.  —  Un  groupe  de  médecins  prient 
les  confrères  qui  seraient  assurés  à  la  Compagnie  La  Mutuelle 
de  Bordeaux,  anciennement  l'Union  Française,  ou  qui  seraient 
en  relations  avec  cette  Compagnie,  de  bien  vouloir  envoyer  leur 
nom  au  secrétaire  du  groupe,  le  D''  Millée,  8,  rue  de  .Milan. 

Faculté  de  Médecine  de  Paris.  —  Modifications  au  stage.  — 
Les  ministres  de  l’Instruction  Publique  et  de  l’Intérieur  ont 
soumis  à  la  signature  du  Président  de  la  République  le  décret 
suivant,  modifiant  le  stage  des  étudiants  en  médecine  : 

Art.  P''.  —  L’article  l"',  paragraphe  4,  et  l’article  7,  paragra¬ 
phes  1  et  2,  du  décret  du  20  novembre  1893  ci-dessus  visé,  sont 
modifiés  ainsi  qu’il  suit  : 

.irt.  §4.  —  Pendant  la  troisième  année,  les  élèves  seront 
nécessairement  attachés  pendant  4  mois  aux  services  d’accou¬ 
chement.  Ils  devront  accomplir  les  quatre  autres  mois  de  cette  troi¬ 
sième  année  de  stage  dans  l’un  des  services  spéciaux  affectés  aux 
maladies  de  la  peau  et  de  la  syphilis,  aux  maladies  mentales,  aux 
maladies  des  enfants,  aux  maladies  des  yeux,  aux  maladies  des 
voies  urinaires. 

.irt.  7.  2'L  —  L’enseignement  durera  du  pr  novembre  au 

30  juin. 

§2.  —  Les  élèves  seront  répartis  de  façon  qu'ils  passent  quatre 
mois  dans  un  service  de  médecine  et  quatre  mois  dans  un  service 
de  chirurgie. 

Art.  2.  —  Le  ministre  de  l’instruction  publique,  des  beaux- 
arts  et  des  cultes  et  le  ministre  de  l’intérieur  sont  chargés,  chacun 
en  ce  qui  le  concerne,  de  l’exécution  du  présent  décret,  qui  aura 
son  effet  à  partir  du  P' novembre  1906.  —  Fait  à  Paris,  le  6 
avril  1906.  A.  Fallières. 

Victime  de  la  science.  —  Un  ingénieur  chimiste  norvégien, 
■M.  Gustave  Jiebsen,  âgé  de  vingt-quatre  ans,  manipulait  un  mé¬ 
lange  d’aluminium  et  d’oxyde  de  cuivre  dans  le  laboratoire  du 
professeur  Moissan,  à  la  Sorbonne,  lorsque,  par  suite  de  causes 
encore  inconnues,  une  explosion  se  produisit  dans  le  creuset.  Ren¬ 
versé  par  la  violence  du  coup  et  grièvement  brillé  au  visage  et  aux 
mains.  M.  .liebsen  aété  transporté  à  l’IIôtel-Dieu,  où  les  premiers 
soins  lui  furent  prodigués,  et  de  là  dans  une  maison  de  santé.  On 
craint  qu’il  ne  perde  la  vue.  {U Aurore,  Il  avril  1905). 

Suicide  d’un  médecin.  —  M.  le  D’’  Georges  Bellemain,  méde¬ 
cin  de  la  préfecture  de  police,  des  postes  et  télégraphes,  et  de  la 
Compagnie  de  l’Ouest,  s’est  suicidé,  à  son  domicile,  64,  rue  Bour- 
sault,  en  absorbant  du  cyanure  de  potassium. 

Le  Pr  Bouchard  en  Italie.  —  On  télégraphie  de  Rome  au 
Temps  du  11  avril,  que  le  départ  du  professeur  Bouchard,  venu 
pour  assister  à  l’inauguration  de  la  clinique  Humbert,  a  donné 
lieu  à  des  manifestations  de  sympathie  pour  la  France.  On  a  remis 
un  bouquet  àM.  Bouchard,  qui  a  embrassé  M,  Baccelli.  Le  public, 
venu  enfouie  à  la  gare,  l’a  salué  par  de  nombreux  cris  de  :  «  Vive 
la  France  !  »  auxquels  M.  Bouchard  a  répondu  par  le  cri  de  : 
«  Vive  l'Italie  !  » 

Le  traitement  de  la  tuberculose  au  Japon.  —  On  mande  de 
Tokio  au  Daily  Telegraph,  le  9  avril,  que  le  docteur  Ichigami, 
bactériologiste  éminent,  a  annoncé,  au  cours  d’une  réunion  de  la 
société  médicale  du  Japon,  que  depuis  plusieurs  années  il  avait 
expérimenté  avec  quelque  succès  une  nouvelle  antitoxine  décou¬ 
verte  par  lui  pour  le  traitement  de  la  tuberculose.  Un  tiers  envi¬ 
ron  des  malades  traités  par  son  système  ont  été  guéris.  Les  rap¬ 
ports  reçusdesept  hôpitaux  où  son  antitoxine  a  été  employéecons- 
tatent  que, sur  2 19  malades,  79  ont  été  complètement  guéris,  8-0 
ont  éprouvé  une  grande  amélioration,  15  sont  morts  et  -45  ont 
cessé  le  traitement  pour  une  raison  quelconque.  (Le  Temps). 

Ecole  de  santé  et  école  d'administration  de  la  .marine. — 
Un  décret  dispose  que  les  jeunes  gens  admis  à  l’école  principale 
de  santé  de  la  marine,  à  l’école  d'administration  de  la  marine  ou 
à  l'emploi  d’administrateur  stagiaire  de  l’inscription  maritime  doi¬ 
vent  contracter  en  entrant  à  l’école  ou  au  moment  de  leur  nomi¬ 
nation  à  l’emploi  un  engagement  par  lequel  ils  s’obligent  à  servir 
dans  l’armée  active  pendant  six  ans  au  moins  à  dater  de  leur  no¬ 
mination  au  grade  de  médecin  ou  pharmacien  de  3''  classe  ou  de 
médecin  ou  pharmacien  aide-major  de  2“  classe,  de  commissaire 
ou  d’administrateur  de  3'  classe. 

Ceux  qui  n’ont  pas  encore  été  inscrits  sur  les  tableaux  de  re¬ 
censement  s’engagent,  en  outre,  par  le  même  acte,  à  servir  pen¬ 
dant  un  an  aux  conditions  ordinaires  avant  l’entrée  à  l’école. Cette 


année  de  service  sera  accomplie  dans  le  corps  des  équipi^^j 

Hôpital  maritime  de  Berck-sur-Mer.  —Le  D^  JacquesC^ 
ancien  interne  des  hôpitaux  de  Paris,  est  nommé  assisin 
chirurgie  auprès  du  D'’  Ménard,  chirurgien  en  chef  de  l’ù 
maritime  de  Berok.  ” 

Le  journalisme  medical  en  province.  —  Parmi  les  nbin 
publications  médicales  nous  nous  faisons  un  plaisir  de  signai 
A  rchives  medico-chintrgicales  du  Poitou,  publiées  sous  h 
rection  de  nos  confrères  R.  Morichau,  Beauchant,  Léon  Pm 
de  Poitiers,  Jean  Petit  et  Georges  Renon,  de  Niort.  NosmeJ 
souhaits  de  succès  aux  Nouvelles  Archives.  , 

Nécrologie.  —  Nous  avons  le  vif  regret  d’annoncer  la  m* 
M.  le  lù  Louis  Lépine,  professeur  à  l'Ecole  de  Médecine  de 
noble  ;  de  M.  le  DennetiÈkes,  d’Orchies  INordl  ;  M.s 
Marduel,  médecin  du  Dispensaire,  secrétaire  général  de  la  Soi 
de  médecine  de  Lyon  ;  M.  le  Di^  Miard,  de  Paris  ;  M.  le  Dé 
lemain,  de  Paris. 

Chronique  des  hôpitaux. 

Hôpital  de  la  Pitié.  —  M..  le  D’’  P.  Dalché  commencà 
leçons  de  Gynécologie  médicale  le  jeudi  9  mai  à  10  heures! 
ratoire  de  la  Salle  Serres)  et  les  continuera  les  jeudis  suivanS 
même  heure. 

Conférences  cliniques  sur  les  nialadies  du  système  nervm 
M.  le  D''  Babinski,  médecin  de  l'hôpital  de  la  Pitié,  reprenda 
conférence.s  cliniques  sur  les  maladies  du  système  nerveux» 
5  mai  1906,  à  10  h.  1/4  du  matin,  et  les  continuera  les  samedi 
vants  à  la  même  heure.  Les  conférences  auront  lieu  dansl'ai 
théâtre  de  l’hôpital. 

Amphithé.atrf  I)’an.ato.mie  des  HOPITAUX.  —  Courselexâ 
technique<  de  médecine  opératoire  régionale,  soin  la  direct* 
M.  Pierre  Sébileau,  avec  l’assistance  de  MM.  Chifoliau  et 
vrier,  prosecteurs.  —  Opérations  sur  les  organes  génüavXi 
femme,  par  M.A.  Ricard,  professeur  agrégé,  chirurgien  d» 
pital  Saint-Louis  et  M.  A.  Gosset,  professeur  agrégé,  chirs 
des  hôpitaux. 

Ce  cours  commencera  le  mardi  R’’  mai.  —  Il  aura  lieu  al 
res.  1.  Opérations  gynécologiques  par  voie  abominale.  Tech 
générale  :  mardi  R'^mai.  —  II.  Hystérectomie  et  myomed 
pour  fibromes  :  jeudi  3  mai.  —  HI.  Hystérectomie  pour  c* 
Evidement  pelvien  :  samedi  5  mai.  —  IV.  Castration  sim) 
castration  double.  Hystérectomie  pour  annexites  suppuréesl 
di  8  mai.  —  V.  Hystéropexies.  Raccourcissement  des  li|h 
ronds  :  jeudi  10  mai.  —  VI.  Opérations  sur  la  vulve  ou  sur 
rinée  :  samedi  12  mai.  — VIL  Fistules  vésico-vaginal^^ 
vaginales  ;  mardi  15  mai.  —  VIII.  Colpotomie.  Ampufirt 
col  :  jeudi  17  mai.  —  IX.  Opérations  plastiques  sur  le  col  t* 
19  mai.  — X.  Hystérectomies  vaginales  ;  mardi  22  mai. 

Les  élèves  répéteront  les  opérations  sous  la  direction  des 
secteurs,  des  aides  d’anatomie  et  de  plusieurs  moniteurs.  WJ 
bre  des  élèves  est  limité.  Le  droit  à  verser  est  de  80 
cours  est  gratuit  pour  les  internes  des  hôpitaux.  Se  faire  n®* 
17,  rue  du  Fer-à-Moulin,  de  10  heures  à  4  heures. 

Operations  sur  les  organes  génito-urinaires  de  l'honit^ 
M.  J.  Albarran,  professeur  agrégé,  chirurgien  de  la 
nicipale  de  santé  et  M.  Robert  Proust,  professeur  agf^ 
cours  commencera  le  mercredi  2  mai.  —  Il  aura  lieu  à  o  | 
I.  Considérations  générales  sur  les  indications  opératoire^ 
cautions  spéciales  avant,  pendant  et  après  ropératjon-^ 
lions  sur  le  rein  par  la  voie  lombaire.  Manière^  d’abo^ 
rein.  Exploration  sanglante.  Néphrolithotomie.  ^'dphr<^ 
mercredi  2  mai.  —  H.  Néphropexie.  Décapsulation. 
conservatrices  dans  les  rétentions  rénales  :  vendredi  4  ma'-.  ^ 
Néphrectomie  lombaire.  Néphrectomie  pour  cancer:  1“°®^ 
—  IV.  Découverte  de  l'uretère.  Urétérolithotomie.  Sof'*'  f 
section  de  l'uretère  :  mercredi  9  mai.  —  V.  Implanlatm®^ 
rotère  sur  la  peau,  sur  la  vessie  et  sur  l'intestin. 
urétéral  :  vendredi  limai.  —  VI.  Lithotritie. Extraction  j 
étrangers  de  la  vessie.  Cystoseopie  :  lundi  14  mai.-— / 
hypogastrique  pour  calculs,  pour  tumeurs.  Cystectomie  rj 
et  totale  :  mercredi  16  mai.  —  VIH.  Prostatectomie 
prostatectomie  transvésicale  ;  vendredi  18  mai.  —  IX- 
mie  interne.  Uréthrotomie  externe.  Résection  de 
21  mai.  —  X.  Exstropbie  de  la  vessie.  Hypospadias :  ® 

Les  élèves  répéteront  les  opérations  sous  la  direction 
teurs,  des  aides  d’anatomie  et  de  plusieurs  moniteurs, 
des  élèves  est  limité.  Le  droit  à  verser  est  de  80  francs-  , 
est  gratuit  pour  les  internes  des  hôpitaux.  Se  faire  insc 
rue  du  P’er-à-Moulin,  de  10  heures  à  4  heures. 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


239 


Pierre  Sébileau,  professeur  agrégé  à  la  Faculté,  chirurgien 
.•i  ■  nltal  Lariboisière,  directeur  des  travaux  scientifiques  de 
hhhéâtre,  commencera  le  lundi  23  avril  1906,  à  l’amphi- 
Lg  d'anatomie,  avec  le  concours  de  MM.  les  docteurs  Chifo- 
et  Chevrier,  prosecteurs  des  hôpitaux,  un  cours  de  méde- 
noéraloire  en  dix  leçons,  moyennant  le  versement  d’un  droit 
40  francs.  Le  cours  est  gratuit  pour  les  internes  et  externes  des 
jpitaux  Se  faire  inscrire  à  ramphithéâtre,rue  du  F er-à-Moulin,17. 

références  pi-aliques  d’anatomie  pathologique  préparatoire 
examen  de  doctorat.  —  Sous  la  direction  de  M.  Pierre  Sé- 
directeur  de  l’amphithéâtre  d’anatomie  des  hôpitaux,  une 
rie  de  douze  conférences  pratiques  d’anatomie  pathologique,  en 
-ne  de  la  préparation  des  élèves  à  la  2'  partie  du  3®  examen  sera 
'  ite  par  le  D’’  Pautrier,  sous-chef  du  Laboratoire,  à  partir  du 
j  at-ril  1906.  Chaque  conférence  sera  suivie  d’un  exercice  prati- 
me  et  d’une  reconnaissance  des  coupes.  Le  cours  est  ouvert  à  tous 
les  étudiants  en  médecine,  moyennant  le  versement  d’un  droit  de 
iÛ  francs  ;  il  est  gratuit  pour  les  internes  et  externes  des  hôpi- 
lUi.  Le  nombre  des  places  est  limité.  Se  faire  inscrire  à  l’amphi- 
léàtre,  17,  rue  du  Fer-à-Moulin. 

Programme  des  conférences.  —  Première  conférence  :  Prélève¬ 
nt  des  pièces  ;  technique  et  indications  de  la  biopsie  ;  les  servi- 
1  quelle  rend  ;  sang  normal  ;  technique  d’un  examen  du  sang. 
—  Deuxième  conférence  :  Sang  à  l’état  pathologique  ;  notions  de 
diagnostic  et  de  pronostic  fournies  par  l’examen  du  sang.  —  Troi- 
-"-eeonférence:  Examendes  liquides  organiques;  cytodiagnos- 
ponction  lombaire  ;  sa  technique,  sa  signification  diagnosti- 
-- Quatrième  conférence  :  Processus  généraux  ;  Inflamma¬ 
tion  et  sa  valeur  ;  inflammations  aiguës  et  nodulaires  chroniques, 
uiatomie  pathologique  générale  de  la  tuberculose  et  de  la  sy- 
Slis  ;  cellules  géantes  ;  gommes.  —  Cinquième  conférence  : 
ocessus  de  dégénérescence  ;  tuméfaction  trouble  ;  dégénérescen- 
»3  hyaline,  amyloïde,  etc.  ;  nécrose,  gangrène  ;  processus  de 
iclérose.  —  Sixième  et  septième  conférences  :  Tumeurs  (épithélio- 
na,  sarcome)  ;  différents  types  de  néoplasmes.  —  Huitième  confé- 
wee  :  Lésions  du  système  vasculaire  et  lymphatique  ;  myocardi- 
artérites,  phlébites  ;  lésions  des  ganglions  et  de  la  rate.  — 
Yième  conférence  :  Anatomie  pathologique  générale  du  sys- 
respiratoire  ;  lésions  des  bronches  et  du  poumon  ;  pneumo- 
tnberculose  pulmonaire.  —  Dixième  conférence  :  Anatomie 


pathologique  du  tube  digestif  ;  cancer,  tuberculose,  syphilis  de  la 
langue  ;  ulcère,  cancer  de  l’estomac  et  de  l’intestin  ;  appendicite  ; 
lésions  du  foie  :  cirrhoses,  foie  cardiaque.  —  Onzième  conférence  : 
Néphrites  ;  anatomie  pathologique  du  rein,  du  testicule,  des  ovai¬ 
res,  des  trompes,  de  l’utérus .  —  Douzième  conférence  :  Anatomie 
pathologique  générale  du  système  nerveux  ;  myélites,  paralysie 
générale,  tabes.  Une  séance  supplémentaire  sera  réservée  à  la 
technique  d’une  autopsie. 

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veau  de  Courmelles,  lauréat  de  l’Académie  de  médecine,  licencié 
ès-sciences  physiques  et  naturelles,  reprendra  son  cours  libre  d’é¬ 
lectrothérapie  et  de  radiographie  à  l’Ecole  Pratique  de  la  Faculté 
de  médecine  de  Paris,  amphithéâtre  Cruveilhier,  le  lundi  23  avril 
1906  à  6  heures  du  soir,  et  le  continuera  les  lundis  à  la  même 
heure.  Programme  :  électrothérapie,  radiographie,  radiations 


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240 


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tement  des  maladies  mentales.  Rapport  présenté. au  Congrès  des 
médecins  aliénistes-et  neurologistes  tenu  à  Rennes  du  au  7 
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traduit  de  l’anglais  sur  l’édition  revue  et  corrigée,  par  L.  Bréal. 
—  Un  volume  in-16,  broché,  3  fr,  50.  —  Qu’est-ce  que  VEntr'ai- 
de  ?  C’est,  opposée  à  l’implacable  «  struggle  fort  life  »,  la  théorie 
de  l’aide  mutuelle  que  les  êtres  se  prêtent  l’un  l’autre  à  tous  les 
degrés  du  monde  animal,  c'est  la  réfutation  de  l'instinct  régi  par¬ 
la  seule  férooité  et  condamnant  le  faible  à  disparaître.  —  L’auteur, 
qui  est  à  la  fois  naturaliste,  géographe  et  sociologue,  relève  et 
nous  fait  suivre  ces  lois  de  Venir' a^de  chez  les  crustacés  comme 
chez  les  insectes,  comme  chez  les  ruminants,  nous  les  montre  en¬ 
suite  parmi  le.s  sauvages  d'aujourd’hui,  parmi  les  barbares,  dans 
la  cité  du  moyen  âge  et  chez  nous  enfin.  —  Ce  livre,  où  le.s  faits 
parlent  et  prote.stent  mieux  qu’aucune  déduction  philosophique, 
peut  et  doit  être  mis  en  toutes  les  mains  :  il  n'e.st  pas  de  lecteur 
qui  n’y  trouve  matière  à  réflexion. 


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Le  Progrès  Médical 


SOMMAIRE  :  Revue  de  chirurgie  biolooique  ;  De  l’appen¬ 
dicectomie  préventive,  par  Touzé.  — Clinique  thérapeutique  ; 
Cinq  cas  de  gommes  traitées  par  le  levurargyre,  par  Jul- 
Jien  et  Stassano .  —  Bulletin  :  L’hygiène  à  la  Chambre  des 
députés  pendant  la  dernière  législature,  par  Sireyjol.  —  Socié¬ 
tés  Savantes:  Académie  dest  Sciences  :  Action  de  l’émanation 
du  radium  sur  les  bactéries  cliromogènes,  par  Bouchard  et  Bàl- 
thazard  ;  Influence  du  régime  alimentaire  sur  la  valeur  des 
apefficiepts  urologiques  et  sur  le  poids  moyen  de  la  molécule 
élaborée,  par  Desgrez  et  Ayrignac  ;  Démonstration  de  la  fonc- 
tionfibrinogénique  du  foie,  par  Doyon,  Gautier  et  Morel  (e.  r.  de 
Mme  Phisalix). — Société  de  biologie  lOhstTncüon  intestinale,  par 
Roger  et  Garnier  ;  Eosinophilie  pleurale  et  sanguine,  par  Wi- 
dal  ei  Burnet  ;  Bilirubine  du  sérum  sanguin  dans  la  cirrhose 
alcoolique,  par  Gilbert  et  Herscher  ;  Sécrétion  gastrique  et  bi¬ 
carbonate  de  soude,  par  Linossier  et  Lemoine  ;  Muoinase  dans 
le  sang,  par  Trémolières  et  Riva  ;  Structure  des  boutons  termi¬ 
naux.  par  Marineseo  ;  Culture  de  spirilles  pathogènes,  par  Le- 
ïaditi  ;  Sulfo-éthers  urinaires,  par  Labbé  et  Vitry  <c,  r.  de  Mme 


Edwards-Pilliet.)  —Société  de  chirurgie  :  Sur  la  pathogénie 
des  lésions  vésiculaires  dans  la  lithiase  des  voies  biaires,  par 
Delbet  ;  A  propos  de  périsigmoïdites,  par  Jalaguier  ;  Traitement 
de  la  syndactylie  congénitale,  par  Quenu  ;  Tumeurs  du  cerveau, 
par  Legeru  ;  Exclusion  du  gros  intestin,  par  Harmann  (c.  r. 
de  Catz.)  —  Revue  de  patholoie  générale  :  Tuberculose  in-i 
flammatoire  à  forme  néoplasique  ;  adénomes  du  sein,  du  corps 
thyroïde,  etc.,  d’origine  tuiierculeuse,  par  Poncetet  Leriohe.  — 
Revue  d’élect'rologie  et  de  radiologie  médicales  :  Elec- 
trothérapie  clinique,  par  Laquerrière  et  Delherm  (c.  r.  de  Fo- 
veau  de  Courmelles.)  —  Bibliographie  :  Les  accidents  du  tra¬ 
vail  dans  la  marine  marchande  et  la  Caisse  de  prévoyance,  par 
Vigné  ;  Les  blessures  et  les  accidents  du  travail,  par  Brouardel 
(c,  r.  de  Thiébault.)  —  Varia  :  Médecins  experts  ;  La  loi  sur 
les  falsifications  alimentaires  ;  Le  mouvement  des  Etudiants  à 
l’Université  de  Paris.  —  Formules.  —  Thérapeutique  :  Trai¬ 
tement  des  congestions  pulmonaires  et  des  hémoptysies  pai^l'hé- 
lénine.  —  Nouvelles.  —  Enseignement  médical  libre .  —  Bul¬ 
letin  BIBLIOGRAPHIQUE. 


REVUE  DE  CHIRURGIE  RIOLOGIQUE 

De  l’appendicectomie  préventive  ; 

(EN  CAS  d’appendice  SAIn) 

Par  lo  IP  M.  TOUZÉ. 

Enlever  un  organe  alors  qu’il  est  parfaitement  sain, 
et  recommander  cette  pratique,  voilà,  certes,  un  acte 
condamnable,  une  proposition  audacieuse,  une  thèse 
difficile  à  soutenir.  C’est  cependant  ce  que  nous  avons 
eherché  à  justifier,  à  propos  d'une  éventualité  spéciale 
et  d'un  viscère  très  particulier.  Le  présent  article  est 
entièrement  consacré  à  la  défense  d’une  ligne  de  con¬ 
duite  érigée  depuis  bientôt  dix  ans  en  véritable  mé¬ 
thode  thérapeutique  par  notre  maître,  le  Prof.  Longuet, 
pour  qui  l’ablation  de  l’appendice  vermiculaire  est 
chose  utile  et  légitime  en  dehors  de  toute  lésion,  dans 
certains  cas  plus  loin  spécifiés,  à  l’occasion  d’une  in¬ 
tervention  quelconque  nécessitantl’anesthésie  générale. 
AOus  n’envisageons  donc  ici  l’appendicectomie  que 
pour  appendice  rigoureusement  sain,  vérifié  comme  tel 
à  la  fois  par  l’examen  macroscopique  et  par  l’exameri 
îUicroscopique  laissant  délibérément  de  côté  les  inter¬ 
ventions  fort  nombreuses  motivées  par  une  appendicite 
^'guë,  subaiguë  ou  chronique  par  quelque  appendicite 
*’Oste  à  lésion  folliculaire.  Ainsi  la  question  se  trouve 
Nettement  précisée,  circonscrite  à  un  petit  groupe  de 
i^squ’ici  fort  restreints.  Et  c’est  parce  qu’elle 
P  cte  à  la  discussion,  à  la  critique,  voire  môme  aux 
'proches,  que  le  moment  est  venu  de  l’étudier  sous 
i  ®  ®oltiples  faces.  iN'’a-t-on  pas  écrit  récemment  que 
Chirurgien  fait  œuvre  coupable  en  enlevant  trop 
appendices  et  surtout  des  appendices  peu  malades  ! 
^  c  ne  dira-t-on  pas  du  présent  mémoire  !  <<  Nous  ne 
pas  que  l’on  ait  le  droit  de  profiter  d’une  lapa- 
faite  pour  une  lésion  quelconque  de  l’abdomen, 

réséquer  un  appendice  reconnu  sain . Le  seul 

préventif  radical  de  l’appendicite  ne  serait 
l'gjjf  la  résection  systématique  de  l’appendice  chez 
9*^  saurions  approuver  une  telle  con- 
p  ’’  (Ij-  Tel  est  l’état  présent  des  esprits, 
^^^[^^J^xposé  de  la  méthode  thérapeutique  dont  il 

Pf|f!e^pg®P^®JgVAR''VERTS.—  De  l’appentlicile.  Volume  de  VEncyclo- 


s’agit,  nous  reproduisons  à  la  lettre,  afin  de  ne  point 
les  déformer,  l’enseignement  et  les  communications  de 
Longuet.  A  cela  nous  ajoutons,  en  participation  per¬ 
sonnelle,  quelques  documents  épars  cueillis  dans  la  lit¬ 
térature  médicale  et  qui  apportent  un  nouvel  appui  à 
sa  manière  de  voir.  Puis  nous  élargissons  la  question 
par  une  enquêtexfordre  sfrictement  zoologique.  Plu¬ 
sieurs  interventions  pratiquées  avec  notre  maître  chez 
des  singes  inférieurs,  des  chiens,  ondes  lapins,  nous 
ont  tout  naturellement  conduit  à  pousser  nos  investi¬ 
gations  dans  la  série  animale,  afin  d’élucider  la  signi¬ 
fication,  le  rôle  de  ce  singulier  organe,  l’appendice 
vermiculaire,  rôle  d’où  découle  la  légitimité  ou  non 
d’en  pratiquer  l’exérèse  alors  qu’il  est  parfaitement  sain. 

A.  —  L’appeiidiccctoinie  tardive  à  froid  (Méthode 
de  Trêves,  1888,.  — L' appendicectomie  tardive  à  froid 
pour  appendicite  chronique  date  de  1888,  époque  où 
Trêves  (1),  en  AngleteiTe,  l’érigea  en  méthode  géné¬ 
rale.  Elle  fut  vite  acceptée  malgré  les  hostilités  du  dé¬ 
but,  en  France,  grâce  à  l’initiative  de  Schwartz  (■2), 
1891  ;  enSuisse,  grâce  à  Uoux  (3)  (de  Lausanne), 1892.: 
en  Amérique,  grâce  à  Bull,  W.  (4)  (de  New-York),  Et 
cette  résection  à  froid  de  l’appendice  est  aujourd’hui 
si  bien  implantée  dans  la  thérapeutique,  qu’elle  ne 
rencontra  pas  d’opposition  lorsqu’elle  fut  récemment 
appliquée  '  à  l'appendicite  chronique  d'emblée  sans 
crise  par  les  professeurs  Ewald  (5)  1899,  et  Sonnen- 
bourg  (G)  1900,  en  Allemagne  ;  par  Longuet  (7),  1902, 


4)Thèves.  — Société  médico-Chirurgicale  dp  Londres.  14  février 
1888  ;  —  et  Lancet,  p.  267,  février  1889  ;  —  et  Britisb  Médical  Jour¬ 
nal  (13  c.Ts  opérés  par  Trêves)  22  avril  1893  ;  —  Puis  Mayo-Rohson, 
Gordon,  Jessop,  Bahlino,  suivirent  la  ronduile  de  Trêves  en  An- 
irleterre. 

(2)  ScHWAHTZ. —  Bulletin  de  la  Société  de  Chirurgie  de  Paris,  18 
mars  1891  ;  —  Puis  Reclus,  Terrier,  Ouenü,  etc.,  suivirent  laeon- 
duite  de  Sehwartz  en  F'rance  (même  indication  bibliosrraphique). 

(3)  Roux  (de  Laiisane).  —  Congrès  de  Chirurgie  tenu  .à  Lyon, 
1894. 

(4)  Bull  (W.).  —  New -York  medical  record.,  31  mars  1894. 

(5)  Ewald.  —  Du  traitement  de  l'appendicite  rhronique  larvée. 
Semaine  médicale  p.  134,  1899. 

(6  SosNENBunn.  —  Palhologie  und  thérapie  der  pérityphililis,  4" 
édition.  Beylin,  1900. 

(7)  Loxgi'et  (L).  —  Dyspepsie  appendiculaire  et  son  traitement 
ehirurgioal.  Mémoire  détaillé  basé  ^r  les  30  premiers  cas  opérés. 
Semaine  Médicale,  4, juin  1902  ;  —  El  Losgüet  (L,):  Trois  cHs  d'ap- 


242 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


en  France  ;  par  Hochenegg  (1),  1905  en  Autriche. 

R.  —  L'appeiuliceotoniie  précoce  à  chaud  (Méthode 
de  Kummel,  1890). — Quand  Kummel  (2)  (de  Ham¬ 
bourg)  préconisa  le  premier,  en  1890,  Vapprndicec- 
tomie  précoce  pour  appendicite  qiguë^  il  souleva  en 
Allemagne,  comme  partout  du  reste,  un  toile  général. 
Puis  peu  à  peu  le  calme  se  fit  et  la  méthode,  d’abord 
vigoureusement  repoussée,  trouva  quelques  défenseurs, 
En  Amérique,  Morton  (3),  dès  1891  ;  en  France,  le 
professeur  Dieulafoy  (4),  dès  1896,  prirent  l’initiative 
du  mouvement.  Aujourd'hui  l’accord  est  général,  et 
malgré  les  plus  violentes  oppositions,  la  réelle  valeur 
de  l'ablation  du  vermium  n’est  guère  contestée,  lors¬ 
qu’on  intervient  dans  les  24,  dans  les  48  premières 
heures  de  la  crise,  avant  l’entrée  en  scène  du  long,  du 
triste  cortège  des  complications,  parmi  lesquelles  l’in¬ 
fection  péritonéale  figure  en  première  ligne. 

C.  —  L'appeudicectoiuie  préventive  en  cas  d’ap¬ 
pendice  sain  (Méthode  deL.  Longuet,  1897.)  —  L'ap¬ 
pendicectomie  préventive  en  cas  d'appendice  sain 
est  une  troisième  modalité  thérapeutique,  une  voie 
nouvelle  dans  laquelle  Longuet  est  entré  depuis 
1897  (51.  Oui,  l’exérèse  du  vermium  sain  apparaît 
comme  une  sage  mesure  en  certaines  éventualités  plus 
loin  spécifiées.  Voilà  ce  que  justifie  le  présent  travail. 
Mais  précisons  de  suite  qu’il  n’est  nullement  question 
de  systématiser  cette  conduite  chez  tout  sujet  bien 
portant  quel  qu’il  soit.  Fnc  aussi  outrancière  formule 
ne  saurait  évidemment  arrêter  sérieusement  Fattention. 
L’heure  n’est  point,  malgré  l’innocuité  de  la  chirurgie 
en  certaines  mains,  de  proposer  ni  même  d’accepter, 
siirla  demande  des  intéressés,  de  laparotomiser  ceux 
que  hante  la  crainte  d’une  appendicite  imaginaire  dont 
l’éclosion  n’aura  peut-être  jamais  lieu.  Et  si  cette  mé¬ 
thode  trouve  crédit  auprès  de  certains  opérateurs  étran¬ 
gers,  gardons-nous  d’imiter  leur  exagération,  du  moins 
quant  à  présent.  11  en  est  tout  autrement  s'il  s’agit  d’un 
malade  appelé  à  snbir  une  opération  pour  une  affection 
quelconque,  par  exemple  une  intervention  abdominale 
ou  para-abdominale.  Or,  c’est  à  ces  cas  seulement  que 
je  fais  allusion.  A  deux  reprises,  en  1897,  trouvant  un 
appendice  d’aspect  normal  dans  un  sac  de  hernie  ingui- 

pendieeelomie  pour  dypepsie  appendiculaire,Prog'rè5  Médicaljn"  38, 
septembre  1.^02  ;  —  Et  Témoin  :  Galette  de  Gynécologie,  XIX,  305, 
1904  ;  —  Et  SiREDEY  :  Sur  certaines  formes  frustes  d’appendicite 
chronique  (mêmes  conclusions  pour  l’enfance).  Discussion  à  la 
Société  de  Médecine  des  Hôpitaux,  novembre  1903  ;  — Et  Glin.ird: 
Appendicectomie  pour  appendicalgie,  Bulletin  de  la  Société  de  Chi¬ 
rurgie  de  Paris,  février-mars  1904.  Discussion  :  Quenu,  Walthsh, 
Lejars,  Berger,  Routier.  Moïy,Potherat,  mêmes  conclusions  que 
dans  le  mémoire  de  Longuet. 

(1)  Hochenegg.— Wiener  medicinWochenschrift,  n^àl,  p. 1345, 1905. 

(2)  Kummel  (de  Hambourg). — Traitement  radical  de  la  périty- 
pbilite  parrcseclion  précoce  de  l’appendice  vermiforme.  Archives 
far  Klinische  Chirurgie,  XL.  3,  1890. 

(3)  Morton.— Société  médicale  de  Philadelphie,  28  septembre  1891. 
Dalton  (de  Saint-Louis),  cité  par  Talamon,  appendicite  et  pêrity- 
phlite.  Paris,  Ruelî,  p.  217,  1892.  Worcester  :  in  Boston  medical 
Journal,  1893. 

(4)  Dieulafoy.- Presse  médicale,  1896  et  1897,  et  Poirier,  Hart¬ 
mann,  Tüffier,  Pozzi,  Lejars,  Pic.que,  etc.  Société  de  chirurgie, 
1899. 

(5)  :  Voir  Longuet  (L.).  —  Cours  de  chirurgie  fait  àl'Ecole  de  mé¬ 
decine  de  Rouen,  semestre  d’été  1902.  —  De  l’appendicectomie  com¬ 
plémentaire  en  cas  d’appendice  sain.  Société  de  médecine  de  Reims, 
novembre  1905.  —  «  De  l’appendicectomie  complémentaire  en  cas 
d’appendice  sain  ».  Union  médicale  et  scientifique  du  Nord-Est, 
n“  1  et  2,  190ô.  —  «  Un  cas  d’appendicectomie,  pour  appendice  sain 
au  cours  d’une  laparotomie  motivée  par  une  constipation  chroni¬ 
que  invétérée  ».  In  Revue  chirurgicale.  Rapport  sur  un  travail  de 
Lane  (de  Londres).  Progrès  médical,  n*  6,  janvier  1906. 


nale,  Longuet  n’héïita  pas  au  cours  de  la  cure,  à  faire  If 
sacrifice  du  processus  vermiforme  pourtant  faciletnenl ' 
réductible  et  vérifié  sain  par  l’examen  histologique.  En 
1902, il  suivit  la  môme  conduite  au  cours  d’une  salpij. 
gectomie.  —  Puis  en  1903,  au  cours  d’une  hystérecl». 
mie  abdominale  subtolaie  pour  fibrome.  —  Puis  1904^ 
au  cours  d’une  néphrorraphie  pour  rein  flottant.  - 
Enfin,  en  1905,  au  cours  d’une  cæliotomie  abdominale 
pour  constipation  invétérée.  Puis,  cette  année,  dans 
trois  autres  cas  d’affection  pelvienne  ;  sans  parler  de 
nombreuses  observations  où  l’examen  microscopiquea 
fait  défaut,  et  que  nous  laissons  de  côté.  A  ces  faits, 
j’en  puis  ajouter  quelques  autres  analogues,  épars 
dans  la  littérature,  provenant  de  Peterson  (  l),1903,pnh 
1  cas  de  Lejars  (2),  1905  (appendicectomie  au  cours  de 
laparotomie),  enfin  1  cas  de  Kirmisson  (3),  1905(appeii- 
dicectomie  au  cours  d’une  cure  radicale  de  hernie  in¬ 
guinale).  Si  bien  que  nous  voici  en  face  d’un  premier 
lot  de,  documents  cliniques  susceptibles  de  confirmer 
ou  d’infirmer  notre  manière  de  voir.  Mais  allant  plus 
loin,  il  est  intéressant  de  faire  appel  à  la  chirurgie  ex¬ 
périmentale  pour  savoir  par  elle  si  l’ablation  de  fap- 
pendice  sain  est  chose  permise.  Ainsi  nou  s  sommes 
amenés  à  discuter  la  valeur  physiologique,  la  signifi¬ 
cation  du  vermium.  Est-ce  un  organe  de  quelque  uti¬ 
lité  pour  l’organisme  ?  (4) 

L  —  Innocuité  en  biologie  hüm.une.  —  Rien  n’csl 
plus  simple  que  de  démontrer  l’innocuité  clinique  de 
l’appendicectomie  préventive  au  sens  où  nous  la  com¬ 
prenons  ;  il  suffit  d’exposer  les  observations  avec  leur 
résultat  immédiat.  Voici  l’exposé  de  nos  cas  groupés 
en  série.  Nous  renvoyons  pour  le  détail  des  observa¬ 
tions  à  notre  thèse,  inaugurale. 

A.  —  Appendicectomi  s  complémentaires  de  cures  rndiealesi 
hernies.  —  Obs.  I  (Longuet  1895).  Hernie  inguinale.  —  Cu" 
radicale  —  Ablation  de  l’appendice  trouvé  dans  le  sac  her¬ 
niaire.  —  Guérison. —  Obs.  11  (Longuet  1897).  Hernie  cru¬ 
rale.  —  Cure  radicale.  —  Ablation  de  l’appendice  hernie.  •' 
Guérison  (5).  Obs.  111  (Kirmisson  1905).  Hernie  inguinale.' 
Présence  de  l’appendice  dans  le  sac  reconnue  avant  l'oper»' 
tion.  —  Cure  radicale.  —  Ablation  de  l’appendice  hernie.  ' 
Guérison  (O). 


(1)  Peterson.  —  «  Des  rapports  de  l’appendice  dans  les  affeeti^ 
pelviennes.  »  Dans  ce  mémoire,  il  est  dit  que, sur  quatre-vingt-cun 
appendicectomies  aucoursde  laparotomies  pour  affection  pelvieu"* 
l’appendice  était  sain  dans  environ  la  moitié  des  cas.  Société  degf'^ 
nécologie  américaine,  25,  27  mai  1905.  —  Et  Peterson,  R.  ■ 

can  Journal  of.  obstetrics.  Vol.  Il,  p.  1,  1904.  Appendice  sain 
32  p.  100  des  cas.  Dans  1  de  ces  cas  macroscopiquement  sain, 
trouva  l’appendice  cancéreux  (1  fois  sur20i)eas).  L'auteur  consc^ 
l’appendicectomie  systématique  mais  dans  ces  laparotomies  se» 
ment  et  pour  affection  pelvienne. 

(2)  Lejars  (In  Pujos).  —De  l'examen  systématique  de 

dice  au  cours  des  laparotomies.  Thèse  de  Paris,  17  juillet  (un  O' 
Lejars),  1905.  ^ 

(3)  Kirmisson.  —  «  Un  cas  d'appendicectomie  pour  appu®  ^ 

sain  au  cours  d'une  cure  radicale  de  hernie  inguinale  ».  Bulleh* 
la  Société  de  chirurgie,  26  juillet  1905.  .j^ 

(4)  TouzÉ.  —  De  l’appendicectomie  préventive  en  cas  d’app®®^ 
sain  (Méthode  thérapeutique  de  L.  Longuet). T/ièse 'de  Paris,  ^ 

(5)  Dans  un  troisième  cas  de  hernie  appendiculaire 
Longuet  lit  une  simple  cure  radicale,  avec  refoulement  de  1 
dice  sans  appendicectomie.  La  guérison  fut  prompte,  mai*  u 
meilleure  que  dans  les  deux  cas  précédents. 

(6)  Voir  A.  Briger,  Hernies  de  l’appendice  :  Arch.  far  A'»'* 
Chirurgie,  XLV,  4,  1893. 

Dans  ce  mémoire,  on  trouve  22  observations  de  hernies  de 
pendice,  plus  2  cas  personnels  provenant  de  la  clinique  de 

Dans  six  de  ces  cas,  l’appendice  était  irréductible, 

Dans  15  cas,  la  hernie  était  étranglée,  et  on  dû  enlever  1 
dice.  En  dehors  de  l'éventualité  d’étranglement,  l'auteur  ne  P 
nise  l’appendicectomie  que  si  l’organe  présente  quelque  tracé 
tération. 


J 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


243 


R  ^Appendicectomies  complémentaires  de  laparo-cœlioto- 
Jes  pour  affection  (jynécolpoique.  -  Obs.  1  (Longuet  1902). 
aiiningite  bilatérale  a  prédominance  droite.  —  Salpmgec- 
mip  droite.  —  Ablation  de  l’appendice  sain.  —  Guérison.— 
i?®  ti  (Longnet  1903).  Fibrome  utérin.  —  Hystérectomie 
BHnminale  subtotale.  —  Ablation de  l’appendice  sain.—  Gué- 
_  Obs.  111  (Lejars  1905).  Fibrome  utérin.  —  Hysté- 
IIpKimie  abdominale  snbtotale.  —  Appendicectomie  de  l’ap- 
^ndice sain. —Obs.  IV  (Longuet,  1905).  Fibrome  utérin.— 
Hystérectomie  abdominale  subtotale.  —  Appendicectomie. 

C  —  A  ppendicectomie  complémentaire  d’une  laparotomie  pour 
(gf^tipâlton  invétérée. —  Obs.  \.  (Longuet  1905).  (Guérison). 

n  _  Appendicectomie  complémentaire  d'une  néphrorraphie. — 
0bs‘.  1  (Longuet  1904).  (Guérison)  (1). 

—  Je  laisse  évidemment  de  côté  les  appendi¬ 
cectomies  co'ncomittantes  de  cures  radicales  de  hernie, 
faites  en  cas  d’étranglement  herniaire.  Dans  cette  éven¬ 
tualité,  il  n’est  plus,  en  effet,  question  d’appendice  sain. 
La  suppression  de  cet  organe  s’impose  sans  la  moin¬ 
dre  discussion. 

En  résumé,  ces  quelques  observations  suffisent  à  dé¬ 
montrer  à  l’évidence  que  l’appendicectomie  complé¬ 
mentaire  ne  fut  dans  aucun  cas  suivie  de  la  plus  légère 
iplication. 


«  bira-t-oi 


que  c( 


cette  maiKcuvre  a  l’inconvénient  de 


prolonger  l’opération  ?  Certes,  l’objection  n’est  pas  né¬ 
gligeable.  Il  est  clair  que  si  l’acte  opératoire  principal 
dure  lui-même  fort  longtemps,  il  faut  s’abstenir  de 
l’exérèse  supplémentaire  d’un  organe  sain.  Et  nous 
sommes  les  premiers  à  rejeter  l’appendicectomie  en 
toute  circonstance  où  il  convient  de  terminer  sans  re¬ 
tard,  au  plus  vite.  Mais  hormis  cette  éventualité  l’argu¬ 
ment  porte  à  faux.  Quoi  de  plus  simple  pour  un  chi¬ 
rurgien  expérimenté,  que  de  jeter  et  serrer  un  fil  sur  la 
base  de  l’appendice,  d’exciser  ce  diverticule,  d’en  en¬ 
fouir  le  pédicule  sous  quelques  points  de  suture,  d’en 
ligaturer,  puis  d’en  sectionner  le  méso;  c’est  affaire  d’un 
instant.  Cette  exécution  est  aussi  facile  que  la  confec¬ 
tion  hémostatique  d’un  gros  pédicule  quelconque.  Or 
ici, nous  sommes  toujours  en  face  d’un  organe  sain,  li- 
,  bre,  dépourvu  d’adhérences  pathologiques  ;  ce  qui  n’est 
point  le  cas  lorsqu’il  s’agit  d’appendicite  chronique 
et  surtout  d’appendicite  aiguë.  Concluons  donc  nette- 
oientque  l’appendicectomie  complémentaire  est  parfai¬ 
tement  bénigne,  au  double  point  de  vue  clinique  et 
Opératoire.  »  (Longuet  (2). 

i  II.  —  Innocuité  en  biologie  comparée. 

Ici  s  ouvre  une  discussion  pleined’intérôt  en  ce  qu’el- 
e  inet  en  face  deux  chirurgiens  biologistes  en  complet 
^esaccord  :  A.  — Pour  William  Mac-Ewen  (3)  ibOS, 
^Tpandiceciomie  préventive  est  illicite  parce  que  l’ap- 
Penuice,  organe  noble,  est  de  grande  valeur  locale  par 
ç  M°nctions  digestives,  qu’il  doit  à  sa  riche  flore  mi- 
1  inj  de  haute  valeur  générale  par  la  sécrétion 

tlo^*^D  siège  au  niveau  de  ses  follicules 

I  rai*  Plaçons-le  désormais  à  côté  de  la  thyroïde,  de  la 
dect  •  ^  du  testicule.  Et  pas  plus  que  la  thyroï- 

rari°^**^  totale,  pas  plus  que  la  splénectomie,  que  l’o- 
totale,  que  la  castration  radicale,  l’appen- 

^^tres  observations  de  Longuet  seront  publiés  ullérieu- 

%  La’ 


de  Longuet  pour  appendieeetomii 
déeriiî°"  suppurée  (appendicite  refroidie,  appendice 


d  ap- 

""(‘"‘'cacement.  Biologbpiement  elle  c 

submédiane  droite-,  en  excision  de  l’appendice  et  de 
^ment  lei  après  ligature-suture  préalable  :  en  enfouis- 

(3  tViL,  forcipressure,  sans  thermocautérisalion. 

M.ac-Ewen  — The  cana.iian  practitioner  and  re 


dicectomie  n’est  acceptable  entant  que  méthode  géné¬ 
rale  quand  le  vermium  est  sain.  Au  reste,  certaines 
vérifications  expérimentales  parlent  en  faveur  de  cette 
manière  de  voir.  »  Ainsi  chez  le  lapin,  dit  Charrin  (1) 
les  dimensions  relativement  considérables  de  cet  or¬ 
gane,  sa  structure  si  particulièrement  lymphoïde  qui 
nettement  le  distinguent  du  cæcum,  ses  réactions  capa¬ 
bles  de  localiser  sur  ses  parois  des  virus  spéciaux,  au¬ 
trement  dit  de  multiples  facteurs  portent  à  penser  que, 
du  moins  chez  cet  animal,  son  rôle  n’est  pas  sans  va¬ 
leur.  Des  expériences  encore  bien  insuffisantes  parais¬ 
sent  attester  que  la  croissance  affecte  quelques  rap¬ 
ports  avec  l’intégrité  appendiculaire.» 

B.  —  Pour  Longuet  (2)  1905,  l'appendicectomie 
préventive  est  au  contraire  permise,  car  l’appendice 
est  un  organe  inutile,  sans  valeur  biologique  apprécia¬ 
ble,  sans  autre  signification  que  celle  d’un  viscère  en 
voie  d’involution  régressive. 

1“  Sa  valeur  biologique  est  négligeable.  —  Voyons 
d’abord  le  rôle  digestif.  Pour  Mac-Èwen,  l’action  di¬ 
gestive  est  lé  fait  des  microorganismes  de  l’appendice, 
véritable  tube  de  culture  humaine.  Certes,  les  bacté¬ 
ries  intestinales  engendrent  des  fermentations  multiples 
et  complexes,  grâce  à  leur  extrême  richesse  quantita¬ 
tive  et  qualitative  bien  étudiée  parle  professeur  Roger, 
par  Vignal  et  par  d’autres.  Mais  ces  fermentations  sont 
lentes, tardives,  capricieuses.  Elles  surviennent  à  l’heure 
où  les  sucs  digestifs  ont  déjà  par  leur  seule  action,  ter¬ 
miné  le  travail  de  la  liquéfaction  préliminaire  de  l’ab¬ 
sorption.  Etpuisla  digestion  peut  se  faire  normalement 
en  l’absence  de  microbes.  Maintenons  pendant  quel¬ 
ques  jours  des  cobayes  nouveau-nés,  extraits  par  opé¬ 
ration  césarienne,  en  milieu  stérilisé,  respirant  de  l’air 
stérilisé,  prenant  du  lait  stérilisé,  et  nous  ne  constate¬ 
rons  aucun  dépérissement,  aucun  trouble  fonctionnel 
de  l’intestin.  Tel  est  le  rôle  réellement  effacé  des  innom¬ 
brables  bactéries  du  long  tube  digestif.  Que  signifie  dès 
lors  la  fonction  digestive  encore  plus  rudimentaire  de 
la  flore  appendiculaire  ?  N’est-elle  point  insignifiante  ? 
Admettons,  au  contraire,  qu’elle  joue  ou  du  moins 
qu’elle  peut  jouer  ici,  dans  ce  milieu  stagnant,  dans 
cette  «  fistule  borgne  interne  »  (3),  un  rôle  parfois  nui¬ 
sible,  et  nous  serons  plus  près  de  la  réalité.  Yeut-on 
maintenant  mettre  en  évidence  la  valeur  quantitative 
et  qualitative  des  sucs  digestifs  sécrétés  par  les  nom¬ 
breuses  glandes  de  la  muqueuse  appendiculaire  ?  Mais 
qu’est  ce  nombre  de  glandes,  si  non  infime  en  compa¬ 
raison  de  celui  des  autres  glandes  similaires  du  même 
type  Lieberkuhn  laissées  dans  la  muqueuse  du  grêle 
et  des  colons  après  la  suppression  opératoire  du  ver¬ 
mium  1  Passons  an  deuxième  argument  biologique,  sur 
lequel  Mac-Ewen  appuie  sa  thèse  :  L’appendice  serait 
utile  par  la  sécrétion  interne  dont  il  est  le  siège  au  ni¬ 
veau  de  ses  follicules  clos.  Or,  nos  expériences  com¬ 
mencées  avec  Longuet,  démontrent  au  contraire  que 
môme  chez  le  lapin  où  le  diverticule  appendiculaire  est 
comme  chez  les  herbivores,  en  son  plein  développe¬ 
ment,  en  son  complet  épanouissement,  l’exérèse  de  ce 
viscère  n’apporte  aucune  perturbation  dans  la  crois¬ 
sance.  L’effet  est  nul  sur  la  nutrition  générale,  si  l’in¬ 
tervention  est  réalisée  sans  la  moindre  contamination  : 


(1)  Charrin.  —  Les  interventions  eliirurgicales  en  face  des  nou¬ 
velles  données  do  la  physiologie  et  de  la  pathogénie  générale  :  Se¬ 
maine  medicale,  n*  6  Février  1905. 

(2)  La  fliscussiori  ([ui  suit  est  le  résumé  d’une  opinion  pro¬ 
fessée  dans  plusieurs  cours  de  1002, 1904,  1905. 

l'-i)  Expression  du  professeur  Reclus, 


244 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


résultat  difficile  à  atteindre  chez  ces  animaux.  Nous 
avons,  dans  nos  opérations,  pris  soin  de  choisir  des 
lapins  jeunes,  en  pleine  phase  progressive.  Le  pesage, 
mois  par  mois,  nous  a  prouvé  qu’ils  ont  continué  à 
prospérer.  Une  femelle  a  même  mis  bas  après  l'inter¬ 
vention,  sans  que  cet  acte  opératoire  ait  troublé  chez 
elle  le  cours  normal  de  la  grossesse,  fait  qui  mérite 
d’être  mentionné.  Et  puis  les  cliniciens  auraieut-ils  pu 
jusqu’ici  méconnaître  l’influence  dystrophique , des 
innombrables  appendicectomies  pratiquées  sur  déjeu¬ 
nes  enfants,  si  le  rôle  trophique  de  ce  diverticule  était 
au  moins  de  quelque  importance. 

J’ajoute  maintenant  qu’une  si  haute  fonction  nutri¬ 
tive  générale  se  concilie  mal  avec  ce  fait  que  nous 
avons  opératoirement  vérifié  après  beaucoup  d’autres, 
à  savoir,  que  l’absence  d’appendice  est  chose  fréquente 
dans  la  série  animale.  Il  en  est  ainsi.chezquclquessin- 
ges,  chez  le  rat  blanc,  et  cependant  les  singes  dont  il 
s’agit  occupent  un  rang  hiérarchique  déjà  élevé  dans 
l’échelle  des  êtres  organisés.  Or,  ces  animaux  avermi- 
culés  poussent,  croissent  aussi  bien  que  les  vermiculés. 
Yoilàpourquoi  le  rôle  trophique  do  l’appendice  comme 
d’ailleurs  son  rôle  digestif,  nous  semble  d’importance 
secondaire  ;  pourquoi  la  conception  de  Mac  Ewen  chan¬ 
celle  sur  ses  bases. 

2"  Donc, pour  Longuet, la  biologique  de  V ap¬ 

pendice  est  sinon  complètement  riulle,  du  moins  cU- 
niquenient  et  opératoirement  négligeable.  Il  est  de 
ceux  quiconsidèrent  le  vermium  comme  un  viscère  en 
voie  d’évolution  régressive.  De  ceci  voici  tout  un  fais¬ 
ceau  de  preuves  assemblées  par  lui. 

d.  —  L’on  sait  que  pour  Melchnikow,  il  est  dans 
lade.stinée  du  côlon  de  l’égresser,  de  s’atrophier,  de  dis¬ 
paraître.  Or,  qu’est-ce  que  l’appendice  sinon  un  diverti¬ 
cule  du  côlon,  une  sorte  d’annexe,  d’ampoule  diverticu- 
laire  lubuiisée  ?  On  connaît  son  apparition  embryolo¬ 
gique  sous  forme  d’un  conduit  borgne  interne  au  ni¬ 
veau  de  la  branche  ascendante  de  l’anse  ombilicale. 
Dès  lors  si  la  conception  de  Metchnikow  est  vraie  pour 
le  gros  intestin,  pourquoi  ne  point  l’appliquer  au  diver¬ 
ticule  du  colon,  à  ce  «  cæcum  du  cæcum  »  ?  i  l  ).  B.  — 
Et  puis  les  stigmates  de  régression  sont  beaucoup  plus 
nets  au  niveau  du  vermium  qu’au  niveau  du  côlon.  11 
ne  s’agit  pas  ici  de  conception,  mais  de  faits  patents, 
fîicités  à  saisir,  à  interpréter  si  l’on  s’applique  à  les  dé¬ 
pister.  Il  suffit  d  examiner  attentivement  à  l’œil  nu, 
puis  au  microscope  un  certain  nombre  d’appendices 
de  tout  âge  pour  être  fixé  sur  cette  assertion.  C.  — 
L'atrophie  macroscopique  est  loin  d’être  rare.  Nom¬ 
breux  sont  chez  l'homme  les  cas  où  l’appendice  est  trouvé 
de  dimension  minuscule,  petit,  grêle,  court.  Dans  une 
opération  récente  l.onguet  constatait  avec  MM .  Stiider 
etDevignevieille  ùn  appendice  réduit  au  diamètre  de  3 
raillim.  sur  son  trajet  et  à  5  centimètres  sur  la  longueur 
avec  oblitération  complète  de  la  lumière  centrale.  On 
eût  dit  un  fragment  de  canal  déférent.  La  malade  n’a¬ 
vait  que  48  ans.  Et  de  ces  faits  se  rapprochent  d’autres 
plus  rares  consistant  en  réduction  de  l’organe  à  un  pe¬ 
tit  moignon  tuberculairc  (casde  Merlingi  ou  en  absence 
totale  de  vermium  icas  de  Fergusson)  (2).  Ici  nous 
voici  au  dernier  terme  de  l’atrophie.  D-  —  L'atrophie 
microscopique  est  plus  fréquente  encore.  Elle  porte 


(1  CoU*  lieiireiise  expression  est  du  professeur  Reclus. 
r>)  .Ajoutons  les  cas  similaires  de  Bolii  (de  New- York'  ;  Med  Rc 
curd.  p.  498,  2  avril  1898,  de  Quknü-Piquant  :  Bulletin  de  la  Société 
anatomique.  \b  juin '  1909  ;  de  Sr.HlunDE  II.  :  in  V'irc//oii’’i  Archif, 
V.  177,  II,  150,  1904. 


sur  la  muqueuse,  sur  ses  annexes  glandulaires,  surin 
musculaire.  La  muqueuse,  très  précocement,  souvent! 
même  vers  la  fin  de  la  vie  embryonnaire,  s'amincit,  p>.. 
lit,  s’effrite,  s’érode  pai-  plapes.  Ainsi  se  trouve  favorisé! 
avec  peut-être  l’aide  accessoire  des  bactéries,  un  mé¬ 
canisme  d’oblitération  de  la  lumière,  par  eoalescenc*! 
d’îlots  dénudés  situés  les  uns  en  face  des  autres.  Et 
si  cetle  oblitération  est  irrégulière,  partielle,  capricieuse, 
elle  s’accentue  avec  l’àge,  à  ce  point  que  Longuet  », 

poTistalp  p.hpy  lo  vioülarfl  un  nas.  d’aillenrs  assp*  fri 


constaté  chez  le  vieillard  un  cas,  d’ailleurs  assez  fré¬ 
quent,  d’absence  complète  du  canal vermien  li  résul¬ 
tant  sans  doute  du  processus  que  nous  venons  d’indi¬ 
quer.  A  l’examen  histologique,  notre  maître  a  remar¬ 
qué  qu’avec  l’àge,  les  glandes  Lieberkuhnaires  de  l'ap¬ 
pendice  se  modifient  dans  leur  aspect,  dans  leur  forme, 
se  rétrécissent  dans  leurs  dimensions,  s’estampent 
dans  leurs  contours  ;  bref,  manifestent  des  signes  cer¬ 
tains  de  régression.  Et  les  follicules  clos  subissent  la 
môme  évolution.  Rostovtzev  (2)  les  a  trouvés  chez  les 
jeunes  sujets  disséminés  sous  forme  de  nodules  arron¬ 
dis,  de  1/2  à  1  millimètre  de  diamètre,  faisant  saillir  la 
muqueuse  à  laquelle  ils  impriment  un  contour  légère^ 
ment  festonné.  Mais  après  20,  30  ans,  Ribbert  et  Stei- 
ner  (3j  ont  constaté  l’aplatissement  de  ces  follicules  en¬ 
traînant  comme  conséquence  sur  la  muqueuse  unre 
bord  plus  régulier,  plus  géométriquement  cerclé.  Lj 
musculeuse  elle-même  n’échappe  point  à  cette  évola- 
tion.  Longuet  a  vu  celte  tunique  fibrosée,  fibroïdale 
chez  quelques  adultes,  le  tissu  scléreux  faisant  place! 
la  disparition  progressive  des  fibres  musculaires  lis- 


En  résumé,  notre  conception  repose  sur  des  conslâ* 
tâtions  macroscopiques  et  microscopiques  aussi  nom¬ 
breuses  qu’indiscutables.  Elle  va  nettement  à  l’encon¬ 
tre  de  celle  de  Mac  Ewen.  Elle  corrobore,  elle  appuie, 
elle  fortifie  celle  de  Meichnikoff  sur  la  signification  d« 
côlons.  Il  semble  même  que  dans  tout  le  segment  ter¬ 
minal  de  l’intestin,  c’est  le  vermium  qui  le  prenne/ 
donne  le  signal  parfois  très  précoce,  presque  congéni¬ 
tal  (lu  processus  régressif  après  le  diverticule  de  Mecket 
Et  cette  tendance  évolutive  spontanée  vers  l’atrophif 
m’a  conduit  à  commencer  une  série  d’expériences  inté 
cessantes  pour  savoir  si,  par  hérédité,  nous  ne  pouf' 
rions  parvenir  à  hâter,  à  accélérer,  à  fi.xer,  à  provo¬ 
quer  et  exagérer  l’évolution  régressive  du  vermium- 
déjà  amorcée  par  la  Nature.  Il  n’est  pas  irrationnel  u/ 
chercher  à  réaliser  expérimentalement  cette  disparj' 
tion  du  vermium  par  appendicectomies  répétées  en  of 
ries  successives  chez  des  êtres  consauguins  issus  duo* 
même  souche.  Peut-être  arrivera-t-on  ainsi  à  obtenif- 
après  de  multiples  générations,  la  suppression  famih*^ 
définitive  de  l'appendice.  Quoi  qu’il  en  soit,  la  cho?' 
vaut  d’être  expérimentée  longuement,  et  l’expérinie®^ 
tation,  sans  nous  permettre  de  conclure  de  l’aniinU' 
l’homme,  peut  cependant  donner  des  résultats  imp®' 
tants  dans  la  solution  de  cet  intéressant  problèm®- 
(.1  suivre) 


'4)  L'ohliU-ralion  venuiculiiire  est  consignée  dans  43,3  poof  - 


(2)  Rostov/.ev.  —  La  pérityphilile  (en  Russie).  Saint- PétersISn 
1903,  elSemame  médicale,  yi.  283,  1903. 

(3)  Ribbeht  et  Steinkk.  —  Même  indication. 


0- 


NARCYL  GRÉMY  médicament  spécj^ 
que  de  la  toux,  spécialement  de  la  toux  des 
berculeux.  ^ 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


245 


CLINIQUE  THÉRAPEUTIQUE 

Cinq  cas  de  gommes  traitées  par  le  levurargyre  ; 

Par  les  D"  JULLIEN  et  STASSANO. 

La  jeunesse  de  la  grande  majorité  des  malades  de 
l’intirmerie  de  Saint-Lazare  fait  que  les  observations 
de  syphilis  tertiaire  y  sont  rares.  Aussi  ne  possédons- 
nous  qu’un  nombre  restreint  de  gommes  traitées  par  la 
nucléo-protéide  mercurielle  désignée  sous  le  nom  de 
levurargyre,  dont  nous  avons  entrepris  l’étude  théra¬ 
peutique  depuis  plus  de  deux  ans. Au  contraire, les  cas 
de  syphilis  débutante  soumis  à  ce  composé  organo- 
métallique,  secliiffrent  déjà  par  plusieurs  centaines;  nous 
y  reviendrons  plus  tard.  En  attendant, nous  croyons  in¬ 
téresser  la  Société  de  médecine  de  Paris  en  rapportant 
ici  quelques  observations  particulièrement  démonstra¬ 
tives  relatives  à  l’action  du  levurargyre  sur  le  tertia¬ 
risme. 

pe  Observation.  —  La  fille  K...  a  pris  la  syphilis  à  la  fin  de  | 
19ül.  Elle  fut  traitée  alors  à  l’infirmerie  de  Saint-Lazare  et 
reçut  dans  une  première  période  30  injections  deOgr.  015 
milligrammes  de  biiodure. 

Elle  rentra  trois  ans  après  ;  quel  traitement  avait-elle  suivi 
pendant  ce  temps  ?  Probablement  aucun.  Elle  déclare  cepen¬ 
dant  qu’elle  ne  cessa  de  souffrir  d’ulcérations,  apparues  déjà 
lors  de  son  premier  séjour,  sur  la  jambe  gauche  et  qui  avaient 
à  ce  moment  été  mise  sur  le  compte  d’un  ecthyma  scabieux. 
Quelle  que  soit  l’influence  fâcheuse  que  peut  avoir  la  syphilis 
sur  la  gale,  il  serait  difficile  d’admettre  une  durée  semblable 
pour  des  éléments  dus  simplement  â  l’acarus;  et  nous  nous 
trouvons  amenés  à  conclure  qu’il  s'agissait  probablement  de 
gommes  précoces  ulcérées.  L’aspect  des  cicatrices  dont  la 
jambe  est  couturée  est  d’ailleurs  en  faveur  de  cette  interpré¬ 
tation. 

Quoi  qu’il  en  soit,  le  squelette  de  la  jambe  droite  présen¬ 
tait  à  cette  époque  de  graves  lésions  que  la  radiographie  a 
bien  mises  en  évidence  :  au  niveau  de  la  face  interne  du  tibia, 
à  sa  partie  moyenne,  on  percevait  une  hyperostose,  saillante 
au  point  d’être  très  visible  à  l’œil  et  de  soulever  la  peau. 

Le  tissu  cellulaire  présentait  un  certain  œdème  avec  rou¬ 
geur  et  la  malade  accusait  de  vives  douleurs  accentuées  sur¬ 
tout  la  nuit  ;  ces  douleurs  étaient  même  le  phénomène  le 
plus  caractéristique  et  constituaient  un  état  de  vie  intoléra¬ 
ble. 

Sur  la  jambe  gauche,  au  milieu  des  cicatrices  anciennes 
dont  nous  avons  parlé,  se  montraient  des  lésions  d'ulcéra¬ 
tions  en  activité. 

C'est  dans  ces  conditions  que  fut  commencé  le  traitement 
par  le  levurargyre  ;  45  injections  de  10  cent,  cubes  chacune 
furent  pratiquées  ;  quotidiennes  au  début,  plus  espacées,  un 
jour  sur  deux  seulement,  à  la  fin. 

L’amélioration  fut  d’abord  très  rapide  ;  au  bout  de  dix 
jours,  le  soulagement  était  presque  complet  et  les  ulcérations 
en  bonne  voie  de  cicatrisation,  mais  la  guérison  complète  de- 
'ait  se  faire,par  contre,  avec  une  certaine  lenteur. 

U'  Observation.  —  Le  moulage  que  nous  avons  l’honneur 
de  présenter  à  la  Société, et  qui  est  dû  à  M.Jumelin, représente 
une  gomme  ulcérée  de  la  langue. 

‘^uj'oname  G...  entra  une  première  fois  à  l’infirmerie  le  5 
octobre  1897,  à  l’âge  de  ’O  ans  et  demi,  avec  une  syphilis  ca- 
•uctérisée  par  une  roséole  qui  était  alors  de  seconde  poussée 
^ementsagminés,  groupés  surtout  aux  hanches  et  aux  lom- 
oos,  avec  gros  groupes  violacés).  Cinq  injections  de  calomel 
ui  furent  données  ;  elle  quitta  l'hôpital  bien  guérie,  le  2'2 
février  1898. 

ttrft  •  ouoore  un  séjour  deux  mois  plus  tard,  pour  une 
de  courte  durée  ;  enfin,  le  23  mars  1900,  nouvelle 
,  tee  pour  des  chancres  mous  accompagnés  de  bubons,  qui 
retinrent  jusqu’au  21  mai. 

-  ous  ne  devions  la  revoir  que  beaucoup  plus  lard,  à  l'âge 


de  28  ans, le  21  octobre  1905  ;  atteinte  alors  des  accidents  don 
il  va  être  question. 

La  peau  présente. à  cette  date,  au  niveau  des  lombes,de  très 
nombreuses  cicatrices  datant  de  la  première  éruption  syph 
ii  tique.  11  est  visible  par  là  que  l’exanthème  a  fortement  en¬ 
tamé  l'épaisseur  du  tissu  dermique  qui  porte  l’empreinte  et 
comme  le  dessin  de  chaque  élément  papuleux. 

Rien  à  l'anus  et  aux  parties  génitales. 

A  la  lèvre  inférieure, on  voit  des  cicatrices  irrégulières, pro¬ 
venant  de  gommes  soignées  il  y  a  deux  mois  et  actuellement 
guéries.  Mais  presque  en  même  temps,  s'étaient  montrés  des 
accidents  du  côté  de  la  langue. 

Ils  siègent  sur  la  moitié  droite,  à  peu  près  tout  entière  ma¬ 
lade,  alors  que  la  moitié  gauche  est  parfaitement  saine  ;  les 
deux  tiers  antérieurs  de  l'organe  sont  gonflés  de  ce  côté,  pré¬ 
sentent  une  épaisseur  de  4  à  5  centimètres,  leur  couleur  est 
d’un  rouge  ardent,  violacé  sur  certains  points,  depuis  qu'on 
les  a  débarrassés  d’un  enduit  blanchâtre,  épais,  qui  les  revê¬ 
tait. 

Deux  perforations  existent,  approximativement  delà  gran¬ 
deur  d'une  pièce  de  0.20  cent.. mais  irrégulières  et  découpées, 
aboutissant  à  une  ulcération  cratériforme  qui  laisse  voir  un 
fond  jaunâtre,  chair  de  morue,  bourbillonneux.  Ces  perfora¬ 
tions  sont  situées,  l’une  à  la  limite  supérieure  et  interne  de 
1  a  lésion,  piès  du  raphé,  l'autre  non  loin  du  bord  externe. 
Ces  deux  cratères  laissent  sourdre  une  suppuration  cons¬ 
tante.  Le  bord  de  la  langue  est  irrégularisé  par  une  protru¬ 
sion  du  tissu  infiltré  formant  comme  une  sorte  d’excrois¬ 
sance  sur  ce  bord.  Les  mouvements  sont  fort  gênés  :  grande 
difficulté  pour  avaler  et  presque  impossibilité  de  parler,  l’as 
de  ganglions.  Rate  normale,  .àucun  trouble  du  côté  des  ré¬ 
flexes.  Poids  48  k.  500. 

Vu  la  gravité  du  cas,  le  traitement  au  levurargyre  fut,  au 
début,  exceptionnellement  intense. 

Le  25  octobre,  injection  massive  de  100  cent,  cubes  de  la 
solution  de  levurargyre  à  1  p.  100.  Le  liquide  fut  injecté  dans 
la  cuisse,  suivant  la  technique  usitée  pour  les  injections  de 
sérum,  et  Lien  toléré. 

Deux  nouvelles  injections  de  quantité  égale  furent  répétées 
le  27  et  le  30  octobre. 

L’amélioration  fut  très  prompte  ;  le  4  novembre,  nous  no¬ 
tions  une  guérison  presque  complète,  et  dès  lors  furent  dimi¬ 
nuées  les  doses  pour  un  traitement  que  nous  devions  prolon¬ 
ger  encore  afln  de  le  rendre  suffisant.  Du  2  au  20  novembre, 
la  malade  reçut  encore  neuf  doses  de  20  cent,  cubes  de  ce 
produit  ;  on  continua  encore  jusqu'au  3  décembre  en  injec¬ 
tant  seulement  10  cent,  cubes,  3  fois  par  .semaine,  ce  qui  est 
la  quantité  que  nous  employons  habituellement. 

On  peut  calculer  la  dose  de  métal  administré  en  se  basant 
sur  ce  fait  que  lèOgranimt^sdela  solution  contiennent  envi¬ 
ron  0.015  milligrammes  de  mercure. 

Quand  le  3  décembre,la  malade  nous  quitta, la  langue  était 
depuis  longtemps  déjà  revenue  presque  complètement  à 
l'état  normal, sauf  la  persistance  d’une  légère  induration  au 
niveau  de  l’ulcère  gommeux.  Comme  apparence,  comme 
mobilité,  comme  coloration,  elle  ne  différait  en  rien  d’une 
langue  saine. 

Ce  résultat  peut  êtreconsidérécomme  très  satisfaisant,  car, 
en  somme,  par  les  trois  premières  injections  qui  amenèrent 
en  8  jours  la  guérison  presque  complète  delà  langue,  malgré 
le  volume  considérable  de  ces  injections,  le  malade  ne  yeçut 
que  5  à  6  centigrammes  de  mercure  métallique. 

Cependant  une  observation,  que  l’un  de  nous  a  suivie 
dans  le  service  du  I)'  Babinski  à  la  Pitié  (1),  nous  ap¬ 
prend  que,  lorsqu'il  s’agit  du  produit  qui  nous  occupe, 
cette  quantité  do  mercure  métal,  bien  que  déjà  assez 
faible,  est  de  beaucoup  supérieure  à  la  dose  dont  on  a 
besoin  pour  guérir  aussi  rapidemeut  des  lésions  aussi 
graves,  sinon  davantage. 


fl)  .le  suif»  heureux  de  remercier  ici  M.  le  D"  Babiunki  de  la  large 
hospitalité  (lu'il  m  a  donnée  dans  son  service,  pour  les  essais  du  le- 
vurargyre  llenri  St.issaxo. 


246 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


,1 


Cette  observation  est  particulièrement  intéressante 
parce  que  c’est  sur  la  même  personne  que  l’on  a  vu,  à 
deux  reprises  diflérentes:  les  doses  massives  delevurar- 
gyre,  d'abord,  les  doses  faibles  du  même  produit,  en¬ 
suite,  exercer  la  même  action  salutaire  aussi  prom¬ 
ptement  et  peut-être  plus  promptement  dans  le  second 
cas,  le  cas  des  doses  faibles,  quoique  dans  cette  série 
d’injections  l’on  eût  à  combattre  des  lésions  plus  éten¬ 
dues  et  un  état  général  plus  grave  que  dans  la  première 
série  d’injections  massives. 

11  s’agit  d’une  femme  de  26  ans  dont  les  antécédents  syphi¬ 
litiques  ne  sont  pas  connus  ;  elle  est  mariée  depuis  six  ans  : 
a  eu  une  fausse  couche  :  son  mari  est  soigné  à  Saint-Louis. 

Elle  entre  une  première  fois,  en  juin  dernier,  à  la  Pitié, 
dans  le  service  du  D' Rénon  pour  des  ulcérations  du  voile  du 
palais.  Ces  lésions  évoluent,  pendant  et  malgré  le  traite¬ 
ment  mercuriel  qu’on  lui  pratique,  amenant  la  perte  de  la 
luette.  Le  traitement  consista  en 60 injections  quotidiennes 
de  benzoate  de  mercure,  suivies,  à  la  fin,  de  trois  injections 
d’huile  grise,  à  huit  jours  d’intervalle,  en  raison,  semhle-t-il, 
du  faible  résultat  obtenu  par  les  injections  quotidiennes. 

Enfin,  le  3  septembre,  la  malade  quelque  peu  améliorée 
quitte  l’hôpital,  mais  y  revient  un  mois  après,  et  entre  cette 
fois  dans  le  service  du  D'  Babinsky. 

Les  deu,x  dessins  en  couleurs  que  nous  joignons,  dus  à  M. 
Thévenot,  représentent  fidèlement  l’état  des  ulcérations  du 
voile  du  palais,  compliqué  d’ailleurs  d’un  certain  degré  de 
stomatite,  et  l’aspect  des  gommes  de  la  langue  que  portait  la 
malade  au  moment  où  elle  fut  soumise  à  la  première  série 
de  levurargyre. 

I.  —  Gomme  du  voile  du  palais  avec  destruction  complète 
de  la  partie  du  voile  entre  les  deux  piliers  antérieurs.  A  la 
place  du  voile  se  voit  maintenant  une  large  échancrure  en 
forme  d’angle  aigu  ouvrant  en  arrière,  le  vertex  répondant 
en  avant  au  bord  postérieur  de  la  voûte  palatine  sur  la  ligne 
médiane.  La  luette  n’existe  plus  ayant  été  détruite  avec  le 
voile.  Les  bords  de  l'ulcération  sont  nets,  taillés  à  pic,  sup¬ 
purants,  recouverts  d'un  enduit  jaunâtre. 

II.  —  Gomme  de  la  base  de  la  langue  ;  toute  la  moitié  pos¬ 
térieure  de  la  face  dorsale  de  la  langue  est  irrégularisée  par 
de  nombreuses  bosselures.  L  ne  ulcération  centrale  plus  im¬ 
portante,  arrondie,  de  la  dimension  d’une  pièce  de  51)  centi¬ 
mes.  Bords  taillés  à  pic,  fond  rouge.  Tout  autour,  petites  ul¬ 
cérations  grandes  comme  des  lentilles. 

Elle  reçoit  le  27  octobre  70  cent,  cubes  de  levurargyre. 

—  —  le  28  _  100  —  —  — 

—  —  le  31  —  100  -  —  — 

Elle  reçoit  le  3  novembre  50  cent,  cubes  de  levurargyre. 

—  —  le  7  —  100  -  -  — 

—  —  le  16  ^ —  50  —  —  — 

Dès  les  deux  premières  injections,  son  état  général,  très  dé¬ 
primé,  se  relève,  elle  recommence  à  s'alimenter,  et  les  acci¬ 
dents  gommeux  entrent  franchement  dans  la  voie  de  la  gué¬ 
rison,  qui  est  presque  complète  au  bout  d'un  mois.  Lors¬ 
qu’elle  quitte  le  service  de  son  initiative,  elle  s’engage  à  y  re¬ 
venir  une  fois  par  semaine  pour  les  injections  dont  elle  a  en¬ 
core  grand  besoin  ;  mais  la  malade  ne  revint  qu'une  seule 
fois. 

Comme  il  était  à  prévoir,  cette  guérison  si  rapidement  acquise 
et  non  consolidée  par  un  traitement  prolongé,  ne  se  maintint 
pas  ;  les  accidents  récidivèrent.  C’est  ainsi,  dans  un  état  d’ex¬ 
trême  faiblesse  et  de  grande  aggravation  que  la  malade  est 
reçue  de  nouveau  dans  le  service  du  D"'  Babinsky,  le  9  jan¬ 
vier  de  cette  année  :  grande  difficulté  de  la  phonation,  sons 
nasonnés  et  sourds,impossibilité  de  l’alimentation,  la  basede 
la  langue,  augmentée  de  volume, inhabile,  obstrue  l’entrée  du 
pharynx  aux  aliments  solides.  Les  liquides,  d’autre  part,  re-  ' 
Huent  par  les  fosses  nasales.  Enfin  on  note  une  surdité  très 
accusée  à  droite. 

A  l’examen  du  voUe,  on  remarque  l'existence,  de  chaque 
côté  de  réchancruredéjàdécrite.dedeux  gommes, du  volume, 
l’inférieure,  d’une  fève  ;  la  supérieure,  d’un  pois  ;  elles  appa¬ 


raissent  ulcérées,  jaunâtres  à  bords  surélevés.  Réunissant  les 
deux  lèvres  qui  limitent  la  fente,  l’on  aperçoit  un  petit  pont 
muqueux  en  arrière  du  palais  osseux,  encore  intact. 

Quant  à  la  langue,  de  la  base  à  la  pointe,  s’étend  une  ulcé¬ 
ration,  très  creuse  et  largement  étendue  en  arrière,  avec  des 
anfractuosités  muqueuses  et  musculaires.  Près  de  la  pointe, 
cette  ulcération  se  resserre  et  devient  moins  profonde,  et  ses 
bords  sont  plus  nettementdécoupés,  comme  par  un  bistouri. 

Une  infiltration  de  la  cornée  droite  accompagne  ceslésions 
et,  avec  l’état  général  cachectique  fait  mieux  ressortir  la  gra¬ 
vité  du  cas. 

La  malade  est  remise  au  traitement  du  levurargyre,  mais 
cette  seconde  fois,  par  des  injections  relativement  peu  massi¬ 
ves,  de  20  centimètres  cubes  chacune,  trois  par  semaine. 

Le  12  janvier,  elle  reçoit  la  première  injection,  et  déjà  le  14 
elle  peut  déglutir  et  s’alimenter.  La  grande  prostration  dispa¬ 
raît,  la  malade  quitte  bientôt  le  lit  et  le  18  elle  peut  se  rendre 
chez  le  mouleur.  Les  modèles  que  voici  représentent  ces  lé¬ 
sions  déjà  en  voied'amélioration.  Le  mieux  s’accentue  ;  à  par¬ 
tir  du  23,  les  liquides  ne  refluent  plus.  Cependant.Tinfiltration 
de  la  cornée,  au  lieu  de  s’amender  dès  les  premières  injections, 
semble  s’aggraver,  ce  n’est  que  huit  jours  plus  tard  qu’elle 
ressent  à  son  tour  l’effet  du  traitement  ;  la  vascularisation 
disparaît,  la  vue  redevient  presque  normale,  l’autre  œil 
reste  indemne. 

Le  2  février,  soit  vingt-deux  jours  après  le  début  du  traite¬ 
ment,  la  malade  est  examinée  par  àl.  Babinsky  ;  voici  ce 
qu’on  constate,  d’abord  l’observation  recueillie  par  M.  Le¬ 
moine,  interne  du  service. 

Au  niveau  du  i)alais,  de  petites  cicatrices  blanchâtres,  lisses 
à  forme  étoilée,  remplaçant  les  cavités  des  gommes  ulcé¬ 
rées. 

Sur  lalangue.il  n’existe  plus  qu’une  dépression  vers  le  tiers 
postérieur  ;  quant  aux  deux  tiers  antérieurs,  c’est  à  peine  si 
Ton  y  aperçoit  une  ligne  cicatricielle  blanchâtre. 

L’infiltration  de  la  cornée  est  en  complète  décroissance, 
elle  s'arrête  au  limbe  entre  9  heures  et  midi,  selon  le  langage 
des  oculistes. 

Cette  amélioration  déjà  notable  s’accroît  les  jours  suivants 
et  c’est  ainsi  presque  entièrement  guérie  que  la  malade  est 
montrée,  le  10  janvier,  aux  docteurs  Brocq,  Gaucher,'  Jullien 
et  Morax.  Malheureusement  trop  confiante,  elle  quitte  le  len¬ 
demain  le  service. 

Ce  quise  dégage  de  cette  dernière  et  double  observa¬ 
tion  corrobore  nos  deux  premières  ;  c’est  que  le  levu¬ 
rargyre  est  un  composé  mercuriel  très  actif  ;  les  injec¬ 
tions  de  20  centimètres  cubes  de  la  solution  à  Ip.  100, 
répétées  tous  les  deux  jours,  sont  suffisantes  pour  en¬ 
rayer  une  syphilis  môme  grave. 

Cela  conduit  à  penser,  nous  semble-t-il,  que  pour 
que  de  pareilles  doses  de  nucléo-protéide  mercurielle, 
renfermant  à  peine  trois  milligrammes  de  mercure, 
agissent  aussi  efficacement,  il  faut  que  le  métal  ait  ac¬ 
quis  dans  la  combinaison  nucléo-protéiqne  un  pouvoir 
qu’il  est  bien  loin  de  présenter  dans  ses  combinaisons 
organiques  et  salines  ordinaires.  On  sait,  en  effet,  que 
dans  ces  combinaisons  mômes  les  plus  actives,  le  pou¬ 
voir  thérapeutique  n’est  appréciable  que  lorsqu'elles 
contiennent  cinq  à  dix  fois  autant  de  mercure  métal. 

Cette  propriété  du  mercure,  appartenant  à  la  combi¬ 
naison  organique  du  levurargyre,  apparaît  encore  plus 
évidente  dans  les  deux  observations  suivantes  que  nous 
tenons  du  D"  II.  Iscovesco,  de  Paris.  A  la  demande  de 
l’un  de  nous,  le  ü'  Iscovesco  a  bien  voulu  essayer  le 
levurargyre  et  les  résultats  qu’il  a  obtenus  sont  tous 
aussi  satisfaisants  et  probants  que  ceux  que  nous  allons 
consigner  dans  cette  communication. 

SyphUome  cérébral. 

H.  G.,  42  ans,homme  robuste,  atteint  brusquement  le  6 no¬ 
vembre  dernier  d’hémiplégie  faciale  droite  ;  l’orblculaire  est 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


jg  la  paralysie  faciale  est  complète,  la  figure  est  tirée  à 
Luche.impossibilité  de  siffler.il  se  plaint  de  douleur  de  tête, 
vertige,  bourdonnement  de  l’oreille  droite. 

En  dehors  de  ces  signes,  on  constate  à  l’examen  :  inégalité 
pupillaire  et  une  parésie  très  nette  de  toute  la  moitié  droite 
du  corps. 

Pas  d’athérome  artériel  :  rien  au  cœur  ni  aux  autres  organes. 

Questionné,  le  malade  dit  avoir  eu,  15  ans  auparavant,  un 
chancre  mou,  qui  aurait  été  soigné  comme  tel,  par  un  traite¬ 
ment  uniquement  local,  chez  le  Professeur  Neumann,  de 
Vienne. 

Le  7  novembre,  c'est-à-dire  le  lendemain  de  l’apparition  de 
l’hémiplégie,  le  malade  est  mis  au  traitement  du  levurargyre 
par  injections  de  10  centimètres  cubes  chacune;  les  trois  pre¬ 
mières  injections  àun  jour  seulement  d’intervalle,  les  sui¬ 
vantes.  trois  par  semaine. 

Six  jours  après,  on  constate  déjà  une  amélioration  ;  dès  le 
20  novembre, le  malade  a  cessé  de  se  plaindre  de  vertige  et  de 
bourdonnements  de  l’oreille.  Le  20  novembre,  la  parésie  droite 
a  presque  complètement  disparu,  il  ne  reste  plus  qu’un  cer¬ 
tain  degré  d’inhabileté;  la  paralysie  faciale  est  très  améliorée; 
il  peut  fermer  à  moitié  l’œil  ;  le  22,  il  le  ferme  complètement  ; 
il  peut  éteindre  une  bougie.  LeD^  Berger,  qui  surveillait  les 
troubles  oculaires  du  malade,  a  pu  constater  à  son  tour  cette 
amélioration  si  rapide. 

Le  27  novembre,  soit 20 jours  après  le  début  du  traitement, 
le  malade  était  entièrement  guéri. 

Gomme  non  ulcérée  du  palais. 

Hommede  40  ans, atteint  de  syphilis  depuis  15  ans  (chancre 
induré,  et  depuis  ce  moment  plusieurs  accidents  traités  pres¬ 
que  toujours  par  des  injections  mercurielles).  11  s’est  surtout 
soigné  depuis  son  mariage  qui  date  de  2  a  ns.  Le  malade  vient 
d’avoir  un  enfant  né  syphilitique,  auquel  le  D'  Iscovesco  a 
donné  aussi  le  levurargyre  avec  un  très  bon  résultat. 

Le  malade  présente  au  niveau  de  la  partie  moyenne  de  la 
voûte  palatine,  du  côté  gauche,  une  tache  rouge.  Cette  tache 
fait  saillie  et  présente  une  sorte  de  cordon  rouge  ayant  les  mê¬ 
mes  caractères,qui  se  dirige  vers  le  voile  du  palais.  Le  malade 
accuse  une  certaine  sensibilité  osseuse  autour  de  ce  point. 

Comme  il  s’agissait  d’un  syphilitique  ayant  pr  ésenté  des 
accidents  nombreux  et  qui  venait  de  donner  le  jour  à  un  en¬ 
fant  en  pleine  évolution  syphilitique,  le  malade  fut  sans  re¬ 
tard  soumis  au  traitement  général  spécifique  par  le  levurar¬ 
gyre,  3  injections  de  10  cent,  cubes  chacune  par  semaine  ; 
aucun  traitement  local  ne  fut  tenté. 

Le  petit  accident  du  voile  du  palais  disparaît  très  rapide¬ 
ment  au  bout  d’une  dizaine  de  jours  et  aujourd'hui,  c'est-à- 
dire  trois  mois  environ  après, on  peut  constater  aisément  qu’à 
ia  place  de  la  petite  tache  rouge  signalée  plus  haut, se  trouve 
«ne  petite  cicatrice  ombiliquée  légèrement  étoilée,  preuve 
d’un  processus  régressif  qui  s  est  passé  dans  l’épaisseur  même 
de  la  voûte  palatine. 

L’est  ainsi  par  l’administration  de  4  à  5  milligrammes  par 
^maine  de  mercure  sous  forme  de  levurargyre,  quantité  plus 
delà  moitié  inférieure  aux  doses  auxquelles  nous-mêmes 
avons  eu  recours  dans  les  cas  graves, que  le  D'"  Iscovesco  a  pu 
*nreter  révolution  et  amener  si  rapidement  la  régression  du 
processus  gommeux,  tant  du  cerveau  que  du  voile  du  palais. 

Aussi  ces  dernières  obsei  vations  corroborent  et  ren- 
orcent  la  conclusion  qui  se  dégageait  des  premières, 
^«hautpouvoir  thérapeutique  du  mercure  à  l’état  de 
®|'®n*Baison  nucléo-proléique  en  résnlte  encore  mieux 


Chemins  de  fer  de  Pu  is  à  Lyon  et  à  la  Mediterranée. 

Exposition  Nationale  Coloniale  à  Marseille. 

«or  faciliter  aux  voyageurs  la  visite  de  l'Exposition  coloniale 


^  i  ‘‘  *voir  lieu  à  Marseille  d’avril  à  novembre  1906,  la  Com- 
L.  M.  délivrera  pour  Marseille,  dans  toutes  ses  gares, 
dividn  r"*  novembre  P.lOb,  des  billets  d’aller  et  retour  in- 
jt>tlr8°^  *  des  billets  de  famille,  à  prix  très  réduits,  valables  10 
nio»,»’.  faculté  de  prolongation  de  deux  t)ériodes  de  cinq  jours 
«tant  supplément. 


BULLETIN  DU  PROGRÈS  MÉDICAL 

L'hygiène  à  la  Chambre  des  députés  pendant  la 
dernière  législature. 

La  huitième  législature,  élue  depuis  la  mise  en  vi¬ 
gueur  de  la  Constitution  de  187.Ô,  a  voté  des  lois  impor¬ 
tantes  et  étudié  dans  ses  commissions  de  très  nombreu¬ 
ses  propositions  de  lois.  Le  travail  accompli  a  été  con¬ 
sidérable  et  les  résultats  acquis  dès  maintenant  sont 
dos  plus  heureux.  Si  l’on  examine  le  chemin  parcouru 
pendant  ces  quatre  dernières  années  au  seul  point  de 
vue  de  l’hygiène,  on  s’aperçoit  aussitôt  que  la  Cham¬ 
bre  actuelle  ne  le  cède  en  rien  à  ses  devancières  par 
son  souci  de  la  salubrité,  de  l’assainissement  et  par  son 
désir  de  réprimer  les  fraudes  et  les  falsifications  nou¬ 
velles  des  denrées  alimentaires. 

Les  progrès  accomplis  par  l’hygiène  ont  été  des 
plus  importants  ces  dernières  années.  Il  appartenait  au 
Parlement  de  formuler  dans  des  lois  nouvelles  les  don¬ 
nées  acquises  récemment  par  la  science.  Certes,  nous 
n’ignorons  pas  qu'une  loi  vaut  peu  de  chose  en  elle- 
même  et  que  c’est  surtout  l’opinion  publique  qu’il  faut 
éduquer.  Une  loi  que  celle-ci  n'accepterait  pas  serait 
à  coup  sûr  mort-née  et  sans  application  possible.  Il 
n'en  sera  pas  ainsi,  croyons-nous,  pour  les  lois  votées 
récemment,  car  de  toutes  parts  un  grand  mouvement 
se  fait  en  France  pour  répandre  dans  les  plus  petites 
bourgades  les  notions  d’hygiène  indispensable  que  nul 
individu  n'a  le  droit  d'ignorer  aujourd’hui. 

Un  certain  nombre  de  députés  ont  déposé  au  cours  de 
la  dernière  législature  des  propositions  de  lois  concer¬ 
nant  l'hygiène.  Nous  les  passerons  successivement  en 
revue  pour  étudier  ensuite  les  lois  qui  ont  été  promul¬ 
guées  par  le  Gouvernement.  Nous  ne  saurions  assez  fé¬ 
liciter  la  Commission  de  l'hygiène  publique  qui  s’est 
réunie  fréquemment  et  qui  a  discuté  plusieurs  rapports 
très  importants.  On  ne  voit  trop,  dans  le  public  et  dans 
la  presse,  que  les  discours  prononcés  à  la  tribune;  on 
ignore  le  travail  fait  silencieusement  dans  les  Commis¬ 
sions  par  des  rapporteurs  qui,  la  plupart  du  temps, font 
montre  d’une  science  réelle,  indiscutable  ;  il  n’est  que 
justice  que  nous  en  fassions  ici  le  témoignage  public. 

Le  27 novembre  1902,  la  Chambre  des  Députés  cons¬ 
titua  une  Commission  de  l'hygiène  'publique,  sous  la 
présidence  de  M.  Villejean  ;  elle  eut  à  étudier  une  pro¬ 
position  de  M.  E.  Chautemps  relative  à  la  révision  de 
la  législation  des  établissements  classés,  que  le  Conseil 
d’hygiène  et  de  salubrité  de  la  Seine  réclame  depuis 
de  longues  années  sur  le  rapport  de  M.  Bezançon;  un 
projet  de  résolution  de  M.  Paul  Constans  concernant  les 
casernes  malsaines;  un  autre  de  M.  Dubois  qui  aurait 
voulu  organiser  à  Paris  une  exposition  internationale 
et  des  Congrès  d'hygiène  en  1905;  ce  dernier  vœu  ne 
put  être  réalisé. M.  Lefas  demanda  la  révision  de  la  loi 
sur  la  protection  des  enfants  du  premier  âge.  M.  Flou- 
rens  proposa  d'accorder  des  primes  aux  villes  qui  crée¬ 
raient  des  dispensaires  anti-tuberculeux,  et  souhaita 
voir  transformer  en  hôpitaux  et  en  sanatoria  les  im¬ 
meubles  occupés  par  les  congrégations  non  autorisées. 


248 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


Telles  sont  les  principales  propositions  qu'eut  à  étu¬ 
dier  la  Commission.  Elle  discuta  en  outre  les  rapports 
suivants:  1“  Raftport  de  M.  Levraud  sur  la  proposition 
de  loi  adoptée  par  le  Sénat,  relative  à  l’application 
de  la  loi  du  15  février  1902  à  la  Ville  de  Paris  et  au  Dé¬ 
partement  de  la  Seine;  2”  Rapport  de  M.  Emile  Chau- 
temps  sur  la  proposition  tendant  à  la  révision  de  la  lé¬ 
gislation  des  établissements  dangereux,  insalubres  et 
incommodes.  3°  Rapport  deM.  Villejeansur  la  proposi¬ 
tion  de  loi  adoptée  parle  Sénat,  tendant  à  reconnaître 
d’utilité  publique  la  Société  scientifique  d'hygièné 
alimentaire  et  de  l’alimentation  rationnelle  de  l’homme. 
4"  Rapport  de  M.  Féron  sur  la  proposition  de  M. 
Cazeneuve  tendant  à  modifier  les  articles  20  et  25  de  la 
loi  du  15  février  1902  sur  la  protection  de  la  santé  pu¬ 
blique. 

Les  autres  commissions  de  la  Chambre  furent  éga¬ 
lement  saisies  de  propositions  relatives  à  l’hygiène. 
M  Deville  demanda  de  munir  d’une  sanction  la  loi  du 
10  juillet  1894  relative  à  l’assainissement  de  Paris  et 
delà  Seine  ,  et  M.  Cloarec,  chargé  de  rapporter  cette 
question,  conclut  favorablement  ;  on  sait  l'importance 
qu  elle  offre  pour  les  finances  de  Paris. 

M.  Albert  Sàrrault  proposa  d’assurer  l’assistance  à 
domicile  des  femmes  nécessiteuses  parvenues  au  terme 
de  leur  grossesse;  cette  question  préoccupe  justement 
les  hommes  d’j:.tat  et  les  sociologues. 

La  proposition  de  loi  de  M.  Jules  Siegfried  relative 
à  l’expropriation  pour  cause  d’iasalubrité  publique  a 
provoqué,  on  s’en  souvient,  des  débats  dans  la  presse 
politique  et  médicale  ;  elle  aura  une  réelle  influence 
dans  la  lutte  entreprise  de  toutes  parts  contre  la  tuber¬ 
culose. 

De  son  côté, la  Commission  de  l’agriculture, constituée 
le  25  novembre  1902,  étudia  divers  projets  importants 
que  nous  ne  saurions  passer  sous  silence.  Tout  d’abord 
un  proj  et  de  loi  relatif  à  l’assainissement  de  la  côte  orien¬ 
tale  de  la  Corse,  puis  un  projet  de  loi  adopté  par  le 
Sénat,  sur  l’exercice  de  la  médecine  vétérinaire.  M. 
Delory  déposa  une  proposition  ayant  pour  but  la  ré¬ 
pression  des  fraudes  dans  le  commerce  du  lait;  M. 
Cazeaux-Cazalet  s’attaqua  à  la  fabrication  des  vins  ar¬ 
tificiels  ;  MM.  Bartissol  et  Bonnevayà  celle  des  fraudes 
dans  la  vente  des  vins.  Citons  encore  un  projet  ten¬ 
dant  à  modifier  la  loi  du  IG  avril  1897  sur  la  répres¬ 
sion  de  la  fraude  dans  le  commerce  du  beurre  et  la  fabri¬ 
cation  de  la  margarine.  Elle  eut  enfin  à  suivre  les  dé¬ 
bats  de  la  loi  de  1905  sur  les  fraudes  alimentaires. 

Si  maintenant  nous  recherchons  plus  particulière¬ 
ment  les  lois  d’hygiène  promulguées  pendant  la  hui¬ 
tième  législature, nous  citerons  la  loi  du  11  juillet  1903, 
qui  modifie  la  loi  du  12  juin  1893  sur  l’hygiène  et  la 
sécurité  des  travailleurs  dans  les  établissements  indus¬ 
triels. 

Cette  loi  contenait  les  dispositifs  suivants: 

«  Sont  soumis  aux  dispositions  de  la  présente  loi  les 
f  manufactures,  fabriques,  usines,  chantiers,  ateliers,  labo- 
<■  ratoires,  cuisines,  caves  et  chais,  magasins,  boutiques,  bu- 
'<  reaux  et  entreprises  de  chargement  et  de  déchargement  et 
«  leurs  dépendances,  de  quelque  nature  que  ce  soit,  publics, 
'i  privés,  laïques  ou  religieux,  même  lorsque  ces  établisse- 


«  ments  ont  un  caractère  d’enseignement  professionnel  ou  de 
«  bienfaisance: 

«  Les  dispositions  qui  précèdent  sont  applicables  aux  théâ- 
«  très,  cirques  et  autres  établissements  similaires  où  il  est 
«  fait  emploi  d’appareils  mécaniques.  » 

Cette  loi  a  été  complétée  par  le  décret  du  27  mars 
1904  fixant  la  nomenclature  des  établissements  de 
l'Etat  où  la  sanction  de  la  loi  concernant  l’hygiène  et 
la  sécurité  des  travailleurs  est  exclusivement  confiée 
aux  agents  désignés  par  les  ministres  de  la  guerre  et 
de  la  marine,  et  celui  du  28  juillet  1904  portant  règle¬ 
ment  d’administration  publique  en  ce  qui  concerne  le 
couchage  du  personnel  dans  les  établissements  indus¬ 
triels  et  commerciaux.  Ici,  il  faut  regretter  que  le  cou¬ 
chage  des  ouvriers  et  employés  relève  des  attributions 
de  l’Inspection  du  Travail  mal  outillée,  au  lieu  de  de¬ 
meurer  confié  aux  maires,  ainsi  que  le  décide  pour  tous 
les  autres  logements  la  loi  du  15  février  1902  sur  la 
santé  publique. 

Cette  dernière  a  été  heureusement  complétée;  Le 
Parlement  a  décidé  que  chaque  commission  sanitaire 
de  circonscription  serait  composée  dorénavant  de  cinq 
membres  au  moins  et  de  neuf  au  plus,  pris  dans  la  cir¬ 
conscription,  et  qu’elle  comprendrait  nécessairement  un 
conseiller  général  élu  par  ses  collègues,  un  médecin, 
un  pharmacien,  un  vétérinaire  au  moins,  un  architecte 
ou  un  technicien  d’une  compétence  analogue.  Il  était 
décidé  en  outre  que  le  Comité  consultatif  d  hygiène  pu¬ 
blique  de  France  (désormais  Conseil  supérieur)  aurait 
comme  membres  de  droit  les  professeurs  d’hygiène  des 
Facultés  de  médecine  de  Paris,  Lyon,  Bordeaux,  Lille, 
Nancy,  Toulouse,  Montpellier  et  le  professeur  d’hy¬ 
giène  des  écoles  de  médecine  et  de  pharmacie  de  plein 
exercice  de  Marseille  et  de  Nantes. 

Le  Conseil  supérieur  d’hygiène  pnblique  de  France 
délibère  sur  toutes  les  questions  intéressant  l’hygiène 
publique.  11  est  nécessairement  consulté  sur  les  travaux 
publics  d’assainissement  ou  d'amenée  d'eau  d’alimen¬ 
tation  dés  villes  de  plus  de  5.000  habitants  et  sur  le 
classement  des  établissements  insalubres,  dangereux 
ou  incommodes.  Best  spécialement  chargé  du  contrôle 
de  la  surveillance  des  eaux  captées  en  dehors  des  linii' 
tes  de  leur  département  respectif  pour  l’alimentation 
des  villes. 

Enfin,  nous  ne  saurions  passer  sous  silence  la  loi  do 
14  janvier  1905,  qui  alloue  aux  propriétaires  d’animaux 
abattus  pour  cause  de  morve  ou  de  farcin,  en  exécution 
de  l’article  36  du  code  rural,  une  indemnité  des  trois 
quarts  de  la  valeur  qu’avait  l’animal  avant  la  maladie- 
L'indemnité  à  accorder  ne  peut  dépasser  la  somme  de 
7,50  francs. 

On  voit  que  la  Chambre  des  Députés  s’est  préoccupée 
longuement  des  questions  d’hygiène  pendant  cette  der¬ 
nière  législature.  On  peut  ajouter  à  ces  lois  plusieurs 
autres  concernant  des  subventions  à  des  congrès  d’hy¬ 
giène  ou  autorisant  des  loteries  en  faveur  d’œuvres 
antituberculeuses.  Les  passer  en  revue  serait  d’un  i®' 
térêt  médiocre.  Si  l’on  ajoute  à  cette  nomenclature  un 
peu  sèche  tous  les  exposés  qui  ont  accompagné  ces  pr®' 
positions  de  lois,  les  rapports  qui  ont  suivi,  les  dis' 


LE' PROGRÈS  MÉDICAL 


249 


eussions  elles  discours  dont  ils  furent  la  cause,  on  peut 
affirmer  que  I  hygicnc  a  pris  à  la  Chambre  une  place 
jes  plus  importantes,  la  place  que  le  législateur,  cons¬ 
cient  de  ses  devoirs,  doit  lui  accorder  à  l'heure  actuelle. 
Bien  des  propositions  n'ont  pu  encore  venir  en  discus¬ 
sion,  d'autres  attendent  leur  tour  au  Sénat  :  la  pro¬ 
chaine  législature  fera,  à  coup  siir,  à  l'hygiène  une 
part  aussi  grande  que  la  Chambre  qui  termine  actuelle¬ 
ment  ses  travaux.il  faut  d’ailleurs  qu’il  en  soit  ainsi. 
A  la  faveur  des  données  nouvelles  de  la  science,  les 
idées  de  solidarité  se  sont  affirmées  de  la  manière  la 
plus  puissante.  L’homme  ne  peut  plus  vivre  isolé  dé¬ 
sormais,  indifférent  à  tout  ce  qui  ne  le  touche  pas  di¬ 
rectement;  la  mauvaise  volonté  d’un  seul  peut  déter¬ 
miner  de  redoutables  épidémies,  le  concours  de  tous 
peut  seul  assurer  à  la  cité  de  meilleures  conditions 
d'hygiène. 

Le  mouvement  dont  nous  venons  de  constater  la  ré¬ 
percussion  à  la  Chambre  pendant  cette  législature  ira 
chaque  jour  s'affermissant  à  mesure  que  l’instruction  se 
répandra  davantage  ;  c’est  à  quoi  doivent  travailler  tous 
les  élus  d'une  démocratie  qui  ne  veut  pas  faillir  à  son 
mandat. 

D' Léon  SiRKYJOL, 

Dépulé  (le  la  Dordogne. 


CAPSULES  de  BROMIPINE-IYIERCK  :  3  repr.  1  gr.  KBr 

beaucoup  mieux  supportées  que  les  bromures  alcalins  ; 
BRONIIFINE  à  33  “  o  pour  lavements  ;  ÉPILEPSIE- 


SOCIÉTÉS  SAVANTES 

ACADÉMIE  DES  SCIENCES 
Séance  du  2  avril  1906 

i-Ciion  de  l’émanation  du  radium  sur  les  bactéries  chromogènes. 

Mm.  Ch.  Bouchari)  et  Balthazari)  ont  pu  s’assurer  que,  si 
I  émanation  du  radium  est  sans  effet  sur  le  pouvoir  chromo- 
gène  des  bactéries  sécrétant  une  matière  colorante  qui  reste 
acmérente  à  leur  propre  substance,  il  n'en  est  pas  de  même  à 
t égard  des  microbes  dont  les  pigments  diffusent  dans  lesmi- 
ueux  de  culture. 

Pour  le  B.  iluorescens  et  le  B.  pyocyanicus  par  exemple,  le 
^uvoir  fluorescent  est  influencé  par  des  doses  d'émanation 
^aucoup  plus  faibles  que  celles  qui  sont  nécessaires  pour 
j^inuer  l’activité  de  reproduction  de  ces  microorganismes . 
Lest  ainsi  (ju’au  bout  de  trois  ou  quatre  jours  un  tube  en- 
^encé  avec  du  bacille  fluorescent  et  dans  lequel  on  a  in- 
foduit  l’émanation  produite  en  une  heure  par  une  solution 
queuse  contenant  (i  dix-millièmes  de  milligramme  de  hro- 
î^rede  radium  présente  une  coloration  verte  tout  à  fait  mi- 
jj’®®  sans  que  la  culture  paraisse  modifiée.  Avec  l’émana- 
eiT  “®  ^  tnillièmes  de  milligramme,  il  n'y  a  plus  de  coloration 
tém*  est  un  peu  moins  abondante  que  dans  le  tube 

oin  ;  avec  des  doses  croissantes  d’émanation,  la  culture 
‘fe  plus  en  plus  maigre  pour  cesser  complètement 
j^^nd  on  fait  passer  dans  le  tube  l’émanation  formée  en  une 
'à  centièmes  de  milligramme  de  bromure  de  ra- 

résultats  analogues  avec  le  bacille  pyocyani- 
dévgi  en  outre,  les  auteurs  ont  constaté  (jue  le 

tité  de  la  culture  varie  en  sens  inverse  de  laquan- 

introduite’  alors  (jue  la  longueur  du  bacille 
^acciu'  P'^^’SressiN  ement  ;  on  observe,  en  même  temps  que 
longueur  des  microbes, l’incurvation  d’un 
a  nombre  d'entre  eux. 


Les  cultures  dont  le  développement  a  été  gêné  par  une  très 
petite  quantité  d’émanation  reprennent  rapidement  leur 
exubérance,  lorsqu’on  enlève  celle-ci.  Après  action  de  l’éma¬ 
nation  produite  en  une  heure  par  0  gr.  005  milligr.  de  bro¬ 
mure  de  radium,  la  culture  se  développe  encore  si  on  chasse 
l’émanation,  mais  elle  reste  incolore,  et  il  faut  deux  ou  trois 
réensemencements  pour  quë  le  bacille  reprenne  son  pouvoir 
chromogène.  Enfin,  la  culture  qui  a  été  pendant  quelques 
heures  en  contact  avec  l’émanation  produite  en  quatre  jours, 
par  0  gr.  025  milligr.  de  bromure  de  radium  n’est  plus  capa¬ 
ble  de  se  multiplier  ultérieurement  ;  il  y  a  donc  là  action 
bactéricide  et  non  plus  lentement  inhibitoire. 

l.'émanation  du  radium  diminue  également  in  vitro  la  viru¬ 
lence  du  bacille  pyocyanique,  soit  que  l’on  cultive  le  microbe 
en  présence  de  l’émanation,  soit  que  l’on  fasse  agir  celle-ci 
sur  des  cultures  adultes.  Les  auteurs  ont  alors  recherché  si 
l’émanation  introduite  dans  l’organisme  du  cobaye  pouvait 
modifier  révolution  de  la  maladie  pyocyanique. 

De  fait,  l’injection  intrapéritonéale  émise  en  une  heure  par 
1  gr.  de  bromure  de  radium  pur,  contenue  dans  5  cc.  d’air , 
préserve  l'animal  contre  une  dose  deux  fois  mortelle  de  cul¬ 
ture  pyocyanique,  introduite  dans  le  péritoine  en  même  temps 
que  l’émanation.  Si  l’injection  de  l’émanation  est  pratiquée 
une  heure  ou  deux  fleures  après  celle  du  microbe,  on  ne  peut 
protéger  l’animal  ([ue  contre  la  dose  simplement  mortelle,  et 
encore  les  résultats  sont-ils  inconstants.  Enfin,  injectée  plus 
de  deux  heures  après  l’inoculation  du  pyocyanique,  l’émana¬ 
tion  se  montre  inefficace. 

Influence  du  régime  alimentaire  sur  la  valeur  des  coefficients 
urologiques  et  sur  le  poids  moyen  de  la  molécule  élaborée. 

MAI.  A.  Desgrez  et  J.  Ayrign.ac  adressent  une  note  relative 
à  des  expériences  qui  ont  consisté  à  soumettre  un  même 
sujet  successivement  au  régime  lacté  absolu,  à  des  régimes 
mixtes  variables  (lacto-végétarien,  faiblement  carné,  forte¬ 
ment  carné)  et  au  régime  végétarien  absolu,  et  à  évaluer  aux 
différentes  périodes  les  divers  coefficients  urinaires,  ainsi  que 
la  grosseur  de  la  molécule  élaborée  moyenne. 

Les  auteurs  concluent  de  ces  recherches  que  la  qualité  de 
la  destruction  de  l’albumine  alimentaire  atteint  son  maxi¬ 
mum  avec  le  lait,  et  tombe  à  son  minimum  avec  les  végé¬ 
taux.  Quant  à  la  valeur  moyenne  de  la  molécule  élaborée, 
elle  n’est  que  de  05  avec  le  régime  lacté  (lanormale  étant  76), 
ce  qui  est  une  nouvelle  preuve  de  la  facilité  avec  laquelle 
l’organisme  utilise  les  albumines  du  lait  ;  avec  le  régime  for¬ 
tement  carné  la  valeur  faible  de  la  molécule  (67)  établit 
également  la  perfection  de  l’élaboration  des  matériaux  cons^ 
titutifs  de  la  viande.  Il  est  enfin  à  remarquer  que  l’apport 
minéral  dans  un  régime  donné  provoque  un  accroissement 
corrélatif  du  poids  moyen  de  la  molécule  élaborée  ;  il  en 
résulte  que  l’on  doit  tenir  compte,  non  seulement  de  la  com¬ 
position  organique  des  ré'gimes,  mais  aussi  de  leur  richesse 
en  substances  salines. 

Démonstration  de  la  fonction  fibrinogénigue  du  foie. 

MM.  Doyon,  Gr..  Gautier  et  A.  Morel  relatent  le  résultat 
de  recherches  expérimentales  faites  sur  la  grenouille  et 
démontrant  la  fonction  fibrinogénique  du  foie.  En  effet,  cinq 
ou  six  jours  après  l’ablation  du  foie  (qui  permet  une  survie 
de  plusieurs  jours!  le  sang  devient  incoagulable.  D’autre 
part,  alors  que  chez  une  grenouille  intacte  l’injection  de  sang 
défibriné,  après  une  saignée  totale,  est  suivie  en  quelques 
heures  de  la  régénération  de  la  fibrine, cette  régénération  ne  se 
jiroduit  pas  chez  l’animal  privé  de  son  foie.  M™"  Phisai.ix. 


SGGIÉTÉ  DK  BIOLOGIE 
Séance  du  7  avril  1902. 

Obslruclion  intestinale. 

MM.  Bocer  et  (ïarnier  ont  constaté  que  la  toxicité  du  con¬ 
tenu  de  l’intestin  grêle  diminue  au  cours  de  l’pbstruction 
intestinale  «onlrairement  à  ce  qu’on  eût  pu  croire.  Ghez  le 
chien  normal,  elle  est  de  0  cc.  87  piar  kilogramme  avec 
14i  entérotoxies  ;  après  ligature  de  l’intestin,  elle  passe  à 
Ificc.  27  par  kilogr.  et  l’intestin  grêle  contient  32  entérotoxies. 


250 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


A  la  suite  de  ligature,  s’il  y  a  perforation  et  péritonite,  la 
toxicité  est  plus  élevée  et  atteint  2cc.  07  par  kilogr.,  mais  le 
nombre  d’entérotoxies  ne  dépasse  pas  30. 

Cette  toxicité  se  rapproche  de  celle  du  gros  intestin  et  ne 
lui  est  supérieure  qu’à  cause  de  la  quantité  de  liquide  qui 
s’accumule  au  dessus  de  la  ligature.  Chez  le  chien  normal,  il 
n’y  a  dans  le  gros  intestin  que  44'  cent.  cub.  de  matière  conte¬ 
nant  8  à  19  entérotoxies. 

Dans  l’obstruction  intestinale,  ce  n’est  donc  pas  aux  putré¬ 
factions  qui  se  produisent  au-dessus  de  la  ligature  qu’on 
peut  attribuer  la  mort,  et  non  plus  à  l’infection,  et  pourtant 
celle-ci  est  constante.  Du  2'=  au  3®  jour,  on  constate  le  passage 
dans  le  sang  de  molécules  anaérobies,  surtout  d’un  bacille 
analogue  au  Badliusperfrinqens.  Cette  infection  cesse  dès  que 
Fobstacle  est  levé  et  n’empêche  pas  la  guérison.  Ce  n’est  donc 
pas  là  la  pathogénie  des  accidents. 

Eosinophilie  pleurale  et  sanguine. 

\LVI.  WiDAL  et  Bürnet  ont  observé  il  y  a  plus  de  deux  ans 
de  l’éosinophilie  pleurale,  décrite  par  Widal  et  Rabaud  en 
1900.  L’éosinophilie  sanguine,  qui  s’était  manifestée  à  ce  mo¬ 
ment  a  persisté  depuis  la  guérison.  Le  pourcentage  dans  la 
plèvre  était  de  08  p.  100:  il  est  dans  le  sang  de  19  p.  100 
d’éosinophilie.  On  ne  retrouve  aucune  cause  d’éosinophilie 
(cancer,  asthme,  dermatose,  infection  vermineuse,  etc.),  il 
faut  donc  en  conclure  à  la  persistance  de  cet  accident  survenu 
à  la  suite  d’éosinophilie  locale  aiguë.  Les  auteurs  insistent 
sur  la  persistance  de  l’empreinte  fonctionnelle  sur  l'orga¬ 
nisme. 

Biliinibine  du  sérum  sanguin  dans  la  cirrhose  alcoolique. 

MM.  Gilbert  et  Herschbr  ont  fait  le  dosage  cholémimétri- 
«jue  dans  21  cirrhoses  alcooliques  de  formes  diverses  :  cir¬ 
rhoses  atrophiques,  hypertrophiques,  ascitiques  et  anasciti- 
(jues.  Dans  la  cirrhose  atrophique,  le  degré  moyen  de  cholé¬ 
mie  égale  1  14000,  ce  qui  donne  0  gr.07  de  bilirubine  par  litre 
de  sérum  et  0  gr.  21  pour  l’ensemble  du  sang  ;  elle  s’élève  par¬ 
fois  à  1  4500  chez  un  sujet  chez  qui  l’angiocholite  s’asso¬ 
ciait  à  la  cirrhose  pour  donner  naissance  à  un  ictère  intense 
cholurique.  Parfois,  le  taux  descend  au-dessous  de  la  moyen¬ 
ne,  et  serait  dû  à  une  insuffisance  hépatique  accusée  qui  en 
diminuant  la  sécrétion  biliaire  empêcherait  la  résorption  des 
pigments.  Cette  notion  du  rôle  de  linsuffisance  hépatique 
explique  ce  fait  que,  dans  la  cirrhose  hypertrophique,  le. 
degré  de  cholémie  de  1/9000  est  supérieur  à  celui  de  la  cir-' 
rhose  atrophique.  Le  parenchyme  n’est  pas  atteint  d  atrophie 
la  ffuantité  de  bile  n’est  pas  diminuée  ;  la  résorption  biliaire 
est  plus  marquée. 

Sécrétion  gastrique  et  bicarbonate  de  soude. 

MM.  Linossier  et  Lemoine  avaient  conclu  de  recherches 
anciennes  que  le  bicarbonate  de  soude  est  un  excitant  de  la 
mu  queuse  gastrique  en  y  développant  l’acide  chlorhydrique, 
au  gmentant  beaucoup  cette  sécrétion  chez  les  hypochlorhy- 
driques  et  faiblement  chez  les  hyperchlorhydriques.  D’une 
nouvelle  série  d’expériences  ils  tirent  les  mêmes  conclusions 
contraires  aux  recherches  infirmatives  de  Pavvlow. 

Mucinase  dans  le  sang. 

MM.  Trémûliéres  et  Riva  ont  vu  que  la  mucinase,  nor¬ 
male  dans  la  muqueuse  intestinale  et  dans  les  matières  féca¬ 
les  des  sujets  atteints  d’hypersécrétion  muqueuse  de  diver¬ 
ses  causes,  peut  apparaître  dans  le  sang  de  ces  sujets  quand 
il  y  a  hypersécrétion  muqueuse  expérimentale.  Sa  présence 
dans  les  matières  et  son  passage  dans  le  sang  ne  peuvent  être 
constatés  que  dans  les  états  pathologiques  de  l’intestin. 

Structure  des  boutons  terminaux. 

M.  Marinesco  étudie  les  boutons  terminaux  au  niveau  des 
cellules  nerveuses  radiculaires. 

Culture  de  spirilles  pathogènes . 

M  Levaüiti  expose  une  méthode  de  culture  des  spirilles 
pathogènes  en  sac  de  collodion. 

Sulfo-éthers  urinaires. 

MM.  Labbé  et  \  iTRY  ont  trouvé  des  variations  quantitatives 


et  qualitatives  du  régime  alimentaire  sur  les  sulfo-éthen 
éliminés  par  l’individu  normal.  E.  P. 


SOCIÉTÉ  DE  CHIRURGIE 
Séance  du  4  avril  1906. 

Sur  la  pathogénie  des  lésions  vésiculaires  dans  la  lithiase  de» 
voies  biliaires. 

M.  Delbet.  — L’opinion  classique  attribue  la  rétraction  ou 
la  dilatation  de  la  vésicule  biliaire  dans  les  cas  d’obstruction 
des  x'oies  biliaires  à  l’existence  ou  non  d’une  cholécys¬ 
tite  scléreuse  concomitante.  M,  Delbet  conclut,  de  l’examen 
des  pièces  provenant  d’une  femme  opérée,  que  l’état  de  la 
vésicule  est  surtout  en  rapport  avec  le  siège  de  l’obstacle.  Trà 
souvent, en  effet,  le  canal  cystique  ne  se  jette  pas  directemeat 
dans  l’hépatique  pour  former  avec  lui  le  cholédoque,  mais 
il  chemine  sur  une  certaine  distance  parallèlement  au  canal 
hépatique  ;  les  deux  canaux  accolés  en  canons  de  fusil  sont 
enveloppés  d’une  gaine  commune  et  plus  ce  double  canal 
cystico-hépatique  est  long, plus  le  canal  cholédoque  est  court 
et  vice-versa.  La  rétraction  de  la  vésicule  co’incide  avec  un 
calcul  du  canal  cy  stique  ou  de  la  portion  double  du  canal 
cystico-hépatique  ;  la  dilatation  de  la  vésicule  est, au  contraire,  : 
en  rapport  avec  un  obstacle  siégeant  sur  le  cholédoque. 

A  propos  de  périslgmoidites. 

M.  Jalagoier  pense  que  beaucoup  de  suppurations  étique¬ 
tées  péri-sigmoïdites  ne  sont  que  des  abcès  appendiculaires’ 
ayant  fusé  à  gauche. 

Traitement  de  la  sijndactylie  congénitale. 

M.  Qüenu  présente  un  enfant  atteint  de  syndactylie  congé¬ 
nitale  des  deux  mains,  chez  lequel  il  a  essayé  différents 
procédés  d’ auto  plastie  ;  c’est  l’autoplastie  par  la  méthode 
italienne  qui  lui  a  donné  les  meilleurs  résultats. 

'  Tumeurs  du  cerveau. 

M.  Legueu  présente  un  malade  qu’il  a  opéré  pour  un  glio- 
sarcome  de  la  partie  inférieure  des  circonvolutions  rolan- 
diques.  Guérison.  Depuis  l’opération,  les  crises  d’épilepsie 
jacksonienne,  pour  lesquelles  le  malade  était  entré  à  l’hêipital, 
ne  se  sont  plus  reproduites. 

Exclusion  du  gros  intestin. 

M.  Hartmann  présente  un  malade  chez  lequel  il  a  pratique 

une  iléo-rectostomie,  par  le  procédé  de  Lardennois,  pour  le 
débarrasser  d’un  anus  cæcal.  Catz. 

H 

Rép.artition  dans  les  services  hospitaliers  de  mm.  les 
VES  internes  et  externesen  médecine  pour  l’année  1906-^^ 
—  MM.  les  élèves  internes  et  externes  en  médecine  actuellem®^ 
en  fonctions  et  ceux  qui  ont  été  nommés  à  la  suite  des  der¬ 
niers  concours  sont  prévenus  qu’il  sera  procédé,  aux  jours  et 
heures  fixés  ci-après,  dans  la  Salle  des  Concours  de  rAdminiS' 
tration,  rue  des  Saints  Pères,  n»  49,  à  leur  répartition  dans  le* 
etablissements  de  l’administration,  pour  l’annéel906-1907,  savoir; 

MM.  les  élèves  internes  (pour  entrer  ’en  fonctions  te  1" 
1906)  :  internes  et  internes  provisoires,  le  vendredi  27  avril,  * 
2  heures  ;  MM.  les  élèves  externes  (pour  entrer  en  fonctions  le  " 
mai  1906)  :  ceux  de  5'  et  de  4“  année  (externes  réinvestis  P®" 
l’année  1906-1907),  le  vendredi  4  mai,  à  2  heures  :  ceux  de  3'^ 
née  (externes  ayant  concouru  ou  reconcouru  en  1903),  le 
mai,  à  2  heures  ;  ceux  de  2®  année  (externes  ayant  concouru 
1904),  le  mercredi  9  mai,  à_2  heures  ;  ceux  de  1"=  année  le**® 
nés  ayant  concouru  en  1905),  le  vendredi  11  mai,  à  2  heures. 

N.  B.  —  MM.  les  élèves  seront  appelés  suivant  leur  nui»® 
de  classement  au  concours. 


LA  VALEROBROMINE  LEGRAND 

est  plus  active  que  les  bromures  et  les 
rianates. 


LE  PROGRES  MEDICAL 


251 


revue  de  pathologie  générale 


Tuberculose  inflammatoire  à  forme  néoplasique  :  adé¬ 
nomes  du  sein,  du  corps  thyroïde,  etc.,  d'origine  tu¬ 
berculeuse  (1;;  ParMM.  Antonin  PoNCET  et  René  Le  riche. 
Brillamment  exposée  et  défendue  par  P.  Delbet,  son  pro¬ 
moteur,  la  «théorie  inflammatoire  des  adénomes  »,  déjà  es¬ 
quissée  par  Virchow  et  admise  par  Kœnig,  paraît,  dans  ces 
dernières  années,  avoir  gagné  du  terrain.  Il  semble  que  l’on 
soit  à  la  veille  de  lavoir  définitivement  adoptée  et  de  sous¬ 
traire,  de  la  classe  des  tumeurs,  tout  un  groupe  de  néopla- 
siesbénignes,  relevant,  en  réalité,  de  processus  infectieux. 
La  question  en  est  là  :  toute  inflammation  chronique  peut 
eogendrer.  dans  les  glandes,  par  irritation,  une  prolifération 
épithéliale,  d’apparence  adénoïde,  avec  réaction  conjonc¬ 
tive  plus  ou  moins  intense. 

Après  une  première  phase  de  cirrhose  épithéliale,  après  une 
néoformation  exubérante  d'acini,  diverses  évolutions  se 
présentent.  Les  culs-de-sac  glandulaires  peuvent  se  dilater, 
sécréter  et  donner  ainsi  naissance  à  des  adénomes  kystiques, 
ou  bien,  le  tissu  conjonctif,  proliférant  dans  l’intérieur  de 
l’aciniqu’ii  refoule,  va  produire  un  kyste  proligère,  un  adé¬ 
nome  végétant .  D'autres  fois  enfin,  ia  sclérose  prédominante 
étouffe  les  acinis  nouveaux,  l’élément  épithélial  disparaît, 
en  grande  partie,  et  ainsi  se  réalise  le  fibro-adénome.  Entre 
ces  différents  types,  toutes  les  formes  de  passage  sont  possi¬ 
bles,  toutes  les  combinaisons  se  rencontrent.  D’autre  part, 
au  lieu  de  rester  localisé,  le  processus  peut  être  diffus,  les 
noyaux  d'inflammation  chronique  sont  alors  disséminés,  et 
suivant  que  l’évolution  sera  fibreuse  ou  kystique,  on  aura, 
en  prenant  le  sein  pour  exemple,  la  mastite  noueuse  de  Til- 
laux  et  Phocas,  oulamafadie  kystique  de  Reclus.  A  la  doc¬ 
trine  ainsi  synthétisée,  une  seule  objection  :  tout  ceci  vise  la 
mastite,  l’adénome  du  sein  n’est  pas  cela  :  l'adénome  diffère 
du  noyau  d'inflammation  chronique  par  son  encapsulement 
et  sa  mobilité. 

■Mais  si  l’on  admet,  et  la  chose  est  classique,  que  l’encap- 
sulement,  dont  la  mobilité  dépend,  n'est  qu  un  simple  phé- 

P*ï,ysique  de  condensation  progressive  du  tissu  con- 
1  ncUf.t  objection  semble  prévenue  et  il  ne  saurait  plus  y  avoir , 
ece  chef,  une  limite  infranchissable  entre  les  deux  ordres 
U  ne  permet  de 

J  l’une  de  l’autre.  «  Il  est  impossible,  dit  Ré- 

mei  longue  étude  micrographique  de  tellestu- 

end^’-  *®®  tissus  d’une  glande 

je kystique,  par  l’inflammation  chronique, 
par  ad^  glande  atteinte  de  la  même  dégénérescence 

.  Lmoîwdr  mastite  chronique  et  lésions 

nous  semblent  pas  devoir  être  séparées,  mais  bien 
Qg  '■«Mmci,  dans  un  même  groupe  nosologique.  » 

,  ®®i"’ l’®st  certainement  de  toutes  les 

•^«rer  p  ^  peut,  sans  arrière-pensée,  consi- 

Mais  .  ,“.®®^®  comme  un  produit  d’inflammation  ,'3i. 
déterm”'*  ^  '"“précision  commence,  c’est  quand  il  s'agit  de 
ayant  ®"  ®®‘  l’agent.  En  1893,  Delbet  et  Longuet  (4i 

'*ànoine°^i'^^  staphylocoque  blanc  dans  trois  cas  d’a- 

^“«étaii  P  près  de  conclure  que  ce  staphyloco- 

menrs  tj*  l'abituel,  sinon  exclusif  de  pareilles  tu- 
'aient  le^''?®“  P'"®  ®1  Surmont  (5;  retrou¬ 
vaient  microbe  dans  une  mastite  noueuse,  et  obte- 

'  ^''es  q  P®‘!“'“®"talenient,  avec  lui,  des  lésions  inflauima- 
®®*"-l^e  n’est  pourtant  pas  un  agent  spécifique, car 


!  ‘«''c  à  l'Aca.l.-mie 

'  '*)RESON-_n 

(3;  La  J “c  quehiues  kystes  du  si 

Delbet  a  d’ailleurs 
*^'®**>  Pon  Pt  d'autres  ailleurs  eu 


Thèse  de  Paris. 

lui,  appliquéi 


Mr.  “n  adè«  I  ..  ur^aiie  eu  [larueuiier.  V.  esi  ainsi  que  sou- 
B,jVriani  y  inllamraatoire  de  la  proslate,que  .Mot/, 

les  ad”’  ‘'rg.  génito-uriniires,  l'.K)4,  p.  1305)  ont 

inflammatoires  de  la  vessie,  ete. 

Traité  de  chirurgie  clinique,  Ionie  1,  page  510. 


i")  Ba/i. 


de  Biologie,  1835,  p. 


Quénu  (1)  ;  un  peu  plus  tard,  mettait  en  évidence  le  pneu¬ 
mocoque,  dans  un  cas  identique. 

Déjà,  en  1891,  Jaboulay  (2i  par  des  ensemencements  et  des 
inoculations,  s’était  efforcé  de  démontrer  l'origine  infectieuse 
de  certains  goitres.  En  1893,  Rivière  (3),  poursuivant  ces  re¬ 
cherches,  relevait  la  présence  fréquente, dans  la  thyroïde  goi¬ 
treuse,  du  .staphylocoque  blanc  ou  doré.  Carie  et  Lustig(4), 
Kiiinmer  et  Tavel  (5)  avaient  écrit  la  bactériologie  du  corps 
thyroïde.  Bref,  il  semblait  que  i’on  dût  toucher  bientôt  à  la 
solulion  du  problème.  Mais  depuis,  d’autres  bactériologistes 
ont  été  moins  heureux.  Souvent,  les  cultures  sont  restées 
stériles.  Ferrier,  en  1895,  ne  trouvait  aucun  résultat  probant 
et  tout  récemment  encore,  Renon  (6)  déclarait  n’avoir  ja¬ 
mais  pu  mettre  en  évidence  un  microbe  quelconque  sur  ses 
coupes,  les  inoculations  restant,  d’autre  part,  constamment 
négatives.  Peut-être  s’agit-il  de  lésions  toxiniennes  ?  C’est 
possible.  En  tout  cas,  jusqu'à  présent,  la  bactériologie  a  été 
impuissante  à  résoudre  la  question.  Il  demeure  établi  que 
les  adénomes  sont  des  néoplasmes  inflammatoires, mais  l’oy- 
gine  de  cette  inflammation  même  reste  inconnue.  Dès  lors, 
croyons-nous,  c’est  la  clinique  qui  doit  indiquer  le  sens  des 
recherches.  N'est-il  pas  possible  de  dégager  certaines  indi¬ 
cations  pathogéniques  du  groupement  des  faits  recueillis 
sans  idée  préconçue  t 

C'est  avec  orientation  que  nous  avons  repris  toutes  les  ob¬ 
servations  d’adénomes  du  sein,  vus  à  la  Clinique  depuis  14 
ans.  Presque  toujours,  elles  étaient  brèves  et  se  bornaient  à 
décrire  la  lésion  locale.  Cependant,  en  relevant  soigneuse¬ 
ment  les  moindres  détails,  en  classant  les  faits,  nous  som¬ 
mes  arrivés  à  des  résultats  curieux  (7). 

Dans  un  tier.s  des  cas,  des  ganglions  axillaires,  doulou¬ 
reux,  unilatéraux,  indiquaient  un  processus  inflammatoire. 
Dans  la  même  proportion,  se  retrouvait  l’influence  d’un 
traumatisme  initial,  agent  causal  ou  plutôt  révélateur  de  la 
lésion  jusque-là  quiescente.  Dans  un  cinquième  des  faits, 
nous  avons  relevé  une  infection  mammaire  antérieure  (mas¬ 
tite  aiguë,  suppurée,  poussées  congestives,  infectieuses 
au  moment  du  sevrage, etc...),  et  dans  la  même  proportion, 
une  tuberculose  viscérale  en  évolution,  le  plussouvent  discrète,  à 
type /ièrewa;.  C’est  ce  dernier  facteur  que  nous  voulons  seul 
envisager  aujourd’hui.  Le  chiffre  que  nous  avons  obtenu 
avec  des  observations  où  seules  les  grosses  lésions  bacillai¬ 
res  étalent  notées  est  tel  qu’il  y  a  lieu  de  se  demander  si, 
dans  certaines  conditions,  la  tuberculose  n’interviendrait 
pas  dans  la  production  des  adénomes  (8).  D’excellentes  rai¬ 
sons  permettent  de  le  penser.  11  est  tout  d’abord  un  fait  ca¬ 
pital  à  l’appui  de  cette  notion,  c’est  qu’au  voisinage  des 
foyers  tuberculeux  glandulaires,  il  est  banal  de  rencontrer 
des  proliférations  acineuses  à  type  d’adénome.  Pour  la  tuber¬ 
culose  mammaire,  la  chose  est  particulièrement  nette.  Tous 
les  histologistes  ont  insisté  sur  cette  hyperplasie  des  cavités 
glandulaires  voisines; 

Sabrazès  et  Binaud  (9i  prononcent,  pour  de  telles  forma¬ 
tions,  le  mot  de  productions  adénomateuses.  «  Dans  la  tu¬ 
berculose  mammaire,  dit  R.  Tripier  (lü),  l’hyperproduclion 
des  cavités  glandulaires  racineuses  et  très  remarquables,  en 
raison,  probablement,  delà  facilité  avec  laquelle  cette  hy¬ 
perplasie  a  lieu  à  l’état  normal  ;  car  on  est  frappé  de  l’ana¬ 
logie  que  ces  productions  présentent  avec  l’état  delà  glande 


(1)  Quknc.  —  Traité  de  Chirurgie  de  Duplay  et  Reclus,  lorae  1, 
p.350. 

(2)  .lABOi’L.iy  et  Rivière.  —  i?oc.  des  Sc.  inèd.  de  Lyon,  février 
1902. 

(3)  Rivière.  —  'l’hésede  Lyon,  1903,  p.  199. 

(4)  Giorni.  di  R.  .icademia  dimed.di  Torine,  1890. 

(5)  Kcmner  et  Tavel.  —  Revue  de  Chirurgie,  1891. 

(6)  Renu.x.  —  Loc.  cit. 

11  s’agit  là  auii|iienient  de  diagnostics  vérifiés  par  l’opération 
et  le  plus  souvent  par  l'e.xaruen  histologiipie  (I..  Dor). 

(8)  Dans  lous  ces  cas,  on  se  trouve  en  face  d’adénome  et  non  d 
tuherciilose  mnmniaire. 

(9)  Saiiha/ès  cl  Binaud.  —  Arc/i.  de  méd.  expér.  et  d'anat.  pathol., 
l"nov.  1895. 

(10)  Traité  a'auat.  pathol.  géuér.  Paris,  Masson.  1904. 


LE  PROGRÈS  MEDIGAIi 


1 


dans  sa  période  de  lactation,  d’une  part,  et  dans  les  adéno  - 
mes.  d’autre  part.  » 

Nous  pourrions  muitipiier  les  citations  de  ce  genre. 

Dès  lors,  il  nous  semble  facile  de  concevoir  pareil  proces¬ 
sus  associé  à  des  lésions  de  moins  en  moins  virulentes.  On 
est  ainsi  conduit  à  l’imaginer  comme  conséquence  d’un 
foyer  tuberculeux  distant,  et  sous  la  seule  influence  irrita¬ 
tive  de  toxines  virulentes. 

Or,  pratiquement,  que  voit-on  ?  La  coexistence  relative¬ 
ment  commune  des  tumeurs  bénignes  de  la  tuberculose. 
Elle  est  assez  fréquente,  même,  viour  avoir  déjà  frappé  cer¬ 
tains  auteurs  qui  ont  esquissé  un  rapprochement  de  lésions 
si  diverses.  C’est  ainsi  qu’on  a  signalé  les  papillomes  du  la¬ 
rynx  chez  les  tuberculeux  (1),  les  polypes  de  Turétlire  au 
cours  des  cystites  bacillaires  (2). Dans  le  même  ordre  d’idées. 
Marfan  (3)  a  montré  l’évolution  adénomateuse  de  la  gastrite 
des  phtisiques,  qu’il  rattache  à  de  l’irritation  toxinienne.  Il 
a  présenté,  depuis,  des  adénomes  de  l’estomac  trouvés  à 
l'autopsie  d’un  tuberculeux.  Nous  en  avons  nous-même 
observé  un  cas. 

Celte  coexistence  est  plus  saisissante  encore,  quand  on 
parcourt,  en  série,  des  statistiques  de  néoplasies  bénignes. 
A  tout  instant,  on  relève,  dans  ces  observations,  des  stigma¬ 
tes  de  tuberculose.  Celte  remarque  a  déjà  été  faite  par  Del- 
bel(4)  pour  la  redite  chronique  hypertrophique,  dont  le  type 
glandulaire  établit  la  transition  à  l’adénome  pédiculé.  De 
même,  pour  les  polypes  du  rectum,  pour  les  polyadédomes 
de  l’intestin.  On  les  trouve  souvent  chez  des  individus  tarés 
par  le  bacille  de  Koch,  ouà  hérédité  bacillaire  plus  ou  moins 
lourde.  Nous  connaissons  une  observation  de  ce  genre,  ou 
l’influence  de  la  tuberculose  ne  paraît  pas  discutable.  Cette 
réflexion  s’impose  maintes  fois,  lorsqu’on  parcourt  l’inté¬ 
ressant  travail  de  Quénu  et  Landel  (5).  Enfin,  pour  le 
sein  lui-même,  on  a  noté  la  fréquence  de  l’hérédité  tuber¬ 
culeuse  chez  les  jeunes  filles  atteintes  d’adénome.  Nous 
avons  donné  plus  haut  le  chiffre  de  1/5.  Il  doit  être  au-des¬ 
sous  delà  réalité.  Car  il  s’agit  habituellement, en  pareil  cas, 
de  tuberculoses  atténuées,  peu  virulentes,  qui  veulent  être 
cherchées,  et  échappent  souvent,  par  suite,  à  un  examen  pra¬ 
tiqué  sans  idée  directrice. 

Au  point  devue  du  goitre,  de  l’adénome  thyroïdien,  même 
remarque  est  applicable.  Contrairement  à  l’opinion  de  Vir¬ 
chow,  qui,  dans  son  Traité  des  Tumeurs,  soutient  l’antago¬ 
nisme  du  goitre  et  de  la  tuberculose,  nombre  d’auteurs  ont 
insisté  sur  la  fréquence  de  leur  association.  Boyer  (6),  en  1821 
écrivait  ;  «  La  scrofule,  que  l'on  ne  doit  pas  confondre  avec 
le  goitre,  comme  on  l’a  fait  jadis,  en  est,  cependant,  quel¬ 
quefois  la  cause  ou  le  principe.  »  Lepelletier,  en  termes, 
presque  identiques,  attirait  l’attention  sur  le  rôle  spécial  do 
iA  diathèse ccrouelleusc,  et  Bazin,  un  peu  plus  tard,  dans  une 
leçon  sur  la  scrofule,  affirmait,  qu’après  avoir  longtemps 
regardé  le  goitre  comme  une  difformité  sans  signification 
pathologique,  il  avait  depuis  «  presque  constamment  ren¬ 
contré,  sur  les  sujets  atteints  de  goitre,  beaucoup  d'autres 
signes  de  la  constitution  écrouelleuse  ». 

Allant  plus  loin  encore  dans  cet  ordre  d'idées,  Humbur- 
ger  (7)  explique  cette  fréquence  du  goitre  chez  les  tubercu¬ 
leux  comme  une  réaction  défensive  de  l’organisme.  Sur  100 
goitreux  autopsiés,  il  trouve  19  tuberculeux  avérés,  5  pleu¬ 
rétiques,  et  2  malades  atteints  de  laryngite  chronique  qui 
peuvent  être  suspectés  de  tuberculose.  Un  peu  plus  tard, 
Betz  (8)  (1873)  pose  encore,  d’une  autre  façon,  le  même  pro¬ 


(1)  Voir  sur  ce  sujet  :  Béhard,  Lyon  Médical,  U  Janvier  1900. 

(2)  Terrillon.  —  Progrès  Médical,  1880. 

(3)  Marfan.  —  Thèse  de  Paris,  1887  et  Traité  de  Médecine,  l.  VII, 
1).287. 

(4)  Delbet.  —  Traité  de  chirurgie  clinique,  t.  VllI. 

(5)  Quenu  et  Landel.  —  Rerue  de  chirurgie,  1899,  p.  405. 

(6)  Boyer.—  Œuvres  chirurgicales,  VU,  p.  06,  1821. 

(7)  Hamboroer.  — EinBeitrag  zur  Losung  der  Frage  über  das  ver- 
hallniss  der  Slruina  und  Tuberculose.)  V  ierteljahrschrift  fur  die pra- 
ktische  Heilkunde  ;  l&iel  Wien.tned.  Wochenschritft.) 

(8)  Betz.  —  Der  svmptoiualische  kropf  der  lungen  Tuberculose. 
Memorabilicn  Heilbr.,  1873,  XMII,  p.  554. 


blême,  en  établissant,  d'une  manière  formelle,  la  fréquence  i 
de  leur  coexistence. 

Nous  ne  voulons  pas  davantage  insister  sur  ces  faits,  om 
les  trouvera  réunis  dans  l’excellente  thèse  de  notre  élève  i 
Costa  (1),  qui  a  fait  récemment  le  bilan  de  ce  que  l’on  savait  i 
de  la  thyroïde  des  tuberculeux,  et  du  goitre  d’origine  tuber-. 
culeuse,  en  appuyant  ses  conclusions  de  plusieurs  observa.. 
lions  inédites  de  la  clinique.  Nous  avoais  voulu  simplement^; 
en  les  rappelant,  montrer  combien  souvent  on  relève  la  ta. 
berculose  chez  les  malades  porteurs  d’adénome.  Cette  fré¬ 
quence  est  telle  qu’il  est  difficile  de  ne  pas  faire  intervenirla 
tuberculose  dans  l’étiologie  de  pareilles  tumeurs.  Mais  com¬ 
ment  ?  Nous  avons  déjà  dit  qu’il  ne  s’agissait  pas  là  de  tu¬ 
berculose  vraie  des  glandes,  au  sens  classique  du  mot.  Tout 
se  passe  en  dehors  de  la  granulation  et  de  la  cellule  géante, 
La  tuberculose,  en  pareil  cas,  agit  comme  irritation  ,60 
excitant  les  tissus  à  une  anormale  prolifération,  procédaal 
par  poussées  fluxionnaires,  sans  déterminer,  au  niveau  des 
glandes,  aucune  lésion  spécifique,  aucune  édification  anato: 
mique  caractéristique  de  son  action.  Bref,  il  s’agit  de  tiibif- 
culose  inflammatoire. 

Certaines  remarques  cliniques,  empruntées  à  la  patholo¬ 
gie  du  sein,  semblent,  d’ailleurs,  parfaitement  caractériser 
ce  processus.  Elles  permettent  de  le  comprendre.  En  effet,’! 
côté  de  la  tuberculose  mammaire,  on  décrit,  habituellement,! 
l'hypertrophie  diffuse  ou  localisée  du  sein,  chez  les  tubercu-j] 
leux.  En  1885,  Leudet  (2)  avait  attiré  l’attention  sur  celte 
«  mastite,  banale,  simple,  purement  inflammatoire  »,  qu’il 
avait  vue  chez  des  bacillaires  avancés,  et  dont,  en  1886,  il 
rapportait  6  observations.  Depuis  lors,  des  faits  semblables, 
généralement  admis,  n'ont  pas  été  étudiés  à  nouveau. Oa 
sait  mal  ce  que  donnent  ultérieurement  ces  «  mastites  in¬ 
flammatoires  ».  Dans  une  des  observations  de  lÆudct,  an 
bout  d’un  mois  et  demi  tout  n’était  pas  disparu.  Or,  ceqaij 
reste  en  pareil  cas,  ce  sont  des  noyaux  de  mastite  noueuse, 
qui  peuvent  ultérieurement  avoir  l'évolution  banale  de  cette 
affection.  Nous  avons, pour  notre  part,  observé  trois  fois  ces 
mammites  fluxionnaires  des  tuberculeux.  Chez  une  de  ces 
malades,  dontla  fluxion  avait  été  plutôt  subaiguë,  et  relati¬ 
vement  peu  douloureuse,  il  persistait,  après  plusieurs  moi% 
une  mammite  noueuse  bilatérale  des  plus  typiques.  . 

De  telles  observations  indiquent  bien  la  marche  du  pr®' 
cessusque  nous  signalons.  Toutefois,  celui-ci  est  ordinaire¬ 
ment  peu  bruyant,  la  poussée  congestive  et  l’évolution  scr 
reuse  des  noyaux  glandulaires  se  jtroduisent  sans  grao 
fracas.  C’est  insidieusement  que  l’adénome  se  dévelopi* 
comme  chez  une  de  nos  malades,  vieille  rhumatisante, 
berculeuse,  qui  a  fait,  en  quelques  mois,  vers  la  cinquantaw? 
un  adénome  du  sein  des  plus  caractérisés,  évoluant  IÇ^ 
tement,  avec  une  adénopathie  douloureuse  de  l’aisselle.  _ 
tumeur  enlevée  était,  macroscopiquement  et  hlstologiq"^ 
ment,  le  plus  banal  des  adénomes  kystiques.  D’autre  P’^ 
il  n’est  pas  jusqu’à  certaines  particularités  cliniques  c® 
nues,  de  la  mastite  noueuse,  qui  ne  cadrent  avec  celte e*' 
logie.  «  I.a  marche  oscillante  »  de  l’affection  nous  p®'  j. 
correspondre  assez  bien  à  ce  qu’on  a  imaginé  des  lésio®  j 
distance  que  font  les  tuberculeux. 

Pareille  réflexion  s’applique  à  la  maladie  de 
quand  on  voit  certaines  mamelles  polykystiques 
niip  slationnairos  nonrlant.  niiinzp,  on  vingt  ans,  qua®“jj|l 


que  stationnaires,  pendant  quinze  «...  ....g.  , 

entend  Reclus  dire  (3)  qu’après  en  avoir  observé  près  ^| 
il  n’a  pas  encore  trouvé  d’indication  opératoire 
se  prend  à  penser  que  seule  une  infection  chroniq»®-  .  J 
jours  agissante,  peut  actionner  de  pareilles  lésions, 
marche  ne  semble  guère  correspondre  à  une  localisf^i 
streptococcique  ou  staphylococcique.  Cette  cause 
agissante  est,  croyons-nous,  dans  un  certain  nombre 
la  tuberculose.. \ussi  conclurions-nous  volontiers,  à  P  I 

de  ces  tumeurs  : 


(1)  Costa.  —  Tuberculose  inllaiumatoire.  Goitres  d'origio^ 

culeuse.  Thèse  de  Lyon,  1905.  , 

(2)  Leudet.  —  Congrès  de  Grenoble,  1885  et  Xrchives  gè’'‘' 
Méd.,iS86. 

(3)  Reclus.  —  Bulletin  de  la  Société  de  chirurgie,  27  dée.  l*®’ 


LE  PROGRÈS  MEDICAL 


Il  est  toute  une  catégorie  de  tumeurs  bénignes  adénoma¬ 
teuses,  d’origine  inflammatoire,  qui  relèvent  de  la  tubercu¬ 
lose.  Cette  infection  engendre  dans  les  glandas,  non  séule- 
menf  de  l’bypertrophie  et  de  la  sclérose,  mais  l’adénome 
typique  avec  toutes  ses  formes  évolutives.  Les  unes  et  les 
autres  sont,  maintes  fois,  des  produits  réactionnels  de  l'in¬ 
fection  tuberculeuse,  des  localisations  de  la  tuberculose  in¬ 
flammatoire. 

Une  dernière  remarque:  ce  qui  est  vrai  pour  le  sein,  pour 
le  corps  thyroïde,  etc.,  l’est,  au  nom  de  la  pathologie  géné¬ 
rale,  pour  tous  les  appareils  glandulaires.  L'hypothèse  doit 
être  généralisée.  Aiguillées  dans  cette  nouvelle  direction,  de 
nombreuses  observations  cliniques  j  ustifieronl  j  ournellement 
une  telle  conception. 


BEÏOED'ÉLIECTBOLOCIEETDERADIOLODIEIIÉDICALES 

Rédacteur  spécial  : 

M.  le  D-  FO  VEAU  DE  COURMELLES. 


Electrothérapie  clinique;  par  les  1)'^»  Laquerrière  et  De- 
LHERM  (1  vol.  in-S»,  280  p.  avec  planches.  Préface  du 
professeur  d’Arsonval  (Maloine,  éd.). 

L’électrothérapie  et  la  radiothérapie  sont  d’abord  entrées 
dans  les  mœurs  des  malades  ;  les  médecins  ont  suivi,  et  ils 
se  sont  multipliés  dans  ces  nouvelles  branches  de  la  théra¬ 
peutique  médicale.  Les  livres  n'ont  pas  manqué,  mais 
tous  se  res.semblent,  se  répètent  et  généralement  s’adres¬ 
sent  plutôt  aux  spécialistes,  c'est-à-dire  à  ceux  qui  n’en 
ont  pas  besoin. 

D’autre  part,  les  historiques  des  questions  sont  forcé¬ 
ment  incomplets  et  ne  contentent  personne,  surtout  les  no¬ 
vateurs  trop  souvent  oubliés,  car  leurs  travaux  parus  avant 
l’heure  n’ont  pas  porté.  MM.  Laquerrière  et  Delherm  ne 
sont  pas  tombés  dans  les  travers  coutumiers  :  pas  ou  très 
pou  d’historique,  indiquant  plutôt  des  méthodes  que  des 
personnes,  des  descriptions  rapides  d’appareils,  des  prin¬ 
cipes  sommaires,  enfin  juste  ce  qu'il  faut,  mais  tout  ce 
qu  il  faut,  pour  appliquer  l'électrothérapie  et  la  radiogra¬ 
phie.  Les  sortes  de  livres  répondant  à  ces  desiderata  sont 
très  rares  et  ils  ont  cependant  leur  grande  utilité  ;  ne  vaut- 
il  pas  mieux  que  les  médecins  appliquent  les  méthodes 
même  nouvelles  au  lieu  de  les  laisser  aux  èmpiriques  et 
eux  illégaux.  Il  faut  montrer  que  le  reproche  d’ignorance 
adressé  par  ceux-ci  aux  médecins,  à  propos  des  rayons  X 
uolarament,  est  des  plus  immérités,  que  nous  savons  suivre 
ou  même  faire  naître  le  progrès.  Il  y  a  là  une  question  so- 
O'ale  de  vie  et  de  mort  pour  notre  corporation,  car  trop  de 
profanes  sont  entrép  et  intronisés  dans  les  hôpitaux,  même 
parisiens,  sous  le  voile  de  la  photographie  et  de  la  radio¬ 
graphie  et  qui  y  sont  mieux  vus  que  les  médecins.  Eviter 
es  errements  en  mettant  le  corps  médical  à  môme  d’ap- 
de  savoir,  de  pratiquer  ;  montrer,  comme  dès  1890 
le  praticien  est  apte  à  l’électrothérapie  sans 
j,„.®P®oiaIiser,  tel  est  le  service  que  les  livres  du  genre  de 
^^^^^^'othérapie  clinique  de  MM.  Laquerrière  et  Delherm  — 
®  rares  d’ailleurs —  veulent  renüre  et  rendent  en  réalité, 
diaif  ^  physique,  une  partie  physiologique  et  électro- 

Q  ““*^^ique,  et  enfin  les  traitements,  voilà  le  plan  de  cet 
fg  Pion  compris,  et  «  je  suis  convaincu  —  avec  le  pro- 
iivre'^*^  *^’Arsonval,qui  le  dit  dans  la  préface  —  que  ce  petit 
*'ondra  des  services  signalés  tout  aussi  bien  aux  pYa- 
Pciens  qu’à  leurs  clients  ». 


pg  maintenant  Radioscopie,  radiographie,  radiothé- 
D''  L.  REtiNiER,  et  Technique  précise  de  ra- 
hérapie  ;  du  D»  Paul  Vaudet. 


ouvrages  font  dater  la  radiothérapie  postérieu- 
ile  Lvq  ^  réalité.  C’est  en  effet  dès  1896,  avec  Despeignes, 
essayg**’ Poi**  Séguy  Quénisset  que  les  rayons  X  furent 
succès  —  c’est-à-dire  avec  soulagement  du  ma- 
Les  cancer  et  que  je  créai  le  mot  radiothérapie. 

X  auteurs,  M.  Vaudet  (lOOp.,  Leclerc  éd.)  etRegnler 


(220  p.,  Rousset, éd.)  s’occupent  tous  deux  de  «technique 
précise  »,  mais  je  déplore,  non  l’introduction  des  mesures 
de  la  posologie  rœntgénique,  mais  l’assimilation  de  tous  les 
malades  entre  eux.  Gomme  les  médicaments,  les.  rayons  X 
ont  des  doses  variant  avec  les  individus  et  l’on  ne- peut  in¬ 
diquer  que  des  maxima  et  des  minima,  ce  qui  est  déjà  très 
important,  mais  ne  peut  être  absolu.  La  médecine  reste  un  ' 
art,  un  art  qui  se  précise,  se  délimite  mieux,  soit,  mais  os¬ 
cillera  toujours  entre  de  variables  limites.  Le  professeur 
E.  Gaucher  dit  dans  la  préface  du  livre  du  D''  Vaudet  :  «  Le 
présent  ouvrage,  dans  sa  concision  et  dans  sa  précision,  va 
satisfaire  le  lecteur  sans  prétention,  qui,  personnellement, 
vont  pratiquer  la  radiothérapie  ». 

Pour  M.  Regnier,  son  but  «  est  d’exposer  sous  une  forme 
aussi  claire  et  aussi  concise  que  possible  »  les  ressources 
des  rayons  X  et  les  moyens  de  les  mettre  en  œuvre  pour 
voir,  enregistrer  et  soigner  ;  et  son  domaine  est  plus  vaste 
que  le  premier.  Ces  tentatives  montrent  le  succès  croissant 
de  moyens  nouveaux  d’examen  et  de  thérapeutique  et, 
pionniers  de  la  pri-mière  heure,  nous  ne  pouvons  qu’y  ap¬ 
plaudir  et  aider  à  la  diffusion  d’eff  )rts  semblables  aux 
nôtres  et  répondant  au  but  cherché,  Une  conclusion  uni- 
fornie  qui  en  découle  est  que  radiothérapie  et  chirurgie 
doivent  le  plus  souvent  se  compléter  et  marcher  en  bon 
accord. 


BIBLIOGRAPHIE 


Les  accidents  du  travail  dans  la  marine  marchande 

et  la  caisse  de  prévoyance  ;  par  Ch.  Vigné  (8®,  1906,  94 

pages,  Doin.) 

Dans  une  petite  plaquette  de  94  pages,  notre  Confrère  Ch. 
Vigné,  médecin  sanitaire  maritime,  nous  expose  en  homme 
de  métier  qui  juge  les  choses  avec  sa  propre  expérience  les 
conditions  défectueuses  dans  lesquelles  sont  mis  les  gens  de 
mer  par  suite  de  l’application  d<!  la  loi  du  21  mars  1898,  mo* 
difiée  par  celle  du  16  décembre  1905.  De  ce  travail, il  ressort 
que  le  luarin —  la  navigation  à  voiles  n’existant  pour  ainsi 
dire  plus  —  est  placé  à  bord  de  paquebots  —  véritables  villes 
flottantes  —  dans  les  mêmes  conditions  que  les  ouvriers 
terriens  qui  passent  leur  existence  à  l’usine.  Vigné  compare 
la  loi  de  1898  sur  les  accidents  du  travail  avec  relies  de  1905 
sur  les  gens  de  mer  et  demande  pourquoi  les  marins  sont 
si  peu  privilégiés  alors  que  leurs  conditions  Vitales  sont 
semblables  à  celles  des  ouvriers  terriens.  En  outre  pour¬ 
quoi  les  marins  alimentent-ils  eux-mêmes  leur  caisse  de 
secours  quand  les  terriens  en  sont  dispensés  ?  Vigné  agite 
également  la  question  des  délimitations  qui  peuvent  exister 
entre  l’accident  et  la  maladie.  Son  travail  se  termine  par  un 
projet  de  loi  qu’il  serait  fort  désirable  de  voir  reprendre  par 
nos  parlementaires,  nos  marins  étant  aus-l  intéressants 
que  nos  Ouvriers  d’usine  ou  des  champs,  le  marin  propre¬ 
ment  dit  ayant  disparu  pour  faire  place  à  l'ouvrier  maritime, 
suivant  l'expression  de  l’auteur.  UfTHÉBAULf. 

Les  blessures  et  les  accidents  du  travail  ;  par  M.  P. 

Hrouardel  (1  vol.  8°  1906,  J. -B.  Baillère.) 

La  collection  bibliographique  publiée  par  le  professeur 
P.  Rrouardel  vient  de  s'enrichir  d’un  nouveau  volume  réu¬ 
nissant  sous  une  même  couverture  les  leçons  qu’il  a  profes¬ 
sées  ces  temps  passés  à  la  Faculté  de  médecine. 

Le  livre,  qui  se  prête  difficilement  à  l'analyse,  réflète  à 
chaque  instant  les  préoccupations  de  l’auteur  dont  l’unique 
sôuci  est  d'éviter  au  praticien  ces  mille  et  ufi  petits  riens 
qui  pourraient  avoir  pour  conséquences  de  voir  son  rapport 
négligé  par  les  juges  qui  ne  le  prennent  pas  en  considéra¬ 
tion  parce  qu’il  n'est  pas  fait  dans  la  fo..orme  si  chère  à 
Brid’oison.  Avec  son  autorité  accoutumée, le  prof.  BrOuardel 
nous  initie  une  fois  de  plus  aux  connaissances  médico- 
légales  des  piqûres,  des  coupures,  des  brûlures,  des  asphy¬ 
xie®,  des  intoxications  et  profite  de  la  circonstance  pour 
faire  une  légère  incursion  dans  le  domaine  des  accidents  du 
travail  et  des  conséquences  qui  découlent  de  ceux-ci.  Le 
travail  se  termine  par  des  tableaux  d  évaluations  d'incapa- 


254 


I.B-  l'ROGRÈS  MÉDICAL 


cité  empruntés  à  Georges  Brouardel,  le  neveu  de  l’auteur, 
qui  les  a  publiés  pour  la  première  fois  en  1903. 

Je  croirais  manquer  à  mon  devoir  si  je  n’adressais  ici  à 
M.  le  prof.  Brouardel,  qui  m’a  fait  l’honneur  de  me  citer 
deux  fois;  tous  mes  plus  sincères  remerciements. 

D'  Thébault. 


VARIA 

Médecins  experts. 

Un  décret  en  date  du  10  avril  1906  flxeainsi  les  conditions 
à  remplir  pour  être  médecin  expert  des  tribunaux. 

Art.  U''.  — L’article  2  du  décret  du  21  novembre  1893  est 
modifié  ainsi  qu’il  suit  :  «  Les  propositions  du  tribunal  et 
les  désignations  de  la  cour  ne  peuvent  porter  que  sur  des 
docteurs  en  médecine  français,  demeurant  soit  dans  l’arron¬ 
dissement  du  tribunal,  soit  dans  le  ressort  delà  cour  d’ap¬ 
pel.  Ils  doivent  avoir  au  moins  cinq  ans  d’exercice  de  la  pro¬ 
fession  médicale  ou  être  munis  soit  du  diplôme  de  l’univer¬ 
sité  de  Paris  portant  la  mention  «  médecine  légale  et  psy¬ 
chiatrie  »,  soit  d’un  diplôme  analogue  créé  par  d’autres  uni¬ 
versités,  par  application  des  disp  ositions  de  l’article  15  du 
décret  du  21  juillet  1897,  portant  règlement  pour  les  conseils 
des  universités.  » 

La  loi  sur  les  falsifications  alimentaires. 

On  vient  de  voter  récemment  une  nouvelle  loi  condam¬ 
nant  à  un  emprisonnement  de  trois  mois  au  moins  à  un  an 
au  plus  ou  d’une  amende  de  100  francs  au  moins,  à  5000  frs. 
au  plus,  ou  à  l’une  de  ces  deux  peines,  quiconque  aura 
trompé  ou  essayé  de  tromper  sur  l’origine  des  marchandises 
lorsque  cette  origine,  faussement  attribuée  devra  être  consi¬ 
dérée  comme  la  cause  principale  de  la  vente. 

M.  Daremberg,  dans  le  Journal  des  Débats,  s'élève  avec  rai¬ 
son  contre  cette  loi  dont  la  pénalité  est  très  exagérée,  et  le 
public,  les  hygiénistes  et  les  commerçants  ont  lieu  de  s’en 
plaindre.  L'industrie  des  coupages  faits  avec  de  bons  vins 
n’est  nullement  nuisible,  et  ce  n’est  pas  une  fraude  de  mé¬ 
langer  de  bons  vins  du  midi  ou  d’Algérie  avec  d’autres  bons 
vins  du  Languedoc  ou  de  la  Gascogne  pour  en  faire  des  bor¬ 
deaux.  Nos  législateurs  en  ont  pensé  autrement  et  n’ont  pas 
livré  à  toutes  les  rigueurs  de  la  loi  les  fraudeurs  qui  vendent 
des  vins  plâtrés,  soufrés,  acidifiés  ou  alcaliniteés  qui  cau¬ 
sent  la  moitié  des  dyspepsies  et  discréditent  le  vin.  Celui  qui 
mouille  le  vin  avec  de  l’eau  irréprochable  ne  commet  qu’une 
petite  faute  et  doit  être  condamné  moins  durement  que  celui 
qui  le  mouille  avec  de  l'eau  impure  et  typhogène. 

Toutefois,  la  loi  actuelle  double  l’amende  et  la  prison  pour 
le  fraudeur  qui  met  en  vente  une  falsification  nuisible  à  la 
santé.  Est-cejuste,  demande  _\1.  Daremberg  ?  On  peut  sans 
nuire  additionner  le  vin  d'eau  pure,  puisque  le  vin  est  l'ali¬ 
ment  inutile  à  la  nutrition.  Tandis  que  le  lait  est  un  l’aliment 
unique  et  indispensable  des  petits  enfants.  Si  vous  leur  don¬ 
nez  du  lait  additionné  d’eau  pure,  vous  les  condamnez  à 
mort.  Ces  tueurs  d'enfants  devraient  être  passibles  d’une  pé¬ 
nalité  spéciale  bien  supérieure  à  celle  du  marchand  qui 
met  de  la  margarine  dans  son  beurre.  Ce  dernier  peut  être 
passible  d’un  an  de  prison  et  de  500  frs  d  amende,  tandis 
que  le  second  qui  tue  des  enfants  en  baptisant  son  lait  est  un 
assassin  qui  n’est  passible  au  maximum  que  de  deux  ans  de 
prison  et  dix  mille  francsd'amende. 

La  criminalité  de  ces  derniers  est  nettement  établie,  ils  sa¬ 
vent  d’après  les  avis  qui  leur  sont  donnés  qu’ils  commettent 
un  crime  en  tuant  des  êtres  dont  l'existence  tient  à  leur  pro¬ 
bité.  A  cet  effet,  je  serais  peut  être  encore  plus  dur  que 
.M.  Daremberg  et  exigerais  d’abord  que  tout  débitant  de  lait 
mît  bien  en  vue  dans  sa  boutique  un  placard  sur  lequel  se¬ 
raient  inscrits  les  mots  suivants.Tout  débitant  qui  additionne 
son  lait  d’eau  ou  d'autres  produits  sait  qu’il  se  livre  à  l’as¬ 
sassinat  et  doit  être  passible  des  rigueurs  du  Code  pénal. 

Et  cela  ne  serait  qu’une  mince  consolation  pour  Insécu¬ 
rité  du  public,  car  il  reste  encore  beaucoup  à  faire,  à  Paris 
même,  au  sujet  des  vacheries  établies  dans  les  rues  et  dans 
des  locaux  trop  exigus.  En  province,  cela  est  pis  encore,  c’est 


pourquoi  si  l’on  veut,  sans  parler  des  améliorations  hygiéni¬ 
ques  à  apporter  aux  étables  et  au  matériel  plus  ou  moins 
soigné  des  nourrisseurs  et  des  cultivateurs,  il  faut  commen¬ 
cer  par  frapper  inexorablement  les  plus  dangereux  pour  la 
puériculture,  c’est-à  dire  les  industriels,  qui  pour  l’amour 
du  gain  envoient  chaque  année  des  milliers  de  bébés  au  cime¬ 
tière.  On  a  créé  en  France,  le  Mérite  agricole,  pour  récompen¬ 
ser  ceux  qui  honorent  l’agriculture  :  que  ceux  qui  se  servent 
de  ses  produits  pour  les  rendre  mortels  à  l’humanité  soient 
les  premiers  atteints  par  la  répression  et  s’ils  arrivent  à  finir 
leur  peine,  en  cas  de  grâce  ou  autrement,  que  la  vente  des 
produits  servant  à  la  nourriture  leur  soient  à  jamais  interdits. 

Albin  Rousselet. 

Le  Mouvement  des  Etudiants  à  l’Université  de  Paris. 

Nous  puisons  dans  le  rapport  de  M.  Tannery  sur  l’U  niver¬ 
sité  de  Paris  les  renseignements  statistiques  les  plus  propres 
à  intéresser. 

La  faculté  de  droit,  l’an  dernier,  a  compté  6.08‘i  étudiants 
inscrits,  dont  2.11  étrangers.  L’augmentation  sur  l’année  pré¬ 
cédente  est  considérable;  1.289.  Les  groupes  étranger  les  plus 
nombreux  sont  ceux  des  Roumains  (81).  des  Egyptiens  i68)et 
des  Russes  (2. i  hommes,  29  femmes).  Un  chifire  curieux  est 
celui  de  la  moyenne  des  ajournements  :  26,5  0|0  pour  les 
examens  de  licence;  44,5  0|0  pour  les  examens  de  doctorat. 

A  la  faculté  de  médecine,  diminution  de  93  unités:  3.482 
étudiants.  «  Le  doyen  de  la  faculté,  remarque  le  rapporteur, 
se  réjouirait  si  cette  diminution  était  plus  forte.  »  Sur  les  109 
étudiantes  étrangères,  on  compte  98  Russes. 

Le  nombre  des  étudiants  est  resté  stationnaire  à  la  faculté 
des  sciences  11.610);  il  est  en  légère  augmentation  de  33  uni¬ 
tés  à  la  faculté  des  lettres  (2.100).  Dans  ces  deux  facultés,  c'est 
parmi  les  Russes  que  les  étudiants  étrangers  se  recrutent 
principalement. 

A  l’école  de  pharmacie,  la  disparition  prochaine  du  diplôme 
de  2®  classe  a  provoqué  une  nouvelle  diminution.  Le  cliiffre 
actuel  est  de  1.318  étudiants. 

Au  total,  l'université  de  Paris;  l’an  dernier,  comptait 
14.462  étudiants,  dont  1 .638  étrangers.  Les  femmes  sont  au 
nombre  de  968  ;  les  étrangères  sont  les  plus  nombreuses  (513|.- 
L’enseignement  est  donné  par  2sl  professeurs,  agrégés,  char¬ 
gés  de  cours  ou  maîtres  de  coniérencës . 

Le  budget  de  l’université  est  considérable  :  près  de  2  mil¬ 
lions  de  francs  (exactement  1.995.508  francs  pour  les  recettes 
et  1 .787.257  francs  pour  les  dépenses  effectuées  ou  engagées-. 
«  La  situation  financière  est  donc  satisfaisante,  conclut  le 
rapporteur  ;  elle  peut  être  modifiée  dans  l’avenir  parla  réper¬ 
cussion  inconnue  qu’aura  la  loi  militaire  sur  le  nombre  des 
étudiants.  »  {LoPetit  Temps.) 


FORMULES 


XXIV.  —  Contre  la  coqueluche 

Véronal . )  1  „r 

Antipyrine . j  ^ 

Sirop  de  cannelle .  20  gr. 

1  c.  à  café  le  matin  à  jeun,  une  avant  le  repas  de  midi,  une 
1l2  heure  avant  le  coucher  et  une  au  lit. 

(Muntz  in  Thérap.  Monatsch.) 

Les  Nouveaux  remèdes, qui  citent  cette  formule, proposent  de 

remplacer  l’antipyrine  par  le  pyramidon. 


AD JU  DIC ATIOH  ïaS,  "if î 

Louis-le-Grand,  le  lundi  30  avril  1906.  à  1  heure  du 
d’un  fonds  de  commerce  de  n  I  I  H  n  il ü  A  ^  I  L 
exploité  à  Paris,  67,  rue  pUAUnHAIjl^ 
Montorgueil  (2'  arrondis.).  I  llnlllfl  “.W 
Mise  à  prix  pouvant  être  baissée  :  2.000  fr.  Loyers  d  ®Y^ponr 
rembourser  :  2.250  fr.  Consignation  pour  enchérir  :  -•fW0,.t'épQÜ- 
les  renseignements,  s'adresser  audit  notaire,  à  M“  LESTIn^^, 
DOIS,  avoué,  28,  rue  Vignon  et  à  M.  GRAUX,  administra 
judiciaire,  53,  rue  de  Rivoli. 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


THERAPEUTIQUE 

Traitement  des  congestions  pulmonaires  et  des  hémop- 
*  tysies  par  l'Hélénine. 

Introduite  dans  le  sang,  l’Hélénine  de  Korab  exerce  à  un 
haut  degré  une  action  stimulante,  accompagnée  de  diminu¬ 
tion  de  la  tension  vasculaire  et  d’abaissement  de  la  tempé- 
rature,rigoureusement  observée  par  les  appareils  du  profes¬ 
seur  Marey  du  Collège  de  France  (communication  à  la  So- 
(tVte  de  Biologie).  La  propriété,  bien  démontrée,  que  pos¬ 
sède  l’Hélénine  de  diminuer  la  tension  vasculaire,  fait  d’elle 
un  médicament  précieux  pour  combattre  les  congestions 
pulmonaires  et  prévenir  les  hémoptysies. 

De  là  résulte  l’avantage  incontestable  de  l’employer  dans 
les  phases  d’ulcérations  et  même  de  cavernes,  où  la  fonte 
des  tissus  fait  craindre  la  rupture  d’un  vaisseau  ayant  pour 
cause  la  disproportion  entré  la  tension  vasculaire  et  la  paroi 
sanguine  amincie.  L’Hélénine  s’administre  sous  forme  do 
globules  du  D'  de  Korab  -à  la  dose  de  2  à  4  par  jour. 


Natalité  DE  Paris.  —  Du  dimanche  11  au  samedi  17  mars 
1906.  les  naissances  ont  ete  au  -lomore  de  978,  se  décomposant 
tinsi;  légitimes  711,  illégitimes  267. 

Mortalité  a  Paris.  -  Population  d’après  le  recensement  de 
1901  ;  2.660.559  habitants.  Les  deoes  ont  ete  au  nomnre  de  984, 
savoir:  481  hommes  et  503  femmes.  Les  décès  sont  dus  aux 
îauses  suivantes  :  Fièvre  typüoi'de  (typhus  abdomin.)  :  5.  — 
Typhus  exanthématique  :  0.  —  Fièvre  intermUtente^  et  cachexie 
palustre  :  0.  —  Variole  :  0.  —  Rougeole  :  25.  -  Scarlatine  :  1. 

—  Coqueiucne  :  6.  —  Diphtérie  et  Croup  :  2.  —  Grippe  .:  5. 

—  Choléra  asiatique  0.  -  Choiera  nostras  :  0.  —  Autres 
maladies  epidemiques  ;  3.  —  Tuberculose  des  poumons  :  199.  — 
Tuberculose  des  méningés  :  16.  —  Autres  tuberculoses  :  18.  — 
Cancer  et  autres  tumeurs  malignes  :  61.  —  Méningite  simple  :  14. 

—  Congestion  hemorrnagique  et  ramollissement  du  cerveau  :  43. 

—  Maladies  oreannues  du  cnsur  ;  77.  —  Bronchite  aiguë  :  7. 


—  Bronchite  chronique  :  17.  —  Pneumonie  :  34.  —  Autres  affec¬ 
tions  de  l’appareil  respiratoire  :  126.  —  Affections  de  l’estomac 
cancerexc.)  :  5.  —  Diarrhée  et  entérite  deO  à  1  an  :  sein  :  7  :  au¬ 
tre  alimentation  :  13.  —  Diarrhée  et  entérite  de  1  à2  ans  :  1. —  Her¬ 
nies,  obstruction  intestinale  :  10.  —  Cirrhose  du  foie  :  1 1 .  —  Néphrite 
et  mal  de  Bright  :  23.  —  Tumeurs  non  cancéreuses  et  autres  ma¬ 
ladies  des  organes  génitaux  (femmes)  :  7.  —  Septicémie  puerpérale 
(fièvre,  péritonite,  phlébite  puerpérale)  :  3.  —  Autres  accidents 
Duerpéraux  de  ia  grossesse  et  de  l’accoucnement  :  0.  —  Débilité 
congénitale  et  vices  de  conformation  :  32.  —  Débilité  sénile  :  52. 

—  Morts  violentes  :  25. —  Suicides  :  12.  —  Autres  maladies  :  123. 

—  Maladies  inconnues  ou  mal  définies  :  13. 

Mort-nès  et  morts  avant  leur  inscription  :  61,  qui  se  décom¬ 
posent  ainsi  :  légitimes  45,  illégitimes  16. 

Médecin  blessé  par  un  aliéné.  —  Le  docteur  Thivet,  méde¬ 
cin  en  chef  du  service  des  hommes  à  l’asile  des  aliénés  de  Cler¬ 
mont,  passait  la  visite  dans  la  section  des  malades  tranquilles, 
lorsque  soudain  l’aliéné  Boulogne,  âgé  de  vingt- quatre  ans,  qui 
le  suivait  depuis  quelques  instants,  le  frappa  en  pleine  figure 
avec  un  tesson  de  bouteille  qu’il  avait  dissimulé  sous  sa  blouse  et 
le  blessa  grièvement  au-dessous  de  l’œil  droit  ;  il  a  dû  s’aliter. 
Le  surveillant  Bazelaire,  ayant  voulu  s’interposer,  fut  frappé  à 
son  tour  à  la  nuque  et  grièvement  blessé  lui  aussi.  Enfin  le  gar¬ 
dien  Ildis  reçut  diverses  blessures  sans  gravité.  L’aliéné  s’était 
muni  de  poivre  en  poudre  qu’il  avait  jeté  à  la  face  du  médecin,  et 
du  surveillant. 

Nos  souhaits  les  plus  sincères  pour  le  prompt  rétablissement 
des  deux  blessés. 

Hospices  civils  de  Marseille.  —  Concours  pour  une  place  de 
médecin-adjoint.  —  Le  lundi  6  août  1906,  à  3  heures,  un  concours 
public  sera  (luvert  à  l’Hôfel-Dieu  pour  une  place  de  médecin- 
adjoint  des  hôpitaux.  Ce  concours  aura  lieu  devant  la  Commission 
administrative,  assistée  d’un  jury  médical.  Au  jour  fixé  pour  l’ou¬ 
verture  du  concours,  les  candidats  devront  avoir  deux  années  de 
pratique  comme  docteurs  de  l’une  des  Facultés  de  France,  être 
de  nationalité  française,  ou  en  mesure  de  justifier  de  leur  natura¬ 
lisation.  Les  deux  années  de  pratique  comme  dobteur  ne  sont  pas 
exigées  des  élèves  internes  dans  les  hôpitaux  des  villes  où  siège 
une  Faculté,  ni  des  élèves  internes  des  hôpitaux  de  Marseille  ;  ils 
pourront  en  conséquence  concourir  dès  qu’ils  seront  munis  de  leur 
diplôme  de  docteur. 

Epreuves  du  Concours.  —  1.  Question  d’anatomie  et  question  de 


TRAITEMENT.es  affections  nerveuses 

PAR  LES  SIROPS  BROMURÉSoe  J.  P.  LAROZE 


SIRQF  LAROZE  au  BROMURE  de  POTASSIUM 

complètement  exempt  d'iodures,  de  chlorures  et  de  bromates  ; 

_ contient  exactement  /  £r.  par  cuillerée  à  potage. 

SIROP  LAROZE  AU  BROMURE  DE  SODIUM 

contient  exactement  /  gr.  de  se!  chimiquement  pur  par  cuillerée  à  potage. 

SIROP  LAROZE  au  BROMURE  de  STRONTIUM 

complètement  exempt  de  Baryte,  contient  exactement  /  gr.  de  sel  par  cuillei'ée  à  potage. 

SIROP  LAROZE  POLYBROMURÉ 

^POTASSIUM,  SODIUM  AMMONIUM) 

Une  cuillerée  à  potage  de  Sirop  contient  exactement  3  gr.  de  Bromures. 

SIROP  LAROZE  D’ÉCORCES  D’ORANGES  AMÈRES 

contre  les  accidents  neroeux  de  la  digestion.  Deux  ou  trois  cuillerées  à  potage  par  jour. 

ENVOI  de  ûacons  spécimen  à  MM.  les  Docteurs  gui  voudront  b'en  '^riu  en  faire  la  demande. 

M.A.ISOIsr  ILj-A.rLOZH],  3,  r-uie  des  liions  St 

ROHAIS  et  C‘®i  Pharmacien  de  1"  classe,  ex-interne  des  Hôpitaux  de  Paris. 


LE  PROGRES  MEDICAL 


physiologie  ;  Ces  deux  questions  sont  orales,  après  un  temps  de 
préparation  à  huis-clos  et  sans  livres,  qui  est  déterminé  par  le 
jury.  Il  est  attribué  pour  cette  épreuve  un  maximum  de  20  points. 
—  2.  Question  de  pathologie  médicale  avec  les  applications  hygié¬ 
niques  qu'elle  comporte  :  Cette  question  est  écrite,  les  candidats 
ont  quatre  heures  pour  la  traiter  à  huis-clos  et  sans  livres.  Il  est 
attribué  pour  cette  épreuue  un  maximum  de  30  points.  ^  3.  Examen 
clinique  de  trois  malades  atteints  de  maladies  internes  choisis 
parmi  ceux  entrés  dans  les  hôpitaux,  à  partir  du  jour  où  l’accès  des 
salles  des  malades  aura  été  interdit  aux  candidats  :  l’examen  cli¬ 
nique  des  trois  malades  dure  trois  quarts  d’heure  au  plus.  Le 
compte-rendu  des  deux  premiers  malades  se  fait  oralement  après 
un  temps  de  réflexion  fixé  par  le  jury,  celui  du  troisième  fait  l 'objet 
d’une  composition  "écrite  pour  la  rédaction  de  laquelle  il  sera 
jiccDrdé  une  heure.  Il  est  attribué  pour  l'épreuve  de  clinique 
30  points.  —  4.  Résultat  de  l’examen  des  titres  :  Il  est  attribué  un 
maximum  de  5  points  pour  cette  épreuve.  Le  maximum  des  points 
pour  le  concours  entier  est  de  85  points. 


dré-des-Arts)  et  le  continuera  les  Mardis  et  Jeudis,  à  cinq  heures. 
Sujet  du  cours  :  Applications  de  l'hypnotisme  à  la  psychologie,  à 
la  thérapeutique,  et  à  la  pédagogie  des  enfants  vicieux  ou  anor¬ 
maux.  —  La  leçon  d’ouverture  aura  lieu  sous  la  présidence  dé 
M.  le  D’’  Huchard,  membre  de  l’Académie  de  Médecine. 


BULLETIN  BIBLIOGRAPHIQUE 


VIENT  DE  PARAITRE 

EN  VENTE  AU  BUREAU  DU  PROGRÈS  MÉDICAL 


Amphithhatre  d'anatomie.  —  Conférences  et  travaux  prali- 
aues  de  bactériologie.  —  Sous  la  direction  de  M.  Pierre  Sébileau, 
directeur  de  l’Amphitéâtre  d’anatomie  des  hôpitaux,  une  série  de 
conférences  de  bactériologie,  faite  par  M.  le  Docteur  Macaigne, 
chef  du  Laboratoire,  commencera  le  1"''  mai  1906.  Le  cours  est 
ouvert  à  tous  les  médecins  et  étudiants  en  médecine  moyennant 
uii  droit  de  60  francs.  Il  est  gratuit  pour  les  internes  et  externes 
des  hôpitaux.  Le  cours  sera  complet  en  20  leçons.  Le  nombre  des 
places  est  limité.  Se  faire  inscrire  à  l’Amiihithéàtre,  17.  rue  du 
Fer-à-Moulin. 

Enseignement  libre. 

Ecole  dï;  psychologie,  49,  rue  Saint-André-des-Arts  (au  siège 
de  l’Institut  psycho-physiologiquel.  —  Cours  de  psychologie  ap¬ 
pliquée  et  de  psychothérapie.  —  M.  le  D'  lîérillon,  professeur  à 
l’Ecole  de  physiologie,  commencera  ce  cours  le  mardis  mai,  à 
cinq  heures  (Salle  des  Conférences  de  l’Ecole,  49,  rue  Saint'pAn- 


SÉGUiN  (Edouard).  —  Traitement  moral,  hygiène  et  édu¬ 
cation  des  idiots  et  des  autres  enfants  arriérés  ou  retardés 
dans  leur  développement,  agités  de  mouvements  involontaires, 
débiles  muets,  non  sourds,  bègues,  etc.  Préface  par  Bourne- 
ville.  1  vol .  In-8  de  534  pages  avec  un  portrait  de  l’auteur. 


Bourneville.  —  Traitement  médico-pédagogique  des  idioties 

les  plus  graves.  In-S”  de  32  pages.  Pri.x . .  1 

Pour  nos  abonnés.  Prix .  0.75' 

Bourneville.  —  Les  enfants  anormaux  au  point  de  vue  intel¬ 
lectuel  et  moral.  In-18  de  24  pages.  Prix:  pour  nos  abonné 
franco) .  0.5(1 


Pailhas  (B.).  —  Balnéation  et  hydrothérapie  dans  le  trai¬ 
tement  des  maladies  mentales.  Rapport  présenté  au  Congrès  des 
médecins  aliénistes  et  neurologistes  tenu  à  Rennes  du  P''  au  7 
août  1905,  suivi  de  la  discussion  complète.  1  vol.  In-O®  de  154 
pages.  Prix:  Pour  nos  abonnés  (franco) . . .  1.50 


PHTISIE,  BRONCHITE,  CATARRHES. —Z.’Æ'mw/jtoK  i 
Marchais  est  la  meilleure  préparation  créosotée.  Elle  di- 


LOTION  LOUIS  DEQUEANT 


minue  la  toux,  la  fièvre  et  1  expectoration.  De  3  à  6  c 
lerées  à  café  par  jour  dans  lait,  bouillon  ou  tisane. 

fD'  Ferrand.  —  Trait,  de  méd.) 


En  vente  che\  les  pharmacien,  seulement. 


SAVONDENTIFRICE  VICIER,  antiseptique  pour  l’entre¬ 
tien  des  dents,  des  gencives  et  des  muqueuses  de  la  bouche. 


huile  crise  STERILISEE  VIQIER  A  40  •/ 


JILE  AU  CALOMEL  STERILISEE  INDOLORE  VIQIER 
à  O, OS  cent,  par  c.  c. 

UILE  AU  BI-IODURE  D’Hg.  STÉRILISÉE  INDOLORE 
à  0,004  et  à  0,01  cent,  par  c.  c. 

12.  beulevapd  Bonne-Nouvelle,  PARIS. 


Le  Sebumbaoille.  microbe  de  la  calvitie  vulgaire,  a  Ote 
découvert  par  M.  Louis  OEQUtiANT,  pharmacien,  38,  rne 
de  Clignancourt,  Paris.  (Mémoires  déposés  à  l’Académie  de 
Médecine,  23  mars  1897, 8  mai  1898).  L'extrait  de  ces  Mémoires 
est  adressé  gracieusement  à  tous  les  médecins  qui  lui  et 
feront  la  demande.  Renseignements  gratuits  et  prix  de  faos^r 
pour  tous  les  memores  du  corps  médical.  _ .... 


Le  Rédacteur-Gérant  :  Bourubvillx. 


SIROP 


VERNEUIL 


ENFANTS 


ites  glaireuses,  comme  la  plupart  aes  autres  purgati 
:  DARRABSE  ft-éres,  i3,  rue  Pave e.  Pari. 
ifx  :  VERNEUIL.  pharm.,  Gouflans  (Seine-et- 


AFFECTIONS  CARDIAQUES 


Les  Œuvres  complètes  de  i. -HL.  Charcot,  y  compris  les  2  volwtff** 
des  LEÇONS  DU  MARDI  et  les  deuoo  volumes  rfes  CLINIQUES  des 
maladies  du  système  nerveux,  sont  vendues  à  nos  abonnés  aufC^ 
réduit  de  50  francs  au  lieu  de  190  francs  prises  dans  n»s  Bureat^- 


ICONVAILARIAMÂIÂLIS 


j  SIROP  :  2  à  3  cuillerées  à  soupe  par  jour, 
j  PILULES  :  6  par  jour. 

I  6RARULES  d«  COIVALUIARIIE  :  4  par  jour. 


1 


iCONSTIPATIONc. 


tri:  coaticfaiti  et  iaitri  uns  de»  ims  :pproiiiutift 


4.  #  4.  ^  ^  ♦  4 


Formol  saponifié  —  Sans  odenr  —  Non  toxiquo  —  P 

CHIRURGIE  -  OBSTÉTRIQUE -GYNÉC0L06IE  |  i 


-î» 

P  irritant  |  ANTISEPT^, 
tératureet  j  DESODORI  | 
lDotuuts‘'"\  DESINFECTA» 


:.3‘  SERIE.  T.  XKIl.  N"  17. 


BUREAUX  :  RUE  DES  CARMES,  14 


28  AVRIL  1906 


Le  Progrès  Médical 


■MttAIRE  :  Stphiligraphie  :  Un  cas  d’éruption  syphilitique 
*^des  chéloïdes,  par  Lefas.  —  Revue  de  chirurgie  biolo- 
IjKjue  ;  De  l'appendicectomie  préventive,  par  Touzé.  —  Bul- 
lïTis  :  Un  ministère  du  travail,  de  l’hygiène  et  de  l’Assistance 
Ipjbliques,  par  Rousselet  ;  Le  classement  dans  les  concours 
Bocaux  de  l’assistance,  par  J.  Noir.  —  Sociétés  Savantes: 
icailmiede  Médecine  :  Grippe  et  jirostatites,  par  Guépin  (c.  r. 
ijeA.-F.Plicque).  —  Société  de  pédiatrie  :  Idiotie  à  type  mon- 

3 ue,  par ’V'ariot  ;  Paralysie  diphtérique  traitée  avec  succès 
e  par  les  injections  de  sérum  de  Roux,  par  Gomhy  ;  Tu- 
lâculose  du  cæcum,  par  Guinon  ;  Epidémie  de  desquamation 
lôguale  associée  à  la  perlèche,  par  Guinon  ;  Coqueluche  sim¬ 
ple,  par  Variot  (o.  r.  de  Ch.  II.  Petit-Vendol).  —  Congrès  des 
SOCIÉTÉS  SAVANTES  ;  Compte  rendu  de  la  Sous-section  des 
Sciences  médicales  et  de  l’hygiène,  par  Friedel.  —  Congrès 

BTBRN.ATIONAI.  DE  MÉDECINE  ET  DE  CHIRURGIE  I  La  défense  illtor- 

Bttonnale  contre  la  tuberculose,  par  Bernheim  ;  De  l’emploi  de 
la  tuberculine  dans  le  traitement  de  la  tuberculose,  par  Ber- 
ikiin  et  Saint-Laurent  ;  Tuberculose  et  maisons  insalubres. 


par  Bernheim  ;  Blanchisseurs  et  tuberculose,  par  Bernheim  et 
Dieupart.  —  Revue  de  dermatologie  :  L’agent  pathogène  de 
la  syphilis,  par  Poramay  ;  .\n  introduction  to  dermatology,  par 
Walker  ;  Pathogénie  du  purpura,  par  Grenet  ;  Dermato-psy- 
chies,  par  Dide  ;  Y  a-t-il  une  pelade  d’origine  helminthique, 
par  Boyer.  — ■  Hydrologie  :  Sermaize-les-Bains  (Marne)  — 
Bibliographie  :  Les  accidents  du  travail,  par  Vibert  ;  Frac¬ 
ture  du  poignet  en  sens  inverse  ou  fracture  par  hyperflexion  de 
l’extrémité  inférieure  du  radius,  par  Guermônprez  ;  Traité  des 
maladies  épidémiques,  par  Kelsch  ;  Contribution  à  l’étude  du 
saprophytisme  du  bacille  de  Koch,  par  Ferré  et  Buard.  —  Va¬ 
ria  :  A  propos  de  la  mort  de  M.  Curie  ;  Instructions  sanitaires 
dans  les  campagnes;  Une  épidémie  mystique  au  Pays  de  Galles  ; 
Les  haricots  toxiques  ;  Les  fausses  dents  des  Députés.  —  For¬ 
mules.  —  Actes  et  thèses  de  la  faculté  de  médecine  de 
Paris.  —  Thérapeutique  :  L'hélénine  et  sas  applications  thé¬ 
rapeutiques,  —  Nouvelles.  —  Chronique  des  hôpitaux.  — 


SYPHILIGRAPHIE 

cas  d’éruption  syphilitique  sur  des  chéloïdes  : 

Par  le  D'  Loucas  LÉFAS 
Ancien  interne  des  hôpitaux  d’Athènes. 

Sousce.  terme,  nous  allons  relater  un  cas  de  syphilis, 
BOUS  avons  eu  l’occasion  d’observer,  et  qui  a  eu 
particularité  de  se  manifester  presqu’exclusivement 
des  chéloïdes. 

tsERVATioN.— Notre  malade,  L.  M.,  tlgé  de  2fians,  étudiant 
droit,  portait  sur  le  front  une  vaste  cicatrice  chéloïde  lor- 
apn  s  un  traumatisme  reçu  quatre  ans  auparavant  ;  àcôté 
^Ile-ci,  dans  la  région  temporale  droite  du  visage  une 
de  cicatrice  se  montrait,  qui  dans  ce  dernier  temps  com- 
fait  à  se  transformer  en  chéloïde  de  bien  moindres  dimen- 
’  <ï<ie  la  précédente  :  il  avait  de  même  une  autre  chéloïde 
“he  plaie  produite  par  un  coup  de  couteau,  reçu  dans  la 
posiériciire  du  brasdroit  à0,ü4  cm.  au-dessus  de  l’olé- 
■ybeplusql  souffrait  très  souvent  de  la  fièvre  paludéenne, 
en  été,  et  il  avait  l'habitude  de  boire  des  boissons  al- 
Aues  variées, du  vin,  de  la  bière,  etc.,  à  ce  point  que  mal- 
h  jeune  âge  on  pouvait  le  considérer  comme  un  alcoo- 
i^e  auparavant  il  avait  contracté  une  blennor- 

devenue  depuis  chronique,  accompagnée  de  végéta- 
Un  niot  c'était  un  homme  d'une  vie  irrégulière,  dé- 
antécédent  héréditaire  à  noter.  Il  y  a  trois  mois, 
une  ulcération  dure  sur  le  prépuce,  que  nous 
J  comme  syphilitique  et  qui  a  guéri.  Mais  la  tuiné- 
so0t  ®®.8anglions  du  voisinage  et  de  ceux  plus  éloignés, 
'^^elut'*^'*  ^  ®  persisté.  Le  mode  de  propagation 

>  jg  .de  la  tuméfaction  ganglionnaire  et  la  préexis- 
Gutre  sur  la  verge  ne  nous  permettent  pas  de  son- 
‘Uae  9u'à  la  syphilis,  et,  nous  attendons  patiem- 
secondaire. Trois  moisaprès  ce  début, 
'Tcès  (igï.P'’®®eute  à  nous  pour  nous  consulter  au  sujet 
J  paludéenne  inlermillente,  dont  il  souffre 
''’Rl  jours.  Le  type  de  la  fièvre  est  classique,  ap- 
de  lié  *”’’'iuement,  chaiiuo  après-midi,  par  un  frisson 
^  accoij*^^  et  se  dissipant  vers  minuit  par  une 

Pognée  de  sueurs  profuses  et  d  augmentation  des 

leûle®^®‘ihons  le  malade,  nous  constatons  la  fièvre  inter- 
dugmentation  du  volume  de  la  rate,  mais  en 
^denté  et*’  observons  que  le  foie  est  aussi  fortement 
"  contra^, chéloïdes  présentent  une  rougeur  mani- 
®vdnt  avec  la  pâleur  de  la  peau  avoisinante  et 


avec  la  couleur  qu'elles  présentaient  auparavant. Nous  n’avons 
pas  osé  conclure  à  ce  moment  que  c'était  la  syphilis  qui  ve¬ 
nait  éclore  dans  cette  région,  d’une  façon  si  extraordinaire. 
Nous  songeâmes  à  faire  l’examen  du  sang  et  de  l’urine.  En 
effet,  nous  aperçûmes  que  l'urine  était  fortement  colorée  par 
hématolysect  qu'elle  était  chargée  de  substances  azotées  sans 
aucun  autre  élément  pathologique  ;  tandis  que  d'autre  part, 
dans  le  sang,  nous  retrouvons  les  hématozoaires  de  Layeran 
en  pleine  évolution,  et  les  globules  rouges  très  pauvres  en  lié- 
moglobine  :  la  valeur  hémoglobique  à  peine  arrivait  à  22  ;  il 
y  axait  de  plus  une  augmentation  des  globules  blancs  très 
marquée  i22  pour  lOOi.  Le  nombre  des  globules  rouges  no  dé¬ 
passait  pas  en  moyenne  4.000.00Ü.  Il  était  évident  qu'il  s’agis¬ 
sait  de  la  malaria  qui  exerçait  son  action  dans  le  foie  et  dans 
la  rate,  aussi  bien  que  dans  les  chéloïdes,  dont  nous  avons 
parlé  plus  haut.  Mais  la  chose  n’était  pas  si  simple.  l'aide 
de  la  quinine,  la  fièvre  disparaît,  le  loie  et  la  rate  reviennent 
peu  à  peu  à  leur  état  normal  (juelques  jours  après,  tandis 
qu’au  contraire  la  rougeur  des  chéloïdes  augmente  d  intensité 
de  plus  en  plus.  Bientôt  il  s’y  forme  une  exulcération  atone 
et  en  même  temps,  trois  jours  après  que  la  fièvre  avait  dis¬ 
paru,  nous  aperçûmes  une  certaine  quantité  de  papules 
apparaître  sous  la  forme  de  la  roséole  syphilitique,  sur  la 
poitrine,  l'abdomen  et  les  fesses.  C  elait  la  syphilis  qui.  restée 
latente  jusque-là,  se  réveillait  à  cause  de  l’irritation  due  à  la 
■fièvre,  et  éclatait  sous  une  forme  intéressante  caractérisée  par 
la  rareté  des  papules  sur  les  autres  régions  du  corps,  et  sa 
concentration  sur  les  chéloïdes. 

Les  exulcérations  des  chéloïdes  du  front  et  de  la  tempe 
s’étendent  de  proche  en  proche,  en  sorte  qu’elles  se  confon¬ 
dent  en  une  plaiiue  très  étendue  occupant  toute  la  région  du 
iront  et  de  la  tempe,  et  se  couvrent  d’une  croûte  cireuse,  très 
grasse  et  très  épaisse.  Celle  du  bras  est  étendue  à  toute  la  par¬ 
tie  fiostérieure  de  l’olécrâne  jusqu’au  milieu  du  bras  .sans  at¬ 
teindre  la  lace  antérieure. 

Dans  ce  cas,  la  quinine  ne  pouvait  être  incriminée  comme 
étant  la  cause  qui  a  provoqué  cette  éruption,  ni  par  son  ca¬ 
ractère  et  parce  que  l’individu  était  bien  liabitué  à  supporter 
la  quinine,  même  à  doses  et  en  quantité  supérieure.  Par  con¬ 
séquent, c’était  autre  chose,  et  nous  devions  songer  à  la  syphi- 


Traitement.  —  Etant  donné  ces  raisons  et  la  préexistence 
du  chancre, nous  avons  cru  devoir  prescrire  le  traitement  spé¬ 
cifique  du  hiiodure  de  mercure  par  piqûres,  en  injectant 
avec  prudence  six  milligrammes  de  mercure  par  jour.  Nous 
avonscommencé  le  cinquième  jour  après  la  présence  de  l’ériip- 
lion  et  la  disparition  de  la  fièvre,  alors  que  l’exulcération 
était  bien  développée  avec  une  tendance  manifestement  pro¬ 
gressive.  Après  la  cinquième  injection,  tout  était  réduit,  de 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


f?58 


sorte  que  l’exanthème  avait  disparu  rapidement  et  complète 
ment,  la  croûte  est  devenue  dure  et  commença  à  se  détacher. 
Après  la  dixième  injection, la  vaste  croûte  était  tombée  tout 
entière,  et  la  plaie  se  guérissait  en  laissant  à  sa  place,  au  lieu 
de  la  rougeur,  une  pigmentation  mélanique  foncée.  Nous 
avons  tait  en  tout  ;’()  injections  alors  que  toute  trace  de 
l'ulcération  est  dissipée  ;  la  pigmentation  s’est  effacée  et  le 
malade  est  parti  tout  à  fait  rétabli  sans  vouloir  continuer  le 
traitement  spécifique  réglé.  Nous  eûmes  l'occasion  de  le  re¬ 
voir  neuf  mois  après  sans  qu'il  se  soit  plaint  d’aucune  modi¬ 
fication  de  sa  santé. 

Diagnostic.  Conclusions. —  De  tout  ce  qui  précède 
résulte  que  c'était  une  localisation  bizarre  de  la  syphi¬ 
lis  cantonnée  surtout,  par  prédilection,  pour  ainsi  dire, 
sur  les  chéloïdes.  Mais  la  syphilis  s’est-elle  manifestée 
à  l'occasion  de  la  fièvre  paludéenne,  ou  bien  élait-ce 
une  simple  coïncidence  ?  Peu  importe,  quoiqu'il  serait 
intéressant  d’établir  la  cause.  Nous  savons  d'après  les 
expériences  et  les  observations  du  professeur  Verneuil 
I Eyicyclopédieinternationalede  Chirurgie ^ Paris,  1883, 
1. 1,  p.  133)  que  dans  certains  cas  les  traumatismes  dé¬ 
terminent  des  manifestations  locales  de  la  syphilis  et 
que  les  maladies  exanthématiques  ont  une  prédilection 
sur  les  petites  plaies,  comme  les  fissures  et  les  scarifi¬ 
cations.  D'autre  part,  M.  Hallopeau  (II.  Hallopeau. 
Pathologie  Paris,  1893,  p.  28)  a  vu,  chez  des 

malades  atteints  d’une  syphilis  grave  en  pleine  évolu¬ 
tion  secondaire,  des  plaies  contuses  placées  dans  de 
mauvaises  conditions  (par  exemple  un  bec-de-lièvre 
traumatique)  se  réunir  par  première  intention. 

Nous  pouvons  donc  considérer  les  chéloïdes  comme 
des  blessures  ou  des  plaies  cicatrisées  mais  non  gué¬ 
ries^  et  par  conséquent  comme  présentan  t  une  irrita¬ 
tion.  spéciale  faisant  appel  aux  manifestations  des 
maladies  exanthématiques,  paidiculièrement  à  la  sy¬ 
philis,  locales  comme  dans  notre  exemple. 


REVUE  DE  CHIRU^IE  RIOLOGIQUE 

De  l’appendicectomie  préventive  ; 

EN  CAS  d’appendice  SAIN  (Stlite.) 

Par  le  D'  M.  TOUZÉ. 

IIl.  —  Utilité  de  l'appendicectomie  préventive. 
—  De  ce  qu’un  viscère  est  inutile,  il  ne  s’en  suit  nulle¬ 
ment  que  son  ablation  s'impose  parce  qu'inutile.  Voyons 
donc  maintenant  si  cette  exérèse  est  utile.  Or,  un  cas 
bien  frappant  vraiment  typique  suffit  à  fixer  de  suite 
le  jugement  à  cet  égard  :  Giordano  (1)  pratique  chez 
une  jeune  fillette  de  10  ans  une  entéro-anastoniose 
ileo-rectale.  pour  accidents  de  rétention  dus  à  une 
dilatation  congénitale  du  colon.  Il  laisse  en  place  l'ap¬ 
pendice  sain.  Les  suites  sont  excellentes,  mais  quinze 
mois  plus  lard,  une  appendicite  se  déclare,  qui 
heureusement,  se  termina  par  résolution.  Et  l’auteur 
se  reproche  de  n’avoir  point  excisé  le  vermium,  lors 
de  l’opération  sur  l’intestin:  il  est  clair  que  dans  l’es¬ 
pèce  l’appendicectomie  préventive,  manœuvre  supplé¬ 
mentaire,  n'eût  en  rien  aggravé  l’intervention  prin¬ 
cipale.  Voici  d’autres  cas  similaires  auxquels  j’atta¬ 
che  une  grosse  importance  à  l’appui  de  ma  thèse  :  au 
cours  d’une  herniotomie  crurale,  on  rencontre  et  on  re¬ 
foule  l’appendice  sain.  Trois  jours  après,  accidents  ab- 

(I)  Giordano.  —  Traitement  chirurgical  de  la  eolonectasie  :  Ar¬ 
chives  internationales  de  Chirurgie,  1903,  et  Semaine  médicale  ii”  371, 
1904. 


dominaux.  On  retrouve  le  môme  appendice  celte  L 
étranglé  dans  une  hernie  inguinale  latente  (1).  _  * 
femme  de37ans  subill’hyslérectomie  abdominale si 
totale  pour  salpingite.  L’appendice  examiné  et  iro, 
normal  estlaissé  en  place.  Dix  jours  plus  lard  périloii 
mortelle  due  à  une  appendicite  perforante  (2i 
Une  jeune  femme  de  santé  florissante  est  opérée d’hi 
téreclomie  abdominale  pour  fibrome.  Six  moisapj 
elle  succombe  aune  péritonite  appendiculaire(;l).-.t 
malade  est  opéré  pour  une  affection  du  foie.  Il  rem 
quelque  temps  après  se  faire  opérer  d’une  appendica 
(4).  Sans  parler  d’autres  cas  pins  nombreux  ou  l’apjK 
dice  était  déjà  chroniquement  enflammé  lorsqu’on! 
tervintpour  iibrome,  pour  cholécystite, etc., etc. ,eloi 
foyer  se  réveilla  plus  tard,  donnant  lieu  à  une  appet 
cite  bruyante  ou  à  des  douleurs  iliaques  persislanl 
pour  lesquelles  il  fallut  pratiquer  une  opération  ifé 
live  destinée  à  supprimer  l’appendice  (5). 

Le  but  utile  poursuivi  par  Longuet  en recommandi 
l’exérèse  du  vermium  sain  est  donc  d’ordre  prèm 
C’est  une  précaution,  une  mesure  de  prudence.  S 
doute, l’appendicectomie  est  toujours  une  opérationj 
ventive.  Si  l’on  supprime  l’organe  diverticulaireaii 
but  d’une  crise  aiguë,  ou  bien  après  refroidissement 
celle  crise,  c’est  précisément  pour  aller  aii-dovant 
graves  complications. Mais  dans  ces  éventualités, l'f 
rèse  ne  présente  pas  au  même  degré  un  caractère  ai 
franchement, aussi  purement  préventif  que  dansl'b'i 
thèse  d’un  appendice  absolument  sain.  Ici  la  préo 
lion  n’est  nullement  commandée,  mais  facultative. 


lY.  —  Indic-ations  et  contre-indications.  - 
systématisation  de  l’appendicectomie  chez  tous  les 
jets  étant,  une  fois  de  plus,  nettement  rejetée  conj 
un  abus  manifeste, il  me  reste  à  préciser  dans  qu'* 
circonstances  cette  méthode  de  précaution  trouve: 
indications,  d’après  Longuet. 

Tout  d’abord,  elle  est  indiquée  sans  restriction 
les  cures  radicales  de  /ierafe, lorsque  le  vermiuini 
labe  partiellement  ou  totalement;  quelle  que  soitbj 
riété  de  celte  appendicocèle  inguinale,  crurale,'’' 
licale.  Nous  avons  précisément  rapporté  une  obse* 
tion  de  hernie  inguinale,  et  une  autre  de  hernie  ' 
raie  du  vermium,  toutes  deux  traitées  par  appenn" 
tomie.  Il  semble,  en  effet,  bien  acquis  que  l’nPP*^ 
hernié  est  plus  particulièrement  prédisposé  à  Im 
malion  ultérieure,  à  l’étranglement  et  à  la 
Mais  n’en  serait-l-il  pas  ainsi  que  l’exérèse  de 
sain  n’en  est  pas  moins  rationnelle  ;  contrairei^ 
l’opinion  de  A. Brieger  (6), de  Bidwell  (7), de  Lan?’ 
qui  préfèrent  la  réduction  à  l'excision.  Bm® 
dans  toute  herniotomie  droite.  Longuet  cherebf 
tématiquement  à  attirer  le  vermium,  alors  na®®* 
n’est  pas  hernié,  pour  l’enlever  parlarnômeoc  , 


L'indication  semble  non  moins  licite  dans  ^ 
cœliotomies  abdominales,  pour  fibrome, 
gite,  réiroflexion  chaque  fois  qu’on  pourra  enÉ'’.  i 


gite,  réiroflexion  chaque  fois  qu’on  poun  ti  '=‘V  u 
pendice  sans  augmenter  notablement  la  durée 


l'I)  Observalion  prise  dans  les  bulletins  de  la  Société 
.lanvier  1900. 

(8)  Observation  empruntée  à  la  thèse  de  Pojos. 

(3)  Observation  empruntée  à  la  thèse  de  PuJOS.  . 

(4)  Observation  prise  dans  la  Semaine  médicale  :  n*  H,  ^ 

(.5)  Obsenations  de  Czer.nv,  Riedei.,  Kennedy, 

DOUX,  Lejars,  Walther,  rapportées  dans  la  thèse  de  "v  ^ 

(6)  Brieger  (A.).  —  Hernie  de  l'appendice  :  Archiv  I 
Chirurgie.XhY.4.  189.3. 

(7) Bidwei..  — Clinical  society  of  London  :  séance  du  1 

(5)  Langton  —  Même  indication.  ! 


LI5  PnOGnfiS  MEDIGAF. 


250 


•  lion  —  ^  haut  la  relation  d'un  cas 

t^onnel  dans  lequel  rappendicectomle  fut  faite  au 
Prsd'one  cœliotomie  pour  constipation  invétérée, 
l^me  complément  d'une  colonopexie.  Et  bien  que 
“  connaissant  pas  encore  d’exemple,  Longuet  la 
'  eille  dans  certaines  interventions  sur  les  voies  bi- 
jjires,  par  exemple  comme  complément  d  'une  cholé- 

^Enfin  étendant  le  domaine  des  indications,  notre 
naître  n'a  pas  craint  d’agirainsi  comme  temps  prélimi- 
ijjreKnc né'phrorra'phie pournéphy'optose .Ici  pour- 
anlla  technique  est  (dus  complexe,  en  ce  sens  qu’on 
iiéciiteen  réalité  deux  opérations  distinctes  dans  la 
lême  séance  ;  pardeux  incisions  différentes,  l’une  ab- 
Minale,  l’autre  lombaire,  réclamant  chacune  une  fer- 
jelnrc  individuelle  ;  ce  qui  est  assez  long.  Il  convient 
tlurelieraentde  commencer  par  l'acte  abdominal,  afin 
■èlrcdansles  meilleures  conditionsdosécurité  au  point 
Ivoedela  stérilisation  des  mains  et  du  matériel  ins- 
imental.Maisà  la  prochaine  intervention  de  ce  genre, 
tentera  l’ablation  de  l’appendice  par  l’incision  lom- 
ilre  prolongée,  ce  qui  simplifiera  peut-être  notable- 
lentla  technique  ou  encore  il  fera  la  fixation  du  rein 
l'abdomen,  après  ablation  du  vennium  par  la  môme 
Î..I  priori  l’appendicectomie  complémentaire  d’une 
jléphrorrapbie  paraîtunpeu  osée.  Cependant  il  semble 
«montré  que  la  népbroptose  prédispose  un  jour  ou 
|anlrc  à  l'appendicite.  Ainsi  Edebobls'l/  admet  cette 
lomplication  dans  60  pour  100  des  cas.  Et  pour  lui  la 
ftatedurein  mène  presque  fatalement  à  l’appendicite 
ibmnique.  Admettons  qu'il  y  ait  quelque  e.xagération 
issa  manière  de  voir,  il  n’en  reste  pas  moins  que 
le  libation  exi5te,et  qu’elle  doit  être  prise  en  sérieuse 
isidération.  Pour  Longuet,  il  y  aura  peut-être 
Fore  indication  en  cos  d'appendicite  familiale  quand 
(«istence de  cette  prédisposition  héréditaire  sera  net- 
™ent  démontrée. 

lelestle  chapiire  provisoire  que  nous  ouvrons  dès 
*^alcnant  au  sujetdes  indications,  avec  l’espoir  qu’il 
^•'^nlôt.  En  face  des  indications,  une  place 
l!  réservée  aux  contre-indications.  Ainsi  I  on 
^Mabstenir  derappendicectomie  quand  l’acte  opéra- 
est  d’une  certaine  durée.  Voici  mainte- 
,  Ire  contre-indication  signalée  par  Picqué(2), 

loelle  nous  souscrivons  pleinement  pour  noire 
^opération  peut  être  nuisible,  dit-il,  chez  les 
®®^yP°'^^oridriaque3,  qui  toute  leur  vie  souf- 
t#ffois'*  interventions  chirurgicales 

lai,  ®*'^*i'ples  seulement  no  guérissent  pas, 
eore  peuvent  faire  verser  dans  la  démence.» 

Zoologique.  —  Nous  souvenant  de 
''®Ruffon  :  «  Sans  les  animaux,  la  nature 
ous  ®eraitencorc  plus  incompréhensible  »,nous 
idSQp  J  ^  l’eus  éclairer  par  une  enquête  zoologi- 
rencom  ^'o^'^'ealion  de  l’appendice.  Or  cet  organe 
ez  Içg  l’^rement  chez  les  animaux,  et  seulement 
(quelques  marsupiaux,  léporides, 
les  i'°Peïdes).  Nos  interventions  n’ont  pu  êire 
“Wnce^'î^'  *'’®Japins  (3).  Leur  état  de  santé  et  do 
point  été  influencé  défavorablement  par 

~~7 - 

8  appendicilis.  CentralMatt  für 

pour  uppendir.'ilgie  :  Bulletins  de 


w,A*’P*’ndicecloinie 


la  suppression  d’un  organe  qui  atteint  cependant  chez 
eux  des  dimensions  relativement  considérables.  Pour 
donner  une  description  aussi  exacte  que  possible  de 
l’appendice  du  lapin,  nous  ne  saurions  mieux  faire  que 
de  citer  M.  le  professeur  Roger  (1).  «  Le  cæcum  cons- 
(<  titue  un  vaste  réservoir  dont  Incapacité  est  environ 
«  dix  fois  supérieure  à  celle  de  l’estomac  ;  il  mesure 
«  45  à  50  centimètres  delong  sur  4  centimètres  de  dia- 
«  mètre  à  sa  partie  la  plus  large.  Onne  doitpasle  faire 
«  commencer  au  niveau  de  l’embouchure  de  l’intestin 
«  grêle,  caril  se  continue  avec  des  caractères  particu- 
«  lierssur  une  longueurdeB  ou  4  centimètres  avantd’a- 
((  border  au  côlon  ascendant  ;  les  parois  du  cæcum  sont 
«  molles,  flasques,  minces,  largement  bosselées  et  de 
«  coloration  verte...  La  limite  entre  le  cæcum  et  l’ap- 
«  pendice  est  nettement  tranchée,  car  si  le  cæcum  se 
«  rétrécit  rapidement  pour  se  continuer  à  plein  canal 
«  avec  l’appendice,  les  deux  intestins  présentent  un  as- 
«  pect  tout  à  fait  dissemblable.  Au  lieu  d’avoir  comme 
«  le  cæcum  une  paroi  molle,  bosselée,  verte,  l’appendice 
«  est  pourvu  d’une  paroi  épaisse  sa  surface  est  comme 
((  granitée,  etd’une  coloration  blanc  rosé...  11  mesure 
«  8  à  11  cm.  de  long,  1  centim.  de  diamètre  uniforme. 

«  En  l’ouvrant  et  le  débarrassant  des  matières  verdâtres 
«  sa  surface  interne  apparaît  blanche,  parcourue  de 
«  sillons  longitudinaux  (plissement  de  la  muqueuse,). 

«  Celle-ci  est  granitée  i  folliculesclos  agminés).  La  face 
K  interne  de  l’appendice  dilTèrc  totalement  de  celle  du 
«  cæcum.  (  Ici  valvules  connivenles,  aspect  verdâtre, 
i<  mobilité  sur  les  autres  couches.  ('Ainsi,  bien  que  le 
«  ca*cum  et  l’appendice  se  continuent  à  plein  canal,  il 
»  y  a  entre  ces  deux  portions  d’intestin  des  différences 
«  très  nettes  également  appréciables  surlaface  interne 
«  et  sur  la  face  externe.  »  Nous  sommes  également 
d’avis  qu’un  tel  organe  est  facile  à  distinguer  du  reste 
de  l’intestin  à  première  vue.  L’opération  pourtant  nous 
a  semblé  difficile,  car  l’appendice  étant,  chez  le  lapin, 
profondément  situé,  on  doit,  pour  le  trouver,  écarter  un 
gros  paquet  intestinal  et  surtout  cæcalqui  bombe  et 
fait  hernie  dès  l’ouverture  du  ventre. 

La  muqueuse  de  l’appendice,  diffère  beaucoup  de  la 
mu(|ucnsc  caecale  ;  celle-ci  est  remplacée  par  une 
bande  épaisse  de  follicules  clos  qui  refoule  et  réduit  la 
muscalaris  mucos.r  au  point  qu’elle  n’est  souvent  re¬ 
présentée  que  par  quelqucsccllules  musculaires  dissé¬ 
minées  i  Roger).  Ne  nous  semble-t-il  pas  que,  contrai¬ 
rement  à  la  thèse  que  nous  soutenons,  un  organe  si 
bien  différencié  doive  avoir  une  fonction  spéciale  bien 
déterminée.  Voici  pourtant  ce  que  dit  à  ce  sujet  M.  le 
professeur  Roger  :  «  En  dehors  du  rôle  phagocytaire  des 
«  follicules  clos,  le  rôle  de  la  sécrétion  appendiculaire 
('  qui  n’a  aucune  action  bactéricide,  semble  être  pure- 
»  ment  mécanique  et  servir  à  balayer  l’appendice  et  em- 
»  pêcher  l’accumulation  des  toxines.  Ce  liquide  ne 
»  semble  pas  non  plus  jouer  un  grand  rôle  dans  la  di- 
»  gestion  et  malgré  la  richesse  de  l’apprendice  en  vais- 
(<  seaux  sanguins  et  le  développement  de  son  appareil 
«  lymphatique,  l’absorption  n’y  est  pas  très  active.  » 
Nous  sommes  loin  d’une  glande  à  sécrétion  interne,  et 
il  n’est  pas  étonnant  que  nos  lapins  privés  de  ce  petit 
bout  d’intestin  continuent  à  se  bien  porter.  Mais  iln’é- 
tait  pas  seulement  intéressant  poumons  de  rechercher 
les  quelques  animaux  pourvus  d’un  appendice  vermi- 
forme  et  ce  qu’il  advient  de  tel  d’enirc  eux  si  on  le  lui 
enlève  ce  diverticule  que  nous  supposons  et  croyons 


1,  Il()(.KU  cl  .loscK.  —  L’.nppciidifilr  e.xprriiiionlale.  Revu?  demc~ 
dcciiie.  jcin  'i.S96. 


2G0 


LE  PROGRÈS  MEDICAL 


fermement  être  un  organe  en  voie  d'atrophie.  Il  fallait  se 
demander  quelle  en  est  l’origine,  ce  qn’il  peut  être  et 
d’où  il  vient.  11  est  une  définition  bien  simple,  mais 
juste  :  «  L’appendice  est  la  partie  terminale  rétrécie  du 
cæcum.  «Naïve,  cette  définition  démontrée  littéralement 
exacte,  viendrait  à  l’appui  de  notre  thèse.  En  effet,  un 
organe  devenu  inutile  peut  disparaître,  mais  progressi¬ 
vement  et  nous  retrouverons  toutes  les  formes  inter¬ 
médiaires.  Ne  serait-ce  pas  le  rôle  du  caecum  et  de  l’ap¬ 
pendice,  le  premier  s’atrophiant,  se  rétrécissant  parce- 
qu'inutile  ou  devenant  moins  utile  chez  quelques  es- 
èces  où  il  estd’aspect  vermiculaire.  D’autre  part,  em- 
ryologiquement  1  appendice  s’implante  sur  le  sommet 
de  l’ampoule  caicale,  a  d’abord  le  même  diamètre  qu’elle. 
Or,  ce  fait  est  intéressant,  si  l’on  se  rappelle  le  principe 
de  Eritz-Müller  sur  l’identité  de  la  philogénie  et  de 
l’ontogénie.  «  L’embryogénie  d’un  animal  n’est  que  la 
répétition  abrégée  des  phases  qu’à  traversées  son  es¬ 
pèce  dans  la  s  litedes  temps  pour  arriver  a  saforme  ac¬ 
tuelle.  >'  Certes  la  forme  et  la  structure  de  l’appendice 
du  lapin  diffèrent  beaucoup  de  celles  du  cæcum,  mais 
en  somme  l’histologie  démontre  des  différences  de 
quantité  plutôt  que  de  nature. 

Nos  recherches  ont  été  limitées  aux  vertébrés,  sans 
remonter  jusqu’aux  vers  et  aux  tuniciers,ces  ancêtres  de 
l’homme  (Ilaeckel  )  dont  le  tube  digestif  se  complique 
déjà.  Passons  rapidement  sur  la  première  classe  des 
vertébrés,  lesyjoùsscms.  Leur  tube  digestif  n’a  que  des 
rapports  très-éloignés  avec  celui  de  l’homme  et  des 
mammifères.  Sans  doute  la  longueur  de  l’intestin  varie 
avec  le  régime,  mais  ici  pas  de  différenciation  bien  nette 
entre  ses  parties.  Des  appendices  parfois  très  nom¬ 
breux  dits  cæcum,  s’abouchent  au  niveau  de  l'estomac 
et  du  pylore.  Leur  rôle  est  peu  connu.  Ils  ne  sont  guère 
comparables  au  cæcum  des  oiseaux  ou  des  mammifè¬ 
res.  Toutefois  leur  présence  parait  exclusive  du 
helico'idal  parcourant  l’intestin  des  poissons  cartilagi¬ 
neux,  destiné  lui-même  à  augmenter  la  surface  d’ab¬ 
sorption.  —  Chez  les  batraciens  et  surtout  les  reptiles, 
l’intestin  se  différencie  nettement  en  deux  parties.  L’in¬ 
testin  grêle,  généralement  court  en  raison  des  proies 
vivantes  dont  se  nourrissent  le  plus  souvent  ces  ani¬ 
maux,  est  particulièrement  long  chez  les  tortues  phy¬ 
tophages.  Enfin  assez  souvent  l’origine  du  gros  intestin 
est  marquée  par  une  valvule  ou  par  un  caecum  très  rare 
chez  les  ophidiens,  mais  assez  fréquent  chez  les  sauriens 
et  les  chalcidlens.  Jusqu’ici  le  ca'cum  n’a  qu’une  bien 
faible  importance.  Mais  nous  voici  à  l’avant-dernière 
classe  des  vertébrés.  Le  ca*cum  des  oiseaux,  bien  que 
double  et  situé  à  la  partie  terminale  de  l’intestin,  est 
comparable  à  celui  des  mammitères  et  présente  des  va¬ 
riations  de  grandeur  qui  ne  manquent  pas  de  nous  in¬ 
téresser  et  de  nous  fournir  des  arguments  en  faveur  de 
notre  thèse  :  très  développés  chez  les  oiseaux  végéta¬ 
riens.  nous  voyons  les  caecums  devenir  rudimentaires  ou 
manquer  complètement  chez  les  oiseaux  piscivores  et 
carnivores.  Tandis  queles  dindons,  tétras,  perdrix,  fai¬ 
sans  ont  des  caecums  toujours  parfaitement  développés  ; 
ceux  des  chevaliers,  ibis,  hérons,  (dont  le  régime  se  com¬ 
pose  de  larves,  insectes,  poissons,  reptiles),  sont  très  ré¬ 
duits.  Et  nous  ne  manquerons  pas  de  dire  queles  cæcums 
rudimentaires  des  oiseaux  rappellent  l’appendice  ver- 
miforme  humain.  Le  régime  carné  a  fait  de  ce  cul-de- 
sac  devenu  inutile,  dit  M.  Maumus  (1  ),  un  organe  où  les 
villosités  n’existent  plus,  où  les  glandes  peu  nombreuses 


(1;  Maumcs.  —  ThoüO  de  la  FaeuUé  des  Seieiiees,  1S02. 


ont  fait  place  à  des  follicules  clos  qui  constituem 
gane.  Dira-t-on  que, chez  les  oiseaux  piscivores, d® 
ganes  spéciaux  sont  venus  remplacer  les  cœcui 

sents  ;  ou  bien  qu’au  lieu  d’organes  normalemei 
veloppés  et  jadis  utiles,  on  ne  trouve  plus  qne 
appendices  rudimentaires  témoins  de  la  régj 
d’une  partie  de  l’intestin  que  le  régime  a  rendi 
tile  ■?  Sans  doute,  on  peut  encore  choisir  entre  ces 
manières  de  voir  et  l’état  de  la  science  ne  perim 
encore  de  trancher  la  question,  mais  les  observ 
nous  semblent  bien  en  faveur  de  la  seconde  opini 
est  la  nôtre  et  que  nous  appliquons  à  Tappendii 
main.  —  Chez  les  mammifères  les  moins  élevési 
ganisation,  marsupiaux ,  qui, par  la  diversitéd 
mes  constituent  une  série  parallèle  àla  série  des 
mifères  placentaires,  le  cæcum  varie  beaucoup, 
nous  ne  sommes  point  étonnés  de  trouver  chezl’ui 
un  appendice  vermiforme. 

En  somme, cc's  variations  sont  en  corrélation  pi 
avec  le  régime.  Long  chez  les  herbivores  et  lesfn 
res  (kanguroo,  phalanger,  etc.),  le  ca'cum  dii 
chez  les  insectivores  (peramèle)  ;  il  possède  ci 
phascolome,  (marsupialrongeur),  un  diverticulea 
diculaire  et  manque  totalement  chez  le  dasyw 
clusivement  carnivore.  Chez  les  édentés,  le  c 
manque  presque  toujours  comme  chez  tous  les  il 
vores  el  les  chéiroptères.  Il  est  très  réduit  et  parfo 
sent  chez  les  carnivores  et  les  pinnipèdes,  tandi 
acquiert  un  développement  considérable  dans) 
des  et  surtout  chez  les  rongeurs  hei'K 

Les  loirs,  qui  appartiennent  à  cet  ordre,  en  sfl 
pourvus.  Ce  sont  des  frugivores,  mais  ajoutanl 
régime,  des  œufs,  des  insectes,  des  oiseaux.  Clii 
perissodactyles,  les  porcins,  les  ruminants,  lespn 
diens  (tous  herbivores),  le  cæcum  est  constant  et 
(principalement  chez  le  cheval).  La  masse  alimi 
si  considérable  qui  constitue  la  ration  de  cesaB 
subit  dans  ce  cul-de-sac  d’une  contenance  de5<l 
ses  dernières  métamorphoses,  tandis  qu’ellessonl 
vées  ou  à  peu  près  dans  le  grêle  des  carnassier 
rôle  du  cæcum  est  ici  tel  qu’on  Ta  comparé  àm 
xième  estomac.  Le  daman  (hyracoïde  herbivore 
cæcum  impair  considérable,  et  deux  autres 
accessoires  à  la  naissance  du  rectum  Absents  c 
cétacés  carnivores,  le  cæcum  est  volumineux  d 
dugonds,  les  lamantins  (ruminants  adaptés  » 
aquatique).  Enfin,  tandis  qu’il  est  bien  dcvel^f 
les  lémuriens  et  les  singes  phytophages,  nousk 
présenter  lesplus  grandes  analogies  avec  celuid® 
me  chez  les  singes  anthropoïdes,  possesseurs 
pendice  vermiforme  avec  possibilité  d'appenfb^ 

En  résumé,  le  cæcum  est  un  organe  qui,  u**  • 

1  évolution,  et  selon  les  régimes,  subit  des  v*  , 
nombreuses  et  considérables.  Or,  de  mêmes 
des  espèces  intermédiaires  qui  permettent 
dans  la  classification  zoologique  d’une 
autre,  d’un  ordre  à  un  ordre  plus  élevé,  n'y  cu 
quelque  analogie  entre  ces  êtres  qui  se  sont 
entre  deux  séries  bien  déterminées  et  ce diver 
tcstinal  témoin  des  phases  par  lesquelles  »  r 
caecum  11  est  des  intermédiaires  qui  ont  disp 
est  qui  ont  subsisté  sans  doute,  par  cequelesc 
vitales  n’ont  pas  encore  condamné  ces  dernie 
espèces  dont  le  cæcum  a  disparu  sans  laisse 
chez  d’autres  une  partie  est  devenue  vermdo^ 

- 

(1  M'einiikho.  .\|ipondioil(‘  clicz  le  - 

tilul  Pasteur.  1901. 


LE  PROGRES  MEDIGAI.  261 


<]Uoi  ?  Probablement  parce  que  le  temps  a  manqué  à  la 
disparition  totale  de  cette  partie  désormais  inutile, 
peut-être  parce  que  le  régime  des  espèces  chez  lesquel¬ 
les  on  Fobserve  n'est  pas  encore  définitivement  lixé. 
Car, nous  nous  empressons  de  le  dire,  nous  ne  soutenons 
pas  que,  chez  les  animaux  où  il  présente  encore  un  cer¬ 
tain  volume,  l’appendice  soit  nul  physiologiquement  et 
d'une  manière  absolue,  nous  disons  que  c’est  une  par¬ 
tie  d’organe  en  voie  de  disparition  etdont  le  rôle  dimi¬ 
nue  et  diminuera  sans  cesse  à  mesure  que  le  régime  le 
rendra  inutile.  Il  y  a  certainement  des  expériences  in¬ 
téressantes  à  faire  en  particulier  au  point  de  vue  de  l’ap¬ 
pendicectomie  familiale  et  des  régimes,  qui  peut-être, 
hâteraient  dans  une  certaine  mesure  l’onivredela  na¬ 
ture. 

Conclusions.  —  1.  A  côté  de  V appendiceclomie  tar¬ 
dive  ^  h  ivo\à  »  pour  appendicite  chronique  i  méthode 
de  Trêves,  1888)  ;  à  côté  de  V appendicectomie  précoce 
«  à  chaud  »  pour  appendicite  aiguë  (  méthode  de  K.um- 
mel  1890)  ;  il  y  a  place  aussi  pour  l' appendicectomie 
préventive  en  cas  d'appendice  sain  (  méthode  de  Longuet 
1897 1.  L'ablation  systématique  du  vermium  chez  tout 
sujet  sain,  quel  qu’il  soit,  est  un  acte  exagéré,  qui  ouvre 
la  porte  aux  abus.  Toutefois  cette  conduite  est  parfois 
recorhmandable  au  sens  où  elle  est  ici  préconisée, 
c’est-à-dire  comme  complément  d'une  opération,  en 
particulier  d’une  intervention  laparotomique  ou  para- 
iaparotomique. 

II.  Elle  est,  en  effet,  d’une  innocuité  clinique  et  opé¬ 
ratoire  démontrées  par  un  nombre  de  cas  déjà  sulfi- 
sant. 

III.  Elle  est  d'une  parfaite  innocuité  biologique.  A. 
l’opinion  de  Mac  Ewen  qui  défend  l’appendicectomie 
préventive  parce  que  le  vermium  possède  une  fonction 
digestive  doublée  d’une  fonction  générale  eutrophique, 

J  oppose  la  conception  de  Longuet  pour  qui  l’appendi¬ 
cectomie  préventive  est  permise.  L’appendice  n’a  qu'un 
rôle  biologique  effacé,  c’est  un  organe  en  voie  d'involu- 
tion  atrophique  démontrée  par  de  multiples  stigmates 
jnacroscopiques  et  microscopiques  de  dégénérescence 
ibroïdale,  assimilable  par  suite  au  diverticule  de  Mec- 
kel. 

1}  •  Elle  est  parce  que  préventive  ;  elle  va  sans  le 
ffloindie  risque,  au-devant  de  complications  intlamma- 
oires  toujours  possibles  qui,  si  elles  surviennent,  né¬ 
cessitent  une  opération  itérative  évitable  par  l’exérèse 
pratiquée  lors  de  la  première  intervention  laparotomique 
P^ralaparotomique. 

Elle  est  indiquée  d’après  Longuet,  comme  com- 
Q  des  cures  radicale.'i  àe  hernie  dans  lesquelles 
trouve  l’appendice  hernié  ou  même  non  hernié  —  dans 
s  cœliotomies  abdominales  pour  lésions  pelviennes 
ù  aonexile),  pour  affection  digestive  (constipa- 

n invétérée),  pour  affection  hépatique  (cholécystite) 
^tre  chez  les  familles  appendiculaires  par  pré- 
les  wcp/trorrap/ifes  pour  nc-phrop- 
iiue  ■  1  quand  elle  doit  prolonger 

hig  ‘”‘®f''ention  déjà  trop  longue  par  elle-même —  ou 
t's  anit(Eicqué)  de  malades  obsédés,  hypo- 
Yj  riaques,  prédisposés  à  la  démence, 
livié  ^  ®^^’de  zoologique  à  laquelle  nous  nous  sommes 
maj|i-\®"^®tinellement  confirme  le  bien  fondé  de  cette 
«a/g^'^de  voir.  L’appendice  iT est  que /a ;jrtr//c  terrni- 
et  en  voie  de  régression  ; 
Ojiai  physiologique  est  d’importance 

^  et  négligeable,  tout  au  moins  chez  l'homme.  ' 


NARCYL  GRÉMY  médicament  spécifi¬ 
que  de  la  toux,  spécialement  de  la  toux  des  tu¬ 
berculeux. 

BULLETIN  DU  PROGRÈS  MEDICAL 

Un  Ministère  du  travail,  de  l’hygiène  et  de  l’Assistance 
publiques. 

Le  D"  .fuies  Félix,  professeur  à  l'Université  nouvelle 
de  Bruxelles,  a  depuis  longtemps  proposé  la  création, 
dans  tous  les  pays  du  monde,  d’un  Ministère  du  Tra¬ 
vail,  de  l'Hygiène  et  de  l’Assistance  publiques.  C'est  une 
excellente  campagne  qu'il  a  entreprise  et  que  nous  ne 
saurions  trop  encourager. 

Nous  avons  bien  souvent  réclamé,  en  France,  et  nom¬ 
bre  de  collaborateurs  du  Pi'ogrès  médical  et  d'autres 
journaux  de  médecine  en  ont  fait  autant,  la  création 
d'un  Ministère  de  l'Hygiène  et  de  l’.Assistance  publiques, 
et  rien  jusqu'ici  n'a  été  fait  dans  ce  sens.  On  a  créé  en 
1889,  longtemps  après  le  Comité  consultatif  d’hygiène 
de  France,  au  Ministère  de  l’Intérieur,  un  Conseil  su¬ 
périeur  d’Assistance  publique  ue  France  ;  on  aurait  pu. 
dès  cette  époque,  au  lieu  d'une  direction  dépendant  du 
Ministère  de  l’Intérieur,  créer  un  nouveau  ministère, 
absolument  autonome,  car  il  n'est  pas  que  le  Ministère 
de  l'Intérieur  qui  doit  s'occuper  de  l'hygiène  et  de  T.U- 
sistance,  tous  les  autres  ministères,  voire  celui  de  la 
.lustice,  y  sont  particulièrement  intéressés.  H  y  a  là  une 
grosse  question  remplie  de  difficultés  à  résoudre,  mais 
qu’avec  un  peu  de  travail  et  d'entente  il  serait  possible 
de  réaliser.  C'est  aussi  une  question  politique  importante 
enjeu  où  la  science  des  médecins  et  la  sagacité  des  légis¬ 
lateurs  doivent  être  mises  largement  à  contribution  pour 
le  bien-être  général  de  toutes  les  classes  de  la  Société. 

M.  le  U'  Félix  demande  une  centralisation  générale 
de  tout  ce  qui  concerne  la  législation  et  l'organisation 
scientifiques  du  travail,  de  l'hygiène  et  de  l’Assistance 
publiques.  H  faut  protéger  les  ouvriers  contre  les  acci¬ 
dents  du  travail,  les  maladies  sociales,  la  vieillesse  et 
l'incapacité  sous  l'unification  des  lois  du  travail  :  il  faut 
appliquer  l'hygiène  jusque  dans  les  communes  les  plus 
arriérées  par  l’institution  d'une  caisse  de  secours  des 
communes. 

Malgré  le  grand  nombre  d'o'uvres  privées  en  Belgique 
et  leur  fonctionnement  admirable,  les  hôpitaux,  les 
prisons,  les  asiles  d'aliénés,  les  dépôts  de  mendicité  re¬ 
gorgent  de  monde.  M.  Félix  y  voit  la  preuve  que  les 
initiatives  privées  sont  impuissantes  à  conjurer  ces 
endémies  ruineuses  au  point  de  vue  moral,  physique 
et  économique.  Le  gouvernement  belge,  qui  consacre 
deux  millions  par  an  pour  les  maladies  du  bétail,  laisse 
des  centaines  de  communes  dépourvues  de  toute  orga¬ 
nisation  du  service  médical  des  indigents  et  un  très  grand 
nombre  de  villes  ou  de  villages  où  le  service  est  absolu¬ 
ment  insuffisant  et  lamortalité  considérable.  La  morta¬ 
lité  par  la  tuberculose  s’élève  à  plus  de.  18.000  décès 
par  année.  H  serait  donc  utile  de  créer  des  dispensai¬ 
res  et  des  sanatoriums  pour  tuberculeux  et  rendre  les 
cures  d'air  et  d'eau  accessibles  à  ceux  qui  en  ont  besoin. 


262 


LE  PROGRES  MEDICAL 


irest  le  seul  moyen,  avec  la  suppression  des  boissons 
alcooliques,  de  régénérer  la  race  humaine,  de  diminuer 
le  nombre  effrayant  des  voleurs,  des  criminels,  etc.,  et 
de  réduire  considérablement  la  mortalité  et  la  misère. 
,M.  le  D"  Jules  Félix  propose  l’organisation  d’un  ministère 
(lu  travail  et  de  riiygiène  et  de  l’Assistance  pour  com¬ 
battre  le  mal.  Il  se  plaint  que  le  Gouvernement  ne 
donne  pas  assez  d’argent  pour  aider  la  charité  et  le  zèle 
des  philanthropes  et  qu’il  devrait  prendre  la  tète  du 
mouvement  en  créant  ce  ministère,  seul  capable  de  dé¬ 
fendre  et  de  sauvegarder  la  vigueur,  la  santé,  le  bien- 
être  et  la  vie  des  travailleurs.  Pour  obtenir  les  millions 
nécessaires  à  cette  œuvre,  M.  Félix  supprime  les  caser¬ 
nes  et  les  fortilications  ;  il  exproprie  les  distilleries 
d'alcool  de  grains  qu'il  transforme  en  distillerie  d’alcool 
industriel.  Il  construit  de  vastes  colonies  de  rapport 
sur  le  littoral,  dans  la Campine,  les  .Vrdennes,  etc.,  avec  j 
gymnastique  suédoise,  écoles  professionnelles,  etc.  | 

Quant  aux  ressources  pour  l’entretien  de  ces  vastes  * 
institutions,  rieiule  plus  simple, dit  l'auteur  du  projet  ;  1° 
Goopérationdes  Sociétés  d’assurances  contre  les  maladies  j 
et  accidents  ilu  travail  ;  2"  Coopération  des  Sociétés  de  j 
secours  mutuels  ;  3’  Coopération  des  commercants,  des  J 
administrations  publiques  qui  ont  intérêt  à  conserver  la 
santé  de  leur  personnel  ;  4“  Impôt  de  10  francs  par  an 
sur  les  riches  capitalistes  ;  5'>  Revenus  donnés  par  les 
caisses  de  prévoyance,  etc.,  etc.,  etc. 

Nous  verrions  avec  plaisir  le  projet  du  D' Félix  réus¬ 
sir  en  Belgique.  11  y  aurait  évidemment  beaucoup  de 
modifications  à  y  apporterdanslesdétailsqu’il  contient, 
mais  le  tout  est  d'abord  de  le  faire  triompher  ;  on  peut  ] 
facilement  améliorer  ensuite.  Les  objections  viendront 
d’elles-mèmes  avec  la  pratique.  Il  est  une  chose  que 
nous  retenons  dans  l'exposé  du  D' Félix,  c'est  l’appel 
qu'il  fait  au  Gouvernement  pour  créer  dans  son  pays 
iiue  administration  armée  de  toutes  pièces  pour  assu¬ 
rer  aide,  hygiène  et  santé  à  la  population,  ce  qui  de¬ 
puis  longtemps  devrait  exister  en  France,  où  Paris,  la 
ville-lumière,  dont  la  Faculté  de  médecine  possédait 
encore  il  y  a  quelques  années,  le  plus  remarquable 
musée  d'hygiène  pour  la  propagation  de  toutes  les  I 
épidémies  qu’au  milieu  des  nuagesde  poussières  il  était  | 
permis  de  visiter.  C’était  une  façon  paradoxale  dé  faire  ' 
apprécier  des  étrangers  les  avantages  de  l’hygiène  ;  ! 
avouons  cette  manière  d'enseigner,  qui  ne  manquait  ' 
pas  d’originalité.  Il  est  vrai  qu'il  y  avait  là,  sans  doute,  I 
enjeu  une  question  budgétaire.  Albin  Roussklet. 


Le  classement  dansles  concours  médicauxde  l'assistance. 

A  la  suite  du  dernier  concours  de  l’internat,  le  prési-  | 
dent  du  jury,  M.  le  D'  Barth,  a  adressé  à  M.  le  directeur  j 
de  l’Assistance  publique  la  lettre  suivante,  qui  a  été  pu¬ 
bliée  dans  plusieurs  journaux  de  médecine  :  I 

Paris,  J  avril  1000.  j 

Monsieur  le  directeur,  | 

Dans  la  liste  de  classement  des  internes  (qui  n’a  pas  été 
soumise  au  jury;  l’Administration  a  placé  Mlle  A....,  reçue 
externe  en  1002  avec  le  n»  210,  avant  M.  15...,  re<;u  au  même 
concours  avec  le  n“  10.  Aux  réclamations  de  ce  dernier,  il  a  j 
été  répondu  (lu’ayant  lait  une  année  de  service  militaire,  il  1 
était  considéré  comme  étant  moins  ancien  d’un  an  <juc  Mlle  I 


\....  11  y  a  là  une  interprétation  tellement  choquante  de  la 
lettre  des  règlements  que  je  suis  assuré,  Monsieur  le  direc¬ 
teur,  ([u’il  me  suffira  de  vous  la  signaler  pour  qu’elle  soit 
immédiatement  réformée  et  pour  que  M.  B...  soit  rétabli  au 
rang  de  classement  qu’il  doit  occuper  erant  .Mlle  A... 

11  est,  en  effet,  inadmissible  que  l’exemption  du  service  mili¬ 
taire  crée  un  privilège  de  classement  en  faveur  des  femmes 
et  des  étrangers,  en  tlehors  du  privilège  de  fait  ([ue  cette  im¬ 
munité  leur  confère.  La  nouvelle  loi  rend  d'ailleurs  ce  privi¬ 
lège  tellement  exorbitant  <iue  le  jury  de  l'Internat  a  décidé, 
dans  sa  dernière  séance,  de  vous  proposer  des  mesures  capa¬ 
bles  de  le  neutraliser  jus([u’à  un  certain  point.  En  attendant 
que  ces  mesures  soient  arrêtées,  j'ai  l'honneur  d’insister  au 
nom  de  mes  collègues  et  de  l’opinion  publifpie  sur  la  rectifi¬ 
cation  mentionnée  j)lushaut. 

Veuillez  agréer,  etc,  1.5'’  IL  Barth. 

A  cette  lettre,  M.  le  directeur  de  l’administration  géné¬ 
rale  a  répondu  par  la  suivante  qui  a  été  aussi  publiée  : 


Monsieur  le  président. 


J'ai  l’honneur  de  vous  accuser  réception  de  la  lettre  par 
laquelle  vous  avez  bien  voulu  me  demander  d’apporter  une 
modification  au  classement  des  candidats  établi  à  la  suite  du 
concours  de  l'Internat  en  médecine,  en  intervertissant  l'ordre 
de  nomination  de  deux  d'entre  eux,  Mlle  L...  et  M.  B... 

Permettez- moi  d’abord  de  vous  faire  remarquer,  Monsieur 
le  président,  que  si  le  jury  n'a  pas  pris  connaissance  du  clas¬ 
sement  dont  il  s'agit,  c’est  parce  (pie  MM.  vos  collègues, 
dans  leur  empressement  à  (piitter  la  salle  des  séances,  n’ont 
pas  voulu  entendre  la  communication  qui  allait  leur  en  être 
faite,  et  vousconvienilrez  avec  moi  ([u'il  n'appartenait  pas  à 
r  Vdministration  de  les  retenir. 

.1  ajouterai  ([u’im  adoptant  le  procès-verbal,  ils  ont,  par  le 
fait  même,  approuvé  le  classement  des  candidats  «fui  s'y  trou¬ 
vait  inséré. 

(à'  classement  a  été  établi  suivant  les  usages  constamment 
suivis  et  (lui  n'avaient  jusqu'alors  jamais  provo(pi(''  la  moin¬ 
dre  réclamation.  Les  jurys  successifs  ont  sans  doute  estimé 
(ju  il  convenait  de  tenir  compte  des  services  e//éc/î/i<,  en  clas¬ 
sant  les  candklats  ayant  accom[>li  un  service  ininterrompu 
avanteeux  que  leurs  obligations  militaires  avaitmt  tenus  éloi¬ 
gnés  des  bôi)itaux.  Il  n’y  a,  d’ailleurs,  dans  le  règlement  au¬ 
cune  disposition  à  cet  égard,  le  jury  ayant  toute  latitudeet 
toute  responsabilité  pour  établir  en  toute  indépendance  de 
conscience  l’ordre  des  concurrents.  C'est  vous  dire  (jue  1  Ad¬ 
ministration  n’ent  élevé  aucune  objection  si  le  jury  du  der¬ 
nier  concours  avait  décidé  de  praticiuer  autrement  (lue  ses 
devanciers.  Le  classement  des  concurrents,  publié  depuis 
déjà  une  semaine,  doit  donc  être  tenu  comme  ayant  été  dé¬ 
terminé  'parle  jury  lui-même, et  il  ne  serait  peut-être  pas  sans 
inconvénients  de  reconnaître,  en  le  modifiant,  ([u'il  n’en  a 


pas  été  ainsi. 

L'ordre  des  candidats  dev  rait,  on  effet,  être  profondément 
remanié,  car  la  question  (pu  se  pose  pour  Mlle  L...  et  pour 
M.  B...  se  poserait  également  pour  seize  autres  candidats,  d 
l'on  ne  saurait  s'en  tenir  aux  deux  concniTcnts  sur  lesquey 
vous  avez  bien  voulu  appeler  mon  attention.  On  doit  considé¬ 
rer  aussi  que  ces  changements  éventuels  ne  seraient 
sans  provocpier  des  réclamalions  inverses,  ce  ([ui  ne  serai 
pas  moins  fâcheux.  Je  crois,  d’autre  part,  savoir  quf  '*• 
B...  n’attache  que  peu  d’importance  au  rang  qui  lui  a  été  a - 
tribné  et  qu'il  ne  réclame  ipie  jionrle  princiiie  :  or,  d 
saurait  être  ipiestion  delà  viohii  ion  d’un  principi-  (pu  n’exi^' 
pas.  le  jury  étant  absolnmimt  maître  des  règles  à  suivre  pon 
le  classement  des  candidats. 


’l'elles  sont  les  considérations  ipn'j'ai  cru  devi 


)US  so“' 

mettre  à  titre  personnel  et  confidentiel.  Dans  ces  conditjo^j 
j'estime  —  et  j(;  veux  espérer  (pie  vous  vous  rallierez 
manière  de  voir  —  qu’il  n’y  a  pas  lieu  de  donner  suite  a 
réclamation  dont  vous  avez  bien  voulu  vous  faire  l’interpre 


\gr(- 


Lr  direrteitrde  t’AdminislviUwn  f/vnérü^^ 
de  l'Asxi.itanre  i>iibli<iiie 

Signé  ;  (L  MksursüR- 


À 


LE  PROGRÈS  MEDICAL 


263 


Récemmeat  membre  dujury  du  concours  des  médecins 
4e  l’Assistance  médicale  à  domicile,  nous  nous  sommes 
trouvé  en  présence  de  circonstances  analogues  à  celles 
du  concours  de  l’Internat  ;  un  certain  nombre  de  candi¬ 
dats  avaient  obtenu  la  même  note.  Uniquement  soucieux 
de  conserver  le  caractère  d’impartialité  absolue  qui  a 
toiij"urs  présidé  à  ce  concours,  depuis  sa  création,  le 
jury  a  fait  lui-même  le  classement  des  dix  candidats 
admis.  Dans  sa  dernière  séance,  il  a  pris  la  peine  de 
discuter  et  d’apprécier  les  titres  de  chaque  candidat,  et, 
le  classement  ainsi  effectué,  aucun  n’a  fait,  croyons-nous, 
de  réclamation,  même  de  principe.  Les  fonctionnaires  de 
l’administration  qui  assistaient  le  jury  lui  ont  donné, 
avec  la  plus  parfaite  bonne  grâce,  les  renseignements 
les  plus  complets  sur  le  règlement  du  concours  et  n’ont 
jamais  cherché  à  empiéter  sur  le  rôle  des  juges.  Comme 
les  lègles  générales  des  concours  de  l’Assistance  sont 
et  doivent  être  les  mêmes,  nous  devons  nous  borner  à 
regretter  qu’au  concours  de  l’Internat  le  jury  n’ait  pas 
cru  devoir  user,  jusqu'aubout,  de  ses  prérogatives,  qui 
comprennent  évidemment  le  classement  des  candidats 
admis.  •!.  Noir. 


Contre  l’INSOMNIE,  prescrire  : 

TABLETTES  MERCK  DE  VERo’xAL,  au  cacao, 

dosées  à  0,50  et  divisibles  par  moitié. 


SOCIÉTÉS  SAVANTES 


.\CVDLM1K  DK  MKDKCINK 
Séana- du  H  avril. 

Cette  séance  est  une  vraie  séance  de  vacances  de  Pâques. 
Elle  est  levée  sitôt  après  la  lecture  de  la  correspondance  et  du 
procès-verbal. 

La  Commission  char^rée  de  résumer  les  réformes  les  plus 
urgentes  pour  lutter  contre  la  tuberculose  doit  déposer  un 
rapport  mardi  proc  hain.  Ce  travail  aura  certainement  une 
?ra  nde  i  mportance .  1 1  fa  u  t  espérer  ( ju’a  près  lant  de  d  iscussions 
de  pure  théorie,  on  se  décidera  à  faire  un  peu  de  pratique 
et  un  peu  d'action. 

Srance  du  24  avril. 

Cette  séance  est  encore  une  véritable  séance  de  vacances, 
peu  chargée  et  extrêmement  courte. 

La  correspondance  comprend  des  lettres  de  candidature 
ue  .VL  Kaufmann  (section  de  médecine  vétérinaire)  et  de 
M.  Eustache  (de  Lillei  et  Ahelous  (de  Toulouse)  section  des 
lUembres  correspondants. 

.  ^L  Cuéniot  prononce  Télo.cc  du  médecin-inspecteur  prin- 
■®Pî>l  Paulet,  memhre  correspondant  dans  la  section  d  ana- 
toraie,  récemment  décédé. 

Les  conclusions  définitives  de  la  commission  do  la  tuber- 
os  '•  .sur  les  mesu-cs  les  plus  importantes  et  les  plus  urgentes 
prendre  pour  la  proiihvlaxic  seront  sans  doute  déposées 
®»«li  prochain. 

L  Delorme  présente,  au  nom  de  M.  le  médecin  principal 
^ueider,  les  nombreux  documents  que  ce  dernier  a  pu 
P  ''edlir  sur  Phvgiène,  la  démographie  et  la  pathologie  en 
pendant  sa  mission  auprès  du  Shah  à  Téhéran. 

Grijipe  et  proslatiles. 

Vï  P  • 

rts  chirurgien  à  l'hôpital  Péan,  rapporte  plusieurs 

gt\na  survenus  dans  ta  convalescence  de  la 

™ienn  *  probable  ciue  celle-ci  ne  produit  pas  directe- 
••  est  plus  vraisemblable  que  l'infection 
PnJA*.  et  1  affaiblissement  de  l’état  général  réveille  une 
la  jusque  là  latente  et  tolérée.  Ce  rôle  étiologiriue  de 

PPe  nen  est  pas  moins  fort  intéressant.  \.-K.  Pi.icqcii. 


SOCIÉTÉ  DÉ  PÉDIATRIE 
Smncedu  24  avril  1000. —  Présidence  de  "M.  Comby. 

Idiotie  à  type  mongolique. 

M.  à  ARioT  présente  un  enfant  atteint  d’idiotie  à  type  mon¬ 
golique:  tête  arrondie,  brachycéphale,  face  en  pleine  lune, 
yenx  bridés  à  commissures  palpébrales  externes  relevées 
en  dehors  et  en  haut...  etc.  Ce  petit  malade,  actuellement 
âgé  de  10  mois,  estd'un  jioids  notablement  inférieur  au  poids 
normal  d’un  enfant  du  même  âge;  il  est  né  avant  terme, 
d'un  père  et  d'une  more  tous  deux  nerveux  avérés. Lc's  oreilles 
sont  asymétriques,  avec  lobule  atrophié  et  adhérent. L’enfant 
est  tout  à  fait  idiot  :  il  ne  parle  pas,  ne  s'intéresse  à  personne 
ni  à  rien,  reste  complètement  inerte,  toute  la  journée.  11  doit 
y  avoir  là  un  état  rudimentaire  des  circonvolutions  cérébrales. 

M.  A  ariot  présente,  à  la  suite  de  cette  communication,  le 
cerveau  d’un  mort  subitement  au  cours  d'une  broncho-pneu¬ 
monie  consécutive  à  une  rougeole,  et  qui  oftrait  un  type 
d'idiotie  assez  analogue  au  précédent.  Ce  cerveau  a  subi  un 
arrêt  de  développement  très  manifeste  et  ses  circonvolutions 
sont  tout  à  fait  rudimentaires. 

Paralys-e  diphléritiqiie  traitée  avec  succès  rapide  par  les 
injections  de  .sérum  de  Rou.r. 

M.  Co.viBY  présente  une  jeune  fille  de  son  serv  ice,  âgée  de  14 
ans  et  demi,  convalescente  d’une  paralysie  diphtériliqne  qui 
a  guéri  rapidement  à  ta  suite  de  plusieurs  injections  de  sérum 
antidiphtéritiijue.  Cette  enfant  avait  été  atteinte,  il  y  a  trois 
mois,  d’une  angine  dont  la  nature  diphtériticjuc  avait  sans 
doute  été  méconnue,  mais  (fui,  en  tout  cas,  n'avait  pa.s.  été 
soumise  au  traitement  sérothérapi([ue  ;  puis,  quelques  semai-, 
nés  plus  tard,  elle  avait  commencé  à  prés(mter  des  signes  de 
paralysie  fiortam  d’abord  sur  le  voile  du  palais  et  se  généra¬ 
lisant  parla  suite  de  façon  à  inspirer  de  sérieuses  imfuiétu- 
des.  On  avait  alors  traité  l’enfant  par  des  injections  sous-cuta- 
nées  de  cacodylate  de  soude,  mais  sans  résnltats  sensibles. 
On  l’amena  à  l’Ilôpitaldes  Enfants  dans  le  service  de  M. Comby. 
il  y  a  de  cela  un  mois.  I,a  paralysie  était  firescpie  géné¬ 
rale,  et  Ton  fiouvait  craindre  que,  d’un  jour  à  l’autre,  elle  ne 
vînt  envahir  les  muscles  respiratoires  et  menacer  ainsi  im¬ 
médiatement  l’existence.  M  .  Comby,  connaissant  le  fieu  de 
ressources  eflicaces  ([u’olfre  la  thérai)euli([ue  pour  le  traite¬ 
ment  des  paralysies  eliphtéritiques,  prit  le  parti  d’essayer 
de  la  sérothérapie,  comme  cela  avait  été  déqà  fait  dans 
divers  cas,  avec  des  résultats  divers.  It  lit,  en  conséquence, 
des  injections  de  sérum  de  lloux,  à  la  dose  de  '2tl  centimètres 
cubes  par  jour  pendant  les  premiers  jours,  puis,  de  10  cen¬ 
timètres  cubes  les  ou  4  jours  suivants.  Sous  l’inlluence  de 
ce  traitement,  il  vil  se  manifester  très  pronqilement  une 
amélioration  remarquable,  qui  continua  et  s’accentua  de 
même  les  jours  suivants,  âctuellemeni,  l’entant  ne  fuésente 
pins  que  (fuelques  traces  insigniliaiites  de  la  grave  paralysie 
constatée  lors  de  son  entrée. 

11  y  a  donc  eu,  dans  ce  cas, une  Influence  des  plus  heureu¬ 
ses  exercée  parle  sérum  sur  les  accidents  paralytiques,  et 
cela  sur  des  accidents  survenus  à  une  éporfue  relativement 
tardive.  .M.  Éomby  rappelle  plusieurs  faits  analogues,  les  uns 
publiés  par  divers  auteurs,  un  autre  observé  fiar  lui-même, 
en  ville,  sur  l’enfant  d’un  confrère.  Il  laisse  de  côté  les  dis¬ 
cussions  tbéorûfues  (fui  ont  été  soulevées  à  propos  de  l’em¬ 
ploi  du  sérum  dans  ces  conditions,  et  il  est  d’avis  (fu’en  face 
de  succès  comme  celui-là,  évidemment  dû  au  sérum,  c’est  à 
ce  mode  de  traitement  (fu’il  faut  s’adresser  de  firéférence  à 
tout  autre,  sans  se  laisser  arrêter  par  la  préoccupation  d’acci¬ 
dents  sérotbérapiques  possibles  ultérieurement. 

M.  Rist  fait  remarquer  que  les  afiplications  de  ce  mode  de 
traitement  n'ont  pas  été  toujours  aussi  heureuses  entre  les 
mains  d’autres  praticiens  fort  distingués. 

M.  Netter  dit  (fu’après  (fuelques  essais  de  cegenre,  il  avait 
renoncé  à  recourir  à  la  sérothérapie  comme  moyen  de  traiter 
la  paralysie  diphtérique,  mais  (fue  le  cas  de  \l.  Comby  le 
frappe  vivement  et  l’encouragera  à  essayer  de  nouveau  les 
injections  de  sé-um  en  pareille  occurence.  Il  demande  ^('■an- 
moins  à  M.  Comby  (fuelqiu's  renseigmements  sur  les  accidents 


204 


LE  PROGRÈS  MEDICAL 


sérothéi'apiquea  à  la  suite  de  l’emploi  du  sérum  de  Rouv  dans 
un  cas  de  paralysie. 

M.  (ïoMBv  dit  ({u’il  a  observé  seulement,  cliez  sa  jeune  ma¬ 
lade,  un  peu  d’albuminurie  dans  les  premiers  jours,  alors  (jue 
les  injections  étaient  de  20  cent,  cubes,  et,  au  bout  d’une 
dizaine  de  jours,  alors  (|ue  l’on  avait  cessé  les  injections,  une 
légère  éruption  morbiliforme  ;  mais  que  ces  deux  accidents 
n’avaient  atteint  un  degré  d’intensité  ni  de  persistance  sus¬ 
ceptible  de  donner  la  moindre  imiuiétude.  et  que,  dans  ces 
conditions,  la  crainte  de  ces  accidents  ne  peut  être  mise  en 
balance  avec  l’eflicacité  et  la  rapidité  d’action  bienfaisante  de 
la  sérothérapie. 

M.  Variot  insiste  sur  la  valeur  du  fait  do  M.  Ccuubyau 
point  de  vtie  de  refticacilé  du  traitement  sériipte  dans  la 
paralysie  diphtbérili(iue,  et  aussi  au  point  de  Aue  de  l’im¬ 
munité  relative  de  ce  traitement.  Et  il  se  déclare  tout  disposé 
à  SC  baser  sur  ces  faits  et  à  laisser  de  côté  les  théories,  pour 
essayer  à  son  tour  ces  injections,  quatid  l’occasion  s’en  of¬ 
frira  à  lui. 

Tuberculose  du  CH'cum. 

M.  Gcinon  présente  en  son  nom  et  au  nom  de  son  interne. 
AL  Pater,  une  pièce  de  tuberculose  du  cæcum  ti'oinée  à  l’au¬ 
topsie  d'un  enfaid  de  4  ans  1  2.  Cet  enfant  arriva  à  l’hôpital 
a\cc  des  signes  d’entérite  dysentériforme  :  mais  en  explorant 
l'abdomen  ou  constatait  l’existence  d’une  tumeur  très  d)ire, 
en  général,  avec  (juelques  points  plus  mous  pourtant,  intra- 
abdominale,  à  peu  prés  médiane,  sous-ombilicale,  que  l'on 
crut  devoir  attribuer  à  une  tubercidisation  ca‘cale.  Il  n',\ 
aAait  pas  de  crépitation,  pas  d’ascite. pas  de  signes  de  périto¬ 
nite.  On  souleva  la  (luestion  d'intervention  opératoire,  mais 
on  la  résolut  par  la  négative,  et  l’enfant  succomba  au  bout 
de  pou  de  temps  aux  progrès  de  la  cachexie.  A  l’autopsie  on 
eut  la  vérilication  du  diagnostic  :  c'était  bien  le  ca-cum  qui 
était  envahi  par  la  tuberculose,  sans  rien  à  l’appendice.  Et 
l’on  constata,  d  autre  part,  dans  la  profondeur,  des  adhéren¬ 
ces  telles,  entre  la  tumeur  et  les  anses  intestinales  ambiante.-,, 
(|ue  l'on  ne  put  la  détacher  de  celles-ci  sans  les  déchirer  tant 
soit  peu  ;  cela  justiliait  la  sagesse  de  l'abstention,  et  .M.  Gui- 
non  fait  observer,  en  terminant,  que  1§  non  intervention  doit 
être  posée  en  principe  général,  en  pareil  cas.  Il  y  avait  d’ail¬ 
leurs  des  lésions  de  la  tuberculose  trachéo-bronchicpie  accen¬ 
tuée,  qui  auraient  pu  constituer,  à  elles  seules,  une  contre- 
indication  à  toute  opération. 

Epidémie  de  des<]uamaliou  liiu/uale  associée  à  lu  perlèrhe. 

M.  Gltnon  donne  lecture  d'un  travail  de  M.  Eu.  Weill  sur 
une  épidémie  de  dcs//uamalion  linpuale  associée  à  la  perlèche, 
observée  par  l’auteur  chez  les  tilles  de  l'asile  Sainte-Foy,  où 
sont  recueillies  des  jeunes  tilles  mineures,  dont  bon  nombre 
sont  syphilitifpies.  L’épidémiedura  plusieurs  mois,  de  novem¬ 
bre  à  juin  de  l’année  suivante,  sans  régularité  de  propagation, 
et  sans  qu'il  ait  été  possible  d'établir  l’existence  de  contagion 
directe. 

M.  Comhv  n’admet  pas  de  rajvport  entre  la  perlèche,  (|ui 
seule  est  contagieuse,  et  les  affections  desquamatives  de  la 
langue,  cpii  ne  le  sont  pas. 

Cui/ueluche  simple. 

AL  \  ARioT  rap[)orte  une  autopsie  de  co(pieluche  sim|)le 
ipi'il  vient  d'avoir  l'occasion  de  faire  sur  un  laifant  de  N  mois, 
athiepsique  tyi)ique,  sans  lièvre,  sa  ns  congestion  puhiionain*, 
qui  succomba  jviesifue  subitement  après  une  courte  crisecon- 
vulsive  survenue  sans  cause  appréciable.  Les  lésions  laryngo- 
trachéales  sont  minimeset  contormes  aux  descri|)tions  de  Ro¬ 
ger. 

AL  Pater  communique  deux  observations  d’abcès  multiples 
du  ponnion  recueillies  dans  le  serv  ice  de  son  maître,  M.  Guinon. 

Dans  ces  deux  cas,  le  diagnostic  présenta  de  grandes  difli- 
cultés.  et  l'on  pensa,  à  un  cet  tain  moment,  à  une  pleurésie  jm- 
rulente,  peut  être  interlobaire.  Ia’s  ponctions  exploratrices 
n'apportèrent  aucun  éclaircis.sement  au  diagnostic,  pas  jthis 
que  l’examen  radioscopique  ;  dans  un  des  deux  cas.  on  crut 
devoir  faire  l’empyème.  et  c’est  alors  stmlement  que  l’on  re¬ 
connut  renvahissement  et  la  distension  du  |»oumon  par  des 


petits  abcès  multiples  contenant  du  pus  fétide.  Les  deux  en¬ 
fants  succombèrent  rapidement,  malgré  tous  les  soins  possi¬ 
bles.  Le  microbe  en  cause  était  le  staphylocoque.  Le  poumon 
était  littéralement  farci  de  ivetits  abcès  cà  divers  degrés  d’évo¬ 
lution,  contre  lesquels  toute  thérapeutique  générale  ovi  locale 
était  manifest(‘ment  impuissante.  Ch.  IL  Petit-Vendol. 
- ^  - 

LA  VALÉROBROMINE  LEGRAND 

est  plus  active  que  les  bromures  et  les  valé- 
rianates. 


GONliRÈS  DES  SOCIÉTÉ  SAVANTES 

Compte  pendu  de  la  Sous-section  des  Sciences 
médicales  et  de  I  Hygiène  : 

Parle  IP  G.  Friedki.. 

Séatiees  à  la  Sorbonue. 

Le  4i'  Congrès  des  Sociétés  savantes  s’est  ouvert,  le  mardt 
17  avril,  à  deux  heures, dans  le  grand  amphithéâtre  de  la  Sor¬ 
bonne.  sous  la  présidence  générale  de  M.E.  Lev.asselr,  mem¬ 
bre  de  l’Institut,  administrateur  du  Collège  de  France. 

La  Sous-section  des  Sciences  médicales  et  d'hygiène  a  siégé 
le  mercredi  IH  et  jeudi  PI  avril,  sous  la  présidence  du  docteur 
F.  Levé,  membre  du  comité  des  travaux  historiques  et  scien- 
tiliques,  assisté  du  Prof.  Chatin  et  du  D‘'  Butte,  de  la  Société 
de  médecine  et  de  chirurgie  pratiques.  AL  le  D''  Dabout  rem¬ 
plissait  les  fonctions  de  secrétaire  des  séances. 

AL  le  D''  Chatin  a  pris  le  premier  la  parole,  pour  sa  com¬ 
munication  sur  les  moifshq'ife.v  à  Poris.  En  général, il  n'a  trouvé 
que  les  cousins,  mais  quelques  anophèles  ont  été  rencon¬ 
trés  dans  les  grandes  villes  (Boston)  et  il  faut  donc  bien  dé¬ 
terminer  tousles  moustiques  recueillis  à  Paris,  afin  de  sur¬ 
veiller  l’apparition  des  espèces  dangereuses.  Pour  détruire 
les  moustiqueson  peut  employer  le  pétrolaged  gr.  de  pétrole 
par  mètre  carré  d'eau i  ou  encore  l’empoissonnement,  le 
drainage  et  le  comblement.  Ces  procédés  sont  plus  difficiles 
à  employer  dans  les  grandes  villes  et  là  il  faut  bien  rechercher 
tous  les  points  d’éclosion  ibassins.  jardinières,  terrines  ou¬ 
bliées  sur  les  terrasses,  égouts,  écuries  mal  tenues!  et  faire 
disparaître  ces  insectes  au  plus  vite,  en  suivant  les  prescrip¬ 
tions  du  conseil  d’hygiène  ;  on  évite  ainsi  les  contagions  pos¬ 
sibles.  Les  puces  méritent  la  même  destruction,  car  elles  peu; 
vent  transmettre  la  pesteet  peut-être  la  tuberculose.  Al.Mom-ù 
a  déposé  ensuite  en  son  nom  et  au  nom  de  AL  Uaiuliet  une 
élude  sur  Turgot  et  l'école  vélérinaivc  de  Limoges. le  D’’  Fo- 
VEAU  de  Courmei.les  a  lu  son  travail  sur  la  stérilisation  des 
eau.r  par  Tozone,  procédé  pratique  et  peu  coûteux,  qui  per 
mettrait  de  supprimer  les  canalisations  coûteuses  qui  amè¬ 
nent  l’eau  à  Paris,  de  très  loin,  de  rivières  qui  pc-uventêtre 
contaminées. 

M.  le  Prof.  Peyrusson  rappelle  la  nécessité  du  contrôle 
bactériologique  des  eaux  filtrées.  AL  le  D'  Lkbi.ü.nd  lit  une 
communication  sur  la  pollution  desnappes  souterraines  par 
les  égouts  et  les  moyens  de  les  éviter  iscptic  tank  et  lits  fi*^ 
trants).M. Charles  Fromont  rapporte  les  résultats  de  son  étude 
sur  les  eaux  d’alimentation  de  la  ville  d’Aumale,  de  Sm*' 
.Vissa  et  de  Bou-Saada.  Certaines  de  ces  eaux  doivent  être 
rejetées  à  cause  des  fortes  proportions  de  matières  organiques- 
d’ammoniaque  et  d’acide  azotique,  qu  elles  contiennent.  .Ap*' 
les  D'-'  Perrier  et  G.  Herg  (Nancy)  ont  étudié  comparali''e' 
ment  les  divers  liquides  d’ascite  comme  milieux  de  culture- 
Ces  liquides  ascitiques  se  comportent  d'une  façon  différem® 
vis-à-vis  des  microbes,  différence  qui  tient  à  des  propriet^ 
humorales  inconnues.  La  défense  du  péritoine  contre  l'infee' 
tion  dépend  donc  de  la  résistance  de  l’organisme.  . ,. - 

Dans  la  séance  de  jeudi,  le  D"^  Dabout  a  entretenu  la  soeiet 
sur  Thystérotraumalisme  et  la  prédisposition  individuelle-^ 

La  connaissance  des  symptômes  de  l’hystérotraumatis® 
par  l’ouvrier,  la  crainte  et  l'exagération  et  enfin  la  loi  de  le-r 
qui  conclut  à  l’indemnité  pécuniaire,  en  ont  fait  «  une  u 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


2G5 


vrose  de  l'assurance  »  iSecrétani.  M.Dabonta  étudié  303  cas 
.  hystérotraumatismes  oculaires  et  a  fixé  les  prédispositions 
individuelles,  que  le  médecin  expert  doit  connaître.  L’hysté¬ 
rie  est  une  maladie  constitutionnelle  et  non  professionnelle 
et  ne  devrait  pas  rentrer  dans  la  loi  de  LS'.i.S;  cependant. éclose 
^l’occasion  du  travail,  le  patron  en  est  responsable,  seulement 
l'indemnité  doit  être  donnée  à  titre  de  traitement  et  non  de 
dommages,  pour  une  incapacité  temporaire  et  non  perma¬ 
nente.  M.  le  !)'■  l'écHix  est  de  l  avis  du  D'  Dabout  sur  le  rôle 
suggestif  que  peut  jouer  le  médecin  par  ses  examens  répétés, 
mds  considère  qu'il  faut  solutionner  lecas  le  plus  vite  pos- 
possible  et  le  fait  de  considérer  l’hystérotraumatisme  comme 
^traînant  une  incapacité  permanente  peut  engager  l’ouvrier 
à  faire  des  efforts  pour  travailler.  Le  D''  ForeAu  de  Courmel- 
les  croit  la  simulation  de  l'hystérotrauinatisme  facile  et  cite 
quelques  cas.  M.  le  D''  Levé  a  constaté  cette  «  afifp-avomanie  » 
souveat  involontaire  surtout  chez  les  minus  habentes.  La 
question  mérite  d'être  connue.  On  éviterait  les  mauvaises  ex¬ 
pertises  des  médecins  de  justice  de  paix,  infirmées  par  les 
experts  des  tribunaux,  en  nommant  comme  médecins  experts 
des  hommes  qualifiés  :  experts  des  tribunaux  et  docteurs  mu¬ 
nis  du  diplôme  de  médecin  légiste  de  l’Universilé.  Le  vœu  est 
approuvé  par  la  section. 

iVl.  le  D''  l’ÉcHi.N  a  lu  ensuite  une  communication  sur  la 
èicrijocijstilc  conijcnilate  alU'nuce. 

En  l'absence  du  D''  Leprince,  le  président  a  chargé  M.  le 
!)'■  Foveai;  deCourmelles  de  faire  un  rapport  sur  le  travail 
intitulé  :  Etudes  d’hygiène  scolaire,  les  écoles  primaires  de 
Bruxelles,  Home,  Stocklolm  et  Berlin. 

Bruxelles  est  la  ville  la  mieux  organisée  au  point  de  vue 
médico-scolaire  :  inspections  fréquentes,  éclairage  et  chauf¬ 
fage  rationnels,  etc.,  etc.  (',e  travail  contient  des  éléments  de 
comparaison  entre  les  diverses  capitales  fort  instructifs  et 
des  indications  de  progrès  à  réaliser. 

M.  le  D'’  l’.tRîsoT  i.N'ancyilitson  travail  sur  la  valeur  médico- 
légale  du  téinoignagedu  vieillard  rnjusHcc. 

L’amnésie  du  vieillard,  la  tendance  aux  idées  de  persé¬ 
cution,  une  suggestibilité  spéciale,  l’affaiblissement  de  la  vue 
et  de  l’ouïe,  toutes  ces  conditions  doivent  être  recherchées, 
pour  éviter  les  témoignages  erronés  des  vieillards  et  le  mi¬ 
nistre  de  la  justice  devrait  attirer  l'attention  sur  cet  état  men¬ 
tal  possible  des  vieillards  et  régler  leur  examen  mental. 

M.  leD'-  Parisot  lit  un  travail,  fait  en  collaboration  avec 
-*L  le  D’'  Se.nckht  (Nancyi  sur  la  question  de  la  viabililé  du 
nouveau-né  dans  ses  rapports  avec  le  progrès  de  la  chirurgie. 

Les  auteurs  s'élèvent  contre  la  manière  de  voir  de  la  ju¬ 
risprudence,  qui  considère  un  enfant  viable  .même  porteur 
dun  vice  de  conformation,  si  cette  conformation  est  corrigi¬ 
ble  avec  plus  ou  moins  de  chances  de  succès  par  une  inter- 
'ention  chirurgicale,  que  cette  opération  se  fasse  ou  non.  Ils 
pensent  que  la  viabilité  n’existe  pas  si  la  conformation  vi- 
eieu^se  est  incompatible  avec  la  continuation  de  la  vie  lim- 
Perforatioii  de  l’œsophage,  p.  ex.)  L'enfant  sera  déclaré  via- 

e  lorsque  l’opération  chirurgicale  aura  corrigé  sa  malfor- 
;  ? ,  b  anatomique  et  qu’il  sera  sorti  victorieux  des  dangers 
nberents  à  l'opération. 

lie  V!^  Buite  litson  tr.ivail  sur  dans  l'éclaoip- 

s’a  mortels  de  l'éclampsie,  la  quantité  d'nrée 

normale,  tandis  qu’elle  était  double  dans 
.  ^®bx.  Ces  faits  constatés  par  analyse  ont  donc  une 
®  valeur  pronostique. 

I’- Levé  termine  la  séance  parla  lecture  de  son 
infantile  dans  ses  rapports  avec  l'indns- 

mortalité  dans  l’application  de 
'oi  *■'’  décembre  1874)  est  fonction  directe  de  l'en- 

pojjj  ®[^®b^®'bl®  débile® en  nourrice.  11  importe  ;  t"  d'indiquer 
chez  la  décès  d'enfant  en  nourrice  la  durée  du  séjour 

b®  P®'®  ^bisser  contier  à  des  nourrices 
^bserv^^^î  ‘*®*^des  et  incapables  de  subir  le  voyage  ;  3"  de 
bonds  dans  des  asiles  spéciaux  à  créer  ces  enfants  mori- 

^®bce*d?\i^'i'*  **  d®bx  heures,  a  eu  lieu,  sous  la  prési- 

L  H.  Poincaré,  ministre  des  finances,  l’assemblée 


générale  qui  clôt,  cliaque  année.le  congrès  des  sociétés  savan¬ 
tes. 

Le  ministre  a  annoncé  (ju'à  partir  de  maintenant  toutes  les 
villes  de  France  et  d’Algérie  pourront  être  le  siège  du  congrès 
annuel,  il  a  fait  l’éloge  des  sections  etdeleurs  travaux.  Après 
quelques  paroles  en  souvenir  de  M.  de  Luçay  et  de  ÎNI.  Bou- 
tmy,  décédés  dans  l'année,  il  a  levé  la  séance. 


CONGRÈS  INTERNATION.VL  DE  MÉDECINE 
ET  D1-]  EHIRI'RGIE 
(Lisbonne,  19-2G  avril  1906). 

La  Défense  Inlcrnnlimiale  contre  la  tuberculose 
I)ar  M.  le  1)'' Samuel  Bernheim,  de  Paris. 

Nous  estimons  que  la  prophylaxie  antituberculeuse  do 
être  internationale.  L’hygiène  internationale  a  eu  surtout 
pour  objet,  jusqu'à  ce  jour,  de  préserver  les  nations  euro¬ 
péennes  de  maladies  de  forme  épidémique  toute  spéciale  et 
((ui  sont,  en  réalité,  jusqu’ici  au  nombre  de  trois  :  le  choléra, 
la  peste  et  la  fièvre  jaune.  On  objecte  que  la  tuberculose  ne 
ressemble  en  rien  à  ces  maladies  épidémiques,  qu’elle  revêt 
plutôt  un  caractère  endémique.  Cela  est  inexact  au  vrai  sens 
du  mot.  On  sait,  en  effet,  que  certaines  tribus  sauvages  sont 
restées  longtemps  indemnes  du  bacille  de  Koch,  dont  elles 
sont  devenues  tributaires  le  jour  où  les  races  civilisées  soni 
venues  leur  apporter  la  néfaste  contagion.  Latuberculose,qui. 
est  une  maladie  purement  contagieuse,  est  épidémique,  a  une 
allure  différente  des  maladies  ci-dessus  citées  et  voilà  tout. 

Mais  comme  elles,  la  bacillose  est  épidémique  et  inévitable. 
C'est  même,  d'après  nous,  la  plus  épouvantable  des  épidé¬ 
mies,  car  son  bacille  pathogène  est  si  virulent  qu’il  dépasse, 
en  virulence  et  en  persistance,  la  plupart  des  autres  microbes 
pathogènes.  Tout  comme  nous-mêmes, le  bacille  de  Koch  peut 
faire  de  longs  voyages  sans  mourir,  il  peut  traverser  les  fron¬ 
tières,  et  il  les  passe  trop  souvent,  pour  aller  d’un  pays  à  un 
autre  avec  les  échanges  commerciaux  de  toutes  sortes,  par 
les  wagons  de  chemin  de  1er,  par  les  navires.  C’est  pourquoi 
nous  déclarons  qu'un  efloi  t  isolé  d’une  nation  ne  sera  jamais 
sanctionné  d’un  résultat  certain  définitif.  —  La  prophylaxie 
la  plus  logique,  la  plus  réglementée,  appliquée  dans  un 
I  pays  unique,  n'atteindra  jamais  le  but  espéré,  si  les  pays  limi- 
'  trophes  et  mêmeéloignésneprennentdesmesuresprophy- 
lacticiues  à  peu  près  semblables?  Pourquoi  ne  seraient-elles 
^  pas  débattues  au  sein  d’une  conférence  comme  celle  qui,  à 
Rome  en  1865,  à  Venise  en  1892,  à  Dresde  en  1893,  à  Paris 
en  1894,  à  \  enise  en  1897,  fixèrent  les  moyens  communs  de 
défense  contre  le  choléra,  la  peste  et  la  fièvre  jaune  ? 

Une  commission  composée  de  représentants  autorisés  par 
I  les  diverses  nations  recevrait  la  mission  de  comparer  entre 
j  elles  les  mesures  qui,  dans  leurs  pays  respectifs,  seraient  ap¬ 
pliquées  et  donneraient  les  meilleurs  résultats.  Cette  com¬ 
mission  internationale  avec  une  organisation  bien  établie  au¬ 
rait  pour  mandai  de  rédiger  une  sorte  de  code  prophylacti¬ 
que  international  contre  la  tuberculose,  code  qui,  une  fois 
adopté,  aurait  force  de  loi  dans  tous  les  pays. 

Nous  pensions  un  moment  que  le  bureau  central  interna¬ 
tional  pour  la  lutte  antituberculeuse,  dont  le  siège  est  à  Ber¬ 
lin,  allait  provoquer  la  réunion  d’une  commission  univer¬ 
selle  ayant  pour  but  uniiiue  d'étudier  les  mesures  de  prophy  - 
laxieinternationale.  fout  en  rendant  hommage  au  zèle  de  ce 
bureau  central,  nous  avouons  que  nos  espérances  ont  été  dé¬ 
çues,  et  que  jusqu'à  ce  jour,  ce  problème  si  intéressant  n'a 
pas  été  examiné.  Peut-être  l'avenir  nous  réserve-t-il  une 
agréable  surprise. 

S'il  est  une  (luestion  qui  soit  d'essence  universelle,  qui  mé¬ 
rite  l'attention  de  la  vigilance  des  savants  du  monde  entier, 
c’est  bien  celle  de  la  tuberculose.  Elle  ne  peut  recevoir  de  so¬ 
lution  efficace  que  de  l'union  des  intelligences  et  des  bonnes 
volontés  de  toutes  les  nations. 

De  l'emploi  de  la  luhereuline  dans  le  tiailemenl 
de  la  tuberculose 

par  MM.  les  l)''.  S.  Bernheim  et  Saint-Laurent,  de  Paris. 

Les  méfaits  des  diverses  tuberculincs  utilisées  jusqu’à  pré- 


266 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


sent  ont  été  tels  que  la  plupart  des  praticiens  ont  renoncé  à 
leur  emploi,  parce  qu'il  était  impossible  de  les  manier  avec 
sécurité.  Rien  d’étonnant  que  la  tuberculine  fût  discréditée 
pour  ne  pas  dire  abandonnée.  Et  cependant,  il  est  incontesta¬ 
ble  que  ce  produit  biologique  a  une  action  profonde  sur  la 
phagocytose  et  la  marctie  des  lésions.  L’important  était  de 
trouver  une  tuberculine  possédant  à  la  fois  l’inlluence  cura¬ 
tive  des  produits  similaires  sans  produire  la  réaction  et  en¬ 
traîner  d’autres  complications.  —  Entre  temps,  nous  avons 
connu  la  tuberculine  Jacobs,  qui  ne  provoque  aucune  réac¬ 
tion  locale,  ni  générale.  Aous  l’avons  utilisée  chez  un  grand 
nombre  de  malades  fréquentant  les  dispensaires  de  l’tÈuvre 
de  la  tuberculose  humaine  et  non  seulement,  nous  n’avons 
jamais  eu  de  complication,  mais  nous  avons  pu  constater 
<iue  la  tuberculine  bien  tolérée  avait  une  grande  efficacité 
sur  l’état  général  et  sur  l'état  local  du  malade.  Avec  ce  nou¬ 
veau  remède  lûologique.  on  n'a  pas  à  redouter  les  nombreux 
inconvénients  des  tuberculines  connues  jusqu’ici.  A  quoi 
est  due  cette  absence  de  réaction!^ 

D’après  le  !)•  Jacobs  lui-mème,  sa  tuberculine  est  bien  tolé¬ 
rée  par  “^uite  d’une  méthode  spéciale  de  culture  de  bacilles 
très  virulents,  dont  il  e.xtrait  ses  bacilles. 

Quoi  qu'il  ensoit,nous  avons  utilisé  cette  nouvelle  tubercu¬ 
line  dans  plusieurs  d'spensaires  de  l’œuvre  de  la  Tuberculose 
humaine  avec  les  D''  G.  Petit  et  (tuentin,  et  nous  avons  pu 
constater  avec  nos  confrères  son  action  très  efficace,  non  seu¬ 
lement  dans  la  tuberculose  pulmonaire,  mais  dans  certaines 
formes  de  tuberculose  externe. 

Ajoutons,  pour  terminer,  qu'il  est  préférable  d’appliquer  le 
traitement  scientifiquenicnt  sous  le  contrôle  de  Topsonisme. 

Tuberculose  et  maisons  insalubres  : 
par  M.  le  D'  S.  Iîkr.nhki.m.  de  Paris. 

M.  Bernheim  affirme  (jue.de  tous  les  facteurs  la  maison  in¬ 
salubre  est  la  principale  cause  de  la  propagation  tuberculeuse. 
Il  cite  de  nombreux  faits  personnels  relevés  dans  les  dispen¬ 
saires  de  !'(  Kuvre  de  la  Tuberculose  Humaine  et  des  docu¬ 
ments  empruntés  à  MM.  Juillerat,  D''  Level,  (i.  Petit  et  Lu¬ 
cien  Graux,  démontrant  tellement  Tinlluence  des  logements 
malsains  qui  offrent  d’excellentes  conditions  pour  répandre  la 
tuberculose.  Et  ce  ne  sont  pas  autant  les  maisons  surpeuplées 
que  les  locaux  mal  aérés  qui  sont  redoutables.  C'est  l’obscu¬ 
rité  surtout,  le  manque  d’air,  l’absence  des  rayons  solaires, 
(lui  favorisent  particulièrement  la  contagion.  Dans  les  grandes 
villes  et  les  centres  industriels,  la  tuberculose  n’est  pas  répan¬ 
due  uniformément.  Elle  sévit  avec  plus  de  violence  dans  les 
ruesétroites,  dans  les  carrefours  borgnes,  dans  certaines  mai¬ 
sons,  dans  certains  îlots  de  mai.sons.  On  connaît  aujourd'hui 
ces  repaires  meurtriers  qui  ont  été  démasqués  par  les  casiers 
sanitaires  des  maisons.  Il  faut  faire  une  guerre  sans  merci  à 
ces  taudis,  réformer  les  maisons  transformables  et  démolir 
celles  qui  sont  défectueuses.  C’est  là  le  but  de  la  Ligue  natio¬ 
nale  contre  les  habitations  insalubres  fondée  en  Erance  par 
les  D'-s  S.  Bernheim  et  Level.  Cette  ligue,  qui  a  déjà  recueilli 
plusieurs  milliers  d'adhérents,  a  créé  une  vaste  agitation  dans 
tout  le  pays,  par  des  conférences,  des  brochures,  par  des 
écrits,  par  la  parole,  elle  signale  partout  le  danger  de  la  mai¬ 
son  contaminée,  elle  est  en  train  de  préparer  une  loi  efficace 
pour  la  surveillance  sanitaire  des  logements  et  des  maisons. 
Cette  ligue  contribue  aussi  à  éduquer  le  peuple  et  lui  fera 
comprendre  toute  l’importance  du  logement  propre  et  clair. 

La  question  de  la  maison  salubre  domine  tout  le  problème 
delà  prophylaxie  tuberculeuse. 

Blanchisseurs  et  tuberculose  ; 
par  MM.  les  1)'»  S.  Bkr!<heim  et  Diecrart,  de  Paris. 

Le  linge  sale  est  dangereux.  Il  doit  intervenir  un  change¬ 
ment  radical  dans  les  us  réservés  à  sa  manipulation.  Il  doit 
(Hre  désinfecté  avant  triage  et  lessivage,  et  jamais  mélangé  au 
linge  propre  ;  ainsi  on  évitera  le  danger  de  la  tuberculose  par 
le  linge.  En  relevant  la  statisticjue  de  la  mortalité  tubercu¬ 
leuse,  par  professions,  nous  avons  constaté  que  les  blanchis¬ 
seurs  fournissaient  un  contingent  énorme.  Beaucoup  d  entre 
eux  fréquentent  nos  dispensaires  de  TOImvre  de  la  tubercu¬ 


lose  humaine.  Certaines  repasseuses,  certains  directeurs  nous 
ont  avoué  que  beaucoup  de  leurs  collègues  succombaient  de 
la  phtisie.  Et  une  chose  navrante  à  constater,  c’est  Tindiffé- 
rence  coupable  du  client:  aucun  soin  de  son  linge  sale- 
quant  au  blanchisseur,  il  n'en  a  cure  :  pêle-mêle,  il  ramène  le 
tout  Nous  avons  constaté  la  présence  du  bacille  de  Koc,h 
dans  certains  linges.  La  contagion  sera  fatale.  Et  le  danger  est 
encore  plus  grand  pour  l’indigent,  proie  facile  au  fiéau  tuber-  | 
culeux.  Et  cest  ce  qu’a  bien  compris  le  Dispensaire  E  Roux, 
qui  désinfecte  le  linge  de  ses  tuberculeux.  A  nos  dispensaires  1 
de  l’œuvre  de  la  tuberculose  humaine,  nons  rêvons  pareilles 
organisations,  seulement  nos  ressources  sont  encore  insuffi¬ 
santes  pour  le  réaliser  partout  !  Nous  avons  déjà  fait  appel  aux 
pouvoirs  publics.  M.  Jean  Colly,  conseiller  municipal,  vice- 
président  del'œuvre,  a  présenté  notre  projet  de  buanderies 
municipales  antituberculeuses,  et  nous  ne  désespérons  pas, 
quelque  jour,  d’en  voir  fonctionner. 

Désinfecter  le  linge  ne  suffit  pas,  il  faut  le  blanchir  pour 
l’indigent,  surtout  s’il  est  tuberculeux. 

On  désinfecte  l'appartement,  le  mobilier  dans  un  casde  ma¬ 
ladies  contagieuses,  pourquoi  n’en  point  faire  autantdu  linge 
bacillifère  !’ 


REVUE  DE  DERMATOLOGIE 

Rédacteur  spécial  :  M.  le  Paul  R.WMOXD. 

I.  —  L’agent  pathogène  de  la  syphilis  ;  par  le  D'  Pommw.  (Ma- 
loine,  ('-(lileur.  11)05.) 

Depuis  que  j’ai  entendu  dire,  il  y  a  quelques  années,  à  un 
jeune  syphiligraphe,  qu’il  ne  tenait  pas  outre  mesure  au 
microbe  de  la  syphilis  qu’il  venait  de  découvrir,  mais  qu’il 
avait  besoin  de  cette  découverte  pour  être  nommé  privât- 
docent,  je  reste  sceptique  en  face  des  microoruanismes  répu¬ 
tés  spécifiques  qu’on  nous  présente.  Et  voici  que  cette  année 
même,  il  y  en  a  eu  quatre  :  il  y  en  a  donc  trois  qui  ne  valent 
rien,  en  admettant  que  le  quatrième  soit  le  vrai.  Il  y  aurait 
donc  intérêt  à  attendre, pour  présenter  le  travail  du  D''  Priu- 
may,  que  le  temps  ait  fait  son  œuvre.  Ces  recherches  parais¬ 
sent  sérieuses  néanmoins,  et  Ton  sent  que  si  l’auteur  s’est 
trompéjil  s’est  trompé  de  bonne  foi. Pour  lui,  Tagent  pathogène 
delà  syphilis  serait  un  champignon  sur  la  nature, les  cultures 
duquel  il  s'étend  longuement.  L’inoculation  du  parasite  aux 
animaux  détermine  tout  un  ensemble  morbide  que  Ton 
retrouve  lorsqu’on  leur  inocule  des  cultures  provenant  du 
sang  de  syphilitiques. 

II.  —  An  introduction  to  dermatology  ;  par  Norman  Wm.keb' 
(Bristol  W  right,  é(l.  1904). 

Troisième  édition,  sans  grands  remaniements,  de  ce  traite 
que  j’ai  déjà  présenté  aux  lecteurs  du  Progrès  medical. 

IM.  —  Pathogénie  du  purpura  ;  par  Grenkt.  (L.  Boiisset.  Paris, 
éd.  1905). 

Le  purpura,  dit  l’auteur, est  le  résultat  d'une  intoxication 
nerveuse,  souvent  médullaire,  quelquefois  périphériqn®' 
Mais  il  n'est  pas  uniquement  névropathique,  et  ne  se  produit 
que  sur  un  terrain  préparé  par  une  altération  viscérale- 
surtout  hépatique.  C’est  là  le  point  original  et  intéressant 
de  ce  travail,  sérieiiseuient  fait.  Ainsi  ([ue  le  dit  fort  b'O® 
l’auteur,  il  n’y  a  pas  de  purpura  primitif  :  il  faut  une  infec¬ 
tion  on  une  intoxication  qui  agissent  en  déterminant  des 
troubles  de  certains  (irganes,  et  du  foie  notamment,  où  s® 
remarquent  des  altérations  cellulaires.  La  composition  clù' 
mique  du  sang  est  modifiée  ;  l'hémorragie  survient. Po“® 
expliquer  la  localisation  de  l’hémorragie  à  la  p"au,  il 

faire  intervenir  le  système  nerveux.  L’expérimentation  mon¬ 
tre  que  la  lésion  hépatique  et  la  lésion  médullaire  sont 
pensables  :  si  Tune  manque,  le  purpura  ne  se  prodo 
pas. 

Gette  étude,  dit  l'auteur,  est  la  première  démonstratio 
expérimentale  du  rôle  du  système  nerveux  dans  les 
dies  de  la  peau.  A  cet  égard  elle  semble  avoir  une 
importance  générale  et  peut  ouvrir  la  voie  à  des 
du  même  ordre  au  sujet  d’autres  allections.  C’est  parfai 


LE  PROGRES  MÉDICAL 


ent  exact,  et  le  guide  est  bon.  Je  signalerai  à  l’auteur  un 
®jgressant  chapitre  qu’il  eût  pu  écrire  :  le  purpura  au  début 
des  infections  ;  le  purpura  prémonitoire. 

jV  _  Dormato-psychies  :  par  Maurice  Dini:.  (Simon,  éd.  Rennes, 
1904.) 

Etude  de  diverses  dermatoses,  pseudo-redèmes,  erytheme 
Ij-mophe.  purpura, s’observant  dans  les  états  mentaux  qui 
^'accompagnent  d'inhibition  psychique.  Cette  dernière  étant 
constante  dans  la  démence  précoce,  on  rencontrera  à  peu 
près  sûrement  au  cours  de  cette  vésanie  ces  troubles  tro¬ 
phiques  de  la  peau,  pseudo-œdème,  purpura  et  variétés  de 
l’érythème  polymorphe.  L’amélioration  des  troubles  men¬ 
taux  co’incide  avec  la  disparition  des  manifestations  patholo¬ 
giques  de  la  peau. 

V  _Ya-t-il  une  pelade  d'origine  helminthique  ’?  par  Biiykii.  (Jonvc, 
éd.  Paris  1904.) 

La  théorie  parasitaire  fortement  battue  en  brèche  depuis 
les  travaux  de  VI.  Jacquet  tend  à  être  remplacée  par  la  théo¬ 
rie  nerveuse,  la  pelade  n'étant  dans  ces  conditions  qu’une 
répercussion  sur  les  poils  défais  nerveux  divers;  la  dépila¬ 
tion  en  aires  n’étant  plus  qu'un  symptôme  qui  traduit  la 
souffrance  d’un  territoire  nerveux  périphérique.  L’auteur, 
ayant  observé  des  cas  dans  lesquels  l'alopécie  peladique  a 
coïncidé  avec  de  l’helminthiase,  s’est  demandé  s’il  n’y  avait 
pas  un  rapport  de  cause  à  effet  entre  ces  deux  sortes  d’acci¬ 
dents. Rappelant  tout  d’abord  les  accidents  nerveux  d’origine 
helminthique  et  discutant  leur  mécanisme,  l’auteur  étudie 
les  pelades  réflexes  d’origine  viscérale,  puis  il  rapporte 
trois  observations  de  pelade  helminthique.  Bien  que  recon¬ 
naissant  que  des  faits  confirmatifs  sont  nécessaires,  l’auteur 
pense  qu’il  n’est  pas  déraisonnable  d’admettre  qu’au  nom¬ 
bre  des  causes  inconnues  de  certaines  pelades  rebelles,  on  | 
doive  à  l’avenir,  rechercher  la  présence  de  vers  intestinaux,  j 


HYDROLOGIE 

Sermaize-les-Bains  (Marne). 

—  Scrmaize  est  une  station  entre  \  itry-le-François  et  Bai- 
le-Diic  sur  la  ligne  de  Paris  à  Nancy.Cette  ville,  de  3000  habi¬ 
tants  environ.  pi>ssède  un  établissement  hydrothérapi(jue  ' 
bien  organisé  et  pourvu  de  tous  les  aménagements  et  toutes  j 
les  distractions  qui  font  le  charme  des  stations  balnéaires  I 
modernes.  I 

La  CuRk  DK  Skrmaize. — Coiiipositinn  et  propriétés  physiques _ 

froide  1 bicarbonatée  {Oifv AH). sttlfatée  calcique  (0gr.08) 
^!/nésiqiie)0  g,-.  7O1  et  ferrugineuse  (0  gr.  01,  avec  une  miné- 
hsation  totale  de  1  gr.  50,  qui  ofl're  la  plus  grande  analogie 
de  riPr/ et  de  Contrexécille.  —  Une  seule  source, 
dé'mf émerge  du  sol  jurassi(jueet  débite  près 
hectolitres  par  jour.  —  Lan  limpideà  la  source,  inodore,  ; 
®®  y''®say‘'ur  agréable,  légèrement  alcaline  et  un  arrière-  ; 
tlerrugineuv.  —  L’eau  deSennaize  est  e.tportée. 

—  1°  En  boisson  :  de  1  à  12  verres  par  jour, 
l,^!®®®*^'onient.  à  dix  minutes  d'intervalle,  en  commentant 
deux  *4*  '  '’oires  le  premier  jour  et  augmentant  d'un  \ erre  ou 
lue  jour,  juscpi’au  milieu  de  la  cure.  On  diminue  de 
Sa  ®’,Ppt-''’'“ssi'cnient.  —  2’’  En  bains  et  douches,  a\ec  mas- 
huj  .  ’  p'ns  de  vapeur,etc., administrés  dans  un  élablisseruent 
saiig  J  'Pii  renferme  cabines  de  bains,  une 

«ne  „  pour  Lommes,  une  autre  pour  dames,  plus 

U  douches  et  bains  de  vapeur.  --  Eiilin 

"^te.  -  Durée  de  la  cure  :  2.5  jours  <-nviron. 

Leau  ^  l’intérieur,  prise  à  liaute  dose. 

ost  piiryative  au  début, puis  et  surtout  diu- 
®’’8anes  eau  de  lixiviation  puissante, portant  sur  les 

“tante  lo  toie  ;  ellealcalinise  l’urine,  aug- 

accélère  la  digestion.  Enfin,elle  est  ai>éri- 
Ind’  leconstituante  par  le  fer  qu  elle  contient, 

at  dp*  1°***  ■  affections  des  voies  urinaires,  gastro-intestina- 

es  prenuères,son  action  est  identiipie  à  celledes  eaux  1 


de  \  ittel  et  de  Lontrexév  ille  :  ses  résultats,  dans  la  lithiase 
rénale, ne  sont  pas  moins  spécifiques  et  constants.  Sur  les 
voies  digestives, les  effets  sont  tout  aussi  évidents.  L’un  des 
premiers  est  l’accroi.s.sement  de  l’appétit  et  du  pouvoir  diges¬ 
tif  ;  par  suite,augmentation  de  la  nutrition  ;  la  circulation 
s’accélère, la  respiration  s’active,le  visage  se  colore.un  senti¬ 
ment  de  bien-être  et  de  force  envahit  tout(‘  l’économie. 
D'autre  part, l’effet  purgatif  se  manifeste  dès  les  premiers  ver¬ 
res  et  dure  trois  ou  (piatre  jours,  tandis  que  les  urines  aug¬ 
mentent, deviennent  de  plus  en  plus  limpides,  après  avoir 
déversé  un  flot  de  mucosités  chez  les  uns, un  amas  de  sable 
urique  chez  les  aiLtres,au  grand  émoi  des  graveleuT  sans  le 
savoir,  des  ealculeux,  des  goulteu.r  eX  des  rhumatisants. 

Cette  triple  action,  diurétique,  digestiveet  tonique,  portant 
sur  les  muqueu.ses  génito-urinaire,  gastro-intestinale  el  sur 
le  sang,  procède  directement  des  éléments  minéralisaleurs  de 
l’eau  de  Sermaize.  Elle  s’impose  donc  comme  ;  1“  diurétique, 
en  tant  qu’eau  légère,  contenant  des  bicarbonates  alcalins,  des 
chlorures,  un  iodure,  des  silicates,  des  sulfates  et  même  du 
fer,  d’où  ses  applications  aux  affections  chroniques  elalbumi- 
nuriques  des  reins,  dnfnic.  delà  rate  et  autre  obstructions  des 
rotes  unnaires  :  2®  pitrqative,  en  tant  qu’eau  froide,  contenant 
des  sulfates,  des  chlorures  et  des  bicarbonates  alcalins,  d’où 
se.s  applications  aux  affections  gastro-intestinales  :  inappétence, 
dyspepsie,  constipation  et  autres  oèxb’ifch’ru/.s- des  t’o/r.v  digesti¬ 
ves-,  >  tonique  et  stimulante,  en  tant  qu’eau  agréablement 
sapide  et  fraîche,  renfermant  des  bicarbonates,  des  silicates, 
des  chlorures,  du  fer,  du  manganèse  et  un  iodure,  d’où  ses 
applications  dans  la  chloro-anémie,  la  débilité  générale,  la 
neurasthénie,  la  scrofulose,  le  diabète,  la  leucorrée,  la  dysmé- 
norrée,  la  stérilité  et  autres  obstructions  de  la  croissance  et  de 
la  nutrition. 

Contre-indications.  — Enraison  du  fer  contenu  dans  les  eaux 
de  Sermaize,  on  on  contre -indiquera  l’usage  dans  certains 
états  gastralgifpies  prononcés  ou  prédominants,  dans  les  affec¬ 
tions  de  nature  congestive,  hémorragique  et  dans  tous  les 
états  aigus  de  l’estomac,  du  foie  et  des  reins. 

^otre  confrère,  M.  le  !)'■  Monnet,  vient  de  prendre  la  direc¬ 
tion  médicale  et  scientifique  de  Sermaize. 


RlBLIOGRiVPHIE 


Les  accidents  du  travail  ;  par  Ch.  X’ibert.  (1  vol.8“,  1906, 
J. -B.  Baillière.) 

C’est  sous  ce  titre  que  notre  confrère  Vibert,  qui  se  plaint 
dans  sa  préface  de  la  pénurie  des  observations  originales 
des  experts,  nous  fait  connaître  une  grande  quantité  de 
celles  qu'il  possède.  Très  expérimenté  en  matière  d’expertise 
médico-légale.  Vibert  étudie  les  conséquences  qui  résultent 
d’un  accident  survenu  le  plus  souvent  «  dans  le  travail  »  et 
compare  ses  observations  particulières  avec  d’autres  re¬ 
cueillies  dans  des  conditions  toutes  différentes.  Adoptant  le 
plan  classique,  l’auteur  passe  en  revue  les  affections  qui 
atteignent  chaque  organe  ou  chaque  système.  Présentées 
sans  fard,  sans  aucun  enjolivement,  sans  aucune  recherche 
d’en  imposer  au  lecteur,  ces  notes  sont  précieuses  pour  ceux 
qui  veulent  apprendre  à  connaître  les  difficultés  de  la  mé¬ 
decine  légale.  On  ne  peut,  en  l’espèce,  avoir  un  meilleur 
guide.  Ce  travail  est  tout  à  fait  personnel,  si  personnel 
même  que  la  bibliographie  y  fait  complètement  défaut.  Elle 
eût  d’ailleurs  été  tout  à  fait  inutile  puisque  l’auteur  désirait 
dépouiller  devant  nous  ses  nombreux  dossiers  en  nous  lais¬ 
sant  le  soin  d’apprécier  et  de  juger  nous-mêmes. 

D'-  Thépaci.t. 

;  Fracturedu  poignet  en  sens  inverse  ou  fracture  par 
hyperflexion  de  l’extrémité  inférieure  du  radius  ;  par 
Fr.  (iüKRMorreRKz.  (Tiré  à  part,  8“,  .51)  pages  et  12  tig.  dans 
le  texte  des  Mém.  de  la  Société  anatomocliniiiiie  de  Lille, 
1906.) 

\  la  fracture  classique  dite  en  dos  de  fourchette,  les  au¬ 
teurs  ont  récemment  ajouté  celle  dite  des  automobilistes, 


268  LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


mais  aucun  ou  du  moins  fort  peu  avaient  accepté  l'existence 
d’une  fracture  reconnaissant  pour  cause  une  force  agissant  sur 
la  main  fléchie  tandis  que  le  bras  fait  résistance. Le  petit  nombre 
qui  en  ont  parlé  ont,  à  l  exemple  de  Tillaux  et  de  ses  élèves, 
plutôt  battu  en  brèche  son  existence,  négligeant  ainsi  les  re¬ 
marquables  travaux  de  quelques  praticiens  de  province,com- 
mePouteau,de  Lyon,  et  Goyrand,  d'Aix,  qui  non  seulement 
ont  donné  des  descriptions  cliniques  auxquelles  nous  ne  sau¬ 
rions  ajouter  aucun  symptôme  clinique  important,  mais 
encore  poussé  les  moyens  d’investigations  et  les  descriptions 
à  leurs  dernières  limites.  Seul,  \  oillemier  s’est  quelque  peu 
étendu  sur  la  question,  mais  il  n’a  pas  su,  malgré  son  incon¬ 
testable  autorité,  lui  donner  toute  la  valeur  qu  elle  comporte. 

On  a  longtemps  discuté  sur  l'existence  a  'priori  possible 
d’une  telle  fracture,et  il  n'a  rien  moins  fallu  que  l'entêtement 
de  certains  auteurs,  dont  les  vues  par  trop  classiques  étaient 
ainsi  mises  en  défaut,  pour  nier  l'existence  de  cette  fracture 
malgré  les  pièces  anatomiques  mises  sous  leurs  yeux  par 
Goyrand  et  \  oillemier. 

Guermonprez  a  bien  mis  en  relief  toute  cette  partie  biblio¬ 
graphique.  La  radiographie  démontre  aujourd’hui  d’une  in  • 
contestable  façon  cequelcs  hypothèses  les  mieux  échafaudées 
avaient  d’erroné.  Rien  ne  résiste  aux  faits  brutaux  qui  disent 
la  vérité  d’une  façon  si  évidente  que  les  détracteurs  les  plus 
outrés  sont  réduits  au  silence. 

11  existe  donc  une  fracture  de  l’extrémité  inférieure  du  ra¬ 
dius  par  rh\  perextension  de  la  main  et  dont  le  signe  patho¬ 
gnomonique  est  la  déformation  en  ba'ionnette  produite  par  le 
fragment  carpien  qui  se  relève  et  chevauche  sur  le  fragment 
brachial,  tandis  que  la  main  est  déviée  vers  son  bord  cubital. 

Le  traitement  consisteà  mettre  la  main  en  extension  moyen¬ 
ne,  c’est-à-dire  à  faire  parcourir  aux  fragments  le  chemin  in¬ 
verse  de  celui  qu’ils  avaient  fait  au  moment  où  s’est  produit  le 
traumatisme. 

Le  pronostic,  bénin  si  la  réduction  est  bien  faite, est  très  grave 
dans  lecas  contraire  ainsi  qu  il  ressort  d’une  observation  rap¬ 
portée  par  Guermonprez.  Le  massage  et  la  mobilisation  seront 
précocement  mis  en  œuvre.  On  doit  remercier  Guermonprez 
d’avoir  tenté  de  tirer  de  l'ombre  cette  variété  pathologique  et 
de  nous  l’avoir  fait  connaître  avec  toute  l’érudition  dontil  est 
cou  tumier-et  avec  le  grand  sens  clinique  qui  le  caractérise. 

V.  Théb,m-lt. 

Traité  des  maladies  épidémiques, T.  11.  second  fascicule: 

par  A.  Kelsch.  1  vol.  Doin,  édit.  Paris,  Ht()5.) 

Le  fascicule  qui  vient  de  paraître  continue  heureusement 
la  série  des  précédents  ;  il  traite  de  la  diphtérie  et  de  la 
stomatite  ulcéro-membraneuse.  L’auteur  insiste  surtout  sur 
les  données  nouvelles  de  l'hygiène,  de  la  bactériologie,  et  du 
traitement  de  ces  diverses  affections  ;  c’est  dire  tout  l’intérêt 
que  l’ouvrage  offre  aussi  tant  au  praticien  qu'à  l'homme  du 
laboratoire.  Uamon. 

Contribution  à  l'étude  du  saprophytisme  du  bacille  de 
Koch  :  par  .MM.  G.  Ferré  et  O.  Rt  aud. 

Les  auteurs  ont  pensé  qu’il  serait  intéressant  de  rechercher 
si  un  bacille  de  K.och  d’allures  saprophytiques  pourrait  su¬ 
bir  intrinsèquement  des  variations  dans  sa  végétabilité  et  dans 
sa  virulence  sous  l'évolution  tuberculeuse.  Ils  ont  choisi 
comme  bacille  un  bacille  de  Koch  homogène  retiré  par  eux- 
mêmes  d’une  culture  virulente  de  bacille  humain.  Ce  microbe, 
comme  le  bacille  des  auteurs  lyonnais,  possède  des  allures  de 
saprophyte:  il  est  peu  virulent,  donne  des  lésions  qui  guéris¬ 
sent.  Les  cultures  en  bouillon  glycériné  de  ce  bacille  ont  été 
introduites  dans  des  sacs  constitués  par  des  ampoules  de  ver¬ 
re  percées  de  trous  recouvertes  d'une  double  couche  de  col- 
lodion  non  riciné.  Ces  sacs,  perméables  à  l’osmose,  ont  été 
insérés  dans  le  péritoine  de  lapins  normaux  servant  de  té¬ 
moins  et  de  lapins  tuberculisés,  soit  par  injection  intravei¬ 
neuse,  soit  par  injection  intrapéritonéale. 

Après  la  mort  des  animaux,  les  sacs  ont  été  retirés  puis  ou¬ 
verts.  Avec  le  contenu  on  a  ensemencé  des  bouillons  glycéri 
nés,  de  la  gélose  glycérinée,  des  pommes  de  terre  glycérinées. 
Les  sacs  ont  été  refermés,  puis  introduits  dans  des  ballons 
de  bouillon,  cela  pourconstater  leur  étanchéité.  Celle  consta¬ 


tation  était  nécessaire,  car  il  ne  faut  pas  oublier  que,  danslj 
même  organisme,  deux  tuberculoses  de  différentes  viruleo. 
ces  évoluaient.  Si  par  cas  le  bacille  virulent  s’était  introduit.] 
dans  un  sac,  le  contenu  de  ce  dernier  n'aurait  étéen  rien  nio. 
difié  dans  ses  propriétés  physiques.  Le  liquide  du  ballon  de-l 
vrait  être  en  principe  ensemencé,  mais  cela  fut  inutile,  car 
dans  tous  les  ballons  il  s’est  développédu  coli  bacille. Sur'huit 
sacs,  un  seul  n'est  pas  resté  étanche. 

Le  contenu  des  sacs  n'a  donné  de  culture  que  sur  pomme 
de  terre  glycérinée.  Les  autres  milieux  sont  restés  stériles. 
Les  auteurs  recherchent  le  motif  de  cette  dissemblance.  Ces 
cultures  sur  pomme  de  terre  glycérinée  provenant  des  ani¬ 
maux  sains  et  des  animaux  tuberculisés  se  sont  développées 
parallèlement  avec  un  retard  de  quelques  jours  sur  des  cul- 
turcs  en  même  milieu  effectuées  à  la  même  époque  avec  h 
culture  homogène  normale.  Les  auteurs  n'ont  pu  donner  en¬ 
core  le  résultat  de  leurs  recherches  sur  les  modifications  pos¬ 
sibles  de  la  virulence  des  bacilles  contenus  dans  les  sacs.  £n 
ce  qui  concerne  la  végétabilité,  ils  concluent  que  la  végétabi¬ 
lité  du  bacille  de  Koch  et  d’allures  saprophytiques,  évoluant 
chez  des  animaux  tuberculeux,  à  l’abri  des  cellules  actives  de 
l'organisme,  ne  semble  pas  sensiblement  modiliée. 


V.VRI.V 

A  propos  de  la  mort  de  M.  Curie. 

La  mort  de  Curie  brutalement  écrasé  au  coin  d'un  canr- 
four  frai)pe  indirectomentle  Corps  médical,  le  père  du  grand 
savant  étant  un  médecin  praticien.  Tous  les  journaux  à  pro¬ 
pos  de  cette  perle, vivement  ressentie  parle  monde  enlier.ont 
raconté  la  vie  laborieuse  et  modeste  du  physicien.  Celte  vie 
permet  de  faire  quelques  réflexions  sur  la  vanité  des  titivs 
ofliciels,  (pie  Curie  a  eu  l’avantage  de  dédaigner  et  peut  être 
de  méjiriscr  avec  (juehjues  raisons.  Pour  que  (àirie  devînt 
professeur  en  Sorbonne,  membre  de  l'Institut,  etc..  i»iir 
(ju'on  lui  proposât  la  croix  delà  Légion  d’honneur, (lu'il  s'em¬ 
pressa,  du  reste, de  refuser,  il  a  fallu  que  cet  homme  de  la¬ 
beur, dont  la  plupartdes  travaux  avaient  été  jmbliés,  fût  sacre 
grand  savant  par  une  Académie  étrangère  et  quê  le  prly  No¬ 
bel  lui  fût  attribué.  Sans  cela,  (iurie  fût  resté  inconnu,  pro¬ 
fesseur  de  collège  ou  de  lycée;  sa  place  à  l'Institut  eût  été  oc¬ 
cupée  par  un  fils  d’archevêciue  dont  la  table  aurait  étéappr*- 
ciée  par  ses  futurs  collègues  ou  dont  les  intrigues,  les  visites 
et  les  appuis  auraient  remplacé  les  titres  scientifiques.  Cto 
nous,  ceci  se  voit  tous  les  jours.  Ce  (juc  l'on  voit  encore  cest 
le  rôle  secondaire  que  nos  institutions  oflicielles  fo>" 
jouer  à  M"“'  Curie,  bien  cpi’il  soit  avéré  ((u'elle  ait  pris 
part  active  aux  découvertes  de  son  mari  et  rpie  le  prix  Noto 
ait  été  attribué  à  la  fois  à  NI.  et  M'»'  (ùirie.  Mais  NI'"'  Cur>* 
est  une  femme  et  la  Science  of/iciellc  n’admet  encore  pas  cli<3 
nous  les  femmes  dans  son  sein.  J.  A. 

Instructions  sanitaires  dans  les  campagnes. 

La  loi  du  l.  février  190-?,  relative  à  la  protection  de  la  sanl‘ 
publi(jue,  établit  dans  son  article  1"  (pie,  dans  toute  coim 
mune,  le  maire  doit  prendre  les  mesures  nécessaires  pa'-’,’' 
assurer  la  salubrité  publivpie  et  nolamment  celle  des  Œ®'' 
sons,  ainsi  (pie  l’alinumtation  en  eau  potable  et  l'évacuatio 
des  eaux  résiduaires.  Dans  un  rapport,  le  ministre  de 
culture  constate  (pie  jus(iu'ici  les  agglomérations  un 
imiiortanles  ont  été  les  seules  dans  lesquelles  on 
efforcé  de  mettre  en  praliipie  les  prescriiilions  de  la  loi-  M*'. 
dans  les  campagnes  l'applicalion  en  ('sl  très  dil'ticile- ^ 
pour  plusieurs  motifs,  dont  le  jirinciiial  est  l'ignorance  ‘R^- 
laquelle  se  trouvent  les  p(q)ulalions  rurales  des  règle'  ^ 
l'hygiène  aivpplicables  à  rhoinme  et  aux  animaux.  Le  niitj^ 
Ire  estime  (pi’il  est  nécessaire  de  mettre  à  la  jiorlée  de 
des  instructions  simples,  claires,  invcises,  dans  lesqucde^^ji. 
indi(iuera  les  règles  à  suivre  pour  protéger  la  santé  des 
mes  et  des  animaux  et  tous  les  bénéfices  que 
retirer  au  jioint  de  vue  économiipii'.  En  coiiséquc  ^ 
NI.  Iluau  vient  de  nommer  une  commission  ‘oinpos*’®  ; 
techniciens  autorisés,  chargés  de  l'élaboration  d'inslriic* 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


que  le  département  de  1  agriculture  répandra  dans  les  cam¬ 
pagnes  par  tous  les  moyens  dont  il  dispose. 

Cette  commisssion  est  ainsi  composée  :  Le  docteur  Brouar- 
del,  membre  de  l’Institut,  président  :  MM.  Chauveau,  membre 
de  l'Institut,  et  le  docteur  Bordas,  professeur  au  Collège  de 
France,  vice-présidents.  MM.  le  docteur  Binot,  chef  de  ser¬ 
vice  à  l'institut  Pasteur  ;  Blanc,  architecte  diplômé  du  gou¬ 
vernement  ;  Borne,  médecin  des  épidémies  ;  Georges  Brouar- 
dcl,  médecin  des  hôpitaux  :  Gazelles,  secrétaire  général  de  la 
Société  des  viticulteurs  de  France  ;  Chassevent,  professeur 
agrégé  à  la  Faculté  de  médecine  de  Paris  ;  Fagot,  agriculteur, 
membre  du  conseil  supérieur  de  l'agricultnre  ;  \.uguste 
Herbert,  agriculteur  à  Lagny  ;  Martel,  spéléologue  ;  Thoinot, 
professeur  agrégé  à  la  Faculté  de  médecine  de  Paris  ;  Thierry, 
inspecteur  général  de  Tassainissement  de  Paris  :  \  allée,  pro¬ 
fesseur  à  TÈcole  vétérinaire  d’Alfort  ;  Cuiart,  professeur  agrégé 
de  la  Faculté  de  médecine. 

Une  épidémie  mystique  au  Pays  de  Galles. 

Une  épidémie  de  mysticisme,  qui  rappelle  les  convulsion¬ 
naires  du  XA  IIP  Siècle,  vient  de  se  manifester  au  Pays  de 
Galles  D’après  le  Temps,  une  voyante  poursuit  une  série  de 
meetings,  et  son  exaltation  donne  lieu  à  des  scènes  extraor¬ 
dinaires.  S’étant  rendue  dansune  ferme  de  la  vallée  deSvvan- 
sea,  elle  tomba  subitement  évanouie,  puis  se  réveillant  au 
milieu  du  cercle  de  quarante  hommes  qui  l’entourait,  elle 
tendit  les  bras,  poussa  un  cri  et  s’évanouit  à  nouveau.  Un 
homme  examina  alors  ses  mains  et  prétendit  y  lire  ;  «  Je  suis 
la  résurrection  et  la  vie.  «.  Le  lendemain,  dans  la  chapelle 
de  Beula,  elle  adressa  un  discours  incohérent  à  la  foule, disant 
qu’elle  avait  passé  la  nuit  sur  le  calvaire  et  avait  entendu 
d’étranges  nouvelles. 

\  ce  moment,  I  homme  qui  avait  lu  la  veille  dans  le»  mains 
de  la  «  femme  merveilleuse  de  Carmel  »  tomba  en  pâmoison 
et  une  scène  indescriptible  suivit,  toute  l'assistance  imussant 
des  cris  et  chantant  des  cantiques  divers. 

Les  haricots  toxiques. 

Le  ministre  de  l'intérieur  v  ient  d'adresser  aux  préfets  la  note 
suivante  : 

Mon  attention  est  appelée  sur  la  mise  en  vente,  dans  le  dé- 
partement  de  l’Kure,  de  haricots  contenant  une  quantité  no¬ 
table  d’acide  cyanhydrique,  poison  violent. Ces  légumineuses, 
de  provenance  exotique,  présenteraient  une  forme  irrégulière 
plus  large  à  une  extrémité  qu’à  une  autre,  et  la  particularité 
qu’elles  sont  multicolores,  de  nuances  très  difïérenles  ;  elh  s 
constituent  un  produit  des  plus  dangereux,  qu’il  importe  de 
proscrire  sans  le  moindre  délai  de  l’alimentation.  Je  vais  d’ail¬ 
leurs  saisir  de  la  question  le  Conseil  supérieur  d’hygiène  pu¬ 
blique  de  France,  mais  dès  maintenant  je  vous  invite  à  por¬ 
ter  d’urgence  cette  information  à  la  connaissance  des  maires 
de  votre  département  i)our  qu'une  surveillance  rigoureuse 
soit  exercée  chez  les  commerçants,  sur  les  foires  et  les  mar¬ 
chés. 

Les  fausses  dents  des  Députés. 

Ln  journal  norvégien  Aclni  posten  nous  signale  un  fait 
curieux  qui  vientdese  passer  en  Norvvège. 

Les  membresdu  Storthing (chambre)  touchent  douze  francs 
d  indemnité  par  jour  ;  déplus,  en  cas  de  maladie,  tout  député 
3  droit  aux  soins  médicaux  et  aux  médicaments  gratuits. 
'Juand  on  siège  au  parlement,  on  a  besoin  de  cordiaux,  or 
t  alcool,  réputé  comme  poison,  l'est  également  comme  aliment 
comme  cordial.  De  là  il  peut  servir  de  médicament  contre 
anémié  que  leur  cause  les  tracas  de  la  politique  ;  aussi  ces 
•  essieurs  se  sont-ils  fait  octroyer  gracieusement  d’excellent 
^gnac  aux  frais  de  1  Etat,  bien  entendu.  Mais  cela  n’est  rien, 
ommepour  parlerau  public,  il  faut  prendre  soin  de  sa  mâ- 
noire  et  que  de  mauvaises  dents  ou  des  molaires  perdues 
ri  empêcher  l’effet  de  prononciation  dans  les  belles  pé- 
tj'r^^oealoires,  les  braves  et  honorables  assaillirent  les  den- 
de  l’P^^  se  firent  mettre  des  dents  neuves,  toujours  aux  frais 
die  P  ®’^''*®lbeureusement,on  s’émut  en  haut  lieu  dccespro- 
*6ahtéset,  comme  le  dit  M.  Henri  Bridoux,  qui  nous  ap¬ 


prend  cette  aventure  (11,  le  Gouvernement  déclara  que  la 
Norvège  n’avait  pas  assez  de  foin  pour  garnir  tous  ces  râte¬ 
liers, de  sorte  que  les  députés  vont  être  obligés  de  rembourser 
au  Trésor  toutes  les  dents  indûment  perçues  et  que  de  là  elles 
seraient  distribuées  aux  établissements  de  bienfaisance. 

Nous  n’avons  pas  encore  à  Tactif  de  notre  Chambre  fran- 
çaisede  semblables  scandales  et  nous  sommes  heureux, com¬ 
me  le  dit  en  terminant  M.  Bridoux,  <(  de  rappeler  à  l’impar¬ 
tiale  histoire  que  les  députés  français  ont  même  refusé  le  pa¬ 
quet  de  tabac  que  M.  Messimy  voulait  leur  offrir  pour  bour¬ 
rer  une  pipe  à  la  santé  de  la  République  ».  •  Albin  R. 


FORMULES 


XXV.  —  Contre  la  lithiase  biliaire. 


’V’alérianate  d'amyle. . . . 
Mucilage  de  Caragheen. 
Huile  d’amandes  douces 

Sirop  de  framboises . 

Eau  distillée . 


0  gr.  50 
14  gr. 

12  gr. 


|àâ  30  gr. 


A  prendre  en  une  fois  dans  un  verre  de  lait. 

(H.  Bocquili.on-Limousin.) 


XXVI.  -  Thériaque  minérale. 

Contre  les  états  de  dépression  ou  d'affaiblissement  pou¬ 
vant  faire  craindre  la  tuberculose,  chez  les  prédisposés  à  la 
tuberculose,  les  prétuberculeux  et  même  les  tuberculeux  ; 


Chlorure  de  sodium . 

—  de  potassium . 

Phosphate  de  soude . 

— •  de  potasse . 

Glycérophosphate  de  chaux . 'j 

Sulfate  de  potasse . 

Carbonate  de  fer . 

Poudre  d’hémoglobine . 

Glycérophosphate  de  fer . I 

Jaune  d’œuf . (  ’ 

Lactose . 

Caséine  . . 

Poudre  de  fève  de  Saint-Ignace . 

Poudre  de  rhubarbe . 


gr. 

gr- 


6  gr. 


ü  gr.  50 


2  gr.  50 
2  gr. 


10 

? 

4 


gr. 

gr. 

gr. 

gr. 


Diviser  en  100  paquets.  De  2  à  6  par  jour,  avant  les  repas. 

(Alb.  Robin). 


La  Nervocithine  a  un  pouvoir  actif  certain,  à  la  fois  sur  les 
système  nerveux,  clef  de  la  régularisation  vitale,  et  sur  le 
système  musculaire  :  elle  est  donc  douée  d'une  activité  géné¬ 
rale  de  premier  ordre 


Actes  et  Thèses  de  la  Faculté  de  Médecine  de  Paris. 

Thèses  de  doctorat.  -  Mercredi,  2  niii.  —  M.  V ailette  : 
Valeur  clinique  de  la  tension  permanente  des  parois  utérines  en 
obstétrique  (MM. Pinard,  Blanchard.  Reclus,  Richaud).  —  M.  Dal- 
mon  :  Le  venin  des  serpents  MM.  Blanchard,  Pinard,  Reclus, 
Richaud).  —  M.Fau  :  Essais  sur  l’atrésie  senile  du  vagin  (MM. 
Reclus,  Pinard, Blanchard,  Richaud). 

Jeu  ii,  3  mai.  —  M.  Le PUy  ;  Du  rôle  des  substances  minérales 
en  biologie  (MM.  Dieulafoy.  Joffroy,  Raymond,  Renon).  —  M. 
Tnnnoy  :  La  Mythomanie  (MM.  .loffroy.  Dieulafoy,  Raymond,  Re¬ 
non).  —  M.  Ltvf  :  Essais  sur  les  névralgies  faciales  (MM  Ray¬ 
mond.  Dieulafoy.  Jollroy,  Renon)  —  M.  Testai  t  :  Contribution 
à  l’étude  du  sternum  infundibuliforme  (thorax  en  eutonnoir)(MM. 
Hutinel.  Budin,  Méry,  Denielin).  —  M.  Sriher  :  De  la  marche 
de  raecouc.hement  gémellaire.  (Elude  statistique;  (.MM.  Budin, 
Hutinel,  Méry,  Demelin). 

Examens  de  doctorat.  —  Lundi,  3o  avril.  —  3”  (2*  partie.  Labo¬ 
ratoire  des  travaux  praliquesd’anatomie  pathologique)  :  MM.  Blan¬ 
chard,  Desgrez,Legry.  —  3*  (2*  parlie,Oral. Salle  Béclard.)  :  MM.  De- 
jerine,  Balllmzard,  Macaigne  —  5’  (Chirurgie,  1"  partie.  Hôtel- 
Dieu)  :  M.Vl.Kirmisson,  Delens,  Proust.  —  5"{Z'  partie,  Hôtel-Dieu)  ; 
MM.  Gaucher,  Claude,  Lahbé  (Marcel). 

Mardi,  /"  mai.  —  3'  (2*  partie.  Laboratoire  des  travaux  ])ra- 
liques  d’anatomie  pathologique)  :  MM.  Joffroy,  Guiarl,  Maillard. 
_ 3*  (1"  partie, Oral, Salle  Broussais'  :MM.  Le  Denlu,Launois,Brin- 


(1)  Débats,  1!  avril  l'.lüli. 


270 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


(leau.  —  3*  (2*  parlie,Oi-al,Salle  Charcot)  :  MM.  Ilulinel.  Thiroloix,  1 
Gouget.  —  4"  (Salle  Pasteur)  :  MM.  Chantemesse,  Robin,  Duprée. 

—  5'  (Chirurgie,  1”  partie,  P*  série,  Charité)  :  M.M,  Guyoïi,  !)• 
Lapersonne,  Marion.  —  5’  (Chirurgie.  1”  partie,  2"  série.  Charité;  : 
MM.  Pozzi.  Auvray,  Morestin.  —  5"  (2*  partie.  Charité)  :  MM. 
Diciilafoy.  Rénon,  Carnot. 

Mercredi,  2  mai.  —  3'  (2"  partie.  Laboratoire  des  travaux  prati¬ 
ques  d’anatomie  pathologique)  :  MM.  Déjerine,Desgrez,  Macaigne. 

—  2-  (Salle  Riohef)  :  MM.  Ch.  Richet,  Broca  CVndré),  Branoa.— 
3' (1”  partie.  Oral,  Salle  Corvisart)  :  MM.  Kirmisson.  l,epage,  Cu- 
néo.  —  3' (2”  partie.  Oral,  Salle  Pasteur)  :  MM.  Gaucher,  Baltha- 
zard,  Legry. 

Jeudi,  ?  mai.  —  3”  (2'  parlie.  Laboratoire  dos  travaux  prati(|ues 
d'auatoniie  pathologique)  :  MM.  Chantemesse,  Guiarl,  Maillard  — 
3’  (1"  partie.  Oral.  Salle  Béclard)  :  MM.  Pozzi,  Launois.  Briudeaii.— ' 
3'  (2"  parlie  Oral,  Salle  Broussais)  :  MM.  Gilherl,  Thiroloix,  Car¬ 
not  —  4’  (Salle  Charcot)  ;  MM.  Pouchel,  A  aquez,  Dupré. 

Vendredi,  4  mai.  —  3"  (2'  parlie, Laboratoire  des  travaux  prati¬ 
ques  d’anatomie  pathologique)  :  MM.  Blanchard,  Desgrez,  Le¬ 
gry. —  3*  (1”  parlie.  Oral,  Salle  Béclard)  :  MM.  Terrier,  Lepage, 
Branca.  —  ,3”  (2”  parlie,Oral,  Salle  Broussais)  :MM.  Joffroy,  Claude, 
Labbé  (Marcel).  —  4"  (Salle  Pasteur)  :  MM.  Pouchel.  Richaud, Bal- 
lhazard. — 5"  (Chirurgie,  P”  partie,  P’ série,  \ecker)  :  MM.  Kir¬ 
misson,  Legueu,  Pierre  Duval.  —  5‘  (Chirurgie.  P'  partie,  2*  sé¬ 
rie,  Neclter)  :  MM.  Segond,  Uelens,  Proust.  —  'Obstétrique,  1" 
partie,  Clinique  Baudelocque)  :  MM.  Pinard.  Wallich,  Potocki. 

Samedi,  5  mai.  —  3' (2”  partie.  Laboratoire  des  travaux  pratiques 
d’anatomie  pathologique)  :  MM  Troisier,  Guiarl,  Maillard.  —  3'  (P" 
parlie.  Oral,  Salle  Béclard)  ;  MM.  Be  Lapersonne,  Bonnaire,  Lau¬ 
nois.  —  3’  (2' partie, Oral,  Salle  Broussais)  :  MM.  Gilbert,  1  hiro- 
loix,  Carnot.— 5"  (2"  partie,  1"  série,  Beaujon)  :  MM.  Hutinel.  Méry, 
Gouget. —  5"  (2*  parlie,  2"  série,  Beaujon)  ;  MM.  Rohiu.  Jcanselme, 
Bezançon.  —  5' (Obstétrique,  1”  partie,  Clinique  Tarnier)  :  MM. 
Budin,  Bemelin,  Brindeau. 

THÉRAPEUTIQUE 

L'hélénine  et  ses  applications  thérapeutiques. 

L’hélénine,  corps  solide  cristallisé  en  prismes  quadrangu- 
laires  incolores,  insoluble  dans  l'alcool  chaud,  l’éther,  lesTs- 
sences,  le  kérosolène,  donne  des  résultats  thérapeutiques  re¬ 
marquables  bien  mis  en  lumière  par  le  D--  de  Korab  dans 
diverses  communications,  notamment  à  la  Société  de  Bioio- 
gie  et  à  l’Académie  des  Sciences.  Elle  calme  la  toux,  tarit 
l’expectoration,  facilite  la  respiration,  est  douée  d’un  véri¬ 
table  pouvoir  bactéricide.  Elle  a,  en  outre,  une  action  pré¬ 
ventive  et  curative  sur  l’hémoptisie,  excite  l’appétit,  facilite 
la  digestion.  C’est,  en  somme,  le  médicament  de  choix  des 
bronchites  chroniques  et  de  la  tuberculose  pulmonaire.  On 
la  prescrit  sous  la  forme  de  globules  d'hélé'line  du  Ü-’de  Korab 
à  la  dose  de  3  à  6  par  jour. 


NOÜVR^ES 

Natalité  dï  Paris.  —  Du  dimanche  1  au  samedi  7  avril 
1906."  les  naissances  ont  été  au  noranre  de  1008,  se  décomposant 
ainsi  :  légitimes  723.  illégitimes  285. 

Mortalité  a  Paris.  -  Population  d’après  le  recensement  de 
1901  :  2.fifi0.559  habitant.s.  Les  deces  ont  été  au  nombre  de  1117. 
savoir:. 582  hommes  et  533  femmes.  Les  décès  sont  dus  aux 
causes  survantes  ;  Fièvre  typhoïde  (typhus  abdomin.)  :  5.  — 
Typhus  exanthématique  :  0.  —  Fièvre  intermittente  et  cachexie 
palustre  :  0.  — Variole  :  0.  —  Rougeole  :  30  -  Scarlatine  :  5. 

—  Coqueluche  :  3.  —  Diphtérie  et  Croup  :  8.  —  Grippe  ;  8. 

—  Choléra  asiatique  :  0.  —  Choléra  nostras  :  0.  —  Autres 
maladies  épidémiques  :  6.  —  Tuberculose  des  poumons  :  233.  — 
Tuberculose  des  méninges  :  27.  —  Autres  tuberculo.ses  :  17.  — 
Cri  cer  et  autres  tumeurs  malignes  •  65.  —  Méningite  simple  :  20. 

—  Congestion  hémorrhagique  et  ramollissement  du  cerveau  :  62. 

—  Maladies  organiques  du  cœur  :  68.  —  Bronchite  aiguë  :  10. 

—  Bronchite  chronique  :  25.  —  Pneumonie  :  48.  —  Autres  affec¬ 
tions  de  l’appareil  respiratoire  :  134.  —  Affections  de  l’estomac 
(cancer exc.)  :  1.—  Diarrhée  et  entérite  deO  à  1  an  :  sein  :  5  ;  au¬ 
tre  alimentation  :  10.  —  Diarrhée  et  entérite  de  1  à2ans  :  .3. —  Her¬ 
nies.  obstruction  intestinale  :  12.  —  Cirrhose  du  foie  :  12.  —  Néphrite 
et  mai  de  Bright  ;  37.  —  Tumeurs  non  cancéreuses  et  autres  ma¬ 
ladies  des  organes  génitaux  (femmes)  :  7.  —  Septicémie  puerpérale 
(6èvre,  péritonite,  phlébite  puerpérale)  :  2.  —  Autres  accidents 
puerpéraux  de  la  grossesse  et  de  l'accoucnement  :  3.  —  Débilite 
congénitale  et  vices  de  conformation  :  21.  —  Débilité  senile  :  55. 

—  Morts  violentes  :  24. —  Suicides:  9. —  Antres  maladies  :  141. 

—  Maladies  inconnues  ou  mal  déhnies  :  12. 


Mort-nés  et  morts  avant  leur  inscriotion:  61,  qui  se  décom¬ 
posent  ainsi  :  légitimes  45.  illégitimes  16. 

Pension  nationale.—  Le  conseil  des  ministres  a  décidé  que  dès 
la  reprise  des  travaux  parlementaires  le  ministre  de  l’instruction 
publique  et  des  beaux-arts  saisirait  la  Chambre  d’un  projet  de  loi 
ayant  pour  objet  d’attribuer  une  pension  nationale  à  Mme  Curie  et 
à  ses  enfants. 

Prix  de  la  Société  de  géographie. —  Cette  Société  vient  d’at- 
tribuerle  prix  Juvénal  Dessaigne  (médaille  de  vermeil)  à  M.  le  Di- 
Noël  Bernard,  pour  ses  études  sur  les  Khâs  du  Laos. 

Etr.lnge  remède  pour  le  cancer.  —  h'Evening  Standard 
publie  l’information  suivante  que  reproduit  le  Matin:  «  Le  docteur 
italien  Guido  Pieraccino,  après  avoir  essayé  vainement  pendant 
sept  mois  l’excision  et  les  caustiques  les  plus  efficaces  dps  un 
cas  de  cancer,  a  fait  emploi  d’infusions  de  feuilles  de  violettes 
fraîchement  cueillies  ;  il  dit  que,  après  dix  jours  de  ce  traitement, 
le  malade  était  à  peu  près  guéri.» 

Les  EPIDEMIES  A  San-Francisco.—  On  télégraphie  au  Matin, de 
New-York,  le  23  avril,  qu’à  San-Francisco  quelques  cas  de  fièvre 
typhoïde  et  de  scarlatine  se  sont  déclarés  parmi  les  malheureux 
réfugiés  dans  les  parcs  de  la  ville  sinistrée.  Les  autorités  font 
appliquer  les  mesures  sanitaires  les  plus  rigoureuses  et  on  ne  croit 
pas  que  l’épidémie  prenne  de  l’extension. 

Exercices  du  service  de  santé.  —  Des  exercices  spéciaux  du 
service  de  santé  en  campagne  seront  exécutés  en  1906,  conformé¬ 
ment  aux  dispositions  de  l’instruction  du  30  juin  1902.  Ces  exerci¬ 
ces  auront  lieu  :  au  camp  de  Chàlonspour  les  l'»',  2'  et  6»  corps,  à 
Paris,  pour  le  gouvernement  militaire  de  Paris  et  les  3'’,  4"  et  5' 
corps  ;  à  Rennes,  pour  les  9',  10»  et  ID  corps  ;  à  Besançon,  pour 
les  7®,  8»  et  20»  corps;  à  Lyon,  pour  le  gouvernement  militaire  de 
Lyonetles  13»  14»  et  15»  eorps  ;  à  Toulou.se,  pour  les  12»,  16», 17' 
et  18»  corps. 

Corps  de  santé  militaire. —  Les  médecins  aides  majors  Sibille, 
du  17»  chasseurs,  etNugue,du  3»  bai.  chass.,  sont  autorisés  à  per- 

D.angereuse  consultation.  —  Une  aventure  peu  banale  est 
arrivée  à  un  de  nos  confrères  de  province  durant  un  de  ses  sé¬ 
jours  à  Paris  où  son  fils  exerce  lui-même  la  médecine.  En  voici 
la  relation  d’après  les  journaux  qui  ont  relaté  non  sans  détails,  cet 
intéressant  fait  divers  ; 

Dernièrement,  M.  X.  notre  confrère,  fit  la  connaissance  d’une 
jeune  parisienne  qui  le  séduisit  au  point  de  l’amener  aune  deman-  •, 
de  en  mariage.  La  présentation  à  la  famille  de  la  future  épouse 
eut  lieu  chez  le  heau-frére  de  la  jeune  fille.  Le  docteur  invité  à 
dîner  pour  le  lundi  de  Pâques  ne  manqua  point  de  s'y  rendre. 
Au  dessert  la  maîtresse  de  la  maison  fut  prise  d'une  indisposition 
subite.  Le  docteur  examina  la  malade  et  promit  de  la  venir  voir, 
,Le  lendemain  il  revenait  ;  la  jeune  femme  demanda  à  être  aus¬ 
culté.  Elle  commençait  à  se  dévêtir,  lorsque  la  porte  s’ouvrit 
brusquement  et  parut  le  mari,  le  revolver  au  poing,  prétendant 
son  honneur  outragé. 

Devant  les  protestations  d'innocence  du  médecin,  le  farouche 
époux  consentit  à  faire  grâce  de  la  vie  au  malheureux  docteur, 
mais  lui  fit  signer  une  reconnaissance  de  10,000  francs.  Mais  une 
fois  dehors,  notre  confrère  retrouva  son  sang-froid,  se  dissimula 
sous  une  porte,  attendit  la  sortie  du  maître  chanteur  et  le  fit  ar¬ 
rêter,  il  est  actuellement  au  dépôt. 

Banquet  annuel  de  l’internat  en  médecine  (1906).  —  Le 
Banquet  annuel  des  Internes  en  médecine  des  hôpitaux  de  Paris, 
aura  lieu  au  restaurant  Marguery,  boulevard  -Bonne-Nouvelle,  le 
samedi  28  avril,  à  7  heures  et  demie,  sous  la  présidence  de  M.  le 
professeur  Debove,  doyen  de  la  Faculté.  Le  prix  de  la  souscrip¬ 
tion  est  fixé  à  quinze  francs  pour  les  anciens  internes  et  à  douze 
francs  pour  les  internes  en  exerciee.  Pour  s'inscrire,  s’adresser  à 
•M.  le  docteur'V'ERCHÈRE,  commissaire  du  Banquet. 

Les  croque-morts  a  San-Francisco.  —  Vols  abominables. 
Sacramento,  21avril.  Unpharmacien  de  San-Francisco, M.  Neve, 
affirme  que  certaines  personnes  qui  sont  chargées  d’enlever  le* 
cadavres  coupent  les  doigts  des  femmes  et  les  cachent  dans  leurs 
poches  afin  d’en  tirer  les  bagues  en  diamants.  Lofsqu’ôn  les  sur¬ 
prend,  on  les  fusille.  Le  pharmacien  ajoute  que,  dans  la  poche  d’un 
de  ces  individus,  qui  a  été  fusillé,  on  a  trouvé  cinq  bagues  en  dia¬ 
mants  retirées  des  doigts  des  morts.  M.  Neve  déclare  aussi  qu  un 
grand  nombre  de  soldats,  exténués  par  leur  travail,  ont  pénétre 
dans  des  débits  de  boissons,  se  sont  enivrés,  et  ont  fusillé  beaucoup 
de  personnes  innocentes.  La  tentation  de  boire  des  liqueurs  sp>' 
ritueuscs  était  à  peu  près  irrésistible,  car,  quoique  la  nourriture 
fut  en  abondance,  on  ne  pouvait  pas  se  procurer  de  l’eau.  (L'aU' 
rare,  22  avril). 

Hospices  civils  de  Saint-Etienne.  —  La  Commission  adnii; 
nislralive  des  Hospices  civils  de  Saint-Etienne  prévient  qu  '* 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


271 


sera  ouvert  àl'Hôtel-Dieu  de  Lyon,  le  lundi  15  octobre  prochain, 
un  concours  public  pour  une  place  de  chirurgien  de  ses  établis¬ 
sements.  Ce  concours  aura  lieu  devant  la  Commission,  assistée 
d'unjury  médical.  Il  se  composera  de  5  épreuves.  Le  chirurgien 
à  nommer  entrera  en  fonctions  le  P"-  juillet  1907,  son  traitement 
est  fixé  à  2.000  fr.  par  an.  Pour  tous  renseignements,  s'adresser 
au  Secrétariat  des  Hospices,  rue'Valbenoite40,  à  Saint-Etienne. 

Muséum  d’histoire  naturelle.  —  Conférences  publiques  du 
dimanche  (année  1906).  —  2.9  avril  :  Les  anciennes  collections 
d’histoire  naturelle,  M.  L.  'Vaillant.  — 6  mai  :  L’air  pur,  l’air 
confiné,  l’air  vicié  par  la  respiration  et  par  la  combustion,  M.  N. 
Gréhant. — 13  mai  :  Le  transformisme  et  l'agriculture,  M.  J. 
CosTANTiN.  —  20  mai  :  Les  bactéries.  Bactéries  nuisibles,  M.  L. 
Mangin.  —  27  mai  :  Les  bactéries  utiles,  M .  L.  Mangin.  —  Les 
conférences  auront  lieu  à  trois  heures  dans  le  grand  amphithéâtre 
du  Muséum.  —  Les  personnes  désirant  assister  aux  conférences 
du  dimanche  trouveront  des  cartes  d’enlrée  à  l'administration  du 
Muséum  tous  lesjours  de  10  heures  à  4  heures,  sauf  le  dimanche. 
Les  cartes  permanentes  du  Muséum  (cartes  de  naturaliste,  carte 
d’invitation  aux  réunions  mensuelles  des  naturalistes,  cartes  d’au¬ 
diteur  des  cours,  cartes  d’artistes)  ser\nront  d'entrée  pour  les  titu¬ 
laires  et  leur  famille. 

Cours  de  rjéologie.  —  M.  Stanislas  Meunier,  professeur,  a 
commencé  ce  cours  le  mardi  24  avril  1906,  à  cinq  heures,  dans 
l'amphithéâtre  de  la  Galerie  de  géologie,  et  le  continuera  les  sa¬ 
medis  et  mardis  suivants,  à  la  même  heure.  Le  professeur  fait 
l'histoire  du  phénomène  volcanique  depuis  les  temps  géologiques 
les  plus  reculés  jusqu’à  l’époque  actuelle.  Il  insistera  sur  le  carac¬ 
tère  physiologique  de  la  fonction  volcanique  dans  l’éconpmie  gé- 
nérale  de  la  terre  et  examinera  les  principales  théories  imaginées  I 
pour  expliquer  la  production  et  l  allure  des  volcans  de  tous  les 
âges.  Le  cours  sera  complété  par  des  excursions  géologiques  que 
des  affiches  spéciales  annonceront  successivement. 

Cours  d' anthropologie. —  M.  E,-T.  Hamy,  professeur,  membre 
de  l’institut  a  commencé  ce  cours  le  jeudi  2fi  avril  1906,  à  trois 
heures,  dans  l’amphithéâtre  des  Nouvelles  Galeries,  rue  de  Buffon, 
n»  2,  et  le  continuera  les  samedis,  jeudis  et  mardis  suivants,  à  la 
même  heure.  Ce  cours  est  consacré  à  l’étude  des  progrès  les  plus 
récents  de  l'anthropologiepréhistorique  dans  l'ancien  et  le  nouveau 
raondre. 

Oefice  central  des  renseignemenns  balné.aires.  —  La  di¬ 
rection  delà  Gazelle  des  Eaux  rappelle  à  tous  les  intéressés 
qu’elle  a  créé,  depuis  plusieurs  années  déjà,  dans  ses  bureaux, 
60,  rue  Mazarine,  à  Paris,  un  service  de  renseignements,  appelé 
Oflice  cemral  des  renseignements  balnéaires.  Ce  service  se  met 
entièrement  à  la  disposition  des  médecins,  directeurs  de  stations 


hydrominérales  ou  climatiques,  exploitant  de  sources  ou  de  sana¬ 
toriums,  etc.,  désireux  d'offrir  ou  de  rechercher  situations,  postes, 
renseignements  pour  analyses  de  sources,  exploitation,  demandes 
en  autorisation,  captages  nouveaux  et  anciens,  etc.  Il  sera  répon¬ 
du,  dans  le  plus  bref  délai,  à  toute  demande  de  ce  genre,  adressée 
auxbureaux  de  la  Gazelle  des  Eau.T,&0,  rue  Mazarine,  Paris  (VI«;. 

Déontologie.  —  «  Un  dernier  conseil  :  Médecin,  ne  parle 
jamais,  à  personne,  de  tes  malades  et  des  familles  que  tu  soignes. 
Si  on  t’interroge,  détourne  la  conversation. sur  d’autres  sujets  et 
fais  comprendre  ainsi  à  tous  que  le  secret  professionnel  commande 
le  respect  absolu  et  du  titulaire  et  du  public.  Le  doigt  sur  les 
lèvres  et  mystère  même  devant  la  justice  et  les  tribunaux  :  invo¬ 
que  toujours  le  secret  professionnel  et  garde  le  silence  qui  t’hono¬ 
rera  devant  les  juges  et  le  public  (D'’  'Vindevogel,  l.e  médecin, du 
15  avril  1906.) 

Nécrologie.  —  Nous  avons  le  sincère  regret  d'annoncer  la 
mort,  à  Saint-Ghély-d'Apcher  iLozèrel.  de  M.  le  D'’  Ramadier, 
médecin  on  chef  de  l'hôpital  Théophile-Roussel,  ancien  maire  de 
Saint-Chély-d’Apcher.  Agé  de  83  ans,  il  était  le  petit-fils  de  M. 
Chazot,  député  de  la  Lozère  à  l’Assemblée  législative  de  1791,  et 
l'ami  et  le  compagnon  de  lutte  du  grand  philantrope  Théophile 
Roussel,  son  compatriote. 

Chronique  des  Hôpitaux. 

lIopiiAL  DE  LA  Pitié.  —  Leçons  cliniques  sur  les  maladies  du 
système  ni  rveux.  —  JL  le  D"'  Babinski  reprendra  ses  conférences 
sur  les  maladies  du  système  nerveux  le  samedi  5  mai  1906. 

Enseignement  libre. 

Psychopathologie  du  tube  digestif  (2“  semestre  de  l'année 
scolaire  1905-1606).  —  M.  le  D‘'  Paul  Parez  inaugurera,  à  la  Fa¬ 
culté  de  Médecine  (Amphithéâtre  Gruveilhier,  15,  rue  de  l’Ecole, 
de-Médecine),  le  samedi  28  avril,  à  6  heures  du  soir,  un  Cours  li¬ 
bre  de  Psychopathologie  du  tube  digestif;  il  le  continuera  les  sa¬ 
medis  de  chique  semaine,  à  la  môme  heure. 


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Louis-le-Grand,  le  lundi  30  avril  1906,  à  1  heure  du  soir, 
d’un  fonds  de  commerce  de 
exploité  à  Paris,  67,  rue 
Montorgueil  (2"  arrondis.). 

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rembourser  :  2.250  fr.  Consignation  pour  enchérir  :  2.000  fr.  Pour 
les  renseignements,  s'adresser  audit  notaire,  à  LESTIBOUr 
DOIS,  avoué,  28,  rue  'Vignon  et  à  M.  GRAUX,  administrateur 
judiciaire,  53,  rue  de  Rivoli. 


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272 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


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1,  rue  Casimir-Delavigne. 

Adamkiewigz  (Albert).  —  Pensée  inconsciente  et  vision  de  la 
pensée.  Traduit  de  l’allemand  par  la  baronne  Henri  de  Roths¬ 
child.  Un  volume  in-8°  de  100  pages.  Prix .  2  fr. 

Librairie  RUEFF 
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Crinon  (C.).  —  Revue  des  médicaments  nouveaux  l.i®  édition. 
1  vol.  in-18  de  436  pages.  Prix .  4  fr. 

Librairie  G  STEIAHEIL 
îi,  rue  Casimir-Delavig-iie 

Broel  (A.).  —  Traitement  des  chorées  et  des  tics  de  l’enfance. 
1  vol.  In-8“  de  104  pages.  Thèse  de  Paris. 


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1,  rue  Casimir Delavig-ne. 

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ou  fracture  par  hyherflexion  do  l’extrémité  inférieure  du  radius, 
lu  -8"  de  52  pages. 

Librairie  H.  JOUVE 
Id,  rue  Racine. 

Mézie.  —  Des  garderies  d’enfants  annexées  aux  usines.  1  vol. 
In-8“  de  96  pages. 

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120,  Roui.  Saint-Germain. 

Dehan  (H.)  Ledoux-Lebard.  —  La  lutte  antituberculeuse  en 
France.  1  vol.  In-S"  de  272  pages.  Prix .  3  fr.  .50 

Librairie  F.  ALCAN 
108,  Roui.  Saint-Germain. 

Francillon  (M.).  —  Essai  sur  la  puberté  chez  la  femme.  1  vol. 
In-18  de  300  pages.  Prix .  4  fr. 

Librairie  O.  DOIN 
8,  place  de  l'Odéon. 

Vauthier.  —  Sur  les  moyens  tendant  à  empêcher  la  propaga¬ 
tion  de  la  tuberculose  dans  les  écoles.  In-8"  de  36  pages.  Extrait 
de  la  fier,  d'hygiène  etdeméd.  infantile. 


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découvert  par  M.  Louis  DEQUiaANT,  pharmacien.  38.  rue 
de  Gllgnancourt,  Paris.  Mémoires  déposés  a  l’Academie  de 
Médecine.  23  mars  1897, 8  mai  1898l.  L'extrait  de  ces  Mémoires 
est  adresse  gracieusement  a  tous  les  médecins  qui  lui  en 
feront  la  demande.  Renseignements  gratuits  et  prix  de  faveur 
pour  tous  les  memores  du  corps  médical. 

Le  Rédacteur-Gerant  :  Bournbvili.x. 


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[Le  Progrès  Médical 


OHMAIRE  :  Chirurgie  biologique  :  La  stérilisation  des 
sslles  d'opération,  par  Longuet.  —  Bulletin  :  Certificats  à  fin 
i’internement,  par  Tissot  ;  A  propos  des  réformes  de  Tenseigne- 
jnent  médical,  par  J.  Noir.  —  Sociétés  Savantes  :  Société 
jldicale  des  Hôpitaux  :  Hémorrhagies  latentes  du  tube  digestif, 
laréaction  de  Weber  et  sa  valeur  séméiologique,  par  Mathieu 
et  Roui  ;  Gangrène  pulmonaire  consécutive  à  la  submersion, 
par  Bergé  ;  Ün  cas  de  trypanosomiase  chez  un  blanc,  par  Nat- 
lan-Larrier  ;  Rétentions  chlorurées  dans  la  néphrite  intersti¬ 
tielle,  par  Bergouignan  et  Fiessinger  (c.  r.  de  Friedel.)  —  Société 
dt  Médecine  de  Paris  :  Sur  le  traitement  manuel  de  la  névralgie 
sciatique  (procédé  du  genou),  par  Berne  ;  Vote  sur  la  modifica¬ 
tion  des  statuts  (c.  r.  de  Buret.)  —  Société  de  médecine  pub  tique 
üie génie  sanitaire  (c.  r.  de  A.  Pujol.)  —  Revue  de  théra¬ 
peutique;  Un  traitement  rationnel  de  la  tuberculose,  l’influence 
de  la  décalcification  et  de  la  calcification,  par  J.  Noir.  —  Revue 
DES  maladies  du  SYSTEME  NERVEUX  :  Paralysie  des  quatre  mem¬ 
bres  et  d’un  côté  de  la  face  avec  dissociation  do  la  sensibibilité 
développée  en  quelques  heures  et  résultant  d’une  méningo- 
■yélo-encéphalite,  par  Mills  et  Spiller  ;  Etude  expérimentale 


sur  la  forme  du  soulèvement  ergographique.  par  Lugiato  ;  Œdè¬ 
me  neurotrophique  et  vaso-moteur  du  membre  supérieur  droit, 
par  Testi  ;.Ûncas  de  neuroglisme  ganglionnaire,  par  Findlay  ; 
Paralysies  faciales  récidivantes  et  paralysies  faciales  à  bascule, 
par  Petit  ;  Traitement  des  paraplégies  spasmodiques  par  une 
technique  d’exercices  méthodiques,  par  Faure  ;  Examen  de  la 
pupille  et  réflexes  pupillaires,  par  Donath  ;  Recherches  expéri¬ 
mentales  sur  les  connexions  antérieures  du  tubercule  quadriju¬ 
meau  postérieur,  par  Mahaim  ;  Du  rôle  de  la  syphilis  dans  les 
maladies  de  l’encéphale,  par  Marchand  ;  Etude  de  l’abduction 
réflexe  des  orteils  (signe  de  l’éventail),  par  Buri  ;  Aires  des  sec¬ 
tions  delà  moelle  épinière  de  l’homme  à  l’origine  des  différents 
nerfs  spinaux,  par  Donaldson  et  Davis  ;  Les  tics,  par  Meige, 
etc.,  (c.  r.  de  Mirallié).  —  Bibliographie.  —  Varia.  —  Les 
CONGRÈS.  —  Jurisprudence  médicale.  —  Nécrologie.  — 
Thérapeutique  :  L’emploi  thérapeutique  de  l’hélénine  dans  les 
hôpitaux.  —  Formules.  —  Actes  et  thèses  de  la  faculté 
DE  MÉDECINE  DE  Paris.  —  NOUVELLES.  --  Chronique  des  hô¬ 
pitaux.  —  Bulletin  bibliographique. 


CHIRURGIE  BIOLOGIQUE 


(Cours,  Y“'  leçon.) 

La  stérilisation  des  salles  d’opération. 

Par  le  L.  LONGUET  de  Rouen) 


■«maire,  —  Aperçu  historique  rapide  des  doctrines  relatives 
Pw  germes  nocifs  des  salles  d’opération  et  locaux  chirur- 


■Des  microorganismes  des  salles  d'opération  :  Leur  exis- 
Leur  nature  et  la  détermination  de  leurs  espèces.  —  La 
TOmque  de  leur  dosage.  —  Leur  siège  et  leur  provenance. — 
wrs  variations  numériques.  —  Leur  virulence.  — •  La  doc- 
pastorienne  des  germes  appliquée  par  Lister  aux  salles  chi- 
^cales  reste  entièrement  débout.  —  Le  rôle  de  l’air  doit  être 
W  ea  considération. 

^térilisation  germicide  de  ces  locaux  Œister.)  1“  Procédé 
.  Res  pulvérisations,  ou  spray.  —  2“  Procédé  anti- 

iiraia"*  ■  feuillage.  —  3“  Procédé  de  l’évaporation  d'un 
1®®, *e^septique.  —  Insuffisance  et  inconvénients  de  toute  la 
•Paficide  '  ^  partiellement  germicide,  mais  nullement 

ipo/Tdde  des  locaux  chirurgicaux.  (Lon- 
^érée  U  de  la  vapeur  anhydre  à  190“  sous  pression 
saent  possible, légitime,  rationnel  de  stériliser  radica- 

•ees  chambre  métallique  construite  à  cet  effet.  —  Avan- 
sécurité  de  la  méthode  sporicide. 


J.  Messieurs, 

les  chirurgiens  se  soucièrent  d 
^oulairr  épidémique». Ilippocrate(] 

iren»p.,  ^  cause  de  son  action  rafraîchissantf 
«ivju”  début  du  XIX”  siècle,  e\pliquait  s 

mpay^Parun  effet  irritant.Guillemeau  (3)  précisait  e 
■Nton  Irritation  à  celle  des  corps  étrangers 
^  vingt  années  en  arrière 
■milieu  alors  les  plus  illustres  maîtres  accuse 
‘e  laurs  insuccès  opératoires.  En  vérité 

K®*  ave*^  laborieux  ancêtres  —  est  méritoire 
’>  acquis  la  convictio; 
danger  vient  d’un  principe  nocif  de  l’aii 

— - ^ - - - 

a-LosTE  admirent  aussi  la  nocivité  de  l’air  par  rafra 

^  -'•oiino,  Le  Diun,  Hi  nter,  etc.,  exprimi 

Hé,®  nocivité  de  l’air  par  irrilalioii. 
sens’M  Pensaient,  comme  Gnillemeau,  que  l'air  Joii 
•nies  le  rôle  d’un  corps  étranger. 


Messieurs,  le  moment  est  venu  d'affronter  à  nouveau 
le  problème,  d’y  apporter  le  fruit  de  nos  recherches 
et  de  nos  réflexions  ;  de  re viser  les  travaux  de  ceux 
qui  nous  ont  précédés  sur  ce  chemin  ;  d’établir  s’il  y  a 
ou  non  péril  du  côté  de  l’air,  enfin  et  surtout  de 
nous  prémunir  contre  les  accidents  provenant  de  cette 
source. 

Or,  si  la  notion  du  «  génie  épidémique  »  est  empi¬ 
riquement  aussi  vieille  que  la  chirurgie,  elle  comporte 
encore»  scientifiquement» de  multiples  points  obscurs, 
et  les  moyens  d'annuler  les  effets  de  l’air,  de  stérili¬ 
ser  le  «  milieu  »,  sont  encore  rudimentaires.  Aussi 
bien,  l’opinion  très  générale  est  que  chercher  la  sup¬ 
pression  radicale  des  microorganismes  atmosphériques, 
c’est  tout  simplement  poursuivre  un  but  chimérique  ; 
la  chose  est  pratiquement  irréalisable.  Vous  aurez,  je 
l'espère,  une  autre  manière  de  voir  au  sortir  de  la  pré¬ 
sente  leçon. 

I.  Microorganismes  des  salles  d'opérations. 

Et  d’abord,  les  microorganismes  existent-ils  dans 
les  salles  d’opération  ?  Messieurs,  celui  qui  douterait 
de  leur  présence  renierait  l’une  dos  plus  belles  décou¬ 
vertes  de  Pasteur,  celle  par  laquelle,  en  1863,  il  réfuta 
la  génération  spontanée  !  Vous  connaissez  sans  doute 
deux  de  ses  célèbres  expériences.  Faisant  filtrer  un 
courant  d’air  sur  une  bourre  de  coton-poudre.  Pasteur 
dissout  ensuite  cette  bourre  dans  l'éther,  laisse  évapo¬ 
rer  ce  collodion,  en  examine  le  dépôt  au  microscope, 
et  y  constate  une  flore  luxuriante  de  microorganismes 
bien  vivants,  qui  végètent  abondamment  une  fois 
transplantés  eu  milieu  nutritif.  Comme  contre- 
épreuve,  il  remarque  qu’un  flacon  de  bouillon  hermé- 
tiquemenf  clos  après  ébullition  préalable  demeure 
indéfiniment  stérile  tant  qu’il  est  privé  d’air.  Si  l’on  en 
fracture  le  col  scellé,  l’airentre  et  avec  lui  les  germes  ; 
puis  bientôt  il  se  trouble. 

Renouveler  semblable  expérience  est  chose  élémen¬ 
taire.  Voici  une  boîte  de  Pétri,  contenant  de  la  gélose 
stérile.  Exposée  pendant  10  minutes  dans  une  salle 
d’opération,  je  la  fermai  ensuite,  la  déposai  à  l'étuve  à 
37“7.  Le  surlendemain,  de  multiples  colonies  la  macu¬ 
laient.  Ainsi  notre  conviction  est  établie.  Il  y  a  des 
microorganismes  dans  ce  local  ;  nous  les  voyons  par 
nous-mêmes.  D’ailleurs,  le  fait  est  surabondamment 


274 


LE  PROGRÈS  MEüIGAT. 


1 


prouvé  par  les  résultats  similaires  obtenus  avant  nous 
sur  plusieurs  points  du  globe  :  en  Angleterre  par  Lis¬ 
ter  (18()7/  ;  en  France  par  Miquel  (1883)  à  Paris  dans  les 
salles  Michon  et  Lisfranc,  delà  Pitié  ;  puis  par  nous- 
mème  à  Paris  à  la  clinique  gynécologique  de  la  Sal¬ 
pêtrière  (i8!)3),  par  Quenu  et  Landel  à  l’hôpital  Cochin 
1903,  par  Lafolie  à  l’hôpital  maritime  de  Brest,  puis  de 
Bordeaux  (1901)  —  en  Allemagne  par  Kummel  (1885)  à 
Hambourg,  von  Eiselsberg,  Mikuliczet  Flugge  (1898), 
Xoggerath  (1901)  —  en  Russie,  par  Pawlowki  (1886)  et 
Reudnew.  S.  (1893)  —  en  Italie,  par  Durante  et  Néri 
(1888),  pour  ne  citer  que  les  recherches  faites  en  milieu 
chirurgical  parallèlement  à  d’autres  poursuivies  aux 
mêmes  époques  dans  les  locaux  hospitaliers  médi¬ 
caux  !  Enfin  à  côté  de  ces  infiniment  petits,  est-il 
nécessaire  de  rappeler  qu’il  existe  constamment  dans 
Pair  des  organismes  d’un  ordre  plus  élevé,  macrosco¬ 
piques  ceux-ci,  parmi  lesquels  figurent  en  première 
ligne  les  muscidée?,  dont  le  rôle  n’est  pas  à  négliger 
comme  agents  de  contamination,  puisqu’ils  apportent 
avec  eux  les  microbes  dont  ils  se  sont  charg'és  intus 
ou  extra,  et  les  sèment  dans  les  plaies,  quand  ils  ne 
les  inoculent  pas  plus  profondément  par  piqûre. 

Ces  germes,  oà  siègent-ils  ?  11  yen  a  partout  :  les 
uns  sont  déposés  sur  les  parois,  le  plafond,  les  murs, 
le  plancher,  les  meubles,  les  objets  ;  les  autres  circu¬ 
lent  dans  l’air.  Dans  l’air  il  sont  véhiculés  par  les 
gouttelettes,  les  bulles  d’eau,  dites  «  poussières  humi¬ 
des  »  :  ou  parles  débris  organiques  minuscules,  fibres 
végétales,  graines  de  pollen,  d’amidon,  cadavres 
microbiens  agglomérés  qui  constituent  les  «  poussiè¬ 
res  sdc/icv  »  dont  un  faisceau  de  rayons  solaires  entrant 
par  fissure  dans  la  salle  obscurcie  vous  révèle  opti¬ 
quement  la  constante  existence  et  la  richesse  numé¬ 
rique. 

La  llore  des  organismes  aériens  est  d’une  infinie 
i^ariélé.  La  détermination  des  espèces  par  la  méthode 
des  plaques  nous  montre  après  quelques  heures  de 
séjour  à  l’étuve  : 

1°  Des  cryptogames  en  grand  nombre,  moisissures, 
levures,  aspergillus,  champignons  dont  beaucoup  à 
l’état  sporique  ;  d’autres  à  l'état  de  mycélium,  de  végé¬ 
tation  rameuse. 

2°  Des  schyzophytes  à  forme  de  coccus,  de  bacté- 
rium,  de  spirille,  de  bacille.  Pour  ne  citer  que  les 
espèces  jusqu’ici  déterminées  en  salle  chirurgicale,  je 
relève  comme  cocci  :  un  diplocoque  :  (Pawlowsky)  — - 
du  staphylococcus  albus,  (Longuet,  Lafolie)  —  du  sta- 
phylococcus  aureus  (Pawlowsky,  Mikulicz  et  Flugge, 
Lafolie,  Quenu  et  Landel)  —  du  staphylococcus  cilreus 
(Pawlowsky,  Longuet)  —  du  streptococcus  erysépila- 
tus  (Eiselsberg) —  du  tétragène  (Longuet)  —  des  sar- 
cines  blanches,  orangées,  et  dorées  (Lafolie).  Parmi  les 
bacilles,  le  pyocyanique  (Longuet,  Quenu  et  Landel)  ; 
le  coli  (Longuet),  lesubtilis  (Longuet,  Lafolie).  Notez 
que  cette  liste  est  à  peine,  ébauchée.  Voyez  donc  le  grand 
profit  tiré  de  quelques  boîtes  de  Pétri  ou  tubes  de 
liesse  ! 

Si  maintenant  nous  voulons  évaluer  le  nombre  des 
microorganismes, la  technique  employée  par  les  auteurs 
précités  doit  être  considérée  comme  insuffisante.  Ainsi 
l’on  s’est  souvent  servi  de  tubes  creux  de  liesse  ou  de 
Pawlowsky  (l  i,  sur  la  paroi  desquels  on  avait  solidifié 
de  la  gélatine.  Or  ces  tubes  ont  l’inconvénient  d’être 
difficilement  stérilisables  par  suite  de  leur  longueur. 


'  1)  Le  lulie  de  Hesse  a  'ë  eenlimèlpes  de  lonp.  01ni  de  l’aw- 
lowsky  en  diffère  en  ce  qn’il  est  coudé  5  fois. 


Ils  sont  peu  maniables.  Ils  donnent  des  résultats  troi 
peurs,  certains  parasites-germes  ou  certains  corpusn 
les-germes  aspirés  par  le  courant  d’air  pouvant  les  tu 
verser  dans  toute  leur  longueur  sans  se  fixer  sur| 
dépôt  nutritif.  La  numération  des  colonies  est  m 
aisée.  Le  repiquage  est  souvent  impossible.  Le  volu. 
d’air  éprouvé  en  un  temps  donné  varie  beaucoup dJ 
les  recherches.  j 

Plus  souvent  on  a  procédé  par  exposition  à  l’J 
d’une  boîte  de  Pétri  à  la  gélatine  pendant  quclqJ 
minutes.  Or,  nombreux  sont  les  germes  qui  cullivd 
mal  ou  pas  sur  ce  milieu.  Dans  des  expériences  aU 
conduites,  Miquel,  dès  1883,  vit  certaines  coIom 
pousser  après  un  mois  seulement.  En  outre,  les  mio 
bes  liquéfiants  creusent  vite  des  cupules  envahissaul 
dont  la  rapide  confluence  empêche  la  végétation  J 
autres  espèces.  Enfin  le  séjour  à  la  température  de  I 
à  2ù“  est  peu  propice  au  développement  denombreoi 
bactéries. En  sorte  que,  bonne  pour  le  déterminisme 
quelques  espèces,  cette  technique  n’est  pas  bien  sal 
faisante  pour  le  dosage  numérique. 

Je  préfère  le  procédé  des  boîtes  do  Pétri  à  la  géio 
La  mise  ultérieure  de  l’étuve  à  37"  donne  des  réSult 
plus  rapides  etplus  précis.  Encore  faut-il  adopterqo 
ques  règles  pour  comparer  les  résultats.  Ainsi  jepi 
pose  comme  unité  de  temps,  une  exposition  à  l’air 
10  minutes,  et  comme  unité  de  graduation,  la  non 
ration  des  colonies  comprises  dans  une  aire  de  5  ci 
de  surface.  Si  maintenant  nous  ajoutons  à  cela  des  e 
périences  similaires  spéciales  en  milieu  anaérobie, M 
arrivons  à  ce  résultat  que  les  microbes  des  locauïd 
rurgicaux  sont  beaucoup  plus  nombreux  que  nerim 
quent  les  recherches  faites  jusqu’à  ce  jour. 

Toutefois  certaines  données  semblent définilirenu 
établies.  Ainsi  il  y  des  variations  Pawloa 

pour  les  aérobies  consigne  dans  les  salles  de  c 
rurgie  de  Saint-Pétersbourg,  230 germes  ennioyem 
alors  que  j’en  ai  trouvé  500  ;  mais  nous  njavonsj 
opéré  dans  les  mômes  conditions  de  temps  ni  de  nu" 
ration.  Selon  toute  vraisemblance,  ici  comme  en  ^ 
giène  générale,  les  salies  d’opération  dans  les  ?’® 
centres  sont  plus  peuplées  de  bactéries  que  celle-- 
petites  villes. 

D’autres  variations  sont  saisonnières.  En 
lowsky  trouve  900  germes  là  ou  en  hiver  il  en  r**" 
9000.  Cette  augmentation  tient  à  plusieurs  causes, 
particulier  à  l’encombrement.  I 

Les  variations  horaires  sont  incontestables- 
prises  faites  certains  jours  à  midi  sont  beaucoup  f 
fécondes  que  celles  du  matin  ou  du  soir,  f  ® 
avant  ou  après  les  séances  opératoires.  ^ 
de  ces  écarts  est  aujourd’hui  clairement  élucide  • 

tient  à  V agitation  ai  l’apport  des  poussières  cause Il 

la  présence,  l’arrivée  de  nombreuses  personnes-  or 

nique  deBreslau,  Gottstein  etileile  constatenM^ 

salle  d’opération  contient  seulement  qnelqu®^  ^,1  ^ 
parboîtedePétri,  lorsqu’elleestclosR  jpi  ^ 

idexpérimentateur  se  couvre  alors  de  la  tête 
de  vêlements  stérilisés,  pénètre  seul  dans 
avec  un  linge  stérile,  fait  autant  de  poussière  Lj  j 
sible.  Alors  les  microbes  sont  plusnombreux  • 
à  12,  15  par  boîte.  Quelques  moments  q. 

vent  les  assistants  et  voici  que  la  teneur  en 
vient  encore  4  à5  plus  considérable.  QuêBq®  jjji  jj| 
relèvent  une  proportion  déterminée  decolon'e 
sallô  d'opération,  le  matin  avant  l  opération-h((|f  ^ 
de  ces  colonies  devient  triple  au  moment  de 


276 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


duite  différent.  Or  les  chirurgiens  sont  jusqu'ici  peu 
fixés  sur  la  qualité  nocive  de  l’atmosphère  péri-opéra¬ 
toire. 

Lister  et  ses  disciples  virent  là  dès  l’abord  un  gros 
danger.  La  phrase  suivante  de  Pflugger  reflète  l’état 
d’esprit  à  cette  époque.»  Tous  les  accidents  opératoires 
tiennent  à  des  nuages  de  microbes  quipassent  à  certains 
moments  comme  des  animaux  hibernants, sur  la  tête  des 
opérés  malheureux  «.Cette  formule  outrancière  provo¬ 
qua  plus  tard  une  réaction,  dont  Bergmann  prit  la  tète  ; 

»  On  peut  escompter,  écrivait-il  en  1890,  la  rareté  de 
1  infection  de  la  plaie  par  l’intermédiaire  de  Tair.  Le 
contact  des  poussières  atmosphériques  et  d<î  leurs  ger¬ 
mes  pathogènes  avec  la  plaie  est  si  court  que  générale¬ 
ment  aucune  action  nocive  n'a  le  temps  de  se  produire. 
On peutd’ailleurs  protégerla  plaie  enla  recouvrant  de 
compresses  autant  que  le  permettent  les  manœuvres 
opératoires  ».  Lister  lui-même  se  rallia  à  cette  manière 
de  voir.  «  Quant  au  spray,  ajouta-t-il,  je  me  sens  hon¬ 
teux  de  l’avoir  recommandé  autrefois  dans  le  but  de  dé¬ 
truire  les  microbes  de  l’air. Ceux-ci  n’ont  pas  le  temps 
de  perdre  leur  vitalité  dans  le  nuage  du  »  spray  ». 
.le  l’ai  abandonné  il  y  a  trois  ans  (1887).  Dans  l'em- 
pyème,  nous  avons  de  bons  résultats,  malgré  l’entrée 
chaque  jour  d’une  quantité  d’organismes  de  l’atmos¬ 
phère  dans  la  plèvre.  Il  semble  s’en  suivre  logiquement 
que  les  parties  ilottantes  de  l’air  peuvent  être  négligées 
dans  notre  œuvre  chirurgicale  »  d  ). 

Ainsi  dans  l’espace  de  vingt  années,  les  maîtres  du 
mouvement  chirurgical  émettent  deux  opinions  diamé¬ 
tralement  opposés  !  Où  est  la  vérité  ?  A  mon  sens, elle  est 
entre  les  appréciations  extrêmes.  11  me  semble  établi 
que  les  germes  dont  Texistonce  a  été  une  fois  de  plus 
établie  au  début  de  celte  leçon  sont  susceptibles  de  jouer 
un  rôle  d’ailleurs  très  inconstant.  Parmi  ces  bactéries, 
nous  avons  signalé  des  espèces  habituellement  patho¬ 
gènes,  streptocoques,  staphylocoques  dorés,  pyocya¬ 
nique,  coli.  Quantaux  saprophytes,  j’ai  exprimé  maintes 
fois  ce  que  nous  en  devons  penser.  En  certaines  con¬ 
ditions  jusqu’ici  imprécises,  ils  deviennent  virulents. 
Cette  transformation  a  été  vérifiée  pour  le  tétragène, 
pour  le  subtilis  associés  à  d’autre  microorganismes,  en 
particulier  au  staphylococcus  albus.  En  pareille  sym¬ 
biose,  Hobbs  (2)  19(50  a  vu  le  subtilis  passer  dans  le 
sang,  renforçant  la  virulence  de  certaines  bactéries.  Et 
plus  récemment,  Charrin  a  réussi  à  fixer  sur  le  subti¬ 
lis  un  certain  degré  de  virulence.  Admettons  donc  que 
les  microbes  de  l’air  peuvent  être  nocifs.  D’ailleurs  les 
produits  de  fermentation  qu'ils  engendrent  sont  de 
puissants  auxiliaires  pour  l’évolution  des  pathogènes. 

Au  reste,  voici  la  preuve  que  nos  craintes  sont  justi- 
iiées  : 

L’inoculation  des  poussières  aériennes  d'une  salle 
de  chirurgie  adonné  à Paulowsky  des  abcès  staphylo¬ 
cocciques  locaux  et  métastiques  chez  le  chien.  La  folie, 
et  nous  chez  le  cobaye,  Quénuet  Landel  chez  le  lapin, 
ont  obtenu  le  même  résultat.  Dans  un  cas  même,  ces 
expérimentateurs  ont  déterminé  une  péritonite  puru¬ 
lente  chez  le  cobaye  par  bacille  pyocyanique,  extrait 
de  poussières.  Flugge  a  constaté  une  fois  l’existence 
d’un  staphylococcus  aureus  virulent  dans  la  salle 
d’opération  de  la  clinique  de  Breslau.  Ma  conclusion  est 
donc  que  l’ambiance  de  l’opérateur  est  parfois  nocive. 


(1)  Voir  ;  Hkkgmann,  Listek. —  Congrès  international  des  sciences 
médicales.  Berlin,  1890. 

i'é)  13*  Congrès  international  des  sciences  médicales  tenu  à  l’aris 
2-9  août  1900. 


Je  dis:  parfois,  car  j’ai,  comme  tant  d’autres,  obtej 
des  réunions  parfaites  en  milieu  singulièrement  susp* 
Que  ceci  suffise  à  nous  donner  l’éveil.  Sans 

l’action  nuisible  ne  semble  guère  susceptible  de  dépj 
ser  en  ses  effets  l’abcès  local.  Mais,  somme  toute,  pg 
faire  bien  ;  pour  mettre  toutes  les  chances  de  réussite 
notre  côté,  notre  devoir  est  de  tenir  compte  de  ce  ms 
d’inoculation  par  contact,  et  de  l’annuler  si  cela  est  enl 
notre  pouvoir.  Voilà  comment  sans  accepter  intégra) 
ment  la  première  conception  de  Lister,  ni  celle  inva 
de  Bergman,  j’arrive  à  une  interprétation  des  faits  inli 
médiaires  entre  les  deux  doctrines  extrêmes  relative 
l’action  de  Pair  en  chirurgie,  interprétation  d'où décot 
une  série  d’indications  à  remplir  en  pratique. 

[A  suivre. 


NARCYL  GRÉMY  médicament  spéciJ 
que  de  la  toux,  spécialement  de  la  toux  des  t 
berculeux. 


BULLETIN  DU  PROGRÈS  MÉDlCk 

Certificats  à  fin  d'internement. 

Sans  s’exposer  à  être  taxé  de  médisance,  on  pf 
dire  que  les  certificats  délivrés  par  les  médecins  |W 
l’internement  des  malades  mentaux  ne  sont  pas  to 
jours  rédigés  dans  la  forme  convenable  ;  tantôt  ils' 
disent  trop, et  tantôt  pas  assez.  Ainsiil  est  parfaiteme 
insuflisantde  certifier  que  telle  personne  est  «  atteii 
d’aliénation  mentale,  qu’elle  est  dangereuse  pour  el* 
môme  et  qu’il  y  a  lieu  de  l’interner  au  plus  tôt  du 
l’asile  le  plus  proche  ».  .Une  telle  rédaction,  qu” 
fréquente,  ressemble,  par  son  laconisme,  à  iin]“r 
ment  où  manquerait  l’exposé  des  motifs  :  le  certi  ( 
médical  est,  en  somme,  la  pièce  justificative  de 
mesure  grave  qu’est  l’internement,  à  ce  titre  il 
quelque  soin.  D’ailleurs,  la  loi  du  3 1  juin 
souci  d’en  déterminer  le  contenu  :  aux  termes  de 
ticle  8,  il  doit  «  constater  l’état  mental  de 
à  placer,  indiquer  les  particularités  de  la  malade 
nécessité  de  faire  traiter  la  personne  désignée  dan 
établissement  d’aliénés  et  de  l’y  tenir  renfernaée. 
loi  demande  donc  de  motiver  le  diagnostic  d  i 
mentale  par  une  énumération  sommaire  et 
symptômes  observés  et  de  conclure  à  la  néces® 
l’internement.  En  fait,  cette  nécessité  est  tirée  ^ 
souvent  du  danger  que  le  malade  court  pour 
ou  fait  courir  à  son  entourage,  de  par  son  incon 
ou  ses  réactions. 

Là  se  borne  le  rôle  du  médecin  certificateur-  ^ 
ne  lui  appartient  nullement  de  fixer  le  temps 
lequel  le  malade  doit  être  tenu  renfermé  à 
n'est  pas  un  ":  extrême  rareté  de  voir  des  certinc 
dure  sans  hésitation  à  l’internement  <<  à 
nés  criminels,  semblant  préjuger  ainsi  avec 
l’incurabilité  de  l’état  morbide  sous  1  influenÇ*^ 
le  crime  a  été  commis,  ou  se  méprenant  sur 
tion  de  l'asile, qui  est  un  lieu  de  traitement, 
tention,  et  qui  légalement  doit  évacuer  ses 
res,  aussitôt  la  guérison  constatée.  A  Tauto 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


277 


nistrative  seule  incombent  le  pouvoir  et  la  responsabi¬ 
lité  d’ordonner  le  maintien  à  l'asile  par  mesure  de  sécu¬ 
rité.  L’internement  à  vie  des  aliénés  criminels  n’est  pas 
admis  comme  principe  et  il  ne  saurait  le  devenir,  étant 
inhumain,  irrationnel  et  illégal.  En  droit, l’aliéné  gnéri 
doit  sortir,  même  s'il  a  commis  un  crime.  En  fait,  il 
faut  reconnaître  que  des  garanties  très  sérieuses  doi¬ 
vent  être  données  à  l’ordre  public  et  à  la  sûreté  des  per¬ 
sonnes  par  une  convalescence  et  une  observation  suf¬ 
fisantes  de  façon  à  prévenir  dans  la  mesure  possible  tout 
retour  offensif. 

Quant  aux  conditions  matérielles  mêrnes  du  certifi¬ 
cat,  il  serait  oiseux  d’y  insister  si  un  grand  nombre  de 
praticiens  ne  semblaient  les  ignorer.  Faut-il  rappeler 
que  les  certificats  à  fin  d’internement  sont  soumis  au 
timbre,à  moins  d’être  destinés  à  des  indigents;  qu’ils  doi¬ 
vent  être  datés  et  porter  une  signature  dûment  légali¬ 
sée.  Tous  ces  soins,  toutes  ces  formalités  et  garanties  ne 
sont  point  de  trop  pour  légitimer  l’atteinte  à  la  liberté 
individuelle  que  constitue  l’internement  sous  la  légis¬ 
lation  actuelle  (1).  F.  Tissot. 


A  propos  des  réformes  de  l'Enseignement  médic  il. 

Le  Bulletin  de  notre  collaborateur,  M.  le  D"  Tissot, 
vient,  sans  que  nous  l'ayons  demandé,  à  l'appui  des 
critiques  qui  se  multiplient  et  que  nous  avons  renou¬ 
velées  sur  l’insuffisance  notoire  de  l'Enseignement 
médical  officiel  au  point  de  vue  pratique.  Certains  de 
nos  amis  nous  ont  objecté  qu’à  la  Faculté  de  médecine 
de  Paris  on  était  parvenu  à  réaliser,  même  au  point  de 
vue  pratique,  un  enseignement  presque  parfait  et 
ils  nous  citaient  à  l’appui  ;  l’enseignement  pratique  de 
1  anatomie  et  l’enseignement  clinique  de  l’obstétrique, 
qui  depuis  assezlongtemps  assurent  à  tous  les  étudiants 
une  instruction  spéciale  plus  que  suffisante.  Nous  som¬ 
mes  les  premiers  à  le  reconnaître,  tout  en  rappelant 
que  ces  réformes  ont  demandé  une  énergie  et  un  dé¬ 
nouement  peu  communs  de  la  part  de  ceux  qui  les  ont 
accomplies.  11  existe,  c’est  évident,  des  professeurs  et 
des  agrégés  qui,  en  dépit  de  l’esprit  de  routine  et  de  la 
mauvaise  organisation  qui  régnent  dans  nos  établisse¬ 
ments  d’enseignement  supérieur,  ont  fait  et  font  con- 
^téncieusement  leur  devoir  et  donnent  à  leurs  élèves 


toute  I 


instruction  qui  leur  est  nécessaire.  Mais  à  cette 


on  ne  devrait  pas  souffrir  d’exception.  Si  sur 
q  olques  points,  des  maîtres  dévoués  sont  parvenus  à 
j^^ganiser  à  Paris  un  enseignement  médical  irréprocha- 
)  nous  ne  pouvons  comprendre  pourquoi  leur 
^mple  n’a  pas  été  suivi .  J .  Noir. 

prochainement  sur  cette  grave  question,  s 
8t>te  au  point  de  vue  pratique  (B.) 


^Ï0XIX£-MERCK  .spécifique  de  la  TOUX  et  de  la  DOULEUR 
O  .  plus  active,  moins  toxique  que  les 

leurs  dérivés,  même  synthétiques. 

SIR  IMMÉDIATE  de  la  TOUX 

D"'  BOUSQUET,  A  LA  DIONINE  MERCK 

®hil.  à  bouche,  avec  2  gtt"  de  Bromoforrae  (4  à  8  par  jour). 


SOCIÉTÉS  SAVANTES 

SOCIÉTÉ  MÉDIGALÉ  DES  HOPITAUX 
Séance  du  27  avril. 

Hémorrhagies  latentes  du  tube  digestif.  La  réaction  de  Weber 
et  sa  valeur  séméiologique. 

MM.  A.  Mathieu  et  Roux.  —  La  présence  du  sang,  même 
en  quantité  infime,  dans  les  matières  fécales  ou  dans  le  con¬ 
tenu  gastrique  est  le  signe  péremptoire  d’une  ulcération  gas¬ 
trique  ou  intestinale.  La  réaction  de  Weber  (teinture  de  gaïae, 
suc  extrait  éthéroacétique)  qui  peut  être  employée  pour  les 
fèces  et  le  contenu  gastrique  a  été  faite  par  les  auteurs  dans 
un  grand  nombre  de  cas,  où  ils  soupçonnaient  une  ulcéra¬ 
tion  du  tube  digestif.  Les  données  qui  résultent  de  leurs  re¬ 
cherches  sont  les  suivantes  :  1°  à  l’état  normal  la  réaction  de 
Weber  sur  les  fèces  est  toujours  négative,  pourvu  que  le  su¬ 
jet  soit  à  un  régime  sans  viande  ;  2“  dans  l’ulcère  aigu  de  l’es¬ 
tomac,  la  présence  du  sang  est  à  peu  près  constante.  Elle  est 
fréquente  dans  l’ulcère  chronique  ;  3“  dans  le  cancer  de  l’es¬ 
tomac,  la  présence  de  sang  dans  les  fèces  existe  d'une  façon 
constante  ;  4"  dans  les  ulcérations  intestinales  et  dans  la  cir¬ 
rhose  hépatique,  la  réaction  de  Weber  est  souvent  positive. 

Gangrène  pulmonaire  consécutive  à  la  submersion. 

M.  Berge  rapporte  l’observation  d'une  femme  qui  se  jeta 
dans  la  Seine,  et  qui,  repêchée  et  transportée  à  l’hôpital,  y  fit 
une  broncho-pneumonie  du  côté  droit  et  un  foyer  de  gan¬ 
grène  pulmonaire  dans  le  poumon  gauche  (crachats  et  haleine 
d’odeur  fécaloïde).  Guérison  en  une  dizaine  de  jours.  L’in¬ 
troduction  de  l’eau  de  Seine  et  de  ses  germes  putrides  dans 
les  bronches  a  été  la  cause  directe  de  cette  gangrène  chez  une 
prédisposée. 

Un  cas  de  trypanosomiase  chez  un  blanc. 

M.  Nathan-Larrier.  —  Ce  malade  revient  du  Congo,  où  il 
a  eu  des  acèès  de  fièvre  à  type  régulier  et  irrégulier  sans  au¬ 
cun  des  signes  de  la  trypanosomiase  :  œdème,  érythème, 
troubles  visuels,  accidents  nerveux.  Deux  trypanosomes  ont 
été  trouvés  par  l’examen  de  dix  lames. 

Rétentions  chlorurées-  dans  la  néphrite  interstitielle. 

MM.  Bergouignan  et  Fiessinger  rapportent  deux  observa¬ 
tions  de  rétention  chlorurée  au  cours  de  la  néphrite  intersti¬ 
tielle.  Pendant  deux  mois  ils  ont  étudié  la  déchloruration,  le 
poids  et  la  tension  artérielle  de  leurs  malades.  La  tension  ar¬ 
térielle  resta  très  élevée  chez  l’une,  tandis  qu  elle  tomba  chez 
l’autre.  Chez  les  deux  malades  l’appétit  s’est  relevé,  le  poids 
a  augmenté,  la  dyspnée  a  disparu.  Friedel. 


SOCIÉTÉ  DE  MÉDECINE  DE  PARIS 
Séance  du  28  avril  igo6.  —  Présidence  de  M.  Berne, 
vice-président. 

La  séance  est  ouverte  à  4  h.  46. 

A  funanimité,  le  procès-verbal  de  la  précédente  réu¬ 
nion  est  adopté. 

Correspondance  imprimée. —  Journaux  habituels 
tinde  la  Société  médico- chirurgicale  ;  La  Normandie  Mé¬ 
dicale  ;  La  Revue  du  Foyer  Français  ;  Le  médecin  Prati¬ 
cien. 

Correspondance  manuscrite  —  1°  Lettre  de  .\L  le  D’’ 
Desnos  s’excusant  de  ne  pouvoir  présider  la  séance  en 
raison  de  l’opération  d’appendicite  que  son  fils  vient  de 
subir. 

La  Société  est  unanime  pour  envoyer  à  son  Président 
les  vœux  qu’elle  forme  pour  le  prompt  rétablissement  de 
son  fils. 

2°  Lettre  de  M.  le  D'^Ch.  de  Blois,de  Trois-Rivières  (Ca¬ 
nada),  secrétaire  général  du  Congrès,  demandant  les 
statuts  de  la  Société  et  posant  sa  candidature  comme 
membre  correspondant  à  titre  étranger.  Parrains  :  MM. 
Adelstan  de  Martigny  et  Buret.  Cette  demande  est  prise 
en  considération.  Les  statuts,  anciens  et  nouveaux,  se¬ 
ront  envoyés  par  les  soins  du  secrétaire  général. 


278 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


3“  Lettre  de  M.Adelstan  de  Martigny  (Montréal),  qui 
remercie  la  Société  de  lui  avoir  confié  les  fonctions  de 
délégué  au  Congrès  de  Trois-Rivières. 

M.  le  D''  Blondin,  candidat  au  titulariat,  donne  lecture 
de  son  travail  de  candidature  intitulé  :  Note  sur  un 
cas  de  pouls  lent  permanent  (sera  publié). 

Cette  candidature  est  renvoyée  à  l’examen  d’une  com¬ 
mission  composée  de  MM.Couciray,Audistère  et  Duclaux, 
rapporteur. 

M .  Berne  fait  une  communication  ayant  pour  titre  : 

Sur  le  traitement  manuel  de  la  névralgie  sciatique. 

(^Procédé  du  genou)  ; 

Par  le  D'G.  BERNE. 

Vice-président,  ancien  interne  lauréat  des  Hôpitaux. 

Lorsque  les  moyens  thérapeutiques  usuels  :  frictions 
lérébenlhinées,  liydrothérapie,  électrothérapie,  cauté¬ 
risations  ignées,  révulsions,  etc.,  ont  échoué,  les  ma- 
ladesatteintscle  sciatique  viennent  fréquemmentdeman- 
der  à  la  massothérapie,  sous  ses  diverses  formes,  le 
soulagement  et  la  guérison.  Le  massage  soulage  pres¬ 
que  toujours  les  névralgies  sciatiques,  et,  uni  à  certai¬ 
nes  pratiques  dont  je  vais  faire  la  description,  guérit 
très  fréquemment  les  sciatiques  rebelles  ;  il  s’agit,  bien 
entendu,  non  pas  de  sciatiques  d’origine  centrale,  mais 
de  sciatiques  périphériques  ayant  eu  un  caractère  né- 
vritique.  Lorsqu’il  y  a  delà  claudication, de  la  rétraction 
musculaire,  on  peut  tenter  le  redressement  du  membre. 
J'ai  l’habitude  d’employer  le  procédé  auquel  j'ai  donné 
le  nom  de  «  procédé  dv.  genou  ».  en  1886.  Le  nerf  scia¬ 
tique,  passant  entre  le  bord  postérieur  du  grand  trochan¬ 
ter  et  l’ischion,  s'appuie,  comme  l’on  sait  sur  l’épine 
sciatique  sur  laquelle,  après  sa  sortie,  du  bassin,  le 
faisceau  aplati  du  nerf  est  facile  à  comprimer. 

J'ai  pensé  qu’une  telle  disposition  anatomique  pouvait 
être  utilisé,  au  point  de  vue  thérapeutique  et  permettre 
la  compression  systématique  du  nerf  sur  le  plan  osseux 
qui  l’avoisine. 

Je  fais  étendre  le  malade  dans  le  décubitus  dorsal  sur 
une  chaîne  longue  peu  élevée.  Je  me  tiens  debout  du 
côté  du  membre  malade.  S’il  s’agit  du  sciatique  droit, 
je  lléchis  mon  genou  droit  et  l’applique  fortement  sur 
l’échancrure  sciatique  droite  du  sujet.  Saisissant  alors 
l’extrémité  du  membre  inférieur  droit,  je  fléchis  la 
cuisse  du  malade  sur  le  bassin,  tout  en  étendant  sa  jambe 
sur  sa  cuisse  ;  ainsi  se  produit  une  élongation  douce, 
progressive,  sans  aucun  danger.  Je  rappelle  que  Billroth 
employait  un  procédé  à  mon  avis  dangereux  et  par 
trop  rigoureux,  et  qui  consistait  non  pas  à  comprimer 
le  sciatique  à  son  point  d'émergence,  mais  à  obtenir 
l’extension  totale  du  membre  inférieur,  le  pied  du  pa¬ 
tient  s’appliquant  tout  près  de  son  oreille.  Billroth 
chloroformait  scs  malades. 

L'opérateur  allemand  exposait  ses  malades  : 

1°  Aux  inconvénients  de  la  chloroformisation  ; 

2”  Aux  luxations  delà  hanche  ; 

3°  Aux  fractures  du  col  du  fémurchezles  sujets  âgés. 

Avec  le  procédé  que  j’emploie  depuis  près  de  vingt 
ans,  que  j'appelle  «  procédé  du  genou  »,  et  dont  j’ai  le 
droit  de  réclamer  l’entière  paternité,  aucun  danger 
n’est  à  redouter,  puisque  l’extension  est  douce  et  pro¬ 
gressive  et  qu  elle  ne  nécessite  pas  la  chloroformisation; 
ce  moyen  m’adonné  d’excellents  résultats  dans  les  vieil¬ 
les  sciatiques-névrites,chezdes  sujets  ayantsubi  en  vain 
tous  les  traitements  classiques  usuels. 

Dans  le  traitement  manuel  de  la  sciatique,  j’ai  l’ha¬ 
bitude  d’adjoindre  à  l’extension  telle  que  je  viens  de  la 
décrire  les  divers  exercices  comprenant  l’adduction  et 


l’abduction  actives  et  passives  du  membre  malade,  leg 
mouvements  de  circumduction,  la  flexion  combinée  à  la 
rotation  du  tronc.  Mais  tous  ces  moyens  sont  secondai¬ 
res  si  on  les  compare  à  l’action  vraiment  rapide,  efficace 
i<.  procédé  du  genou  »  ;  grâce  à  ce  moyen,  l'élonga¬ 
tion  du  sciatique  s’opère -disémenl  sans  qu’il  y  ait  be¬ 
soin  de  recourir  à  une  intervention  sanglante  ni  à  des 
mouvements  dangereux  pour  les  malades. 

Il  s’agit,  je  le  répète  de  la  vai’iété  >■  sciatique  névrite» 
de  cause  périphérique.  Il  y  a  quinze  ans  environ,  dans 
un  cas  de  sciatique  rebelle  double,  d’origine  rhumatis¬ 
male,  j’ai  employé  la  suspension  unie  au  procédé  d’é¬ 
longation  que  j’ai  décrit  ci-dessus.  Le  résultat  fut  ra¬ 
pide  et  la  guérison  s’est  entièrement  maintenue. 

Il  e.xiste  donc  des  cas  de  sciatique,  dans  lesquels  la 
guérison  ne  peut  être  obtenue  qu’avec  l'élongation. 
Gomment  celle-ci  agit-elle  ’?  Sans  doute,  l’enveloppe  fi¬ 
breuse  des  nerfs  est-elle  assouplie  par  les  manœuvres 
thérapeutiques  manuelles  et  fait  disparaître  la  compres¬ 
sion  possible  des  filets  nerveux.  C’est  une  hypothèse 
sans  doute,  mais  les  faits  semblent  donner  raison  à 
celte  opinion. 

M.  CouDRAv  demande  à  M.  Berne  s’il  a  vu  des  cas  de 
névralgies  sciatiques  dues  à  la  présence  de  veines  di¬ 
latées  se  trouvant  à  l’émergence  du  sciatique. 

M.  Berne  a  eu  affaire,  en  effet  âdes  cas  sembIables,où 
la  douleur  était  provoquée  par  la  compression  du  nerf 
par  des  paquets  variqueux.  Maisii  a  toujours  refusé  d’in¬ 
tervenir  dans  ces  cas,  qui  relèvent  uniquement  de  la  chi¬ 
rurgie,  la  seule  méthode  de  traitement  étant  de  lever  la 
cause  de  la  compression. 

AGheures  précises,  la  Société,  réunie  en  Assemblée  gé¬ 
nérale,  procède  au  vote  sur  la  modification  des  statuts. 

Assemblée  générale  du  28  avril  1906. 

Vote  sur  la  modification  des  statuts. 

Résultat  du  scrutin 


Membres  titulaires  inscrits  ;  65. 

Nombre  de  votants  :  46. 

Majorité  relative  (2/3  des  votants)  :  31. 

Majorité  absolue  (moitié-)-  1-des  titulaires):  31. 

Pour  LA  MODIFICATION .  3i  voix. 

Contre .  11  -- 

Bulletin  blanc .  1  — 

Total .  46  — 


Le  quorum  étant  atteint,  le  texte  des  nouveaux  statut»^ 
proposés  est  adopté.  La  Société  donne  mandat  au  rap¬ 
porteur,  M.  Dubar.  de  soumettre  ces  modifications  à  1  ap¬ 
probation  du  gouvernement, 

La  séance  est  levée  à  7  heures. 

Le  secrétaire  général,  Le  secrétaire  annuel, 

F.  Buret.  Vian. 


SOCIÉTÉ  DE  MÉDECINE  PUBLIQUE  ET  DE  6ËM£ 
SANITAIRE. 

Séance  du  3-5  avril  1906,  sous  la  présidence  dc.M. 

M.  LE  Président  lit  une  lettre  d'excuses  de  M.  BEZAtLTq| 
ne  peut  assister  à  la  séance  :  la  suite  de  la  discussion  sur  ^ 
puration  biologique  des  eaux  d’égout  est  remise  à  une  P 
chaine  séance. 

Discussion  sur  les  constructions  hospitnlicres.  —  M- 
lit  un  travail  sur  la  construction  des  hôpitaux  pour  co  . 
gieux.  L’idéal  serait  d  isoler  chaque  malade  dans  une  sa 
part  ;  mais  outre  que  ce  serait  dispendieux,  le  service  jj, 
infirmiers  et  celui  des  élèves  en  médecine  serait 
elle.  Il  faut  donc  avoir  des  chambres  d'isolement  conte  ^ 
un  certain  nombre  de  contagieux.  D’un  autre  côté,  co 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


279 


...  tgnsité  des  diverses  épidémies  est  variable,  il  pourrait  ar- 
'verque  certaines  chambres  fussent  pleines  de  malades, 
tandis  que  d’autres  seraient  vides  ou  à  peu  près.  Pour  parera 
cet  inconvénient,  il  serait  bon  d’avoir,  dans  l’hôpital,  des  seg¬ 
ments  interchangeables  entre  les  divers  genres  d'épidémie. 

M.  Lemoine  lit  un  travail  sur  l’organisation  du  service  su¬ 
balterne  dans  un  hôpital  cellulaire.  Il  fait  remarquer  que  les 
m-ands  hôpitaux  ne  pourraient  avoir  que  difficilement  une 
division  cellulaire,  ne  fùt-ce  qu'à  cause  du  service  des  étu- 

L.  Martin  constate  qu'il  est  d’accord,  tout  au  moins 
thtoriquement,  avec  M.  Simonin,  qui  demande  des  segments 
interchangeables.  En  pratique,  au  lieu  de  segments  de  14  ou 
16  lits,  il  voudrait  qu'on  se  contentât  de  chambres  de  3  ou  4 
lits.  Ce  dernier  système  sera  excellent,  si  l’on  a  des  infirmiers 
rompus  aux  pratiques  de  l’antisepsie  ;  ce  qui  est  rare  mal¬ 
heureusement,  car  un  infirmier  n'arrive  guère  qu’au  bout  de 
deux  ans  à  avoir  les  qualités  requises  dans  un  service  de 
contagieux. 

M.  Drouineau  dit  que  le  système  préconisé  est  bon  pour 
les  grandes  villes,  où  les  malades  sont  nombreux.  En  pro¬ 
vince,  il  suffit  d’avoir,  dans  l'hûpital,  un  pav'illon  de  conta¬ 
gieux  à  chambres  séparées.  Et,  s’il  survient  une  épidémie  à 
laquellele  pavillon  ne  saurait  suffire,  on  construit  des  bara- 
qnements  en  matériaux  légers,  où  on  loge  le  surplus  des 
contagieux.  Il  est  d’accord  avec  M.  Martin  pour  reconnaître 
que  l’on  ne  saurait  arriver  à  de  bons  résultats  sans  des  intir- 
aiiers  connaissant  très  bien  les  pratiques  de  l’antisepsie. 

M.  Calmette  se  plaint  que,  dans  l'étude  des  constructions 
hospitalières  pour  contagieux,  on  ne  se  soit  pas  préoccupé  de 
la  présence  des  mouches,  qui,  comme  on  sait,  sont  des  agents 
de  transmission  de  la  tuberculose,  du  choléra,  etc.  Il  vou¬ 
drait  que  les  fenêtres  fussent  munies  de  toiles  métalliques 
assez  fines  pour  empêcher  leur  entrée  dans  les  salles. 

M.  Drouineau  croit  que  cette  précaution  serait  inutile  pour 
uncertain  nombre  de  maladies  :  et,  pour  les  autres,  si  le  re¬ 
mède  était  efficace,  ce  dont  il  doute,  ce  serait  une  complica¬ 
tion  et  une  dépense  supplémentaires,  car  il  faudrait  tenir  tou¬ 
jours  ces  toiles  en  bon  état. 

•M.  Thierry  croit  qu’on  devrait  surtout  protéger  les  ali¬ 
ments  contre  l’invasion  des  mouches  ;  les  garde-manger  de¬ 
vraient  être  entourés  de  toiles  métalliques. 

.Ç\  AILLANT  s’élève  contre  l’emploi  des  toiles  métalliques 
qu’on  préconise  :  au  bout  de  peu  de  temps  ces  toiles  se  cou¬ 
vriront  de  poussières  plus  ou  moins  chargées  de  microbes  ; 
de  plus  ces  toiles  empêcheront  d’une  manière  très  sensible 
•entrée  de  l'air  dans  les  salles. 

M.  Martin  a  Constaté  qu’à  l’hôpital  Pasteur,  en  lavant  le 
®1  avec  de  la  crésyline,  les  mouches  disparaissaient  d’elles- 
‘Uemes,  tandis  que  le  lavage  à  l’eau  de  javelle,  par  exemple, 
“e  produisait  aucun  effet. 

Après  diverses  observations,  la  Société,  sans  vouloir  pré- 
uiser  aucun  système  de  protection  contre  les  mouches,  se 
,  à  émettre  le  vœu  que  cette  protection  soit  opérée  par 
^  nwyens  mécaniques  ou  chimiques. 
tgr-lf  travail  sur  la  désinfection,  d’où  il  résul- 

^  t  que  le  meilleur  désinfectant  serait  le  formacétone  ;  à 
l’ava  ®'^°dité  d'emploi  et  à  son  bas-prix  relatif,  il  joindrait 
utage  d’une  efficacité  certaine. 


VALÉROBROMINE  LEGRAND 

Plus  active  que  les  bromures  et  les  valé- 

'^‘aaates. 


pl^iÙou''A-  d’ophtalmologie.  —  pe  épreuve  :  Puulaid 

Dupuy-rjul(^.japs  28,  Moiithus  21),  Scriiii  2().  — 
^*^^8  Diipuy-Dutemps  21),  Cliaillous  28,  Mon- 

•eiBps  t.)7  w  :  Poulard  2'J,  Cliaillous  29,  Dupuy-Du- 

îq  \;Houthus  27.—  4»  épreuve  :  Poulaid  19,  Dupuy-Dii- 
-'loiuhus  LS.  Cliaillous  17. 


REVUE  DE  THÉRAPEUTIQUE 


Un  traitement  rationnel  de  la  tuberculose.  L’influence 
de  la  décalcification  et  de  la  calcification. 

Souvent  les  maladies  guérissent  spontanément,  le  rôle  du 
bon  thérapeute  consiste  à  se  rendre  compte  des  phénomè¬ 
nes  qui  amènent  la  guérison  spontanée,  à  éviter  de  les  gêner 
par  une  médication  intempestive,  au  besoin  à  leur  venir  en 
aide  et  à  les  suppléeren  usant  de  procédés  analogues  si, pour 
une  raison  quelconque, ils  venaient  à  manquer. 

C’est  en  se  basant  surce  fait.que  tout  médecin  observateur 
a  pu  constater.que  le  D"'  PaulFerrier  a  fait  ses  recherches  sur 
le  traitement  de  la  tuberculose.  Il  en  a  publié,  il  y  a  déjà 
quelques  mois,  le  résultat  dans  un  petit  livre  intitulé  :  La 
guérison  de  la  tuberculose  basée  sur  l’étude  des  cas  de  guérison 
spontanée.  Traitement  et  prophylaxie  (i).  Nous  aurions  déjà 
publié  l’analyse  de  cet  intéressant  ouvrage,  si,  avant  de  le 
faire,  nous  n’avions  voulu  nous-même  expérimenterle  trai¬ 
tement  préconisé  par  M.  Ferrier  et  lui  apporter  ainsi  le  faible 
appui  de  nos  propres  observations,  qui  paraissent  concor¬ 
der  avec  ses  conclusions. 

M.  Ferrier  commence  par  constater  les  nombreux  cas  de 
guérhon  qui  suivent  les  premières  manifestations  de  tuber¬ 
culose.  Le  processus  de  ces  guérisons  consiste  le  plus  souvent 
dans  la  calcification  des  tubercules,  les  autopsies  en  donnent 
la  démonstration  indiscutable.  D’autre  part,  M.  Ferrier  admet 
que  l'évolution  delà  tuberculose  est  sous  l’influence  de  la  dé¬ 
calcification  et  qu’elle  s’arrête  si  Ton  calcifie  le  tuberculeux. 
Les  observations  de  Bouchard,  les  expériences  de  Teissier  en 
1876, au  moyen  de  Tacide  lactique, et  deCharrinen  1905, prou¬ 
vent  que  la  décalcification  a  lieu  à  tout  âge  et  que  cette  décal¬ 
cification  aune  influence  considérable  sur  la  marche  des  in¬ 
fections  en  général  et  de  la  tuberculose  en  particulier. 

Cette  décalcification,  M.  Ferrier  la  constate  dans  les  modi¬ 
fications  que  subissent  les  dents  sous  son  influence.  Non  qu'il 
y  ait  une  relation  directe  entre  la  carie  dentaire  et  la  tuber¬ 
culose,  mais  parce  que  ces  deux  affections  sont  profondément 
influencées  toutes  les  deux  par  la  décalcification. 

M.  Ferrier  a  lait  d’intéressantes  observations  sur  l’influence 
des  troubles  de  Indigestion  gastrique,  de  la  lenteur  de  cette 
digestion,  de  la  formation  des  acides  de  fermentation  dans 
T  estomac,  sur  la  décalcification.  Le  pain  blanc  préparé  à  la 
levure  de  bière  est  cause  de  fermentations  qui  entrent  pour 
une  part  importante  aussi  dans  la  décalcification  de  l’orga¬ 
nisme. 

M.  Paul  Ferrier  fait  jouer  un  rôle  considérable  au  bicarbo¬ 
nate  de  chaux,  des  eaux  d’alimentation  dans  la  calcification 
des  eaux  et  des  dents . 

Bonnes  dents,  dit-il,  en  pays  calcaires.  Mauvaises  dents  en 
pays  granitiques. 

Cette  constatation  doit  subir  de  nombreuses  exceptions  ; 
dans  les  montagnes  d'.Nuvergne,  par  exemple,  les  habitants 
ont  généralement  une  bonne  dentition  et  un  squelette  solide. 
Les  eaux  y  sont  cependant  presque  toujours  pauvres  en  bicar¬ 
bonate  de  chaux,  car  le  pays  est  formé  d’assises  granitiques 
recouvertes  d’un  revêtement  volcanique.  M.  P.  Ferrier  pour¬ 
rait  nous  objecter,  non  sans  raison,  que  les  habitants  de  ces 
régions  se  nourrissent  d’un  pain  plus  grossier  (jue  celui  de  la 
région  parisienne,  d’où  le  sel  de  chaux  de  l’écorce  des  graines 
de  céréales  n’est  pas  complètement  banni. 

Après  des  expériences  sur  les  cobayes,  démontrant  que  les 
animaux  aux  aliments  desquels  on  mélange  des  sels  de  chaux, 
résistent  à  Tinoculation  de  la  tuberculose,  quand  d’autres 
non  calcifiés  succombent  au  bout  de  quelques  mois,  M.  P. 
Ferrierappliqua  sa  méthode  de  traitement  à  Tbomme: 

Ce  traitement  consistait  d’abord  à  empêcher  l'introduc¬ 
tion  ou  la  formation  d'acides  dans  l'organisme,  car  P.  Ferrier 
considère  les  acides  comme  agents  de  décalcification,  puis  a 
faire  absorber  des  sels  de  chaux  sous  une  forme  utile. 

Il  prescrit  : 


I)  Êililé  chez  Vigot  frères,  i-).  place  ilc  rilcoIe-dc-Méilceiiic, 
190(1.  Pri.x  :  2  fr.  .50. 


280 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


1“  Ne  faire  aucun  usage  de  via,  bière,  cidre,  poiré, liqueurs, 
eau-de-vie,  en  un  mot,  de  tout  ce  qui  contient  de  l’alcool. 

Ni  salades,  nimets  vinaigrés,  ni  oranges,  ni  citrons, ni  limo¬ 
nade,  ni  orangeade.  Ne  manger  de  beurre  ni  au  repas  du  ma¬ 
tin,  nia  aucun  repas,  sauf  la  petite  quantité  nécessaire  à  l’ap¬ 
prêt  des  légumes  ou  des  pâtes. 

Encore  vaut-il  mieux  le  remplacer  par  de  la  crème  ou  de  la 
sauce  blanche  ? 

Prendre  le  moins  possible  de  sauces  ou  les  éviter  absolu  - 
ment.  Ne  pas  manger  plus  de  200  à  300  gr.  de  pain  par  jour 
selon  le  poids  du  corps. 

Comme  légumes, prendre  des  pommes  deterre.carottes,pois 
cassés,  farine  s  sous  formede  pâtes  alimentaires.  Éviter  de  pré¬ 
parer  ces  dernières  avec  du  gruyère  vieux  ou  du  par¬ 
mesan. 

Boire  uneeau  mi  né  raie  bicarbonatée  calcique  (Saint-Galraier 
par  exemple)  et  déboucher  la  bouteille  pour  lui  faire  perdre 
une  partie  de  l’acide  carbonique  libre. 

Ne  faire  que  les  repas  prescrits,  et,  en  cas  de  sensation  de 
faim  à  4  ou  5  heures  de  l’après-midi,  boire  un  verre  d’eau  de 
Saint-Galmieretne  jamais  goûter. 

Exercice  modéré  pour  exercer  l’appétit,  ne  pas  chercher  à 
manger  beaucoup. 

3°  A  6  heures  !/4  du  matin,  prendre  un  verre  d'eau  de 
Saint-Gahnier.  Se  taireau  besoin  réveiller  pour  cela. 

A  7  heures,  prendre  2  œufs,  .50  gr.  de  pain  et  un  des  ca¬ 


chets. 

Carbonate  de  chaux .  0  gr.  50 

Phosphate  tribasique  de  chaux .  0  gr.  20 

Chlorure  de  sodium .  Ogr.  15 

Magnésie  calcinée .  ...  0  gr.  05 


A  11  heures  1/4. un  verre  d'eau  de  Saint- Galmier. 

A  midi,  déjeuner  avec  viande  maigre,  œufs,  poisson  (sauf 
maquereau,  hareng,  saumon),  ris  de  veau,  rognon  de  veau 
ou  de  porc,  foie, jambon  maigre  non  fumé.  La  quantité  totale 
de  viande  doit  yarier  entre  150  gr.  et  250  gr.  Un  peu  de  légu¬ 
mes,  100  gr.  de  pain. 

Un  cachet. 

A  6  1,  'i  du  soir,  un  verre  d’eau  de  St-Galmer.  Dîner  à  7 
heures  ou  7  h.  Ip/.  Potage  au  bouillon  de  viande  dégraissé 
avec  pâtes  d'Italie.  Viande  rouge  ou  blanche  ;  œuf  ;  quantité 
de  viande  de  150  gr.  à  200  gr.  très  peu  de  légumes.  Comme 
dessert,  des  fruits,  cuits  de  préférence,  des  confitures,  50  gr. 
de  pain.  Un  cachet. 

Telle  est  l'ordonnance  type  qu’il  appartiendra  au  méde¬ 
cin  de rnodifier  selon  les  circonstances,  l’âgeet  les  conditions 
du  malade. 

Pour  les  enfants,  la  dose  de  sels  de  chaux  sera  par  jour,à  un 
an,  de  0  gr.  30eton  l’augmentera  de  n  gr.  05  par  année  d’âge; 
à  14  ou  15  ans,  la  dose  sera  la  même  que  pour  Tadult»*.  I 

P.  Ferrier recommande  de  saler  les  aliments,  d’interrom¬ 
pre  les  seU  calcaires  en  cas  de  constipation  pénible  et  de  don¬ 
ner  alors  un  gramme  de  magnésie  calcinée  après  chaque  re¬ 
pas.  Dans  les  familles  pauvres.il  préconise  de  faire  prendreà 
tout  le  monde  la  poudre  calcaire  mélangée  aux  potages  à 
chaque  repas,  tant  par  mesure  curative  que  prophylactique. 
On  ne  négligera  pas  aussi  les  prescriptions  hygiéniques  usuel¬ 
les  (aération  continue,  frictions,  révulsifs,  nettoyage  du  vi¬ 
sage.  des  mains,  de  la  bouche,  crachoir,  etc.l 

Le  résultat  du  traitement  est  le  retour  des  forces,  la  sup 
pression  des  troubles  digestifs  et  de  la  diarrhée,  la  suppres¬ 
sion  de  la  fièvre,  des  transpirations  nocturnes,  des  hémop¬ 
tysies,  la  limitation  rapide,  puis  la  diminution  des  zones, 
d'infiltration.  On  peut  adjoindre  à  la  poudre  phosphatée 
des  sels  de  créosote  dans  les  cas  de  cavernes  où  il  existe  des 
associations  de  microbes  pyogènes  au  bacille  de  Koch. 

P.  Ferrier  proteste  contre  l'usage  exagéré  des  eaux  sulfatées 
calciques.  A  son  avis,  le  soufre,  les  sulfures  elles  sulfates  sont 
défavorables  aux  tuberculeux.  11  explique  l'action  favorable 
du  séjour  dans  certaines  stations  sur  l’évolution  de  la  tu¬ 
berculose  surtout  par  la  composition  bicarbonatée  calcique 
des  eaux  d’alimentation.  .M.  Ferrier  aune  telle  foi  en  l'action 
des  eaux  bicarbonatées  calciques  qu’il  donne  une  longue  liste 
des  eaux  de  ce  genre  qui  existentenFrance.  La  prophylaxie  de 


la  tuberculose  pourra  être  assurée  par  l’addition, aux  aliments 
des  soldats,  des  enfants  dans  les  collèges  et  des  nourricàj 
d’un  mélange  de  carbonate  de  chaux  et  de  phosphate  trical- 
cique . 

En  terminant,  P.  Ferrier  remarque  que  la  tuberculose  est 
la  conséquence  et  non  la  cause  de  la  phosphaturie.  C’est  par¬ 
ce  qu’ils  sont  décalcifiés  que  les  prédisposés  à  la  tuberculose 
de  M.  Albert  Robin  ont  des  échanges  respiratoires  exagérés; 
leur  sang  étant  plus  fluide,  les  battements  cardiaques  devien¬ 
nent  plus  nombreux.  Le  phénomène  opposé  survient  chez 
les  arthritiques,  gens  hien  calcifiés,  qui  sont  moins  sujets  à  la 
tuberculose  et  chez  lesquels  cette  affection  évolue  difficile¬ 
ment.  Enfin  Ferrier  a  constaté  une  certaine  intolérance  de 
l’alcool  chez  les  malades  qui  se  calcifient. 

Nous  avons  appliqué  chez  un  certain  nombre  de  nos  mala¬ 
des  le  traitementde  M.  P.  Ferrier;  nous  avouons  qu’il  nousa 
été  impossible  d'obtenir  chez  la  plupart  une  observation  ri¬ 
goureuse  de  ses  prescriptions,  en  ce  qui  concerne  la  règl^ 
mentation  des  repas, néanmoins  nous  avons  constaté  une  amé¬ 
lioration  notable, même  chez  des  malades  à  une  période  avan¬ 
cée  et  atteints  de  tuberculose  à  localisations  multiples  (plèvre, 
poumon,  péritoine;. 

La  plupart  de  ces  malades  étaient  dans  les  conditions  so¬ 
ciales  et  hygiéniques  les  plus  défectueuses  (1).  11  serait  témé¬ 
raire  de  porter  après  (juelques  semaines  d’observation  un  jn- 
gement  définitif  sur  l’influence  de  la  calcification  sur  les  tu¬ 
berculeux, mais  les  quelques  cas  d’amélioration  que  nousavons 
constatés  nous  permettent  d’espérer  que  les  malades  en  voie 
de  tuberculisation  et  surtout  les  enfants  peuvent  retirer  de 
très  sérieux  avantages  de  la  méthode  si  minutieusement  étu¬ 
diée  par  le  D’’ Paul  Ferrier.  J.  Noir. 


REVUE  DES  MAL.VDIES  DU  SYSTÈME  NERVEÜÎ 

Rédacteur  spécial  :  M.  le  D'  Ch.  MIR.VL.I.IÉ 


I.  —Paralysie  des  quatre  membres  et  d’un  côté  de  la  face,  avec 
dissociation  de  la  sensibilité,  développée  en  quelques  heures, 
et  résultant  d'une  méningo-myélo-encéphalite  ;  par  Mills  d 
SpiLLER.  [Joiirn.  of  nerv.  and.  ment,  diseases, 1903,  Janvier.) 

Un  nègre  de  45  ans,  syphilitique  depuis  deux  ans  et  al¬ 
coolique,  a  fait  une  chute  de  wagon  sans  gravite  le  26 sept. 
1901  ;  il  accuse,  le  25  décembre,  des  douleurs  dans  le  bras 
gauche,  et,  le  22  janvier  1902,  est  paralysé,  successivement 
du  bras  gauche,  de  la  jambe  gauche,  de  la  moitié  droite  de 
la  face  supérieure  et  inférieure  ;  du  bras  droit  et  de  1* 
jambe  droite.  Cette  paralysie  s’établit  en  6  heures.  Pn* 
d'aphasie,  pas  d'hémiopie,  pas  de  paralysie  du  goût  ni  de 
l’odorat.  Absence  du  réflexe  rotulien  et  du  signe  de  Ba¬ 
binski.  Anesthésie  thermique  et  douloureuse  sur  le  tronc  et 
les  extrémités  des  muscles.  Mort  par  cachexie  progressif* 
le  4  février. 

L’autopsie  montre  des  adhérences  de  la  dure-.mère  ce^ 
vieille  et  cérébrale.  Pas  de  lésions  macroscopiques  des  cen¬ 
tres  nerveux.  Infiltration  cellulaire  autour  de  la  pie-fflér* 
cérébrale  et  bulbaire  ;  lésions  des  noyaux  bulbaires  et  d** 
cellules  de  la  régi.in  cervicale  de  la  moelle  très  accentuées 
(chromatolyse).  Les  auteurs  insistent  sur  la  rapidité  d* 
développement  de  cette  affection,  qui  fit  penser  à  une®^ 
morrhagie,  alors  qu’il  s’agissait  d'une  myélite.  La  maladi 
semble  être  due  à  la  syphilis. 

II.  — Etude  expérimentale  sur  la  forme  du  soulèvement  er3* 
graphique  ;  par  L.  Lcghto.  {Rivistadi  patol.  nervota  et  menti 
décembre  19u3.) 

Cetle  étude,  faite  avec  l’ergngraph.e  de  Mosso  et 
de  nombreux  graphiques,  montre  que  l’instrument  corr^j 


(1)  Nous  citerons  notamment  un  de  nos  malades  de  notre 
de  1  Assistance  médicale  à  domicile  atteint  d'inlîllration  des  , 
sommets  et  d'une  caverne  au  sommet  gauche.  Ce  malade, 
faibli  par  u.-ie  pleurésie  antérieure,  une  péritonite  luberculeo®^  i 
avait  nécessité  une  intervention  chirurgicale,  une  diarrhée  1“ 
cible,  s’esl  très  nolablemeal  amélioré  au  bout  de  quelques 
à  la  suite  de  l’.adminislralion  de  poudre  calcaire.  Il  vil 
dans  des  conditions  d'insalubrité  et  d'encombrement  peu 


LE  PROGRÈS  MEDICAL 


281 


pnnd  bien  au  but  pour  lequel  il  a  été  proposé.  La  courbe 
du  soulèvement  est  l’expression  et  l’émanation  directe  de  la 
contraction  musculaire.  Pour  les  détails,  cette  étude  est  à 
lire  dans  le  texte  original. 

III  _  Œdème  neurotpophique  et  vaso-moteur  du  membre  su¬ 
périeur  droit  ;  par  A.  Testi.  {Rij.  crit.  di  clin,  méd.,  1904.) 

Une  jeune  femme  de  2.3  ans  accuse  des  douleurs  à  la  main 
droite  suivies  de  tuméfaction  de  la  main  gagnant  ensuite 
l’avant-bras  et  le  bras.  L’œdème  est  blanc,  chaud  (1/2  degré 
de  plus  que  du  côté  sain),  de  résistance  pâteuse,  surtout 
accentuée  à  la  périphérie  du  membre  ;  la  pression  y  déter¬ 
mine  un  go  iet  léger  et  fugace.  Aux  rayons  X,le  squelette  de 
la  main  est  normal  ;  pas  d’autre  trouble  trophique,  pas  de 
trouble  de  la  sensibilité.  Le  massage  amène  de  l’amélio¬ 
ration. 

Après  une  très  intéressante  discussion  diagnostique,  l’au¬ 
teur  rapproche  le  cas  actuel  du  trophœdème  de  Meige,  sans 
le  confondre  complètement.  Il  considère  cet  œdème  comme 
résultant  de  la  lésion  de  la  substance  g  ise  périendymaire 
de  la  moelle  cervicale. 


IV.  —  Un  cas  de  neuroqlisme  ganglionnaire  :  par  L.  Findlay. 

[Rev.  of  Neurol,  and  Psych.,  juin  1905.) 

Un  enTant  mâle  de  14  mois,  rachitique,  atteint  de  tuber¬ 
culose  pulmonaire,  présent"  ensuite  des  signes  de  méningite 
tuberculeuse  à  laquelle  il  succombe.  Le  cerveau  présente 
des  plaques  scléreuses  qu"  l’examen  histologique  démontre 
être  un  neuroflbrome  ganglionnaire.  Après  une  étude  mi¬ 
croscopique  très  détaiPée,  l’auteur  passe  en  revue  l’opinion 
des  auteurs  sur  ce  suj"t.  Fin  liay  insiste  sur  les  analogies 
très  grandes  avec  la  sclérose  tubéreuse,  mais  distingue  net¬ 
tement  les  deux  processus.  Dans  ia  sclérose  tubéreuse  on  ne 
trouve  pas  de  cellules  gang  iounair"s,  qui  caractérisent,  au 
contraire,  le  nenroribrome  srauglionnaire. 


V.  —  Paralysies  faciales  céci  livantes  et  paralysies  faciales  à 
bascule  ;  par  Petit.  Lib.  Roussel,  Paris,  1905.) 

La  fréquence  des  oaralv-ie-  faciales  récidivantes  est  assez 
considérable;  environ  6  %  d.  s  cas  de  paralysie  faciale  pé¬ 
riphérique.  L’auteur  di-t'uirue  l".s  paralysies  récidivantes 
qui  frappent  le  même  côté  de  la  face  et  les  paralysies  à  bas¬ 
cule  qui  frappent  .s  ccessi verneid  b  s  2  m..itiés  de  la  face. 
L’intervalle  qui  sépare  !(*>;  deux  paralysies,  dans  l’une  et 
l’autre  variétés,  sont  extrêin  unent  variables  :  quelques  se¬ 
maines  (et  alors  on  a  ra-n  •■•t  de  la  dipléarie  faciale)  à  quel¬ 
ques  années.  Les  2*,  3®,  4«  é  u  lives  sont  d’autant  p'iis  rares 
que  la  premièrê  récidivé  a  ér  -  plus  éloignée  de  la  paralysie 
primitive. 

La  contracture  est  une  complication  fréquente  ;  elle  se 
montre  dans  65  %  des  ara  ysi">.  à  bascule,  soit  après  la 
première,  soit  après  la  socoude  paralysie,  et  dans  40  %  des 
paralysies  récidivantes. 

Comme  gravité,  les  paralysie-  récidivantes  et  à  bascule 
peuvent  affecter  tous  les  doirié-,  sans  qu’il  y  ail  de  relation 
e  gravité  entre  les  ilivei-s  ■-  i  iralysies. L’auteur,  après  dis- 
ussion  des  diverses  pattiogenies  émises,  admet  l’origine 
xi-infectieuse  de  la  [lar  d-  i-  l'aeiale  périphérique. 

'^*  ~''*^'’U'‘ementdes  p  'Papléqles  spasmodiques  pae  une  nouvelle 
technique  d'exercice>  m  thoctiques;  par  M.  Facri;. 


ne  première  période  d’exer- 
■  rnobili-ei-  les  rnetnbies  contracteurs  ; 
ParT^  période  d  eNeic.ices  volontaires  accomplis 

cin  .  al'le  ou  résistan  e  donnée  par  les  méde- 

la  ^  moiiveme  ds  co  nplexes  et  coordonnés  de 

très^  résultat-,  obienus  sur  40  malades  ont  été 

'l"uud  les  malades  ont  voulu  se  soumettre 
traî.  et  le  lem()s  uée.e^saire  à  cette  méthode  de 

‘caitenieni. 

^''U'nen  de  la  pupilla  et  réflexes  pupillaires.par  J.Ddna 
(Monatschrift  f.  Psycii.  u.  neurol..  Bd.  XVI.) 

raie  *n  inléressaiite  et  très  comi>lète  revue  gèi 

les  lu- expose  1  état  actuel  de  no.s  connaissances  sur 
des  d  examen  de  la  puiiille,  la  physiologie  pupillaire, 


les  réflexes  de  la  pupille,  leur  valeur  séméiologique.  Au 
courant  des  dernières  découvertes,  ce  travail  constitue  un 
des  meilleurs  résumés  sur  le  sujet. 

VIII.  —  Recherches  expérimentales  sur  les  connexions  anté¬ 
rieures  du  tubercuia  quadrijumeau  postérieur  ;  par  le  prof. 

MAHAlM.'Céry,  1905.) 

Se  basant  sur  ses  recherches  expérimentales  et  sur  les 
résultats  obtenus  par  les  autres  auteurs,  Mahaim  conclut 
qu’on  ne  peut  affirmer  l’existence  d’une  voie  centripète  cor¬ 
ticale  partant  des  cellules  du  tubercule  quadrijumeau  pos¬ 
térieur  pour  atteindre  le  lobe  temporal.  Il  n’est  en  outre  pas. 
convaincu  que  les  cellules  du  tubercule  quadrijumeau  pos¬ 
térieur  envoient  leurs  cylindraxes  dans  le  corps  genouillé 
interne. 

IX.  —  Du  rôle  de  la  syphilis  dans  les  maladies  de  l’encéphale  ; 

par  Marchand.  (Libr.  O.  Uoin,  1900. > 

La  syphilis  peut  atteindre  tous  les  organes  par  sa  toxine 
ou  son  agent  spécifique.  Après  le  système  cutané,  le  sys¬ 
tème  nerveux  est  celui  qui.  lui  paie  le  plus  large  tribut.  Les 
accidents  nerveux  sont  surtout  fréquents  à  la  troisième 
période  de  la  syphilis  ;  cependant  certains  troubles,  déter¬ 
minés  par  l’action  de  la  toxine  syphilitique  sur  les  céllules 
cérébrales  peuvent  apparaître  dès  la.  période  secondaire. 
Sans  vouloir  s’efforcer  d’étudier  la  syphilis  nerveuse  sui¬ 
vant  ces  époques  d’apparition,  tâche  illusoire  plutôt  que 
vraiment  clinique,  l’auteur  sépare  la  syphilis  acquise  dé  la 
syphilis  héréditaire,  les  désordres  étant  .différents  sui¬ 
vant  que  la  syphilis  survient  sur  un  cerveau  adulte  ou  sur 
un  cerveau  en  voie  de  développement.  Le  microbe  syi'hi- 
litique  ou  la  toxine  produisent  sur  les  centres  nerveux, 
aussi  bien  dans  la  syphilis  acquise  que  dans  la  syphilis 
héréditaire  des  lésions  toxiques  cellulaires,  des  lésions,  in^ 
flammatoires  et  des  lésions  dégénératives.  Tel  est  le  plan 
très  simple  et  facile  à  suivre  que  parcourt  l’auteur.  Sans 
admettre  une  folie  syphilitique,  Marchand  admet  netteinent 
l’action  des  toxines  syphilitiques  pouvant  amener  secon¬ 
dairement  des  troubles  p'^ychiques  ou  névrosiques.  La 
gomme  syphilitique  est  l’accident  inflammatoire  le  plus  im¬ 
portant,  à  côté  duquel  la  méningite  et  la  méningo-encé- 
phalite  ne  jouent  qu’un  rôle  secondaire.  Mais  il  faut  remar¬ 
quer  que  l’étude  toute  récente  de  la  lymphocytose  augmen¬ 
tera  probablement  dans  de  notables  proportions  la  fré¬ 
quence  de  ces  dernières  lésions.  D'une  discussion  très  ser¬ 
rée  et  très  complète  des  relations  de  la  syphilis  et  de  la 
paralysie  générale,  Marchand  conclut  :  «  L'étiologie,  la  cli¬ 
nique,  l'anatomie  pathologique,  s’accordent  pour  montrer 
que  la  syphilis  est  un  puissant  agent  de  paralysie  générale  ; 
l’anatomie  pathologique  permet  de  dire  que, dans  la  majorité 
des  cas,  la  paralysie  générale  est  de  nature  syphilitique  ». 
A  rès  l’étude  de  la  syphilis  du  cervelet  et  du  bulbe,  vient 
le  chapitre  très  co  iplet  de  la  syphilis  héréditaire.  Ecrite 
avec  une  compétence  toute  spéciale,  enrichie  de  nombreuses 
recherches  personnelles,  telle  est  cette  très  importanle  mo¬ 
nographie  qui  a  valu  à  son  auteur  d'è  re  couronné  par  T.Xca- 
démie  de  médecine. 

X.  —  Etude  de  l'.abduction  réflexe  des  orteils  Signe  de  l'éven¬ 

tail);  par  A.  Runi. 'Hôpital  majeur,  Bologne,  1905.) 

Etudiant  le  signe  de  l’éventail  cliez  les  hémiplégiques  de 
sou  service,  l’auteur  a  observé  2  fois  un  phénomène  non  en¬ 
core  signalé.  L’excitation  de  la  plante  du  pied  sain  produit 
une  abduction  plus  ou  moins  accentuée  du  petit  doigt  du 
côté  malade  (abduction  réflexe  controlatérale  du  petit  doigt)  ; 
cirez  un  troisième,  on  obtenait  une  abduction  nette  des  doigts 
du  pied  sain,  soit  comme  phénomène  associé  à  un  mouve¬ 
ment  de  flexion  du  tronc  sur  le  bassin,  soit  comme  réaction 
à  un  stimulus  douloureux  quelconque,  exercé  en  un  point 
q<ielconque  du  corps. 

XI.  —  Aires  des  sections  de  la  moelle  épinière  de  l’homme  à 
l'origine  des  différents  nerfs  spinaux  ;  par  H.  Donat.dson  et  1). 
Davis.  {The  Journ.  oj  compar.  neurol.,  ir  1,  1903.) 

Travail  très  documenté  et  très  minutieux  de  mensurations 
multiples  de  la  moelle  épinière  :  longueur  de  chaque  seg- 


282 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


ment  médullaire  et  de  la  moelle  totale,  volume  de  chaque  | 
segment  ;  volume  de  la  substance  grise  et  de  la  substance 
blanche  ;  modifications  de  chaque  segment  dus  a  la  crois¬ 
sance.  Les  détails  sont  à  lire  dans  l’original.  L'auteur  mon¬ 
tre  particulièrement  que  la  diflérence  entre  la  moelle  de 
l’enfant  et  celle  de  l’adulte  porte  surtout  sur  la  substance 
lilanehe. 

XII  -  Les  tics  ;  par  H.  Meige  [Œuvre  médico  chirurgicale,  n"  42, 
libr.  Masson,  Paris,  1905.) 

Avant  de  pénétrer  dans  la  nomenclature  médicale,  le  mot 
lie  faisait  partie  du  langage  courant.  Si  différents  auteurs 
l'avaient  déjà  étudié,  cependant  il  faut  reconnaître  que  ce 
n’est  qu'avec  les  travaux  de  Brissaud  et  Meige  que  le  tic  a 
été  scientifiquement  étudié,  nettement  limité  et  que  la  thé¬ 
rapeutique  rationnelle  a  été  établie.  Le  tic  est  un  acte  primi¬ 
tivement  commandé  par  une  cause  extérieure  ou  par  une 
idée  et  coordonné  vers  un  but  ;  par  la  répétition,  cet  acte 
passe  à  1  état  d'habitude  et  finit  par  se  reproduire  involon¬ 
tairement,  sans  cause  et  sans  but,  en  s’exagérant  dans  sa 
forme,  dans  son  intensité  et  dans  sa  fréquence.  Il  prend 
ainsi  les  caractères  d’un  mouvement  convulsif  et  intem¬ 
pestif  répété  à  l’excès  ;  son  exécution  est  souvent  précédée 
d'un  besoin  impérieux,  et  sa  répression,  d'un  malaise.  La 
volonté,  la  distraction,  peuvent  le  suspendre  ;  il  disparaît 
dans  le  sommeil.  Le  tic  apparaît  chez  les  prédisposés,  il 
coexiste  fréquemment  avec  d’autre^  manifestations  du  désé¬ 
quilibre  mental.  La  seule  méthode  thérapeutique  ration¬ 
nelle  consiste  à  obtenir  une  régularisation  méthodique  des 
actes  psychomoteurs;  de  là  la  méthode  de  Brissaud  et  Meige, 
que  l’on  peut  combiner  à  la  méthode  respir-itoire  de  Pitres. 

Nul  plus  que  Meige  u'était  apte  à  écrire  cette  monogra¬ 
phie.  Par  ses  longues  et  patientes  études  il  a  contribué  entre 
tous  à  faire  connaître  le  tic,  sa  pathogénie,  son  tiaitement. 
Aussi  n’est-on  pas  étonné  de  rencontrer  dans  cette  remar- 
■inable  broi  hure,  si  condensée  et  si  précise,  tous  les  rensei¬ 
gnements  sur  cette  question  si  intéressante  de  pratique 
médicale. 

XIII.  —  Surface  du  cylindraxe  et  de  la  gaine  de  myéline  des 

nerfs  spinaux  des  vertébrés  ;  par  H.  Do.naldsox  et  G.  Hoke. 

[Thejourn.oJ.cotnfar.  ueurol.,  janv.  1905. 

Résultats  de  minutieuses  recherches  faites  sur  des  pois¬ 
sons,  des  amphibies,  des  reptiles,  des  oiseaux,  des  mammi¬ 
fères.  A  lire  dans  l’original. 

XIV. —  Hémorrhagie  spinale.  Quelques-unes  de  ses  principales 

formes  ;  par  W.  Broav.mxg.  {7he  med.  ycii's,  octobre  1905.)  j 

Revue  générale  du  sujet.  L'auteur  distingue  l’hémorrhagie 
épidurale,  l’hémorrhagie  sous-méningée,  l’hémorragie 
spinale.  Un  tableau  résume  les  principaux  symptômes  ob¬ 
servés  dans  les  principales  observations  publiées,  ainsi  que 
les  renseignements  anatomo-pathologiques. 

XV.  —  Un  cas  d'apoplexie  spinale  ;  par  Buowxixg.  [The  med. 

jVeii’4’,  novembre  1905.; 

Etude  clinique  et  anatomopathologique  détaillée  d'un  cas 
d’apoplexie  spinale  chez  un  homme  de  soixante  ans,  à  la 
région  lombaire. 

XVI.  —  Maladie  du  coeur  par  excès  de  boissons  alcoo'iques  : 

par  Haie  M'iiite.  (Guys  Hospital  Reports,  l.  Lt'lll  j 

Après  avoir  fait  l'historique  du  sujet  |Cour,s  de  Tübingen, 
de  Munichoà  la  maladie  a  d’abord  été  observée),  l'auteur  pu¬ 
blie  5  observations.  Caractérisée  cliniquement  par  une 
dyspnée  intense,  cette  affection  a  pour  substratum  ana¬ 
tomique  une  hypertrophie  cardiaque  avec  dilatation  et  dé¬ 
générescence  graisseuse  du  myocardi'. 

XVII.  —  Rééducation  de  l’aphasie  ;  par  SniuuiEnn  T.  Eü  vxz.  [Jourti. 

of  Philos,  psychal  and  scient,  methods.  octobre  1905.'. 

Relation  d’un  cas  d'aphasie  motrice  oîi  l’auteur  entreprit 
la  cure  de  rééducation  pour  les  couleurs,  le  nombre,  la 
parole.  Des  tableaux  annexes  permettent  de  suivre  facile¬ 
ment  les  résultats  obtenus  chez  ce  malade. 


BIBLIOGRAPHIE 

Des  infections  paratyphiques  ;  parle  D''  E.  D.vbout,  méde¬ 
cin  légiste  de  l’Université.  {Bulletin  de  la  Soc.  de  Méd.  et 

Chir.prat.,  avril  1906.) 

Depuis  fort  longtemps,  les  cliniciens  avaient  remarqué  qu’à 
côté  de  fièvres  typhoïdes  à  marche  normale  et  régulière,  dont 
le  diagnostic  était  confirmé  par  des  épreuves  de  laboratoire 
I  recherche  du  bacille,  séro  agglutination)  il  existait  des  infec¬ 
tions  à  localisation  prédominante  sur  l'intestin,  qui  avaient 
l’allure  et  la  marche  de  la  fièvre  typho’ide  sans  être  des  dothié- 
nentèries  franches.  Ces  infections,  que  l'on  dénommait  sou¬ 
vent  :  embarras  gastrique  fébrile,  fièvre  muqueuse,  typhoï- 
dette.  différaient  de  la  dothiénentérie  par  clés  signes  fort 
variables,  constipation,  absence  de  taches  rosées,  ictère  aigu, 
et  par  une  négation  complète  des  recherches  bactériologi¬ 
ques,  absence  de  bacille  d’Eberth,  absence  d’agglutination. 

L’étude  bactériologique  des  infections  paratyphiques  fut 
entreprise  avec  suite  en  Allemagne,  et  l’on  peut  dès  aujour¬ 
d'hui  considérer  4  variétés  de  bacilles  engendrant  des  para¬ 
typhoïdes  :  1“  Le  bacille  paratyphique  A  de  Bryon  et  Kay- 
ser.  2"  Le  bacille  paratyphique  B  de  Conradi.  3“  Le  bacille  de 
Caertner  ibacillus  enteridis'.  4°  Le  bacille  de  Breslau  ibacil- 
lus  Breslawensis)  de  Flügge  et  Kansche. 

Ces  différentes  variétés  microbiennes  peuvent  exister  seules 
dans  l'intestin  ou  y  vivie  de  concert  avec  le  bacille  d’Eberth. 
Suivant  la  virulence  de  telle  variété  microbienne,  l'infection 
sera  purement  éberthienne  ou  purement  paratyphique,  ou 
bien  encore  on  pent  trouver  des  formes  d’infection  partici¬ 
pant  de  plusieurs  variétés  microbiennes.  On  distingue  par 
l’agglutination  la  variété  microbienne  prédominante,  et  c’est 
par  fagglutination  faite  suivant  la  même  technique  que  la 
séro-réaction  de  AVidal  que  l’on  décèle  le  bacille  influençant 
le  plus  la  maladie  et  lui  donnant  scs  caractères  cliniques  pro¬ 
pres. 

Les  symptômes  des  infections  paratyphiques  sont  surtout 
caractérisés  par  des  vomissements  incessants,  incoercibles, 
alimentaires  d’abord,  puis  bilieux,  par  des  selles  très  fré- 
(juentes  d’une  fétidité  repoussante,  accompagnées  ou  suivies 
de  coliques  très  violentes. 

La  température,  au  bout  de  quelques  jours,  atteint  souvent 
39  ou  40  degrés  ;  puis  tous  ces  symptômes  gastro-intestinaux 
cèdent  au  bout  d’une  semaine  pour  réapparaître  après  5  à  6 
jours  soit  spontanément,  soit  au  moindre  écart  de  régime. 
En  général,  les  malades  sont  déprimés,  ils  ont  delà  céphalée 
intense,  de  la  courbature,  des  vertiges,  des  lipothymies  et 
quelquefois  des  douleurs  de  la  nuque  et  de  la  rachialgie- 
Lors([ue  la  maladie  s’aggrave,  tous  ces  phénomènes  augmen¬ 
tent,  la  température  baisse,  et  la  mort  survient  tantôt  avec 
du  collapsus,  tantôt  avec  des  convulsions. 

M.  Netter  a  essayé  de  trouver  des  signes  cliniques  propres 
à  chaejue  variété  de  bacille  paratyphique,  et  il  a  remarqué  que 
le  bacille  de  Brion  et  Kayser  déterminait  très  souvent  des 
ictères  fébriles  qui  dans  certains  cas  étaient  les  seuls  signes 
cliniques  de  la  maladie.  Le  bacille  de  Gaertner  donnerait  des 
types  cliniques  variés.  Tantôt  la  symptomatologie  rappelle' 
rait  le  type  de  la  fièvre  continue  avec  existence  de  taches 
rosées  ;  tantôt  elle  se  rapprocherait  de  celle  de  la  fièvre  in¬ 
termittente  avec  température  élevée,  tantôt  enfin,  les  déter¬ 
minations  locales  siégeant  sur  des  organes  divers,  plèvre- 
endocarde,  péricarde,  méninges,  occuperaient  le  premier 

Les  difficultés  sont  donc  grandes  pour  faire  un  diagnostic 
de  typhoïde  ou  de  paratypho'ide  par  la  simple  clinique,  et, 
liersonnellement,  ayant  eu  un  cas  d'infection  intestinale  chez 
un  enfant  de  4  ans  12  avec  grosse  rate,  température  oscilD'*‘ 
entre  3  l  et  4)1,  avec  langue  sahurrale,  odeur  fétide  de  la  bou¬ 
che.  et  constip.ation,  l'auteurétait  enclin,  sans  avoir  faitlasere- 
réaclion  de  Widal,  à  porter  le  diagnostic  de  paratypho'ide- • 
([uand  l'examen  bactériologique  lui  démontra  (juc  fag&l“' 
tinalion  macroscopiiiue  ne  iiortait  que  sur  le  seul  bacme 
d'Kberth.  , 

V  la  vérité,  pour  le  praticien,  le  diagnostic  entre  la  fiè’''^ 
typho'ide  proiirementdite  ctl'infection  i)aratyphoïdc,en  cheii 


J.E  PROGRÈS  MÉDICAL 


283 


tèie,  est  assez  difficile  à  faire.  C’est  la  bactériologie,  la  séro¬ 
agglutination  pour  telles  variétés  de  bacilles  paratypbiques 
qui  donnera  le  diagnostic  étiologique  de  la  maladie,  c’est  le 
laboratoire  qui  fait  le  vrai  diagnostic. 

La  dothiénentérie,  pour  si  scbèmalique  (fu’elle  soit  dans  la 
plupart  des  traités,  ne  présente  réellement  ces  trois  grandes 
phases  cliniques  que  dans  les  livres.  Que  de  maladies  variées, 
que  d’infections  intestinales,  que  de  réactions  méningées,  que 
de  fièvres  cérébrales,  que  d’épidémies  de  typbus,  ont  été  éti¬ 
quetées  fièvres  typhoïdes,  alors  (lue  les  symptômes  étaient 
tout  différents.  La  fièvre  typhoïde  présente  donc  des  modali¬ 
tés  cliniques  considérables  que  l’on  apprend  par  la  pratique 
et  que  les  livres  classiques  d’études  ne  peuvent  faire  connaî¬ 
tre.  Quoi  d’étonnant  alors  à  voir  confondre  la  dothiénentérie 
avec  les  infections  paratyphoïdes. 

L’auteur  s’est  occupé  spécialement  de  ces  questions  d'in¬ 
fection  intestinale,  les  a  suivies  attentivement  pendant 
plusieurs  années  à  riiôpital.  Chez  un  enfant  de  4  ans  1  2, 
l’absence  de  constatations  de  taches  rosées  et  la  constipation 
opiniâtre  avec  haleine  fétide,  signe  d’infection  du  tube  digestif, 
lui  avaient  fait  porter  le  diagnostic  de  paratyphoïde  parce  que, 
précédemment,  avec  ces  mêmes  symptômes,  ce  diagnostic  de 
paratyphoïde  avait  été  confirmé  par  une  agglutination  du 
bacille  de  Breslau.  Dans  ce  cas,  la  bactériologie  lui  a  démon¬ 
tré  par  la  séro-réaction  que  ce  jeune  enfant  n'agglutinait  que 

I  Ebertli,  il  était  donc  en  face  d'une  infection  éberlhienne 
pure  ayant  toutes  les  allures  d’une  infection  intestinale  d'autre 
origine, et  il  n’était  nullementen  présenced’uneparatypho'ide. 

II  avait  fait  toutes  réserves  sur  la  nature  môme  de  l'infection 
intestinale,  mais  il  est  é\ident  que  s  il  n’avait  pas  eu  la  pos¬ 
sibilité  de  faire  une  séro-réaction, il  aurait  cliniquement  affir¬ 
mé  une  paratypho'ide,  alors  que  c’était  une  fièvre  typhoïde. 

L’auteur  a  publié  dans  le  Journal  des  Patriciens,  en  1903, 
un  cas  où  il  trouvait,  chez  le  malade.  la  diarrhée  installée  de¬ 
puis  plusieurs  jours,  du  ballonnement  du  ventre  et  une  grosse 
rate,  symptômes  ordinaires  de  dothiénentérie  et  cependant 
la  séro-réaction  faite  par  M.  Aetter  démontra  la  non-aggluti¬ 
nation  du  bacille  d’Eberth  ;  il  était  en  présence  d'une  affection 
paratyphique,  d’une  paratyphoïde,  ayant  dans  ce  oas  parti¬ 
culier,  pour  origine,  une  ingestion  de  viande  avariée.  Ce  dia¬ 
gnostic  est  précis  et,  3  jours  1/2  après,  le  bacille  de  Breslau 
agglutinait  dans  une  nouvelle  séro-réaction. 

-Ainsi  donc,,  il  existe  des  formes  de  paratyphoïdes  caracté¬ 
risées  par  des  ictères  aigus  qui  doivent  être  attribuées  en  gé¬ 
néral  auxbacilles  de  Brion  et  kayser,  d'autres  formes  à  ty[)e 
de  fièvre  continue  ou  à  type  intermittent  ou  rémittent  quide- 
vront  être  attribuées  au  bacille  de  Gaertner,  enfin  d’autres 
tormes  encore,  non  classées ,  d’allures  cliniques  typhiques, 
avec  ou  sans  éruption,  qui  forment  un  groupe  morbide  ayant 
le  bacille  de  Breslau  comme  facteur  et  pouvant  simuler,  par 
des  éruptions  morbilliformes,  scarlatiniformes,  urticariennes 
ce  qu’on  décrivait  autrefois  sous  le  nom  de  botulisme.  .4  côté 
de  ces  formes  schématiques,  il  y  a  des  variétés  cliniques  fai¬ 
tes  de  symptômes  empruntés  à  la  dothiénentérie  pure  et  aux 
infections  intestinales  paratyphoïques,  qui  devront  faire  met¬ 
te  en  doute  la  première  impression  que  peut  avoir  le  clini¬ 
cien  après  examen  de  son  malade.  11  est  toujours  facile  de 
Pteudre  quelques  gouttes  de  sang  et  de  les  envoyer  soit  à  un 
^ontrère  ayant  un  laboratoire,  soit  à  des  laboratoires  spé- 
jiux  ;le  doute  est  levé  pardes  connaissances  du  type  micro- 
agglutine  ;  le  diagnostic  étiologique  est  fait  du  même 
.  HP;^cpendant,  il  ne  faudra  pas  oublier  que  les  paratyphoïdes 
dg*||^y^cnt  ajec  une  très  grande  facilité,  et  (jue,  là  cf 
linu 


d  avec  une  très  grande  facilite,  et  que,  la 

li  la  dothiénentérie,  les  rechutes  sont  fré  iuentes  avec  1'., 
Yg, ®*ilation  précoce,  que  ces  rechutes  peuvent  être  plus  gra- 
première  manifestation  du  mal  ;  la  prudence  sera 
"TiîH  J  scande  conseillère  ;  ne  doit-elle  lias  d'ailleurs  être  le 
^tt  *aaédecin  quelle  que  soit  la  maladie  qu'il  ait  à  com- 


DE  PARIS.  Clientèle  faisant  1 5 .000 
c'  3,000  fr.  de  fixes.  Prix  avantageux.— 
un  Cabinet  Gallet.  47,  boulevard  Saint- 
‘Michei,  Paris. 


Les  processus  généraux,  tome  11;  par  MM.  Chantemesse 

et  PoDvvYssoTSKY.  (MassoH,  édit.  Paris,  1905.) 

Il  est  incontestable  que  l’étude  de  la  médecine  s’est  pro¬ 
fondément  modifiée.  Si  la  clinique  conserve  toujours  ses 
droits,  elle  ne  peut  plus  cependant  se  passer  actuellement 
de  l'aide  que  lui  fournit  le  laboratoire.  Celui-ci  non  seule¬ 
ment  a  permis  d'appliquer  toute  une  thérapeutique  nouvelle 
à  beaucoup  de  maladies,  mais  il  a  encore  créé  une  série  de 
procédés  qui  aident  au  diagnostic,  et  dont  on  ne  peut  plus 
se  passer.  Enfin  pour  tout  esprit  curieux,  il  éclaire  d’un 
jour  nouveau  la  compréhension  que  nous  nous  faisions  de 
la  maladie.  Montrer  cette  collaboration  étroite,  voire  même 
indispensable,  de  la  clinique  et  du  laboratoire,  tel  est  le 
but  que  poursuivent  les  auteurs  dans  leur  très  important 
ouvrage,  dont  le  tome  II  vient  de  paraître.  Il  est  évidem¬ 
ment  impossible  de  donner  un  résumé  de  toutes  les  matières 
de  ce  volume.  Disons  qu’il  continue  la  série  d’études  déjà 
inaugurées  dans  le  premier  volume,  et  qui  avait  trait  à  l'his¬ 
toire  naturelle  de  la  maladie,  à  l’hérédité,  aux  dégénéres¬ 
cences,  concrétions,  aux  gangrènes,  à  l’atrophie.  On  y  trou¬ 
vera  donc  le  résumé  de  nos  connaissances  sur  l’hypertro¬ 
phie,  les  dégénérescences,  sur  les  tumeurs,  la  pathologie  du 
sang  et  de  la  lymphe,  sur  l'inflammation,  l’hypothermie, 

I  hyperthermie  et  la  fièvre.  Il  ne  s’agit  pas  ici  d’une  simple 
compilation,  mais  bien  d’un  travail  personnel,  où  les  au¬ 
teurs,  sans  vouloir  s’inféoder  à  aucune  école,  ont  apporté 
leur  grosse  part  de  contribution.  Et  l’on  ne  sait  ce  que  l’on 
doit  le  plus  admirer  de  la  clarté  de  l’exposition  ou  de  l’ori¬ 
ginalité  des  idées,  jointe  à  la  juste  reproduction  des  théories 
et  des  faits.  Un  index  bibliographique  renferme,  à  la  fin  de 
chaque  chapitre,  l’indication  des  travaux  récents.  Enfin,  de 
nomnreuses  ligures  en  couleur  et  en  noir,  dispensées  très 
largement,  rendent  encore  plus  facile  la  lecture  de  ce 
ouvrage  de  bibliothèque.  R.amon. 

Une  famille  de  quatre  sujets  atteints  de  dysostose 

cléido-cranienne  héréditaire  ;  par  ViLLARExet  Francoz, 

iXouc.lncon.  delà  Salpétrière,  1905,  n“  3.) 

Observation  avec  photographies  et  radiographies  de  quatre 
membres  d’une  même  famille  (mère  et  trois  enfants)  atteints 
de  l’affection  décrite  et  isolée  pour  la  première  fois  par 
P.  Marie  et  Sainton  sous  le  nomde  dysostose  cléido-cranienne 
héréditaire  et  dont  quatre  signes  principaux  sont  les  carac¬ 
téristiques  :  développement  exagéré  du  diamètre  transversal 
du  crâne,  retard  de  l’ossification  des  fontanelles,  aplasie  plus 
ou  moins  marquée  des  clavicules,  transmission  héréditaire 
de  ces  troubles. 

Avec  ces  quatre  observations  personnelles  les  auteurs  don¬ 
nent  une  bibliographie  complète  et  un  tableau  comparatif 
des  cas  déjà  publiés  de  cette  affection  :  il  yen  a  vingt-sept, 
pour  (luelques-uns  desquels  les  auteurs  rapportent  des  do¬ 
cuments  iconographiques.  De  tous  ces  cas  se  dégage  une 
étude  clinique  de  la  maladie  :  1“  l’aplasie  claviculaire  est  le 
plus  souvent  bilatérale,  allant  depuis  l’existence  de  un  à  deux 
rudiments  variables  quant  aux  dimensions,  à  la  forme  et  à  la 
consistance,  reliés  ou  non  entre  eux  par  une  pseudarthrose 
ou  une  bande  fibreuse,  jusqu’à  l’absence  totale.  L’action  des 
muscles  de  la  ceinturescapulaire  est  le  plus  souvent  normale. 
Les  mouvements  volontaires  ne  sont  guère  modifiés.  L’état 
anatomique  des  muscles  qui  normalement  s’insèrent  sur  la 
clavicule  est  variable  :  la  portion  claviculaire  de  ceux-ci  tan¬ 
tôt  est  atrophiée  ou  manque,  tantôt  s’insère  sur  la  bande  fi¬ 
breuse  ou  les  rudiments  de  l’os,  tantôt  reportent  leurs  inser¬ 
tions  sur  les  reliefs  osseux  voisins.  L’absence  de  clavicule  pro¬ 
duit  rabaissement  et  la  projection  en  avant  du  moignon  de 
l’épaule,  ainsi  que  le  déplacement  divergent  des  omoplates 
(scapuhe  alatœ).  Il  en  résulte  aussi  une  mobilité  anormale  et 
bizarre  de  la  ceinture  scapulaire,  et  dans  le  cas  d’aplasie  dou¬ 
ble,  on  produit  facilement  l’adduction  forcée  des  moignons 
de  l’épaule  jusqu’au  contact  sur  le  devanldelapoitrine.il 
résulte  de  ces  constatations  que  si  la  clavicule  joue  un  rôle 
de  soutien  pour  le  membre  supérieur,  cerôleest  bien  relatif. 
2"  Les  déformations  de  la  tête  relèvent  de  deux  facteurs  prin¬ 
cipaux  :  l’atrophie  réelle  de  la  face  et  l’écartement  excentii- 


LE  PROGRÈS  MEDICAL 


que  (avec  raréfaction  osseuse)  des  os  de  la  voûte,  qui  donnent 
au  crâne  l'aspect  hydrocéphale.  Il  faut  noter  la  persistance 
possible  des  espaces  membraneux  des  sutures  et  des  fonta¬ 
nelles.  La  voûte  palatine  est  toujours  très  ogivale,  la  denti¬ 
tion  irrégulière.  L’intelligence  reste  normale.  3»  L’affection 
est  héréditaire,  mais  l’hérédité  dépasse  rarement  deux  géné¬ 
rations. 

Plusieurs  théories  pathogéniques  de  cette  affection  ont  été 
proposées  : 

Les  auteurs  se  rangent  à  celle  de  Couvelaire,  d'après  la¬ 
quelle  la  dysostose  cléido-crânienne  est  l’expression  d’une 
tare  générale  avec  prédominance  sur  un  certain  groupe  osseux, 
mais  pouvant  porter  sur  d’autres  parties  du  squelette,  et  de 
fait  on  retrouve  chez  presque  tous  les  malades,  à  côté  des  stig¬ 
mates  principaux,  des  stigmates  secondaires  qui  expriment 
l’atteinte  générale  du  squelette.  F.  Tissot. 


VARIA 

Curie  et  la  Légion  d'honneur. 

Mme  Curie  communique  la  note  suivante  :  «  Je  dois  à  la 
mémoire  de  mon  mari  de  rectifier  une  assertion  inexacte  qui 
a  été  reproduite  dans  plusieurs  journaux  et  qui  concerne  le 
refus  de  M.  Curie  d'accepter  la  décoration  de  la  Légion  d'hon¬ 
neur.  On  a  souvent  exprimé  l'opinion  que  le  mobile  de  ce 
refus  était  la  répugnance  d  être  décoré  sans  que  je  le  sois  en 
même  temps  et  sans  que  son  père  fait  jamais  été.  11  n  y  a 
rien  d'exact  dans  cette  supposition.  Mon  mari  ne  croyait  pas 
à  futilité  des  distinctions  honorifiques;  il  les  considérait 
même  comme  nuisibles.  Bien  avant  qu’on  lui  ait  proposé  le 
ruban  rouge,  il  avait  déjà  refusé  d'être  proposé  pour  le  ruban 
violet.  Je  partageais  ses  idées  entièrement  et  j'étais  heureuse 
de  voir  qu  il  avait  le  courage  de  conformer  ses  actes  à  ses 
opinions,  malgré  la  pression  qui  a  été  exercée  sur  lui  à  ce 
sujet.  »  (L’.lwrorr,  ?  mai  l'.JOG.) 

Un  institut  océanographique  à  Paris. 

M.  Aristide  Briand,  ministre  de  l’instruction  publique,  a 
reçu  du  prince  de  Monaco  une  lettre  par  laquelle  le  prince 
lui  annonce  qu  il  a  décidé  d'établir  à  Paris  flnstitut  océano¬ 
graphique  qu’il  a  fondé,  auquel  il  a  donné  le  musée  océano¬ 
graphique  de  Monaco,  ses  laboratoires,  ses  collections,  ses 
aquariums  et  ses  dépendances,  et  auquel  il  a  assuré  pour  son 
fonctionnement  un  capital  de  4  millions.  L'institut  s'élèvera 
sur  les  terrains  que  l’Université  de  Paris,  avec  le  concours 
du  prince,  vient  d’acquérir  rue  Saint-Jacques  et  rue  d’Llm. 
La  lettre  du  prince  de  Monaco  a  été  remise  au  ministre  par 
les  administrateurs  du  nouvel  institut  ;  M.  Gasimir-Périer, 
ancien  président  de  la  République  ;  lé  docteur  Regnard,  di¬ 
recteur  de  l'institut  national  agronomique,  membre  de  l’Aca¬ 
démie  de  médecine  ;  MM.  Cailletet  et  Becquerel,  membres  de 
l'Académie  des  sciences  ;  M.  Georges  Kohn,  banquier,  et  M. 
Louis  Mayer,  conseiller  privé  du  prince,  auxquels  s'étaitjoint 
M.  Liard,  vice- recteur  de  l'Université  de  Paris. 

Ces  messieurs  ont  soumis  également  au  ministre  les  statuts 
de  l'institution  créée  par  le  prince  de  Monaco.  Aux  termes 
de  ces  statuts,  la  direction  scientifique  de  l'institut  appartient 
à  un  comité  de  perfectionnement  international  composé  de 
savants  du  monde  entier  les  plus  qualifiés  par  leurs  travaux 
dans  les  différentes  branches  de  l’océanographie.  M.  Briand 
-s’est  montré  très  intéressé  par  la  communication  qui  lui  a  été 
faite.  11  a  chargé  M  Gasimir-Périer  et  ses  collègues  de  trans¬ 
mettre  au  prince  de  Monaco  les  remerciements  du  gouverne¬ 
ment  de  la  République  pour  cette  magnifique  libéralité,  une 
des  plus  considérables  —  puisqu'elle  dépasse  dix  millions  — 
qui  en  Europe  aient  été  faites  à  la  science.  lie  Temps.) 

Nouvelles  d’Amérique. 

Nouslisons  dans  le  Xew-Yorch-IIérald  du  10  mars,  le  curieux 
article  suivant  :  Projet  de  loi,  présenté  par  le  R.  IL  Gre- 
gory,  devantleConseilgénéraldeFowa,  prescrivant  de  mettre 
à  mort  les  malades  incurables,  alin'de  terminer]  leurs  souffran¬ 
ces.  M  Gregory  explique  son  projet  :Ge  que  je  propose  pour 


soulager  la  misère  humaine  n’est  pas  plus  étrange  que  ce  que 
beaucoup  de  médecins  et  surtout  de  chirurgiens  fontjournel- 
lement  dans  les  hôpitaux.  Geux  qui  sont  rongés  par  la  lèprë 
ou  par  un  cancer,  les  idiots,  les  enfants  malformés  et  incura¬ 
bles,  sont  une  charge  à  eux-mêmes,  à  leur  famille,  à  l’Etat, 
pour  le  restant  de  leur  vie.  Ils  doivent  être  tués.  Je  voudrais 
rendre  légal  ce  que  les  plus  grands  médecins  et  chirurgiens 
pratiquent  à  chaque  instant  dans  les  grands  hôpitaux.  Gette 
pratique  devrait  être  permise  aux  médecins  de  campagne. 
Mon  projet  contient  d'ailleurs  toutes  les  garanties.  Tout  indi¬ 
vidu,  âgé  de  10  ans,  si  sain  d’esprit,  doit  prendre  l’initiative 
de  la  requête  en  vue  de  sa  disparition.  Le  médecin  auquel 
cette  demande  est  adressée  devra  appeler  deux  autres  méde¬ 
cins  honorablement  connus  et  le  juge  de  paix  en  consulta¬ 
tion.  Ges,  quatre  personnes  tiendront  conseil  pour  détermi¬ 
ner,  s'il  est  possible,  de  sauver  la  vie  du  traumatisé,  combien 
de  temps  la  vie  peut  durer  et  en  quelle  mesure  les  souffrances 
peuvent  être  soulagées.  S’ils  sont  d’accord  que  la  mort  est 
inévitable,  ou  que  le  reste  de  la  vie  sera  une  longue  souffrance 
physique  ou  mentale,  il  sera  de  leur  devoir  d’en  informer 
le  plus  proche  parent.  Si  celui-ci  consent,  il  sera  du  devoir 
des  trois  médecins  et  du  juge  de  paix  d’administrer  un  anes- 
thétique,  jusqu’à  ce  que  mort  s’ensuive  et  faire  un  rapport 
au  Ministère  de  l’hygiène.  Une  forte  pénalité  est  imposée  au 
médecin  qui  refuse  d'appliquer  la  loi  ;  là  même  pénalité  pst 
imposée  au  médecin  qui  en  abuse.  Gette  mesure  de  mettre  à 
mort  s’applique  aux  aliénés,  aux  enfants  idiots.  Ce  sera  le 
plus  proche  parent  qui  prendra  l'initiative  de  la  requête  à 
leur  place. 

Ge  projet  fut  lu  par  le  secrétaire  du  conseil  extraordinaire. 
Tous  les  conseillers  se  levèrent  (d'indignation  ?)  et  re¬ 
gardèrent  du  côté  du  siège  du  D''  Gregory  (qui  a  préféré  être 
absent  pour  cause  de  maladie.  |  En  somme  :  meurtre  obliga- 
!  toire  et  légal  de  ceux  qui  souffrent  sans  espoir  de  guérison, 

;  de  ceux  qui  sont  ou  seront  hideusement  déformés,  idiots, 
afin  de  les  empêcher  d’engendrer.  M.  le  Dr  Gregory  n’est  cer- 
I  tainement  pas  le  premier  à  avoir  eu  cette  idée,  mais  il  aura  été 
le  premier  à  l'énoncer  publiquement  et  àen  vouloir  faire  une 
loi.  Friedel. 

LES  CONGRÈS 

Congrès  Préhistorique  de  France. 

(Deuxième  session  — Vannes  1906*) 

Les  assises  du  Gongrès  se  tiendront  du  mardi  21  au  diman¬ 
che  26  août  1906  inclusivement.  Les  trois  premières  journées 
(21,  22,  23  aoûti,  à  Vannes,  seront  consacrées  aux  présenta¬ 
tions,  communications  et  discussions  scientifiques,  ainsi  qu  a 
des  visites  archéologiques  (musées,  monuments,  collections 
locales)  ;  les  trois  autres  journées  (24,  25]  26  août'  serontcon- 
sacrées  à  des  excursions  scientifiques  et  notamment  à  la  visite 
des  nombreux  et  remarquables  monuments  mégalithiques  de 
la  contrée.  Le  programme  définitif  sera  ultérieurement 
blié.  Parmi  les  questions  inscrites  à  l’ordre  du  jour,  figurent 
les  suivantes,  particulièrement  intéressantes  pour  la  région 
où  se  tiendra  le  Gongrès:  t.  Le  paléolithique  en  Bretagne. 
—  2.  Signification  des  Menhirs  et  des  Alignements.  —  3.  .Eh*' 
de  des  Tumulus  en  général.  —  4.  Les  gravures  et  les  sculpW" 
res  sur  Mégalithes.  —  5.  La  Gérami<iue  des  Dolmens. 

Les  membres  titulaires  paient  une  cotisation  de  12  francs- 
Seuls,  ils  ont  droit  au  compte  rendu  de  la  session.  Les  meffl' 
bres  adhérents  paient  une  cotisation  de  6  francs  ;  ils  pcu'^^ 
assister  aux  réceptions,  réunionset  excursions.  Toutes  coi^ 
munications  ou  demandes  de  renseignements  ‘levront  e 
adressées  à  M.  le  D' Marcel  B.A.UDOU1N,  secrétaire  gon®*'®}. -5 
Gomité,  à  Paris,  21,  rue  Linné.  Les  adhésions  et  cotisauO 
sont  reçues  dès  maintenant  chez  M.  Gir.xux,  trésorier  du 
mité,  avenue  Victor-Hugo,  9  bis,  à  Saint-AIandé  (Seine). 


X-  —  E® 

Insi'ection  s.xnitaire  dans  le  bassin  houiller  du  Nord. 
ministre  de  la  guerre  vient  de  charger  M .  le  médecin  inspeÇ‘ 
principal  Claudot  de  faire  une  enquête  sur  place  au  sujet  de  i 
çon  dont  sont  cantonnées  les  troupes  et  des  secours  donnes 
soldats  blessés  au  cours  des  incidents  qui  ont  marqué  les  grève 
Nord  et  du  Pas-de-Calais. 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


285 


JURISPRUDENCE  MEDICAUE 


NÉCROUOGIE 


Les  honoraires  des  Médecins  étrangers  exerçant 
illégalement  en  France. 


M  le  D  Paul  BOURGEOIS 

Député  de  la  Vendée. 


Le  Droit  Médical,  de  mars  1906,  publie  un  intéressant  article 
de  M.  Baffrey,  conseiller  à  la  Cour  d’Appel  de  Paris,  com¬ 
mentant  un  jugement  du  19  mai  1904,  du  tribunal  de  Valen¬ 
ciennes,  d’après  lequel  le  médecin  étranger  non  muni  du  di¬ 
plôme  délivré  en  France  ne  peut  exercer  aucune  action  en 
justice  pour  le  paiement  de  ses  honoraires. 

Voici  d’ailleurs,  le  libellé  du  jugement  de  Valenciennes  ; 

«  Le  Tribunal,  attendu  (jue  le  docteur  L...,  médecin  à 
Bruxelles,  réclame  à  la  dame  L  ..  2., 900 francs  pour  soins  mé¬ 
dicaux  par  lui  donnés  à  un  sieur  D...  dont  la  dame  L. ..  est 
légataire  universelle  ;  que  celle-ci  conteste  le  chiffre  de  la 
somme  réclamée  comme  exagéré  ;  qu’elle  offre  à  la  barre  pour 
tous  honoraires  une  somme  de  1 .000  francs  ;  que  cette  somme 
paraît  une  rémunération  suffisante  des  soins  donnés  à  feu 
D...  par  le  demandeur  et  qu’il  y  aurait  lieu  de  la  valider; 
Mais,  attendu  que  le  docteur  L..,  n’est  pas  diplômé  par  le  gou¬ 
vernement  français  et  qu’aux  termes  de  l'article  5  de  la  loi  du 
30  nov.  1892  nul  ne  peut  exercer  la  médecine  en  France  s’il 
n’est  muni  d’un  diplôme  de  docteur  en  médecine  délivré  par 
le  gouvernement  français;  qu’aux  termes  de  l’article  10  delà 
même  loi,  toute  personne  non  munie  de  ce  diplôme  et  qui 
prend  part  habituellement  au  traitement  des  maladies  com¬ 
met  un  délit  ; 

«  Qu’en  ce  qui  concerne  l’habitude,  bien  que  ce  médecin 
belge  n’ait  traité  en  France  que  ü...,  elle  est  légalement  cons¬ 
tituée  à  sa  charge  par  la  réitération  du  fait  commis  par  lui  et 
dont  il  se  prévaut  à  l’appui  de  sa  demande  ;  qu’il  faut, en  effet, 
pour  apprécier  l'habitude,  envisager  les  faits  par  rapport  à 
celui  qui  en  est  l’auteur  et  non  par  rapport  à  ceux  qui  en  sont 
l’objet  ;  que  la  pluralité  des  faits  1  emporte  sur  la  non-plura¬ 
lité  des  sujets; 

«  Que  donc  l’obligation  en  vertu  de  laquelle  le  docteur  L. .. 
réclame  des  honoraires  à  la  dame  L...  repose  sur  une  cause 
illicite  comme  étant  prohibée  par  la  loi  et  qui  ne  peut  dès 
lors  produire  aucun  effet  (art.  1131  et  1 133  G.  Civ.  i  :  que,  dans 
ces  conditions  et  Inen  que  la  défenderesse  n’excipe  pas  de  ce 
moyen  de  nullité,  le  tribunal  croit  devoir  le  soulever  d’office, 
sous  peine  de  violer  les  dispositions  des  deux  articles  susvi¬ 
sés,  en  sanctionnant  par  une  action  (luelle  qu’elle  soit  des 
faits  défendus  par  la  loi  civile  et  par  la  loi  pénale  ;  (ju’un  dé¬ 
lit  ne  peut  être  judiciairement  reconnu  comme  générateur 
d'un  droit  au  profit  de  son  auteur  ; 

«  tlue  le  silence  de  la  dameL...  sur  ce  point  ne  couvre  pas 
œtte  nullité  et  ne  dispense  pas  le  Tribunal  d’en  tenir  compte, 
l’articieti  du  titre  préliminaire  interdisant  de  déroger  par  con¬ 
ventions  particulières  aux  lois  qui  intéressent  l’ordre  public  ; 
quelaloidu  30  novembre  18'.l2,  par  son  objet  même,  présente 
un  caractère  d’ordre  public  justifiant  l’initiative  que  prend  le 
Tribunal  ; 

«  Le  Tribunal  déboute  le  D''  L. ..  de  sa  demande  et  le  con¬ 
damne  aux  dépens.  » 


CHEMIN  DE  FER  D’ORLÉÀNS 


Riltets  d'aller  et  retour  de  famille  pour  les  stations  thermales 
®t  hivernales  des  Pyrénées  et  du  Golfe  de  Gascogne  (Arca- 
chon,  Biarritz,  Dax.  Pau.  Snlies-de-Béarn.  etc.  (Tarit  spé¬ 
cial  P.  V.  n'  106  (Oriéans). 

billets  de  famille  de  1",  2'  et  3“  classes,  comportant  une 
eauction  de  20 à  40  û/0,  suivant  le  nombre  des  personnes,  sont 
foute  l’année,  à  toutes  les  gares  du  réseau  d'Orléans, 
d’oir  stations  termates  et  hivernales  du  Midi,  sous  condition 
jCctuer  un  parcours  minimum  de  300  kilomètres  (aller  et 
tour  compris)  et  notamment  pour  :  Arcachon,  Biarrit^,  Dax, 
(balte),  Hendaye,  Pau,  Saint-Jean-de-Lu^,  Salies-de-Béarn, 

Durée  de  validité:  33  jours  non  compris  les  jours  de  départ  et 

U  arrivée. 


M.  le  D''  Paul  Bourgeois,  député  de  la  droite,  vient  de  suc¬ 
comber  à  un  érésipèle. 

Né  en  1897.  à  la  Verrie,  en  Vendée,  bien  que  n’étant  pas  le 
doyen  de  la  Chambre,  par  suite  d’indispositions  de  ses  collè¬ 
gues  plus  âgés  M.  Paul  Bourgeois  dut  prononcer  depuis 
quelques  années  le  discours  d’usage  à  l’ouverture  de  la  ses¬ 
sion  du  Parlement.  11  sut  toujours  remplir  cette  tâche,  que 
rendaient  difficile  ses  opinions  royalistes  avec  tact  et  cour¬ 
toisie. 

M.  Paul  Bourgeois  était  depuis  1871.  conseiller  général  et 
maire  de  la  Verrie.  puis  peu  après  député  à  l’Assemblée  na¬ 
tionale.  Il  siégeait  à  la  droite  monarchiste.  Excellent  confrère, 
le  D''  Paul  Bourgeois  n'oublia  jamais  qu'il  était  un  médecin 
praticien,  il  donna  toujours  son  appui  aux  revendications  mé¬ 
dicales,  et  malgré  les  différences  absolues  d’opinions  politi¬ 
ques,  il  ne  refusa  jamais  de  se  joindre  à  ses  confrères  du 
Parlement  pour  soutenir  les  intérêts  des  praticiens.  J.  N. 


THERAPEUTIQUE 


L'emploi  thérapeutique  de  l’Hélénine  dans  les  hôpitaux. 

«  J’ai  expérimenté  l'Hélénine  à  l’hôpital  sur  un  certain 
nombre  de  malades,  dit  Audhoui,  médecin  des  hôpitaux, 
dans  la  Thérapeutique  contemporaine  (avril  1882).  Le  ma¬ 
lade  rend  moins  de  crachats,  expectore  plus  aisément,  res¬ 
pire  mieux,  voit  la  toux  diminuer,  et,  par  conséquent,  dis¬ 
paraître  la  douleur  de  poitrine,  l’agitation,  l’insomnie.  »  Et 
Chéron,  médecin  de  l’hôpital  Saint-Lazare,  ajoute  dans  sa 
Revue  médico-chii’urgicale  des  maladies  des  femmes  que  l’action 
de  l’Hélénine  est  immédiate. 

L’Hélénine  s’administre  à  la  dose  de  2,  3,  ou  4  globules, 
du  D''  de  Korab,  par  jour. 


FORMULES 


XXVII.  —  Contre  la  coqueluche. 


de  0  gr.  01  à  0  gr.  10 


Teinture  de  droseni  . 

Teinture  de'grindelia . 

Teinture  de  belladone . 

Sirop  de  Desessartz . 

Caibonatc  de  créosote . 

Huile  d’amandes  douces . 

Go.mme  arabique  pulvérisée. 
Eau  distillée  de  tilleul . 


X  gouttes. 


V  gouttes. 
30  gr. 


10  gr. 
5  gr. 


120  gr. 


Par  cuill.  à  café,  à  dessert  ou  à  soupe, selon  l’âge,  la  dose  de 
dionine  devant  être  de  2centigr.  pour  un  enfant  de  2  ans,  et 
de  0  gr.  10  pour  un  enfant  au-dessus  de  7  ans,  par  24  heures. 


XXVIII.  —  Injections  hypodermiques  contre  la 


constipation. 

Glilorliydrate  d'apocodéine .  0  gr.  50 

Eau  distillée  stérilisée .  .50  gr. 

Injecter  2  cc.  par  jour.  (Co.mbemai.e.) 


XXIX.  —  Dans  la  variole. 


Donner  par  cuillerées  à  soupe  d’heure  en  heure  pour  favo¬ 
riser  l’éruption  : 


Acétate  d  ainuionuiquo. 

Eau  de  menthe . 

Eau  de  llcurs  <1  orange 

Eau  de  mélisse . 

Sirop  d’éther . 

Sirop  de  capillaire - 


lü  gr. 


(ai  ,0  gr. 

(ü.  Lyon.) 


286 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


XXX.  -  Contre  les  ulcères  atones. 

.Vprès  avoir  bien  nettoyé  l’ulcère  avec  de  l’huile  d’amandes 
douces  stérilisée  au  moyen  d’un  tampon  de  coton  hydrophile, 
on  couvre  la  plaie  de  : 

,  Poudre  de  sous-oarbonate  de  fer. 

ou  de  la  pommade  : 

Vaseline  stérilisée .  40  gr . 

Sous-carbonate  de  fer .  1  gr . 

On  panse  ensuite  avec  de  la  gaze  hydrophile  sèche  et  du 
coton  maintenus  par  une  bande  de  crêpe. 

(D’après  S.^bour.4ud). 


XXXI.  —  Contre  l’insomnie. 

Prendre  en  une  fois, un  quart  d’heure  ou  demi-heure  avant 
de  se  coucher  : 

Trional .  J  gr. 

Huile  d’amandes  douces  . ÎO  gr , 

Sucre .  0  gr . 

Eau  de  fleurs  d’oranger .  10  gr, 

Eau  de  laurier-cerise . 

Gomme  adra  gante . i  j 

Gomme  arabique .  . ) 

Agiter  avant  de  s’en  servir. 

On  peut  donner  en  lavement  • 


Eau .  250  gr. 

(Eocquii-i.on-Limousin). 

XXXII.  —  Contre  la  dépression  et  I  anorexie  des 
neurasthéniques,  des  tuberculeux,  etc. 


Huile  d’olive  .stérilisée.. 

Lécithine . 

Gaïacol . 

Eucalyptol . ^ . 

Menthol . 

lodoforme . . 


10  gr. 

0  gr.  50 
1  gr. 

1  gr. 

0  gr.  04 
0  gr.  10 


3  cc.  en  injections,  3  fois  par  semaine,  pendant  3  semaines. 


(A.  Robl 

XXXIII. 

—  Contra  la  dyspnée. 

Oxaphore . 

.  10  gr. 

Alcool . 

.  20  gr. 

Eau  de  réglisse. 

.  10  gr. 

Eau  distillée  . . . 

.  1.50  gr. 

DYapVinrp  .  .  .  . 

.  10  gr. 

Vin  de  Malaga 

.  60  gr. 

Sirop  simple  .  . 

Eau  distillée.. . . 

Par  cuill.  à  café  sans  dépasser  la  dose  de  2  à  3  gr.  par  jour. 

(D’après  Bocquili.on-Limousin). 


CHEMINS  DE  FER  DE  L’OUEST 


LES  AFFICHES  EN  CARTES  POSTALES 

La  compagnie  deschemins  de  fer  de  l’ouest  met  en  vente,  au  prix 
de  0  fr.  40,  dans  les  bibliothèques  des  gares  de  son  réseau,  un 
carnet  s  o  us  couverture  a-rtistique  de  8  cartes  postales  illustrées 
reproduisant  en  couleurs,  les  plus  jolies  affiches  établies  pour  son 
service  entre  Paris  et  Londres,  par  Rouen,  Dieppe  et  Newhaven  et 
contenant  en  outre  la  relation  de  ce  voyage  avec  8  vues  en  simili¬ 
gravure  des  principaux  points  situés  sur  le  parcours. 

Ce  carnet  de  cartes  jiostales  est  adressé  franco  à  domicile, 
contre  l’envoi  de  Ofr.  40  en  timbres-poste  au  service  de  la  publi¬ 
cité  delà  compagnie,  20,  rue  de  Rome,  à  Paris. 


La  saison  à  Châtel-Guyon. 

La  Société  des  Eaux  de  Châtel-Guyon  rappelle  à  tous  les 
intéressés  que  l’ouverture  de  la  saison,  dans  cette  station,  a 
lieu  au  l^mai,  et  que,  pendant  ce  mois  de  mai,  comme  aussi 
en  octobre,  les  cartes  d’abonnement  et  les  tickets  d’opérations 
thermales  sont  à  demi-tarif  pour  tous  les  baigneurs  indistinc¬ 
tement. 

Elle  met  en  service,  dès  cette  année,  toutes  les  cabines  de 
l>‘=  classe  (80)  des  bains  à  eau  courante  dans  ses  nouveaux 
Thermes  ;  mais  elle  se  voit  forcée  de  reculer  à  l’an  prochain 
l’ouverture  des  bains  de  2®  classe,  que  remplacent  d’ailleurs, 
en  quelque  sorte,  les  demi-tarifs  réglementaires  de  mai  et 
d’octobre. 


Actes  et  thèses  de  la  Faculté  de  fVIédecine  de  Paris. 

Thèses  de  doctorat.  —  MercreU,  0  m  i.  —  I  nssii’r  :  Les 
traitements  de  la  syphilis  (MM.  Gaucher.  Roger,  Richaud.  Labbé 
(Marcel).  — M.  Frahcina  :  Contribution  a  l’élude  physique  des  eaux 
minérales  (MM.  Roger.  Gaucher,  Richaud,  Lahbé  (Marcel). 

Jeiiii,  10  mai.  —  M.  Bouffier  :  Traitement  des  plaies  de  la  veine 
cave  inférieure  au  cours  de  la  néphrectomie  (MM.  Giiyon,  Berger, 
Gilbert,  Carnot.  —  Ai .  Saillant  :  Sigmoïdites  et  périsigmoïdites. 
Etude  anatomique  et  clinique  (MM  Berger,  Guyon.  Gilbert,  Car¬ 
not.  —  AI.  Boivin  :  Conlri!)ulion  à  l'étude  du  l'oie  appendiculaire 
(MM.  Gilbert,  Guyon,  Berger.  Carnot).  —  M.  Brillaud  :  De  quelques 
formes  de  tuberculose  oculaire  (kératite  parenchymateuse  tuber¬ 
culeuse  et  tuberculose  de  l’iris)  et  en  particulier  de  leur  traite¬ 
ment  (MM.  Ilutincl,  Budin,  De  Lapersonne,  Mcry.  —  At .  TrouetU: 
Les  mutualités  maternelles.  Leur  action  sur  la  mortalité  infantile 
(MM.  Budin,  Ilutinel,  De  Lapersonne,  Méry.  —  AI.  Béal  :  Des  hé¬ 
morrhagies  rétiniennes  dans  ta  compresse  du  thorax  (MM.  De  La¬ 
personne,  Hutinet,  Budin,  Méry. 

Examens  de  doctorat,.  —  Lundi,  7  mil.  — 5'  (Chirurgie,  P'  par¬ 
tie,  1"  série,  Hôtel-Dieu)  :  MM.  Kirmisson,  Delens, Pierre  Duval.  — 
5”  (1"  partie,  2*  série,  Hôtel-Dieu)  :  MM.  Reclus,  Legueu,  Proust. 

Mardi,  8  mai.  —2*  (Salle  Béclard)  :  Launois,  Langlois,  Mail¬ 
lard. —  3‘(2'partie,  Oral,  Salle  Broussais)  ;  M.M.  Joffroy,  Thiroloix, 
Guiart.  —  4’ (Salle  Corvisart)  :M.M.  Chanlemesse,  Gilbert,  Dupré. 

—  5*  (Chirurgie,  P"  partie,  1"  série.  Charité)  :  MM.  Guyon,  De  La¬ 
personne,  Marion.  —  5*  (Pt  partie,  2‘  série,  Charitél:  MM.  Pozzi,  Au- 
vray,  Morestin,  —  5“  (2"  partie,  Charité)  ;  MM.  Dieulafoy,  Méry, 
Rénon. 

Alercrcdi.  q  mai.  -  3'  (Salle  Richet)  :  MM.  Richet  vCb.},  Broca 
'André),  Brr.nca  —  S*  (2*  pardic,  P°  série.  Oral,  Salle  Corvisart): 
MM.  Blanchard,  Teissier,  Legry.  —  3'  (2'  partie,  2“  série.  Oral  Salle 
Broussais)  :  MM.  Brissaud,  Claude,  Maeaigne. 

Jeudi,  10  mai.  —  2”  (Salle  Béclard)  :  MM.  Roger,  Launois,  Des- 
gi’cz.  —  3’  (1"  partie.  Oral,  Salle  Broussais)  :  MM.  Pozzi.  Thiéry, 
Demelin.  —  3"  (2“  partie.  Oral,  Salle  Corvisart)  :  MM.  Joffrt.y,  Thi¬ 
roloix,  Jcanselme. 

Vendredi,  II  mai.  -  2"  (Salle  Richet)  :  MM.  Gariel,  Richet  (Ch.', 
Branca.  — 3*  (2' partie,  P'  série.  Oral,  Salle  Béclard)  ;  MM.  Déje- 
rine,  Legry,  Labbé  (Marcel'.  —  3*  (2'  partie,  2‘  série.  Salle  Brous¬ 
sais)  :  MM.  Gaucher,  Balthazard,  Maeaigne,  —  5'  (Chirurgie,  P” 
partie,  1"  série,  Necker)  ;  MM.  Kirmisson,  Gosset,  Proust.  —  5' 
(Chirurgie;  1”  partie,  2*  série,  Necker)  :  MM.  Segond,  Legueu, 
Mauclaire.  —  5"  'Obstétrique,  1"  parlie.  Clinique  Baudelocquc)  : 
MM.  Lepage,  Wallich,  Potocki. 

Samedi,  J2  mai.  —  2*  (Salle  Pasteur)  ;  MM.  Launois,  Langlois, 
Broca  (André).  —  4*  (Salle  Thouret)  :  MM.  Chantemesse,  Ballet  (G.!, 
4’aquez.  —  5”  (2'  parlie,  P"  série,  Beaujon)  :  MM.  Raymond,  Roger, 
Thiroloix.  —  S*  (2'’ parlie,  2*  sériel  :  MM.  Hutinel,  Méry,  Goiiget. 

—  5”  (2"  partie,  3'  série,  Beaujon)  :  MM.  Robin,  .leanselme,  Bezan- 
çon.-  5*  (Obstétrique,  1"  partie,  Clinique  Tarnier)  :  M.M.  Budin, 
Demelin,  Brindeau. 


La  journke  de  la  Frousse.  —  Le  .Matin.  —  M.  Stéphane  Lau- 
zanne  :  Maintenant  que  «  la  Révolution  qui  venait  »  s’en  est  allée, 
il  va  falloir  nous  préoccuper  de  replacer  notre  argent  et  surtout 
d'écouler  nos  approvisionnements  de  conserves.  Dans  bien  des 
maisons,  on  devra,  pendant  des  semaines,  manger  des  stocks  de 
jambons  qui  se  dessécheront  de  plus  en  plus  et  consommer  deS 
petits-beurres  qui,  sous  la  dent,  craqueront  de  moins  en  moins. 
Aussi  sera  t-il  préférable  de  ne  pas  accepter  à  dinerdans  le  faU' 
bourg  Saint-Germain  d’ici  à  la  semaine  prochaine. 

Définition  DE  l’amour.  ^  Jésus  et  Sainte  Gertrude. —  Vousid^ 
trouverez  dans  le  cœur  de  Gertrude.  «  Je  voudrais  bien  vous 
aimer,  mais  je  ne  sais  ce  que  c'est  que  l’amour  ;  dites-!c  moi, 
Jésus,  dites-lé  moi,  vous  qui  aimez  jusqu’à  la  mort.  »  —  «  L'amour 
est  une  llécbc  d'argent  (pii  part  d’une  arbalète  d'or.  »  {Scieiiet 
Fa//lü/îV/I(f,  d'Arras,  avril  PJOfi). 


LE  PliüGIîÈS  MÉDIGAI, 


287 


NO^EIXES 

Natalité  dr  Paris.  —  Du  dimanche  1  au  samedi  7  avril 
19Ô6.  les  naissances  ont  ete  au  nombre  de  1008,  se  décomposant 
ainsi  ;  légitimes  723,  illégitimes  285. 

Mortalité  a  Paris.  —  Population  d'après  le  recensement  de 
1901  :  2.000.559  habitants.  Les  décès  ont  été  au  nombre  de  1117, 
savoir  ;  582  hommes  et  533  femmes.  Les  décès  sont  dus  aux 
causes  suivantes  :  Fièvre  typhoïde  (typhus  abdomin.)  :  5.  — 
Typhus  exanthématique  :  0.  —  Fièvre  intermittente  et  cachexie 
palustre  :  0.  —  'Variole  ;  0.  —  Rougeoie  :  30  —  Scarlatine  ;  5. 

—  Coqueluche  :  3.  —  Diphtérie  et  Group  :  8.  —  Grippe  :  8. 

—  Choléra  asiatique  :  0.  —  Choléra  nostras  :  0.  —  Autres 
maladies  épidémiques  ;  6.  —  Tuberculose  des  poumons  :  233.  — 
Tuberculose  des  méninges  :  27.  —  Autres  tuberculoses  :  17.  — 
Cancer  et  autres  tumeurs  malignes  :  65.  —  Méningite  simple  ;  20. 

—  Congestion  hémorrhagique  et  ramollissement  du  cerveau  :  62. 

—  Maladies  organiques  du  cœur  :  68.  —  Bronchite  aiguë  10. 
_ Bronchite  chronique  :  25.  — Pneumonie  :  48.  —  Autres  affec¬ 
tions  de  l’appareil  respiratoire  ;  134.  —  Affections  de  l’estomac 
(cancer exc.)  :  1. —  Diarrhée  et  entérite  deO  à  1  an  ;  sein  :  5  ;  au¬ 
tre  alimentation  :  10  —  Diarrhée  et  entérite  de  1  à2  ans  ;  3. —  Her¬ 
nies,  obstruction  intestinale  :  P2.  —  Cirrhose  du  foie  :  12.  —  Néphrite 
et  mal  de  Bright  :  37.  ■  Tumeurs  non  cancéreuses  et  autres  ma¬ 
ladies  des  organes  génitaux  (femmes)  :  7.  —  Septicémie  puerpérale 
(fièvre,  péritonite,  phlébite  puerpérale)  :  2.  —  Autres  accidents 
puerpéraux  de  la  grossesse  et  de  raccoucnement  ;  3.  —  Débilite 
congénitale  et  vices  de  conformation  :  21. —  Débilité  sénile  :  55. 

—  Morts  violentes  :  24. —  Suicides  :  9.  —  Autres  maladies  :  141. 

—  Maladies  inconnues  ou  mal  définies  :  12. 

Mort-nés  et  morts  avant  leur  inscription:  61,  qui  se  décom¬ 
posent  ainsi  :  légitimes  45,  illégitimes  16. 

La  méningite  a  Toulon.  —  De  nombreux  cas  de  méningite  se 
sont  produits  récemment  à  Toulon  et  ont  donnélieu  à  quatre  décès 
au  17“  bataillon  d'artillerie  de  forteresse  (caserne  Gardanne).  Par 
ordre  du  ministre,  ce  bataillon  est  envoyé  à  File  Sainte-Margue¬ 
rite  par  mesure  de  prophylaxie. 

Muséum  d'histoire  naturelle.  —  Cours  de  pathologie  com¬ 
parée.  —  M.  Chauveau,  membre  do  l'Institut, professeur,  ouvrira 
ce  cours  le  vendredi  4  mai  1906,  à  onze  heures,  et  le  continuera 


les  lundi,  mercredis  et  vendredis  suivants,  à  la  même  heure.  Le 
professeur  exposera  les  résultats  do  ses  recherches  en  cours  sur 
la  théorie  de  la  dépense  énergétique  liée  à  l’exécution  du  travail 
musculaire  et  les  applications  qu’ils  comportent.  Il  s’attachera 
particuliérement  aux  faits  démontrant  l’identité  absolue  des  lois  de 
cette  dépense  dans  le  moteur-muscle  et  dans  les  moteurs  mécani¬ 
ques.  Les  leçons  et  démonstrations  auront  lieu  au  laboratoire  de 
pathologie  comparée. 

Cours  de  dessin  appliqué  à  l'étude  des  plantes.  —  M”“  Made¬ 
leine  Lemaire  commencera  ce  cours  le  mardi  8  mai  1906,  à  trois 
heures,  et  le  continuera  les  jeudis,  samedis  et  mardis  suivants,  à 
la  même  heure,  dans  la  salle  des  Cours  de  Dessin  (Porte  d’Aus¬ 
terlitz). 

Chronique  des  Hôpitaux. 

Concours  pour  les  prix  a  décerner  a  m.m.  les  élèves  inter¬ 
nes  en  pharmacie  des  HOPITAUX  ET  HOSPICES  (année  1905-1906). 
—  Le  concours  annuel  pour  les  prix  à  décerner  à  MM.  les  élèves 
internes  en  pharmacie  des  hôpitaux  et  hospices  sera  ouvert  le 
vendredi  8  juin,  à  midi  précis,  dans  la  salle  des  Concours  de 
l’Administration,  rue  des  Saint-Pères,  n»  49.  MM.  les  Internes  en 
pharmacie  sont  prévenus  qu’en  exécution  des  dispositions  du 
Règlement  général  sur  le  Service  de  Santé,  tous  les  Internes  en 
pharmacie  des  hôpitaux  et  hospices  sont  tenus  de  prendre  part  à 
ce  concours,  sous  peine  d’être  considérés  comme  démissionnaires, 
et,  comme  tels,  d’être  privés  du  droit  de  continuer  leur  service 
dans  les  hôpitaux.  Ils  devront,  en  conséquence,  se  faire  inscrire  à 
l’Administration  Centrale  (Service  du  Personnel)  de  onze  heures 
à  trois  heures,  du  lundi  7  mai  au  samedi  19  du  même  mois,  inclu- 

CONCOURS  pour  LA  nomination  A  DEUX  PLACES  d’aSSISTANT  TITU¬ 
LAIRE  ET  A  DEUX  PLACES  d’aSSISTANT  ADJOINT  DES  SERVICES  SPɬ 
CIAUX  n’oTO-RHINO-LARYNGOLOGIE  DES  HOPITAUX  DE  PARIS,  pOUr 

entrer  en  fonctions  le  premier  juillet  1906.  —  Ce  concours  sera 
ouvert  le  vendredi  1“''  juin  1906,  à  midi,  dans  la  salle  des  concours 
de  l’Administration,  rue  des  Saints-Pères,  n°  49.  Cette  séance 
sera  consacrée  à  la  composition  écrite.  Les  candidats  seront 
admis  à  se  faire  inscrire  à  l’Administration  centrale  (servies  du 
personneli,  de  midi  à  trois  heures,  du  mardi  !“'•  mai  1906  au  lundi 
14  du  même  mois  inclusivement. 


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Solution  huileuse  d  oléo-sulfonate  de  sodium 

Le  plus  actif  et  le  meilleur  marché  de  tous  les  médicaments  employés 
dans  le  traitement  des  affections  gynécologiques.  Le  plus  facile  à  prescrire 
et  à  manier  ;  il  est  soluble  dans  l’eau  et  la  glycérine  ;  il  est  inodore  et  ne 
tache  pas  le  linge. 

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288 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


1 


BULLETIN  BIBLIOGRAPHIQUE 


Berger.  —  La  méthode  italienne  et  ses  applications  aux  res¬ 
taurations  faciales.  Tn-S®  de  22  pa^es,  Paris. 

Cauvy.  —  De  la  rééducation  physique,  son  but.  ses  indications, 
ses  résultats.  10-8°  de  8  pages.  lmp.  Levé.  Paris. 


Fdmoüze-Albespeyres  (78,  fg.  Saint-Denis,  Paris).  —  Le  livret 

de  l’enfant.  1  vol.  In-8“  de  1û8  pages.  Prix .  6  fr. 

Lucien-Gr.aux. —  Modifications  à  apporter  aux  articles  7.  11 
19  et  20  de  la  loi  du  15  février  1902.  In-8°  de  24  pages.  lmp! 
Maretheux,  Paris. 

Thooris.  —  Les  dacryocystites  par  fracture  du  canal  oculo¬ 
nasal.  In-8°  de  56  page.s.  lmp.  Le  Bigot,  à  Lille. 


SIROP  LAXATIF  VERNEUIL  (S) 


LOTION  LOUIS  DEQUEANT 

Contre  le  SBBDMBACIICLE 

CALVITIE.-  PELADE.  -  TEIGIIE.  -  TRICHOPHYTIES.  •  SEBORRHEE.  -  ACRE,  ETC 
En  vente  che^  les  pnarmacien.  reniement 

Le  SebumbaoMle.  microbe  de  la  calvitie  vulgaire,  a  été 

découvert  par  M.  Louis  DEQUtANT.  p'narmacien.  38.  rue 
de  Clignancourt,  Paris.  i  Mémoires  déposés  à  l’Académie  de 
Médecine.  23  mars  1897.  8  mai  1898).  L'extrait  de  ces  Mémoires 
est  adressé  grracieusement  à  tous  les  médecins  qui  lui  en 
feront  la  demande.  Renseignements  gratuits  et  vrix  de  faveur 
pour  tous  les  memores  du  corvs  médical. 


SAVON  DENTIFRICE  V'IGIER,  antiseptique  pour  l’entre¬ 
tien  des  dents,  des  gencives  et  des  muqueuses  de  la  bouche. 


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PHTISIE,  BRONCHITE,  CATARRHES.  —  L  Amnwon 
Marchais  est  la  meilleure  préparation  creosotée.  Elle  di¬ 
minue  la  toux,  la  fièvre  et  Lexpectoration.  De  3  à  6  cuil¬ 
lerées  a  café  par  jour  dans  lait,  bouillon  ou  tisane. 

D'  Ferrand.  —  Trait,  de  med. 


préparé  spécialement  pour  BÉBÉS  i  t  ENFANTS  de  2  mois 
it  l.'i  uns,  irai  SjiécilUjUrde  lu  CONSTIPATION.  Précien.r  dans 

grippe,  bronchite,  coqueluche,  impétigo,  helminthiase, 
état  convulsif,  et  toutes  maladies  ou  indispositions  dans  les¬ 
quelles  un  laxatif  est  nécessaire. 

■  ••■M  de  2  mois  à  2  ans  :  1  cuillerée  à  café  par  jour. 

1 1  !  \  k  \  I  de  2  ans  à  5  ans  :  1  cuillerée  à  dessert  par  jour, 
if  yMcIf  I  de  5  ans  à  15  ans  ;  1  cuillerée  à  soupe  par  jour. 

(Le  conseiller  chaque  fois  que  les  parents  demandent  un  «  dépuratif  a 
pour  leurs  enfants,  car  le  meilleur  des  dépuratifs  est  encore  un 
bon  laxatif. 

Toutes  pharn:  'les.  —  Echantillons  :  VERNEUIL, 

à  Conflans  (Seine-et-Oise). 


Le  Rédacteur-Gérant  :  Bournbvillx. 


Imprimerie  Daix  frères  et  Thiron,  Glermoht  (Oise). 


FER  BRAVAIS 

en  GOUTTES  CONCENTRÉES 
contre  Anémie,  Chlorose,  Pâles  couleurs,  ete. 

Les  D“  Cusco,  Gübler,  etc.,  le  considèrent 
comme  le  plus  efflcace  et  le  plus  assirailablede 
tous  les  ferrugineux  sans  avoir  aucun  de  leurs 
inconvénients. 

Dose  moyenne  :  20  gouttes  avant  chaîne  repas. 
Degrauwe.  Fhennae.  de  !'•  cl..  130,  me  Lafayette.  Paris 


Contre  laCONSTS  RATION  conséquences; 

Aloës  0,06;  Gomme  Gutte  0,03 
très  contrefaits  et  imites  sons  des  noms  appronmstifi 
Prière  à  MM.  les  Docteurs  de  stipuler: 
Véritable  Grainsde  Santé  du  FRANCK 


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de  tous  les  ferrugineux 


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12  MAT  1906 


Le  Progrès  Médical 


SOMWAIRE  :  Chirurgie  biologique  :  La  stérilisation  des 
salles  d’opération,  par  Longuet.  — Bulletin  :  Le  médecin  dans 
la  société  moderne,  par  Noir  ;  Prophylaxie  des  maladies  véné¬ 
riennes,  par  Friedel.  —  Sociétés  Savantes  :  Société  de  biolo¬ 
gie  :  Cancer  épithélial  mucipare  du  poumon,  par  Sabrazès  et 
Muraiet  ;  Déchloruration  fécale,  par  Javal  et  Adler  ;  Gastro¬ 
entérites  infantiles,  influence  du  régime  sur  le  microbisme,  par 
Guillemot  et  !Mlle  Szczacdinska  ;  Transmission  de  la  rage  par 
caup  de  griffe,  par  Remlinger  ;  Méningo-encéphalite  diffuse 
ulcéreuse  syphilitique,  par  Bosc  ;  Pathogénie  de  la  grenouillet- 
te,  par  Imbert  (c.  r,  de  Mme  Edwards-Pilliet.)  —  Académie  de 
Médecine  :  (c,  r.de  A.-F.  Plicque).  —  Revue  d’hydrologie  et 
de  climatologie  :  L'entéro-colitemuco-membraneuse  observée 
aux  eaux  minérales,  par  Bernardet  Baraduc  ;  La  cure  aux  eaux 
de  Vichy,  par  Tissier  ;  Traitement  hydrominéral  des  catarrhes 
bronchiques  non  bacillaires,  par  Cazeaux  ;  La  lutte  antitubercu¬ 
leuse  en  France,  par  Dehanet  Ledoux-Lebard  ;  Les  eaux  miné¬ 
rales  de  Brides-les-Bains  et  de  Salins-Moutiers,  par  Farina; 
Action  de  l’arsenic  et  des  eaux  chlorurées  sodiques  arsenicales 


sur  le  diabète,  par  Verdalle  (c.  r.  de  Graux).  —  Revue  de  dié¬ 
tétique  :  Les  régimes  déchlorurés,  par  Widal.  —  Bibliogra¬ 
phie  :  Etude  de  la  région  silurique  occidentale  de  la  presqu’île  de 
Crozon,  par  Kerforno  ;  Nœvus  mélanique  traité  par  diverses 
méthodes,  par  Leredde  et  Martial  ;  Précis’de  chirurgie  infantile 
par  Kirmisson  ;  Traité  de  physiologie,  par  Mathias-Duval  et 
Gley  ;  Traité  d’hygiène,  par  Brouardel  et  Mosny  ;  Maladies  du 
cœur  et  des  poumons,  par  Rénon  ;  Traitement  de  la  luxation 
congénitale  de  la  hanche,  par  Calot  ;  Les  formes  cliniques  .de 
rhumatisme  chronique,  par  Verhoogen. —  Pharmacologie;  Le 
digalène.  —  Varia  :  L’exercice  illégal  de  la  médecine  au  XVII® 
siècle  ;  Les  enseignements  de  la  guerre  russo-japonaise,  la  béni- 
nité  des  blessures  de  guerre  ;  Mission  pour  l’étude  de  la  ipala- 
ie  du  sommeil  ;  La  suppression  des  maisons  de  tolérance  à 
Melun.  —  Les  congrès.  —  Thérapeutique  :  Traitement  de 
l’emphysème  par  l’hélénine.  —  Formules.  —  Actes  et  thè¬ 
ses  de  la  faculté  de  médecine  de  Paris.  • —  Pharmacolo¬ 
gie.  —  Nouvelles.  —  Chronique  des  hôpitaux.  —  Bulletin 
bibliographique. 


GHIRURaiE  RIOLOGIQUE 

(Cours,  V”'  leçon.) 

La  stérilisation  des  salles  d’opération  : 

Par  le  P'  L.  LONGUET  (de  Rouen) 

I  IL  STÉRILISATION  GERMICIDE 
DES  LOCAUX  CHIRURGICAUX 

(Lister,  18GTi. 

Les  moyens  pratiques  jusqu’ici  préconisés  pour  stéri¬ 
liser  séparément  les  parois,  l'atmosphère,  l’assistance, 
—  question  des  mains  et  du  champ  opératoire  mises  à 
part, — s’inspirent  tous  d’une  seule, d’une  même  méthode 
générale,  qui  est  ici  la  méthode  germicide  antiseptique 
ne  Lister  sous  plusieurs  nuances  : 

.4.).  Pour  la  stérilisation  pariétale  —  j’entends  par 
là  celle  des  murs,  plafond,  plancher,  meubles,  objets 
8e  la  salle  d’opérations  on  de  malades,  — trois  pratiques 
distinctes  sont  en  usage  journalier,  les  voici: 

ha. pulvérisation  d'un  antiseptique  à  l'aide  d'un 
appareil  spécial,  sorte  de  sphère  métallique  creuse  dont 
L'ster,  en  Angleterre,  donna  le  premier  modèle  ;  on 
plus  simplement  à  l’aide  d’un  autoclave  «  à  fuite  »  toos'- 
uéux  transportables  etcliauffables. Après  demi-réplétion 
d  un  liquide  vaporisant,  vous  projetez  contre  les  parois 
®  vapeur  qui  s’en  échappe  en  jet.  Ce  jet  ou  «  spray  )>,en 
^ulact  avec  l’air  ambiant,  s’y  condense  par  refroidisse - 
6nt  en  une  pluiefine  ettiède,  véritable  rosée  dont  le 
*Pét  s’étale  sur  une  large  surface. 

2”Le  mouillage  est  une  manœuvre  plus  simple.  11 
usiste  à  passer  sur  les  parois  et  objets  une  com- 
mouillé  (1).  Ainsi  se  trouvent  collectées 
Ig  p^ssières,  et  avec  elles  leurs  microbes  agglutinés  sur 
çgl  récepteur  qui  les  entraîne  mécaniquemenl.  A 
*  un  ajoute  généralement  un  brossage  au  savon  noir, 
pers’  chirurgiens  préfèrent  l’in'igation,  l’as- 

^  grand  jet,  réalisée  au  moyen  d’une  pompe 
Véijahl  ’  tuyaux  à  lance  disposés  à  hauteur  con- 
importe  beaucoup,  rappelait  von  Bergmann 

*** •'  ***^®F'“  à  SPC  est  évidemment  une  mauvaise  pralique.puis- 

toules  les  iniussiéres  en  agilalion. 


en  1890,  que  les  parois  et  surtout  le  plancher  soient 
maintenus  en  permanent  état  d’humidité  alin  que  les 
germes  infectieux  tombés  des  plaies  ne  puissent  se  ré¬ 
pandre  dans  l’air.  En  Amérique  Roswell  Park  et  Laplace 
(de  Philadelphie)  (1)  ont  fait  disposer  un  agencement  spé¬ 
cial  grâce  auquel  leur  salle  d’opérations  est  inondée  toute 
entière  et  presque  instantanément.  D’autres  ont  proposé 
de  construire  le  local  avec  des  matériaux  antiseptiques. 
Enfin  il  est  évident  que  cette  «  chasse  »  à  la  poussière  est 
fort  simplifiée  si  l’on  a  soin  d'entretenir  un  état  lisse, 
uni,  vernissé,  luisant,  vitré  ou  ripollinisédes  parois  avec 
absence  d’ornementation,  et  réduction  du  mobilier  au 
strict  nécessaire. 

Dans  la  liste  des  liquides  vaporisants  recommandés 
pour  l’une  ou  l'autre  de  ces  manœuvres,  je  relève:  la 
solution  phéniquée  (Lister),  la  solution  de  sublimé 
(Dumoulin),  le  formol  et  ses  dérivés  (Aronsohn),  l’eau 
oxygénée  (Quenu),  le  sulfure  de  carbone  (Ghiandi),  le 
chlorure  de  chaux,  lelysol,  le  crésyl,  la  holsine,  l’acro¬ 
léine,  voire  même  tout  simplement  l’eau  pure  (Terrier). 

B  ).  La  stérilisation  atmosphérique  s’obtient  : 

V  Par  pulvérisations,  comme  pour  les  parois. 

2“  Par  évaporation  d’un  liquide  antiseptique  :  éva¬ 
poration  de  chlore, de  brome,  d’iode,  d’ammoniaque,  de 
bicarbonate  de  soude  en  solution  tiède,  d’essence  d’euca¬ 
lyptus  ou  de  térébenthine,  de  sulfate  de  nitrosyle.  Pla¬ 
cez  par  exemple  dans  un  bocal  reposant  au  fond  d’une 
terrine  en  grès,  des  cristaux  de  sulfate  de  nitrosyle  (acide 
sulfonitreux)  en  proportion  de  1  gramme  par  mètre  cube  ; 
portez  ce  vase  au-dessus  d’un  robinet  ;  laissez  couler 
l  ’eau  goutte  à  goutte  lentement  sur  le  sel  qui  dégage  im¬ 
médiatement  des  vapeurs  rutilantes.  N  ouvrez  la  salle  que 
le  lendemain,  en  évitant  de  respirer  l’air  encore  chargé 
d’irritantes  vapeurs  nitreuses. 

3“  Ou  par  fumigation,  de  sucre  (Trillat);  de  bi- 
chlorure  de  cuivre  (Willems)  ;  de  soufre  (Mulder, 
d'rtrecht,  18(56 et  Grahaml868). 

La  fumigation  sulfureuse  passe  pour  la  meilleure  : 
après  avoir  fermé  loutes  les  issues,  vous  faites,  une 
heure  durant,  bouillir  de  l'eau  en  un  point  de  la  salle 
dans  une  large  bassine  placée  sur  un  réchaud.  Après 
quoi  vous  mettez  des  fragments  de  soufre  dans  des  ré- 


(1)  Roswell-Pahk  el  Laplace.— VoiF  Semaine  médicale,  it.  90, 1903, 


290 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


cipieiits  en  tôle  de  30  cenlimètres  de  diamètre,  à  bords 
très  bas,  reposant  sur  une  couchede  sable.  Enflammez 
avec  un  peu  d'alcool  versé  à  la  surface.  Hrûlcz  20  gram¬ 
mes  de  soufre  par  mètre  cube.  Vingt-quatre  heures 
plus  tard,  ouvrez  et  ventilez  largement  car  l’acide  sul¬ 
fureux  dégagé  est  fort  irritant  (1). 

On  pourrait  aussi  essayer  V ozonisation  de  l'air,  pro¬ 
posé  depuis  plus  de  20  ans,  réalis  ible  à  l'aide  d’une 
inslrumentation  spéciale.  Mais  je  ne  sache  pas  qu’elle 
ait  été  jusqu’ici  appliquée  par  les  chirurgiens  à  la  sléri- 
lisation  atmosphérique. 

G).  La  stérilisation  de  l'opérateur  et  de  l'assistanoe 
est  résolue  par  la  formule  suivante  :  enveloppement  de 
la  chevelure  par  des  toques  —  de  la  barbe  par  des  sacs  — 
du  tronc  et  des  membres  supérieurs  par  des  vestes  ou 
blouses  — du  bassin,  des  membres  inférieurs  par  des  ta¬ 
bliers  —  des  jambes  et  pieds  par  des  bottes  ou  des  san¬ 
dales,  le  tout  de  caoutchouc,  ou  de  taffetas  gommé,  ou 
de  mackintosch,ou  enfin  de  toile  préalablement  macé¬ 
rée  en  solution  antiseptique.  Gomme  complément,  cer¬ 
tains  chirurgiens  ajoutent  avant  chaque  opération  le 
lavage  préliminaire  de  la  bouche  avecun  liquide  germi- 
cide. 

Maintes  expériences  baclérioscopiques  parlent  en  la- 
veurde  la  méthode  lislérienne  appliquée  à  la  stérilisa¬ 
tion  des  parois,  de  l’air,  de  l’assistance.  Le  «  spray  »  phé- 
niqué  a  été  examiné  par  son  promoteur  lui-môme  —  le 
U  spray  »  au  sublimé  par  Dumoulin  etKupferschlager  — 
le  «  spray  »  au  formol  par  Aronsohn,  Berlioz,  Trillat, 
Miquel,  Bosc,  G.  Roux.  L’évaporation  chlorée  a  été 
éprouvée  par  Paulowsky,  Miquel;  — l’ozonisation  par 
Ghappuis,  Ghristmas,  Ohlmuller,  etc.,  etc.  Parmi  les 
microbes  ayantservi  à  ces  recherches  de  contrôle,  je  lis 
le  coli,  le  typhique,  le  diphtérique,  le  pyocyanique,  le 
staphylococcus  aureus,  le  streplococcus,le  vibrion  cho¬ 
lérique.  Et  toutes  ces  expériences  ont  conduit  les  chi¬ 
rurgiens  à  accorder  à  la  méthode  une  grande  va¬ 
leur  ;  elle  mériterait  notre  confiance  absolue. 

Messieurs,  que  faut-il  penser  de  ces  affirmations? 
Allons-nous  à  notre  tour  nous  lancer  dans  la  voie  de  Lis¬ 
ter,  si  pleine  de  promesses  ? 

Avant  toute  discussion,  un  premier  fait  nous  frappe 
immédiatement;  c'est  l'immense  labeur,  l’effort  persé¬ 
vérant,  l’œuvre  méritoii'c  de  nos  prédécesseurs.  Des 
préceptes  par  eux  formulés,  il  reste  au  moins  celui  de 
la  nécessité  d'une  grande  propreté  des  locaux  de  chi¬ 
rurgie.  La  propreté  est  la  base  fondamentale  de  l'hy¬ 
giène.  Et  la  seule  observance  de  la  propreté  a,  pourune 
certaine  part, contribué  à  ladisparition  de  maladies  in¬ 
fectieuses  comme  l'érysipèle,  comme  la  pourriture 
d’hôpital,  jadis  habituelles,  aujourd’hui  raréfiées.  xMais 
pour  ce  qui  concerne  l'eflet  rigoureusement  stérilisant 
de  la  méthode  antiseptique,  je  le  conteste.  Au  point  de 
vue  sporicide,  l’insuffisance  est  certaine.  Remarquons 
que  les  expérience  précitées  s’adressaient  à  des 
espèces  microbiennes  non  sporulées.  Au  point,  de  vue 
germicide,  l’effet  est  très  appréciable,  mais  jamais  radi¬ 
cal.  En  face  des  résultats  précédemmentexposés,  je  puis 
dresser  une  série  de  constatations  plutôt  défavorables  à 
la  valeur  absolue  de  le  méthode  lislérienne  ;  Ainsi  l’au- 
lowsky  avec  le  «  spray  piiéniqué  »  obtient  une  di¬ 
minution  numérique  des  germes,  mais  non  leur  dispa- 


(1)  Raoul  Pictet  a  construit  des  siphons  conteiianl  750  pr.  d’a¬ 
cide  sulfureux,  munis  d’un  caoutchouc  que  l’on  fait  passer  p.ar  une 
ouverture  de  la  porte.  On  presse  sur  le  siphon  et  aussitôt  la  décom¬ 
pression  ramène  l’acide  sulfureux  à  l’étal  pazeux  et  permet  son 
dépapemenl  dans  la  salle  par  l’extrémité  du  tube  de  caoutchouc. 


rition.  Miquel,  Dumoulin,  arrivent  aux  mômes  conclu¬ 
sions.  Laveran  consigne  que  la  bactéridie  charbon¬ 
neuse  n’est  point  tuée  par  la  pulvérisation phéniquée 
à5  %.  Ailleurs,  il  spécifie  que  les  microbes  ne  sont 
pas  détruits  par  une  pulvérisation  faite  à  4  centimètres 
de  la  muraille. 

Avec  le  «  spray  au  sublimé»  suivi  de  lavageausul- 
fhydrate  d’ammoniaque  pour  détruire  la  couche  super¬ 
ficielle  que  forme  le  bichlorure  mercurique  combiné 
aux  matières  protéiques,  Ghavigny  constate  que  la  puf. 
vérisation  prolongée  au-delà  des  limites  de  temps 
fixées  par  les  règlements,  est  impuissante  à  détruire  les 
germes,  voire  môme  à  atténuer  leur  virulence.  La  pro¬ 
tection  conférée  n’est  que  temporaire,  caduque,  et  cesse 
dès  que  la  couche  protectrice  disparait  par  un  moyen 
quelconque. 

Dans  ses  expériences  sur  la  «  formolisation  »  Lafo- 
lie  obtient  une  diminution  numérique  des  germes, 
mais  pas  une  destruction  totale.  Il  en  est  de  même  dn 
«  Spray  à  Veau  oxygénée  »  expérimenté  par  Quénu 
et  Landel. 

Faut-il  espérer  mieux  des  fumigations  ?  Aon,  Kum- 
mel  (de  Hambourg),  complétant  la  fumigation  au  sou¬ 
fre  par  un  lavage  au  sublimé,  constate  la  diminution 
des  microorganismes  mais  jamais  la  suppression 
radicale.  Et  pour  lui,  il  est  impossible  de  priver  la  salle 
d’opération  de  tout  germe. 

Quant  à  V  évaporation  de  liquides  antiseptiques,  .Mi¬ 
quel  à  son  sujet  écrit  ceci  :  «  Dans  des  recherches  da¬ 
tant  de  plusieurs  années,  j’ai  démontré  que  les  vapeurs 
d'acide  phénique,  de  chloroforme,  d'éther  azoteux,  de 
sulfure  de  carbone,  de  gaz  acide  sulfureux,  de  gaz  am¬ 
moniacal,  etc.,  ne  jieuvent,  même  après  15  jours  de 

contact  faire  perdreaux  poussières  atmosphériques  leur 
fécondité.  Enfin  V  ozonisation  n’a  point  fait  ses  preuves. 
Disons  seulement  que  d'.Arsonval  et  Gharrin  concluent 
à  une  action  peu  efficace. 

G’estque  les  antiseptiques  ainsi  pulvérisés,  évapores, 
ou  fumigés  manquant  de  pouvoir  pénétrant,  ne  con¬ 
fèrent  qu'une  destruction  toute  de  surface.  A ous  sa¬ 
vons  aussi  que  leur  action  est  purement  temporaire, 
inhibitrice  sur  nombre  de  bactéries.  Ils  réalisent  une 
pseudo-stérilisation,  un  arrêt  passager  de  la  vitalité  des 
semences  aériennes.  .Mais  celles-ci  reprennent  vielq^' 
qu’elles  tombent  dans  les  plaies,  milieu  vivant  humide 
à  la  température  constante  de  37“.  J’ai  trop  longuement 
développé  ma  manière  de  voir  à  ce  sujet  pour  y  reve¬ 
nir  une  fois  encore. 

Et  puis,  la  purification  par  la  méthode  lislérienne 
offre  ici  le  gros  inconvénient  d’altérer  tout  le  matériÇ  ; 
murs,  meubles,  objets.  La  vapeur  d’eau  elle-mêmene' 
chappe  pas  à  ce  reproche. cela  s’ajoute  l’action  noci)^'' 
ou  toxique  de  certaines  vapeurs,  comme  celles  de 
eide  phénique,  du  lysol,  du  crésyl,  de  l’acide  sulm 
reux  et  surtout  du  formol,  toutes  très  irritantes 
les  muqueuses  aériennes  de  l’assistance.  D'où  un)- 
cause  possible  de  broncho-pneumonies  posl-opérat 
res  (1).  |j 

En  résumé,  pour  apprécier  justement,  disons  qu® 
méthode  antiseptique,  bonne  sans  doute  et  très 
mandable  en  certaines  circonstances  épidémiolOD|_ 
ques  dont  il  n’est  pas  question  ici,  n'est  qu’un 

- - -  ^ 

(1)  Pour  la  loxioité  des  vapeurs  de  formol,  voir  FiSCHER 
journal  of  experimenteUe  medicine,  p.  489,  1905.  Avec 
riences  personnelles,  cet  auteur  rappelle  celles  de  Klipslrm  ■ 
lapins  ;  de  IIarriup;ton  sur  les  chiens,  de  Francis  sur  les  rats 
cobayes:  (bronchiles  et  effets  toxiques  mortels). 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


291 


1er.  qu'une  pratique  de  nécessité  en  l’état  actuel  des 
constructions  chirurgicales.  Elle  n’est  pas  sans  valeur. 
Mais  il  est  dangereux  de  lui  accorder  une  grande  con¬ 
fiance.  Tenez-la  pour  inconstamment,  in  complètement, 
insuffisamment  germicide  ;  pour  constamment,  aspo- 
ricide  et  pratiquement  détériorante.  Au  reste,  les  Lis- 
leriens  ne  sont  pas  loin  de  partager  mes  suspicions, 
puisque  malgré  leur  scrupuleuse  observance  des  règles 
de  désinfection,  ils  réclament  deux  et  jusqu’à  trois  salles 
d’opération,  l’une  pour  les  malades  non  infectés,  l’autre 
pour  les  demi-infectés,  la  troisième  pour  les  très  infec¬ 
tés.  Or,  si  le  local  opératoire  est  réellement  et  parfaite¬ 
ment  stérilisable,  il  doit  être  unique,  ce  qui  entraîne 
une  grande  simplification  à  tous  les  points  de  vue. 
Voilà  pourquoi  il  me  semble  légitime,  utile  même,  de 
chercher  à  faire  plus  et  plus  sûrement  que  par  le  passé, 
afin  de  réaliser  quelques  progrès  dans  l’art  de  stériliser 
les  salles  d’opérations  ou  les  chambres  individuelles  de 
malade. 

g  III.  STÉRILISATION  SPORICIDE 
DES  CHAMBRES  D’OPÉRATION. 

(Longuet,  1900). 

Posé  sur  ses  bases  fondamentales,  le  problème  à  ré¬ 
soudre  se  présente  à  nous  sous  les  angles  que  voici  : 

1°  11  faut  stériliser  la  salle  et  son  contenu,  c’est-à- 
dire  l’air,  les  parois,  plafoml,  planchers,  murs,  objets  ét 
revêtements  pour  l’assistance. 

2"  Cette  opération  doit  être  exécutée  par  une  seule, 
par  une  même  méthode. 

3°  Elle  doit  être  réalisable  simultanément  et  rapide¬ 
ment  pour  tout  le  contenant  elle  contenu  en  une  séan¬ 
ce.  unique. 

■1“  Elle  doit  être  absolue,  radicale,  c’est-à-dire  spori- 
cide  en  même  temps  que  non  détériorante. 

A  ce  problème,  àooK  solulions  divergentes,  contra¬ 
dictoires,  ont  été  apportées.  L’une  dit  que  cette  sporici- 
dation  est  inutile  et  irréalisable  ;  l’autre,  au  contraire, 
—  c’est  la  nôtre,  —  considère  qu’elle  est  utile  et  réa¬ 
lisable. 

-V.  La  sporicidalion  de  la  chambre  opératoire  est 
inutile  et  irréalisable.  Inutile  :  ne  voyons-nous  pas 
couramment  dLS  interventions  urgentes,  imprévues, 
compliquées  réussir  parfaitement  en  milieu  non  sléri- 
isé,  voire  môme  septique  7’Les  germes  tombent  dans 
plaie,  mais  la  nature  par  le  mécanisme  de  la  phago¬ 
cytose  supprime  leurs  fâcheux  effets.  —  Irréalisable  : 
t^nt  que  vous  devrez  réunir  en  une  salle  d’opération 
C®  malade,  un  chirurgien,  des  aides,  quelques  assis- 
:  tant  qu’il  y  aura  du  mouvement,  de  l’agitation, 
^ CS  allées  et  venues,  l’atmosphère  périopératoire  sera 
^^ciiillée  de  microorganismes.  Et  par  aucun  moyen, 
ymis  n’arriverez  à  les  supprimer  radicalement.  Quelle 
'“‘‘c,  quelle  chimère  ! 

"areilles  affirmations  sont  de  nature  à  nous  arrêter 
-.’i  instant  car  elles  comportent  une.  part  de  vérité. 

cyons  d’abord  l’argument fuMifZîZd.  Oui,  les  guérisons 
;y-'^°iient parfois  très  satisfaisantes  en  milieu  septique. 

avons  tous  des  exemples  tirés  de  notre  pratique 
cou  n’est  point  prouvé  que  le  fait  soit 

d’a  I  phagocytose  suffise  toujours  : 

qu  il  s’agit  de  malades,  c'est-à-dire  de  sujets 
s„j  . de  moindre  résistance.  Qu’une  contamination 
aiir  '’^'^lcment  d’abcès  se  produise  une  fois,  vous 
fait  *  une  faute  par  imprudence,  n’ayant  rien 

prévenir  un  danger  connu,  prévu.  Or,  ce 
®^‘ste  quelquefois  ;  la  preuve  expérimentale  de 
^'slence  a  été  établie  plus  haut. 


Eneequi  concerne  Virrèalisabilité,  oui,  la  stérilisa¬ 
tion  est  impossible  s’il  y  a  beaucoup  de  personnes, 
causant,  s’agitant  dans  le  local,  et  si  l’on  procède  par 
la  méthode  antiseptique.  Mais  l’assistance  est  réducti¬ 
ble  à  trois  éléments,  malade,  opérateur,  anesthésiste. 
Du  moins  j’ai  pu  réaliser  dans  ces  conditions  des  in¬ 
terventions  difficiles  comme  les  cœliotomies  abdomina¬ 
les  pour  fibromes.  C’est  une  habitude  à  prendre,  une 
éducation  nouvelle  à  se  faire.  Et  je  suis  aujourd’hui 
convaincu  que  celle  manière  d’agir  réalise  un  progrès. 
Gollstein,  Quénu  et  Landel  n’ont-ils  pas  démontré  que  la 
septicité  augmente  avec  le  nombre,  des  personnes  ?  J’a¬ 
joute  qu’au  point  de  vue  chimique  de  la  toxicité 
aérienne,  il  en  est  de  môme.  Par  contre  les  causes  de 
contamination  sont  singulièrement  réduites  si  l’opéra¬ 
teur  prend  seul  contact  avec  les  diérèses,  et  devient  de 
ce  fait  responsable  de  toutes  les  fautes  septiques. 

D’autre  part,  ces  trois  personnes  sont  «  stérilisables  » 
par  l’enveloppement  général  du  corps,  en  bloc  ou  par 
segments,  en  toile  sporicidée,  avec  observance  d’un  si¬ 
lence  absolu  et  d’une  immobilité  relative  ;  d’où  sup¬ 
pression  de  la  contamination  par  phonation  (1)  et  par 
agilalion. 

Enfin  s’il  est  vrai  —  nous  l’avons  démontré  nous- 
mêmes —  que  la  sporicidation  soit  irréalisable  ou  du 
moins  très  difficilement  réalisable  par  la  méthode  ger¬ 
micide  antiseptique  de  Lister  ou  ses  variantes,  l’ébulli¬ 
tion,  l’air  chaud,  la  vaporisation  à  100" et  120°  avec 
ou  sans  pression,  elle  est  aujourd’hui  sûrement  obte¬ 
nue  par  la  méthode  de  la  vapeur  anhydre  à  190°  sous 
minime  pression  de  1  à  3  atmosphères. 

IL  La  sporicidation  de  la  salle  d’opération  est  cl 
réalisable  ;  telle  est  ma  solution  personnelle.  Utile, 
car  le  rôle  des  germes  atmosphériques  ne  peut  ôlic 
considéré  comme  négligeable,  ainsi  que  la  démonstra¬ 
tion  en  a  été  faite  au  début  de  celte  leçon.  Réalisable 
mais  comment  ? 

Mon  ctoposiD'/,  dont  je  vous  ai  maintes  fois  signalé 
les  grandes  lignes,  se  résume  au  plan  général  suivant, 
fixé  après  plusieurs  recherches  : 

Enceinte  métallique  (par  exemple  en  aluminium),  de 
capacité  variable  ;  soit  pelile,  véritable  cabine  cubée 
pour  la  contenance  et  la  respiration  de  trois  personnes 
au  moins  pendant  4  heures  ;  soit  moyenne,  c’est  alors 
une  chambre. 

La  forme  de  celle  enceinte  est  cijlindrirque,  disposi¬ 
tion  qui  facilite  la  construction  et  supprime  tous  les  an- 
gles. 

Mettons  un  plancher  métallique  double,  l’un,  supé¬ 
rieur  plan,  grillagé  ou  perforé  ;  l’autre,  ou  inférieur, 
faisant  partie  de  l’cnvcloppc  générale  :  conique  celui-ci 
à  pointe  inférieure  infundibnliformc  avec  tuyau  d’é¬ 
chappement  déclive.  L’espace  compris  entre  ce  double 
fond  est  réservé  au  liquide  vaporisant. 

Que  la  chaufferie  extérieure  à  l’enceinte  soit  répar¬ 
tie  sur  une  grande  surface,  car  il  s’agit  de  porter  très 
rapidement  la  nappe  liquide  et  sa  vapeur  à  190°. 

L’enceinte  doit  être  fermée  hermétiquement,  cela 
dans  le  but  d’éviter  toutes  les  fuites,  et  de  répartir  la 


(1)  Mikcmcz  ((loiigrès  de  la  Société  allemande  dechii  uygie,l8'é}). — 
('.Il  i-hiriirgiuii  avait  préconisé  un  nias(|iu’  de  boiiclie  Mais  des  o.\- 
])érienccs  de  Mendès  de  Léon  ont  démoulré  ([uo  les  microorganis- 
nies  passent  au  travers  de  cé  «  iniiudsperrer  ».  D'où  la  nécessité  de 
doubler  ce  protecteur  d'uuc  nappe  d'ouate.  Terrier  a  justenient 
fait  renianiuer  «pie  la  diflieulté  est  aisément  tournée  par  l'obser- 
vanee  d'un  silence  absolu.  Nous  soiuiues  de  ceu.x  qui  partagent 
entièrement  cette  manière  de  voir. 


292 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


vapeur  sporicidante  dans  les  moindres  diverticules  inté¬ 
rieurs. 

Les  thermomètres  sont  au  nombre  de  dejx  :  l’un 
plongeant  dans  la  chambre,  a  sa  graduation  visible  à 
l’extérieur.  L’autre,  a  maxima,  annexé  à  ia  table  métal¬ 
lique  d’opération,  est  destiné  à  témoigner  que  tout  a  subi 
la  température  de  190°  contenant  et  contenu. 

Le  manomètre  dont  les  indications  sont  visibles  du 
dehors  indique  et  la  pression  de  la  vapeur  pendant  le 
chauffage,  et  le  vide  de  l’enceinte  après  refroidLse- 
ment. 

A  l’extérieur,  une  pompe  aspirante  et  foulante  en  re¬ 
lation  avec  la  chambre,  sert  1°  à  produire  différentes 
pressions  utiles  au  cours  des  interventions  (pressions 
positives  ou  négatives)  2°  à  évacuer  l'air  avant  tout 
chauffage.  L’absence  préliminaire  complète  d’air  dans 
l’enceinte  écarte  la  possibilité  d'explosions  en  cas  de  li¬ 
quide  ou  de  vapeur  inflammable  ;  3°  à  évacuer  le  liquide 
vaporisant  après  la  stérilisation  :  car  ce  liquide  ou  ses 
vapeurs  sont  irrespirables. 

Après  l'évacuation  de  cette  vapeur  anhydre,  il  con¬ 
vient  de  procéder  à  la  rentrée  d'un  air  extérieur  res- 
pirable,  passant  au  travers  d’une  flamme,  puis  d'un  filtre 
pendant  sa  rentrée,  enfin  chimiquement  purifié. 

Utilisons  un  liquide  vaporisant  anhydre  pour 
éviter  les  inconvénients  de  rouille,  et  d'altération  par 
oxydations  ou  hydratations. 

Un  appareil  rèfrigè^'ani  périphérique  (arrosage  à 
l’eau  froide)  peut  hâter  la  condensation,  le  refroidisse¬ 
ment  de  l’enceinte,  et  écourter  ainsi  Fe  temps  nécessaire 
pour  une  séance  de  sporicidation. 

Réglage  de  la  pression  entre  1  et  3  atmosphères  par 
le  mécanisme  précédemment  décrit  de  la  «distillation 
sous  pression.  >■ 

Eclairage  naturel  et  artificiel  au  travers  de  mica. 

Enfin  utilisationde  la  vapeur  elle-même  pour  le  trans¬ 
port  «  automobile  »  facultatif  de  la  chambre  et  ses  an¬ 
nexes  en  cas  de  chirurgie  d’urgence. 

Voilà,  Messieurs,  quelques  données  dès  maintenant 
esquissées  dans  mon  plan  général,  susceptible  d’ailleurs 
de  retouches,  de  perfectionnements  ou  de  simplifica¬ 
tions.  Certes,  les  critiques  serontadressées  nombreuses 
à  ma  manière  de  voir.  Mais  ce  n’est  là  qu’un  dispositif 
encore  embryonnaire.  Et  si  l’on  me  reproche  de  toutcom- 
pliquerpar  mes  manières  outrancières,  je  répondrai  : 
Déjà  l’antisepsie  a  tout  compliqué,  elle  aussi  :  n'a-t- 
elle  pas  cependant  acquis  droit  de  cité  ?  Et  puis  contre 
cet  argument  de  complication,  je  ferai  valoir  que  je  sim¬ 
plifie,  puisqu’à  do  multiples  méthodes,  à  de  multiples 
séances,  à  trois  salles  d'opérations  distinctes,  je  substi¬ 
tue  une  seule  manœuvre,  une  seule  séance  simultané¬ 
ment  etradicalement  sporicidante,  une  seule  salie  spori- 
cidable.  C’est  la  sporicidation  globale  absolue  du  con¬ 
tenant  et  du  contenu,  salle,  atmosphère, matériel. 

Pour  me  résumer,  concluons  de  cette  longue  leçon 
que  ;  1.  Les  microbes  de  l'air  et  de  l’ambiance  opéra- 
toirene  sont  pasà  négliger  dans  notre  œuvre  de  stérili- 
satiou.  Leur  rôle  inconstant,  généralement  effacé, 
ne  dépassant  guère  l'abcès  comme  degré  de  virulence. 
Cela  justifie  la  nécessité  de  supprimer  la  contamina¬ 
tion  par  le  mode  atmosphérique. 

II.  La  germicidatio7i'à&\i\Q  mise  en  pratique  jusqu'ici 
suivant  la  méthode  antiseptique  de  Lisier,  ne  confère 
qu’une  fausse  sécurité, et  des  résultats  à  peine  germici- 
des,  nullement  sporicides.  Elle  doit  faire  place  à  des 
méthodes  plus  sûres. 


III.  La  sporicidation  selon  notre  méthode,  est  icij 
légitime,  utile,  rationnelle.  Elle  donne  un  résultat! 
global  absolument  certain,  grâce  à  la  vapeur  anhvdraj 
sous  pression  portée  à  190°. 

IV.  Elle  est  réalisable  sou?,  iovmc:  à' \xn&  chambre  mé¬ 
tallique  chauffable,à  fermeture  hermétique, pourvue  de  i 
différentes  dispositions  instrumentales  ;  double  plan¬ 
cher,  thermomètres,  manomètres,  pompe  aspirante 
et  foulante,  appareil  réfrigéiant,  rentrée  d’un  air  respi- 
rable  préalablement  sporicidé  par  passage  sur  flamme 
et  au  travers  d'un  filtre,  etc.  Dès  maintenant,  il  est  per-, 
mis  d’avancer  que  le  difficile  problème  de  la  sporicida*j 
tion  collective,  globale  de  tout  le  matériel  chirurgi¬ 
cal,  salle  comprise,  contenant  et  contenu,  en  une  seule,  i 
en  une  courte  séance  a  reçu  une  solution  satisfaisante. 
Voilà  où  j’en  arrive  après  cinq  leçons  de  chirurgie^ 
b'iologique. 

NARCYL  GRÉMY  niédicament  spécifi¬ 
que  de  la  toux,  spécialement  de  la  toux  des  tu¬ 
berculeux. 

BULLETIN  DU  PROGRÈS  MÉDICAL 

Le  médecin  dans  la  Société  moderne. 

Jusqu'à  ce  jour,  le  corps  enseignant  a  quelque  peu 
négligé  de  mettre  les  élèves  en  médecine  au  courant 
des  conditions  dans  lesquelles  se  pratique  la  profe?-| 
sion  qu’ils  ont  choisie.  M.  le  P’  Brouardel  a  bien  tenté! 
quelque  chose  dans  ce  but  en  consacrant  une  partie  de  ' 
ses  leçons  à  la  Responsabilité  médicale,  au  Secret  me- . 
dical,  au  Charlatanisme,  et  même  à  l'Exercice  de  la 
médecine,  mais  le  professeur  de  médecine  légale  ne  ' 
peut  borner  le  programme  de  son  cours  aux  questionij 
d'ordre  professionnel.  MM.  Legendre  et  Lepage  ont  eu  I 
l'honneur  d'entreprendre,  les  premiers,  il  y  a  quelques  ■ 
années  un  cours  libre  de  Déontologie  médicale  dontles^ 
leçons  ont  obtenu  un  véritable  succès. 

Récemment,  nous  avons  ici-même  signalé  la  belle . 
leçon  de  M.  Guinard,  inaugurant  son  cours  annexe  de 
clinique  chirurgicale,  à  l'IIôtel-Dieu,  par  l’exposé  des 
'devoirs  des  élèves  dans  les  hôpitaux.  M.  Guinard  n'était  i 
pas  sans  émule  ;  déjàM.  le  D’’ Louis  Rénon,  inédeeiu , 
de  la  Pitié  et  professeur  agrégé,  avait  pris  l'excellente 
habitude  de  faire  précéder  son  enseignement  cliniq“® 
d'une  conférence  d’ordre  général  ayant  trait  à  l'exen-ie® 
de  la  médecine. 

L’année  dernière,  il  avait  examiné  les  Rapporls 
fessionnels  du  médecin  avec  ses  malades  et  avec  si-'' 
confrères  (1);  cette  année, il  a  abordé  le  rôle  du  méde¬ 
cin  dans  la  Société  moderne.  C’est  le  sujet  du  premief 
chapitre  (  il  vaudrait  peut-être  mieux  dire  l'iutroduC' 
tion)  du  volume  qui  vient  de  paraître  où  M.  Lçuis 
Rénon  a  réuni  les  conférences  pratiques,  qu'il  a 
aux  étudiants  au  cours  de  cette  année  scolaire  (2)- 

«  A  l'heure  actuelle,  dit  M.  Rénon,  le  rôle  du  méd®' ■ 
cin  est  assez  effacé  dans  la  société  et  notre  proféssi^ 

(1)  Jouni.  des  Praticiens,  1.5  juillet  l'JOô.  jo 

(i)  Louis  IIknon.  —  Conférenees  |>rali(]Ucs  sur  les  iiiiiliiéu-'S 
cœur  et  des  poumons  (Miisson,  édit.  l'J06). 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


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LE  PROGRÈS  MEDICAL 


ae  parait  guère  brillante  ».  Fit  il  montre  toutes  les  diffi¬ 
cultés  que  le  praticien  rencontre,  toutes  les  charges 
qui  grèvent  son  maigre  budget.  C’est  l’Etat  qui  l’acca¬ 
ble  d’impôts,  de  services  gratuits  ou  semi-gratuits  ;  ce 
sont  les  départements,  les  communes,  les  associations, 
sociétés  de  secours  mutuels,  compagnies  d’assurance, 
qui  lui  offrent  des  salaires  dérisoires.  Ce  sont  les 
clients  aisés  qui  recherchent  partout  la  médecine  gra¬ 
tuité  ou  à  prix  réduit.  Ce  sont  les  auxiliaires  de  la  pro¬ 
fession  médicale  qui,  un  peu  de  tous  les  côtés,  se  substi¬ 
tuent  au  médecin  et  exercent  illégalement. 

D’autre  part,  le  développement  prodigieux  de  l’hy¬ 
giène  diminue,  chaque  année,  la  morbidité  et  la  mor¬ 
talité,  les  statistiques  en  font  "foi.  Est-ce  la  tin  de  la 
médecine  ? 

Non.  L’axe  de  la  profession  médicale  se  déplace  j 
seulement  et,  s’il  le  veut,  le  médecin  peut  avoir  dans 
la  Société  moderne  une  place  prépondérante.  11  faut 
que  le  médecin  évolue,  que,  de  thérapeute  souvent 
impuissant,  il  devienne  le  guide  naturel  de  l'hygiène 
sociale,  l’éducateur  de  la  santé  publique.  11  sera  le 
directeur  de  l’hygiène  urbaine,  veillera  sur  la  potahilité 
des  eaux,  sur  l’épuration  des  matières  usées,  régle¬ 
mentera  l’hygiène  des  transports  en  commun.  11 
recherchera  les  causes  des  maladies  signalées  par  le 
casier  sanitaire  des  maisons  de  la  ville  et  fera  procéder 
à  des  désinfections  qui  ne  seront  plus  illusoires,  comme 
celles  qui  se  font  actuellement.  11  deviendra  le  protec¬ 
teur  de  l’enfance  dans  les  crèches,  les  asiles,  les  col¬ 
lèges  ;  celui  des  adultes  dans  les  casernes,  les  usines, 
les  ateliers,  les  chantiers  et  les  mines. 

Dans  la  famille,  il  reprendra  la  place  de  conseiller 
sanitaire  qu'il  occupait  jadis  ;  on  le  consultera  à  propos 
des  actes  importants  de  la  vie,  de  l’éducation  des 
enfants,  de  leur  mariage.  On  lui  demandera  son  avis 
■avant  d'entreprendre  un  voyage  ou  de  choisir  un  lieu 
de  villégiature. 

Il  faut  que  le  médecin  arrive,  dès  à  présent,  à 
persuader  le  public  qu’il  doit  vivre  non  exclusivement 
de  la  médecine  curative,  mais  de  la  médecine  prophy¬ 
lactique  et  que,  selon  les  termes  du  Beco,  de  Bruxel¬ 
les,  au  dernier  Congrès  de  la  tuberculose,  «  il  n’est  pas 
juste  de  faire  reposer,  en  permanence,  les  œuvres  so- 
eiales  sur  le  désintéressement  du  médecin  ».  Ainsi 
transformé,  l'exercice  de  la  médecine  prendra  un 
^spect  tout  différent  de  ce  qu’il  est,  surtout  de  ce  qu’il 
jut,  et,  comme  le  prévoit  leD'  Wiley  (de  Washington), 
te  médecin  de  l’avenir  »  le  plus  honoré  »  sera  celui 
fiui  aura  le  moins  de  malades  dans  sa  clientèle. 

^lais,  remarque  avec  raison  M.  Rénon,  pour  qtie  le 
ïûédecin  joue  ce  rôle  prépondérant  dans  la  société 
juoderne,  pour  devenir  le  médecin  que  le  'fribou- 
qualifie  si  pittoresquement  de  <<  vivicole  »,  il  faut 
fiu  d  conquière,  qu’il  défende  la  place  qu’il  doit  légiti- 
occuper.  11  doit  médicaliser  autant  que  pos- 
1  le  tout  ce  qui  est  du  ressort  de  la  médecine,  faire 
®  guerre  sans  merci  aux  charlatans  et  aux  parasi- 
Cette  défense  ne  pourra  être  réellement  efficace  j 
est^  ji  collective  et  le  devoir  de  tout  médecin 

«au  ^  coopérer  en  s’affiliant  aux  syndicats  médi- 


M.  L.  Bénon  parle  ensuite  des  rapports  du  médecin 
avec  ses  malades  et  ses  confrères.  11  montre  son  intluence 
morale  salutaire  sur  le  malade,  qui  est  primordiale  et  sans 
limite.  11  recommande  la  réserve  dans  le  pronostic,  mais 
conseille  de  ne  pas  assombrir  ce  dernier  par  plaisir,  de 
ne  pas  semer  de  vaines  alarmes  pour  recueillir  les  bé¬ 
néfices  d’une  guérison  facile,  l  ne  réputation  ainsi 
usurpée  n’a  guère  de  durée,  et  M.  Rénon  émet  cette 
vérité  que  l’on  ne  saurait  trop  souligner  ;  dans  la  'py'O- 
fession  médicale,  comme  toujours,  comme  partout, 
c'est  la  ligne  droite  qui  conduit  le  plus  rapidement 
d'un  point  à  un  autre,  et  l'honnêteté  scrupuleuse  est 
le  meilleur  gage  de  réussite. 

Abordant  alors  les  rapports  du  médecin  avec  ses 
confrères,  M.  Rénon  montre,  par  des  exemples,  l’igno¬ 
rance  absolue  où  sont  la  plupart  des  étudiants,  des  plus 
élémentaires  notions  des  rapports  professionnels  des 
médecins  entre  eux  et  indique  les  règles  habituelles  de 
la  déontologie  médicale. 

•  Le  rôle  du  médecin,  si  pénible  dans  bien  des  cas. 
lui  permet  de  pénétrer  partout,  dans  toutes  les  classes 
de  la  société,  aux  heures  tragiques  où  la  dissimulation 
n’est  guère  possible.  Il  découvre  ainsi  que  trop  souvent 
la  ruine  et  l’affliction  sont  cachées  derrière  un  décor  de 
bonheur  et  de  prospérité.  «  Sachant  tout  cela,  répète 
M.  Rénon,  comment  voulez-vous  qu’il  ne  devienne  pas 
dès  lors  l’arbitre  naturel,  seul  capable,  dans  la  lutte 
grandissante  des  classes,  d’amortir  les  chocs  sociaux!^  » 
Ceci  explique  l’indépendance  du  médecin,  cette  indé¬ 
pendance  estle  plusclair  de  ses  biens  et  ilne  doit  jamais 
la  sacrifier,  dût-il  momentanément  en  pâtir. 

Nous  devons  remercier  M.  Louis  Rénon  de  cette 
belle  leçon  sur  le  médecin  dans  la  Société  moderne  ; 
nous  ne  doutons  pas  qu’elle  portera  ses  fruits  et  que 
ce  ne  sera  pas  en  vain  qu’il  aura  engagé  ses  élèves  à 
faire  tous  leurs  efforts  pour  maintenir  la  situation  pré¬ 
pondérante  du  médecin  et  l’augmenter  encore.  Mais 
pour  nous  cette  leçon  a  une  autre  portée,  c’est  celle 
d’un  bon  exemple.  A  l’heure  où  le  corps  médical  tout 
entier  se  plaint  amèrement  du  manque  absolu  de  sens 
pratique  dans  l’enseignement,  où  la  plupart  des  Maîtres 
de  nos  Facultés  paraissent  oublier  leur  rôle  d’éduca¬ 
teurs  professionnels,  il  est  consolant  de  rencontrer  des 
professeurs  qui,  comme  l’auteur  des  Maladies  popu¬ 
laires,  peuvent  indiquer  aux  futurs  médecins  quel  sera 
le  rôle  social  qu’ils  auront  à  remplir,  et  comment,  par 
une  étroite  solidarité  syndicale,  ils  pouriont  donner  à 
leur  profession  la  place  utile  et  prépondérante  qui  aura 
une  grande  part  dans  l’amélioration  progressive  de 
la  Société  future.  J.  Noir. 


TABLETTES  de  STYPTICINE  WIERCK,  â  0,05  j 

5  à  C  par  jour  comme  sédatif  :  OYSiyiÊNORRHÉE, 
ou  hémostatique  :  HÉMORRHAGIES  de  toutes  sortes,  HÉMOPTYSIES 


Hospices  civics  de  Marseille.  —  Concours  pour  une  place 
de  mcdecin-adjoiiit.  —  Le  lundi  6  août  l‘K)ü,  à  3  heures,  un  con¬ 
cours  public  sera  ouvert  à  l’Hôtcl-Üieu,  pour  une  place  de  méde¬ 
cin-adjoint  des  hôpitaux.  Les  candidats  devront  avoir  deux  an¬ 
nées  de  pratique  comme  docteurs  de  l'une  des  Facultés  de  France, 
être  de  nationalité  française,  ou  en  mesure  de  justiiier  de  leur 
I  naturalisation.  (Montpellier  Mëd.  du  22  avril.) 


294 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


'  Prophylaxie  des  maladies  vénériennes. 

Education  sexuelle  de  la  jeunesse. 

Le  Prof.  Fournier  a  écrit  deux  excellents  petits  livres, 
qui  ont  pour  but  de  montrer  aux  jeunes  gens  et  aux 
jeunes  filles  les  dangers  des  maladies  vénériennes,  les 
ravages  qu’elles  exercent  sur  l’individu,  sur  la  famille, 
sur  toute  la  nation.  Tout  en  étant  excellents,  ces  deux 
brochures  ne  donnent  pas  les  résultats  qu’on  aurait 
été  en  droit  d’attendre,  pour  la  simple  raison  qu’ils  ne 
sont  pas  connus  suffisamment  et  pas  lus.  Demandez, 
pour  vous  assurer  s’il  en  est  vraiment  ainsi,  aux  jeunes 
gens  de  votre  entourage,  à  l’étudiant  en  droit,  en  lettres 
et  même  en  médecine,  pour  laisser  complètement  de 
côté  le  nombre  plus  grand  encore  de  ceux  qui  entrent 
dans  le  commerce  ou  dans  l’industrie.  Ce  n’est  donc  pas 
par  le  livre,  mais  par  la  parole  qu’il  faudra  vulgariser 
ce  qu’il  importe  de  savoir  de  la  prophylaxie  des  mala¬ 
dies  vénériennes.  Cette  nécessité  a  été  comprise  dans 
diflérents  pays,  notamment  en  Allemagne  et  aux  Etats- 
I  nis.  Les  sociétés  pour  l'hygiène  scolaire  ont  débattu 
la  question,  et  on  a  choisi  comme  rapporteurs  des  mé¬ 
decins,  des  pédagogues,  des  théologiens  et  des  femmes 
mères  de  famille  ou  directrices  d’écoles.  Le  problème  a 
donc  été  examiné  à  tous  les  points  de  vue.  L’accord  est 
unanime  sur  la  nécessité  d’éclairer  la  jeunesse,  de  lui 
apprendre  le  danger  à  éviter,  lln’estplus  de  même. lors¬ 
qu’il  s’agit  de  trouver  la  personne  à  qui  confier  cette 
mission  délicate. 

Les  pédagogues  étaient  d’avis  que  c'était  l’affaire  des 
médecins,  ceux-ci  voulaient  en  charger  le  prêtre,  celui-ci 
considérait  que  les  parents  étaient  plus  qualifiés  que 
lui-même.  A  notre  avis,  tout  le  monde  doit  collabo¬ 
rer  à  la  solution.  Si  les  parents  croient  ne  pas 
en  savoir  assez  pour  faire  cette  éducation  spéciale,  ils 
peuvent  s’adresser  au  médecin  de  la  famille,  qui  connaît 
les  jeunes  gens,  les  a  peut-être  mis  au  monde,  et  possédé 
par  là  suffisamment  d’autorité  pour  enseigner  aux  gar¬ 
çons  ce  qu’ils  doivent  savoir.  Cependant,  pour  toute  une 
catégorie  de  citoyens,  le  médecin  de  famille  n’existe  pas 
et  pour  eux,  la  majorité,  il  conviendrait  que  le  maître  ou 
le  professeur  prenne  en  mains  cette  direction.  Du  moins, 
ils  peuvent,  par  des  leçons  et  des  explications  graduées,  1 
faire  connaître  aux  élèves  les  procédés  de  fécondation 
dans  le.  règne  végétal  d’abord,  chez  les  animaux  et  chez  I 
l’homme  ensuite.  Un  garçon  de  14  ans  et  la  jeune  fille  de  ' 
13  ans  sauront  donc  déjà  les  éléments  de  la  question. 

C’est  à  ce  moment  que  devra  intervenir  le  médecin, 
que  ce  soit  le  médecin  de  famille  pour  les  parents  qui 
ne  voudraient  pas  trop  choquer  la  candeur  de  leurs  i 
enfants,  ou  un  médecin  quelconque  au  courant  de  la 
question,  pour  les  parents  qui  ont  moins  de  préjugés.  On  | 
réunirait  une  fois  par  an  tous  les  jeunes  gens  au-dessus  ! 
de  seize  ans,  et  en  quelques  leçons  courtes,  mais  suffi-  j 
santés,  on  les  initierait  aux  réalités  de  la  vie  sexuelle,  j 
aux  dangers  des  habitudes  vicieuses  et  des  contamina-  | 
tions  possibles.  Il  est  évident  qu’il  faudrait  insister  sur  | 
la  possibilité  physiologique  et  sur  la  nécessité  de  rester  ! 
pur  jusqu’au  mariage.  Mais  ceci  posé,  il  conviendrait  de  I 
mettre  devant  leurs  yeux,  sans  phrases,  ce  que  c’est  que  î 
la  blennorrhagie  et  la  syphilis,  comment  on  peut  éviter 
ces  maladies  et  surtout  comment  on  peut  les  guérir.  11 
faudrait  surtout  demander  aux  jeunes  gens  de  ne  pas 
cacher  une  blennorrhagie  ou  un  chancre,  de  s’adresser 
au  médecin  tout  de  suite,  afin  de  ne  pas  rendre  chro-  j 
nique  et  dangereuse  une  affection  qui  peut  être  bénigne  j 


en  elle-même.  Apprenez  toutes  ces  choses  aux  jeunes 
bacheliers  avant  de  leur  délivrer  le  diplôme,  apprenez-le 
aux  jeunes  élèves  des  écoles  primaires  supérieures, 
aux  apprentis,  aux  soldats  et  vous  aurez  bien 
mérité  de  leur  avenir,  de  la  santé  publique,  de  la  force 
de  la  nation.  Regarder  le  danger  en  face,  l’aborder  sans 
détours,  vaut  mieux  que  de  faire  comme  l’autruche,  qui 
croit  fuir  le  danger  en  se  cachant  la  tête  dans  le  sable, 
l^n  homme  averti  en  vaut  deux.  G.  Friedhl. 

- - - 

SOCIÉTÉS  SAVANTES 

SOCIÉTÉ  DE  BIOLOGIE 

Séance  du  28  avril 

Cancer  épithélial  mucipare  du  poumon. 

MM.  S.4BRAZÉS  et  Muratbt  (dc  Bordeaux)  rapportent  le  cas 
d'une  femme  de  T)!  ans  pré.sentant  à  droite  tous  les  signes 
d’un  gros  épanchement  pleural  avec  douleurs  très  vives,  dysp¬ 
née  intense  et  amaigrissement  rapide  (l.")  kg.  I 
On  note  de  la  circulation  collatérale  avec  turgescence  de  la 
jugulaire  droite, de  l’œdème  prosternai,  une  matité ligneuseau 
sommet.  La  ponction  avec  une  fine  aiguille  est  sans  ré.sultat 
et  la  mort  sur\  ient  en  asystolie.  avec  ptose  du  foie  refoulépar 
l’épanchement  énorme  (4  litres) .  Le  liquide  jaune  pâle,  filant, 
sirupeux,  donne  les  réactions  chimiques  de  la  miiccine. 
Le  mucus  provenait  du  poumon  droit  envahi  par  une  tumeur 
maligne  primitive,  cancer  épiihélial  mucipare.  Par  l'interstice 
des  anfractuosités  pleurales,  en  pressant  sur  la  tumeur,  on 
fait  sourdre  du  mucus,  qui  passait  ainsi  dans  la  plèvre,  pen¬ 
dant  la  vie- sous  les  efforts  de  toux,  les  lacs  muqueux  néopla- 
si<[ues  allluent  aux  anfractuosités  el  s’y  déversent  en  partie. 

Cette  tumeur  est  très  polymorphe,  varie  de  l’épithélioma 
cylindrique  caliciforme,  qui  prédomine,  au  carcinome  alvéo¬ 
laire,  et,  même  dans  ses  manifestations  ganglionnaires,  con¬ 
serve  sa  propriété  exaltée  d’hypersécrétions  de  mucus.  ^ 
Déchloruration  fécale. 

MM.  Javai.  el  Adi.er  ont  observé,  chez  un  malade  atteint 
d’anasarque  par  néphrite  tuberculeuse  et  tuberculose  intesti¬ 
nale  avec  diarrhée  incoercible, une  abondante  déchloruration' 
par  les  fèces  qui  en  étaient  plus  chargées  que  les  urines  ;  il 
rendit  un  jourjusau'à  9gr.  51  cent.  L’examen  des  selles  diar¬ 
rhéiques  examinées  comparativement  chez  plusieurs  malades 
à  ce  point  de  vue  a  montré  que  les  fèces,  diluées  par  pur¬ 
gation  ou  par  diarrhée  pathologi(|ue  ont  augmenté  les 
chlorures  en  proportion  de  la  dilution.  Des  fèces  contenant 
80à!»0  %  d’eau  contiennent  2  gr.  de  chlorure  et  dans  les 
diarrhées  e.xtrêmement  liquides  9Ü  à  91)  %  on  observe  jus<iu  a 
2  et  3  gr.  %  dechlorures.  Les  purgatifsaugmententdonc  la  dé¬ 
chloruration  fécale,  mais  ne  donnent  jamais  une  proportion 
égale  à  celle  de  certaine.s  diarrhées  pathologiques. 

Gastro-entéritj;.s  infanlilca.  Jn/hience  du  réç/ime  sur  le 
microbisme. 

M.  tiuiLLF.MOT  et  Mlle  SzczACDiNSKA. —  Parla  diète  liydrE 
<iue  suivie  de  bouillon  de  légumes,  le  microbisme  fécal  “«f 
gastro  entérites  infantiles  communes  varie  peu,  malgré l’anie" 
lioration  ou  la  guérison  cliniques.  Les  microbes,  ici,  sem¬ 
blent  donc  se  conduire  surtout  comme  agents  de  fernien**' 
tion  plutôt  que  comme  germes  infectants.  I.^  réaliineiitatio® 
change  le  microbisme  el  donne  des  réssultats  qui  varient  a^ef 
le  milieu  intestinal.  Vvec  certains  aliments  très  digestifs./’*' 
voit  réapparaître  le  même  microbisme  fécal  (}ue  chez  1^^ 
faut  normal  alimenté  de  lait  de  femme.  Le  microbisme/’/ 
donc  commun  à  la  digestion  de  substances  alimentant* 
variées  mais  digestibles. 

Séance  du  :>  mai. 

Transmission  dc  la  rosie  par  coup  de  uriffc. 

M.  Kemi.inger  communi(jue  3  observations,  dont  2  perso®" 


LE  PROGRES  MEDICAL 


295 


nellcs-  d  iadhidus  non  imrdus,  mais  griffés,  par  des  chiens 
nragés  qui  ont  succombé  à  la  rage.  A  la  période  d'incuba- 
rion  '^chiens  et  chats  contaminent  leurs  griffes  en  se  léchant 
les  ^ttes  ;  à  la  période  d’état  la  bave  contagieuse  se  répand 
oartout,  nouvelle  cause  de  souillure,  surtout  si  l’animal 
attache.  Les  personnes  simplement  griffées  doivent  donc 
recourir  aux  inoculations  préventives. 

Méningo-encéptialite  diffuse  ulcéreuse  syphililique. 

M.  Bosc  (de  Montpellier)  envoie  l’observation  d'un  malaile 
syphilitique  avec  des  gommes  scléreuses,  qui  présenta  une 
méningite  chronique  diffuse  ulcéreuse  reproduisant  très  exac¬ 
tement  les  lésions  de  la  paralysie  générale.  De  1  examen  his¬ 
tologique  de  ses  préparations,  l'auteur  conclut  que  la  gomme 
cérébrale  à  son  stade  d’activité  est  constituée  par  une  néofor- 
Biation  cellulo-vasculaire  de  structure  précise  ;  (juant  à  la 
méningo.«ncéphalite  diffuse  ulcéreuse,  elle  était  ici  en  con¬ 
nexité  directe  avec  la  gomme  et  présentait  un  syphilome  de 
même  structure  générale  ;  mais  qui,  au  lieu  rl'être  nodulaire 
et  de  se  .substituer  au  tissu  nerveux,  est  diffus,  plus  discret 
et  aboutit  à  la  désintégration  et  à  la  sclérose. 

Pathogenie  de  la  g  renouille  {te. 

M.  Imbert  (de  Marseillel,  ayant  fait  l’examen  histologique 
d’une  grenouillette  sublinguale, indique  que  cette  affection  est 
un  kyste  conjonctif  de  la  région  sublinguale  du  plancher  de  la 
bouche,  mais  non  de  la  glande  sublinguale  elle-même.  E.  P. 


ACADÉMIE  DE  MÉDECIXE 


Malgré  la  date  fatidique  <tu  l"  mai.  les  Académiciens  sont 
assez  nombreux.  M.  Cuéniot  rappelle  spirituellement  (jue  l’A¬ 
cadémie  a  toujours  siégé,  même  pendant  les  batailles  les  plus 
ardentesde  la  Commune, le i-i  mai  1871.11  est  vrai  que, ce  jour- 
là,  un  seul  membre  fut  fidèle  à  la  séance,  ce  fut  M.  Gaultier 
de  Caubry,  professeur  à  l’école  de  pharmacie. 

La  séance  est  néanmoins  très  courte.  Le  dépôt  des  conclu¬ 
sions  sur  la  prophylaxie  de  la  tuberculose  est  encore  ajour- 


MM.  Brincart,  Ducormeau  et  Richard  présentent  une  étude 
sur  la  prothèse  dentaire. 

M.  A.  Robin  lit  une  note  deM.  Benech,  professeur  agrégé  à 
“Ordeàux  sur  l’aortite  aljdominale  par  propagation, et  ses  ra{>- 
Purls,  tant  avec  la  gastrite  que  l’appendicite.  L’aortite  abdo- 
^ale  serait  dans  les  gastrites;  aigurë  une  complication  rela- 
fié<iuente.  Elle  se  produit  alors  par  proi>agation  di- 

'oici  enfin  les  commissions  de  prix  pour  1906, 

Prix  de  l’académie  :  MM.  Erançois-Erank,  Granclier,  \et- 


Prix  Alvarenga:  MM.  Chatin,  Pozzi,  Chaatemesse. 

”|x  Apostoli  ;  MM.  Gariel.  d’Arsonxal,  liognard, 
t  nx  Baillarger  :  MM.  Magnan,  Motel,  Jofl’roy. 
nx  Barbier  ;  MM.  Laveran,  Ménard,  Revnier, 

^nxBoullard  ;  MM.  Brouardel,  Bâcher,  Raymond. 

P*‘'uceret  :  MM.  Ed.  l'errier,  Gley,  lieyaier. 

^éhant  JLidhe,  Robin.  Marty,  Delorme,  Bouchet, 

J  nx^ujpljej|.]yypjgrris  ;  MM.  Guyon,  Ch.  l’errier, Reclus. 
«xCapuron  :  MVÎ.  Moissan.  Hanriot,  Bourquelot. 

^rix  Chevallier  :  MM.  llérai-d,  Dieulatbv,  Duguet. 
p"-^  Chevillon  :  MM.  Labbé.Ou  nil,  Ch.  Monod. 

P  ;  MM.  Rouchaid,  Motet,  Trnisier. 

P  .*y**’ens  ;MM.  Besnier.  \allin,  Chauffard. 
pj,i**^udet  :  MM.  Lancercaux.  d  Arsoaval,  Chaux^l. 

Desiiortes  ;  Section  de  thérai>eutiqueet  d’histc-ire  na- 


Priv  •  mm.  Bucquoy,  Deljove,  Gilbert. 

*‘tixH  Huchard,  Fernet. 

pfi  (de  Genève  :  MM.  Empis,  Magnan.  Landouzy. 

Prix  H  *de  .Metz)  ;  MM.  l.ei;el>ouHet,  Laveran,  Hutinel. 
l’iiï  n  Lanceireaux,  \\on,  liamy. 

pfO  ■■  MM.  Duguet,  Hallopeau,  Landouzy. 

*^orie  :  Section  de  cinruigie. 


Prix  Larrey  ;  MAI.  Sée,  l’inard,  Kermorgant. 
l’rix  Laval  :  MM.  Guéniot,  Debove,  Josias, 

Prix  Lorquet  :  AIM.  Brouardel,  Aiagnan,  Raymond. 

Prix  Meynot  ;  M.VL  Duplay,  Kirmisson,  Poirier. 

Prix  Monbinne  :  MM.  Gauvel, Duguet,  Benjamin. 

Prix  Aativelle  ;  MM.  Jungfleisch.  Prunier,  Guignard. 

Prix  Orfila  :  AIM.  Itouchardat,  Vallin,  Hanriot,  Pouchet. 
Netter. 

Prix  Saiiitour  :  MM.  Dieulafoy,  Pinard,  Motet,  Bichelot,Ga- 
diot. 

Prix  Stanski  :  MM.  Laveran,  Roux.  Ghauflard. 

Prix  Tarnier  :  AIM.  Budin,  Pinard,  Doléris. 

Prix  A  ernois  :  AIM.  Delorme,  Cliantemesse,  A  aillard. 

A  .-E’.Pi.icque. 


LA  VALÉROBROMINE  LEGRAND 

est  plus  active  que  les  bromures  et  les  valé- 
rianates. 


REVUE  D’HYDROLOGIE  ET  DE  CLIMATOLOGIE 

Rédacteur  spécial  :  D^^  LUCIEN  GRAUX 

I.  L'Entéro-colite  muco-membraneuse  observée  aux  eaux  mi¬ 
nérales  ;  par  les  D'^BraXARDet  Baraduc.  {Cong^-ès  d’Hrdrologie 
de  Venise.) 

Quelles  sont  les  formes  d’entéro-colite  que  l’on  doit  adres¬ 
ser  plus  spécialement  à  Plombières  '!  D’une  façon  générale, 
les  nerveux,  les  éréthiques,  les  congestifs,  les  sujets  qui  ont 
des  manifestations  arthritiques  bien  nettes,  sont  justiciables, 
du  traitement.  Dans  les  formes  d’entéro-colite  avec  prédomi¬ 
nance  des  symptômes  douloureux  dans  la  sphère  abdominale 
(entéralgie,  cystalgie,  etc.),  dans  les  formes  diarrhéiques,  lors¬ 
que  la  diarrhée  paraît  être  d’origine  nerveuse  plutôt  (ju  in-  , 
fectieuse.  Plombières  est  aussi  particulièrement  indiqué. 

11  résulte  du  mode  d’action  de  la  cure  deChàlel-Guyonque. 
parmi  les  malades  atteints  d’entéro-colite,  en  sont  plus  par¬ 
ticulièrement  justiciables  :  les  anémiés,  les  torpides,  les  dé¬ 
primés,  les  congestionnés  sous-diaphragmatiques,  les  hépati¬ 
ques,  les  intoxiqués,  les  hyposthénique»  généraux  et  plus 
spécialement  les  hyposthéniques  gastro-intestinaux. 

Il  -  -  La  cure  aux  eaux  de  Vichy;  parle  D''  Tissier, 

(Paris,  <;<)oenz.  190(i.) 

Dans  cette  intéressante  brochure,  le  D’’  René  Tissier,  a  con¬ 
densé  tous  les  renseignements  qui  pouvaient  être  utiles  aux 
praticiens  sur  les  eaux  de  A  ichy.  Notons  :  la  nature  des  eaux 
de  A  ichy.  leur  composition  chimique,  leur  mode  d’emploi, 

;  l'action  des  eaux  sur  l’économie,  enfin  les  indications  et  con- 
j  tre-indications  de  la  cure  hydrominérale. 

I  in*.  —  Traitement  hydrominéral  des  catarrhes  bronchiques 
non  bacillaires  ; 

Par  le  U''  Caze.\lx.  (Ga^iette  des  £ziha:,  janvier  1906.) 

Le  catarrhe  des  voies  respiratoires  est  principalement  jus¬ 
ticiable  dos  eaux  sulfurées  dont  l'efficacité  s’échelonne  d’après 
la  gamme  descendante  suivante  :  ai  les  eaux  sulfurées  sodi- 
ques  chaudes  ;  6 îles  sulfurées  sodiques froides  ;  c)  les  sulfu¬ 
rées  calciques  chaudes  ;  diles  sulfurées  calciques  froides.  Ces 
eaux  produisent  leur  plus  grand  effet  sur  les  tempéraments 
indifférents,  lymphatiques  ou  scrofuleux,  car  elles  n’agissent 
pas  seulement  par  le  soufre,  mais  par  l’ensemble  de  leur 
composition  qui  les  rend  essentiellement  reconstituantes. 
Elles  sont  également  ta-ès  utiles  chez  une  catégorie  d’herpéti¬ 
ques  dont  le  catarrhe  bronchique  se  rapproche  par  sa  nature 
des  dermatoses  superficielles. 

Les  eaux  chlorurées  s’adressent  également  à  la  scrofule  sous 
toutes  ses  formes  :  les  chlorurées  simples  et  les  chlorurées 
sulfurées  modifient  particulièrement  la  scrofule  profonde. 
Aux  catarrhes  des  voies  aériennes  conviennent  plutôt  les 
chlorurées  faibles  etprincipaiementles  chloruréesbicarbona- 
tées  qui  exercent  une  action  spéciale  sur  la  peau  et  les  mu¬ 
queuses.  Dans  la  famille  des  bicarbonatées,  ce  sont  les  hicar-  ' 
bonatées  chlorurées  qui  jouissent  d’une  appropriation  au 


296 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


traitement  des  inflammations  chroniques  des  voies  respira¬ 
toires  chez  les  arthritiques  ;  elles  n'exercent  pas  d’action  per¬ 
turbatrice,  s’adressent  plutôt  au  sang  qu’à  la  lymphe  et  favo¬ 
risent  la  nutrition  générale.  Un  petit  nombre  de  sulfatées  cal¬ 
ciques  sont  utilisables  chez  les  sujets  nerveux  ou  conges- 
tionnables  qui  ne  toléreraient  pas  les  sulfurées.  Dans  la  fa¬ 
mille  des  iiidélerminées,  il  y  a  des  sources  qui  ont,  sur  les  ca¬ 
tarrhes  du  larynx  et  des  bronches,  un  elfet  beaucoup  plus 
marqué  que  ne  le  ferait  supposer  leur  faible  minéralisation. 

11  ressort  de  là  une  fois  de  plus  que  c'est  moins  par  tel  ou 
tel  de  leurs  éléments  qu’elles  agissent  que  par  l’ensemble  de 
leur  composition.il  en  ressort  aussi  qu’il  subsiste  dans  l'étude 
des  actions  palhogéniques  et  thérapeutiques  des  eaux  mi¬ 
nérales  une  inconnue  où  peut-être  un  rôle  est  départi  soit  à 
leur  électricité,  soit  à  leur  radio-activité. 

IV.  —  La  lutte  antituberculeuse  en  France  ; 

Par  Dehan  et  Ledoux-Leb.ard.  (Paris,  Masson,  1906.) 

MM.  Dehan  et  Ledoux-Lebard  ont  comblé  une  lacune  dans 
la  bibliographie  antituberculeuse,  assez  riche  cependant,  en 
groupant  sous  une  forme  pratique  tous  les  renseignements 
relatifs  aux  œuvres  luttant  contre  la  tuberculose.  Ils  décri¬ 
vent  les  diverses  institutions  réservées  aux  enfants,  aux  ado¬ 
lescents,  aux  adultes. 

Ce  petit  volume  vient  à  son  heure  et  sera  un  guide  précieux 
pour  ceux  qui  voudront  le  consulter. 

V. —  Les  Eaux  minérales  de  Brides-les-Bains  et  de 
Salins-Moutiers  ;i)ar  le  U'  F.ahina  (1906). 

Le  D"  Farina  a  résumé  dans  cet  ouvrage,  d’une  lecture  ai¬ 
sée  et  très  documenté,  les  propriétés  des  eaux  de  ces  deux 
stations.  Les  eaux  de  Brides  sont  hyperthermales.  sulfatées 
calciques  sodiques  et  magnésiennes,  chlorurées  sodiques.  ar¬ 
senicales,  lithinées,  ferrugineuses.  Elles  s’adressent  aux  af¬ 
fections  derestomac,de  l’intestin,  dufoieoudu  système  géni¬ 
to-urinaire  et  à  tous  les  états  qui  relèventd'un  trouble  pro¬ 
fond  de  la  nutrition  générale.  Salins,  à  15(X)  mètres  de  Mou- 
tiers,  possède  des  eaux  hyperthermales  chlorurées  sodiques 
fortes,  carboniques  fortes  et  gazeuses,  arsenicales,  indurées, 
lithinées,  très  ferrugineuses.  Elles  ont  une  action  heureuse 
surtout  dans  les  cas  d’asthénie  généralisée,  de  lymphatisme, 
de  scrofulo-tuberculose.  Les  effets  sont  remarquables  dans  la 
thérapeutique  infantile  et  on  a  pu  appeler  Salins-Moutiers  la 
«  mer  thermale  des  Alpes  «.Nous  n’avons  pu  donner  qu'un 
faible  aperçu  de  ce  très  intéressant  travail. 

VI.  —  Action  de  l'arsenic  et  des  eaux  chlorurées  sodiques  ar¬ 
senicales  sur  le  diabète  ;  par  H.  Verdalle,  médecin  des  Hôpi¬ 
taux  de  Bordeaux.médecin  consiillantà  La  Bourboule  et  à  Cannes. 
(In  Arch.  gén.  de  médecine,  mars  1906.) 

M.  Verdalle  conclut  de  ses  nombreuses  observations  : 
U  Dans  le  diabète  en  général, le  traitement  par  les  eaux  chloru¬ 
rées  sodiques  arsenicales  a  une  action  très  efficace  ;  il  est  ce¬ 
pendant  surtout  indiqué  dansles  cas  où  la  médication  arseni¬ 
cale  a  été  déjà  employée  avec  succès, et  spécialement  dans  la 
forme  hyperhépatique  du  diabète,  c’est-à-dire  dans  cette  va¬ 
riété  décrite  par  M.  le  professeur  Gilbert,  variété  caractérisée 
par  l’hyperfonctionnement  du  foie  (glycosurie  et  azoturiei  ; 
2»  Le  traitement  par  les  eaux  arsenicales  porte  à  la  fois  sur  la 
glycosurie,  qu’il  fait  toujours  baisser  et  souvent  disparaître 
complètement,  et  surl’azoturie.  laquelle  diminue  d’une  façon 
parallèle  ;  3°  Le  traitement  tend  à  régulariser  le  taux  de  i  u- 
rée  ;  à  le  ramener  à  la  normale  :  le  réduisant  quand  ce  taux 
est  exagéré,  le  faisant  remonter,  au  contraire,  quand  il  est 
au-dessous  de  la  moyenne  ;  on  peut  donc  affirmer  que  le 
traitement  régularise  la  butrition  ; 

4“  L'amélioration  de  la  santé  générale  est  aussi  remarqua¬ 
ble  ,  elle  suit  parallèlement  la  régularisation  de  la  nutrition 
et  la  diminution  de  la  glycosurie  ;  cette  amélioration  est.dans 
certains  cas,  étonnante  ;  j’ai  prononcé  le  mot  de  résurrec¬ 
tion.  Elle  est  souvent  durable,  se  maintient  pendant  des 
mois  et  des  années  ;  elle  est  quelquefois  définitive  ;  ,5“  L’in¬ 
dication  formelle  pour  les  eaux  arsenicales  est  donnée  par 
l’état  d’hyper  fonctionnement  de  la  cellule  hépatique  ;  les 
eaux  alcalines  devant,  au  contraire,  être  indiquées  dans  les  cas 
où  ce  fonctionnement  est  insuffisant  ;  il  arrive  ainsi  souvent 
<iue  l’eau  arsenicale  réussit  dans  beaucoup  de  cas  où  les  al¬ 


calins  avaient  échoué,  avaient  même  été  nuisibles  ;  6“  majj 
dans  aucun  cas, le  traitement  arsenical  ne  produit  d’accidents, 
si,  du  moins,  il  est  manié  convenablement  ; 

7°  11  peut  rendre  des  services  dans  n’importe  quelle  forme 
de  diabète  ;  bien  qu’il  soit  plus  formellement  indiqué  dans 
la  forme  hyperhépatique,  il  donne  aussi  de  très  bons  résul¬ 
tats  dans  les  autres  formes  ;  mais  il  faut  surtout  invoquer 
l’action  reconstituante  de  l'arsenic  et  aussi  l’action  de  l’alti¬ 
tude,  de  l’aération,  des  pratiques  hydrothérapiques,  etc.,  etc. 

I  Alors  même  que  les  résultats  chimiques  seraient  peu  nota- 
I  blés,  on  peut  affirmer  hautement  que  l’état  général  duma- 
!  lade  est  toujours  grandement  amélioré. 

8“  Certaines  indications  spéciales  s’imposent  encore  en 
faveur  du  traitement  du  diabète  à  la  Bourboule  :  elles  tien¬ 
nent  à  ses  complications  si  fréquentes:  les  accidentsdu  côté 
de  la  peau  ou  des  muqueuses  —  les  complications  du  côté 
de  l’appareil  broncho  pulmonaire  (asthme, tuberculose,  etc.i, 
l’anémie,  etc.,  et  encore  à  tous  ces  épiphénomènes  qui  se 
raltachent,comme  si  souvent  le  diabète  lui-même.à  l’arthri¬ 
tisme.  11°  Mais  il  convient  de  ne  pas  faire  de  l’anémie  et  de 
I  lacachexie  uneindication  fondamentale, comme  ont  coutume 
beaucoup  de  praticiens  ;  plus  tôt  on  enverra  le  diabète  à  la 
Bourboule  et  plus  on  aurade  chances  pour  obtenir  une  gué¬ 
rison  définitive  ;  10°  Dans  certains  cas  particuliers  une  dou¬ 
ble  saison  pourrait  être  utile;  11°  Le  traitement  par  l’eau 
exportée  peutaussi  rendre  desserviees  dans  l'intervalle  des 
saisons.  Je  recommande,  en  ce  cas,  une  petite  saison  de  trois 
ou  quatre  semaines,  à  domicile,  tous  les  trois  mois  :  environ 
j  deux  cents  grammes  par  jour  ;  cent  grammes  à  chaque  re¬ 
pas  ;  mais  sous  la  aurveillance  très  étroite  du  médecin  trai¬ 
tant. 

12°  L’albuminurie  n’est  pas  une  contre-indication,  à 
moins  qu’elle  ne  soit  due  à  une  vraie  néphrite;  quand  elle  est 
simplement  liée  au  diabète,  légère  et  temporaire,  elle  cède 
j  en  même  temps  que  lui. 


j  REVUE  DE  DIÉTÉTIQUE 

!  Les  régimes  déchlopurés,  d’après  les  travaux  de  M.  F.  Wliuu. 
professeur  agrégé . 

L’action  hydropigène  du  chlorure  de  sodium  retenu  chez 
I  certains  brightiques  n'a  plus  besoin  d'être  démontrée,  et  il 
est  bien  établi  que,  chez  eux,  la  seule  suppression  du  sel 
1  ajouté  aux  aliments  peut  suffire,  en  dehors  de  toute  autre 
j  intervention,  à  provo(juer  la  déshydratation  de  l’organisme. 

I  G’est  là  le  fondement  de  la  cure  de  déchloruration  ;  la  sim¬ 
plicité  du  remède  répond  bien  à  la  simplicité  de  la  cause. 

L’action  hydratante  est  l’apanage  du  chlorure  de  sodium 
retenu  chez  les  brightiques.  L’urée  en  particulier,  cette  autre 
I  substance  dissoute,  dont  l'accumulation  est  si  fréquente  chez 
!  les  néphrétiques,  est  incapable  par  sa  rétention  d’hydrater 
i  les  tissus  au  cours  du  mal  de  Bright;  ses  molécules  s’accu- 
i  mulent  dans  le  sang  et  cherchent  sans  cesse  à  forcer  la  bar¬ 
rière  rénale.  Les  molécules  de  chlorure  retenu  suivent  un 
courant  inverse  qui.  du  sang,  les  porte  vers  les  tissus.  laD- 
dis  que  la  rétention  des  chlorures  détermine  l’urémie  hydre- 
pigène,  la  rétention  azotée  n'aboutit  qu’à  l’urémie  sèche.  On 
observe  souvent  au  cours  du  mal  de  Bright  une  dissociation 
'  de  l’imperméabilité  du  rein  pour  les  chlorures  et  pourl’urée? 

'  les  deux  rétentions  peuvent  exister  isolées  ou  combinées  ;  elle* 

'  présentent  bien  quefiiues  caractères  communs,  mais  elles  ont 
‘  aussi  des  caractères  qui  les  différencient  et  (jui,  au  cours  de 
i  certains  états  urémiques,  permettent  souvent  de  faire  la  pnO 
qui  revient  à  chacune  d’elles. 

I  Les  régimes  déchlorurés  exercent  encore  leur  action  déshy 

'  dra tante  sur  les  œdèmes  cardiaques  et  permettent  parfois  daf' 

j  rêter  la  marched’une  hydropisie  résultant  d’une  gêne  de  1* 
circulation,  comme  l’ascite  cirrhotique,  mais  ils  ont  iinea*^ 
tion  beaucoup  plus  restreinte  contre  les  hydropisies  de  nS' 
ture  inflammatoire,  comme  celles  de  la  pleurésie,  parexejn 
pie.  L’imperméabilité  des  reins  pour  les  chlorures  est  tell  ■ 
chez  certains  brightiques,  que  l’on  doit  abaisser  jusqu’à  ^ 
dernières  limites  la  dose  de  chlorure  permise  ;  le  lait,  qui  do* 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


avant  tout  ses  qualités  à  sa  faible  chloruration,  peut  être  un 
aliment  trop  salé  encore  pour  ceux  dont  les  reins  sont  ainsi 
presque  complètement  fermés  pour  les  chlorures.' C’est  sur 
de  tels  malades  que  la  cure  de  déchloruration  nous  fait  as¬ 
sister  à  ce  spectacle  inattendu  d’un  albuminurique  infiltré 
d’œdèmes,  plus  amélioré  par  un  régime  carné  et  amylacé 
privé  de  sel  (fue  par  le  régime  lacté  jusque-là  prescrit  comme 
le  seul  salutaire.  L’imperméabilité  rénale  pour  les  chlorures 
n’est  jamais  absolue  :  elle  n’est  toujours  que  relative  et  peut 
présenter  tous  les  degrés  ;  bien  plus,  elle  varie  chez  un  mê¬ 
me  sujet  d’une  période  à  l’autre  de  la  maladie.  Dans  nombre 
de  cas,  la  perméabilité  rénale  est  encore  suffisante  pour  per¬ 
mettre  une  légère  chloruration  alimentaire.  C’est  alors  que 
le  lait,  aliment  faiblement  chloruré,  exerce  l’action  bienfai¬ 
sante  qui  lui  est  depuis  longtemps  reconnue. 

Lorsqu’on  entreprend  de  traiter  un  brightique  infiltré  d’œ¬ 
dèmes,  il  faut  cominencer  par  lui  prescrire  un  régime  stric¬ 
tement  déchloruré.  Par  -  tâtonnements,  en  interrogeant  la 
courbe  du  poids  régulièrement  dressée  et  surtout  en  con¬ 
sultant  le  bilan  des  chlorures,  on  arrive  à  régler  d’une  façon 
suffisamment  exacte  la  dose  de  tolérance  qu'il  faut  toujours 
se  garder  d’atteindre  dans  l’alimentation. 

•La  cure  de  déchloruration,  tout  en  étant  une  méthode  de 
traitement  contre  la  rétention  chlorurée, est  du  même  coup  la 
méthode  de  choix  pour  l’épreuve  de  la  chlorurie  alimentaire 
et  permet  de  dépister  les  rétentions  de  sel.  Tous  ceux  qui 
ont  pratiqué  la  cure  de  déchloruration  savent  avec  quelle 
rapidité  saisissante  on  voit,  sous  .son  influence,  les 
œdèmes  s’effondrer,  chez  certains  brightiques.  Le  ré¬ 
gime  ne  donne  pas  toujours  des  succès  aussi  réguliers;  la  dé  - 
cloruration  a  parfois  ses  difficultés.  Chez  certains  sujets,  la 
déshydratation  ne  s’obtient  que  lentement  et,  pour  renforcer 
l’action  du  régime,  il  faut  alors  le  secours  de  médicaments 
diurétiques.  Les  régimes  déchlorurés  même  prolongés  sont 
sans  inconvénient  pour  les  brightiques.  Quoi  qu’on  fasse,  ja¬ 
mais  la  privation  de  sel  ne  peut  être  absolue  ;  ce  corps  est  ré¬ 
pandu  dans  la  nature  avec  une  profusion  telle  qu’aucune 
substance  n’en  est  complètement  dépourvue.  Si  Ihomme 
sain,  pour  satisfaire  ses  sensations  gustatives,  peut  se  permet¬ 
tre  chaque  jour  l’excès  de  chlorures  alimentaires  que  com¬ 
porte  sa  ration  ordinaire,  l’homme  frappé  dans  ses  reins  ou 
dans  son  système  cardio-vasculaire  doit  se  préoccuper  sans 
cessede  la  chloruration  de  son  régime  et  doit  toujours  crain¬ 
dre  d’accumuler  des  réserves  de  chlorures  dans  ses  tissus. 

En  dehors  même  des  périodes  d’insuffisance  rénale  et  d'as- 
systolie  où  le  régime  déchloruré  absolu  s’impose,  un  brigh- 
tiqueou  un  cardiaque  doit  toujours  faire  usage  d’une  alimen¬ 
tation  aussi  peu  salée  que  possible,  car  il  ne  sait  jamais  à 
quel  moment  précis  l’usage  exagéré  du  chlorure  de  sodium 
pourra  de  nouveau  lui  être  nuisible. 


BIBLIOGRAPHIE 

Etude  de  la  région  silurique  occidentale  de  la  Pres¬ 
qu’île  de  Crozon  iFinistèrei  ;  par  Kerforne.  iSimon,  im¬ 
primeur,  Rennes,  Ifiül. 

M.  F.  Kerforne,  préparateur  de  géologie  et  de  minéralogie  à 
J  •diversité  de  Rennes,  a  choisi  comme  sujet  de  sa  thèse  de 
jwtorat  ès  sciences,  l’étude  de  la  région  silurique  occiden- 
e  de  la  presqu’île  de  Crozon,  c’est-à-dire  de  la  presqu’île 
forme  l’extrémité  du  Finistère  entre  la  rade  de  Hrestet  la 
.  ®  ue  Douarnenez.  Cette  région  présente  au  point  de  vue 
les  -  un  intérêt  tout  spécial,  car  faisant  contraste  avec 
n  ^*uus  plus  septentrionales  ou  plus  méridionales  de  la 
nit  ®  contient  ni  terrain  cristallophyllien,  ni  gra- 

Par  d  roches  éruptives.  Elle  est  surtout  constituée 

sôdimentaires  paléozoïques  en  grande  partie 
Pal  silurienne  dans  la  région  occidentale  et  méridio- 

y  ’  étant  de  l’époque  devonienne.  Nous  n’avons  pas 

suffisante  et  le  souvenir  de  nos  études  en 
dan*^r'^  un  peu  trop  ancien  pour  suivre  pas  à  pas  l’auteur 
ïésin  stratigraphique  et  paléontologique  de  chaiiue 

U  de  la  presf|u’ile  de  Crozon. 


L’étude  comparée  des  fossiles  de  ces  roches  sédimentaires 
permet  d'admettre  l’hypothèse  de  l’existence,  lors  du  dépôt 
de  la  couche  ordovicienne,  d’une  mer  s’étendant  de  la  Breta¬ 
gne  à  l’Espagne  et  au  Portugal,  mais  n’ayant  pas  de  commu¬ 
nication  avec  l’Angleterre  dont  les  dépôts  paléozoïques  ne 
sont  pas  semblables.  Cette  mer,  lors  du  dépôt  de  la  couche 
gothlandiennese  seraif  étendue  aux  Vosges,  à  la  Bohême  et  à 
la  Montagne  Noire dansl’IIérault.  Le  massif  armoricain  n’aau- 
cune  similitude  avec  les  régions  ordoviciennes  de  Belgique, 
de  Scandinavie  et  de  Russie. 

Une  nomenclature  très  étendue,de  la  paléontologie  de  cette 
région,  une  bibliographie  importante,  de  belles  cartes  et  de 
nombreuses  figures  complètent  ce  savant  mémoire.  J.  Noir  . 

Nœvus  mélanique  traité  par  diverses  méthodes  : 

par  Lkredde  et  R.  Martial.  (Impr.  Monnoyer,  Le  Mans.) 

Le  nœvus  mélanique  est  une  affection  commune  et  qui  peut 
devenir  infiniment  grave,  lorsqu’il  est  le  point  de  départ  de 
mélanomes.  On  connaît  le  danger  de  ceux-ci,  leur  rapidité 
de  développement,  la  rapidité  de  l’infection  des  voies  lym¬ 
phatiques  et  même  du  sang.  Ce  que  l’on  sait  aussi,  c’est  que. 
entre  toutes  les  tumeurs  susceptibles  de  s’accroître,  de  se  dé¬ 
velopper  par  les  irritations  extérieures,  les  nœvi  mélaniques 
tiennent  le  premier  rang.  L’expression  «  noli  me  tangere  »  a 
été  appliquée  à  tous  les  épithéliomes  cutanés,  elle  s’applique 
aux  nœvi  mélaniques  plus  qu’à  tous  les  autres  ;  expression 
exacte,  du  reste,  avant  la  période  chirurgicale,  dangereuse 
aujourd’hui,  si  l’on  entend  que  les  épithéliomes  de  la  peau 
doivent  être  respectés  et  non  traités.  Il  faut  seulement  enten¬ 
dre  qu’ils  doiventêtre  maintenant  traités  d’une  manière  com¬ 
plète,  et  jamais  d’une  manière  incomplète. 

La  facilité  avec  laquelle  les  nœvi  mélaniques  s’aggravent 
sous  l’influence  des  irritations,  le  danger  qui  en  résulteacon- 
duit  nombre  de  médecins  à  déclarer  qu  il  ne  fallait  jamais 
intervenir  en  présence  d’une  tumeur  mélanique,  si  petite  soit- 
elle.  Ce  n’est  pas  notre  avis,  et  l’un  de  nous  a  dit  dans  les  dis¬ 
cussions  de  la  Société  de  Dermatologie  qu’on  devait  considé¬ 
rer  comme  inoffensive  l’ablation  des  mélanomes,  à  condition 
que  l’action  du  bistouri  s’exerce  exclusivement  en  dehors,  au- 
delà  des  limites  du  mal,  superficielles  et  profondes,  qu’il  n’y 
eut  aucun  contact  entre  le  ùistouri  et  les  régions  mélani¬ 
ques. 

Au  point  de  vue  pratique,  nous  croyons  qu’il  convient  de 
respecter  totalement  une  simple  tache  mélanique  qui  ne  s’ac¬ 
croît  pas,  mais  dès  qu’elle  tend  à  augmenter,  intervenir  et 
seulement  de  la  manière  indiquée  plus  haut.  Si  on  ne  veut 
agir  de  cette  façon,  on  ne  fera  rien,  toute  intervention  étant 
rarement  inutile,  le  plus  souvent  dangereuse.  Ces  règles  ont 
été  méconnues  dans  un  cas  que  nous  avons  observé  à  la  poli¬ 
clinique,  de  l’établissement  dermatologique  et  dont  l’obser¬ 
vation  mérite  d’être  rapportée  parce  qu’elle  est  banale,  et 
par  là  même  instructive. 

Il  s’agit  d’une  femme  de  37  ans,  vigoureuse,  bien  portante, 
qui  portait  depuis  au  moins  trois  ans,  sur  le  bord  de  l’oreille 
droite,  une  tache  noire,  lenticulaire,  croûteuse,  ressemblant 
à  un  nœvus  verruqueux.  Cette  tumeur  s’accroissant  lente¬ 
ment,  donnant  un  peu  de  sérosité  on  de  pus,  une  cautérisa¬ 
tion  au  thermo-cautère,  fut  faite  il  y  a  trois  ans  environ.  La 
tumeur  reparut  au  bout  de  quelques  mois  et  fut  de  nouveau 
cautérisée.  Au  bout  d’un  an  encore,  la  tumeur  était  reparue 
plus  large  qu'à  l’origine,  une  nouvelle  cautérisation  (Pâques 
19Ü5)  fut  suivie  d’une  croissance  rapide,  la  tumeur  acquit  le 
volume  d’un  gros  pois.  Nouvelle  cautérisation,  la  tumeur 
repousse,  grosse  comme  une  cerise  ;  la  tumeur  est  saignante, 
vascularisée,  à  ce  moment  il  n’y  a  pas  d’adénopathies. 

Alors  paraît  une  nouvelle  tache  plate  au  niveau  de  l’anthé- 
lix,  a  sa  partie  supérieure.  Au  moisdejuin,  on  fait  huitséan- 
ces  de  radiothérapie  sur  la  tumeur  initiale.  Celle-ci  s’affaisse, 
mais  à  la  suite  apparaît  une  légère  adénopatliie  au-devant  de 
l’oreille.  J>a  malade,  découragée,  change,  de  médecin  et  s’a¬ 
dresse  à  un  nouveau  praticien  qui  fait  en  trente  jours,  25  ou 
30 cautérisations  avec  un  caustique  de  nature  indéterminée. 
La  tumeur  disparaît.  A  ce  moment,  apparaissent  des  gan- 
srlions  au  niveau  du  sterno-cléido-mastiüdien.  tumeur 
reparaissant,  on  fait,  au  mois  d’octobre,  de  nouvelles  séances 


LE  PROGRÈS  MEDIGAI. 


de  radioüiérapie  qui  n'amènent  aucune  amélioration  appa¬ 
rente. 

Au  moment  où  nous  vîmes  la  malade,  elle  présentait  sur  le 
bord  de  l'oreille  et  à  la  partie  supérieure  une  tumeur  élevée 
grosse  comme  une  noisette,  dure,  noirâtre  présentant  à  sa 
partie  .moyenne,  en  avant,  une  ulcération  plate,  suintante  et 
croùteuse  et  une  autre  semblable  en  arrière,  mais  de  date 
plus  récente.  Tout  autour  le  tissu  est  violacé  ;  on  constate  au 
niveau  de  l'anth^iix  la  présence  de  la  tache  dont  nous  avons 
parlé,  la  partie  supérieure  de  l'oreille  est  rouge  et  tendue. 
L'affect  ion  est  tout  à  fait  indolore.  11  existe  un  gros  ganglion 
dur,  à  Tangle  de  la  mâchoire,  un  gros  ganglion  létro-auricu- 
iaire,  au  niveau  duquella  peau  est  rouge  et  tuméfiée,  en  avant 
de  l'oreille,  deux  ganglions,  dont  l'un  volumineux  et  l'antre 
petit. 


S'il  s’était  agi  d'un  épithélîoma  du  tyï>e  vulgàire,  une  opé¬ 
ration  faite  au  moment  où  nous  vîmes  la  malade  aurait  pu 
être  indiquée.  Mais,  la  nature  mélanique  de  la  tumeur  nous 
parut  devoir  éloigner  toute  idée  d'intervention.  U  fallut  se 
contenter  de  proscrire  à  la  malade  un  traitement  arsenical.  11 
nous  semble  que  pendant  trois  ans  cette  malade  aurait  pu 
être  opérée  et  cela  avee  les  plus  grandes  chances  de  succès. 
En  tout  état  de  cause,  qu’elle  n’aurait  pas  dû  être  cautérisée, 
que  la  tumeur  reparaissait,  de  nouvelles  cautérisations  n’au¬ 
raient  pas  dû  être  faites,  et  que,  peut-être,  à  l’heure  où  on  fit 
de  la  radiothérapie, une  intervention  aurait  pu  amener  la  gué¬ 
rison. 

La  radiothérapie  nous  semble  dangereuse  dans  les  épithé- 
liomas  de  ce  type  dont  on  connaît  la  malignité.  Ses  indica- 
lions  se  bornent  anx  cas  dans  lesquels  on  est  certain  que  les 
voies  lymphatiques  ne  sont  pas  intéressées  :  dans  le  doute,  il 
n’y  a  pas  à  choisir  entre  l'ablation  et  la  radiotliérapie,  l’abla¬ 
tion  seule  s'impose. 

Précis  de  chirurgie  infantile:  par  le  P.  Kirmïsson,  chirur¬ 
gien  de  rhôpital  des  Enfants-Maladcs.  (Un  volume  de  800 

pages  avec  402  figures  chez  Masson,  Paris  1906.) 

.Vu  moment  où  la  chirurgie  infantile  prend  une  si  grande 
importance,le  traité  écrit  par  un  chirurgien  dont  l’expérience 
est  déjà  longue  sera  sans  aucun  doute  apprécié  par  Pétudiantet 
par  le  praticien,  \l.kirmisson  n'a  pas  ^ oui u  condenser  le  plus 
grand  nombre  de  matériaux  possibles  à  l’exemple  de  beau¬ 
coup  de  ses  devanciers  ;  il  estime  que  lorsque  tout  est  résumé 
d’une  façon  troj)  brève  et  trop  concise,  on  ne  peut  acquérir 
des  n(dions  vraiment  utiles  et  durables.  La  lecture  de  sem¬ 
blables  précis  ne  donne  qu’un  vernis  excellent  pour  un  exa¬ 
men.  mais  déplorable  pour  un  praticien.  Or  comme  le  but 
unique  est  d’aotiuérir  les  notions  indispensables  à  l'exercice 
de  la  profession,  l'auteur  a  fait  un  livre  essentiellement  clLni- 
<[ue.  (3n  n'y  verra  pas  tout  ce  qui  est  théorie  pure,  histori¬ 
que.  pathe^nie  avec  des  développements  considérables,  mais 
on  trouvera  la  séim’âologie,  le  diagnostic,  le  traitement, 
soigneusement,  et  amplement  traités.  Ecrit  dans  un  style 
sobre,  le  précis  fourmille  d’idées  personnelles  et  reflète 
renseignement  d'un  homme  qui  depuis  de  longues  années 
s'est  entièreaieoit  adonné  aux  questions  de  chirurgie  infantile,  i 
IjC  texte  est  illustré  de  nombreuses  gravures.  Ce  précis  est  : 
divisé  en  4  livres,euxmaêmes  divisés  en  plusieurs  sections.  Le  | 
Livre  premier  .traite  des  maladies  chirurgicales  d  origine  con¬ 
génitale.  Le  livre  II  s’occupe  des  lésions  traumatiques  de  l'en-  ] 
faocc.  Le  livre  lU  renferme  les  notions  relatives  aux  lésions  | 
inllammatoires  et  aux  troubles  de  nutrition.  Le  livre  J  \  traite 
des  néoplasmes  et  des  tumeurs.  ï’idèle  à  son  but  .jM'.alique,  | 
l'auteur  n'a  pas  donné  un  développement  égal  à  tous  les  clia-  ! 
jïitres  et  voici  pourquoi  :un  praticien  a  le  droit  de  ae  pas 
être  un  chirurgien  éminent  et  apte  aux  grandes  interventions, 
mais  en  chirurgie  inlanlUe  où  point  n’est  besoin  de  présenter 
constamment  ces  qualités,  chacun  doit  être  prêt  à  trai¬ 
ter  les  affections  les  plus  communes  :  maux  de  Pott,  pieds 
bote,  iuxatkms  .congénitales,  etc.  C’est  à  la  description  des 
données  pratiques  que  M.  Ivirmisson  a  consacré  le  plus  de 
dév  eloppeanenès.  A  ul  doute  que  -oet  ouv rage  ne  trouve  auprès 
du  public  médical  le  plus  chaleureux  accueil. 


Traité  de  physiologie  ;  par  M.vTHiAs-DcvAt,  et  Gley.  (l  vo- 
lume  in-8,  de  485  pages  avec  120  figures.  Première  partie. 
Baillière,  Paris  1906.; 

Le  nouvel  élan  qu’a  reçu,dans  ces  dernières  années, l’étude 
des  sciences  biologiques  fait  une  obligation  à  tons  les  étu¬ 
diants  et  à  tous  ceux  qui  s’occupent  des  sciences  médicales 
de  connaître  toutes  les  acquisitions  de  la  physiologieet  de  se 
tenir  au  courant  de  ses  plus  récents  progrès.  Pour  qu’il  en 
soit  ainsi,  il  suffit  d'avoir  sous  la  main  le  traité  de  physiologie 
de  Dnval  et  Gley,  qui  remplit  exactem^t  les  conditions  re¬ 
quises.  Aous  connaissions  tous  le  Traité  de  physiologie  de 
Küss  et  Du  val  que  nous  trouvions  excellent  et  dont  les  nom¬ 
breuses  éditions  soulignaient  le  mérite. Ce  Traité  n'est  que  la 
transformation  de  ce  livre  par  M.  Gley.  professeur  agrégé  à 
la-faculté  et  membre  de  l’Académie  de  médecine.  En  disant 
transformation,  peut-être  sommes-nous  au-dessous  de  la 
vérité  :  mieux  vaut  dire  livre  nouveau  ;  car  M.  Gley,  en  conser¬ 
vant  à  ce  volume  les  qualités  didactiques  de  Küss  et  Duval. 
a  tenu  à  présenter  l’état  ^tuel  de  la  physiologie  d'une  façon 
complète  en  indiquant  tous  les  phénomènes  fondamentaoï 
de  la  vie.  Aussi  le  livre  débute-Jt-il  par  un  chapitre  de  phy¬ 
siologie  celhdaire,  c'est-à-dire  par  l’énoncé  des  données  sui¬ 
vant  lesquelles  se  fait  le  fonctionnement  des  éléments  cellu¬ 
laires.  Partant  de  là. tous  les  faits  ressortissant  à  la  digestion, 
à  l’absorption,  à  la  circulation,  sont  clairement  expliqués. 
’\I.  Glçy.  ayant  avant  tout  le  désir  d’être  complet  et  compris 
de  tous,  n'a  pas  craint  de  donner  des  explications  suffisantes 
sans  cependant  le  surcharger  outre  mesure. 

Ce  traité  est  iait  dans  un  but  extrêmement  pratique .  aussi 
tout  ce  qui  est  destiné  à  le  rendre  tel  n'a  pas  été  omis  :  citons 
par  exemple  te  soin  que  Ton  a  de  toujours  indiquer  dans  une 
coui-te  note  biographique  les  acquisitions  scientififjues  de  tel 
ou  tel  physiologiste  .;  citons  encore  tes  nombreux  schémas  ou 
tracés  aidantà  la  compréliension  du  texte,  ou  l'emploi  de  ca-  ■ 
raclères  plus  petits  pour  bien  distinguer  dans  le  reste  do 
texte  les  observations,  les  relations  d'expériences,  les  discus¬ 
sions  critiques. 

Nous  encourageons  donc  les  étudiants  et  les  praticiens  sou¬ 
cieux  de  posséder  un  traité  de  physiologie  maniable  et  cepen¬ 
dant  complet  à  acquérirce  traite  aussi  utile  qu’agréableàlire. 

G.  Paul-Bo.ncour. 

Traité  d’hygiène,  en  faseicules,de  MM .  BaonARDELet  Mosar 
—  I_e  Sol  et  l’Eau,  par  L.  Dei.aunay,  E.  MARTEL,OGrER  et 
Bonjean.  1  vol.  gr.  in-S  de  464  pages,  avec  ââ  figures  et  2 
planches  coloriées,  Ifi  fr.  (Librairie  J. -B.  Baillèreet  fils, 1906, 
Paris  I. 

Nous  avons  déjà  donné  l'analyse  du  ydan  de  l’important 
traité  d' Hygiène  publié  en  fascicules  sous  la  direction  de 
MM.  Brouardel  et  Mosnyet,  en  faisant  le  compte  rendu  des 
premiers  fascicules  parus  :  Athmosphèves  et  cli'nnts  par  MM- 
Courmont  et  Lesieur,  et  Hypiéne  Alimentaire  par  MM. 
Rouget  et  Dopter,  nous  avons  fait  remarquer  que  cet  ou¬ 
vrage  promettait  de  dépasser  de  beaucoup  tous  tes  traités 
d’hygiène  publiés  jusqu'àce  jour.  Le  nouveau  fascicule  P*' 
m  :  Le  sol  et  t' liau  yient -ooniiTmer  nos  prévisions.  On  W 
saurait  appeler  fascicule  cç  volume  de  464  pages,  qui  à  lui 
seul, est  une  importante  monographie. 

L'étude  du  sol  au  point  de  vue  de  l'hygiène  a  été  confiée  j 
1"  pour  la  partie  géologique  à  M.  L.  deLvuiAy,  professeur* 
l'Ecole  supérieure  des  mines,  2"  pour  la  partie  chimique,  pbN' 
siqué  et  bactériologique,  à  M.  Ed.  Bonjean,  dief  du  laborah»' 
re  du  Gomite  consultatif  d’bygièae  publique.  Dans  l'étude 
bactériologiquetiu  sol,  ou  lira  avec  intérêt  tes  chapitres 
la  régression  rie  la  matière  organique,  l’épuration  par  te 
la  nitr'iûcaüon,  le  rôle  du  sol  dans  tes  alfections  telluriques 
L’élude  de  1, eau  est  faite  :  l»  au  point  de  vue  hy  drologi' 
que  par  M.  E.-A.  Martei  ,  auditeur  au  comité  ci  )nsultatifd’hÿ' 
giène  ;  2"  au  poiul  de  vue  nûcrobiologique  et  .chimique, 

MM.  J.  OoiER  .etEi).  Bonjean. 

Le  régime  des  eaux  souterraines,  les  pbr-nomènes  d'éine*'' 
gence eide  résurgence, les  précautions  à  prendre  contre  1* 
pollution  des  eaux  etles  mesures  de  protection  des  eaux 
tables  sont  exposées  par  M.  E.-A.  Martel. 

Le  fascicide  se  termine  par  une  très  importante  étude  de 


LE  PROGRES  MEDICAL 


1MM  Ogier  et  Bdiijean  sur  l'analyse  des  eaux  potables  coni- 
orenant  les  études  suivantes.  Prélèvement  des  échantillons 
destinés  aux  examens  bactériologique,  micrographique  et  à 
'  l'analyse  chimique.  Examen  des  propriétés  physiques  et  .or- 
>  jgjioleptiques  ;  Examen  bactériologique  Examen  miero- 
^phique  :  Analyse  chimique  :  Renseignements  géologiques, 
hydrographiques  et  sanitaires  ;  Discussion  et  interprétation 
des  résultats. 

La  détermination  de  la  valeur  hygiénique  des  eaux  desti¬ 
nées  à  ralimenlalion  publicfue,  c’est-à-dire  le  problème  qui 
consiste  à  dire  si  une  eau  estde bonne  qualité,  si  elledoit  être 
utilisée  ou  rejetée  pour  l'alimentation,  si  cette  eau  est  ou  a  été 
cause  d’épidémies  ou  d’endémies,  est  des  plus  importantes 
pour  l’hygiène  publique.  L’examen  d’une  eau  destinée  à  Pa- 
limentation  est  une  (Puvre  délicate. qui  doit  être  entourée  de 
toutes  les  garanties ((ue  fournissent  les  données  actuelles  de 
la  science . 

Il  est  difficile  de  donner  une  analyse  plus  étendue  d’un 
pareil  traité,où  chaque  chapitre  a  une  importante  capitale  au 
point  de  vue  de  l’hygiène  urbaine  et  de  la  prophylaxie  de 
maladies  qui  telles  tjue  la  fièvre  typho'ide  sont  essentiellement 
évitables  si  l’on  use  d'une  eau  d’alimentation  de  bonne  (jna- 
!  lité.  Cependant  nous  ne  saurions  terminer  ce  compte  rendu 
?  sans  insister  sur  l'intérêt  toiit  particulier  que  nous  avons 
r  trouvé  en  lisant  l’étude  hydrologique  de  M.  E.-A.  Martel, 
surtout  les  chapitres  qui  ont  trait  à  l’émergence  des  éauxsou- 
'  terraines  et  à  leur  contamination.  Le  savant  spéléologue, 

I  '  universellement  connu  par  sè.s  belles  explorations  souter¬ 
raines,  a  illustré  le  texte  de  nombreuses  ligures  originales  qui 
i  en  facilitent  la  lecture. 

'  Ce  volume  du  Traité  cThyi/iène  est  indispensable  à  tout  mé- 
I  decin  qui  veut  se  tenir  an  courant  des  choses  de  sa  ,profes- 
1  sion.  Il  est  peut  être  plus  indispensable  aux  médecins  des 
petites  villes  et  des  campagnes  qu’à  nos  confrères  des  grands 
centres  urbains  car,  seuls,  ils  ont  tonte  la  charge  de  veiller  aux 
mesures  de  phophylaxie  (jiii  doivent  sauveg-arder  la  santé 
publique.  J.  Noir. 

Maladies  du  cœur  et  des  poumons:  parle  D' L.  Rhnox. 
(Masson,  éditenr. 

M-  le  D-'  Rénon,  professeur  agrégé  près  la  Facullé  île  mé¬ 
decine  de  Paris.  médecin  del’IIôpital  de  la  Pitié.donl  les  der¬ 
niers  travaux  ont  obtenu  un  si  brillant  succès  à  1’  Vcailéiuie  de 
médecine  et  à  1’  Vcadémie  des  Sciences,  vient  de  publier  un 
important  ouvrage  sur  les  maladies  du  cœur  et  des  poumons. 

aura  sans  aucun  doute,  dans  le  genre  qu’il  traite,  une 
aussi  heureuse,  destinée  que.  ses  «  Maladies  populaires  » 
dont  l’édition  fut  épuisée  dès  .son  apimrition. 

1  Cet  ouvrage  est  fait  des  conférences  pratiques  qui  chaque 
a^maine  grou]>aient  autour  de  l’éminent  praticien  ses  élèves 
«sesainis  au  trop  petit  amphithéâtre  de  la  Pitié.  El. pour 
j  comme  nous,  ont  eu  riienreuse  fortune  de  suivre 

I  ®se'giiement  et  devoir  dans  d’autres  milieux,  au  sein 

jj^j^ûités, des  Congrès  et  des  Expositions  d’hygiène,  M.  le 
henon,  il  reste,  avec  une  reconnaissance  extrême  de  l’en- 
^•grienaent  recueilli,  une  réelle  admiration  pour  une  acti%ité 
Kl  puissante  et  aussi  heureusement  productrice. 

débute  par  une  étude  du  rôle  du  médecin  dans 
doc  moderne,  où  l'élévation  des  pensées  le  dispute  à  la 
avertie  ;  aussi  bien  ce  chapitre  mérite  unexa- 
ttoiL  .  nous  nous  réservons  d'y  essayer.  Puis,  nous 
pénétrons  de  mille  notions  nouvellement  introduites 
*®?niencc  médicale,  et  qui  témoignent  des  ses  progrès, 

I  chlorures,  l’alimentation  etla  vie  des  cardia- 

I  rénal  P médications  cardiaiiues.  la  cachexie  cardio- 
I  rtrunf’p  anévrisme  aigu  de  la  crosse  de  l’aorte  au  cours  du 

I  de  articulaire  aigu,  la  terminaison  des  anévrysmes 

I  ®3rit  l'aorte,  le  rétrécissement  mitral,  aortite,  coro- 

pjj  chez  les  syphilitiques,  etc.,  etc. 

I  Pages***'  maladies  des  poumons  et  de  la  plèvre,  citons  les 
j  congestions  primitives  du  poumon,  aux 

J  4  E  pulmonaires  primitives,  traînantes  et  prolongées. 

à  la  ^^.“î'mie  des  alcooliques,  à  la  pleurésie  rhumatismale. 

1  ’ute  de  la  pneumonie  franche  au  cours  de  la  tubercu¬ 


lose  pulmonaire,  à  l'emphysème  sous-cutané  dans  la  tuber¬ 
culose  pulmonaire  chronique,  etc.,  etc...,  et  combien  d’an¬ 
tres  que  nous  nous  reprochons  de  ne  pouvoir  citer  faute  de 
place.  Qu’il  nous  soit  permis  cependant  de  signaler  ceszques- 
tions  toujours  d’une  égale  actualité  pour  le  praticien  :  l'ali¬ 
mentation  supplémentaire  raisonnée  dans  la  tuberculose  pul¬ 
monaire  à  ses  débuts,  le  traitement  médicamentenx,  la  cure 
d’air. 

Le  volume  que  publie  M.  le  D'  Louis  Rénon  est  appelé  à 
un  si  brillant  succès  qu'il  y  a  quelque  enfantillage  à  le  pré¬ 
dire.  On  y  retrouve  toutes  les  qualités  de  son  enseignement  si 
personnel,  une  documentation  abondante  et  choisie,  une  ex¬ 
position  d’nne  clarté  lumineuse,  enfin  cette  puissance  de  gé¬ 
néralisation  qui  entraîne  au-delà  des  vérités  déjà  acquises, 
pour  pénétrer  celle  de  demain.  Il  sera  lu  des  étudiants  qui  re¬ 
doutent  la  sécheresse  coutumière  des  exposés  dogmatiques  ; 
il  contrilmera,  dans  la  main  des  savants,  à  l'orientation  géné¬ 
rale  des  découvertes  qu'on  y  prévoit.  A.  F. 

Traitement  de  la  luxation  congénitale  de  la  hanche; 

par  le  !)■'  C.vlot,  de  Rerck. 

Le  D'  Calot,  de  Rerk,  qui  avait  présenté  au  dernier  Congrès 
un  lot  de  10  enfants  par  lui  opérés  et  guéris  de  cette  infir¬ 
mité  au  point  qu’il  était  impossible  de  sonpçonnér  leur 
ancienne  boiterie,  en  a  présenté  encore  une  quinzaine  qui  ont 
défilé  sous  les  yeux  des  congressistes  sans  trace  de  boiterie. 
Le  point  important  de  sa  communication  a  porté  sur  un  pro¬ 
cédé  opératoire  nouveau  du  D''  Calot.  Lui,  comme  tous  les 
autres  chirurgiens,  a  abandonné  la  méthode  sanglante  d’Hoffa 
et  de  Senger,  à  cause  de  sa  gravité  et  de  son  efficacité  dou¬ 
teuse. 11  propose  de  remplacer  cette  intervention  par  la  sienne, 
d'une  bénignité  assurée  et  incontestable.  Il  faitune  légère  inci¬ 
sion  à  la  capsule,  glisse  dans  son  canal  un  dilatateur, distend 
la  capsule  et,  par  le  procédé  qu’il  a  employé  déjà  avec  succès, 
peut  réduire  des  luxations  qui  échapf>ent  à  tous  les  traite¬ 
ments  orthopédiques  ordinaires. 

La  méthode  est  sans  danger  aucun  et  sans  risqu  es  d  infec¬ 
tion,  la  plaie  extérieure  réduite  à  une  boutonnière  de  1  k'2 
centimètres  étant  suffisante  pour  glisser  le  dilatateur  sans 
toucher  avec  les  doigts. 

.Vprès  cette  intervention,  les  malades  sont  traités  par  les 
procédés  habituels  qui  ont  servi  à  guérir  les  là  enfants  pré¬ 
sentés.  Lucien  Graux. 

Les  formes  cliniques  de  rhumatisme  chronique;  par 

M.  Verhoogen.  médecin  des  hôpitaux  (Bruxellesi. 

Le  rhumatisme  chronique  constitue  une  maladie  infec¬ 
tieuse,  dont  les  agents  pathogènes  sont  mnltipleset  variables, 
suivant  les  différents  cas.  11  affecte  des  formes  diverses,  que 
l’on  peut  grouper  suivant  quatre  types  principaux  ; 

a.  Le  type  ostéo-articulaire  comprend  le  rhumatisme  chro¬ 
nique,  primitif  ou  secondaire  :  certaines  formes  de  spondy- 
lose  (les  cas  en  sont  plutôt  rares)  dans  lesquelles  il  existe  des 
lésions  articulaires  déformantes,  et  certains  cas  de  nodosités 
d'Heberden  : 

b.  Lé  type  séreux  comporte  des  manifestations  du  côté  des 
synoviales  et  des  séreuses  (synovites  et  vagino-tendinites  chro¬ 
niques,  certaines  pleurésies  latentes,  etc.i  et  généralement 
aussi  des  accidents  dermiques  et  sous-dermiques  (purpura, 
érythème  multiforme,  érythème  noueux)  : 

c.  Le  type  fibreux  (hypertrophie  des  organes  péri-articulai- 
res.  certains  cas  de  maladie  de  Dupuytren,  certains  cas  despon- 
dylose  avec  altérations  de  l'appareil  ligamenteux  vertébral, 
certains  cas  de  sclérodermie)  ; 

d.  Le  type  musailaire  (myosites  rhumatismales  chroniques, 
certains  cas  de  sjiendylose  d’origine  niusculairei. 

L’existence  du  rhumatisme  tuberculeux  est,  jusqu’à  pré¬ 
sent,  simplement  hyixrthélique.  La  tubeixnilose  paraît  ce¬ 
pendant  déterminer  exceptionnellement  des  désordres  arti¬ 
culaires,  qui  n’ont  rien  de  commun  avec  le  rhumatisme,  qui 
dérivent  peut-être  secondairement  d'une  lésion  des  organes 
neuro-musculaires. 


lÆ  PROGRÈS  MEDICAL 


PHARMACOLOGIE 


La  Digalène. 

[Digitoxine soluble  de  Cloelta.] 

La  digalène  donne  une  base  solide  au  traitement  digitali- 
(jue  dans  les  maladies  du  cœur, surtout  dans  les  dilatations 
cardiaques,  la  myocardite, l’insuffisance  et  les  troubles  de  la 
compensation. 

Elle  est  le  principe  actif  de  la  feuille  de  digitale  pourprée, 
elle  possède  l'action  complète  des  feuilles, mais  elle  a  sur  cel¬ 
les-ci, ainsi  que  sur  les  infusions,  les  teintures  et  les  dyalysés 
qu’on  en  prépare,  les  avantages  suivants:  Elle  est  exactement 
tlosable.ne  provoque  pas  de  troubles  gastriques,  n’exerce  au¬ 
cune  action  cumulative  et  son  action  se  produit  beaucoup 
plus  rapidement.  La  digalène  agit  souvent  dans  les  cas  gra¬ 
ves  de  lésions  valvulaires  où  l’infusion  est  impuissante  ou 
n’est  pas  supportée  et  peut,  en  raison  de  la  sûreté  de  son  do¬ 
sage, être  employée  dans  la  pratique  infantile.  Elle  n’est  livrée 
qu'en  solution  en  flacons  de  15  cc.  —  1  cc.  de  la  solution  con¬ 
tient  Ogr.  0003  (0  millgr.  3)  de  digitoxine  soluble  de  Cloetta. 

1  cc.  de  digalène  correspond  àO  gr.  15  de  feuilles  de  digitale 
ou  infusion  de  feuilles. 

Posologie  (d’après  Cloetta  et  Naünyn;.  Dose  simple  =  1  cc. 
=  Omg.  3  ;  Dose  simple  maxima  :  i  cc.  =  0  milligr.  6  ;  Dose 
quotidienne  maxima  :  4  cc.  =1  millgr.  2.  Dans  le  traite¬ 
ment  digitaliqufc  prolongé, d’après  la  méthode  de  Ruseinaul, 
Croedel,  Naunyn,Achert,  (Nauhein)  on  ne  prend  que  quel¬ 
ques  gouttes  par  dose. Pour  les  injections  intra-veineuses,  on 
doit  prendre  des  doses  beaucoup  plus  considérables  :  de 
3  à  10  cc.  ikottmann). 

Mode  d’emploi.  —  Le  mode  d'emploi  est  multiple,  il  a  lieu 
par  la  bouche,  le  rectum,  jiar  injections  intra-veineuses, 
intra-musculaircs, sous-cutanées. chaque  flacon  de  digalèneest 
jointe  une  pipette  graduée.alin  que  le  patient  puisse  exactement 
mesurer  1/2-1  cc.  (La  pipette  manque  dans  les  paquets  d  hôpi¬ 
tal  à  cause  du  prix  modique)  .Si  le  médicament  est  pris  à  jeun 
dans  des  liquides,  l’action  se  produit  très  rapidement.  La  diga¬ 
lène  peut  être  donnée  étendue  avec  de  l’eau  ou  en  lavement. 

Pour  l'injection  sous-cutanée,  il  faut  choisir  une  place  où 
la  peau  glisse  très  facilement  (dos,  cuisse).  On  désinfecte  avec 
de  l’éther  et  on  masse  légèrement  après  l’injection.  On  place 
ensuite  pendant  12  heures  un  pansement  humide  d  eau  blan¬ 
che  ou  d’acétate  d’alumine. Les  injections  intra-veineuses  pro¬ 
fondes.  faites  aseptiquement  (extenseurs  delà  cuisse),  se  sont 
montrées  absolument  indolores.  Ici  aussi  le  massage  est  à 
recommander  après  l'injection.  Prescrire  :  1  flacon  de  digalène 
(avec  paquetage  d'origine, «  Roche  ». 

Bibliographie.  —  P»  Cloetta, de  Zurich  (Munch.  Med.  Woch., 
n'>33,  1904.)—  P'Naunyn,  de  Strasbourg  {Munch.  med.  IVoch.. 
n”  31,  1904.)  —  D»  4\  alti,  Oberschoeffelsheim  (Deuische  Aerzte, 
Zeit,  n»  20,  1904.)  —  P^Senator,  D»  E.  Biberceil  [Beti.  klin. 
Wochenschrift,  no  51,  1904.) — P»  Naunyn,  D'  Kurtb  Kottmann 
[Zeitschrift  für  Klin.  Med.,  Vol.  56,  n»»  1  et  2,  1905.)  —  P»  C. 
Ki.r:uPEREK  {Thérapie der  Gegemvart,  no  1,  1905.;—  D»  A.  Kol- 
LicK  iPrag.  Med.  Woch.,  n«  18,  1905.)— P»  Galvagny,  D'  U.Bac- 
cARiNi,  de  Modene  [Boll.  Délia  Soc.  Med.  di  Modena,  A.  XXXI. 
d.  soc.,  1904-1905.)  —  Pf  A.  Deunich,  de  Stuttgard  ilahre.  d. 
Prn/cf.  nted.,  1905.  —  D»  I.Thesen,  de  Christiania  (Pharmacia, 
F.  Kemi,  og.  Farinaci,  n"  13,  1905.)  —  P»  Unvericht  et  K.  Hoc- 
KEIM  [Zentralbl.  F.  inn.  Med.,  n»  22,  1905.)  —  D»  Kumoji,Sasaki 
{Berliner  klin.  Wochenschrift,  n''26, 1906.)  —  D^E.  Freund,  de 
Danzig  (Zct’£scri/’f.  /.  exper.  Pathol,  und.  Therapie,voLi,l%ô.) 
—  PrWEiNTRAUDet  Weinberger  (Cd»i<ra/6/.  /’.  inn.  Med.  n»  27. 
1905.)  —  D»  Ch.  Herzig  (Ai’ch.  /.  Exper.  Pathol.u.  Pharmak.. 
vol.  n"  53,  n"  2,  1905.) 


Secoi  RS  -AUX  FILLES-MÈRES.  —  La  Commission  de  contrôle  de 
secours  préventifs  d’abandon  vient  d'autoriser  M.  .Mesureur,  di¬ 
recteur  de  l’Assistance  publique,  à  adresser  à  l’œuvre  Henry 
Coullet  les  filles-mères  pauvres,  allaitant  elles-mêmes,  et  à  rem¬ 
bourser  à  l'œuvre  les  repas  qui  seront  donnés  à  ces  dernières,  dans 
la  limite  de  1.000  francs,  pour  cette  année. 

Congrès  pour  la  répression  de  l'exercice  illégal  de  la 
MÉDECINE.  —  Ce  Congrès  s’ouvrira  à  Paris  le  28  mai. 


YAJIA 

L  Exercice  illégal  de  la  Médecine  au  XVIP  siècle 

Nous  trouvons  dans  les  lettres  de  Gui  Patin  cette  phrast 
qne  pourront  méditer  les  membres  du  congrès  pour  la  ré¬ 
pression  de  l’exercice  illégal  :  «  Si  on  pendait  totis  charlatans, 
il  me  semble  ({ue  la  corde  serait  bien  chère,  car  il  est  bien  de 
ces  gens-là  par  le  monde,  lex,  grex,  mundtis  omnis  facit  his- 
trioniam  :  les  barbiers  et  apothicaires  font  tout  ce  qu’ils  peu¬ 
vent  de  notre  métier  pour  s’enrichir  et  pour  tromper  le 
monde  ;  le  magistrat  les  laisse  faire,  peut-être  d’autant  qu'il 
ne  les  pourrait  pas  empêcher.  »  Nous  n’avons  rien  à  envier 
au  XN  II'-  siècle.  J.  Nom. 

Les  enseignements  de  la  guerre  russo-japonaise.  La 
bénignité  des  blessures  de  guerre. 

Au  congrès  allemand  de  chirurgie  tenu  récemment  à  Ber¬ 
lin,  ont  été  lus  deux  intéressants  rapports  :  un  du  professeur 
de  chirurgie,  Zoege  von  Manteufiel,  de  Dorpat,  —  l’autre  du 
docteur  Schaefer,  de  Berlin,  sur  la  guerre  russo-japonaise. 
Les  auteurs  se  sont  surtout  attachés  à  l’étude  des  effets  patho¬ 
logiques  des  projectiles  modernes. 

Nous  empruntons  au  Temps  les  intéressantes  citations  sui¬ 
vantes  de  ces  rapports  : 

De  jour,  dit  le  chirurgien  russe,  le  champ  de  bataille  mo¬ 
derne  ne  se  distingue  en  rien  du  reste  de  la  plaine,  sinon  que 
l’on  voit  de  gracieux  petits  nuages  de  fumée  s’élever  ici  et  là 
et  signaler  ainsi  la  position  des  troupes.  Dans  ces  combats  qui 
se  livrent  à  des  distances  variant  de  T  à  3  kilomètres,  le  mé¬ 
decin  n’a  presque  rien  à  faire.  Ce  n’est  que  la  nuit  que  la  lutte 

corps  à  corps  fait  rage  dans  les  fossés  et  les  retranchements; 
alors  lè  chirurgien  a  de  l’ouvrage,  car  chacun  de  ces  combats 
isolés  lui  amène  de  100  à  120 blessés. 

En  général,  déclare  le  chirurgien  russe,  les  blessures  pat 
le  canon  sont  rares  ;  l’obus  ne  blesse  pas,  il  tue  ;  celles  qui 
proviennent  drs  shrapnels  sont  de  beaucoup  les  plus  dan¬ 
gereuses.  parce  qu’on  y  trouve  presque  toujours  des  mor¬ 
ceaux  d’étoffe,  qui  la  plupart  du  temps  occasionnent  un  em¬ 
poisonnement.  Au  contraire  les  blessures  provenant  de  h 
balleà  petitcalibre  du  fusiljaponais  guérissaient  très  rapide¬ 
ment. 

Après  le  professeur  de  Manteuffel,  c’est  le  docteur  Schae¬ 
fer,  de  Berlin,  qui  prend  la  parole.  De  compagnie  aveedeuï 
médecins  russes,  il  a  soigné  après  la  bataille  de  Moukden 
plus  de  7.000  blessés  et  a  consigné  d’intéressantes  observé 
tions  au  sujet  de  la  guérison  de  blessures  faites  par  le  fu» 
moderne.  _  , 

Le  nombre  des  blessés  a  été  après  chaque  bataille  trèsélev«i 
pourtant  pas  e.xtraordinaire.  Les  batailles  de  Mars-la-Toif 
et  de  Gravelotte,  par  exemple,  ont  été  tout  aussi  sanglam®^ 
que  n'importe  laquelle  de  la  guerre  russo-japonaise. Le 
centage  des  tués  n’a  pas  été  plus  considérable  que  pendan 
les  guerres  précédentes  ;  cependant  l’homme  était  cette  fo** 
beaucoup  plus  exposé,  et  ceci,  selon  le  docteur  Schaefer, 
tient  pas  tant  aux  armes  modernes  et  à  leur  trajectoire  rasan» 

qu’à  la  tactique  employée.  Il  a  constaté  que  les  pertes^ 

officiers  étaient  relativement  beaucoup  plus  élevées  qu^ 
hommes. 

Le  nombre  des  blessés  qui  ont  succombé  ensuite  a  le*' 
blessures  a  été  excessivement  restreint  ;  tandis  (jne  le  noinh 
de  ceux  ([ui  ont  pu  reprendre  leur  place  dans  les  rangs  a  e 
surprenant.  Trois  mois  après  la  bataille  de  Moukden,  la  ip 
tié  des  blessésque  Schaefer  a  pu  examiner  et  soigner 
regagné  leurs  régiments.  Dans  certains  corps  le  nombre  d®  ' 
hommes  complètement  remis  de  leurs  blessures,  et 
rent déclarés  de  nouveau  bons  pour  leservice,  atteignit®^ 
le  chiffre  incroyable  de  70  ü  0.  , 

Dans  certains  régiments,  dit  le  rapporteur,  il  a  constate  ^ 
plus  de  cinq  cents  hommes  qui  avaient  été  blessés 
des  batailles  antérieures  avaient  repris  leur  place 
rang.Ces  résultatsont  extrêmement  surpris  l’état-major  r*^^ 
à  cc  point  qu’un  général  de  division  avait  défendu 
(luètes  sur  ce  sujet  parmi  les  troupes  qu’il  commandait 
ce  qu’il  craignait  que  le  monde  entier  ne  partit  d’un 


LË  PËOGRÊS  MÉDICAL 


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I  Oèe^tïe,  myxœdème,  fibrome,  métror 
I  croissance,  fractures,  etc. 

I  _ Dose  :  2  à  6  capsules  par 

!  Capsules  de  Parotide  Vigier 
I  à  0  gr.  20  centigr. 

I  Contre  les  affections  ovariennes,  le  dia- 
I  bète,  et  pour  faciliter  la  digestion  des 
I  féculents. 

■  Dose  ;  2  à  6  capsules  par  jour. 


er  à  0  gr.  10  c.  |  Capsules  Ovariques  V 
rhagie,  arrêt  de  Chlorose,  troubles  de  la  r, 


ules  Ovariques  Vigier  à  0  gr.  20  centigr. 
se,  troubles  de  la  ménopause  et  de  la  castra- 
aménorrhée,  dysménorrhée,  etc. 


Maladie  d’Addison,  diabète  insipide, 
myocardite  scléreuse  (arythmie  car.), 
rachitisme. 

Dose:  2  à  4  capsules  par  jour. 

Capsules  Spléniques  Vigier 

à  0  gr.  30  centigr. 

Contre  la  cachexie  palustre,  anémie, etc. 


Capsules  de  Pneumiue  Vigier 
à  0  gr.  50  centigr. 

Laryngites,  bronchites,  affections 
broncho-pulmonaires,  etc. 

Dose  :  2  à  6  capsules  par  jour. 

Capsules  Orchitiques  Vigier 
à  0  gr.  20  centigr. 
Nenrasthénie,  ataxie,  débilité  sénile 
Dose  :  2  à  6  capsules  par  jour. 

Capsules  Prostatiques  Vigier 
à  0  gr.  20  centigr. 

Contre  les  maladies  delà  prostate. 
Dose  :  2  à  6  capsules  par  jour. 


Capsules  de  Thymus  Vigier 
à  0  gr.  30  centigr. 
Chlorose,  aménorrhée,  troubles  de 
la  croissance,  maladie  de  Basedow 
Dose  :  2  à  6  capsules  par  jour. 
Capsules  PancréatiquesVigîcr 
à  0  gr.  50  centigr. 
contre  le  diabète  (calme  la  soif). 
Dose  :  2  à  6  capsules  par  jour. 
Capsules  Hépatiques 
a  0  gr  30  centigr. 
contre  la  cyrrhose,  ictère,  etc. 
Dose  :  2  à  6  par  jour. 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


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L’Institut  médico-pédagogique  est  des 
tlaé  ; 

1*  Aus  enfants  présentant  de  l’instabilité 
mentale  et  sujets  à  des  impulsions  mala¬ 
dives  qui  les  empêchent,  quoique  possédant 
un  certain  développement  de  l’intelligence, 
de  se  soumettre  à  la  règle  des  lycées  ou  des 
pensions,  et  qui  ont  par  conséquent  besoin  à  la 


Ces  capsules,  de  la  grosseur  d’un  pois,  contiennent  dix  eentigr.  de  sulfate 
de  quinine,  garanti  par  l’inscription,  sur  chacune  d’elles,  du  nom  deftiuiH 

elles  s’ehtr’ouvent  en  quelques  minutes  dans  l’eau  froide,  ne  durcissent  _ y 

pas  comme  les  pilules,  s’avalent  plus  facilement  que  les  cachets.  Le  prix  ponr 
le  Pharmacien  est  de  six  centimes  la  pièce  par  Flacon  de  100,  il  peat  Isi 
détailler  au  gré  du  médecin. 


méthode  d’éducation  spéciale.  ( 


tous  les  degrés  ; 

3*  Enfin  aux  enjants  atteints  d’affections 
nerveuses  compliquées  ou  non  d’accidents 
convuisifs. 

Les  enfants  de  ces  diverses  catégories 
forment  des  groupe  s  tout  à  fait  distincts. 

L’établissement  où  se  trouvent  réunis  tous 
les  moyens  d’instruction  et  d’éducation  em¬ 
ployés  dans  le  service  de  Bicêtre,  est  placé  au 
milieu  d'un  parc  superbe,  sur  le  versant 
d’une  colline,  et  dans  les  meilleures  conditions 
d’hygiène.  Les  enfants  y  sont  i’objet  de  soins 
spéciaux  appropriés  à  leur  situation  intellec¬ 
tuelle  et  physique. 

Moyens  de  communication  :  Tramways 
du  Châtelet  à  Vitry  et  à  Ghoisy-le-Roi.  — 
Voitures  de  place. 

S’adresser  pour  renseignements  à  M.  le 
D'  Bourkbville,  14,  rue  des  Carmes,  à  Paris, 
le  mercredi  et  le  vendredi,  de  i  heure  à  a 
heures  Ecrire  tour  rendez-vous. 


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Biiulfate  de  Quinine.  |  Talérianate  de  Quinine. 

Bromhjdrate  de  Quinine.  !  Chlorhydrate  de  Quinine. 

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1  ou  2  verres  à  Bordeaux.  —  Dosage  :  10  grammes  de  viande  de  bœin  j 
digérée  par  la  pepsine,  par  verre  de  Bordeaux. 

La  Peptone  Chapoteant,  vu  sa  pureté,  est  employée  depuis  sept  anné» 
par  l’Institut  Pasteur  et  les  laboratoires  de  physiologie  de  Berlin,  Sai^ 
Pétersbourg,  Vienne,  etc.,  pour  la  culture  des  organismes  microscopiques.  —  ! 

nourrit  avec  elle  les  malades  les  plus  gravement  affectés  sans  aucun  autre  alini*i»‘  | 
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LE  PROGRÈS  MEDICAL 


301 


r 

iclat  de  rire  en  \o\ant  les  Russes  battus  par  des  Japonais  ar- 
I  ^  d’un  aussi  misérable  fusil.  Les  opérations,  au  cours  de 
tttte  guerre,  n’eurent  lieu  (jue  très  rarement  sur  le  champ  de 
h  bataibe  même  :  une  compagnie  sanitaire  qui  eut  à  panser  en- 
'  viron  deux  mille  hommes  durant  cette  guerre  n'eut  à  entre- 
'  prendre  en  tout  (pie  vingt  opérations. 

terminant,  le  docteur  Schaefer  fait  l'éloge  du  paquet  de 
pansement  remis  à  chaciue  homme,  les  soldats  se  pansant 
CTX-mêmes,  sans  retard  et  sans  secours  de  personne.  Dans 
les  guerres  d’aujourd’hui,  le  service  sanitaire  a  surtout  éveil¬ 
ler  à  ce  que  les  blessés  soient  rapinement  évacués  et  logés 
aussi  convenablement  ([ue  possible. 

Mission  pour  l’étude  de  la  maladie  du  sommeil. 

La  Société  de  géographie  organise  une  mission  scientiliriue 
i[ui  sera  chargée  d'aller  étudier  sur  place,  en  Afrique,  la  ma¬ 
ladie  du  sommeil  et  les  moyens  de  la  combattre.  Cette  mis¬ 
sion  comprendra  trois  médecins  bactériologistes  ;  deux  par¬ 
tiront  pour  le  Congo  ;  le  troisième,  (jui  serait  prêt  à  aller  re¬ 
lever  l’un  de  ces  derniers,  resterait  à  l’Institut  Pasteur.  Un  la¬ 
boratoire  sera  créé  à  Rrazzavillc  et  à  ce  laboratoire  sera  an¬ 
nexé  un  hôpital  spécial  où  seront  traités  les  nègres  et  les  blancs 
—  carie  tléau  atteint  aussi  maintenant  les  cjolons  —  souflrant 
•delà  maladie  du  sommeil.  La  mission  sera  dotée  dune  sub- 
,Vention  d’environ  201). ÜÜO  Irancset  pourra,  grâce  àcette  sub¬ 
vention,  poursuivre  ses  travaux  pendant  dix-huit  mois.  Les 
mdes  et  observations  de  la  mission  seront  centralisées  à 
:l'lnstitut  Pasteur. 

Les  derniers  détails  de  son  organisation  seront  réglés  par 
un  comité  composé  de  MM.  LeMyre  de  Vilers,  président  de 
laSociété  de  géographie,  le  docteur  kermorgant,  chef  du  ser¬ 
vice  de  santé  des  colonies,  Perrier,  directeur  du  Muséum,  de 
Guerne,  les  docteurs  Brumi)t,  de  la  mission  du  Bourg  de  Bo- 
zas.  et  liaray. 

La  suppression  des  maisons  de  tolérance  à  Melun. 

Le  Journal  de  la  Saule  du  6  mai  reproduit  l’arrêté  suivant  du 
Maire  de  Melun  supprimant  les  maisons  de  tolérance  dans 
cette  ville  : 

Le  Maire  de  la  ville  de  Melun,  vu  la  loi  du  j  avril  1884,  ar¬ 
ticle  97  :  considérant  (pie  la  personne  humaine  ne  peut  être, 
pour  les  tiers  l’objet  d'un  commerce  quelcon(iue  ;  considé¬ 
rant  que  la  femme  a  le  droit  d'èlrc  défendue  contre  ceux  ({ui 
la  prostituent,  l'exploitent  et  la  retiennent  dans  des  maisons 
lemiées  ;  considérant  d'ailleurs  que  la  loi  du  3  avril  1903  a 
puni  le  vagabondage  spécial  et  qu'un  tenancier  d'une  maison 
tolérance  n'est  (lu’un  souteneur  de  plusieurs  femmes  à  la 
‘OIS  et  même  honteusement  protégé  par  une  autorisation  mn- 
.uiapale  ; 

Mais  considérant  que  toutes  les  femmes  ou  tilles  (pii  se  li- 
'rent a  la  prostitution  se  placent  dans  une  situation  excep- 
lounelle  par  le  danger  (pi'elles  constituent  pour  la  santé  pu- 
’iftifcï  'Considérant  qu'il  y  a  lieu,  en  attendant  ipie  les  lois 
verviennent  pour  protéger  la  santé  et  l’ordre  publics  de 
^udre  de  nouvelles  mesures  administratives  touchant  la 
j^uce  des  mœurs  .•  —  mesures  administratives  encore,  mais 
^•viif ll^ciuonie  avec  la  conception  actuelle  de  la  liberté.in- 

:  Les  autorisations  accordées  aux  maisons  de  tolé- 
ce  qui  existent  actuellement  à  Melun  sont  révoiiuées, 

®n  a  Melun  le  14  avril  1UÜ6.  Le  Maire  :  E.  Delarouk. 

jl  LES  CONGRÈS. 

Congrès  international  des  Colonies  de  vacances. 

vient  congrès  international  des  colonies  de  vacances 

aval.  ^  ^  réunira  Bordeaux.  De  nombreux  congressistes 
'"p'Vodu  à  l’appel  du  comité  directeur,  présidé  par  le 
serri.*^î^  ’^fmaingaud,  secondé  par  le  docteur  Lanza  comn>e 
général. 

tru(.j°®P®cteur  Edouard  Petit, délégué  iiarle  ministre  de  l’Ins- 
a  ouvert  le  congrès  dans  le  grand  amiihi- 
et  diseur  ^  -^^^'cnée.  D'intéressants  rapports  ont  été  entendus 
Uialité  preiiagande,  le  mode  déplacement,  la  mu- 

V'^üx  n  .  colonies  scolaires,  les  transports,  etc.  Plusieurs 
A  ont  été  émis- 


1»  Sinon  la  gratuité,  au  moins  qu’une  réduction  de  75  0/0 
soit  accordée  aux  enfants  envoyés  en  colonies  de  vacances  et 
que  ce  tarif  soit  élaboré  entre  les  sept  réseaux  des  compagnies 
(le  chemins  de  fer  français  ;  2°  que  les  vacances  scolaires  soient 
fixées  au  14  juillet;  3“  la  création  d’une  fiche  médicale  uni¬ 
forme  pour  tous  les  enfants. 

Un  grand  banquet  a  terminé  les  séances  du  congrès.  M. 
Paul  Léon, chef  du  cabinet  du  sous-secrétaire  d’Etat  des  beaux- 
arts,  prési(iait,  ayant  à  sa  droite,  M.  Lutaud,  préfet  delà  Gi¬ 
ronde,  et  à  sa  gauche,  M.  Sens,  premier  adjoint.  Plusieurs 
toasts  ont  été  prononcés.  Au  nom  des  sociétés  parisiennes, 
l'Inspecteur  Edouard  Petit  remercie  les  Bordelais  de  leur 
chaleureux  accueil.  Il  demande  aux  œuvres  de  colonies  de 
vacances  de  songer  aux  orphelins  des  mineurs’ de  Courrières, 
alln  de  procurer  aux  plus  débiles  d'entre  eux  un  peu  de  bien- 
être,  un  peu  de  grand  air.  un  peu  de  santé. 

Mme  Frank-Puaiix,  présidente  des  colonies  de  vacances  de 
la  Chaussée  du  Maine,  s’inscrit  immédiatement  pour  vingt  or¬ 
phelins.  Les  œuvres  bordelaises  suivent  le  même  exemple. (ùe 
Temps). 

Le  Congrès  d’anthropologie  annuelle  de  Turin. 

Le  Jubilé  de  Cesare  Lombroso. 

Le  6”  Congrès  d’anthropologie  criminelle  s’est  tenu  dans^ 
Y  Ailla  Magna  de  l'Université  de  Turin.  Le  jubilé  scientifique 
de  Cesare  Lombroso  fondateur  de  l'anthropologie  criminelle  a 
été  célébré  à  cette  occasion.  Le  recteur  de  PU) niversité  a  fait 
le  discours  d’ouverture.  MM.  Bianchi,  Ferrero  di  Cavallerleo- 
ne,  Enrico  Ferri,  ont  tour  à  tour  vanté  les  travaux  et  les  idées 
du  maître.  Les  professeur  Priiiz,  de  Bruxelles  ;  4  an  Hamel, 
d'Amsterdam;  Max  Nordau,  Sommer,  représentantsdef Alle¬ 
magne;  Claparède.  de  Genève  Lacassagne;  exprimèrent  tour  à 
tou  rieur  admiration  pour  le  promoteur  d'uiie  nouvelle  science. 

Lombroso,  à  qui  ont  été  offerts  une  œuvre  d'art  symboli- 
(jue  et  iip  livre  (l'or  couvert  de  signatures, a  remercié  dans  un 
beau  discours  ses  disciples  et  ses  amis. 

Le  professeur  \  an  Hamel, dans  une  séance  suivante  du  con¬ 
grès,  a  expliqué  comment  il  comprend  le  «  traitement  des 
jeunes  criminels  ».  Le  traitement  social  pénal  et  pénitentiaire 
(tes  jeunes  criminels  doitêtre  le  résultat  d’études  réalistes  ;  on 
ne  doit  plus  se  préoccuper  de  chercher  si  un  enfant  a  agi 
avec  ou  sans  discernement,  mais  rechercher  pratiquement  ce 
qu'on  doit  et  ce  qu'on  peut  faire  de  lui  :  le  juge  aura  une 
grande  liberté  d’appréciation. 11  conseille  de  créer,  comme  en 
Hollande,  des  établissements  d'éducation  où  les  préceptes  de 
l'anthropologie  criminelle  seront  mis  en  action. 

M.  Albanel,  juge  d'instruction  à  Paris,  a  pu  observer  3,000 
enfants  délinquants.  Il  a  voulu  rechercher  les  causes  de  leur 
criminalité,  a  demandé  l'opinion  des  médecins  et  atenté  d’or¬ 
ganiser  des  institutions  et  des  patronages  pour  ces  petits  mal¬ 
heureux. 

M,  Paul  kahn,  avocat  à  Paris,  a  expliqué  le  fonctionnement 
du  «  Patronage  familial  », présidé  par  M. Albanel  et  donne  des 
observations  curieuses. La  pauvreté  n'est  pas  toujours  cxiiise  de 
la  dégénérescence  de  ces  enfants,  fils  d  alcooliques,  de  tuber¬ 
culeux,  etc.Ce  n'est  qii'après  de  longues  et  laborieuses  études 
que  fanthropologie  criminelle  donnera  tous  les  résultats  pra¬ 
tiques  que  l’on  est  en  droit,dès  inaintenant d’espérer. 


THÉRAPEUTIQUE 


Traitement  de  l'emphysème  par  l'Hélénine. 

Sous  l’influence  de  l’Hélénine,  l'entrée  de  Pair  dans  les  vési¬ 
cules  pulmonaires  cesse  d’être  gênée  et  la  respiration  se  fait 
librement  ;  ce  que  le  de  Korab  a  constaté  maintes  fois,  non 
seulement  par  la  percussion  et  l'auscultation,  mais  aussi  au 
moyen  du  polygraphe,  appareil  enregistreur  de  M.  le  profes¬ 
seur  Marey,  que  le  professeur  Constantin  Paul  a  bien  voulu 
mettre  à  sa  disposition  à  Lariboisière.  L’oppression  cesse  et 
le  malade  devient,  si  nous  osons  nous  servir  d’une  expression 
comparative,  comme  farsenicophage  de  la  Haute-Autriche 
plus  apte  à  respirer  dans  la  marche  ascendante.  Ainsi  s’ex¬ 
plique  l’action  bienfaisante  de  fHélénine  dans  l'emphysème. 

Trois  à  quatre  globules  du  D"-  de  Korab  par  jour. 


302 


LE  PROGRES  MEDICAL 


FORMULES 


XXXIV.  —  Contre  la  goutte. 

Acide  quiniquc .  0  gr.  .j() 

Citrate  de  lithine .  0  gr.  15 

Sucre  pulvérisé .  0  gr.  35 

p.  1  cachet  :  6  à  10  par  jour. 

I  \eumann). 

XXXV.  —  Contre  les  migraines  et  les  névralgies 
rebelles. 

Salophéne .  0  gr.  50 

Phénacétine .  0  gr.  20 

p.  1  cachet. 

En,  deu.x  ou  trois  de  ces  cachets  à  trois  heures  d'inter¬ 
valle. 

XXXVI.  —  Contre  l’anémie. 

Protoxalatc  de  fer .  0  gr.  10 

Poudre  de  fève  de  Saint-Ignace. 

Extrait  d’absinthe . 

Extrait  de  gentiane . . 

Poudre  de  quassia . . 

—  de  Colombo . .  . . 

‘  —  de  cannelle . 

p.  1  pilule.  I  pilule  à  chaque  repas. 


Actes  et  thèses  delà  Faculté  de  Médecine  de  Paris. 

Thèses  de  doctorat.  —  Mercredi  lO  mai.  —  M.  Ghiimeau  :  lîé- 
sullals  éloignés  des  opérations  conservatrices  sur  les  organes  gé¬ 
nitaux  de  la  femme  (MM.  Pinard,  Heclus,  Lepage,  Proust).  —  M. 
Mousnier:  Fibro-sarcomes  du  eou  exlra-pliaryngiens  '.M.M.  Iteclus, 
Pinard,  Lepage.  Proust).  —  M.  Tournier:  Aic-sur-Cére  slalionhv- 
dro-rainéralc  et  climatique  (MM.  Landouzv,  Hoger.  Hicliaud,  Lai)- 
bé,  Marcel).  —  M.  Duplantier  :  Contribution  à  l’élude  dp  la  ]iig- 
mentalion  desmuqueuses  dans  la  mélanodermie  ptiliriasique  (MSI. 
lloger,  (laucher,  Rietier,  Labbé,  Marcel;. 

Jeudi  I^  mai.  —  ,t/.  Solirène  :  Les  complications  nerveuses  des 
appendicites  (M.M.  Kaymoud,  llutinel.  Cbantemesse,  -Méry).  —  M. 
Gaudeau  :  Le  pouvoir  bémolyti(|ue  du  sérum  sanguin  et  la  résis- 
lance  globulaire  (MM.  llutinel,  Raymond,  Cbantemesse,  .Méry).  — 
M.  De  Gandt  :  Contribution  à  l’élude  de  la  lubereulose  i)ulmonaire 
de  la  première  enfance  (MM  llutinel,  Raymond,  tibantemesse, 
Méry).  —  M .  Desdouity  :  Colonies  de  vacances  (MM.  Cbantemesse, 
Raymond,  llutinel,  Méry).  —  M.  Guilbert  :  Des  complications  in¬ 
flammatoires  aiguës  bénignes  des  ligaments  larges  dans  les  suites 
de  eouebes  pathologiques  (.MM.  Budin,  Bonnaire,  Denielin,  Brin- 
deau).  —  M.  De  Lacoite  :  Contribution  à  l'élude  des  hémorragies 
qui  ont  leur  source  en  dehors  de  la  cavité  utérine  pendant  et  après 
l'accouchement  (MM.  Budin,  Bonnaire,  Deraelin,  Brindeau).  —  M. 
Monory  :  Etude  sur  la  mortalité  infantile  (.MM.  Budin,  Bonnaire, 
Demelin,  Brindeau)  —  M.  Lefranc  :  De  la  résection  du  col  utérin 
dans  les  cervicites  chroniques  par  le  procédé  de  Pouëy(M.M.  Bu¬ 
din,  Bonnaire,  Demelin,  Brindeau).  —  M.  Rallier  :  De  î'origine  pé¬ 
riphérique  de  certaines  paralysies  oculaires  (M.M.  De  Lapersonne, 
Poirier,  Langlois.  Marion).  —  M.  Panier  :  Le  facial  et  l'innervation 
motrice  du  voile  du  palais  (.MM.  Poirier,  De Laper.sonne,  Langlois, 
Marion).  M.  Pasquier:  Des  traumatismes  de  l'oreille  dans  les 
accidents  du  travail  (.MM.  Poirier,  De  Lapersome,  Langlois,  Ma¬ 
rion)  . 

Examens  de  doctorat.  —  Lundi,  14  mat.  —  5*  (Chirurgie,  1" 
partie,  1”  série,  Hôtel-Dieu)  :  M.M.  Kirmissoii,  Delens,  Gosset.  — 
5'  (Chirurgie,  1"  partie,  2*  série,  Hôtel-Dieu)  :  MM.  Segond,  Mau- 
claire,  Pierre  Duval. 

Mardi,  i5  mai.  —  4'  (1"  série.  Salle  Béclard)  :  MM.  Raymond,  Va¬ 
quez,  Langlois.  —4" (2"  série.  Salle  Broussais)  :  M.M.  Cbantemesse.  Gil¬ 
bert,  Dupré.  —  4"  (3' série.  Salle  Corvisarti  :  .M.M.  Robin,  Ballet  (G.), 
Gniart.  —5’  (Chirurgie,  1”  partie.  Charité)  :  MM.  Guyon,  De  Laper¬ 
sonne,  Auvray.  —  5”  (2"  partie.  Charité)  :  MM.  Jolfroy,  Méry,  Gou- 
get.  —  5’  (Obstétrique,  1"  partie  Clinique  Tarnier)  :  MM.  Budin, 
Demelin,  Brindeau. 

Mercredi,  16  mai.  —  3”  (2' partie,  P"  série.  Oral,  .Salle  Broussais)  : 
.MM.  Blanchard,  Gaucher.  Legry.  —  3"  (2*  partie,  l'“  série,Salle  Oral 
Corvisart)  :  MM.  Brissaud,  Teissier,  Ballhazard. —  3"(2"  partie,  3*  sé¬ 
rie, Oral, Salle  Pasteur)  :  MM.  Déjcrine,Claudc,  Macaigne. —  4'  (Salle 
Tbouret)  ;  MM.  Pouebet,  Gley,  Desgrez. 

Jeudi,  mai.  —  3«  (2*  partie,  1"  série.  Oral  .Salle  Béclard)  :  M.M. 
Dieulafoy,  Thiroloix  Guiart.  —  3-  (2-  partie,  1"  série.  Oral,  (Salle 
Broussais),  ;  MM.Jofîroy,  Gouget,  Jeanselme.  —  3'  (2’  partie,  3*  sé¬ 
rie,  Oral  Salle  Richet)  :  MM.  Robin.  Bezan(;on,  Carnot.  —  4’  (P” 


série.  Salle  Tbouret  :  MM.  Pouchet,  Ballet  qG.).  5'aquez.  —  4,  .* 
série.  Salle  Pasteur)  :  MM.  Gilbert,  Gley.  Dupré.  ' 

Vendredi,  iS  mai.  —  4”(1”  série.  Salie  Thouret)  :  MM.  l'ouclw 
Baltbazard,  Macaigne.  —  4' (2"  série, Salle  Pasteur)  :  Landouzyjj^ 
jerine,  Richaud.  5“  (Chirurgie,  P”  partie,!"  série,  iS’ecker)  :  Kirnit 
son,  Legueu,  Gosset.  —  5'  (Chirurgie,  P'  partie,  2'  série,  Xecker' . 
M.M.  Segond,  Delens,  Mauclaire. 

Samedi,  ig  mai.  —  5"  (2'  partie,  1"  série,  Beaujon)  :  .M.M.  Uav. 
mond,  Méry,  Gouget.  —  5'  (2-  partie,  2*  série,  Beaujon)  :  MM.  Hobi 
Jeanselme,  Besancon.  —  5"  (Obstétrique  1"  partie.  Clinique  Tar¬ 
nier)  :  MM.  Budin,  Demelin,  Brindeau. 


PHARMACOLOGIE 

«  L'activité  de  deux  substances  combinées  est  supérieures 
la  somme  de  la  puissance  de  chacune  d  elles.  >-  C'est  ce  qui 
explique  et  al'lirmc l’activité  delà  Aervocithine  Tissot,  phos- 
pho-arséniée  organique  et  hématique,  véritable  reconstituiat 
du  plasma  cellulaire,  terrain  primordial  et  essentiel  de  l'oi^'a- 
nisme  ;  les  praticiens  l’emploient  soit  en  ampoules  pour  in¬ 
jections,  soit  en  dragées  ou  sirop  au  moment  des  repas. 


NOUVmES 

Natalité  dk  Paris.  —  Du  dimanche  1  au  samedi  7  avril  j 
1906.  les  naissances  ont  ete  au  noraore  de  1008,  se  déeomposani 
ainsi  :  légitimes  723.  illégitimes  285. 

Mortalité  a  Paris.  Population  d'après  le  recensement  de 
901  :  2-660.559  habitants.  Les  décès  ont  ete  au  nomore  de  1111, 
savoir:  .582  hommes  et  533  femmes.  Les  deces  sont  dus  aoi 
causes  suivantes  :  Fièvre  typnoïde  ityptius  abdomin.)  :  .5.— 
Typhus  exanthématique  ;  0.  —  Fièvre  intermittente  et  cachent 
palustre  ;  0.  —  Variole  :  0  —  Rougeoie  :  30  Scarlatine:-'). 

—  Coqueluche  :  3.  —  Diphtérie  et  Group  :  8.  —  Grippe  :  8. 

—  Choléra  asiatique  ;  0.  —  Choiera  nostras  ;  0.  —  Autres 
maladies  épidémiques  :  6.  —  Tuberculose  dés  poumons  :  233.—  , 
Tuberculose  des  méningés  ;  27.  —  Autres  tuberculoses  :  17.  — 
Ci  I  I  er  et  autres  tumeurs  malignes  :  65.  —  Méningite  simple  :  30. 

—  Congestion  hémorrhagique  et  ramollissement  du  cerveaa:  K. 

—  MaVa-àies  organiques  du  cœur;  68.  —  Bronchite  aiguë  :  W. 

—  Bronchite  chronique  :  25  -  Pneumonie  :  48.  —  Autres  affec¬ 

tions  de  l’appareil  respiratoire  :  134.  —  Affections  de  l’estomac 
icancerexc.)  :  1.--  Diarrhée  et  entérite  de  0  à  1  an  :  sein  ;  5  ;  an¬ 
tre  alimentation  ;  10  —  Diarrhée  et  entérite  de  1  à2  ans  :  3. —  Her¬ 
nies.  obstruction  intestinale  :  12.  —  Cirrhose  du  foie  :  12.  —  Néphnte 
et  ma)  de  Bright:  37.  Tumeurs  non  cancéreuses  et  autres  ma¬ 
ladies  des  organes  génitaux  (femmes)  :  7.  —  Septicémie  puerpérale 
(fièvre,  péritonite,  phlébite  puerpérale)  :  2.  —  Autres  acciileéi* 
puerpéraux  de  la  grossesse  et  de  l’accoucnement  :  3.  —  Débil"' 
congénitale  et  vices  de  conformation  :  21.  —  Débilité  sénile  :  JJ- 

—  Morts  violentes  ;  24. —  Suicides  :  9.  —  Autres  maladies  :  R'- 

—  Maladies  inconnues  ou  mai  définies  :  12. 

Mort-nés  et  morts  avant  leur  inscription:  61,  qui  se  décom¬ 
posent  ainsi  ;  légitimes  45,  illégitimes  16. 

Légion  d’honneur.  —  M.  le  Di"  Pierrot,  médecin  in-specteufi 
est  promu  au  grade  de.  commandeur. 

Corps  de  santé  militaire.  —  Par  décret  du  Président 
publique  en  date  du  25  avril  1906,  rendu  sur  la  proposition  an® 
nistre  de  la  guerre,  M.  le  médecin  principal  de  1’'“  classe  Heuyer, 
recteur  du  service  de  santé  delà  division  d'Oran,  a  été  promu 
grade  de  médecin  inspecteur  dans  le  cadre  du  corps  de  sanie 
taire,  en  remplacement  de  M.  le  médecin  inspecteur  Pierrot,  P 
dans  la  section  de  réserve.  Par  décision  ministérielle  du  me^^ 
jour,  M.  le  médecin  inspecteur  Heuyer  est  nommé  directenf 
service  de  santé  du  6'  corps  d’armée,  à  Cbâlons-sur-Marue, 
remplacement  de  M.  le  médecin  inspecteur  Pierrot,  placé  duus 
section  do  réserve. 

Ecoles  DE  santé  militaire.  — Ecole  de  Lyon.  —  LesÇUUj^ 
dats  à  l’école  du  service  de  santé  devront  se  faire  inscrire  çu 
au  16  mai  dans  les  préfectures.  Les  épreuves  écrites  d'adnn»  , 
lité  auront  lieu  le  13  juin  dans  les  centres  déterminés  P*'’  jjt 
truction  du  5  février  1905.  Les  dates  des  épreuv-es  orales  ^ 
fixés  ultérieurement. 

•  l'écoi^ 

Ecole  du  Vul-de-Gràce .  —  Doux  concours  s’ouvriront  a 

d’application  du  service  de  santé,  l’un, le  28  mai, pour  deux  eum 

de  professeur  agrégé  des  chaires  ;  hygiène,  médecine  po*'' 

lation,  administration  et  service  de  santé.  L’autre,  le  9  ju'”.® 
deux  emplois  de  pofesseur  agrégé  des  chaires  :  cliirurgie  d  “ 
anatomie  chirurgicale. 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


303 


r  ES  ÉPIDÉMIES.  —  La  peste  en  Silésie.  —  Deux  cas  de  peste  se 

t  déclarés,  en  Silésie,  à  Kama.  On  a  pris  les  mesures  de  pré- 
!^tion  nécessaires.  {Standard.) 

méningite  à  Toulon  et  à  Zurich.  —  La  méningite  cérébro- 
gninale  sévit  dans  la  garnison  de  Toulon. 

Une  épidémie  de  méningite  infectieuse  s’est  déclarée  dans  la 
„Jnison  de  Zurich  :  deux  soldats  sont  morts.  (Le  Matin.) 

*  La  Fièvre  typhoïde  à  San-Francisco.  —  D’après  le  New-York 
Sun  une  vingtaine  de  cas  de  fièvre  typhoïde  se  sont  déclarés 
parmi  les  sinistrés  de  San-Franseisco. 

Association  générale  des  médecins  de  France. —  L’assem¬ 
blée  "énérale  annuelle  de  l’Association  aura  lieu  du  27  au  28  mai 
ilansla  salle  des  Concours  de  l’Assistance  publique,  49,  rue  des 

Saiats-Péres. 

L’Esprit  des  autres.  —  «  Il  n’est  peint  de  leçon  qui  n’ait  be¬ 
soin  d’être  répétée.  »  (Clémenceau,  Lyon,  3  mai.) 

Nécrologie.  — Nous  avons  le  regret  d’annoncer  la  mort  de  .M. 
le  b’’  CRUVEiLHiER,clnrurgien  honoraire  des  liôpitaux,  professeur 
agrégé. 

L*  MORT  PRÉTENDUE  DE  M.  LE  Dr  P.  BOURGEÔIS.  -  C’cst  par 

erreur  et  d’après  tous  les  journaux  politiques,  que  nous  avons  an¬ 
noncé  la  mort  de  M.  le  D^  Paul  Bourgeois,  député  royaliste  de  la 
’ÿendée. 

«  La  vérité  est,  d’après  une  rectification  du  Temps,  que  l’hono¬ 
rable  M.  Bourgeois  est  très  gravement  malade,  mais  que  très  heu¬ 
reusement  la  nouvelle  de  son  décès  n’était  pas  fondée.  Toutefois  son 
état  était  assez  grave  pour  qu’il  ait  dû  renoncer  à  solliciter  le 
renouvellement  de  son  mandat  dans  la  2'  circonscription  de  La 
Roche-sur-Yon.  » 

Chronique  des  hôpitaux. 

Hospice  de  Bicètre  {Fondation  Vallée).  —  M.  Bourneville. 
Fisitc  du  service  (gymnastique,  travail  manuel,  écoles,  et  présen¬ 
tation  de  malades)  le  samedi  à  10  h.  très  précises.  Consultations 
médico  pédaijogigues,  gratuites  pour  les  enfants  indigents  at¬ 
teints  ne  malwnes du  système  nerveux,  le  jeudi  à  9  h.  1/2. 

Clinique  ctiiRURGiCAi.E  de  i.’Hotel- Dieu.  Cours  pratique 
d’oto  rhino-laryngologie.  —  Le  D^  Guisez,  ancien  interne  des 
hôpitaux,  recommencera,  le  mardi  22  mai  1906  à  3  h.  3/4,  son 
mrs  pra ligne  d'oto-rhino-laryngologie  (amphithéâtre  Ghomel). 
Le  cours  comprendra  10  leçons,  essentiellement  pratiques  (dia¬ 


gnostic,  examen  des  malades,petites  interventions)  et  aura  lieu  les 
mardi,  jeudi  et  samedi  à  3  h.  3/4. 

S’inscrire  à  la  consultation  laryngologique  de  l’Hôpital,  les 
mardis  et  samedis  de  5  h.  à  fi  h.  (Droits  d’inscription  ;  ‘.^6  fr.) 

Hôpital  Saint-Antoine. —  Le  D*’  P.  Le  Noir,  assisté  des  D‘"‘ 
Camus  et  Courcoux,  commencera,  le  lundi  14  mai  à  10  heures,  et 
le  continuera  les  jours  suivants,  un  cours  élémentaire  sur  les  ma¬ 
ladies  de  l’estomac.  Ce  cours  sera  complet  en  12  leçons.  Le  ven¬ 
dredi  conférence  clinique. 

Hôpital  Saint-Louis.  Maladies  cutanées  et  szphilitiques, 
—  M.  Hallopeau  :  leçons  cliniques,  le  jeudi  à  trois  heures. 

CHEMINS  DE  FER  DE  PARIS-LYON-MEDITERRANEE. 


1“  Billets  d'aller  et  retour  individuels,  valables  10  jours,  avec  fa¬ 
culté  de  prolongation,  délivrés  du  1"  mai  au  31  octobre,  dans 
toutes  les  gares  du  réseau  ;  réduction  de  25  “/„  en  1"  classe  et 
de  20  %  en  2”  et  3”  classes. 

2*  Billets  d'aller  et  retour  de  jamille,  valables  33  jours  avec  fa¬ 
culté  de  prolongation,  délivres  du  l"  mai  au  15  octobre,  dans 
toutes  les  gares  du  réseau  P.  L.  M.,  sous  condition  d’effectuer 
un  parcours  simple  minimum  de  150  kil.,  aux  familles  d’au  moins 
trois  personnes  voyageant  ensemble. 

Le  prix  s’obtient  en  ajoutant  au  prix  de  4  billets  simples  ordi¬ 
naires  (pour  les  2  premières  personnes),  le  prix  d’un  billet  simple 
pour  la  3"  personne,  la  moitié  de  ce  prix  pour  la  4'  et  chacune 
des  suivantes. 

Arrêts  facultatifs. 

Faire  la  demande  de  billets  (individuels  ou  collectifs)  4  jours 
au  moins  à  l’avance  a  la  gare  où  le  voyage  doit  être  commencé. 

Nota.  —  Il  peut  être  délivré,  à  un  ou  plusieurs  des  voyageurs 
inscrits  sur  un  billet  collectif  de  stations  thermales  et  en  même 
temps  que  ce  billet,  une  carte  d’identité  sur  la  présentation  de 
laquelle  le  titulaire  sera  admis  à  voyager  isolément  (sans  arrêt) 
à  moitié  prix  du  tarif  général,  pendant  la  durée  de  la  villégia¬ 
ture  de  la  famille,  entre  le  point  de  départ  et  le  lieu  de  destina¬ 
tion  mentionné  sur  le  billet  collectif. 


TRAITEMENT  des  AFFECTIONS  NERVEUSES 

PAR  LES  SIROPS  BROMURÉSoe  J.  P.  LAROZE 


SIROP  LÂROZE  AU  BROMURE  de  POTASSIUM 

complètement  exempt  d’iodures,  de  chlorures  et  de  bromates  ; 

_  contient  exactement  /  gr.  par  cuillerée  à  potage. 

SIROP  LAROZE  AU  BROMURE  DE  SODIUM 

contient  exactement  /  gr.  de  se!  chimiquement  pur  par  cuillerée  à  potage. 

SIROP  LAROZE  AU  BROMURE  DE  STRONTIUM 

complètement  exempt  de  Baryte,  contient  exactement  /  gr.  de  sel  par  cuillerée  à  potage. 

SIROP  LAROZE  POLYBROMURÉ 

<POTASSIUM,  SODIUM  AMMONIUM) 

Une  cuillerée  à  potage  de  Sirop  contient  exactement  3  gr.  de  Bromures. 

SIROP  LAROZE  D’ÉCORCES  D’ORANGES  AMÈRES 

contre  les  accidents  neroeux  de  la  digestion.  Deux  ou  trois  cuillerées  à  potage  par  jour. 

ENVOI  de  Bacons  spécimen  à  MM.  les  Docteurs  qui  voudront  b'en  •iros  en  faire  la  demande. 

Maison-  s,  r-ute  cies  liions  st-ï=a-u.l. 

ROHAIS  et  C‘°i  Pharmacien  de  t'°  classe,  ex-interne  des  Hôpitaux  de  Paris. 


ANALGÉSIQUE,  ANTIPYRÉTIQUE,  HYPNOTIQUE,  ANTUMIQRAINE,  ANTUNÉYRALGIQUE,  ANODINE 


LA  MORPHINE. 


La  Société  Chimique  d’Antikamnia  s.  rue  de  la  paix,  paris 


Traitement  PHOSPHO-ARSENIO-HÉMATIQUE  1 

g 

^;;:^I^nervocithine  tissoti 

1 

aaMpii 

BUREAUX  :  RUE  DES  CARMES,  14 


19  MAI  1906 


r 


55.  année.  3»  SÉRIE.  T.  XXII.  N"  20. 


Le  Progrès  Médical 


^oîÜîwAIRÊ  Chirurgie  PRATIQUE  :  Le  traitement  massothérapi' 
atê  des  artlirites  tuberculeuses,  par  Kouindjy.  —  Bulletin  :  Les;  ' 
débouchés  pour  les  jeunes  docteurs,  par  Friedel  ;  Ouvertures  de 
J —Sociétés  Savantes  :  Sociétéde  biologie  :  Epreuve  de  l’al¬ 
cool  en  pathologie  gastrique,  parCarnot  ;  Bactériologie  de  4.1  cas 
d’oreillons,  par  Tissier  et  Esmein  ;  Hypothyroïdie  et  auto-infec¬ 
tion  périodique,  par  Levi  et  De  Rothschild  ;  Trypanosomiase 
humaine,  par  Thiroux  (c.  r.  de  Mme  Edwards-Pilliet.)  —  Aca- 
iémie  de  Médecine  :  La  syphilis  expérimentale,  par  Metchni- 
koff  ;  Traitement  des  anévrysmes  par  l’hypotension  artérielle, 
par  lluchard  ;  La  syphilis  expérimentale,  par  Metchnikoff  ;  'Trai¬ 
tement  des  opacités  cornéennes,par  d’Arsonval  ;  Prophylaxie  de 
la  rage,  par  Martel  ;  Le  sérum  vaccinal  pur,  par  Kelsch  ;  Les 
casernes  hygiéniques,  par  Lemoine  et  Simonin  (c.  r.  de  A. -F. 
Plicque).  —  Société  Médicale  des  Hôpitaux  :  Hypertension  par 
rétention  chlorurée  et  la  cachexie  cardio-rénale,  par  Rénon  ; 
Nouveau  signe  de  pyopneumothorax,  succussion  horizontale,  par 
Chauffard  ;  Tic  douloureux  de  la  face  guéri  par  la  radioscopie, 
par  Beclère  et  Leraau-e  ;  Anévrysme  de  Taorfe  avec  rupture  de 
l’œsophage,  par  Hitz  et  Lemaire  ;  Migraine  thyroïdienne,  par 


Léÿÿet  De  Rothschild  ;  Valeur  diagnestique  des  signes  physi- 
^qués,  du  bruit  de  flot  en  particulier,  au  cours  de  Thydropneu- 
'^mothorax,  par  Vaquez  ;  Fièvre  hystérique  chez  l’enfant,  par 
Comby  (c.  r,  de  Friedel.) —  Société  de  Médecine  de  Paris  :  Rap¬ 
port  sur  la  candidature  du  D''  Blondinau  titulariat,  par  Duclaux; 
Métastase  d’un  cancer  des  parties  molles  de  la  cuisse,  par  Vian 
(c.  r.  de  Buret.)  —  Socielé  de  pédiatrie  :  Blennorrhagie  et  phleg¬ 
mon  à  gonocoques  chez  un  enfant  de  10  mois,  par  Appert  et  Fro- 
get  ;  Maladie  de  Barlow,  par  Méry  et  Guillemot  ;  Exostoses 
multiples,  par  Judet  ;  Gangrène  pulmonaire  otogène  cheé  un 
nourrisson  de  7  mois,  par  Guillemot  (c.  r.  de  Gh.  H.  Petit-Ven- 
dol).  —  Le  Congrès  de  Médecine  de  Lisbonne.  —  Revue  des  ma¬ 
ladies  DE  l’enfance  :  (c.  r.  de  Paul-Boncour).  —  BtBLio- 
GRAPHiE.  —  Varia.  —  Nécrologie.  —  Formules.  —  Ac¬ 
tes  ET  thèses  de  la  faculté  DE  MÉDECINE  DE  PaRIS.  — 
Société" POUR  LA  PROPAGATION  DE  l’incinération.  —  Théra¬ 
peutique  :  "rraitement  médicamenteux  des  bronchites  chroniques 
et  de  la  tuberculose  par  l’hélénine  créosotée.  ^Nouvelles. — 
Chronique  des  hôpitaux.  —  Bulletin  bibliographique. 


CHIRÜRGIE_PRAT1QÜE 

Le  traitement  massothérapique  des  arthrites 
I  tuberculeuses  : 

Parle  Dr  P,  KOUINDJY 

I  Doit-on  masser  une  arthrite  tuberculeuse  ’? 

.Notre  confrère  Saquet,de  Nantes,  répond  par  l'affir- 
mative.  Dans  un  très  intéressant  tra\ail,  publié  tout 
I  récemment  sous  le  titre:  <■  Du  traitement  des  tumeurs 
1  blanches  par  le  massage  léger  et  la  mobilisation  pru- 
^  dente  »,  le  D‘'Saquet  rapporte  plusieurs  observations, 

.  •où  il  montre  que  le  massage  méthodique,  arrive  à  avoir 
I  raison  du  processus  inflammatoire,  et  permet  d’obtenir, 

^  smon  une  guérison  complète,  du  moins  la  conservation 
!  de  l’articulation  atteinte.  Quelques  massotbérapeutes, 

;  ®lexemple  de  Wide,  Crocq,  et  d’autres,  contestent 
,  lulilité  de  l’intervention  massothérapique  immédiate 
dans  le  cas  du  traitement  des  arthrites  tuberculeuses 
I  aigues;  ils  citent  quelques  observations  oiT  le  massage 
:  exécuté  par  eux  se  termina  par  un  échec. 

.  Ainsi  la  question  reste  ouverte, et  de  ce  que  viennent 
,  e  nous  dire  les  auteurs  cités,  il  est  difficile  de 
;  une  indication  de  la  conduite  à  tenir  de  l’appli- 
'  non  des  manœuvres  massothérapiques  dans  le  trai- 
®|ûent  des  tumeurs  blanches.  Eteependant,  il  est  cer- 
•n  qu  un  massage  léger  et  une  mobilisation  prudente 
J  “  _^P^bles  de  rendre  un  réel  service  au  traitement 
^arthrites  tuberculeuses  à  condition  d’être  appliqués 
ji~?®  “Médecin  connaissant  l’action  physiologique  de 
manœuvres  kinésithérapiques.  Rappelons 
ÿglJ*?*®nle  dernier,  plusieurs  auteurs,  entre  autres 
Ho  Teissier,  Lugol,  Bonnet,  etc., se  sont  pro- 

le^j^®P®nr  le  traitement  des  arthrites  fongueuses  par 
dç  ot  la  mobilisation,  pourvu  qu’il  n’existe  pas 

inilammatoires.  Amédée  Bonnet  mon- 
P^oeéd™^’*^**  1^08, dans  l’amphithéiilre  de  Nélaton,son 
bilisg..®’ P*'®^ïiierà  l’époque,  du  traitement  par  la  mo- 
®*'«tte*T  lumeur  blanche  du  genou  chez  une 

%ues  f  Éos  mouvemenlsgraduels  et  niélho- 

répéi^ç  première  fois  sous  le  chloroforme  et 

**'®tin  ^•^suite  sans  cet  anesthésique,  tous  les  jours, 
.  ®oir  pendant  dix  minutes,  ont  permis,  à  la 
‘lïHûobilisles  à  outrance,  d’obtenir  une 
I  Parfaite  de  cette  articulation. 


Ainsi,  la  tentative  de  traiter  les  arthrites  tubercu¬ 
leuses  par  la  kinésithérapie  n’est,  certes, pas  nouvelle. 
Néanmoins,  le  mérite  de  notre  confrère,  le  D'  Saquet, 
est  d’attirer  de  nouveau  l’attention  du  corps  médical 
sur  Tutililé  de  la  massothérapie  dans  le  traitement  des 
articulations  atteintes'  de  tumeur  blanche.  11  nous 
semble  cependant  que, pour  mieux  élucider  laquestion, 
il  seraitplusralionnel,  plus  méthodique,  d’élargir  le 
champ  et  de  discuter  les  indications  et  les  contre-indi¬ 
cations  des  manœuvres  massothérapiques  dans  le  trai¬ 
tement  des  arthrites  tuberculeuses  en  général  :  arthri¬ 
tes  sèches  ou  congestives,  arthrites  exsudatives  ou  fon¬ 
gueuses  et  enfin, arthrites  suppnrées.  Cette  division  des 
arthrites  en  question,  admise  aujourd’hui  par  tous  les 
auteurs  classiques,  permet  d’établii»’'  approximative¬ 
ment  des  bases  d’un  traitement  massothérapique  métho¬ 
dique.  C’est  ainsi,  que  nous  excluons  d’une  façon  abso¬ 
lue  toute  intervention  massothérapique  dans  les  ar¬ 
thrites  tuberculeuses  suppnrées .  Tant  que  l'articula¬ 
tion  contientdu  pus  prodnit  de  caséification,  nous  de¬ 
vons  nous  abstenir  jusqu’à  ce  que  le  foyer  de  la  sup¬ 
puration  est  éloignée  par  toute  autre  moyen  qne  le 
massage.  11  est  inutile  d’insister  davantage  sur  cette 
conduite  à  tenir,  tout  le  monde  est  d’accord  que,  lors¬ 
qu'une  articulation  est  en  voie  de  suppuration,  il  faut 
donner  issue  au  pus  avant  d’entreprendre  le  traitement 
de  cette  articulation. 

Mais,  dans  les  antres  formes  d'arthrites  tuberculeu¬ 
ses,  les  manœuvres  massothérapiques  peuvent  rendre 
un  service  appréciable  àcondilion  d'être  appliquées  par 
un  massothérapeute  suffisamment  expérimenté. 

Commençons  par  les  arthrites  sèches  ou  congestive. 
Nombreux  sont  encore  les  confrères  pour  lesquels  le 
mot  «  arthrite  sèche  ou  congestive  »  est  un  mot 
vague,  destiné  à  indiquer  une  lésion  articulaire  mal 
déterminée.  ; - 

Pourtant,  déjà  au  siècle  dernier,  Uunter  et  Bonnet 
considéraient  ces  arthrites  comme  des  arthrites  con¬ 
gestives.  L’action  bienfaisante  du  massage  raéthoiR- 
que  sur  les  arthrites  congestives  traumatiques,  blen¬ 
norragiques,  etc.,  a  été  démontrée  déjà  maintes  fois. 
Gottlieb  et  NorstrOm  ont  rapporté  plusieurs  observa¬ 
tions  deguérisondes  arthrites  inflammatoires  par  le 
massage.  Nous  même,  nous  avons  eu  l’occasion  d’ap¬ 
pliquer  les  manœuvres  massothérapiques  aux  arthrites 
blennorragiques  et  rhumatisrnalesen  pleine  congestion 


30» 


LH  PROGRÈS  MÉDICAl. 


et  avec  beaucoup  de  succès.  Celte  conduite,  nous  la  te¬ 
nons  chaque  fois,  que  nous  nous  trouvons  en  pré¬ 
sence  d'une  arthrite  classée  comme  arlhrile  sèche. 

On  a  voulu  séparer  les  arthrites  congestives  guéries 
par  le  massage  méthodique  des  arthrites  congestives 
tuberculeuses  prétendant  que  toute  arthrite  sèche  ou 
congestive  guérie  ne  peut  être  d'origine  bacillaire.  Soit, 
mais  en  attendant  on  immobilise  ces  arthrites  et  avant 
qu'on.puisse établir  leur  pathogénie  on  liait  parankylo- 
ser l’arliculation  malade.  L’observationsuivante  montre 
les  inconvénients  de  l'immobilisation  à  outrance. 

Obs.  —  Il  y  a  quelques  années,  te  mari  d’une  de  mes  clien¬ 
tes,  habitant  une  ville  du  littoral,  fut  pris  d’une  douleur  vive 
spontanée  dans  le  genou  droit.  Le  confrère  appelé  à  ce  mo¬ 
ment  constata  la  présence  de  poinis  douloureux  à  la  pres¬ 
sion, interrogea  ie  maiade  sur  ses  antécédents  et,trouvan  t  que 
le  malade  a  craelié,  deux  ou  trois  fois  dans  sa  vie,  des  fliets 
de  sang,  ne  manqua  pas  de  conclure  qu’il  s’agissait  d’une  ar¬ 
thrite  sèche  luberouleuse  :  ii  appliqua  de  suite  un  appareii 
plâtré  et  ordonna  l’immobilisation  complète  de  l’articula¬ 
tion.  Las  d'avoir  son  genou  plâtré,  notre  malade  commença 
à  douter  du  diagnostic  de  son  médecin  et  fit  appeler  un  chi¬ 
rurgien  de  Bordeaux  qui  conseilla  d’enlever  le  plâtre.  Me 
trouvant  à  ce  moment  dans  cette  ville,  je  fus  consulté  par  ce 
monsieur.  Après  avoir  examiné,  le  genou  dumal  ide  je  n’ai 
rien  trouvé  de  caractéristique  qui  aurait  pu  justifier  le  dia¬ 
gnostic  de  fumeur  blanche. J’ai  indiqué  les  manœuvres  mas- 
sothérapiques  appropriées  à  faire  et  les  mouvemeuls  ration¬ 
nels  afin  de  pouvoir  lutter  contre  l’hypotonie  musculaire 
établie,  résultant  d’une  atropliie  Irès  avancée.  Le  malade  se 
sent  beaucoup  mieux,  mirche  sans  aucune  fatigue,  mais 
conserve  l’ankylose  du  genou  occasionnée  par  l'immobilisa¬ 
tion  prolongée  pendant  six  mois.  Il  est  certain  qu’en  insti¬ 
tuant  un  traitement  massothérapique  au  moment  opportun 
et  dès  le  début,  nous  aurions  pu  dans  ce  cas  conserver  l’arti¬ 
culation  de  ce  malade. 

Dans  cette  observation,  les  antécédents  induisirent  en 
erreur  notre  confrère.  Ceci  n'est  pas  douteux.  Il  est 
possible  que  le  malade  eut  quelques  crachements  de 
sang,  même  d’origine  spécifique  ;  mais  au  moment  de 
l'attaque  du  genou,  il  se  portait  aussi  bien  que  possible. 
Pour  nous,  les  antécédents  pulmonaires  ne  suffisent 
point  pour  affirmer  lanature  tuberculeuse  de  l’arthrite 
sèche.  Celle-ci  peut  se  développer  chez  les  individus, 
qui  n’ontjamais  eu  la  moindre  atteinte  de  tuberculose. 
D’ailleurs,  l'incertitude  mèmede  l’origine  des  arthrites 
sèches  doit  justifier  l’intervenlion  massothérapique.  Il 
est  facile  de  classer  les  arthrites  sèches  ou  congestives 
guéries  pas  le  massage  méthodique  parmi  les  arthrites 
non  tuberculeuses.  Comment  savoir  avant  à  quelle 
catégorie  faut-il  attribuer  telle  ou  telle  arthrite  sèche  ’? 
Ne  serait-il  pas  plus  logique  de  soumettre  toute  ar¬ 
thrite  sèche  ou  congestive  au  traitement  massolhérapi- 
que  méthodique  d’abord  et  de  les  classer  parmi  les 
arthrites  non  tuberculeuses  après  qu’elles  sont  guéries  ! 
Nous  avons  une  observation  qui  montre  l'avantage 
qu'on  obtient,  lorsqu'on  suit  noire  conduile  et  celle  indi¬ 
quée  par  le  D'  Saquef. 

Obs. —  Il  y  a  quelques  mois,  nous  avons  eu  l’occasion 
d'être  consulté  par  une  dame  atteinte  d'une  arthrite 
sèche  du  cou-de-pied  gauche,  survenue  trois  ou  quatre 
jours  après  un  très  léger  traumatisme.  L’articulation  fut 
très  douloureuse  à  la  moindre  pression  :  le  mouvement 
un  peu  brusque  provoqua  une  forte  douleur  dans  toute 
l’ai’ticulalion  et,  surtout  au  niveau  de  la  malléole 
externe  La  marche  devint  pénible,  l’articulation  même 
présenta  un  gonflement  très  notable. Pas  de  fièvre, ni  de 
‘louleurs  lancinantes. 


Il  s'agissait,  âne  pas  en  douter,d’une arthrite  congos.] 
tive.  D'ailleurs,  la  malade  fut  déjà  atteinte  il  y  a  six  anj* 
d’une  arthrite  semblable  au  niveau  de  l’articulation  di 
genou  droit.  Le  confrère  qui  soigna  à  celte  époque  notm 
malade  conclut  à  une  arthrite  sèche  et  appliqua  luiosé-. 
rie  de  pointes  de  feu  pendant  trois  mois  (une  fois  tousfcj  ' 
quinzejours)  etne  conseilla  qu'une  immobilisation  par¬ 
tielle,  ce  qui  a  dû  sauver  l'articulation. 

Ayant  peur  d'être  obligéede  supporter  de  nouveau  le 
même  traitement  encore  pendant  quelques  mois,  notre 
patiente  nous  pria  de  trouver  autre  chose  que  les  poin¬ 
tes  de  feu.  Elle  fut  contente  lorsqu’elle  apprit  que  juste 
aucontraire,  nous  ne  pensons  point  aux  pointes  defoa 
ni  à  l'immobilisation.  Douze  séances  de  massage  mé¬ 
thodique  et  des  mouvements  appropriés  suffirent  pour 
obtenir  une  résolu  lion  compté  te  de  l’articulation  malade. 
On  pourraitnous  faire  remarquer  que  rien  ne  proure 
l'origine  tuberculeuse  de  c-ette  arthrite.  D'accord.  .Mais 
entre  les  deux  façons  de  guérir  celte  arthrite  sèche, 
celle  du  massage  méthodique  est  infiniment  plus  pré¬ 
férable.  L'action  du  massage  méthodique  présente  un 
double  avantage  ;  d'abord  il  n’est  pas  brutal  et,  mé¬ 
thodiquement  appliqué  par  un  massothérapeute,  il  ne 
tait  pas  souffrir  le  malade  ;  ensuite,  par  son  action  ^ 
nifiante,il  active  la  nutrition  locale  et  contribue  decette 
manière  à  la  transformation  du  tissu  malade  en  tissu 
régénéré.  Tout  massothérapeute  connaît  1  action  toui- 
llante  du  massage  méthodique.  Malheureusement,  la 
majorité  de  nos  chirurgiens  emploient  pour  leur  mas¬ 
sage  des  empiriques,  à  qui  ils  ont  raison  de  ne  pas  con¬ 
fier  les  arthrites  pour  les  masser.  Le  massage  empirique 
est  ici  plutôt  dangereux,  et  notre  confrère  Saquet  a  rai¬ 
son  de  prévenir  le  corps  médical  contre  son  emploi 
dans  le  fraitemenl  des  arthrites  tuberculeuses.  L'échet 
obtenu  par  lemassage  empirique  ne  doit  jamais  être 
attribué  au  massage  méthodique  et  c’est  le  tort  de 
tous  ceux  de  nos  maîtres  qui  ne  considèrent  lemassage 

3 u’à  travers  les  doigts  de  leurs  masseuses  et  ma-sseurs 
iplômésou  non  diplômés. 

L’observation  suivante  montre  qu’en  matière  clurar- 
gicale,  le  massage  méthodique  peut  môme  contribuer 
àmodifierle  procédé  habituel  du  traitement  cliiriUr'' 
cal  des  arthrites  tuberculeuses  fongueuses. 

Obs.  —  Il  y  a  Sans,  notre  ami  le  chirurgien  Finet  fut  co’’" 
sullé  pour  une  arthrite  fongueuse  du  coude  gauche  cbeïO® 
garçonnet  de  six  ans,  Cet  enfant  a  été  soigné  par  quelque* 
uns  de  nos  chirurgiens  orthopédistes  très  connus.  Lu" 
d’eux  conseilla  d’amener  l’enfant  au  bord  de  la  mer.  La  sai¬ 
son  à  Mers  a  plutôt  aggravé  le  coude  de  l’enfant  et  àsonr®' 
tour  une  tluctuation  nette  fut  constatée  parla  pression.  L« 
bras  se  trouvait  immobilisé  à  angle  droit  et  l'articulat:»* 
du  coude  ne  subissait  aucun  mouvement.  Consulté  de  do«' 

\ eau, notre  grand  cliirurgien  seprononça  pourune  arthrot^ 
mie  avec  ankylosé  conséculive  du  bras  à  angle  droit.  Ce* 
cette  ankylosé  à  angle  droit  qui  inquiétale  plus  les 
du  petit  malade,  et  avant  de  s- décider  pour  l’opération,' 
prirent  d’abord  l’avis  de  notre  ami  le  D"-  Finet.  Celui-ci  yo^ 
lut  savoir  avant  de  se  prononcer  si  le  massage  méthodiQ 
ne  pourrait  pas  contribuer  à  la  mobilisation  de  l’u'’*’^”L 

lion  et  à  la  restauration  île  la  tonicité  des  mnsclesatropn' ' 

.Vyanteu  notreréponse  affirmai  ive.M.  Finet  décida  ropér»|!^ 
et  fit  une  résection  des  extrémités  atteintes.  L’opéruf'  , 

réussit  à  merveille. On  réséqua  l’exlrémilé  inférieure  del  *' 

mérus  et  une  partie  de  la  tête  du  cubitus,  en  un  mot  on 
leva  la  partie  osseuse  atteinte  d’ostéite  avancée.  On  c» 
sitlà  plaieet  on  appliqua  un  plâtre.  Ce  dernier  nous  s 
d’abord  comme  appareil  d’immobilisation  tempora'*'®’  ^ 
suite  comme  appareil  de  contention,  que  nous  dimiuuoo 
fur  et  à  mesure  de  la  guérison. 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


307 


Vussilôtque  la  piaie  fui  fermée,  nous  commençions  le 
massage  simple,  sans  mouvemenls  ;  puis  le  massage  avec 
lesmouvements  appropriés  et,  enfin,  le  massage  avec  la  réé¬ 
ducation  des  mouvements.  Au  bout  de  six  semaines  notre 
petit  malade  pouvait  déjà  se  servir  de  son  bras  et  le  faisait 
marcher  dans  tous  les  sens.  Malgré  la  guérison  complète 
dttbras  deux  mois  après  l’opéi  ation,  ce  membre  présenta 
l'aspect  d'un  bras  ballant,  bras  de  polichinelle.  Ceci  résulta 
del  impossibilité  dans  laquelle  on  se  trouvait  de  raccourcir 
la  capsule  et  les  tissus  préarticulaires.M.  Finet  proposa  alors 
due  nouvelle  intervention,  destiné»-  à  corriger  ce  défaut. L’o¬ 
pération  fut  acceptée  et  faite  avec  une  très  grande  habileté. 
Quand  l’espace  an iciilaire  fut  ouvert  nous  procédâmes  à 
une-tamen  méticuleux  des  tissus  et  des  extrémités  réséquées 
et  fûmes  vraiment  surpris  devoir  tout  complètement  trans¬ 
formé.  Poinf  de  trace  d'ostéite,  les  ttarties  réséquées  r/riscs  sont 
ia'emies  blanches  ;  les  muscles, qui  étaient  d’une  coloration  gri¬ 
sâtre,  sont  devenus  rouge  cramoisis-,  les  tendons  blancs  élastiques 
sans  aucune  adhérence  arec  les  organes  voisins  ;  pas  la  moindre 
iiifdtralion  ;  la  capsule  relâchée  à  la  suite  de  la  résection  ne 
présentait  pas  cet  aspect  infiltré  qu'elle  avait  lors  de  la  première 
intervention.  Pas  de  prolifération  osseuse  ;  le  périoste  avait  ten¬ 
dance  de  recouvrir  la  surface  réséquée. 

L’opération  finie,  notre  ami  Finet  appliqua  de  nouveau  un 
appareil  plàtié,i]ui, cette  fois-ci, nous  servit  d'emblée  comme 
un  appareil  de  contention.  La  plaie  ne  tarda  pas  à  se  fer¬ 
mer  et  nous  co'.nmençâaics  notre  massage  et  la  rééducation 
des  mouvements  quelques  jours  après  l’opération. 

Au  bout  d’un  mois,  notre  petit  malade  pouvait  déjà  seser- 
Tirde  nouveau  de  son  bras,  mais  avec  plus  de  correction  ;  son 
brasest  deveiiuun  brasnormai,  surtout,  pendant  que  l’en¬ 
fant  exécutait  les  différents  mouvements  indiqués. 
Actuellement,  notre  petit  malade  a  13  ans.  Il  va  à  l’école 
etsesertde  son  bras  pour  exécuter  les  différentes  manœu- 
Tres  de  la  gymnastique  scolaire.  L’absence  de  1  articulation 
nelegêne  point.  Extérieurement,  il  est  difficile  de  soupçon¬ 
ner  que  son  bras  gauche  manque  de  celle  articul  dion,  d’au¬ 
tant  plus  que, grâce  à  la  rééducation  des  muscles  de  l'avant- 
bras,  celui-ci  exécute  des  mouvements  avec  des  défauts  im¬ 
perceptibles.  L’enfant  lui-même,  habitué  à  ces  défauts,  les  cor 
dge  de  façon  à  les  rendre  invisibles  et,  en  effet,  lorscpi'il 
salue  et  donne  la  main  droite,  il  met  son  chapeau  dans  la 
Main  gauche,  ce  qui  est  t  ait  à  fait  normal  et  donne  au  bras 
gauche  une  altitude  très  correcte.  Nous  avons  vu  l’enfant 
tMs  jours-ci.  Il  va  aussi  bien  que  possible,  n'a  jamais  rien 
fessenti  du  côté  du  coude  opéré,  ni  douleur,  ni  fatigue. 

Celle  observation  a  pour  nous, massothérapeules, une 
“puble  importance.  U’abord,ellc  nous  montre  pour  ainsi 
T®'  pièce  en  main,  que  les  manœuvres  massotbéra- 
Ptqiies,  méthodiquement  appliquées,  agissent  d'une  fa¬ 
çon  réelle  sur  les  tissus  atteints  de  la  tuberculose.  En- 
elle  prouve  que,  réuni  à  la  chirurgie  orlhopédi- 
pe,  le  massage  méthodique  pourra  en  une  certaine  me- 
Ofe  moditier  la  manière  d’agir  des  chirurgiens  et 
^lahté*^'^  de  rendre  aux  membres  opérés  l'nsage  et  la 

l’application  précédente  des  manœuvres  mas- 
Un  <1^11®  1®  des  arthrites  lubercu- 

ses,-ces  dernières  tirent  un  grand  profit,  lorsque  le 
sécurP  méthodique  est  utilisé  comme  Iraitemcntcon- 
à  l  intervention  orthopédique. 

®®l‘mé  maître,  M.  le  prof.  IIoffa,de  Berlin,  a 
^"sinff  massage  méthodique  aussitôt  que  le  proccs- 
Ici  ip^^mmatoirecommence  à  s’allénuer  sensiblemenl. 
sabig®^®sagedevientun  agentthérapeulique  indispen- 
lésioP^“‘‘l*^ller  contre  les  atrophies  occasionnées  par  la 
réiakpfl  P'^!'  l^s  appareils  plâtrés  ou  autres.  Le  massage 
caig  '  m  circulation,  augmente  ainsi  la  nutrilion  lo- 
à  l'absorption  des  exsudats,à  la  transfor¬ 
mes  tissus  préarticulaifcs  lésés  en  tissus  élasti¬ 


ques, permet  d'éloignerlesinfiltrations,et  si  le  traitement 
orthopédique  ou  chirurgical  a  pour  but  l'aukylose, 
celle-ci  ne  sera  que  solidifiée  par  le  massage,  car  le  tissu 
osseux  subit  aussi  l'action  nutritive  du  massage  métho¬ 
dique.  Il  est  à  désirer  que  les  chirurgiens  ne  laissent 
point  l'articulation  traitée  par  eux  jusqu'à  l’ankylose 
complète  de  celte  articulation.  Dans  les  cas  d'une  an¬ 
kylosé  partielle,  le  massage  méthodique  permet  d’oble- 
nirune  mobilité  presque  complète  de  cette  arliculation. 
Si  l’articulation  conserve  après  le  trailement  orthopédi¬ 
que  une  raideur,  le  massage  méthodique  arrive  à  la 
vaincre  relativement  vite  ;  mais,  dans  ce  cas,  les  ma¬ 
nœuvres  niassothérapeutiqes,  d’abord  superficielles, en¬ 
suite  profondes,  ne  peuvent  être  accompagnées  de 
mouvement  gradués  que  lorsque  toutes  traces  d'inllam- 
malion  possible  sont  éloignées.  C’est  celle  constatation 
qui  oblige  l’emploi  du  massage  méthodique  ou  bien  le 
massage,  exécuté  parle  massolhérapeute,  et  non  le 
massage  des  empiriques. 

Noire  confi'èrc  Uagron  préfère  l'application  du  mas¬ 
sage  méthodique  au  début  de  la  lésion.  >(  Je  pense, 
dit-il,  qu'il  vaut  mieux  insister  sur  la  valeur  de  noire 
action  dans  la  première  période  puisqu'elle  peut  arrêter 
les  défoi'malions,et  dans  la  troisième  période  puisqu’elle 
peut  réparer  ou  tout  au  moins  améliorer  les  dévia¬ 
tions  des  raideurs,  (jes  ankylosés  et  des  atrophies  mus¬ 
culaires.  »  [Revue  de  Cinésie,  1906,  p.  65.) 

En  résumé,  le  massage  méthodique  ne  peut  être  utile 
dans  le  irailement  des  artriles  tuberculeuses  qu’à  con¬ 
dition  d’être  exécuté  par  un  médeciji  massolheurapeiite. 
Lui  seul  est  en  possibilité  de  rendre  cet  agent  théra¬ 
peutique  favorable,  car  grâce  à  scs  études  médicales  cl 
à  son  expérience,  il  peut  se  lendre  compte  de  la  mar¬ 
che  de  l'alfeclion  traitée, et  des  modifications  à  apporter. 

'Noire  confrère  le  prof.  Zabludowsky  fait  du  massage 
méthodique  une  sorte  de  pierre  de  touche.  «  Dans 
les  cas, dit-il,  des  arthrites  sèches  douteuses. le  massa¬ 
ge  permet  souvent  d’élucider  la  question  »  i  Massage 
en  chirurgie,  Wratch,  1898j. 

Voilà  pourquoi  nous  félicitons  notre  confrère  Saquet_ 
d'avoir  hardiment  proclamé  la  nécessité  d'application 
du  massage  méthodique  dans  le  Irailement  des  arthri¬ 
tes  tuberculeuses  et  d’aller,  pour  ainsi  dire,  contre  une 
routine  qui  n’est  basée  que  surrignorance  à  peu  près 
complète  de  l’action  physiologique  des  manœuvres  mas- 
solhérapiques. 

Comme  conclusion  de  tout  ce  qui  précède,  voici  com¬ 
ment  nous  pensons  établir  les  indications  et  les  con¬ 
tre-indications  du  massage  méthodique  dans  le  traite¬ 
ment  des  arthrites  tuberculeuses  : 

Toute  arthrite  sèche  ou  congestive  mal  définie  ou 
douteuse  doit  être  soumise  et  de  bonne  heure  au  trai¬ 
tement  par  le  massage  méthodique.  Le  massothéra- 
pculc  utilisera  selon  ses  conceptions  d’abord  les  ma- 
nu'uvres  superficielles  et  légères  et  ensuite  les  manœu¬ 
vres  profondes  accompagnées  des  mouvemenls  [)ro- 
gressifs. 

Le  massage  doit  être  ariôté  lorsque  les  phénomènes 
inflammatoires  deviennent  plus  intenses.  D’une  façon 
générale,  bien  fait  le  massage  méthodique  n’accélère 
jamais  la  douleur  ni  la  congestion  locale. 

Les  arthrites  luberculeuses  congestives  et  plastiques 
tirent  également  un  grand  profit  du  massage  méthodi¬ 
que.  .Mais,  dans  ces  cas,  le  massage  devient  un  auxiliaire 
du  Irailement  orthopédique. 

L’arliculaiion  malaJe  doit  être  isolée  par  un  appa¬ 
reil  approprié  de  tout  choc  et  de  la  fatigue  de  la  mai- 


308 


LE  PROGRÈS  WÉDIGAL 


che.  L’appareil  doit  être  fait  de  telle  sorte  qu’il  puisse 
s’enlever  facilement  pendant  les  séances  du  massage. 
Celles-ci  sont  d’abord  d’une  courte  durée;  ensuite  elles 
deviennent  plus  longues  suivant  la  marche  de  lagué- 
rison  delà  lésion  et  la  tolérance  du  malade. 

Toute  arthrite  fongueuse  ou  suppurée  ne  peut  pas 
être  soumise  au  traitement  massothérapique. 

Mais,  après  l'intervention  chirurgicale,  le  massage 
méthodique  réuni  à  la  rééducation  des  mouvements, 
peut  non  seulement  soulager  la  malade,  mais  aussi 
abréger  notablement  la  durée  de  la  maladie. 

Ici  les  manœuvres  massothérapiques  sont  presque 
seules  capables  de  rétablir  la  fonation  du  membre  malade 
et  lui  rendre  sa  vitalité.  Aidé  par  la  rééducation  des 
mouvements,  le  massage  méthodique  transforme  dans 
un  temps  relativement  court  le  membre  impotent  en 
membre  vigoureux,  ce  qui  abrège  considérablement  la 
durée  de  l’infirmité. 

Cette  dernière  indication  suffirait  à  elle  seule  pour 
justifier  l’utilisation  du  massage  méthodique  dans  le 
traitement  des  arthrites  tuberculeuses. 


N  A  RC  Y  L  G  RÉMY  médicament  spécifi¬ 
que  de  la  toux,  spécialement  de  la  toux  des  tu¬ 
berculeux. 


BULLETIN  DU  PROGRÈS  MÉDICAL 


Les  débouchés  pour  les  jeunes  docteurs. 

La  situation  des  praticiens  devient  de  plus  en  plus 
difficile.  Sans  parler  de  la  concurrence  désastreuse 
qui  nous  est  faite  par  les  rebouteurs,  les  masseurs,  les 
électriciens  et  autres  guérisseurs  sans  diplôme,  et  que 
le  proche  congrès  contre  l’exercice  illégal  de  la  mé¬ 
decine  mettra  bien  en  relief,  nous  voulons  nous  arrê¬ 
ter  un  moment  à  l’encombrement  de  la  carrière  par 
ceux  qui  ont  réellement  le  droit  d’exercer.  La  pléthore 
se  fait  surtout  sentir  dans  les  villes.  Les  jeunes  doc¬ 
teurs  aiment  peu  la  campagne  et  surtout  ils  n'aiment 
pas  le  dur  métier  du  médecin  de  campagne.  Ils  préfè¬ 
rent  attendre  dans  une  ville  cinq  et  dix  ans  pour  avoir 
une  clientèle  qui  les  nourrira.  La  spécialisation  a, 
pendant  un  certain  temps,  donné  un  débouché;  lesvil- 
les  d’eaux  ont  permis  à  un  certain  nombre  de  collègues 
de  se  caser,  mais  tout  cela  a  une  limite  et  sous  peu 
il  faudra  bien  se  décider,  soit  de  végéter  pendant  des 
années  dans  les  villes,  soit  de  gagner  presque  immé¬ 
diatement  sa  vie  comme  médecin  de  campagne,  soit  de 
s’expatrier.  Nos  colonies  offrent  des  situations  assez 
bien  rétribuées.  Le  rôle  qu’y  jouera  le  médecin  sera 
très  important  par  le  caractère  pacifique  que  prend 
aujourd’hui  la  colonisation  et  tentera  plus  d’une  jeune 
énergie.  Les  Anglais  nous  ont  donné  l’exemple,  nous 
les  imiterons,  quoique  les  conditions  matérielles  des 
situations  coloniales  soit  beaucoup  moins  brillantes 
chez  nous.  Quels  sont,  en  dehors  de  nos  possessions 
françaises,  les  pays  où  un  docteur  français  pourrait 
s’établir  ?  Nous  sommes  en  mesure  de  donner  à  nos 
jeunes  confrères  les  renseignements  qu’un  Etat  voisin 
a  fait  recueillir  pour  ses  sujets.  En  Grèce,  il  v  a  trop 
de  médecins  ;  en  Roumanie  il  faut  passer  un  Vxamen 


et  savoir  la  langue  du  pays.  La  vie  y  est  chère,  Ipj' 
habitants  sont  pauvres,  donc  peu  de  chance  de  réussiri 
En  Russie  il  en  est  de  même.  La  Serbie  admet  to® 
les  diplômes  étrangers.  Les  iVlleniands-  ont  déjà  profita 
de  cette  faveur  et  ont  inondé  les  villes  de  leurs  docleunj 
En  Angleterre,  et  surtout  dans  les  colonies  anglais^ 
on  n’admet  à  l’exercice  de  la  médecine  que  les  médeciî^ 
pourvus  du  diplôme  anglais.  Deux  pays  méritent,  par 
contre,  plus  d’attention  :  la  Perse  et  la  Turquie.  Les 
séjours  réitérés  qu’a  faits  le  Shah  à  Contrexéville,  1» 
sympathies  des  jeunes  Persans  riches  pour  notre  paj-s.; 
faciliteront  un  établissement.  Cependant  le  Shah  lîii- 
même  payant  très  mal,  les  sujets  ne  payent  pas  du  tout 
C’est  dans  les  grandes  villes,  que  les  chances  seront  donc' 
les  meilleures.  En  Turquie,  il  en  est  de  même,  surloute^ 
Turquie  d’Asie.  Ici  encore  le  pays  est  pauvre,  mais  les 
villes  offriront  de  la  ressource  à  un  praticien  habile  et 
remuant.  En  Egypte,  nos  compatriotes  ont  la  prèle-: 
rence.  11  n’y  a  pas  d’examen  à  passer,  le  simple  en» 
gislrement  du  difslôme  suffit.  lœ  Maroc"  devrait  tenter 
les  Français.  Le  D''  Weissgerber,  docteur  des  facultéc: 
de  Strasbourg  et  de  Paris,  a  pratiqué  à  Casablanca.  lU 
fort  bien  réussi,  a  été  pendant  six  mois  médecin  do 
grand-vizir,  et  a  fait  des  voyages  du  plus  haut  intérêt! 
dans  l’intérieur  du  pays.  En  Amérique,  il  faut  obtenir 
la  licence  d’exercer:  tout  docteur  français  sachant  l'an¬ 
glais  peut,  en  peu  de  temps,  préparer  l’examen  d’ad¬ 
mission.  Les  médecins  américains  sont  cependant  très' 
protectionnistes  et  l’exercice  d’une  spécialité  est  presque; 
nécessaire.  Les  Etats  de  l’Amérique  Centrale  n’offrentl 
aucune  sécurité.  j 

Le  Brésil  exige  un  examen  en  langue  portugaise  eh 
les  spécialistes  y  sont  recherchés.  Au  Mexique,  ilV*] 
beaucoup' de  médecins  étrangers  qui  réussissent  Wj 
bien.  Dans  la  capitale,  m’a-t-on  assuré,  un  nîédec«| 
français  aurait  de  l’avenir.  Un  examen  en  langue, 
espagnole  est  obligatoire  depuis  peu  de  temps- 
République  Argentine  est  fermée  aux  médecins  étraU' 
gers.  En  Australie  (en  partie  du  moins),  tout  médeciu 
étranger  sera  le  bien  venu  et  bien  vu.  Le  Japon  • 
suffisamment  de  médecins,  la  Chine  admet  les  étran¬ 
gers,  seulement  dans  les  provinces  frontières,  l^u®^ 
nous  résumer,  les  chances,  dans  presque  tous  les  pa^ 
étrangers,  sont  maigres  ;  il  faudra. viser  surtout  ^ 
Maroc,  la  Perse,  la  Turquie,  l’Egypte,  les  Etats-b'®**" 
pour  ceux  qui  savent  l’Anglais,  et  le  Mexique  po**^ 
ceux  qui  parlent  espagnol.  11  serait  à  souhaiter  queO® 
médecins  aillent  plus  facilement  pratiquer  hors 
France.  Ils  y  gagneraient  personnellement  et  re® 
draient  de  grands  services  à  leur  patrie.  D"  Frï®*^ 


Ouvertures  de  cours.  ^ 

M.  le  !)'■  lîABiNSKi  a  commencé  sauieili,  5  mai,  une 
conférences  cliniques  sur  les  aflections  du  système 
Ces  leçons  sont  très  suivies  par  un  auditoire  trop  jol  ; 
pour  ranii)hiié<àtre  si  exigu.  M.  Rabinski,  quoiqu’il 
pas  professeur,  ni  même  agrégé  de  la  Faculté,  doit  le 
à  la  clarté  de  son  exposition,  à  la  simplicité  de  son 
surtout  aux  sujets  intéressants,  qu’il  traite,  l’as  de  . 
sonores  et  ronflantes,  pas  de  gestes  de  bateleur,  pa®  r  ^  ] 
de  mise  en  scène.  On  sent  ({uc  tout  ce  que  dit  ce  cliui®'®^  jp  ' 
le  résultat  de  Fithscrvation  et  ne  sort  pas  des  livres  e 


LE  PROGRÈS  MEDICAL 


r 


\1  Babinski,  dans  sa  première  leçon, a  mis  au  point  ce  quon 
comprendre  par  le  mot  hystérie.  La  définition  et 
î^cte  connaissance  de  cette  affection  était  un  besoin,  car 
Len’a-t-on  pas  mis  sur  le  dos  de  l’hystérie  !  Quand  on  est 
^rrassé, quand  un  fait  clinique  ne  peut  pas  être  placé  dans 
jj  des  tableaux  connus,  on  a  recours  à  l'hystérie.  11  faut  donc 
ijen  étudier  un  malade  qui  présente  des  éruptions  ou  de  la 
tjvie  avant  de  mettre  ces  symptômes  sur  le  compte  de  la 
^TOserLe  plus  souvent,  c’est  une  éruption  toxi-alimen taire 
jjune  lièvre  tuberculeuse,  souvent  aussi  une  simple  super- 
dierie  du  malade  qui  veut  se  rendre  intéressant. 

M.  le  D"  Dalché  a  commencé  également  à  la  Pitié  une  série 
deleçons  cliniques  sur  la  gynécologie  médicale.  M.  Dalché, 
qui  est  un  spécialiste  des  maladies  des  femmes,  a  exposé  la 
possibilité  de  traiter  ces  maladies  par  des  moyens  purement 
aédicaux  soutenus  par  un  traitement  local  et  a  insisté  sur  ce 
fiât  que  bien  souvent  un  traitement  médical  bien  conduit 
inte  l’opération,  l’exérèse,  qui  n’est  jamais  exempte  de  dan¬ 
ger  et  est  toujours  une  mutilation.  11  faut  être  conservateur 
ioutrance  et  pour  cela  il  convient  de  connaître  d’abord  bien 
les  maladies  des  femmes  et  ensuite  les  moyens  propres  pour 
ks  guérir.  M.  le  D''  Dalché  a  esquissé  en  grandes  lignes  cette 
thérapeutique  et  continuera  la  série  de  leçons  par  la  présen¬ 
tation  de  malades  et  par  l’exposition  des  moyens  qu’il 
«ploie. 


Leau  oxygénée  chimiquement  pure  et  neutre  ne  peut 
être  obtenue  qu'en  diluant  le 

PERHYDROL-MERCK,  titrée  à  100  voi. 


SOGlÉrÉS  SAVANTES 


SOCIÉTÉ  DÉ  BIOLOGIE 
Séance  du  12  mai. 

Epreuve  de  l'alcool  en  pathologie  gastrique. 

M.  Carnot.  —  La  valeur  sécrétoire  de  l’estomac  peut  être 
Vouvée  par  l’alcool.  Ingurgité  en  petite  quantité,  il  déter¬ 
mine  une  sécrétion  gastrique  qui,  analysée  après  avoir  été 
miirée  par  tubage  au  bout  de  3/4  d’heure,  donne  les  résultats 
Wivants  : 

"Sur  les  estomacs  normaux,  la  réaction  est  chez  tous  à  peu 
près  identique.  Les  estomacs  pathologiques  réagissent  soit 
^rec  excès  et  il  y  a  sécrétion  hyperacide  ou  hyperpeptique. 

autres  (cirrhoses  atrophiques,  cancers),  ne  donnent  aucune 
motion  et  le  liquide  retiré  n’est  ni  acide,  ni  peptique. 
bans  les  gastrites  éthyliques,  la  sécrétion  n'est  pas  acide, 
peut  digérer  l’albumine  après  acidification.  D’autres 
nmacs  sécrètent  du  mucus  en  surabondance. 

Bactériologie  de  45  cas  d'oreillons. 

ÉSMEiN.  —  Le  sang  prélevé  chez  45  malades 
33  J  d’oreillons  a  37  fois  donné  des  résultats  positifs  ; 
Sienf  ^  ^  microcoque,  30  fois  pur,  2  fois  associé  au 

jQi^j^^Oue,  1  fois  à  un  bacille,  3  fois  un  coccobacille  à 
La  éléments  cocciens,  1  fois  un  bacille  allongé  et  fin. 
9  fQij*®^bve  parotidienne  de  10  malades,  ensemencée,  a  donné 
P’rr  positif  6  fois  donnant  le  même  micfocoque 

elie’p.  microcoque  associé  au  streptocoque  de  la  bou- 
*dttoco*  malade  à  durée  prolongée  avec  accidents,  le 
fut  retrouvé  dans  l’enduit  d’une  angine  pultacée 
?mmatite,  dans  le  pus  de  furoncles  et  d’abcès  de  la 
^uide  retrouva  aussi  dans  le 

^oignp  a  ^  vieillard  atteint  d’une  forme 

Ce  mi  méningite  cérébro-spinale. 

de  provenances  diverses  a  des  caractères 
<^'est  xm  ^^oes  et  biologiques,  et  peut  exalter  sa  virulence  ; 
**86  aver  '‘jmooque  tétragène  septique,  pouvant  être  iden- 
et  1  U*  Éaveran  et  Catrin  (1892;  celui  de  Mc 

^  diffère^*”  ®®m  (1897),  Carrère  (1902). 

oces  sont  insignifiantes  et  dues  à  ce  que  les  études 


microbiennes  n’ont  pas,  sur  chacun,  été  poursuivies  assez  long¬ 
temps. 

Les  auteurs  s’appuyant  sur  le  nombre  de  leurs  expérien¬ 
ces,  les  examens  bactériologiques,  cultures  en  sérié,  séro-ag- 
glutination,  action  pathogène,  pensent  que  le  microcoque 
ainsi  trouvé  et  identifié  joue  un  rôle  important  dans  la  patho¬ 
génie  des  oreillons  et  admettent  que  cette  infection  est  une 
infection  tétragénique  à  forme  de  septicémie  atténuée.  Ce 
qui  n’est  nullement  invraisemblable,  car  les  tétragènes  don¬ 
nent  naissance  à  des  inflammations  locales  simples  ou  sup- 
purées  siégeactau  niveau  des  orifices  naturels  où  le  tétragène 
est  souvent  latent  ou  dans  des  organes  contigus  à  ces  orifices. 

Hypothyroïdie  et  auto-infection  périndique. 

MM.  Lévi  et  h.  de  Rothschii.d  ont  observé  un  enfant  de  4  ans, 
hypothyroïdien  qui, pendant  7  mois,  eut  de  l'amygdalite  à  ré¬ 
pétition  avec  vomissement,  délire,  hypersthénie. Le  traitement 
thyro'idien  prolongé  3  mois  fait  disparaître  les  accidents,  qui 
réapparaissent  à  la  suite  d’une  rougeole  et  d'une  varicelle.  11 
s’agissait  là  presque  expérimentalement  de  l’influence  du  ter¬ 
rain  sur  l’auto-infection.  Dans  ces  amygdalites  à  répétition, 
dans  les  érysipèles  menstruels,  il  est  donc  bon  de  rechercher 
si  le  trouble  endo-critique  (souvent  thyroïdien)  ne  permet¬ 
trait  pas  d’appliquer  le  traitement  opothérapique. 

Trypanosomiase  humaine. 

L.  Thiroux.  —  Comme  le  sérum  des  animaux  dourinés, 
cactérès  ou  noganés,  le  sérum  des  animaux  atteints  de  trypa¬ 
nosomiase  peut  être  légèrement  préventif.  Chez  deux  malades 
observés  à  St-Louis  (Sénégali  dont  le  liquide  céphalo-rachidien 
renfermait  des  trypanosomes,  on  a  infecté  des  souris  blan¬ 
ches  avec  le  trypanosoma  gambiense,  14  sont  mortes,  de  17 
jours  à  7  mois  après  l'inoculation,  sauf  une  qui  a  guéri.  Le 
sérum  a  donc  présenté  une  activité  constante, mais  inégale. 

Les  malades  n’ont  jamais  présenté  de  trypanosomes  dans  le 
sang.  Le  sérum  des  patients  a  été  sans  action  curative  ni  mo¬ 
dificatrice  de  l’infection .  E.  P. 

ACADÉMIE  DE  MÉDECINE 
Séance  du  8  mai. 

La  syphilis  expérimentale. 

M.  Metchnikoff  expose  les  recherches  qu’il  a  faites  avec 
M.  Roux  pour  l’atténuation  de  la  syphilis.  Les  tentatives  pour 
obtenir  un  sérum  antisyphilitique  sont  restées  incertaines. 
L’atténuation  du  virus  sur  les  singes  inférieurs  donne  peut- 
être  un  plus  d’espoir  d’obtenir  un  vaccin.  Mais  si  les  effets 
immédiats  semblent  très  affaiblis,  on  ignore  encore  absolu¬ 
ment  l’effet  à  longue  échéance  de  ces  syphilis  en  apparence 
atténuées.  Par  contre,  l’emploi  préventif  des  frictions  mercu¬ 
rielles  a  donné  les  résultats  les  plus  constants  et  les  plus  favo¬ 
rables.  Douze  singes  ont  été  inoculés,  soit  aux  parties  génita¬ 
les,  soit  aux  arcades  sourcilières  et  frictionnés  d’une  heure  à 
dix-huit  heures  et  demie  après  l’inoculation,  avec  des  pom¬ 
mades  au  calomel,  au  précipité  blanc  et  au  salicylarsénite  de 
mercure.  Le  résultat  a  été  toujours  le  même  :  le  virus  syphi¬ 
litique  restait  sans  effet.  Et  cependant  les  virus  employés 
dans  ces  expériences  étaient  bien  virulents,  car  ils  provo¬ 
quaient  chez  les  singes  témoins,  non  soumis  au  traitement, 
l’accident  primaire  typique.  Plusieurs  des  singes  ayant  résisté 
grâce  à  l’emploi  de  ces  pommades,  ont  été,  dans  la  suite, 
inoculés  de  nouveau  avec  du  virus  syphilitique.  Ils  mani¬ 
festèrent  plus  tard  l’accident  primaire  typique,  ce  qui  prouve 
qu’ils  ne  possédaient  point  l’immunité  naturelle  vis-à-vis  de 
la  syphilis. 

L’effet  préventif  parut  assez  régulier  pour  autoriser  l’expé¬ 
rience  d’un  jeune  étudiant  qui  voulut  essayer  sur  lui-même 
l’effet  abortif  de  la  pommade  au  calomel  sur  l’inoculation 
syphilitique.  Avec  le  concours  des  D  *  Queyrat,  Sabouraud, 
Salmon,  trois  inoculations  de  virus  provenant  de  deux  chan¬ 
cres  indurés  sur  deux  sujets  différents  furent  faites  à  la 
verge.  Une  heure  après,  les  petites  plaies  furent  frictionnées 
pendant  cinq  minutes  avec  une  pommade  à  10  gr.  de  calomel 
pour  3  '  gr.  de  lanoline.  .Après  plus  de  trois  mois,  ce  coura¬ 
geux  étudiant  n’a  pas  présenté  la  plus  légère  lésion  spécifique. 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


«  Il  faut,  dit  M.  Metchnikoff,  en  conclure  que,  malgré  une 
inoculation  de  virus  syphilitique,  incomparablement  plus 
abondante  que  celle  qui  se  fait  dans  les  conditions  naturelles, 
notre  jeune  patient  est  resté  complètement  indemne  de  la 
syphilis.  Cette  immunité  ne  peut  être  attribuée  à  l'innocuité 
des  virus  employés,  car,  dix-sept  jours  après  le  début  de  l’ex¬ 
périence,  les  deux  macaques  témoins,  non  traités  avec  la 
pommade,  ont  présenté  le  long  de  l’arcade  droite  des  lésions 
tout  à  fait  pareilles  à  celles  de  tant  d’autres  macaques  syphi¬ 
litiques  de  nos  expériences.  Mais,  tandis  que  chez  un  des 
deux  témoins,  l’accident  primaire  a  guéri  dans  l’espace  de 
trois  semaines,  chez  l’autre  il  s’est  fortement  développé  et  il 
est  encore  visible,  plus  de  deux  mois  et  demi  après  son 
apparition). 

Ces  espériences  diverses  fournissent  donc  la  preuve  que  la 
pommade  au  calomel,  appliquée  une  heure  après  l’inocula¬ 
tion  du  virus  syphilitique,  est  tout  aussi  capable  d’empêcher 
l’éclosion  de  la  syphilis  chez  l’homme  que  chez  les  sin^jes . 
Elle  prouve  aussi  qu’après  vingt  heures  la  pommade  n’a  plus 
exercé  d’action  préventive. 

De  l’ensemble  de  ces  faits,  observés  chez  l’homme  et  chez 
les  singes,  on  est  en  droit  de  conclure  que  la  pommade  à 
base  de  calomel  peut  être  utilisée  dans  la  prophylaxie  de  la 
syphilis.  Des  expériences  ultérieures,  dont  quelques-unes 
sont  déjà  en  train,  préciseront  les  détails  de  l’emploi  pré¬ 
ventif  des  pommades  mercurielles. 

M.  Hallopeau  rappelle  que  Neisser,  dans  des  expériences 
analogues,  a  eu  certains  insuccès.  L’emploi  préventif  de  la 
pommade  au  calomel  ne  doit  donc  pas  inspirer  une  sécurité 
absolue  qui  pourrait  être  trompeuse.  M.  Hallopeau  demande 
en  outre  si  cette  pommade  ne  produit  pas  d’irritation. 

M.  Metchnikoff  croit  à  une  différence  technique  dans  la 
méthode  de  Neisser,  car  pendant  longtemps  ce  dernier  n’a 
pas  réussi  dans  ses  tentatives  d’inoculation  chez  le  singe.  — 
Les  pommades  au  calomel  et  à  l’énésol  ne  sont  pas  irritantes 
et  sont  bien  tolérées.  Mais  il  n’en  est  pas  de  même  avec 
l’onguent  gris. 

Traitement  des  anévrysmes  par  l’hypotension  artérielle. 

M.  Huchard,  dans  trois  cas  d’anévrisme  de  l’aorte,  a  obtenu 
une  très  grande  amélioration  par  une  thérapeutique  s’adres¬ 
sant  avant  tout  à  combattre  l’exagération  de  la  pression 
artérielle. 

Le  repos,  le  régime  lactovégétarien  sont  la  base  du  traite¬ 
ment.  La  suppression  de  la  viande  et  de  ses  toxines  qui  élèvent 
considérablement  la  pression  est  surtout  très  importante 

Les  médicaments  ont  été  rares  et  modérés  (trinitine.  tétra- 
nitrol,  petites  doses  d’iodure).  Les  cures  thermales  faites  avec 
ménagements,  ont  parfois  donné  un  soulagement  réel. 

Sans  revenir  aux  grandes  saignées  de  Valsalva,  M.  Huchard 
croit  à  l’effet  palliatif  d’émissions  sanguines  modérées.  En  cas 
de  crises  dyspnéiques  et  de  complications,  la  détente  qu’elles 
produisent  est  immédiate  et  très  utile. 

En  effet,  conclut  M.  Huchard,  si  le  mal  esta  l’aorte,  le  dan¬ 
ger  est  surtout  aux  reins.  L’hypertension  produite  par  l’ané¬ 
vrysme  est  une  menace  permanente  de  sclérose  rénale  et 
d'urémie .  A  son  tour,  par  un  véritable  cycle  morbide,  la  sclé¬ 
rose  augmente  l’hypertension.  Combattre  et  éviter  celle-ci  est 
donc  la  véritable  indication  thérapeutique. 

Séance  du  15  mai. 

La  syphilis  experimentale. 

M.  Metchnikoff  signale  une  différence  profonde  entre  ses 
expériences  et  celles  de  Neisser.  Au  lieu  de  faire  l’inoculation 
par  scarifications  superficielles,  Neisser  pratique  des  piqûres 
profondes.  L’action  préventive  de  la  pommade  au  calomel  de¬ 
vient  par  suite  bien  plus  incertaine. 

Cependant  d’après  des  renseignements  donnés  à  M.  Levy 
Bing,  Neisser  aurait  encore  empêché  l’inoculation  dans  50  °/o 
des  cas.  Ses  expériences  restent  donc  plutôt  en  faveur  de  la 
méthode. 

Le  Pouchet  signale  que  vere  1850  le  savon  mercuriel  eut 
une  période  de  vogue  comme  moyen  préservatif  de  la  syphilis. 
Mais  son  emploi,  fait  d’ailleurs  dans  les  conditions  les  plus 
incertaines,  donna  de  nombreux  insuccès. 


Traitement  des  opacités  cornéennes. 

M.  d’Arsonval  présente  une  note  de  M.  Sulzer  sur  les  résui 
tats  donnés  par  les  moyens  physiques  (lumière  très  viy 
radiothérapie)  dans  les  opacités  cornéennes.  Ce  travail  se» 
l’objet  d’un  rapport  de  M.  Chauvel. 

Prophylaxie  delà  rage. 

M.  Martel  montre  parles  résultats  obtenus  en  AllemagiK 
et  en  Angleterre  et  par  la  comparaison  des  statistiques  fraj. 
çaises  que  le  seul  moyen  de  diminueret  même  de  faire  dà. 
paraître  la  mortalité  par  la  rage  serait  la  surveillance  et  la  caj. 
ture  des  chiens  errants. 

Le  sérum  vaccinal  pur. 

M.  Kelsch  mont'  e  que  le  sérum  vaccinal  de  l’Académiei 
pu  très  avantageusement  employer  la  pulpe  vaccinale  paît 
recueillie  aseptiquement  dans  des  tubes  stériles. L’addition è 
glycérine  n’est  pas  nécessaire  ainsi  que  l’ont  montré  les  eipà 
riences  deM.  Combler  pour  purifier  la  pulpe.  Mais  elle  dimi 
nue  beaucoup  le  nombre  des  résultats  positifssurtout  au  boa 
d’une  quinzaine  de  jours.  L’activité  de  la  pulpe  pure  se  mai» 
tient  trois  semaines  et  plus. 

Les  casernes  h  y  g  iéniques . 

MM.Le.\ioine  et  Simonin,  d’après  une  enquête  portant  siu 
134  casernes,  montrent  que  l’insalubrité  dépend  avant  tout  dt 
l’entassement  et  de  l'agglomération.  Les  casernes  neuves  mas 
renfermant  un  effectif  très  nombreux,  les  casernes  des  villa 
très  populeuses  sont  les  plus  insalubres.  11  faudrait  donc 
avant  tout  de  petites  casernes  ne  recevant  que  des  effectiÊ 
restreints.  A.-F.  Plicqce. 


SOCIÉTÉ  MÉDICALE  DES  HOPITAL X 
Séance  du  T  mai. 

M.  ANTONY,e.n  rappelant  la  communication  de  M.Bergé.à  b 
séance  précédente,  rappelle  un  cas  semblable .  A  la  suite  d’u« 
immersion  dans  l’eau  froide,  il  se  développa  une  pneumon*,; 
à  pneumocoques  de  la  base  gauche,  suivie  d’une  bronchüt 
généralisée.  Une  expectoration  putride  dura  deux  mois  sans 
qu’il  y  ait  eu  dessignes  de  gangrène  pulmonaire.  M. 
n’admet  pas,non  plus, l’origine  nécessaire  des  germes  putride 
dans  l’eau  avalée . 

Hyperte?ision  par  rétention  chlorurée  et  la  cachexie 
cardio-rénale. 

M.  L.  Rénon,  comme  MM.  Bergougnou  et  Fikssinger,® 
accord  avec  les  idées  de  M.Vl.  Ambard  et  Beaujard,  dit  avo« 
observé  un  cas  de  néphrite  interstitielle,  où  la  relation  causw 
entre  l’hypertension  et  Thyperchloruration  était  des  P*”’ 
nette.  L’alimentation  très  salée  et  très  chlorurée  expliQ®® 
l’hypertension  (28)  et  la  dyspnée  intense.  La  diète  hydrique 
solue,  et  puis  un  régime  achloruré  firent  disparaître  les  e 
dents.  MM.  Bergougnou  et  Fiessinger  ont  trouvé  lupatà*^ 
nie  de  la  cachexie  cardiorénale  en  une  rétention  chloru^ 
excessive.  M.  Rénon  avait  déjà  émis  cette  hypothèse 
Verliac,  en  1905,  et  a  conçu  l’idée  d’une  amélioration 
sible  de  la  cachexie  cardiorénale  par  une  déchloruration  P 
longée. 

Nouveau  signe  de  pyopneumothorax  : 
succussion  horizontale. 

M.  Chauffard  a  observé  trois  cas  de  pyopneumothora^^^^ 
la  succussion,  manquant  dans  la  position  assise,  j 

nettement  dans  la  position  couchée  ou  inclinée.  Pour 
ait  bruit  de  clapotage,  il  faut  peu  de  liipide  et  Beaucoup^ 
dans  la  cavité  pleurale.  S  il  y  a  peu  d’air,  la  caisse  df 
nance  manque  et  le  clapotage  ne  se  fait  pas  ou  du 
pas  perçu.  L’auteur  explique  ainsi  l’apparition  de  la  s"  j.^ 
sion  dans  les  pleurésies  purulentes  ponctionnées.  °  •  jjjjt 
croyait  à  la  création  d’un  pneumothorax,  qui  de  çp 

déjà  antérieurement  et  devenait  simplement  perceptm^  ^ 
la  diminution  du  Ihiuide  par  rapport  à  la  couche 
Chauffard  a  démontré  sa  théorie  avec  deux  bouteille® 
nant  du  liquide.  La  succussion  de  la  bouteille  presque  P 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


311 


FF 


Je  dans  la  position  verticale,  devient  nette  dans  la  situa- 
J^horizontale .  Emerson  a  déjà  signalé  le  fait  en  1903. 

^  Beccêre  a  observé  des  cas  de  pyopneumothorax,  où  la 
jiussion,  visible  à  l’écran  radioscopique,  n’était  pas  percep- 
^àPTeille.  MM.  Vaquez  et  Achard  ont  fait  les  mêmes 
i^rva tiens  que  Beclère. 

Tic  douloureux  de  la  face  guéri  par  la  radioscopie. 
jpl,  Beclère  et  IIaret  rapportent  l'observation  d’un  ma- 
dje,  atteint  de  névralgie  faciale  épileptiforme,  auquel  on 
jflit  arraché  les  dents,  réséqué  te  nerf  maxillaire  et  le  gan- 
.  ..{ondeGasser,  sans  succès  durable  et  qui  fut  guéri  par  le 
I  jjitement  radiothérapiriue. 

’  Anévrysme  de  l'aort"  avec  rupture  dans  l’œsophage. 

\IM.  Hirtz  et  Lemaire  ont  observé  ce  cas.  L’anévrysme 
^vrit  dans  l'oesophage  et  amena  une  hématémèse  mortelle. 
Iliéflexe  œsophago-salivaire  très  intense  est  attribué  à  l’irri- 
mon  du  pneumo-gastrique,  qui  se  trouvait  comme  disséqué 
pirlorifice  de  perforation. 

Séance  du  11  mai. 

Le  D'^  OuviER  (de  Newcastle),  membre  correspondant  de  la 
Société,  a  traité  la  question  de  l’emploi  des  caissons  pour  les 
|avaux  des  ponts  et  des  maladies  causées  par  l’air  comprimé. 
1»  montré  l’emploi,  la  construction,  le  mécanisme  de  la 
-^pression  et  de  la  décompressioil  de  l'air,  et  a  surtout 
‘•rtndié  les  causes  et  les  symptômes  de  la  maladie  des  caissons. 
Ce  sont,  d’après  lui,  la  décomposition  trop  rapide  et  la  vicia- 
lloa  de  l’air,  qu’il  faut  incriminer.  L’auteur  a  étudié  leurs 
,  eflelssur  des  animaux  et  a  montré,  pardes  coupes,  des  lésions 
[■cérebrales,  médullaires  et  hépatiques  provoquées. 

Migraine  thyroïdienne. 

MM.  L. Levi  et  11.  DE  Rothschild  ont  amélioré  des  migrai¬ 
nes  par  le  traitement  thyro'idien et  décrivent  une  forme  thyro’i- 
diennede  cette  aiïection,  fondée  sur  refQcacité  du  traite¬ 
ment  thyro'idien.les signes  d’hypothyro’idie, l’action  autothéra- 
Mue  de  la  grossesse,  l’influence  de  la  vie  sexuelle  sur  la  ma- 
Bdie  (apparition  à  la  puberté,  disparition  à  la  ménopause.) 
tlle  est  précoce  ou  tardive,  héréditaire  ou  acquise,  union  bi- 
"terale.  Elle  dure  quelques  heures,  quelquesjours,  s’accom- 
j^gnede  vomissements.  D'ai  leurs, d’autres  variétés  de  cépha¬ 
lées  sont  améliorées  par  le  traitement. 
yuleur  diagnostniue  des  s  'gnes  physiques,  du  bruit  de  flot 
en  I  articulier,  au  cours  de  T  hydropneumothorax. 

a  étudié  la  valeur  du  bruit  de  Ilot  et  conclut 

P®".*'  donner  un  résultat  négatif,  car  ilfaut 
bruit  de  Ilot  une  tension  gazeuse  intra- 
^  uraieen  rapport  avec  leliquide,  tension  d'autant  plus  fai- 
«e  qu  ü  y  a  moins  de  liquide. 

3I  P  ^'^“iission  doit  toujours  être  faite  sur  le  sujet  couché, 
d'nnp  amphorique  ne  nécessite  pas  celle 

bronchique.  Le  souille  amphorique  peutaccom- 
^  tintement  métallique, 
tnle  indique  presiiue  sûrement  la  persistance  de  la  fis- 

fièvre  hystérique  che:  l'enfant. 

de  fièvre  liystérique chez  une  lilli 
«ontA  i  d  y  ait  eu  supercherie.  Le  thermomètre 

Wésennn  V*  ne  faudrait  pas  s  émouvoir  er 

‘‘«mblpf  “  surtout  si  on  ne  constate  jias  il 

graves  de  la  santé  générale.  Friedel. 

Séa  de  médeci.ne  de  paris 

"ce  du  12  mai  iyo6.  —  Presiuenci:  ni:  M.  Desnos 
I  président. 

)il  nat  ouverte  à  4  heures  50. 

d  Général  donne  lecture  du  procès 

"ttniité  ^  réunion  qui  est  adopté  à  l’uaa 

'«primée.  —  Journaux  habituels 
I  ‘le  des  Hàpitau.v. 


Correspondance  manuscrite.  —  1°  Lettre  de  M.  le  D^ 
Léon  Bizard,  14,  rue  de  Maubeuge,  officier  d’ Académie, 

E osant  sa  candidature  au  titulariat.  Parrains  ■  MM.  Du- 
ar  et  Monel.  —  2“  Lettre  de  M.  le  D'' Edgar  repasse,  74, 
rue  de  Rennes,  médecin  du  sénat,  chevalier  de  la  Légion 
d’honneur  et  officier  de  l’Instruction  pubhque,  ayant 
le  même  objet.  Parrains  :  MM.  Buret  et  Dubar.  —  Ces 
deux  candidatures  sont  prises  en  considération. 

M.  Duclaux  donne  lecture  de  son  rapport  sur  la  can- 
diture  du  D’’  Blondin  au  titulariat. 

Rapport  sur  la  candidature  du  Blondin 
au  titulariat  ; 

Parle  D'  H.  DUCLAUX. 

Messieurs, 

Notre  confrère,  le  D'  Blondin,  ancien  interne  des  hôpitaux 
de  Paris,  qui  sollicite  son  admission  parmi  nous,  nous  ap¬ 
porte,  à  l’appui  de  sa  candidalure,  un  très  intéressant  travail, 
qu’il  vous  a  lu  à  la  précédente  séance,  sur  un  cas  de  pouls 
lent  permanent  ;  il  vous  a  d’abord  raconté  l’histoire  de  ce. 
malade  qu’il  a  pu  suivre  à  Lariboisière  dans  le  service  de  ses 
deux  maîtres,Galliard  et  Landrieux,  histoire  assez  particulière 
comme  je  m’en  vais  vous  le  rappeler  brièvement.  11  s'agit,  en 
effet,  d’un  homme  de  51  ans,  qui,  deux  ans  auparavant,  fut 
pris  d’une  première  crise  nerveuse  caractérisée  seulement  par 
delà  perte  complète  de  connaissance.  L’est  un  homme  sans 
aucune  tare,  pas  de  syphilis,  pas  d  hystérie,  aucun  trauma¬ 
tisme.  aucune  maladie  antérieure  ;  il  est  cependant  éthyli¬ 
que  avéré  ;  ses  crises,  épileptiformes  et  jamais  syncopales, 
sans  morsure  de  la  langue,  sans  émission  involontaire  d’u¬ 
rine  ou  de  matières,  au  début  mensuelles  ou  même  bimen¬ 
suelles,  devinrent  plus  fréquentes,  au  point  de  se  renouveler 
20  ou  25  fois  par  jour.  L’examen  du  malade  permit  immédia¬ 
tement  de  porter  le  diagnostic  de  pouls  lent  permanent  :  les 
battements  cardiaques  étaient  au  nombre  de  20  environ  par 
minute  ;  les  artères  étaient  légèrement  dures  ;  pas  d’albumine 
dans  les  urines.  Tout  l’arsenal  thérapeutique  fut  mobilisé 
pour  tenter  l'amélioration  de  ce  malade  dont  l'état  paraissait 
désespéré,  les  crises  se  répétant  au  point  de  devenir  presque 
subintrantes.  Une  amygdalite  lacunaire  ijui  porta  pendant 
trois  jours  la  température  du  malade  à  40°,  permit  de  faire 
une  remarque  intéressante,  déjà  signalée  par  quelques  au¬ 
teurs.  à  savoir  que.  malgré  la  fièvre,  le  pouls  garda  son  même 
degré  de  ralentissement.  Enfin  M.  Landrieux  eut  l’idée  de 
faire  sur  la  région  précordiale  des  stypages  au  chlorure  de 
métliyle,  dont  l’effet  fut  merveilleux,  puisque  du  jour  au 
lendemain  les  crises  disparurent  ;  le  pouls,  d’abord  accéléré 
(00  pulsations),  retomba  malheureusement  à  30  ou  35.  Néan¬ 
moins  létatdu  maladeétaitredevenu  excellentlorsqu  il  quitta 
l’hôpital. 

Cette  observation  a  suggéré  au  D'-  Blondin  d’intéressantes 
réflexions,  en  particulier  au  point  de  vue  étiologique  et  pa- 
ttiogénique.  Par  quelle  cause  connue  expliquer  ce  cas  de  ra¬ 
lentissement  du  pouls?  à  une  affection  valvulaire  du  cœur  ? 
l  auscultat’ftm  n’en  révélait  aucun  symptôme  ;  à  la  syphilis? 
le  malade  la  niait  énergiquement  et  n’en  présentait  aucune 
trace  :  à  un  traumatisme  ?  il  n’en  avait  jamais sulii  ;  à  Tal- 
Imrnine  ?  ses  urines  n’en  présentèrent  jamais  ;  à  l’iiystérie? 
il  n’en  avait  aucun  stigmate  ;  il  était  enfin  athéromateux. 
Aussi  le  Dj  Blondin  pense  qu’il  faut,  dans  ce  cas,  se  rabattre 
sur  la  théorie  nerveuse,  théorie  qui  incrimine  le  défaut 
d’irrigation  bulbaire  pardes  artères  athéromateuses  ;  nous 
montrant  très  clairement  ce  que  la  physiologie  nous  apprend 
à  ce  sujet,  nous  apportant  également  des  preuves  cliniques 
à  l’appui  deces  théorie'.  Pensant  que  l’action  bienfaisante  du 
stypage  doit  s’expliquer  par  un  réflexe  centripète  d’origine 
cutanée,  agissant  sur  la  bulbe  ou  la  circulation  bulbaire,  le 
D"  Blondin  conclut  finalement  pourexpliijuerson  cas  de  pouls 
lent  permanent  à  une  action  bulbaire,d  allures  très  complexes, 
nous  montrant  encore  une  fois  combien  la  maladie  de 
Stockes-.Adams  est  encore,  pathogéniiiuement,  obscure  et  dif¬ 
ficile  à  interpréter. 

Messieurs,  le  D'^  Blondin  a  .ait  sa  thèse  surle  rôle  du  bacille 
de  Koch  dans  la  genèse  de  certaines  cirrhoses  du  foie  dites  al- 


312 


LE  PROGRES  MEDICAL 


coolictues.  Reprenant  la  théorie  défendue  par  Triboulet  et 
Jousset.  il  nous  montre,  dans  des  observations  personnelles, 
où  il  trouve  le  bacille  de  Koch,  soit  dans  le  liquide  péritonéal 
par  l’inoscopie,  soit  dans  le  foie,  par  inoculation  au  cobaye, 
que  certaines  cirrhoses  hypertrophiques  dites  alcooliques  sont 
peut-être  d’origine  tuberculeuse,  et  qu’en  tous  cas  elles  sont 
bacillifères  ;  que  le  bacille  de  Koch  produisant  des  lésions 
multiples  au  niveau  du  foie,  peut,  en  dehors  des  lésions  clas¬ 
siques,  déterminer  la  sclérose,  le  plus  souvent  hypertrophi- 
(jue  ;  qu’il  y  a  lieu  de  rechercher,  pas  les  divers  moyens  d  in¬ 
vestigation  que  fournit  te  laboratoire,  si,  à  côté  des  cirrhoses 
indubitablement  alcooliques,  on  n’a  pas  souvent  aflaire  à  des 
cirrhoses  bacillaires  latentes,  méconnues  par  la  clinique,  et 
qui  passent  souvent  inaperçues  à  J’autopsie  ;  qu’enfin,  la  cu¬ 
rabilité  plus  grande  de  certaines  cirrhoses  hypertrophiques, 
se  montrant  spontanément  ou  après  un  traitement  chirurgi¬ 
cal  ou  médical,  pourrait,  en  certains  cas,  s’expliquer  par  l’ori¬ 
gine  tuberculeuse  des  lésions,  leur  évolution  se  faisant  au 
niveau  du  foie  comme  elle  se  lait  au  niveau  des  autres  organes. 

Le  D''  Blondin  a  présenté  à  la  Société  médicale  des  hôpi¬ 
taux,  avec  son  maître  le  docteur  Caussade,  une  ulcération  de 
la  langue  de  nature  difficile  à  déterminer,  qui  lui  permit  de 
discuter  successivement  le  diagnostic  de  syphilis,  de  tuber¬ 
culose,  d’actinomycose,  de  zona. 

11  a  également  rapporté  à  la  Société  médicale  des  hôpitaux, 
avec  son  maître  Landrieux,  l’histoire  très  intéressante  d’une 
malade  atteinte  de  cholécystite  suppurée  au  cours  d’une  fiè¬ 
vre  typhoïde,  qui  fut  opérée  par  le  D"  Cunéo  ;  l’intervention 
permit  de  retirer  quelques  calculs, dont  l'un  gros  comme  une 
cerise  ;  le  liquide  purulent  et  la  bile  contenaient  du  bacille 
d’Eberthà  l’état  de  pureté,  ainsi  que  le  montrèrent  les  procé¬ 
dés  habituels  de  laboratoire.  La  vésicule  fut  abouchée  à  la 
peau  et  la  maladeguérit  sans  incidents. 

'  Ainsi  que  vous  pouvez  le  voir,  le  docteur  Blondin  est  un 
travailleur,  doué  d’un  esprit  très  clair  d’observation  ;  c’est 
également  un  médecin  très  dévoué  à  ses  malades,  ce  qui  lui 
valut  la  médaille  des  épidémies  alors  qu'il  était  interne  à 
Tenon  ;  c’est  aussi  pour  nous  un  ami  fidèle  et  dévoué,  d’une 
franchise  et  d  une  loyauté  à  toute  épreuve  dont  nous  sommes 
heureux  de  vous  proposer  l'admission  dans  notre  société. 

Les  conclusions  favorables  de  ce  rapport  sont  mises 
aux  voix  et  adoptées;  le  vote  définitif  aura  lieu  dans  la 
prochaine  séance. 

M.  Vian  donne  communication  d’un  cas  assez  rare  de 
métastase  d’un  cancer  des  parties  molles  delà  cuisse. 

Métastase  d'un  cancer  des  parties  molles  de  la 
cuisse  ; 

Par  M.  le  U'  VIAN. 

Le  29  septembre  1903, entrait  au  pavillon  de  chirurgie 
de  Sainte-Anne, une  femme  de  61  ans, venant  du  service 
de  M.  le  D'  Toulouse, à  Villejuif.Cette  femme  présentait, 
à  la  face  interne  de  la  cuisse,  à  sa  partie  moyenne,  une 
tumeur  oblongue,  mobile  transversalement,  splide.  Les 
ganglions  inguinaux  n’étaient  pas  sentis. 

Mon  maître,  M.  Picqué,  opéra  cette  malade  quelques 
jours  après.  Après  incision  sur  le  bord  interne  du  cou¬ 
turier,  lequel  est  rejeté  en  bas,  on  tombe  sur  la  tumeur. 
Celle-ci  est  blanchâtre,  multilobée,  avec  un  pédicule 
très  petit  au  niveau  de  la  gaine  des  vaisseaux  fémo¬ 
raux.  Par  suite  d’adhérences  à  la  veine,  la  dissection  en 
est  très  délicate,  l’hémostase  difficile. 

L’examen,  pratiqué  par  M.  Dagonet,  donne  les  résul¬ 
tats  suivants  ;  parties  formées  de  tissu  conjonctif  fi¬ 
breux,  mais  peu  abondantes  relativement  à  celles  qui 
sont  constituées  par  des  cellules  fusiformes  conjonctives 
à  extrémités  effilées.  Plus  abondantes  encore  se  trou¬ 
vent  les  fibres  musculaires  lisses  à  noyaux  allongés  et 
en. forme  de  bâtonnets.  Elles  sont  réunies’ en  faisceaux 

ui  s’entrecroisent  en  tous  sens.  11  s’agit  donc  ici  d’un 

bro-myome  ayant  son  origine  dans  la  couche  muscu¬ 
laire  de  la  veine  fémorale. 

A.  la  fin  du  mois  d’août  1904,  la  malade  présente  une 
récidive.  Elle  revient  au  pavillon  à  la  fin  de  septembre 


1904,  avec  une  tumeur  récidivée  delà  grosseur  du  poin  | 

M.  Picqué  pratique  une  nouvelle  intervention,*^ nu;'! 
par  suite  de  son  adhérence  large  aux  vaisseaux,' la  tnj 
meur  ne  peut  être  enlevée  que  partiellement  ;  et  queL 
ques  jours  plus  tard  l’amputation  de  la  cuisse  dut  êlrè 
pratiquée. 

L’examen  que  je  fis  de  cette  nouvelle  tumeur  me  donna 
les  résultats  suivants  ;  quelques  amas  de  cellules- 
rondes, petites, à  gros  noyau  ovo'ide,à  protoplasma  clair  ’. 
nombreux  amas  de  cellules  fusiformes  petites,  à  noyaà  ' 
ovoïde  :  toutes  ces  cellules  sont  enveloppées  dans  un 
stroma  de  fibres  conjonctives  assez  abondant.  Ellessont 

disposées  concentriquement  par  rapport  aux  vaisseaux,  1 

dont  le  plus  grand  nombre  sont  sans  paroi  propre.  Quel- 
ques  vaisseaux  pourtant  présentent  une  paroi  propre 
formée  de  lamelles  concentriques  avec  un  endothélium 
très  net  et  proliférant. 

11  s’agit  donc  bien  d’un  sarcome  fasciculé,  ou  plus 
exactement  peut-être  de  fibro-sarcqme. 

Le  diagnostic  microscopique  devait  recevoir  confir¬ 
mation  quelques  mois  plus  tard.  En  effet,  la  malade  nous 
revient  au  Pavillon  au  mois  de  novembre  dernier  pour 
une  tumeur  dorsale  évoluant  depuis  trois  mois  avec  ra¬ 
pidité,  mais  sans  provoquer  de  douleurs. 

A  l’examen  on  constate  qu’elle  est  formée  de  deux  par¬ 
ties,  l’une  plus  volumineuse  située  à  gauche  de  la  co-  i 
lonne  vertébrale  au  niveau  de  la  gouttière,  l’autre  plus 
petite  à  droite,  semble  indépendante.  Pas  de  trace  de  j 
généralisation  viscérale.  Etat  général  satisfaisant. 

L’opération  est  pratiquée  quelques  jours  après  sou 
entrée.  Par  une  longue  incision  parallèle  à  la  série  épi¬ 
neuse,  on  arrive  sur  la  tumeur  située  au-dessous  des 
muscles,  très  largement  adhérente  à  la  paroi  costale; 
les?',  8'  et  9”  apophyses  épineuses  sont  détruites.  Les 
deux  tumeurs  ont  des  rapports  intimes  de  contiguïté.  U 
est  impossible  d’enlever  en  totalité  la  surface  d’implan¬ 
tation  Réunion  incomplète,  drainage. 

Mais  la  tumeur  continuait  à  croître,  et  quelque  temps 
après  l’opération  on  piut  assister  à  des  phénomènes  de  | 
compression  médullaire,  incontinence  fécale,  paraplégie  j 
totale.  Apparition  d’eschares  sacrées  à  marche  rapide. 
C’est  dans  cet  état  que  la  malade  mourut. 

Malheureusement,  l’autopsie  ne  put  être  faite. 

L’examen  que  je  fis  de  cette  nouvelletumeur  démontre 
qu’il  s’agissait  d’un  sarcome  fasciculé,  reproduisantbien 
la  disposition  et  les  éléments  fusiformes  petits  de  la  tu¬ 
meur  examinée  quelques  mois  auparavant. 

Çette  observation  m’a  paru  intéressante  à  plusieurs 
points  de  vue. 

D’abord  par  le  point  de  départ  de  la  tumeur  dans  la 
gaine  des  vaisseaux  fémoraux.  Si  cette  localisation,  en 
effet,  n’est  point  exceptionnelle,  elle  est  du  moins  asseï 
rare  ;  sur  131  observations  de  sarcomes  que  l’on  releve 
dan»  l’ouvrage  très  documenté  de  MM.  Albert  et  Henn 
Malherbe,  je  n’ai  pu  relever  que  cinq  cas  où  la  tumeur 
partait  delà  gaine  des  vaisseaux.  . 

La  localisation  de  la  métastase  à  la  colonne  vertébrale’ 
doit  attirer  en  second  lieu  notre  attention.  Si  les  métas¬ 
tasés  osseuses  sont  fréquentes  dans  les  épithéliomes,  “ 
n’en  est  pas  de  même  pour  les  sarcomes,  qui,  proban*®' 
ment  par  leur  mode  de  généralisation  veineuse,  m® 
surtout  des  métastases  pulmonaires,  ou  hépatifi'i®  ' 

Gros,  dans  une  statistique  de25cas  de  sarcomes  de 
mamelle,  partout  citée,  n’accuse  qu’une  seule  meta 
tase  osseuse. 

Enfin,  en  dernier  lieu,  la  transformation  du  nbr 
myome  en  sarcome  est  exceptionnelle.  Même  dans  1» 
rus,  où  cette  transformation  a  été  surtout  étudiée,  jj 
faits  sont  peu  nombreux,  et  encore  Brault  croit-il  <I“ 
s’agit  le  plus  souvent  de  tumeurs  primitives.  j,. 

A  ce  sujet,je  ferai  remarquer  que  M.  Brault  fait  ob® 

ver  que,pour  qu’ily  eùtvéritabletransformationdunD 

myome  en  sarcome,  il  faudrait  que  les  fibres  muscm 
res  elles-mêmes  prennent  part  à  la  néo-formation.  ’ 
il  n’en  est  pas  ainsi,  et  quoiqu’uncertain  nombre  d 


mil 


LE  PROGRES  MEDICAL 


313 


teurs  «  depuis  quelques  années  aient  décrit,  sous  le  nom 
je  «cancer  musculaire  lisse  »,des  myomes  malins  à  fibres 
lisses, des  tumeurs  issues  des  organes  contenant  à  l’état 
normal  des  éléments  musculaires  delà  vie  végétative, 
tels  que  l’estomac,  l’intestin  et  surtout  l’utéras  (Brault) 
et  pouvant  donner  des  métastases, ils  n’en  ontpas  ap¬ 
porté  une  démonstration  suffisante.  Il  n’en  est,  du  reste, 
pas  ainsi  dans  notre  cas,  où  l'on  ne  trouve  pas  trace  de 
tissu  musculaire. 

D’après  Brault, le  sarcome  ne  pourrait  avoir  pour  ori¬ 
gine  que  le  tissu  conjonctif,  et  l’on  ne  pourrait  pas  dire 
qu’il  y  a  transformation  d’un  fibro-myome  en  sarcome, 
mais  bien  développement  d  une  nouvelle  tumeur  unique¬ 
ment  formée  d’éléments  connectifs. 

M.  Graux  rappelle  qu’il  a  autrefois  publié  un  cas  de 
sarcome  des  ligaments  du  genou,  aj’’ant  donné  des  mé¬ 
tastases  pulmonaires  considérables. 

M.  Vian  attire  l’attention  sùrtout  sur  la  localisation 
osseuse,  qui  est  assez  rare  dans  le  sarcome,  alors  qu’elle 
est  fréquente  dans  l’épithélioma,  les  métastases  pul¬ 
monaires  étant  au  contraire  fréquentes  dans  le  sarcome. 

M.  CouDRAY  craint  que  le  premier  examen  histologique 
ait  été  erroné,  et  qu'on  ait  eu  affaire  dès  le  début  à  un 
sarcome  fasciculé,  tumeur  récidivant  et  donnant  des  mé¬ 
tastases. 

M.  Vian  n’a  pas  eu  sous  les  yeux  des  préparations 
histologiques  de  la  première  tumeur  ;  mais  il  s’en  remet 
à  l’autorité  du  D’’  Dagonet  qui  a  été  très  affirmatif  sur  le 
diagnostic  de  fibro-myome. 

M.  Lematte  fait  une  très  intéressante  communication 
sur  l’emploi  du  bacille  lactique  B  en  thérapeuti¬ 
que  {sera  publié) . 

M.  Christian  fait  remarquer  que  l’emploi  du  lait  caillé 
n’est  pas  une  nouveauté  ;  en  Alsace,  notamment,  les 
paysans  se  nourrissent  depuis  longtemps  de  lait  ordi¬ 
naire  caillé. 

M.  Lematte  répond  que  le  lait  caillé  comme  le  font 
les  paysans  peut  être  plus  dangereux  qu’utile.  En  effet 
si  l'on  a  fait  cailler  le  lait  par  adjonction  de  vinaigre  ou 
de  pressure, la  caséine  rendue  insoluble  est  de  digestion 
difficile;  si  le  lait  a  caillé  lentement  et  naturellement, 
il  a  été  ensemencé  par  tous  les  microorganismes  de  l’air, 
parmi  lesquels  des  bactéries  pathogènes  peuvent  rendre 
ce  lait  très  dangereux. 

M.  Christian  réplique  qu’il  n’a  jamais  vu  d’accidents 
dus  à  l’usage  du  lait  caillé  employé  dans  les  campagnes. 

M.  St AssANO  fait  remarquer  que  le  lait  caillé  est  plus 
difficile  et  plus  long  à  digérer  que  le  lait  ordinaire. 

.  M. Nicolas  appuie  ce  qu’a  dit  précédemment  M.  Chris- 
Ji3ii  ;  en  Bretagne  les  paysans  font  également  usage  du 
lait  caillé,  il  n’a  jamais  rencontré  de  maladies  spéciales 
dues  à  cette  alimentation . 

M-  Suarez  de  Mendoza  donne  lecture  d’un  travail  (pu- 
hlié  d’autre  part)  sur  les  manifestations  intestinales  de  la 
^^philis.  Les  conclusions  de  l’auteur  sont  que  la  syphilis 
jutestinale  est  loin  d’être  rare  ;  quelle  frappe  surtout  la 
Wtion  terminale  de  l’intestin  grêle  et  le  gros  intestin  ; 

le  diagnostic  est  presque  impossible  :  toutefois  on 
J®?!  y  songer  en  présence  d’une  diarrhée  chronique 

, elle  atout  traitement. 

séance  est  levée  à  6  heures  40. 
ie  Secrétaire  général,  Le  Secrétaire  annuel, 

P.  Büret.  Vian. 


SOCIÉTÉ  DE  PÉDIATRIE 
Séance  du  15  mai  1906.  —  Présidence  de  M.  Comby. 
^I^nnoi-rhagie  et  phlegmon  à  gonocoques  chez  un  en,  faut 
de  10  mois. 

U  y  A.PPERT  et  Froget.  —  Un  enfant  de  10  mois  lut  amené 
temps  dans  le  service  de  M.  Appert  pour  une 
jours ’^l^éthrale  Parfaitement  caractérisée.  Quelques 
uPPuraître  à  la  partie  postérieure  de  la 
Sla  nuque  un  gonflement  considérable, d’aspect  phleg- 


moneux.  avec  un  œdème  énorme  ;  mais  cette  tuméfaction 
phlegrnpneuse  s'affaissait  dès  le  lendemain,  et  il  ne  resta  plus 
que  deux  ou  trois  points  ressemblant  fort  à  de  l’érythème 
noueux  :  une  ponction  au  niveau  de  ces  points,  devenus  fluc¬ 
tuants  au  centre  dans  une  toute  petite  étendue  donna  issue 
à  quelques  gouttes  de  pus  dans  lequel  l’examen  bactériologi¬ 
que  permit  de  reconnaître  l’existence  du  gonocoque,  comme 
on  l’avait  trouvé  dans  le  pus  uréthral.  Puis,  bientôt,  tout  ren¬ 
tra  dans  l’ordre  de  ce  côté,  sans  autre  traitement  que  des 
applications  de  compresses  imbibées  d’eau  bouillie,  et  la 
blennorrhagie,  elle  aussi,  guérit  en  un  temps  assez  court, 
sous  la  seule  influence  de  lavages  au  permanganate  de  po  - 
tasse  limités  au  prépuce  et  au  gland.  M.  Appert  rapproche 
la  guérison  de  ce  phlegmon  d’autres  manifestations  gonococ¬ 
ciques  analogues,  qui  font  un  début  à  grands  fracas  pour 
aboutir  en  somme,  souvent,  à  une  guérison  assez  rapide  et 
obtenue  simplement.  On  a  signalé  chez  l’adulte  des  localisa¬ 
tions  gonococciques  ressemblant,  comme  chez  l'enfant  en 
question  ici.  à  de  l'érythème  noueux  et  des  abcès  contenant 
du  gonocoque. 

Au  point  de  vue  de  l  origine  de  la  contagion  chez  le  petit 
malade  de  M  Appert,  il  ne  fut  pas  possible  de  parvenir  à  la 
déterminer  :  tout  ce  que  l’on  sait,  c’est  que  cet  enfant  avait, 
3  semaines  auparavant,  passé  quelque  temps  dans  le  servi- 
vice,  et  que  l’on  n’avait  observé  chez  lui,  alors,  quoi  que  ce 
soit  du  côté  de  l'urèthre.  Quant  à  l’inoculation  du  gonocoque 
à  la  région  de  la  nuque,  elle  peut  s’expliquer  par  le  frotte¬ 
ment  de  cette  région  sur  des  linges  de  la  literie  souillés  par  le 
pus  de  son  urèthre. 

M.  Comby  cite  un  fait  de  blennorrhagie  chez  un  tout  jeune- 
enfant,  et  dans  ce  cas  il  ne  vint  à  bout  de  l'écoulement  qu’a- 
près  un  traitement  assez  long  par  les  grands  lavages  au  per¬ 
manganate  de  potasse.  La  contagion  était  d’origine  familiale 
et  avait  eu  sans  nul  doute  pour  véhicule  les  draps  du  lit,  que 
l’enfant  partageait  avec  sa  petite  sœur,  un  peu  plus  âgée  que 
lui,  et  qui  était  atteinte  devulvo-vaginite. 

M.  Barbier  fait  une  longue  communication  sur  la«  mesure 
de  l'utilisation  alimentaire  chez  les  nourrissons  dyspeptiques, 
atrophiques  »,et  présente  accessoirement  des  considérations- 
sur  t’e  emploi  de  la  glycose  chez  ces  malades  ».  Cette  commu¬ 
nication  appuyée  sur  des  observations,  des  chiffres  statisti¬ 
ques  et  des  courbes,  donne  lieu  à  une  discussion  entre  M  Va- 
riotet  le  présentateur,  particulièrement  sur  les  questions 
d’alimentation  des  nouveaux-nés,M.  Barbier  prétendant  qu’on 
les  rend  souvent  malades  en  les  alimentant  trop  d'après  des 
données  théoriques,  tandis  que  M.  Variot  se  montre  infini¬ 
ment  moins  hésitant  à  employer,  sous  bonne  direction,  bien 
entendu,  une  alimentation  plus  substantielle. 

M.  Nobécourt  communique  en  son  nom  et  au  nom  de  M. 
P.  Mercklen,  les  résultats  de  leurs  «  recherches  de  physiologie, 
pathologique  chez  %ine  fillette  atteinte  d'anorexie  nerveuse  ». 

Maladie  de  Barlow. 

MM.  Mkry  et  Guillemot  présentent  un  enfant  d'un  an,, 
convalescent  de  maladie  de  Barlow,  sans  hématome,  sans 
lésions  gingivales,  et  chez  lequel  la  seule  lésion  d’hémor¬ 
rhagie  interstitielle  se  manifesta  au  talon  sous  forme  d’un, 
gonflement  assez  considérable  constituant  une  véritable  taba¬ 
gie  d’origine  scorbutique  La  maladie  a  débuté  à  la  suite  d’une 
brancho-pneumonie.  L’enfant  est  actuellement  en  voie  d'a¬ 
mélioration  rapide,  sous  l’influence  du  traitement  par  le  jus 
d’orange  et  de  l’alimentations  au  lait  stérilisé. 

Exostoses  multiples. 

M.  Judet  présente  un  enfant  de  12  ans  sur  lequel  on  cons¬ 
tate  un  nombre  considérable  d’exostoses  siégeant  un  peu  par¬ 
tout  sur  les  extrémités  osseuses,  dans  les  tissus  fibreux,  sur  le 
trajet  des  tendons  et  dans  l’épaisseur  de  plusieurs  muscles  des. 
membres  et  du  tronc. 

Gangrène  pulmonaire  otogène  chez  un  nourrisson  de  7  mois. 

M.  Guillemot  rapporte  un  cas  de  gangrène  pulmonaire 
observé  chez  un  nourrisson  de  7  mois,  affaibli  par  une  ali¬ 
mentation  défectueuse.  L’origine  de  l’infection  pulmonaire, 
qui  évolua  d’ailleurs  avec  sessymptômesetsignes  classiques, 
aété  manifestement  une  otite  suppurée. 


314 


LE  l'ROGRÈS  MÉDICAL 


M.  Véron  communique  les  résultats  de  ses  recherches,  fai¬ 
tes  sous  l’inspiration  de  M.  Barbier,  sur  l'infîifeare  de  la  sura- 
limeiUatioii  dans  le  déceloppement  de  l’entérite  des  nourris¬ 
sons.  'Ch.  II.  Petit- Vendol. 


LE  CONGRÈS  DE  MÈDEDINE  DE  LISBONNE  (lP-26  avril). 

Le  Congrès  de  médecine  de  Lisbonne  a  fait  peu  de  bruit 
dans  la  presse  médicale.  Peut-être  en  aurait-il  été  autrement 
si  la  commission  d’organisation  avait  fai  t  des  communications 
officielles  régulières  à  la  presse  ;  mais  ce  n’est  pas  rentré  en¬ 
core  dans  les  mœurs  des  Congrès.  Le  silence  presque  absolu 
des  journaux  de  langue  française  décidera  peut-être  sans  doute 
les  organisateurs  de  Congrès  à  chercher  à  remédier  à  la  grave 
lacune  maintes  fois  signalée  du  manque  du  service  de  publi¬ 
cité.  Nous  empruntons  à  la  Belgique  médicale  du  10  mai  un 
court  compte  rendu  de  la  clôture  du  Congrès  de  Lisbonne  et 
des  fêtes  qui  ont  été  données  en  son  honneur  : 

Le  jeudi  ÎO,  au  cours  d’une  réunion  du  comité  internatio¬ 
nal,  dans  le  grand  hall  de  la  nouvelle  École  de  médecine,  il 
fut  décidé  par  ILS  voix  contre  23  que  les  délégués  des  Gouver¬ 
nements  pouvaient  se  faire  suppléer  par  des  collègues  de 
même  nationalité.  On  discuta  ensuite  le  choix  du  siège  du 
prochain  Congrès  :  des  invitations  fermes  avaient  été  faites 
pour  Athènes, Bru.xelles.Budapest  et  New  -4  ork.Après  échange 
<le  vues,  la  capitale  de  la  Hongrie  fut  choisie  par  ,iS  voix  con  - 
tre  2(i  et  1  abstention.  Le  prochain  congrès  se  tiendra,  comme 
d’habitude,  dans  trois  ans.  Une  pétition  des  dentistes,  deman¬ 
dant  l'autorisation  de  participer  aux  congrès  médicaux,  a  été 
repoussée.  —  Le  comité  international  a  attribué  le  prix  de  Pa¬ 
ris  au  D"  Ehri.ich,  et  le  prix  de  Moscou  au  Dr  Lwir.w, 

—  La  cérémonie  de  clôture  a  eu  lieu  à  2  h.  de  l’après-midi  ; 
tous  les  discours  prononcés  ont  constaté  l’entière  réussite  de 
ces  assises,  qui  ont  été  déclarées  closes  au  milieu  du  plus  vif 
enthousiasme. 

—  Nous  ne  nous  attarderons  pas  à  l’énumération,  même 
succincte,  des  principales  communications  faites  au  sein  des 
sections  :  en  une  précédente  note,  nous  avons  dit  pourquoi. 
\ii  reste,  si  «  l’abondance  des  matières  »  nous  le  permet. nous 
publierons  en  temps  et  lieu  un  compte  rendu  de  ces  travaux. 

—  Pour  ce  qui  concerne  la  partie  festivités,  l’excursion  du 
20  avril  aux  splendides  jardins  de  Sir  Francis  Look,  à  Mont¬ 
serrat,  près  de  Cintra,  a  laissé  à  tous  les  congressistes  un  sou¬ 
venir  inoubliable.  Le  samedi  21,  le  roi  a  offert  un  dîner  de 
2i>0  couverts  aux  délégués  et  aux  membres  du  comité.  Aucun 
discours  n'a  été  prononcé.  Après  le  banquet,  le  monarque 
s’est  plu  à  converser  avec  la  plupart  des  médecins  étrangers, 
leur  demandant  leur  avis  sur  les  savants  portugais,  l’organi¬ 
sation  et  le  succès  du  Congrès,  et  1  impression  que  leur  avait 
faite  le  Portugal.  —  Le  dimanche  2  ’,  les  congressistes  visitè¬ 
rent  le  nouveau  Dispensaire  antituberculeux,  et  assistèrent, 
l’après-midi,  à  une  corrida  de  toros  «  de  gala  Le  lundi,  soi¬ 
rée  à  la  Société  de  géogr.aphie  ;  musique  et  danses  en  costu¬ 
mes  du  nord  du  Portugal  iProvince  de  .Minh  e.  et  projections 
<le  vues  prises  dans  les  colonies  portugaises.Le  mardi,  garden-., 
party  royal  dans  les  jardins  du  palais  de  Necessidades  :  un 
chatoiement  d’uniformes  au  milieu  d’une  végétation  luxu¬ 
riante  où  des  buffets  étaient  dissimulés  ;  temps  splendide.  Le 
mercredi,  enfin,  réception  à  l’ilôtel  de  ville,  merxeilleuse- 
ment. décoré  de  cascades  de  lys,  de  guirlande-,  de  roses  :  on 
se  serait  cru  transporté  en  un  paradis  de  Heurs.  En  une  série 
de  salons  magnifiquement  décorés,  on  dansa  et  on  luncha  : 
bien  des  congressistes  demeurèrent  à  converser  aux  fenêtres 
et  aux  balcons,  jusque  fort  avant  dans  cette  nuit  qui  précétla 
le  jour  de  la  clôture  du  Congrès. 


LA  VALÉROBROMINE  LEGRAND 

est  plus  active  que  les  bromures  et  les  valé- 
rianates. 


REVUE  DES  MALADIES  DE  L’ENFANCE 

Rédacteur  spécial  ;  M.  D  G.  PAUL-liOXCOU  R. 

I.  —  Oe  l'emploi  desfapines  dans  l'alimentation  du  nourrisson- 

Par  le  Roux.  (Jules  Rousset,  Paris  1<J06.) 

L’auteur  se  propose,dans  cette  brochure,  d’exposer  les  faits 
donnés  par  l’analyse  chimique  et  l’expérience  sur  la  question 
des  farines:  de  signaler  les  avantages  alimentaires  des  diverses 
farines  en  tentant  une  classification  basée  sur  leur  composition 
chimique  et  sur  l’adaptation  intestinale  du  nourrisson.  On 
parle  fréquemment  de  l’alimentation  de  l'enfant  de  0  à  1  an 
et  beaucoup  moins  de  l’alimentation  après  cette  époque.  Et 
cependant. que  de  maladies  proviennent  des  fautes  d’alimen¬ 
tation  commises  après  le  sevrage  !  Ce  sont  ces  questions  qui 
ont  déterminé  le  D'  Roux  à  publier  cette  monographie  :  dont 
voici  les  différents  chapitres  :  1.  Considérations  physiologi¬ 
ques.  A  quelle  époque  peut-on  donner  des  farines  fll. Quantité 
qu'on  peut  donner.  111.  Qualités  alimentaires  et  spéciales  des 
farines.  IV.  Choix  des  farines.  V.  Farines  médicamenteuses. 
VI.  Farines  industrielles.  VIL  Préparations  diverses.  VIIl.  Ra¬ 
tion  alimentaire  en  lait  et  en  farine.  .Vu  cours  de  ce  livre  on 
trouve  un  certain  nombre  de  tableaux  qui  indiquent  immé¬ 
diatement  les  qualités  nutritives  ;  la  ration  théorique  et  la 
ration  pratique,  et  les  équivalences  des  différentes  sortes  de 
farines. 

II.  —  Comptes  rendus  de  la  Société  d'étude  des  maladies  in¬ 
fantiles  ;  par  Georges  C.xrpentei!.  (Churchill.  Londres. 1905  ) 

Ce  volume  conlihue  la  série  des  comptes  rendus  de  la  So¬ 
ciété  et  donne  les  intéressantes  communications  etdiscussions 
ayant  eu  lieu  au  cours  de  l’année  1904-1000.  Chaque  prati¬ 
cien  pourra  y  puiser  des  renseignements  sur  des  cas  clini¬ 
ques  et  profiter,  sans  y  avoir  assisté,  des  échanges  d'idées  au 
cours  des  réunions.  Des  illustrations  ornent  le  texte  et  fixent 
admirablement  des  faits  que  des  explications  ne  pourraient 
aisément  faire  comprendre.  Pami  les  nombreux  travaux  ren¬ 
fermés  dans  ce  volume  de  Jil  pages,  signalons  plus  particu¬ 
lièrement  un  mémoire  sur  la  mort  subite  chez  les  enfants  et 
une  conférence  sur  les  maladies  nerveuses  au  premier  âge. 
Nous  les  signalons  en  raison  de  leur  importance,  mais  en 
ajoutant  que  les  autres  communications  plus  brèves  et  extrê¬ 
mement  nombreuses  ne  doivent  pas  uioins  attirer  l’attention. 
D’ailleurs  pour  se  renseigner,  il  n’y  a  qu’à  consulter  une  ta¬ 
ble  de  matières  fort  complète. 

III.  —  La  criminalité  infantile  ;  p.ar  le  I)'  L.m  iie.x  r.  (Maloine. 

Paris,  l'.üti.) 

Ce  volume  est  le  relevé  des  observations  que  le  D'  Laurent, 
médecin  inspecteur  des  Ecoles  à  Paris,  a  pu  faire  surdeséctP 
liers.  L'auteur  pense,  avec  raison,  que  l’enfant  n’est  ni  bon  ni 
mauvais  :  essentiellement  malléable. il  subit  les  bonnes  com; 
me  les  mauvaises  inlluences.  Pour  remédier  à  la  criminalité 
sans  cesse  croissante  de  l’enfance  un  premier  soin  doit  donc 
être  de  rechercher  les  causesde  celle  xicialion  ;  ks  connais¬ 
sant,  on  saura  les  éviter  et  empêcher  la  nature  instable  de 
l’enfant  de  prendre  une  mauvaise  direction.  Le  livre  débute 
par  une  élude  de  l’àmede  l’enfant,  des  inlluences  InTcdi- 
taires  qui  peuvent  la  modifier,  et  de  l’action  de  l’éducation 
sur  son  évolution, puis  de  nombreux  types  d  enfants  sont  prf 
sentés,  groupés  par  catégories  bien  distinctes  ;  mendiants, 
vagabonds,  fumeurs,  érotiques,  violents,  indisciplinés,  etc.. 
Chaque  chapitre,  après  quehjues  considérations  générales- 
renferme  des  observations  fort  intéressantes  et  bien  lyP'" 
ques  :  chacun  >e  termine  par  des  conseils  et  des  réllexioos 
pratiques  sur  les  cas  étudiés.  Un  chapitre  final, intitulé»  t*’"'' 
mède  «,  expose  les  moyens  à  employer  pour  enrayer  le  n® 
montant  de  la  criminalité  infantile  :  renforcer  1  autorité  du 
maître  d’école,  donner  à  l’avis  médical  plus  d’important;® 
avec  1  éducation,  organiser  des  casiers  sanitaires,  seule 
thode  pour  connaîtreavec fruit  l’écolier,  créer  des  écoles^”' 
ciplinaires  et  des  classes  spéciales  pour  les  anormaux. 
min  faisant,  on  rencontre  des  discussions  sur  la  nature  d®- 
chàtiments  à  employer,  sur  la  possibilité  d’utiliser  la 
tion  hypnotique  dans  l’orthopédie  morale,  l  ndes  mérites 


LE  LROGIiES  MEDICAL 


315 


cet  ouvrage,  c'est  de  reposer  sur  une  base  clinique  ;  l’observa¬ 
tion;  del'analyse  des  cas  on  arrive  aisément  à  des  conclusions 
précises  et  on  sait  discerner  parmi  les  eau  ses  de  viciation 
celles  qui  dépendent  de  l'école  et  celles  qui  dépendent  delà 
famille.  Le  Laurent  répète  ce  qu’on  oublie  trop  souvent 
c’est  que  l’éducation  delà  famille  doit  compléter  celle  de 
l’instituteur. Trop  de  parents  ne  savent  pas, ne  le  veulent  pas 
intervenir  pour  réformer  les  tares  de  leurs  enfants!  De  cela 
résultedes  troubles  qui  sontsignalés  au  cours  des  chapitres 
et  qui  démontrent  que  dans  toute  éducation  défectueuse  il  y 
a  des  responsabilités  à  établir. 

IV.  — Traitement  des  chorées  et  des  tics  de  l’enfance  ;  par  le 
D’  André  Bruel.  (Chez  Steinheil,  Thèse  de  Paris,  ly06|. 

.Après  avoir  spécifié  les  formes  nosographiques  des  chorées 
et  des  tics  que  malgré  leur  ressemblance  et  leur  confusion 
possible,  il  est  possible  de  différencier,  l’auteur  expose  le 
mode  de  traitement  de  ces  affections  :  c’est  la  partie  capitale  de 
ce  travail  qui  n’est  d’ailleurs  que  l’exposé  des  méthodes  pré¬ 
conisées  par  les  docteurs  Brissaud  et  Meige  à  plusieurs  re¬ 
prises.  Sans  tirer  l'importance  et  les  résultats  possibles  de 
tout  autre  traitement,  M. Bruel  affirme  que  deux  modes 
de  traitement  sont  particulièrement  efficaces  contre  les 
choréeset  les  tics  de  l’enfance  :  1“  L'alitementet  l’isolement  ; 
î'La  discipline  psycho-motrice.  Aux  choréiques  convient  plus 
spécialement  l’alitementet  l'isolement,  tandis  que  le  jeune 
liqueur  est  plutôt  justiciable  delà  discipline  psycho-motrice. 
Mais,  et  c’est  là  un  point  vraiment  important,  l’alternance 
ou  la  combinaison  des  deux  procédés  sus  énoncés  représente 
la  méthode  de  choix.  Quel'alitement  et  1  isolement  soient  pra¬ 
tiqués  dans  un  établissement  spécial  ou  dans  le  domicile  des 
parents,  il  est  nécessaire  de  distinguer  plusieurs  degrés  dans 
le  mode  de  traitement.  Sans  appliquer  immédiatement  un 
alitement  compl  et,  on  commencera  par  augmenter  le  séjour 
nocturne  au  lit.  Puis  on  fera  coucher  l’enfant  durant  quel¬ 
ques  heures  dans  la  journée  et  ce  n’est  qu’insensiblement 
qu’on  arrivera  à  l’alitement  absolu.  L'isolement  se  fait  pro¬ 
gressivement  et  l'obscurité  est  elle-même  une  nécessité  dans 
certains  cas.  Par  discipline  psycho-motrice,  on  désigne  la 
méthode  ayant  pour  but  de  corriger  les  mauvaises  habitudes 
L’exposé  de  cette  méthode  manque  un  peu  dedéveloppement 
et  il  est  regrettable  que  l’auteur  ne  l’ait  pas  traitée  avec  plus 
d’ampleur,  ce  qui  aurait  rendu  absolument  parfaite  celle  re¬ 
vue  générale  de  la  thérapeutique  des  mouvements  nerveux 
chez  les  enfants. 


BIBLIOGRAPHIE 

Traitement  moral,  hygiène  et  éducation  des  idiots  et 
dfs  autres  enfants  arriérés  ou  retardés  dans  leur 
développement,  agités  de  mouvements  involontai- 
•^s,  débiles,  muets  non  sourds,  bègues,  etc.,  par 
Edouard  Séguin,  vol.  532  pages,  iVol.  Prix;  10 fr.  —  Pour 
nos  abonnés  8  frs,  avec  portrait  de  l’auteur. 

-A  titre  de  compte  rendu,  nous  nous  bornons  à  publier  ici 
la  préface  de  M.  Bourneville,  placée  en  tête  de  ce  volume. 

Lorsque  nous  avons  entrepris  la  Bibliothèque  d’Educa- 
tion  spéciale,  en  1889,  nous  avions  le  dessein  de  réunir 
^ccessivement,  dans  l’ordre  chronologique,  les  travau.x  les  plus 
’®I^ctants  relatifs  à  l’idiotie,  ou  mieux,  aux  différentes  formes 
c  1  idiotie,  disséminés  dans  les  Traités,  les  Dictionnaires,  les 
■'ournuux  spéciaux. 

Le  premier  volume  :  Recueil  de  mémoires,  notes  et  observations 
*“r  ^^•^iotie,  contient  la  plupart  des  travaux  de  1773  à  1836.  11  a 
^  complété,  pour  cette  période,  par  un  second  volume  intitulé  : 

PPorts  et  mémoires  sur  le  Sauvage  de  l'Aveyron,  l'idiotie  et  la 
^aj-di-wutité,  par  Itard  (1).  , 

Le  troisième  volume,  paru  en  1895.  intitulé  :  Rapport  et 
”*°**'**  de  Séguin  sur  l'éducation  des  enfants  normaux  et  anor- 
comprenait  son  rapport  sur  l’éducation,  à  l’Exposition 
_ l^iationale  de  'Vienne,  en  1877,  où  Séguin  avait  été  délégué 

“ue  appréciation  de  ces  rapports  par  IJelasiauve,  l’cloge 
par  Bousquet  et  une  prclace  par  nous.  1894. 


par  le  gouvernement  des  Etats-Unis,  et  deux  mémoires  spéciaux  : 
Education  psycho  physiologique  d'une  main  idiote,  éducation 
psycho-physiologique  d’un  œil  idiot.  Le  volume  est  épuisé.  En 
attendant  que  nous  puissions  le  faire  réimprimer,  nous  faisons 
prendre  sa  place  ivolume  11I|.  parles  Mémoires  de  Séguin,  anté¬ 
rieurs  à  son  Traité  de  1846  et  à  ce  Traité  lui-même  (volume  III 
bis).  En  tête  du  Traité,  dont  la  première  édition  ('1846,'  est  épui¬ 
sée  depuis  longtemps,  et  que  nous  avons  réimprimé  avec  l’auto¬ 
risation  de  Mme  Séguin  et  du  prof.  Séguin,  femme  et  fils  de  l’au¬ 
teur,  nous  avons  placé  le  portrait  de  Sé.guin,  emprunté  à  la  pla¬ 
quette  ■>  In  rnemory  of Edouard  Séguin»,  publiée  à  New-York  pâl¬ 
ies  soins  de  son  fils  et  de  ses  amis,  en  1880.  Elle  nous  a  servi,  avec 
nos  notes  personnelles,  à  faire  un  essai  biographique,  inséré  dans 
l’ancien  volume  111  et  que  nous  reproduirons  dans  le  volume  X, 
en  le  complétant  et  en  le  faisant  suivre  d'une  appréciation  de- 
l’œuvre  de  Séguin  que  nous  persistons  à  considérer  comme  un 
des  premiers  éducateurs  du  XIX'  siècle. 

Dulri'  les  volumes  dont  nous  venons  de  parler,  la  Bibliothèque 
d'Education  spéciale  comprend  ou  comprendra  : 

Volume  IV  ;  Assistance,  traitement  et  éducation  des  enfants 
idiots  et  dégénérés,  rapport  fait  par  nous,  au  Longrès  interna¬ 
tional  d'assistance  publique  de  Lyon  (1894),  suivi  de  Considéra¬ 
tions  sommaires  sur  le  traitement  médico-pédagogique  de  l’idiotie.. 

V’olume  V  ;  Manuel  pratique  des  méthodes  d'enseignement  spé¬ 
ciales  aux  enfants  anormaux  (sourds-muets,  aveugles,  idiots, 
bègues,  etc.)  par  les  D'*  Hamoii  du  Eougeray  et  L.  Couétoux. 
préface  du  D'  Bourneville,  1896. 

Volume  VI  :  Assistance  et  traitement  des  idiots,  imbéciles, 
débiles,  dégénérés,  anormaux,  crétins,  épileptiques  (adultes  (ef 
enfants),  etc.,  par  le  Ü'  Pornain,  avec  préface  du  D'’  Magnan,  1900. 

Volume  Vil  :  Le  dressage  des  dégénérés,  ou  orthophrénopédie, 
par  le  !)'■  H.  Thulié,  avec  35  figures  dans  le  texte,  1900. 

Volume  VIII  :  Nouvelle  méthode  pour  l  enseignement  de  la  lec¬ 
ture  à  1  usage  des  enfants  arriérés  ou  présentant  des  troubles  de 
la  parole,  par  '.loseph  Boyer.  Edition  illustrée  de  150  figures  par 
•lacquin  fils. 

Volume  IX  :  Alphabet  du  dessin,  méthode  d'enseignement  pour 
les  jeunes  enfants,  en  particulier  pour  les  enfants  arriérés,  par 
Mme  Paul  Bru-Thiellay,  avec  19  planches  et  127  figures,  1896. 
Préface  du  D'  Bourneville. 

Ensuite  viendront  :  Volume  .X  ;  Rapports  et  mémoires  de 
Séguin,  de  1846  à  sa  mort  (1880),  y  compris  son  rapport  à  l'Expo¬ 
sition  de  Vienne  et  les  mémoires  sur  l’éducation  de  la  main  et  de 
l’œil  qui  formaient  autrefois  le  x'olume  111.  (En  réimpression). 

l’olume  XI  :  Idiocy  and  its  Treatment  by  the  PhysiologicaT 
Method,  by  E.  Seguin  (Traduction  en  coursi. 

Voluuu'  .Xll  :  Mémoires  et  discours  de  Delasiauve  (en  prépara¬ 
tion).  Bourneville. 

La  Pancréatite  chronique  interstitielle  par  Bohuslavv 

Nllderle  {.\reh.  bohèmes  de  médecine  clinique  t.  XTI,fasc.VL 

Prague,  1906.) 

Depuis  qu'on  a  attiré  1  attention  sur  le  rôle  important  de  la 
cholélithiase  dans  la  génèse  de  la  pancréatite  chronique,  on  a 
mieux  étudié  cette  maladie,  dont  la  symptomatologie  est  en¬ 
core  bien  peu  connue  et  dont  le  diagnostic  est  souvent  impos¬ 
sible  et  toujours  difficile.  L'auteur  a  eu  l’occasion  d’opérer 
un  cas  de  la  pancréatite  chronique  avec  des  symptômes  très 
graves,  où  le  diagnostic  posé  fut  :  lithiase  biliaire  et  où  lala- 
parotomie  et  les  suites  opératoires  permirent  de  constater  une 
jiancréatite  :  la  gaslroentérostomie  amena  une  guérison  com¬ 
plète.  Il  faut  réunir  un  grand  nombre  de  cas  pour  essayer 
d’en  dégager  les  principaux  caractères  cliniques  de  cette  ma¬ 
ladie. 

Quoique  la  plupart  des  pancréatites  chroniques  est  la  suite 
et  complication  de  la  cholélithiase,  il  faut  constater:!”  que  le 
facteur  principal  de  l’inflammation  du  pancréas  est  le  rap- 
port  étroit  entre  le  pancréas,  l’estomac,  le  duodénum  et  le 
cholédoque  et  que  la  pancréatite  chronique  peut  être  causée 
par  l’aflection  de  tous  ces  organes  de  voisinage  soit  par  l’in¬ 
fection  par  contiguité  soit  par  l’infection  directe  ascendante. 
—  2“  d’autre  part  il  existe  beaucoup  de  cas  d’origine  héma¬ 
togène  (lues,  artériosclérose,  etc.'.  La  pancréatite  chronique 
peut  être  primaire,  mais  elle  peut  aussi  résulter  d’une  pan¬ 
créatite  aiguë.  Elle  est  souvent  localisée  à  la  tète  du  pancréas. 


316 


1,K  PROGRÈS  MEDICAL 


Le  syndrome  pancréatique  ressemble  beaucoup  au  syndro¬ 
me  hépatique,  mais  il  y  a  donc  une  différence,  même  dans 
les  cas  d’origine  cholélithiasique.  Le  siège  des  douleurs  est 
presque  toujours  localisé  à  l’épigastre,  pas  au  point  vésicu¬ 
laire.  Les  vomissements  ne  sont  pas  trop  fréquents  (excepté 
quelques  cas,  comme  dans  l’observation  de  l’auteur,  où  ils 
étaient  incoercibles).  L’ictère  est  très  constant,la  vessie  petite, 
si  la  pancréatite  est  d’origine  lithiasique,  autrement  dila¬ 
tée  comme  dans  le  cancer  du  pancréas.  Le  symptôme  de  la 
plus  haute  importance  est  la  tumeur  palpable,  dont  le  siège 
est  l’épigastre  ;  elle  est  peu  mobilqet  douloureuse  à  la  pres¬ 
sion.  Mais  malheureusement  dans  la  grande  majorité  des  cas 
elle  n’est  qu’une  constatation  opératoire .  L’amaigrissement 
et  la  fièvre  se  trouvent  souvent,  la  glycosurie  très  rare¬ 
ment. 

Le  diagnostic  est  toujours  difficile  ;  il  reste  même  douteux 
après  la  laparotomie  et  on  ne  fait  le  diagnostic  entre  cancer 
et  l’inflammation  que  par  la  disparition  de  la  tumeur  et  la 
guérison  —  si  l'examen  histologique  n’a  pu  préciser  la  ques¬ 
tion.  La  valeur  de  l’examen  des  urines  parle  procédé  de  Cam- 
midge  ne  répond  pas  à  l’attente. 

Le  traitement  est  “toujours  chirurgical,  s'il  s’agit  d’un  cas 
grave. Si  la  pancréatite  est  d’origine  chlolélithiasique,  lepro- 
cédé  le  plus  rationnel  est  le  drainage  des  voies  biliaires  avec 
l’extraction  des  calculs.  C’est  la  cholécystostomie  (pour  plu¬ 
sieurs  auteurs  la  cholécystentérostomiel  qui  semble  être  la 
méthode  de  choix  Pour  la  pancréatite  isolée,  la  manière  de 
l’intervention  est  commandée  par  les  symptômes  les  plus 
importants  ;  pour  les  cas,  où  la  compression  du  pylore  do¬ 
mine  la  scène,  la  gastro-entérostomie  est  préférable.  Le  pro¬ 
nostic  de  la  pancréatite  chronique  n'est  pas  trop  grave,  la 
mortalité  opératoire  peu  considérable. 

A  handbook  of  climatic  treatmant.  Manuel  de  traite¬ 
ment  climatérique,  par  le  docteur 'William  R.  Huggard, 

Macmillan  and  C",  Londres). 


Après  diverses  considératidns  météorologiques,  l’auteur 
passe  successivement  en  revue  l’influence  que  peuvent  avoir 
sur  l’organisme  les  différents  éléments  de  la  température  ; 
pression,  vents,  humidité,  lumière,  etc.  Puis  il  fait  dans  un 
chapitre  spécial,  l’étude  des  différents  facteurs,  âge,  sexe,  ra¬ 
ce,  constitution  physique,  etc.,  quifontque  tel  tempérament 
s’adapte  mieux  à  un  climat  chaud,  tel  autre,  au  contraire,  à 
un  climat  tempéré  ou  froid. 

Après  une  classification  des  climats,  M.  le  D"  H.  donne  une 
description  détaillée  des  principales  stations  climatériques 
en  indiquant  les  principaux  caractères  météréologiques  de 
chacune  d'elles. 

Le  quatrième  partie  du  livre  traite  des  stations  thermales 
et  des  eaux  minérales,  dont  l’auteur  essaie  de  donner  une 
classification  reposant,  non  plus  sur  leur  composition  chi¬ 
mique,  mais  sur  leur  influence  thérapeutique.  11  distingue 
deux  groupes  principaux  ;  a)  eaux  dépuratives  ;  b]  eaux  to¬ 
niques  et  reconstituantes. 

Enfin,  dans  les  derniers  chapitres  de  son  ouvrage,  M.  H. 
entreprend  de  préciser  de  quelle  station  climatérique  relève, 
au  pointde  vue  thérapeutique,  telle  ou  telle  affection  déter¬ 
minée. 

En  résumé,  livre  très  intéressant  qui  sera  consulté  avec 
fruit  par  tous  les  médecins  un  peu  au  courant  de  la  langue 
anglaise,  mais  pas  au  courant  de  la  langue  allemande.  Car 
au  fond  l’auteur  s’est  guidé  principalement  sur  la  littérature 
allemande  relative  à  son  sujet,  littérature  que  nos  médecins 
connaissent  peu.  La  conséquence  en  est  que  les  stations  fran¬ 
çaises  cèdent  presque  toujours  le  pas  aux  stations  allemandes. 
Il  faut  croire  que  nos  collègues  anglais  et  les  compatriotes  de 
M.  H  en  jugent  différemment.  D“  F. 


L’Esprit  scientifique. 

Beaucoup  parlent  sans  cesse  de  l’Esprit  sans  trop  se  rendre  u.. 
rompte  exact  de  la  signification  de  mots.  Le  passage  suivant  de  la 
préface  de  M .  Gley  placée  en  tête  de  la  9'  édition  du  Traité  élé¬ 
mentaire  de  Physiologie  de  Mathias-Duval  et  E.  Gley  leur  don¬ 
nera  peut-être  une  idee  de  ce  qu'est  l’Esprit  scientifique. 

«  Les  noms  des  physiologistes,  qui  dans  chaque  question  de  quel¬ 
que  importance,  ont  trouvé  un  fait  essentiel  ou  dominant  ont 


été  cités.  Dans  lés  questions  controversées,  ona  jugé  utile  dedon- 
ner  parfois,  outre  le  nom  de  l’auteur,  l’indication  du  travail  uti¬ 
lisé  ;  on  a  procédé  de  même  quand  il  s’agissait  d’une  notion  nou¬ 
velle.  n’ayant  pas  encore  été  soumise  à  vérification  ;  les  faits  de 
ce  genre,  dont  la  place  n’est  pas  tout  de  suite  dans  la  science,,  ne 
peuvent  être  présentés  que  sous  les  noms  de  ceux  qui  les  ont  dé¬ 
couverts  . 

«  La  science,  si  elle  est  .-eeuvre  colleclive,  n’est  pas  œuvre  ano¬ 
nyme.  Laisser  le  lecteur  quand  on  expose  la  circulation  du  san». 
dans  l’ignorance  de  ce  qu’ont  fait  essentiellement  Harvey,  Chauveau 
et  Marey,  Claude  Bernard  Ludwig,  n’est-ce  pas  leur  porter  préju¬ 
dice  ‘I  —  A  ce  propos,  M.  Duval,  dans  la  préface  de  son  Cours  de 
Physiologie,  faisait  remarquer  «  combien  l’étudiant  est  peu  ren¬ 
seigné  sur  les  données  bibliographiques,  même  les  plus  élémentai¬ 
res  relatives  aux  auteurs  même  les  plus  célèbres .  A  part  quelques 
contemporains  bien  connus,  les  plus  étranges  confusions  sont  fai¬ 
tes  sur  la  nationalité  de  physiologistes  comme  Harvey  ou  Magen¬ 
die  ;  et  les  anachronismes  ne  sont  pas  moins  graves.  H  faut  donc 
en  exposant  les  découvertes,  donner  quelques  brèves  indications 
sur  les  auteurs  ;  c’est  ce  que  nous  avons  fait  dans  de  très  courtes 
notes  historiques.  »  A  ces  paroles  sensées,  jen  ai  rien  à  ajouter, 
sinon  que  j’ai  tout  à  fait  généralisé  cette  pratique. 

«  On  a  indiqué  la  provenance  des  figures.  De  même  qu’on  ne 
fait  pas  une  citation  sans  en  fournir  l’origine,  il  semble  qu’on  ne 
doive  jamais  reproduire  une  figure  sans  l’attribuer  à  son  auteur. 
Les  schémas  et  les  tracés  qui  ne  portent  point  de  mention  d’ori¬ 
gine  sont  personnels.  » 


VARIA 

Assistance  obligatoire  aux  vieillards,  infirmes  et 
incurables.  (Décret  du  14  avril  1905.) 

Art.  H’’.  —  Les  recettes  et  les  dépenses  du  service  de  l’assis¬ 
tance  obligatoire  aux  vieillards,  aux  infirmes  et  aux  incura¬ 
bles  privés  de  ressources  sont  centralisées  au  budget  départe¬ 
mental  et  soumises  aux  règles  générales  de  la  comptabilité  dé 
partementale.  -  Art.  2.  —Le  budget  départemental  comprend 
en  recettes  il»  La  quote-part  des  communes,  y  compris  la 
subvention  directe  de  l’Etat  déterminée  par  le  tableau  G  an¬ 
nexé  à  la  loi,  et  les  sommes  versées  par  les  établissements  de 
bienfaisance  au  cas  prévu  par  l’article  30  de  la  loi  du  14  juil¬ 
let  1905  ;  2°  les  subventions  de  LEtat  au  departement  et  les 
sommes  dues  par  l’Etat  pour  les  assistés  n*^ayant  aucun  domi¬ 
cile  de  secours  ;  3°  Le  produit  des  remboursements  effectués 
en  vertu  des  articles  4  et  5  de  la  loi  du  14  juillet  1905  ;  4»  le 
produit  des  dons  et  legs  et  autres  recettes  éventuelles.— Art. 
3.  —  Le  budget  départemental  comprend  en  dépenses  :  RLes 
allocations  mensuelles;  2»  les  frais  d’hospitalisation,  soit  dans 
des  hospices  publics,  soit  dans  des  établissements  privés  ; 
3‘>  Les  frais  d’entretien  chez  des  particuliers  ;  4°  les  frais  d’en 
tretiendans  des  établissements  publics  ou  privés  où  le  logis 
seulement  est  assuré  au  bénéficiaire  ;  5"  les  frais  de  visite 
occasionnés  par  la  délivrance  des  certificats  médicaux;  6”  les 
frais  de  transport  des  assistés  ;  7"  les  frais  d’administration  du 
service  dans  le  département.  Les  dépenses  sont  acquittées  au 
moyen  des  recettes  prévues  à  l’article  2  ci-dessus  et  du  con¬ 
tingent  départemental,  notamment  des  subventions  aux  com¬ 
munes.  .\rt.  4.  — La  quote-part  à  verser  par  chaque  com¬ 
mune,  eu  vertu  du  paragraphe  l"’  de  l’article  2  ci-dessus,  est 
provisoirement  fixée  au  chiffre  constaté  dans  le  dernier  compte 
réglé.  Le  versement  en  est  effectué  par  quart  à  l’expiration  de 
chaque  trimestre.  Elle  est  réglée  définitivement  lors  de  la 
clôture  des  comptes  de  l’exercice.  Art.  5.—  Des  états  annexes 
au  budget  départemental  font  ressortir  en  recettes  et  dépen¬ 
ses  les  opérations  du  service  de  l'assistance  aux  vieillards,  aux 
infirmes  et  aux  incurables  privés  de  ressources.  Art.  6.  —  Les 
allocations  mensuelles  sont  mandatées  par  le  préfet  au  nom 
du  receveur  du  bureau  de  bienfaisance  ou,  à  défaut  de  bu¬ 
reau  de  bienfaisance,  au  nom  du  receveur  du  bureau 
lance  de  la  conîmune  où  résident  les  intéressés .  Le  manda 
est  accompagné  d’un  état  arrêté  par  le  préfet,  indiquant  l 
somme  revenant  à  chacun  des  assistés.  Art.  7.  —  Chaqu 
mois,  il  est  remis  à  l’assisté  par  l’ordonnateur  du  bureau  n 
bienfaisance  ou,  à  défaut  de  bureau  de  bienfaisance,  par  1  o  ' 
donnateur  du  bureau  d’assistance,  un  bon  visé  par  lui  et  s 
la  remise  duquel  l’allocation  est  payée  par  le  comptable  ap 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


317 


jjirnaturc,  pour  acquit,  par  la  partie  prenante.  Si  l'allocation  1 
®epsuelle  doit  être  payée  par  fractions,  il  est  délivré  autant 
de  bons  qu’il  doit  être  effectué  de  payements.— Art.  8 —  Si  ! 
l'assisté  n'habite  pas  dans  la  commune  où  réside  le  compta¬ 
ble  chargé  du  payement,  il  peut  faire  parvenir  directement  à 
ce  dernier  le  bon  acquitté,  et  les  fonds  sont  adressés  par  la 
poste  à  l’intéressé.  —Art  1).  —L’allocation  mensuelle  est  payée 
à  la  fin  de  chaque  mois,  à  terme  échu.  Toutefois,  les  alloca- 
tioas  versées  aux  hospices,  conformément  à  l’article  3,  sont 
mandatées  directement  toùsles  trois  mois.—  Art.  10.  Avis  du 
décès  des  assistés  est  donné  au  préfet,  dans  un  délai  de  cinq 
jours:  Ppar  le  maire  pour  les  bénéficiaires  qui  habitent  la 
commune  et  qui  jouissent  d’une  allocation  mensuelle  ou  Jjé- 
néficient  d’un  placement  familial  ;  2“  par  l’administration  hos¬ 
pitalière  pour  les  assistés  hospitalisés.  Art.  U.  —  Les  arréra-. 
ges  de  l’allocation  mensuelle  sont  dus  Jusitu'au  jour  du  dé¬ 
cès  des  assistés.  Art.  12.—  Les  receveurs  hospitaliers  font  res¬ 
sortir  dans  des  chapitres  spéciaux  de  leur  compte  les  opéra¬ 
tions  en  recettes  et  en  dépenses  faites  pour  l’application  delà 
loi  du  14  juillet  190;>.  Art.  13.  —  Un  arrêté  concerté  entre  le 
ministre  de  l’intérieur  et  le  ministre  des  finances  détermi¬ 
nera:  1°  le  modèle  du  bon  prévu  à  l'article  7  ;  i°  les  pièces 
just  ficativcs  en  recettes  et  en  déi)enses  du  service  de  l’assis¬ 
tance  aux  vieillards,  aux  infirmes  et  aux  incurables  privés  de 
ressources.- Art.  14.  Le  ministre  deTintérieur  et  le  ministre 
des  finances  sont  chargés,  chacun  en  ce  (jui  le  concerne,  de 
l'exécution  du  présent  décret,  qui  sera  publié  au  Journal  o(fi- 
citl  et  inséré  au  Bulletin  des  lois. 

Hygiène  scolaire. 

On  demande  de  placer  dans  des  écoles  à  la  cami)agne  les 
enfants  des  grandes  villes  (jue  le  médecin  scolaire  aurait 
reconnus  incapables  de  fréquenter  l’école  ordinaire  sans  dan¬ 
ger  pour  eux  et  pour  leurs  camarades.  Mais  ces  écoles,  il  fau¬ 
drait  les  construire  !  Pas  toutes  11  est  question,  en  ce  moment, 
de  supprimer  les  écoles  normales  primaires  <iue  possède  cha¬ 
que  département  de  France,  et  de  créer,  pour  la  formation 
des  futurs  instituteurs  de  France,  des  instituts  pédagogi(iues 
auprès  de  chacune  de  nos  Universités.  (Jue  fera-t-on  des  bâti¬ 
ments  désaffectés  2  Un  bon  nombre  serviraient  adniirablc- 
ment  comme  écoles  des  enfants  faibles  de  santé.  Il  y  a  là  une 
idée  à  creuser.  D''  F. 

Association  internationale  de  la  Presse  médicale. 

La  deuxième  Assemblée  générale  de  l’.Vssociation  s'est  réu¬ 
nie  à  Lisbonne,  sous  la  présidence  du  1)  Cortezo,  dans  les  lo¬ 
caux  de  la  nom  elle  École  de  Médecine,  les  17  et  18  avril  l'.lfifi: 
la  session  a  comporté  trois  séances.  L’Allemagne,  1  Vngleterre, 
la  Uelgiquc,  le  lirésil,  l’Espagne,  la  France,  la  Hollande,  le 
^'exique,  le  Portugal  y  étaient  représenlé.s. 

bureau  a  été  renouvelé  et  composé  ainsi  (pi'ilsTiit  :  Pre- 
sidenl  :  Prof.  Rarl  Posneh  (Berlin  ;  Vice-I'réiidenis  :  Prof.  As- 
cou  iHonici  ;  D‘  Dejace  (Liège)  ;  Prof.  Bombakoa  iLi.sbonnei; 
^^^rélaire  (jcnéral D"  Banni  Blondel  (Paris)  ]  Secrétaire  géné- 
adjoint  et  Trésorier  :  1)''  Dauson  Wili.iams  (Londres), 
.àoici  le  texte  des  principales  résolutions  adoptées  ;  1"  L’ar- 
hcle  5  des  statuts  fixant  le  siégé  social  de  l'Association  à  Brii- 
lélles,  est  modifié  :  le  siège  social  sera  désormais  au  lieu  de 
^idence  du  secrétaire  général,  cest-à-dire  actuellement  à 
l*cis.  et,  jusqu  à  nomel  ordre,  au  bureau  des  renseigne¬ 
ments  de  la  Sorbonne.  2“  Dans  le  but  de.  lutter  contre  ledéxe- 
mpiienient  des  journaux  gratuits,  l'As.sociation  recommande 
®  Ions  les  journaux  adhérents  d’insérer  sur  la  première  feuille 
c  chacun  de  leurs  numéros  la  nienlion  suivante  :  "  La  re- 
Pmduction  des  articles  originaux  amlenus  dans  ce  numéro 
f  formellement  interdite  à  tout  journal  ou  revue  ne  faisant 
i>aitie  (le  l'Association  internationale  de  la  Presse  medi- 
j  e  »  tPro|»osition  de  M.  Cornil.|:i“  Pour  faciliter  le  travail 
R'dactenrs,  et  dans  l’intérêt  même  des  auteurs,  il  est  dé- 
mblc  (jue  eliiuiue  mémoire  original  soit  toujours  accompa- 
^  c  d  Un  résumé  en  (iueh}ues  lignes,  faisant  ressortir  les  faits 
^mveanx,  les  idées  nouvelles  (ju'il  apporte.  Ces  résumés. ([u’il 
faut  demander  à  l’auteur  lui-même,  ou,  qu'à  son  dé- 

à  J.  ’e®  ^'édaction  devra  établir,  seront  placés  soit  à  la  tête  ou 
®  hn  de  l’article  s’y  rapportant,  soit  dans  une  partie  spé¬ 


ciale  du  journal,  soit  même  sur  une  feuille  détachée,  dans  ce 
cas,  envoyée  uniquement  aux  rédactions  des  journaux  médi¬ 
caux,  La  reproduction  intégrale  du  simple  texte  de  ces  résu¬ 
més  doit  être  interdite  Proposition  deM.  Blondel. 4“  Les  Asso 
ciations  affiliées  à  l’Association  internationale  devront,  cha¬ 
cune  dans  leur  pays,  entreprendre  une  action  auprès  des  pou¬ 
voirs  publics  pour  obtenir  que  la  publication  d’articles  récla¬ 
mes  sous  la  signature  ou  le  pseudonyme  d'une  personne 
n’ayant  pas  le  droit  d'exercer  la  médecine,  soit  assimilée  à  un 
exercice  illégal  et  poursuivie  par  la  loi.  La  t)rochaine  réunion 
du  Comité  permanent  aura  lieu  à  Londres,  en  août  1907. 

Le  Banquet  de  l’Hôpital  frahçais  à  Londres. 

Le  38"  banquet  annuel  de  l’h(jpital  français  à  Londres  a  eu 
lieu  le  12  mai  sous  la  présidence  de  son  excellence  M.  Paul 
Cambon,  ambasssadeur  de  France. 

Le  comte  de  Benckendorff,  ambassadeur  de  Russie.  M.  de 
Bernabé,  ambassadeur  d’Espagne  ;M.  G.  Carlin,  ministre  de 
Suisse  ;  legénéral  Don  Pedro  Gallardo,  ministre  du  Mexniue  ; 
le  commandant  Huguet,  attaché  militaire,  et  le  baron  Mer- 
rier  de  Lostende,  attaché  naval  à  l’ambassade  de  France  ;  M 
deFleurian.  le  baron  Clauzel,  le  comte  de  Montholon,  M.  J. 
Knecht,  de  l’ambassade  de  France,  assistaient  à  ce  banquet. 

Après  les  toasts  de  rigueur  au  Roi,  à  la  Reine,  à  la  famille 
royale  d’Angleterre  et  au  Président  de  la  République  fran¬ 
çaise.  M.  Paul  Cambon  fait  ensuite  1  éloge  du  président  du 
conseil  d’administration  de  l’hôpital  français  et  de  ses  colla¬ 
borateurs,  les  médecins,  les  chirurgiens, (jui  donnent  à  l’hôpi¬ 
tal  français  son  bon  renom, 

M.  Cambon  a  ensuite  remercié  le  corps  diplomatique  de  sa 
sympathique  présence. 

-L  ambassadeur  de  Russie  a  pris  la  parole  au  nom  du  corps 
diplomatique.  Puis  le  shéi’ifde  la  Cité,  de  Londres  a  proposé 
de  boire  à  la  santé  de  l'ambassadeur  de  France.  ÔI.  Paul  Cam¬ 
bon  après  avoir  répondu  par  un  mot  aimable  à  tous  les  ora¬ 
teurs  a  conclu  :  <  J’ai  toujours  pensé  que  l'Angleterre  et  la 
France  étaient  faites  pour  s’entendre  et  je  jvense  aussi  que, 
tant  (lue  ces  deux  grands  peuples  seront  unis,  la  paix  sera  ga¬ 
rantie  en  Europe. 


NÉCROLOGIE 

Le  Prof.  Vincent  PAULET 

Professeur  d’ Anatomie  à  la  Faculté 
de  médecine  de  Montpellier. 

Le  Prof.  Vincent  Pai  let,  qui  vient  de  mourir  au  cours 
de  sa  78“  année,  avait  débuté  dans  la  carrière  médi¬ 
cale  dans  cette  vieille  Université  à  laquelle  il  devait 
consacrer  ses  dernières  leçons.  Une  fois  docteur  de 
Montpellier,il  vintà  Paris  et  fut  reçu  prosectaur  à  l’Ecole 
du  Val-de  Grâce  llépétiteurà  l’Ecole  militaire  de  Stras¬ 
bourg  en  18(10,  il  ne  tarda  pas  à  devenir  agrégé  du  Val- 
de-Grâce,  où  il  est  nommé,  en  1871,  professeur  d’anato¬ 
mie.  Membre  de  la  Société  de  chirurgie  depuis  1808,  il 
en  devint  le  secrétaire  en  1877,  fut  promu  médecin  ins¬ 
pecteur  de  l’armée  et  nommé  professeur  d  Anatomie  à 
la  nouvelle  faculté  de  Lyon  Membre  correspondant  de 
l’Académie  de  médecine  en  1886,  il  termina  sa  carrière 
à  la  Faculté  de  Montpellier  où  il  enseigna  l’anatomie 
Jusqu’au  jour  où  il  fut  atteint  par  l’âge  delà  retraite. 

Parmi  ses  travaux,  signalons  :  son  Traité  d' Anatomie 
topop'aphique  avec  atlas  en  4  volumes  ;  le  Résumé  d' Ana¬ 
tomie  appliquée  qui  eut  trois  éditions  ;  les  Recherches  sur 
l  anatomie  comparée  du  périnée-,  une  Etude  sur  les  suites 
immédiates  et  éloignées  des  lésions  traumatiques  des  nerfs 
1868  ;  un  mémoire  sur  les  effets^  physiologiques  du  thal¬ 
lium  qm  obtint  un  prix  de  l’In.stitut,  etc. 

Nous  avons  encore  le  regret  d  annoncer  la  mort  du 
D“  SKRviiiR,de  Lyon, ancien  professeur  du  Val-de-Grâce, 
médecin  principal  en  retraite,  officier  de  la  Légion 
d'honneur,  et  de  M-  le  D’Ai-uvro,  professeur  à  l'Ecole  de 
médecine  de  Grenoble  et  chirurgien  des  hôpitaux  de 
celte  ville. 


318 


LE  l’ROGRÈS  MÉDICAL 


FORMULES 


THÉRAPEUTIQUE 


XXXVII.  —  Contre  la  bléphariteHmpétigineuse. 


Oxyile  de  z 
Resorcine. 
Amidon. . . 
Vaseline. . 


1  gr. 

Ogr.  10 

1  gr. 

10  gr. 

(Ech.méd.  du  Nord). 


XXXIII.  --  Contre  l’ankylostomiase. 

Essence  d’eucalyplus .  2  gr.  ,")0 

Chloroforme .  3  gr.  50 

Huile  de  ricin . .  40  gr. 


A  prendre  en  2  fois  le  matin,  à  1/2  heure  d’intervalle,  après 
avoir  pris,  la  veille,  un  purgatif  salin.  Rester  au  lit . 

iL.  P.  Phillips,  du  Caire). 


Actes  et  thèses  de  la  Faculté  de  Médecine  de  Paris. 

Thèse*  de  doctorat.  — Mercredi,  23  mai.  —  M.  Niemenglon'ski  : 
Les  mathématiques  et  la  médecine  (MM.  Gariel,  Brissaud,  Broca 
(André),  Legry).  —  M.  Moreau  :  Du  suicide  chez  les  enfaiils  (MM. 
Brissaud,  Gariel,  Broca  (André  ,  Legry).  —  M.  Lebret  :  Paralysie 
générale  elpsychoses  dans  la  syphilis  acquise  (MM.  Brissaud.  Ga¬ 
riel.  Broca  (.Vndré),  Legry).  -  M.  Hayem  :  Elude  clini([ue  de  la 
pneumonie  chez  l’enfant  (MM.  Pouchet,Kiriuisson,  Claude,  Proust). 
—  M.  Delfosse  :  De  l’ostéomyélite  de  l’extrémité  inférieure  du  ra¬ 
dius  (MM.  Kiriuisson,  Pouchet,  Claude,  Prousl). 

Samedi,  26  mai.  —  M.  Kaminka  :  Contribution  àl’éludc  du  traite¬ 
ment  de  la  dyspepsie  dans  les  pays  chauds  (MM.  Debove,  Berger. 
Huliuel,  Auvray).  — M.  Verrier:  Le  phlegmon  et  son  traitement 
par  le  procédé  en  «  Chevalet  de  violon  »  de  V  'l’héhault,  chez  les  ac¬ 
cidentés  du  travait  (MM.  Berger  Debove,  llulinel,  Auvray.  —  3/. 
Marcelot  :  Radiographie  et  diagnostic  clinique  des  fractures  (M  M 
Berger,  Debove,  Hutinel,  Auvray).  —  M.  Hours  :  Contribution  à 
l'étude  des  métrorragies  de  la  puberté  (MM.  Hutinel.  Debove,  Ber¬ 
ger,  .Vuvray). 


Examens  de  doctorat.  —  Lundi,  2  i  mai.  —  5”  (Chirurgie,  1"  par¬ 
tie,  1"  série,  Hôtel-Dieu)  :  MM. 'l’errier,  Delens,  Gosset.  —  5' 
(Chirurgie,  P'  partie,  2”  série,  Hôtel-Dieu)  :  MM.  Reclus,  Legucu, 
Mauclaire. 

Mardi,  22  mai.  — 5*  (Chirurgie,  1” partie,  P‘ série.  Charité;  ;  MM. 
Giiyoïi,  De  Lapersonne,  Marion.  —  5”  (Chirurgie,  1'  partie,  2'  sé¬ 
rie.  Charité)  :  MM.  Pozzi,  Auviay,  Moreslin.  —  5*  (2' partie.  Cha¬ 
rité)  :  MM.  Joffroy,  Renon,  Carnot. 

Mercredi,  23  mai.  —  3“  (!'•  partie.  Oral,  Salle  Béclard;  :  MM. 
Reclus,  Lepage,  Cunéo.  —  4-  :  (Salle  Pasteur)  :  MM  Gaucher,  Ri¬ 
chaud,  Macaigne.  -  .î’  (2*  partie,  1"  série,  Laënnec)  ;  MM.  Laii- 
douzy,  Déjerine,  Labhé  (Marcel).  —  5'  (2"  partie, 2'  série,  Laënnec)  ; 
MM.  Roger,  Teissier,  Balthazard. 

Vendredi,  25  mai.  —  4'  (P*  série.  Salle  Béclard)  :  "MM,  Pouchet, 
Déjerine  Gley.  —  4*  (2'  série.  Salle  Broussais)  :  MM.  Joffroy.  Des 
grez,  Macaigne.  —  4"  (’J"  série.  Salle  Pasteur)  :  MM.  LandouzV,  Ri¬ 
chaud,  Balthazard.  —  5”  (Chirurgie,  1"  partie,  1"  série,  Xecker,  : 
MM.  Kirmisson.  Delens,  Gosset  —5*  (Chirurgie,  1"  partie,  2' série, 
Xecker)  :  MM.  Segond,  Mauclaire,  Pierre  Duval).  —  5* (Obstétrique, 
1"  partie.  Clinique  Beaudeloeque)  :  MM.  Lepage,  Wallich,  Potocki. 

Samedi,  26  mai.  —  4*  (Salle  Pasteur)  :  MM.  (îhanteraesse,  G.  Bal¬ 
let,  Vaquez.  —  5'  (2"  partie,  1"  série,  Beaiijon)  :  MM.  Raymond,  Thi- 
roloix.  Renon.  —  5*  (2*  partie,  2”  série,  Beaujon)  :  MM.  Robin,  Gou- 
get,  Bezançon. 


Société  pour  la  propagation  de  l’incinération . 

L’Assemblée  générale  de  cette  Société  aura  lieu,  sous 
la  présidence  de.M.  le  D' Bournevillb,  le  samedi  soir,  19 
Mai  1906,  à  8  h.  1  2,  à  l’Hôtel  des  Sociétés  Savantes,  rue 
Danton  (en  face  l’Ecole  de  Médecine).  Dans  un  but  de 
propagande,  le  public  sera  admis  à  la  séance.  Seuls, les 
membres  de  la  Société  seront  invités  à  prendre  part  au 
vote. 

Ordre  DU  JOUR  ;  1°  Ouverture  de  la  séance  par  M.  le 
Président;  —  2“Etat  de  la  crémation  à  l’étranger, par  M.li; 
Secrétaire  général  ;  —3”  Discours  de  M.  le  Président  ; 
—  4°  Compte  rendu  par  M.  le  Secrétaire  général  ;  — 
5"E.\posé  de  la  situation  de  la  Société  et  approbation  des 
comptes  ;  —  6"  Nomination  des  membres  du  Comité. 


Traitement  médicamenteux  des  bronchites  chroniques 
et  de  la  tuberculose  par  l’Hélénine  créosotée. 

Les  propriétés  de  I  hélénine  sont  bien  connues  de  nos  lec¬ 
teurs,  et  nous  ne  rappellerons  sa  bienfaisante  action  dans 
les  bronchites  chroniques  et  la  tuberculose  que  pour  insis¬ 
ter  sur  son  association  à  la  créosote,  qui  augmente  l’action 
réciproque  de  ces  deux  principes  médicamenteux.  Le  de 
Korab,  après  une  longue  expérimentation,  a  pu  établir  la 
puissance  thérapeutique  de  l’hélénine  créosotée.  Les  globur 
les  d'hélénine  créosotée  de  Korab  à  la  dose  de  2,  3  ou  4  par  jour 
sont  acceptées  sans  dégoût  et  sans  répugnance  par  les 
malades  ;  la  créosote  est  mieux  tolérée  par  l'estomac,  grâce 
à  l’action  calmante  de  l’hélénine  sur  les  muqueuses.  L’ab¬ 
sorption  du  médicament  est  fort  rapide  comme  en  font  foi 
les  exhalaisons  créosotées  jointes  au  parfum  de  I  hélénine 
dix  minutes  après  l'administration  des  globules.  En  un  mol 
I  hélénine  créosotée  de  Korab  doit  tenir  une  place  de  choi,\ 
dans  la  liste  trop  courte  des  médicaments  efficaces  des  bron¬ 
chites  chroniques  et  de  la  tuberculose  pulmonaire. 


NOUVELLES 


Démission  de  M.  le  Professeur  Brou.vrdel.  — •  Les  journaux 
annoncent  que  notre  ami  le  professeur  Paul  Brouardel  a  décidé 
de  prendre  sa  retrailo  définitive  et  qu’il  vient  de  donner  sa  dé- 
misson  de  professeur  de  mcdicine  léijale. 

Concours  pour  la  nomination  a  deux  places  de  chirurgien 
DES  HOPITAUX  ET  HOSPICES  CIVILS  DE  Paris.  —  Ce  concours  sera 
ouvert  le  lundi  11  juin  1906,  à  midi,  dans  la  salle  des  concours  de 
l'administration,  rue  dos  Saints- Pères,  n°  49.  MM.  les  docteurs  en 
médecine  qui  voudront  concourir  devront  se  faire  inscrire  à  l’ad¬ 
ministration  centrale,  3,  avenue  Victoria  (.service  du  personnel), 
de  midi  à  trois  heures,  du  lundi  14  mai  au  samedi  26  mai  inclusi¬ 
vement. 

Concours  pour  la  nomin.vtion  1°  a  deux  pi.aces  d’interne  en 
MÉDECINE  A  l’hospick  DE  Brévannks  (Seine  et-Oise)  ;  2“  a  uns 

PLACE  d’interne  EN  MÉDECI.NE  AUX  FONDATIONS  ChARDON-L.AGA- 

CHE  ET  Rossini,  pouf  entrer  en  fonctions  le  l"'  juillet  19ÜG.  — 
concours  sera  ouvert  le  lundi  18  juin  I9(l6,  à  raidi,  dans  la  salle 
des  concours  de  l’administration, rue  des  Saints-Pères,  n®  49. Les 
candidats  qui  désireront  concourir  se  feront  inscrire  à  l’Adminis¬ 
tration  centrale  (Service  du  personnel),  à  partir  du  lundi  14 mai 
jusqu’au  jeudi  31  mai,  de  onze  heures  à  trois  heures. 

Prix  Fillioux.  —  En  conformité  du  legs  fait  à  l'Administra¬ 
tion  générale  de  l’assistance  publique  par  le  docteur  Fillioux,  un 
conooursdoit  être  ouvert,  chaque  année,  pour  l'attribution  de  deux 
prix  d'égale  valeur,  à  décerner  ;  l’un  à  l’interne,  l’autre  à  l’externC 
des  hôpitaux  qui  auront  fait  le  meilleur  mémoire  et  le  meillè® 
concours  sur  les  maladies  de  l’oreille.  En  1906,  ces  prix  seront® 
1200  francs  chacun.  Pour  l’année  190fi,  le  concour.s  sera  ouvert  1?. 
lundi  3  décembre.  Les  élèves  qui  désireronty  prendre  part  seronl 
admis  à  se  faire  inscrire  à  l’administration  centrale  (service  dupèf 
sonnel),  tous  les  jours,  les  dimanches  et  fêtes  exceptés,  de  ooïf 
heures  à  trois  heures,  du  P"’  au  13  octobre  inclusivement.  Le  m^ 
moire  prescrit  comme  épreuve  du  concours  devra  être  dépo® 
avant  le  13  octobre,  dernier  délai.  Ce  mémoire  devra  être  manus¬ 
crit  et  inédit. 

Conditions  du  concours.  —  J.  Programme  du  concours  :  1"  V" 
mémoire,  manuscrit  et  inédit,  sur  les  maladies  de  l’oreille,  le  suj  ^ 
de  ce  mémoire  étant  laissé  au  choix  des  candidats  qui  devront  nè' 
cessairement  comprendre  dans  leur  étude  l’élément  anatomo-1^' 
thologique  ;  2“  Une  épreuve- clinique  spéciale  sur  un 
atteint  d'une  affection  de  l’oreille.  11  est  accordé  au  candidat  vn'o 
minutes  pour  examiner  le  malade,  et  dix  minutes  pour  faire  sa  ^ 
(;on,  après  dix  minutes  de  réflexion.  Le  maximum 
attribuer  à  la  suite  de  chacune  de  ces  deux  épreuves  est  de  ■  '  “li 
le  mémoire,  30  points  ;  pour  l'épreuve  clinique,  20  points.  "  ’ 
Jury  du  concours  :  Le  jury  du  concours  est  composé  de  cinq 
bres  tirés  au  sort,  savoir  :  Trois  parmi  les  chefs  des  services  ^ 
to-rhino-laryngologie  des  hôpitaux,  titulaires  et  suppléants  • 
médecin  et  un  chirurgien  parmi  les  médecins  et  chirurgiens  c*'- 
de  service  des  hôpitaux,  en  exercice  et  honoraires. 

Prix  Civiale.  —  Un  concours  est  ouvert  en  1906.  entre  le'’ 
ternes  titulaires  ou  provisoires  en  médecine  pour  l’attrihuiioè 
prix  biennal  de  1,000  francs,  fondé  par  feu  le  docteur  Civi-'i-i’^^j 
prolit  de  l’éléve  qui  aura  présenté  le  travail  jugé  le  raeillce'’ 


les  maladies  des  voies  urinaires.  Ce  travail  devra  être  déposé  à 
l'Administration  centrale  (Service  du  personnel)  avant  le  15  dé- 
ecmbre  19011,  au  plus  tard.  MM.  les  internes  sont  informés  que  les 
mémoires  destinés  à  être  présentés  pour  le  concours  des  prix  de 
riaternat  (médaille  d’orj  ne  pourront  pas  être  admis  pour  le  prix 
Civiale. 

Le  professeur  Pozzt  est  un  collectionneur  passionné,  notam¬ 
ment  de  bijoux  anciens.  Le  mois  dernier,  il  constata  avec  une 
douloureuse  surprise  qu’on  avait  soustrait  de  sa  vitrine  denx  boi¬ 
tes  en  or,  une  bonbonnière  en  vermeil,  quelques  bagues,  etc., 
2.000  francs  de  bibelots  environ.  Personne  dans  son  entourage  ne 
jlouvait  être  suspecté,  paraît-il.  Il  lit  procéder  à  une  enquête  qui 
aboutit  à  cette  découverte  :  les  bibelots  avaient  été  vendus  à  un 
brocanteur  de  la  rue  Laffitte,  par  une  dame  Guestier,  laquelle 
était  la  secrétaire  du  docteur.  Elle  vient  d’être  condamnée  à  six 
mois  de  prison.  {Courrier  médical  du  22  avril  1900.) 

Commission  d’élaboration  des  tarifs  médicaux  en  cas  d’ac- 
aoENTS  DU  travail.  —  MM.  Milliés-Lacroix, Sénateur  et  Puech, 
député,  sont  nommés  à  la  place  de  MM.  Chovet  et  Mirman  dans 
celte  commission  où  les  médecins  sont  représentés  par  les  D''" 
Brouardel,  Dubuisson  et  Jeanne. 

Médecin  de  l’état  civil.  —  M.  Rolet  est  nommé  médecin  de 
l'état  civil  du  XID  arrondissement. 

Concours  des  Hôpitaux  de  Toulouse.  —  Après  oonc  ours  M. 
Cestan  a  été  nommé  médecin, et  M.  H.  Caubet, chirurgien. 

Ecole  d'Gdontologie. —  Le  médecin  major  de  2“  cl.  Hey,  du 
1"  d'art  col.,  est  affectée  au  23“  d’inf.  col., à  Paris,  en  vue  d'ac¬ 
complir,  du  !“'■  mai  au  15  juin,  un  stage  à  l'école  d’odontologie 
du  docteur  Siffre. 

Chef  d’orchestre  docteur  enmédecine.  —  La  Gazelle  des 
hâpilmix  de  ToM-'ouse  annonce  que  M.  Montagne,  originaire  de 
Toulouse,  chef  d'orchestre  du  grand  théâtre  de  Bordeaux,  vient 
de  passer  brillamment  sa  thèse  de  doctorat  en  médecine  sur  le 
Malmenage  vocal  ». 

Conseil  supérieur  d'hvgiène  publique.  —  Une  place  d'audi¬ 
teur  au  conseil  supérieur  d'hygiène  publique  de  France  est  décla¬ 
rée  vacante.  Conformément  à  l'article  5  du  décret  du  18  novembre 
1902,  les  candidats  sont  invités  à  produire  leur  demande,  accompa- 
Rnée  de  l’exposé  de  leurs  titres,  dans  un  délai  de  15  jours  expirant 
le  31  mai. 


Chronique  des  hôpitaux. 

Concours  d’ophtalmologiste  des  hôpitaux.  —  Le  concours 
vient  de  se  terminer  par  la  nomination  de  MM.  Dupuy,  Dutemps 
et  Foulard.  Le  Progrès  médical  adresse  à  .M.  Foulard,  son  dis¬ 
tingué  collaborateur,  ses  plus  sincères  félicitations. 

Concours  de  l’adjuvat.  —  Le  jury  se  compose  de  MM.  Ter¬ 
rier,  Poirier,  Segond,  Rieffel,Branca  et  de  MM.Auvray  et  Gosset, 
suppléants. 

Hospice  de  la  Salpêtrière.  —  Le  D''  Deny  reprendra  ses 
conférences  cliniques  sur  les  maladies  mentales,  le  dimanche  20 
mai  à  lO  heure,  section  Rambuteau  et  les  continuera  les  diman¬ 
ches  suivants. 

Hospice  de  Bicétre  {Fondation  Vallée).  Rue  Benscrado,  7,  à 
Gentilly.  —  M.  Bournevii.le.  Visite  du  service  (gymnastique,  tra¬ 
vail  manuel,  écoles,  et  présentation  de  malades)  le  samedi  à  10  h. 
très  précises.  Consullalions  médico  péda;/ogi(/ues,  gmimtos  pour 
les  enfants  i)i.d.igenls  atteints  aemaladiesdu  si/stème  nerveux,  le 
jeudi  à  >.)  h.  1/2. 

Hôpital  Saint-.A  ntoine.  —  Le  D"'  P.  Le  Noir,  assisté  dès  D" 
C.AMüs  et  CouRcoux  :  cours  élémentaire  sur  les  maladies  de  l’es¬ 
tomac.  Ce  cours  sera  complet  en  12  leçons.  Le  vendredi  conférence 
clinique. 

Hopitai.  Saint-Louis.  —  Maladies  culanée S  el  sijphilitiques. 
—  M.  Hallopeau  :  leçons  cliniques,  le  jeudi  à  trois  heures. 


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de  50  pages,  avec  12  figures. 

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koins,  der  Roman  meiner  Krebsthéorio  und  ein  neuer  Erfolg  neu- 
ner  alten  Méthode.  Séparai.  Aldruk  aus  Nr  17  der  Âerzîlichen 
Rvndscti'iii .  In-8“  de  (i  pages. 

Nicolas  (J.).  —  Asthme  et  grossesse.  Extrait  de  la  Revue  médi¬ 
cale  du  Monl-d’Ore.  In-8“dell  pages. 


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DES  ENFANTS  NERVEUX  i  ARRIÉRES 

MÉDECIN-DIRECTEUR  :  D'  BOURNEVILLE 
Médecin  de  la  section  des  enfants  arriérés 
et  nerveux  de  Bicétre 

VItry.  pré*  Paris,  22.  rue  Saint-Aubin 

L’Institut  médioo-pedagogique  est  des 

tiné  : 

!•  Aux  enfants  présentant  de  Vinstabiiité 
mentale  et  sujets  à  des  impulsions  mala¬ 
dives  qui  les  empêchent,  quoique  possédant 
un  certain  développement  de  l’intelligence, 
de  se  soumettre  à  la  règle  des  lycées  ou  des 
pensions,  et  qui  ont  par  conséquent  besoin  à  la 
fois  d’une  méthode  d’éducation  spéciale,  et 
d’une  discipline  particulière  ; 

Aux  enfants  arriérés,  faibles  d’esprit  à 
tous  les  degrés  ; 

3*  Enfin  aux  enfants  atteints  d’affections 
nerveuses  compliquées  ou  non  d’accidents 
convulsifs . 

Les  enfants  de  ces  diverses  catégories 
forment  des  groupes  tout  à  fait  distincts. 

L’établissement  où  se  trouvent  réunis  tous 
les  moyens  d’instruction  et  d’éducation  em¬ 
ployés  dans  le  service  de  Bicétre,  est  placé  au 
milieu  d’un  parc  superbe,  sur  le  versant 
d’une  colline,  et  dans  les  meilleures  conditions 
d’hygiène.  Les  enfants  v  sont  i’objet  de  soins 
spéciaux  appropries  à  leur  situation  intellec¬ 
tuelle  et  physique. 

Moyens  de  communication  :  Tramways 
du  Châtelet  à  'VItry.  et  à  Choisy-le-Roi.  — 
Voitures  de  place. 

S'adresser  pour  renseignements  à  M.  le 


320 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


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In-8®  de  60  pages.  Enrico  Woghera. 

SCHRÔDER  (G.).  —  Jahresbericht  der  neueu  Heilanstalt  für 
Lungenkranke  zü  Schomberg  O. A.  nuenbiirg  iJarbang  190.Ô)  nebst 
witterungsbericbt  über  Iti-8'  de  16  pages.  Stuttgart. 


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Du  1"  Mai  au  31  Octobre,  il  est  délivré  des  billets  de  voyage 
d’excursions  aux  Plages  de  Bretagne,  à  prix  réduits,  et  com¬ 
portant  les  parcours  ci-après  : 

Le  Croisic,  Guérande,  Saint-Nazaire.  Savenay.  yuestembert, 
Ploëriiiel,  Vannes,  Aiiray.  Pontivy,  Quiberon,  Le  l‘alais  Belle- 
Ile-en-Mer),  Lorient,  Quiniperlé,  Uosporden,  f:oncarneai], 
Qnimper,  Douarnenez,  Pont-I'Abbé,  Ciiâtcaiiiin. 

Durée  :  30  Jours 

Prix  des  billets  (aller  et  retour)  :  P”  classe,  a  fr.  —2”  classe,  sfifr. 

Faculté  d’arrêt  à  tous  les  points  du  parcours,  tant  à  l’aller 
qu’au  retour. 

Faculté  de  prolongation  de  la  durée  de  validité  moyennant 
supplément. 

En  outre,  il  est  délivré  au  départ  de  toute  station  du  réseau 
d’Orléans  pour  Savenay  ou  tout  autre  point  situé  sur  l’itinéraire 
du  voyage  d’excursions  indiqué  ci-dessus  et  inversement  des 
billets  spéciaux  de  P'  et  2'  classes  réduits  de  40  “/o.  sous  condi¬ 
tion  d’un  parcours  de  50  kilomètres  par  billet. 


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Paris  à  Londres,  via  Rouen,  Dieppe  et  Newhaven 

par  la  gare  Saint-Lazare. 

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fêtes  compris)  et  toute  l'année  {trajet  de  jour  en  8  h.  l  { 
et  cl.  seulement).  ’ 

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Billets  simples,  valables  pendant  7  jours  P'classe,  48  fr  2.',. 
2“  classe;  35  fr.,  3' classe,  23 fr.  25.  '  ’ 

Billets  d'aller  et  retour  valables  pendant  un  mois  :  1"  classe 
82  fr.  75:  2' classe,  .58  fr.  75  ;  3'  classe,  41  fr.  50. 

Ces  billets  donnent  le  droit  de  s’arrêter,  sans  supplémentée 
prix,  à  toutes  les  gares  situées  sur  le  parcours. 

Départs  de  Paris  St  Lazare  :  10  h.  20  matin,  9  h.  30  soir  ;  arri¬ 
vées  à  Londres  :  London-Bridge  ;  7  h.  soir,  7  b.  30  matin  ;  Victo¬ 
ria  :  7  h.  soir,  7  h.  30  malin. 

Départs  de  Londres:  Victoria  :  10  b.  malin,  9  h.  10  soir:  Lon¬ 
don-Bridge,  10  h.  matin,  9  h.  10  soir  ;  arrivées  à  Paris  St-Lazare; 
6  h.  41  soir,  7  h.  5  malin. 

Les  trains  du  service  du  jour  entre  Paris  et  Dieppe  et  vlce- 
versa  comportent  des  voitures  de  !'•  classe  et  de  2'  classe  à 
couloir  avec  W.  C.  et  toilette,  ainsi  qu’un  wagon-restaurant: 
ceux  du  service  de  nuit  comportent  des  voitures  à  couloir  des 
trois  classes  avec  W.  C.  et  toilette.  La  voiture  de  1"  classe  i 
couloir  des  trains  de  nuit  comporte  des  compartiments  à  con- 
cbettes  (supplément  de  5  fr.  par  place).  Les  coucbeltes  peuvent 
être  retenues  à  l’avance  aux  gares  de  Paris  et  de  Dieppe  moyen¬ 
nant  une  surtaxe  de  1  fr.  par  couchette. 

La  Compagnie  de  l’Ouest  envoie  franco,  sur  demande  affran¬ 
chie,  un  bulletin  spécial  du  service  de  Paris  à  Londres. 


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lerées  à  café  far  jour  dans  latt,  bouillon  ou  tisane. 

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de  2  mois  à  2  ans  :  1  cuillerée  à  café  par  jour. 

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de  Clignancourt,  Paris.  (Mémoires  déposés  à  l’Academie  « 
Médecine,  23  mars  1897, 8  mai  18981.  L'extrait  de  ces  Mémoires 
est  adressé  gracieusement  à  tous  les  médecins  qui  lui 
feront  la  demande.  Renseignements  gratuits  et  prix  de  favtv 
pour  tous  les  memores  du  corps  médical. 


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26  MAI  1906 


35.  année.  3'  SÉRIE.  T.  XXIl.  N"  21 . 


Le  Progrès  Médical 


:  Cliniql'e  neurologique  ;  Note  sur  un  cas  de 
maladie  de  Stockes- Adams,  par  Blondin.  —  Bulletin:  Lacélé- 
.  bratfon  du  anniversaire  de  la  fondation  du  premier  syndi¬ 
cat  médical  de  France,  par  Noir.  —  Sociétés  Savantes  :  Aca¬ 
demie  des  Sciences  :  Sur  trois  virus  de  trypanosomiase  humaine 
de  provenances  différentes,  par  Laveran  ;  Culture  du  spirille  de 
la  lièvre  récurrente  africaine  chez  l’homme,  par  Levaditi  (c.  r. 
de  Mme.  Phisalix).  Société  de  biologie  :  Passage  pylorique  des 
jrraisses,  par  Carnot  et  Chassevanl  ;  Action  pathogène  du  micro¬ 
coque  des  oreillons,  par  Teissier  et  Esmein  ;  Nature  syphiliti¬ 
que  de  la  paralysie  générale,  par  Bosc  ;  Syndrome  de  Landry 
et  rage  paralytique,  par  Remlinger  ;  Agglutination  du  gonoco¬ 
que  et  du  méningocoque  de  Weichselbaum  par  le  sérum  gono¬ 
coccique,  par  Brucknner  et  Cristianu  (0.  r.  de  Mme  Edwards- 
Pilliet.)  —  Académie  de  Médecine  :  L’état  sanitaire  de  Paris, 
par  Martin  ;  La  tuherculophobie,  par  Rousseau  Saint-Phillippe 


(c.  r.  de  A. -F.  Plicque).  —  Revue  de  pédiatrie  :  Traitement 
de  la  luxation  congénitale  de  la  hanche,  par  Ducroquet  et  de 
Rothschild  ;  Valeur  thérapeutique  de  la  liqueur  de  Van  Swieten 
chez  les  nourrissons  hypotrophiques  avec  troubles  digestifs,  par 
de  Rothschild.  —  Bibliographie  :  La  stérilisation  des  salles 
d’opération,  par  Longuet.  —  Assistance  publique  ;  Adminis¬ 
tration  générale  de  l’assistance  publique  à  Paris.  —  Thérapeu¬ 
tique  :  Traitement  de  la  coqueluche.  —  Varia:  Les  médecins 
à  la  Chambre  des  députés  ;  Les  médecins  français  en  Perse  ;  La 
caisse  des  recherches  scientifiques  ;  Le  conseil  de  l’université  de 
Paris  ;  L’air  respirahle  pour  les  Parisiens  ;  Révolte  de  lépreux. 
—  Les  congrès  :  Congrès  pour  la  répression  de  l’exercice  illé¬ 
gal  de  la  médecine.  —  Formules.  —  Actes  et  thèses  de  la 
FACULTÉ  DE  MÉDECINE  DE  Paris.  —  NOUVELLES. —  Chronique 
des  hôpitaux.  —  Bulletin  bibliographique. 


CLINIQUE  NEUROLOCIQUE 

Note  sur  un  cas  de  maladie  de  Stokes-Adams 
Pouls  lent  permanent'; 

Parle  D'^  BLONDIN. 

La  maladie  du  pouls  lent  permanent,  maladie  de 
Stokes-Adams,  est  une  des  maladies  actuellement  à 
l'ordre  du  jour.  Bien  n'est  plus  discuté,  et  encore  plus  ii 
certain  que  la  pathogénie  de  cette  affection.  Il  nous  a  été 
donné  d'observer  dans  le  service  de  deux  de  nos  maîtres, 
àl’hôpital Lariboisière, le  D’’  Galliard  et  le  D'  Landrieux, 
un  malade,  atteint  de  pouls  lent  permanent  dont  nous 
rapporterons  l'observation.  Nous  émettrons  ensuite 
quelques  réflexions  qui  nous  sont  suggérées  par  l'Ms- 
toire  et  l'évolution  de  cette  maladie.  Ces  considérations 
ne  nous  permettront  certes  pas  de  poser  des  conclu¬ 
sions  fermes,  il  nous  a  semblé  cependant  qu'elles  fus¬ 
sent  susceptibles  de  présenter  quelque  intérêt. 

Ce  malade  E...,  P...,  âgé  de  51  ans,  exerçant  la  pio- 
^ssion  de  camionneur,  est  entré  le  9  février  190(5  salle 
nabelais,  lit  n''44,  à  l’hôpital  Lariboisière,  dans  le  ser¬ 
vice  du  Galliard. 

Cet  homme  était  déjà  entré  salle  Rabelais  en  1905  ; 
U  se  plaignait,  comme  cette  année, de  crises  nerveuses, 
qu  GU  n'avait  pu  constater  lors  de  son  premier  séjour, 
Olenient  ces  crises  étaient  peu  fréquentes.  On  avait 
si'nlement  constaté  alors  qu’il  avait  le  pouls  lent, 
il)  .vnconte  que,  bien  portant  jusqu'à  l'âge  de  49  ans, 

ni  arriva,  un  jour,  sans  cause,  en  cliargeant  son  '-a- 
n'^ûi  de  tomber  brusquement  en  perdant  connaissance, 
ço' reconduit  à  son  domicile,  sans  s’aperce- 
tial  ^  qui  lui  arrivait  ,  c'est  depuis  cette  crise  ini- 
f J  ®  qu’il  eut,  paraît-il,  des- crises  analogues  d'une 
5Qjj'^|^^^°Qtinue,  au  point  de  n'avoir  jamais  pu  reprendre 

a’A^^^vieurement  à  cette  L'  crise,  qui  date  de  1904,  il 
eu  aucune  maladie.  G'est  un  homme 
viejA®^*  X'Soureux,  encore  bien  musclé,  qui  ne  se  sou- 
ion/ eu  aucune  affection  avant  nécessité  le  sé- 
^  jVaulii. 

Son  accident  vénérien,  et  on  ne  retrouve  sur 

philig^fP®  ‘‘’i'^cune  trace  pouvant  éveiller  l'idée  de  sy- 
♦‘réditaire  ou  acquise.  La  recherche  des  sy  mp¬ 


tômes  ordinaires  de  l’hystérie  est  négative  ;  pas  de 
troubles  de  la  sensibilité,  pas  de  zones  hystérogènes, 
réflexes  normaux  ;  il  a  peut  être,  quand  il  parle  lui- 
même  de  sa  maladie,  une  certaine  tendance  à  l’exagé¬ 
ration,  mais  la  simulation  ne  peut  être  incriminée  ; 
nous  avons  pu  observer  ses  crises,  qui  ne  présentaient 
en  rien  les  caractères  des  crises  hÿstériformes . 

Il  n'a  été  victime  d’aucun  accident  ou  traumatisme 
de  nature  à  provoquer  ce  dont  il  souffre  actuellement. 
Tout  ce  que  Ton  retrouve  dans  son  histoire,  c’est  une 
intoxication  alcoolique  avouée  et  notable  (vins,  petits 
verres  et  absinthe).  C’était  aussi  un  fumeur  ordinaire  ; 
il  a  du  reste  cessé  Tusage  du  tabac.  Ses  parents  sont 
morts  âgés  :  son  père  a  succombé  à  un  accident.  Il  a 
perdu  plusieurs  frères  et  sœurs  morts  entre  40  et50,ans, 
de  cause  inconnue  ;  mais  il  assure  que  personne,  dans 
sa  famille,  ne  présenta  d’accidents  analogues  à  ceux  dont 
il  se  plaint. 

Ses  crises  ont  toujours  été  épileptiformes,  jamais 
syncopales  ;  il  les  sent  venir,  et  peut  toujours,  sinon  les 
éviter,  du  moins  les  annoncer  ;  il  a  des  sensations  de 
brûlure  épigastrique,  de  cuisson  au  niveau  des  doigts, 
des  battements  dans  les  oreilles,  il  profère  une  plainte, 
peutappeler  à  l’aide,  etdire  même  :«  Voilà  que  çp  va 
me  prendre  »,  puis  la  crise  se  déroule. 

Contractions  toniques  très  courtes,  convulsions  clo¬ 
niques  dans  les  membres,  accélération  respiratoire,  les 
yeux  restant  ouverts  et  lixes,  le  visage  coloré.  Après 
une  perte  de  connaissance  très  courte,  parfois  incom¬ 
plète,  la  crise  cesse  en  une  minute  à  une  minute  1/2. 

A  la  cyanose  du  visage  succède  une  pâleur  persistant 
un  peu  plus  longtemps  ;  jamais  il  ne  s’est  mordu  la 
langue  ;  jamais  on  n'a  observé  d'émission  involontaire 
des  urines  ou  des  matières  fécales. 

Au  début,  ces  crises  étaient  mensuelles  ou  bi-men- 
suellcs,  puis  elles  sent  devenues  plus  fréquentes,  et 
pendant  son  séjour  à  Thûpital,  il  en  a  d’abord  3  ou  4, 
puis  jusqu'à  20etmême  25  dans  les  24  heures. 

Voici  les  renseignements  que  donne  l'examen  de  cet 
homme. 

Poumons  à  peu  près  sains,  sauf  quelques  réserves  sur 
un  sommet  douteux. 

Organes  abdominaux  normaux. 

Pas  d'hypertrophie  ganglionnaire. 

Le  cœur  ne  paraît  pas  sensiblement  augmenté  de  vo- 


322 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


lume  ;  les  orifices  valvulaires  paraissent  sains,  on  ne  | 
constate  ni  souffles,  ni  arythmie. 

Mais  les  battements  sont  remarquablement  lents  ;  il 
est  possible  d'entendre  des  faux  pas  du  cœur,  ou  des 
systoles  en  écho,  battements  cardiaques  faibles  ne  coïn¬ 
cidant  avec  aucune  pulsation  artérielle.  Le  nombre  des 
pulsations  radiales  au  début  de  son  séjour  se  mainte¬ 
nait  dans  les  environs  de  20  à  la  minute. 

Les  artères  sont  légèrement  dures,  sans  exagération  ; 
la  temporale  est  un  peu  sinueuse. 

Tension  sanguine  au  sphygmomanomètre  de  Polain 
=  21  à  22. 

Les  urines  acides,  peu  abondantes,  pesaient  1025, 
elles  n'ont  jamais  contenu  ni  sucre,  ni  albumine,  elles 
présentaient  seulement  des  chlorures  et  de  Tazote  en 
quantité  inférieure  à  la  normale  et  de  l'indican  au  con¬ 
traire,  en  proportion  notable. 

Rapidement,  les  crises  se  répètent,  au  point  de  deve¬ 
nir  presque  subintrantes  ;  l'état  de  cet  homme  devient 
si  grave  que  M.Galliard  porte  le  pronostic  le  plus  sévère, 
et  s'attend  aie  voir  succomber  dans  une  crise.  Le  bro¬ 
mure  de  potassium,  le  sulfate  de  spartéine  par  la  voie 
digestive  et  sous-cutanée,  le  nitrite  d’amyle,  latrini- 
trine,  le  sérum  artificiel  en  injection  hypodermique 
sont  administrés  sans  effet. 

Une  rachicentèse  est  pratiquée,  elle  ne  donne  aucun 
résultat  thérapeutique,  et  l’examen  du  liquide  de  ponc¬ 
tion  ne  décèle  pas  d'éléments  figurés. 

Les  crises  continuent  à  devenir  plus  fortes  et  plus 
fréquentes,  le  pouls  oscille  entre  17  et  20  à  la  minute  ; 
la  tension  se  maintient  à  21.  Le  malade  trouvant  qu'on 
ne  le  soulage  pas,  sortde  l'hôpital,  entre  2  crises, mal¬ 
gré  ce  qu’on  peut  lui  dire,  et  se  fait  transporter  chez 
lui  le  26 février. 

Au  bout  de  2  jours,  il  se  retrouve  dans  l'obligation 
de  se  faire  transporter  à  nouveau  à  Lariboisière,  et 
nous  le  retrouvons  le  P‘  mars,  salle  Bouley,  dans  le  ser¬ 
vice  de  M.  Landrieux. 

Les  mômes  constatations  sont  faites. 

Le  minimum  de  pulsations  observées  fut  13  à  la  mi¬ 
nute.  Mômes  insuccès  thérapeutique  que  précédem¬ 
ment.  Pendant  15  jours,  il  reste  dans  le  même  état  de 
mal  épileptique.  11  faut  signaler  cependant,  pendant 
cette  période,  une  ascension  thermique  atteignant  40®, 
et  se  maintenant  au-dessus  de  la  normale  pendant 
3  jours:  cette  élévation  de  température  était  due  à  une 
poussée  d'amygdalite  lacunaire  qui  guérit  par  les  lava¬ 
ges.  Il  faut  insister  sur  ce  fait  (déjà  signalé  du, reste 
par  les  ailleurs]  que  malgré  la  fièvre,  le  pouls  se  main¬ 
tient  sans  accélération,  au  même  degré  de  ralentisse¬ 
ment. 

Le  17  mars,  M.  Landrieux  eut  l'idée,  ne  sachant 
plus  que  tenter  pour  le  soulager,  de  lui  faire  sur  la  ré¬ 
gion  précordiale  de  vigoureux  stypages  au  chlorure  de 
méthyle.  Ces  stypages  furent  assez  énergiques  pour 
produire  des  érosions  analogues  à  celles  que  laisserait 
une  mouche  de  Milan.  L'effet  ne  se  fit  pas  attendre  :  le 
jour  même,  le  malade  no  perdit  plus  connaissance,  il 
eut  bien, dit-il, une  ou  deux  ébauches  de  crises  dans  Ta- 
près-midi,  ou  plutôt  il  craignit  d’en  avoir;  mais  en  réa¬ 
lité  ces  crises,  qui  duraient  depuis  un  mois  sans  arrêt, 
disparaissaient  pour  ne  plus  revenir,  jusqu'à  sa  sortie 
de  l’hôpital,  un  mois  après  le  16  avril.  Pendant  ce 
temps  qui  suivit  le  P'"  stypage,  on  lui  refit,  sur  sa  de¬ 
mande, à  3  où  4  reprises,  des  applications  de  coton  im¬ 
bibé  de  chlorure  de  méthyle  qui,  comme  les  premières, 
laissèrent  sur  sa  poitrine  des  traces  cuisantes  de  leur 


passage.  La  disparition  des  crises  ne  fut  pas  le  seul  ef¬ 
fet  de  ce  traitement  presque  miraculeux  en  l'occurence 
le  lendemain  de  la  P'  application,  ou  put  observer’ 
dans  la  matinée,  soixante  pulsations  à  Tarière  radiale.' 
Malheureusement,cette  élévation  du  pouls  ne  se  main¬ 
tint  pas  ;  le  soir,  il  n'avait  plus  que  35  battements,  et 
jusqu’à  sa  sortie,  malgré  les  autres  stypages,  on  ob¬ 
serva  30  à  37  pulsations  par  minute  avec  un  minimum 
de  28.  Le  pouls  a  donc  conservé  les  caractères  du  pouls 
ralenti,  quoiqu'à  un  degré  légèrement  moindre;  mais 
sans  aucun  autre  traitement  (le  malade  se  refusait  de¬ 
puis  longtemps  à  prendre  de  Tiodure  ou  du  bromure) 
les  crises  avaient  disparu,  l’état  général  était  devenu 
meilleur,  au  point  de  lui  permettre  d’aller  et  venir; 
l’appétit  ellesommeil  étaient  excellents,  et  il  n’yavait 
plus  aucune  raison  de  le  retenir  à  l’hôpital,  quandil 
voulut  lui-même  le  quitter  le  IG  avril. 

—  Dans  ce  cas  de  maladie  de  Stokes-Âdams,  nous 
nous  sommes  demandé  quelle  cause  et  quelle  théorie 
pathogénique  on  pouvait  invoquer?  Cet  homme  ne  pré¬ 
sentait  aucun  symptôme  d’affection  valvulaire  du 
cœur;  il  n’était  pas  syphilitique,  autant  qu’on  le  peut 
affirmer;  en  tous  cas,  il  ne  se  souvenait  avoir  ou  aucun 
accident  vénérien,  et  il  ne  portait  aucune  trace 
d'accidents  spécifiques.  Aucun  traumatisme  n'avait 
pu  agir  directement  sur  son  bulbe  rachidien.  Les  uri¬ 
nes  n’ont  jamais  contenu  d’albumine  et  il  n'a  présenté 
aucun  symptôme  d'empoisonnement  urémique.  Il  est 
très  moyennement  athéromateux,  ses  artères  ne  sem¬ 
blent  pas  sensiblement  plus  dures  que  celles  d'un  homme 
de  son  âge  et  de  son  milieu.  Il  reconnaît  avoir  fait  des 
excès  de  boisson,  mais  encore  ne  présente-t-il  que  les 
petits  signes  de  Tétliylisme  (quelques  cauchemars,  un 
peu  de  tremblement  des  mains,  mais  pas  de  désordre 
viscéraux  appréciables). 

On  ne  peut  rapprocher  son  histoire  clinique  de  celles 
qu'ont  rapportées  Adams,  Stokes,  Cornil,  Follet,  llirl^; 
G.  Brouardel  et  Villard,  où  le  cœur  était  considère 
comme  l’agent  causal  du  pouls  ralenti.  On  peut  nous 
objecter  que  nous  n'avons  pas  l’autopsie  pour  certifier 
qu'il  n’y  a  rien  aucœur,  mais  nous  nous  expliquerions 
mal,  avec  une  gomme  du  cœur,  par  exemple,  Teffetdes 
stypages  sur  les  crises  épileptifbrmeset  même  (puis¬ 
qu'il  y  eut  un  effet  momentané),  sur  la  bradycardie. 

L'intoxication  urémique  ne  peut  être  mise  en  cause 
conformément  aux  idées  avancées  par  Huchard,  De- 
bove,  Guigeot,  Comby,  Krause. 

Gaudon,  dans  sa  thèse  toute  récente  (1905),  rapports 
bien  une  observation  de  Pott  (1898j  et  2  observa¬ 
tions  de  Debove,  et  deTriboulet  et  GoujeroLou  lepouF 
lent  semblait  nettement  sous  la  dépendance  de  1  hystO" 
rie.  Il  faut  reconnaître  que,  dans  notre  cas,  la  cessation 
brusque  des  accidents  épileptiformes  et  même 
augmentation  du  nombre  des  pulsations  à  la  suite  du» 
traitement  nouveau,  assez  douloureux  et  par  conséquen 
actif  (bien  propre,  en  somme,  à  frapper  Timaginnh®® 

I  d'un  nerveux),  pouvait  un  instant  faire  penser  à  1  h)® 
térie.  Nous  y  avons  pensé  et  nous  avons  examiné  no|^ 
i  malade  à  ce  point  de  vue.  II  ne  présentait  aucun  synop*^ 
i  me  de  la  grande  névrose,  et  ses  crises  n'avaient 
d'hystériforme.  11  est  rare,  du  reste,  qu'on  retrouve  en 
j  les  hystériques, avec  une  régularité  aussi  déscspéréiae 
I  tenace,  pareil  ralentissement  permanent  du  pouls. 

fiossible  que  Tmlluence  psychique  du  traitement 
e  stypage  ait  joué  un  rôle,  mais  nous  ne  pouvons 
qu’elle  ait  été  suffisante  pour  produire  les  effets 
servés. 


t.E  PROGRÈS  MEDICAL 


323 


U  est  difficile  do  ne  voir  dans  ce  traitement  et  dans 
l'effet  obtenu  qu’une  simple  coïncidence  ;  le  malade 
était  dans  l’état  le  plus  grave  ;  il  avait  été  vu  par  plu¬ 
sieurs  médecins  unanimes  à  porter  le  pronostic  le  plus 
sombre,  et  brusquement  après  cette  thérapeutique  un 
neu  empirique,  et  presque  désespérée,  il  éprouve  sub¬ 
jectivement  et  objectivement  un  mieux  considérable. 

Force  nous  est  donc  de  nous  rabattre  sur  les  théo¬ 
ries  nerveuses  ou  les  théories  accusant  le  défaut  d'ir- 
ri‘'ation  bulbaire  par  des  artères  athéromateuses.  La  I 
physiologie  ne  nous  donne  pas  clairement  l’explication 
de'^ce  phénomène.  D’après  tous  les  physiologistes, 
l'excitationdu  bout  central  du  N.  de  Byon,  dunerf  pneu¬ 
mogastrique,  des  racines  sensitives  des  nerfs  rachidiens  j 
ou  des  nerfs  sensitifs  delà  face,  l’irritation  du  grand 
sympathique  et  plus  spécialement  du  grand  splanchni- 
ue.  produisentrinhibition,leralentissement  des  bruits  j 
U  cœur. 

Par  contre,  la  section  des  deux  pneumogastriques  ! 
provoque,  pendant  la  survie  de  l’animal,  une  accéléra¬ 
tion  des  battements  cardiaques.  L'atropine  en  injec¬ 
tions  sous-cutanées  produit  de  même  une  accélération, 
en  paralysant  les  terminaisons  nerveuses  de  la  10'=  paire. 
Encore  faut-il  ajouter,  comme  l’a  constaté  Médéa  (de 
Milan),  que  dans  un  grand  nombre  de  cas  de  pouls  lent 
permanent  vrai  et  non  de  bradycardies  plus  ou  moins 
transitoires,  ces  injections  d'atropine  restent  sans  effet. 

La  clinique  confirme  ces  données  :  Czermack  en 
comprimant  son  propre  pneumo-gastrique  surune  tu¬ 
meur  dont  il  était  porteur,  provoquait  un  ralentisse-  ' 
ment  de  son  cœur,  Comato,  Quincke,  Cardarelli,  Ko- 
wacko,  Wassilewsky  ont  confirmé  ces  faits. 

Chauffard  dans  une  de  ses  cliniques  [BulleUnmèdical, 
1898,  p.  297)  signale  un  cas  où  un  zona  thoracique  pro¬ 
voqua  de  la  bradycardie,  l’excitation  périphérique  cons¬ 
tituant  le  point  de  départ  du  réllexe  bradycardique. 
Chauffard  pense  qu'un  réflexe  centripète  d’origine  cu¬ 
tanée  ou  pulmonaire  peut  provoquer  le  pouls  lent.  Mais 
‘‘ajoute  que  la  manière  de  réagir  aux  excitations  est 
variable  suivant  les  sujets,  une  stimulation  pouvant 
provoquer  une  aciion  dynamogénique  chez  certains, 
paralysante  chez  d'autres.  En  elfet,  Merklen  a  rap- 
^rtéenl892  (à  la  Soc.  médic-  des  hop.),  des  cas  de 
chycardie  d'origine  pneumonique  dans  les  affections 
I  “  artérielles.  11  pourrait  donc  y  avoir  dans  le 
^ulslent,  comme  dans  la  tachycardie  paroxystique, des 
réaction  nerveuse  individuels  ;  témoins  dans 
nem^r  Chauffard,  ce  malade  atteint  de  pouls  lent. 
jl  ^‘.'santses  crises  en  passant  du  décubitus  dorsal 
JJ.  assise,  et  dans  le  cas  de  Stokes,cet  homme 

meù  môme  maladie,  évitant  ses  crises  en  se 

JJ  ®t  dans  la  position  genu-pectorale. 
sç  ^iPffcile,  on  le  voit,  d’expliquer  ce  qui  a  pu 
dans  notre  cas;  il  est  vrai  que,  pour  cela,  il 
rien ainsi  dire  tou t  établir  dans  cette  q uestion  où 
dples  ““““re  certain  et  où  les  causés  semblent  mul 
pliq^p  .““niplexes.  Aous  ne  croyons  pas  possihled’ex- 
tentj.j^A^d'et  du  stypage  autrement  que  par  un  réflexe 
surlag-  “^'S'ne  cutanée,  agissant  sur  le  bulbe  ou 
proiJna^'^'^'^n^n  bulbaire.  L'excitation  cutanée  aurait 
%ellat^'*^  chose  d’analogue  aux  frictions,  aux 
(l’asp}jv'^®®’““  aux  tractions  de  la  langue,  dans  les  cas 
etdeTa'’^-*'^  “n  de  syncope  avec  arrêt  de  la  respiration 
Le  chlorure  de  méthyle  a  dû  agir  par 
l'ait  agi  ^dsion  cutanée  consécutive,  comme  au- 
**®^*Pea^*^*  doute  n’importe  quel  vésicant  ou  excitant 
n,  et  1  avenir  nous  dira  si  la  même  cause  est 


susceptible,  dans  un  autre  cas,  de  produire  les  mômes 
effets,  ou  s’il  n’y  avait,  chez  le  malade  que  nous  avons 
étudié,  qu'une  de  ces  co'incidences  heureuses  ou  un  de 
ces  succès  inexpliqués  et  malheureusement  isolés  qu’on 
observe  si  souvent  en  thérapeutique. Quoi  qu’il  en  soit, 
ce  cas  de  pouls  lent  permanent,  amélioré  par  une  action 
nerveuse,  nous  semble  plutôt  plaider  en  faveur  de  la 
théorie  pathogénique  qui  voit  dans  une  action  bulbaire 
très  complexe  et  encore  très  obscure  la  cause,  de  la 
maladie  de  Stokes  Adams. 


NARCYL  GRÉMY  médicament  spécifi¬ 
que  de  la  toux,  spécialement  de  la  toux  des  tu¬ 
berculeux. 

BULLETIN  DU  PROGRÈS  MÉDICAL 


La  célébration  du  25“  anniversaire  de  la  Fondation  du 
Premier  Syndicat  Médical  de  France. 


Le  D  MIGNEN,  de  Montaigu 

Fondateur  du  premier  syndicat  médical  créé  en  France. 


Mercredi  IGmai  1906,a été  célébré  le  .vingt- cinquième 
anniversaire  de  la  fondation  du  Premier  Syndicat  Mé¬ 
dical  de  France.  Cette  fête  toute  de  famille  a  eu  lieu  à 
Montaigu  en  Vendée,  car  c'est  dans  cette  petite  ville 
que  s'est  formée  la  première  organisation  syndicale  de 
médecins  praticiens.  Depuis,  ces  associations  de  défense 
professionnelle  ont  pris  une  telle  extension  dans  le’ 
Corps  médical  français  qu’il  n’y  a  guère,  à  l’heure 
actuelle,  qu’une  dizaine  de  départements  dépourvus  de 
syndicats  médicaux,  et  (pie  le  nombre  de  ces  derniers 
atteint  lechitfre  de  L)? avec  plus  de  8  WO  adhérents. 


324 


LE  PROGRÈS  MEDICAL 


Montaigu  est  un  chef-lieu  de  canton  de  1.800  habi¬ 
tants  environ,  bâti  sur  la  Maine,  affluent  de  la  Sèvre- 
Nantaise,  en  plein  Bocage  vendéen. 

Cette  petite  ville,  puissamment  fortifiée  par  Louis  XI, 
successivement  mise  à  sac  par  les  réformés  et  les  ca- 
tholiques  pendant  les  guerres  de  religion,  par  les  ar¬ 
mées  républicaines  et  royalistes  au  cours  des  guerres  de 
Vendée,  ne  conserve  de  ses  fortifications  que  les  larges 
et  profondes  douves  creusées  en  plein  roc,  et  quelques 
vestiges  de  son  donjon  rasé.  C’est  à  Montaigu  qu’un 
médecin  de  campagne,  le  D'  Gustave  Mignkn,  réunit, 
il  y  a  un  quart  de  siècle,  40  de  ses  confrères  des  can¬ 
tons  avoisinants  de  la  Vendée  et  de  la  Loire-Inférieure, 
pour  fonder  le  premier  Syndicat  médical  de  France, 
dontles  noces  d’argent  viennent  d’ètre  célébrées. 

La  fête, toute  familiale-et  intime, a  consisté  en  un  ex¬ 
cellent  banquet  servi  à  l'Hotel  Boy  où  assistaient  tous 
les  membres  du  Syndicat  de  Montaigu  et  quelques  invi¬ 
tés,  citons  parmi  ces  derniers  :  M.  le  D'  GairaL  président 
de  l’Union  des  Syndicats  médicaux  de  France,  repré¬ 
sentant  élu  des  Syndicats  médicaux  au  Conseil  supé¬ 
rieur  de  la  Mutualité,  M.  le  lU  J.  Noir,  secrétaire  géné¬ 
ral  de  l’Union  des  Syndicats  médicaux,  M.  le  D''  Olive, 
président  du  Syndicat  des  médecins  de  Nantes, M. Fleu¬ 
ry,  vice-président  et  M.  Barbanneau, secrétaire  du  Syn¬ 
dicat  départemental  des  médecinsde  la  Vendée. 

Le  Président  du  Syndicat  de  iMontaigu.  le  D"  Clenet 
avait  cédé, en  la  circonstance,  sa  place  au  fondateur  du 
Syndicat,  M. Mignon,  qui  a  fait  les  honneurs  de  la  fête 
etqui,  après  que  les  convives  eurent  apprécié  l’excel¬ 
lente  cuisine  et  les  vins  généreux  du  banquet,  a  pro¬ 
noncé  le  discours  suivant  fréquemment  interrompu  par 
d’unanimes  applaudissements  : 

Discours  de  M.  le  D'  Mignen.  fondateur  du  Syndicat 
médical  de  Montaigu. 

Mes  chers  Confrères. 

Nous  fêtons  aujourd’hui  les  noces  d'argent  de  notre  Syndicat 
médical  de  Montaigu,  et  ce  n'est  pas  sansune  \iveetà  la  fois 
une  douce  émotion  ([ue  j’ai  accepté  de  mon  vieil  jfmi  Clenet, 
notre  affectionné  président,  riionneur  d’occuper  poui-  un 
jour  la  place  qui  est  justement  la  sienne. 

Lanouvelle  ijreuve  d’amitié  qu'il  me  donne,  et  je  ne  les 
compte  ])lus,  me  procure  le  très  agréable  plaisir  de  saluer  nos 
hôtes,  M.  le  D''  Gairal  président  de  l'Union  des  Syndicats  mé¬ 
dicaux.  et  NI.  le  D''  Noir,  secrétaire  général  de  l'Union, 
qui  sont  venus  de  bien  loin  s’associera  notre  fête  de  famille, 
parce  <iu'elle  est  aussi  la  leur,  et  celle  de  tous  les  syndicats 
médicaux. 

N  ous  les  connaissez  depuis  longtemps,  vous  savez  que  NI.  le 
D'  Gairal,  avec  un  dévouement  de  tous  les  instants,  consacre 
sa  grande  activité  à  la  défense  ininterrompue  de  nos  intérêts 
professionnels;  membre  du  Conseil  supérieur  de  la  mutua¬ 
lité,  il  a  lutté  avec  une  rare  énergie  pour  faire  prévaloir  nos 
revendications  et  a  su  s’y  faire  écouter.  Sous  sa  présidence,  l’U¬ 
nion  des  syndicats  médicaux  est  devenue  la  voix  autorisée  du 
corps  médical  prèsdes  Pouvoirs  publics,<iui  accueillent, (juand 
même  ils  ne  le  provo(iuent  pas,  notre  concours  loyal,  parce 
«lu'ils  savent  que  nos  désirs  et  nos  aspirations  ne  nous  sont 
dictés  (pie  par  un  esprit  dejustice  égale  pour  tous. 

N  ous  savez  aussi  avec  quel  soin,  avec  quel  zèle,  NI.  le  Noir 
remplit  sa  grande  biche  à  PUnion  des  Syndicats.  11  en  est  lâche- 
ville  ouvrière,  et  l’on  est  en  droit  de  se  demander  comment  il 
peut,  pour  le  plus  grand  bien  de  tous,  produire  à  l'heure  dite 
une  telle  somme  de  travail.  Vous  penserez  comme  moi  (pi’il 
est  soutenu  dans  cet  écrasant  labeur  par  l'exemple  <pie  lui  a 


légué  son  digne  père,  qui,  lui  aussi,  fut  1  un  des  premiers 
adeptes  de  l'organisation  des  médecins  en  syndicat. 

En  votre  nom  j’adresse  à  MNl.  Gairal  et  Noir  nos  confrater¬ 
nels  et  respectueux  remercîments. 

Montaigu  a  eu  la  bonne  fortune  d'être  le  berceau  d’origine, 
le  IB  mai  IBiSl,  du  premier  des  syndicats  médicaux.  Sans 
doute,  mon  ami  Gouin.  aujourd’hui  médecin  à  N  ieillevigne, 
et  moi,  pouvons  eu  être  appelés  les  fondateurs,  mais  notre 
initiative,  nous  tenons  à  le  (lire,  ne  se  fût  point  produite  si  le 
corps  médical  n’av  ail  eu  alors  l’organe  de  défense  profession¬ 
nelle  créé,  depuis  deux  années  par  le  regretté  docteur Cézillv 
avec  la  collaboration  de  Gassot  et  Nlaurat  (pii  sont  toujouR 
sur  la  brèche,  je  veux  parler  du  C oncours  mcdical,dam  lequel 
le  non  moins  regretté  .Margueritte,  du  Hav  re,  émit  le  premier 
l'idée  du  groupement  des  médecins  en  syndicat,  idée  dont  les 
docteurs  Béraud, de  Charlieu,  et  Cauchy  de  Bapaume  se  firent 
les  ardents  et  dévoués  propagateurs. 

A  ces  pionniers  de  la  première  heure,  nous  devons  le  légi¬ 
time  tribut  de  notre  reconnaissance.  NIargueritte  et  Gézilty 
avaient  eu  la  compréhension  vraie  des  besoins  du  corps  mé¬ 
dical.  Us  déploraient  l’isolement  funeste  dans  leiiuel  nous  vi¬ 
vions,  ayant  éprouvé  eux-mêmes  (jue  cet  isolement  étaitla 
cause  ordinaire  de  nos  plus  grands  ennuis  professionnels. Et, 
en  face  des  associations  syndicales  ouvrières  (jui,  dès  lors, 
devenaient  de  jour  en  jour  plus  nombreuses  et  aussi  plus 
exigeantes,  ils  pressentaient  (ju'une  organisation  similaire  de 
notre  part  pouvait  seule  nous  prémunir  contre  des  dangers 
(}ui  mettaient  dans  le  plus  grand  péril  les  conditions  déjà 
précaires  de  notre  existence. 

Partageant  ces  craintes,  Gouin  et  moi  nous  entreprîmes  de 
nous  mettre  à  l'œuvre,  et  ce  fut  en  sortantd'une  consultation 
près  d'un  malade,  que  nous  nous  d('‘cidàmes  à  tenter  les  dé¬ 
marches  n(''cessaires.  Je  me  rappelle  notre  chev  auchée  (Xim- 
muneà  travers  notre  région,  frappant  à  tontes  les  portesdes 
confrères,  et  trouvant  partout,  même  chez  les  plus  âgés, op 
encouragement  et  une  promesse  terme  d'adhésion.  11  nous  était 
donc  facile  d’aboutir,  et,le  Ki  mai  lS81,nous  nous  réunissions 
ici  même  pour  la  première  fois  :  le  syndicat  médical  de  Mon¬ 
taigu,  premier  de  France,  était  fondé. 

A  ce  souvenir  d'une  belleel  réconfortante  journée  se  mêlent 
aujourd  hui  de  cruels  regrets.  Combien,  depuis,  sont  tombes 
qui  nous  avaient  apporté  le  plus  généreux  appui .'  Nous  en 
dressions,  ces  jours  derniers,  notre  dévoué  secrétaire  Guiber 
tcau  et  moi, la  liste  funèbre, et  24  noms  y  étaient  inscrits. 'lous 
nous  avons  perdu  en  eux  délions  amis  et  de  dévoués  et  svin' 
pathi(iues  confrères,  dont  l’iin,  le  D''  desEssarts,  futappelp* 
l’honneur  de  nous  présider.  Nous  nous  retrouvons  du  moip-‘ 
nombreux  encore  de  la  première  heure  ,  et  vaillants  syndiqu*^ 
les  trois  Gouin,  Piveteau,  De’iergne.  Clenet.  Deverain,  Gu*' 
berteau.  Cailleteau,  Nlicheneau  et  Bourgeois.  Puissions-nous 
tous  être  présents  aux  noces  d  or  du  Syndicat  ! 

Si  ce  bonheurne  nousest  pas  permis,  ceux  (jui  nous  sur» 
vront  se  feront  sans  doute  un  devoir  de  donner  à  notre 
moire  un  souvenir  confraternel,  et  je  le  demande  en  partie^ 
lier  à  ceux  auxquels  je  suis  heureux  d  adresser  nos 
compliments  de  bienvenue  :  NIM.  Dugast,  Clenet.  ,  jj 
Ilouillier  et  Pelletier,que  je  vous  propose, par  dérogation  a 
sage  rigueur  de  nos  statuts,  d'acneillir  jiar  acclamation. 

Tout  à  l’heure,  notre  secrétaire  vous  dira  quelle  a  été  1®^ 
vre  du  syndicatde  NIontaigu.  Sans  doute. la  création 
dicats  départementaux  de  la  Loire-Inférieüre  et  de  b* 
a  diminuéson  importance,  mai  s  n'eùt-il  fait  (juc  tracer  le 
mier  sillon  (lue  son  rôle  n'en  serait  pas  moins  suffisam®* 
honorable.  _  . 

Nous  continuerons  donc,  en  nous  réunissant  ici,  à  ikI 
nir  bien  vivant  notre  Syndicat,  petit  par  le  nombre, mais  g 
par  sa  naissance,  (luiliii  a  mérité  de  voir  au  milieu 
représentants  les  plus  autorisés  de  l’Union  des  syiidica*®  . 
dicaux.  .  .  .|g 

Jelève  mon  verre  en  Ihonnenr  de  .MNL  (lairal  et  - 
nous  remercions  de  tout  co'ur  de  leur  présence  àcette  ^ 
famille,  vous  demandant  de  porter  avec  moi  leur 
de  votre  Président  d’honneur. NI.  le  D''  Bourgeois.auijue  ^ 
adressons  nos  vœux  de  guérison  les  plus  affectueux.  1® 
à  tous,  chers  confrères,  et,  en  même  temps,  de  boire  à  1® 


LE  PROGRÈS  MEDICAL 


325 


•  fité  des  syndicats  médicaux  réunissant  un  jour  prochain, 
tous  les  médecins  sous  la  bannière  de  l  Union. 

Discours  de  M.  Clenet, 

Président  du  Syndicat  de  Montaigu. 

M.  le  D'  Clenet,  président  actuel  du  Syndicat  de  Mon- 
laigu,  offre  alors  au  nom  de  ses  confrères,  au  D''  Mignen, 
une  belle  plaquette  de  bronze  : 

Mon  cher  confrère,  dit-il,acceptez,  en  souvenir  des  services 
que  vous  avez  rendus  et  de  notre  unanime  affection, ce  modeste 
souvenir.  L’artiste  y  a  buriné  la  figure  symbolique  d’une 
femme  qui,  pensive,  attend  assise  au  pied  d'une  falaise  le 
regard  perdu  sur  l’immensité  des  flots.  Une  devise  est  gravée 
dans  le  bronze  :  Credo,  Spero,  Expeclo.  Credo  :  vous  avez  cru 
et  vous  croyez  encore  à  l'avenir  de  nos  Syndicats.  Spero  :  vous 
avez  espéré  en  les  fondant  l’amélioration  par  eux  de  notre 
noble  profession.  Exp^cto  :  vous  avez  attendu,  mais  vous  n’at¬ 
tendez  plus  les  excellents  résultats  de  vos  méritants  elforts. 

Souhaitons  que,  dans  .’5  ans,  la  plupart  d’entre  nous  se 
réuniront  ici  de  nouveau  pour  fêter  les  Noces  d’or  de  notre 
cher  Syndicat,  votre  œuvre,  que  nous  nous  efforcerons  de  faire 
vivre  et  de  développer. 

Discours  de  M.  Gairal. 

Président  de  l’Union  des  Syndicats  médicaux  de  France. 

Après  les  remerciements  émus  de  M.  Alignen,  M.  le 
b'  G.mAL,  des  Ardennes,  président  de  l’Union  des 
Syndicats  médicaux  de  France,  a  pris  la  parole  et  dans 
une  brillante  improvisation  a  remercié  ses  confrères 
de  leur  invitation  et  leur  a  affirmé  qu’il  avait  consi¬ 
déré  comme  un  devoir  de  venir  prendre  part  à  leur  fête, 
malgré  la  longue  distance  qui  le  séparait  de  Montaigu. 
M.  Gairal  a  rappellé  que -M.  Mignen  n'avait  pas  seule¬ 
ment  fondé  le  Syndicat  de  Montaigu  mais  avait  pris 
part  à  l’organisation  et  au  développement  de  l’Union 
des  Syndicats  médicaux  de  France  et  qu’il  l'avait  pré¬ 
cédé  à  la  tête  de  cette  active  et  puissante  Fédé- 
mlion. 

M.  J.  XoiR,  secrétaire-général  de  l'Union,  prend  alors 
•a  parole  et  lit  le  discours  suivant  sur  : 

Les  origines  des  Syndicats  médicaux  en  France. 

Le  D'  G.  Mignen  et  le  Syndicat  de  Montaigu. 

Mes  chers  confrères, 

^  28  octobre  1879,  il  y  aura  bientôt  de  cela  27  ans,  un 
^  praticien  du  Havre,  le  D’’  Margueritte,  écrivait  à 
Gezilly,  qui  venait  de  fonder  le  Concours 

à  '®.°roent  où  nous  voyons  toutes  les  professions  recourir 
de  J  *^*®Gon.  n’est-il  pas  plus  (jue  bizarre  que  les  membres 
5e  conr  médicale  continuent  â  vivre  isolément  et 

lude  ***y®”*  de  déplorer,  chacun  de  son  côté,  cette  soli- 
se  p’Jj-'  "ourquqi  ne  prendrions-nous  pas  modèle  sur  ce  qui 
"''laires**'^^  Pour  d’autres  professions  libérales  :  avocats, 

poserai oto.  ^ . Voici,  pour  ma  part,  ce  que  je  pro- 

tous  les  ■  médecins  d’une  même  ville,  et  en  dehors, 

**1  table  d’un  même  canton  devraient  être  inscrits 

dtambre^*^-  J- ^ constituer,  par  voie  détection  une 
^^sion  chargée  de  veiller  aux  intérêts  de  la  pro- 

POürraie  encore  à  me  demander  quels  inconvénients 

l^aiit  aui  P?or  nous  d  une  semblable  constitution. 

^  'eus  le*  ,®'’®iitages.je  ne  perdrai  pas  mon  temps  ni  le  vôtre 
de  réflexion  devant  suffire 
I  *^lte  ipj.®*'^?P''ésenter  le  tableau . » 

*®sion  historique  fut  te  germe  fécond  qui  détermina 
***  fêter  ai  •  °^pdicats  médicaux  dont  nous  sommes  heureux 
jourd’hui  le  25'  anniversaire. 


Au  sujet  de  la  lettre  de  Margueritte, une  véritable  polémi¬ 
que  s’engagea  dans  les  colonnes  du  Concours  médical.  Cer¬ 
tains  confrères  impatients,  comme  le  D'  Champeaux,  repro¬ 
chaient  vivement  à  Margueritte  de  ne  pas  avoir  après  ^cinq 
mois  de  réflexion,  donné  une  formule  précise  de  l’Associa¬ 
tion  nouvelle.  D’autres,  comme  le  D’’  Béraud,  de  Charlieu 
(Loire),  et  surtout  le  D' Cauchy,  de  Bapaume  (Pas-de-Ca¬ 
lais),  indiquaient  nettement  quel  devait  être  le  rôle  du  Syn¬ 
dicat  dans  la  profession  médicale.  Prévoyant  toutes  les  objec- 
tions.le  D'^  Cauchy  bannissait  du  nouveau  groupement  toute 
idée  de  contrainte  et  demandait  que  le  lien  syndical  se  bornât 
au  respect  des  décisions  prises  en  commun,  rappelant  la 
parole  de  Lamennais  :  «  La  pratique  rigoureuse  du  devoir  est 
une  condition  indispensable  de  l’Association  ». 

L’idée  de  Margueritte  ne  sourit  cependant  pas  à  tous  nos 
confrères,  même  à  tous  les  lecteurs  du  Concours  médical;  il  y 
eut  des  pessimistes  pour  prévoir  que  les  Syndicats  devien¬ 
draient  des  coteries  aux  actions  mesquines,  ou  pour  prédire 
que  ces  Sociétés  nouvelles,  trahissant  leur  but.  se  transfor¬ 
meraient  en  moyen  d’asservissement  du  Corps  médical  aux 
administrations  souveraines. 

Le  D''  Margueritte,  quelque  peu  surpris  sans  doute  de  l’im¬ 
portance  que  prenait  l’idée  qu  il  avait  émise,  ne  savait  que 
répondre.  Auguste  Cézilly  l’engagea  à  ouvrir  une  enquête  et 
créa  une  Commission  des  Syndicats  au  Concours  médical. 

Pendant  ce  temps,  des  hommes  d’action  et  d’énergie  travail¬ 
laient  sans  bruit  à  la  réalisation  des  Syndicats  médicaux.  De 
sorte  que  bien  avant  la  terminaison  de  son  enquête,  leD' 
Alargueritte  annonçait  aux  lecteurs  du  Concours  médical  que, 
dans  la  Vendée,  le  D»  Mignen  de  Montaigu,  secondé  par  un 
de  ses  confrères  avait  établi  le  6  mars  1881  un  règlement  de 
Syndicat  Médical  par  articles  et  qu’avant  peu  le  premier  Syn¬ 
dicat  Médical  serait  fondé. 

Deux  mois  après  le  fait  était  accompli  ;  le  16  mai  1881  le 
Syndicat  Médical  de  Montaigu  tenait  sa  première  séance. 

C’est  à  cela  que  nous  devons  le  plaisir  de  nous  trouver  réu¬ 
nis  aujourd  hui,  et  le  rare  bonheur  de  saluer  après  un  quart 
de  siècle  d’activité  et  de  luttes. les  fondateurs  du  premier  Syn¬ 
dicat  Médical  de  France  :  M.  Mignen  et  son  dévoué  collabo¬ 
rateur  M.  Gouin. 

La  lettre  duD’’  Margueritte  dans  le  ConcoU’  s  médical  annon¬ 
çait  encore  la  création  prochaine  d’un  Syndicat  à  Aubusson 
par  le  D’’  Treille,  et  celle  du  Syndicat  de  Brioude  par  notre 
père  le  D'  Elle  Noir. 

Vous  comprendrez.  Messieurs,  après  un  deuil  relativement 
récent,  les  sentiments  qui  nous  animent  ici  et  pourquoi  le 
jubilé  que  vous  célébrez  est  pour  nous  plus  que  pour  tout 
autre,  une  pieuse  fête  de  famille. 

Messieurs,  les  débuts  d’une  institution  dépendentbeaucoup 
du  caractère,  des  qualités,  de  la  vie  de  son  fondateur  et  comme 
nous  écrivons  là  une  page  d  histoire  professionnelle  nous  de¬ 
vons  faire  rapidement  la  biographie  de  âl .  le  D' Mignen,  dût 
sa  modestie  en  pâtir.  11  est  de  notre  devoir  de  mettre  chacun 
à  la  place  qu’il  mérite  et  de  ne  pas  soulfrir  leur  effacement 
volontaire.La  Bruyère  nous  a  appris  que  :  «  Les  hommes  sont 
trop  occupés  d’eux-mêmes  pour  avoir  le  loisir  de  pénétrer  ou 
de  discerner  les  autres  :  de  là  vient  qu’avec  un  grand  mérite 
et  une  plus  grande  modestie  on  peutresterlongtemps  ignoré.  » 
11  nous  importe  de  faire  exception  à  la  règle  de  ne  pas  comp¬ 
ter  au  nombre  des  hommes  que  désigne  le  moraliste  et  de  pro¬ 
clamer  hautement  les  mérites  de  ceux  qui  ont  droit  à  notre 
reconnaissance . 

'Mignen,  Gustave,  fondateur  du  premier  Syndicat  médical 
de  France,  est  né  à  Montaigu  en  Vendée  le  8  décembre  1848, 
Issu  d’une  famille  vendéenne  originaire  de  Saint-Etienne-du- 
Bois,  il  fit  au  lycée  de  La  Roche-sur-Von  ses  études  secondai¬ 
res.  Une  vive  curiosité  des  choses  de  la  nature  lui  firent  pren¬ 
dre  en  goût  l’étude  des  sciences  et  la  mort  de  son  père  le  diri¬ 
gea  vers  la  profession  scientifique  pratiquement  la  plus 
abordable  pour  lui,  la  carrière  rhédicale.  Elève  distingué  de 
l’Ecole  de  Nantes,  il  devint  interne  des  hôpitaux  de  cette  ville 
et  termina  ses  études  à  Paris  où  il  soutint, le  23  noveiAbre  1873 
une  thèse  de  Doctorat  intitulée  :  Essai  sur  les  vertiges  au  jioiiU 
de  vue  du  diagnostic. 


326 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


J 


Un  vieil  ami  de  sa  famille,  M.  Laisant,  grand'oncle  de  l’an¬ 
cien  député, encouragea  le  jeune  homme  à  venir  se  Rser  dans 
sa  ville  natale;  le  nouveau  docteur, à  ambition  modeste,revint 
donc  à  Montaigu  vivre  la  vie  active  et  pénible,  mais  saine  et 
utile,  du  médecin  de  campagne. 

C’était  alors  la  funeste  époque  où  dans  le  corps  médical 
régnait  un  esprit  d'égoisme  hostile.  Les  praticiens  ne  se  fré¬ 
quentaient  guère,  le  voisin  était  un  concurrent  bien  plus 
qu’un  confrère.  La  Révolution  avait  brisé  les  Facultés  de  mé¬ 
decine,  corporations  fermées,  d'une  jalousie  féroce  et  rebelles 
à  tout  progrès.  L’Empire  avait  réorganisé  l’enseignement  de 
la  médecine,  mais  avait  laissé  dans  une  sorte  d’anarchie  mo¬ 
rale  le  Corps  médical. 

Il  l’avait  encombré  de  pseudo-chirurgiens  qui  avaient  suivi 
ses  armées.  Puis  la  bureaucratie  napoléonnienne,  qui,  toute 
puissanie  et  immuable  gouverna  la  France  du  XIX’  siècle 
malgré  les  révolutions  et  les  coups  d’Etat,  ne  toléra  guère  l’é¬ 
lévation  en  face  d’elle  de  pouvoirs  indépendants  qui  auraient 
pu  restreindre  les  prérogatives  de  l’Etat.  Tout  était  prévu 
pour  empêcher  les  citoyens  de  s’associer  librement.  Malgré 
quelques  tentatives  de  Sociétés  de  Secours  mutuels  ou  plutôt 
de  bienfaisance,  le  médecin  praticien  restait,  selon  les  termes 
de  Réveille-Parise  o  une  simple  unité  numérique,  un  individu 
et,  comme  tel,  écrasé  ou  broyé  par  la  grande  meule  des  inté¬ 
rêts  opposés.  » 

Mais  ces  choses-là  n’ont  qu’un  temps.  L’état  social,  comme 
du  reste  tout  dans  l’Univers,  est  soumis  à  cette  grande  loi 
d’airain  qui  desagrège  et  agrège  tour  à  tour.  Désagrégé  au 
début  du  dernier  siècle,  le  corps  médical  sentit,  à  la  fin  du 
même  siècle,  la  nécessité  de  la  cohésion.  Cette  cohésion  s’adap¬ 
tant  à  l’époque  devait  adopter  une  autre  formule.  Jadis,  les 
médecins  s’étaient  groupés  dans  les  vieilles  facultés  d’origine 
Ihéocratique,  à  la  fin  du  XIX'  siècle,  époque  du  triomphe  de  la 
démocratie,  les  forces  vives,  actives,  venaient  d'en  bas.il  était 
logique  de  voir  le  grand  mouvement  de  réorganisation  pro¬ 
fessionnel  de  la  médecind^  se  faire  non  sous  l’égide  officielle 
de  Facultés  puissantes,  mais  naître  dans  une  bourgade  de 
Vendée  sous  l’impulsion  énergique  d’un  simple  praticien, 
libre  enfant  du  peuple. 

M.  Mignen  fonda  le  premier  Syndicat  et  les  rapports  chan¬ 
gèrent  aussitôt  entre  confrères.  Une  entente  cordiale  régna 
entre  ceux  qui  s'observaient  dans  une  attitude  hargneuse . 
Tous  acceptèrent  l’union  avec  d’autant  plus  d’enthousiasme 
qu’ils  avaient  plus  secrètement  souflert  du  préjugé  de  leur 
isolement.  Un  enchantement  avait  pesé  sur  les  praticiens  pen¬ 
dant  près  d’un  siècle.  Gomme  dans  le  conte  de  la  Belle-au- 
Bois  dormant,  Mignen.  nouveau  prince  Charmant, avait  rom¬ 
pu  le  sortilège  et  réveillé  chez  tous  les  meilleurs  sentiments  . 
Une  amélioration  notable  des  conditions  d'existence  ne 
tarda  pas  à  s’en  suivre  ;  des  tarifs  d’honoraires  uniformes 
furent  adoptés  ;  on  opposa  une  digue  solide  à  la  marée  mon¬ 
tante  des  exigences  des  collectivités,  sociétés  de  secours  mu¬ 
tuels.  compagnies  d’assurances  et  autres  qui  menaçaient  de 
submerger  le  corps  médical.  La  guerre  fut  déclarée  aux  re- 
bouteurs  et  autres  exploiteurs  des  misères  humaines. 

L’expérience  de  la  solidarité  avait  réussi  aux  médecins  de 
Montaigu,  ils  ne  furent  pas  égo'isteset  leur  Syndicatdevintun 
foyerde  propagande.  Des  Syndicats  se  fondèrent  à  Pouzauges, 
àChallanges,qui,en  se  réunissant, formèrent,  en  1891,1e  puis¬ 
sant  Syndicat  départemental  des  médecins  de  la  Vendée. 

Dès  le  début,  Mignen  comprit  que  dans  un  pays  fortement 
centralisé  comme  la  France,le  Syndicat  local  ne  pouvait,isolé, 
donner  toutes  les  améliorations  désirées.  Aussi  s’inscrivit-il 
un  des  premiers  dans  la  liste  de  la  Commission  géné¬ 
rale  des  Syndicats  que  publia  le  Concours  médical  du  24  dé¬ 
cembre  1881,  liste  qui  comprenait  les  noms  des  cinq  prési¬ 
dents  de  Syndicats  nouvellement  formés  :  Mignen,  de  Mon¬ 
taigu  ;  Barat-Dulaurier,  de  la  Dordogne  ;  Margueritte,  du 
Havre,  et  E.  Noir,  de  Brioude. 

Ce  Comité  fut  le  précurseur  de  l’Union  des  Syndicats  mé¬ 
dicaux  de  France,  que  Mignen  concourut  à  fonder  en  1884, 
après  la  promulgation  de  la  nouvelle  loi  sur  les  Syndicats 
professionnels  et  dont  il  devint  président  en  1891. 11  ne  cessa , 
du  reste, de  prendre  une  part  active  aux  travaux  de  cette  Fédé¬ 


ration  et  mérita,  1  an  dernier,  d’en  être  nommé,  par  acclam. 
tion,  président  d'honneur . 

L’activité  du  D"  Mignen  ne  se  borna  pas  à  satisfaire  aux  né. 
cessités  de  la  clientèle  et  aux  études  des  questions  profession- 1 
nelles  :  comme  tous  les  esprits  d  élite,  il  chercha  dans  Ifes  irai 
vaux  d’un  autre  ordre  le  délassement  à  ses  fatigues  de  prati- 
ticien.  Il  consacra  ses  trop  rares  loisirs  à  l’étude  historiqml 
de  sa  ville  natale  et  publia  en  véritable  érudit,  des  mono¬ 
graphies  précieuses  qui  ne  sont  que  l’avant-propos  d’une  vé¬ 
ritable  histoire  de  la  baronnie  devenue  marquisat  de  Mon¬ 
taigu.  Il  a  entrepris  en  outre  pour  le  Bocage  les  mêmes  re¬ 
cherches  préhistoriques  que  notre  ami  Marcel  Baudouin 
poursuit  avec  tant  de  succès  dans  le  Marais  poitevin. 

Messieurs,  l'humanité  se  transforme  à  travers  les  siècles. 
Son  histoire  se  bornait  naguère  à  de  longs  récits  de  batailleset 
à  une  liste  fastidieuse  de  noms  de  conquérants.  Aujourd’hui 
y  sont  ajoutées  de  belles  pages  sur  les  manifestations  de  li 
pensée  :  lettres,  sciences,  arts,  philosophie.  Demain,  soyez-en 
sûrs,  on  devra  y  joindre  de  longs  chapitres  sur  la  transfomu- 
tion  delà  société  moderne,  où  les  syndicats  tiendront  sans  dou¬ 
te  une  place  que  nous  sommes  loin  de  soupçonner.  Celui  qui 
alors  écrira  le  chapitre  du  mouvement  syndical, lorsqu’il  abor 
dera  l’étude  de  son  extension  aux  prolessions  libérales  ne 
pourra  omettre  d'inscire  en  tête  le  Syndicat  médical  de  Montai¬ 
gu,  le  premier  syndicat  de  médecins  créé  en  France  et  le  nom 
de  son  éminent  fondateur,  le  D'  Gustave  Mignen. 

M.  le  P' Olivjk,  le  distingué  président  du  Syndicat  des 
médecins  de  Nantes,  a  tenu  à  son  tour  dans  cette  journée 
mémorable  à  assurer  les  médecins  de  Montaigu  de  toute 
la  sympathie  de  leurs  confrères  nantais.  Il  a  bu  a» 
développement  des  idées  syndicales  dans  le  corps  mé¬ 
dical  français,  àla prospérité  du  syndicat  de  Montaiga 
et  à  son  fondateur,  l’excellent  ü'^  Mignen. 

Enfin  M.Güiberteau, secrétaire  du  syndicat, a  terminé 
la  série  des  discours  et  des  toasts  par  un  court  histori¬ 
que  de  son  cher  syndicat,  en  rappelant  avec  émotioa 
les  pertes  hélas  nombreuses  qu’il  a  subies  depuis  so« 
origine  et  en  proclamant  l’admission  par  acclamation 
de  jeunes  confrères  nouveaux  adhérents  qui  ont  pn* 
une  part  joyeuse  au  banquet. 

Les  convives  se  sont  alors  séparés  emportant  de  cette 
fête  de  famille  un  inoubliable  souvenir  et  la  plupartré- 
pétaient,  sans  doute  mentalement  ladevise  gravée  snf 
le  bronze  offert  au  D"  Mignen  :  Credo,  Spero,  Expecto, 
pleins  de  foi  dans  l’avenir  des  syndicats  médicaoï» 
pleins  d’espérance  dans  les  résultats  de  leurs  luttes  f»* 
tures,  encore  à  peine  esquissées,  et  attendant  avec  coD' 
fiance  l’époque  ou,  grâce  à  la  défense  professionnelle 
syndicalement  organisée,  le  médecin  praticien  frança"® 
trouvera  dans  la  société  moderne  la  place  utile  et 
norable  qu’il  aura  su  lui-même  s’assurer.  J.Noib- 


DIONIXE-MERCK  spécifique  de  la  TOUX  et  de  la 
plus  active,  moins  to.xique  que  les 
opiacés  et  tous  leurs  dérivés,  même  synthétiqu®®' 


SÉDATION  IMMÉDIATE  de  la  TOUX 

SIROP  DU  D"  BOUSQUET,  A  LA  DIONINE  MEBCj^, 

0,01  par  cuil.  à  bouche,  avec  2  gU*‘  de  Bromoforme  (4 à 


Concours  du  Prosectorat.  —  Questions  posées- 
écrite  du  21  mai  1906)  :  Anatomie  :  Col  utérin.  — 
Fécondation.  —  Pathologie  :  Diagnostic  et  traitement  du  c 
du  corps  de  l’utérus. 


À 


[,R  PROGRÈS  MÉDICAL 


327 


SOCIÉTÉS  SAVANTES 

ACADÉMIE  DES  SCIENCES 
Séance  du  U  mai  1906. 

„  (rois  virus  de  trypanosomiase  humaine  de  prooenances 
différentes. 

\I  4,.  Laveran  a  pu  étudier  comparativement,  par  inocula¬ 
tion  au  cobaye,  au  rat  et  à  la  souris,  trois  échantillons  de 
trypanosomes  recueillis  sur  l’homme  dans  des  régions  très 
éloignées  :  le  premier,  en  Gambie,  par  Dusson,  le  second, 
dans  l’Ouganda,  par  M.  Bruce,  le  troisième,  prélevé  chez  un 
missionnaire  qui  avait  contracté  la, maladie  du  sommeil  dans 
rOubanghi. 

De  ces  recherches,  il  résulte  que  l’on  ne  constate  entre  ces 
trois  virus  que  de  légères  différences  :  le  tr>'panosome  de 
Gambie  s’est  montré  un  peu  plus  actif  sur  les  rats  et  les 
souris  que  les  deux  autres  variétés,  mais  on  a  antérieurement 
observé  que  la  virulence  du  Tr.  aambiense,  pour  la  souris, 
peut  varier  dans  des  limites  assez  étendues.  Les  observations 
que  l’auteur  a  faites  sur  d  autres  espèces  animales  (lapins, 
chiens,  singes  i,  le  confirment  dans  l’opinion  que  les  trois  virus 
en  question  appartiennent  à  une  seule  et  même  espèce.  Mal¬ 
heureusement,  les  animaux  guéris  d’une  infection  à  Tr.  gam- 
ftirnw  n’acquièrent  pas  toujours  l’immunité,  de  sorte  qu  on 
ne  saurait  rechercher  si  les  trypanosomes  d’origines  diffé¬ 
rentes  vaccinent,  l'un  à  l’égard  de  l’autre,  les  animaux 
réceptifs. 

Cülluredu spirille  de  la  fièvre  récurrente  africaine  de  Thomme. , 

M  G.  Levaditi  adresse  une  note  dans  laquelle  il  indique 
que  la  méthode  des  sacs  de  collodion  intrapéritonéaux,  qui 
lui  a  permis  de  cultiver  le  spirille  des  poules,  lui  a  également 
loumi  des  résultats  positifs  pour  la  culture  du  parasite  de  la 
fièvre  récurrente  africaine  de  l’homme  ou  tick-fever  ;  en  effet, 
par  ensemencement  sur  sacs  de  collodion  remplis  de  sérum 
de  macaques  (animaux  réceptifs  à  l’égard  de  cette  spirilloseï 
et  enfermés  dans  le  péritoine  des  lapins,  il  est  parvenu  à 
obtenir  huit  passages  successifs  en  l’espace  de  trente-six  jours  ; 
dans  ces  conditions,  la  forme  et  surtout  les  dimensions  du 
spirille  se  montrent  assez  variables  ;  mais  ce  microbe  conserve 
son  aspect  spirillaire  et  n’en  reste  pas  moins  bien  vivant, 
mobile  et  virulent  pour  la  souris.  M.  Phisalix. 

SOCIÉTÉ  DE  BIOLOGIE 
Séance  du  19  mai  1906. 

Passage  pyloriqiie  des  graisses. 

M\l.  Carnot  et  Chassevant.  —  Par  la  technique  des  fistules 
duodénales,  les  auteurs  ont  étudié  la  traversée  pylorique  des 
graisses.  Elles  sont  évacuées  de  l’estomac  très  tardivement,  et 
d’autant  plus  tard  (jne  leur  point  de  fusion  est  plus  élevé. 

graisse  dissoute  dans  l’eau  ou  dans  une  solution  saline 
mit  un  sédiment  ;  l’eau  est  évacuée  d’abord  et  la  graisse  beau- 
plus  tard.  La  graisse  a  une  action  inhibitrice  sur  le 
raflexe  pylorique  comme  sur  la  sécrétion  gastrique.  Les 
Sraisses  émulsionnées  subissent  le  même  retard  ;  ce  qui 
explique  la  lenteur  d’absorption  du  lait  riche  en  beurre  par 
^apport  au  lait  écrémé. 

Action  pathogène  du  microcogue  des  oreillons. 

Teissier  et  Es.mein  étudient  expérimentalement  faction 
pathogène  du  microcoque  de  foreillon.  Ce  microcoque  est 
Djecté  par  la  voie  sous-cutanée,  intra-péritonéale,  gastrique 
Veineuse.  1  cc.  d’un  microcoque  peu  virulent  donne  une 
■^ction  locale  légère  avec  souffrance  passagère  Plus  forte, 
^  *^xin  microcoque  plusvirulent,  elle  donne  des 
cg®®' lésions  purulentes  des  séreuses  avec  pus  visqueux 
rg^'^l^^xistique,  congestion  des  viscères  abdominaux  (foie, 
m,  pancréas  surtout,  et  intestins).  L’inoculation  dans  le 
cul*-  cobayes  a  donné,  4  fois,  un  gonllement  testi- 

cos*'*^*^’  ^  l’autopsie  était  de  la  congestion  avec,  aumicros- 

P^Tiine  hypergénèse  active  œdémateuse  de  l'organe, 
jç.  les  abcès,  dans  le  pus  des  séreuses,  le  microcoque  se 
®Pxait  à  1  état  de  pureté.  11  s’agit  là  de  la  septicémie  tétra- 


génique  expérimentale,  analogue  à  celle  qu’on  observe  dans 
les  septicémies  tétragéniques  humaines.  Les  lésions  histolo¬ 
giques  des  viscères  (nodules  infectieux  du  foie,  de  la  rate)  se 
rapprochent  des  lésions  observées  à  l’autopsie  d’un  cas  mortel 
d’oreillons  (Lemoine  et  Lapasset).  En  somme,  ce  microcoque, 
trouvé  chez  les  malades  atteints  d'oreillons,  rapproché  des 
caractères  biologiques  et  morphologiques,  peut  être  rangé 
parmi  les  microbes  tétragènes  septiques. 

Nature  syphilitique  de  la  paralysie  générale. 

M.  Bosc  (de  Montpellier).  —  Sur  un  cerveau  avec  lésion 
syphilitique  scléro-gommeuse,  il  peut  coexister  une  méningo- 
encéphalite  diffuse  chronique  ulcéreuse,  qui  revêt  la  forme 
des  néo  formations  syphilitiques.  Mais  au  lieu  de  former  un 
syphilome  nodulaire  qui  se  substitue  au  tissu  cérébral,  la 
méningo-encéphalite  diffuse  réalise  une  infiltration  cellulo- 
vasculaire  diffuse  d’emblée,  qui  ne  se  substitue  que  partielle¬ 
ment  à  la  substance  cérébrale  pour  aboutir  au  processus  de 
dégénérescence  et  de  sclérose,  diffus  et  partiel. 

Ce  serait  là  un  syphilome  diffus  méningo  cortical,  de  na¬ 
ture  syphilitique  bien  définie  ;  la  forme  subaiguë  s'observe 
dans  la  syphilis  héréditaire  des  nouveau-nés  et  sous  la  forme 
chronique,  dans  la  syphilis  héréditaire  otL  acquise  ancienne. 
Chez  le  paralytique  général  ayant  eu  une  syphilis  bénigne, 
l’auteur  a  pu  voir  que  les  lésions  typiques  sont  caractérisées 
par  une  prolifération  cellulo-vasculaire  diffuse  qui  aboutit  à 
la  dégénération  et  à  la  sclérose.  Ces  lésions  méningo-encépha- 
liques  peuvent  donc  être  de  nature  syphilitique. 

Syndrome  de  Landry  et  rage  paralytique. 

M.  Remlinger  rappelle  que,  parmi  les  agents  pathogènes 
capables  de  créer  le  syndrome  de  Landry,  se  trouve  le  virus 
rabique,  soit  à  la  suite  d’une  morsure,  soit  par  le  traitement 
pastorien.  Dans  ce  dernier  cas  la  guérison  est  la  règle  ;  au 
contraire,  la  mort  est  fatale  après  morsure.  L’inoculation  sys¬ 
tématique  de  la  substance  nerveuse  sous  la  dure-mère  du 
lapin  a  donné  naissance  à  la  paralysie  ascendante  aiguë.  Ap¬ 
pliquée  systématiquement  à  l’étude  étiologique  du  syndrome, 
on  pourrait  sans  cloute  retrouver  la  rage  comme  cause  dans 
un  grand  nombre  de  cas. 

Agglutination  du  gonocoque  et  du  méningocoque  de 
Weischsclbauin  par  le  sérum  gonococcique. 

MM.  Brccknf.r  et  Cristianu  (de  Bucarest)  ■  ont  lait  des 
expériences  avee  le  sérum  de  cheval  inoculé  à  plusieurs  repri¬ 
ses  avec  des  cultures  de  gonocoque.  Ce  microbe  est  agglutiné 
par  le  sérum  de  cheval.  Le  sérum  a  agglutiné  trois  cultures 
du  méningocoque  de  M'eischselbaum.  E.  P. 


ACADÉMIE  DE  MÉDECINE 
Séance  du  22  inai. 

L'état  sanitaire  de  Paris. 

M.  A.-G.  Martin  donne  un  historique  très  complet  de  l’or¬ 
ganisation  hygiénkiue  de  Paris  depuis  1892.  Il  signale  les  di¬ 
verses  mesures  de  protection  de  la  santé  publique  appliquées 
ou  développées  successivement  :  vaccination  et  revaccination, 
désinfection,  casier  sanitaire  des  maisons,  surveillance  des 
sources,  analyse  des  eaux,  règlements  sanitaires  et  assainisse¬ 
ment  des  immeubles,  tout  à  fégout,  protection  de  l'enfance, 
etc.  Tous  ces  efforts  réunis  des  pouvoirs  publics  et  de  l’initia¬ 
tive  privée  n’ont  pas  été  sans  produire  de  très  bons  résultats. 

La  mortalité  générale,  qui  était,  en  lë9i,  de  22,8  pour  1.000 
habitants,  est  progressivement  descendue  jusqu’à  17,4  en 
190,8,  c’est-à-dire  à  peu  près  au  même  chiffre  que  celui  des  ca¬ 
pitales  étrangères  où  fonctionne  une  semblable  organisation. 
Il  est  intéressant  de  constater  aussi  que.  depuis  18  '2,  la  popu¬ 
lation  s'est  graduellement  accrue  de  sorte  iiue,  si  la  morta¬ 
lité  était  restée  stationnaire  depuis  cette  épo  lue.  elle  eût  été 
de  62,070  décès  en  19Ü'),  au  lieu  du  chiffre  de  42,8.).i  qu’elle  a 
atteint  ;  soit  un  gain  de  li.2i7  décès  qui  représente  la  totalité 
des  vies  humaines,  sauvées  à  Paris,  en  une  seule  année,  grâce 
à  l’application  des  mesures  de  défense  sanitaire. 

Ge  qui  démontre  le  rôle  de  la  défense  hygiénique  est  que 
la  diminution  de  mortalité  a  sui  t  >ut  porté  sur  les  maladie,s 
transmissibles.  .laniais  la  fièvre  typhoïde,  la  rougeole,  la  scar- 


LE  PROGRÈS  MEDICAL 


latine,  la  diphtérie  n’ont  été  aussi  rares  qu'en  1905.  11  en  est 
de  même  pour  la  diarrhée  infantile,  grâce  surtout  à  l'effort 
des  crèches,  dispensaires,  gouttes  de  lait,  etc. 

La  tuberculose  cause  encore  le  (juart  des  décès,  mais  est 
elle-même  en  légère  décroissance.  Les  mesures  récentes  pour 
l’assainissement  des  immeubles  permettent  d'espérer  encore 
une  notable  diminntion. 

Il  faut,  par  contre,  signaler  les  progrès  de  la  cirrhose  du 
foie  et  des  néphrites.  Ces  maladies  relèvent  surtout  de  l’alcoo¬ 
lisme,  qui  malheureusement  ne  semble  pas  en  décroissance. 

Malgré  cette  exception,  l'état  sanitaire  de  Paris  est  donc  très 
satisfaisant.  Les  dépenses  consenties  pour  les  améliorations 
hygiéniques  ont  été  largement  recouvrées  en  économies  de 
vies  humaines  et  en  capital  humain. 

La  tuberculoTphohie. 

M.  Rousseau  Saint  -  Philippe  (de  Bordeaux)  montre  les 
exagérations  auxquelles  conduit  la  crainte  de  la  tuberculose 
surtout  en  médecine  infantile.  Il  craint  de  voir  bientôt  les 
phtisiques  traités  en  parias  et  en  lépreux.  Or,  l’expérience  de 
la  clinique  infantile  à  l’hôpital  des  Enfants,  à  Bordeaux,  où 
une  centaine  d’enfants  étaient  chaque  jour  amenés  à  la  con¬ 
sultation,  l’a  convaincu  des  deux  choses  suivantes  :  d'une 
part,  l’extrême  rareté  de  la  tuberculose  pulmonaire  chez 
l’enfant,  par  rapport  à  celle  des  adultes,  par  rapport,  surtout, 
à  la  fréquence  très  grande  des  autres  lésions  du  même  organe 
relevant  d’une  autre  origine  ;  d'autre  part,  l’extrême  facilité 
avec  laijuelle  le  diagnostic  de  tuberculose  est  porté  à  l’égard 
de  l’enfant  par  le  médecin,  surtout  par  le  jeune  médecin, 
sur  de  simples  apparences.  C’est  ainsi  qu'on  voit  souvent 
étiqueter  «  tuberculoses  »  des  micropolyadénies  qui  ont  une 
toute  autre  origine. 

C’est  ainsi  encore  que  les  vieilles  coqueluches,  les  grippes 
prolongées,  les  «  gros  a  entres  »  chez  les  enfants,  les  maladies 
articulaires  un  peu  quelconques,  des  phénomènes  cérébraux 
'  pseudo-méningitiques,  fréquents  dans  nombre  de  maladies 
infectieuses,  sont  qualifiés  «  tuberculose  «. 

On  s’exagère  donc  beaucoup  les  fréquences  de  la  maladie. 
On  fait  jouer  un  rôle  trop  important  à  la  contagion,  alors  que 
l’importance  du  terrain  est  prédominante. 

La  tuberculose  est  surtout  l’aboutissant  de  toutes  les  mala¬ 
dies  d  usure,  de  toutes  les  déchéances  organiques.  Mais 
même  ces  candidats  à  la  tuberculose  sont,  en  réalité,  assez 
faciles  à  préserver.  C’est  du  côté  de  ces  prédisposés  que  doit, 
pour  être  efficace,  porterie  principal  eftort  de  la  prophylaxie 
infantile.  A.-F.  Plicque. 

LA  VALEROBROMINE  LEGRAND 

est  plus  active  que  les  bromures  et  les  valé- 
rianates. 

REVUE  DE  PÉDIATRIE 

Traitement  de  la  luxatiori  congénitale  de  la  hanche  ; 

parles  D''®  C.  Ducroquet  et  Henri  de  Rothschild  (Paris). 
{Contres  intern.  de  médecine  de  Lisbonne,  1906). 

La  réduction  une  fois  obtenue,  le  traitement  de  la  luxation 
congénitale  comporte  deux  phases  différentes  :  al  Dans  nn 
premier  temps,  on  s’occupe  de  la  reamslilution  anatomique 
du  coty  e  ;  b)  dans  un  second  temps,  l’articulation  reconstitue 
ses  muscles  et  recouvre  ses  mouvements  ;  c’est  la  période 
fonctionnelle. 

a)  Reconstitution  du  cotyle.  —  La  formation  d’une  cavité 
solide  dépend  :  1»  de  la  valeur  du  cotyle  ;  2“  de  la  rétraction 
de  la  capsule.  La  valeur  du  cotyle  est  fort  variable  ;  un 
cotyle  bien  formé  permettra  de  passer  plus  vite  à  la  deuxième 
période.  La  rétraction  de  la  capsule  se  fait  en  deux  temps 
dilférents  :  Dans  un  premier  temps,  on  cherche  à  obtenir  la 
rétraction  de  la  partie  postérieure  de  la  capsule,  et  delà  par¬ 
tie  supérieure  :  dans  un  deuxième  temps  on  cherche  à  obte¬ 
nir  la  rétraction  de  la  partie  antérieure  de  la  capsule.  Au 
premier  temiis  correspond  l’abduction  et  la  rotation  externe 
du  membre  ;  au  deuxième,  une  abduction  très  légère,  avec 


rotation  interne  très  prononcée.  La  durée  du  deuxième  temps 
est  le  double  de  celle  du  premier  :  c’est  donc  une  formulé 
inverse  de  celle  qu’avait  enseignée  Lorenz.  Au  premier  temps 
en  effet,  correspond  la  coxite  inflammatoire  que  crée  R 
réduction  et  qui  favorise  la  rétraction  capsulaire.  Ces  condi¬ 
tions  ne  se  représentent  plus  dans  le  deuxième  temps,  et  c’est 
l’immobilisation  qui  doit  amener  la  rétraction.  La  radiogra¬ 
phie  doit  être  prise  durant  les  diverses  étapes  du  traitement' 
c’est  le  guide  le  plus  sûr. 

b)  Période  fonctionnelle.  —  Dans  cette  période  on  permet  à 
l’articulation  une  mobilisation  progressive.  Le  massage  et  des 
exercices  appropriés  aident  à  la  reconstitulion  des  muscles. 
Le  résultat  fonctionnel  définitif  est  étroitement  lié  au  résultat 
anatomique  :  si  la  tête  n’a  pas  retrouvé  ses  rapports  normaux, 
la  boiterie  persistera  fatalement,  quoique  Ion  fasse.  L’âge 
d’élection  pour  le  début  du  traitement  est  de  4  à  ti  ans.  L’état 
diathésique  du  malade  a  une  importance  considérable.  La 
durée  moyenne  du  traitement  est  de  4  à  7  ans.  II  faut  être  très 
opportuniste  et  savoir  varier  le  traitement  suivant  les  diver¬ 
ses  modalités  cliniques. 

Valeur  thérapeutique  de  la  liqueur  de  Van  Swieten 
chez  les  nourrissons  hypotrophiques  avec  troubles 
digestifs;  par  le  D'  Henri  de  Kothschild.  [Congrès  de  Lis¬ 
bonne,  1906.) 

l^Va  liqueur  de  Van  Swieten  peut  être  employée  avec 
succès  dans  le  traitement  de  l’hypotrophie,  lorsque  celle-ci 
est  facteur  de  troubles  digestifs.  L’action  remarquable  de  ce 
médicament  ne  peut-être  attribuée  à  sa  valeur  antisyphili¬ 
tique.  car  aucun  des  nourrissons  que  nous  avons  traités  par 
cette  méthode  n’était  syphifiti({ue  (parents  sains,  grossesses 
menées  à  terme,  aucun  stigmate  spécifique  chez  les  nourris¬ 
sons  mis  en  observation).  L’amélioration  notée  dans  les 
observés  n'est  pas  due  non  plus  à  des  modifications  intro¬ 
duites  dans  l'alimentation  des  jeunes  malades,  qui  ne  fut  pas 
modifiée  au  moment  du  traitement. 

2°  êvous  attribuons  le  succès  de  no'tre  méthode  à  l’action 
altérante  de  la  liqueur  de  Yan  Swieten  sur  les  glandes  annexes 
du  tube  digestif  et  principalement  sur  le  foie  dont  elle  favo¬ 
rise  les  sécrétions. 

3“  L’emploi  de  la  liquenr  de  Van  Swieten  sera  donc  indiqué 
chez  les  nourrissons  hypotrophiques,  dont  le  poids  s’abaisse 
ou  reste  stationnaire  malgré  une  diététique  rationnelle,  qui 
présentent  des  selles  assez  fréquentes,  n’ayant  pas  la  belle 
teinte  jaune  normale,  mais  mal  liées,  riches  en  grumeaux  non 
digérés,  et  où  l’analyse  chimique  révèle  l’abondance  des 
graisses  ayant  échappé  à  l’absorption.  Les  hypotrophiques  a 
selles  mastic,  décolorées,  sans  diarrhée,  sont  jnsticiables  du 
même  traitement.  Nous  conseillons  donc,  avant  de  donner  ce 
médicament,  de  procéder  à  nne  analyse  des  matières  fécales 
et  des  nrines.  Si  les  matières  ont  les  caractères  énoncés  plus^ 
haut,  si  le  taux  de  l’urée  est  faible,  on  peut  appliquer  le 
traitement. 

4“  Trente  observations  justifient  notre  manière  de  voir; 
nous  avons  constaté  que  par  cette  médication  les  vomisse¬ 
ments  disparaissaient,  les  selles  devenaient  plus  jaunes, 
mieux  liées,  sans  grumeaux,  moins  fétides  :  le  météorisme  se 
dissipait  :  le  taux  des  graisses  s’abaissait  dans  les  matière®, 
tandis  que  celui  de  l’urée  s’élevait  dans  les  urines.  Enfin  w 
fièvre  a  paru  céder  au  traitement,  et  dans  les  cas  où  il  y 
des  abcès  multiples  de  la  peau,  ils  ont  paru  se  flétrir  sous 
l’action  de  la  liqueur. 

5“  Dans  la  pratique,  le  meilleur  critérium  de  la  valeur  ni 
médicament  est  l'augmentation  du  poids.  A  ce  point  de  atiCj 
certaines  de  nos  observations  sont  absolument  typiques. 

()«  La  dose  quotidienne  à  employer  doit  être  faible  :  eu® 
varie,  suivant  l’âge, de  10  à  20  gouttes  par  jour.  11  ne  faut  P®* 
prolonger  outre  mesure  son  emploi;  au  bout  de  quinze  jourSi 
l’activité  glandulaire  est  suffisamment  réveillée  pour  conti' 
nuer  à  s'exercer  spontanément.  Si,  toutefois,  le  poids  d® 
l’enfant,  après  cessation  du  traitement,  redevenait  statio<^ 
naire  ou  s’abaissait,  il  y  aurait  lieu  de  reprendre  pendant  un 
nouvelle  série  de  quinze  jours  l’emploi  du  médicament. 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


329 


BIBLIOGRAPHIE 


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son,  1901. 

Heidenhaim  (deWorms)  :  Centralblalt  für  Chirurgie,  1898. 

Mikulicz  J.:  27®  Congrès  de  la  Société  allemande  de  chirurgie, 
tenu  à  Berlin  du  13  au  26  avril,  et  Centrablatt  für  Chirurgie, 
13  juillet  1898. 

Berger  .•  Société  de  chirurgie  22  février  1899. 

Lashtschenko  :  Zeislchr'ift  für  Hygiene  und  I nfectionskran- 
ken,  XIX.  L  en  Russe,  Vratsch,  20  novefiibre  1899. 

Kirstein  F.  .•  Ueber  die  Dauer  der  Lebensfahligkeit  der  mit 
feinsten  Tropfehen,  verspritzen  Mikroorganismen.  Zeitschrift 
für  Hygiene  und  Infections  kr.  XXXV.  1.1900. 

Wenzel  :  Die  Verwendung  von  Gazeschleiern  bei  aseptischen 
Operationen.  Centralblalt  für  Chirurgie,  10  mai  1902. 

Mendès  DE  Léon  :  Ueber  die  Gefahren  der  Wùndinfection  durch 
das  Sprechen  bei  Operationen.  Archive  für  Klinische  chirurgie. 
LXXII.  4,  1904. 

I  H.  Stérilisation  germicide. 


A.  Méthode  des  puloérisalions  :  1°  Pulvérisation  phéniquée. 
Lister  ;  British  medical  association,  Dublin,  9  août  1867,  et 
discours  prononcé  à  l'Université  d'Edimbourg,  le  8  novembre 
1869,  et  Brochure  :  sur  l’iuOueuce  du  traitement  antisepiique  sur 
la  salubrité  d'uii  hôpital  de  chirurgie.  1870. 

Lucas-Ghampionnière  :  Chirurgie  antiseptique,  Paris  1876. 
XicMSK  :  Bevue  de  chirurgie,  lu  septembre  1888. 

Flament  :•  7/iMfi  tlê  d/o/ifijc/fim-,  1889. 

Laveran  (solution  à  5  p.  lÜOi:  Société  de  biologie,  25  mars  18)3. 
Le  Dentu  :  Clinique  chirurgicale,  Paris  190L 

2.  Pulvérisation  de  sublimé  : 


3.  Pulvérisation  de  formol  et  de  chloro formol  : 

Aronsohn  :  Société  ne  méledne  interne  de  Berlin,  18  mai  1892, 
et  15  juin  1898. 

Berlioz  et  Trillat  .■  Académie  des  sciences,  l"’’  août  1892. 
Miquel  :  Annales  de  micrographie,  VI,  1894. 

Roux  G.  et  Trillat  :  .Ift/iaffy  de  l'Institut  Pasteur,  p.  238, 
mai  1896. 

Bosc  (F. -J.)  :  Annales  de  l'Institut  Pasteur,  p.  299,  mai  1896. 
Fayoi.lat  :  These  deMyon,  1896. 

Galibkrt  :  Thèse  de  Montpellier ,  1896. 

Foley  :  Thèse  de  Lyon,  1896. 

Trillat  :  Académie  des  sciences,  2  mars  1896. 

Hue  :  Thèse  de  Toulouse,  1896-1897. 

Vaillard  et  Lb.moine  :  Annales  de  l'Inslilnl  Pasteur,  p.  481, 
septembre  1896. 

Merielix  :  Société  des  sciences  médicales  de  Lyon,  28juillet  1897. 
Risler  et  Trautmann  :  Hygiène  und  Infections  kr.  XLVI.  3. 
Berlioz  :  Dauphiné  médical,  juin  1898. 

C  Z  AP  cKVf  SKI  Münc  h.  med.  Wochenschrift,  IL  octobre  1898. 
Flugge  :  Zeitchi  ifl  für  Hygiène  und  infectioiiskr.  XXIX,  2, 
1898-1899 

Kkrmektcieff.(A.  g.)  :  Thèse  de  Paris,  1898-1899. 

Brunn  (U.Yon): Zeitschrift  fürHygimieund  Infeclionskrankhu 
XXX.  2.  1899. 

Martin  A.  J.  :  Comité  consultatif  d’hygiène  de  France,  19 
iuin  1899. 

Frieiimann  :  Deutsche  medicin  Wochensehirft,  14  déc.  1899. 
Lafolie  :  These  de  Bordeaux,  1900-1901. 

Walther  :  Bulletin  de  la  Société  de  chirurgie,  4  mars  1903. 
Bonhoff  h.  Ferlin,  klin.  Wochenschrift,  9  mars  1904. 
Levachev  V.  (eu  Russe)  :  Roussk  Vratsch.  19  juin  1904. 

Piton  A.  (Chloroformol)  :  Archives  de  médecine  navale  et 
coloniale,  )mn  1898. 

Sedan  ;  Congrès  pour  l'étude  de  la  tuberculose  chez  les  hom¬ 
mes  et  les  animaux,  4®  session,  Paris,  juillet-août  1898. 
Discussion  :  Nocard,  Vaillard,  Lemoine.  {Ibid.) 

3.  Pulvérisation  d'eau  oxygénée. 

Quenu  et  Landei.  :  Bulletin  de  la  Société  de  chirurgie  : 
décembre  1902. 

4.  Pulvérisation  de  Hoizinc. 

P.  Rosenberg  :  Société  de  médecine  interne  de  Berlin,  5 
avril  1897. 

5.  Pulvéri.sation  d'acroleine. 

Koch  et  Fuchs  :  Centrulblatl  für  Bactériologie,  16  nov.  1899. 

6.  Pulvérisation  d'eau  simple. 

Terrier:  Hevue  de  chirurgie,  1890. 


330 


LK  PROGRÈS  MEDICAI, 


B.  Méthode  de  fumigations  : 

1.  Fumigation  sulfureuse. 

Dujardin-Baumetz  :  Association  française  pour  l'avancement 
des  sciences.  Blois,  et  Académie  de  médecine,  septembre  1884. 

2.  Fumigation  de  bichlorure  de  cuivre  (procédé  hollandais). 
WiLLEMS  (solution  de  1  gr.  de  bichlorure  de  cuivre  dans  100 

gr.  d’alcool).  En  brûlant,  ce  sel  se  décompose  et  ses  produits  de 
combustion  se  répandent  dans  l’atmosphère  :  Académie  de  méde- 
cinede  Belgique,  23  juin  1884. 

3.  Fumigations  de  sucre. 

A.  Trillat  :  Société  de  biologie,  18  et  25  mars  1905. 

4.  Fumigations  de  bois. 

Pallozzi  :  Semaine  médicale',  supplément,  p .  CCXXVI,  1895. 

C.  Méthode  de  l’évaporation. 

1.  Evaporation  de  chlore,  de  brome,de  nitrosyl. 
Dujardin-Beaumetz  :  Association  française  pour  l'avancement 
des  sciences.  Blois,  et  Académie  de  médecine,  septembre  1884. 

2.  Evaporation  d'ammoniaque. 

Frèudenreich  :  Annales  de  micrographie,  novembre  1894. 
Thouvenet  :  Limousin  médical,  mai  1903. 

3.  Evaporation  d'une  solution  de  bicarbonate  de  soude. 

Simon  :  Zeitschrift  fur  Hyqiene  und  Infeclionskrankhn 

XLIII,  février  1903. 

4.  Evaporation  d'acide  phénique,  chloroforme,  éther  uzoleu.c 
sulfure  de  carbone,  etc. 

Miquel  :  Semaine  médicale,  p.  223.  1883. 

5.  Evaporation  d'un  liquide  polyanliseptiqiie. 

Smith  (de  New-York)  ;  Essence  d'eucalyptus,  d’acide  phénique, 
d’essence  de  térébenthine  àà  15  gr.  ;  Semaine  médicale,  supplé¬ 
ment,  p.  LXXIV,  1894. 

D.  Méthode  de  l'ozonisation. 

Chappuis  :  Bulletinde  la  Société  de  chimie,  p.  290, 1881. 
Christmas:  Annales  de  l'Institut  Pasteur,  p.  776,  1893. 
Ohlmuller  :  Arbcit  ans  dem  Ka'iserlciesundheilsamte,  VIII, 

p.  228. 

D’Arsonval  :  Société  de  biologie,  5  juillet  1895. 

5.  Généralités  sur  la  désinfection. 
Kupferschlager  :  Académie  de  médecine  de  Belgique,  25 
juillet  1885. 

Gbppekt  .1.  ;  Ueber  desinficirende  Mittel  und  Methoden,  eine 


experimental  Untersuchung,  Berlin,  klin.  iVohcnschrift,  17.  24 
3i  mars  1890. 

ScHEiJRLEN  :  Zur  Xenntnis  unserer  Desinfections  Methoden. 
Munch.  ined.  Wochenschrift,  20  juillet  1898. 


ASSISTANCE  PUBLIQUE 


Administration  générale  de  l’Assistance  publique  à 
Paris 

Commission  chargée  di-  Célabicraiton  d'un  projet  de  règlement 
pour  l'Ecole  d'infirmières  (1). 

Rapport  DE  la  sous-com\jissio.n  (2) 

Messieurs, 

La  Sons-Commission  à  qui  vous  avez  confié  le  soin  de  prépa¬ 
rer  le  réglement  de  la  nouvelle  Ecole  d’infirmières  créée  à  la 
Salpêtrière  a  pris  pour  base  de  son  travail  les  dispositions  édic¬ 
tées  par  l’arrêté  du  1“''  mai  1903.  Elle  a  cru  devoir  y  apporter  des 
modifications  assez  importantes,  en  tenant  compte  notamment 
des  vœux  émis  dans  les  cinq  séances  que  la  Commission  a  déjà 
tenues.  Le  projet  que  nous  avons  l’honneur  de  soumettre  à  votre 
examen  peut  se  diviser  ainsi  :  1°  Destination  de  l’Ecole  ;  2"  Con¬ 
ditions  d’admission  ;  3“  Examen  d’entrée  ;  4“  Régime  de  l’Ecole  ; 
5“  Programme  des  études  ;  6°  Examens  de  fin  d’année.  L’Admi¬ 
nistration  présentera  ultérieurement  deux  autres  projets  de  règle- 


(I)  Membres  de  la  commission  :  MM.  Boürneville,  Bo.vnaire, 
Debove,  Faisans,  Honoré,  Sigismond,  Lacrolx,  André  Lefèvre, 
Navarre,  Noir.  Félix  Roussel,  Félix  Voisin,  Walther  ;  Mmes 
Desjardins,  Hénault,  Meüsy  ;  MM.  G.  Mesureur,  Directeur  de 
l'Adininistratioii  ;  Thilloy,  Secrétaire  général  ;  Gory,  L  specteur, 


Gai 


Chef  de  service  ;  Montreuil  et  May.  Directeurs. 

(2)  l.a  sous-commissiun  était  composée  de  MM.  Boürneville, 


ment,  l’un  concernant  le  programme  détaillé  des  matières  ensei. 
gnées,  et  le  second  relatif  au  service  intérieur  de  l’Ecole  (emploi 
du  temps,  congés,  régime  alimentaire, etc.). 

1.  Destination  de  l’école  (Article  premier).  —  Ainsi  qoj 
vous  en  avez  décidé,  l’Ecole  d'infirmières  de  la  Salpêtrière  aura 
le  caractère  d’une  Ecole  de  recrutement  pour  le  personnel  de  I 

nos  établissements.  Les  cours  actuels  d’infirmières  ne  vont  donc  ! 

point  disparaître,  et,  pour  bien  marquer  que  toutes  les  infir- 
miêres  concourent  ensemble  pour  l’avancement,  l’Ecole  de  la 
Salpêtrière  délivrera,  non  pas  un  brevet,  comme  l’indique  l’ar¬ 
rêté  de  1903,  mais,  ainsi  que  les  autres  Ecoles,  un  diplôme.  On 
se  gardera  ainsi  d’accentuer  une  différence  d’origine,  et  d’éveiller 
des  susceptibilités  qui  ne  doivent  pas  avoir  de  raison  d'être, 
attendu  que  les  deux  diplômes  conféreront  à  nos  agents  les  mêmes 
droits. 

L’arrêté  de  1903  portait  création  d’un  emploi  de  directrice  de 
l’Ecole.  Mous  vous  proposons  de  remplacer  le  mot  directrice  par 
le  titre  de  surveillante  générale,  afin  d’indiquer  nettement  que 
la  personne  chargée  de  la  direction  de  ce  nouveau  service  demeu¬ 
re  soumise  à  l’autorité  du  directeur  de  la  Salpêtrière,et  qu’en 
plus  de  ses  aptitudes  pédagogiques,  elle  devra  posséder  les  con¬ 
naissances  et  qualités  professionnelles  des  meilleures  surveillan¬ 
tes. 

IL  Conditions  d’admission.  (Art.  2  à  6  inclus).  —  Les  condi¬ 
tions  exigées  des  candidates  pour  être  autorisées  à  subir  l’exa¬ 
men  d’entrée  sont  les  suivantes:  1"  Etre  de  nationalité  française  ; 

2“  Célibataires  jS"  Agées  de  18  ans  au  moins  et  de  25  au  plus  ; 

4“  Produire  un  bulletin  de  naissance  et  un  extrait  du  casier 
judiciaire  ;  5“  Etre  acceptées  par  une  Commission  médicale. 

Nous  vous  proposons  de  maintenir  l’obligation  du  célibat  pen¬ 
dant  la  durée  des  2  années  passées  à  l’Ecole.  En  effet,  l’internat 
devant  être,  en  principe,  le  régime  de  l’Ecole,  il  ne  paraît  pas  que 
ce  régime  puisse  s’adapter  aux  exigences  d'un  ménage  et  aux 
devoirs  d’une  épouse  et  d’une  mère  de  famille.  Conformément  à 
vos  indications,  l’âge  maximum  des  candidates  est  fixé  à  25  ans,au 
lieu  de  30  ans  prévu  par  l’arrêté  de  1903. 

Vous  avez  justement  pensé  qu’il  convenait  de  recevoir  seule¬ 
ment  des  jeunes  filles  à  l’esprit  encore  souple,  au  caractère  mal¬ 
léable,  susceptibles  de  se  plier  à  la  discipline  d’un  internat,  et  de 
prendre  l’empreinte  d’une  éducation  hospitalière.  Toutefois,  la 
limite  d’âge  est  portée  à  30  ans  pour  les  candidates  appartenant  à 
l’Assistance  publique  depuis  5  ans  au  moins,  et  il  est  entendu  que 
les  infirmières  possédant  un  diplôme  délivré  par  les  Ecoles  actuel¬ 
les  auront  la  faculté  de  se  présentera  l’examen  d'entrée,  pourvu 
qu'elles  remplissent  les  autres  conditions  règlementaires.  La  pos¬ 
session  d’un  diplôme  quelconque  ne  saurait,  en  effet,  être  une  cause 
d'ostracisme,  et  la  Sous-Commission  a  pensé  que  le  diplôme 
d’infirmière,  au  même  titre  que  le  brevet  élémentaire  et  le  hrevét 
supérieur,  ne  pourrait  être  un  motif  d'exclusion.  Si,  dans  la  pra¬ 
tique,  le  diplôme  des  cours  d’infirmières  et  celui  que  délivrera 
l’Ecole  d’infirmières  doivent  avoir  aux  yeux  de  l’Administration 
la  même  valeur  et  constituent  un  de  scs  éléments  d’appréciation 
pour  l’avancement  de  ses  agents,  il  est  bon  que  le  principe  de  l’E¬ 
cole  ouverte  à  tous  soit  maintenu. et  que  notre  personnel  ne  puisse 
croire  que  les  élèves  de  la  nouvelle  Ecole  constituent  une  classe 
privilégiée.  Toutes  nos  jeunes  infirmières,  instruites,  diplômées 
ou  non,  âgées  de  moins  de  30  ans  et  célibataires,  pourront  donc 
passer  par  l’Ecole,  et  acquérir  ainsi,  avec  un  léger  sacrifice  de 
temps,  l’autorité  et  le  mérite  que  sauront  se  réserver  les  élèves  de 

l.’àga  minimum  de  18  ans  a  paru  devoir  être  maintenu,  pn*^' 
qu’une  Commission  médicale  sera  chargée  d’ajourner  ou  de  refu¬ 
ser  les  candidates  jugées  trop  délicates  de  santé  pour  supporter 
les  fatigues  de  la  profession  d  infirmière.  Cet  examen  sera  particu¬ 
lièrement  sévère  et,  pour  qu'il  donne  toute  garantie,  la  Comu^"^ 
sion  sera  composée  de  deux  médecins  et  d’un  chirurgien  des  bU' 
pitaux.  Le  projet  n’exige  des  candidates  aucun  diplôme,  P*® 
même  le  certificat  d’études.  En  effet,  l’examen  administratif 
mettra  de  constater  le  degré  d'instruction  des  futures  élèves,  c 
desjeunesfilles,  mémo  instruites,  qui  peuvent  n’avoir  aucun  diplôme- 

III.  Examen  d’entrée  (Art.  7  à  10  inclus).  — Votre  Sons- 
Commission,  Messieurs,  a  écarté  le  concours.  Ce  mode  de  recru¬ 
tement  favoriserait  trop  exclusivement  les  candidates  les  plus  tu® 
truites,  et  empêcherait  de  tenir  compte  des  autres  aptitudes,  e , 
en  particulier,  de  la  valeur  professionnelle  des  candidates  appuf^ 
tenant  déjà  à  l’Assistance  publique.  L’examen  comprendra  un 
dictée,  qui  servira  d’épreuve  d’écriture,  une  narration,  et  deu 
problèmes  d’arithmétique. 

Le  jury  est  composé  d’un  inspecteur  principal,  du  directeur 
la. Salpétrière,  de  la  surveillante  générale,  et  de  professeurs 
l’École,  dont  le  nombre  sera  déterminé  en  raison  du  nombre  <* 
candidates.  3 

Il  est  convenu  que  les  professeurs  seront  recrutés  dans  le  cO^V 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


331 


dical  tout  entier  et  dans  le  monde  scientifique,  et  ne  seront 
fe  pas  nécessairement  choisis  parmi  les  médecins  et  chirurgiens 
Jpg  hôpitaux  et  de  l’assistance  médicale. 

Comme  ü  s’agit  pas  d  un  concours,  mais  d  un  simple  examen, 

,  nirecteur  de  l’Administration  ne  sera  pas  tenu  de  nommer  les 
andidates  suivant  le  rang  qu’elles  occupent  d’après  le  nombre  des 
Lints  obtenus  à  l'examen.  L’Administration  exercera  donc  un 
choix  libre  qui,  toutefois,  ne  pourra  porter  que  sur  les  candidates 
reconnues  admissible.  Celles  d’entre  elles  qui  n’auront  pu,  faute 
de  place,  entrer  à  l’École,  pourront  y  être  appelées  l’année  sui¬ 
vante  sans  subir  un  nouvel  examen. 

Le  projet  de  règlement  reproduit  la  disposition  de  l’arrêté  de 
1903  qui  impose  aux  candidates  choisies  par  le  Directeur  de  l’Ad¬ 
ministration  un  stage  de  deux  mois  avant  leur  admission  définitive 
i  l’Ecole.  Par  le  moyen  de  ce  stage,  on  pourra  se  former  une 
opinion  sur  les  futures  élèves,  et,  par  suite,  éliminer  d’ores  et 
déjà,  sans  prononcer  un  renvoi,  les  stagiaires  qu’il  ne  convien¬ 
drait  pas  d’admettre. 

IV.  Régime  de  l’École  (Art.  Il  à  13  inclus).  —  L'internat  ei 
le  régime  adopté,  et  la  durée  des  études  est  fixée  à  deux  années. 
Ce  régime  est  nécessaire  pour  accoutumer  les  élèves  à  la  vie  hos¬ 
pitalière,  et,  si  l’institution  des  boursières,  aujourd’hui  disparue, 
n’a  pas  donné  le  résultat  espéré,  c’est  qu’elles  n’avaient  pu,  au 
cours  de  leur  année  d’études,  faire  l’apprentissage  pratique  de  leur 
profession. 

En  principe,  l’internat  sera  donc  obligatoire.  Cependant,  à  titre 
exceptionnel,  les  élèves  de  R*  année  pourront,  par  décision  spé¬ 
ciale  du  Directeur  de  l’Administration,  être  autorisées  à  loger 
chez  leurs  parents  ;  mais  l’internat  sera  imposé  à  toutes  les  élèves 
de  2' année,  qui  devront,  pendant  un  certain  temps,  être  attachées 
à  un  service  de  veille. 

Les  élèves  de  R'  année  qui  seront  externées  n’auront  droit  à 
aucune  indemnité  de  logement,  contrairement  à  l’arrêté  de  1903, 
qui  prévoyait  une  indemnité  annuelle  de  180  francs.  Le  principe 
de  l’indemnité  de  logement  a  été  écarté,  car  il  serait  de  nature  à 
provoquer  un  trop  grand  nombre  de  demandes  d’externement,  et, 
ramènerait  ainsi,  par  une  voie  détournée,  à  l’institution  des  bour¬ 
sières.  Les  élèves  stagiaires  et  infirmières  sont  nourries,  logées 
et  blanchies.  Les  élèves  infirmières  sont  en  outre  habillées.  Les 
stagiaires  reçoivent  une  indemnité  mensuelle  de  10  francs.  Les 
élèves  infirmières  ont  un  traitement  mensuel  de  10  francs  pour  la 
D'année,  et  de  20  francs  pour  la  2'  année  d’hétudes.  Cette  diffé¬ 
rence  d’expressions  —  indemnité  et  traitement  —  implique  cette 
conséquence  qu’à  partir  du  jour  où  les  .élèves  infirmières  tou¬ 
chent  un  traitement,  le  temps  passé  à  l’École  compte  pour  la  re¬ 
traite. 

L’Assistance  publique  va  créer  une  situation  privilégiée  aux 
élèves  de  1’  cole  de  la  Salpêtrière,  puisqu’elle  leur  ouvre  l’accès 
dune  carrière  hon  jrable  qu’une  femme  peut  envier  à  juste  titre. 
O  autre  part,  sans  parler  des  frais  de  construction,' le  fonctionne - 
®ent  de  la  nouvelle  institution  entraînera  des  dépenses.  On  pour¬ 
rait  donc  légitimement  n’accorder  aux  élèves  aucun  traitement, 
fflais,  par  une  raison  d’égalité  démocratique,  nous  vous  deman¬ 
dons  de  rendre  l’Ecole  accessible  aux  jeunes  filles  méritantes  qui 
seraient  dénuées  de  ressources,  et  dès  lors,  s’impose  l’allocation 
d  “jte  somme  minime. 

Il  arrivera,  sans  doute,  que  certaines  élèves,  le  diplôme  ut 
““obtenu,  quitteront  l’Assistance  publique,  dans  le  but  de 
mettre  au  service  de  malades  riches.  Pour  prévenir,  autant  que 
airese  peut,  cet  exode  préjudiciable  aux  intérêts  hospitaliers,  le 
projet  impose  aux  élèves  l’obligation  de  prendre  l’engagement  de 
J  ®*dr  trois  ans  au  service  de  l’Administration,  à  partir  du  jour  de 
*  sortie  de  l’Ecole,  et,  dans  le  cas  où  elles  partiraient  avant  l’ex- 
P^ation  de  ce  laps  de  temps,  de  rembourser  la  somme  de  1  .OtK) 
francs  pour  chaque  année  d’études.  On  estime  que 
lad* *®demnité  et  les  services  rendus  par  l’élève  auprès  des  ma- 
sioiT  ‘i?®P®“®sront  les  sacrifices  faits  pour  une  éducation  profes- 

nnelle.  Il  est  inutile  de  dire  que  cet  engagement  devra  être  si- 
5j^j’^“®oment  l’entrée  à  l’Ecolè,  par  les  élèves,  si  elles  sont 

J  Près,  et  par  leurs  parents,  si  elles  sont  mineures, 
pro^’.  DES  ÉTUDES  (ArticLES  14  à  Ifiinclus).  — Le 

grai:*“®/®6lement  indique  seulement  les  grandes  lignes  du  pro- 
“PS  études.  Ce  programme  comprend  des  cours  théoriques 
professés  dans  les  Ecoles  actuelles.  C’est  moins  la 
Pée  f  “rique  que  la  partie  pratique  qui  devra  être  dévelop- 
garder  de  donner  aux  surveillantes  et 
reose- U  ®  D’Illusion  ’de  posséder  une  demi-science,  plutôt  dange- 
médecin  qu’elles  aient  tendance  à  vouloir  suppléer  le 

être  Su  ^  modifier  ses  prescriptions.  Les  élèves  devront  donc 
l'p’aor  exercées  aux  fonctions  d’infirmières,  et  initiées  aux 

der  ^  filles  de  service  qu’elles  auront  un  jour  à  comman- 

àre’njpj^  ^ôle  de  surveillante  qu’elles  pourront  être  appelées 


Une  administration  comme  l’Assistance  publique  de  Paris 


dont  les  hôpitaux  et  hospices  contiennent  maintenant  29,580  lits 
réglementaires,  la  division  du  travail  a  nécessairement  conduit 
à  une  spécialisation  extrême  à  la  fois  des  services  et  des  fonctions. 

Cette  spécialisation  a  formé  des  agents  experts  dans  un  service 
particulier  pour  une  fonction  déterminée,  mais  elle  expose  aussi 
à  avoir  des  surveillantes  et  infirmières  inférieures  à  elles-mêmes 
quand  des  causes  diverses  obligent  à  les  changer  de  service  ou 
de  fonction.  C’est  pourquoi  les  élèves  infirmières,  pendant  les 
deux  années  d’études,  devront  passer  successivement  dans  les 
divers  services  généraux  (lingerie,  cuisine,  bains,  etc.),  et  les  di¬ 
vers  services  hospitaliers  (médecine  générale,  maladies  contagieu¬ 
ses,  maladies  spéciales,  chirurgie,  accouchement,  aliénés,  grands 
infirmes  et  vieillards) . 


VI.  Examens  de  fin  d’année  (Art.  16  et  17) —  A  la  fin  de  la 
R'et  de  la  2'  année,  les  élèves  infirmières  subissent  un  examen. 
Si  l’examen  de  la  1"  année  n’est  pas  satisfaisant,  l’élève  devra, 
suivant  la  décision  de  l’Administration  ou  recommencer  l’année, 
ou  quitter  l’Ecole.  Le  jury  d’examen  de  la  l"  année  est  composé 
des  professeurs  de  l’Ecole.  Le  jury  d’examen  de  la  2'  année  com¬ 
prend  un  représentant  de  l’Administration,  un  professeur  et  un 
médecin,  un  chirurgien,  un  accoucheur  des  hôpitaux.  En  compo¬ 
sant  ainsi  le  jury  d’examen  de  la  2®  année,  votre  Sous-Commis¬ 
sion  a  pensé  que  le  diplôme  délivré  aurait  plus  de  valeur,  car  on 
ne  pourra  soupçonner  des  juges  étrangers  d’un  sentiment  exces¬ 
sif  de  bienveillance  qu'on  pourrait  parfois  être  tenté  d’attribuer 
aux  professeurs  des  élèves. 

Telles  sont,  Messieurs,  les  principales  dispositions  du  projet 
soumis  à  votre  examen.  Ét,  maintenant,  permettez-nous  de  rap¬ 
peler  que,  dans  vos  séances,  on  a  plus  d’une  fois,  et  sans  doute, 
ajuste  titre,  vanté  certains  hôpitaux  de  pays  voisins.  Les  remar¬ 
ques  faites  à  leur  sujet  sont  de  nature  à  exciter  l’émulation,  mais^ 
elle  ne  doivent  pas  nous  rendre  injustes  à  l’égard  de  nous-mêmes.* 
Les  hôpitaux  étrangers,  dont  il  a  été  parlé,  sont  des  fondations 
privées, autonomes,  pouvant  diminuer  à  volonté  le  chiffre  des  ad¬ 
missions,  et  plusieurs  préfèrent  consacrer  leur  ressources  pro¬ 
pres  à  soigner  avec  plus  de  luxe  un  moins  grand  nombre  de  ma¬ 
lades.  Au  contraire,  les  hôpitaux  parisiens  forment  une  seule  ad¬ 
ministration,  alimentée  surtout  par  les  deniers  publics,  et  sont 
tenus,  en  vertu  d’une  tradition  séculaire  et  aussi  de  par  la  loi, 
d’ouvrir  à  tous  les  malades  leurs  portes  toutes  grandes.  Ici,  toute 
réforme  doit  s’appliquer,  en  même  temps,  à  tous  les  établisse¬ 
ments,  et  toute  amélioration  a  par  conséquent  une  action  plus 
étendue  ;  mais  il  faut  sérier  les  améliorations,  et  c’est  pourquoi 
paraît  plus  lente  à  première  vue  la  marche  vers  une  organisation 
idéale. 

Votre  Sous-Commission,  Messieurs,  se  plaît  à  penser  que  la 
création  qui  va  être  faite  marquera  un  pas  de  plus  dans  la  voie 
des  progrès  réalisés  depuis  l’année  1878,  qui  a  vu  l’ouverture  de 
la  première  École  d’infirmières.  Car  ceux  qui  ont  connu  les  hô¬ 
pitaux  à  cette  époque  déjà  lointaine  peuvent  té.moigner  des  heu¬ 
reux  résultats  obtenus  par  l’œuvre  à  laquelle  restera  justement 
attaché  le  notndu  docteur  Bourneville,  fondateur  et  directeur  des 
Ecoles  municipales  d’infirmières. 

En  terminant.  Messieurs,  nous  exprimons  le  souhait  que  le 
Conseil  municipal,  dont  la  générosité  à  l’égard  de  l’Assistance 
publique  ne  se  lasse  jamais,  veuille  bien  accorder  tous  les  subsi- 
sides  nécessaires  au  succès  d’une  institution  qui  fera  honneur  à  la 
Ville  de  Paris. 


Paris,  le  9  avril  1906 

Le  Rapporteur,  A.  Gory. 


Projet  de  règlement  pour  l’école  des  infirmières. 

Article  premier.  —  Il  est  créé,  sous  le  nom  d’École  des  infirmiè¬ 
res  de  l’Administration  générale  de  l’Assistance  publique  à  Paris, 
une  École  destinée  à  former  des  infirmières  ^plômées.  , 

Une  surveillante  générale  est  placée  à  la  tête  de  cette  École. 

2.  —  Les  candidates  à  cette  Ecole  doivent  être  de  nationa¬ 
lité  française,  célibataires,  et  âgées  de  18  ans  au  moins  et  de  25  ans 
au  plus  au  1"  janvier  de  l'année  de  l’examen.  Toutefois,  la  limite 
d’âge  est  portée  à  30  ans  pour  les  candidates  appartenant  à  l’Admi¬ 
nistration  depuis  5  ans  au  moins. 

3_ —  Ces  candidates  doivent  adresser  à  l’Administration  de 
l’Assistance  publique  (service  du  personnel)  une  demande  accom¬ 
pagnée  de  leur  bulletin  de  naissance  et  d’un  extrait  de  leur  casier 
judiciaire  ayant  moins  de  3  mois  de  date. 

Art.  4.  —  Un  arrêté  du  Directeur  de  l’Administration  détermi¬ 
nera  chaque  année  le  nombre  des  candidates  qui  pourront  être  ad¬ 
mises  à  l’Ecole  des  infirmières. 

Art.  5.  —  Les  candidates  ne  sont  définitivement  admises  à  subir 
l’examen  qu’après  avis  d’une  Commission  médicale  chargée  de  cons¬ 
tater  leur  aptitude  physique. 

Cette  Commission  est  composée  de  deux  médecins  et  d’un  chi¬ 
rurgien  des  hôpitaux  désignés  par  arrêté  du  Directeur  de  l’Admi- 
nistratio». 


332 


LE  PROGRES  MEDICAL 


Art.  6.  —  L’examen  comprend  une  dictée,  qui  sert  en  même 
temps  d’épreuve  d’écriture,  une  narration  française  et  deux  pro¬ 
blèmes  d'arithmétique  portant  sur  les  quatre  régies,  les  fractions 
et  le  système  métrique. 

Art.  7.  —  Le  nombre  maximum  des  points  qui  peuvent  être  at¬ 
tribués  à  chacune  de  ces  épreuves  est  fixé  ainsi  qn’il  suit  : 

Orthographe .  20 

Ecriture .  5 

Narration  française .  2i 

Problèmes .  20 

Total .  70 

Un  seul  zéro  suffit  pour  exclure  la  candidate  de  la  liste  d'admis¬ 
sibilité. 

Art.  8.  —  Le  jury  est  composé  d’un  inspecteur  principal,  prési- 
sident,  du  directeur  de  la  Salpêtrière,  de  la  surveillante  générale 
et  de  professeurs  de  l’Ecole. 

Art.  9  —  Las  élèves  de  l’école  sont  choisies  par  le  Directeur  de 
l’Administration,  parmi  les  candidates  reconnues  admissibles.  Elles 
doivent  effectuer  un  stage  dont  la  durée  est  fixée  à  deux  mois. 

Art.  10.  —  Les  élèves  stagiaires  sont  nourries,  logées, chauffées, 
éclairées  et  blanchies,  et  reçoivent  une  indemnité  mensuelle  de  10 
francs.  Les  élèves  infirmières  Jouissent  des  mêmes  avantages  en 
nature  ;  elles  sont,  en  outre,  habillées  et  reçoivent  un  traitement 
mensuel  fixé  à  10  francs  pour  la  première  année  et  à  20  francs 
pour  la  deuxième  année  d'études. 

Art.  IL  —  Les  élèves  qui  sui\'ent  les  cours  la  P'  année,  peu¬ 
vent,  exceptionnellement,  et  par  décision  spéciale  du  Directeur  de 
l’Administration,  être  autorisées  à  loger  chez  leurs  p^ents  ;  cette 
autorisation  ne  confère  aucun  droit  à  une  indemnité  de  logement. 

Art.  12.  —  La  durée  des  études  est  fixée  à  deux  ans.  A  l’expira¬ 
tion  du  stage,  les  élèves  doivent  prendre  l’engagement  de  rester 
trois  ans  au  service  de  l’Administration  après  leur  sortie  de  l’E¬ 
cole.  Dans  le  cas  où  elles  partiraient  avant  l’expiration  de  ces  trois 
années,  elles  devront  payer  une  indemnitéproportionnelle  au  temps 
restant  àcourir,  calculée  à  raison  de  1  fr.  par  jour. 

Art.  lii.  —  t.e  programme  des  études  comprend  : 

Des  cours  élémentaires  d’anatomie,  de  physiologie,  d’hygiène, 
de  petite  pharmacie,  de  massage,  des  leçons  théoriques  et  prati¬ 
ques  sur  les  soins  â  donner  aux  malades  atteints  d’affections  d’or¬ 
dre  médical  et  d'ordre  chirurgical,  aux  aliénés,  aux  vieillards  et 
a\ix  incurables,  aux  enfants,  aux  femmes  en  couches  et  aux  nou¬ 
veau-nés  ;  des  cours  d  administration  hospitalière,  des  cours  de 
cuisine,  des  leçons  théoriques  et  pratiques  sur  le  service  de  salle 
et  d'office,  et  sur  la  préparation  des  tisanes,  boissons  et  mets,  etc. 

Art.  14.  —  Pendant  les  deux  années  d’études,  les  élèves  infir¬ 
mières  passent  successivement  dans  les  divers  services  hospitaliers 
énumérés  à  l’article  13  et  dans  les  services  généraux.  Elles  sont 
appelées  à  participer  au  service  de  veille,  pendant  la  2'  année  de 
séjour  à  l’Ecole. 

Art.  15.  —  A  la  fin  delà  D®  année  d'études,  les  élèves  infirmiè¬ 
res  subissent  un  examen  devant  les  professeurs  de  l’Ecole.  Celles 
dont  les  notes  ne  sont  pas  satisfaisantes  doivent, si  l’Administration 
le  juge  nécessaire,  recommencer  l'année  d’études  qu’elles  viennent 
de  terminer.  Celles  dont  les  notes  sont  absolument  insuffisantes 
ne  sont  pas  admises  à  prolonger  leur  séjour  à  l’Ecole. 

Art.  10.  —  A  la  fin  des  éludes,  les  élèves  infirmières  sont  sou¬ 
mises  à  un  examen  devant  un  jury  composé  d’un  représentant  de 
l'Administration,  d'un  professeur  de  l’Ecole,  d’un  médecin,  d’un 
clfirurgien  et  d'un  accoucheur  des  hôpitaux.  Il  est  délivré  aux  élè¬ 
ves  infirmières  qui  ont  subi  avec  succès  l’examen  de  fin  d’études 
un  diplôme  d  infirmière  de  l’administration  générale  de  l’assistance 
publique  à  Paris. 

Les  élèves  qui  ont  obtenu  ce  diplôme  sont  nommées  infimières 
de  2'  classe. 


THERAPEUTIQUE 

Traitement  delà  Coqueluche. 

L  Hélénine  de  Korab  diminue  d’une  façon  notable  l’ex¬ 
citabilité  laryngo-pbaryngienne  ;  c’est  un  modérateur,  un 
calmant  du  système  nerveux  (Communications  à  la  Société 
de  Biologie).  Cette  propriété  bien  démontrée  fait  comprendre 
lapuissance  curative  de  l’Hélénine  dans  la  coqueluche  ;  d’a¬ 
près  'Valenzuela  (£l  Slglo  medico  de  Madrid),  les  effets  de 
l'Hélénine  sont  merveilleux.  Introduite  dans  l'estomac,  l’Hé- 
lénine  agit  à  la  manière  des  amers  aromatiques  et  s’oppose 
aux  vomissements  si  fréquents  et  si  pénibles  qui  accompa¬ 
gnent  les  quintes  de  toux.  Cet  agent  thérapeutique  doit  être 
administré  sous  forme  de  Sirop  du  D®  de  Korab  à  la  dose 
de  quatre  à  cinq  cuillerées  à  café  par  jour. 


VARIA 


Les  médecins  à  la  Chambre  des  Députés. 

La  nouvelle  Chambre  des  députés  compte  46  médecins  qui 
sont  MM.  les  D®®  Amodru,  Baudet  i Côtes-du-Nord),  Baudon 
Boutard,  Brousse  (Seine),  Cachet,  Cazauvieilh,  Cazeneuvt 
Chambige,  Chapuis  (Jura),  Chapuis  (iMeurthe-et-Mosellei 
Chopinel,  Clament,  Defontaine,  Delbet,  Del  pierre,  Delelis’ 
Devins,  Dron,  Dubief,  Dubuisson,  Dudouyt.  Durand  (Audei' 
Empereur  Isoard,  Lachaud,  Laurent,  Levraud,  Meslier,  Morei 
(Pas-de-Calais),  Pechadre,  Pouteyron,  Pozzi  (Marne),  Pujade 
Ravier,  Roblin,  Rouby,  Sabaterie,  Santelli,  Sarrazin,  Simyan', 
Sireyjol,  Thivrier,  Vacherie,  Vazeille,  Villeneuve. 

11  y  a  en  outre  9  pharmaciens  :  MM.  Astier,  Bachimont, 
Baduel,  Chamerlat,  Féron,  .Morel  (Loire),  Renard,  Schmidtî 
Selle  et  2  vétérinaires  ;  MM.  Fitte  et  Prjot. 

Le  nombre  des  médecins  n’est  relativement  pas  exagéré  si 
on  songe  qu’il  y  aura  à  la  Chambre  119  avocats,  40  journa¬ 
listes  ou  publicistes,  26  professeurs,  26  anciens  officiers,  2  ar¬ 
tistes  peintres  et  2  curés. 

Les  médecins  français  en  Perse. 

M.  Delorme  a  rappelé  récemment  à  l’Académie  de  Méde¬ 
cine  que  le  corps  de  santé  militaire  français  compte  en  Perse, 
depuis  longtemps,  plusieurs  représentants  autorisés.  Actuel¬ 
lement,  le  médecin  principal  de  l®®  classe  Schneider,  qui  a 
remplacé  l’ancien  professeur  agrégé  du  Val-dé-Gràce  Tbolo- 
zan,  remplit  les  fonctions  de  médecin  en  chef  de  S.  M.  1.  le 
ScHAH.  Le  docteur  Coppin,  médecin-major  de  P®  classe,  atta¬ 
ché  à  Son  Altesse  Impériale  le  Prince  Héritier  à  Tauris,  .M. 
H.  Renard,  pharmacien  en  chef  de  S.  A.  L  ;  les  méd^ 
cins-major  Galley  et  Georges,  répétiteurs  à  l’Ecole  du  ser¬ 
vice  de  santé  de  Lyon,  sont  chargés  des  fonctions  de  profes¬ 
seurs  à  l’Ecole  de  médecine  naissante  de  Téhéran.  Le  mé¬ 
decin-major  Sorel  est  attaché  comme  médecin  à  la  personne 
du  prince  Zell  es  Sultan,  gouverneur  d’ispahan  ;  enfin  M. 
le  pharmacien-major  Lecomte,  lauréat  du  Val  de-Grâce,reni- 
plit  les  fonctions  de  pharmacien  de  S.  M.  I.  le  Schah. 

Cette  colonie  médicale  française  lient  très  dignement  si 
place  en  Perse.  Elle  y  fait  honneur  à  la  science  médicale  fran¬ 
çaise.  Son  initiative  s’attache  aux  améliorations  médicales  du 
pays  (enseignement,  constitution  de  laboratoires,  de  centrf» 
vaccinogènes,  de  commissions  sanitaii-es.  Elle  fait  au  Conséü 
sanitaire  de  l'Empire  de  Perse  les  efforts  prophylactiques 
les  plus  méritoires  contre  les  épidémies  de  choléra  et  de  peste. 

En  outre  des  médecins  français,  nous  citerons  un  excellent 
ami  de  la  France,  le  D'  Loghman-ol-Mémalik,  médecin  en 
chef  de  S.  A.  I.  le  Prince  héritier,  membre  du  Conseil  supé¬ 
rieur  de  l’empire.  Après  avoir  complété  ses  études  de  méde; 
cins  à  la  Faculté  de  Paris, il  est  retourné  en  Perse  où  il  a  fonde 
une  école  française  à  Tauris,  dont  le  directeur  est  -M. 
nard.  Il  y  a  plusieurs  années  que  le  D''  Loghman  a  envoyé  ses 
trois  fils,  M-M.  Moin-ol-Atebba,  Hassan  Khan  et  .Vbbas  Kba**’ 
terminer  leurs  études  médicales  à  Paris.  Ils  travaillent  pouf 
obtenir  leurs  diplômes  et  répandre  plus  tard  la  science  nie- 
dicale  française  en  Perse. 

La  Caisse  des  recherches  scientifiques. 

Le  Journal  officiel  publie  le  rapport  annuel  sur  le  fo^' 
tionnement  de  la  caisse  des  recherches  scientifiques  en 
Les  ressources  de  cette  caisse  proviennent  de  subventions  d^ 
conseils  généraux,  et  d’allocations  sur  les  fonds  du  pari®“ 
tuel  :  elles  sont  destinées  à  aider  les  savants  dans  les  reche 
cheset  les  travaux  spéciaux  qu  ils  ont  entrepris.  Les  rapp^f 
généraux  sur  les  allocations  accordées  aux  auteurs  font  1® 
jetd'une  publication  annuelle  qui  est  adressée  aux  corps  - 
vants  et  étrangers  :  il  en  a  été  accordé  pour  ISS.OtX) 

1905,  sur  un  total  de  dépenses  de  la  caisse  montant  à  l'in, 
francs.  m 

La  somme  de  50,000  francs  provenant  du  pari  mutuel  a 
employée,  comme  précédemment,  à  subventionner  les 
vaux  entrepris  à  la  station  expérimentale  de  Lille,  sous  la 
rectionde  M.  Calmette.  . 

Parmi  les  recherches  de  la  P®  section  (recherches  bioior 


LE  PROGRES  MEDICAL 


333 


ues!  on  peut  citer  celles  de  M.  Achard,  agréfré  de  la  faculté 
Üe  médecine  de  Paris,  sur  «  le  régime  déchloruré  »  ;  de  M. 
irloin",  de  Lyon,  sur  «  l’unité  et  la  dualité  delà  tuberculose 
humaine  et  bovine  et  sur  la  vaccination  antituberculeuse  >■  ; 
de  M-  F.-J  ■  Bosc,  de  Montpellier,  sur  ■<  les  maladies  bryocy- 
tiaues  ">  notamment  la  variole  ;  du  docteur  Delacroix,  (le 
rinstitut  national  agronomique,  sur  les  maladies  de  diverses 
niantes,  entre  autres  du  tabac  ;  de  M.  Raphaël  Dubois  sur  les 
’  fadiobes  »  ;  de  M  Julien  Ray,  de  Lyon,  sur  le  cancer,  etc. 

Le  Conseil  de  l’Université  de  Paris. 

Le  conseil  de  l’Cniversité  de  Paris,  après  avoir  désigné 
M.  Proust,  agrégé  de  la  faculté  de  médecine,  pour  représen¬ 
ter  rUniversité  au  congrès  de  l’Association  des  médecins  de 
langue  française  de  l’Amérique  du  Nord,  s’est  prononcé  pour 
le  maintien  à  la  faculté  des  lettres  de  la  chaire  de  science  de 
l'éducation,  de  la  chaire  d’histoire  de  la  civilisation  et  des 
institutions  du  moyen  Age,  et  pour  la  transformation  en 
cliaire.  du  cours  des  sciences  auxiliaires  de  l'histoire.  11  a 
définitivement  approuvé,  en  ce  qui  le  concerne,  l’opération 
relative  à  l’extension  de  l' Université  de  Paris 
Celte  vaste  affaire  se  subdivise  en  deux  opérations  dis- 
vtinctes:  1“  Construction,  à  frais  communs,  par  l’Etat  et  la 
ville  de  Paris,  d'un  institut  de  chimie  couvrant  une  surface 
dey.ütIO  mètres,  où  seraient  établis  les  divers  services  de 
chimie  de  la  faculté  des  sciences  et  le  service  de  la  chimie 
appliquée  provisoirement  installé  lors  de  sa  création,  dans 
les  baraquements  de  la  rue  Michelet.  Cette  première  opé¬ 
ration  coûtera  3  millions,  partagés  entre  la  A  ille  et  l’Etat  : 

Acquisition  par  l’Université  de  Paris,  pour  ses  besoins 
futurs,  (l'un  terrain  de  ILOJÜ  mètres  carrés,  faisant,  comme 
le  premier,  partie  de  l'immeuble  situé  entre  la  rue  Saint- 
Jacques  et  la  rue  d'Ulm,  ([ue  la  congrégation,  des  Dames  de 
&int-Micbel.  (juidoitse  transférera  Chevilly.  a  été  autorisée 
à  vendre.  Cette  seconde  dépense,  qtn  s’élève  1.9ü0.0ü()  fr.,  sera 
faite  par  PUniversité  sur  ses  ressources  propres,  avec  le  con¬ 
cours  de  l’Etat  pour  T.jO.OOl)  francs  et  avec  le  montant  de  la 
donation  du  prince  de  Monaco,  (i’est  sur  une  partie  de  ce 
terrain  que  s’élèvera  l’institut  océanograpbi<iue  fondé  par  le 
prince  Albert  de  Monaco  à  Paris,  et  au(iuel  il  vient  d’attri- 
ûuer,  avec  le  musée  créé  par  lui  à  Monaco,  un  capital  de 
■*  millions. 

Lair  pespirable  pour  les  parisiens. 

M.  Brenot,  conseiller  municipal  du  (piartier  Saint-Avoye, 
dans  le  troisième  arrondissement,  a  fait  établir  une  statis- 
hque  qui  a  permis  de  constater  ([ue,  dans  le  3'  arrondissc- 
f*}ent,  la  «  moyenne  de  surface  libre  de  constructions  par  ha- 
oïlant  »  est  de  .5  mep  07,  la  plus  inférieure  dans  tout  Paris  est 
ans  le  3=  arrondissement  ;  c’est  le  quartier  même  de  M.  Bre- 
•  ®°''*iui  est. le  moins  aéré.  Le  7' arrondissement  vient  après 
^cconrq.  82,  jniis  le  l!“,  le  9=,  le  10'",  le  4“.  Les  arrondisse- 
plus  aérés  sont  le  15°  avec  38  ukj  97  par  habitant, 
e  ige  aygç.  Brenot  estime  qu’il  y  a  lieu  de 

raîtrp'^a  mesure  générale  (jui  consisterait  à  faire  dispa- 
j  J  uans  Paris,  les  îlots  contaminés  par  la  tuberculose  ou 
^  maladies  contagieuses  et,  en  ce  qui  concerne  les  quar- 
8amt-Ayoye  (3°  arrondissement)  et  Saint-Merri  arron- 
jj  P®Dti,  à  réaliser  l’augmentation  de  Pair  au  moyen  de 
tnp  de  squares,  de  places  publiques  et  de  l’élargisse - 
■"«•ddes  rues  existantes. 

saurions  trop  appuyer  la  proposition  de  M.  Bre- 
?’^*iuête  que  nous  avons  entreprise  sur  les  condi- 
**stan  des  malades  soignés  par  le  médecin  de  l'As- 

de  la  ^  ^®dicale  à  domicile  dans  la  partie  basse  du  quartier 
(Jêçij^™onne  icjuartier  Saint-Séverini  un  des  îlots  les  plus 
tuberculose,  il  résulte  que  les  habitant,s  indi- 
plm  de  ce  quartier  ne  disposent  pas,  chacun,  de 

Honibr*^P*”*® mies  et  demi  d’air  dans  leurs  logements  et 
chamk®  ^  aux  sont  célibataires  et  occupent  seuls  une 
d  hùtd.  J.  Agir. 

Révolte  de  lépreux. 

nous  remémore  les  mœurs  du  moyen-àge. 
étaiem  l’âcemment  signalé  la  manière  dont  les  aliénés  y 
‘‘aités,  vagabondant,  entravés  de  chaînes,  à  travers 


Tananarive  et  y  vivant  d’aumônes.  Aujourd’hui  ce  sont  les 
lépreux  qui  se  révoltent  s’il  faut  en  croire  la  nouvelle  que  le 
Temps  vient  de  reproduire  : 

Dans  la  soirée  du  19  mars  dernier,  les  lépreux  de  Faralan- 
gana  lurieux  de  se  voir  retenus  à  la  léproserie  sans  espoir 
de,  guérison,  disent-ils.  avaient  formé  le  projet  de  tuer  toutes 
les  sœurs  de  Saint- Vincent-de-Paulqui  leur  donnent  des  soins. 
U  n  des  leurs  s’y  opposa,  en  donnant  pour  raison  que,  le  «  fan- 
zakana  c'est-à-dire  legouvernement, tuerait  également  leurs 
femmes  et  leurs  enfants,  et  qu’il  valait  mieux  dans  ces 
conditions  profaner  le  cimetière  des  Européens  et  en  déterrer 
les  morts, afin  de  se  faire  chasser. 

Les  infortunés  comptaient  pour  cela  sans  l’énergie  de  l’ad¬ 
ministrateur,  M.  Bénévent,  qui,  mis  au  courant  de  leur  pro¬ 
jet.  réussit,  après  une  enquête,  à  découvrir  les  coupables.  Ils 
avaient  malheureusement  réussi  déjà  à  déterrer  le  cadavre 
d'une  religieuse,  dont  ils  avaient  éparpillé  les  restes,  cassé  le 
crâne,  déchiré  la  robe  et  soustrait  (jüelques  ossements.  II  se 
peut  qu'il  y  ait  aussi  à  cette  profanation  un  motif  supersti¬ 
tieux  :  beaucoup  de  Malgaches  croient  que  les  ombres  des 
morts,  si  elles  sont  importunées  dans  leur  tombe,  se  re¬ 
tournent  et  emmènent  avec  elles  non  pas  les  auteurs  de  la 
profanation,  mais  celles  de  leurs  propres  parents,  ou  du 
moins  de  leurs  compatriotes. 

Ae  se  croirait-on  pas  reporté  aux  XllU  et  XI\’°  siècles,  où 
Juifs  et  lépreux  conspiraient  ensemble  pour  obtenir  un  sort 
plus  doux  ou  se  venger  de  la  triste  existence  qu'on  leur  im¬ 
posait.  Espérons  que  l’éminent  médecin  (lui  gouverne  Mada¬ 
gascar  parviendra,  tout  en  sauvegardant  l'état  sanitaire  de 
l’île,  à  y  répandre  les  idées  de  philanthropie  (lui  font  l’hon¬ 
neur  de  notre  race  et  de  notre  époque.  J.  N. 

LES  CONGRÈS 

Congrès  pour  la  répression  de  l’Exercie  illégal 
de  la  médecine. 

(Paris,  28  au  31. mai  190ni. 

Salle  (les  examens  de  l’Assistance  publique 
49,  rue  des  Saints-Pères,  49. 

Programme  des  séances  :  Lundi  28  mai  190ü.  Se'ance  du  ma¬ 
tin.  -  Ouverture  du  congrès  :  Discours  de  M.  le  professeur 
BrÔuardel,  président  du  congrès  ;  Rapport  de  M.  le  docteur  Ch. 
Levas.sort,  secrétaire  général  ;  Nomination  du  bureau  définitif; 

Rapports  :  I.  Exercice  illégal  de  lamédecineparlesreBouteurs, 
sorciers  et  empiriques  de  même  nature.  Rapporteur  :  M.  le  D'' 
Léon  Pouliot  (Poitiers).  —  II.  Exercice  illégal  de  la  médecine 
par  les  charlatans,  magnétiseurs  et  somnambules.  Rapporteur  :M. 
le  D'-  Barbanneau,  à  Pouzauges  (Amendée).  —  Communication  : 
Le  magnétisme  comme  moyen  de  diagnostic  et  la  loi  du  30  novem¬ 
bre  1892.  M.  Cornet,  avocat  à  la  Cour  d’appel  de  Paris. 

Séarce  du  soir  (de  2  b.  à  5  h.l.  —  Rapport  :  III.  Faits  d’exer¬ 
cice  illégal  de  la  médecine  par  des  personnalités  laïques  ou  reli¬ 
gieuses,  dans  un  but  ou  sous  un  prétexte  de  charité.  Rapporteur  : 
M°  Bruno-Dubron,  avocat  à  la  Cour  d’appel  de  Paris.  —  Com¬ 
munication  ;  La  prati(iue  illégale  de  la  médecine  dans  la  province 
de  Québec  (Canada).  M.  le'  D''  Laurende.au,  de  Saint-Gabriel-de- 
Brandon  (Canada).  —  Rapport  :  IV.  Exercice  illégal  de  l'a  médeci¬ 
ne  par  des  membres  de  sociétés  de  secours  aux  malades  et  aux 
blessés.  Rapporteur  :M.  le  D''  Dignat  (Paris).  —  Communication  : 
Comment  armer  les  mères  de  famille  pour  défendre  leur  foyer  con¬ 
tre  les  dangers  de  l’exercice  illégal.  M.  le  D*-  Suarez  de  Mendo¬ 
za  (de  Paris).  —  Rapports  :  V.  Exercice  illégal  de  la  médecine 
par  les  gardes-malades,  infirmiers  et  panseurs.  Rapporteur  :  M.  le 
D'' Noir  (de  Paris).  —VI.  Exercice  illégal  delà  massothérapie. 
(Ce  qu’il  est  ;  ses  dangers  ;  remèdes  possibles).  —  Les  écoles  de 
massage.  (Ce  quelles  sont  ;  ce  qu'elles  devraient  être).  Rappor¬ 
teurs  :  M.  leD»-  Mesnard  (Paris)  ;  M"  Mathiot,  avocat  à  la  Cour 
d'appel  de  Paris.  —  Communication  ;  Projet  de  création  d'écoles 
de  gymnastique  médicale.  M.  le  D-' Boyer  (de  Toulouse). 

Séances  du  mardi  29  mai  1900.  —Séance  du  matin,  (de  9  h.  à 

11  h.). _ Rapports  :  VII.  Exercice  illégal  de  la  médecine  par  les 

barbiers  et  coiffeurs.  Rapporteur  :  M.  le  D'-  Milian  (Paris).  — 
VIII.  Exercice  illégal  de  la  médecine  par  les  pharmaciens.  (Con- 
fusioii  du  titre  de  docteur  en  pharmacie  avec  celui  de  docteur  en 
médecine.)  Rapporteur  :  M.  le  Dr  Dubousquet-Laborderie,  de 
Brive- Saint-Germain  (Corrèze).  —  Communications  ;  Confusion 
du  titre  de  docteur  en  pharmacie,  avec  celui  de  docteur  en  méde¬ 
cine.  AI.  le  Dr  Dubous(}uet-Laborderik,  de  Brive-Saint-Germain 
(Corrèze).  —  Suppression  du  doctorat  en  pharmacie.  M.  le  Dr  H . 


334 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


Louis,  à  Etain  (Meuse). —  De  l'exercice  illégal  par  les  pharma¬ 
ciens  favorisé  par  les  Société  de  secours  mutuels.  .M.  le  Df  Made- 
i.AiNE,  de  Saint-Pierre-sur-Dives  (Calvados). 

Rapport  :  IX.  Exercice  illégal  de  la  médecine  par  les  herboris¬ 
tes  et  bandagh  tes  (Traitement  des  hernies  et  varices).  Rappor¬ 
teur  :  M.  le  D''  Boudin,  à  Oyonnax  (Ain).  —  Communication  :  De 
l’exercice  illégal  de  la  médecine  à  forme  scientifique,  par  les  chi¬ 
mistes.  M.  le  D'  Rocheblavb,  de  Valence  (Drôme). 

Séance  du  soir  (de  2  h.  à  5  h.). —  Rapports  :  X.  (a)  De  l’exer¬ 
cice  illégal  et  principalement  de  l’exercice  irrégulier  de  la  méde¬ 
cine  par  les  opticiens.  Rapporteur  :  M.  le  D''  d’AvRENX  (Paris). 
—  (6)  De  l’exercice  illégal  de  l’ophtalmologie.  Rapporteur  ;  >1.  le 
D''  PncHiN  (Paris).  —  XI.  Exercice  illégal  par  les  personnes  qui 
font  de  l’électricite  médicale.  Rapporteur  :  M.  le  D‘'  Laquerrière 
(Paris).  —  XII.  Exercice  illégal  de  la  médecine  pratiqué  par  les 
dentistes.  Rapporteur  :  M.  le  D‘' Lassudrie  (Paris). —  XIII.  Exer¬ 
cice  illégal  de  la  médecine  par  les  sages-femmes.  Rapporteur:  M. 
le  D’’  Dieupart  (Paris).  —  XIII  bis.  Condition  actuelle  de  la  sage- 
femme  ;  ses  devoirs  et  ses  droits.  —  Modifications  à  apporter  à  la 
loi  et  à  l’enseignement.  Rapporteur  :  M™"  Bourgeois,  sage-femme 
de  1”  classe  (Paris). 

Séances  du  mercredi  30  mai  1906.  —  Séance  du  matin  (de  9 
h.  à  11  h.).  —  Rapport  :  XIV.  Exerciee  illégal  de  la  médecine 
par  des  médecins  étrangers.  (Inconvénients  d’accorder,  sans  rai¬ 
sons  suffisantes,  à  des  étrangers,  des  équivalences,  transformant, 
dans  certains  cas,  l’exercice  illégal  en  exercice  irrégulier).  Rap¬ 
porteur  :  M.  le  Dr  de  Grissac.  à  Argenteuil  (Seine-et-Oi.se).  — 
Communications  :  Exercice  illégal  de  la  médecine,  à  Nice.  M.  le 
Dr  Danjou,  de  Nice.  —  Exercice  illégal  parles  médecins  de  fron¬ 
tière.  M.  le  D'  Lemierre,  de  Lille.  —  Rapports  :  XV.  Exercice 
illégal  par  les  étudiants  en  médecine.  (Remplacements  sans  avoir 
rempli  les  formalités  légales.  Etablissement  avant  d’avoir  passé  la 
thèse.  Internes  des  hôpitaux  ;  certificats).  Rapporteur  :  M.  le  Dr 
DE  Grissac,  à  Argenteuil  (Seine-et-Oise).  —  XVI.  De  l’usurpa¬ 
tion  par  les  officiers  de  santé  du  titre  de  docteur  en  médecine.  Rap¬ 
porteur  ;  M'  Geoffroy,  avocat  à  laCour  d’appel  (Paris).  —  XVII. 
Docteurs  sortant  des  attributions  que  la  loi  leur  confère  :  en  cou¬ 
vrant  de  leur  diplôme  des  entreprises  louches,  instituts  variés, 
académies  fantaisistes,  cabinets  vénériens,  etc.,  et  en  prêtani  leur 
concours  à  des  charlatans  de  toute  sorte,  afin  de  les  soustraire  aux 
prescriptions  de  la  loi.  Rapporteur  :  M.  le  D^  Sentourens,  La 
Ferté-Bernard  (Sarthe).  —  XVIII.  Exercice  illégal  et  charlatanes- 
que  de  la  médecine,  par  la  réclame.  Rapporteur  :  M.  le  D’’  Folet, 
professeur  à  la  Faculté  de  médecine  de  Lille  (Nord). 

Séance  du  soir  (de  2  h.  à  5  h.).  —  Rapport  :  XIX.  Du  rôle 
de  la  presse  en  matière  d’exercice  illégal  de  la  médecine.  Rappor¬ 
teurs  :  M.  Breifel,  docteur  en  droit  (Paris)  ;  M.  Goret,  docteur 
en  droit' (Paris).  —  Communication  :  Exercice  illégal  par  dès  mé¬ 
decins  ou. pseudo- médecins  voyageurs,  dont  il  est  impossible  de 
contrôler  les  titres  et  diplômes.  M.  le  D''  Lemière,  de  Lille.  — 
Rapport  :  XX.  Des  réclames  médico-pharmaceutiques  à  allures, 
scientifiques,  faites  à  l’aide  de  tout  procédé  de  publicité,  par  des 
personnes  n’ayant  pas  de  diplôme  de  médecin.  Rapporteur  :  M.  G. 
Leredu,  avocat  à  la  Cour  d'appel  (Paris).  —  Communication  : 
Exercice  criminel  de  la  médecine  par  la  réclame.  M.  le  D'’  Le  Pi- 
leur,  de  Paris.  —  Rapport  :  XXL  Comment  avertir  le  public  des 
dangers  de  l’exercice  illégal  de  la  médecine.  Rapporteur  :  M.  le 
Dr  Leredde  (Paris).  Communications  :  Des  causes  de  l’exercice 
illégal  et  des  moyens  de  le  combattre.  M.  le  D‘'  Deschamps,  de 
Rennes.  — r  La  propagande  et  l’éducation  du  public,  à  propos  de 
la  communication  de  M  Leredde.  M.  le  D'  Maurice,  de  Lyon.  — 
Rapport  :  XXII.  Les  causes  sociales  de  l’exercice  illégal  de  la 
médecine.  (Considérations  psychologiques  et  économiques).  Rap¬ 
porteur  :  M.  le  Dr  Bardet  (Paris).  —  Communication  :  Respon¬ 
sabilité  des  médecins  dans  l’exercice  illégal  de  la  la  médecice.  M. 
le  Dr  Leredde,  de  Paris. 

Séances  du  jeudi  31  mai  1906.  —  Séance  du  matin  (de  9  h.  à 
11  h.). — Rapport  :  XXI IL  Loi  du  30  novembre  1892.  (Examén 
critique  ;  ses  lacunes  ;  ses  applications.  Insuffisance  de  la  répres¬ 
sion  ;  modifications  à  apporter.  Rapporteurs  :  M.  le  D'  Albert 
Prieur  (Paris)  ;  M'  Léon  Prieur,  avocat  à  la  Cour  d’appel  (Pa¬ 
ris).  —  Communication  ;  L’agitation  légale  à  propos  de  la  commu¬ 
nication  de  MM.  Prieur.  M.  le  D' Maurice,  de  Lyon. 

Rapport  :  XXIV.  Action  des  syndicats  :  g  1.  Action  judiciaire  : 
Droit  d’action  des  syndicats  ;  conditions  de  l’exercice  de  ce  droit  , 
rapports  avec  les  parquets.  — §2.  Action  extrajudiciaire  :  Union 
des  syndicats  ;  centralisation  des  renseignements  ,  action  officieu¬ 
se.  Rapporteur  ;  M.  le  D''  Maxwell,  avocat  général  à  la  Cour 
d’appel  de  Bordeaux. 

.S'eance  dit  soir  (de  2  h.  à  5  h.).  —  Rapport  :  XXV.  Création 
d’un  Office  central  pour  la  répression  de  l’exercice  illégal  de  la 
médecine,  avec  caisse  alimentée  par  tous  les  groupements  profes¬ 
sionnels.  Rapporteur  :  M.  le  D"^  Ch.  Levassort  (Paris),  —  Com¬ 


munication  :  Création  d’un  comité  international  contre  le  charlji, 
nisrae.  M.  le  professeur  Treub.  d’Amsterdam. 

Compte-rendu  du  trésorier.  Vœux  généraux.  Nomination  de  li 
commission  de  permanence.  Discours  de  clôture.  ^ 


FORMULES 


XXXIX.  —  Contre  I  hyperhydrose  des  pieds. 

Joachimczyk  conseille,  dans  les  cas  peu  graves,  de  saupou¬ 


drer  avec  Vadonne  ;  dans  les  cas  graves,  il  faut  pratiquer  la 
badigeonnages  avec  la  formaline. 

(Ther.  Monats.  cité  par  les  Noue.  Remèdes). 


L.  —  Contre  l  anémie  de: 

Phosphate  de  soude .  . 


hypochlorhydi 

.  10  gr. 

.  8  gr. 

.  5  gr. 


—  de  potasse . 

Teinture  de  badiane . 

Bromliydrate  de  quinine .  .  _  „ 

Glycérine  neutre .  -^O  gi 

Sirop  de  noyer .  250  gr. 

I  c.  à  b. ,1)2  heure  avant  les  repas. 

XLI.  —  Contre  la  métrite  chronique. 
.Matin  et  soir,  donner  une  cuillerée  à  soupe  de  : 


lodure  de  potassium .  5  gr. 

Arséniate  de  soude .  0  gr.  Oo 

Eau  distillée .  100  gr. 


qu’on  alternera  avec  un  cachet  matin,  et  soir,  de  : 

Poudre  fraîche  d’ergot  de  seigle .  0  gr.  15 

•  . . j  âà  0  gr.  15 

.  0  gr.  10 

.\ppliquer  sur  le  ventre  en  même  temps  la  pommade,  quoii 
recouvrira  ensuite  de  flanelle  et  de  taffetas  gommé  ; 


Poudre  de  Colombo. . 

—  de  cannelle . . 
Carbonate  de  fer. . . . 


Ergotine  Bonjean . 

lodure  de  potassium . 

Extrait  de  noix  vomique. . 
Vaseline . 


Actes  et  thèses  de  la  Faculté  de  Médecine  de  Paris 

Thèses  de  doctorat.  —  Mercredi,  3o  mai. —  M.  BernioUe  ■  D 
torsion  des  libronies  utérins  pédicules  sous-péritonéaux,  en  dehofi 
et  pendant  la  grossesse  (MM.  Pinard,  Kirmisson,  Lepage,  Potoch- 

—  M.  Goilot  :  Insécurité  du  curettage  instrumental  dans  la  réle»' 
lion  placentaire  (MM.  Pinard,  Kirmisson,  Lepage,  Potocki). 

Jeudi,  3i  mai.  —  M.  Alisset  :  Considérations  relatives  à  l'hfP'^ 
Iropliie  de  la  prostate  et  à  la  prostatectomie  (MM  Guyon, 
Mnrion,  Auvray).  —  M.  Auburtin  :  Les  effets  tardifs  du  chlorofw**] 
(MM.  Berger,  Guyon,  Marion,  Auvray).  —  M .  Bai^e:  Etude  climq®' 
sur  les  empoisonnements  par  les  gâteaux  à  la  crème  (MM- 
del,  Gilbert,  Dupré,  Carnot).  —  .M.  rremè/in  :  Contrilmtion  à  l'étui 
de  l'ouverture  spontanée  des  kystes  liydatiqiies  du  foie  dans 
péritoine  (MM.  Gilbert,  Brouardel,  Diipré,  Carnot).  —  M.  Wadej; 
Elude  sur  le  vasogène  au  mercure  (MM.  Gilbert,  Brouardel, 
Carnot  .  —  M.  Burj^aud:  Les  érythrodermies  du  lichen  plan  (•'*■■ 
Gilbert,  Brouardel,  Dupré,  Carnot).  —  M.  Dodenil:  Tuberculose^ 
appendicite  (MM.  Cornil,  Raymond,  Chantemesse,  Bezançon).  — 
Seris  :  Le  mongolisme  infantile  (MM.  Raymond,  Cornil,  Chantemc^^ 
Besançon).  — M.  Peyron  :  Marche  du  clioUTa  de  1902  à  1906  ,• 
Chantemesse,  Cornil,  Raymond.  Bezançon).  —  M.  Sriber:  l)c  ’nin 
che  de  raceouchemenl  gémellaire:  Etude  statistique  (MM- fin  ^ 
Bonnaire,  Demelin,  Brindeau)  —  M.  Flour  :  Les  eonsiiUati^®^^ 
nourrissons  et  l'allaitement  maternel  (MM.  Budin,  Bonnaire, 
lin,  Brindeau).  —  M.  Landon:  Du  décollement  du  placenta  in- 
normalement  au  cours  de  la  grossesse  (MM.  Budin,  Bonn  ^ 
Demelin.  Brindeau).  — M.  Crasson:  Contribution  à  l’élude  des  ^ 
morragies  rétro-placentaires  (MM.  Budin,  Bonnaire,  Demelin, 
deau).  —  M.  L'Hirondel  :  Le  bassin  sacro-eoxalgiqiie  en  obstetfl 
(MM.  Budin,  Bonnaire,  Demelin,  Brindeau. 

Examens  de  doctorat.  —  Lundi,  2Smai.  —  5*(Chirurgie.  1  vJ. 
lie,  1"  série,  Hôtel-Dieu)  :  MM.  Terrier.  Tiiffier.Cossel.  —  ^ 

gie,  1"  partie,  2’  série,  Hôtel-Dieu)  :  MM.  Segond,  Delens, 

—  5"  (Chirurgie,  1"  partie,  1"  série.  Charité)  :  MM.  Kirmisson.fi  . 
(Aug.),  Dnval  (Pierre).  —  5-  (Chirurgie,  1”  partie,  2'  série. 

MM.  Reclus,  Sébileau,  Mauelaire.  —  5*  (2*  partie, Charitei  • 
Brissaud,Teissier,  Labbé  (Marcel). 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


335 


U  di  •’Q  wai.  —  5*  (2’  partie,!"  série,  Hôtel-Dieu)  :  MM.  Dieu- 
r  Dupré,  Renon.  —  5-  (2-  partie,  2*  série,  Hôtel-Dieu):  MM. 
R  bin  Tbiroioix,  Carnot.  —  5"  (Chirurgie,  1"  partie,  1"  série,  Cha- 
•n-  MM.  Guyon,  De  Lapersonne,  Marion.  —  5'  (Chirurgie,  1" 
"  rtie  2‘  série.  Charité)  :  MM.  Pozzi,  Auvray,  Moreslin.  —  5*  (2*  par 
a*  Charité):  MM.  Jolïroy,  Méry.  Gouget.  —  5”  (Obstétrique,  I"  par¬ 
ue  Clinique  Tarnier)  :  MM.  Budift,  Demelin,  Brindeau. 

Vendredi,  i  juin.  —  5'  (Chirurgie.  1"  partie,  1"  série,  Necker)  : 
mm.  Terrier,  Legueu,  Gosset.  —  5‘  (Chirurgie,  l"  partie,  2“  série, 
Wker)  :  MM.  Segond,  Mauclaire,  Pierre  Duval.  — 5*  (Obstétrique, 
Impartie,  Clinique  Baudeloeque)  :  MM.  Pinard,  Wallieh,  Potocki. 

Samed’i,  2  juin.  —  5*  (2”  partie,  1"  série,  Beaujon)  :  MM.  Ray- 
Bionil,  Thirolox,  Méry.  —  5”  (2"  partie,  2»  série,  Beaujon)  :  MM. 
Chantemesse,  Renon,  Gouget.  —  5”  (2”  partie,  3“  série,  Beaujon:  : 
MM.  Robin,  Jeanselme,  Bezançon.  —  5“  (Obstétrique,  i"  partie. 
Clinique  Tarnier)  :  MM.  Budin,  Demelin,  Brindeau. 


Les  Glutto-Bulles  Jougla  à  l’iodure  de  potassium  ne  se  dis¬ 
solvent  que  dans  l’intestin  en  raison  de  l’enveloppe  à  base  de 
degluten.  Dosées  à  Ogr.  25,  elles  répondent  à  toutes  les  indi¬ 
cations  de  la  médication  iodurée,  même  chez  ceux  qui  habi¬ 
tuellement  ont  une  intolérance  marquée .  Toutes  les  marques 
promettent  monts  et  merveilles  ?  Les  Gluto-Bulles  Jougla 
seules  tiennent  les  leurs  :  pas  de  gastrite,  pas  de  coryza,  pas 
fc nausées;  tolérance  parfaite. 


NOUVELLES 


SociÉTK  MÉDICO-PSYCHOLOGIQUE .  —  Séance  ordinaire,  le  lundi 
28 mai,  à  4  heures  précises,  rue  de  Seine,  12,  Ordre  du  jour  :  l'> 
Rapport  de  candidature  :  M.  Semelaigxe  ;  2“  Un  cas  de  délire 
kjpochondriaque  avec  idées  mégaloinaniaques  :  MM,  Sellier  et 
Dihem  ;  Jo  Délire  d’interprétations  et  paranoïa  :  MM.  G.  Denv 
*tP.  Camus  ;  4°  Un  cas  de  délire  chronique  à  forme  mégalomania- 
qne  avec  autopsie  :  MM.  Doutrebente  et  Marchand. 


L  HYGIÈNE  DANS  l’armée.  —  M.  le  général  Privât,  en  quittant  le 
commandement  de  la  32'’  division,  a  terminé  son  ordre  du  jour 
“Mieux  par  un  conseil  hygiénique  aux  soldats,  qui  fait  honneur  à 
celui  qui  l’a  prononcé  ;  «  Méfiez-vous  de  l’alcool  et  de  la  volupté  «, 
Le  poids  des  officiers  de  cavalerie,  —  Même  au  ministère  de 
“guerre  on  commence  à  tenir  compte  des  enseignements  des  scien 
CM  biologiques.  On  a  ainsi  reconnu  qu’il  est  nécessaire,  pour  les 
éclations  aux  différentes  subdivisions  d’arme  de  la  cavalerie,  de 
In  taille  et  le  poids  des  officiers.  Or,  le  ministre  a  remar 
M  taille  était  souvent  donnée  d’une  manière  inexacte,  par 

^  été  prise  au  moment  de  l’entrée  au  service,  alors  que 
cier  n’avait  pas  terminé  sa  croissance.  Le  poids  jusqu’à  pré- 
^  llt.^tmt  pas  indiqué.  En  conséquence,  une  circulaire  ministé- 
sor  î  *'*7^*?  chefs  de  corps  de  la  cavalerie  à  faire  mention 
ckacn*  '*.“*1^®®  d®  notes  des  officiers,  de  la  taille  et  du  poids  de 
trnihfj  ^®s  tttdications  devront,  en  outre,  accompagner 

demande  d’affectation  ou  de  mutation. 

antituberculeuse.  —  L’assemblée  générale  del’CEu- 
iiejf  J®  ij®’!  ®  là  salle  des  Agriculteurs,  sous  la  présidence  d’hon- 
ijnç  ”,  L  les  ministres  de  l’Intérieur  et  de  l’Instruction  publi- 
P®’*’  Berton  et  Blancheville.  La  présidence 

taire  çi„®i,™  été  donnée  à  M.  Blancheville.  M.  Corail,  secré- 
*®’tt  Sim'  ^  ““  rapport  moral  et  financier,  et  le  doc- 

•‘icnono 'ttt  t'appert  médical.  Puis  des  allocutions  furent 
*®®nuia*lv^^''  ■  Blancheville  et  .Mme  Thénard. Des  médailles  de 

Otatinép  nié  données  aux  collaborateurs  de  l  Œuvre.  Une 

artistique  a  clôturé  l’assemblée. 

^^^éRAI.E  DE  PRÉVOYANCE  ET  DE  SECOURS  MUTUELS 
FRANCE.  —  L’Assemblée  générale  annuelle  de 
J  l’ranop*''"  prévoyance  et  de  secours  mutuels  des  médecins 
“*ns  ij  g-n’*’' J  Beu  les  27  et  28  mai  prochain,  à  2 heures  précisés 
■Anadémie  h  .®  concours  de  l’Assistance  publique  (ancienne 
I  ^Tdre  ri-i,-  médecine),  rue  des  Saints-Péres,  49. 
p'i'tedn  —  1“  Allocation  de  M.  Brouar^el,  président  ;  2“ 
vl*®®é  de  ^tocès-yerbal  de  la  dernière  Assemblée  générale  ;  3“' 
Blache  t  ®.‘m®.linn  financière  de  l’Association  générale,  par 
iresorier  général  ;  4“  Rapport  sur  la  gestion  finan- 
®  par  MM.  Hallopeau  et  Périer  ;  5“  Compte  ren- 

a*^‘Laniî*J  l^nilaation  et  les  actes  de  l’Association  générale 
4af?‘®a  du  ^  ’  P®T  M.  Le.-eboullet,  secrétaire  général  ;  6® 

'^'*®®eil  général,  d’un  secrétaire  et  de  sept  membres 

seneral.  —  Candidats  présentés  par  le  Conseil  géné¬ 


ral  ;  Trésorier  général,  M.  Blache,  trésorier  général  sortant,  arri¬ 
vé  au  terme  de  son  mandat  ;  —  Secrétaire,  M.  G.  Lepage,  mem¬ 
bre  du  Conseil  général,  proposé  pour  secrétaire;  —  MM.  Cham- 
petierde  Ribes,  Créquy,  Gassot,  Hallopeau,  Langlet  elA.-J.  Mar¬ 
tin,  membres  sortants,  arrivés  au  terme  de  leur  mandat  ;  M.  Dar- 
ras,  membre  de  la  Commission  administrative  de  la  Société  cen¬ 
trale,  en  remplacement  de  M  Lepage,  proposé  pour  secrétaire  ;  7“ 
Rapport  de  M.  Rist,  sur  les  pensions  viagères  demandées  à  l’As¬ 
semblée  ;  8°  Election  de  la  Commission  chargée  d’examiner  et  de 
classer  les  demandes  de  pensions  viagères  en  1906  ;  9®  Rapport  de 
A. -J.  Martin,  au  nom  de  la  Commission  chargée  de  l’étude  des 
propositions  et  vœux  soumis  par  les  Société  unies  à  la  prise  en 
considération  de  l’Assemblée  générale  ;  10®  Examen  et  discussion 
du  projet  de  contrat  avec  l'Association  amicale  pour  l’indemnité- 
maladie  et  la  Caisse  des  pensions  de  retraite  du  Corps  médicale 
frangais.  A  7  heures  et  demie  précises,  le  banquet  aura  lieu  au  Pa¬ 
lais  d'Orsay. 

Nouveau  journal  :  Nous  venons  de  recevoir  les  deux  premiers 
numéros  du  Rapporteur  Médical. 

Chronique  des  hôpitaux. 

Conférences  de  pratique  médicale.  — ■  M.  Le  Gendre  a  re¬ 
pris,  le  samedi  19  mai,  à  10  h.  1/2,  à  l’amphithéâtre  de  l’hôpital 
Lariboisière,  ses  conférences  de  pratique  médicale  (thérapeutique 
et  déontologie),  et  les  continuera  les  samedis  suivants. 

Amphithéâtre  d’anatomie  des  hôpitaux.  —  Cours  et  exerci¬ 
ces  techniques  de  médecine  opératoire  régionale,  sous  la  direction 
de  M.  Pierre  Sébile.au,  avec  l’assistance  de  M.M.  Chifoli.au  et 
Chevrier,  prosecteur.  Opérations  sur  les  organes  de  la  tête  et 
du  cou,  par  M.  Pierre  Sjsbile.au,  professeur  agrégé,  chirurgien  de 
l’hôpital  Lariboisière  et  de  M.  E.  Lombard,  oto-rhino-laryngolo¬ 
giste  des  hôpitaux.  — Ce  cours  commencera  le  mercredi  B  juin.  — 
Il  aura  lieu  à  3  heures  Ii2  :  1.  Généralités,  ligature  des  gros  troncs 
artériels  du  cou,  ligature  et  découverte  de  la  veine  jugulaire  interne, 
bec-de-lièvre  et  fissures  palatines,  mercredi  6  juin.  —  II.  Chi¬ 
rurgie  du  conduit,  de  la  membrane,  des  osselets,  antrotomie,  tré- 
panationmastoïdienne,  écartement  du  pavillon,  fermeture  des  ori¬ 
fices  de  trépanation  mastoïdienne,  vendredi  8  juin.  — 111.  Les 
pharyngotomies,  Tœsophagototnie  externe,  l’amputation  de  la  lan¬ 
gue,  lundi  11  juin.  —  IV.  Evidement  pétro-mastoïdien,  le  laby- 
rynthe,  le  sinus  latéral,  le  golfe  jugulaire,  le  nerf  facial,  mercredi 
13  juin  —  V.  Trépanation  cérébrale,  fractures  du  crâne,  épanche¬ 
ments  sanguins,  tumeurs  cérébrales,  abcès  encéphaliques,  abcès 
d’origine  otique,  vendredi  15  juin.  — VI.  Trachéotomie,  laryngo¬ 
tomie,  laryngectomie,  suture  trachéale,  prothèse  laryngée,  lundi 
18  juin.  — VIL  Trépanation  du  sinus  frontal,  voie  d’accès  sur 
l'ethmoïde,  le  sphénoïde,  opérations  radicales  contre  les  suppura¬ 
tions  des  cavités  annexielles,  prothèse  du  sinus  frontal,  mercredi 
20  juin.  —  VIII.  Ouverture  et  drainage  du  sinus  maxillaire,  résec¬ 
tions  partielles  et  totales  du  maxillaire  supérieur,  les  rhinoto¬ 
mies,  voies  d’accès  dans  le  cavum,  vendredi  22  juin. —  IX.  Opéra¬ 
tions  sur  la  cloison  et  les  cornets,  endoscopie  respiratoire  et  di¬ 
gestive,  rhinoscopie,  bronchoscopie,  œsophagoscopie,  recherche 
et  extraction  des  corps  étrangers,  lundi  25  juin.  —  X.  Résections 
partielles  et  totales  sur  la  mâchoire  inférieure,  voies  d’accès  sur 
l’expansion  du  trijumeau,  gassérectomie,  sympathectomie,  anasto¬ 
mose  spino  et  hypoglosso^faciale,  mercredi  27  juin.  —  Les  élèves 
répéteront  les  opérations  sous  la  direction  des  prosecteurs,  des  ai¬ 
des  d'anatomie  et  de  plusieurs  moniteurs.  —  Le  nombre  des  élè¬ 
ves  est  limité.  Le  droit  à  verser  est  de  80  francs  Le  cours  est 
gratuit  pour  les  Internes  des  hôpitaux.  —  Se  faire  inscrire  :  17, 
rue  du  Fer-à-Moulin,  de  10  heures  à  4  heures. 

Hospice  de  la  Salpêtrière.  —  Le  D'’  Deny  a  repris  ses 
conférences  cliniques  sur  les  maladies  mentales,  le  dimanche  20 
mai  à  10  heure,  section  Rambuteau  et  les  continuera  les  diman¬ 
ches  suivants. 

Hospice  de  Bicétre  {Fondation  Vallée).  Rue  Benserade,  7,  à 
Gentilly.  —  M.  Bourneville.  Visite  du  service  (gymnastique,  tra¬ 
vail  manuel,  écoles,  et  présentation  de  malades)  le  samedi  à  10  h. 
très  précises.  Consultations  médico-pédagogiques,  gratuites  pour 
les  enfants  indigents  atteints  ue  maladies  du  système  nerveux,  le 
jeudi  à  9  h.  1/2. 

Hôpital  Saint-Antoine.  —  Le  D''  P.  Le  Noir,  assisté  des  D’’’* 
Camus  et  Courcoux  :  cours  élémentaire  sur  les  maladies  de  l’es¬ 
tomac.  Ce  cours  sera  complet  en  12  leçons.  LeVendredi  conférence 
clinique. 

Hôpital  Saint-Louis.  —  Maladies  cutanées  et  syphilitiques. 
—  M.  Hallopeau  :  leçons  cliniques,  le  jeudi  à  trois  heures. 

Hôpital  de  la  Pitié.  —  M.  le  D'  Louis  Rénon,  méd.  des  hôp. 
Maladies  du  cœur  et  des  poumons  le  vendredi  à  dix  heures. 


336 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


préparé  spécialement  pour  BÉBÉS  et  ENFANTS  de  2  m 
à  ir>  ans,  vrai  spécifique  de  la  CONSTIPATION.  Précieux  de 
grippe,  bronchite,  coqueluche,  impétigo,  helminthia; 
état  convulsif,  et  toutes  maladies  ou  indispositions  dans  t 
quelles  un  laxatif  est  nécessaire. 

n  AMMM  de  2  mois  à  2  ans  :  1  cuillerée  à  café  par  jour. 

M  N  11  i\  ■  ^  ^  ^  cuillerée  à  dessert  par  jour. 

■  VlfBlf  I  de  5  ans  à  15  ans  :  1  cuillerée  à  soupe  par  Jour. 
{Le  conseiller  chaque  fois  que  les  parents  demandent  une  dépurât 
pour  leurs  enfants,  car  -  le  meilleur  des  dépuratifs  est  encore 
bon  laxatif. 

^  -  RrHAMT'lITr.NC  ■  V/P-RIMPI  III 


LOTION  LOUIS  DEQUEANl 

Contre  le  SBBÜMBAGILLE 

1  CALVITIE.— PEUDE.  -TEIGNE.  — TRICHOPHYTIES.  > SEBORRHEE. -»C«t 
I  En  vente  che^  les  pharmaciens  seulement. 


Le  Sebumbaoille,  microbe  de  la  calvitie  vulgaiP«-i 

découvert  par  M.  Louis  DEQUfcANT.  pharmacien. 
de  Clignancourt,  Paris.  (Mémoires  déposés  à  l’Acade^ 
Médecine,  23  mars  1897,  8  mai  1898).  L'extrait  de  cesMe^ 
est  adressé  gracieusement  à  tous  les  médecins  qui 
feront  la  demande.  Renseignements  gratuits  et  prix  w 
pour  tous  les  membres  du  corps  médical. 


Le  Rédacteur-Gérant  :  Bournbtii.i^ 


BULLETIN  BIBLIOGRAPHIQUE 


Lîbraiiie  SCHLEICHEIt,  frères 


120,  boulevard  Sain 


PliTlSlfc.,  «llOAClllTt!.,  CA  i  AKIUIE.S.  — L 

Marchais  est  la  meilleure  préparation  creosoiee.  Elle  di¬ 
minue  la  toux,  la  fievre  et  l’expectoration.  De  3  à  ô  cuil¬ 
lerées  à  café  par  jour  dans  lait,  bouillon  ou  tisane. 

(D'  Ferrand.  —  Trait,  de  mêd.) 


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lURAi  D  (F.  X.).  —  Aide-mémoire  de  chimie  physiolomo, 

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hvoN  (Louisl.  —  Le  diagnostic  précoce  de  la  tuberculoL  im, 

lire.  1  vol.  70  pages.  Prix . . . 

izzi-Escot.  -  Phénomènes  de  réduction  dans  les  organisa 

I.  100  pages.  Prix .  1 

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lien  des  dents,  des  gencives  et  des  muqueuses  de  la  boni 


35*  année.  3*  SÉRIE.  T.  XXII.  N“  22.  BUREAUX  :  RUE  DES  CARMES,  14  2  JUIN  1906 

Xi©  Progrès  Médical 


:  Physiologie  :  Sur  le  blanchiment  des  cheveux, 
*des  poils  et  des  plumes,  par  Phisalix.  Clinique  médicale  : 
Néphrite  paludéenne,  par  Urriola.  — Bulletin  ;  Les  explosions 
dans  les  houillères,  par  Fabre  ;  Comment  l’on  traite  les  méde¬ 
cins  au  conseil  d’hygiène  de  la  Seine,  par  Noir  ;  Ouverture  des 
(MTS  •  Hospice  de  la  Salpêtrière  :  Cours  des  maladies  menta¬ 
les. Sociétés  Savantes  :  Académie  des  Sciences:  Origine 
intestinale  des  adénopathies  trachéo-bronchiques  tuberculeuses, 
par  Calmette,  Guérin,  Deléarde  (c.  r.  de  Mme  Phisalix).  — 
Académie  de  Médecine  :  Typhlocolite  sableuse  ou  muco-mem- 
braneuse,  par  Dieulafoy  ;  Mélange  d’air  et  de  chloroforme,  par 
Gréhant  ;  L’hygiène  du  champ  de  bataille  chez  les  Japonais,  par 
baveran  ;  La  paraly.sie  générale  chez  les  Arabes,  par  Motet  ; 
Elections  (c.  r.  de  A. -F.  Plicque).  —  Société  de  chirurgie  : 
Corps  étrangers  de  l’œsophage,  par  Mauclaire  ;  Traumatismes 
du  poignet,  par  Delbet  ;  Laminectomie,  par  Faure  ;  Anévrysme 
poplité,  par  Nélaton  (c.  r.  de  Catz.)  —  Société  Médicale  des  Hô¬ 
pitaux  :  Dysentérie  traitée  par  le  khosam,  par  Mathieu  et  Lemoi¬ 
ne  ;  Statistique  des  cancers  de  l’œsophage,  des  cancers  et  ulcè¬ 
res  de  l’estomac  observés  à  Andral  du  l»"  janvier  1901  au  l^r 


mars  l9Ub,  par  Mathieu  et  Dobrovici  ;  Ulcère  chronique  de 
l'estomac,  estomac  triloculaire,  polyadénome  implanté  sur  le 
bord  de  l’ulcus,  par  Mathieu  et  Dobrovici  ;  Pleurésie  purulente 
à  entérocoques,  par  Ménétrier  ;  Traitement  curatif  de  la  coque¬ 
luche  par  la  narcose  chloroformique,  par  de  Rothschild  ;  Dé¬ 
placement  du  cœur  à  droite  à  la  suite  d’un  hydropneumothorax, 
par  Hitz  et  Simon  (o.  r.  de  Priedel.)  —  Société  de  Médecine  de 
Paris  :  (c.  r.  de  Buret.)  —  Société  d'obstétrique  deParis:  Infec¬ 
tion  buccale  et  éruption  dentaire  précoce  chez  le  nouveau-né, 
par  Bonnaire  et  Jeannin  ;  Ilémiparalysie  de  la  langue  chez  un 
nouveau-né,  par  Demelin  et  Jeannin  ;  Sur  un  forceps  rotateur 
permettant  la  prise  directe  de  la  tète  dans  toutes  les  positions, 
par  Vlakos,  etc.  (c.  r.  de  Jeannin. 1  — Société  demédecinejoubli- 
que  et  de  génie  sanitaire  :  (c.  r.  de  A.  Pujol.)  — Société  inter¬ 
nationale  de  la  tuberculose.  —  Société  pour  ta  propagation  de 
l'incinération:  (c.  r.  de  Rousselet).  — Varia.  —  Les  congrès. 
—  Instruments  nouveaux.  —  Formules.  — Actes  et  thèses 

DE  LA  faculté  de  MÉDECINE  DE  PaRIS.  —  THÉRAPEUTIQUE  I  Le 
traitement  de  la  grippe  et  des  manifestations  broncho-pulmonai¬ 
res  par  l’hélénine.  —  Nouvelles. —  Chronique  des  hôpitaux. 


PHYSIOLOGIE 

Sur  le  blanchiment  des  cheveux,  des  poils 
et  des  plumes  ; 

Par  Mme  le  D'  PHISALIX 

Le  blanchiment  des  cheveux  et  de  la  barbe  chez 
l'homme,  des  poils  et  des  plumes  chez  la  plupart  des 
vertébrés  supérieurs,  est  une  des  manifestations  les 
plus  précoces  et  les  plus  caractéristiques  de  la  vieil¬ 
lesse. 

Nous  pouvons  aisément  observer  le  fait  chez  le  chien, 
dont  la  durée  de  la  vie  est  assez  restreinte  :  vers  l’âge 
de  cinq  à  six  ans,  ses  moustaches  commencent  à  blan¬ 
chir  ainsi  qu’un  grand  nombre  des  poils  de  sa  robe, 
bemême,  chez  l'âne,  le  mulet,  le  cheval,  le  phénomène, 
pour  être  un  peu  plus  tardif,  n’en  est  pas  moins  appa- 
[Cht,  et  si  nous  ne  l’observons  que  rarement  chez  les 
“êtes  à  cernes  et  les  animaux  de  volière  ou  de  hasse- 
'O'ir,  c’est  que  nous  ne  lui  laissons  pas  le  temps  de  se 
produire. 

.  Le  blanchiment  de  la  vieillesse  débute  d’une  façon 
^sidieuse,  et  met  toujours  quelque  tomps  à  s’établir. 

-  aïs  on  sait  que  la  canitie  peut  survenir  brusquement  ; 

,  des  hommes  ont  blanchi  «  en  une  nuit  »  à  la  suite 
an  choc  moral  violent,  d’une  émotion  forte,  d'une 
•^yeur  vive. 

et  \V  subissent  cet  effettout  comme  l’homme, 

jçv’'^i’^and  (1856),  rapporte  le  cas  «  d’un  étourneau 
instantanément  blanc,  après  avoir  échappé  aux 
^  ®®n’nn  chat.  »  Un  froid  subit  et  intense  produit 
“ffet:  J.  Ross,  dans  les  récits  de  son  voyage 
an  1  ^  nord  (1819)  rapporte  une  expérience  faite  sur 
'''nngeur  des  régions  arctiques,  gardé  à 
lire  «  Ayant  remarqué  que  dans  lacham- 

.  anffée,  il  conservait  sa  fourrure  d’été,  je  fus 
laelq  ^  pssayer  l’effet  du  froid  en  l’exposant  pendant 
en  jours  à  la  température  de  l’hiver.  Je  le  plaçai 
suivjX^’l'^^nce  sur  le  tillac  le  1"  février,  et  le  matin 
30»  ’  après  avoir  été  exposé  h  une  température  de 

plaq^p  ®®ous  de  zéro,  sa  fourrure  sur  les  joues  et  une 
thés  chaque  épaule  étaient  parfaitement  hlan- 
toüsjjj/  suivant,  les  plaques  des  épaules  s’étaient 
Corps  çf^i’icment  étendues,  et  la  partie  postérieure  du 
nos  flancs  étaient  devenue  d’un  blanc  sale. 


Au  bout  de  la  semaine,  l'animal  était  entièrement 
blanc,  sauf  sur  un  espace  en  forme  de  selle  qui  resta 
foncé,  sur  le  dos.  »  Cette  action  du  froid  s’observe 
également,  mais  d’une  façon  moins  brusque  sur  les 
animaux  à  fourrure  et  à  plumes  qui  passent  l'hiver  dans 
les  hautes  montagnes,  ou  qui  habitent  les  régions 
polaires.  Périodiquement,  quand  arrivent  les  jours 
froids,  la  robe  devient  plus  épaisse,  plus  moelleuse, 
plus  protectrice,  en  même  temps  que  les  teintes  chau¬ 
des  de  l'été  s’atténuent  pour  passer  progressivement 
à  des  tons  plus  clairs,  et  dans  beaucoup  d’espèces,  au 
blanc  pur.  Le  même  animal  change  donc  de  couleur 
suivant  la  saison,  et  dans  la  très  belle  collection  du 
musée  de  South-Kensington,  on  a  quelque  peine  à 
reconnaître,  sous  leurrobe  d'une  blancheur  éclatante, 
nos  petites  hirondelles  noires. 

Quelles  que  soient  les  circonstances  et  la  vitesse 
suivant  lesquelles  survient  la  canitie,  on  admet  qu’elle 
est  due  dans  les  différents  cas  aux  mêmes  causes  :  pour 
les  auteurs  anciens,  et  la  plupart  des  auteurs  moder¬ 
nes,  le  blanchiment  provient  delà  dessiccation  plus  ou 
moins  complète  de  la  moelle  du  cheveu  ou  du  poil, 
qui  seule  contient  le  pigment,  et  de  la  pénétration  con¬ 
sécutive  de  Pair  dans  le  canal  central  ainsi  formé. 
11  équivaudrait  de  la  sorte  à  la  mort  partielle  du  tégu¬ 
ment  qui  deviendrait  comparable  à  un  tronc  d'arbre 
creux.  .M.  Tfouessart,  qui  tout  récemment  (1)  a  étudié, 
au  point  de  vue  qui  nous  occupe,  l'hermine, dont  le  poil 
est  roux  en  été  et  l'écureuil  des  montagnes  qui  est 
noir  en  été  et  gris  en  hiver,  confirme  en  partie  cette 
théorie.  «  Lorsque  le  poil  de  l’hermine  commence  à 
blanchir  on  observe  deux  faits  principaux  :  1“  l'extré¬ 
mité  du  poil  semble  se  vider  des  cellules  pigmentées 
qui  la  remplissaient  primitivement;  2°  la  couche  cor¬ 
ticale  devient  trouble  et,  à  un  fort  grossissement,  on 
constate  que  cet  aspect  est  dû  à  de  longues  traînées  de 
grains  de  pigment  qui  la  font  paraître  irrégulièrement 
striée. 

«  Sous  l’action  du  froid,  il  se  produit  donc  tout  d'abord 
une  rétraction  du  cône  médullaire  ;  les  cellules  pigmen¬ 
taires  qui  remplissaient  la  pointe  du  poil  se  dessèchent 
et  se  désagrègent  ;  elles  s’allongent  et  forment  des 
fuseaux  irréguliers  laissant  des  vides  entre  eux.  Cette 
rétraction  atteint  bientôt  toute  la  hauteur  du  poil 


(1)  c.  H.  Soc.  Biol.,  n  fev,  BIOS,  p.  271. 


338 


LE  PROGRÈS  MEDICAL 


comme  un  liquide  pûteuxqui  se  rétracte,  par  dessicca¬ 
tion,  dans  un  moule  de  verre  ;  un  vide  semblable  à 
celui  de  l’extrémité  distale  se  produit  également  dans 
la  partie  proximale,  au-dessus  du  bulbe.  La  rétraction 
de  la  couche»corticale,  conséquence  de  ce  vide  interne, 
donne  alors  à  la  surface  du  poil  l'aspect  écailleux,  en 
stipe  de  palmier,  qui  résulte  de  la  conformation  de 
cette  couche  corticale  (troncs  de  cônes  emboîtés  et  à 
bords  dentelés). 

«  Sur  les  poils  devenus  complètement  blancs  de 
l’hermine,  la  couche  corticale  a  repris  toute  sa  trans¬ 
parence  et  l’on  voit  au  centre  la  moelle  formée  de 
cellules  mortes,  desséchées  et  décolorées,  sauf  aux  deux 
extrémités  du  poil  où  ces  cellules  ont  complètement 
disparu.  On  remarquera  que  le  vide  (remplacé  par  de 
l'air)  qui  se  produit  dans  1  intérieur  du  poil  doit  contri¬ 
buer  à  donner  â  la  fourrure  l’aspect  moelleux  et  léger 
qui  en  fait  le  prix  ;  en  outre,  la  couleur  blanche  est,  en 
grande  partie  du  moins,  l’effet  de  ta  transparence  du 
poil,  comme  dans  la  neige,  dont  les  fins  cristaux  sont 
en  réalité  parfaitement  transparents  et  ne  paraissent 
blancs  que  par  leur  superposition.  » 

Ouant  à  la  manière  dont  le  pigment  est  emporté  hors 
du  poil,  M.  Trouessart  se  rallie  aux  idées  de  M.  Metch- 
nikoff,  que  nous  indiquerons  un  peu  plus  loin.  Si  l'on 
admet  cette  théorie,  il  est  assez  difficile  de  comprendre 
comment  la  moelle  peut  renaître  avec  son  pigment 
chez  les  animaux  qui  reprennent  leur  livrée  d’été  après 
la  saison  d’hiver,  et  comment  aussi  les  cheveux  blan¬ 
chis  peuvent  continuer  de  croître. 

M.  Metchnikoff  qui,  en  I9i}l,  à  propos  du  méca¬ 
nisme  de  la  vieillesse,  a  étudié  le  blanchiment  des 
cheveux  et  de  la  barbe  dans  l’espèce  humaine,  s’élève 
contre  cette  théorie.  Il  fait  remarquer  avec  raison  «  que 
le  blanchiment  atteint  la  totalité  du  cheveu, tandis  que 
les  gaz  ne  remplissent  que  la  couche  médullaire  sou¬ 
vent  très  mince  et  quelquefois  absente  ».  En  outre,  la 
disparition  du  pigment  n’entraîne  pas  la  mort  de  la 
moelle;  mais  les  grains  de  pigment  que  renferment 
ses  cellules  sont  englobés  par  des  leucocytes  spéciaux, 
issus  d’elle-raême,  que  M.  Metchnikoff,  en  raison  du 
rôle  qu’il  leur  attribue,  désigne  sous  le  nom  de  chro- 
mophages.  Ces  leucocytes  ont  un  gros  noyau  et  leur 
protoplasme  périphérique  s’étire  en  prolongements 
multiples  et  souvent  ramifiés.  Après  avoir  drainé  le 
pigment  des  autres  cellules  médullaires,  ils  se  portent 
vers  la  périphérie  de  la  moelle,  rampent  entre  celle-ci 
et  la  couche  corticale,  puis  disparaissent,  soit  en  des¬ 
cendant  jusqu’au  bulbe  d’où  ils  passent  dans  le  tissu 
conjonctif,  soit  en  pénétrant  par  diapédèse  dans  la  cou¬ 
che  corticale,  écartant  les  cônes  emboîtés  de  cette 
couche,  et  s’échappant  directement  au  dehors.  Ce  der¬ 
nier  mode  de  disparition  du  pigment  donne  l’explication 
vraisemblable  d’un  fait  rapporté  par  M.  Metchnikoff  et 
observé  par  Victor  Fatio.  Ce  dernier  auteur  a  vu  que  le 
jeune  larus  ridibundus,  qui  possède  en  été  un  pre¬ 
mier  plumage  presque  entièrement  brun,  devient  à  son 
premier  printemps  presque  entièrement  blanc  «  sans 
avoir  subi  pour  beaucoup  de  ses  plumes,  une  vraie  mue 
par  renouvellement  ».  Ihmdant  ce  blanchiment»  une 
poussière  brune  recouvre  a  l’extérieur  chaque  partie 
de  la  plume,  et  d’autant  plus  qu  elle  est  davantage  en 
voie  de  décoloration.  Les  parties  blanches  n’ont  déjà 
presque  plus  de  poussière  et  les  brunes  n’en  ont  pres¬ 
que  point  encore.  »  11  est  fort  probable  que  cette  pous¬ 
sière  brune  représente  les  chromalophages  bourrés  de 
pigment  et  s’éliminant  avec  lui  au  dehors. 

M.  Metchnikoff  qui  a  étendu  ses  recherches  à  quel¬ 


ques  animaux  dont  la  robe  blanchit  en  hiver,  a  nn 
constater  que  le  phénomène  est  identique  à  celui  qq' 
survient  sous  l’influence  de  la  vieillesse  (1).  Chez  iç 
lièvre  variable  en  train  de  blanchir,  la  couche  périphé) 
riqe  des  poils  contient  des  chromophages  bourrés  de 
pigment,  en  tout  comparables  à  ceux  des  cheveux  de 
l’homme,  tandis  que  la  couche  médullaire  reste  rem- 
plie  de  corps  réfringents  et  ne  contient  ni  air  ni  autres 
gaz  quelconques.  Dans  les  plumes  du  lagopède,  égale- 
ment  en  train  de  blanchir,  il  a  retrouvé  de  gros  chro¬ 
mophages  bourrés  de  pigment  noir,  quoique  en  quantité 
beaucoup  moindre  que  dans  les  poils  du  lièvre  variable. 
Il  les  a  de  même  observés  dans  les  plumes  d’une  poule 
qui,  de  couleur  noire  foncée  au  début,  a  commencéi 
devenir  blanche  vers  l’àge  de  quatre  ans. 

De  l’ensemble  de  tous  les  faits  qu’il  a  observés,  soit 
sur  les  poils,  soit  sur  les  plumes  en  voie  de  blancM^ 
M.  Metchnikoff  conclut  que  le  blanchiment  par  l’inter¬ 
médiaire  des  chromatophages  est  un  phénomène  d'or¬ 
dre  général  et  que  la  pénétration  possible,  mais  non 
constante,  de  l’air  dans  la  région  sous-corticale  n’est 
pour  rien  dans  le  blanchiment.  Sans  pouvoir  affirmef 
que  l’action  des  chromatophages  est  le  seul  mode  pat 
lequel  le  pigment  peut  être  mobilisé  et  entraîné  hors 
du  poil,  il  rejette  cependant  l’hypothèse  émise  récem¬ 
ment  d'une  dissolution  de  ce  pigment  par  des  subs¬ 
tances  chimiques  d’origine  cellulaire,  car  le  pigment 
oppose  une  grande  résistance  à  la  plupart  des  réactifs; 
il  n’est  détruit  que  par  des  oxydants  énergiques  ;  acide 
sulfurique  et  chromate  de  potasse  (d’après  Spiegler), 
eau  oxygénée,  acide  nitrique,  hypochlorites  alcalins. 

Le  blanchiment  des  cheveux  et  autres  légumenis 
qui  résulte  d’après  M.  Metchnikoff  de  l’activité  vitahj 
de  cellules  amiboïdes,  sensibles  à  certaines  conditions 
e.\térieures  ne  pourrait-il  être  réglementé?  On  connaît 
déjà  quelques-unes  de  ces  conditions  surtout  celles 
qui  exaltent  leur  activité,  froid  vif,  frayeur,  émotions 
violentes,  mais  si  les  rayons  solaires  déterminent  et 
entretiennent  une  surpigmentation  des  téguments  sur 
des  sujets  jeunes  ou  d’âge  moyen,  ils  n’empêchent  pas 
même  les  nègres  de  blanchir  et  on  n’a  pas  encore 
trouvé  l’eau  merveilleuse  qui  serait  capable  d’éteindre 
ou  d’inhiber  l’activité  des  chromophages. 


CLINIQUE  MEDICALE 


Néphrite  paludéenne  ; 


Par  Cirio  L.  URRIOLA,  de  Pa 


Je  vais  relater  un  cas  typique  de  néphrite 

IP  aio-nü  niip  i’piis  il  v  a  npii  dp.  tpmns.  l’occasion  0 


server.  Je  considérai  d’abord  ce  cas  comme  une 
aiguë  parenchymateuse;  mais  plus  tard,  l’*)*** ,  |j, 
microscopique  de  l’urine  hématique  me  permitd  éta^^ 
le  diagnostic  exact  de  l’affection.  Ces  cas  sont 
quents  parce  que  les  néphrites  qu’on  observe  ^ 
paludisme  sont  presque  toujours  des 
secondaires  et  tardives,  tandis  que  la  néphrite 
non  compliquée*  isolée  des  autres  manifestation^^ul 
paludisme,  constitue  vraiment  l'exception  ;  de 
que  les  descriptions  de  ces  néphrites  ne  correspo^^ 
pas  toujours  aux  vrais  types  cliniques,  ^ 

Obs.  —  Un  enfant  de  sept  ans,  dont  les  antécédents 
riens  ne  sont  pas  douteux,  eut,  en  septembre  mil  neu^^ 


(1)C.  Il .  At\  Sc..  p.  lOil,  7  moi  1906. 


LE  PROGRÈS  MÉDICAI. 


339 


s  des  fièvres  durant  trois  semaines.  Ces  fièvres,  accom- 
*^ènées  de  grossissement  du  foie  et  de  la  rate,  cédèrent  à  la 
*tiDine.  Au  commencement  de  mil  neuf  cent  quatre,  cet 
?nfantfit,  en  compagnie  de  sa  famille,  un  séjour  à  Velas- 
uülo,  lieu  très  malsain  à  cause  de  ses  environs  marécageux. 

Il  y  contracta  une  fièvre  de  caractère  pernicieux  à  laquelle  il 
échappa  miraculeusement  moyennant  un  traitement  énergi¬ 
que  etl’abandon  immédiat  de  l’endroit.  Le  vingt-un  août  de 
la  même  année,  ce  petit  malade  contracta  de  nouvelles  fiè¬ 
vres,  précédées  pendant  plusieurs  jours  d'un  sommeil  pesant 
pendant  les  heures  d’école  et  immédiatement  après  les  prin- 
dpaux  repas.  Ces  fièvres  durèrent  jusqu’au  trente  du  même 
mois.  Bien  qu  elles  fussent  suivies  de  sueurs  abondantes,  elles 
n’étaient  pas  accompagnées  de  frissons  ;  elles  ne  dépassèrent 
jamais  38»,3,  commençaient  toujours  d'une  heure.à  trois  de 
l'après  midi,  et,  enfin,  étaient  quotidiennes.  Le  quatrième 
jourdefièvie,la  figure  et  particulièrement  les  paupières  com- 
mençèrent  à  enfler.  Le  gonflement  gagna  bientôt  le  cou,  la 
poitrine,  l’abdomen  et  les  jambes,  et,  le  trente  août,  envahit 
les  organes  génitaux.  De  nouveaux  symptômes  firent  à  cette 
époque  leur  apparition  ;  ainsi,  depuis  le  vingt-neuf, l'enfant 
ne  dormait  presque  plus,  à  cause  de  l'impossibilité  où  il  se 
trouvait  de  garder  la  position  horizontale  ;  il  se  sentait  fati¬ 
gué  au  moindre  effort  et  la  tachycardie  était  très  marquée. 
J’examinai  pour  la  première  fois  le  trente  août,  l’urine  du 
naïade.  La  couleur  en  était  très  claire,  et  j’y  découvris  une 
pnde  quantité  d'albumine.  Estimant  alors  qu’il  s’agissait 
amplement  d’une  néphrite  parenchymateuse  aiguë,  de  cause 
incertaine,  je  me  bornai  à  prescrire  une  diète  lactée,  de  la 
tisane  de  stigmates  de  ma'is,  et  deux  purgatifs  de  Crémor  par 
semaine.  Mais  voici  que,  le  deux  septembre,  on  remarque 
que  l’enfant  a  plusieurs  mictions  d'une  urine  sanguinolente. 
L'examen  microscopique  de  cette  urine  me  révèle  non  seule¬ 
ment  la  présence  des  éléments  figurés  du  sang,  mais  je  m'a- 
perçois de  plus  que  la  majeure  partie  des  globules  sanguins 
sont  envahis  par  les  hématozoaires  du  paludisme.  Ces  héma¬ 
tozoaires  sont  petits,  ronds,  d'une  couleur  blanc  grisâtre, 
sans  pigment  ;  on  peut  très  bien  les  distinguer  d’un  vacuole 
et  sont  identiques  à  ceux  qu'ont  décrits,  MM.  Cei.i.i  et  Mxr- 
«•«'.wiAi  1),  d  abord  chez  l'homme  et  ensuite  dans  les  bovi- 
jlesparM.  Celli.  .Ainsi  convaincu  de  l'affection  dont  souffrait 
le  malade,  j’ordonnai  une  potion  composée  de  deux  gram¬ 
mes  de  sulfate  de  quinine  dans  cent  vingt  grammes  de  limo¬ 
nade  sulfurique,  pour  être  administrée  à  raison  de  quatre 
™ulerées  par  vingt-quatre  heures.  Le  jour  suivant,  trois  sep 
mbre,  l’apyrexie  continuait. fhrine  émise  pendant  les  vingt- 
pj"®  i^ures  atteignait  2000  grammes  et  était  de  couleur 
exe*  r  a”’  ^  ®®®®nrquc  avait  presque  complètement  disparu, 
t-  ®  les  bourses.  —  Le  quatre,  l’urine  des  vingt-qua- 
de  sa*^*^*^^*  montait  à  2400  grammes  ;  elle  était  encore  teintée 
déh  degré  beaucoup  moins  prononcé  qu'au 

qoilip  bourses  sont  encore  enflées,  l'enfant  dort  tran- 
fjj-  dans  la  position  horizontale,  il  ne  ressent  plus  ni 

nor^p  elles  battements  du  cœur  sont  presque 

plpp  ~  be  cinq,  l’urine  des  vingt-quatre  heures  n’est 
®iclio  ^  de  2,;00  grammes  avec  celle  particularité  que  la 
"Les^^^r  *ï*^®^fi*^ofois  claire  et  quelquefois  teintée  de  sang. 
®nt a  complètement  disparu  elles  bourses 
urines  chaque  fois  plus  claires  se 
sept,  J  ®  grammes  pour  les  vingt-quatre  heures.  — Le 
chaieyj,  bien  moins  troubles,  laissent  déposer  par  la 

d'albumine  ;  traitées  auparavant  par  une 
d’acide  nitrique  elles  se  troublent, et  l’ébul- 
qaeur  gy®P*'^oipite  pas.  Elles  ne  prennent  pas,  avec  la  li- 
^^siera^^°  coloration  rouge-violet  que  M. 

La néphrites  paludéennes  chroni- 
Oncojjp  d'urine  se  maintient  à  2000  grammes. 

***fdent  IMh*^  traitement  encore  une  semaine.  Les  urines 
??a3[ie„?  bumine  à  mesure  qu  elles  diminuent  en  quantité 
'“fàntpp^?  limpidité.  Tout  enfin  rentre  dans  1  ordre  et 
’b^lilieni  J  ses  travaux  scolaires.  La  guérison  se 

lors. 

*'"*>110  .Malarichc  pr(‘doinin.inlp  nell'  pslale  e  nell"  au- 

"■na  {Ayc/it,’o  fer  la  Science  Mediche,  XIV.) 


Je  ne.  crois  pas  qu’un  doute  soit  permis  quant  à  la  na¬ 
ture  de  la  néphrite  dont  souffrait  cet  enfant.  D'antécé¬ 
dents  malariens  bien  prouvés,  il  est  pris,  le  vingt-quatre 
août  mil  neuf  cent  quatre,  de  fièvres  journalières  et 
intermittentes  qui  durent  jusqu’à  la  fin  du  mois.  Le 
quatrième  jour  de  la  fièvre,  commencement  du  gonfle¬ 
ment  aux  paupières, et  le  trente,  l’anasarque  est  consti¬ 
tuée  en  même  temps  qu'il  y  a  dyspnée  d’effort,  tachycar¬ 
die  etimpossibilité  deconserver  la  position  horizontale. 
Deux  jours  après  la  cessation  des  fièvres,  il  y  a  mic¬ 
tion  d'une  urine  hématique  dans  laquelle  le  micros¬ 
cope  révèle  la  présence  des  éléments  figurés  du  sang 
envahis  en  majeure  partie  par  cet  hématozoaire  spé¬ 
cial  à  la  zone  tropicale,  c'est-à-dire  petit,  amibo'ide, 
sans  pigment,  de  la  variété  immaculée  [hoémamoèba 
qui  est  l'agent  des  fièvres  graves.  En  ou¬ 
tre,  le  traitement  lui-même  est  venu  confirmer  cette 
même  hypothèse. 

NARCYL  GRÉMY  médicament  spécifi¬ 
que  de  la  toux,  spécialement  de  la  toux  des  tu¬ 
berculeux. 

BULLETIN  DU  PROGRÈS  MÉDICAL 

Les  explosions  dans  les  houillères 

Qui  ne  se  souvient  des  vers  par  lesquels  Alfred  de 
Musset,  saluait  en  1836,  la  disparition  de  laMalibran? 

San.s  doute,  il  est  trop  tard  pour  parler  encore  d'elle. 
Depuis  qu’elle  n’est  plus,  quinze  jours  sont  passés. 

Et  dans  ce  pays-ci  quinze  jours,  je  le  sais, 

Font  d'une  mort  récente  une  vieille  nouvelle. 

De  quelque  nom  d  ailleurs  que  le  regret  s’appelle. 

L'homme  par  tout  pays  en  a  bien  vite  assez. 

Eh  bien!  non!  Quand  il  s'agit  d'une  catastrophe 
aussi  épouvantable  que  celle  de  la  mine  de  Courrières, 
la  science  ne  saurait  se  taire  de  sitôt,  et  l’hygiéniste, 
le  médecin,  l'ingénieur,  l'administrateur,  ont  le  devoir 
de  chercher  au  moins  une  leçon  dans  un  si  déplorable 
événement.  Et  cependant,  tout  est  dit,  semble-t-il, 
depuis  qu’il  y  a  eu  tant  de  journalistes,  q’.i  (sans 
compter  ceux  qui  ont  divagué  à  ce  sujet)  on*  traité  la 
question  des  explosions  dans  les  houillères  et  en  ont 
écrit  si  abondamment  qu'il  paraîtra  à  beaucoup  venir 
trop  tard  le  médecin  voulant  exposer,  au  point  de 
vue  doublement  scientifique  et  pratique,  les  effets  sur 
l'organisme  humain  de  ces  grandes  déflagrations 
gazeuses. 

Les  explosions  dans  les  mines  souterraines  qui  trop 
sohvent  transforment  les  chantiers  houillers  en  de 
vraies  hypogées,  en  de  réelles  catacombes,  peuvent  se 
rapporter  à  trois  grandes  causes,  qui  s'unissent  sou¬ 
vent  entre  elles  comme  poui  augmenter  l'importance 
du  désastre:  1"  le  grisou  composé  d'un  mélange  de 
protocarbure,  d'hydrogène,  d'azote,  d'anhydride  carbo¬ 
nique  et  d’oxygène  :  .2”  dans  les  mines  exposées  aux 
incendies  souterrains,  il  peut  se  faire  un  mélange  dé¬ 
tonant,  (U'ovenant  d'une  sorte  de  ga?,  analogue  au 
gaz  d'éclairage,  formène  ou  méthane,  qqi  venant  se 
mêler  à  l’air,  peut  s'enflammer  brusquement  au  con¬ 
tact  d’une  flamme  comme  fait  le  grisou  ;  3°  Enfin  les 


340 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


poussières  de  houille,  peuvent,  on  le  sait,  comme  bien 
d’autres  poussières  (farine,  coton,  liège,  riz,  sucre, 
garance,  résines,  noir  de  fumée,  bleu  de  Prusse,  fleur 
de  soufre,  etc.),  faire  explosion  en  s’enflammant,  et 
surtout  propager  une  explosion  de  chantier  en  chantier, 
formant  pour  ainsi  dire  une  trombe  de  feu,  brûlant 
tout  sur  son  passage. 

Bien  que  la  possibilité  de  l’inflammation  des  pous¬ 
sières  de  houille  ait  été  fort  longtemps  révoquée  en 
doute,  MM.  A.  Pernolet  et  L.  Aguillon,  envoyés  en 
mission,  pour  étudier  les  questions  relatives  au  grisou, 
en  Belgique,  en  Angleterre  et  en  Allemagne,  ont  lini 
par  admettre  dans  leurs  Rapports  (1)  la  possibilité  de 
l’explosion  des  poussières  charbonneuses  au  moins  par 
propagation.  On  avait  d’ailleurs  observé  depuis  long¬ 
temps  déjà  qu'à  la  suite  des  explosions  de  grisou,  se 
trouvaient  dans  des  galeries  parfois  Fort  éloignées  du 
point  de  départ  de  l'explosion  des  dépôts  de  coke  en 
lames  minces  sur  les  parois,  dépôt  dont  l'origine  ne 
pouvait  être  expliquée  autrement  que  parla  combustion 
complète  des  poussières  charbonneuses. 

On  sait  que  les  explosions  dans  les  houillères,  tant 
du  grisou  que  des  poussières,  exigent  pour  se  produire 
le  contact  plus  ou  moins  prolongé  d’une  flamme. 
Cette  notion  a  été  le  point  de  départ  d'une  multitude 
de  moyens  d’éclairage,  depuis  la  lampe  dite  de  sûreté, 
de  Davy.  jusqu’aux  nombreux  modèles  plus  ou  moins 
perfectionnés, etsuivantlessystèniesles  plus  variés,  dont 
l’usage  est  imposé  aux  mineurs  dans  toutes  les  houil¬ 
lères  sujettes  au  grisou.  Mais  bien  des  mines  n’ont 
jamais  présenté  de  grisou,  témoin  les  mines  de  Com- 
mentry,  témoin  aussi  la  plupart  des  mines  du  bassin 
français  du  Nord  et  du  Pas-de-Calais,  si  bien  que  l’an¬ 
cien  et  savant  directeur  des  mines  d’Aniche,  M.  E.  V'^uille- 
min,  pouvait  écrire  en  1878  les  lignes  suivantes  [2). 

«  En  général,  les  houilles  du  nord  ne  dégagent  pas 
des  quantités  de  grisou  comparables  à  celles  que  l’on 
rencontre  dans  les  houillères  belges  ou  du  centre  de 
la  France.  Aussi  les  grandes  explosions  qui  causent 
tant  de  victimes,  sont-elles  rares  dans  les  houillères 
du  Nord.  Jusque  dans  ces  dernières  années,  on  n'avait 
trouvé  de  grisou  que  dans  l’exploitation  des  houilles 
grasses;  on  en  a  constaté  depuis,  dans  les  houilles 
sèches,  à  l’Escarpelle  et  dans  les  houilles  maigres  à 
Yicoigne  et  à  Ostricourt.  » 

Hélas  !  des  causes  d’explosion  terribles  se  sont  ren¬ 
contrées  dans  la  mine  de  Courrières,  où  le  grisou  n'avait 
jamais  été  signalé  et  où  les  ouvriers  avaient  travaillé  de 
tout  temps  avec  des  lampes  à  feu  nu  dans  les  galeries. 
Par  contre,  il  existe  des  mines  non  sujettes  au  grisou, 
mais  qui  sont  plus  ou  moins  exposées  aux  incendies 
à  la  mise  en  feu  de  la  houille,  à  des  incendies  spon¬ 
tanés.  Ainsi  en  est-il  à  Commentry,  où  les  incendies 
remontent  à  l’origine  de  l’exploitation  et  même  avant 

(1)  Exploitation  et  réglementation  des  mines  à  grisou  en  Belgi¬ 
que,  en  Angleterre  et  en  Allemage.  Rapport  de  mission  fait  à  la 
commission  cliargé  de  l’étude  des  moyens  propres  à  prévenir  les 
explosions  de  grisou  dans  les  houillères.  3  vol.  in-8",  Paris,  1881. 
Belgique  (118  pages.)  Angleterre  (33C  pages).  Allemagne  ^288  pages.) 
(Dunod,  éditeur.) 

(2)  Dans  son  mémoire:  Les  mines  de  houille  d'Aniche,  Exemple 
des  progrès  réalisés  dans  les  houillères  du  nord  de  la  France  pen¬ 
dant  un  siècle,  (ln-8%  Paris,  1878.  Uunod,  éditeur,  p.  75-76.) 


1 

toute  exploitation  régulière,  c’est-à-dire  avant  la  fm,jj 
XVIIP  siècle,  car  le  feu  avait  pris  aux  affleurements 
de  la  couche  avant  qu’on  eût  songé  à  demander  l’au. 
torisation  pour  l’extraction  du  charbon,  dans  le  bassin 
houiller  de  Commentry. 

On  sait,  surtout  depuis  les  recherches  que  M.  Henn 
Fayol  avait  entreprises  alors  qu’il  était  ingénieur  aui 
mines  de  Commentrj,  que  la  houille  a  la  propriété 
d’absorber  l’oxygène  de  l’air,  de  s’échauffer  et  d’exha¬ 
ler  de  l’acide  carbonique.  L’absorption  de  l’oxygène  et 
l’échaufl'ement  de  la  masse  charbonneuse  sont  en 
rapport  direct  avec  la  plus  ou  moins  grande  fragmen¬ 
tation  de  la  houille,  avec  le  nombre  et  la  profondent 
des  failles  dans  les  massifs  de  charbon,  en  d’autres 
termes,  l’absorption  de  l’oxygène  est  proportionnelle  à 
l’étendue  des  surfaces  de  houille  en  contact  avec  l’air. 
Si  la  ventilation  qui  par  son  activité  refroidit  le  plus 
souvent  l’air  des  galeries  ouvertes  dans  le  massif  de 
houille  en  extraction,  si  cette  ventilation  devientinsufli- 
sante  à  le  refroidir,  le  charbon  peut  s’enflammer  spon¬ 
tanément.  i 

Les  incendies  spontanés  dans  les  soutes  à  charbon 
des  grands  navires  à  vapeur  faisant  de  grandes  traver¬ 
sées,  incendies  qui  ont  occasionné  tant  de  désastres, 
n’ont  pas  eu,  dans  la  plupart  des  cas,  d’autre  cause  que  j 
cette  propriété  de  combustion  lente  de  la  houille  (1).  i 

Dans  un  coin  de  houillère,  le  charbon  prend  feu; 
l’incendie  est  déclaré,  comment  le  combattre  ?  On  a  en 
recours  aux  inondations  en  dérivant  un  bras  de  cours 
d’eau  pour  le  faire  passer  dans  les  massifs  en  feu. 
L'embouage  est  un  moyen  qui  a  réussi  plus  souvent 
quand  on  peut  l’employer.  En  tout  cas,  il  faut  savo’ir 
faire  lapait  du  feu  ;  et  pour  cela  on  en  est.  souvent 
réduit  à  construire  des  murs  en  maçonnerie  pour  tâcher 
d’empêcher  la  propagation  de  l’incendie  aux  parités 
environnantes,  pour  limiter  l’incendie;  que  si  la  résis¬ 
tance  du  barrage  est  insuffisante,  les  gaz  provenant  lic 
la  distillation  de  la  houillè,  se  trouvant  comprimes- 
peuvent  se  livrer  brutalement  issue  à  travers  le  mur 
protecteur  ou  limitateur  de  l’incendie,  et  une  explosio® 
alors  se  produira  renversant  le  barrage,  souleva® 
les  poussières  des  galeries  voisines,  les  enflammanh 
propageant  ses  ravages  dans  toutes  les  directions, 
dans  toutes  les  avenues.  Les  galeries  deviennent 
vrais  tubes  d’armes  à  feu,  les  hommes  comme  I 
vagonnets  deviennent  des  projectiles,  ils  sont  lan^ 
avec  violence  contre  les  étais,  contre  les  parois  <> 
galeries.  Tout  ce  qui  se  trouve  sur  le  passage  du  kj 
des  gaz  dilatés  et  des  poussières  enflammées,  subit 
terrible  choc,  accumulant  ici  les  cadavres  sur 
déblais,  là,  produisant  un  éboulement,  etc. 

Si  la  présence  du  grisou,  des  poussières,  de  me  ^ 
ges  gazeux  sont  les  éléments  primordiaux  en 
sorte,  des  explosions,  si  la  présence  du  contact 
moins  prolongé  d’une  flamme  devient  la  ^ause 
ciente  de  l’explosion,  il  est  peut-être  aussi 
faire  intervenir  des  causes  adjuvantes,  et,  en  pre® 

(1)  Ou  Irouvora  un  r.ipide  exposé  de  celle  question 
moire  intitulé  :  De  l’élévation  de  la  température  dans  Ushouiu^^ 
des  phénomènes  qui  s’y  rattachent  au  point  de  vue 
moire  que  j’ai  communiqué  en  mai,  1878,  à  la  Société  “V 
publique  et  de  médecine  professionnelle. 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


341 


..  les  dépressions  brusques  de  l’atmosphère.  Il  y 
aura  bientôt  30  ans,  un  sérieux  observateur,  conscien¬ 
cieux  et  instruit,  le  D'  Bourguet,  de  Craissessac,  écri¬ 
vait  les  lignes  suivantes  dans  un  mémoire  intitulé  : 
Considérations  générales  sur  la  marche  et  les  résul- 
iats  de  l'explosion  de  grisou,  qui  a  eu  lieu  au  puits 
Sainte-Barbe,  à  Graissessac  le  14  février  \%11  [Gazette 
‘desEôpUaux,  1877).  «  Le  jour  de  l’accident  (qui  fit  48 
victimes,  dont 45  morts),  on  avait  constaté  une  baisse 
notable  de  la  pression  atmosphérique.  Or,  il  est 
reconnu  que  cette  diminution  favorise  l’issue  du  gri¬ 
sou,  qui  trouve  moins  de  résistance  pour  s’échapper 
des  mines  qui  le  contiennent.  En  second  lieu,  l’atmos¬ 
phère  fut  très  tourmentée.  Pendant  la  matinée  du  14 
février  1877,  le  vent  du  nord  soufflait  en  tempête  ;  à 
partir  de  midi,  au  contraire,  le  calme  le  plus  complet 
s’établit,  et  le  soleil  était  très  chaud.  Or,  l’accident  eut 
lieu  vers  midi  et  demi.  »  Lors  de  l’accident  survenu  à 
jAnderlues,en  Belgiquq,  le  I"' avril  1880,  ctqui  causa  la 
Lort  de  49  ouvriers,  dont  46  dans  la  couche  et  3  au 
B^its,  MM.  Pernolet  et  L.  Aguillon  [loc.  cit.,  p.  90), 
i»us  disent:  «  11  paraît  établi  que  l’inflammation  a 
été  provoquée. par  le  tirage  d’un  coup  de  mine  dans  une 
des  tailles  de  l’est;  seulement  il  semble  y  avoir  eu  une 
seconde  inflammation  produite  dans  les  tailles  de 
louest.  »  «  L’accident  a  eu  lieu  pendant  une  forte 
dépression  du  baromètre.  De  midi  30  mars  à  4  heures 
du  malin  l°"  avril, le  baromètre  a  baissé  de  750  à  740”“. 
.tu  moment  de  l’entrée  du  poste  de  nuit, vers  7  heurés 
du  soir,  la  baisse  était  de  1  millimètre  par  heure.  On 
«demandait  si  celle  baisse  n’avait  pas  pu  déterminer 
un  envahissement  de  grisou  dans  l’espèce  de  cul-çie- 
«ede  300  mètres  que  formait  la  galerie  plate  (galerie 
deniveau),  entre  les  portes  du  plan  incliné  et  la  taille, 
"està  remarquer  que,  la  nuit,  ces  portes  ne  sont  pas 
uiivertes,  que  la  galerie  n’est,  par  suite,  pas  balayée  par 
frais  et  que  le  grisou  des  vieux  travaux  a  pu  refluer 
uns  la  galerie  et  y  rendre  l’atiriosphère  explosive.  » 
fies  croûtes  de  coke  sur  les  bois  étaient  particiiiière- 
®unt  abondantes  le  long  de  la  voie  du  fond. 

fis  ^Répressions  atmosphériques  brusques  constatées 
[J)''  ®  baromètre  peuvent  être  invoquées  comme  cause 
l^asionnelle  sinon  efficiente,  du  moins  adjuvante,  des 
explosions,  cela  est  en  rapport  direct  avec  les 
I  sic*  C  '^physique  (1).  Et  justement  une  forte  dépres- 
fille  ôté  constatée,  (voir  IL  de  Par- 

plofl  Journal  des  Débats),  au  moment  de  l’ex- 

Proch^  “®®™'nesde  Courtières. Ne  pourrait-on  pas  rap- 
de  cette  catastrophe  les  grands  mouve- 
niers  *'!®*^“esqui  se  sont  produits  au  cours  de  ces  der- 
de  P*®®'®-!  éruption  du  Vésuve,  le  tremblement  de  terre 
le  Re  raz  de  marée  de  Tahiti  du  7  février, 

*xami**^  de  détruire  San-Francisco  ?  et 

au  point  de  vue  physiologique 
Icsçlj  ®  ’  fluels  sont,  sur  les  mineurs  au  travail  dans 
Icig^  les  effets  de  ces  explosions. 


comme  dans  beaucoup  d’autres  questions 


Itelfrc,  M.  Van  dcn  Broeck  el  le  professeur  Lai- 
fi4  l’Ohservaloire  de  Berlin,  oui.  déclaré  «lu’il  y  a 

*®*  «iégageinenis  instantanés  du  grisou  el 
A  atmosphériques.  (Voir  Paul  Kazous,  in  Revue 

“«31  mars  1906,  g.  ;»7.) 


relatives  à  l’hygiène  et  à  la  pathologie  des  houillères, 
l’esprit  synthétique  ou  hâtivement  généralisateur,  ou 
à  tendances  simplistes  de  beaucoup  de  médecins,  s’est 
livré  carrière  à  bien  des  explications  aventurées  ou 
aventureuses,  sinon  téméraires,  parfois  légères,  presque 
toujours  trop  compréhensives,  dans  des  questions  habi¬ 
tuellement  complexes  etsouvent  des  plus  compliquées. 
Car  autant  diffèrent  les  contingences  delà  vie  en  plein 
air,  autant,  sinon  plus,  elles  varient  dans  les  galeries 
souterraines. 

Paul  Fabre  (deCommentry.) 

Correspondanl.de  l’Académie 
de  Médecine. 

Comment  l'on  traite  les  médecins  au  Conseil  d’hygiène 
de  la  Seine. 

Il  s’agit  du  recrutement  des  médecins  vaccinateurs 
pour  l’application  de  la  loi  sur  la  santé  publique. 

M.  Marquez.  ^  Le  recrutement  serait  donc  facile,  aussi 
bien  dans  les  communes  qui  ont  des  médecins  que  dans  les 
treize  qui  en  manquent. 

Je  connais  des  docteurs  obligés  pour  vivre,  en  présence  de 
la  pléthore  professionnelle,  de  soigner  des  malades  mutua¬ 
listes,  à  raison  d’un  centime  par  jour,  soit  3  fr.  60  par  an. 
De  ce  fait,  nous  n’aurons  que  l’embarras  du  choix  et  l’Admi¬ 
nistration  s’inspirera  des  titres  acquis  lors  des  nominations. 
Il  sera  d’autant  plus  aisé  d’imposer  à  ces  messieurs  un  choix 
parmi  les  procédés  de  vaccination  reconnus  efficaces  ou 
sans  dangers,  que  déjà  ils  sont  habitués  à  ce  service  et  disci 
plinés. 

Môme  observation  en  ce  qui  concerne  les  jours  et  les  heu¬ 
res  des  séances.  Rien  ne  sera  plus  facile  que  de  les  leur  impo¬ 
ser  et  nos  praticiens,  pleins  de  dévouement  pour  la  chose  pu¬ 
blique,  acquiesceront  de  grand  cœur. 

Nous  livrons  ces  paroles  à  la  méditation  de  nos  con¬ 
frères  de  la  banlieue  ;  ils  en  goûteront,  nous  n’en  dou¬ 
tons  pas,  toute  la  courtoise  ironie.  Elles  ont  été  pro¬ 
noncées  le  30  octobre  1905  au  Conseil  d’Iiygiène  du 
clépartement  de  la  Seine,  sept  médecins  assistaient  à  la 
séance.  Toits  ont  donné  leur  approbation  au  moins 
tacite  aux  paroles  de  M.  Marquez. 

Quant  à  nous,  nous  apprécions  la  haute  moralité  de 
cette  incitation  à  l'exploitation  de  la  misère  médicale  et 
plus  particulièrement  les  éloges  de  M.  Marquez  qui, 
après  avoir  conseillé  d' imposer  médecins  praticiens 

disciplinés  toutes  les  fantaisies  administratives,  cons¬ 
tate  leur  dévouement  à  la  chose  publique.  Si  ce  dé¬ 
vouement  les  destine  à  recevoir  pareils  soufflets  de  grand 
cœur,  nous  nous  demandons  s’ils  tendront  l’autre  joue 
J.  Noir. 


Ouverture  dâs  Cours. 

Hospice  de  la  Salpêtrière:  Cours  des  maladies 
mentales. 

M.  le  D*^  Deny  a  repris,  le  dimanche  20  mai,  à  la  Salpê¬ 
trière,  la  série  de  ses  conférences  sur  les  maladies  men¬ 
tales.  Cette  nouvelle  série  sera  consacrée  à  l’étude  de 
la  folie  maniaque-dépressive,  dénomination  sous  laquelle 
on  englobe  aujourd’hui  tous  les  états  psychopathiques 
anciennement  décrits  sous  les  noms  de  manie  et  de 
dépression  simples,  de  manie  et  de  mélancolie  intermit¬ 
tentes  ou  périodiques,  de  folie  alterne,  à  double  forme, 
circulaire,  etc. 

Dans  un  historique  critique  de  la  question,  M.  Deny 
s’est  attaché  à  démontrer  que  la  conception  de  la  folie 


342 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


maniaque-dépressive  était  directement  issue  des  travaux 
de  Pierre  Falret  sur  la  folie  circulaire  et  de  Baillarger 
sur  la.  Jolie  à  double  forme.  Il  a  justifié  ensuite  cette  con¬ 
ception  en  montrant  que  la  limite  tracée  par  les  auteurs, 
entre  la  manie  et  la  mélancolie  simples  d’une  part,  la 
manie  et  la  mélancolie  intermittentes  ou  périodiques  de 
l’autre,  était  purement  conventionnelle,  qu’elle  ne  repo¬ 
sait  sur  aucune  base  étiologique,  symptomatologique  ou 
évolutive  ;  qu’en  outre,  les  cas  de  manie  et  de  mélancolie 
périodiques  pures  ou  sans  mélange  étaient  tout  à  fait 
exceptionnels,  que  tous  les  accès  de  manie  et  de  mélan¬ 
colie  (réserve  faite  de  la  mélancolie  d’involution  étaient 
en  réalité  des  accès  à  double  formes  frustes, dans  lesquels 
l’une  des  phases  morbides  passe  le  plus  souvent  ina¬ 
perçue  ;  et  enfin,qu’en  plus  de  ces  états  mixtes  frustes, 
il  existe  des  états  mixtes  francs  dans  lesquels  les  phé¬ 
nomènes  d’excitation, au  lieu  d’alterner  avec  des  phéno¬ 
mènes  de  dépression,  coexistent  avec  eux. 

Se  basant  sur  l’ensemble  de  ces  considérations  et  aussi 
sur  ce  fait  que  les  phénomènes  d’excitation  et  les  phéno¬ 
mènes  de  dépression  ont  la  même  origine  et  reconnais¬ 
sent  le  même  mécanisme  pathogéniqne,  M.  Deny  a  conclu 
à  la  légitimité  de  la  synthèse  du  professeur  Krœpelin  et 
à  l’admission,  dans  le  cadre  des  maladies  mentales,  d’une 
nouvelle  entité  clinique,  la  folie  maniaque-dépressive, 
dont  la  place  naturelle  est  à  côté  de  la  folie  systématisée 
chronique,  dans  le  groupe  des  psychoses  constitution¬ 
nelles  ;  comme  la  place  naturelle  de  la  démence  précoce 
est  à  côté  de  la  paralysie  générale,  dans  le  groupe  des 
psychoses  accidentelles. 

CAPSULES  D’IODIPINE-KIERCK  ;  3  représentent  1  gr.  Kl 
beaucoup  mieux  supportées  que  les  iodures  alcalins  ; 
lODIPINE  à  25  "  O  pour  injections  sous-cutanées. 

SOCIETES  SiVVANTES 

AGADlvVlIE  DES  SCIEACES. 

\  Séance  du  21  mai  1006. 

Origine  intestinale  des  adénopathies  trachéo-bronchnjues 
tuberculeuses. 

MM.  A.  (iALMETTE,  G.  GuÉRiN  ct  A.  Dei.é.arde,  SC  fondant 
sur  ce  fait  que  l’ingestion  de  bacilles  tuberculeux  d’origine 
bovine,  chez  les  jeunes  bovidés  et  les  chevreaux,  est  suscepti¬ 
ble  de  déterminer  des  lésions  des  ganglions  Irachéo-bronchi- 

ues  ou  des  poumons,  sans  lésion  apparente  des  ganglions 
mésentériques  ont  recherché  si,  chez  l’enfant,  qui  présente 
souvent  des  lésions  d’adénopathie  trachéo-bronchique  comme 
signe  unique  de  tuberculose,  l’intection  d’origine  intestinale 
pouvait  être  mise  en  cause. 

Pour  élucider  ce  point,  du  15  décembre  li)05  au  30  mars 
19116.  les  ganglions  mésentéri<iues  do  24  enfants  décédés  d’af¬ 
fections  les  plus  diverses  à  l’hôpital  Saint-Sauveur  de  Lille, 
ont  été  triturés  et  inoculés  au  cobaye.  Or,  non  seulement  les 
résultats  ont  été  positif?  avec  les  ganglions  de  4  enfants  atteints 
de  tuberculose  à  localisation  variable  (méningite  tubercu¬ 
leuse,  broncho-pneumonie  tuberculeuse,  adénopathie  tra¬ 
chéo-bronchique,  tuberculose  pulmonaire),  mais  encore  il  en 
a  été  de  même  pour  les  ganglions  de  3  autres  enfants,  qui, 
d'après  les  résultats  de  rauto|)sie,  ne  pouvaient  nullement 
être  considérés  comme  tuberculeux,  et  qui  avaient  respecti¬ 
vement  succombé  à  l’athrepsie,  à  une  bronchite  capillaire  et 
à  une  broncho-pneumonie  double. 

D  après  ces  faits,  les  auteurs  concluent  que  l’adénopathie 
trachéo-bronchique  et  la  tuberculose  pulmonaire  doivent 
être  considérées  comme  résultant  d’une  infection  d’origine 
intestinale;  en  outre,  il  semble  de  plus  en  plus  évident  que 


les  enfants  et  aussi  les  adultes  contractent  la  tuberculose  eu 
ingérant  soit  du  lait  de  vaches  tuberculeuses,  soit  des  pm" 
sières  ou  des  aliments  souillés  de  bacilles  ou  de  particules 
d’expectoration  tul)erculeuse  d’origine  humaine. 

Mme  Phisalh. 


ACADEMIE  DE  MEDECIM'. 

Séance  du  29  mai. 

Typhlricolile  sableuse  ou  muco-metnbraiieiise. 

M.  Dieui.afov  montre  la  fréquence  de  cette  affection  et  s> 

confusion  facile  avec  l’appendicite.  11  rapporte  treize  obser¬ 
vations  de  malades  atteints  de  cette  variété  de  typhlite  el 
opérés  pour  une  appendicite  qui  n’existait  pas.  M.  Dieulafor 
résume  de  façon  très  vivante  l’histoire  habituelle  de  ces  inter¬ 
ventions  intempestives. 

«  On  est  mandé,  dit-il,  par  un  malade  qui  se  plaint  de  vio¬ 
lentes  douleurs  abdominales  ;  il  sait  qu’il  a  une  crise  d’enté- 
ro-colite  muco-membraneuse,  car  plusieurs  lois  déjà  il  a  subi 
des  atteintes  semblables  ;  il  sait  également  que  son  état  w 
présente  aucune  gravité,  mais  il  souffre  cruellement  et  il  . 
vous  demande  aide  et  assistance.  Vous  palpez  iriéthodique-  ; 
ment  le  ventre  que  vous  trouvez  très  sensible,  notammentsnr 
le  trajet  du  côlon,  et  quand  vous  arrivez  à  1  examen  de  l»î 
fosse  iliaque  droite,  le  patient  se  récrie,  car  votre  presski , 
détermine  en  cette  région  une  douleur  plus  vive  que  partoat 
ailleurs.  Alors,  si  vous  ôtes  imbu  des  doctrines  qui  prodi- 
ment  que  l’appendicite  «  succède  couramment  »  à  l’entéro¬ 
colite,  vous  tombez  dans  le  diagnostic  de  tendance  que^ 
signalais  il  y  a  un  instant,  vous  déclarez  à  votre  malade  qn’i 
y  a  une  complication  d’appendicite,  vous  lui  signalez  ledan- 
ger,  vous  lui  parlez  d’opération,  et  vous  demandez  une  coa- 
sultation  chirurgicale.  Grand  émoi  chez  le  malade.  Cepend^ 
l’opération  est  décidée.  Suivant  que  le  chirurgien  est  ou  nesl 
pas  temporisateur,  l’opération  est  faite,  un  peu  plus  tôt,  M 
peu  plus  tard,  mais  à  l’ouverture  du  ventre,  volxe  diagnostic 
reçoit  un  démenti  :  l’appendice  est  sain,  la  typhlite  a  été  piw 
à  tort  pour  une  appendicite  et  votre  client  n’aurait  pasd» 
être  opéré. 

Fait  curieux,  en  examinant  au  microscope  l’appenmcc 
enlevé,  on  trouve  à  défaut  de  grosses  lésions  des  suffusK^ 
sanguines,  des  folliculites  hémorihagiques.  (ielles-ci  par^ 
sent  indiquer  un  premier  degré  d’appendicite  et  justuw 
l’opération.  Mais  cette  interprétation  est  une  erreur  : 
fusions  sanguines  et  les  apoplexies  folliculaires,  consideÇ^ 
comme  lésions  d’appendicite,  sont  le  résultat  du  traumaüs®r 
4  oici  ce  que  M.  Letulle  dit  à  ce  sujet  :  «  Je  n’ai  jamais 
la  folliculite  hémorragique  ailleurs  que  sur  des 
opérés.  La  ligature  violente  subie  par  l’organe  avant  son 
tion,  explique  fort  bien,  à  mon  avis,  les  suffusions  san?u 

circonscrites  ou  diffuses  dans  le  tissu  réticulé  du 

On  éviterait,  conclut  .M.  Dieulafoy,  de  pareilles  errey  ^ 

au  lieu  d’un  diagnostic  de  tendance,  on  avait  soin  n® 
poser  le  diagnostic  d’appendicite  qu’en  présence  de  ^ 
hle  symptomati(iue  propre  à  cette  terrible  affection,  p^,  i 
dominance  des  douleurs  à  la  fosse  iliaque  droite  ne  /  j  J  > 
à  faire  le  diagnostic  d’appendicite,  et  cela  surtout  qn'^^ 
s’y  adjoint  des  signes  d’entéro-colite.  Je  ne  suis  pas  de  f 

croient  que  l’appendicite  est  la  suite  fréquente  des  ®  pp.  j 
colites.  Une  longue  expérience  m'a  prouvé  que  la  pt  ] 
nance  des  douleurs  à  la  fosse  iliaque  droite,  au  jli  î 

crise  de  typhlo-colite,  est  presque  toujours  imputab,j.  | 
typhlite  el  non  pas  à  l’ajipendicite.  Pour  faire  une  apP*’’^  j 
cite.il  faut  un  tableau  clinique  bien  spécial.  frapp*’  j 

Le  malade  pris  d’appendicite  est  presque  1 

l’improviste  au  cours  d’une  excellente  santé  ;  les 
sont  rares,  c’est,  du  moins,  ce  que  j’ai  constaté  dans  -  ^ 
cents  et  quelques  cas  d’appendicite  qui  composent 
tisti([ue  jusqu’à  ce  jour,  tous  vériliés  par  l’opération ’ Jà 
traire,  le  malade  atteint  d’entéro-colite  est  sujet  dey^^^ 
mois  et  des  années  à  des  dérangements  intestinaux  > 
passé  intestinal.  Dans  la  typhlo-colite,  la  fosse  iliaqne^  ^ 
est  douloureuse,  d’accord  ;  mais  on  n’y  retrouve 
nettement  que  dans  l’appendicite  la  douleur  vivelor  -  j 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


343 


•  t  de  Mac-Burney,  la  défense  musculaire  et  l’hypéresthé- 
P°‘“cutanée,  accompagnées  de  nausées,  de  vomissements  et 
T  fièvre.  11  y  a  donc  des  éléments  séméiologiques  particu- 
r  rs  à  chacune  des  deux  affections  et  permettant,  dans  la  très 
rande  majorité  des  cas,  un  diagnostic  précis.  En  recherchant 
attentivement  ces  caractères  diflérents,  j'ai  pu,  pour  un 
bon  nombre  de  malades,  rectifier  des  diagnostics  erronés 
d'appendicite,  ou  affirmer  l’entéro-colite  quand  le  diagnostic 
était  resté  hésitant.  Ainsi  ont  été  évitées  nombre  d’opérations 
inutiles.  Je  reste  partisan  absolument  convaincu  de  l’inter- 
vention  chirurgicale  immédiate  dans  le  traitement  de  l’appen¬ 
dicite;  mais  tout  autre  chose  est  d'opérer,  soit  à  chaud,  soit  à 
«froid  »,  une  appendicite  qui  n’existe  pas,  et  j'avais  le  devoir 
d’attirer  l'attention  sur  les  erreurs  dont  je  viens  de  vous  sou¬ 
mettre  de  trop  nombreux  exemples. 

Mclange  d'air  et  de  chloroforme. 

M.  Gréhant  montre  que  tel  mélange  titré  à  10  % ,  suffisant 
pour  anesthésier  un  chien  faible  et  malade,  ne  détermine 
qu’une  agitation  très  vive  chez  un  chien  bien  portant  et  vigou¬ 
reux.  Chez  ce  dernier,  pour  avoir  une  anesthésie  complète 
avec  calme  absolu,  il  faut  arriver  au  mélange  titré  à  15  % . 

M.  Gréhant  conclut  de  ces  expériences  (lue  le  chirurgien 
peut  employer,  pour  l’anesthésie,  des  doses  de  chloroforme 
qui  doivent  varier  suivant  c£u'il  agit  sur  des  personnes  de 
Ibrte  ou  de  faible  constitution. 

L’hyijiène  du  champ  de  bataille  chez  les  Japonais. 

^  M.  Laver.an  lit  une  note  de  M.  Matignon  qui  a  suivi  la 
récente  campagne  de  Mandchourie.  Dans  cette  campagne,  les 
Japonais,  très  soucieux  des  précautions  hygiéniques,  em¬ 
ployaient,  après  chaque  bataille,  l’incinération  des  cadavres, 
méthode  excellente,  économique,  rapide  et  sûre.  Ils  évitèrent 
ces  foyers  pestilentiels  observés,  en  1870,  en  particulier  près 
Sedan. 

Ce  nouvel  exemple  de  la  supériorité  hygiénique  de  la  cré¬ 
mation  mérite  d’être  remanjué.  Après  les  grandes  batailles, 
les  inhumations  en  masse,  forcément  très  superficielles,  cons¬ 
tituent  un  moyen  des  plus  dangereux. 

La  paralysie  générale  chez  les  Arabes. 

M.  Motet  lit  un  travail  du  D''  Hache,  sur  l’existence  de  la 
paralysie  générale  chez  les  Arabes.  Sans  être  aussi  fréquente 
<iue  semblerait  l’indiquer  chez  eux  une  certaine  diffusion  de 
^  syphilis,  cette  existence  n'en  est  pas  moins  très  réelle.  Leur 
sobriété,  leur  vie  calme,  explkruent  d’ailleurs  cette  immunité 
*  mlative. 


cée.il  arrive  quele  semi-lunaire,  pressé  parla  tête  du  grand 
os,  culbute  et  présente  sa  concavité  à  la  paume  de  la  main. 

Toutes  ces  lésions  sont  importantes  à  connaître  :  il  importe 
de  les  distinguer  dans  la  classique  fracture  de  l’extrémité 
inférieure  du  radius  et  surtout  de  prévenir  par  un  traitement 
approprié  —  l’extirpation  du  semi-lunaire  —  les  troubles  sen¬ 
sitifs  et  trophiques  dus  à  la  compression  du  médian. 

M.  Segond  est  aussi  d’avis  d’extirper  les  petits  os  du  carpe 
plutôt  que  se  livrer  à  des  manœuvres  aléatoires  de  réduction. 

Laminectomie. 

M.  Faure  présente  un  malade  qui  avait  reçu,  dans  la  ré¬ 
gion  cervicale,  deux  balles  :  il  s’ensuivit  une  paralyse  com¬ 
plète  des  4  membres  et  qui  disparut  après  une  laminectomie 
suivie  de  l’extraction  d'une  balle  qui  avait  pénétré  dans  le 
canal  rachidien. 

Anévrysme  poplité. 

.M.  Aélaton  présente  unjeune  homme  auquel  il  extirpa  un 
anévrisme  poplité  qui  avait  été  traité  antérieurement, sans  suc¬ 
cès,  par  des  injections  gélatineuses.  Gatz. 


SOCIÉTÉ  MÉDICALE  DES  HOPITAUX. 

Séance  du  IS  mai  1906. 

Dysenterie  traitée  par  le  khosam. 

MM.  M.athieu  et  Lemoine  font  des  communications  sur  le 
khosam  employé  par  eux  dans  le  traitement  de  la  dysente¬ 
rie. 

Employé  par  les  médecins  annamites  et  'hinois  contre  les 
hémorrhagies,  son  action  sur  la  dysenterie  fut  découverte 
par  hasard. 

Le  D"  Mougeot  iSa'igon)  soignait  une  malade  atteinte  de 
métrorrhagie  et  de  dysenterie  avec  le  khosam.  Lamétrorrha- 
gie  cessa  en  24  heures  et  la  dysenterie  guérit  en  six  jours. 
M.  Mathieu  emploie  depuis  1901  des  dragées  contenant  un 
extrait  hydroalcoolique  avec  des  résultats  remarquables.  M. 
Lemoine  a  administré  l’amande  du  khosam  en  nature  chez 
un  dysentérique  chronique  et  a  obtenu  des  selles  moulées 
dès  le  3'  jour.  M.Barrois  (Nancy  )  a  guéri  cinq  dysentériques. 
La  dose  optima  est  de  six  à  huit  comprimés  par  jour.  M.  Le¬ 
moine  donne  les  amandes  en  nature,  41e  H’’  jour,  8  le  2»,  12 
le  3'',  puis  il  diminue  :  12,  8,  4. 

Statistique  des  cancers  de  l'œsophage,  des  cancers  et  ulcères  de 
l'estomac  observés  à  Andraldu  jaiwier  1901  au  mars  1906 


Elections. 

L  Académie  a  procédé  à  l’élection  d’un  membre  titulaire 
«  sfction  de  médecine  vétérinaire,  en  remplacement  de 
Mégnin,  décédé, 

-.>  ■  .^'^sufmann,  professeur  à  l’Ecole  d’Alfort,  a  été  élu  par 
voixsurll  votants.  M.Mollereaua  obtenu  12  voix.M.Martcl, 

’  "■  Mouquet  2,  et  Al.  Petit  1 .  A.-F.  Plicque. 

I  - 

SOCIETE  DE  CHIBURGIE 
Séance  du  m  mai 
Corps  étrangers  de  rœsophage. 

^aii  rapporte  l’observation  d’une  femme  (jui 

otie  e*  i  ^  râtelier  et  à  laquelle  il  fit  une  œsophagoto- 
jours  après  l'accident.  Malgré  ce  long  séjour 
la  plaie  opératoire  se  cicatrisa  très  rapide- 
et  la  malade  guérit  sans  accident; 

^  Traumatismes  du  poignet. 

P3sse  en  revue  les  principales  lésions  trauma- 
plus  poignet.  Des  différentes  lésions  des  os  du  carpe,  la 
c’est  la  fracture  du  scapho'ide, fracture  qui  se- 
fracture  par  arrachement, 
i  lions  de^  l''®omatisme  est  plus  violent,  on  observe  des  luxa- 

|®ii  lnna*  carpe  :  on  admet,  en  général,  que  c’est  le  .se- 
11*6  1®  plus  souvent  ;  pourM.  Delbet,  c’est 
1®  grand  os  qui  se  luxe  en  passant  en  arriére  du  se- 
®-  Lors  que  la  luxation  du  grand  os  est  très  pronon- 


M.M.  Mathieu  et  Dobrovtci  ont  constaté  sur  5,380  malades, 
58  cancers  de  l’œsophage,  123  cancers  de  l’estomac  et  181  ul¬ 
cères  de  l’estomac.  Sur  181  cancers,  30  «/o  siégeaient  donc  sur 
l’œsophage,  fréquence  relativement  considérable. 

Ulcère  chronique  deTestomae.  Estomac triloeulaire.  Polyadéno- 
rne  implanté  sur  le  bord  de  l'ulcus. 

M.  Mathieu  et  Dobrovtci  ont  fait  l'autopsie  d’un  malade 
mort  d’ulcus  perforant  de  l’estomac  et  ont  trouvé  une  défor¬ 
mation  curieuse  de  l'organe, 

L’ulcus  chronique  avait  produit  une  biloculation  et  les 
deux  poches  communiquaient  par  l’intermédiaire  d’une 
troisième  poche,  formé  dans  du  tissu  d’adhérence  et  ayant 
pour  fond  le  pancréas  sclérosé.  Sur  le  bord  de  Tulcère  chro¬ 
nique  s’implantait  un  polype  adénomateux. 

Pleurésie  purulente  à  entérocoques. 

AI.  AIknétrier  communique  une  observation  de  pleurésie 
purulente,  due  à  la  présence  unique  d’entérocoque  de  Thier¬ 
celin. 

Traitement  curatif  de  la  coqueluche  par  la  narcose  chlorofor¬ 
mique. 

M.  H.  de  Rothschii.d.  — A  la  suite  de  l’administration  du 
chloroforme  pour  réduire  une  luxation  de  la  hanche  chez  une 
enfant  atteinte  de  coqueluche  depuis  huit  jours,  j’ai  ob¬ 
servé  que  les  quintes  de  coqueluche  ont  disparu  d’une  façon 
complète  à  la  suite  de  cette  anesthésie.  Cette  enfant,  mise  en 
observation  pendant  plus  de 'quinze  jours,  n’a  plus  présenté 
aucune  qifinte  de  coqueluche  alors  qu’elle  en  avait  39  envi- 


344 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


ron  par  jour  avant  la  narcose  ;  de  plus,  les  vomissements 
cessèrent,  ainsi  que  la  cyanosede  la  face  et  les  insomnies. 

Cette  observation  m’a  permis  de  déduire  que  l’anesthésie 
chloroformique  aune  influence  manifeste  sur  la  coqueluche 
notamment  au  début  de  la  maladie.  J’ai  aussitôt  décidé  d’es- 
sayercette  méthode  chezd’autres  enfants  atteints  de  coquelu¬ 
che.  Depuis  4  mois,  j’ai  pu  réunir  9  casde  coqueluche  récents 
et  manifestes,  caractérisés  par  des  quintes  avec  reprise,  cya¬ 
nose,  vomissement.  Les  enfants  âgés  de  deux  à  7  ans  ont  été 
chloroformisés  à  l’aide  de  l’appareil  àoxygènedu  D''  Guglièl- 
minetti,  et  avec  l'autorisation  des  parents.  Dans  9  cas,  la  co¬ 
queluche  a  été  guérie  ;  dans  deux  cas,  les  crises  n'ont  plus  paru 
après  la  narcose  :  dans  4  cas  les  quintes  sont  tombées,  en  24 
heures,  de  39  à  12  pour  disparaître  ensuite  complètement  (le 
4“  jour.)  Dansles trois  derniers  cas,  la  guérisona  été  complète 
dans  un  maximum  de  quinze  jours  (un  cas). 

Dans  ces9  observations,  nous  avons  remarqué  que  les  vo¬ 
missements  ne  se  sont  plus  reproduits,  que  la  cyanose  de  la 
face  au  moment  des  quintes  a  disparu,  et  que  l’appétit  et  le 
sommeil  sont  revenus  chez  les  petits  malades.  La  durée  de  la 
chloroformisation  est  decinq  minutes.  Nous  ne  cherchons  pas 
uneanesthésie  complète,  mais  la  résolution  musculaire,  sans 
aller  jusqu’à  l’abolition  du  réflexecornéen.  Dans  aucun  cas, 
nous  n’avons  eu  besoin  de  pratiquer  une  seconde  anesthé¬ 
sie. 

L’action  du  chloroforme  est  avant  tout  antispasmodique. 
Nous  ne  croyons  pas  qu’on  doive  lui  attribuer  un  rôle  bactéri¬ 
cide  ou  antiseptique.  Nous  avons  examiné  ce  point  dans  no¬ 
tre  rapport,  quisera  publié  in  extenso  dant  le  Bulletin  de  la 
Société  Médicale  des  Hôpitaux. 

Comme  antécédents, nous  avons  retrouvédans  la  littérature 
médicale  un  aïticle  de  Scuilling  (1889),  qui  traite  la  coque¬ 
luche  avec  des  résultats  appréciables  par  des  inhalations 
d’eau  chloroformée,  et  une  observation  de  Rehfeld  (1893)  qui 
a  observé  la  guérison  de  la  coqueluche  après  une  anesthésie 
chloroformique  chez  un  enfant  de  6  ans,  traité  par  lui  pour 
la  coqueluche  depuis  six  mois  et  qui  fut  anesthésié  pour  la 
réduction  d'une  fracture  de  la  cuisse.  Cetauteur  a  observé  le 
cas,  mais  n’en  a  tiré  aucune  conclusion  et  n’a  pas  cherché  à 
cmployerle  chloroforme  pour  le  traitement  de  la  coquelu¬ 
che.  Nous  croyons  donc  être  le  premier  à  avoir  utilisé  la  nar¬ 
cose  chloroformique  pour  le  traitement  de  la  coqueluche  ; 
notre  désir  est  de  continuer  nos  recherches  de  façon  à  nous  per¬ 
mettre  d'établir  une  technique  complète, (indication  et  contre- 
indication)  et  de  fixer  la  période  de  la  coqueluche  oii  elle  est 
la  plus  avantageuse. 

Séance  du  ‘25  mai 

Déplacement  du  cœur  à  droite  à  la  suite  d'un  hydropneumo¬ 
thorax. 

MM.  Hirtz  etSiMO.v  ont  observé,  chez  un  garçon  de  vingt 
ans,  à  la  suite  d’un  traumatisme  de  la  région  thoracique 
droite,  un  hydropneumothorax.  Après  cinq  semaines,  tout 
épanchement  avait  disparu,  mais  le  cœur  était  complètement 
déplacé  à  droite.  Les  auteurs  croient  que  ce  déplacement 
est  dû  à  une  énorme  production  fibreuse  et  à  la  fixation  du 
péricarde  par  des  adhérences  pleuropéricardiques. 

M.  F-visans  considère  un  pareil  déplacement  impossible  en 
si  peu  de  temps . 

(La  société  se  forme  on  comité  secret). 

_  Friedei,. 

SOCIÉTÉ  DE  MÉDECINE  DE  PARIS 

Séance  du  2()  mai  1908.  —  Présidence  de  M.  Berne, 
Vice-Président. 

La  séance  est  ouverte  â  4  heures  42. 

Le  procès-verbal  de  la  précédente  réunion  est  lu  et 
adopté  â  l’unanimité. 

Correspondance  imprimée.  —  Revues  et  journaux  habi¬ 
tuels.  —  Traitement  électrique  de  la  sciatique,  par  le 
docteur  Charles  de  Blois,  de  Trois-Rivières  (Canada). 

Correspondance  manuscrite.  —  1°  Lettre  du  D'  Suarez 
de  Mendoza,  s’excusant  de  ne  pouvoir  assister  à  la 


séance  et  lire  son  compte  rendu  du  Congrès  de  Lis. 
bonne  ;  2“lettre  du  D'  Dépassé,  s’excusant  de  ne  pouvoir 
lire  son  travail  de  candidature  ;  il  a  dû  accompagner  » 
province  sa  femme,  convalescente  dune  opératioi 
grave  ;  3°  lettre  du  D"  Charles  de  Blois,  maintenant sj 
candidature  au  titre  de  membre  correspondant  étran»ef 
et  envoyant  la  liste  de  ses  titres  et  travaux.  ” 

Une  commission,  nommée  pour  l’examen  de  celle 
candidature,  se  compose  de  .\1M.  Beni-Barde,  Laqui». 
rière  et  Buret,  rapporteur. 

4“  Lettre  de  M.  Moreau,  de  Tours,  donnant  sa  dé¬ 
mission  de  membre  titulaire  :  aux  termes  du  règlemenl 
cette  démission  ne  pourra  être  acceptée  qu’ après  avis 
du  Trésorier,  annonçant  que  le  membre  démissionnais 
s’est  mis  en  règle  avec  la  caisse  de  la  Société. 

M.  PicQDÉ  fait  une  communication  sur  un  casde  gom 
me  syphilitique  du  larynx  [sera  publié). 

M.  Dubar.  —  Ce  cas  de  gomme  syphilitique  n’est  p.ns 
rare.  iM.  Picqué,  en  clinicien,  en  chirurgien,  a  fait  m 
diagnostic  précis  qui  a  pu  être  confirmé  par  le  profes¬ 
seur  Sieur,  à  qui  M.  Picqué  avait  demandé  conseil.  On 
ne  doit  jamais,  dans  ce  cas-là,  administrer  l’iodure  de 
potassium,  qui  augmente  l'œdème  de  la  glotte.  Aussi 
M.  Picqué  a-t-il  tout  à  fait  raison  de  proposer,  en  pré^ 
sence  du  courage  de  son  malade,  de  faire  la  laryngoto¬ 
mie  inter-crico-thyroïdienne.  Mais  si  le  malade  n’est  pas 
menacé  d’une  mort  imminente,  on  peut  commencer 
immédiatement  le  traitement  mercuriel,  sous  forme  de 
piqiires  de  bi-iodure  de  mercure.  Je  me  rappelle  un 
malade,  k  Saint-Antoine,  qui,  sous  l'influence  d’un  trai¬ 
tement  de  quatre  jours  de  bi-iodure  de  mercure,  dans 
un  cas  de  syphilis  laryngée,  a  eu  une  amélioration 
surprenante. 

Enfin,  je  crois  que  si  l’intervention  chirurgicale  est 
nécessaire,  il  faut  préférer,  comme  le  dit  M.  Picqué,  à  la 
trachéotomie,  la  laryngotomie  inter-crico-thyroïdienne. 
J’admets  aussi  que  la  tuberculose  laryngée  primitive 
est  rare,  mais  elle  existe. 

Au  point  de  vue  du  diagnostic  de  la  tuberculose  et  de 
la  syphilis,  je  demande  â  rapporter  le  cas  d’un  malade, 
traité  depuis  si.xmois  dans  une  clinique  pour  une  tuber¬ 
culose  du  larynx  ;  or,  ce  malade  n’avait  pas  de  décolo¬ 
ration  du  voile  ;  son  larynx  offrait  des  cordes  vocales 
presque  disparues  ;  l’épiglotte,  non  infiltrée,  non  aug¬ 
mentée  de  volume,  était  déchiquetée  et  saignante.  Je 
pensai  aussitôt  à  la  syphilis,  et  depuis  que  je  lui  ai  fait 
le  traitement  mercuriel,  j’ai  constaté  une  amélioratioa 
très  notable. 

M.  Picqué.  —  Depuis  quelques  années,  il  s’est  fait  un 
changement  complet  au  point  de  vue  du  traitement  par 
Tiodure  de  potassium  ;  nous  avions  vécu,  dans  notre 
jeunesse,  avec  cette  idée  que  l’iodure  de  potassium  était 
un  médicament  merveilleux;  aujourd’hui  ce  médicament 
est  abandonné.  Mais  je  dois  dire  que  nos  maîtres,  autre¬ 
fois,  conseillaient  d’employer  peu  ou  point  l'iodureoe 
potassium  dans  les  affections  du  larynx.  . 

Quant  à  la  trachéotomie,  je  crois  que,  chez  un  malan® 
qui  a  du  courage,  il  y  a  avantage,  par  principe,  àfaïf, 
une  inter-crico-thyroïdienne.  Je  crois  aussi  que  les  spf' 
cialistes  demandent  la  trachéotomie  qui  éloigne  fo  P***^ 
du  larynx  ;  mais,  pour  un  médecin  de  campagne,  n  J^ 
beaucoup  plus  de  facilité  à  faire  la  section  du  cartilaE 
cricoïde,  opération  plus  simple  que  la  trachéotomie- 

M.  Dubar.  —  Il  y  a  nécessité  de  mettre  au 
gane  malade  ;  d'où  le  nouvel  avantage  de  la  tracn 
tomie. 

Quant  au  traitement  mercuriel,  je  crois  que  l’inj^ 
d’eau  biiodurée  quotidienne  est  préférable,  car  les  ml 
t'ons  solubles  sont  efficaces  immédiatement.  ^ 

M.  Mortier  répond  qu’il  a  préféré  dans  ce  cas  yt* 
l'huile  grise,  estimant  que  celle  ci  a  plus  d’effic®  ^ 
dans  les  périodes  tertiaires  que  la  solution  aq«® 
biiodurée.  jd- 

M.  Monel.  —  M.  Dubar  fait  allusion  à  un  cas 
matité  consécutif  à  une  injection  d’huile  grise; 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


345 


alors  il  s’agissait  d’une  malade  qui,  en  dehors  de  son 
huile  grise,  et  d’elle-même,  prenait  des  pilules  de  proto- 
iodure  C'est  le  cas  signalé  par  M.  Brocq. 

Il  est  évident  que  l’huile  grise  est  le  sel  qui  prédispose 
le  plus  aux  stomatites  tardives.  Le  calomel  et  les  autres 
sels  insolubles  n’ont  pas  cet  inconvénient.  Mais  ceci 
n’est  pas  suffisant  pour  ne  pas  employer  les  sels  insolu¬ 
bles  ;  il  n’y  a  qu’à  soigner  les  dents  et  le  rein  du  malade. 

Les  injections  insolubles  donneront  dans  les  cas 
graves  des  résultats  bien  supérieurs  aux  sels  solubles, 
et,  en  premier  lieu,  je  citerai  le  calomel  qui,  dans  les 
Sjours,  donne  souvent  des  améliorations  très  notables. 

M.  Buret.  —  Dans  les  accidents  secondo-tertiaires, 
l’iodure  de  potassium  ou  tous  les  ingesta  ne  donnent 
aucun  résultat.  Par  contre, les  injections  insolubles  font 
merveille  ;  l’huile  grise  m'a  donné  des  résultats  remar¬ 
quables.  Avant  la  découverte  de  Scarenzio,  nous  étions 
à  peu  près  désarmés  devant  le  tertiarisme  lorsqu’il  sor¬ 
tait  des  manifestations  classiques, exostoses  ou  gommes, 
et  affectait  des  formes  graves  et  largement  destruc¬ 
tives. 

.M.  C.4STEX.  —  Je  viens  appuyer  ce  que  dit  M.  God- 
lewski,  à  savoir,  qu’on  voit  une  fois  sur  20  des  laryngites 
tuberculeuses  sans  tuberculose  pulmonaire.  Pour  la 
syphilis  laryngée,  le  calomel  est  parfait  :  dans  les  affec¬ 
tions  para- syphilitiques,  les  injections  de  calomel  ne 
donnent  aucun  résultat. 

M.  Dubar.  —  Pour  répondre  à  M.  Godlewski,  je  veux 
répéter  ceci  :  c’est  que  l’eau  biiodurée  agit  plus  vite  que 
l’huile  grise  :  mais  le  biiodure  est  peu  actif,  et  le  calomel 
est  beaucoup  plus  efficace. 

Résultats  du  scrutin.  — M.  le  docteur  Blondin, 
ayant  obtenu  l’unanimité  des  suffrages,  est  proclamé 
membre  titulaire  de  la  Société  de  Médecine  de  Paris. 

Avis.  —  Le  contrôle  des  jetons  de  présence  devenant 
presque  impossible,  leur  suppression  a  été  décidée.  Ils 
seront  remplacés  par  une  feuille  de  présence  contre¬ 
signée  par  le  Trésorier  ;  ce  dernier  remboursera  en 
espèces  tous  les  jetons  actuellement  détenus  par  les 
sociétaires,  lesquels  sont  priés  de  les  apporter  dès  la 
prochaine  réunion. 

La  séance  est  levée  à  6  h.  20. 

Le  secrétaire  général,  Le  secrétaire  de  service, 

F.  Buret.  Mortier. 


SOGIËTI':  D'OBSTÉTRIQUE  DE  PARIS. 

Séance  du  11  mai  19üG. 

Infection  buccale  et  éruption  dentaire  précoce  chez 
le  nouveau-né. 

Mm.  Bonn.aire  et  Jicannin.  —  Un  enfant  de  1950  grammes 
naît  à  7  mois  et  demi  d’une  mère  atteinte  d’accidents  syphi- 
hques  ;  le  5°  jour,  on  constate  une  légère  altération  au  ni- 
^aude  la  moitié  gauche  du  maxillaire  inférieur  ;  cette  ulcé- 
tiop  gagna  rapidement  en  étendue  et  en  profondeur;  il 
n  résultat  l'ouverture  de  trois  alvéoles  dentaires  ;  les  dents 
^ J^f^Pondantes  devinrent  donc  apparentes,  et  purent  être 
nefi^  *  Pnnle  doigt  promené  le  long  du  maxillaire,  mais  elle 
le  pas  sailliehors  de  leurs  alvéoles.  L’enfant  sucomba 
neuvième  jour,  après  avoir  présenté  des  signes  de  septi- 
généralisée.  • 

py.,  présente  nn  grand  intérêt  au  point  de  vue  de  la  corn¬ 
et  H  des  rapports  génériipies  des  infections  buccales 

eas  ^  ®*'’^Pfions  dentaires  précoces.  En  dehors,  en  effet,  des 
jg  la  depuis  longtemps,  dans  lesquels  on  observe, lors 
1  ou  2  dents,  sans  qu'il  en  résulte  le  moindre 
denta  ^  °n  peut  classer  en  deux  séries  les  faits  d'éruption 
®®rtie*îf  P''®‘^oce  avec  accidents  infectieux  :  1"  les  cas  où  la 
aiaji  l’accident  initial  ;  à  la  faveur  de  la  lésion 

développe  secondairement  une  stomatite 
®°tnèn  dans  lesquelles  la  stomatite  est  le  phé- 

qugQ  ®  P*’imitif,  la  sortie  des  dents  n’en  étant  (jue  la  consé- 
■  ~  La  pièce  anatomique  qui  fait  l'objet  de  cette  com¬ 


munication  fournit  une  démonstration  évidente  de  l’exis¬ 
tence  de  cette  dernière  variété  de  faits  ;  à  proprement  parler 
il  n’y  a  pas  eu  éruption, mais  exactement  mise  à  nu  précoce 
des  follicules  dentaires. 

Hémiparalysie  de  la  langue  chez  un  nouveau-né. 

M.\I.  Demei.in  et  Jeannin.  —  Il  s’agit  d’un  enfant  qui 
s’était  présenté  en  O.  I.  D.  P.  et,  qui  fut  extrait  par  une 
application  de  forceps  très  pénible.  L’instrument  employé 
avait  été  le  forceps  Demelin,  n"  6.  La  prise  se  trouva  pres¬ 
que  directement  occipito  frontale.  Dès  les  premières  heures, 
le  nouveau-né  présenta  une  déformation  très  particulière 
de  la  langue  :  cet  organe  apparaît,  lorsque  l’enfant  crie, 
comme  irrégulier  et  asymétrique  ;  toute  la  partie  droite  est 
mince  et  affaissée  par  rapport  à  la  partie  gauche  ;  sa  mo¬ 
bilité  semble  disparus  ;  la  pointe  de  la  langue  se  dévie  du 
côté  d  roit.  L’enfant  ne  réussissait  pas  à  téter,  car  à  peine 
avait-il  pris  le  sein  qu’il  rejetait  le  lait  par  la  bouche  et 
par  le  nez.  Chaque  repas  était  suivi  de  menace  d’asphyxie. 
Cet  état  local  ne  tarda  pas  à  s’accompagner  de  troubles  de 
l’état  général  :  chute  de  la  courbe  de  poids,  diarrhée,  mu¬ 
guet,  etc.  Enfin  on  fut  obligé  de  gaver  le  nourrisson.  Vers 
la  tindela  2®  semaine,  l’enfant  commença  à  s’alimenter  plus 
aisément  ;  les  progrès  furent  rapides,  et  ce  nourrisson  put 
quitter  la  Clinique  Tarnier  le  dix-neuvième  jour,  définitive¬ 
ment  guéri. 

Il  s’agit, dans  ce  cas, d’une  hémiparalysie  delà  langue  consé 
cutive.à  une  application  de  forceps. Cette  lésion  est  extrême¬ 
ment  rare,  car  nous  n’en  avons  pas  trouvé  d’autres  exemples 
dans  la  littérature  médicale. La  pathogénèse  en  est  assez  parti¬ 
culière  :  le  nerf  lésé  est  l’hypoglosse, et  le  traumatisme  porte 
siir  sa  portion  initiale  ou  portion  descendante.  Mais,  dans  ce 
trajet,  l’hypoglosse, très  bien  protégé  par  les  muscles  delanu- 
que,  de  la  graisse,  et  l’apophyse  Iransverse  de  l’atlas,  se  sous¬ 
trait  à  tout  traumatisme  direct.  Par  contre,  le  bec  de  la  cuil¬ 
ler  postérieure  du  forceps,  en  prenant  point  d’appui  dans  le 
sillon  sous-jacent  à  la  portion  bacillaire  de  l’occipital,  a  re¬ 
poussé  l’atlas  en  avant  ;  dans  ce  mouvement  d’antepulsion. 
cette  vertèbre  a  tiraillé,  de  son  apophyse  transverse,  l’hypo 
glosse.ll  s'agit  donclà  d’une  paralysie  par  élongation  du  nerf, 
élongation  que  favorise  le  voisinage  très  proche  du  trou  con- 
dylien  antérieur,point  d’émergence  de  l’hypoglosse.  Cet  acci¬ 
dent  présente  un  gros  intérêt  clinique,  en  raison  du  pronos¬ 
tic  très  réservé  que  comporte  une  paralysie  linguale  chez  le 
nouveau-né. 

Sur  un  forceps  rotateur  permettant  la  prise  directe  de  la  tête 
dans  toutes  les  positions. 

M.Yi.akos  présente  un  forceps  dont  l’une  des  branches,  bri¬ 
sée  en  plusieurs  pièces,  peut  être  glissée  derrière  la  symphy¬ 
se  pubienne,  ce  qu’on  ne  peut  pas  faire  avec  une  cuiller  rigide. 
\  lakos  introduit  la  première  cette  cuiller  antérieure. 

U  extrait  capsulaire  dans  la  thérapeutique  des  hémorragies  du 
nouveau-né. 

M.  P.  Lequeux.^  Devant  l'insuffisance  des  méthodes  théra¬ 
peutiques  en  cours,  devant  les  inconvénients  que  comporte 
l’emploi  de  la  gélatine,  en  présence  surtout  des  dangers  im¬ 
médiats  qui  menace  la  vie  de  l’enfant  soumis  à  une  septicé¬ 
mie  hémorragique,  on  est  en  droit  d’avoir  recours  à  la  médi¬ 
cation  capsulaire.  Nuldoute.en  effet, qu’il  existe  une  relation 
de  cause  à  effet  entre  le  développement  considérable  du  tissu 
chromaffine  chez  le  nouveau-né  et  la  constance  de  sa  réaction 
hémorragique  aux  grandes  infections  ;  l’insuffisance  fonction¬ 
nelle  de  celui-là  étant  probablement  la  raison  d'être  de 
celle-ci. 

Mais  les  extraits  capsulaires  doivent  être  administrés  à  do¬ 
ses  rapprochées,  l’individu  se  vaccinant  en  quelque  sorte 
contre  l’influence  du  médicament  ;  deux  observations  rap 
portées  en  font  foi,  la  suppression  du  traitement  s'accompa¬ 
gne  du  retour  des  accidents;  d’autre  part,  l'individu  supporte 
mal  l'absorption  de  l’adrénaline  par  voie  digestive  et  son  ef¬ 
fet  par  ingestion  buccale  est  très  inférieure  à  celui  qu’on  ob¬ 
tient  par  injection  dans  la  circulation  ou  sous  la  peau. 

Pour  ces  diverses  raisons,  M.  Lequeuxa  eu  recours  aux  ex¬ 
traits  capsulaires  injectables  ;Carrion,HallionLqui  permettent 


346 


LE  PROGRÈS  MEDICAI. 


radministration  à  intervalles  rapprochés,  suppriment  l'incon¬ 
vénient  de  l’absorption  digestive  et  qui, agissant  de  façon  plus 
intense.déterminent  une  réaction  plus  siire  de  l’ensemble  de 
l'économie.  11  rapporte  trois  observations  couronnées  de  suc¬ 
cès  et  conseille  l'emploi  de  l’extrait  capsulaire  à  la  dose  de 
1  c.  iif*  dans  la  fesse,  matin  et  soir,  et  même  plus  souvent  si  besoin 
est,  on  supprime  de  cette  façon  la  période  vaso-dilatatrice 
succédant  à  la  vaso-constriction  initiale,  et  cela  tant  que  les 
dangers  de  l’hémorragie  sont  à  redouter. 

Passage  du  chloroforme  de  la  mère  nu  fœtus. 

M.  Nicloux.  — La  quantité  de  chloroforme  contenue  dans 
le  foie  du  fœtus  est  généralement  supérieure  à  celle  qui  se 
fixe  dans  le  foie  de  la  mère.  Gela  tient  vraisemblablement  à 
la  teneur  plus  grande  de  graisse  ou  de  lécithine  du  foie  fœ¬ 
tal,  car  il  y  a  parallélisme  entre  la  quantité  de  graisse  et  de 
lécithine  d’un  tissu  et  la  façon  dont  ce  tissu  fixe  le  chloro¬ 
forme. 

Passage  du  chloroforme  dans  le  lail. 

M.  Nici.ocx.  —  La  quantité  de  chloroforme  qui  passe  dans 
le  lait  est  très  supérieure  à  celle  qui  passe  dans  le  sang  ;  ce 
qui  confirme  cette  règle,  énoncée  plus  haut,  du  parallélisme 
entre  la  teneur  d’un  tissu  ou  liquide  en  graisse  et  son  affi¬ 
nité  pour  le  chloroforme. 


SOCIÉTÉ  DE  MÉDECirsB  PL  BLIQl  E  ET  DE  GÉME 
SAMTAIRE. 

Séance  du  23  mai  1906,  présidée  par  M.  Bonnikr,  i 

Rapport  de  la  morbidité  militaire  avec  l'habitation  du  soldat. 

M.  Lemoine  fait  part  à  la  Société  du  résultat  des  études 
qu’il  a  faites  sur  la  morbidité  des  casernes  prises  sur  toute  la 
surface  de  la  France  :  dans  une  période  de  5  ans,  de  1900  à 
1904.  Dans  les  vieux  casernements,  la  mortalité  générale  est 
plus  forte  que  dans  les  nouveaux  ;  mais  la  mortalité  due  à 
certaines  affections  y  est,  au  contraire,  plus  faible:  telles  sont 
la  rougeole,  la  pleurésie  et  la  grippe.  Pour  la  rougeole,  cela 
tient  à  ce  que  l’agglomération  des  soldats  est  moins  forte  dans 
les  vieilles  casernes  que  dans  les  neuves  ;  et,  pour  la  pleuré¬ 
sie  et  la  grippe,  à  ce  que  les  murs  des  premières  sont  plus 
épais  que  ceux  des  deuxièmes,  et  que  par  suite,  les  variations 
de  températjare  y  sont  moins  brusques.  11  ne  faut  donc  pas 
condamner  a  priori  les  vieilles  casernes  qu'onpeut, d’ailleurs, 
améliorer  de  diverses  façons,  ne  fût-ce,  parexemple,  qu'en  y 
supprimant  les  réfectoires  qu’on  affecterait  au  logement  du 
soldat,  qui  aurait  ainsi  un  plus  grand  cube  d’air.  La  densité 
de  la  population  casernée  ne  semble  pas  avoir  d’effet  sensi¬ 
ble  sur  la  morbidité,  laquelle  ne  serait  affectée  que  par  la  den¬ 
sité  des  groupements  existant  dans  la  caserne.  Un  résultat 
positif,  c'est  que  la  morbidité  par  les  fièvres  éruptives  est  en 
relation  directe  avec  le  nombre  d’habitants  des  villes  où 
sont  construits  les  casernements  :  plus  ce  nombre  est  grand, 
plus  il  y  a  de  cas  de  fièvres  éruptives.  Ce  qui  paraît  certain 
aussi,  c’est  que  la  morbidité  militaire  est  fonction  delà  santé 
publique  de  la  ville  ;  et  ce  ne  sont  pas  les  soldats  qui  trans¬ 
mettent  les  épidémies  aux  civils,  mais  bien  ceux-ci  qui  les 
transmettent  à  ceux-là.  L’influence  du  milieu  urbain  est  con¬ 
sidérable  sur  la  santé  des  encasernés.  Il  faudrait  donc,  pour 
rétablissement  des  casernes,  choisir  autant  que  possible  les 
villes  de  15  à  20.000  habitants,  et  grouper  ensemble  le  moins 
d’effectifs  possible. 

Il  faudrait  aussi  tenir  compte  du  climat  de  la  région.  Pour 
laisser  plus  de  place  aux  soldats,  on  devrait  loger  dans  des 
bâtiments  légers,  hors  de  la  caserne  proprement  dite,  les  di¬ 
vers  bureaux  de  l’Administration. 

Un  membre  de  la  Société  regrette  que  M.  Lemoine  n'ait  pas 
fait  entrer  dans  les  causes  de  morbidité  militaire  la  qua¬ 
lité  de  l’eau  qu’on  leur  donne.  C’est,  à  son  avis,  un  élément 
nullement  négligeable  dans  l’étiologie  des  maladies  du  sol¬ 
dat.  La  Société  remet  à  une  séance  ultérieure  la  discussion  de 
la  communication  de  M.  Lemoine. 


Les  trémies  au  point  de  vue  de  l'hygiène  des  constructions’ 
parisiennes. 

M.  Lac.\u  préconise  l’emploi  des  trémies  horizontales  ou  in¬ 
clinées  pour  éclairer  et  aérer  les  cabinets  d’aisance,  dans  le 
cas  où  l'on  dispose  de  peu  de  place  et  aussi  dans  le  cas  où  l'on 
veut  faire  une  construction  économique.  U  assure  que,  bien 
construites. les  trémies  sont  parfaitement  hygiéniques  et  don¬ 
nent  un  éclairage  suffisant. 

M.  Bonnier  objecte  que  la  Société  n'a  pas  à  s’occuper  de 
constructions  à  bon  marché,  mais  bien  seulement  d’hy¬ 
giène.  Il  est  évident  pour  lui  que  les  trémies  les  mieux  cons¬ 
truites  ne  Vaudront  jamais  un  éclairage  et  une  aération 
directs  ;  il  ne  faut  donc  pas  les  recommander  au  point  de 
vue  hygiénique. 

M.  Tréuat  est  de  l’avis  de  M.  Bonnier  :  il  faut,  avant  tout, 
faire  des  maisons  hygiéniques,  si  l’éclairage  et  l’aération  di¬ 
rects  coûtent  plus  cher,  le  propriétaire  élèvera  le  prix  de  ses 
logements,  et  ce  sera  tout. 

A.  Pljol. 

SOCIÉTÉ  lATEBNATIONALÉ  DE  LA  TUBERCULOSE. 

Séance  du  8  mai  1906. —  Présidence  de  M.  Lancereaux. 

M.  le  D'' Tabakian  (de  Cou  hé)  pré -ente  sa  méthode  de  la 
sérothérapie  antituberculeuse,  par  la  voix  sanguine,  dans  le 
traitement  de  la  tuberculose  humaine.  L’auteur  expose  et  cri¬ 
tique  les  différentes  méthodes  employées,  et  rapporte,  à  l’ap¬ 
pui  de  sa  théorie  tout  un  travail  basé  sur  un  grand  nombre 
d’observations,  et  de  succès.  M.  Tabakian  se  sert  de  corps  ba¬ 
cillaires  dans  la  glycérine  ;  avec  3  cc.,  il  tue  un  lapin  de  3  kil. 
en  3  heures  ;  l’animal  meurt  avec  hématurie.  Chaiiue  malade 
reçoit  un  demi- centimètre  cube  de  sérum,  et  les  injections 
sont  continuées  toutes  les  semaines. 

M.  le  !)'■  Georges  Petit  (de  Paris)  communique  les  résultats 
qu’il  a  obtenus  de  l'emploi  du  sérum  antituberculeux  deMar- 
moreck,  au  dispensaire  antituberculeux  du  AI'  arrond.Sur  28 
malades,  17  ont  nettement  bénéficié  de  ce  traitement  ;5rfont 
plus  de  bacilles  dans  les  crachats,  les  1 1  autres  malades  peu¬ 
vent  se  subdiviser  comme  suit  :  5  étaient  cachectiques  et  sont 
morts  sans  avoir  reçu  un  nombre  suffisant  d’injections  de  sé¬ 
rum  ;  2  autres  ont  eu  des  complications  extra-tuberculeuses 

et  3  sont  restés  réfractaires  au  traitement.  Tous  ces  malades 
étaient  arrivés  à  la  troisième  période. 

Le  D''  G.  Petit  a  employé  la  voie  rectale  et  n’a  jamais  observé 
aucune  réaction  fébrile  ni  aucune  contre-indication.  Suivant 
lui  :  le  premier  symptôme  d’amélioration  est  l’atténuation  de 
la  dyspepsie  qui  se  produit  après  la  5'  injection. Puis  viennent 
la  diminution  du  nombre  des  crachats  et  la  disparition  des 
bacilles.  Les  signes  stéthoscopiques  d’amélioration  locale  ap^ 
paraissent  avant  ceux  de  l’amélioration  générale. 

Les  D"  BeRNHEiM  et  Roblot  font  savoir  qu’ils  poursuivent 

des  recherches  sur  le  même  traitement. 


SOCIÉTÉ  POUR  LA  PROPAGATION  DE  L’INCUNÉR.VflON 

25™“  ASSEMBI.ÉE  GÉNÉRALE. 

Samedi  19  mai,  a  eu  lieu,  à  l'Hôtel  des  Sociétés  savantes, 
l’Assemblée  générale  de  la  Société  pour  la  propagation  de  f*"' 

cinération.  Nous  avons  remarqué  avec  plaisir,  cette  annM,nnc 

affluence  plus  considérable,  où  l’élément  féminin  était  laf' 
gement  représenté. 

Au  bureau  prennent  place  :  MM.  Bonrneville,  président 
Brülh,  Paul  Cornet,  Mesnard  et  Georges  Salomon,  secrétai*® 
général,  qui  ouvre  la  séance  en  signalant  l’état  de  la  crém*' 
tion  en  France  où  fonctionneront  avant  peu  cinq  monuBi®>^  ^ 
crématoires,  à  Paris,  Rouen,  Reims,  Marseille  et  Dijon, 
permettront  aux  populatio.is  de  cinq  départements  de 
courir  à  l’incinération  sans  subir  des  frais  de  transport  tw 
onéreux.  .A  Nice  une  Société,  après  avoir  obtenu  une 
sion  du  Conseil  municipal,  essaye  en  ce  moment  de  réu^ 
les  fonds  pour  construire  un  crématoire.  A  Nîmes,  lep^®^ 
municipal  a  émis  un  vote  favorable.  Dans  plusieurs  vill®®’ 
crémation  est  l’objet  d’études  sérieuses.  ^ 

Nos  colonies  voient  également  la  crémation  progresse*-- 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


347 


Hanoï,  rété  dernier,  le  Conseil  Municipal  a  adopté  en  prin¬ 
cipe  là  construction  d'un  monument.  Au  Cambodge,  le  roi 
vi^t  d'être  incinéré  en  grande  pompe. 

\  l’étranger.  l’Allemagne  compte  le  plus  grand  nombre 
d'adeptes  et  possède  actuellement  onze  monuments  situés 
J  Gotha,  Hambourg,  lena,  Mayence,  Offenbach,  Karlsruhe, 
Eisenach,  Heiibronn  et  Ulm.  Le  Crématoire  de  Heilbronn  a 
été  inauguré  en  lUO.i,  celiji  d’Ulm  en  janvier  190ti.  A  Gotha, 
un  second  appareil  I système  Schneider)  fonctionne  depuis 
l’an  dernier.  Jusqu’à  la  fin  de  l’Jüo,  on  compte  en  Allemagne 
10,037  incinérations,  dont  l.TliS  pour  la  dernière  année.  Des 
monuments  sont  en  cours  de  construction  ou  projetés  a 
Brème,  Stutggart,  Chemnitz.  Leipzig,  llagen,  Darmstadt  et 
Koburg.  Le  royaume  et  le  duché  de  Saxe.-Meningen  viennent 
de  se  voir  autoriser  l’emploi  de  l’incinération.  La  Bavière  et  la 
Prusse  sont  encore  frappées  d’interdit.  Berlin  possède  ce¬ 
pendant  une  société  puissante  comptant  3,065  membres. 
donirorgane.üîcF/flmme.tire  àplus  de  dix  mille  exemplaires. 

Le  Grande-Bretagne  possède  13  monuments  ouverts  de  1885 
a  fin  1005  :  à  AVoking.  Manchester,  Liverpool,  Glasgow,  Ilull, 
Golders- Green,  Darlington,  Leicester,  Birmingham,  Leeds, 
llford,  Bradford  et  Sheffield.  Pendant  ces  vingt  dernières 
années, le  nombre  des  incinérations  dans  la  Grande-Bretagne 
a  été  de  5.020  dont  6'J4  en  1005.  En  1004,  Herbert  Spencer 
Int  incinéré  ;  l’an  dernier,  le  célèbre  acteur  Irving. 

En  Suisse,  dans  le  cours  de  1004,  il  avait  été  effectué  376 
incinérations  ;  en  1005,  ce  chiffre  monte  à  486.  La  Flamme 
est  le  journal  du  Groupe  solidaire  de  l'Incinération  à  Genève. 
société  qui  a  pour  but  de  participer  dans  une  proportion 
déterminée  aux  frais  d’incinération  de  ses  membres. 

L'Italie  possède  30  monuments:  Milan,  Brème,  Lodi,  Rome, 
Crémone,  Brescia,  Padoue,  Udine,  N'arese,  Spezia,  Aovare, 
Florence,  Livourne,  Asti,  Pise,  Alexandrie,  Corne,  Turin, 
-Mantoue,  San-Remo,  Verone,  Bologne,  Modane,  Venise,  Spo- 
leto,  Perouse,  Sienne,  Bras,  Ferrare.  Lucques,  Gènes  et  Ber- 
game.  En  1904,  305  incinérations  avaient  été  effectuées  en  Ita¬ 
lie.  En  1005,  dans  10  villes,  on  a  compté  122  incinérations,  à 
Milan,  38  à  Bologne,  36  à  Turin,  33  à  Florence,  26  à  Gênes. 

En  Danemark,  pour  le  monument  de  Copenhague,  on 
compte  47  incinérations  en  1904  et  73  en  1905.  En  Suède,  on 
s’occupe  àStockolm  de  constituer  une  Société  contre  les  inhu¬ 
mations  précipitées. 

Les  Etats-Unis  possèdent  un  certain  nombre  de  monuments 
crématoires  où  il  s'est  opéré  plus  de  3000  incinérations.  Au 
Canada,  à  la  République  Argentine^,  on  pratique  de  plus  en 
plus  l’incinération. 

En  Asie,  à  Calcutta  et  ailleurs,  les  crématoires  sont  pour- 
des  appareils  Toisoul  et  Fradet.  .M.  Salomon  signale  le 
fflonument  de  Sidney,  en  Océanie,  et  montre  que  grâce  à  une 
üclive  propagande,  on  brûle  actuellement  les  corps  dans  le 
monde  entier. 

.  M.  Bourneville  parle  ensuite  de  la  crémation  à  Paris.  Les 
mcinérations  au  crématoire  du  Père-Lachaise  ont  été  en  1905 
sur  la  demande  des  familles,  2549  provenant  des  am¬ 
phithéâtres  et  de  nombreuses  incinérations  d'embryons. 

Depuis  le  début,  5  août  1889,  jusqu’au  31  décembre  1905, 
CS  mcinérations  demandées  par  les  familles  ont  été  de  3.825  ; 
^Ues  des  débris  d'hôpitaux  de  :19.631  et  celles  des  embryons 

‘*«  36.583.  Total  80.046. 

^  Le  nombre  des  demandes  d’incinérations  par  les  familles  est 
près  le  même  ;  la  cause  en  est  au  peu  d'empressement 
bureaux  de  mairies  à  fournir  les  renseignements 
lg^®?lrcs  aux  familles  et.surtout  àl’absence  de  confort  pour 
-  assistants.  Inachèvement  de  la  grande  salle  du  crématoire 
mi,  est  promise  pour  le  mois  d'octobre,  fera  disparaître  cet 
‘"«onvénient. 

les  a  iucinérations  ont  continué  à  être  opérées  avec 

bl  PP®*'cils  Fradet-Toisoul  et  la  durée  en  a  été  considéra- 
*'cduite.  Sauf  dans  40  cas,  elle  a  été  inférieure  à  une 
de  le  rapport  du  sexe  et  de  l’âge,  les  incinérations 

mes  r  *®®  familles  ont  été  de  245  hommes  et  96  fem- 

nm'ç  Minimum  de  durée  de  l’incinération  a  été  de  39  mi- 
72’ de  .30°'*-  enfants  de  0  à  9  ans  ;  de  49'  de  10  à  29  ans  ; 
hciné  ■  *  ’  66  de  60  ans  et  au-dessus.  Parmi  ces  corps 

''cs,  282  proviennent  de  Paris,  35  des  différentes  com¬ 


munes  de  la  Seine,  les  autres  d’une  quinzaine  de  départe¬ 
ments. 

M.  Bourneville  signale  la  propagande  active  faite  en  faveur 
de  l’incinération  par  MM.  le  D'-  Paul  Cornet  etMesnard  qui 
ont  fait  un  grand  nombre  de  conférences,  tant  dans  les  hôpi¬ 
taux  de  Paris  qu’en  province.  L’orateur  rappelle  la  tendance 
plus  marquée  de  la  presse  politique  à  s’occuper  de  cette  im¬ 
portante  question.  H  parle  ensuite  de  la  séance  de  la  Chambre 
des  Députés,  où,  sur  l’amendement  de  M.  Blatin  soutenu  par 
M.  Frédéric  Passy,  la  crémation  facultative  a  été  votée.  M. 
Bourneville,  s’appuyantsur  un  vote  du  Congrès  international 
d’hygiène  de  1880,  sur  la  Société  de  crémation  organisée  en 
1880,fit  une  active  propagande  en  faveur  de  l’incinération  et 
lit  adopter  parle  Conseil  municipal  un  vœu  pour  la  créma¬ 
tion  des  corps  des  amphithéâtres  d’anatomie  ;  depuis  il  n’a 
cessé  de  combattre  en  faveur  de  cette  grande  cause  de  l’hy¬ 
giène.  Il  termine  en  faisant  appel  à  tous  et  surtout  aux  da¬ 
mes,  venues  aujourd’hui  très  nombreuses,  pour  continuer 
une  active  propagande  et  amener  chaque  jour  de  nouveaux 
adhérents  à  la  Société.  Il  réclame  aussi  des  conférenciers  de 
bonne  volonté. 

M.  Mesnard  rend  compte  des  incinérations  effectuées  par 
les  soins  et  aux  frais  de  la  Société,  et  le  secrétaire  général, 
M.  Salomon,  termine  par  le  compte  rendu  de  la  situation 
financière  qui  est  des  plus  florissantes.  Près  de  50.000  francs 
en  caisse  ;  des  legs  nombreux  et  importants  à  recouvrer,  no¬ 
tamment  .50.000  fr.  de  Mlle  Chaufton  (d’Orléans),  somme  qui 
peut  permettre  à  la  Société  de  s’affirmer  de  plus  en  plus  en 
propageant  cette  grande  leçon  d’hygiène  publique,  malgré 
les  préjugés,  à  savoir  que  les  morts  ne  doivent  pas  être  une 
cause  de  destruction  ou  d’affaiblissement  des  vies  ae  tous  les 
citoyens. 

.  Après  de  fort  intéressantes  communications  et  observations 
faites  par  les  membres  de  la  Société,  les  vœux  suivants  ont 
été  adoptés  : 

Ici-  Vœu. —  Lo  Société  pour  la  Pi-opafiation  de  l’incinéi-ation , 
réunie  en  assemblée  générale,  rappelle  au  Conseil  municipal 
de  Paris  ses  délibérations  des  26  juin  1889  et  2  avril  1893  par 
lesquelles  il  invitait  l’Administration  à  lui  soumettre  à  bref 
délai  un  projet  de  monument  crématoire  avec  columbarium 
pour  lecimetiere  du  Sud  {Slontpar nasse)  et  émet,  à  nouveau,  le 
v(eu  qu’il  vole  les  fonds  nécessaires  à  leur  construction. 

2'  Aœu.  —  La  Société,  vu  la  délibération  du  Conseil  Muni- 
,  cipal  de  Paris  de  janvier  1893,  intervenue  sur  la  proposition 
de  M.  Louis  Lucipia.  émet  le  vœu  :  qu’il  soit  institué  des  con¬ 
cessions  perpétuelles  de  cases  dans  le  columbarium  municipal. 

L'assemblée  émet  ensuite  le  vœu  que  des  registres  soient 
mis  dans  les  mairies  à  la  disposition  des  citoyens  pour  y 
consigner  leurs  volontés  relativement  à  leur  sépulture,  pour 
que  la  taxe  d’incinération  des  corps  amenés  du  département 
delà  Seine  soit  abaissée  de  100  fr.,  à  50  fr.  L’assemblée  charge 
le  comité  d’agir  auprès  de  l’Administration  pour  que,  grâce 
à  une  surveillance  plus  active  exercée  au  columbarium  du 
Père  Lachaise.  les  familles  ne  soient  pas  empêchées  par  les 
promeneurs  de  se  recueillir  devant  les  cases  contenant  les 
urnes.  ' 

'  PuisM.  Bourneville  a  fait  procéder  au  renouvellement  des 
I  membres  sortants  du  Comité.  Sont  élus:  M4I.  Bourneville, 

I  président;  Cornet,  Flammarion,  Grebeauval.  Charles  Lefeb- 
]  vre,  H.  Ramier,  et  A.-J.  Martin.  A.  Rousselet. 

I  LA  VALÉROBROMINE  LEGRAND 

I  est  plus  active  que  les  bromures  et  les  valé- 
rianates. 


Société  médico-psychologique.  —  Cette  Sooiété  a  ouvert 
une  souscription,  qui  sera  <  lose  le  10  juin  prochain,  pour  ofirir 
à  .M.  le  D'-  Ritti,  secrétaire  général  depuis  vingt  ans,  un  souve¬ 
nir  à  l’occasion  de  sa  nomination  dans  l’ordre  national  de  la 
Légion  dlionncur.  Ce  souvenir  lui  sera  remis  au  cours  du  ban¬ 
quet  qui  aura  lieu,  à  l’issue  de  la  séance  solennelle,  le  lundi  25 
juin.  La  cotisation  est  fixée  à  10  francs.  —  Adressér  les  souscrip¬ 
tions  à  M.  le  D'Cli.  Vallon,  15,  rue  Soufflot. 


348 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


VARIA 


Les  Bureaux  et  les  réformes  de  l’enseignement  mé¬ 
dical. 

.M.  le  Ministre  de  l'Instruction  publique,  M.  Briand,  avait 
naguère  fait  le  meilleur  accueil  à  une  délégation  de  l'Union 
des  Syndicats  médicaux  de  France  qui  venait  demander  la 
création  d’une  commission  mixte  de  membres  du  corps  en¬ 
seignant  et  de  délégués  des  syndicats  pour  étudier  les  réfor¬ 
mes  pratiques  à  introduire  dans  l’enseignement  de  la  méde¬ 
cine  ;  M.  Briand  avait  promis  de  faire  étudier  cette  proposi¬ 
tion,  qui  lui  paraissait,  a-t-il  ajouté,  ,  tout  à  fait  légitime.  Or 
nous  avons  appris  que  les  bureaux  du  ministère  sont  tout 
disposés  à  créer  une  commission  mais,  qu'avec  l'esprit  d’hos¬ 
tilité  ouverte  que  témoignent  la  plupart  des  administrations 
aux  syndicats  de  tous  genres,  ces  empêcheurs  de  danser  en 
rond,  les  dits  bureaux  ne  veulent  pas  admettre  de  représen¬ 
tants  de  syndicats  médicaux  dans  cette  commission  ;  tout  au 
plus  accepteraient-ils  une  consultation. dont,  évidemment,  on 
ne  tiendrait  nul  compte. 

Nous  espérons  que  ce  bruit  ne  tardera  pas  à  être  démenti. 

J .  N. 

Hommage  au  □'  Brouardel. 

A  la  suitedeladémissionde  M.Brouardel  comme  profes¬ 
seur  de  médecine  légale  à  la  Faculté  de  médecine  de  Paris, 
l’Association  des  Médecins  Légistes  de  l’Université  de  Paris, 
dans  sa  séance  du  18  mai  l!IO(j,a  décidé,  avec  la  collaboration 
des  professeurs  de  l'Institut  de  Médecine  Légale  et  Psychia¬ 
trie,  d’ouvrir  une  souscription  à  latiuelle  pourront  prendre 
part  les  médecins  légistes  et  les  médecins  experts  de  France 
et  de  l’étranger  et  tous  ceux  qui  s’occupent  de  médecine  lér 
gale.  Cette  souscription  est  destinée  à  offrir  un  souvenir  au 
Maître  delà  Médecine  Légale  Française  sous  la  forme  d’une 
médaille  rappelant  ses  traits  et  d'un  album  relatant  les  noms 
des  souscripteurs.  Le  montant  de  la  cotisation  est  laissée  à 
l’initiative  de  chacun  et  devra  être  adressé  avant  le  30  juin  à 
M.  le  Dr  Logez-Duc,  secrétaire  de  la  souscription.  S!,  rue  de 
Maubeuge  àParis  (X'' Arr.l.  èe  président,  Dr  Pierreson;  Le  sc- 
crviaire  Général,  Dr  E.  Dabout.  — Les  noms  des  membres  du 
Comité  d’organisation  seront  publiés  dans  le  prochain  nu¬ 
méro  du  Journal.  La  Revue  de  Médecine  Légale,  organe  of¬ 
ficiel  de  l’Association, publiera  les  noms  des  souscripteurs. 

Banqueter!  l’honneur  du  D'  Bérillon. 

L'Ecole  de  Psychologie,  d’accord  avec  la  Société  d'hypno- 
logie  et  psychologie,  la  Société  de  pathologie  comparée  et  le 
Syndicat  de  La  presse  scientifique,  a  résolu  d'offrir  au  D"'  Bé¬ 
rillon,  inspecteur  des  asiles  d'aliénés,  professeur  à  l’Ecole 
de  Psychologie,  secrétaire  général  delà  Société  d’hypnologie 
et  de  psychologie,  ancien  président  de  la  Société  de  patholo-  I 
gie  comparée,  directeur  de  la  Revue  de  l’Hypnotisme,  etc.,  un 
banquet  amical,  à  l'occasion  de  sa  nomination  dans  la  Légion 
d’honneur.  Cette  fête  confraternelle  aura  lieu  le  mardi  l'J 
juin  1906,  à  sept  heureset demie,  au  palais  d'Orsay,  sous  la  pré- 
sidencede  M.  Bienvenu -M.xrtin,  sénateur,  ancien  ministre  de 
l’instruction  publique,  et  le  patronage  de  MM.  Berthei.oi, 
ancien  ministre, secrétaire  perpétuel  de  l’académie  des- scien¬ 
ces  :  .Albert  Robin,  professeur  à  la  Faculté  de  médecine  ;  Hu- 
cHARD,  membre  de  l’Académie  de  médecine  ;  Edmond  Per- 
RiER,  directeur  du  Muséum  ;  Giard,  professeur  à  la  Sor¬ 
bonne.  Le  prix  du  banquet  est  de  15  francs, sur  lequel  on  pré¬ 
lèvera  la  somme  nécessaireà  l’acquisition  d'un  souvenir,  l.es 
confrères,  les  élèves  et  les  amis  du  Dr  Bérillon  sont  invités  à 
adresser  leur  adhésion,  avant  le  15  juin,  au  Paul  Farez,  154, 
boulevard  Hausmann,  ou  leur  souscription  po  ur  le  souve- 

Les  dossiers  de  scolarité  des  Étudiants  en  Médecine 

M.  Aristide  Briand,  ministre  de  l'instruction  publique, 
vient  d’adresser  aux  recteurs  la  circulaire  suivante  : 

Aux  termes  de  la  circulaire  du  24  janvier  1896,  relative  au 
transfert  des  dossiers  des  étudiants  en  médecine  au  cours  de  l’an¬ 
née  scolaire  «  les  demandes  de  transfert  présentées  en  vue  d’une 


nouvelle  année  scolaire  doivent  être  produites  assez  à  temps  ponj 
que  le  transfert  des  dossiers  des  étudiants  puisse  avoir  lieu  avant 
le  15  octobre  ». 

Ces  instructions  visaient  spécialement  la  Faculté  de  médecine 
de  Paris  et  avaient  pour  but  de  la  mettre  en  mesure  de  satisfaire 
aux  prescriptions  du  décret  du  20 novembre  1893, réglant  les  con¬ 
tions  de  stage  dans  les  hôpitaux  et  cliniques  annexes  de  Paris 
décret  dont  l’article  7  fixait  au  1®''  décembre  l’entrée  des  élèves 
dans  les  services  hospitaliers. 

Or,  le  décret  du  6  avril  1906  porte  modification  de  certaines  dis¬ 
positions  du  décret  du  20  novembre  1893.  Il  stipule  notamment 
que  l’enseignement  dans  les  services  hospitaliers  durera,  non 
plus  du  pr  décembre  au  15  juin,  mais  du  novembre  au  30 
juin. 

En  raison  de  ces  prescriptions  nouvelles,il  m'a  paru  nécessaire 
devancer  la  limite  du  transfert,  à  la  Faculté  de  médecine  de  Pa¬ 
ris  des  dossiers  des  élèves  en  cours  de  scolarité  appartenant  aux 
Facultés  ou  écoles  de  médecine  des  départements.  J’ai  décidé  de 
fixer  cette  limite  au  15  septembre. 

Je  vous  prie  de  vouloir  bien  transmettre  ces  instructions  à  MM. 
les  doyens  ou  directeurs  d’écoles  de  votre  ressort  académique  en 
les  invitant  à  s'y  conformer  strictement.  Aristide  Briand. 

La  catastrophe  de  Courrières. 

M.  le  professeur  Gréhant,  membre  de  r.Vcadémie  de  Méde-, 
cine,  vient  de  faire  à  la  Société  Françaiseisd’ Hygiène  une  très 
intéressante  communication  sur  les  accidents  auxquels  sont 
exposés  les  ouvriers  mineurs,  et  notamment  sur  les  causes 
probables  de  la  catastrophe  de  Courrières.  A  la  suite  de  cette 
communication,  la  Société  a  voté  à  l’unanimité,  sur  la  propo¬ 
sition  du  D'  Monnet,  le  vœu  suivant,  que  le  Bureau  a  été 
chargé  de  transmettre  immédiatement  aux  pouvoirs  publics: 

«  La  Société  Française  d'IIygiéne,  réunie  en  séance  ordinaire 
après  avoir  entendu  la  communication  de  M.  le  professeur 
Gréhant  à  propos  de  la  catastrophe  de  Courrières  : 

«  Considérant  que  nombre  de  mines  réputées  non  grisou- 
teuses  contiennent  dans  l'air  respiré  par  les  ouvriers  des  pro¬ 
portions  notables  de  formène; 

<(  Considérant  le  cas  tout  particulier  cité  par  le  profes¬ 
seur  Gréhant  où  une  mine,  soi-disant  non  grisouteuse,  conte¬ 
nait  7  %  de  formène  à  l'analyse  de  l'air,  ce  qui  constitue  un 
mélange  détonant  ; 

0  Considérant  (ju’il  y  a  là  une  question  d'hygiène  sociale  au 
premier  chef,  —  l’hygiène  ne  valant  que  parce  ({u'elle  peut 
prolonger  la  vie  et  préserver  de  la  mort, 

<■  Emet  le  vœu: 

«  Qiie  les  pouvoirs  publics,  que  les  législateurs,  s’occupent 
et  se  préoccupent  instamment  et  sans  relâche  de  prescrire, 
d'ordonner  des  analyses  quotidiennes,  d'en  exiger  la  publica¬ 
tion  et  de  les  mettre  à  la  disposition  des  autorités  qui  désirent 
les  contrôler,  et  aussi  d  établir,  du  fait  de  la  non-observation 
de  ces  prescriptions,  des  responsabilités  civiles  et  pénales  ri¬ 
goureuses,  la  vie  humaine  devant  être  et  constituer  le  princi¬ 
pal  capital  à  sauvegarder.  » 

Assemblée  généralede  l'Association  des  médecinsde 
France. 

L'Association  générale  des  médecins  de  France  a  tenu  son 
assemblée  générale,  sous  la  présidence  du  docteur  Bucquoj', 
vice-président,  remplaçant  le  professeur  Brouardel  dont  le 
corps  médical  est  unanime  à  regretter  le  mauvais  état  de  santé 
([ui  l'a  tenu  éloigné  de  cette  réunion  confraternelle. 

Après  une  allocution  du  président,  l’ Vssemblée  a  discute 
puis  adopté  les  rapports  de  MM.  Lereboullet  secrétaire  géné¬ 
ral,  et  Blache,  trésorier.  Ces  rapports  démontrent  que  l’Asso¬ 
ciation  générale,  quia  devancé  presque  toutes  les  œuvres  o® 
solidaritéet  de  mutualité, est  en  pleine  prospérité. Elle  compl® 
plus  de  9.090  membres.  Sa  fortune  dépasse  4  millions 
demi  et  elle  distribue  chaque  année  plus  de  160,009  francs  en 
secours,  allocutions  ou  pensions  de  retraite.  * 

Cette  année,  elle  a  voté,  sur  le  rapport  de  .M .  Rist.  1  P®®” 
sion  de  1,090  francs  et  13  pensions  de  800  francs,  ce  qui  l’Oj'f 
à  93  le  nombre  des  pensionnés,  dont  7  à  1,000  francs  d  ® 
800.  Elle  se  préoccupe  aussi  de  toutes  les  questions  P''”7Î7j 
sionnelles,  et  sur  ce  rapport  leM.  A.-J. Martin,  elle  aaccuein 
un  certain  nombre  de  vœux  émis  par  les  sociétés  local®* 
ayant  trait  à  des  iiuestions  d  ordre  professionnel. 


LE  PROGRÈS  MEDICAL 


340 


I  D  disoensaire  antituberculeux  de  l’Assistance 
Publique. 

L'Assistance  Publique  vient  d'ouvrir  dans  le  XI'  arrondis- 
ent,  3,  rue  Omer-Talon,  un  dispensaire  antituberculeux, 
jjjédecin-directeur  et  deux  médecins  adjoints  sont  atta¬ 
chés  au  dispensaire  ainsi  qu’un  assistant-visiteur.  Les  consul¬ 
tations  ont  lieu  tous  les  jours  non  fériés,  à  10  heures. 

Le  dispensaire  examinera  les  malades  qui  se  présenteront 
directement,  quel  que  soit  leur  domicile,  et  ceux  ({ui  lui  se- 
lontadressés,  soit  par  les  services  des  Bureaux  de  Bienfaisan¬ 
ce  soit  à  leur  sortie  des  services  hospitaliers  et  des  sanato¬ 
riums.  Après  un  examen  complet  suivi  de  V examen  bactério¬ 
logique  des  crachats,  \\  sera  établi  pour  chaque  malade  une  fi¬ 
che  d'observations  entretenue  par  des  examens  à  intervalles 
réguliers.  Les  malades  recevront  des  crachoirs  de  poches  et 
des  crachoirs  de  table,  et  une  solution  antiseptique.  On  leur 
remettra  des  instructions  hygiéniques  énumérant  les  précep¬ 
tes  d’hygiène  corporelle  et  sociale  qui  leur  permettront  de  se 
soigner  à  domicile  sans  danger  pour  leur  entourage.  Si  le  ma¬ 
lade  est  jugé  apte  à  bénéficier  du  séjour  dans  un  sanatorium, 
le  dispensaire  fera  le  nécessaire  pour  tâcher  de  le  faire  ad¬ 
mettre.  Lorsque  l’hospitalisation  semblera  nécessaire,  le  ma¬ 
lade  sera  proposé  pouBl'adrnissiondans  les  hôpitaux.  Un  ser- 
ricede  blanchissage  et  de  désinfection  livrera,  au  moins  cha¬ 
que  quinKaine,aux  nécessiteux, leur  linge  de  corps  et  leur  lite¬ 
rie  usuelle  blanchie  et  désinfectée .  Les  malades  seront  visités 
à  domicile  par  un  assistant  enquêteur,  qui  prendra  tous  les 
renseignements  concernant  leurs  conditions  de  vie  et  d’hy¬ 
giène  habituelle,  et  leurs  ressources.  Il  leur  commentera  les 
conseils  écrits  en  les  adaptant  à  chacun, les  enseignera  à  met¬ 
tre  en  pratique  l’hygiène  thérapeutique  et  aussi  la  prophylaxie 
de  la  tuberculose.  Enfin,  il  signalera  la  nécessité  des  désin¬ 
fections,  de  l’hospitalisation,  des  secours  spéciaux,  etc. 

L’intervention  thérapeutique  n'étant  pas,  d’une  façon  gé¬ 
nérale,  dans  le  rôle  du  dispensaire  antituberculeux,  les  soins 
médicaux  continueront  à  être  donnés  aux  malades  par  leur 
médecin  habituel.  L’Administration  invite  particulièrement 
les  médecins  de  l’Assistance  médicale  qui,  soit  dans  leurs 
fendions,  par  ailleurs  dans  leur  clientèle,  sont  appelés  à  voir 
desmalades  nécessiteux  suspects  ou  légèrement  atteints  de 
tuberculose,  à  leur  conseiller,  de  même  qu’aux  personnes  de 
Iwtourage  des  tuberculeux  avérés, d’aller  au  Dispensaire  an- 
lituberculeux.Ellc  espère  que  les  moyens  d’action  du  dispen- 
au  point  de  vue  de  l’hygiène,  de  la  prophylaxie  et  de 
^sistance  spéciale  aux  tuberculeux  pourront  être  de  ({uehiue 
®cacité  dans  la  lutte  antituberculeuse. 


LES  CONGRÈS 

f-e  Congrès  pour  la  répression  de  l  exercice  illégal  de 
la  médecine. 

Ce  Congrès  a  ouvert  ses  séances  le  lundi  28  mai,  sous  la 
^^dencedeM.  le  P' Brouardel,qui,  vu  son  état  de  santé,  a 
la  présidence  effective  à  M.  le  D' Gairal,  président  de 
'-mon  des  Syndicats  médicaux  de  France. 

séances  se  sont  régulièrement  poursuivies  sous  l’habile 
^^tion  de  M.  Gairal,  grâce  à  sa  grande  autorité,  grâce  au 
^/Hiement  età  l’activité  du  secrétaire  général,  notre  distin- 
®  confrère  Levassort.  Ce  congrès,  qui  a  attiré  de  nombreux 
de  province,  quelques  médecins  étrangers,  entre 
H  1  d’Amsterdam,  et  M.leD''Raussmann,déié- 

Chambre  médicale  de  Berlin,  où  les  ministres  de 
(Je  p^r™or,  l’Instruction  Publique,  de  la  Justice  et  le  Préfet 
d^tis,  fait  officiellement  représenter,  où  médecins, 

eteou  , étudié  de  concert  avec  bonne  loi 
r^io.  les  modifications  à  apporter  à  la  loi  de  1892  dans 
Bons  surtout  des  malades,  ce  congrès,  disons- 

jj^aura  fait  d’importants  et  très  utiles  travaux. 

*^ion'!f  P^'^hain  numéro,  nous  passerons  en  revue.lesdis- 
Congrès  et  entireronsles  conclusions  qu’elles  com- 


^  —  Un  docteur  en  médecine  demande  à  faire 

■h  1  h,  f  S’adresser  aux  bureaux  du  Progrès  médical 

'  a  ti  heures. 


INSTRUMENTS  NOUVEAUX 


Nouvelle  pince  hémostatique  ; 

Par  le  prof.  Aug.  Reverdin. 

Notre  ami  le  professeur  A.  Reverdin  (de  Genève),  a  fait 
paraître  dans  la  Revue  méd.  de  la  Suisse  Romande,  une  note 
sur  une  nouvelle  pince  hémostatique  que  nous  reproduisons 
en  l’accompagnant  des  clichés  que  l’auteur  a  mis  gracieuse¬ 
ment  à  notre  disposition. 

Pour  qu’elle  soit  bonne,  une  pince  hémostatique  doit  être 
souple  et  forte,  son  articulation  aisée  et  en  bonne  place,  ses 
mors  très  exactement  joints  à  leurs  extrémités.  Celles-ci  au¬ 
ront  une  forme  plus  ou  moins  conique  et  seront  lisses  en 
tous  points,  sauf  sur  leur  face  externe.  La  crémaillère,  elle 
aussi,  mérite  grande  attention  ;  elle  doit  s’accrocher  facile¬ 
ment  et  tenir.  Ceci  dépend  non  seulement  de  la  manière  dont 
ses  dents  sont  taillées,  mais  encore  de  la  forme,  de  l’élasti¬ 
cité  et  de  la  force  des  branches.  Une  pince  qui  fait  ressort  est 
un  instrument  dangereux,  traître  d’un  instant  à  l’autre. 

Pour  nombreux  que  soient  les  modèles  en  usage  depuis 
quelques  années,  il  semble  cependant  qu’ils  n’aient  point 
encore  atteint  la  perfection,  car  on  utilise  de  nouveau  celles 
à  dents  de  souris,  qui  à  mon  avis  présentent  cependant  de 
réels  inconvénients. 

Bonnes  pour  saisir  certains  tissus,  pour  repérer  le  bord  des 
plaies,  elles  ont,au  point  de  vue  hémostatique, quelques  dé¬ 
savantages.  Le  fil  à  ligature  s’accroche  volontiers  derrière  la 
dent  centrale,  pour  peu  que  celle-ci  proémine  entre  les  deux 
autres,  et  ne  glisse  plus  aisément  à  la  place  voulue,  ou  bien 
il  s’éraille  sur  ses  saillies,  ce  qui  l’affaiblit  précisément  au 
point  le  plus  important  à  conserver  fort, celui  qui  étreindra  le 
vaisseau.  Parfois  aussi  la  morsure  de  ces  dents  entame  les 
parois  artérielles  et  surtout  veineuses  et  provoque  de  la  sorte 
quelque  hémorragie  immédiate  ou  secondaire. 


Pour  ces  diverses  raisons, j'ai  pensé  qu’il  serait  bon  d'ajou¬ 
ter  près  du  bout  des  mors  et  en  travers  de  l’un  d’eux  une  pe¬ 
tite  éminence  pyramidale,  qui  trouverait  à  se  loger  dans  une 
dépression  de  même  forme,  mais  un  peu  plus  large,  ménagée 
sur  le  mors  correspondant.  Les  tissus  pincés  entre  la  saillie 
et  la  dépression  seront  soumis  à  une  constriction  et  à  une 


350 


LE  PROGRÈS  MÉDICAI. 


plicature  bien  faites  pour  les  retenir  et  pour  en  briser  les 
tuniques, s'il  s’agit  de  vaisseaux,  à  en  favoriser  par  conséquent 
riiémostase. 

Je  crois  pouvoir  dire,  en  eCfet,  que,  depuis  que  j'utilise  cet 
instrument,  le  nombre  de  ligatures  nécessaires  est  moins 
considérable  et  que  le  fil  gagne  aisément  sa  place, ne  rencon¬ 
trant  plus  sur  sa  route  que  des  surfaces  lisses  et  coniques. 

Mais  cet  instrument  doit  être  fabriqué  avec  beaucoup  de 
soin,  c’est  pour  cela  que  j’ai  prié  M.  Collin  de  vouloir  bien  le 
mettre  au  point.  L’habile  fabricant  me  paraît  avoir  résolu  le 
problème  à  la  perfection,  11  a  établi  des  modèles  de  volumes 
divers  (voir  /iÿ.  21,  22  et  23),  dont  lesplus  gros,  armés  de  plu¬ 
sieurs  saillies,  conviennent  à  merveille  pour  saisir  et  attirer 
de  gros  pédicules,  des  fragments  de  tumeurs,  les  lobes  pros¬ 
tatiques  en  particulier. 


Comme  il  arrive  parfois  que  les  fils  s’engagent  entre  les  an¬ 
neaux  des  pinces,  j'ai  fait  établir  encore,  suivant  en  cela 
l’exemple  de  mon  ami  le  Prof.  Girard,  un  modèle  dans  lequel 
les  anneaux  sont  placés  en  dedans  des  branches  et  reliés  entre 
eux  par  une  barre  qui  porte  la  crémaillère  et  évite  sûrement 
le  désagrément  en  question  {fig.  24). 


FORMULES 


XLIi.  —  Contre  l'accès  de  goutte. 


Infusion  de  feuille  de  frêne .  200  gr. 

Bromure  de  potassium .  à.ô  "r. 

Teinture  de  colchique .  LXXV  goût. 

Sirop  d’écorces  d'oranges .  45  gr. 


Une  cuillerée  à  soupe  de  8  en  8  heures. 

(J.  demed.  de  Bordeaux). 

XLIII.  — Contre  les  aphtes. 

Teinture  de  myrrhe .  20  gr. 

— •  d’opium  camphré .  gr. 

Miel  rosat .  30  gr. 

Décoction  d'orge .  lôO  gr. 

à  prendre  en  lavages  et  en  gargarismes. 

(J.  de  méd.  de  Bordeaux). 


Le  testament  du  docteur  Bonnefé.  —  Le  testament  du 
docteur  Bonnefé  mort  victime  d’un  accident  d'automobile  vient 
d’étre  ouvert.  Le  docteur  laisse  sa  fortune, évaluée  à  300,000  francs 
à  la  ville  de  Rodez. 


Actes  et  thèses  de  la  Faculté  de  IWlédecine  de  Paris 

Thèses  de  doctorat.  —  Mercredi,  6  juin.  —  M.  Fouchou-Lapey. 
rade  :  Contribution  à  l’étude  de  ta  co.xalgie  par  la  radiographie 
(MM.  Terrier,  Roger,  Teissier,  Gossel).  —  M.  Jacob  :  La  rééducatio» 
respiratoire.  Traitement  post-opératoire  des  rhino  adênoldieiij 
(MM.  Roger,  Terrier,  Teissier,  Gosset).  —  M .  Nouet  :  De  la  néces¬ 
sité  d’exigerdes'connaissances  psychiatriques  pour  les  médecins  des 
établissements  pénitentiaires  (MM.  Brissaud,  Gaucher,  Claude,  Bal-  | 
thazard).  —  M.  Bureau  :  Rubéole  et  scarlatinéole  (MM.  Gaucher, 
Brissaud,  Claude,  Balthazard'. 

Jeudi  7  juin  —  Af.  Castagnary  :  Des  endoihéliomes  calcitiés  delà 
peau  (MM.  Cornil,  Chanlemesse,  Méry,  Langlois).  —  M.  Agasse- 
Laffotit  :  L’anémie  pernicieuse  protopathique  (MM.  Cornil,  Chante- 
messe,  Méry,  Langlois).  —  M.  Debray  :  Le  charbon  industriel 
Maladie  ou  accident  professionnels  (MM.  Chantemesse,  ComD, 
Méry,  Langlois).  —  M.  Blairon  :  Propliylaxie  des  gastro-entérites 
des  nourrissons  (La  suralimentation  et  son  remède)  (MM.  Chante¬ 
messe,  Cornil,  Méry,  Langleis).  —  M.  Croste  :  Quelques  considéra¬ 
tions  sur  l’appendicite,  au  cours  de  la  grossesse  (MM.  Budin,  de 
Lapersonne,  (jilbert,  Carnot).  —  M.  Galibert  :  Le  panaris  des  noo- 
veau-nésiMM.  Budin,  de  Lapersonne,  Gilbert,  Carnot!.— 3/.  Sauberl: 
Traitement  des  blépharites  ciliaires  par  I  hermophényl  (MVl.  de 
Lapersonne,  Budin,  Gilbert,  Carnot.  —  .M.  Loubry  :  Contribution  à 
l’étude  des  dyspnées  d'origine  hystérique  (MM.  Gilbert,  Budin,  de 
Lapersonne,  Carnot). 

Examens  de  doctorat.  —  Mardi  5  juin.  —  3*  (2'  partie,  Labora¬ 
toire  des  travau.x  pratiques  d  anatomie  pathologique)  ;  .M.\l.  Cornil, 
Desgrez,  Guiarl.  —1"  (Oral,  salle  Béclard)  ;  MM.  Poirier,  Launois, 
Rieffel.  —  3“  i2’  partie,  1"  série.  Oral,  salle  Broussais)  :  MM.  Ray¬ 
mond,  Thiroloix,  Méry.  —  3’  (2‘  partie,  2’  série.  Oral,  salle  Corvi- 
sari)  :  MM.  llulinel,  .leanselme.  Besançon.  —  4"  (salle  Charcot): 
MM.  Chantemesse,  G.  Ballet,  Vaquez.  —  5'  (Chirurgie,  l"  partie, 
Hôtel-Dieu)  :  MM.  Le  Dentu,  Auvray,  Moreslin.  —  5-  {î‘  partie, 
Hôtel-Dieu)  :  MM.  Dienlafoy,  Achard.  Renon.  —  5‘  (Chirurgie, 
1"  partie,  l"  série.  Charité:  MM.  Guyon,  Pozzi,  Marion.  —  5*  (Chi¬ 
rurgie,  1”  partie,  2”  série.  Charité):  MM.  Berger,  De  Lapersonné, 
Hartmann.  —  5"(2'  partie.  Charité):  MM  Joffroy,  Gougel,  Carnot— 
Mercredi  6  juin.  —  Dissection,  (Ecole  pratique)  :  M.M.  Recluf, 
Sébileau,  Rieffel. —  3'  (2‘  partie,  Lalioratoire  des  travaux  pratiques 
d’anatomie  pathologique)  :  MM.  Gautier,  Blanchard,  Legry,  - 
2'  (Salle  Richet)  :  MM.  Gariel,  Ch.  Biehel,  Branca.  —  .■)'  (1"  partie. 
Oral,  salle  Pasteur)  :  MM.  Tufticr,  Lepage,  Cunéo.  —  5'  (ChirurgiPi 
1"  partie,  1"  série,  Laënnec)  :  MM.  Kirmisson,  Broea  (Aug.),  Durai 
(Pierre).  —  5"  (Chirurgie,  1”  partie,  2"  série,  Laënnec)  :  MM.  Segond, 
Delens,  Legueu.  —  5' (2"  partie.  Laënnec)  :  MM.  Landouzy,  Labbé 
(Marcel),  Macaigne.  —  5"  (Obstétrique,  l™  partie,  Clinique  Baude 
locque  :  MM.  Pinard,  VVallich,  Potocki. 

Jeudi.  7  juin.  —  Dissection  (Ecole  pratique)  :  MM. Poirier,  Bief" 
fel,  Morestin.  —  3"  (2"  partie,  Ijahoratoire  des  travaux  praliqui* 
d’anatomie  pathologique)  ;  MM.  Joffroy.  Guiarl,  Maillard.  —  P 
(Oral,  Salle  Béclardi  :  MM.  Pozzi.  Thicry.  Launois.  —  3"  ( l"  partie 
Oral,  Salle  Broussais)  ;  MM.  Le  Dentu.  Retterer,  Demelin.  — 
partie.  Oral,  Salle  Charcot)  :  MM.  llulinel.  Thiroloix,  Bezançon.  - 
4'  (Salle  Corvisart)  :  MM.  Pouchet,  Gley,  Dupré. 

Vendre  a.  8 juin.  —  Dissection  (Ecole pratique)  :  MM.  Kirniissu®' 
Cunéo,  Rieflel,  —  .3-  (2'  partie.  Laboratoire  des  travaux  praliffl^ 
d’anatomie  pathologique)  ;  MM.  Blanchard,  Desgrez,  Legry.  -2 
(l”pnvtiP>  Oral,  Salle  Béclard):  MM.  Segond,  Sehileau.  Lepagf-^ 
3*  (2'  partie.  Oral.  Salle  Broussais)  :  MM.  Brissaud,  Claude,  L.ab»* 
(Marcel)  —4' (Salle  Charcot)  :  MM.  Joffroy,  Richaud,  Macaigne- 
5"  (Chirurgie,  t"  parlie,  i”  série,  .\eckcrj  ;  MM.  Terrier,  Delpn^ 
Gosset.  —  5' (Chirurgie,  1"  partie,  2*  série,  Necker)  :  M.'L  Re^^ 
Mauclaire,  Duval  (Pierre).  —  5'  (Obstétrique.  Clinique  Baudewe" 
que)  ;  MM.  Pinard,  Wallich.  Potocki. 

Samedi,  g  juin. —  (Médecine  opératoire.  Ecole  pratique)  :  ^ 

Dentu,  Thiery,  .Morestin.  —  3- (2- partie.  Laboratoire  des 
pratiques  d’anatomie  pathologique)  :  .MM.  Cornil,  Guiarl.  ^ 
lard.  —  2'  (Salle  Béclard)  ;  MM.  Launois.  Langlois,  Broca 
—  3*  (1”  partie.  1"  série.  Oral,  Salle.  Broussais)  :  MM.  B*' 
sonne,  Retterer,  Bonnaire.  —  3'  (l'*  partie,  2’  série.  Bral.  ■- 
Charcot)  :  MM.  Poirier,  Bar,  Marion.  —  5’  ('2*  partie,  1"  série,  m 
jon)  :  MM.  Robin,  .leanselme,  Besançon.  — 5"  (Obstétrique, 
lie.  Clinique  Tarnier)  :  MM.  Raymond,  Méry,  Gougel.  —  5‘ G  ' 
tie,  2' série,  Beaujon  :  MM.  Budin,  Demelin,  Brindeaii. 

Cours  technique  d'anatomie  pathologique,  par  le 
QUiER.  chef  des  Travaux  anatomiques  à  la  cliniipie  des 
dies  nerveuses.  —  Programme  des  Lcniits.  —  P'  et  2“  L'jï 
Technique  générale.  Principales  Méthodes  de  fixation  et 
ration.  Examen  du  sang.  Numération  des  globules  rouges  et 
La  formule  leucocytaire  normale  :  ses  principales  variation?’ 
leur  séméiologique  de  l’examen  du  sang.  —  et  4’’, 
coupes  après  inclusion  à  la  cclloïdine  et  la  paralfiue. 


LE  PROGRES  .MEDICAL 


jonctives  vasculaires  des  inflammations  aigüeset  chroniques.  — 
5,  Principales  altérations  des  tissus  conjonctif,  cartilagineux  et 
^sseux.  —  6'. Principales  altérations  des  muscles.  —  7',Principa- 
L  altérations  des  épithéliums.  — 8=,  Tuberculose.  —  Syphi- 
Ijs  -- 10',  Tumeurs  bénignes  d’origine  mésodermique  (lipomes, 
■yjomes,  fibromes,  bourgeons  charnus,  etc).  —  1 1',  Sarcomes 
conjonctif  et  névroglique.  Endothéliome. —  12',  Tumeurs  mali- 
•mes  d’origine  épithéliale.  —  13',  Tumeurs  bénignes  d’origine 
epithéliale  (adénomes,  papillomes.  Kystes  dermoïdes.  Tumeurs 
mixtes).  Dégénérescences  et  modifications  des  tumeurs.  -  14", 
Principales  lésions  de  l’appareil  circulatoire.  —  l.ô“.  Principales 
lésions  de  l’appareil  respiratoire.  —  IC',  Principales  lésions  de 
l'appareil  digestif.  —  1T=,  Principales  lésions  du  l'oie,  des  voies  bi¬ 
liaires,  du  pancréas,  des  glandes  salivaires.  —  18',  Principales  lé¬ 
sions  de  l’appareil  urinaire.  —  19',  Pricipales  lésions  de  l’appareil 
génital  mâle.  —  20',  Principales  lésions  de  l’appareil  génital  fe¬ 
melle.  —  21',  Principales  lésions  des  organes  lymphoïdes,  de  la 
rate  et  de  la  moelle  osseuse.  —  22',  Principales  lésions  des  glan¬ 
des  à  secrétion  interne  (hypophyse,  thyroïde  et  parathyroïde,  cap¬ 
sules  surrénales,  ilôts  de  Langerhans, du  pancréas,  thymus.  —  23', 
Technique  générale  du  système  nerveux  Méthode  de  Nissl.  Lé¬ 
sions  des  cellules  nerveuses.  —  24',  Dissociation.  Méthode  de  Ra- 
mon  y  Cajal.  Dégénérescence  Wallérienne.  Névrites.  —  25',  Mé¬ 
thodes  de  Weigert-Pallet  de  Marchi.  Dégénérations  des  faisceaux 
blancs.  — 26',  Inflammation  du  tissu  nerveux(  encéphalites, myéli¬ 
tes)  Ramollissement  cérébral,  myélomalacio. — 27',  Poliomyélites, 
Tuberculose  des  centres  nerveux.  Compressions  de  la  moelle.  — 
Syphilis  nerveuse.  Tabès,  Paralysie  générale.  29',Syringo- 
myélie.  Sclérose  en  plaques.  Sclérose  latérale  amyotrophique. — 
Le  cours  commencera  le  mardi  5  juin  1906  à  5  heures  1/2  de  l’a- 
prés  midi  au  Laboratoire  d’ Anatomie  pathologie  de  la  Clinique 
(Salpêtrière)  et  se  continuera  tous  les  jours  àla  même  heure.  Les 
piécés  anatomiques,  rélictifs  et  instruments  seront  fournis  gratui¬ 
tement.  S'inscrire  au  Secrétariat  de  la  Faculté  les  mardis,  jeudis, 
samedis  de  midi  à  3  heures.  Guichet  n»  3.  Le  droit  d’inscription 
est  fixé  à  80  francs. 


THERAPEUTIQUE 


Société  fbanç.mse  db  secours  aux  blessés.  —  L’assemblée 
générale  de  la  Société  française  de  secours  aux  blessés  militaires 
a  eu  lieu  au  Palais  d'Orsay,  sous  la  présidence  de  51.  le  marquis 
de  Vogué,  président  de  la  société.  M.  le  président  de  la  Répuhli- 
<iue,lesministres  de  la  guerre, de  la  marine, de  l'intérieur  et  des 
colonies, le  grand  chancelier  de  la  Légion  d’honneur,  le  gouver¬ 
neur  militaire  de  Paris, le  directeur  du  service  de  santé  delà  guer¬ 
re, le  préfet  de  la  Seine  et  le  préfet  do  police, s  étaient  fait  repré¬ 
senter.  M.  Etienne  Lamy, de  l’Académie  française,  a  fait  l’histori- 
quede  la  Convention  de  Genève  et  de  la  Croix-Rouge  et  exposé 
ren  développement  chez  les  peuples  civilisés.  M.  Duvergierde 
fiauranne  a  lu  le  rapport  moral.  M.  Paul  Biollay  a  rendu  compte 
ne  la  situation  financière 


Le  traitement  de  la  grippe  et  de  ses  manifestations 
broncho-pulmonaires  par  l’hélénine. 

De  toutes  les  manifestations  grippales  si  fréquentes  en 
cette  saison,  celles  qui  portent  sur  les  voies  respiratoires 
offrent  plus  de  dangers.  L’inflammation  des  premières  voies 
respiratoires  détermine  une  toux  rebelle  et  pénible,  et  est 
souvent  suivie  de  l’extension  de  l’infection  grippale  aux 
bronches  et  même  au  parenchyme  pulmonaire.  L’action  de 
l’hélénine  du  D'  de  Korab,  qui  calme  la  toux,  qui  modifie  et 
diminue  l’expectoration,  qui  jouit  en  outre  d’un  pouvoir  mi- 
crobicide  bien  constaté,  sera  d’une  grande  utilité  dans  le 
traitement  curatif  de  la  grippe  et  dans  la  prophylaxie  de  ses 
complications  broncho-pulmonaires.  Ce  précieux  agent  thé¬ 
rapeutique,  qui  a  fait  brillamment  ses  preuves  dans  les 
épidémies  de  grippe  de  ces  dernières  années,  s’administre  à 
la  dose  de  3  à  5  globules  d’hélénine  du  D'  de  Korab,  par  jour 


I.NAUGUR.VTION  DE  BASSINS  FILTRANTS  A  NaNTERRE.  —  Le  pré¬ 
fet  de  la  Seine, auquel  s’étalent  joints  :  MM.  Barbier, président  du 
conseil  général  ;  Defrance, directeur  des  affaires  départementales  ; 
Armand  Bernard, directeur  du  cabinet  de  M.  de  Selves,  a  présidé, 
route  Charles-X,à  Nanterre,  l’inauguration  des  bassins  filtrants 
destinés  à  alimenter  en  eau  potable  sept  communes  du  départe¬ 
ment.  Ces  communes  :  Suresnes,  Asnières,  Colombes,  Bois-Co¬ 
lombes, Courbevoie,  Nanterre  et  Gennevilliers,  Rueil,  en  Seine-et- 
!  Oise,  étaient  jusqu’ici  alimmtées  d’eau  brute  de  Seine  puisée  au 
'  barrage  de  Suresnes.  Désormais,  l’eau  passera  par  des  filtres  dont 
I  le  prefet  de  la  Seine  a,  dans  son  discours,  loué  l’ingénieux  agen¬ 
cement.  Le  département  de  la  Seine  apporte  à  cette  innovation 
une  contribution  financière  de  dix  années  diminuant  d’un  dixiè¬ 
me  chaque  année.  La  somme  initiale  est  de  35,00(1  francs.  A  l’oc- 
casion de  cette  cérémonie. le  préfet  de  la  Seine  a  remis  les  pal¬ 
mes  académiques  à  MM.  Chaudoir  et  Chabal,  ingénieurs. 

Service  de  s.vnté  mii.it.aire.  —  Médecins  principaux  de  1" 
classe  :  M.  Février  méd.  chef  de  l’hôp.  de  Nancy, qui  avait  été  dé- 
I  signé  pour  Oran,est  maintenu  à  la  tête  de  l’hôpital, de  Nancy  ;  M. 
.Martin, médecin  chef  de  l’hospice  mixte  de  Nice, est  nommé  dir. 
du  serv.  de  santé  delà  div.  d’Oran  ;  M.  Reverchon,  médecin  chef 
de  l’hospice  mixte  de  Dijon, est  nommé  méd.  chef  de  l’hospice 
mixte  de  Nice.  Le  médecin  principal  de  2' classe  André,  hospice 
mixte  de  Dijon, est  nommé  méd.  de  l’hospice  mixte  de  Dijon. 

Médecin  militaire  to.mbé  d'un  train.  —  Le  médecin  aide- 
major  Grondonne, en  garnison  à  Antibes,  s’est  grièvement  blessé 


352  LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


en  tombant  d’un  train  sur  la  ligne  du  Sud  de  la  France.  M.  Gron- 
donne  a  été  ramené  à  Toulon  auprès  de  ses  parents  dans  un  état 
alarmant.  L'accident  s’est  produit  au  moment  où  le  docteur  s’é¬ 
tait  placé  sur  la  plate-forme  du  wagon  pour  fumer  une  cigarette. 
A  un  tournant  brusque  il  fut  précipité  sur  le  ballast  où  il  resta 
une  demi-heure  sans  connaissance.  Des  paysans  attirés  par  ses 
gémissements  vinrent  le  secourir  (Le  Temps). 

Décorations.  —  Nous  apprenons  avec  plaisir  que  notre  ami, 
le  D''  Jules  Richard,  directeur  du  Musée  Océanographique  de 
Monaco  vient  d’être  promu  officier  de  la  Légion  d’honneur.  J.  N. 

Congrès  d’Assistance  de  Milan.  —  Le  quatrième  congrès  de 
l’assistance  publique  et  privée  a  été  inauguré  le  24  mai  à  Milan, 
en  présence  des  délégués  de  vingt  et  un  gouvernements. 

Tour  à  tour,  le  maire  de  Milan,  le  président  du  comité  du  con¬ 
grès,  le  préfet  au  nom  du  gouvernement,  et  M.  Strauss,  sénateur, 
président  de  la  délégation  française,  ont  pris  la  parole.  Le  maire  de 
Milan  et  M.  Casimir-Perier  ont  été  nommés  présidents  d’honneur. 

Loi  américaine  sur  les  viandes  altérées.  —  Le  Sénat  amé¬ 
ricain  a  adopté  un  projet  de  loi  sur  l’examen  de  la  viande.  Il  im¬ 
pose  des  peines  rigoureuses  aux  compagnies  de  chemins  de  fer  et 
d’autres  moyens  de  transport  qui  accepteraient  de  transporter  de 
la  viande  qui  n’aurait  pas  subi  l’examen  d’inspecteurs  sanitaires. 

Condamnations  d’étudiants  alsaciens-lorrains.  —  Deux 
étudiants  alsaciens-lorrains,  pour  avoir  prix  part  aux  manifesta¬ 
tions  du  mardi  gras  à  la  Taverne  alsacienne,  où  ils  avaient  chanté 
la  Marseillaise  ont  été  frappés  de  relégation  par  le  Sénat  univer¬ 
sitaire  ;  trois  antres  ont  eu  le  consilium  abeundi  (relégation  avec 
sursis.)  Le  cercle  des  étudiants  alsaciens-lorrains  a  été  suspendu 
pour  quatre  mois  ;  les  étudiants  appartenant  à  la  société  des  élè¬ 
ves  en  pharmacie  ont  été  invités  à  remettre  dans  un  délai  de  huit 
jours  entre  les  mains  du  recteur  de  l’université  leur  démission  de 
la  société. 

Prix  Civiale.  —  Le  contours  est  ouvert  en  1900  entre  les  in¬ 
ternes  titulaires  ou  provisoires  en  médecine  pour  l’attribution  du 


prix  biennal  de  1000  francs  fondé  par  feu  le  docteur  Civiale  u 
profit  de  l’élève  qui  aura  présenté  le  travail  jugé  le  meilleur  s» 
les  maladies  des  voies  urinaires.  Ce  travail  devra  être  déposé  à 
l’Administration  centrale  (service  du  personnel)  avant  le  Ij  jç, 
eembre  1906,  au  plus  tard. 

MM.  les  internes  sont  informés  que  les  mémoires  destinés  à 
être  présentés  pour  le  concours  des  prix  de  l’internat  (médaillé 
d’or)  ne  pourront  pas  être  admis  pour  le  prix  Civiale. 

Chronique  des  hôpitaux. 

Concours  de  chirurgien  des  hôpitaux.  —  Le  concours  s'eat 
terminé  par  la  nomination  de  MM.  "Veau  et  H.  Proust. 

Hospice  de  la  Salpêtrière.  —  Le  D''  Deny  :  conférences 
cliniques  sur  les  maladies  mentales,  le  dimanche  à  10  heures,  sec- 
tion  Rambuteau. 

Hospice  de  Bicêtre  (Fondafioti  Fa/iee).  Rue  Renserade,  7,  i 
Gentilly.  —  M.  Bourneville.  Visite  du  service  (gymnastique,  tr». 
vail  manuel,  écoles,  et  présentation  de  malades)  le  samedi  à  10 k, 
très  précises.  Consultations  médico-pédagogiques,  gratuites  pour 
les  enfants  indigents  atteints  de  maladies  du  système  nervem,  le 
jeudi  à  9  h.  1/2'. 

Concours  de  l’agrégation.  —  Art.  l"".  —  Il  sera  ouvert  k' 
Paris,  en  1906-1907,  des  concours  pour  quairante  et  une  place» 
d’agrégé  à  répartir  entre  les  diverses  facultés  de  médecine  jg 
France. 

Art.  2. —  Ces  concours  s'ouvriront  à  Paris,  savoir:  le  ITi 
décembre  1906  pour  la  section  de  médecine  (patliologie,  interne 
et  médecine  légale);  le  11  mars  1907  pour  la  section  de  chirurgie 
et  accouchements  :  le  13  mai  1907  pour  la  section  des  science» 
anatomiques  et  physiologiques  et  pour  la  section  des  science» 
physiques. 

Art.  3.  —  Les  candidats  s’inscrivent  chacun  d’une  manière  spé¬ 
ciale  pour  l’une  des  places  mises  au  concours  dans  chaque 
faculté.  Ils  peuvent  s’inscrire  subsidiairement  pour  plusieuts 
places.  (Arrêté  du  29  mai  19061 


PHTISIE.  BRONCHITE.  CATARRHES.  — L  ( 

Marchais  est  la  meilleure  préparation  créosotée.  Elle  di-  j 


LOTION  LOUIS  DEQUEANT 


minue  la  toux,  la  fièvre  et  1  expectoration.  De  3  à  6  c 
levées  à  café  par  jour  dans  lait,  bouillon  ou  tisane. 

(D'  Ferrand.  —  Trait,  de  méd. 


;  CALVITIE.— PELiOE.  -  TEIGIIE.  —  TRICHOPHrilES.  -SEBORRHEE.  -  AME, ETC 

En  vente  chei^  les  pharmaciens  seulement. 


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tien  des  dents,  des  gencives  et  des  muqueuses  ûe  la  bouche. 


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Le  Sebumbaoille.  microbe  de  la  calvitie  vulgaire,  aéte 
découvert  par  M.  Louis  DEQUtiANT.  pharmacien,  38,  ro« 
de  Clignancourt,  Paris.  (Mémoires  déposés  à  l’Académie  « 
Médecine,  23  mars  1897, 8  mai  1898).  L’extrait  de  ces  Mémoire* 
est  adressé  gracieusement  à  tous  les  médecins  qui  Im 
feront  la  demande.  Renseignements  gratuits  et  prix  de  faeew 
pour  tous  les  membres  du  corps  médical. 


Le  Rédacteur-Gérant  :  Bournbvillx. 


Imprimerib  Daix  frères  et  Thiron,  Clermont  (Oise)- 


BUREAUX  ;  RUE  DES  CARMES,  14 


9  JUIN  1906 


^.  ^j^NÉE.J-bÉRlE.  T.  XXII.  N’  23 

Progrès 


Médical 


SOMMAIRE  ;  Chirurgie  biologique  :  Chirurgie  du  phimosis, 
*Dar  Longuet.  —  Bulletin  :  Le  congrès  pour  la  répression  de 
P^grcice  illégal  de  la  médecine,  par  J.  Noir  ;  Un  cas  d’infection 
rtbique  transmis  par  un  coup  de  griffe  d’un  jeune  chien  non 
malade,  mais  léché  par  une  mère  en  puissance  de  cette  affection, 
par  Demmler.  —  Sociétés  Savantes  ;  Société  de  biologie  : 
^ploi  thérapeutique  du  rumex  crispus,  par  Gilbert  et  Lere- 
boullet  ;  Agglutination  du  gonocoque  et  du  méningocoque  de 
Weicliselbaum  par  le  sérum  gonococcique,  par  Bruckner  et 
Cristeaim  ;  Ration  de  l’homme  adulte  en  calories,  par  Maurel  ; 
Colloïdes  de  la  bile,  par  Iscovesco  ;  Action  précoce  du  chloro¬ 
forme  sur  le  parenchyrao  hépatique,  par  Noël  Fiessinger  (c.  r. 
de  Mme  Edwards-Pilliet.)  —  Académie  de  Médecine  :  La  tuber¬ 
culose,  par  Netter  ;  Nécessité  de  la  collaboration  des  médecins 
àla réforme  du  codecivil,  par  Lacassâgne  ;  La  typhlocolite,  par 
Cornil  ;  Elections  (c.  r.  de  A. -F.  Plicque).  —  Société  Médicale 
ies  Hôpitaux  :  Ophtalmoplégie  transitoire  chez  un  artériosclé- 
.  iMX,  par  Claude  ;  Fièvre  typhoïde  prolongée,  par  Claisse  (c.  r. 


CHIRURGIE  BIOLOGIQUE 


Chirurgie  du  phimosis  ; 

Par  le  P'  L.  UONGUET  (de  Rouen). 

11  n'i'sl  ici  question  ni  de  la  cure  rituelle  ou  empiri- 
flae  (lu  phimosis  (1);  ni  du  traitement  du  paraphimosis, 
non  expérience  sur  ces  questions  est  encore  insufti- 
«ttte.  Je  veux  seuleineiil  :  1’ analyser  la  cure  sanglante 
phimosis  telle  qu’elle  est  journellement  exécutée 
pw  amputation,  2“  exposer  la  chirurgie  correctrice  du 
phimosis,  comme  je  la  conçois  et  l'applique,  guidé  par 
‘I  biologie  ;  3°  comparer  ces  deux  chirurgies  si  dis- 
'-‘mblables. 

1-  Chirurgie  poathectomique  du  phimosis. 

Depuis  Gelse  jusqu’à  ce  jour,  et  particulièrement 
1  arant  le  XIX'  siècle,  la  chirurgie  du  phimosis, 
*spirée  des  pratiques  rituelles,  a  traversé  —  si  j’omets 


Ïifconcision  rituelle  :  consulter  à  ce  point  de  vue  :  Tah- 
^ette  des  hôpitaux,  IS'i.'i  —  Godard  E.  :  Egypte  et  Palestine 
^  — MARD0T(d’Oran!  lAproposde  la  eireoneision  Israélite, 
mil  pour  l'avancement  de  sciences,  session  d’Oran,1888  —  He- 
?  -  Histoire  de  la  circoncision  depuis  les  temps  les  plus  re- 
Philadelphie,  1891.  —  X.  La  circoncision  chez  les  Juifs 
'^‘‘iettemédicale  de  Liège,  1894.  —  Thornes  :  Délia  ciroon- 
^  lie  il  punto  di  vista  profilallico  e  terapeulico  ;  de  la  cir- 
Piiinl  de  vue  prophylactique  et  thérapeutique  ;  histoi- 
temps  les  plus  reculés.  —  Florence  :  Giornale  Itali  : 
ttleisjoj  ’  P'  septembre  189.).  —  Joly  :  Histoire  de  la  cir- 
■’  erilique  du  manuel  opératoire  des  Musulmans  et 
'895.  —  Louarn  :  Contribution  à  l’élude 
“étbode  israélile  ;  Thèse  de  Bordeaux,  1897. —Pott; 
?  ®i'‘®®iieision  rituelle  ;  Munch  med.  Wochenschrift,  p. 
Mdntz  :  Des  avantages  de  la  circoncision  rituelle  ; 
ï Sirèsl’i  p.  264, 1898.  —  Bernhaudt  :  Quatorze 

reiiHg  .““‘'l'ulion  de  la  tuberculose  pendant  la  circoncision 
lek.  Warsijawa  XX  835-887.  1900.  -  Thiénot, 
chez  les  anciens  et  les  modernes.  Revue  illustrée 
ri» T  57-66,  1900.  —  Loir  :  Complications  (lu- 

teJU'MEie  **  circoncision  rituelle  ;  Gai^ette  des  hôpitaux,  p.  36, 
de'  ®“®®'Hnée  par  l’image;  Archives 

î!^*®Tnni^  .  601  628, 1901.- Mortillet:  La  circonci- 

de  la  société  anthropologique  de  Paris, 
M.vyehsohn  :DeIa  circoncision  et  spé- 
jjfcP'c.  Wji  '"'concision  rituelle  envisagée  au  point  de  vue  his- 
.  .  •  nique,  préventif,  prophylactique.  Thèse  de  Paris, 


de  Friedel.)  — Société  demédecîn^publique  et  de  génie  sanitai¬ 
re  :  Discussion  des  vceux  présentés  par  M.  L.  Martin  sur 
l’hospitalisation  des  contagieux  ;  Discussion  sur  l’épuration 
des  eaux  d’égout  et  des  eaux  résiduaires,  par  Calmette  (c. 
r.  de  A.  Pujol.)  —  Bibliographie  :  Résection  de  quatre 
mètres  d’intestin  grêle,  par  Pauchet  ;  Manuel  du  praticien,  cli¬ 
nique  et  thérapeutique  spéciale  ;  Histoire  et  médecine  ;  Techni¬ 
que  de  la  stérilisation  à  l’usage  dos  pharmaciens,  par  Gérard  ; 
L’avortement  de  la  syphilis  par  le  traitement  intensif,  parDuhot; 
L'administration  du  patrimoine  des  pauvres,  par  Gros-Mayre- 
vieille.  —Varia  :  Les  conséquences  de  l'insalubrité  d’un  local 
administratif  ;  Fumeries  d’opium  ;  Voyages  d’études  médicales 
aux  stations  hydrominérales  et  climatiques  de  France.  —  Les 
congrès  :  Congrès  d’hygiène  sociale  ;  Congrès  d’assainissement  ; 
Congrès  international  pour  l'assistance  des  aliénés. —  Formules. 
—  Actes  et  thèses  de  la  faculté  de  médecine  de  Paris.  — 
Nouvelles.  —  Chronique  des  hôpitaux.  —  Bulletin  biblio¬ 
graphique. 


intentionnellement  la  méthode  de  divulsion  (1)  très  gé¬ 
néralement  abandonnée  —  line  évolution  uniformément 
radicale  dont  voici  l’esquisse  physionomique  tout  en¬ 
tière  : 

Conception  thérapenti«iue  mutilante. 

Le  phimosis  est  une  malformation  congénitale  ou  ac¬ 
quise  des  enveloppes  du  gland,  essentiellement  carac¬ 
térisée  par  une  excroissance  en  collerette,  un  excès  de 
développement  i2),une  sorte  de  tumeur  hypertrophi- 
quedes  membranes  préputiales, susceptibles  de  cancéri¬ 
sation  (Hey,  Wad,IIoux,  Lagneau),  avec  rétrécissement 
permanent  pins  ou  moins  accentué  de  son  orifice  lim- 
biquc,  d’où  résulte  l’impossibilité  parlielle  ou  totale  de 
découvrir  le  gland, cause  de  nombreuses  complications. 
En  conséquence,  il  convient  d’opposer  à  cette  proliféra¬ 
tion  hyperplasique,  gênante,  disgracieuse,  suspecte  de 
malignité  pour  l’avenir, une  intervention  du  genre  ampu¬ 
tation.  Il  fautexciser,  enlever,  retrancher,  l’excès  de  ce 
fourreau,  et  avec  lui  son  anneau  rétréci.  L’exérèse  sous 
la  forme  angulaire  (excision  partielle)  ou  le  mode  circu¬ 
laire  (circoncision)  est  le  principe  fondamental  de  cette 
thérapeutique,  en  parfait  accord  ici  avec  les  pratiques 
rituelles  et  empiriques.  D’ailleurs,  le  prépuce  estun  or¬ 
gane  inutile,  sans  rôle  physiologique  appréciable.  Il  est 
donc  permis  d’en  faire  le  sacrifice  quand  il  est  mal- 
lormé. 

Méthotles  thérapeutiques. 

En  son  exécution,  la  conception  radicale  comporte 
de  multiples  modalités  très  dissemblables  dès  l’abord, 
mais  facilement  reliablcsles unes  aux  autres  par  lacom- 


(V)  Méthode  delà  divulsion  :  préconisée  par  Nél.vton,  Thibault, 
Veuneüil,  De  S.\int-Germaix,  est  estimée  par  tous  les  classiques 
comme  insuffisante  (Reclus, 2  récidives  sur  2  cas),  iiiBtile,  nuisible  ; 
les  éraillures  qu’elle  crée  constituent  ultérieurement  des  rétrac¬ 
tions  sclérosiques  et  des  récidives  aggravées.  Toutefois  elle  comjite 
encore  quelques  partisans  parmi  lesquels  je  relève  :  en  France 
Cahrikre  et  SAiXT-PiitLtPi’E  {\n-%' Bordeaux,  1900)  et  XIII*  Congrès 
international  de  médecine,  session  depédiâlrie,  1^0).  —  En  Suisse 
Audéoud  (de  Genève  ;  même  Congrès).  —  En  Améri(}ue,  Eerioiit 
S.  R:  Préputial  divulsion  versus  circumeision  in  the  A’oung  :Dilaln- 
lioii  du  prépuce  subsliluée  à  la  circoncision  chez  les  jeunesenfants 
[American  Practitioner,  and  news,  1” octobre  1901.) 

(2)Welcker.  (G);  «Le  phimosis  est  une  anomalie  préputiale  par 
excès  de  développement,  uni  à  une  étroitesse  plus  ou  moins  pronon¬ 
cée  de  l’orifice  ».  .Article  in  Dictionnaire  Jaccoud,  1878.  «  Dans 
nombre  de  cas,  il  y  a  trop  de  peau  »  Brault.  1899. 


354 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


mune  manœuvre  de  l’ablation.  A  mon  sens,  elles  se  ré¬ 
sument  toutes  chronologiquement  et  simplement  sous 
trois  méthodes  stigmatisées  par  l’étendue  du  sacrifice  : 
méthode  de  l’amputation  cutanéo-muqueuse  subtotale 
de  Ravaton  1770  ;  méthode  de  l’amputation  cutanéo¬ 
muqueuse  partielle  de  Lisfranc  1820  ;  méthode  de  l’am¬ 
putation  muqueuse  siihtotale  de  Dieffenbach, 1837. L’ins¬ 
trument  tranchant  (bistouri,  ciseaux,  rasoir,  sécateur, 
dit  posthétome)  constitue  l’agent  de  diérèse  par  excel¬ 
lence.  Et  ceux-là  n’ont  point  fait  école,  qui,  pour  éviter 
l’hémorragie,  l’érysipèle,  la  pyohémie,  préconisèrent 
l’ahlalion  préputiale  au  moyen  des  caustiques  (1),  de 
l’écraseur  linéaire  (2),  du  serre-nœud  (3),  du  thermo¬ 
cautère  (4)  ou  du  galvano-cautère  (.V).  Le  sphacèle  par 
brûlure,  l’emportement  ou  la  contamination  de  tous  les 
téguments  de  la  verge,  les  phlegmons  gangreneux  post¬ 
opératoires  par  infection  primitive  ou  consécutive,  la 
lenteur  de  la  cicatrisation.]' ustifient  la  mauvaise  renom¬ 
mée  de  cette  posthectomie  ischémique  non  sanglante 
sans  instrument  tranchant. 

Indications  et  contre-indications  opératoires. 

A  Ilfmil  respecier  :  i°  le  phimosis  non  compliqué 
des  âges  extrêmes  delà  vie  (Boyer)  ;  ainsi  ceux  des  nou¬ 
veau-nés  oujeunes  enfants,  car  la  difformité  disparaît 
en  général  vers  la  [luberté  quand  le  gland  et  le  pénis 
prennent  un  rapide  accroissement,  dilatant  ainsi  fort 
simplement,  très  progressivement  le  limbe  rétréci,  aussi 
ceux  des  vieillards  car  la  cure  radicale  n’est  plus  ici 
d’utilité  bien  appréciable. 

2“  On  s’abstiendra  également  d’intervenir  chez  les  ca¬ 
chectiques  ou  les  malades  en  mauvais  état  général. 

3“  11  en  sera  de  même  en  cas  de  milieu  épidémique, 
de  pyohémie,  d’érysipèle,  de  pourriture  d’hôpital. 

B.  Il  faut  amputer  :  1“  les  phimosis  compliqués 
d' accidents  urinaires  :  c’est-à-dire  de  lithiase  prépu¬ 
tiale  (6)  ;  de  rétention  d’urine  sous-préputiale,  vésicale, 


(1) .4mussat. —  Posthectomie  par  caustiques  :  Les  caustiques, 
pâle  de  Vienne,  caustique  de  Filhos,  sont  déposés  dans  la  cuvette 
iongue  et  étroite  d’un  porte-caustique  appliqué  lui-méme  à  la  base 
du  gland. 

(2)  CnASSAi(i\AC.  —  Posthectomie  par  écraseur  linéaire  :  Bulletin 
de  la  Société  dechirurgie,  1847.  Le  prépuce  étant  tendu  par  l'inté¬ 
rieur  au  moyen  d’une  pince  à  pansement,  transtixez  le  prépuce  di¬ 
laté,  soit  perdes  aiguilles,  soitp.ar  des  crochets  d’une érigne  diver¬ 
gente  et  étranglez  circulairement  l’organe  en  arrière  du  point  pi¬ 
qué.  Opérez  ensuite  la  section  à  l’écraseur  sur  la  partie  partielle¬ 
ment  pédiculisée.  Ceci  fait,  après  la  chute  des  tissus,  vers  le  2"  ou 
3"  jour,  on  peut  tenter  la  réunion  par  une  suture  à  points  passés. 

^3)  Maisonneuve.  —  Posthectomie  par  le  serre-nœud. 

(4)  Verneuu..  —  Posthectomie  par  te  thermocautère  pour  protéger 
le  gland  contre  les  brûlures,  il  convient  d’insinuer  une  spatule 
entre  le  gland  et  le  prépuce. 

(5)  Daavson.  —  Posthectomie  \niT\e  galvano-cautère  :  France  mé¬ 
dicale,  1813  —  et  Bebkheim  :  A  propos  de  la  circoncision  :  Clinique 
Française,  janvier  1892  —  et  Le  Duc  ^Gaqeite  médicale  de  \antes, 
30  novembre  1901. 

(li)  Lithiase  préputiale:  complication  fréquente  observée  par  J.-L. 
Petit,  lÎBODa;,  Dumeril,  etc.  ;  étudiée  par  Büubdillat  :  Thèse 
de  Paris  1872.  Comme  cas  récents,  j'ujoute  ceu.x  de  Zeli.er  :  Société 
de  médecine  de  Berlin  VS9Q — de  Vii.lard,  Journal  de  médecine  de 
Bordeaux  :  28 janvier  1894  —  de  Alexa.ndre  Louis  (de  Velessa,  Ma¬ 
cédoine),  extraction  de  110  pierres.  JatriLi  Proodox,  1899 —  de  Pe- 
RAIKE  ;  Bulletin  de  la  Société  anatomique, octobre  1901 —  de  Boccas, 
Archives  de  mécecine  et  chirurgie,  Paris  111  121-124,  1901  —  de  E.n 
liLiscii  :  in  Wiener  med.  Presse,'iiet  29  novembre,  6  décembre  1903 
—  de  Vassal  :  Annales  d'hygiène  et  médecine  coloniale  :  avril,  mai, 
juin  1905.  —  Les  calculs  préputiaux  sont  en  nombre  unique  ou  mul¬ 
tiples  (60  Brodie,  110  Alexandre  Louis)  —  en  foidx  variables  depuis 
quelques, centigr.  jusqu’à  225  gr.  (Dumeril)— en  dimensions  va¬ 
riables  depuis  99  mm.  jusqu’à  une  longueur  de  plusieurs  centim. 
(Cas  rapporté  par  Vidal  de  Cassis  :  un  des  60  calculs  observés  par 
Brodie  avait  t-’i  mm.de  long  sur  10  mui.de  large —  de  surface  arron- 


rénale  (1)  ou  d’incontinence  d’urine  (2)  vraie  ou  fajJ 
par  regorgement.  ] 

2”  Les  phimosis  compliqués  à' accidents  génitauJ 
hyperesthésie  génitale  et  inversion  sexuelle,  pe^ 
séminales  (Lallemant)  ;  infécondité  par  rétention  J 
déviation  du  sperme  (3);  gêne  dans  l’érection  et  le  ci* 
balanite,  balanoposthite, fissures, gerçures,eczénia,é  J 
tion, prurigo, suppuration,  ad hérence, tendance  à l’étiJ 
glement  ou  au  paraphimosis  (4),  à  l’éléphantirt 
de  la  verge  (Bouisson). 

3°  Les  phimosis  compliqués  d'accidents  à  distant(\ 
hernie  et  hydrocèle  (5)  fistules  périnéo-scrotales  (6),» 
cidents nerveux  divers, dyspepsie(T)gastralgiepalpitîtliîj 
hypochondrie  accidents  hyslériformesou  épileptiforiJ 
voire  même  de  gêne  de  la  marche  (8)  ou  autres  tronS 
divers(9).En  résumé, la  cure  radicale  s'impose  dans td 
tes  les  complications  précitées  avec  un  certain  caracW 
d’urgence, dont  l’occlusion  complète  du  pertuisprépnd 
constitue  l’indication  la  plus  immédiatement  pressai! 
quel  que  soit  l’àge  ou  l’état  général  du  sujet. 

(1  On  peut,  on  doit  amputer:  1°  le  phimosis noncoJ 
pliqué  des  adultes  et  adolescents,  quand  il  n’a  m 
guéri  spontanément  h  \a  paherté,  et  cela  à  titre  q 
giénique  ou  préventif  de  complications  intlammatoiil 


U  à  facettes  —  de  coloration  blanc  sale  ou  gris  cendré  -I 
connexion  libre  ou  incrustée  dans  le  sac  préputial,  mais  sans^ 
>ucc  solide  — de  x(i-«cfHre  d'acide  urique,  ou  d’urate  d’ammoM 
Il  de  phosphaté  ammoniaco-magnésien  —  de  siège  secoadair« 
préputial  avec  descente  de  l’arbre  urinaire,  ou  primitivementlj 
putial,  nés  sur  place,  autochtones  —  de  manifestation  clinique^ 
eieuse  ou  torpide  (balano-poslhite)  ou  bruyante  (rétention  (f^ 
brusque  par  oblitération  intermittente  du  pertuis 
(1)  Rétention  d'urine  par  phimosis  :  calcul  oblitérant  leperha^ 
Petit)  ;  rétention  d'urine  complète.  Les  2  premiers  cas  onte^ 
gnalés  par  Laüuier  1831  —  puis  Borelli  — Rei.iquet  — HaM-" 
quels  j’ajoute  celui  de  Kehmogaxt-Vassal  :  rétention 
plète  par  calcul  préputial  :  Académie  de  médecine  lûjanvier^ 
Rétention  et  distension  de  tout  l’arbre  urinaire  (cas  de  HaRT-^ 
Pouzat  {Société  de  chirurgie,  1"  mars  1893.) 

!s' de  bOiH 


n  phimosis^ 


pellier  1870  —  Forse  (4  cas)  auxijuels  j’ajoute  les 
Annales  de  la  Policlinique  de  Bordeaux,  janvier  1893 
BERG  :  Incontinence  d’urine  et  des  matières  fécales  :  3/™. 

11  août  1894  —  de  John  W.  S  Cüllough  (de  Altistors,  Onlan 
Med.  Record  6  vol.  46,  n'  10,  p.  :H2  (1  cas)  1894.  ,  , 

(3)  Infécondité  par  phimosis  :  complication  rare.  On 

tre  le  cas  d’un  vieillard, père  de  7  enfants,  malgr 
servé  toute  la  vie.  __ 

(4)  Paraphimosis  :  Complication  très  fréquente  :  on  hjjj] 

curiosité  le  cas  de  Guersant  :  nouveau  marié  qui  eut  un 
mosis  la  nuit  de  ses  noces  ;  et  celui  de  Tillaux,  analogue 
dent  ;  mais  l’accident  survint  avant  la  consommation  du 
complication  peut  être  grave  et  mortelle. Exempte  K.erto-^^^ 
congénitaLgangrènede  la  verge  par  paraphimosis,  .ji: 

liner  Klimsche  Wochsenschrift,  p.  Ü47,  22  mai  1893  —  ïl 
raphimosis  ulcéré  suivi  de  tétanos  foudroyant.  Lyon  ’ 

799-802  1901.  ’  -.it'. 

(5)  Hernie  et  hydrocèle  par  phimosis  ;  Denucé  ■ 
decinc  de  Bordeaux  :  21  octobre  1894.  —  Presnei. 
liernia  hydrocele  und  phimosis  :  Illinois  med.  Bw  ■ 
362-364,  1903-1904.  —  Peraire  :  Phimosis  et  hernies 

17' Congrès  français  de  chirurgie,  17,22  octobre.  Parisl^^  ^ 

(6)  Fistule uréthro-périnéo-scrotale  par  phimosis  ;  Asi- 
médicale  de  Paris,  1898. 

(7)  Accidents  nerveux  du  paraphimosis. Fleury  - 
nombreux  médecins  anglais  et  américains  cités  par 


nombreux  médecins  anglais  et  américains  cites  p-'Ç 
Dictionnaire  Dechambre  et  in  Berger  ;  7  hèse  de  Pari® 
pepsie  (1  cas  cité  par  John  IV.  S.  Cullough.  InMedicf 


pepsie  (1  cas  cité  par  John  B'.  5.  Cullough.  In  Medicf 

(8)  Troubles  de  la  marche  par  phimosis  ;  Denucé  :  vOU  ^ 
decine  de  Bordeaux  :  1"  avril  1894. 

(9)  Troubles  divers  par  phimosis  :  Voir  .Munn  :  ‘‘«‘aP 
phimosis  chez  l’adulte  :  Med.  News,  24  mars  1894.  —  ‘.iÿi. 
blés  causés  par  le  phimosis:  Med.  Record,  30  octobre 
nuET  :  Les  méfaits  du  nliimosis  ;  Centre  médical'. 


QUET  :  Les  méfaits  du  phimosis:  Centre  médical'. 
144-147,  1901.—  Griffith  ;  Du  phimosis,  complicalioa 
med.  Journal,  4  juin  1902. 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


355 


I  nitc  blennorragie,  chancres  mous,  chancres  in- 
j  L  ou'syphilitiques  (  Hutchinson) .  La  muqueuse  en 
““"^^tinisant  au  contact  de  l'air,  après  l’opération,  ac- 
^*rrait  une  immunisation  relative  contre  l’invasion 
faccidents  syphilitiques  ou  gonorrhéiques,  voire  mémo 
ntre  la  cancérisation  tardive  des  gerçures  du  gland 
ïde la  verge  (Hey,  Roux,  etc). 

‘phimosis  blennorragique,  afin  d  éviter  la  re- 
lenlion  stagnante  du  pus  danslecul-de-sac  préputial  i^l). 

3*  Le  phimosis  chancrelleux,  pour  les  mêmes  raisons 
ftpour  éviter  les  lymphangites,  les  adénites  suppurées. 
La  circoncision  serait,  en  l’espèce,  d'une  heureuse  in- 
iluence  dérivative  (Panas) . 

j  4»  Le  phimosis  entretenu  par  un  chancre  syphiliti- 
Lcpour  éviter  également  la  stagnation  du  pus  dans  le 
fépuce,  et  couper  court  à  la  contamination  générale  de 
organisme  par  l'excision  du  foyer  d'inoculation,  con¬ 
duite  justifiée  par  quelques  observations, très  rares  d'ail- 
hrs,  où  la  circoncision  aurait  enrayé  la  maladie . 
'fh^phimosis  diabétique. — Ici  commedans  leséven- 
Blilésqui  précèdent,  l'amputation  préputiale  peut  être 
fcnée  à  bien  grâce  à  un  traitement  antiseptique  préa- 
llc  asssurant  la  réunion  par  première  intention.  En 
as  d’accidents  phlegmoneux  intenses,  on  s'en  tiendra 
•idcbridement  dorsal  complété  ultérieurement  par  l'e.x- 
dsion  secondaire. 


Préambules  opératoires. 


antisepsie  préopératoire  en  matière  de  posthecto- 
Biea  conquis  droit  de  cité  depuis  une  vingtaine  d’années 
«Tiron,  sous  la  forme  d’insufflations  d'iodoforme  en 
foudre  dans  le  sac  préputial  ou  de  lavages  au  sublimé, 
•encore  d’irrigations  boriquées.  Ces  précautions  au¬ 
vent  une  importance  considérable,  surtout  dans  les 
«imosis  enflammés.  Grâce  à  cette  désinfection,  on  ob- 
•ndrait,  dit-on,  la  guérison  par  première  intention 
Wec  un  aussi  bon  résultat  qu'en  cas  de  phimosis  non  in- 
plé.  C'est  à  l’antisepsie  que  la  posthectomie  doit 
lïoirvu  s’étendre  le  champ  de  ses  indications. 

“•  Quant  à  \ anesthésie,  elle  est  admise  aussi  depuis 
j!®8dune  moitié  de  siècle.  Auparavant  on  conseillait 
•locvite,  très  vite.  A  ce  propos, on  imagina  la  circon- 
^on  enun  temps, d'un  seul  coup, véritable  manœuvre 
jguillotlne,  dont  les  admirateurs  sont  encore  nom - 
iixàlbeure  présente  (2).  Puis  l’anesthésie  générale 
J  P*’éconi.sée,d  U  moins  chez  l’enfant, d’autant  qu’elle 
longtemps  (3).  Mais  bientôt  l’anesthésie  lo- 
ïj,,  ]  la  majorité  des  suffrages,  successivement 
d’applications  de  glace  (-1),  de  pulvérisa- 
(5),  de  pulvérisations  de  chlorure  de  mé¬ 


I  A-  chancre  mon  :  |)ratiqiiée  et 

Gaillkton. Celui-ci  sur  .50  cire 
conditions  enseigne  que  la  guérison  n'a  pas  e.xigé 

***^|)eM  Aniikr  dans  tousles  cas.— 

'**ïécnii^'  '’*’^  'd837jeslime  que  son  procédé  de  circoncision  peut 
l’enfant. 

kl?®*- EnT  •  t'CEnSA.NT  l  a  recommandée  chez 

J^etlej,  de  chloroformisation,  l’application  des  serre- 

*(!;  ■  D’aill"*®™®"^  P’'"*’®  seraient,  dit-il,  à  peu  près  impos- 

d'ij  dit  Hocissos,  la  chloroformisation  a  d’autant 

P*'fgiens, qu’elte  dure  ici  peu  de  temps.  Quelques 
i  la  préfèrent  encore  :  ainsi  que  M.  Guiard,1897. 

-,  '*che7  Sai.nt-Gkrmain  utilisaiteette  manière 

enfant. 

^’ttne  pif  E'*'’  pulvérisation  d'éth  :r  :  Lanolerert  entourait  la 
[*la*‘’l‘«rep  .“•Pj'fsse  et  versait  l’éther  goutte  à  goutte  sur  la  sur- 
!>k,***®fllei’  A  k*  *1**  aide  dirigeait  sur  le  même  point  le  vent 
**''ùon  ig  de  2  à  8  minutes,’lorsqu’on  a  usé  .50  gr.  d’è- 

Peau  du  prépuce  a  perdu  sa  sensihilité.  D’autres 


thyle  (1),  de  badigeonnage,  du  gland  à  l’aide  d’une  so¬ 
lution  de  cocaïne  déposée  dans  la  rainure  balano-prépu¬ 
tiale  (2), enfin  et  surtout  d’injections  de  cocaïne  ou  de  ses 
homologues  réparties  par  piqûres  et  traînées  de  la  ligne 
d’amputation  (3). 

Pi‘océ(lé.s  opératoires  de  la  1’'  méthode. 

Posthectomie  cutanéo-muqueuse  subtotale  : 

R.xvaïon,  1770. 

Les  procédés  de  la  première  méthode  amputent  quasi 
totalement  le  prépuce,  à  partir  du  sillon  balano-prépu¬ 
tial,  sur  une  étendue  sensiblement  égale  de  ses  deux 
feuillets,  le  cutané  et  le  muqueux,  avec  section  ou  exci¬ 
sion  du  frein  quand  il  est  trop  court.  Cette  exérèse 
s’exécute  soit  à  main  levée, soit  au  contraire  après  fixa¬ 
tion  préliminaire  par  une  pince  spéciale  des  deux  mem¬ 
branes  internes  et  externes  ainsi  maintenues  au  même 
niveau. 

Amputation  à  main  levée. 

Procédé  de  Raoaton:  L'opération  comprend  3  temps 
Mettez  d’égalité  le  prépuce,  relevez  la  verge  de  la 
main  gauche,  glissez  à  plat  vers  la  partie  supérieure, 
entre  le  prépuce  et  le  gland,  la  lame  mousse  d'un  ci¬ 
seau  bien  tranchant,  que  vous  redressez  ensuite  verti¬ 
calement  ;  ceci  fait  ; 

l"'’  Temps  ;  Par  une  section  dorsale,  d’un  seul  coup, 
fendez  ces  tissus  jusqu’à  la  couronne,  ainsi  l’anneau 
préputial  s’élargit  subitement  en  présentant  deux  lam¬ 
beaux  latéraux  flottants.  . 

IP  Temps  :  D'un  deuxième  coup  de  ciseaux,  vous 
détachezle  lambeau  de  droite  (ou  celui  de  gauche)  par 
une  section  hémi-circulaire  oblique,  préjacente  et  pa¬ 
rallèle  à  la  base  du  sillon  balano-préputial,  prolongée 
en  bas  le  long  du  filet,  qu’elle  suit  jusqu’à  son  som¬ 
met. 

HP  Temps  :  D'un  troisième  coup  de  ciseaux,  vous 
enlevez  par  une  même  section  hémi-circulaire  oblique, 
symétrique  à  la  première,  le  lambeau  gauche  et  avec  lui 
le  filet  suivant  sa  longueur.  Mais  l’on  préfère  engénéral, 
à  l’exemple  de  Royer  (4),  arrêter  les  deux  sections  laté¬ 
rales  avant  la  rencontre  du  frein  afin  d'éviter  toute 
hémorragie  de  ce  côté,  en  respectant  intégralement  ce 
frein,  dont  la  brièvété  n’est  qu'excefitionnellement  gê¬ 
nante.  S’il  y  a  des  adhérences  préputiales,  elles  sont 
débridées  chemin  faisant  à  l’aide  d’une  sonde  cannelée 
ou  du  manche  d’un  scalpai,  ou  mieux  on  les  dissèque 
à  la  pince. 

Comme  complément,  après  ligature  hémostatique 
des  vaisseaux  qui  saignent,  il  est  bien  de  suturer  les  lè¬ 
vres  incisées.  Cette  suture  fut  pour  la  première  fois  mise 
en  pratique  par  Hawkins  (de  Londres)  sous  la  forme  de 


préfèronldirigcrle  jvl  d’un  pulvérisateur  Itichardoii  A-ers  l’inlé- 
rieiinlu  sac  préputial,  car  le  contact  du  li(|uide  en  nature  avec  la 
muqueuse  cause  parfois  de  AUA-es  douleurs. 

(1)  Anesthésie  au  chlorure  de  méthyle  :  Mathieu,  article  Phimosis 
de  Dictionnaire  Dechambre,  fait  remarquer  que  le  chlorure  de  mé¬ 
thyle  pourrait  être  avantageusement  substitué  à  l'éther  pour  la  con¬ 
gélation.  Ses  effets  de  refroidisseiuent,  de  décoloration  de  lu  peau, 
et  d’insensibilité  sont  rapides  et  persistent  suflisamment. 

(i)  Anesthésie  par  badigeonnage  à  la  cocaïne  :  Mathiei:  rappelle 
qu’elle  donne  une  anesthésie  sufflsante  au  titre  de  1  p.  10. 

(3)  Anesthésie  par  injection  de  cocaïne  et  ses  analogues  :  RecI-US  l’a 
préconisée  et  parfaitement  réglementée.  La  plupart  des  auteurs 
(Blanchard,  etc.),  la  recommandent. 

(4)  Bover,  18’25,  ne  pftitiqnait  ce  mode  de  cireonrision  (|u’en  cas 
de  prépuce  exubérant  et  de  pourtour  duret  écailleux. 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


357 


,^glg0ient  le  point  teilninal  des  sections  latérales, 
jnais  en  contournant  le  frein.  Ainsi  se  trouve  détaché  le 
lambeau  inférieur.  Terminer  par  serre-fines  du  modèle 
de  l’auteur. 

Brault,  1898,  procède  différemment  à  la  posthecto¬ 
mie  en  4  temps  :  11  exécute  1°  une  excision  oblique 
en  bas  du  fourreau  préputial  exubérant.  11' une  taille 
médiane  antéro-postérieure  du  dos  prépuce.  WWex- 
cision  du  seul  lambeau  droit.  IV'  L'excision  du  seul 
lambeau  gauche,  il  termine  par  une  suture. 

{A  suivre). 


NARCYL  GRÉMY  médicament  spécifi¬ 
que  de  latoux,  spécialement  de  la  toux  des  tu¬ 
berculeux. 


BULLETIN  DU  PROGRÈS  MÉDICAL 

Le  congrès  pour  la  répression  de  l'exercice  illégal 
de  la  médecine. 

On  douta  un  instant  de  son  succès.  Et  même,  avant 
de  naître,  il  eut  parfois  une  mauvaise  presse.  Les 
uns  en  firent  aussitôt  une  manifestation  égoïste  de 
morticoles  besogneux  et  envieux.  D'autres,  enfour¬ 
chant  la  rossinante  efflanquée  d’un  faux  libéralisme, 
partirent  en  guerre  pour  la  défense  des  fameux  droits 
de  l'homme,  si  diversement  interprétés  selon  qu’ils 
gênent  ou  favorisent  de  petits  intérêts  ou  de  vieilles 
habitudes. 

.\vec  une  documentation  plus  précise,  quelques 
journaux  sérieux  auraient  pu  éviter  à  leurs  lecteurs 
les  lignes  inutiles  et  substituer  à  quelques  articles  ridi- 
eules  et  d’une  inspiration  bizarre  la  simple  vérité.  Ils 
enraient  pu  dire,  par  exemple,  que  le  congrès  pour  la 
répression  de  l’exercice  illégal  de  la  médecine  n'avait 
J"  but  :  protéger  la  naïveté  des  malades  contre 
jfs  escroqueries  de  plus  en  plus  impudentes  du  char-  ' 
Planisme  moderne. 

Cest  que,  diplômés  ou  non,  les  charlatans,  à  notre 
®Poque,  deviennent  un  véritable  fléau.  Ils  savent  se 
®®'ivrir  du  masque  de  la  science,  exploiter  ses  doctri- 
transformer  ses  découvertes  selon  leurs  besoins, 
généraliser  à  la  hâte  pour  en  tirer  un  bénéfice 
®niédial.  Avec  de  l’argent,  ils  s’assurent  dans  la 

sse  uQe  large  publicité  ;  ils  obtiennent  même,  en  y 
antleprix,des  articles  de  première  page  signés  d’un 
^arisateur  apprécié  ou  d’un  pseudonyme  à  appa- 

scientifiques. 

‘  ces  complicités  que  nous  voulons  bien  croire 
car  il  nous  répugnerait  de  les  juger 
Oes  ils  battent  monnaie  sur  les  misères  humai- 

^®®demain  du  Congrès  de  la  tuberculose,  un 
4oiia^T®°*^bre  de  feuilles  à  grand  tirage  nous  ont 
Si  çg  Wsles  exemples  de  ces  vastes  exploitations, 
toûf  qu’affaire  d’argent,  nous,  trouverions  le 

ieserg  ^  et  nous  pardonnerions  à  l’ingéniosité »de 
raison  de  la  leçon  qu’en  pourraient  retirer 
dupes  ;  mais,  à  côté  de  l’argent  volé,  il  y  a  la 


santé  et  la  vie  compromises.  Nous  savons  parfaitement 
qu’au  nombre  des  victimes  sont  des  imbéciles  médio¬ 
crement  intéressants  qui  aiment  à  être  volés,  comme  la 
femme  de  Sganarelle  aimait  à  être  battue  ;  mais  aussi 
parmi  ces  victimes,  combien  de  malades  de  bonne  foi, 
de  désespérés,  de  pauvres  enfants  livrés  sans  défense 
au  hasard  dé  toutes  les  manœuvres  dangereuses  et  de 
toutes  les  drogues  nuisibles.  Ce  sont  ceux-là  que  l’Etat 
a  le  devoir  de  protéger,  ce  sont  ceux-là  que  les  méde¬ 
cins  ont  le  droit  de  défendre  ;  aussi  les  syndicats 
médicaux,  en  instituant  le  Congrès  pour  la  répression 
de  l’Exercice  illégal  de  la  médecine,  n’ont-ils  guère  fait 
autre  chose  que  suivre  l’exemple  des  fondateurs  de  la 
Société  protectrice  des  animaux  en  facilitant  l’applica¬ 
tion  et  l’extension  de  la  loi  Gramont. 

I.e  Congrès  a  été  remarquablement  dirigé  par  M.  le 
D'  Gairal.  Le  Prof.  Brouardel,  qui  avait  pris  la  part  la 
plus  active  à  son  organisation,  malgré  l’état  de  sa 
santé  que  nous  espérons  voir  rétablie  avant  peu,  avait 
•tenu  à  assister  à  la  séance  d’ouverture.  Il  avait  voulu 
marquer  ainsi  tout  le  prix  qu’il  attachait  à  cette 
assemblée  et  à  ses  travaux.  Nombre  de  personnages 
officiels  éminents  de  France  et  de  l’Etranger,  que  nous 
n’énumèrerons  pas  de  peur  de  commettre  trop  d’oublis, 
étaient  venus  spontanément  ou  délégués  par  les 
Ministères  de  l’Intérieur,  de  la  Justice  et  de  l’Instruc¬ 
tion  publique.  Les  magistrats,  les  avocats,  coudoyaient 
les  médecins.  M.  le  Préfet  de  Police  avait  tout  spécia¬ 
lement  désigné  pour  le  représenter  M.  Honorât  et  ce 
n’est  pas  sans  satisfaction  que  nous  avo^is  vu  ce  jeune 
et  distingué  fonctionnaire  prendre  une  part  très  active 
aux  discussions,  assurer  le  Congrès  de  tout  l'intérêt 
que  la  Préfecture  de  Police  portait  à  la  répression  de 
l’exercice  illégal  de  la  ûiédecine  et  faire  l’éloge  du 
Secrétaire  général,  M.  le  D'  Levassort,  qui,  chargé  par 
le  Syndicat  des  médecins  de  la  Seine,  de  la  pénible 
tâche  des  poursuites  à  intenter  aux  charlatans,  s’en 
acquitte  avec  un  dévouement,  une  habileté  et  nn  con- 
rage  dont  on  ne  saurait  trop  lui  être  reconnaissant. 

M.  le  D'  Levassort  a  été,  en  effet,  l’âme  du  Congrès. 
Bornons-nous  à  constater  pour  bien  montrer  son  mérite 
et  celui  du  président,  M.  Gairal,  que  tous  les  rapports 
ont  été  discutés  en  temps  utile,  que  tous  les  vœux  ont 
été  sonmis  au  vote  avec  leurs  amendements,  que,  sans 
dédonblement  de  séances,  sans  séances  supplémentai¬ 
res,  le  programme  prévn  a  été  intégralement  rempli. 

Pour  ceux  qui  ont  quelque  peu  la  pratique  des  con¬ 
grès,  qui  savent  que  l’ordre  et  la  régularité  n’en  sont 
gnère  les  lois  respectées,  pour  ceux  qui,  au  grand  Con¬ 
grès  de  la  Tuberculose,  ont  pu  juger  jusqu’où  peuvent 
être  portés  l’incohérence  et  l’anarchie  dans  ces  assises 
prétendues  scientifiques,  la  constatation  que  nous 
venons  de  faire  est  pins  qu’un  éloge. 

Le  Congrès  pour  la  répression  de  l’exercice  illégal 
de  la  médecine  pourra  à  l’avenir  servir  d’exemple  aux 
réunions  de  ce  genre. 

Nous  ne  ferons  pas  le  compte  rendu  des  séances,  elles 
ont  été  trop  bien  remplies  ;  nous  nous  bornerons  à 
quelques  réflexions  d’ordre  général  qu’elles  nous  ont 
inspirées. 

Le  Congrès  a  réuni  médecins,  dentistes,  sage-fem- 


358 


!,K  PROGRÈS  MEDICAL 


mes.  Nous  ne  parlons  pas  des  magistrats  et  des  avocats 
venus  plutôt  au  titre  de  conseillers  que  d’adhérents. 
Pendant  la  période  d’organisation,  on  a  longtemps  hé¬ 
sité  avant  d'accepter  les  dentistes  et  les  sage-femmes. 
Nous  nous  souvenons  avoir  été  quelque  peu  malmené , 
avec  les  partisans  de  la  porte  ouverte,  par  les  exclusi- 
vistes  à  l’horizon  plus  borné  et  aux  vues  plus  étroites. 
Nous  croyons  que  nous  serions  difficilement  parvenus 
à  faire  adopter  notre  manière  de  voir  sans  l’interven¬ 
tion  de  M.  Brouardel  qui,  après  avoir  fait  remarquer 
qu'un  des  buts  principaux  du  Congrès  était  l'étude  de 
la  loi  de  1892,  a  montré  qu’il  était  difficile  d’exclure 
de  la  discussion  les  dentistes  et  les  sage-femmes  que 
cette  loi  intéressait  autant  que  les  médecins.  Les  den¬ 
tistes  et  les  sage-femmes  sont  venus  en  nombre  au 
Congrès.  Leur  attitude,  même  lorsqu'on  a  critiqué  la 
conduite  de  certains  membres  de  leur  profession,  a  été 
toujours  des  plus  correctes  et  des  plus  dignes.  L’inter¬ 
vention  fréquente  de  M.  Bonnard  au  cours  des  discus¬ 
sions  a  montré  aux  médecins  qu’il  ne  fallait  pas  consi¬ 
dérer  les  syndicats  de  dentistes  comme  des  quantités 
négligeables,  que  peut-être  même,  au  point  de  vue  de 
la  solidarité  et  de  la  défense  professionnelle,  il  y  aurait 
quelques  bonnes  leçons  à  prendre  chez  eux. 

Le  rapport  de  M”'  F.  Bourgeois,  sur  la  condition 
actuelle  de  la  sage-femme,  ses  devoirs  et  ses  droits,  et 
les  modifications  à  apporter  à  la  loi  et  à  ï enseignement, 
a  été  un  modèle  de  tact,  de  mesure,  de  bon  sens,  unani¬ 
mement  apprécié.  Dans  la  Commission  permanente 
qui  est  appelée  à  continuer  l’œuvre  du  Congrès,  les 
dentistes  et  les  sages-femmes  sont  représentés,  et,  pour 
notre  compte,  nous  applaudissons  de  tout  cœur  à  leur 
collaboration  qui  ne  saurait  que  nous  être  utile. 

Un  secondpointque  le  Congrès  a  bien  mis  en  lumière, 
c’est  que  le  médecin  ne  peut  actuellement  agir  sans  se 
grouper  sous  la  forme  syndicale.  Dans  ces  séances  où 
assistaient  des  médecins  non  syndiqués,  les  avocats, 
les  magistrats,  les  fonctionnaires,  ne  parlaient  que  de 
l’action  des  syndicats  médicaux.  Ils  paraissaient  ne  pas 
pouvoir  concevoir  la  moindre  tentative  collective  sé¬ 
rieuse  de  la  part  des  médecins  sans  l'organisme  indis¬ 
pensable  du  Syndicat. 

Quelques  constatations  pénibles  ont  été  faites,  cons¬ 
tatations  qui  n'ont  pas  été  des  révélations  pour  la 
plupart  d’entre  nous.  La  plus  importante  est  que  le 
médecin  est  un  des  plus  zélés  propagateurs  de  l'exercice 
illégal  de  la  médecine,  soit  parce  qu'il  crée  à  ses  côtés 
des  professions  para-médicales,  que  des  confrères  moins 
fortunés  ou  plus  jeunes  assureraient  volontiers,  soit 
parce  que  trop  souvent  il  néglige  de  s'instruire  suffi¬ 
samment  sur  l’application  pratique  de  certaines  spé¬ 
cialités  qu’il  dédaigne.  Enfin  plusieurs  rapports  ont 
mis  en  lumière  l’insuffisance  manifeste, au  point  de  vue 
pratique, de  l’enseignement  officiel  et  l’auteur  du  pre¬ 
mier  rapport,  M.  le  D'  Léon  Pouliot,  a  eu  le  courage 
de  dire  qu'une  des  causes  du  succès  de  certains  rebou¬ 
teurs,  était  l’ignorance  de  quelques  médecins,  igno¬ 
rance  dont  les  Facultés  de  médecine  étaient  indiscu¬ 
tablement  responsables.  Et  M.le  D'  Pouliot  a  fait  adop¬ 
ter  le  vœu  : 

«  Que  les  étudiants  en  médecine  soient  initiés  d’une  ma¬ 


nière  vraiment  pratique  au  traitement  dès  affections  trauBa- 
tique  des  membres,  les  plus  courantes.  » 

Nous  limiterons  là  ces  réflexions  toutes  personnelles 
sur  le  Congrès  de  l’Exercice  illégal  de  la  médecine  - 
nous  nous  permettrons  de  terminer  par  une  critique 
car  tout  le  monde  sait  que  rien  n’est  parfait  ici-bas. 
Les  rapports  et  les  communications  étaient  trop  nom¬ 
breux  ;  on  s'est  un  peu  trop  perdu  dans  le  détail  de  la 
casuistique  ;  il  eût  été  peut-être  préférable  de  grouper- 
plus  étroitement  certaines  professions  où  l’exercice  U- 
légal  de  la  médecine  fleurit  d’une  façon  banale;  Ces- 
professions  méritaient  peut-être  quelques  lignes  d’un 
rapport  mais  certainement  pas  un  rapport  spécial  avec 
vœ'ux  et  discussion  à  la  suite.  Heureusement  que;  dans 
une  des  dernières  séances,  l’examen  critique  dé  la  loi 
du  30  novembre  1892  et  l’étude  des  modifications  à  y 
apporter,  objet  d’un  remarquable  rapport  de  M.\I. 
Prieur  frères,  l'un  médecin  et  journaliste  distingué, 
l’autre  avocat  éloquent  et  érudit,  sont  venus  faire  la- 
synthèse  de  tous  les  travaux  et  donner  lieu  à  une  dis¬ 
cussion  générale,  véritable  conclusion  pratique  du  Con¬ 
grès. 

Ces  modifications  à  la  loi  de  l’exercice  de  la  médecine 
bien  conçues,  longuement  discutées,  et  parfois  amen¬ 
dées,  que  nous  publierons  dès  que  le  texte  officielnous- 
en  aura  été  transmis,  serviront,  nous  l’espérons,  de- 
cadre,  dans  un  avenir  pas  trop  éloigné^  à  une  loi  nou¬ 
velle  sur  l’exercice  de  la  médecine,  qui,,  en  protégeant 
le  malade  contre  l’exploitation  éhontée  des  charlatans, 
facilitera  aux  médecins  honnêtes  leur  tâche  de  plus  em 
plus  utile  et  féconde. 

J;  Noir. 


Un  cas  d’infection  rabique  transmis  par  un  coup  de 
griffe  d’un  jeune  chien  non  maladè,  mais  léché  par 
une  mère  en  puissance  de  cette  affection. 

Dans  une  des  dernières  séances  de  fa  Société  de  bio¬ 
logie,  notre  confrère  Remlinger  a  communiqué  deux  cas 
personnels  d’infection  rabique  par  de  simples  coups  de 
griffe.  A  l’appui  de  ce  mode  de  contagion,  qui  parait 
assez  rare,  puisque  notre  confrère  dit  n’en  connaître 
que  trois  cas,  je  puis  citer  un  fait  personnel,  intéressât 
tant  au  point  de  vue  de  l’inoculation  que  de  la  rapidité 
des  phénomènes  d’infection. 

En  1887,  étant  médecin-chef  de  l’hôpital  d’Hàïpho*‘c 
(Tonkin),  je  fus  prié  par  le  médecin  de  la  colonisation 
de  voir  un  jeune  homme  de  L")  à  16  ans  atteint,  disai  ' 

il,  «  de  mal  de  gorge  ».  Mis  en  présence  du  malade, F 

fus  d’abord  frappé  par  1  éclat  du  regard  et  du  fae"^’ 
(yeux  brillants, faciès  d’excitation),  en  l’absence  detoo 
phénomènefébrile.  Quand  je  voulus  examiner  la  goi?*' 
ce  malade,  à  l’aspect  de  la  cuillère,,  eut  un 
.d’appréhension  insolite  et  de  spasme  manifeste.  3 
çus  en  même  temps  au  coin  de  la  narine  une  légn(“ 
cicatrice  d’éraflure.  Mis  en  éveil  par  tous  ces  sign®®’.! 
demandai  aux  parents  la  provenance  de  cette  leg® 
lésion.  On  me  répondit,  sans  y  attacher,  d'importao  > 
que,3  semaines  environ  auparavant,. en  jouant 
petit  chien, le  jeune  hommeavaitété  griffé  au  visage-  ^ 
chien  était  le  2‘'  d’une  portée  qu’allaitait  la  mère, 
beaucoup  de  prudence  j’insistai  sari  l’interrogato*''® 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


359 


.,  pj.js  que  la  mère  avait  été  abattue  quelque  temps 
aorèsà  causede  sa  méchanceté  et  de  son  état  maladif 
(on  ne  prononçait  pas  le  mot  de  rage),  et  que  les  pe¬ 
tits  étaient  ensuite  morts.  Sûr  de  mon  diagnostic,  per¬ 
suadé  qu’en  léchant  ses  petits,  la  mère  avait  dû  dépo¬ 
ser  sur  leurs  griffes  des  germes  rabiques,  je  ne  dissi¬ 
mulai  pas  aux  parents  mes  inquiétudes.  Elles  ne  tar¬ 
dèrent  pas  à  être  justifiées.  Le  soir  meme  ou  lesurlen- 
:demain  (mes  souvenirs  sur  les  dates  depuis  cette  épo- 
.que  ne  sont  plus  précis),  des  symptômes  de  rage  bien 
•confirmée éclatèrent  chez  le  jeune  homme,  affectant 
surloüt  une  forme  délirante.  Il  succomba  au  bout  de 
2  ou  3 jours. 

Ce  fait  vient  à  l’appui  de  la  possibilité  d’une  conta¬ 
mination  par  de  jeunes  chiens  non  atteints  de  rage, 
mais  allaités  et  léchés  par  une  mère  malade. Tl  confirme 
également  ce  qui  a  été  écrit  au  sujet  de  la  forme 
.de  la  maladie  et  de  la  rapidité  de  l’infection  (3  semai¬ 
nes  au  plus  dans  le  cas  actuel),  quand  l’inoculation  a 
lieu  à  la  face.  Je  crois  donc  utile  de  le  joindre  à  ceux 
irelatés  par  notre  confrère  à  la  Société  de  biologie. 

A.  Demmler. 

Correspondant  de  la  Société  de  Chirurgie. 


CAPSULES  de  BROMIPINE-MERCK  ;  2  repr.  1  gr.  KBr 

beaucoup  mieu.x  supportées  que  les  bromures  alcalins  ; 
BROIfliFiNE  à  33  “/o  pour  lavements  ;  ÉPILEPSIE. 


SOCIÉTÉS  SAVANTES 

SOCIÉTÉ  DE  BIOLOGIE. 

Séance  du  19  mai  1906. 

Emploi  thérapeutique  du  rumex  crispus. 

MM.  Gilbert  et  Lereboullet.  —  Le  rumex  crispus  contient 
'beaucoup  de  fer  ;  ses  racines  jouissent  de  la  propriété  de  fixer 
le  fer  du  sol,  et  il  se  transforme  en  fer  dans  la  plante  à  l’état 
de  combinaison  lâche  et  s’accumule  en  quantité  dans  la 
racine  au  niveau  du  cambium.  En  l’arrosant  régulièrement 
avec  du  carbonate  de  fer,  on  peut  augmenter  la  richesse  en 
ter  de  la  plante.  AI.  Saget  a  obtenu  après  culture,  que  la 
teneur  en  fer  des  feuilles  et  des  tiges  dépasse  28  milligrammes 
par  100  gr.  de  substance  sèche,  et  pour  la  racine  75  à  447  milli- 
grammes.  Enfin,  traité  intensivement,  il  a  pu  amener  cette 
^|ne  à  contenir  1  gr.  50  de  fer  pour  100  grammes.  Cette 
racme  pulvérisée  a  été  employée  par  MM.  Gilbert  et  Lereboul- 
*t,ajoutée  à  la  ration  alimentaire  quotidienne  (là  3  grammes) 
a  donné  dans  les  chloro-anémies,  surtout  dans  les  tuber- 
loses,  une  amélioration  de  l'état  général,  en  même  temps 
^6  des  modifications  hématologiques. 

^Syluhnation  du  gonocoque  et  du  méningocoque  de  Weichsel- 
baum  par  leséru  n  gonococcique. 

^.“U'^kner  et  Cristeanu  (de  Bucharest)  ont  vu  que  le 
bire^d  ^  cheval  ayant  reçu  des  injections  répétées  de  cul- 
an  gonocoque  agglutine  ensuite  ce  microbe  en  une  heure 
l/2()o)J',‘^®h_100  ;en  douze  heures,  à  370,  au  taux  de  1/750.  A 
te  ,•  microscope  montre  encore  une  forte  agglutination, 
dn  _ .  \®sdrum  agglutine  trois  cultures,  d’origine  différente 
®ningoccK(ue  de  Weichselbaum. 

^  Ration  de  l’homme  adulte  en  calories. 

^  deV  rappelle  ses  travaux  :  L  sur  la  valeur  en  calo- 
dedép^®  moyenne  d’entretien  ;  2“  sur  les  variations 

tempg  de  l’organisme  sous  l’influence  des  variations  de 
desaitit*  ambiante,  dépendant  des  saisons,  des  climats 
’^des.  Ces  résultats  de  calorimétric  indirecte  coïnci¬ 


dent  avec  les  résultats  de  calorimétric  directe  de  M.  Lefèvre. 

Il  conclut  :  !  “  dans  les  régions  tempérées,  pendant  les  sai¬ 
sons  intermédiaires, la  ration  d’entretien  demandée  par  l’hom¬ 
me  adulte  de  65  kg.  ne  dépasse  pas  2.400  calories.  2°  Cette  dé¬ 
pense  est,  en  été.  inférieure  d’un  sixième,  et  en  hiver,  supé¬ 
rieure  de  la  même  quantité. 

Ces  résultats  subissent  les  mêmes  variations  suivant  le  cli¬ 
mat. 

Colloïdes  de  la  bile. 

M.  IscovEsco  montre  que  la  bile  débarrassée  de  la  mucine 
ne  contient  que  des  colloïdes  négatifs. 

Aciion  précoce  du  chloroforme  sur  le  parenchyme  hépatique. 

M.  Noël  Fiessinger  a  fait  des  expériences  avec  le  chloro¬ 
forme  ;  il  a  étudié  le  foie,  après  inhalations,  injections  intra- 
portales  et  injections  sous- cutanées.  Le  chloroforme  présente 
une  action  des  plus  toxiques  sur  le  foie  s’il  est  employé  à 
dose  suffisante.  Les  lésions  apparaissent  d’une  demi-heure  à 
une  heure  après  injection  intra-portale  et  ne  se  retrouvent 
pas  après  inhalations.  Les  lésions  débutent  dans  les  zones 
périportales  et  consistent  en  nécrose  de  coagulation  avec  dé¬ 
générescence  graisseuse. 

Au  centre  sus-hépatique, le  lobule  malade  paraît  se  régéné¬ 
rer  ;  il  y  a  abondance  de  karyokinèse  et  de  cellules  jaunes. 

_  E.  1>. 


.ACADÉMIE  DE  MÉDECINE 
Séance  du  5  mai. 

La  tuberculose. 

M.  Netter,  au  nom  de  la  commission  chargée  d'étudier  la 
prophylaxie  de  la  tuberculose  propose  les  vœux  suivants  : 

A. —  Statislinuc.—  La  statistique  des  causes  de  décès  n'offre 
des  garanties  d’une  réelle  sincérité  que  si  les  déclarations 
sont  faites  par  le  médecin  traitant.  Elles  ne  peuvent  lui  être 
imposées  que  si  des  mesures  suffisantes  sont  prises  pour  assu¬ 
rer  d'une  façon  absolue  le  respect  du  secret  médical. 

Etant  donnés  les  engagements  internationaux,  il  convient 
d’attendre  la  réunion  de  la  prochaine  conférence,  en  1910, 
pour  reviser  la  nomenclature  et  le  groupement  des  causes  de 
décès. 

Les  statistiques  devront  tenir  compte,  autant  que  possible, 
de  l’élément  étiologique. 

B.  —  Déclaration  des  maladies  transmissibles.  — L'Académ'ie 
émet  le  vœu  que  la  déclaration  des  maladies  transmissibles 
soit  obligatoire  pour  le  chef  de  famille,  le  logeur,  le  chef 
d’établissement,  au  même  titre  que  pour  le  médecin  traitant. 
Cette  obligation  existe  dans  les  pays  étrangers. 

C.  —  Lutte  contre  la  tuberculose.  —  Le  médecin,  appelé  à 
donner  ses  soins  à  un  tuberculeux,  prendra  l'initiative  des 
mesures  de  prophylaxie  nécessaires.  Il  indiquera  à  l’entou¬ 
rage  du  malade  et  au  malade,  s'il  y  a  lieu,  les  meilleurs 
moyens  à  opposer  à  la  contagion. 

En  usant  du  droit  qui  leur  est  conféré,  par  le  décret  du  10 
février  1903,  de  déclarer  les  cas  de  tuberculose,  le  médecin 
traitant,  les  familles  et  les  chefs  de  collectivité  ont  le  moyen 
de  provoquer  la  désinfection  des  locaux  habités  par  un  tu¬ 
berculeux.  Cette  désinfection  est  particulièrement  nécessaire 
en  cas  de  décès  ou  de  changement  de  domicile. 

L’évolution  de  la  tuberculose  est  si  différente  de  celle  des 
autres  maladies  transmissibles,  qu’on  ne  saurait,  pour  com¬ 
battre  cette  maladie,  se  contenter  des  mesures  édictées  parla 
loi  du  15  février  19l2.  L’Académie  estime  qu’ilconvient  d’or¬ 
ganiser  cette  lutte  par  une  loi  spéciale.  Cette  loi  devra  envi¬ 
sager,  non  seulement  la  transmissibilité,  mais  aussi  les  autres 
facteurs  étiologiques,  notamment  1  insalubrité  des  locaux  et 
l’alcoolisme. 

D.  —  Désinfection.  — L’.Académie de  médecine,  se  référant 
à  son  votedu20  juin  1905,  appelle  instamment  l’attention  des 
pouvoirs  publics  sur  la  nécessité  de  flaire  fonctionner,  le  plus 
tôt  possible,  les  services  de  désinfection  prévus  par  la  loi  du 
10  février  1902. 

E.  —  Déclaration  obligatoire  de  la  comieluche.  —  L’.Académie 
demande  que  la  coqueluche  soit,  dès  a  présent,  classée  parmi 
les  maladies  dont  la  déclaration  est  obligatoire. 


360 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


M.  Grancher  insiste,  avec  son  autorité  ordinaire,  sur  l’impor¬ 
tance  de  la  contagion  familiale.  11  montre  qu’il  faut  à  tout 
prix  pour  faire  de  la  prophylaxie  utile,  éclairer  tout  le  monde 
dans  la  famille,  malade  ou  entourage,  sur  le  péril  commun. 
11  demande  de  voter  le  principe  consacrant  cette  franchise  du 
médecin  traitant  envers  tous .  Dans  la  pratique,  les  médecins 
sauront  s’inspirer  à  la  fois  de  leur  conscience  et  de  leur  dé¬ 
vouement  ;  il  demande  donc  que  le  1"  paragraphe  de  l’article 

C,  LUTTE  CONTRE  LA  TUBERCULOSE  SOit  aiusi  modifié  ! 

«  Le  médecin  traitant  indiquera  au  malade  et  à  son  entou¬ 
rage  les  mesures  à  prendre  pour  prévenir  la  contagion.  » 

Cette  modification  est  votée. 

Nécessité  de  la  collaboration  des  médecins  à  la  réforme  du  Code 
civil. 

M.  Lacassagne  montre  que  les  commissions  pour  la  réfor¬ 
me  du  code  civil  et  du  mariage  renferment  des  juristes,  des 
littérateurs  mais  sont  fermées  aux  médecins.  Seule  pourtant, 
la  compétence  du  médecin  trancherait  utilement  de  nom¬ 
breuses  questions  ;  durée  de  la  grossesse,  déclaration  des 
naissances  ou  des  décès,  délits,  quasi-délits,  etc.  Toutes  ces 
question  si  importantes  pourraientêtre  étudiées  par  unecom- 
mission  spéciale  que  nommerait TAcadémie. 

La  lyphlocolifc. 

M.  Cornu,  montre  que  des  appendicites  graves  peuventètre 
invisibles  à  l'œil  nu  et  ne  se  révéler  qu  histologiquement.  En¬ 
tre  la  simple  infiainmation  de  la  muqueuse  et  les  lésions  gra¬ 
ves  envahissant  les  lymphatiques  et  le  péritoine  on  trouve 
comme  formes  aiguës,  tous  les  intermédiaires.  De  même, 
l’appendicite  chronique  variedepuis  de  légères  cicatrices  jus¬ 
qu  à  la  sclérose  et  à  l'oblitération  totale.  L’appendicite  tu¬ 
berculeuse  ou  cancéreuse  ne  se  décèle  souvent  que  par  l’exa¬ 
men  microscopique.  Sans  cet  examen  un  appendice  très  ma¬ 
lade  peut  être,  à  tort,  regardé  comme  sain, 

M.  Reclus  croit  aussi  que  celte  absence  d'examen  histolo¬ 
gique  enlève  leur  valeur  à  la  majorité  des  observations  rap¬ 
portées  par  M.  Dieulafoy,  En  outre,  il  croit  aux  rapports 
étroits  entre  l'entérite  et  rai)pendicite.  L’inflammation  de 
l’intestin  force  très  facilement  la  valvule  de  Gerlach  pour 
envahir  l’appendice,  cette  fistule  interne  si  prédisposée  méca¬ 
niquement  à  toutes  les  infections.  Et  même,  il  n’est  pas  rare 
de  voir  l’ablation  de  l’appendice  améliorer,  très  .manifeste¬ 
ment,  l’entérite, 

M,  Richelot  admet  qu’il  y  a  eu  quelques  exagérations  opé¬ 
ratoires.  Mais  il  croit  qu’une  réaction  dans  le  sens  de  l’abs¬ 
tention  à  outrance  serait  encore  plus  dangereuse.  U  insiste 
sur  le  rôle  de  la  stagnation  des  matières  dans  l’appendice. 
En  réalité  il  y  a,  entre  l’intestin  et  l’appendice,  un  échange  de 
mauvais  procédés.  D’une  part,  bien  des  affections  intestina¬ 
les  ont  leur  point  de  départ  dans  l’appendice  ;  d’autre  part, 
l’appendicite  est  toujours  d'origine  intestinale.  La  guérison 
ou  l’amélioration  d’une  entéro-colite.  à  la  suite  de  l’acte 
opératoire  est  fréquente  et  M.  Richelot  cite  en  particulier  le 
cas  d’un  enfant  de  huit  ans,  atteint  d’entérite  glaireuse  mani¬ 
feste,  compliquée  d’appendicite.  Cet  enfant,  chétif,  ne  se  dé¬ 
veloppant  pas,  a  été  radicalement  guéri  et  transformé  par  l’o¬ 
pération  supprimant  le  principal  foyer  infectieux. 

Elections. 

MM.  Mosso  (de  Turin),  par  i")  voix  sur  6i)  votants,  et  Ehlers 
(de  Copenhague),  par  43  voix  sur  50  votants,  sont  élus  mem¬ 
bres  correspondants  étrangers  (L'  divisionl. 

.\..-F.  Pljcque. 

SOCIÉTÉ  MÉDICALE  DES  HOPITAUX. 

Séance  du  !''■  juin. 

Ophtalmoplégie  transitoire  chez  un  artérioscléreux. 

M.  H.  Claude  rapporte  l’observation  d’un  homme  de  60 
ans, qui, sans  tares  antérieures, présenta  brusquement  en  pleine 
santé  une  diplopie,  des  troubles  de  l’équilibration  sans 
parésie  des  membres.  Les  réflexes  roluliens  étaient  abolis,  le 
réflexe  achilléen  persistait.  L’examen  oculaire  décela  une 
diminution  des  réflexes  pupillaires,  de  la  diplopie,  une 


parésie  des  mouvements  des  globes  oculaires  avec  légère 
divergence  des  globes  en  dehors.  On  ne  trouva  aucune  lésion 
nerveuse  périphérique,  ni  tabes,  mais  de  l’athérome  très 
prononcé  avec  forte  pression  artérielle  (27ctm.Potain).  Pas  de 
néphrite,  pas  de  diabète.  L’ophtalmoplégie  n’était  donc  ni 
d’origine  périodique,  ni  d’origine  asthénique,  mais  dépan- 
dait  de  l’athérome  pédonculo-protubérantiel,  qui  entraîna 
une  ischémie  des  3',  4=,  6'  paires.  Les  accidents  rétrocédè¬ 
rent,  et  cela  démontre  encore  qu'il  ne  s’agissait  que  d’un 
simple  trouble  fonctionnel. 

Fièvre  typhoïde  prolongée. 

M.  Claisse  a  observé  ce  cas,  qui  a  duré  200  jours,  avec  4 
rechutes.  La  symptomatologie  fut  banale,  très  peu  de 
symptômes  nerveux,  aucune  douleur  nulle  part.  Pendant  la 
deuxième  rechute,  il  y  eut  une  grave  hémorrhagie  intesti¬ 
nale.  L’escharre  sacrée  du  début  persista  jusqu’à  la  guérison 
de  la  fièvre  typho’ide.  La  séroréaction  fut  toujours  positive 
avec  l’Éberth,  négative  avec  les  paratyphiques. 

M.  Le  Gendre  ajoute  que  les  fièvres  typho'ides  prolongées 
atteignent  rarement  une  pareille  durée  et  que  leur  pronostic 
est  toujours  bénin  Dans  un  cas  qu'il  a  observé  avec  M.  Widal, 
la  mort  survint  au  4=  mois  par  débilité. 

M.  Faisans  croit  ces  formes  prolongées  plus  fréquentes  dans 
ces  dernières  années  et  a  remarqué  deux  types  cliniques  dif¬ 
férents  :  1°  fièvres  typho'ides  prolongées  avec  poussées  succes¬ 
sives  avant  l’apyrexie  complète  ;  2°  fièvres  typhoïdes  prolon¬ 
gées,  où  la  température  oscille  pendant  toute  la  durée  autour 
de  35“  et  40“. 

M.  Widal  insiste  sur  le  pronostic  bénin  de  ces  formes,  mal¬ 
gré  plusieurs  rechutes, la  guérison  étant.habituelle. 

Friedel. 

SOCIÉTÉ  DE  MÉDECLXE  PUBLIQUE  ET  DE  GÉNIE 
SANITAIRE. 

Séance  du  30  mai  1906,  présidence  de  M.  Bonnier. 
Discussion  des  vœux  présentés  par  M.  L.  Martin  sur  l'hospUa- 
lisatio),i  des  contagieux. 

M.  L.  Martin  donne  connaissance  à  la  Société  des  vœux 
qu’il  propose  suri  hospitalisation  des  contagieux,  en  donnant 
les  raisons  qui  les  lui  ont  fait  adopter.  Après  des  observations 
de  MM.  Chantemesse,  Letulle  et  Lemoine,  les  vœux  propo¬ 
sés  sont  légèrement  amendés  et  formulés  à  peu  près  en  ces 
termes  : 

1“  Dans  les  hôpitaux  à  construire,  les  services  médicaux 
devront  avoir  des  chambres  d  isolement  capables  de  conte¬ 
nir  au  moins  lequart  des  malades,  ces  chambres  d'isolément 
devant  servir  pour  les  maladies  contagieuses  que  la  loi 
oblige  de  déclarer  ; 

2“  Dans  les  hôpitaux  déjà  construits,  installer  2  ou3  pS' 
villons  avec  chambres  séparées  ; 

3“  Les  maladies  contagieuses  que  la  loi  n’oblige  pas  à  dé¬ 
clarer  doivent  être  hospitalisées  dans  des  établissements  mu¬ 
nis  de  pavillons  interchangeables. 

Après  avoir  demandé  que  les  chambres  d’isolement  ’ 
si  possible,  d’un  seul  lit,  et,  au  grand  maximum,  de  12  ni®' 
la  Société  adopte  les  trois  vœux  précédents. 

Discussion  sur  V épuration  biologique  des  eaux  d'égout  et  des 
résiduaires. 

M.  Calmette  lit  un  long  travail  tout  hérissé  de 
réponse  aux  critiques  faites  par  M.  'Vincey  contre  l’épurnu  ^ 
Eîologique,  où  il  s’efforce  de  démontrer  la  supériorité  de 
dernier  procédé  sur  celui  de  l’épandage.  Si,  dit  M.  Cal® 
l’épuration  bactériologique  des  eaux  de  la 
pas  aussi  bonne  que  celle  des  eaux  d’égout  par  l’®P® 
cela  tient  sans  doute  à  ce  que  les  eaux  de  la  Madeleine  ^ 
chargées  de  produits  industriels  (teintures,  sels  ®ine®  ^ 
graisses,  etc.)  qui  n’existent  qu'à  de  faibles  proportions  ^ 
les  eaux  d’égout.  En  appliquant  à  ces  dernières  le  .ngois 
de  la  Madeleine,  on  arriverait  sans  doute  à  de  bien 
résultats.  M.  Vincey  avait  dit  que  la  surface  pour  ^ 
était  8  fois  supérieure  à  celle  nécessaire  pou  rie  pe 

tériologique  ;  mais  cette  surface  l’est  23  fois,  au  lieu  de  ^  j, 
sorte  qu’au  point  de  vue  économique,  l’avantage  est  c 


LK  PROGRÈS  MEDICAL 


361 


pment  au  procédé  de  la  Madeleine.  Les  mauvaises  odeurs 
\  l'épandage  sont  connues  ;  et,  de  plus,  il  n’est  pas  certain 
les  légumes  récoltés  par  ce  procédé  de  fumure  ne  con- 

Üennent  pas  des  microbes  pathogènes,  qui  peuvent  devenir 

nocifs  si  ces  légumes  sont  mangés  crus.  Ce  qui  est  certain, 
n  revanche, d'après  des  expériences  concluantes,  c'est  que 
les  vaches  nourries  dans  les  prairies  traitées  par  l’épandage, 
produisent  un  lait  bien  inférieur  en  qualité  à  celui  produit  par 
te  vaches  nourries  dans  les  prairies  ordinaires:  le  premier 
estmoinsriche  en  beurre  ;  il  s’aigrit  avec  une  grande  rapidité, 
et  certains  animaux  friands  de  lait  ne  veulent  pas  en  boire. 
^  q.  ViNCEY  réplique  que  les  eaux  d'égout  épurées  par  l’é¬ 
pandage  peuvent,  sans  aucun  danger  pour  les  riverains, 
être  rejetées  à  la  rivière  ;  ce  qui  n’est  pas  le  cas,  de  l’aveu 
même  de  M.  Galmette,  pour  lès  eaux  traitées  par  le  procédé 
de  la  .Madeleine. 

Il  objecte  que  les  eaux  delà  Madeleine  n’ont  pas  la  même 
composition  quecelledes  eaux  d'égout,  et  que  cette  différence 
de  composition  rend  leur  épuration  plus  difficile.  C’est  possible 
mais  jusqu’ici  aucune  expérience  n’a  été  faite  sur  les  eaux 
d’égout  par  le  procédé  Galmette  :  la  plus  grande  réserve 
pour  le  résultat  futur  est  donc  encore  imposée. 

■  M.  Cai.mette  triomphe  pour  son  procédé,  parce  qu'il  né¬ 
cessite  une  surface  beaucoup  plusfaible  quel'épandage.  Cela 
est  vrai  partiellement.  Cependant  il  a  besoin,  pour  ses  boues 
résiduaires,  de  surface  d’égouttage  de  «  1  m.  d’épaisseur»  ;  on 
peut  douter  que  l’égouttage  se  fasse  bien  sous  de  pareilles 
épaisseurs,  et  il  faudrait  sans  douteaugmenter  beaucoup  cette 
surface  pourdiminuer  cette  énorme  épaisseur. D'ailleurs,  une 
fois  égouttées,  qu'est-ce  qu’il  fera  de  ces  boues  ?  11  faudra  s’en 
débarrasser  d’une  manière  quelconque,  en  les  enfouissant, 
par  exemple.  On  voit  que  le  triomphe  de  M.  C.almette  doit 
devenir  modeste  sur  ce  point,  surtout  si  l’on  se  rappelle  que 
les 40  1)00  m.  c.  d’eaux  d’égout  par  hectare  et  par  an  imposés 
par  la  loi,  pourraient  être  dépassés  considérablement  sans 
nuire  à  l'épuration  finale.  M.  Vincey  continue  à  croire,  jus¬ 
qu  a  plus  ample  informé,  que  l’épuration  agricole  est  moins 
dispendieuse  que  l’épuration  biologique. 

M.  Bechmann  demande  (ju'à  cause  de  l’heure  avancée  et  de 
Lmportance  du  sujet,  la  suitede  la  discussion  soit  reportée 
à  la  prochaine  séance.  La  Société  approuve  cette  motion. 

A.  PujOL. 


U  VAlEROBROMINE  LEGRAND 

®st  plus  active  que  les  bromures  et  les  valé- 
rianates. 


Décorations  académiques.  —  OffiC'ers  de  l'Imtruclion  publi- 
Vü'  ■  Bourgon,  Gardefte.  .Jacob  Grunberg,  Hu- 

Petit,  de  Paris  ;  Prunac,  de  Montpellier, 
fv  d' Academie.  — ■  MM.  les  D"'®  Abrand,  Acheray,  Colde- 

Dcfrance,  Joulia,  Lemaître,  Maurel,  Raoul-Deslong- 
lon  -  K*’  Régnault,  Scbapiro,  de  Paris  ;  Bertholet,  de  Tou- 
Pji’  de  Saiiary  ;  Cornet,  de  Gimat  ;  Duroisel,  de  Sèvres  ; 

Uij.  .de  Virieu  ;  Sempé,  do  Tarbes  ;  Cla.velin,  médecin  mili- 
:  Eassabatie,  médecin  de  la  marine. 

^Concours  ue  l’agrégation  —  En  1906-1907,  les  concours 
d'agrégé  des  facultés  de  médecine  auront  lieu  à 
p.;, ''“‘e;  leur  répartition  : 

Lille  9  .  interne  et  médecine  légale  ;  Paris,  5  ;  Bordeaux,  1 
Paris  V.  ^  i  Montpellier,  3  ;  Toulouse,  1.  —  Chirurgie 
tj  l  '.  -p’  “urdeaux,  1  ;  Lille,  1  ;  Lyon,  2  ;  Montpellier,  1  ;  Nan 
Lyon  ’  1  “  T  Accouchements  :  Paris,  2  ;  Bordeaux,  1 

^aris’  l’-t  .Anatomie  :  Paris,  1  ;  Nancy,  1.  —  Physiologie  : 
1  D- ^  >  Nancy,  1.  —  Histoire  naturelle  :  Bordeaux, 

-  cS®"*!’'-  \-~Phy.sique:  Paris,  1  ;  Lyon.  1  ;  Nancy,  1 
^'deauT  1  1  i  Lyon.  1  ;  Montpellier,  1.  —  Pharmacie  . 

P^arlasp’,.  concours  commenceront  le  17  décembre  1906 

I® ):lel1™°“  de  médecine  (pathologie  interne  et  médecine  léga- 
®  13  maiTiRln  la  section  de  chirurgie  et  accouchements  : 

l’''ar  la  se  pour  les  sciences  anatomiques  et  physiologiques  ei 
ï?®®  One  H  ".des  sections  physiques.  Les  candidats  s’inscriront 
•etoen.  places  mises  ai 
P  plusieurs  places. 


s  mises  au  concours  et  pourront  s’inscrire  égat 


BIBLIOGRAPHIE 

Résection  de  quatre  mètres  d’intestin  grêie  ; 

Par  M.  y.  Pauchet  (I). 

Dans  la  séance  du  8  nov.  1905  de  la  Société  médicale  d’A¬ 
miens,  M.  le  D"  Pauchet  a  montré  «  un  petit  homme  »  qui  a 
subi  à  l’Hôtel-Dieu,  il  y  a  2  mois,  la  suppression  de  4  mètres 
d’iléon  et  la  partie  correspondante  du  mésentère.  Il  était  por¬ 
teur  d'une  hernie  inguinale  volumineuse  et  irréductible. Cette 
tumeur  le  gênait  et  l’émpêchait  de  travailler. 

Après  examen,  j’espérai  trouver  de  l’épiploon,  car  la  moi¬ 
tié  de  la  masse  scrotale  était  mate  à  la  percussion.  Il  n’en  fut 
rien.  La  hernie  ns  contenait  que  l’iléon  et  un  mésentère  gras 
épais,  plissé  et  dont  les  feuillets  étaient  fusionnés.  Je  ne  pus 
réduire  ni  en  partie  ni  en  totalité  la  masse  intestinale,  et  fus 
obligé  de  couper  au  ras  de  l'anneau  inguinal  tout  le  contenu 
iléon-mésentérique.  Le  mésentère  pouvait  peser  de  500  à  600 
grammes. 


Fir.  25.  —  Dessin,  d’après  photographie  d’une  anse  colossalement 
dilatée  d’un  côlon  sphacélé  par  suite  de  volvulus.  Cette  pièce  est 
la  portion  d’intestin  quia  dû  être  réséquée (V.  Pauchet). 

Les  élèves  du  service  de  l'Hôtel-Dieu  mesurèrent  séance 
tenante  l'intestin  enlevé.  Il  mesurait  exactement  4  mètres  ! 
(Fig.  0).  Je  ne  crois  pas  que  jamais  une  pareille  longueur  a 
été  enlevée  du  ventre  d'un  homme.  Je  fis  une  anastomose 
latérale  à  l'aide  d'un  bouton,  celui-ci  fut  éliminé  au  bout  de 
15  jours. 

Cet  homme  jguitta  l’hôpital  au  bout  d'un  mois  environ  ; 
revenu  chez  lui  il  mangea  et  but  comme  jadis  ;  ce  régime  fut 
désastreux.  Il  était  atteint  d'une  diarrhée  incoercible^  aussitôt 
pris  les  aliments  étaient  expulsés  par  l’anus  incomplètement 
digérés. 

Je  le  mis  au  régime  sec  et  lui  recommandai  l’usage  des 
pâtes,  purées  etc...,  le  résultat  fut  immédiat  ;  depuis  ce  temps 
il  présente  une  ou  deux  selles  par  jour  et  supporte  fort  bien 


(1)  Ga^-.  méi.  de  Picardie,  19Ü5,  p.  486. 


362 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


la  nourriture.  Il  est  possible  que  le  régime  végétarien  lui 
allonge  l’intestin  et  le  ramène  à  ses  dimensions  primitives. 

M.  le  D"  Pauchet  a  bien  voulu  mettre  à  notre  dispo¬ 
sition  le  cliché  du  dessin  qui  illustre  sa  note,  nous  l’en 
remercions.  Son  cas  très  intéressant  nous  en  a  rappelé 
un  autre,  dont  nous  avons  parlé  naguère  [Progr.  méd., 
1901,  n”  45,  p.  380),  celui  de  sainte  Lydwine,  de  Schie- 
dam.Huysmans,  dans  sonlivre  intitulé  :  Sainte-Lydivine 
de  Schiedam  (1380-1433)  dit  :  «  Godfied  (un  médecin),  qui 
avait  jadis  pronostiqué  l’origine  divine  de  ces  maux 
(dont  est  faite,  avant,  une  longue  énumération),  ne 
pouvait  que  constater  l’impuissance  de  son  art  â  les 
guérir  ;  croyant  cependant  qu’il  parviendrait  peut-être  à 
soulager  la  patiente,  il  lui  retira  du  ventre  les  entrailles 
qu’il  déposa  dans  un  bassin,  il  les  tria  et  remit,  après  les 
avoir  nettoyées,  celles  qui  n  étaient  pas  hors  d'usage  en 
place  «.  De  même  que  le  <<  petit  homme  »  du  D"  Pauchet, 
sainte  Lydwine  guérit. 

Manuel  du  praticien  :  Clinique  et  thérapeutique  spé¬ 
ciales.  fhiriirçiie  et  Orthopédie,  par  Mouchi-.  i  ;  Maladies  des 

voies  ^lrill(lires,  par  Cathki.in  ;  (lynècologie,  par  Isei.i.n  ; 

Obst>‘lriquc.  par  Devraio.nk  :  Eleclrothérapie  et  radiothérapie, 

par  Delherm.  (Henry  Paulin  et  C'“  édit.  1906.  1  fort  vol. 

broché  16  fr.  50,  cartonné  18  fr.  50.) 

Au  moment  où  les  praticiens  se  plaignent,  et  non  sans 
raison,  du  manque  de  direction  pratique  donné  aux  études 
médicales  par  ceux  qui  ont  la  charge  de  l’Enseignement  offi¬ 
ciel,  il  n’est  pas  sans  intérêt  de  voir  un  groupe  de  jeunes  mé¬ 
decins  distingués  faire  un  effort  sérieux  pour  combler  les 
lacunes  des  cours  de  la  Faculté.  Malgré  l'opinion  émise  par 
un  agrégé  que  les  praticiens,  même  à  la  campagne,  n’ont  pas 
besoin  de  connaître  les  spécialités,  car  ils  peuvent  toujours 
et  partout  faire  intervenir  à  temps  le  spécialiste  indispensa¬ 
ble,  les  auteurs  du  Manuel  du  Praticien  ont  jugé  préférable 
de  donner, dans  leur  ouvrage, aux  praticiens,  les  connaissances 
les  plus  claires  et  les  plus  utiles  sur  les  spécialités  qu’ils  doi¬ 
vent  pratiquement  connaître  dans  la  mesure  du  possible.  Ils 
savent  bien  que  le  médecin  de  campagne, qui  n'est  jamais  sûr 
d’etre  honoré  lui-même,  ne  peut  avoir  recours  à  de  coûteuses 
consultations  ou  interventions,  pour  soigner  les  malheureux 
que  le  chômage,  conséquence  de  la  maladie,  suffit  à  plonger 
dans  la  misère.  Certains  n’ont  pas  cure  des  conséquem  es  so¬ 
ciales  d’une  maladie,  le  bon  praticienne  doit  pas  les  négliger, 
il  doit  réunir  en  lui  les  connaissances  les  plus  indispensables 
des  diverses  spécialités  et  ces  connaissances,  les  auteurs  du 
Manuel  dn  Praticien  les  onl  exposées  et  condensées.  C’est  là 
un  mérite  que  la  lecture  de  leur  livre  rend  indiscutable,  et 
que  le  succès  qu’ilobtiendra  auprès  des  praticiens  fera  encore 
mieux  ressortir. 

M  Albert  Moüchet  a  exposé  les  ;Vofion.«  de  la  Chirurgie  or- 
thopédiqiie.  Il  commence  par  l’étude  des  déformations  du 
cou.  des  torticolis,  puis  continue  par  celles  du  thorax,  de  la 
colonne  vertébrale,  donnant  la  place  prépondérante  au  trai¬ 
tement, décrivant  minutieusement  l’application  des  appareils, 
tels  que  le  corset  de  Sayre,  indiquant  les  divers  procédés  de 
correction  des  scolioses  ;  il  ne  néglige  aucune  déformation 
des  membres  et  aucun  des  moyens  thérapeutiques  que  l’or¬ 
thopédie  met  à  la  disposition  du  chirurgien  pouV  les  corriger. 
Le  texte,  du  reste,  est  complété  par  77  figures,  la  plupart  origi¬ 
nales. 

M.  F.  Catherin  a  traité  les  Maladies  des  voies  urinaires,  ou 
plutôt,  comme  il  le  prétend  lui-même,  l'urologie  dans  ta  prn- 
liqiie  iournaliére.  Ce  sont,  du  reste,  les  leçons  que  l’auteur  a 
faites  l’an  dernier,  en  cours  complémentaire,  à  l'hôpital  i\ec- 
ker.  comme  chef  de  clinique  du  P"-  Guyon. Il  indique  d’abord, 
avec  figures  à  l'appui,  les  diverses  méthodes  de  palpation  du 
rein,  des  uretères,  de  la  vessie.  Il  insiste  sur  le  cathétérisme 
avec  les  divers  instruments,  chez  les  rétrécis,  les  prostatiques. 
Il  s’étend  sur  l’anesthésie,  l’antisepsie  et  la  stérilisation  dans 
les  voies  urinaires,qui  jouent  un  sigrand  rôle  dans  toute  inter¬ 
vention.  Puis,  il  passe  en  revue  les  diverses  techniques  :  tech¬ 
niques  des  dilatations  et  explorations  (introduction  des  béni- 


qués,  (4  figures)  ;  introduction  des  sondes  en  cas  d’accidents- 
technique  des  lavages  et  des  instillations  ;  technique  de  là 
sonde  à  demeure.  11  expose  avec  détails  la  technique  de  l'in¬ 
jection  épidurale  dans  l’incontinence  essentielle  d’urine,  mé¬ 
thode  qui  lui  est  personnelle  et  qui  consiste  à  injecter  dans 
la  région  épidurale  du  sérum  légèrement  cocaïné.  Un  mot 
sur  l'uréthroscopie  et  quelques  indications  sur  la  cystoscopie 
et  la  division  endovésicale  des  urines  des  deux  reins,  opéra¬ 
tions  que  le  praticien  ne  pourra  le  plus  souvent  pratiquer  lui- 
même,  mais  qu’il  ne  peut  ignorer.  Un  chapitre  entier  est  con¬ 
sacré  à  la  technique  des  petites  opérations  d’urgence  (ponction 
vésicale,  uréthrotomies,  cystostomie  et  néphrostomie  d’ur¬ 
gence,  etc,,  etc).  Ijn  mot  sur  l’examen  des  urines  et  la  colora¬ 
tion  du  gonocoque,  un  autre  sur  les  grands  syndromes  uro¬ 
logiques  (pyurie.  hématurie,  rétention,  incontinence,  anurie, 
douleur),  quelques  lignes  consacrées  aux  affections  du  périnée, 
aux  complications  périuréthrales,  un  chapitre  sur  les  indica¬ 
tions  opératoires,  une  précieuse  petite  thérapeutique  appli¬ 
quée  avec  formules  et  tableaux  synoptiques,  et  voilà  l’urologie 
pratique  entièrement  et  nettement  exposée  en  quelque  cent 
pages  avec  63  figures. 

La  Gynécologie  est  l’œuvre  du  D'  Isei.in  ;  elle  fie  le  cède  en 
rienà  l’urologie  :  même  soin  d'exposer  la  technique  des  expier 
rations  et  des  examens  cliniques,  même  souci  de  ne  pas  dépas¬ 
ser,  au  point  de  vue  thérapeutique,  les  limites  des  traitements 
que  les  praticiens  peuvent  appliquer  à  eux  seuls. 

M.  L.  Devraignk,  qui  a  traité  l'Obstétrique  en  176  pages,  a 
trouvé  le  moyen  d’être,  dans  ce  résumé,  absolument  complet. 
Aucune  intervention  n'est  négligée,  ni  les  embryotomies,  ni 
les  opérations  césariennes.  C’est  qu'en  obstétrique  le  praticien, 
se  trouve  en  droit  de  pratiquer  les  opérations  les  plus  graves 
qui  sont  presque  toujours  urgentes  et  dont  la  vie  de  deux 
êtres  dépend.  Cette  obstétrique  n’est  pas  seulement  un  clair 
exposé  du  manuel  opératoire  de  l’accoucheur,  M.  Devraigne 
accompagne  l’enfant  nouveau-né  jusqu’à  son  sevrage,  et  107 
belles  figures  font  encore  mieux  comprendre  les  explications 
qu’il  donne  sur  chaque  point.  Systématiquement,  l’auteur  a 
négligé  ce  qui  est  théorique,  il  aurait  été  entraîné  trop  loin  et 
serait  sorti  du  programme  du  Manuel  du  Praticien. 

Les  dernières  spécialités  traitées  sont  l’Electrothérapie  et  U 
Radiothérapie. 

M.  L.  Delherm  s’est  bien  rendu  compte  qu’il  ne  pouvait 
faire  en  77  pages  l’éducation  du  spécialiste,  il  s’est  propos 
1°  de  fournir  aux  médecins  qui  désirent  faire  quelques  appli¬ 
cations  électriques  la  technique  détaillée  des  procédés  sim¬ 
ples;  2“  de  leur  donner  sur  des  questions  plus  complexes,  des 
notions  générales  sur  l’électrothérapie  et  la  radiothérapie  ;  leor 
expliqueras  raisons  de  leur  emploi,  les  renseigner  sur  les  in¬ 
dications  et  les  contre-indications,  en  un  mot  leur  permettre 
de  conseiller  leurs  malades  en  connaissance  de  cause.  H  ^ 
parfaitement  réussi  à  remplir  cette  tâche  difficile. 

Ce  volume  de  Clinique  et  thérapeutique  spéciales  doit  eW 
sous  peu  complété  par  un  autre  volume  où  M.  F.  Terrien  ex¬ 
posera  YOghtalmologie  ;  M.  Roy,  l'Odontologie,  M-  Micart. 
l' Oto-rhino-laryngologie  ;  ce  volume,  s’il  est  aussi  clairement 
et  soigneusement  écrit  que  celui  qui  vient  de  paraître,  aat 
montera,  nous  n’en  doutons  pas,  le  succès  du  Manuel  a 
Praticien  auprès  de  tous  les  médecins  qui  ontle  souci  desoj- 
gner  véritablement  les  malades  qui  leur  confient  leur  santé. 

J.  ?ioiR. 

Histoire  et  Médecine  ;  Médecine  Anecdotique  :  P®'’ 

Minime  iRousset,  édit.  1906».  La  médecine  chez 

avant  Hippocrate  ;  par  leD'' Moi.LET(Maloine,  édit.  I9fin'- 

L  histoire  enrichira  toujours  notre  littérature. 
grands  historiens  romantiques  qui  ont  réuni  les  sciences 
toriques  aux  lettres,  qui  auparavant  n’avaient  avec 
des  rapports  accidentels.  L’histoire  a  besoin  du  concour»^^ 
toute  l’érudition  humaine:  archéologie,  philosophie, 
médecine,  etc.  Aujourd’hui,  un  mouvement  très  net  ‘®  ^ 
réunir  la  médecine,  c'est  à-dire  une  partie  de  la  science 
prement  dite,  à  l’histoire.  Nous  avons  déjà  montré  9®® 
vices  mutuels  se  rendent  depuis  quelque  temps  ces 
sciences.  Ce  mouvement  a  été  imprimé  par  .M.M. 
koxvski,  etc.;  nombreux  sont  leurs  émules,  comme  le  P 


LE  PROGRÈS  MÉD[CA1. 


30:3 


[es  deux  ouvrages  publiés  dernièrement  par  MM.  les  D''* 
Mioiuie  et  Mollet. 

Le  docteur  Minime  est  bien  connu  des  médecins  érudits, 
surtout  depuis  la  publication  du  Parnasse  hippoeratiqu'.  La 
pleine  anecdotmie  qu’il  publie  aujourd’hui  constitue  un 
^es  recueils  les  plus  curieux.  A  côté  d’histoires  médicales  plus 
ou  moins  gauloises  se  trouvent  des  reproductions  de  pièces 
anciennes,  dont  il  n’existe  que  de  rares  exemplaires  dans  nos 
bibliothèques  publiques. 

Citons  au  hasard  quelques  titres  de  chapitres  :  La  vie  de 
la  prostituée  à  Venise  au  XVP  siècle.  — La  déclaration  des 
abus  et  tromperies  que  font  les  apothicaires.— Un  poème  du 
\V1' siècle  sur  la  génération. 

Ces  parties  du  livre  sont  d’un  caractère  plus  sérieu,x  que 
les  anecdotes  qui  les  entourent. En  bon  disciple  de  Rabelais, 
le  docteur  Minime  aime  à  rire  et  à  faire  rire  :  Histoire  nou¬ 
velle  et  facétieuse  de  la  femme  d’un  tailleur  qui  est  accouchée 
d'un  monstre  horloge  dans  les  prisons  de  Roanne  après 
quelle  a  eu  sonné  cinq  fois  vingt-cinq  heures.  —  Le  feu 
au  derrière,  avis  aux  chirurgiens  qui  emploient  le  thermo¬ 
cautère  dans  le  voisinage  de  l'anus. 

Enfin  quelques  pièces  peu  connues  intitulées  :  Le  canon 
obstétrical  :  Le  frater  reconnaissant  ;  Les  affaires  ;  L’arc  d’a¬ 
mour,  etc. 

Si  l’on  ajoute  que  ces  trois  volumes  contiennent  plus  de  lOti 
estampes,  reproductions  et  fac-similé,  on  voit  ejne  le  cher¬ 
cheur  trouvera  dans  la  Médecine  anecdotique  une  ample  pro¬ 
vision  de  matériaux  et  que  cet  ouvrage  rendra  de  grands  ser 
vices  aux  bibliophiles  et  à  tous  ceux  qui  aiment  à  collection¬ 
ner  des  documents  pour  servir  à  l’histoire  des  temps  passés 
et  présents. 

Le  second  ouvrage  esl  la  Médecine  chez  les  Grecs  avant  [Un  ■ 
foeratepai  le  D'MoLLET.Les  dieux  s’en  vont. c’est  l’impression 
lui  se  dégage  de  la  lecture  du  livre  du  D’’  Mollet.  Grâce  à 
ses  Investigations  le  prestige  des  héros  antiques  est  singuliè¬ 
rement  amoindri  et  cela  à  cause  de  leur  vie  humaine.  Il  est 
intéressant  de  suivre  tous  ces  demi-dieux  dans  leurs  mésa- 
'entures  terrestres.  Grâce  à  des  aperçus  pleins  d'originalité 
sur  les  dieux  olympiens,  une  analyse  serrée  des  symptômes 
niorbides  présentés  par  les  héros  et  les  demi-dieux  des  âges 
bbnleux,  l’épilepsie  d’Hercule.  les  fureurs  d  Oreste,bien  des 
'.“iles  dont  la  mythologie  se  trouve  obscurcie  se  trouvent 
nechirés. 

ce  sont  des  appréciations  fort  justes  sur  la  méthode 
™rapeutiquegénéraîe  des  médecins  primitifs,  des  devins  et 
oes  magiciennes  et  sur  leur  extraordinaires  recettes  phurma- 
^hques  dont  les  Grecs  de  l’âge  héro'ique  furent  si  abon- 
“ïminent  pourvus. 

Avec  le  Mollet,  nous  assistons  au  traitement  et  à  la 
^enson  des  malades  et  des  blessés  dans  les  temples  d’Es- 
'j  le  couvert  de  la  religion  L'exercice  de  la  méde- 

^  des  médecins  publics  l’enseignement 

les  écoles,  la  législation  hygiénique  de  Lycur- 
^0^“®  causes  du  développement  de  la  pédérastie  et  de  1  ho- 
*cco  médecine  dans  les  gymnases,  la  pratique  des 

tjd  ®™®®ents  et  des  avortements,  sont  autant  de  sujets  d'é- 
on  trouvera  dans  ce  volume. 

opposé  et  une  critiquedes  théories  médicales  sou- 
Hip  '  philosophes  et  les  médecins  grecs  anterieurs  à 

iiom.ri  ‘^^'^P'ôtent  cet  ouvrage  d’une  documentation  très 
Enu^’  ternnine  une  bibliographie  étendue, 
lepfgj^^ot, deux  livres  intéressants  qui  forment  nnenouvel- 
calgjolf -L  ^*^0  nous  avions  avancé,  que  l’histoire  médi- 
tfeiit,.  ^'’iouera  pour  une  large  part  à  l'enrichissement  deno- 
q.  générale.  Marcel  R. 

cien5**.“® la  stérilisation  à  l  usage  des  pharma- 
bharui'  Iç  G''  E.  (iÉRARn.  professeur  de  pharmpeie  etde 
Lille  I  ogic  à  la  Faculté  de  médecine  et  de  pharmacie  de 
texte  .'!®^nme  in- 18  jésus,  cartonné  avec ‘>7  ligures  dans 
Paris'^*^^  frères,  éditeurs,  place  de  l'Ecole-de-méde- 

*Pccialement  écrit  pour  les  pharmaciens,  leur 
utilité.  Ils  y  trouveront  tous  les  rensei- 
oecessaires  pour  la  préparation  et  la  stérilisation 


des  divers  médicaments  (solutions  salines  et  autres  liquides 
injectables). et  des  véhicules  aqueux  ou  huileux  les  plus  com¬ 
munément  employés.  La  stérilisation  des  objets  de  pansements 
et  des  fils  à  ligatures  est  décrite  avec  soin. 

M.  Gérard,  s’adressant  spécialement  au  pharmacien,  s’est 
attaché  à  choisir  les  méthodes  de  stérilisation  les  plus  simples 
et  les  plus  pratiques  et  celles  qui  ne  nécessitent  aucun  appa¬ 
reil  spécial  :  le  classique  autoclave  esl  suffisant  dans  tous  les 
cas.  Le  dernier  chapitre  de  l’ouvrage  est  consacré  aux  méthodes 
de  stérilisation  du  lait  di'stiné  à  la  nourriture  des  nouveau- 
nés. Ce  livre  sera  d’une  utilité  incontestable  et  recevra  des  pra¬ 
ticiens  l’accueil  qu’il  mérite  si  bien.  Yvon. 

L’avortement  de  la  syphilis  par  le  traitement  intensif: 

par  le  D'’  Duhot,  de  Bruxelles.  (X\  Congrès  de  médecine.) 

L’auteur  présente  la  relation  d'une  série  de  134  cas  de  syphi¬ 
lis  au  début,  observés  depuis  douze  ans,  chez  lesquels  il  a 
pratiqué  le  traitement  abortif,  sans  qu’aucune  manifestation 
de  syphilis  secondaire  ne  se  soit  déclarée.  D.  précise  le  sens 
qu’il  accorde  au  terme  d’abortif.  C’est  un  traitement  médical 
préventif  qui. par  une  mercurialisation  rapide  et  énergique  du; 
début. empêche  la  généralisation  du  spirochète  de  sorte  ([u'ab- 
solument  aucune  manifestation  secondaire  ne  puisse  être  ob¬ 
servée  dans  y.)  (l/ll  des  cas,  malgré  les  moyens  d’investigation 
les  plus  approfondis. 

Les  conditions  du  traitement  abortif  delà  syphilis  sont  les- 
suivantes  : 

!'•  Commencer  le  traitement  avant  le  1>' jour  qui  suit  l'é¬ 
closion  du  chancre  :  employer  comme  méthode  les  injec¬ 

tions  insolubles,  le  calomel  et, plus  pratiquement, l’huile  grise 
à  doses  intensives  ;  3'-  donnera  la  première  cure  le  maximum 
d’intensité  compatible  avec  la  résistance  intégrale  de  l’orga¬ 
nisme  avec  un  minimum  de  quatre  mois  ;  4°  poursuivre  les 
cures  suivantes  par  des  séries  plus  faibles  suivant  le  traite¬ 
ment  chronique  intermittent  de  la  syphilis. 

Le  principal  écueil  du  traitement  précoce  réside  dans  l'er¬ 
reur  de  diagnostic  qu’un  sypliiligraphe  exercé  pourra  facile¬ 
ment  éviter  par  l’éducation  de  l'œil,  la  délicatesse  et  l’habitude 
du  toucher  et  par  la  recherche  du  spirochète.  L’auteur,toul  en 
reconnaissant  les  qualités  des  autres  méthodes,  celle  des  pilu¬ 
les  mise  à  part,  croit  que. pour  la  réalisation  pratique  de  son 
traitement.il  convient  de  s'adresser  uni(|uement  à  la  méthode 
des  injections  insolubles.  Le  calomel  le  plus  héroïciueest  trop, 
souvent  douloureux.  L’agent  de  choix,  c’est  l’huile  grise  à 
doses  intensives  La  dose  à  employer  par  injection  et  sans- 
aucune  crainte  est  de  0,14  etgr  de  Hg.  soit  une  seringueenliè- 
re  de  Barthélinny  d’huile  giise  à  'n  OiO  pour  un  adulte.  Pour  la 
cure  initiale,  il  faut  atteindre  le  chiffre  de  15  à  ;;0  injections. 
Les.]  premières  piqûres  seront  faites  tous  les  =  jours,  les  o 
suivantes  tiîus  les  li  jours  et  pour  le  reste  delasérie  tous  les  S 
jours.  Pendant  les  deux  premières  années  l’auteur  fait  <les 
cures  de  Ità  lê  piqûres  hebdomadaires  espacées  par  des  re¬ 
pos  de  deux  mois.  La  jl»  et  la  i'-'  années,  les  cures  sont  de  8  ai 
10  piqûres  hebdomadaires  espacées  par  des  repos  de  deux, 
mois  Mais  I).  croit  qu  un  traitement  de  trois  ans  est  suffisant 
et  espère  pouvoir  le  réduire  à  deux  années  seulement.  L’ac¬ 
coutuma  ce  au  mercure  vis-à-vis  du  spirochète  n’existe  pas.. 
Des  repos  sont  nécessaires  exclusivement  pour  éviter  de  fati¬ 
guer  les  émonctoires. 

La  crainte  d'une  intoxication  sérieuse  ne  doit  pas  exister, 
caria  pratique  de  I).,qui  porte  sur  un  chilfre dépassant  large¬ 
ment  111.1)00  injections  de  0,14  ctgr  de  Hg,  l’exclut  com[>lète- 
ment. 

L’auteur  discute  ensuite  longuement  les  avantages  qu’il  y 
a  à  ne  pas  laisser  se  développer  la  roséole,  à  ne  lui  accorder 
aucune  valeur  comme  symptôme  de  i  évolution  ultérieure  de 
la  syphilis.  H  appuie  ses  opinions  sur  la  pratique  de  la  ponc¬ 
tion  qui  après  le  traitement  abortif,  a  toujours  ramené  un  li¬ 
quide  céphalo-rachidien  exempt  de  lymphocytose  patholo¬ 
gique  chaque  fois  qu  elle  a  été  pratiquée.  D.  cite  plusieurs 
exemples  dans  les([uels  le  cylo-diagnostic  a  permis  de  déce¬ 
ler  des  atteintes  méningées  en  évolution  active,  alors  <ju  au¬ 
cun  symptôme  clinique  ne  permettait  de  les  soupçonner. 
La  ponction  lombaire  faite  à  temps  nous- avertira  d’une 


364 


l.K  1>R0GRES  MEDICAL 


paralysie  générale  menaçante  et  nous  permettra  peut-être  de 
l’enrayer.  Sur  la  statistique  de  134  cas  de  traitement  abortif 
donnée  par  D.,  42  cas  sont  actuellement  en  période  tertiaire 
et  aucun  symptôme  de  tertiarisme  n’a  été  constaté.  11  est  trop 
tôt  pour  préjuger  d’une  façon  trop  absolue  des  résultats  que 
donnera  le  traitement  abortif  au  point  de  vue  du  tertiarisme. 
Mais  il  est  logiquement  permis,  dit  l’auteur,  d’espérer  qu’une 
méthode  qui  supprime  la  période  secondaire  dans  9-5  ° des 
cas  sera  toute  puissante  pour  réduire  au  minimum  le  tertia¬ 
risme.  D.  espère  que  son  traitement  permet  d’abréger  nota¬ 
blement  la  durée  et  la  cure  et  que  deux  années  de  traitement 
suffiront. 

L’auteur  examine  ensuite  la  question  pratique  de  l’applica¬ 
tion  de  la  méthode  II  constate  qu’à  sa  clinique  85  “/o  des  ma¬ 
lades  l’acceptent  très  facilement  et  que  5  %  à  peine  de  la  clien¬ 
tèle  de  ville  ne  la  supporte  pas.  Les  accidents  locaux  sont  ré¬ 
duits  au  minimum  avec  une  technique  convenable,  puisque 
sur  plus  de  10.000  injections,  l’auteur  ne  compte  que  quatre 
abcès  aseptiques  avec  le  calomel  et  trois  avec  l’huile  grise.  Le 
secret  d’éviter  les  intoxications,  c’est  de  bien  examiner  les 
émonctoires  du  malade  et  de  procéder  à  une  analyse  d’urine 
avant  chaque  injection  au  point  de  vue  de  l’albuminurie.  Il 
faut  aussi  respecter  scrupuleusement  toutes  les  contre-indica¬ 
tions  données  par  l’auteur.  La  méthode  abortive  instaurée  au 
cours  d’une  syphilis  déjà  floride  parviendra  encore  dans  cer¬ 
tains  cas’  à  juguler  définitivement  le  mal. 

Cette  méthode  ne  protège  pas  seulement  l’individu  contre 
les  accidents  de  sa  syphilis,  mais, en  évitant  les  manifestations 
contagieuses,  elle  protège  la  société  mieux  que  toute  autre 
méthode  contre  l’extension  du  fléau,  et  ce  traitement  réalise 
aussi  la  meilleure  et  la  plus  pratique  des  prophylaxies. 

L’administration  du  Patr-imoine  des  pauvres  ;  par  G. 

Cros-Mayrevieille  (Paris.  Masson,  1906.) 

Sous  ce  titre.  M.  G.  Cros-Mayrevieille  publie  une  étude  très 
documentée  sur  le  Patrimoine  des  pauvres. 

L’auteur  débute  en  nous  retraçant  l’organisation  de  la  cha¬ 
rité  dès  les  premiers  temps  du  christianisme,  l’institution  des 
diacres,  l’administration  des  évêques,  l’intervention  des  diffé¬ 
rents  conciles,  etc.,  etc. 

La  partie  critique  ne  le  cède  en  rienà  la  documentation  his¬ 
torique  ;  c'est  ainsi  qu’il  reprochera  a  l’organisation  hospita¬ 
lière  du  moyen-âge  d’avoir  multiplié  à  l’extrême  les  établis¬ 
sements,  et  entraîné  dès  lors  à  des  dépenses  considérables,  et 
qu’il  nous  trace  un  tableau  très  pittoresque  et  très  fouillé  de 
l’Hôtel-Dieu  de  Paris. 

Puis,  les  édits  se  succèdent,  celui  de  1546.  1561,  1566,  1577, 
i579,  l.58t^.  1593,  que  nous  ne  pouvons  dégager  faute  de  place. 

Le  XVIP  siècle  débute  avec  la  déclaration  du  24  octobre 
1612,  (|ui  chargeait  le  grand  aumônier  de  procéder  à  la  réfor¬ 
me  des  maisons  charitables  ;  l’auteur,  familier  avec  les  dos¬ 
siers  de  nos  archives  nationales,  ne  laisse  échapper  aucun  fait 
qu’il  ne  l’interprète  et  ne  le  juge  ;  aussi  est-il  très  difficiled  a- 
nalyser  cette  contribution  décisive,  il  la  faudrait  pouvoir  re¬ 
produire  entièrement. 

Elle  se  continue  par  l'histoire  de  l'assistance  publique  pen¬ 
dant  la  Révolution,  l’Assemblée  constituante  et  les  comités  de 
mendicité,  la  Convention,  le  Directoire,  les  lois  du  7  frimaire 
an  \ ,  du  16  messidor  an  AIL  le  Consulat  et  l’Empire,  enfin 
les  divers  régimes  qui  se  succédèrent  en  France  depuis  cette 
époque. 

Ce  travail  considérable  se  termine  par  l’exposé  de  la  légis¬ 
lation  actuelle  et  de  la  jurisprudence  la  plus  récente.  On  ne 
saurait  trop  en  recommander  la  lecture. 


Défense  d’éternuer.  —  Jusqu’alors  on  s’était  contenté  de  dé¬ 
fendre  de  cracher  à  terre,  qu’ai  Ions-no  us  devenir,  on  se  mêle  déjà, 
en  Allemagne,de  défendre  d'éternuer ’i* 

Le  correspondant  Standard  à  Berlin  raconte  qu’on  vient  d’in¬ 
tenter  un  procès  à  un  homme  pour  avoir  éternué  dans  la  rue  à 
Mulhausen,en  Saxe.  Après  de  longs  débats, l’inculpé  fut  acquitté  ; 
mais  la  police  en  appela  devant  la  cour  d’Brfurth. 

La  victime  de  ces  poursuites  en  est  réduite- à  demander  un  exa¬ 
men  médical  pour  prouver  qu’un  polype  des  fosses  nasales  est  la 
cause  de  son  éternuement  involontaire. 


VARIA 


Les  conséquences  de  l  insalubrité  d’un  local 
administratif. 

Le  Conseil  d’Etat  vient  de  rendre  un  jugement  qui  amè¬ 
nerait  promptement  des  améliorations  hygiéniques  dans 
tous  les  locaux  administratils  et  les  bureaux  commerciaux 
ou  autres  si  cette  jurisprudence  s’établissait  d’une  façon  défi- 
nitive.Voici,  d’après  le  Temps, les  circonstances  qui  ont  amené 
le  Conseil  d’Etat  à  rendre  son  arrêt  : 

Le  sieur  de  G...,  commis  des  postes  et  télégraphes  à  Bas¬ 
tia,  était,  paraît-il.  d'une  bonne  constitution  quand  il  arriva 
dans  cette  ville.  Mais  au  bout  de  peu  d’années  apparurent  chez 
lui  des  symptômes  de  tuberculose,  et  il  mourut  en  1903  des 
suites  d’une  bronchite  tuberculeuse.  Sa  veuve  a  réclamé  une 
pension  qui  lui  fut  refusée  par  le  motif  que  le  sieur  de  G... 
ne  réunissait  pas  les  conditions  d’âge  exigées  par  la  loi  pour 
obtenir  une  retraite. 

Elle  s’est  pourvue  devant  le  Conseil  d’Étaten  al  léguant  que 
son  mari  avait  été  placé  dans  un  bureau  insalubre  où  ils’étajt 
trouvé  en  contact  avec  un  tuberculeux  et  où  deux  employé 
qui  y  avaient  travaillé  avant  lui  étaient  également  morts  de 
la  tuberculose.  Aime  veuve  de  G...  a- donc  fait  valoir  que  la 
loi  du  9  juin  1853  donne  droit  à  une  pension  aux  veuves  de 
ceux  qui  meurent  d’accidents  graves  résultant  notoirement 
de  l’exercice  de  leurs  fonctions,  et  (ju’il  y  a  lieu  d’assimiler  à 
l’accident  grave  la  maladie  provenant  de  faits  précis  et  déter¬ 
minés  qui  se  produisent  en  dehors  des  conditions  normales 
du  service.  Or,  le  Conseil  d’Etat  vient  de  lui  donner  raison. 

L’arrêt  constate  que  le  sieur  de  G...  a  contracté  la  maladie 
dont  il  est  décédé  par  suite  de  l’obligation  qui  lui  a  été  iraj^ 
sée  de  résider  jour  et  nuit  dans  un  local  dont  linsalubrité 
est  reconnue  par  l’autorité  municipale  et  par  ses  supérieurs 
hiérarchiques.  Dès  lors,  les  causes  qui  ont  déterminé  sa  mort 
ont  le  caractère  d'un  accident  de  service  dans  le  sens  de  la  loi 
du  9  juin  185  i.  La  décision  du  ministre  des  postes  et  des  télé¬ 
graphes  a  donc  été  annulée  et  la  pension  a  été  accordée  à  la 
veuve.  * 

Fumeries  d’opium. 

Des  fumeries  d’opium  se  sont  établies  depuis  quelque  temp* 
dans  nos  ports  de  guerre,  particulièrement  à  Toulon,  au 
granddétriment  de  la  santé  publique.  Le  lü  mai  dernier,  M. 
Clémenceau  informait  le  préfetdu  V’ar  que  M.  Thomson,  mi¬ 
nistre  de  la  marine,  préoccupé  des  progrès  que  fait  l’usage  de 
l’opium,  l’invitait  à  étudier  les  mesures  propres  à  combattre 
cet  usage  nuisible.  A  la  suite  d’une  conférence  (fui  eut  lieu 
entre  le  préfet  du  A  ar,  le  procureur  de  la  République  et  le 
commissaire  central,  il  fut  décidé  que  des  visites  domiciliai¬ 
res  seraient  effectuées. 

Des  perquisitions  ont  donc  été  faites  dans  plusieurs  fumene» 
d’opium  et  chez  des  commerçants.  Des  quantités  importantes 
d’opium  ont  été  saisies  ;  les  détenteurs  seront  poursuivis  de¬ 
vant  le  tribunal  correctionnel  en  vertu  de  la  loi  du  19  juille 

1845  et  de  l’ordonnance  du  29  octobre  1846  sur  les  substan¬ 
ces  vénéneuses,  qui  punissent  de  cent  à  trois  mille  francs  da 
mende  et  de  six  jours  àdeux  mois  de  prison  ceux  qui  venden 
des  poisons  sansy  être  autorisés.  (LeTemps.  ) 

Voyages  d  études  médicales  adx  stations  hydrominé- 
raies  et  climatiques  de  France. 

Le  8'  voyage  d’études  médicales  aura  lieu  du  1" 
tembre  19Ü6. 11  comprendra  les  stations  de  la  Savoie 
phiné  :  Hauteville  (Sanatorium),  Evian,  Thonon, 
vais,  Chamonix,  Annecy,  Aix,  Marlioz,  Le  Revard,  Lba  ’ 
Salins-Mou  fiers.  Brides,  Pralognan,  Allevard.  Bonq'J®’'  / 
La  Motte,  Uriage.  Le  A’.  E.  M.  de  1906  —  comme  les  sept  p^^ 
cédents  — fest  placé  sous  la  direction  scientifique  du  Doc 
Landouzy,  Professeur  de  Clinique  Médicale  à  la  Facu 
Médecine  de  Paris,  qui  fera  sur  place  des  conférences  ® 
médication  h^drominérale.ses  indications  et  ses 
Réduction  de  moitié  prix  sur  tous  les  chemins  de  fer 
se  rendre,  de  son  lieu  de  résidence,  au  point  de  ec-'te®  ^ 
tion,  LyOn.  Les  médecins  étrangers  bénéficient  de  cet 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


ductionà  partir  de  la  gare  d’accès  sur  le  territoire  français. 
Même  réduction  est  accordée,  à  la  fin  delà  tournée,  au  point 
de  dislocation  :  Uriage,  pour  retourner  à  la  gare  qui  a  servi 
de  point  de  départ.  De  Lyon  à  Uriage,  prix  à  forfait  ;  ÜCO  fr. 
pour  tous  les  frais  :  chemins  de  fer,  voitures,  hôtels,  nour¬ 
riture,  transports  de  bagages,  pourboires. 

LES  CONGRÈS 
Congrès  d’hygiène  sociale. 

(Nancy  22-24  juin  190G.) 

L’Alliance  d’IIygiène  sociale  organise  à  Nancy,  du  22  au  23 
juin  190fi,  son  troisième  Congrès  régional.  Le  prix  de  la  coti¬ 
sation  au  Congrès  est  de  10  francs.  11  peut  être  abaissé  à  5  fr. 
pour  les  délégués  des  Sociétés  de  Secour.s  mutuels  ou  d’ensei¬ 
gnement  qui  auront  fait  apostiller  leur  adhésion  par  le  prési- 
dent  ou  le  secrétaire  général  de  leur  Société.  La  souscription- 
à  10  fr.  donne  droit  au  compte  rendu  du  Congrès,  qui  sera  ul¬ 
térieurement  distribué.  Une  liste  des  principaux  hôtels,  avec 
l'indication  de  leurs  prix,  sera  fournie  aux  membres  du  Con¬ 
grès.  Les  Compagnies  de  chemins  de  fer  délivreront  des  bil¬ 
lets  de  demi-place  valables  du  18  au  20  juin. A  cet  effet,  prière 
de  remplir  très  exactement  le  bulletin  ci-joint,  et  de  le  re¬ 
tourner,  avec  le  montant  de  la  souscription,  avant  le  8  juin 
(l’établissement  des  billets  exige  un  certain  délai).  Toutes  les 
communications  relatives  au  Congrès,  souscriptions,  deman¬ 
des  de  renseignements,  etc.  ,  devront  être  adressées  à  M.  Re- 
nauld,  banquier,  trésorier  du  Comité  lorrain,  rue  Sairit-Di- 
zier,  21,  à  Nancy. 

Programme  :  Vendredi  ^'2  juin.  Matin,  à  S  1/2. —  Réunion 
des  congressistes  à  la  Salle  Poirel,  Galerie  Nord.  Visites  aux 
œuvres  d’assistance  du  Bureau  de  bienfaisance  de  la  ville  de 
Nancy. Visite  au  Sanatorium  de  Lay-Saint-Christophe.— Après 
midi,  à  2  heures.  —  Première  séance  du  Congrès.  —  l.  De  l'ac¬ 
tion  des  Bureaux  de  bienfaisance  en  Hygiène  iocia/e.  Rappor - 
leurs  :  M.  Lallement,  vice-président  du  Bureau  de  bienfai¬ 
sance  de  la  ville  de  Nancy  ;  M.  Ricordeau,  avocat,  adminis¬ 
trateur  des  Hospices  civils  à  Nantes.  —  IL  Assainissement  des 
Mlles  cl  des  Campagnes.  Rapports  :  M.  le  D'  Macé,  professeur 
d’hygiène  à  la  Faculté  de  Médecine  de  Nancy,  et  M.le  D'-  Im- 
heaux,  ingénieur  des  Ponts-et-Chaussées,  directeur  du  service 
municipal  de  Nancy  :  De  l’ensemble  des  mesures  techniques 
propres  à  assurer  et  à  maintenir  la  salubrité  des  aggloméra¬ 
tions  urbaines  ;  M.  Bourcart,  professeur  à  la  Faculté  de 
de  droit  de  Nancy  :  Des  mesures  législatives  relatives  à  l’ex¬ 
propriation  en  matière  d’hygiène  et  de  salubrité  ;  M.  le  !)'• 
-Aimé,  directeur  du  service  départemental  de  l’Assistance  mé- 
cÎMls  et  de  la  vaccine  :  Hygiène  des  campagnes.  —  Soir,  à 8 h. 

—  Conférence  (Salle  Poirel).  .M.  le  Médecin-inspecteur 
wnech,  directeur  du  service  de  santé  du  20'  corps  d’armée  : 
^le  social  de  la  Médecine  et  de  l’Hygiène  d'armée  ;  M.  Bar- 
“®y>  secrétaire  général  de  la  Fédération  antialcoolique  :  la  pé- 
“hon  contre  l’absinthe. 

jiamed/  23 Juin.  —Matin,  à 8  h.  1/2.  2'  séance  du  Congrès. 

^MQHne  de  lu  jeunesse  el  .sa  préservatinn  contre  les  ma- 
^'^sinfeclieu.ses.  Rapports  :  M.  le  D'  Haushalter,  professeur 
*  w  Faculté  de  médecine  de  Nancy  :  Préservation  de  Tado- 
es^nce  contre  les  maladies  infectieuses  ;  M.  le  D' Spillmann. 

à  la  Faculté  de  médecine  2  Préservation  de  l’ado- 
J^nce  contre  les  maladies  vénériennes  :  MM.  le  D'  Simon, 
f  la  Faculté  de  médecine,  et  Louis  Spillmann,  pro- 

j  agrégé  à  la  Faculté  de  médecine  :  Préservation  de  Pa- 
y  1  ®^ïice  contre  la  tuberculose  :  M.  leD'  Schmitt,  profeseiir 
jrg®,,  de  médecine  ;  Préservation  de  l’adole.scence  con- 
gfès  ?rf°°*>sroe.  —  Après-midi,  à  2  heures.— 3"  séancedu  Con- 
•ttai  à- '  .  y^iène  de  la  jeunesse  et  sa  préservation  contre  les 
g^^adies  infectieuses  (suite/.  —  Rapports  (suite)  :  M.  le  D' 
professeur  à  la  Faculté  de  médecine  :  De  l  utilté 
ij^j  J  certaines  questions  relatives  à  1  liygiène  morale  ; 

^'Mathieu  (de  Paris),  président  delà  Ligue  pour  THy- 
pW- ®®°«ire,et  le  D' Mosny,médecin  des  Hôpitaux  :  Hygiène 
^  l’école  primaire  ;  M.  le  D'  Paul  Parizot,  sous- 
•'*csür  municipal  d’hygiène  de  la  ville  de  Nancy  : 

lïirç  ^  i  ?‘^°Pter  pour  la  réglementation  de  l’hygiène  sco- 

"~  -A  -j  h.  1/2.  Réception  par  M.  le  Maire  de  la  ville  de 


Nancy.  —  Soir,  à  8  b.  1/2.  Conférence  (Salle  Poirel).  .M.  E. 
Cheysson, membre  de  l’Institut,  président  de  la  Fédération  an¬ 
tialcoolique  :  L’Hygiène  dans  l'habitation. 

Dimanche  2k  juin.  Matin,  à  9  heures.  —  Assemblée  générale 
du  Comité  lorrain.  —  MM.  Boyé,  avocat,  secrétaire  général, 
et  D'  Gœpfert,  secrétaire  général  adjoint  du  Comité  lorrain  ; 
Rapport  sur  les  œuvres  d'hygiène  sociale  à  Nancy.  Rompard, 
secrétaire  général  de  l’Alliance  d'ilygiène  sociale  :  Rapport 
sur  les  travaux  du  Congrès. 

Après-midi,  à  2  heures  et  demie.  Salle  Poirel.  —  Séance  de 
clôture,  avec  le  concours  de  la  Fédération  des  Mutualistes, 
sous  la  présidence  de  M.  Casimir-Périer,  ancien  Président  de 
la  République,  Président  dè  l'Alliance  d'ilygiène  sociale.  Dis¬ 
cours  de  M.  Mézières,  de  l’Académie  française,  sénateur  de 
Meurthe-et-Moselle.  Président  d'honneur  du  Comité  lorrain 
de  l’Alliance  d’Hygiène  sociale.  Discours  de  M.  L.  Mabilleau. 
Président  de  la  la  Fédération  nationale  de  la  Mutualité  fran¬ 
çaise.  Discours  deM.  Casimir-Périer.  Président  de  l'Alliance 
d’hygiène  sociale.  —  Soir,  à  7  heures.  Banquet  organisé  sous 
la  Présidence  de  M.  Casimir-Périer.  par  l'Alliance  d'ilygiène 
sociale  et  la  Fédération  des  Sociétés  de  secours  mutuels  de 
l’Est. 

Lundi  25  juin.  X'isites  aux  Musées.  Monuments  historiques. 
Instituts  scientifiques, Etablissements  d’industrie  d'art,  et  au¬ 
tres  Etablissements  industriels  qui  pourront  intéresser  les 
congressistes. 

Congrès  d’Assainissement. 

On  nous  annonce  la  prochaine  ouverture  du  2'  congrès 
d’Assainissement.  N  oici  l’exposé  des  raisons  qui  ont  détermi¬ 
né  son  organisation  et  le  résumé  de  son  programme  : 

Que  ce  soit  au  home  familial,  au  bureau,  à  l'atelier  ou  mê¬ 
me  aux  lieux  de  réunion  ou  de  plaisir,  les  hommes  passent 
la  majeure  partie  de  leur  vie  dans  1  intérieur  des  habitations. 
On  comprend  alors  combien  considérable  doit  être  l’inlluence 
qu’exercent  sur  la  santé  la  construction  même  de  ces  locaux 
et  leur  état  d’entrelien.Sansêtreméconnue  par  les  hygiénistes, 
cette  influence  n'avait,ju,squ'ici,étéétudiéequesecondairement 
dans  les  congrès  d’hygiène  pure,  où  les  questions  se  ratta¬ 
chant  à  l'assainissement  et  à  la  salubrité  des  habitations  se 
disséminaient  dans  diverses  sections, 

Cependantleur  importance  devenait  de  plus  en  plus  évi¬ 
dente.  C  est  alors, au  commencement  de  1904,  sur  l'initiative 
de  la  Société  Française  d’hygiène, que  fut  décidée  la  convo¬ 
cation  d’un  Congrès  international  spécialement  affecté  à  l’é¬ 
tude  des  questions  ayant  trait  à  l’assainissemen  t  et  à  la  salu¬ 
brité  des  habitations.  Le  but  du  Congrès  de  Paris,  inauguré 
le  3  novembre  1904,  était  ainsi  défini  : 

Etudier  les  conditions  hygiéniques  dans  lesquelles  sont 
construits  et  installés  les  locaux  destinés  à  1  habitation,  re¬ 
chercher  les  améliorations  susceptibles  d'être  introduites 
dans  la  construction, l'aménagement  et  l’entretien  de  ces  lo¬ 
caux,  et  déterminer  les  moyens  pratiques  d’obtenir  l'appli¬ 
cation  des  principes  d'hygiène  parles  municipalités,  les  pro¬ 
priétaires, les  architectes  et  ingénieurs, les  entrepreneurs, ainsi 
que  par  les  occupants  mêmes  de  ces  locaux. 

D'antre  part,  une  des  conclusions  tirées  du  Congrès  de  la 
tuberculose  fut  la  démonstration  de  l'importance  primordia¬ 
le  de  l’habitation  sur  Pétiologie  de  cette  maladie.  C'est  di¬ 
re  combien  le  Congrès  de  1904  était  venu  à  son  heure,  quels 
heureux  efl'ets  il  a  déjà  eus.C'estdireaussi  à  quel  pointseront 
intéressantes  les  (li^cussions  du  deuxième  Congrès. 

A  la  dernière  séance  du  Congrès  de  Paris, -on  nomma  une 
Commission  permanente  internationale.  Cette  Commission 
avait  songé  d'abord  à  réunir  le  second  Congrès  à  Liège  ;  mais 
elle  dut  renoncer  à  ce  projet,  et  ses  yeux  se  portèrent  alors 
sur  la  ville  de  Genève. 

Le  deuxième  Congrès  international  pour  l’assainissement 
et  la  salubrité  de  rhabilation  se  réunira  donc  à  Genève.  La 
séance  inaugurale  du  Congrès  aura  lieu  le  mardi  4  septem¬ 
bre  ;  les  travaux  se  poursuivront  jusqu'au  samedi  8  ;  le  Co¬ 
mité  espère  pouvoir  organiser  un  voyage  d'instruction  en 
Suisse  dans  les  jours  qui  suivront.  Le  but  que  proposent  les 
organisateurs  est  de  continuer  les  travaux  inaugurés  par  le 
précédent  Congrès. 


366 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


Voici  le  nom  des  personnages  qui  sont  à  la  tète  de  ce  Con¬ 
grès  :  Bureau  du  Congrès  :  président  d’honneur  ;  ’M.  Marc  Ru  - 
chet,  conseiller  fédéral,  anc.  président  de  la  confédération 
suisse  ;  président  :  M.  le  D'' Vincent,  conseiller  d’état  du  can¬ 
ton  de  Genève,  conseiller  national.  Comniission  permanente  : 
président  ;  M.  Paul  Strauss,  sénateur  ;  secrétaire  général  : 
M.  F.  Marié-Davy,  ingénieur-agronome.  Comité  d'organisation-. 
président  :  M.  Guillaume  Fatio,  président  de  la  société  pour 
l’amélioration  du  logement  ;  secrétaire  général  (auquel  la 
correspondance  doit  être  adressée)  M.  Albert  Wuarin,  avocat, 

1 ,  rue  des  Moulins,  Genève. 

Le  Congrès  comprendra  :  1”  des  membres  adhérents,  ver¬ 
sant  une  cotisation  de  20  francs  qui  participeront  aux  tra  ■ 
vaux  du  Congrès,  auront  droit  à  toutes  les  publications  du 
Congrès,  assisteront  à  toutes  les  fêtes  et  réceptions. Prendront 
part  aux  excursions  et  jouiront  des  réductions  et  avantages 
concédés  aux  congressistes,  auront  droit  à  des  réductions 
sur  un  certain  nombre  de  lignes  de  chemins  de  fer. 

2“  Des  membres  associés,  versant  une  cotisation  de  10  francs 
qui  jouiront  de  tous  les  autres  avantages  réservés  aux  adhé¬ 
rents,  mais  n’auront  pas  droit  aux  publications. 

Nul  doute  qu’avec  un  tel  programme,  des  organisateurs 
aussi  autorisés,  le  succès  du  IP  congrès  de  l'assainissement 
ne  soit  assuré.  Tous  nos  vœux  l’accompagnent  dans  ses  tra¬ 
vaux.  —  Marcel  B. 

Congrès  international  pour  l'assistance  des  aliénés. 

1  Milan,  septembre  1006.) 

La  question  de  l’assistance  des  aliénés,  qui  naguère  n’inté¬ 
ressait  qu’un  nombre  fort  restreint  de  médecins,  a  acquis  de¬ 
puis  quelque  temps  l’importance  d’un  vrai  problème  social, 
et  le  nombre  des  personnes  qui  s’en  préoccupent  —médecins 
administrateurs  des  provinces  et  d'institutions  charitables, 
hommes  d’Etat,  etc.  —  augmente  toujours.  Ce  mouvement 
(jui  s’étend  si  rapidement,  est  le  i)remier  fruit  de  l’idée,  (jui 
s’enracine  toujours  plus  dans  la  science  sociale,  savoir  qu’il 
est  nécessaire  de  transformer  l’ancienne  et  simple  hospitalisa¬ 
tion  des  aliénés  en  une  forme  d’assistance  plus  évoluée,  plus 
pratique  et  plus  utile. 

Cette  évolution  atrouvésa  plus  parfaite  manifestation  dans 
l'œuvre  de  ces  personnes  généreuses  qui  du  <<  Congrès  interna¬ 
tional  pour  r assistance  et  pour  la  bien fai.sance privée  »  de  1900 
de  Paris,  ont  su  tirer  le  «  pour  l'assistance  fa¬ 

miliale  des  aliénés  »  de  1901  de  Paris,  et  la  Société  d’études  pour 
l’assistance  famitiale  »  de  M.  A.  Marie,  de  Villejuif,  le  plus  in¬ 
fatigable  défenseur  de  l’œuvre  qui,  l’année  d’après,  triompha 
complètement  à  Anvers. 

Le  Congrès  qui  aura  lieu  à  Milan  au  moisde  septembre  1906 
n’aura  certainement  pas  l’importance  historique  de  celui  d’An¬ 
vers  où  l’on  affirma  le  principe  qui  marquera  la  date  de  l’his¬ 
toire  moderne  de  l’assistance  des  aliénés  ;  cependant  il  sera, 
lui  aussi,  grandement  profitable  à  cause  de  tous  les  éléments 
d’étude  et  de  travail  qui  y  seront  présentés  pour  être  résolus 
par  Faction  commune  au  profit  des  malades,  de  la  Société  et 
de  la  science. 

Les  questions  qui  seront  obligatoires  pour  MM.  les  délégués 
de  chaque  pays  représenté  au  Congrès,  sont  les  deux  suivan¬ 
tes  :  1.  Des  progrès  de  l'assistance  des  aliénés  et  spécial  ment  de 
l'assistance  familiale  dans  les  différents  pays  depuis  lOOQ  (date 
du  Congrès  d'\n\ers)  jusqu'à  nos  Jours.  -  2.  De  l'organisation 
des  compartiments  d’observation,  de  surveillance  et  d'isolement 
dans  les  asiles  et  dans  les  colonies.  Moyens  qui  ont  donné  1rs  meil¬ 
leurs  résultats. 

Les  autre?  thèmes  sont  ;  3.  De  l'assistance  des  aliénés  conva¬ 
lescents  et  des  instituts  de  patronage. —  4.  De  l'assistance  de  cer¬ 
taines  catégories  d'aliénés  (phrénasth^nigues,  épilepligues,  al¬ 
coolisés,  fous  moraux)  spécialeme  t  sous  le  rapport  de  leur  assis¬ 
tance  hétéro-familiale.  —  5.  Des  ambulances  et  des  dis/  cnsaires 
psychiatriques  et  névropathologiques.  —  6.  Des  sanatoriums  po¬ 
pulaires  pour  les  névropathiques.  —  7.  Des  résultats  économi¬ 
ques  et  sociaux  des  progrès  de  l'assistance  des  aliénés,  etsnécialc- 
ment  de  l’assistance  familiale.  —  8.  De  la  fonction  del'Ctat  par 
rapport  à  l'a.ssislance  des  aliénés. 

En  outre,  )M.  1cD''Fr.4nk,  le  savant  directeur  de  l'asile  de 
Münsterlingcn,  en  Turgovie  (Suisse),  posera  —  sous  les  auspi¬ 


ces  du  Congrès  —  les  fondements  d’un  Bureau  international 
pour  étudier  scientifiquement  les  causes  efficientes  de  la  fo¬ 
lie  et  les  moyens  les  plus  convenables  pour  Sa  prophylaxie. 
Voilà  un  but  très  haut  qui  constituera  une  des  plus  belles  gloi- 
res  du  Congrès  de  Milan. 

Enfin  le  Comité  organisateur  proposera  l’étude  d’une  Statis¬ 
tique  internationale  des  aliénés, qui  devra  aboutir  à  un  Bureau 
ceuiral,  qui  sera  créé  par  le  Congrès  lui-même. 

Ce  Congrès  aura  lieu  à  Milan  du  26  au  30  septembre  1906  à 
l'occasion  de  l’Exposition  internationale.  Les  travaux  d’orga¬ 
nisation  ont  déjà  convenablement  progressé,  ainsi  qu’il  en 
résulte  de  la  liste  des  Comités  de  propagande  italiens  et  étran¬ 
gers  déjà  formés  ;  et  nous  espérons  que  tous  les  aliénistes  et 
toutes  les  personnes  qui.  dédiant  leur  activité  au  soulagement 
des  aliénés,  apprécient  la  noblesse  de  leur  propre  mission  et 
l'impulsion  des  besoins  nouveaux,  feront  de  leur  mieux  à  ce 
que  le  Congrès  puisse  atteindre  le  plus  grand  nombre  des 
buts  pratiques  qu’il  se  propose.  A.  T.vmburini. 

(S.  Maurizio-Ueggio,  Emilia.) 


Les  Glycovules  Tissot  sont  les  plus  actifs  et  les  moins  coû¬ 
teux,  les  seuls  pouvant  ainsi  amener  la  régularité  et  le  succès 
du  traitement. 


FORMULF-S 


XLIV.  Contre  la  dysminor.-hée  des  Jeunes  filles. 

Extrait  de  chanvre  indien . \ 

—  de  belladone . |  âàun  centigr. 

—  dejusquiamo . ) 

pour  1  pilule. 

Embrocations  sur  l’abdomen  etles  lombes  avec  ; 


Chloroforme . 

Menthol . 

Salicylate  d’éthyle. . 
Essence  de  girofle. . 
Ether  sulfurique. . . 
Huile  de  muscade. . 
Huile  de  jusquiame. 
Alcool . 


3  gr. 


XLV.  —  Contre  la  pesanteur  gastralgique  et  les 
vomissements  nerveux. 


Extrait  de  belladone . . 

Elixir  parégorique . 

Sirop  de  menthe . 

Eau  chloroformée . I 

Eau  distillée  de  tilleul . j 

parcuill.  à  soupe,  ou  : 

Chlorhydrate  de  cocaïne. . . 

Sirop  de  morphine . 

Eau  de  fleurs  d’oranger . 

Eau  distillée . )  * 


0  gr.  05 
10  gr. 

20  gr. 

60  gr. 


0  gr.  05 
20  gr. 

10  gr. 

60  gr. 


ou  : 


Extrait  alcalin  de  chanv 
Eau  de  laurier-cerise.. 

Eau  chloroformée . 

Eau  de  tilleul . 

Sirop  de  codéine . 


re  indien .  0  gr.  05 

10  gr. 

;j  àà  60  gr. 

.  20  gr. 

(Gourin,  cité  par  Soupault). 


ou  encore  : 


Exalgine .  0  gr.  50 

Chlorhydrate  d’héroïne .  0  gr.  0'2 

Liqueur  de  Hoffmann .  3  gr. 

Alcoolat  de  mélisse. . .  5  gr.  • 

Sirop  de  fleurs  d’oranger .  20  gr. 

Eau  chloroformée .  40  gr. 

Eau  distillée  de  tilleul .  85  gr. 


Lauréats  de  l’Ac.adémie  des  sciences  morales  et  politk^  • 

—  MM.  les  D'*  J.  Philippe  et  G.  Paul-Boncour  ont  partan 

prix  Halphen  pour  leur  livre  intitulé  :  Les  anomalies  menia 
chez  les  écoliers;  étude  médico-pédagogique. 

Nos  sincères  félicitations  à  nos  deux  amis  distingués,  L  H- 
ticulier  à  notre  dévoué  collaborateur  G.  Paul-Boncour.  N. P- 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


367 


Actes  et  thèses  de  la  Faculté  de  Médecine  de  Paris. 

Thèses  de  doctorat.  —  Mercredi,  i3  juin.  —  M.  Désormeau.v  : 
Préservation  des  nourrices  et  des  nourrissons  contre  la  sypliilis 
(MM-  Pinard,  Segond,  Rieffel,  Maeaigne).  —  M.  Chevalier  :  Contri¬ 
bution  à  l’étude  du  traitement  chirurgical  de  certaines  collections 
uurulentes  intra-pulmonaires  (MM.  Segond, Pinard,  Rieffel,  Macai- 
gne).  —  M.  Tertois  :  Enseignement  populaire  de  l’hygiène  par  la 
«ande  presse  (MM.  Landouzy,  Roger,  Teissier,  Lahbé  (Marcel) .  — 
V.  Maumené  :  t'ne  oeuvre  parisienne  d’ Assistance  de  l’Enfance  : 
Le  dispensaire  de  la  caisse  des  Ecoles  du  VIP  arrondissement,  l,rue 
Oudinol.  Statistique  de  dix-huit  années  (1888-1905  (M.  Landouzy, 
Roger,  Teissier,  l.abhé  (Marcel).  —  Jt/.  Conenon  :L’Enanthème  de 
la  rougeole  (MM.  Roger,  Landouzy,  Teissier.  Lahhé (Marcel). 

Jeudi,  14  juin.  —  M.  Gobert  :  Des  néoplasies  expérimentales  pro¬ 
duites  par  l’inoculation  du  micrococcus  neoformans  (MM.  Cornil, 
LeDentu,  Besançon,  Morestin).  —.1/.  Français  ;  Etude  clinique 
et  traitement  de  la  lithiase  du  cholédoque  (MM. Le  Dentu,  Cornil, 
Besançon.  Morestin).  —  M .  Feytaud  :  Les  anévrysmes  de  Taorte 
d’origine  rhumatismale  (MM.  Dieulafoy,  Hutinel,  Robin,  Vaquez). 

—  M.  //i/de/of:  Accidents  généraux  de  l’eczéma,  en  particulier  chez 
le  nourisson  (MM.  Hutinel,  Dieulafoy,  Robin,  Vaquez.— Af.  Vite- 
man  :  Régime  déchloruré  dans  l’épilepsie  (MM.  Robin,  Dieulafoy, 
Hutinel,  Vaquez.) 

Ex.wiens. — Lundi,  1 1  juin. —  5°  (Chirurgie,  Impartie,  1”  série, 
Hôtel-Dieu): MM.  Terrier,  Delens,  Gosset.  — 5‘  (Chirurgie,  1"  par- 
tie,2"  série, Hôtel-Dieu): MM.  Kirniisson,  Broca  (Aug.),  Duval (Pierre). 

—  5'  (Chirurgie,  1"  partie,  1"  série.  Charité)  :  MM.  Reclus,  Tuftier, 
Mauclaire.  —  5"  (Chirurgie,  1"  partie,  2* série.  Charité)  :  MM.  Se¬ 
gond,  Legueu,  Proust.  —  5*  (2*  partie,  Charité)  ;  MM.  Déjerine, 
Teissier,  Balthazard. 

Mardi,  12  juin.  —  5'  (Chirurgie,  1"  partie,  1”  série,  Hôtel- 
Bien)  ;  MM.  Guyon,  De  Lapersonne,  Rieffel.  • —  5*  (Chirurgie,  1” 
partie, 2* série,  Hôtel-Dieu):  MM.  Le  Dentu,  Poirier,  Morestin. 

—  5*  (Chirurgie,  1"  partie,  i'"  série.  Charité)  :  MM.  Berger,  Hart¬ 
mann,  Marion.  —  5'  (Chirurgie,  1”  partie,  2'  série,  Charité  :  MM. 
Pozzi,  Thiéry,  Auvray.  —  5'  (2”  partie.  Charité)  :  MM.  Dieulafoy, 
Renon,  Carnot.  —  5*  (Obstétrique,  1"  partie.  Clinique  Tarnier)  : 
MM.  Budin,  Demelin,  Brindeau. 

Mercredi,  i3  juin.  —  Médecine  opératoire  (Ecole  pratique)  : 
MM.  Kirmisson,  Delens,  Cunéô.  —  3'  (ï*  partie.  Laboratoire  des  tra¬ 
vaux  pratiques  d’anatomie  pathologique)  :  MM.  Gautier,  Blanchard, 
Legry.  —  2'  (Salle  Richet)  :  MM.  Ch.  Richet,  Broca  (André), 
Branca.  —  3‘  (2'  partie.  Oral,  Salle  Béclard)  ;  MM.  Brissaud, 
Gaucher,  Balthazard.  —  5“  (Chirurgie,  1"  partie,  1"  série,  Laënnec)  : 
M-M.  Terrier,  Legueu,  Gosset.  — 5*  (Chirurgie,  1"  partie,  2“  sé¬ 
rie,  Laënnec)  :  MM.  Reclus,  Mauclaire,  Duval  (Pierre).  —  5' (Obs¬ 
tétrique,  1"  partie.  Clinique  Baudelocque)  :  MM.  Lepage,  Wallich, 
Potocki. 

Jeudi,  I4  juin.—  Médecine  opératoire  (Ecole  pratique)  :  MM.  De 
Lapersonne,  Thierry,  Auvray.  —  3”  (2’  partie,  Laboratoire  des  tra- 
vaiK  pratiques  d’anatomie  pathologique)  :  MM.  Chantemesse, 
Guiart,  Maillard.  —  1"  (1"  série.  Oral,  Salle  Pasteur)  :  MM. 
t  «zzi,  Retterer,Rieffel.  —  1"  (2-  série.  Oral,  Salle  Charcot)  :  MM. 
corner,  Launoîs,  Marion.—  3*(2'  partie.  Oral,  Salle  Broussais)  .MM. 
■foffroy,  Thiroloix,  Méry. 

y  /5  juin. — 5*  (Chirurgie,  1”  partie,  1"  série,  Necker)  : 

..  Kirmisson,  Delens,  Legueu.  —5*  (Chirurgie,!"  partie,  2" 
^Me,  Necker)  :  MM.  Reclus,  Mauclaire,  Gosset.  —  S*  (Obst.,  1" 
partie,  Clinique  Baudelocque)  ;  MM.  Pinard,  Wallich,  Potocki. 

ctamedi.  1 6'  juin.  —  3”  (2'  partie.  Laboratoire  des  travaux  prati- 
(0**1  pathologique):  MM.  Cornil, Desgrez. Guiart. —  1" 

L 'J®  ^alleCorvisart)  :  MM.  De  Lapersonne,  Thiéry,  Launois.  — 
re  série.  Oral,  Salle  Béclard)  :  MM.  Le  Dentu,  Rette- 

IV  .  —  B”  (P*  partie,  2”  série  Oral,  Salle  Charcot)  :  MM. 

•ner.  Bar,  Morestin  :  —  5”  (2‘ partie,  1"  série,  Beaujon)  :  MM. 
n  Méry,  Rénon.  —  5'  (2*  partie,  2"  série,  Beaujon)  ;  MM. 

an»  t’  Jeanselme.  —  5'  Obstétrique,  (1"  partie,  Clini- 

larnier)  ;  MM.  Budin,  Demelin,  Brindeau. 

DU  ci.iNicAT.  —  Un  concours  pour  les  emplois  va- 
■Hédr  ■  de  chefs  de  clinique  s’ouvrira  le  lundi  ISjuin  1!JÜ6; 

ni(iu*^***f.  chefs  de  clinique  titulaires  et  trois  chefs  de  cli  - 

ObJ.^.^PiDints.  —  Chirurijie  :  Un  chef  de  clinique  titulaire.  — 
:  Deux  chefs  de  clinique  titulaires  et  deux  chefs  de 
tulaire*  ^^jLints.  —  Maladies  mentales  :  Un  chef  de  clinique  ti- 
niqng  ’  ~  Maladies  cutanées  et  syphilitiques  :  Un  chef  de  cli- 
chef  J “D. chef  de  clinique  adjoint.  —  Médecine  infantile  :  Un 
triïe  ‘®*‘iue  fdulaire  et'un  chef  de  clinique  adjoint.  —  S’ins- 
8ans  1906. Tous  les  docteurs  en  médecine  français, 

ç  uPite  d’âge,  sont  admis  à  concourir. 

l’.adjuvat.  —  Ce  concours  s’est  terminé  par  la 
lut_  “On  de:  MM.  Mocquot, Picot,  Sauvé,  Barbier  et  Guirabel- 


NOÜVELLES 


Natalité  db  Paris.  —  Du  dimanche  20  au  samedi  26  mai 
1906.  les  naissances  ont  été  au  nombre  de  979,  se  décomposant 
ainsi  :  légitimes  723,  illégitimes  256. 

Mortalité  a  Paris.  —  Population  d’après  le  recensement  de 
1901  :  2.6fi0.559  habitants.  Les  décès  ont  été  au  nombre  de  904, 
savoir  :  468  hommes  et  436  femmes.  Les  décès  sont  dus  aux 
causes  suivantes  :  Fièvre  typhoïde  (typhus  abdomin.)  :  7.  — 
Typhus  exanthématique  :  0.  —  Fièvre  intermittente  et  cachexie 
palustre  :  0.  —  Variole  :  0.  —  Rougeole  :  11.  —  Scarlatine  :l. 

—  Coqueluche  :  7.  —  Diphtérie  et  Croup  :  6.  —  Grippe  :  5. 

—  Choléra  asiatique  :  0.  —  Choléra  nostras  :  0.  —  Autres 
maladies  épidémiques  :  2.  —  Tuberculose  des  poumons  :  210.  — 
Tuberculose  des  méninges  :  19.  —  Autres  tuberculoses  :  16.  — 
Cancer  et  autres  tumeurs  malignes  :  60.  —  Méningite  simple  :  20. 

—  Congestion  hémorrhagique  et  ramollissement  du  cerveau  :  43. 

—  Maladies  organiques  du  cœur  ;  55.  —  Bronchite  aiguë  :  4. 

—  Bronchite  chronique  :  7.  —  Pneumonie  ;  33.  —  Autres  affec¬ 
tions  de  l’appareil  respiratoire  ;  82.  —  Affections  de  l’estomac 
icancerexc.)  :  4.  -  Diarrhée  et  entérite  de  0  à  1  an  :  sein  :  2  ;  au¬ 
tre  alimentation  ;  10.  —  Diarrhée  et  entérite  de  1  à2  ans  :  1 . —  Her¬ 
nies,  obstruction  intestinale  :  14.  —  Cirrhose  du  foie  :  16.  —  Néphrite 
at  mal  de  Bright  :  24.  -  Tumeurs  non  cancéreuses  et  autres  ma¬ 
ladies  des  organes  génitaux  (femmes)  :  5.  —  Septicémie  puerpérale 
(fièvre,  péritonite,  phlébite  puerpérale)  :  6.  —  Autres  accidents 
puerpérautt  de  ia  grossesse  et  de  l’accoucnement  :  0.  —  Débilite 
congénitale  et  vices  de  conformation  ;  26.  —  Débilité  sénile  :  44. 

—  Morts  violentes  :  31 . —  Suicides  :  15.  —  Autres  maladies:  122. 

—  Maladies  inconnues  ou  mal  définies  :  1 1 . 

Mort-nés  et  morts  avant  leur  inscription:  91,  qui  se  décom¬ 
posent  ainsi  :  légitimes  70,  illégitimes  21. 

Nouveau  doyen  de  la  Faculté  de  Toulouse.  —  M.  le  P' 
Caubet  est  nommé  doyen  pour  une  période  de  trois  ans. 

Ecole  de  plein  exercice  d’Aloer.  —  Un  concours  s’ouvrira, 
le  22  octobre  1906,  devant  la  Faculté  de  médecine  de  Montpellier, 
pour  l’emploi  de  suppléant  des  chaires  d’anatomie  et  de  physiolo¬ 
gie  à  l’Ecole  de  médecine  d’Alger. 

Ecole  de  plein  exercice  de  Marseille.  —  Un  concours  s’ou¬ 
vrira,  le  12  novembre  1906,  devant  l’Ecole  supérieure  de  phar¬ 
macie  de  Montpellier,  pour  l’emploi  de  suppléant  des  chaires  de 
pharmacie  et  de  matière  médicale  à  l’Ecole  de  médecine  de  Mar- 

Ecole  de  plein  exercice  de  Nantes.  —  Deux  concours  s’ou¬ 
vriront  le  8  octobre  1906,  l’un  pour  l’emploi  de  chef  des  travaux 
de  bactériologie  et  l’autre  pour  l’emploi  de  chef  des  travaux  de 
chimie . 

Ecole  préparatoire  d’Amiens.  —  Un  concours  s’ouvrira,  le  5 
novembre  1906,  pour  l’emploi  de  chef  des  travaux  d'anatomie  et 
d'histologie. 

Ecole  préparatoire  d’Angers.  —  Un  concours  s'ouvrira,  le 
22  novembre  1906,  devant  l’Ecole  supérieure  de  pharmacie  de  Pa¬ 
ris,  pour  l’emploi  de  suppléant  de  la  chaire  de  pharmacie  et  ma¬ 
tière  médicale  à  l'Ecole  de  médecine  d'Angers. 

Ecole  préparatoire  de  Clermont.  —  Un  concours  s’ouvrira, 
le  12  novembre  1906,  devant  la  faculté  de  médecine  de  Toulouse, 
pour  l'emploi  de  suppléant  de  la  chaire  d’histoire  naturelle  à  l'E¬ 
cole  de  médecine  de  Clermont. 

Ecole  préparatoire  de  Limoges.  —  Un  concours  s’ouvrira  le 
12  novembre  1906,  devant  la  faculté  de  médecine  de  Bordeaux 
pour  l’emploi  de  suppléant  des  chaires  de  physique  et  de  chimie  à 
l'Ecole  de  médecine  de  Limoges. 

Muséum  d’histoire  naturelle.  —  Par  décret  en  date  du  30 
mai  1906,  rendu  sur  le  rapport  du  .Ministre  de  l’instruction  publi¬ 
que,  des  beaux-arts  et  des  cultes,  M.  le  D''  Trouessart  (Edmond- 
Louis)  est  nommé  professeur  de  zoologie  (mammifères  et  oiseaux) 
au  Muséum  d’histoire  naturelle,  en  remplacement  de  M.  Oustalet, 
décédé. 

Henri  Ibsen  le  célèbre  dramatui-ge  qui  est  mort  le  23  mai,  était 
né  à  Skien  le  20  mars  1828.  Il  se  destina  d’abord  à  l’exercice 
delà  médecine  et,à  l’âge  de  seize  ans,  il  entrait  chez  un  pharma¬ 
cien  qu’il  (juitta bientôt  pour  se  consacrera  la  littérature. 

Mort  d’on  médecin. —  Auch.  —  M.  Emmanuel  Belliard,  âgé 
de  vingt-cinq  ans,  qui  avait  récemment  subi  avec  succès  son  der¬ 
nier  examen  de  doctorat  en  médecine  lils  du  maire  de  Terraube, 
près  Lectoure,  a  fait  une  grave  chute  de  bicyclette  sur  la  route  de 
Fleurance.  Après  s’être  rendu  dans  une  métairie  voisine  pour  la- 


368 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


ver  ses  blessures, il  voulut  rentrer'  seul  à  son  domicile,  mais  il  fut 
trouvé  plus  tard  évanoui  au  bord  d'un  fossé.  Transporté  chez  ses 
parents.le  jeune  homme  mourut  sans  pouvoir  reprendre  la  pa¬ 
role  {A  urore  24  mai  . 

Chronique  des  hôpitaux. 

Le  31  mal  1906, M.  Mesureur  a  adressé  aux  directeurs  des  hôpi¬ 
taux  la  circulaire  suivante  au  sujet  des  vacantes:  «  MM.  les  mé¬ 
decins,  chirurgiens  et  accoucheurs  des  hôpitaux,  m'ont  demandé 
à  être  renseignés,  au  moment  où  ils  sont  appelés  à  faire  choix 
des  remplacements  de  vacances,  sur  l’époque  probaljle  à  laquelle 
MM.  les  chefs  de  services  sont  dans  l’intention  de  s'absenter.  Ces 
derniers  comprendront,  j’en  suis  certain,  combien  cette  demande 
est  légitime, et  ils  voudront  bien  faciliter  la  tâche  de  l’Administra¬ 
tion  en  vous  donnant  dès  maintenant  à  ce  sujet  des  indications. 
Je  vous  prie,  en  conséquence,  de  les  pressentir  à  ce  sujet,  et  de 
m’envoyer,  avant  le  20  juin,  dernier  délai,  l’état  fixant  les  dates 
de  départ  et  de  rentrée  de  MM.  les  chefs  de  service. 

Concours  de  médecine  des  hôpitaux.  —  Ce  concours  s’est  ter¬ 
miné  par  la  nomination  de  MM.  Milian,  André  Jousset  et  G.  Guil- 

CoNCOURS  DE  chirurgien  DES  HOPITAUX.  —  Le  jury  du  nouveau 
concours,  qui  s’ouVrira  le  11  juin,  est  formé  de  MM.  Delens,  Ri¬ 
card,  Segond,  Delbet,  Lannelongue.  Berger  et  Klippel. 

Amphithéâtre  d’anatomie  des  hôpitaux.  —  Cours  et  exerci¬ 
ces  techniques  de  médecine  opératoire  régionale  sous  la  direction 
de  M.  Pierre  Sébileau,  avec  l’assistance  de  MM.  Chifohau  et  Che¬ 
vrier.  proseefeurs.  — Opérations  sur  l’œil  et  Les  annexes  de  l'œil, 
par  M.  V.  Morax,  ophtalmologiste  de  l'hôpital  Lariboisière.  Ce 
cours  commencera  le  lundi  4  juin.  ■ —  Il  aura  lieu  à  1  h.  1|2.  L 
Technique  opératoire  et  asepsie  opératoire. —  Lundi  4  juin.  —  IL 
Opérations  sur  les  paupières. —  Mercredi  6  juin.  —  III.  (  )péra- 
tions  sur  l'appareil  lacrymal.  —  Vendredi  8  juin.  —  IV.  Opéra¬ 
tions  sur  la  conjonctive  et  la  sclérotique.  —  Lundi  11  juin.  —  V. 
Opérations  sur  la  cornée.  —  Mercredi  13  juin.  —  VL  Opérations 
sur  l’iris.  —  Vendredi  15  juin.  — VII,  VIII.  Opérations  sur  le 
cristallin  et  extraction  des  corps  étrangers  magnétiques.  —  Lundi 
18,  Mercredi  20  juin.  —  IX.  Opérations  sur  les  muscles  oculaires. 
—  Vendredi  22  juin.  —  X.  Opérations  sur  l’orbite.  —  Lundi  25 
juin.  —  Les  élèves  répéteront  les  opérations  sous  la  direction  des 
Prosecteurs,  des  aides  d’anatomie  et  de  plusieurs  moniteurs.  Le 
nombre  des  élèves  est  limité.  Le  droit  à  verser  est  de  80  francs. 
Le  cours  est  gratuitpour  les  Internes  des  hôpitaux.  Sé  faire  ins¬ 
crire  :  17,  rue  du  Fer-à-Moulin,  de  10  heures  à  4  heures. 

Hospice  de  la  Salpêtrière.  —  Le  D''  Deny  :  conférences 
cliniques  sur  les  maladies  mentales,  le  dimanche  à  10  heures,  sec¬ 
tion  Rambuteau. 

Hospice  de  Bicêtre  (Fondation  Vallée).  Rue  Benserade,  7,  à 
Gentilly.  —  M.  Bourneville.  Visite  du  service  (gymnastique,  tra¬ 


vail  manuel,  écoles,  et  présentation  de  malades)  le  samedi  à  10  h 
très  précises.  Consultations  médico-péda'jogiques,  gratuites  pour 
les  enfants  indigents  atteints  ùe  maladies  du  système  nerveux,  le 
jeudi  à  9  h.  1/2. 


BULLETIN  BIBLIOGRAPHIQUE 

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R,  place  de  LOdéon. 

Mirovitch. —  L  fluence  nocive  de  Tautomohilisme'et  du  cyclisme 
sur  la  vision  et  les  moyens  d’y  remédier.  In-8“  de  12  pages. 

Robin  (A.|.  —  Leçon  d’ouverture.  In-8°  de  02  pages. 

Librairie  MASSOX  et  Lie 
120,  boulevard  Saint  Germain. 

Rodet  (Paul).  —  Nomenclature  anatomique  en  quatre  langues 
(Latin,  Français.  Anglais.  Espéranto).  1  vol.  In-8'>  de  76  pages. 
Prix . . . .  lfr.5Ü 

Librairie  H.  PAI  LLV 
21,  rüe  Ilautefeuîlle. 

Clinique  et  thérapeutique  spéciales.  —  Manuel  du  praticien 
tome  IL  —  Chirurgie  et  orihopédie,  par  Mouchet,  ancien  chef 
de  clinique,  assistant  de  chirurgie  aux  Enfants-Malades  ;  Maladies 
dés  voies  «rinatm',  par  Cathelin,  chef  de  clinique  à  l’hôpital 
Necker  ;  —  Gynécologie,  par  Iselin,  chef  de  clinique  adjoint  â 
l’hôpital  Necker  ;  — '  Obstétrique,  par  Devraigne,  ancien  in- 
I  terne  des  hôpitaux  ;  —  Eleclrothérapie  et  radiothérapie,  par 
Delherm,  ancien  interne  des  hôpitaux. 


Chervin.  —  Les  troubles  de  la  parole.  In-8®  de  16  pages. 
Association  française  pour  l’avancement  des  sciences. 

Monsseaux  (A).  —  La  lithiase  rénale  chez  les  tuberculeux  sura¬ 
limentés.  In-8“  de  28  pages.  Archives  générales  de  Médecine. 

Schlemmer. —  Rapport  à  la  sous-commission  de  l'industrie 
hydrominérale  et  climatique  sur  l.a  recherche  des  moyens  propres 
à  favoriser  le  développement  de  cette  industrie  en  France.  In-8“ 
de  44  pages.  J.  Gainche,à  Paris. 

Verd-alle  iH.).  —  Action  de  l’arsenic  et  des  eaux  chlorurées 
sodiques  arsenicales  sur  le  diabète,  In-8'’  de  20  pages.  Davy,  à 
Paris. 


Loquin  (Louis).  —  Contribution  à  l’étude  clinique  du  saliey;- 
arsinate  de  mercure  (énésol)  1  vol.  in-S”  de  96  pages,  Schneider  à 
Lyon. 

Nicolas  (J.j.  —  Asthme  et  grossesse.  In-8“  de  12  pages,  Mont- 
Louis  à  Clermont-Ferrand. 


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minue  la  toux,  la  fièvre  et  l’expectoration.  De  3  à  6  cuil¬ 
lerées  à  café  par  jour  dans  lait,  bouillon  ou  tisane. 

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à  15  ans,  vrai  spécifiqu  j  de  la  CONSTIPATION.  Précieux  dans 
grippe,  bronchite,  coqueluche,  impétigo,  helminthiase, 
état  convulsif,  et  toutes  maladies  ou  indispositions  dans  les¬ 
quelles  un  laxatif  est  nécessaire. 

de  2  mois  à  2  ans  :  1  cuillerée  à  café  par  jour. 

I  de  2  ans  â  5  ans  :  1  cuillerée  à  dessert  par  jour. 

I  de  5  ans  à  15  ans  :  1  cuillerée  a  soupe  par  Jour. 

(Le  conseiller  chaque  fois  que  les  parents  demandent  un  «  dépuratif  » 
pour  leurs  enfants,  car  le  meilleur  des  dépuratifs  est  encore  un 
bon  laxatif. 

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découvert  par  M.  Louis  DEQUe:.ANT.  pharmacien.  3°'^ 
de  Clignancourl,  Paris.  i  Mémoires  déposés  a  l’Acade®*  . 
Médecine,  23  mars  1897. 8  mal  1898).  L'extrait  de  ces  Mem® 
est  adresse  gracieusement  a  tous  les  médecins  qui 
feront  la  demande.  Renseignements  gratuits  et  prix  de  /« 
pour  tous  les  memores  du  corps  médical.  _ ^ 


Le  Rédacteur- Gerant  :  Boürnbvill»- 


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16  JUIN  1906 


Le  Progrès  Médical 


goMMAIRE  ;  Obstétrique  ;  De  l’embryotomie  sur  l’enfant 
’  Vivant,  par  Budin.  —  Bulletin  :  L’enseignement  professionnel 
des  infirmières  au  congrès  pour  la  répression  de  l’exercice  illé- 

È le  la  médecine,  par  J.  Noir.  —  Sociétés  Savantes  ;  Aca- 
ie  des  Sciences  :  Rapports  des  états  émotifs  et  des  états 
d’infection,  par  Vaschide  ;  Rôle  pathogénique  des  adénopathies 
bronchiques,  par  Arthaud  ;  Sur  la  fréquence  et  le  tôle  étiologi- 
qne  probable  de  l’uncinaria  araericana  dans  le  béri-béri,  par 
ÿoc  ■  Destruction  des  trypanosomes  dans  la  rate,  par  Rodet  et 
Vallet  ;  Contribution  à  l’étude  cytologique  des  bactéries,  par 
Gnillemond  ;  Sur  l'excrétion  des  purines  et  de  l’acide  urique 
endogènes,  par  Fauvel  (c.  r.  de  Mme  Phisalix).  —  Société  de 
bioloyie  :  Corps  thyroïde  et  faim,  par  Lévy  et  de  Rothschild  ; 
Pathogénie  de  la  néphrite  interstitielle  chez  les  artérioscléreux, 
par  Josué  et  Alexandrescu  ;  Vibrion  septique,  allobiimmunisa- 
tion,  par  Rosenthal  ;  Ictère  chronique  simple  post- typhique, 
par  Gilbert  et  Lereboullet  ;  Variations  quotidiennes  du  taux  uri¬ 
naire  chez  les  hépatiques,  par  Gilbert  et  Lippmann  ;  Acide 
jdwsphorique,  son  influence  sur  les  échanges  nutritifs,  par  Des¬ 


prez  et  Mlle  Guende  ;  Virulence  du  liquide  de  la  pleurésie 
séreuse,  par  Jousset  et  Cartier  ;  Eosinophilie  dans  la  filariose 
sous -cutanée,  par  Billet  (c.  r.de  Mme  Edwards-Pilliet.)  —  So¬ 
ciété  de  chirurgie  :  Plaies  pénétrantes  de  la  poitrine  ;  Perfora¬ 
tions  utérines,  par  Picqué  ;  Jéjunostomie,  par  Guisard  ;  Abcès 
cérébral,  par  Delbet  ;  Jéjunostomie,  par  Quénu;  Plaies  du  pou¬ 
mon  par  coup  de  feu,  par  Routier  ;  Luxation  du  semi-lunaire, 
par  Delbet  (c.  r.  de  Catz.l  —  Société  Médicale  des  Hôpitaux  : 
Lutte  contre  l’absinthe  ;  Voie  rectale  pour  l’administration  de 
l’iodure  de  potassium  en  cas  d’intolérance  gastrique,  par  Quey- 
rat  ;  Lymphocytose  dans  un  cas  de  zona  du  plexus  sacré,  par 
Queyrat  ;  Méningite  tuberculeuse  sans  lymphocytose,  présence 
d’une  notable  quantité  d’albumine  dans  le  liquide  rachidien,  par 
Rénon  et  Tixier  ;  Influence  des  hydropisies  sur  l’élimination 
urinaire,  par  Achard  (c.  r.  de  Friedel.)  —  Société  de  Médecine 
de  Paris  :  (c.  r.  de  Buret.) —  Revue  de  thérapeutique.— 
Varia.  —  Les  congrès.  —  Formules.  —  Actes  et  thèses 
de  la  faculté  de  médecine  de  Paris.  —  Nouvelles.  — 
Chronique  des  hôpitaux. 


OBSTÉTRIQUE 

Clinique  Tarnier  :  M.  le  P'^  P.  BUDIN. 

De  l’Embryotomie  sur  l’enfant  vivant  (1). 
Messieurs, 

Nous  avons  eu,  il  y  a  quelques  jours,  l’occasion  de 
pratiquer  dans  cette  Clinique  une  opération  qui,  pour 
être  actuellement  rare, n’en  présente  pas  moins  un  très 
haut  intérêt.  Laissez-moi  vous  rappeler  tout  d’abord 
les  principaux  points  de  l'observation  qui  m’a  été  re¬ 
mise  par  le  chef  de  clinique,  M.  Paul  Guéniot. 

Femme  de  23  ans,  secondipare. 

Première  grossesse  :  dernières  règles  le  4  août  1902.  Ac- 
Mnchement  spontané  le  3  mai  1903.  Elle  était  entrée  en 
travail  le  2  mai  à  5  heures  du  matin  ;  les  membranes  se  rom¬ 
pirent  à  6  heures  du  soir.  Elle  accoucha  le  3  mai  à  2  heures 

1  après-midi,  il  y  avait  eu  administration  d'ergot  de  seigle 
^r  une  sage-femme. L’enfant,  de  poids  normal,  serait  mort, 
“''■®l*e,cinq  minutes  après  sa  naissance. 

Quatre  jours  plus  tard,  elle  aurait  été  atteinte  de  phlébite 
«de sciatique,  et,  vers  le  3  juin  1903,  elle  entrait  à  l’hôpital 
•'^ral  où  elle  restait  3  semaines  environ. 

I  ^®oiide  grossesse  ;  les  dernières  règles  se  sont  terminées 
*1  mars  1905  ;  la  gestation  fut  normale. 

bes  douleurs  commencèrent  le?  janvier  à  7  heures  du  ma- 
La  malade  perdit  les  eaux  à  midi.  Le  travail  se  prolon- 
se  présenta  l’après-midi  dans  un  hôpital,  mais  là, 
Dïfu?  ^‘^flcultés  pour  se  laisser  examiner  et,  mécontente,  en 
presque  aussitôt. 

soif”  appelé  chez  elle  tenta,  vers  7  heures  1/2  du 

plusieurs  applications  de  forceps  qui  furent  in- 

alors  cette  femme  à  la  Clinique  Tarnier,  où  elle 
®  heures  du  soir,  dans  un  tel  état  d'exaspération 
^Orofff  ‘i'iL  pour  pouvoir  l'examiner,  lui  donner  du 
lioj  „  car  elle  s’opposait  absolument  à  toute  explora- 

anesthésie. 

dur,contracté,le  segment  inférieur  est  aminci, 
‘anneau  de  Bandl  remonte  à  un  travers  de  main 
^ttche  T  delà  symphyse.  Le  dos  du  fœtus  semble  à 

anmmetse  présente,  non  engagé,  mais  fortement 
un  Coin  sur  le  détroit  supérieur  ;  la  position 

la  cliniqu»  Tarnier  le  10 janvier  1906,  recueillie 
Jeannin,  ancien  chef  de  clinique,  et  revue  par  le  j 


est  oblique,  en  O.  1.  G.  A.  Le  col  est  dilaté  presque  complète¬ 
ment,  il  paraît  un  peu  revenu  sur  lui-même,  on  sentun  léger 
rebord  cervical.  La  vulve  est  tuméfiée,  œdémateuse:  pour 
sonder  la  femme  tout  à  l'heure,  avant  d’appliquer  le  forceps, 
on  aura  beaucoup  de  peine  à  trouver  le  méat  urinaire. 

Le  vagin  présente,  sur  sa  paroi  latérale  gauche,  une  déchi¬ 
rure,  un  véritable  trou,  dans  lequel  le  petit  doigt  s’engage 
et  se  perd  dans  le  tissu  cellulaire  péri-vaginal.  il  y  a  un  ré¬ 
trécissement  modéré  du  promonto-sous  pubien  qui  mesure 
11  centimètres  environ,  mais  le  bassin  est  généralement  ré¬ 
tréci.  Les  bruits  du  cœur  fœtal  sont  un  peu  soufflants,  peut- 
être  un  peu  lents,  mais  assez  intenses.  Tel  est  le  résultat  de 
l’examen  du  moniteur  de  garde,  puis  de  M.  PaulGuénioL 

Après  s’être  concerté  par  le  téléphone  avec  M .  Demelin, 
M.  Guéniottente,  à  11  heures  1/2, une  application  de  forceps: 
application  au  détroit  supérieur  sur  le  sommet  en  0. 1.  G.A. 
mais  avec  une  fontanelle  postérieure  située  très  en  avant, 
dans  une  position  en  somme  peu  éloignée  de  la  position  di¬ 
recte,  occipito-pubierine.  L’application  est  faite  suivant  la 
technique  classique. Les  tractions  ne  produisent  pas  la  moin¬ 
dre  descente  de  la  tête. 

M.  le  D'- Demelin  est  prévenu.  Ilarriveà  uneheure  et  quart 
du  matin,  examine  longuement  la  femme  et  constate  qu’il 
s’agit  d'un  bassin  de  Nægelé.  Du  côté  droit,  la  ligne  inno- 
mlnée  est  redressée,  le  bassin  absolument  aplati,  l'aileron 
sacré  n’existe  pas,  et  l’on  tombe  en  arriére  sur  une  encoche 
étroite  entre  l’os  iliaque  et  le  promontoire.  A  gauche,  on 
trouve,  au  contraire,  l’articulation  sacro-iliaque  normale. 
La  symphyse  pubienne  est  déjetée  du  côté  gauche.  L’explo¬ 
ration  externe  montre  que  l’épine  iliaque  postéro-supé- 
rieure  droite  touche  presque  la  ligne  des  apophyses  épineu¬ 
ses.  La  fesse  droite  est  sensiblement  plus  étroite  que  lagau- 
che  et  ne  me.sure  que  12  centimètres  du  côté  externe  du 
grand  trochanter  au  sillon  interfessier,  tandis  que  la  fesse 
gauche  en  mesure  18. 

L’état  de  la  femme  est  sérieux,  sa  température  est  de  38“, 
les  bruits  du  cœur  fœtal  persistent,  sans  s’être  sensiblement 
modifiés  depuis  l'arrivée  à  la  Clinique.  Telle  est  la  situation 
après  une  nouvelle  application  de  forceps  au  détroit  supé¬ 
rieur,  sur  le  sommet  placé  maintenant  en  position  directe 
O. P.,  tentée  par  M.  Demelin.  Estimant  que  l’opération  cé¬ 
sarienne  suivie  d’hystérectomie  ou  la  pelvitomie  sont  très 
graves  dans  la  situation  où  se  trouve  cette  femme,  et  pen¬ 
sant  d’ailleurs  que  l'enfant  est  trop  compromis,  M.  Demelin 
demande  par  téléphone  l’opinion  de  M.  Budin. 

Quand  M.  Demelin  m’eut  exposé  les  faits,  sans  ce¬ 
pendant  formuler  son  opinion,  je  lui  dis  :  «  Alors  il 
s’agit  d’un  cas  de  conscience  ?  Faut-il  oui  ou  non  faire 
l’embryotomie,  bien  que  i’enfant  soit  encore  vivant  ? 


370 


I.H  PROGRÈS  MÉDICAL 


—  Oui,  il  s'agit  d’un  cas  do  conscience. 

Je  n’hésite  pas,  je  conseille  rembryotomie,  l’enfant 
et  la  mère  sont  en  danger,  il  faut  tout  faire  poursauver 
cette  dernière. 

—  C'est  exactement  ce  que  je  pense,  me  répondit. M. 
Demelin.  El  il  fit  la  basiotripsie,  qui  ne  présenta  aucune 
difficulté.  » 

L’enfautjSans  la  substance  cérébrale,  pesait  3. 1.50 
grammes. 

Les  suites  de  couches  furent  aussi  bonnes  qu’il  était 
possible  de  le  souhaiter  après  les  examens  et  les  inter¬ 
ventions  multiples  que  celte  femme  avaitsubis  en  ville 
et  à  l’hôpital. 

Le  8  janvier,  à  la  visite  du  matin,  la  température 
axillaire  est  de  38°2  :  le  soir  elle  ne  fut  plus  que  de  37“2. 
Le  9  janvier  on  note  37°2  le  malin  et  37‘’6  le  soir.  Le 
10, 37"4le  matin,  36'8  le  soir.  A  partir  de  ce  moment,  la 
température  ne  s’éleva  pas  au-dessus  de  37".  L’œdème 
vulvaire  diminua  peu  à  peu,  puis  disparut  (1). 

Voici  donc  un  cas  où  nous  avons  conseillé  l’embryo¬ 
tomie  sur  l’enfant  vivant.  Une  pareille  pratique  a  "été 
l’objet  de  chaudes  discussions. 

Elle  s’est  tout  d’abord  trouvée  en  contradiction  avec 
lan^anièrede  voir  de  l’Eglise. 

En  octobre  1878,  je  me  promenais  avec  le  Prof.  Eug. 
Hubert  (de  Louvain),  et  nous  discutions  certains  points 
de  conduite  obstétricale  qui  pouvaient  être  embarras¬ 
sants.  11  me  raconta  dans  quelle  pénible  situation  il  s’é¬ 
tait  trouvé  quelque  temps  auparavant.  Une  femme,  dont 
le  bassin  était  fort  rétréci  par  le  rachitisme,  avait  été 
amenée  à  l’hôpital  :  comme  elle  ne  pouvait  accoucher 
et  que  l’enfant  était  vivant,  il  lui  proposa  l’opération  cé¬ 
sarienne  ;  elle  la  refusa.  Eug.  Hubert,  fervent  catho¬ 
lique,  ne  voulut  point  pratiquer  l’embryotomie,  et  pen¬ 
dant  deux  jours  il  assista  plein  d'angoisses  au  drame 
qui  se  déroulait  devant  lui  :  la  malade  ne  voulant  point 
accepter  l’opération  césarienne  qui,  sûrement  alors,  lui 
faisait  courir  de  grands  risques,  lui,  ne  se  croyant  pas 
le  droit  de  sacrifier  un  enfant  vivant.  Quand  la  mère 
entra  en  agonie,  on  entendait  encore  les  bruits  du  cœur  du 
fœtus  ;  tous  deux  succombèrent  presque  simultanément. 

frès  troublé,  très  remué  par  ce  fait,  Eug.  Hubert 
alla  consulter  un  évêque  jouissant  d’une  grande  répu¬ 
tation  pour  lui  faire  part  de  son  émotion  et  de  ses  scru¬ 
pules  pour  l’avenir.  L’évôque  se  rallia  à  l’opinion  que  la 
femme,  qui  allait  mourir  par  la  faute  de  son  enfant, 
pouvait  être  considérée  comme  en  état  de  légitime  dé¬ 
fense  ;  elle  ne  voulait  pas  courir  les  risques  d’une  opéra¬ 
tion  césarienne,  on  avait  le  droit  do  la  protéger  et  de 
sacrifier  l’enfant  par  l’embryotomie. 

Eug.  Hubert, dans  l’édition  del885deson  Coursd’ac- 
couchement,  paraît  prêt  àse  rattacher  à  cette  opinion  ; 
voici  ce  qu’il  a  écrit  è  propos  des  faits  de  ce  genre  : 

i'  Mon  père  asoutenu  que  la  femme  ne  se  trouvait 
pas  dans  un  cas  de  légitime  défense  et  que,  par  consé¬ 
quent,  le  meurtre  de  l’enfantn’est  pas  susceptible  d’une 
justification  complète.  H  croyait  défendre  l’enseigne¬ 
ment  de  l’Eglise.  Mais  si,  à  celle  époque,  les  théologiens 
étaient  unanimes  à  condamner  le  foûicide,  il  n’en  est 
lus  de  même  aujourd’hui  :  Avanzini,  Viscosi,  d’Anni- 
ale,  Pennachi  et  d’autres  théologiens  encore,  depuis 
une  q^uinzaine  d’années,  essaient  de  démontrer  la  licéi¬ 
té  dufœticide,  et  Rome, en  ce  moment  même,  nous  as- 
sure-t-on,  est  saisie  de  la  question.  » 

En  effet,  la  Sacrée  Congrégation  du  Saint-Office  lut 

(l)I.a  malade  sorlil  iilléi-ieuremeni  le  21  janvier,  elle  se  Irouvait 
en  e.xeellenlétat. 


consultéesur  ce  point  :  «  Peut-on  enseigner,  en  sùt( 
de  doctrine, dans  les  écoles  catholiques, qu’il  est  peu 
de  pratiquer  la  craniotomie, lorsque, faute  de  cette  op^( 
lion  la  mère  et  l’enfant  périront  tous  deux,  tandis  qn', 
contraire  celte  opération  en  faisant  périr  l’enfant  sam 
rait  la  mère?  »  Elle  répondit  qu’une  pareille  condni 
ne  pouvait  être  enseignée  en  sûreté  de  doctrine. 

En  1888,  la  môme  Congrégation  du  Saint-Office  élei 
dait  celle  réponse  négative  à  toute  opération  qui  aurai 
pour  effet  direct  la  mort  du  fœtus. 

Cette  manière  de  voir  a  été, il  y  a  quelques  années, dj, 
fendue  par  MM.  Moureau  et  Lavrand  i^l)  dans  leurs  «U 
çons  pratiques  de  déontologie  médicale  » . 

M.le  D"  Thoyer-Rozat,actuellemcnt  professeur  agréji 
à  la  Faculté  de  médecine  de  Toulouse,  a  fait  alon 
la  critique  détaillée  des  opinions  soutenues  par  cesat 
tours.  Il  s’en  est  suivi  entre  eux  trois  une  courte  poK. 
mique  dont  on  lira  avec  intérêt  le  détail  dans  la  Prem 
médicale  de  1902.  Qu’il  me  suffise  de  dire  qu’un  cer< 
tain  nombre  d'accoucheurs  catholiques  ont  écrit  à  .1 
riioyer-Rozat  pour  l’assurer  qu’ils  partageaient  sa  ma¬ 
nière  de  voir. 

Mais  laissons  absolument  de  côté  les  opinions  reli¬ 
gieuses  qui  peuvent  varier  suivant  les  pays,  et  n’en¬ 
visageons  les  choses  qu’au  point  de  vue  médical,  ai 
point  de  vue  humain. 

La  question  semblait  pour  les  médecinsàpeu  pièsdé- 
finilivement  tranchée  lorsque,  il  y  a  quelques  années, 
le  Prof.Pinard,  avec  toute  l’autorité  de  son  enseigne¬ 
ment,  lança  contre  l’embryotomie  sur  l’enfant  vivant  ni 
anathème  resté  célèbre.  Et  pourtant  nous  continuonsi 
pratiquer  cette  intervention. 

Il  est  tout  d’abord  des  cas  où  l’enfant,  bien  quevh 
vant,  est  tellement  compromis  qn’une  opération  san¬ 
glante,  césarienne,  symphyséotomie  ou  pubiotomie 
n’arrivera  probablement  pas  à  le  sauver. 

S’il  existe  de  l’infection  amniotique,  il  faudrait  sou- 
veut  faire  suivre  la  césarienne  de  l’ablation  de  ruléius, 
mais  alors  la  femme  devient  définitivement  stérile- 

Or,  il  nous  semble  qu’on  peut  assimiler  une  pan 
turiente  à  une  malade  atteinte  d’une  affection  dont  elle 
meurt  fatalement  si  on  no  fait  rien,  mais  Job' 
elle  guérira  par  une  intervention.  Dans  ce  dernier  cas. 
l’opération  est  indiscutable  ;  pour  la  femme  enceinte,  i' 
y  a  tout  intérêt  à  ne  pas  la  priver  de  son  utérus.  Lofi 
d’une  grossesse  ultérieure,  jl  nous  sera  bien  souven 
possible  d’obtenir  un  enfant  vivant,  grâce  par  exem¬ 
ple  à  l’accouchement  prématuré  artificiel.  .  ■. 

Que  pensent  en  réalité  les  accoucheurs  français  a 
étrangers  de  l’embryotomie  sur  l’enfant  vivant  ?  b» '* 
ment-ils  avec  le  Prof.Pinard  que  l’embryotomie  surl  c®' 
faut  vivant  a  vécu  ?  Ou  sont-ils  d’avis  de  la  conser'f® 
en  pratique  ? 

Si  nous  nous  reportons  à  la  discussion  qui  eut  U 
à  la  Société  obstétricale  de  France  en  1899,  sur  le 
rallèle  entre  les  diverses  opérations  pratiquées  j 
viciations  pelviennes,  nous  voyons  que  le 
Charles,  de  Liège,  s’est  montré  nettement  partisan 
fœlicide  thérapeutique  quand  il  se  trouve  dans  la 
cessilé  d’y  recourir.  «  Oui,  dit-il,  je  ferai 
tomie  et  je  le  dis  ici  parce  que,  à  un  moment  , 

décret  d’excommunication  a  été  lancé  contre 
coucheur  qui,  aujourd’hui,  oserait  pratiquer  1 
tomie  sur  l’enfant  vivant.  Ce  décret,  je  Tai  releve^^^^ 

(IjChanoine  Mocbe.vi- et  Docteur  I...\vitAND.—Z.e 

1  vol.,  chez  Lelhielleux.  Paris,  PJOl. 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


371 


■'ai  attendu  en  vain  la  bulle, rien  n'est  arrivé.  Je  relève 
J.  nouveau  ce  décret  à  celle'  tribune,  chiffres  en 
mains.  On  a  dit  que  l’accoucheur  qui  pratiquait  l’em- 
bryotoniic  n’oserait  pas  se  présenter  ;  eh  bien  I  me 

'°fpciit-on  faire  la  perforation  sur  l'enfant  vivant  ? 

„  Je  m'élève  contre  l’opinion  de  quelques-uns, qu’il 
faut,  pour  agir,  attendre  la  mort  de  l’enfant  :  c’est 
fenseisncment  de  certaines  Facultés.  Je  repousse  celte 
façon  de  procéder,  car  alors  tous  meurènt,  et  la  mère 
et  l’enfant.  C’est  une  pratique  que  je  ne  comprends 


(Juant  à  moi,jele  déclare  catégoriquement,  je  n  at¬ 
tends  pas  la  mort  du  fœtus,  et  je  no  pense  qu’à  sauver 
la  femme  le  mieu.K  et  le  plus  vite  possible.  Du  reste, 
Icsaccoucheiirsdont  je  viens  de  blâmer  la  conduite  font 
le  plus  souvent  le  simulacre  d’ausculter  ;  ils  disent 
bientôt  qu’ils  n’entendent  plus  rien  et  ils  opèrent.  Ce 
procédé  jésuitique  me  déplaît  :  mais  en  somme,  les 
praticiens  en  question  agissent  comme  nous,  ce  dont 
je  les  félicite.  » 

'  Dans  la  discussion  qui  suivit  le  rapportde  Charles,  le 
professeurFochier,  de  Lyon,  s’exprima  ainsi  :  «Aussi, 
suis-jerevenu  à  mes  anciennes  idées  que  la  vie  de  l’en- 
fantn’apas  lamème  valeurquccelle  de  la  mère.  J’estime 
qu’on  n’a  pas  le  droitd'opérer  lafemmesans  la  prévenir 
(le  la  gravité  de  l’intervention  et  sans  obtenir  son  con¬ 
sentement  préalable  :  on  ne  doit  pas  opérer  si  on  craint 
pour  la  vie  de  l’enfant  ou  s’il  y  a  infection,  même  lé¬ 
gère.  Je  redeviens  de  plus  en  plus  embryolomislc,nc 
voulant  pas  qu’on  fasse  à  autrui  ce  que  je  ne  voudrais 
pas  qu’on  me  fît  à  moi-môme.  » 

Le  Prof.  Herrgott  (de  Nancy)  approuva  pleinement  la 
floclrine  de  Charles  :  «  Je  partage  tout  à  fait,  dit-il, Pa- 
'*5  de  M. Charles  :  quand  on  croit  qu’un  accouchement 
ac  peut  être  terminé  que  par  une  opération  (opération 
césarienne  ou  symphyséotomie i  qui  est  refusée  parla 
emme,  ou  par  l’embryotomie,  il  ne  faut  pas  attendre, 
pour  mettre  sa  conscience  à  l’abri,  que  l’enfant  ait 
®iecombé.  Agir  ainsi,  c’est  perdre  le  seul  but  que  l’ac- 
coqcheurpeuteucorealteindre, celui  de  sauver  lafemme 
v"  pourrait,  par  une  attente  prolongée,  succomber  et 
cid'o""  la  victime  d’un  véritable  scrupule  horai- 

question  dufœticide  thérapeutique  fil  de 
même  Société  obstétricale  de 
iportanle  discussion.  Je  tiens  à 
ir  lesquelles  Fochier  finissait  sa 


devant  celte 
vo?'-’  ci'dde  irr 

».  J  les  paroles  pj 

'«'nmunicalion  :  ^ 


brv  que  dans  ces  opérations  (césarienne  et  em- 
el'q  la  mortalité  maternelle  était  réduite  à  10  0/0 

jcfai  f  Mortalité  fœtale  était  pratiquement  supprimée 
ac  ^  Purt  très  belle  aux  proscripteurs  du  fœticide), 
*aaiir°  p"  ^d’on  ne  devait  plus  sacrifier  les  enfants 
plusaiu  •  avons  entendu  à  Paris  une  voix  des 

jours av*^*^***^*^®’  plus  éloquentes,  que  j’écoule  tou- 

proçjg  '^‘^dne  affectueuse  sympathie,celle  de  M. Pinard, 
des  principes  aussi  absolus  que  ceux  des 
i*  h\é  q  ^ornaines.  J’ai  bien  lu,  bien  réfléchi,  et 
"•içuçg  du  pas  à  déclarer  que,  sur  ce  point,  ma  cons- 
Et  :!•  désacord  avec  la  sienne. 

^eduit  *îd.ulque  haïssable  que  soit  le  moi,  j’en  suis 
l^l*liqüe^  »  l'c  ma  pufsonnalilé,  à  faire  une  confession 
‘ja  publi I  ^  soumettre  avec  sincérité  au  jugement 
***  la  vie  ^ûdical.  Tant  qu’une  opération  conservatrice 
““'nbre  ,1  '’,’’®"ldnt  menacera  la  mère  d’un  certain 
U  chances  de  mort,  je  ne  me  crois  pas  auto¬ 


risé  à  imposer  cette  opération  à  la  mère  sans  l’avertir 
et  lui  laisser  le  droit  de  choisir.  Je  me  crois  non  seule¬ 
ment  le  droit,  mais  le  devoir  de  tuer  un  enfant,  lors¬ 
qu’une  femme  adulte,  consciente,  me  demande  de  la 
défendre  contre  un  être  inconscient,  dont  l’existence 
est  aussi  aléatoire  que  celle  d’un  nouveau-né.  Du  mo¬ 
ment  où  la  fécondation  est  accomplie,  l’existence  de 
l’embryon  est  digne  de  considération,  mais  nous  ne 
pouvons  moins  faire  qu’établir  des  degrés  dans 
cette  considération,  et  un  avortement  nous  répugnera 
toujours  moins  que  l’embryolomie  d’un  fœtus  viable. 
Mais  est-ce  que  nous  ne  devons  pas  aussi  poursuivre 
plus  loin  ces  distinctions,  est-ce  qu’il  nous  est  permis 
de  comparer  l’existence  d’un  fœtus  viable  à  celle  d’une 
femme  adulte  '?  Est-ce  que  nous  pouvons  calculer  la 
valeur  d’une  femme  adulte  en  prenant  pour  unité  la 
valeur  d’un  fœtus  à  terme  ?  Poser  ainsi  le  problème, 
c’est  montrer  qu’il  n’y  aucune  comparaison  possible. 
La  femme  adulte  est  mon  semblable,  elle  a  la  môme 
horreur  de  la  mort  que  moi,  les  mêmes  droits  à  la  vie  ; 
je  suis  seul  à  même  de  la  défendre  contre  l'ennemi  qui 
la  menace,  qui  est  une  possibilité  d’existence  et  non  pas 
une  existence  consciente.  Elle  est  confiée  ou  se  confie  à 
mes  soins  :je  dois  ta  défendre,  je  dois  tuer,  si  elle  ne  con¬ 
sent  pas  à  courir  quelques  chances  de  mort  pour  avoir 
un  enfant  vivant.  Je  dois  tuer  et  je  lue  sans  remords, 
sinon  sans  répugnance  et  sans  regrets. 

.«  Depuis  deux  ans,  je  suis  d’une  sensibilité  affective 
peut-être  morbide,  mais  cette  sensibilité  se  porte  aussi 
bien  sur  l’enfant  que  sur  la  mère.  Je  ne  quitte  presque 
pas  l’auscultation  du  cœur  de  l’enfant  pendant  la  pé¬ 
riode  d’expulsion  et  mon  forceps  est  toujours  prêt. 
Lorsque  j’ai  à  faire  une  embryotomie,  il  m’est  impossi¬ 
ble  délaisser  ausculter  le  cœur  du  fœtus  par  un  assis¬ 
tant.  Je  crois  donc  devoir  être  classé  parmi  les  sensitifs  ; 
eh  bien  !je  puis  affirmerquejen’éprouveaucune indéci¬ 
sion  à  la  pensée  de  ce  que  ma  conscience  m’impose. 
J’ai  fait  mon  devoir,  je  le  ferai  encore.  » 

M.  Porak,  s’associant  d’ailleurs  à  la  manière  de  voir 
de  Fochier,  remarque  judicieusement  combien  en  pra¬ 
tique,  un  pareil  cis  se  rencontre  rarement.  C’est  ainsi 
qu’à  la  Maternité  il  n’a  eu  à  faire  qu’une  seule  basio- 
tripsie  sur  l’enfant  vivant,  sur  plus  de  15.000  accouche¬ 
ments  ! 

Le  Prof.  Ilerrgoltinsistesur la  nécessité  où  se  trouve 
parfois  l’accoucheur  de  se  conformerà  la  volonté  de  la 
parturiente  !  «  Pour  éviter  l’embryotomie  et  avoir  un  en¬ 
fant  vivant,  nous  pouvons  pratiquer  une  opération, 
la  symphyséotomie  ou  l’opération  césarienne.  Celte 
opération, avons-nous  ledroit  de  l’imposer  à  la  femme  '.’ 
Je  ne  le  crois  pas. 

«  Je  sais  que  telle  n’est  pas  la  manière  de  voir  de  mon 
éminent  ami  le  prof.  Pinard,  mais  l’intensité  de  mon 
affection  ne  me  permet  pas  cependant,  à  mon  grand 
regret,  de  modifier  cette  manière  de  voir,  cette  convic¬ 
tion,  qui  m’est  imposée  par  ma  conscience. 

«  Je  ne  crois  pas  que  le  médecin  ait  le  droit  de  faire 
à  une  femme  une  opération  qui  mette  sa  vie  en  danger 
et  qu  elle  refuse. 

«  Si  nousn’avonspascedroit,  par  contre,  nous  avons 
le  devoir  de  tout  tenter  pour  faire  accepter  une  inter¬ 
vention  qui  nous  permette  de  sauver  la  mère  et  l’en¬ 
fant.  ' 

«  Nous  devons  donc  perfectionner  notre  technique 
opératoire,  notre  antisepsie,  les  conditions  d'interven¬ 
tion,  de  façon  que  les  opérations  proposées  soient  de 


372 


LK  PROGRÈS  MEDICAL 


moins  en  moins  dangereuses,  de  moins  en  moins  meur¬ 
trières. 

«  Ce  sont  les  heureux  résultats  obtenus  après  ces 
opérations  librement  acceptées  qui  plaideront  mieux 
que  nous  ne  saurions  le  faire  pour  l’adoption  de  l’inter¬ 
vention  proposée.  » 

Je  pourrais  multiplier  ces  citations  et  vous  montrer 
combien  de  cliniciens  habiles  et  consciencieux  admet¬ 
tent  que  l’on  doit,  dans  des  circonstances  absolument 
rares,  il  est  vrai,  pratiquer  l’embryotomie  sur  l’enfant 
vivant. 

C’est  là  l’enseignement  qui  a  déjà  été  donné  par 
beaucoup  d’entre  nos  collègues,  par  MM.  P.  Bar  (1), 
Maygrier,  Bonnaire  (2)  etc. 

Le  D'  Paul  Bar,  dans  ses  Leçons  cliniques  de  la  Ma¬ 
ternité,  de  Saint- Antoine,  a  dit  :  «  Pour  moi  (p.  140),  je 
fais  l’embryotomie  sur  l’enfant  vivants’il  m'est  démon¬ 
tré  qu’il  ne  peut  être  extrait  par  une  application  de 
forceps  ou  après  une  version  et  qu’il  souffre,  si  la  mère 
est  dans  des  conditions  défectueuses  pour  subir  la  sec¬ 
tion  Césarienne  ou  la  symphyséotomie.  » 

Al’étranger,  Pestalozza,  Léopold,  Ilofmeier,  etc., pro¬ 
fessent  la  même  doctrine. 

Au  point  de  vue  médico-légal, la  question estactuel- 
lemcnt  tranchée  :  tout  d’abord  nous  devons  vous  rap¬ 
peler  que  vous  n’avez  pas  le  droit  de  pratiquer  chez 
une  femme  une  opération  sans  son  consentement.  Celte 
thèse,  exposée  par  M.  Maxwell  lors  de  la  rentrée  de  1901 
delaCour  de  Bordeaux,  a  fait,  en  1902,  l’objctd’une lon¬ 
gue  discussion  devant  la  Société  de  Médecine  légale  de 
France.  Les  différents  membres  de  cette  Société,  méde¬ 
cins  et  jurisconsultes, ont  considéré  comme  licite  la  prati¬ 
que  de  l’embryotomie  sur  l'enfant  vivant  lorsqu’elle  nous 
est  imposée  parla  volonté  de  la  femme  ;  c’est  la  con¬ 
clusion  du  rapport  très  documenté  de  M.  Maygrier: 

((  Le  médecin  ne  peut  procéder  à  une  opération  quel¬ 
conque  contre  la  volonté  formelle  d’un  malade  ayant 
toute  sa  connaissance.. .. 

»  Le  refus  d'accepter  son  intervention  dans  les  con¬ 
ditions  par  lui  proposées  le  délie  de^ toute  obligationet 
de  toute  responsabilité  quant  aux  conséquences  de  son  . 
abstention.  L’humanité  seule  pourra  lui  faire  un  de¬ 
voir  d’interyenir.  » 

'<  Il  me  suffira  d’un  exemple,  dit  encore  M. Maygrier, 
pour  montrer  que  le.  sacrifice  de  l’enfant  est  parfois  lé¬ 
gitime  et  nécessaire.  Voici  une  parturiente  à  bassin 
vicié  qui  est  épuisée  par  un  long  travail  ;  le  médecin 
appelé  tardivement  constate  que  la  poche'  des  eaux  est 
rompue,  que  l’utérus  est  plus  ou  moins  rétracté.  L’en¬ 
fant  est  vivant,  mais  il  donne  des  signes  de  souffrance, 
il  perd  du  méconium,  les  bruits  du  cœur  sont  mo¬ 
difiés,  le  forceps  et  la  version  sont  impraticables.  Seule, 
la  section  de  la  symphyse  ou  l'ouverture  du  ventre 
donneraient  au  fœtus  une  chance  très  minime  de  survi¬ 
vre.  Doit-on,  dans  ces  conditions,  entreprendre  une 
opération  qui,  sans  résultat  certain  pour  la  mère,  est 
d’autant  plus  grave  que  son  état  général  fâcheux  la 
prédispose  déjà  à  l'infection?  » 


f(l)  Paul  Bah.  —  Dans  le  cas  de  viciai  ion  pelvienne,  le  médecin 
eul-il  aujourd’hui. sans  engager  sa  responsabilité  morale, pratiquer 
embryotomie  sur  l’enfant  vivant  '?  —  Leçon  du  23  janvier  WO?, 
publiée  in  Presse  médicale,  15  février  1902. 

(2)  Bonxaike.  —  Cours  à  la  Faculté  de  médecine  de  Paris,  1903. 
(3)  Le  fœlicide  lliérapeuliiiue  devant  la  .Société  de  Médecine  lé 
gale  de  France.  —  Rapport  sur  le  fœticide,  au  nom  d'une  commis¬ 
sion  composée  de  MM.  A.  Constant.  Démangé,  Jacomy,Lutaud,  Pic- 
qué.  Hocher,  Viberl  et  Maygrier,  rapporleur. 


Pour  M.  Maygrier  et  pour  la  commission  dontilé|jj| 
le  rapporteur,  la  réponse  n’est  pas  douteuse. 

Il  faut  bien  reconnaître,  d’ailleurs,  que  le  médecii 
n’aura  que  très  exceptionnellement  à  résoudre  ce  pnj. 
blême  délicat.  Peut-être  même  pourra-t-on,  en  pré, 
sence  des  statistiques  opératoires  qui  s’amélioreat 
étendre  les  limites  dans  lesquelles  nous  pi  atiquonsscl 
tuellement  la  section  césarienne  ?  C’est  du  moins  l’op. 
nion  soutenue  par  M.  Boquel  (1)  professeur  à  Angers, 
Défait,  l’année. dernière,  dans  cette  Clinique,  le  D'De- 
melin  a  eu  l'occasion,  pendant  les  vacances,  de  pmlj. 
quer  la  césarienne  avec  un  résultat  excellent  chez  uw 
femme  atteinte  de  congestion  pulmonaire. 

En  s’obstinant  à  vouloir  obtenir  quand  même  ud 
enfant  vivant  on  peut-aller  au  devant  de  terribles  dé¬ 
sastres.  Je  pourrais  vous  en  citer  plusieurs  exemples, 
je  me  contenterai  d’un  seul  cas,  il  est  typique. 

Une  femme  de  33  ans,  enceinte  pour  la  septième 
fois,  entre  dans  une  Maternité.  Les  six  premiers accoa- 
chemenls  ont  eu  lieu  spontanément  à  terme  et  ont  donné 
naissance  à  six  enfants  bien  portants.  Pour  le  septiè¬ 
me,  elle  a  subi  en  ville  huit  applications  infructueuses 
'  de  forceps.  L’enfant  étant  encore  vivant  lors  de  son  en¬ 
trée  à  l’hôpital,  on  ne  voulut  point  faire  l’omhryotfr 
mie  et  on  pratiqua  la  symphyséotomie  :  l’opérée  suc¬ 
comba  au  bout  de  43  heures,  et  l’enfant,  qui  avait  d'ail¬ 
leurs  une  fracture  du  pariétal  droit,  mourut  lui-même 
le  lendemain  de  sa  naissance. 

Dans  le  cas  que  je  vous  ai  cité  au  début  de  celte  le¬ 
çon,  nous  aurions  pu  pratiquer  l’opération  césarienne, 
mais  il  aurait  fg,llu  probablement  la  faire  suivre  d'hys¬ 
térectomie  :  en  admettant  que  la  malade  guérît,  elle  de¬ 
venait  à  jamais  stérile.  En  sacrifiant  l’enfant,  nous 
avons  sauvegardé  l’avenir;  elle  pourra  redevenir  en¬ 
ceinte  et  avoir  des  enfants  vivants.  J'ai,  en  1893,piihlif 
l’observation  d’une  femme  qui  présentait  un  bassin  de 
Nægelé  absolument  comparable  à  celui-ci.  Et  ma  com¬ 
munication  se  terminait  ainsi:  «  En  résumé,  dans  tros 
accouchements,  alors  que  le  diagnostic  n'avait  paseje 

fait,  les  opérateurs,  ont  dû  recourir  à  rembryotomicÇ®' 

phalique.  Dans  quatre  accouchements,  qui  ont  eu 
après  l’établissement  du  diagnostic,  j’ai  obtenu quaW 
enfants  vivants,  une  fois  avecle  forceps,  deux  fois»', 
la  version  et  une  fois  avec  l’accouchement  préoiatof^ 
dans  ce  dernier  cas  les  contractions  utérines  ont  su 
pour  déterminer  l’expulsion  du  fœtus.  »  ^ 

Par  une  singulière  coïncidence,  vous  avez,  du  res  j 
au  n"  51,  dans  le  litimmédiatement  voisin  de  celui 
cupé  par  notre  opérée,  un  exemple  de  ce  que  peut  j 

l’accouchement  prématuré  artificiel.  C’est  celui  o 
femme  de  quarante  ans,  qui  nous  a  été  adressée  e  ^ 
ticulièrement  recommandée  par  un  médecin  très 
tingué,  le  D"  A.  Leblond.  Les  deux  premiers 
chements  se  sont,  chez  elle,  terminés  sponlaneffl  ^ 
les  enfants  étaient  vivants.  Pour  le  troisième,  on  » 
basiotripsie  ;  pour  le  quatrième,  on  se  préparait  a l^,j, 
tiquer  la  symphyséotomie  lorsque  l’enfant 
vant.  Lors  du  cinquième,  le  fœtus  se  présenta 
siège  et  vint  mort  ;  enfin  pour  le  sixième  on  fitD 
tripsie.  L'examen  nous  permit  de  constater  gj^ep- 
cissement  du  bassin  appartenait  à  une 
tionnelle  :  le  diamètre  transverse  du  détroit  sup  _ 
n'avait  passes  dimensions  normales.  Nous 
voqué  l’accouchement  prématuré,  et  le  ® 
dernier,  la  femme  a  mis  au  monde,  venantjjar^^^^^ 

<1)  BüQuja..  —  8ociéli-  ubsU-lricale  <te  France,  1904-  , 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


373 


pnfant  vivant  du  poids  de  2.750  grammes.  Elle  le 
'^°urrit  et  nous  a  quittés,  bien  joyeuse,  le  11  janvier; 

-avait  pour  ainsi  dire  couru  aucun  risque. 

*  Le  n“  52  se  souviendra  de  sa  voisine  de  la  Clinique 
[elle  nous  a  formellement  promis  de  venir  nous  re¬ 
trouver  dès  qu’elle  se  trouverait  de  nouveau  enceinte. 

Ces  deux  femmes  ont  donc  eu,  chacune,  une  histoire 
très  instructive  ;  pour  la  première  particulièrement, 
^ur  laquelle  j’ai  longuement  insisté,  il  s’agissait  d'un 
cas  qui  pouvait  paraître  embarrassant.  Et  encore  nous 
nous  trouvions  ici  dans  une  Clinique  avec  toute  l’aide 
suffisante.  Combien  les  conditions  seront  moins  favo¬ 
rables  dans  votre  pratique  civile  !  En  présence  des 
risques  beaucoup  plus  considérables  que  présentent  en 
pareil  cas  les  opérations  sanglantes,  vous  serez  beau¬ 
coup  plus  enclins  à  pratiquer  l’embryotomie,  môme 
surl'enfant  vivant.  En  agissant  ainsi, vous  vous  confor¬ 
merez  à  la  doctrine  professée,  par  la  grande  majorité 
dcsaecoucheursde  notre,  époque. 

Du  reste,  si'vous  avez  quelqu’hésitation,  inteiTOgez 
votre  conscience.  Demandez-vous  quelle  résolution 
vous  prendriez  s'il  s’agissait  de  votre  femme,  de  vo¬ 
tre  sœur  ou  de  votre  lille,  et  la  réponse  ne  sera  pas 
douteuse. 


NARCYL  GRÉMY  médicament  spécifi¬ 
que  de  la  toux,  spécialement  de  la  toux  des  tu¬ 
berculeux  . 


BULLETIN  DU  PROGRÈS  MÉDICAL 

l'Enseignement  professionnel  des  infirmières  au 
Congrès  pour  la  répression  de  l’Exercice  illégal  de  la 
Médecine, 

Chargé  de  faire  un  rapport  au  récent  Congrès  sur 
t exercice  illégal  de  la  médecine  par  les  inlirmiers, 
oous  avons  tout  d’abord  constate  que  notre  tâche  n'a- 
rien  d’original,  car  le  jour  où  l’infirmier  et  l'infir- 
®>èrefontde  l’exercice  habituel  de  la  médecine,  ils  s’ex- 
nent  eux-mêmes  de  leur  profession.  Nous  ne  voyons 
f”,  ^’®'i^ffet,dequel  moyen  particulier  on  pourrait  user 
^  eur  égard  puisque  spontanément,  volontairement,  ils 
0  ahandonnéleurmélierpourtomberdansle  charlata- 
'^’^lgo^ire.  11  n'y  avait  donc  pas  là  sujet  à  un  rapport 
nous  souvenant  que  la  thérapeutique 
flo'il^  ^  ®yoIué  vers  la  prophylaxie,  nous  avons  pensé 
•®cit  rechercher  les  causes  qui  peuvent 

®P®''sonnel  auxiliaire  des  médecins  à  se  siibsti- 
ill^  ^  derniers  et  les  inciter  à  faire  de  l’exercice 
Ces  causes  sont  multiples.  Parmi  elles  estla  vanité 
^^quelqiies  personnes  prétentieuses  et  plus  souvent 
/;jjg‘'”P‘®Q’entleur  sottise,  mais  il  est  encore  d’autres 
trop  étendu  donné  dans 
Il  ^^‘■'^ices  hospitaliers  au  personnel  secondaire. 

force  deschoses,  quelquefois  par  le  man¬ 
dats  du  chef  de  service  ou  de  ses  assis- 

personnel  remplit  une  lâche,  qui  devrait  être 
^  a  l’étudiant. 

‘-OUvûjv  i  1 

‘«8  3p  '>  uansnos  hôpitaux, les  infirmiers  appliquent 
®^ei!s  de  fractures,  font  les  pansements  com¬ 


pliqués  ;  il  est  dès  lors  difficile  de  bien  leur  faire  com¬ 
prendre  qu’ils  n’ont  pas  légalement  le  droit  de  faire, 
en  quittant  l’hôpital,  ce  que  le  médecin  leur  permet¬ 
tait  dans  la  salle  de  malades.  Ici  comme  dans  bien  des 
cas,  c’est  encore  le  médecin  qui  est  le  pourvoyeur  de 
l’exercice  illégal  dont  il  se  plaint. 

Dans  notre  rapport,  une  cause  par  son  actualité  devait 
dominer  toutes  les  autres,  dans  notre  préoccupation, 
c’était  l’enseignement  professionnel  ;  aussi  avons-nous 
voulu  attirer  plus  particulièrement  sur  elle  l’attention 
du  Congrès. 

Pour  ne  pas  inciter  les  infirmières  à  se  croire  des 
demi-médecins,  plus  dangereux  qu’utiles  aux  mala¬ 
des,  il  faut,par  une  surveillance  soigneuse, borner  l’en¬ 
seignement  qu’on  leur  donne  aux  connaissances  indis¬ 
pensables  à  des  auxiliaires  du  médecin.  M.  Bourne- 
villc  qui,  le  premier  en  France,  s’occupa  sérieusement 
de  l’éducation  du  personnel  hospitalier,  vit  dès  le  dé¬ 
but  cet  écueil  et  ne  cessa  de  répéter  que  son  but,  en 
créant  des  écoles  d’infirmières,  était  de  fournir  aux  mé¬ 
decins  de  bons  aLUx\\ia.ires,  mais  seulement  des  auxi¬ 
liaires.  Au  Conseil  supérieur  de  l’Assistance  publique 
(séance  du  17  mai  1899),  il  répétait  :  <■  L’infirmière  a 
un  rôle  très  utile,  mais  exactement  limité,  elle  est 
l’aide  du  médecin  dont  elle  doit  suivre  les  prescrip¬ 
tions  avec  une  obéissance  passive.  Il  faut  qu’elle  soit 
à  même  d’apprécier  suffisamment  l’état  du  malade 
pour  rendre  compte  au  médecin  de  ce  qui  s’est  passé 
en  son  absence  ;  elle  doit  seconder  le  médecin,  mais 
elle  ne  doit  jamais  se  substituer  à  lui  et  le  nieilleur 
moyen  de  Ven  empêcher  est  de  limiter  son  instruction 
aux  choses  de  son  élat  ». 

Au  conseil  de  surveillance  de  l’Assistance  publique 
de  Paris,  M.  le  D’  Brun  émettaitles  mêmes  idées  devant 
une  commission  :  '<  11  veut,  note  le  procès-verbal  dé  la 
séance  du  7  juin  1902,  signaler  à  l’administration  un 
écueil  qu’il  importe  d’éviter  ;  il  faut  se  garder  de  faire 
de  nos  infirmières  des  demi-savants,  plus  dangereux 
qu’utiles  qui  croiraient  pouvoir  suppléer  le  médecin  ou 
modifier  ses  prescriptions.  »  Nous  avons,  au  cours  de 
notre  rapport  et  de  l’exposé  que  nous  en  avons  fait  au 
Congrès  de  l’exercice  illégal,  montré  tout  l'intérôt  qu'il 
y  avait  à  maintenir  le  personnel  infirmier  dans  son  rôle 
d’auxiliaire  et  nous  avons  signalé  les  inconvénients  qui 
résulteraient  detoute  exagération  dans  leurimportance. 

Le  regretté  Directeur  de  l’Assistance,  M.  Mourier, 
avait  commis  cette  faute,  dans  un  discours  de  distribu¬ 
tion  de  prix  à  l’Ecole  d’infirmières  de  la  Salpêtrière, 
où  paraphrasant  la  maxime  hindoue  :  <>  Le  médecin  ,  le 
malade,  le  remède  et  l'infirmier  sont  les  quatre  pieds 
de  la  médecine  sur  lesquels  repose laguérison  »  il  ne 
craignait  pasdedire:  «  Ilsemblcbienquerinfirmièrequi 
a  pleine  conscience  de  son  rôle  et  sait  en  remplir  tous 
les  A^xo\rs,(i?,l\Q  principal  facteur  la  guérison  »  (Ij. 

H  est  évident  que  M.  Mourier,  dans  son  discours,  s’é¬ 
tait  laissé  entraîner  plus  loin  que  ne  le  voulait  sa 
pensée,  par  le  désir  légitime  de  stimuler  l’amour- 
propre  de  son  personnel.  Mais  pareilles  paroles  tombées 
d’aussi  haut  ne  pouvaient  que  produire  un  effet  fâcheux 
sur  l’esprit  naïf  de  certains  vaniteux. 

(I)  Dislril).  dos  prix  du  29  jiiillol  1902. 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


Le  procès  que  nous  avons  plaidé  pourrait  paraître 
gagné  au  moins  dans  le  monde  médical,  il  n’en  est 
rien.  Même  parmi  nos  confrères,  il  en  est  qui  ne  con¬ 
çoivent  pas  comme  nous  l’éducation  du  personnel  hos¬ 
pitalier.  Nous  avons  fait  la  critique  au  Congrès,  com¬ 
me  déjà  dans  le  Progrès  médical,  àe  l’enseignement 
donné  aux  hôpitaux  de  Lyon,  tel  que  l’indique  un  ma¬ 
nuel  publié  par  un  des  professeurs  de  l’école  profession¬ 
nelle  des  inlirmières  des  hospices  civils  de  Lyon  et  re¬ 
produisant  les  leçons  professées  en  1899-1900.  Nous 
avons  par  maintes  citations  démontré  que  nous  n’a¬ 
vancions  rien  sans  preuves  en  critiquant  ce  manuel 
qui  paraît  destiné  à  des  étudiants  en  inédecine  et  nulle¬ 
ment  à  des  infirmières. 

Si  nous  avons  choisi,  pour  le  critiquer,  l’enseigne¬ 
ment  donné  à  Lyon,  ce  n’est  pas  guidé  par  une  ani¬ 
mosité  particulière  contre  l’école  professionnelle  des 
hospices  de  cette  ville,  mais  simplement  parce  que, 
dans  un  rapport  au  conseil  supérieur  de  l’assistance 
publique,  M.  le  D"  Faivre  a  donné  l’enseignement 
lyonnais  comme  le  type  à  adopter  en  général,  consi¬ 
dérant  celui  de  Paris  comme  défectueux. 

On  a  prétendu  que  les  exagérations  de  ce  genre 
auraient  toujours  lieu  tant  que  des  médecins  seraient 
chargés  de  donner  au  personnel  hospitalier  l’enseigne¬ 
ment  technique  qui  lui  est  nécessaire.  Nous  avons 
tenu  à  protester  au  congrès  contre  ce  sophisme.  Seul, 
le  médecin  est  capable  d’apprécier  ce  que  doivent  ap¬ 
prendre  ses  auxiliaires.  D’ailleurs,  les  manuels  d’iniir- 
mières  qui  n'ont  pas  été  rédigés  par  des  médecins 
abondent  et  la  plupart  sont  loin  d’être  à  l’abri  de  toute 
critique  do  ce  genre.  Nous  ne  retiendrons  qu’un  de 
ces  livres  dii  à  la  plume  d’une  Anglaise,  et  que  M.  le 
D”  Letulle  considère  comme  un  modèle  du  genre.  Dans 
cet  ouvrage,  dit-il  dans  la  préface,  l’anatomie,  la  phy¬ 
siologie,  la  pathologie  n’occupent  pas  la  place  d’hon¬ 
neur.  La  pathologie  n’y  occupe  pas  en  effet,  la  place 
d'honneur  puisqu’elle  est  reléguée  à  la  fin,  mais  elle 
y  tient  encore,  à  notre  gré,  une  place  trop  considéra¬ 
ble  surtout  lorsqu’elle  est  suivie  du  traitement.  En 
voici  des  exemples  : 

Après  l’exposé  des  symptômes  de  la  péricardite , 
nous  lisons  dans  ce  manuel: 

«  Traitement.  —  Repos  complet  au  lit.  Aucune 
sorte  d’effort.  La  garde  doit  se  faire  aider  pour  changer 
doucement  le  malade  de  place;  elle  ne  doit  pas  lui  per¬ 
mettre  de  parler  ou  de  s'exciter.  Autant  que  possible  le 
malade  ne  doit  pas  avoir  de  préoccupations.  I,e  régime 
doit  être  liquide  et  se  composer  principalement  de  lait. 
Si  la  péricardite  est  une  suite  de  rhumatisme,  on  ne 
donne  pas  de  bouillon.  Pour  soulager  la  douleur,  on 
met  des  sangsues,  des  cataplasmes,  ou  des  sinapismes. 
Parfois  une  compresse  glacée  enlève  mieux  la  douleur 
que  ne  le  lait  un  cataplasme  chaud.  Dans  la  péricar¬ 
dite  rhumatismale,  on  donne  du  salicylale  de  soude, 
de  la  digitale,  de  l’eau-de-vie  et  de  l’ammoniaque.  » 

Nous  ne  discuterons  pas  la  valeur  de  toute  cette  thé¬ 
rapeutique,  même  quand  l’auteur,  un  peu  plus  loin, 
affirme  que.  dans  les  maladies  de  l'aorte  «  les  médi¬ 
caments  employés  sont  du  fer  et  de  la  strychnine  »  et 
que  dans  la  dégénérescence  graisseuse  du  cœur  «  on 


donne  des  toniques,  de  la  quinine,  du  fer,  de  la  stfrcj 


Mais  nous  eussions  préféré  que  la  «  Nurse  »  angjjj 
qui  a  écrit  cet  ouvrage  se  fut  dispensée  d’indiquer;, 
traitements.  Certains  passages  encore  prouvent  quet 
livres  de  ce  genre  ont  intérêt  à  être  écrits  pardesméil» 
oins.  Citons  encore,  par  exemple,  le  tableau  suivant^ 
indique  la  date  des  éruptions  dans  quelques  mala;^ 


■uption  de  la  varicelle  paraît  le  D''  jour  de  la  malaj 

—  scarlatine  —  2“  — 

—  petite  vérole  —  3°  — 

—  rougeole  —  4°  — 

—  typhoïde  —  5=  — 

—  entérite  —  6"^  — 


Un  médecin  n’aurait  certes  pas  écrit  «e  tableau. 

Tout  cela  prouve  que  l'enseignement  des  infirmia 
et  des  infirmières  a  besoin  d’être  médicaiemii^ 
donné,  si  on  ne  veut  les  porter  à  se  croire  eux-mêœ 
capables  de  traiter  des  malades  et  de  juger  les  aciesi 
les  ordonnances  des  médecins.  Aussi  avons-nous cr 
devoir  déposer  les  vœux  suivants,  qui  ont  été  adoptés 
l’unanimité  par  le  Congrès  : 

«  Le  Congrès,  considérant  que,  s’il  est  nécessaire! 
donner  aux  infirmiers,  infirmières  et  gardes-malai 
une  instruction  professionnelle  pour  assurer  la  boni 
exécution  des  prescriptions  du  médecin,  et  dohneri 
chirurgien  Tassislance  éciai.'ne  qui  lui  est  indispensiü 
il  est  dangereux  que  ces  auxiliaires  sortent  de  leurrôl 
et  cherchent  à  se  subslituer  au  médecin. 

Emet  les  vœux  suivants  : 

1“  Que  toute  tentative  d’initiative  de  la  part  des  » 
lirmiers,  infirmières,  gardes-malades,  soit  réprouïét 
par  les  médecins  qui  les  emploient  et  par  les  administ 
lions  publiques  ou  privées  dont  ils  peuvent  ^dépendre 

2°  Que  les  programmes  des  écoles  d’infirmiers  eti»' 
firmières,les  Manuels  destinés  à  leur  éducation  se  li*j 
tenl  strictement  aux  connaissances  indispensables  a® 
choses  de  leur  profession,  sans  entrer  dans  des  dért" 
loppements  exagérés  sur  les  sciences  médicales, 
vant  leur  donner  une  idée  fausse  de  leur  rôle  et  lese»" 
traîner  à  se  substituer  au  médecin  ; 

3®  Que  l'enseignement  professionnel  des  infirm'*^ 
et  infirmières  reste  toujours  exclusivement  confi*! 
des  médecins,  seuls  capables  déjuger  ce  qu'il  leC 
utile  d’apprendre  ; 

4“  Que  les  médecins  chargés  de  cet  enseigne^ 
n'oublient  jamais,  au  cours  de  leurs  leçons,  d’in»'- 
sur  les  dangers  possibles  d'une  initiative  de 
ou  de  l’infirmière,  et  sur  la  grave  responsabilité^*  , 
rue  en  cas  d’accident  par  la  personne  qui  serait  ***  , 
sortie,  inconsidérément,  de  son  rôle.  »  J.Nc**^' 


Contre  l’INSOMNIE,  prescrire  : 

TAHLETTES  MERCK  DE  YÉROXAL, 

dosées  à  0,50  et  divisibles  par  moitié^^_^ 


Congrès  pour  la  Répression  de  l’Exercice  V 
MÉDECINE;  —  M.  Brouardel,  piofoiidémeiU  touclié  tli' 
de  reconnaissance  et  discrète  .sympathie  (jui  a  guidé  1,®?  .'A,  1 
du  Congrès  dans  le  choix  d’un  souvenir  à  leur  Prési® 


remerciements  sincères  et  les  assi^'c  d 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


SOCrÉTÉS  SAVAN’I’ES 


ACADÉMIE  DES  SCIENCES 
Séances  du  28  mai  et  du  5  juin  1906. 

Rapports  des  états  émoti[s  et  des  états  d’infection. 

y  Vaschim  adresse  une  note  d'après  laquelle  il  démontre 
(lU  après  certaines  émotions  il  se  produit  des  modifications 
dans  la  proportion  des  diverses-  sortes  de  leucocytes.  C'est 
ainsique  l’auteur  a  pu  constater,  dans  Les  états  émotifs  dé- 
ptessifs,  tristes,  douloureux,  une  augmei^.ition  des  polynu- 
déaires  allant  j  usqu’à  70,4  %  et  même,  dans  un  cas,  jusqu’à 
’S,»"/»  :  ces  modifications  sont  indépendantes  des  phénomè¬ 
nes  de  vaso-constriction  ou  de  vaso-dilatation. 

Bête  pathogénique  des  adénopathies  brcmcMques. 

\I.G.  ürthaud  déduit  de  ses  observations  cliniques  que 
les  adénopathies  bronchiques  sont  constantes  dans  la  pleuré¬ 
sie  interlobaire  post-grippale,  dans  la  maladie  deBasedow 
et  dans  la  coqueluche,  et  paraissent  jouer  un  rôle  important 
dans  la  pathogénie  de  ces  affections. 

\thrla  fréquence  et  le  rôle  étiologique  probable  de  l'uncinaria 
I  america:  a  dans  le  béri-béri. 

I  \1.  F.  Noc  d’après  les  constatations  qu’il  a  pu  faire  àl  hôpi- 
I  lâl  indigène  de  Choriuan,  près  de  Saigon,  est  conduit  à  pen- 
I  serque  l’Lncinaria  americana  de  Stiles  joue  un  rôle  capital 
1  dans  l’étiologie  du  béri-béri. 

Eneffet,suf  77  Chinois  ou  Annamites  atteints  de  cette  affec¬ 
tion,  l'auteur  arenconh'é74  fois  dans  les  déjections  une  grande 
qnantité  d’œufs  du  nématode,  et  a  retrouvé  17  fois  le  même 
parasite  sur  82  sujets  de  race  annamite  qui,  sans  être  atteints 
■fc béri-béri,  vivaient  dans  nn  milieu  où  cette  affection  sévit 
•  l’état  endémique  ou  étaient  en  contact  avec  des  malades. 

Par  contre,  l’auteur  ne  l’a  jamais  constaté  dans  les  selles  de 
îltnropéens  souffrant  de  troubles  intestinaux  divers  (diar- 
dwe.dysenteriel. 

Liincinariose  américaine, à  en  juger  par  la  description  de 
Stiles  lui-même,est  caractérisée  par  un  ensemble  symp- 
‘«maÜque  :  œdème  de  la  face  et  des  membres  inférieurs,  hy- 

™Pisie,troubles  nerveux, qui  est  précisément  celui  du  béri- 


autre  part,  à  l'autopsie  des  sujets  ayant  succombé  à  cette 
j/”‘'!‘'®®ffection,0n  constate  toujours  des  lésions  de  gastro- 
Wenite  :  or,  chaque  lois  (lu’il  existe  un  piqueté  hémorrha- 
J,  ulentours  du  pylore, une  recherche  minutieuse  per- 
oe  retrouver  FUncinaria  americana. 
larves  de  ce  parasite  vivant  dans  le  sol  et  pénétrant  le 
jj,*  dans  l’organisme  humain  par  la  peau,  on  s'ex- 

1(1^1®  l’affection  épargne  les  Européens  et  frappe  sur- 
En[^  ,  qui  marchent  pieds  nus. 

s  J**  .  l^lemenf  par  le  thymol,  en  amenant  l’expulsion 
pa^sites,  améliore  avec  une  rapidité  surprenante  les  ma- 
'^‘alions  du  béri  béri. 

nsoii  J  une  note  traitant  de  deux  cas  de  gué- 

ptiatg  I  yll^uminurie  chez  des  femmes  enceintes  par  le  phos- 
**®l«desoud*^ cas  de  guérison  de  diabète  parle  phos- 

Oestruclion  des  trypanosomes  dans  la  raie. 

Ustjjjjg et  G.  Vallet  ont  pu  constater  sur  une  soi- 
par»  Trypano- 
rate  est  douée  d’un  pouvoir  «  trypanoly- 

C’g5j‘T®s.m®‘‘aEle. 

fiiie  chez  un  animal  dont  le  sang  renferme  un 
letjje  '^®  parasites,  on  ne  trouve  dans  les  frottis 

éléments  ronds  ou  elliptiques  correspondant 
trypanosomes,  ainsi  que  quelques-uns  de  ces 
^tès  Q  ®®'"®  reconnaissables,  mais  très  déformés.  Les  pha- 
k^ctio  prendre  aucune  part  à  ce  processus  de 

v  agirait  donc  d’une  trypanolyse  extrâ-cellu- 
ont  constaté,  en  outre,  que  le  pouvoir  Irypa- 
t  *  «  en  ®  rate  se  manifeste  même  in  vitro,  comme  on 
inf  mélangeant  à  du  suc  splénique  un  peu 

®cte  :  au  bout  de  vingt  heures  les  trypanosomes 


sont  réduits  à  leur  noyau,  alors  que  sur  les  préparations  té 
moins  ils  ne  sont  nullement  déformés  et  même  se  montrent 
encore  quelque  peu  mobiles. 

Dans  les  ganglions  lymphatiques, et  peut-être  aussi  dans  le 
tissu  lymphoïde  de  1  inte.slin,  s’opère  également  une  destnic- 
;  tion  semblable  ;  celle  ci  est,  au  contraire,nulleou  du  moiirs 
insignifiante  dans  le  foie. 

Contribution  à  l’élude  cytologique  des  bactéries. 

M.  A.  Guillermond  de  ses  observations  sur  la  structure  fine 
du  BacUlusradicosus  conclut  qu’il  ne  paraît  pas  exister  chez  les 
bactéries  un  véritable  noyau,  et  que  les  formations  qui  ont 
été  décrites  comme  telles  par  divers  auteurs  ou  bien  ne  sont 
pas  de  nature  nucléaire,  ou  bien  concernent  des  microrga- 
nismes  n’appartenant  pas  au  groupe  des  bactéries. 

L’hypothèse  la  plus  vraisemblable  est  celle  de  M.Schaudinn 
admettant  que  les  bactéries  renferment  une  chromatine  plus 
ou  moins  mélangée  au  cytoplasma,  différenciée  parfois  à  l’é¬ 
tat  de  chromidies  et  se  précipitant  lors  delà  sporulation  pour 
former  la  spore,  laquelle  serait  constituée  en  majeure  partie 
de  chromatine. 

Sur  l'excrétion  des  purines  et  de  l'acide  urique  endogènes. 

M.  P.  Fauvel  rend  compte  des  recherches  qu'il  a  effectuées 
chez  deux  individus  sains  soumis  à  différents  régimes. 

Il  a  pu  constater  que  la  quantité  de  purines  et  d’acide  uri¬ 
que  endogènes  est  constante  pour  une  même  personne  rece¬ 
vant  un  régime  alimentaire  exempt  de  purines,  que  ce  régi¬ 
me  soit  du  reste  lacté,  lacto-végétal  ou  strictement  végétal,  et 
que  cette  quantité  varie  fort  peu  d’un  individu  à  l’autre  :  elle 
est  en  moyenne  de  ügr.  4()à  0  gr.  50  centigr.  pour  les  purines 
et  deOgr.  28à0gr.35  centigr.  pour  l’acide  urique. 

Ces  chiffres  sont  indépendants  de  la  quantité  d’albnmine 
ingérée  et  d’urée  excrétée.  Si  dans  la  pratique  il  paraît  en 
être  autrement,  cela  tient  à  ce  que  la  plupart  des  aliments  ri¬ 
ches  en  azote  sont  également  riches  en  purine.  Physaux. 

SOCIÉTÉ  DE  BIOLOGIE 
Séance  du  2  juin  ISOS 
Corps  thyroïde  et  faim. 

MM.L.  Lév  y  et  II.  de  Rothschild  ont  observé  sur  1(X)  ma¬ 
lades  soumis  à  la  médication  thyroïdienne,  dans  21  cas,  l’aug¬ 
mentation  de  la  faim  et  de  la  sensation  de  faim. 

C’est  au  début  de  la  médication  que  la  faim  augmente,  et 
elle  est  proportionnelle  à  Tingeslion  de  la  substance  active; 
diminue  pendant  les  intervaUes  de  l’opothérapie.  Après  in¬ 
terruption  prolongée  du  traitement  on  voit  d’ordinaire  la 
sensation  de  faim  reprendre  son  type  habituel. 

En  même  temps  que  s’accroît  la  faim,  Tappétit  naît  ou  re 
naît  et  ses  caprices  se  règlent. 

En  rapprochant  la  faim  qui  accompagne  le  traitement  thy¬ 
roïdien  des  crises  de  boulimie,  du  goitre  exophthalmique,(iu 
myxœdème,  de  Thyperthyroïdite  bénigne,  des  pliases  diverses 
thyroïdiennes  de  la  grossesse,  on  peut  conclure  que  le  corps, 
thyroïde  est  physiologiquement  régulateur  de  la  faim  et 
qu’il  existe  une  anorexie  hypothyroïdienne  nécessitant  un 
traitement  approprié.  Le  corps  thyroïde,  en  réglant  la  faim, 
devient  régulateur  des  diastases  à  nutrition  comme  il  Test  des 
diastases  de  défense.  Il  est  aussi  régulateur  des  centres  bul¬ 
baires. 

Pathogénie  de  la  néphrite  interstitielle  chez  les  arlérioscléreux. 

MM.  JosuÉ  et  Alexandrescu  ont  étudié  les  rapports  entre 
l’artériosclérose  et  la  néphrite  interstitielle  en  se  servant  des 
moyens  techniques  modernes  permettant  de  préciser  les  lé¬ 
sions  vasculaires.  Les  grosses  et  les  moyennes  artères  présen¬ 
tent  les  lésions  suivantes  :  hyperplasie  de  la  couche  muscu¬ 
laire,  dédoublement  de  la  lame  élastiijue  interne  avec  tissu 
conjonctif  en  dégénérescence  hyaline  et  cellules  musculaires 
entre  les  lamelles,  dégénérescence  des  cellules  musculaires, 
graisse  entre  les  cellules  élastiques. 

Les  artérioles  afférentes  et  efférentes  dn  glomérule  sont  par* 
fois  normales,  parfois  elles  sont  dégénérées.  Les  coupes  con¬ 
gelées  deviennent  des  amas  de  graisse  en  dessous  des  cellules 


376 


LE  PROGRÈS  MEDICAL 


musculaires  ;  la  jrraisse  envahit  les  cellules  musculaires  ou 
la  lumière  des  vaisseaux  qu  elle  oblitère. 

Les  glomérules  sont  souvent  atteints  de  dégénérescence 
hyaline.  Les  parois  des  capillaires  glomérulaires  sont  en 
dégénérescence  graisseuse,  les  lésions  vasculaires  sont  celles 
de  l’artério-sclérose,  ne  sont  pas  inflammatoires  mais  sont 
hyperplasiques  et  dégénératives. 

Les  moyennes  et  grosses  artères  étaient  loujours  altérées',  à 
des  degrés  divers,  mais  dans  tous  les  reins  examinés. 

11  n’y  a  aucun  rapport  entre  l’intensité  des  lésions  des 
moyennes  artères  et  celle  des  artérioles  et  des  capillaires.  Les 
lésions  artérioscléreuses  sont  irrégulièrement  disséminées 
dans  les  diverses  parties  du  système  vasculaire. 

En  comparant  de  nombreuses  coupes  on  peut  noter  que  : 
il  n’y  a  pas  sclérose  du  rein  quand  les  grosses  et  moyennes 
artères  sont  seules  lésées.  Au  contraire  les  reins  sont  con¬ 
tractés  et  sclérosés  si  les  Unes  ramifications  artérielles  et 
les  capillaires  des  glomérules  sont  lésés,  même  quand  les 
grosses  et  les  moyennes  sont  relativement  peu  altérées. 

Le  glomérule  imperméable  au  sang  et  dégénéré  est  fonc¬ 
tionnellement  supprimé  ainsi  que  le  tube  urinifère  qui  lui 
fait  suite.  Celui-ci  s’atrophie,  dégénère,  l’épithélium  cubique 
disparaît  et  le  tube  est  remplacé  par  du  tissu  scléreux.  Le 
glomérule  dégénéré  se  confond  avec  le  tissu  fibreux.  Ainsi 
s’expliquent  la  disparition  du  nombre  des  tubes  et  des  glo¬ 
mérules  ainsi  que  le  retrait  des  régions  sclérosées  sur  les  par¬ 
ties  voisines.  La  néphrite  interstitielle  est  donc  la  conséquence 
de  l’artériosclérose  ;  elle  survient  quand  les  artérioles  et  les 
capillaires  du  système  glomérulaire  sont  atteints,  ce  qui 
amène  la  suppression  fonctionnelle  du  glomérule  avec  l’atro¬ 
phie  consécutive  des  tubes.  Ceux-ci  sont  remplacés  par  du 
tissu  de  sclérose  avec  lesquels  les  glomérules  finissent  par  se 
confondre. 

Vihrion  septique.  Allobiimmunisation. 

AL  Georges  Rosenthai,  a  étudié  le  vibrion  septique  comme 
il  l’avait  fait  pour  le  bacille  d'Achalme.  Devenu  aérobie,  le 
bacille  garde  son  chimisme  et  sa  fonction  pathogène  qui 
décroît  rapidement,  !"■  stade. Le  chimisme  disparaît  en  culture 
aérobie  et  peut  réapparaître  en  culture  anaérobie,  2'  stade. 
Enfin  en  3®  étape,  on  ne  peut  lui  faire  reprendre  ses  fonctions 
du  type  primitif.  Les  animaux  inoculés  au  vibrion  aérobie 
peuvent  parfois  mieux  résister  à  l'inoculation  postérieure  du 
vibrion  septique  vrai  ;  c’est  là  Vallobivaccination. 

Ictère  chronique  simple  post-Ujphique. 

AIAI.  Gilbert  et  Lerebouli.et  racontent  l’observation  d’une 
malade  chez  laquelle,  à  la  suite  d’une  fièvre  typhoïde,  est  ap¬ 
paru  un  ictère  qui  persiste  après  deux  ans,  ictère  léger,  mais 
net,  sans  hypertrophie  du  foie  ni  de  la  rate,  sans  décoloration 
des  matières.  Rapprochés  d’ictères  chroniques  à  forme  splé- 
no-mégalogène  survenus  en  convalescence  de  fièvre  typhoïde, 
on  voit  qu’étiologiquement,  le  bacille  typhique  provoque 
l’angiocholite  causale  ou  bien  que  l’infection  secondaire  sur¬ 
vient.  On  peut  donc  ici  observer  toutes  les  formes  de  l'angio- 
cholécystite,  l’aiguë  (suppurée  ou  catarrliale)  ou  la  chronique. 

E.  P. 

Séance  du  9  juin. 

Variations  quotidiennes  du  taux  urinaire  chez  les  hépatiques. 

MM.  Gilbert  et  Liprm.^nn.  —  Chez  les  hépatiques,  la  courbe 
quotidienne  d'élimination  urinaire  donne  un  symptôme  par¬ 
ticulier.  La  quantité  de  boisson  maintenue  rigoureusement 
fixe,  les  variations  d’élimination  sont  très  étendues,  de  750  cc. 
à  3  litres  500. 

L’anisurie  est  chez  un  meme  malade  d’intensité  et  de 
rythme  variables.  Les  oscillations  sont  tantôt  fréijuentes. 
l’oligurie  d’un  jour  est  suivie  le  lendemain  de  polyurie  ;  ces 
phases  alternées  peuvent  présenter  une  certaine  régularité  ; 
trois  jours  d’oligurie  suivis  de  trois  jours  de  polyurie. 

On  retrouve  l’anisurie  dans  les  cirrhoses  veineuses  atro¬ 
phiques  biliaires,  veineuses  hypertrophiques,  ictères  chroni¬ 
ques.  Ce  phénomène  est  sans  doute  sous  la  dépendance  du 
trouble  mécanique  apporté  à  la  circulation  portale  par  les 
altérations  du  parenchyme  hépatique. 


Acide  phosphorique.  Son  induetice  sur  les  échanges  n«(riun^ 

AI.  Desprez  et  AI''®  Bl.  Gcende  ont  fait,  sur  quatre  sénu 
de  cobayes,  des  expériences  sur  l’action  de  l’acide  phosplu^ 
rique  et  des  phosphates  mono  et  trisodiques  sur  l’allmmidj 
La  destruction  de  l’albumine  augmente  avec  l’acidité  de  ^ 
molécule  phosphorée.  La  déminéralisation  de  l’oiganig* 
n’est  pas  modifiée  par  le  phosphore  Les  sels  sodkpies^„ 
contraire,  la  restreignent  de  façon  marquée.  L’urine  éliminj, 
est  de  minime  volume  sous  l’action  des  phosphates. 

Virulence  du  liquide  de  la  pleurésie  séreuse.  ■ 

AIAI.  A.  JoussET  et  C.artier  ont  étudié  baclériologiqin, 
ment,  chimiquement  et  histologiquement  le  liquide  pîeuié 
tique  tuberculeux. 

1"  Les  liquides,  au  cours  de  ponctions  successives,  resta 
constants  pendant  de  longs  mois. 

2»  Le  nombre  des  bacilles  tuberculeux  contenus  daœ 
l’épanchement  et  la  virulence  du  liquide  sont  indépendai* 
l’un  de  l’autre.  Les  bacilles  granuleux  donnent  des  pleurésie 
virulentes,  tandis  que  les  formes  homogènes  sont  d’ordi¬ 
naires  avirulentes. 

3°  Les  éléments  cellulaires  nombreux  (plus  de  800  globale 
rouges  et  300  globules  blancsi  indiquent  une  faible  activili 
du  liquide  vis-à-vis  du  cobaye. 

4“  Le  dosage  de  la  fibrine,  dosée  du  4®  au  5®  jour  apte 
prélèvement,  indique  que  la  virulence  est  inversement  pra 
portionnelle  au  poids  du  caillot  ;  faible  pour  les  liquide 
contenant  moins  de  0  gr.  50  de  fibrine  sèche  par  litre,  forti 
s’il  y  a  moins  de  fibrine. 

Ces  lois,  qui  ne  sont  pas  absolues,  s’appliquent  aux  pie»- 
résies  tuberculeuses,  primitives  et  secondaires. 

Eosinophilie  dans  la  filariose  sous-cutanée.  ■ 

AL  A.  Billet  a  observé  un  nègre  dont  le  sang  contenri 
onze  polynucléaires  éosinophiles  pour  cent  leucocytes.  Pï 
conséquent,  la  filariose  cutanée  de  Médine'  paraît  entraîM 
l’éosinophilie  au  même  titre  que  les  autres  hémofilarioses < 
la  filariose  de  l’œil.  E.  P. 

SOCIÉTÉ  DE  CHIRURGIE 
Séance  du  30  mai  1900. 

Plaies  pénétrantes  de  la  poitrine. 

Une  communication  faite  dans  la  dernière  séance,  par 
Loison,  suscite  une  discussion  sur  les  plaies  pénétrantes* 
la  poitrine,  à  laquelle  prennent  part  :  AIAI.  Tnlfier,  DelortM- 
Guinard,  Delbet  et  Michaux.il  ressort  de  cette  discussion  q» 
sauf  dans  les  cas  d’hémorrhagies  graves,  il  faut  s’abstenit. 
Alalheureusement  il  est  difficile  de  diagnostiquer  si  l’hém^ 
ragieest  grave  ou  non  et  Al.  Guinard  cite  le  cas  d’un  ma'*® 
d’armes  qui  avait  reçu  un  coup  de  fleuret  dans  la  poitrine 
présentait  tous  les  signes  d’une  hémorrhagie  interne  gra'^ 
11  s’est  abstenu  de  toute  intervention  et  l’hémorragie  s 
arrêtée  à  la  suite  de  la  simple  immobilisation.  ,  .|_ 

Lorsqu’on  décide  l’intervention, on  a  grand  avantage  a  B 
1er  un  volet  thoracique  à  charnière,  volet  qui  donne  beaucw 
de  jour  et  que  l’on  remet  en  place,  une  fois  l’opéra 
finie. 

Perforations  utérines. 

M.  PicQuÉ  fait  un  rapport  sur  une  observation  de  Af  ^ 
pointe,  concernant  une  femme  qui,  après  un  retard 
de  deux  mois,  présenta  des  signes  de  péritonite  générait 
point  de  départ  utérin.  Laparotomie  suivie  d’une 
mie  sus-vaginale  et  d’un  large  drainage  abdomino-vacj.^ 
Sur  l’utérus  enlevé  on  constata  une  perforation  de  ta 
postérieure:  aucune  trace  d’embryon.  .M.  Picqué 
tention  sur  l’importance  qu’il  y  a  distinguer  les  P® .  ?  vjvor 
post-abortum  produites  par  l’instrument  qui  a  servi  a  y. 
tement  et  celles  qui  surviennent  secondairement  pa®  ' 
cèle  de  la  paroi  de  l’utérus. 

Jéjunostomie. 

M.  Gi  iNARD  fait  un  rapport  sur  deux  jéjunostoffli^^^jul,. 
grec  pratiquées  par  AL  Souligoux  sur  des  malades  a  _  ^ 
l’un  de  cancer  du  cardia,  l’autre  d’un  cancer  du  Pi’i® 
jéjunostomie  se  trouve  indiquée  dans  le  cas  où  W 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


377 


ctomie  est  impraticable  ;  quant  au  procédé  en  Y  grec,  î 
(  iiinard  pense  que,  chez  les  malades,  chez  lesquels  1  opera¬ 
tion  ne  laisse  pas  de  grandes  espérances,  il  vaut  mieux  re¬ 
courir  à  la  jéjunostomie  avec  torsion,  mais  sans  lA .  qui  com- 
p„,„rm.er.enU0„. 


M  Delbet  présente  un  malade  qui,  quelques  jours  après 
avoir  reçu  une  balle  de  revolver  dans  la  tête,  présenta  des  si¬ 
lènes  de  méningite  avec  céphalée  intense.  Une  ponction  lom¬ 
baire  diminue  la  céphalée  et  le  malade,  qui  semble  guéri 
quitte  l’hôpital.  Quelque  temps  après,  il  rentre  de  nouveau  à 
l’hôpital  se  plaignant  de  nouveau  d'une  céphalée  intense 
dans  le  décubitus  dorsal. 

La  radiographie  montre  que  la  balle  s'est  briSée  en  deux 
fragments,  siégeant,  l’un  surleptérygo'idien,  l’autre  dans  le 
crâne.  Il  trépane,  enlève  le  fragment  crânien  de  la  balle,  in¬ 
cise  la  dure-mère,  qui  était  intacte,  et  donne  issue  à  du  pus 
franc.  Drainage.  Guérison  parfaite.  Catz. 

Séance  du  &  juin  lOOfi. 

Jéjunostomie. 

M.  Qoénu, indique  un  procédé  de  jéjunostomie  permet¬ 
tant  d’obtenir  une  bouche  continente.  Il  ferme  le  bout  infé¬ 
rieur  du  jéjunum  puis  à  une  courte  distance  du  boutjéjunal 
fermé  il  ouvre  le  duodénum  par  une  incision  très  petite  et  fixe 
les  lèvres  de  la  plaie  à  la  peau . 

Plaies  du  poumon  par  coup  de  [eu. 

M.  Routier  pense  que  l’abstention  est  préférable  à  l’inter¬ 
vention  même  dans  les  cas  de  plaie  avec  hémorrhagie  grave. 
Et  il  cite  à  l'appui  de  sa  thèse  le  cas  d’un  blessé,  qui  à  la  sui- 
te  d’un  coup  de  revolver,  eut  une  plaie  du  poumon  grave, 
avec  hémothorax,  pneumothorax  et  emphysème  sous-cuta¬ 
né.  L’état  général  était  si  mauvais  que  le  malade  eût  certai- 
nement  succombé  à  une  opération,  or  le  repos,  une  ponc¬ 
tion  aspiratrice  qui  donna  issue  à  de  l’air  et  à  plus  d’un  litre 
de  sang  amenèrent  la  disparition  des  troubles  et  le  malade 
est  actuellement  en  voie  de  guérison. 


Luxation  du  semi-lunaire. 

M.  Delbet  fait  un  rapport  sur  cette  observation  de  M.  Du- 
Jarrier.  Catz. 


SOCIÉTIi:  MÉDICALE  DES  HOPITAUX. 

.Séance  du  Sjuin. 

Lutte  contre  l’absinthe. 

La  Société  sur  la  proposition  de  M.  J.acquet  affirme  à  l’una- 
ninûté  que  l’absinthe  est  une  des  causes  les  plus  graves  delà 
«échéance  nationale,  et  invite  les  pouvoirs  publics  à  en  inter- 
«■re  la  fabrication  et  la  vente. 

A  l’unanimité,  la  société  a  voté  la  somme  de  200  francs  pour 
e  monument  de  M.  Nothnagel,  le  fameux  professeur  de 
‘tniversité  devienne. 

rectale  pour  L administration  de  l'iodure  de  potassium  en 
d'intolérance  gastrique. 

a  eu  recours  aux  lavements  iodurés  chez  un  ma- 
de  syphilis  tertiaire,  dont  l’estomac  ne  supportait 
Qgl‘^°dure  et  dont  les  accidents  avaient  résisté  au  mercure. 

journalier  de  50  gr.  d’eau  de  guimauve  contint 
«re  à  dose  progressive  de  2,  4,  6,  et  8  gr. 

^yrnphocytose  dans  un  cas  de  zona  du  plexus  sacré. 
coiç, 3  observé  un  zona  du  plexus  sacré,  avec  vési- 
Ij  Je  fourreau  de  la  verge  et  surla  face  postérieure  de 
ponction  lombaire  démontra  une  lymphocytose, 
lyoj  en  contradiction  avec  la  théorie,  qui  veut  que  la 

gangji°®^J°3e  est  due  à  la  propagation  inflammatoire  du 
sei^  *’3chidien  au  cul-de-sac  méningé.  Le  ganglion  sacré 
Cette  éloigné  du  cul  de  sac  méningé  P®''*'  «Omettre 

culs-de-sac  arach- 

■piemériens  avoisinent  le  pôle  interne  de  tous  les  gan¬ 


glions,  sacrés  aussi  bien  que  les  autres.  Les  culs-de-sac  de  la 
région  sacrée  sont  simplement  plus  profonds. 

Méningite  tuberculeuse  sans  lymphocytose.  Présence  d'une  notable 
quantité  d'albumine  dans  le  liquide  céphalorachidien . 

MM.  Rénon  et  Tixier  ont  observé  chez  un  garçon  un  syn¬ 
drome  méningé  net  avec  sept  ponctions  lombaires  négatives 
au  point  de  vue  cytologique.  La  présence  de  2  %  d’albumine 
témoignait  en  faveur  d’une  méningite.  L’inoculation  de  deux 
cobayes  démontra  la  nature  tuberculeuse  de  celte  méningite 
aiguë.  Ces  cas  de  dissociation  entre  la  réaction  cellulaire  né¬ 
gative  et  la  réaction  chimique  positive  sont  exceptionnels. 
Les  auteurs  concluent  : 

1“  L’absence  deréaction  cytologique,  exceptionnelle  mais  in¬ 
discutable  ne  suffitpaspouréliminer  le  diagnostic  cliniquede 
méningite  tuberculeuse. 

2“  La  présence  d’albumine  a  une  grande  valeur  sémiolo¬ 
gique  pour  confirmer  l’existence  d’une  altération  ménin¬ 
gée. 

3®  Le  seul  signe  de  certitude  pour  la  nature  tuberculeuse 
est  la  mise  en  évidence  du  bacille  de  Koch. 

M.  Achard  a  observé  une  méningite  cérébrospinale,  où  le 
liquide  céphalorachidien  fourmillait  de  microbes  sans  qu’il 
y  ait  des  leucocytes.  L’envahissement  microbien  de  la  moelle 
s'étaitprobablement  fait  fn  «Jilrerntî,  lorsque  la  réaction  leu¬ 
cocytaire  n’a  plus  pu  se  faire. 

M.  SicARD  a  observé  un  mal  de  Pott  où  deux  ponctions, 
ont  donné  un  résultat  cytologique  négatif  et  oti  il  y  avait  de 
l’albumine  en  grande  proportion . 

M.  Vidal  considère  ces  cas  comme  exceptionnels  et  n’en  a 
jamais  observé. 

Influence  des  hydropisies  sur  l'élimination  urinaire. 

M.  Acharb.  —  Les  hydropisies  peuventinfluencer  l’épreuve 
de  1  élimination  provoquée  dans  deux  circonstances  distinctes. 
La  substance  employée  injectée  dans  l’épanchement  s’y  dilue 
et  s’absorbe  moins  vite.  Injectée  dans  les  parties  saines,  elle 
diffuse  du  sang  dans  la  sérosjté  et  y  est  retenue  avant  d’arri- 
verautein.  Cereflux  dans  les  épanchements  ralentit  l’élimina¬ 
tion  et  la  substance  est  pour  ainsi  dire  immobilisée  dans  ce- 
bras  mort  de  la  circulation .  Le  bleu  ainsi  retenu  est  en  quan¬ 
tité  minime  et  les  résultats  de  l’épreuve  du  bleu  ne  sont  mo 
difiés  sensiblement  que  dans  les  cas  de  grandes  masses  de  li¬ 
quide  épanché.  II  en  serait  autrement  si  on  employait  une 
substance  passant  plus  abondamment  dans  la  sérosité  et  si 
on  dosait  l’élimination  heure  par  heure.  De  plus,  il  ne  faut 
pas  oublier  que  l’hydropisie  est  le  résultat  de  l’état  défec- 
tueuxde  la  perméabilité  rénale,  de  même  que  la  rétention  de 
la  substance.  Ceci  montre  que  lorsqu’on  pratique  l’é¬ 
preuve  de  l’élimination  provoquée,  on  explore  non  un  or¬ 
gane  (le  rein»  mais  une  fonction  :  l’élimination  par  l’urine 
des  corps  que  l’organisme  doit  rejeter.  Mais  cette  fonction 
dépend  de  plusieurs  autres  fonctions  et  il  faut  tenir  compte 
des  conditions  dans  lesquels  on  opère  et  raisonner  les  résul- 
sultats  en  conséquence.  Tous  les  procédésde laboratoire  sont 
d’ailleurs  sujets  à  ce  principe. 

M.  Variot  présente  les  photographies  de  six  enfants  d’une 
famille,  dont  cinq  sont  rachitiques.  Le  rachitisme  est  dû  à 
une  alimentation  prématurée  par  la  panade.  Friedel. 


SOCIÉTÉ  DE  MÉDECINE  DE  PARIS 

Séance  du  g  juin  igo6.  —  Présidence  de  M.  Desnos, 
président 

La  séance  est  ouverte  à  4  h.  50. 

Le  procès-verbal  de  la  dernière  réunion  est  lu  et  adopté 
à  l’unanimité. 

M.  Godlewski,  au  sujet  du  procès-verbal,  fait  obser¬ 
ver  qu’on  a  oublié  de  mentionner  les  observations  qu’il 
a  faites,  c’est-à-dire  qu’on  rencontrait  des  laryngites  tu¬ 
berculeuses, sans  tuberculose  pulmonaire:il  cite  en  par¬ 
ticulier  un  cas  qu’il  a  soigné  avec  M.  Potain,  où  le  ma¬ 
lade  ne  présenta  de  lésions  pulmonaires  qu’à  la  période 
ultime  de  son  existence  après  une  laryngite  tuberculeuse 
qui  avait  évolué  très  lentement. 


378 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


1 


Cette  question  de  l’emploi  da  mercure  ou  de  Tiodure 
de  potassium  dans  la  syphilis  tertiaire  a  été  le  sujet  de 
plusieurs  discussions  à  la  Société  de  médecine,  et  je 
constate  que  nous  ne  sommes  pas  prêts  de  nous  enten- 
dre.D’un côté, sont  les  anciens, je  nedispas  les  vienx,qui 
sont  toujours  partisans  de  l’emploi  de  l’iodure  de  potas¬ 
sium  ;  de  l’autre  les  nouveaux,  les  jeunes,  émerveillés 
des  résultats  des  injections  hydrargyriques. 

Qu’il  me  soit  permis  de  donner  une  explication  de  ce 
désaccord  ;  les  anciens  ont  employé  pendant  de  nombreu¬ 
ses  années  l’iodure  de  potassium  et  en  ont  retiré  les  ré¬ 
sultats  les  plus  satisfaisants.  Ils  le  connaissent  bien.  Les 
jeunes  connaissent  mieux  l’emploi  des  injections  hydrar¬ 
gyriques  dont  ils  se  sont  également  bien  trouvés.  La 
conclusion  pratique  me  paraît  être  de  combiner  les  deux, 
méthodes,  de  prendre  à  chacune  ce  qu’elle  a  de  favorable, 
les  anciens  et  les  jeunes  s’empruntant  réciproquement 
le  fruit  de  leur  expérience  respective.  Quanta  moi,  j’ai 
obtenu,  dans  ma  longue  carrière,  des  résultats  si  satis¬ 
faisants  de  l’iodure  de  potassium  que  je  ne  l’abandon¬ 
nerai  jamais. 

M.  Christian,  qui  s’est,  lui  aussi,  merveilleusement 
trouvé  de  l’emploi  de  l’iodure  de  potassium  daus  la  syphi¬ 
lis  tertiaire  déclare  que, dans  un  cas  de  ramollissement 
que  l’on  avait  pris  pour  une  gomme  cérébrale, l’io dure  de 
potassium  avaiteu  des  effets  funestes.  A  ce  sujet  qu’il 
me  soit  permis  de  vous  faire  part  de  la  constatation  que 
j'ai  faite  et  qui  prouve  à  elle  seule  l’indication  de  l’em¬ 
ploi  de  l’iodure  de  potassium.  Dans  tous  les  cas  de  sy¬ 
philis,  ce  médicament  est  parfaitement  toléré  et  ne  pro¬ 
duit  jamais  d’iodisme. Ce  dernier  ne  se  manifeste  que  chez 
les  malades  qui  ne  sont  pas  syphilitiques.  Je  n’ai  jamais 
rencontré  de  syphilitique  ne  supportant  pas  l’iodure  de 
potassium  et  à  des  doses  très  élevées. 

En  tous  cas,  les  accidents  d’iodisme  n’ont  pas  la  gra¬ 
vité  des  conséquences  de  l’emploi  intempestif  des  injec- 
tionshydrargyriques,sign3léesmême  pai  leurs  partisans. 
Pour  mon  propre  compte, j’ai  constaté  un  cas  de  nécrose 
très  étendue  des  maxillaixes,à  la  suite  d’injections  d’huile 
grise.  Aussi  ne  saurait-on  être  trop  circonspect  ;  il  est 
indispensable,  avant  de  prescrire  ces  injections,  de  se 
renseigner  sur  le  fonctionnement  du  rein  et  l’état  des 
gencives. 

M.  Dubar  demande  une  rectification,  il  faut  lire  cor¬ 
nage  du  malade  au  lieu  de  courage. 

A  propos  duprocès-verbal,  M.  Dubar  demande  que  M. 
Mortier  veuille  bien  donner  à  la  Société  les  résultats  du 
traitement  chez  le  malade  dont  il  a  été  question. 

M.  Mortier  répond  que  ce  malade  va  mieux  au  point 
de  vue  général,  mais  qu’il  n’en  est  pas  de  même  locale¬ 
ment,  et  qu’il  y  a  deux  jours,  on  a  dû  lui  faire  une  inter- 
crico-thyroïdienne. Il  estime  néanmoins  que  cette  amélio¬ 
ration  n’est  pas  due  seulement  au  repos  au  lit,  mais 
bien  au  traitement  mercuriel. 

M.  Dub.ar  croit  que  l’emploi  du  biiodure  de  mefcnre,de 
préférence  à  l’huile  grise,  aurait  peut-être  évité  la  tra¬ 
chéotomie. 

M.  Monel  estime  que  c’est  le  mercure  qui  a  permis 
de  retarder  l’opération  pendant  quinze  jours. Néanmoins, 
le  calomel  eût  agi  plus  efficacement  encore. 

M. Mortier.  —  On  est  intervenu  parce  que  le  cornage 
n’avait  pas  diminué,  malgré  l’amélioration  de  l’état  gé¬ 
néral.— Répondant  à  M.  Dubar,  je  ferai  remarquer  que  la 
P'  injection  d’huile  grise  remonte  à  1.5  jours,  et  que,  par 
conséquent,  elle  a  été  complètement  absorbée  mainte¬ 
nant  ;  les  doses  de  mercure  mises  en  circulation  dans 
l’organisme  sont  les  mêmes  que  celles  qu’y  auraient  in¬ 
troduites  les  injections  biiodurées. 

M.  Dubar  n’en  persiste  pas  moins  à  craindre  que  le 
mercure  n’ait  pas  agi  sous  forme  d'huile  grise, dont  l’ac¬ 
tion  est  excessivement  lente, alors  que  le  biiodure  passe 
tout  entier  en  quelques  heures. 

■M.  Christian  est  frappé  du  peu  d’amélioration  obtenu 
en  quinze  jours  chez  ce  malade, puisqu’il  a  fallu  arriver 
à  l’opération.  Revenant  sur  l’emploi  de  l’iodure  de  po¬ 


tassium,M.  Christian  rappelle  qu’il  a  vu  autrefois  des 
guérisons  obtenues  par  ce  médicament  et  recette  qu’ji 
soit  si  peu  employé  maintenant.  Les  bons  résultats  du 
biiodure  de  mercure  ne  tiendraient-ils  pas  à  la  présence 
de  l’iode  associée  au  mercure. 

M.  Su.AREZ  DE  Mendoza  est  très  partisan  du  biiodure, 
surtout  lorsqu’il  est  nécessaire  d'agir  vite.  Il  s’en  est 
très  bien  trouvé  surtout  dans  des  cas  d’iritis  syphiliti¬ 
ques  traînantes, et  de  syphilis  cérébrales  graves,  qui  se 
sont  améliorés  très  rapidement. 

M.  Monel  répond  à  M.  Christian  que,  dans  le  biiodure, 
comme  dans  les  iodures,  ce  sont  les  bases  qui  agis¬ 
sent  :  potassium,  sodium,  mercure. 

11  regrette  que  M.  Mortier  n’ait  pas  employé,  au  lieu 
de  l’huüe  grise,  très  lente  et  peu  active, le  caIomel,beaTi- 
coup  plus  efficace, ou  même  un  sel  soluble  plus  rapide 
comme  action. 

M.  Lematte  insiste  sur  ce  qu'il  faut  rechercher  avec 
soin  dans  lesurines  le  passage  du  mercure, surtout  lors¬ 
qu’on  fait  usage  d'un  sel  insoluble, dont  on  ne  sait  pa.s 
quand  et  comment  il  agira.  On  assiste  parfois,  avec  le 
calomel,  à  de  véritables  décharges  mercurielles, qui  peu¬ 
vent  être  très  dangereuses  pour  le  malade.  Pourquoi  ne 
pas  employer,  dans  les  cas  urgents, les  injections  intra¬ 
veineuses  de  cyanure  de  mercure,  par  exemple  ? 

M.  Christian,  contrairement  à  l’opinion  de  M.  Monel, 
croit  que  l’iode  a  une  action  dans  les  sels  iolurés.  Il  a 
vu  l’iodure  de  potassium  donné  à  haute  dose,  agir  plus 
rapidement  que  ne  l’a  fait  le  mercure  dans  le  cas  de 
M.  Mortier. 

M.  Buret  se  déclare  déconcerté  en  entendant  M.  Monel 
dire  que,  dans  les  iodures  en  général,  c’est  la  base  seule 
qui  agit;  l’iode  a  une  action  très  active, certaine.Employé 
contre  les  accidents  tertiaires  de  la  syphilis,  l'iodure 
agit  surtout  en  vamenant  la  tonte  des  gommes  ;  c’est  un 
néerobiotique,et  non  un  antisyphilitiqne.  Il  admet  bien 
que  l’action  de  l’iodure  de  potassium  soit  un  peu  diffé¬ 
rente  de  celle  de  l’iodure  de  sodium  ou  des  iodures  or¬ 
ganiques  ;  maisjusqu’à  présent,  il  avait  toujours  cru 
que  le  rôle  principal  était  joué  par  l’iode,  la  meilleure 
base  étant  celle  que  l’organisme  accepte  sans  trop  pro¬ 
tester. 

M.  Monel  s’appuie  pour  l’action  des  iodures, sur  l’au¬ 
torité  du  professeur  Pouchet.  A  M.  Lematte,  ilréponu 
que,  cliniquement,  l’emploi  des  divers  sels  mercuriels 
n’est  pas  indifférent, et  que, selon  les  cas,il  faut  employer 
calomel,  huile  grise  ou  sel  soluble  — mais  il  y  a  parfois 
aussi  une  question  d’école  :  c’est  ainsi  que  les  oculistes 
sont  à  peu  près  seuls  à  employer  l'injection  intra¬ 
veineuse  de  sels  solubles.  II existe  un  cas  de  contre-indi¬ 
cation  absolu  à  l’emploi  des  sels  insolubles,  c’est  qiwna 
on  rencontre  du  sucre  ou  de  l’albumine  dans  les  urines- 

M  Dubar, en  résumé, pense  que  lorsque  le  temps  presse 
il  faut  s’adresser  d'abord  à  un  sel  agissant  très  vite, 
point  n’est  besoin  qu'il  soit  très  actif  :  c’est  le  cas 
du  biiodure.  Chez  le  malade  de  M.  Picqué,  il  aurait  fa» 
du  biiodure  d'abord, et  du  calomel  ensuite.  Au  point  de 
vue  de  l’activité  du  calomel,  M.  Dubar  cite  un  cas  de  sy¬ 
philis  de  la  luette, qui  était  presque  complètement  déte- 
chée,et  où  le  calomel, employé  sur  les  conseils  de  M.  M®' 
nel,fit  merveille.  . 

M.  Godlewski  a  obtenu  d’excellents  résultats  dans  J 
syphilis  tertiaire  par  l'emploi  de  l’iodure  de  potassiu®- 
A  ce  sujet, il  a  remarqué  queles  syphilitiques  présentaieii 
une  tolérance  particulière  pour  l’iodure,  et  pouvaiea 
supporter  des  doses  dangereuses  pour  des  non  syphi* 
tiques.  .  • 

M.  Antonelli.  — Puisque  M.  Monel  a  fait  allusion 
la  thérapeutique  mercurielle  des  oculistes,  permette* 
moi  de  compléter  sur  quelques  points  ce  qu’il  a 

Eu  premier  lieu, les  injections  sous-conjonctivales. 
sont  plus  anciennes  que  les  travaux  de  Bouchard  pr®®° 
saut  l’applrcation  locale  des  remèdes.  Eu  injectant  le  ^ 
blimé  sous  la  conjonctive  oculaire,  les  oculistes  visai 
surtout  à  l’antisepsie  locale  dans  les  affections  du  s®» 


LE  PRt^RÈS  MÉDIGÀL 


379 


jnent  antérieur  du  globe,  notamment  l’uJcèTe  cornéen  à 
hvpopion-  Il  y  a,  sur  l’argument,  une  très  riche  littéra- 
:  mais,  en  ee  qui  concerne  les  lésions  syphilitiques 
des  membranes  profondes  (choroïdites,  rétinites) ,  très 
eu  de  nos  confrère,  jecrois,  sont  restés  fidèles  aux  in¬ 
jections  sous-conjonctivales  de  sublimé,  ou  de  tout  au¬ 
tre  sel  mercuriel.  Ces  injections  sont  douloureuses, 
provoquent  une  réaction  plus  ou  moins  violente  et  les 
resultats  curatifs  en  sont  problématiques. 

Quant  aux  injections  intra-veineuses^  elles  sont  restées 
presque  exclusivement  la  pratique  d’Abadie  et  de  ses 
élèv'es.  Elles  ne  sont  pas  sans  inconvénient  (technique 
délicate,  place  limitée),  ni  sans  danger  ;  et  il  n’est  pas 
absolmnent  prouvé  que  l'abso^tion  du  médicament  par 
la  voie  veineuse  soit  plus  rapide,  et  son  action  plus  ef-  i 
ficace,  que  lorsque  nous  l’injectons  dans  la  séreuse  j 
sous  cutanée  ou  dans  les  interstices  des  masses  museu-  I 
laires.  _  1 

Il  y  a  longtemps  que  les  oculistes  ont  eu  recours  à  j 
l'injection  de  calomel  à  la  tempe,  préconisée  dans  tout 
processus  inflammatoire  grave  de  l’ceil  pour  établir,  à 
proximité  de  l’organe  malade,  une  puissante  dérivation, 
souvent  un  abcès,  qu’aujourd’hui  nous  dirions  abcès  de 
/ïrahou. Ge  moyen, un  peubrutal, est  tombé  en  désuétude. 
C’est, du  reste,  un  oculiste,  —  je  crois —  le  nom  m’échap¬ 
pe,  qui  communiqua  une  des  premières  observations,  si¬ 
non  la  première,  prouvant  les  dangers  des  injections  de 
calomel.  Un  malade  ayant  reçu  une  de  ees  injections  à 
la  fesse  pour  guérir  des  manifestations  graves  de  syphi¬ 
lis  oculaire,  tomba,  quelques  jours  après,  en  descendant 
nn  escalier,  de  tout  son  poids  sur  la  fesse  opérée  :  le  len¬ 
demain  il  se  déclara  une  stomatite  violente,  bientôt 
compliquée  d’œdème  de  la  glotte  qui  amena  une  issue 
fatale  ! 

Les  oculistes  se  rallient  la  plupart,  aujourd’hui,  à  la 
pratique  des  injections  de  sels  solubles,  surtout,  je  pense 
pour  obtenir  une  action  graduelle,  régulière,  facile  à 
iurvri/ier.  Je  rappellerai,  pour  finir,  qu’ils  ont  recours 
au  traitement  mercuriel  dans  nombre  d’affections  des 
membranes  profondes  {choroïdites,  choriorétinites,  né- 
vro-rétinites)  d’étiologie  douteuse,  obscure,  même  lors¬ 
que  la  syphilis  ne  saurait  nullement  être  soupçonnée. 
Les  résultats  très  favorables  que  nous  obtenons  dans  ces 
cas  pourraient  s’expliquer  par  une  sorte  d’antisepsie 
coustitutionnelle  que  les  injections  de  sels  hydrargyriques 
solubles  tendent  à  réaliser,  par  une  modification  humo¬ 
rale  s’établissant  dans  tous  les  tissus  grâce  à  la  voie 
sanguine. 

M.  ’Tissier  demande  quel  est  le  résultat  éloigné  des 
trachéotomies.  A  son  avis,  presque  tous  les  trachéoto- 
raisés  finissent  tuberculeux.  Il  demande  la  mise  à  l’or- 
“re  du  jour  de  cette  question  pour  une  des  prochaines 
séances. 

M.  MoRTiER.au  sujet  de  Faction  du  calomel  et  du  biio- 
“Dre,  rapporte  qu’avec  M.  Vian  ils  ont  eu  à  leurclinique 
jleux  cas  où  le  biiodure  eut  une  action  excessivement 
®rite.  Dans  un  cas,  il  s’agissait  d’une  gomme  de  la  lan- 
S®’  qui,  malgré  deux  séries  de  vingt  injections  d’eau 
Dodurée,  ne  présentait  aucune  amélioration,  mais  que 
6nt  disparaitre  des  injections  de  calomel.  Dans  le  se- 
cas,  une  orchite  syphilitique  ne- fut  améliorée  qu'à 
'',/°'sième  série  d’injections. 

de  la  discussion  est  remise  à  une  prochaine 

„5®’^‘*espond.\n'cf,  IMPRIMÉE.  —  .Toumaux  habituels.  An- 
otin*  l’école  de  plein  exercice  de  médecine  et  de 
‘■"armacie  de  Marseille,  1902  et  1903. 

I>j  °®*espondance  manuscrite.  —  P  Lettre  de  M.  le  D" 
de  eJ  J.  accusant  de  ne  pouvoir  venir  lire  son  travail 
SeciA?-  ;  2"  Lettre  de  M.  Blondin,  remerciant  la 

lettre  l’avoir  admis  comme  membre  titulaire  ;  3" 
expij  ^  Arrou,  trésorier  de  la  Société  de  Chirurgie 
que  les  frais  d’éclairage  électrique  ayant 
àejjg5^^ablernent  augmenté,  il  a  étéobligé  de  demander 
aque  Société  sous-locataire  une  part  contributive. 


M.  le  Trésorier  donne  communication  d’une  lettre  de 
M.  Moreau  de  Tours,  maintenant  sa  démission  et  en¬ 
voyant  le  semestre  dû.  La  démission  de  M.  Moreau  de 
Tours  est  acceptée. 

M.  LE  Président  souhaite, au  nom  de  laSociété,labien- 
venue  an  Blondin,  qui  assiste  aux  séances  pour  la 
première  fois. 

M.  Bcret  donne  lecture  de  son  rapport  sur  la  candida¬ 
ture  du  D''  Charles  de  Blois  (de  Trois-Rivières). 

Rapport  sur  les  titres  et  travaux  deM.  le  Docteur 

CharlesdeBlois.de  Trois-Rivières  Canada),  can¬ 
didat  à  la  qualité  de  membre  correspondant  étran¬ 
ger: 

Par  le  D'  BURET 

Au  nom  d’une  Commission  composée  de  MM.  Beni-Barde, 
Laquerrière  et  Buret, rapporteur,  je  viens  vous  donner  quel¬ 
ques  renseignenents  concernant  la  situation  scientifique  et 
morale  de  notre  candidat  canadien,  le  docteur  Charles  de 
Blois,  de  Trois-Rivières. 

Votre  confrère  s’est  fait  une  situation  dans  son  pays  où  il 
soigne  surtout  par  les  agents  physique.?,  c’est-à-dire  par  les 
douches  et  l’électricité.  Médecin  en  chef  de  l'Institut  hydro¬ 
thérapique  et  électrothérapique  de  Trois-Rivières,  il  a  donné 
en  1902,  dans  une  brochure,  un  exposé  synthétique  des  no¬ 
tions  généralement  admises  sur  futilité  des  agents  physiqu^^. 
La  Revue  médicale  du  Canada,  et  le  D''Le  Sage,  prof. agrégé  à 
l’Université  Laval,  dans  VUnion  méiicaie  du  Canada,  en  font 
une  analyse  très  élogieuse. 

Au  Congrès  médical  de  QuébeG,il  acommuniqaé  une  étude 
fort  intéressante  sur  le  traitement  de  la  neurasthénie.  Je  d- 
terai  également  une  brochure  de  1905  sur  le  Tmüement élec¬ 
trique  de  la  sciatique .  La  méthode  qu’il  préconise  a  pour  base 
les  courants  de  Morton,  combinés  avec  les  bains  statiques  et 
les  étincelles.  M.  Charles  de  Blois  asoigné  près  de  cent  cas  de 
sciatiques  de  tous  genres  par  cette  méthode  depuis  1897.  L’ac¬ 
cès  a  disparu  dans  80  %  des  icas  ;  parmi  les  autres,  beaucoup 
ont  été  améliorés  ;  quelques  rares  sujets  n’ont  éprouvé  au¬ 
cun  soulagement.  L’action  se  manifeste  en  2  ou  3  séances, 
souvent  en  10  ou  12  ;  la  guérison complètedemande  rarement 
plus  d’un  à  2  mois.  Il  sera  bon  d'avoir  ce  procédé  en  réserve, 
à  côté  de  celui  de  notre  collège  Berne  ;  pour  une  affection 
aussi  tenace  que  la  sciatique,  il  n’y  aura  jamais  trop  de  bons 
traitements. 

.4u  dernier  Congrès  de  Montréal,  notre  confrère  a  présenté 
un  travail  intitulé  ;  «  Les  courants  sciatiques  induits  de  Mor¬ 
ton:  1°  dansle  lumbago  et  le  rhumatisme  ;  2“  dans  lesarthri- 
tes  ;  3°  dans  les  névralgies  ;  4°  dans  la  constipation  chroni¬ 
que  et  les  troubles  digestifs . 

J’ajouterai  que  le  D''  Charles  de  Blois  est  médecin  de  l’hô¬ 
pital  St-Joseph,  membre  de  la  Société  internationale  de  mé¬ 
decine  physique,  de  F»  American  El  ectro-théra  peu  tic  Associa¬ 
tion  ».  Ceci  est  suffisant  pour  nous  prouver  que  nous  avons 
affaire  à  un  homme  de  science  estimé  dans  son  pays.  Quand 
j’aurai  ajouté  que  notre  confrère  a  été  choisi  comme  seiaé- 
taire général  du  Congrès  actuel  de  Trois-Rivières,  congrès  de 
V Association  des  médecins  de  tangue  française  de  l'Amérique 
du  Nord,  j’aurai  par  cela  même  garanti  sa  valeur  morale,  ses 
confrères,  qui  Font  nommé,  étant  les  meilleurs  juges  en  la 
matière.  Je  vous  proposerai  donc  de  lui  ouvrir  toutes  gran¬ 
des  les  portes  de  notre  Compagnie. 

Les  conclusions  favorables  de  ce  rapport  sont  mises 
aux  voix  et  adoptées  ;  le  vole  définitif  aura  lieu  dans  la 
prochaine  séance. 

M.  Lematte  donne  lecture  d’un  travail  intitulé  :  De 
l’emploi  du  bouillon  lactique  B  maitosé  en  théra¬ 
peutique.  [  Sera  publié  . 

Le  Secrétaire  annuel, 


LA  VÂLEROBROMINE  LEGRAND 

est  plus  active  que  les  bromures  et  les  valé- 
rianates. 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


REVUE  DE  THÉRAPEUTIQUE 


Etude  clinique  de  l'Insuffisance  ovarienne. 

Son  traitement  rationnel  par  i/exirait  de  corps  jaune. 

De  nombreuses  observations  cliniques  et  expérimentales 
ont  démontré  que  l’ovaire  avait  une  sécrétion  interne.  Du 
jour  où  les  interventions  chirurgicales  se  sont  multipliée.^, 
grâce  à  l’antisepsie,  les  femmes  ovariotomisées  à  la  suite  de 
lésions  annexielles  sont  devenues  légion  et  les  troubles 
consécutifs  à  la  castration,  observés  très  communément  dès 
lors,  sont  apparus  semblables  à  ceux  de  la  ménopause  ph}- 
siologique  ;  dans  l’un  et  l’autre  cas  les  modifications  (Je  l’or¬ 
ganisme  ont  été  rapportées  à  la  disparition  de  la  sécrétion 
interne  de  l’ovaire. 

Rappelons  en  quelques  lignes  la  structure  de  l’ovaire. 

Structure  de  l’ovairk. 

Une  coupe  d’ovaire  montre  que  cet  organe  est  constitué 
par  deux  zones  —  une  zone  périphérique  ou  corticale  ;  une 
zone  centrale  ou  médullaire.  La  couche  corticale  est  tapissée 
par  un  épithélium  germinatif  et  renferme  les  follicules  de 
Graaf  à  tous  les  stades  de  leur  développement.  Chacun  de 
ces  follicules  contient  un  œuf  ou  ovule  destiné  à  être  pondu 
à  chaque  période  menstruelle. 

Le  premier  œuf  est  expulsé  au  moment  de  l’établissement 
delà  puberlé,c’est-à-dire  au  moment  de  l’instauration  mens¬ 
truelle.  Un  follicule  de  Graaf  s’accroît  alors  rapidement,  se 
rapproche  de  la  périphérie  de  l’ovaire,  se  distend  par  accu¬ 
mulation  de  liquide  à  son  intérieur,  puis  se  rompt  brusque¬ 
ment  et  rejette  au  dehors  l’œuf  mûr  qu’il  renferme.  On 
donne  à  ce  phénomène  les  noms  d' «  ovulation  »  ou  «  déhis¬ 
cence  folliculaire  ».  A  partir  de  ce  moment  un  nouvel  œuf 
sera  mûr  expulsé  toutes  les  quatre  semaines  chez  la  femme, 
sauf  pendant  l’état  de  grossesse.' 

Immédiatement  après  la  ponte,  le  follicule  rompu  présente 
des  transformations  profondes.  Les  cellules  follictileuses 
non  expulsées  avec  l’ovule  augmentent  de  volume  et  se 
transforment  en  cellules  glandulaires  ou  lutéiniques  (Sobot- 
ta,  van  der  Slricht  ,etc...).  Ces  cellules  finissent  par  remplir 
puis  par  distendre  la  cavité  folliculaire  et  constituent  une 
masse  glandulaire  arrondie  désignée  sous  le  nom  de  corps 
jaune.  Celui-ci  doit  son  nom  au  pigment  spécial,  de  colora¬ 
tion  ocracce,  qui  infiltre  ses  éléments  constitutifs  et  que  l'on 
désigne  sous  le  nom  de  lutéine. 

Le  corps  jaune  qui  se  constitue  aux  dépens  d’un  follicule 
dont  l'œuf  n’est  pas  fécondé  atteint  son  développement  maxi¬ 
mum  huit  à  dix  jours  après  la  ponte.  C’(  st  à  ce  moment 
qu’apparait  Je  flux  menstruel  (Fraenkelj.Puis  il  régressé  et 
disparaît  rapidement.  Le  corp<  jaune  qui  se  développe  quand 
l’œuf  est  fécondé  atteint  un  volume  considérable  et  conti¬ 
nue  à  s’hj’pertrophier  jusqu’au  quatrième  mois  de  la  gros¬ 
sesse  ;  il  s’atrophie  ensuite  peu  à  peu.  Si, au  contraii  e,  l’ovule 
n’est  pas  fécondé,  le  corps  jaune  s’atrophie  très  rapidemen*. 

Tous  les  mois  un  follicule  arrive  à  maturation  et  le  cycle 
recommence  jusqu’à  la  ménopause. 

Longtemps  on  a  cru  que  la  sécrétion  interne  était  due  à 
toute  la  glande.  Cependant  de  Graaf,  .Malpighi,  Buffon,  au¬ 
raient  déjà  mis  au  compte  des  corps  jaune.®,  une  partie  de 
l’activité  spéciale  de  l’ovaire.  Podvyssolzky  en  1895  est  frappé 
de  la  ressemblance  des  cellules  lutéiniques  avec  certains 
éléments  de  la  couche  corticile  des  capsules  surrénales.  En 
1897,  Beard  attribue  au  corps  jaune  un  rôle  encore  liypothéti- 
que  ;  à  leur  tour.  Prenant  (1898),  Lebreton  (1899),Skrobansky 
(1901),  reprennent  la  même  idée.  Enfin  trois  élèves  de  Born, 
.Magnus,Cohnet  Frænkel  orientent  leurs  recherches  vers  une 
sécrétion  interne  du  corps  jaune. 

Co.N'CLUSlONS  AU.XQUEL1.ES  ARRIVE  Fr.ENKEL. 

1®  L’ablation  des  ovaires,  faite  quelque  temps  après  la  fé¬ 
condation  de  l'œuf,  arrête  la  grossesse;  donc  la  grossesse 
dépend  de  l’ovaire  dont  la  fonction  est  de  rendre  possible  la 
fixation  et  le  développement  de  l’œuf.  Cette  fonction  est 


exercée  uniquement  par  le  corps  jaune  dont  la  destruction 
aboutit  à  des  effets  identiques. 

2“  L’ablation  de  rovaire,en  dehoi  s  de  la  fécondation, amène 
l’atrophie  de  l’utérus  :  donc  l’ovaire  préside  à  la  nutrition 
de  cet  organe.  C’est  encore  le  corps  jaune  qui  exerce  cette 
fonction,  car  la  destruction  des  corps  jaunes  au  thermo¬ 
cautère  est  suivie  des  mêmes  effets  que  l’extirpation  de  toute 
la  glande,  jusqu'à  ce  qu’un  nouveau  corps  jaune  apparaisse. 
Il  y  a  parallélisme  étroit  entre  l’état  de  nutrition  de  l’uté¬ 
rus  et  la  phase  de  l’évolution  du  corps  jaune. 

Chez  la  femme,  on  a  pu  observer  que  la  destruction  de  cet 
organe  (au  cours  des  laparotomies)  empêchait  la  mens¬ 
truation  suivante  de  se  produire  :  or,  la  menstruation  est 
bien  le  signe  le  plus  sûr  du  bon  fonctionnement  de  l'utérn?. 

Ces  considérations  se  corroborent  du  fait  que  le  corps 
jaune  a  une  structure  absolument  semblable  à  celle  des  au¬ 
tres  glandes  à  sécrétion  interne  (Lebreton). 

Nous  pouvons  donc  conclure  avec  Frænkel  que  le  corps 
jaune  représente  la  glande  à  sécrétion  interne  de  l’ovaire: 
Il  donne  à  l'utérus,  d'une  manière  cyclique,  une  impulsion  nté 
trilive  grâce  à  laquelle  il  s'oppose  au  retotir  de  celui-ci  à  l’élal 
infantile  et  prépare  la  muqueuse  à  recevoir  l'œuf  fécondé.  Si 
l’œuf  est  fécondé,  le  corps  jaune  persiste  [dus  longtemps  et 
conserve  toujours  la  même  fonction  qui  consiste  dans  une 
plus  grande  nutrition  de  l’utérus  dont  la  muqueuse  enve¬ 
loppe  l’œuf  et  lui  permet  de  se  développer.  Si  la  fécondation 
ne  se  produit  pas,  le  corps  jaune  amène  l’hyperhémie  de 
l’utérus,  hyperhémie  qui  va  j  isqu'à  produire  la  menstrua¬ 
tion  :  il  régresse  ensuite.  Le  corps  jaune  est  tknic  une  petiu 
glande  ovarique  qui  se  régénère  périodiquement  et  qui  préside  i 
la  nutrition  de  l'utérus  depuis  la  puberté  jusqu'à  la  méno¬ 
pause .  ». 

Les  recherches  deSpillmann,  Etienne  et  Démangé  ont  fait 
attribuer  à  la  sécrétion  interne  un  rôle  anli-toxique  dontles 
faits  cliniques  rapportés  par  Lebreton,  ont  fourni  la  démons¬ 
tration.  Cette  môme  sécrétion  tient  sous  sa  dépendance  cer¬ 
tains  caractères  de  la  sexualité  féminine  et  possède,  analo¬ 
gue  en  cela  à  celle  du  testicule  et  de  la  thyroïde,  un  rôle  des 
plus  importants  dans  le  métabolisme  des  organes. 

^Cette  notion  désormais  acquise  et  qui  fait  du  corps  jaune 
l’organe  de  la  sécrétion  interne  de  l’ovaire,  comporte  une 
dé  ludion  thérapeutique  médicale. 

Déduction  thérapeutique  médicale. 

Jusqu’ici  les  troubles  de  l’insuffisance  ovarienne  ont  été 
traites  par  l'ovaiine,  mais  avec  des  succès  très  inégaui- 
Jayle  dit  à  ce  sujet  :  «  L'opothérapie  ovarienne  peut  être 
suivie  d’un  échec  complet  dans  certains  cas  où  elle  semblait 
cependant  indiquée,  sans  qu’il  soit  possible  de  donner  une 
bonne  explication  de  cette  ineffica  ilé.  »  Cette  explication  ne 
nous  échappe  plus  aujourd’hui.  L'opothérapie  ovarienne 
agit  par  les  principes  empruntés  aux  corps  jaunes  des  ovaires 
qui  ont  servi  aux  préparations  ;  si  lovarine  n'agil  pasd'iii'‘j^ 
façon  constante,  c'est  qu'elle  ne  contient  pas  toujours  ces  pritt^\ 
pes  ou  qu  elle  en  contient  trop  peu.  Le  corps  jaune  n’a  qu'“"* 
existence  éphémère  ;  il  apparaît  tous  les  mois  chez  la  fe”)' 
me,  à  des  intervalles  correspondants  chez  les  animaux,  P'"* 
il  régresse  et  disparait  :  la  plus  grande  partie  du  tefflPf; 
l’ovariue  n’en  renferme  que  très  peu  ou  pas  du  tout  ;  jatnai» 
elle  n’en  contient  beaucoup,  le  corps  jaune  étant  relatw^ 
ment  petit  si  on  le  compare  à  la  masse  de  l’ovaire.  ^ 
sorte  qu'il  est  infiniment  préférable  rte  substituer  aux  fl" 
paralions  d'ovairts  les  préparations  de  corps  jaune,  dont 
sera  nécessairement  très  actif,  le  plus  actif..  U 

L'ocrcine  est  un  extrait  de  corps  jaune  pur  :  c'est  une  sor 
d’ovarine  supérieure,  une  ovarine  débarrassée  de  ia 
inutile  de  l’ovaire.  Nous  allons  en  préciser  l’emploi®* 
tous  les  cas  relevant  de  l'insuffisance  ovarienne,  mais 
ravant  nous  voudrions  passer  rapidement  en  revue  les  si?® 
cardinaux  de  cette  insuffisance. 

Signes  de  l'insuffisance  ovarienne  ou  troubles  déteR*"^ 
par  l’hypo-fonction  ou  l'absence  des  corps  jaunes- 

Ces  troubles  sont  locaux  ou  généraux.  Les  premier®  -  J 
l’aménorrhée,  la  dysménorrhée  et  les  métrorrhagies,  oo  ■" 


LE  PROGRES  MEDICAL 


381 


reviendrons  plus  loin.  Les  troubles  généraux  sont  surtout 
Ses  troubles  vaso-moteurs  et  nerveux  :  ce  sont  d'abord  des 
bouffées  de  chaleur  montant  au  visage  ou  envahissant  même 
toute  là  surface  des  téguments  et  suivies  ou  non  de  véritables 
crises  de  sueur  ;  des  modifications  du  caractère  qui  devient 
irritable,  des  crises  de  nerfs,  de  la  neurasthénie,  des  idées 
noires,  un  affaiblissement  de  la  mémoire  ;  des  vertiges,  des 
éblouissements,  des  bourdonnements  d’oreilles  ;  de  fréquen¬ 
tes  migraines  ;  de  la  dyspnée  ;  des  palpitations  ;  certaines 
sensations  de  défaillance  pouvant  aller  jusqu’à  la  syncope. 

L'insomnie  est  habituelle,  ou  le  sommeil  traversé  de  cau¬ 
chemars  ;  on  observe  une  grande  asthénie  musculaire,  des 
troubles  digestifs  et  une  tendance  marquée  à  l’obésité. 

Mais  ces  symptômes  empruntent  à  l’époque  de  la  vie  où  ils 
se  manifestent  et  aux  circonstances  qui  les  provoquent  une 
physionomie  spéciale. 

.4.  Au  moment  de  la  puberté. 

L'n  premier  follicule  arrive  à  maturation  et  se  rompt  ;  un 
premier  corps  jaune  apparaît  et,  comme  conséquence,  la 
menstruation  s’établit.  Mais,  par  ce  mot  de  puberté,  nous 
n'entendons  pas  seulement  l'éruption  des  premières  règles, 

■' mais  aussi  les  multiples  phénomènes  qui  le  précèdent, 
l'accompagnent  et  la  suivent  et  qui  marquent  la  transfor¬ 
mation  de  l’enfant  en  femme  ».  (Dalché  :  «  La  puberté  chez 
la  femme  »,  1906.) 

Ainsi  comprise,  la  püberté  englobe  toute  une  période  de 
■)  à  (i  ans  pendant  laquelle  la  jeune  fille  est  exposée  à  de 
nombreux  désordres,  si  bien  que  cette  période  mériterait 
autant  et  plus  que  la  ménopause  la  dénomination  d'âge  cri¬ 
tique  (Dalché). 

«  L’établissement  des  règles,  dit  .Vpert,  est  en  corrélation 
intime  avec  le  développement  morphologique  des  organes 
correspondants  et  avec  celui  de  l'organisme  dans  son  en¬ 
tier...»  Le  développement  intellectuel  suiten  partie  le  dé- 
wloppement  organique....  »  D’après  Marro,  «  l’accrOissc- 
inent  rapide  de  lataille  et  du  poids  qui  a  lieu  à  celte  époque 
du  développement  pubère  vient  créer  une  sorte  de  faiblesse 
lonctionnelle  momentanée  dans  les  organes  ;  aussi  la  force 
de  résistarfce  des  facultés  physiques  et  morales  sa  trouve- 

t'clle  temporairement  compromise .  » 

,  Léruption  des  premières  règles  se  fait  rarement  de  façon 
inopmée  {Dalché)  ;  elle  est  ordinairement  précédée  de  leu¬ 
corrhée  périodique,  de  diarrhée  supplémentaire,  de  douleurs 
ombaires;  et  tandis  que  le  corps  se  transforme  et  que  la 
enstruation  s’amorce,  surviennent  des  bouffées  de  chaleur, 
68  frissons,  des  céphalées,  des  vertiges,  des  palpitations, 

I  roubles  dyspeptiques,  de  l’acné,  des  épistaxis,  etc. 
besdeuxièmes  règles  peuvent  survenir  au  bout  de  28  jours, 
elles  peuvent  se  faire  attendre  des  mois,  une  année 
•-'0  fonction  s'installe  péniblement  et  elle  trouvera 
06  l’administration  de  rocréine  un  adjuvant  précieux, 
nez  certaines  jeunes  filles,  les  règles  n’apparaissent  pas 
^^cpoque  habituelle  de  la  crise  pubérale  (14  ans  1,2  en 
^ïenne^eu  France)  ou,  après  être  venues,  elles  cessent  ae 
Ces  troubles  d'aménorrhée  s'accompagnent  as- 
de  phénomènes  chloro-anémiqnes nerveux,  basc- 
qui  paraissent  être  comme  eux  sous  là  dépen- 
ious  ^ ^  ovarienne.  Nous  emiiloierons  dans 

®os  Vocréine  dont  nous  devons  user  d'une  façon  con- 
payp  assez  longtemps,  sans  aucun  inconvénient 

Après  15  jours,  un  mois  ou  plus  du  iraite- 
suite  une  ou  deux  semaines  et  reprendre  en- 

passant,  que  la  même  médication  sera  de 
*®6üite  accidentelle,  survenant  à  tout  âge  à 

Lad  d’une  émotion  ou  d’un  traumatisme. 

est  très  fréquente  à  la  puberté.  «  Pour 
fègiçj  jeunes  filles,  écrit M.  Dalché  (toc.  df.),la  V'  nue  des 
“O  lit  et  moment  qui  les  obligeà  passer  quelques  jours 

^lèsgopl  ®“®Pendre  toute  espèce  de  travail  et  d’occupation, 
Que.  ,  . fatiguées  dé  cette  crise  à  répétition  périodi- 
**''6'bilitA  "  moins  violent,  c'est  seulement  «  une  vive 

®oiitraei-  ^*’®'’^edstruelle,  des  coliques  ou  un  sentiment  de 
®ou  ig  pénibles  quand  le  sang  coule  »  (ibid.)  G’-sl,  si- 
>  fin  moins  le  repos  forcé  à  la  maison.  Jayle  a  in¬ 


sisté  sur  le  cas  de  «  ces  jeunes  filles  dont  la  puberté  s’est 
manifestée  de  façon  tardive,  à  16,  17,  18  ans,  et  qui  du  pre¬ 
mier  jour  ont  toujours  été  mal  réglées. Leurs  menstruations 
irrégulières  s’accompagnent,  dit-il,  d’élaneemenis  pelviens, 
de  tranchées,  de  vomissements. 

Tous  ces  signes  de  dysménorrhée  trahissent  des  ovaires 
d’emblée  en  état  d’insuffisance  et  l’opothérapie  par  l’ocmnc 
longtemps  continuée  en  est  le  seul  traitement  rationnel. 

Les  métrorrhof/ies  et  surtout  les  ménorrhagies  ne  sont  pas 
rares  à  la  puberté  ;  elles  relèvent  de  causes  très  nombreu¬ 
ses.  Qiiand  elles  sont  sous  la  dépendance  de  l’hypoplasie 
sexuelle,  on  devra  songer  à  prescrire  l’ocréine. 

La  chlorose  éclôt  chez  les  jeunes  filles  à  l’époque  de  la  pu¬ 
berté  et  traduit  souvent  l’insuffisance  de  l’ovaire  (chlorose 
pubérale). 

Cette  insuffisance  amène  une  perversion  dans  le  métabo¬ 
lisme  des  organes  et,  par  suite,  la  chlorose. 

La  chlorose. 

Dans  cette  affection,  en  effet,  l’insuffisance  des  échanges 
est  la  règle.  Or,  M.  Dalché,  à  la  suite  de  ses  recherches 
avec  Lepinoy  et  Carteret,  en  est  arrivé  à  considérer  l’extrait 
d’ovaire  comme  agent  de  la  médication  oxydante  et  a  vu  aug¬ 
menter  sous  son  influence  l’azoturie,  la  phosphaturie  et 
même  la  chlorurie,  très  diminuées  comme  on  sait  chez  les 
chlorotiques.  M.  Carnot  s’exprime  ainsi  de  son  côté  :«  On 
peut  supposer  que  les  gla  odes  génitales,  par  leur  sécrétion 
interne,  activent  les  combustions  intra-organiques  et  aug¬ 
mentent  le  coefficient  d’oxydation.  »  {Bull,  /néci.,  31  mars 
1906.1 

Ces  notions  nous  commandent  de  conseiller  formellement 
l’ocréme  dans  le  traitement  de  la  chlorose. 

Dans  des  cas  de  chlorose  génitale,  M.  Dalché  aobtenu  des 
résultats  tout  à  fait  remarquables,  et  d’autres  auteurs  éga¬ 
lement.  Mais  il  ne  faut  pas  craindre  de  prolonger  la  médi¬ 
cation  qui  ne  présente  du  reste  aucun  danger. 

Du  côté  du  SYSTÈME  OSSEUX,  de  grandes  modifications  sur¬ 
viennent  à  l’époque  de  la  puberté,  amenant  l’accroissement 
de  la  taille  et  accentuant  le  caractère  de  sexualité. Par  suite, 
le  squelette  présente  à  ce  moment  une  très  grande  suscepti- 
bilitéet  l’on  observe  fréquemment  des  douleurs  osseuses, 
des  arthralgies,  du  gonflement  articulaire,  des  hydarthro- 
ses,  des  déviations  du  rachis  (rachitisme  tardif). 

Vocréine  procurera  un  soulagement  à  tous  ces  accidents 
en  s’attaquantà  leur  cause  première,  l’hypofonctiou  ova¬ 
rienne. 

La  tendance  a  l’engraissement  el  même  à  l’obésité  se  ren¬ 
contre  chez  certaines  fillettes  mal  réglées.  On  voit  par  con¬ 
tre  leur  poids  diminuer  dès  que  les  règles  deviennent  ré¬ 
gulières.  On  demandera  cette  action  à  l’ocréine  :  thérapeuti¬ 
que  pathogénique. 

La  dose  du  médicament  chez  la  jeune  fille  pubère  variera 
de  0,10  à  0,60  centigr.  c’est-à-dire  de  1  à  6  pilules  par  jour 
ou  une  injection  inlra-muscu.aire  de2  cent,  cubes  tous  les 
2  jours. 

B.  A  l'âge  adulte. 

La  CASTRATION  OVARIENNE  amène  la  m'^n.. pause  anticipée  ; 
la  cessation  brusque  des  fonctions  de  l’ovaire  porte  le>  trou¬ 
bles  à  leur  maximum.  Le  taldea  i  clinique  répond  au  tracé 
que  nous  avons  fait  plus  haut  de  l’insuffisance  ovarienne  ; 
ces  femmes,  véritables  déséquilibrées  du  ventre,  sont  en 
proie  à  d’incessants  malaises. 

Il  faut  leur  prescrire  l’ocréine  sans  retard,  Frænkel  a  obte¬ 
nu  en  pareils  cas  avec  l’extrait  de  corps  jaune  des  résultats 
merveilleux  ;  les  bouffées  de  chaleur,  l’oppression,  les  pal¬ 
pitations  disparaissaient.  Lebreton  relate  de  même  de  très 
rapi'Ies  succès  se  traduisant  par  une  disparition  complète 
des  symptômes  les  plus  pénibles.  Jamais  ces  auteurs  u’ont 
eu  le  muindrc  accident.  Vocréuie  sera  donnée  à  la  dose  de  3 
à  10  pilules  par  jour  pen<iaut  8  jours  par  mois,  ou  3  ou  4  in¬ 
jections  de  2  en  2  jours. 

Certaines  femmes,  bien  que  n’ayant  subi  aucune  opera¬ 
tion,  présente  t  des  troubles  à  peu  près  semblables.  «  Ces 
malades,  dil  Jayle,  forment  le  grand  contingent  de  femmes 
que  les  chirurgiens  n’opèrent  qu’à  regret  parce  qu’elles  ont 


382 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


1 


peu  de  lésions,  et  que  les  médecins  soignent  mal  parce  qu’ils 
en  font  de  simples  nerveuses.  Ce  sont  des  femmes  qui  peu¬ 
vent  présenter  beaucoup  de  tares, mais  qui  ont  tout  au  moins 
de  l'insuffisance  ovarienne  contre  laquelle  on  peut  agir.  » 
Le  traitement  de  pareilles  malades  n'est  pas  du  ressort 
chirurgical  ;  c'est  l'opothérapie  pavïocréine  qui  seule  est  ra¬ 
tionnelle  et  qui  seule  triomphera  des  accidents.  Frmnkel  a 
eu  là  aussi  de  très  belles  guérisons 
«Dans  le  cortège  des  phénomènes  qui  accompagnent  la 
dystrophie  ovarienne,  écrit  M.  Dalché  {lue.  cit.).  on  rencon¬ 
tre  deux  états,  l'un  qui  arrive  à  simuler  un  syndrome  de  Ba- 
.çerfoit’ atténué  ou  fruste,  l'autre  qui  prend  quelques  appa¬ 
rences  d’un  pseudo-myxœdème.  Ces  divers  phénomènes 
sont  améliorés,  sinon  guéris,  par  l'opotlièrapie  ovarienne.  » 

11  n'y  a  rien  là  qui  doive  nous  étonner,  aujourd’hui  que 
nous  connaissons  les  rapports  existants  entre  les  phénomè¬ 
nes  qui  accompagnent  le  goitre  exophtalmique  et  ceux  qui 
accompagnent  la  menstruation  (tachycardie,  bouffées  de 
chaleur,  crises  de  sueurs  dans  les  2  cas,  etc.)Les  deux  glan¬ 
des,  thyro'ide  et  ovaire, sont  étroitement  solidaires  dans  leur 
évolution  et  leur  activité  physiologique.  Mathieu,  Jayle  et 
Van  der  Linden  ont  publié  des  cas  de  goitre  exophtalmique 
consécutifs  à  la  castraftion,  et  l’opothérapie  ovarienne  a  été 
employée  avec  un  certain  succès  par  Murel,  Jayle,  Jouin, 
Delaunay,  Seeligmann,  Dalché  contre  la  maladie  de  Basc- 
dow  vraie. 

Contre  les  syndromes  signalés  par  M.  Dalché,  l’ocréine 
amènera  de  très  bons  résultats,  à  la  condition  de  continuer 
le  traitementtant  que  le  nécessitera  l'insuffisance  ovarienne. 

Ladose  d’o2mne  à  conseiller  contre  les  troubles  de  l’hy- 
pbfoRction  ovarienne  chez  l'adulte  est  de  là  ti  pilules  par 
jour  ouune  injection  intra-musculaire  tous  les  2  jours  jus¬ 
qu’à  disparition  des  troubles. 

C.  Pendant  la  yrossesse. 

Lebreton,  en  1899,  a  employé  le  premier  l’extrait  de  corps 
jaune  contre  les  troubles  d'auto-intoxicalion  gravidique. 

Les  résultats  se  manifestèrent  aussitôt  chez  ses  malades 
par  la  cessation  brusque  des  vomissements  et  l’amendement 
rapide  des  autres  symptômes  ;  la  guérison  complète  sur¬ 
vient  souvent  en  moins  de  15  jours.  Lebreton  concluait  à 
l’influence  presque  spécifique  du  médicament  avec  innocuité 
absolue. 

Par  conséquent,  chez  la  femme  enceinte  présentant  des  si¬ 
gnes  d’insuffisance  ovarienne  ou  des  accidents  d'auto-inio- 
xication  gravidique, nous  devons  prescrire  l’ocrcine  à  la  dose 
de  1  à  6  pilules  par  jour. 

D.  A  In  ménopause . 

-  Les  Iransformations  que  subit  l’organisme  à  cette  époque 
làge  critique)  Sont  dues  à  la  disparition  de  la  sécrétion  in  • 
terne  de  l’ovaire  :  les  corps  jaunes  cessent  d’apparaître. 

Les  troubles  seront  d’autant  plus  accentués  que  la  dispa¬ 
rition  sera  plus  brusque  :  nous  n’en  reprendrons  pas  l’énu¬ 
mération,  depuis  les  bouffées  de  chaleur  jusqu’à  la  ten¬ 
dance  à  l’embonpoint. 

«  .\ux  environs  de  la  cinquantaine,  s’installe  très  souvent 
l'obésité  tardive  de  la  femme,  en  même  teinpsque  k-s  signes 
dé  l’insuflisance  ovarienne.  »  (Carnot.) 

Frænkel  a  publié  des  observations  très  probantes  au  sujet 
de  l'eflicacité  de  l’opothérapie  ovarienne  à  li  ménopause, 
Carnot  dit  avoir  obtenu  des  résultats  remarquables. 

L’ocréine  sera  administrée  à  la  dose  de  1  àG  pilules  par 
jour,  ou  tous  les  deux  jours  une  injection  intra  musculaire. 
La  médication  sera  continuée  jusqu’à  l'entière  disparition 
des  troubles  et  les  doses  seront  progressivement  diminuées 
pour  arriver  peu  à  peu  à  la  cessation  complète  du  traitement. 

.A  côté  des  accidents  habitu-  ls  de  la  ménopause,  nous  vou¬ 
drions  enOn  appeler  l’attention  sur  la  fréquence  du  RHUMA¬ 
TISME  cHRONiQUEossEux  à  Cette  période  de  l'existence.  Très 
souvent  cette  affection  débute  vers  l’âge  critique  au  moment 
de  la  défaillance  des  fonctions  ovariennes  ;  ellese  présente  le 
plus  souvent  sous  letypede  rhumatisme  noueuxaux  pieds 
et  aux  mains  ;  les  genoux  et  les  poignets  se  prennent  souvent 
aussi.  En  même  temps  se  développe  l’artério-sclérose,  et  .M. 


Iluchard  attribue  ce  développement  à  la  ménopause  mèm?. 
l’ovaire  cessant  son  rôle  de  glande  hypotensive. 

En  dehors  de  la  ménopause,  au  cours  de  la  vie  sexuelle 
on  a  du  reste  signalé  depuis  longtemps  la  fréquence  desac' 
cidents  génitaux  chez  les  femmes  atteintes  de  rhum’atisme 
chronique. 

Partant  de  cette  idée  que  la  cause  générale  de  celle  affec¬ 
tion  pouvait  résider  dans  un  trouble  de  la  sécrétion  inter¬ 
ne  de  l’ovaire,  M.  Dalché  a  employé  l’opothérapie  ovarienne 
chez  des  malades  souffrant  de  rhumatisme  chronique  os¬ 
seux,  et  il  en  a  obtenu  des  résultats  trèsencourageants,d’au- 
tant  plus  nets  que  les  malades  étaient  plus  jeunes.  Contre 
le  rhumatisme  déformant,  il  conseille  de  continuer  le  traite¬ 
ment  pendant  des  semaines  et  des  mois  entiers  :  «  Oa  ob-  ' 
tient  non  la  guérison,  dit-il,  mais  un  sérieux  amendement.» 

C'est  une  nouvelle  indicalbin  de  l'orréine  qui  retrouverj 
dans  ce  cas  l’influence  spécifl que  qu’elle  passé  le  sur  tous 
les  accidents  de  l’insuffisance  ovarienne. 

E.  Obésité  [jénitale. 

Chez  la  femme,  l'infl  ihnce  de  la  vie  sexuelle  sur  le  déve¬ 
loppement  de  l’ôbésité  est  considérable.  D'après  Kiscb,clicî  ' 
215  femmes  obèses,  on  trouve  28  fois  des  anomalies  mens-  ; 
truelles.  j 

Un  premier  type  d’obésité  génitale  conslaté  chez  la  fem¬ 
me  est  ['obésité  de  la  puberté.  Souvent  des  jeunes  filles  anémi-  ' 
ques  engraissent  considérablement  au  moment  de  la  puberté. 

Un  autre  type  d'obésité  génitale  constaté  chez  la  femme, 
obésité posl-nupliale, survient  aussitôt  après  le  mariage  ;  peut- 
être  l'hyperfonctionnement génital  en  provoque-t-il  l’épui¬ 
sement  ;  peut-être  le  mariage,  par  suite  d'infections  utéro- 
ovariennes  consécutives,  provoque-t-il  une  insuffisance  ova- 
I  ieiine  fonctionnelle 

Un  type  d’obésité,  beaucoup  plus  fréquent  chez  la  femme 
est  l’oàésifr  malerne/fe  :  très  fréquemment,  dès  les  premiers 
mois  de  la  grossesse,  les  femmes  enceintes  augmentent  de 
poids,  épaississent  leur  derme  et  font,  un  peu  partout,  dans 
le  foie  notamment,  des  réserves  adipeuses  considérables  ! 
elles  peuvent  rétrocéder  après  la  grossesse  ou  devenir  le 
point  de  départ  d’une  obésité  qui  progresse  ai'rès  la  gesta¬ 
tion  et  surtout  après  l'allaitement. 

Enfin,  un  autre  type  bien  connu  d’obésité  chez  la  femmei  ' 
est  ['obésité de  la  ménopause:  très  fréquemment,  en  effet,  cest 
aux  environs  de  la  quarantaine  et  co'incidant  avec  la  dinn- 
iiulion,puis  la  cessation  de  l'activité  ovarienneque  s’installe 
l’obésité  tardive  de  la  femme  :  très  souvent  les  femmes^ 
plaignent,  à  la  fois  de  boufféesde  chaleur,  de  suffocation,  <1® 
crises  de  congestion  et  d’une  augmentation  sensible  de 
leursdimensions. 

I  .'obésité  des  ovariotomisées  se  développe.de  même,  assez  ra^ 
pidement  avec  les  principaux  troubles  de  l’insuffisance  ova¬ 
rienne  et  peutatteindre,  d’une  façon  précoce  et  rapide,  «o 
intensité  très  démonstrative. 

Quel  que  soit  le  mécanisme, probablement  assez  complf 
de  ces  différents  faits,  mpnit  en  conclure  à  une  relatio 
nette  entre  l’ubésité  et  l’activité  génitale.  .  jj 

Au  point  de  vue  thérapeutique,  nous  avons  plusieurs 
pratiqué,  dans  ces  variétés  d’obésité,  une  médication 
thogénique,  en  ayant  recours  à  l’opothérapie  ovarienne  ■  ^ 
traitement  nous  .n  paru  donner  de  remarquables  résulta 
tPaul  Carnot,  Bull.  Méd.  31  avril  1906-) 


La  viande  de  conserve.  —  Le  docteur  Roux,  derinstdu 
tour,  atrouvéun  procédé  qui,  au  moyen  d'injections  pratique 
moment  de  l'abatage,  permet  de  conserver  la  viande,  [A 

fication  dans  son  apparence,  pendant  une  assez  longue  o'*  j-’aé- 
ministre  de  la  guerre  vient  de  donner  des  ordres  pour  que 
tliode  du  docteur  Roux  soit  expérimentée  sur  d’assez  grande 
tités  de  viande  et  dans  des  conditions  se  rapprochant  le  v» 
sible  de  la  réalité  du  temps  de  guerre.  En  conséquence, 
procéder,  à  Paris,  à  l’abatage  d’un  certain  nombre  ^’unuu?  jjijé» 
après  avoir  subi  les  manipulations  préconisées,  seront  .faiS’ 
dans  différents  corps  d’armée, au  bout  d'un  temps  et  après 
port  déterminés,  après  avoir,  au  préalable,  subi  une  inspec 
nitaire  des  plus  minutieuses. 


LE  PROGRÈS  MEDICAL 


383 


VARIA 


Magistrature  et  Secret  professionnel. 

La  Société  de  tnédeciae  et  de  chirurgie  de  Bordeaux  vient 
(Je  voter  dans  sa  séance  du  1"'  juin  l’ordre  du  jour  suivant  : 
«La  Société  de  médecine  et  de  chirurgie  de  Bordeaux,  après 
avoir  pris  connaissance  des  incidents  survenus  dans  une  af¬ 
faire  récente  devant  la  cour  d’assises  de  Bordeaux  relative¬ 
ment  au  secret  professionnel,  déclare  qu’elle  approuve  l’at¬ 
titude  prise  par  MM.  lesD'^®  Rondot,  Ghamhrelent,  Vil’ar, 
Emile  Bitot  et  Guérin,  appelés  en  témoignage. 

«Elle  les  félicite  d’avoir  observé  dans  son  intégralité  le  secret 
professionnel  et  rend  hommage  à  leur  parfaite  honorabilité.» 

Nous  ne  saurions  trop  féliciter  la  Société  de  médecine  et  de 
Chirurgie  de  Bordeaux  de  son  ordre  du  jour,  après  la  surpre¬ 
nante  attitude  des  magistrats  de  Bordeaux,  qui,  lors  d’un  ré¬ 
cent  procès  criminel,ont  reproché  en  termesplus  que  regret¬ 
tables  à  des  médecins  de  respecter  un  secret  que  la  loi  leur 
impose. 

J.  Noir. 

Corps  thyroïde  et  faim. 

Sur  une  centaine  de  malades  soumis  à  la  médication  thy¬ 
roïdienne, MM.  Léopold  Lf.vi  et  II.  de  Rothschild  ont  expres¬ 
sément  noté,  dans  21  observations, l’augmentation  de  la  faim 
et  delà  sensation  de  la  faim. 

La  faim  augmente,  en  général,  dès  le  début  de  la  médica¬ 
tion.  Elle  est  souvent  proportionnelle  à  l’ingestion  de  la 
substance  active.  Elle  diminue  ou  persiste  pendant  les  in¬ 
tervalles  de  l’opothérapie.  Après  la  suppression  prolongée  du 
traitement,  l’amélioration  reste  durable  ou  l’état  habituel  de 
la  faim  a  tendance  à  se  reproduire. 

En  même  temps  que  la  faim  s’accroît,  on  voit  l’appétit  naî¬ 
tre  ou  renaître  et  ses  caprices  se  régler. 

En  rapprochant  l’inflpence  sur  la  faim  de  l’ingestion  du 
corps  thyroïde  de  l’état  de  la  faim  observé  au  cours  du  goi¬ 
tre  exophtalmique.  du  myxœdème,  de  l'hypothyroïdie  béni¬ 
gne,  des  diverses  phases  thyroïdiennes  de  la  grossesse,  on 
peut  conclure  que  le  corps  thyroïde  est  physiologiquement 
fcgulateur  de  la  faim  et  qu’il  existe  une  anorexie  hypothy- 
roidienne  nécessitant  un  traitement  nettement  approprié, 
'«a:. des  hôpitaux,  .à  et  7  juin.) 

LES  CONGRÈS 
Congrès  d’Hygiène  Sociale. 

(Aancy,  22-24  juin  19Ü6i. 

-'ious  rappelons  que  l’A/Z/ance  d'//ÿÿiène  Aocia/e  organise  à 
^^icy,  du  22  au  24  juin  1906,  son  troisième  congrès  régional 
I®  présidence  de  M.  Casimir-Périer.  (Voir  leprogramme 

os  le  Progrès  Médical,  du  9  juin  1906,  page  365.) 


FORMULES 


XLVI.  —  Contre  les  éphélides. 

Axonge .  5  gramme; 

Vaseline .  10  — 

Peroxyde  d'hydrogène .  20  — 

Dichlorure  de  mercure .  0  gr.  05. 

'-’xychlorurc  de  hismuili .  0  —  50. 


glandes  urines  sont  troubles,  quand  le  rein  —  filtres  ou 
**^rive  .uoluiaté  par  les  dépôts  uratiques  ou  biliaires, 
*^0ciion  *  Pipérazol  Tissot,  qui  rendra  au  filtre  rénal  son 
Oée^g  parfait.  Ne  pas  oublier  que  l’action  simulta- 

*dhineet  de  la  pipéra/ine  est  supérieure  à  tout  au- 
0  a  l’une  ou  l’autreséparément. 


Actes  et  thèses  de  la  Faculté  de  Médecine  de  Paris 

Thèses  de  doctorat.  —  Mercredi,  2o  juin.  —  M.  Behurel  :  Les  fis¬ 
tules  biliaires  et  leur  traitement  par  l’entérostomie  biliaire  (MM. 
Terrier,  Segond,  .Mauclaire,  Gosselj.  —  M  Cholet  :  Néoplasmes  la¬ 
tents  du  gros  intestin,  leur  rôle  dans  les  obstructions  intestinales 
(MM.  Segond,  Terrier,  Mauclaire,  Gosset).  —  M.  Filassier:  L’unci- 
nariose  devant  l’hygiène  sociale  (MM.  Blanchard,  Brissaud,Gaucher, 
Claude).  —  M.  l'aguet  :  La  gastro-suecorhée  d’origine  nerveuse 
(MM.  Brissaud,  Blanchard,  Gaucher,  Claude).  —  M.  Gurisse  : 
Guérison  des  nævi  vasculaires  par  ulcération  spontanée  (M.M.  Gau¬ 
cher,  Blanchard,  Brissaud,  Claude). 

Jeudi,  2 1  juin. —  M  Cibrie  :  «  Des  atrophies  musculaires  consé- 
cutives  aux  traumatismes  légers  dans  les  accidents  du  travail  » 
(MM.  Debove,  Dieulafoy,  Berger,  Auvray.  —  M.  De  Laire  :  Va¬ 
riations  de  la  formule  hématique  sous  l’action  des  ferments  métal¬ 
liques  (M.M.  Dieulafoy,  Debove,  Berger,  Auvray).  ~  M.  Driiais  : 
De  l’embolie  pulmonaire  dans  l’appendicite  (MM.  Berger,  Debove, 
Dieulafoy,  Auvray).  —  M.  Poitevin:  De  l’avenir  des  hystéro-trau-. 
matisés  (MM.  Pouchet,  Joffroy,  Dupré,  Jeimselrae).  —  M.  Lévy’: 
Les  délires  de  zoopathies  internes  (MM.  Joffroy,  Pouchet,  Dupré, 
Jeanselrae).  —  M.  Rey  :  Considérations  sur  l'hygiène  du  travail  à 
domicile  (MM.  Chantemesse,  Gilbert,  Langlois,  Carnot).  —  M, 
Oudiette  :  Critique  des  moyens  galactogènes  et  en  particulier  de 
l’extrait  de  graines  de  cotonnier  (MM.  Gilbert,  Chantemesse,  Lan¬ 
glois,  Carnot. 

Examens  de  doctorat.  —  Lundi,  i  ,9  juin .  — 5' (Chirurgie,  1"  par¬ 
tie,  P*  série,  Hôtel-Dieu)  :  MM.  Kirmisson,  Broca(Aug.),  Duval 
(Pierre).  —  5‘  (Chirurgie,  1”  partie,  2'  série,  Hôtel  Dieu)  :  MM.  Se¬ 
gond,  Legueu,  Rieffel.  —  5' (Chirurgie,  l'*  partie,  1"  série.  Chari¬ 
té)  ;  MM.  Terrier,  Delens,  Gosset.  —  5*  (Chirurgie,  P*  partie,  £• 
série.  Charité)  :  M.M.  Reclus.  Tuffier,  Mauclaire.  —  5'  (2"  partie. 
Charité)  :  MM.  Déjerine,  Teissier,  Labbé  (Marcel). 

Mardi,  ig  juin.  — 5" (Chirurgie,  P*  partie,  t“  série,  Hôtel-Dieu): 
MM.  Guyon,  De  Lapersonne,  Rielfel.  —  5’  (Chirurgie,  P' partie, 
2’  série,  Hôtel-Dieu)  :  MM.  Le  Dentu,  Thiéry,  Morestin.  —5"  (Chi¬ 
rurgie,  P'  partie,  1'"  série.  Charité)  :  MM.  Berger,  Poirier,  Ma¬ 
rion.  —  5'  (Chirurgie,  Impartie,  2'  série.  Charité)  ;  MM.  Pozzi,  Ret- 
terer,  Hartmann.  —  5*  >2'  partie, Charité)  :  MM.  Dieulafoy,  Renon, 
Carnot.  —  5*  (Obstétrique,  P"  partie.  Clinique  Tarnier)  :  MM.  Bu- 
din,  Demelin,  Bar.. 

Mercredi,  2o  juin.  —  P'  (P'  série,  Oral,  .Salle  Corvisart)  :  MM. 
Reclus,  Cunéo,  Rieffel.  —  1"  (2'  série.  Oral,  Salle  Velpeau)  :  MM. 
Delens,  Macaigne,  Pierre  Duval.  —  (2'  (1”  série.  Salle  Charcot)  : 
MM.  Gautier,  Roger,  Branca.— 2'  (2*  série.  Salle  Richet);  MM. 
Gariel,  Ch.  Richet,  Retterer.  —  3”  (P*  partie.  Oral,  Salle  Vulpian)  : 
MM.  Sébileau,  Legueu,  Lepage.  —  3*  (2°  partie.  Oral,  .Salle  Brons- 
.sais)  :  MM.  Déjerine.  Teissier.  Legry.  —  4'  (1”  série.  Salle  Thouret)  ; 
MM.  Pouchet,  Desgrez.  Richaud.  —  4'  (2"  série.  Salle  Pasteur)  : 
MM.  Landouzy,  Gley,  Balthazard.  —  .5'  (Obstétrique,  P'  partie.  Cli¬ 
nique  Baudelocque)  :  MM.  Pinard,  yVallich,  Potocki, 

Jeudi,  2  1  juin.  —  1"  (1”  série.  Oral,  Salle  Béclard)  :  MM.  Cornil, 
Thiéry,  .Marion.  —  1"  (2*  série.  Oral,  Salle  Béclard)  :  MM.  De  Là- 
personne,  Rieffel,  Guiart.  —  1"  (3' série.  Oral,  Salle  Broussais)  : 
MM.  Poirier,  Laûnois,  Morestin.  —  3*  (P*  partie.  Oral,  Salle  Richet)  : 
MM.  Pozzi,  Retterer,  Demelin.  — 3‘ (2*  partie,  P*  série,  Oral,  Salle 
Charcot)  :  MM.  Raymond,  Thiroloix,  Méry.  —  3"  (2*  partie,  2“  série. 
Oral,  Salle  Corvisart);  MM.  Hutinel,  Gouget,  Bezançon.  —  4“  (Salle 
Vulpian)  :  MM.  Robin.  G.  Ballet,  Gley. 

Vendredi,  22  juin.  —  P'  (Oral,  Salle  Vulpian):  MM.  Segond,  Cu¬ 
néo,  Rieffel.  —3"  1"  partie.  Oral,  Salle  Béclard)  ;  MM.  Terrier,  Ret- 
tercr,  Lepage.  —3*  (2’ partie,  P*  série.  Oral,  Salle  Broussais)  :  MM, 
Joffroy,  Teissier,  Marcel  Labbé.  —  3'  (2‘  partie,  2‘  série.  Oral, 
Salle  Charcot).—  MM.  Blanchard,  Claude,  Balthazard.  —  3'  (2'  par¬ 
tie,  3”  série.  Oral.  Salle  Richet)  :  MM.  Brissaud,  Legry,  Macai¬ 
gne. —  4"  (i"  série.  Salle  Thouret)  :  MM.  Pouchet,  Gaucher,  Ri¬ 
chaud.  —  4' (2”  série.  Salle  Pasteur)  :  MM.  Landouzy,Déjerine,  Gley. 
—  5*  (Chirurgie.  1”  partie,  P*  série,  Necker)  :  M.M.  kirmisson,  De¬ 
lens,  Pierre  Duval.  —5'  (Chirurgie.  P’  partie,  2‘  série,  Necker)  : 
MM.  Reclus,  Legueu,  Gosset. —  5*  (Obstétrique,  I”  partie,  Clini- 
(jue  Baudelocque)  :  MM.  Pinard,  Wallich,  Potocki. 

Samedi.  2  3  juin.  —  3’  (2*  partie,  1"  série,  Oral,  Salle  Béclard)  : 
MM.  Chantemesse, Thiroloix,  Vaquez.  — 3*  (2"  partie,  2*  série.  Oral, 
Salle  Broussais)  :  MM.  Gilbert,  Guiart,  Carnot.  —  5*  (2*  partie,  P" 
série,  Beaujon)  :  MM.  Raymond,  Achard,  Gouget.  —  5*  (2”  partie, 
2'  série,  Beaujoni  :  MM.  Hutinel.  Méry,  Jeanselme.  —  5*  (3*  parrtie, 
3*  série,  Beaujon)  :  Robin,  Troisier,  Besançon.  — 5’  (Obstétrique, 
1”  partie.  Clinique  Tarnier)  :  M.M.  Budin,  Bar,  Demelin. 


Demande  d'emploi.  —  M.  Wihtol  (Albert-Eugène)  est  àla  dis¬ 
position  de  MM.  les  médecins  et  pharmaciens  pour  traductions 
d’allemand  d'espagnol  et  de  portugais.  Bonnes  références. 


384 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


NOUVELLES 


Légion  d’honneur.  —  M.  le  D'  Trouillet,  médecin  des  en¬ 
fants  du  premier  âge,  est  nommé  chevalier  de  la  Légion  d’honneur. 

Le  Dr  Bérillon  commandeur  du  nicham.  — Au  cours  de 
l’assemblée  de  la  Société  ;  V Assistance  aux  animaux,  S.  Pi- 
chon,  résident  général  de  Tunisie,  a  remis  à  M.  le  D''  Bérillon, 
président  de  la  société,  la  Croix  de  commandeur  du  Nicham. 

Mérite  agricole.  —  Notre  ami,  M.  Lauc,  a  été  nommé  officier, 
à  la  séance  solennelle  de  la  Société  des  CoufiSrences  Républi¬ 
caines,  pour  ses  conférences  sur  l’hygiène. 

Inspection  des  servicks  sanitaires.  —  Par  décret  du  président 
de  la  Républi^iae  française  en  date  du  5  juin  1906,  rendu  sur  la 
proposition  êa  ministre  de  l’intérieur  :  M.  Bluzet,  inspecteur  gé¬ 
néral  advint  des  services  sanitaires,  est  nommé  inspecteur  géné¬ 
ré  des  services  administratifs  du  ministère  de  l’intérieur,  en  rem¬ 
placement  de  M.  Pluchart,  admis  à  faire  valoir  ses  droits  à  la 
retraite  et  nommé  inspecteur  général  hônoraire. 

Inspection  des  écoles  de  Paris.  —  M.  le  D-'  Dubreuil  est 
nommé  médecin  inspecteur  des  écoles  du  XP  arrondissement  en 
remplacement  de  M.  Miquel,  décédé. 

Le  typhus  a  Bone.  —  Le  Temps  annonce  que  plusieurs  cas  de 
typhus  se  sont  déclarés  à  la  prison  civile  de  Bône,  où  cette  mala¬ 
die  a  déjà  fait  trois  victimeà.  La  commission  d’hygiène  a  aussitôt 
ordonné  l’évacuation  immédiate  des  sujets  contaminés,  au  nombre 
de  quatorze,  à  l'hôpital  civil,  où  ils  se  sont  isolés. 

La  colonie  pénitentiaire  tout  entière  a  été  dirigée  sur  le  lazaret 
les  prisonniers  campent  sous  des  tentes  entourées  d’un  cordon  de 
tirailleurs.  L’état  sanitai  tre  de  la  ville  de  Bône  continue  à  être  ex¬ 
cellent,  aucun  cas  même  suspect  ne  s'étant  produit  hors  de  lapri- 

Institut  général  psychologique.  — Le  P'  François-Franck, 
membre  de  l’Académie  de  médecine,  a  fait  pour  l’Institut  géné¬ 
ral  psychologique,  vendredi  15  juin,  àl’ancienne  salle  de  l’Acadé¬ 
mie  de  médecine,  49,  rue  des  Saint-Pères,  une  conférence  «  sur 
quelques  expressions  des  émotions  chez  l’homme  et  chez  les  ani¬ 
maux»  (avec  projections). 

Les  vaccins  antituberculeux.  —  ha.  Aew-Yoï'k  Press  annon¬ 
ce  que  le  D’’  Pearson  de  TUniversité  de  Pensylvanie  à  Philadel¬ 
phie  a  découvert  nn  procédé  de  prophylaxie  delà  tuberculose  chez 
les  animaux.  D’autre  part, à  l’Académie  des  Sciences, M.  le  D^  Cal- 


mette,  de  Lille, annonce  qu’il  a  obtenu  la  vaccination, de  jeunesar, 
maux  contre  la  tuberculose  par  l’ingestion  régulière  de  bacilles  j 
berculeux  virulents  ou  à  virulence  atténuée. 

Nouvel  hôpital  militaire  a  Chalons-sur-Marnë. — Onaché- 
ve  actuellement,  de  façon  qu’ils  soient  complètement  en  état  po», 
l’année  prochaine,  les  nouvelles  casernes  et  le  nouvel  hôpital  mi- 
litaire  de  Châlons-sur-Marne.  Ces  constructions  ont  été  élevée» 
suivant  les  règlements  les  plus  modernes  de  l’hygiène  et  du  coa- 
fort  ;  les  angles  de  toutes  les  pièces  sont  arrondis  pour  éviter  fif 
cumulation  de  la  poussière  ;  les  pavages  sont  de  bitume  compriaj 
imperméable  ;  le  chauffage  sera  à  la  vapeur  et  tous  les  monv^ 
ments  s'exécuteront  p»  l’intérieur.  Plusieurs  salles  de  bain  ont 
été  installées.  Le  nouvel  hôpital  comprend  trois  pavillons  pour 
les  blessés,  les  fiévreux  et  les  contagieux  :  en  tout  150  lits. 

Nécrologie.  —  Nous  avons  le  regret  d’annoncer  la  mort  dn 
D''  R.  Dutkil,  médecin  aide-major,  ex-interne  des  hôpitaux  de 
Lyon  ;  MM.  les  docteurs  Vernet  (de  Pignans)  ;  FançoisBoc- 
CARD,  de  Thonon  ;  François  Bachelet  (de  Toulon)  ;  Habra», 
ancien  chirurgien  des  hôpitaux  de  Reims  ;  Lucien  Blache,  ancien 
maire  de  Privas. 

Chronique  des  hôpitaux. 

Création  de  crèches  dans  les  hc>pitaux.  —  On  annonce  que 
l’Assistance  publique,  sur  la  demande  de  nombreux  médecins, vient 
de  créer  à  l’hôpital  Saint- Antoine  et  à  l’hospice  d’Ivry,  deux  crè¬ 
ches  pour  les  nourrissons  des  infirmières  de  ces  établissements. 
Cette  création,  faisant  suite  à  celle  des  garderies  d’enfants  an¬ 
nexées  à  certaines  grandes  usines,  ne  pourraque  contribuer  à l’ei- 
tension  de  l’allaitement  maternel  et,  par  suite,  à  la  diminution  dt 
la  mortalité  infantile.  On  ne  peut  donc  que  l’approuver  pleinernw 

Concours  de  chirurgien  des  hôpitaux.  —  Epreuve  écrite  ; 
Question  donnée  le  12  juin  :  Péricarde.  Plaies  du  cœur. 

Concours  d’oto-rhino-laryngologiste.  —  Epreuve  écrite: 
Sinus  maxillaire  et  sinusites  maxillaires. 

Concours  pour -la  nomination  a  la  pl.ace  d’assistant  titu- 


ouvert  le  vendredi  4  juillet  1906,  £ 


•  RiBoisiÈRE.  -  Ce  concours  ser» 
midi  dans  la  salle  des  concowi 


de  l’administration,  rue  des  Saints-PéreS,  n®  49.  —  Cette  séance 
sera  consacrée  à  la  composition  écrite.  Les  candidats  seront  ad¬ 
mis  à  se  faire  inscrire  à  l’Administration  Centrale  (service  dj 


personnel),  de  midi  à  trois  heures,  du  mardi  5  juin  1906  au  lundi 


18  du  même  mois  inclusivement. 


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préparé  spécialement  pour  BÉBÉS  et  ENFANTS  de  2  mois 
à  15  ans,  vrai  spécifique  de  la  CONSTIPATION.  Précieux  dans 
grippe,  bronchite,  coqueluche,  impétigo,  helminthiase, 
état  convulsif,  et  toutes  maladies  ou  indispositions  dans  les¬ 
quelles  un  laxatif  est  nécessaire. 

Œde  3  mois  à  3  ans  :  1  cuillerée  à  café  par  jour. 

I  de  2  ans  à  5  ans  :  1  cuillerée  à  dessert  par  jour. 

I  de  5  ans  à  15  ans  ;  1  cuillerée  à  soupe  par  jour. 

(Le  conseiller  chaque  fois  que  les  parents  demandent  un  o  dépuratif  » 
pour  leurs  enfants,  car  le  meilleur  des  dépuratifs  est  encore  un 
ion  laxatif. 

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LeSebumbaoille.  microbe  de  la  calvitie  vulgaire.  8 

découvert  par  M.  Louis  DEQUtANT.  pharmacien.  L 
de  Clignancourt,  Paris.  (Mémoires  déposés  à  l’Academi 
Médecine,  23  mars  1897, 8  mai  18981.  L'extrait  de  ces  m®®*?  jj 
est  adressé  gracieusement  à  tous  les  médecins  qu» 
feront  la  demande.  Renseignements  gratuits  et  prix  de  m 
pour  tous  les  memores  du  corps  médical. 

Le  Rédacteur-Gérant  :  Bournbvilla^ 

Imprimerie  Daix  frères  et  Thiron,  Clermont  (Oi»>)- 


,  3‘  SÉRIE.  T.  XXII.  N»  giî 


BUREAUX  :  RUE  DES  CARMES,  14 


33  JUIN  1906 


Le  Progrès  Médical 


SOMMAIRE  :  Chirurgie  biologique  :  Chirurgie  du  phimosis, 
*Dar  Longuet.  —  Bulletin  :  Les  explosions  dans  les  houillères, 
^  Fabre.  —  Sociétés  Savantes  :  Académie  des  Sciences  : 

la  vaccination  contre  la  tuberculose  par  les  voies  naturelles, 
p*r  Calmette  et  Guérin  (c,‘  r.  de  Mme  Phisalix).  —  Société  de 
plagie  :  Elévation  de  la  température  du  corps  dans  le  traite- 
nent  de  la  rage  et  des  maladies  infectieuses,  par  Remlinger  ; 
Septicémie  gonococcique  expérimentale,  par  Bruckner,  Cris- 
teann  et  Ciuca  ;  Bacille  gracile  éthylogène,  par  Achalrae  et  Ro- 
eenthal  ;  Fièvre  récurrente  en  Indo-Ghine,  par  Yersin  ;  Tissu 
conjonctif  retrouvé  dans  les  fèces,  par  Roux  et  Riva  ;  Autothé¬ 
rapie  thyroïdienne  de  la  grossesse,  par  de  Rotschild  et  Lévi  ; 
Origine  mésoderraique  du  foie,  par  Giraudel  ;  Chlorures  et  eau 
des  organes,  par  Javal  et  Adler  (c.  r.  de  Mme  Edwards-Pil- 
liet.)  —  Académie  de  Médecine  :  Consultations  de  nourrissons, 
parBudin;  L’hématome  subitde  laluette,  par  Fabre  ;  La  réforme 
’  du  code  civil  ;  La  typhlite  muco-membraneuse,  par  Le  Dentu  ; 

I  La  typhlocolite,  par  Dieulafoy  ;  De  la  valeur  du  scatol  et  de 


l’indican  dans  les  urines,  par  Daremberg  et  Penoy  ;  Pied  de  Ma¬ 
dura  nostras,  par  Reynier  ;  L’avortement  épizootique  de  la 
vache,  par  M.  Thierry  ;  Elections  (c.  r.  de  A. -F.  Plicque).  — 
Société  Médicale  des  Hôpitaux  :  Traitement  de  la  paralysie 
diphtérique,  par  Comby  ;  Appréciation  de  l'anémie  des  enfants 
tuberculeux,  par  Barbier  et  Ravry  ;  Envahissement  du  liquide 
céphalorachidien  par  le  coli-hacille  à  la  période  terminale  d’une 
méningite  tuberculeuse,  par  Griffon  et  Abrami  (c.  r.  de  Frie- 
del.)  —  Thérapeutique  ;  Thérapeutique  post-grippale.  —  Va¬ 
ria  :  La  convention  de  Genève  ;  A  propos  du  service  médical 
des  postes  de  secours  du  circuit  de  la  Sarthe  ;  Boulangerie  et 
tuberculose  ;  Education  seiwelle  de  la  jeunesse  ;  Hygiène  socia¬ 
le  ;  Le  voyage  médical  en  Allemagne  ;  Voyages  d’études  médi¬ 
cales  aux  stations  hydrorainérales  et  climatiques  de'  France.  — 
Les  congrès  :  Congrès  de  olimatothérapie  et  d’hygiène  urbai¬ 
ne.  —  Formules.  —  Actes  et  thèses  de  la  faculté  de 
médecine  de  Paris.  —  Nouvelles.  —  Bulletin  bibliogra¬ 
phique. 


CHIRURGIE  RIOLOGIQÜE 

Chirurgie  du  phimosis;  [suite] 

Parle  P'  L.  LONGUET  (de  Rouen).  (1) 

Amputation  après  fixation  préalable. 

■A  En  un  temps.  Procédé  de  Lis  franc.  —  Pendant 
ijiie  le  limbe  rétréci  est  tiré  en  avant  par  un  aide, 
lopérateur  saisit  avec  une  pince  à  anneau  le  fourreau 
Jtépulial  le  plus  près  possible  du  gland.  En  avant  de 
wtte pince, onsectionne  au  bistouri, ou  aux  ciseau  c  forts 
«Ilubois  (Chauvin),  ou  au  rasoir  (Godard,  Baudens) 
lûulcequi  dépasse.  Cette  technique  simpliste  a  le  gros 
inconvénient  de  laisser  un  phimosis  muqueux  qui  né- 
'*ssitele  plus  souvent  une  excision  supplémentaire  de 
touche.  D’où  l'éclosion  d’un  grand  nombre  de  modi- 
à  l’opération  de  Lisfranc,  par  pincement  préa- 
^•càlaide  de  pinces  spéciales,  fenêtrées  ou  non  ;  de 
ndductrices  à  crochets,  de  posthétomes  sécateurs 
A^hotine  >1.  Ricord,  le  premier,  inventa  une  pince 
«trée,  que  ses  imitateurs  compliquèrent  à  l'excès  ; 

instruments  spéciaux  pour 
ne,  ,  du  phimosis. Mais  aucun  deces  posthétomes 
-urvécut  à  son  inventeur .  Rappelons  seulement  la 
•««hmque  deRicord  (1840). 

puis'T-*-  ®^®Cd  à  l’encre  la  ligne  extérieure  de  section, 
ifg  *  .®^*de  d’une  longue  aiguille  plate  garnie  de 
pénètre  dans  la  cavité  du  prépuce  vers  la 
HpJ  P®^®®zunfil  à  la  hauteur  de  la  ligne  tracée.  Les 
qaeQ,p'’,j^danéo-muqueux ainsi  assurés,  saisissez  obli- 
«ôm  I  ®  prépuce  dans  une  longue  ‘pince  fenêtrèe 
deJij  sert  à  introduire  des  aiguilles  munies 

suels  QU  métalliques  au  travers  des  deux  parois 
*  de  la  pince.  Coupezces  fils  dans  leur  milieu. 
‘pijJce^^  jpytce  qui  dépasse  de  prépuce  en  avant  de 
suffirez  à  I  ^‘de  des  fils  coupés .  Toutefois  à 
*Ppr^  •  ®’^*fire  fut  très  généralement  supplantée 

%is.  de  sert'e- fines  imaginées  par  Vidal  de 

'/•ûnjent  t  la  technique  dont  s’inspirèrent  évi- 
‘  ^®*Plifier’  I  la  compliquant  sous  prétexte  de  la 
>  tes  chirurgiens  dont  les  noms  suivent  :  Vi¬ 


dal  (de  Cassis)  184.5(1),  Corbin  1849  (2),  Thibault  (3) 
Dolbeau  (4),  Piquantin  (5),  Nélaton  et  Surmay  (de 
Ham)  6,  Borelliet  Fleming  1852  (7)  Bonnafont  1856  (8), 
Verneuil  (9i,  Panas  1867  (10),  Chauvin  (11),  Martin 


(1)  Vidal  (de  Cassis)  1”  manière:  Suivant  le  tracé  à  l’encre  de 
Ricord,  passez  des  points  de  suture",  sectionnez  en  avant  du  fil  sans 
pince  spéciale.  —  2“'  manière  :  Ne  mettre  que  les  aiguilles  avant  la 
section,  coupez,  suturez  àl’aide  de  fils  enfilésdans  chaque  aiguille. — 
3"'  manière  :  suivant  la  ligne  d'amputation. placez  une  pince  à  près 
sion  continue  de  l’auteur,  garnie  des  pointes  acérées,  sur  sa  face 
interne  .  Sectionnez  en  arrière  de  cette  pince  qui  maintient  la  peau 
et  ta  muqueuse  au  même  niveau.  Faites  ta  section  en  arrière  de  la 
pinceafin  de  ne  pas  faire  porter  les  serre-fines  sur  les  parties  tra¬ 
versées  déjà  par  des  pointes,  et  par  suite  plus  susceptibles  de  s’en¬ 
flammer.  Réunissez  par  les  serre-fines  de  l’auteur. 

(2)  Corbin  1819.  --  On  fixe  ta  muqueuse  à  faide  d’une  tige  d’où 
s’échappent  des  crochelg. 

(3)  Thibault.—  Pince  de  l’auteur  analogue  au  dilatateur  de  Trous¬ 
seau  pour  la  trachéotomie. 

(4)  Dolbeau.  —  Introduire  2  pinces  à  dents  de  souris  de  chaque  côté 
du  gland  et  avec  elles  saisir,  près  de  la  couronne,  la  peau  et  la  mu¬ 
queuse  qu’on  attire  en  avant.— En  arrière  de  ces  deux  pinces,  appli¬ 
quez  obliquement  en  bas  et  en  avant  une  pince  à  pansement  ordi¬ 
naire.  —  Sectionnez  en  avant  de  celle-ci. 

(5)  Piquantin  :  Le  1"'  temps  s’exécute  à  l’aide  de  2  lames  mousses 
se  rapprochant  l’une  de  l’autre  par  un  pas  de  vis,  fixant  la  mu¬ 
queuse.  Dès  que  la  striction  de  celle-ci  est  complète,  sectionnez 
l’excès  de  prépuce  au  moyen  d’une  lame  tranchante  triangulaire, 
mue  par  la  détente  d’un  ressort  à  boudin. 

(fi) Nelaton  et  Surmay  (de  Ham).— Di7utaieur-flxateurde  l’auteur 
analogue  an  dilatateur  de  Trousseau  pour  la  trachéotomie. 

(7)  Borelli  et  Fleming  :  Leur  instrumenl  est  une  tige  d’acier 
avec  manche,  terminée  par  4  crochels  à  pointes  aiguës  et  à  direc¬ 
tion  oblique.  Les  rapports  des  sections  cutanée  et  muqueuse  sont 
si  exacts  que  toute  suture  serait  inutile. 

(8)  Bonnafont.  —  Pince  spéciale  de  l’auteur. 

(9)  Vkhnf.uil.  —  .Se  servait  d’une  simple  pince  à  pansement. 

(10)  Panas.—  Placez  suivant  la  ligne  opératoire, une  pince  de  l'au¬ 
teur  à  pression  continue,  dont  la  branche  inférieure  est  mousse  et 
mince,  tandis  que  la  supérieure,  de  même  force  et  même  longueur, 
est  munie  d’une  griffe  terminale  qui  permet  de  traverser  au  même 
niveau  peau  et  muqueuse.  On  introduit  la  branche  mousse  en  ayant 
soin  de  la  pousser  jusqu’au  cul-de-sac  préputial  ;  puis  on  la  relire 
de  1  cm.  On  la  confie  à  un  aide  après  l’avoir  fixée  au  moyen  l’une 
vis  qui  implante  la  pointe  dans  ce  prépuce.  L’opérateur  se  sert 
alors  d’une  pince  spéciale  composée  de  4  liges  parallèles  qui 
laissent  dans  leur  inten-alle  2  rainures  perpendiculaires  l’une 
à  l'autre.  Il  saisit  le  prépuce  en  arrière  du  point  primitive¬ 
ment  pincé,  et  le  maintient  dans  les  branches  de  la  2"  pince 
dont  la  direction  est  oblique  et  parallèle  .à  la  couronne  du  gland.— 
Excisez  par  un  bistouri  passant  comme  une  petite  guillotine  dans 
la  rainure  perpendiculaire  à  cclie  qui  occui>e  le  prépuce  et  Iran- 


LE  PROGRES  -MEDICAL 


38t 


aux  blépharostats  et  coinçant  la  muqueuse  et  la 
sectionnée)  sur  un  même  niveau. 
l\‘  Teitips  :  Excision  du  lambeau  muqueux  gauche, 
Jda  même  manière  après  pincementdans  un  deuxième 
Wrument  semblable  à  celui  de  droite. 

'  Teirninerpar  application  de  serre-fines.  Nousretrou- 
nm-es  4  temps  simplifiés  dans  la  pratique  de  Üuplay 
et  .Monod  :  1°  Excision  oblique  du  prépuce  en  arrière 
d'une  pince  de  Rocher.—  U°  Fente  dorsale  du  phimo¬ 
sis  muqueux.  —  111°  Excision  sans  pincement  préalable 


du  lambeau  muquei 


X  droit.  —  1  Y»  A’iccmon  analogue 


du  lambeau  gauche.  —  Terminer  par  suture'  au  cat- 
jiut  fin  ou  au  crin  de  Florence.  Enfin  Gidllery,  1892 
nrocèdeim  peu  différemment  en  :  F  excisant  \g  prépuce 
exubérant  au-devant  d'une  pince  spéciale  ;  11“  rfdôri- 
dunlle  phimosis  muqueux  par  4  incisions  anléro-pos- 
térieiiresjusqu'à  la  rainure  glando-préputiale  ;  llEpuis 
en  saturant  les  4  lambeaux  muqueux  ainsi  libérés  et 
eetropionnés  au  rebord  de  la  tranche  cutanée.  Pour 
pmettre  au  lambeau  correspondant  au  frein  de  se  ra- 
totlre  aussi,  on  pratique  avec  des  ciseaux  courbes  2  in¬ 
cisions  en  V  qui  se  réunissent  par  leurs  bases,  afin 
d'enlever  au  repli  un  fragment  en  forme  de  losange. 

Procédés  opératoires  de  la  3'  méthode. 
[Posthectomie  muqueuse  subtotale) 
(Diekfënb.vch,  1837). 

Les  procédés  de  celte  méthode  diffèrent  tous  des 
précédents  en  ce  que  la  muqueuse  est  seule  supprimée, 
plus  ou  moins  largement.  Dieffenbach  a,  le  premier, 
constaté  que  l’ablation  de  la  muqueuse  suffit.  Dans  le 
syniphysis  ou  le  phimosis  adhérent,  il  s'en  tint  à  Pa¬ 
lliation  de  ce  seul  feuillet  préputial. 

Plus  tard, Langenbeck  excisa  la  muqueuse  sous  (orme 
aune  série  de  petits  losanges  longitudinaux  juxtaposés 
l'isqua  découverte  possible  du  gland.  Mais  sa  techni¬ 
que  donna  des  récidives  par  cicatrisation  rétractile 
“«s  plaies  endo-préputiales. 

Amputation  muqueuse  à  main  levée, 

^t’ocêdé  de  Brautt  (1896)  son  manuel  opératoire 
««nsiste  en  : 

l 'Temps;  Excision  circonférencielle  oblique  du  lim- 
P^éputial  seulement. 

11  Temjj.s:  Petite  dorsale  de  la  muqueuse  jusqu'à  la 
'«“foiine  du  gland. 

,111  Temps  :  Excisiofi  de  la  presque  totalité  du  lam- 
"«au  muqueux  droit. 

®iin  ■  ExcisionAc.  la  presque  lolalité  du  lambeau 

iusto  f^ïme  conservant  de  la  muqueuse  que 

lï  1.1  1^^"!^  pour  passer  les  sutures.  De  la  sorte 

céinvaginée  fait  fonction  de  muqueuse; 
'®<!nM'  ®llc-mème  bientôt,  au  moins  superficielle- 
portéë  muqueuse.  Enfin  la  cicatrice  estre- 

prépm'^l  l**ise  du  gland,  au  fond  du  sillon  balano- 
détaii  cache  invisible.  Telle  est, à  quoique 

technique  également  adoptée  par  Re- 
1898  ;  Loumeau  1898  ;  Blanc  1904  : 

^  Sputation  muqueuse  après  fixation  préalable. 

*®0(lu^f^/  Eidreau  1859  :  Le  prépuce  étant  bien 
''•’o-crm-  dans  sa  cavité  une  petite  tige  cylin- 

!•'  TeT""  ' 

;  Dup  incision  circulaire  de  la  peau  à  1  mil- 


lim.  seulement  du  limbe.  La  collerette  muqueuse  déta¬ 
chée,  est  toujours  maintenue  en  contact  avec  la  tige, 
par  3  épingles  piquées  perpendiculairement  ;  et  le  tout 
est  extériorisé  par  traction. 

ID  Temps  ;  Une  deuxième  circulaire  de  la 

muqueuse  est  faite  sur  cet  étui  muqueux,  de  manière  à 
enlever  tout  ce  qu’il  faut  de  muqueuse  pour  donner 
libre  jeu  au  gland.  —  On  termine  en  réunissant  les 
deux  lèvres  de  section  par  suture  ou  serre-fines. 

Plus  récemment, (rJcmccf  (1897)  arrive  au  même  ré¬ 
sultat  et  plus  simplement  sans  tige  cylindro-conique.  Il 
applique  sur  les  lèvres  sectionnées,  des  serre-fines  d’un 
modèle  spécial,  véritable  suture  métallique  facilement 
amovible,  dont  on  facilite  la  mise  en  place  par  des  fils 
suspenseurs  passés  aux  4  points  cardinaux  de  la  ligne 
de  section,  traversant  peau  et  muqueuse  très  près  du 
bord  cru  enté  (1). 

Mode  de  pansement. 

Le  pansement  varie  un  peu  suivant  la  doctrine  ré¬ 
gnante  de  l’époque.  C’est  ainsi  qu’à  partir  de  1875  nous 
voyons  germicider  les  matériaux  avant  leur  emnloi, 
suivant  la  méthode  de  Lister.  Mais  le  manuel  reste  sen¬ 
siblement  le  même. 

11  consiste  :  1“  en  une  ablution  ou  lavage  de  la  plaie 
après  l’opération  ;  avec  de  l’eau  d’orge  ou  de  sureau 
(Boyer,  18'25)  —  ou  de  l’eau  fraîche  Vidal  de  Cassis, 
1851)  —  ou  de  l’eau  alcoolisée  (Borelli)  —  ou  de  l’eau 
antiseptique  phéniquée,  ou  sublimée,  mais  mieux  bori- 
quée  (duiard)  car  l’acide  phénique  peut  déterminer  la 
gangrène  du  gland.  Cette  solution  antiseptique  est  em¬ 
ployée  froide,  tiède,  ou  au  contraire  très  chaude  (Pous- 
son,  1899).  —  Citons  enfin  l'eau  de  PagUari  très  diluée 
(Guillery  1892). 

2°  Ceci  fait,  on  applique  sur  la  région  un  absorbant. 
Les  absorbants  sont  formés:  A)  d'un  tissu  ou  d’une  étoffe  : 
ainsi  la  charpie  sèche  (Ravaton,  177(5)  —  les  compresses 
trempées  dans  l'eau  froide  fréquemment  renouvelée 
(Laylavoix,  1881)  —les  bandelettes  de  toile  placées  obli¬ 
quement  pouréviter  l’étranglement,  et  former  une  cui¬ 
rasse  annulaire  (Chassaignac)  —  les  bandelettes  de  gaze 
iodoformée  (Duplay,  1900)  —  le  coton  cardé  (Chassai¬ 
gnac)  —  la  gaze  et  le  coton  hydrophile  stérilisés  par  la 
chaleur  Tomasi,  1904i.  —  Mais  ces  tissus  employés  à 
l’état  sec  ont  le  fâcheux  inconvénient  d’adhérer,  de 
coller  à  la  suture  ;  ce  qui  rend  leur  ablation  difficile. 
.Aussi  plusieurs  chirurgiens  prennent  soin  d'interposer, 
entre  la  plaie  et  l’absorbant, un  corps  gras  ;  tel  le  cérat, 
étalé  sur  une  compresse  fenêtrée  (Vidal  de  (iassis,1851)  ; 
ou  posé  à  même  sans  compresse  (Lenormant,  1876)  ; 
telle  la  vaseline  boriquée  (Sieur-Blanchard,  189.5)  ;  ou 
une  pommade  antiseptique  (Reybreyend,  1898)  ;  ou  une 
pâte  composée  d’iodoforme,  de  salol  fondu,  d'un  peu 
de  gomme  adragante  (Pou.sson,  1899). 

B)  Ou  bien  l’tibscrbant  est  représenté  par  une  poudre: 
poudre  d'iodoforme  (Suarez  de  Mendoza,  1897  )  :  poudre 
de  salol  versée  largement  (Cuiard,  1897). 

3“  Par-dessus  l’absorbant,  on  place  Y inèvaporant. 
C’est  une  croix  de  Malte  coiffant  le  gland  et  percée  en 
son  milieu  (Boyer,  1825,  et  Vidal  de  Cassis,  1851)  ;  ou 

)L  .\  l'opposr  de  la  posUieclomie  miii|ueiise  suhlolale,  inenlion- 
nons  seuleraenl  la  leeliniqtie  de  WaUcr-Klolz,19o2,  eonsistant  en 
une  réserlion  annulaire  du  seul  fourreau  culanée,  avec  c.vtcrio- 
risaiiun  de  la  muqueuse;  mais  d’après  l'auleur  lui-nièine,  celte 
teelinique  n'est  applicable  qu’à  certains  cas,  quand  le  limbe  est  très 
peu  rétréci  ;  et  jamais  rbez  l'enfant. 


388 


LE  PROGRÈS  MEDICAL 


un  carré  deMackintosch  (Duplay,1900), également  percé 
d’un  trou  correspondant  au  méat  et  rabattu  sur  la  verge, 
où  il  est  maintenu  au  moyen  soit  d'un  fil  soit  d'une 
pince  à  forcipressure,  permettant  au  malade  d’uriner 
sans  défaire  ni  mouiller  son  pansement. 

4°  Il  reste  à  fixer  tout  ce  pansement  par  un  appareil 
de  contention  :  celui-ci  se  compose  d’une  bande  moyen¬ 
nement  serré^  au  dessus  de  l'absorbant,  et  de  l’évapo¬ 
rant,  (Boyer,  1825)  ;  ou  d’un  bandage  en  T  —  ou  mieux 
encore  d’uncalei^on  de  bain  (Tomasi,  1905).  On  ajoute 
qu’il  est  bien  de  relever  la  verge  contre  le  ventre  et  de 
la  maintenir  dans  cette  position  pendant  la  cicatrisation 
de  la  plaie  (Vidal  de  Cassis,  1851). 

S  11.  Chirurgie  biologique 
ou  posthétomique  du  phimosis. 

J.-L.  Petit  au  XVllP  siècle,  en  inaugurant  la  fente 
dorsale  du  prépuce,  après  lui  transformée  en  débride- 
ment  latéral  ou  inférieur,  semble  avoir  entrevu  le  pre¬ 
mier,  que  l’amputation  n’est  nullement  indiquée  en 
matière  de  phimosis.  Mais  ses  tentatives  n’eurent  aucun 
succès  ;  la  trop  simpliste  incision  conservatrice,  gros¬ 
sièrement  défectueuse  en  ses  résultats,  fut  jugée  sévè¬ 
rement  et  particulièrement  condamnée  durant  tout  le 
X1X“' siècle.  A  titre  d’expédient  on  la  toléra  dans  les 
balano-postbites  ou  paraphimosis  phlegmoneux,  gan¬ 
gréneux,  étranglés,  comme  pratique  d’urgence,  comme 
premier  temps  d’une  circoncision  difi'érée  exécutable 
lus  lard  <i  à  froid  »  par  l’excision  secondaire  des  lam- 
eaux  séparés.  En  somme,  le  phimosis  enflammé  était 
traité  à  la  façon  d’un  abcès  quelconque  :  l'incision  large 
à  ciel  ouvert  (1). 

(’onceiftion  thérapeutique  biologique. 

(Longuet,  1892.) 

Congénitale  ou  acquise,  la  malformation  dont  il  s’a¬ 
git  se  présente  essentiellement  au  chirurgien  comme 
une  sténose  préputiale  localisée  presque  exclusivement 
au  seul  feuillet  muqueux  sur  lequel  elle  s’étale  en  lar¬ 
geur  sur  toute  la  circonférence  pour  s’étendre  en  hau¬ 
teur  sur  une  zone  variant  de  1  mill.  (ligne  circulaire  du 
phimosis  diaphragmatique  dit  atrophique),  à  1,  2  cen¬ 
timètres  (bague  du  phimosis  annulaire  dit  hypertro¬ 
phique).  De  cette  stricture  résulte  un  changement 
morphologique  du  prépuce  qui  prend  un  aspect  tantôt 
aminci,  tantôt  exubérant.  Or  ce  n’est  là  qu’une  appa¬ 
rence  ;  en  fait,  il  n’y  a  ni  atrophie  ni  hypertrophie. 
C'est  à  tort  que  l’on  cherche  à  disqualifier  dans  sa  va¬ 
leur  biologique  le  tissu  des  enveloppes  préputiales  phi- 
mosiiiques,  pour  tirer  de  làexcuseetjustitication  d’une 
mutilante  conduite  d’amputation.  Non,  la  vitalité  n’est 
point  perturbée.  11  n’y  a  ni  dystrophie,  ni  même  ten¬ 
dance  à  l’atrophie  ou  à  l’hyperlrophie.La  qualité  vitale 
est  intègre,  comme  le  prouve  la  persistance  de  prépuces 
normaux,  malgré  la  circoncision  répétée  en  séries  con¬ 
tinues  chez  des  êtres  consanguins  pour  raison  rituelle. 
La  déformation  est  plus  apparente  que  réelle  ;  nous  en 
avons  la  démonstration  dans  la  restauration  immédiate 
de  la  forme  par  simple  retrait  antéro-postérieur  des 
téguments  péniens  rendus  à  leur  libre  glissement  dès 
que  l’angustie  muqueuse  est  seulement  sectionnée. 

(1)  Mentionnons  seiilenienl  le  dchriilemenl  sous-cutané  au  téno- 
lome  (lu  pliinmsis  hleunorra^ique  ext'culi*  par  Woodn'aard  (en 
Amérique)  pour  éviter  les  inconvénients  d'un  détirideinenl  sanjriani 
(•■(.pleine  plaie  septique. f.Vcir- i'ock  mcrf(fa/  Jou)«(j/,p.330, 23  lévrier 
18^). 


J’ajoute  que  le  prépuce  a  pour  fonction  la  protectJ 
intermittente  du  gland,  et  qu'à  ce  point  de  vue  il 
d’être  conservé. 

En  conséquence,  la  thérapeutique  qu’il  convientd’oi. 
poser  à  cette  difformité  sténosante,  faite  de  tissus  saij[ 
est  du  genre  débridement,  ou  incision.  A  mon  sens,' 
l’indication  à  remplir  est  :  1°  ta  correction  de  l’atrésit! 
par  section  pure  et  simple,  véritable  posthétomie. 

2°  Le  maintien  de  cette  correction  au  moyen  d’unesn. 
ture  et  de  la  réunion  primitive  en  vue  d’éviter  la  réa. 
dive  par  cicatrisation  rétractile  ou  infectée.  Ainsi  la  cdr 
opératoire  ne  consiste  pas  seulement  en  une  ■  posthé. 
tomie  ;  elle  devient  une  posthéplastie . 

3Iéthodes  thérapeutiques  biologiques. 

En  son  exécution,  la  conception  biologique  comporie 
deux  méthodes  thérapeutiques,de  résultat  très  différent 
mais  rapprochables  par  la  commune  mesure  du  débii 
dement.  Là.  encore  la  section  sanglante  estàtouségank 
le  mode  de  diérèse  de  choix,  car  seule  elle  permet bi 
réunion  primitive,  et  de  ce  chef  prémunit  contre  laïf 
cidive.  Inutile  donc  d’exhumer  le  débridement  pré¬ 
putial  parles  caustiques  (1),  par  le  serre-nœud  |2l( 
parla  ligature  élastique  (3),  par  le  thermo  etlegalvaw- 
cautère  (4),  en  prévision  d’hémorragies,  de  complio- 
tions  septiques  que  ces  techniques  provoquent  tout» 
voulant  les  éviter.  Le  tissu  de  granulations  suppu¬ 
rantes  qui  résulte  des  débridemenls  ainsi  pratiqués,  d 
apte  à  la  ckatrisalion  rétractile,  au  symphysis  progr»- 
sif  des  plaies  angulaires,  c’est-à-dire  à  la  récidive.  Ethj 
guérison  de  la  solution  de  continuité  créée  par  usuri,j 
brûlure,  cautérisation,  n’exige  pas  moins  de  2  à4  î^î 
maines.  | 

Indications  et  contre-indications  opératoires. 

1“  Il  faut  traiter  par  posthéplastie  tout  phimo» 
congénital  ou  acquis  cf As  appa^^ait  comme 

tif,  c  est-à-dire  no7x  susceptible  de  guérison  sponlaiti^ 
Réalisée  au  moment  opportun,  sans  attente  trop  Ion?' 
temps  prolongée,  l’intervention  est  préventive  de  noir 
breuses  complications,  tel  l’étranglement  dit  parapW' 
rnosis.  Et  ces  complications  devront  désormais  s’ob^ 
ver  déplus  en  plus  rarement,  à  mesure  que  rincisj* 
sera  plus  tôt,  sera  plus  souvent  pratiquée.  L’opérai'^ 
très  simple,  de  l’incision  est  exécutable  dans  le  j®* 
âge  sans  difficulté.  / 

2°  Il  faut  opérer  d'urgence,  par  la  môme  métlnw 
tout  phimosis  compliqué  d'accidents  noti 
rétention  d’urine,  incontinence  d’urine  etc., 
soucier  de  la  guérison  spontanée  possible  à  loint***^ 
distance.  .  jj, 

3°  En  cÿi?,  à' accidents  septiques,  l’opération  est 
quée  dans  le  but  d’éviter  le  retour  de  ces 
mais  intervenez  «  à  froid  »,  ''-pprès  cessatioD  , 
plète  du  processus  infectieux,  sédation  qui 
d’elle-même  avec  le  temps  ou  qu’on  favorise  paf  *1^  j 
ques  irrigations  chaudes  détersives.  Pratique^  ^ 
chaud  »la  posthétomie  est  compromise  dans  » 
sultats  définitifs,  la  réunion  par  première^hik^ 

1)  Amuss.\t.  —  Uébridemoiil  pi-épulial  par  les  caustiqu^^’^ 
Vienne,  etc.  , 

(2)  Ui-;ME.\rx  (de  Puy-l  'Evèque).—  D(?l)ridement  par  sir» 
ül  passé  avee  une  aiguille  courbe,  sorte  de  serre-no’nd:  jSe 

(31  Hve.  —  nébridenienl  par  ligature  élastique  du 
(-1  Dkm.uiol'.w.  —  Débridement  au  ga/ranooii  au  Iherm®'^ 

Tous  ees  procédés  sont  exposés  dans  l'article  phimoS\f  ‘ 
cision  du  Dictionnaire  Dechambre, 


LE  PROGRÈS  MEDICAL 


38g 


A  meure  aléatoire.  La  désinfection  antiseptique  préli- 
.  ire  est  illusoire,  d’effet  superficiel,  sans  action 
®gsible  sur  l’infection  profonde  des  tissus  préputiaux, 
^uvent  dangereuse  par  ses  effets  toxiques  généraux, 
*11  spliacétiques  locaux.  S'agit-il  d'un  phimosis  in- 
flamfflatoire  blennorrhagique,  il  est  préférahde  d'atten- 
Jre  la  "uérison  de  l’uréthrite  avant  d'intervenir.  D'ail¬ 
leurs. 'âans  quelques  cas  récents  de  cystite  concomi¬ 
tante^  la  cure  chirurgicalefut  suivie  d’un  fâcheux  ré¬ 
sultat  (l)-Dans  l’éventualité  de  phimosis  par  chancre  lie, 
la  plaie  d'incision  est  e.xposée  à  la  contamination 
sur  toute  son  étendue.  Mieux  vaut  traiter  d’abord  la 
cliancrelle par  détersion  et  irrigations  préputiales  réi¬ 
térées  poui  n’opérer  que  plus  tard,  en  l’absence  d'in¬ 
fection  locale.  Le  phimosis  par  chancre  syphilitique 
réclamerait  non  pas  l'incision,  mais  l’excision  immé¬ 
diate.  Mais  en  pratique,  l’on  sera  rarement  appelé  à 
intervenir  en  ces  conditions  ultra  précoces. 

4“  D'une  manière  générale,  V abstention  est  prudente 
dans  le  phimosis  diabétique  ;  une  gangrène  étendue 
peut  résulter  de  l'incision.  Toutefois,  l’opération  sera 
permise  et  utile  comme  préventive  de  l'étranglement, 
lorsque  le  taux  du  sucre  dans  l'urine  est  réduit  nota¬ 
blement  par  un  traitement  médical  longtemps  pro¬ 
longé. 

Préambules  opératoires. 

Lenettoyage  préliminaire  est  suffisant  sousla  forme  : 
Dde  grands  bains  chauds  complétés  par  2“  quelques 
irrigations  intrapréputiales  avec  de  l’eau  chaude  ou 
inieuxdereaubouillie,additionnéedecarbonatedesoude 
i20  p.  100  à  titre  détersif  des  graisses  et  du  smegma. 

anesthésie  locale  est  toujours  obtenue  par  une 
seule  injection  linéaire  de  stovaïne  à  1  p.  100,  répartie 
le  long  de  la  ligne  opératoire  dorsale  médiane. 

Procédés  opératoires  de  la  1‘  méthode. 
{^osUiétomiecutanéo-mnqueusesvMotale)  (J. -L.  Petit.) 

Les  procédés  de  la  première  méthode  débrident  le  pré¬ 
puce  sur  la  presque  totalité  de  sa  longueur,  en  intéres- 
**®t également  peau  et  muqueuse  (1).  Et  celte  fente 
J  ro-postérieure  s’exécute  à  main  levée  ou  sur  con¬ 
ducteur. 

Posthétomie  à  main  levée. 

Procédé  de  J.-L.  Petit. —  Pincez  le  côté  droit  du  pré- 
P  ce  avec  le  pouce  et  l'index  gauches, et  tirez-le  un  peu 
la  main  droite,  prenez  un  bistouri  à  pointe 
K  comme  pour  couper  de  dedans 

Onl'insinueà  plat  entre  le  dos  du  gland  et 
«g-'il’^'^^uu  rétréci,  en  l'appuyant  sur  ce  dernier  afin 
pas  en  enirant.  Ouand  la  pointe  est  par- 
**isi«  c;ouronne,vousabandonnez  le  prépuce  ;vous 
•Icsso*^^  verge  entre  les  3  derniers  deigts placés  au- 
To5sp*’_,°‘i'cateur  placé  au-dessus  avec  la  pince,  et 
Paau  vers  le  pubis  afin  de  mettre  «  au  ni- 
per^”  et  l'autre  des  deux  membranes  pour  les  cou- 
Nced*^  coup  sur  une  égale  étendue.  On  place  le 
Toufjj  ®*^*cre  le  point  où  l'incision  doit  commencer, 
cliant  rp le  bistouri  de  façon  que  son  tran- 
cu  :  inclinez  fortement  le  manche 

^  en  même  temps  les  téguments.  Une  légère 
le  bistouri,  et  voici  que  la  pointe  traverse 
puis  le  prépuce.  Il  suffit  de  baisser 

Phi^ einebisher  nichl  berucksiclilifrte  Contreindica- 
‘"“''W/i  f opérai  ion  :•  die  Cvslitis  der  crslen  lebcnsjahre. 
*‘"'*'/î.,Beplin,  111,618-657. 


la  lame,  de  la  tirer  vivement  à  soi  pour  que  la  fente 
dorsale  soit  complète.  Le  malade  en  fuyant  achève  lui- 
même  la  section  ;  l’opérateur  n'a  qu’à  tenir  le  bistouri 
ferme  et  immobile.  Que  si, malgré  la  traction  de  la  peau 
en  arrière, la  membrane  interne  n’est  pas  coupée  dans 
la  même  étendue  que  l’exlerne,  on  achève  la  section 
aux  ciseaux  ou  avec  le  bistouri  dont  on  garnit  de  nou¬ 
veau  la  pointe  d’un  bouchon  de  cire  bien  huilé  (1). 

Les  modifications  apportées  au  procédé  de  J.-L.  Petit, 
portent  sur  plusieurs  çoinls  : 

I.  choix  de  V  insty'ument ’.Xa  bistouri  garni  de  la 
boule  de  cire,  eut  ses  détracteurs.  Ceux-ci  firent 
remarquer  que  cette  boule  gênait  la  progression  de 
1  instrument  ;  ils  la  supprimèrent  (2).  D'autres  se  ser¬ 
virent  d’un  bislouri  à  gaine,  du  bistouri  boutonné  (3), 
du  bistouri  herniaire  de  Lapeyronie  (4)  ;  d'un  bistouri  à 
lame  cachée  (."3). 

II.  Le  lieu  de  l’incision  est  discuté. A  la  fente  dorsale, 
qui  laisse  une  déformation  choquante,  on  substitua  la 
fente  unilatérale  (6)  ou  bilatérale(7),ou  les  fentes  multi¬ 
ples  :  intéressant  ou  non  plus  la  muqueuse  que  la 
peau  (SI,  mais  surtout  la  fente  inférieure  voisine  du 
frein  (9). 

III.  Enfin  on  tenta  la  réunion  des  lèvres  sectionnées 
par  l'application  de  serre-fines  ou  par  des  sutures  (Vel¬ 
peau).  Si  le  phimosis  se  compliquait  d’adhérences,  on 
les  disséquait,  et  on  laissait  ensuite  la  surface  dénudéi 
à  l’air  libre  (Boyer). 

IV.  La  technique  la  plus  récente  en  matière  de  pos¬ 
thétomie  cutanéo-muqueuse  subtotale  est  celle  de  Da- 
glet(1898).  Elle  consiste  en  ;  1°  création  d’une  bouton¬ 
nière  cutanéo-muqueuse  longitudinale  sur  la  face  infé¬ 
rieure  du  prépuce,en  dehors  du  frein  ;2°  en  suture  trans 
versale  de  cette  fente  longitudinale  ;  manœuvre  qui  élar¬ 
git  le  fourreau  au  prix  d’une  cicatrice  peu  visible. Mais 
l'anneau  rétréci  persiste  en  partie  en  avant  de  la  com¬ 
missure  antérieure  de  la  plaie. 

Posthétomie  sur  conducteur. 

Procédé  de  Sédillot.  L'étroitesse  limbiq-ue  formant 
obstacle  à  l’intromission  du  bistouri  le  plus  fin, Sédillot, 
préconisa  l'intromission  préalable  ,  dans  le  cul-de-sac 
balanique,  d’une  sonde  cannelée  qu’un  aide  maintient 
fortement  tendue. Ceci  fait, on  taille  les  deux  tiers  anté¬ 
rieurs  du  prépuce  sur  ce  conducteur,de  deux  manières  ; 

A)  Ou  bien  par  section  antéro-postérieure,  soit  on 
glissant  le  bistouri  sur  la  sonde,  le  tranchant  dirigé  en 
haut,  pour  couper  ces  enveloppes  delà  profondeur  à  la 
superficie,  de  la  muqueuse  vers  la  peau  ;  soit  inverse- 

(  1)  Riberi,  pour  faciliter  celte  m,inœuvpe,  glissait  sur  la  sonde 
cannelée,  un  stylet  cannelé  pointu,  avec  lequel  il  perforait  le  pré¬ 
puce  delà  profondeur  à  la  superlicie,  préparant,  ainorçani  ainsi  la 
Iranslixion  posléro-anlérieure  au  bislouri. 

(2)  Remarque  de  G.viiexc.eOT  et  S.iiuriEit. 

(2)  Le  bistouri  à  gaine  fut  préconisé  par  Bl.andi.n. 

(3)  Le  bislouri  boutonné  fut  mis  en  pratique  par  M.xisOXNEUVE. 

(J)  Le  bislouri  herniaire  de  Lapeyronie  fut  utilisé  parL\E.\YRi:. 

(.5)  Le  bislouri  à  lame  cacbee  fut  préconisé  par  Bienaiss  et  Wi  r- 

TEI.SHOFFER. 

{0)La  fente  latérale  fut  préconisée  puis  blâmée  par  D:oxis,  réhabi¬ 
litée  par  Astrüc. 

(7)  I.a  fente  bilatérale  fut  utilisée  par  Taylor  et  Diday  mais  par 
nécessité  en  cas  de  chancres. 

(8}La  section  portanl  plussur  la  muqueuse  que  sur  la  peau  parait 
avoir,  été  mise  en  pratique  par  Culleiuer  (l'ancien)  cl  Chiclii  s. 

(9)  La  fente  inrérieure  près  du  frein  constitue  le  1"  temps  de  l'ex¬ 
cision  dans  la  technique  de  Celse.  Comme  opération  délinilive  sans 
excision  complémentaire,  elle  fut  préconisée  par  Cloquet  et  Vel- 


390 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


J 


ment  en  incisant  ces  enveloppes  sur  la  sonde  de  la  su¬ 
perficie  vers  la  profondeur,  de  la  peau  vers  la  muqueuse, 
avee  le  tranchant  de  l'instrument  dirigé  en  bas. 

B  )  Ou  bien  par  section  postéro-antèrieure,  soit  en 
transfixant  les  enveloppes  de  la  profondeur  à  la  supcr- 
licie  (Cullerier,  Begin)  (1),  soit  en  les  transüxant,  au 
contraire.de  la  superficie  vers  la  profondeur  i  Heur tault). 

Comme  le  débridement  à  main  levée,  le  débride- 
nient  sur  conducteur  est  réalisable  sur  la  face  supé¬ 
rieure,  ou  latérale,  ou  inférieure  du  ^épuce,  et  peut 
être  avantageusement  complété  par  une  suture  ou  l'ap¬ 
plication  deserre-lines. 

Procédés  de  la  2'  méthode. 

[Posthétomie  p)osthèplasUque  muqueuse  subtotale) 
(Longuet,  1892;. 

Procédé  de  Longuet. — 11  comprend  deux  temps,  l'un 
de  section,  l’autre  de  suture. 

P"  Temps.  Posthétomie  médiane  ou  submédiane. 
De  la  pointe  d'une  pince  avec  ou  sans  griffe,  saisissez 
le  méat  préputial  en  haut,  au  voisinage  de  la  ligne  mé¬ 
diane.  Puis  d'un  coup  de  ciseaux,  encochez  légère¬ 
ment  ce  rebord  cutanéo-muqueux. Ceci  fait,  vous  pour¬ 
suivez  aux  ciseaux  la  section  de  la  seule  muqueuse, 
d’avant  en  arrière,  sur  la  ligne  médiane  dorsale  (sec¬ 
tion  médiane,  ou  à2-4  rnill.en  dehors  de  cette  ligne  mé¬ 
diane  (section  submédiane),  afin  d’éviter  les  vaisseaux 
dorsaux  du  prépuce.  Ce  débridement  antéropostérieur 
est  opéré  suivant  une  longueur  do  1  à  2  cm.  1/2,  suivant 
la  hauteur  de  l’angustie,  pendant  que  le  retrait  des 
téguments  attirés  vers  le  pubis  découvre  progressive¬ 
ment  le  gland  en  sa  totalité.  En  général,  une  section  de 
1  cm.  12  donne  déjà  un  jour  très  suffisant;  il  est  excep¬ 
tionnel  qu’on  soit  entraîné  à  la  prolonger  jusqu’au  sillon 
balano-préputial  en  cas  de  sténose  annulaire  de  grande 
hauteur.  L’écoulement  sanguin  est  insignifiant  ;  la  su¬ 
ture  suffit  à  l’arrêter. 

2'  Temps.  Suture posthéplastique  :  Quand  la  fissu¬ 
ration  est  suffisante  pour  permettre  la  découverte  du 
gland,  sans  la  moindre  résistance,  vous  suturez  trans¬ 
versalement  l’incision  muqueuse  longitudinale  sur  le 
dos  du  pénis  où  elle  s’étale  à  plat.  Pour  cela,  quatre  à 
six  points  séparés  au  fil  de  lin  suffisent  ;  points  séparés 
parce  que  le  surjet  est  d’ablation  douloureuse,  diffi¬ 
cile  lors  de  son  enfouissement  précoce  :  points  au  tilde 
lin  et  non  au  catgut,  car  je  fus  témoin  d’accidents  septi¬ 
ques  graves  dus  à  l’emploi  de  cette  substance  organique 
que  je  considère  comme  non  sporicidable  par  aucun 
moyen  ;  enfin  suture  et  non  serre-tines  ou  leurs  déri¬ 
vées  :  car  ces  ingénieuxappareils  ont  le  double  inconvé¬ 
nient  de  gêner  le  malade  (couronne  d’épines  de  Ricord) 
et  de  compromettre  la  réunion  rapide  par  la  pénétration 
dans  les  tissus  de  leurs  pointes  on  état  permanent  de 
pression  élastique,  véritable  forcipressure  à  demeure, 
déterminant  de  minuscules  eschares. 

En  cas  d’adhérences  balano-préputiales,  libérez-les 
séance  tenante,en  insinuant,  une  fois  la  fente  muqueuse 
réalisée,  les  branches  des  ciseaux  fermés  dans  la 
rainure  balanique,  puis  en  les  ramenant  vers  vous  d  ar¬ 
rière  en  avant. On  décortique  ainsi  d  un  seul  coup  tou¬ 
te  une  moitié  de  prépuce  sans  hémorragie  appréciable  ; 
L’éventualité  de  brièveté  concomitante  du  frein  m’a 
semblé  beaucoup  plusrarc  qu’on  ne  le  dit.  Cette  brièveté 
est-elle  légère  ou  de  moyenne  intensité,  elle  ne  doit 
point  alors  nous  arrêter  car  elle  est  sans  inconvénient. 


Que  si,  au  contraire,  elle  est  très  accentuée,  déviant 
le  jet  de  l’urine  ou  du  sperme,  à  la  manière  decertaiaj 
hypospadias  balaniques,  il  convient  de  la  sectionner 
non  pas  à  son  sommet  ni  à  mi-hauteur,  mais  à  sa  base 
Pour  cela,  je  sectionne  transversalement  et  supei-ficieb 
lement  l’enveloppe  du  frein,  je  passe  à  l’aiguille  deax 
ligatures  superposées,  comprenant  les  vaisseaux.  En¬ 
tre  ces  deux  liens,  l’on  coupe  tout  ce  qui  fait  obstacle  an 
redressement  du  gland.  Puis  l’es  ligatures  sont  enfouies 
au-dessous  de  l’enveloppe  du  frein  suturée  longitudina¬ 
lement.  Même  conduite  à  tenir  en  cas  de  sténose  conco¬ 
mitante  du  méat.  Je  fends  ce  méat  d’un  coup  de  ci¬ 
seaux  porté  sur  l’une  de  ses  commissures,  puis  je  suture 
transversalement  cette  section  longitudinale  à  faide 
et  1  ou  2  points  de  suture  muquo-muqueuse. 

En  somme,  pour  e.xécuter  correctement  la  posthé¬ 
tomie  postbeplastique,  il  faut  une  pince,  des  ciseaux, 
une  aiguille,  (au  besoin  une  aiguille  de  couturière),  dn 
fil.  Encore  la  pince  n’est-elle  pas  absolument  indispen¬ 
sable.  La  simplicité  delà  technique  ainsi  ■  réglementée 
est  élémentaire. 

Certes,  on  peut  modifier  ma  manière  de  faire.  Ainâ 
je  vois  que  récemm-ent  Woodyatt  (de  Halifax  1903), 
pratique  deux  incisions  latérales  de  débridement  ;  fune 
à  droite,  l’autre  à  gauche  :  qu’ISAiiBERT,  1899,  en  pra¬ 
tique  trois,  au  milieu  de  trois  segments  du  méat  pré¬ 
putial  repérés  par  trois  pinces  à  forcipressure.  Pour 
ma  part,  l’unique  phimotomie  dorsale  médiane  ou  sub 
médiane  m’a  toujours  suffi  et  je  ne  crois  pas  que  la 
double,  que  la  triple  incision  libératrice,  ait  beauconp 
d’indication.  / 

Jlorte  de  pansement. 

Une  fois  la  plaie  bien  asséchée  par  une  compresse 
sèche,  sans  ablution  d'aucune  sorte,  vous  l’enveloppex 
d’un  lien  circulaire  de  gaz  sporicidée  moyennement 
serré,  passé  autour  de  la  verge,  fixé  par  un  artifice  quel¬ 
conque  (nœud,  point  de  suture),  etdisposé  de  manièrt 
à  laisser  libre  la  pointe  du  gland.  Lors  des  mictions,  le 
malade  protège  lui-même  cette  manchette  annulaire 
en  la  recouvrant  momentanément  d’une  compresse  des¬ 
tinée  à  recueillir  les  dernières  gouttes  d’urine.  Lesnb 
sont  enlevés  le  5“' jour,  ainsi  que  tout  pansement. 

(A  suivre)- 


N  A  RC  Y  L  G  RÉMY  médicament  spécifi-' 
que  de  la  toux,  spécialement  de  la  toux  des  W 
berculeux. 


La  chaussure  ües  sùi.dats.  —  On  sait  que  le  soulier  de 
connu  sous  le  nom  de  «  godillot  »,  est  à  la  veille  de  dispat"  ^ 
Déjà  on  ne  le  renouvelle  plus  dans  les  approvisionnenioius^^ 
guerre  et  certaines  pointures  manquent  pour  les  rempla^, 
qui  seraient  denianilés.  En  conséquence,  le  ministre  a  déciae 
les  souliers  qui  ne  pourraient  plus  être  remplacés  seront,  e 
tendant  l’adoption  du  modèle  définitif  de  chaussures  de  repp''^^^ 
placés  par  des  brodequins.  Mais  lës  hommes  ainsi  chausses 
vront  des  e.spadrilles  qu’ils  porteront  à  l'intérieur  des  casernt^^^^ 
dans  les  cantonnements.  Les  corps  achèteront,  au  qui 

rôts  de  leur  masse  d’habillement,  des  espadrilles  du  mode  jp 
leur  semblera  préférable  et  qui  ne  dépassera  pas  le  prix  de  ^Sr 
par  paire.  Nous  espérons  que  cette  adoption  provisoire  de 
les  comme  chaussures  de  repos  dans  les  casernes  et  les  mo¬ 
ments  sera  toute  momentanée.  Cette  chaussure  est  absolum 
tihygiénique  ;  la  semelle  formée  de  cordes  s’imprégne  jal- 
de  poussières  et  de  boue.  Durant  les  journées  pluvieuses  ^  jp 
dats  ne  pourraient  traverser  la  cour  de  la  caserne  ^^ns  r* 
pieds  humides  durant  le  reste  de  la  journée.  Les 
seraient  de  bonnes  chaussures  de  repos  qae*pour  les  solo 
damnés  à  ne  pas  sortir  de  leur  chambre. 


LE  PROGRES  MÉDICAL 


391 


bulletin  du  progrès  médical 

Les  explosions  dans  les  houillères  (1). 

[Suite  et  fin.) 

Et  d’abord,  il  faut  faire  une  distinction  importante 
dans  les  effets  des  catastrophes  dans  les  houillères, sui¬ 
vant  que  l’explosion  a  été  générale  dans  une  exploita¬ 
tion  s'étendant  à  de  nombreuses  galeries,  ou  suivant 
aue  l'explosion  a  été  localisée  dans  un  chantier,  cir¬ 
conscrite  en  quelque  sorte  à  une  seule  galerie  ou  ne 
se  propageant  qu'à  quelaues-unes  des  galeries  avoisi¬ 
nantes.  •  ,  .  1  .  , 

Dans  le  premier  cas, des  grandes  explosions, les  boule¬ 
versements  sont  tels  que  l'approche  du  point  de  départ 
de  la  déflagration  est  rendue  impossible  et  d’ailleurs  il 
n'yaguère  que  des  morts  parmi  les  ouvriers  surpris 
par  l’explosion,  en  sorte  que  l’étude  des  effets  directs 
de  la  catastrophe  sur  les  mineurs  et  même  sur  les  che¬ 
vaux  est  des  plus  difficile,  sinon  impossible.  Il  n’en 
est  pas  de  même  dans  le  second  cas,  celui  des  explo¬ 
sions  relativement  restreintes  ;  on  peut  alors  pénétrer 
plus  facilement  et  plus  rapidement  sur  le  lieu  du  désas¬ 
tre,  et  recueillir  quelques  indications  utiles  sur  le  méca¬ 
nisme  des  accidents  individuels  subis  par  les  ouvriers. 

C’est  pour  avoir  été  appelé  plusieurs  fois  à  apporter 
ses  soins  à  des  mineurs  surpris  par  des  explosions 
circonscrites  que  M.  le  D’’  Dujol  (de  St-Etienne)  a  pu 
apporter  dans  l’examen  de  l’état  des  ouvriers  des  ren¬ 
seignements  sérieux  et  aussi  plus  précis  (2),  que  ne 
pouvaient  l’être  les  considérations  plus  ou  moins  hasar¬ 
dées  sinon  téméraires  présentées  par  tes  médecins  qui 
s  empressèrent  de  vouloir  expliquer  le  mécanisme  de  la 
®ort  et  des  accidents  morbides  observés  chez  les  vic- 
hnies  de  la  catastrophe  du  puits  Jabin  et  du  puits Cha- 
leliispar  exemple. L’un  incriminait  l’oxyde  de  carbone, 
W  autre,  une  brûlure  de  la  muqueuse  "des  voies  respi- 
ratoires,  un  3'  accusait  la  décompression  brusque  de 
‘atmosphère  ambiante  après  l’explosion,  etc. 

Les  quelques  considérations  préliminaires  que  l'on 
^snt  de  lire  ne  suffisent-elles  pas  à  démontrer  déjà  que 
^question  n’est  pas  si  simple  que  d’aucuns  ont  semblé 
*  supposer.  Le  problème  est,  en  etîet,  des  plus  com- 
P*îes;  quelquefois  il  faut  tenir  compte  de  la  cause  de 
de  la  distance  où  se  trouve  l’ouvrier  du  point  de 


I  explosion,  de  la  position  dans  laquelle  il  se 
ou  tou?nant  le  dos,  sur  le  trajet  direct 
.  ?az  produits  par  l’explosion,  ou  dans  des  galeries 
*^sversales,  etc.,  etc. 

Prof  l’examen  le  plus  sérieux,  le  plus  ap- 

<les  1  '  ^  possible  de  faire  des  relations 

i  *  qui  ont  été  écrites  par  les  hom- 

^  plus  compétents  que  je  prends  la  plume  pour 
résumer  et  de  condenser  les  résultats  de 

les  grandes  explosions  telles  que  celles  du 

- 

Voi,/  Médical,  du  2  juin  p.  339. 

la  Loire  Médicale  du  1.3  juillet  1888,  une  note  com- 
1*  aoeiété  de  Médecine  de  Sainl-Elienne  sur  les  aeci- 
^Oiine,  ,  *  «ausésparles  explosions  limilées  dans  les  galeries 
”  «e  charbon,  par  le  D'  Uujol. 


puits  Jabin  (1876),  du  puits  Pellissier,  du  puits  Chate- 
lus  (1887),  du  puits  Verpilleuxà  St-Etienne  (1889),  de 
la  mine  de  F'rameries,  en  Belgique  len  1879 1,  de  celle 
deBurck  en  Saxe  en  1889),  de  Oaks  Collery  York- 
shire)  en  1866,  et  celle  de  Karvvinen  Silésie,  et  surtout 
celle  de  Courrières,  la  mort  de  la  plupart  des  ouvriers 
a  dû  être,  en  général,  immédiate,  et  produite  parle  fait 
même  de  l’explosion  plutôt  qu’elle  ne  résulte  d'effets 
indirects  ou  secondaires  (11. 

Est-ce  par  suifocation,  syncope,  inhibition,  ou  écla¬ 
tement  du  pharynx, du  larynx,  de  la  trachée, des  bron¬ 
ches  et  des  poumons  ;  par  une  participation  directe  à 
l’explosion  de  l’air  et  môme  des  poussières  contenu 
dans  l’arbre  respiratoire  que  la  mort  frappe  les  mineurs 
qui  se  trouvent  près  du  point  où  se  produit  l’explosion? 
C’est  probablement  à  plusieurs  de  ces  causes  réunies. 

Il  en  est  qui  peuvent  subir  aussi  des  traumatismes 
épouvantables,  projetés  contre  les  bois  de  soutènement 
des  galeries,  contre  les  bennes,  contre  les  parois,  con¬ 
tre  des  remblais  ou  des  déblais,  contre  des  chariots, 
etc.  D’autres  plus  éloignés  peuvent  être  ensevelis  sous 
les  décombres  deséboulements  produits  par  l’explosion; 
d’autres  encore  peuvent  être  séparés  des  galeries  d’aé¬ 
rage  par  des  éboulements  qui  les  enferment  dans  des 
vrais  culs-de-sac,  ayantperdu  de  ce  fait  toute  commu¬ 
nication  avec  les  voies  d'accès  de  l’air  respirable.  —  Ici 
l’asphyxie  viendra  jouer  son ‘rôle  néfaste —  asphyxie 
par  air  simplenient  confiné,  par  manque  d’air,  ou  par 
la  présence  d’oxydes  de  carbone,  de  carbures  d’hy¬ 
drogène,  d’acide  carbonique,  par  des  gaz  délétères  en 
un  mot. 

Ainsi  donc  on  doit  admettre  que  dans  les  grandesex- 
plosions  les  accidents  sur  l’organisme  sont  dus  : 

1“  A  une  action  immédiate  directe,  primitive  tant 
par  suffocation,  choc,  inhibition, syncope,  brûlure, écla¬ 
tement  des  voies  respiratoires. 

2°  Aune  action  secondaire,  quoique  directe,  par  trau¬ 
matismes,  éboulements. 

3"  A  une  action  indirecte,  secondaire,  par  asphyxie, 
empoisonnement  par  gaz  toxique. 

4"  Aune  action  éloignée  plus  indirecte  encore  :  con¬ 
finement  dans  les  recoins  séparés  des  galeries  par 
des  éboulements  ;  là  ce  n’est  plus  seulement  le  mair- 
que  d’air  qui  mettra  en  danger  la  vie  du  mineur,  cè  se¬ 
ra  aussi  le  manque  de  nourriture  lorsque  la  séquestra¬ 
tion  se  prolonge  par  trop.  C’est  dans  ce  4“  groupe  d’ac¬ 
cidentés  que  doivent  être  rangés  les  rares  mineurs  qui 
échappent  aux  suites  de  l’explosion  ; 

Omnibus  ærumnis  alîecti.  denique  vivunt. 
disait  Lucrèce  (2). 

Tels  les  14  rescapés  de  la  catastrophe  de  Courrières(3). 

(1)  n.ins  la  calaslpophe  du  puits  .labin.  il  v  eut  environ  185  victi¬ 
mes,  à  Frameries  122,  à  Burcke.il  y  en  avait  eu  276;  à  Oaks  Colléry. 
il  y  en  avail  eu  361,  à  Karwin.  en  1894,on  en  comptait  près  de  800. 
Dans  ces  désastres,  ainsi  que  le  fait  justement  observer  M.  Haton 
de  la  Goupillière  (Cours  d'exploitation  des  mines,  Paris.  188-5.  t  II . 
p.  .544),  les  chevaux  p-irtagent  le  sort  des  hommes  :  à  lIetton,le  20 
décembre  1860.  un  eoup  de  feu  tua  65  chevaux  en  même  temps  que 
22  hommes. 

(2)  De  rerum  natura,  lib.  III.  V.  50. 

(3)  Consulter  à  ce  sujet  un  petit  article  du  I)'  Lourlies  dans  le 
Journal  des  praticiens  du  26  mai  dernier,  article  dans  lequel  l'auteur 
semblera  à  plus  d'un  avoir  exagéré  l'inlluence  des  vertus  antisepti¬ 
ques  et  conservatrices  de  la  houille. 


392 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


Rappelons  ici  les  conclusions  auxquelles  s’est  arrêté 
loi)'  Regnard  à  la  suite  des  études  et  des  expériences 
qu'il  avait  entreprises  (1)  en  1879, M.  Regnard  futnom- 
mé  membre  de  la  Commission  du  grisou  en  1881  ;  et 
voici  reproduites  (2)  d'api  ès  les  conclusions  du  rapport 
qu'il  présentaà  cette  Commission  les  causes  de  mort 
qu'il  admet  à  la  suite  des  explosions  de  grisou. 

1“  L'ensevelissement  sous  les  décombres  et  grands 
traumatismes  ; 

2“  L’éclatement  des  bronches  et  du  poumon,  arrêt 
duconir,  asphyxie  résultant  de  l'impossibilité  de  fuir 
le  milieu  irrespirable  ; 

3°  Les  brûlures  de  la  trachée,  du  larynx  et  des  bron 
ches,  et  accidents  consécutifs  à  ces  brûlures  : 

4“  Il  convient  d’ajouter  que  beaucoup  d’ouvriers  peu¬ 
vent  encore  succomber  non  à  l'explosion,  mais  à  ses 
suites.  La  combustion  du  grisou  absorbe  l’oxygène  res- 
pirable  de  la  mine  ;  le  fait  même  de  l’explosion  détruit 
les  procédés  de  ventilation.  Les  hommes  se  sentiront 
alors,  même  au  loin,  dans  des  conditions  d’une  asphy¬ 
xie  d’autant  plus  rapide  que  la  combustion  a  pu  produire 
de  l'oxyde  de  carbone. 

11.  — Quoique  souvent  trop  terribles,  les  explosions 
plus  limitées  que  celles  dont  nous  venons  de  parler  per¬ 
mettent  parfois  une  analyse  plus  exacte  des  faits.  Pre¬ 
nons  d'abord  pour  exemple  l’explosion  de  grisou  qui 
eut  lieu  le  14  février  1877  au  puits  Sainte-Barbe,  à 
Graissessac  explosion  qui  lit  4()  victimes  parmi  le  monde 
mineur  dont  un  seul  put  survivre  et  à  guérir.  Les  dé¬ 
tails  les  plus  intéressants  sur  ce  désastre  ont  été  donnés 
par  ce  médecin  instruit  et  consciencieux  que  fut  le  D" 
Bourguet  (3). 

Les  victimes  de  l'explosion  sont  suivies  une  par  une 
le  long  des  galeries  et  ont  été  examinées  sérieusement. 
Sur  46,  28  présentaient  des  traces  de  brûlures  assez 
marquées, quoique  la  plupart  superficielles  ;  quelques- 
uns  avaient  des- fractures  ;  un  enfant,  qui  était  chargé  de 
fermer  une  porto,  présentait  outre  des  brûlures  et  une 
fracture  du  maxillaire  supérieur  gauche,  une  luxation 
coxo-fémorale  droite.  Un  cheval  projeté  en  avant  était 
tombé  sur  son  conducteur  en  l’écrasant. Un  autre  che¬ 
val  présentait  des  brûlures  surtout  aux  parties  inté¬ 
rieures  du  corps.  La  brûlure  n’était  pas  profonde,  et, 
d’après  l’examen  du  vétérinaire  qui  fit  l’autopsie  de 
ce  cheval, il  ne  fut  constaté  aucune  trace  de  brûlure  des 
naseaux,  la  bouche, le  pharynx,  ni  encore  moins  dans 
les  voies  aériennes,  à  l’intérieur  desquelles  cependant 
(«avaient  pénétré  fort  avant  des  poussières  charbon¬ 
neuses,  dont  la  vue  et  le  toucher  assuraient  la  pré¬ 
sence.»  D’après  le  D'  Bourguet,  rien  ne  démontrerait 
mieux  que  cette  auropsie  (où  on  trouva  des  poussières 
jusque  dans  des  divisions  bronchiques  de  1  à  2  milli¬ 
mètres  de  diamètre  environ),  que,  dans  les  cas  de  gri¬ 
sou,  ce  n’est  pas  le  feu  qu’on  inspire  et  qu'on  avale, 
suivant  l’expression  familière  aux  mineurs  ^4),  mais 

(1)  A’oir  les  comptes  midus  de  I.t  Société  de  Biologie,  18/9,  28 

(2;n’après  le  2'  fasciile  des  pièces  annexées  aux  procès  verbaux  des 
séances  de  celte  Commission  du  Grisou.  Paris,  188?,  p  228. 

(3)  A'oir  la  Galette  des  Hôpitaux,  1877  (n-  des  S,  7  et  10  juillet). 

(4)  Dans  les  eliarbonnages  du  Nord,  les  mineurs  disent  plutôt 
recevoir  le  coup  de  mauvais  lumape. 


bien  («  les  diverses  poussières  charbonneuses  soulevé^ 
par  l’explosion,  ou  les  gaz  délétères  qui  en  sont  le  fi 
sultat.  » 

De  toutes  les  observations  que  le  D"  Bourguet  a  pg 
faire  sur  le  vivant,  aucune  ne  lui  a  offert  de  cas  4 
brûlure  directe  des  voies  aériennes.  La  position  fgt 
notée  sur  presque  tous  les  cadavres.  Or  ce  n’est  qug 
pour  un  petit  nombre  qu’on  constatait  une  attitudedé- 
fensive  (avant -bras  ramenés  devant  la  face  comme  pour 
la  protéger,  chez  3  ou4  victimes).  Un  plus  grand  nombre 
tenaient  à  la  main  leur  panier,  leur  outil,  ou  s’ap¬ 
puyaient  à  la  benne  dans  l’attitude  même  du  travail, 
toutes  choses,  dit  Bourguet,  qui  indiquent  l'instanlà- 
néité  de  la  mort. 

Examinons  maintenant  les  résultats  des  observations 
consignées  par  IM.  le  D'’  Dujol,  de  Saint-Etienne,  dans  le 
travail  que  nous  avons  cité  plus  haut.  Dans  nombre 
de  cas  attentivement  observés  de  mineurs  frappés  dans 
des  explosions  à  champ  limité,  le  D'  Dujol  a  rencontré 
des  troubles  gastriques  et  en  particulier  le  vomissement 
soif  immodérée,  pendant  trois  jours  au  moins,  sueurs 
excessives,  respiratioii  fréquente  (jusqu'à  .56  mouve¬ 
ments  respiratoires  par  minute),  fièvre,  mais  peu  mar¬ 
quée:  jamais  la  température  n’atteignit  38“.j. Pouls  pré¬ 
cipité  (126-140  par  minute). Etat  nerveux  qui  peut  per¬ 
sister  pendant  plusieurs  années, sans  qu’on  puisse  croire 
à  une  guérison  complète. D’après  M.  Dujol  les  ouvriers 
qui  ont  été  exposés  aux  explosionslimitées  meurent, « 
ne  survivent  qu’en  état  neurasthénique.  Pour  lui,  tou¬ 
tes  les  branches  du  nerf  pneumogastrique  sont  attein¬ 
tes.  La  voix  reste  indemne  dans  tous  les  cas. 

Pour  M.  Riembault,  les  phénomènes  observés  dans 
les  cas  analogues  à  ceux  du  D"  Dujol  dépendraient  ^ 
brûlures  des  voies  respiratoires  (1876).  lise  produirai 
une  petite  explosion  intia-pulmonaire  («et  le  mineur 
meurt, trois  jours  après, d’essoufflement.  »  Pour  appuj'^f 
cette  théorie,  Riembault  rapporte  l’autopsie  suivante, 
la  seule  qui  avait  pu  être  faite  jusqu’en  1876  (1). 

«.A  la  partie  supérieure  du  pharynx,  la  muqueuse 
est  d’un  rouge  brun  foncé, rien  d’appréciable  au  larynx 
et  à  la  partie  sûpérieure  de  la  trachée,  mais  à  la  pad'* 
inférieure,  rougeur  intense;  la  muqueuse  des  broncjie- 
est  tuméfiée,  couleur  lie  de  vin,  ramollie,  les  pet>l<* 
bronches  sont  obstruées  par  le  gonflement  de  la 
queuse.» 

Les  résultats  de  cette  autopsie  ne  paraissent  pas  un®' 
cluants.  Les  lésions  constatées  ressemblent  beauco^ 
à  celles  que  l’on  trouve  dans  les  autopsies  de  tous  - 
asphyxiés  ;  on  n'y  voit  pas  trace  de  brûlures-  t 
seconde  autopsie  put  être  faite  par  le  D'  Riemba®. 
aidé  du  D''  Serve!, lequel  pratiqua  l’examen  microscor 
que  de  la  muqueuse  bronchique  ;  on  ne  trouva  pas  ‘ 
de  brûlures  ;  cependant  le  D'  Servel  ne  pense  pas  ^ 
l’on  doive  abandonner  complètement  l’idée  de  brûW 
ainsi  que,  à  la  suite  des  résultats  de  l’examen  cad»  ^ 
rique,  son  collègue  avait  cru  devoir  le  faire  »-  «y-  ^ 

termine  son  mémoire  sur  les  explosions  linjR^^’U 
admettant  que  les  ouvriers  frappés  sont  toujours  b®*  j 
Ils  peuvent  suivant  qu’ils  ont  inhalé  les  produits?^ 

- 

(1)  Je  cite  d'.tprès  l’exposé  du  D'  Dujol  (ioii-e  médical^’ 

194.) 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


393 


jjtrendrés  par  le  coup  de  feu, présenter  des  symptômes 
^ves  débutant  le  troisième  jour. 

'  Gps  symptômes,  d’ordre  nerveu.K,  sont  sous  la  dépen¬ 
dance  de  lésions  qui  atteignent  les  extrémités  des  termi¬ 
naisons  du  pneumogastrique,  dans  le  pharynx,  l'œso- 
oha^e,  les  poumons.  «  Il  se  produit  une  névrite  d'un 
ordre  s^(?c«rtZ,ascendante,débntant  parla  périphérie. Le 
médecin  ne  peut  se  prononcer  sur  le  sort  des  blessés  par 
ces  explosions  qu’après  le  cinquième  jour.  » 

Nous  ne  saurions  nous  attarder  à  reproduire  ici  les 
opinions  successives. et  qui  par  conséquent  ont  varié, du 
D'Uiembault  qui  généralisait  facile  ment  avec  la  promp¬ 
titude  d'une  imagination  des  plus  vives  et  des  plus  fer¬ 
tiles  ;c’est  le  D"  Riembault  qui  après  la  catastrophe  de 
Chatelus  attribuait  la  mort  des  victimes  h  un  empoison¬ 
nement  par  l’oxyde  de  carbone. 

Rappelons  que  M.  le  Ü’’  Reynaud,  de  Saint-Etienne, 
rapprochait  les  symptômes  éprouvés  par  le.  mâneur 
qui  a  subi  les  effets  d’une  explosion  de  grisou  à  ceux 
qu’éprouvent  les  scaphandriers  lors  d’une  brusque 
décompression. 

Je  ne  saurais  quitter  Saint-Etienne  sans  citer  l’opi¬ 
nion  du  D"  Gênas  qui,  ainsi  que  le  D'  Gaudin  (Thèse  de 
Paris,  1887),  attribue  les  accidents  tardifs  du  grisou 
(suivis  de  mort  au  bout  de  2  ou  3  jours)  à  une  dégéné¬ 
rescence  des  fibres  du  myocarde. 

J’aurais  pu  cependant  parler  encore  des  travaux  bel¬ 
ges, de  ceux  du  D’'Kuborn(de  Liège)  qui,  dès  1862, 
traitait  de  la  question  du  grisou  (dans  son  étude  sur 
les  maladies  des  mineurs,  et  de  ceux  du  regretté  D' 
Barella,  longtemps  médecin  des  charbonnages  du  Ilai- 
naut,  qui  en  1880  (1)  mettait  au  point,  avec  sa  compé¬ 
tence  reconnue, ce  sujet  important  (2). 

Mais  après  avoir  rappelé  les  études  de  M.  Nestor  Gré- 
bant  sur  les  mélanges  de  grisou  et  de  formène  qui 
remontent  au  mois  de  juin  1960  (3), et  qui  se  sont  con¬ 
tinuées  jusqu'à  sa  récente  communication  à  l’Académie 
de  médecine  et  à  la  Société  française  (l’Hygiène(4)jen'au- 
rais  garde  d’oublier  de  mentionner  les  notes  de  M.Mel- 
nère  (dans  la  Tribune  médicale),  di  je  finirai  par  un 
®Ppel  d’encouragement  aux  travailleurs  et  aux  cher- 
’îbeurs,  pour  qu’ils  arrivent  à  faire  disparaître  et  d’une 
Manière  définitive  ce  grand  fléau  des  Houilleurs, le  gri¬ 
sou, et  les  autres  causes  d’explosion  et  de  désastres  sou¬ 
terrains. 

Paul  Fabre  (de  Commentry). 


lique  des  travaux  de  M.le 


mpi-nième,  en  1881,  traité  le  sujet  de  la  Règlementation  des 
q  “  ^  d'après  les  Tr.avaux  de  la  Commission  spéciale, dans  la 

de  Paris,2'  août  1881, p.  489. 
rendu  de  la  Société  de  Biologie,  16  juin  1900. 
le  Progrès  médical  du  2  juin  dernier,  p.  343. 

^^OXINE-MERCK  fpécmque  de  la  TOUX  et  de  la  DOULEUR 
plus  active,  moins  toxique  que  les 
^_^P^és  et  tous  leurs  dérivés,  même  synthétiques. 


SÉDATION  IMMÉDIATE  de  la  TOUX 

^SIR^OP  DU  D"  BOUSQUET,  A  LA  DIONINE-MERCK 

®r  cnil,  à  bouche,  avec  2  gtl"  de  Bromoforme  (4  à  8  par  jour). 


SOCIETES  SAVANTES 

ACADÉMIE  DES  SCIENCES 
Séance  du  11  juin  1906. 

Sur  la  vaccination  contre  la  tuberculose  par  les  voies  naturelles. 

MM.  A.  Cai.mette etc.  Glérin  ontcherché  à  vaccinerdeux 
jeunes  bovins  en  leur  faisant  ingérer  successivementavec  une 
sonde  œsophagienne  d'abord  cinq  centigrammes  de  bacilles 
tuberculeux  d’origine  humaine,  puis,  quarante-cinq  jours 
après  vingt-cinq  centigrammes  des  mêmes  bacilles.  Quatre 
mois  plus  tard,  les  animaux,  ne  réagissant  pas  à  la  tubercu- 
culine,  ont  ingéré  en  même  temps  qu’un  témoin  préalable¬ 
ment  tuberculine  et  reconnu  indemne,  un  repas  infectant  de 
tuberculose  bovine  fraîche. Trente-deux  jours  après,  leténioin 
réagissait  nettement  (!"'.l)àla  tuberculine,  tandis  que  les 
deux  veaux  qui  avaient  ingéré  les  deux  repas  vaccinants  de 
tuberculose  humaine  ne  présentaient  aucune  réaction. 

Cette  méthode  de  vaccination  offre  comme  l’injection  intra¬ 
veineuse  de  Behring,  l'inconvénient  d’exiger  l'emploi  de  ba¬ 
cilles  virulents  pour  l’homme  et  susceptibles  d  être  dissémi¬ 
nés  par  les  excrétions  des  animaux. 

Les  auteurs  ayant  constaté  que  les  bacilles  tués  par  la 
chaleur  traversent  la  paroi  intestinale  avec  la  même  facilité 
que  les  bacilles  vivants  et  se  retrouvent  dans  les  ganglions 
mésentériques  et  jusque  dans  les  poumons  ont  recherché  si 
les  jeunes  animaux  auxquels  on  fait  ingérer  à  (juarante  cinq 
jours  d’intervalle  deux  doses  de  cinciet  de  vingt-cinq  centi¬ 
grammes  de  bacilles  morts  ou  atténués  peuvent  supporter 
impunément  l’ingestion  de  cinq  centigrammes  de  tuberculo¬ 
se  bovine  fraîche  infectante  pour  les  témoins. 

Us  ont  pu  constater  que  les  bacilles  tuberculeux  bovins 
tués  par  cinq  minutes  d’ébullition. on  simplement  chauffés 
pendant  cinq  minutes  à  70“  et  ingérés  dans  les  conditions  ci- 
dessus  indiqués,  vaccinent  parfaitement  après  quatre  mois, 
pour  un  temps  dont  on  ne  peut  encore  fixer  la  durée,  contre 
l’infection  par  les  voies  digestives. 

Les  auteurs  pensent,  en  outre,  qu’il  sera  possible,  par  ce 
procédé,  de  mettre  les  jeunes  enfants  à  l’abri  de  l'infection 
tuberculeuse  naturelle,  en  leur  faisant  ingérer,  peu  de  jours 
après  leur  naisssance,  et  une  seconde  fois  quelques  semaines 
plus  tard,  une  très  petite  quantité  de  bacilles  tuberculeux 
d’origine  humaine  et  bovine  modifiés  par  la  chaleur  et  mélangés 
à  un  peu  de  lait.  Mais  il  faudrait  ensuite,  pendant  quatre 
mois  au  moins,  tenir  les  enfants  ainsi  vaccinés  à  l’abri  de  toute 
contamination  tuberculeuse  et  créer,  surtout  pour  les  nou¬ 
veau-nés  issus  de  tuberculeux,  des  nourriceries  spécialement 
surveillées  afin  d'empêcher  l'introduction  de  tout  germe 
tuberculeux. 

NI.  E.  Roux  et  M.  Vallée  ont  pu  constater  aussi  que  des 
veaux,  quelque  temps  après  l’ingestion  de  petites  quantités 
de  bacilles  tuberculeux  vivants,  ne  réagissaient  plus  à  la  tu- 
bercùline  et  supportaient  sans  dommage  l’injection  intra¬ 
veineuse  de  bacilles  virulents,  ipjection  qui  tuait  les  témoins 
en  quelques  semaines,  par  tuberculose  généralisée. 

MM.  Sabrazés,  Muratet  et  IIusnot  ont  trouvé  dans  un  li¬ 
quide  hydatique,  riche  en  germes,  extrait  depuis  cinquante- 
six  heures eten  pleine  putréfaction,  quêtons  les  scolex étaient 
animés  de  mouvements  propres  assez  lents.  Attribuant  ce 
fait  à  la  température  ambiante  élevée  (31“),  ilsont  soumis 
leurs  jjréparations  à  faction  de  la  chaleur,  et  ont  remarqué 
qu’en  effet  la  motilité  augmentait  d’autant  plus  que  l’on  se 
rapprochait  davantage  de  40",  à  27"  au  contraire,  tous  les  sco¬ 
lex  étaient  invaginés,  immobiles  et  en  état  de  mort  appa¬ 
rente. 

Jusqu’ici  on  était  obligé  de  recourir  à  finoculation  pour 
s’assurer  de  la  vitalité  des  germes  contenus  dans  un  liquide 
hydatique.  Le  fait  précédent  montre  que  la  simple  épreuve 
du  «  réchauffement  »  permet  de  se  faire  bien  plus  facilement 
une  opinion  à  cet  égard . 

.M.  A.  1.MBERT  adresse  l’observation  d’un  enfant  de  neuf  ans, 
atteint  d'une  tumeur  pour  laquelle  on  avait  porté  le  diagnos¬ 
tic  de  sarcome  du  fémur,  et  qui  paraît  entièrement  guéri  à  la 


S94 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


suite  d’un  traitement  radiothérapique  poursuivi  pendant  près 
d’un  an.  Mme  Phisalix. 


SOCIÉTÉ  DE  BIOLOGIE. 

Séance  du  16  juin  1906. 

Elévation  de  la  température  du  corps  dans  le  trailement  de  la 
rage  et  des  maladies  infectieuses. 

M.  Remlinger  a  exposé  à  la  chaleur  des  lapins  et  des  co¬ 
bayes  inoculés  avec  du  virus  rabique.  Les  animaux  sont  tou¬ 
jours  morts  avant  les  témoins.  Le  virus  n'avait  subi  aucune 
altération.  La  chaleur  ne  serait  donc  ni  un  moyen  préventif, 
ni  un  moyen  curatif. 

Septicémie  gonococcique  expérimentale. 

MM.  Brcckner,  Cristkanu  et  Ciuca  (de  Bucarest)  ont  ino¬ 
culé  un  cheval  pendant  53  mois  de  cultures  gonococciques, 
et  en  dernier  lieu  d'im  gonocoque  mortel  pour  le  lapin.  Ces 
inoculations  ont  été  préventives  et  surtout  curatives  de  laçon 
très  manifeste.  L  n  lapin  qui  reçoit  dans  le  péritoine  10  doses 
mortelles  de  gonocoque  suffisantes  pour  tuer  un  lapin  de 
1.500  grammes  en  2  ou  3  heures,  présente  en  quelques  heu¬ 
res  de  la  dypsnée,  une  diarrhée  fétide  et  abondante,  un  abais¬ 
sement  thermique  considérable.  S'il  reçoit  une  heure  après 
3  cent,  cubes  de  sérum  dans  les  veines  ou  10  cent-  cubes  dans 
le  péritoine,  l’animal  guérit  rapidement. 

Le  sérum  injecté  en  même  temps  que  les  10  doses  mortelles 
de  gonocoque,  l’animal  ne  présentera  qu'une  hyperthermie 
passagère. 

Injecté  24  heures  ou  48  heures  devance  et  sous  la  peau,  la 
toxicité  est  todt  à  fait  ralentie. 

Bacille  gracile  éthylogène. 

MM.  Achai.me  et  Rosenthal  ont  trouvé  dans  le  suc  gas¬ 
trique  un  microbe  qui  lait  fermenter  le  lait  en  produisant  de 
l'alcool.  Très  pathogène,  il  tue  le  cobaye  avec  abcès  local, 
injecté  à  haute  dose  :  il  fait  mourir  les  animaux  de  cache¬ 
xie  lente  lorqu’il  est  injecté  à  petites  doses  répétées.  Il  est  à 
la  limite  des  butyrogèites  et  de  la  série  éthylogène  des  bac¬ 
téries. 

Fievre  récurrente  en  Indo-Chine. 

M.  Yersin  a  constaté  dans  le  sang,  au  moment  de  la  fièvre, 
la  présence  de  nombreux  spirochètes  d'Obermayer,  c’est  le 
premier  cas  observé  dans  cette  contrée. 

Tissu  conjonctif  retrouvé  dans  les  fèces. 

MM.  J.  Ch.  Roux  et  Riva  ont  confirmé  les  anciennes  expé¬ 
riences  d’Ogata.  Le  tissu  conjonctif  cru  n’est  digéré  que  dans 
le  suc  gastrique  ;  les  sucs  pancréatique  et  intestinal  restent 
sans  action.  Chez  un  chien  porteur  d'une  fistule  jéjunale, 
les  fragments  de  tissu  conjonctif  cru  introduits  directement 
dans  l’intestin  ne  sont  pas  digérés  et  se  retrouvent  dans  les 
fèces  ;  introduits  par  la  gueule  dans  l’estomac,  ils  sont  com¬ 
plètement  digérés.  Chez  l'homme,  ce  tissu  enrobé  dans  des 
capsules  kératinisées, n’est  nullement  digéré  quand  l’estomac 
est  franchi.  I 

Le  tissu  conjonctif  cuit,  au  contraire,  est  digéré  par  les 
sucs  intestinaux  sans  intervention  de  l'estomac. 

La  présence  du  tissu  conjonctif  dans  les  fèces  révèle  donc 
une  insuffisance  digestive  gastrique. 

Autothérapie  thyroïdienne  de  la  grossesse. 

MM.  de  Rotschild  et  Léopold  Lévi  estiment  qu’au  cours  de 
la  grossesse  la  migraine  diminue  (20  fois  sur  25)  par  autothé¬ 
rapie  qui  s’applique  également  au  rhumatisme  chronique  et 
à  1  asthme. 

La  grossesse  agirait,  comme  le  traitement  thyroïdien  appli¬ 
qué  ultérieurement  en  fournit  la  preuve,  par  exaltation  de  la 
fonction  thyroïdienne. 

L’hyperthyroïdisation  est  précédée  et  suivie  d  hypothyroïde. 
Le  même  mécanisme  explique  l’amélioration  du  myxœdème 
Iiendant  la  grossesse.  Migraine,  rhumatisme  chronique, 
asthme,  sont  des  manifestations  arthritiques.Les  auteurs  pen¬ 
sent  que  l’arthritisme  relève  de  l’hypothyroïdie  et  est  justi¬ 
ciable  de  la  médication  thyroïdienne. 


Origine  mésodermique  du  foie. 

M.  Giraudei,  considère  le  bourrelet  mésodermique  hépj. 
tique  comme  la  matrice  du  parenchyme  hépatique,  coman 
un  tissu  hépatogénique  ;  le  diverticule  endodermique  m 
donnant  que  la  vésicule  et  les  voies  biliaires.  L’anatosmose 
de  ces  deux  formations  crée  le  passage  de  Hernig. 

La  dualité  d’origine  du  parenchyme  et  des  canaux  excré¬ 
teurs  est  peut-être  créée  par  la  majorité  des  glandes,  et  U 
rate,  le  cœur,  la  surrénale,  créent  ainsi  une  famille  naturelle 
de  parenchymes  ayant  même  origine  mésodermique,  même 
développement,  même  circulation,  même  sécrétion  patholo¬ 
gique. 

Chlorure  et  eau  des  organes. 

MM.  Javai.  et  Adi.er  ont  cherché  si  l’hyperhydratation  et 
l’hyperchloruration  de  1  organisme  se  localisent  unicjuemenl 
dans  le  tissu  cellulaire  sous-cutané  en  œdème  ou  si  elle  se 
manifeste  dans  les  viscères.  Par  le  dosage,  ils  ont  déterminé 
que  la  teneur  des  viscères  en  eau  et  en  sel  n’était  pas  inftuen- 
cée  pendant  l’œdème .  E.  P. 

ACADÉ’MIE  DK  4IÉDEG1NE 
Séance  du  12  juin. 

Consultations  de  nourrissons. 

M.  Budin  montre  le  triple  but  de  ces  consultations  :  1»  pour 
surveiller  les  enfants  ;  1°  pour  propager  l’allaitement  mater¬ 
nel  ;  3°  pour  distribuer  du  lait  stérilisé.  - 

Il  donne  ipiant  aux  bons  résultats  déjà  obtenus  des  chiflrej 
concluants.  A  Vrques.  depuis  cinq  ans  que  ces  consultations 
fonctionnent,  la  mortalité  infantile  s’est  abaissée  de  190  à  101  ' 
pour  1,000  ;  à  Saint-Pol-sur-Mer,  de  208  â  151  ;  à  ÏVarengevilte,  ' 
de  145  à  77.  Ces  heureux  résultats  sont  dus  à  plusieurs  causes, 
particulièrement  au  rétablissement  de  l’allaitement  au  sein, 
qui  tendait  à  disparaître.  A  Rouen,  on  a  vu  le  nombre  de  ces 
allaitements  s’élever  de  1  à  60  pour  100  ;  à  Paris  de  40  à  81,4 
pour  160  :  à  à’arengsville,  de  0  à  75  pour  100,  etc. 

L’Etat  et  les  chefs  d’industrie  encouragent  maintenant  de 
leur  mieux  les  femmes  qu’ils  emploient  à  nourrir  elles- 
mêmes  leurs  enfants.  Les  consultations  de  nourrissons  of¬ 
frent  encore  l'avantage  de  s’adapter  à  d’autres  institutions  ; 
par  exemple,  aux  crèches  et  à  la  surveillance  des  enfants  en 
vertu  de  la  loi  Roussel.  Les  «  Mutualités  maternelles  »  en  ont 
fondé  un  grand  nombre  dans  le  département  de  la  Seine,  où 
les  enfants  sont  surveillés  pendant  dix-huit  mois.  Les  der¬ 
niers  chiffres  publiés  par  M.  Félix  Poussineau  montrent  que, 
dans  ces  conditions  nouvelles,  87  %  des  mères  nourrissent 
au  sein  ;  cette  proportion  est  considérable  dans  les  milieUJ 
ouvriers,  où  l'on  considérait  jusqu’ici  que  les  femmes  sont 
dans  l’impossibilité  d’allaiter. 

Le  développement  de  ces  consultations  ne  saurait  donc 
être  trop  encouragé.  L'Yonne  en  compte  actuellement  106,  le 
Pas-de-Calais  191,  la  Seine,  la  Gironde,  les  Alpes-Maritünes, 
le  Nord,  le  Rhône,  en  sont  également  pourvTis.  Mais  ces  con¬ 
sultations  devraient  être  encore  plus  nombreuses  et  fonction¬ 
ner  dans  tous  les  départements. 

V Hématome  subit  de  la  luette. 

M.  Fabre,  de  Commentcy,décrit  la'suffusion  sanguine,  vée'' . 
table  apoplexie  de  la  luette.  Sur  quatre  cas,  un  est  survol 
après  la  déglutition  d’un  petit  morceau  de  croûte  de  pain,nn 
deuxième  après  une  angine  grippale.Les  deux  autres  s’étaie»' 
produits  sans  cause  apparente. 

Les  phénomènes  prédominants  qu’ont  présentés  la  plup«^ 
des  sujets  observés  sont  surtout  des  faits  d’ordre  nervetP- 
légère  inquiétude,  d’abord,  puis  anxiété  plus  marquée,  aB" 
goisse,  effarement,  jusqu’àun  véritable  affolement. 

Quant  au  traitement,  il  a  suffi  trois  fois  de  piquer  la  nef 
formation  vasculaire  pour  la  faire  disparaître, en  conseill*® 
aussitôt  après,  l’usage  de  gargarismes  astringents  (à  1 
tanin,  au  ratanhia).  Dans  deux  cas,  il  y  a  eu  ulcération 
l’appendice  uvulaire,  bientôt  suivie  de  guérison  sans 
phénomène  ultérieur.  M.  Fabre  n’a  pas  observé  d’inllaffl^j 
tion  de  la  luette,  d'iivulite  (comme  dit  Morell-Macken»®' 
la  suite  de  l'apparition  de  l'apoplexie  de  ce  petit  organe. 


LE  PROGRES  MÉDICAL 


Donc,  étiologie  obscure  ;  diagnostic  on  ne  peut  plus  facile; 

’  vmptüines  plutôt  désagréables  et  gênants  que  dangereux, 
effrayant  souvent  le  malade  ;  pronostic  bénin,  et  en- 
fn  traitement  facile  par  des  gargarismes  astringents.  C’est  à 
auoi  se  réduit,  au  point  de  vue  nosologique,  Fliistoire  de 
rhématome  de  la  luette,  histoire  intéressante  en  raison  de  sa 
^té  et-surtout  du  silence  des  auteurs  spéciaux  sur  cet  acci- 

*^*'**’  La  réforme  du  Code  civil. 

Comme  suite  à  la  proposition  faite  mardi  dernier,  par 
\1.  Laccassagne,  de  l.yon,  sur  lanécessité  d’adjoindre  des  mé¬ 
decins  à  la  commission  extra-parlementaire  de  la  réforme  du 
Code  civil,  l'Académie  a  chargé  MM.  Hrouardel,  Hamy,  Motet, 
Peyrot  et  Pinard  de  préparer  un  rapport  sur  cette  importante 
question. 

La  typhlüe  muco-membraneuse  {Suite). 

■  M.  Le  Dentu  montre,  par  de  nombreux  cas  personnels,  que 
souvent  l'appendicectomie  influence  très  heureusement  sur 
la  tv’phlocolite.  Il  montre  que,  sans  examen  histologique,  on 
peut  méconnaître  des  lésions  très  sérieuses  de  l’appendice.  Il 
reconnaît  les  difficultés  du  diagnostic  clinique.  Mais  il  croit 
qu'en  cas  de  soupçons  sérieux  et  d'accidents  graves,  l'incision 
explorative  est  très  justifiée. 

M.  ftsYNiER  montre  que  l’entérite  muco-membraneuse  est 
souvent  d’origine  réflexe.  Le  point  de  départ  du  spasme  peut 
être  dans  l’utérus,  dans  un  rein  mobile.  Mais  il  est  bien  plus 
fréquent  encore  dans  l’appendicite. 

A  la  suite  d’une  crise,  il  est  impossible  de  savoir  si  l’appen¬ 
dice  est  guéri  ou  non.  La  bénignité  de  l’opération  faite  à  froid, 
est  telle  qu’elle  autorise  l’intervention  dans  les  cas  douteux. 

Les  laits  cités  par  M.  Dieulafoy  sont  fort  intéressants,  mais 
très  rares.  Ce  serait  une  grande  erreur  s’ils  conduisaient  à 
exagérer  l’abstention. 

M.  Richei.ot  croit  que  le  parti  prisde  nier  l’appendicite  quand 
on  voit  l'entérite  glaireuse  conduirait  en  pratique  à  des  dé¬ 
sastres, il  cite  la  curieuse  auto-observation  du  D'' Maurice  Ilepp  : 

«Je  me  suis  fait  opérer  d'appendicite,  il  y  a  un  an,  par  mon 
ami  Gosset.Les  symptômes  de  mon  mal  s’étaient  bornés  à  ceux 
de l'entéro-colite  muco-membraneuse,  avec  glaires  sanguinor 
lentes,  coliques,  dépression  générale;  j’avais  eu  une  seule  pe¬ 
tite  crise  fébrile  de  deux  jours,  avec  nausées  et  sensibilité 
assez  vive  de  la  fosse  iliaque  droite  m’obligeant  tout  juste 
pendant  trente-six  heures  à  interrompre  mes  occupations. 

peine  sorti  de  cette  crise  légère,  pendant  laquelle  la  tem- 
Peratare  n’avait  pas  dépassé  38“  et  le  pouls  80,  je  priai  Gosset 
de  m’enlever  mon  appendice.  L’opération  eut  lieu  huit  jours 
après. 

"  Or,  malgré  cette  indigence  extrême  de  symptômes.  Gos.set 
trouva  un  appendice  très  adhérent,  présentant  à  sa  surface 
larges  taches  noires,  et  du  liquide  si  louche  dans  le  pé- 
Woinetpi’il  dût  me  drainer  pendant  six  jours.  l.Ka  coupe  de 
^1  appendice  a  été  faite  par  mon  ami  Marcel  Garnier,  et  elle 
tmnseryée  comme  un  exemple  d'appendicite  au  laboratoire 
Roger  à  la  Faculté.  La  muqueuse  est  entièrement  détrui- 
.  et  au  niveau  des  taches  sphacéliques  qui  semblaient  truf- 
I  appendice,  la  séreuse  elle-même  est  entamée, de  telle  sor- 
ba^fc  autres  symptômes  que  ceux  d’une  entéro-colite 
j  avais  une  appendicite  qui  menaçait  mon  existence 
“"ne minute  à  l'autre. 

Depuis  cette  opération,  je  me  porte  parfaitement  bien,  et 
après  ma  guérison,  toute  trace  de  peaux  et  de  glaires 
disparu  de  mes  selles. 


cet 


exemple  personnel.  Al.  Hepp  en  a  ajouté  dans  sa  thèse 
l’origine 


ane  d-  •  • 

•atest'  d’autres  ne  laissant  aucun  doute 
inale  de  nombreuses  appendicites. 

Séance  du  19  juin. 

La  typhlocolite. 

Paf  montre  par  103  observations  du  P-' Potain, 

existe/  n^servations  personnelles  que  la  typhlocolite  peut 
«idp,.  1  appendicite.  Il  est  même  rarissime  de  voir  coïn- 
M.  D*  affections. 

leulal’oy  ne  regrette  pas  le  retentissement  de  sa  com¬ 


munication  dans  le  public  ;  il  le  juge  même  utile.  Autant 
l’intervention  s’impose  dans  les  appendicites  vraies,  autant  il 
faut  éviter  les  erreurs  de  diagnostic  conduisant  à  une  laparo¬ 
tomie  inutile. 

Plusieurs  chirurgiens  ont  d’ailleurs  reconnu  toute  l’im¬ 
portance  de  cette  distinction.  AI.  Le  Dentu  a  bien  voulu  l’ap¬ 
prouver  de  son  autorité  :  «  le  cri  d’alarme  plein  de  franchise 
et  certainement  bien  intentionné  de  AI.  Dieulafoy  aura  pour 
résultat  de  nous  rendre  tous  plus  rigoureux  dans  la  recherche 
des  signes  diagnostiques  et  des  indications  opératoires.  \ous 
lui  devons  des  remerciements  pour  avoir  crié  «  casse-cou  » . 

M.  Richelot  a  dit  de  même  :  «  De  la  communication  de  no¬ 
tre  confrère  Dieulafoy,  j’ai  retenu  d'abord  un  fait,  qu'il  est 
impossible  de  nier  :  nombre  de  malades,  depuis  quelques 
années,  dîit  été  opérés  d’une  appendicite  qu’ils  n’avaient  pas. 
Il  faut  avoir  le  courage  de  le  dire,  et,  n’eùt-il  que  cette  con¬ 
clusion,  le  discours  que  vous  avez  entendu  était  chose  utile.  » 
De  la  valeur  du  scaîol  et  de  rindican  dans  les  urines. 

AIAl.  Dare.mberg  et  Pekoy  montrent  ;  1“  que  l’indican  et  le 
scatol  urinaires  ne  sont  pas  dus  aux  seules  fermentations 
intestinales  :  2“  (que,  bien  qu’associés  très  souvent  à  l’albu¬ 
minurie,  ces  excès  pigmentaires  ne  dépendent  pas  des  seules 
lésions  rénales  ;  3“  qu’il  y  a  toujours  combinaison  d’un  trouble 
hépatique  pour  expliquer  le  passage  dans  l’urine  du  scatol 
et  de  i’indican.  Ces  pigments  indiquent  donc  un  trouble 
simultané  du  rein  et  du  toié. 

Pied  de  Madura  nostras. 

AI.  Reynier  rapporte  un  cas  curieux  de  tumeur  parasitaire 
du  pied,  dù  à  un  mycétome,  chez  un  malade  n'ayant  jamais 
quitté  l’Europe.  Cette  .tumeu*,  analogue  au  pied  de  Aladura, 
fut  assez  grave  pour  exiger  l’amputation. 

M.  L.xveran  propose,  pour  désigner  tous  ces  faits,  le  nom 
scientifique  de  mycétome.  La  tumeur  n’est,  en  effet,  spéciale 
ni  au  pied,  ni  ,à  la  région  de  Aladura. 

L’avortement  épizootique  de  la  vache. 

Al.  Thierry  lit  une  note  sur  la  contagiosité  possible  à  la 
femme  de  cet  avortement  épizootique. 

Elections 

de  deux  correspondants  nationaux  (!■•'■  division). 

Al.  Armaingaud  (Bordeaux)  est  élu  par  51  voix  sur  77  votants. 

AI.  Trolard  i d’Alger)  est  élu  par  40  voix  sur  78  votants. 

A. -F.  Plicque. 


SOCIÉTÉ  MÉDICALE  DES  HOPITAUX 
Séance  du  lô  juin. 

Traitement  de  la  paralysie  diphtérique. 

AL  Co.viBY  soigne  depuis  cimj  ans  toutes  les  paralysies  diph- 
térûjues  tardives  par  les  injections  répétées  et  massives  de 
sérum  de  Roux.  Ce  traitement  est  supérieur  à  celui  par  la 
strychnine,  les  frictions  stimulantes,  l’électricité.  Les  thèses 
de  Chambon  et  de  Moiirniac,  le  travail  de  Pillon,en  font  foi. 
Aux  23  cas  de  ces  praticiens,  M.  Comby  ajoute  3  cas  de  gué¬ 
rison  nouveaux.  Il  faut  injecter  20  cc.  deux  ou  trois  jours  de 
suite,  puis  faire  suivre  des  injections  de  10  cc.  jusiqu’à  con¬ 
currence  de  80  cc.  dans  toute  paralysie  diphtérique,  (qu’elle 
soit  récente  ou  tardive,  localisée  ou  généralisée,  sans  tenir 
compte  de  l’état  antérieur  des  malades  et  de  leur  âge. 

M.  B.vrbier  s'associe  à  la  manière  de  faire,  de  Comby.  La 
tristesse,  l'abattement,  les  vomissements  de  la  convalescence 
doivent  éveiller  la  crainte  de  la  possibilité  d’accidents  to¬ 
xiques  tardifs,  (qui  se  montrent  de  qirélérence  chez  les  adultes 
et  les  enfants  insuffisamment  traités. 

.Appréciation  de  Tanémie  des  enfants  tuberculeux. 

MAL  B.vrbier  et  Rwry  apprécient  l’anémie  des  enfants 
tuberculeux  soignés  à  llérold  q>ar  l'examen  hématimétrique 
en  fonction  avec  la  (quantité  de  sang  des  malades,c’est-à-dire 
la  capacité  globulaire  totale.  Ils  peuvent  juger  de  cette  fa(;on 
la  reconstitution  du  sang  en  R  et  Al,  (qui  accompagnent  l’aug¬ 
mentation  du  poids  et  l’amélioration  de  l’état  général. 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


Envahissement  du  liquide  céphalorachidien  par  le  coli-bacill 
à  la  période  terminale  d'une  méningite  tuberculeuse. 

MM.  Griffon  et  Abrami  ont  observé,  chez  un  adulte, un  cas 
de  méningite  tuberculeuse  et  l’envahissement  agonique  du 
liquide  céphalorachidien  par  le  colibacille,  sans  modification 
de  la  formule  lymphocylique  classique.  Celte  absence  de 
réaction  de  l’organisme  vient  à  l’appui  de  la  théorie  de 
M.  Achard,  qui  incrimine  un  affaiblissement  intense  de  l'or¬ 
ganisme.  Dans  le  cas  particulier,  l’envahissement  microbien 
se  fit  28  heures  avant  la  mort  et  non  quelques  heures  seule¬ 
ment.  La  période  d'agonie  bactériologique  a  donc  été  ici  plus 
longue  que  dans  les  cas  analogues  mentionnés  jnsqu’ici. 

MM.  Rist  et  Bornait  Legueule  rapportent  l’observation 
d  une  amaurose  saturnine  avec  hypertension  artérielle. 

Friedel. 


LA  VALÉROBROMINE  LEGRAND 

est  plus  active  que  les  bromures  et  les  valé- 
rianates. 


THERAPEUTIQUE 

Thérapeutique  post-grippale. 

M.  le  docteur  Capelle,  à  Paris,  nous  communique  une 
observation  qu'il  a  eu  récemment  à  faire  sur  un  malade 
de  ses  clients,  que  nous  rapportons  sommairement  :  «  Le  !9 
février  un  maître  menuisier, âgé  de  53  ans,  vint  me  consulter. 
Unedizainede  jours  avant, il  avait  eu l’influenza ( fièvre,  cour¬ 
bature,  douleur  dans  les  reins,  maux  de  tête,  rhume  de  cer¬ 
veau!.  Il  s’était  .soigné  seul,  mais  n'arrivant  pas  à  se  guérir  il 
venait  me  demander  ce  qu’il  devait  faire.  Il  se  plaignait  d’un 
mal  de  tète  siégeant  au  front. aux  yeux  et  surtout  à  la  nuque 
et  à  l’occiput,  de  vertiges,  bourdonnements  d'oreilles,  d’une 
douleur  le  long  de  la  colonne  vertébrale,  de  courbature,  de 
fatigue  au  plus  petit  effort,  et  de  ne  pouvoir  fournir  aucun 
travail  prolongé.  L'appétit  était  presque  nul,  la  constipation  | 
fréquente,  amaigrissement  marque.  Après  examen  attentif, 
où  je  constatais  l’absence  de  fièvre,  je  conclus  à  de  la  neuras¬ 
thénie  avec  asthénie  neuro-musculaire  et  atonie  gastro  intes¬ 
tinale, défaut  général  d’énergie  et  état  d’infériorité  de  tout  le 
système  nerveux.  L'indication  formelle  était  de  soutenir,  de 
relever  l’état  général  par  une  médication  tonique  devant  sti¬ 
muler  l’économie  et  enrayer  les  progrès  de  la  dénutrition.  11 
convenait  du  reste  de  ne  pas  attendre  que  la  situation  de  l’or¬ 
ganisme  fut  devenue  plus  critique  et  que  l'anémie  post-grip¬ 
pale  se  fût  accentuée. J'ordonnai  donc  comme  traitement  :  re¬ 
pos  physique  et  cérébral,  bonne  nourriture, et,  comme  médi¬ 
cation  unique, l’emploi  de  la  Biosine  Le  Perdriel  deux  fois  par 
jour  dans  un  peu  d’eau  sucrée.  Après  quelques  semaines  de 
ce  traitement,  mon  client  était  remis  d’aplomb. Les  douleurs 
avaient  cessé,  les  forces  nerveuses  étaient  revenues,  ainsi  que 
l'appétit,  le  faciès  recoloré,  bref,la  guérison  était'complète  et 
ce  malade  reprenait  rapidement  ses  occupations.  » 

Ce  cas  n'est  pas  isolé.  Grâce  à  ses  éléments  constituants 
associés,  glycérophosphate  de  chaux  et  glycérophosphate  de 
fer  soluble,  la  Biosine  Le  Perdriel  constitue  une  arme  puis'- 
sanle,et  agit  très  efficacement  en  remédiant  à  la  déglobulisa¬ 
tion,  indicé  certain  de  dénutrition.  La  Biosine  Le  Perdriel, 
est  une  combinaison  des  plus  stables  qui  peut-être  adminis¬ 
trée  dans  tous  les  cas  de  déchéance  ou  d’usure,  chez  les  en¬ 
fants, les  jeunes  filles, et  chez  les  femmes  en  état  de  grossesse, 
car  elle  combat  les  vomissements  incoercibles.  Elle  convient 
aux  convalescents,  aux  prétuberculeux,  et  relève  la  nutrition 
générale,  en  excitant  l'appétit,  et  toutes  les  fonctions  organi¬ 
ques.  La  Biosine  Le  Perdriel  ne  contenant  pas  de  sucre  peut- 
être  prescrite  aux  diabétiques,  très  souvent  neurasthéniques. 

Ecole  préparatoire  de  médecine  et  de  pharmace  de  Limo¬ 
ges.  Un  concours  s’ouvrira,  le  10  décembre  190G,  devant  la  faculté 
mixte^  de  médecine  et  de  pharmacie  de  l’Université  de  Bordeaux, 
pour  l’emploi  de  suppléant  de  la  chaire  d'Histoire  naturelle  à  l’E¬ 
cole  préparatoire  de  médecine  et  de  pharmacie  de  Limoges.  Le 
registre  d’inscription  sera  clos  un  mois  avant  l'ouverture  du  dit 
concours. 


VARIA 


La  Convention  de  Genève. 

Lundi  11  juin,  s’est  ouverte  à  Genève  la  Conférence  inter¬ 
nationale  qui  a  pour  mission  de  reviser  la  Convention  de 
Genève. QuaranteEtats  ont  adhéré  à  la  Conférence  et  trente- 
sept  y  sont  représentés- 

La  France  est  représentée  par  MM.  Révoil,  ambassadeur  à 
Berne  ;  Louis  Renault,  ministre  plénipotentiaire,  juriscon¬ 
sulte  du  ministre  des  affaires  étrangères  ;  le  colonel  d’artille¬ 
rie  Olivier,  le  médecin  principal  Pauzat,  ces  deux  derniers  en 
qualité  de  délégués  techni'iues. 

L’Allemagne  est  représentée  par  MM.  Bülovv,  ministre  à 
Berne  ;  le  major  général  baron  de  Manteuffel  ;  l’Angleterre  ' 
par  le  major  sir  John  Ardazh.  sir  John  Furley,  le  professeur  I 
Holland,  le  lieutenant-colonel  \V.-B.  Mac  Pherson,  du  Royal 
Army  Medical  Corps  ;  l’Autriche-Hongrie  par  le  baron  Hei- 
dler,  ministre  à  Berne  ;  M.  Joseph  Duriel,  médecin  en  chef 
du  corps  des  officiers  sanitaires  de  l’armée  ;  l’Espagne  par 
son  ministre  résident,  le  comte  de  Baguer,  et  par  d'autres  dé¬ 
légués. 

La  séance  d'ouverture,  présidée  par  M.  Forrer,  président 
de  la  Confédération  helvétique,  s’est  tenue  à  quatre  heures 
dans  l’Aula  de  l’Université.  Les  séances  de  la  Conférence  au-  I 
ront  lieu  à  l’Hôtel-de  A  ille,  où  l’on  visite  la  salle  historique 
de  l’Alabama,  où  la  Convention  de  Genève  fut  signée  en  1861. 

M.  Forrer,  en  ouvrant  la  conférence, a  fait,  en  français,  l'his¬ 
torique  rapide  de  la  Convention. 

C’est  en  1864,  il  y  a  quarante-deux  ans,  que  s’est  réuni  le 
congrès  convoqué  sur  finitiative  du  Conseil  fédéral  pour 
jeter  les  bases  d’une  entente  destinée  à  assurer  la  protection 
aux  blessés  et  à  ceux  qui  les  soignent  en  temps  de  guerre.  Ce 
congrès  a  rédigé  une  convention,  signée  au  début  par  douze 
Etats  et  à  laquelle  le  monde  entier  adhère  à  l’heure  présente. 
Excellente  en  principe, malgré  les  bons  résultats  obtenus  jus¬ 
qu’ici,  la  Convention  de  Genève  a  ses  défectuosités  et  ses 
lacunes.  En  1867,  des  améliorations  avaient  été  proposées  à  la 
conférence  sanitaire  militaire  de  Berlin,  ainsi  qu’à  l'assem¬ 
blée  des  sociétés  des  secours  aux  militaires  blessés,  réunie 
la  même  année  à  Paris,  à  l’occasion  de  l’Exposition  uni¬ 
verselle. 

Le  Conseil  fédéral  convoqua  en  1868  tous  les  Etats  adhé¬ 
rents  en  congrès  à  Genève  pour  établir  momentanément  les 
règles  de  droit  international  au  sujet  de  la  guerre  maritime. 
Mais  lesarticles  adoptés  le  20octobre  1868n’ont  pas  été  ratifiés 
par  tous  les  Etats.  La  conférence  internationale  de  Bru¬ 
xelles  en  1874  pour  codifier  le  droit  de  la  guerre  a  encore  exa¬ 
miné  la  Convention  de  Genève.  La  conférence  de  laHayea 
étendu  la  convention  de  Genève  à  la  guerre  maritime.  -Mais 
elle  n'a  pas  pu  faire  le  remaniement  nécessaire  delà  Conven¬ 
tion  et  s’est  bornée  à  formuler  le  vœu  «  qu’une  confér^ce 
spéciale  soit  convoquée  pour  soumettre  cette  convention  à  un 
nouvel  examen  ».  , , 

C'est  cette  conférence  dont  les  travaux  ont  commence  s 
qui  se  continuent  sous  la  présidence  de  M .  Odier,  minist 
de  Suisse  à  Saint  Pétersbourg. 

A  propos  du  service  médical  des  Postes  de  Secours 
du  Circuit  ds  la  Sarthe. 

Sur  1  invitation  de  M.  le  Préfet  de  la  Sarthe, 
dant  l’organisation  d’un  service  de  secours  médicaux 
sion  du  Circuit  de  la  Sarthe,  une  Commission  de  Médeci 
de  la  région  intéressée  étudia  cette  organisation  et  il  lui  se 
blaque  ce  service,  nécessitant  pour  chaque  médecin  une  g® 
de  5  h.  du  matin  à  5  h.  du  soir,  et  cela  pendant  2  jours 
sécutifs,  entraînait  l’obligation  d'une  indemnité  pour  1®  jj. 
decin.  Cette  indemnité  fut  refusée  par  l’A.  C.F-  La 
sion  se  déclara  dissoute,  et  le  Syndicat  médical  de  la 
vota  à  l’unanimité  en  assemblée  générale  l’ordre  dujour 

«Les  membres  syndiqués  du  Corps  Médical  de  la  ba 

Considérant  qu’il  existe  un  prolétariat  médical 
vivre  de  l’exercice  de  sa  profession  ;  déclarent  qu’à  1  a'  jg 
—  pour  éviter  les  difficultés  semblables  à  celles  que  vie 


J.E  PROGRÈS  MÉDICAL 


397 


■  •élerla  tentative  d’organisation  du  Service  médical  à  l’oc- 
'*'ion  du  Circuit  de  la  Sarthe  —  aucun  membre  du  Syndicat 
"^^devra  prêter  son  concours  à  l’occasion  d’un  service  médi- 
**^1  sans  en  référer  à  la  Commission  du  Syndicat,  et,  dans  les 
MS  urgents,  sans  l’avis  du  Président  dudit  Syndicat,  et  cela 
duelque  soit  le  but  de  l’oeuvre  pour  laquelle  les  commissions 
frètes  demanderont  cette  organisation  ;  décident,  en  outre, 
mie  notification  de  cette  décision  sera  faite  à  l'Union  générale 
its  Syndicats  médicaux  de  France,  et  à  tous  les  Médecins  du 
département  non  encore  syndiqués,  en  faisant  part  à  ces  der¬ 
niers  du  vif  désir  de  leurs  Confrères  syndiqués  de  les  voir 
s'associera  eux  pour  la  défense  intégrale  de  tous  les  intérêts 
professionnels.  » 

Remarquons  que  la  course  du  «  Circuit  de  la  Sarthe  » ,  n'est 
nullement  une  œuvre  de  bienfaisance,  que  le  département 
delà  Sarthe  lui  donne  une  subvention  considérable,  et  que 
les  médecins  de  la  Sarthe  n’ont  aucune  raison  pour  faire  des 
sacrifices  en  faveur  de  cette  course.  J.  A . 

Boulangerie  et  Tuberculose. 

Il  y  a  quelques  jours  s’est  tenue  à  l’Hôtel  des  Sociétés  sa¬ 
vantes  la  séance  d  inauguration  de  l'école  professionnelle  de 
la  boulangerie,  sous  la  présidence  d'honneur  du  docteur 
Brouardel  et  la  présidence  effective  du  docteur  Roux,  de 
l'Institut  Pasteur,  assisté  du  docteur  Chamberlin.M.  Grégoire 
de  la  Chambre  syndicale  des  ouvriers  boulangers,  a  dé¬ 
montré  le  danger  que  les  poussières  de  farine  faisaient  cou¬ 
rir  pour  les  ouvriers  boulangers.  Selon  lui,  sur  400,000  ou¬ 
vriers  boulangers  français,  280,000  sont  atteints  de  tubercu¬ 
lose  et  peuvent  contaminer  par  l’expuition  de  la  toux  durant 
leur  travail  ou  par  leur  sueur  la  pâte  qu'ils  pétrissent.  M. 
Grégoire  a  réclamé  l’emploi  de  pétrins  mécaniques.  11  a  fait 
appela  la  science  pour  guider  de  ses  conseils  la  nouvelle  école 
professionnelle  nommée  «  la  Fraternelle  »  et  qui  est  à  la  fois 
école  et  société  coopérative. 

Le  docteur  Roux  a  étudié  la  fabrication  du  pain  au  point 
de  vue  hygiénique  et  a  reconnu  qu’elle  était  actuellement 
des  plus  défectueuses.  Il  a  approuvé  la  plupart  des  réformes 
hygiéniques  exposées  par  M.  Grégoire. 

Education  sexuelle  de  la  jeunesse. 

Valentinei iVetc-Fo/’/c  med.  Jonrn.)  résume  son  opinion  sur 
ce  sujet  dans  les  points  suivants  : 

1°  La  physiologie  et  l’hygiène  sexuelles  ne  doivent  pas  être 
nécessairement  enseignées  aux  jeunes  filles^  à  part  dans  quel¬ 
ques  conditions  exceptionnelles  lorsque  l’impulsion  (l’ins- 
tincti  sexuelle  est  prématurément  développée  ; 

La  physiologie  et  l’hygiène  sexuelles  doivent  au  contraire 
être  enseignées  à  chaque  garçon,  à  l’âge  où  la  puberté  men¬ 
tale  et  sexuelle  le  met  en  état  de  profiter  de  cet  enseigne¬ 
ment  ; 

3”  La  nature  et  le  but  de  cet  enseignement  doivent  être 
%lés  selon  la  faculté  de  l’élève  d’apprécier  la  morale  inhé¬ 
rente  ; 

L’âge  utile  pour  cette  éducation  spéciale  est  variable.  Le 
ornent  propice  est  celui  où  une  prophylaxie  physique  et 
orale  devient  une  nécessité  ; 

^  choix  des  parents,  du  professeur  ou  du  médecin 
mme  initiateur  dépend  de  l’individualité  de  cette  per- 

aoniie  * 

J  °  L  instruction  sur  les  sujets  sexuels  peut  être  donnée 
d'él'  institutions  scolaires,  mais  à  un  nombre  restreint 
jç  à  la  fois,  et  ceux-ci  doivent  être  sélectionnés  d’après 
7o  J®^ntelité  aussi  semblable  que  possible  ; 

Içj' J^^.iùres  d’hygiène  élémentaire  ne  doivent  pas  contenir 
apitres  de  physiologie  sexuelle.  Seul,  le  professeur  pos- 
5^  *  livre,  mais  il  pourra  le  prêter  aux  élèves  (ju’il  jugera 
SQiçT^^cnt  mûrs  i)our  le  lire  sans  en  abuser.  (Voir  à  ce 
Progrès  médical,  12  mai  1900  ). 

J.  .  Hygiène  sociale. 

CQoij*  ®’^rne  R  a  ordonné  que  la  brochure  de  la  ligue  antial- 
re  . *^cniande  intitulée  :  L  alcool  et  la  valeur  militai- 
mée  jji‘  ^rétribuée  dorénavant  à  toutes  les  recrues  de  l’ar- 
®niande  à  leur  arrivée  au  corps.  Les  officiers  sont 


tenus  à  faire  une  ou  deux  conférences  explicites  sur  le  sujet. 
(Munch.  niéd.  Wochschr.). 

Le  voyage  médical  en  Allemagne. 

L'  «  E.  M.  L  —  »  1906  visitera  les  principales  institutions 
médico-scientifiques  de  l’Allemagne  (Universités,  Hôpitaux, 
Stations  Thermales  les  plus  réputées). 

Départ  de  Paris,  le  jeudi  soir  9  août. 

10  Août  :  Aix-la-Chapelle,  Cologne.  —  Il  août  :  Cologne, 
Bonn. —  12  août  :  Bonn.  —  13  août  ;  Wiesbaden.  —  14  août  : 
Francfort.  15  août  :  Marbourg.  —16  août  :  Leipsig.  -  17,  18 
I  et  19  août  :  Berlin.  —  20  août  :  Dresde.  —  21  août  :  Heidel¬ 
berg.  —  22  août  :  Baden-Baden. 

Retour  à  Paris,  le  jeudi  soir  23  août. 

Le  concours  de  nos  confrères  allemands,  ainsi  que  celui 
des  bourgmestres  et  des  municipalités,  nous  est  acquis  par 
tout  sur  notre  passage.  —  Parmi  les  réceptions  qui  nous  se¬ 
ront  faites  dans  chaque  ville, signalons  dès  aujourd’hui  celles 
de  Francfort,  Marbourg,  Berlin,  Heidelberg  et  Badén-Baden. 

—  A  Marbourg,  les  médecins  français  seront  admis  à  l’Institut 
d’hygiène  de  Son  Excellence  M.  le  Professeur  von  Behring. 

Les  adhésions  doivent  parvenir  le  plus  tôt  possible  et  en 
tout  cas  avant  le  20  juillet. 

Pour  tous  renseignements,  s’adresser  à  M.  Etienne  Bazot, 
administrateur-fondateur  des  «  Excursions  Médicales  Inter¬ 
nationales  »,  au  service-annexe  de  l’CEuvre,  184,  rue  de  Ri¬ 
voli,  Paris.  1er.  (Téléphone  :  121.  08). 

Voyages  d’études  médicales  aux  stations 
hydrominérales  et  climatiques  de  France. 
Programme  du  voyage  pour  1906.  — Hauteville  (Sanatorium) 

—  Evian  —  Thonon  —  Saint-Gervais  —  Chamonix  —  Annecy 

—  Aix  —  Mariiez  —  Le  Revard  —  Challes  —  Salins-Moutiers 

—  Brides  —  Pralognan  —  Allevard  —  La  Motte  —  Bouquéron 

—  Triage. 

La  ville  de  Lyon  est  prise  comme  point  de  concentration. 
Chaque  voyageur  s’y  rendra  isolément.- 
Samedi  U'  septembre  :  Réunion  de  tous  les  adhérents  du 
voyage  à  la  gare  de  Lyon-Perrache,  à  6 h.  du  matin.  —  Départ 
du  train  spécial  à  6  h.  15.  —  Arrivée  à  Tenay.  —  Départ  en 
voitures  pour  Hauteville.  —  Msitedu  sanatorium.  —  Arrivée 
à  Evian  vers  7  h.  —  Diner.  —  Coucher. 

Dimanche  2  septembre  :  Le  matin,  visite  d’Evian.  -  L’après- 
midi,  promenade  sur  le  lac  olferte  par  la  Société  d’Evian.  — 
Dîner.  —  Coucher. 

Lundi  3  septembre  :  Le  matin,  départ  pour  Thonon.  —  Visi¬ 
te,  déjeuner.  —  Dans  Taprès-midi,  départ  en  train  spécial 
pour  Le  Fayet.  —  Arrivée  à  Saint-Gervais  vers  6  h.  du  soir.  — 
Dîner.  —  Coucher. 

Mardi  4  septembre  :  Le  matin,  visite  de  Saint-Gervais.  — 
Après  midi,  excursion  à  Chamonix.  —  Retour  à  Saint-Cer- 
vais  pour  coucher. 

Mercredi  ù  septembre  :  Le  malin,  départ  en  train  spécial, 
pour  Annecy.  —  Tour  du  lac  en  bateau.  —  A  1  h.,  départ  en 
train  spécial,  arrêt  à  Lovagny.  —  Visite  des  gorges,  du  Fier. 

—  Arrivée  à  Aix.  —  Dîner.  —  Coucher. 

Jeudi  6  septembre  :  Journée  à  Aix. 

Vendredi  1  septembre  :  Le  malin,  départ  en  train  spécial  pour 
Challes.  —  Après-midi,  en  train  spécial  pour  Salins- .Vloutiers. 

—  Dîner.  —  Coucher  à  Brides. 

Samedi  8  septembre  :  Le  matin,  départ  en  voitures  pour 
Pralognan.  —  Retour  à  Brides.  —  Dîner.  —  Coucher. 

Dimanche 9  septembre  :  Le  matin,  visite  de  Brides.  —  Après- 
midi,  départ  en  train  spécial  pour  Allevard.  —  Dîner.  — 
Coucher. 

Lundi  10  septembre  :  Le  matin,  visite  d’AlIevard.  —  Après- 
midi,  départ  en  train  spécial  pour  (îrenoble,  puis  en  voiture 
pour  Bouquéron.  —  Dîner  et  coucher  à  Uriage. 

Mardi  11  septembre  :  Le  malin,  départ  pour  La  Molle.  — 
Après-midi,  visite  de  Vizille.  —  Dîner  et  coucher  à  Uriage. 

Mereredi  12  septembre:  Le  matin,  visite  d’L'riage.  — Déjeu¬ 
ner.  —  Dislocation. 

Bourses  de  voyage.  —  Quatorze  bourses  de  voyage  sont  don¬ 
nées  au  V.  E.  M.  de  1906.  L’attribution  en  a  été  fixée  comme 
suit  par  leurs  fondateurs  :  1"  Bourse  du  Professeur  Ilenrot: 
un  Interne  des  Hôpitaux  de  Reims,  2°  Bourse  de  la  Société 


398 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


de  Châtel-Guyon  (Puy-de-Dôme)  :  ud  Interne  des  Hôpitaux  de 
Paris.  3“  Bourse  du  Conseil  municipal  des  Eaux-Bonnes  (Bas¬ 
ses-Pyrénées)  :  «  un  Médecin,  à  la  fois  membre  du  Concours 
médical  et  de  l’Associalion  générale  des  Médecins  de  France  ». 
4"  Bourse  de  la  Compagnie  générale  des  Eaux  minérales  et 
Bains  de  mer  :  un  Etudiant  ayant  passé  sa  Ihèse  de  doctorat 
à  la  Faculté  de  Médecine  de  Bordeaux,  dans  l’année  scolaire 
19ü5-190t).â'>  Bourse  de  la  Société  des  Eaux  thermales  d’Evaux- 
les-Bains  (Creuse)  :  «  un  membre  du  Concours  médical  affilié 
à  r.Association  des  Médecins  de  France  ».  6'>-7“-8'>-'.)°-10°  Cinq 
Bourses  de  la  Société  d'Evian  (Haule-Savoie)  :  1°  Un  Médecin 
Anglais;2°  Un  Médecin  Danois;3‘’  et  4“  Deux  Médecins  Italiens 
5»  Un  étudiant  en  médecine,  ayant  passé  sa  thèse  de  docto¬ 
rat  à  la  Faculté  de  Lyon,  dans  l’année  scolaire  1'.  05-1906. 
11°  Bourse  de  la  Compagnie  fermière  du  Mont-Dore  iPuy-de- 
Dôme):un  Etudiant  ayant  passé  sa  thèse  de  doctorat  à  la  Faculté 
de  Lille,  dans  l’année  scolaire  1905-1906.  l'2“  Bourse  de  la 
Compagnie  des  Eaux  minérales  de  Pougues  (îSièvre)  :  un 
Interne  des  hôpitaux  de  Bruxelles.  13°  Bourse  de  la  Compa¬ 
gnie  générale  des  Eaux  de  Boyat  (Puy-de-Dôme)  :  un  Interne 
des  hôpitaux  de  Paris.  14°  Bourse  de  la  Compagnie  fermière 
de  Vichy  (Allier)  ;  un  Etudiant  ayant  passé  sa  thèse  de  Doc¬ 
torat  à  la  Faculté  de  Médecine  de  Paris,  dans  l'année  scolaire 
1905-1906. 

Pour  tous  renseignements,  s’adresser  à  M.  le  D''  Carron  de 
LA  Carrière,  2,  rue  Lincoln,  Paris  (8'),  ou  au  D''  Jouaust,  19, 
rue  du  Colisée,  Paris  (8°). Les  inscriptions  sont  reçues  jusqu'au 
15  août  1906,  terme  de  rigueur. 

LES  CONGRÈS 

Congrès  de  climatothérapie  et  d’hygiène  urbaine. 

(Gannes-Monaco-Menton-Ajaccio) 

Le  troisième  congrès  de  climatothérapie  et  d  hygiène  ur¬ 
baine  tiendra  ses  assises,  aux  x  acances  de  Pâques  1907,  sur  la 
Biviera  française  (portion  comprise  entre  Ilyères  et  la  fron¬ 
tière  Italienne)  et  en  Corse.  Lesséances  auront  lieu  à  Cannes, 
à  Monaco,  à  Menton  et  à  Ajaccio  ;  mais  toutes  les  villes  et 
stations  du  Littoral  Méditerranéen  et  de  la  Corse  sont  inscri¬ 
tes  dans  le  programme  :  Cannes,  Nice,  Monte-Carlo.  Menton, 
Ilyères,  Antibes,  Grasse,  St-Raphaël,  Juan-les-Pins,  Beaulieu, 
le  Cap-Martin,  Thorenc,  etc.,  etc.  Le  congrès  durera  environ 
une  semaine  sur  la  côte  française  ;  il  se  terminera  en  Corse. 

Questions  à  rapport  :  Les  maladies  chroniques  de  l’appa¬ 
reil  respiratoire  sur  la  Biviera  française,  et  en  particulier  à 
Cannes  et  dans  la  région  de  Cannes;  rapporteur  ;  M.  le  D'’ 
CHUQUET,de  Cannes.  —  Les  adénopathies  et  les  tuberculoses 
localesà  Cannes  ;  rapporteur  :  M.  leDMiouRCART,  de  Cannes. 
—  Les  maladies  nerveuses  sur  le  Littoral  Méditerranéen  ;  rap¬ 
porteur;  M.  le  D"' Sauvage,  de  Cannes -le-Gannet. —  Question 
annexe  :  traitement  éleclrothérapique  dans  ces  maladies,  sur 
le  littoral;  rapporteurs  :  M.M.  les  D'®  Bo.nnefov  et  Josserand, 
(Je  Cannes.  —  L’hygiène  à  Menton  ;  rapporteur  :  M.  le  D'’ 
Tartakin,  de  Menton.  —  Les  poussières  des  routes  sur  le  Lit¬ 
toral  Méditerranéen, rapporteurs  :  M.leD''  CuABoux,deMenton, 
etM.  le  D’’  Gughelminetti,  de  Monte-Carlo. —  L’hygiène 
dans  la  Principauté  de  Monaco,  rapporteur:  M.  le  Vi¬ 
vant,  de  Monte-Carlo. 

Pour  tous  les  renseignements^  s'adresser  au  secrétaire  général, 
D'  Verdalle,  1,  boulevard  d’.Alsace,  à  Cannesd’été  à  la  Bour- 
boule.  Villa  des  Sorbiers).  Pour  tout  ce  qui  r-  garde  la  trésore¬ 
rie,  à  M.  le  D’’  Bienfait,  trésorier  général,  Vilia Marie-Louise, 
boulevard  d  .Alsace,  à  Cannes  d’été  a  Vichy;. 


Hommage  au  Gilbert.  —  Les  amis  et  les  élèves  du  P''  Gil¬ 
bert,  désireux  de  lui  offrir  une  médaille  à  l’occasion  do  son  élec7 
lion  à  l'Académie  de  médecine,  ont  ouvert  une  souscription  à 
laipielle  ils  seraient  heureux  de  vous  voir  participer,  l.e  graveur 
Prudhomme  a  bien  voulu  se  charger  de  l’exécution  de  cette  mé¬ 
daille.  Le  chiffre  de  la  cotisation  n  est  pas  limité  ;  à  tout  souscrip¬ 
teur  de  la  somme  de  vingt-cinq  francs  sera  remis  un  exemplaire 
de  la  médaille  offerte.  Les  cotisations  doivent  être  adressées, avec 
une  carte  de  visite,  à  MM.  J. -B.  Baillière  et  fils, rue  Hautefeuille, 
16.  La  souscription  sera  close  le  15  novembre  li'06. 


FORMÜLFS 

XLVII.  —  Contre  l’épilepsie. 

La  Revue  Médicale  de  Normandie  (page  184)  publie  la  forniuij 
suivante  ; 

Adonis  vernalis .  2  gr. 

Bromure  de  potassium .  7  gr.  ;0 

Codéine .  0  gr.  12 

Celte  formule  représente  par  cuillerée  à  bouche  : 

Adonis .  0  gr.  30  centig. 

Bromure  de  potassium .  1  gr.  15  — 

Codéine .  0  gr.  018  mmi 

En  en  prescrivant  de  4  à  8  cuillerées  à  bouche  par  jour, 
cela  fait  : 

Adonis,  de .  1  gr.  20  à  2  gr.  40 

Bromure,  de .  4  gr.  45  à  8  gr.  90 

Codéine,  de .  7  cent.  02  à  14  centig. 

(de  Bechterew.I 

La  dose  de  codéine  parait  élevée  (de  7  cent,  à  14),  alors  que 
le  maximum  habituel  est  de  5  centig.  par  jour.  Il  doit  s’agir 
d’accoutumance 

L’adonis  est  à  dose  no.-male,  mais  il  semble  que, dans  une 
telle  association,  ce  soit  la  codéine  et  le  bromure  qui  se  par¬ 
tagent  l’action. 

L’adonis  serait  un  auxiliaire  susceptible  de  régulariser  les 
battements  du  cœur,  d  augmenter  la  pression  artérielle  et  la 
diurèse. 


Actes  et  thèses  de  la  Faculté  de  Médecine  de  Paris. 


Thèses  de  iloctorat.  — Mercredi,  2  y  juin.  — M.  Le  borgne  :  Con- 
tribuUon  à  l'élude  des  symptômes  et  des  lésions  médullaires  de  la 
démence  précoce  (MM.  Urissaud,  Déjerine,  Roger,  LaunOîs).  —  .'/• 
Blondel  :  Les  aulo-mulilaleurs  (MM.  Déjerine,  Brissaud,  Roger. 
Launois).  —  M.  Tt  ém  ilicres  :  L'entéro-colile  muco-membranease 
(Etude  critique,  expérimentale  et  clinique)  (MM,  Roger,  Brissaud. 
Déjerine,  Launois). 

’eudi,  28  juin  -VJÙLJle  Alière  :  De  la  dvslrophie  congénitale  d» 
tissu  libro-élasliqudt (maladie  év,dulive)  (MM.  Guyon,  Cornil,  Ber- 
rs,  Jeanselme).  —  M.  Be  tltomi,r  :  Les  courants  de  haute  fré¬ 
quence  dans  les  dermatoses  dites  (autrefois)  dialhésiques.MM.Corail, 
Guyon,  Berger,  Jeanselme).  —  M.  Damiot  :  Conlribulion  à  l'cludf 
des  fractures  de  l’exlrémilé  supérieure  du  tibia  (MM.  Berger, 
con.  Cornil,  Jeanselme). —  M.  Bowgoix  :  La  consultation  de 
irrissons  à  la  maternité  de  Lariboisière  (MM.  Budin,  De  Laper- 
sonne,  Gilbert,  Carnot).  —  AI.  Delbarre  :  Elude  cliniquesur  le  Irai 
lement  opératoire  du  strabisme  concomitant  iiileriie(MM.  De  Laper- 
sonne,  Budin,  Gilbert,  Carnot).  —  AI.  Lover  :  De  l’acholie  pigmen¬ 
taire  chez  les  enfants  (MM.  Gilbert,  Budin,  De  Lapersonne,  Car¬ 
not.  —  AI.  Couppe  de  Lahongrais  :  Le  voisinage  du  chien.  Scs  dan¬ 
gers  (MM.  Gilbert,  Budin,  De  Lapersonne,  Carnot). 

Examens  de dcctorat.  —  Lundi,  25  juin.  —  5"(2' partie,  l"  sérif. 
H(ilel-Dieu)  :  MM,  Brissaud,  Teissier,  Legry.  —  5'  (2'  partir,  2* 
rie,  Hôlel-Dieu)  :  MM.  Gaucher,  Claude,  Ballhazard. 

Alardi,  26  juin.  —  5*  (2'  partie,  1”  série.  Charité)  :  MM.  Raymo®"' 
Thiroloix,  Diipré.  — 5' ('2' partie,  2' série.  Charité)  ;  MM.  Rol»®< 
-Méry,  Carnot. 

Alercredi,  2-]  juin.  —3'  (1"  parlie,  Oral,  Salle  Béclard):  M- ; 
Kirmisson,  Lepage,  Branca.  — 3’  (2-  partie,  Oral,  Salle  Brousai»)  • 
MM.  Blanchard,  Labbé  (Marcel),  Maeaigne.  — D  ^Sages  fcmnR> 
Salle  Bichel)  :  MM.  Bibemont-Dessaignes,  yVallich,  Boto®*'*' yo 
Jeudi,  28  juin.  — S*  2”  parlie,  !'•  série.  Oral,  Salle  Béclard):  ' 
Dieulafoy,  Renon.  Cuiart  — 3- (2'  partie,  i*  série.  Oral,  Salle 
visarl)  :  MM.  Hutincl.  Thiroloix,  Bezançon.  —  1"'  (Sages-femm 
!'•  série  Salle  Velpeau)  :  MM.  Pozzi,  Ribemonl-Dessaignes,  y? 
naire.  —  1"  (Sages-femmes,  2'  série.  Salle  Richet)  :  M.M.  P®’''' 
Bar,  Demelin.  ,. 

Vendredi,  2g  juin.  —  2'  (Sages-femmes,  Clinique  Baudclocq»*!' 
MM.  Pinard,  Ribeinont-Dessaignes,  XVallioli.  ,  m 

Samedi,  3o  juin.  —  5'  (2'  parlie, 1"  série,  Boaujon)  :  MM- 
nel,  Thiroloix,  Méry.  —  5*  (2*  parlie,  2'  série,  Beaiijon)  :  MM. 
lemesse.  Rénon,  Gougel.  —  5'  (2”  parlie,  3"  série,  Beaujon)  :  ■  ‘ 
Bobin  Janselme,  Bezançon.  —  2^  (Sages-femmes,  Clinique  ‘ 
r,  :  MM.  Budin,  Ribemont-Dessaignes,  Demelin. 


Monument  Nocarü.  —  Lv  cérémonie  d’inauguration  je 

monument  aura  lieu  à  l’Ecole  nationale  vétérinaire  d’A'*o  • 

dimanche  24  juin  1996  à  9  b.  12,  sous  la  présidence  de 
Ministre  de  l’agriculture.  — 


LE  l‘ROGnftS  MÉDICAL 


399 


NOUVELLES 


Natalité  de  Paris.  —  Du  dimanche  3  au  samedi  9  juin 
(ûflfi  les  naissances  O -it  ete  au  noraore  de  1101,  se  décomposant 
Ainsi  :  légitimes  815,  illégitimes  280. 

Mortalité  a  Paris.  —  Population  d’après  le  recensement  de 
l9Ül  :  1600.559  habitants.  Les  décès  ont  été  au  nomore  de  846, 
siToir:445  hommes  et  401  femmes.  Les  décès  sont  dus  aux 
causes  suivantes  :  Fièvre  typhoïde  (typhus  abdoflain.)  :  0.  — 
Typhus  exanthématique  ;  0.  —  Fièvre  intermittente  et  cachexie 
oaiustre  :  0-  —  Variole  :  0.  —  Rougeole  :  11.  —  Scarlatine  :  0. 
_  Coqueluche  :  6.  —  Diphtérie  et  Group  :  1.  —  Grippe  :  2. 
_  Choléra  asiatique  :  0.  —  Choléra  nostras  :  0.  —  Autres 
maladies  épidémiques  :  1.  —  Tuberculose  des  poumons  :  211.  — 
Tuberculose  des  méninges  :  23.  —  Autres  tuberculoses  :  9.  — 
Cancer  et  autres  tumeurs  malignes  :  57.  —  Méningite  simple  :  16. 
-Conge.stion  hémorrhagique  et  ramollissement  du  cerveau  :  52. 

—  Maladies  organiques  du  cœur  :  64.  —  Bronchite  aiguë  :  6. 

—  Bronchite  chronique  :  13.  —  Pneumonie  ;  28.  —  Autres  affec¬ 

tions  de  l'appareil  respiratoire  ;  68.  —  Affections  de  l’estomac 
icancerexc.)  :  3.—  Diarrhée  et  entérite  de  0  à  1  an  ;  sein  :  6  ;  au¬ 
tre  alimentation:  17.  —  Diarrhée  et  entérite  de  1  à2ans  :  1. —  Her¬ 
mès,  obstruction  intestinale  ;  10.  —  Cirrhose  du  foie  :  9.  —  Néphrite 
et  mai  de  Bright  :  30.  —  Tumeurs  non  cancéreuses  et  autres  ma¬ 
ladies  des  organes  génitaux  (femmes)  :  2.  —  Septicémie  puerpérale 
(lièvre,  péritonite,  phlébite  puerpérale)  :  4.  —  Autres  accidents 
puerpéraux  de  la  grossesse  et  ds  .’aeiouciie'nî  it  0.  —  Den  ire 

congénitale  et  vices  de  conformation  :  18. —  Dinuice  senili  ;  18 

—  Morts  violentes  :  32.  —  Suicides  :  6.  —  Antres  maladies  :  115. 

—  Maladies  inconnues  ou  mal  définies  :  13. 

Mort-nés  et  morts  avant  leur  inscription:  63,  qui  se  dé  com¬ 
posent  ainsi:  légitimes  48.  illégitimes  15 

Ecole  du  service  militaihe  de  Lyon.  —  Lescandidats  à  Té- 
cole  du  service  de  santé  militaire  sont  informés  que,  par  décision 
du  7  juin  1906,  le  ministre  de  la  guerre  à  fixé  à  cinquante  le  nom 
bre  des  élèves  à  admettre  à  ladite  école,  à  la  suite  du  concours 
de  1906,  sous  la  réserve  que  ceux  qui  n’auront  pas  accompli  l'an¬ 
née  de  service  prescrite  par  la  loi  du  5  mars  1905  passeront  un 
M  dans  un  corps  de  troupe  avant  leur  entrée  à  ladite  école.  Les 
élèves  démissionnaires  seront  remplacés  avant  l'ouverture  des 
cours  par  d'autres  élèves  pris  dans  l'ordre  de  la  liste  de  classe- 
ment  du  concours. 

Concours  de  l'Intern.at  en  Pharmacie.  —  Le  concours  vient 
de  se  terminer  par  les  nominations  suivantes  ;  M.\I.  Lhote,  Plie, 
Alliol,  Linarix,  Guillaumin,  Ciété,  Hamel,  Barbe,  Sommelet,  Saf- 
«r,  Drouilhet,  de  Saint  Stéban,  l^leury,  Navarre,  Le  Maitre,  Le- 
cronier,  Legoux,  Bertheaume,  Bégneux,  Rivière,  Rousselet  (Alb) 


Chédaille,  Saint-Paul,  Papet,  Rebour,  Detœuf,  Guilmin,  Lacroix, 
Martin,  Aug.  Chanterilli,  Bonnet,  Eschbaeli,  Leconte,  Fercocq, 
Lasne.  Hurbain,  Morel,  Debas.  Dubreuil,  Bailly.  Marchai,  Bonna- 
lous,  Voille,  Leluc,  Coudert,  Paris,  Montlaur,  Brossard,  Tixier, 
Bonvoisin,  Danchy,  Bondois,  Guilley,  Jouanne,  Pagenel,  Def- 
fins,  Allamagny,  Coulon,  Giraud,  Tigier,  Linet. 

Hôpitaux  d’Angers.  —  A  la  suite  du  concours  qui  vient  de  se 
tenir,  M.  René  Tesson,  ancien  interne  des  hôpitaux  de  Paris,  a 
été  nommé  chirurgien  des  hôpitaux  d’Angers. 

Boissons  ALCOOLIQUES  en  Afrique. —  A  la  Chambre  des  com¬ 
munes, sir  Edward  Grey,  ministre  des  affaires  étrangères, a  déclaré 
que  le  gouvernement  belge  avait  lancé  desinvitations  pour  une  nou¬ 
velle  conférence  internationale  au  sujet  du  comraierce  des  boissons 
alcooliques  en  Afrique,  et  que  l’on  espérait  que  cette  conférence 
pourra  se  réunir  dans  le  courant  de  l’automne. 

Corps  de  santé  militaire.  — •  [.es  médecins  principaux  de  P» 
classe  Reverchon,  hospice  Dijon,  affecté  Nice,  a  pas  rejoint,  dé¬ 
signé  pour  Besançjon  :  Bruant,  Besançon,  à  Nice. 

Lesraédecins  majors  de  P»  classe  Labroue,  3“  artillerie,  passe 
Saint-Etienne  ;  Courtois,  163“  inf.,  3“  artillerie  ;  Lebon,  12® 
inf.,  Marseille.  Les  médecins  majors  de  2“  classe  Barbiére,  pr 
drag.,  passe  163®  inf,  ;  Coste,  Oran,  au  53'  ;  Parant, 3®  huss.,  au 
t"  spahis,  Lesterlin,  13'  drag.,  au  1'  ;  Pignet  1"  spahis  Alger  ; 
Brice,  51®  inf..  maintenu  ;  Langlois,  56®,  au  3'  huss.  ;  Cassan, 
1 18'  au  88'  ;  Paul.  65'  inf.,  1()2'.  Les  médecins  aides-majors  de 
P®  classe  Ser,  de  Constantine,  au  1 18'  inf.,  Dargein,  Oran,  2' 
zouaves.  Les  médecins  aides-majors  de  2'  classe  Cazeneuve, 
d'Alger  à  Oran  ;  Rémy,  de  Constantine  aux  hôpitaux  division 
Constantine.  Pharmacien- major  de  P' classe  Guillot,  de  Cham¬ 
béry  à  Lyon.  Pharmacien-major  de  2'  classe  Sarthou,  de  Bor¬ 
deaux  à  Bastia.  Pharmacien  aide-major  de  P®  classe  Comte  Bas¬ 
tia,  à  Chambéry. 

Les  officiers  d’administration  de  1"  classe  'Valéry,  d’Oran  à 
Perpignan  ;  Grimel,  d’Oran  à  la  20' section  infirmiers.  Les  offi¬ 
ciers  d  administration  de  2' classe  Fage.  du  4' corps,  à  Tout  ;Gé- 
nevès,  Marseille  à  Troyes  ;  Ballet,  du  Mans,  à  direction  service 
santé 4'  corps  ;  Losparre,  de  Toul  à  Bordeaux. 

Corps  de  santé  coloni.al.  —  Sont  affectés  :  à  Madagascar, La- 
lage, médecin  principal  2'  cl.,  Hyères  ;  —  au  Congo,  Gaillard, 
médecin  aide  major  P®  cl.  21' inf.  col.  ;  Lassserre.  id.  3'  art. 
col.  ;  —  en  Afrique  occidentale,  Dubourcau,  médecin  aide  major 
2'  cl.,  24'  :  Quennoc,  id.  2®  ;  Pochoy,  id.  3'  ;  —  au  Tonkin,  Du¬ 
fresne,  médecin  aide-major  2'  cl.  5  inf.  col.  ;  —  en  France,  Ara- 
mi,  désigné  pour  Madagascar  ;  hôpital  d'Hyéres.Capus  ;  les  méde¬ 
cins  majors  de  P' cl.  ;  Pinard.  P'  art.  col.,  désigné  Afrique  ;  Le¬ 
gendre,  22'  inf.  col.  Hyères,  rentre  de  Madagascar  ;  Hotchkiss,  4' 
inf.  col.  Toulon,  attendu  de  Madagascar;  Roge,  21'  inf.  col.  Pa¬ 
ris,  du  2'  art.  col. 

Approbations  du  mutations  :  à  Madagascar,  hôpital  Tamatave 


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extrait  gastrique 

MONCOUR 

Hypopepsie 

L’«  sphérulines  dosées  à 

O  ST.  125 

4  à  i6  sphérulines  p'  jour 

EXTRAIT  HÉPATIQUE 
MONCOUR 

Maladie  du  Foie,  Diabète 
par  anhépatie 

En  sphérulines  dosées  à 

3o  cgr.  En  suppositoires 
dosés  a  3  ST. 

EXTRAIT  PANCRÉATIQUE 
MONCOUR 

Diabète 

par  hyperhépatie 

En  sphérulines  dosées  à 

20  egr^  En  suppositoires 

De  2  a  10  sphérulines  P'  jour 
De  I  à  2  suppositoires  . 

EXTRAIT  ENTERO- PANCREATIQUE 

MONCOUR 

Affections  intestinales 
Troubles  dyspeptiqjues 

En  sphérulines  dosées  à  25  cgr. 
De  là  4  sphérulines  p' jour 

extrait  de  bile 

MONCOUR 
Coliques  hépatiques 

J  ,  Lithiase 
‘ctere  par  rétention 
^'‘VhéruUnes  dosées  à 
toegr. 

^6  sphérulines  p^  jour 

EXTRAIT  RÉNAL 

MONCOUR 

Insuffisance  rénale 
Albuminurie 
Néphrites,  Urémie 

En  sphérutnes  dosées  à 

De  4  à  i6  sphérulines  p®  jour 

CORPS  thyroïde 
MONCOUR 

Myxœdème,  Obésité 
Arrêt  de  Croissance 
Fibromes 

En  bonbons  dosés  à  5  cer. 
En  sphérulines  dosées  a 

35  cgr. 

Del  1  4  bonbons  p'  jonr 
De  1  i  6  spliérulints  > 

POUDRE  OVARIENNE 
MONCOUR 

Aménorrhée 

Dysménorrhée,  Ménopause 
Neurasthénie  féminine 

En  sphérulines  dosées  à  2o  cgr. 
De  1  à  3  sphérulines  p'  jour 

EXTRAIT  INTESTINAL 
MONCOUR 


AUTRES  PRÉPARATIONS 
MONCOUR 

Extrait  de  muscle  lisse 
Extrait  de  muscle  strié 
Moelle  O- seuse,  Myocardine 


LE  PROGRES  MEDICAL 


Gouzien,  major  l”  cl.  ;  P'  cl.  ;  l'^tiraill.  malgach.  Maevatanana, 
Gastueil,  major  2=  cl.  ;  ambulance  Fort-Dauphin,  Le  Croignec, 
major  2*  cl.  ;  P'' tiraill.  malgach,  Fianarantsoa,  Grillât  aide-major 
P»  cl.  ;  médecin  inspecteur.  Ambrositia,  Montfort,  aide-major  P® 
cl.,  médecin  inspecteur  de  Tltasy,  Garnier,  aide  major  P'  cl.  ; 
pharmacien  chef  Tananarive.  Payen,  pharm.  maj.  P'  cl.  ;  —  à  la 
Nouvelle-Calédonie,  à  Nouméa,  Le  Roy,  médecin  aide-major  P“ 


Chambre  et  des  travaux  de  la  commission  sénatoriale.  Le  séna 
leur  des  Hautes-Pyrénées  se  livre  ensuite  à  une  appréciation  dej 


résultats  de  l'enquête  des  entrepreneurs  de  peinture,  puis  à  on 
étude  approfondie  des  causes  véritables  du  saturnisme  dû  à  h 
céruse:  il  traite  enfin  de  la  réglementation  à  l’étranger, de  lasobn. 
titution  du  blanc  de  zinc  au  blanc  de  céruse  et  de  la  question  des 


Autorisation  de  prolongation  de  séjour  en  Indo-Çhine  ;  Haueur 
major  P«  cl.  ambul.  Mytho  ;  Manaud,  aide  major  P'  cl.  ;  hôpital 
Hanoi  ;  Vergne,  serv.  vaccine  au  Laos  ;  Claverin.  pharm.  major- 
2®  cl .  hôpital  Quang-Yen. 

Convocation  dIj  personnel  de  santé  des  réserves.  —  Des 
circulaires  ministérielles  viennent  de  régler  ce  qui  concerne  l’ap¬ 
pel,  en  1906,  des  médecins  de  réserve  et  de  l’armée  territoriale, 
ainsi  que  des  officiers  d’administration  du  service  de  santé  desdites 
réserves. 

Seront  convoqués  :  Dans  la  réserve  (pour  des  périodes  de  qua¬ 
tre  semaines)  :  Médecins-majors  de  2®  classe,  10  ;  Médecins  aides- 
majors  de  P'  classe,  67  ;  Médecins  aides-majors  de  2®  classe,  432  ; 
Officiers  d’administration  de  2®  classe, 35;Offioiers  d’administration 
de  3®  classe,  140  ; 

Dans  l’armée  territoriale  [pour  des  périodes  de  deux  semaines); 
Médecins-majors  de  2®  classe,  29  ;  Médecins  aides-majors  de  P® 
classe,  216  ;  Médecins  aides-majors  de  2®  classe,  78  ;  Officiers 
d’administration  de  2®  classe,  100  ;  Officiers  d’administration  de  3“ 
classe,  55.  Suivent  les  prescriptions  de  détail  habituelles. 

Journalistique.  —  Notre  distingué  ami  et  collaborateur,  le 
D®  Lucien-Graux,  est  devenu, depuis  le  P®  juin,rédaoteur  en  chef 
de  la  Gaselte  des  Eaux,  dont  le  D®  Morice  reste  le  directeur. 
Nous  le  félicitons  vivement  et  le  remercions  de  continuer  au 
Progrès  Médical,  pour  l’hydrologie  et  la  climatologie,  son  excel¬ 
lente  collaboration.  —  N.  D.  L.  R. 


::rologie.  — Nous  avons  le  vif  regret  d’annoncer  la  mort 
3  de  34  ans, de  M.  le  D®Ch.  Chapotin,  ancien  interne  des 
hôpitaux  de  Paris.  Nous  l’avons  eu  comme  interne  provisoire  en 
1898  et  nous  n’avons  eu  qu’à  nous  louer  de  ses  services.  Noos 
avons  publié  ensemble  :  Un  cas  d’athétose  double  avec  mouve¬ 
ments  convulsifs  de  la  face  simulant  tes  tissus  convulsifs  (Compie 
rendu  de  1898,  p .  26)  ;  —  Relation  d’une  épidémie  de  fièvre  tr- 
phoïdeà  Bioêtre  (Ibid.,p.  100)  ;  —  De  l’éosinate  de  soude  dans 
le  traitement  de  l’épilepsie  et  des  accidents  qu’il  produit  (  Ibii 


1899)  ;  —  Travail  qui  lui  servit  à  inspirer  la  thèse  sur  le  mèmë 
sujet  de  Prime,  intitulée  :  «  Des  accidents  toxiques  par  l’éosinate  de 
sodium  »,  Paris  1900.  —  Chapotin  était  allé  s’installer  à  Lorient 
dont  la  municipalité  l’avait  chargé  d’un  cours  pour  les  infirmières. 
Nous  adressons  à  sa  famille,  si  douloureusement  éprouvée,  l’ex¬ 
pression  de  nas  sentiments  de  condoléances  les  plus  sympathiques. 
—  Nous  avcms encore  le  vif  regret  d’annoncer  la  mort  de  M.  lé 
D®  A.  JosiAs,  médecin  des  hôpitaux,  membre  de  l’Académie  de 
médecine,  officier  de  la  Légion  d’honneur,  qui  fut  longtemps  col¬ 
laborateur  du  Progrès  Médical. 


BULLETIN  BIBLIOGRAPHIQUE 


ii  ie  A.  Jf)AXAI.\ 
rue  de  Gondé. 


Le  blanc  de  céruse. —  La  commission  sénatoriale  des  com¬ 
posés  du  plomba  approuvé  le  rapport  de  M.Pédebidou,  qui  con¬ 
clut  à  l’adoption  du  texte  voté  par  la  Chambre,  c’est  à-dire  à  l’in¬ 
terdiction  de  l’emploi  du  blanc  de  céruse  et  de  l’huile  lithargire 
dans  tous  les  travaux  de  peinture  à  l’intérieur  des  bâtiments  et  à 
l’extension  possible  de  cette  interdiction,  par  un  règlement  d’ad¬ 
ministration  publique,  aux  travaux  à  l’extérieur.  Toutefois,  la  ma¬ 
jorité  de  la  commission  a  été  d’avis  qu’il  y  avait  lieu  d’accorder 
aux  fabricants  de  céruse  uns.  compensation  pécuniaire.  On  sait 
que  le  principe  de  l’indemnité  avait  été  écarté  par  la  Chambre,  en 
sorte  que  si  la  Haute  Assemblée  accepte  la  solution  que  lui  sou¬ 
met  sa  commission,  la  proposition  devra  retourner  au  Palais - 
Bourbon,  d’où  un  nouveau  retard  très  préjudiciable  à  l’hygiène  et 
à  la  santé  des  travailleurs. 

Le  rapport  de  M.  Pédebidou  comprend  une  centaine  de  pages  .■ 
il  débute  par  un  historique  très  complet  des  débats  engagés  à  la 


(F.)  —  Nouvelle  thérapeutique  des  plaies  et  uleératim 
•thermobalsamogéne  et  lacamphénine.  In-S®  de  24  pages. 
.  0  fr.  ’ÏG. 


Librairie  .MASSOA 
120,  boulevard  Saint-Geri 


RTiLLON  (J.).  —  Du  saturnisme  ;  de  la  forte  mortalité  des 
ers  qui  y  sont  exposés.  In-8“  de  27  pages.  Extrait  de  1» 
d’hygiène  et  de  police  sanitaire. 

os-Mayrevieille  (Gabriel).  —  L’administration  du  patri- 
3  des  pauvres.  Etude  historique  1  vol.  In-8®  de  114  pages. 


Librairie  J. -B.  BAILLIERE  et  flis 
19,  rue  Hautefeuille. 

iN(L.)  (Chirurgien  de  St-Lazare.)  —  La  Blennorragie  (For 
s  et  peu  connues)  1905.  In-8,  85  pages .  2  fr. 


^35. année.  3'  SÉRIE.  T.  XXII.  N"  2C»  BUREAUX  :  RUE  DBS  CARMES,  14  '  30  JUIN  1906 

Le  Progrès  Médical 


:  PÉDIATRIE  :  La  réalimentation  provisoire  par 
céréales  et  les  légumineuses  dans  les  gastro-entérites  des 
^urrissons.  par  Netter.  —  Chirurgie  biologique  :  Chirurgie 
ii  bhimosis,  par  Longuet.  —  Bulletin  :  Les  tramways  et  les 
Kcidents,  par  Rousselet.  —  Sociétés  Savantes  :  Académie 
ia  Sciences:  Production  expérimentale  de  variétés  transmissi¬ 
bles  da  bacille  de  la  tuberculose  et  de  vaccins  antituberculeux, 
par  Arloing  ;  Influence  du  chocolat  et  du  café  sur  l’acide  uri- 
^e,  par  Fauvel  ;  Influence  de  l’acide  phosphorique  sur  les 
échanges  nutritifs,  par  Desgrez  (c.  r.  de  Mme  Phisalix).  —  So- 
title  de  biologie  :  Régénérescence  de  la  moelle  chez  l’homme, 
par  Mannesco  et  Minea  ;  Masque  pigmentaire,  par  Gilbert  et 
al  Lereboullet  ;  Abcès  de  fixation,  par  Conor  ;  Patching  des 
artères,  par  Canel  et  Guthrie  (c.  r.  de  Mme  Edwards-Pilliet.) 
-Academie  de  Médecine  :  Anévrysmes  et  sérum  gélatiné,  par 
Lancereaux  ;  La  typhlocolite,  par  Reclus  ;  La  vaccination  en 
Guinée  française,  par  Kermorgant  ;  La  tuberoulophobie,  par 
Sevestre  (c.  r.  de  A.-F.  Plicque).  —  Société  Médicale  des  Hd- 
fitaux  :  Liquide  céphalo-rachidien  puriforme  et  aseptique  au 
cours  de  syphilis  médullaire,  intégrité  des  polynucléaires,  par 


AVIS  DIPORTAXT  A  AOS  ABONNÉS 


Widal,  Lemierreet  Boidin  ;  Hyperesthésies  douloureuses  dan.S 
la  convalescence  de  la  fièvre  typhoïde,  par  Renon  et  Tixier  ; 
Guérison  rapide  de  la  pleurésie  sèche  par  l’iodüre  dé  potassium, 
par  Jacquet  et  Lozoir  ;  Angor  pectoris,  par  Rist  ;  Stomatite 
mercurielle  après  injection  de  sels  insolubles  datant  de  cinq 
mois,  par  Ménétrier  (c.  r.  de  Friedel.)  —  Société  de  Médecine 
de  Paris  :  (c.  r.  de  Buret.)  —  Société  d'obstélrkfue  de  Pa?'is  : 
Difficulté  particulière  de  la  délivrance  artificielle  dans  un  utérus 
bicorne  à  corne  formant  un  diverticule  allongé,  par  Guéniot  ; 
Grossese  chez  une  femme  atteinte  d’anévrysme  de  la  crosse  de 
l’aorte,  par  Macéet  Monnier-Vinard  ;  Statistique  de  15  laparo¬ 
tomies  pour  gros.sesse  extra-utérine,  par  Macé  ;  Placenta  retenu 
longtemps  post  abortum  in  utero,  par  Tissier  ;  Un  cas  de  môle 
bématomateuse,  par  Mavgrier  ;  Vaste  hémorragie  méningée 
prise  pour  l’hydrocéphalie,  par  Devraigne  et  Cathala  (c.  r.  de 
Jeannin.)  —  Revue  d’hydrologie  et  de  climatologie.  — 
Bibliographie.., —  Pratique  thérapeutique.  —  Varia.  — 
Formules.  —  Actes  et  thèses  de  la  faculté  de  médècîne 
DE  Paris.  —  Nouvelles.  —  Chronique  des  hôpitaux. 


PÉDIATRIE 


Renouvellement  des  abonnements. 
L'échéance  du  i"  JUILLET  étant  rime  des 
Iflus  importantes  de  l'année,  et,  par  suite  de  V ap¬ 
plication  du  nouveau  règlement,  les  frais  de  re¬ 
couvrement  des  abonnements  par  là  poste  étant 
menus  très  onéreux,  nous  prions  instamment 
[•Oî  souscripteurs,  dont  V abonnement  expire  le  3o 
']dui,  de  nous  envoyer  Je  plus  tôt  possible  le  mon¬ 
gol  de  leur  renouvellement,  soit  DIX  FRANCS 
&r  la  FRANCE,  DOUZE  FRANCS,  pour 
flRANGER  et  SIX  FRANCS  pour  les 
^JUüIaNI  S.  Ils  pourront  nous  I  adresser  par 
^^tcrmédiaire  du  bureau  de  poste  de  leur  localité, 
î«i  leur  remettra  un  reçu  de  la  somme  versée 
J^s  prenons  à  notre  charge  les  frais  de  3  °/„pré- 
^spar  laposte)  oupar  une  valeur  à  vue  sur  Paris. 
Us  mandats  ou  valeurs  doivent  être  faits  au 

JnrÆ'  progrès  Médical  ou  de  m.  a. 

^f^ED,  administrateur, 
cbent  erreur,  nous  prions  épale- 

^éabf  cibonnés  de  joindre  à  leur  lettre  de 
et  à  toutes  leurs  réclamations  la 
•  -'-Uit  du  journal. 


•No  ^  auteurs  et  aux  EDITEURS 

'«Us  ^  les  Auteurs  et  Editeurs  que 

il  nous  sera  adressé  deux  exem- 
ex  annoncés  et  analysés  (s'il  y  a  lieu).  Un 
•Us  donne  droit  seulement  à  l’annonce. 

tBep  doivent  être  adressés  au  Rédacteur  en 

Carmes. 

Lta  pubi 

A®  l-'Wi.  -  Voici  la  composition 

5^’ P'ésidenl -,  MM.  J.  Siegfried,  Chanlc- 
«siJ^réLiA  A' T  Martin,  n/ce-pmidri/L  ;  .M.  de  Montri- 
«îj^^deat  fi^^ît'^ral  .  M  Domergue  trésorier.  51.  Oue  rel 
^ d’organisation,  dont  le  tecrétariat 
'  rue  de  Grignan  à  Marseille. 


.  iques.  (Marseille 
composition  du  bureau  de  ce 


La  réalimentation  provisoire  par  les  céréales  et 
les  .légumineuses  dans  les  gastro-entérites  des 
nourrissons  ; 


Par  le  D'  Louis  NETTER. 

On  sait  que  la  diète  hydrique  est  le  remède  unique 
et  souverain  de  la  gastro- entérite  des  nourrissons.  Em¬ 
ployée  pour  la  première  fois  par  Netter,  de  Strasbourg, 
en  1873,  et  par  Luton,  laissée  dans  l’oubli,  puis  remise 
en  honneur  par  M.  Marfan,  elle  a  donné  des  succès  si 
merveilleux  que  rien  ne  peut  et  ne  pourra  lui  être  subs¬ 
titué.  Mais  s’il  est  nécessaire  de  la  prolonger  pendant 
24  à  48  heures,  pour  enrayer  les  symptômes  alarmants 
des  diarrhées  infantiles,  on  ne  peut  sans  inconvénient 
en  continuer  l’usage  plus  longtemps  ;  on  procède  alors 
à  ce  qu’on  appelle  la  reprise  du  lait.  Parfois,  celle-ci 
s'accomplit  sans  incidents  :  l’infection  digestive  a  dis¬ 
paru,  grâce  au  traitement  hydrique,  le  retour  à  l’ali- 
menlati'  n  lactée  n’amène  pas  la  réapparition  des  symp¬ 
tômes  de  la  maladie  ;  la,courbe  du  poids  est  normale. 

Malheureusement,  dans  un  grand  nombre  de  cas,  les 
faits  ne  se  passent  pas  aussi  favorablement  ;  on  voit 
reparaître,  à  la  reprise  du  lait,  la  diarrhée,  les  vomis¬ 
sements,  la  fièvre,  l’abaissement  de  la  courbe  de  poids, 
en  un  mol, les  mêmes  signes  graves  qui  avaient  précé¬ 
demment  nécessité  le  régime  hydrique.  Chez  ces 
nourrissons,  il  faut  alors  recourir  de  nouveau  à 
l’emploi  de  l’eau  pure,  et  ce  à  plusieurs  reprises  :  on 
traite  chez  eux  la  gastro-entérite  par  des  diètes  hydri¬ 
ques  à  répétition. 

Dans  ces  dernières  années,  on  a  voulu  étudier  ces 
faits  de  plus  près,  et  on  a  vu  que  certains  nourrissons 
Ayspcpôcines  étaient  imapabhs  de  digérer  le  lait  pen¬ 
dant  un  temps  plus  ou  moins  long.  Ne  pouvant  leur 
donner  uniquement  de  l’eau,  il  fallait  s’adressera  une 
aulre  alimentation.  A  la  suite  de  divers  travaux 
scientifiques  et  cliniques,  on  est  arrivé  à  cette  concep¬ 
tion  que  la  seule  alimentation  bien  supportée  par  les 
jeunes  enfants  dyspeptiques  pendant  la  péi  iode  de  tran¬ 
sition  entre  la  diète  hydrique  et  la  reprise  du  lait, 
était  ralimeiilalion  par  les  bouillies  de  céréales  et  de 
légumineuses.  En  effet,  sous  l’influence  d’une  alimen- 


402 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


talion  hydrocarbonéc,  les  fermentations  intestinales 
diminuent  considérablement,  ainsi  que  le  prouve 
l’abaissement  du  taux  des  sulfo-éthers  dans  les  urines. 
Cela  résulte  des  recherches  de  Poehl,  Hirscliler,  Win- 
ternitz,  Mesler  et  surtout  de  Combe,  de  Lausanne,  et 
de  Heubner. 

En  1895,  Heubner  est  le  premier  qui  traite  méthodi¬ 
quement  les  gastro-entérites  par  les  farineux  ;  il  donne 
une  bouillie  deriz.  Mais  bien  avant  lui,  l’empirisme  avait 
constaté  les  bons  effets  des  décoctions  végétales  dans  cès 
maladies  :  Hippocrate,  Celse  et,  plus  près  de  nous  Sy¬ 
denham,  dont  la  décoction  blanche  est  encore  en  fa¬ 
veur,  avaient  connu  ce  traitement  ;  seul  son  emploi 
scientifique  est  de  date  récente.  Après  Heubner,  Czer- 
ny  et  Keller,  Gregor,  recommandent  la  soupe  de  Malt 
(Malzuppe).  En  France,  les  céréales  sont  bientôt  re¬ 
préconisés  par  Bordes,  Marfan,  Ripart  dans  sa  thèse, 
Méry,  Lesage,  Sevestre  et  Démarqué,  Terrien,  Comby. 

Une  autre  préparation,  le  babeurre  ou  lait  de  beurre, 
additionné  de  farine,  est  mise  en  honneur  par  le  Hol¬ 
landais  de  Jager,  en  1895,  puis,  par  Teixeira  de  Mat- 
tos,  Heubner,  Baginsky,  Jacobson,  Ârraga,  Cardama- 
tis,  Decherf,  Pinto,  de  Lisbonne,  Méry  et  Guillemot, 
Graanboom. 

Nous  passerons  en  revue  les  quatre  bouillies  les  plus 
connues  et  nous  en  donnerons  le  mode  d’emploi  et  la 
préparation.  Ces  quatre  bouillies  sont  les  suivantes  : 
le  babeurre  ;  le  bouillon  de  légumes  de  Méry  ;  la  dé¬ 
coction  végétale  de  Comby  ;  la  soupe  de  malt  (procédé 
Terrien). 

Le  ôaôewrrg  est  le  petit  lait  qui  reste  après  la  fer¬ 
mentation  et  le  barattage  de  la  crème.  Le  meilleur  pro¬ 
cédé  de  préparation  est  celui  proposé  par  Jacobson  : 
Laisser  le  lait  frais  24  heures  dans  une  pièce  à  18°,  20°, 
enfermé  dans  un  vase  propre  et  couvert,  qu’on  agitera 
une  ou  deux  fois  dans  la  journée.  On  peut,  pour  favori¬ 
ser  l’acidification  du  lait,  l’ensemencer  avec  une  cuil¬ 
lerée  de  lait  aigri  de  la  veille. 

Au  boutde24  heures,  baratter  lelaitpour  en  séparer 
le  beurre  (30  à 40  minutes).  Le  babeurre  obtenu  ainsi 
ne  doit  pas  être  employé  cru  ;  après  l’avoir  addition¬ 
né  d’une  cuillerée  à  soupe  par  litre  de  farine  [blé,  riz, 
maïs  ou  autre),  on  le  fait  bouillir  lentement,  en  agitant 
sans  cesse  ;  au  bout  de  5  à6  minutes  environ,  on  ajoute 
80grammes  de  sucre  et  on  retire  du  feu  ;  le  babeurre 
est  alors  prêt  à  être  consommé.  On  le  donne  aux  nour¬ 
rissons,  soit  au  biberon,  soit  à  la  cuiller,  en  quantité 
égale  à  celle  du  lait  que  l’enfant  doit  prendre  norma¬ 
lement.  Ce  médicament-aliment  possède  un  goût  non 
désagréable  acide;  il  est  riche  en  substances  albumi - 
noïdes,  en  sucre  et  en  amidon,  mais  très  pauvre  en 
matières  grasses.  Il  a  l’inconvénient  d'être  d'une  pré¬ 
paration  longue  et  délicate.  Aussi  le  Graanboom 
a-t-il  proposé  d’employer  le  babeurre  condensé,  mis  en 
boîtes  de  conserve.  Il  aurait  obtenu  avec  cette  prépara¬ 
tion  d’excellents  résultats.  D’après  les  auteurs  qui  ont 
employé  le  babeurre,  en  le  donnant  à  des  nourrissons 
malades  depuis  l’âge  de  15  jours  jusqu’à  celui  de  18 
mois,  on  aurait  obtenu  des  succès  in  liscutables  dans 
le  traitement  des  gastro-entérites,  subaiguës  ou  chro¬ 
niques,  dans  les  dyspepsies  du  sevrage,  et  surtout  dans 
les  dyèepsies  par  excès  de  matières  grasses. 

Il  agirait  surtout  contre  la  diarrhée  et  les  vomisse¬ 
ments.  Mais  on  aurait  tort  de  considérer  le  babeurre 
comme  une  panacée  universelle  :  certains  nourrissons, 
surtout  les  plus  jeunes,  le  supportent  mal  ;  en  tous  cas 
son  usage  ne  doit  pas  être  prolongé  outre  mesure;  pe¬ 
tit  à  petit,  on  doit  revenir  à  l’alimentation  lactée. 


Mais  le  type  le  plus  parfait  de  régime  préparatoifti 
la  reprise  du  lait  dans  la  convalescence  des  gastroJ^ 
térites,  c’est  la  bouillie  au  bouillon  de  légumes  deM 
ry  ;  à  cet  auteur  revient  l’honneur  de  l’avoir  emploi 
pour  la  première  fois  en  1903.  Avant  celle  époquo, 
admettait  que  le  tube  digestif  des  jeunesnourrissons| 

pouvait  digérer  les  féculents,  sous  le  prétexte  qpo 
ne  trouvait  que  des  quantités  infimes  de  ptyaline  » 
d’amytopsine  dans  le  suc  des  glandes  du  lube(li»{s 
tif,  on  croyait  que  les  féculents  ne  pouvaient  être 
rés  et  absorbés.  Celte  erreur  était  si  bien  admiseq*; 
dans  bien  des  services  hospitaliers,  les  mères  qui d» 
naient  des  bouillies  avant  l’âge  d’un  an  étaient  sem» 
cées  d’importance  !  Il  a  fallu  que  Pawlow  montrât  a 
périmentalement  que  les  glandes  digestives  adapta 
leur  fonctionnement  à  lanaturede  l’aliment  qu'onla 
fournit  pour  dissiper  ces  préventions  erronées. i 
l’heure  actuelle,  il  est  bien  démontré  que  lorsqu’i 
donne  des  féculents  à  un  nourrisson,  son  paneras  et  a 
glandes  digestives  se  mettent  à  sécréterde  la  diast» 

Parlant  de  ces  idées,  Méry  essaya  son  bouillon  deli 
gumes  etobtintde  merveilleux  résultats.  Voici  de  qudi 
manière  il  doit  être  préparé  : 

On  met  pour  un  litre  d’eau  : 


Carottes . | 

Pommes  de  terre . ) 

Navets . ( 

Pois  ou  haricots  secs . i 


ââ  60  gr. 
ââ  25  gr 


Faire  bouillir  pendant  4  heures  dans  une  maroù 
couverte;  ajouter  après  la  cuisson  5  grammes  de  i 
par  litre  de  bouillon.  Ce  bouillon  doit  être  préparétu 
les  jours  et  employé  frais  ;  on  peut  l’utiliser  à  la  pli 
de  lait,  pour  faire  des  bouillies  aux  farines  (crèmei 
riz  de  préférence,  1  cuillerée'  à  café  pour  100  gr.l 
bouillon). 

On  peut  donner  ce  bouillon  tel  qu’il  est,  ou  addiM 
né  de  farine,  à  des  nourrissons  de  tout  âge  (de  18  jn 
à  18  mois);  on  peut  en  prolonger  l’usage  pendant* 
semaine  après  la  diète  hydrique.  L’effet  est  rapiden» 
manifeste,  l’enfant  bénéficie  d’une  augmentation  w 
sidérable  de  poids,  due  à  la  réhydratation  des 
l’influence  du  chlorure  de  sodium,  ainsi  que  cela 
sort  des  travaux  de  Widalsurla  rétention  chloro 
Lorsqu’il  faudra  revenir  au  régime  du  lait,  on  ^ 
mencera  par  employer  le  lait  humanisé  de  Ba» 
n°  1,  ou  encore  le  képhir  n°2  ;  souvent,  à  ce  moin 
le  babeuiTe  est  bien  toléré.  ^ 

La  décoction  végétale  de  M.  Comby  est  une 
ration  voisine  du  bouilion  de  légumes  :  on  pre“  ^ 
lies  égales,  soit  une  cuillerée  à  soupe  (30 
de  trois  céréales,  blé,  orge,  maïs  et  de  trois légu®( 
ses,  lentille,  haricot  blanc  et  pois  secs. 
cuisson  plus  facile,  on  concasse  le  maïs; 
bouillir  pendant  trois  heures,  dans  trois 
avec  addition  de  20  grammes  de  sel  marin:  pa’’ 
tion,  le  toutse  réduit  à  un  litre  environ, 
on  fait  un  petit  potage  en  ajoutant  une  yjJ 
soupe  de  farine  de  riz,  orge,  avoine  ou  blé  P®  i 
grammes  de  bouillon  végétal  ;  ne  pas 
bouillon  plus  de  24  heures.  On  donne  ce  P*’ 
nourrissons,  soit  comme  nourriture  unique,  so 
me  complément  de  l’allaitement  artificiel, 
l’allaitement  naturel  dans  quelques  cas. 

Cette  préparation  jouit  d’un  rôle  réhydrata» 
plus  énergique  qne  le  bouillon  de  Méry  ;  ej'® 
plus  de  phosphates  et  de  sulfates,  elle  est 
matières  hydrocarhonées  et  en  albumines  ^  r 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


403 


ations  diffèrent  peu  de  celles  du  bouillon  de 

^\ous  avons  dit  précédemment  que  les  nourrissons 
j^praient  plus  facilement  qu’on  ne  le  pense  les  subs- 
^es  amylacées.  Nous  avons  vu  également  que  les 
idrocarbures jouissaient  d’un  pouvoir  antiputride  con- 
Lrable  vis-à-vis  des  fermentations  intestinales.  On 
iLientdes  résultats  encore  meilleurs  lorsqu’on  admi- 
!^<lre  au  nourrisson  des  corps  hydrocarbonés  qui  ont 
i subi  déjà  un  commencement  A' action  diastasique.  Les 
Jiastases  se  comportent  à  l’égard  de  l’amidon  de  la  fa- 
^.on  suivante  : 

■  solubilisent  1  empois  d  amidon. 

2»  Elles  le  sacchari fient. 

L’expérience  a  démontré  qu’en  donnant  aux  nourris¬ 
sons  des  bouillies  dans  lesquelles  l’amidon  a  subi  la 
[première  de  ces  transformations,  et  celle-là  seulement, 
ionobtenait,  dans  le  Iraitement  des  gastro-entérites,  des 
isBCcès  très  réels.  Il  faut  donc  employer  dans  ces  cir¬ 
constances,  des  bouillies  diastasées  avec  du  malt  brut, 
[susceptible  de  solubiliser  l’amidon  sans  le  sacchari- 
i  if r.  On  arrive  à  ce  résultat  avec  le  procédé  employé 
parM.  E.  Terrien,  depuis  1905.  La  soupe  de  Malt, 
iptéparéepar  ce  dernier  auteur,  diffère  un  peu  du  pro- 

I  cédé  de  Relier  (1899)  et  de'celui  de  Sevestre  et  Demar- 
i^iie(1904). 

Dans  le  procédé  de  Relier,  on  ajoute  à  un  mélangé 
deàOgrammes  de  farine,  de  1/3  de  litre  de  lait  cl  de 
SSde  litre  d’eau,  100  grammes  d’extrait  de  malt.  On 
chauflc  et  fait  cuire  quelques  minutes  en  agitant  cons- 
,  hmment. 

Sevestre  et  Démarqué  préparent  la  soupe  de  malt  de 

II  façon  suivante  :  1/3  de  litre  de  lait,  2/3  d’eau,  120  gr. 
.df  farine  sont  portés  à  l’ébullition  ;  on  laisse  refroidir  à 
'Iff,  puis  on  ajoute  une  cuillerée  à  café  de  malt,  qui 
*?it  à  des  températures  variables  au  dessous  de  70°. 

D  après  Terrien,  ces  bouillies  sont  saccharifiées,  car 
«malt  saccharifie  l’amidon  à  basse  température,  tandis 
l'ià  80°,  il  le  liquéfie  sans  le  transformer  en  maltose. 
bfs  bouillies  trop  maltosécs  donnent  des  résultats 
médiocres,  tandis  que  celles  dans  lesquelles  l’amidon 
seulement  liquéfié  sont  très  efficaces. 

'oici  la  technique  de  Terrien  : 
préparer  une  infusion  de  malt  brut  très  frais,  entre 
lii  faire  ensuite  une  bouillie  avec  1/3  de 

re  de  lait,  2/3  d’eau  et  70  à  80  gr.  de  crème  de  riz; 
bouillir  1/4  d’heuie.  Opérer  ensuite  le  maltosage 
J  *  ®®péralure  de  80»  avec  l’infusion  de  malt  précé- 
®ment  préparée. 

soupes  de  malt  sont  indiquées,  comme  régime  de 
^sillon  après  la  diète  hydrique  et  surtout  après  les 
•Iva  d  végétales.  Il  ne  faut  pas  les  employer  quand 
^'iat  surajoutées  aux  troubles  digestifs, 

soDji  ®^dance  aux  vomissements  ou  chez  les  nourris- 
pljgi''’®®  jeunes  (avant  4  mois).  On  peut  les  donner 
d’onef'^*  ®®Qiaines  aux  mêmes  doses  que  le  lait,  ou 
li^î  n  mixte,  associées  au  lait  pur  ou  à  des  bouil- 
^^^iastasées. 


GREMY  médicament  spécifi- 
bepg  ®  f^toux,  spécialement  de  la  toux  des  tu- 


^dcs  J.vpoN.  —  Le  secrétaire  perpétuel  de  l’Acadé- 

ptie  de  y.®"®®®  donué  lecture  d  une  lettre  émanant  de  l’Aca- 
^  qui  est  échu  cette  année  le  rôle  directeur  dans 
annonçant  que  le 
à  être  inscrit  au  nombre  des  adhérents  de  cette 
•  Une  académie  vient  donc  être  fondée  au  Japon. 


CHIRURGIE  BIOLOGIQUE 

Chirurgie  du  phimosis  [Suite  et  fin) -, 

Parle  L.  LONGUET  (de  Rouen)  (1). 

§  III.  Parallèle  entre  les  deux  chirurgies. 

Par  son  triple  résultat  thérapeutique  ou  curatif,  or- 
thomorphique  ou  esthétique,  fonctionnel  ou  physiolo¬ 
gique,  la  chirurgie  radicale  d’amputation  constitue  le 
traitementde  choix  du  phimosis.  Equivalente  à  la  chi¬ 
rurgie  biologi  [uedite  du  débridement,  sous  !e  rapport 
de  la  valeur  c  irative,  elle  l’emporte  sur  sa  rivale  au 
point  de  vue  esthétique  et  fonctionnel.  Car  au  point  de 
vue  esthétique,  le  débridement  crée  une  disposition  dis¬ 
gracieuse  en  ((  pied  de  biche  »  ou  «  oreilles  de  chien  » 
quand  il  est  exécuté  parla  fente  dorsale,  en  «  capuchon  » 
ou  «  eu  casque  »  (Ricord),  quand  il  consiste  en  une  fente 
latérale  ou  inférieure.  Aupointde  vue  fonctionnel,  le 
débridement  pèche  en  ce  fait  que  les  lambeaux  laissés 
en  place  s’œdématient,  s’enflamment,  s’indurent  cau¬ 
sant  de  la  douleur,  de  la  gêne  dans  la  miction  et  le  coït. 
Telle  est  la  formule  classique  érigée  en  dogme  tradi¬ 
tionnel  vigoureusement  défendu  à  toutes  les  époques, 
en  particulierauXIX'  siècle.  Ma  manière  de  voir  se  con¬ 
dense  précisément  dans  la  formule  inverse  :  La  chi¬ 
rurgie  biologique  est  ici  la  meilleure  ;  en  voici  la  dé¬ 
monstration  : 

Pointde  contestation  sur  Y  argument  curatif.  Le  but 
est  atteint  par  les  deux  chirurgies;  celle  de  l’incision 
comme  celle  de  l’excision  suppriment  définitivement 
l’obstacle,  et  avec  lui  les  complications  qu’il  engendre  : 
balanites  et  lithiase  préputiale  (nombreux  cas  guéris 
par  l’opération)  — hernie  par  effort  (Peraire  1  cas)  —  fis¬ 
tule  périnéo-scrotale  (.\mat,  1  cas) — rétention  d’urine 
sous-préputiale,  vésicale  (exemple,  1  cas  de  Kermogant- 
Vassal,  1905),  rénale  —  incontinence  d’urine  (Forné,  4 
cas  ;  Reclus,  7  cas  ;  Loumeau,  1  cas  ,  Roseubery,  1  cas  ; 
John  W.  S.  Cullough,  1  cas  ;  Brault  2  cas  ;  d’après  mon 
relevé)  — troubles  nerveux  divers,  convulsions,  épilep¬ 
sie  (Fleury,  23  cas  sur 27)  ;  dyspepsie  et  insomnie  (John 
W.  S.  Cullough  1  cas).  Je  remarque  même  que  tous  ces 
beaux  succès  sont  jusqu’ici  à  mettre  à  l’actif  de  la  cure 
par  amputation.  Mais  si  la  cure  biologique  trop  discré¬ 
ditée,  n’en  a  point  autant  dans  ses  colonnes,  c’est  pré¬ 
cisément  parce  qu’elle  est  systématiquement  délaissée, 
très  rarement,  très  incorrectement  exécutée.  Or  puis¬ 
qu’elle  aussi  lève  l’obstable,  cause  unique  des  com¬ 
plications,  il  s’en  suit  qu’elle  guérira  également  ces 
complications  quand  on  s’adressera  à  elle.  Ceci  dit,  la 
différence  qualitative  porte  exclusivement  sur  deux 
points  :  la  valeur  esthétique  et  la  valeur  fonction¬ 
nelle. 

A)  h' argument  esthétique  se  résume  en  un  mot  :  Les 
prépuces  excisés  ont  un  bel  aspect  ;  les  prépuces  inci¬ 
sés  sont  anesthétiques.  Or,  à  ce  pointde  vue,  je  com¬ 
mence  par  contester  formellement  cette  revendication 
en  faveur  de.  la  posthectomie  de  l’espèce  CMfando-mi<- 
à  la  Ravaton  ;  c’est-à-dire  des  ampu¬ 
tations  de  la  première  méthode.  La  suppression  complète 
du  prépuce  crée  une  difformité  fort  disgracieuse.  La 
peau  trop  courte  peu  à  peu  renverse  le  gland  en  arrière 
pendant  l’érection  et  cette  incurvation  atteint  son  pa¬ 
roxysme  quand  le  frein  est  excisé  en  môme  temps  que 
le  phimosis. 


(1)  Voir  Progrès  Médical,  n”  23  et  25,  9  el  23  juin  1900. 


404 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


Passons  à  V amputation  cutanéo-muqueuse  partielle 
deLisfranc.  Eh  bien  !  son  résultat  morphiqne  est  loin 
d'être  parlait,  même  dans  les  meilleures  réussites. 
Elle  laisse  très  fréquemment  un  «  jabot  »  par  infiltra¬ 
tion  sérosanguine  des  zones  préputiales  déclives.  Pour 
atténuer  la  portée  de  cette  difformité,  les  postbectomis- 
tes  nous  disent  :  De  ce  jabot  n’ayez  cure  ;  il  disparaît  à 
la  longue  ;  il  se  dissipe  progressivement.  —  «Mais,  ré¬ 
pond  Brault,  vous  avancez  que  ce  jabot  est  provisoire  ; 
en  réalité,  il  dure  longtemps  ;  c’est  pendantdes  mois  que 
le  pénis  conserve  sa  collerette  indurée,  »  Et  puis  bonne 
compte  plus  les  cas  où  l'opération  parliel le  est  mal  exé¬ 
cutée.  Dès  1856,  Nélaton  (1)  racontait  l’histoire  d’un 
jeune  sujet  circoncis  depuis  11  jours,  chez  qui  le  gland 
demeurait  découvert.  Au-dessous  de  sa  base, 'on  voyait 
un  large  repli  muqueux,  puis  une  surface  de  plusieurs 
centimètres  entièrement  dénudée  etsuppurante  à  partir 
du  rebord  muqueux  jusqu  à  la  section  cutanée.  Til- 
laux  (2)  vit  un  homme  dont  l’extrémité  du  gland  avait 
été  retranchée  en  même  temps  que  le  prépuce.  lien 
était  résulté  une  déformation  curieuse  :  la  peau  du  pré¬ 
puce  et  la  muqueuse  de  l’urèthre  s’étaient  soudées  en¬ 
semble  de  telle  sorte  que  la  verge  se  terminait  par  un 
petit  cône,  au  sommet  duquel  débouchait  l’orifice  très 
rétréci  du  canal.  J’ai  observé  en  1894  un  cas  où  la  peau 
coupée  trop  courte  et  la  muqueuse  coupée  trop  longue 
s’étaient  réunies  à  distance  par  une  bague  detissu  cica¬ 
triciel  rétractile  de  1  cm.  de  haut  sur  2  cm.  1/2  de  lar¬ 
geur.  Bernheim  [k.)  (3)  en  1902,  rapporte  un  fait  de  cir¬ 
concision  où  lapean  seule  avait  été  réséquée,  laissant  à 
distance  la  muqueuse  intacte.  Ces  fâcheux  exemples 
dira-t-on,  plaident  seulement  contre  l’amputation  par¬ 
tielle  en  un  temps,  «  par  guillotine  ».  Déjà  Bouisson 
avait,  en  1885,  jeté  sur  celte  dernière,comme  sur  tous  les 
posthétomes,  un  certain  discrédit,  et  Brault,  plus  récem¬ 
ment,  déclarait  avec  raison  qu’il  est  inutile,  de  s'évertuer 
à  vouloir  couper  la  peau  et  la  muqueuse  d’un  seul  coup. 
Mieux  vaut  posthectomiser  en  trois  ou  quatre  temps. 
Oui,  mais  alors  l’opération  devient  singulièrement  plus 
longue,  plus  douloureuse,  exige  une  anesthésie  géné¬ 
rale,  la  locale  ne  pouvant  être  répartie  sur  les  traits  de 
sections  multiples,  différents,  divergents,  alternative¬ 
ment  longitudinaux  et  circulaires. 

Avec  Y  amputation  muqueuse  suMotale  de  Dieffen- 
baclî,  l’avantage  esthétique  semble  en  faveur  de  la  cure 
d’éxérèse  sur  lacure  par  incision.  On  ne  peut  nier,  en 
effet,  que  la  fente  dorsale  de  J.-L.  Petit  laisse  deux 
«  oreilles  »  latérales  en  pied  de  biche  fort  disgracieuses, 
que  la  fente  latérale  ou  inférieure  ne  crée  un  «capuchon- 
casque  »  (Ricord).  Mais  je  suis  le  premier  à  rejeter  la  mé¬ 
thode  cutanéo-muqueuse  de  J.-L.  Petit  avec  ses  varian¬ 
tes.  Or  avec  ma  méthode  posthétomique  plastique  niu- 
queuse  subtotale,  il  n’y  a  pas  trace  de  difformité  de  ce 
genre.  Le  résultat  orthomorphique  plaide,  au  contraire, 
pour  elle:le  prépuce  est  rectifié  tout  en  conservant  ses  di¬ 
mensions, son  étoffe,  à  laquelle  l’on  donne  l’ampleur  qui 
lui  manque  avec  une  forme  absolument  correcte  pour  le 
recouvrement  du  gland. Voyons  le  deuxième  argument  ; 

B)  \Y argument  fonctionnel  est  celui-ci  :  L’amputa¬ 
tion  donne  toute  satisfaction  physiologique  au  point  de 
vue  de  la  miction,  de  l’éjaculation,  de  l’indolence.  Eh 
bien  !  pareille  affirmation  est  erronée  en  ce  qui  concerne 
l’amputation  cutanéo-muqueuse  sub-totale  à  la  Bava- 

(1)  Xélaton.  —  Cliniques  do  1856. 

12)  Tit.i.AOX.  —  Anatomie  topographique,  p.  897,2*  édition. 

(3)  Beuîîheim  (A  ).  —  Bulletin  de  la  Société  anatomique,  1902. 


ton.  C’est  bien  à  elle  que  convient  le  qualificatif (i„B 
physiologique.  *** 

jPour  si  effacé  que  soit  le  rôle  de  protection  i 
mittentedu  prépuce,  ce  rôle  n’en  existe  pas  moins 
primer  complètement  cet  opercule  est  une  conduitei 
tionnelle.  Felizet  l’a  fort  bien  dit  :  après  la  posth 
mie  radicale,  le  gland  se  kératinise,  prend  une  i 
bilité  générale  obtuse,  perd  sa  sensibilité  spéciale 
à-dire  génitale,  devient  le  siège  de  sensations  doul 
reuses  dues  au  frottement  des  vêtements.  Fille  de 
précédente,  l’amputation  partielle  n’hérite  qu’en 
tie  des  mômes  reproches.  Mais  trop  souvent  enenrê, 
gland  demeure  constamment  découvert  après  l’héi 
posthectomie  cutanéo.-muqueuse.  Que  de  fois  l’o 
teur  n’avoue-t-il  pas  qu’il  a  enlevé  malgré  lui  plus 
peau  qu’il  ne  convient  pour  protéger  le  gland  !  Doi 
maintenant  négliger  complètement  les  nombreux 
dents  septiques  de  la  circoncision  observés  menu 
puis  l’ère  antiseptique.  Je  vois  par  exemple  parmi 
méfaits  de  1  excision  avoués  en  ces  temps  derniers 
endocardite  (Czerny)  .1),  des  phlegmons,  (Levîen 
la  gangrène  du  pénis,  (Brothers)  (3),  liste  àlaquellej 
jouté  un  casde  tétanos  probablement  dû  à  l'empl  ’ 
catgut,  cas  dont  la  relation  m’a  été  confiée  .  Et  ces 
dents  hémorragiques,  ces  hématomes  delà  verge 
abrasion  du  gland,  du  frein,  de  ladorsale  du  pénisdi 
Son  segment  tronculaire  !  Voilà  une  complication 
sous  l’excuse  «  hémophilie  »,  vient  assez  souvent! 
cir  les  statistiques  un  peu  étendues  (4),  malgré  l’hé 
tasie  par  forcipressure,  suivie  de  ligature  ou  de  U 
des  vaisseaux  (5). 

Quel  contraste,  en  somme,  avec  la  méthode  posi 
tomo-postheplasique.Or,  celle-ci  ne  pèche  en  sesi 
tats  ni  par  la  forme,  ni  par  la  fonction.  Reconnaii 
qu’elle  est  d’un  manuel  opératoire  beaucoup  pi 
simple  que  la  plus  simple  des  excisions  —  d’une  i 
d’exécution  plus  courte  qu’aucune  posthectomie 
d’une  rapidité  de  guérison  (6  ou  8  jours)  plus  grande 


les  phiinectomies  (15  jours  en  moyenne) - 


fèreune  entière  protection  du  gland  dont  elle  a 
cependant  la  découverte.  Pas  d’hémorragie  à  redou 
—  pas  de  calcul  compliqué  à  établir  dans  l’étendue  de 
section  —  pas  d'instrumentation  spéciale  ; 
pince,  des  ciseaux,  une  aiguille,  du  fil.  Pasde  dim 

tés  pour  l’anesthésie  locale  suivant  une  seule  raie 

droite  antéro-postérieure.  Aussi, terminant  cette  di 
sion  en  renversant  l’aphorisme  par  lequel  elle  de 
nous  dirons;  Par  un  triple  résultat  thérapeu  tiquer 
ratif,  orthomorphique  ou  esthétique,  fonctionne 
physiologique,  la  chirurgie  biologique  sous  la  for® 
posthetomie-postheplastique  subtotale  subtue® 
constitue  le  traitementde  choix  du  phimosis.  A  ^ 
vale  laissons  seulement  quelques  indications  frèse 
tionnelles  ;  ainsi  certains  phimosis  réellement 

trophiés  par  transformation  éléphantiasique  ou 

ration  pseudo-cartilagineuse. 


(1)  Czerny.  —  Kndocardileàla  suite  de  la  cireoncision.r 
àicin.  Wochenschrift  1891. 

{2}  Levîen.  —  Sur  Hs  dangers  d’une  chirurgie  malpropre 
circoncision.  Med.  Record.  30  janvier  1897.  .  .11^ 

(3;  Hrotheus.  —  Cn  cas  de  gangrène  après  circoncis' 
Record,  30  janvier  1897. 

(4)  Comme  curiosité,  je  relève  la  pignic.plation  de  1"  ' 

un  nègre  après  circoncision  :  Cas  de  Sh.vttock  :  T-o»»'’ 
Society,  l'*  décembre  1891.  1^,  ^ 

Voir  aussi  :  Gruber.  —  Des  suites  pathologiques  i# 
cision  mal  exécutée:  Wiener  medicinc  Presse,  p.  377, 

(5)  Exemple:  2  cas  de  Guinard  ;  1  cas  de  Blanchard 
mosis  blennorragique).!  cas  de  Leylavoix  1881  (ohs.3  de 


LE  PROGRES  MEDICAL 


405 


Et  condensant  en  une  forme  synthétique  toute  cette 
.judesurla  cure  opératoire  du  phimosis, je  conclus  ceci  : 

1  La  chirurgie  d'exérèse  ou  d'amputation  dite  pos- 
thectomie,  seule  préconisée  jusqu’ici  contre  l’angustie 
î^putiale,  assure  la  guérison  au  moyen  de  multiples 
méthodes  pour  la  plupart  compliquées  ou  d'exécution 
délicate. 

II.  En  face  de  cette  chirurgie,  une  autre  se  dresse  au¬ 
jourd'hui  ;  c'est  la  cure  biologique  correctrice  sans  exé¬ 
rèse,  avec  conservation  intégrale  des  tissus,  à  laquelle 
convient  la  désignation  de  posthétomie.  Par  elle 
simple  débridement  vise  le  même  but  que  les  amputa¬ 
tions  préputiales. 

III.  La  simplicité, l’innocuité, les  résultats  esthétiques, 
et  les  résultats  fonctionnels  permettent  dès  maintenant 
de  considérer  la  posthétomie  posthèplastique  localisée 
à  la  muqueuse  selon  ma  technique  habituelle,  comme 
la  pratique  de  choix  dans  la  cure  du  phimosis. 

INDEX  BIBLIOGRÂPIIIOUE 


A.  —  AMPUTATIONS  :  Posthectomie  cutanéo¬ 
muqueuse  subtotale. 

(Ravaton  IvTÜ.) 

Procédé  à  main  levée  : 

t.  —  Ravaton  ;  rapporté  par  Bouisson.  Article  phimossis,  in 
Diclioniiaire  Dechambre,  1885. 

—  Boyer:  Traité  des  maladies  chirurgicales,  T.  X,  1825. 

3.  —  Tomasi:  Essai  sur  un  procédé  de  circoncision.  T'/ifst;  de 
li/oii,  1905. 

Procédés  avec  fixation  préalable. 

1.  —  A.  Guérin  :  Eléments  de  chirurgie  opératoire. 
î.  —  Cusco  :  In  Bouisson  :  article  phimons.  Dictionnaire 
OKhambre,  1885. 

3.— Duboué:  Procédé  de  ciraoncisioa.  B alletin  de  la  Société  de 
atinirgie.  t.  X,  p.  426, 1870. 

Posthectomie  cutanéo-muqueuse  partielle 

(Lisfranc  1820.) 

Procédé  à  main  levée.  —  a.  En  1  temps  : 

1.  —  Richet:  Cliniques  chirurgicales. 

Longuet:  Travaux  de  chirurgie  provenant  de  Thôpital 

,S)  En  2  temps  : 

*'  ^  ^t^LGAiGNE  :  Manuel  de  Médecine  opératoire. 

—  Guersant,  Delpech:  Cités  à  l’article  phimosis  du  Die- 
«wnatre  Dechambre. 

IWil  Procédé  de  circoncision:  Gazette  des  hôpitaux, 


-f;  En  3  temps  : 

Prélat  :  Cliniques  chirurgicales. 

"telus  Traité  de  chirurgie  àc  Duplay- 

h Blanchard:  Du  phimosis  et  son  traitement  par 
mode  annulaire  :  Thèse  de  Lyon,  1895. 

J  S.  En  4  temps  : 

(oE  Cassis):  Traité  de  pathologie  externe,  Paris, 


J  Procédés  à  fixation  préalable.—  a.  en  1  temps  : 

2.  H  :  d’après  Guillemeau. 

3.  __  Y :  Du  phimosis  :  Gazette  des  hôpitaux,  1856. 

‘ioa.’t.  IV  Cassis  :  Traité  de  pathologie  externe,  5'  édi- 

4.  p’  *®al- 

de  ciiconcision.  Bulletin  de  la  société 

1867-1868. 

‘^'itbre  =  In  article  phimosis,  du  Dictionnaire  De- 


^élaton  et  Surmay  (de  Ilam)  (id. 


8;J:^®Rbin:  1849;  (idV)’  ' 

**  ■  Î^j5®°ocision  par  c 


- , —  —  nouveau  procédé.  Thèse 

1»  215, 1851. 

***1!!®:  •  Nouveau  procédé  opératoire  pour  le  phi- 

>0.  -  de  l'Académie  de  Médecine,  1854-1856. 

REt-i.1  et  Fleming:  In  Dictionnaire  Dechambre. 


11.  —  Verneuil;  (id.) 

12.  —  Martin:  De  la  circoncision:  Thèse  de  Montpellier,  1870. 

13.  —  Tripier  :  In  Dictionnaire  Dechambre. 

14.  —  Maurel:  In  Dictionnaire  Dechambre. 

lô.  —  D.  Anger:  In  Lenormant  :  Phimosis  et  son  traitement. 
Thèse  de  Paris,  1876. 

16.  —  Thierry  L.  :  Modification  à  l’opération  de  Vidal  (de 
Cassh).  Société  anatomique  :  février, 1891  et  «  Manuel  opératoire 
simplifié  de  la  circonscision  »  :  Gazette  médicale  de  Paris  1891. 

II.  —  Fontaine-Atgier  :  A  propos  de  la  circoncision  :  Clini¬ 
que  Française.  Janvier.  1892. 

18.  —  Greco  (de  NaplesI  :  Manuel,  instrument  de  circoncision. 
Annales  des  maladies  génito-urinaires,  p.  543,  1894. 

19.  —  Su.arez  de  Mendoza:  Nouveau  procédé  de  circoncision: 
-Association  française  d' Urologie,  1897. 

20.  —  PoussoN  :  Procédé  de  circoncision.  Gazette  hebdoma¬ 
daire  des  Sciences  médicales  de  Bordeaux,  25  juin  1899. 

cj  En  3  temps  : 

189‘’ —  Bobteloup  :  In  Germa  ;  Du  phimosis.  Thèse  de  Paris, 

2.—  Duplay:  Procédé  de  circoncision.  In  Marion  :  Semaine 
médicale,  p.  369,  n^  44,  1900. 

0.  —  Monod  et  Vanverts  :  Technique  chirurgicale,  t.  H. 
Paris,  1901. 

y)  En  4  temps  : 

1.  —  Guillery  ;  Procédé  de  circoncision  :  .Académie  royale  de 
médecine  de  Belgique,  1892. 

Sj  Avec  hémostase  préventive  de  la  verge  : 

1.  —  Phelip:  De  la  méthode  d’Esmarck  dans  la  chirurgie  du 
pénis.  Recherches  sur  la  congestion  posti- chimique.  Lyon  médi¬ 
cal.  5  mars,  1893. 

Posthectomie  muqueuse  subtotale. 

(Dieffenbach,  1837.) 

Procédés  à  main  levée. 

1.  Biefieubach  :  Zeitschrift  fürgesamm.  Med.  1837,  et  Gazette 
médicale  de  Paris,  p.  156.  1837. 

Et  in  Demarguay  :  Âlaladies  chirurgicales  du  pénis,  publiées 
par  Wœlker  et  Cyr,  1877. 

2.  —  Langenbeck  :  In  Dictionnaire  Dechambre:  article  p/tt- 
mosis. 

3.  —  Brault  (d'Alger)  :  Bulletin  médical  d'Algérie  :  octobre, 
1896. 

Et  in  Lapin:  Médecine  moderne:  26nov.,  1898.  et  Chirurgie.des 
bourses.  .Archives  provinciales  de  chirurgie.  R--  mai,  1899. 

4.  —  Rey'breyend  :  Procédé  de  Dieffenbach  modifié.  Annales 
dcs_  maladies  génito-urinaires.  Janvier,  1898 . 

5.  —  Loumeau  :  Circoncision  par  l’ablation  de  la  muqueuse, 
Association  française  d'ürologie,  1898. 

6.  —  Blanc:  Circoncision  par  l’ablation  de  la  muqueuse  '.Jour¬ 
nal  de  médecine  de  Bordeaux.  XXXIV.  487,  1904. 

Procédés  avec  fixation  préalable. 

1 .  —  Ridreau  .■  Nouveau  procédé  de  circoncision  pour  remédier 
au  phimosis  et  à  l’iraporforation  du  prépuce.  Journal  de  médecine 
et  chirurgie  pratiques  :  février,  1859. 

2.  —  Guiard.-  Technique  de  la  circoncision;  Association  fran¬ 
çaise  d' Urologie,  WJl . 

Variante:  (résection  annulaire  du  fourreau  cutané.) 

I.  —  Walter  Klotz  :  Une  méthode  de  circoncision.  Neio- 
ïork  medical  Journal.  4  octobre,  1902. 

B.  —  INCISIONS  ET  DÉBRIDEMENT  : 

Posthectomie  cutanéo-muqueuse  subtotale. 

(J.-L.  Petit.) 

J.  L.  Petit:  (CEuvres  chirurgicales). 

Sedillot;  In  aviicle  phimosis  et  circoncision  du  Dictionnaire 
Dechambre. 

Garengeot,  S.abatier,  Lapeyre,  Hburtault  :  article  p/iimo- 
sis  et  circoncision  du  Dictionnaire  Dechambre. 

Astruc  :  Débridement  latéral. 

Tatlor,  Diday  :  Débridement  bi-latéral. 

Vei.peau,  Cloquet,  Cullerier:  (Débridement  inférieur)  et 
Cullerier  ;  Dictionnaire  en  60  volumes. 

Bégin  :  Eléments  de  chirurgie,  Paris,  1838. 

Daglett:  Chirurgie  du  prépuce.  J/ed.  Record,  New-York,  1898. 

V.AN  der  Poel  (de  New-York)  :  Infiltration  d’urine  due  au 
phimosis  à  l’occasion  d'un  chancroïde,  incision  d’urgence.  Société 
des  chirurgiens  urologues  américains.  Montréal,  juin,  1905. 


406 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


Posthétomie  muqueuse-subtotale 
(Longuet, 1892). 

Longuet  L.  :  Posthétomie  muqueuse  sublotale  posthéplastique 
dorsale,  médiane  et  sübmédiane.  Travaux  de  cliinirgie,  prove¬ 
nant  de  l’hôpital  Cochin,  1895. 

IsAMBERT  :  rapporté  parDoNNART  :  posthétomie  latérale.  Archi¬ 
ves  de  médecine  navale,  septembre,  1899,  et  Semaine  médicale, 
p.  368,  no  46,  1899. 

WooDYATT  (de  Halifax;  :  posthétomie  bi-latérale,  The  treat- 
ment  of  congénital  phimosis.  Lancet,  15  août  1903,  et  Semaine 
médicale,  p.  308,  n“  37,  16  septembre,  1903. 


G.  Généralités  sur  la  circoncision. 


Prévost  ;  Traitement  du  phimosis.  Thèse  de  Paris,  1835. 

Bouteiller:  Circoncision.  Gazelle  des  hdinlaux,  n°  67,  1847. 

Marchand:  De  la  circoncision  au  point  de  vue  historique, 
hygiénique,  chirurgical.  Thèse  de  Monlpellicr,  1855. 

Nanos  :  Du  phimosis  congénital.  Thèse  de  Paris,  1855. 

Mauriac  :  Union  médicale,  1872. 

Aissa-Hamdy  :  De  la  circoncision.  Thèse  de  Montpellier,  1873. 

Handvogel:  Traitement  des  affections  du  prépuce  par  Torla- 
tomie.  Paris,  1873. 

Boüisson  F.  et  Mathieu  :  Articles  phimosis,  paraphimosis  et. 
circoncision ,  in  Dictionnaire  Dechambre,  1885. 

Rizat  :  Phimosis  et  balano-posthite.  Thèse  de  Paris,  n"  318, 
1877. 

Joly  :  Du  phimosis.  Thèse  de  Paris,  n»  318,  1881- 

M ALLEZ  :  Phimosis  et  son  traitement.  Courrier  médical,  1881 


De  Saint-Germ.un  :  De  la  circoncision  et  du  phimosis.  Recueil 
mensuel  des  maladies  de  l’enfance  et  DiclionnaireJacc  ««1,1883. 

A\'ittershoefer:  Ueber  vor-kommen,bedeutung,  und  behand- 
lung  des  phimosis  beim  kinde.  De  l’existence,  de  l'importance  du 
traitement  du  phimosis  chez  l'enfant.  Wiener  medicin  Wochens¬ 
chrift,  5  février,  1887. 

Gauillard.  :  Contribution  à  l’étude  du  phimosis  et  au  traitement 
de  quelques  lésions  sous-préputiales.  Thèse  de  Paris,  1888. 

Felizet:  De  la  circoncision;  indications,  manuel  opératoire. 


Paris,  1891. 

Trekaki  :  Remarques  sur  30  cas  de  circoncision.  BuUélin  de 
Ihérapeutiqu',  30 janvier,  1892. 

Davies-Colley  :  Sur  l’opération  de  la  circoncision.  Guys’  hos¬ 
pital  mord,  XXXIV,  p.  163,  1893. 

Ricketts;  Série  de  200  circoncisions.  Nexc-York  med.journal, 
7  avril,  1894. 

Chotzen  ;  L’opération  du  phimosis.  Centralblalt  fi'tr  Chirurqie, 
23  juin,  1894. 

Mac-Intosch  :  nouvelle  méthode  de  circoncision.  Med.  Record, 
23  mars,  1894. 

SoRTiNo  :  Opération  du  phimosis.  Gaz.  d.  osped  ,  7  mars,  1897. 

Peltre  C.  :  Traitement  du  paraphimosis  par  la  circoncision 
d'urgence.  Thèse  de  Pans,  1899. 

Edie  :  Avantages  de  la  circoncision.  India  med.  ree.,  XIX,  56- 
58,  1900. 

Taylor:  Circumeision.  Med.  Times.'iA.  Y.,  XVIII,  291-293, 
1900. 

Bartholomew  :  Phimosis  in  the  newborn.  American  journal 
derm.a.  cjénilo-urin.  dis.,  St-Louis,  IV,  23-24,  1900. 

Valentine  :  Surgical  circoncision.  J.  Am.  med. A.ssoc.,  Chicago, 
XXXVII,  712-714,  1901. 

Schloffer  :  Zur  Technikder  Phimosisen  operation. Zentalblatl 
fiir  Chinirqie,XXVUl,  658-660.  Leipsiz,  1901. 

Mark:  Circoncision.  American  journal  dennat.  etc.  V.  98- 
102,1901. 

Garnault:  Sur  la  circoncision.  Bull,  société  anthropologie  do 
Paris,  II,  105-110,  1901. 

Remondino:  Circoncision  and  is  opponents.  Amer.  Journ. 
derm.  a.  genilo-urin.  VI.  65-73.  St-Louis,  1902. 

M.alpon  :  Ciicumcision.Med.and.  surgical  Monit.  Indianapolis, 


V.  316-318,  1902. 

Long  :  Circumci.sion  new.mothode  of  treatment.  P«Ci'/.  med.  e., 
XLV,  577-585.  1902. 

Wentzel  F.  :  Zur  behandlumg  der  phimosis.  (Traitement  du 
phimosis.)  3Iunch.  med.  Wochenschrift,  18  février,  1902. 

Harlow'XV.  b.  :  Circumeision  in  infancy.I/cd,  Record,  26  sep¬ 
tembre,  1903. 

Rojansky  V.  :  Traitement  du  phimosis  congénital  (en  russe;. 
Med.  Obozr.,  LIX,  1903. 

Van  Eyssei.steyn  (G.):  Phimosis  congenitahaer  betreknis  voor 
bet  individu  in  de  maatschappij.  Nedert.  Tijdschr.  voor  géncesk. 
23  juillet,  1904. 

Gehrung  E.  C.  :  The  bloodlees  treatment  of  phimosis.  Inlersi. 
m.  J.  St-Louis,  XL  670-672,  1904. 


BULLETIN  DU  PROGRÈS  MÉDICAL 

Les  Tram'ways  et  les  accidents. 

Jeudi  dernier,  à  quatre  heures  environ  du  soir,  m, 
vieillard  et  son  fils  traversaient  le  quai  des  Tuileries 
Pour  se  garer  d’une  automobile,  le  vieillard  obliquai 
droite  et  alla  se  jeter  contre  un  tramway  qui  arrivait  ej 
sens  inverse. Tamponné  par  le  lourd  véhicule,  l’homme, 
projeté  sur  la  chaussée,  tomba  assommé,  perdant  soi 
sang  en  abondance. 

Le  personnel  du  tramvvay,  les  voyageurs, se  presseil 
autour  du  malheureux.  Le  fils  supplie  que  l’on  porte 
le  plus  tôt  possible  secours  à  son  père. Comment  faire? 
Le  blessé  suffoque,  râle,  sur  le  pavé.  11  est  matérielle¬ 
ment  impossible  de  lui  donner  des  soins,  et,  comble 
d’ironie,  il  y  a  là  un  médecin  et  une  religieuse!  La 
foule,  par  exception  peu  nombreuse,  se  tient  respec¬ 
tueuse  et  recueillie.  Le  propriétaire  de  l’automobile 
s’offre  à  transporterie  mourant  à  l’hôpital,  et  un  brave 
gendarme  et  un  garde  républicain  tentent  de  l’intro¬ 
duire  dans  le  véhicule,  mais  ils  ne  peuvent  y  arriver.  On 
cherche  de  tous  côtés  un  fiacre,  un  agent,  rien:  les 
minutes  se  passent  et  le  sang  coule  toujours,  fine 
voiture  d’ambulance  passe  drapeau  déployé,  faisant 
retentir  son  timbre.  Elle  va  relayer!  Enfin  arrivent 
deux  agents  cyclistes,  puis  un  fiacre,  amené  par  un  des 
témoins  de  l’accident.  On  hisse  tant  bien  que  malle 
malheureux.  On  crie  :  «  En  route,  vite  pour  la  Charité», 
mais  il  faut  que  les  agents  parlementent.  Voyant  qu ils 
ne  peuvent  tirer  aucune  parole  du  blessé,  ils  se  déci¬ 
dent  à  laisser  partir  la  voiture  qui  prend  le  cheminée 
l’hôpital .  A  ce  moment,comme  par  un  effet  du  hasard, 
arrive  l’agent  de  service,  évidemment  toujours  trop 
tard. 

La  ville  de  Paris,  a  fait  beaucoup  depuis  vingt  M- 
pour  les  secours  publics  en  cas  d'accidents  ;  la  pré/ef^ 
ture  de  la  Seine  et  la  préfecture  de  police  ont  améliorf 
autant  qu’il  a  été  possible  le  service  relatif  aux  malaaf> 
et  aux  blessés  sur  la  voie  publique.  Mais, par  ce  te®!^ 
d’automobilisme  à  outrance,  de  vitesse  désordonnée,' 
y  a  encore  beaucoup  à  faire.  Il  circule  dans  Pans 
véritables  trains  de  tramways,  des  voitures  géante 
d’un  poids  considérable.  Le  moindre  choc,  le  plus  P" 
tamponnement  avec  ces  monstres  qui  pèsent 
20,000  kilogs  est  la  cause  de  véritables  catastrophe^  ^ 
grand  est  le  nombre  des  victimes  quotidiennes. 
en  plein  Paris,  le  secours  d’urgence  est  difficile 
quer.  Malgré  des  demandes  réitérées,  faites  L 
Commission  des  ambulances  urbaines,  nous 
obtenir  le  poteau  avertisseur  d’accidents  comm®'  ^ 
existe  pour  les  incendies.  A  la  moindre  alerte  g®®'®  g 
bénigne,  tout  le  monde  est  désorienté.  Le  plus  p'^ 
accident  devient  une  cause  d’encombrement  de  W  ^ 
publique. qui  peut  en  faire  surgir  d’autres  plus  u 

Les  postes  vigies  créés  par  notre  dévoué 
police,  M.  Lépine,  sont  excellents,  mais  ils  ne 
assez  nombreux  ;  des  boîtes  de  secours  immédiab^ 
à  fait  rudimentaires,  devraient 'être  déposées  à  P^^^ 
sion  dans  les  kiosques  de  voitures,  d’omnibus,  ®  j^j  - 
nés  Morris,  marchandes  de  journaux,  etc.,  etc.  J 


LE  PROGRES  MEDICAL 


407 


priétaires  d’automobiles  n’oublient  point  d’emporter 
avec  eux  tout  ce  qu’il  faut  pour  les  réparations  d’ur- 
ffence  à  leurs  machines  ;  ils  négligent  d'y  joindre  ce 
flu'il  propre  secours  ou  celui  de  leurs 

semblables  lorsqu’arrive  un  accident.  Chaque  automo¬ 
bile,  chaque  tramway  mécanique,  seraient  tenus  de 
posséder  une  de  ces  boîtes,  avec  dix  ou  quinze  francs  on 
en  couvrirait  les  frais.  Cela  permettrait, en  attendant  le 
transport  d'un  blessé:  de  le  soulager,  de  laver  ses  plaies, 
(l’immobiliser  un  membre  fracturé  ou  d’arrêter  une 
hémorrhagie.  Une  brève  notice  expliquerait  la  façon 
de  se  servir  du  contenu  de  cette  boîte  en  attendant 
l'arrivée  d'un  médecin. 

Ce  serait  peu  coûteux  et  facile  à  exiger  de  personnes 
qui  payent  25  ou  30,000  francs  une  voiture  de  vitesse 
si  dangereuse  pour  elles  et  pour  ceux  qu'elles  atteignent. 
Les  Compagnies  d’assurances  contre  les  accidents  se¬ 
raient  intéressées  à  propager  cette  idée,  il  en  résulte¬ 
rait  pour  elles  un  réel  bénéfice,  une  sécurité  pour  le 
public  et  une  satisfaction  pour  les  administrations  char¬ 
gées  de  sauvegarder  nos  intérêts  et  nos  vies. 

.\lbin  Rousselist. 


TABLETTES  de  STYPTICINE  IVIERCK,  à  0,05  ; 

5  à  6  par  jour  comme  sédatif  :  DYSMÉNORRHÉE, 
ou  hémostatique  :  HÈMORRHJGIES  de  toutes  sortes,  HÉMOPTYSIES 


SOCIETES  SAVANTES 

ACADEMIE  DES  SCIEACES 
Séance  du  iS  juin  1900. 

Production  expérimentale  de  variétés  transmissibles  du  bacille  de 
la  tuberculose  et  de  vaccins  antituberculeux. 

M.  S.  Arloing  s’est  efforcé  de  déterminer  dans  des  cultures 
du  bacille  de  Kocli  des  variations  transmissibles  par  filiation 
«t  aussi  égales  que  possible  chez  tous  les  individus,  par  suite 
du  nombre  considérable  des  générations  qui  se  succèdent 
'dans  une  longue  série  de  cultures. 

C’est  ainsi  que, depuis  huit  ans,  l’auteur  a  un  bacille  d’ori- 
gme  humaine  qu’il  a  habitué  à  végéter  abondamment  dans 
«  masse  d’un  bouillon  glycériné,  et  ce  bacille  a  vu,  du  fait 
®eme,  ses  propriétés  pathogènes  profondément  modifiées  ; 
da  perdu  une  très  grande  partie  de  son  aptitude  initiale  à 
provoquer  des  tubercules,  surtout  lorsqu’il  est  introduit  dans 
veines,  sous  la  peau  ou  dans  les  voies  digestives  ;.de  plus, 
*  dose  déterminée,  il  provoque  chez  le  veau  une  réaction 
^^nique  passagère  dont  on  peut  saisir  l  existence  par  des 
«ïamens  minutieux  ;  bref,  il  réalise  le  désidératum  exprimé 
PfPPOs  de  la  vaccination  antituberculeuse,  à  savoir  d'être 
fièrement  résorbé  dans  l'organisme, 
va  bacille,  l’auteur  a  cherché  à  obtenir  une  sous- 

^  nele  également  transmissible  par  voie  de  génération,  en 
*  i^nt  l’action  des  températures  dysgénétiques  pour  le 
c  buinain  ;  il  est  parvenu  à  faire  végéter  le  microbe  en 
V  ^  à  43“-4i”.  Or,  en  étudiant  les  propriétés  de  cette 
^  hxée  dès  la  huitième  génération,  on  constate  qu’elle 
les  * .  diminué  de  virulence  ;  le  lapin  inoculé  dans 

'eines  survit  de  quatre-vingts  à  cent  jours, 
tjq  depuis  1902,  l’auteur  se  sert-il  de  ce  bacille  pour  pra- 
dcs^*^  '  vaccination  antituberculeuse  du  Veau,  avec  autant 
On  l’emploi  des  bacilles  spontanément  affaiblis 

fimblis  individuellement. 
influence  du  chocolat  et  du  café  sur  l’acide  urique. 

tççjj  a  étendu  à  la  théobromine  et  à  la  caféine  les 

rches  qu'il  a  faites  sur  l'action  des  purines  au  point  de 


vue  de  l’excrétion  de  l’acide  urique.  Il  ressort  de  cette  seconde 
série  d'expériences  que  les  méthylxanthines  en  question  aug¬ 
mentent  sensiblement  le  taux  des  purines  urinaires  (xantho- 
uriques),  mais  n’élèvent  nullement  celui  de  l’acide  urique  et 
empêchent  la  précipitation  de  ce  dernier  parles  acides. 

Par  conséquent,  à  cet  égard  tout  au  moins,  les  méthylxan¬ 
thines  (et  surtout  la  théobromine)  ont  une  influence  beau¬ 
coup  moins  pernicieuse  pour  l'organisme  que  ne  l’est  celle 
des  purines. 

Influence  de  l'acide  phosphorique  sur  les  échanges  nutritifs. 

M.  A.  Desgrkz  et  Mlle  Bl.  Goende  adressent  une  note  où 
ils  montrent,  d’après  expériences,  tjue,  sous  l’influence  de 
l'acide  phosphori(jue  et  des  phosphates  mono  et  trisodiques, 
l'élaboration  de  la  matière  azotée  est  augmentée,  de  même 
que  le  coefficient  d’oxydation  du  soufre  ;  par  contre, la  démi¬ 
néralisation  de  l’organisme  n’est  pas  accrue,  contrairement  à 
ce  qui  se  passe  avec  l’acide  chlorhydrique  et  les  acides  orga¬ 
niques.  -  M.  Phisalix. 

SOCIETE  DE  BIOLOGIE 
Séance  du  23  juin. 

Régénérescence  de  la  moelle  chez  l’homme. 

MM.  Mannbsco  et  4Iinea  (Bucarest)  ont  observé  trois  cas  de 
compression  de  la  moelle  épinière  où  la  régénérescence  des 
fibres  nerveuses  détruites  s’est  montrée  très  manifestement. 

1°  La  compression  était  due  à  la  luxation  de  la  première 
vertèbre  lombaire  ; 

2»  Fracture  de  la  première  vertèbre  lombaire  ; 

3“  Tumeur  comprimant  la  moelle  au  niveau  de  la  région 
dorsale  supérieure. 

Chez  ces  trois  malades,  au-dessus  et  au-dessous  de  la  lésion, 
on  put  observer  des  fibres  nerveuses  de  nouvelle  formation, 
disposées  en  faisceaux  ou  en  plexus,  et  aussi  beaucoup  de 
massues  terminales. 

Masque  pigmentaire. 

MM.  Gilbert  et  Lereboullet  ont  observé  chez  des  asysto- 
liques  à  répétition  le  masque  pigmentaire,  plus  ou  moins 
accentué,  plus  accusé  au  front  et  aux  tempes  comme  chez  les 
gravidiques.  Ce  masque  doit  être  attribué  à  la  cholémie, 
conséquence  de  la  congestion  hépatique  passive. 

La  P®  malade,  asystolique  avec  retentissement  hépatique, 
avait  eu  deux  grossesses  sans  masque.  Le  masque, qui  apparut 
au  moment  des  accès  d'asystolie, s' accentua  avec  la  répétition 
des  crises  ;  la  cholémie  était  intense,  Turobilinurie  marquée. 
Le  masque  s’atténua  par  l’éloignement  des  crises  et  de  la 
cholémie. 

l.a  2°  malade  n’avait  pas  eu  de  grossesse  ;  le  masque  appa¬ 
rut  à  l’occasion  d’rîiia  asystolie  mitrale,  avec  cholémie, urobi- 
linurie  et  troubles  objectifs  du  foie. 

Chez  un  asystolique,  la  présence  du  masque  doit  faire 
rechercher  la  congestion  hépatique  avec  cholémie. 

Chez  les  femmes  enceintes,  d’ailleurs,  cette  corrélation 
pourrait  être  retrouvée. 

Une  première  grossesse  sans  masque  est  suivie  d’une  deu¬ 
xième  grossesse  avec  masque  très  accusé,  qu’explique  un 
kyste  du  pancréas  accompagné  de  cholémie  très  prononcée. 

Trois  mois  après  l’accouchement,  l’opération,  en  suppri¬ 
mant  la  cholémie,  atténue  le  masciue. 

Chez  une  malade  qui,  à  3  grossesses,  n’avait  pas  eu  de  mas¬ 
que,  celui-ci  fut  intense  à  la  ;  mais  en  même  temps  appa¬ 
raissent  des  coliques  hépatiques  dont  le  rôle  cholémique  est 
évident. 

Une  troisième  femme  a  8  grossesses  sans  masque  et  voit  ap¬ 
paraître  celui-ci  à  propos  d’un  kyste  du  foie. 

Abcès  de  fixation. 

M.  CoNOR,  médecin  militaire  a  pu  provoquer  un  abcès  de 
fixation  chez  un  soldat  de  24  ans,  alcoolique,  qui  était  sur  le 
point  de  suçcomber  à  une  broncho-pneumonie. 

Cependant  la  mort  ne  fut  que  retardée,  et  une  2"  injection 
de  térébenthine,  quoique  suivie  de  réaction  purulente,  n’em¬ 
pêche  pas  la  mort  plusieurs  jours  plus  tard. 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


Le  pneumocoque  fut  cause  de  la  broncho  pneumonie  du 
malade.  Le  pus  de  l'abcès  injecté  au  cobaye  était  sans  pneu¬ 
mocoque,  mais  tua  le  cobaye  en?  jours  grâce,  sans  doute,au\ 
toxines  que  cet  abcès  avait  dû  fixer. 

Palching  des  artères. 

MM.Canel  et  Guthrie  tde  Chicago)  ont  oblitéré  une  perte  de 
substance  du  vaisseau  par  un  lambeau  provenant  d’une  ar¬ 
tère,  d'une  veine  ou  du  péritoine.  Ces  lambeaux  se  compor¬ 
tent  comme  les  segments  vasculaires  dans  la  transplantation 
bi-terminale  artérielle  ou  veineuse.  E.  P. 


ACADÉMIE  DE  MÉDECINE 
Séance  du  W  juin. 

Anévrysmes  et  sérum  gélatine. 

M.  Lvncereaux  étudie  l’étiologie  et  la  pathogénie  des  ané¬ 
vrysmes.  11  montre  par  trois  observations  les  bons  effets  du 
sérum  gélatiné  dans  les  anévrysmes  les  plus  graves.  Avec 
une  asepsie  suffisante  il  a  pu  injecter  tous  les  cinq  à  six 
jours  dans  la  fesse  2Ü0  gr.  de  la  solution  à  3, -50  % .  Tout  au 
plusobserve-t  on  unpeu  de  fièvre.  N  oici  les  conclusions  de 
M.  Lancereaux  : 

.  1“  L’artério-sclérose  généralisée  ou  endartérite  n’est  qu’ex- 
ceptionnellemeiit  suivie  d  anévrysme  des  gros  vaisseaux . 
Les  conditions  pathogéniques  de  ces  accidents  sont  des  péri¬ 
artérites,  qui  gagnent  en  profondeur  et  finissent  par  perforer 
la  membrane  élastique  des  artères.  Leurs  causes,  à  part  le 
traumatisme,  ont  une  origine  infectieuse  ;  celles  que  nous 
connaissons  dès  maintenant  sont  les  agents  de  la  tuberculose, 
de  la  syphilose  et  de  la  paludose. 

2°  La  rupture  est  le  mode  de  terminaison  fatale  des  ané¬ 
vrysmes  des  gros  vaisseaux,à  moins  de  la  coagulation  spon¬ 
tanée  du  sang  dans  la  poche  anévrysmale.  Cette  coagulation 
étant  rarement  spontanée,  l’indication  formelle  est  de  cher¬ 
cher  à  la  provoquer  ;  c’est  à  quoi  répond  la  méthode  des  in¬ 
jections  de  sérum  gélatiné.  Cette  méthode,  ayant  la  propriété 
de  favoriser  la  coagulation  du  sang  au  sein  des  anévrysmes 
vrais,  s’oppose  ainsi  à  leur  rupture,si  le  malade  a  soin  d’évi¬ 
ter  des  efforts  par  trop  violents. 

3“  Contrairement  à  ce  qui  a  pu  être  avancé  par  quelques 
auteurs, la  méthode  des  injections  de  gélatine  est  sans  aucun 
danger,  à  la  condition  que  le  sérum  employé  soit  parfaitement 
aseptisé.  Son  indication  est  d’autant  plus  formelle  dans  les 
anévrysmes  des  gros  vaisseaux  que  l’intervention  chirurgi¬ 
cale  est  le  plus  souvent  impossible  ou  dangereuse,  et  qu’il 
n'est,  jusqu’ici  du  moins, aucun  autre  moyen  d’arrêter  sûre¬ 
ment  les  progrès  de  ces  graves  désordres. 

La  typhlocolite  (suite). 

M.  Reclus  croit  à  la  coexistence  fréquente  de  l'appendicite 
et  de  la  typhlocolite.  Le  D''  Bernard,  de  Plombières,  l’a  ren¬ 
contrée  76  fois  sur  1100  cas  d’entérocolite,  soit  dans  7  %  des 
cas.  Inversement  sur  80  appendicites,  M.  Talamon  n’a  pas  re¬ 
levé  moins  de  29  entérocolites. 

M.  Reclus  est  certainement  d'avis  que  l’opération  a  été  par¬ 
fois  injustifiée.  A  son  avis,  d’ailleurs,  on  opère  trop  souvent  cl 
trop  de  tout.  Mais  surtout  pour  Tappendicite.Tabstention  à  ou¬ 
trance  serait  fort  dangereuse. 

M.  Pinard,  depuis  vingt  ans,  a  observé  un  nombre  considé¬ 
rable  d’entérocolites  avec  fort  peu  d’appendicites  coexistantes. 

M.Dieulafoy  montre  que  les  divergences  d'opinion  portent 
surtout  sur  le  détail.  11  dépose  une  note  du  Prof.  Duret  {de 
Lillei  résumant  assez  bien  tout  le  débat  par  la  conclusion 
suivante  :  «  Le  fait  clinique  énoncé  par  M.  Dieulafoy  est  d'une 
vérité  incontestable  ;  quantité  de  gens  atteints  d’une  typlilo- 
colite  muco-membraneuse  ou  sableuse  sont  indûment  opérés 
d’appendicite.  Dans  l’intérêt  général,  il  fallait  faire  un  peu 
machine  en  arrière,  et,  en  mécanicien  prudent  et  sagace,  .M . 
Dieulafoy  a  serré  les  freins  ». 

La  vaccination  en  Guinée  française. 

M.  Kermorgant  montre  les  bons  résultats  obtenus  par  le 
D*'  G.  Martin,  médecin-major  des  troupes  coloniales, grâce  aux 
ei^mencements  faits  sur  place  à  des  génisses,  Si.  Martin  a 


toujours  pu  opérer  avec  du  yaccin  frais.  11  a  obtenu  jusqu» 
90  %  de  succès.  * 

La  tuberculophobie. 

M.  Sevestre  lit  un  rapport  sur  le  travail  du  D'  Rousseau  ' 
Saint- Philippe,  travail  récemment  analysé.  11  montre  toute 
l’importance  scientifique  de  ce  travail. 

M.  le  Président  Guéniot  prononce  l’éloge  du  D''  Josiaset 
r.Ncadémie  se  forme  en  comité  secret  pour  discuter  les  titres 
des  candidats  à  la  place  vacante  dans  la  section  d'hygiène  par 
suite  du  décès  de  M.  Colin.  jV.-F.  Plicque. 

SOCIÉTÉ  MEDICALE  DES  HOPITAL  X 
Séance  du  22  juin. 

Liquide  céphalo-rachidien  puri forme  et  aseptique  au  cours 
de  syphilis  médullaire.  Intégrité  des  polynucléaires 

MM.  M  iDAL,  Lemierre  et  Boidin  apportent  deux  observa¬ 
tions  nouvelles  de  syphilis  du  système  nerveux  avec  liquide 
céphalorachidien  puriforme  et  aseptique  avec  conservatioB 
parfaite  des  polynucléaires.  Les  polynucléaires  ne  paraissent 
avoir  été  que  les  témoins  d’une  hyperémie  méningée, il  ne  pa¬ 
raît  pas  y  avoir  eu  de  lutte  contre  des  microbes  pyogènes. 
Lorsqu’au  contraire,!!  y  a  envahissement  microbien  du  liquide  ' 
céphalorachidien,  les  polynucléaires  sont  contraints  de  faire 
fonction  de  phagocytes.  Au  point  de  vue  pratique  il  découle 
de  ces  observations  que  la  conservation  des  polynucléaires 
permet  d’exclure  immédiatement  un  processus  septique  et 
d’admettre  une  pous.sée  aiguë  au  cours  d’une  syphilis  ner¬ 
veuse. 

Hyperesthésies  doul  rarcuses  dans  la  convalescence 
de  la  fièvre  typhoïde. 

MM.  Renon  et  Tixier  ont  observé  deux  malades,  qui  furent 
pris, pendant  la  convalescence  de  fièvre  typho'ide,de  douleurs 
très  violentes  des  téguments  des  faces  dorsales  des  mains 
et  des  pieds.  Superficielles,  très  aiguës,  paroxystiques,  exas¬ 
pérées  par  le  mouvement  et  l’attouchement  le  plus  léger, elles 
ne  furent  soulagées  par  aucune  médication  externe,  mais 
guérirent  après  11  et  12  jours.  Une  élévation  thermique  les 
accompagna  (39°8,  40“3).  Ces  hyperesthésies  post-typhiques 
sont  rares  et  vu  leur  intensité,  embarrassent  le  clinicien,  qui 
redoute  une  complication  plus  grave.  Quant  à  leur  nature  et 
cause,  les  auteurs  les  considèrent  comme  des  névralgies  ou 
névrites  toxiques  des  fibrilles  terminales  de  la  peau. 

Guérison  rapide  de  la  pleurésie  sèche  pur  l'iodure  de  potassium. 

MM.  Jacquet  et  Lozoir  ont  observé  trois  cas,  où  une  réso¬ 
lution  remarquablement  rapide  de  pleurésie  sèche  suivit 
l’administration  de  l’iodure.  Avec  trois  grammes  d’iodurepar 
jour  ils  ont  constaté  une  disparition  rapide  des  bruits  de 
frottement.  Bouillaudet  Gubler  employaient  déjà  ce  médica¬ 
ment  dans  le  même  but. 

Angor  p:cloris. 

M.  Rist  a  suivi  une  malade,  qui  avait  plusieurs  crises  paf 
jour.  11  a  pu  examiner  la  tension  artérielle  et  a  constaté  une 
élévation  à  19. ,7,  22,  23  et  25  mm.  pendant  la  crise.  A  la  fin  de 
la  crise, la  tension  diminua,  sans  revenir  à  l’état  antérieur.  A 
l’autopsie  on  ne  trouva  pas  de  lésions  des  coronaires,  nima 
des  capsules  surrénales  altérées.  M.  Rist  serait  porté  à  roetlff 
la  genèse  de  l’angine  de  poitrine  sur  le  compte  de  l'hyperten¬ 
sion  paroxystique  d’origine  surrénale. 

M.  Vaquez  dit  qu’il  y  a  des  angines  coronariennes  et  desan- 
gines  sans  lésions  des  coronaires.  Parfois  la  tension  reste  nor- 
male,  parfois  elle  s’élôve.Il  n’y  a  qu'une  pathogénie  univoq™ 
pour  cette  maladie  :  le  retentissement  d’une  lésion  sur 
plexus  cardiaque. 

Stomatite  mercuridie  après  injection  de  sels  insolubles 
datant  de  cinq  mo' s. 

M.  NIénétrier  a  soigné  une  femme  atteinte  de  slo®?^p 
mercurielle  intense,  qui  prétendait  n’avoir  jamais  sui'i 
traitement  mercuriel.  Guérison  par  le  traitement  ordina  ^ 
de  la  stomatite,  puis  rechute.  On  trouva  cependant  un  n 
dule,  reliquat  d'une  injection  faite  pour  douleurs  cinq  n* 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


naravant.  L’urine  contenait  du  Ilg.  L’examen  du  nodule 
*”ipvé  démontra  la  présence  de  globules  de  mercure. 

M  Baizsr  a  noté  des  accidents  semblables,  mais  jamais 
n^sunlaps  de  temps  si  long.  Il  faut  donc  suivre  ces  ma- 
laVs  longtemps  afin  de  pouvoir  intervenir  utilement  et 

à  temps  en  cas  d  accident.  ..pi 

II  Queyrat.  —  Des  qu  on  constate  deux  nodules,  il  taut 
abandonner  les  injections,  car  dans  ée  cas  elles  sont  inutiles 
et  même  dangereuses,  lorsque  la  barrière  fibreuse  du  nodule 

cesse  de  fonctionner.  Friedei.. 


SOCIÉTÉ  DE  MÉDECINE  DE  PARIS. 

Séance  du  28  juin  igo6.  —  Présidence  de  M.  Berne, 

VICE-RRÉSIDENT. 


La  séance  est  ouverte  à  4  heures  50.  —  Le  procès-ver¬ 
bal  de  la  dernière  réunion  est  lu  et  adopté  à  Tunani- 
mité. 

A  propos  du  procès-verbal,  M.  Tissier  fait  observer 
que  M.  Dubar  avait  signalé  les  conséquences  parfois 
Meheuses  de  la  trachéotomie  et  que,  pour  sa  part,  il 
estimait  que  les  trachéotomisés  jeunes  étaient  en  général 
de  futurs  candidats  à  la  tuberculose. 

Correspondance  imprimée.  —  Journaux  habituels  :  La 
Normande  médicale. 


Correspondance  MANuscRirE.  —  1“  Lettre  de  M.  le  Prési¬ 
dent  Desnos  s’excusant  de  ne  pouvoir  venir  présider  la 
séance  et  priant  M.  Berne,  vice-président,  de  le  rem¬ 
placer  ; 

2°  Lettre  de  M.le  D"  L.  de  Grandcourt,  donnant  sa 
démission  de  membre  titulaire.  Cette  démission  est 
acceptée. 

3”  Lettre  de  M.  Lucien  Pemjean,  homme  de  lettres,  indi¬ 
quant  à  la  Société  un  cas  d’exercice  plus  ou  moins  légal 
de  la  médecine  ; 

^Lettre  de  M.  Buret,  alité,  s’e.xcusant  de  ne  pouvoir 
assister  à  la  séance  ; 

Ijettre  du  D"  Bizard,  souffrant,  qui  s’excuse  de  ne 
pouvoir  lire  son  travail  de  candidature  ; 

^,•1“  Lettre  de  M.  le  Secrétaire-général  du  deuxième 
■'""■"“i  International  d’assainissement  et  de  salubrité 


Congre 


do  1  habitation,  pour  solliciter  l’adhésion  delà  Société 
®®  f  ôdecine  et  la  désignation  d’une  délégation  officielle; 
^‘Lettre  du  D’’  Dépassé,  s’excusant  de  ne  pouvoir  lire 
travail  de  candidature,  en  raison  de  la  santé  de  sa 
®®®6,qui  le  tient  éloigné  de  Paris  ; 

O  Dépêche  de  M.  Suarez  de  Mendoza,  expédiée  de 
•  ancy  et  arrivée  après  la  séance,  où  il  s’excuse  de  ne 
pouvoir  lire  son  travail. 

proposition  de  M.  le  Président,  la  Société  de 
erè  délègue  pour  la  représenter  au  deuxième  Gon- 
fl’L® '“ternational  d’assainissement  et  de  salubrité 
dation,  M.  le  D''  Lucien  Graux. 

demande  au  tréso- 
Jl  y  *  ®  est  la  quotité  disponible  du  Prix  Duparcque. 
tolaiû  -  répond  que  ce  prix  Duparcque  s’élève  en 
le  pour  1907  à  la  somme  de  1300  francs, 
devra  propose  de  nommer  une  Commission  qui 
sujet  pour  le  Concours  du  prix  Duparc- 
M  rù, nommés  membres  de  cette  commission  : 
\fp°dlewski,  Coudray  et  Dubar. 
tho»  lit  son  éloge  de  Gustave  Hameau  (d’Arca- 
l'^^^publié). 

J,  au  nom  de  la  Société,  remercie  M. 

,“^^oir  fait,  d'une  si  remarquable  façon,  l’éloge 
M.pg®  Hameau. 

^®™™'^^i^®tion  sur  «  Deux  cas  de 
ticeûsj  /  tendon  de  la  longue  portion  du 

r^'’essan*f^^ — communication  de  M.  Berne  est  fort 
n'*  de  la  1  ®  P^i't,  je  n’ai  jamais  vu  de  luxa- 

aïk  Rp  portion  du  biceps,  et  je  me  demande  si 
nii  ^’^^®H‘i?terait  pas  de  préférence  chez  des 
des  individus  très  musclés. 


M.  Berne.  —  Ceci  n’est  pas  obligatoire,  puisque  les 
deux  cas  que  je  rapporte  concernent  deux  jeunes  fem¬ 
mes.  Mais  ce  que  je  tiens  à  préciser,  c’est  que  ces  luxa¬ 
tions  ne  peuvent  se  produire  que  pour  adduction,  rota¬ 
tion  en  dehors  et  légère  élévation  du  bras. 

M.  CoüDR.AY.  —  Ces  luxations  peuvent-elles  se  réduire 
facilement  ? 

M.  Berne.  — .  Très  facilement,  mais  leur  traitement  est 
assez  long.  Ainsi  dans  le  premier  cas  que  je  viens  de 
communiquer,  mon  malade  a  souffert  jjendant  un  ou 
deux  mois.  Ces  luxations  sont,  de  plus,  très  douloureu¬ 
ses.  et  il  faut  les  mobiliser  très  prudemment. 

M.  Duclaux.  —  Puisque  M .  Berne  admet  que  le  traite¬ 
ment  peut  durer  pendant  deux  outrois  mois,  je  crois  qu’il 
y  aurait  avantage  8  faire  une  intervention  chirurgicale 
dans  ces  cas  de  luxation. 

M.  Berne.  —  Je  sais  très  bien  que,  dans  les  cas  de 
luxation  du  long  péronier  latéral,  on  pratique  avec  suc¬ 
cès  l’opération  qu’a  préconisée  le  Prof.  Lannelongue. 

Aussi,  dans  des  cas  de  luxation  de  la  longue  portion 
du  biceps,  avec  récidive,  ou  chez  des  malades  qui  ont 
besoin  de  travailler,  l’intervention  chirurgicale  pour¬ 
rait  être  justifiée. 

M.  Godlewski.  —  Doit-on  employer  le  massage  dès  le 
1'”' jour,  et  comment  doit-on  le  pratiquer  ?  —  J’ai  pu 
constater,  en  effet,  que, dans  certains  cas  de  fractures  et 
de  luxations,  le  massage,  pratiqué  aussitôt  le  traumatis¬ 
me,  avait  occassionné  une  aggravation  du  mal. 

M.  Berne.  — Quand  on  est  en  présence  d'une  luxation 
ou  entorse  d'une  articulation,  on  a  avantage  à  masser 
avant  la  coagulation  du  sang,  par  suite  aussitôt  après 
le  traumatisme.  Mais,  dans  les  luxations  de  la  longue 
portion  du  biceps,  il  doit  y  avoir  peu  de  sang  épanché, 
et  on  peut  agir  avec  moins  de  précipitation.  Dans 
mon  premier  cas,  j’ai  dû  faire  un  massage  très  léger, 
et  ne  le  pratiquer  que  15  jours  après  le  traumatisme, 
voulant  laisser  au  tendon  la  possibilité  de  réintégrer 
la  gouttière  os.seuse.  —  Je  n’ai  pas  constaté  dans  la 
suite,  d’atrophie  du  deltoide,  car  mon  massage  s’est 
plus  adressé  au  deltoïde  c^u’à  la  gouttière  même.  Chez 
mon  deuxieme  malade,  j  ai  constaté  3  ou  4  récidives  ; 
mais  celles-ci  étaient  à  chaque  fois  guéries  par  les 
mouvements  volontaires  que  faisait  le  malade.  Aucun 
auteur  jusqu’à  présent,  n’avait  recherché  sur  le  cada¬ 
vre  la  production  de  ces  luxations  ;  j’ai  tenu  à  faire  per¬ 
sonnellement  des  recherches  à  ce  sujet,  et  je  suis  arrivé 
à  constater  que  ces  luxations  se  faisaient  en  dedans  do 
la  petite  tubérosité,  et  non  de  la  grosse  tubérosité. 

M.  Godlewski.  —  Je  crois  donc  que  le  mieux  est  d’at¬ 
tendre  un  peu,  après  le  traumatisme,  masser  légèrement 
autour  de  la  lésion  et  non  au  niveau  de  la  lésion  elle  - 
même. 

En  fin  de  séance,  MM.  Godlewski,  Coudray  et  Dubar, 
proposent  à  la  Société  de  donner  comme  sujet  pour  le 
prix  Duparcque  la  question  suivante  : 

«  Des  rapports  de  l'appendicite  avec  l’entéro¬ 
colite  muco-membraneuse.  » 

M.  Tissier.  —  Je  trouve  que  cette  question  fait,  poul¬ 
ie  moment,  l’objet  de  très  nombreuses  discussions,  et  je 
crois  que  nous  aurions  avantage  à  proposer  un  autre 
sujet. 

M.  Dubar.  —  Les  rapports  de  l’appendicite  avec  l’en- 
téro-colite  muco-membraneuse  ne  sont  pas  près  d’être 
enterrés  ;  l’Académie  s’en  occupe  personnellement,  et 
n’est-ce  pas  une  occasion  d’intéresser  les  jeunes  que  de 
poser  la  question  de  cette  façon. 

M.  Godlewski.  —  Il  y  a  longtemps  qu’on  s’occupe  de 
cette  question  et  elle  ne  sera  pas  encore  élucidée  dans 
un  an.  En  ce  moment,  il  y  a  deux  partis  opposés  : 
ceux  qui  admettent  l’appendicite  avec  entéro-colite,  et 
ceux  qui  ne  l’admettent  pas.  Je  suis  convaincu  que  la 
discussion  va  cesser  à  l'Académie  et  qu’aucune  solution 
vraie  ne  sera  donnée.  Je  maintiens  donc  la  proposition 
de  la  commission. 

M.  Dub.ar.—  M.  Tissier  m’avait  pi-oposé  tout  à  l’heure 


410 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


cette  autre  question  :  «  Les  conséquences  de  la  trachéoto¬ 
mie  ». 

M.  Godlewski.  —  A  M.  Dubar  qui  prétend  que  lesjeu- 
nes,  principalement,  prennent  part  au  concours  du  prix 
Duparcque,  je  répondrai  que  ceux-ci  n’auront  pas  eu 
peut  être  le  temps  de  suivre  des  tractiéotomisés  pour  en 
voir  les  conséquences  et  décrire  les  effets. 

M.  Mortier.  —  Au  nom  de  M.  Buret,  je  propose  pour 
le  prix  Duparcque  cette  autre  question  qui  me  semble 
fort  intéressante  et  toujours  capable  d’inspirer  degrands 
et  nombreux  travaux,  â  savoir  ;  «  Etude  comparée,  avec 
observations  à  l'appui,  de  l'action  des  différentes  injections 
hydrargyriques,  solubles  et  insolubles,  employées  dans 
le  traitement  général  de  la  syphilis  à  toutes  ses  périodes.  » 

M.Duclatjx.  — Je  crois,  comme  M.  Dubar.  que  la 
question  de  l'appendicite  est  plus  générale  et  devra  at¬ 
tirer  plus  de  concurrents. 

M.  Sée. —  Il  y  a  eu  beaucoup  de  travaux  sur  les  ques¬ 
tion  mercurielles,  et  je  crois  que  c’est  une  raison  pour 
se  rallier  de  préférence  aux  rapports  de  l’appendicite. 

M.  Dübar.  —  J’ajoute  aussi  que  cette  question  de  l’ap¬ 
pendicite  intéresse  tous  les  médecins  en  général,  y  com¬ 
pris  les  médecins  d’Eaux  elles  hommes  de  sciences  et 
de  laboratoire. 

M.  Godlf^vski.  —  Pour  faire  des  recherches  sur  la  sy¬ 
philis,  il  faut  être  spécialisé  ;  donc  ceux  qui  prendront 
part  au  concours  seront  limités  ;  tandis  que  l’appendi¬ 
cite,  intéressant  tous  les  médecins,  nous  pouvons  espé¬ 
rer  un  grand  nombre  de  concurrents. 

M.  Dubar.—  La  Société  de  Médecine  ne  peut  que  pren¬ 
dre  de  l'importance  en  donnant  comme  question  les  rap¬ 
ports  de  l’appendicite  ;  les  concurrents  devront  être  nom¬ 
breux,  et  je  crois  préférable  d’accepter  la  question  que 
vous  propose  la  commission. 

La  Société,  accepte,  à  l’unanimité,  cette  proposition  ; 
la  question  pour  le  concours  du  Prix  Duparcque,  1907 
est  donc  la  suivante  :  «  Des  rapports  de  l'appendicite  avec 
r entéro-colite  muco-membraneuse.  » 

Election.  —  A  l’unanimité  des  membres  présents, 
M.  le  D'  Charles  de  Blois,  de  Trois-Rivières  (Canada),  est 
nommé  membre  correspondant  étranger  de  la  Société  de 
médecine. 

La  séance  est  levée  à  6  h.  40. 

Le  secrétaire  annuel.  Mortier. 

PRIX  DUPARCQUE 

Eu  décembre  1907, dans  sa  dernière  séance  (2'' samedi), 
la  Société  de  Médecine  de  Paris  décernera  le  Prix 
Duparcque  (wwe  somme  lie  i.3oo  francs  sera  disponible] 
à  l’auteur  du  meilleur  mémoire  en  français  sur  la  ques¬ 
tion  suivante  :  «  Des  rapports  ds  l’appendicite 

avec  l’entéro-colite  muco-membraneuse.  » 

Les  mévoo'ives, inédits  etnon  encore  récompensés, àewoïii 
être  déposés  au  siège  de  la  Société,  12,  rue  de  Seine, 
ou  chez  le  secrétaire  général,  2,  rue  Casimir-Delavigne, 
avant  le  l"  octobre  1907,  dernier  délai.  Le  concours  se¬ 
ra  ouvert  le  1®''  octobre  1906.  Chaque  mémoire  sera  dési¬ 
gné  par  une  devise  ou  épigraphe  écrite  sur  la  première 
page,  de  la  main  de  l’auteur,  et  accompagné  d’un  pli 
cacheté  :  ce  pli  devra  porter  uniquement,  à  l’extérieur, 
lamême  épigraphe  reproduite  ;  à  l’intérieur,  le  nom  et 
l’adresse  de  l’auteur. 

_  Tout  concurrent  qui  se  serait  fait  connaître  d'une  façon 
quelconque  avant  l’attribution  du  prix  serait  de  fait  ex¬ 
clu  du  concours.  Seuls,  les  membres  titulaires  et  hono¬ 
raires  de  la  Société  ne  peuvent  être  admis  à  concourir. 

Paris,  le  26  juin  1900. 

Pour  rédaction  conforme, 

Le  secrétaire  général, 

F.  Bdret. 


SOCIÉTÉ  D’OBSTÉTRIQUE  DE  PARIS 
Séance  du  21  juin  1906. 

Di Iflcui té  particulière  de  la  délivrance  arlifidclle  dans 
un  utérus  bicorne  à  corne  formant  un  diverticule  allongé. 
M.  Guéniot.  —  A  la  suite  d’un  accouchement  par  le  siège, 
la  délivrance  présenta  quelques  difficultés  du  fait  de  l’incar¬ 
cération  d’une  partie  de  l’arrière-faix  dans  une  des  cornes  de 
l’utérus  se  prolongeant  en  long  boyau. 

M.  Budin  rappelle  qu’il  a  observé  un  cas,  avec  M.  Jeannin.où 
à  la  suite  d’un  avortement,  l’extraction  du  placenta  fut  extrê¬ 
mement  laborieuse  par  suite  de  la  disposition  bicorne  de  futé- 
rus. 

Grossesse  chez  une  femme  atteinte  d'anévrysme 
de  la  cros.se  de  l'aorte. 


MM.  Macé  et  Monnier-Yinard. —  La  femme  enceinte  actuel¬ 
lement  de  6  mois  1/2,  a  un  anévrysme  de  la  crosse  de  l’aorte. 
Que  convient-il  de  faire  ?  Faut-il  laisser  évoluer  la  grossesse, 
ou  l'interrompre  avant  terme  ?  L’auteur  considère  la  femme 
comme  perdue  à  brève  échéance  ;  il  estime  inutile  de  provo-. 
quer  un  accouchement  avant  terme. 

M.  Tissier  ne  croit  pas  le  pronostic  si  grave,  il  estime  que 
cette  femme  pourrait  supporter  la  fatigue  de  l’accouchemenl, 
et  y  survivre.  Si  l’on  veut  intervenir  pour  épargner  à  cette 
femme  le  traumatisme  obstétrical,  seule  l’opération  césarienne 
serait  rationnelle. 


Statistique  de  Ij  laparotomies  pour  grossesse  extra-utérine 

M.  Macé.  —  Ces  grossesses  se  classent  en  3  groupes  :  il  yent 
13  inondations  péritonéales  ;  un  avortement  tubaire  ;  une 
grossesse  de  8  mois. L’auteur  réduit  l’opération  au  maximum; 
il  ne  cherche  pas  à  enlever  tout  le  sang, mais  il  établit  un  drai¬ 
nage  soigné.  Tous  ces  cas  ont  guéri. 

M.  PicQUÈ  ne  partage  pas  la  manière  de  faire  de  M. Macé; 
il  veut  que  l’on  évacue  complètement  le  péritoine  de  tout  le 
sang  liiiuide  et  des  caillots  qu'il  contient.  Eu  agissant  autre¬ 
ment,  on  risque  tous  les  accidents  infectieux  consécutifs.  De 
plus,  M.  Picqué  ne  draine  pas. 

M.  PicHEviNest  absolument  de  l’avis  de  M.  Picqué  ;àmoiiis 
de  cas  opérés  in  extremis,  il  faut  absolument  faire  une  inter' 
vention  complète. 

M.  Boquel  estime  qu’il  faut  tout  enlever,  trompe,  vagin- 
caillots  et  sang  ;  puis  il  draine  systématiquement  le  péritoine- 
Placenta  retenu  longtemps  post  abortum  in  utero. 

M.  Tissier.  —  Une  femme  ayant  fait  un  avortement  r*® 
senta  aucun  accident  ultérieur.  Elle  quitta  l’hôpital  en  no 
santé,  et  plusieurs  jours  après  elle  expulsa  spontanémen 
placenta  de  100  gr.  11  n’y  eut  aucun  accident. 


Un  cas  de  môle  hématomnteuse . 
M.Maygrier.— Une  femme  fit  une  fausse  couche  de 
et  demi.  Dans  l’œuf  on  trouva  de  petites  tumeurs  sous- 
niotiques  constituées  par  de  petits  hématomes. 

Vaste  hémorragie  méningée  prise  pour  l' hydrocéphalie- 
MM.  Devraigne  et  Cathala.  —  Le  diagnostic  exact 
porté  grâce  à  la  ponction  lombaire,  diagnostic  qui 
firmé  à  l’autopsie.  .  ureinf 

M.  Macé  signale  que  ce  diagnostic  différentiel  peut  e 
possible  dans  les  cas  où  l’hydrocéphalie  s’accompaSP 
liquide  sanglant,  ce  qui  se  voit  parfois. 


Deux  cas  de  rupture  du  sinus  circulaire  diagnosfKJ^ 

pendant  le  travail.  ^ 

MM.  Devraigne  et  Yentouras. —  Il  s'agissait  dans  u^  jj. 
d’une  présentation  du  sièfee,  et  dans  l’autre  d'un 
sang  sortait  au  début  de  chaque  contraction  pu*®  ^^.,,1. 


pendant  la  contraction  môme. 


LA  VALÉROBROMINE  LEG^^ 

est  plus  active  que  les  bromures  et  1®  ' 


LE  PROGRÈS  MEDICAL 


411 


revue  D’HYDROLOGIE  ET  DE  CLIMATOLOGIE 

Rédacteur-spécial  :  D  LUCIE^^  GRAl'X 


I  _  Piombièpes  ancien  et  moderne;  par  HaomONTk.  (Paris,  1905.) 
plombièrespossède  des  souvenirs  historiques  intéressan  ts 

Dès  1865,  M-  Haumonte,  son  maire,  écrivait  ce  livre  bien- 
litépaisé.  M.  Jean  Parisot  nous  en  donne  aujourd’hui  une 
nouvelle  édition  très  augmentée  et  contenant  de  superbes 
gravures.  Les  vestiges  séculaires  des  grands  travaux  romains 
^moignent  du  passé  l’eculé  de  Plombières, 

Après  les  ducs  delà  maison  de  Lorraine,  Stanislas  Leck- 
ifDski, contribua  grandement  au  développement  de  la  ville 
etylaissa  des  traces  splendides.  Napoléon  III  y  fit  faire  des 
travaux  importants. 

II  —  Traitement  thermal  sulfureux  de  la  syphilis;  par  Drescii. 

(Loin,  1906.) 

La  cure  thermale  est  devenue  le  complément  par  excel¬ 
lence  du  traitement  de  la  syphilis  à  évolution  normale  et 
correctement  traitée.  Elle  s’impose  dans  les  formes  anor¬ 
males,  rapides  ou  malignes.Elle  s’impose  doublementquand 
la  syphilis  se  surajoute  à  des  états  diathésiques  antérieurs 
et  dans  une  multitude  d’états  bâtards  relevant  d’une  combi¬ 
naison  de  diathèses  qui  nécessitent  des  combinaisons  de 
traitements. 

Cet  intéressant  travail  a  fait  l’objet  d'une  communication 
au  Congrès  de  Venise. 

lit.— La  cure  de  la  Roche-Posay  dans  l’arthritisme  ; 
par  Morichau-Beauch.axt  et  (JixOMO.  (Paris,  1906). 
Autorisées  en  1898,  les  eaux  de  la  Roche-Posay  sont  con¬ 
nues  et  utilisées  depuis  1573.  Les  eatix  sont  athermiques. 
Elles  ont  surtout  de  la  valeur  dans  le  traitement  de  l’arthri- 
lis  et  de  ses  manifestations  viscérales,  articulaires,  nerveu¬ 
ses  et  surtout  cutanées. 

IV.  —  Le  Mont-Dare  ;  par  le  professeur  L.andoczy  (1906). 

Celte  brochure reproauit  la  conférence  que  fit  M.  le  pro¬ 
fesseur  Landouzy  iors  du  passage  du  V.E.M.  au  Mont-Dore 
Comme  toujours,  cette  Leçon  de  choses  de  thérapeutique  ther- 
nalepratigue  est  écrite  avec  la  concision  et  l'éloquence  qui 
caractérisent  les  œuvres  du  directeur  scientifique  du  V.  E.  M. 

Répandue  largement,  elle  ne  pourra  que  contribuer  au 
succès  d’une  station  intéressante  et  inspirer  à  plusieurs  con¬ 
frères  le  désir  de  se  joindre  aux  voyages  d’études  médicales. 
'•  —  Annuaire  des  eaux  minérales;  parle  U' Morice.  (Paris, 
Librairie  de  la  Galette  des  Eaux,  1906). 

Cet  excellent  volume,  qui  en  est  à  sa  48'  année,  renferme  : 
.l'Une  élude  très  complète  et  très  précise  sur  la  Législa- 
hon  liés  Eaux  minérales  en  France,  aux  Colonies  et  à  l’Etran- 
i—  2'  Les  renseignements  généraux  sur  le  service  et  le 
*nctionnement  administratif  des  Eaux  minérales  au  Minis- 
^re  de  l’Intérieur  à  Paris  (S'  La  liste  du  personnel  chargé 
service  ;  celle  des  membres  du  Conseil  supérieur 
•lygiène,  de  la  Commission  des  eaux  minérales  àl’Acadé- 
>e  de  médecine,  etc.  ; — 4"  La  liste  des  hôpitaux  thermaux 
•Raires  ;  5°  Les  listes  des  médecins  des  stations  hydromi- 
Ij  I  et  climatiques  de  la  France  (listes  par  stations  et 
^  ensemble  par  ordre  alphabétique  :  —  6°  La  liste  des 
mbres  de  la  Société  d’hydrologie  médicale  de  Paris  et  du 
j  général  des  médecins  des  stations  balnéaires  e 
de  la  France  :  —  7»  Quelques  indications  sommai- 
l’œuvre  des  "Voyages  d'études  médicales  aux  Eaux 
;  —  8"  La  nomenclature  générale  des  stations 
!i;^J°®lDérales  de  la  France  et  des  colonies  françaises  ;  — 
q5ç^'  .®®œenlo  de  leurs  principales  indicalionsthérapeuti- 
sj^,’ “T  10”  La  nomenclature  des  stations  climatiques  et 
4  g  ®*‘inms  de  la  France  et  des  colonies  françaises  ;  —  11° 
payg®‘“®'iclature  générale  des  sanatoriums  populaires  et 
coio-.'®’,thaisons  de  cure  et  de  convalescence,  dispensaires 
de  vacance.s,  hôpitaux  marins,  thermaux,  jardins 
;  —12°  La  liste  des  principaux  établissements 
^*‘hérapif|ues  de  Paris  et  des  départements. 


En  ce  qui  concerne  l’étranger,  l’Annuaire  dos  Eaux  miné¬ 
rales  passe  successivement  en  revue:  a)  Les  stations  hydro- 
minérales,  avec  toutes  leurs  subdivisions:  bi  Lesstations  cli¬ 
matiques  et  sanatoriums  les  plus  connus.  (Cette  partie  sera 
complétée  au  fur  et  à  mesure  des  renseignements  reçus.) 
Enfin,  un  index  alphabétique  de  toutes  les  stations  et  une 
table  méthodique  des  matières  complètent  ce  volume. 

\'I.  —  Communications  scientifiques  sur  Kreuznarch,  1906. 

C’est  un  recueil  des  travaux  sur  des  sujets  les  plus  divers 
mais  ayant  tous  trait  à  cette  ville  d’eaux.  Citons  les  mémoi¬ 
res  qui  nous  ont  paru  les  plus  intéressants  ;  Radioactivité, 
des  eaux  de  Kreusnuch,  par  31.  Asehoff.  Scropulose  et  tuber¬ 
culose  par  31.  Engelmann,  Bnlnéologie  et  otologie  par  .1/.  Steppe- 
tat. 

Le  recueil  édité  par  la  Commission  municipale  des  eaux 
contient  aussi  des  renseignements  pratiques  concernant  le 
séjour  et  les  pratiques  balnéologiques. 

VII. —  Sur  l'acide  borique;  par  Etterlex  {Lyon  Médical.. 

Un  gramme  d’acide  borique  donné  en  cachets  de  0,.50 
augmente  l'acidité  urkiaire  de  0,40  en  moyenne.  A  partir  de 
1  gr.  50  par  jour  le  volume  des  urines  est  presque  doublé  de 
l’elfet  diurétique  persiste  2  ou  3  jours  et  acquiert  son  maxi¬ 
mum  le  lendemain  du  jour  où  l'acide  borique  a  été  admi¬ 
nistré.  L’acidification  de  l’urine  est  causée  principalement 
par  l'augmentation  de  l’excrétion  de  l’acide  phosphorique. 
Avec  1  gr. d'acide  borique  cette  augmentation  est  en  moyenne 
d’un  tiers. 

VIII.  —  Soufra  urinaire  et  bains  carbo  gazeux  ;  par  Heitz  et 

Mignard.  {Journal  de  physiothérapie.) 

Chez  les  malades  dont  le  régime  alimentaire  est  stable 
comme  (|ualité  des  aliments  sans  que  la  quantité  de  ces  ali¬ 
ments  soit  maintenue  absolument  constante,  la  cure  des 
bains  carbo-gazeux  élève  d’une  façon  générale  le  coefficient 
d’oxydation  du  soufre,  c’est-à-dire  que,  sous  cette  influence 
l’oxydation  des  dérivés  soufrés  issus  des  albumines  se  fait 
plus  complètement,  cette  oxydation  plus  complète  pouvant 
co’incider,  en  beaucoup  de  cas,  avec  une  diminution  de 
la  quantité  absolue  des  matériaux  des  oxydés. 

IX.  —Essai  de  bibliographie  analytique  ;  par  Roux  (Paris,  Masson 

1906.) 

Important  travail  contenant  une  bibliographie  très  métho¬ 
dique  et  très  complète  des  eaux  de  Saint-Nectaire. 

X.  —  Indicationsde  la  cura  de  Vichy  chez  Iss  enfants; 

Par  Déléage  {Congrès  de  Lisbonne.) 

Les  indications  de  la  cure  de  Vichy  chez  les  enfants  sont 
beaucoup  plus  nombreuses  qu’il  ne  le  semble  au  premier 
abord. 

La  première  indication  s’adresse  à  la  constitution,  aux 
tares  héréditaires  chez  les  fils  d’hépatique.®,  d’uricémiques, 
de  goutteux,  d’obèses,  de  diabétiques,  chez  lesquels  il  est 
nécessaire  de  modifier,  de  régulariser  les  échanges  nutri¬ 
tifs,  les  fonctions  hépatiques,  de  combattre  l'hyperacidité 
organique. 

La  cure  chez  les  enfants  doit  être  surveillée  de  très  près  ; 
son  intensité  et  sa  durée  doivent  être  en  rapport  avec  un 
certain  nombre  de  données  physiologiques  et  pathologiques 
en  tête  desquelles  vient  l’âge  de  l’enfant. 

Le  nourrisson  lui-même,  hépatique  héréditaire,  dont  la 
mère,  nourrice  ou  non,  fait  une  cure  à  Vichy,  retirera  un 
heureux  résultat  de  l’ingestion  d’eau  minérale  à  des  doses 
minimes  en  même  temps  qu’il  bénéficiera  de  sa  mère-nour¬ 
rice  dont  le  lait  gagnera  en  qualité  et  en  quantité. 

L’indication  se  précise  chez  les  enfants  plus  âgés  et  por¬ 
tant  l’empreinte  de  l'hérédité  hépatique,  de  la  cholémie,  qui 
ont  des  poussées  de  congestion  douloureuse  du  foie  s’accom¬ 
pagnant  de  troubles  gastriques  et  souvent  d’entérite  de  même 
que  chez  les  petits  paludéens,  pour  lesquels  les  sources 
Mesdames  et  Lardy,  bicarbonatées,  ferrugineuses  et  arseni¬ 
cales,  sont  très  précieuses.  Les  lithiases  biliaire  et  rénale, 
moins  rares  chez  1  enfant  qu’on  pourrait  le  croire,  sont  en- 


412 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


rayées,  chez  lui  comme  chez  l'adulte,  par  le  traitement  de 
Vichy.  De  nombreux  enfants  de  6  à  10  ans  sontdyspeptiques 
avec  les  symptômes  de  l'iiyperchlorhydrie  ;  la  cure  alcaline 
combattra  cette  hypersthénie  stomacale.  Dans  le  diabète  in¬ 
fantile,  les  indications  sont  plus  réduites  que  dans  celui  de 
l'adulte  la  maladie  prenant  rapidement,  et  souvent  d’emblée 
les  allures  du  diabète  grave  maigre.  L’indication  de  Vichy 
est  réservée  aux  cas  de  diabète  infantile  latent, sans  tendance 
marquée  à  l’amaigrissement,  et  chez  les  enfants  de  diabé¬ 
tiques.  L’obésité  et  la  maigreur  sont  heureusement  modi¬ 
fiées  par  la  cure  de  Vichy  quand  elles  relèvent,  la  première 
d’une  dystrophie  héréditaire  goutteuse  arthritique,  ta  se¬ 
conde  de  troubles  nutritifs,  de  troubles  gastro-intestinaux 
ou  hépatiques.  Les  contre-indications  sont  fournies  par  les 
affections  aiguës,  fébriles,  la  tuberculose,  les  ictères  graves 
dus  à  des  lésions  profondes  delà  cellule  hépatique  ou  à  une 
compression  du  cholédoque,  les  affections  cardiaques  mat 
compensées. 


BIBLIOGRAPHIE 


Manuel  technique  d'Histologie  ;  par  l'h.  Stohr,  traduit 
par  les  docteurs  Toupet  et  Gritzman  (troisième  édition  fr. 
complètement  remaniée  d’après  la  dixième  édition  alleman¬ 
de,  par  le  D*^  P.  Mulon,  préparateur  d’histologie  à  la  Facul¬ 
té  de  Médecine.  Préface  du  P'  Cornil.  1  vol,  grand-jésus  de 
511  p.  avec  339  figures  en  noir  et  en  couleur.  G.  Steinheil, 
éditeur). 

Cet  ouvrage  comprend  deux  parties  très  distinctes  :  l’une 
théorique,  l'autre  pratique.  C’est  un  Traité  théorique  d’abord. 
Les  détails  de  la  cytologie,  de  l’histologie,  de  l’anatomie  mi¬ 
croscopique,  y  sont  exposés  avec  une  exactitude  et  une  préci¬ 
sion  rigoureuses.  Tout  y  est,  et  pourtant  rien  qui  ne  soit 
utile  ne  vient  surcharger  les  descriptions.  «  Les  faits,  dit  le  P*' 
Cornil  dans  sa  préface,  simplement  et  clairement  décrits,  se 
détachent  en  pleine  lumière  ».  Les  théories  récentes  même  y 
sont  consignées  lorsque  l’auteur  les  a  jugées  définitivement 
admises.  C’est  donc  un  livre  tout  <à  la  fois  complet  et  clair. 
C’est  dire  que  l’étudiant  trouvera  en  lui  un  guide  sûr  tant  au 
début  de  ses  études  que  plus  tard.  Le  médecin  praticien  lui- 
même,  qui  désormais  doit  connaître  de  mieux  en  mieux  la 
morphologie  et  la  physiologie  cellulaires,  bases  fondamenta¬ 
les  de  la  pathologie  et  de  la  thérapeutique  aura  avantage  à  le 
consulter. 

C’est  aussi  un  Manuel  pratique ,  avons-nous  dit.  Et  à  ce 
titre  encore  il  s’adresse  à  la  fois  au  débutant,  à  l’étudiant 
ignorant  du  microscope  et  à  l’histologiste  de  profession.  Le 
P-  Stohr,  s’est  en  effet,  attaché  à  donner  des  méthodes  très  sim¬ 
ples,  en  indiquant  bien  tous  leurs  détails  :  en  suivant  le  texte 
à' la  lettre,  tout  étudiant  quelque  peu  attentif  peut  préparer 
et  voir  les  éléments  antomiques  et  leurs  rapports.  11  trouvera 
même  dans  cette  troisième  édition  des  procédés  nouveaux  et 
en  particulier  les  méthodes  de  Golgi  et  de  Ramon  y  Cajal 
qu  il  n’est  plus  permis  d’ignorer.  L'étudiant  au  courant  des 
pratiques  du  laboratoire  y  trouvera  de  son  côté  l’indication 
de  techniques  plus  compliquées  destinées  à  montrer  les  dé¬ 
tails  les  plus  fins  de  la  structure  microscopique. 

Chaque  chapitre  théorique  est  immédiatement  suivi  des 
techniques  spéciales  qui  s'y  rapportent  chacune  des  nom¬ 
breuses  figures  porte  l’indication  de  la  méthode  employée 
pour  faire  la  préparation  qui  est  dessinée  ;  le  travail  est,  encore 
une  fois,  rendu  plus  facile.  Benjamin  Bord. 


Ecole  préparatoire  de  médecine  de  Clermont.— Par  arrêté 
du  ministre  de  l'Instruction  publique,  des  beaux-arts  et  des  cultes 
en  date  du  20  juin,  un  concours  s’ouvrira,  le  8  janvier  1907,  devant 
la  faculté  mixte  de  médecine  et  de  pharmacie  de  Toulouse  pour 
l’emploi  de  suppléant  des  chaires  de  physique  et  de  chimie  à  l’é¬ 
cole  préparatoire  de  médecine  et  de  pharmacie  de  Clermont. 

Le  registre  d'inscriptions  sera  clos  un  mois  avant  l’ouverture 
dudit  concours. 


PRATIQUE  THÉRAPEUTIQUE  .  ^ 

Traitement  médical  des  adénites  chroniques 
non  suppurées. 

La  diathèse  scrofuleuse  est  caractérisée  au  point  de  vue 
symptomatique  par  des  hypertrophies  ganglionnaires  habi¬ 
tuellement  chroniques,  par  des  inflammations  catarrhales  I 
répétition,  parune  tendance  aux  localisations  infectieuses  el 
particulièrement  bacillaires  sur  les  muqueuses  et  le  demie 
desquamés  par  des  poussées  fl  uxionnaires  répétées. 

De  toutesces  manifestations  diathésiques,  nous  ne  nousoc- 
cuperons  ici  que  des  adénites  strumeuses  fermées,  qui  exis¬ 
tent  surtout  pendant  l’enfance.  11  n’est  pas  rare  à  cet  âge  de 
les  voir  rétrocéder  par  la  médication  iodée.  Elles  se  présentent 
aussi  et  le  plus  souvent  chez  les  mêmes  sujets, à  l'adolescence. 
Nous  les  avons  vues  alors  presque  toujours  plus  tenaces, 
mais  elles  cèdent  généralement  encore  au  traitement  iodé, 
(jui  donne  les  meilleurs  résultats  et  par  lequel  on  doit  tou¬ 
jours  commencer.  Plus  tard,  pour  maintenir  les  résultats  ac¬ 
quis  on  pourra  s’adressera  l’arsenic  et  au  chlorure  de  sodium. 
Et  pour  ce  qui  est  de  la  thérapeutique  iodée,  nous  trouvons 
bien  préférable  de  réunir  la  méthode  externe  et  la  méthode 
interne  en  un  seul  et  même  procédé-  représenté  prathiuement 
par  les  frictions  loco  dolenti  du  vasogène  iodé. 

Les  raisons  qui  autorisent  à  recommander  ce  procédé  sont 
les  suivantes  :  l’iodosol  employé  en  frictions  sur  les  ganglions 
hypertrophiés  y  détermine  sans  douleur,  sans  lésions  inflam¬ 
matoires,  une  pénétration  intime  de  l’iode.  Cet  iode  imprègne 
la  tumeur,  y  développe  son  action  trophique  et  fondante,  lise 
propage  ensuite  dans  l’organisme  et  il  est,  comme  l’a  démon¬ 
tré  Pouchet  pour  l’ensemble  des  iodiques,le  point  de  départ, 
par  ses  mutations  chimiques. d’un  véritable  ébranlement  mo¬ 
léculaire,  d’une  suractivité  vitale  pour  les  cellules, 

L’iodosol  est  donc  à  la  fois  un  agent  de  thérapeutique  lo¬ 
cale  et  générale. et  c’est  son  innocuité  pour  la  peau  et  les  mu¬ 
queuses,  son  absence  de  toxicité,  qui  le  font  préférer  à  la 
teinture  d'iode  et  aux  iodures. 

Si  nous  frictionnons  deux  lois  par  jour  la  région  malade 
avec  une  demi-cuillerée  à  café  d’iodosol  nous  ne  détermi¬ 
nons  aucune  excoriation  et  nous  pouvons  indéfiniment  faire 
pénétrer  dans  l’économie  une  quantité  d’iode  chaque  fois  ac¬ 
tive  au  point  de  vue  local  et  général.  Les  résultats  suivants 
viennent,  d’ailleurs,  le  démontrer. 

Chez  une  jeune  f  illede  12  ans,  il  s'était  produit  dans  la  région 
cervicale  gauche,  une  adénite  strumeuse  atteignant  en  8 jours 
le  volume  d’un  gros  œuf  de  pigeon.  Cette  tumeur  était  dure, 
douloureuse  et  glissait  un  peu  sous  le  doigt.  Les  tissus  voi¬ 
sins  étaient  légèrement  œdématiés.  La  malade  n’avait  dans  U 
cavité  buccale  aucune  érosion  qui  permit  d’expliquer  cette  lé¬ 
sion.  Parfois  elle  toussait,  mais  il  n’y  avait  pas  de  signes  sulTi- 
sants  pour  admettre  la  tuberculose. 

Nous  avons  alors  conseillé  des  frictions  malin  et  soir  sur 
Tadénileavec,  chaque  fois,  une  demi-cuillerée  de  vaso^n® 
iodé.  La  blépharite  continua  à  être  soignée  seulement  à  Teau 
boriquée.  Le  remède  ne  laissa  aucune  trace  sur  la  peau  et  n® 
causa  pas  la  moindre  souffrance.  Au  bout  du  septième  jon’' 
la  tumeur  était  en  voie  de  régression,  la  blépharite  était  gué¬ 
rie  et,  en  deux  semaines  environ,  l’adénite  avait  disparu.  , 
Nous  avons  alors  soumis  la  malade  à  la  médication  arsé¬ 
niée,  puis  de  nouveau  iodée,  et  Tatfection  n’a  pas  reparu.  ^ 
Chez  plusieurs  autres  enfants  de  4  à  10  ans  nous  avons  con^ 
taté  des  résultats  analogues  et  jamais  il  ne  s’est 
même  phénomène  inflammatoire  cutané,  jamais  la  nioinu 
trace  d’iodisme.  . 

Sans  prétendre  que  la  médication  interne  soit  absolum®^ 
plus  active  que  la  médication  externe,  car  on  sait  que  les  ' 
sogènes  ont,  par  définition,  la  propriété  de  faire  P®®®*., 
rapidement  dans  l’organisme  les  médicaments  qu  ils 
ferment  et  de  leur  laisser  toute  leur  puissance,  nous  pef?® 
que  Piodosol  est  supérieur  à  la  teinture  d’iode,  puisqu  u  j 
colore  pas  la  peau,  ne  détermine  aucune  douleur  et  P®*^ 
ainsi  le  traitement  externe  prolongé.  En  second  lieu  » 
avons  pu  constater  (jue  le  vasogène  pris  à  l’intérieur  nés 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


413 


caustique  ni  toxique  et  que  son  action  est  peut-être  plus  rapide 
que  celle  de  l’iodure. 

^  Ajous  constatons  encore  que  l’iode  du  vasogène  est  absorbé- 
par  l’économie, car  il  exerce  sur  les  hypertrophies  gan 
ïlionnaires  une  action  fondante  manifeste  ;  cette  action  théra¬ 
peutique  n'est  pas  seulement  locale,  et  le  vasogène  iodé  dé¬ 
termine  dans  l’organisme  des  effets  trophiques  et  antiphlo¬ 
gistiques  certains. 

Chez  un  autre  enfant  de  7  ans  atteint  en  même  temps  d'a¬ 
dénopathie  trachéobronchique, nous  avons  assisté  à  la  régres¬ 
sion  des  symptômes  de  cette  affection  et  la  percussion  nous  a 
révélé  une  diminution  notable  des  ganglions  médiastinaux 
postérieurs. 

Ces  résultats  sont  une  preuve  de  l’action  trophique  géné¬ 
rale  du  vasogène  iodé,  qui  est  aussi  le  remède  de  choix  de  la 
diathèse  scrofuleuse, qui  est  précisément  caractérisée  par  le  ra¬ 
lentissement  et  comme  la  paresse  de  toutes  ces  fonctions  vi¬ 
tales. 

Les  frictions  d'iodosol  ou  l’ingestion  d'iodosol  sont  donc  à 
l'heure  actuelle  le  procédé  de  choK  pour  soumettre  les  adé¬ 
nites  strumeuses  à  l’influence  curative  de  l’iode  et  si  nous 
usons  largement  de  ce  remède,  dans  tous  les  cas  de  ce  genre, 
nous  devons  ajouter  que  nous  avons  l'habitude,  une  fois  le 
résultat  ac(juis,de  le  compléter  par  l’arsenic  et  le  chlorure  de 
sodium.  (D''  Babou,  Médecine  Moderne.) 


VARIA 

Histoire  et  Médecine  :  L'ancienne  faculté  de  la  rue 
de  la  Bùcherie. 

L’Association  générale  des  Etudiants  vient  d'adresser  au 
Conseil  municipal  une  pétition  demandant  de  devenir  loca¬ 
taire  de  la  ville  en  occupant  l'ancienne  faculté  de  Médecine 
delà  rue  de  la  Bùcherie  près  la  place  Maubert. 

Cette  vieille  maison, dont  l’histoire, des  plus  intéressantes,  a 
été  clairement  résumée  par  notre  ami  le  Ds  Noir  (1),  a  été 
construite  au  XA®  siècle  et  abandonnée  depuis  longtemps. 

Des  particuliers  peu  respectueux  des  souvenirs  attachés  aux 
murs,  des  industries,  comme  un  lavoir,  menacèrent,  jusqu’en 
1904,  date  à  laquelle  le  Conseil  municipal  cessa  de  louer,  de 
dégrader  cet  immeuble  si  intéressant. 

Nombreuses  furent  les  sociétés  qui  pétitionnèrent  pour 
obtenir  un  changement  ;  le  D’’  Noir  prit  une  part  active  a 
cette  campagne  desintéressée  qui  avait  été  menée  au  début 
parle  regretté  D'-  Le  Baron,  fondateur  du  syndicat  des  méde¬ 
cins  delà  Seine.  C'est  du  reste  le  D"  Le  Baron 'qui  avait 
obtenu  l’achat  par  la  ville  de  la  vieille  Faculté. 

L’Association  obtiendra  ce  que  d’autres  n'ont  pu  obtenir, 
nous  1  espérons,  nous  le  souhaitons.  La  rotonde  sera  conser- 
yco'i  son  caractère  historique  étant  indéniable  ;  il  devrait  en 
che  de  même  de  la  salle  du  XV'=  siècle  ;  mais  ilest  probable 
9ne  1  on  reconstruira  le  reste  des  bâtiments  afin  de  ren- 
re  cet  antique  immeuble  apte  à  sa  nouvelle  deslination, 
est-à  dire  un  lieu  de  réunion  des  étudiants  de  Paris  succur- 
e  del’A,  qui  prendra  le  nom  de  «  Maison  des  éltidianls  » . 
oïlace  que  l’on  nous  dit  quant  aux  intentions  des  futurs  lo¬ 
cataires. 

Nous  disons  «  futurs  locataires  »  car  nous  pouvons  croire 
9  enotreespoir  ne  sera  pas  déqu.Ce  sera  uneœuvre artistique 
souvenir  conservé  et  conservé  en  bonnes  mains.Les 
pro*^**^-"*  s’occupent  aujourd’hui  d’histoire,  nous  l’avons 
g  Us  peuvent  donc  avoir  l’espoir  d'être  appelés  à  con- 
'er  les  souvenirs  historiques  de  leur  profession, 
hni*  possession  de  1  ancienne  faculté  n’est  qu’un  dé- 

Mar  el  B. 

Les  conserves  américaines. 

®Ç®ndale  vient  d’éclaler  à  Chicago,  au  sujet  des  procédés 
briQ_’'®'‘cmeut  répugnants  auxquels  se  sont  livrées  de  grandes  fa- 
îj  ce  viandes  conservées  de  Chicago. 

,,  ‘.“ousevelt  eu  transmettant  le  rapport  officiel  dit  : 

Vous  soumets  ce  rapport  parce  qu'il  montre  le  besoin  ur- 

)  Au  Progrès  Médical,  une  plaquette. 


gent  qu’il  y  a,  pour  le  Congrès, de  prendre  des  mesures  immédia¬ 
tes  pour  établir  une  inspection  rigoureuse  et  complète,par  lé  gou¬ 
vernement,  de  tous  les  abattoirs  et  fabriques  de  conserves,  ainsi 
que  des  produits  en  sortant. 

«  La  brève  inspection  qui  a  amené  la  rédaction  de  ce  rapport 
montre  que  l’état  de  choses  existant  actuellement  à  Chicago  est 
révoltant,  et  qu'il  est  absolument  nécessaire,  dans  l’intérêt  de  la 
santé  publique,  que  des  mesures  soient  prises  pour  apporter  un 
changement  radi,-;al  à  l’état  de  choses  actuel . 

«  Ce  rapport,  dit  encore  M.  Roo.sevelt,  montre  que  la  plus 
grande  malpropreté  règne  dans  les  abattoirs  et  les  fabriipes  de 
conserves,  et  que  la  manière  dont  sont  préparés  les  produits  sor¬ 
tant  de  ces  fabriques  est  malpropre  et  dangereuse  pour  la-  santé 
publique.  » 

Des  le  début,  le  rapport  Nell-Reynolds  montre  que  la  plus 
grande  malpropreté  règne  partout  dans  les  abattoirs  et  fabriques 
de  conserves  de  Chicago.  Les  cours  et  le  sol  des  abattoirs  sont 
pleins  de  trous  remplis  de  purin  et  autres  matières  corrompues 
qui  dégagent  une  odeur  infecte.  Sur  le  sol  des  quais,  sur  lesquels 
les  trains  viennent  débarquer  les  animaux  amenés  des  diverses 
parties  des  Etats-Unis,  on  aperçoit  souvent  des  cadavres  d’ani¬ 
maux  morts  BU  cours  du  voyage  et  qui  ont  été  jetés  là,  Les  ins¬ 
pecteurs,  en  quelques  instants,  ont  compté  une  fois  vingt  cinq  ca¬ 
davres  de  porcs  déposés  .sur  deux  quais. 

Les  règles  les  plus  élémentaires  de  l’hygiène  ne  sont  point  ob¬ 
servées.  Il  n'y  a  pas  ou  trop  peu  de  lavabos  ;  quant  aux  «  buen 
retires  »,  il  y  en  a  peu,  mais  presque  tous  sont  situés  dans  quel¬ 
que  coin  des  ateliers,  et  c’est  par  des  prises  d’air  donnant  dans  les 
ateliers  qu’ils  sont  aérés.  Dans  quelques  cas  cependant,  continue 
le  rapport,  les  vvater-closefs  sont  situés  à  une  telle  distance  des 
ateliers  que  les  hommes  se  soulagent  sur  les  planchers  des  abat¬ 
toirs  ou  dans  quelque  coin  des  ateliers,  et  l’odeur  d’urine  se  mêle 
alors  aux  odeurs  nauséabondes  que  dégagent  les  planchers  pour¬ 
ris,  sales,  trempés  de  sang,  véritables  terrains  de  culture  pour 
tous  les  germes  morbides. 

L’émotion  causée  a  été  rendue  plus  vive  encore  par  la  publica¬ 
tion  du  rapport  officiel  Nell-Reynolds.  L’indignation  du  public  a 
été  également  rendue  plu.s  intense  par  les  déclarations  d  un  géné¬ 
ral  de  l’armée  américaine  qui  a  dit  :  Je  connais  depuis  sept  ans  les 
faits  révélés  et  si,  à  cette  époque,  on  m’avait  écouté,  des  milliers 
d’existences  auraient  pu  être  épargnées. 

«  Selon  moi,  environ  4.0Ü0  soldats  des  Etats-Unis  ont  péri  et 
beaucoup  d’autres  ont  eu  leur  sang  ruiné  à  la  suite  de  l’absorp¬ 
tion  de  viandes  mauvaises  et  traitées  chimiquement.  , 

On  comprendra  facilement  qu’à  la  suite  de  ces  déclarations  du 
général  Nelson  Miles,  que  publient  tous  les  journaux,  les  cris  de 
réprobation  s’élèvent,  plus  violents  que  jamais,  de  toutes  parts, 
aux  Etats-Unis,  contre  les  beefpackers  coupables,  et  les  prêtres 
mêmes,  du  haut  de  leurs  chaires,  dans  les  églises  et  les  temples,, 
appellent  les  foudres  du  ciel  sur  les  usines  de  Chicago  et  décla¬ 
rent  que  les  propriétaires  de  ces  usines  devraient  être  mis  en  prl- 


La  médecine  française  en  Perse. 

La  récente  maladie  du  Shah  de  Perse  a  attiré  l’attention  sur  la 
façon  dont  ce  souverain  reçoit  les  soins  médicaux. 

Bien  que  la  Perse,  en  tant  que  nation,  soit  encore  dépourvue 
presque  totalement  des  ressources  de  la  science  moderne,  le  Shah 
reçoit  des  soins  éclairés  et  soignés»  à  la  française  ».  Il  y  a  même 
à  Téhéran  une  petite  pépinière  de  médecins  français,  venus  sur  la 
demande  expresse  du  souverain. 

Actuellement,  c’est  le  médecin  principal  de  1’=  classe  Schneider 
qui,  ayant  remplacé  l'ancien  professeur  agrégé  du  ’Val-de-Grâce 
Tholozan,  remplit  les  fonctions  de  médecin-chef  de  S.  M.  I.  i.e 
Shah  ;  MM.  les  médecins-majors  Galley  et  Georges,  répétiteurs  à 
l'Ecole  du  service  de  santé  de  Lyon,  sont  chargés  des  fonctions 
de  professeurs  à  l’Ecole  de  médecine,  naissante,  de  Téhéran. 

Cette  colonie  médicale  française  tient  très  dignement  ,sa  place  en 
Perse.  Elle  y  fait  honneur  à  la  science  médicale  française . 

Ajoutons  que  le  père  de  notre  ami  Lucien  Graux  est  spéciale¬ 
ment  attaché  à  la  personne  du  Shah  pendant  son  séjour  à  Contre- 
xcville.  '  M.  B. 

Hommage  posthume  au  P'  Nocard. 

M.  Ruau,  ministre  de  l’agriculture,  a  récemment  présidé 
l’inauguration  du  monument  du  !’■  Nocard  à  l’école  vétéri¬ 
naire  d’ Vlfort.  Nous  reproduisons  les  passages  du  discours 
du  ministre  qui  indiquent  bien  la  valeur  des  travaux  du  re¬ 
gretté  savant  : 

«  Nocard  fut  un  des  pastoriens  de  la  première  heure. 
Comme  l’a  dit  le  docteur  Roux,  «  son  nom  doit  être  inscrit 


414 


LE  PROGRÈS  MEDICAL 


«  sur  tous  les  bulletins  de  victoire  des  doctrines  microbien¬ 
nes  ».  Sa  théorie  et  sa  méthode  furent  celles  de  Pasteur,  la 
théorie  microbienne  et  la  méthode  expérimentale,  avec  un 
contrôle  rigoureux  et  répété  des  résultats  obtenus.  11  étudia 
ainsi,  soit  seul,  soit  avec  le  docteur  Roux,  la  rage,  le  tétanos, 
la  clavelée,  la  fièvre  aphteuse. 

Il  aida  de  toutes  ses  forces  à  l'organisation  de  la  sérothéra¬ 
pie  diphtérique  et  il  étudia  soigneusement  le  sérum  antitéta¬ 
nique.  Mais  ce  qui  l’a  mis  principalement  en  lumière,  ce 
sont  ses  travaux  considérables  sur  la  péripneumonie  et  sur  la 
tuberculose. 

Nocarda  découvert,  en  1887,  avec  le  docteur  Roux,  la  mé¬ 
thode  de  culture  du  bacille  de  Koch  en  milieux  glycérinés  ; 
il  a  démontré  l’identité  de  la  tuberculose  des  oiseaux  et  de 
celle  des  mammifères,  et  il  a  proclamé  victorieusement  l’unité 
fondamentale  de  la  tuberculose  humaine  et  de  la  tubercu¬ 
lose  des  animaux  domestiques.  Il  a  fait  entrer  dans  la  prati¬ 
que  vétérinaire  la  tuberculine  qui  sert  au  diagnostic  précoce 
de  la  tuberculose,  et  la  malléine,  révélatrice  de  la  morve. 

Entre  temps,  Nocard,  membre  de  l’Académie  de  médecine, 
de  la  Société  centrale  de  médecine  vétérinaire,  de  la  Société  de 
biologie  et  de  la  Société  de  pathologie  comparée,  participait 
assidûment  aux  travaux  de  ces  compagnies.  Il  était  l’âme  du 
comité  consultatif  des  épizooties  et  du  comité  d’hygiène  et  de 
salubrité  de  la  Seine.  Son  cours,  à  Allort,  était  remarquable 
d’érudition  et  de  clarté. 

Par  sa  contribution  à  l’étude  des  maladies  contagieuses, en¬ 
treprise  grâce  à  la  plus  rigoureuse  méthode  expérimentale, 
Nocard  a  projeté  une  vive  lumière  sur  une  profession  trop 
longtemps  décriée. 

Emule  des  Bouley,  des  Chauveau,  qui  sont  avec  lui  les 
gloires  de  la  science  \étérinaire,  il  ne  s’est  pas  contenté  de 
rassurer  des  milliers  d’agriculteurs  en  défendant  notre  chep¬ 
tel  contre  les  maladies  qui  l’assaillent, mais  transportant  l’ap¬ 
plication  pratique  de  ses  découvertes  du  domaine  des  animaux 
au  domaine  de  1  homme,  il  a  réussi, comme  l’avait  lait  Pas¬ 
teur. à  réduire  la  somme  de  la  douleur  humaine.  Son  œuvre 
est  donc  de  celles  qui  le  classent  parmi  les  maîtres,  dans 
la  pléiade  des  bienfaiteurs  de  l’humanité.  » 

Jurys  des  prix  de  l'Académie  de  médecine. 

L’Académie  de  médecine  vient  d’arrêter  la  liste  des  commis¬ 
sions  qui  examineront  dans  l’année  les  travaux  que  leurs  auteurs 
auront  présentés.  Voici  les  listes  de  ces  jurys  : 

Prix  de  l'Académie:  MM.  François-Frank,  Gaucher,  Netter. — 
Prix  Alrarenga:  MM.  Chatin,  Pozzi,  Chantemesse.  —  Prix 
Apostoli:  MM.  Garit-l,  d’Arsonval,  Regnard. —  Prix  Baillarger  : 
MM.  Magnan,  Motet,  Joffroy.  —  Pnx  Barbier  :  MM.  Laveran, 
Ménard,  Reynier.  —  Prix  Boiillaid:  MM.  Brouardel,  Richer. 
Raymond.  —  Prix  Bomeret  :  MM.  Ed.  Perrier,  Gley,  Reynier. 
—  Prix  Buif/nrt  :  MM.  Riche.  Robin,  Marty,  Delorme,  Pouchet, 
Gréhant.—  Prix  Campbell-Diipierris  :  MM”.  Guyon,  Ch.  Perrier, 
Reclus.  —  Prix  Capuron:  MM.  Moissan,  Hanriot,  Bourquelot. — 
Prix  Chevallier:  MM.  Hérard,  Dieulafoy,  Duguet.  —  Prix  Che- 
villon:  MM.  Labbé,  Cornil,  Monod. — Prix  Civrieux:  MM.  Bou¬ 
chard,  Motet,  Troisier.  —  Prix  Clarens  :  MM.  Besnier,  Vallin, 
Chauffard.  —  Prix  Daudet:  MM.  Lancereaux,  d’Arsonval,  Chau- 
vel.  —  Prix  Desporles  :  Section  de  thérapeutique  et  d’histoire 
naturelle.  —  Prix  Godard  :  MM.  Bucquoy,  Debove,  Gilbert.  — 
Prix  Giizmann:  MM.  Ilayem,  Huchard,  Fernet.  -  Prix  Herpin 
(de  Genève)  :  MM.  Empis,  Magnan,  Landonzy.  —  Prix  Herpin 
(de  Metz):  MM.  Lereboullet,  Laveran,  Hutinel.  —  Prix  Hugo: 
MM.  Lancereaux,  Yvon,  Hamy.  —  Prix  Itard:  Duguer, 

Hallopeau,  Landouzy.  —  Prix  Laborie  :  Section  de  chirurgie.  — 
Prix  Larrey  :  MM.  Sée,  Pinard,  Kermorgant.  —  Prix  Laval  : 
MM.  Guéniot,  Debove,  Josias. —  Prix  Lorquet  :  MM.  Brouardel, 
Magnan,  Raymond.  —  Prix  Meynol  :  MM.  Duplay,  Kirmisson 
Poirier.  —  Prix  Monbinne:  MM.  Cauvel,  Duguet,  Benjamin.  — 
Prix  Hativelle  :  MM.  Jungfleisch,  Prunier,  Guignard.  —  Prix 
Orfila'.Miï.  Bouchardat,  Vallin,  Hanriot,  Pouchet,  Netter.  — 
Prix  Saintoiir  :  MM.  Bieulafoy,  Pinard,  Motet,  Richelot,Cadiot. 
Prix  Stanski:  MM.  Laveran,  Roux,  Chauffard.  —  Prix  Tarnicr: 
MM.  Budin,  Pinard,  Doléris.  —  Prix  Yernois  :  MM.  Delorme, 
Chantemesse,  Vaillard. 

L'£tat  sanitaire  à  Madagascar. 

La  Liberté  du  76  juin  publie  les  nouvelles  pessimistes  sui¬ 
vantes  qu’il  est  bon  de  ne  pas  accepter  sans  réserves,  carel- 
les  servent  de  prélude  à  une  attaque  contre  le  gouverneur 
de  l’île,  le  P*^  Augagneur  : 


«  Une  épidémie  de  fièvre  paludéenne,  dit  la  Liberté,  com¬ 
pliquée  de  dysenterie,  sévit  à  Tananaiive-V’illeet  dans  lapro- 
vince  de  l’Imérina.  La  mortalité  des  indigènes  a  augmenté 
dans  des  proportions  considérables  et,  dans  le  seul  mois  d’a¬ 
vril,  plus  de  800  décès  à  Tananarive  et  2.000  dans  la  province 
ont  été  enregistrés.  A  Ankazobé,  à  Manjakandrina  et  à  Antsi- 
rabé,la  situation  est  tout  aussi  grave  et  les  froids  prochains 
font  malheureusement  craindre  qu  elle  ne  devienne  complè¬ 
tement  désastreuse  pour  une  population  affaiblie,  appauvrie, 
manquant  de  nourriture,  de  vêtements  et  de  soins, 

On  citedes  villages  entiers  qui  sont,  àl’heure  actuelle, com¬ 
plètement  déserts,  les  derniers  survivants  —  recueillis  par 
l’administration  —  ayant  été  obligés  de  fuir  leurs  demeures 
chassés  par  les  odeurs  pestilentielles  des  morts  laissés  sans  sé¬ 
pultures.» 

La  question  de  la  Céruseau  Parlement. 

Le  rapport  de  M.  le  D"  Pédehidou  sur  le  projet  de  loi  in¬ 
terdisant  l'usage  du  blanc  de  céruse  qui  va  être  distribué  aux 
sénateurs  avant  d’être  discuté  au  Parlement  se  termine  par 
les  conclusions  suivantes  : 

La  céruse  est  un  poison  qui  s’infiltre  dans  tous  les  tissus, 
imprègne  l’organisme  tout  entier  et  exerce  en  particulier  ses 
ravages  sur  la  moelle,  sur  les  reins.  Son  action  est  d’autant 
plus  efficace  que  l’ouvrier  travaille  dans  des  conditions  hygié¬ 
niques  plus  défectueuses. 

La  réglementation,  telle  qu’elle  existe  à  l’étranger  et  en  par- 
ticulieren  Belgique  et  en  Allemagne,  ne  saurait  atteindre  le 
but  poursuivi  par  le  législateur.  Elle  suppose  une  éducation 
hygiénique  préalable  de  l’ouvrier,  mais  cet  ouvrier  idéal 
n’existe  pas.  Bien  des  années  passeront  avant  que  les  pein¬ 
tres,  préoc  -upés  d’abord  de  leur  santé,  s’astreignent  à  porter, 
pendant  le  travail,  des  vêtements  spéciauxet  à  les  quitter  aux 
heures  des  repas  :  à  nettoyer  par  un  brossage  énergique  leurs 
mains  etleursonglesavantde  se  mettreàtable  ;  à  s  abstenirdc 
fumer  pendantle  travail  ;enun  mot,à  observerla  propreté  la 
plus  complète.  Et  si  dans  les  usines  de  fabrication  de  la  cé¬ 
ruse,  dans  les  chantiers  bien  organisés  et  rigoureusement 
surveillés,  il  est  possible  de  mettre  le  personnel  à  l’abri  de 
l’intoxication  saturnine,  il  ne  faut  pas  oublier  que  les  petits 
chantiers  sont  légion,  que  la  plupart  des  peintres  en  bâti¬ 
ments  travaillent  isolément  et  que,  pour  eux,  toutes  les  me¬ 
sures  de  surveillance  et  de  contrôle  deviennent  illusoires  par 
le  fait  de  la  dissémination  des  ouvriers. 

Cet  état  de  choses  pourra  être  modifié  par  la  loi  sur  les  ma¬ 
ladies  professionnelles,  déposée  devant  la  Chambre,  L’exten¬ 
sion  de  là  législation  sur  les  accidents  du  travail  à  ce  genre 
d’affection  entraînera  pour  les  entrepreneurs  de  peinture  de 
telles  responsabilités  que  le  devoir  s'imposera  à  eux  de  don¬ 
ner  la  préférence  à  des  produits  non  toxiques  et  d’exiger,  paf 
une  surveillance  étroite  de  leurs  chantiers,  la  pratique,  par 
leurs  ouvriers  de  toute  règle  d'hygiène.  En  l’absence  de  cette 
législation  coercitive,  toute  règlementation  nous  paraît  desti¬ 
née  à  demeurer  lettre  morte. 

Noussommes  ainsi  amené  à  demander  au  Sénat  l’adoptwo 
du  projet  de  la  loi  voté  par  la  Chambre.  A  nos  adversaires 
qui,  au  nom  des  intérêts  d’une  industrie  llorissante  et  émi¬ 
nemment  française,  protestent  contre  l’interdiction  de  1  e®' 
ploi  de  céruse  dans  fintérieur  des  habitations,  nous  ré¬ 
pondrons  que  la  défense  de  la  vie  humaine  doit 
le  souci  des  intérêts  de  quelques-uns,  et  que  le 
manquerait  à  son  devoir  s'il  hésitait  à  restreindre  l'usage  d 
produit  susceptible  d’altérer  l’organisme  humain  et  de  Ireff 
per  l’homme  jusque  dans  sa  descendance,  menaçant  ainsi 
tarir  les  sources  mêmes  de  la  population  française. 

Cette  considération  emprunte  d’autant  plus  de  ?  je 

nul  n’ignore  la  faiblesse  de  la  natalité  dans  notre  pay®  ® 
souci  du  Parlementaffirmé  par  des  lois  récentes 
buer  plus  que  jamais  à  la  protection  de  la  femme  et  jjg 
fant.  On  ne  saurait  désormais  adresser  au  Sénat  le  jj 

dirigé  contre  la  décision  de  la  Chambre,  qui  avait  repou^  ,^ 

demanded’indemnité  des  fabricants decéruse.  L’atteinte P®^^_ 

à  cette  industrie  recevra  une  large  compensation,  votre 

mission  ayant  admis  le  principe  de  l’indemnité  fixée  par 
seil  de  préfecture  du  département  où  résidera  lefabrican 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


415 


Enfin  le  Sénat,  désireux  de  favoriser  la  transformation  de 
l'industrie  de  la  céruse,  a  étendu  à  deux  ans,  au  lieu  d’une 
année,  le  délai  imparti  par  la  Chambre  pour  l'interdiction 
des  travaux  à  1  intérieur. 

Telleestla  pensée  qui  a  dirigé  les  travaux  de  la  commission 
et  la  plume  de  votre  rapporteur.  Nous  vous  prions  de  donner 
votre  approbation  à  uneœuvre  législative  élaborée  avec  le  souci 
des  intérêts  les  plus  élevés  et  les  plus  nobles,  ceux  que  com¬ 
mandent  1  humanité  et  l’amour  de  notre  pays. 


Oui  dit  force  dit  fer,  phosphore  et  arsenic.  Tel  est  la  triade 
synthétique  connue  sous  le  nom  de  Xerviicithine  Tissot.  Sous 
la  forme  de  dragées,  de  sirop  ou  d’ampoules,  les  médecins 
français  et  étrangers  lui  ont  fait  un  chaleureux  accueil. 


FORMÜLFS 

XLVIII. — Contre  la  migraine  ophtalmique. 

Eau  de  laurier-cerise . t  ai  ko 

—  laitue . ) 

Chlorhydrate  de  cocaïne .  0  gr.  50 

—  narcéine .  0  gr.  20 

Eau  distillée .  . .  100  gr. 

Chauffer  au  bain-marie  et  appliquer  en  compresses 
chaudes.  Puis  donner  2  des  cachets  suivants,  à  2  heures 
d'intervalle  : 

Sulfonal .  0  gr.  25. 

Antipyrine .  0  gr.  50. 

(G.vlezowski.  ) 


Actes  et  thèses  de  la  Faculté  de  médecine  de  Paris. 

Thèses  de  doctorat  —  Mercredi,  4  juillet.  — M.  Teisseire  : 
Contribution  à  l’étude  des  calculs  de  l’uretère  pelvien  (MM.  Pinard, 
Segond,  Lepage.  Duval  (Pierre) .  —  M.  Deswarte  :  Les  crèches,  leur 
passé,  leur  présent,  leur  avenir,  étude  d’hygiène  sociale  (MM  Pi¬ 
nard,  Segond,  Lepage,  Duval  (Pierre).  —  M.  Roblot  :  La  syndacty- 
lie  congénitale  \,MM.  Segond,  Pinard, Lepage,  Duval  (Pierre).  —  M. 
xWcrcade  :  Kystes  et  abcès  de  l’utérus  (MM.  Terrier,  Reclus,  Mau- 
claire,  Gosset).  —  M.  Pageix  :  Etude  d’un  nouveau  procédé  d’a- 
neslhésie  en  art  dentaire  (MM.  Terrier,  Reclus,  Manclaire,  Gosset. 
—  M.  Bertrand  :  Du  diagnostic  dilTcrentiel  des  grands  kystes  de  la 
mâchoire  inférieure  et  du  sarcome  (MM.  Terrier,  Reclus,  Mauclaire, 
Gosset). —  M.  Courtois  :  Contribution  à  l’élude  du  délire  chez  les 
hépatopathiques  (MM.  Landouzy,  Brissaud,  Claude,  Labbé  (Mar¬ 
cel).  —  AJ,  Morhar,it  :  Les  maladies  vénériennes  et  la  réglemen¬ 
tation  de  la  prostitution  au  point  de  vue  de  l’bygiène  sociale  (MM. 
foissaud,  Landouzy,  Claude,  Labbé  (Marcel).  —  M.  Durocker  :  Tu¬ 
berculose  et  démence  précoce  (MM.  Brissaud.  Landouzy,  Claude, 
Labbé  (Marcel).  —  M.  Provotelle  :  De  l’idiotie  amaurotique  familiale. 
Maladie  de  "Warren  Tay-Sachs  (MM.  Brissaud,  Landouzy,  Claude, 
Labbé  (Marcel).  —  M.  Hennon  :  Contribution  à  l’étude  des  gastro¬ 
entérites  du  nourrisson  :  la  maladie  spasmodique  intestinale  ;  la 
aysen'.crie  (MM.  Blanchard,  Gaucher,  Balthazard,  Branca).  — M. 

;  Recherches  sur  les  hématozoaires  des  téléostéens  marins 
‘i’  Blanchard,  Gaucher,  Balthazard,  Branca).  — M.  Firpi  :  La  pa- 
Jalysie  générale  infantile  et  juvénile  et  ses  rapports  avec  la  syphi- 
•s  (MM.  Gaucher,  Blanchard,  Balthazard,  Branca. 

J  ^  juillet.  —  M.  Favier  :  Un  médecin  grec  du  II"  siècle  après 
•  G.;  Ménodote,  de  Nicomédie(MM.  Dieulafoj",  Raymond,  Chante- 
®nsse,  Jeanselrae).  —  M.  Grenier-.  Le  foie  syphilitique  hypersplé- 
J*'Î^Snlique  (MM.  Dieulafoy.  Raymond.  Chantemesse,  Jeanselme'. 
Mlle  Rabinovitch  :  Sommeil  électrique  (inibition  des  mouve- 
volontaires  et  de  la  sensibilité)  par  des  courants  électriques 
®  basse  tension,  et  à  interruptions  raodéremen  fréquentes  (MM. 
îmond,  Dieulafoy,  Chautemesse,  Jeanselme).  —  M.  Durand  : 
®^bnlion  à  l’étude  de  la  tuberculose  rurale  (statistique  en  Beau- 
vMM.  Chantemesse  Dieulafoy-,  Raymond.  Jeanselme).  —  M. 
sjp’T'®'’  •  Des  premiers  secours  à  donner  aux  blessés.  —  Coup  d’œil 
he  1^  °‘’8'®nisations  existantes  (MM.  Berger,  Budin,  De  Laperson- 
l'Pj^®elin;.  — M.  Thebault  :  Contribution  à  l’etude  clinique  de 
Lj  "“Mycose.  L’actinomycosc  à  Rennes  (MM.  Berger,  Budin,  De 
Demelin).  —  M.  Richard:  Contribution  à  l’étude  du 
rétentions  placentaires  après  l’avortement  (MM.  Bu- 
stjji  î:®’‘^er’ DeLapersonne,  Demelin).  —  A/.  Auge:  Recherches 
(jgijg^^Mues  sur  la  proportion  des  affectionscontagieuses  observées 
ger  n°®.®“"®“h“bon  ophtalmologique  (MM.  De  Lapersonne,  Ber- 
’  Demelin. 


Examens  de  doctorat.  — Lundi,  2  juillet.  —  1"  (Chirurgien-den¬ 
tiste,  Salle  Béclard)  :  MVl.  Blanchard,  Gley,  Rieffel,  — 5’  (2*  par¬ 
tie,  1"  série,  Hôtel-Dieu)  :  MM.  Déjerine,  Teissier,  Legry.  —  5" 
(2’  partie,  2"  série,  Hôtel-Dieu)  :  MM.  Roger,  Claude,  Labbé  (Mar¬ 
cel). 

Mardi,  3  juillet  —  1"  (’Chirurgien-dentiste,  l”  série.  Salle  Brous¬ 
sais)  :  MM.  Cornil,  Thiéry,  Langlois.  —  l"  (Chirurgien-dentiste, 
2"  série.  Salle  Charcot)  :  MM.  Poirier,  Gley,  Rieffel.  —  2'  (Chirur¬ 
gien-dentiste,  Salle  Corvisart)  :  MM.  Déjerine,  Legueu,  Richaud. 

—  5"  (2"  partie,  1"  série.  Charité)  :  MM.  Joffroy,  Thiroloix,  Car¬ 
not.  —  5"  (’J"  partie,  2"  série.  Charité)  :  MM.  Hutinel,  Dupré, 
Gouget. 

Mercredi,  4  juillet.  —  P'  (Chirurgien-dentiste,  1"  série.  Salle  Ri¬ 
chet)  :  MM.  Ch.  Richet,  Sebileau,  Legry.  —  l""  (Chirurgien- 
dentiste,  2" série.  Salle  Pasteur)  :MM.  Roger,  Retterer,  Cunéo.  — 
1"  (Chirurgien-dentiste,  3"  série.  Salle  Broussais)  ;  MM.  Gley, 
Rieffel,  Macaigne. 

Jeudi,  S  juillet  —  1"  (Chirurgien-dentiste.  1”  série.  Salle  Brous¬ 
sais)  MM.  Retterer,  Langlois,  Guiart.  —  l"'  (Chirurgien-dentiste, 
2"  série.  Salle  Pasteurj  :  MM.  Gley,  Thiery,  Rieffel. 

Vendredi,  6 juillet.  —  1"  (Chirurgien-dentiste  P"  série,  Salle  Ri¬ 
chet)  :  MM.  Ch.  Richet,  Retterer,  Cuneo.  —  l""  (Chirurgien- den¬ 
tiste,  2'  série.  Salle  Corvisart)  :  MM.  Roger,  Sebileau.  Legry.  — 
1"  Chirurgien-dentiste,  3'  série.  Salle  Béclard^  :  MM.  Gley,  Rieffel, 
Branca. 

Samedi,  7  juillet.  —  l"  (Chirurgien-dentiste,  P"  série.  Salle  Bé¬ 
clard)  :  MM.  Poirier,  Launois,  Langlois.  —  P"  (Chirurgien-dentis¬ 
te,  2"  série.  Salle  Pasteur)  :MM  Gley,  Thiéry,  Guiart.  —  5"  (2* par¬ 
tie,  P'  série,  Beaujon)  ;  MM  Gilbert,  Vaquez,  Méry.  —  5"  (2‘ 
partie,  2"  série,  Beaujon)  :  MM.  Robin,  Renon,  Bezançon. 

Concours  du  clinicat.  —  Ces  concours  se  sont  terminés  par 
les  nominations  suivantes  :  Chefs  de  clinique  obstétricale  :  MM. 
Coudert  et  Mouchotte. titulaires  ;  MM.  Cathalaet  Lacane,  adjoints. 

—  Chef  de  cHnicjite  chirurqicale  :  M.  Schwartz.  —  Chef  de  cli¬ 
nique  psychiatrique  :  M.  Dupouy.  —  Chef  de  clinique  pédiatri¬ 
que:  M.  Armand  Delille,  titulaire,  M.  Babonneix,  adjoint. 


Noni^^ES 

Natalité  js  Paris  —  Du  dimanche  10  au  samedi  16  juin 
1906  es  naissances  o.At  été  nnuor-  i  988,  se  lecomposant 
ainsi:  légitimés  717.  illégitimes  271 

Mortalité  A  Paris.  Popuiauon  1  après  le  rccensemem  de 
'901  :  2.660.559  habitais.  lécrs  o.it  en  au  lornbre  le  840, 
ravoir:  439  hommes  et  401  femmes.  Les  deoes  sont  la-i  aui 
îauses  suivantes  .  Eièvre  typnoide  itypiius  audomin.)  ;  5.  — 
Typtius  exanthematique  ;  0.  —  Eievre  intermittente  et  cachexie 
palustre  :  0.  —  "Variole  :  0  —  Rougeoie  .  11.  -  Scarlatine  :  0. 

—  Coquatuci:  4.  —  Dm  itene  ;t  Ü:jij  0  -  Grippe  :-0. 

—  Choléra  asiatique  0.  -  Giioiora  nostras  :  0.  —  Autres 

maladies  epidemniues  2.  -  Tuoeromose  des  poumons  :  193.  — 
Tuberculose  des  méningés  .  21  -  Autres  tuberculoses:  19.  — 

CaLL-er  et  autres  cummrs  aiiogn-ia  56.  —  Méningite  simple  :  16. 

—  Conge.-ition  nem jrrnagique  et  ramollissement  du  cerveau  :  38. 

—  Maladies  organiques  du  ousur  :  74.  —  Bronchite  aiguë  :  2. 

—  Bronchite  cnronique  ;  16  -  Pneumonie  :  20.  —  Autres  affec¬ 

tions  de  l’appareil  respiratoire  .  71.  —  Affections  de  l’estomac 
icancereic.)  :  4.  -  Diarrhée  et  entérite  deO  à  1  an  :  sein  :  4  ;  au¬ 
tre  aiimentation  :  1 1 .  —  Diarrhée  et  entérite  de  1  à2  ans  :  2. —  Her¬ 
nies,  oDstruction  intestinale  ;  6.  —  Cirrhose  du  foie  :  12.  —  Néphrite 
St  mai  de  Brighf.  27.  -  Tumeurs  non  cancéreuses  et  autres  ma¬ 
ladies  des  organes  génitaux  (femmes)  :  4.  —  Septicémie  puerpérale 
(fièvre,  péritonite,  phlébite  puerpérale)  :  2.  —  Autres  accidents 
puerpéraux  ae  la  grossesse  et  de  l’accouonement  ;  1.  —  Deoilite 
flongenitaie  et  vices  de  oontormation  .  21.  —  Deoilite  senile  :  ‘29. 

—  Morts  violentes  :  42. —  Suicides:  11.  —  Autres  maladies;  in. 

—  Maladies  inconnues  ou  mai  définies  ;  10. 

Mort-nés  et  morts  avant  Leur  inscription:  88,  qui  se  décom¬ 
posent  ainsi  ;  légitimes  47,  illégitimes  41 . 

Distinction  honorifique. —  M.  le  Dr  'Verneau  (René-Pierre), 
assistant  au  Muséum  d’histoire  naturelle  ;  36  ans  de  service.  Mis¬ 
sions  scientifiques  aux  îles  Canaries  en  1877-1878  ;  1885  ;  1886, 
1887,  vient  d’ètre  promu  chevalier  de  la  Légion  d’honneur.  Nos 
plus  sincères  félicitations  au  distingué  et  savant  anthropologiste, 
qui  depuis  de  longues  années  méritait  la  distinction  qui  vient  de 
lui  être  donnée. 

Corps  de  santé  colonial.  —  Le  médecin  aide-major  de  D* 
classe  Ileckenroth,  8'  inf.  col.,  est  désigné  pour  le  Congo  français. 
Ecole  de  médecine  de  Rouen.  —  Par  arrêté  du  ministre  de 
l’instruction  publique,  des  beaux-arts  et  des  cultes  en  date  du  22 
juin  1906,  un  concours  s’ouvrira,  le  7  janvier  1907,  devant  la  fa- 


,416 


LE  PROGRÈS  MEDICAL 


culté  de  médecine  de  l’université  de  Pari§.  pour  l'emploi  de  sup¬ 
pléant  des  chaires  d’anatomie  et  de  physiologie  à  l’école  prépara¬ 
toire  de  médecine  et  de  pharmacie  de  Rouen.  Le  registre  d'inscrip¬ 
tion  sera  clos  un  mois  avant  l’ouverture  dudit  concours. 

La  désinfection  des  livres.  —  M.  Marsoulan,  conseiller  mu¬ 
nicipal  de  Paris,  vient  d’écrire  au  président  de  l’assemblée  dé¬ 
partementale  pour  l’informer  qu  il  a  découvert  le  moyen  pratique 
de  désinfecter  les  livres  de  classes,  papiers,  dossiers,  etc.,  de  la 
préfecture  de  la  Seine.  M.  Marsoulan  offre  gratuitement  au  Con¬ 
seil  général  ce  procédé  nouveau.  Il  met  tout|fois  à  son  offre  la 
condition  que  le  travail  de  désinfection  sera  exécuté  exclusive¬ 
ment  dans  les  ateliers  départementaux  d’estropiés  et  d'infirme.s. 
Ces  ateliers  ont  été  créés  par  M.  Marsoulan  il  y  a  quelques  an¬ 
nées,  et  il  voit  dans  ce  travail  nouveau  qui  leur  serait  apporté  le 
moyen  d’assurer  leur  existence  et  de  donner  à  ces  ouvriers  rejetés 
par  l’industrie  privée  un  rôle  des  plus  intéressants  dans  la  protec¬ 
tion  de  l’hygiène  publique.  [Le  Temps). 

Union  Fédérative  des  Médecins  de  Réserve  et  de  1’ Armée 
Territoriale.  —  Le  Conseil  d’ Administration  de  l'Union  fédé¬ 
rative  des  Médecins  de  réserve  s’est  réuni  le  13  juin  1906  au 
Cercle  Militaire.  Après  lecture  du  procès-verbal  et  de  la  corres¬ 
pondance,  le  Secrétaire  général  a  communiqué  les  noms  de  dix 
nouveaux  adhérents,  eequi  porte  â  366  le  nombre  actuel  des  Mem¬ 
bres  de  PUnion.  Le  Trésorier,  dans  son  rapport  financier  a  fait 
ressortir  la  situation  prospère  de  la  Société. 

Le  Conseil  aborde  ensuite  la  question  des  projets  de  loi  pou¬ 
vant  intéresser  l’organisation  générale  de  la  médecine  militaire  : 
ces  projets  sont  étudiés  par  une  commission  spéciale.  Une  autre 
commission  poursuit  l’organisation  d’un  Congrès  de  Médecins  mi¬ 
litaires. 

Les  exercices  spéciaux  du  Service  de  Santé  du  Gouvernement 
militaire  de  Paris  étant  fixés  cette  année  du  30  juillet  au  3  août,  la 
Société  émet  le  vœu  que  la  date  anuuelle  de  ces  manœuvres  soit 
fixée  en  dehors  de  l’époque  habituelle  des  vacances,  afin  de  per¬ 
mettre  au  plus  grand  nombre  possible  de  Médecins  des  réserves 
d  y  assister.  —  Le  Secrétaire  général.  L,.  Tollemer. 

Nécrologie.  — Nous  avons  le  regret  d’annoncer  la  mort  deM. 
le  D'  Barthélémy,  médecin  de  Saint-Lazare,  à  Paris  ;  de  M.  le 


D‘'  Dousson,  à  Largentière  ;  de  M.  le  Di  Dupuis  à  Villiers-Morgon- 
de  M.  le  Di  Reulos,  ancien  maire  de  Villejuif,  ancien  conseTlIet 
général  de  Seine,  membre  du  Conseil  d’hygiène  de  la  Seine,  che¬ 
valier  de  la  Légion  d’honneur  ;  de  M .  le  Di  Plédran,  dé  Mau- 
lévrier  (Maine-ét-Loirei. 

Chronique  des  hôpitaux. 

Concours  de  l’externat.  —  L’ouverture  du  concours  aura 
lieule  lundi  17  septembre  1908  à  quatre  heures  précises,  dans  la 
salle  des  concours  de  l’administratioh,  rue  des  Saints-Pères  n« 
49.  Les  étudiants  qui  désirent  prendre  part  à  ce  Concours  seront 
admis  à  se  faire  inscrire  au  service  du  personnel  de  l’Administra¬ 
tion,  tous  les  jours,  les  dimanches  et  fêtes  exceptés,  de  onze  heures 
à  trois  heures  ;  du  mercredi  Ri  août  au  31  août  inclusivement. 

Concours  de  l’Intern.at  de  Brévannes,  Chardon  Lagache 
ET  Rosîini.  —  Sont  nommés  MM.  Dumas,  Séguinot,  Ancibureét 
Delapchier. 

Hôpital  de  Berck-sur-Mer.  —  En  vertu  d’un  décret  du  7juin, 
il  est  ouvert  au  budget  de  l’administration  de  l’Assistance  publique 
de  Paris  pour  l’exercice  1900  au  titre  2,  chap.  2,  sous-chap.  82  : 
Capitaux  divers.  Emploi  de  capitaux  provenant  du  pari-mutuel,  un  ' 
crédit  de  30t).000  francs  pour  gager  la  dépense  devant  résulter  de 
l’agrandissement  de  l'Tiôpital  de  Berck-sur-Mer. 

Concours  pour  les  places  d’assistant  titulaire  et  d’as¬ 
sistant  ADJOINT  DES  SERVICES  d’otO-RHINO-LARYNGOLOGIB.  — 
Epreuve  opératoire  :  Samedi  16  juin  :  Trépanation  du  sinus  maxil- . 
laire  par  la  fosse  canine.  MM  Lemaître  17,  Hautant  17,  Laure» 
18,  Wicart  18,  Gibert  18.—  Epreuve  clinique  :  Mercredi  20  juin-: 
MM.  Gibert  18,  Lemaître  17.  Vendredi  22  juin  ;  MM.  Hautant  18, 
Laurens  19,  absent  :  M  Wicart.  A  la  suite  de  ces  concours,  sont 
nommés  :  1»  assistants  titulaires  :  MM.  Laurens  et  Gibert;  2“  as¬ 
sistants  adjoints  :  MM.  Hautant  et  Lemaître. Nous  adressons  nos 
plus  vives  félicitations  à  notre  ancien  interne,  ami  et  collaborateur, 
le  Di  Laurens. 

Hôp'ital  de  la  Charité.  Conférences  de  vacances  (ehirur^e 
clinique.)  —  Deux  internes  en  chirurgie  de  l’hôpital  de  la  Charité, 
commenceront  une  série  de  conférences  le  Ri  juillet.  Pour  tous 
renseignements,  s’adresser  au  concierge  de  l'hôpital. 


PHTISIE.  BIIOACHITE,  CATARRHES.  -  L 

Marchais  est  la  meilleure  préparation  creosotée.  Elle  di¬ 
minue  la  toux,  la  fièvre  et  1  expectoration.  De  3  à  6  cuil¬ 
lerées  à  café  par  jour  dans  lait,  bouillon  ou  tisane. 

ID'  Ferrand.  —  Trait,  de  med. 


SAVON  DENTIFRICE  VICIER,  antiseptique  pour  lentre 
tien  des  dents ,  des  gencives  et  des  muqueuses  de  la  bouche 


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grippe,  bronchite,  coqueluche,  impétigo,  helminthiase, 
état  convulsif,  et  toutes  maladies  ou  indispositions  dans  les¬ 
quelles  un  laxatif  est  nécessaire. 

de  2  mois  à  2  ans  ;  1  cuillerée  à  café  par  jour, 
de  2  ans  à  5  ans  :  1  cuillerée  à  dessert  par  jour, 
de  5  ans  à  15  ans  ;  1  cuillerée  à  soupe  par  jour. 


(Le  conseiller  chaque  fois  que  les  parents  demandent  un  a  dépuratif  » 
pour  leurs  enfants,  car  le  meilleur  des  dépuratifs  est  encore  un 
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découvert  par  M.  Louis  OEQUtxANT.  pharmacien.  38.  rue 
de  Clignancourt,  Paris.  ^  Mémoires  déposés  à  l’Academie  aç 
Médecine,  23  mars  1897,  8  mai  1898l.  L'extrait  de  ces  Mémoire- 
est  adressé  gracieusement  a  tous  les  médecins  qui  hai 
feront  la  demande.  Renseignements  gratuits  et  prix  de  fave^ 
pour  tous  les  memores  du  corps  médical. 


Le  Rédacteur- Gérant  :  Bournbvill». 


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7  JUILLET  1906 


Le  Progrès  Médical 


RE  :  OBSTÉTRIQUE  :  A  propos  de  trois  cas  de  fausses  gros- 
*sesseschezdesfemmes  obèses,  par  Narich.  —  Bulletin  :  L’épilep¬ 
sie  de  Napoléon, par  Noir. —  Sociétés  Savantes  :  Académie  des 
Qcienées  :  Sur  l’indication  delà  voie  digestive  pour  la  vaccination 
eatitnberculeuse  des  jeunes  ruminants,  par  Arloing  ;  Sur  le  trai¬ 
tement  sérothérapique  de  la  tuberculose  pulmonaire,  par  Lan- 
nelongue,  Achard  et  Gaillard  ;  Etude  sur  la  transmissibilité  de 
I»  tuberculose  par  la  caséine  alimentaire,  par  Guédras  ;  Iden¬ 
tification  des  trypanosomes  pathogènes,  essais  de  séro-diagnos- 
tic,  par  Laveran  et  Mesnil  ;  Rôle  des  éléments  cellulaires  dans 
1»  transformation  de  certains  hydrates  de  carbone  par  le  suc 
intestinal,  par  Bierry  et  Froin  (o.  r.  de  Mme  Phisalix).  —  Aca- 
i^ie  de  Médecine  :  La  typhlo-colite,  par  Huchard  ;  La  régéné¬ 
ration  des  nerfs  sectionnés,  par  Durante  ;  Le  dosage  du  chloro¬ 
forme,  par  Nicloux  ;  Elections  (c.  r.  de  A. -F.  Plicque).  —  So- 
tiété  de  chirurgie  :  Kyste  hydatique  du  poumon,  par  Tuffier  ; 
Ablation  totale  du  vagin  pour  épithélioma  du  moignon  cervical, 
par  Faure  ;  Sur  la  jéjunostomie,  par  Lejars  ;  Sténose  du  pylore 
,par  brûlure,  par  Tuffier  ;  Péficolite  adhésive  sténosante,  par 
fPotherat  ;  Péricolite  adhésive,  par  Sieur  ;  Sténose  pylorique 


consécutive  a  f  ingestion  d'un  liquide  caustique,  par  Quénu  ; 
Volculus  du  cæcum,  par  Quénu  ;  Kystes  hydatiques  du  foie,  par 
Routier  ;  Cancer  de  l’S  iliaque,  résection,  anastomose  termino- 
latérale,  guérison*  par  Michaux;  Elections  (c.  r.  de  Catz.)  — 
Société  Médicale  des  Hôpitaux  :  Cas  de  blastomycose,  par  Hu- 
delo,  Duval,  Lœderich  ;  Anémie  splénique,  hypertrophie  myé¬ 
loïde  de  la  rate,  hénmsidérose  viscérale,  par  Gaudy  et  Legueule  ; 
Formes  diverses  de  r  anémie  dans  la  tuberculose  chronique,  par 
Labbé  :  Purpura  myéloïde,  par  Lenoble  ;  Anémies  pernicieuses 
considérées  comme  guéries  avec  rechute  mortelle,  par  Chauf¬ 
fard  (c.  r.  de  Friedel.)  —  Société  de  Médecine  légale  (c.  r.  de 
Halberstadt.)  —  Société  de  médecine  publique  et  de  génie  sani¬ 
taire  :  Epuration  biologique  des  eaux  d’égoiit,  par  Bezault  ; 
L’écriture  scolaire,  par  Desnoyers  (c.  r.  de  A.  Pujol.)  —  Revue 
DE  médecine  légale.  —  THÉRAPEUTIQUE  APPLIQUÉE.  —  VA¬ 
RIA.  —  Les  congrès.  —  Actes  et  thèses  de  la  faculté  de 
MÉDECINE  DE  Pa'ris.  —  FORMULES.  —  NOUVELLES.  —  Chroni¬ 
que  des  hôpitaux.  —  Enseignement  médical  libre .  — Bulletin 
bibliographique. 


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Renouvellement  des  abonnements. 
l'éêhéance  du  i"  JUILLET  étant  rime  des 
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plication  du  nouveau  règlement,  les  frais  de  re- 
mvrement  des  abonnements  par  la  poste  étant 
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mr  la  FRANCE,  DOUZE  FRANCS,  pour 
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6fr.:  ÉTRANGER,rt  fr.  50.  Ils  pourront  nous 
ioiresser  par  l'intermédiaire  du  bureau  de  poste  de 
w  localité,  qui  leur  remettra  un  reçu  de  la 
^mme  versée  {nous  prenons  à  notre  charge  les 
yois  de  3  prélevés  par  la  poste)  ou  par  une  va- 
‘^nràvue  sur  Paris. 

hos  mandats  ou  valeurs  doivent  être  faits  au 
^01  du  PROGRÈS  MÉDICAL  ou  de  M.  A. 
J{ZA  ÜD,  administrateur. 

Afin  d'éviter  toute  erreur,  nous  prions  égale- 
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D ,  et  à  toutes  leurs  réclamations  la 

du  journal. 

AUX  AUTEURS  ET  AUX  EDITEURS 

rappelons  à  MM.  les  Auteurs  et  Editeurs  que 
‘'^vrages  dont  il  nous  sera  adressé  deux  exem- 
V  i  seront  annoncés  et  analysés  (s'il  y  a  lieu).  Un 
■j;  ®°^Plaire  donne  droit  seulement  à  l'annonce. 
'31^,  doivent  être  adressés  au  Hêdactkur  en 

J  ‘‘*16  des  Carmes. 

^'cisav'  - — - 1  -  : 

Vs  ***"  l’Hôtel-Dieu  et  de  l’Hôpital  Saint-Louis. 

'"t  de  source  tout  à  fait  autorisée  que  le  dé- 

deux  établissements  vient  d’être  signé. 

A  Céder.  —  Un  médecin  d’une  grande  ville 
de  cesser  d’exercer  désirerait  céder  sa  clientèle, 
bureaux  du  journal. 


OBSTÉTRIQUE 

A  propos  de  trois  cas  ae  fausses  grossesses  chez 
des  femmes  obèses  : 

Par  le  D'  Bélisaire  NARICH  (de  Smyrne), 
Correspondant  de  l’Académie  de  Médecine  de  Paris. 

Dans  les  fausses  grossesses,  l’enfant  imaginaire  étant 
presque  toujours  très  attendu,  un  diagnostic  précis  jette 
naturellemment  le  trouble  dans  la  famille.  La  cu¬ 
riosité  des  voisins  s’en  mêlant,  tout  un  quartier  peut 
s’intéresser  à  l’évènement,  parfois  même  la  ville  en¬ 
tière, celle-ci  fût-elle  une  capitale. 

«  Pour  ne  pas  faire  un  si  long  discours,  dit  Mauri- 
ceau  (1721 .  T.  I,  page  94)^contenlons-nous  seulement 
de  rapporter  un  exemple  connu  de  tout  Paris,  qui  est 
celui  de  Madame  la  présidente  de  Nesmond, qui  en  l’an¬ 
née  1668,.  fut  jugée  être  grosse  d’enfant  durant  plus 
d’un  an,  par  plusieurs  médecins,  chirurgiens  et  sages- 
femmes,  qui  étaient  tous  de  ce  sentiment  contre  la  vé¬ 
rité,  s’étant  fondés  sur  la  grosseur  de  son  ventre,  et 
sur  quelques  autres  signes  équivoques  de  grossesse 
qu'elle  avait;  mais  enfin  après  avoir  été  l’espace  d’une 
année  et  demie  en  cet  état,  la  montagne  des  fausses 
espérances  qu’on  lui  avait  données  n’enfanta  qu’une 
souris  » . 

Parmi  les  fausses  grossesses  que  j’ai  eu  l’occasion 
d’observer  depuis  1882,  je  crois  que  les  trois  suivantes 
ne  manquent  pas  d’un  certain  intérêt . 

Obs.  1.  — En  1884,  je  suis  appelé  pour  examiner  Mme  X..., 
qui  se  croit  enceinte.  Depuis  cinq  mois  ses  règles,  qui  persis¬ 
tent,  sont  moins  régulières  et  moins  abondantes.  Agée  de  37 
ans  et  mariée  depuis  vingt  mois,  cette  grossesse  est  la  pre¬ 
mière.  De  légers  troubles  digestifs  éveillèrent  d'abord  son  at¬ 
tention,  mais  ce  sont  les  mouvemenls  qu’elle  sent  depuis  plu¬ 
sieurs  jours  qui  ont  triomphé  de  ses  doutes  et  motivé  mon 
invitation.  Son  cinquième  mois  serait  accompli  et  même  de- 
passé. 

Cette  femme,  de  peau  très  brune, comme  tous  ses  parents, est 
d’une  souche  où  régnent  l’arthritisme,  la  goutte,  l’obésité  et 
certains  désordes  nerveux  assez  graves.  Obèse  elle-même  ; 
son  abdomen  est  tris  épais,  très  tendu,  et  il  présentait  ces  ca¬ 
ractères  avant  son  mariage,  sans  qu’il  y  ait  jamais  eu  tympa¬ 
nisme.  11  en  résulte  que  la  palpation  est  réduite  à  néant. 
L’auscultation  est  négative. 

Au  toucher  le  cola  sa  consistance  et  sa  longueur  normales. 


418 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


L’index  poussant  par  de  petites  saccades  juge  que  l'utérus  est 
plutôt  léger  et  mobile,  mais  cette  mobilité  est  relative 
comme  nous  l’avons  plus  d’une  fois  constaté  chez  des  femmes 
obèses,  au  ventre  tendu.  La  recherche,  dans  les  culs-de-sac, 
du  globe  utérin  surplombant  le  col.  signe  si  bien  décrit  et  re¬ 
présenté  par  le  professeur  Budin  dans  ses  Leçons  cliniques, 
de  1889,  est  difficile,  car  la  poussée  par  la  main  gauche  sur 
l’hypogastre  ne  se  répercute  pas  facilement  dans  le  petit 
bassin,  tant  l’abdomen  est  épais  et  dur.  Cependant  je  con¬ 
clus  de  mon  examen  que  la  cavité  utérine  n’est  pas  dilatée. 
Je  ne  compte  pas  sur  la  percussion,  car,  la  vessie  étant  vidée, 
l’abdomen  est  presque  mat,  tant  la  jonche  graisseuse  est 
épaisse  et  compacte. 

Avec  les  circonlocutions  de  rigueur,  je  déclare  à  cette 
dame  qu’elle  n'est  pas  enceinte,  me  bornant  à  lui  dire  que 
les  mouvements  qu  elle  sent  ne  sont  pas  dus  à  un  fœtus. 
Inutile  de  citer  la  discussion  oiseuse  où  elle  m’entraîna  ; 
cependant  de  tous  ses  arguments  je  rapporte  celui-ci  à  cause 
de  sa  précision  ;  «  Voyons  docteur,  dit-elle,  est-ce  qu'on  va 
me  faire  croire  que  la  matrice  a  des  mouvements  par  elle 
même  ?  Mais  alors  pourquoi  ne  les  sentais-je  pas  avant  mon 
mariage  ?  Pour  les  intestins,  je  connais  les  borborygmes  ; 
mais  est-ce  que  les  intestins  donnent  des  coups  de  pieds  ? 
Je  vous  ai  dit  et  je  vous  répète,  docteur,  que  je  sens  de  vé¬ 
ritables  petits  coups  de  pieds,  et  que  même  je  les  ai  souvent 
sentis  de  ma  main  appliquée  sur  le  ventre,  ce  que  j’ai  cent 
fois  affirmé  à  mon  mari  et  à  mes  parents.  » 

Appelé  depuis  pour  d’autres  membres  de  la  famille,  je 
voyais  préparer  la  layette  que  l’expiration  du  dixième  mois 
fit  enfermer  pour  toujours  dans  l’armoire,  car  en  1899,  cinq 
ansaprès  la  fausse  grossesse,  je  constatai  chez  cette  personne, 
qui  n’eut  pas  de  grossesse  et  pour  laquelle  on  m’appela  de 
nouveau, un  néoplasme  utéro-annexiel  auquel  elle  succomba 
peu  de  semaines  après  ma  visite. 

Quatre  ans  avant  la  mort  de  cette  femme, c’est-à-dire 
un  an  après  ma  toute  première  visite,  je  fus  consulté 
pour  savoir  s’il  n'y  avait  pas  lieu  de  soigner  l’utérus 
en  vue  d’une  grossesse.  Ayant  trouvé  le  col  normal, 
sans  écoulement,  l’ulérus  avec  la  même  mobilité  rela¬ 
tive  et  l'abdomen  sans  aucune  espèce  de  douleur  spon¬ 
tanée  ni  provoquée,  je  déconseillai  à  l’intéressée  de  se 
livrer  à  des  traitements  gynécologiques. 

En  admettant  même  que  te  néoplasme  auquel  elle 
devait  succomber  fût  en  germe  dès  cette  époque  et  qu’il 
eût  contribué  au  développement  des  symptômes  de 
fausse  grossesse,  ce  qui  est  admis,  nous  ne  perdons 
pas  de  vue  que  cette  femme  était  âgée  de  37  ans  lors  de 
sa  fausse  grossesse,  etque,vu  son  âge,  elle  rentre  dans 
la  catégorie  des  femmes  au  sujet  desquelles  le  profes¬ 
seur  Pajot  [Travaux  1882, page 34.)  écri- 

vaitceslignes  qu'il  termine  cependant  par  une  phrase 
ironique  où  il  semble  mettre  en  doute  l'existence  des 
mouvements  musculaires. 

«  11  convient,  à  cet  égard,  dit-il,  de  se  défier  parti¬ 
culièrement  des  femmes  parvenues  à  l'àge  de  30  à  40 
ans,  n'ayant  jamais  pu  avoir  d’enfant,  et  en  désirant 
avec  d’autant  plus  de  passion  qu’elles  sentent  appro¬ 
cher  l'heureou  toute  espérance  sera  perdue.  Cesaffo- 
lées  de  grossesse  prennent  aisément  leurs  désirs  pour 
des  réalités  ;  elles  trompent  le  jeune  médecin  avec 
tant  de  conviction  et  de  bonne  foi  qu’il  serait  vrai¬ 
ment  difficile,  si  l’on  n’était  suffisamment  prévenu, 
de  ne  pas  tomber  dans  le  piège  de  leurs  illusions. 
«Elles  ont  leurs  règles,  disent-elles,  mais  une  de  leurs 
amies  a  vu  plusieurs  fois  ses  règles  pendant  sa  gros¬ 
sesse  ;  et  elle  n’en  est  pas  moins  accouchée  parfaite¬ 
ment  bien.  D’ailleurs  leur  ventre  grossit  beaucoup,  et 
elles  sentent  toujours  remuer.  Combien  de  fois  ai-je 
entendu  tout  cela  !  et  quel  vieil  accoucheur,  devenu 


sceptique,  ne  se  souvient  d’avoir  manqué  d’y  être 
pendant  sa  jeunesse  ?» . 

Cependant  nous  verrons  plus  loin  que,  le  plusso». 
vent,  ces  mouvements  dont  parlent  les  femmes  quis, 
croient  enceintes  ne  sont  pas  des  mouvements  im^ 
ginaii'es. 

Obs.  II.  —  Dans  le  courant  de  l’été  de  1888,  la  gouvemai 
d  une  dame  étrangère,  dont  le  mari  avait  eu  un  enfant^ 
première  femme  morte  de  fièvre  puerpérale,  vint  m’invitet  i 
aller  examiner  sa  maîtresse  «  dont  trois  médecins, disait-dj. 
attendent  la  délivrance  depuis  plusieurs  jours.  Mais  rieni» 
vient  et  tout  est  prêt  pour  recevoir  l’enfant.  Déjà  le  mois  d#. 
nier,  ajouta-t-elle,  alors  qu’on  la  croyait  à  terme,  il  yen 
une  fausse  alerte.  Il  est  vrai  que  les  règles  ne  .sont  pas  stf. 
primées,  mais  diminuées  et  moins  régulières.  Elleadn 
douleurs  et  les  médecins  lui  répètent  que  la  matrice  co» 
mence  à  se  dilater, et  que  cela  ira.  Ce  matin,  impatientée, etk 
leur  écrivit,  après  leur  départ,  qu’elle  ne  les  attendrait  pim. 
Du  reste,  me  dit  la  gouvernante,  nous  n’avons  jamais  eu* 
médecin  traitant  de  la  famille  ». 

La  patiente  fut  très  embarrassée  lorsque  je  lui  fisdemand» 
une  lettre  de  la  part  de  mes  confrères  ;  mais  devant  l'imp» 
sibilité  del’obtenir,  j’acceptai  soninvitation  et  merendiscfci 
elle.  En  entrant  dans  son  appartement,  je  vis  arriver  wn 
moi  une  personne  ayant  de  la  tendance  à  l’obésité  etlev» 
tre  assez  proéminent.  Je  la  fis  marcher  de  profil,  l'atlituà 
et  la  démarche  ressemblaient  beaucoup  à  celles  d’unefemu! 
enceinte  et  presque  à  terme.  Elle  me  dit  que  son  vente 
n’est  gros  et  proéminent  que  depuis  qu  elle  est  enceinte.  Ile 
a  environ  28  ans  ;  n’a  pas  eu  d'autre  grossesse.  Non  senlt- 
ment  elle  sent  l'enfant  bouger,  mais  aussi  elle  s’assure  de  ali 
en  appliquant  la  main  sur  le  ventre.  Elle  m’engage  même  i 
ne  pas  attribuer  ce  signe  à  un  effet  de  son  imagination. 

Peut  être  y  a-t-il  un  léger  degré  de  tympanisme  abdomiml 
La  couche  graisseuse  de  l'abdomen  est  épaisse,  mais  ellen’d 
pas  uniformément  répandue,  ni  surtout  tendue  comme  dm 
l'observation  1.  Cela  permet  d’y  pincer  de  larges  plis,  etpe 
conséquent  de  déjeter  la  paroi  graisseuse  au-dessus  desmain 
qui  palpent  pour  explorer  la  cavité  abdominale  et  plonp 
dans  le  petit  bassin.  Nulle  part  je  ne  constate  de  parties  ^ 
des  et  l’abdomen  est  partout  sonore.  Naturellement  l’ausc» 
tation  est  négative.  Au  toucher  l’excavation  est  vide,  l’uléf* 
mobile,  sans  globe  surplombant  le  col  ;  sans  signe  deHe 
gar.  «  D’après  votre  examen,  monsieur,  médit  la  dame  d* 
air  un  peu  altéré,  vous  ne  me  semblez  pas  admettre  que  X 
sois  enceinte  .»  A  peine  avais-je  nié  la  grossesse  avec  1^®^ 
nagements  voulus,  qu’elle  s’assied  vite  et  écrit  nerveuseffi* 
Que  faites-vous  madame,  lui  dis-je  ?  J’écris  à  vos  confre^. 
répondit-elle,  que  je  ne  suis  pas  enceinte  !  Je  l’en  dissua 
par  de  bonnes  paroles  à  l’égard  de  mes  confrères  et  par  4“ 
ques  phrases  sur  le  thème  e)  rare  humanum  est,  et  je  Iiu^ 
à  me  laisser  compléter  mon  examen  au  spéculum. 
volumineux,  mou,  violacé,  gorgé  de  sang,  avec  quelque*  . 
de  Naboth,  et  un  orifice  plutôt  petit.  La  patiente  prés®**^ 
la  peau  un  trouble  des  vaso-moteurs  :  ce  sont  de 
ches  framboisées,  abords  déchiquetés,  s’effaçant  à  la 
sion,  mobiles,  se  présentant  aux  régions  supérieures  du^,^ 
rax,  mais  surtout  aux  épaules  et  au  cou.  Un  jour,  elle  ^ 
montra  une  plus  large  que  la  paumede  la  main,  ocdip^^  ^ 
région  latérale  du  cou  et  la  région  sus-claviculaire-  AV  ^ 
fausse  grossesse,  elle  avait  parfois  ces  taches,  mais  jjjif 
plus  fréquentes  depuis  ;  on  dirait  qu’au  moyen  d'une  ^ 
très  superficielle  d’épingle  on  en  ferait  facilement  o®' jjjs. 
sang.  Pas  d’épistaxis  chez  cette  personne,  nid’hémorr 
L’état  de  sa  peau  ne  me  semble  pas  sans  analogie  a' 
du  col  où  une  première  et  légère  piqûre  de  scari 
faite  quelques  jours  plus  lard,  après  que  le  mari  m 
à  soigner  la  patiente,  provouue  un  véritable  jet  '  ^ 

je  laissai  couler  quelques  instants,  puis  je  taro^^jje^ 

remplacer  les  scarifications  par  1  ignipuncture,  d<'  ^ 

trois  séances  dans  l’espace  de  trois  mois,et  je  termina 
dilatation  à  la  laminaire  et  un  écouvillonnage.  J® 
ce  traitement  parl’hydrothérapie,  douches  général 


J 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


419 


r 


nluie.  continuées  pendant  plusieurs  mois.  Je  lui  défen- 
'r-cnergiqnement  le  massage  ^surtout  aux  reins  et  sur  l’ab- 
"'’  enOe  croyant  contre-indiqué  à  cause  du  trouble  des  ya- 
^“moteurs  que  je  viens  de  décrire. 

Mais  oc  le  décida, à  l’établissement, à  en  subir  quatre  séan¬ 
te  nui  aboutirent  à  une  ménorrhagie  1res  profuse  qui  la  gué¬ 
rit  de  son  imprudence.  Les  taches  de  la  peau,  le  tymyianism^e 
■  Jwinminal.la  surcharge  graisseuse  de  l’abdomen,  disparurent 
ju^nellement  avec  ce  traitement .  Le  col  utérki  perdit  lamoi- 
riéde  son  volume  ;  il  n’y  avait  pas  de  catarrhe  ;  et  lorsque, 
peu  de  temps  après,  cette  dame  se  rendit  en  Angleterre  pour 
loir  ses  parents,  le  professeur  Williams, de  Londres, lui  dit  de 
seconsidérer  comme  bien  portante.  Je  fus  souvent  consulté 
depuis  par  cette  personne,  qui  se  porte  bien,  mais  qui  n’a  pas 
eu  de  grossesse. 


En  1894,  la  dame  qui  fut  l’objet  de  l’observation  pré¬ 
cédente  engagea  une  de  ses  amies,  propriétaire  à  deux 
keures  de  chemin  de  fer  de  Smyrne,  à  faire  venir  la 
femme  de  son  jardinier,  primipare,  dont  on  attendait 
lainement  l’accoucbement,  afin  qu’elle  pût  me  consul- 
irr.  Voici  ce  cas,  où  j’ai  pu  moi-même  constater  des 
mouvements  sur  l’abdomen  à  la  vue  et  à  la  main. 


Obs.  III.  —  Cette  femme,  âgée  d'environ  24  ans,  n’a  eu,  en 
dehors  de  l'incident  actuel,  ni  accouchement  ni  avortement. 
Elle  est  obèse  ;  se  croit  à  terme  ;  cependant  ses  règles  sont 
rennes  trois  ou  quatre  fois  pendant  sa  grossesse.  Trois  con¬ 
frères  lui  dirent  «  que  les  douleurs  qu’elle  ressent  finiront 
par  ouvrir  la  matrice,  son  col  étant  de  ceux  qui  se  dilatent 
lentement  ».  Dans  une  dernière  visite  l’un  d’eux  même  pré¬ 
tendit  sentir  les  doigts  dé  la  main  de  l’enfant.  Mais  rien  ne 
renant,  elle  quitta  définitivement  le  lit. 

Le  ventre  de  cette  femme  est  très  gros  et  uniformément 
arrondi. La  couche  graisseuse  est  également  répartie  partout, 
même  le  long  des  arcades  de  Fallope  ;  elle  est  surtout  très 
|o'ree,  très  compacte  ;  c’est  une  cuirasse  épaisse  à  la  dureté  de 
laguelle  contribue  peut-être  un  épiploon  surchargé  de 
paisse.  La  patiente  affirme  que  son  abdomen  offrait  les  mê¬ 
mes  caractères  avant  sa  grossesse  et  que  celle-ci  n’en  a  pas 
jagmenté  le  volume.  A  la  percussion,  et  dans  diverses  situa- 
“<">8,9  est  presqu3  mat  partout.  Auscultation  négative. 

Au  toucher,  le  doigt  parvient  dilficiienient  au  col  qui  est 
^londément  situé.  11  est  normal,  entier  et  mobile  ;  mais 
«1  une  mobilité  diffuse,  et  l’insistance  pour  rnaintenirl'in- 
^*81  haut  en  diminue  la  sensibilité  et  la  liberté  d’action, 
^•igré  cela,  le  cul-de-sac  postérieur  me  paraît  normal,  mais 
pas  facile  d’explorer  la  paroi  postérieure  de  Tutérus 
cependant  me  semble  vide.  J’annonçai  à  cette 
Wnne  que  malgré  les  difficultés  que  certainement  mes 
eues  dans  l’examen  de  son  cas,  difficultés  que 
expliquai  parce  que  jevenais  de  les  éprouver  moi-mê- 
gnosp  ’'®uais  pas  pour  enceinte.  Elle  accepta  ce  dia- 
ifi'fml  elle  me  parla  »  dcmoiivenunts  qu'elle  éprouvait, 
£( et  qu'elle  a  cent  fois  sentis  ni  appliquant  la  main». 
(ouy  mari  me  priait  d'attendre  pour  constater  ces 

jfB^^^uts,  j'attendis  plus  d'une  demi-heure,  tout  en  lui 
fiu  il  ne  s'agissait  pas  de  mouvements  fœtaux.  La 
HifçQ,®  ®e  dit  que  c’était  la  première  fois  que  ces  derniers 
A  la  f  **  intervalle  avant  de  se  reproduire, 

t'éijjt  Japons  ta  tai  mouvements  et  à  la  vue  et  à  la  main  : 
de  ®  Pclites  secousses,  brèves  comme  des  coups  de  pied 
Paro^  paraissaient  imprimées  à  la  totalité  do  la 

°ui'qale  et  dans  le  sons  horizontal.  Us  n’avaient 
feetuj  principal  comme  c'est  le  cas  lorsiiue  le  pied  du 
**ilé.  £®PP®  6n  dedans  et  brusque  la  paroi  sur  un  point  li- 
Ipele  J?  ®*®ro>nant  attentivement,  je  crus  devoir  admettre 
'Ssi(tgj  ’^Phragme  n'y  participait  pas  et  queces  mouvements 
les  muscles  obliques,  et  plutôt  dans  ceux  du 


»elle^  celle  observation  je  fis  prendre  des  non 

®cetle  femme  que  je  n’avais  pas  revue  depu 


13  ans, par  l’intermédiaire  d’un  de  ses  parents,jardinier 
à  Smyrne. Elle  me  fit  dire  qu’ellen’apas  eu  de  grossesse, 
qu'elle  a  pris  sa  stérilité  en  patience:  qu’elle  se  porte 
bien  et  qu’elle  a  suivi  mon  conseil  de  ne  pas  se  livrer  à 
de  multiples  traitements  en  vue  d’une  grossesse.  Jelui 
avais  en  effet  déconseillé  d’entrer  dans  la  phase  destrai- 
tementsinlerminables,  et  ce  surtout  afin  de  a  ne  pas 
remplacer  une  suggestion  par  une  autre  »,  comme  le 
dit  si  bien  actuellement  le  professeur  Dubois,  de  Berne, 
dans  son  récent  ouvrage  (19Ü5)  sur  les  Psychonévroses, 

Réflexions.  —  I.  —  En  général,  quand  le  diagnostic 
de  fausse  grossesse  a  été  posé,  les  praticiens  se  con¬ 
tentent  de  dire  que  les  moMremeiifs  sentis  par  la  femme, 
sont  dus  à  l’intestin.  Celte  insuffisante  explication  ne 
saurait  convaincre  les  affolées  de  grossesse,  il  nous  sem¬ 
ble  même  qu  elle  peut  contribuer  à  les  maintenir  dans 
leur  erreur  jusqu’au  dixième  mois.  En  effet,  en  admet¬ 
tant  môme  qu’elles  prennent  parfois  pour  des  mouve¬ 
ments  lents  de  fœtus  les  mouvements  péristaltiques  de 
l’intestin, plus  souvent  elles  tiennent  pourde  vrais  coups 
de  piedsd’enfant  les  mouvements  cloniquesdes  muscles 
de  la  paroi  abdominale,  cardans  les  deux  circonstan¬ 
ces  il  y  a  saccades  qui  peuvent  être  vérifiées  par  l’ap¬ 
plication  de  la  main  sur  l'abdomen,  ce  quene  manquent 
pas  de  faire  les  intéressées,  comme  elles  l’ont  réelle¬ 
ment  fait  dans  nos  trois  observations.  Au  médecin  d'a¬ 
nalyser  le  caractère  de  ces  mouvements  s’ils  se  produi¬ 
sent  en  sa  présence,  ainsique  nous  l’avons  fait  dans 
notre  observation  III,  ce  qui  n'a  pas  peu  contribué  à 
confirmer  le  diagnostic  là  où  le  palper,  l’auscultation, 
la  percussion  et  même,  dirions-nous,  le  toucher  étaient 
d’une  application  si  difficile.  Il  nous  semble  donc  utile 
que  le  praticien  ne  se  montre  pas  sceptique  sur  ces  mou¬ 
vements  réels  qui  maintiennent  les  femmes  dans  leur 
erreur.  En  leur  expliquant  bien  la  nature  et  le  siège  de 
ces  secousses  musculaires,  on  aura  plus  de  chance,  de 
leur  faire  admettre  qu'elles  ne  sont  pas  enceintes,  et 
de  calmer  ainsi  leur  anxiété  et  l’attente  inquiète  des  fa¬ 
milles. 

II. —  Des  trois  femmes  dont  on  vient  de  lire  les  observa¬ 
tions,  aucunen'estrestée  enceinte  après  sa  fausse  gros¬ 
sesse.  La  première  est  morte  cinq  ans  après  d’un  néo¬ 
plasme.  Des  deux  autres,  celle  de  l'observation  II  seu¬ 
lement  avait  besoin  d'un  traitement  qui  la  guérit  effec¬ 
tivement  des  signes  et  symptômes  qu’elle  présentait. 
11  nous  semble  que  l’on  est  parfois  trop  enclin  à  inter¬ 
venir,  môme  chez  des  personnes  jeunes  etsaincs,  lors¬ 
que  la  grossesse  larde  un  peu  à  se  produire. 

N\)us  avons  plus  d'une  fois  vu  venir  la  grossesse  là 
oùnous  avions  conseillé  la  patience,  cl  plus  souvent  la 
stérilitéa  persisté  malgré  une  série  de  traitements  di¬ 
vers  échelonnés  sur  une  période  de  plusieurs  années. 
En  engageant  dans  ces  derniers  cas  les  patientes  à  ne 
pas  trop  rechercher  des  traitements,  nous  amenons  au 
moins  le  calme  dans  leur  système  nerveux,  les  affo¬ 
lées  de  grossesse  étant  presque  toujours  des  affolées  de 
Iraitemenls.  N’cst-il  pas  sage,  du  reste,  de  mettre  un 
terme  à  la  série  des  interventions,  dans  les  cas  surtout 
où  le  mari  n'est  jamais  examiné'.’ 

III. — Dans  certaines  erreurs  do  diagnostic,  alors 
surtout  que  l’insuffisance  d'examen  et  l’inattention  in¬ 
terviennent,  la  sttggestion  collective  entra  coxihbrcs  ne 
joue-t-elle  pasun  certain  rôle'.’  Nous  croyons  l'avoir 
plus  d'une  fois  constaté  dans  nos  vingt-trois  années 
de  pratique,  le  premier  confrère  entraînant  les  aulresk 
son  opinion  d’autant  plus  aisément  qu’il  subit  lui- 
même  la  suggestion  de  la  femme  et  do  la  famille,  très 


420 


LE  PROGRÈS  MEDICAL 


convaincues  de  la  grossesse.  Dans  noire  observation 
II,  trois  praticiens  qui  connaissaient  le  col  et  la  dilata¬ 
tion  grâce  une  longue  expérience,  affirmaient  qu'il  se 
dilatait,  et  cependant  en  examinantla  femme  le  même 
jour  je  trouvai  un  col  long  avec  un  orifice  normal  et  plu¬ 
tôt  petit.  Dans  l’observation  III,  le  premier  médecin 
ayant  dit  que  le  travail,  quoique  très  lent,  est  en  marche, 
le  second  croit  sentir  une  main  dans  le  vagin,  erreur 
par  suggestion  d'autant  plus  admissible  que  l’absence 
de  toute  région  fœtale  dans  l’excavation  invitait  à  l’idée 
d'une  présentation  de  l’épaule. 

Quittant  le  terrain  de  l’obstétrique,  nous  pouvons  ci¬ 
ter  quelques  autres  erreurs  de  même  origine.  Il  y  a  plu¬ 
sieurs  années  nous  étions  quatre  confrères  auprès  d'une 
patiente.  Celui  qui  pratiqua  le  premier  le  toucher,  sen¬ 
tant  sous  le  canal  de  Turèthre  certains  plis  du  vagin 
plus  saillants  que  normalement,  se  hâta  de  dire  «  qu’il 
y  avait  là  peut-être  bien  un  chancre  «.Un  autre  confrère, 
croyant  que  le  premier  indiquait  un  chancre  entre  le 
clitoris  et  l’orifice  vulvaire,  s’empressa  de  dire  «  oui 
le  voilà  !  »,  et  le  montra  même  du  doigt.  Mais  il  mon¬ 
trait  l’orifice  de  l’urèthre.  Un  meilleur  éclairage,  le  ca¬ 
thétérisme  et  un  examen  plus  attentif  prouva  qu’il  n’y 
avait  nulle  partd’accident  spécifique.  Le  deuxième  con¬ 
frère  avait  pourtant  de  nombreuses  fois  sondé  des  fem- 
mesdurant  sa  carrière,  et  la  bonne  expérience  qu’avait 
la  premier  de  la  syphilis  ne  l’empêcha  pas  de  se  lais¬ 
ser  suggestionner  par  le  fait, qui  lui  était  connu  ainsi 
qu’à  moi,  que  le  mari  de  la  patiente  avait  eu  jadis  la 
syphilis. 

En  1879,  étant  externe  du  professeur  Vulpian  à  la 
Charité,  soninterne,  palpant  un  malade  entré,  je  pense, 
pour  une  colique  de  plomb,  croit  constater  un  kyste  hy¬ 
datique  du  foie  faisant  une  petite  saillie  à  l’épigastre  à 
droite  de  la  ligne  médiane  ;  tous  leè  élèves  du  service 
constatèrent  ce  kyste  ;  quelques-uns  même  confirmè¬ 
rent  le  diagnostic  en  affirmant  avoir  senti  le  frémisse¬ 
ment  hydatique.  Le  lendemain,  je  demande  à  M.Cuffer 
s’il  ne  s’agit  plutôt  là  d’un  lobe  du  muscle  droitdo  l’ab¬ 
domen,  me  basant  surtout  sur  ce  faitqu’en  faisant  con¬ 
tracter  le  muscle  par  l’effort  pour  s’asseoir  conseillé 
au  malade,  la  tumeur  devenait  plus  dure  et  plus  sail¬ 
lante,  ce  qu’il  admit  en  effet  et  le  fit  constater  aux 
autres  élèves. 

Le  cas  suivant  ne  manque  pas  d’intérêt.  En  1878,  on 
reçoitàl’hôpital  de  laPitié,  au  service  de  M.  Polaillon, 
un  homme  pour  fracture  des  côtes  gauches.  Personne 
n’ayant  pu  constater  la  crépitation  caractéristique^  M. 
Polaillon  médit,  en  s’éloignant  du  lit,  d’appliquer  tout 
de  même  la  bande  de  sparadrap.  En  levant  le  bras 
gfàMc/ie  du  malade  jusqu’au-dessus  de  sa  tête,  je  sens 
se  produire  la  crépitation  et  j’en  parle  à  M.  Polaillon 
qui  constatele  signe,  et  faitremarquer  aux  élèves  qu’il 
ne  se  produit  que  pendant  l’élévation  du  bras  qui  agit 
sur  les  côtes  par  la  tension  des  muscles.  Restéseul  auprès 
du  patient  je  lève  une  dernière  fois  le  bras  pour  ap¬ 
pliquer  la  bande,  et  c’est  seulement  alors  que  je  re¬ 
marque  non  seulement  qu'il  s’agit  d’un  bruit  sourd 
n’ayant  pas  les  caractères  delà  crépitation  osseuse, 
mais  que  ce  bruit  que  l’on  entend  et  que  l’on  sent  en 
appliquant  la  main  sur  les  côtes  est  un  bruit  trans¬ 
mis  à  distance,  dont  le  foyer  serait  l’articulation  mô¬ 
me  de  l’épaule  ;  il  se  produirait,  chaque  fois  qu’on 
lève  le  membre  supérieur,  par  échappement  de  la  tête 
humérale  sous  le  tendon  de  la  longue  portion  du  biceps, 
A  la  fin  de  la  visite.je  fais  part  à  M.  Polaillon  delà  pos¬ 
sibilité  de  mon  erreur,  qui  avait  agi  par  suggestion  sur 


A 

mon  maître  et  sur  les  élèves,  et  de  ma  seconde  inj^, 
prétalion.  Il  revient  auprès  du  malade,  constate  ce4 
fois  que  la  crépitation  n’est  pas  caractéristique,  et 
met  que  le  bruit  se  produit  dans  l’articulation  de  1'^ 
paule.  Les  jours  suivants,  cette  dernière  manière  de 
voir  fut  maintenue. 

La  suggestion  étant  toujours  de  même  nature,  oi 
nous  permettra  peut-être  de  citer  le  cas  suivant,  coa- 
plètement  étranger  àla  médecine,  mais  contribuant  i 
corroborer  les  faits  médicaux.  Gustave  Le  Bon,  dam 
Psychologie  des  foules  (1903, page  31), rappelle  lecasde 
la  frégate  la  BeZZe-PowZe  croisant  en  mer  pour  retrout# 
la  corvette  le  Berceau  dont  elle  avait  été  séparée  pai 
un  orage.  L’attente  de  l’objet  produisit  d’abord  1«. 
reur  dans  l’esprit  de  la  vigie  qui  signale  au  loin  unt 
embarcation  désemparée.  Instantanément, tout  le  mon¬ 
de  à  bord  aperçoit  un  radeau  chargé  d’hommes  ten¬ 
dant  les  bras,  et  remorqué  par  des  embarcations  sm 
lesquelles  flottent  des  signaux  de  détresse.  On  s’ydi- 
rige  et  on  arrive  hâtivement  :  c’étaient  quelques  bm- 
chesd’arbres  couvertes  defeuilles,  arrachées  à  la  cftt» 
voisine.  On  nous  excusera  peut-être  de  celte  digres^ 
sion  sur  un  domaine  si  étranger  à  notre  sujet.  Nous  M 
l’avons  faite  que  pour  mieux  faire  ressortir  lapartqan 
prend  la  suggestion  dans  les  erreurs  humaines  en go- 
néral,  part  que  nous  croyons  très  importante  en  méde 
cine  et  surtout  en  obstétrique,  plus  parliculièremat 
encore  dans  les  cas  de  fausses  grossesses. 

IV.  —  Quoique  la  palpation  repose  «  sur  des  principes 
précis  »  comme  le  dit  le  professeur  Pinard  dans  son  traité 
du  Palper  aôcfomma^ (1889,  page  115), il  est cependail 
un  certain  nombre  de  ventres  sur  lesquels  cette  remar¬ 
quable  méthode  ne  peut  aisément  donner  tous  leseé- 
sultals  désirables.  Ces  abdomens  à  palpation  très  diffi¬ 
cile  sont  assez  nombreux  en  Orient. 

Les  confitures, les  farineux  et  surtout  la  vie  casaniè* 
dont  on  commence  à  revenir  un  peu  dans  certaines 
villes  ie  l’empire  ottoman,  rendent  obèses  en  ce  pa? 
tant  de  femmes  que  le  palper  gynécologique  et  obsr 
trical  trouve  un  champ  fertile  pour  s’exercer,  qoa® 
on  le  veut,  aux  difficultés  de  ce  moyen  d’investigatm®; 

Pour  mettre  plus  d’ordre  dans  mes  idées,  j’ai  '»'*■ 
les  ventres  obèses  d’Orient  en  deux  catégories  :  1  ^ 
ventres  obèses  flasques  et  2“  les  ventres  obèses  1®“®^ 
ou  en  cr<irasse.  La  flaccidité  des  premiers  est  " 
seulement  à  ce  que  la  couche  graisseuse  est  peu  c 
pacte, on  le  sait,  et  qu’elle  glisse  sur  la  paroi  musem  ^ 
mais  aussi  è  ce  que  cette  dernière  participe  au  rela® 
ment  général  grâce  à  sa  faible  tonicité.  - 

Quant  aux  ventres  en  cuirasse, ils  ont,  d’une 
re  exagérée,  les  qualités  contraires  des  précédents 
che  graisseuse  très  serrée,  très  compacte,  une 
cuirasse,  ne  glissant  pas,  ou  à  peine,  sur 
che  sous-jacente  à  laquelle  elle  semble  j^for 
par  conséquent  ne  permettant  d’aucune  uianière 
malion  d’un  pli.  Ensuite  couche  musculaire 
très  tendue, soit  à  cause  d’une  tqnicité  .^uots  I* 

soit  pareequ’à  celle-ci  s’ajoute  de  dedans  en  de 
poussée  d’une  masse  épiplo'ique  surchargée  de 
et  contribuant  àrendre  ces  abdomens  presque  ®  j,f- 
tempnt  mats  à  la  percussion.  C’est  dans 
très  tendus  que  j’ai  presque  loujoui-s  constate 
bilité  très  relative, très  diffuse  de  l'utérus,  cequ* 

tribue  pas  peu  aux  difficultés  du  diagnostic.  _  gy-e®'** 

Ce  sont  les  parois  des  ventres  flasques 
années  et  les  grossesses,  tombent  sur  le  P®*!”® 
merle  tablier  classique,  et  c’est  plus  particu  ' 


'W 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


421 


h  Z  ces  femmes,  inutile  de  le  dire,  que  l’on  rencontre 
1  nloses  viscérales.  Si  les  accoucheurs,  en  palpant 
1  -  venttes  flasques  peuvent  déjeter  au-dessus  des 
Lx  mains  un  large  pli  de  la  paroi  pour  explorer 
-Ion  les  règles  la  cavité  abdominale  et  même  pion- 
fer  dans  le  iielit  bassin,  les  ventres  en  cuirasse 
^'opposent  le  plus  souvent  radicalement  à  celte  ex- 
«loration.  Les  qualités  anatomiques  de  ces  abdomens 
Sont  nous  avons  parlé  plus  haut  rendent  parfaite- 
jient  compte  de  ce  résultat  négatif.  Les  trois  obser¬ 
vations,  choisies  parmi  tant  d'autres  et  publiées  dans 
eet  article  concernaient  des  nullipares  Dans  l’observa¬ 
tion  II, la  palpation  n’étant  pas  trop  difficile,  le  diagnos¬ 
tic  en  a  largement  bénéficié.  Dans  les  observations  I 
et  III,  mais  surtout  dans  cette  dernière,  la  tension, 
combinée  à  l’épaisseur, à  l’état  compact  et  à  l’immobi¬ 
lité  des  parois,  faisaient  de  celles-ci  une  cuirasse  telle¬ 
ment  résistante  que  la  palpation  était  réduite  pres¬ 
se  à  néant.  Ce  qui  n’a  pas  empêché,  pourtant,  le 
[èagnostic  défaussé  grossesse  de  se  faire.  Ce  ne  sont, 
frtes,  pas  ces  parois  compactes  et  tendues  quipermet- 
,fcont  jamais  ces  déformations  abdominales  locales, ces 
^udo-lympanites,  «  tumeurs  fantômes  »  de  Lawson- 
pait,qui  disparaissent  sous  le  chloroforme  pour  reparaî- 
[Ire  au  réveil, et  qui  en  imposent  parfois  pour  une  gros- 
’iesse  avant  terme  ;  tel  le  cas  remarquable  cité  et  figuré 
par  Spencer  "Wells  dans  Tumeurs  cMominales 
tlB86),  tel  aussi  le  cas  du  professeur  Potain  cité  par 
Hernheim  dans  Hyipnotisme  et  suggestion  (1903, 
pageSOS)  où  la  fausse  tumeur  de  l’hypochondre  droit  et 
«  l’épigastre,  prise  pour  un  kyste  hydatique,  avait 
attiré  deux  foisla  pointe  du  trocart. 

NARCYL  GRÉMY  médicament  spécifl- 

îûede  la  toux,  spécialement  de  la  toux  des  tu- 
•lerculeux. 


bulletin  du  progrès  médical 


L’Epilepsie  de  Napoléon. 

.■''*Poléon  était-il  épileptique?  C’est  un  problème  que 
^  crche  à  résoudre  M.  le  D‘'  Cabanès  dans  une  3‘'  série 
^  Indiscrétions  de  V Histoire  (1). 

monde  sait  avec  quelle  sagacité  notre  érudit 
^  6re  de  la  Chronique  médicale  sait  examiner  les 
uments  ayant  trait  aux  problèmes  médico-histo- 
ïe  r*  monde  connaît  la  sûreté  de  son  juge- 

>  la  conscience  de  sa  critique  dans  ces  délicates 
arches  rétrospectives  de  la  vérité  ;  aussi,  est-ce 
8^''^cc  le  plus  grand  intérêt  qu’on  lit,  dans  cha- 
as  nouveaux  ouvrages  de  ce  travailleur  acharné, 
sçjI  obscurs  de  l’histoire  qu’un  médecin  peut 
année,  après  avoir  abordé  plusieurs 
^rat***^*  médico-historiques  :  le  poison  donné  à 
®*lad'^'  alo  1^  mort  du  Grand  Alexandre,  la 

lioa  de  Calvin,  etc.,  il  pose  et  traite  la  ques- 

iftetjy  '^Poléon  était-il  épileptique  ?  Nous  nous  per- 
^ïiîrlyser  ce  chapitre  avec  quelques  détails, 
léajj ,  ^  nombreuses  femmes  pour  lesquelles  Napo- 
caprice  momentané,  car,  avec  lui,  on 

Indiscrétions  de  V Histoire,Z'  série,  14  gravures 
lAlbin  Miehel,  édit.,  Paris,  1906). 


ne  saurait  guère  parler  d’amour,  la  tragédienne, 
M"'  George,  tint  une  place  à  part.  Le  premier  Consul 
l’aurait,  brusquement  selon  son  habitude,  enlevée  à  son 
frère,  Lucien  Bonaparte,  qui  lui  faisait  la  cour.  Ce 
serait  M“'’ George  qui,  ayant  été  témoin  d’une  crise  con¬ 
vulsive,  aurait  divulgué  l’épilepsie  dont  Bonaparte 
subissait  secrètement  les  attaques.  Mais,  si  M"®  George 
était  une  impériale  beauté,  dont  Gérard  a  fixé  les  traits 
dans  un  beau  portrait  que  M.  Cabanès  reproduit  en 
gravure,  elle  n’avait  aucune  autorité  médicale  pour 
poser  un  diagnostic  aussi  délicat.  Il  faut  donc  d'autres 
renseignements  pour  élucider  le  problème. 

M.  Cabanès,  qui  a  consulté  les  travaux  peu  connus 
en  France  de  Andrews  (in  The  Journal^  Chicago, 
22  déc.  1895  et  4  avril  1896)  et  de  Cesare  Lombroso  (in 
Deutsche  Revue,  janv.  1898),  passe  en  revue  les  acci¬ 
dents  qui  paraissent  plaider  en  faveur  de  l’épilepsie. 

M.  de  Norvins,  le  comte  de  Ségur,  notent,  qu’à 
l’école  de  Brienne,  une  punition,  une  simple  répri¬ 
mande,  déterminaient  chez  le  jeune  Bonaparte  des 
troubles  nerveux  inquiétants  (vomissement  subit,  vio¬ 
lente  attaque  de  nerfs).  M‘"®  de  Rémusat  raconte  une 
crise  dont  Joséphine  et  le  général  Bapp  auraient  été 
les  témoins,  en  1804,  à  Mayence.  Talleyrand  aurait 
assisté  à  un  autre  accident  semblable  avec  le  comte  de 
Rémusat,  à  Strasbourg.  D’autre  part.  Constant,  vqlet 
de  chambre  de  Napoléon,  nie  ces  troubles  nerveux,  et 
les  six  médecins  qui  ont  publié  des  observations  sur 
l’Empereur  restent  muets  à  ce  sujet. 

Lombroso  examine  la  question  en  psychiatre  expert 
et  consigne,  dans  les  anamnestiques  héréditaires  de 
Bonaparte  ;  l’alcoolisme  et  le  manque  de  sens  moral 
de  son  père,  l’impudicité  et  l’hystérie  de  ses  sœurs,  en 
particulier  de  Pauline,  l’ambition  de  sa  mère;  il  signale 
les  stigmates  physiques  suivants  chez  Napoléon  : 
manque  de  proportion  des  membres  et  du  tronc,  pro¬ 
gnathisme  lémurien,  saillie  de  l’os  malaire,  grandeur 
des  orbites,  voussure  du  dos,  etc. 

L'Empereur  aurait  été,  en  outre,  d’une  sensibilité 
très  grande  au  froid  et  aux  changements  atmosphé¬ 
riques.  Il  souffrait  souvent  d’une  céphalalgie  unilaté¬ 
rale,  paraissait  être  sujet  à  des  illusions  sinon  des 
hallucinations  de  l’ouïe.  Il  avait  des  tics  du  bras,  de 
l’épaule  droite  et  des  lèvres.  Ajoutons  à  cela  une  irrita¬ 
bilité  excessive,  qui  le  portait  à  des  actes  de  violences 
intempestifs  et  le  rendait  inabordable.  Chaptal  ra¬ 
conte  qu’il  avait  la  rage  de  la  destruction,  qu’il  cou¬ 
pait  le  bras  de  son  fauteuil,  ou  la  fable  devant  laquelle 
il  était  assis,  à  coups  de  canifs,  pendant  les  Conseils, 
qu’il  brisait  les  objets  qu’on  lui  présentait,  pinçait 
les  enfants  en  les  caressant,  prenait  plaisir  à  saccager 
les  serres  et  à  tuer  à  coups  de  carabine  les  oiseaux  rares 
dont  Joséphine  avait  peuplé  la  Malmaison.  Le  moindre 
obstacle  à  ses  désirs  le  mettait  dans  un  état  de  fureur 
paroxystique.  Corvisart  lui  aurait  donné  des  soins, 
pendant  le  Consulat,  pour  up  eczéma  consécutif  à  la 
gale,  et  le  bruit  a  couru  qu’on  lui  aurait  fait  contracter 
la  gale  pour  le  guérir  de  son  épilepsie  selon  une  mé¬ 
thode  de  traitement  admise  à  cette  époque,  même  par 
des  médecins  distingués. 

Le  pouls  de  Napoléonétait  tout  particulièrement  lent 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


'  normalement  30  à  35,  ne  dépasssant  jamais  50  à  55), 
et  cette  lenteur  est  un  phénomène  ordinaire  chez  les 
épileptiques.  Napoléon  était  encore  sujet  à  des  pé¬ 
riodes  dedépression  excessive, allant  jusqu’à  lasyncope. 
On  a  voulu  faire  de  lui  un  hystérique  (Corre  et  Lau¬ 
rent,  Félix  Régnault j;  Huchard,avec  raison. fait  remar- 
<{uer  que  le  manque  de  volonté,  l'irrésolution  des  hys¬ 
tériques,  n'étaient  guère  le  fait  de  ce  conquérant.  On  ne 
saurait  le  doter  d’un  égoïsme  excessif.  Maintes  fois  il 
a  donné  des  preuves  de  pitié  et  nombreuses  sont  les 
personnes  auxquelles  il  a  témoigné  un  réel  intérêt  et 
une  véritable  sympathie. 

De  toutes  ces  constatations,  que  conclure  ?  M.  Ca¬ 
banes  est,  certes,  loin  de  fair«  du  cas  de  Napoléon 
un  type  clinique  parfait  de  la  névrose  épileptique 
mais  il  incline,  sans  être  trop  affirmatif,  à  considérer 
ses  troubles  nerveux  et  son  état  mental  comme  rele¬ 
vant  du  mal  comitial. 

Fou,  certes,  on  ne  peut  le  qualifier  de  la  sorte.  Mais 
son  ambition  démesurée  amenait  une  rupture  d'équi¬ 
libre  dans  ses  facultés  intellectuelles  et  il  parait  lui- 
même  s’être  rendu  le  mieux  compte  de  son  état  en 
disant,»  J’ai  couché  dans  le  lit  des  rois  et  j'y  ai  con- 
»  tracté  une  terrible. maladie  ».  J.  Noir. 


L.  eau  oxygénée  chimiquement  pure  et  neutre  ne  peut 
être  obtenue  cpi'en  diluant  le 

PERHYDROL-MERCK,  titré  à  100  voi. 


SOCIÉTÉS  SAVANTES 


ACADÉMIE  DES  SCIENCES. 

Séance  dn  20  juin  1906.  . 

Sur  l’indication  de  la  voie  dû/estive  pour  la  vaccination  anli- 
tubercukuse  des  jeunes  ruminants. 

’M.  S.  Arloing  donne  le  résultat  de  ses  expériences  sur  la 
vaccination  antituberculeuse  : 

Quatorze  chevreaux  à  la  mamelle  ont  reçu  par  voie  diges¬ 
tive  des  bacilles  tuberculeux  d’origines  diverses  it.  humaine, 
bovine,  équine,  aviaire),  dont  la  virulence  avait  été  préalable¬ 
ment  expérimentée  sur  le  cobaye  ou  le  lapin,  parfois  sur  des 
caprins.  Le  nombre  des  ingestions  a  été  de  5,  échelonnées  sur 
un  espace  d’un  mois. 

Sept  mois  et  demi  après  ta  première  ingestion,  le  pouvoir 
agglutinant  du  sérum  sanguin  des  animaux  en  expérience, 
nul  au  début, atteignait  de  1  5  à  1  15.  et  l'épreuve  delà  tuber- 
line  donnait  des  réactions  variant  de  O"?  à  ?'>i.  Or,  les  ani¬ 
maux  ayant  été  sacrifiés,  ce  n’est  que  dans  un  très  petit 
nombre  de  cas  que  l’autopsie  et  l’examen  histologique  des 
organes  ont  révélé  l’existence  de  lésions  tuberculeuses  : 
encore  celles-ci  n’étaient-elles  considérables  que  chez  un  seul 
animal. 

<  )n  peut  déduire  de  ces  faits  (jue  l’organisme  des  jeunes 
chevreaux  se  défend  efficacement  contre  l’infection  intesti¬ 
nale  par  les  diverses  variétés  de  bacilles  tuberculeux, et  que, 
par  suite,  la  voie  digestive  s’offre  à  nous  pour  produire,  chez 
les  tout  jeunes  ruminants,  l’immunisation  à  1  égard  de  ces 
micrf)bes.  Ils  prouvent  en  outre  (juc  la  réaction  à  la  tuber¬ 
culine  et  le  pouvoir  agglutinant  du  sang  révèlent  avant  tout 
l’infection  tuberculeuse,  puisque  ces  deux  procédés  donnent 
des  résultats  positifs  dans  des  cas  où  ni  à  l’aul  nu,  ni  sous  le 
microscope.on  ne  trouve  de  lésions  certaines  de  tuberculose. 
Sur  le  traitement  scrothérapique  de  la  tuberculose  pulmonaire . 

MM.  L.vnnelongue,  Achard  et  Gau.lard  ont  extrait  du  ba¬ 


cille  de  Koch  une  antitoxine  efficace  contre  la  tuberenk  " 
pulmonaire  expérimentale  du  cobaye,  animal  qui  offr^ 
l’égard  de  la  tuberculose  humaine  des  réactions  comparahù 
a  celles  de  l’homme  lui-même. 

Les  auteurs  relatent  deux  nouvelles  expériences  avisK 
porté,  l’une  sur  é  lots  de  30.  et  1  autre  sur  4  lots  de  5ü  de  ces 
animaux. 

Dans  la  première  expérience,  tous  les  cobayes  re(;nrent  en 

même  temps  dans  le  poumon  une  même  dose  de  cultnre 
virulente;  le  premier  lot  servit  de  témoin,  le  deuxième  fm 
traité  par  le  sérum  d’âne  normal,  le  troisième  par  du  sérna 
d’àne  présumé  antituberculeux;  enfin  ce  dernier  sérum  avaii 
été  appliqué  a  titre  préventif  au  quatrième  lot. 

La  mortalité  s’élevait,  trois  cent  soixante  et  onze  jours  aptà 
l'inoculation,  à  1)0  %  pour  les  témoins  et,  respectivement,» 
87.40  et  60  "  ..  pour  les  trois  derniers  lots.  L’efficacité  du  trai¬ 
tement  préventif  et  surtout  curatif  s’âccusait  donc  nettement 

Dans  la  deuxième  expérience,  les  auteurs  ont  cherchéàéla- 
blir  les  propriétés  thérapeuiiques  d’un  sérum  de  cheval  pré 
sumé  antituberculeux. 

Tous  les  animaux,  dont  le  premier  lot  servit  encore  de 
témoin,  furent  aussi  inoculés  simultanément  et  avec  la 
même  dose  de  virus.  Les  deux  derniers  lots  avaient  reçu  a« 
préalable  un  traitement  préventif  ayant  consisté  en  injeçtiou 
de  sérum  antituberculeux  puis  de  toxine,et  enfin,  mais  pou» 
le  quatrième  lot  seulement,  de  bacilles  morts. 

Après  seize  mois  et  demi,  la  mortalité  s’élevait  à  78  0/9  pour 
les  témoins  et  respectivement  à  40,  55,  48  0  0  pour  les  trois 
groupes  soumis  à  la  sérothérapie.  Au  bout  de  vingt  mois  et 
demi,  terme  de  l’expérience,  cette  mortalité  s’élevait  à  97,  76, 
75  et  7.'!  0, 0. 

Là  encore,  le  résultat  favorable  du  traitement  s’accuse  très 
nettement  ;  mais  on  remarquera  que,tout  au  moins  au  débof 
le  traitement  préventif  par  la  toxine  et  les  bacilles  morts  a  été 
plutôt  nuisible  et  s  est  traduit  par  une  augmentation  de  h 
mortalité. 

Tous  les  animaux  furent  autopsiés.  C'est  chez  les  témoins 
que  l’on  constata,  le  plus  fréquemment,  la  généralisation  de 
lésions  et,  le  plus  rarement,  l’absence  de  toute  lésion  mados- 
copique.  Ces  lésions  furent  plus  souvent  localisées  au  fhora 
chez  les  animaux  traités,  àlais  il  est  à  remarquer  quecemodf 
de  classification  des  réactions  organiques  est  incertain,  en  « 
qu’oir-ne  tient  compte  ni  des  altérations  microscopique 
parfois  isolées,  ni  des  phénomènes  de  régression  possible  ;  * 
plus,  les  lésions  localisées  ne  sont  pas  forcément  les  pl* 
légères.  ^ 

C’est  l’examen  des  courbes  de  mortalité  qui  donne  ridée» 
plus  exacte  de  la  marche  de  la  tuberculose  dans  ces  expé¬ 
riences.  Celles-ci  ne  doivent  pas  être  prolongées 
ment,  la  durée  normale  de  la  vie  des  cobayes  dans  le  laW 
toire  étant  assez  courte. 

Etude  sur  la  transmissibilité  de  la  tuberculose 
pur  t'a  caséine  alimentaire. 

M.  M.  Guhdras  démontre  par  des  expériences  que  b» 
extraite,  par  les  procédés  industriels,  du  lait  de  vaches  lii 
culeuses,  peut  servir  de  v(*hicule  aux  germes  ùibercm  ^ 
Or,  il  existe,  dans  le  commerce,  sous  les  noms  les  f^jli 
un  grand  nombre  d’aliments  destinés  aux  enfants,  j 

base  est  constituée  par  la  cast'-ine  du  lait.  11 
la  protection  de  la  santé  publiijne  que  l’on  n  emploi®’ 
préparation  de  ces  produits  alimentaires,  que  du  lait®’^ 
de  tout  germe  tuberculeux. 

Idenlification  des  trypanosomes  pathogènes  ;  essais  de 

diagnostic.  ^  ^ 

MM.  A.  Lavf.ran  et  II.  .Mesnii,  ont  constaté  qn® 
d  un  animal  qui  a  acquis  l’immunité  contre  un  jjê- 

se  montre  actif  quand  on  l’emploie  à  dose  suffis®*^*®  co#" 
lange  avec  le  sang  contenant  ce  trypanosome,  inach 
traire,  quand  on  faitjle  même  essai  avec  d’autres 
mes.  Et  c’est  ainsi  que  cette  méthode,  malgré  ^ 

auxquelles  se  heurte  son  application  pratique 
l’activité  des  sérums,  etc.),  a  permis  de  voir  fiu®  î®  .  jj'aBl*® 
some  de  Mia-Trang  est  différent  de  celui  de  TInde  , 


LE  PROGRÈS  MEDICAL 


423 


t  aue  le  virus  de  ïogo.de  M.  Schilling,n’est  pas  le  nagana, 
aue  celui  de  M.  Martini  n’est  ni  le  nagana,  ni  le  surra. 

'  Us  auteurs  ont  employé,  pour  ces  essais  de  sérodiagnostic, 
.  gérums  de  trois  chèvres  guéries,  la  première,  du  nagana 
Hn  Zoulouland,  la  seconde  du  même  nagana,  puis  du  surra 
Hirus  indien),  la  troisième  du  surra  de  Maurice,  puis  de  la 
tnpanosomiase  équine  de  Nha-Trang. 

^  des  éléments  cellulaires  dans  la  transformation  de  certains 
hydrates  de  carbone  par  le  suc  intestinal. 

MM-  H-  IMkrry  et  A.  Froin.  -  On  admet  en  général  que 
le  suc  intestinal  peut  hydrolyser  et  dédoubler  l’amidon,  le 
jnltose  et  le  saccharose  ;  mais  si  l’on  a  soin  de  se  metfre  à 
l’abri  de  tout  traumatisme,  comme  ont  fait  les  auteurs  pour 
dffi  animaux  porteurs  de  fistules  permanentes  de  Thiry,  on 
peut  recueillir  un  suc  limpide  qui,  même  si  on  l’acidifie,  ne 
dédouble  que  le  maltose,  à  l’exclusion  flu  saccharose  et  de 
ramidon  ;  c’est  le  suc  physiologique,  celui  cjui  s’écoule  dans 
les  premières  heures  après  le  repas  ;  plus  tard,  il  s’y  mêle  de 
nombreux  éléments  cellulaires  et  le  suc  acquiert  la  propriété 
que  possède  aussi  la  macération  intestinale,  de  dédoubler  en 
même  temps  l’amidon  et  le  saccharose. 

Celte  dernière  propriété  est  liée  à  la  présence  de  chlorures 
et  n’existe  plus  après  dialyse  dans  la  macération  faite  avec 
Tean  distillée  :  mais  il  suffit, pour  la  rétablir,  d’ajouter  à  cette 
Ihncération  dialysée  de  pe.'ites  quantités  de  chlorure  de  so¬ 
dium,  de  potassium  ou  de  calcium.  Aime  Phisai.ix. 


ACADÉMIE  DE  AIÉDECINE 


Séance  du  3  juillet. 


La  typhlo-colüe. 

M.  Hcjchard  montre  que  le  point  douloureux  de  l'appen- 
•licite  peut  occuper  l’épigastre.  On  croit  alors  soit  à  une  dys¬ 
pepsie  hyperchlorhydrique,  soit  à  de  1  hypocondrie. 

M-  Huchard  discute  les  rapports  entre  l’appendicite  et  la 
typhlo-colite.  11  montre  que  les  divergences  d’opinions  s’ex¬ 
pliquent  par  le  fait  qu’il  y  a  deux  variétés  de  typhlo-colite.  La 
première  bien  décrite  par  Blondel,  est  un  simple  spasme  avec 
bonble  sécrétoire  sans  inflammation  ni  infection.  La  seconde 
«I  au  contraire  inflammatoire  et  infectieuse.  Celle-ci  seule- 
Jjsnt  peut  s’accompagner  d’appendicite  par  extension  de 
tiniection. 

M.  R.  Bi.ANCH.xM)  insiste  sur  le  rôle  important  des  vers  in- 
^unaux  :  ascarides,  oxyures,  tricocéphales,  dans  l’étiologie 
®  J  appendicite. 

vers  sont  loin  d’être  inoflensifs.  Ils  déterminent  des 
^ons  de  la  muqueuse,  graves  en  elles-mêmes  et  graves 
wt  irritation  des  filets  nerveux. 

ans  trois  cas  fort  intéressants  d’appendicite  à  répétition 
^erves  par  M.  Metchnikoff,  l’administration  d’antihel- 
ques  amena  la  guérison  des  accidents.  Certains  cas  d’é- 
qj  soit  familiales,  soit  estivales  d  appendicite,  s’expli- 
M  i.)  *^^^00  par  ce  rôle  des  parasites  intestinaux. 

•’êpa  termine  en  insistant  sur  la  prophylaxie  :  1” 

l’eriiploi  de  l’engrais  humain  devraient  être  sur- 
et  interdits, au  moins  pour  les  légumes  et  fruits  desti- 
Rantt  consommés  crus  ;  2°  les  parasites  de  ce  genre 
'*‘arro<w boisson  et  surtout  les  eaux 
de  puits,  il  y  a  lieu  d’éviter  l’emploi  des  eaux 
dicite'î^^f®  il  y  a  lieu  de  soumettre  tous  les  cas  d’api>en- 
pluj  f  traitement  antihelminthique.  Comme  il  s’agit  le 
qnç  t^^R’^ooiment  du  tricocéphale.il  faut  recourir  au  thymol 
Lajj-  ®’^taots  supportent  aussi  bien  que  les  adultes. 

close  après  ces  deux  importantes  com- 


ÿ  l’éyénération  des  nerfs  sectionnés. 

**ontrele*”^f  ‘^‘^tte  régénération.  11 

Ces  '1  •  certaines  cellules  particulières  du  tissu  ner- 
rompi' suture, iiermettent  une  régénéra- 


présente  un  appareil  destiné  i 


Le  dosage  du  chloroforme. 


Elections. 

M.  le  D''  é’erhand  A\  iDAi.  est  élu  membre  de  la  section  d’hy 
'  giène  à  la  belle  majorité  de  67  v.iix  sur  80  votants. 

A.-E.  Pmcquk. 

SOCIÉTÉ  DE  CHIRURGIE. 

Séance  du  16  juin  1906. 

Kyste  hydatique  du  poumon. 

M.  l’uFFiER  fait  un  rapport  sur  deux  cas  opérés  par  Al. 
Lau.nay.  Le  premier  concerne  un  malade  chez  lequel  on  dia¬ 
gnostiqua  une  pleurésie  de  la  base  du  poumon  droit  de  na¬ 
ture  tuberculeuse.  La  thoracentèse  ayant  montré  qu’il  s’agis¬ 
sait  d’un  kyste  hydatique,  on  réséqua  deux  côtes  et  on  ouvrit 
le  kyste.  Guérison  rapide,  mais  il  y  eut  une  fistule  bronchique 
secondaire  qui  persista  longtemps. 

Chez  le  deuxième  malade, on  fit  la  même  erreur  de  diagnos¬ 
tic  ,  la  guérison  après  l’opération  survint  en  deux  mois. 
M.  Tuflier  ajoute  aux  deux  cas  de  AL  Launay  un  cas  person¬ 
nel.  Ici  encore  on  fit  le  diagnostic  de  pleurésie .  La  ponction 
permit  de  retirer  150Ü  gr.  de  li«iuide  eau  de  roche  ;  séance 
tenante,  on  injecta  dans  la  poche  60  gr.  de  liqueur  de  \an 
Suieten,  ce  qui  provoqua  une  dyspnée  très  intense.  Quelque 
temps  après  on  fit  une  deuxième  ponction  qui  montra  un  li¬ 
quide  purulent  ;  on  intervint  alors  plus  largement  en  résé¬ 
quant  des  côtes  et  en  ouvrant  la  poche.  Guérison  avec  persis¬ 
tance,  longtemps  après  l’opération,  d’une  fistule  bronchique 
secondaire. 

-iblation  totale  du  vagin  pour  épithèlioma  du  moignon  cervical. 

AI.  Faure  fait  un  rapport  sur  une  observation  intéressante 
de  AI.  Pierre  Duvau.  11  s’agit  d’une  malade  qui  avait  subi  une 
hystérectomie  supra-vaginale  pour  fibrome  ;  quelque  temps 
après,  la  malade  revint  avec  une  dégénérescence  cancéreuse 
du  col.  Pour  extirper  le  col  et  la  paroi  vaginale  infiltrée, 
M.  Duval  eut  recours  à  l’opération  suivante  :  dans  un  pre- 
miertemps,  il  incisa  le  vagin  à  la  vulve,  le  décolla  le  plus 
haut  possible,  puis  le  ferma  eri  bourse.  Dans  la  même  séance, 
il  fit  une  laparotomie,  dégagea  de  haut  en  bas  col  et  vagin  et 
enleva  le  tout  comme  une  cavité  septique  close. 

M.  Duval  s'est  demandé  si  cette  façon  d’agir  ne  pourrait 
s’appliquer  utilement  à  toute  hystérectomie  pour  cancer  de 
l’utérus  afin  d’assurer  l’asepsie  complète  de  tout  le  champ 
opératoire.  M.  Faure  a  mis  en  pratique  ce  procédé  dans  qua¬ 
tre  cas  d’hystérectomie  pour  cancer  et  y  a  trouvé  un  avantage 
considérable  :  grâce  à  la  dissection  du  vagin,  au  premier 
temps  de  l’opération,  l’utérus  se  laisse  facilement  élever  de  4 
à  5  centimètres,  ce  qui  facilite  considérablement  l’opération 
abdominale  et  particulièrement  la  dissection  péri-cervicale  et 
celle  des  uretères. 

AI.  \\  ALTHËR,  AI.  AIonprofit,  Ont  plusieurs  fois  employé 
cette  méthode  combinée  et  s'en  sont  très  bien  trouvé. 

Al  Lejars  pense  que  ce  qui  fixe  l’utérus  et  empêche  son  as¬ 
cension  ce  sont  avant  tout  les  pieds  des  ligaments  larges  ;  ce 
sont  eux  qu’il  faut  sectionner  pour  faire  suhir  à  l’utérùs  une 
ascension. 

Séance  du  20  juin  1906. 

Sur  la  jéjunostomie. 

M .  Lejars  a  pratiqué  cette  opération  dans  cinq  cas  de  can¬ 
cer  de  l’estomac  et  dans  trois  cas  de  gastrite  ulcéreuse.  Deux 
de  ces  derniers  malades  avaient  des  vomissements  continus 
depuis  de  longs  mois  et  de  temps  à  autre  des  hématémèses. 
Après  la  jéjunostomie,  la  guérison  survint  chez  l’un  au  bout 
de  5  mois,  chez  l’autre  huit  mois  après  l’opération.  La  fistule 
resta  parfaitement  continente  pendant  tout  ce  temps.  Chez  le 
troisième  malade,  l’amélioration  après  la  jéjunostomie  fut  de 
courte  durée  ;  le  malade  recommença  à  maigrir  et  M.  Lejars 
dut  lui  taire  ultérieurement  une  gastro-entérostomie,  fjuatre 
semaines  après  cette  deuxième  opération, le  malade  succomba 
et  à  l’autopsie  on  trouva  un  estomac  très  épaissi  et  ulcéré  ;  il 
s  agissait  vraisemblablement  de  gastrite  alcoolique. 

M.  Quénu  a  pratiqué  la  jéjunostomie  chez  un  homme  at¬ 
teint  de  gastrite  ulcéreuse  et  chez  lequel  il  avait  fait  antérieu¬ 
rement  deux  gastrostomies,  à  trois  ans  d’intervalle.  Bien  que 


424 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


la  fistule  n’ait  jamais  été  continente  et  que  le  malade  ait  con¬ 
tinué  à  s’alimenter  par  la  bouche,  le  malade  n’a  plus  soulïert 
depuis  la  troisième  intervention. 

Sténose  du  ■pylore  par  brûlure. 

M.  Tüffier  fait  un  rapport  sur  une  observation  de  M.  Robi¬ 
neau.  L  n  jeune  homme  fut  pris.six  semaines  après  avoir  ava¬ 
lé,  par  mégarde,de  l’acide  chlorhydrique,  de  vomissements 
abondants  qui  survenaient  tous  les  deux- jours  et  résistaient  à 
toute  médication  :  Après  avoir  vidé  l’estomac,  M.  Robineau 
fit  une  laparatomie  et  trouva  la  région  pylorique  indurée  et 
adhérente.  11  fit  une  gastro  entérostomie  postérieure  transmé¬ 
socolique  ;  le  résultat  fut  parlait,  l’état  du  malade  est  actuel¬ 
lement  excellent,  les  vomissements  ont  complètement  dispa¬ 
ru.  M.  Tuilier  qui  a  observé  deux  cas  semblables  attiré  l’at¬ 
tention  sur  les  deux  points  suivants  :  1“  la  localisation  des 
lésions  au  niveau  du  pylore  alors  que  les  voies  digestives  su¬ 
périeures  restent  indemnes, et  2"  la  longue  évolution  du  rétré¬ 
cissement  qui,  en  moyenne,s’installe  au  bout  de  7  semaines  à 
peu  près. 

Pcricolite  adhesive  slénosunte. 

M.  PoTHERAT  relate  le  cas  de  deux  femmes  souffrant  dans 
le  flanc  droit,  constipées,  et  chez  lesquelles  la  palpation  per¬ 
mit  de  constater  une  tumeur  allongée  dans  le  sens  vertical, 
dure, bosselée  et  très  sonore  à  la  percussion.  Dans  les  deux 
cas,  la  laparotomie  et  lalibératioii  desadhérences  péricoliques 
ont  donné  un  excellent  résultat. 

Séance  du  27  juin  lOOG. 
l’éricolile  adhésicc. 

M.  Sieur,  à  propos  de  la  communication  de  M.  Potherat 
sur  la  péricolite  adhésive  (voir  séance  du  20  juini,  relate  le 
cas  d’un  jeune  soldat  chez  lequel  une  péritonite  chronique 
scléro-libreuse,  adhésive, consécutiveà  une  entérite-chronique, 
avait  déterminé  une  occlusion  par  étranglement  de  l'angle 
doudénojéjunal. 

M.  Sieur  laparotomisa  le  malade  et  libérales  adhérences qui- 
étranglaient  l’angle  duodéno-jéjunal  ;  les  jours  suivants,  le 
duodénum  se  perfora  sur  plusieurs  points  et  le  malade  suc¬ 
comba  le  8®  jour. 

Sténose  pylorique  consécutive  à  L' ingestion  d'un  liquide 
caustique. 

M.  Quknü  à  propos  de  la  communication  de  M.  Tuffier  iv. 
séance  du  20  juin  190G)  rapporte  un  cas  de  sténose  pylorique 
survenu  quelque  temps  après  l’ingestion  d’une  solution 
concentrée  d'acide  chlorhydrique.  Six  semaines  après 
l'accident,  M.  Quénu  voulut  lui  faire  une  gastro-enté¬ 
rostomie  lorsque,  dès  le  début  de  l'opération, le  malade  suc¬ 
comba  par  syncopecardiaquechloroformique.  L’autopsie  ré¬ 
véla  l’existence  d’une  sténose  pylorique  si  accentuée  que  l’o¬ 
rifice  laissait  à  peine  passer  un  stylet  métallique.  I 

Voloulus  du  cæcum. 

.M.  (^)uÉNu.  —  Un  jeune  homme  de  20  ans  avait  présentéplu- 
sieurs  crises  abdominales,  douloureuses,  diagnostiquées  ap¬ 
pendicite.  M.  Quénu  l’opéra  après  refroidissement  complet 
d'une  de  ces  crises.  Incision  de  Jalaguier  :  ni  le  ciucum  ni 
l’appendice  ne  se  trouvent  dans  la  fosse  iliaque  droite  qui 
est  absolument  vide.  M.  Quénu  finit  parles  trouver  dans  l’hy- 
pochondre  gauche  sous  la  rate  où  ils  sont  maintenus  par  des 
adhérences.  L’appendice  fut  réséqué  ;  leca-cum  attiré,  dans  la 
fosse  iliaque  droite,  est  fixé  là  par  quelques  points  de  suture. 
Mort  au  bout  de  quelques  jours.  A  l’autopsieon  conslataune 
coudure  à  angle  droit  du  cæcum  sur  le  côlon  ascendant  et  de 
nombreuses  ulcérations  superficielles  de  la  muqueusecœcale. 

Kystes  hydatiques  du  foie. 

àl.  Routier  présente  deux  malades  chez  lesquels  il  fit  l'in¬ 
cision  des  kystes,  suivie  de  suture  sans  drainage. 

Cancerde  PS  iliaque,  résection,  anastomose  termin-o-laléralc; 
guérison. 

M.  Michaux  présente  la  pièce  enlevée. 

Kleclion.  Au  cours  de  cette  séance,  M.  Thiéry  a  été  nommé 
membre  titulaire.  Catz. 


SOCIÉTÉ  MÉDICALE  DES  HOPITAUX  1 

Séance  du  W  juin.  j 

Cas  de  blastomycose.  j 

MM.  IIuDELo,  R.  Duval  et  Lœdkrich  ont  observé  ce cj».^ 
femme  de  35  ans,  parfumeuse,  entra  à  St-Louis  pourgomj 
ulcérée  du  tibia  et  des  abcès  multiples.  Le  début  remony 
deux  mois  avec  nodule,  douleurs  lancinantes  et  pousséesd 
briles  ;  d’autres  nodules  se  montrèrent  à  Thypogastre  et  d«3 
la  région  pariétale  gauche.  Le  nodule  du  tibia  grandit, 
céra  et  présenta  les  caractères  d’une  gomme  tubercul^ 
Pas  d'adénopathies.  La  gomme  du  tibia  fut  curetée  et  1^ 
men  d’une  parcelle  du  bord  ulcéré  montra  un  tissu  tontJ 
fait  spécial  :  cellules  géantes  creusées  de  nombreux  vacuny 
(jui  renferment  des  corps  arrondis,  colorables  par  le  Gram. 
L’ensemencement  montra  qu’il  s’agissait  d’une,  levure  b 
culture  pure  à  l’exclusion  de  tout  autre  microbe.  Diffère* 
nouveaux  abcès  survenus  sont  incisés  et  guérissent  lentement 
d'autres  se  résorbent.  Le  traitement  ioduré  institué  paia 
avoir  amené  la  guérison.  La  levure  cultive  sur  tous  les  mi-i 
lieux,  mais  surtout  sur  les  milieux  sucrés  et  ne  se  présent 
(jue  sous  la  forme  cellulaire  sans  filaments.  Pathogène  pour 
la  souris,  le  chat  et  lecobaye  nouveau-né,  elle  neTestquepeji 
pour  les  animaux  plus  forts  :  chien,  lapin,  cobaye  adulte.  Le] 
diagnostic  différentiel  de  cette  blastomycose  est  surtout  à  faiiJ 
avec  la  tuberculose  et  la  syphilis,  et  cela  bactériologiquemealj 
puisque  le  diagnostic  clinique  est  impossible. 

Anémie  splénique.  Hypertrophie  myéloïde  de  la  rate. 
Hémosikérnse  viscérale. 

M.  Gaudy  et  B.  Legueui.e  rapportent  l’observation  d'un 
homme  atteint  de  splénomégalie  notable,  de  crises  splénalgi- 
ques,  d'Iiypertrophie  hépatique,  d’affaiblissement  gradunl 
d’anémie  grave  et  progressive  sans  hypertrophie  ganglionnai» 
et  sans  hémorrhagies. Examen  hématologique;  diminutiondi 
chiffre  globulaire,  poi’kilocytose,  myélémie.  Evolution  en  1® 
mois,  mort  dans  le  marasme.  A  l'autopsie,  rate  grosa 
il  kil.  160) avec  hypertrophie  simple,  hyperplasie  myéloïd* 
très  nette  ;  moelle  sternale  en  pleine  activité  ;  foie  hypef' 
trophié,  surchargé  comme  les  ganglions  lymphatiques  abdo¬ 
minaux  et  le  panebéas  de  pigment  ferrique.  En  somme, ane 
mie  splénique  voisine  de  l’anémie  pernicieuse  et  delà  leuce- 
mie  myélogène.  Deux  jirocessus  simultanés  de  régénérati» 
sanguine  et  d’hémolyse. 

Formes  diverses  de  Punémie  dans  la  tuberculose  chroniqttt- 
àl.  Lxbbé  est  d’avis  que,  pour  apprécier  l'anémie  des  lu^f 
ciileux,  il  faut  tenir  compte  à  la  fols  de  la  Ajuantité  tolaledo 
sang  et  de  la  proportion  des  éléments  dans  le  sang.  Dapr^ 
l’examen  hématométrique,  la  pression  vasculaire  et  la  colo 

lion  des  téguments,  il  distingue  trois  formes  d’anémie,  ca 
les  bacillaires  : 

1 0  Anémie  avec  oebroder  mie,  commune  chez 
leux  fébriles  :  pâleur  de  la  peau,  abaissement  du  nombre 
hématies  et  de  la  quantité  d’hémoglobine,  diminution  o® 
la  valeur  globulaire  et  faiblesse  de  la  tension  artérielle- 
anémie  est  due  à  la  diminution  de  la  masse  sanguine  et* 
destruction  globulaire. 

2"  Anémie  sans  ochrodermie,  chez  les  lubereuleux 
tiques  :  Hématies  diminuées,  hémoglobine  abaissée, 
globulaire  élevée,  pression  artérielle  lorte.  Masse  sangui 
diminuée,  destruction  globulaire  minime.  ,^^0. 

3°  L’ochrodermie  sans  anémie  est  rare  et  due  à  une 
trition  lente.  Aombre  des  hématies,  hémoglobine  et '  . 

globulaire  normaux.  Teint  pâle,  pression  artérielle  ana  ■ 
oligémie  avec  composition  normale  du  sang. 

Purpura  myéloïde.  . 

M.  Lenobi.e  (Brest)  apporte  une  observation  de  Pj  ^li 
hémorrhagique  sans  globules  rouges  à  noyaux,  -gosen' 
l'encontre  de  la  théorie  de  Labbé  et  Ameuille,  qn/ 
qne  la  réaction  myélo'ide  est  fonction  d’un  état  heffl 
pare. 

Anémies  pernicieuses,  considérées  comme 

avec  rechute  mortelle.  .  ^qui, 

M.  Uhauffari)  a  observé  deux  cas  d'anémie  perniei®® 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


425 


après  guérison  clinique  et  histologique,  ont  rechuté  sans  que 
le  traitement,  heureux  au  début,  ait  donné  aucun  résultat.  Il 
semble  donc  que  les  guérisons  apparentes  dans  cette  maladie 
ne  sont  que  des  trêves,  des  temps  d'arrêt. 

\[.  Ménétrier  rapporte  un  fait  semblable.  Pour  lui,  paro¬ 
xysmes  et  arrêts  sont  fréquents  dans  cette  maladie. 

M.  V.mcKz  ajoute  que  la  guérison  apparente  est  ordinaire¬ 
ment  d'une  durée  de  5  à  (S  mois. 

M.  Labbé  a  réussi  à  arrêter  l'évolulion  de  la  maladie  chez 
une  dame  de  70  ans.  ancienne  syphilitique,  par  un  traiteniènl 
mixte.  .Vu  bout  d'un  certain  temps,  la  médecine  demeura 
sans  effets  et  la  malade  succomba.  Friedel. 


SOCIÉTÉ  DE  MÉDECINE  LÉGALE 

M.  Yvon  fait  une  communication  sur  la  question  de  savoir 
ii  la  sxippression  dans  une  nouvelle  édition  du  Codex  de  médica¬ 
ments  inscrits  dans  la  précédente  supprime  pour  ces  médicaments 
l’existence  lé(jale  et  les  fait  rentrer  dans  la  catégorie  des  remèdes 
secrets  ? 

Une  commission  est  nommée  par  la  Société  pour  résoudre 
celte  question. 

M.  Simon  rend  compte  des  principaux  travaux  concernant 
la  médecine  légale  qui  ont  été  publiés  au  Congrès  de  Lisbonne. 

Nous  passerons  en  revue  quelques-uns  des  points  de  ce 
compte-rendu . 

ai  Epilepsie.  Stanley  .\tkinson  (Londres)  soulève  la  ques¬ 
tion  de  la  mort  par  accident  au  cours  d’une  attaque  et  de  la 
conduite,  dans  ces  cas,  des  compagnies  d’assurances.  Mme 
llanriot  (Chicago)  fait  remarquer  combien  l'épileptique  est 
suggestible  pendant  les  périodes  d’obnubilation. 

Il  peut  alors  signer  des  documents  légaux,  dont  la  valeur 
doit  être  déclarée  nulle. 

b)  Attentat  aux  mœurs.  .Ydriano  e  Lopes  (Co'imbre)  étudie 
les  signes  delà  virginité  et  de  la  défloration  dans  leurs  rap¬ 
ports  avec  la  médecine  légale.  C'est  une  revue  générale  très 
complète. 

0  Mort  par  submersion.  Le  même  auteur  montre  que  la 
mort  par  submersion  n’a  pas  toujours  lieu  par  asphyxie  : 
dans  40  «  odes  cas  environ  il  s’agirait  d'une  syncope  ou  d’une 
congestion  encéphalique. 

d)  Examen  mental  des  détenus.  Pactet  (Villejuif)  rappelle 
combien  nombreux  sont  les  aliénés  parmi  la  population  des 
prisons.  D’après  lui,  on  pourrait  les  évaluer  à  ô  ou  ti  %  .  11  ex¬ 
pose  comment  la  Belgique  avait  su  réaliser  la  réforme  propre 
aeviter  les  inconvénients  multiples  d’une  telle  situation  et 
U  réclame  la  création  dans  toutes  les  prisons  d’un  service 
dun  examen  psychiatrique.  Celte  proposition  est  adoptée 
comme  vœu  par  le  Congrès. 

M-  Dabout  entretient  la  Société  des  sévices  exercés  sur  les 
^niants.  Se  basant  sur  plusieurs  observations  personnelles 
I  passe  en  revue  les  principaux  signes  qui  peuvent  avoir  une 
^oiportance  médico-légale.  Il  n’a  pas  rencontré,  chez  les  pa- 
j.  ,  s  coupables  de  sévices,  de  cas  d’aliénation  mentale,  mais 

^agissait  très  fréquemment  d’alcooliques. 

propos  de  l’affaire  Canaby  plaidée  récemment 
p^™^®ux,  soulève  la  question  de  l’attitude  de  l’expert  au 
xue  du  secret  professionnel.  Une  commission  est 
egee  d’étudier  ce  point. 

H.ai.berstadt. 

^ClÉTÉ  DE  MÉDECINE  BUBLIOUE  ET  DE  GÉNIE 
SANITVIKE 

^eancgdu  juin  1906.  Présidence  de  M.  Bonnier. 

Epuration  biologique  des  eaux  d'égout. 

'blés  r  lit  un  long  travail  tendant  à  réfuter  les  criti- 

*®giaif' a  à  son  système  d  épuration  bio- 

déci^e  H  d'égout.  Ce  dernier  étant  absent,  la  Société 

cetrjvafj  séance  ultérieure  la  discussion  de 

Pour  insiste  toutefois  auprès  de  M.  le  Président 

Calnjeu  'me  rectification  à  l'une  des  assertions  de  VI. 

ïit  en  V? .'  dernier  a  déclaré  que  la  Ville  de  Paris  déver- 
^'etne  la  moitié  de  ses  eaux  d’égout.  Or,  en  1905,  l’an¬ 


née  la  plus  rapprochée,  celte  proportion  est  réduite  à  15  % 
des  535. UOü  mètres  cubes  circulant  par  jour  dans  les  égouts. 
Cette  rectification  était  indispensable  à  cause  de  la  notoriété 
de  M.  Cai.mette  dans  les  questions  d'hygiène,  VL  Bechmann 
ajoute  qu'il  a  assiste  à  la  discussion,  dans  cette  assemblée, 
des  divers  procédés  d’épuration  des  eaux  d’égout  :  on  s'est 
vivement  combattu  avec  des  chilïres  visant  le  coi'it  du  pro¬ 
cédé  employé,!!  croit  que  ces  chiffres  ne  prouvent  pas  grand’- 
chose,  parce  que  les  expériences  sont  faites  dans  des  condi¬ 
tions  tout  à  fait  variables  qui  ne  permettent  pas  une  compa¬ 
raison  utile.  Et  il  faut  se  garder,  jusqu’ici  tout  au  moins,  de 
proscrire  l’un  quelconque  des  procédés  discutés  ;  ceux-ci 
viennent  simplement  s’ajouter  aux  procédés  plus  anciens, 
fournissant  ainsi  une  plus  grande  facilité  de  se  débarrasser 
des  eaux  vannes. 

l’écriture  scolaire. 

M.  Desnovers  est  partisan  de  l’écriture  penchée.  L’écriture 
droite  a  été  pratiquée  par  les  peuples  primitifs,  alors  qu’on 
n’avait  pas  beaucoup  à  écrire.  Dès  le  \V  1'  siècle,  l’écriture 
penchée  a  fait  son  apparition,  et  .M.le  D'-  Javai,  reconnaît  que 
celle-ci  est  plus  rapide.  Pour  éviter  la  torsion  de  la  colonne 
vertébrale,  il  suffit  d'incliner  à  gauche  la  feuille  de  papier. 
On  a  remarqué  que  les  personnes  sujettes  à  la  erampe  de.s 
écrivains  avaient  une  écriture  droite.  Deux  enfants,  dont  le 
torse  est  nu,  sont  amenés  devant  l'Assemblée,  et  écrivent  de¬ 
vant  elle  en  écriture  penchée,  tout  en  conservant  le  torse  par¬ 
faitement  droit.  .M.  le  Président  fait  toutefois  observer  que 
si  la  main  droite  de  ces  enfants  reste  à  peu  près  fixe,  cela  tient 
à  ce  que  leur  main  gauche  déplace  constamment  la  feuille 
de  papier  à  mesure  de  l’avancement  de  l'écriture.  M.  Des- 
NOYERs  voudrait  que  les  pouvoirs  publics  donnent  des  ins¬ 
tructions  aux  instituteurs  pour  l'enseignement  de  l’écriture, 
afin  déviter  les  inconvénients  provoqués  par  la  mauvaise  po¬ 
sition  des  enfants  occupés  à  écrire. 

VI.  J.AVAi,  reproche  à  .M.  Desnoyers  de  ne  s’être  pas  inspiré 
des  nombreux  ouvrages  qui  ont  traité  cette  question  de  l’écri¬ 
ture,  et,  entre  autres,  d’un  gros  volume  publié  par  lui-même, 
il  y  a  déjà  longtemps.  11  y  aurait  vu  que  l’écriture  droite  ne 
produisait  pas  les  méfaits  dont  on  l’accuse  :  quand  l’enfant 
commence 'a.  écrire,  alors  qu’il  dessine  les  lettres  comme  on  tait 
de  la  copie  d’un  dessin,  l’écriture  droite  lui  est  toute  naturel¬ 
le.  Ce  n’est  que  plus  tard,  quand  il  a  besoin  d’écrire  rapide¬ 
ment,  qu’il  se  sert  de  l’écriture  penchée.  Reste  à  résoudre  la 
petite  question  suivante  ;  à  quel  âge  devra-t-on  faire  cesser 
l’écriture  droite,  pour  prendre  l’écriture  penchée?  M.  Javal 
n’ose  se  prononcer. 

M.  Desnoyers  réplique  que  si  l’enfant  doit  apprendre  suc¬ 
cessivement  les  deux  genres  d’écriture,  mieux  vaudraitne  lui 
en  apprendre  qu’un,  ce  qui  simplifierait  l'apprentissage. 

M.  koijYNDji  dit  que  la  crampe  des  écrivains  est  produite 
par  la  fatigue  des  muscles  fléchisseurs  des  doigts.  Il  déclare 
avoir  réussi  à  faire  cesser  cette  crampe  en  faisant  travailler  à 
peu  près  exclusivement  les  muscles  extenseurs  ;  il  a  suffi 
pour  cela  de  renx'erser  simplement  la  position  de  la  main. 

A.  Pujoi.. 


LA  VALÉROBROMINE  LEGRAND 

est  plus  active  que  les  bromures  et  les  valé- 
rianates. 


Mesures  d’hygiène  mai.  accueillies.  —  La  nouvelle  suivante, 
que  publie  le  Temps,  prouve  à  quelles  difficultés  on  se  butte  dans 
l'application  des  mesures  d’hygiène  si  l'on  n’a  pas  eu  recours, 
préalablement,  à  l’éducation  populaire  : 

«  Un  quartier  de  New-Y'ork  a  été  récemment  le  théâtre  d’une 
panique  singulière  provoquée  par  le  bruit  qu’un  massacre  de  juifs 
avait  commencé.  Des  milliers  de  juifs  se  sont  précipités  vers  les 
écoles  pour  sauver  leurs  enfants,  à  qui,  disait-on,  on  était  en 
train  de  couper  la  gorge.  Un  commencement  d’émeute  s’est  pro¬ 
duit.  La  réserve  de  la  police  a  été  appelée  et  vingt  écoles  ont  été 
fermées.  La  raison  de  cette  panique  est  la  suivante.  En  présence 
d’une  épidémie  dans  les  écoles,  le  médecin  avait  décidé  «  de 
couper  les  amygdales  s  à  plusieurs  enfants  juifs.  » 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


m 


REVUE  DE  MÉDECINE  DÉCALE 


Rédacteur  spécial  ;  M.  le  D'  CAUKIER. 

1.  Précis  de  médecine  légale,  par  A.  Lacassagnk. profes¬ 
seur  de  médecine  légale  à  la  Faculté  de  médecine  de  Lyon. Un 

vol.in-8°  de  891,  p.  avec  112  fig.,  2  planches,  Masson,  et  C^'). 

Les  problèmes  sociaux  qui  se  sont  posés  en  médecine  légale, 
l’obligation  créée  par  la  loi  du  30  novembre  1892  à  tout  mé¬ 
decin  de  déférer  aux  réquisitions  de  la  justice,  ont  poussé  le 
professeur  Lacassagne  à  faire  paraître  ce  Précis  de  -tuédecine 
légale,  qui  est  le  reflet  de  son  enseignement  et  où  il  a  donné 
une  plus  grande  extension  à  ces  questions  scientifiques  ou 
professionnelles.  Les  différentes  ([uestionsde  médecine  légale 
se  sont  transformées  depuis  quelques  années  grâce  aux  pro¬ 
grès  réalisés.  Le  grou{^  des  asphyxies  a  pris  un  caractère  et 
une  netteté  qu’il  n'avait  pas  encore  eus. Pour  les  questions  d’i¬ 
dentité,  les  unes  ont  acquis  une  très  grande  précision  dans 
l'identilication  des  récidivistes,  grâce  au  bertillonnage  et  à  la 
dactyloscopie;  les  autres  ont  facilité  l’c-xamen  médico-légal 
dans  les  affaires  de  dépeçage,  de  reconstitution,  de  taille,  etc. 
Grâce  aux  recherches  thanatologiques  nouvelles,  les  signes  de 
la  mort,  les  causes  de  la  rigidité  cadavérique,  les  diverses  pha¬ 
ses  du  décubitus,  la  putréfaction,  l’étiologie  complexe  de  la 
mort  subite  peuvent  être  plus  nettement  différenciés.  On  a 
réalisé  un  véritable  progrès  dans  l'étude  des  taches  de  sang,  de 
sperme,  dans  l’examen  des  poils.  De  même  pour  les  empoi¬ 
sonnements,  les  intoxications  et  les  questions  relatives  à  l’ins¬ 
tinct  sexuel  et  aux  fonctions  de  reproduction.  Sur  les  ques¬ 
tions  afférentes  au  code  civil  et  au  code  pénal,  la  loi  sur  les 
accidents  du  travail  est  venue  poser  de  nouveaux  problèmes 
raédicc'-légaux.  Cette  transformation  de  la  médecine  légale, 
dit  l’auteur,  s’est  faite  par  l’adaptation  des  résultats  acquis  en 
physiologie  et  en  clinique,  ou  par  ceux  qui  proviennent  de 
l’expérimentation  ou  d’une  technique  spéciale.  De  plus,  par 
la  mise  en  (ouvre  des  matériaux  fournis  par  la  statistique, 
l’anthropologie,  la  sociologie. 

Le  professeur  Lacassagne  divise  la  médecine  légale  en  deux 
parties  :  une  générale,  une  spéciale.  La  première  partie  traite 
des  questions  générales  pouvant  se  montrer  dans  tous  les  cas. 
Elle  comprend  trois  chapitres  distincts.  Un  chapitre  premier 
sur  les  droits  et  les  obligations  du  médecin  dans  la  Société 
et  devant  la  justice  ;  droits  et  devoirs  du  médecin  en  général 
(responsabilité  médicale,  secret  médical)  ;  droits  et  devoirsdu 
médecin  comme  expert  (rapports,  dépositions,  consultations, 
certificats)  Dans  le  ^uxième  c/iapit7'é>,c’est  l’étude  des  questions 
générales  relatives  à  la  personne  vivanteet  pouvantse  présenter 
dans  toute  procédure.  Etude  de  l’inculpé  en  général  et  de 
toutes  les  (jiiestions  qui  y  sont  relatives  (identité,  âge,  sexe, 
état  civü,  responsabilité  criminelle,  aliénation  mentale,  etc.) 
Le  troisième  chapitre  a  trait  aux  questions  générales  relatives 
à  la  mort,  au  cadavre,  aux  taches,  aux  empreintes,  aux  pa¬ 
piers  écrits. 

La  deuxieme  partie  comprend  deux  chapitres.  L’un  traite 
des  attentats  contre  la  personne  :  les  coups  et  blessures,  les 
asphyxies,  les  empoisonnements,  le  suicide  et  le  duel.  L’autre 
est  consacré  aux  questions  relatives  à  l'instinct  sexuel  et 
aux  fonctions  de  reproduction  :  les  attentats  aux  mœurs,  la 
grossesse,  l’accouchement,  l’avortement,  enfin  le  produit  de 
la  conception. 

Cette  classification  (jui  est  suivie  dans  l’ouvrage,  a  pour 
avantage,  dit  rauteur,de  rapprocher  les  faits  qui  peuvent  l’ê¬ 
tre,  et  de  séparer  nettement  les  (Questions  qui  sont  du  do¬ 
maine  propre  de  la  médecine  judiciaire  et  les  matières  qu  elle 
emprunte  auxautres  branches  des  sciences  médicales.  Il  défi¬ 
nit,  avec  Tourdes,  la  médecinejudiciaire  :  l'art  de  mettre  les 
connaissances  médicales  au  service  de  l’administration  de  la 
justice. 

Le  praticien  comme  1  étudiant  auront  souvent  l’obligation 
de  consulter  ce  Précis  de  médecine  légale,  qui  contient  de  nom¬ 
breux  matériaux  ou  documents  exposés  avec  la  plus  grande 
clarté. 


11.  Précis  de  Médecine  Légale,  par  le  lù  Balth.azaj,, 

prof,  agrégé  à  la  Faculté  de  Médecine  de  Paris.  —  (i 

petit  in-8,  de  408  p.,  39  fig.,  2  planches  coloriées. 

Baillière,  éditeur,  1906). 

Le  Précis  de  médecine  légale  de  'NI.  le  D''  Balthazard  inau¬ 
gure  la  nouvelle  «  Bibliothèque  du  doctorat  en  médecine  ». 
publiée  sous  la  direction  du  P"-  A. Gilbert. Cette  bibliothèque 
créera  une  collection  d’ouvrages  correspondant  au  pro¬ 
gramme  imposé  aux  étudiants  en  médecine  et  leur  sera  d’une 
grande  utilité.  M.  Balthazard  adopte  cette  définition  de  Marc, 
qui  délimite  nettement  le  cadre  de  la  médecine  légale  :  «  La 
médecine  légale  est  l’application  des  connaissances  médi¬ 
cales  aux  cas  de  procédure  civile  et  criminelle  qui  peuvent 
être  éclairés  par  elle.  »  11  scinde  la  médecine  légale  en  deu.\ 
parties  :  d  une  part,la  médecine  légale  proprement  dite,c’est- 
à-dire  les  faits  se  rapportant  aux  causes  de  la  mort  ou  de  la 
maladie  d’un  individu,  d’autre  part  la  psychiatrie  légale,c’est- 
à-dire  les  faits  qui  touchent  à  l'appréciation  de  l'état  men¬ 
tal  d'un  accusé. 

La  première  partie  fait  seule  l’objet  de  ce  précis,  et  elle  est 
déjà  infiniment  vaste. 

L’auteur  s'est  efforcé  surtout  de  donner  un  certain  dévelop¬ 
pementaux  études  biologiques  qui  ont  une  importance  su^ 
tout  médico-légale  comme  les  intoxications  et  les  empoison¬ 
nements.  Parmi  les  intoxications, il  étudie  en  détail  surtout 
un  groupe,celui  des  asphyxies  :  asphy.xie  par  les  gaz  et  les  va¬ 
peurs  non  toxi()ues,  la  pendaison, la  strangulation, la  suffoca 
tion  et  la  submersion,  qui  est  tout  entier  du  ressort  de  la. 
médecine  légale.  Un  autre  processus  pathogénique,  le  Iran- 
malisme,  entraîne  souvent  l’intervention  de  la  justice,  tant  au 
civil  qu’au  criminel  ;  le  médecin,  dans  les  cas  de  coups  et 
blessures,  d’homicide,  d’accidents  du  travail,  doit  donc  in\c- 
quer,en  dehors  de  ses  connaissances  en  pathologie. des  notions 
de  patbogénie  dont  la  place  est  mieux  indiquée  dans  les  ou¬ 
vrages  de  médecine  légale- 

La  médecine  légale  peut  donc  se  résumer  dans  l’étude  d(;s 
effets  et  des  conséquences  de  deux  grands  processus  morbi¬ 
des, l’intoxication  et  le  iraumalismc. 

Les  trois  premières  parties  du  Précis  de  M.  Balthazard  sont- 
consacrées  à  l’histoire  des  intoxications  et  empoisonnements, 
des  asphyxies  et  des  traumatismes.  La  (juatrième  partie  a 
pour  objet  l’étude  des  attentats  à  la  pudeur  et  du  viol,  de  1«- 
vortement  et  de  ïiniaiiticide. 

Bien  que  toutes  ces  questions  relèvent  des  mêmes  proces¬ 
sus  pathogéniques  signalés,  elles  se  présentent  avec  une  si^ 
grande  fré(juence  et  sont  si  spéciales  à  la  médecine  légale  qo'- 
l’auteur  a  vu  un  intérêt  à  synthétiser  pour  chacune  déliés 
les  notions  déjà  exposées  d’une  façon  générale  dans  les  cha¬ 
pitres  précédents.  ^ 

La  cinquième  partie  a  trait  à  l’examen  des  taches  et  à  la  dé¬ 
termination  de  l'idenliié.  Becherche  du  sang  et  du 
dans  les  taches,examen  des  cheveux  et  des  poils. 
zard  s  est  efforcé  de  simplifier  l’étude  de  ces  (luestions, 
éliminant  joutes  les  méthodes  ne  conduisant  l'expert  <I“ 
formuler  des  probabilités. 

Dans  une  sixième  partie,  il  étudie  les  phénomènes 
gués.  11  montre  avec  raison  comnieii  des  réformes 
sont  nécessaires  pour  modifier  les  conditions,  dans  yg 

sont  praticjuées  les  expertises  médico-légales.  Aussi  tan 
le  statu  guo  existera,  fétude  de  la  putréfaction  est-dj® 
nécessaire  et  constitue-t-elle  un  chapitre  très  important 
médecine  légale. 

Dans  une  septième  partie,  M.  Balthazard  groupe 
renseignements  qui  ont  trait  aux  expertises  ,  pfj-t; 

aux  réquisitions,  commissions,  rapports.  L’importance 
depuis  la  loi  de  1898  par  les  expertises  médico-légales  e  - 
tières  d*aœklents  du  travail  est  telle  que  l’auteur  a 
avec  soin  les  questions  relatives  à  ces  expertises.  En  r 
de  l’évolution  des  traumatismes, il  a  insisté  surfinffu® 

l’état  antérieur,  de  même  qu’il  a  discuté  longuement 

sibiljté  de  l’origine  traumatique  des  maladies  internes- 

Ge  Précis  de  médecine  légale  a  la  grande  valeur  d^.^^ires 
ser  d’une  façon  précise  et  pratique  les  matériaux  nece- 


LE  PROGRES  MEDICAL 


42T 


,  ptudiants  et  aux  médecins.  11  résume  très  clairement 
rSseignement  de  M.  le  P-^  Brouardel. 


THERAPEÜTIOUE  APPLIQUEE 


lodothérapie  physiologique  (li. 

L'Iode  doit  être  considéré  comme  l'un  des  métallo'ides  tes 
nlus  essentiels  à  notre  vitalité,  et  son  emploi  commande  et 
domine  actuellement  la  thérapeutique  contemporaine,  au 
point  qu'il  semblerait  presque  impossible,  dans  la  pratique 
médicale,  de  traiter  certaines  maladies,  si  nous  étions  privés 
de  son  puissant  concours.  Vaso-dilatatrice,  modificatrice  chi¬ 
mique  du  sang  et  des  humeurs,  la  médication  iodo-iodurée 
/hHilfe,  comme  l’a  dit  Fonssagrives,  tous  les  coins  et  recoins 
de  l'organisme, entraînant  dans  ce  tourbillon  d'exosmose  nu¬ 
tritive  germes,  virus  et  exsudats.  L’Iode  fait,  d’ailleurs,  partie 
intégrante  du  corps  humain  (ainsi  que  l’ont  prouvé  les  ana¬ 
lyses  de  Gautier  et  de  Gleyi  :  c'est  un  élément  constitutif  du 
sang  et  des  cellules  organiques. 

Il  était  donc  intéressant  de  perfectionner  dans  la  pratique 
cette  médication  iodo-iodurée,  et  d’en  permettre  l’adminis¬ 
tration  régulière  au  malade,  sous  la  forme  la  plus  active,  sans 
amener  les  accidents  désagréables,  et  parfois  dangereux,  de 
fiodisme  aigu  ou  chronique,  occasionnés  .souvent  par  l’em¬ 
ploi  de  l’iode  ou  des  iodures  alcalins.  C'était  sous  la  forme 
physiologique  que  l'iode  avait  le  plus  de  chance  d'être  toléré 
et  assimilé,  puisque  c’est  la  forme  ({ui  se  rapproche  le  plus  de 
celle  de  l’iode  contenu  dans  notre  organisme.  La  découverte 
du  Peptoniode,  faite  en  18%  par  K.  Galbrun, docteur  en  phar¬ 
macie.  a  véritablement  réalisé  ce  progrès,  poursuivi  déjà 
depuis  nombreuses  années. 

Le  Peptoniode.  première  combinaison  parfaitement  définie, 
directe,  soluble  et  stable  de  l’Iode  avec  la  Peptone,  a  le  pré¬ 
cieux  avantage  d’éviter  au  malade  tous  les  phénomènes  d’in- 
lolérance  inhérents  à  l’Iode  et  aux  Iodures,  souvent  impurs, 
dont  il  possède  absolument  toutes  les  propriétés  curatives, 
avec  un  pouvoir  que  nos  travaux  sur  son  dosage  et  son  em¬ 
ploi  ont  démontré  vingt  fois  plus  actif,  à  doses  égales  d’iode 
ingéré.  Son  action  résolutive,  fondante  et  altérante  snr  le  sys¬ 
tème  lymphatique,  l’impulsion  qu'il  imprime  à  la  phagocy¬ 
tose,  sa  valeur  éliminatrice  et  rénovatrice  sur  l’histogenèse, 
son  influence  antiplastique  et  vaso-dilatatrice  sont,  aujour- 
d hui.  démontrées  par  huit  années  d’observations  cliniques. 
>1  n'est  pas  décomposé  par  les  sucs  de  l’estomac,  et  son  em¬ 
ploi  ne  donne  jamais  lieu  aux  divers  accidents  d’iodisme, 
accidents  produits  tant  par  l'intolérance  des  voies  digestives 
pour  l’iode  libre,  que  par  les  doses  exagérées  d'iode '70  %  i, 
'in  il  faut  introduire  dans  l'organisme  ponr  obtenir  une  action 
‘herapeutique  avec  les  iodures  alcalins. 

^n  afOnité  pour  nos  cellules  vivantes,  son  assimilation  et 
^n^imination  régulière,  la  facilité  de  son  emploi,  sous  for- 
e  dégouttes  concentrées  et  titrées  (lodalose  Galbrnn),  en 
nt  la  préparation  iodothérapique  de  prédilection  pour  les 
Praheiens  Son  titrage  même,  pour  en  faciliter  l'application, 
y^  ®*'ôglé  de  la  façon  suivante  :  cinci  gouttes  il'Iodalose  con- 
un  centigramme  d’iode  combiné  ;  vingt  gouttes 
^  .pondent,  comme  action,  à  un  gramme  d’iodure  alcalin 
iutv**°*'  de  l’activité  thérapeutique  de  l'iode  physiologique, 
^Sralement  assimilé  par  l’organisme. 

’ïs^i  et  anti-scléreux,  anti-obésique  et  anti-uricémique, 
^j~^'jatateur  et  décongestif  par  excellence,  l’iode  physiolo- 
lljjit®  ®  applique  utilement  à  foutes  les  manifestations  de  l’ar- 
af{ic**.®®-  et  principalement  aux  affections  chroniques  des 
donS’  du  camr,  des  gros  vaisseaux,  du  rein,  etc.  11 
nussi  avantageusement  1  iodure  dans  la  cure  de  la 
Le  P*’  ^'^Qout  dans  les  accidents  tertiaires, 
lis^g  ®Ploniode  est  particulièrement  indiqué  dans  le  rachi- 
mie,  U  I  nffeclions  osseuses,  les  anémies  graves,  la  leucé- 
tions  j^^^I’^Pdatisme.  les  adénopathies,  l'asthme  et  les  affec- 
^.^.^^^^■itoires  rebelles,  la  dermatose  constitutionnelle, 

'  des  Praticiens,  Paris,  20  mai  1906. 


etc. En  résumé,  l’iode  physiologique,sous  la  forme  d'iodalose, 
possède  tous  les  avantages  de  fidèle  activité  curative  dévolus 
à  l'iode  et  aux  iodures,  avec  le  privilège  très  important  d’une 
tolérance  constante,  qui  permet  de  l'ordonner  aux  enfants, 
aux  dyspeptiques,  aux  cachectitiues,  aux  femmes  enceintes  et 
aux  nourrices. 


VARIA 

Circulaire  relative  à  l’ouverture  du  concours  pour 
lesemploisde  chef  de  clinique  etdetravaux  à  I  éco¬ 
le  d’application  du  servicede  santé  des  troupes  colo¬ 
niales. 

Un  concours  s'ouvrira,  le  10  septembre  190G,  à  l’école  d’ap¬ 
plication  du  service  de  santé  militaire  (Val-de-Gràcel  pour 
les  emplois  suivants  de  chef  de  clinique  et  de  travaux  à  l’é¬ 
cole  d’application  du  servicede  santé  des  troupes  coloniales  : 
1“  Chef  de  travaux  d’anatomie  et  de  médecine  opératoire  ; 
2®  Chef  de  clinique  externe,  chirurgie  d’armée  et  maladies 
spéciales  ;  8®  Chef  de  clinique  interne  et  maladies  des  pays 
chauds  ;  4®  Chet  des  travau  x  de  bactériologie,  parasitologie, 
hygiène  militaire  et  coloniale,  prophylaxie  des  maladies  tro¬ 
picales,  police  sanitaire  ;  .7"  Chef  des  travaux  d’histoire  natu¬ 
relle,  chimie,  toxicologie,  pharmacie. 

En  exécution  de  l’article  11  du  décret  du  3  octobre  1905 
portant  création  de  l’école  d’application,  les  médecins  et 
pharmaciens-majors  de  2®  classe  et  aides-majors  de  L®  classe 
ayant  au  moins  deux  ans  de  grade  et  présents  en  France  à  la 
datedu  10  septembre,  sont  seuls  admisà  concourir. 

Le  programme  du  concours  a  été  déterminé  par  une  note 
ministérielle  du  12  janvier  1906,  inséréeau  Bulletin  officiel,  p. 
s.,  page  23. 

Les  demandes  formulées  par  les  officiers  du  corps  de  san¬ 
té  des  troupes  coloniales  du  grade  voulu  pour  être  admis  à 
concourir  doivent  être  parvenues  au  ministère  de  la  guerre 
(direction  des  troupes  coloniales,  l®® bureau,  avant  le  31  août 
au  plus  tard.  Les  candidats  sont  autorisés  à  concourir  pour 
plusieurs  emplois.  Une  sera  accordé  aucun  sursis  de  départ 
pour  les  colonies,  aucune  dispense  de  tour  de  service  colonial 
aux  candidats  qui  en  solliciteraient  en  vue  de  pouvoir  pren¬ 
dre  part  au  concours.  Toutefois,  les  candidats  ayant  reçu  une 
désignation  coloniale  et  qui  ne  seraient  pas  encore  embarqués 
à  l'ouverture  des  épreuves,  pourront  obtenir  un  sursis  de  dé¬ 
part.  -  KUG.  KTIENKE. 

Conseil  supérieur  d  hygiène  publique  de  France. 

Dans  sa  séance  du  2  juillet, ce  (ionseil  était  appelé  à  se  pro¬ 
noncer  sur  la  présentation  à  une  place  d’auditeur  igratuitei, 
19  candidats  se  sont  présentés. La  Commission. dont  M.Gariel 
était  le  rapporteur,concluait  à  mettre  en  l"  ligne  M.  Dienert, 
en  2®  ligne  M.  Cuiart.Au  1®®  tourdescrutin,snr  28  votants,MM. 
Diénert  et  Guiart.  ont  obtenu  chacun  7  voix.  Vu  2®  tour  sur 
24  votants  MM.  Dienert,  Guiart,  chacun  9  voix.  —  Au  3® 
tour,  sur  24  votants,  M.  Diénert  a  eu  12  voix  et  M.  Guiart  7 
voix.  —  Pour  la  seconde  ligne,  1®®  tour  de  scrutin,  sur  23  vo¬ 
tants.—  M.  Guiart  obtient  11  voi.x,  M.  Lecouppey,  11).  —  Au 
2®  tour,  sur  22  votants  :  -\î.  Guiart  11  voix,  M.  Lecouppey, 
10.  — Au  3' tour  sur  21  votants,  M.  Lecoupey,  12  voix,  M. 
Guiart,  9.  —  Le  Conseil  a  émis  le  vœu  que  le  nombre  des  au¬ 
diteurs  soit  porté  de  15  à  20.  .Vvis  aux  candidats. 

Missions  hygiéniques  au  Congo  contre  la  variole  et  la 
Maladie  du  sommeil. 

Un  certain  nombre  de  centres  populeux  du  Congo  et  de  la 
llaute-Sangha  étaient  décimés  par  la  variole,  le  ministre  des 
colonies  fit  prendre  immédiatement  toutes  les  mesures  sani¬ 
taires  indispensables.  L  ne  mission  composée  de  deux  méde¬ 
cins-majors  de  P®  classe  et  d'infirmiers  militaires  a  été  oi^a- 
nisée  et  s’est  embarquée.  Elle  est  chargée  de  visiter  toutes 
les  régions  atteintes  par  la  petite  vérole,  de  traiter  les  mala¬ 
des,  de  faire  connaître  aux  indigènes  les  mesures  prophylac¬ 
tiques  qui  sont  de  nature  à  enrayer  le  développement  du 
mal,  d’organiser  des  consultations,  de  créer  des  centres  vac- 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


cinogènes  aussi  nombreux  que  possible  et  de  pratiquer  la 
vaccination.  Les  centres  vaccinogènes  seront  alimentés  par 
des  envois  de  vaccin  qui  seront  faits  tous  les  mois,  de  France 
et  de  l'institut  de  Borna.  Afin  d’avoir  du  vaccin  frais  S'Ur  place 
des  génisses  du  pays  seront  inoculées  et  on  créera  avec  elles 
des  parcs  aussi  nombreux  que  possible. 

Une  mission  composée  de  deux  médecins  et  d’un  natura¬ 
liste  partira  pour  Brazzaville  à  l’automne,  afin  d’étudier  la 
«  maladie  du  sommeil  »  dont  les  ravages  deviennent  inquié¬ 
tants  dans  plusieurs  régions  du  Congo.  Cette  mission  est  en 
train  de  s’organiser  avec  le  concours  de  la  Société  de  géogra¬ 
phie. Elle  est  placée  sous  le  contrôle  scientifique  de  l'Institut 
Pasteur  de  Paris. 

Les  subsides  nécessaires  à  son  fonctionnement  seront  four¬ 
nis  par  le  ministère  des  colonies,  par  la  Société  de  géographie 
et  par  différentes  sociétés  qui  s’intéressent  àcette  œuvre  hu¬ 
manitaire.  Des  pourparlers  sont  également  engagés  avec  la 
Caissedes  recherches  scientifiques,  en  vue  de  sa  participation 
à  cette  mission.  La  direction  en  sera  confiée  au  docteur 
Gustave  Martin,  médecin-major  de  2“  classe  des  troupes  colo¬ 
niales,  élève  de  l’Institut  Pasteur,  et  qui  s’est  déjà  occupé  de 
la  maladie  du  sommeil  dans  la  Guinée  française. 

Le  naturaliste  sera’spécialement  chargé  de  l’étude  des  mou¬ 
ches  du  genre  «  glossina  »,  agents  vecteurs  delà  maladie,  et 
des  transformations  que  pourraient  subir  dans  leur  appareil 
digestif  les  trypanosomes,  parasites  que  l'on  trouve  dans  le 
sang  et  dans  les  ganglions  des  malades,  ainsi  que  dans  le  li¬ 
quide  céphalo-rachidien, à  une  période  avancée  de  la  maladie. 
(D’après le  Temps.) 

La  question  de  la  dépopulation. 

Sur  les  instances  de  M.  Piot,  sénateur  de  la  Côte  d’Or,  une 
commission  extra-parlementaire  avait  été  créée  pour  recher¬ 
cher  les  causes  et  les  remèdes  de  la  dépopulation.  Cette  com¬ 
mission  comptant  parmi  ses  membres  un  nombre  respectable 
de  savants  célibataires  ou  dont  les  ménages 'étaient  restés  sté¬ 
riles,  la  malignité  publique  avait  souligné  le  fait,  et  la  Cham¬ 
bre,  doutant  beaucoup  de  l'efficacité  de  la  commission  en 
travail,  supprima  purement  et  simplement  tout  crédit.  M. 
Piot  ne  fut  pas  content.  11  expose  dans  une  lettre  au  ministre 
de  l'intérieur  scs  regrets  sur  l’arrêt  des  travaux  de  la  commis¬ 
sion  :  Le  Sénat,  écrit  M.  Piot,  avait  voté  le  crédit,  mais  le 
projet  de  budget  revenu  au  Palais-Bourbon,  la  Chambre  per¬ 
sista  dans  sa  première  décision,  et  malgré  l’opinion  formulée 
par  le  Sénat,  le  crédit,  dans  la  hâte  d’une  clôture  de  session, 
est  finalement  supprimé.  Au  cours  de  cette  séance  du  11  avril 
l'honorable  M.  Savary,  rapporteur  de  la  commission  des  fi¬ 
nances,  de  qui  l’hostilité  au  rétablissement  du  crédit  que  nous 
demandions  n'avait  d’autre  cause  que  des  raisons  d’ordre 
budgétaire,  donna  pour  en  justifier  la  suppression  l’argument 
suivant  ; 

«  Le  chapitre  l"'  du  budget  de  l’intérieur  relatifau  person- 
c(  nel,  le  chapitre  2  relatif  aux  impressions  sont  assez  large- 
«  ment  dotés  pour  que  la  commission  extraparlementaire  de 
«  la  dépopulation  y  trouve  certainement  le  payement  des  tra- 
«  vaux  qu  elle  a  encore  à  effectuer.  » 

C’est  sur  l'argumentation  du  rapporteur  lui-même,  parlant 
au  nom  de  la  commission  des  finances,  que  je  prends  la  li¬ 
berté  de  m’appuyer,  en  r'éclamantle  lénéfice  des  chapitres 
1".  2  et  9  du  budget  du  ministère  de  l'Intérieur,  pour  vous 
demander.  Monsieur  le  ministre,  les  moyens  de  réunir  no¬ 
tre  commission,  qui  a  le  devoir  etlesouci  d’achever  sa  tâche. 
La  commission  a  fourni,  en  effet,  depuis  quatre  ans,  un  tra¬ 
vail  considérable.  Ses  membres  ont  déposé  des  rapports  im¬ 
portants  et  susceptibles  d’apporter  une  solution  au  problè¬ 
me  de  la  dépopulation  delà  France.  Ils  s'étonnent  de 
ne  pas  être  mis  en  situation  de  terminer  l’étude  à  laquelle 
les  avait  appelés  M.  le  président  du  conseil,  Waldeck  Rous¬ 
seau,  par  arrêté  du  22  janvier  1902...  Le  caractère  social  et 
patriotique  des  graves  questions  sur  lesquelles  il  porte  ne 
me  laisse  pas  de  doute  sur  votre  détermination,  et  j’ai  con¬ 
fiance  dans  votre  esprit  de  haute  justice  qui  saura  trouver  le 
moyen  de  concilier  à  la  fois  ; 

l”  Le  vote  émis  à  l’unanimité  par  le  Sénat  le  29  novembre 
1901,  qui  réclamait  l’étude  de  la  question,  et  le  vote  émis  par 


la  même  Assemblée  à  uneénorme  majorité,  le  11  avril  igoç 
demandant  qu’il  soit  possible  de  donner  une  conclusion  à 
l’enquête  poursuivie  depuis  quatre  années. 

2“  Le  refus,  par  la  Chambre  des  députés,  du  modeste  cré¬ 
dit  de  4,000  francs  inscrit  temporairement  au  budget  dans  le 
but  ci-dessus  indiqué. 

3®  L’opinion  de  la  commission  des  finances  du  Sénat,  qui 
déclarait  dans  son  dernier  rapport  (page  00  dn  budget  de  l’in¬ 
térieur)  ; 

«  Les  dépenses  de  la  commission  de  la  dépopulation,  com¬ 
me  celles  d’un  grand  nombre  d’autres  commissions  extrapar¬ 
lementaires  doivent  être  prélevées  sur  les  chapitres  de  l'ad¬ 
ministration  centrale.  Ces  chapitres  sont  assez  largement 
pourvus  pour  permettre  de  faire  face  aux  dépenses  de  l’espè¬ 
ce.  » 

4°  La  nécessité  pour  notre  démocratie  de  prendre  en  fa¬ 
veur  des  familles  fécondes  —  qui  augmentent  la  réserve  vi¬ 
vante  de  la  patrie  et  accroissent  ainsi  la  prospérité  et  la  gran¬ 
deur  de  la  République  —  des  résolutions  qui  établissent  en¬ 
fin  pour  elles  un  régime  d’équité  en  même  temps  qu’une  ai¬ 
de  sérieuse. 

Surmenage  scolaire. 

JNous  relevons  dans  le  Matin  un  écho  signé  de  M.  Gus¬ 
tave  Téry,  quenous  recommandonsà  la  Ligue  des  médecins 
et  des  familles  et  aux  futurs  congrès  d'hygiène  scolairé  : 

«  Ne  croyez-vous  pas  que  nos  maîtres  de  l'enseignement 
primaire  seraient  eux-mêmes  embarrassés  pour  traiter  com¬ 
me  il  faut  ce  sujet  de  conférence  ?  Ecoutez  ce  «  canevas  »; 

L'école  est  aujourd’hui  la  vraie  Maison  du  peuple.  Elle  est 
ouverte  à  tous,  à  l'enfant,  à  l’adulte,  à  la  famille.  Chacun 
peut  y  trouver  à  son  heure  tout  ce  qui  lui  est  utile  ou  agréa¬ 
ble.  Dites  dans  quelles  conditions  et  avec  quels  avantages  ma¬ 
tériels,  intellectuels  ou  moraux.  Montrez,  pour  conclure, 
que  c’est  par  l’école  ainsi  comprise  que  se  fait  l’éducation 
d’une  République. 

Eh  bien  !  cela  n’est  pas  un  sujet  de  conférence  proposé  aux 
instituteurs  ;  c’est  un  sujet  de  dissertation  donné  à  des  en¬ 
fants  de  onze  ans,  candidats  au  certificat  d’étude  !  Cet  atten¬ 
tat  fut  commis  le  IGjuin,  à  Levallois-Perret.  L’école  est  ou¬ 
verte  à  tous  :  chacun  y  peut  trouver  à  son  heure  ce  qui  lui 
est  utile  ou  agréable. . .  Ayant  médité  ce  texte,  une  petite  fille 
a  écrit  gravement  :  «  Maintenant,  les  élèves  peuvent  arriver 
à  l'école  à  l'heure  qui  leur  plaît,  les  uns  à  sept  heures  et  de¬ 
mie,  les  autres  à  neuf  heures...  » 

Bravo,  petite  fille  !  Tu  as  été  «recalée  >',  bien  entendu  ;et 
pourtant,  c’est  très  bien  ce  qnetuas  fait  là  ;  tu  as  donné  une 
excellente  leçon  à  tes  maîtres.  Mais  veux-tu  parier  qu’eux  non 
plus  ne  l’ont  pas  comprise  '! 

(-'ancienne  Faculté  de  Médecine  de  la  rue  de  la  Bûche- 
rie  devenue  l'Hôte!  des  Etudiants. 

Nous  sommes  heureux  d’annoncer  que,  sur  le  rapport  de 
M.  Grébauval,  le  Conseil  Municipal  de  Paris  autorise  la  lo^' 
tion,à l'Association  générale  des  étudiants,  d’un  jtnnieimK 
communal  situé  rue  de  la  Bùcherie  et  rue  de  rlIôtel-Col- 
bert.  Le  bail  est  de  99  ans,  moyennant  un  loyer  annuel  de 
3,000  francs. 

L’Association  devra  dégager  et  restaurer  à  ses  frais  ^ 
ties  de  l’immeuble  qui  ont  un  intérêt  historique,  et 

sur  le  terrain  libre  des  constructions  nouvelles  dont  les  pD 

seront  approuvés  parla  Ville.  . 

Rappelons  que  cet  immeuble  n’est  autre  que  l 
Faculté  de  -Médecine  de  Paris  qui,  grâce  à  l’insistance 
Syndicat  des  médecins  de  la  Seine  et  aux  démarches  inces-  ^ 
tes  de  son  fondateur  et  président,  le  regretté  D"'  Le 
été  achetée  le  12  août  1896  par  la  ville  de  Paris.  Cette 

relique  médicale  était  de  nouveau  oubliée  et  tombait  enr 

quand,  sur  notre  proposition,  le  Syndicat  des  ^er- 

la  Seine  fit  de  nouvelles  démarches  pour  la  faire  a 

Le  Progrès  Médical,  le  8  juillet  1893  et  le  12  décembre 
consacré  à  la  vieille  Faculté  d’importants  articles  eta  rec^^^ 
sarestauration.il  ne  peut  qu’applaudir  au  vote  “P  jjjja' 
seil  Municipal  qui  donne  à  ce  vieux  monument  une  n 
tion  digne  de  son  origine  et  de  son  histoire.  J- 


LE  PROGRES  MÉDICAL 


429 


Progrès  en  Amérique. 

Nous  lisons  dans  le  Chicago  medical  Recorder  que  les  deux 
écoles  homéopathiques  de  Chicago  ônt  dû  se  réunir  en  une 
r  suite  de  la  diminution  du  nombre  des  futurs  homéo- 
Mthes.ll  était  évident  que  l’instruction  donnée  dans  ces  écoles 
éuit  inférieure  à  celle  des  autres  écoles,  ou,  pour  mieux  nous 
exprimer,  beaucoup  des  futurs  praticiens  allaient  à  cette 
école  parce  qu’ils  obtenaient  avec  moins  de  travail  leurs  di¬ 
plômes.  L’homéopathie  a  prospéré  aussi  longtemps  qu’on  l’a 
persécutée.  La  tolérance  réduit  les  adeptes  de  cette  secte  et, 
rnmme  le  dit  le  Recorder,  les  jours  de  l’homéopathie  sont  pro¬ 
bablement  comptés.  On  pourrait  mieux  dire  que  l’homéo¬ 
pathie  disparaît  avec  le  progrès  de  la  civilisation. 

LES  CONGRÈS 

Congrès  de  l’association  française 
pour  l’avancement  des  sciences  iLvon,  2-7  août). 

Le  Congrès  annuel  de  l’Association  française  pour  l’avance¬ 
ment  des  Sciences  se  tiendra  à  Lyon  du  2  au  7  août  prochain, 
sous  la  présidence  de  M.  Lipi)raann,  membre  de  l’Institut, 
professeur  à  la  Sorbonne  ;  le  vice-président  est  le  D''  Ilenrot, 
directeur  de  l’école  de  Médecine  de  Reims,  correspondant  de 
lAcadémie  de  Médecine.  Il  y  aura  trente-trois  ans,  jour  pour 
jour,  que  s’ouvrait  dans  cette  ville,  après  l’éclatante  réunion 
de  Bordeaux,  le  deuxième  Congrès  présidé  par  de  (iuatrefa- 
ges.  Ln  grand  nombre  des  savants  qui  ont  pris  part  à  cette 
grande  fête  scientifique  îles  congrès  étaient  plus  rares  à  cette 
époque)  ne  sont  plus  :  Balard,  Bâillon,  CL  Bernard,  Broca, 
Comu,  Dumas.  Friedel,  Mangini.  Ollier  Wurst,  pour  ne  citer 
que  les  plus  connus.  Les  Sciences  médicales  furent ,  dans  ces 
premières  sessions,  brillamment  représentées  et  l’on  se  sou¬ 
viendra  —  ce  qui  offre  un  certain  intérêt  en  les  rapprochant 
des  travaux  récents  de  MM;  Calmettes  et  Roux  —  (jue  ce  fut 
a  ce  Congrès  quele  professeur  Chauveau,  alors  directeur  de 
1  Ecole  vétérinaire  de  Lyon,  procéda  à  des  expériences  sur  la 
transmissibilité  de  la  tuberculose  par  les  voies  digestives  et 
fendit  témoin  de  ses  premiers  résultats  les  membres  de  la 
section  médicale,  présidée  par  Benedict  Teissier. 

.\u  Congrès  d’août  prochain,  les  Sciences  médicales  iméde- 
cine,  hygiène,  électricité  médicale,  odontologie!  seront  aussi 
brillamment  représentées.  Les  présidents  de  ces  sections  ont 
misal’ordre  du  jour  un  grand  nombre  de  questions  d’actua- 
bté  dont  les  rapports  seront  mis  en  distribution  avant  l’ou- 
verture  de  la  session.  M.  le  professeur  Joseph  Teissier,  prési- 
dentde  la  section  des  sciences  médicales,  s  est  assuré  le  con¬ 
jura  de  la  plupart  de  ses  collègues  de  la  Faculté  de  Lyon  et 
?  un  grand  nombre  de  savants  étrangers, parmi  lesquels  nous 
^vons  cifgj.  comme  ayant  accepté  l'invitation  de  la  ville  et 
un  comité  local,  MM.  Fouquet,du  Caire;  llenrijean,  de  Liège; 
orel.de  Morges  ;  Mariani,  de  Pérouse  ;  Maragliano.de  Gênes; 
^urget,de  Lausanne;  Kossel,  d’Heidelberg  ;  Rubino,  de  \a- 
Lydlin,de  Bad'en;  Roux  de  Lausanne.  Aug.Reverdin,de 
;  etc. 

J  la  liste  des  questions  proposées  pour  la  discussion 
le”®!®*  sections  et  les  noms  des  rapporteurs.  Signalons  éga¬ 
lent  les  questions  mises  à  l’ordre  du  jour  delà  18°  section 
^  ergnement  et  pédagogie)  présidée  par  le  D''  Bérillon  : 

°  _  problème  des  enfants  anormaux,  traitement  et  assis- 
pji*^  ’  hes  enfants  turbulents,  i)rocédés  pédagogiques  ap- 
Dr2  ■  ^  à  ces  enfants  :  3°  L'éducation  du  caractère  à  l'école 
‘"^aireet  au  lycée. 

Proie  ^Sciences  médicales).  —  Président  :  D''  Teissier, 

l*ôpU  à  la  Faculté  de  médecine,  médecin  honoraire  des 
corresimndant  de  l'Académie  de  médecine,  7  rue 
Q^\  4on. 

exp/  O  l'ordre  du  jour.  —  1°  La  Syphilis.  —  Pathogénie 
—  Rapporteur  :  M.  le  !)'■  Nicolas,  chargé  du 
PiQp.”®  ®yphiligraphie  à  la  Faculté  de  médecine  de  Lyon.— 
quat  réglementation.  Rapporteur  ;  M.  le  Man- 

au  \ al-de-Grâce,  à  Nice.  Pour  cette  question, 
gièpg  des  sciences  médicales  se  réunira  à  la  section  d’hy- 
4s  p!’ P  2°  Influence  des  rayons  \  sur  le  sang.  Traitement 
"ladies  hématopoiétiques.  Rapporteurs  :  M.  Belot,  de 


Paris  et  M.  Barjon.  médecin  des  hôpitaux  de  Lyon.  —  3°  Les 
courants  de  haute  fréquence. Influence  sur  la  tension  artérielle 
Traitement  de  l’hypertension  et,  accessoirement,  traite¬ 
ment  du  diabète.  Rapporteurs  ;M.  le  professeur  Doumer,  de 
Lille,  et  M.  Chanoz,  docteur  ès  sciences,  chef  des  travaux  de 
physique  médicale  à  Lyon.  (Pour  les  questions  2  et  3,  la  sec¬ 
tion  des  sciences  médicales  se  réunira  à  la  section  d’électricité 
médicale).  4"  Le  phénomène  de  l’agglutination  (valeur  dia¬ 
gnostique  et  pronostique  chez  les  tuberculeux).  Rapporteur  : 
M.  le  professeur  Ferré,  de  Bordeaux,  et  le  D"  Paul  Courmont 
agrégé,  médecin  des  hôpitaux,  à  Lyon.  —  5°  Essais  d’immu¬ 
nisation  antituberculeuse.  Rapporteurs  ;  M.  le  professeur 
Rappin,  de  Nantes  et  le  D"  F.Arloing.  de  Lyon.  —  Conférence 
du  professeur  Maragliano,  de  Gênes.  —  6"  Pathogénie  des 
ankylosés  et  particulièrement  des  ankylosés  vertébrales.  Rap¬ 
porteur  :  M.  le  professeur  Poucet  et  M.  Leriche,  de  Lyon,  D" 
Léri,  de  Paris.- 7“  Tuberculose  du  gros  intestin.  Indications  de 
l’intervention  chirurgicale.  Rapporteurs  :  D'-  L.  Bérard,  agrégé, 
chirurgien  des  hôpitaux  de  Lyon  et  le  médecin-major  Loi- 
son,  agrégé  au  Val-de-Grâce  ihôpital  militaire  de  Versailles). 

13°  Section  {Electricité  médicale).  —  Président  :  M.  leD*’  Im¬ 
bert,  professeur  à  la  Faculté  de  médecine  de  Montpellier. 

Queslionsà  l'ordre  du  jour.  —  Influence  des  rayons  X  sur  le 
sang  :  traitement  des  maladies  des  organes  hématopoiétiques 
Rapporteurs  :  MM.  Belot,  de  Paris,  ef  Barjon,  de  Lyon.  Les 
courants  de  haute  fré(iuence.  Influence  sur  la  tension  arté¬ 
rielle.  Traitement  de  1  hypertension  Rapporteurs  :  MM.  Dou¬ 
mer,  de  Lille  et  Chanoz.  de  Lyon.  (Pour  l’étude  de  ces  ques¬ 
tions,  la  section  d’électricité  médicale  sera  réunie  à  la  section 
des  sciences  médicales.) 

14°  Section(Odontologie]  Président  :  M.  le  D''  Frey,  ancien  in¬ 
terne  des  hôpitaux  de  Paris,  professeur  à  l’Ecole  dentaire, 
99,  boulevard  Haussmann,  à  Paris  ;  1°  sur  les  causes  de  la  ca¬ 
rie  dentaire  dans  les  différentes  régions  de  la  France.  2"  Sur 
les  manifestationsdentaires  de  l’arthritisme. 3°  Sur  les  ciments- 
porcelaine.  4°  Sur  les  articulateurs. 

Section  (Hygiène  et  médecine  publique).  Président  :  M.  le 
Di"  Courmont,  professeur  à  la  Faculté  de  médecine,  34,  quai 
de  la  Charité,  Lyon.  1°  Ledispensaire  antituberculeux  de  Lyon 
(type  d’organisation  pouvant  se  réaliser  dans  toutes  les  gran¬ 
des  villes).  Rapporteurs:  MM.  André  et  Lesieur.  2° Du  rôle 
des  urines  typhiques  dans  la  propagation  de  la  fièvre  typho'id 
Rapporteur  :  M.  Lesieur.  3°  Stérilisation  des  eaux  potablefe 
par  l’ozone.  Rapporteur  :  M.  Lacomme.  4°  Résultats  que  peut 
prexfuire  un  bureau  municipal  d’hygiène  (1.7  ans  de  fonction¬ 
nement  à  Lyon).  Rapporteur  :  M.  Roux. 

Le  Congrès  s’ouvrira  le  2  août  ;  le  dimanche  5  août,  aura 
lieu  une  excursion  dans  les  monts  lyonnais  (Charbonnières. 
Limonest,  Nlont-d’Or  et  la  vallée  de  la  Saône,  de  Neuville  à 
Lyon). A  la  clôture  de  la  session,  7  août,  une  excursion  detrois 
jours  permettra  aux  congressistes  de  visiter  une  des  plus  bel¬ 
les  régions  du  Bugey  et  de  la  Savoie  (vallée  de  l’Albarine,  gor¬ 
ges  du  Fier,  Annecy  et  son  lac,  le  Fayet,  Saint-Gervais,  Cha- 
monix).  Les  Compagnies  de  chemin  de  fer  français  accordent 
une  réduction  de  ôO  OjO  avec  validité  des  billets  du  30  juillet 
au  20  août.  Pour  profiter  de  ces  avantages  et  participer  aux 
visites  industrielles,  promenades  et  excursions,  il  faut  être 
membre  de  l’Association.  Les  inscriptions  sont  reçues  au  se¬ 
crétariat  de  l’Association,  28,  rue  Serpente;  moyennant  une 
cotisation  de  "20  francs  on  devient  membre  annuel  ;  moyen¬ 
nant  200 francs,  membre  à  vie.  Les  membres  fondateurs  doi¬ 
vent  verser  une  cotisation  de  500  francs.  Les  membres  de 
l’Association  reçoivent  les  comptes  rendus  du  Congrès  (2  vol. 
in-8°),  publiés  dans  les  mois  qui  suivent  la  réunion. 

Seizième  Congrès  des  Médecins  Aliénistes  et  Neurologistes 
DE  Fr.VNCE  et  I>ES  pays  DE  LANGUE  FRANÇAISE  (Lille.  1-7  aOÙt 
1906). —  Pour  toutes  les  communications  s’adresser  au  secrétaire 
,  général,  M.  le  D'-  G.  Choçreaux,  médecin  en  chef  de  l’Asile  pu- 
l)lic d’aliénées  de  Baiileul  (Nord). 

Second  congrès  belge  de  neurologie  et  de  psychiatrie. 
(Bruxelles,  29  au  31  août  1906.)  —  Présidents  d'honneur  :  M. 
LE  Baron  van  den  Bruggen.  ministre  de  l’Agriculture;  M.  V.an 
iiEN  Heuvel,  ministre  de  la  Justice.  Vice -Présidents  d'honneur: 
M.  Béco,  gouverneur  de  la  province  de  Braliant  ;  M.  de  Latour, 
directeur  général  au  ministère  de  la  Justice.  —  l.a  Société  belge 


439 


I.E  PROGRÈS  MÉDICAL 


de  neurologie  et  la  Société  de  médecine  mentale  de  Belgique  ont 
décidé  de  tenir  à  Bruxelles,  du  29  au  31  août  1905,  le  second 
congrès  belge  de  neurologie  et  de  psychiatrie. 


Actes  et  thèses  de  la  Faculté  de  Médecine  de  Par 

Thèses  de  doctorat.  —  Mercredi  1 1  juillet.  —  M.  Base:  Contri¬ 


bution  à  l’étude  du  traitement  des  ostéro-arthrites  tuberculeuses 
par  la  méthode  des  injections  extra-in tra-articulaires  (MM.  Lanne- 
longue,  Reclus,  Legueu,  Mauclaire).  —  M.  Na^im  :  De  l'infection 
en  chirurgie  et  son  traitement  par  le  sérum  de  Petit  (MM.  Reclus, 
Lannelongue,  Legueu,  Mauclaire).  —  M  Broca  :  Sur  un  cas  de 
plegmon  juxta-laryngo-trachéal  à  la  période  terminale  du  croup  chez 
un  nourrisson  tubé  (MM.  Reclus,  Lannelongue,  Legueu,  Mauclaire). 

—  M  Wicart:  Abcès  du  lobe  sphéno-temporal  du  cerveau  d’origine 
otique  (MM.  Reclus,  Lannelongue,  Legueu,  Mauclaire).  —  M.  Tar¬ 
dif:  Des  complications  des  kystes  de  l’ovaire  pendant  la  grossesse 
(MM.  Pinard,  Terrier,  Kirmisson,  Lepage'.  —  M.  Vidal:  Considé¬ 
rations  sur  la  dermatose  gravidique  autoto.xique  (MM.  Pinard,  Ter¬ 
rier,  Kirmisson,  Lepage).  —  A/.  A/nt/neu  :  Contribution  à  l’étude 
des  chondromes  des  fosses  nasales  et  de  leur  traitement  (MM.  Ter¬ 
rier,  Pinard,  Kirmisson,  Lepage).  —  A/.  Larue:  Des  contractures 
congénitales  (MM.  Kirmisson,  Pinard,  Terrier,  Lepage).  —  M.  Ber- 
theol  :  Contribution  à  l’étude  de  la  sciatique  radiculaire  (MM.  Lan- 
douzy,  Brissaud,  Claude,  Labbé  (Marcel).  —  M.  Bellou  :  b'ormerie- 
mésographie  ;  Etat  sanitaire,  considérations  médicales  (MM. 
Landouzy.  Brissaud,  Claude,  Labbé  (Marcel).  —  A/.  Girault  :  Les 
hémorragies  occultes  du  tube  digestif  (MM.  Brissaud,  Landouzy, 
Claude,  Labbé  (Marcel).  —  A/""  Grandjean  :  Etude  sur  le  pemphigus 
congénital  à  kystes  épidermiques  (MM.  Gaucher,  Roger,  Teissier, 
Ralthazard).  —  M.  Druelle  :  La  gangrène  des  membres  parartérite 
syphilitique  (MM.  Gaucher,  Roger,  Teissier,  Balthazard).  —  M. 
Hebert  :  Les  lésions  de  la  muqueuse  gastrique  au  cours  des  infec¬ 
tions  (MM.  Roger,  Gaucher,  Teissier,  Balthazard). 

Jeudi,  12  juillet.  —  M.  Fleig  :  La  radiothérapie  en  dermatologie 
(MM.  Debove,  Dieulafoy,  Troisier,  Renonl.  —  M.  Lehar  :  Des  hyper- 
resthésies  systématisées  et  troubles  connexes  (MM.  Debove,  Dieu¬ 
lafoy,  Troisier,  Rcnoii).  —  A/.  Cartier  :  Contribution  à  l’étude 
expérimentale  de  la  pleurésie  séro  librineuse  tuberculeuse  (MM.  De¬ 
bove,  Dieulafoy,  Troisier,  Renon).  —  M.  Trouillet  :  Abcès  pulmo¬ 
naires  métapneumoniques  (MM.  Dieulafoy,  Debove,  Troisier,  Renon). 

—  M.  Baudin  :  Contribution  à  l’étude  des  dilatations  idiopathiques 
de  l’oesophage  (MM.  Cornil,  Chantemesse,  Besançon,  Guiart). — 
M.  Meurice  :  Hygiène  du  chaulTage  et  en  particulier  des  chauffages 
à  l’eau  chaude  et  à  la  vapeur  (MM.  Chantemesse,  Cornil,  Bezan- 
çon,  Guiart).  —  A/.  Binet  :  Des  luxations  ouvertes  de  l’articulation 
du  coude  (M.M.  Le  Dentu,  de  Lapersonne,  Langlois,  Morestin).  — 
A/.  Gaudelut  :  Complications  pleuro-broncho-pulmonaires  consécu¬ 
tives  aux  traumatismes  thoraciques  sans  fracture  de  côte  (MM.  Le 
Dentu,  de  Lapersonne,  Langlois,  Morestin).  —  M.  DAoge  :  Aniso- 
métropie  et  vision  binoculaire  (MM.  de  Lapersonne,  Le  Dentu, 
Langlois,  Morestin).  —  M.  Bousseau  :  De  la  paralysie  du  muscle 
grand  oblique  dans  les  opérations  sur  les  sinus  par  voie  frontale 
(MM.  de  Lapersonne,  Le  Dentu,  Langlois,  Morestin'.  —  Mlle  Vou- 
licb  :  Etude  sur  les  troubles  psychiques  dans  les  tumeurs  céré¬ 
brales  (MM.  Raymond.  Hutinel.  Dupré,  Méry).  —  M.  Français  :  De 
l’apepsie  (MM.  Raymond,  Hutinel,  Dupré,  Méry).  —  A/.  Hays  :  Un 
hôpital  d’enfants  en  1906  (MM.  Hutinel,  Raymond,  Dupré.  Méry).  — 
M.  Camacho  :  Recherches  sur  l’involution  utéiine  (MM.  Budin, 
Boiinaire,  Dcmelin,  Brindeau).—  M.  Vaille  :  Contribution  à  l’étude 
anatomique,  pathogénique  et  clinique  des  rétroversions  utérines 
(MM.  Budin,  Bonnaire,  Demelin,  Brindeau).  —  A/.  Leduc  :  La  syphi¬ 
lis  à  la  Maternité  de  l’hôpital  Tenon,  1905-1906.  Etude  statistique 
et  diagnostique  (MM.  Budin,  Bonnaire.  Demelin,  Brindeau). — 
M.  Gely  :  De  l’abcès  sous-phrénique  d’origine  biliaire  (MM.  Gil¬ 
bert,  Vaquez,  Desgrez,  Carnot'.  —  M.  Paupe  :  La  forme  hémorra¬ 
gique  de  la  méningite  tuberculeuse  (MM.  Gilbert,  Vaquez,  Desgrez, 
Carnot).  —  A/.  EnebusUe  :  Contribution  à  l’étude  clinique  et  bacté¬ 
riologique  des  kystes  hydatiques  sonores  (MM.  Gilbert,  Vaquez 
Desgrez,  Carnot).—  M.  Lamarre  :  Contribution  à  l’élude  du  rythme 
de  l’élimination  urinaire;  l’anisurie  chez  les  hépatiques  MM.  Gil¬ 
bert,  Vaquez,  Desgrez,  Carnot). 

Examens  de  doctorat.  — Lundi,  g  juillet.  —  5*  (2*  partie,  1”  série, 
Hôtel-Dieu)  :  MM.  JolTroy,  Gaucher,  Legry.  —  5*  (2'  partie,  •2’  sé¬ 
rie,  Hôtel-Dieu)  :  MM.  Landouzy,  Roger,  Labbé  (Marcel).  —  5”  (2* 
partie,  l”  série.  Charité)  :  MM.  Brissaud,  Teissier,  Claude.  — 
5"  (2*  partie,  2’  série.  Charité)  :  MM.  Déjerine,  Balthazar.  Macaigne. 

Mardi,  jo  juillet.  —  2*  (Chirurgien-dentiste,  l"  série.  Salle  Ré- 
clard)  ;  MM.  Cornil,  Gilbert,  Morestin.  —  2’  (Chirurgien  dentiste, 
2*  série.  Salle  Broussais)  :  MM.  l’ozzi,  G.  Ballet, Vaquez.  —  2"  (Chi¬ 
rurgien  dentiste,  3-  série.  Salle  Corvisart)  ;  MM.  Rubin,  Launois, 
Marion.  —  2' (Chirurgien-dentiste,  4*  série.  Salle  Pasteur)  :  MM. 
de  Lapersonne,  Ménétrier,  Desgrez.  —  5"  (2*  partie,  P*  série,  Hôtel- 


Dieu)  :  MM.  Dieulafoy,  Thiroloi.x,  Rénon.  —  5'  (2"  partie,  £• 
Hôtel-Dieu)  :  MM.  JolTroy,  Troisier,  Gouget.  —  5"  (2'  partie,  1" 
Charité)  ;  MM.  Raymond.  Méry,  Janselme.  —  5"  (2°  partie,  2"  série 
Charité)  :  MM.  Hutinel,  Achard,  Bezançon.  —  5”  (2'  partie  3' séri 
Charité)  :  MM.  Chantemesse,  Dupré,  Carnot. 

Mercredi,  i  r  juillet.  —  5'  (2"  partie,  Laënnec)  :  MM.  Déjerine 
Legry,  Macaigne. 

Jeudi,  12  juillet.  —  2'  (Chirurgien-dentiste.  1”  série.  Salle  Pas. 
leur;  :  .MM.  Pouchet,  Thiroloix,  Marion.  —  2”  (Chirurgien-dentiste 
2"  série.  Salle  Corvisart)  :  MM.  Robin,  Gouget,  RielTel. 

Vendredi,  /A;ui7/ef.  —  2' (Chirurgien-dentiste,  t"  série.  Salle  Bé- 
clard)  :  MM.  Pouchet,  Gossel  Macaigne.  —  2'  (Chirurgien  denUsle 
2'  série.  Salle  Broussais)  ;  MM.  Landouzy,  Mauclaire,  Labbé  (Mar¬ 
cel).  —  2”  (Chirurgien-dentiste,  3”  série.  Salle  Corvisart)  ;  MM 
Brissaud,  Legueu,  Desgrez.  —  2”  (Chirurgien-dentiste,  4’  série 
Salle  Pasleur)  :  MM.  Sègond,  Richaud,  Claude. 


FORMULES 


XLIX.  —  Contre  les  Comédons. 

Lait  de  soufre .  ô  gr. 

Alcool  de  vin .  30  gr. 

Alcoolat  de  lavande .  là  gr. 

Glycérine .  10  gr. 

pour  se  laver. 

Se  servir  de  la  pommade 

Kaolin . 1  gr. 

G}y<^àriae . j.. 

Vinaigre . ^  ® 


NOUVELLES 


Natalité  dk  Paris.  —  Du  dimanche  17  au  samedi  30  juin 
1906.  les  naissances  oat  ete  au  nomure  de  1.055,  se  décomposant 

ainsi  :  légitimes  820,  illégitimes  235 

Mortalité  a  Paris.  —  Population  d'après  le  recensement  d< 
1901  ;  2.660.559  habitants.  Les  décès  ont  etc  au  nomore  de  89'?. 
savoir  :  453  hommes  et  439  femmes.  Les  décès  sont  dus  aut 
causes  suivantes:  Fièvre  typhoïde  (typhus  abdomin.)  :  0. — 
Typhus  exanthématique  :  0.  —  Fievre  intermittente  et  cncbeve 
palustre  ;  0.  —  Variole  :  0.  —  Rougeole  ;  7  -  Scarlatine  :  0- 

—  Co.iuelucne  ;  2.  —  Diphtérie  et  Gro  ip  :  3.  —  Grippe  :  0- 

—  Choléra  asiatique  :  0.  —  Choléra  nostras  ;  0.  —  Autres 

maladies  épidémiques  :  2.  —  Tuberculose  des  poumons  :  109.  — 
Tuberculose  des  méninges  :  7.  —  Autres  tuberculoses  8. 

autres  tnm  mrs  malignes  :  19.  —  Méningite  simple  :  D- 


—  Congestion  hémorrhagique  et  ramollissement  du  cerveau  : 

—  Maladies  organiques  du  oosur  :  26.  —  Bronchite  aiguë  : 

—  Bronchite  cnio.nque  ;  8.  —  Pneumonie  :  12.  —  Autres  auer- 
lions  de  l’appareil  respiratoire  ;  37.  —  Affections  de  l’estom»' 
icancereic.)  :  4  -  Diarrhée  et  entérite  de  0  à  l  an  :  sein  :  2  ; 
tre  aiimentatiou  :2l.  — Diarrhée  et  entérite  de  1  à2  ans  :  0.— “«r 
aies,  obstruction  iiue.stinaie  :  6.  —  Cirrhose  du  foie  :  7.  —  Népm‘ 
et  mal  de  Brignt  ;  14.  Tumeurs  non  cancéreuses  et  autres  ® 
ladies  des  organes  génitaux  (femmes)  :  0.  —  Septicémie  puerpcr» 
(fièvre,  péritonite,  phlébite  puerpérale)  :  0.  —  Autres 
puerpéraux  de  ia  grossesse  ei  de  l’accoui-uemeuc  .  0.  —  9ebi  ^ 
congénitale  et  vices  de  conformation  ;  12.  —  Débilité 

—  Morts  violentes  ;  25. —  Suicides:  12.  —  Antres  maladies:  o  • 

—  Maladies  inconnues  ou  mal  définies  ;  7.  u,. 

Mort-nés  et  morts  avant  leur  inscription:  57,  qui  se  de; 

posent  ainsi  :  légitimes  43,  illégitimes  14. 

Madame  le  D’’  Lipinska,  ancienne  externe  des 
lauréate  de  l'Académie  de  médecine  de  Paris, exerce  à  LtcTfl* 
Bains. 

Par  décision  ministériel!®  4® 


lÉDEClNE  navale.  - 


décerné  à  M.  le  médecin  de  P'  classe  Denis  (J. -E.), 
port  sur  les  installations  médicales  et  hygiéniques  du  Leour 
betla.  "  —  i 


Médecins  légistes. —  A  la  suite  des  examens  spéciaux  P 
la  F’aculté,  MM.  les  D”  Cornatiano,  de  Groenc,  Dervieux,  p  ge 
Guyot,  Régnier  et  Toulzac,  ont  été  nommés  médecins  I®"' 
r.Université  de  Paris.  , 

U  bibhoJfS 

Je  TAsso®'* 


Bibliothèque  Centrale  de  l’internat.  — 
I  centrale  de  l’internat,  créée  grâce  au  concours 


LE  PROGRÈS  MEDICAL 


431 


Internes  des  Hôpitaux,  est  ouverte  tous  les  jours,  y  compris 
“^tnnis  de  vacances,  au  chef-lieu  de  l’Administration  générale 
!f* l'Assistance  publique,  3,  avenue  Victoria,  PARIS-4'’  (service 
i  Archives,  escalier  A.  5“  étage),  de  2  heures  à  5  heures  du  soir 
He8  h.  l/~  à  9  h.  12  du  soir,  la  séance  pouvant  être  prolongée, 
la  demande  des  lecteurs,  jusqu’à  6  heures  et  ju.squ'à  1 1  h.  1/2. 
r  Bibliothèque  centrale  de  l  lnternat  est  ouverte  à  tous  les  Inter- 
s  et  Anciens  Internes  des  Hôpitaux  de  Paris,  ainsi  qu’aux  Ex- 
"^nesdes  Hôpitaux  en  fonctions.  Elle  comprend  des  collections 
lénérales  de  Médecine  et  de  Chirurgie,  une  série  importante  de 
Thèses  et  de  nombreux  périodiques  étrangers,  en  lecture  dès  leur 
blication.  Pour  atténuer  les  inconvénients  résultant  de  l’impossi¬ 
bilité  de  consentir  des  prêts,  les  Internes  des  Hôpitaux  sont  au¬ 
torisés  à  transmettre  à  M.  le  Chef  du  Cabinet  (Archives)  des  de¬ 
mandes  de  renseignements  bibliographiques  par  l’intermédiaire 
des  commissionnaires  des  établissements. 

Legs  Roussilhe  a  i.’Académie  de  Médecine.  —  Le  secrétaire 
perpétuel  de  l’Académie  de  Médecine  est  autorisé  à  accepter,  sous 
bénSce  d'inventaire,  aux  clauses  et  conditions  imposées,  le  legs 
universel  fait  au  prolit  de  cette  Académie  par  M.  Roussilhe  (Guil- 
lanme-Marie-Alhertl  en  vertu  de  ses  testaments  et  codicilles,  en 
date  des  2  janvier  1900  et  20juia  1905.  Conformément  à  la  volonté 
du  testateur,  l'actif  de  la  succession  sera  placé  en  rentes  .3  «/o  sur 
l’Etat  français,  pour,  les  arrérages,  être  affectés  à  créer  un  prix 
périodique  de  dix  mille  francs,  dit  prix  Roussilhe,  à  décerner  au 
savant  qui  aura  fait  accomplir  le  plus  de  progrès  à  la  dermatologie 
et  sous  condition  que  l'Académie  de  Médecine  exécutera  diverses 
autres  dispositions  énumérées  dans  les  testaments  et  codicilles 
précités. 

Ecole  supérieure  de  pharmacie  de  i.’Université  de  Paris. 
—  M.  Guignard,  professeur  de  botanique,  est  nommé  directeur 
pour  trois  ans,  à  partir  du  31  mai  1906. 

Société  des  médecins  de  sanatoriums  français.  —  Il  vient  de 
se  fonder  à  Paris,  entre  les  médecins  de  sanatoriums  français,  une 
société  ayant  pour  but  :  de  traiter  les  questions  scientifiques  du 
domaine  de  la  tuberculose,  notamment  celles  relatives  au  fonction¬ 
nement  des  sanatoriums, tant  publics  que  privés.  Cette  Société  qui 
pe  comprend  que  des  membres  titulaires  est  ouverte  à  tous  les 
médecins  de  sanatorium  français,  chefs  dt  service  et  assistants. 
Elle  est  administrée  par  un  conseil  composé  de  cinq  membres,  dopt 
un  président,  un  vice-président  et  un  secrétaire-trésorier.  Le  pré¬ 
sident  est  le  Dr  Calmette  ;  le  vice-président,  le  Dr  Hervé  ;  le 
secrétaire-trésorier,  le  D’  Guinard.  Les  réunions,  au  nombre  de 
trois  par  années,  ont  lieu  deux  fois  à  Paris  et  une  fois  dans  un 
sanatorium  de  province.  Toute  demande  de  renseignements  doit 
être  adressée  au  D'  Gujnard,  secrétaire-trésorier,  56,  rue  de  la 
victoire. 

Commission  de  l’hygiène  publique  a  la  chambre  des  dé¬ 
putés.  —  Cette  commission  est  composée  de  MM.  Villejean, 
reron,  Schmidt,  Breton,  Dubouyt,  Cosnier,  Lachaud,  Vaillant, 
Chambige,  Clament,  Baduel,  Demellier.  Levraud,  Cazeneuve, 
Vacherie,  Ferrero,  Chapuis  (Meurthe-et-Moselle),  Delaunay,  Vival 
Libiel  (Vienne),  Durand  (Aude),  Delbet,  Pourteyron,  Chamerlat, 
lugon^  Fitte.  Renard,  Meslier,  Rozier,  Schneider  (Belfort),  Bau- 
et  lEure-et-Loir),  Bachimont,  Delelis-Fanien. 

Voici  le  bureau  qui  a  été  élu  à  la  première  réunion  de  la  Com¬ 
ission  :  Président  .■  M.  Villejean;  vice-présidents  :  MM.  Caze- 
Lachaud,  Levraud,  Delbet;  secrétaires:  MM.  Baudet, 
'•  “Peton,  Delaunay,  Dudouyt,  Durand,  Schmitt. 
mig* '^^RUse  au  parlement.  —  M.  le  P'  Dieulafoy,  de  l’Acadé- 
de  médecine,  est  nommé  commissaire  du  gouvernement  pour 
bienL  ™*eistre  du  commerce  dans  la  discussion,  qui  viendra 
8^  tet  devant  le  Sénat,  du  projet  de  loi  sur  l’emploi  des  compo- 
Die  If  les  travaux  de  la  peinture  en  bâtiment.  M. 

ïltiiï-  remplira  la  même  fonction  lors  du  débat  qui  s’ouvrira 
‘curement  à  la  Chambre  sur  le  même  projet. 

dans  un  HOPITAL.  —  Une  malade,  soignée  à  l’hô- 
accè,  H  vingt-neuf  ans,  s’est  précipitée,  dans  un 

®alhoi,^  délire,  du  R''  étage  dans  la  cour  pendant  la  visite.  La 


L’Hygiène  Sociale  en  Allemagne.  —  Guillaume  lia  ordonné 
que  la  brochure  :  U  alcool  et  la  valeur  militaire,  édité  par  la  ligue 
antialcoolique  allemande,  soit  distribuée  à  toutes  les  recrues  de 
l’armée  lors  de  leur  arrivée  au  corps.  Les  officiers  commenteront 
cette  brochure  en  des  conférences  spéciales.  (Mïcnch.  med. 
Wochschr.] 

Clinic^t  Médical  de  la  Faculté  de  Bordeaux.  —  Après  un 
brillant  concours,  M.  le  D''  Dumora  est  nommé  chef  de  clinique, 
et  MM.  les  D''®  Galtier  et  Cruchet,  chefs  de  clinique  adjoints. 

Nécrologie.  —  Nous  avons  le  vif  regret  d’annoncer  la  mort  de 
M.  Fritz  Schaudinn,  à  peine  âgé  de  trente-quatre  ans,  à  la  suite 
d'une  maladie  infectieuse.  C’est  lui  qui  a  découvert  le  microbe 
de  la  syphilis, le  spirochaete  pallida.  Depuis  janvier, M.  Schaudinn 
était  chef  de  service  de  l’Institut  pour  les  maladies  maritimes  et 
des  tropiques  à  Hambourg.  Il  rédigeait  les  Archives  pour  l'étude 
des  protozoaires. 

Nous  apprenons  encore  avec  regret  la  mort  du  D'  Philippe 
Enninger,  qui  fut  une  des  figures  bien  connues  et  sympathiques 
du  vieux  Strasbourg  et  celle  de  M.  le  D''  Henrion,  conseiller  gé¬ 
néral  de  Nancy-ouest,  ancien  député  de  la  deuxième  circonscrip¬ 
tion  de  Nancy,  âgé  de  71  ans. 

Manuel  Garcia,  l’inventeur  du  laryngoscope,  vient  de  mourir  à 
l’âge  de  cent  un  ans.  Ce  célèbre  professeur  de  chant,  fils  du  chan¬ 
teur  Garcia,  était  frère  de  la  Malibran  et  de  Mme  Pauline  Viar- 
diot.  Manuel  Garcia,  qui  était  né  le  17  mars  1805,  à  Madrid,  s’était, 
dès  sa  jeunesse,  adonné  à  l’étude  du  chant  au  double  point  de  vue 
artistique  et  scientifique.  C’est  en  Angleterre  qu’il  passa  la  majeure 
partie  de  son  existence,  et  c’est  en  Angleterre  qu’il  est  mort  dans 
sa  villa  de  «  Mon  Abri  »,  à  Cricklewood. 

Le  monde  artistique  lai  doit  des  élèves  comme  Mme  Blanche 
Marchesi,  et  le  monde  scientifique  lui  est  redevable  du  laryngos¬ 
cope,  le  premier  appareil  qui  ait  rendu  possible  l’examen  des  cor¬ 
des  vocales. 

A  l’occasion  de  son  centenaire,  qui  eut  lieu  l’an  dernier  à  Lon¬ 
dres,  Manuel  Garcia  avait  reçu  la  commanderie  de  l’ordre  de  Vic¬ 
toria  d’Angleterre,  la  grand’croix  d’Alphonse  XIII,  la  grande  mé¬ 
daille  d'or  des  sciences  de  Prusse,  que  l’empereur  d’Allemagne 
lui  envoya  avec  un  message  personnel.  {Le  Temps).  "* 

L’esprit  des  autres.  —  Petiœ'  annonce  relevée  à  la  quatrième 
page  d’une  gazette  spéciale  :  «  Bouledogue  à  vendre. Très  docile. 
Facile  à  nourrir  ;  mange  n’importe  quoi.  Aime  surtout  les  enfants. 
S’adresser,  etc.  »  {Avenir  du  Cher,  3  juin.) 

Chronique  des  hôpitaux. 

Clinique  Tarnier.  —  Un  cours  de  pratique  obstétricale  avec 
manœuvres  sera  fait  pendant  le  mois  de  juillet  par  MM.  les  doc¬ 
teurs  Guéniot,  chef  de  clinique  et  Catbala,  chef  de  laboratoire. 
Les  leçons  auront  lieu  tous  les  matins  (dimanche  excepté),  à 
10  heures  li4,  à  partir  du  lundi  2  juillet.  Le  droit  d’inscription 
est  de  50  francs.  S’inscrire  au  secrétariat  de  la  Faculté. 

Concours  de  l’externat.  —  L’ouverture  d’un  concours  pour 
la  nomination  aux  places  d’élève  externe  des  hôpitaux  et  hospices 
civils  de  Paris  aura  lieu  le  lundi  17  septembre  1906  à  quatre  heu¬ 
res  précises,  dans  la  salle  des  concours  de  l’Administration,  rue 
des  Saints-Pères,  49.  Les  étudiants  qui  désirent  prendre  part  a,  ce 
concours  seront  admis  à  se  faire  in.scrire  au  service  du  personnel 
de  l’administration  de  l’Assistance  publique,  tous  les  jours,  les  di¬ 
manches  et  les  fêtes  exceptés,  de  onze  heures,  à  trois  heures  du 
mercredi  l'r  août  1906  au  vendredi  31  août  inclusivement. 

Enseignement  médical  libre. 

Cours  pratiques  par  d’anciens  internes.  —  La  2'  série  des 
cours  pratiques  aura  lieu  du  20  juiliel  au  11  août  1906.  Conçus 
dans  un  esprit  absolument  pratique,  ils  s'adressent  aux  étudiants  à 
la  fin  de  leurs  études  et  aux  praticiens.  Chaque  cours  comprend 
9  à  10  leçons  qui  se  suivent  à  deux  jours  d’intervalle,  les  heures 
différentes  permettent  de  suivre  plusieurs  cours.  Pour  chaque 
cours,  le  droit  d’inscription  est  de  20  francs. 

La  2'  série  comprend  les  cours  suivants  :  Lundi,  mercredi, 
vendredi  :  Larynx,  nez,  oreilles  :  M.  Bourgeois  ;  Gynécologie 
pratique  :  M.  Bender  ;  Chirurgie  journalière  :  M.  Delaunay  ; 


DÉSIHFECTiKT 

**»(.,Æ«T11L0«  matuit 

«  "Utcint  qui  en  font  la  demande 

»oc,rre„  *- 


eTABUSSEMENT  de  SAINT-GALMJER  (Loire} 


SOURCE  BADOIT 


DSm  de  I&SODRCBt 

PAR  AN 

30IHtl.U0NS 

de  Bouteilles 


«■^L’Eau  <4e  Table  sans  Rrvafe  BécUrêo  aŒntérêt  Pujiio 

JLA  pQaa.s  à  l^Ssbaajoao  '  jsdaràc  au  t»  mm 


432 


LE  PROGRES  MEDICAL 


Orthopédie  :  M.  Tricon  ;  Maladies  nerveuses  :  M.  Ross  ;  Obsté¬ 
trique  :  M.  Lequeux  ;  Voies  urinaires  :  M.  Minet.  —  Mardi, 
jeudi,  samedi  :  Maladies  de  la  peau  :  M.  Lenglet  :  Thérapeutique 
générale  :  M.  Oppenheim  :  Elslomao  et  intestin  ;  M.  Lippmann  ; 
Maladies  des  enfants  :  M.  Bai.l  ;  Electrothérapie  :  M.  Delherm. 

Pour  programmes  et  inscriptions,  s’adresser  au  D''  Minet,  15, 
rue  Malebranche,  les  lundis,  mercredis  et  vendredis,  de  2  heures 
à  4  heures. 


BULLETIN  BIBLIOGRAPHIQUE 


Librailîp  J. -B.  BAILLIÈRE 
19,  rut*  Hautefeuille 


Brouardei.  et  Mosnv.  —  Traité  d’hygiène  fascIII.  —  Anthro¬ 
pologie,  hygiène  individuelle,  éducation  physique  par  R.  Antony, 
E.  Dupré,  G.  Brouardel,  P.  Ribierre,  M.  Boulay,  V.  Morax  et  P. 
Lafeuille  1  vol.  In-8°  de  300  pages.  Prix .  6  fr. 


Camescasse  et  Lehmann.  —  La  chirurgie  enseignée  par  la  sté- 
réoscopie.  Fac.  VIII.  In-18  de  10  pages. Prix  :  1  fr.  50. 

Jui.LiEN  (Louis).  —  La  blennorragie  (formes  rares  et  peu 
connues).  In-S”  de  84  pages. 

Legueu.  —  Le  rcinmobile.l  vol.  In-18  de  96 pages  Prix  :  1  fr.  50 

Martin  (Odilonl. —  Nouveau  formulaire  magistral,  l  vol.  in-18 
de  900  pages.  Prix .  9  fr. 

WiDAL  (F)  et  Javal(A.)  — Lacure  de  déchloruration  I  vol.  In- 

16  de  96  pages.'  Prix .  1  fr.  50 

Librairie  A  AIALOIAE 
2o,  rue  de  l’Ecole-de-Médecine. 

Pelon  (Henri). —  Guide  pratique  de  thérapeutique  hydro  miné¬ 
rale.  1  vol.  in-18  de  200  pages.  Prix .  3  fr. 

Librairie  DE  RE  DE  VAL 
4,  rue  Antoine-Dubois. 

Sarazin  (a.). —  LaBoui’boule,  son  climat  et  ses  eaux  minérales. 

1  vol.  in-18  de  300  pages.  Prix .  3  fr,  50 

Librairie  STEINHEIL 
2,  rue  Easimir-Delavigne. 

Fabre.  —  Sur  les  phénomènes  d’intoxication  dus  aux  piqûres 
d’hyménoptèïes.  In-8“  de  104  pages. 

Librairie  O.  DOL\ 

8,  plaee  de  l’Odéon. 

Denucé  (M.).  —  Spina  bifida.  Anatomie  pathologique  et  em¬ 
bryogénie.  1  vol.  in-8“  de  614  pages.  Prix .  10  fr. 


Librairie  ROl'SSET 
i ,  rue  Casimir-Delavig-ne. 

ViLt-AR  (Francis).  —  Chirurgie  du  pancréas.  1  vol.  in-8»  a. 
328  pages.  Prix . .  15^ 

Librairie  BOAVALOT-JOL VE 
Id,  rue  Racine. 

Fettaud  (Jean).  —  Des  anévrysmes  de  l’aorte  d’origine  rhn- 
mastismale.  1  vol.  In-8°  de  80  pages.  Thèse  de  Paris. 

Peyron  (Raymond).  — La  marche  du  choléra  de  1902  à  lOOÇ 
1  vol.  In-8°  de  158  pages.  Thèse  de  Paris. 

Librairie  MASSON 
120,  Boni.  Saint-Germain. 

Grasset  (J.) —  La  claudication  intermittente  des  centres  nerveÀ 
In-S»  de  8  pages.  Extrait  de  la  Revue  Neurologique. 

Bauer  (A.) —  Recherches  sur  les  voies  de  la  circulation  san¬ 
guine  intra-hépatique.  1  vol.  In-8“  de  134  pages.  Thèse  de  Paris. 
Librairie  FÉLIX  ALCAN 
108,  Boni.  Saint-Germain. 

Masselon  (F.)  —  La  mélancolie.  1  vol.  In-I6  de  282  pages.  Prii 
4  fr. 

Sabourin  (Ch.)  —  Les  embolies  bronchiques  tuberculensM. 
1  vol.  In-16  de  264  pages.  Prix  :  4  fr. 


Principales  lois  italiennes  en  vigueur  sur  l’assistance  et 
LA  bienfaisance  ET  SUR  LES  MATIÈRES  VOISINES  DE  l’aSSISTANCE. 
Publiées  en  français  avec  le  concours  de  MM.  A.  Muteau  et  Ma- 
rescal.  1  vol.  in-16  de  197  pages.  Au  siège  de  la  Société  interna¬ 
tionale,  16,  rue  Miromesnil,  Paris. 

Le  Page-Vigier.  —  Bulletin  annuel  du  bureau  munkipal- 
d'hygiène  de  la  ville  d’Orléans.  1  vol.  in-S"  de  llSpages.A.Gom, 
à  Orléans.  ' 

Pagès  (Louis). —  Contribution  à  l’étude  des  alcools  et  de  leurs 
rapports  avec  la  folie  dans  le  département  de  la  Charente.  1  vol. 
in-8°  de  92  pages.  Impr.  commerciale  et  industrielle,  à  Bordeaux; 


Antonini  (Giuseppe).  —  I  principi  délia  antropologia  criminale. 
1  vol.  in-16  de  167  pages.  Ulrico  Iloepli,  éditeur,  à  Milano. 

Giho-Volpi-Girardihi.  —  Considerazioni  sopra  un  caso  di 
tumore  comprimente  la  metà  destra  del  ponte  di  Varolio  diagnos- 
ticato  in  vita.  In-S®  de  20  pages.  Reggio  Emilia. 

Huisman  (A.).  —  Méthodes  de  coloration  des  diverses  granu¬ 
lations  des  éléments  figurés  du  sang.  In-8°  de  12  pages.  Bruxelles. 

Inglis  Parsons  (J.).  —  The  operative  treatment  of  prolapse 
and  rétroversion  of  the  utérus.  In-S”  de  90  pages,  John  Baie,  Son¬ 
et  Cie,  à  London. 


RHTISIE,  BRONCHITE,  CATARRHES. -L’£m«/5:on 
Marchais  est  la  meilleure  préparation  créosotée.  Elle  di¬ 
minue  la  toux,  la  fièvre  et  lexpectoration.  De  3  à  ô  cuil¬ 
lerées  à  café  par  jour  dans  lait,  bouillon  ou  tisane. 

(D'  Ferrand.  —  Trait,  de  méd.  ) 


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grippe,  bronchite,  coqueluche,  impétigo,  helminthiase, 
état  convulsif,  et  toutes  maladies  ou  indispositions  dans  les¬ 
quelles  un  laxatif  est  nécessaire. 


Dll|l|t|  de  2  mois  à  2  ans  ;  1  cuillerée  à  café  par  jour. 

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f  MbIv  I  de  5  ans  à  15  ans  ;  1  cuillerée  à  soupe  par  jour. 


(Le  conseiller  chique  fois  que  les  parents  demandent  un  o  dépuratif  t 
pour  leurs  enfants,  car  le  meilleur  des  dépuratifs  est  encore  un 
bon  laxatif. 

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Le  Sebumbaoille.  microbe  de  la  calvitie  vulgaiT®-* 


découvert  par  M.  Louis  DEQUfc.ANT.  pharmacien,  ^ 


de  Clignancourt,  Paris,  i  Mémoires  déposés  à  l’Academi®  “j 
Médecine,  23  mars  1897, 8  mai  1898).  Léxtrait  de  ces  ei 


est  adressé  gracieusement  a  tous  les  médecins  qtd 
feront  la  demande.  Renseignements  gratuits  et  prix  de  /“*' 


pour  tous  les  mémo  res  d 


Le  Ridaeieur-Girant  :  Bournbvili-*" 


ImPHIMERIB  DaIX  FRERES  et  Thiron,  Clbhmort  (QI8*) 
Mwson  «petiaie  pour  pubUcaiions  penoàiqoea  médical'»- 


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14  JUILLET  1906 


55.  année.  3«  SÉRIE.  T.  XXII.  N"  28  BUREAUX  :  RUE  DES  CARMES,  14 

Le  Progrès  Médical 


SOMMAIRE  :  Thérapeutique  :  Recherches  sur  les  propriétés 
*  thérapeutiques  de  l’acide  vanadique  comme  topique,  en  particu¬ 
lier  en  gynécologie,  par  Le  Blond  et  David.  —  Bulletin  :  Le 
conflit  médico-mutualiste  et  la  défense  professionnelle,  par  J. 

—  Sociétés  Savantes  :  Société  de  biologie:  Réaction  des 
cellules  nerveuses  de  la  moelle  et  neuronophagie  dans  la  rage 
expérimentale,  par  Laignel-Lavastine  ;  Cirrhose  et  opsiurie,  par 
Gilbert  et  Villaret  ;  Pouvoir  glycolytique  du  sang,  par  Lesné  et 
Dreyfus  ;  Hypothyroïdies  et  angines,  par  de  Rothschild  ;  Gastro- 
cytolysine,  par  Lion  et  Français  ;  Constitution  colloïde  des  sucs 
pancréatiques  et  gastriques,  par  Iscovesco  le.  r.  de  Mme  Ed' 
wards-Pilliei.)  —  Académie  de  Médecine  :  L’impaludisme  à  Ma¬ 
dagascar,  par  Blanchard  ;  Le  paludisme  et  la  fièvre  jaune  au 
Sénégal,  par  Kerraorgant  ;  Les  taies  de  la  cornée,  par  Chauvel 
(c,  r.  de  A. -F.  Plicque).  —  Société  Médicale  des  Hôpitaux  : 
Démence  épileptique,  autopsie,  par  J.  Voisin,  R.  Voisin  et  Lai¬ 
gnel-Lavastine  ;  Evolution  des  anémies  pernicieuses,  par  Va¬ 
quez  et  Laubry  ;  Lésions  cérébrales  dans  l’aphasie,  par  Marie  ; 


Chancre  mou  extra-génital,  par  QueyTat  ;  Citrate  de  soude  con¬ 
tre  les  vomissements  incoercibles  des  nourrissons,  par  Variot  ; 
Lichen  sorofulosoruro,  par  Thibierge  ;  Phénomène  de  la  ligne 
blanche  dans  l’hypertension  artérielle  et  l’insuffisance  surrénale, 
par  Sergent  et  Ribeaudeau-Dumas  (c.  r.  de  Friedel,)  ^  Revue 
d’ophtalmologie  :  Les  mouvements  associés  des  yeux  et  les 
nerfs  oculogyres,  par  Gaussel  ;  Cécité  êt  tabès,  par  Leri  ;  La 
vision,  par  Nuel  .  Syphilis  de  l’oçil  et  de  ses  annexes,  par  Ter¬ 
rien  :  Le  fond  de  l'œil  dans  les  affections  du  système  nerveux, 
par  üalezowski  ;  Recherches  cliniques  sur  le  glaucome  primitif 
dans  scs  rapports  avec  l’artério-sclérose  et  l’impèrrnéabilité 
rénale,  par  Henri-Joseph  (c.  r,  de  Poulard.)  —  Revue  d’élec- 
TROTHÉRAPIE  ET  DE  RAniOGRAPHIK.  —  BIBLIOGRAPHIE.  — THɬ 
RAPEUTIQUE  :  Levurine  extractive.  —  Varia.  —  Les  congres. 

—  Actes  et  thèses  de  la  faculté,  de  médecine  de  Paris. 

—  Formules.  ^  Nouvelles.  —  Chronique  des  hôpitaux.  — ■ 
Bulletin  bibliographique. 


AVI8  15IP0RTANT  A  NOS  ABONNÉS 


THÉR.APEUTIQUE 


Renouvellement  des  abonnements. 
L'échéance  du  i"  JUILLET  étant  lune  des 
plus  importantes  de  l'année,  et,  par  suite  de  l'ap¬ 
plication  du  nouveau  règlement,  les  frais  de  re¬ 
couvrement  des  abonnements  par  la  poste  étant 
devenus  très  onéreux,  nous  prions  instamment 
nos  souscripteurs,  dont  I abonnement  expire  le  3o 
iuin,  de  nous  envover  le  plus  tôt  possible  le  mou¬ 
lant  de  teur  renouvellement,  soit  DIX  FRANCS 
pour  la  FRANCE.  DOUZE  FRANCS,  pour 
^etranger,  ÉTUDIANTS,  FRANCE, 
6fr.;  ÉTRANGER,!  fr.  50.  Us  pourront  nous 
i  adresser  par  l'intermédiaire  du  bureau  de  poste  de 
l^ur  localité,  qui  leur  remettra  un  reçu  de  la 
^ornme  versée  {nous  prenons  à  notre  charge  les 
vais  de  3  prélevés  par  la  poste)  ou  par  une  va- 
à  vue  sur  Paris. 

Ees  mandats  ou  valeurs  doivent  être  faits  au 

progrès  Médical  ou  de  u.  a. 

^^PEA  ED,  administrateur. 

^fin  d  éviter  toute  erreur,  nous  prions  épale- 
rélL  abonnés  de  joindre  à  leur  lettre  de 
ifNl^n^^nents  et  à  toutes  leurs  réclamations  la 
journal. 

^yis  AUX  AUTEURS  ET  AUX  EDITEURS 

^^Ppelons  à  MM.  les  Auteurs  et  Plditeurs  que 
'  es  ouvrages  dont  il  nous  sera  adressé  deux  exem- 
®  ®éront  annoncés  et  analysés  (s'il  y  a  lieu).  Un 
Lfj  exemplaire  donne  droit  seulement  à  l’annonce. 

doivent  être  adressés  an  Rédacteur  en 
s,’  me  des  Carmes. 


ôEs  Pharmaciens.  -  Le  Sénat  et  la  Chambre  des 
’^idûm  i  ;  Le  Président  de  la  République  promulgue  la 

yAniele  „  : 

^^***ées  n,  demeurent  abrogées  les  prescriptions 

S"®  b  n  A  du  21  germinal  an  XI  en  ce  qui  con- 

i?'*  lôi  de  serment  des  pharmaciens  diplômés.  Lapré- 

sera”*  adoptée  par  le  Sénat  et  la  Cliambre  de.s  dé- 

■'«Éécutée  comme  loi  d’Etat, 


Recherches  sur  les  propriétés  thérapeutiques  de 
l’acide  vanadique  comme  topique,  en  particulier 
en  gynécologie  ; 

Par  le  D'  H.  LE  BLOND 
Médecin  de  Sl-Luzare, 

Et  M.  Charles  DAVID,  interne  des  hôpitaux. 

Nous  venons  exposer  ici  le  résultat  des  recherches 
auxquelles  nous  nous  sommes  livrés  depuis  le  début 
de  l'année  1902  sur  l’emploi  thérapeutique  de  l’acidè 
vanadique.  Les  premières  constatations  découlant  de 
nos  expériences  ont  déjà  été  présentées  à  la  Société  de 
thérapeutique  dans  sa  séance  du  27  mai  1903.  Depuis 
cette  époque, nous  avons  constamment  poursuivi  l'étude 
de  cet  agent  médicamenteux  ;  c’est  donc  sur  une  expé¬ 
rimentation  déjà  longue,  puisqu’elle  porte  sur  quatre  an¬ 
nées,  que  nous  pouvons  tabler  ;  les  conclusions  de  no¬ 
tre  travail  reposent  donc  sur  des  bases  solides. 

1.  Le  vanadium  et  l’acide  v.anadique.  —  Le  vana¬ 
dium,  métal  découvert  en  1806  dans  le  minerai  de  fer 
de  Talberg,  est  depuis  longtemps  utilisé  par  l’industrie 
comme  oxydant.  Mais  son  introduction  dans  la  théra¬ 
peutique  est  de  date  relativement  récente. On  avait, jus¬ 
qu'à  présent,’  après  les  travaux  d’Hélouis,  LyoUnét, 
Marty  et  Martin,  employé  les  vanadates  de  soude,  de 
fer,  de  lithine,  etc.,  l'acide  vanadique  lui-mème  n’a¬ 
vait  guère  été  employé.  Deux  chimistes,  M.  Witz  et 
Osmond,  ontdémontré  la  singulière  propriété  que  pos¬ 
sède  l’acide  vanadique  lorsqu’il  se  trouve  en  présence 
d’une  matière  organique  eLd'un  corps  oxydant.il  oxyde 
la  matière  organique,  reprend  ensuite  de  l’oxygène 
à  la  matièreoxydantepourl’abandonner  de  nouveauàla 
matière  réduclrice  etainside  suite. Cédant  et  reprenant 
tour  à  tour  de  l’oxygène,  passant  nécessairement  de  l’a- 
Cide  hypovatiadique  àcelui  d’hypcrvanadique,il  établi¬ 
rait  un  mouvement  do  va  et  vient  d’oxygène  analogue 
à  celui  queBeinz  et  Schultz  ont  décrit  à  propos  de  rar- 
senic  (.Vrnozan).  C’est  à  cause  de  ce  phénomène  que 
M.M.  Wilz  et  Osmond  Ont'  donné  à  l’acide  vanadique  le 
nom  très  expressif  de  «  médicameh^avette  ».  Donc 
l’acide  vanadique  est  un  oxydant  très  énergique  et  qui 
possède  la  faculté  de  se  régénérer  indéfiniment.  Aussi 


LE  PROGRÈS  MEDICAL 


les  moindres  doses  suffisent-elles  à  produire  des  actions 
thérapeutiques  manifestes  ;  elles  agissent  comme  de  vé¬ 
ritables  ferments,  servant  de  véhicules  d’oxygène. 

M.  Laran,  en  collaboration  avec  IMM.  Bernard  et  Pc- 
court,  a  repris  l’étude  des  propriétés  chimiques  de  l’a¬ 
cide  vanadique.  Celte  étude  lui  a  permis  de  faire, 
avec  des  produits  parfaitement  déterminés  et  chimique¬ 
ment  purs,  une  étude  très  approfondie  de  la  toxicité  et 
des  propriétés  physiologiques  de  l’acide  vanadique,  et 
des  principaux  sels  de  vanadium,  au  laboratoire  de  M. 
François-Franck,  avec  la  collaboration  du  U'  Hallion, 
chef  du  laboratoire  de  physiologie  pathologique  du  Col¬ 
lège  de  France. 

(les  divers  travaux  ont  démontré  que  les  sels  de  va¬ 
nadium  n’étaient  actifs  que  par  l’acide  vanadique  qu'ils 
renferment  et  que,  par  ailleurs,  ces  sels  étaient  insta- 
bleset  le  plus  souvent  impurs  ;  il  étaitdonc  rationnel 
de  partir  de  l’acide  vanadique  chimiquement  pur,  le 
seul  principe  actif  et  qui  puisse  être  facilement  dosé  (1). 

D’autre  part,  les  expériences  du  D"  Laran  sur  le  co¬ 
baye  tuberculeux  lui  ont  permis  de  conclure  que  l’acide 
vanadique  enraye  d’une  façon  manifeste  la  marche  de 
la  tuberculose  par  transformation  fibreuse  de  lésions. 
C’est  en  partant  des  expériences  du  D'  Laran  que  l'idée 
nous  est  venue  d'expérimenter  à  notre  tour  l’acide  va¬ 
nadique  dansnotre  service  de  Saint-Lazare.  Mais  jus¬ 
qu’à  présent,  onne  l’avaitessayé  que  comme  médica¬ 
ment  interne.  Nous  avons  contrôlé  nous-mêmes  ses 
bons  effets  dans  le  traitement  de  divers  états  cachecti¬ 
nes.  Mais  nous  avons  pensé  qu’il  pourrait  également 

onner  debôns  résultats  comme  topique  dans  les  plaies 
cutanées  ou  muqueuses  accidentelles,  chirurgicales  ou 
pathologiques.  Enfin,  élargissant  notre  expérimenta¬ 
tion,  nous  l’avons  essayé  comme  modificateur  des  sé¬ 
crétions  muqueuses  pathologiques. 

Donc,  nous  avons  expérimenté  cet  agent  thérapeuti¬ 
que  de  deux  façons  différentes  :  d’une  part,  en  inges¬ 
tion  par  la  voie  buccale,  d’autre  part,  comme  topique 
en  lavages  et  en  pansements  externes.  Pour  répondre 
aces  deux  indications,  il  nous  fallait  deux  solutions 
différentes.  Pour  l’usage  interne,  nous  nous  sommes 
servis  de  la  solution  d’acide  vanadique  Laran,  liqueur 
incolore,  inodore,  sans  saveur,  dosée  à  0,015  milli¬ 
grammes  de  principe  actif  par  litre  d’eau. 

Pour  l’usage  externe,  nous  avons  employé  une  solu¬ 
tion  beaucoup  plus  forte,  à  laquelle,  afin  d’éviter  toute 
confusion,  nous  avons  donné  le  nom  l’oxydasinepour 
rappeler  sa  principale  propriété.  Cette  préparation  est 
de  couleur  jaune  d’or  et  contient  0,50  centig.  d’acide 
vanadique  par  litre  d’eau. 

1.  Emploi  DE  l’acidr  VANADIQUE  a  l’intérieur.  — 
Tout  d’abord,  administrée  à  l’intérieur,  la  solution  d’a¬ 
cide  vanadique  nous  a  donné  de  très  bons  résultats 
dans  le  traitement  de  tous  les  états  anémiques  et  ca¬ 
chectiques  ;  nous  ne  voulons  pas  insister  sur  l’emploi 
de  l’acide  vanadique  comme  modificateur  de  la  nutri¬ 
tion  générale, voulant  surtoutinsister  dans  notre  étude 
sur  l’action  topique  locale  de  ce  médicament. Mais  nous 
ne  pouvons  passer  sous  silence  les  résultats  vraiment 
remarquables  qu’il  nous  a  donnés  chez  quelques  ma¬ 
lades  dont  l’état  général  était  extrêmement  mauvais  ; 
son  action  est  précieuse  dans  la  chlorose,  la  neurasthé¬ 
nie.  Mais  c’est  surtout  dans  la  tuberculose  pulmonaire 


(l)  Hallion  et  Laran.  —  1*  Compte  rendu  de  la  Société  de  Bio- 
/o^/e.Séance  du  26  juin  1899.  —  2“  Laran.  —  Recherches  sur  l’acide 
vanadique.  Société  de  Biologie,  Séance  du  19  février  1898. 


que  ses  effets  sont  vraiment  surprenants.  Nous  avou- 
un  certain  nombre  d’observations  fort  suggestivesàcq 
égard —  concernant  des  tuberculeux  pulmonaires  au 
premier  ou  au  deuxième  degré.  Nous  avons  administré 
à  ces  malades  deux  cuillerées  à  soupe  par  jour  delà  so¬ 
lution  aqueuse  d’acide  vanadique  à  0,015  milligram- 
mes  par  litre,  et  nous  avons  obtenu  un  relèvement 
très  rapide  des  forces,  une  augmentation  de  poids  très 
sensible. 

Sans  doute,  cet  agent  ne  possède  pas  plus  qu'un  au¬ 
tre  une  action  spécifique  à  l’égard  de  la  tuberculose 
pulmonaire,  mais  il  réveille  l’appétit  d’une  façon  évi¬ 
dente  et  pour  ainsi  dire  instantanée,  chez  les  malades 
anémiés  et  qui  ne  s’alimentent  plus  que  d’une  façon 
très  insuffisante.  Il  est  donc  un  adjuvant  très  utile  de  la 
suralimentation.  De  plus,  grâce  à  son  pouvoir  oxydant 
si  énergique,  il  est  très  plausible  d’admettre  qu  il  ap¬ 
porte  aux  éléments  de  l’organisme  et  en  particulier aui 
cellules  lymphatiques  un  renfort  d’oxygène  qui  les  met 
à  même  de  lutter  plus  victorieusement  contre  les  ba¬ 
cilles  ;  il  favorise  peut-être  les  réactionscongestives  au¬ 
tour  des  lésions  tuberculeuses,  il  active  le  processusde 
sclérose  qui  est  le  mgde  de  guérison  habituel  des 
foyers  bacillaires  peu  avancés.  Bref,  il  met  en  jeu  tous 
les  moyens  de  défense  de  l’organisme  dans  la  lutte 
contre  l’infection  et  lui  permet  de  résister  d’une  manière 
plus  efficace. 

La  vraisemblance  de  cette  hypothèse  est  d’ailleurs 
confirmée  par  la  communication  de  M. François-Franck 
à  l’Académie  où  il  rapporte  le  résumé  de  l’examen  histo¬ 
logique  deslésions  pulmonaires  des  cobayes  tuberculisés 
puis  traités  par  l’acide  vanadique  ;  cet  auteur  a  cons¬ 
taté  nettement  la  transformation  fibreuse  des  lésions. 

En  tous  cas,  l’acide  vanadique  procure  toujours  aai 
malades  de  ce  genre  une  sensation  de  bien-être  et  d  a- 
mélioration,  dont  nous  avons  été  maintes  fois  frappés, 
même  lorsque  leurs  lésions  sont  trop  avancées  pour  que 
l’on  puisse  espérer  une  guérison  complète. 

L’acide  vanadique  comme  topique  local.  —  Jforff 
d’emploi.  — Nous  avons  d’abord  employé  l’acide  vana¬ 
dique  comme  topique  en  solution  aqueuse  à  0,50  c. 
1000.  C’est  la  préparation  connue  sous  le  nomd’oxyda- 
sine.  C’est  un  liquide  d’un  jaune  d’or,  ne  présenta® 
aucune  odeur,  ce  qui  est  un  avantage  appréciable  ;  son 
application  en  pansements  ou  en  badigeonnages  ne' 
nullement  douloureuse  et  hâte  d’une  façon  manik'’  o 
la  guérison  de  toutes  les  plaies.  ,  , 

Mais  la  dose  que  nous  avions  employée  au  den“ 
nous  a  paru  dans  la  suite  être  un  peu  trop  forte, 
avons  obtenu  des  résultats  plus  satisfaisants  à  1^.^ 
d’une  solution  plus  diluée.  Nous  avons  en  effet  V  f 
la  solution  mère  à  0.50  pour  1000  étendue  de 
son  volume  de  glycérine,  ce  qui  fait  environ  >  ^ 
ctg.  de  substance  active  par  litre  ;  cette  dose  i*®**’^, 

paru  plus  favorable  ;  mais  on  peut  se  servir  avec  s 
cès  de  solutions  beaucoup  plus  faibles  ;  c’est  am®* 
nous  avons  eu  plusieurs  guérisons  avec  le  liquio®  4  . 
nous  sert  habituellement  pour  l’usage  interne  o  ^ 
ne  contient  que  0,15  milligr.  d'acide  vanadiqu®,^. 
litre.  La  puissance  d’action  de  ce  médicamentes  j| 
extrêmement  énergique  et,  d’une  manière  gén®*’ 
nous  semble  qu’il  vaut  mieux  l’employer  à  “OS®  jjj 
faible.  La  plupart  de  nos  essais  ont  été  faits 
solution  au  1/10  obtenue  en  diluant  l’oxydasine 
fois  son  volume  d’eau  ou  de  glycérine,  ce  q^i 
0,05  centigr.  d’acide  vanadique  pour  ItNX).  eU' 
tions  aqueuses  nous  ont  servi  pour  les  pansenien 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


435 


lanés  :  aux  muqueuses  nous  avons  réservé  les  solutions 

^*'\ous  faisons  sur  les  plaies  ou  les  lésions  cutanées  que 
noiis  traitons  des  badigeonnages  quotidiens  avec  un 
oinceau  ou  un  tampon  d’ouate  trempés  dans  notre  solu¬ 
tion.  Pour  les  pertes  de  substance  étendues,  nous  les 
recouvrons  de  compresses  humides  largement  imbibées 
d’acide  vanadique  et  renouvelées  tous  les  jours. 

Mode  d'aclion.  —  On  voit,  sous  l’influence  de  ce 
traitement,  une  colerette  épidermique  se  dessiner  dès 
les  premiers  jours  à  la  périphérie  de  la  lésion  en  même 
temps  que  le  fond  devient  granuleux  et  bourgeon¬ 
nant  et  la  cicatrisation  marche  très  vite.  L'acide  vana- 
dique, outre  sonaction  antiseptique  incontestable, et  qui 
lui  est  conférée  par  l’oxygène  qu’il  dégage  sans  cesse, 
active  la  régénération  des  tissus  etluipermetde  mieux 
lutter  contre  les  éléments  microbiens. 


Indications.  —  MM.  Le  Hlond  et  Bourgeois  (1)  ont 
déjà  rapporté  l’action  rapidement  épidermisante  cons¬ 
tatée  dans  un  cas  de  lupus  tuberculeux  très  ancien  où 
les  follicules  avaient  été  préalablement  détruits  à  l’aide 
de  multiples  scarifications,  afin  de  permettre  une 
meilleure  imprégnation  des  tissus  malades  par  l’agent 
médicamenteux  ;  puis -on  avait  fait  sur  la  plaie  des 
pansements  à  la  résorcine,  soit  pure,  soit  en  solution 
aqueuse.  Malgré  ce  traitement  la  cicatrisation  ne 
se  faisait  pas.  C’est  alors  qu’ils  eurent  l’idée  d’essayer 
l’acide  vanadique  et  ils  employèrent  la  solution  la  plus 
faible  à  0,015/1000.  La  réparation  fut  extrêmement 
rapide  laissant  à  sa  suite  une  cicatrice  parfaitement 
lisse,  souple  et  d’excellent  aspect.  La  guérison  s’est 
d  ailleurs  maintenue  depuis  ce  moment.  C’est  à  la  suite 
de  cette  cure  très  heureuse  que  nous  avons  continué  à 
employer  l’acide  vanadique  daus  le  traitement  des  af- 
feclions  cutanées.  Nous  l’avons  expérimenté  dans  des 
maladies  très  différentes  : 

.i!  simples,  accidentelles  ou  chirurgicales. 

Plaies  d’anthrax. 

3°  Lésions  tuberculeuses,  lupus,  abcès  froids  ulcé- 


Lésions  syphilitiques,  secondaires  végétantes  ou 
biques  (comiylomes,  plaques  muqueuses.) 
réês  syphilitiques,  tertiaires,  gommes  ulcé- 

!)*  Chancres  mous. 

i  p*‘^àres  variqueux.  Eczémas  divers. 

Enfin  dans  des  plaies  d'origine  dystrophique  telles 
maux  perforants  plantaires. . 

thérapeutiques . —  Dans  presque  tous  les 
çic  avons  obtenu, sous  l’intluence  de  cet  agent, une 
blirJ''’^Con  très  rapide  :  il  nous  est  impossiblcd’éta- 
trgii  ^  ^^atjon  précise  une  moyenne  de  la  durée  du 
dans  cet  ensemble  d’observations,  étant 
oee  la  nature  très  différente  dos  divers  cas.  Nous 
^  ons  dire  cependant  : 

las  plaies  ordinaires  ont  guéri  le  plus  rapide- 
lésioQ  J  délai  de  lOjoursà  Ssemaines  ;:3‘’queles 
niçj  ^  l^herculeuses  ou  syphilitiques  ouvertes  (gom- 
avecu"^°'“^'^“ses  ou  syphiliques  tertiaires),  ont  guéri 
®lcéré'^*^  f'*'^nde  rapidité.  Les  lésions  syphilitiques  non 
quçj  l®lles  que  plaques  muqueuses  hypertrophi- 
SîUsem  *^°**^ylo'aiesont  été  également  modifiées  avanta- 
et  ont  diminué  de  volume. 


Les  mômes  résultats  ont  été  obtenus  dans  les  cas 
d’eczéma.  Bons  effets  également  dans  les  cbancrcs 
mous.  Quant  aux  ulcères  variqueux,  ils  ont  subi  du 
fait  de  ce  traitement  une  poussée  cicatrisante  après 
laquelle  la  marche  a  été  quelquefois  traînante,  de 
sorte  que,  dans  un  certain  nombre  de  cas,  nous  avons 
dù  ne  l’employer  qu’alternativement  avec  d’autres 
agents  thérapeutiques. 

Cependant  l’acide  vanadique  suffit  seul  d’ordinaire  à 
amener  la  guérison  ;  mais  il  est  bon  de  remplacer  de 
temps  en  temps  dans  les  pansements  la  solution  habi¬ 
tuelle  à  0.05  cent.  p.  lOOO  par  la  solution  forte  à  0,50 
cent,  par  litre,  qui  réveille  un  peu  l’activité  paresseuse 
des  tissus.  On  fait  un  ou  deux  pansements  avec  la 
solution  forte,  puis  on  revient  à  la  solution  faible. 

Les  pansements  ont  toujours  été  bien  supportés  ; 
jamaisnous  n’avons  observé  la  moindre  sensation  désa¬ 
gréable  après  leur  application. 

Dans  un  seul  cas,  nous  n’avons  observé  des  phéno¬ 
mènes  d’intolérance  caractérisés  par  des  éruptions 
érythémateuses  qui  ont  d’ailleurs  disparu  avec  la  ces¬ 
sation  du  traitement. 

Des  applications  de  l’acide  vanadiqüe  en  gyné¬ 
cologie. 

Traitement  de  la  vaginite. 

Indications.  —  Nous  arrivons  maintenant  au  groupé 
d’affections  dans  lequel  nous  avons  expérimenté  notre 
nouvel  agent  thérapeutique  dans  la  plus  large  mesure. 
Nous  voulons  parler  des  inflammations  des  voies  géni¬ 
tales  de  la  femme.  Connaissant  la  désespérante  ténacité 
de  ces  maladies,  nous  avons  voulu  voir  si  l’acide  vana¬ 
dique  ne  pourrait  pas  être  substitué  avec  fruit  aux  divers 
topiques  employés  jusqu’ici  dans  le  traitement  des  va¬ 
ginites,  uréthrites  et  métriles,  qu’elles  soient  ou  non 
d’origine  gonococcique.  Nous  pensions  que  cet  agent 
produisant  une  suractivité  fonctionnelle  des  épithéliums 
et  des  glandes  des  diverses  muqueuses  génitales  pour¬ 
rait  leur  permettre  de  résister  plus  efficacement  aux 
agents  infectieux  et  que  dans  tous  les  cas  où  il  y  aurait 
des  excoriations,  des  ulcérations  ses  propriétés  régéné¬ 
ratrices  vis-à-vis  des  tissus  seraient  d’un  secours  pré¬ 
cieux. 

Manuel  opératoire .  —  C'est  partant  de  ces  idées 
que  nous  avons  traité  nos  vaginites  par  des  pansements 
vanadinés  Après  nettoyage  aussi  soigneux  que  possi¬ 
ble  des  parois  du  vagin  et  en  particulier  des  culs-de- 
sac  au  moyen  de  lavages  à  1  eau  oxygénée,  nous 
séchons  complètement  notre  cavité  au  moyen  de  tam¬ 
pons  d’ouate  hydrophile  aseptique.  Puis  nous  bour¬ 
rons  complètement  le  vagin  de  tampons  largement 
imbibés  de  notre  solution  habituelle. Les  tampons  sont 
laissés  à  demeure  et  changés  toutes  les  vingt-quatre 
heures.  Le  traitement  est  continué  sans  interruption 
sauf  pendant  la  durée  des  règles  jusqu’à  guérison  com¬ 
plète. 

Résultats.  —  Les  pansements  sont  parfaitement 
bien  tolérés;  ils  ne  déterminentaucune  sensation  désa¬ 
gréable  et  aucune  réaction  inflammatoire  ;  on  voit 
sous  leur  influence  les  écoulements  purulents  diminuer 
rapidement  et  bientôt  se  tarir  complètement;  les  parois 
vaginales  rouges,  granuleuses,  enflammées  et  dou¬ 
loureuses  perdent  leur  sensibilité  exagérée,  pâlissent 
et  redeviennent  lisses.  La  durée  du  traitement  varie 


436  LE  PROGRÈS  MEDICAL 


évidemment  suivant  le  degré  de  l’inflammation, suivant 
que  l’on  a  affaire  à  un  processus  aigu  ou  chronique  ; 
les  vaginites  aiguës  se  modifient  plus  rapidement  que 
les  écoulements  invétérés.  Mais  la  guérison  est  la  règle 
en  un  temps  relativement  court.  Dans  tous  les  cas  que 
nous  avons  observés  elle  est  survenue  dans  l’espace  de 
1(5  jours  à  deux  mois;  ce  dernier  terme  étant  une  limite 
extrême  qui  n’a  jamais  été  dépassée  et  le  plus  soU’ 
vent  n’a  pas  été  atteinte  ;  les  vaginites  qui  nous  ont 
demandé  6  semaines  à  deux  mois  de  traitement  étaient 
des  cas  intenses  avec  parois  irritées  chroniquement, plus 
ou  moins  végétantes  et  profondément  altérées  par  le 
processus  inflammatoire.  Au  contraire  dans  les  cas 
récents,  où  l’écoulement  était  le  phénomène  prédomi¬ 
nant,  nous  avons  pu  en  débarrasser  nos  malades  en 
quatre  ù  cinq  semaines. 

Traitement  de  ruréthrite.  —  Le  traitement  de  l'u- 
-réthrite  par  l'A.  V.  ne  nous  a  pas,  il  faut  le  dire,  donné 
d'aussi  bons  résultats  que  celui  de  la  vaginite;  de  cela 
personne  ne  songera  à  s'étonner,  car  tout  le  monde 
connaît  cette  ténacité  des  écoulements  uréthraux  chro¬ 
niques  aussi  bien  chez  la  femme  que  chez  l'homme  ; 
■cela  tient  d'ailleursà  plusieurs  causes  :  difficulté  de  faire 
pénétrer  un  topique  dans  les  culs-de-sac  glandulaires, 
impossibilité  de  faire  sur  la  muqueuse  uréthrale  un 
pansement  à  demeure.  11  faut  se  contenter  de  lavages 
plus  ou  moins  répétés,  de  badigeonnages  dans  l'inter¬ 
valle  desquels  les  agents  infectieux  ont  toute  liberté 
d'exercer  leurs  ravages.  Cependant  nous  avons  traité 
systématiquement  un  assez  grand  nombre  d'urèthres 
•féminins  au  moyen  do  badigeonnages  à  l'acide  vana- 
dique.  Nous  avons  employé  d’abord  une  solution  à 
D.17  c.  par  litre  de  glycérine  puis  la  sol  utidn  à  0,05  pour 
1000. 

Voici  quel  est  notre  manuel  opératoire  :  nous  nous 
'servonsde  liges  métalliques  en  cuivre  rouge  recuit,  de 
-8  à  i6  centimètres  de  longueur  environ,  montées  sur 
des  manches  en  acier  nickelé.  Ces  tiges  sont  très  mal¬ 
léables  et  prennent  très  facilement  la  courbure  que  l’on 
veut  leur  donner,  elles  sont  de  section  quadrilatère  ; 
leurs  faces  sont  garnies  de  petites  aspérités  ou  creusées 
d’un  pas  de  vis  ;  autour  de  ces  liges  préalablement 
flambées  on  enroule  unepelite  quantité  d'ouate  hydro¬ 
phile  de  façon  à  former  une  sorte  de  petit  pinceau  très 
étroit,  mais  aussi  long  que  l'urèthre;  les  arêtes  et  les 
aspérités  de  la  tige  de  cuivre  empêchent  la  garniture 
d’ouate  de  se  déplacer  et  d’abandonner  son  mandrin. 
L’instrument  ainsi  préparé  est  rapidement  passé  à  la 
flamme  puis  trempé  dans  notre  solution  vanadinée. 
Lafemmeétant  en  position  surle  lit  à  spéculum,  on 
introduit  avec  précautions  l’extrémité  do  la  tige  dans 
l’orifice  externe  de  l'urèthre  et  on  l’enfonce  progressi¬ 
vement  dans  le  canal  avec  précautions.  Lorsque  le 
tampon  a  complètement  pénétré  on  imprime  à  l’ins¬ 
trument  quelques  mouvements  df;  va  et  vient  et  de 
rotation  de  façon  à  bien  badigeonner  toute  la  surface 
de  la  muqueuse.  Puis  la  tige  est  ressortie.  Cette  petite 
opération,  très  simple,  n’est  nullement  douloureuse 
pour  la  femme  et  n’est  même  d’aucune  gêne;  quelque¬ 
fois  cependant  on  observe  un  léger  suintement  san¬ 
guin  qui  suit  immédiatement  le  retrait  de  la  tige,  mais 
qui  est  dù  à  l'irritation  trop  vive  de  la  muqueuse  en¬ 
flammée  parlcpassagede l’instrument.  Ces  badigeonna¬ 
ges  à  facido  vanadique  doivent  être  répétés  au  moins 
tous  les  jours  et,  dans  les  cas  intenses,  deux  fois  par 
jour.  On  peut  d’ailleurs,  dans  l’intervalle  de  cés  badi¬ 
geonnages,  introduire  dans  l’urèthre,  au  moyen  d’une 


I  pince  de  Ivocher,  un  long  tampon  cylindrique  du  calib^ 

de  l’urèthre  que  l’on  laisse  dans  le  canal  ;  le  tampon  «J 
expulsé  à  la  miction  suivante  :•  on  augmente  ainsi  h 
durée  du  contact  de  la  muqueuse  uréthrale  avec  l’agonj 
actif.  ” 

11  nous  faut  reconnaître  que  nous  n'avons  pas  applj.  i 
qué  ce  traitement  dans  toute  sa  méthodique  rigueur  i 
dans  notre  service  de  Saint-Lazare;  nos  malades  n'ont  ! 
étéécouvillonnées  que  tous  les  deux  jours  ;  peut-êire 
est-ce  pour  cela  que  nos  résultats  n’ont  pas  été  meil¬ 
leurs  ?  ?  ^ 

Trîiitement  des  inétrites.  Nous  avons  encore  e.^sayé  : 
l'acide  vanadique  dans  le  traitement  des  e?idomeiriies  \ 
et  surtout  des  métriles  d’origine  blennorrhagique,lcgo- 
nocoque  étant  la  grande  cause  des  infections  utérines  | 
que  nous  observons  à  Saint-Lazare.  Nous  avons  traité 
ainsi  une  quarantaine  de  métiites,  les  unes  de  date  ! 
récente,  les  autres  chroniques,  dont  le  début  reftionlait 
parfois  à  plusieurs  années. 

Manuel  opératoire.  Dans  cette  affection  c’est  encore 
à  l’écouvillonnage  que  nous  avons  eu  reçours.  Nous 
nous  sommes  servis,  pour  porter  notre  topique  au  con¬ 
tact  de  la  muqueuse  utérine,  des  mêmes  tiges  de 
cuivre  que  pour  le  traitement  des  uréthrites.  (Juantà! 
la  solution  employée,  son  titre  a  été  progressivement 
abaissé  ;  au  début,  nous  prenions  une  solution  forte  à 
0,  50  pour  1000  ;  nous  sommes  descendus  à  0,25, 0,15, et 
enfin  0,05  par  litre.  En  effet,  nous  avons  remarqué 
que  là,  comme  partout  ailleurs,  l’acide  vanadique  pa¬ 
raît  agir  d’autant  mieux  qu'il  est  plus  dilué.  Il  est  en  ^ 
efl’et  probable  que, trop  concentré,  il  produit  une  initia¬ 
tion  trop  intense  qui  loin  de  calmer  l’inflammation  de 
la  muqueuse  tend  bientôt  à  l’exagérer.  Nous  nous  en 
sommes  tenus  en  dernier  lieu  à  la  dose  de  0,05  par 
litre  pour  les  badigeonnages  intra-utérins.  f 

Ceci  dit,  notre  technique  n’a  rien  de  particulier,  li 
malade  est  plaçée  dans  le  décubitus  dorsal  sur  le  Id 
d’examen  ;  après  avoir  introduit  un  spéculum, 
cède  à  un  nettoyage  soigné  du  vagin  et  en  particulicfdcs 
culs-de-sac  au  moyen  de  tampons  imbibés  d’eau  oxy- 
génée.  _ 

11  est  presque  toujours  inutile  de  pratiquer  une 
tation  préalable  du  col  ;cependant,  en  cas  de  sténose  i 
pourra  être  utile  de  faire  soit  une  divulsion  extemp<^' 
ranée  au  moyen  d’un  dilatateur,  soit  de  |ilacer  u»  . 
tige  de  laminaire  la  veille  de  l'intervenlion  ;  en  elk  >  ■ 
la  dilatation  permet  d<‘  se  servir  de  tampons  plus  'O 
mineux  et  d'évoluer  plue  librement  dans  la 
utérine  et  par  suite, de  porter  plus  facilement  D 
pique  sur  tous  les  points  de  la  muqueuse  :  de  plu- 
surtout,  la  dilatation  permet  un  écoulement  ^u^n^  ^ 
sécrétions  purulentes  et  assure  le  drainage  de  la  ea' 
utérine.  Cependant,  la  dilatation  n’est  pas 
indispensable  et  nous  ne  l’avons  pas  pratiquée 
nos  malades  ;  dans  le  cas  de  métrile  limitée  uu 
avec  écoulement  peu  abondant,  le  simple 
pinceau  suffit  toujours  à  élargir  le  canal  cervical 
que  le  drainage  se  fasse  bien.  Nous  avons  fait 
quescas  des  lavages  intrautérins  au  moyen  de 
solution.  Mais  nous  n’avons  pas  obtenu  de  hici  ^ 
résultats  que  par  le  simple  écouvillonnage.  roul*  J 

Nous  employons  habituellement  le  tamp'^u 
autour  d’une  lige  de  cuivre  ;  il  est  en  tous  , 

sant  pour  badigeonner  les  parois  de  la  cavité  u  e  . 

Donc  après  avoir  reconnu  au  moyen  du  ' 

de  l’hystéromètre  la  position  de  l’utérus  et  la  .  gpr^ 
de  sa  cavité,  on  introduira  le  porte  topique  chois* 


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tÜSOFORME 


LE  PROGRES  MÉDICAL 


437 


|.  jj.  soigneusement  stérilisé  ,  pour  le  pinceau  d'ouate 
passage  dans  la  flamme  d’un  bec  Bunsen 
à  l’aseptiser,  et  imbibé  de  la  solution  glycérinée 
P  eide  vanadique  à  0,05  pour  1000,  on  imprimera  au 
'nceau  quelques  mouvements  de  rotation  sur  lui-raê- 
de  façon  à  ne  laisser  indemne  aucun  point  de  la 
muqueuse  malade,  puis  on  retirera  l’instrument  et  l’on 
terminera  en, plaint  dans  le  vagin  un  tampon  imbibé 
la  même  solution.  .  .  ,  . 

Celte  petite  opération  très  simple  n  est  nullement 
^loureuse,  jamais  nous  n’avons  observé  le  moindre 
troublechez  nos  malades  soumis  à  ces  pansements. 

Les  badigeonnages  doivent  être  répétés  tous  les  deux 
jours.  Il  est  préférable  de  commencer  le  traitement  im¬ 
médiatement  après  une  époque  menstruelle  de  manière 
àivoirun  mois  devant  soi  pour  faire  un  traitement  suivi. 
Carton  suspendra,  bien  entendu,  toute  intervention 
pendant  la  durée  desrègles.  Si,  après  leur  cessation, l’é- 
TOulement  n’est  pas  complètement  tari,  quelques  nou¬ 
veaux  écouvillonnages  amèneront  en  général  sa  dispari¬ 
tion  définitive. 

,  Ainsi  employéj’acide  vanadique  no  us  a  per-. 

mis  d’obtenir  ia  guérison  dans  la  majorité  des  cas  ;  dès 
les  premiers  badigeonnagns,  l'écoulement  est  le  plus 
souventdéjà  considérablement  modifié;  il  est  beaucoup 
moins  abondant  et  prend  un  aspect  séro-purulent,  puis 
transparent,  au  lieu  de  la  teinte  jaune  verdâtre,  fran¬ 
chement  purulente,  qu’il  avait  au  début.  Il  devient 
plus  clair  et  de  moins  en  moins  visqueux  ;  il  finit  par 
disparaître  complètement.  Quelquefois  on  observe 
pendant  la  durée  du  traitement  un  peu  de  rougeur 
au  pourtour  de  l’orifice  externe  du  col,  disparaissant 
rapidement  dès  que  la  série  d’écouvillonnages  est  ter- 
mmée.  Cependant, il  faut  bien  le  dire, il  est  un  certain 
nombre  de  vieilles  endométrites  qui  résistent  à  l’aci¬ 
de  vanadique, et  réclament  un  traitement  plus  énergique. 
Ce  sont  les  cas  où  l’on  à  affaire  à  des  cols  utérins  vo- 
IninineuK  bourgeonnants  et  fongueux  ;  dans  ces  cas,  il 
suffit  de  faire,  selon  le  procédé  préconisé  par  M.  Le 
®lond  et  exposé  dans  la  thèse  de  M.  Page,  ancien  in- 
lerne  de  Saint-Lazare,  :2ou  3 badigeonnages  intra-uté- 
■^nçs  à  l'acide  nitrique,  espacés  à  huit  jours  d'inter- 
raile  ;  on  peut  ensuite  employer  avec  fruit  l’acide  va- 
®adique  qui  active  considérablement  la  guérison. 
^Conclusions.  En  résumé,  l’acide  vanadique  est  un 
^®nt  d’oxydation  énergique  ;  il  agit  à  la  manière  des 
,  L  ferrugineuses,  mais  à  un  degré  plus  élevé. 

''^anadique,  en  présence  d’un  ecrps  organique, 
ou*  oxygène  qui  va  oxyder  cette  matière  organi- 
U  passe  à  l'état  d’acide  hypovanadique;il  se  régé- 
son*  ®™pruntant  de  l'oxygène  à  l’air,  puis  reperd 
fini  pour  le  reprendre,  et  ainsi  de  suite,  indé- 

tant  qu’une  parcelle  vanadique  séjourne  dans 
ou  à  leur  surface. 

,  onte  cette  étude  nous  permet  de  préciser  les  con- 
"“^/oas  suivantes: 

Celle  i^^^.vaaadique  chimiquement  pur  est  un  ex- 

®'®dicament  qui  mérite  une  large  place  dans' 
tal  ®^®®Tîal  thérapeutique,  tant  à  titre  de  topique  lo- 
v ^  de  stimulant  général. 

cicatfj  toatenétant  antiseptique,  un  pouvoir 

setae  qui  le  rend  supérieur  à  tous  les  autres  pan- 
Cad*  *^*as  le  traitement  des  plaies  cutanées. 

0,05ep'*f®  la  plus  favorable  pour  cet  usage  est  celle  de 
soluf:„  litre  d’eau  obtenue  en  diluant  au  1  iO  la 

3"yûd’oxydasine. 

P®ut  rendre  de,  grands,  services  en  gynécologie 


tout  en  ne  donnant  pas  des  résultats  de  beaucoup  su¬ 
périeurs  ù  ceux  obtenus  avec  d’autres  topiques,  il  mé¬ 
rite  cependant  d’être  préféré  à  la  glycérine  créosotée, 
et,  à  cause  de  son  absence  d’odeur, à  Tichthyol  ;  à  cause 
de  son  apparence  plus  agréable  et  de  la  façon,  par  suite, 
dont  il  est  toléré . 

La  solution  plus  favorable  pour  cet  usage  est  celle 
obtenue  en  ajoutant  à  un  volume  d’oxydasine  deux  vo¬ 
lumes  de  glycérine,  ce  qui  répond  à  une  solution  con¬ 
tenant  0,17  cent,  d’agent  actif  par  litre. 

4“  Au  point  de  vue  général,  il  est  un  adjuvant  très 
récieux  du  traitement  de  la  tuberculose  pulmonaire  à 
1  dose  quotidienne  de  2  cuillerées  à  soupe  par  jour 
d’une  solution  aDjOlo  milligr.  par  litre. 


NARCYL  GRÉMY  médicament  spéciû- 

que  de  la  toux,  spécialement  de  la  toux  des  tu¬ 
berculeux. 


BULLETIN  DU  PROGRÈS  MÉDICAL 

Le  confi  t  médico-mutualiste  et  la  défense 
professionnelle.  • 

Notre  distingué  confrère,  le  Ib  Granjux,  dont  tout  le 
monde  connaît  le  dévouement  à  la  cause  profession¬ 
nelle,  a  exprimé,  dans  nn  article  du  Bulletin  médicûi 
du  4  juillet  1906,  intitulé  :«  Un  danger  »,  des  craintes 
sur  l’avenir  des  syndicats  médicaux.  M.  Granjux  est 
effrayé  par  la  proposition  d'un  de  nos  confrères  qui 
voudrait,  par  mesure  d’économie,  faire  transporter  le 
siège  social  du  Syndicat  des  médecins  de  la  Seine  à  la 
Bourse  du  travail.  Nous  croyons  que  M.  Granjux 
ajoute  à  cette  boutade  bien  plus  d’importance  que  son 
auteur  môme  ;  qu’il  se  rassure,  ce  transfert  n’est  pas, 
croyons-nous,  sur  le  point  de  s’opérer. 

A  ce  propos,  le  distingué  secrétaire  de  la  rédaction 
du  Bulletin  Médical  rappelle  les  menaces  formulées 
contre  le  corps  médical  dans  le  numéro  du  15  mai  1906 
de  la  Mutualité  Nationale.  Ges  menaces  sont  catégo¬ 
riques  ;  il  est  bon  de  les  répéter  et  de  les  divulguer, 
bien  qu’elles  ne  soient  guère  pour  nous  émouvoir. 
Proférées  par  des  mutualistes  irrités  des  progrès  des 
syndicats  médicaux,  elles  sont  destinées  à  reculer  le 
moment  où  doit  cesser  l'exploitation  du  médecin  par 
les  sociétés  de  secours  mutuels. 

Le  journal  mutualiste  commence  par  vouer  les  syn¬ 
dicats  médicaux  aux  foudres  d’une  législation  nouvelle 
en  les  avertissant  charitablement, 

«  Que  si  malgré  le  vif  désir  des  mutualistes  de  vivre 
«  en  bonne  intelligence  avec  les  médecins,  ils  doivent 
<1  passer  à  l’état  de  défense  contre  des  exigences  im- 
«  modérées,  l’abrogation  de  l’article  13  de  la  loi  du  3Ô 
«  novembre  1892, conférant  par  exception  au  corps  mé- 
<<  dical  le  bénéfice  de  la  loi  du  21  mars  1884  sur  les 
«  syndicats  professionnels,  pourrait  s'imposer,  et  alors, 
K  il  y  aurait  lieu  de  porter  cette  question  à  l’ordre  du 
«  jour  du  congrès  national  de  la  mutualité  qui  se  tien- 
«  dra  à  Nice,  l'an  prochain  ». 

Cette  menace  nous  fait  sourire.  Les  mutualistes  au¬ 
ront,  d’abord,  quelque  peine  à  démontrer  les  exigences 


438 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


immodérées  des  médecins  à  leur  égard.  Et,  n’est-ce 
pas,  en  outre,  avec  une  légèreté  quelque  peu  témé¬ 
raire  qu’ils  escomptent  le  vote,  à  l’heure  actuelle,  d'une 
loi  restrictive  à  la  liberté  syndicale  ?  Le  moment  est 
bien  mal  choisi,  ô  Mutualité  Nationale  !  pour  perpétrer 
de  tels  complots.  Nous  ne  sommes  pas  très  sûrs  que 
nos  Parlementaires  tiennent  beaucoup  à  l’existence  des 
syndicats  médicaux,  mais  nous  sommes  bien  certains, 
qu’en  vertu  de  l’adage  :  Hodie  mihi,  cras  tibi,  une  pro¬ 
position  quelconque  de  restriction  du  développement 
syndical  rencontrerait  une  résistance  des  plus  vives 
dans  les  milieux  syndicalistes.  Et,  au  Parlement,  les 
syndicalistes  sont  et  seront  au  moins  aussi  puissants 
que  les  mutualistes. 

Et  puis,  supposons  qu’on  abroge  l’article  13  de  la 
loi  de  1892  et  que  les  syndicats  médicaux  perdent  leur 
existence  légale.  La  belle  affaire  1  Les  médecins  seraient- 
ils  pour  cela  privés  du  droit  d’association  et  ne  pour¬ 
raient-ils  plus  se  concerter?  Si  nous  gardons  à  nos 
groupements  professionnels  le  nom  de  syndicats,  c’est 
purement  par  franchise,  c’est  pour  bien  affirmer  leur 
rôle  ;  le  sacrifice  de  ce  nom  nous  coûtera  peu.  Les 
médecins  sontassez  sérieux  pour  tenir  moins  à  un  mot 
qu’au  but  qu’ils  veulent  atteindre  ;  et,  ce  but,  il  ne 
peut  y  avoir  de  lois,  dans  une  démocratie,  pour  les 
empêcher  de  le  poursuivre.  11  suffirait  même,  croyons- 
nous,  d’un  soupçon  de  persécution  pour  rallier  les 
dissidents  et  réveiller  les  endormis.  Croyez -nous, 
Mutualité  nationale,  si  cela  arrivait,  vous  n’y  trouve¬ 
riez  guère  votre  compte  ! 

Une  menace  en  apparence  plus  grave  nous  a  été  faite  ; 
«  Puisque  la  suppression  des  syndicats  médicaux  ne 
paraît  pas  vous  effrayer  beaucoup,  nous  disait  un  jour, 
très  sérieusement,  un  mutualiste  de  marque,  ne  crai¬ 
gnez-vous  pas  qu’on  puisse  vous  atteindre  par  l’abro¬ 
gation  du  privilège  des  médecins  ?  » 

Le  privilège  des  médecins  !  Mais,  sérieusement, 
existe-t-il  ?  Et  s’il  existe,  en  faveur  de  qui  ?  Le 
Congrès  pour  la  répression  de  l'exercice  illégal  de  la 
médecine  n’a-t-il  pas  absolument  démontré  l’impuis¬ 
sance  complète, avec  notre  législation, de  faire  respecter 
ce  prétendu  privilège?  La  pénalité  édictée  par  nos  lois 
contre  les  charlatans  n’est  guère  qu’un  épouvantail 
pour  un  menu  fretin  de  guérisseurs  qui  conservent 
encore  quelques  scrupules  ;  mais  les  autres,  ceux  qui 
sont  vraiment  dangereux,  les  malins  qui  opèrent  en 
grand,  ceux-là  savent  sans  peine  tourner  la  loi  ou  se 
moquent  de  son  impuissance. 

Avec  la  liberté  de  l’exercice  de  la  médecine,  c’est  le 
malade  et  non  le  médecin  qui  sera  la  première  victime 
du  charlatanisme. 

Dans  une  législation  logique  et  moderne,  les  me¬ 
sures  destinées  à  mettre  un  frein  à  l’exploitation  de  la 
misère  humaine  devraient  être  de  simples  articles  de 
la  loi  sur  la  protection  de  la  santé  publique.  U  est 
néanmoins  piquant  de  constater  ces  tendances  dans  le 
milieu  mutualiste.  Ce  sont  ces  mutualistes  criant  par¬ 
dessus  les  toits  qu’ils  poursuivent  une  œuvre  d’hy¬ 
giène  sociale,  qu’ils  parviendront  seuls  à  créer  les 
organismes  de  prophylaxie  nécessaires  à  la  lutte  victo¬ 
rieuse  contre  les  grands  fléaux,  ce  sont  ces  soi-disant 


chevaliers  servants  du  progrès  social  et  de  la  scient^ 
moderne  qui  s’abaissent  à  de  pareilles  menaces  poi, 
arrachera  des  praticiens  modestes,  qui  veulent  vivrejj 
leur  profession,  un  rabais  de  quelques  sous  sur  dçj 
honoraires,  que  disons-nous,  sur  des  salaires  de  mi, 
sère. 

Mais  ceux  qui  parlent  ainsi  ne  sont  pas,  nous  en 
sommes  certains,  les  vrais  représentants  de  la  mutaj. 
lité  française.  Les  hommes  d’élite  qui  dirigent  ch® 
nous  le  mouvement  mutualiste  sont  trop  intelligents 
pour  ne  pas  comprendre  que  c’est  par  d’autres  voies 
qu’ils  arriveront  au  terrain  d’entente  où  cessera  bien¬ 
tôt,  nous  l’espérons,  le  conflit  médico-mutualiste. 

J.  Noir. 


DIONINE-MERCK  spécifique  de  la  TOUX  et  de  la  DOüLEn 
pIiiH  active,  moins  toxique  que  les 
opiacés  et  tous  leurs  dérivés,  même  synthétiques. 

SÉDATION  IMMÉDIATE  de  la  TOUX 

SIROP  DU  D-  BOUSQUET,  A  LA  DIONINE-iyiERCK 

0,01  par  cuil.  à  bouche,  avec  2  gll“  de  Bromofornie  (4  à  Sparjonr) 


SOCIETES  SAVANTES 

SOCIÉTÉ  DE  BIOLOGIE 
Séance  du  30  juin  1906. 

MM.  H.  Roger  et  G.vrnier  ont  observé  qu’en  introduisaul 
dans  les  veines  périphériques  du  lapin  l’extrait  intestinal 
d’un  chien  en  digestion,  on  détermine  rapidement  la  mort 
par  convulsions  ;  à  l’autopsie,  ni  dans  le  système  veinem 
généi’al,  ni  dans  celui  de  la  veine  porte,  on  ne  retrouve  de 
caillots  ;  l’extrait  des  matières  intestinales  a  donc  une  action 
anti-coagulante  ;  le  sang  prélevé  après  la  mort  de  l’animal  se 
coagule  lentement. 

Injecté  dans  la  veine  porte,  la  toxicité  de  l’extrait  est  dimj- 
nué  et  il  en  faut  4  fois  plus  pour  amener  la  mort  del’animu- 
A  l’autopsie,  on  trouve  des  caillots  dans  les  ramifications ** 
dans  le  tronc  de  la  veine  porte.  Dans  une  artère  de  l’intestin- 
cet  extrait  est  encore  moins  toxique  et  cette  diminution  dé  jà 
toxicité  est  dans  ces  nombreux  caillots  qui  se  forment  dans t* 
veine  porte,  qui  empêchent  le  passage  dans  la  circulation  gO' 
nérale  de  la  toxine  de  l'extrait. 

Ici, la  formation  du  caillot  est  protectrice  et  pare  aux  acO' 
dents  immédiats.  Mais  cette  action  de  défense  ne  I>euts*n 
complir  s’il  s’agit  d’une  artère  qui  ne  passe  pas  par  la 
porte,  c’est-à-dire  autre  que  celle  de  l’intestin,  par  exemp 
la  carotide  primitive,il  n’y  a  plus  coagulation  et  la  morts® 
vient  avec  une  dose  trois  fois  moindre  que  sur  la  veine  F 
phérique. 

Réaction  des  cellules  nerveuses  de  la  moelle  et  neuronofetts* 
dans  la  rage  expérimentale. 

MM.  L.xigmel-Lw.vstine  et  Roger  Voisin  ont  étudié 
giquement  la  moelle  du  lapin  rabique.  Les  lésions  des  ce 
les  nerveuses, dans  l’intoxication  rabique  expérimentale, F 
vent  se  ramener  à  3  stades. 

1"  Gonflement  et  déformation  sphérique  des  granule 
chromatiques  de  Nissl  : 

2“  Fonte  des  granulations  et  vacuolisation  du  protopl®®^ 

3“  Ouverture  des  vacuoles  à  l’extérieur  et  envahisse 
par  les  cellules  névrogliques  ou  mésodermiques.  j^t 

La  rage  réalise  des  figures  de  neuronophagie,  mais 
aspect  le  rôle  primordial  revient  à  la  désintégration  P 
plasmique  ;  l’afflux  des  neuronophages  est  secondaire- 

Cirrhose  et  oj)siurû.  ^(,i- 

MM.  Gilbert  et  Vili..xret  ont  constaté,  au  cours  de 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


439 


cirrhoses  où  le  syndrome  d’hypertension  portale  est  très 
la  diminution  et  même  la  disparition  de  l’opsiu- 
■  deux  mois  après  une  opération  de  Talma  qui  diminua  la 
Ijithore  veineuse  en  établissant  des  dérivations  veineuses  su- 
«rficielles.  . 

^  Pouvoir  (jlyrolytique  du  sang. 

\1M.  Lesné  et  Dreyfus,  sachant  la  difficulté  qu’il  y  a  à  faire 
varier  la  propriété  glycolytique  du  sang,  ont  traité  des  ani¬ 
maux,  longtemps  et  systématiquement,  par  des  injections 
sons-cutanées  de  glycose,  d’extrait  de  foie  ou  de  pancréas, 
ou  phloridizines.  Le  pouvoir  glycolytique  du  sang  des  ani¬ 
maux  traités  par  ces  injections  ne  varie  pas.  Ce  sang  n’exerce 
donc  aucune  action  sur  la  glycosurie  des  chiens  dépancréa- 
linisés  et  son  sérum  n’acquiert  aucune  propriété  de  précipités 
en  présence  du  glycose.  Il  a  un  pouvoir  glycolytique  in  vitro 
égal  à  celui  du  sang  des  animaux  normaux. 

Les  injections  d’extrait  de  foie  ou  de  pancréas  n’influencent 
pas  l'élimination  du  sucre,  et  le  sang  des  animaux  ainsi  traités 
reste  sans  action  sur  la  glycosurie  des  chiens  dépancréatinisés. 
In  vitro,  le  pouvoir  glycolytique  du  sang  de  ces  animaux  est 
augmenté.  Chez  les  animaux  phloridizinés,  le  pouvoir  glyco- 
lïlique  n’a  pas  augmenté  in  vitro  et  il  n’y  a  aucune  modifi¬ 
cation  dans  l’élimination  du  sucre  injecté.  L’ablation  des 
reins  montre  que  le  pouvoir  glycolytique  du  sang  reste  le. 
même  chez  les  animaux  néphrectomisés  avant  l’injection  de 
phloridizine. 

Hypothyroïdies  et  angines. 

MM.  L.  Lévy  et  H.  de  Rothschild  ont,  sur  95  hypothyroi- 
diens,observé  26  fois  des  angines  à  répétition,  sur  19  femmes 
et  7  hommes.  Ces  cas  se  sont  présentés  à  la  puberté,  au  mo¬ 
ment  des  menstruations,  des  suites  de  couches.  Les  angines 
sont  survenues  irrégulièrement,  mais  parfois  avec  une  pério¬ 
dicité  remarquable.  Dans  deux  cas,  le  traitement  thyroïdien 
a  déterminé  la  disparition  des  angines,  manifestant  nette¬ 
ment  finfluence  du  terrain  et  diminuant  le  rôle  de  l’infection  ; 
cçqui  explique  le  peu  de  contagiosité  de  cette  variété  d'an¬ 
ge.  Ces  angines  sont  fréquemment  herpétiques,  les  liens 
de  l’hypothyro'idie  avec  l'arthritisme,  partant  avec  l’herpé- 
tisme,  étant  nets. 

Gastro-cylolysine. 

MM.  G.  Lion  et  H.  Français  étudient  des  lésions  de  la  mu¬ 
queuse  gastrique  déterminées  chez  le  chien  par  inoculation 
UC  leur  gastro-cytolysine.  Cette  substance  agit  presque  uni¬ 
quement  sur  les  glandes  gastriques  qui  s’altèrent  rapide- 
®unt;  sans  action  sur  le  tissu  interstitiel.  Les  cellules  princi- 
plus  altérées,  perdent  leur  réseau  cytoplasmique  et 

murs  granulations. 

Ctuuiiiution  colloïde  des  sucs  pancréatiques  et  gastriques. 

H.  IscovEsco  conclut  de  ses  études  que  :  1°  les  colloïdes 
«Us  du  suc  pancréatique  forment  un  composé  soluble 
un  milieu  neutre  ;  2°  les  collo'ides  positifs  du  sucgas- 
tiOQ  •  ?®uvent  neutraliser  l’action  diastasique  du  suc  pancréa- 
Wnc  ’  paralysante  du  suc  gastrique  sur  le  suc 

U  ii’est  pas  due  à  l’acidité  du  sac  gastrique  mais  à 

et  à  la  neutralisation  des  diastases  pancréatiques 
négatives  sur  les  diastases  gastriques  électro-positives. 


.\CADËMIE  DE  MÉDECINE 
Séance  du  10  juillet. 

^  L'impaludisme  à  Madagascar. 

dist^P^^.'^uxRD  montre  qu’une  redoutable  épidémie  de  palu- 
®ï^tuellement  sur  Madagascar. 

Unie  jj’ jusque-là  assez  salubre  en  raison  de  son  alti- 
*U>clion  H  épargné.  Les  terrassements  faits  pour  la  cons- 
^  1^  chemin  de  fer  ont,  comme  cela  a  si  souvent  lieu 
Voicj  *^copicaux,  réveillé  la  malaria. 

'ille  m,:  ®ulenrs  la  statistique  des  décès  palustres  dans  cette 
compte  que  àO.l'OO  habitants  : 


En  1900 .  48  décès  par  impaludisme. 

1901  .  77  —  — 

1902  .  104  —  — 

1903  .  137  -  - 

1904  .  277  —  — 

1905  .  686  —  — 

Pour  les  quatre  premiers  mois  de  1906,  le  nombre  des  décès 

devient  très  sérieux  et  atteint  980. 

Jusqu’à  présent,  bien  que  la  quinine  ait  été  mise  largement 
et  à  très  bon  marché  (0  fr.  05  le  gramme)  à  la  disposition  des 
habitants,  la  situation  ne  s'améliore  pas. 

M.  Blanchard  réclame  l’application  immédiate  et  stricte  de 
mesures  analogues  à  celles  qui,  grâce  à  l’énergie  des  .Améri¬ 
cains,  ont  fait  disparaître  la  fièvre  jaune  à  Cuba. 

Les  mesures  dont  il  s’agit  sont  de  deux  sortes  :  1“  la  des¬ 
truction  complète  (par  pétrolage  ou  comblement)  de  tous  les 
gîtes  à  moustîques;  2°  l’usage  des  toiles  métalliques  pour 
préserver  les  habitations  contre  l’invasion  de  ces  insectes. 

Pour  les  toiles  métalli([ues,  M.  Blanchard  recommande 
l’emploi  de  mailles  n’ayant  pas  plus  d’un  millimètre  de 
largeur,  au  lieu  des  mailles  plus  larges  en  usage  à  Cuba  et 
en  Italie,  parce  que  les  moustiques  africains  sont  de  très 
petite  taille. 

Ce  rôle  des  moustiques  a  été,  pendant  les  travaux  de  ter¬ 
rassement,  des  plus  remarquables  et  confirme  entièrement 
les  idées  pathogéniques  de  AI.  Laveran. 

A  mesure  que  les  travaux  se  faisaient,  les  ouvriers  étaient 
suivis  par  deux  espèces  de  moustiques  jusqu’alors  ignorés  à 
Tananarive,  et  très  répandus  depuis  :  le  pyrelopkoriis  coslalis 
et  le  myzomya  fnnesta. 

Le  paludisme  et  la  fièvre  jaune  au  Sénégal. 

M.  Kermorgant  montre  les  très  bons  effets  obtenus  par  la 
Compagnie  du  chemin  de  fer  de  Dakar  à  Saint  Louis  en 
imposant  les  grillages  métalliques  pour  protéger  ses  agents 
contre  f  impaludisme  et  la  fièvre  jaune.  L’amélioration  sani¬ 
taire  fut  remarquable. 

A  Saint-Louis,  en  1902-1903,  avant  la  protection  des  habita¬ 
tions  par  les  toiles  métalliijues,  on  avait  relevé  139  journées 
d’hôpital  et  44  journées  d’incapacité  de  travail  pour  10  agents 
malades  de  cette  station  :  en  1904-05,  depuis  la  protection 
mécanique,  le  nombre  des  journées  d’hôpital  s’est  abaissé 
à  13  et  l’on  n’a  constaté  que  13  jours  d’incapacité  de  travail 
pour  deux  agents  malades.  Les  mêmes  proportions  existent 
pour  les  autres  gares. 

Les  taies  de  la  cornée. 

M.  Chauvkl  montre  les  bons  résultats  obtenus  par  M. 
Schutzer  en  employant  les  agents  physiques  :  électrolyse,  ra¬ 
diothérapie  et  surtout  photothérapie.  Celle-ci  produit  une 
infiltration  marquée  des  tissus.  Mais,  après  quelques  heures, 
l’infiltration  disparaît  laîssant  une  grande  amélioration  de 
l’acuité  visuelle. 

La  séance  se  termine  par  la  lecture  de  plusieurs  rapports  : 

De  M.  Yvon,  sur  les  eaux  minérales  ; 

De  M.  Kelsch,  sur  la  vaccine  en  .Algérie  ; 

De  M.  Laveran,  sur  la  désinfection  dans  la  guerre  russo- 
japonaise  et  sur  les  moyens  indiqués  dans  l’étude  de  M.  La¬ 
veran  qui  fut  récemment  analysée.  .A. -F.  Plicque. 


SOCIÉTÉ  MÉDICALE  DES  IIOPIT.AU.Y 
Séance  du  (>  juillet. 

Démence  épileptique.  Autopsie. 

MM.  J.  Voisin.  R.  Voisin  et  Laignkl-Lavastine  ont  fait  l'au¬ 
topsie  de  deux  cas  de  démence  épileptique.  Ces  enfants  après 
des  accès  sériels  où  après  des  états  de  mal,  ont  fait  de  l’hémi¬ 
plégie  transitoire,  puis  la  démence  s’est  installée  lentement  : 
parole  lente  et  scandée,  marche  hésitante  et  spasmodique, 
réflexes  exagérés,  signe  de  Babinski  en  extension,  contrac¬ 
tures.  Marche  progressive,  mort  dans  le  marasme. 

Les  méninges  ne  présentaient  pas  de  lésions  vasculaires,  la 
moelle  était  presque  complètement  intacte.  La  substance  céré¬ 
brale,  examinée  par  la  méthode  de  Nissl,  présenta  des  lésions 


440 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


des  cellules  pyramidales  et  une  sclérose  névroglique  sous- 
méningée  très  marquée. 

Cette  encéphalite  scléreuse  n’existe  pas  chez  les  épilepti¬ 
ques  non  déments.  Signalée  par.Ghardin,  étudiée  depuis  par 
d’autres  auteurs,  cette  sclérose  névroglique  sous-méningée 
pourrait  bien  être  le  substratum  anatomique  du  complexus 
symptomatique  démentiel. 

Evolution  des  anémies  fernkieuses. 

MM.  Vaquez  et  Laubry  considèrent  l’anémie  pernicieuse 
différemment  de  Biermer  et  basent  leur  compréhension  sur 
les  diverses  modalités  de  réaction  de  la  moelle  :  !">  anémie 
;>  type  aplastique  :  moelle  stérile,  improductive,  anémie 
progressive  et  fatale;  2“  anémie  plastûiue  ;  moelle  active, 
mais  cette  activité  ne  suffit  pas  contre  le  processus  hémo¬ 
lytique  ,  le  sujet  succombe  ou  encore  la  réaction  médullaire 
l’emporte  plusieurs  fois  et  il  y  a  des  rechutes  successives 
jusqu’à  la  terminaison  fatale.  Cette  forme  à  rémission  est 
assez  fréquente. 

M.  Chauffaru.  —  D'après  \  aquez,  le  groupe  de.^  anémies 
aplastiques  est  bien  défini,  tandis  que  le  groupe  des  anémies 
plastiques  ne  l’est  pas  en  comj>renant  des  cas  tout  à  fait  dis¬ 
parates,  ce  n’est  que  par  la  clinique  et  non  plus  par  l’examen 
histologique  qu’on  peut  les  classer. 

M.  Labbé.  —  La  réaction  hématologique  est,  ou  très  intense 
ou  très  faible,  et  il  sera  très  difficile  de  trancher  les  cas,  qu’il 
y  ait  ou  pas  de  réaction  myélo'ide. 

M.  Vaquez.  —  Le  pronostic  ne  dépend  pas  du  nombre  des 
globules,  mais  de  la  réaction  médullaire. 

Lésions  cérébrales  dans  l'aphasie. 

M.  Marie  a  observé  des  cas  d’aphasie  sans  lésions  de  la 
IIL  frontale,  qui  manquent  d’ailleurs  dans  la  moitié  des  cas. 
D’après  Marie,  le  centre  du  langage  se  trouve  dans  la  zone  de 
Wernike,  au  niveau  du  pli  courbe  de  la  l”  temporale. 

Chancre  mou  extra-génital. 

M.  Queyrat  présente  un  malade  atteint  de  chancre  mou  de 
la  jambe.  Ces  chancres  extra-génitaux  sont  rares  et  lorsqu’ils 
ne  coïncident  pas  avec  des  chancres  génitaux,  leur  diagnostic 
est  difficile. 

M.  Thibierge  prétend  que  la  rareté  de  la  localisation  extra¬ 
génitale  est  plus  apparente  que  réeUe. 

Citrate  de  soude  contre  les  vomissements  inroercibles 
des  nourrissons. 

M.  Variot  additionne  le  lait  de  citrate  de  soude  lorsqu’il 
veut  fairè  disparaître  certains  vomissements  incoercibles  des 
nourrissons. 

Lichen  scrofnlosorum. 

M.  Thibierge  présente  deux  cas. 

Phénomène  de  la  ligne  blanche  dans  l'hypertension  artérielle  et 
P insi iffisa nee  su rréna le. 

MM.  Sergent  et  Rib.audeat-Dumas.  —  La  ligne  blanche 
paraît  être  fonction  d’hypertension  artérielle  et  semble  avoir 
une  valeur  capitale  dans  les  cas  les  plus  divers  :  neurasthénie, 
surmenage,  intoxications  médicamenteuses,  grippe,  septicé¬ 
mie,  etc.  Dans  quelques  cas,  l’ingestion  d’adrénaline  a  fait 
disparaître  la  ligne  blanche  avec  l’hypertension  artérielle. 

Friedel. 


LA  VALÉROBROIMINE  LEGRAND 

est  plus  active  que  les  bromures  et  les  valé 
rianates. 


Rare  exemple  de  dignité  et  de  modestie.  —  Un  comité 
s’était  former  pour  lionorer  la  mémoire  du  regretté  savant,  Curie. 
Madame  Curie,  sa  veuve,  dans  une  lettre  des  plus  dignes,  dont 
nous  extrayons  le  passage  suivant,  décline  ces  honneurs. 

«  M.  Curie  et  moi,^  écrit-elle,  nous  avons  toujours  désiré  vivre 
dans  le  silence  et  à  i’*abri  de  toute  publicité,  même  la  plus  sympa¬ 
thique.  J’ai,  aujourd’hui  encore,  bien  plus  besoin  de  calme  et 
d’isolement  que  par  le  passé.  Enfin,  je  ne  puis  oublier  que,  d’une 
manière  générale,  M.  Curie  était  contraire  à  l’habitude  d’honorer 
la  mémoire  des  défunts  au  moyen  de  monuments,  de  médailles  ou 
de  bustes  :  je  lui  dois  de  respecter  les  opinions  qu’il  a  si  souvent 
exprimées.  » 


REVUE  D’OPHTALMOLOGIE 

Rédacteur  spécial  :  M.  le  1)'^  POL’I.ARD. 


I.  —  Les  mouvements  associés  desyeux  et  les  nerfs  oculogyii.,. 

par  le  I)'  A.  Gaussel,  préface  du  prof.  Grasset.  (Edilejirs  :  Mas 

soiià  Paris.*  Gouletet  filsà  Montpellier.) 

Cet  ouvrage  a  le  triple  avantage  d’intéresser  à  la  fois  Iq 
médecins,  les  neurologistes  et  les  ophtalmologistes, 

I.es  travaux  qui  ont  été  faits  sur  les  mouvements  associés 
des  yeux  sont  épars  dans  la  littérature  médicale. 

L’A.  les  réunit,  les  résume  et  les  complète  par  ses  éladts 
personnelles.  Possédant  fort  bien  son  sujet,  il  en  fait,  arec 
clarté,  une  exposition  méthodique,  scientifique. 

Dans  une  première  partie,  il  expose  les  faits,  et  étudie  suc¬ 
cessivement  la  «  déviation  conjuguée  delà  tète  et  des  yeni 
dans  les  affections  cérébrales  et  protubérantielles,  l'hémiplé¬ 
gie  lYculaire  double,  la  paralysie  des  mouvements  associés 
des  yeux  dans  les  affections  du  cervelet  et  des  tubercules 
quadrijumeaux. 

Puis,  s’appuyant  sur  eesconstatations  cliniques,  il  indique 
la  voie  suivie  dans  les  centres  nerveux  par  les  fibres  ner¬ 
veuses  ou  neurones  conducteurs  de  l’incitation  motrice  asso¬ 
ciée  ;  il  fait  l’anatomie  de  ce  qu’il  appelle  les  nerfs  oculogyres 
et  enfin,  toujours  avec  l'appui  de  la  clinique,  il  termine  par 
des  considérations  sur  la  physiologie  de  ces  mêmes  nerfe 
oculogyres.  C’est, en  somme,une  étude  très  complète,à  la  fob 
anatomique,  physiologique  et  clinique  du  système  nerveui 
qui  règle  les  monvements  associés  desdeux  yeux, 
il.  — Cécité  et  tabes  (Etude  clinique)  ;  par  André  Leri.  (Thèse  d( 
doctoral,  chez  Kuetf,  éditeur,  Parisl904.) 

C’est  là  le  travail  le  plus  complet  et  le  plus  scientifique 
qui  ait  été  fait  sur  les  rapports  delà  cécité  et  du  tabes.  Celte 
étude  clinique,  qui  sera  complétée  par  des  recherches  anato¬ 
miques,  déjà  en  train,  porte  sur  un  grand  nombre  d’obser¬ 
vations  précises,  longtemps  suivies^  Aussi  les  conclusioB 
originales  qui  en  découlent  ont-elles  la  valeur  de  faits  soli¬ 
dement,  définitivement  établis.  De  l’exposé  des  observations, 
il  ressort  nettement  que,  au  point  de  vue  clinique,  l’amau¬ 
rose  tabétique  et  le  tabes  vulgaire  sont  parfois  associés,  plus 
souvent  isolés  ;  leur  étiologie  semble  la  même,  ce  sont  deui 
localisations  distantes  d'un  même  processus.  D’autre  p*rt- 
les  symptômes  de  lésion  des  cordons  postérieurs  qui  accoBB 
pagnent  l’amaurose  sont  quelquefois  très  légers.  Il  estauss 
fréquent  de  voir  l’amaurose  accompagnée  de  symptômes 
mentaux  sérieux  que  de  symptômes  spinaux  graves.  On  con¬ 
çoit  que,  dans  ces  conditions,  on  puisse  mettre  l’amau^ 
aussi  bien  sur  le  compte  de  la  paralysie  que  sur  celui  o“ 

tabes.  «  Paralysie  générale,  tabes  dorsal,  amaurose  des  tabeU 

sants,  se  présentent  cliniquement  comme  trois  localisation 
d’un  processus  morbide  quifrappe  le  système  nerveux 
enveloppes  et  dans  la  genèse  duquel  la  syphilis  joue  un 
tout  à  fait  prépondérant.  »  Irido  choroidite  inétastatiq 
au  cours  de  la  méningite  à  méningocoques  »  (Morax,  : 
d'ophtal.  de  Paris,  lOoct.  1905).  L’ophtalmie  niétastati^^_ 
méningocoques  se  montre  assez  fréquemment  dans  1®* 
lions  méningococciques.  Son  apparition  souvent 
précède  quelquefois  l’apparition  des  symptômes  ni^ninc^^ 
et  peut  faire  soupçonner  la  nature  méningococciq^.^ 
troubles  généraux.  Ces  observations  coniribueiit  à 
la  véritable  nature  de  la  méningite  épidémique  à 
coques.  11  semble  bien  qu’il  s’agisse  là  d’une  yjj 
générale  dont  la  porte  d’entrée  est  encore  inconnue 
peut-être)  et  qui  provoque  des  métastases  le  plus 
dans  les  méninges,  quelquefois  ailleurs,  dans  l’œil  ou 
dans  le  tissu  cellulaire  sous-cutané  comme  cela  s’est  vu 
un  cas  très  précis. 

III.—  La  vision;  par  IcD''Xl'ei..  'Octave  Doiii,  éditeur.  L® 
de  400  pages.  Paris  1004.) 

Dans  cet  ouvrage  documenté  et  approfondi,  le  ®  '  Jt 
étudie  et  décrit  les  phénomènes  visuels.  Laissant  un 
côté  certains  d’entre  eux  bien  connus,  comme  la 
dans  les  milieux  transparents  du  globe,  il  s’attache  s 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


441 


-  de  des  phénomènes  visuels  moins  précis  «  qui  donnent 
1®„  à  des  considérations  psychologiques.  »  Mais,  dans  cette 
■rnde  sur  la  vision,  il  ne  laisse  à  la  psychologie  pure  que  ce 
Ml  ne  peut  lui  enlever,  et  ramène  au  contraire  à  laphysio- 
?(^e  tout  ce  qui  actuellement  peut  et  doit  lui  être  rapporté, 
*^t-à-dire  la  presque  totalité  des  phénomènes  visuels. 

®  jl  fautnoter  particulièrement  l’étude  très  intéressante  qu’il 
fait  dès  le  début  de  son  livre,  sur  la  vision  des  animaux. 

IV  —Syphilis  de  l’œilet  de  ses  annexes;  par  leD^FélixTiCRitlEN. 
(Sleinheil,  éditeur,  2,  rue  Casimir-Delavigne,  Paris  1905.) 

L’importance  de  la  syphilis  dans  la  genèse  des  affections 
oculaires  est  souvent  méconnue  non  seulement  par  les  méde¬ 
cins,  mais  par  les  oculistes  eux-mêmes.  De  là  un  préjudice 
fort  grave  pour  le  malade.  Si,  dans  une  lésion  syphilitique  de 
la  peau  ou  des  os,  le  médecin  peut,  sans  trop  d’inconvénients, 
garder  quelque  temps  son  diagnostic  hésitant,  il  en  est  tout 
autrement  dans  les  affections  cérébrales  ou  oculaires.  L'œil, 
en  raison  de  son  extrême  fragilité,  se  détruit  rapidement  et 
irrémédiablement  quand  l’infection  syphilitique  s’y  localise 
et  s'y  développe  librement.  Le  livre  du  D--  Terrier,  aussi 
utile  aux  oculistes  qu’aux  médecins,  étudie  toutes  les  mani¬ 
festations  syphilitiques  qui  peuvent  se  produire  non  seule- 
mentdans  le  globe  mais  dans  tout  l’appareil  oculaire,  dans 
toute  la  région  orbitaire. 

L'auteur  commence  par  donner  quelques  notions  prélimi- 
nairessur  l’anatomie  du  globe  oculaire  et  des  annexes  (or¬ 
bite,  paupières,  conjonctive).  Il  expose  ensuite  sommaire¬ 
ment  la  manière  dont  il  faut  faire  un  examen  objectif  de  l'œil . 
11  entre  ensuite  en  plein  dans  son  sujet  et  étudie  successive¬ 
ment  les  manifestations  de  la  syphilis  héréditaire  et  de  la  sy¬ 
philis  acquise.  Il  faut  noter  le  chapitre  où  sont  étudiés  les 
troubles  nerveux  de  l'appareil  oculaire  et  particulièrement 
les  troubles  pupillaires  si  importants  dans  le  diagnostic  des 
affections  nerveuses  syphilitiques. 

V  —  Le  fond  de  l’œil  dans  le  >  affections  du  système  nerveux  ; 

par  J.  G.vlezow-ski.  (Thèse  1904.  Félix  Alcan,  éditeur.) 

Travail  trop  vaste  qui  étudie  l’aspect  du  fond  de  l'œil  dan» 
toutes  les  maladies  nerveuses,  depuis  le  tabes  et  la  paralysie 
générale  jusqu’à  la  maladie  de  Parkinson  et  la  neurasthénie. 
Dans  ces  conditions,  il  est  inévitable  qu’à  côté  de  choses  inté¬ 
ressantes,  il  yen  ait  d’autres  ayant  un  intérêt  moins  grand. 

Vl.  —  Recherches  cliniques  sur  le  glaucome  primitif  dans  ses 
rapports  avec  l’artério-sclérase  et  l'imperméabilité  rénale  ; 
par  leD'  Henri-Joseph  (Thèse  1904,  J.  Roussel,  éditeur,  Paris) 
Les  conclusions  decet  intéressant  travail  portent  sur  l'étude 
wmique  de  18  cas  de  glaucome  primitif. 

1°  Chez  tous  ces  malades,il  y  avait  des  symptômes  d’artério¬ 
sclérose  ;  2»  Les  manifestations  de  l’artério-sclérose  sontva- 
*'*«^5,  mais  on  peut  les  ranger  en  deux  groupes  :  a)  celles 
‘lu  on  a  observées  sur  l’appareil  cardio-vasculaire  ;  b)  Cel- 
Çs  qui  intéressent  les  fonctions  rénales  ;  8“  Parmi  les  loca- 
'^tions  du  premier  groupe,  les  plus  fréquemment  cons- 
lees  furent  les  lésions  de  l’orifice  aortique,  de  la  crosse  et 
es  artères  périphériques  ;  4"  La  tension  artérielle  s’est  mon- 
ce  fréquente  et  notable.  Tous  les  sphygmogrammes  pré¬ 
vient  des  altérations  plus  ou  moins  intenses,  mais  toujours 
ùives  ;  5o  Parmi  les  manifestations  rénales  on  a  pu  en 
ustatersouvent  de  considérables  che*  presque  tous  les  ma  - 
lré*t  f’^vvu'uûs.  Chez  tous,  la  perméabilité  rénale  s’est  mon- 
t(  ®  ultérée,  très  diminuée.  6“  Ces  faits  semblent  permet- 

jf.v^i’der  à  ces  différants  éléments  un  rôle  important 
®  v^logie  du  glaucome  ;  7"  En  tête  de  ces  différents  fac- 
loi  i’  ‘■uuger  ïhifperiensioii  arlérielle  avec  les  causes 

a,jç®P*'‘Jduisent,  quelles  qu’elles  soient  (imperméabilité  ré- 
ein„  *’v^6ntion  chlorurée,  rétention  to.xique,  trouble  d'ori- 
^avsnrrénale,  etc.) 


pal^g  SANTÉ  UE  1,’armée  COLONIALE.  —  Le  médecin  princi- 
da  clas.se  Delrieu  est  nommé  directeur  du  service  de  santé 
Le  armée  des  troupes  coloniales  à  Paris, 
desj— .®™cin  principal  de  î">  classe  Clarac,  directeur  du  service 
des  troupes  coloniales,  est  nommé  directeur  de 
application  du  service  de  santé  des  troupes  coloniales. 


REVUED’ÉLECTROTHÉRAPFE  ET  DE  RADIOGRAPHIE 

Rédacteur  spécial  :leD  FOVEAU  DE  COI  RMEELES 


Les  rayons  X  et  le  radium  ont  en  ce  moment  une  mauvaise 
presse  :  tous  les  quotidiens  n’en  mentionnent  que  les  dan¬ 
gers.  Après  avoir  exagéré  les  bienfaits  de  la  radiothérapie, 
on  les  nie  aujourd’hui,  et  l’on  n’en  pourrait  même  plus, à  les 
en  croire,  dire  :  «  si  cela  ne  fait  pas  de  bien,  cela  ne  fait  pas 
de  mal  »,  car  cela  ferait  beaucoup  de  mal  ! 

Il  y  a  du  vrai,  et  de  la  faute  des  médecins.  Beaucoup  se 
sont,  du  jour  au  lendemain,  improvisés  électrothérapentes, 
ptoussées  à  la  fois  par  le  grand  public  se  précipitant  vers  les 
nouveaux  agents,  et  parles  constructeurs  vantant  la  facilité 
d’acquisition  delà  technique.  On  a  aussi  prétendu  doser  ces 
agents  mieux  même  que  le.s  médicaments,  et  alors  qu’à  ceux- 
ci  on  oppose  des  doses  variables  avec  les  individus,  on  a  im- 
poséaux  nouvelles  radiations  des  doses  fixes  et  immuables 
niant  la  susceptibilité  individuelle  des  patients.  Qu’est-il  ar¬ 
rivé,  c’est  que  le  D'  Holznecht,  de  Vienne,  inventeur  des  pas¬ 
tilles  de  dosage  (?),  des  rayons  X,  a  brûlé  un  paüent  et  s’est  vu 
condamner  ;  que  des  radiographes  français,  utilisant  ses  erre¬ 
ments,  ont  dû  composer  avec  leurs  brûlés,  et  qne  la  grande, 
presse  s’emparant  des  faits,  arrive  à  nier  l’efficacité  d’agents 
qui,  BIEN  MANIÉS,  saus  exagérations  prétendues  scientifiques, 
sont  innoffensifs. 

J’ai  depuis  longtemps  vanté  l'interposition  de  la  plaque 
d’aluminium  mise  au  sol  et  les  doses  plutôt  faibles,  mais 
répétées,  et  ainsi  n’ai-je  jamais  eu  d’accidents.  La  pholothéra- 
pie,  plus  inoffensive  encore  et  aujourd’hui  dédaignée, malgré 
maints  appareils  pratiques  dérivés  de  mon  radiateur  chimique 
del9Ü0,  doit  souvent,et  avec  plus  de  succès,  piendre  la  place 
de  la  radiothérapie. 

Les  livres  sur  ces  questions  se  multiplient.  Dans  ma  pré¬ 
cédente  revue,  j’ai  oublié  de  parler  de  la  .S’m’ème  année  élec¬ 
trique,  éleclrothéra-pique  et  radioqrapliique  du  D''  Foveau  et 
Cnurmelles,  parue  en  janvier  ;  il  est  trop  tard  poury  reve¬ 
nir. 

Le  guide  pour  l’emploi  de  V électricité  en  médecine  du  D‘  H . 
Guilleininot  estunpetit  in-16  de  60  pages,  donnantau  méde¬ 
cin  électricien  de  rapides  notions  sur«  les  principales  appli¬ 
cations  de  l’électrothérapie  et  de  la  radiothérapie  ».  C’est  une 
sorte  de  petit  formulaire  de  notions  électriques  et  de  traite¬ 
ments  (G.  Steinheil,  édit.). 

Les  éléments  d'éleetrothérapie  clinique  de  A.  Zimmern  (1  vol. 
400  p.  in-8°, Masson  éd.)  sont  un  véritable  et  sérieux  Irai  té.  Ap¬ 
pareils,  électro-diagnostic,  traitements, tout  s’y  trouve  très  bien 
exposés.  Ce  genre  de  livres  abonde  aujourd’hui.  Le  style  de 
l'auteur,  la  clarté  d’exposition,  l’ordre  et  l’abondance  des 
notions  ;  en  constituent  seules  les  différences.  Après  l’exposé 
despropriétés  physiologiques  des  courants,  Y.  Zimmern. prend 
chaque  affection  passible  du  traitement  électrique,  et  ne  s’y 
borne  pas  à  exposer  celui-ci, mais  à  en  faire  l'éiectro-diagnostic; 
c’est  là  une  originalité  qui  permet  pour  chaque  maladie  d'en 
avoir  une  compréhension  rapide  et  sans  se  reporter  à  di¬ 
vers  chapitres  du  livre.  On  sait,  dans  les  affections  nerveuses, 
médullaires,  musculaires,  l’importance  de  l’électro -diagnos¬ 
tic,  qui  est  ici  magistralement  exposé.  C’est  un  livre  de  cli¬ 
niciens,  et  livre  complet  quant  aux  notions  exposées,  sinon 
quant  à  l'historique  et  aux  auteurs  cités;  mais  outre  qu’il  est 
presque  impossible  aujourd’hui  de  connaître  la  bibliographie 
totale  des  questions,  chaque  écrivain  écoute  assez  souvent  en 
ce  domaine  ses  sympathies  personnelles;  mais  qu'importe, 
si  la  science  y  est  mise  au  point  et  rendue  facilement  compré¬ 
hensible  et  utilisable. 


ADJUDICATION 


Etude  de  M“  RIGAULT,  notaire  à 
Paris,  boulevard  Sébastopol.  S,  le 


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Pharmaceutiques  _ _ _  w 

Mise  ù  prix  (pouvant  être  bais.  i  50.000  fr.  Consign.  pour 
ench.  5.000  fr.  s’adresser  pour  les  renseignements  à 
BAUDRIER,  notaire,  Parts,  68,  rue  de  la  Chaussée- 
d’Antin. 


442 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


BIBLIOGRAPHIE 

Le  Secret  médical  et  la  Syphilis; 

Par  M.L.  Stévenard.  (Th.  Paris  1905. j 

Dansce  travail,  l’auteur  défend  l’utilité  du  secret  médical 
en  s’inspirant  de  l’enseignement  du  Professeur  Brouardel. 

Bans  une  première  partie,  il  rapporte  toute  la  jurispru¬ 
dence  qui  a  constitué  le  secret  médical,  tel  qu’on  doit  le  com¬ 
prendre  aujourd'hui.  Il  l’étend  aux  étudiants  en  médecine  et 
aux  infirmiers  professionnels.  Après  avoir  fait  l’historique  et 
lalégislation  comparée  du  secret  médical,  il  montre  son  utilité, 
rappelle  l'article  378  et  la  peine  qui  s’y  rattache,  et  passe  en 
revue  les  éléments  constitutifs  du  secret  médical  ;  les  per¬ 
sonnes  envers  lesquelles  la  jurisprudence  oblige  le  médecin 
(observations  médicales  et  bulletin  de  santé,  honoraires,  té¬ 
moignage  en  justice,  certificat),  les  règles  particulières  qui 
renforcent  le  secret  médical  (déclaration  de  naissances,  mai¬ 
sons  de  santé  et  maisons  d’accouchements)  ;  enfin  les  appa¬ 
rentes  dérogations  au  secret  médical  (lois  concernant  la 
santé  publique,  l’article  30  du  code  d'instruction  crimi¬ 
nelle). 

Dans  une  seconde  partie,  l’auteur  passe  en  revue  les  prin¬ 
cipaux  cas  de  syphilis  paraissant  entrer  en  conflit  avec  les 
prescriptions  delà  loi.  Dans  un  chapitre  sur  la  syphilis  et  le 
mariage,  il  montre  à  quel  réserve  est  tenu  le  médecin,  soit 
qu’il  s’agisse  decandidats  syphilitiques  au  mariage  ou  d’époux 
syphilitiques. 

La  syphilis  étant  un  véritable  secret  de  famille,  on  ne  peut 
se  prêter  à  la  moindre  consultation  en  vue  du  mariage.  S’il 
s’agit  d'un  syphilitique  marié,  éviter  toute  déclaration  pou¬ 
vant  troubler  une  union  même  illégale,  mais  s’efforcer  d’em¬ 
pêcher,  s’il  en  est  temps  encore,la  contamination  entre  époux. 
En  vue  d’un  divorce,  refuser  tout  certificat  se  rapportant  à 
la  syphilis.  La  question  des  nourrissons  et  des  nourrices  sy¬ 
philitiques  fait  l’objet  d’un  second  chapitre. Là  aussi,  le  méde¬ 
cin  doit  évoluer  avec  prudence  La  mère  doit  allaiter 
son  enfant  hérédo-syphilitique,  ou  employer  l’allaite¬ 
ment  artificiel.  Enfin  il  termine  par  un  dernier  chapitre  où 
il  s’occupe  des  syphilitiques  sous  la  dépendance  d’autrui 
comme  les  mineurs,  les  domestiques,  les  employés  et  ouvriers 
les  militaires.  Les  mineurs  âgés  de  plus  de  quinze  ans,  les 
domestiques,  les  employés  ont  droit  au  secret  médical,  ainsi 
que  les  officiers  et  les  soldats.  Il  doit  être  fait  exception  au 
secret  pour  certains  ouvriers  (souffleurs  de  verre),  qui' dans 
un  but  de  prophylaxie  syphilitique  se  livrent  à  l’examen  d’un 
médecin  attaché  à  l’établissement  industriel. 

Toutes  ces  questions  importantes  delà  syphilis  dans  ses 
rapports  avec  le  secret  médical  ont  été  exposées  clairement 
par  M.  Stévenard,  dans  ce  travail  où  les  connaissances  de 
l’avocat  ont  apporté  un  concours  précieux  à  celles  du  mé¬ 
decin.  G.  Carrier. 

Essai  sur  la  puberté  chez  la  femme  ;  par  le  D'^  Marthe 
Francillon.  (Un  volume  in-l6,  Alcan  Paris.) 

Dans  cet  ouvrage  l’auteur  s'est  efforcé  d’étudier  les  modifi¬ 
cations  anatomiques,  physiologiques  et  pathologiques  qui 
sont  liées  au  développement  de  la  puberté.  Cette  dernière 
n’est  pas  une  époque  fixe  et  bien  marquée  par  l'apparition 
des  règles.  Avant  comme  après,  il  existe  des  périodes  prépub- 
tères  et  postpubères  au  cours  desquelles  l’organisme  tout  en¬ 
tier  subitdes  transformations  qu’il  était  intéressant  de  noter. 
Le  docteur  Francillon  a  rassemblé  avec  soin  tout  ce  qui  existe 
à  ce  sujet  dans  la  littérature  médicale  et  en  aextraitdes  in¬ 
dications  aussi  précises  que  les  faits  accumulés  le  permet¬ 
taient.  Malheureusement,  beaucoup  de  documents  n’ayant 
pas  une  grande  valeur,  dans  nombre  de  cas  il  demeure  quel¬ 
ques  incertitudes.  LeD''  Francillon  a  bien  essayé  d’ajouter  sa 
contribution  personnelle,  mais  devant  la  vaste  étendue  du 
sujet  elle  demeure  fatalement  et  involontairement  insuffi¬ 
sante.  Pour  n’en  citer  qu’un  exemple  :  le  livre  ne  renferme 
que  quelques  lignes  et  sans  C/Onclusions  certaines  sur  le  mode 
d’apparition  du  système  pileux, ce  caractère  sexuel  secondaire 
cependant,  si  utile  à  noter,  sur  son  abondance,  sa  disposi¬ 
tion,  sa  coloration  ;  seule  l’observation  d’un  groupe  de  filles 


au  cours  de  la  période  pubère  peut  donner  des  renseigne, 
ments  exacts  et  définitifs  analogues  à  ceux  que  Godina 
fournis  sur  l’état  pileux  des  garçons  dans  son  bel  ouvrage sm 
la  croissance.  Toutes  ces  réflexions  n’ont  pas  pour  but  de  cri¬ 
tiquer,  mais  d’inviter  Mlle  Francillon  à  poursuivre  avec 
la  persévérance  qu’elle  a  déjà  montrée,  en  prenant  de  nom¬ 
breuses  mensurations ,  ses  recherches  sur  la  croissance  pu. 
bèrede  la  femme,  et  à  délaisser  les  observations  antérieures 
souvent  insuffisantes,  pour  se  baser- uniquement  sur  des  cas 
personnels  scrupuleusement  suivis  et  fixer  par  des  notations 
anthropologiques.  Toute  la  partie  relative  à  la  pathologie 
delà  puberté  est  excellente  ;  l’influence  de  celle- ci  dans  la  pa¬ 
thogénie  des  accidents  est  clairement  indiquée.  Une  bibliogra¬ 
phie  complète  termine  le  volume.  G.  IUul-Boacour. 

L’atte.ation,  par  PiLLSBURY  ;  Bibliothèque  internationale  i( 

physiologie  expérimentale  du  D' Toulouse,  (1  vol.  in  l2.300 

p.  Paris,  Doin.) 

Etudier  l’attention,  c’est  le  point  central  de  la  psychologie, 
puisqu’une  opération  mentale  n'est  possible  sans  le  concours 
de  cette  forme  de  notre  activité  mentale.  M.  P.  a  commencé 
par  analyser,  autant  du  moins  qu’ils  sont  actuellement  con¬ 
nus,  les  divers  phénomènes  qui  accompagnent  l’attention  et 
surtout  les  phénomènes  moteurs  qui  se  trouvent  à  la  base; 
passant  ensuite  aux  conditions  plus  élevées  de  l’attention,  il 
montre  qu’elle  s’accompagne  des  sentiments  d’intérêts  pour 
l’objet  auquel  on  est  attentif,  en  même  temps  que  nous 
éprouvons  un  certain  sentiment  d'activité.  De  toutcela,  ré¬ 
sultent  des  états  psychiques  particuliers,  que  M.  P.  suit  dans 
la  conscience,  dans  l’association  et  la  perception,  la  mémoire 
et  la  raison. 

Abordant  ensuite  les  questions  les  plus  ardues  soulevées  par 
le  problème  de  la  nature  même  de  l’attention,  1’.  en  arrive  à 
discuter  les  théories  de  l’aperception  ;  ne  nous  attendons  pas 
aux  polémiques  soulevées  par  ces  théories;  ce  n’est  qu’une 
forme  nouvelle  des  anciennes  controverses  entre  les  empi¬ 
ristes  et  leurs  adversaires.  Mieux  vaut  signaler  au  lecteur  les 
chapitres  consacrés  au  substratum  anatomique  de  l’attention 
à  ses  bases  physiologiques,  aux  fluctuations  qu’elle  subit 
sous  l'influeace  des  modifications  de  la  respiration,  de  la 
circulation,  etc;  même  après  les  études  deRibot,  il  y  a  là 
matière  à  réflexion  pour  le  neuro-pathologiste.  Un  dernier 
chapitre,  malheureusement  trop  court,s’occupe  des  troubles 
pathologiques  de  l’attention.  Paui.-Boscour. 

Précis  d’histologie;  par  le  Dr  Branca,  professeur  agrégea 

la  Faculté  de  Médecine  de  Paris.  1  vol.  in-8  de  G’tB  pap® 

avec  3U6  figures  dessinées  d’après  nature.  Cartonné;  l'2n»- 

(Librairie  J. -B.  Baillière  et  fils,  10,  rue  Hautefeuille,  à  ra- 

Ge  nouveau  précis  de  la  «  Bibliothèque  Gilbert  et  Four¬ 
nier  »,  que  publie  la  maison  Baillière  se  présente  à  nons> 
comme  ses  devanciers,  sous  une  forme  séduisante.  U  s’ilm® 
tre  de  multiples  et  belles  figures,  son  exécution  typograpm- 
que  est  parfaite,  sa  reliure  agréable  à  l’œil.  C’est  un  men 
Mais  il  en  a  d'autres. 

L’histologie  apparaît  souvent  à  Tesprit  du  médecin  com 
une  science  un  peu  sévère,  aride,  sans  vie.  Elle  lui  ^aPP®. 
les  heures  pénibles  où  il  a  dû.  —  pour  la  préparation 
tive  des  examens  —,  surcharger  sa  mémoire  des  points 
sentiels  que  comporte  son  étude.  A  vrai  dire,  cela  tien 
grande  partie  aux  ouvrages  qu’il  a  eus  entre  les  mains  , 
gros  traités  ne  parlent  qu’à  leurs  familiers;plus  humbles  - 
pect,  les  manuels  trop  concis,  résumant  en  quelques  cen 
nés  de  pages  nos  connaissances  histologiques,  pnuA’ef^j^ 
figures,  s  ils  n’en  sont  totalement  privés,  sont  bien 
aide-mémoire  que  des  livres  d'enseignement.  Et  pour  ^ 
l’histologie  est  une  science  aimable  à  qui  sait  la  oompr® 
et  1  interpréter.  Par  delà  la  connaissance  précise 
de  sa  structure,  de  sa  vie,  de  ses  modes  de  reproduci^^^. 
des  phénomènes  physiologiques  dont  elle  le  siège  et  tu 

teur,  les  problèmes  biologiques  de  Tordre  le  plus  élev 

frent  à  notre réflexion.Cette  étude  de  la  cellule,  dans  ^ 
de  M.  Brancaest.uhe  merveille  de  précision,  de  clarté. 
thode.  Mêmes  qualités  maîtresses  dans  les  chapitr 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


Î43 


jtentde  la  structure,  derhistophysiologie,de  l’histogenèse 
'^tissus  et  des  ortjanes. 

j^  jjjjfologie  telle  que  l’envisage  l’auteur  est  telle  qu  il  tente 
de  nous  la  faireenvisager  à  nous-mêmes  n’est  plus  seulement 
une  science  d’observation  ;  c’est  encore  une  science  expéri- 
nentale.  Morphologique  par  les  procédés  qu’elle  met  en 
.fuvre.  elle  est  physiologique  par  le  but  vers  lequel  tendent 
tous  nos  efforts  et  pour  elle  le  comment  estle  préambule  du 

^i^i  présentée,  la  science  histologique  nous  apparaît 
comme  singulièrement  vivante  et  pour  nous  l’avoir  montrée 
on  révélée  telle,  l’auteur  mérite  que  son  livre  prenne  place 
sur  la  table  de  l’étudiant,  du  praticien,  du  savant,  car  il  s’a¬ 
dresse  à  eux  tous  à  la  fois.  Benjamin  Bord. 

Arte  de  criar  à  los  ninos  {L'art  d'élever  les  enfants]  ;  par 
le  D''  Rafael  üleci.v  y  Gardona. 

Le  D'"  ülecia,  qui  accorde  toute  sa  sollicitude  aux  enfants 
du  nouvel  âge,  vient  de  publier,  sur  l’art  d  élever  les  enfants, 
une  intéressante  plaquette  dont  le  docteur  P.  Budin  a  écrit  la 
préface. 

Considérant  que  la  mortalité  infantile  sévissait  à  Madrid 
avec  une  intensité  des  plus  redoutables,  notre  savant  confrère 
espagnol  s’est  attaché  à  combattre  ce  nouvel  Hérode,  ainsi 
qu’il  le  dénommait  dans  une  brochure  publiée  l’an  passé  sur 
la  même  question.  Ce  travail,  qui  a  les  honneurs  d'une 
seconde  édition,  mériterait  également  d’avoir  ceux  d’une  tra¬ 
duction. 

Vprès  avoir  étudié  très  sommairement  la  puériculture, 
fauteur  nous  apprend  ce  que  doivent  être  l’allaitement 
maternel,  l’allaitement  mixte,  l’allaitement  mercenaire  et 
l'allaitement  artificiel.  11  nous  fait  savoir  quels  soins  récla¬ 
ment  les  prématurés  et  les  débiles;  les  précautions  à  prendre 
au  moment  du  sevrage.  Il  montre  ce  qu’est  la  dentition  et  les 
précautions  dont  le  bébé  doit  être  entouré  à  ce  moment-là. 

Envisageant  ensuite  le  régime  alimentaire  des  tout  petits, 
il  nous  apprend  quels  soins  hygiéniques  ils  réclament  et 
comment  on  doit  pratiquer  la  première  alimentation.  Le  tra¬ 
vail  se  termine  par  des  conseils  pratiques  concernant  l’in- 
nnence  de  l’alcool,  de  la  menstruation,  de  la  colère,  etc.,  sur 
les  nourrissons.  D'  ïhébault. 


THERAPEUTIQUE 


généralités  :  La  Leourine  extractive,  préparée  par  Coutu- 
rieux  en  1899  [Presse  Médicale  17/5-1899),  et  présentée  par  le 
octeur  Lancèreaux  à  l’Académie  de  Médecine  le  25  juillet  de 
a  meme  année,  est  un  suc  de  levure  sec,  possédant  toutes 
J ^.P’^Priétés  thérapeutiques  de  la  levure  type  dont  il  est  ex- 
cla’^  présentant  les  caractères  suivants  :  couleur  marron 
celf  ’  rie  peptone,  saveur  légèrement  amère  rappelant 

e  de  la  bière  et  du  houblon,  solubilité  dans  l’eau  et  la 
fcerine.Ses  solutions  donnent  toutes  les  réactions  des  subs- 
f ®lbuniino'ides  :  précipité  parla  chaleur,  les  réactifs  de 
etc  ^11  l’acide  chromique,  coagulation  par  l’alcool, 

■  Llle  est  détruite  en  partie  à  partir  de  55°  C. 

/'■«îeft  emb’actiue  correspond  à  35  fois  son  poids  de  levure 

e  et  à  6  fois  son  poids  de  levure  sèche. 
dej  ^Aenferme  tous  les  principes  solubles  du  protoplasma 
itiverf^^'^*^  bière  :  zymase  de  Büchner  et  Rapp,  sucrase  ou 
tofles  diastases  diverses  non  caractérisées,  pep- 

etc..  P®Ptonoïdes,  albumoses,  glycogène,  leucine,  tyrosine, 
ÏXesi’fn  une  ou  plusieurs  enzymoides  (toxines  non  toxi- 
Son  pendant  la  vie  de  la  cellule. 

Sucre  g  'ry°ir  ferment  proprement  dit  (transformation  du 
temps  ^  ^leool)  est  peu  marqué  et  va  s’affaiblissant  avec  le 
^^pendant  que  ses  propriétés  thérapeutiques  soient 
âe  l’ai^f  ®’8git  là  très  probablement  d’une  transformation 
ou  zymase  de  Büchner  et  Rapp  par  voie  d’oxy¬ 


dation,  ou  d’une  coagulation  de  plus  en  plus  profonde  de 
cette  diastase, l’empêchant  de  se  redissoudre  ;  ou  bien  encore 
d’une  destruction  de  l’alcoolase  sous  l’action  de  la  diastase 
protéolytique  de  la  levure,  ce  qui  nous  semble  moins  proba¬ 
ble,  parce  que  cet  affaiblissement  du  pouvoir  ferment  se  pro¬ 
duit  aussi  bien  à  la  longue  avec  le  produit  sec  obtenu  à  basse 
température  qu’avec  le  suc  frais. 

Mode  d’action  •,  Le  mode  d’action  de  la  Leourine  extractive 
n'est  pas  encore  bien  défini,  et  paraît  complexe.  Mais  il  est 
fort  probable  qu’elle  agit  en  favorisant  la  phagocytose,  en 
modifiant  le  terrain  et  le  rendant  impropre  au  développement 
des  microbes  pathogènes  et  peut-être  aussi  en  diminuant  le 
titre  glycémique  du  sang. 

Formes  pharmaceutiques  :  La  Leourine  extractive  de  Coutu- 
rieux  existe  en  pharmacie,  en  solution,  sous  forme  d'ampou¬ 
les  injectables  et  en  comprimés,  dosés  à  20  centigrammes  de 
principe  actif.  Un  comprimé  correspondà  une  cuillerée  à  café  de 
levure  fraîche. 

Applications  :  L’introduction  de  la  Leourine  extractive  dans 
la  thérapeutique  est  destinée  à  étendre  singulièrement  le 
champ  d’action  delà  levurothérapie.  C’est  d’abord  permettre, 
sous  forme  de  solution  injectable,  l’emploi  de  cette  médica¬ 
tion  dans  toutes  les  infections  graves,  chaque  fois  qu’il  faut 
agir  vite  et  que  l’état  du  patient  lui  rend  difficile  l’absorption 
par  la  bouche.  C’est  ensuite,  sous  la  forme  de  petits  compri¬ 
més  faciles  à  absorber,  la  possibilité  d'employer  cette  médi¬ 
cation  chez  des  enfants  et  des  malades  qui  répugnent  à  pren¬ 
dre  les  levures  fraîches  ou  sèches  ou  bien  encore  dont  l’état 
de  l’estomac  ne  permet  pas  l’emploi  de  ces  derniers  produits, 
beaucoup  plus  difficiles  à  digérer  par  suite  de  la  grande 
quantité  de  cellulose  peu  attaquable  par  le  suc  gastrique,  for¬ 
mant  l’enveloppe  du  protoplasma  cellulaire  de  la  levure. 
C'est  enfin  la  possibilité  d’avoir  à  sa  disposition  un  produit 
toujours  identique  à  lui-même,  facilement  dosableet  de  con¬ 
servation  presque  indéfinie. 

La  Leourine  extractive  trouvera  son  emploi  dans  toutes  les 
affections  pour  lesquelles  on  a  préconisé  l’usage  de  la  levure 
de  bière. 

Employée  dans  le  service  du  Lancereaux,  à  l’Hôpital  du 
Perpétuel-Secours,  elle  a  donné  les  meilleurs  résultats  dans 
plusieurs  cas  de  juronculose,  où  toute  autre  médication  avait 
échoué,  dans  plusieurs  cas  de  dyspepsie  avec  atonie,  et  de 
broncho-pneumonie  grippale. 

Le  Auvard  donne  ce  produit  dans  l'entérite,  les  dyspep¬ 
sies  et  la  constipation  à  la  dose  de  un  demi  ou  un  comprimé 
à  la  fin  des  repas  et  en  a  noté  les  heureux  résultats  dans  la 
plupart  des  cas,  surtout  ceux  d'origine  neurasthénique.  Le 
D"'  Valentin  a  vu  des  anthrax  rebelles  chez  des  malades  à  l’es¬ 
tomac  très  sensible  se  terminer  rapidement,  la  cicatrisation 
se  faisant  vite.  Le  D’’  Martinez  dans  dix  cas  de  typhoïde, quaive 
d'entérite  muco  membraneuse  et  six  de  constipation  rebelle,  n’a 
eu  que  d’heureux  résultats.  Le  Duhot  (de  Bruxelles)  {Anna¬ 
les  de  la  Polycl.  cent,  de  Bruxelles,  octobre  190i),  dit  que  le  trai¬ 
tement  interne  par  la  Leourine  extractive  lui  a  toujours  donné 
les  meilleurs  résultats  dans  la  furonculose  alors  que  les  levures 
fraîches  étaient  restées  sans  résultat.  Le  D''  Despaigne,  dans 
l'angine  herpétique  a  eu  d’excellents  résultats. 

Tous  les  expérimentateurs  ont  noté  l’action  caractéristique 
du  produit  dans  la  constipation  rebelte,  même  à  la  dose  jour¬ 
nalière  de  un  comprimé  de  20  centigrammes. 

La  Leourine  extractive  a  été,d’autre  part, employée  avec  suc¬ 
cès,  soit  à  rintérieur,soiten  ampoules  injectables,  dans  l’arnr, 
l'eczéma,  la  grippe,  le  diabète,  la  leucorrhée,  la  variole,  la  peste 
bubonique,  le  choléra,  la  dysenterie,  etc. 

Injections  hypodermiques  :  Le  D''  R...,  par  cette  méthode,  a 
obtenu  une  diminution  presque  totale  du  pus  dans  des  cas 
de  dacryo-cystite  grave,  et  M.  d’Aspremonti,  deux  guérisons 
dans  deux  cas  d'infection  puerpérale  grave.  Le  D''  Bailly-Salin 
l’a  employée  avec  succès  chez  un  enfant  de  8  mois  atteint 
d'éruption  furonculeuse  intense  avec  température  élevée  et  le 
Despaigne  dans  la  bronchite  aiguë  des  veillards. 

Doses  et  modes  d’emploi  :  A  l'intérieur  :  Adultes  deux  à  huit 
comprimés  de  20  centigrammes  par  jour,  immédiatement 
avant  ou  après  les  repas.  (Avaler  les  comprimés  à  la  façon  de 
pilules.)  Enfants  :  un  demi  comprimé  deux  ou  trois  par  jour 


444 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


tfaire  dissoudre  le  comprimé,  après  l’avoir  écrasé^  dans  un 
peu  d’eau  sucrée). 

Injections  hypodermiques  ;  Une  à  deux  ampoules  de  3  c.  c. 
I>ar  jour  (enfants  :  une  demi-ampoule).  Le  manuel  opératoire 
est  le  même  <iue  celui  qui  doit  être  employé  pour  les  injec¬ 
tions  de  sérum  immunisant.  Le  lieu  d’élection  pour  les  piqû¬ 
res  est  la  région  fessière  ;  la  peau  doit  être  soigneusement 
nettoyée  et  aseptisée,  le  liquide  est  puisé  directement  dans 
l’ampoule  à  l’aide  d’une  seringue  parfaitement  aseptique  ; 
l’aiguille  est  enfoncée  profondément  en  plein  tissu  muscu¬ 
laire  et  l’injection  est  poussée  très  lentement  pour  éviter  la 
douleur.  11  ne  nous  a  jamais  été  signalé  d’accidents  causæ 
par  cette  méthode.  —  N.  B.  Le  contenu  de  l'ampoule  nedoilpas 
être  chauffe. 

.  Lavements  :  .idultes  :  Ü  à  8  comprimés  dissous  dans  100 
grammes  d’eau  bouillie.  Enfants  :  un  comprimé  dissous  dans 
30  grammes  d’eau  bouillie. 


VARIA 


Le  livre  d’or  du  P'  Pozzi. 


Dimanche,  8  juillet,  à  10  heures  du  matin,  les  élèves  et  les 
amis  du  professeurs  Samuel  Pozzi  étaient  réunis  à  la  Clini- 
<}ue  gynécologique  de  l’ilopital  Broca  pour  lui  remettre  une 
médaille,  de  Chaplain,  et  un  livre  d’or  renfermant  des  arti¬ 
cles  inédits  sur  une  question  gynécologique  ou  chirurgicale 
par  des  chirurgiens  distingués,  lieureux  de  rendre  hommage 
au  maître. 

M.  Clemenceau,  ministre  de  l’intérieur,  qui  avait  tenu  à 
venir  en  personne  témoigner  son  admiration  à  M.  Pozzi,  a  été 
reçu  par  le  professeur  qui,  dans  une  charmante  improvisa¬ 
tion,  a  rappelé  que  M.  Clemenceau  avait  été  lauréat  de  la  fa¬ 
culté  de  médecine  et  l’a  remercié  de  la  sympathie  qu’il  porte 
aux  médecins. 

M.  Debove,  doyen  de  la  faculté,  qui  présidait  la  séance,  a 
inauguré  la  série  des  discours  officiels. 

Le  P'^  Renaut,  de  Lyon,  a  montré  l’influence,  en  province, 
des  élèves  du  docteur  Pozzi. parmi  lesquels  on  trouve  blendes 
maîtres  les  plus  distingués  de  la  chirurgie  française.  Puis  le 
D"^  Martin,  de  Rouen,  faisant  allusion  à  l’hôpital  où  M.  Pozzi 
s’est  fixé,  a  résumé  l’œuvre  et  la  vie  de  Broca. 

le  Louis  Dartigucs,  ciief  de  clinique,  a  rappelé  ce  qu’était 
l  hôpital  Broca  au  point  de  vue  chirurgical  et  ce  qu’en  a  fait 
ift  Pr  Pégzi.  . 


Le  D‘  Jayle,  secrétaire  du  comité'  de  patronage  de  la  inj. 
daille,a  remis  alors  le  livre  d’or.  Il  a  exposé  comment  il  j 
songé  à  ce  livre,  qui  est  le  premier  de  ce  genre  en  France- 
puis  il  a  analysf’î  les  mémoires  qui  le  composent.Ces  articles 
sont  signés  de  MM.  le  professeur  Pinard, les  docteurs  Delbet, 
Thierry,  Jean-Louis  Faure,  le  professeur  Proust,  le  professe^ 
Poucet  ide  Lyon),  le  professeur  Forgues  (de  Montpellier),  le 
professeur  Monprofit  (d’Angers),  le  professeur  Barnsby  de 
Tours),  le  professeur  Martin  (de  Rouen',  le  professeur Trœab 
(d’Amsterdam),  le  professeur  Depages  (de  Bruxelles),  le  doc¬ 
teur  Gayte.  assistant  gynécologique  à  l’hôpital  Pascal,  les  doc¬ 
teurs  Louis  Dartigues,chef  de  clinique  (Robert  Lo’vvy.chefd* 
clinique  adjoint  du  docteur  Pozzi,  Gazenave,  Binder,  Zün- 
mern.  Laiteux  et  Lequeux,  du  service  dû  professeur  Pozzi. 

Le  !)'•  MonproQt  a  retracé  l’œuvre  de  Pozzi  en  ce  qüi  con¬ 
cerne  les  congrès  de  chirurgie. 

Enfin  M.  Pozzi  a  fait  I  historiciue  de  la  chaire  de  gynéco¬ 
logie  de  la  faculté  et  a  remercié  ses  élèves  et  ses  amis. 

M.  le  doyen  Debove  a  alors  offert  au  professeur  Pozzi k 
médaille  d’or  de  Chaplain  dont  le  revers  flgure  la  Sciencear- 
rachant  une  femme  à  la  mort.  Cette  médaille  est  sans  contre¬ 
dit  une  des  oeuvres  les  plus  exquises  du  grand  artiste. 

Parmi  les  assistants,  signalons  ;  4L  Clémenceau,  ministre 
de  l’intérieur,  les  professeurs  Robin.  Monprofit,  Renaut,  Thi- 
riart  (de Bruxelles),  Pozzi  (de Reims),  ïroeubet  Mendès  (d’AÈâs- 
terdam',  Albert  Martin  ide  Rouen)  et  Barnsby  (de  Tours),  les 
docteurs  Castex,  Zimmern,  Binder,  William  Gazenave,  Le- 
quenx,  Robert  Lœvvy,  Latteux,  Montagu,  ’l’hiercelin,  Green 
(du  Gairei,  katzaïnofet  Ditzof  i d’Athènes),  Loureiro  (du  Bré¬ 
sil),  MM.  Monod,  ancien  directeurde  l’hygiène  au  ministère 
dePintéfieur,  Adrien  Ilébrard,  directeur  du  Zemps  ;  Chaplain, 
Clairiii,  Marcel  Dreyfus,  Laroze,  etc.,  etc. 

La  nouvelle  Convention  de  Genève. 

La  conférence  pour  la  révision  de  la  Convention  de  Genève 
a  pris  fin  le  dimanche  8  juillet. 

Les  délégués  se  sont  réunis  à  la  salle  de  l’Alabama. 

<1  Toutes  les  puissances,  a  dit  le  Président,  également  ani¬ 
mées  du  désir  de  diminuer  autant  qu’il  dépend  d’elles  les 
maux  inséparables  de  la  guerre,  et  voulant,  dans  ce  but,  per¬ 
fectionner  et  compléter  les  dispositions  conçues  à  Genève  le 
(12  août  1864  pour  l’amélioration  du  sort  des  militaires  et  ma¬ 
lades  dans  les  armées  en  campagne,  ont  résolu  de  conclure 
une  nouvelle  convention  à  cet  effet.  » 

Voici  le  texte  signé  par  les  délégués  tel  que  le  reproduit  le 
Petit  Temps  du  8  juillet  1906. 

Chupilre  1"" .  —  Des  blesses  et  m  alades.  —  Article  P’'-  Les  mi¬ 
litaires  et  les  autres  personnes  attachées  officiellement  aux 
armées  qui  sont  blessés  ou  malades  devront  être  respectés  » 
soignés,  sans  distinction  de  nationalité,  par  le  Irelligérairt  Q"' 
les  aura  en  son  pouvoir.  Toutefois,le  belligérant  obligé  d*- 
bandonner  des  malades  ou  des  blessés  à  son  adversaire  laiss*' 
ra  avec  eux,  autant  que  les  circonstances  militaires  le 
mettront,  une  partie  de  son  matériel  et  le  personnel  po“ 
continuer  à  soigner  les  blessés.  ^ 

Art.  2.  Sous  réserve  des  soins  à  leur  fournir  en  vertu 
l’article  précédenL  les  blesséset  malades  d’une  armée  tom^ 
au  pouvoir  de  l'autre  Ixelligérant  sont  prisonniers  de 
et  les  lègles  générales  du  droit  des  gens  concernant  les 
niers  leur  sont  applicables.  Gependant,  les  belligérants 
tent  libres  de  stipuler  entre  eux,  à  l’égard  des 
blessés  et  malades  telle  clause  qu’ils  jugeront  utile,  et 
ment  la  faculté  de  se  confier  ou  de  se  remettre  réciproq^^j' 
après  le  combat,  les  blessés  laissés  sur  le  champ  de  ^ 
de  renvoyer  dans  leur  pays,  après  les  avoir  mis  en  état  ^ 
transportés  ou  après  guérison,  les  blessés  et  malades  6  ^ 
seront  pasgardés  prisonniers,  de  remettre  à  un  Etat  ^ 
du  consentement  de  celui-ci,  les  blessés  ou  malades  de  .yj. 
tie  adverse,  à  la  charge  par  l’Etat  neutre  de  les  interner 
qu’à  la  fin  des  hostilités. 

-Art.  3.  Après  chaque  combat,  l’occupant  du  gt  1^ 

taille  prendra  des  mesures  pour  rechercher  les  bles®?®^j  jes 
faire  protéger,  ainsi  que  les  morts,  contre  le  a# 

mauvais  traitements  ;  il  veillera  à  ce  que  l’inhuma:  . 


LË  ËtlOGRÈS  MÉDICAL 


S  IlliLlîS 


îllillil  «LJ  Slll  «.  IIS  IIITIS  IlliLlîS 

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y  Prix  du  flacon  ;  *  f.  *5  ;  double  flacon  :  4  f.  %3.  —  Un  centimètre  cube  représente  0  gr.  50  cent,  de  mercure  métallique. 

Dose  ordinaire  :  pour  Homme  adulte  :  Une  injection  intra-niiisculaire  de  8  centigrammes  de  mercure  par  semaine, 
f  pendant  7  semaines.  —  Repos  5  semaines.—  Faire  une  2*  série,  etc.— Femme  adulte  :  Une  injection  de  7  centigrammes  de 
^  mercure  par  semaine  pendant  5  semaines.  —  Repos  7  semaines.  —  Faire  une  2*  série,  etc.  —  Enfants  à  partir  de  3  ans  : 
»  Injection  de  1  centigramme  de  mercure.  Pour  ce  genre  d'injection  il  est  préférable  de  se  servir  d’une  seringue  spéciale 
r  à  r5  divisions,  dont  chaque  division  correspond  exactement  à  i  centigramme  de  mercure  métallique. 


Serinime  du  D’’  Barthélemy 


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▲  à  0  gr.  05  centigrammes  par  centimètre  cube.  —  PRIX  DU  FLACON  :  2  FR.  25 

^  DOSE  ORDINAIRE  :  Injecter  une  seringue  de  Prava^  tous  les  i o  jours —Faire  une  série  de  5  injections.— Ripes.— Faire  une  z'série.etc. 
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30  MILLIONS 

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Déclarée  l’Intérêt  Puhlio 
^Décret  Oa  XB  Aaù$  BBSB 


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Meilleur  marché  que  toutes  les  préparations  Créosotées  ou  Gaiacolées 

Les  Comprimés  de  Thiocol  Roche  se  présentent  dans  un  tube  de  petit  volume  et  sont  par  suite 
dun  emploi  facile  pour  les  personnes  que  leur  occupation  retient  au  dehors.  Les  Comprimés  de 
Thiocol  Roche  se  conservent  indéfiniment,  ils  sont  entièrement  solubles  dans  Feau.  Chaque 
Loraprimé  renferme  0,50  de  substance  active. 

«  Il  serait  impossible  d’obtenir  au  prix  des  Comprimés  de  Thiocol  Roche  des  préparations  de 
Créosote  et  de  Gaïacol  semblablement  titrées  ;  il  serait  surtout  impossible  de  les  administrer  aux 
j^^^^çorrespondantes  de  Gaïacol  qu’il  est  aisé  d' atteindre  avec  les  Comprimés  de  Thiocol  Roche.  » 

Prix  du  Tube  de  Comprimés,  au  public  :  2  francs 

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Les  principes  aromatiques  qui  distinguent  le  Sirop  Roche  des  préparations  similaires,  facilitent 
a  (^gestion  du  malade  et  Faction  énergique  de  la  médication  créosotée.  Les  qualités  du  Sirop 
®che  permettent  d’en  prolonger  l'usage  à  hautes  doses  chez  les  malades  délicats,  sans  crainte  de  les 
;  le  Sirop  Roche  est  d’un  emploi  particulièrement  facile  chez  les  enfants. 

Prix  du  flacon,  au  public  :  4  francs 


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LE  PROGRES  MÉDICAL 


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ïDUSANG 


FER 

VITAtlSÉ 


^MèdîÆhteoiistiîuanC^^^ft^H  OJ 


POUR  LE  TRAITEMENT  ET 


JCATIO* 


MKDECIH-DIRECTEBR  ;  D'  BOURNEVILLH 
Médecin  de  la  section  des  en/ants  arriéré 


Aux  enfants 
tous  les  degrés  ; 

3*  Enfin  aux 
nerveuses  oomp 
convulsifs. 


forment  des  groupe  s  tou 
L’établissement  où  s 
les  moyens  d’instruclic 


ion  et  d'édacalioB  e®' 
de  Bicélre,  est  placé  M 
perbe,  sur  le  versaoi 

es  meilleures  conditio»! 

y  sont  l’objet  de  so«s 
leur  situation  inteliec- 

unication  :  Tr^w*f® 
et  à  Choisy-le-Roi-  "■ 

enseignements  à 
ue  des  Carmes,  a  ffi’ 


milieu  d’un  parc  sun 
d'une  colline,  et  dans  Ii 
d’hygiène.  Les  enfants 
spéciaux  appropriés  à 
tuelle  et  physique. 

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A ccÉlÉrateuretRÉgulateurdeiitiutriUon Générale.  |  MÉDICftTIOH  PHOSPHORÉE,  ARSEWICALE  et  Hj 


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B  ière  de  Santé  Diastasée,  Phosphatée (Céréalopbosphates)ae'  eadmiie daw  les  Hôpium  de  Paris).  Pmxtiefl. ras.  ïjv 

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DES  ENFANTS  NERVEUX  £  ARRIÉRÉS 


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MALADIES  DE  LÂ.PEAU 


BOÜRBOULE^'^T^ 

■AU  ‘‘YOIES^RESPIRATDJÆS 


CHAR  BO  N  TISSOT 


LYSOL 


NERVOCITHINE  TISSOT 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


445 


.  'ration  des  morts  soitprécédée  d’un  examen  attentif  de 
Jars  cadavres. 

t  4.  Chaque  belligérant  enverra,  dès  que  cela  lui  sera 
„JjbJe,"aux  autorités  de  l’autre  pays  ou  à  l’armée,  les  mar- 
P®"  pièces  militaires  d’identité  trouvées  sur  les  morts  et 
rqat  nominatif  des  blessés  et  malades  recueillis  par  lui.  Les 
liellipérants  se  tiendront  réciproquement  au  courantdes  inter- 
entset  des  mutations  ainsique  des  entrées  dans  les  hôpi¬ 
taux  et  des  décès  survenus  parmi  les  blessés  et  malades.  Ils 
^cueilleront  tous  objets  d’usage  personnel  trouvés  sur  le 
champ  de  bataille  ou  délaissés  parles  blessés  et  malades  dé¬ 
cédés  dans  les  hôpitaux  et  établissements  ou  formations  sa¬ 
nitaires,  pour  les  faire  transmettre  aux  intéressés  par  les  au¬ 
torités  de  leur  pays. 

Vrt.  5.  L’autorité  militaire  pourra  faire  appel  au  zèle  chari¬ 
table  des  habitants  pour  recueillir  et  soigner,  sous  son  con 
Irôle.des  blessés  ou  malades  des  armées,  en  accordant  aux 
personnes  ayant  répondu  a  cet  appel  une  protection  spéciale 
et  certaines  immunités. 

Lè chapitre  2  a  trait  aux  formations  des  établissements  sani¬ 
taires  et  à  la  protection  qui  leur  est  due  par  les  belligérants. 

1.6  chapitre  3  a  trait  au  personnel.  11  est  dit  que  le  person¬ 
nel  exclusivement  affecté  à  l’enlèvement,  au  transport  et  au 
traitement  des  malades,  ainsi  qu’à  l’administration  des  lor- 
malions  sanitaires,  les  aumôniers  attachés  aux  armées  seront 
respectés  et  protégés  en  toutes  circonstances  ;  s'ils  tombent 
entre  les  mains  de  l’ennemi,  ils  ne  seront  pas  traités  comme 
prisonniers  de  guerre.  Ces  clispositions  s’appliquent  aux  for¬ 
mations  sanitaires  dans  le  cas  prévu  à  l’articleS,  paragraphe  2. 

le  chapitre  h  a  trait  au  matériel.  Les  formations  sanitaires 
mobiles  conserveront,  si  elles  sont  au  pouvoir  de  l’ennemi, 
leur  matériel,  y  compris  les  attelages,  quel  que  soit  le  moyen 
de  transport,  et  leur  personnel'  conducteur  ;  toutefois,  l’au 
torité  militaire  aura  la  faculté  de  s’en  servir  pour  les  soins  des 
blessés  et  malades.  La  restitution  du  matériel  aura  lieu  dans 
lesconditions  prévues  pour  le  personnel  sanitaire  et  autant 
que  possible  en  même  temps. 

chapitre  6  a  trait  aux  signes  distinctifs  de  la  convention. 
H  (St  dit  que  par  hommage  à  la  Suisse,  le  signe  héraldique 
delà  croix  rouge  sur  fond  blanc,  formé  par  interversion  de 
'croix  fédérale,  est  maintenu  comme  emblème  et  signe  dis- 
•nctif  des  œuvres  sanitaires  des  armées. 

Le  chapitre  7  traite  de  l’application  et  de  l’exécution  de  la 
Lonvention.  Les  dispositions  de  la  présente  convention  ne 
sont  obligatoires  ([ue  pour  les  puissances  contractantes,  en 
C9S  de  guerre  entre  deux  ou  plus’eurs  d’entre  elles  ; 
ws  dispositions  cesseront  d’être  obligatoires  du  moment 
ob  l’une  des  puissances  belligérantes  ne  serait  pas  si- 
ïualaire  de  la  convention. 

U  chapitre  8  a  trait  à  la  répression  des  abus  et  des  iufrac- 
i<®s  qui  pourraienUy  être  faites. 

Chacune  des  parties  contractantes  aura  ta  Faculté  de  dé- 
oncer  la  présente  Convention  ;  cette  dénonciation  ne  pro- 
^ases  eifeis  qu'.un  an  aj,)rès_la_nplificalion  faite  par  écrit 
Dseil  fédéral  ;  celui-crcommuniquera  immédiatement 
tenotificalion  à  toutes  les  autres  parties  contractantes:  cette 
|- ®®®ciation  n’aura  droit  (ju’à  l’égard  de  la  puissance  qui 
notifiée.  La  Convention  a  été  signée  sur  un  seul  exem- 
restera  dans  les  archives  de  la  Confédération  hel- 
’ les  copies  certifiées  conformes  seront  remises  par 
•Plomati([ue aux  puissances  signataires. 

^  UES CONGRÈS 

®'*ième  Congrès  des  médecins  aliénistes  et 
f- ^"'“logiste  s  de  France  et  des  pavs  de  langue 
®"Çaise. 

^  Lille,  1-7  août  1900.) 

les  communications  s’adresser  au  secrc- 
M.  le  D’’  Chocreaux,  médecin  en  chef  de 
Xo^  d  alinnes  de  Baillciil  (N'ord). 
tiogg  P’’ions  instamment  les  autours  de  communica- 
Éongrès  de  bien  vouloir  nous  en  envoyer  un 
"■savant le  l”aoùt. 


Congrès  préhistorique  de  France. 

(Vannes,  21  aoiit-2r)  août  1906.) 

Programme  général.  —  Le  second  Congrès  prétiistorique  de 
France  s’ouvrira  à  Vannes.  le  mardi  21  août  1906,  sous  la  pré¬ 
sidence  de  M.  Adrien  de  Mortillet,  rédacteur  en  chef  de 
l'Homme  préhis’orique,  proiesseur  à  l’École  d’ Anthropologie 
de  Paris,  président  de  la  Société  Préhistorique  de  France,  et 
se  clôturera  le  dimanche  26  août  au  soir. 

Mardi '2\  août.  —  Le  matin,  séance  publique  d’inauguration 
à  10  heures,  au  Théâtre.  —  Dans  1  après-midi,  première  séan¬ 
ce  de  travaux.  Correspondance.  Nomination  du  Bureau  défi¬ 
nitif.  Communications  et  discussions  scientifiques.  —  'Visite 
du  Musée  de  la  Société  Polymathique  du  Morbihan.  —  Le 
soir,  réception  à  rilôtel  de  Ville,  oflei  te  par  la  Vlunicipalité. 

Mercredi,  22  août.  —  Le  matin  et  l'après-midi,  séances  pour 
la  continuation  des  communications  et  discussions  scientifi¬ 
ques.  —  Visite  des  principaux  monuments  de  la  Ville.  —  Le 
soir,  à  9  heures,  conférence  sur  les  Monuments  mégalilhû/ws, 
par  M.  Adrien  de  Mortillet. 

Jeiidi23  août.  ~~  Le  matin  et  l’après-midi,  séances  de  tra¬ 
vaux,  continuation  et  fin  des  communications  et  discussions 
scientifiques Visite  aux  environs  immédiats  de  la  ville. 
Les  séances  des  travaux  du  Congrès  se  tiendront  chaque  jour 
(21,22,  et  23  août),  au  Palais  de  iustice  de  Vannes.  Le  Secré¬ 
tariat  du  Congrès  sera  installé  an  Palais  de  Justice.  Il  sera 
ouvert  dès  le  lundi  20  août,  chaque  jour,  le  matin  de  9  à  11 
heures  ;  dans  l’ap'rès-midi  de  2  heures  à  5  heures. 

Excursions  géné.ial'  s.  —  Vendredi  24  août.  —  Excursion  en 
bateau  à  vapeur  dans  les  îles  du  Golfe  du  Morbihan.  —  Visite 
de  Lochmariaquer. —  Samedi  2a  août.  —  Excursion  dans  la 
région  de  Quiberon,  Plouharnel  et  Erdeven.  —  Dimanche  ;6 
août.  —  Excursion  à  Carnaç  et  aux  environs. 

Il  sera  publié  ultérieurement  un  programme  détaillé  de 
ces  excursions  indiquant, poîo'c/mcnne  d'ell'S,les  localités  et 
les  monuments  préhistoriques  divers  lalignemenls,  menhirs, 
dolmens,  etc.l,  qui  seront  visités  par  le  Congrès,  ainsi  que  le 
prix  (tous  frais  compris)  de  chaque  excursion  elles  heures  de 
départ  et  de  retour. 

Les  Congressistes  —  membres  titulaires  et  membres  adhé¬ 
rents  —  désirant  prendre  part  aux  excursions  sont  instam¬ 
ment  priés  de  se  faire  inscrire  chez  le  Trésorier  du  Comité 
d’organisation,  M.L.  Giraux,  le  plus  tôt  possible. 

Pour  tous  les  renseignements  concernant  le  séjour  à  Van¬ 
nes,  s’adresser  directement  à  M.  L.  (Jiraux,  trésorier  du  Co¬ 
mité,  9  bis,  avenue  \  ictor-IIugo,  à  Saint-Mandé  (Seine). 


Actes  et  thèses  de  la  Faculté  de  Médecine  de  Paris. 

Thèses  de  doctorat.  —  Lundi,  16  juillet.  —  M.  Yinceneux  : 
Des  indications  et  de.s  résultats  opératoires  dans  le  cancer  de  l’es¬ 
tomac  (MM.  Terrier.  Reclus,  Legueu,  .Mauclaire).  —  M.  Uonta  : 
Du  décollement  épiphysaire  traumatique  de  l'extrémité  inférieure 
du  radius  (MM.  Hcclus,  Terrier,  Legueu,  Mauclaire).  —  M.  Serin  : 
Essai  histou-ique  sur  l'emploi  de  l’eau  en  chirurgie  (.MM.  Reclus, 
Terrier,  Legueu.  Mauclaire).  —  M.  Rabourdin  :  Topographie  des 
altérations  seitsilivos  dans  le  raehistovaïnisation  (M.M.  Reclus, 
Terrier,  Legueu.  Mauclaire). 

Mardi,  11  juillet.  —  M.  Giffard  :  Rein  cancéreux  et  mobile. 
Difficultés  du  diagnostic  (MM.  Guyon,  Le  Dentu,  Budin,  Deinelin). 

•  .1/.  Uertrandon  :  l.es  fractures  du  col  chirurgical  de  l’humérus 
chez  l'enfant  IMM.  Le  Dentu,  Guyon,  Budin.  Demelini.—  M.  Dou¬ 
che  :  De  l'épithélioma  du  dos  de  la  main  (MM.  Le  Dentu,  Guyon. 
Budin,  Demelin),  —  M.  Berlholkt  :  Influence  de  la  teneur  en 
beurre  du  lait  de  femme  sur  la  santé  du  nourrisson  (MM.  Budin, 
Guyon,  l.e  Dentu,  Demelinl.  —  .¥.  Mouchnino  :  De  la  marche 
thermique  dans  la  tuherculo.se  (MM.  Ghantemesse,  Gilbert,  Lau- 
nois,  Carnot).  —  M  Deiozüre  :  A  propos  d'un  syndrome  spécial 
au  cours  do  la  fièvre  typhoïde  chez  l'enfant  (MM.  Ghantemesse, 
Gilbert,  Launois,  Carnot).  —  M.  Villarcl  :  Les  troubles  du  débit 
urinaire  dans  les  alïoctions  hépatiques.  Etude  anatomique,  expéri¬ 
mentale  et  clinique  (MM.  Gilbert,  Chantemesse,  Launois,  Carnot). 

Mercredi,  18  juillet.  —  .1/.  Roulier  :  Action  des  rayons  X  sur 
les  glandes  génitales  (MM.  Gariel,  Blanchard,  Teissier,  André 
Broca).  —  M.  Heckemann  :  Corvisart  et  la  percussion  (MM.  Blan¬ 
chard,  Gariel,  Teissier,  André  Broca).  —  M.  Rondin  :  Variations 
morphologiques  du  microbe  de  le  tuberculose  (MM.  Blanchard. 
Gariel,  Teissier,  André  Broca).  —  .1/.  Triller  :  La  pellagre  (MM . 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


446 


Blanchard,  Gariel,  Teissier,  André  Brooa).  —  M.  Kasansky  :  Atré¬ 
sie  cicatricielle  du  col  de  l’utérus  consécutive  à  l’accouchement 
(MM.  Pinard,  Kirmisson,  Aug.  Broca,  Lepagei.  —  M.  Jacobson  : 
De  la  délivrance  artificielle  à  la  clinique  Baudelocque  depuis 
1897  (MM.  Pinard,  Kirmisson,  Auguste  Broca,  Lepage'.  — 
M.  Desnier:  Les  tumeurs  du  ligament  rond  (MM.  Pinard,  Kir¬ 
misson,  Auguste  Brooa,  Lepage).  —  M.  Diehl  :  Du  traite¬ 
ment  de  la  paralysie  radiale  traumatique,  suite  de  fracture  de 
l’humérus  (MM.  Kirmisson,  Pinard.  Auguste  Brooa,  Lepage).  — 
M.  Lambert  :  Hémorragies  cérébrales  tardives  d’origine  trau¬ 
matique  (MM.  Pouchet,  Gaucher,  Claude,  Balthazard).  —  M.  Sar- 
razin  :  Contribution  à  l’étude  de  l’opothérapie  hépatique.  Opothé¬ 
rapie  biliaire  (MM.  Pouchet,  Gaucher,  Claude,  Balthazard).  — 
M.  Paul  :  Contribution  à  l’étude  de  l'avortement  criminel.  Les 
perforations  utérines  gangreneuses  (MM.  Pouchet,  Gaucher, 
Claude,  Balthazard).  —  M.  Lnureau  :  Traitement  des  épithéliomas 
cutanés  et  muqueux  par  la  radiothérapie  (MM.  Gaucher,  Pouchet, 
Claude,  Balthazard).  , —  M.  Beaudet  :  Le  cholépéritoine  hydati¬ 
que  (MM.  Terrier,  Reclus,  Mauclaire,  Gosset).  —  M.  Rousseau  : 
Le  traitement  des  plaies  contuses  articulaires  (MM.  Terrier,  Re¬ 
clus,  Mauclaire,  Gosset) .  —  M.  Klein  :  Ectopie  périnéale  du  tes¬ 
ticule  (MM.  Terrier,  Reclus,  Mauclaire,  Gosset). —  M.  Moriselti  : 
Des  réactions  nerveuses  de  l’appendicite  (MM.  Reclus,  Terrier, 
Mauclaire,  Gosset). —  M.  Gilbert  :  Alimentation  de  la  femme, 
pendant  la  grossesse  et  l’allaitement  dans  la  classe  ouvrière  (MM. 
Landouzy,  Dejerine,  Desgrez,  Labbé  (Marcel).  —  M.  Rouye  :  Con¬ 
tribution  à  l’étude  de  la soléro-tuberculose  du  foie  (MM.  Landou- 
zy,  Dejerine,  Desgrez,  Labbé  (Marcel).—  M.  Vautier  :  Etude  des 
tuberculoses  larvées  chlorotiformes  (MM.  Landouzy,  Dejerine, 
Desgrez,  Labbé  (Marcel).  —  M.  Ledouoe-Lebard  :  La  lutte  contre 
le  canc.er  (MM.  Landouzy,  Dejerine,  Desgrez,  Labbé  (Marcel).  — 
M.  Vilbonnel  :  Du  »  point  de  côté  »  auriculaire  dans  le  rétrécis¬ 
sement  mitral  (MM.  Brissaud,  Roger,  Retterer,  Richaud).  —  M. 
Le  Gras  :  Troubles  psychiques  et  forme  mentale  de  la  méningite 
tuberculeuse  (MM.  Brissaud,  Roger,  Retterer,  Richaud).  — .1/. 
Hautant  :  Rôle  du  bacille  pyocyanique  dans  les  affections  de 
l’oreille  (MM.  Roger,  Brissaud,  Retterer,  Richaud).  —  31.  Loi¬ 
seleur  :  Les  infections  sanguines  Etude  clinique  et  expérimentale 
(MM.  Roger,  Brissaud,  Retterer,  Richaud).  — •  M.  Bignat  :  Con¬ 
tribution  à  l’étude  de  l’origine  bucco-dentaire  des  sinusites  maxil¬ 
laires  (MM.  Segond,  Delens,  Rieffel,  Duval,  Pierre).  —  M.  Poif- 
laud  :  Contribution  à  l’étude  de  la  coxa  vara  (MM.  Segond.  De¬ 
lens,  Rieffel,  Duval,  Pierre).  —  31.  Le  Pipe  :  Traitement  des  ulcè¬ 
res  variqueux  par  l’incision  circonférentielle  Je  la  jambe  (MM. 
Segond,  Delens,  Rieffel,  Duval  (Pierre).  —  31.  Carrière  :  Contri¬ 
bution  à  l’étude  du  sarcome  de  l’amygdale  chez  l’enfant  (MM.  Se¬ 
gond,  Delens,  Rieffel,  Duval,  Pierre). 

Jeudi,  19  juillet.  —  3f.  Nepper:  Pathogénie  et  traitement  de  la 
colite  muco-membraneuse  (MM.  Debove,  Joffroy,  Achard,  Dupré). 
—  31.  Hure  :  De  l’alimentation  du  nourrisson  par  le  lait  de  vache 
cru  normal  (MM.  Debove,  Joffroy,  Achard,  Dupré).  —  31.  Char¬ 
don:  Les  hétérotopies médullaires  (MM.  Joffroy,  Debove,  Achard, 
Dupré) .  —  31.  Vallet  :  Contribution  à  l’étude  des  rémissions  dans 
la  paralysie  générale  (MM.  Joffroy,  Debove,  Achard,  Dupré).  — 
31.  Blais  :  Contribution  à  l’étude  des  formes  graves  de  l’appendi¬ 
cite  chez  l’enfant  (MM .  Guyon,  Le  Dentu,  Marion,  Morestin).  — 
31.  Ilouy  :  Contribution  à  l’étude  de  la  cystoscopie  à  vision  directe 
(MM.  Guyon,  Le  Dentu,  Marion,  Morestin).  —  31 .  Erlzbischoff  : 
Contribution  à  l’étude  du  traitement  chirurgical  des  néphrites 
(décortication  du  rein)  (MM.  Guyon,  Le  Dentu,  Marion,  Morestin). 
3!.  Picquet:  Les  ruptures  artérielles  traumatiques  (MM.  Le  Dentu, 
Guyon,  Marion,  Morestin).  —  31.  Rabasse:  Eliminations  provo¬ 
quées  et  cryoscopie  urinaire  chez  les  tuberculeux  (MM.  Cornil, 
Cbantemesse,  Langlois,  Bezançon).  —  M.  Faure- Beaulieu:  La 
septicémie  gonococcique  (MM.  Cbantemesse,  Cornil,  Langlois, 
Bezançon).  —  31.  3IouleUe-Grangée  :  De  l’application  de  la  loi 
sanitaire  de  1902  dans  les  campagnes  (MM.  Cbantemesse,  Corûil, 
Langlois,  Bezançon).  —  31.  Bureau:  Dos  causes  d’erreur  dues 
aux  bacilles  du  smegma  dans  larecherche  du  bacille  de  Koch  dans 
les  urines  (MM.  Cbantemesse.  Cornil,  Langlois,  Bezançon).  — 
31.  Lhonime  :  Contribution  à  l’étude  de  la  tuberculose  dans  la 
première  enfance.  Caverne  tuberculeuse  chez  le  nourrisson  (MM. 
Pouchet,  Budin,  Méry,  Demelin).  —  31.  Person:  Sur  un  cas 
d’hémiparalysie  de  la  langue  chez  le  nouveau-né  (MM.  Budin, 
Pouchet,  Méry,  Demelin).  —  31.  Hue:  Quelques  recherches  sur 
l’ampliation  du  diaphragme  pelvien  pendant  l’accouchement  et  ses 
conséquences  (MM.  Budin,  Pouchet,  Méry,  Demelin).  —  31.  Depar¬ 
dieu  :  De  l’allaitement  chez  les  femmes  atteintes  de  complications 
infectieuses  mammaires  (MM.  Budin,  Poucher,  Méry,  Demelin).  | 
.1/.  Kaufmann  :  Pratiques  et  superstitions  médicales  en  Poitou 
(MM.  Raymond,  Ilutinel,  Thiroloix,  Jeanselme).  —  31.  H'atM  : 
Les  contusions  du  poumon  (MM.  Hutinel,  Raymond,  Thiroloix, 
Jeanselme) .  —  31.  Donnez  :  Contribution  à  l’étude  de  la  pleuré¬ 
sie  purulente  du  nourrisson,  notamment  de  la  pleurésie  à  pneumo¬ 


coque  (MM.  Hutinel,  Raymond,  Thiroloix,  Jeanselme). — m  ^ 
sin  :  Des  albuminuries  intermittentes  [Revue  critique)  (MÎl  ji  ^ 
nel,  Raymond,  Thiroloix,  Jeanselme). —  .1/.  Lemarquand  : 
latine  maternelle  et  nourrissons  (M.M.  Hutinel,  Raymond,  Thw 
loix,  Jeanselme).  —  31.  Grouew  :  Des  occlusions  intésüjjvi’' 
appendiculaires  (MM.  Berger,  Pozzi,  Auvray,  Rieffel).  —  J/  ^ 
doin  :  Essai  critique  sur  la  stérilisation  du  matériel  chirnWi»! 
(MM.  Berger,  Pozzi,  Auvray,  Reiffel).  —  M.  Belle  :  Des 
arthrites  franches  aiguës  du  poignet  consécutives  aux  phleamn* 
profonds  de  la  paume  de  la  main  (M.\I.  Berger,  Pozzi,  Autmi 
Rieffel).  —  31.  Uelacour  :  Contribution  à  l’étude  de  la ’chimr^ 
pulmonaire  en  plèvre  saine  (MM.  Pozzi,  Berger,  Auvray,  Reilîçii 

—  31.  Offret  :  Essai  sur  l’amblyopie  par  le  sulfure  de  carbonj 

(MM.  De  Lapersonne,  Poirier,  Hartmann,  Launois).  — 3I.Guéiin- 
Influence  du  mercure  sur  le  rein  (MM.  De  Léqtersonne,  Poirier 
Hartmann,  Launois).  —  Mlle  Toufesco  :  Sur  le  cristallin  normai 
et  pathologique  (MM.  De  Lapersonne,  Poirier.  Hartmann,  Lao- 
nois).  —  .1/.  Chevalier  :  Du  collargol  dans  les  affections  desmeit 
branes  externes  de  l’œil  (MM.  De  Lapersonne,  Poirier,  Hartmam 
Launois). - 31.  Bourgoin  :  Cholémie  et  ictère  dans  le  foie  car¬ 

diaque  (MM.  Gilbert,  Robin,  Vaquez,  Carnot).  —  31.  Saiide: 
Etude  sur  la  cholémie  physiologique  (.VIM.  Gilbert,  Robin, 'Va¬ 
quez,  Carnot).  —  31.  Bouchez  :  Des  abcès  cérébraux  consécutifs i 
la  pneumonie  (MM.  Gilbert, Robin,  Vaquez, Carnot). —  31.3lnthieu: 
Préparation  organique  du  brome  (MM.  Gilbert,  Robin,  Vaquei. 
Carnot). 

Vendredi,  Wjuillet.  —  .1/.  Aucouturier  :  Etude  sur  le  cranio- 
tabes  (MM.  Pinard,  Reclus,  Segond,  Lepage).  —  31.  Hébert: 
Comment  se  prennent  les  maladies  vénériennes  (MM.  Reclas, 
Pinard.  Segond,  Lepage).  —  31.  Daviau  :  Sur  quelques  points  ée 
la  séméiologie  des  pancréatites  chroniques  (MM.  Reclus,  PinarA 
Segond.  Lepage).  —  31.  Poisson  :  La  cystoscopie  dans  la  tuber¬ 
culose  génito-urinaire  (MM.  Reclus,  Pinard,  Segond,  Lepage). - 
31.  Aumont  :  De  l’appendicite  cholériforme  et  de  la  diarrhée  dans 
l’appendicite  (MM.  Segond,  Pinard,  Reclus,  Lepage).  —  ,11.  Hoe- 
guet  :  Des  sorties  provisoires  à  titre  d’essai.  Contribution  à  la  thé¬ 
rapeutique  des  maladies  mentales  (MM  Joffroy,  Brissaud,  Dejerine, 
Teissier).  —  31.  Bodros  :  De  la  prétendue  démence  des  perswn- 
tés  (MM.  Joffroy,  Brissaud,  Dejerine,  Teissier).  —  .31.  Bagiiet: 
Rapports  entre  l’alcoolisme  et  l’aliénation  mentale  dans  le  dépnr- 
tement  de  la  Somme  (MM.  Joffroy,  Brissaud,  Dejerine,  Teissiffl. 

—  31.  Garcin  :  Contribution  à  l’étude  de  la  parotidite  saturo^ 
(MM.  Landouzy,  Blanchard,  Claude,  Labbé,  (Marcel).  — fu 
Z'inçon  :  Conformations  thoraciques  chez  les  tuberculeux  (W 
Landouzy,  Blanchard,  Claude,  Labbé,  Marcel).  —  M. 

Etude  sur  les  tuberculeux  pulmonaires  apparemment  guéris  (.'DI- 
Landouzy,  Blanchard,  Claude,  Labbé,  Marcel).  — 31.  Brumfi  ■ 
Les  mycétomes  (MM.  Blanchard,  Landouzy,  Claude,  Labbé  (M^ 
cel).  —  31.  Salmi-i.  :  Prophylaxie  de  la  syphilis;  éducation  “O 
cla.sses  ouvrières  (MM.  Gaucher,  Roger,  Richaud,  Ballhazaro,/- 
31.  Debonnessel  :  Considérations  sur  le  diagnostic  différent 
entre  les  manifestations  osseuses  et  articulaires  de  la  syphil» 
réditaire  et  de  la  tuberculose  (MM.  Gaucher,  Roger,  R'™*".' 
Balthazard).  —  31.  Aurientis  :  Etude  médico-légale  sur 
prudence  actuelle  à  propos  de  la  transmission  des  maladies 
nériennes  (MM.  Gaucher,  Roger,  Richaud,  Balthazard). 
Maisonneuve  :  Expérimentation  sur  la  prophylaxie  de  la  sfP  V. 
(MM.  Gaucher,  Roger,  Richer,  Balthazard). — 

Etude  sur  la  méningite  tuberculeuse  du  nourrisson  (M.M.  ’ 

Gaucher,  Richaud,  Balthazard). 

Examens  de  doctorat.  —  Lundi  16  juillet.  —  2'  (Chirof?^ 
Dentiste,  Salle  Béclard).  MM.  Dejerine,  Degrez,  Rieffel. 

3Iardi  17  juillet.  2' (Chirurgien-Dentiste,  Salle  CorvisartJ. - 
Robin,  Gouget,  Rieffel. 

Stage  hospitalier 

ioDécret  relatif  au  stage  hospitalier  et  aux  cliniques 

B  acuité  de  médecine  de  Paris  (du  20  novembre  1893  moam 

le  décret  du  6  avril  1906) . 

Article  premier  (modifié).  —  'fous  les  étudiants  en  m  ^ 
feront  un  stage  dans  les  hôpitaux  de  Paris,  dont  la  duree  ^ 
pas  inférieure  à  trois  années.  Les  étudiants  accompliront  c  ^ 
pendant  leurs  deuxième,  troisième  et  quatrième  années  “  .  ÿ- 
Pendant  les  deux  premières  années  de  stage,  les  élèves  se  p^. 
tachés  aux  services  généraux  de  médecine  et  de  chirug*®- 
dant  la  troisième  année,  les  élèves  seront  nécessairement  ^ 
pendant  quatre  mois  aux  services  d’accouchement.  Us  d®' 
outre,  accomplir  les  quatre  autres  mois  de  cette  ** 

dans  l’un  des  services  spéciaux  affectés  aux  maladies  de 
de  la  syphilis,  aux  maladies  mentales,  aux  maladies  des  en 
maladies  des  voies  urinaires.  p^s  • 

Art.  2.  —  Les  élèves  stagiaires  seront  répartis  par  gf®  ~ 
vingt  dans  les  services  affectés  à  l’enseignement. 


1,E  PROGRÈS  MEDICAL 


447 


2  _Cliacun  des  groupes  de  stagiaires  S3ra  composé  d'élé- 
MBîû-tenant  à  une  même  année  de  stage. 

^  t  4-  —  Pendant  toute  la  durée  de  cet  enseignement,  l’élève 
'^Vétre  exercé  individuellement  à  la  recherche  des  signes,  des 
**'%mes  des  maladies.  11  devra  prendre  part  personnellement  à 
Samen  des  malades. 

5_  _  Les  services  affectés  à  l’enseignement  pendant  les 
J .nx  premières  années  de  stage  sont  :  1°  Les  services  de  clinique 
Générale  de  la  Faculté  de  médecine  ;  2®  Des  services  pris  parmi 
ui  qui  sont  dirigés  par  des  médecins  et  chirurgiens  attachés  aux 
hôpitaux  généraux.  Les  services  affectés  à  l’enseignement  pendant 
1  Jfoisième  année  sont  ;  1°  Les  chaires  d' accouchement  et  de  cli- 
niipie  spéciale  de  la  Faculté  de  médecine  ;  2®  Des  services  pris 
njrmi  ceux  qui  sont  consacrés  aux  accouchements  et  aux  spécia- 
dans  les  divers  établissements  hospitaliers. 

M  le  Directeur  de  l’Assistance  publique  désignera  dans  les  di- 
vew  hôpitaux  le  nombre  des  services  dirigés  par  des  médecins, chi¬ 
rurgiens  et  accoucheurs  qui,  dans  chaque  hôpital,  sera  affecté  à 
cet  enseignement. 

—  Les  médecins,  chirurgiens  et  accoucheurs  qui  dési¬ 
reront  être  chargés  de  l’enseignement  des  stagiaires  adresseront 
leur  demande  à  M.  le  Directeur  de  l’Assistance  publique.  Celui-ci 
convoquera  une  commission  composée:  pour  la  Facultéde  méde¬ 
cine,  de  quatre  membres,  le  doyen  et  trois  professeurs  délégués 
par  la  Faculté  ;  pour  l'Assistance  publique,  de  quatre  membres,le 
directeur  et  trois  membres  du  conseil  de  surveillance,  dont  le  re¬ 
présentant  des  médecins  des  hôpitaux  et  le  représentant  des  chi¬ 
rurgiens.  Le  directeur  présidera  la  commission  ;  en  cas  de  parta¬ 
ge, la  voix  du  président  sera  prépondérante.  Le  directeur  soumet¬ 
tra  à  la  commission  le  projet  de  répartition  des  services  dans  les. 
diflérents  hôpitaux,  la  liste  des  demandes  adressées  par  les  méde 
cins, chirurgiens  et  accoucheurs.  Le  doyen  de  la  Faculté  indi¬ 
quera  le  nombre  des  élèves  soumis  au  stage.  La  commission  dres¬ 
sera  une  liste  de  présentation  comprenant  pour  chaque  place  deux 
noms  si  cela  est  possible.  Cette  liste  sera  adressée  à  M.  le  Minis¬ 
tre  de  l’Instruction  publique,  qui  nommera  les  médecins,  chirur¬ 
giens  et  accoucheurs  chargés  de  ces  cours. 

Art.  “(modifié).  —  L’enseignement  durera  du  l®""  novembre  au  30 
i  uin.  Les  titulaires  des  cours  seront  nommés  pour  trois  ans.  Les 
élèves  seront  répartis  de  façon  qu’ils  passent  quatre  mois  dans  un 
service  de  médecine  et  quatre  mois  dans  un  service  de  chirurgie. 
Iæ  professeur  donnera,  à  la  fin  du  cours,  des  notes  de  travail  de 
chaque  élève.  Ces  notes  seront  transmises,  par  les  soins  du  di¬ 
recteur  de  l’Assistance  publique,  au  doyen  de  la  Faculté,  pour 
être  jointes  au  dossier  del’élève. 

Art.8.  — Il  recevra  de  l'Etat  une  indemnité  annuelle  de  3000  fr. 
Aucuns  frais  ne  résulteront  pour  l’Assistance  publique  de  cet  en¬ 
seignement. 

~  Lia  répartition  des  élèves  dans  les  cliniques  de  la  faculté 
«dans  les  services  désignés  par  la  commission  sera  établie  à 
jirMuIté,  par  son  doyen.  Au  moment  où  leur  nom  sera  appelé, 
es  etéves  de  troisième  armée  de  stage  désigneront  le  service 
accouchement  dans  lequel  ils  désirent  faire  leur  stage,  ainsi  que 
époque  de  ce  stage,  puis  le  ou  les  services  spéciaux  qu'ils  veu- 
nt  Suivre,  et,  pour  le  reste  du  temps,  le  ou  les  services  généraux 
qaels  ils  désirent  être  attachés.  Les  stagiaires  de  deuxième  an- 
I  ^éom,  de  préférence,  répartis  dans  les  hôpitaux  du  centre  ; 

stagiaires  de  première  année  dans  les  hôpitaux  excentriques, 
tanc***^  répartition  sera  transmise  à  M.  le  Directeur  de  l’Assis- 
^élévM  délivrera  les  cartes  d’entrée  dans  les  hôpitaux 

élèves  internes  et  externes  des  hôpitaux  qui, 
*^“rée  de  leur  service  n’auraient  pas  été  attachés  à  un 
ïijçj  ®  d  accouchement,  devront  faire  un  stage  dans  un  des  ser- 
de  denï*^’  *  préfèrent,  ils  seront  admis  à  accomplir  un  stage 
hg»,  j“totsàla  clinique  Baudelocque,  de  10  heures  du  soir  ® 

Art  ??*d®dn. 

’PéeiaVr —  commission  établira  dans  quelles  conditions  les 
pourraient  être  enseignées  dans  l’après-midi,  de  façon 
période  de  stage  et  les  études  de  la  cinquième  an- 
travej  en  combinant  les  heures  de  façon  à  ne  pas  en- 

•êinp .®*,®*^‘Ces  pratiques  exigés  par  la  Faculté  pendant  la 
j^^I^node  scolaire. 

lihres'p  l’assistance  publique  autorise  la  création  de  cours 

PonjfjJj^yés  directement  par  les  élèves,  les  chefs  de  service  qui 
^^Ité  n  ^  siéger  dans  les  jurys  d'examens  delà 

.\rt  12®  recevront  pas  cette  autorisation, 
ân  À-  ~~  discipline,  dans  l'intérieur  de  l’hôpital,  appar- 
î*  hi  '’^®®l®ur  de  l'établissement. 

concernant  les  stagiaires,  les  internes  et  externes 
ç,  des  hôpitaux. 

**''*^(art  stagiaires.  —  Les  stagiaires  seront  répartis  par 

•  ô  et  0  du  décret),  et  d’après  la  note  obtenue  au  dernier 


examen,  ou  la  moyenne  des  notes  obtenues,  si  cet  examen  est 
composé  de  deux  parties,  ou  s'il  y  a  eu  échec  —  pour  une  même 
note,  dans  l’ordre  de  la  prise  des  inscriptions.  C’est  dans  le  même 
ordre  que  les  stagiaires  seront  appelés  à  choisir  les  services  dans 
lesquels  ils  désireront  faire  le  stage.  Aucune  exception  à  cette  règle 
ne  sera  admise.  Une  lettre  de  convocation  individuelle  sera  adres¬ 
sée  aux  stagiaires.  Les  titulaires  d’enseignement  devront  s’abtenir 
de  réclamer  des  stagiaires,  la  répartition  de  ceux-ci  devant  se  faire 
en  dehors  de  toute  espèce  d’intervention  du  chargé  de  l'enseigne¬ 
ment.  Le  choix  des  services  aura  lieu  dans  la  seconde  quinzaine 
d’octobre.  A  l’appel  de  leur  nom,  les  élèves  de  troisième  année  de 
stage  désigneront  le  service  de  spécialité  et  le  service  d’accouche¬ 
ment  qu'il  auront  choisis,  ainsi  que  le  semestre  (hiver  ou  été)  dans 
lequel  ils  désireront  accomplir  chaque  stage.  Les  élèves  de  pre¬ 
mière  et  deuxième  années  de  stage  désigneront  le  service  de  méde¬ 
cine  et  le  service  de  chirurgie  qu’ils  auront  choisis,  ainsi  que  le  se¬ 
mestre  (hiver  ou  été)  dans  lequel  ils  désireront  accomplir  chaque 
stage. MM.  les  élèves  qui  n’assisteront  pas  à  la  séance  de  choix 
des  services  ou  qui  n’y  seront  pas  représentés,  seront  classés  d’office 
par  l’administration  de  la  Faculté.  Les  listes  des  stagiaires  seront 
arrêtées  le  25  octobre  pour  être  immédiatement  transmises  au  di¬ 
recteur  de  l’Administration  générale  de  lAssistance  publique.  Ceux 
qui  ne  seront  pas  inscrits  ne  pourront  pas  prendre  d’inscriptions. 
L’inscription  de  janvier  sera  délivrée  au  stagiaire  régulièrement 
inscrit  et  chassé  ;  l’inscription  d'avril  ne  sera  délivrée  que  si  les 
notes  d’assiduité  et  de  travail  sont  satisfaisantes  pour  le  premier 
semestre  ;  l’inscription  de  juillet  ne  sera  délivrée  que  si  les  notes 
d’assiduité  et  de  travail  sont  satisfaisantes  pour  le  deuxième  se¬ 
mestre.  Le  l®®  mars,  à  9  heures  du  matin,  chaque  stagiaire  se  ren¬ 
dra  dans  le  service  qu’il  aura  choisi  pour  le  deuxième  semestre. 

Internes  et  externes  des  hôpitaux.  —  Pour  la  prise  des  inscrip¬ 
tions  trimestrielles,  MM.  les  internes  et  externes  des  hôpitaux  de¬ 
vront  déposer  chez  le  concierge  de  la  Faculté  leur  feuille  d’inscrip¬ 
tions  accompagnée  d’un  certificat  de  leur  chef  de  service  attestant 
qu’ils  ont  rempli  leurs  fonctions  pendant  le  trimestre  précédent.  Le 
certificat  devra  être  visé  par  le  directeur  de  l’hôpital  auquel  l’é¬ 
tudiant  est  attaché.  Ce  dépôt  devra  être  effectué  deuxjours  avant 
la  date  fixée  pour  la  délivrance  de  l’inscription. 

En  aucun  cas,  les  externes  suppléants  ne  seront  assimilés  aux 
externes  titulaires  pour  l’équivalence-du  stage  hospitalier. 


FORMÜLF-S 


L.  —  Contre  la  néphrite. 

Teinture  de  scille .  3  gr. 

Teinture  de  convallaria .  10  gr. 

Teinture  de  grindelia .  30  gr. 

Quinze  gouttes  dans  un  peu  d’eau,  trois  fois  par  jour. 

(Huchard.) 


NOUVELLES 

Natalité  ok  Paris.  —  Du  dimanche  24  au  samedi  30  juin 
1906.  tes  naissances  ont  ete  au  nomore  de  1.013,  se  décomposant 
ainsi  :  légitimes  753,  illégitimes  265. 

Mortalité  a  Paris.  —  Population  d'après  le  recensement  de 
1901  :  2.660.559  habitants.  Les  décès  ont  été  an  nomore  de  8'23, 
savoir:  431  hommes  et  392  femmes.  Les  décès  sont  dus  aux 
causes  suivantes  :  Fièvre  typnoi’de  (typhus  abdomin.)  :  2.  — 
Typhus  exanthématique  ;  0.  —  Fièvre  intermittente  et  cachexie 
palustre  :  0.  —  Variole  :  0.  —  Rougeoie  ;  6.  —  Scarlatine  :  1. 

—  Coqueiucne  ;  4.  —  Dipntérie  et  Croao  :  3.  —  Grippe  :  2. 

—  Choléra  asiatique  :  0.  —  Choléra  nostras  :  0.  —  Autres 
maladies  épidémiques  :  2.  —  Tuoerouiose  des  poumons  :  170.  — 
Tuberculose  des  méningés  :  29.  —  Autres  tuberculoses  :  17.  — 
Cancer  et  antres  tumiurs  malignes  :  52.  —  Méningite  simple  :  17. 

—  Congestion  hem  irrhagique  et  ramollissement  du  cerveau  :  47. 

—  Maladies  organiques  du  coeur  :  68.  —  Bronchite  aiguë  :  3. 

—  Bronchite  chronique  :  14  —  Pneumonie  :  22.  —  Autres  affec¬ 
tions  de  l’appareil  respiratoire  :  52.  —  Affections  dé  l’estomac 
icancerexo.)  :  2. —  Diarrhée  et  entérite  deO  à  1  an  :  sein:  5;  au¬ 
tre  alimentation  :26.  —  Diarrhée  et  entérite  de  1  à2  ans  :  3. —  Her¬ 
nies,  oostruotion  intestinale  ;  5.  —  Cirrhose  du  foie  :  12.  —  Néphrite 
jt  mai  de  Bright  ;  26.  -  Tumeurs  non  cancéreuses  et  autres  ma¬ 
ladies  des  organes  génitaux  (femmes)  :  7.  —  Septicémie  puerpérale 
(fièvre,  péritonite,  phlébite  puerpérale)  ;  3.  —  Autres  accidents 
puerpéraux  de  la  grossesse  et  de  l’accoucnement  ;  2.  —  Débilité 
congénitale  et  vices  de  conformation  :  21.  —  Débilité  sénile  :  26. 

—  Morts  violentes;  37.—  Suicides:  15.  —  Antres  maUdies:  118, 

—  Maladies  inconnues  ou  mal  définies  ;  19. 


LE  PROGRES  MÉDICAL 


Uort-nés  et  morts  avant  leur  inscription  : 
posent  ainsi  :  légitimes  48,  illégitimes  24. 


Association  Française  Ce  Chirurgie.  —  (19'“  Congrès,  I  -  6 
Octobre  1906).  —  Le  19®  Congrès  de  TAssociation  Française  do 
Chirurgie  s’ouvrira  à  Paris,  à  la  Faculté  de  Médecine,  le  lundi  l®'' 
octobre  1906.  sous  la  présidence  de  M.  le  Docteur  Monprofit, 
Professeur  à  l’école  de  Médecine  d’Angers,  Chirurgien  de  l’Hôtel- 


res  précises,  dans  la  salle  des  concours  de  l’Administratioa  ttA 
des  Saints-Pères,  49.  Les  étudiants  qui  désirent  prendre  parti** 
concours  seront  admis  à  se  faire  inscrire  au  service  du  persom^ 


concours  seront  admis  à  se  faire  inscrire  au  service  du  personirt 
de  l'administration  de  l’Assistance  publique,  tous  les  jours  le^ 
manches  et  les  fêtes  exceptés,  de  onze  heures,  à  trois  hetireaji 
mercredi  P®  août  1906  au  vendredi  31  août  inclusivement.  ” 


Dieu  d’Angers.  Trois  questions  ont  été  mises  à  Tordre  du  jour 
du  Congrès  : 

l®  Chirurgie  des  gros  troncs  ve  ineux,  rapporteur  ;  MM.  Le- 
jars  (de  Paris),  et  Morestin  (de  Par  is).  —  2“  Ectopie  testiculaire 
et  scs  complications,  rapporteurs  :  MM.  Souligoux  (de  Paris),  et 
Villard  (de  Lyon).  —  3"  Voies  et  moyens  d'accès  dans  le  thorax 
au  point  de  vue  opératoire,  par  MM.  ÂVillems  ide  Gand),  et  Loi- 
son  (  agrégé  du  Val-de-Grâce). 

MM.  les  Membres  de  l’Association  sont  priés  d'envoyer,  avant, 
le  3Ô  juillet,  le  titre  et  les  conclusions  de  leurs  communications, 
à  M_.  le  Docteur  Walther, Secrétaire  général, 68,  rue  de  Bellechas- 
se,  à  Paris.  —  Pendant  la  durée  du  Congrès, une  Exposition  d’ins¬ 
truments  de  Chirurgie,  d’objets  de  pansement,  électricité  médi¬ 
cale,  etc.,  sera  installée  dans  le  grand  vestibule  de  la  Faculté  de 
Médecine.  Pour  tous  renseignements,  concernant  le  Congrès  s'a¬ 
dresser  au  Secrétaire  général. 


BULLETIN  BIBLIOGRAPHIQUE 


Revue  d’IIyoikne  et  de  Médecine  Infantiles.  Annalbs  dk  h 
Polyclinique  H. de  Rothschild.—  Directeur  :  D'H. de  Rotm. 
CHii.D  :  —  Secrétaire  de  la  Rédaction  :  Gh.  Mktti.ing.  —  .Som. 
maire  du  n"  3  :  Types  d’idiotie.  Cas  d'idiotie  mongolienne  yg 
MM.  Bournevillo  et  B.  Bord.  — ■  Migraine  thyroïdienne,  pu 
MM.  Léopold  Lévi  et  H.  de  Rothschild. —  Diagnostic  et  trait^ 
ment  du  catarrhe  intestinal  chez  le  nourrisson,  basés  principi- 
lement  sur  l'analyse  des  fèces,  par  M.  P.  Selter.  —  Traiteffleni 
curatif  de  la  coqueluche  par  Tanesthésie  chloroformique,  pit 
par  MM.  IL  de  Rothschild  et  L.  Brunier.  -  Analyses  :  Hygiène 
et  alimentation.  —  Médecine.  —  Revue  des  livres,  —  Variétés. 
Un  an  ;  12  francs.  G.  Doin,  éditeur. 


Faculté  de  Médecine  de  Lyon.  —  Par  arrêté  du  Ministre  de 
l’Instruction  publique,  des  Beaux-Arts  et  des  Cultes,  en  date  du 
5  juillet  1906,  la  chaire  de  clinique  des  maladies  cutanées  et  syphi- 
tiques  de  la  Faculté  mixte  de  médecine  et  de  pharmacie  de  l’Uni¬ 
versité  de  Lyon  est  déclarée  vacante.  Un  délai  de  20  jours,  à  par¬ 
tir  de  la  déclaration  du  présent  arrêté,  est  accordé  aux  candidats 
pour  produire  leurs  titres. 


',  médecin  consultant  des  Hôpitaux. 


Chronique  des  hôpitaux. 

NIER.  ■—  Un  cours  de  pratique  obstétricale  i 


Clinique  Tarnier.  ■—  Un  cours  de  pratique  obstétricale  avec 
manœuvres  sera  fait  pendant  le  mois  de  juillet  par  MM.  les  doc¬ 
teurs  Guéniot,  chef  de  clinique  et  Cathalâ,  chef  de  laboratoire. 
Les  leçons  auront  lieu  tous  les  matins  (dimanche  excepté),  à 
10  heures  li4,  à  partir  du  lundi  2  juillet.  Le  droit  d’inscription 
est  de  50  francs.  S'inscrire  au  secrétariat  de  la  Faculté. 


Rodiqüez-Morini.  —  Contribution  à  l’étude  clinique  delà  p*- 
ralysie  générale  en  Espagne.  In-S®  de  24  pages.  De  Serra  frères, 
Barcelone . 

Serafini  (Antonini).  —  Pneumonie  cruppale.  1  vol.  in-16  dt 
222  pages.  Ulrico  Hoepli,  éditeur,  à  Milano. 

SiRÉNA  (Santi).  —  Sulla  resistenza  delle  spore  del  baoillo  dd 
carbonchio.  ln-8°  de  48  pages.  Hans  Rinck,  éditeur,  à  Torino. 

Tapia  (A.  G.)  —  Un  nouveau  syndrome.  —  Un  cas  de  syphilii 
trachéale.  In-S®  de  30  pages  lmp.  Moreno  à  Madrid 

Vincent.  —  Rapport  de  la  commission  administrative  de  riw‘ 
pital  cantonal  et  de  la  maternité  de  Geneve  pour  Tannée  1905.  1 
vol.  In-8°  de  98  pages.  lmp.  Centrale  à  Genève. 


Concours  de 
la  nomination  ai 
civils  de  Paris  a 


’extrnat.  —  L’ouverture  d’un  concours  pour 
:  places  d’élève  externe  des  hôpitaux  et  hospices 
ra  lieu  le  lundi  17  septembre  1906  à  quatre  heu- 


■  ■■  ■ÉiailAlin  Etablissements  d'assistanœ, 

r  Y  rrnAÎnMr  jeune  et  actif,  muni  des  meilleures 

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dans  établissement  privé.  S’adresser  bureau  du  joun0 
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Marchais  est  la  meilleure  préparation  créosotée.  Elle  di¬ 
minue  la  toux,  la  fièvre  et  l’expectoration.  De  3  à  6  cuil¬ 
lerées  à  café  par  jour  dans  lait,  bouillon  ou  tisane. 

(D'  Ferrand.  —  Trait,  de  méd.) 


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I  de  2  ans  à  5  ans  :  1  cuillerée  à  dessert  par  jour. 

I  de  5  ans  à  15  ans  :  1  cuillerée  à  soupe  par  jour. 


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Le  Sebumbaollle.  microbe  de  la  calvitie  vulg«i**®j 
découvert  par  M.  Louis  DEQUtANT.  pharmacien,  iji 

de  Clignancourt,  Paris.  (Mémoires  déposés  à 
Médecine,  23  mars  1897, 8  mai  18981.  L’extrait  de  ces  Me  , 
est  adressé  gracieusement  a  tous  les  médecins  qth 
feront  la  demande.  Renseignements  gratuits  et  prix  uc  i 
pour  tous  les  memores  du  cdrvs  médical. 


pour  leurs  enfants,  car  i 
bon  laxatif. 

Toutes  pharmacies.  - 

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Le  Rédacteur-Gérant  : 


riLLONS  :  VERNEUIL. 
le-et-Oise 


lal'RIJIERIE  DaIX  FRERES  et  Thiron,  Glermont  (Oi**' 


DYSPEPTINE  HEPP 


55.  année.  3-  SÉRIE.  T.  XXII.  N»  20.  BUREAUX  :  RUE  DBS  CARMES,  14  21  JUILLET  1906 

Le  Progrès  Médical 


SOMMAIRE  ;  Physiologie  THiRAPEUTiQUE  :  De  l'emploi  d’un 
honillon  de  culture  du  bacille  lactique  B  en  thérapeutique,  par 
Lematte.  —  Bulletin  :  La  réforme  des  études  médicales  ;  La 
gratuité  des  services  médicaux,  par  J.  Noir.  —  Sociétés  Sa¬ 
vantes  :  Académie  des  Sciences  :  Trypanosomiases  du  Haut- 
Niger,  un  nouveau  trypanosome  pathogène,  par  Laveran  ;  Dis¬ 
parition  momentanée  des  trypanosomes  du  nagana  chez  les  chiens 
infectés,  par  Roux  et  Ijacomme  ;  Variations  des  échanges  nutri 
tifs  sous  l’influence  du  travail  musculaire  développé  au  cours 
des  ascensions,  par  Guillemard  et  Moog  (c,  r.  de  Mme  Phisa- 
lii).  —  Académie  de  Médecine  :  La  vaccine  en  Algérie,  par 
Chauvel,  Chantemesse,  Netter  ;  Le  paludisme  à  Madagascar, 
par  Laveran  ;  La  vaccine  en  France  en  1904,  par  Kelsch  ;  Rap¬ 
ports  de  prix  (c.  r.  de  A.-F.  Plicque).  —  Société  de  thérapeu¬ 


tique  :  Sténose  du  pylore  et  rein  flottant,  par  Gallois  ;  Le  gui 
dans  le  traitement  de  l’hémoptysie,  par  Gaultier  ;  Nouveau 
remède  interne  contre  la  blennorragie,  legonosan,  par  Renault. 

—  Bibliographie  :  Anémie  des  mineurs,  par  François.  —  Bio¬ 
graphie  ;  M.  le  D’’  F.  Widal,  membre  de  l’Académie  de  Méde¬ 
cine,  par  J.  Noir.  —  Médecine  pratique  :  Iodisme  etbromisme, 

—  Varia  :  Le  nouveau  conseil  supérieur  de  l’assistance  publi¬ 
que  ;  Un  cas  de  peste  au  Havre  ;  Exercices  spéciaux  du  service 
de  santé  en  1906.  —  Les  congrès  :  XVD  congrès  des  méde¬ 
cins  aliénistes  et  neurologistes  de  France  et  des  pays  de  langue 
française.  —  Formules,  —  Actes  delà  faculté  de  médecine 
DE  Paris.  —  Nouvelles.  —  Chronique  des  hôpitaux.  —  BuL'% 

LETIN  BIBLIOGRAPHIQUE, 


PHYSIOLOGIE  THERAPEUTIQUE 

De  l'emploi  d’un  bouillon  de  culture  du  Bacille 
lactique  B  en  thérapeutique: 

Par  L.  lematte  1) 

Nous  avons  cultivé  avecChevretin  le  ferment  lactique 
bulgare  B  sur  un  bouillon  de  malt  lactosé  et  minéralisé. 
Cette  cultpe  s’emploie  en  thérapçutique  dans  le  traite¬ 
ment  des  infections  intestinales.  Nous  allons  préciser  le 
mode  d’action  de  cette  culture. 

Nous  diviserons  ce  travail  en  quatre  parties  : 

•i*  nouvelles  sur  l’infection  intestinale; 

-  Emploi  du  ferment  lactique  pour  réaliser  l’antisepsie 
des  voies  digestives  ; 

3*  Biologie  de  ce  ferment; 

J  L^^nntages  du  lait  caillé  fait  avec  une  culture  pure 
^.ferment  lactique  B  ; 

U"  Résumé  des  observations  qui  confirment  clinique- 
ent  ce  que  la  théorie  faisait  prévoir. 

L  Théories  nouvelles  sur  l'infection  intestinale. 

Pasteur  eut  démontré  l’origine  bactérienne 
enœp  infectieuses,  les  thérapeutes  mirent  tout 

posé  pour  combattre  l’infiniment  petit.  Le  problème 
®icroh  ^  •’  tuer  la  cellule  morbide  représentée  par  le 
bjj  1®  ®n  respectant  la  cellule  saine  qui  l’héberge. 
etc  Ig  tuberculose  essaya lesphénols, les  aldéhydes, 
(ie5a|T“®*‘niacopée  s’encombra  des  pilules  de  créosote, 
Içrd’hn  gaïacol.  Le  pauvre  tuberculeux  dut  ava- 
tèiij  mixtures  qui  avaient  un  effet  curatif  dou- 

cerGin  nont  l’action  nocive  sur  le  tube  digestif  était 
ritrejj,  ■  nvec  l’école  de  Bouchard,  naquit  la  théo- 
^ent  **'*ïnable  de  t auto-intoxication.  Nos  cellules  peu- 
Itadcen?*’?®  les  bactéries,  fabriquer  des  poisons  qui  en- 
«ïiin  mot  t  ^nntte,  le  rhumatisme,  fartério-sclérose, 
'®l^tion  maladies  par  ralentissement  de  la 

^®^td  ®st  le  grand  fabricant  des  résidus  qui, 

j^s  comnf 1  organisme,  empoisonnent,  nos  cellules  sai- 
lo  ferait  un  toxique  chimique. Simultanément, 
î*  Idhctin  cellulaire  s’atrophie,  ou  s’hypertrophie  et 
s’altère.  Ce  processus  fait  naître 
c  *'®PrAfo  ®  avec  tout  son  cortège  d’infirmités. 

.^lobehnikoff  dans  différentes  publica- 
-tÿi’nne  m  1  la  vieillesse  n’était  pas  autre  cho- 

évoluant  lentement,  et  dont  les  effets 
^  1906_  faite  à  la  Société  de  médecine  de  Paris,  le 


peuvent,  en  tous  points,  être  comparés  à  une  auto-in 
toxication.  Nos  poisons  intestinaux  altèrent  les  cellules 
nobles,  comme  le  feraient  le  phosphore,  l’arsenic  ou  le 
plomb.  Dès  les  premiers  moments  de  la  naissance,  les 
intestins  de  l’homme,  remplis  de  matières,  s’ensemen¬ 
cent,  et  le  méconium  sert  aux  microbes  de  bouillon  de 
culture.  Les  bactéries  pénètrent  dans  les  intestins  avec 
l’air  et,  dès  la  première  journée,  avant  que  l’enfant  ait 
pris  une  nourriture  quelconque,  on  trouve  dans  le  mé¬ 
conium  une  flore  variée  composée  de  plusieurs  espèces 
de  microbes. 

Quand  l’enfant  a  absorbé  le  lait  mateimel,  cette  flore  se 
réduit  à  quelques  microbes,  dont  un  appelé  bacillus  bifi- 
rfMsparM.  Tissier. 

Si  l’enfant  prend  du  lait  de  vache,  sa  flore  microbienne 
devient  plus  riche  en  espèces. 

Ici  apparaît  déjà  le  moyen  de  changer  la  flore  intesti¬ 
nale  en  modifiant  l’alimentation. 

L’adulte  qui  absorbe  des  aliments  cuits  diminue  sa 
flore  intestinale.  Au  contraire,  avec  les  aliments  crus,  les 
bactéries  pénètrent  dans  le  tube  digestif  en  grande  abon¬ 
dance. 

Si  nous  voyons  dès  les  premières  heures  de  notre  vie 
les  microbes  s’installer  dans  notre  estomac  et  dans  no¬ 
tre  intestin,  il  est  à  prévoir  que  la  nature  poursuit  un 
but  en  ensemençant  notre  tube  digestif  de  ces  bactéries 
et  que  la  vie  n’est  pas  possible  sans  microbes.  Les  ex¬ 
périences  de  Charrin  sont  là  pour  démontrer  qu’il  est 
illusoire  de  vouloir  priver  notre  organisme  de  bactéries. 
Des  animaux  recueillis  aseptiquement  à  leur  naissance 
et  nourris  avec  des  aliments  stérilisés  ont  tous  suc¬ 
combé  ;  au  contraire  les  témoins  dont  la  nourriture  était 
surchargée  de  bactéries  non  pathogènes  poussèrent  nor¬ 
malement.  Tous  nos  téguments  internes  et  externes, 
toute  la  surface  cutanée,  tout  notre  tube  digestif  sont 
garnis  de  myriades  bactériennes.  Il  y  a  parmi  ces  mi¬ 
cro-organismes  des  agents  utiles  à  la  vie,  d’antres  sont 
franchement  néfastes.  Notre  santé  dépend  du  triomphe 
remporté  par  les  bactéries  utiles  sur  les  microbes  patho¬ 
gènes.  Une  circonstance  vient-elle  à  rompre  l'équilibre, 
ou  la  pénétration  d’agents  infectieux  nous  trouve-t-elle 
désarmés,  la  maladie  s’installe  jusqu’à  ce  que  l’agent  pa¬ 
thogène  ait  été  phagocyté  ou  expulsé  par  nos  cellules. 
L’industrie  utilise  depuis  longtemps  l’action  remarquable 
des  micro-organismes  pour  fabriquer  les  produits  les 
plus  divers  :  le  vin,  la  bière,  l’alcool,  etc.,  sont  l’œuvre 
d’infiniment  petits. 

Nos  déchets  de  la  vie  organique  eux-mêmes,  qui  sont 
canalisés  à  grands  frais  dans  les  égouts  ou  épandus 
dans  le  sol,  subissent  des  transformations  profondes, 


450 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


grâce  aux  microorganisincs  qui  détruisent  les  matières  | 
azotées  pour  les  transformer  en  nitrates  utiles  à  l’agri¬ 
culture.  Si  nous  appliquons  à  notre  organisme  des  pro¬ 
cédés  calqués  sur  ceux-ci,  nous  détruirons  sur  place  les 
déchets  qui  intoxiquent  notre  économie. 

Théophile  Gautier  a  écrit  :  «  Il  n’y  a  vraiment  de  neuf 
que  ce  qui  est  vieux  »  ;  les  anciens  disaient  :  «  Rien  de 
nouveau  sous  le  soleil  »  .  Nous  devons  avouer  que  ces 
deux  aphorismes  sont  toujours  d’actualité.  Les  doctri¬ 
nes  médicales  changent  et  les  maladies  restent,  et 
ces  changements  ne  sontquede  pure  forme.  Les  anciens 
faisaient  de  l'opothérapie  et  de  l’antisepsie,  sans  se  douter 
que  leurs  méthodes,  reprises  et  perfectionnées,  seraient 
en  honneur  au  XX'  siècle. 

Metchnikoff  rapporte  dans  une  brochure  les  passages 
de  la  Bible  où  il  est  question  «  du  lait  aigre  ».  En  Egypte, 
dit-il,  on  mange,  depuis  la  plus  haute  antiquité,  une  sorte 
de  lait  acide  de  buffle,  de  vache  ou  de  chèvre. 

Dans  la  péninsule  balkanique,  on  prend  le  yoghourt. 
En  Russie,  dans  l’Afrique  Méridionale,  on  consomme  dif¬ 
férents  laits  fermentés.  En  France,  dans  certaines  con¬ 
trées  le  «  lait  pris  »  est  absorbé  en  grande  quantité. 

Du  reste,  toutes  les  peuplades  de  l'Orient  consomment 
peu  de  lait  en  nature,  lis  fabriquent  avec  le  lait  des  pro- 
<luits  qui  se  rapprochent  plus  ou  moins  du  yoghourt  ou 
lait  bulgare. 

La  conservation  des  aliments  avec  les  liquides  acides 
est  aussi  vieille  que  le  monde  :  Depuis  des  siècles  on 
«  marine  »  les  viandes  dans  le  vinaigre  et  certains  peu¬ 
ples  conservent  la  viande  dans  un  petit  lait  aigri. 

Le  docteur  Hayem,  le  premier,  employa  les  solutions 
d’acide  lactique  dans  les  diarrhées  infectieuses. 

Cet  acide  ingéré  par  les  malades  est  d’une  tolérance 
difficile  pour  l’estomac  et  ne  donne  que  des  résultats  in¬ 
certains  ou  nuis  dans  l’auto-intoxication  habituelle  ;  il 
paraît  incapable  d’atteindre  l’intestin  lui-même  sans 
avoir  passé  par  diverses  combinaisons.  Il  fallait  trou¬ 
ver  un  procédé  de  formation  d’acide  lactique  naissant 
au  siège  môme  des  fermentations  ;  c’est  pour  cela  que 
nous  avons  eu  l’idée  de  nous  adresser  à  des  ferments 
lactiques  microbiens  vivants  et  sélectionnés. 

Les  microbes  de  l' Intestin. 

De  fous  nos  organes,  les  intestins  sont  les  plus  riches 
en  microbes  :  ceux-ci  trouvent  dans  nos  substances 
résiduelles  un  milieu  de  culture  favorable  à  leur  déve¬ 
loppement. 

Cohendy  et  Tissier  se  sont  occupés  du  microbisme  in¬ 
testinal. Ils  ont  trouvé  que,  chez  un  homme  bien  portant, 
les  formes  microbiennes  de  l’intestin  sont  représentées 
par  des  éléments  bacillaires  courts  et  cocciens.  Ceux 
qui  prennent  le  gram  correspondent  au  lj4  de  la  tota¬ 
lité. 

Les  bacilles  sont  de  dimensions  variables.  On  rencon¬ 
tre  un  gros  diplocoque  à  grains  écrasés,  ainsi  que  des 
levures  ovoïdes  et  une  spirille  filiforme.  Aucune  bactérie 
ne  donne  la  réaction  colorante  du  bacille  de  Koch. 

Le  poids  des  selles  normales  pour  24  heures  varie  de 
120  à  150  grammes. 

Le  nombre  des  bactéries  est  considérable  :  Par  numé¬ 
ration  directe, M.  Cohendy  a  trouvé  143  870.000  bacilles 
par  milligr.  de  fèces. 

Dans  les  selles  diarrhéiques,  la  numération  a  donné 
103.000.000  par  milligr. 

La  diarrhée  semble  s’accompagner  d’une  diminution 
des  anaérobies  et  du  nombre  total  des  bactéries. 

En  résumé,  les  variétés  de  formes  microbiennes,  ainsi 
que  celles  des  espèces  prédominantes  en  culture  sont 
relativement  restreintes.  Ces  bactéries  sont  en  si  grande 
abondance  quelles  forment  à  peu  près  les  2i,3  du  volume 
des  fèces. 

....Les  anaérobies  tiennent  de  beaucoup  le  premier 
rang. 

Voilà  les  ennemis  qu’il  faut  combattre.  Notre  intestin 
héberge  aussi  dans  certains  cas  des  parasites  qui  lèsent 


les  muqueuses  et  ouvrent  ainsi  la  porte  aux  bactériesin 
testinales.  Si  elles  sont  la  source  de  notre  atrophie  sé.' 
nile,  plus  la  flore  sera  réduite,  moins  les  uianifestations 
de  la  A'ieillesse  seront  apparentes. 

Nous  savons  que  les  oiseaux  ont  une  longévité  beau¬ 
coup  plus  grande  que  la  majorité  des  mammifères.  Or' 
les  oiseaux  ne  possèdent  pas  de  gros  intestin,  «  ce  ré¬ 
servoir  des  déchets  alimentaires  »  qui,  chez  les  mammi¬ 
fères,  nourrit  une  quantité  énorme  de  microbes  de  toutes 
espèces. 

Même  dans  un  âge  avancé,  les  oiseaux  gardent  leur 
aspect  normal  et  leur  agilité.  Chez  les  mammifères,  il  en 
est  tout  autrement.  Un  chien  de  quinze  ans  accuse  son 
âge  par  ses  mouvements  lents,  son  attitude  fatiguée,  son 
poil  terne. 

Un  corbeau  ou  une  perruche  de  vingt  ans  ont  les  mou¬ 
vements  alertes  et  leur  extérieur  ne  trahit  pas  leur  âge. 

Si  on  rattache  la  cause  à  l’effet,  on  voit  qu’il  y  a  une 
relation  étroite  entre  la  longueur  du  gros  intestin,  le 
nombre  des  bactéries  qui  s’y  développent  et  la  sénililé 
plus  ou  moins  précoce. 

l\, Emploi  du  ferment  lactique  B  pour  réaliser  l’antisepsie 
des  voies  digestives. 

Le  docteur  Herter  a  démontré  que,  si  on  introduit  des 
quantités  variables  de  différents  microbes  (coli  bacille 
et  proleus)  dans  l’intestin  grêle,  les  sulfoconjugués  de 
l’urine  augmentent  dans  de  notables  proportions.  .4u 
contraire,  l’injection  d’une  grande  quantité  de  ferments 
lactiques  diminue  l'indican  urinaire. 

Les  expériences  que  Michel  Cohendy  fit  sur  lui-mème 
ont  fait  voir  qu’un  adulte  peut,  en  absorbant  tous  les 
jours  uu  bouillon  de  ferment  lactique,  faire diminuerdans 
de  notables  proportions  les  sulfoconjugués  de  l'urine. 
Fait  capital  :  Plusieurs  semaines  après  la  cessation  du 
traitement,  le  bacille  lactique  se  retrouve  dans  les  fèces 
et  l’indican  urinaire  reste  à  un  taux  très  faible. 

Si  les  laits  ensemencés  avec  des  levures  lactiques 
comme  le  yoghourt,  le  képhir,  etc.,  assurent  l’antisepsie 
intestinale,  l’emploi  de  ces  laits  a  toujours  été  limite 
par  les  inconvénients  inhérents  à  ces  préparations. 
Leur  conservation  est  impossible,  leur  goût  est  plus  ou 
moins  agréable.  Beaucoup  de  personnes  n’aiment  ps* 
les  laitages. 

Pour  remédier  à  ces  désagréments, nous  avons  cher¬ 
ché  un  milieu  de  culture  qui  réunisse  tous  les  ava  • 
tages  des  laits  ensemencés  et  qui  puisse  se  conserv 
pendant  plusieurs  semaines. 

III.  —  Biologie  du  bacille  lactique  B.  —  Noqs  ar^ 
choisi  le  bacille  lactique  B  que  Cohendy  isola  j 
d’un  échantillon  de  lait  caillé  bulgare  et  nous  1  a* 
cultivé. 

Cohendy  décrit  ainsi  cette  bactérie  ;  C’est  un  ÿ 
cille  prenant  le  Gram  de  grandeur  variable.  H  ne 
pas  au-dessous  de  35°,  et  il  ne  pousse  plus  ja¬ 
de  03".  Ce  microorganisme  a  une  puissance  de  f®’’®  -ne 
tion  sur  les  hydrocarbones  quatre  fois  plus  ji) 

celle  de  tous  les  ferments  lactiques  connus  :  IÇ^ra®' 
jours  d'étuve  à  37",  il  donne  uneacidité  allant  ,°neii 
mes  par  litre  d’acide  lactique.  Il  peut  coaguler  le 
8  à  12  heures.  Avec  les  différents  sucres, 
tose,  saccharose,  glucose,  il  donne  de  ®  ijjutBi' 

Cohendy  nie  son  action  sur  les  amidons  et  les  ® 
noïdes.  Nous  éludions  en  ce  moment  l’action  « 
bactérie  sur  ces  derniers  corps. 

Culture  du  bacille  lactique  B  sur  un  bouillon 
lactose'  et  minéralisé.  —  Après  de  longs  essais  5  .^^5  d 
publierons  en  détail,  nous  avons  trouvé  que, 
milieu,  le  ferment  se  conserve  très  longtemps^ 
actif. 

Propriétés.  —  Notre  bouillon  de  culture  6®*' 'Vppelï®’ 
d’une  couleur  brune,  d’une  odeur  agréable  r  r 
les  touraillons.  Son  goût  est  légèrement  acidiu  • 


].E  PROGRES  MEDICAL 


451 


Propriétés  biologiques.  —  Tout  ce  qui  a  été  dit  sur 
p  ploi  thérapeutique  des  laits  caillés  peut  s’appliquer 
U  bouillon  de  culture  du  bac.  lac.  B.  Gohendy  a  fait  voir 
“  ce  bacille  se  retrouve  de  3  à  5  jours  après  la  pre- 
mére  ingestion.  Le  volume  et  le  poids  des  fèces  sont 
linsidérablement  augmentés. 

Le  ferment  lactique  indigène  ne  subsiste  dans  les 
excréments  que  deux  jours  après  la  dernière  ingestion. 

Avec  une  alimentation  spéciale,  riche  en  matières 
sucrées  et  amylacées,  on  pourra  prolonger  indéfiniment 
la  présence  du  bacille  lactique  B  dans  notre  intestin. 

Mécanisme  de  l'action  antiseptique  du  bacillelactique  B. 

_  Les  milliards  de  microbes  qui  se  disputent  les  déchets  ^ 
de  notre  alimentation  sont  plus  ou  moins  nocifs.  Ils  ' 
peuvent  être  la  cause  de  l'entérite,  de  la  fièvre  typhoïde, 
etc.  Les  bactéries  pathogènes  déversent  dans  notre 
sang  à  l’aide  des  chylifères,  des  poisons  plus  ou  moins 
violents.  Les  nouvelles  théories  sur  les  infections  in¬ 
testinales  accordent  une  place  prépondérante  à  ces 
toxines  bactériennes  dans  la  genèse  des  infections  bi¬ 
liaires  et  péritoneales.  Les  expériences  de  Bienstockont 
démontré  que  les  bacilles  de  la  putréfaction  du  contenu 
intestinal  ne  peuvent  passe  développer  en  présence 
d’un  bacille  lactique  vigoureux.  C’est  là  tout  le  secret  de 
la  désinfection  intestinale  à  l'aide  des  ferments  lactiques. 

Quelle  que  soit  l’origine  des  poisons  intestinaux,  tous 
les  moyens  employés  autrefois  pour  les  combattre  :  les 
antiseptiques  comme  les  napldols,  le  salol,  les  irriga¬ 
tions  médicamenteuses,  les  purgations  salines,  n’ont 
donne  que  des  résultats  incomplets. 

Les  études  récentes  sur  les  ferments  microbiens  de 
l'intestin  nous  ont  appris  qu’à  côté  de  leur  travail  de 
désagrégation,  les  bactéries  produisent  des  corps  à 
fonction  phénoliques  et  surtout  des  ptomoïnes  infec¬ 
tantes.  En  enrayant  en  temps  opportun  ce  processus  on 
peut  remédier  d’une  façon  absolue  à  la  formation  des 
poisons  intestinaux. 

Posologie  de  la  culture  du  ferment  lactique  B.  —  Pour 
avoir  son  maximum  d’effet,  on  doit  administrer  ce  bouil¬ 
lon  une  heure  avant  les  repas  à  la  dose  de  deux  à  trois 
verres  à  madère  par  jour. 

Il  est  bien  entendu  qu’un  régime  spécial  pauvre  en 
szpteet  riche  en  sucres  et  en  féculents  devra  être  pres¬ 
crit  en  même  temps.  Cette  alimentation  hydrocarbonée 
jlirainuera  la  toxicité  du  contenu  intestinal  et  favorisera 
«prolifération  du  bacille  lactique. 
r  Avantages  d'un  lait  caillé  fait  avec  une  culture  de 
B'^ent  lactique  B.  —  Nous  avons  pris  le  micro  ferment 
rs  laits  bulgares,  nous  l’avons  cultivé.  11  est  naturel 
®^PPpser  qu’on  pourra  faire  du  Yoghourt  avec  le  fer- 
-  “y  ^l^L  retrouvant  son  milieu  d’origine,  se  dévelop- 
l  “  ^  nouveau.  Il  modiQera  l’aspect  physique  du  lait 
itiéPr^  fnire  une  préparation  ayant  une  des  propriétés 
]„)  .  “ines  et  curatives  utilisées  avec  avantages  là  où 
ordinaipg  est  mal  supporté. 

Monteuuis,  de  Dunkerque,  a  fait  paraître 
dg  Iconographie  intéressante  sur  «  Le  lait  caillé,  élixir 
^^0  et  le  retour  à  la  nature  ».  Cet  essai  de 
naturiste  est  des  plus  curieux  et  vient  .à  son 
bilise  ^.“jnaoment  où  les  efforts  de  la  thérapeutique  mo- 
,  1ns  bons  microbes  pour  combattre  les  mauvais. 

I  pjC®n  n’est  vieux  comme  le  lait  caillé,  rien  ne  paraît 
Et  l’npplication  qui  vient  d’en  être  faite  ». 

Santé  ^npporte  le  propos  d’un  vieil  officier  de 

<  caiiiP^  nisait  :  «  Si  l’on  prenait  tous  les  jours  du  lait 
Lj  ’.on  ne  pourrait  pas  mourir  ». 
les  éloignée  de  ses  plus  sûrs  remèdes  ; 

nialadg  naturels.  Dans  le  public,  même  éclairé,  le 
drogyg  O®!' convaincu  que, pour  guérir, il  doit  avmler  une 

'  le  bui,lelait  caillé  revient  en  usage, mais  avec 

'  démocratique  de  son  époque  qui  le  met  à 

'  Pubf  toutes  les.  bourses.  «  D’emblée  lancé  dans 
*n>  grâce  à  l’autorité  de  son  dernier  parrain, 


«  le  professeur  Metchnikoff,  de  l'Institut  Pasteur,  il  a  de 
«  suite  conquis  une  notoriété  qui  porte  médecins  autant 
«  que  malades  à  faire  désormais  une  place  dans  leurs 
«  prescriptions  à  ce  remède  d’actualité  ». 

A  la  campagne,  on  fait  du  lait  caillé  en  abandonnant 
dans  un  endroit  tiède  du  lait  non  bouilli. 

Après  quelques  heures  en  été,  un  ou  deux  jours  en 
hiver,  le  lait  est,  en  effet,  «  pris  ». 

Le  D'’  Monteuuis  indique  ce  moyen  de  faire  du  lait 
caillé  en  laissant  ainsi  spontanément  la  caséine  se  coa¬ 
guler.  Nous  demandons  pardon  à  l’auteur,  si  nous  de¬ 
vons  maintenant  réfuter  une  erreur  de  technique  qui 
amène  une  confusion  regrettable  dans  l’esprit  de  beau¬ 
coup  de  personnes. 

L’auteur  ajoute  ensuite  :  «  Un  moyen  plus  expéditif 
est  d’ajouter  au  tait  de  la  présure,  de  l’acide  citrique  ou 
tar trique  ». 

Ici,  nous  ne  sommes  plus  ,de  son  avis,  et  on  no  doit 
pas  conseiller  ce  mode  de  préparation,  parce  qu’il  donne 
un  produit  tout  différent  du  premier.  Le  lait  caillé  pré¬ 
paré  avec  un  ferment  non  figuré  comme  la  présure,  ou 
un  acide,  est  un  lait  dont  les  propriétés  thérapeutiques 
diffèrent  complètement  du  lait  caillé  ordinaire  et  surtout 
des  laits  caillés  scientifiquement  obtenus  avec  les  ferments 
sélectionnés. 

Nous  allons  lâcher  d’expliquer  le  plus  simplement 
possible  les  différences  capitales  qui  existent  outre  ces 
deux  préparations.  Un  essai  très  simple  nous  convain¬ 
cra  de  la  différence  entre  leurs  qualités  alimentaires. 
Faisons  coaguler  du  lait  avec  de  la  présure  ou  un  acide 
et  absorbons  le  produit.  La  saveur  de  ce  dernier  n’est 
pas  agréable  et  sa  digestibilité  est  des  plus  difficiles. 
Le  caillot  est  mal  attaqué  par  les  sucs  digestifs,  son 
assimilation  est  imparfaite.  De  plus,  ce  lait  caillé  n’a 
aucune  action  curative  ;  il  ne  peut  pas,  en  aucune  façon, 
modifier  la  digestion  intestinale.  ' 

Au  contraire,  faisr>ns  coaguler  du  lait  avec  du  ferment 
lactique  pur,  tel  que  notre  bouillon  en  contient,  nous 
aurons  un  luit  caillé  dont  l’aspect  physique  rappellera 
un  peu  l’autre  lait,  mais  dont  les  propnétés  curatives  et 
digestives  ne  seront  en  rien  comparables  à  celles  du 
premier  produit.  Une  différence  capitale  existe  entre  les 
deux.  Le  lait  caillé  à  la  présure  ou  à  l'acide  ne  contient 
que  des  ferments  non  figurés,  c'est-à-dire  des  ferments 
que  nous  nepouvonspas  voir  au  microscope  et  dont  l'action 
n'est  quepassagère.  Une  fois  la  coagulation  de  la  caséine 
obtenue,  le  rôle  des  ferments  cesse  :  lors  de  son  inges¬ 
tion,  CO  lait  caillé  n’apporte  au  tube  digestif  aucun  fer¬ 
ment  utile.  Si  un  estomac  et  un  intestin  en  bon  état  peu¬ 
vent  le  digérer,  ces  mêmes  organes  malades  ne  pour¬ 
raient  rien  en  faire  et  cet  aliment  sera  pour  eux  encom¬ 
brant  ou  même  dangereux. 

En  un  mot,  ces  deux  laits  caillés  ayant  même  aspect 
physique,  diffèrent  l'un  de  l’autre  par  leurs  propriétés 
thérapeutiques  et- bio-chimiques  :  l’un  ne  contient  pas 
de  ferment  visible,  l’autre  en  contient.  Le  premier  se 
digère  mal,  le  deuxième,  non  seulement  est  d'une  diges¬ 
tion  farile,  mais  sou  aclioii  sur  le  tube  digestif  est  re¬ 
marquable. 

Comme  le  D''  Monteuuis  le  rappelle  dans  son  livre, 
tous  nos  paysans  savent  faire  prendre  le  lait  en  le  lais¬ 
sant  exposé  aux  bactéries  de  l’air.  Cet  ensemencement 
de  hasarl  fait  tomber  dans  le  lait  du  formentlactique  et 
mille  autres  bactéries.  De  sorte  que  si  nous  examinons 
au  microscope  la  préparation,  nous  trouvons,  à  côté  du 
ferment  lactique,  des  bactéries  et  des  levures  de  toutes 
espèces. 

Le  goût  du  «  caillé  »  x'arie  à  chaque  fabrication,  sa 
teneur  enferment  n’est  pas  constante  et  les  autres  bac¬ 
téries  plus  ou  moins  inoffensives  qu’il  renferme  en  font 
un  composé  impur  et  dont  les  effets  curatifs  sont  in¬ 
fidèles. 

Ce  lait  caillé,  pollué  par  tous  les  microbes  de  l’atmos¬ 
phère  est, par  sa  fabrication  même,  un  produit  que  beau¬ 
coup  de  personnes  n’acoeptent  pas  avec  plaisir.  Qui  de 


452 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


nous  boirait  sans  dégoût  un  verre  d’eau  ou  de  vin  qui  au¬ 
rait,  pendant  plusieurs  heures,  reçu  les  poussières  et  les 
bactéries  de  l’air  ?  Pour  faire  de  cette  préparation  un 
médicament-aliment,  il  fallait  préciser  les  conditions 
de  sa  fabrication  et  en  faire  un  produit  ne  renfermant 
que  du  ferment  lactique  pur. 

Presque  tous  les  laits  spontanément  aigris  contiennent, 
à  côté  des  ferments  lactiques,  des  levures  qui  produisent 
de  l’alcooLnous  trouvons  ces  deux  micro-organismes  dans 
le  képhyr  et  le  koumiss.  Ces  fermentations  lactique  et 
alcoolique  superposées  restreignent  l’emploi  thérapeuti¬ 
que  de  ces  laits  acides,  alcooliques  et  gazeux.  La  compo¬ 
sition  de  ces  laits  est  variable,  parce  que  les  «  grains  » 
avec  lesquels  on  les  fabrique  apportent  une  foule  de 
bactéries  plus  ou  moins  nuisibles. 

Les  régimes  alimentaires  des  dyspeptiques^  et  le  Lait 
lactique.  On  sait  les  succès  obtenus  parles  régimes  des 
pâtes  et  de  féculents  de  toutes  sortes  chez  nos  voisins  de 
Suisse. «Le  macaroni  et  les  baies  de  myrtilles  »  des  «  ta¬ 
bles  de  régime  »  ont  été  accueillis  avec  ironie  de  ce  côté, 
des  Alpes  ;  il  faut  avouer  que  beaucoup  de  ‘  mala¬ 
des  ont  retiré  de  ce  régime  en  apparence  paradoxal, 
les  plus  grands  bénétices.  On  accorde  maintenant  à  la 
digestion  intestinale  la  place  importante  qu’elle  mérite; 
si  nous  nous  rappelons  les  premières  pages  de  l’admi¬ 
rable  livre  de  Pawlow  «  le  travail  des  glandes  digesti¬ 
ves  »,  nous  pouvons  très  bien  comprendre  comment  les 
troubles  fonctionnels  de  l’intestin  peuvent  vicier  la  di¬ 
gestion  gastrique.  Les  pâtes  alimentaires  apportent  à  la 
flore  intestinale  un  milieu  du  culture  défavorable  :  toutes 
les  bactéries  delà  putréfaction  se  nourrissant  de  déchets 
azotés,  meurent  alors  faute  d’aliments  ;  la  flore  intesti¬ 
nale  s’appauvrit  ainsi  en  bactéries  nocives. 

Nous  voulons  compléter  ces  quelques  notions  et  indi¬ 
quer  comment  on  peut  rendre  plus  efficaces  les  régimes 
aseptiques. 

Dans  tous  les  cas  de  dyspepsies  avec  fermentations 
anormales  et  dans  les  entérites, les  malades  pourront, au 
beurre  et  à  la  crème,  leur  substituer  avec  de  grands 
avantages,  le  Lait-lactique.  Les  nouilles,  le  riz,  le  ma- 
caroni,  les  légumes  verts  cuits  à  l’eau  légèrement  salée 
seront  additionnés  de  ce  Lait  au  moment  du  repas. Nous 
avons  répété  l’expérience  sur  bien  des  personnes,toutes 
ont  déclaré  que  cette  façon  d’accommoder  les  aliments 
était  parfaite.  Quant  à  la  rapidité  des  digestions, elle  est 
notablement  accrüe.  Les  hyperchlorhydriques  suppor¬ 
tent  très  mal  la  purée  de  légumes  additionnée  de  crème 
ou  de  beurre  :  remplaçons-les  par  ce  «  lait  pris  »  fies  ma¬ 
lades  n’éprouvent  plus  cette  intolérance  pour  les  pu¬ 
rées. 

Dans  toutes  les  publications  antérieures,  l’action  in¬ 
time  de  ce  ferment  lactique  B.  sur  les  amylacés  et  les 
albuminoïdes  n’a  pas  été  précisé. Nous  étudions  en  ce  mo¬ 
ment  ces  questions  capitales.  Il  est  à  prévoir  que  cette 
bactérie,  qui  ne  peut  pas  se  cultiver  dans  un  milieu  privé 
d’azote  doit  attaquer  les  corps  protéiques  pour  assurer 
sa  vitalité. 

Urologie  des  infections  intestinales.  —  Observa¬ 
tions  de  malades  traités  par  te  bouillon  lacti¬ 
que  B  maltosé. 

Nous  avons  sorti  les  hypothèses  e.xposées  précédem¬ 
ment  du  domaine  théorique  et  les  avons  appliquées  à  la 
clinique. 

L’expérience  a  sanctionné  nos  prévisions  et  notre 
bouillon  lactique  B  maltosé  nous  a  donné  des  résultats 
précis  et  remarquables  dans  toutes  les  affections  ayant 
pour  cause  une  digestion  intestinale  viciée.  Grâce  à  l’ex¬ 
trême  obligeance  de  notre  ami  le  Bresard,  nous  avons 
groupé  quelques  observations  types  d’infections,  où  la 
thérapeutique  classique  est  désarmée. 

Le  succès  de  cette  médication  par  le  bouillon  lactique 
est  une  preuve  que  le  D"^  Combe,  de  Lausanne,  a  raison 
d’affirmer  l’origine  bactérienne  des  entérites.  Avec  l’é¬ 


cole  de  Charcot,  l’étiologie  de  l’entérite  était  puremem 
nerveuse  ;  le  médecin  de  Lausanne  semble  se  rann^ 
cher  plus  de  la  vérité  en  disant  que  les  accidents  nerve» 
s’ajoutent  à  l’infection  et  sont  les  conséquences  et  non 
la  cause  de  la  maladie. 

Dans  son  livre.  Combe  donne  les  raisons  qui  niiliff|J 
en  faveur  de  son  affirmation.  On  rencontre  toujourj  ' 
dit-il,  le  même  entérocoque  de  Tiercelin  chez  les  indifi.' 
dus  qui  ont  des  alternatives  d’entérites  glaireuses  ai", 
gués  et  d’entérites  muco-membraneuses  chroniques.  Le 
terrain  arthritique  serait  particulièrement  favorable  | 
révolution  des  infections  intestinales. 

On  trouve  du  reste  souvent  des  urates,  de  l’acide  uri¬ 
que  et  des  oxalates  dans  le  contenu  intestinal  des  enté- 
ritiques. 

Affections  qui  peuvent  faciliter  l'éclosion  des  entéritis. 
—  Toutes  les  afl'ections  qui  intéressent  les  organes  en 
rapports  directs  avec  le  tube  digestif,  peuvent  provo¬ 
quer  l’infection  intestinale.  Les  maladies  de  la  gorge  et 
du  nez  qui  s’accompagnent  de  sécrétions  muqueuses  os 
purulentes,  la  présence  de  parasites  intestinaux  seraieol 
des  causes  très  fréquentes  et  surtout  méconnues  d'in¬ 
fections  gastriques  et  intestinales. 

Il  faudrait  faire  un  chapitre  à  part  sur  le  rôle  que  jouent 
les  sécrétions  anormales  et  les  bactéries  de  l’estomac 
dans  la  genèse  des  entérites. 

Pour  que  l’action  biologique  du  ferment  soit  parfaite, 
il  faut  diminuer  la  flore  intestinale  par  un  régime  riche 
en  hydrocarbones.  Nous  avons  donné  à  nos  malades 
de  .s  pâtes  et  des  bouillons  de  légumes.  Dans  la  cria 
ai^  uë,  nous  avons  supprimé  le  lait.  Le  D"  Méry  a  fait 
connaître  les  règles  de  diététique  qui  doivent  être  sui¬ 
vies  dans  le  traitement  des  gastro-entérites  chez  les  en¬ 
fants. 


Urologie  des  aff'ections  intestinales .  —  Chez  tous  nos 
malades  nous  nous  sommes  assurés  du  fonctionnement 
normal  du  rein.  Au  début  des  affections,  nous  avons 
constaté  une  grande  quantité  de  sulfo-conjugués  dans 
l’urine  et  leur  disparition  lorsque  la  guérison  ve- 
nait. 

L'urologie  donne  en  effet,  dans  ce  cas,  des  indicatioi^ 
précieuses  pour  éclairer  un  diagnostic  quelquefois  dilfr 
cile.  L’auto-intoxication  intestinale  s'accompagne  rare¬ 
ment  d’un  tableau  symptomatique  précis. 

Nous  avons  maintenant  deux  moyens  précieux  deaia* 
gnostic  ; 

1°  L’examen  des  fèces,  la  coprologie  ; 

2“  L’analyse  de  l’urine.  . 

Il  faut  démontrer  que  le  dosage  des  sulfb-éthers 
l’urine  mesure  la  qualité  de  la  digestion  intestinalo- 
problènie  consiste  non  pas  à  évaluer  la  quantité  . 
toxines  contenues  dans  les  selles,  mais  la 
a  pénétré  dans  le  sang  et  qui  intoxique  l’organis®  ■ 

On  ne  peut  pas  cliniquement  doser  les  toxines. 

Les  microbes  agissent  comme  les  ferments  non  »  ^ 
rés  ;  ils  détruisent  la  molécule  albuminoïde  et 
des  peptones,  des  acides,  des  corps  à  noyau 
des  ptomaïnes.  En  plus  et  parallèlement  ils  g  ja¬ 

des  corps  de  la  série  aromatique  :  des  phénols,  n  , 
dois.  Sans  être  très  toxiques  par  eux-mêmes,  ils  se  ^ 
loppent  à  côté  des  ptomaïnes  et  leur  dosage  peut 
à  mesurer  la  quantité  de  entéro-toxines  développe®^ 

Des  expériences  faites  parEnold,  Senator, 

Itrnvet.  Combe  et  Amman  démniitrent  nue  leur  U 


Bruyet,  Combe  et  Amman  démontrent  que  leur  e 
mesure  la  toxicité  du  contenu  intestinal.  jqig 

Des  animaux  avec  un  intestin  stérile,  ne  l  eceys 
des  aliments  stériles,  ont  une  urine  qui  ne  contjs 
la  moindre  trace  d’indol  et  de  scatol.  Il  en  est  de 
chez  le  nouveau-né. 

Pœhl,  Binmacki,  Ilirschler,  'Winternitz,  nous 
pris  que  la  diminution  des  sulfo-éthers  peut  ®^jiti«» 


nue  en  modifiant  le  régime  alimentaire  par  1 
des  hydrocarbones. 

Dosage  des  sulfo-conjugués. —  Jusqu’à 


du  D'-  CHURCHILL 


«IROPS  D’HYPOPHQSPHITE  oi  CHAUX 
OU  DE  SOUDE 

Iitecaiese,  Rachitisme,  Anémie 
Bronchite  chronique 

Allaitement,  Dentition,  etc. 

SIROP  D’HYPOPHOSPHITE  DE  FER 

iblcrose.  Anémie,  Pâles  couleurs 

Dysménorrhée,  Aménorrhé' ,  etc. 

SIROP  iHYPOPHGSPHiTES  CO  APOr>Ë 

Ionique  poissant 

liritiMe  alimentation  chimique  ponrto  is  lest  JS 
d'iQaiblissemect  musculaire  ou  n  entai 

PILULES  dHYPOPHOSPHITE  Dif^UIHIP  E 

Fiènes  intermittentes,  paludée  mes 
Inflnenza,  etc. 

ïéfiiâiéî  spécifique  de  ia  Nérralgi» 

Ipjoduit  d’une  grande  solubilité,  bien  plus  actif  par 
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JBtres  sels  de  quinine  :  BulÎÀia,  chlorhydrate,  etc., 
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LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


453 


a  employé  le  coefficient  de  Baumunn  pour  apprécier 
hfoualité  de  la  digestion  intestinale. 

*  Si  d’une  part  on  dose  le  soufre  des  sulfates  et  de  1  au¬ 
tre  le  soufre  des  sulfo-éthers,  le  rapport  entre  les  deux 
nombres  donne  le  coefficient  de  Baumahn.Pour  un  adulte 
on  a  :  ^ 

Soufre  des  sulfates  =  2  _ 

Soufrcdes  sulfo-élhers=0,20 
les  chiffres  normaux  sont  : 

Pour  l’acide  sulfurique  des  sulfo-éthers  : 


,6  à  15  ans  0,10  —  0,15 
'  Adultes  0,15  —  0,20 

Combe  fait  une  objection  à  ce  cofficient. 

Les  sulfates  des  aliments  azotés  varient  de  0  5  à  1.5  %  , 
tandis  que  l’azote  de  ces  mêmes  corps  ne  varie  pas  plus 
de  15  à  16  % ,  il  y  a  inétrêt  à  prendre  dans  notre  rapport 
comme  dénominateur  le  chiffre  plus  fixe  de  l’azote  total 
on  de  rUrée. 

Je  me  propose,  du  reste,  quand  j’étudierai  l'action  du 
ferment  lactique  B  sur  les  fermentations  intestinales  au 
point  de  vue  urologique,  de  compléter  mes  tables  par  le 
dosage  du  soufre  dans  les  différents  aliments.  Il  sera 
facile  de  tenir  compte  des  entrées  du  soufre  et  de  son 
oxydation. 

Les  rapports  de  Combe  sont  : 

Pulfo-éthers  .  Sulfo-éthers 


A  mon  avis,  il  ne  doit  pas  y  avoir  de  parallélisme  entre 
les  deux  coefficients,  puisque  l’urée  ne  représente  que 
la  partie  de  l’azote  albuminoïde  arrivé  à  son  maximum 
d’oxydation.  Dansl’azote  total, au  contraire,  figure  ïa^ote 
immàniacal  qui  représente  un  stade  inférieur  d’oxyda¬ 
tion  de  l’azote  albumino’ide  ;  nous  reviendrons  plus  tard 
snr  ces  remarques.  , 

Les  albuminoïdes  contiennent  du  soufre  qui  donne 
sons  l’influence  des  bactéries  intestinales,  des  sulfures 
puis  des  sulfates. 

En  effet,  l’acide  SO^IP  est  bibasique, 
il  donne  SO^Na^  sulfate  neutre 
SO‘NaH  sulfate  acide. 

De  même  avec  les  phénols 

SQiH^  donne  2  séries  d’éthers 
avec  le  phénol  C®H“OH 

donne  SOMC®!!^  Sulfate  de  phényle 

etSO^jH  Sulfate  monophénylique. 

Remplaçons  H  par  un  métal,  le  sodium  par  exemple  : 

-  ous  avons  le  phénylsulfate  de  soude 

(.) 


il  g®®  P^énylsulfates  d'alcalis  sont  solubles  dans  l’eau  ; 

En  •”ême  du  phénylsulfate  de  baryum, 
pose  aqueuse  neutre,  l’ébullition  ne  les  décom- 

tiqggP®®- En  présence  d’un  acide  organique,  l’acide  acé- 

J®*'®, et  de  l’acide  sulfo-conjugué  libre  qui,  en 
^lljjiJ^e  de  l’acide  acétique,  n’est  pas  décomposé  à  l’é- 

4'^J^*'?eence  de  HCl,  ils  sont  décomposés  ; 
àiooog'R  en  chlorure  et  acide  sulfo-conjugué  libre  ; 
®ulfnt-;  eeruier  est  décomposé  ;  il  se  forme  de  l’acide 
phénol. 

le  soufre  total  on  ajoute  de  l’HCl  à  chaud  et 


un  excès  de  chlorure  de  Baryum  :  tout  le  soufre  est  pré¬ 
cipité  à  l’état  de  sulfate  de  Baryte. 

Sur  une  autre  prise  d’essai,  acidulée  par  l’acide  acé¬ 
tique  on  ajoute  du  chlorure  de  Baryum  :  les  sulfates  mé¬ 
talliques  sont  seuls  précipités.  On  filtre  ;  le  filtratum  traité 
par  HCl  et  le  chlorure  de  Baryum  à  106“  donne  le  soufre 
des  phénylsulfates. 

Observations  recueillies  parle  D'  Brésard. 

Obs.  I.  —  Enth'ite  muco-membranctise  avec  diarrhées  proftises. 

M.  G...,  46  ans,  m’est  envoyé  au  mois  de  février  1905  pour 
être  opéré  d’une  hernie  inguinale  gauche. 

Ce  malade,  grand  et  fortement  constitué, mais  d’une  mai¬ 
greur  extrême,  m’explique  que  sa  hernie,  remontant  à  une 
douzaine  d’années,  ne  le  gêne  (jue  depuis  un  an  emiron.  Il 
a  été  pris  à  cette  époque  de  diarrhées  incoercibles  dont  on  n’a 
pu  élucider  l’origine  et  contre  lesquelles  on  a  épuisé  sans 
succès  durable  tout  l'arsenal  thérapeutique.  Les  selles,  qui 
sont  quotidiennement  au  nombre  de  12  à  15,  sont  accompa¬ 
gnées  de  douleurs  intestinales  vives  (jui  sont  particulièrement 
pénibles  au  niveau  de  la  hernie.  Son  médecin,  découragé 
par  les  Insuccès  de  sa  thérapeutique,  pensant  avec  vraisem¬ 
blance  que  la  hernie  peut  jouer  un  rôle  dans  cette  entérite 
rebçlle,  lui  a  conseillé  l’opération  à  laquelle  il  est  décidé. 

Celle-ci  a  lieu  le  22  février  sans  rien  présenter  de  remar¬ 
quable.  Suites  normales. 

Mon  opéré  quitte  la  rue  Oudinot  au  bout  de  15  jours  pour 
achever  de  se  reposer  chez  lui.  Il  est  enchanté,  car  depuis  son 
opération  il  n’a  plus  eu  de  selles  diarrhéiques,  ni  de  coliques, 
ce  qui,  dit-il,  ne  lui  était  pas  arrivé  un  seul  jour  depuis  plus 
d’un  an. 

Douze  jours  après  je  le  vois  arriver  à  ma  consultation  la 
mine  déconfite.  Il  m’annonce  que  du  côté  de  sa  hernie  tout  va 
bien,-  il  n'en  souffre  nullement,  mais  depuis  cinq  jours  qu'il 
a  repris  la  vie  normale,  s’étant  levé  toute  la  journée,  l'en¬ 
térite  est  revenue,  les  coliques  le  torturent  de  nouveau  et 
-chaque  jour  il  va  10  et  12  fois  à  la  garde-robe,  malgré  des 
cuillerées  à  café  enlièresd’élixir  parégorique,  des  paquets  de 
bismuth,  du  laudanum,  et  le  régime  lacté  presque  exclusif 
auquel  il  s’est  remis. 

C’est  alors  que  je  lui  recommandai  de  prendre  du  Bouillon 
laciique  B  mallosé  avec  les  précautions  suivantes  ;  sup¬ 
pression  du  lait  et,  bien  entendu,  des  médicaments  susdits  ; 
chaque  jour  trois  demi-verres  à  eau  de  culture  B,  précédant 
de  3i4  d’heure  3  petits  repas  composés  de  potages  légers  au 
bouillon  de  légumes,  pâtes  alimentaires,  riz,  purées  de  légu¬ 
mes  secs,  biscuits  secs  ;  comme  boisson,  de  l’eau. 

Au  bout  de  trois  jours,  la  diarrhée  avait  complètement  dis¬ 
paru. 

Le  cinquième  jour,  j'ajoutai  au  régime  un  peu  de  lait  lac¬ 
tique,  au  bout  de  huit  jours  du  lait  ordinaire,  le  dixième 
jour  on  essaya  un  peu  de  viande  qui  fut  bien  tolérée  ;  bref, 
au  bout  de  quinze  jours  le  malade  avait  peu  à  peu  repris  un 
régime  ordinaire  sans  voir  réapparaître  un  seul  jour  ses  ac¬ 
cidents  antérieurs.  Contrairement  à  mon  avis,  le  malade  in¬ 
terrompit  l’usage  du  Bouillon  lactique  B  mallosé  pendant 
deux  jours. 

Quelques  coliques  le  firent  en  reprendre  ;  il  en  prit  pen¬ 
dant  dix  jours. 

A  ce  moment  je  l’autorisai  à  en  suspendre  l’usage. 

Revu  au  mois  de  juillet  suivant,  à  l’occasion  d’un  accident 
d’un  autre  ordre,  M.  G...  me  dit  sa  joiej'd’être  débarrassé 
complètement  depuis  le  mois  de  mars  de  ces  diarrhées 
qui,  pendant  plus  d’un  an  avaient  empoisonné  son  existence 
et  lui  avaient  retiré  toutes  ses  forces.  »  11  conservait  une 
grande  reconnaissance  au  Bom7/ou  B  et  se  proposait  d’y  re¬ 
courir  à  nouveau  à  la  moindre  alerte. 

J’ai  su  au  mois  de  janvier  dernier  qu'il  n’avait  pas  eu  de 
nouveaux  accidents  d’entérite. 

Oss.  2.  —  Dii'enlerie  des  pays  chauds  avec  vomissements.  —  En- 
léro-colile  avec  phénomènes  nerveu.c 'graves. 

Mme  P...,  27  ans,  femme  d’un  officier  de  l’armée  colo¬ 
niale,  ayant  suivi  son  mari  en  Indo-Chine,  a  contracté  dans 


454 


LE  PROGRÈS  MEDICAL 


cette  colonie,  il  y  a  six  ans,  une  dysenterie  grave,  à  la  suite 
de  laquelle  elle  a  conservé  une  susceptibilité  très  grande  de 
l'intestin.  Elle  est  reprise  d’accidents  d’entéro-colite  avec 
diarrhées  profuses  et  vomissements  alimentaires  au  moindre 
écart  de  régime.  Elle  multiplie  d’ailleurs  ses  fautes  de  régime 
avec  une  insouciance  décourageante.  Quand  je  la  revois  au 
mois  de  septembre  1905,  elle  revient  du  Sénégal  après  un  sé¬ 
jour  de  deux  ans  pendant  lesquels  «  son  intestin,  dit-elle,  ne 
l'a  pas  laissée  tranquille  pendant  huit  jours  de  suite  ». 

A  plusieurs  reprises,  le  médecin  de  Saint-Louis,  effrayé 
des  accidents  entéritiques  rebelles  à  toutes  les  médications 
classiques,  avait  voulu  la  faire  rentrer  en  France,  mais  elle 
n'avait  jamais  consenti  à  revenir  avant  l’expiration  des  deux 
années. 

A  ce  moment,  au  mois  de  septembre  dernier,  elle  a  chaque 
jour  cinq  à  six  selles  diarrhéiques, et  lorsque  les  colicjues  sur¬ 
viennent  près  de  la  fin  d’un  repas,  celui-ci  est  immédiate¬ 
ment  rejeté. 

Il  va  sans  dire  que  dans  ces  conditions  l'état  général  est  des 
plus  précaires,  malgré  le  séjour  dans  un  excellent  climat  de 
montagne.  D’autre  part,  la  jeune  malade  se  refuse  à  prendre 
aucun  médicament,  même  pour  se  soulager,  disant  qu’elle  a 
épuisé  toute  la  gamme  des  constipants  en  passant  par  les 
antiseptiques,  les  lavages  et  les  opiacés. 

Je  lui  fais  adresser  du  Bouillon  lactique  B  malloaé  en  lui 
recommandant  trois  prises  d’un  demi- verre  chaque  jour 
avant  les  repas  Comme  je  ne  pouvais  obtenir  de  cette  malade 
particulièrement  indocile  un  changement  de  régime,  je  lui 
demandai  de  prendre  la  culture  lactique,  une  heure  au  moins 
avant  le  repas.  Je  comptais  qu’ainsi  le  bouillon  lactique  au¬ 
rait  le  temps  de  passer  dans  l’intestin  et  d’y  faire  son  bon  of¬ 
fice  avant  d’être  troublé  par  les  aliments  nuisibles  qui  pour¬ 
raient  être  absorbés  aux  repas. 

Mon  attente  ne  fut  pas  déçue,  et  au  bout  de  huit  jours,  ma 
jeune  cliente  m’écrivait  qu'ayant  commencé  l’usage  de  la  cul¬ 
ture  avec  le  scepticisme  le  plus  absolu,  elle  le  continuait  avec 
la  foi  la  plus  ardente,  car  enfin  elle  pouvait  vivre  normale¬ 
ment  sans  souffrir.  Revenue  depuis  à  Paris,  elle  reste  une 
fidèle  du  bouillon  lactique  B  maltosé,  car  si  son  intestin  est 
heureusenient  modifié,  son  caractère  enfantin  ne  l’est  guère, 
et  de  temps  à  autre  un  fâcheux  écart  de  régime  lui  remet  en 
mémoire  ses  accidents  antérieurs  ;  mais  avec  notre  remède,  en 
vingt-quatre  heures,  tout  rendre  dans  l’ordre.  Inutile  de  dire 
que  sa  santé  générale  en  a  grandement  bénéficié,  les  forces 
sont  revenues,  fembonpoint  est  normal  et  les  vomissements 
alimentaires, si  faciles  autrefois,  ont  complètement  disparu. 

Obs.  3.  —  Entérite  compliquée  d'ictère. 

Au  mois  de  janvier  1906, je  suis  appelé  auprès  d'une  enfant 
de  9  ans,  fille  d’un  proche  parent,  atteinte  d’accidents  d’en¬ 
térite  très  douloureux,  que  les  parents,  bien  entendu,  bap¬ 
tisaient  d’appendicite. 

Coliques  irradiées  dans  tout  le  ventre,  sans  localisation  ; 
vomissements  et  nausées  fréquentes,  pas  de  vomissements 
biliaires,  inappétence  absolue,  pas  de  fièvre,  pouls  noimal, 
un  peu  faible  seulement,  langue  saburrale,  tel  est  l’ensemble 
symptomatique.  J’ordonne  des  enveloppements  chauds  du 
ventre,  du  calomel  .=uivi  d'huile  de  ricin,et  la  diète  hydrique. 

Le  lendemain, les  douleurs  du  ventre  sont  calmées,  malgré 
quelques  selles  dues  à  la  purgation  de  la  veille,  l'état  cathar- 
ralde  l’intestin  semble  le  même,  inappétence  toujours  abso¬ 
lue,  sentiment  de  grande  faiblesse,  toujours  pas  de  fièvre, 
urines  foncées  et  rares  J’ordonne  à  l’enfant  du  Bouillon  lac¬ 
tique  B  maltosé,  à  la  dose  de  trois  verres  à  madère  pro  die, 
bouillon  de  légumes,  à  l'exclusion  de  tout  autre  aliment. 

Le  lendemain,  on  me  montre  des  urines  franchement  aca¬ 
jou,  les  conjonctives  ont  une  teinte  ictérique  nettement  ca¬ 
ractérisée,  j’annonce  naturellement  une  jaunisse  que  les  pa¬ 
rents  ont  diagnostiquée  d’ailleurs  facilement.  Même  régime 
auquel  on  ajoute  des  lavements  froids.  L’enfant  prend  liien 
sa  culture  lactique,  qu’elle  aime  beaucoup,  car  elle  calme 
admirablement  sa  soif.  Le  lendemain,  soit  le  quatrième  jour 
de  la  maladie,  la  teinte  ictérique  est  franchement  accusée  sur 
tout  le  corps,  nous  sommes  bien  en  face  d’un  ictère  cathar- 
ral  typique  avec  toute  sa  symptomatologie  classique  sur  la¬ 


quelle  je  n’insiste  pas.  Aux  parents  qui  s’inquiètent  de  la  du¬ 
rée,  je  parle  du  terme  classique  de  douze  à  quinze  jours  aj 
moins  pour  voir  la  fin  de  l’ictère.  J’insiste  sur  le  fioai/Jo, 
maltosé  lactique  fi  en  annonçant  que  dans  deux  jours  je  don¬ 
nerai  à  nouveau  du  calomel.  Le  cinquième  jour,  j’apprends 
que  la  veille,  la  petite  malade  ayant  réclamé  plus  de  notre 
bouillon  lactique  qui  lui  donnait  une  sensation  de  fraîcheur 
on  avait  accédé  à  son  désir  en  lui  donnant  un  quatrième 
verre  à  madère.  Résultat  :  le  matin  de  ce  cinquième  jour  de 
la  maladie,  et  le  troisième  depuis  l’apparition  de  l’ictère,  on 
me  montre  des  urines  absolument  claires  et  extrêmement 
abondantes  ;  il  y  avait  eu  une  véritable  débâcle  urinaire.  La 
teinte  jaune  des  téguments  pâlissait,  et  le  sixième  jour,  qua¬ 
tre  jours  après  l’apparition  de  l’ictère,  tout  était  rentré  dans 
Tordre. 

Je  sais  bien  que  chez  les  enfants  on  peut  voir  des  résolu¬ 
tions  rapides  d’ictère,  mais  je  ne  sais  si  on  en  a  observé  d’aussi 
prompte  que  chez  cette  enfant,  qui  n’avait  eu  en  somme  que 
deux  lavements  froids,  et  chez  laquelle  les  phénomènes  d’un 
catarrhe  gastro-intestinal  intense  ont  brusquement  disparu  à 
la  suite  d'une  abondante  absorption  de  culture  lactique  B. 
Je  ne  puis  m’empêcher  de  cioire  qu’il  y  a  ici  un  vérilable 
rapport  de  cause  à  effet,  dans  l’absorption  de  cette  culture  à 
haute  dose  et  la  disparition  brusque  et  prématurée  de  cet  ic¬ 
tère. 

Obs.  4.  —  Urticaire. 

Le  jeune  P...,  âgé  de  six  ans,  m’est  présenté  à  ma  consul¬ 
tation  dans  les  premiers  jours  du  mois  de  juin  lE05pour 
une  petite  opération  chirurgicale  banale. 

Ayant  eu  à  le  revoir  à  la  suite  de  cette  petite  intervention, 
durant  une  dizaine  de  jours  environ,  j’assistai  deux  fois  dans 
ce  laps  de  temps  à  une  éruption  d'urticaire  intense  dont  h 
pauvre  petit  souffrait  beaucoup .  On  m’apprit  alors  que  cet 
enfant,  appartenant  à  une  famille  médicale,  neveu  mêmednn 
médecin  des  hôpitaux,  mort  il  y  a  peu  d'années,  était  sujel 
depuis  l’âge  d’un  an  à  des  poussées  d’urticaire  analogues  a 
celles  dont  j’avais  été  témoin  et  qui  survenaient  avec  une  fré¬ 
quence  désespérante  sous  le  moindre  prétexte,  et  même  sou¬ 
vent  sans  prétexte  apparent.  Tout  ce  que  l’on  savait,  c’est  que 
œt  urticaire  chronicjue  avait  débuté  à  la  suite  d’une  violente 
entérite  qu’il  avait  eue  à  un  an. 

Toutes  les  médications,  comme  bien  Ton  pense,  avaient 
été  essayées  sans  succès  d’ailleurs.  Son  régime  était  l’objet  de 
soins  attentifs  et  constants,  et  malgré  cela,  on  ne  se  souvien 

pas  autour  de  lui  qu’il  ait  jamais  passé  quinze  jours  sans  avoir 

une  poussée  d’urticaire  plus  ou  moins  intense. 

Je  conseillai  alors  de  lui  donner  du  Bouillon  de  Malt  ludi¬ 
que  fi.  11  me  paraissait  logique,  dans  une  affection  ayant  pr^ 
bablement  son  point  de  départ  dans  l’intestin,  d’essayer 
puissant  modificateur  du  milieu  intestinal.  ,  ^ 

L’enfant,  un  peu  indocile,  ne  se  prêta  pas,  au  début,  a 
nouveau  traitement.  Mais  j’avais  été  si  pressant  aupw®  ' 
parents  et  ceux-ci  étaient  si  désireux  de  voir  disparaître  cet 
affection  pénible,  qu’ils  y  mirent  de  la  persévérance,  et  qo  • 
malgré  deux  nouvelles  crises  survenues  dans  les 
jours  de  l’administration  delà  culture  lactique,  ils  arrive 
à  en  faire  prendre  régulièrement  à  l’enlant  pendant  ® 

A  ce  moment  on  partit  pour  le  bord  de  la  mer, 
l’arrivée  sur  la  plage  se  payait  toujours  jusqu’alors 
midable  poussée  d’urticaire,  je  conseillai  de  ne  pas  inte 
pre,  et  d’emporter  une  bouteille  de  culture  lactiqu®- 
grand  étonnement  des  parents  et  à  leur  vive  satisfaction, 
ruption  attendue  ne  se  produisit  pas.  Dès  lors,  d’eux-®® 

'  ils  firent  suivre  avec  persévérance  le  traitement  à  Tenfan  ^ 
en  avait  pris  l’habitude  et  prenait  volontiers  chaque  jou 
deux  verres  à  madère  de  culture  lactique  R,  toujou® 
d’heure  avant  le  déjeuner  et  le  dîner.  .  .  je 

Bref,  le  10  août,  on  n’avait  pas  vu  reparaître  d’urtica* 
puis  le  27  juin.  On  interrompit  pendant  quinze  jours, 
inconvénient,  puis  on  redonna  les  mêmes  doses  pen^^^^ 
première  semaine  de  septembre,  et  depuis,  très  ^  <«5 
ment,  tous  les  mois,  l’enfant  prend  pendant  une 
deux  verres  quotidiens  de  culture  lactique  B.  ^ 
pas  reparu  depuis  la  fin  de  juin,  sauf  une  légère  app® 


LE  PROGRÈS  MEDICAL 


455 


seule,  au  mois  de  janvier  dernier, par  un  jour  de  froid  vif 
gemble  avoir  joué  ici  un  rôle  provocateur.  A  ce  moment 
j” 'Heurs,  il  ne  prenait  pas  le  précieux  médicament. 

il  semble  donc  bien  que  cet  enfant  a  été  définitivement 
a'barrasséde  cette  affection  pénible  par  la  fréquence  de  ses 
r^idives  et  sa  persistance  lassante,  grâce  à  la  cultnre  de  fer¬ 
ment  lactique.  J’ai  conseillé  aux  parents  de  s’abstenir  le  mois 
jjain  de  l'administration  préventive  de  notre  bouillon 
pour  juger  de  la  persistance  de  la  guérison,  que  je  crois 
œmplète  maintenant.  En  tous  cas,  je  rappelle  que  pendant 
cinq  ans  tous  les  traitements  appliqués  rationnellement  n’a¬ 
vaient  pu  le  préserver,  pendant  plus  de  quinze  jours,  de  ses 
crises  d’urticaire. 

Diabète.  —  A  ces  observations  nous  ajouterons  que  plu¬ 
sieurs  médecins  ont  employé  cette  médication  avec  succès 
dans  certains  diabètes.  L'absorption  de' ce  ferment  lactique  B 
a  fait  diminuer  la  ijuantité  de  glucose  des  urines  très  rapi¬ 
dement. 

•  ie  Bouillm  lactique  B  en  transformant  les  hydrocarbones 
en  aide  lactique  permet  une  sévérité  moins  grande  dans  l’ex¬ 
clusion  des  sucres. et  ded  amylacés  chez  certains  diabéti¬ 
ques. 

En  résumé 

Dans  la  thérapeutique  des  infections  intestinales,  on  pourra 
utilement  faire  usage  du  Bouillon  lactique  B  maltosé.  Son 
emploi  est  d’une  innocuité  absolue  et  rend  des  services  dans 
certains  cas  où  les  moyens  ordinaires  échouent. 


NARCYL  GRÉMY  médicament  spécifi¬ 
que  de  la  toux,  spécialement  de  la  toux  des  tu¬ 
berculeux. 


BULLETIN  DU  PROGRÈS  MÉDICAL 


La  réforme  des  études  médicales. 

-M.  Aristide  Briand,  ministre  de  l'Instniction  Publi¬ 
que,  dans  le  discours  qu’il  a  prononcé  au  début  de  la 
^nce  du  Conseil  supérieur  de  l’instruction  publique, 
*Wt  allusion  aux  réformes  de  l’enseignement  médi- 

â.lordre  du  jour  de  cette  session,  a  dit  le  ministre,  ont 
e  inscrits  des  projets  d’arrêtés  et  de  décrets  relatifs  à  des 
■  do.nt  l’intérêt  et  l’importance  n’ont  pu  vous  écliap- 

Au  nombre  des  propositions  destinées  à  fortifier  les  étu- 
®™icales  figure  l’institution  d’un  certificat  qui  a  pour 
les  certainement  pour  effet  d’assurer  au  vrai  mérite 

{j  de  se  manifester  avec  toutes  les  garanties  de  jus- 

‘^^■«ation  de  ce  certificat  d  études  médicales  supérieu- 
One  ^  Pas  de  susciter  parmi  les  jeunes  médecins 

émulation  nouvelle  dont  l’enseignement  dans  les  facul- 
e  pourra  que  tirer  profit. 

de  ^  Mnonce  de  la  création  d'un  diplôme  supérieur 
nou-  sciences  médicales,  création  à  laquelle 

tre  ''  ^PP^^udirions  de  tout  cœur  si  elle  devait  permet- 
jeunes  médecins  de  talent  de  s’affranchir  de  la 
intrigues  et  du  népotisme  où  l’on  a  fait 
tom  ^  concours  en  médecine.  Mais 

qu'il  réforme  ne  vaut  que  par  son  application, 

permis  d’exprimer  la  crainte  de  voir  le 
?  1?^  médecine  déprécié  peu  à  peu  par  ce  nou- 
1  naguère  la  licence  en  droit 

disuû„  ®  grade  de  docteur  en  droit  fut  exigé  pour  la 
militaire. 


Il  est  à  craindre  que,  dans  quelques  années,  les 
facultés  de  médecine,  tant  à  Paris  qu’en  province,  fas¬ 
sent  une  généreuse  distribution  de  ces  diplômes  supé¬ 
rieurs  et  que,  par  le  fait  de  leur  multiplication,  on  ar¬ 
rive  ainsi  à  constituer  deux  ordres  de  médecins,  les 
médecins  supérieurs  et  les  autres,  le  vulgum  pecus 
des  docteurs  en  médecine.  Ce  serait  créer  là  de  nou¬ 
veau  les  officiers  de  santé. 

Mais  nous  ne  saurions  dès  à  présent,  avec  d’aussi 
maigres  renseignements,  juger  les  projets  du  conseil 
supérieur  de  l’Université  touchant  les  réfoi’mes  de 
l’Enseignement  médical.  Nous  espérons  que  cet  aréo¬ 
page  d’universitaires  voudra  bien,  dans  sa  sagesse,  se 
rendre  compte  de  son  incompétence  pour  élaborer  un 
programme  de  réformes  dans  un  enseignement  d’ordre 
aussi  spécial,  aussi  technique  que  celui  de  la  méde¬ 
cine  ;  qu’il  comprendra  la  nécessité  de  l  étude  minu¬ 
tieuse  de  ces  réformes  par  une  commission  composée 
d'hommes  capables  de  signaler  les  lacunes  de  l’ensei¬ 
gnement  actuel,  non  seulement  au  point  de  vue  scien¬ 
tifique,  mais  aussi  au  point  de  vue  étroitement  pratique 
et  purement  professionnel. 

Certes,  il  est  bon  de  rechercher  les  moyens  de  faire 
progresser  les  science?  médicales  qui,  depuis  d’assez 
longues  années,  marquent,  chez  nous,  le  pas  de  façon 
inquiétante,  mais  il  serait  aussi  fort  utile,  en  instrui¬ 
sant  de  façon  pratique,  les  médecins  qui  exercent  de 
permettre  à  tous  les  malades,  dans  toutes  les  régions 
de  France,  de  bénéficier  dans  la  mesure  du  possible  de 
toutes  les  découvertes  médicales.  J.  Noir. 


La  gratuité  des  services  médicaux. 

Nous  avons  récemment  cité  un  fragment  du  procès- 
verbal  du  Conseil  d'hygiène  de  la  Seine  où  un  phar¬ 
macien,  M .  Marquez,  exprimait  d’une  façon  saisissante 
(et  attristante  pour  nous)  avec  quelle  facilité  on  pou¬ 
vait  exploiter  la  naïveté  des  médecins  et  leur  imposer 
des  services  semi-gratuits.  Dans,  le  Bulletin  médical 
du  14  juillet,  M.  Granjux  relève  un  fait  encore  plus  sur¬ 
prenant.  Sur  la  proposition  de  la  7‘  Commission,  le 
Conseil  général  de  la  Seine,  en  raison  de  l’accroisse¬ 
ment  de  la  population  hospitalisée  à  la  maison  dépar¬ 
tementale  de  Nanterre,  trouvant  le  personnel  médical 
surmené  et  insuffisant,  a  résolu  de  remédier  à  ces  in¬ 
convénients  en  créant  deux  emplois  de  médecins  ad¬ 
joints  pour  suppléer  les  médecins  titulaires  pendant 
leurs  ab.sences.  L’article  2  de  la  délibération  mérite 
d’être  cité  : 

Le  recrutement  de  cesinédecins  adjoints,  qui  ne  recevront  au¬ 
cune  rétribution,  se  fera  par  voie  de  concours. 

Nous  ne  doutons  pas  du  nombre  de  candidats  qui  se 
disputeront  le  plaisir  défaire  à  leurs  frais  tous  les  ma¬ 
tins  le  voyage  de  Nanterre  pour  avoir  l'honneur  de  soi¬ 
gner  les  hospitalisés  de  la  Maison  départementale  ; 
mais  nous  signalons  à  nos  lecteurs  toute  la  sollicitude 
que  nos  édiles  portent  au  Corps  médical  parisien  qui 
aurait  bien,  croyons-nous,  le  droit  de  réclamer  sa  part 
dans  la  graAide  sollicitode  que  le  Conseil  général,  tout 
comme  le  Conseil  municipal,  porte  aux  travailleurs 
municipaux.  J.  N. 


156 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


CAPSULES  G’IODIPINE  KIERCK  :  3  représentent  1  gr.  Kl 
beaucoup  mieux  supportées  que  les  iodures  alcalins  ; 
lODIPINE  à  25  “  O  pour  injections  sous-cutanées. 

SOCIETES  SAVANTES 

ACADÉMIE  DES  SCIENCES 
Séance  du  9  juillet. 

Trypanosomiases  du  Ilaut-Niyer  ;u)i  nouveau  trypanosome 
pathogène. 

M.  Laveran  décrit  un  trypanosome  nouveau  qu’on  rencon¬ 
tre  à  l’état  d’infection  naturelle  chez  les  Equidés  et  les  Bovi¬ 
dés,  où  il  provoque  une  maladie  appelée  Souma.  La  Souma 
a  été  décrite  cliniquement  dès  1904  par  M.  Cazalbon  ;  d’où  le 
nom  de  Trypan-Lazalboni,  donné  par  l'auteur  à  ce  trypano¬ 
some  pathogène. 

Les  petits  ruminants  (moutons,  chèvres,  antilopes)  s’infec¬ 
tent  facilement,  iandis  que  les  inoculations  faites  chez  les 
rongeurs  et  le  chien  restent  ordinairement  sans  effet. 

Une  chèvre  fortement  immunisée  contre  le  surraetla  mbori 
a  eu  uneintection  grave  à  la  suite  de  l’inoculation  du  virus 
de  la  Souma,  ce  qui  montre  bien  que  le  trypanosome  de  la 
Souma  ne  peut  être  considéré  comme  une  variété  du  trypano¬ 
some  do  la  mbori. 

Chez  la  chèvre  et  le  mouton,  l’incubation  est  de  10  jours  en 
moyenne.  I.es  principaux  symptômes  sont  ;  la  fièvre,  l’amai¬ 
grissement,  la  faiblesse  générale.  Chez  deux  chèvres  inocu¬ 
lées,  l’auteur  a  observé  des  kérato-conjonctivites  précoces. 
L’examen  direct  du  sang  révèle  souvent  l’existence  des  trypa¬ 
nosomes,  contrairement  à  ce  qui  arrive  pour  d’autres  trypa¬ 
nosomiases  de  ces  animaux. 

Chez  le  cheval,  on  observedes  poussées  fébriles  et  de  l’œ¬ 
dème  des  extrémités  inférieures,  rarement  de  l  œdème  de  la 
paroi  abdominale.  La  mort  survient  d’ordinaire  vers  le  cin¬ 
quantième  jour. 

La  Macina  paraît  être  le  principal  foyer  de  la  Souma,  qui  a 
été  observée  également  à  Bamako  et  à  Kati. 

D’après  Cazalbon  et  Pécaud,  la  maladie  est  propagée  par 
des  Tabanvs  qui  abondent  dans  la  Macina,  principalement 
sur  les  rives  du  Niger,  tandis  que  les  Glossina  sont  rares. 
Disparition  momentanée  des  trypanosomes  du  naganachez  les 
chiens  infectés. 

MM.  G.  Roux  et  L.  Lacomme  ont  cherché  à  utiliser.le  pou¬ 
voir  trypanolytique  de  la  rate  dans  un  but  thérapeutique.  A 
cet  effet,  trois  chiens  furent  inoculés  avec  le  trypanosoma 
Biùcei  et,  après  constatation  de  la  présence  du  parasite  dans 
leur  sang,  reçurent,  les  deux  premiers, 20  cc.,  d’une  émulsion 
de  rate  de  bœuf  contenant,  en  volume,  1  partie  de  pulpe  pour 
3  parties  d’eau  salée  à  7  ”  oo,  et  le  troisième  20  cc.  de  liquide 
centrifugé  obtenu  avec  la  même  émulsion. 

Chez  les  trois  animaux, les  trypanosomesdisparurentdusang 
deux  ou  trois  jours  après  l’injection,  pour  reparaître,  chez  le 
premier  inoculé,  au  bout  de  cinq  jours.  Chez  ceux  qui  reçu¬ 
rent  la  pulpe,  il  se  produisit  un  abcès,  et  la  septicémie  a  pu 
avoir  une  influence  sur  la  disparition  des  trypanosomes; 
mais,  aucune  réaction  microbienne  ne  s’étant  encore  montrée 
chez  le  troisième,  il  semble  que  le  suc*splénique  possède  bien 
une  action  manifeste  sur  la  disparition  de  ces  parasites. 

Variations  des  échanges  nutritifs  sous  t'influence  du  travail 
musculaire  développé  au  cours  des  ascensions. 

MM.  Cuii.LEMARD  et  R.  Moog  ont  indiqué,  l’année  dernière, 
à  propos  d’une  ascension  au  Mont-Blanc,  les  variations  que 
subit  l’élimination  urinaire  sous  l’influence  des  hautes  alti¬ 
tudes.  Pour  savoir  si  le  travail  musculaire  exigé  par  cette 
ascension  n’était  pas  en  cause,  les  auteurs  ont  effectué  une 
ascension  sensiblement  équivalente  à  celle  du  Mont-Blanc, 
mais  d’où  l’influence  de  l’altitude  était  écartée,  en  faisant, 
l’un  13  fois  en  deux  jours,  l’autre  20  fois  en  trois  jours, 
l’ascension  de  la  tour  Eiffel,  la  descente  étant  effectuée  par 
l’ascenseur.  Daiisces  conditions,  il  y  eut,  pendant  la  période 


d’ascension,  augmentation  légère  de  la  diurèse,  de  fazS 
total  et  de  l’azote  uréique,  sans  variations  caractéristiques^ 
rapport  azoturique.  Ces  faibles  modifications  ne  sauraient 
expliquer  les  phénomènes  d’insuffisance  d’oxydation  observés 
au  sommet  du  Mont-Blanc,  phénomènes  dus  uniquemeat 
à  l’influence  de  la  haute  altitude  et  de  la  dépression  atmos¬ 
phérique  correspondante.  M'“'  Phis.uu. 

ACADÉMIE  DE  MÉDECINE 
Séance  du  17  juillet. 

La  vaccine  en  .Algérie. 

MM.  Chauvei.,  Chantemesse,  Netter,  font  quelques  obser¬ 
vations  sur  le  rapport  récent  de  M.  Keisch.  Ce  dernier 
propose  finalement  d’adopter  les  conclusions  suivantes  : 

1"  En  Algérie,  les  vaccinations  devront  être  renouvelées 
plus  souvent  que  ne  le  comportent  les  instructions  officielles 
qui  sont  en  vigueur  actuellement  en  France  et  en  Algérie. 

11  est  prouvé,  en  effet,  que  les  deux  vaccinations  qui  se 
font  habituellement  sont  insuffisantes  à  défendre  les  .\rabes 
contre  la  variole. 

2“  Réduire  les  intervalles  qui  séparent  les  inoculations  e» 
tenant  compte  des  habitudes  des  indigènes. 

3“  Adjoindre  aux  médecins  des  doctoresses  ou  des  sages- 
femmes  qui  pourront  pénétrer  dans  les  douars  où  les  hommes 
ne  peuvent  entrer  pour  vacciner  les  femmes. 

4"  l’aire  inscrire  sur  la  carte  d’identité  de  chaque  indigène 
le  nombre  et  les  dates  des  vaccinations. 

Le  rapport,  adopté  à  l’unanimité  par  l’Académie,  sers 
transmis  au  ministre  de  l’intérieur. 

Le  paludisme  à  .Madagascar. 

51.  Laveran  montre  les  difficultés  de  la  prophylaxie,  f^ 
pétrolage  des  mares  est  impossible  dans  un  pays  peu  habité 
et  plus  vaste  que  la  France.  Les  rizières,  dont  la  culture  cons¬ 
titue  la  principale  ressource  alimentaire,  entraînent  îoicé- 
ment  des  eaux  d’égouts.  A  leur  surface  le  pétrole  détruirait 
et  altérerait  le  riz. 

Les  toiles  métalliques  ne  peuvent  avoir  que  des  appha- 
tions  partielles. 

Enfin,  à  son  avis,  il  y  a  d’autres  mesures  plus  importante 
et  plus  réalisables  pour  les  Malgaches  qui  sont  très  misé¬ 
rables.  L’est  la  misère  surtout  qu’il  faut  combattre  ;  déplacer 
certains  villages  trop  près  des  rizières. 

M.  DE  Kermogant  montre  combien  la  saison  pluvieuse,  en 
créant  des  mares  permanentes  même  dans  les  rues  de  Tana- 
narive,  facilite  la  diffusion  de  l’impaludisme.  Peu  à  pc“- 
l’anophèle  a  gagné  les  hauts  plateaux,  jusque-là  salubres^ 
toiles  métalliques  ne  sont  possibles  que  pour  les 
lectifs.  Mais,  même  dans  les  casernes,  les  soldats  les  onti 
mal  acceptées. 

M.  Blanchard  montre  que  le  pétrolage,  portant  au  mu 
sur  les  mares  voisines  des  habitations,  a  fait  ses  . 

Cuba.  L’emploi  des  toiles  métalliques  a  réussi  mèmen 
des  pays  très  peu  fortunés. 

«  Dans  la  campagne  romaine,  en  5  énétie,  où  la  POP“  ®  53 
agricole  est  très  pauvre,  où  elle  vit  dans  des  cabanes  - 
misérables  que  les  cahutes  des  -Malgaches,  onapua““r|jj 
facilement  la  protection  mécanique  par  des  tambou^ 
doubles  portes  pourvues  de  toiles  métalliques.  Le  petr 
ne  doit  pas  se  faire  évidemment  dans  les  rizières  et 
l’étendue  de  Madagascar,  mais  seulement  dans  les  en 
lîhbités  ».  ûd 

M.  Chantemesse  défend  de  son  côté  ces  ^  ^0- 

fait  leurs  preuves.  Sur  la  proposition  de  M.  ^’lerin®' 

mission,  composée  de  MM.  Blanchard,  Laveran,  .^-coü' 
gant.  Roux  et  Chantemesse,  est  chargée  de  proposer  a  - 
clusions  à  la  séance  prochaine. 

La  vaccine  en  France  en  1907. 

M.  Kei.sch  montre  les  lacunes  de  la  statistique 
27  départements  n’ont  pas  fourni  le  moindre  '‘■ensei6‘*^jj  je 
sur  les  vaccinations  et  revaccinalions.  Le 
variole  indique  que  la  loi  sur  la  vaccination  obhg 
encore  bien  loin  d’être  appliquée. 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


457 


Itapports  de  prix. 

[  a  séance  se  termine  par  les  rapports  du  P''  Raymond  sur 
1,  prix  Boullard  ;  de  M.  Chauffard  sur  le  prix  Stanski  ;  de 
\{.  Fernet  sur  le  prix  Guzman.  A. -F.  Pi.icque. 


SOCIÉTÉ  DE  THÉRAPÉUTK)UE 
Séance  du  21  juin. 

Sténose  du  pylore  et  rein  jlottant. 

\I.  p.  Gallois.  —  On  sait  que,  d'après  Glénard  et  Rouveret, 
les  ptoses  viscérales  seraient  susceptibles  de  déterminer  un 
rétrécissement  pylorique.  Il  m’a  été  donné  d’observer  un  cas 
qui  paraît  confirmer  l’opinion  de  ces  auteurs.  Il  s'agissait, 
d'une  jeune  fille  atteinte  de  rein  flottant  et  de  gastrectasie. 
U  limite  inférieure  de  son  estomac  était  située,  en  effet,  en¬ 
tre  l'ombilic  et  le  pubis,  et,  au-dessous  de  Tombilic  égale¬ 
ment,  on  trouvait  un  rein  ectopié,  d'ailleurs  parfaitement 
réductible.  En  pratiquant  la  palpation  de  l'estomac  dilaté, 
je  vis  cet  organe  se  contracter  sous  ma  main,  puis  évacuer 
son  contenu  dans  l’intestin.  Ayant  appris  à  faire  elle-même 
l'expression  gastrique  et  à  réduire  son  rein  flottant,  la  malade 
eut  la  satisfaction  de  se  délivrer  de  la  sorte  des  troubles  ner¬ 
veux  et  gastro-intestinaux  dont  elle  souffrait  depuis  long¬ 
temps. 

M.  Le  Gendre.  -  L’observation  de  M.  Gallois  est  démons¬ 
trative  pour  le  cas  particulier,  mais  je  ne  crois  pas  que  ce 
processus  soit  général.  La  dilatation  de  l’estomac  étant  plus 
fréquente  que  le  rein  flottant,  ne  saurait  être  la  conséquence 
de  ce  dernier.  D’autre  part,  l’ectopie  rénale,  fréquente  chez  la 
femme,  est  exceptionnelle  chez  l’homme. 

Leyui  danslc  traitement  de  l'hémoptysie. 

M.  René  Gaultier.  —  Ayant  eu  connaissance  de  deux  faits 
d'hémoptysie  enrayée  par  l'usage  du  gui  de  chêne,  employé 
sur  les  conseils  d’une  commère,  j’ai  entrepris  moi-même  des 
essais  de  traitement  par  cette  plante,  des  hémorragies  pul¬ 
monaires  contre  lesquelles,  comme  me  l’ont  appris  mes  re¬ 
cherches  littéraires,  elle  avait  déjà  été  employée  par  quelques 
médecins  anglais  et  américains. 

Je  me  suis  servi  d'extrait  éthéré  de  gui,  en  pilules,  que  j'ai 
fait  prendre,  à  la  dose  deOgr.  80  par  jour,  à  8  tuberculeux, 
hémopto'iques.  Chez  7  d'entre  eux,  l’hémoptysie  fut  rapide¬ 
ment  arrêtée,  et  une  fois  seulement  le  résultat  fut  nul.  Or, 
l’autopsie  de  ce  dernier  malade  montra  que  son  hémorragie 
pulmonaire  était  due  à  la  rupture  d’un  volumineux  anc- 
''*7amede  Rasmusen. 

V  après  mes  expériences,  les  effets  antihémopto'iques  du 
Spi  paraissent  être  liés  à  l’abaissement  de  la  pression  arté- 
nelle. 

Nouveau  remède  interne  contre  la  blennorragie ‘.  le  gonosan. 
M-  Renault.  —  La  blennorragie  urétrale  étant  une  des  ma- 
adies  les  plus  ingrates  que  le  médecin  ait  à  traiter,  nous  de- 
uns  accueillir  avec  empressement  tout  remède,  surtout  si  ce 
®mede  est  prôné  par  des  spécialistes,  dont  la  valeur  et  la 
nscience  scientifique  ne  sont  contestées  par  personne, 
■lanscet  ordre  de  faits  rentre  le  gonosan,  introduit  pour  la 
P  mnière  fois,  en  1902,  dans  la  thérapeutique  parle  docteur 
SS  (de  Strasbourg  ).  Depuis,  ce  médicament  a  été  essayé 
stamment  avec  succès  par  des  spécialistes, 
l'ac?  docteur  Lavaux ,  à  l’École  pratique,  signale 

des  '^ï^'^^U'^nnte  du  gonosan  dans  les  affections  des  reins  et 
urinaires  supérieures.  Mais  il  n'est  pas  question  du 
C'  de  la  blennorragie. 

die  ^^^^^^don  de  ce  médicament  contre  cette  dernière  mala- 
(}gj??®.^uus  avons  essayée  dans  notre  service  de  vénériens 
not,„  .?dal.  Ln  stock  suffisant  a  été  mis  obligeamment  à 
A  A  pposition  par  M.  Rohais. 

effejg  uiots  de  la  composition  du  gonosan  et  de  ses 
Lg  Physiologiques  sur  l’organisme  sont  nécessaires. 

Pharm  est  une  dissolution  de  la  masse  résineuse, 

active,  de  la  racinede  kavva-kavva  dans 
jjgj^hhre  essence  de  santal  indien. 

eureusement,  le  santal  étant  un  médicament  cher,  il 


est  souvent  additionné  d’huile  de  ricin,  d'oléo-résine  de  co- 
pahu,  d'huile  volatile  de  copahu  ou  d’essence  de  cèdre.  C’est 
à  l’action  de  ces  mélanges  que  sont  dus  les  nausées,  vomisse¬ 
ments  et  surtout  douleurs  lombaires,  qui  obligent  les  mala¬ 
des  à  suspendre  le  remède. 

L’avantage  du  gonosan  est  d’être  préparé  avec  une  essence 
de  santal  indien  absolument  pure.  Dans  cette  essence,on  dis¬ 
sout  les  principes  actifs  du  kavva-kavva. 

Lekavva  estlenom  d’une  boisson  enivrante  que  les  Poly¬ 
nésiens  préparent  avec  la  racine  du  poivrier  :  Piper  melhys- 
ticum. 

L’action  énivrante  et  anesthésique  de  ce  breuvage  est  due  à 
une  résine,  le  kawa-kawa,  qui,  d'après  les  expériences  des 
chimistes  et  physiologistes,  produit  sur  les  muqueuses  une 
ischémie  et  une  anesthésie  suffisante  pour  calmer  les  dou¬ 
leurs  de  l'inflammation. 

Ce  sont  d’une  part  les  inconvénients  de  l’essence  de  santal, 
employée  seule,  de  l'autre  les  propriétésanesthésiques  remar¬ 
quables  du  kavva,  qui  donnèrent  au  docteur  Boss  (de  Stras¬ 
bourg)  l’idée  d’associer  ces  deux  médicaments. 

Le  gonosan  se  présente  sous  la  forme  d’une  substance  hui¬ 
leuse,  jaune  verdâtre,  fortement  aromatique,  soluble  dans 
l’alcool,  le  chloroforme  et  l’éther. 

Dans  sa  composition,  une  essence  très  pure  de  santal  in¬ 
dien  entre  dans  la  proportion  de  80  p.  100  et  les  résines  de 
kavva-kavva,  à  l'exclusion  des  principes  cristaliisables,  inac¬ 
tifs,  dans  la  proportion  de  20  p.  100. 

Le  docteur  Boss  fait  prendre  à  ses  malades  8  à  10  capsules 
de  0,30  ctgr.  par  jour.  11  résulte  des  recherches  de  cet  auteur 
que  le  gonosan  est  remarquable  ; 

1“  Par  ses  propriétés  sédatives,  c'est-à-dire  que  ce  médica¬ 
ment  fait  disparaître  les  douleurs  intenses  de  la  miction 
pendant  les  érections  de  la  première  période  de  la  blennor¬ 
ragie  aiguë. 

2“  Par  son  action  anticatarrhale,  le  gonosan  diminue  rapi¬ 
dement  le  flux  blennorragique,  et  chez  un  bon  nombre  de 
malades,  le  fait  cesser  complètement  ; 

3“  Par  sa  vertu  bactéricide,  ainsi  qu’en  témoigne  la  dispa¬ 
rition  progressive  du  gonocoque,  constatée  par  l’examen  du 
pus  au  microscope. 

Ajoutons  enfin  que  le  gonosan  est  le  mieux  supporté  des 
remèdes  balsamiques.  Il  ne  provoque  aucun  sentiment  de 
répugnance,  ni  de  dégoût,  n'attaque  ni  l'estomac,  ni  les  in¬ 
testins  et  ne  causent  jamais  de  douleurs  lombaires, si  souvent 
engendrées  par  l’essence  de  santal,  employée  seule. 

Permettez-raoi  maintenant  de  vous  lairè  connaître  les  ré¬ 
sultats  de  mon  expérimentation  : 

J’ai  soumis  à  la  médication  par  le  gonosan  10  malades  at¬ 
teints  de  blennorragie  pour  la  première  fois. 

Le  pus  urétral  de  chacun  d’eux  renfermait  du  gonocoque, 
inclus  dans  les  leucocytes  polynucléaires,  à  l’exclusion  d’au¬ 
tres  microbes  dans  presque  tous  les  cas.  Aucun  de  mes  pa¬ 
tients,  sauf  un  seul,  n’a  été  soumis  préalablement  au  régime 
émollient.  D’emblée,  j’ai  prescrit  le  gonosan,  à  la  dose  de  six 
capsules  pendant  les  deux  premiers  jours,  puis  de  neuf,  les 
jours  suivants,  jusqu'à  la  sortie  de  l’hôpital.  Le  médicament 
était  administré  en  trois  fois,  par  parties  égales,  au  début  des 
trois  repas. 

De  l’ensemble  des  observations,  il  ressort  d'abord  un  pre¬ 
mier  fait,  qui  paraît  hors  de  contestation  et  qui.  au  point  de 
vue  pratique,  a  une  importance  considérable  ;  c’est  la  pro¬ 
priété  anesthésique  du  gonosan. 

Huit  fois  sur  dix,  c'est-à-dire  80  p.  100  de  nos  cas,  le  nou¬ 
veau  remède  a  éteint  promptement  les  douleurs  pénibles  de 
la  miction  et  des  érections. 

Combien  de  temps  faut-il  pour  que  l’effet  sédatif  se  pro¬ 
duise  ?  Six  jours  en  moyenne  d'après  nos  observations  et, 
dans  cinq  d’entre  elles,  trois  à  quatre  joors  ont  suffi  pour 
produire  l’efiet  sédatif. 

Pareil  résultat  est  très  appréciable,  quand  on  veut  bien  se 
rappeler  que,  dans  la  blennorragie  aiguë,  cen’estguère  qu’au 
bout  de  douze  à  quinze  jours,  que  la  miction  devient  suppor¬ 
table  et  que  les  érections  dangereuses  ne  tourmentent  plus  les 
patienis. 

Le  deuxième  avantage  du  gonosan  consiste  dans  son  pou- 


458 


LE  PROGRÈS  MEDICAL 


voir  anticatarrhal.  Ce  médicament  diminue  aussi  prompte¬ 
ment  l’abondance  du  flux  blennorragique  que  les  autres  bal¬ 
samiques  habituellement  employées.  Au  hout  de  quelques 
jours,  dans  la  plupart  des  cas,  l’écoulement  est  réduit  au 
point  de  tacher  à  peine  le  linge. 

Troisième  qualité  du  remède  ;  c’est  qu’il  est  admirablement 
supporté  par  presque  tous  les  malades. 

En  administrant  le  médicament  immédiatement  avant  le 
repas,  chaque  capsule  avec  un  peu  d’eau,  jen'ai  constaté, sauf 
dans  un  cas,  ni  dégoût,  ni  i)esanteurs  d’estomac,  ni  pyrosis, 
ni  coliques,  ni  douleurs  de  rein.  J’insiste  sur  ce  dernier  point, 
qui  ne  constitue  pas  pn  des  moindres  avantages  du  gonosan. 
J’ajoute  enfin,  qu’après  l’usage  du  gonosan,  jen’ai  jamais  ob¬ 
servé  le  moindre  érythème.  La  plupart  des  auteurs  préten- 
dentque  le  gonosan  prévient  les  complications  de  la  blen¬ 
norragie,  telles  que  orchi-épididymites  et  cystites.  A  cet 
égard,  je  ne  me  permettrai  de  tirer  aucune  conclusion,  mon 
expérience  n’étant  pas  suffisante.  Ce  que  je  puis  dire,  c'est 
que,  sur  les  dix  malades,  dont  j'ai  rapporté  les  observations, 
i  un  d’entre  eux  a  été  atteint  d’épididymite  seize  jours  après 
le  début  de  sa  blennorragie  et  au  bout  de  cinq  jours  de  l'em¬ 
ploi  du  gonosan.  Ce  maladeest  du  reste  un  des  deux  qui  n’ont 
pas  bénéficié  des  vertus  anesthésiantes  du  remède. 

Dernière  question  à  envisager  ;  le  gonosan  peut-il  à  lui 
seul  guérir  complètement  la  blennorragie  '?  Il  y  a  des  auteurs 
qui  prétendent  que  les  remèdes  internes  ne  parviennent  ja¬ 
mais,  sans  le  secours  des  injections  ou  des  lavages,  à  tarir  un 
écoulement. 

Tel  n’est  pas  mon  'avis,  si  je  m’en  rapporte  à  mes  observa¬ 
tions,  dix  fois  sur  dix,  le  gonosan  semble  avoir  produit  une 
guérison  définitive. 

Est-on  en  droit  de  considérer  ces  cures  comme  définitives  ? 

A  cette  question,  je  ne  suis  pas  en  mesuré'  de  répondre.  Je 
considère  néanmoins  la  chose  possible,  si  les  intéressés  ont 
observé  strictement  et  durant  les  délais  requis,  c’est-à-dire 
trois  semaines  à  un  mois  après  la  disparition  totale  de  l’écou¬ 
lement,  l’hygiène  et  le  régime  appropriés. 

Cette  question  réservée,  le  gonosan  n’en  constitue  pas 
moins  un  des  remèdes  les  plus  précieux  que  nous  possédions 
contre  la  blennorragie,  en  raison  dé  ses  propriétés  anticatar¬ 
rhales  et  surtout  anesthésiques,  qui  permettent  de  l’adminis¬ 
trer  dès  le  début  de  l’écoulement,  contrairement  aux  autres 
balsamiques,  et  d’en  abréger  vraisemblablement  la  durée, 
puisqu'il  supprime  le  traitement  émollient  d’ordinaire  pres¬ 
crit  pour  calmer  les  douleurs  des  mictions  et  des  érections 
et  favoriser  le  flux  urétral  dont  l’abondance  est  en  raison  di¬ 
recte  de  l’effet  actif. 

Le  gonosan  fait-il  disparaître  plus  vite  les  gonocoques  que 
les  autres  antiblennorrhagiques  ?  Mon  expérience  personnelle 
est  encore  insuffisante  à  cetégard. 

Différents  auteurs  le  croient,  mais  il  serait  risqué  de  con¬ 
clure  à  l’extinction  du  gonocoque.  Sans  doute,  celui-ci  dis¬ 
paraît  en  apparence.  Mais  il  peut  se  dissimuler  au  fond  des 
glandes  urétrales  ;  on  sait  en  effet  la  facilité  avec  laquelle  il 
repullule  sous  l'influence  de  la  moindre  excitation. 

Ucs  conclusions  personnelles  me  permettent  d’affirmer  ; 

l'>  Les  propriétés  anesthésiques  remarquables  du  gonosan 
contre  les  douleurs  des  mictions  et  des  érections  ; 

2°  Son  pouvoir  anticatarrbal  ; 

3“  Son  innocuité  envers  l’estomac,  l’intestin,  les  reins  et  la 
peau. 


LA  VALËROBROIVIINE  LEGRAND 

est  plus  active  que  les  bromures  et  les  valé- 
rianates. 


Demande  DE  renseignements.  —  On  désirerait  avoir  des  ob- 
sei^ations  d  accouchements  dans  des  positions  autres  que  le  dé- 
cubitus  dorsal.  —  Prière  d’y  joindre  quelques  mots  de  comparai- 
son  sur  les  avantages  et  inconvénients  remarqués:  L’auteur  se 
fera  un  devoir  d’envoyer  un  exemplaire  de  son  travail  à  tous  •  eeux 
qui  lui  auront  fait  parvenir  quelques  renseignements.  Adresser 
|®®^rj^"®e'Snements  à  M.  Giron,  12.^  me  N.-Dame-des-Chafnps, 


BlBLIOGRyVPHIE 

Anémie  des  mineurs,  éliolof/ie,  séméiologie,  prophyla^,  of. 

ganisation  médicale  ;  par  le  D''  E,  François.  dn-8°.  Pan» 
Maloine,  éditeur.) 

C'est  en  qualité  de  délégué  à  l'enquête  sur  l’ankylostomiase 
que  le  D''  François  a  fait  ses  recherches  sur  ce  qu'il  appelle 
Vanémie  des  mineurs,  et  qu’il  aurait  mieux  fait  de  dénommer 
Vanémie  chez-  les  mineurs. 

N'est-ce  pas  François  Bacon  qui  a  dit  :  ex  errorc  citius  emer- 
git  veritas  quani  ex  coupusione  ?  Dans  l’histoire  de  ce  que  l’on 
a  désigné  dunom  d'anémie  des  mineurs,  il  est  d'autantplus 
difficile  de  faire  émerger  la  vérité  qu’aux  erreurs  de  diagnos¬ 
tic  viennent  se  joindre  une  multitude  d’autres  causes  d’er¬ 
reurs, des  confusions  étiologiques, des  hypothèses  et  même  des 
conceptions  fantaisistes  qui  embrouillent  à  qui  mieux  mieux 
une  question  déjà  fort  complexe  par  elle  même.  Aussi  ren- 
dra-t-il  un  grand  service  à  la  science,  à  la  médecine  pratique, 
à  l’hygiène  professionnelle  en  même  temps  qu’à  la  bonne  logi¬ 
que  scientifique,  celui  qui, s’armant  résolument  du  flambeau 
de  la  libre  recherche,  animé  de  l'esprit  d’examen,  tentera 
d’élucider  et  d’éclairer  au  grand  jour  cette  question.  11  lui 
faudra  faire  une  large  autant  que  sincère  étude  clinique  et 
critiquedes  observations  directe=,  négligeant  fictions  et  hypo¬ 
thèses,  ne  tenant  compte  que  pour  ce  qu’ils  valent  défaits  ex¬ 
ceptionnels  ou  accidentels  en  se  gardant  de  toute  généralisa¬ 
tion.  Ne  devra-t-il  pas  aussi  établir  un  contrôle  sévère  des 
cas  présentés  et  choisis  pourétayer  tantôt  une  théorie  précon¬ 
çue,  tantôt  des  conceptions  a  priori,  si  brillantes  soient- 
elles  ?  , 

Parfois  même  il  ne  suffira  pas  à  ce  courageux  éclaireur,  à 
ce  redresseur  de  torts,  à  ce  persécuteur  d’idées  fausses  ou 
aventurées,  de  s’armer  du  flambeau  scientifique,  ü  se  verra 
probablement  obligé  d’avoir  recours  de  temps  en  temps  à 
une  arme  beaucoup  moins  noble  destinée  à  balayer  les  erreurs, 
les  assertions  contestables,  les  affirmations  indémontrables, 
et  même  certaines  absurdités  qui  embarrassent  le  champ  de 
l’hygiène  et  de  la  pathologie  d’une  profession  qui  sembled’au- 
tant  moins  connue  et  contrôlable  qu’elle  ne  s’exerce  pas  an 
grand  jour. 

M.  François  a  eu  le  mérite,  dans  son  mémoire,  de  res¬ 
treindre  la  portée  de  ses  recherches,  en  sachant  en  limrto 
les  résultats  au  bassin  houiller  du  Nord  et  du  Pas-de-Ca¬ 
lais  et  en  les- restreignant  aux  dates  de  juin  1902  à  sep¬ 
tembre  1905,  en  quatorze  mois  qu’a  duré  son  enquête. 
de  côté  toute  question  de  personnalité  offusquée  par  roubu 
presque  complet  de  mes  nombreuses  et  longues  études  sur 
lesquestions  d’hygiène  houillère,  dont  les  résultats  ont  ère 
souvent  attribués  à  d’autres  etparfois  même  faussées,  je  n hé¬ 
sité  pas  à  féliciter  le  D''  E.  François  de  la  sagesse,  de  la  cir¬ 
conspection,  de  l'esprit  scientifique  en  unjmbt,  qu’il  a 
porter  dans  ses  recherches.  Et  il  est  fort  excusable  de 
incomplet.  N'examinant  que  ce  qu’on  lui  a  demandé  dex 
miner,  n’ayant  guère  pu  voir  que  ce  qu’on  lui  a  montre,  o 
seulement  ce  qu’on  lui  a  laissé  voir,  le  D"-  François  a  P 
ignorer  qu’il  est,  d’en  d'autres  régions,  des  chercheurs  o 
tinés  qui  ont  travaillé  à  établir  la  vérité. 

Avec  un  grand  accent  de  sincérité,  le  D"  François 
à  démontrer  —  résultat  évidemment  non  cherché  —  9  ’ 
dans  le  milieu  des  mineurs,  les  ankylostomes  ne  se 
trent  pas  plus  fréquemment  que  d’autres  helminthes  à 
tation  moins  mauvaise,  les  ascarides,  les  trichocéphales, 
compter  les  bunias,  les  oxyures,  les  anguillules,  etc.  ^  . 

Si  on  parcourt  les  15  observations,  originales  qui 
ce  travail,  on  constate  que  le  D-’  François  areproduitoo 
valions  de  sujets  porteurs  d’ankylostomes  dont  4 
travaillé  en  Belgique  et  dont  3  semblaient  avoir  apport® 
ver  de  Mous.  5  autres  cas  se  rapportent  à  des  porteurs 
carides  et  les  5  autres  à  des  porteurs  de  trichocéphalesi 
des  sujets  ankylostomiés  avait  aussi  des  trichocéphale^.^jj 

Quant  à  la  symptomatologie  comparée  de  fankylostom 
de  la  lombricose  et  de  Thelmintiase  trichocéphaliq»^.’  J  ^jé 
obligé  de  constater  qu’elle  paraît  laisser  une  grande  d» 
dans  le  diagnostic,  tant  est  grande  la  similitude  des  tro 


LE  PROGRES  MEDICAL 


450 


oalhologiques  signalés.  Quoiqu’il  en  soit,  le  D'’  G.  François  a 
une  œuvre  sincère,  honnête  et  aussi  des  plus  utiles. 

D’’  Paul  Fabre  {de  Commentry). 


BIOGRAPHIE 


fVI.  le  F  WIDAL 

Membre  de  l’Académie  de  Médecine. 


FilsduD'' V.  Widal,  médecin  inspecteur  de  l’année, 
îjn  dmgea  longtemps  le  service  sanitaire  de  nos  troupes 
algériennes,  le  D'  Fernand  Widal  est  né  à  Dellys.en  Al- 
le  9  mars  1862.  Il  vient  donc  d  être  élu  membre  de 
1  Académie  de  médecine  à  l’âge  de  44  ans  et  se  trouve  de 
le  plus  jeune  Académicien. 

Toute  la  carrière  du  D’’  F.  Widal  n’est, du  reste, qu’une 
ininterrompue  vers  le  succès,  dont  l’élection  à 
Académie  n’est  que  la  plus  récente  étape.  Reçu  le  pre¬ 
mier  à  l’externat,  Widal  est  interne  en  1885,  il  obtient 
a  médaille  d’or  en  1889  et  est  reçu  la  même  année  doc- 
enr  avec  une  tbèse  intitulée  :  Etude  sur  l'infection  puer- 
:  la  phlegmatia  alba  dolens  et  l'érysipèle.  Dans  cet 
travail,  l’auteur  démontrait  par  la  clinique  et 
^atomie  pathologique  que  le  streptocoque  pyogène 
levait  à  lui  seul  déterminer  les  différentes  formes  de 
puerpérale  :  forme  avec  supjiuration,  forme 
Paterique  ou  pseudo-membraneuse,  forme  septicémi- 
^  suppuration  ni  fausse  membrane.  Il  constatait 
qae  la  phlegmatia  alba  dolens  puerpérale  était 
*^é  n  infectieuse,  que  le  streptocoque  char- 

sang  se  fixait  sur  les  parois  veineuses,  déter- 
^thr  endophlébite,  point  d  origine  du  caillot  et  de 
pli|^t?®"ose,  qu’entre  la  phlegmatia  la  plus  légère  et  la 
J*®  ®appurée  la  plus  grave,  il  n'y  avait  qu'une  dif- 
f  degrés,  que  le  caillot  de  la  thrombose  pouvait 
en  pus.  M.  Widal  établissait  en  outre  l’i- 
^  i®fect'  streptocoque  de  l’érysipèle  et  celui  de 

puerpérale,  et  prouvait  que  la  fièvre  dite  de 
uit  autre  qu’une  légère  infection  puerpérale.  La 
4es  ^  du  microbe  était, selon  M.  Widal,  l'explication 
Sduej.  formes  de  l'infection  qu’il  pouvait  déter- 

Rées  qui,  sur  bien  des  jmints,  bouleversait  les 

uuses  jusqu’alors,  obtint  le  prix  Rréant,  de  l’Ins¬ 


titut,  et  le  prix  Jeunesse  à  la  Faculté  de  Médecine.  Dès 
cette  époque,  M.  Widal  avait  montré  chez  lui  le  souci 
impérieux  de  faire  bénéficier  largement  la  clinique  des 
travaux  de  laboratoire  ;  cette  préoccupation  dev'ait  do¬ 
miner  la  plupart  de  ses  études  et  de  ses  recherches.  Il  sut 
utiliser  et  synthétiser  dans  ce  but  l’enseignement  de  ses 
maîtres,  les  professeurs  Gornil,  Brouardel,  Bouchard, 
Dieulafoy  et  Guyon,  et  les  conseils  de  ceux  qui  furent 
pour  lui  des  initiateurs  :  MM.  Roux,  Chantemesse,  Drey- 
fus-Brissac,  Varnier,  etc.  A  peine  revenu  d’un  voyage 
d’études  en  Allemagne,  il  était  reçu  médecin  des  hôpitaux 
en  1893.  Deux  ans  plus  tard  en  1895,  ilpassait  avec  succès 
le  concours  de  l’agrégation  en  médecine.  Préparateur  au 
laboratoire  d’anatomie  pathologique  de  la  Faculté,  audi¬ 
teur  au  Comité  consultatif  d  hygiène  de  PAance,  lauréat 
de  rintitust  (prix  Bréant  et  prix  Montyon  ,  de  la  Faculté 
(prix  Lacaze  et  prix  Jeunesse),  de  l’Académie  de  Médecine 
(prix  Barbier  et  prix  Oulmont),  il  obtint  la  médaille  d’or 
des  épidémies  en  1892,  fut  successivement  membre  de  la 
Société  anatomique,  de  la  Société  de  biologie  et  de  la 
Société  médicale  des  hôpitaux.  Il  fut  promu  en  1899 
chevalier  de  la  Légion  d’honneur.  Nommé  médecin  de  la 
Maison  Municipale  de  santé  en  1<S98,  il  devint  en  1901  et 
resta  médecin  de  l’hôpital  Cochin. 

Doué  de  toutes  les  qualités  qui  font  un  brillant  profes¬ 
seur,  M.  Widal  se  consacra  dès  son  internat  à  l’ensei¬ 
gnement.  De  1886  à  1889,  il  yemplit  les  fonctions  de 
moniteur  aux  travaux  pratiques  d’anatomie  pathologi¬ 
que  de  la  Faculté  ;  de  1889  à  1895,  il  fit  au  laboratoire  de 
M.  le  P^  Cornil,dont  il  était  le  pré];)arateur,un  cours  pra¬ 
tique  de  bactériologie  qui  obtint  un  légitime  succès. 

Il  fut  chargé,  comme  agrégé, des  conférences  de  patho¬ 
logie  interne  et,  depuis  1903,  fit  régulièrement  des  confé¬ 
rences  cliniques  à  l’hôpital  Cochin. 

Nous  avons  pu  apprécier  nous -même  les  débuts  dans 
l’enseignement  clinique  de  M.  Widal,  alors  qu’externe 
de  M.  le  P''  Gornil,  à  i'Hôtel-Dieu-annexe,  en  1890,  nous 
ei'imes  l’avantage  de  bénéficier  des  leçons  du  lauréat  de 
l’internat,  qui  avait  choisi  ce  service  pour  y  faire  l'année 
supplémentaire  que  lui  conférait  la  médaille  d’or.  Nous 
nous  rappelons  les  nombreux  auditeurs  que  ses  leçons 
cliniques  retenaient  au  lit  des  malades.  La  méthode  de 
ses  examens,  la  clarté  de  ses  expositions  et  de  la  discus¬ 
sion  du  diagnostic,  l  érudition  des  recherches  étiologi¬ 
ques  ou  des  explications  pathogéniques  des  symptômes, 
faisaient  prévoir  la  brillante  carrière  à  laquelle  le  jeune 
maître  était  destiné  et  la  place  importante  qu’il  devait 
fatalement  occOper  parmi  les  savants  de  notre  époque. 
Mais  ce  sont  moins  ces  qualités,  cependant  précieuses 
dans  l’enseignement,  qui  font  le  grand  mérite  de  M.’^ndal 
que  ses  nombreux  travaux  de  laboratoire. 

Les  Tr-AVaux  de  M  le  D'  F.  Widal. 

Nous  avons  déjà  dit  que  la  grande  préoccupation  de 
M.  Widal  avait  été  de  faire  bénéficier  la  clinique  des 
recherches  de  laboratoire  ;  l'exposé  succinct  de  ses  tra¬ 
vaux  en  fournira  la  preuve.  Comme  les  hasards  de  la 
clinique  et  l  imprévu  des  recherches  anatomo-ijatholo- 
giques  ont  fait  aborder  à  M.  Widal  de  très  nombreux 
sujets  d’études,  il  nous  est  impossible  d’en  faire  l’analyse 
dans  leur  ordre  chronologique. 

Nous  nous  contenterons  donc  de  grouper  ses  princi¬ 
pales  recherches  et  d’en  montrer  l'utilité  pratique. 

Le  séro-diagnostic. — Dès  le  20  juin  1896,  M.  Widal 
proposa  à  la  Société  médicale  des  hôpitaux  une  méthode 
permettant  de  faire  le  diagnostic  de  la  fièvre  typhoïde . 
Cette  méthode  consiste  à  ajouter  une  ou  quelques  gouttes 
de  sérum  ou  même  de  sang  du  malade  que  l’on  suppose 
atteint  de  fièvre  typhoïde  â  une  culture  en  bouillon  de 
bacille  d’Ebertli.  Après  quelques  heures,  si  le  malade  est 
réellement  un  typhique,  la  culture  perd  son  trouble  uni¬ 
forme,  devient  granuleuse  et  finit  par  seclaiûfier  complè¬ 
tement  ;  les  microbes  se  sont  amassés  au  fond  du  tube 
pour  y  former  un  précipité  de  petits  grumeaux  blanchâ- 


460 


LE  PROGRÈS  MEDICAL 


très  que  l’on  n’arrive  pas  à  dissoudre  complètement  en 
agitant  le  tube  de  bouillon.  Cette  agglutination  s’obtient 
le  plus  souvent  dès  le  cinquième  jour  de  la  maladie. 

M.  Widal  a  étudié  cliniquement  cette  séro-réaction  et 
poussé  fort  loin,  en  collaboration  avec  M.  Sicard,  d  inté¬ 
ressantes  recherches  sur  le  phénomène  de  1  agglutina¬ 
tion  . 

S  inspirant  des  travaux  de  Charrin  et  Roger  (188!)  !,  de 
Metchnikoff  1891)  etBordet  ;  1895), de  Gruber,qui  faisaient 
de  l’agglutination  une  sorte  de  réaction  de  l'immunité, 
M.  Widal  poursuivit  une  idée  qu'il  avait  émise  avec 
Chantemesse  dès  lb!)2,  à  savoir,  qu'au  cours  de  la  fièvre 
typhoïde,  le  sérum  du  sang  des  malades  possédait  des 
propriétés  spécifiques  résultant  de  l'action  de  l’agent 
infectieux.  Ce  fut  en  recherchant  ces  propriétés  quil  fit 
la  découverte  de  la  séro-réaction  qui,  facilement  applica¬ 
ble  à  la  clinique,  est  à  l’heure  actuelle  universellement 
adoptée  et  donne  de  si  précieux  renseignements  dans  les 
nombreux  cas  où  le  diagnostic  de  la  iièvi'e  typhoïde  reste 
douteux . 

Le  cytodiagnostic.  —  Si  le  séro-diagnostic  est  une 
des  plus  heureuses  applications  que  M.  Widal  a  faites 
des  recherches  de  laboratoire  à  la  clinique,  le  cytodia- 
gnostic  rend  aussi,  en  précisant  la  cause  de  nombreu¬ 
ses  maladies, d’inappréciables  services  Les  épanchements 
séreux  ou  séro  fibrineux, limpides  en  apparence, contien¬ 
nent  toujours  quelques  éléments  figurés  ;  globules  blancs 
globules  rouges,  cellules  endothéliales,  etc. Ces  éléments 
ne  sont  pas  toujours  les  mêmes  et  dans  les  mêmes  pro¬ 
portions.  Ils  varient  selon  le  degré  et  la  cause  de  l'irri¬ 
tation  des  séreuses  et  dans  nombre  de  cas  leur  nature  est 
prévue  par  les  lois  de  la  phagocytose  de  Metchnikoff. 
Au  moyen  de  la  centrifugation  , il  est  facile  de  recueillir 
en  quantité  suffisante  les  éléments  figurés  d  un  épanche¬ 
ment  pour  en  faire  l’examen. rendu  si  facile  par  les  pro¬ 
cédés  de  différenciation  de  Ilayem  et  de  Ehrlich.Avec  le 
concours  de  MM.  Sicard  et  Ravaut,  M.  Widal  a  entre  • 
pris  l’étude  des  éléments  figurés  des  épanchements,  ou 
pour  employer  l’expression  adoptée, leur  cytologie. 

Les  premiers  résultats  furent  communiqués  à  la  Socié¬ 
té  de  Biologie  le  30  juin  1900  par  MM.  Widal  et  Ravaut 
qui  avaient  commencé  par  l’étude  des  épanchements 
pleurétiques:  Cytodiagnostic  des  pleurésies  séro- fibri¬ 
neuses.  Jusqu’aloi’s  on  s’était  borné  à  rechercher  dans 
les  épanchements  pleurétiques  les  cellules  néoplasiques 
quand  on  soupçonnait  une  pleurésie  cancéreuse  :  Dieu- 
lafoy  avait  fait  jouer  un  rôle  important  à  la  numération 
des  hématies  dans  le  liquide  et  considérait  comme  pleu¬ 
résies  hémorrhagiques  celles  dont  le  liquide  renfermait 
plus  de  400!)  globules  rouges.  iMM.  Widal  et  Ravaut  dé¬ 
montrèrent  que  la  formule  cellulaire  de  1  épanchement 
d’une  pleurésie  séro -fibrineuse  varié  selon  sa  nature  et 
étab'irent  ainsi  un  véritable  cytodiagnostic. 

L’ancienne  pleurésie  banale  idiopathique, dite  ay/-/'g'o/  e, 
que  M.  Landouzy  appelle  avec  plus  de  justesse  p/ez/ro- 
tuberculose  primitive,  est  par  exemple  caractérisée  à  sa 
période  d’état  par  la  présence  presque  exclusive  dans 
son  épanchement  de  lymphocytes  mêlés  à  un  nombre 
plus  ou  moins  considérable  de  globules  rouges. 

Dans  les  pleurésies  aseptiques  sans  néomembranes  des 
brightiques  et  des  cardiaques,  1  examen  cytologique  per¬ 
met  de  constater  des  placards  endothéliaux  formés  de 
plusieurs  cellules,  qui,  lorsque  l’épanchement  vieillit, 
persistent  encadrés  alors  de  lymphocytes  et  de  polynu¬ 
cléaire.?. 

La  présence  de  ces  placards  permet  d’affirmer  malgré 
les  autres  éléments,  que  la  pleurésie  n  est  pas  d’origine 
tuberculeuse.  L’apparition  des  polynucléaires  indique 
un  état  congestif  de  la  plèvre  dû  a  l’inflammation  du 
poumon  ou  sous-jacent. 

Les  pleurésies  septiques,  dont  celles  à  pneumocoques 
sont  le  type,  sont  caractérisées  avant  tout  par  la  pré¬ 
sence  de  polynucléaires  neutrophiles  en  abondance.  Les 
cellules  endothéliales  s’alt<*l'ent  rapidement  ;  certaines 


jouent  le  rôle  de  macrophages  et  absorbent  des  polymi, 
cléaires  et  des  hématies.  Les  polynucléaires  exercent  en 
outre,  une  phagocytose  active  contre  les  agents  micro¬ 
biens. 

Dans  les  pleurésies  cancéreuses,  l’examen  cytologique 
permet  le  plus  souvent  de  rencontrer  de  grandes  celiàes 
lus  grandes  que  les  cellules  endothéliales  et  très  nom- 
reuses,  qui  paraissent  être  des  cellules  cancéreuses 
tombées  dans  le  liquide  pleural. 

Cytodiagnostic  des  autres  épanchements.  —  Dans  les 
ii5c/2e^,les  résultats  sont  restés  indécis,  bien  qu’avec  MM. 
Froin  et  Digne,  M.  Widal  ait  constaté,  dans  certaines 
pleurésies  tuberculeuses,  une  formule  cytologique  diffé- 
rente  de  la  formule  endothéliale  ordinaire  chez  les  cir- 
rhotiques. 

Dans  les  arthrites  rhumatismales  blennorrhagiques  ai¬ 
guës.  on  constatepresque  uniquement  des  polynucléaires. 

Dans  les  hydrocèles  et  les  vaginalites ,\e.  cytodiagnostic 
est  intéressant.  S’agit-il  de  vaginalitc  tuberculeuse,  on 
ne  constate  que  des  lymphocites,  à  la  condition  quil 
n’y  ait  pas  d’abcèsouvert  dans  la  séreuse.  Dans  les  vagi- 
nalites  qui  accompagnent  des  orchites  infectieuses,  onne 
trouve  que  des  polynucléaires. Dans  les  kystes  du  cordon, 
les  spermatozoïdes  sont  les  seuls  éléments  figurés. 

Dans  les  hydrocèles  vulgaires,  on  trouve  des  placards 
endothéliaux,  mêlés  de  globules  rouges  et  de  lymphocy 
tes  peu  nombreux. 

Cytodiagnostic  du  liquide  céphalo-rachidien.  —  Ce 
cytodiagnostic  donne  les  résultats  les  plus  importants. 

MM.  Widal,  Sicard  et  Ravaut  ont  essayé  d’en  fixer  les 
règles.  A  l’état  normal,  le  liquide  céphalo-rachidien  ne 
contient  pas  d’éléments  cellulaires  ou  seulement  quel¬ 
ques  très  rares  lymphocytes. 

La  moindre  inflammation  ou  la  simple  irritation  des 
méninges  font  apparaître  les  lymphocytes  ou  polynu¬ 
cléaires  en  grand  nombre. 

Dans  la  méningite  tuberculeuse, le  nombre  de  lympho¬ 
cytes  dépasse  toujours  de  beaucoup  celui  des  polynu¬ 
cléaires 

Dans  les  méningites  cérébro-spinales,  ce  sont  les  po¬ 
lynucléaires  qui  forment  la  formule  cytologique.  Cette 
polynucléose  persiste  si  la  méningite  n’évolue  pas  «rs 
la  guérison  ;  si  au  contraire  l’état  s’améliore,  les  lympho¬ 
cytes  apparaissent  et  deviennent  de  plus  en  plus  nom- 
breux.  . 

Dans  les  alfections  du  système  nerveux  MM.  Midai, 

R.  Monod,  Sicard,  Babinski,  Nageotte,  Lemierre,  etc.  ont 
fait  des  recherches  à  ce  sujet.  La  lymphocytose  caracté¬ 
risé  le  tabès  et  la  paralysie  générale.  Onia  retrouve  dans 
les  affections  syphilitiques  des  centres  nerveux  qui  ue* 

'  terminent  l’irritation  des  méninges.  Elle  n’existe  pas  dans 
I  l’hémiplégie  banale  par  hémorrhagie  ou  ramollissemen 
Eu  ua  mot  la  présence  de  lymphocytes  est  toujours  synr 

tomatique  de  l’irritation  des  méninges. 

Par  ce  court  aperçu,  on  peut  déjà  se  rendre  compte^ 
toute  l  importance  qu’a  prise  eu  clinique,  tant  au  poi 
de  vue  du  diagnostic  que  de  la  pathogénie  et  même 
pronostic  et  du  traitement,  la  méthode  cytologique  te  | 
que  l’a  conçue  et  développée  M.  Widal. 

La  cure  de  déchloruration. 

Un  troisième  ordre  de  travaux  qui  mérite  d’être  p|®^ 
en  tète  des  plus  importantes  innovations  dues  à  M- 
dal  est  ses  études  sur  la  chlorémie  et  la  pathogénie 
œdèmes  qui  l’ont  amené  aune  conséquence  thérape“^_ 
que  du  plus  grand  intérêt  pratique  :  la  cure  de  déchw 
ration. 

Depuis  1903,  M  Widal  a  poursuivi  ces  rechei’cne^^g 
collaboration  avec  MM.  Lemierre,  Javal,  Froin etD'oj,;. 

Winter  le  premier,  puis  Cohnstein,  Langlois,  LU' 
chet,  Ilallion,  Carrion,  Reichel,  Chauffard,  s’étaie»  -j. 
cupés  du  rôle  des  chlorures  dans  l’économie  et  de 
üuencesur  les  œdèmes.  Achard  avec  Lœper  et 
firent  d’importantes  recherches  sur  la  rétention  des 


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LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


461 


_e5  et  émirent  l'hypothèse  que  l’accumulation  du  chlo- 
e  de  sodium  et  de  différentes  substances  dissoutes  en 
"^jces  dans  le  sang  jouait  un  rôle  important  dans  la 
^lljogénie  de  l’œdème  brightique.  Claude  et  Mauté,  se 
Ljantsur  l'élimination  des  éléments  chlorés  etachlorés 
après  l’épreuve  de  la  chloruration  alimentaire,  tiraient 
des  indications  sur  la  gravité  du  pronostic  des  néphri- 
(es  et  la  nécessité  du  régime  lacté.  Richet  et  Toulouse 
établirent  l’influence  du  régime  hypochloruré  sur  l'ac¬ 
tion  thérapeutique  du  bromure . 

AVidal  et  Lemierre  démontrèrent  par  des  expériences 
méthodiques  que,  chez  certains  brightiques,  la  seule  in- 
restion  de  chlorure  de  sodium  pouvait  faire  réapparaî¬ 
tre  les  œdèmes.  M.  Strauss  constatait,  à  la  suite,  que  le 
régime  lacté  agissait  par  la  faible  quantité  de  chlorures 
quil  introduit  dans  l’organisme.  Puis  AVidal  établit  que 
les  viandes,  les  albuminoïdes  et  les  substances  les  plus 
variées  donnaient  le  même  résultat  que  le  régime  lacté  à 
la  condition  que  le  chlorure  de  sodium  fut  banni  de 
leur  composition. 

Avec  M.  Javal,  M.  Widal  étudia  en  outre  l’action  dé- 
chlorürante  de  divers  diurétiques,  monlra  les  rapports 
de  la  chloruration  et  de  l’albuminurie.  Enfin  il  aborda 
avec  MM.  Froin  et  Digne  l’étude  de  la  déchloruration 
chez  les  cardiaques. 

■Aucun  médecin  ne  discutera  l’importance  pratique  de 
la  découverte  de  cette  cure  de  déchloruration,  qui  permet 
à  un  albuminurique  infiltré  d'tcdèmes  de  s’améliorer  da¬ 
vantage  par  un  régime  carné  et  amylacé  privé  de  sel 
que  par  le  régime  lacté  considéré  jusqu’à  cette  époque 
comme  le  seul  salutaire.  Cette  cure  de  déchloruration 
est  une  méthode  générale  de  diététique  dont  la  portée  a 
rapidement  dépassé  les  premières  indications.  Elle  est 
devenue,  pour  une  série  d’états  morbides,  une  des  bases 
de  l’hygiène  alimentaire. 

Si  le  sérodiagnostic,  le  cytodiagnostic  et  la  cure  de 
déchloruration  sont,  parmi  les  travaux  du  F.  AVidal, 
ceux  qui  ont  fourni  à  la  clinique  les  concours  les  plus 
appréciés, si  ce  sont  eux  qui  donnent  l’idée  la  plus  exacte 
de  la  tournure  d’esprit  de  ce  laborieux  qui  s’efforce  de 
doter  la  médecine  de  nouvelles  méthodes  découvertes  au 
aboratoire  et  y  réussit,  il  serait  injuste  de  clore  là  la 
liste  de  ses  recherches.  Aucun  médecin  instruit  n  ignore 
ses  études  sur  la  fièvre  typhoïde,  le  bacille  d’Eberth  et 
sur  le  bacille  de  la  dysenterie  faites  pour  la  plupart  en 
eollaboration  avec  le  P"  Chantemesse.  On  ne  saurait 
passer  sous  silence  ses  recherches  sur  les  maladies  à  co- 
m^cilles  et  à  paracolibacilles  dites  paratyphoïdes. 

-'ous  nerappellerons  que  pour  mémoire  les  travaux  sur 
Maladies  à  streptocoques, l’infection  puerpérale,  la 
L  l'érysipèle,  etc.  dont  nous  avons  parlé  plus 

ai  a  propos  de  sa  thèse  de  doctorat.  Il  nous  faudrait 
..^aacore  les  mémoires  sur  l’aspergillose  (av.Dieulatoy 
jij^*^antemesse.  Cong.  de  Berlin,  ISjO)  ;  de  nombreuses 
m^anications  sur  les  maladies  des  plèvres  et  des  pou- 
dg|  aucœur,des  vaisseaux  et  du  sang,  du  rein, du  foie, 
jj  ^fate, du  tube  digestif,  à  la  Société  médicale  des  hôpi- 
(w.’.a^aSociété  de  Biologie, au-Congrès  français  deNancy 
Con  • Congrès  international  de  médecine  de  1900,  au 
britannique  de  la  tuberculose  (Londres  1901) . 
dij.  aan  chapitre  de  la  clinique  médicale  ne  le  laissa  in- 
auj  il  abox'da  les  maladies  du  système  nerveux,  les 
lesig  il®  la  nutrition, fit  des  recherches  expérimenta- 

diverses,  notamment  sur  la  médication  caco- 
Ces  d  toxicité  des  humeurs,  etc.,  etc. 

en  gglj  ^^ières  de  ses  recherches  expérimentales, faites 
*aneed’  ont  trait  à  l’insuffi- 

■  ^^Uri  ^®l^^*®nsibilisatrice  dans  le  sang  des  hémoglo- 

■  thdrj  l’ont  conduit  à  la  découverte  d’une  sérœ 

•t)xvsti  de  l’attaque  d’hémoglobinurie  pa- 


résumé  de  l’œuvi-e 

WidaU 


scientifique  considéra- 


Nous  en  avons  distrait  les  nombreux  rapports  au 
Comité  consultatif  d’hygiène  de  France,  les  articles  cri¬ 
tiques,  dont  cependant  certains  sur  les  Réformes  dans 
l'enseignement  clinique  en  France  et  la  propédeutique 
en  Allemagne, bien  que  parus  en  1891,  auraient  à  l'heure 
présente  un  véritable  intérêt  d’actualité  ;  nous  n’avons 
pas  cru  devoir  signaler  sa  collaboration  active  au  Traité 
de  médecine  de  Charcot,  Bouchard  et  Brissaud,  à  celui 
de  Brouardel  et  Gilbert,  au  Traité  de  Pathologie  géné¬ 
rale  de  Bouchard.  Avec  un  pareil  bagage  scientifique,  il 
était  difficile  à  l’Académie  de  médecine  de  ne  pas  ouvrir 
ses  portes  toutes  larges  au  D"  AVidal  et  il  nous  est  permis 
de  regretter  que  la  mauvaise  organisation  actuelle  ne 
donné  pas  dans  l’enseignement  de  la  médecine  la  place 
importante  qu’ils  devraient  occuper  à  des  laborieux 
comme  le  D"  AVidal,  pendant  qu’ils  sont  en  possession  de 
toute  leur  intelligence  et  de  tout  leur  talent. 

J.  Noir. 


MEDEGINEPRATIQUE 

Iodisme  et  bromisme. 

L’usage  interne  des  bromures  et  iodures  peut  déterminer 
des  accidents  ordinairement  bénins  mais  dont  le  caractère 
peut  devenir  sérieux. 

Ces  accidents  sont  désignés  sous  le  nom  d’iodisme  ou  de 
bromisme.  Ils  présentent  entre  eux  de  nombreux  points  de 
de  similitude  qui  permet  de  n’en  faire  qu’une  seule  descrip¬ 
tion. 

Les  troubles  digestifs  s’observent  quelquefois  dès  le  début, 
d’autres  fois  au  bout  d’un  temps  plus  ou  moins  (long  ;  la  di¬ 
gestion  devient  difficile,  l’haleine  fétide,  la  langue  sale,  arriè¬ 
re-goût  métallique,  anorexie,  soif  vive,  renvois, nausées,  cons¬ 
tipation.  etc.,  quelquefois  diarrhées  sanguinolentes,  puis 
amaigrissement. 

Les  éruptions cutanéen  pmsent  apparaître  d’emblée,  voire 
même  après  l’ingestion  d’une  dose  très  faible  du  médicament. 
Laforme  commune  est  l’acné  qui  siège  surtout  à  la  face  et  à  la 
partie  supérieure  du  tronc. 

En  dehors  decetteforme,  on  voit,  soit  des  éruptions  érythé¬ 
mateuses  comme  la  roséole,  l’urticaire,  l’érythème  nodulaire, 
soit  des  éruptions  à  types  bulbeux,  furonculo-anthracoidcs  ou 
pus  tu  lo-crustacés  .Ces  dernières  présentent  une  singulière  ten¬ 
dance  à  devenir  ulcéreuses  ou  végétantes  et  simulent,  parfois 
à  s’y  méprendre,  certaines  syphilidesou  de  véritables  néopla¬ 
sies. 

Les  accidents  spéciauxaux  iodures  sont  représentés  le  plus 
souvent  par  des  manifestations  catarrhale  habituellement  ré¬ 
duites  à  un  coryza  séreux,  mais  qu’on  peut  voir  siéger  sur 
toutes  les  muqueuses,  et,  plus  rarement,  par  des  symptômes 
congestifs  viscéraux  variables  comme  siège  et  intensité,  et  des 
œdèmes  dont  les  plus  graves,  exceptionnels  heureusement, 
sont  cèuxde  la  glotte  et  du  poumon. 

Les  moyens  d’éviter  ces  accidents,  en  conservant  le  bénéfice 
entier  du  traitement  sont  :  1“  les  lavements  d’abord,  mais 
ce  moyen, peu  pratique,  lasse  et  fatigue  vite  le  malade  ;  2»  le 
second  moyen  consiste  à  administrer  l  iodure  sous  la  forme 
deGluto-Bulles  Jougla  qui  assurent  le  passage  intact  à  travers 
l’estomac  pour  être  rendu  soluble  seulement  dans  l’intestin 
grâce  à  une  insolubilité  complète  dans  le  suc  gastrique. 

Voyons  ce  qu’est  cet  enrobage  et  en  quoi  il  consiste  :  1° 
un  noyau  central  d’iodure  de  potassium  chimiquement  pur  ; 
2“  une  couche  légèrement  résineuse,  puis  une  couche  de  ké¬ 
ratine.  [La  kératine  est  un  corps  extrait  des  cellules  superficiel¬ 
les  de  l'épiderme,  dés  ongles,  des  sabots  du  cheval,  etc.) 

Elle  se  présente  sous-la  forme  d’une  poudre  jaune  brun, 
sans  odeur,  sans  saveur;  elle  est  insoluble  dans  l’eau,  les  aci¬ 
des  étendus,  les  solutions  de  pepsine.  Elle  résiste  donc  à  l'ac¬ 
tion  des sucsgastrigues.  Par  contre,  elle  est  attaquable  par  les 
solutions  alcalines,  elle  subira  donc  l’influence  des  sucs  intesti¬ 
naux.  3”  Enbn  une  couche  de  gluten  insoluble  dans  le  suc 
gastrique  et  soluble  seulement  dans  l’intestin.  On  comprend 
immédiatement  toutl’avantage  qu’il  peut  y  avoir  à  formuler 


462 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


le  traitement  ioduré  sous  la  forme  de  Gluto-Bulles  Jongla. 
1°  Conservation  parfaite  ; 

2°  Dosage  rigoureux  ; 

3“  Pas  d'accidents  d’iodisme. 

Les  Gluto-Bulles  Jongla  contiennent  0  gr.  25  d’iodure  de 
potassium  chimiquement  pur. 


VARIA 


Le  nouveau  Conseil  Supérieur  de  l’Assistance 
publique. 

Le  Journal  officiel  publie  un  décret  modifiant  ainsi  qu’il 
suit  l’article  premier  du  décret  du  15  janvier  1894,  modifié 
par  les  décrets  du  9  mars  1898,  du  28  mai  1902  et  du  12  dé¬ 
cembre  1904: 

Le  conseil  supérieur  de  l’Assistance  publique  est  composé 
de  membres  de  droit  et  de  cinquante-sept  membres  nommés 
par  décret. 

Sont  membres  de  droit  du  conseil  :  1“  Le  vice-président  du 
Conseil  d’Etat  ;  2»  Le  directeur  de  l’assistance  et  de  l’hygiène 
publiques  ;  3“  Le  directeur  de  l’administration  départemen¬ 
tale  et  communale  ;  4“  Le  directeur  des  affaires  civiles  au 
ministère  de  la  justice  ;  5“  Le  directeur  de  l’administration 
pénitentiaire  :  G'>  Le  directeur  général  de  l’enregistrement. des 
domaines  et  du  timbre  ;  T°  Le  directeur  de  l'assurance  et  de 
la  prévoyance  sociales  au  ministère  du  commerce  ;  8»  Le  di¬ 
recteur  de  la  mutualité  au  ministère  de  l’intérieur  ;  9»  Le  pré¬ 
sident  du  comité  national  des  congrès  d’assistance  publique 
et  de  bienfaisance  privée  ;  10“  Le  président  du  conseil  supé- 
r  eur  d’hygiène  publique  de  France  :  11“  Le  secrétaire  perpé¬ 
tuel  de  l’Académie  de  médecine  ;  12“  Le  directeur  de  l’admi¬ 
nistration  générale  de  l’Assistance  publique  de  Paris  ;  13’ 
quatre  inspecteurs  généraux  des  services  administratifs  au 
ministère  de  l’intérieur,  désignés  par  le  ministre. 

Les  membres  nommés  par  décret  comprennent  dix  séna¬ 
teurs,  douze  députés  et  trente-cinq  personnes  désignées,  soit 
parles  fonctions  administratives  ou  électives  qu’elles  remplis¬ 
sent,  soit  par  leur  compétence  spéciale. 

Les  dix  sénateurs  sont:  MM.  Bérenger,  Bienvenu  Martin, 
Borne,  Bourgeois,  Gourjon,  Labiche,  Labrousse,  Pédebidou, 
Rey,  Strauss. 

Les  douze  députés  :  .MM.  Aynard,  Barthou,Buisson,Cail- 
laux,  Camuset,  Chéion,  Gruppi,  Dron,  Dubief,  Muteau,  Steeg 
Thierry. 

Les  trente-cinq  personnes  compétentes  :  M.  Emile  Loubet; 
Mme Bogelot,  ancienne  directrice  de  1  Œuvre  des  libérées  de 
Saint-Lazare  ;  Mme  Pérouse,  présidente  du  conseil  d'adminis¬ 
tration  de  l’ünion  des  femmes  de  France  ;  MM.  Alapelite,  pré¬ 
fet  du  Rhône  ;  Armaingaud,  professeur  du  cours  municipal 
à  Bordeaux  ;  Bompard,  conseiller  de  préfecture,  secrétaire 
général  de  l’Alliance  d  hygiène  sociale  ;  Boucard,  maître  des 
requêtes  honoraire  au  Conseil  d’Etat  ;  Bourneville,  médecin 
des  hôpitaux  ;  Briand,  médecin  en  chef  de  l’asile  de  Villejuif  ; 
Brueyre,  ancien  chef  de  division  de  la  préfecture  de  la  Seine  ; 
Gaubet,  administrateur  des  hospices  de  Toulouse  ;  Chevalle- 
reau,  médecin  de  la  clinique  nationale  des  Quinze-Vingts  ; 
Gheysson,  inspecteur  général  des  ponts  et  chaussées  ;  Cros- 
Mayrevieille,  vice-président  de  la  commission  administrative 
des  hospices  à  Narbonne  ;  Lucien  Descaves  ;  Ferdinand  Drey¬ 
fus,  ancien  député;  llébrard  de  Villeneuve,  conseiller  d’Etat  ; 
docteur  Henrot,  ancien  maire  de  Reims  ;  docteur  Lande,  an¬ 
cien  maire  de  Bordeaux  ;  docteur  Cardier,  ancien  maire  de 
Rambervillers  ;  Lefèvre,  conseiller  municipal  de  Paris  ;  doc¬ 
teur  Legrain,  médecin  en  chef  de  l’asile  de  Ville-Evrard  ;  doc¬ 
teur  Magnan, médecin  en  chef  de  1  asile  Sainte-.\nne  ;  Marbeau 
ancien  conseiller  d’Etat  ;  Marbin,  inspecteur  général  de  l’as¬ 
sainissement  de  Paris  ;  docteur  Millon,  secrétaire  général  ad¬ 
joint  de  l’Union  des  syndicats  médicaux  de  France  ;  Monod, 
ancien  directeur  del'assislance  et  de  l'hygiène  publiques  ;  de 
Mouy,  conseiller  d'Etat  ;  docteur  Olivier;  Piccard,  membre 
del’.'Vcadémie  de  médecine  ;  Sabran,  ancien  président  du  con¬ 
seil  général  des  hospices  de  Lyon  ;  docteurThulié,  ancien  pré¬ 
sident  du  conseil  municipal  de  Paris  ;  André  Ulrich,  avocat  ; 


Van  Gauvenberghe,  maire  de  Saint-Pol-sur-Mer  ;  Voisin  en 
seiller  à  la  Gour  de  cassation .  ’ 

Un  cas  de  Peste  au  Havre. 

Plusieurs  journaux  ont  annoncé  que  la  peste  buboniqn 
avait  fait  son  apparition  au  Havre. Voici  à  quoi  se  borne 
sen.sationnelle  nouvelle  d’après  le  Temps  : 

Le  3  juillet,  au  Havre,  un  marin  nommé  Thieulent,  travail¬ 
lant  aux  Chargeurs-Réunis,  était  subitement  pris  de  violen¬ 
tes  coliques  et  de  nausées  et  devait  abandonner  son  chantier 
pour  rentrer  chez  lui.  Le  soir,  son  état  empirant,  sa  femme 
manda  le  médecin  de  nuit,  qui  prescrivit  divers  médicaments 
et  conseilla  l’intervention  de  son  collègue  de  l’assistance  pu¬ 
blique.  La  famille  suivit  de  point  en  point  ces  recommanda¬ 
tions,  et  le  lendemain  matin,  M.  Louis  Laurent,  médecin  des 
hôpitaux,  examinait  attentivement  le  malade.  Au  cours  d'une 
seconde  visite,  quelques  heures  après,  il  constata  le  dévelop¬ 
pement  d’une  adénite  dans  l'aine  du  malade,  dont  l’état  pré¬ 
sentait,  dès  lors,  les  symptômes  caractéristiques  de  la  peste 
bubonique.  Les  docteurs  Poittevin,  directeur  du  laboratoiie 
de  bactériologie.  Borel,  chargé  du  service  sanitaire, et  Hoitier, 
médecin  des  épidémies,  appelés  en  consultation,  confirmèrent 
ce  diagnostic.  Enfin  Thieulent  expira.  Aussitôt  le  bubon  fut 
opéré  et  soumis,  au  laboratoire  de  bactériologie,  à  des  expé¬ 
riences  qui  fortifièrent  l’hypothèse  des  médecins.  Pour  plus 
de  sûreté,  on  envoya  à  l’Institut  Pasteur  le  germe  suspect,  cl 
le  professeur  Roux  le  soumit  à  l'analyse. 

Éntre  temps,  M.  ôlaillart,  maire  du  Havre,  prenait,  decon- 
cert  avec  les  médecins  hygiénistes  les  mesu  res  d’antisepsie  les 
plus  rigoureuses.  Une  enquête  ayant  révélé  que  Thieulent 
était  récemment  revenu  du  Congo,  où  il  était  allé  conduire  le 
Petit-Galon  pour  le  compte  des  Chargeurs-Réuriis,  son  loge¬ 
ment  fut  évacué,  désinfecté,  lessivé  au  bichlorure  de  mer¬ 
cure.  Tous  les  objets  lui  ayant  appartenu  ont  été  brûlés. 

Certains  journaux  ont  publié  récemment  une  note  affir¬ 
mant  que  l'on  n’avait  pas  eu  affaire  à  un  cas  de  peste,  mais 
bien  à  un  cas  de  septicémie  aiguë.  Quoi  qu’il  en  soit, tout  dan¬ 
ger  paraît  actuellement  conjuré. 

Exercices  spéciaux  du  service  de  santé  en  1906. 

Comme  les  années  précédentes,  auront  lieu  en  1906,  dans 
le  gouvernement  militaire  de  Paris,  des  exercices  spéciaux  d« 
service  de  santé.  Ces  manœuvres  seront  commandées  par  H 
général  Bolgert,  commandant  la  13'  brigade  d’infantenc- 
Elles  auront  comme  directeur  technique  le  médecin  pnn*j'' 
pal  de  b'  classe  Antony,  médecin-chef  de  l’hôpital  militai 
d’instruction  du  Val-de-Gràce.  Elles  auront  lieu  du  SOjuil  e 
au  3  août  prochain.  Une  conférence  préparatoire  sera  jai 
aux  Invalides  le  30  juillet.  La  concentration  se  fera 
let.  Les  journées  des  l''-,  2  et  3  août  seront  consacrées  a^^ 
manœuvres  qui  se  dérouleront  dans  la  vallée  de  la  -[j 
l’Orge  et  de  l’Vvette,  de  Juvisy  à  Longjumeau.  Des  de 
complémentaires  seront  donnés  ultérieurement. 


LES  CONGRÈS 

XVU  Congrès  des  médecins  aiiénistes  et  neuro^o9‘® 


de  France  et  des  pays  de  langue  française. 

(Lille,  l"  au  4  août  1906).  . 

Programme  des  Travaux  et  Excursions  :  Mercredi  \ 

9  heures  matin.  — Séance  solennelle  d’ouverture  ““  I 

dans  la  Salle  des  Fêtes  du  Conservatoire,  place  du  ièl»  ! 
11  heures  matin.  — 'Visite  du  palais  des  heaux-arts,  p>a  -jj. 
République.  —  2  heures  soir  :  Séance  à  la  Faculté  ^ 
cine,  amphithéâtre  d’histoire  naturelle,  place  PbdjPP^'^jjtori»' 
Premier  rapport.  —  P.sychiatrie.  —  Etude  cytologiqtm,  ® 
logique  et  expérimentale  du  sang  chez  les  aliénés.  "T  .^^gcept’*’* 


M.  le  D''  M.  Dide,  de  Rennes.  —  8  heures  1/2  soir 
offerte  à  l’Hôtel  de  Ville  par  la  municipalité.  che®*'* 


:  Excursion  à  Bailleul.  —  Départ  *^0^11601* 
le  Lille  à  8  heures  20  matin.  Arrivée^*  jf 


Jeudi  2  a 

fer  de  la  gare  de  L..w  »  - - -  . . . . -  ,  vhyu- 

7  h.  20.  —  Visite  de  l’Hôtel  de  ville,  du  Musée 
l’Asile  public  d’aliénées. —  1  heure  après-midi  :  sot''*''" 

dans  le  parc  de  l’Asile  des  aliénées  par  la  Commission 
lande.  —  4  heures  après-midi.  ;  Excursion  en  voiluf® 
du  Mont-des-Cats.  —  Retour  en  chemin  de  fer 
Bailleul,  à  6  h.  50  soir.  Arrivée  à  Lille  à  7  li.  1/2.  pacol'*  ^ 
Vendredi  3  août  :  9  heures  matin.  —  Séance  à  m 
médecine,  amphithéâtre  d’histoire  naturelle,  place  PhnipP* 


r.B  PROGHÈS  MÉUICAL 


463 


Comnionications  diverses.  —  2  heures  soir  :  Deuxième  rapport  : 
V  rolo^ie-  —  cerveau  sénile.  — •  Rapporteur  :  M.  le 
h-Â  Lerï,  de  Paris. 

*^4medi4  août:  9  heures  matin.  — ^  Séance  à  la  Faculté  de 
_^ine,  place  Philippe-Lebon.  Communications  diverses.  — 
«heures  soir.  Troisième  rapport  ;  Médecine  légale.  La  responsa- 
ûné  des  hystériques.  —  Rapporteur  :  M.  le  D'  R.  Leroy,  de 
V Ile-Evrard.  — 9  heures  soir:  Punch  offert  par  M.  leD''  Grasset, 
^sident  du  Congrès. 

■^pjnianche  5  août  :  Visite  et  banquet  à  1  Exposition  internatio- 
-Je  de  Tourcoing.  Départ  de  la  gare  de  Lille  à  9  heures  matin. 

Visite  de  la  ville  de  Roubaix  et  du  parc  de  Barbieux.  — 
îï  h.  1/2  matin  :  Réception  des  congressistes  par  la  municipalité  à 
f Hôtel  de  Ville .  —  1  h.  après-midi  :  Banquet  par  souscription 
dans  un  des  pavillons  de  l’Exposition.  —  4  heures  soir  :  Visite 
de  l’Exposition  et  de  ses  attractions. 

Lundi  6  août  :  Excursion  et  séance  du  Congrès  à  Boulogne- 
sur-Mer.  —  7  h.  10  matin  :  Départ  de  Lille.  —  9  h.  51  matin  : 
Arrivée  à  Boulogne.  —  10  h.  1/2  :  Réception  et  vin  d’honneur, 
offert  par  la  municipalité,  à  l’Hôtel  de  Ville.  —  11  heures  : 
Séance  du  Congrès  dans  une  des  salles  de  THôtel  de  Ville.  — 
î  heure  après-midi  ;  Déjeuner  en  corps.  —  3  heures  :  Visite 
de  la  ville  jles  monuments,  le  port,  la  plage).  —  6  heures  19  soir; 
Retour  à  Lille . 

Mardi  7  août  :  Excursion  à  Saint-  Pol-sur-Mer  et  à  Zuydcoote. 
—  7  h.  2  matin  :  Départ  de  Lille.  —  8  h.  51  :  Arrivée  à  Dun¬ 
kerque  et  départ  en  voiture  pour  le  Sanatorium  de  Saint-Pol-sur- 
jler.  —  1 1  heures  :  Visite  du  port  de  Dunkerque,  sous  les  aus¬ 
pices  de  la  Chambre  de  commerce.  —  1  heure  après-midi  ; 
Déjeuner  en  corps  au  Casino  de  Malo-Terminus.  —  2  heures  : 
Départ  pour  le  Sanatorium  de  Zuydcoote.  —  5  heures  soir  : 
Retour  à  Dunkerque. 

Dislocation  du  Congrès. —  A  l’occasion  du  Congrès,  il  est  orga¬ 
nisé  une  excursion  à  Londres.  Départ  de  Lille,  le  8  août,  à 
Il  h.  31  matin  pour  arriver  à  Londres  à  5  h.  12  soir.  —  Séjour 
i  Londres  le  9  et  le  10  août.  —  Départ  de  Londres  le  11  août  à 
Il  heures  matin  pour  rentrer  à  Lille  à  4  heures  34  du  soir.  Prix  du 
voyage.  210  francs  par  personne,  tous  frais  compris  (chemin  de 
de  fer,  bateau,  voitures,  nourriture,  hôtel,  guides,  etc.). 

N.-B.  —  L’excursion  à  Londres  ne  pourra  s’effectuer  que  si  elle 
comprend  au  moins  vingt  voyageurs.  Les  adhésions  devront  par¬ 
venir  au  secrétaire  général  pour  le  22  juillet  au  plus  tard.  —  Pour 
ions  renseignements  concernant  le  Congrès,  prière  de  s’adresser  à 
M.  le  D'  G.  Chocreaux,  médecin  en  chef,  asile  d’aliénés  de 
Bailleul  (Nord). 


FORMULES 

Ll.  —  Contre  le  psoriasis. 

Eurobine .  2  grammes. 

Eugallol .  .1.. 

Acétone... . ! 

(Rromaver). 

ou: 

“ s™™-- 

£”4.™.":::::;::;:::::;:::}“''»  - 

, .  Craie  blanche .  10  — 

•Ohs  2  fois  par  jour,  puis  un  bain  au  bout  d’une  semaine, 
ouencore:  (Wu.kinson.) 

Huile  de  bouleau .  20  grammes. 

pavonvert .  j  — 

Lanoline. . .  7ô  — 

‘'’ienan  ;  . 

Huile  de  ruscus . .  35  grammes. 

Alcool  de  vin . , 

Ether  sulfurique . ^ 

Essence  de  rue . gouttes. 

_  (Bernheim). 

d’étudiants.  —  Un  Congrès  d’étudiants,  annonce  le 
'^‘^iôn*  '■^“ûira  à  Bordeaux,  le  1"  mai  1907.  On  y  discutera  la 
Née  de  l’équivalence  des  diplômes. 

**  — Nous  avons  le  vif  regret  d’annoncer  la  mort  de 

^1-tmann,  de  Paris. 


Actes  de  la  Faculté  de  Médecine  Paris. 

Concours  des  ci.inicats.  —  Sont  nommés  Ob'-fs  de  clinique 
médicale  Hôtel-Dieu  :  M.  Crouzon;  hôpital  Laënnec  :  M.  Laignel- 
Lavastine  ;  chef  adjoint,  M.  Salomon  ;  hôpital  Saint- Antoine  :  M. 
Rosenthal  ;  chef  adjoint,  M.  Agasse-LaÇont.  —  Chi-f  de  clinique 
des  maladies  cutanées  et  syphilitiques.  —  Hôpital  Saint-Louis 
M.  Rostaine  ;  chef  adjoint,  ÀL  Louste. —  Ch  f  de  clinique  des  ma- 
ladi  s  infantiles.  —  Hôpital  des  Enfants-Malades  ;  M.  Armand- 
Delille  ;  chef  adjoint,  M  Babonneix. 

Concours  du  prosectobat.  —  Ce  concours  s’est  terminé  par 
la  nomination  de  MM.  Okinczyc  et  Gernez. 

NOUVELLES 


Natalité  de  Paris.  —  Du  dimanche  pv  au  samedi  7  juillet 
1906,  les  naissances  oat  ete  au  nomore  de  1.000,  se  décomposant 
ainsi  :  légitimes  727,  illégitimes  273. 

Mortalité  a  Paris.  —  Population  d’après  le  recensement  de 
1901  :  2.660.559  habitants.  Les  décès  ont  été  au  nombre  de  770, 
savoir;  410  hommes  et  360  femmes.  Les  décès  sont  dus  aux 
causes  suivantes  :  Fièvre  typhoïde  (typhus  abdomin.)  :  3.  — 
Typhus  exanthématique  :  0.  —  Fièvre  intermittente  et  cachexie 
palustre  :  0.  —  Variole  :  0.  —  Rougeole  :  8  —  Scarlatine  :  I. 

—  Coqueluche  :  6.  —  Diphtérie  et  Group  :  6.  —  Grippe  :  1. 

—  Choléra  asiatique  :  0.  -  Choléra  nostras  :  0.  —  Autres 
maladies  épidémiques  :  3.  —  Tuberculose  des  poumons  :  180.  — 
Tuberculose  des  méningés  :  28.  —  Autres  tuberculoses  :  17.  — 
Cancer  et  autres  tum  surs  malignes  49.  —  Méningite  simple  ;  11. 

—  Congestion  héraorrnagique  et  ramollissement  du  cerveau  :  37. 

—  Maladies  organiques  du  coeur  :  48.  —  Bronchite  aiguë  :  6. 

—  Bronchite  onronique  :  10.  —  Pneumonie  :  28.  —  Autres  affec¬ 
tions  de  l’appareil  respiratoire  .  57.  —  Affections  de  l’estomac 
leanoerexe.)  :  4  -  Diarrhée  et  entérite  de  0  à  1  an  :  sein  :  7;  au¬ 
tre  alimentation  :  21 .  —  Diarrhée  et  entérite  de  1  à2  ans  :  5. —  Her¬ 
nies,  obstruction  intestinale  ;  5.  —  Cirrhose  du  foie  ;  16.  —  Néphrite 
et  mai  de  Bright  :  18.  Tumeurs  non  cancéreuses  et  autres  ma¬ 
ladies  des  organes  génitaux  (femmes)  :  7.  —  Septicémie  puerpérale 
(fièvre,  péritonite,  phlébite  puerpérale)  :  1.  —  Autres  accidents 
puerpéraux  ue  la  grossesse  et  Ue  i'accouenement  ;  l.  —  Débilite 
congénitale  et  vices  de  conformation  :  23.  —  Débilité  senile  :  20. 

—  Morts  violentes  ;  33.  —  Suicides  :  13.  —  Autres  maladies  :  97. 

—  Maladies  inconnues  ou  mal  définies  :  13. 

Mori-nés  et  morts  avant  leur  inscription:  65,  qui  se  décom¬ 
posent  ainsi  :  légitimes  43,  illégitimes  22. 

Distinctions  honorifiques.  — Légion  d’honneur  ;  Grand  offi~ 
eier.  —  M.  le  D''Gentil,  médecin  inspecteur  général  de  l’armée. 

Commandeur.  —  M.  le  D'  Gatteau,  médecin  inspecteur  de 
l’armée. 

Officiers.  —  MM.  le  D^  Hallopeau  (de  Paris);  Benech,  méde¬ 
cin  inspecteur  de  l'armée  ;  Bercher,  Galraette,  Isambert,  Jarry, 
Pommay,  Vuillemin,  médecins  de  l’armée  active  ;  Gros,  ancien 
médecin  militaire  ;  de  Cours,  Desmonts,  médecins  de  l’armée  ter¬ 
ritoriale  ;  Machenaud,  médecin  delà  marine;  M.-L.-M.  Delrieu, 
médecin  des  troupes  coloniales. 

Chevaliers.  —  MM.  les  D^  Hellot  (de Paris);  E.-J.  Arnould, 
Augias,  C.-A.  Bailly,  Bouchet,  Cavalier-Benezet,  N.-T.  Goste, 
Delaborde,  Ecot,  P.-A.  Gary,  A.-E.  .Janot,  Mouret,  Pettier, 
Provendier,  C.-H.  Renard,J.-A.  Rouget,  Viéron,  médecins  de 
l’armée  active  ;  Zuccarelli,  médecin  de  la  réserve  ;  Ricard,  mé¬ 
decin  de  l'armée  territoriale  ;  Etourneau,  Giraud,  Hennequin, 
médecins  de  la  marine  ;  F. -A.  Baret,  ancien  médecin  de  la  marine; 
Augier,  Doury,  médecins  de  réserve  de  la  marine  ;  Bourdon, 
J. -A.  Jacquin,  médecins  des  troupes  coloniales. 

Décor.ations  accadémIques.  —  Ofjiders  de  l’Instruction  pu- 
bli-fUe.  —  MM.  les  Dr  O.  Benoit,  Mauclaire,  P. -J.  Poirier, 
E.-A.  Robin,  de  Paris  ;  Arthus,  de  Marseille  ;  Audry,  de  Tou¬ 
louse  ;  Bagnéris,  de  Reims  ;  Barrois,  de  Lille  :  Bolot,  de  Be¬ 
sançon  ;  Cousyn,  de  Lorient  ;  G.  Etienne,  de  Nancy  ;  Fallût, 
de  Marseille;  Follet,  de  Rennes  ;  Gagnière,  de  Montpellier,  Ge- 
noud,  de  Lyon  ;  Heitz,  de  Besançon,  Le  Dantec,  de  Bordeaux  ; 
ÎSTcolas,  de  Lyon;  Oui,  de  Lille  ;  Pouchin,  de  Rouen  ;  Poujol, 
de  Montpellier  ;  Rappin,  de  Nantes  ;  Rochet,  de  Lyon  ;  Thouve- 
net,  de  Limoges  ;  Vigenand,  de  Clermont-Ferrand. 

Officiers  d' Académie.  —  M.M.  les  Dr  Argaud,  Attaix,  de  Cler¬ 
mont-Ferrand  ;  Bellamy,  de  Saint-Brieuc  ;  Berland,  de  Poitiers  ; 
A. -P.  Bernard ,  d’Amiens  ;  Commandeur,  de  Lyon;  G.-F.  Gross, 
de  Nancy  ;  Guérin,  de  Montpellier  ;  Jacquemet,  de  Grenob  le  ; 
Lagriffoul,  de  Montpellier  ;  Lefort,  de  Lille  ;  Malapert.  de  Poi¬ 
tiers  ;  Mornet,  de  Blois  ;  Petit,  de  Poitiers  ;  Piollet,  de  Clermont- 
Ferrand  ;  R.  Rosenthal,  de  Nancy;  Soulé,  de  Bordeaux;  L. 


464 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


Spillmann.  de  Nancy  ;  Véron,  de  Rennes  ;  M.  Florence,  prépara¬ 
teur,  à  la  Faculté  de  médecine  de  Montpellier. 

Mérite  agricole. — Officier-  M.  le  Dr  Ileckel,  de  Marseille. 

MÉnAii.LM  d'honneur  des  Enfants-Assistés  de  la  Seine. — 
MédaW es  d'argent.—  MM,.  Dr»  les  Houzé  (de  Cussy-en-Morvan)  ; 
Miguet  (d’Etang-sur-Arroux). 

Médaillés  de  bronze.  —  MM.  les  D's  Goquidé  (de  Frévent)  ; 
Digoy  (de  Saint-Léger-sous-Beuvray)  ;  Martin  (de  Moulins-Engil- 
hert)  ;  Poingt  (de  Douzyl  :  Régnault  (de  Brinon-sur-Beuvron)  ; 
Richard  (de  Boiry-Sainte-Rictrude), 

L’agreg.\tion  du  Vai.-de-Grace.  —  Ce  concours  s’est  terminé 
par  la  nomination  comme  professeurs  agrégés  à  l’Ec  oie  d’applica¬ 
tion  du  service  de  santé  militaire  de  MM.  les  médecins -majors  de  2» 
classe  Sacquepée  [hygiène]  ;  Chavigny  {médecine  légale,  législa¬ 
tion,  adminitration  et  service  de  santé  militaires). 

Un  nouvel  inspecteur  général  pour  les  troupes  coloniales 
-r-  M,  le  médecin  inspecteur  Kermogant  a  été  _  promu  médecin- 
inspecteur  général,  • 


BULLETIN  B1BLI0(JRAPHIQUE 


VIENT  DE  PARAITRE 


L’Épilepsie,  l’Hystérie  et  l’Idiotie 


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Médecine,  23  mars  1897,  8  mai  1898).  L'extrait  de  ces  Mémoire 
est  adressé  gracieusement  à  tous  les  médecins  qui  bw  ® 
feront  la  demande.  Renseignements  gratuits  et  prix  de  favm 
pour  tous  les  memores  du  corps  médical. 

Le  Rédacteur-Gérant  :  Bourhbvu-lx. 

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reau  de  ville  de  la  Compagnie,  64,  rue  Tique- 
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veille  du  départ  du  train. 

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28  JUILLET  1906 


Le  Progrès  Médical 


SOMMAIRE  ;  Clinique  chirurgicale  :  Sur  deux  cas  de  luxa¬ 
tion  du  tendon  de  la  longue  portion  du  biceps  brachial,  par 
Berne.  —  Bulletin  :  A  propos  d’un  nouveau  procédé  de  pro¬ 
phylaxie  de  la  syphilis,  l’exemple  de  Jenner,  par  J.  Noir  ;  Créa¬ 
tion  d’un  fonds  sanitaire  et  construction  d'hôpitaux  ruraux  en 
Roumanie,  par  Fillassier  ;  Royan,  son  état  sanitaire,  par  Bour- 
neville.  —  Sociétés  Savantes  :  Académie  des  Sciences  :  Pig¬ 
mentation  des  cheveux  et  de  la  barbe  par  les  rayons  X,  par  Im¬ 
bert  et  Marqués  ;  Sur  la  composition  histologique  de  la  lymphe 
des  ruminants,  par  Forgeot  (c.  r.  de  Mme  Phisalix).  — Acadé¬ 
mie  de  Médecine  :  Emigration  et  hygiène  sanitaire,  par  Chan- 
temesse  et  Borel  ;  Le  paludisme  .à  Madagascar  ;  Helminthiase  et 
cancer,  par  Roux  ;  L’assistance  médicale  en  Indo-Chine,  par 
Kermorgant  (c.  r.  de  A. -F.  Plioque).  —  Société  Médicale  des 
Hôpitaux  :  Entérites  et  appendicites  chez  l’enfant,  parGuinon  ; 
Dextrocardie  acquise,  par  Lortat-Jacob  et  Lavastine  ;  Sténose 
pylorique  rapide  à  la  suite  d’ingestion  d’acide  chlorhydrique, 
par  Carnot  ;  Syndrome  de  Raynaud  d’origine  bronchectasique, 
par  Soucques  et  Vincent  ;  Tumeur  cérébrale  secondaire  à  une 
tumeur  du  sein,  par  Rénon  et  Tixier  ;  Traitement  des  spasmes 


et  tics  par  injection  d’alcool  sur  les  troncs  nerveux,  par  Bris- 
saud,  Sicard  et  Tanon;  Accidents  infectieux  suivis  de  mort  chez 
une  morphinomane,  aiguille  trouvée  dans  la  cloison  auriculo- 
ventriculaire  du  cœur,  par  Rénon  et  Tixier  ;  Transmission  des 
maladies  infectieuses  par  les  animaux  d’appartement,  par  Rem- 
linger  et  Osmann  Nouri  ;  Anémie  pernicieuse  à  rémission,  par 
Enriquez,  Clerc  et  Rathery  ;  Cirrhose  hypertrophique  syphili¬ 
tique  avec  insuffisance  hépatique  améliorée  par  le  traitement 
‘mercuriel,  tachycardie  paroxystique,  par  Lortat-Jacob,  Laignel- 
Lavastine  et  Thaon  ;  Infection  anaérobique  du  sang  dans  l’oc¬ 
clusion  intestinale,  par  Roger  et  Garnier.  —  Thérapeutique. 

—  Revue  d’ophtalmologie  :  Amblyopie  par  l’alcool  et  par  le 
tabac  à  Cuba,  par  Finlay  ;  Cécité  par  suite  de  la  pénétration 
d’un  projectile  dans  l’orbite,  par  Nettle.ship,  etc.  (o.  r.  de  Pou- 
lard.)  —  Médecine  pratique  :  Les  modifications  chimiques  du 
lait  de  femme  sous  l’influence  de  l’extrait  de  graines  de  coton¬ 
nier.  —  Bibliographie.  —  Correspondance.  —  Varia.  — 
Les  congrès.  —  Formules.  —  Nécrologie.  —  Nouvelles. 

—  Chronique  des  hôpitaux.  —  Bulletin  bibliographique. 


CLINIQUE  CHIRURGICALE 


Sur  deux  cas  de  luxation  du  tendon  de  la  longue 
portion  du  biceps  brachial  : 


Par  le  D'  Georges  BERNE  (1  , 

Ancien  interne  lauréat  des  Hôpitaux  de  Paris  et  aide  d’anatomie. 


La  luxation  du  tendon  de  la  longue  portion  du  biceps 
brackial  est  un  accident  d'une  extrême  rareté,  la  nature 
«e  la  lésion  reste  probablement  méconnue  chez  plus 
fl  un  inalade,  parce  que  le  praticien  n'a  pas  toujours 
•  occasion  d’observer  les  phénomènes  peu  de  temps 
Après  le  traumatisme  et  que  les  principaux  signes  se 
masqués  par  le  gonflement  du  moignon  de 

De  tels  cas  méritent,  à  mon  avis,  d’être  étudiés  en 
raison  même  de  leur  peu  de  fréquence,  de  leur  étio- 
Uî?,ie  spéciale,  de  la  difficulté  de  leur  diagnostic  et  du 

•raitoment. 

J  ai  eu  l’occasion, en  21  ans  de  pratique,  d’en  recueillir 

Ux  observations  dignes  d’intérêt. 


fesse*  ®^®rniné  en  commun  avec  le  pro- 

qui  en  établit  immédiatement  le  diagnostic,  il 
tçj®.  d’un  accident  survenu  dans  les  conditions  suivan- 
dame  de  trente  ans  environ,  se  trouvant  dans  un 
^durent  de  chemin  de  fer,  se  tenait  appuyée,  l’épaule 
le  h  J  ^P^^oiguure  correspondant  à  la  fenêtre  du  côté  droit, 
lie  5^  Otant  en  adduction,  l’avant-bras  reposant,  en  par- 
inféjiJ  classique  bretelle-appui,  en  partie  sur  le  rebord 
jnbite'^^  de  la  croisée  du  wagon.  Une  collision  violente  et 
droijg  dame  fut  projetée  vers  l’encoignure  de 

cbjjt’ A .ressentit  aussitôt  une  vive  douleur,  l’empê- 
'oit  l’j  ®  fléchir  et  de  soulever  l’avant-bras  et  de  mou- 
fliênie  J  ■  l'occasion  d’examiner  la  malade  le  jour 
&K)n(j'  ?,.“°’aleur  occupait  la  partie  antéro-interne  du  moi- 
^?bdnci-  s  exacerbait  pendant- les  mouvements 

rotation.  Pendant  l’examen,  une  brusque 
Produisit,  la  malade  se  sentit  soulagée  dès  ce 
Ahili^  ûK  douleur  persistait,  toutefois,  au  niveau  de  la 
*^led  î'^'PDale;  à  ce  niveau,  un  cordon  mobile,  roulant 
pouvait  être  perçu  à  l’oècasion  des  mouvements 
■'Tués  et  n’était  autre  que  le  tendon  de  la  longue 


à  \a  Société  été  Médecine  de  Paris,  le  23 


portion  du  biceps.  Notons  que  le  mouvement  d’adduction  et 
de  rotation  de  l’iiumérus  çn  dehors  exacerbait  la  douleur,  le 
biceps  paraissait  rigide,  contracturé. 

Je  pratiquai  un  peu  de  massage  léger,  plutôt  de  l’effleu¬ 
rage  de  la  région,  mais  malgré  qu  elles  fussent  exercées  avec 
la  plus  grande  douceur,  je  dus  cesser  les  manipulations  dès 
le  troisième  jour,  j’immobilisai  le  membre  au  moyen  d’une 
écharpe.  Je  cessai  toute  intervention  pendant  quinze  jours 
environ,  les  massages  furent  dès  ce  moment  bien  tolérés;  la 
douleur,  d’abord  permanente  au  niveau  de  la  coulisse  bici- 
pitale,se  dissipa  progressivement,  la  malade  guérit  après  trois 
mois  de  traitement. 

Obs.  il  Une  dame  d’une  trentaine  d’années,  étant 
accroupie  et  ayant  voulu  pousser  brusquement,  avec  l’épaule, 
un  tiroir  de  commode  située  à  sa  droite  et  cela,  sans  faire  face 
au  meuble  en  question,  ressentit  une  douleur  subite  au 
niveau  du  moignon  de  l’épaule  (pendant  l’effort,  l'avant-bras 
avait  été  tenu  en  supination  forcée,  le  bras  étant  en  adduction 
et  rotation  en  dehors). 

Je  vis  la  malade  le  jour  même  de  l’accident  :  inertie  com¬ 
plète  du  membre,  impossibilité  de  maintenir  le  bras  en 
abduction  ;  rotation  en  dehors  impossible,  avant-bras  fléchi 
avec  rigidité. 

Je  pensai  tout  d'abord  à  une  subluxation  de  l’épaule,  à 
une  fracture  de  l’extrémité  supérieure  de  l’humérus,  à  une 
entorse,  etc.,  aucun  symptôme  ne  me  paraissant  se  référer  à 
l'un  quelconque  de  ces  divers  traumatismes  ;  je  me  rappelai 
le  R’’  cas  signalé  ci-dessus,  et  cherchai  si  le  tendon  de  la 
longue  portion  du  biceps  n’était  pas  lu.xé.  Je  constatai  à  la 
partie  interne  de  l'extrémité  supérieure  de  l’humérus  la  pré¬ 
sence  d’un  cordon  dur  et  qui  se  «  déclancha  »  subitement 
pendant  un  mouvement  d’abduction  et  de  rotation  en  dedans 
que  j’imprimai  au  bras  de  la  malade. 

Sensation  subite  de  soulagement,  suivant  immédiatement 
le  claquement  sec  produit  par  le  retour  du  tendon  dans  sa 
gaine,  détente  complète,  douleur  moindre. 

Comme  dans  la  première  observation,  même  très  doux,  le 
massage  fut  à  peine  toléré  pendant  les  premiers  jours,  immo¬ 
bilisation  dans  une  écharpe,  pendant  une  huitaine. 

Vers  le  5°  jour  après  l’accident,  la  malade  ayant  appuyé 
son  épaule  droite  sur  l'extrême  bord  de  son  oreiller  (dans 
cette  attitude,  le  bras  était  en  rotation  en  dehors),  sentit  une 
brusque  douleur,  le  tendon  s  était  de  nouveau  luxé,  mais  la 
malade  ayant  i m’a-t-elle  raconté)  saisi  et  fléchi,  au  moyen  de 
sa  main  gauche,  l’avant-bras  du  côté  malade  et  l’ayant  porté 
en  dedans  et  en  avant  de  la  poitrine,  avait  senti  que' tout  se 
remettait  en  place.  .Après  diverses  alternatives  de  repos  et  de 
massage  (cette  fois  très  bien  toléré)  la  guérison  fut  obtenue, 
en  deux  mois  de  traitement. 


460 


LE  PROGRÈS  MEDICAL 


On  le  voit,  dans  ces  deux  cas,  un  mouvement  brusque 
de  rotation  en  dehors  avait  suffi  pour  produire  la  luxa¬ 
tion  du  tendon,  en  dedans  de  la  petite  tubérosité;  si  la 
réduction  du  déplacemcnl  a  été  des  plus  faciles,  il  faut 
aussi  noter  la  facilité  de  la  récidive. La  mobilisation  de 
l’épaule,  unie  au  massage, a  dû  succéder,  dans  le  traite¬ 
ment  de  ces  deux  cas,  à  une  prudente  immobilisation  ; 
les  fonctions  ont  été  récupérées  complètement,  il  n’y 
avait  eu  chez  mes  deux  malades  ni  fractures  ni  luxation 
des  os  voisins. 

Jarjavay  admettait  que  des  tendons  pouvaient  être 
luxés  sans  qu’il  y  eut  nécessairement  d’autre  lésion 
dans  le  voisinage.  C’est  à  Cowper  que  nous  devons  la 
première  description  de  la  luxation  du  tendon  bicipi¬ 
tal  hors  de  sa  coulisse.  Cet  auteur  signale  la  rigidité  du 
biceps,  l’impossibilité  d  étendre  le  coude,  mais  ne  nous 
indique  ni  le  siège  exact  de  la  lésion,  ni  les  conditions 
anatomiques  indispensables  à  sa  production.  Le  même 
auteur  signale  la  remise  en  place  du  tendon  pendant 
les  mouvements  qu’il  a  imprimés  au  bras  d’un  de  ses 
malades. 

Bromfield  {Chir.  and  cases,  not.  11,  p.  70)  affirme 
que  la  luxation  du  tendon  hors  de  la  coulisse  bici¬ 
pitale  «  produit  une  immobilité  très  douloureuse  »  qui 
cesse  immédiatement  si  l’on  imprime  à  la  tète  de  l’hu¬ 
mérus  des  mouvements  dans  divers  sens  (l’avant-bras 
étant  fléchi). 

MoNTEGCTr-V  observa  chez  une  femme  âgée,  que  le 
tendon  du  biceps  s’était  luxé  pendant  une  chute  (cette 
femme  étant  soutenue  par  le  bras,  en  ce  moment). 
Tout  rentrait  dans  Tordre  dès  que  la  dite  femme  ap¬ 
puyait  sa  main  du  côté  malade,  sur  l’épaule  d’une 
voisine  Ce  mouvement,  à  mon  avis,  s’accompagnait 
probablement,  de  rotation  en  dehors.  Voici  les  symp¬ 
tômes  observés  par  Monteggia  :  1°  douleur  vive  au  moi¬ 
gnon  de  l’épaule  pendant  une  torsion  du  bras  ;  2°  sen¬ 
sation  de  déplacement  dans  la  profondeur  du  moi¬ 
gnon;  3“  gêne  des  mouvements  ;  4'  rigidité  du  biceps. 

Stakley  nous  cite  un  cas  de  luxation  du  tendon, fort 
douteux  à  mon  avis,  car  le  tendon  s’était  accroché  sur 
■la grosse  tubérosité  (il  y  avait  eu  très  probablement, 
dans  ce  cas,  luxation  complète  de  Tépaule). 

Fleury  (dans  une  communication  faite  à  la  Société 
Impériale  de  Chirurgie  1868,  8  avril)  parait  très  affir¬ 
matif  ;  il  décrit  une  luxation  du  tendon,  survenue  chez 
un  officier  qui  avait  voulu  retenir  nn  cheval  ombra¬ 
geux  ;  en  allongeant  le  bras,  le  malade  sentit  un.  en¬ 
gourdissement  douloureux.  Le  soulèvement  du  bras 
produisit  un  soulagement  instantané  :  Tavant-bras, 
primitivement  maintenu  lléchi.put  s’allonger.  Cloque  r 
lit  remarquer  à  cette  occasion  qu’il  avait  connu  un  in¬ 
dividu  qui  luxait  à  volonté  son  tendon  du  biceps,  soit 
en  dehors,  soit  en  dedans. 

Jar.iavay,  que  nous  avons  cité  plus  haut,  avait  ob¬ 
servé, dans  le  cas  de  luxation  du  tendon,  qu’un  soubre¬ 
saut  se  produisait  lorsque  le  bras  était  porté  dans  l’ab¬ 
duction  et  horizontalement.  11  note, chose  importante, 

3u’une  luxation  s’était  produite  pendant  une  torsion 
u  bras  de  dedans  en  dehm's  à  l’occasion  d’une  chute . 
Mais  il  assure  que  la  cause  de  la  luxation  est  toujours 
due  au  mouvement  de  torsion  du  bras  en  dedans  et  en 
arrière.  Les  recherches  que  j’ai  faites  sur  le  cadavre 
tendraient  à  prouver  le  contraire.  Jarjavay  avait  observé 
que  le  tendon  de  la  longue  portion  du  biceps  se  luxait 
à  2  centimètres  et  demi  du  sommet  de  l’apophyse  acro- 
mialeeten  dedans  d’elle.  Ce  qui,  on  le  voit,  correspon- 


drait  bien  à  la  luxation  du  tendon,  en  dedans  de  la  pe¬ 
tite  tubérosité  de  l’humérus. 

Recherches  anatomiques  sur  la  question.  —  g; 
Ton  veut  bien  se  rappeler  que, d’après Farabeuf,la  Gout¬ 
tière  bicipitale  regarde  :  1“  directementen  dedans,1ors 
qu’on  aies  bras  croisés  ;  2°  directement  en  avant  lors¬ 
qu’on  aies  bras  portés  en  avant  ;  3“  presque  complète¬ 
ment  en  dehors,  tout  au  moins  en  avant  et  en  dehors 
lorsque  l’humérus  est  en  rotation  externe  forcée,  il  en 
résulte  que  c’est  dans  la  rotation  externe  forcée  que  le 
tendon  de  la  longue  portion  peut  sauter  par-dessus  la 
petite  tubérosité,  et  en  dedans  d’elle,  car  elle  forme  la 
lèvre  interne  de  la  coulisse  bicipitale.  Quant  à  ce  qui 
est  déchiré,  comme  éléments  fibreux,  il  y  a  d’abord: 
les  fibres  qui  transforment  la  gouttière  osseuse  de  la 
coulisse  bicipitale  en  un  tunnel  complet  et  qui  ne  por¬ 
tent  pas  de  nom  spécial.  De  plus,  des  fibres  d’union 
transversales  entre  les  insertions  humérales  des  deux 
téguments  supérieurs  de  l’-articulation  :  T' le  coraco- 
huméral  qui  va  s’attacher  sur  la  grosse  tubérositéet2Me 
sus  gléno-sus-huméral,  qui  va  finir  surla  petite  tube'- 
rosité.  Ces  fibres  doivent  se  déchirer,  et  par  suite  le 
tendon  du  biceps  doit  en  quelque  sorte  séparer  ces  deux 
ligaments  sur  une  plus  ou  moins  grande  étendue. 

J’ai  recherché  sur  le  cadavre  dans  quelles  conditions 
la  luxation  peut  se  produire. 

J’ai  sectionné  la  partie  fibreuse  de  la  coulisse  bici¬ 
pitale  et  ai  porté  le  bras  dans  la  rotation  en  dehors  unie 
à  l’abduction. 

Il  ne  m’a  pas  été  possiblede  produire,  dans  cette  po¬ 
sition,  la  moindre  lu.xation  du  tendon  en  dehors  de  la 
grosse  tubérosité.  La  rotation  en  dedans,  même  pous¬ 
sée  à  l’extrême,  n’a  pas  produit  de  luxation;  le  tendon 
ne  paraissait  nullement  s’allonger.  .Mais  lorsque  j’ai 
combiné  la  rotation  en  dehors  avec  l'èléoalion  du 
bras  en  avant,  le  tendon  a  commencé  à  montrer  une 
légère  tendance  à  se  luxer  au-dessus  et  en  dedans  de  la 
petite  tubérosité. 

Or,  on  combinant  :  1“  la,  rotation  de  V humérus  en 
dehors  ;  2s  l'élévation  de  l'humérus  en  avant  ;  3°  1  ad- 
duction  du  bras  vers  le  thorax,  la  luxation  du  tendon 
se  produit  immédiatement. 

On  peut  répéter  sur  un  squelette  articulé  la  pehw 
expérience  suivante  :  si  Ton  fixe  un  tube  de  caout¬ 
chouc  ayant  même  volume  que  le  cordon  du  biceps,  a 
la  partie  supérieure  de  la  cavité  glénoïde  deTomoplale> 
par  une  extrémité,  et  à  l’épicondyle  de  Thnmérus  cor¬ 
respondant  par  l’autre  extrémité, on  observe  que  le  tube, 
étant  à  l’état  de  tension  et  passant  dans  la  coulisse  bi¬ 
cipitale,  présentera  une  courbure  au-dessus  de  la  te 
humérale  qui  tendra  à  s’effacer. 

Si  on  porte  le  même  os  dans  la  rotation  en 
l’élévation  en  avant  et  l’adduction,  au  point  de  reu 
le  tube  rectiligne,  celui-ci,  semblable  à  la  corde  trop 
tendue  d’un  arc,  sautera  brusquement  en  dedans  u® 
petite  tubérosité. 

.Ainsi  se  réalise  une  luxation  expérimentale,  <JU 

essaierait  en  vain  de  produire  par  d’autres  attuu^^ 

NARCYL  GRÉMY  médicament  spécifi¬ 
que  de  la  toux,  spécialement  de  la  toux  des 
berculeux. 

Remplacements  Médicaux.  —  Un  étudiant,  très  de^ 

terminé  sa  scolarité,  désirerait  faire  pendant  les  ^glj. 

remplacements  médicaux,  (S'adresser  aux  Bureaux  du  Jo 


LE  rnOGHÈS  MÉDICAL 


46T 


bulletin  du  progrès  médical 


A  propos  d'im  nouveau  procédé  de  prophylaxie  de  la 
syphilis.  L’exemple  de  Jenner. 

La  thèse  du  D"  Maisonneuve  a  fait  quelque  bruit  dans 
la  grande  Presse  et  a  mis  aux  prises  MM.  Metchnikoff 
et  Gaucher. 

M.  Metchnikoff,  qui  est  parvenu  à  inoculer  la  syphi¬ 
lis  au  singe,  est  convaincu  qu'une  simple  friction  à  la 
pommade  au  calomel  sur  la  région  où  l’inoculation  a 
pu  se  produire,  met  à  l'abri  de  la  contamination.  Mais 
ses  expériences  avaient  été  faites  sur  les  singes  et 
comme  ces  animaux  contractent  avec  quelques  diffi¬ 
cultés  la  syphilis,  cette  méthode  de  prophylaxie  si 
simple  ne  semblait  pas  offrir  toutes  les  garanties  scien¬ 
tifiques.  Or,  M.  Metchnikoff  trouva, dans  un  descendant 
du  grand  chirurgien  Maisonneuve,  un  jeune  médecin 
courageux  qui  voulut  bien  se  prêter  à  l’expérience.  On 
lui  inocula  la  syphilis,  on  pratiqua  la  précieuse  friction 
prophylactique,  on  attendit  :  aucun  accident  ne  sur¬ 
vint.  Il  en  résulta  un  grand  émoi  dans  la  Presse 
politique  ;  M.  Metchnikoff  prétend,  en  effet,  que  la 
circonspection  et  le  silence  ne  doivent  pas  être  de 
mise  en  matière  de  prophylaxie,  qu'il  faut  hâtivement 
faire  connaître  à  tous  les  moyens  de  préservation. 

Après  une  succession  d’articles  dans  tous  nos  grands 
quotidiens,  la  question  fut  portée  devant  la  Faculté  par 
la  thès,e  deM.  Maisonneuve.  Le  courage  et  le  dévoue- 
raentdu  nouveau  docteur  reçurent  des  éloges  unanimes. 
Mais  le  jury  n’admit  pas  sans  contrôle  le  procédé  pro¬ 
phylactique  exposé  dans  ce  travail. 

h  en  naquit  une  sorte  de  polémique  et  l’opinion  du 
'la  P'  Gaucher  fut  opposée  à  celle  de  Metchnikoff. 

M.  Gaucher  pense  qu'après  une  seule  expérience 
suH homme  il  est  un  peu  hàlif  de  conclure  à  i'infail- 
ihilité  d’un  procédé  prophylactique.  11  trouve  que  ce 
•‘ast  pas  faire  bonne  besogne,  on  matière  d'hvgiône 
raciale, que  de  cvicrurbi  et  orbi  qu’on  peut  aussi  simple¬ 
ment  se  préserver  delà  syphilis  ;  qu'on  risque,  en  dimi- 
aaantainsi  la  crainte  salutaire  de  la  vérole, d’augmenter, 
par  une  fausse  sécurité,  le  nombre  de  ses  victimes. 

JJ  reconnaissant  la  haute  valeur  scientifique  de 

•• -‘etchnikoff,  nous  croyons  que  tout  médecin  de  sens 
®ùet  pratique  approuvera  les  réserves  du  P"  Gaucher. 

.  «'^“cration  a  élé  témoin  de  nombreux  exem- 
*1111  doivent  inciter  à  une  prudente  réserve  et  ce 
cette  bâte  tapageuse, qui  rappelle  un  peu 
P  a  manière  des  alchimistes  d'autrefois,  que  les 
ment  rf*  '^®^°riveries  médicales  sont  entrées  définitive- 
p  dans  le  domaine  de  la  pratique. 
saiy^'^J®®*’iious  oublier  les  amères  désillusions  qui 
Et  essais  prématurés  de  la  lymphe  de  Koch  ? 

*ronv  P®^‘^°'ri'ant  l'histoire  de  la  médecine,  nous  y 
“Meilleurs  exemples  ;  il  en  est  un,  entre 
niç^j  ’  Mm  date  de  plus  d'un  siècle,  est  universelle- 
^  iiidrite  à  cette  occasion  d'être  rappelé  : 
Hner  jeune  médecin  anglais,  Edouard 

Savent’  ®  ^^*^blissait  à  Berkeley,  sa  petite  ville  natale, 
fele  çt  et  laborieux,  il  menait  de  front  clien- 

eeherclies  scientifiques. 


Il  se  mariait  en  1788,  avait  trois  enfants  et,  malgré 
sa  pauvreté,  continuait  courageusement  ses  études  et 
l’exercice  de  la  profession  qui  le  faisait  vivre. 

Dès  1776,  Jenner  constatait  que  le  Cowpox  préser¬ 
vait  de  la  variole,  mais  il  ne  se  hâtait  point  de  publier 
sa  découverte.  U  étudiait,  expérimentait  durant  vingt 
ans  et  attendait  1796  pour  faire  ses  premières  inocula¬ 
tions  publiques.  Ce  n’était  encore  que  deux  ans  après, 
en  1798,  qu’il  publiait  le  résultat  de  ses  travaux  dans 
un  livre  intitulé  :  Recherches  sur  les  causes  et  les 
effets  de  la  vaccination  variolique.  La  maladie 
nommée  Cowpox  dians  le  comté  de  Glocester. . 

Malgré  toute  cette  prudence  et  celte  longue  patience, 
qualité  primordiale  du  génie,  .lenuer  n’obtenait  pas 
aussitôt  le  succès  mérité  par  ses  laborieuses  expérien¬ 
ces.  Bafoué  d’abord,  il  lui  fallait  le  contrôle  et  l’appro¬ 
bation  des  Hunter,  des  Parry,  des  Gardner  et  autres 
pour  faire  adopter  la  vaccination  variolique,  actuel¬ 
lement  unanimement  et  officiellement  appliquée.  Le 
succès  ne  grisait  pas  plus  Jenner  que  les  critiques  iur 
justes  et  ignorantes  ne  l’avaient  abattu.  Bien  que  mé¬ 
decin  extraordinaire  du  Ro^,  il  continuait  de  mener  sa 
vie  modeste  et,  le  24  janvier  1823,  veille  de  sa  mort, 
il  visitait  encore  ses  malades. 

Tel  est  le  bel  et  noble  exemple  qu’il  est  bon  de 
rappeler.  Aujourd’hui,  les  découvertes  grandes  et  peti¬ 
tes,  ne  mettent  pas  20  ans  à  se  produire  et  un  quart  de 
siècle  à  s'affirmer,  elles  naissent  en  une  nuit.  Sur  les 
feuilles  volantes  de  la  Presse,  elles  tourbillonnent  dans 
tous  les  milieux,  le  télégraphe  les  vulgarise  et  en 
quelques  jours  elles  ont  fait  le  tour  du  monde.  Puis 
peu  à  peu  lèvent  delà  publicité  se  calme  sous  la  pluie 
froide  de  l’examen  scientifique,  un  calme  silence  lui 
fait  suite,  et  en  quelques  mois  sinon  en  quelques  se¬ 
maines,  la  plupart  de  ces  mirifiques  innovations  béné¬ 
ficient  de  la  plus  équitable  des  critiques  :  l’oubli. 

J.  Noir. 


Création  d’un  fonds  sanitaire,  et  construction  d’hôpitaux 
ruraux  en  Roumanie. 

Une  loi  roumaine,  votée  par  la  Chambre  des  Députés 
elle  Sénat,  les  10  et  20  mai  1906,  et  promulguée  le  29 
mai  1906,  a  créé  un  fonds  sanitaire  pour  l’assistance  sa¬ 
nitaire  aux  paysans.  Ce  fonds  doit  servir  ; 

1"  A  la  fondation,  à  la  dotation,  et  à  l’entretien  de  tous 
les  hôpitaux  ruraux,  hospices, sanatoria  et  autres  établis¬ 
sements"  sanitaires  de  paysans  ;  —  2"  à  la  construction, 
dans  chaque  circonscription  médicale,  d’hôpitaux  ayant 
chacun  un  pavillon  pour  les  maladies  ordinaires,  un  pa¬ 
villon  d’isolement  pour  les  contagieux,  des  bains  et  les 
annexes  nécessaires. 

Le  service  des  bains  sera  disposé  de  telle  sorte  qu’il 
pourra  servir  en  même  temps  de  bains  populaires  pour 
leshabitants  de  la  région.  Des  mesures  devront  être  éga¬ 
lement  prises  pour  localiser  et  combattre  les  maladies 
dans  les  villages  ;  des  inQrmeries  volantes  seront  édi¬ 
fices,  des  fours  pour  préparer  le  pain  ou  sécher  le  maïs 
seront  construits  ;  on  luttera  contre  le  paludisme  par 
des  moyens  appropriés,  et  en  assurant  l’assainissement. 

Le  fonds  sanitaire  sera  alimenté  par  les  ressources 
suivantes  :  1".  —  le  revenu  net  annuel  d’une  loterie  per¬ 
manente  instituée  par  la  présente  loi,  et  placée  sous  le 
contrôle  du  ministre  de  l’Intérieur  ,  —  2“  de  la  moitié 


LE  PROGRÈS  MEDICAL 


des  encaissements  télégraphiques  ou  postaux  qu’entraî¬ 
nera  le  service  de  cette  loterie  ;  —  3“  de  la  subvention 
qui,  conformément  à  la  loi  du  28  mai  1892,  est  inscrite 
chaque  année  au  budget  de  la  Direction  générale  des 
services  sanitaires,  pour  les  hôpitaux  déjà  existants  ;  — 
4°  du  revenu  des  donations  ou  des  legs  dont  ce  fonds 
pourrait  bénéficier. 

Le  ministre  de  l’Intérieur  est  autorisé  à  concéder  par 
contrat  le  droit  exclusif  de  fonder  une  loterie  sur  le  ter¬ 
ritoire  du  royaume,  sous  la  réserve  du  contrôle  de  l’Etat, 
et  en  conformité  des  dispositions  du  Gode  de  Commerce. 

A  partir  de  la  promulgation  de  la  loi,  il  est  interdit  de 
faire  entrer,  de  transporter  ou  de  vendre  des  billets  de 
loteries  étrangères  du  même  genre,  sauf  les  billets  de  lo¬ 
teries  d’œuvres  de  bienfaisance, mais  tout  autant  que  les 
billets  seront  de  2  fr.  Il  est,  dans  le  même  but,  interdit 
de  publier,  dans  les  journaux,  des  annonces  relatives 
aux  loteries  étrangères.  Si  les  propriétaires  d’un  atelier 
de  typographie  ou  de  publications  contreviennent  à  ces 
dispositions,  ils  seront  punis,  le  premier,  d’une  amende 
de 3000 fr., le  second,  d’une  amende  de  5000  fr.  et  d’un  an 
de  prison.  —  Le  produit  des  amendes  est  versé  au  fonds 
sanitaire. 

La  société  concesfîionnaire  sera  dispensée  des  impôts 
envers  l’Etat,  les  districts,  et  les  communes,  du  timbre, 
etc.  -La  gérance  du  fonds  sera  assurée  par  une  division 
spéciale  de  la  Direction  générale  du  service  sanitaire  ; 
son  chef  prendra  le  titre  de  chef  :  «  de  la  comptabilité  et 
des  fonds  sanitaires)>,et  un  bureau  spécial  traiterade  tou¬ 
tes  les  questions  relatives  de  l’administration  du  fonds. 
Tous  les  ans, un  budget  du  fonds  sera  annexé  aux  crédits 
du  Budget  du  Ministère  de  l’Intérieur  et  rattaché  au  titre 
de  la  Direction  générale  des  services  sanitaires.  —  En 
aucun  cas,  les  ressources  de  cette  caisse  ne  pourront  être 
distraites  de  leur  destination.  —  En  outre  la  loi  du  23  mai 
1906  a  ouvert  un  crédit  extraordinaire  de  2.500.000  fr.  au 
Ministère  de  l’I  nlérieur  pour  la  construction  de  32  hôpi¬ 
taux  ruraux  à  raison  de  un  par  district.  —  Ces  hôpitaux 
porteront  le  nom  d’hôpitaux  ruraux  du  Roi  Charles 
Ce  crédit  sera  couvert  par  les  futurs  excédents  budgé¬ 
taires.  A.  Fillassier. 


Royan  :  Son  état  sanitaire. 

Connaissant  nos  relations  avec  Rojmn,  plusieurs  per¬ 
sonnes,  émues  par  des  bruits  qui  couraient  sur  l’état 
sanitaire  de  la  belle  cité  royannaise,  où,  disait-on,  ré¬ 
gnaient  une  épidémie  de  suette  miliaire  et  de  fièvre  ty¬ 
phoïde,  nous  ont  demandé  ce  qu’il  y  avait  de  vrai  dans 
ces  bruits.  Nous  avons  profité  de  la  réunion  du23 juillet 
du  Conseil  supérieur  dhygiène  pour  nous  repseigner. 
Notre  ami,  M.  le  Professeur  Chantemesse,  inspecteur 
général  de  l’hygiène  publique,  nous  a  déclaré  que,  après 
enquête,  il  ii’y  avait  à  Royan  ni  suette  miliaire,  ni  fièvre 
typhoïde.  Cette  dernière  maladie  sera  absolument  évitée 
à  Royan,  quand  tous  les  baigneurs  auront  soin  de  ne 
boire  que  de  l’eau  de  source  de  Pompières  et  de  ne  ja¬ 
mais  boire  de  l’eau  des  puits,  même  de  ceux  que  les  pro¬ 
priétaires  considèrent  comme  de  première  qualité  et  de 
ne  louer  que  dans  les  maisons  pourvues  d’eau  de  source. 
Allons  donc  à  Royan  sans  crainte  pour  les  nôtres  et 
pour  nous  (1).  .  B. 

(1)  Voir  plus  loin  :  Coiirespo» dance. 

CAPSULES  de  BROMIPINE  MERCK  :  2  repr.  1  gr.  KBr 
beaucoup  mieux  supportées  que  les  bromures  alcalins  ; 

BROIw'lFiNE  à  33  ”'o  pour  lavements  :  ÉPILEPSIE- 


SOCIÉTÉS  SAVANTES 

ACADÉMIE  DES  SCIENCES 
Séance  du  16  juillet  1906. 

Pigmentation  des  cheveux  et  de  la  barbe  par  les  raijons  .Y. 

MM.  A.  Imbert  et  H.  Marquès  ont  constaté  que,  sur  l'nn 
d’eux, qui  s’occupe  depuis  dix  ans  des  applications  médicales 
des  rayons  X,  les  cheveux  et  la  barbe,  déjà  complètement 
blancs,  se  sont  progressivement  pigmentés  au  point  de 
prendre  une  teinte  plus  foncée  que  ne  l’était  la  teinte  primi¬ 
tive. 

Un  fait  observé  depuis  confirme  celte  action  des  rayons  X 
sur  la  pigmentation  des  poils.  Il  s’agit  d'un  homme  de  cin¬ 
quante-cinq  ans  qui,  soumis  au  traitement  radiothérapique 
pour  lupus  de  la  joue,  a  vu  tomber  ses  cheveux  sur  une 
étendue  de  plusieurs  centimètres, tout  autour  de  l’oreille  cor¬ 
respondante  ;  or,  ces  cheveux  ont  repoussé  depuis  longtemps, 
et  tous  sont  presque  entièrement  et  complètement  noirs  dans 
les  régions  les  plus  voisines  de  l’oreille  ;  cette  pigmentation 
va  en  s'atténuant  pour  les  cheveux  situés  plus  loin,  tout  en 
restant  manifeste.  Enfin,  la  moitié  correspondante  de  la 
moustache,  dont  les  poils  ne  sont  pourtant  pas  tombés,  est 
nettement  moins  blanche  que  l’autre  moitié. 

D’autres  faits  ont  en  outre  démontré  que  la  teinte  des  che¬ 
veux  blonds  se  fonce  sous  l'influence  des  rayons  de  Rœntgen. 

Le  mécanisme  de  cette  action  des  radiations  sur  la  pigmen¬ 
tation  des  poils  ne  paraît  pas  pouvoir  être  actuellement  élu¬ 
cidé. 

Sur  la  composition  histologique  de  la  lyn.phe  des  ruminants. 

M.  E.  Forgeot  adresse  une  note  dans  laquelle  il  démontre 
que,  à  l'état  physiologique,  en  dehors  du  chyle,  qui  ne  con¬ 
tient  pas  de  globules  rouges,  on  trouve  dans  l’organisme  des 
runninants  (vaches,  chèvres)  deux  sortes  de  lymphe: 

foCellequin’apas  encore  traversé  un  ganglion  lympathique 
et  ne  contient  qu’un  seul  élément  figuré,  le  globule  blanc, 
et  qui  ne  renferme  jamais  à  l’état  normal  de  globules  rougfô  i 

2°  La  lymphe  sortant  des  ganglions  et  qui  est  susceptible 
de  contenir  un  nombre  variable  de  ces  éléments. 

Les  ganglions  lymphatiques  des  ruminants  ne  sont  donc 
pas  seulement  des  organes  leucopoïétiques  ;  ils  peuvent  aussi 
contribuer  à  la  formation  des  hématies.  M.  Phisalu. 


ACADÉMIE  DE  MÉDECINE 
Séance  du  'èb  juillet. 

Émigration  et  hygiène  sanitaire. 

MM.  Ch.antemesse  et  Borel  montrent  les  dangers  de  lénu 
gration  pour  la  santé  publique. 

Par  divers  exemples,  ils  montrent  avec  quelle  facilite 
émigrants  malades  traversent  les  frontières  de  çt 

outre,  leur  voyage  se  fait  souvent  au  milieu  de  jjlll 

de  fatigues  capables  de  favoriser  chez  eux  le  développe 
d’épidémies .  .  .pnaD<* 

Pour  Marseille,  les  émigrants  orientaux  de  P*!®'*  jg- 
maritime  font  courir  à  la  ville  un  danger  d’autant  pm® 
dérable  que  leur  séjour  est  souvent  très- prolongé-  , 
réunissant  les  meilleures  conditions  sanitaires  evad  e 
truit  pour  les  émigrants,  grâce  à  la  généreuse  initian 
riche  négociant  marseillais.  fficieU*» 

En  1904,  avec  l'installation  d’une  surveillance  o 
l’émigration  eut  donc  été  presque  parfaite  à  qii‘ 

il  fallut  compter  avec  la  foule  des  anciens 
voyaient  ainsi  disparaître  la  source  de  leurs 
les  émigrants  se  rendaient,  en  effet,  à  la  nouvelle 
où,  pour  la  modique  somme  de  25  centimes  P^’^Aed»®' 
trouvaient  un  abri  propre,  sain,  et  moins  coûteux  Q 
les  auberges  des  bas  quartiers.  . 

Lne  ligue  se  forma  contre  la  nouvelle  hôtelleric^^^ 
voirs  publics  demeurèrent  inertes  et  comme  — 

—  l’auteur  de  cet  effort  n'avait  eu  en  vue  que  1®  ^  prie*»* 
d’une  œuvre  philanthropique,  il  ferma  bientôt  les  p 


LË  PROGRÈS  MÈLÎGA.L 


Biere  de  Santé  Diastasée,  Phosphateefcéréaiopiospiiaüesjcse'  eadmiiedans  les  Hôpitaux  de  Paris).  PBix:lefl.l'25.5v 

pr.<«it  GLYCÉROPHOSPHATÉ l 'ssïïr  I-. 


NOUVEAU  BOUCHAGE  HERMETIQUE  SPÉCIAL.  'ît  RICO  REUSEMENT  ASEPTIQUE 


Entérites  —  Dyspepsies  —  Inappétence 
Diabète  —  Furonculose 

“ŒNASE” 


Exposition  internationale 


DE  COUTURIEÜX 


En  comprimés  de  0,50  cent.,  2  à  6  par  jour  1 


1  (FERMENTS  DE  RAISIN) 


La  Compagnie  P.-L.-M.  a  l’honneur  d’informer  le  public  que.  dans  le  but  de  per¬ 
mettre  aux  voyageurs  partant  des  gares  de  son  réseau  de  se  rendre  à  prix  réduits 
à  Milan,  pour  y  visiter  l’Exposition  internationale,  elle  fera  délivrer,  jusqu’au  15  novem¬ 
bre  1906,  des  billets  d’aller  et  retour  de  l”,  2*  et  3“  classes  pour  Modane  et  Vintimille, 
valables  30  Jours,  conjointement  avec  des  billets  d’aller  et  retour  de  Modane  ou  Vinti¬ 
mille  à  Milan,  valables  20  Jours. 

La  dui*ée  de  validité  de  ces  billets  ne  sera  pas  prolongeable. 

Ces  billets  seront  délivrés  à  première  demande  dans  les  gares  de  Paris,  Nevers, 
Dijon,  Lyon,  Perrache,  Clermont-Ferrand,  Saint-Etienne,  Nîmes,  Valence,  Marseille- 
voyageurs,  Chambéry,  Grenoble,  et  sur  demande  faite  48  heures  à  l’avance  dans  toute» 
les  autres  gares. 


INALTÉRABLES 


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Pour  les  annonces  s'adresser  à 


DEBIT  de  la  SODRCS: 

1PAR  AN 

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lL.a.  plus  Lécjèi’o  ù  l’Élstoaxiao 


Déclarés  d’intérêt  Puîlü 

^Décrae  On  IB  AtBÊ  tOt 


CHEMINS  DE  FER  DE  L’OUEST 

Dans  le  but  de  faciliter  les  relations  entre  Le  Havre,  la  Basse-Normandie  et  la 
Bretagne,  il  est  délivré,  jusqu’au  2  octobre  1906,  par  toutes  les  gares  du  réseau  d 
l’Ouest  et  aux  guichets  de  la  Compagnie  Normande  de  Navigation  à  vapeur,  des 
billets  directs  comportant  le  parcours,  par  mer  du  Havre  à  Trouville  et,  par  voie 
ferrée,  de  la  gare  de  Trouville  au  Point  de  Destination  et  inversement. 

Le  prix  de  ces  billets  est  ainsi  calculé  : 


ÏSSBSÎîBi. 


I  chemin  de  fer.  —  Prix  du  tarif  ordinaire; 

bateau.  —  t  fr.  60  pour  les  billets  de  P"  et  2*  cl.  (Chemin  de  fer)  et  P”  c 
0  fr.  85  pour  les  billets  de  3'  classe).  Chemin  de  fer)  et  2°  cl.  (bateau). 


employé  avec  succès  en  gynécologie,  dac- 
le  traitement  des  Maladies  cutanées 
des  organes  génito-urinaires,  de  Uiry- 
pèle,  des  Affections  rhumatismales,  c 
l’Intérieur  dans  la  Tuberculose  pci™ 


-Maladies  de  rEstomac^et  de  Tlntestin 


AGGLOMÉRÉ  au  GLUTEN,  AROMATISÉ  à  CANIS 


Afli  d’éviter  tout  échec,  exiger  riirou  -- 

sement  le  mot  ICHTHYOL  et^au  besoin  i- 
Etiquettes  et  cachets  de  la  Société  de 
duits  sanitaires  et  antiseptiques, 
des  Francs-Bourgeois,  Paris. 


DIGESTIONS  PENIBLES  —  BALLONNEMENTS  —  DlUTATiONS 


lLONNLMENTS  —  DlUTATiONS  > 

IRHEES  —  COUTES,  de.  I 


Envoi  franco  sur  demande  des 
Monog:raphies  et  Formulaire- 


AccÉlérateuretRégulateurdeiîflutrition Générale.  1  MÉDICATION  pyoSPHORÉE,  ARSENICALE 


tement 


NERVOCITHINE  TtS^ 


LE  PROGRÈS  MEDICAL 


tou  établissement  et  l’ancien  état  de  choses  se  rétablit,  à  la 
^nde  joie  des  logeurs  et  au  grand  danger  de  la  santé 

publique. 

^  Aujourd'hui,  la  surveillance  est  absolument  aléatoire.  Un 
hôtel  déclaré  pour  contenir  60  émigrants  en  renfermait,  di- 
jPPtMM.  Chantemesse  et  Borel,  127.  Les  chambres  les  plus 
vastes  mesurant  11  mètres  de  longueur,  4  m.  20  de  largeur 
etîmètres  de  hauteur,  contenaient  18  à  20  émigrants, couchés 
sur  des  nattes.  Heureusement  que  les  carreaux  des  vitres  des 
fenêtres  et  des  escaliers  étaient  presque  tous  cassés  ;  cela  ren¬ 
dait  l’air  moins  irrespirable.  La  maison  ne  possédait  qu’un 
seuhvater-closet.  La  plus  grande  saleté  y  régnait  et  les  es¬ 
caliers  étaient  souillés  d'urine.  A  notre  question  :  «Que  fait-on 
pourles malades  ?»,  le  propriétaire  répondit  qu’il  faisait  appel 
au  commissaire  de  police  quand  il  jugeait  que  la  maladie 
en  valait  la  peine. 

Siquelque  jour  le  choléra  éclate  dans  une  telle  hôtellerie, 
il  n’est  pas  douteux  que  la  plupart  des  habitants  et  une  partie 
duqnartier  voisin  en  deviennent  rapidement  les  victimes. 

La  conclusion  de  cette  note  ne  doit  pas  être  la  demande 
d'une  réforme  locale,  mais  celle  de  la  mise  à  l'étude  des  vœux 
«primés  par  l'Académie  de  médecine  il  y  a  quelques  mois, 
touchant  la  nécessité  de  refondre  entièrement  notre  législa- 
lion  de  rémigration,  qui  date  d’un  demi-siècle.  » 

Le  paludisme  à  Madagascar. 

La  commission  nommée  dans  la  précédente  séance  sur  le 
rapport  de  M.  Laveran  demande  la  nomination  d’une  com¬ 
mission  locale  à  Tananarive.  Là  seulement  pourront  être  étu¬ 
diés  les  moyens  pratiques  de  lutle  contre  le  fléau. 

M.  Blanchard  présente  un  appareil  très  ingénieux  pour  la 
dKtruction  des  moustiques.  C’est  une  sorte  de  cage  métalli¬ 
que  éclairée  à  l’intérieur  et  dont  le  treillis  parcouru  par  un 
courant  électrique  foudroie  les  insectes  attirés  par  la  lumière. 

Helminthiase  et  cancer. 

M.  Roux  présente  un  travail  de  M.  Borel  montrant  que, 
chez  le  rat,  des  tumeurs  cancéreuses  se  développent  souvent 
lutour  des  kystes  produits  par  des  cyslicerques.Ce  fait  serait 
hes  intéressant  à  rechercher  chez  l'homme,  car  il  expliquerait 
®  fréquence  relative  du  cancer  à  la  campagne,  où  le  tænia, 
l^rsuite  de  la  malpropreté,  est  si  fréquent. 

U.  Roux  regrette  qu’il  n'y  ait  pas  en  France,  comme  cela  a 
eu  a  l’étranger,  une  société  spéciale,  s’occupant  de  l’impor- 
"Uio  question  du  cancer. 

L'assistance  médicale  en  Indo-Chine. 

Kermürgant  montre  les  progrès  réalisés  :  surveillance 
.™*^*‘ùres,  lazarets  intérieurs  contre  les  épidémies,  centres 
inogènes,  laboratoires  de  recherches,  surveillance  des 
ï  potables,  création  de  maternités.  A. -F.  Pi.icque. 


SOCIÉTÉ  MÉDICALE  DES  HOPITAUX. 

Séance  du  13  juillet. 

^  Entérites  cl  appendicites  chez  L'enfant. 

*“0  3^0^°'*  ’-'T  ^uns  les  entérocolites  qu’il  a  suivies,  M.  Gui- 
f.uppendicite  dans  20  %  des  cas.  Toutes  les  for¬ 
et  U  .brocoli te  peuvent, selon  lui, provoquer  l’appendicite, 

simple  propagation  inflammatoire.  Une 
d’p,!!- quelques  semaines  peut  séparer  la 
-  ti.Gic  début  de  l’appendicite. 

'  ^onh*"°'^  ?  adéno’idites  et  des 

'eut  aus précéder  l’apparition  de  l’appendicite,  sou- 
’hepfo  ®.*  la  grippe  avec  ou  sans  entérite.  .\u  point  de 
'  •’Sdite,  „y*®®l*hue,  il  sera  donc  indiqué  de  traiter  ces  adé- 
Oo  entéri  tes . 

S\'^  K  **  également  à  l'entérite  un  rôle  prépon- 
^  ^Ublej  d’appendicites,  il  a  relevé  dans  40  cas  des 

[ ’^oï(}gj’®*®®llnaux  précédants  et  dans  10  des  vcgélalions 

^ryng?|®®>aurs  cas,  il  a  pu  relever  les  trois  étapes  :  rhino- 
sb- '  O'i  entérocolite  et  enfin  appendicite, 

^'ledes  1^'^  ®stirnc  que  chez  l’adulte  l'appendicite  est  une 
u^ubles  intestinaux  de  l’enfance.  Ces  enfants  gar¬ 


dent  un  ventre  douloureux  jusqu’au  jour  où,  l’appendicite 
diagnostiquée,  une  intervention  met  fin  aux  troubles  intes¬ 
tinaux. 

Dextrocardie  acquise. 

M.M.  Lort.at -Jacob  et  L.  Lavastine  ont  constaté  par  la  radio¬ 
graphie  une  dextrocardie  acquise  par  rétraction  pleuropul¬ 
monaire  à  la  suite  de  caverne  tuberculeuse  du  sommet 
droit. 

Sténose  pyiqrique  rapide  à  la  suite  d'ingestion  d'acide 
chlorhydrique: 

M.  Carnot  a  observé  un  mois  après  l’œsophagite  et  la 
gastrite  aiguës,  une  sténose  pylorique  serrée  avec  vomisse¬ 
ments  tardifs,  copieux.  La  dilatation  gastrique,  énorme,  était 
due  aux  lésions  du  tissu  musculaire,  et  surtout  du  tissu 
élastique  de  l’estomac. 

Syndrome  de  Raynaud  d'origine  bronchectasique. 

MM.  SoucQUEs  et  Vincent  ont  observé  une  asphyxie  et  une 
gangrène  symétriques  des  extrémités  survenues  à  la  période 
terminale  d'une  dilatation  des  bronchès.  Dufour,  Rendu, 
Hirtz  et  Rénon  ont  signalé  ces  accidents  au  cours  de  la  pneu¬ 
monie  et  la  tuberculose.  Les  auteurs  l’expliquent  par  la 
résorption,  au  niveau  des  bronches  dilatées,  des  toxines  qui 
produisent  l’angiospasme  des  artères  des  extrémités. 

M.  Ménétrier  a  observé  une  gangrène  semblable  chez  une 
femme  qui  a  succombé  à  une  péritonite  pneumococcique 
et  dans  ce  cas  la  gangrène  était  manifestement  sous  la 
dépendance  de  thromboses  multiples  d'origine  pneumo¬ 
coccique,  M.  Soucques  n'ayant  pas  fait  l’examen  des  artères, 
sa  théorie  reste  pure  hypothèse  et  il  n’a  pas  le  droit  d’affir¬ 
mer  qu'il  s'agit  d'un  cas  de  maladie  de  Raynaud. 

Tumeur  cérébrale  secondaire  à  une  tumeur  du  sein. 

MM. Renon  et  Tixier  ont  fait  Tautopsie  d'une  femme  opérée 
28  ans  auparavant  de  tumeur  du  sein  et  ont  trouvé  comme 
cause  de  la  mort  une  petite  tumeur  néoplasique  au  niveau 
de  la  coucha  optique.  La  tumeur  occasionna  des  phéno¬ 
mènes  cérébraux  vagues,  puis  un  ictus  avec  coma  suivi  de 
mort.  La  mort  paraît  déterminée  par  l’intoxication  de  la 
substance  cérébrale  plutôt  que  par  la  localisation  de  la 
tumeur. 

Séance  du  20  juillet. 

Traitement  des  spasmes  et  tics  par  injection  d'alcool  sur  les 
troncs  nerveux. 

MM.  Brissaup,  Sicard  et  Tanon  ont  présenté  des  malades 
guéris  d'un  hémispasme  facial  rebelle  par  alcoolisation 
locale  du  tronc  du  facial  à  la  sortie  du  trou  stylomasto'idien. 
Ils  ont  appliqué  ce  même  traitement  aux  tics  du  visage  et 
au  torticolis  sans  obtenir  des  guérisons  durables,  le  tic  a 
réapparu  dans  d’autres  groupes  musculaires.  En  clinique 
comme  en  thérapeutique,  il  faut  donc  différencier  tic  et 
spasme. 

Accidents  infectieux  suivis  de  mort  chez  une  morphinomane 
Aiguille  trouvée  dans  la  cl  dson  auriculo-ventriculaire  du  cœur. 

MM.  Reno.n  et  Tixier  ont  présenté  le  cœur  d’une  morphi¬ 
nomane  morte  de  septicémie  et  d’endocardite  droite  maligne. 
Dans  la  cloison  auriculoventriculaire  droite  se  trouva  implan¬ 
tée  une  aiguille.  Cette  aiguille  provoqua  d’abord  une  péri¬ 
cardite  hémorrhagique.  Une  plaie  septique  d’une  articula¬ 
tion  métatarsophalangienne  entraîna  une  septicémie  avec 
endocardite  maligne  localisée  exclusivement  au  cœur  droit  et 
au  niveau  de  l’implantation  do  l’aiguille. 

Le  corps  étranger  fut  donc  une  cause  occasionnelle, un  lieu 
d'appel  pour  les  microbes  circulant  dans  le  sang.  Cet 
exemple  clinique  se  rapproche  de  l'endocardite  maligne 
expérimentale. 

Transmission  des  maladies  infectieuses  par  les  animaux 
d'appartement. 

MM.  Remi.inger  et  Osmann  Nouri  ont  observé  ce  mode  de 
contagion.  Une  jeune  fille  de  seize  ans  contracta  une  scarla¬ 
tine  et  resta  soigneusement  isolée  do  toute  la  famille.  Cela 
n’a  pas  empêché  sa  sœur  cadette  de  contracter,  douze  jours 


470 


LE  PROGRÈS  MEDICAL 


après  son  retour  des  vacances  et  malgré  les  précautions  les 
plus  minutieuses  une  scarlatine  d’intensité  moyenne,  qui 
guérit  très  bien.  Vu  les  mesures  prophylactiques  en  tout 
point  irréprochables  (isolement  dans  pavillon  spécial  ;  per¬ 
sonnel,  linge,  etc.,  spéciaux)  et  vu  que  la  sœur  cadette  n'a¬ 
vait  pas  séjourné  au  lieu  d'origine  de  contagion,  il  faut  in¬ 
criminer  comme  véhicule  du  contage,  le  chat  de  la  maison, 
qu’on  avait  oublié  de  comprendre  dans  les  mesures  d’isole¬ 
ment. 

Anémie  pernicieuse  à  rémission. 

MM.  Enriquez,  Clerc  et  Uathery  ont  soigné  un  jeune 
homme  chez  lequel  se  développa  une  anémie  intense  et  pro¬ 
gressive,  qui  après  une  rémission  à  la  suite  du  traitement 
(repos,  cacodylate  de  manganèse,  moelle  osseuse  I  se  ter¬ 
mina  par  la  mort.  La  réaction  myélo'ide  du  sang  fut  incons¬ 
tante  et  très  atténuée.  A  l’aulopsie  on  trouve  néanmoins 
une  moelle  en  activité  marquée,  une  sclérose  difiuse  de  la 
rate  et  une  dégénérescence  graisseuse  du  foie,  ('.'était  donc 
une  anémie  dite  plastique. 

Cirrhose  hypertrophique  syphilitique  avec  insuffisance  hépa¬ 
tique  améliorée  par  le  traitement  mercuriel.  Tachycardie 
paroxystique. 

MM.  Lortat-Jacob,  Laignel-Lavastine  et  Thaon  ont  sou¬ 
mis  une  malade  qui  présenta  tous  les  signes  d’une  insufli- 
sance  hépatique  grave  :  prostration,  délire,  hémorrhagies 
multiples,  albuminurie,  au  traitement  spécifique  et  ont  ob¬ 
tenu  assez  rapidement  la  guérison  de  cet  état  voisin  de  l’ic¬ 
tère  grave.  Le  foie  était  gros  et  dur,  la  rate  volumineuse  et 
il  existait  en  même  temps  une  aortite  chronique  avec  crise 
de  tachycardie.  Comme  signe  indiscutable  de  syphilis  il  n’y 
avait  rien,  comme  signe  de  présomption  on,  considéra  la 
longue  évolution  de  la  cirrhose  et  la  mortalité  élevée  des 
enfants  delà  malade  (Il  sur  13  morts  en  bas  âge). 

Les  auteurs  ont  fait  seize  piqûres  de  calomel  de  0,05  cha¬ 
cune.  La  cirrhose  s'améliora  et  le  foie  diminua  de  volume. 
Les  crises  de  tachycardie  étaient  probablement  dues  à  l’ir¬ 
ritation  sympathique  périaorlique,  et  tous  les  accidents  pa¬ 
raissent  bien  liés  à  l’infection  syphilitique,  hypothèse,  qui 
s’autorise  des  bons  effets  du  traitement  mercuriel. 

Infection  anaérobique  du  sang  dans  Tocclusion 
in  testinale. 

MM.  Ro3er  et  Garnier  ont  pris  du  sang  à  un  homme 
atteint  d’occlusion  intestinale  néoplasique  avant  l'établisse¬ 
ment  d’un  anus  artificiel  et  ont  trouvé  dans  ce  sang  le  ba¬ 
cille  anaérobie  qu’ils  ont  décrit  dans  l’occlusion  intestinale 
expérimentale.  L’anus  une  fois  établi,  le  bacille  disparut  du 
sang. 

M.  Ferrier 'Val-de-Gràcc)  communique  ses  observations 
de  maladie  de  Friedrich  avec  ptosis  et  disparition  des 
réflexes  rotuliens  et  achilléens.  Friedei.. 


THÉRAPEÜTKJUE 

Le  problème  de  la  médication  phosphorée  rationnelle  n’a  été 
résolu  que  parla  découverte  delà  phytine. 

La  phytine  est  le  seul  principe  phospho-organique  naturel 
permettant  l’administration  de  doses  réellement  actives  de 
phosphore  assimilable. 

Formes  pharmaceutiques  :  Cachets,  granulé,  comprimés  et 
gélules. 


Faculté  de  médecine  de  lyon.  —  M.  le  docteur  Lortet,  pro¬ 
fesseur  d’histoire  naturelle  inédicale.esi  misa  la  retraite  et  nommé 
professeur  honoraire. 

M.  le  docteur  Monoyer,  professeur  de  pliysique  medicale,  est 
misa  la  retraite  et  nommé  professeur  honoraire. 


LA  VALÉROBROMINE  LEGRAND 

est  plus  active  que  les  bromures  et  les  valé- 
rianates. 


REVUE  D’OI^HTALMOLOGIE 

Rédacteur  spécial:  M.  le  D'  POULAUI). 


Vil.  —  Amblyopie  par  l'alcool  et  par  le  tabac  à  Cuba  ;  par  Ir  ir 

C.-F.  FiNi.AY.  (Havana,  Archives  of  opht.,  May  1900,  p.  îtl., 

C’est  une  étude  très  consciencieuse  et  très  soigneusement 
faite  de  02  cas  d’amblyopie alcoolique  et  tabagique. 

Voici  le  résumé  des  constatations  ou  conclusions  qui  en  ré¬ 
sultent  : 

Etiologie  :  Race  :  L’amblyopie  atteint  avec  prédilection  les 
blancs,  et  l’immunité  accordée  aux  Espagnols  n’existe  pas. 
Sexe  :  La  grande  majorité  des  cas  se  rencontre  chez  les  mâles, 
ce  qui  s’explique  par  la  différence  des  habitudes.  85  hommes 
pour?  femmes.  Âge  :  Maximum  de  fréquence  entre  30  etâü 
ans,  mais  surtout  entre  30  et  40.  Nature  du  poison.  Diasi 
cas,  amblyopie  alcoolique  seule  ;  dans  31  cas  amblyopie  ta¬ 
bagique  seule  ;  dans  5G  cas  intoxication  mixte  par  le  tabac  et 
l’alcool. 

Symptômes  :  Ce  sont  les  symptômes  habituels,  diminution 
de  l’acuité  visuelle,  scotome  central  d'abord  pour  le  rouge  et 
le  vert,  puis  pour  le  blanc  ;  les  signes  ophtalmoscopiques, 
quand  ils  existent,  sont  delà  pâleur  de  la  moitié  temporale 
de  la  pupille  dans  les  cas  avancés  qui  conduisent  à  une  atro¬ 
phie  partielle. 

Marche  :  Il  faut  diviser  les  cas  en  aigus,  dans  lesquelsla 
perte  de  lax'ue  survient  rapidement  ;  et  en  c/uvi/n'iyucs,  à  évo¬ 
lution  plus  lente  ;  les  deux  formes  peuvent  conduire  aune 
atrophie  partielle  ou  totale  du  nerf  optique. 

Traitement  :  Abstention  totale  d'alcool  et  de  tabac  ;  admi¬ 
nistration, à  l'intérieur, d’iodure  depotassiumet  de  strychnine. 

Résultats  :  Sur  45  cas  qui  ont  pu  être  suivis,  25  ont  donné 
un  bon  résultat,  c’est-à-dire  qu’ils  ont  amené  une  améliora¬ 
tion  marquée  dans  l’acuité  visuelle.  10  ont  eu  un  résultat  ; 
modéré  ;  l'acuité  visuelle  n’a  présenté  qu’une  amélioration  , 
légère  ou  nulle,  mais  la  diminution  de  la  vue  ne  s’est  pas  ' 
accentuée.  Dans  4  cas,  le  résultat  a  été  mauvais,  l’acuité 'ri- 
suelle  a  continué  à  diminuer  en  dépit  du  traitement.  , 

VIII. —  Cécité  pan  suite  de  la  pénétration  d  un  ppajectile  dans  , 
l'orbite;  par  E.  S  ETTLEsniP  .{Ophtal.  Society  qf  the  UniUd-hai- 
dom.Arch.  of.  og'.t.,  janvier  1901. ( 

L’A.  donne  G  observations  dans  lesquelles  la  vue  d'un  on 
des  deux  yeux  a  été  perdue  ou  diminuée  par  le  passage  d  un 
projectile  dans  l’orbite  sans  toucher  le  globe  oculaire.*^ 
blessures  indirectes  du  globe  oculaire  s’accompagnent  df»- 
morragies  dans  le  vitré,  des  ruptures  de  la  choroïde,  desci- 
sudations  choro'ido-rétiniennes  et  des  modifications  delà 
pille  sans  affaissement  du  globe  ou  autre  signe  de  p'P*?  j 
Gohn, après  examen  d'un  œil  ainsi  traumatisé,  admit  qu» 
contusion  qui  atteint  seulement  la  surface  externcdela 
rotique  peut  amener  de  semblables  lésions  dans  les  menin 
nés  sous-jacentes. 

M.  Nettleship  pense  que  ces  lésions  indirectes 
pliquer  parla  force  du  projectile  transformée  *  jc- 

irradiantes  des  tissus  et  agissant  «  comme  des  projectif 
condaires». 

11  a  répété  les  expériences  de  Coler  et  Stevenson.  jffs 
métalliques  cylindriques,  remplis  les  uns  d’air.  jji^. 
d’eau,  tous  sans  couvercle,  sont  percés  par  des  pro¬ 
bes  vases  remplis  d’air  sont  traversés  par  ■ 

duire  beaucoup  d’effet  sur  les  parties  avoisinant 
mais  les  vases  remplis'  d’eau  présentent  autour  du  P 
pénétration  des  altérations  marquées  qui  sont  dues 
bradons  du  liijuide. 

IX.  — Influence  de  l'œil  sur  le  développement  de 
énucléation  expérimentale  d'un  œil  chez  de  jeunes  J, 
parleD'W.  Ernest  Tim.MSO.v.  [Opli.  .Soc.  of.  the  ''' 

Arch.  of  ophtalm.  Janv.  1901.)  i 

Des  lapins  ont  été  énucléésau  '20‘'jour  après  leur  na^  ^ 
et  conservés  pendant  une  période  variant  de  G  ^ 

Les  orbites  furent  examinées  et  l’on  trouva  une  di" 
très  marquée  entre  le  côté  normal  et  le  côté  énuci  . 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


471 


minotion  de  l'orbite  du  côté  énucléé  porte  sur  toutes  les  di- 
îneBsions  de  cette  cavité. 

y  —  Autopsie  d'un  cas  d'anophtal>nie  congénitale  ;  par  le  l)'  C. 

Zi-MMERJiANX.  [Avch.  of  O/j/itatmo/og'j',  janvier  1901.) 

Cette  autopsie  futfaitesur  un  homme  de  39  ans  mort  d’une 
fracture  du  crâne.  Le  crâne  est  asymétrique.  Le  rocher  du 
(ÿté  gauche  n'a  que  les  deux  tiers  du  rocher  droit.  Apophy¬ 
ses  clinoides  antérieures  absentes,  les  postérieures  sont  peu 
développées  et  celles  de  gauche  plus  petites  que  celles  de 
droite.  Le  nerf  olfactif  et  son  bulbe  manque  complètement  à 
gauche  ;  le  droit  est  normal.  Le  nerf  optique  gauche  a  en  vo¬ 
lume  le  cinquième  du  droit  qui  est  normal.  Le  tractus  opti¬ 
que  droit  est  plus  petit  de  IjO  que  le  tractus  optique  gauche. 
L'oculo-moteur  gauche  est  moitié  plus  petit  que  le  droit  et 
présente  une  courbure  très  accusée  en  avant  et  en  arrière. 
Les  autres  nerfs  semblent  normaux.  L’artère  vertébrale  droite 
manque.  A  l’extrémité  du  nerf  optique  gauche  se  trouvait  une 
petite  masse  de  tissu  fibreux,  ressemblant  au  tissu  scléroti- 
cal,  ayant  les  dimensions  d’un  pois,  et  qui  montrait  dans  son 
intérieur  une  petite  quantité  de  pigment  noir.  Ces  faits  enga¬ 
gent  à  admettre  que  ce  cas  est  un  e.xemple  de  processus  des¬ 
tructif  du  globe  oculaire,  survenu  à  une  période  assez  avan¬ 
cée  de  la  vie  fœtale  ;  mais  la  cause  en  est  inconnue  L’examen 
microscopique  n’aurait  pu  être  faiten  çaisond’altérationssu- 
biesparla  pièce  anatomique  dans  les  liquides  conservateurs. 

La  diminution  de  volume  du  tractus  optique  droit  permet 
de  tirer  des  conclusions  faciles  sur  la  décussation  des  fibres 
optiques.  ’ 

XI. — Deux  cas  d  ossification  de  lachoro'i'de;  parDavid  Webster. 

(New-York.  Arch.  o/ o^/;.,  janvier  1901.) 

1"  cas  :  11  s’agit  d’un  malade  de  18  ans  dont  l’œil  droit 
s’était  atrophié  depuis  15  ans  à  la  suite  d’un  traumatisme. Les 
troubles  constatés  dans  l’œil  sain  consistaient  en  une  hémi¬ 
anopsie  temporale,  mais  le  champ  de  vision  s’étendait  un  peu 
sur  le  quadrant  inféro-externe  du  champ  visuel.  V  =  i.’0  20. 
L'énucléation  fut  faite  et  prévint  les  accidents  sympathiques 
quipraiedt  pu  survenir.  Car  rien  ne  prouve (jue  ces  modi¬ 
fications  du  champ  visuel  soient  dues  à  l’action  sympathique 
fie  l’œil  gauche  atrophié  et  ossifié.  Cela  peut  être  autant  et 
mieux  l’effet  d'une  embolie  dans  un  vaisseau  rétinien,  dans 
lecunéus  ou  dans  un  autre  point  des  voies  optiques. 

■-'cas:.4.uboutde  ■20ans,l'œil  droit  atrophié  et  ossifié  amena 
lies  symptpnaes  «  d’«irrilation sympathique  »  :  larmoiement 
matin  au  réveil,  sensibilité  à  la  lumière,  fatigue  au  travail 
mouxde  tête.  V  =c-20C5.  L’énucléation  fit  disparaître  sous 
**ssyniptômes.  ^ 

XII. -_  Pigmentation  par  l'aniline  de  la  cornée  et  de  la  conjono- 
*'ve;  parle  U- H.  Tyson.  [Tne  .V.  Y.Acad.,of  medecine.  Arck. 
oj  opht.,  janvier  1901) 

Cet  accident  survint  chez  un  enfant  de  5  ans,  qui  avait  frotté 
pointe  d'un  crayon  d’aniline  sur  le  côté  interne  de  sa  pau- 
^fe  inferieure.  Heureux  de  l’aspect  que  prenait  son  œil,  il 
*1  plusieurs  fois  la  même  manœuvre, 
tau**  oculaires  furent  très  graves  ;  outre  la  pigmen- 

UTit”  conjonctive  et  de  la  co'rnée,  il  y  eut  une  conjonc- 
{jjg  ®  ®9Centuée  avec  tuméfaction  des  paupières,  de  la  kéra- 
^ypopion,  et  un  staphylome  cornéen. 

U  1-®  traitement  du  trachome  par  expression  ;  par  D' 
hiol  )**'*'*'■  of  Médecine.  Arch.  oJ  opht.,  janvier 

’'®®timer  ainsi  les  conclusions,  qui  portent  sur  lOG  ! 
)„  faites  pour  trachome. 

séçj  naéthodes  mécaniques  qui  ont  été  préconi- 

tasan  trachome,  l' expression  est,dansles 

meilleur  remède  découvert  jusqu’ici.  Dans 
On  proportion  des  cas,  il  amène  une  guérison  plus 

meiliej*®  ‘^ttiplète  avec  une  préservation  de  la  conjonctive 
«rite  toute  autre  méthode  antérieurement  dé- 

^'totraii  tous  les  cas,  la  faire  suivre 

*il  (Ijgpg  ®®ct  local  jusqu’à  ce  que  la  tendance  à  la  rechute 
succès  de  la  méthode  dépend  de  l'enlève- 
*«5,83  “^Içncieuxde  fautes  les  granulations  trachomateu- 
Oïl  de  la  conjonctive  ;  4®  Cependant,  il  survient 

*ûO!ns  de  récidives. 


[  XIV.  —  Anévrysme  artérioso-veineux  de  la  rétine  ;  par  le  D' 

Seydel.  {Arch.  of  opht..  mai  1901,  p.  260.) 

11  s’agit  d’une  anomalie  congénitale  qui  futaccidentellemcn  t 
découverte  chez  un  jeune  homme  de  18  ans,  qui  se  plaignait 
defaiblesse  de  la  vue  dans  l’œil  droit.  OD  :  Astigmatisme 
hyperopique  de  2/3  D  oblique  ;  après  correction  V  =  G/15.0G  : 
V.  (avec  +  2,5)=  G/9.  G  est  l’œil  atteint  d’anévrysme.  Le 
champ  visuel  est  normal,  la  réaction  pupillaire  bonne,  les  mi¬ 
lieux  clairs. 

Ë.ramen  ophtnlmoscopique.  Le  fond  d’œil  est  normal  à  l’ex¬ 
ception  d’une  anomalie  très  accentuée  des  vaisseaux  tempo¬ 
raux  supérieurs.  Sur  le  disque,  près  l’un  de  l’autre  se  voient 
deux  vaisseaux,  celui  du  côté  nasal  ayant  4  à  5  fois  son  dia¬ 
mètre  normal,  une  couleur  sombre  et  une  réflexion  man¬ 
quant  de  netteté,  tandis  que  celui  du  cité  temporal  est  un 
peu  plus  petit,  plus  clair,  et  d'une  réflexion  plus  brillante.Lc 
premier  vaisseau  en  décrivant  des  courbes  serpentines,  se 
porte  d’abord  en  haut,  puis  du  côté  temporal,  après  avoir 
croisé  le  second  vaisseau ,  et  finalement  en  bas.  C’est  alors 
qu'il  pénètre  brusquement  dans  l’autre  vaisseau  après  l’avoir 
une  fois  encore  croisé.  Le  second  vaisseau,  siégeant  du  côté 
temporal,  montre  près  de  son  point  de  départ  quelques  dila¬ 
tations  anévrysmales  et  des  rétrécissements  de  son  calibre, 
puis  il  monte  plus  rectiligne  pour  redevenir  à  nouveau  tor 
tueux  dans  son  trajet  latéral.  Dans  un  de  ces  détours, ilcroisc 
le  premier  vaisseau  et  là  le  pénètre;  il  devient  alors  plus  étroit 
et  se  divise  en  deux  petites  branches,  qui  vont  l’une  du  côté 
temporal  l’autre  directement  en  bas.  La  branche  inférieure 
s’enroule  autour  d’un  vaisseau  horizontal,  forme  une  cir¬ 
convolution  et  pénètre  dans  le  vaisseau.  L’aspect  de  ces  deux 
troncs  principaux,  mais  surtout  les  caractères  des  branches 
secondaires  qui  en  naissent,  permettent  d’affirmer  que  le 
tronc  vasculaire  nasal  est  la  veine  centrale  supérieure,  et  le 
tronc  vasculaire  temporal  l’artère  temporale  supériaure. 

XV.  —  Traitement  opthoptique  du  strabisme  convergent  des 
jeunes  enfants  ;pap  M.  t:  WoRïii.  Ophtalmological  society  of  the 
United  Kingdom,  y.\n\  iev  i901. -trc/i.  of.  opht.  ) 

Environ  30  %  des  enfants  atteints  de  strabisme  conver¬ 
gent  sont  guéris  par  le  port  constant  des  verres  correcteurs. 

Ceux  auxquels  ce  traitenqent  ne  réussit  pas  sont  souvent 
laissés  sans  traitement  jusqu’à  l'âge  de  7  ou  8  ans,  époque  où 
on  les  opère.  Mais  alors,  un  bien  petit  nombre  de  ces  en¬ 
fants  pourront  reprendre  la  vision  binoculaire  trop  longtemps 
abandonnée. 

11  ne  faut  pas  laisser  ainsi  les  enfants  perdre  toute  chance  de 
retour  à  la  Vision  binoculaire.  11  faut  les  exercer  à  la  vision 
binoculaire.  A  cet  effet.l’auteur  indique  le  stéréoscope,  un  sté¬ 
réoscope  ingénieux  qu’il  a  construit  lui-même,  et  qui  présente 
certains  avantages  qui  lui  sont  propres  :  1"  11  s’adapte  à  un 
strabisme  de  quelque  degréou  direction  qu’ilsoit,  y  compris 
même  les  cas  dans  lesquels  le  globe  oculaire  a  subi  un  mou¬ 
vement  de  rotation  autour  d'un  axe  antéro-postérieur.  2o  Les 
deux  images  correspondant  à  chacun  des  yeux  peuvent  s’éclai¬ 
rer  inégalement,  ce  qui  permet,  par  un  éclairage  plus  in¬ 
tense  de  vaincre  la  diminution  de  vision  de  l’œil  dévié. 

XVI.  _ De  la  syphilis  oculaire;  par  M.  te  Docleur  G.  L.vv.niNv.i, 

directeur  de  riiislitul  ophlalmique  Principessa  Alice  de  Mona¬ 
co.  (BoUetino  d'occutistica,  15  janvier  l'):'2.) 

L’auteur  a  recherché  de  parti  pris  la  syphilis  chez2.355  indi¬ 
vidus  qui  se  sont  présentés  à  la  clinique  du  1"' décembre  1805 
au30  octobre  18%,  et  il  a  trouvé  la  syphilis  acquise  dans  les 
proportions  suivantes  : 

Episclérite  :  2  cassur  G.  Iritis  et  irido-cyclite  :  12  cas  sur  4. 
Hyalite  :  un  cas  était  syphilitique.  Ghoro’idite  et  rétinitc 
8  fois  sur  35  syphilitiques,  5  cas  sur  12.  Atrophie  du  nerf 
optique  ;  G  cas  sur  11.  Paralysie  oculo-motrice  :  8  cas  sur 
un  total  de  22.  Voici  le  relevé  des  cas  de  syphilis  héréditaire. 
Conjonctivite  phlycténulaire  :  dans  34  cas  sur  192.  les  mala¬ 
des  présentaient  les  signes  de  la  syphilis  héréditaire,  kératite 
parenchymateuse  :  28  fois  chez  des  enfants  ayant  moins  de 
15  ans  :  kérato-conjonctivite  staphylomes  cornéens,  leucomes 
avec  ou  sons  adhérence  :  112  sur  607  cas.  Rétino-choroi'dite  : 

3  foissur  35  cas.  Cela  fait  donc,  au  total  :  44  cas  de  syphilis 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


1 


acquise, 168  cas  de  syphilis  héréditaire, Soit  un  total  de  213cas 
de  syphilis  sur  2. '205  malades  s’étant  présentés  à  la  clinique. 

Dans  tous  les  cas  de  syphilis  acquise, le  diagnostic  a  été  éta  ■ 
bli  sur  l’interrogatoire,  et  les  résultats  du  traitement.  Dans 
la  recherche  de  la  syphilis  héréditaire,  r.\  ne  s'est  pas  con¬ 
tenté  de  l’étude  de  la  deformation  dentaire  de  llutchinson, 
mais  il  s’est  basé  surtout  sur  la  dépression  du  dos  et  du  nez, 
sur  les  affections  de  l’oreille,  les  cicatrices  des  rhagades,  les 
commémoratifs  fournis  parles  parents,  etc.  Ces  recherches 
lui  ont  permis  de  constater  que  la  plus  grande  partie  de  ces 
affections  oculaires,  qui  passent  pour  lymphatiques,  ne  sont 
<jne  le  résultat  de  l'affaiblissement  déterminé  par  la  syphilis 
héréditaire. 

XVII.  —  Un  cas  de  kératite  interstitielle  arrêtée  par  une  atta¬ 
que  de  rougeole  ;  par  Ilerberl  IlMti.vü  (Ballimore.  of. 

npht.,  janvier  1901.) 

Ce  qui  présente  le  plus  d’intérêt  dans  cette  observation, 
c'est  la  rapidité  vraiment  anormale  avec  laquelle  une  cornée 
complètement  vascularisée  et  opaque  retrouva  sa  transpa¬ 
rence  presque  complète,  à  la  suite  d’une  éruption  de  rou¬ 
geole.  Cette  transformation  se  fit  en  3  jours. 

XVIII. —  Ulcère  rongeant  de  la  cornée  ;  par  le  Prof.  Scumuit. 

lliMPLEn.'GQetlingen,  Arcli.  of.  Ophtalmologf,  mars  1901.) 

Sur  les  instances  d’un  de  ses  malades,  l’A  a  fait  une  énucléa¬ 
tion  pour  ulcère  rongeant.  Cette  variété  d'ulcère  cornéenà  des 
caractères  cliniques  assez  particuliers  pour  lui  mériter  une 
place  indépendante.  11  commence  par  une  ulcération  longue, 
mais  étroite,  le  long  du  rebord  cornéen. Celle-ci  s’avance  peu 
à  peu  le  long  du  bord  cornéen.sans  se  creuser,en  même  temps 
qu  elle  se  porte  vers  le  centre  de  la  cornée.  Le  rebord  qui  re¬ 
garde  le  centre  de  la  cornée  est  de  douleur  légèrement  grise, 
et  est  toujours  creusé  en  dessous,  l'épithélium  étant  suré¬ 
levé.  La  partie  centrale  de  la  cornée  non  intéressée  par  l’ul¬ 
cère  est  souvent  un  peu  nuageuse,  et  près  de  l’ulcère  il  peut 
y  avoir  des  infiltrations.  A  mesure  que  l’ulcère  s'étend  vers 
le  centre  de  la  cornée, des  vaisseaux  parallèles  nombreux  vont 
de  la  périphérie  à  la  base  de  l'ulcère,  et  plus  tard,  les  vais¬ 
seaux,  continuant  à  se  développer,  la  portion  périphérique 
del’ulcèrcesttransfcNPmée  en  une  cicatrice  vasculaire  blanch⬠
tre, tandis  que  l'ulcère  continue  à  s’étendre  vers  le  centre  de  la 
cornée.  Quelquefois  le  processus' peut  s'arrêter,  mais  plus 
tard  l’ulcération  s’étend  de  nouveau,  chaque  recrudescence 
étant  accompagnée  de  douleur  vive.  En  règle  générale, la  cor¬ 
née  entière  devient  leucomateuse.  Dans  quelques  cas  cepen¬ 
dant,  l’ulcère  s'arrête  et  ne  laisse  après  lui  qu’un  leucome 
partiel,  principalement  périphérique.  U  faut  différencier  cet 
ulcus  roiens  de  l'ulc as  serpens  qui,  d'ordinaire  se  localise 
primitivement  au  centre  de  la  cornée  pour  s’étendre  ensuite 
vers  la  périphérie,  qui  a  une  tendance  à  la  perforation  et  s’ac¬ 
compagne  toujours  d’hypopion  quand  il  est  un  peu  étendu, 
des  ulcères  vaginaux  peu  profonds  des  vieillards  qui  n’ont 
pas  le  rebord  creusé  en-dessous  des  ulcères  rongeants,  sont 
plus  transparents  et  ne  présentent  pas  une  zone  de  séparation 
à  la  périphérie,  tandis  que  la  partie  centrale  s’étend;  enfin 
d'une  forme  particulière  d'ulcère  marginal  que  l'auteur, dans 
son  traité,  désigne  sous  le  nom  de  kératite  chronique  péri¬ 
phérique  en  sillon  (surrow  keratitis). 

Dans  cette  affection,  une  portion  variable  de  la  périphérie 
de  la  cornée  présente  une  zone  d'environ  1  mm  de  large  qui 
est  une  légère  opacité  grise  (  ressemblant  assez  au  gerontoxon); 
cette  opacité  est  limitée  du  côté  du  centre  par  un  sillon  pro¬ 
fond  et  transparent. Des  vaisseaux  disséminés  atteignent  l’opa¬ 
cité  marginale,et  dans  une  étendue  l'ulcère  en  sillon  ;  en  règle 
générale,iln’y  ani  douleur  ni  signes  d'irritation  dans  quelques 
cas  cependant,  il  y  a  inflammation  périodique.  Cet  état  peut 
durerdes  années  et  rester  limité  à  une  portion  delà  cornée. 
Jamaisil  n’y  a  progression  vers  le  centre  comme  dans  l’ulcère 
rongeant. 

L'examen  anatomique  des  lésions  cornéennes  et  l'examen 
bactériologique  ont  été  faits  sans  éclaircir  l'étiologie  de  cette 
affection . 

).,’cxamen  bactériologique,  positif  dans  certains  cas.n'a  rien 
montré  de  spécial.  Pendant  le  traitement  du  malade  à  la  cli¬ 
nique,  des  particules  provenant  du  grattage  du  fond  et  des 


bords  de  l’ulcère  ont  été  plusieurs  fois  examinées  au  micros¬ 
cope,  mais  toujours  avec  des  résultats  négatifs. 

Avant  l’énucléation,  le  globe  oculaire  fut  lavé,  et  des  par¬ 
celles  du  bord  de  l’ulcère  et  un  morceau  de  cornée  furenî 
ensemencés  sur  agar  et  gélatine.  Dans  une  préparation  du 
raclage  de  l'ulcère,  une  longue  recherche  fit  voir  quelques 
cocci.  Dans  les  tubes  ensemencés  avec  la  sécrétion,  on  obtint 
une  culture  typique  de  staphylocoque  pyogenes  aureus.  Le 
tube  ensemencé  avec  un  morceau  de  cornée  resta  stérile. 

L’étiologie,  après  ce  cas  comme  avant,  reste  donc  incer¬ 
taine.  Suivent  des  hypothèses  intéressantes,  mais  sans  valeur. 

XIX.  —  Contribution  clinique  à  l'étude  du  nvstagmus 
unilatéral  ;  par  OIto  Neust.vttku.  (.-i  rc/i.  of.  Ofht.,  mars  1901.) 
Le  nystagmus  unilatéral  est  chose  rare,  et  il  se  piésente 
presque  toujours  dans  le  même  type  vertical . 

L’auteur  en  a  rencontré  successivement  quatre  cas  revêtant 
quatre  types  différents  :  vertical, horizontal,  rotatoire  et  diago¬ 
nal.  11  donne  quelques  explications  sur  la  nature  de  cetteat- 
feclion.  Dans  trois  des  ca-î  observés  par  lui,  il  fait  une  consta¬ 
tation  qui  n’est  d’ailleurs  pas  nouvelle  et  qui  permet  d’éclair¬ 
cir  un  peu  la  nature  du  nystagmus  unilatéral . 

G  est  le  transfert  momentané  du  nystagmus  d’un  œil  à  un 
autre.  Cela  semble  démontrer  qu’il  faut  considérer  en  général 
le  nystagmus  unilatéral  comme  un  simple  nystagmus  bila¬ 
téral  transformé. 

Si  on  accepte  celte  idée,  tous  les  symptômes  sont  facilement 
expliqués,  même  le  transfert  d’un  œil  à  l’autre,  chose  à  la¬ 
quelle,  en  raison  de  l’étroite  connexion  des  centres,  nous  de¬ 
vions  nous  attendre.  Pour  comprendre  ces  faits,  il  suffit 
en  effet  d’admettre  un  obstacle,  ou  une  interruption  de 
conduction  qui  rend  ce  transfert  d'un  œil  à  l'autre  tantôt 
possible,  tantôt  impossible. 

La  localisation  de  cette  interruption  doit  se  trouver  exacte¬ 
ment  sur  la  ligne  médiane,  car  en  ce  point  seulement  ou 
dans  son  voisinage  un  arrêt  de  conduction  peut  intéresser  tout 
le  système  d’association  entre  les  noyaux  oculomoteurs. 

XX.  —  Modifications  du  fond  de  l'œil  chez  les  femmes  grossss 
etiesfemmes  en  couches;  par  D'  Bruno  Bosse,  assist.  d’olisl. 
à  Kæmgshcrg.iArchiv.  of.  opht.  mai  1901,  ]).27.’).) 

L'examen  a  porté  sur  124  femmes  gravides.  Chez  un  grand 
nombre  de  femmes  enceintes,  il  y  a  des  modifications  dans  le 
fond  d  œil,  localisées  au  disque  optique  et  consistant  en  un 
aspect  nébuleux  et  un  gonflement  dû  à  la  stase  veineuse  et  a 
la  transsudalion.  Ces  modifications  nerveuses  n’amènent  au¬ 
cun  trouble  fonctionnel  qui  puisse  être  reconnu  par  les 
moyens  d'exploration  subjective.  Elles  disparaissent  sans 
laisser  de  traces . 


MÉDECINI’^l'PtÂTlQUE 

Les  modifications  chimiques  du  lait  de  femme  sous 
l’influence  de  l’extrait  de  graines  de  cotonnier. 

.M.  Gilbert  a  fait, à  la  séance  du  20  mars  190li,unrapportaUf 
une  note  manuscrite  que  M.  le  D''  Barlerin,  de  Paris,  av 

présentée  à  l’Académie  de  Médecine.  .  _ 

Yu  son  extrême  importance,  nous  le  reproduirons  i« 
s(>,  d’après  le  Bulletin  delà  savante  compagnie.  . 

M.  Barlerin  a  voulu  compléter  par  des  recherches 
ques  les  faits  cliniques  signalés  l’an  dernier  par  M.  D 
grnnd  à  la  Société  d’obstétrique,  de  gynécologie  et  de 

nnicr 

11  a  donc  administré  de  l’extrait  de  graines 
à  un  certain  nombre  de  femmes  fréquentant  la  consn 
du  Dispensaire  de  Belleville,  lesquelles  étaient  sur  K  P  ^ 
de  cesser  d'allaiter  leurs  enfants,  leur  lait  étant  insunis 
la  fois  comme  quantité  et  comme  qualité.  hsen*' 

Il  résulte  des  observations  relatées  dans  ce  travail, o 
lions  corroborées  par  58  analyses  de  lait,  que,  chez  tou^ 
femmes,  au  bout  d’un  laps  de  temps  variant  de  jgieX' 
jours,  M.  Barlerin  a  constaté,  à  la  suite  de 
trait  de  graines  de  cotonnier,  une  amélioration  de  wq 
du  lait. 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


413 


Celle  amélioration  a  porte  principalement  sur  le  taux  des 
matières  grasses  et  des  matières  albuminoïdes  ;la  proportion 
de  beurre  contenue  dans  le  lait  a  augmenté  en  moyenne  de 
18 grammes  par  litre,  soit  50  p.  100  de  la  quantité  préexistan¬ 
te  avant  l’expérience. 

Pour  la  caséine,  cette-  augmentation  de  poids  a  varié  de  .l  à 
-grammes en  moyenne,  soit  également  un  accroissement  de 
48  p.  ioO,  comparativement  au  poids  de  caséine  existant  an¬ 
térieurement. 

11  semble  donc  résulter  de  ces  expériences  qu’en  faisant 
prendre,  aux  femmes  qui  allaitent,  de  l'extrait  de  graines  de 
œtonnier,  en  petite  quantité.on  peut  augmenter  d’une  façon 
assez  considérable  les  quantités  de  beurre  et  de  caséine  conte¬ 
nues  dans  leur  lait. 

I.es  conséquences  de  cette  constatation  sont  des  plus  impor¬ 
tantes.  Les  médecins  sont  tous  d  accord,  aujourd’hui  pour 
affirmer  que  l’allaitement  artificiel  est  une  des  causes  de  la 
mortalité  infantile  considérable  qui  sévit  en  France,  et  no- 
tamment  dans  certaines  grandes  villes.  S’il  est  vrai,  comme 
l’a  dit  M.  le  D'’  Budin ,  que  la  meilleure  Goutte  de  lait  est  celle 
que  l’enfant  trouve  au  sein  de  sa  mère,  encore  est-il  néces¬ 
saire  que  le  lait  de  la  mère  soit  suffisant  pour  nourrir  l'en¬ 
fant;  l’extrait  de  graines  de  cotonnier  semble  donc  pouvoir 
rendre  possible,  dans  la  plupart  des  cas,  cette  forme  naturelle 
de  l’allaitement  que  les  circonstances  sociales  entravent 
malheureusement  si  souvent. 

Par  contre,  il  ne  faut  pas  oublier  que  si  le  lait  pauvre  en 
beurre  et  en  caséine  est  un  danger  pour  l’enfant  qui  n’y  trouve 
pas  une  nourriture  suffisante,  le  lait  trop  riche  en  caséine 
et  surtout  en  matières  grasses  est  également  un  danger  non 
moins  grave  pour  l'enfant,  car  il  peut  provoquer  l’embarras 
gastrique  et  intestinal  avec  ses  conséquences. 

L’extrait  de  cotonnier  est  un  agent  qui  paraît  actif,  et  qui, 
iwr  conséquent,  ne  doit  pas  être  employé  sans  guide  et  sans 
méthode  ;  le  médecin  devra  toujours  surveiller  ses  effets,  et 
par  la  pesée  et  l'examen  répété  de  l'enfant,  graduer  ou  même 
interrompre  son  usage  lorsque  l’effet  salutaire  aura  été  pro¬ 
duit. 


Quoi  qu'il  en  soit,  le  travail  de  M.  Barlerin  m’a  semblé  in¬ 
téressant.  et  je  propose  de  le  renvoyer  à  la  commission  com¬ 
pétente.  (Commission  de  l'hygiène  de  l'enfance.) 

llest  universellement  reconnu  aujourd’hui  que  la  meil¬ 
leure  goutte  de  lait  pour  le  nourrisson  est  celle  que  luijdonne 
•a  mèie.  Le  lait  maternel  seul  permet  aux  bébés  d’éviter  les 
romplications  digestives,  si  graves  à  cet  âge. 

Malheureusement,  si  presque  toutes  les  femmes  peuvent 
nourrir,  il  yen  a  qui  n’ont  pas  la  quantité  suffisante  de  lait 
0“  un  lait  inférieur  en  qualité.  Dans  ces  cas  on  est  obligé  d’ai- 
uera  la  sécrétion  lactée,  de  la  renforcer.  Beaucoup  de  moyens 
préconisés  dans  ce  but,  aucun  n’a  tenu  ses  promes- 
,  y  meilleurs  résultats  ont  été  obtenus  avec  l’extrait  de  grai- 
u*V  “Bonnier,  comme  il  ressort  do  la  communication  de 
■  Barlerin  et  des  observations  d’autres  médeains.  Jusqu’à  ce 
les  moyens  préconisés  n'avaient  donné  que  des  ré- 
.  wts  nuis  ou  insignifiants.  Les  expériences  faites  avec  le 
tjt  (extrait  de  graines  de  cotonnier)  ont  permis  de  cons- 
<nu  efficacité  non  douteuse  et  ont  donné  parfois  des  ré- 
remarquables. 


S*;LL  U  I)U  SERVICE  UE  .S.INTÉ  COl.ONIAI,  DR  My 

dascrv'  rnédeein  principal  de  R»  classe  Clarac.  directeur 

Bomjjé'y  “e  santé  du  corps  d’armée  des  troupes  coloniales,  a  été 
•roonoo  de  l’Ecole  d’application  du  service  do  santé  des 

Ont  créée  è  Marseille. 

'■  M  yi'f  ?e®uiés  professeurs  à  ladite  Ecole  :  Clinique  interne 
M.  uaédecin-major  de  R'  classe.  Clinique  externe,  — 

^■Rieoli  ’  “p'iccin-major  de  R»  classe,  .inatomii  chirurgicale. 
^.®uud  m  classe.  Bactériologie.  —  M. 

P'’*ucii>al  de  2'classe.  jyeïdrci/ir  légale  et  a  lmi- 
pp^’.  Reboul,  médecin-major  de  R^'  classe.  Chimie, 
Les  n.'^*'®“^>Pharniacien-major  de  '1‘  classe. 

rs  de  l’Ecole  commenceront  le  R'  février  1907. 

exercice  de  médecine  et  de  pharmacie  d’ai.- 
*  '."‘'lue  suppléant  des  chaires  de  pathologie  et  de 

an  qi  ®^'’‘cale,  est  prorogé  dans  ses  fonctions,  du  18  fé- 
"  octobre  11107. 


BIBLIOGRAPHIE 


Des  centres  nerveux  autonomes  de  l’utérus  ;  par  le 

Prof.  J.  La  Top  RE.  (.Académie  royale  de  médecine  de  Borne, 

24  juin  1901). I 

Après  avoir  examiné  avec  diligence  l'état  actuel  de  la  ques¬ 
tion  sur  la  quelle  les  opinions  sont  des  plus  contradictoires, 
l’auteur  résuriie  ainsi  ses  études  : 

J’ai  pratiqué  mes  recherches  sur  les  nerfs  de  l’utérus  dans 
l’Institut  d'histologie  du  Prof.  Maguin,enemployantla  dernière 
méthode  de  Ramon  y  Cajal. 

Jedois  dire  que  nous  ne  sommes  que  deux  jusqu’à  présent, 
que  je  sache,  qui  nous  servons  de  telle  méthode  :  mon 
ami  le  1)'  K.eifrer,de  Bruxelles, et  moi,  travaillant  en  même 
temps,  et  sans  que  l'un  sache  de  l’autre. 

Il  y  a  quelques  semaines  seulement  que, lui  ayant  demande 
des  nouvelles  bibliographique.?  d’un  ouvrage  qu’il  avait 
publié  en  19Ü0,  nouvelles  qui  devaient  me  servir  pour  mon 
étude  sur  les  nerfs  de  l’utérus,  M.Iveifrer,  en  me  répondant, 
m’apprit  que, lui  aussi, était  en  train  de  faire  les  mêmes  re¬ 
cherches  avec  la  méthode  Ramon,  et  qu’il  avait  trouvé  les 
ganglions. 

J’ai  vu, en  effet, dans  un  des  derniers  numéros  de  la  Semahie 
médicale  que  M.  Keiffer  a  communiqué  à  l'Académie  mé¬ 
dicale  de  Belgique  le  résultat  de  ses  recherches, qui  l’ont  con¬ 
duit, lui  aussi, à  la  découverte  des  ganglions  le  long  du  cours 
des  nerfs  de  1  utérus. 

Moi  aussi,  j’ai  trouvé  des  ganglions  nerveux  dans  la  muscu¬ 
lature  de  l’utérus,  qui  constituent,  ainsi  que  je  l’ai  dit,  çies 
vrais  centres  nerveux  qui  expliquent  parfaitement  l’autono¬ 
mie  fonctionnelle  de  l’organe  de  la  gestation,  autonomie  que 
l’on  a  bien  des  fois  sentie  et  admise,  mais  jamais  encore  dé¬ 
montrée.  Donc,  M.  Keiffer  et  moi,  nous  avons  trouvé  les 
ganglions  nerveux  intra-utérins  qui  proviennent  du  grand 
sympathique." 

Mais  tandis  que  M.  Keiffer  a  étudié  le  développement  du 
système  nerveux  de  l’utérus  humain,  commençant  par  les 
embryons  de  trois  mois, et  s’arrêtant  aux  fœtus  de  deux  mois 
de  vie  extra-utérine,  moi, au  contraire  j’ai  fait  mes  recherches 
précisément  sur  l’utérus  adulte  d’une  chienne  accouchée. 

Je  puis  affirmer  donc  que  nos  recherches,  faites  indépen¬ 
damment  et  à  l’insu  l’un  de  l’autre,  se  confirment  et  se  com¬ 
plètent  réciproquement.  11  me  plaît,  en  outre,  de  dire  que, 
dans  ce  genre  de  recherches,  qui  ne  se  font  pas  dans  une  se¬ 
maine,  mais  pour  lesquelles  il  est  nécessaire  d’étudier  pen¬ 
dant  plusieurs  mois,  qui  sont  entourées  d'énormes  difficul¬ 
tés  techniques,  etc.,  quelques  jours  de  différence  entre  une 
publication  et  l’autre  ne  constituent  certainement  pas  un 
titre  de  priorité  ou  non. 

Dans  la  publication  in  exleiuo  de  mon  ouvrage,je  dirai  tout 
ce  qui  concerne  la  méthode,  la  technique,  les  difficultés,  et 
comment  se  réglérpour  les  surmonter,  et  je  compléterai  la 
partie  analytique  sur  le  cours,  la  distribution  et  la  terminai¬ 
son  des  nerfs  dans  l’utérus.  Je  présente  aujourd’hui, en  atten¬ 
dant,  des  figures  de  ganglions  et  de  cellules  nerveuses  qui  y 
sont  contenues,  figures  qui  donnent  aussi  une  idée  de  la  con¬ 
figuration  des  nerfs,  ganglions,  cellules  et  nerfs  qui  n’ont 
encore  jamais  été  décrits. 

Je  dirai  enfin  que  l’utérus  est  plein  deganglions  et  de  nerfs 
qui  courenten  tous  les  sons.  Les  ganglions  se  trouvent  soit 
sous  la  tunique  séreuse  péritonéale,  aussi  bien  qu’entre  les 
muscles,  et  ils  sont  si  nombreux  que  dans  un  champ  micros¬ 
copique  d  un  agrandissement  de  tOO  diamètres  environ,  on 
trouve  jusque  à  5  ganglions.  Les  nerfs  courent  tantôt  très  vo¬ 
lumineux,  tantôt  petits  entre  les  masses  musculaires,  et  ils 
sont  en  très  grand  nombre  dans  le  champ  vasculaire.  Selon 
ce  que  j’ai  pu  observer  jusqu  à  présent,  les  grands  ganglions 
se  trouvent  dans  la  zone  sous-séreuse,  ainsi  qu’on  les  voit 
dansles  figures  que  jeprésente. 

Je  présente  en  outre  des  figures  de  M.  Rein,  M.  Thivio  et  de 
M.  Keiffer  (1900)  pour  qu’on  puisse  faire  des  comparaisons 
entre  les  images  de  ce  que  I  on  croyait  auparavant  sur  les 
nerfs  intraiitérins,  et  ce  que  l’on  doit  croire  aujourd’hui.  La 


474 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


différence  entre  les  études  précédentes  et  les  miennes  mepor- 
tent  à  la  conclusion  que  l'anatomie  des  nerfs  de  l’utérus  est 
à  refaire,  étant  nécessaire,  pour  telle  étude,  de  se  baser  sur  la 
découverte  que  nous  avons  faite,  M.  Keiffer  et  moi. 

Pensée  inconsciente  et  vision  de  la  pensée  ;  par  le  pro¬ 
fesseur  D'’  Ai.b.  A0.A.MKIEWICZ,  traduit  de  l’allemand  par  la 
BARONNE  Henri  de  Rothschild  (1vol.  in-8,  de  9S  pages,  chez 
Rousset,  1,  rue  Casimir-Delavigne,  Paris  1906.  ) 

La  baronne  Henri  de  Rotchschüda  le  grand  mérite  d’offrir 
une  traduction  parfaite,  quant  au  fond  et  à  la  forme,  d'un 
ouvrage  philosophique,  et  par  conséquent  abstrait  et  difficile 
à  faire  passer,  de  l’allemand  obscur,  en  français  limpide. 

L’ouvragelui-mème  traited’une  thèse  déjà  connue  ;  l'origine 
cérébrale  de  la  conscience  et  de  la  pensée  inconsciente. 
Oa'est-ce  qui  constitue  le  fond  de  l’insconscient  et  que  nous 
apprend-il  Son  sujet  :  son  objet.  Mécanisme  des  apparitions 
«  spiritiques  »  :  évocation  des  morts  ;  mécanisme  de  la  pro¬ 
phétie  ;  puissance  créatrice  de  «  l’inconscient  »  ;  reproduc¬ 
tion  du  moi  ;  influence  de  l’inconscient  sur  la  conscience  ; 
effet  rétroactif  delà  connaissance  de  l’inconscient  sur  la  phy¬ 
siologie,  la  pathologie  et  la  pychologie  de  la  vie  psychique. 

Autant  de  problèmes  fort  captivants  qu’il  est  sans  doute  plus 
alléchant  d  étudier  dans  cette  traduction  que  dans  le  texte 
original,  en  raison  du  texte  admirable  de  clarlé  qu’offre  au 
public  français  la  baronne  Henri  de  Rotchschild.  Donc,  tous 
nos  sincères  compliments.  P.  G. 

Le  voisinage  du  chien  :  ses  dangers  ;  par  le  D''  Couppé 
DE  Lahongrais  (Paris,  Micbalon,  19ÜG  ) 

Après  avoir  essayé  de  fixer  la  physiologie  du  chien  à  travers 
les  âges,  l'auteur  groupe  en  deux  chapitres,  les  différentes 
maladies  dont  le  chien  peut  être  atteint  :  les  parasites,  et  les 
maladies  proprement  dites.  Les  tænias  seraient  très  fréquents 
chez  le  chien,  qu’il  s'agisse  du  dipylidiiim  caninum  ou  du 
tœnia  nana.  L'umf  du  dipylidium  caninum  esLfréquemment 
transmis  par  le  pou  ou  la  puce  du  chien;  aussi  convient- il  de 
l’en  préserver,  ce  qui  s’obtiendrait  en  mêlant  des  feuilles  de 
noyer  à  la  litière,  en  remplaçant  la  paille  par  du  chiendent, 
en  frictionnant  l’animal  avec  du  tabac  en  poudre,  ou  en  fai¬ 
sant  les  niches  dans  de  vieux  fûts  de  pétrole.  De  même  la  tei¬ 
gne,  la  gale,  nous  sont  transmis  par  le  chien.  Le  chapitre 
réservé  aux  maladies  proprement  dites  débute  par  la  rage  ; 
l'auteur  en  recherche  les  éléments  de  diagnostic,  qu’il  fixe 
très  heureusement.  L’échinococcose  sévit  souvent  parmi  les 
chiens, qui  la  transmettent  à  l’homme;  enfin  la  tuberculose  le 
frappe  également  en  dépit  de  l’erreur  commune  qui  le  dé¬ 
clarait  réfractaire  à  cette  maladie.  Cet  ouvrage  est  une  con¬ 
tribution  intéressante  à  l'œuvre  de  prophylaxie  individuelle. 


CORRESPONDANCE 


Royan  :  son  état  sanitaire. 

De  notre  correspondant  spécial  ; 

'  Une  épidémie  de  suette  miliaire  compliquée  de  fièvre 
typho'ide  en  Saintonge  ayant  été  signalée,  le  ministère  del’in- 
térieur  délégua  Monsieur  le  professeur  Ghantemesse  pour  se 
rendre  dans  les  localités  infestées.  H  résulte  de  son  enquête 
que  l’épidémie  est  limitée  à  1  arrondissement  de  Saintes  et 
qu’il  n’y  avait  rien  dans  l’arrondisseme.ît  de  Marennes,  et 
particulièrement  à  Royan.  En  .Saintonge  il  y  aurait  eu  3.890 
cas  de  suette  qui  ont  donné  35  décès. 

Tout  est  fini.  Les  mesures  préventives  sont  levées.  Les  ma¬ 
nœuvres  devant  avoir  lieu  aux  environs  de  Royan  avaient  été 
décommandées,  elles  sont  de  nouveau  ordonnées.  Les  foires, 
qui  avaient  été  interdites  pendant  trois  semaines  dans  les 
arrondissements  de  Saintes  et  de  Saint-Jean-d'Angély,  vien¬ 
nent  d’être  réautorisées.  On  ne  saurait  donc  voir  dans  les 
exagérations  qui  ont  couru  que  la  manifestation  d'un  mau¬ 
vais  esprit  envers  les  belles  plages  de  Royan,  Pontaillac, 
Saint-Georges  qui,  malgré  cela,  ont  vu  la  même  foule  de  bai¬ 
gneurs  affluer  celte  année. 


La  saison  s’annonce  fort  brillante,  la  belle  plage  royannaise  = 
n’a  pas  connu  un  seul  cas  de  suette.  Quant  à  la  fièviç  j 
typho'ide,  elle  ne  peut  plus  s’y  montrer  à  l’état  épidémique  ■ 
grâce  aux  excellentes  eaux  de  la  source  de  Pompières.  En  ré-  ' 
sumé,  l’état  sanitaire  de  Royan  est  excellent  (baigneurs  très 
nombreux),  parmi  lesquels  des  notabilités  de  tout  genre,  des 
hommes  politiques,  M.  Gombes,  sénateur,  \L  Torchut 
député,  etc.  ' 

oyan.  25  juillet. 

Marcel  Rournevillî!. 


VARIA 


Certificat d’—tudes  Médicales  supérieures. 

Art.  U-'.  —  H  est  institué  un  certificat  d’études  médicales 
supérieures. 

Art.  2.—  Gecertificatestdélivrépar  leMinistrede  l'Instruc¬ 
tion  publique  à  la  suite  d’un  examen  public  subi  devant  un 
jury  spécial  dont  les  membres  sont  nommés  par  arrêté  mi¬ 
nistériel. 

Art.  3.  —  Nul  n'est  admis  à  se  présenter  à  cet  examen  s’il 
n’est  pourvu  du  grade  de  docteur  en  médecine. 

Art.  4. —  L’examen  comprend  :  1°  Une  composition  d’a¬ 
natomie,  d’histologie  et  de  physiologie.  Quatre  heures  sont 
accordées  pour  cette  composition  qui  a  lieu  dans  une  salle 
fermée.  2°  Un  exposé  oral  d’une  demi  heure  au  maximum 
sur  une  question  de  pathologie  générale  fait  après  trois  heu¬ 
res  de  préparation  dans  une  salle  fermée.  Pour  la  composi¬ 
tion  et  pour  la  préparation  de  l’exposé  oral,  les  candidats  ne 
doivent  s’aider  d’aucune  note,  d’aucun  ouvrage  imprimé  ou 
manuscrit.  La  surveillance  est  organisée  par  le  président  du 
jury.  3°  Une  épreuve  pratique  d'anatomie  pathologique, 
jury  détermine  le  tempsaccordé  aux  candidats  pour  la  pré¬ 
paration  de  celte  épreuve  et  pour  l’exposé  des  résultats  de 
leur  travail. 

Pour  l’épreuve  écrite, il  est  donné  trois  sujets  entre  lesquels 
les  candidats  ont  le  droitde  choisir.  Ghaque  candidat,  après 
avoirsigné  sa  composition, la  remet  au  président  qui  la  vise. 
Les  compositions  sontlues  par  les  candidats  en  séance  publi¬ 
que  sous  le  contrôle  d’un  des  juges. 

Pour  l’épreuve  orale,  chaque  candidat  tire  au  sort  une  en¬ 
veloppe  contenant  trois  sujets  entre  lesquels  il  a  le  droit  de 
choisir.  Le  jury  arrête  tous  lessujetsdes  épreuves  orales  avant 
le  commencement  de  ces  épreuves. 

Art.  5.  —  Les  aspirants  au  certificat  d’études  médicales  su¬ 
périeures  ne  sont  pas  tenus  de  subir  les  trois  épreuvesdans  la 
même  session.  Ilspeuvent  ne  s’inscrire  à  la  même  session  qu® 
pour  une  ou  deux  épreuves  à  leur  choix.  Le  candidat  adnn 
à  une  épreuve  conserve  le  bénéfice  de  son  admission.  H 
en  réclamer  l'attestation  au  président  du  Jury.  Le  bénejiM 
n’est  délivré  qu'autantque  le  candidat  a  été  déclaré  admis 
chacune  des  trois  épreuves.  .  ^ 

Art.  6.  —  Ghaque  épreuve  donne  lieu  à  une  noteexprim 
par  un  chiffre  variant  de  0  à  20.  Pour  être  déclaré  admis  a  ^ 
épreuve,  le  candidat  ne  doit  pas  avoir  obtenu  une  note  10 
rieure  à  15.  Le  candidat  qui  aura  obtenu  pour  une 
une  note  inférieure  à  10  ne  pourra  pas  subirde  nouveau  c 
épreuve  avant  une  année.  _ 

L'admission  et  l’ajournement  sont  prononcés  après  de  1 
ration  du  Jury.  .  r 

Art  .  7.  —  Le  Jury  est  composé  de  neuf  juges  choisis 
ministre  de  ITnstruction  publique  parmi  les  et 

laires  et  honoraires,  les  agrégés  des  Facultés  de 
des  Facultés  mixtes  de  Médecine  et  de  Pharmacie.  A“ 
Faculté  ne  peut  être  représentée  dans  le  Jury  par  P 
quatre  membres.  par 

Art.  8.  —  Le  jugement  peut  être  valablement  ren 
cinq  juges.  Apres  la  session,  le  Président  adresse  au  m 
un  rapport  sur  les  résultats  des  examens.  .gpl.  A  ^ 

Art.  9. —  La  première  session  s’ouvrira  en  octobre  | 

partir  du  janvier  1908,  les  sessions  d’examen  ( 

deux  fois  par  an.  Un  arrêté  ministériel  désigne  la  r  a 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


475 


siège  de  laquelle  aura  lieu  chaque  session.  Les  dates  des  ses¬ 
sions  et  les  dates  d'ouverture  du  registre  d'inscription  sont 
également  fixées  par  arrêtés  ministeriels. 


Le  projet  d’arrêté  suivant  détermine  les  fonctions  pour 
lesquelles,  dans  les  Facultés  de  Médecine,  sera  exigé 
le  Certificat  d  études  médicales  supérieures. 

4rt.  —  Pe  Certificat  d’études  médicales  supérieures  est 
exigé  des  candidats  :  1°  aux  fonctions  d’agrégé  et  de  chargé 
de^urs  complémentaires  dans  les  Facultés  de  Médecine  et 
dans  les  Facultés  mixtes  de  Médecine  et  de  Pharmacie  (sec¬ 
tion  de  Médecine)  ;  2“  aux  fonctions  de  chef  des  travaux  dans 
lesFacultés  de  Médecine  et  dans  les  Facultés  mixtes  de  Méde¬ 
cine  et  de  Pharmacie  (section  de  Médecine). 

Art.  2.  —  Les  docteurs  en  médecine  pourvus  du  certificat 
d’études  médicales  supérieures  peuvent  être  nommés  sans 
concours  aux  fonctions  de  chef  de  clinique  dans  les  Facultés 
de  Médecine  et  dans  les  Facultés  mixtes  de  médecine  et  de 
pharmacie.  Ils  sont  nommés  par  le  Recteur  sur  présentation 
du  Doyen . 

.Art.  i.  —  Les  dispositions  prévues  à  Fart  !=*■  ne  sont  pas 
applicables  aux  chargés  de  cours  complémentaires  et  aux 
chefs  de  travaux  en  fonctions  à  la  date  de  la  promulgation 
du  décret  portant  institution  du  certificat  d'études  médicales 
supérieures. 

Agrégations  des  Facultés  de  Médecine. 

Article  premier.  —  L'agrégation  des  Facultés  de  médecine 
etdes  Faculéts  mixtes  de  médecineetde  pharmacie  comprend 
les  sections  déterminées  ci-après. 

I.  —  Médecine. —  Anatomie  humaine  et  comparée;  Histolo¬ 
gie  et  embryologie  ;  Physiologie:  Physique  biologique  et  mé¬ 
dicale  ;  Chimie  biologique  et  médicale  et  pharmacologie  : 
Sciences  naturelles  appliquées  à  la  médecine  ;  Pathologie 
générale  et  médecine  interne;  Anatomie  pathologique:  Méde¬ 
cine  expérimentale  et  comparée  ;  Thérapeutique  ;  Hygiène  ; 
Médecine  légale  ;  Maladies  nerveuses  et  psychiatrie  ;  Maladies 
cutanées  et  syphilitiques  ;  Chirurgie  générale  ;  Obstétrique  ; 
Chirurgie  infantile  et  orthopédie  ;  Ophtalmologie  ;  Maladies 
du  larynx,  du  nez  et  des  oreilles  ;  Gynécologie;  Maladies  des 
Voies  uriûaires. 

H.  —  Pharmacie.  —  Pharmacie  et  matière  médicale. 

Art. 2.  —  H  est  ouvert  un  concours  spécial  pour  chaque 
section. 

Art.ll.  —  Aiul  n’est  admis  à  se  présenter  au  concours  (sec- 
bon  de  médecinei,  s’il  ne  se  justifie  du  gradé  de  docteur  en 
®edecine  et  du  certificat  d’études  médicales  supérieures.  Tou- 
j  is  les  docteurs  en  médecine  pourvus  du  diplôme  de  doc- 
®ur  ès  sciences  physiques  ou  du  diplôme  supérieur  de  phar¬ 
macien,  peuvent  s’inscrire  en  vue  de  l’agrégation  biologique 
medicale  ou  de  l’agrégation  de  chimie  biologique  et  médi- 
pharmacologie  s  ils  ont  subi  avec  succès  l'examen  du 
fliBcat  d'études  médicales  supérieures  correspondant  à 
natomie,  l'histologie  et  à  la  physiologie.  Les  docteurs  en 
^«aecine  qui  sont  pourvus  du  diplôme  de  docteur  ès  scien- 
î'®,^.'arelles  ou  du  diplôme  supérieur  de  pharmacien,  peu- 
s’il  ® ‘“écrire  en  vue  de  l’agrégation  des  sciences  naturelles 
^'ahiavec  succès  la  partie  de  l’examen  du  certificat 
gie  médicales  supérieures  correspondant  à  la  patholo- 

~  Les  grades  dont  les  candidats  aux  fonctions  d’a- 
de  pharmaciei  dans  les  Facultés  mixtes  de 
de  pharmacie  doivent  justifier  sont  :  soit  le  doc- 
et  le  certificat  d’études  médicales  supé- 
tat  è-**  pharmacien  de  D“  classe  et  le  docto- 

physiques  ou  naturelles:  soit  le  diplôme  supé- 
Aft  -  pharmacien. 

j„.'  Les  épreuves  du  concours  sont  : 

de  titres.  Elle  consiste  en  un  exposé  public 
®Preuv*^  1  ®®'’‘l'dat  de  ses  travaux  personnels. En  \-ue  Recette 
dfisgj  candidat  est  tenu  de  fournir  une  notice  imprimée 
sera  le travaux  scientifiques.  Le  format  de  la  notice 
mmat  prévu  par  l’arrêté  du  l»--  mai  181111  pour  les  thè¬ 


ses  de  doctorat  en  médecine.  Les  candidats  doivent  déposer 
en  outre  un  exemplaire  de  chacune  de  leurs  publications. 

2“  Üneépreuve  théorique. Elle  consiste  en  une  leçon  orale 
de  trois  quarts  d’heures  faite  après  quatre  heures  de  prépa¬ 
ration  dans  unesalle  fermée,  sur  une  question  se  rattachant 
à  l'ordre  d’enseignement  pour  lequel  le  candidat  est  inscrit. 
Le  candidat  choisit  entre  trois  sujets  contenus  dans  une  en¬ 
veloppe  tirée  au  sort. 

La  surveillance  est  organisée  par  le  Président  du  Jury. 

Les  ouvrages  qui  se  trouvent  à  la  Bibliothèque  universi¬ 
taire  sont  mis  à  la  disposition  du  candidat,  sur  sa  demande. 

;>“  Une  épreuve  pratique.  Pour  chaque  ordre  d’agrégation, 
le  Jury  détermine  la  nature  de  l’épreuve  priitique,  sa  durée 
et  la  durée  de  l’exposé  oral  public  où  le  candidat  rend  compte 
de  cette  épreuve. 

.Art.  6.  — Les  Jurys  des  concours  sont  nommés  par  le  Mi¬ 
nistre.  Ils  sont  constitues  ainsi  qu’il  suit  pour  les  différentes 
sections  de  l'agrégation  : 

Section  d'anatomie  humaine  et  comparée  e',  section  d'Iiislologie 
et  embryologie.  —  En  seul  Jury  composé  de  cinq  juges  titu¬ 
laires  :  deux  professeurs  d’anatomie  ;  un  professeur  d'anato¬ 
mie  comparée  ou  d’embryologie  ;  deux  professeurs  d'histo¬ 
logie  ;  deux  juges  suppléants. 

Section  de  physiolo-^ie.  —  Trois  juges  titulaires  :  deux  pro¬ 
fesseurs  dephysiologie  ;  un  professeur  d’histologie,  de  physi¬ 
que  médicale,  de  chimie  médicale  ou  de  médecine  expéri¬ 
mentale  ;  deux  juges  suppléants. 

Section  de  physique  biologique  et  médicale.  —  Trois  juges  ti¬ 
tulaires  :  deux  professeurs  de  physique  ;  un  professeur  de 
phy.siologie  ou  de  médecine  expérimentale  ;  deux  juges  sup¬ 
pléants. 

Sectiooi  de  chimie  biologique  et  médicale  et  pharmacologie. 
—Trois  juges  titulaires  :  deux  professeurs  de  chimie  (le  pro¬ 
fesseur  de  chimie  peut  être  remplacé  par  un  professeur  de 
pharmacologie)  ;  un  professeur  de  physiologie  ou  de  méde- 
rine  expérimentale  ;  deux  juges  suppléants. 

Section  des  sciences  naturelles  appliquées  ci  la  médecine.  — 
Trois  juges  titulaires;  deux  professeurs  d’histoire  naturelle; 
un  professeur  de  pharmacologie  ou  de  médecine  expérimen¬ 
tale  ;  deux  juges  suppléants. 

Section  de  pathologie  générale  et  médecine  interne.  —  Sept  ju¬ 
ges  titulaires:  un  professeur  d’anatomie  pathologique,  ou  un 
professeur  de  médecine  expérimentale.  Les  autres  juges  se¬ 
ront  choisis  parmi  les  professeurs  de  pathologie  générale,  de 
pathologie  interne,  de  thérapeutique,  de  clinique  médicale  et 
des  cliniques  médicales  spéciales  ;  trois  juges  suppléants. 

.Section  d'anatomie  pathologique.  — Cinq  juges  titulaires; 
deux  professeurs  d’anatomie  pathologique  ;  un  professeur 
d'histologie  ;  un  professeur  de  pathologie  générale  ou  de 'pa¬ 
thologie  expérimentale;  un  professeur  de  médecine  interne  ; 
deux  juges  suppléants. 

Section  de  médecine  expérimentale  et  comparée.  —  Trois  ju¬ 
ges  titulaires:  un  professeur  de  médecine  expérimen taie  ;  un 
professeur  de  pathologie  générale,  de  médecine  interne,  de 
thérapeutique,  d'hygiène  ou  d’anatomie  pathologique  ;  un 
professeur  d'histologie  ou  de  physiologie  ;  deux  juges  sup¬ 
pléants. 

Section  de  thérapeutique.  —  Trois  juges  titulaires:  un  pro¬ 
fesseur  de  thérapeutique  :  un  professeur  de  médecine  interne; 
un  professeur  dephysiologie  ou  de  pharmacologie,  deux  ju¬ 
ges  suppléants. 

Section  d'hygiène.  —  Cinq  juges  titulaires  :  deux  professeurs 
d'hygiène  ;  un  professeur  de  physiologie  ;  un  professeur  de 
physique  médicale  ou  de  chimie  médicale  :  un  professeur  de 
médecine  interne  ou  de  médecine  expérimentale  ;  deux  juges 
suppléants. 

Sectionde  médecine  légale.  —  Cinq  juges  titulaires:  deux 
professeurs  de  médecine  légale  ;  un  professeur  de  médecine 
mentales  ;  un  professeur  de  chimie  ou  de  pharmacologie  ;  un 
professeur  de  pathologie  médicale,  de  pathologie  chirurgicale 
ou  de  clinique  obstétricale  ;  deux  juges  suppléants. 

.Section  dès  maladies  nerretises  et  psychiatrie.  —  Cinq  juges 
j  titulaires  ;  dfux  professeurs  de  pathologie  nerveuse  ;  deux 
1  professeurs  de  pathologie  mentale  ;  un  professeur  de  méde- 


476 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


cine  interne  ou  d’anatomie  pathologique:  deux  juges  sup¬ 
pléants. 

Üeclion  des  maladies  riUanées  cl  sypliilitûjiies.  —  Trois  juges 
titulaires  :  deux  professeurs  de  clinique  des  maladies  cuta¬ 
nées  et  syphilitiques  ;  un  professeur  de  pathologie  générale 
ou  de  médecine  interne  ;  deux  juges  suppléants. 

Section  de  chiruryie  ycnérale.  —  Sept  juges  titulaires  :  les 
juges  seront  choisis  parmi  les  professeurs  de  pathologie  ex¬ 
terne,  de  clinique  chirurgicale,  de  médecine  opératoire  et  des 
cliniques  chirurgicales  spéciales  ;  trois  juges  suppléants. 

Scclionde  chirurgie  infantile  et  orthopédie.  — Trois  juges  ti¬ 
tulaires;  deux  professeurs  de  chirurgie  infantile  et  d’orthopé¬ 
die  ;  un  professeur  de  clinique  chirurgicale;  deux  juges  sup¬ 
pléants. 

Section  d’ophtalmologie.  —  Trois  juges  titulaires  ;  deux  pro- 
seurs  de  clinique  ophtalmologique  ;  un  professeur  de  phy¬ 
sique  médicale,  de  pathologie  nerveuse  ou  de  médecine  in¬ 
terne;  deux  juges  suppléants. 

Section  des  maladies  du  lai  ynxdu  nez  cl  des  oreilles.  —  Trois 
juges  titulaires  :  deux  professeurs  des  maladies  du  larynx  du 
nez  et  des  oreilles  ;  un  professeur  de  chirurgie  ou  de  méde¬ 
cine  ;  deux  juges  suppléants. 

Section  de  gynécologie.  —  Trois  juges  titulaires  :  deux  pro¬ 
fesseurs  de  gynécologie;  un  piofesseur  de  chirurgie  ;  deux 
juges  suppléants. 

Section  des  maladies  des  voies  urinaires.  —  Trois  juges  titu¬ 
laires  :  deux  professeurs  de  clinique  des  maladies  des  voies 
urinaires;  un  professeur  de  chirurgie;  deux  juges  sup¬ 
pléants. 

Section  d'obstétrique.  — Trois  juges  titulaires  :  deux  profes¬ 
seurs  d  acco  uchements  ;  un  professeur  de  chirurgie  ;  deux 
juges  suppléants. 

Section  de  pharmacie  et  matière  médicale.  —  Trois  juges  ti¬ 
tulaires  :  deux  professeurs  de  pharmacie  ;  un  professeur  de 
botaniciue  ou  dé  matière  médicale  ;  deux  juges  suppléants. 

Art.  7.  —  Peuvent  être  appelés  à  faire  partie  des  jurys  les 
membres  de  l'Institut  et  de  l’Académie  de  Médecine,  les  pro¬ 
fesseurs  du  Collège  de  France,  du  Muséum  d  histoire  natu¬ 
relle  et  des  Facultés  des  Sciences,  les  professeurs  honoraires, 
les  agrégfs  et  les  chargés  de  cours  des  Facultés  de  Médecine 
et  des  Facultés  mixtes  de  Médecine  et  de  Pharmacie. 

Al  t.  8.  —  Aucune  Faculté  ne  peut  être  représentée  dans  le 
Jury  par  plus  du  tiers  des  juges. 

.■\rt.  9.  —  Les  présentes  dispositions  seront  appliquées  aux 
concours  qui  serontouverts  pendant  l’année  scolaire  1909-1910. 

.\rt.  19.  —  Les  docteurs  en  médecine  candidats  à  l'agréga¬ 
tion  et  déclarés  admissibles  dans  les  concours  antérieurs  sont 
dispensés  du  certificat  d’études  médicales  supérieures. 

Arl.  1 1.  -  Les  agrégés  sont  nommés  d'après  une  liste  dres¬ 
sée  par  le  jury  par  ordre  de  mérite.  Suivant  leur  rang  de  clas¬ 
sement,  ils  sont  appelés  à  désigner  la  Faculté  à  laquelle  ils 
désirent  être  attachés.  11  est  tenu  également  compte  du  lang 
de  classement  si.  encas  de  vacance  d'une  place  d’agrégé  dans 
une  autre  Faculté,  ils  demandent  à  y  être  transférés. 

.\rt.  19.  —  Seront  abrogées,  à  partir  de  l'entrée  en  vigueur 
du  régime  établi  par  le  présent  arrêté,  les  dispositions  con¬ 
traires  des  statuts  du  16  novembre  1874ct  du  9?  octobre  1880 
et  de  l’arrêté  du  30  juillet  1887. 

Exercices  spéciaux  du  service  de  santé 
(Du  30  juillet  au  3  août  1906.) 

Programme  gcnéraldes  exercices  :  1’^’=  journée,  lundi  30  juil¬ 
let. — 8  heures  matin  :  réunion  des  officiers  à  l’Ecole  supé¬ 
rieure  de  guerre,  avenue  de  La  Motte-Piquet  (en  face  du  mi¬ 
lieu  de  la  galerie  des  machines).  —  9  heures  :  Instructions 
préliminaires  par  un  officier  d’état-major  et  par  le  directeur 
lechnique. -V  partir  de  1  h.  30,  chargement  et  organisation 
des  formations  sanitaires  aux  docks  du  service  de  santé,  7, rue 
Larmeroux,  à  \anves. 

4  h  30  soir.  —  Formations  du  parc  dans  la  cour  de  l’Ecole 
militaire,  place  Fontenoy. 

2‘ Journée,  mardi  31.  —  4  heures  matin.  —  Départ  des  voi¬ 
lures  du  parc  pourle  bastion 87  près  la  porte  d’Italie.— 5  h. 15  : 
Constitution  des  formations  sanitaires  au  bastion  87.  Départ 
pour  Juvisy.  Service  démarché  et  cantonnement.--  2  à5  heu¬ 


res  :  Démonstrations  et  services  pratiques  dans  les  forma-*  * 
lions  sanitaires. 

3‘ journée,  mercre ti  1’^’’  août.  —  7  heures  matin.  —  Jijf" 
che  de  l'ambulance  divisionnaire  à  la  suite  d’une  colonae 
d’avant  garde.  —  8  h.  30.  Combat  d'une  brigade  d’infanterie 

dans  la  vallée  d  Yvette,  i"-  phase  :  .Yltaquc  des  villages  de 
Grand-Balisyct  de  Gravigny.  Fonctionnement  du  service  de 
santé  régimentaire.  2^  phase  :  Pri-^e  de  ces  villages  ;  entrée  en 
action  des  deux  sections  de  l’ambulance.  5  à  6  heures  dd 
soir  :  Ile'è\e  delà  P'"  section  del’ambulance  divisionnaire  par 
l’hôpital  de  campagne.  —9  heures  soir  :  Exploralion  noctur¬ 
ne  du  champ  de  bataille  à  l'ouest  d'Epinay. 

journée,  jeudi,  —  8  h.  30  malin.  —  .\tlaque  de  Longl 
jumeau.  Fonctionnement  du  service  île  Pavant.  Service  régi¬ 
mentaire.  Fonctionnement  d’une  section  de  l’ambulance  "de 
corps  et  d’une  section  de  l’ambulance  divisionnaire.  —  Après 
i  9  heures  soir  :  Evacuation  des  blessés  des  ambulances  par 
I  convoi  sur  route.  —  Tout  le  jour.  Fonctionnement  del’hôpi- 
j  tal  de  campagne  ii  Savigny-sur-Orge. 
j  .>  journée,  vendredi  3.  —  1  heures  malin  ;  Organisation 
d’un  convoi  d'évacuafon  des  blessés  de  1  hôpital  de  campa¬ 
gne.  Départ  pour  Ju\isy.  —  9  heures  :  Organisation  ctfonik 
lionnement  d'un  hôpital  d’évacuation  à  Juvisy.  FormatiiSf 
•2t  chargement  d’un  train  sanitaire  improvisé,  d’un  convoi 
sur  Seine.  —  10  à  1 1  heures  :  Fonctionnement  d’une  infirme¬ 
rie  de  gare  à  la  gare  du  Triage,  à  Juvisy. — 2  heures  soir: 
Départ  des  formations  sanitaires  de  Juvisy  pour  Paris. — 

5  heures  :  Dislocation  des  formations  sanitaires  au  bastion 
87.  Retour  des  voilures  à  l'Ecole  militaire. 

Renseignements  généraux.  —  Les  exercices  spéciaux  auront 
lieu  sous  la  direction  de  .M.  le  général  de  brigade  Bolgertet 
la  direction  technique  de  M.  le  médecin  principal  de  P'cl.. An- 
tony.  MM.  les  médecins-majors  de  F'  cl.  Bonnet,  de  2'  cl. 
Visbecq  donneront  à  MM.  les  officiers  de  réserve  et  de  l'armée 
territoriale  tous  les  renseignements  nécessaires  sur  la  marche 
des  opérations  et  le  fonctionnement  des  divers  services.  Terne 
pour  les  officiers  prenant  part  aux  exercices  :  tenue  de  cam¬ 
pagne  (giberne et  brassard'. 

Voyages  d’études  médicales  aux  stations 
hydrominérales  et  climatiques  de  France. 

Le  S‘  Voyage  d'études  médicales  aura  lieu  du  1"  au  19  sep¬ 
tembre  I90(').  —  Il  comprendra  les  stations  de  Savoie  et  du 
Dauphiné  :  Ilauteville  (SanaloriumI,  Evian,  Thonon,  Saint- 
Gervais.  Chamonix,  Annecy,  .Aix,  Marlioz,  Le  Revard,  ChalleSi 
i  Salins-Moutiers,  Brides,  Pralognan,  Allevard,  Bouquéron. 
Motte,  Triage.  Le'V.  E.  M.  de  1906--  comme  les  sept  préccy 
dents  —  est  placé  sous  la  direction  scientifique  du  Doct^r 
Landouzy,  professeur  de  Clinique  Médicale  à  la  Faculté  de 
Médecine  de  Paris,  qui  fera  surplace  des  conférences  sur  » 
médication  hydrominérale,  ses  indicationset  ses  applications. 
Réduction  de  moitié  prix  sur  tous  les  chemins  de  fer  pouf 
se  rendre,  de  son  lieu  de  résidemee,  au  pointde  concentraliop- 
Lyon.  Les  médecins  étrangers  Tjénéficient  de  cette  réduction 
à  partir  de  la  gare  d’accès  sur  le  territoire  français.  Même  ré¬ 
duction  est  accordée,  àla  fin  delà  tournée,  au  point  de  disjO' 
cation  :  Triage,  pour  retourner  à  la  gare  qui  a  servi  de  poio 
de  départ. 

De  Lyon  à  Lriage,  prix  à  forfait:  300  fr.  pour  tous  les  frai^^ 
chemins  de  fer,  voitures,  hôtels,* nourritures,  transports  *- 
bagages,  pourboires.  . 

Bourses  de  voy.vge.  —  Quatorze  bourses  de  voya^^ 
données  au  V.  E.  M.  de  1906.  L’attribution  en  a 
comme  suit  par  leurs  fondateurs  :  F  Bourse  du 
Ilenrot  :  un  Interne  des  hôpitaux  de  Reims.  2“  Bourse  de 
Société  de  Chàtel  Guyon  ;Puy-de-Dômel  :  un  Interne  des  hoi^ 
taux  de  Paris.  3“  Bourse  du  Conseil  municifral  des  Eaui' 
nés  (Basses-Pyrénées)  :  «  un  Médecin,  à  la  fois 
Concours  médical  et  de  l’Association  générale  des 
de  France  ».  4»  Bourse  de  la  Compagnie  générale 
minérales  et  bains  de  mer  :  un  Etudiant  ayant  passé  sa 
de  doctorat  àla  Faculté  de  Médecine  de  Bordeaux.  .Cer¬ 
née  scolaire  1905-1906.  5°  Bourse  de  la  Société  desEau^^^ 
males  d’Evaux-les-Bains  (Creuseï  :  «  un  mcmbrcdii 
médical  affilié  à  l’.Association  des  Médecins  de  France  »- 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


lî8JllliT«uSïlLISM«liCÎBIIllCllLffii 


î  HUILE  GRISE  STERILISEE  &  L\DOLOUE  DE  VICIER  A  40  0/0  DE  JIERCURE 

T  PrU  du  flacon  :  *  f.  *3  ;  duiihle  flacon  :  i  f.  «5.—  Un  centimètre  cube  représente  O  gr.50  cent,  de  mercure  métalli( 


Prix  du  flacon  :  9  f.  9â  ;  double  flacoi 
A  Dose  ordinaire  :  pour  Homme  adulte  :  Ui 
?  pendant  7  semaines.  —  Repos  5  semaines. 

♦  mercure  par  semaine  pendant  5  semaines.  ■  -  . 

A  Injection  de  1  centigramme  de  mercure.  Pour  ce  genre  d’injection  il  est  préférable  de 
w  k  i5  divisions,  dont  chaque  division  correspond  exactement  à  /  centigramme  de  mercure 


e  injection 
-  Faire  une  2-  série, 
7  semaines. 


- laire  de  8  centigrammes  de  mercure  par  semaine,  ^ 

etc.— Femme  adulte  :  Une  injection  de  7  centigrammes  de  ^ 

—  Faire  une  2”  série,  etc _ Enfants  à  partir  de  3  ans  :  ▼ 

servir  d'une  seringue  spéciale  A 
nétallique.  ^ 


SeriDgae  du  D'  Barlhcleray 


Nouveau  modèle  déposé  ^ 

♦ 


♦ 

% 

I  HUILE  AU  CALOMEL  STÉRILISÉE  ET  INDOLORE  DE  VIGIER  { 

▲  à  0  gr.  05  centigrammes  par  centimètre  cube.  —  PRIX  DU  FLACON  :  2  FR.  25  ^ 

DOSE  ORDINtlRE  ;  Injecte'-  une  seringue  de  Prava:^  tous  les  to  jours.— Faire  une  série  de  5  infections.— Repos.— Faire  une  2’ série. etc.  a 
BIIOnrRÊE  ITVIPOI.ORE  VIKIER  à  0  gr.004  millig.  par  centimètre  cube,  et  à  0  gr.  01  centig.  par  cent.  cube.  W 

^  Pharmacie  VIGIER.  12,  boulevard  Bonne-Nouvelle  ^ 


NOUVEAU  SEL  DE  QUININE 


Formiate  basique  de  quinine  Lacroix 


r,20H’-*Az2O2,  C02H2 


QUINOFORME 


Le  plus  soluble  et  le  plus  riebe  des  Sels  connus 

renferme  8 7, 5 S  /o  de  Quinine 
bonne  des  solutions  injectables  NEUTRES  et  INDOLORES 

^AÇRoix  ^  gg  3 J  Jjjjg  Pbilippe-de-GIrard,  PARIS. 


PARIS 
9,  rue  Paul-Baudry 


INSTITOTMÉDICO-PiieOGlIli 

POD*  LE  TRAITEMENT  ET  l’ÉDDCATION 

DES  ENFANTS  NERVEUX  S  ARRIÉRÉS 

MÉDECIN-DIRECTEUR  :  D'  BOÜRNEVILLK 
Médecin  de  la  section  des  enfants  arriérés 
et  nerveux  de  Bicitre 

VItpy,  près  Paris,  22,  rue  Saint-Aubin 


L'Institut  médico-pédagogique  est  des 

tiné  : 

1*  Aux  enfants  présentant  de  rinstabilité 
mentale  et  sujets  à  des  impulsions  mala¬ 
dives  qui  les  empêchent,  quoique  possédant 
un  certain  développement  de  l’intelligence, 
de  se  soumettre  à  la  règle  des  lycées  ou  des 
pensions,  et  qui  ont  par  conséquent  besoin  à  la 
fois  d’une  méthode  d’éducation  spéciale,  et 
d’une  discipline  particulière  ; 

Aux  enfants  arriérés,  faibles  d’esprit  à 
tous  les  degrés  ; 

3*  Enfin  aux  enfants  atteints  d'affections 
nerveuses  compliquées  ou  non  d'accidents 
convulsifs. 

Les  enfants  de  ces  diverses  catégories 
forment  des  groupe  s  tout  à  fait  distincts. 

L’établissement  où  se  trouvent  réunis  tous 
les  moyens  d’instruction  et  d’éducation  em¬ 
ployés  dans  le  service  de  Bicétre,  est  placé  au 
milieu  d’un  parc  superbe,  sur  le  versant 
d’une  colline,  et  dans  les  meilleures  conditions 
d’hygiène.  Les  enfants  y  sont  l’objet  de  soins 
spéciaux  appropriés  à  leur  situation  intellec¬ 
tuelle  et  physique. 

Moyens  de  communication  :  Tramways 
du  Châtelet  à  Vltry  et  à  Ghoisy-le-Roi.  — 
Voitures  de  place. 

S'adresser  pour  renseignements  à  M.  le 
D'  Bourreville,  14,  rue  des  Carmes,  à  Paris, 
le  mercredi  et  le  vendredi,  de  i  heure  à  3 
heures.  Ecrire  pour  rendez-vous. 


LE  PROGRES  MÉDICAL 


yi 


DES  ENFANTS  ANORMAUX 

et  en  particufier  des  Arriérés,  Nerveux,  Epileptiques 
et  Aliénés.  (Assistance,  Traitement,  Education). 

La  Gazette  des  Bains  de  Mer  de  Royan  du  14  septembre  a 
relaté  un  acte  de  Sadisme  commis  par  un  malheureux,  deux 
fois  anormal,  car  il  est  atteint  de  surdi-mutité  ci  d'arriération 
intellectuelle,  compliquées  de  perversion  morale.  Ce  cas  n’est 
pas  une  exception.  Des  actes  répréhensibles  de  tous  genres 
sont  commis  journellement  par  des  anormaux,  sourds-muets 
et  idiots,  adultes  et  enfants.  Les  journaux  en  rapportent 
fréquemment  des  exemples,  sans  compter  les  séquestra¬ 
tions  ou  les  mauvais  traitements  dont  ils  sont  l’objet  dans 
leurs  familles.  Beaucoup  d'enfants  martyrs  sont  des  mala¬ 
des  que  leurs  parents  considèrent  comme  vicieux  et  aux¬ 
quels  ils  infligent  des  corrections  de  plus  en  plus  violentes, 
barbares. 

Ces  anormaux  adultes,  après  une  enfance  et  une  adoles¬ 
cence  plus  ou  moins  accidentées  ou  misérables,  devien¬ 
nent  dangereux,  commettent  des  vols,  des  attentats  divers, 
des  actes  de  sadisme,  comme  le  sourd-muet  imbécile  dont 
nous  venons  de  parler.  Ils  sont  arrêtés,  parfois  condamnés 
à  tort,  ou  envoyésdans  unasiled’aliénés.leurvéritable place, 
d’autres  fois  relâchés.  C’est  ce  qui  a  eu  lieu,  par  exemplè, 
pour  notre  sourd  et  muet  ;  on  l'a  relaxé,  après  ses  premiers 
méfaits, — desvols,  —  jugeant  qu'il  avait  agisans  discer¬ 
nement.  En  liberté,  ces  malades  recommencent,  sont  la 
risée  du  public,  l’objet  de  vexations  de  la  part  des  enfants 
qui  s’en  amusent.  En  tous  les  cas,  qu’anormaux  adultes  | 
soient  emprisonnés  ou  hospitalisés,  ils  sont  une  charge  pour 
la  Société.  A  cause  de  leur  âge,  qui  les  rend  incurables,  les 
sacrifices  sont  faits  en  pure  perte.  C’est  pendant  leur  en¬ 
fance  qu'il  aurait  fallu  s'occuper  d’eux.  «  A  l’asile  d’aliénés, 
a  dit  le  docteur  Courjon  dans  une  Intéressante  communi¬ 
cation  au  Congrès  d’ Ajaccio  de  l’Association  française  pour 
l’avancement  des  sciences  (1901),  les  anormaux  sont’  protégés 
contre  les  dangers  de  la  rue,  soit  ;  mais,  par  contre,  mélan¬ 
gés  le  plus  souvent  aux  aliénés  adultes,  ils  sont  exposés  à 
tous  les  inconvénients,  à  tous  les  périls  d’une  promiscuité 
parfois  révoltante  ;  fautede  recevoir  les  soins  pédagogiques 
utiles,  ils  voientleur  étal  s’aggraver  de  jour  en  jour...  Pla¬ 
cer  un  idiot  dans  un  asile  d'aliénés,  au  lieu  de  le  mettre  dans 
un  établissement  d’éducation  spéciale,  sous  prétexte  de 
moindre  dépense,  revient  à  enfermer  un  malade  dans  un 
hôpital  où  on  le  laisserait  mourir  sans  secours,  faute  de 
médicaments  qui  le  sauveraient  et  parce  que  ces  médica¬ 
ments  sont  trop  coûteux.  » 

-Aujourd’hui,  on  sait  qu'il  est  possible'  de  guérir  souvent, 
d’améliorer  presque  toujours,  la  majorité  de  ces  malheureu¬ 
ses  victimes  de  l'hérédité,  de  l'alcoolisme  des  procréateurs, 
des  accidents  de  la  grossesse,  d'une  mise  au  jour  laborieuse, 
des  maladies  infectieuses,  des  convulsions,  des  traumatis¬ 
mes  de  la  tête  (1),  des  mauvaises  habitudes,  etc.  Dans  l’in¬ 
térêt  de  ces  enfants,  dans  son  propre  intérêt,  que  doit  faire 
la  Société  ? 

Pour  tous,  il  faut  créer  des  asiles-écoles  et,  en  outre,  dans 
les  villes,  des  classes  spéciales,  et  les  y  soumettre  au  traite¬ 
ment  médico-pédaycgiqiie,  suivant  l'expression  du  docteur 
Bournevifle.  Il  n’y  a  pas  de  département  qui,  malheureuse¬ 
ment,  n’ait  assez  d’enfants  idiots,  imbéciles,  arriérés,  épi¬ 
leptiques,  etc.,  pour  justifierde  semblables  institutions.  La 
loi  sur  l'obligation  de  l’instruction  primaire  impose  ces  créa¬ 
tions  aux  départements  et  aux  villes,  puisque  ces  enfants 
ne  peuvent  être  envoyés  aux  écoles  ordinaires. 

Jusqu'ici,  en  dehors  de  la  Seine,  il  n’y  a  que  quelques  dé¬ 
partements  qui  ont  abordé  timidement  cette  réforme  ac¬ 
complie  dans  la  plupart  des  pays  étrangers,  entre  autres  la 
Seine-Inférieure  et  la  Vendée,  sur  l’initiative  des  docteurs 
Giraud  et  Cullerre.  C’est  la  Seine  qui  a  donné  l'impulsion. 


sans  être  parvenue  pourtant  à  donner  l’assistance  et  l’édn 
cation  à  tous  ses  enfants  anormaux  (’).  I.e  docteur  Cour" 
jon,  dans  le  travail  que  nous  avons  cité,  rappelle  comment 
cette  réforme  s’est  accomplie  :  «  Médecin  de  Bicêtre  depuis 
de  longues  années,  Bourneville  y  a  organisé  et  créé  de  tou¬ 
tes  pièces  son  service  d’enfants  anormaux.  A  force  de  pa¬ 
tience  et  de  ténacité,  il  a  réussi  à  arracher  sou  par  sou  aux 
pouvoirs  publics,  les  sommes  indispensables  à  la  fondation 
de  son  œuvre,  qui  restera  comme  un  modèle  du  genre . 

«  Après  avoir  créé  la  section  des  enfants  arriérés  et  épiiëp. 
tiques  de  Bicêtre,  qui  renferme  440  garçons,  et  organisé  là 
Fondation  Vallée,^ qui  contient  200  Ailes,  établissements 
consacrés  aux  enfants  pauvres,  il  a  fondé  à  Vitry-sur-Seine 
pour  les  enfants  de  familles  riches  ou  aisées,  un  établisse¬ 
ment  qu'il  a  dénommé  Institut  médico-pédagogique,  afinde 
préciser  sa  destination.  » 

Nous  ne  pouvons  entrer  dans  le  détail  de  la  méthode  d  édu¬ 
cation  spéciale  qui  est  employée  dans  ces  établissements  et 
sur  les  nombreux  procérfés  qui  la  composent.  Nous  nous  bor¬ 
nerons  à  dire  que  les  enfants  sont  occupés  depuis  le  malin 
jusqu’au  soir,  que  les  leçons  de  choses,  la  gymnastique,  les 
exercices  physiques,  l’instruction  proportionnée  au  degré 
intellectuel  des  enfants,  y  occupent  le  premier  rang. 

A  l’Institut  médico-pédagogique,  les  enfants  sont  natu¬ 
rellement  séparés  par  sexe,  groupés,  suivant  leur  état  intel¬ 
lectuel  et  aussi  d'après  les  complications  qu’ils  présentent. 
Outre  les  enfants  arriérés  de  toutes  catégories,  l’Institut 
reçoit  les  enfants  instables,  indisciplinés,  atteints  dans  leurs 
facultés  morales,  sujets  à  des  impulsions  dues  à  l'irritaôililé 
nerveuse. 

Le  traitement  médico-pédagogique  doit  être  institué  le  plus 
tôt  possible,  dès  qu’on  a  '  constaté  l’arriération  ou  les  per¬ 
versions  morales.  Dans  les  établissements  de  l’Assistance 
publique,^  on  les  admet  avec  raison  à  partir  de  deicx  ons-Il  en 
est  de  même  à  l'Institut  médico-pédagogique. C'est  donc  à 
tort,  et  parce  qu’ils  sont  insufûsamment  renseignés,  quedbs 
médecins,  même  très  instruits,  ajournent  l'application  do 
traitement.  En  voici  la  preuve,  fournie  par  un  garçonnetde 
cinq  ans  et  demi  et  dont  l’état  peut  se  résumer  ainsi. 

«  11  pince,  pousse,  renverse,  griffe  ses  petits  camarades; 
leur  donne  des  coups,  trouble  leurs  jeux,  est  turbulent,  sans 
cesse  en  mouvement,  menace  de  casser,  de  briser,  de  tuer 
son  petit  frère  qu’il  taquine  et  rend  comme  lui.  Sa  prononcia¬ 
tion,  son  attention, son  raisonnement,  sont  très  défectueux.  H 
n’a  qu'une  conscience  imparfaite  du  danger.  Dans  ses  pério¬ 
des  d’énervement,les  impulsions  sont  plus  accusées  et  il  pous¬ 
se  des  cris.  La  main  est  très  maladroite.  Enfin  les  facultés  in¬ 
tellectuelles,  qui  auraient  été  normales  ju-qu’à  deux  ao® 
demi,  ont  été  arrêtées  dans  leur  développement  à  la  suite  de 
convulsions  graves.  >> 

Pour  nous,  cet  enfant  aurait  dû  être  soumis  depuis  deux 
ans  déjà  an  traitement  médico-pédagogique  qui,  chez  lui,  au¬ 
rait  certainement  donné  d’excellents  résultats.  C'est  un  en¬ 
fant  qui  pourrait  devenir  normal  si  le  traitement  étaitpour- 
suivi  un  temps  suffisant.  Plus  on  attendra,  plus  la  situation 
s’aggravera.  Et  cependant  on  a  conseillé  d'ajourner  le  pi»' 
cernent.  Les  parents  maintenant  s’inquiètent  à  cause 
menaces  envers  son  frère  et  parce  que  celui-ci  a  des 
I  ces  à  l’imiter,  ce  qui,  soit  dit  en  passant,  justifie  l’isolemen 
des  petits  malades  de  ce  genre. 

Notre  but  sera  atteint  si  nous  avons  pu  montrer  ’ 

sité  de  l’assistance  et  de  l’éducation  de  la  catégorie 
fants  anormaux  et  des  malades  que  nous  avons  plus 

lièrement  visée,  sinous  avons  pu  faire  comprendre  la  po®=. 
bilité  de  leur  procurer  une  amelioration  sérieuse, 
même  une  guérison  complète,  lorsque  le  traitement  mea^ 
pédagogique  est  appliqué  de  bonne  heure  et  durant  ton 
temps  necessaire.  Que  de  bien  serait  réalisé,  si  l’pn 
geait  notre  conviction,  au  bénéfice  incontestable  d’upe* 
d’enfants,  intellectuellement  et  moralement  déshérites  - 
Dr  Freem***- 


(1)  Jamais 
que  le  font  ei 
permis  sur  le 


is  on  ne  de-vrait  frapper  les  enfants  si 
encore  trop  souvent  des  parents  qui  si 
leurs  enfants. 


(1)  La  Seine  hospitalise  plus  d’un  millier  d’enfants  idiots  etép 
I  leptiques. 


SIROP  LAXATIF  VERNEÜIL  pour  BEBES  et  ENFANTS 


LE  PROGRES  MÉDICAL 


477 


0,  g«10»  Cinq  bourses  de  la  Société  d’Evian  (Haute-Savoie)  ; 
(.'un  Médecin  anglais  ;  2°  Un  Médecin  danois  ;  3°  et  4°  Deux 
gédecins  italiens  ;  5°  Un  étudiant  en  médecine,  ayant  passé 
*  thèse  de  doctorat  à  la  Faculté  de  Lyon,  dans  l'année  sco- 
jâre  1905-1 9Ü6  ;  11°  Bourse  delà  Compagnie  fermière  du 
tlont-Dore  (Puy-de-Dôme)  :  un  Etudiant  ayant  p,assé  sa  thèse 
de  doctorat  à  la  Faculté  de  Lille,  dans  l’année  scolaire  1005- 
)9()6.12°  Bourse  de  la  Compagnie  des  Eaux  minérales  de  Pou- 
eues  (Nièvre)  :  un  Interne  des  hôpitaux  de  Bruxelles.  13° 
Bourse  de  la  Compagnie  générale  des  Eaux  de  Royat  (Puy-de- 
Dôme)  ;  un  Interne  des  Hôpitaux  de  Paris.  14°  Bourse  de  la 
Compagnie  fermière  de  Vichy  (Allier)  :  un  Etudiant  ayant 
passé  sa  thèse  de  doctorat  à  la  Faculté  de  Médecine  de  Paris, 
dansl'année  scolaire  1905-1906.  —  Pour  tous  renseignemente, 
s’adressera  M.  le  D'  Carron  de  la  Carrière,  2,  rue  Lincoln, 
Paris  (8°),  ou  au  D’’ Jouaust,  19,  rue  du  Colysée,  Paris  (8°). 
Les  inscriptions  sont  reçues  jusqu'au  !5  août  1906,  terme  de 
rigueur. 

UES  CONGRÈS 

XVI'  Congrès  des  médecins  aliénistes  et  neurologistes 
de  France  et  des  pays  de  langue  française. 

(Lille,  l"'  au  4  août  1906.) 

Pour  tous  renseignements  concernant  le  Congrès,  prière  de 
s’adresser  à  M.  le  D’’  G.  Chocreaux,  médecin  en  chef,  asile 
d'aliénées  deBailleul  (Nord,».—  Le  volume  des  procès- verbaux 
du  Congrès  de  Rennes  vient  de  paraître.  11  est  à  souhaiter 
que  le  bureau  du  Congrès  envoie  en  double  les  rapports  et 
les  volumes  à  tous  les  journaux  qui  ont  fait  de  la  publicité 
pour  le  Congrès.  Nous  espérons  que  M.  le  Secrétaire  général 
mettra  à  la  disposition  des  congressistes  son  dernier  rapport 
sur  l’asile  de  Baillcul  et  le  plan  ce  cet  asile.  Nous  faisons  de 
Bouveau  appel  à  tous  ceux  qui  feront  des  communications 
à  ce  Congrès  pour  qu’il  nous  en  envoient  de  suite  un  résumé. 
- - 

FORMULES 


LU.  Contre  l’albuminurie. 

H^ime  lacté  ou  déchloruré,  purgatifs  répétés,  ventouses 
*arifiées  à  la  région  lombaire. 

Théobromine . . .  0  gr.  50 

Phosphate  neutre  de  soude .  0  gr.  25 

pour  1  cachet,  n°  21  ;  3  par  jour. 


&OLE  DE  MÉDECINE  DE  ClERMONT.  -  Uu  COnCOUl'S  s'oUVl’ira 

1?  "  levier  1907,  devant  la  Faculté  de  Médecine  de  Toulouse, pour 
'jnploide  suppléant  des  chaires  de  phy.sique  et  de  chimie  à  l'E- 
*  de  médecine  de  Clermont. 

1i®??'^l-dieu  d’Orléans.  —  Concours  pour  l'inlernal  le  mardi 
ttî**!  prochain,  à  2  h.  1  2  pour  3  places  d'interne  titulaire 
JJ  d’interne  provisoire.  L’unique  épreuve  de  ce  concours 

ques?*  ®“,“ne  composition  écrite  sur  deux  sujets  tirés  au  sort,  une 
jjj  d’anatomie  courante  et  une  question  classique  de  patholo- 
ou  externe.  (Questions  ordinaires  du  concours  d’extei'- 
.hôpitaux  de  Paris).  Deux  heures  sont  accordées  pour  cette 
L’entrée  en  fonctions  aura  lieu  le  1"' janvier  prochain, 
titulaires  reçoivent,  outre  la  nourriture,  le  logement, 
des  l’éclairage,  une  somme  annuelle  de  400  francs  (et 

toipj^**|dcations  quand  il  y  a  lieu).  Les  internes  provisoires  sont 
tçf  ^  suppléer  les  titulaires  malades  ou  en  congé  et  à  rempla- 
**iioé***  viendraient  à  faire  défaut  avant  le  premier  janvier  de 
ternç  reçoivent  les  mêmes  avantages  que  les  in- 

ùitetQ.  pendant  qu'ils  en  remplissent  les  fonctions.  Les 

visoy,  ®^*^®laire.s  sont  nommés  pour  deux  ans,  les  internes  pro- 
toi^  ®  sont  nommés  pour  un  an,  mais  peuvent  se  présenter  aux 
®^‘^^’®n‘'S.Sont  admis  au  concours  tous  les  étudiants  en 
squçj  ®  syant  au  moins  quatre  inscriptions.  Pour  s’inscrire  au 
>ariat /*’ L*  P°nr  fous  les  renseignements,  s'adresser  au  sccro- 
■X.  g^^dospices  d'Orléans. 

*ectio  ■  If’ffes  facilités  sont  accordées  aux  interne.s  pour  les  dis- 
^  tou„  I  médecine  opératoire.  Les  internes  changent  de  sor- 
hïtion  P**®  mois  d’après  un  roulement  établi  par  l’Adminis- 
*esso,jt*^f“dant  les  vacances  des  élèves  sages-femmes,  les  inter- 
chargés  d'assurer  le  service  de  la  Maternité. 


NÉCROLOGIE 


Le  P  P.  BROUARDEL 


Le  P'  P.  Brouardll  vient  de  mourir.  Avec  lui,  dispa¬ 
rait  la  plus  haute  personnalité  delà  profession  médicale 
de  notre  pays.  Doyen  honoraire  de  la  Faculté  de  méde¬ 
cine  de  Paris,  membre  de  1  Institut,  membre  de  l’Acadé¬ 
mie  de  médecine,  dont  il  fut  président,  président  hono¬ 
raire  du  Conseil  supérieur  d’hygiène  de  France,  dont  il 
dirigea  longtemps  les  débats,  médecin  honoraire  des 
hôpitaux  de  Paris,  membre  du  Conseil  de  surveillance  de 
l'Assistance  publique  de  Paris,  grand-ofticier  de  la  Lé¬ 
gion  d'honneur,  etc.,  etc.,  le  P'' Paul  Brouardel  ajoutait 
à  toutes  ces  charges  et  à  toutes  ces  dignités  ofücieUes 
d’autres  titres  dus  à  l’estime,  l’affection,  la  reconnais¬ 
sance  des  médecins  praticiens  de  France.  C’est  ainsi 
qu’il  avait  été  désigné  comme  président  de  l’Association 
générale,  qu’il  était  déjà,  depuis  de  longues  années, 
président  de  l’Association  des  médecins  de  la  Seine,  et 
que  depuis  dix  ans,  en  échange  de  la  sympathie  qu’il 
témoigna  et  du  concours  qu'il  prêta  toujours  aux  Asso¬ 
ciations  de  défense  ijrofessionnelle.  dans  leurs  justes 
revendications,  il  avait  été  élu  Président  d’honneur  de 
l'Union  des  syndicats  médicaux  de  France  et  du  Syndicat 
des  médecins  de  la  Seine.  •  - 

Né  à  Saint-Quentin,  le  15  février  1837,  Paul  Broualxlel 
fit  de  brillantes  études  médicales  à  la  Faculté  de  Paris, où 
il  fut  reçu  interne  des  hôpitaux  en  1859  et  docteur  en 
médecine  en  1865.  Médecin  des  hôpitaux  en  1869,  agrégé 
en  médecine  la  même  année,  il  ne  tarda  pas  à  suppléer 
Tardieu  malade  dans  sa  chaire  de  medecine  légale,  où  il 
devait  définitivement  le  remplacer  en  1879.  Expert 
auprès  des  tribunaux,  il  sut  acquérir  tout  aussitôt  une 
très  haute  et  très  légitime  autorité,  tant  par  la  méthodè 
scientifique  et  la  conscience  qui  présidaient  à  la  rédaction 
de  ses  rapports,  que  par  l’inauguration  de  l’enseignement 
pratique  de  la  médecine  légale  qu'il  organisa  à  laMorgne 
et  rendit  célèbre,  malgré  les  conditions  matérielles  rudi¬ 
mentaires  et  défavorables  qu’il  ne  parvint  jamais  à  faire 
améliorer,  ce  qui  ne  fait  guère  honneur  à  l’administra¬ 
tion  française.  M.  Brouardel  ne  se  cantonna  pas  dans 
l’étude  de  la  medecine  légale.  Dès  1878,  il  avait  pris  la 
direction  des  Annales  d'Hygièné  publique  et  de  médecine 
légale  et  avait  été  nommé  peu  après  membre  du  Comité 
Consultatif  d’hygiène  de  France, dont  il  devint  président 


478 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


en  1884  et  dont  il  conserva  la  direction  jusque  dans  ces 
dernières  années.  Membre  de  l’Académie  de  médecine  en 
1 880,  il  fut  nommé  doyen  de  la  Faculté  de  médecine  de 
Paris  en  1886. 

Le  P"  Brouardel  fut,  pendant  toute  son  active  carrière, 
la  personnification  même  de  la  médecine  publique  en 
France.  Nous  n’insisterons  par  sur  son  enseignement  si 
fécond,  qu’il  sut,  nous  l’avons  dit,  faire  entrer  d’emblée 
dans  le  domaine  pratique  empruntant  en  partie  à  l  our¬ 
des  sa  méthode  et  ses  procédés,  ('et  enseignement  lui 
permit  de  créer  tout  une  pléiade  de  médecins  légistes  et 
lui  acquit  parmi  les  étudiants  une  véritable  popularité . 
Nous  nous  souvenons,  durant  nos  études,  des  acclama¬ 
tions  enthousiastes  qui  accueillaient  toujours  le  doyen 
lorsqu’il  apparaissait  dans  les  amphithéâtres  soit  pour 
présenter  im  nouveau  professeur,  soit,  ce  qui  était  plus 
fréquent,  pour  calmer  quelques-unes  de  ces  efferves¬ 
cences  dont  était  coutumière  la  jeunesse  studieuse  et 
quelque  peu  turbulente  de  notre  époque. 

Comme  hygiéniste,  Paul  Brouardel  imposa  rapidement 
son  autorité  aux  pouvoirs  publics.  Il  prit  part  à  toutes 
les  missions  destinées  à  étudier  et  à  combattre  les  épi¬ 
démies.  Le  choléra,  la  suette  miliaire,  la  fièvre  typhoïde 
etc  ,  furent  l’objet  de  ses  enquêtes. 

Le  Gouvernement  de  la  République,  dont  il  conserva 
longtemps  la  confiance,  eut  recours  à  sa  haute  compé¬ 
tence,  à  son  habileté  et  à  sa  prudence  toutes  diplomati¬ 
ques  pour  lereprésenter  aux  conférences  sanitaires  in¬ 
ternationales  de  Rome,  Dresde, Venise  et  Paris .  Commis¬ 
saire  du  Gouvernement, il  prit  une  part  très  active  à  l’éla 
boration  de  notre  législation  sanitaire.  Dans  cette  fonc¬ 
tion  difficile  et  délicate,  il  défendit  pied  à  pied  les  vérita¬ 
bles  intérêts  du  médecin  qui  se  confondent  presque  tou¬ 
jours  avec  l’intérêt  public  ;  et  si  la  loi  sur  l’exercice  de 
la  médecine  comme  la  loi  sur  la  protection  de  la  santé 
publique  sont  loin  d’être  parfaites  et  sans  lacunes,  on 
ne  saurait  le  lui  reprocher.  Il  faut  savoir,  pour  juger  de 
la  difficulté  de  sa  tâche,  les  écueils  sans  nonabre  qu'il  lui 
fallut  éviter  pour  aboutir,  il  faut  connaître  les  obstacles  | 
que  de  puissantes  incompétences  parlementaires  tant  à 
la  Chambre  qu’au  Sénat  dressèrent  sans  cesse  sur  sa 
route  et  qu’il  fut  obligé  à  son  grand  regret  de  tourner  pour 
arriver  au  but.  Quoiqu’il  en  soit,  la  législation  actuelle  à 
laquelle  collabora  M .  Brouardel,  bien  que  fort  imparfaite, 
marque  un  progrès  considérable  sur  la  situation  passée. 

Une  des  jtréoccupations  les  plus  grandes  de  la  dernière 
période  de  la  vie  de  M.  Brouardel  fut  la  lutte  contre  la 
tuberculose.il  s’y  donna  tout  entier  et  fit  une  propa¬ 
gande  active  à  tous  les  moyens  réalisables  pour  diminuer 
les  victimes  du  fléau,  tant  dans  les  nombreuses  sociétés 
où  sa  voix  était  plus  particulièrement  écoutée  qu’à  l’Al¬ 
liance  d’Hygiène  sociale, dont  il  fut  un  des  fondateurs. 

Nous  avons  déjà  indiqué  les  services  que  M.  Brouardel 
avait  rendus  aux  médecins  praticiens  en  prenant  part 
à  l'élaboration  de  la  législation  réglant  l  exercice  de  la 
médecine  ou  notre  organisation  sanitaire.  Ce  souci  d’être 
utile  à  ses  confrères  fut  toujours  une  de  ses  principales 
préoccupations.  (Quelques-uns  lui  ont  reproché  de  n'a¬ 
voir  pas  toujours  absolument  réussi  et  lui  en  ont  gardé 
rancune.  C’est  que  ces  médecins,  aigris  par  les  difficul¬ 
tés  sans  nombre  rencontrése  dans  l’exercice  de  leur 
profession,  ne  se  sont  pas  rendu  un  compte  exact  de 
tous  les  obstacles  que  M  Brouardel  renconti'a  dans  la 
lutte  pour  le  triomphe  des  intérêts  médicaux.  D'autre 
part,  la  renommée  universelle  dont  jouissait  M  Brouar¬ 
del  It  ur  a  fait  croire  à  son  omnipotence  et  les  a  portés 
à  1  accuser  à  tort  ehaque  fois  que, contre  son  gré,une  amé¬ 
lioration  attendue  ne  recevait  })as  son  application. 

Cependant  ceux  qui,  comme  nous,  ont  dû,  dans  les  so¬ 
ciétés  professionnelles, faire  maintes  fois  appelà  son  con¬ 
cours  ou  à  son  expérience,  savent  avec  quel  dévouement 
et  quelle  simplicité  il  se  mettait  tout  entier  à  la  disposi¬ 
tion  des  confrères  qui  lui  demandaient  son  appui  pour 
une  action  médicale  utile.  Naguère  il  prenait  part  aux 
travaux  de  la  Commission  de  fixation  des  tarifs  d’hono¬ 


raires  médicaux  pour  les  accidents  du  travail.  Avec  le-  ' 
D"'  Dubuisson  et  Jeanne,  il  défendait  pied  à  pied,  conte' 
la  rapacité  des  compagnies  d'assurances,  la  modeste  ri 
tribution  assurée  aux  médecins.  Hier  il  collaborait  Ini 
même  à  l’organisation  du  Congrès  pour  la  répression  dê 
l’exerciceillégal  de  la  médecine  et  réunissait  régulièrement 
chez  lui  le  comité,  la  maladie  lui  interdisant  de  sortir  II 
venait  même  à  la  séance  d’ouverture,  incapable  de  pro- 
noncer  une  parole,  et  commettait  ainsi  une  imprudence 
qui  eût  pu  être  fatale,  poussé  par  le  seul  désir  de  témoi¬ 
gner  toute  sa  sollicitude  à  la  défense  professionnelle. 

Il  avait  accepté  en  outre  de  faire  partie  de  la  commis¬ 
sion  médico-mutualiste  qui,  sous  la  présidence  de  M. 
Emile  Loubet,  tâche  de  trouver  une  solution  équitable  à 
un  long  et  dangereux  conflit.  .M  ais  cette  fois  les  forces 
lui  manquèi'ent  et  il  ne  put  apporter  à  nos  séances  l  au¬ 
torité  de  son  nom  et  l’éloquence  de  sa  parole 

Aussi,  nous  qui  savons  combien  il  s’est  dévoué  pour  le 
corps  médical,  qui  savons  que  ce  fut  pour  lui  qu’il  fit  les 
derniers  eft'orts  et  qu’il  eut  sa  dernière  pensée,  nous  sa¬ 
luons  pieusement  sa  mémoire  et  gardons  à  ce  grand 
médecin  une  éternelle  reconnaissance. 

J.  Noir. 


NOUVELLES  ! 

Natalité  ds  Paris  —  Du  dimmehe  8  au  samedi  14  juillet 
1906.  les  uaissanc.es  ost  ete  au  nomure  de  997,  se  Jéeomposaat 
imsi  :  légitimes  740.  illégitimes  2hl. 

Mortalité  a  Paris.  —  Population  d’après  le  recensement  de 
1901  :  2.660.559  habitants.  Les  deces  ont  ete  au  nombre  de  736. 
savoir:  406  homm.s  et  350  femm  s.  Les  décès  sont  dus  ani 
causes  suivantes:  Kiévre  typtioide  (typims  abdomin.)  ;  8. - 
Typaus  exanthématique  :  0.  —  Fievre  intermittente  et  cachexie 
palustre  :  0.  —  Variole  :  0  —  Rougeole  :  11,  —  Scarlatine  :'l 

—  Coquelucne  :  4.  —  Dipaténe  et  Group  ;  0.  —  Grippe  :  0. 

—  Choiera  asiatique  :  0.  —  Gnoiera  nostras  :  0.  —  Antres 

maladies  epidemiques  0.  —  Tuberculose  des  poumons  :  18Ü. — 
Tuberculose  des  ra  minges  :  21  —  Autres  tuberculoiS'es  :  13.  - 

s  malignes  :  52.  —  Méningite  simple  :  H 

—  Congestion  htm  irruagiquo  et  ramollissement  du  cerveau  :  nJ- 

—  Maladies  organiques  du  c.ieur  :  45.  —  Bronchite  aiguë  : 

—  Bronchite  cüro.iique  :  10  —  Pneumonie  :  24.  —  Autres  affec- 
O  ns  de  l'appareil  respiratjire  :  60.  —  Affections  de  l’estomM 

icanoereic./  :  1.  -  Diarrhée  et  entérite  deO  à  1  an:  sein;  5  ; 
e  alimentation  23  ~  Diarrhée  et  entérite  de  1  à2an3  :  i)-— 
es,  obstruction  iiuestiaaie  :  5.  —  Cirrhose  du  foie  ;  14.  —  NéphnW 
et  mal  de  Bright  ;  2 J.  -  Tumeurs  non  cancéreuses  et  autres 
ladies  des  organes  génitaux  (femmes)  :  8.  —  Septicémie  puerpérale 
(fièvre,  péritonite,  phlébite  puerpérale)  :  3.  —  Autres  acoidenU 
puerpéraux  de  la  grossesse  et  de  l’accoueuement  :  1.  — P®*’.'! 
songenitaie  et  vices  de  conformation  :  13. —  Débilité  sec**®',:.' 

—  Morts  violentes  :  37.  —  Suicides  :  19.  —  Autres  maladies:  lu*' 

—  Maladies  inconnues  ou  mal  définies  ;  9. 

Mort-nés  et  morts  avant  leur  inscription:  70,  qui  se  dé 
posent  ainsi  :  légitimes  50,  illégitimes  20. 

Distinctions  honorifiques  ;  Légion  d’honneur. —  Coninifl* 
(leur.  :  M.  le  P'  Arloing,  de  Lyon.  —  Officiers  :  MM.  jes 

dus,  Lermoyez,  Beni-Barde,  de  Paris.  —  Chevaliers  '■  *3  .'j,. 
D"  Danlos,  Boi.ssard,  Dupré,  Ozenne,  Fournaise,  de 
labert,  de  Carcassonne;  MendousSc,  deNérac  ;  Lourties,de 
riéres;  Bordarie,  de  Lafrançaise  ;  Gust  ud,  de  Gollo. 

Décorations  académiques.  —  Officiers  de  l’Iusirucli‘fPJ% 
que.  —  MM.  les  D"  Bobier,  Montignac,  Sée,  de  Paris  ; 
de  Saint-Maure  ;  Chesnel,  de  Chartres  ;  Leray,de  Rennes, 
ion,  de  la  Varenne  Saint-Hilaire  ;  Seudre,  de  Reims.  „iiloSi 
Officiers  0' Académie  :  MM.  les  D''*  Bernaud,  Durand,  *  {^or- 

Rutten,  de  Paris  ;  Beyiiot,  de  Sardent  ;  Cathala,de  Cessenoo  : 
net,  à  Ligueil  ;  Delarue,  à  Amiens  ;  Fau,  à  Vichy  ;  Hanrio 
mont  :  Lavernot,  d’Orry- la- Ville  ;  Lebret,  de  Divonne-|es- 
Mabillo,  de  Reims  ;  Moreau,  du  Mans  ;  Péraldi,  deTouloR  • 
rin,  de  Ifouen  ;  Prax,  de  Limoux;  Villiére,  de  Saint-Denis- 
Corps  de  santé  colonial.  —  M.  le  méd.-major  ‘ï® 

Martel,  servira  à  Madagascar  par  permutation  avec  M.  ç^fgrie- 
major  de  F' classe  Rousselet-Bénaud,  maint,  au  5“  dm 
Faculté  de  médecine  de  Bordeaux.  —  Sont 


KDECINE  D _ 

de  clinique  :  MM.  les  docteurs  Lacouturc  c 
chirunjicak),  Dumora  [Clinique  médicale). 


Chartier  i 


LE  [’ROÜHÈS  MÉDICAL 


479 


r-OLE  DE  Médecine  de  Rennes.  —  M.  le  docteur  Perret,  pro- 
,^urde  clinique  obstétricale,  est  mis  à  la  retraite  et  nommé  pro- 
•jseur  honoraire. 

Ecole  préparatoire  de  médecine  et  de  pharmacie  de  tours. 
,\I  Menuet,  suppléant  de  la  chaire  d'histoire  naturelle,  est 
"aimé,  pour  une  période  de  neuf  ans,  chef  des  travaux  d’histoire 
Uinreilc. 

Ecole  de  médecine  de  Tours.  —  M.  le  docteur  Bodin,  pro- 
M’ur  de  clinique  médicale,  est  rais  à  la  retraite  et  nommé  pro- 
(fsseur  honoraire. 

Ecole  de  médecine  de  Tours.  —  (Arrêté  ouvrant  un  concours 
poMun  emploi  de  suppléant  à  Técole  de  médecine  et  de  pharmacie 
^  Tours).  Un  concours  s’ouvrira,  le  14  janvier  lllOT,  devant  la 
Fifulté  de  médecine  de  Paris,  pour  l’emploi  de  suppléant  des 
duires  de  pathologie  et  de  clinique  médicales  à  l’Ecole  de  méde- 
riiede  Tours. 

Ecole  de  médecine  de  Reims.  —  M.  Grandval,  professeur  de 
éimie  et  de  toxicologie,  est  mis  à  la  retraite  et  nommé  professeur 
honoraire. 

Médecin-député.  —  M.  le  D.  Evesque  a  été  élu  député  radical 
locialiste  de  l’arrondissement  de  Die  (Drôme  I. 

L'hygiène  aliment.aire  et  les  prix  Henri  de  Rothschild.  — 
L»  Société  scientifique  d’hygiène  alimentaire  dont  le  Président  est 
M.  Henri  Ricard,  sénateur,  a  procédé  hier  à  l’attribution  des 
wiifondéspar  le  D"' Henri  de  Rosthschild,  secrétaire  de  la 
société.  Le  premier  prix  de  5,000  a  été  attribué  aux  Drs  Michel 
«Perrei,  pour  leur  très  intéressant  mémoire.  {La  ration  ali- 
mnt  'iye  de  l'enfant  de  la  naissance  àl’dgededeux  ans.) 

Pour  l'approvisionnement  des  grandes  villes  en  lait,  la  com- 
«ission  présidée  par  M .  le  professeur  BudIn,  a  été  frappée,  par  la 
qualité  et  la  valeur  des  mémoires  qui,  sauf  quelques  erreurs,  sont 
[‘^s  remarquables,  le  D''  Henri  de  Rostschild,  pour  permettre  à 
commission  de  récompenser  les  auteurs  a  ajouté  un  nouveau 
pria  de  1.000  frs.  M.  Beau  ,  professeur  de  l'Ecole  de  Poligny,  a 
mie  premier  prix  (2.500  frs.)  le  prix  de  l.fKlO  frs.  a  été  accordé 
Mmémoire  de  MM.  Porcher,  professeur  à  l’école  vétérinaire  de 
L;  a  et  de  M.  Nicolas,  professeur  à  l’école  vétérinaire  de  Tou- 
Enfin  un  prix  de  300  frs  a  été  donné  à  M.  Rigaux,  profes- 
KM  départemental  d’agriculture  de  la  Lozère  et  un  prix  de  2(XJ 
«aM.  Antonin  Rollet.  Ces  travaux  font  bien  augurer  du  Con- 
risinternational  d’hygiène  alimentaire,  organisé  par  la  Société 
sons  le  haut  patronnage  (lu  président  de  la  République  et  du  gou- 
'etnement,  qui  se  tiendra  à  Paris  du  22  au  27  octobre  prochains. 
Nécrologie.  —  Nous  apprenons  avec  un  vif  chagrin,  la  mort,à 
de  67  ans,  de  M.  Emery-Charles- .Auguste  Bihorel.  Après 
,'cir  exercé  de  longues  années  à  Bréval,  en  Seino-et-Oise,  où  il 
•tiait  acquis  la  réputation  d'un  excellent  praticien  et  jouissait 
J,’®.'  réputation  de  médecin  dévoué  et  habile,  il  s’était  retiré  à 
et  enfin  à  Mantes.  Jusqu’à  sa  mort  il  s’était  intéressé  vive- 
a  toutes  les  œuvres  philanthropiques  et  sociales.  Ses  obsé- 
™  mviles  ont  eu  lieu  mercredi  dernier,  à  Garennes  (Eure),  son 
R»  natal. 


Chronique  des  hôpitaux. 

Maladies  des  Enfants.  —  Cours  de  perfee- 
^Kina  t  cours  de  perfectionnement,  comprenant 

W:  ,  conférences  théoriques  et  pratiques  de  clinique 

®*Drurgicale  infantile,  aura  lieu  du  l(j  août  au  15  sep- 
H.JJ  y,  •  ^  •  Hôpital  des  Enfants-Malades,  sous  la  direction  de 
’-ùai  f  P^'orésseur  agrégé,  chargé  de  cours.  Les  conférences 
'Iallé**^^ V professenr  agrégé,  A.  Zuber, 
ï55^___®^^üillemot,  anciens  chefs  de  clinique  médicale  infan¬ 


tile,  E.  Terrien  et  P.  Armand-Delille,  chefs  de  clinique  médi¬ 
cale  infantile,  Grisel,  ancien  chef  de  clinique  chirurgicale  infantile, 
Tridon,  chef  de  clinique  chirurgicale  infantile,  avec  le  concours 
de  MM.  Ed.  Rist,  médecin  des  hôpitaux,  ancien  chef  du  labora¬ 
toire  à  l'hôpital  Trousseau  ;  B.  Weii.  Halle,  chef  de  laboratoire 
du  service  de  la  diphtérie,  Félix  Terrien,  ophtalmologiste  des 
hôpitaux,  Cuvillier,  pour  l’oto-laryngologie  et  Lerat,  pour 
l’électrothérapie.  Pour  les  examens  de  malades,  les  élèves  seront 
répartis  en  séries  de  10,  sous  la  direction  des  internes  de  l’hôpital. 
Les  conférences  auront  lieu  tous  les  jours,  sauf  les  dimanches  et 
fêtes,  le  matin  à  10  heures,  le  soir  à  5  heures.  La  première  confé¬ 
rence  aura  le  jeudi  16  août,  à  10  heures  du  matin,  à  la  salle  des 
cours  de  la  clinique. 

Programme  des  conférences.  —  Maladies  des  nourrissons  : 
MM.  Méry  et  Guillemot. —  1.  Gastro-entérites  aiguës;  2.  Gastro¬ 
entérites  chroniques  ;  3.  Prophylaxie  et  traitement  diététique  des 
gastro-entérites  ;  4.  Dyspepsies  du  sevrage  et  alimentation  de  la 
2'  année;  5.  Syphilis  du  nourrisson;  6.  Tuberculose  du  nour¬ 
risson  ;  7.  Rachitisme.  Maladie  de  Barlow  ;  8.  Infections  cutanées 
du  nourrisson. 

Maladies  chirurgicales:  MM.  Grisel  et  Tridon.  — 9.  Examen  du 
mal  de  Pott;  10.  Examen  et  traitement  de  la  coxalgie:  11.  Trai¬ 
tement  des  difformités  rachitiques  et  de  la  scoliose;  12.  Examen 
ettraitement  des  pieds  bots;  13.  Examen  et  traitement  des  trau¬ 
matismes  du  coude  ;  14.  Diagnostic  et  traitement  de  l’appendicite  ; 
15.  Diagnostic  et  traitement  de  la  mastoïdite  aiguë  ;  16.  Diagnostic 
et  traitement  de  l’ostéomyélite  aiguë. 

Maladies  de  l'appareil  circulatoire  :  M.  J.  Hallé.  —  17.  Com¬ 
plications  cardiaques  du  rhumatisme  articulaire  aigu;  18.  Péricar¬ 
dites  :  Symphyse  rhumatismale  et  symphyse  cardio-tuberculeuse  ; 
19.  Affections  congénitales  du  cœur  chez  l’enfant. 

Fièvri-s  éruptives  :  M.  Terrien.  —  20  Rougeole  :  formes  clini¬ 
ques,  diagnostic,  complications  ;  21.  Scarlatine  :  ses  complica¬ 
tions.  —  Néphrites  de  l’enfance  :  M.  Terrien. 

Maladies  du  sang  et  de  l'appareil  hématopoiétique  :  M.  Rist.  — 
23.  Séméiologie  des  anémies  chez  l'enfant;  21.  Lymphadénie  : 
Leucémie  et  splénomégalies  chez  l’enfant  ;  25.  Purpuras  chez  l’en¬ 
fant. 

Maladies  de  Cappareil  respiratoire  :  M.  Zuber.  —  26  Broncho¬ 
pneumonie  aiguë  et  chronique,  dilatation  des  bronches  ;  27.  Adé¬ 
nopathie  trachéo-bronchique  et  tuberculose  pulmonaire  ;  28.  Diag¬ 
nostic  précoce  de  la  tuberculose  ganglio-pulmonaire  chez  l’enfant  ; 
son  traitement.  —  29.  Pleurésies  purulentes:  M.  Rist. —  30.  Périto¬ 
nite  tuberculeuse  :  M.  Terrien.  —  31.  Troubles  fonctionnels  de 
l'intestin  dans  la  2'  enfance.  Entérite  tuberculeuse  :  M.  Armand- 
Delille.  —  32.  Fièvre  typhoïde  :  M.  Weil-Hai.lé. 

Maladiesdu  système  nerveux:  M.  Armand-Delille.  — 33.  Cho¬ 
rées  de  l'enfance  :  Complications  et  traitement  ;  34.  Scléroses 
cérébrales  ;  hémiplégie  cérébrale  infantile  ;  maladie  de  Little  ; 
35-  Tumeurs  et  abcès  du  cerveau  :  idiotie  ;  myxœdème  ;  36.  Para¬ 
lysies  infantiles  et  myopathies  ;  37.  Convulsions  infantiles  :  épi¬ 
lepsie  et  hystérie  ;  38.  .Méningite  cérébro-spinale  épidémique  et 
méningite  tuberculeuse.  Ponction  lombaire  et  cyto-diagnostic. 

Maladies  des  yeux  :  M.  Félix  Terrien.  —  39.  Les  conjoncti¬ 
vites  :  leurs  complications,  leur  traitement  ;  40.  Hérédo-syphilis 
oculaire. 

Maladies  de  la  peau  :  M.  J.  Hallé.  —  41.  Teignes,  trico- 
phytus,  favus  :  examen  microscopique  et  traitement  ;  42.  Formes 
cliniques  :  complications  et  traitement  des  eczémas  de  l’enfance. 

Principes  d'electrothérapie  :  M.  Larat.  —  43.  Traitement  élec¬ 
trique  de  la  paralysie  infantile,  de  la  paralysie  diphtérique  et  des 
paralysies  névritiques  ;  44.  Traitement  électrique  des  angiomes  et 
des  nævi. 


CONTRE  DOULEUR 


^^^OÉSIQUE,  ANTIPYRÉTIQUE,  HYPNOTIQUE,  ANTUMIQRAINE,  ANTI-NEVRALGIQUE,  ANODINE 

NE  DONNANT  PAS  LIEU  A  L’ACCOUTUMANCE  ET  NE  PRODUISANT  JAMAIS  D’EFFETS  TOXIQUES 
CONSTANTE  DANS  SES  EFFETS 

e.  Migraine.  Insomnies,  Névroses.  Hystérie,  Menstruations  doulourei 


!s  affections  nerveuses. 


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480 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


Maladies  du  naso-pharynx  et  de  ses  annexes  :  M.  Cuvilmer.  — 
45.  Hypertrophie  des  amygdales  ;  végétations  adénoïdes  ;  40.  Com¬ 
plications  nasales  et  auriculaires  dos  affections  pharyngées. 

Diphtérie  :  M.  Weil-Hali.é.  — 47.  Diagnostic  clinique  de  l’an¬ 
gine  diphtérique  ;  48.  Diagnostic  bactériologique  et  sérothérapie 
de  la  diphtérie;  49.  Diagnostic  du  croup  ;  50.  Tubages  et  trachéo¬ 
tomie. 

Principes  d'hygiène  scolaire  :  M.  Mkry.  —  51.  Bâtiments  et 
mobilier  scolaires  ;  52.  Examen  individuel  des  enfants  ;  fiche  sani- 

Excursions  du  dimanch"  ;  Visite  de  la  Pouponnière  de  Ver¬ 
sailles  et  du  Lactarium,  M.  Gi'ii.lemot.  —  Visite  excursion  avec 
billets  à  tarif  réduit  à  Berck-sur-Mer,  M.  Gbisel.  —  Visite  du 
Service  de  la  Teigne  à  THôpital  Saint-Louis,  M.  J.  IIali.é.  — 
Visite  des  services  d’enfants  arriérés  à  1  hospice  de'  Bicêtre. 

Le  droit  à  verser  est  de  100  francs.  Seront  admis,  les  docteurs 
tt  étudiants  français  et  étrangers,  immatriculés  à  la  Faculté,  sur  la 
présentation  de  la  quittance  du  versement  du  droit  et  de  la  carte 
d’immatriculation.  Les  bulletins  de  versement  relatifs  au  Cours 
seront  délivrés  au  secrétariat  de  la  Faculté  (guichet  n®  3),  les 
mardis,  jeudis  et  samedis,  de  midi  à  3  heures.  Un  programme 
détaillé,  avec  dates  et  heures  des  différentes  conférences,  sera 
remis  à  chaque  auditeur  inscrit  au  début  du  Cours.  S’adresser  à 
M.  Armand-Delille,  chef  de  clinique  adjoint,  à  l’Hôpital  des 
Enfants-Malades,  149,  rue  de  Sèvres. 


BULLETIN  BIBLIOGRAPHIQUE 

Librairie  MASSOA 
120,  Itoulevard  St-Germaiii. 

Calot  (F.)  —  Technique  du  traitement  des  tumeurs  blanches. 
1  vol.  grand  10-8°  de  274  pages.  Prix .  7  fr. 

Librairie  J. -IL  ILVILLIKRE 
19,  rue  Haiitefeuille, 

Legueu  (F.) —  Le  rein  mobile.  1  vol.  in-16  de  96  pages. 
Prix .  1  fr.  50 


Cesare  Ghili.imi.  —  Resoconto  clinico  délia  sezione  chirnrsi  ' 
ca.  In  8°  de  36  pages.  Gamberine  Parmeggiani,ed.  Bologna. 

Martinez  (B.)  —  2°  Recensement  Municipal  de  Buenos-Avrp* 
Grand  in-8°  de  600  pages. 

Minod  (H.).  —  La  lutte  contre  la  prostitution.  1  vol.  in-go  ^ 
130  pages,  Genève. 

Nobl  (G.). —  Beitrage  zur  Wakz  ineimmunitët.  Brochure  de 
10  pages,  Braumûller,  édit,  à  Vienne. 

Robert  Morris.  —  A  case  of  hetero-plastio  ovarian  graftin* 
followed  by  pregnancy  and  the  delivery  of  a  living  child.  fito’ 
chure  de  15  pages.  Wood,  édit.,  Londres. 


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L’Épilepsie,  l’Hystérie  et  l’Idiotie 

Compte  rendu  du  service  des  enfants  idiots,  épileptiques  et  ar¬ 
riérés  de  Bicêtre  et  de  Vallée  pendant  l’atinée  1904. 

Par  BOURNEVILLE 
Avec  la  collaboration  de  MM.  Durand,  Friedel  et  Perrin, 
Volume  de  314  pag'es  avec  17  figures  (Tome  XXV).  Prix  :  7  fr. 
Pour  nos  abonnés .  5  fr. 


VARIOLE  &  VACCINATION 

Conférence  faite  aux  écoles  d'infirmières  en  190i  et  1905, 

par  Louis  MOREL. 

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Prix .  Ofr.50 


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Marchais  est  la  meilleure  préparation  creosotée.  Elle  di¬ 
minue  la  toux,  la  fièvre  et  1  expectoration.  De  3  à  6  cuil¬ 
lerées  à  café  par  jour  dans  lait,  bouillon  ou  tisane. 

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àlè  ans,  vrai  spécifique  de  la  CONSTIPATION.  Précieux  dans 
grippe,  bronchite,  coqueluche,  impétigo,  helminthiase, 
état  convulsif,  et  toutes  maladies  ou  indispositions  dans  les¬ 
quelles  un  laxatif  est  nécessaire. 

de  2  mois  à  2  ans  :  1  cuillerée  à  café  par  jour. 

I  de  2  ans  à  5  ans  :  1  cuillerée  à  dessert  par  jour. 

I  de  5  ans  à  15  ans  :  1  cuillerée  à  soupe  par  jour. 


Le  conseiller  chaque  fois  que  les  parents  demandent  un  «  dépuratif» 
pour  leurs  enfants,  car  le  meilleur  des  dépuratifs  est  encore  un 
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découvert  par  M.  Louis  DEQUi=.ANT,  pharmacien, 
de  Clignancourt,  Paris.  (Mémoires  déposés  à 
Médecine,  23  mars  1897, 8  mai  1898).  L’extrait  de  ces  Mémo 
est  adressé  gracieusement  à  tous  les  médecins  qui  *  ^ 
feront  la  demande.  Renseignements  gratuits  et  prtx  ae  i 
pour  tous  tes  memores  du  corps  médical. 


Le  Rédacteur-Gérant  :  Boürhbvill»- 


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A  titre  d'essai,  il  est  déliv'é  du  15  Août  au  .30  Septembre  1906 
d’aller  et  retour  individuels  réduits  de  25  0/0  en  1"  classe  et  de  ^  ^nfis 
2”  et  3*  classes,  comportant  une  durée  de  validité  de  21  jours,  non  to**  r 
les  jours  de  départ  et  d’arrivée. 

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Le  Progrès  Médical 


SOMMAIRE  ;  P.\thologie  externe  :  Pathogénie  des  ankylo¬ 
sés  spontanées  et  particulièrement  des  ankylosés  vertébrales, 
par  Poncet  et  Leriche.  —  Bulletin  :  Les  dangers  de  l’engoue¬ 
ment  en  médecine,  par  J.  Noir.  —  Sociétés  Savantes  :  Aca¬ 
démie  des  Sciences  :  Action  de  l’émanation  du  radium,  par  Bou¬ 
chard  et  Balthazard  (c.  r.  de  Mme  Phisalix).  —  Société  de  bio¬ 
logie  :  Précipités  colorés,  par  Achard  et  Aynaud  ;  Tractions 
rythmées  de  la  langue,  par  Prévost  ;  Action  du  collargol  sur  les 
microbes  pathogènes,  par  Henri  et  Mlle  Cernovodeanu  ;  Hémo¬ 
lyse  par  les  mélanges  de  saponine  et  d’hydrate,  par  Henri  et  Mlle 
Lévy  ;  Rapport  électrique  des  microbes,  par  Henri  et  Mlle 
Cernovodeanu  ;  Argent  colloïdal  sur  le  bacille  pyocyanique, 
par  Charrin,  Henri  et  Mercier-Vinard  ;  Pathogénie  du  rhuma¬ 
tisme  chronique,  par  Lévi  et  de  Rothschild  ;  L’hypophyse,  par 
Pettit  ;  Hydrates  de  carbone  chez  les  diabétiques,  par  Laufer  ; 
Bilirubine  du  sérum  sanguin,  par  Gilbert  et  Herrscher  ;  Action 
de  la  convallamarine  sur  la  circulation,  par  Maurel  ;  Liquide 
péricardique,  par  Iscovesoo  ;  La  vératrine,  par  Busquet  ;  Epi¬ 
thélium  intestinal  et  toxine  tétanique,  par  Caussado  et  Joltrain  ; 
Rôle  des  hématoblastes  dans  la  rétraction  du  caillot,  par  Le 


Sourd  et  Pagniez  ;  Séorétionsintestinales  du  fœtus,  par  Camus  ; 
Urée  dans  les  exsudais,  par  Kohn,  Javal  et  Adler  ;  Vapeurs 
d’essences  minérales,  par  Desbouis  et  Langlois  ;  Action  du 
méthonal  sur  les  germes  microbiens,  par  Perdria  ;  Bacille  dysen¬ 
térique,  par  Vincent  ;  Larves  d’œstres  chez  le  cheval,  par  Wein¬ 
berg  ;  Immunité  diphtérique,  par  Weill,  Hallé  et  Lemaire  ; 
Fibres  centrifuges  des  racines  porteuses  de  la  moelle,  par  Roux 
et  Heitz  ;  Tabès  avec  poussées  polynucléaires  dans  le  liquide 
céphalo-rachidien,  par  Villaret  et  Tixier  ;  Allobisme  et  allobi- 
vaccination,  parRosenthal  ;  Balanoposthiteérosive  circinée,  par 
Levaditi  ;  Morphologie  et  culture  du  spirochète  refringens,  par 
Levaditi  ;  Pus  d'abcès  froid,  par  Iscovesoo  et  Calvé  (c.  r.  de 
Mme  Edwards-Pilliet.)  —  Société  Médicale  des  Hôpitaux  :  (o. 
r.  de  Friedel.)  —  Société  de  Médecine  légale  de  France  :  (c.  r.  de 
Halberstadt.)  —  Congrès  des  aliénistes  et  neurologistes  de 

LANGUE  FRANÇAISE.  —  ASSOCIATION  FRANÇAISE  POUR  l’.AVANCE- 
MENT  DES’SCIENCES.  -  THÉRAPEUTIQUE.  —  INTERETS  PROFES¬ 

SIONNELS.  —  Varia.  — Les  congrès.  —  Correspondance.  — 
Formules.  —  Uro-thérapeutique.  —  Nouvelles.  —  Chro¬ 
nique  des  hôpitaux. 


PATHOLOGIE  EXTERNE 

Pathogénie  des  ankylosés  spontanées  et  parti- 
culiènement  des  ankylosés  vertébrales; 

Par  le  P'  Antonin  PONCET  et  René  LERICHE  (1). 

I. —  Contrairement  à  la  plupart  des  questions  chirur¬ 
gicales,  la  pathogénie  des  ankylosés'  a  passé  de  longues 
années  sans  révision.  Les  doctrines  microbiennes  sont 
apparues  et  ont  évolué  sans  incursion  sur  ce  terrain. Toute 
l’attention  des  chirurgiens  s’est  concentrée  sur  la  dis¬ 
cussion  de  thérapeutique  qu’elle  soulevait,  sans  chercher 
à  en  préciser  la  nature. 

Sur  ce  point,  on  s’en  est  généralement  tenu  à  ce  que 
Bonnet  avait  enseigné  ;  et,  à  la  suite  d’Ollier,  tous  les 
auteurs  qui  ont  cherché  à  éclaircir  le  problème  se  sont 
bornés  à  envisager,  successivement,  l’influence  des  dif¬ 
férents  facteurs  qui  peuvent  intervenir  pour  produire 
l’ankylose  :  rôle  de  l’immobüité,  rôle  de  l’inflammation, 
tendance  plastique  de  certaines  infections  et,  par-dessus 
tout,  rôle  primordial  de  la  diathèse  rhumatismale. 

Nous^ne  voulons  pas  reprendre  en  détail  l'étude  de  cha¬ 
cun  de  ces  facteurs.  Ce  serait  là  répétition  inutile.  Il  est 
établi,  aujourd’hui, que  toute  ankylosé  doit  être  considé¬ 
rée  comme  le  reliquat  d’une  arthrite.  C’est  la  cicatrice 
pathologique  d’une  inflammation  articulaire.  L’immobi- 
hté,  même  prolongée,  est,  à  elle  seule,  insuffisante  pour 
ankyloser  une  jointure.  Lestroubles  qu  elle  engendre  ne 
peuvent  aboutir  à  des  soudures  fibreuses  intra-articu- 
taires  et  ne  donnent  lieu  qu’a  de  fausses  ankylosés.  Ver- 
ûeuil  l’a  dit,  avec  raison  ;  il  n’existe  pas,  dans  la  science, 
«exemple  authentique  d’ ankylosé  osseuse,  produite 
«ans  une  articulation  saine,  par  le  seul  fait  de  l’immobi- 

Çeci  étant  posé  en  principe,  on  peut  admettre  trois 
aortes  d’ ankylosés  :  des  ankylosés  post-traumatiques,  des 
^kyloses  de  suerison  et  des  ankylosés  inflammatoires  ou 
infectieuses. 

tifi  classification  a,  sans  doute,  quelque  chose  d’ar- 
^■fleiel.  Toute  ankylosé,  avons-nous  dit,  est  le  résultat 
J^processus  inflammatoire,  mais  elle  est,  à  cette 
motion  près,  parfaitement  compréhensive  et  ne  sau- 

j  ’  ®royons-nous,  prêter  à  confnsion. 
con  B^^^cr  groupe,  en  effet,  correspond  à  des  faits  bien 
les  et  d’un  mécanisme  clair.  Le  second  comprend 
^Kyloses  delà  tuberculose.  Elles  sont  l’aboutissant 


poo!.\,B®Pporf  au  Congrès  de  Lvon  de  l'Assoeiation  Française 
•vancement  des  Sciences  (2  u'oiït  1906). 


du  processus  évolutif  curateur  de  certaines  tumeurs  blan¬ 
ches,  processus  rarement  spontané,  signalé,  pourtant 
comme  tel  par  Socin  ;  d’ordinaire  péniblement  obtenu  à 
l’aide  d’injections  sclérosantes  (1)  et  de  révulsion  ignée. 
Elles  ne  sont  pas  dues  au  bacille  de  Koch  ;  elles  se  font 
malgré  lui,  contre  lui,  et  sont,  en  somme,  la  cicatrice 
des  lésions  qu’il  produit. 

Le  troisième  groupe  est  le  plus  intéressant .  C’est  celui 
des  arthrites  infectieuses.  Il  comprend  deux  ordres  de 
faits  :  les  arthrites, en  efl’et,  aboutissent  à  l’ankylose  après 
suppm’ationou  sans  pus. 

Après  suppuration,  la  chose  est  banale.  Les  parties 
fibreuses  de  lu  synoviale  enflammée  s’épaississent,  les 
exsudats  s’organisent  ;  au  niveau  des  cartilages  érodés, 
des  adhérences  se  forment  et  bientôt  se  produit  une  an¬ 
kylosé,  fibreuse  d’abord,  puis  osseuse  parfois. 

Sans  pus,  certaines  arthrites  infectieuses  ou,  plus  sou¬ 
vent  peut-être  toxi-infectieuses,  conduisent  au  môme 
résultat.  On  les  appelle  assez  volontiers,  pour  cela,  ar¬ 
thrites  ankylossntes  et  on  réserve,  plus  spécialement  aux 
soudures  qu’elles  occasionnent,  le  nom  A' ankylosés  spon¬ 
tanées.  C’est  d’elles  seules  que  nous  parlerons  désor¬ 
mais. 

Les  ankylosés  spontanées  relèvent  donc  d’arthrites 
aiguës,  non  suppurées,  et  plus  exactement,  dé  arthrites 
pseudo-membraneuses. Ce  sontles  arthrites  avec  sécrétion 
de  lymphe  plastique,  si  parfaitement  décrites  par  Bon¬ 
net. 

En  pareil  cas,  la  congestion  inflammatoire  et  l’irrita¬ 
tion  de  la  synoviale  ne  produisent  qu'un  épaississement 
marqué  de  la  séreuse.  Œdémateuse  et  lardacée,  elle 
laisse  exsuder  une  sorte  de  couenne,  blanc  jaunâtre, 
d’àpparence  gélatineuse,  sans  organisation,  ni  structure 
tissulaire,  nettement  définie.  Le  processus  est  purement 
plastique  II  n  y  a  point  de  liquide.  C’est,  à  proprement 
parler,  le  mot  est  classique,  une  arthrite  sèche  aiguë. 

.  Peu  à  peu,  les  fausses  membranes  vont  s’organiser. 
Elles  lefont,comme  toute  fausse  membrane  des  séreuses, 
par  pénétration  de  vaisseaux  néoformés  en  évolution 
fibreuse  consécutive.  Il  n’y  a  là  rien  de  plus  qu’au  niveau 
de  la  plèvre  ou  du  péricarde.  Ainsi  se  créent  des  adhé¬ 
rences,  plus  ou  moins  solides,  entre  les  différents  points 
de  la  synoviale,  et  cela  surtout,  sur  les  iiarties  périphé¬ 
riques,  vers  les  bourrelets  synoviaux,  au  niveau  des 
franges. 

En  même  temps,  de  son  côté,  la  synoviale,  épaissie  et 
infiltrée,  prolifère.  L’évolution  scléreuse  de  ces  tissus 


(1)  Cor.nil  et  Coudray.  —  Action  de  riodol'orme  sur  les  tissus 
normaux.  (.Semaine  médicale,  p.  lô'J,  1900.) 


4S2 


LE  PROGRÈS  MEDIGAI, 


nouveaux  contribue,  elle  aussi,  à  la  production  d'une 
ankylosé  fibreuse,  plus  ou  moins  centrale. 

Mais  le  processus,  en  aucun  cas,  n'est  exclusivement 
synovial.  Gornil  et  Ranvier  ont,  autrefois,  montré  que, 
même  dans  les  fluxions  rhumatismales  légères,  les  lé¬ 
sions  n'étaient  jamais  x^^rfaitement  systématisées  A 
plus  forte  raison,  en  est-il  ainsi  dans  les  arthrites  graves 
que  nous  envisageons.  Le  cartilage,  l'os  sous-jacent,  les 
parties  molles  j)éri-articulaires  sont,  eux  aussi,  touchés 
à  des  degrés  divers,  et  réagissent  chacune  pour  son  jjro- 
pre  compte,  suivant  le  mode  qui  lui  est  propre. 

"L’ensemble  aura,  pour  résultat,  l’adhérence  plus  intime 
des  parties  normalement  mobiles  les  unes  sur  les  au¬ 
tres. 

La  localisation  prédominante  sur  tel  ou  tel  système 
créera  les  différentes  variétés  d’ankylose,  décrites  dans 
tous  les  ouvrages  classiques. 

Constamment, le  cartilage  présente  des  lésions  micros¬ 
copiquement  appréciables. En  certains  points,  par  îlots, 
c'est  de  la  x)rolifération  désordonnée  et  delà  tuméfaction 
sensible  au  doigt.  Ailleurs,  ce  sont  surtout  des  érosions 
par  suite  d  une  sorte  de  fonte  rapide,  de  la  substance 
cartilagineuse.  Celle-ci  se  fendille  et  s’érode.  Il  se  fait 
des  fissures  irrégulières,  des  ulcéi’ations  d  étendue  va¬ 
riable,  laissant  les  surfaces  ossseuses  arriver  directement 
au  contact. 

A  ce  niveau,  l’os,  très  vasculaire,  irrité,  pousse  comme 
des  pointes  d’accroissement  qui  vont  créer  des  adhéren¬ 
ces  osseuses  partout  où  le  cartilage  a  disparq.  Ainsi  se 
forment  des  stalactites  plus  oumoins  régulières, de  petits 
ponts  osseux,  et,  quand  le  cartilage  a  complètement 
fondu,  une  synostose  absolue  des  extrémités  osseuses 
en  présence.  Ainsi  se  réalise  ï ankylosé  osseuse  centrale. 

Simultanément,  l’os  se  déforme  parfois.  Volkmann  a, 
dès  longtemps,  attiré  l'attention  sur  l’augmentation  du 
diamètre  antéro-postérieur  et  l’aplatissement  transver¬ 
sal  que  l'on  peut,  en  pareil  cas,  observer  au  niveau  du 
genou.  Peut  êtredes  questions  de  statique  ou  de  pression 
interviennent-elles  ?  Nous  ne  savons  ,  toujours  est-il, 
qu'à  côté  des  cas  ou  la  silhouette  articulaire  garde  toute 
la  xmreté  de  son  iirofil,  il  en  est  d’autres  ou  un  tasse¬ 
ment  se  fait,  jirobablement  permis  par  une  ostéoma¬ 
lacie  passagère,  rendant  les  épiphyses  trapues  et  comme 
ramassées. 

La  fusion  est  d’autant  plus  parfaite  que  le  contact  des 
surfaces  articulaires  est  plus  intime.  Dans  les  articula¬ 
tions  par  emboîtement  elle  est  complète.  La  jointure  n’est 
plus  qu’un  bloc  osseux;  c’est  tout  spécialement  le  fait  de 
la  hanche  ;  ailleurs,  certains  points  restent  indemnes, 
comme  l’espace  intercondy lien  au  niveau  du  genou.  Il 
semble  que  l’orage  articulaire  le  respecte  assez  habituel¬ 
lement. 

A  côté  de  cela,  les  tissus  extra-synoviauxsont  plus  ou 
moins  altérés.  Ligaments  et  capsule,  gonflés  au  début 
par  une  sorte  d’œdème  gélatineux,  devenus  comme  suc¬ 
culents,  prennent  progressivement  l’aspect  lardacé, 
caractéristique  de  ces  processus  subaigus.  Puis,  peu  à 
peu.  l’inflammation  épuisant  sa  virulence,  les  exsudais 
se  résorbent,  laissant  tous  ces  tissus  fibreux,  sclérosés, 
rétractés,  ratatatinés,  incapables  désormais  de  permet¬ 
tre  à  l’article  de  reprendre  sa  mobilité  d'antan  et  contri¬ 
buant,  eux  aussi,  à  le  souder  plus  étroitement.  Ce  pro¬ 
cessus  est-il  prédominant,  les  lésions  intra-articulaires 
sont-elles  faibles,  à  eux  seuls  ils  feront  toute  l’ankylose, 
qui  sera  dite  fibreuse  périphérique. 

En  certains  cas,  le  processus  ^leut  aller  encore  plus 
loin.  Sous  l’influence  probablement  d’une  irritation 
périostique  péri-épiphysaire,  on  voit  les  parties  molles 
péri-synoviales  s’ossifier.  Le  processus  parait  débuter 
par  un  fin  dentelé  de  tissu  osseux  sur  les  marges  arti¬ 
culaires  (1).  Ces  ecchondroses  ossiformes  vont  à  la 
rencontre  les  unes  des  autres,  arrivent  à  se  souder  jilus 

(1)  Giuffitiis.  —  Thi  Journal  of  Patholosy  and  Bacteriology,  1807 
The  Variétés  of  Aiikylosis  by  Bone  tn  Differents  Parts  of  the  skele- 


ou  moins  intimement,  envahissant  la  capsule,  gagnant 
les  ligaments,  les  tendons  même,  et  laissant,  au  con¬ 
traire,  peut  être  pour  quelque  temps  seulement  la  cavité 
articulaire  libre  et  respectée. 

C’est  r ankylosé  cerclée,  bien  connue  des  vétérinaires. 

Puis  lentement,  pendant  que  ces  changements  ont 
lieu  à  l’extérieur  de  l’os,  les  épiphyses  au  contact  par 
disparition  jjrogressive  du  cartilage  qui  insensiblement 
s’ossifie,  arrivent  à  se  souder,  et  l'arthrite  ossifiante  est 
devenue  totale. 

C'est  là  une  forme  rare  de  l’ankylose  en  joathologie 
humaine,  si  on  envisage  l’intégrité  du  processus,  mais  à 
l’état  d  ébauche,  elle  est  assez  fréquente.  Cloquet  avait 
j^arfaitement  vu  cette  ossification  des  fibres  ligamenteu¬ 
ses  qui  recouvrent  les  vertèbres,  les  soudant  entre  elles 
excentriquement,  et  respectant  les  fibro -cartilages.  On 
trouve  alors,  dit  Bonnet,  de  longues  plaques,  passant  su¬ 
perficiellement  d’une  vertèbre  à  l’autre,  formant  quel¬ 
quefois  une  sorte  de  gaine  ou  d'étui  qui  en  réunit  plu¬ 
sieurs  . 

On  arrive  ainsi  par  degrés  à  l’ossification  totale  de  la 
colonne,  transformée  en  un  bloc  rigide,  en  une  barre 
résistante. 

C’est,  en  effet,  au  rachis  que  se  réalise  le  plus  souvent 
chez  l’homme  1  ankylosé  cerclée. Elle  n’aboutit  que  rare¬ 
ment  d’ailleurs  à  la  synostose  absolue . 

Mais  quand  tout  i)rocessus  infectieux  est  éteint.quand 
cliniquement  l’arthrite  est  »  cicatrisée»  ,  tout  n’est  pas 
encore  fini. Il  se  fait  sourdement  un  lent  travail  de  résor- 
X)tion  osseuse  et  d’adaption  trabéculaire  qui  arrive  à 
remanier  complètement  l’architecture  squelettique.  Con¬ 
formément  aux  lois  de  Wollf,  les  différents  systèmes  de 
fibres  vont  s’adapter  à  l’état  nouveau  des  bras  de  leviers 
qu  elles  constituent.  Nous  ne  voulons  pas  exx)oser  tout 
au  long  ces  bouleversements  osseux.  Cela  nous  entraî¬ 
nerait  trop  loin.  Qu’il  nous  suffise  de  dire  que  tous  les 
systèmes  correspondant  aux  mouvements  désormais 
perdus  vont  disparaître  Tout  va  donc  dépendre  de  la 
position  d'ankylose.  Est-elle  en  position  vicieuse,  en 
flexion  et  abduction  x>ar  exemple,  les  fibres  de  traction 
utilisables  dans  la  production  de  ce  mouvement  vont 
s’hypertrophier,  sinon  se  multiplier.  Les  fibres  de  con¬ 
tact  autres  que  celles  du  contact  flexion,  abduction,vont 
s’atrophier  et  disparaître  presque  complètement.  C’  est 
à  la  hanche  que  la  chose  est  le  plus  saisissante. 

Dans  une  ankylosé  rectiligne,  j)ar  exemple,  il  ne  res¬ 
tera  plus  guère,  au  bout  d’un  temps  qu’il  est  difficile  de 
calculer,  que  les  fibres  corresx)ondant  à  l’appui  et  à  la 
traction  fémorale  de  la  station  debout,  c’est-à-dire  à  une 
prédominance  énorme  du  système  interne  plus  oumoins 
redressé.  Finalement,  ,  les  fibres  paraîtront  continues 
avec  celles  d’appui  du  bassin,  et  le  seront  en  réalité. 

A  ce  moment,  la  synostose  sera  absolue,  anatomi¬ 
quement  totale.  Telle  est  la  dernière  phase,  physiologi¬ 
que  en  quelque  sorte,  de  tout  processus  ankylosant. 

Nous  avons  insisté  longuement  sur  les  différentes  éta- 
jies  de  la  période  inflammatoire  et  sur  les  modalités  di¬ 
verses  quelle  peut  revêtir  d’après  les  localisations  prédo¬ 
minantes  du  processus  infectieux.  On  com^irend  ainsi 
facilement  toutes  les  variétés  d’ankyloses  et  I  on  voit 
qu’au  fond  toutes  se  ramènent  à  un  schéma  assez  simple- 

Im  morphologie  pure  d’une  articulation  ankylosée  ne 
donne  aucune  indication  sur  le  processus  causal. 

Toute  infection  à  tendance  plastique  peut  réaliser,  a 
elle  seule,  toutes  les  variétés  d’ankylose.  Celles-ci  ne 
relèvent  que  du  mode  d’attaque  et  de  la  localisation  pre¬ 
mière  ou  prédominante  du  processus. 

Quelles  sont  donc,  pratiquement,  les  tyjies  étiologi' 
ques  d  arthrites  ankylosantes  ?  i 

Dans  les  ouvrages  classiques,  la  chose  est  assez  ma^ 
indiquée.  On  parle,  tout  d  abord,  des  pseudo-rhummis 
mes.  Tous,  en  effet,  mènent  volontiers  à  l’ankylose.  Le 
te  tendance  fibrino-plastique  est  une  de  leurs  carac 
ristiques  d’évolution.  Elle  fut,  dès  le  début,  parfaiteme 
indiquée  par  Bouchard  et  son  élève  Bourcy,  et  il 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


48  î 


notion  courante  que  le  rhumatisme  blennorrhagique,  de 
tous  le  plus  fréquent  présente,  au  plus  haut  point,  cette 
tendance  à  faire  des  synostoses  sans  pus. 

On  a  cherché  souvent  à  opposer,  par  ce  caractère,  les 
pseudo-rhumatismes  au  rhumatisme  franc.  Pourtant  ce¬ 
lui-ci,  sous  ses  différentes  formes,  aété  rendu  responsa¬ 
ble  d’un  grand  nombre  d’ ankylosés,  de  presque  toutes 
celles  qui  ne  font  pas  leur  preuve  par  un  traumatisme 
ou  une  suppuration  articulaire .  Dans  certaines  statisti¬ 
ques  d’ostéoclasies  ou  de  résections,  on  le  trouve  à  l’ori¬ 
gine  de  près  d’un  tiers  de  cas 

Le  rhumatisme  franc  a-t-il  donc  une  si  grande  tendance 
ostéogène  ?  A  lire  les  traités  de  médecine,  il  ne  le  sem¬ 
ble  pas.  Après  production  plus  ou  moins  abondante  de  li¬ 
quide  la  restitutio  ad  integriim  des  articulations  touchées 
est  la  règle 

1,’arthrite  sèche  aiguë, c’est-à-dire la  véritable  arthrite 
ankylosante,  ne  se  voit  pas  dans  le  rhumatisme  franc. 
Tous  les  auteurs  sont  d’accord  sur  ce  point,  si  bien  que, 
d'après  eux,  comme  nous  l’avons  montré  ailleurs  (1),  on 
est  en  droit  de  conclure  :  le  rhumatisme  franc  ne  conduit 
jamais  à  l’ankylot-evraie. 

Comment,  dès  lors,  concilier  le  désaccord  entre  méde¬ 
cins  et  chirurgiens  !  Ollier  et  Pingaud  l’ont  tenté  en  fai¬ 
sant  une  sorte  de  compromis  entre  le  traumatisme  et  le 
vice  rhumatismal.  Il  faut,  disent -ils,  que  traumatisme  et 
rhumatisme  se  mêlent  pour  aboutir  à  la  synostose  ;  .le 
rhumatisme,  à  lui  seul,  n’est  pas  assez  plastique  ;  c’est  à 
des  irritations  locales  répétées. à  des  mouvements  intem¬ 
pestifs,  qu'il  emprunte  sa  tendance  ankylosante. 

Un  tel  processus  ne  nous  paraît  pas  acceptable.  Il  est, 
tout  d’abord,  nombre  d’arthrites,  d’apparence  rhumatis¬ 
male,  qui  sont  si  douloureuses  que  toute  exploration  de 
l’article  est  impossible.  On  laisse  le  membre  immobilisé 
longtemps,  et  quand  le  malade,  ne  souffrant  plus,  es¬ 
saie  de  quitter  son  bandage  ou  sa  gouttière,  il  est  anky  - 
losé  définitivement,  sans  avoir  subi  le  moindre  trauma¬ 
tisme  articulaire, 

Ce  sont  là  ces  arthrites  plastiques  ankylosantes  que 
Gosselin  (2)  avait  fort  bien  vnes,  et  qu'il  s’est  at  taché  à 
définir  dans  ses  cliniques  et  daiisla  thèse  de  son  élève  Bo- 
lott'H)  (1881),  sans  pouvoir,  d'ailleurs,  arriver  à  en  pré¬ 
ciser  la  nature.  Malgré  tout,  dans  ces  cas,  le  processus 
est  ankylosant.  Mais  pourquoi  y  a-t  il  ankylosé  ?  se  de¬ 
mandait  Gosselin.  «  Nous  disons,  faute  ds  mieux,  que  la 
cause  recherchée  est  rhumatismale.  Le  rhumatisme  pro¬ 
duisant  ainsi  des  arthrites  simplement  congestives,  ou 
des  arthrite.s,  plastiques,  ankylosantes,  il  resterait  à  sa¬ 
voir  pourquoi  il  a  pris  le  mode  que  nous  avons  observé  ? 

n’a  répondu  à  la  question  posée  Gosselin.  D. 
Mollière  (4',  Nicaise  (•  ), Ollier  (tij.ont  apporté  des  obser¬ 
vations  plus  ou  moins  superposables.  On  a  parlé  de  dia¬ 
thèse  rhumatismale,  ostéopliytique,  et  Mauclaire  (7)  a 
consacré  quelques  lignes  à  ce  qu’il  appelle  ;  l’osléoarthrite 
plastique  ankylosante. 

."l’ts récemment.  Nélaton  (8].  Routier  (9',  Lucas-Gham- 
Pionnière(lO), sont  intervenus  chez  les  maladesdecegenre. 

trouve  plusieurs  exemples  dans  la  thèse  récente 
1  .  “Soier  (IL.  Le  diagnostic  généralement  jmrté  est  ce 

^  “^fthri te  plastique,  ou  d  ankylosé  rhumatismale.  La 
4  cation  d’étiologie  n'est  pas  poussée  plusloin. 
j  c.  dans  toute  cette  série  d’observations,  on  ne  peut 
S^^îtter,  le  plus  souvent,  de  traumatisme  articulaire. 

Jmntanément.  l’arthrite  est  arrivée  ü  l'ankylose. 

_ ^cf,  l'explication  donnée  plus  haut  ne  saurait  être 


et  U.  Leiuche.  —  Ithumaliamc  lubcrculei 
rfe  chirurpie,  j.anvior  l'J05  ) 

13'  n  ’s.<EUN.  —  Clinique  chirurgicale  de  la  Charité, l.  I 
4'  de  P.iris,  1881. 

f;,:  v'-'Iou.iÈiiE.  —  Lyon  medical,  p.  21.8,  189.). 

'61  n  C''SE.  — Revue  de  chirurgie,  p.  819,  18.82. 
ni  M  Traité  des  Résections. 

(g  v..-'Ci:l.\ihe.  —  Traité  de  chirurgie  clinique,  t.lll. 

Cji  k^CATOx. —  Soc.  de  eliinirgie,  18  juin  1902. 

(10 "Oc-riEn  -  id.,  25  juin  1902. 

--  /éîd.,28juin  11X)5. 
*.'«lUGuiEH.-Thc.e  de  Paris,  1904-1905. 


gardée  II  faut  donc  chercher  autre  chose.  Or.  chez  de 
tels  malades,  nous  enavons  observé  un  assez  grandnom- 
bre  (1),  on  retrouve  très  souvent,  par  une  enquête  minu¬ 
tieuse,  les  traces  d'une  tuberculose  ancienne,  jilus  ou 
moins  éteinte,  mais,  néanmoins,  toujours  agissante.  Un 
interrogatoire  attentif  montre  que  le  malade  est  hérédi¬ 
tairement  taré  par  le  bacille  de  Koch,  qu’il  a  vécu  dans 
un  milieu  de  bacillaires,  comme  cette  femme  (2),  vue  jiar 
M.  Mouisset,  opérée  par  M.  Vallas,  qui  avait  perdu  son 
père  de  laryngite  tuberculeuse,  et  soigné  successivement 
deux  maris, morts,  tous  deux, de  tuberculose  pulmonaire. 
Parfois,  le  malade,  a  eu.  dans  l’enfance,  des  adénites 
cervicales,  des  otites,  les  petits  signes  de  la  scrofulose 
infantile.  D'autrefois,  l'arthrite  ankylo-ante  a  été  sui¬ 
vie,  à  brève  échéance,  d’hémoptysies,  de  phénomènes 
pulmonaires  chroniques  dont  l’évolution  lente  finira  par 
le  tuer.  Enfin,  dans  quelques  cas  récents,  la  séro-réac- 
lion,  l’épreuve  de  la  tuberculine,  etc  ,  ont  montré  que 
ces  prédisj^osés  à  la  tubercule -e,  qui  doivent  en  mourir 
un  jour,  sont,  au  moment  même  de  leur  ankylosé, des  tu¬ 
berculeux  en  action. 

Cela  suffit.  Ces  renseignements,  que  seuls  un  interro¬ 
gatoire  et  un  examen  dirigés  dans  ce  sens,j)euvent  révé¬ 
ler.  ont,  comme  nous  l’avons  dit  d  autre  part,  la  valeur 
de  la  goutte  uréthrale,  qui  fait  dire  :  rhumatisme  blen- 
noifhagique.  en  présence  d'une  poussée  articulaire  plus 
ou  moins  aiguë. 

Ils  imposent  le  diagnostic  de  rhumati«me  tuberculeux, 
car  il  en  est  de  ces  arthrites  comme  des  symphy.-:es  des 
séreuses,  où  l'on  ne  trouve  aucune  trace  dlnfection  s])é- 
cilique,  aucune  édification  anatomique,  signant  le  pro¬ 
cessus  originel  La  tuberculose  semble  hors  de  cause,  et 
cependant,  depuis  les  recherches  de  Landouzy,  on  sait, 
que  da  ns  ces  pleurésies,  c’est  elle  qu  il  faut  incriminer 
avant  tout. 

Aussi  peut  011  conclure  d'une  façon  ferme  :  le  rhuma¬ 
tisme  franc  n  a  jamais  pour  aboutissant  l'ankylose  vraie. 
Les  prétendues  ankylosés  rhumatismales, la  plupart  des 
arthrites  plastiques  ankylosantes  relèvent  de  la  tuber¬ 
culose. 

Mais  il  ne  faut  pas  s’attendre  à  lrouver,en  pareils  cas, 
de  graves  lésions  pulmonaires.  Ce  ne  sont  pas  les  cavi¬ 
taires  qui  réalisent  volontiers  ces  arthrites  ankylosan- 
t-s.  Ce  sont  des  tuberculeux  a  minima.  dont  les  lésions 
veulent  être  cherchées.  Leur  évolution  fibreuse  les  rend 
discrètes,  et  si  l’on  nous  permettait  un  paradoxe,  nous 
dirions  :  qu'il  faut  être  f  eu  tuberculeux  pour  pouvoir 
faire  une  ankylosé.  Il  suffit  de  l'être  longtemps. 

On  ne  doit  pas,  d’autre  part,  chercher,  au  niveau  de 
ces  articulations, les  traces  habituelles  de  l’ostéo-arthrite 
tuberculeuse.  On  ne  les  y  trouverait  pas.  Ces  lésions 
sont  fonction  de  la  tuberculose  inflammatoire.  Ce  sont 
des  produits  réactionnels  d’origine  toxinienne.sans  nulle 
caractéristique  anatomique  On  sait  aujourd'hui,  depuis 
nos  recherches,  que  la  granulation  et  la  cellule  géante 
ne  sont  plus  le  minimum  exigible  pour  pouvoir  parler 
de  tuberculose.  Nous  avons  trop  insisté  sur  ce  point 
pour  qu  il  sotutiled’y  revenirici. La  tuberculose  inflam¬ 
matoire  est  essentiellement  plastique  et  édificatrice. Par 
elle, s’explique  donc  très  simplement  le  caractère  fonda¬ 
mental  de  ces  arthrites,  qui  sont  ankylosantes,  malgré 
tout. 

Il  nous  reste  pour  être  complets, à  signaler  les  fausses 
ankylosés  delà  polyarthrite  déformante. Nous  n’en  avons 
point  encore  parlé,  parce  qu’il  s’agit  plutôt,  alors  de 
gêne  périarticulaire  des  fonctions  de  la  jointure  que  de 
fusion  ostéo  -  fibreuse. Le  processus  de  la  polyarthrite  est, 
avant  tout, atrophique  et  médullisant. Autour  de  l’os  raré¬ 
fié  et  boursouflé,  des  exostoses  périphériques  entravent 
le  glissement  des  surfaces  articulaire  s  déjà  fixées  par  des 
ligaments  rétractés. Il  n’y  a  pas  là  d’ ankylosé  vraie, et  si 
nous  en  parlons, c'est  pour  les  exclure. 


'1}  PdNCETi'lH.  I.ERicnic  — Revue  de  chirurgie.  1905. 
(2)  .V.  l'oNCET  i‘l  H.  LiduciiE.  -  Loc.cit  ,  ob.  II. 


484 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


Dès  lors,  lapathogénie  des  ankytoses  spontanées  de¬ 
vient  très  simple. 

Toutes  sont  d'origine  toxi-infectieusé.Le  Jroid  humide, 
le  traumatisme,  etc., ne  sont  que  des  causes  occasionnelles 
provocatrices  ou  localisatrices,  d’un  pseudo-rhumatisme . 
Tous  les  pseudo -rhumatismes  tendent  à  l’ ankylosé, dans  le 
cas  où  ils  ne  sont  pas  hydropigènes .  C’est  d'eux  que  relè¬ 
vent  toutes  les  arthrites  plastiques,  dont  le  plus  grand 
nombre  s’ expliquent  par  la  blennorragie  et  surtout  par 
la  tuberculose. 

Pareille  notion  a  un  intérêt  majeur.  Elle  paraît,  en 
effet, de  nature  à  élucider  certaines pathogénies  jusqu’ici 
mystérieuses, en  pathologie  humaine  comme  en  art  vété¬ 
rinaire. 

D’un  côté  comme  de  l’autre, on  tait  jouer  un  rôle  injus¬ 
tifié  aux  théories  mécaniques. C’est, par  la  surcharge, par 
les  excès  de  presssion  établissant  de  nouveaux  contacts, 
que  certaines  articulations  surmenées  arriveraient  à 
l’ankylose.  Ainsi  en  serait -il  du  pied  plat  douloureux  ? 
L’astragale,  mal  orienté,  glisserait  en  avant,  culbuterait 
en  bas  et  en  dedans,  détruirait  la  voûte  plantaire,  parce 
qu’en  même  temjis  la  petite  apophyse  calcanéenne  est 
atrophiée.  De  là  des  pressions  anormales, des  irritations 
et  finalement  de  l’ankylose. 

A  réflexion,  cette  explication  statique  des  synostoses 
parait  bien  un  peu  surprenante.  Elle  devient  inadmissi¬ 
ble  quand  on  songe  que  la  caractéristique  du  pied  le  plus 
déformé  au  point  de  vue  articulaire  est  de  ne  jamais 
s’enkyloser.  Si  la  théorie  statique  était  vraie,  tous  les 
pieds  bots  congénitaux  devraient  être  synostoses.  Il 
n’en  est  rien .  Cette  exception  cadre  trop  mal  avec  la 
théorie  pour  ne  pas  l’infirmer. 

Aussi,  nous  pensons,  d’après  cela  et  avec  beaucoup 
d’autres  bonnes  raisons,  qu  il  faut  l’abandonner  et  s’en 
tenir  à  la  formule  que  nous  avons  émise  ;  en  dehors 
d'un  processus  to xi-in fe dieux ,  il  n’est  pas  d’ankylose 
spontanée. 

Si  nous  transportons  cette  donnée  en  médecine  vété¬ 
rinaire,  elle  est  tout  aussi  extensive  et.  peut-être  solu- 
tionnera-t-elle  défi uitivement  des  questions  bien  sou¬ 
vent  débattues  ?  On  connaît,  par  exemple,  la  fréquence 
et  la  complexité  des  tares  osseuses  du  cheval.  Elles  sont 
diaphysaires,  comme  le  suros,  ou  articulaires,  comme 
l’éparvin.  Ce  sont  des  ossifications  exubérantes  et  des 
ankylosés  absolues  dont  la  nature  est  indéterminée .  De 
nombreux  travaux  et  de  multiples  théories  se  sont  effor¬ 
cés, dans  ces  dernières  années, de  la  préciser  (1;  .  Au  fond, 
on  peut  grouper  sous  trois  chefs,  toutes  les  explications 
proposées  :  hypothèse  ligamenteuse, hypothèse  articulaire, 
hypothèse  ostéitique. 

Ces  hypothèses  ressemblent  fort  aux  si  nombreuses 
théories  pathogéniques  de  la  tarsalgie  des  adolescents. 

Or  là,  pas  plus  qu’ ailleurs,  les  influences  mécaniques 
ne  sauraient  être  suffisantes  pour  produire  des  synosto¬ 
ses.  Il  nous  semble  contraire  à  tout  ce  que  l’on  sait,  de 
supposer  qu’une  hyperextension  ligamenteuse  répétée 
soit  suffisante  pour  déterminer  «  de  l’ostéite  périphéri¬ 
que  qui,  en  modifiant  la  nutrition  du  cartilage,  fait  ap- 
l)araître  les  lésions  arthritiques  »  (Ranier  (2)  dont  dé¬ 
pend  l’ankylose. 

Il  faut  plus  que  des  arrachements  ligamenteux  infimes 
pour  produire  une  «  ostéo- arthrite  ankylosante  ».  Nous 
avons  pu  voir  au  musée  de  l’Ecole  vétérinaire  de  Lyon 
des  pièces  superbes  d’éparvins.  Avec  ce  que  nous 
savons  des  ankylosés  de  1  homme,  nous  dirons,  sans 
arrière-pensée,  que  seul  un  processus  infectieux  peut 
donner  de  pareilles  productions  osseuses.  C’est  donc  dans 
ce  sens  qu’il  faut  s’orienter  si  l'on  veut  une  explication 
admissible,  et  volontiers  c’est  vers  la  tuberculose  que 
nous  la  chercherions.  La  tuberculose  étant  très  rare 
chez  les  chevaux,  il  serait  curieux  de  voir  si  le  séro-dia- 

(1)  V.  Drocin.  —  Revue  générale  de  médecine  vétérinaire,  15  avril 
1903.  Etiologie  et  palhogénie  «les  tares  osseuses. 

(2)  B-iXlER. —  Sur  la  pathogénie  tle  l  éparvin  (Sa//,  de  la  Soc.cen- 
traie  de  méd.  vétérinaire,  1898). 


gnostic,  la  tuberculine,  ne  donnerait  pas  l’indication  dé¬ 
finitive  de  l’infection  qui, seule, engendi'e  de  pareilles  os¬ 
sifications  (1) . 

II.  —  Les  données  générales  que  nous  venons  de  déve¬ 
lopper  sur  les  arthrites  ankylosantes,  en  général,  trou¬ 
vent  leur  application  intégrale  à  lapathogénie  des  anky¬ 
losés  vertébrales. 

Dans  ces  dernières  années,  on  s’est  efforcé  de  les  caté¬ 
goriser  et  d’en  distinguer  différents  types. P.  Marie  et  son 
élève  Leri  se  sont  attachés  à  cette  étude .  Ils  ont  isolé, 
dans  le  chaos  du  rhumatisme  chronique,  des  individua¬ 
lités  anatomo-cliniques  assez  vivantes  pour  avoir  été  les 
jalons  de  tout  ce  qui  a  paru  sur  ce  sujet.  Autour  de  cha¬ 
cune  des  formes  qu’ils  avaient  vulgarisées,  des  observa¬ 
tions  plus  ou  moins  identiques  sont  venues,  de  tous  côtés, 
cristalliser,  en  quelque  sorte,  et  consolider  une  doctrine 
séduisante. 

Toutefois,  il  y  a  là,  croyons-nous,  quelque  chose  d’ar¬ 
tificiel.  Ce  ne  sont  pas  les  positions  d’ ankylosés,  le  plus 
ou  moins  de  diffusion  du  proce.ssus  ossifiant,  qui  peuvent 
permettre  d’isoler  des  types  définitifs. 

Si  l’on  appliquait  pareUle  méthode  aux  articulations 
des  membres,  on  ari’iverait  à  des  conclusions  inadmissi¬ 
bles,  et  il  n’y  a  aucune  raison  d  appliquer  un  régime  de 
faveur  à  la  colonne  vertébrale .  Le  processus  ankylosant 
est  là  ce  qu’il  est  partout  ailleurs  et  rien  de  plus.  La  loca¬ 
lisation  des  lésions,  leur  généralisation,  le  plus  ou  moins 
de  régularité  des  ossifications  auxquelles  elles  condui¬ 
sent,  peuvent  permettre  d’indiquerdes  divisions  commo¬ 
des  pour  l'étude.  Elles  ne  sauraient  impliquer  des  dis¬ 
tinctions  pathogéniques. 

C’est  ce  que  nous  voulons  essayer  démontrer  ici. Pour 
cela,  il  est  nécessaire  d’établir,  tout  d  abord,  quelles  sont 
les  principales  formes  isolées  dans  le  groupe  confus  des 
ankylosés  vertébrales. 

Au  point  de  vue  anatomique,  on  en  décrit  deux  grands 
types.  L’un,  est  surtout  ligamenteux, l’autre, plu  tôt  ostéo¬ 
articulaire.  Le  premier  correspond,  dit  Léri,  à  une  me- 
nisco-ligamentite.  Il  peut  être  généralisé  ou  localisé. 

Dans  chaque  cas,  il  offre  certaines  caractéristiques  que 
nous  indiquerons. 

Total,  il  crée  la  spondylose  rhizomélique,  maladie 
toxi-infectieuse . 

Localisé,  il  produit  la  cyphose  de  Bechterew,  affection 
hérédo-tr  aumatique . 

Le  second  type  répond  à  une  ossification  totale,  recti¬ 
ligne,  de  la  colonne  et  serait  seul  le  fait  du  rhumatisme 
chronique. 

A  première  vue,  ces  divisions  paraissent  bien  un  peu 
frôles.  ’V'^oyons-en  le  détail. 

Dans  le  premier  cas,  d’après  Marie  et  Léri,  on  trouve 
l’ossification  de  presque  tous  les  ligaments  de  la  colonne. 
Les  apophyses  articulaires  sont  soudées  à  leur  pourtour, 
elles  ne  forment  plus  extérieurement  qu’une  colonnettc 
moniliforme.  Les  ligaments  jaunes  sont  nettement  ossi¬ 
fiés  par  place,  de  même  en  est  -  il  des  ligaments 
vertébraux.  La  plupart  présentent  seulement  une  ossifi¬ 
cation  de  leurs  faisceaux  supérieur  et  inférieur,  plus  ré¬ 
sistants.  Les  faisceaux  moyens  qui  se  rendent  au  disqu® 
intervertébral  sont  respectés. Les  ligaments  costo-tran^ 
versaires  sont  pris,  eux  aussi.  Les  sus  spineux  formen  , 
par  place,  des  ponts  osseux,  entre  les  épiphyses 
nés.  Même  dispositif  est  réalisé,  mais  moins  complÇf®' 
ment,  sur  la  face  antérieure  des  corps  vertébraux,  pf^> 
semble-t  il,  «  par  ossification  du  disque  que  par  celle 
ligament  vertébral  commnn  antérieur  ».  Celui-ci,  e 
effet,  comme  le  ligament  commun  postérieur, reste  pre 
que  intact. 

Déplus,  le  canal  rachidien  garde  son  diamètre  n 
mal,  sans  végétations,  môme  exubérantes,  en  ^ 

la  lumière.  Les  trous  intervertébraux  conservent 


(L  Depuis  queluues  mois,  M.  le  prof.  Cadéae,  de  l’Ecole 
naire  de  Lyon,  a  bien  voulu,  sur  notre  demande,  entrepreno  ^ 
Tez  le  cheval.  D’après  les  résultats  c. 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


CONVALLARIA  MAIAIIS 


I  SIROP  :  2  à  3  cuillerées  à  soupe  par  jour, 
i  PILULES  :  6  par  jour. 

6RARULES  de  CONVALLAIARIRE  ;  4  par  jour. 


S  "S 


ANALGÉSIQUE,  ANTIPYRÉTIQUE,  HYPNOTIQUE,  ANTLMIGRAINE,  ANTLNÉVRALGIQUE,  ANODINE 

NE  DONNANT  PAS  LIEU  A  L’ACCOUTUMANCE  ET  NE  PRODUISANT  JAMAIS  D’EFFETS  TOXIQUES  _ 

CONSTANTE  DANS  SES  EFFETS 


LE  PROGRÈS  MEDICAL 


485 


leur  calibre  normal.  Il  existe  seulement,  par  en¬ 
droit 'nn  rapprochement  plus  ou  moins  accusé  de  cer¬ 
taines  extrémités  articulaires,  pouvant  aller  tardive¬ 
ment  jusqu’à  la  soudure  totale  de  deux  os  voisins. 

D’antre  part,  ce  processus  touche  aussi  toutes  les  arti¬ 
culations  à  ménisque  ou  à  bourrelet  ;  la  hanche, l'épaule, 
le  genou,  la  sterno-claviculaire,  le  temporo -maxillaire; 

^\^inalement  cependant,  mais  toujours  tardivement,  il 
pourrait  se  généraliser  aux  articulations  des  pieds. 

En  somme,  à  part  ce  dernier  détail,  il  répond  à  une 
ménisco-ligamentite  ossifiante. 

Mais,  de  plus, il  semble  que  1  hyperossification  se  fasse 
aux  dépens  d’une  désossification  parallèle,  en  d'autres 
endroits,  où  les  os  sont  ramollis  etfi'appés  d’ostéite  ra¬ 
réfiante. 

fel  serait  l’aspect  caractéristique  de  la  spondylose 
rhizomélique,  maladie  bien  isolée,  véritable  entité  ana¬ 
tomo-clinique. 

La.  cyphose  hérédo-traumatique ,  décriteparBechterew 
sous  le  nom  de  : vertébrale.  A.\\.o,  perfois  aussi, 
maladie  de  Kümmel,  vulgarisée  en  France  par  Marie  et 
Astié  (1  ,  est  moins  connue.  Léri,  qui  en  a  publié  une 
autopsie  détaillée,  la  regarde  comme  caractérisée  ana¬ 
tomiquement,  par  une  cyphose  avec  ossification  en  sail¬ 
lie  de  la  plupart  des  ligaments  vertébraux , 

Le  plus  touché  serait  le  ligament  vertébral  commun 
antérieur,  mais  non  sur  toute  sa  hauteur.  Avec  lui,  les 
ligaments  jaunes  sont  aussi  frappés  dans  le  même  dé-  j 
partement  rachidien  ;  les  autres  sont  plus  ou  moins  in¬ 
tacts. 

Bref,  la  formule  anatomique  de  cette  forme  peut  être 
ainsi  énoncée  :  ankylosé,  localisée  à  la  concavité  d’une 
courbure  cyphotique. 

Tout  autres  sont  les  lésions  dans  le  rhumatisme  ver¬ 
tébral.  Ce  qui  domine,  en  pareil  cas,  c’est  la  soudure  en 
masse  et  dans  le  sens  rectiligne  de  tout  l’axe  vertébral, 
ondel’undeses  segments  ^J.Teissierj.C’estlossification 
régulière  des  ligaments  antérieurs  qui  forment  des  ponts 
rigides  entre  les  corps  vertébraux  immobilisés  en  un 
bloc  rectiligne.  C’est  encore  la  présence  constante  d’os- 
téophytes,  parfois  volumineuses,  surtout  au  niveau  des 
faces -latérales  du  rachis,  diminuant  beaucoup  la  lumière 
des  trous  de  conjugaison,  comme  l’ont  établi  Touche  et 
“egnault.  J.  Tessier,  auquel  nous  empruntons  cette  des¬ 
cription,  en  a  montré  de  très  belles  pièees. 

Les  lésions  sont,  on  le  voit  bien,  différentes  de  celles 
delà  spondylose.  Elles  sont  trop  dissemblables  pour 
î'r  on  puisse  leur  supposer  une  pathogénie  univoque.  Il 
mot  donc  disjoindre  ces  deux  modalités  cliniques  et  les 
®^Posor,  au  lieu  de  les  réunir  dans  un  groupement  syn- 

P-  Marie  etLéi'i  (2j,  J.  Teissier  et  Roque (3)  se  sontpro- 
formellement  dans  ce  sens, 
résumé, il  existe  deux  types  d’ankylose  vertébi'ale: 
^îî®!%oinentaice.  qui  s’accompagne  d’ostéomalacie, d'os- 
e  raréfiante;  l’autre  ostéo  articulaire, purement  plas- 


^0  premier,  ressortissent  deux  formes  cliniques  ;  la 
j^^jlose  rhizomélique  et  la  cyphose  hércdo-trauma- 

Pent^  ,®ooond,  dépend  le  rhumatisme  vertébral,  qui 
total  cervical,  cervico-dorsal,  dorso-lombaire  ou 

tj^^trairement  à  cette  manière  de  voir,  nombre  d'au- 
'tstes  ;5!,  A.  Pic  (G),  sont  résolument  uni- 

^ont  là  que  des  formes,  d  peine  différentes,  d'un 
^^sus  univoque. 


Tra  ,'  J  “^<J’>oftrapnteae  la  csatpeii  terc,  n-  i,  i; 
y  *  ‘ie  médecine,  arl. Rhumatisme  chronique. 
'•V  JocVE.  —  Gaz.  des  hôpitaux,  190; 

'8)  fi?  M'tt.  ans  den  Grenqgeb.,  ISOO. 

^  Cl  Bombes  de  Vii.liek.';.  —  Lyon  médical,  li 


Telle  est  notre  oj)inion. 

Gomme  nous  l’avons  développé  ailleurs  (1)  ,tout  agent 
causal  peut,  en  matière  de  rhumatisme  chronique,  pren¬ 
dre, au  niveau  des  articulations,  deux  seuls  modes  évolu¬ 
tifs,  l’un,  atrophique,  raréfiant  ;rautre,  plastique,  hyper- 
ostosant,Ces  modalités  dilférentesx'oisinent  souvent  chez 
le  meme  malade.  Ce  sont  des  questions  de  virulence  et  de 
tei'rain  qui  marquent  la  dominante  du  processus  et  non 
point  sa  nature. 

On  ne  peut  se  baser  sur  eux  pour  établir  des  distinc¬ 
tions  pathogéniques. 

En  outre,  ainsi  que  nous  l’avons  établi  au  début,  toute 
toxi-infection  est  susceptible  d’engendrer  n'importe 
quelle  variété  d’ankylose.  Chez  tel  individu, elle  donnera 
une  ankylosé  périphérique,  capsulo-ligamentaire  ;  chez 
tel  autre, une  synostose  absolue, Tout  dépendra  du  mode 
d'attaque  et  de  la  localisation  prédominante. 

Et  si  la  spondylose  réalise  plus  souvent  le  premier  type, 
c’est  parce  que,  à  la  colonne,  les  ankylosés,  sont  le  plus 
souvent,  péi  iphériques.  L'ossification  intervertébrale  est 
plus  rare  parce  que  les  fusions  interarticulaires  absolues 
correspondent  surtout  à  des  lésions  synoviales  et  à  des 
ulcérations  cartilagineuses. Pour  un  tel  résultat, il  faut  un 
cartilage  mince  et  une  séreuse.  Ni  l'une  ni  l’autre  de  ces 
conditions  ne  sont  réalisées  au  rachis. 

Le  syndrome  spondylose  rhizomélique  ne  corres¬ 
pond  donc  pas  fatalement  et  nécessairement  à  un  pro 
cessus  ligamentaire,  mais  il  y  répond  le  plus  souvent. 
D’autre  part,  il  n'est  pas  fatalement  accompagné  d'une 
ostéite  raréfiante.  Ce  qui  le  prouve,  c’est  que  Pic  a 
trouvé,  chez  ses  malades,  une  véritable  éburnation  des 
hanches  syuostosées.  Nous  avons  nous  même  observé 
des  lésions  d’ostéite  condensante  chez  des  spondylosi- 
ques. 

Enfin,  on  ne  saurait  donner  comme  un  caractère  pa¬ 
thognomonique  d'une  lésion,  le  fait  de  la  position  d’an¬ 
kylose. 

Au  rachis,  comme  ailleurs,  la  rectitude  et  la  flexion 
sont  déterminées  par  des  questions  de  statique.  Quand 
le  processus  est  ankylosant  d’emblée,  la  colonne  est 
figée  dans  sa  forme  brusquement.  Quand,  au  contraire, 
et  c’est  le  cas  le  plus  fréquent, les  lésions  passent  par  une 
phase  transitoire  d’ostéomalacie,  les  déformations  le  s 
plus  diverses  peuvent  survenir.  Le  l’amollissement  os¬ 
seux  permet  faction  des  causes  mécaniques,  et  l'ostéite 
condensante  terminale  ou  l'ankylose  de  guérison  sur¬ 
prennent  le  squelette  dans  une  position  anormale,  dé¬ 
sormais  définitive. 

L'ankylose,  dite  du  rhumatisme  chronique,  est  en 
extension,  parce  qu  elle  est  totale,  et  que,  d  emblée,  le 
processus  est  ankylosant. 

Les  ankylosés  de  la  spondylose  ou  de  la  cyphose  héré- 
do-traumatique  sont,  en  partie,  vicieuses,  parce  que 
l’agent  caussd  épuise  longtemps  son  effort  à  la  périphé¬ 
rie,  en  ne  donnant  primitivement, au  niveau  du  squelette 
proprement  dit,  que  du  ramollissement  inflammatoire. 
Et  alors,  pendant  que,  lentement,  les  ligaments  s’ossi¬ 
fient,  la  colonne  se  tasse  et  s’incurve. 

Ces  actions  parallèles, qui  s  accomi>agnentde  douleurs 
violentes,  progressent.fatalement,  avec  le  même  cortège 
de  souffrances,  jusqu'au  jour  où  le  processus  ossifiant 
est  devenu  suffisant  pour  fixer  les  lésions  et  immobiliser 
le  rachis  en  position  anormale. 

Là,  comuiepartout  en  pathologie  articulaire,  l'immo¬ 
bilisation  est  curative.  Elle  fait  rétrocéder  l’inflamma¬ 
tion.  elle  diminue,  elle  supprime  la  douleur. 

Pour  ces  div  erses  raisons,  en  appliquant  au  cas  parti¬ 
culier  ce  qui  est  la  règle  générale  pour  toutes  les  articu¬ 
lations,  nous  ne  croyons  pas  que  Ton  puisse  trouver 
dans  de  purs  caractères  morphologiques  un  motif  vala¬ 
ble  de  différenciation  entre  deux  processus,  rattacher, 
l’un,  à  une  trophonévrose,  et  l’autre,  àune  toxi  infection 

Pour  nous. toute  ankylosé  spontanée,nous  le  répétons, 

T)  A.PoxCETel  B.  Leuiciie.—  Académie  de  médecine, l'i  mars  1906. 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


est  lerésultat  d'une  infection  qni  touche, plus  oumoinsjes 
ligaments  ou  les  os,  mais  jamais  les  tins  à  l'exclusion  des 
autres.  1  outes  les  formes  de  transition  existent,  tous  les 
intermédiaires  sont  réalisés,  la  chaîne  est  donc  ininter¬ 
rompue  entre  les  types  extrêmes. 

Mais  s’il  en  est  ainsi  quels  sont  les  facteurs  étiologiques 
à  invoquer,  en  fin  de  compte  ? 

D’après  ce  que  nous  avons  dit, le  froid  même  prolongé, 
les  émotions, le  traumatisme, etc., ne  sont  pas  autre  chose 
que  des  causes  occasionnelles.  Pour  le  traumatisme,  la 
question  veut  être  développée.  On  l'a,  en  effet,  mis  di¬ 
rectement  en  cause  comme  explication  de  la  cyphose  de 
Bechterew.  Pour  Marie  et  Leri,  son  rôle  est  manifeste. 
Nous  pensons,  au  contraire,  que  des  chocs  insignifiants, 
même  répétés,ne  peuvent  donner  de  l’ankylose  vraie. Des 
arrachements  ligamentaires  minimes  sont  insuffisants  à 
engendrer  des  hyperostoses  étendues,  et  ne  produisent 
guère  que  de  petites  ecchondroses,  des  stalactites  très 
localisées. 

Reuter  (1)  .dans  un  mémoire  récent, s’est  attaché  à  mon¬ 
trer  comment  la  doctrine  de  Kümmel  était  inadmissible 
au  point  de  vue  anatomo  pathologique.  Avec  lui,  nous 
nous  refusons  à  croire  que  des  traumatismes  légers,  plus 
ou  moins  appréciables,  puissent,  par  hémorrhagie  intra- 
osseuse,  engendrer  une  ostéite  raréfiante  assez  intense 
pour  permettre  des  tassements  et  la  cyphose  consécutive . 

Il  faut  une  infection  pour  donner  naissance  à  de  pareil¬ 
les  lésions,  mais  aucune  n'est  spécifique  et  tout  agent  mi¬ 
crobien  peut  intervenir. 

Deux  sont  le  plus  habituellement  en  cause  :  le  gonoco¬ 
que  et  le  bacille  de  Koch. Quelquefois  même, ils  associent 
leur  pouvoir  plastique  commun. 

Pour  la  blennorrhagie,  on  ne  fait  aucune  difficulté  à 
l’admettre. 

Pour  la  tuberculose,  la  chose  est  moins  classique.  Elle 
est  tout  aussi  si'ire  cependant. 

Depuis  la  communication  de  l’un  de  nous  à  la  Société 
médicale  des  hôpitaux  de  Paris  (2)  les  observations  se 
sont  multipliées.  Celles  de  Pic  et  Bombes  de  Villers,  de 
L.Thévenot,  etc.,  les  thèses  entr’ autres,  de  Moutet  et  de 
Gerspacher,  ont  surabondamment  démontré  l’action, en 
pareil  cas,  du  poison  tuberculeux. 

Leri,  dans  sespremiers  mémoires,  avait,  d’ailleurs,  si 
gnalé  certains  spondylosiques  comme  suspects  de  tuber¬ 
culose  :  ainsi  celui  d  Hilton  Fagge,  de  Teixidos  Sunor. 
Il  rapportait  lui-même  un  cas  où  la  tuberculose  n’était 
pas  douteuse.  J. Teissier  enacité  un  autre. 

Bref,  sur  une  soixantaine  d  observations  de  spondylo- 
se  connues,  une  vingtaine,  au  moins,  lui  sont  rattachables. 

Ces  relations  de  la  tuberculose  et  de  l’ankylose  verté¬ 
brale  ont  trouvé  une  nouvelle  preuve  dans  les  constata¬ 
tions  récentes  de  Lorentz.La  fréquence  des  lésions  anky¬ 
losantes  de  la  colonne  chez  les  tuberculeux  est  telle,  d'a¬ 
près  lui,  qu'on  ne  peut  la  considérer  comme  une  simple 
coïncidence  :  sur  174  phtisiques,  il  en  trouve  68  atteints  de 
rigidité  vertébrale,  dont  55  pour  100  ayant  moins  de  qua¬ 
rante  ans  ! 

Il  est  donc  certain  aujourd'liui  que  la  tuberculose  est  à 
l’origine  d’un  grandnombred’ankyloses, quels  que  soient 
leur  siège  et  leur  forme  anatomique. 

Elle  agit  là,  sans  produire  de  lésions  spécifiques  et  d’é¬ 
difications  anatomiques  caractéristiques. 

Gq  sont  des  ankylosés  par  tuberculose  inflammatoire 
dont  le  7'humatisme  tuberculeux  ankylosant  est  une  des 
formes  les  plus  fréquentes. 

Comme  tout  rhumatisme  infectieux,  il  a,  au  premier 
chef,  une  tendance  fibro  qfiastique,  et  c’est  à  lui  qu’il  faut 
toujours  penser  en  présence  d’une  ankylosé  spontanée, 
dont  la  cause  échappe,  alorsmème  que  le  malade  parait 
en  pleine  santé.  Il  pourra  mettre  sur  la  voie  des  lésions 
larvées.jusqu’alors  silencieuses, dont  il  n'est  qu’une  anor¬ 
male  et  bruyante  manifestation. 

(1)  l  eber  die  Bezieliiinfrehn  zwisehen  spondylites  traunialioa  und 
ankylosé  des  Wirbehsaule  (Arch.  f.  orthopédie..  Bd  II,  p.  137,  1903.) 

(2)  A.  PoscET.  —  Soe.  méd.  des  hôpitaux.  1903. 


NARCYL  GRÉMY  médicament  spécifl. 

que  de  la  toux,  spécialement  de  la  toux  des  tu¬ 
berculeux. 

BULLETIN  DU  PROGRÈS  MÉDICAL 

Les  dangers  de  l’engouement  en  médecine. 

Dans  notre  dernier  bulletin,  à  propos  de  la  thèse  du 
D''  Maisonneuve  et  des  discussions  auxquelles  elle  a 
donné  lieu,  nous  faisions  remarquer  les  dangers  de 
l’engouement  en  faveur  d’une  doctrine  ou  d'une  décon- 
verte  médicales.  Nous  avons  rappelé  les  échecs  reten¬ 
tissants  de  la  lymphe  de  Koch  prématurément  livrée 
au  public,  mais  ce  n’est  là  qu'un  fait  entre  cent  autres 
et  les  exemples  de  ce  genre  sont  trop  nombreux  à  notre 
époque. 

Devons-nous  rappeler  la  multiplication  excessive  des 
ovariectomies  dès  que  l’opération  de  Battey  eut  été 
introduite  en  France  'I 

L’engouement  pour  la  castration  ovarienne  fut  tel 
que  cette  opération  devint  un  danger  social.  Il  fallut 
une  campagne  de  presse,  l’intervention  de  romanciers 
de  talent,  pour  réfréner  cette  folie  épidémique  qui 
sévit  avec  une  égale  intensité  chez  les  malades  et  les 
opérateurs.  La  mode  passa  alors  assez  vite  et  en  quel¬ 
ques  années  tout  en  fut  rapidement  oublié.  11  en  est 
de  même  de  l’histoire  récente  de  l’appendicite.  Sur 
l’affirmation  catégorique  du  F"  Dieulafoy,  qu’on  ne 
devait  pas  mourir  d’appendicite  et  qu’en  sa  présence, 
il  fallait  toujours  et  au  plus  tôt  opérer,  on  intervint  à 
la  moindre  alerte .  Le  chirurgien  moderne  que  le  chlo¬ 
roforme,  l’antisepsie  et  l’amélioration  de  la  technique 
opératoire  ont  rendu  plus  audacieux,  ne  s’attarda  plus  à 
préciser  le  diagnostic,  il  le  compléta  le  couteau  en 
main,  sur  la  table  d’opération. 

Les  erreurs  furent  fréquentes  et  si  souvent  elles  n  eu¬ 
rent  d’autres  conséquences  qu’une  opération  inutile, 
dans  quelques  cas,  elles  portèrent  des  dommages  pins 
sérieux  aux  malades.  11  fallut  que  M.  Dieulafoy  vîn 
lui-même  réparer  à  la  tribune  de  l’Académie  le  ma 
dont  il  avait  été  la  cause  indirecte,  et  dire  qu’il  ne  fan 
plus  opérer  avant  de  s’être  assuré  de  la  précision 
diagnostic,  affirmation  qui  pourtant  paraît  ne  relever 
que  du  simple  sens  commun. 

Nous  ne  pouvons  passer  ici  en  revue  la  longue  lis 
des  médicaments  qui,  pendant  quelques  semaines,  o 
guéri  toutes  les  maladies  incurables.  Durant  ces 
nières  années  le  ciel  un  peu  sombre  de  la  thérapeutiqn^ 
a  été  constamment  sillonné  de  ces  étoiles  filantes 
l’éclat  éphémère .  ^^,5 

Les  agents  physiques  semblaient  donner  quelfi 
consolations  et  l’on  vantait  sans  cesse  les  effets  ni^^ 
veilleux  des  rayons  de  Rœntgen.  Ils  avaient  fait 
les  plus  extraordinaires  espérances,  un  instant  on 
qu'on  avait  enfin  trouvé  en  eux  l’agent  curatif 
cer,  et  il  est  vrai  que  nombre  de  néoplasmes 
malins,  soumis  à  la  radiothérapie,  avaient  été  un 
fiés  de  façon  étonnante.  w/i? 

Serait-ce  là  encore  une  déception  ?Le  v’nal*^ 

Anieric.  med.  Association  àn  23  juin  dernier 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


.487 


]e  cas  du  D'  Weigel,  de  Rochester,  qui, à  la  suite  d’ap¬ 
plications  prolongées  de  rayons  X, aurait  contracté  un 
cancer  dûment  constaté,  sérieusement  diagnostiqué  et 
dont  il  serait  mort.  Ce  seul  fait  n’est  certes  pas  suffisant 
pour  nous  faire  condamner  sans  appel  la  radiothérapie. 
Mais  ce  sont  ces  échecs  qui  rappellent  les  médecins  à  la 
prudence  et  les  conduisent  au  doute  scientifique,  bien 
différent  de  la  négation  à  priori  des  sceptiques.  Il  faut 
se  défier  des  thérapeutiques  perturbatrices  dont  on  est 
loin  de  connaître  tous  les  effets.  Il  vaut  mieux  imiter 
la  circonspection  de  Montaigne  malade,  qui,  bien  que 
n’étant  pas  médecin,  disait  avec  son  robuste  bon  sens  : 

«  le  laisse  faire  ta  nature,  et  présupposé  qu’elle  se  soit 
«  poun  ue  de  dents  et  de  grifies,  pour  se  déffendre  contre  les 
«  assaults  qui  luy  viennent,  et  pour  maintenir  cette  contex- 
«  ture  dequoy  elle  fuit  la  dissolution,  le  crains  au  lieu  de 
«  l’aller  secourir,  ainsi  comme  elle  est  aux  prises  bien 

étroictes  et  bien  ioinctes  avecques  la  maladie,  qu'on  secoure 
«  son  adversaire  au  lieu  d’elle,  et  qu’on  la  recharge  de  nou- 
«  veaux  affaires  (1).»  J.  Nom. 


Contre  r INSOMNIE,  prescrire  : 

TABLETTES  MERCK  DE  VÉROXAL,  au  cacao, 

dosées  à  0,50  et  divisibles  par  moitié. 


SOCIÉTÉS  SAVANTES 

ACADÉMIE  DES  SCIENCES 
Séance  du  23  Juillet  1906. 

Action  de  l'émanation  du  radium. 

MM.  Ch.  Bouchard  et  Y.  Balthazard,  qui  ont  déjà  montré 
l'action  toxique  de  l’émanation  du  radium  pour  les  animaux, 
tels  que  cobayes  et  souris, lorsqu’elle  est  introduite  par  la  voie 
respiratoire,  montrent,  par  de  nouvelles  expériences,  que  cette 
^nation  est  également  toxique  lorsqu’elle  est  produite 
d  une  façon  continue  par  une  substance  radio-active,  placée 
dans  le  péritoine,  à  l'intérieur  de  sacs  de  collodion. 

Tous  les  tissus  de  l’animal  qui  a  respiré  l’émanation  sont 
•^dio^actifs  ;  mais  les  capsules  surrénales  et  le  poumon  le 
sont  à  un  degré  plus  élevé. 

Quant  aux  tissus  de  l’animal,  porteur  dans  son  péritoine, 
d  un  sac  de  collodion  contenant  la  substance  radio-active,  la 
Mesure,  dans  chaque  organe,  de  la  quantité  totale  d’émana- 
uon  qu  ii  contient  montre  qu’ils  se  classent  dans  l’ordre 
Rivant;  capsules  surrénale^,  poumon,  foie,  peau,  rate,  reins. 
Mais  si  l’on  se  reporte  à  l'unité  de  poids  de  chacun  de  ces 
"’^anes,  on  voit  que  : 

‘  gr.  de  capsule  surrénale  contient  4,7  fois  d’émanation  que 
gr.  de  rate  ;  1 1 ,4  fois  d’émanation  que  1  gr.  poumon  ;  15  fois 
«reanation  que  1  gr.  de  peau  ;  60  fois  d’émanation  que  1 
-  de  foie  ;  100  fois  d’émanation  que  1  gr.  de  rein. 

Tém  approximatif  permet  d'évaluer  au  douzième  de 

j^anation  injectée  ce  qui  reste  encore  au  bout  de  4  heures. 

11  douzièmes  ont  été  éliminés  surtout  par  la  peau  et  le 

*a>areon. 

lJ'®”*®*'ation  se  localise  à  partir  de  la  deuxième  heure  sur 
^ç^^P^ules  surrénales  qui  arrivent  vers  la  quatrième  heure 
contenir  autant  que  le  reste  du  corps, 
f^ife  ^  ^  **  heures  après  l'injection,  l'organisme  ne 

rad:  d’émanation  et  les  tissus  ont  perdu  toute 

®go-aclivité. 

qoç  P r®^erches  de  Bergell,  Braustein  et  Bickel  ayant  prouvé 
la  pj-  accroît  l’action  zymotique  de  la  pepsine,  de 

v.^^^^tine  et  des  ferments  en  général,  la  localisation 

liv.  I.,  ch.  .XXIII. 


élective  de  cette  émanation  sur  les  glandes  à  sécrétion  interne 
n’est  pas  chose  indifférente  pour  le  thérapeute.  Elle  explique 
peut-être  l’action  stimulante  qu’exercent  sur  les  sécrétions  les 
eaux  minérales  radio-actives  lorsqu’elles  sont  prises  à  la 
source. 

11  est  assez  curieux,  en  outre,  de  constater  que  l’émanation 
qui,  jusqu’ici,  s’est  montrée  inerte  au  point  de  vue  chimique, 
puisse  se  répartir  d’une  façon  non  uniforme  dan.s  l’organis¬ 
me.  Le  fait  est  à  rapprocher  de  celui  qui  a  été  indiqué  par 
M.  Schlœsing  pour  un  autre  gaz  inerte,  l’argon,  qu’il  a  vu  se 
fixer  d’une  façon  élective  sur  le  sang.  M™®  Phxsalix. 

SOCIÉTÉ  DE  BIOLOGIE 
Séance  du  21  juillet  1906. 

Précipité.')  colorés. 

MM.  Achard  et  Aynaud.  —  L'imprégnation  par  l’argent 
consiste  à  produire  un  précipité  dans  les  espaces  cellulaires 
qui  devient  visible  en  noircissant  à  la  lumière.  Le  bleu  de 
Prusse,  formé  par  l’action  successive  du  ferrocyanure  de 
potassium  et  du  sulfate  ferrique  û’iodure  de  palladium,  for¬ 
mé  par  l’iodure  de  potassium  et  le  chlorure  de  palladium  ; 
le  tannate  de  fer,  par  la  réaction  du  tannin  sur  le  sulfate  fer¬ 
rique  ;  enfin,  la  réaction  du  tannin  traité  par  une  des  xnpeurs 
osmiques.  Ces  réactions,  comparables  aux  imprégnations 
d'argent,  montrent  la  fadlité  des  espaces  intercellulaires  à  se 
faire  pénétrer. 

Tractions  rythmées  de  la  langue. 

M.  J.-L.  Prévost  critique  la  méthode  des  tractions  rythmées, 
et,  de  son  expérience  personnelle,  tire  cette  conclusion  (jue 
les  tractions  simples  sont  de  bonne  réussite  au  cours  de  l’as¬ 
phyxie,  par  action  mécanique,  en  dégageant  la  glotte  oblitérée 
par  la  base  de  la  langue,  mais  que  l’excitation  réflexe  rame¬ 
nant  les  mouvements  respiratoires  lui  paraît  problématique. 
.iclion  du  collcargol  sur  les  microbes  pathogènes. 

M.  Victor  Henri  et  Al"'  Cernovodeanu  ont  préparé,  par  la 
méthode  électrique  de  Bredig,  une  série  de  solutions  collo'i- 
dales  d’argent  différant  par  la  grosseur  des  granules  du  métal. 
Ces  solutions,  expérimentées  sur  le  charbon,  le  staphylo¬ 
coque,  le  bacille  typhique,  le  coli-bacille,  la  phléole  et  le  ba¬ 
cille  de  Flexner  ont  constamment  retardé  ou  empêché  le 
développement  du  microbe.  L'argent  à  petits  granules  agit 
I)lus  énergiquement. 

Hémolyse  par  les  mélanges  de  saponine  et  d'hydrate. 

Al.  A  ictor  Henri  et  AI"'  Lévy  montrent  que  l'hémolyse  suit 
la  loi  qui  est  produite  par  les  hémolysines  de  sérums.  L  n 
mélange  des  corps  chimiques  définis  agit  comme  les  hémo¬ 
lysines  animales. 

Rapport  électrique  dès  microbes. 

AI.  \  ICTOR  Henri  et  Aille  Cernovodeanu  étudient  le  rapport 
électrique  des  microbes.  I.a  connaissance  du  signe  électriiiue 
d’un  microbe  importe  étant  donné  la  variété  des  collo’i’des 
qui  se  trouvent  dans  les  tumeurs  animales.  Le  colibacille,  le 
bacille  typhique,  celui  du  charbon,  le  staphylocoque,  les  mi¬ 
crobes  de  la  tuberculose,  la  phléole,  sont  des  microbes  néga¬ 
tifs  ;  le  bacille  de  Flexner  est  positif. 

.Argent  colldidal  sur  le  bacille  pyoeyaniqne. 

AlAI.  Charrin,  V.  Henri  et  AIercier-A’inard  ont  étudié 
l’action  de  l’argent  colloïdal  employé  sur  le  bacille  pyocyani¬ 
que  ensemencé  sur  gélose.  Les  cultures  sont  bien  moins 
abondantes  que  sur  les  tubes  témoins.  Les  tubes  ensemencés 
de  \X  gouttes  de  métal  colloïdal  à  grains  fins  à  î  àOüOO 
d’argent  sont  restés  stériles.  Les  tubes  additionnés  d’argent 
colloïdal  à  gros  grains  ont  donné  des  cultures  très  étendues, 
faiblement  pigmentées  et  dont  les  microbes  présentaient  les 
formes  d’involution  décrits  jadis  par  AIAI.  Charrin  et  Gui¬ 
gnard. 

Ces  résultats  expliquent  les  discordances  d’action  observées 
par  les  cliniciens  qui  ont  utilisé  ce  produit  en  l’empruntant 
à  des  sources  multiples  correspondant  à  des  préparations 
distinctes  et  d’action  bactéricide  inégale. 


488 


LE  PROGRÈS  MEDICAL 


Palhoçjénie  du  rhumatisme  chronique. 

MM.  Léopold  LÉvt  et  IL  de  Rothschild  admettent  comme 
cause  de  rhumatisme  chroniijue  progressif  :  1°  un  état  endo- 
critique  (thyroïdien,  hypophysaire,  ovarien,  diastémalique.) 

2°  Par  cette  dysendocrisie  il  y  a  auto-infection  banale  à  ré[>é- 
tition,  ou  auto-intoxication  chronique.  Les  articulations  de¬ 
viennent  des  émonctoires  et  en  conséquence  le  siège  de  lésions 
causées  par  les  toxi-infections,  surtout  s’il  y  a  prédisposition 
héréditaire  ou'acquise. 

3°  Toxi-infections  et  auto-intoxications  mettent  en  jeu  les 
centres  nerveux  articulaires  régionaux  ou  le  centre  général 
bulbaire.  Le  rhumatisme  chroniipie  évolue  sur  une  lésion 
névropathique  ([ui  explique  plusieurs  symptômes  de  la  mala¬ 
die. 

4’  La  progression  serait  due  aux  arthrotoxines  et  certains 
sérums  (diphtérique,  tétanique,  etc.)  agissant  sur  l'élément 
humoral. 

L'hypophyse. 

M.  Auguste  Pettit  signale  que  l’action  secrétoire  de  l’hypo¬ 
physe  n’est  attestée  que  par  les  cellules  chromopliiles  et 
chromophages  signalées  en  1882  par  Elesch. Certains  sélaciens 
primitifs  ont  1  hypophyse  formée  de  cordons  cellulaires  tra¬ 
versés  par  des  vaisseaux  autour  desquels  se  groupent  des 
calices  formés  par  la  sécrétion  hypophysaire.  C’est  donc  là  une 
glande  à  sécrétion  interne  où  les  troncs  vasculaires  déversent 
une  sécrétion  dans  les  sinusoïdes,  qu’une  couche  épithéliale 
sépare  seule  du  sang.  Cette  glande  des  sélaciens  explique, 
dans  la  série  des  vertébrés,  cette  glande  énorme  que  l’élément 
vasculaire  modifie. 

Hydrates  de  earbone  chez  les  diabctiqws. 

M.  René  Laufer  avait  montré  que  les  diabétiques  ulilisent 
une  certaine  quantité  d’hydrates  de  carbone  qui  ne  passent 
pas  dans  l’urine.  Certaines  conditions  font  varier  ces  limites  : 
un  excès  de  graisse,  surtout  d’azote,  dans  l’alimentation  aug¬ 
mente  la  glycosurie;  si  pendant  une  période  on  diminue,  dans 
l'alimentation,  la  dose  du  sucre,  pendant  une  période  consé¬ 
cutive,  le  malade  pourra,  sans  action  sur  les  urines,  assimiler 
une  dose  de  sucre  plus  élevée.  Ces  études  permettent  d’expli¬ 
quer  des  perturbations  paradoxales  dans  les  analyses. 

Bilirubine  du  sérum  sanquin. 

MM.  Gilbert  et  IIerrscher. —  Normalement,  il  existe  I  gr. 
de  bilirubine  par  3(5.500  dans  le  sérum  sanguin  adulte.  Les 
voies  biliaires  étant  obstruées  soit  par  calculs, soit  par  un  can. 
cer  de  la  tête  du  pancréas,  la  bilirubine  s’accumule  considé¬ 
rablement,  d’autant  plus  que  l’obstruction  est  p\us  considé¬ 
rable  ;  elle  peut  arriver  à  1/lOÜO  ou  1/900.  Dans  les  processus 
aigus  (ictère  catarrhali,ces  chiffres  peuvent  encore  être  atteints 
mais  jamais  dépassés. 

Action  de  la  convallamarine  sur  la  eirculalion. 

M.  L.  Malrel  conclut  que  : 

1“  Les  doses  thérapeutiques  agissent  sur  les  vaisseaux 
qu’elles  font  contracter  et  n’agissent  que  secondairement  sur 
le  cœur.  2“  Elles  augmentent  l’énergie  du  cœur,  puis  dimi¬ 
nuent  ses  contractures.  3°  Les  doses  mort  lies  amènent  la  vaso¬ 
dilatation  et  n’agissent  qu’ultérieurement  sur  le  cœur,  qui 
survit  à  l’organisme.  4’  Ces  doses  sont  sans  iniluence  sur  les 
éléments  figurés  du  sang. 

Liquide  péricardique. 

M.  IsoovEsco.  —  Ce  liquide  ne  contient  que  des  globulines 
positives,  ne  peut  coaguler  spontanément  à  moins  que  l’in¬ 
flammation  n’apporte  des  globulines  négatives  à  la  formation 
d’un  caillot  de  fibrine. 

La  vératrine. 

M.  Busql'et  a  vu  le  pneumogastrique  perdre  son  pouvoir 
inhibiteur  chez  la  grenouille  vératrinisée.  Chez  les  mam¬ 
mifères,  l'influence  d’arrêt  est  diminuée,  mais  peut-être  le 
pneumogastrique  n’est-il  pas  influencé  et  le  poison  agit-il 
(voie  intra-veineuse)  directement  sur  la  fibre  cardiaque  ren¬ 
due  hyperexcitable  par  le  toxique  et  ne  se  laissant  plus  inhiber 
par  le  vague. 


Epilhélhim  intestinal  et  toxine  tétanique. 

àlM.  Caüssade  et  Joltrain  ont  fait  agir  l’extrait  intestinal, 
qui  a  une  action  antitoxique  puissante  sur  la  toxine  tétaniqne- 
cependant  la  vitalité  du  bacille  n'est  pas  diminuée  et  garde 
sa  virulence  même  après  un  long  contact. 

Rôle  des  hématobiastes  dans  1 1  rétraction  du  caillot. 

MM-  Le  Sül’rd  et  Pagmez  ont,  par  centrifugation, séparé  les 
hématobiastes  du  sang  rendu  incoagulable. Le  plasma  oxalaté 
est  calcifié,  le  plasma  salé  dilué  ;  le  liquide  d’hydrocèle 
devient,  privé  d  hématobiastes,  un  caillot  irrétractible.  Les 
hématobiastes  rajoutés  rendent  ce  caillot  rétractible  au  liout 
de  20  minutes  et  cette  rétractibilité  est  en  rapport  avecle 
nombre  des  hématobiastes.  Ils  n’agissent  pas  simplement 
comme  corps  étrangers. mais  leur  action  se  rapproche  de  celle 
des  ferments,  des  alexines.  car,  soumis  à  un  chauffage  de  55“ 
pendant  10  minutes,  ils  perdent  leur  propriété  de  rétractilité. 
Cette  expérience  confirme  l’opinion  de  Ch.  Hayem,  que  les 
hématobiastes  sont  les  agents  de  la  rétraction  du  caillot  et 
que  leur  action  se  rapproche  de  celle  des  ferments .  Des  états 
pathologiques  peuvent  sans  doute  leur  faire  perdre  cette  pro¬ 
priété  et  expliqueraient  la  non-rétractililé  du  caillot,  malgré 
la  présence  d  hématobiastes  en  nombre  normal. 

.Séance  du  28  juillet  1900. 

Secrétions  inleslinales  du  fœtus. 

M.  L.  Camus  avait,  il  a  déjà  4  ans,  démontré  dans  l’intestia 
du  fœtus  du  cobaye  et  du  lapin,  la  présence  de  la  secrétine. 

Urée  dans  les  exsudats. 

MM.  Kohn,  Javai.,  Adler,  montrent  que  l’urée,  retenue  dans 
l’organisme,  se  répand  dans  les  liquides  pathologiques 
(œdème,  ascite,  liquide  pleural),  au  même  taux  que  dans  le 
sérum  sanguin. 

Widal  et  Froin  avaient  déjà  signalé  cette  même  teneur  en 
urée  du  liquide  céphalo-rachidien.  L^analyse  du  transsudai 
étant  plus  rapide  que  celle  du  sérum,  on  pourrait  connaître 
le  degré  de  la  rétention  uréique  du  sang  en  faisant  l’analyse 
de  ces  liquides. 

Vapeurs  d'essences  minérales. 

MM.  Desbouis  et  Langlois  ont  étudié  l’action  de  ces  vapeurs 
en  milieu  confiné  sur  des  cobayes.  Les  doses  faibles  ne  d()n- 
neraient  pas  lieu  à  de  Tintoxication.  L’accroissement  de  poids 
était  ralenti  ;  il  y  a  de  la  polyglobulie,  mais  pas  de  modifica¬ 
tions  des  leucocytes. 

Action  du  méthoivil  sur  les  yermes  microbiens. 

M.  Perdria  a  détruit  en  quatre  minutes,  dans  le  mélhonal 
sec  à  100",les  spores  sèches  de  subtilis  et  des  autres  germes. 
La  pénétration  du  gaz  eSt  très  rapide. 

Bacille  dysentérique. 

M.  IL  \  INCENT  montre  la  difficulté  de  développement  ^ 
microbe  dysentérique  dans  l’eau  impure  où  les  autres  mic 
bes  lui  sont  antagonistes,  et  surtout  dans  la  région  trop^ 
cale  où  le  soleil  et  la  chaleur  agissent  en  raréfiant 
microbes,  ce  qui  rend  la  dysenterie  bacillaire  rare  * 

port  à  la  dysenterie  amibienne.  L’obscurité,  les  basses  e 
pératures  conservent  aü  mierobe  toute  sa  vitalité. 

Larves  d'astres  chez  le  cheval. 

M.  AVeinberg  a  fixé  des  larves  des  différents 
sur  la  muqueuse  digestive.  Les  parasites  donnent  P®"°‘  grs 
lésions  banales  et  agissent  aussi  comme  corps  Xui- 
septiques  produisant  une  inflammation  aiguë  ou  ja 

par  les  microbes  qu’ils  introduisent  dans  l’épaisseur 
paroi  intestinale.  Les  larves  gastrophiles  le 

comme  des  helminthes  et  occasionnent  peut-être 
cheval  des  seplicémies  dues  à  des  microbes. 

Immunité  diphtérique.  ja 

MM.  Weill,  IIai.lé  et  Lemaire  ont  expérimenté 
que  la  précipiline  est  sans  influence  directe  sur  1®. 
de  l’immunité.  La  durée  de  l’immunité  est  jg  défi' 
cours  des  désinfections,  grâce  à  la  rapidité  plus  grap  .^lioo- 
mination  du  sérum  é  tranger  anlitoxique  au  cas  de  rein 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


4S9 


fibres  cenlrifuges  des  racines  porteuses  de  la  moelle. 
v(\I  J.-C.  Roux  et  J.  Heitz  ont  réséqué  des  racines  posté- 
.  ■  gijr  des  chiens  et  des  chats  ;  les  animaux  ayant  survécu 

l'I*  rs  à  1  mois,  on  a  pu  étudier,  sur  ces  racines,  l’existence 
liUres  à  myéline  à  trajet  centrifuge  qui,  pour  la  plupart, 
«ent  par  les  rameaux  communiquant  dans  les  cordons 
Sn  sympa Ihi^ue.  Quelques-unes  de  ces  fibres  passent  par  les 
«rf^ériphériques. 

Tabes  avec  poussées  polynucléaires  dans  le  liquide 
céphalo-rachidien . 

mm.  M.  Vii.i.  'RF.T  et  L.  Tixier  ont  étudié  deux  cas  de  tabès 
oùapparurent  des  poussées  de  polynucléose  transitoire  dans 
^liquide  céphalo-rachidien,  qui  parurent  avec  des  accidents 
jigBS  (céphalée,  délire,  accès  épileptiformesi.  Au  cours  de 
(trlains  accidents  syphilitiques  des  centres  nerveux,  les  poly- 
incléaircs  en  suspension  dans  un  liquide  aseptique  conservent 
leur  intégrité  morphologique  comme  les  polynucléaires  en 
circulation  dans  le  sang,  et,  ceci  permettrait  de  distinguer  la 
méningite  aiguë  bactérienne  (éléments  cellulaires  très  altérés) 
de  la  poussée  congestive  au  cours  d’altérations  vasculaires 
dénaturé  syphilitique  (intégrité  des  éléments  cellulaires). 

Ici  le  liquide  était  aseptique  ;  les  leucocytes  étaient  aussi 
illérés  que  dans  les  méningites  bactériennes.  11  était  donc 
impossible  d'affirmer  qu'il  s'agit  d’une  poussée  conjonctive 
iseptique  ou  d’une  injection  secondaire. 

Allohisme  et  allobivaccinalion. 

M.  G.  Rosenthal  utilise  l’atténuation  progressive  de  la  vi¬ 
rulence  des  microbes  anaérobies  stricts  transformés  en  aéro¬ 
bies  pour  immuniser  et  vacciner  les  animaux.  Les  injections 
cultures  filtrées  mortes  ou  bouillies  constituent  Vallohi- 
iBnuomafion  ;  l’inoculation  de  cultures  atténuées  constitue 
hllobivaccination. 

Bulanoposlhite  érosive  circinée. 

M.  Levaditi  a  inoculé  la  halanoposlhite  érosive  au  singe,  au 
diimpanzé  par  scarification  du  sillon  balanopréputial.  L’é- 
Wsion  provoquée  fut  identique  à  celle  de  l’homme  ;  ces  éro¬ 
dons,  à  bandes  polycycliques,  à  fond  rouge  légèrement  gra¬ 
cieux,  s’étendent  en  surface,  envahissent  le  gland  et  le 
Prepuce  et  amènent  des  phimosis  ;  la  maladie  guérit  sponta- 
wment.  Les  macaques  et  les  cynocéphales  ne  sont  pas  ino- 
cjables.  La  sécrétion  recueillie  à  la  surface  des  érosions  du 
«impanzé,  comme  le  pus  de  la  balanoposthite  humaine, 
Wertne,  à  côté  des  cocci  et  des  bactéries,  de  nombreux  spi- 
’^betes  refringens.  Ce  spirochète  inoculé  en  sac  est  resté  sans 
™et. 


Morphologie  et  culture  du  spirochète  refringens. 

—  Le  spirochète  refringens,  qui  diffère  du  Irepo- 
pallidum  par  l’amplitude  de  ses  ondulations,  sa  moli- 
Içj'^^^nsibilité  aux  matières  colorantes,  se  rencontre  dans 
dans  les  condylomes,  acuminés(Schaudinn  et  lloff- 
co  la  balanoposthite  érosive  (Berdal  et  Bataille), et  sa 

dans  ce  dernier  cas  l’a  fait  considérer,  par  ces  au- 
s,ii  '““jne  pathogène.  11  est  resté  vivant  24  heures  dans  la 
Culi'  •  traces  de  culture. 

daij  dans  des  sacs  en  collodion,  au  milieu  du  péritoine 
senrsa?'  sérum  humain,  on  a  pu  y  reconnaître  la  pré- 
d  Un  seul  cil  terminal . 


^  Pus  d'abccs  froid. 

etCAi.vÉ  montrent  que  le  liquide  du  pus  d’ab- 
«ég3tif®|®’®rile  des  tuberculeux  ne  contient  que  des  collo'fdes 
*''*?nlar  ‘^^^^^ïdes  positifs  amènent  de  la  gélification  et  la 

>hêra5g  indiquent  les  importants  résultats 

à  obtenir  par  l’emploi  de  ces  agents  qui  fixent 
:;,^_^^^®s^ntenues  dans  le  pus.  Edwars-Pili.iet. 

hM  VALÉROBROMINE  legranc 

Ma  ^  active  que  les  bromures  et  les  valé 


SOCIÉTÉ  MÉDICALE  DES  HOPITAUX 
Séance  du  27  juillet. 

Pleurésies  puriformes  aseptiques.  Polyn  ucléaires  in  tacts 
de  répanchement. 

MM.  Vidal  et  Gougerot.  —  L’aspect  puriforme  du  liquide 
céphalorachidien  (dû  à  la  présence  de  polynucléaires  parfai¬ 
tement  conservés),  observé  au  moment  des  poussées  conges¬ 
tives  de  la  syphilis  nerveuse,  n’est  pas  une  particularité  pro¬ 
pre  aux  méninges,  ni  à  la  syphilis.  Les  auteurs  Pont  observé 
dans  les  pleurésies  consécutives  à  de  fortes  congestions  pul¬ 
monaires  à  la  suite  d’infections.  Ces  pleurésies  évoluent  sans 
fièvreetse  résorbent  spontanément.  Le  liquide  est  aseptique. 
La  cytologie  fournit  donc  un  précieux  appoint  dans  le  dia¬ 
gnostic  de  ces  épanchements,  les  leucocytes  intacts  signi¬ 
fiant  absence  de  phagocytose  par  conséquent  absence  de  mi¬ 
crobes. 

Anémie  pernicieuse  fi  rénns:,ion. 

M.  XIknétrikr  a  observé  un  cas  d'anémie  pernicieuse  guérie 
en  apparence  par  le  traitement,  et  terminée  néanmoins  par 
la  mort,  malgré  ce  traitement.  L’autopsie  a  démontré  qu’il 
s'agissait  d’une  anémie  plastique  à  moelle  rouge. 

Traitement  de  la  coqueluche  par  l’arsenic. 

M.  J.  DE  Nittis  préconise  les  bons  effets  de  la  liqueur  de 
Fowler  dans  la  coqueluche.  Dose  :  une  goutte  de  liqueur 
par  jour  et  par  année  de  l'enfant.  Durée  du  traitement  ;deux 
semaines  ;  reprise  si  la  coqueluche  fait  un  retour  offensif. 

Eosinophilie  buccale  dans  un  emphysème  bulleux. 

MM.  Griffon  et  Abrami  ont  observé  que  le  contenu  des 
bulles  fourmillait  d’éosinophiles,  tandis  que  l’éosinophilie 
sanguineétait  à  peine  marquée.  Les  éosinophiles  du  liquide 
des  bulles  n’avaient  souvent  qu’un  seul  noyau. 

infection  puerpérale  et  arthrite  du  poignet. 

M.  SiREDEY  a  vu  survenir  au  cours  d'une  infection  puerpé¬ 
rale  une  arthrite  suppurée  du  poignet.  La  localisation  fit 
disparaître  les  phénomènes  généraux  et  l’auteur  rapproche 
ce  fait  de  ce  qui  se  passe  dans  les  abcès  de  fixation  de  Fochier, 
qui  drainent  et  fixentl'infection. 

Brûlure  des  muqueuses  par  la  teinture  d'arnica. 

M.  Siderey — Ala  suite  d’absorption,  par  erreur,  d’un  verre 
à  liqueur  d’arnica,  une  femme  présente  des  plaques  blauches 
de  la  muqueuse  buccale  dues  à  l’action  caustique  de  la 
teinture.  L’alcool  en  tout  cas  ne  peut  pas  être  incriminé. 

M.  Balzer  est  d’accord  avec  M.  Siredey  pour  incriminer 
les  essences  de  la  teinture,  le  premier  auteur  ayant  observé 
un  cas  d’eczéma  généralisé  à  la  suite  d’un  badigeonnage  à 
l’arnica,  de  sorte  que  ce  vieux  médicament  peut  avoir  plus 
d’inconvénients  que  d'avantages  et  que  son  emploi  théra¬ 
peutique  n’est  pas  justifié.  Friedel. 

SOCIÉTÉ  DE  MÉDECINE  LÉGALE  DE  FR.ANCE. 
Séance  de  juillet  i906. 

Au  début  de  la  séance,  le  Président  consacre  quelques  pa¬ 
roles  émues  à  la  mémoire  de  deux  membres  de  la  Société,  ré¬ 
cemment  décédés  ;  MM.  les  docteurs  Barthélemy  etJosias. 

MM.  MargaincI  Decante  présentent  un  travail  très  intéres¬ 
sant  sur  la  situation  des  aliénés  dans  les  colonies  françaises,  les 
mesures  législatives  et  administratives  qui  sont  prises  à  l’égard 
des  aliénés  dans  la  métropole  ne  sont  pas  appliquées  dans 
les  colonies  ;  l'arbitraire  le  plus  complet  y  règne  à  cet  égard. 
El  pourtant  le  nombre  des  aliénés  est  relativement  plus  grand 
dans  les  colonies  qu’en  France,  ce  quitientà  plusieurs  causes 
dont  voici  les  plus  importantes  ;  a)  alcoolisme  ;  b)  haschich  ; 
r)  existence,  parmi  les  colons,  de  nombreux  sujets  dégénérés 
et  inadaptés  à  la  lutte  pour  la  vie  ;  d)  exaltation  religieuse 
sous  l’influence  du  Coran. 

Les  auteurs  demandent  qu’on  applique  dans  les  colonies 
les  mêmes  lois  et  règlements  ijui  existent  dans  la  métropole, 
ou  bien  qu’on  en  élabore  d'autres,  mais  que,  dans  tous  les 
cas.  la  situation  actuelle,  qui  est  lamentable,  prenne  fin. 

M.  Bri.and  montre que,même  en  Algérie,  cette  question  n’a 
pas  reçu  de  solution  satisfaisante.  Il  n’existe  pas  d’asile,  et 
les  malades  sont  envoyés  à  Aix  ou  à  Marseille. 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


J 


M.  Legr-vs  insiste  également  sur  les  inconvénients  de  cette 
situation  et  croit  que  le  problème  soulevé  par  MM.  Margain 
et  Decante  est  des  plus  importants. 

M.  Thibierge  parle  sur  la.  responsabilité  civile  en  matière  de 
contamination  syphilitique. 

La  transmission  de  la  syphilis  peut  se  faire  ; 

h]  par  les  relations  sexuelles  ; 

b]  Par  l'allaitement  ; 

c)  Par  les  instruments  de  travail. 

(a)  Les  causes  de  ce  genre  sont  rares.  L’auteur  rappelle  que, 
dans  quatre  affaires  diflérentes,  les  tribunaux  ont  accordé 
les  do  mmages-intérêts  demandés. 

(t)  La  nourrice  obtient  toujours  une  indemnité,  pourvu  que 
la  contamination  ait  été  nettement  établie. 

(c)  Ce  mode  de  contamination  s'observe  surtout  chez  les 
verriers,  par  la  canne  à  souffler.  11  y  a  longtemps,  d’ailleurs, 
que  les  hygiénistes  ont  voulu  y  remédier  par  des  procédés 
spéciaux,  mais  ceux-ci -restent  malheureusement  inutilisés 
par  l’industrie. 

Les  tribunaux  accordent  généralement  une  indemnité,  mais 
M.  Thibiei^e  proteste  contre  la  tendance  de  considérer  (jue  la 
contamination  syphilitique  puisse  être  en\isagée  comme  un 
simple  «  accident  du  travail  »  :  l’ouvrier  supporte,  en  effet, 
du  fait  de  cette  contamination,  un  gros  préjudice  moral,  dont 
la  loi  sur  les  accidents  du  travail  ne  tient  aucun  compte. 

MM.  Chassevant  et  SocQuET  communiquent  un  cas  d’rwi- 
poisonnement  par  la  nitro-benzine.  il  s’agissait  d’un  enfant 
auquel  ses  parents  ont  fait  boire  un  peu  d'eau-de-vie,  sans 
avoir  remarqué  qu’au  fond  du  verre  il  y  avait  une  petite 
quantité  d’une  substance  désinfectante  à  base  de  nitro-ben¬ 
zine.  Le  tableau  clinique  a  été  classique.  A  l’autopsie,  pas  de 
lésions  apparentes,  mais  l’examen  chimique  permit  de  déceler 
la  nitro-benzine  dans  le  cerveau  ètdans  le  tube  digestif  Cpas 
dans  le  foie). 

Les  auteurs  considèrent  que  la  nitro-benzine  doit  être  com¬ 
prise  parmi  les  substances  toxiques  dont  la  vente  devrait  être 
interdite  aux  distillateurs. 

M.  Baethazard,  qui  a  pratiqué  l’examen  histologique,  a 
trouvé  que  les  lésions  étaient  surtout  intenses  au  niveau  des 
cellules  nerveuses.  IIai.bbrstadt. 


CONGRÈS  DES  ALIÉNISTES  &  NEUROLOGISTES 

DE  LANGEE  FRANGÂISE 

Le  cerveau  sénile  ; 

Rapport  présente  par  M.  le  D"'  Léri. 

I.  —  Vieillesse  et  sénilité  ne  sont  pas  synonymes.  La 
vieillesse  est  la  dernière  période  de  la  vie.  on  iieut  lui 
fixer  un  début  conventionnel,  l’âge  de  60  ans  i>ar  exem¬ 
ple  ;  la  sénilité  indique  un  état  pathologique,  que  l'on 
rencontre  presque  toujours  chez  les  vieillards,  mais  qui, 
n’étant  jias  fonction  de  l’âge,  peut  s'observer  soit  beau¬ 
coup  plus  tard,  soit  beaucoup  plus  tôt  que  le  début  de  la 
vieillesse.  Cet  état  peut  aussi  se  constater  à  un  degré 
très  variable  dans  les  différents  organes  d’un  même 
individu,voire  même  dans  les  différentes  parties  d’un 
mènie  organe.  Aussi  il  est  justifié  de  décrire  une  sénilité 
tardive  et  une  sénilité  précoce,  une  sénilité  générale  et 
des  séniUtés  locales. 

Dans  tous  les  cas,  il  n'existe  pas  d  organe  sénile  et  no¬ 
tamment  de  cerveau  sénile,  sans  lésions.  Les  lésions  de 
tout  organe  sénile  x^euvent  être  essentiellement  diffuses, 
macroscopiques  ou  seulement  microscopiques  ,  sans 
foyer.  Elles  consistent  en  :  atrophie,  simple  ou  dégénéra¬ 
tive,  des  éléments  parenchymateux  ;  en  prolifération 
l>los  ou  moins  modérée  ou  localisée  des  éléments  intersti¬ 
tiels  ;  en  lésions  scléreuses  des  vaisseaux.  Ces  trois  sortes 
de  lésions  ne  paraissent  pas.  en  général,  dépendre  l’une 
de  l’autre,  mais  toutes  trois  déxiendent  de  l’ensemble  des 
intoxications  exogènes  et  endogènes  accumulées  pendant 


toute  l’existence,  et  souvent  multipliées  dans  un  j,  '• 
avancé,  par  suite  de  certaines  insuffisances  organiq,^ 

II.  —  Etude  anatomique.  —  Dans  l’étude  anato^UH 
du  cerveau  sénile,  nous  avons  étudié  d’abord  le  cerr^ 
en  lui-même,  dans  son  asx^ect  extérieur  et  intérieur  m 
dans  ses  trois  sortes  de  lésions  diffuses  :  lésions  du  tisji 
nerveux,  lésions  du  tissu  névroglique,  lésions  des  vais, 
seaux.  Nous  avons  réservé,  un  peu  artificiellement,  po® 
les  étudier  à  part,  les  lésions  en  fojrer  du  cerveau  sénile 
qui  sont  le  résultat  fréquent,  mais  non  constant,  des 
lésions  diffuses,  spécialement  des  lésions  vasculaires. 

1"  Le  cerveau  sénile  atrophique. —  A)  Étiidemacrosci- 
pique.  —  Le  cerveau  sénile  est  presque  toujours  un  ce^ 
veau  petit  et  atrophié,  son  poids  et  son  volume  sonttrés 
diminués.  L’atrophie  ne  porte  pas  de  façon  uniforme  sm 
tout  le  cerveau,  mais  de  façon  très  prédominante  sur  la 
parties  antérieures.  (  1/3  ou  plus  souvent  2/3  antérieurs). 
La  méninge  est  souvent  épiaissie,  mais,  d’autres  fois,  jan 
ticipe  à  l’atrophie  du  cerveau.  Les  cavités  ventriculaires 
sont  très  dilatées  x>ar  suite  de  l’atrophie  de  la  substance 
cérébrale,  les  parois  ventriculaires  présentent  des  ino& 
fications  variables.  Le  corps  calleux  est  souvent  tris 
aminci  :  le  septum  lucidum  est  ou  mince  et  transiiarent, 
ou,  ordinairement,  dur  et  sclérosé. 

La  couronne  rayonnante  et  les  noyaux  centraux  parti- 
cipient  à  l'atrox^hie.  D'une  façon  générale,  la  substanct 
blanche  de  chaque  circonvolution  parait  beaucoup  plus 
diminuée  que  la  xufotunce  Des  dilatations  périvasc» 

laires  (état  criblé  ou  dilatations  isolées  x^araissent  tenir 
au  retrait  du  parenchyme  cérébral  atrophié  autour  de? 
gaines  vasculaires. 

Le  cervelet  x^rend  xiarfois  xiart  à  l’atrophie  du  cerveaa, 
mais  son  atroxihie  n’atteint  pas  le  même  degré. 

B)  Etude  histologique.  —  1"  Tissu  nerveux,  a)  La 
cellules  nerveuses  s'atrophient  et  disparaissent:  le  nom¬ 
bre  des  cellules  atrophiées  n’estxiasproportionnelà 
il  reste  très  souvent  des  cellules  saines  chez  les  sujets  la 
plus  âgés.  L’atrophie  cellulaire  x^eut  être  simple,  avec 
raréfaction  des  corxmscides de  Nissl  (fausse  chromatolyse 
centrale)  ou  avec  surcharge  pigmentaire.  Les  dit'*' 
rentes  variétés  de  granulations  pigmentaires  qw  ont 
été  décrites  sous  le  nom  de  «  pigment  jaune  «  paraisse» 
dériver  l’une  de  l’autre  et  représenter  les  phases  succe^ 
sives  d’un  produit  de  dégénérescence.  Aucune  de  ces  al¬ 
térations  cellulaires  ne  diffère  essentiellement  de 
nés  altérations  que  l’on  observe  en  dehors  de  la  séniu 
en  particulier  à  la  suite  de  certaines  intoxications  pr®' 
longées  (alcoolisme  chronique,  urémie,  etc.). 

b)  Les  fibres  nerveuses  peuvent  être  toutes 
nuées  de  nombre.  Les  fibres  radiées  sont  très  diminow 
dans  la  substance  blanche  et  dans  la  substance  gris® 
circonvolutions  ;  les  fibres  transversales  sont  jç 

très  diminuées,  et  notamment  les  fibres  tangentielles 
Tuczek  :  cette  dernière  lésion  est  celle  qui 
été  surtout  constatée  dans  les  démences,  en 
les  démences  sénile  et  paralytique  ;  elle 
dans  les  cerveaux  de  séniles  non  déments.  La 
rescence  des  fibres  myéliniques  se  fait  généralenie®^) 
atroxîhie  simple,  quelquefois  avec  colorabilité  anorffl^ 
rarement  avecTormation  de  corps  granuleux. 
amyloïdes  sont  assez  fréquents  et  paraissent  résul 
la  sfgnientation  de  cylindraxes  variqueux. 

La  disparition  des  fibres  myéliniqpies  expliq“®  1  ^ 
quoi  l'atrophie  de  la  substance  blanche  paraît  bea  , 
plus  considérable  que  celle  de  la  substance  gris®  - 
tie  périphérique  de  la  substance  blanche 
par  suite  delà  disparition  des  gaines  de  myéline 
che  grise  augmente  aux  dépens  de  la  couche  blancn 
jacente. 

2“  7 issu  névroglique.  a)  Les  cellules  névrogliq^^^^^siSV 
sent  augmenter  de  nombre  ;  mais  l’augmentation 
doute  x>lus  apparente  que  réelle,  elle  est  surtout 
et  résulte  de  la  diminution  des  éléments  nerveux- 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


491 


îfS  noyanx  qui  entourent  certaines  cellules  nerveuses 
voie  de  destruction  ne  jouent  nullement  le  rôle  de 
î-vonopliages  ;  leur  accumulation,  toujours  modérée, 
^ut-être  à  une  réaction  inflammatoire,  pluspro- 
^lement  à  une  irritation  toxique  ;  peut-être  n’v  a-t  il 
multiplication  apparente  et,  en  réalité,  un  simple 
^sement  du  tissu  dans  les  espaces  laissés  vides  par 
fttrophie  des  cellules  nerveuses. 

bi La  prolifération  des  fibriles  névrogUqiies  détermine 
^scléroses. sclérose  sénile  est  toujours  modérée  ;  elle 
(St  diffuse,  mais  non  uniforme  et  présente  des  sièges  de 
-élection;  on  observe  surtout  la  sclérose  sous  j)ie-mé- 
lasclérose  périvascu'aire.  On  voit  quelquefois  une 
sdérose  miliaire  ae  V écorce  céTéhvai\e  qm.  paraît  être  en 
npporl  avec  des  crises  d’épilepsie  sénile,  peut-être  avec 
l^>mence  (5  cas, dont  un  personnel). Les  mêmes  lésions 
des  cellules  et  des  fibres,  nerveuses  et  névrogliques, 
peuvent  être  observées  dans  l'écorce  et  dans  les  noyaux 
jris  centraux. 

3"  FuLvean-v.  Les  lésions  artério- scléreuses  des  vais¬ 
seaux  intra  cérébraux  ne  sont  pas  toujours  proportion- 
aées  aux  lésions  athéromateuses  des  vaisseaux  Je  la 
base  ;  elles  ne  sont  pas  non  plus  analogues  dans  les  dif- 
lérentes  parties  d’un  même  cerveau,  ni  même  dans  les 
vaisseaux  les  plus  voisins.  La  lésion  est  une  artérite  le 
pins  souvent  totale  ;  plus  rarement  on  constate  l  endarté- 
rite.  la  périartérite,  la  mésartérite.  La  dégénérescence 
«olloîde,  la  dégénérescence  fibro-hyaline,  la  dégénérés - 
once  calcaire  sont  plus  rares.  Les  lésions  des  capillaires 
»nt  peu  connues  ;  la  dégénérescence  graisseuse  ne 
semble  ni  très  fréquente  ni  proportionnée  à  la  sclérose 
ies  petites  artères. 

i”  Toutes  les  lésions  en  foyer  paraissent  déterminées 
surtout  par  les  altérations  vasculaires  ;  l’altération  du 
Jttrenchyme  est  peut-être  une  cause  prédisposante.  Ces 
Ksions  sont  ; 

L  Des  scléroses  périvasculaires  et  «  paravasculaires  »  ; 
*«lte  dernière  variété,  rare,  aurait  une  disposition  en 
^port  ayec  la  distribution  des  vaisseaux,  mais  se  loca- 
“Serait  non  à  leur  pourtour,  mais  à  distance,  dans  les 
Parties  sans  doute  les  plus  mal  irriguées  ;  2.  des  hémor- 
'iKigies  miliaires  qui  sont  très  fréquentes  dans  les  cer- 
’tsux  séniles  et  sont  tout  à  fait  indépendantes  de  tout 
*®évTysme  miliaire  ;  3.  des  petits  foyers  multiples  de 
'^nollissement  incomplet  »,  tel  que  ceux  de  1’  «  atrophie 
^rio-scléreuse  du  cerveau  »,  de  1  «  encéphalite  chro- 
sous -corticale  »,  de  la  «  destruction  corticale 
»  ;  4.  des  foyers  de  désintégration  lacunaire. 
foyers  éCétat  vermoulu  ;  6.  de  gros  foyers  de 
^llissement  et  d’hémorrhagie  cérébrale. 

^  Les  lésions  diffuses  ne  paraissent,  au  contraire,  pas 
^sous  la  dépendance  directe  des  altérations  des  vais- 
^  Les  scléroses  diffuses  et  les  atrophies  nerveuses 
5jj^®®oilité  sont  dues  sans  doute  à  l’action  directe^  sur 
J  ussus,  des  mêmes  toxiques  qui,  de  façon  indépen- 
p  produisent  l'altération  des  vaisseaux. 

ophie  des  cellules, et  des  fibres  nerveuses  en  par- 
^  ro  l'aboutissant  direct, sur  ces  éléments, 

li  les  intoxications  de  l'existence  ;  la  sénilité  et 
atrojîhique  des  cellules  nerveuses 
Ht  ainsi  la  conséquence  de  multiples  états  patholo- 
^  plutôt  que  T  «  involution  »  xdiysiologique  de  cel- 
susceptibles  de  reproduction.  La  démence 
lasserait  probablement  le  terme,  plus  prononcé  que 
processus  anatomique  commun,  d'ori- 
de  désintégration  et  d’atrophie  des  cellules 

LÉSIONS  KN  FOYER  DU  CERVEAU  SENILE.  - 

^  de  petites  lésions  en  foyer  .semblent  à  peu 

M  ."Hsives  à  la  sénilité  :  les  lacunes  de  désintégra- 
^  état  vermoulu. 

toujours  une  origine  vasculaire  ;  elles 
reconnaître  pour  cause  non  seulement  une 


«  encéphalite  destructive  avec  corrosion  excentrique  du 
tissu  nerveux  »,  mais  aussi  la  résorption  d'une  hémor¬ 
rhagie  miliaire  ou  un  véritable  ramollissement  par 
oblitération  artério-scléreuse  ou  fibro-hyaline  d  un 
vaisseau. 

ÏSétaî  vermoulu  est  une  ulcération  corticale,  qui  s’en¬ 
fonce  en  coin  surtout  dans  l’extrémité  libre  des  circon¬ 
volutions  et  ne  dépasse  guère  la  substance  grise.  Il  re¬ 
connaît  pour  cause  la  prédominance  d’une  désintégra¬ 
tion  progressive  du  tissu  nerveux  avec  prolifération  né- 
vroglique  dans  le  territoire  de  certaines  artères  nourri¬ 
cières  courtes,  lésées  par  l’artério-sclérose,  mais  non 
oblitérées.  L’intensité  delà  désintégration  nerveuse  sur¬ 
tout  des  fibres  tangentielles  et  de  la  prolifération  névro- 
glique  dans  ces  cas  explique  pourquoi  l’état  vermoulu 
coïncide  d’ordinaire  avec  un  état  démentiel  assez  pro¬ 
noncé  et  parfois  avec  l’épilepsie  sénile. 

3°  Les  grosses  lésions  en  foyer  dans  la  sénilité.  —  Les 
ramollissements  et  hémorrhagies  cérébrales,  assez  fré¬ 
quentes  dans  la  sénilité,  ne  diffèrent  pas  sensiblement  à 
un  âge  avancé  de  ce  quelles  sont  à  1  âge  adulte. 

III.  Aperçu  clinique. — A.  Neurologie.  —  L'arté- 
rio-sclérose  cérébrale.  —  L’artério-sclérose  est  rare¬ 
ment  purement  cérébrale,  on  en  trouve  ailleurs  des  si¬ 
gnes  somatiques. 

Les  signes  de  l’artério-sclérose  cérébrale  ne  sont  pas 
proportionnés  à  l’intensité  des  lésions  vasculaires.  Les 
signes  de  l’artério -sclérose  cérébrale  présentent  le  ca¬ 
ractère  intermittent  ou  paroxystique  de  véritables  «clau¬ 
dications  intermittentes  du  cerveau  » .  Ce  sont  surtout  le 
vertige,des  céphalalgies,  bourdonnementsd’oreille, som¬ 
nolences  ou  insomnies,  troubles  du  caractère,  fatigue 
physique  et  mentale  rapide  ;  amnésie, embarras  de  la  pa¬ 
role,  aphasie  transitoire,  hémiparésie,  courtes  attaques 
apoplectiques  non  suivies  d’hémiplégie.  On  trouve  tous 
les  termes  de  passage  entre  ces  accidents  fugitifs  et  les 
«  ictus»  lacunaires. 

L’artério-sclérose  cérébrale  peut  prendre,  au  début, 
l’aspect  de  la  neurasthénie.  Les  lésions  en  foyers  multi¬ 
ples  peuvent  siniuler  des  ramollissements  circonscrits, 
mais  ils  se  caractérisent  pai-  la  lenteur  progressive  du 
début  et  la  rapidité  des  modifications. 

Les  hémiplégies.  —  Les  hémiplégies  brusques  et  com¬ 
plètes,  analogues  à  celles  de  l’adulte  et  dues  au  ramollis¬ 
sement  ou  à  l’hémorrhagie  cérébrale,  ne  sont  pas  les 
plus  fréquentes  chez  le  vieillard  ;  elles  se  terminent  rapi¬ 
dement  par  la  mort  dans  la  plupart  des  cas  sans  avoir 
le  temps  d'aboutir  à  la  contracture. Les  grosses  hémiplé¬ 
gies  avec  contracture  des  vieillards  sont  rares  et  datent 
presque  toujours  de  l'âge  adulte. 

Les  véritables  hémiplégies  des  vieillards  reconnais¬ 
sent  le  plus  souvent  pour  cause  les  lacunes  de  désinté¬ 
gration. 

L'hémiplégie  débute  généralement  par  un  ictus  très 
léger,  très  incomxilet  et  très  passager.  Les  symptômes 
de  cette  hémiplégie  sont  essentiellement  transitoires, 
incomplets  et,  sinon  iiartiels,  du  moins  très  prédomi¬ 
nants  au  membre  inférieur  ;  il  n’en  reste  bientôt  que  la 
marche  à  petits  pas. parfois  la  marche  en  traînant  les 
pieds, iiarfois  une  légèi-e  maladresse  du  membre  supé¬ 
rieur  dans  les  mouvements  délicats.  Quelquefois  on  cons¬ 
tate  une  tendance  à  tomber  en  arrière  avec  orteil  en 
griffe. 

De  la  dysarthrie,  de  ladysphagie,  du  rire  et  des  pleurs 
spasmodiques,  des  troubles  psychiques  donnent  assez 
souvent  aux  hémiplégiques  lacunaires  l’aspect  de  «  jie- 
tits  »  pseudo-bulbaires.  L’hémiplégie  lacunaire  est  vo¬ 
lontiers  récidivante  :  elle  prédispose  aux  hémorrhagies 
et  aux  ramollissements  rapidement  mortels.  Les  artério- 
scléreux  lacunaires  meurent  plus  souvent  par  le  cerveau 
que  par  les  reins  ou  par  lecœur. 

Les  paraplégies.  —  La  paraplégie  peut  être  simulée 
dans  la  vieillesse  par  l’affaiblissement  musculaire  prédo¬ 
minant  aux  membres  inférieurs,  par  une  sorte  d’astasie- 


492 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


abasie  tenant  à  la  crainte  qu’éprouve  le  vieillard  de  ne  ( 
plus  pouvoir  marcher  à  la  suite  d  une  lésion  minime,  cé-  j 
rébraleou  non,  enfin  et  surtout  par  une  hémiplégie  lacu¬ 
naire  bilatérale. 

Les  véritables  paraplégies  lacunaires  paraissent  rares;  i 
elles  restent  généralement  plus  ou  moins  flasques.  Les  j 
paraplégies  médullaires  spasmodiques  vraies  s’observent  j 
soit  dans  la  scléi'ose  combinée  sénile,  soit  çeut-être  dans  | 
quelques  cas  de  sclérose  plus  ou  moins  difluse,  d’origine 
vasculaire  ou  non. 

Epilepsie  sénile.  —  L’épilepsie  sénile  peut  présenter 
toutes  les  variétés  cliniques  de  l’épilepsie  juvénile,  avec 
ou  sans  quelques  modifications  symptomatiques  ;  les  ! 
troubles  mentaux  seraient  plus  constants  et  plus  rapides.  ! 
On  lui  reconnaît  surtoutdeux  causes  :  la  syphilis, par  l'in-  I 
termédiaire  de  plaques  de  méningite  scléro-gommeu-  I 
se  et  l'artério-sclérose,  soit  par  ses  lésions  difl’uses,  soit  [ 
par  des  foyers  de  désintégration  non  lacunaire  ou  par  la  ] 
cérébro-sclérose  lacunaire.  Elle  paraît  pouvoir  recon-  1 
naître  aussi  pour  cause  déterminante  l’état  vermoulu  ou 
surtout  la  sclérose  miliaire  de  l’écorce  cérébrale  ;  dans  les  i 
5  cas  jusqu  ici  signalés  de  cette  dernière  lésion,  il  y  a  tou¬ 
jours  eu  de  l’épilepsie  sénile.  ! 

L’épilepsie  sénile  paraît  donc  plus  fréquemment  sym¬ 
ptomatique  que  l'épilepsie  juvénile;  pourtant  la  connais¬ 
sance  de  plus  en  plus  approfondie  des  causes  déterminan¬ 
tes  n’élimine  pas  la  nécessité  possible  d'une  cause  prédis¬ 
posante, héréditaire  ou  acquise, d’une  aptitude  convulsive. 

B.  PsYCHi.iTRiE. —  1“  L'état  mental  des  vieillards.  — 
On  trouve  toute  une  série  d'états  de  transition  entre  la 
conservation  parfaite  de  l’intelligence  et  la  démence  sé¬ 
nile.  Les  vieillards  les  mieux  conservés  au  point  de  vue 
mental  ont  une  diminution  de  la  mémoire  des  faits  ré¬ 
cents  et  une  diminution  de  l’imagination  créatrice  :  ils 
sont  toujours  en  baisse  par  rapport  à  eux-mêmes.  La  plu¬ 
part  des  A’ieillards  sont  plus  notablement  affaiblis  :  dimi¬ 
nution  plus  marquée  de  la  mémoire  allant  du  nouveau  à 
l’ancien  et  du  complexe  au  simple  ;  modification  du  ca¬ 
ractère,  perte  des  sentiments  affectifs,  égoïsme,  avarice, 
indifférence  pour  les  faits  graves,  émotivité  excessive 
pour  les  petits  faits  les  concernant  personnellement  ;  ten¬ 
dance  aux  idées  hyj)ocliondriaques  et  de  persécution  ; 
diminution  du  raisonnement,  dujugement,  des  associa¬ 
tions  d’idées,  de  l'attention,  de  la  volonté.  La  démence 
simple  est  l'exagération  de  la  déchéance  de  toutes  les  fa¬ 
cultés  intellectuelles,  le  retour  à  l’instinct  avec  conser¬ 
vation  d’actes  automatiques  plus  ou  moins  compliqués. 
Des  idées  délirantes  inconsistantes  et  non  systématisées 
peuvent  être  la  conséquence  de  la  démence  avec  illusion 
ou  hallucinations. Elle  déterminedeux  sortes  de  réaction; 
l’excitation  ou  l'apathie. 

Des  actes  délictueux  ;  exhibitionnisme,  attentats  à  la 
pudeur,  vol,  imimlsions  homicides  ou  suicides,  peuvent 
être  accomplis  avec  inconscience  par  les  vieillards  affai¬ 
blis  ou  déments  ;  1  irresponsabilité  est  évidente  chez  les 
déments,  elle  peut  paraître  douteuse  ou  limitée  chez  les 
simples  affaiblis,  d’autant  plus  que,  dans  les  actes  «  mé¬ 
dico-légaux  »  des  affaiblis  séniles,  on  peut  retrouver  les 
marques,  considérablement  exagérées  d’une  tendance 
vicieuse  déjà  manifeste  dansl’àge  adulte. 

A  la  démence  simple  ou  avec  idées  délirantes  peuvent 
SC. joindre  des  épisodes  délirants,  prenant  surtout  la  for¬ 
me  de  la  confusion  mentale  et  de  la  mélancolie  anxieuse. 
L’affaiblissement  sénile  et  la  démence  simple,  avec  ou 
sans  idées  délirantes  vagues  et  isolées,  paraissent  devoir 
s’expliquer  par  l’atrophie  et  la  dégénérescence  des  cellu¬ 
les  cérébrales  et  des  filmes  nerveuses  :  ils  peuvent  appa¬ 
raître  précocement,  commme  la  sénilité  cérébrale  anato¬ 
mique,  chez  des  intoxiqués  chroniques,  notamment  des 
alcooliques.  Les  épisodes  délirants  paraissent  résulter 
d’une  intoxication  ou  toxi-infection  sur  un  cerveau  déjà 
en  imminence  d  'insuffisance  fonctionnelle  i)ar  le  fait  de 
l’alhérome. 

2°  Les  troubles  mentaux  de  l'artério-sclérose,  spéciale¬ 


ment  étudiés  dans  ces  derniers  temps,  représentent  ' 
des  formes  de  la  «  claudication  intermittente  du  cervea*' 
et  se  font  surtout  remarquer  par  leur  caractère  interi^L 
tent  ou  paroxystique.  La  forme  légère  se  révèle  pa^ 
fatigue  mentale  rapide,  la  faiblesse  de  l'idéation  et 
conceptions.  Les  formes  graves  se  manifesteraient 
des  troubles  mentaux  sérieux  ayant  pour  caractère  do- 
minant  la  rapidité  des  aggravations  et  des  amélioratioBs 
plus  que  le  déficit  intellectuel  véritable  ;  la  démence  est 

souvent  moins  profonde  qu  elle  n’en  a  l’air  aupremierabord 

certaines  x>arties  de  la  personnalité  sont  conservées  et 
le  malade  garde  très  longtemps  conscience  de  son  étal 

Ces  diverses  variétés  de  troubles  mentaux  de  f  artério¬ 
sclérose  s’accompagnent  d’un  plus  ou  moins  grand  nom. 
lire  de  signes  somatiques  de  l’artério  sclérose  cérébrale 
ou  généralisée  (cardiaque,  aortique,  rénale,  périphérie 
que,  etc.) 

Certaines  formes  simulent  la  paralysie  générale  ;  les 
rémissions  etles  guérisons,  la  longue  durée,  les  caractéri¬ 
seraient  surtout. 

B)  Les  psychoses  des  vieillards.  —  Il  faut  distinguer  les 
psychoses  de  la  vieillesse  (vieillards-aliénés)  et  les  psy¬ 
choses  dans  la  vieillesse  (aliénés-vieillards).  M .  Ritti  les  t 
récemment  étudiées  les  unes  et  les  autres. 

IV. —  Dans  l’étude  anatomique  comme  dans  l’étùde  cli¬ 
nique,  nous  avons  étéamené  constamment  à  rapprochai^ 
les  altérations  séniles  des  altérations  par  intoxicatioM  | 
prolongées  ;  cette  étude  nous  paraît  être  un  argument  j 
en  faveur  delà  théorie  qui  fait  cle  la  sénilité,  dans  lece^  ; 
veau  comme  dans  les  autres  organes,  l’aboutissant  de 
toutes  les  intoxications  de  l’existence. 


ASSOCIATION  FRANÇAISE 
POni  L’AVANCEMENT  DES  SCIENCES 
(Congrès  de  Lyon,  août  1900). 

Communicatio.-is  diverses. 

Section  d'Ei.ectrologie  et  de  R.idiologie. 

Trailemenl  des  chéloïdes  parla  lumière  et  le  radium] 
Par  le  D''  Fovëau  de  Courm elles. 

Les  cicatrices  vicieuses  et  défigurantes  sont  très 
et  résistent  même  à  l'opération  chirurgicale  qui  n’en  empêche 
pas  les  récidives.  La  lumière  chimique,  superficielle  ou  prO" 
fonde,  par  arc  en  fer,  entre  électrodes  de  machines  statiqn» 
(Riflard  I,  ou  arc  voltaïque  avec  charbon  (radiateur 
ont  donné  d’excellents  résultats  esthétiques  dans  divers  ^ 
de  chéloïdes.  Pour  d’autres,  il  a  fallu  recourir  en 
Pélectrolyse  négative,  aux  effluves  de  haute  fréquence  tr^ 
riches  en  lumière  ultra  violette,  au  radium  et  aux  rayons - 
sans  dermatite.  , 

Des  chéloïdes  par  infections  et  suppurant  très 
ment  ont  ainsi  vu  le  pus  se  tarir,  et  la  cicatrice  rétrocéder  pr 
à  peu,  pour  disparaître  enfin  totalement. 

Sectio.n-  i, 'Hygiène. 

De  la  slérilisalion  des  eauje  par  l'ozone  ; 

Par  le  D''  Fove.vu  de  Courmei.les.  ^ 

Les  procédés  d  épuration  des  eaux  par  1  ozone,  apres 
été  longtemps  trop  dispendieux  pour  être  pratiques,  se  . 
beaucoup  simplifiés  en  ces  derniers  temps  ;  aussi  ^ptees 
férable  d’y  recourir,  au  lieu  de  faire  venir  des  eaux  c  ^ 
très  loin,  à  grands  frais  et  susceptibles  de  se  contatn* 
route.  En  produisant  une  grande  quantité  de  lumie^  j 
violette  par  effluves  sous  un  grand  voltage  (9.500  '  , 
une  abondante  production  d’ozone,  d’air  ozoné,  qu  un 
dans  Peau  à  épurer. 

Si  des  cloisons  très  perforées  s’opposent  au  passage  . 
lécules  gazeuses, on  a  un  bouillonnement  très  intense,q^ 
lange  très  parfaitement  Je  liquide  à  épurer  et  lux  pri^ 
rant,  de  sorte  que  l'eau  sort  bleue  et  sans  baciH®®’^ 
d'un  centime  et  demi  par  mètre  cube,  ce  qui  est  tr 
dable  pour  produire  de  la  bonne  eau  potable. 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


4  =4  mz 


CAPSULES  BRUEL {  .  CAPSULES 

à  L’ETHER  AMyL-VAlERWHIQUE  '  a 

[(Valérianate-^AfflylV]BENZOHQDHYDRINEj 


GLYCEROPHOSPHATES-ACIDES 

DE  brueR' 


p\P|RAZOf 


Tissot 


■A  W  T I O  A I.  C  U  t,  O  S£ 


ûü  SAINT-GALMIER  (Loire) 


ProdCiitS  OrgaoîqCjcS  de  F.  vlâlER 

I2,_bouIeVard 

Capsnlesde  Corps  thyroïde  Vigier  à  0  gr.  10c.  Capsules  Ovariques  Vigier  à  0  gr.  20  centigr. 
Obésité,  myxœdème,  fibrome,  métrori'hagie,  arrêt  de  Chlorose,  troubles  de  la  ménopause  et  de  la  castra- 
croissance,  fractures,  etc.  tion,  aménorrhée,  dysménorrhée,  etc. 

Dose  :  2  à  6  capsules  par  jour. _ Dose  :  2  à  6  capsules  par  jour. _ 


Capsules  de  Parotide  Vigier 
à  0  gr.  20  centigr. 

Contre  les  affections  ovariennes,  le  dia¬ 
bète,  et  pour  faciliter  la  dige.s tion  des 
féculents. 

Dose  :  2  à  6  capsules  par  jour. 


Capsules  de  Pneumine  Vigier 
à  0  gr.  50  centigr. 


Capsules  de  Thymus  Vigiei 
à  0  gr.  30  centigr. 


Laryngites,  bronchites,  affections  Chlorose,  aménorrhée,  troubles  de 


broncho-pulmonaires,  etc. 
Dose  :  2  à  6  capsules  par  jour. 


la  croissance,  maladie  de  Based' 
Dose  :  2  à6  capsules  par  jour. 


Capsules, Orchitiques  Vigier  Capsules  Pancréatiques Vigier 


Maladie  d’Addison,  diabete  insipide, 
myocardite  scléreuse  (arythmie  car.), 
rachitisme. 

Dose  :  2  à  4  capsules  par  jour. 

Capsules  Spléniques  Vigier 
à  0  gr.  30  centigr. 

QOntre  la  cachexie  palustre,  anémie, etc. 


à  0  gr.  20  centigr.  à  0  gr.  50  centigr. 

Nenrasthénie,  ataxie,  débilité  sénile  contre  le  diabète  (calme  la  soif). 
Dose  :  2  à  6  capsules  par  jour.  Dose  :  2  à  6  capsules  par  jour. 
Capsules  Prostatiques  Vigier  Capsules  Hépatiques 

à  0  gr.  20  centigr.  à  0  gr  30  centigr. 

Contre  les  maladies  de  la  prostate,  contre  la  cyrrhose,  ictère,  etc. 
Dose  :  2  à  6  capsules  par  jour.  Dose  :  2  à  6  par  jour. 


INSTITUT  MEDICO-PEûAGOGIQUE 

POUR  LE  TRAITEMENT  ET  l’ÉDUCATION 

DES  E2SrF.AL]SrTS  NERVEUX  & 

MÉDECIN-DIRECTEUR  :  D'' BOURNEVILLE 

Médecin  de  la  section  des  enfants  arriérés  et  nerveux  de  Bicétre 

A  Vitry,  près  Paris,  22,  rue  Saint-Aubin 
L'Institut  médico-pédagogique  est  destiné  ; 


3"  Enfin  aux  enfants  atteints  d’affections  nerveuses  compliquées  ou  non  d'accidents  convuli 


LE  PROGRES  MEDICAL 


LE  PROGRES  MEDICAL 


493 


THERAPEUTIQUE 

huiwi  est  indiquée  dans  tous  les  cas  où  il  s’agit  d’«c- 
J  échanges  phosphorésel  de  relever  la  nutrition  générale 
Vrjtanisine  :  Neurasthénie,  Psychasthénie,  Grossesse. 
’Jianent,  Maladies  consomptives,  Chlorose,  Anémies, 
’^lwesse  constitutionnelle.  Convalescences,  Rachitisme, 
^es  de  la  croissance,  etc. 

^particulièrement  à  signaler  les  résultats  favorables  ob- 
^(Ums  le  traitement  des  pollutions  nocturnes,  de  la  neu- 
semelle  insomnie  due  au  surmenage  physique 

jlilfdlectuel. 

INTERETS  PROFESSIONNEUS 

[;fflcations  au  tarif  des  honoraires  médicaux  des 
accidents  du  travail. 

"ÎIBiaistre  du  commerce,  de  l’industrie  et  du  travail,  \  u 
.■lidelde  la  loi  du  9  avril  1898  modifié  par  la  loi  du  31 
&  150.5  ;  Vu  l’article  P"’  de  l’arrêté  ministériel  du  30  sép¬ 
aré  1905,  fixant  le  tarif  des  frais  médicaux  et  pharmaceu- 
en  matière  d’accidents  du  travail  prévu  par  l’article  4, 
Lppaphe  2,  de  la  loi  du  9  avril  1898  précitée,  modifié  par 
[¥du  :U  mars  1905,  ledit  article  ainsi  conçu  :  «  Le  prix  de 
lialefaite  au  domicile  du  blessé  qui  ne  peut  se  présenter 
•consultation  sans  inconvénient  pour  sa  santé,  est  fixé  à 
itll est  élevé  à2  fr.  50  :  1”  à  Paris  ;  2°  dans  les  localitésoù 
pait  reconnu,  après  enquête,  qu’antérieurement  à  1901  le 
pcourant  de  la  visite  pour  les  ouvriers  traités  dans  lesdi- 
^Vtalités  était  égal  ou  supérieur  à  2  fr.  50.  La  désignation 
localités  sera  faite  par  arrêté  ministériel,  après  avis  de 
^^mUsion  spéciale  prévue  à  l’article  4  de  la  loi  du  9  avril 
p, modifié  par  la  loi  du  31  mars  1905,  sur  la  demande  qui 
*rait  adressée  au  ministre  du  commerce,  au  plus  tard 
les  trois  mois  de  la  publication  du  présent  arrêté,  par 
U^dicate  inéclicaux  ou  par  les  associations  locales  de  l’As- 
^iiion  générale  des  médecins  de  France,  par  les  groupe- 
professionnels  patronaux  intéressés.  «  Il  est  réduit  à 
•  5  : 1»  dans  les  localités  comptant  moins  de  5,000  habi- 
dans  les  localités,  quelle  quesoitleur  population,  où 
P®t  reconnu,  suivant  les  formes  èt  conditions  spécifiées  à 
précédent,  qu’antérieurement  à  1901,  le  prix  courant 
tç*isito  pour  les  ouvriers  était  inférieur  ou  égal  à  1  fr.  50  »  ; 

produites  en  vue  de  l’application  des  dispo- 
_  susvisées  ;  \  u  les  enquêtes  faites  sur  les  demandes 
conditions  spécifiées  à  l'article  l'"’  précité  ;  4  u 
1  ‘'Onimission  instituée  par  arrêté  du  20  mai  1905, 
ItAn  r  fi’'""  ®  l’unanimité,  elle  estime 

fiui  a  dicté  les  dispositions  transitoires  susé- 
Oserait  désirable  d’élever  à  2  fr.  le  prix  de  la  visite 
T.  y  ,  o^hlés  de  moins  de  5,000  habitants  visées  au  para- 
iit  rp  ™  ^•’oisième  alinéa  de  l’article  ta'  pour  lesciuelles 
courant  de  la  visite  était  supérieur, 
^  la  proposition  du  directeur  de 

^îïjètpp  prévoyance  sociales.  Arrête  :  Art.  1".  — 

‘  "‘de  il  suit  la  liste  des  localités  dans  lesquelles 

r.,,  *  visite  à  domicile  sera  transitoirement  élevé  à 

:  Nice  ;  Calvados  ;  Lisieux  ;  Charente  :  \n- 
X.*-^tte***^*r'  Vernon  ;  Gironde  :  Bordeaux  ;  Hé~ 

^’srrjllL  ’  :  Vienne  ;  Loire:  Firminy.  le  Chambon- 

*.°^l^®"10'Morlière,  Saint-Etienne:  Loire-Infé- 
^'^^'^^-^l-hoire  :  Saumur;  Urne  :  Laigle  ;  Rho- 
Difff,;  ' .  Oullins,  Villeurbanne;  Saône  el- 

•  ''^Ifurt ville,  Asnières,  Aubervilliers, 
‘ue,  Champigny,  Charenton,  Clichy.  Colom- 
Issy-les  Moulineaux,  Ivry-sur-Seine,  Join- 
erret,  le  Ferreux  les  Lilas,  Maisons-Alfort, 
fc^întin,  jA.ruuge’ Nanterre,  logent  snr-Marne,  Noisy-le- 
*ut- Mandé,  Saint-Ouen,  Vanves,  Mllemonble, 
■  ^eine-lnférieure  ;  le  Havre, R 
Wbo  m  "  ’  ^eine-et-Uise  :  le  Raincy,  le  Vés...,., 
Nersailles,  VUleneuve-Saint-Georges 
nouare  ;  S'omme  :  Amiens. 


Rouen 

ésinet. 


Art.  2.  —  Est  arrêtée  ainsi  qu’il  suit  la  liste  des  localités 
dans  lesquelles  le  piix  de  la  visite  à  domicile  sera  transitoire¬ 
ment  réduit  à  i  fr.50  : 

Aisne  :  Bohain,  Saint  Quentin  C Meurthe-et  Moselle  :  Luné¬ 
ville  ;  Nord  :  Anzin,  Armentières,  Denain,  Dunkerque,  Haut- 
mont,  la  Madeleine-lez- Lille,  leCateau,  Lille. Alaubeuge,  Rou¬ 
baix,  Tourcoing,  Watrelos  ;  Pas-de-Calais  :  Arras,  Boulogne- 
sur-ÀIer,  Hénin-Liétard,  Saint-Omei. 

Art.  3.  —  Est  arrêtée  ainsi  qu’il  suit  la  liste  des  localités 
dans  lesquelles  le  prix  de  la  visite  à  domicile  sera  transitoire¬ 
ment  fixé  à  2  fr. 

Ain  :Sathonay;  Ard  nnes  :  Dom-le-.Mesnil,  Flize,  Ilaybes  ; 
Aude  :  Saint-Laurent-de-la  Gabrerisse  ;  Promc  :  Anneyron, 
Bourdeaux,  Montmeyran,  Moras,  Saint-Sorlin  .  Eure  :  Broglie, 
Brosville,  Bourth.  Breteuil-sur  Iton,.Charleval,Claville,  Con- 
teville,  Epaignes,  Francheville,  Gaillon,  la  Croix-Saint-Leuf- 
Iroy,  la  Ferrière-sur-RisIe,  Mainneville,  Rugles,  Sainte-Barbe- 
sur-Gaillon,  Saint-Pierre-de-Bailleul,  Tillières-sur-Avre,  Ver- 
neuil  ,  Eure-et-Loir  :  Toury  ;  Gironde  :  Ambès,  Lestas,  Gau- 
riac,  Gradignan,  Indre-et-Loire  :  Ballan,  Esvres,  Fondettes, 
Joué-les-Tours,  Monnaie,  Montbazon,  Noisay,  Reugny,  Roche- 
corbon,  Saint-AIartin-le-Beau,  Saint-Paterne,  Sorigny,  Veigné, 
Vernou-sur-Brenne,  Vouvray  ;  Isère  :  Allevard,  Barraux, 
Chapareillan,  Crolles,  Décines-Charpieu,  Domène,  Goncelin, 
le  Péage-de-Roussillon,  le  Touvet,  Meyrieux,  Pont-Evêque, 
Saint- Ismier  ;  Loire:  Maclas,  Neulize,  Pélussiii,  Saint-Alartin- 
d’Estréaux,  Saint-Symphorien-de-Lay,  Villars  ;  Haute-Loire  : 
Dunières  ;  Loiret  :  Arthenay,  Chaingy,  Chambon,  Ingré,  la 
Chapelle-Saint-Mesmin,  Ligny-le-RibauIt,  Marcilly,  Menes- 
treau-en-Alllette,  Saint-Jean-de-la-Ruelle  ;  Oise  :  Balagny-sur- 
Thérain,  Bury,  Chantilly,  Froissy,  Hermes,  Laigneville,  Mo- 
rienval,  Mouy,  Nogent-les-Vierges,  Remy,  Rully,  Saint-Leu 
d’Esserent,  Saint- Maximin,  Sacy-le-Petit,  Verneuil  ;Orne: 
Mortagne  ;  Rhône  :  Anse,  Aveizes,  Belleville-sur-Saône,  Bron, 
Cublize,  Denicé,  Fontaines-sur-Saône,  la  Mulatière,  Larajasse, 
Neuville-su  r-Saône,  Sainte-Colombe.  Sainte-Foy-les-Lyon, 
Saint-Fons,  Saint-Genis-Laval,  Saint-Jean-d’Ardières,  Saint- 
Lager,  Tizy,  Thurins,  Vaulx-en-Velin,  Venissieux. 

Saône-et  Loire  :  Beaubery,  Bois-Sainte-Marie,  Bourbon-Lan- 
cy,  Chalmont,  Charolles,  Chassigny-sur-Dun,  Chaufïailles, 
Chenay-le-Ghàtel,  Cire-le- Noble,  Coublanc,  Cronat,  Fleury-la 
Montagne,  Gélenard,  Gibles,  Gueugnon,lguerande,  Joncy,  la 
Chapelle-sous-Dun,  la  Clauette,  la  Motte-Saint-Jean,  Ligny- 
en-Brionnias,  Marcigny,  4Iélay,  Martigny-le- Comte  Neuvry- 
grand-Champ,  Oyé,  Ozolles,  Palinges,  Parày-le-4Ionial, 
Perrecy-les-Forges,  Poisson,  Pouilleux,  Rign y-sur- Arroux, 
Saint-Agnan,  Sain t-Bonnet-de-C ray  ,  Saint-Bonnet-de-Joux  , 
Saint-Christophe-en-Brionnais,  Saint-Julien  de-Civry,  Saint- 
Maurice-lez-Châteauneuf,  Salornay-sur-Guye,  Semur-en- 
Brionnais,  Sanvignes.  Senozan,  Toulon-sur-Arroux,  Uxeau, 
A  endenesse-sur- Arroux,  \  ehdenesse-les-Charolles,  Aerosvre. 
Savoie  :  la  Rochette  ;  Seine  :  Antony,  Bry-sur-Marne,  Chàtil- 
lon,  Créteil,  Épinay,  Sceaux  ;  Seine -Inférieure.  Argueil, 
Aumale,  Blangy,  Croissy-sur  Andelle,  Dampierre,  Ferrières, 
Forges-les-Eaux,  Foucarmont,  (îaillefontaine,  Gournay,  la 
Feuillie,  le  Houlme,  Londinières,  Maromme,  Neufchâtel, 
Réalcamp,  Saint-Saëns  ;  Seine-et-Marne  ;  Brie-Comte-Robert, 
Chartrettes,Cesson,Grisy,  Ozouer-Ies-Vouglis,  Suisnes  -,  Seine- 
et-Oise  :  Ablon,  Andrésy,  Angerville,  Arpajon,  Athis-Mons,  Au- 
vers-sur-Oise,  Beynes,  Bougival,  Brunoy,  Garrières-sur-Seine, 
Dampierre,  Dourdan,  Forges-les-Bains,  Garancières,  Garches 
Gif,  Herblay,  Jouy-en-Josas.  la  Ville-du-Bois,  le  Chesnay,  Li- 
mours,  risle-Adam,  Louveciennes,  Mandres,  Mévry-sur-Oise 
Alontesson,  Montlhéry,  Mours,  Neauple-le-Château,  Orsay, 
Orgerus,  Palaiseau,  Pierrelaye,  Presles.Saint-Chéron.Savigny- 
sur-Orge,  Thoiry,  \aucresson,  Verrières-le-Buisson,  A'illiers- 
sur  Marne,  Vigny  ;  Deux-Sevres  :  Coulonges-sur-l’Autize, 
Mauze- Thouarsais,  Thénezay  ;  Var  :  Saint-Zacharie  :  Vendée  : 
Angles,  Nieuil-sur-l’Autize,  \ouvant  ;  Vienne  :  Bouresse, 
Chaunay,  la  Roche-Posay.  Lencloître,  Loudun.  Lhommai//-, 
Saint-Léger-de-Monlbrillais,  Sommières-du-Clain  ;  Vosges  : 
A  ittel. 

Paris,  le  26  juillet  1906. 

Le  ministredu  commerce,  de  l'industrie  et  du  travail,  Gaston 
Doumkroue. 


494 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


VARIA 

Lesobsèques  da  P' P.  Brouardel. 

Les  obsèques  du  P‘'P.  Crouardel,  ont  été  célébrées  jeudi  26 
juillet  à  dix  heures  en  l’église  Sainte-Clotilde,  au  milieu  d’une 
assistance  très  nombreuse  d’élèves,  d’anciens  élèves,  d’amis  et 
de  personnages  officiels. 

Le  président  de  la  République  s  était  fait  représenter  par  le 
commandant  Keraudren,  officier  d’ordonnance  ;  le  ministre 
de  l’instruction  publique  par  M.  Bayet,  directeur  de  l'ensei¬ 
gnement  supérieur  au  ministère  ;  le  ministre  de  la  guerre  par 
le  commandant  Michelon  ;  le  grand  chancelier  de  la  Légion 
d'honneur  par  le  capitaine  Etienne.  MM.  Casimir-Périer, 
Antonin  Dubost,  Georges  Leygues,  Clemenceau,  Paul  Lou¬ 
bet  se  trouvaient  dans  l’assistance. 

Dans  les  premiers  rangs  de  la  nef  on  remarquait  le  comte 
ïornielli,  ambassadeur  d’Italie  ;  la  délégation  du  Conseil  de 
l’université  de  Paris,  composée  de  MM.  Liard,  son  président, 
recteur  de  l'académie  de  Paris. Lyon-Caen,  membre  de  l’Ins¬ 
titut  et  Tannery;  les  délégations  de  l’Institut  et  de  l’Académie 
de  médecine  ;  M.  Debove,  doyen,  et  les  membres  du  conseil 
de  la  facultéde  médecine.  Tous  les  professeurs  étaient  en  ro¬ 
be  les  membres  de  l’Institut  en  uniforme.  Un  très  grand 
nombre  de  notabilités  du  monde  médical,  M.  Mestireur,  di¬ 
recteur  de  l’Assistance  publique,  les  membres  du  conseil  su¬ 
périeur  de  l'Assistance  publique,  du  comité  consultatif  d  hy¬ 
giène,  des  délégations  importantes  de  l’Association  des  mé¬ 
decins  de  France, de  l’Association  des  médecins  de  la  Seine, 
du  Syndicat  des  médecins  de  la  Seine,  de  l’Union  desSyndicats 
médicaux  de  France,  etc.,  s’étaient  joints  au  cortège. 

Après  la  cérémonie,  le  cortège  s'est  dirigé  vers  le  cimetière 
Montparnasse,  où  a  eu  lieu  l'inhumation.  Le  corbillard  était 
précédé  d’un  char  recouvert  de  magnifiques  couronnes  de 
heurs.  Parmi  les  couronnes  on  remarquait  celles  des  anciens 
internes  du  professeur  Brouardel,  de  l'iVssociation  polytech¬ 
nique,  dont  le  professeur  fut  longtemps  président  ;  de  la 
Faculté  de  médecine,  de  l’Assistance  publique,  du  Syndicat 
des  médecins  de  la  Seine,  de  l’Association  générale  des  méde¬ 
cins  de  France,  des  anciens  élèves  du  lycée  de  Saint- Quentin, 
de  la  Société  française  pour  l’avancement-  des  sciences,  de 
l’Association  internationale  pour  la  lutte  antituberculeuse, 
etc. 

Selon  le  vœu  du  défunt,  aucun  discours  n’aété  prononcé  sur 
la  tombe.  Au  retour  des  obsèques,  nous  avons  passé  devant 
ia  Faculté,  dont  M.  Brouardel  a  été  doyen  pendant  16  ans 
consécutifs  ;  le  drapeau  flottait  au  vent  et  aucun  crêpe  n’y  an¬ 
nonçait  un  deuil  officiel  Pc  it-êtrc  constations-nous  encore 
là  une  manifestation  des  dernières  volontés  de  M.  Brouardel? 

La  fièvre  aphteuse. 

Le  ministre  de  l’agriculture  a  communiqué  à  la  presse  l’in¬ 
formation  suivante  au  sujet  des  cas  de  lièvre  aphteuse  signa¬ 
lés  aux  abattoirs  de  la  Villette,  ainsi  que  dans  des  abattoirs 
de  province,  sur  des  animaux  venant  de  la  Villette  : 

L’administration  a  dû  faire  prendre  des  mesures  rigoureu¬ 
ses  pour  empêcher  l'extension  de  la  maladie  et  s’efforcer  ainsi 
de  prévenir  le  retour  d’une  épizootie  semblable  à  celle  qui, 
de  1899  à  1902, a  causé  tant  de  pertes  à  notre  agriculture. 

C’est  dans  cebutque  le  préfet  depolice  a  été  invité,  en  exé¬ 
cution  de  l’article  33  du  code  rural,  à  ne  laisser  sortir  du  dé¬ 
partement  de  la  Seine  que  les  animaux  à  destination  d’un 
abattoir  public  surveillé  par  un  vétérinaire. 

En  outre  une  commission  comprenant  des  représentants  de 
l’administration  de  l’agriculture,  des  préfectures  de  la  Seine 
et  de  police,  ainsi  que  de  la  Compagnie  du  chemin  de  fer  de 
ceinture  a  été  chargée  d'examiner  les  mesures  à  prendre  d’ur¬ 
gence  pour  parer  aux  dangers  de  la  situation.  Cette  commis¬ 
sion,  qui  a  tenu  plusieurs  séances  à  la  Villette  et  a  procédé  à 
un  examen  minutieux  des  locaux  des  abattoirs  et  du  marché, 
a  proposé  une  série  de  mesures,  notamment  le  nettoyage  et 
la  désinfection  complète  de  tous  les  locaux  dans  lesquels  sé¬ 
journe  le  bétail.  Elle  a,  en  outre,  demandé  que  les  animaux 
expédiés  directement  aux  abattoirs  soient  toujours  débarqués 
snr  le  quai  spécialement  réservé  à  cet  effet,  et  non  sur  le  quai 


destiné  aux  animaux  du  marché,  et  que  tous  cesqujjg 
toujours  nettoyés  et  désinfectés  après  le  débarquem^i 
chaque  train. 

La  situation  n'est  pas  alarmante  quant  à  présent  1 
constatés  ont  été  relativement  peu  nombreux,  etgrà^ 
mesufes  prises  dès  le  début,  il  y  a  tout  lieu  d'espérer  n  ^ 
maladie  aura  vite  disparu. 

Dans  ces  conditions,  les  prescriptions  édictées  pot 
sans  doute  être  bientôt  rapportées. 

En  province,  la  fièvre  aphteuse  n’a  été  constatée,  dani' 
exploitations  agricoles,  que  dans  le  département  des  1  * 
Sèvres.  Aussitôt  l’apparition  de  la  maladie  l  ad ministniji^ 


LCû 


envoyé  sur  place  un  de  ses  inspecteurs  pour  ei,„ 
situation  et  le  préfet  de  ce  département  a  immédirteL 
prescrit  l’application  des  mesures  édictées  par  la  loirtU 
glement  d’administration  publique.  Dans  toutes  les 
nés  ayant  une  exploitation  atteinte,  la  circulation  desaniil^ 
susceptibles  de  contracter  la  fièvre  aphteuse  a  étérigoural 
ment  réglementée  et,  dans  un  très  large  rayon  autourdeï 
communes,  les  foires  et  marchés  ont  été  interdits.  EnSil 
ordresles  plus  sévères  ont  étédonnés  aux  autorités  localA 
à  la  gendarmerie  pour  assurer  l'exécution  des  mesures pB 
crites. 

Pour  obtenir  le  résultat  poursuivi  il  m  porte  que  les  pl 
priétaircs  facilitent  Faction  sanitaire,  non  seulemenlai 
soumettant  à  c^s  mesure  ,  mais  encore  en  pennettantir 
prompte  application  par  la  déclaration  immédiate  dell 
cas  qu’ilseonstateraient  chez  eux. 

Un  cas  de  responsabilité  médicale. 

Voici  un  cas  nouveau  et  imprévu  de  responsabilité  J 
cale  soumis  à  la  première  chambre  du  tribunal  civil 
Seine  et  dont  nous  empruntons  l'exposé  au  Matin  : 

En  février  1904,  à  l'hôpital  Tenon,  M.  le  P*-  Berger,  eo«| 
d'une  opération  do  rhinoplastie,  greffait,  sur  le  bras gaij 
d  une  fillette,  du  cartilage  costal  pris  sur  la  poitrine  dell 
fant.  f 

Actuellement,  l'opération  n’est  pas  effectuée,  et  la  meid 
l’enfant,  arguant  que  le  docteur  Berger  a  abandonné  son! 
fant  en  cours  d’opération,  demande  au  tribunal  d’ordoj 
que  le  professeur  Berger  sera  tenu  de  continuer  ou  deW 
continuer,  à  ses  frais,  l’opération  de  rectification  faciale  g 
avait  commencée.  Elle  réclame  100.000  francs  dedommP 


intérêts  pour  le  cas  où  l’opération  ne  serait  pas  f^ite-  ^ 

A  cette  demande,  41.  le  professeur  Berger  répond 
dans  ses  conclusions  ;  I 

En  l'espèce,  il  n’y  a  jamais  eu,  de  la  part  du  docteur 
ger,  aucun  engagement  ferme,  soit  exprès,  soit  incite, 
querla  restauration  facialechez  la  fillette  de  la  demandw 
M.  Berger  a  simplement  accepté  de  mettre  la  question 
tude  et  de  faire  tout  ce  qu'il  croirait  utile  pour  obtenK 
sultat  avantageux  ;  il  a  tenu  parole.  Il  a  sans  doute  eu 
tion  éventuelle,  le  projet,  l’espérance  de  passer  un  ^ 
te  décisif,  si  après  mûr  examen  il  croyait  pouvoir  et  e 
tenter,  mais,  à  cet  égard,  il  n’a  rien  promis, 
rien  promettre.  I.e  fait  de  ne  pas  pousser  la  < 

intentions  primitives,  toujours  provisoires  et  révoca  ^ 
delà  du  point  où  il  a  cru  devoir  s'arrêter,  n'équivan  H 
l'inexécution  d’une  obligation  et  ne  saurait  donner 
cune  sanction  civile.  Le  refus  actuel  de  procéder  au 
de  la  greffe  du  bras  sur  le  visage  ne  constitue  ’jiad«  * 
le  prétend  la  demanderesse,  «  l’abandon  d'un 
cours  d’opération  ».  11  constitue  le  refus, 
pratiquer  une  opération  jugée  parle  chirurgien,  .  ([je.  S 

nituile  de  sa  conscience  et  de  son  libre  arbitre,  •  I 
cheuse  ou  prématurée...  | 

Le  tribunal  a  ordonné  une  expertise.  | 


LES  CONGRÈS 

V-  Congrès  périodique  international  d'obsf 
de  gynécologie. 

Le  4  =  Gongrès  international  d’obstétrique  ^ 

fixé  au  11-18  septembre  1905  et  remis  ensuite  *. 

.  avoir  lieu  en  automne  de  l’année  courante. 
le  commencement  de  rannce,se  sont  fait  entend 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


Ufliccès  :  la  masse  de  réunions  scientificiues  à  l’étranger 
fenlion  sociale  en  Russie  étant  de  mauvais  augure  pour 
5Sdu  Congrès.  Les  membres  du  Comité  d’organisation, 
fjumandé  avis  à  ce  sujet  à  un  grand  nombre  de  repré- 
de  notre  spécialité,  ont  reçu  des  réponses  unanimes, 
SLtledésir  devoir  le  Congrès  remis  encore  pour  un  an. 
^ité  d'organisation,  se  rendant  entièrement  aux  con- 
^DS  énoncées  et  ne  voulant  pas  risquer  le  succès  du 
gg.  se  voit  obligé,  à  son  grand  regret,  de  renoncer  à  son 
«ment  pour  cette  année  et  a  l’honneur  d’annoncer  que 
ÎLirrès  international  d'obstétrique  et  de  gynécologie, 
BÜeuque  le  11-18  sept.  A.  St.  (29  août.  5  sept.)  1907. 
iiiité  d’organisation, vivement  peiné  de  cet  ajournement 
|i  *  flatte  de  l'espoir  qu  il  contribuera  néanmoins  au 
fcdu  Congrès. 

r  denldu  Comité  d'organisation  \  Prol.  D.  de  Ott  ; 

Secrétaire  général  :  Prof.  P.  de  Sadowski. 


CORitESPONDANGE 


Les  épidémies  :  La  suette  en  Charente. 

^  Mon  cher  Directeur, 

|i  quelque  temps,  plusieurs  de  nos  confrères  ont 
Bcé  qu’une  épidémie  de  sut'i/e  sévissait  dans  les  Gha- 
J.  Comme  on  exagère  toujours,  on  a  ajouté  que  Royan 
lenvirons  étaient  atteints  par  cette  affection.  Ce  dernier 
lest  absolument  faux.  Il  n’y  a  à  Royan  en  ce  moment,  et 
[ijamais  eu  aucun  cas  de  suette. 

lï en  aura  pas  davantage  et  cela  pour  trois  raisons.  D'a- 
, il  est  à  remarquer  que  cette  épidémie  ne  gagne  pas  les 
iSi,  autrefois,  certaines  grandes  villes  ont  été  atteintes, 
■  reste  assez  rare,  on  est  obligé  de  constater  que,  cette 
tci,  les  centres  importants  sont  restés  indemnes. 

Hecond  lieu,  cette  épidémie,  qui  prit  naissance  dans  la 
Wle  (canton  de  Rouillaci,  a  gagné  progressivement,  à  la 
•dune  tache  d’huile,  la  Charente-Inférieure  par  le  nord 
“"’n  de  Rurie  et  le  canton  de  Matlia,  pour  se  diriger 
■•par  le  canton  d'Aulnay  vers  les  Deux-Sèvres.  Royan 
^en  dehors  de  cette  tache,  parce  que  celle-ci  est  au 
•t«ëst  ^  s'est  produite  dans  la  direction  du 

noter  (ju’aucun  autre  foyer  épidémique  ne 
tttre  en  dehors  du  foyer  primitif  unique, 
j^ndant  de  nombreux  habitants  des  régions  contami- 
diflérentes  directions.  Est-ce  que  la  vie  du 
Irès  courte  !'  Ou  bien  existerait-il  un  intermé- 
^  sont  là  autant  de  questions  qu’on  n’a  pu  encore 

épidémie  de  suette  miliaire  a  disparu  des 
■ovQ  Charente  et  de  la  Charente-Inférieure, 

“^énae  qu’à  cette  heure  aucun  nouveau  cas 
Poitou.  La  crainte  qu'éprouvent  cer- 
ro ®  i®®  plages  de  la  Charente- 

reste  donc  sans  fondement. 

I  D"  Torchut  (Royan), 


FORMULES 


'Veia.**  Contre  les  cors  et  les  verrues. 

Co|]L!®e‘>que . 1  gr. 

®n  élastique . 8  gr . 

quelques  jours.  (D'après  Rrocq.  ). 

~  Ministre  de  l  lnstruction  pu- 
pta.  J  Médepi^  ^  nombre  des  places  d’agrégé  des 
la  ”e  mises  au  concours.  La  nouvelle  place  sera 
^^^ttlté  sciences  physiques  (chimie)  et  réser- 

médecine  de  Nancy. 


ÜRO-THÉRAPEGTIQUE 

Pour  rendre  au  rein  sa  fonction.  —  Obturation  méca¬ 
nique.  —  Les  tubes  sont  oblitérés.  —  Le  rein  ne  fonc¬ 
tionne  plus.  —  Le  Pipérazol  dans  la  diathèse  urique. 

Nous  rappellerons  que  nous  avons  plusieurs  fois  parlé  du 
pipérazol  (11.  Voici  de  nouvelles  recherches  dues  à  Biésenthal. 
et  que  rapporte  la  Revue  intern.  de  thérapeutique  et  pharmacie. 

En  se  fondant  sur  ses  recherches,  l’auteur  conclut  que  le 
pipérazol,  le  dissolvant  par  excellence  de  l’acide  urique,  admi¬ 
nistré  à  des  goutteux  soumis  à  un  régime  alimentaire  appro¬ 
prié,  produit  des  effets  salutaires  durables.  Alors  que  l’acide 
urique  est  contenu  en  excès  dans  le  sang  et  les  urines,  le  pipé¬ 
razol,  en  se  combinant  avec  cet  acide,  ne  forme  jamais  qu’une 
combinaison  saline  neutre,  c’est-à-dire  facilement  soluble. 

Le  pipérazol  traverse  l'organisme  sanssubir  de  métamor¬ 
phose,  et  il  est  éliminé  à  travers  les  reins. 

L’urate  de  pipérazol  semble  être  de  beaucoup  plus  diffusi¬ 
ble  que  l’urate  de  soude,  à  en  juger  parles  résultats  des  expé¬ 
riences  faites  avec  un  dialyseur  représenté  par  une  membrane 
animale. 

Le  pipérazol,  une  fois  qu’il  a  été  absorbé,  prévient  la  sta¬ 
gnation  de  l’acide  urique  dans  le  sang. 

Les  effets  salutaires  produits  par  l’administration  du  pipé¬ 
razol  dans  les  cas  de  lithiase  rénale  s’expliquent  : 

En  premier  lieu,  par  suite  de  la  propriété  qu’a  le  pipérazol 
d’empêcher  la  stagnation  de  l’acide  urique  dans  les  reins  ; 

En  second  lieu  par  suite  de  cette  autre  propriété  qu’a  cette 
base  d’empêcher  les  précipités  uraliques  dans  les  urines. 

Enfin,  le  pipérazol  est  à  même  de  provoquer  la  redissolu¬ 
tion  des  précipités  uratiques  déjà  formés. 

C’est  ce  qui  explique  son  action  certaine  dans  les  cas  tou¬ 
jours  nombreux  de  migraines,  dartres,  affections  toxiques  de 
la  peau,  indigestions,  maux  de  tête,  etc.,  chez  les  arthritiques 
et  chez  tous  ceux  que  leur  genre  de  vie  oblige  à  être  sédentai¬ 
res  ou  inactifs.  A  ce  double  point  de  vue,  \e  Pipérazol  Tissot  ef¬ 
fervescent  est  le  spécifique  des  calculs  uratiques  et  des  urines 
chargées . 


NOUVELLES 


Natalité  dk  Paris.  —  Du  dimanche  15  au  samedi  21  juillet 
1906.  les  naissances  OHt  été  au  nomore  de  1069,  se  décomposant 
ainsi  :  légitimes  819,  illégitimes  250. 

Mortalité  a  Paris.  —  Population  d'après  le  recensement  de 
1901  :  2.660.559  habitants.  Les  décès  ont  ete  au  nombre  de  833, 
savoir  :  462  hommes  et  37 1  femmes .  Les  décès  sont  dus  aux 
causes  suivantes;  Fièvre  typuoide  (typhus  abdomin.)  :  1. 
Typhus  exanthématique  :  0.  —  Fièvre  intermittente  et  cachexie 
palustre  ;  0.  —  Variole  :  0.  —  Rougeoie  ;  7.  —  Scarlatine  :  0. 

—  Coqueiucne  :  9.  —  Diphtérie  et  Group  :  2.  —  Grippe  :  1. 

—  Choléra  asiatique  :  0.  —  Choiera  nostras  :  0.  —  Autres 
maladies  épidémiques  :  2.  —  Tubercuiose  des  poumons  :  186.  — 
Tuberculose  des  méninges  :  24  —  \utres  tuberculoses  :  14.  — 
Cancer  et  autres  tumeurs  maiigiies  :  .58.  —  Méningite  simple  :  19. 

—  Congestion  hémorrhagique  et  ramollissement  du  cerveau  :  54. 

—  Maladies  organiques  du  cœur  ;  52.  —  Bronchite  aigug  .  4. 

—  Bronchite  chronique  :  4  —  Pneumonie  :  19.  —  Autres  affec¬ 
tions  de  l’appareil  respiratoire  :  59.  —  Affections  de  l’estomac 
icancerexc.)  :  2. •—  Diarrhée  et  entérite  deO  à  1  an  :  sein  :  3  ;  au¬ 
tre  alimentation: 39.  —  Diarrhée  et  entérite  de  1  à2ans  :  5 —  Her¬ 
nies.  obstruction  intestinale  :  8.  —  Cirrhose  du  foie  :  9.  —  Néphrite 
et  mai  de  Bright  :  20.  —  Tumeurs  non  cancéreuses  et  autres  ma¬ 
ladies  des  organes  génitaux  (femmes)  ;  5.  —  Septicémie  puerpérale 
(6èvre,  péritonite,  phlébite  puerpérale)  :  5.  —  Autres  accidents 
puerpéraux  ue  ia  grossesse  et  de  l’accoucnemeut  :  2.  —  Débilite 
congénitale  et  vices  de  conformation  ;  22.  —  Débilité  senile  :  29. 

—  Morts  violentes  :  47.  —  Suicides:  9.  —  Antres  maladies:  110. 

—  Maladies  inconnues  ou  mai  définies  :  12. 

Mort-nés  et  morts  avant  leur  inscription:  65,  qui  se  décom¬ 
posent  ainsi  :  légitimes  46,  illégitimes  19. 

Nomination  de  Professeurs  a  la  Faculté  de  Médecine  de 
Paris.  —  Par  décret  en  date  du  27  juillet,  rendu  sur  le  rapport 
du  Ministre  de  l’Instruction  publique  ;  M.  Thoinot,  agrégé,  est 


(1)  Le  Pipérazol  est  une  combinaison  de  pipérazine  et  lithine  su¬ 
périeure  à  tous  autres  alcalins. 


496 


LE  PROGRÈS  MEDICAL 


nommé  professeur  de  Médecine  légale  à  la  Faculté  de  Médecine  de 
Paris.  M.  Albarran,  agrégé,  est  nommé  professeur  de  clinique 
des  maladies  des  voies  urinaires  à  la  Faculté  de  Médecine  de  Paris. 

Faculté  de  Montpellier.  —  M.Gervais  de  Roü ville, agrégé, 
chargé  de  cours  à  la  l'acuité  de  Médecine  de  Montpellier,  est 
nommé  professeur-adjoint  à  cette  Faculté. 

Faculté  de  Nancy.  —  M.  Quilloz.  agrégé,  chargé  d’un  cours 
d’électrothérapie  et  de  radiologie  à  la  Faculté  de  Médecine  de 
Nancy,  est  nommé  professeur  adjoint  à  cette  Faculté. 

Faculté  de  Toulouse. —  M.  Cestan.  agrégé,  chargé  de  cours 
à  la  Faculté  de  Médecine  de  Toulouse,  est  nommé  professeur  de 
clinique  chirurgicale  à  cette  Faculté. 

Faculté  db  Bordeaux. —  M.  Denucé,  agrégé,  chargé  de  cours 
à  la  Faculté  de  Médecine  de  Bordeaux,  est  nommé  professeur  de 
clinique  des  maladies  chirurgicales  des  enfants  à  cette  Faculté. 

Ecole  de  médecine  de  Limoges.  —  Un  concours  s’ouvrira,  le 
10  décembre  1906,  devant  la  Faculté  de  médecine  de  Bordeaux, 
pour  l’emploi  de  suppléant  de  la  chaire  d'histoire  naturelle  à 
l’Ecole  de  médecine  de  Limoges. 

Ecole  de  médecine  de  Marseille.  —  Sont  nommés  chefs  de 
eliniipe  :  MM.  les  docteurs  Combes  {clinique  médicale)  ;  Pons 
{clinique  chirurgicale). 

Légion  d’honneur  :  Commandeurs. —  MM.  les  docteurs  Guyon 
(de  Paris)  ;  S.  Arloing  (de  Lyon). 

Officiers.  —  MM.  le.s  D''*  Beni-Barde,  Herbert,  Lermoyez  et 
Reclus  (de  Paris). 

Chevaliers, —  M.\l.  les  D'*  Boissard,  Boulay,  Combalat,  Danlos, 
Hugues  Amouretti  (de  Cannes)  ;  E.  Dupré,  Fournaise,  Heim, 
Javal,  Ozenne,  RiefTel,  Selle  (de  Paris)  ;  Bordaries  (de  La- 
française)  ;  Custaud  (de  Collo)  ;  Jalabert  (de  Carcassonne)  ;  Lour- 
ties  (de  Billy-Montigny)  ;  Mendousse  (de  Sos)  ;  Martin  (médecin 
de  l’armée  territoriale)  ;  Arnoud  (médecin  des  troupes  coloniales)  ; 
Le  Scour  (de  Nouméa). 

Décorations  académiques  :  Officiers  de  C Instruction  publi¬ 
que.  —  MM.  les  D'**  Bobier.  Montignac.  A.  Sée.  "Widal  (de  Pa¬ 
ris)  ;  Brigault  (de  Sainte-Maure-de-Touraine)  ;  Chesnel  (de  Char¬ 
tres)  ;  Leray  (de  Rennes!  ;  Rouilion  (de  La  'Varenne-Saint-Hi- 
laire)  ;  Senvre  (de  Reims). 

Officiers  d' Académie.  —  MM.  les  D'^»  E.-J.  Durand,  G.-E.  Pa¬ 
pillon,  Rutten  (de  Paris)  ;  Bcynot'(de  Sardent)  ;  Cathala  (de  Ces- 
senon)  ;  Cornet  (de  Ligueil)  ;  Delarue  (d’Amiens)  ;  Fau  (de 'Vi¬ 
chy)  ;  Hanriot  (de  Blaraont)  ;  Julien  (de  Tourcoing)  ;  Lavernot 
(d’Orry-la-Ville)  :  Lebret  (de  Divonne-les-Bains)  ;  Leduc  (de 
Tourcoing)  ;  Lerefait  (de  Rouen)  ;  G.  Louis  (de  Lille)  ;  Mabille 
(de  Reims)  ;  Moreau  (du  Mans)  ;  Péraldi  (de  Toulon)  :  Prax  (de 
Limoux)  ;  'Villière  (de  Saint-Denis)  ;  Coullaud,  G.-E.  Perrin  (mé¬ 
decins  militaires).  i 


PHTISIE,  BRONCHITE,  CATARRHES. —L’Emmston 
Marchais  est  la  meilleure  préparation  creosotée.  Elle  di¬ 
minue  la  toux,  la  fièvre  et  rexpectoration.  De  3  à  6  cuil¬ 
lerées  à  café  par  jour  dans  lait,  bouillon  ou  tisane. 

(D'  Ferrand.  —  Trait,  de  méd.^ 


SIROP  LAXATIF  VERNEUIL  (H) 

préparé  spécialement  pour  BÉBÉS  et  ENFANTS  de  2  mois 
à  15  ans,  vrai  spécifique  de  la  CONSTIPATION.  Précieux  dans 
grippe,  bronchite,  coqueluche,  impétigo,  helminthiase, 
état  convulsif,  et  toutes  maladies  ou  indispositions  dans  les¬ 
quelles  un  laxatif  est  nécessaire. 


:  1  cuillerée  à  café  par  jour. 

1  cuillerée  à  dessert  par  jour. 
:  1  cuillerée  à  soupe  par  jour. 


Le  conseiller  chaque  fois  que  les  parents  demandent  un  t  dépuratif  t 

Cr  leurs  enfants,  car  le  meilleur  des  dépuratifs  est  encore  un 
laxatif. 

Toutes  pharmacies.  —  Echantillons  :  VERNEUIL, 
à  Conflans  (Seine-et-Oise). 


Mérite  agricole  ;  Chevaliers.  —  MM.  les  D'i^Bnajj  r 
Pétre  tde  Paris)  ;  Barillet  (de  Reims)  ;  Ducloux  (de  Gali  ^ 
Vère)  ;  Charles  Durand  (de  Branoux)  ;  D.  Fieschi  (d'Ô^ 
mouroux  (de  Montpellier)  ;  Le  Maguet  (de  Nogent 
Louart  (de  Lamotte-Beuvron)  ;  Vinant  (de  Meaux) 
Médaille  des  épidémies.  —  Médailles  de  bronze.  —  uu 
D’'®  Piot  (de  Sainte-Barbe -du-Tlélat)  ;  R.  Prat  (méd.  mi!h7^ 
Mentions  honorables .  —  MM.  les  D"'*'  Chomienne  (d’OnaL.j 
ménia)  ;  Creutz  (d’Aïn-M’lila)  ;  Hautefeuille  (d’Am-Fakronti* 
Assist.ance  publique.  —  Médailles  de  bronze.  —  MM.  u  i 
Monier  (de  Cassaigne)  et  Schwartz  (d’Oued-Marsa).  ' 
Médaille  d  honneur.  —  M.  le  Ü"  Rey  (de  Charenton), 
de  couraire  et  de  dévouement.  ’  i 


de  courage  et  de  dévouement.  ’  * 

Conseil  supéru  uk  d’hygiène. —  Dans  .sa  séance  du23)|J 
le  Conseil  avait  à  élire  cinq  auditeurs .  Les  candidats  étaieiit^ 
D''  Allvrn  Chassevant.  Balthazar.  Brunswick.  Demn,,  iCj 


•c  Chassevant,  Balthazar,  Brunswick,  Demora  DiJ 
D''  Griffon,  D""  Guiart,  D''  Labbé,  Lechevin,.D'’l^ 
DDOV  de  la  Forest.  Df  Macaiirne.  D'  \fai((arH  7 


Ont  été  désignés  ei 
Le  Couppey  de  la  Fi 
zar,  Dimitri,  Lemoin 


Médecin  maire  du  XVP'  arrondissement  de  Paris.— 
menceau,  ministre  de  l’intérieur,  a  nommé  maire  du  XVI' ai 
dissement  de  Paris  le  docteur  Paul  Gérente,  sénateur  d’Alç»,i 
remplacement  de  M.  Marmottan.  Le  nouveau  maire  dsi 
me  arrondissement  est  né  à  Paris  le  27  juillet  1851.  Docles 
decin,  ancien  interne  des  asiles  de  la  Seiiie,  directeur  boatsi 
des  asiles  d’aliénés  de  France,  il  est  sénateur  d’Alger  depaisll 
et  appartient  au  groupe  de  la  gauche  radicale  socialiste  dn 
Le  choléra  aux  Philippines.  —  Selon  des  nouvelles  oi  t 
les  de  Manille,  l'épidémie  de  choléra  qui  sévit  aux  Philipfa 
diminue. 

Epidémies  de  caserne.  —  Au  17®  bataillon  de  fortered 
Toulon  une  épidémie  de  méningite  se  manifesta  il  y  a  trois  iJ 
La  même  épidémie  s'étendit  au  111®  de  ligne;  de  sérienwd 
sures  limitèrent  la  propagation  dn  mal.  La  fièvre 
succédé  à  la  méningite  ;  on  a  compté  jusqu’à  une  trentaine  da 
mes  envoyés  à  l’hêpital  en  huit  jours. 


le  regret  d’annoncer  la  «j, 
le  D®  Vincenle  Ots  y  Esquerdo,  membre  correspondant^'! 
démie  royale  de  Mailrid,  directeur  du  manicome  provinc» 
Biscaye. 

Chronique  des  hôpitaux. 

Concours  de  chirurgien  des  hôpitaux.  —  Ce  concoois 


SAVON  DENTIFRICE  VICIER, antiseptiqnepoor,' 
tien  des  dents,  des  gencives  et  des  muqueuses  de  la 


JILE  ORISE  STERILISEE 


HUILE  AU  CALOMEL  STERILISEE  indolore 

à  O.OS  cent,  par  c.  c. 

HUILE  AU  BI-IODURE  D’Hg.  STÉRILISÉE  INDÛ^ 


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découvert  par  M.  Louis  DEQUtxANT.  pûa*:®,?icâde»"' 
de  Clignancourt,  Paris.  (Mémoires  déposés  ®  ‘  , 

Médecine.  23  mars  1897, 8  mai  1898).  L'extrait  ®  «01 
est  adressé  gracieusement  à  tons  les  msdecin^  ^  ffir 
feront  la  demande.  Renseignements  gratuits  et  i" 
pour  tous  les  memores  du  cdrvs  médical. 


- ~  - -  T.t  lO’**' 

Imprimerie  Daix  freres  et  Thiron, 


BUREAUX  :  RUE  DES  CARMES,  14 


11  AOUT  1906 


35. année.  3‘  SÉRIE.  T.  XXII.  N“  32. 


Le  Progrès  Médical 


:  Neurologie  :  Des  phobies,  par  Terrien. —  Bul- 
igTiN  :  L’organisation  de  la  lutte  contre  l'uncinariose  en  Belgi- 
(Tique,  par  J.  Noir.  —  Sociétés  Savantes  :  Société  de  biolo- 
"gie  :  Hypothyroïdie  et  urticaire  chronique,  par  Lévi  et  de 
Rothschild  ;  Infection  anaérobie  dans  l’occlusion,  par  Roger  et 
Garnier  ;  Tuberculose  pulmonaire  expérimentale,  par  Habron  ; 
Influence  de  l’alimentation  sur  le  point  de  congélation  des  uri¬ 
nes  par  Jaal  ;  Piroplasmose  humainechez  un  blanc,  par  Nattan- 
Larrier  ;  Piotozoaires  dans  leboutondu  Nil, par  Billet  ;Béribéri, 
par  Salomon  (c.  r.  de  Mme  Edwards-Pilliet.)  —  Académie  de 
Médecine  :  Pathogénie  du  cancer,  par  Cornil  ;  Les  médicaments 
étrano’ers,  par  Yvon  ;  L’Institut  vaccinal  supérieur,  par  Kelsch 
(e.  r.  de  A. -F.  Plioque).  —  Congrès  des  aliénistes  et  neuro¬ 
logistes  DE  langue  française  :  Le  sang  chez  les  aliénés  ;  Com¬ 
munications  diverses  :  Du  scorbut  chez  les  aliénés,  par  Tou¬ 
louse  et  Damaye  ;  De  Tétat  mental  des  hystériques,  par  Joire  ; 


NEUROLOGIE 


Des  phobies  ; 

Par  le  D'  TERRIEN, 

Médecin  directeur  du  Sanaloriuin  de  Donlon-lés-Nantes. 

Le  chapitre  des  phobies  est  tellement  vaste  qu'il 
suffirait  à  lui  seul  à  remplir  un  volume.  Je  n’ai  donc 
pas  dessein  d’en  faire  ici  une  étude  complète.  Je  veux 
‘'Amplement  étudier  certaines  phobies  d'un  genre  parti¬ 
culier  et  exposer  brièvement  mes  idées  sur  la  pathogé¬ 
nie  et  le  traitement. 

Définition.  —  On  sait  ce  que  l’on  entend  par  <(  pho- 
•ne  ».  C’est,  comme  l’étymologie  l’indique,  une  peur, 
mais  une  peur  obsédante  et  angoissante.  Ainsi  je  n’aime 
pas  entendre  le  tonnerre  gronder,  j’ai  peur  du  tonnerre 
Mais  je  n’ai  pas  pour  cela  la  phobie  de  l’orage.  Mon 
ancien  cocher  de  la  Vendée,  avait,  lui,  la  phobie  du  ton- 
nerre.  Faisait-il  chaud  ?  de  gros  nuages  couraient-ils  à 
•uorizon  ?  Aussitôt  son  cerveau  demeurait  obsédé. 

onstanuuent  ses  yeux  fixaient  le  ciel  :  il  n’avait  plus 
une  idée  :  le  tonnerre,  et  si  tout  à  coup  il  éclatait,  alors 
®n  le  voyait  pâlir  ;  il  était  en  proie  à  une  émotion  indé- 
une  sueur  froide  l’enveloppait,  ses  jambes  se 
J  douaient  sous  lui,  il  ne  pouvait  plus  faire  un  pas  ni 
avant  ni  en  arrière,  il  avait  des  fourmillements  va- 
de  l’engourdissement  des  membres,  du  tremble- 
appréhensions  ridicules,  parce  qu’exagérées, 
préoccupations  hypochondriaques.  Il  allait  êtrefou- 
Pon^^’  ^Éait  mourir.  Et  tous  les  raisonnements  ne 
arriver  à  le  convaincre;  lui-même  essayait  à 
tour  de  se  raisonner,  il  tâchait  de  s’adresser  une 
90U rageuse,  se  rendant  compte  de  l’émotion 
il  ij' qu’il  éprouve, de  la  perturbation  qu’il  subit, 
biç  ^|^°nlinuait  pas  moins  d’avoir  peur.  Voilà  la  pho- 
dajj  ^  ®  revêt  pas  toujours  celte  intensité  ;  cepen- 
titQg^?® ‘^eux  caractères  sont  indispensables  pour  cons- 
phobie  :  obsession  et  angoisse. 

~  phobies  sont  extrêmement  variées, 
des  malades  qui  ont  la  phobie  de  l’espace, 
la  phobie  de  la  foule,  de  l’isolement.  Ce  sont  les 


De  remploi  d’un  nouvel  appareil,  le  sténométre  pour  le  diagnos¬ 
tic,  le  pronostic  et  le  traitement  de  certaines  maladies  du  système 
nerveux,  par  Joire  ;  Les  ictus  dans  la  démence  précoce,  par 
Mlle  Pascal  ;  Physiologie  des  crises  laryngées  des  tabétiques, 
par  F aure.  -  -  Médecine  pratique  :  Le  traitement  de  l’épilepsie  et 
des  névroses.  —  Instruments  nouveaux  ;  Bobine  à  trerableur 
platine  à  masse  vibrante  ;  Pupitre  électrique  du  D^  Guillleminot  ; 
Nouveau  mégascope  Lippmann  à  incidence  variable  ;  Stéréos¬ 
cope  Pigeon.  —  Association  française  pour  l’avancement 
%  DES  SCIENCES.  —  THÉRAPEUTIQUE.  —  Varia  :  Histoire  de  la 
médecine  ;  Vu  à  la  consultation  de  nourrissons  de  Francfort  ; 
Un  phénomène  ;  La  médecine  populaire  dans  le  Poitou  ;  Pro¬ 
tection  de  l’enfance.  — Les  congrès  :  3“  congrès  international 
pour  la  répression  de  la  traite  des  blanches.  —  Formules.  — 
Nouvelles.  —  Bulletin  bibliographique. 


agoraphobes  et  les  claustrophobes.  Ces  phobies  de  si¬ 
tuation  sont  bien  les  phobies  les  plus  communes .  A  côté 
d’elles  nous  voyons  la  phobie  du  chemin  de  fer,  la  pho¬ 
bie  de  la  voiture,  d’un  pont  à  traverser,  telle  laphobie  du 
grand  Pascal.  Il  s’en  trouve  qui  ont  la  phobie  des  ani¬ 
maux,  la  phobie  de  la  rage,  ce  sont  les  lyssophobes.  Ils 
ne  sont  pas  rares. 

Ajoutons  encore  les  phobies  si  multiples  des  fonctions. 

La  phobie  de  la  déglutition  ;  par  exemple,  le  malade  a 
peur  d’avaler  de  travers  ;  il  est  tellement  angoissé  chaque 
fois  qu’il  se  met  à  table  et  qu’il  porte  le  pain  à  la  bou¬ 
che  qu’il  préfère  ne  pas  manger  et  boire  simplement. 

La  phobie  de  la  digestion  ;  lemalade  ne  digérera  pus, 
il  étouffera.  La  phobie  des  selles  ;  il  ne  pourra  évacuer 
ses  matières  fécales,  il  tremble,  il  est  angoissé  quand  il 
rentre  aux  vvater-closet.  La  phobie  des  fonctions  uri¬ 
naires  ;  le  malade  ne  pourra  uriner  ou  bien  il  ne  pourra 
retenir  scs  urines.  J’en  citerai  deux  beaux  exemples. 

La  phobie  des  fonctions  génitales  :  il  ne  pourra  avoir 
d’érections  et  d’éjaculations,  nous  en  rapporterons  un 
cas  remarquable. 

Les  sens  spéciaux  sont  susceptibles  de  faire  naître 
les  mêmes  phobies  angoissantes.  L’odorat,  l’ouïe.  Ici 
nous  trouvons  la  phobie  de  telle  odeur,  la  phobie  des 
bruits,  la  phobie  de  la  musique,  du  tambour. 

La  vue  :  les  photophobes  ont  peur  d’être  aveugles  ; 
sans  cesse,  ils  s’étudieront,  s’exerceront  à  regarder  un 
objet  pour  juger  de  leur  vision.  C’est  le  visage  pâle,  sou¬ 
vent  inondé  de  sueur  qu’ils  se  livreront  à  cet  examen. 

Le  toucher  ;  nous  avons  là  la  phobie  du  contact:  mi- 
sophobie,  lysophobie,  la  crainte  de  s’infecter  en  touchant 
les  objets,  la  crainte  des  microbes. 

On  pourrait  citer  encore  bien  d’autres  phobies  :  la 
phobie  des  rougeurs  de  la  face  ;  ereutophobie.  Remar¬ 
quons,  en  passant,  que  l’on  peut  avoir  la  rougeur  émo¬ 
tive,  sans  être  pour  cela  ereutophobe  :  il, faut  qu’il  y 
ait  angoisse.  On  peut  ajouter  également  là  phobie  des 
idées. 

Maisj'arrête  là  mon  énumération  qui,  pour  être  com¬ 
plète,  devrait  embrasser  tous  les  actes,  tous  les  faits  de 
la  vie  courante. 

Avant  de  reproduire  l’histoire  assez  curieuse  de  quel¬ 
ques  phobiques  que  le  hasard  de  la  clientèle  m'a  fait  ren¬ 
contrer,  je  veux  dire  quelques  mots  de  la  pathogénie  des 
phobies. 


LE  PROGRÈS  MEDICAL 


Chez  qui  les  rencontre-t-on  ?  Comment 
naissent-elles  ? 

Les  phobies  se  rencontrent  ordinairement  chez  les  dé¬ 
générés.  Ce  sont  là  des  attributs,  des  stigmates  psychi¬ 
ques  très  importants  et  assez  caractéristiques  de  la' dé- 
énérescencc.  Certains  ataxiques  peuvent  avoir  des  pho- 
ies  réelles  de  la  marche,  de  la  station  debout  :  chez 
ceux-là,  la  peur  de  la  chute  n’est  pas  en  rapport  avec  la 
difficulté  de  la  marche  qu’entraîne  une  ataxie  à  son  dé¬ 
but.  Le  paralytique  général  a  quelquefois  des  phobies. 

Enfin  on  constate  parfois  des  phobies  chez  des  hysté¬ 
riques  et  parce  que  hystériques,  sans  que  ces  maades 
soient  marqués  de  dégénérescence.  Et  ces  phobies  ne 
diffèrent  en  rien  de  celles  que  l’on  rencontre  chez  les 
dégénérés,  sauf  sur  un  point  que  tout  à  l’heure  je  met¬ 
trai  en  lumière. 

Je  m’arrêterai  quelques  instants  sur  cette  question 
des  phobies  dues  à  l’hystérie,  parce  qu  elles  sont  con¬ 
testées,  niées,  par  la  généralité  de  aliénistes  et  des 
neurologistes.  Un  hystérique  présenfe-t  il  des  phobies, 
on  soutiendra  que  c’est  un  dégénéré,  ce  qui  est  possi¬ 
ble,  et  que  c'est  son  état  dégénératif  qui  aura  créé  la 
phobie  et  non  pas  la  névrose  dont  il  est  atteint.  Voilà 
l’opinion  admise.  Pourtant  si  l’on  étudie  le  début,  l'é¬ 
volution,  la  marche  de  cette  phobie  chez  l’hystérique, 
surtout  son  mode  de  terminaison,  on  est  bien  obligé 
d’accepter  qu’elle  diffère  un  peu  de  la  phobie  du  dégé¬ 
néré  ;  le  début  estordinairament  plus  brusque  et  tandis 
que  chez  le  dégénéré  la  phobie- est  plus  souvent  incu¬ 
rable,  malgré  l’isolement  et  un  traitement  approprié, 
la  phobie  de  l’hystérique  cède  très  aisément  et  parfois 
d’une  façon  instantanée  sous  l’influence  d’un  simple 
commandement  impératif,  nous  en  verrons  des  exem¬ 
ples.  Il  est  vrai  que  l’on  peut  faire  cette  objec¬ 
tion:  le  fait, pour  le  dégénéré  phobique,  d’être  porteur 
en  même  temps  de  la  névrose  hystérique,  lui  crée 
une  aptitude  spéciale  à  obéir  à  une  persuasion  bien 
faite,  à  la  suggestion  par  conséquent  cette  terminaison 
heureuse  n’impliquerait  pas  que  la  phobie  soit  d’une 
autre  essence,  soit  de  nature  hystérique.  Cette  opinion 
peut  être, en  effet, admise.  Aussi  chercherai-je  un  autre 
argument  pour  appuyer  ma  thèse  qu’il  existe  une  phobie 
hystérique,  une  phobie  due  à  l’hystérie.  J’ai  pu  créer 
à  titre  d'expérience,  chez  deux  hystériques  prises  au  ha¬ 
sard, la  phobie  des  chiens,  et  il  était  intéressant  de  cons¬ 
tater  de  quelles  angoisses  elles  étaient  étreintes  en  face 
démon  chien  qui  pourtant  n’était  pas  méchant  et  qu’el¬ 
les  savaient  très  doux.  Inutile  d’ajouter  que,  par  une 
suggestion  contraire,  je  les  débarrassai  de  cette  phobie, 
après  les  avoir  laissées  souffrir  juste  assézpour  me  bien 
convaincre  de  la  réalité  de  la  phobie  hystérique.  Ainsi 
voilà  un  phénomène,  dans  l’espèce,  ce  sera  une  peur 
angoissante  du  chien,  que  l’on  crée  par  suggestion  et 
que  l’on  efface  par  persuasion  ;  n'est-ce  pas  là  le  carac¬ 
tère  essentiel  du  phénomène  hystérique  ?  n’est-ce  pas  là 
la  définition  même  de  la  manifestation  hystérique  celle 
qu’a  donnée  et  avec  tant  de  justesse  le  maître  I{abin.ski? 
Donc  l’hystérie  peut  faire  naître  des  phobies.  C’est 
rare,  je  l’admets,  mais  il  n’en  est  pas  moins  vrai  que  le 
fait  existe,  nous  en  donnerons  des  exemples, qui, mieux 
que  l’argumentation  la  plus  serrée,  lèveront  tous  les 
doutes. 

Comment  prennent  naissance  les  phobies? 
Souvent  il  peut  ne  pas  y  avoir  de  causes  acciden¬ 
telles.  Le  terrain  seul  suffit  à  les  créer. Elles  naissent  là 
comme  peut  naître  toute  autre  manifestation  de  la  dé¬ 


générescence,  sans  être  incitée  par  quoi  que  ce  soit 
D’autres  fois,  les  infections,  les  intoxications,  lesaut^ 
intoxications  viennent  aider  à  leur  production.  Dans 
ce  terrain  de  la  dégénérescence  qui  anrite  tant  de  grai 
nés  malfaisantes,  les  intoxications  sont  bien  l’enorais 
le  plus  efficace,  le  plus  sûr  pour  en  amener  la  germina¬ 
tion,  l’épanouissement  au  dehors.  Enfin  une  circonstan- 
ce  particulière,  un  heurt,  un  choc  moral  quelconque 
entraîne  parfois  son  apparition.  Un  homme  aura^h 
phobie  du  chemin  de  fer  parce  qu’il  aura  été  témoin 
d’un  accident  ou  qu’il  en  aura  lu  simplement  le  récit 
émouvant  ;  tel  autre  aura  la  phobie  des  chiens,  parce 
qu’il  en  aura  rencontré  un  par  hasard  qui  se  sera  préci¬ 
pité  sur  lui  et  l’aura  mordu,  un  autre  aura  la  phobie  do 
telle  route  à  traverser  parce  qu’il  lui  sera  arrivé  un  jour 
de  se  trouver  mal  en  cet  endroit.  Je  me  rappelle  un 
malade  qui  n’a  jamais  pu  se  rendre  àPornic  que  par  un 
chemin  de  traverse  parce  qu’une  fois  il  avait  été  frappé 
de  congestion,  en  entrant  dans  cette  localité  par  la  roule 
ordinaire. 

Pour  terminer,nous  trouverons  des  malades,  des  hys¬ 
tériques  ceux-là  pour  la  plupart,  qui  auront  des  pho¬ 
bies  d’imitation  :  ils  copieront  les  phobies  d'un  voisin, 
d’un  ami,  d’un  parent  :  telle  cette  mère  dont  nous  par¬ 
lerons  plus  loin,  qui  avait  la  phobie  des  animaux  et  qui 
a  su  imprimer  à  son  fils,  un  hystérique,  cette  même 
phobie. 

Une  fois  la  phobie  installée,  qu'en  résultera  t-il  ? 

Quel  en  sera  le  pronostic  ? 

En  général,  il  est  très  sérieux,  la  guérison  en  est  fort 
difficile,  le  plus  souvent  le  mal  est  incurable.  Voilà  la 
règle.  Toutefois  il  y  a  d’heureuses  exceptions.  Et  cette 
variété  dans  le  pronostic  proviendra  précisément  du 
terrain  sur  lequel  ces  phobies  ont  évolué.  Celles  qui 
prennent  naissance  chez  des  hystériques,  ou  chez  des 

dégénérés  avec  hystérie,  ont  plus  de  chances,  nousla- 

vons  dit,  de  disparaître  sous  l’influence  d’un  traite¬ 
ment  approprié  :  car  nous  savons  qu’il  n’existe  guère 
que  le  traitement  moral,  aidé  de  l’isolement,  pour  lutter 
efficacement  contre  les  phobies,  quelles  qu’elles  soient 
et  quelle  que  soit  leur  origine,  or  c’est  bien  chez  l’hyste- 
rique,  doublé  ou  non  d'une  autre  névrose  ou  psychose, 
que  la  psychothérapie  exerce  surtout  son  action  ;  cest 
chez  lui  que  la  persuasion  est  aisée  pour  supprijuçf 
telle  terreur  qui  obsède.  Avec  une  suggestion  bien  fade 
et  plusieurs  fois  répétée,  il  est  rare  que  l’on  n'obtienue 
pas  un  résultat  satisfaisant  au  pointue  vue  des  phobies- 
—  Voilà  pour  l’hystérique  phobique. 

Quant  aux  dégénérés,  rien  que  dégénérés,  chez  ceu^ 
qui  ne  sont  pas  entachés  d’hystérie,  l’insuccès  est  tre 
souvent  la  règle,  malgré  l’isolement  et  la  meilleu 
psychothérapie.  ^  .  - 

Il  peut  arriver  cependant  que  chez  certains 
rés,  dont  les  intoxications  ont  pu  être 
comme  lacause  occasionnelle,  manifestement  pi'Jd 
tricc  de  leurs  phobies,  la  suppression  de  la 
médication  antitoxique  donne  parfois  d'excellenL 
sultats,  diminue  l’intensité  du  phénomène,  \jjc 
fois  le  fait  même  disparaître.  Néanmoins,  le 
sera  toujours  réservé.  D'ailleurs,  il  va  nous 
dans  le  cours  de  cette  étude,  de  reconnaître  le  ® 
fondé  de  ces  diverses  assertions  d’après  les  1,0- 
heureuxou  malheureux  obtenus  chez  les  quelques  P 
biques  que  je  présenterai. 

Phobies  CHEZ  DES  HYSTÉRIQUES. 

Observ.ytion  I.  —  Phobie  urinaire.  —  B.  ...00  ans,d  une 


LE  PROGRES  MÉDICAL 


499 


r 


flntion  robuste,  n’a  jamais  été  malade,  u'a  jamais  fait  d'ex- 
'^d’ancune  sorte,  ni  excès  de  boissons,  ni  excès  de  femmes. 
Très  travailleur,  très  rangé,  il  allait  jouir  dans  le  repos,  dans 
s  paix  heureuse,  du  fruit  de  son  labeur,  lorsqu’un  jour,  au 
goment  d’uriner  il  remarqua  que  la  miction  était  difficile, 
upti'.  C’était  la  première  fois  qu  il  constatait  le  fait.  Il  en  fut 
(fjppé.  Le  choc  fut  si  violent  que  vingt  fois  dans  la  soirée  il 
se  présenta  aux  water-closets,  poursuivi  par  cette  phobie 
mil  ne  pouvait  uriner.  La  maladie  était  dès  lors  installée, 
le  lendemain,  les  jours  suivants,  même  obsession  ;  même 
phobie.  Il  fait  examiner  son  urèthre,  sa  vessie,  on  ne  trouve 
rien.  Pasd  hyperlrophie  de  la  prostate,  conduit  normal.  La 
sonde  est  introduite  avec  la  plus  grande  aisance.  C’était 
jonc  nn  phénomène  purement  psychique.  La  phobie  de  ne 
ponvoir  uriner  amenait  un  spasme  du  sphincter  qui  cédait 
Irès  difficilement  et  après  des  essais  qui  variaient  comme 
jorée  entre  1/2  et  3/4  d’heure.  Lors  de  ces  essais,  le  malade 
était  pâle,  inondé  de  sueurs  froides,  marqué  d'une  angoisse 
indescriptible.  Les  nuits  étaient  mauvaises,  le  sommeil  avait 
complètement  disparu,  et  cela  depuis  6  mois.  Quand  il 
s'est  présenté  à  mon  cabinet, ilavaitle  visage  triste,  anxieux, 
faspect  d'un  mélancolique  profond.  Je  suis  désespéré,  me 
dil-il,  jecrainsbien  de  recourir  au  suicide  pour  me  débarras¬ 
ser  decelte  vie  üe  misères  que  je  traîne  depuis  quatre  mois. 
En  dehors  de  ce  syndrome,  de  cette  phobie  urinaire,  on 
ne  constate  rien  :  il  était  phobique,  rien  que  phobique  et  seu¬ 
lement  sur  ce  point  ;  sa  fonction  urinaire. 

Le  malade  consent  à  rester  en  traitement  au  sanatorium. 
Je  lui  persuade  qu’ici  près  de  moi  il  guérira,  et  vite  ;  je  lui 
donne  une  douche  statique  en  promenant  le  balai  électrique 
dans  la  région  hypogastrique  et  sur  les  reins  et  le  prie  d'al¬ 
ler  immédiatement  uriner,  que  la  miction  désormais  sera 
facile  et  rapide.  «  C'est  curieux,  vient-il  me  dire  aussitôt,  le 
nsage  tout  radieux,  j’ai  uriné  . sans  difficulté,  je  sens  que  je 
Mis  guéri.  La  nuit  il  dormit  bien;le  lendemain,  les  jours  sui- 
nnts  il  ne  se  présente  que  3  fois  aux  water-closets,  au  lieu 
fcîOou  SOfois.  La  phobie  avait  disparu,  la  gaité,  la  joie  de 
Wro  reparut  chez  cet  anxieux  qui, la  veille,  songeait  à  chér¬ 
ir  dans  la  mort  l’oubli  de  ses  misères.  Il  resta  cependant 
Max  mois  au  sanatorium,  car  il  craignait  qu'en  rentrant 
faop  tôt  chez  lui,  la  vue  deces  mêmes  water-closets  témoins 
eses  tortures  morales  les  flt  reparaître  à  nouveau,  ce  qui 
"îtlleurs  aurait  très  bien  pu  se  produire. 

Actuellement,  le  malade  jouit  d’une  santé  excellente.  La 
Rcrison  date  de  1  an  1  '2  et  rien  ne  fuit  prévoir  qu'il  y  aura 
«chute. 

11  est  manifeste  qu'ici  la  phobie  est  une  phobie  hy.slérique, 
l’atteste  la  disparition  subite  du  phénomène,  sous 
fluence  exclusive  de  la  persuasion,  de  la  suggestion,  car 
l^®P®’itêtre  admis  par  personnequ’il  faillemetlrecette  gué- 
compte  d'unesimple  diiucheélectrique.C<-ttedou- 
®l®®*‘’'9uefutun  mode  de  psychothérapie,  au  même  litre 
^,febleu  de  méthylène  par  exemple. 

ait,chez  notre  malade,de  la  phobie  monosymptomatique 
lÿjp®  Présentait  aucun  stigmate  d’hystérie  ;  il  ne  présen- 
®..‘*®'’®ntage  de  stigmates  de  dégénérescence.  Nous 
U*!  phénomène  solitaire,  une  phobie  vésicale,  dé- 
ia  une  paralysie,  mais  une  contracture,  un  spasme 

"sphincter  de  la  vessie. 

II.  —  Phobie  génitale.  — -  Je  présenterai  main- 
*^^obie  génitale.  'Voici  l’histoire  du  malade.  C’est 
«Be  tem  he  25  ans  qui,  un  jour,  dans  un  rapport  avec 

''«axe*'?® détresse.  Cet  incident  simplementfâ- 
.pourtant  les  conséquences  les  plus  graves.  Apar- 
<«116  pj.  I^rir,  il  fut  tourmenté,  obsédé  parcelle  crainte, 
hiiraij  l  'o  d’impuissance  génitale.  Celte  phobie  le  pour- 
l'ielq^ç  ® ‘touillait  d'autant  plus  qu’il  devait  semarier  dans 
'8  bat  II  y  pensait  nuit  et  jour,  ne  dormaitplus.  Dans 

^aatg^î^Iraînement’  pour  ne  pas  être  obligé  de  rougir 
II  so  livra  à  de  multiples  essais,  qui  tous 

‘L'a  "[""infructueux. 

Vvoiij*"®  Pfle,  inondé  de  sueurs  froides,  une  verge  llas- 
™  ^ra  h  '"®  disait-il,  tout  ce  que  j’aurai  à  présenter  à  celle 
'eniôtma  femme,  etj’ai  Jâans,  je  me  tue  ».  Je  le  dé¬ 


cide  à  rentrer  au  sanatorium.  C’était  un  jeune  homme  ro¬ 
buste,  n’ayant  jamais  été  malade.  Névropathe,  mais  sans  si 
gnes  de  dégénérescence,  sans  stigmates  d’hystérie;  il  avait 
la  figure  ravagée  par  l’anxiété,  l’insomnie,  les  tortures  de 
cette  phobie  paralysante. 

Comme  traitement,  je  lui  ordonnedes  pilules  de  strychnine, 
de  la  cantharide.  Chaque  malin  à  la  douche,  je  dirige  le  jet 
le  long  de  la  colonne  vertébrale.  Rien  n'y  fit.  Plus  il  ap¬ 
prochait  du  jour  fixé  pour  son  mariage,  plus  son  anxiété 
grandissait,  plus  aiguë  était  sa  phobie.  Ne  sachant  trop  quoi 
faire,  j’eus  l'idée,  de  concert  avec  le  père,  de  simuler  la  rupture 
du  mariage  :  le  résultat  fut  parfait.  N’étant  plus  torturé  par 
celte  pensée  qu'il  aurait  à  rougir  bientôt  de  son  impuissance, 
de  son  incapacité  virile,  il  vit  sa  phobie,  cette  phobie  para¬ 
lysante,  s’effacer  presque  aussitôt,  elles  érections  de  nuit, 
puis  de  jour  se  produire,  ces  érections  qu'il  ne  connaissait 
pas  depuis  5  ou  ü  mois.  Il  était  guéri.  Il  s’est  marié  depuis 
et  il  m’a  fait  celte  confidence  qu’il  s’est  conduit  eu  mari  jeune 
et  vigoureux. 

Observation  III.  —  Phobie  des  aliments.  —  J'ai  cité  dans  un 
de  mes  mémoires,  l’histoire  de  ce  jeune  enfant  de  11  ans  qui 
depuis  quatre  mois  ne  prenait  rien  qu’un  croissant  matin  et 
soir.  Aussi  était-il  d’une  maigreur  extrême.  Il  avait  de  plus, 
de  l’hyperesthésie  du  cuir  chevelu. Impossible  de  lui  toucher 
la  tête,  c’était  des  douleurs  atroces,  lui  arrachant  des  cris. 
Il  est  placé  au  sanatorium,  je  le  mets  en  observation  pen¬ 
dant  3  jours.  Go  n’était  pas  simplement  de  l’anorexie  que, 
l’enfant  présentait  ;  en  dehors  de  son  hyperesthésie  hystéri¬ 
que,  il  avait  véritablement  la  phobie  des  aliments  solides, 
il  était  pénible  de  voir  cet  enfant  rentrer  dans  la  salle  à 
manger  :  son  visage  pâlissait  d’une  façon  étrange,  ses  traits 
se  ronlraclaient,  la  respiration  devenait  haletante.  On  au¬ 
rait  dit  un  condamné  que  l'on  conduisait  à  l’échafaud  ;  et, 
quand  on  lui  présentait  du  pain,  les  mêmes  phénomènes  an¬ 
goissants  augmentaient  encore  d’intensité. 

Je  le  débarrassai  d’abord  de  son  hyperesthésie  hystérique 
du  cuir  chevelu.  Un  peu  de  psychothérapie  avec  la  douche 
statique  suffit  pour  cela.  Après  deux  séances,  on  put  met¬ 
tre  un  chapeau  sur  la  tête,  et  lui  faire  couper  ses  cheveux. 
Je  m’occupai  ensuite  de  sa  phobie.  Nouvelle  séance  de  psy¬ 
chothérapie  avec  balai  promené  dans  la  région  hypogastri¬ 
que  et  aussitôt,  sous  l'influence  d’un  commandement  impé¬ 
ratif  qu’il  aurait  beaucoup  d’appétit,  qu’il  n’aurait  plus  hor¬ 
reur  du  pain,  qu'il  mangerait  beaucoup,  notre  petit  hysté¬ 
rique  se  mit  à  dévorer  les  aliments  qu’on  lui  présentait,  il 
avait  toujours  faim  et  attendait  avec  impatience  et  non 
avec  terreur,  avec  effroi,  comme  précédemment,  l’heure  des 
repas. 

Au  bout  de  1  mois,  il  quittait  le  sanatorium.  La  guérison 
s’est  maintenue,  c'était  un  fils  de  névropathes  de  père  et  de 
mère;  depuis  4  ans  il  n’a  rien  présenté  d'anormal. 

OBSERv.moN  IV  et  V.  —  Agoraphobie.  —  II  s’agit  ici  de  deux 
paysannes  de  la  Vendée,  l'une  n'avait  pas  franchi  le  seuil 
de  sa  porte  depuis  6  ans,  et  l’autre  depuis  8  mois.  A  toutes 
les  tentatives  qu’elles  faisaient  pour  quitter  la  chambre, 
elles  étaient  aussitôt  prises  de  peur,  d’angoisse  ;  les  jambes 
se  dérobaient  sous  elles  et  vite  il  leur  fallait  rentrer  et  fer¬ 
mer  la  porte.  Elles  avaient  la  phobie  de  l’espace,  c’était  des 
agoraphobes.  L'une  était  une  dégénérée  doublée  d'hystérie  ; 
l'autre,  simplement  hystérique,  sans  stigmates  de  dégéné¬ 
rescence,  à  moins  de  faire  de  cette  phobie  de  l’espace  une 
manifestation  monosymplomatique  de  la  dégénérescence. 

La  facilité  avec  laquelle,  par  un  simple  commandement 
très  impératif,  j'arrivai  à  supprimer  un  phénomène  pourtant 
si  ancien  me  laisse  supposer  que  chez  elles  ce  phénomène 
doit  être  rattaché  à  l’hystérie.  A  la  première,  je  lui  déclarai 
que  je  la  verrais  pénétrer  dans  l’église  le  dim  niche  suivant. 
Elle  m’a  obéi  et  n'a  pas  souffert. 

Laseconde,  je  la  prends  à  mon  bras,  j'ouvre  la  porte,  elle 
est  aussitôt  prise  d’angoisse,  ses  jambes  tremblent,  elle  va 
tomber;  jel’aideà  réigir, mon  commandement  énergique  la 
rassure  enfin,  et  la  voilà  surprise  de  se  trouver  dehors,  l’an¬ 
goisse  avait  disparu.  Chez  ces  deux  malades  agoraphobes, 


500 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


la  guérison  s’est  maintenue  et  cette  cure  date  de  10  à  12 
ans. 

Observation  VI.  —  Agoraphobie.—  Ce  malade  a  27  ans, né¬ 
vropathe,  fils  de  nerveux  du  côté  paternel  et  maternel  rentre 
au  sanatorium  pour  une  phobie  qui  le  tient  depuis  plus  d’un 
an.  II  ne  peut  aller  dans  la  foule  :  à  l’église,  dans  les  foires, 
il  est  pris  d’angoisse,  il  étouffe,  il  tremble.  Ajoutons  à  cela 
quelques  troublesneurasthéniformes,  conséquence  de  cette 
phobie  angoissante.  Au  bout  de  8  jours  de  traitement  physi¬ 
que  (douche  et  électrothérapie)  et  d’un  traitement  psychique, 
le  malade  put  aller  partout  sans  éprouver  aucune  terreur  et 
est  resté  guéri.  Si  j’ai  cité  ces  3  derniers  cas,  qui  sont  vul¬ 
gaires,  c’est  simplement  pour  marquer  la  rapidité  delà  gué¬ 
rison.  C’est  là  que  réside  tout  l’intérêt  de  ces  observations. 

Je  citerai  encore,  pour  terminer  la  série  des  phobies  chez 
les  hystériques,  l'histoire  d’un  jeune  homme  de  19  ans,  ago¬ 
raphobe  et  claustrophobe.  Depuis  deux  ans,  il  ne  pouvait 
aller  dans  la  foule, se  promener  dans  les  rues  de  la  ville, il  ne 
pouvait  également  rester  seul  renfermé,  chez  lui,  dans  une 
chambre  close.  Dehors,  ou  seul  dans  un  appartement  fermé, 
il  était  pris  d’angoisses  terribles,  avec  sueurs  froides,  dé¬ 
robement  des  jambes;  il  croit  qu’il  va  mourir. 

En  dehors  de  ces  phénomènes  phobiques,  ce  jeune  homme 
présentait  des  manifestations  nettement  hystériques  ;  dys¬ 
pnée  hystérique,  dermographisme,  urticaire  hystérique,  pla¬ 
ques  d’insensibilité.  Je  l'ai  eu  pendant  longtemps  en  traite¬ 
ment  au  sanatorium.  Je  suis  parvenu  à  le  faire  se  promener 
dans  les  rues  de  Nantes  et  au  théâtre.d’abord  avec  moi,  puis 
bientôt  avec  le  personnel  de  l’établissement.  Il  put  enfin 
sortir  seul,  mais  monté  “sur  une  bicyclette.  Ce  n'est  qu’au 
bout  de  quelques  mois  que  je  suis  arrivé  à  le  débarrasser 
enfin  de  sa  bicyclette  et  le  faire  se  promener  seul  à  pied.  La 
guérison  est  si  complète  qu’il  a  pu  s’embarquer  pour  l’Amé¬ 
rique,  afin  d'y  tenter  la  fortune. 

Phobies  chez  des  dégénérés  non  hystériques. 

Nous  allons  présenter  maintenant  quelques  malades 
également  atteints  de  phobies.  Ceux-là  ne  sont  point 
des  hystériques,  ce  sont  des  dégénérés.  Et  nous  ver¬ 
rons  que  chez  eux  tous  nos  efforts  furent  vains,  sauf 
chez  un,  pour  les  débarrasser  de  leurs  phobies. 

Obsbrv.  VII.  .1/y.sH'mme,  phobie  urinaire.  —  Jeune  homme 
de  19  ans,  fiis  de  nerveuse  mystique,  fils  de  congestif,  né- 
vropathe,qui  depuis  quatre  ans  est  pris  de  certains  troubles 
psychiques  d'un  caractère  bizarre.  C’est  un  mystique, 
comme  sa  mère,  il  a  constamment  peur  de  faire  le  mal,  de 
souiller  les  objets  en  les  touchant,  d'un  bigotisme  exagéré  ; 
c’est  un  obsédé,  et  ses  obsessions  sont  multiples,  il  a  éga¬ 
lement  la  maladie  du  doute  et  ce  doute  apparaît  dans  tous 
les  actes  de  sa  vie  ;  ferme-t-il  une  porte,  je  prends  cet  exem¬ 
ple, il  reviendra  dix  fois  s’assurer  qu’elle  est  bien  fermée. C’est 
le  type  du  dégénéré  psychique. Ce  jeune  homme  a  une  phobie 
d’un  genre  particulier.  Il  a  la  phobie  des  fonctions  urinaires. 
Je  m'explique.  Contrairement  au  malade  de  l’observation  I 
qui  avait  peur  de  ne  pouvoir  uriner, il  a  peur  de  laisser  échap¬ 
per  involontairement  soà  urine.  Aussi  s’acharne-t-il.  à  vider 
sa  vessie  jusqu’à  la  dernière  goutte.  11  restera  1  h.,  2  heures 
aux  water-closets,  il  y  serait  même  resté  de  1  h.  à  7  h.  du 
soir,  m’ont  dit  les  parents  et  la  gymnastique  à  laquelle  il  se 
livre  à  ce  moment  est  des  plus  étranges.  Le  ventre  porté  en 
avant,  la  tête  rejetée  en  arrière,  il  se  secoue,  s'agite  avec  des 
mouvements  de  propulsion  et  de  rétropulsion  du  ventre 
pour  aider  à  l’évacuation  complète  de  sa  vessie,  nous  assis¬ 
tons  chaque  fois  à  une  véritable  danse  du  ventre.  C’est  vrai¬ 
ment  un  spectacle  comi'jue  de  voir  notre  malade  accolé  à 
un  arbre  se  débattant  comme  un  choréique,  pâle,  suant  et 
résistant  à  tous  les  ordres  de  son  infirmier  ou  même  de  son 
médecin  qui  voudrait  l’arracher  à  sou  obsession  et  à  sa 
phobie.  Il  craint,  ce  pauvre  malade,  de  laisser  de  l’urine, et 
que  cette  urine,  il  la  laissera  ensuite  involontairement  s’é¬ 
chapper  en  public, par  suite  d'un  relâchement  de  son  sphinc- 


tèr.  Cette  phobie  est  entretenue  par  ce  fait  que  le  jej.  ’J 
homme,  séjournant  des  heures  entières  aux  water-closeh  J 
arrive  à  refaire  de  l’urine  et  à  en  rejeter  toujours  quelqn^l 
gouttes, ce  qui  lui  indique  que  sa  vessie  se  vide  mal,  difficile.  ] 
ment.  ' 


Malgré  tous  les  raisonnements,  malgré  la  meilleure  psj, 
chothérapie,  je  n’ai  pu  parvenir  à  le  guérir  de  cette  étran» 
phobie  obsédante,  à  peine  de  l'améliorer,  malgré  un  séjoif 
prolongé  de  6mois  au  sanatorium. 


Observ. 'VIII.—  Dégénérescence,  lyssophobie.— F. .12 ms, Uk 
de  père  profondément  alcoolique,  de  mère  morte  tubercu- 

leuse,a  une  santé  physique  très  délicate. Très  intelligente, ellj 
ne  présente  aucun  sligmate  physique  de  dégénérescence  et 
pa.s  d'hystérie  Nous  verrons  tout  à  l’heure  que  c’est  bien 
une  dégénérée  psychique.  Un  jour,  un  chien  enragé  pénètré  f 
brusquement  dans  son  appartement,  mord  son  chien,  mord 
plusieurs  chiens  du  voisinage.  Le  vétérinaire, après  examen,  ■ 
conclut  que  c'était  bien  lavage. 

A  partir  de  cette  époque,  Mme  T...,  qui  jusqu’ici  n'a- . 
vait  rien  présenté  d’anormal, eut  la  phobie  des  animaux  en-  ' 
ragés.  Apercevait-elle  un  chat,  un  chien,  un  bœuf,  qu’elle  ( 
fuyait  en  poussant  souvent  des  cris  d’effroi.  Et,  bien  qu'elle 
n'eût  pas  été  manifestement  heurtée, elle  demeurait  inquiète, 
troublée,  pâle,  toute  tremblante.  Car  la  maladie  du  doute 
était  venue  se  greffer  sur  cette  lyssophobie  :  elle  ne  savait 
plus  si  elle  n’avait  pas  été  mordue,  elle  doutait  et  ce  doute  i 
la  torturait.  A  cause  de  cette  phobie  de  la  rage, de  celle 
phobie  des  animaux,  elle  en  était  arrivée  à  voir  de  la  j 
bave  partout  sur  ses  vêtements,  sur  le  mobilier;  une 
simple  goutte  d’eau, cela  pouvait  être  de  la  bave.  La  mala¬ 
die  progressant  d’une  façon  inquiétante,  celte  phobique, 
obsédée  par  le  doute, en  arrive  à  se  demander  s’il  n’y  a  pas  \ 
des  chats  cachés  dans  son  corsage,  dans  sa  robe,  elle  se  pal¬ 
pe,  se  tâte  et, doutant  encore, elle  prie  l’entourage  de  la  bien 
examiner.  Encore  n’est-elle  pas  convaincue.  Et  c’est  une 
femme  qui  conserve  toute  son  intelligence,  sa  conversation 
agréable  nelaisse  jamais  rien  apparaître  à  qui  n’est  pas  pré¬ 
venu. 

L’isolement,  le  traitement  moral,  l’hydrothérapie,  rien 
n'a  empêché  la  maladie  de  suivre  sa  marche  progressive. 

Observ.  IX.  —  Mysticisme,  érothomanie,  phobie  des  couteaM- 
Jeune  homme  de  28  ans,  intelligent,  à  culture  intellectuelle 
très  développée,  mère  névropathe  et  légèrement  mystiqn®  ^ 
lui-même  est  marqué  do  mysticisme  depuis  son  jeune  »?  - 
C’est  un  dégénéré  psychique  :  peur  de  faire  le  mal,  peur 
nuire  à  son  semblable,  dévotion  exagérée.  C'est  de 
les  contraires  ici  se  rencontrent,  un  érotomane  avec 
érections  extrêmement  fréquentes  de  jour  et  de  nuit  et 
pollutions  très  abondantes;  ce  n’est  pas  un  masturbateun^^ 
profite  de  cette  circonstance  pour  faire  remarquer  i 

quence'de  l’érotomanie  chez  les  mystiques.  J’ai  eu  en  ^  | 
tement  cinq  mystiques,  quatie  étaient  des 
jeune  homme  dont  il  s'agit  est  le  plus  bel  exemple  de 
'  association  intime  des  deux  syndromes. Et  pour  combat  ^ 
érotomanie,  je  l'ai  vu  briser  son  lorgnon,  pour  que  sa 
pie  très  accentuée  ne  lui  permît  plus  de  voir  le 
femmes.  11  se  lit  également  faire  un  modèle  bizarre,  e  ^ 
de  ceinture  de  chasteté  avec,  pour  recevoir  la  si 

d’une  dimension,  d'une  largeur  anormale,  afin 
possible  les  frottements  qui  pourraient  '^gxtrê- 

lions.  Ce  malade  a  la  maladie  du  doute  et  une  pâle- 

mement  pénible  :  il  a  la  phobie  dû  couteau  ;  il 
angoissé,  lorsqu’il  en  aperçoit, près  de  lui, la  ^ 

il  a  peur  de  s’en  saisir  et  d'en  frapper  qui  il  rencon 
maladie  continue  toujours  de  progresser. 


Observ.  X.  —  Phobie  du  contact  des  microbes, 
pas  d'hystérie. — Ce  jeune  homme  de  18  ans,  un 
fils  de  dégénérés  (père  et  mère),  a  des  idées  ûyP*’*^  pbo- 
ques,  et  quelques  troublesneurasthéniformes.  H  A ^5010'* 
bie  du  contact,  la  phobie  des  microbes;il  se  lave  jio#- 
par  jour,  toutes  les  fois  du  reste  qu’il  touche  un  o  J 


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LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


501 


r^aane  porte,  de  l’oüate  hydrophile  dan  s  la  main  de  peur 
''^le  bouton  de  la  porte  infecté  de  microbes  infecte  ses 
Mins  et  altère  sa  santé. Ce  dégénéré  phobique,  je  suis  par- 
I  0  à  le  guérir,  à  le  débarrasser  de  sa  phobie  avec  un  trai- 
!  ^jntassez  prolongé,  il  est  vrai,  mais  cure  Intéressante 
godant,  car  elle  est  plutôt  rare  chez  des  malades  si  pro- 

rement  dégénérés. 

yoSERV.  Xt-Xll.  — Phobie  des  chevaux  et  des  vaches.  Phobie 
mère  communiquée  à  son  fils.  —  Pour  terminer  je  citc- 
nien  deux  mots  le  cas  d’une  femme  atteinte  de  la  phobie 
^cheval  et  du  bœuf.  C’est  une  dégénérée,  avec  idées  de 
Jrséci'tion,  en  dehors  de  ses  phobies.  Le  seul  côté  inté- 
^antde  son  histoire,  c’est  qu  elle  a'imprimé  son  délire  et 
.*pliobie  chez  son  fils. 

Le  traitement  n'a  produit  aucun  résultat,  ni  chez  la  mère, 
fichez  le  fils. Chez  ce  dernier,  cependant,j’ai  pu  faire  dispa- 
nitre  un  tic  hystérique  dont  il  était  atteint  depuis  2  ans. 


Conclusions.  —  J'arrête  ici  mes  observations.  Elles 
sufliiontpoiir  nous  permettre  de  conclure.  Elles  confir- 
(eront  les  idées  que  j'ai  émises  au  début  du  mémoire 
sur  la  pathogénie  des  phobies.  Nous  avons  présenté 
douze  malâdes.  Sur  ces  12  malades,  7  ont  guéri  et  la 
{uérison  s'est  maintenue.  Les  cinq  antres  n'ont  pas  bé- 
léficié  du  traitement.  Nous  avons  pu  remarquer  que 
tous  les  cas  de  guérisons  se  sont  produits  chez  les  ma- 
hdes  atteints  d’hystérie  associée  ou  non  à  ladégénéres- 
tence.  Un  seul  dégénéré  phobique  non  hystérique,  a 
vu  sa  phobie  disparaître. 

Que  conclure  ?  qu’il  existe  bien  une  phobie  hystéri- 
t|oe,  une  phobie  due  à  l’hystérie.  Je  crois  pouvoir  affir- 
mei'le  fait,  malgré  l’opinion  contraire  des  aliénistes 
«t neurologistes  de  marque.  J’ai  dit  sur  quelles  preu¬ 
ves  j'appuyais  ma  thèse;  la  possibilité  d’en  provoquer 
jpr  persuasion  et  la  facilité  avec  laquelle  on  pouvait 
peffacer  par  suggestion.  11  suffit  de  parcourir  les  di¬ 
verses  observations  pour  se  rendre  compte  de  la  justesse 
,4 celte  appréciation.  Elles  se  différencient  des  phobies 
dégénérés  —  celles-là,  je  l’admets,  beaucoup  plus 
^uentes  — en  ce  que  les  phobies  des  dégénérés  se  dé- 
’Woppent  avec  plus  de  lenteur  ordinairement,  très  ra¬ 
rement  d’une  façon  subite  ;  elles  diffèrent  encore  et 
■•irtout  en  ce  qu’elles  suivent  une  marche  essentielle¬ 
ment  progressive  etrésistent  presque  toujours  au  traite- 


-- 

N  A  RC  Y  L  GRÉMY  médicament  spécifî- 

J'rede  la  toux,  spécialement  de  la  toux  des  tu- 
“«r’culeux. 


DU  FILS  DU  CIEL.  —  ho  Figavo  nous  apprend  que 
de  Chine  a  un  personnel  attaché  à  son  palais  qui  ne 
1^_  repas  moins  de 500 fonctionnaires  ou  serviteurs,  dontquel- 
I  doivent  avoir  de  copieux  loisirs.  Si,  par  exemple,  les 

'  de  parasol  peuvent  s’occuper  les  jours  où'S.  M. 

i^j^nClel  se  sent  d'humeur  à  faire  de  longues  promenades 
féTg^^.i^vdins,  et  si  par  les  grandes  chaleurs  ses  trente  porteurs 
'r^.rlo'ventpas  beaucoup  chômer,  que  peuvent  bien  faire 
te  médecins  ?  La  liste  du  personnel  comprend  également 
«iiierg®''îftnze  astrologues,  soixante  prêtres  et  soixante-dix  cui- 


De  priorité.  —  On  mande  de  Vienne  que  le  docteur 
^Üo  P'‘°fD®seur  des  maladies  de  la  peau,  publie  une  dé- 
ftjblij  “  laquelle  il  revendique  la  priorité  des  observation! 

^  que  les  rayons  X  rendent  la  couleur  primitive  au: 
Sftsonnants.  On  sait  que  les  docteurs  français  Imbert  e 
,  Le  4  ''tonnent  de  s’attribuer  cette  découverte. 

?'■  Ullmann  prétend  qu’il  y  a  trois  ans,  il  a  lu  devant 
^  Un  ®  des  médecins  autrichiens  et  la  Société  de  dermatolo- 
Pport  contenant  ses  conclusions  à  ce  sujet.  (Le  Temps.) 


BULLETIN  DU  PROGRÈS  MÉDICAL 

L’organisation  de  la  lutte  contre  l’uncinariose  en 
Belgique. 

Pour  entreprendre  utilement  la  lutte  contre  une 
maladie  transmissible,  il  faut  en  connaître  d’abord 
exactement  les  causes.  Parmi  elles  l’agent  pathogène 
n’est  pas  la  seule,  il  faut  étudier  les  agents  de  trans¬ 
mission,  les  conditions  qui  favorisent  le  développe¬ 
ment  de  la  maladie,  soit  en  assurant  la  conservation 
de  l’agent  pathogène,  soit  en  facilitant  son  développe¬ 
ment  par  la  préparation  du  terrain  sur  lequel  il  se  mul¬ 
tipliera.  La  connaissance  incomplète  de  l'étiologie  ex¬ 
plique  les  échecs  répétés  ou  l'efficacilé  trop  limitée  des 
mesures  prophylactiques  dans  la  lutte  contre  certaines 
maladies  telles  que  la  tuberculose,  par  exemple,  dont 
on  connaît  cependant  à  fond  l’agent  pathogène.  L’étude 
minutieuse  de  cette  même  étiologie  a  permis  dans 
d’autres  cas  de  prendre  des  mesures  réellement  utiles  ; 
exemple  :  les  résultats  obtenus  à  Cuba  par  le  service 
sanitaire  américain  qui,  s'attaquant  résolument  aux 
moustiques,  a  fait  disparaître  la  fièvre  jaune. 

Notre  distingué  collaborateur,  M.  le  D"  Eillassier,  à 
qui  sa  double  qualité  de  docteur  en  droit  et  de  docteur 
en  médecinedonne  une  compétence  toute  spéciale  dans 
l’étude  de  la  législation  sanitaire  et  qui  joint  à  ses  con¬ 
naissances  scientifiques,  l’expérience  pralique  de  sa 
collaboration  à  l’OEuvre  de  l’assainissement  de  la  Ville 
de  Paris  où  il  seconde  M.  Juillerat,  a  remarquable¬ 
ment  exposé  dans  sarécenle  thèse  de  doctorat  en  méde¬ 
cine  :  Y üncinariose  devant  l'Hygiène  sociale  (1  ),  les 
mesures  de  prophylaxie  prises  contre  une  maladie  qui 
décime  les  mineurs.  Nous  ne  referons  pas  ici  le  lableau 
de  l'uncinariose  ou  ankylostomiase  que  les  lecteurs 
du'Pro<7rè.s  «idcficaZ  doivent  déjà  bien  connaître,  grâce 
aux  savants  travaux  qui  ont  été  récemment  publiés  par 
M.  le  D'  Fabre,  de  Gommentry.  Aussi  sans  nous  attarder 
à  l'étude  historique,  biologique  et  pathologique  des  mé¬ 
faits  de  ce  ver  intestinal  redoutable  qui,  sous  le  nom 
d’uncinaire  ou  d’ankylostome  fait  tant  de  victimes 
dans  certains  bassins  houilliers,  nous  emprunterons 
simplement  à  la  thèse  de  M.  Eillassier  le  tableau  des 
mesures  prophylactiques*  prises  en  Belgique  contre 
cette  maladie.  Nous  avions  pu  juger  nous-mème  de 
cette  belle  organisation  sanitaire  lors  de  notre  visite  à 
l’Exposition  de  Liège  en  1905. 

Le  début  de  la  lutte  en  Belgique  contre  ce  fféau  re¬ 
monte  à  1898  ;  une  société  de  Mutualistes  liégeois  si¬ 
gnala  à  la  Commission  médicale  de  la  Province  de 
Liège  les  désastres  que  l’imcinariose  causait  parmi  ses 
membres.  L’année  suivante,  les  mutualistes  demandè¬ 
rent  au  ministre  des  Travaux  Publics  belges  de  venir 
en  aide  à  leurs  caisses,  vidées  par  de  trop  nombreux 
secours  de  maladie.  Le  Conseil  provincial  de  Liège  prit 
résolument  à  sa  charge  les  frais  do  la  campagne  sani¬ 
taire  qu’il  voulut  accomplir  et  en  donna  la  mission  à 
son  Institut  de  bactériologie,  fondé  on  1895.  L'Institut 
opéra  avec  méthode,  étudia  le  parasite,  dressa  la  carte 


(1)  .1.  Uousscl,  êclil.,  1,  rue  Casimir-Delavigiie. 


602 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


des  mines  contaminées,  entreprit  l’éducation  hygiéni¬ 
que  des  mineurs  par  conférences  et  par  brochures. 

L’Etat  suivit  l’exemple  donné  par  Liège  et  ouvrit 
une  vaste  enquête  sur  les  circonstances  de  l’extension 
du  parasite  dans  les  divers  districts  miniers  du  Royau¬ 
me.  Un  arrêté  royal  du  7  août  1900  institua  des  comi¬ 
tés  chargés  de  rechercher  à  quel  degré  sévit  l'uncina- 
riose  dans  les  charbonnages  et  quelles  mesures  pro¬ 
phylactiques  il  convient  d’ordonner.  Après  Liège, 
Charleroi  et  Mons  devinrent  des  centres  d’enquête. 

Liège  qui  avait  pris  l’initiative  de  la  lutte,  l’organisa 
merveilleusement.  Le  Prof.  Malvoz,  après  s'être  rendu 
compte  de  l'effet  moral  désastreux  où  se  trouvaient  les 
mineurs  anciennement  atteints,  après  avoir  rencontré 
un  découragement  profond  chez  les  médecins  des  char¬ 
bonnages  qui  combattaient  sans  résultats  efficaces  le 
fléau,  fonda  en  1903  le  Dispensaire  du  Mineur. On  y  pra¬ 
tiqua  l'examen  des  déjections  des  malades  suspects,  on 
s’y  mit  à  la  disposition  entière  des  médecins  des  mi¬ 
neurs  pour  les  renseigner  et  les  aider  dans  la  lutte  contre 
l’uncinaire.  On  ouvrit  le  dispensaire  aux  malades  qui 
ne  pouvaient  se  soigner  chez  eux.  De  mai  1903  à  dé¬ 
cembre  1904,  on  lit  au  dispensaire  12.718  examens  et 
l’on  soigna  1.012  malades.  Des  sommes  importantes 
furent  prélevées  sur  le  budpt  provincial  ;  220.000 
francs,  avaient  été  mis  à  la  disposition  de  cette  campa¬ 
gne  sanitaire  le  10  août  1905. 

L’exemple  fut  suivi  tout  autour  de  Liège,  on  créa  de 
nouveaux  dispensaires  analogues  à  celui  de  M.  Malvoz, 
on  y  examina  systématiquement  les  selles  de  tous  les 
mineurs  au  point  de  vue  de  la  présence  de  l’uncinaire 
pourisoler  les  malades  et  empêcher  la  propagation  de 
la  maladie.  Et  au  bout  de  deux  ans  de  fonctionnement, 
M.  Malvoz  pouvait  annoncerque  loin  de  s’étendre, l’épi¬ 
démie  étaiten  voie  de  régression  continue. 

Le  31  juillet  1903,  le  Conseil  provincial  du  Hainaut 
votait  les  premiers  crédits  pour  suivre  l’exemple  de 
Liège.  Un  dispensaire  était  fondé  pour  surveiller  et 
traiter  les  mineurs  du  Centre  et  du  Borinage. 

Le  pouvoir  central  n’était  pas  indifférent.  Dès  que 
les  travaux  de  Malvoz  furent  connus,  un  arrêté  royal 
du  24  octobre  1904,  édictait  des  mesures  sévères  pour 
combattre  le  mal.  On  classa  les  mines  en  mines  infec¬ 
tées  et  mines  indemnes  etl’on  obligeâtes  mines  infec¬ 
tées  qui  se  croyaient  devenues  indemnes  à  en  faire  la 
preuve.  On  obligea  tout  ouvrier  à  se  soumettre  à  l’exa¬ 
men  clinique  et  microscopique  et  l'on  assura  un  se¬ 
cours  suffisant  à  l’ouvrier  reconnu  malade  et  éloigné 
de  la  mine.  On  exigea  l’organisation  de  nombreuses 
latrines  dans  les  mines,  on  installa  au  fond  des'  char¬ 
bonnages  des  baquets  à  parois  étanches,  à  fermeture 
hermétique,  avec  poudre  désodorisante  pour  recevoir 
les  déjections  des  mineurs.  On  obligea  les  autorités  de 
la  mine  à  signaler  tous  les  cas  d’uncinariose  constatés. 

Quelle  différence  avec  les  tentatives  faites  en  France  . 
Ce  ne  fut  tq'i®  février  1904,  qu’un  ministre  des 

Travaux  publics,  M.  Maruéjouls,  déposa  un  projet  de 
loi  relatif  à  l'hygiène  et  à  la  sécurité  des  mineurs,  on 
nomma  aloi-s  des  commissions  d’études  qui  eu  1906 
n'ont  pas  encore  terminé  leurs  travaux.  Quant  à  la  j 
plupart  desLompagnies  minières,  elles  paraissent  igno¬ 


rer  le  mal,  car  de  la  meilleure  foi  du  monde  elles  pré 
tendent  que  l’uncinaire  est  inconnu  dans  leur  bassio 
respectif.  11  est  possible  que  l’uncinariose  soit  moins 
répandu  en  France  qu’en  Allemagne  et  en  Belgique 
Mais  les  travaux  de  Fabre,  de  Commentry,  de  Manon, 
vrier,  de  Calmette,  de  Breton,  deBréhon,  de  Briançon 
permettent  de  croire  à  la  réalité  du  péril.  Aussi  M.  h 
D'' F’illassiera-t-il  fait  une  œuvre  sociale  vraimentutile 
en  appelant  l’attention  sur  cette  maladie  essentielle¬ 
ment  évitable  si  l’on  veut  simplement  suivre  l’exemple 
de  nos  voisins  de  Belgique  (U.  J.  Nom. 


DIOXINE-ME RCK  spécifique  de  la  TOUX  et  de  la  DOülEDE 
plus  active,  moins  toxique  que  les 
opiacés  et  tous  leurs  dérivés,  même  synthétiques. 

SÉDATION  IMMÉDIATE  de  la  TOUX 

SIROP  DU  D''  BOUSQUET,  A  LA  DIONINE  MERCK 

0,01  par  cuil.  à  bouche,  avec  2  glt“  de  Bromoforme  (4  à  8  par  jour). 


SOCIÉTÉS  SAVANTES 

SOCIÉTÉ  DE  BIOLOGIE. 

Séance  dul juillet  1906. 

Hypothyroïdie  et  urticaire  chronique. 

MM.Lkvi  et  DE  Rothschild  ont  observé, chez  une  femme  de 
ans,  avec  liypothyroïdie  légère  continue  et  crises  paroxysti¬ 
ques  qui,  depuis  4  mois  a  de  l’aménorrhée,  de  l’hypermég^ 
lie  thyroïdienne  et  de  l'urticaire  chronique  à  poussées  quoti¬ 
diennes,  la  réapparition  des  règles  sous  l’in Iluence  du  traitf- 
ment  tliyroïdien  :  le  corps  ttiyroïde  est  redevenu  normal,  l’or- 
ticaire  a  disparu.  Chez  les  hypothyroldiens  tes  auteurs  ont 
relevé  1 1  fois  l'urticaire  qui  n'est  que  la  manifestation  cuta¬ 
née  d’une  auto-intoxication.  L’œdème  aigu  de  Quincke  est 
peut-être  fonction  d’hypothyroïdie. 

Chez  les  enfants  hypothyroïdiens  on  note  souvent  le  prU] 
rigo  sec,  point  de  départ  de  l’urticaire.  On  retrouve  chez  les 
arthritiques  et  les  hépatiques,  cette  nouvelle  manifestation 
de  l’hypothyroïdie  qui  coexiste  avec  les  diathèses. 

Infection  anaérobie  dans  l'occlusion. 

MM.  Roger  et  G.vrnier  ont  trouvé  dans  le  sang  au  cours  de 
l’occlusion  intestinale  expérimentale,  dans  Ocas  sur 
tures  anaérobies  positives  ;  .i  fois  seulement  le  coli-haÇ* 
existait  à  côté  d'un  germe  strictement  anaérobie,  un  nu 
coque. une  fois  elles 5  autres  fois  un  bacille  en  gros 
à  bouts  arrondis  prenant  le  Gram  et  développant  dugaz  a 
le  gélose-sérum  et  coagulant  le  lait.  La  gélatine 

et  rend  le  bouillon  visqueux.Tous  inoculés  au  cobaye, donn^^ 

un  phlegmon  suivi  d’escharre  ;  les  cultures  de 
ve  sont  toxiques  pour  le  lapin,  soit  en  injection ^  intra-  ^ 
neuse.  soit  après  filtration  à  la  bougie.  Chez  le  lap* 
sang  prélevé  pendant  la  vie  et  après  la  mort  donne  ces 
mes  cultures. 

Tuberculose  pulmonaire  expérimentale.  ■ 

M.  A.  Habron  a  pratiqué  sur  .tI  cobayes  des  ;la 

intra-péritonéales  avec  des  bacilles  tuberculeux  ^es 

survie  fut  parfois  longue  de  3  à  7  mois  ;  et  on  peut  c 
animaux  observer  des  lésions  pulmonaires  étendues, 
lant  la  pneumonie  caséeuse,  soit  la  phtisie  nlcéreuse^^^^ 
croscope,  rinliltratîon  en  nappe,  avec  caséilicatiom^^^^^,— 

(1)  Voir  dans  le  Progrès  médical  J.  Nom  :  L'ankylo'^®'®^  pj»- 
Congrés  socialiste  d’Am.slerdani,  20  août  IIHM.  —  '“"Juvelle* 
mentry  ;  L'aukvlosloiniase,  exposé  des  recherches  -osili*’* 
avril, 17  juin  el  22  juillet  1110.7.  —  .1.  Nom  ;  Visite  à  » 
universelle  de  Liège, 2  seplcnihrelOOS. 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


503 


F 

f  4  cavernules  :  nodules  péri-bronchiques  tuberculeux.  Les 
■  feions  consécutives  à  l'inoculation  péritonéale  ne  peuvent 
être  distingués. 


Influence  de  ^alimentation  sur  le  point  de  congélation  des 
r  urines. 

51.  Jaal.  Le  fonctionnement  cardio-rénal  intlue  sur  le 
'  point  de  congélation  des  urines.  Chez  un  jeune  homme  bien 
portant,  les  modifications  alimentaires  portant  sur  les  régi  ■ 
œesriches  ou  pauvres  en  chlorures  et  en  albumines  et  modi- 
5ent  considérablement  le  cryoscopie  urinaire. 

Piroplasmose  humaine  chez  un  blanc. 

51,  \attan-Larrier  a  observé  chez  un  blanc  ayant  vécu 
5  ans  au  Congo  français  une  roséole  papuleuse  avec  accéléra- 
tiondu pouls,  hypertrophie  ganglionnaire,  sans  cachexie  ni 
anémie.La  maladie  avait  débuté  un  an  auparavant  par  de  l’a- 
nasatque  et  des  douleurs  articulaires.  Les  scarifications  de  la 
peau  au  niveau  de  l'œdème  et  les  ganglions  ne  présentent  pas 
de  trypanosomes, mais  de  nombreux  piroplasmes  (pii  s’ap¬ 
prochent  de  celui  de  Donovan. 

Piotozoalres  dans  k  boulon  du  Nil. 

51.  Billet  (de  Marseille)  a  vu,  chez  une  femme  d'ismaïla, 
liant  deux  tumeurs  papuleuses  de  l’avant-nras,  bouton 
4’(/ri«nt, la  sérosité  profonde  présenter  de  grosses  cellules  mo- 
jMucléaires  migratrices,  à  éléments  piriformes,  décrits  dans 
les  boutons  d’Alep,  de  Biskra,  de  Dehli,  de  Gafsa,  et  qui 
sont,  pour  MM.  Laveranet  'Mesnil  des  protozoaires. Une  autre 
femme  d’ismaïla  avait  vu  un  bouton  du  Nil  naître  sur  le 
sein  au  niveau  d’une  piqûre  de  moustique.  Or,  Vanopheles 
Ckaudoyei  a  une  distribution  qui  correspond  exactement  à 
faire  du  clou  de  Biskra.  Cet  insecte  ne  jouerait-il  pas  un 
tôle  pathogénique. 

Béribéri. 

,  51.  Salomon  a  inoculé  sous  la  dure-mère  un  fragment  de 
pneumogastrique  d’un  malade  mort  du  béribéri.  11  y  eut  para¬ 
lysie  progressive  des  pattes  et  des  ailes.  Le  microorganisme 
isolé,  chez  le  lapin,  la  souris,  le  cobaye  a  constamment  repro- 
éoilles  lésions  du  béribéri  aigu  de  l’homme. 

M.  Féré  présente  un  idiot  épileptique  de  7  ans.  qui  a  des 
•^rgitations  alimentaires  sans  lésions  organiques  ;  la  tem¬ 
pérature  rectale,  descendue  à  35°4,  ne  s’est  plus  relevée  à  la 
''orniale  jusqu'à  la  mort,  survenue  seulement  dix  mois  après 
W  accident.  F.  P. 

ACADÉMIE  DE  MÉDECINE 
Séance  du  31  juillet. 

Pathegénie  du  cancer. 

'1.  CoRNiL  présente  un  important  travail  de  M.  Vigouroux 
“Or  le  cancer  considéré  comme  une  maladie  générale. 

Vigouroux  montre  d’une  part  le  rôle  du  terrain  arthri- 
^0.  Il  signale  chez  les  cancéreux  la  fréquence  du  rhuma- 
®e  chronique,  des  affections  du  foie,  des  maladies  du 
Dr.  On  les  retrouve  soit  dans  les  antécédents,  soit  comme 
^lons  intercurrentes. 

pj^  ®ritations  chroniques  locales  jouent  souvent  d’autre 
le  rôle  de  cause  occasionnelle. 

loii  i>  '“.Huences  étiologiques  gardent  leur  valeur  quelle  que 
sur  la  nature  toxique  ou  microbienne  du  can- 
■^ules  en  effet,  ces  conditions  permettent  à  l’agent  toxi- 
microbien  d’agir. 

Ellg  J  .^ention  chirurgicale  exclusive  est  donc  insuffisante. 
k|es  ctre  complétée,  pour  donner  des  guérisons  dura- 
Oj  n’Q  .  traitement  médical  dirigé  contre  l’arthritisme. 
'ïO'ie.  P®s  non  plus  de  surveiller  et  supprimer  les 

irritation  locale. 

jj  Les  médicaments  étrangers. 

‘Repose  un  rapport  sur  les  conventions  internatio- 
D®  anten  France  l’admission  des  médicaments  étrangers. 
5[  L'Institut  oaccinal  supérieur. 

est  nommé,  par  acclamation,  directeur  de  cet 


Institut  en  remplacement  de  M.  Hervieux  récemment  décédé. 

Enfin  l’Académie  nomme  sa  commission  permanente  des 
vacances  et  s’ajourne  au  2  octobre.  A. -F.  Plicque. 


LA  VALÉROBROMINE  LEGRAND 

est  plus  active  que  les  bromures  et  les  valé- 
rianates. 

CONGRÈS  DES  ALIÉNISTES  &  NEUROLOGISTES 
DE  LANGUE  FRANÇAISE 
(Lille,  Août  190()). 

Le  sang  chez  les  aliénés 

Le  XM“  congrès  des  aliénistes  s’est  ouvert  le  !<=''  août  à 
Lille  dans  de  fort  bonnes  conditions,  il  faut  dire  que  le 
rapport  d’ouverture  du  D''  Dide  avait,  par  sa'réputation,  attiré 
de  nombreux  adhérents  qui  prêtèrent  grande  attention  à 
l'exposé  de  notre  confrère  de  Rennes. 

Dans  un  préambule  net  et  conçis,  VL  Dide  expose  les  traits 
généraux  de  son  travail  : 

Le  poids  spécifique  du  sang  est  légèrement  augmenté  dans 
les  états  démentiels.  Dans  répilepsie,on  note,au  contraire,  un 
abaissement  qui  précède  la  crise  ;  la  densité  revient  d'ailleurs 
très  vite  à  la  normale.  L’alcalescence  du  sang  s'abaisse  dans 
les  états  toxi-infectieux  et  dans  l'épilepsie  au  moment  de 
l'attaque.  Les  variations  des  éléments  minéraux  ont  été  peu 
étudiés,  on  sait  seulement,  que  dans  l’épilepsie,  pendant  les 
intervalles, l’urée  est  légèrement  augmentée  et  pendant  l’accès 
très  notablement.  D’autre  part,les  sels  de  potasse,qui  dans  les 
l'intervalle  des  crises  se  dosent  dans  des  proportions  norma¬ 
les,  sont  manifestement  augmentés  pendant  les  accès.Puis  il 
étudie  les  éléments  figurés  du  sang  ;  1"  L’hypoglobulie  avec 
abaissement  de  la  valeur  globulaire,  en  psychiatrie,est  géné¬ 
ralement  symptomatique  d'une  intoxication  ou  d’une  infec¬ 
tion  ;  2“  L’hyperglobulie  est  la  traduction  d’un  état  de  con¬ 
centration  moléculaire  du  sang  ;  3^  11  est  intéressant  de  voir 
l’abaissement  de  la  résistance  globulaire  coïncider  souvent 
avec  la  diminution  de  l’alcalescence  du  sang  ;  4»  La  polynu¬ 
cléose  avec  hyperleucocytose  s’observe  au  début  des  psychoses 
toxi-infectieuses  et  dans  les  états  d’agitation  ;  5°  La  mono¬ 
nucléose  avec  augmentation  des  grand  mono,  et  légère  hypo- 
leucocytose,  est  un  fait  d’autant  plus  important  à  retenir 
qu’il  est  plus  rarement  constaté  en  pathologie  ;  6°  l’éosino¬ 
philie  est  l’indice  de  phénomènes  critiques  ;  7°  les  altérations 
cycliques  des  globules  rouges  et  des  globules  blancs  dans 
l'épilepsie  sont  la  traduction  de  l’auto-intoxication  cyclique 
de  cette  affection. 

Puis  M.  Dide  aborde  l’étude  bactériologique  : 

Dans  les  maladies  mentales  toxi-infectieuses,  l’hémoculture 
est  souvent  positive  sans  qu’aucun  des  germes  trouvés  puisse 
être  considéré  comme  spécifique. 

Les  germes  retirés  du  sang  en  dehors  des  périodes  hyper¬ 
thermiques  peuvent  être  considérés  comme  saprophytes  en 
ce  sens  qu’ils  ne  sont  pas  naturellement  nocifs  pour  les  ani¬ 
maux,  et  qu’ils  ne  se  manifestent  par  aucun  symptôme  cli¬ 
nique  permettant  d’allirmerleur  existence,  ce  qui  n’implique 
pas  d’ailleurs  que  leurprésence  soitnégligeable,car  le  passage 
de  bactéries  dans  le  sang  est  un  fait  anormal.  Ces  germes 
acquièrent  une  grande  importance  par  ce  fait  qu’ils  peuvent 
voir  leur  virulence  s’exagérer  et  devenir  des  facteurs  impor¬ 
tants  dans  la  production  des  phénomènes  pathologiques. 

Des  germes  habituellement  pathogènes  peuvent  circuler 
dans  le  sang  des  aliénés  à  l'état  de  saprophytes.  C’est  un  fait 
nouveau  sur  lequel  a  insisté  M.  Dide,  puisque  l’on  peut 
affirmer  que  des  bactéries  ayant  des  caractères  morpholo¬ 
giques  et  de  culture  identiques  peuvent  être  trouvés  dans  le 
sang  des  aliénés  soit  à  l'état  de  saprophytes,  soit  à  l'état 
d’agents  pathogènes.cn  sorte  qu’on  en  arrive  à  concevoir  que 
ce  qui  fait  la  spécificité  pathologique  d’une  bactérie  est  un 
caractère  d’emprunt  <iui  peut  être  conservé  ou  abandonné 


504 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


par  cet  organisme  mono-cellulaire  sans  altérer  ses  caractères 
biologiques  généraux. 

Les  recherches  de  Gharrin  et  Guignard,  de  lloux  et  Cham- 
BERi.AND  avaient  démontré  qu’on  peut  provoquer  le  polymor¬ 
phisme  par  les  modifications  des  milieux  de  culture  des 
germes. 

Enfin,  vu  les  réactions  histo-chimiques,  ni  l’aspect  mor 
phologique  ni  les  réactions  hio-pathologiques  ne  sont  spéci¬ 
fiques  chez  les  bactéries. 

Le  rapporteur  fait  part  alors  de  ses  études  sérologiques  : 

On  est  amené  à  désirer  une  simplification  dans  la  nomen- 
claturedes  substances  à  allures  diastasiques  dont  le  nombre 
se  multiplie  d’unefaçon  inquiétante.  On  peut  admettre  l  unilé 
de  l’alexine,  agent  dissolvant  de  toutes  les  cellules  à  élimi¬ 
ner.  Plus  on  ira  et  plus  deviendront  fréquentes  les  analogies 
entre  les  alexineset  les  toxines  albuminoïdes.  La  destruction 
de  cellules  provoque  deux  réactions  l’une,  très  forte,  aboutit 
à  la  production  d’une  substance  agissant  sur  les  cellules  dé¬ 
truites  ;  l’autre  produit  une  substance  agissant  d’une  façon 
diffuse  sur  un  grand  nombre  de  cellules.  Cette  façon  de  voir 
prend  une  importance  doctrinale,  car  la  spécificité  des  réac¬ 
tions  diastasiques  perd  son  absolutisme  et  ne  doit  plus  èire 
considérée  que  comme  une  adaptation  d'une  aptitude  la¬ 
tente  qui  comprend  probablement  la  fonction  sensibilisa¬ 
trice  et  la  fonction  antitoxique. 

Cette  conception  simple  limite  autant  que  possible  le  droit 
de  cité  d'agents  dont  l’individualisation  n'est  parfois  que 
logique  et  rationnelle,  sans  démonstration  expérimentale, 
mais  encore  elle  montre  qu’une  même  fonction,  orientée  par 
des  facteurs  différents  produit  des  effets  très  dissemblables. 
Enfin  la  fonction  de  défense  est  troublée  chez  les  aliénés  par 
ordre  d’intensité  dans  les  psychoses  -confusionnelles  aiguës 
ou  suraiguës. 

M.  Dide  en  arrive  alors  aux  conclusions  psychiatriques  : 

L’hématologie  entraînera  dans  l’avenir  un  remaniement 
profond  dans  la  psychiatrie.  L’étude  de  l’hérédité  gagnera 
quand  les  altérations  du  germe  seront  plus  complètement 
connues  au  point  de  vue  expérimental  ;  or,  dès  maintenant, 
les  méthodes  existent  ;  il  suffit  de  multiplier  et  de  coordon¬ 
ner  les  résultats.  Les  maladies  du  fœtus  fourniront  dlmpor- 
tants  documents  au  point  de  vue  de  l’héritage  que  l’in¬ 
dividu  apporte  en  naissant. 

Le  rapport  de  M.  Dide  est  dénaturé  àsimplilier  beaucoup 
la  nosologie  mentale  ;  d  abord  les  constatations  de  labora¬ 
toire  ont  confirmé  ce  qu’avait  fait  prévoir  la  clinique  ;  le  dé¬ 
lire  des  infections  et  des  inioxications  aiguës  doit  désormais 
ne  comporter  qu'une  description  :  il  est  la  traduction  d’une 
atteinte  directe  de  la  cellule  pensante  par  des  toxiques  char¬ 
riés  par  le  sang.  Les  psychoses  toxi-infectieuses  subaiguës 
sont  la  traduction  d’une  atteinte  plus  ou  moins  diffuse  des 
cellules  noblesdu  cortex  par  des  toxiques  complexes.  On  est 
en  présence  de  ce  qu’on  peut  appeler  l'es  manifestations  mé- 
taioxi-infectieuses. 

Dans  les  états  mentaux  chroniques  de  ce  groupe,  la  même 
pathogénie  intervient,  mais  ici,  entrent  enjeu  les  altérations 
des  tissus  de  soutien  (accidents  para-toxi-infectieux).  Ainsi 
la  démence  précoce  se  place  à  côté  de  la  paralysie  générale, 
ces  deux  entités  morbides  se  caractérisant  par  des  délires  va¬ 
riables  conditionnés  par  la  méta-toxi-infection  et  par  des 
troubles  physiques  progressifs  régis  par  altérations  para-toxi- 
infec  tien  ses. 

l,a  démence  précoce  n'englobe  pas  tous  les  délires  halluci¬ 
natoires  chroniques,  comme  pour  la  paralysie  générale, 
c'est  beaucoup  plus  les  signes  physiques  que  le  délire  qui 
donnent  à  cette  affection  sa  valeur  d’entité  clinique. 

Les  connaissances  sur  la  physiologie  pathologique  del’épi- 
lepsie  sont  également  précisées  et  la  preuve  d  une  toxémie 
cyclique  nous  est  fournie  par  l’hématologie. 

Pour  les  psychoses  d’involution,  leur  substratum  anatomi¬ 
que  s'édifie  lentement  et  on  conçoit  que  ce  sont  des  états 
mentaux  dépendant  non  seulement  de  la  sénilité  du  cerveau 
mais  encore  d’altérations  hépatiques  et  surtout  thyroïdien¬ 
nes  et  agissant  sur  le  cerveau  par  l'intermédiaire  de  la  cir¬ 
culation. 

Le  point  capital  que  M.  Dide  a  très  bien  mis  en  lumière  est 


que  les  modificateurs  puissants  de  la  fonction  de  défeos» 
amènent  la  disparition  des  phénomènes  délirants  ballucim' 
toires  et  peuvent  même  provoquer  des  guérisons  durables  d 
psychopathies  réputées  incurables.  '  ^ 

Si  une  thérapeutique  rationnelle  de  la  folie  est  créée,  ce 
sera  en  partant  de  ces  faits  si  bien  exposés  par  M.  Dide. 

Le  rapport  a  été  très  cliaudement  approuvé  après  une 
belle  discussion,  et  M.  Dide  a  reçu  en  gagnant  sa  place  les  fé¬ 
licitations  de  tousses  confrères.  Marcel  Bournevii.i.e. 

Communications  diverses: 

Du  scorbut  chez  les  aliénés. 

Toulouse  et  Damaye.—  Il  s’agit  de  deux  malades  de  l'Anle 
de  Villejuif,  siliophobes,  qui,  sous  l’influence  du  régime  lanr 
I  absolu,  ont  présenté  un  scorbut  atténué. 

La  première  malade,  jeune  femme  de  il  ans,  était  une  con¬ 
fuse,  alternativement  excitée  maniaque  et  déprimée  et  pour 
laquelle  on  aurait  pu  porter  le  diagnostic  de  démence  pré¬ 
coce.  D'énormes  ecchymoses  apparurent,  après  trois  mois 
environ  de  régime  lacté,  aux  jambes,  aux  malléoles  et  au 
creuît  poplité  gauche.  Masses  musculaires  et  téguments  de 
ces  régions  douloureux  au  palper,  et  donnant  une  sensation 
de  dureté  cireuse.  Liseré  hémorragicjue  aux  gencives.  Urines 
rouge-orangé  contenant  du  sang  et  de  l’urobiline.  Teinte  li¬ 
vide  des  téguments  du  tronc  et  surtout  de  la  face.  Sang  noi¬ 
râtre,  très  fluide,  et  donnant  rapidement  un  caillot  rétractile. 

La  seconde  malade,  femme  de  41.-ans,  était  une  mélancoli¬ 
que  avec  dépression  assez  voisine  de  la  stupeur.  Quinze  jonrs 
environ  après  guérison  d'une  affection  dysentériforme,  appa¬ 
rition  aux  jambes  de  larges  ecchymoses  très  douloureuses  à 
la  palpation,  avec  œdème,  mais  sans  consistance  cireuse  des 
muscles.  Gencives  .saignant  très  facilement.  Teinte  livide  des 
téguments,  surtout  marquée  à  la  face.  Sang  noir,  poisseus, 
très  coagulable,  caillot  rétractile. 

L'affection  scorbutique  de  ces  deux  malades  guérit  sous 
l’influence  de  l’ingestion  de  légumes  verts  et  de  fruits.  On 
doit  incriminer  ici,  dans  Tapparitio.i  du  scorbut,  l'alimenta¬ 
tion  de  ces  malades  avec  du  lait  bouilli,  mais  il  faut  faire  en¬ 
trer  aussi  en  ligne  de  compte,  comme  cause  prédisposante, 
l’afieclion  mentale  dépressive  elle-même  (ledèmes,  cyanoses, 

purpuras  des  déments  précoces  étudiés  par  Kraepelin,  Sérieui. 

Dide  et  Chénaisi.  Il  semblerait  donc  utile,  lorsque  le  régun* 
lacté  absolu  doit  être  imposé  longtemps  à  ces  malades, d  en¬ 
ter  le  lait  bouilli  ou  de  s’efforcer  de  feu r  faire  ingérer  ne 
temps  à  autre  des  fruits  ou  des  légumes  verts. 

Une  troisième  malade,  63  ans,  observée  à  l'asile  de  B®**®” 
parles  D'“  Dumaz  et  Damaye,  s’alimentait  d’une  façon  t 

défectueuse,  refusant,  par  crainte  d’empoisonnement  et  so  - 

l’inlluence  d’hallucinations,  une  grande  partie  de  la 
ture  et  particulièrement  les  légumes.Une  véritable  expene 
de  laboratoire  s'ensuivit,  inconsciemment  dirigée  par 
lade.  Apparition  aux  membres  inférieurs  de  larges  eccn)  ^ 
ses  avec  œdème,  et  consistance  cireuse.  Palpation 
loureuse.  Liseré  hémorragique  à  la  gencive  inférieure. 
jaune-paille  des  téguments.  Ce  cas,  traité  aussitôt,  ses 
tement  amélioré  par  Ingestion  de  fruits. 

De  l'Etat  mental  des  Hystériques.  ^ 

M.  Joire,  professeur  de  l’Institut  PhysioDo'9_^. 

de  Paris,  Président  de  la  Société  Universelle  d’Etua 
chiques.  —  Ce  qui  fait  le  fond  de  l’hystérie,  c’est  “ 
ble  de  l'équilibre  du  système  nerveux.  On  trouve  touj 
effet,  chez  elle  des  diminutions  de  la  sensibilité  jj|,i|itf 
d'anesthésie  ;  d’autre  part  des  exagérations  de  la  s 
sous  forme  d’hyperesthésie.  Des  diminutions  et  de  ^^leur 
fions  de  la  force:contracture3et  paralysies,etc.  De  J?.  „iiibi^ 
état  mental  a  toujours  pour  cau.se  un  manque  u 
cérébral.  Ce  manque  d’équilibre  est  la  cause  de  fa  por- 
excessive  de  leur  esprit,  de  leur  passage  facile  de 
mal  dans  les  états  seconds  ;  enfin  de  leur  extrem 
tibilité.  jjis  sen-"' 

L’hystérique  a  une  émotivité  spéciale  ;  elle  est  m 
ble  que  la  plupart  des  autres  personnes  ;  par 
price  lui  donne  un  excès  de  sensiblerie  pour  des  c 
gnifiantes. 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


505 


^  Loin  d’être  passionnée  comme  on  le  dit  souvent,  l’hystéri- 
est  plutôt  froide  et  les  sentiments  affectifs  sont  obnubi- 
S  chez  elle  ;  mais  elle  exagère  les  sentiments  passagers 
o’elle  éprouve  et  pousse  surtout  leur  expression  avec  une 
lise  en  scène  qui  n’a  aucun  rapport  avec  la  profondeur. 
L'hystérique  se  suggestionne  elle-même,  c’est  pourquoi 
jlle  trompe  les  autres,  mais  souvent  elle  le  fait  inconsciem- 
meat.  L'amour  de  la  mise  en  scène  pousse  souvent  les  hysté- 
nquesàsemêlerauvatïaires  des  tribunaux,  les  suggestions 
qu'elles  se  fontetles  hallucinations  auxquelles  elles  sont  su¬ 
jettes  les  exposent  à  tromper  la  justice  d’une  manière  très 

impulsions  qui  résultent, pour  les  hystériques, des  états 
seconds  dans  lesquels  elles  se  trouvent,  les  portent  quelque¬ 
fois  à  accomplir  des  actes  répréhensibles  ou  coupables  dans 
lesquels  elles  ont  une  responsabilité  très  limitée. 

Quand  les  individus  que  l’on  peut  soupçonner  d’être  hys¬ 
tériques  se  trouvent  appelés  devant  les  tribunaux,  soit  comme 
plaignants,  soit  comme  témoins,  soit  comme  prévenus,  il  est 
indispensable  de  faire  examiner  leur  état  mental  par  un 
médecin  spécialiste. 

De  l'emploi  d'un  nouvel  appareil,  le  slhénomclre 
pour  le  diagnostic,  le  pronostic  et  le  trait“ment  dc  ccrta  'nes 
maladies  du  système  nerveux. 

M.  P.  JoiBK,  professeur  à  l’Institut  Psycho-Physiologique 
de  Paris,  président  de  la  Société  Lniverselle  d'Emdes  Psy¬ 
chiques.— Le  sthénomètre  est  un  instrument  qui  permet  de 
constater  et  de  mesurer  les  troubles  du  système  nerveu  x 
dans  un  certain  nombre  de  maladies. 

Quand  on  approche  la  main  de  rappareil,on  voitque  l’ai¬ 
guille  se  déplace  d  une  quantité  qui  varie  chez  l'homme  sain 
et  dans  les  diverses  maladies  du  système  nerveux. 

U.  Joire  a  démontré  que  ni  la  chaleur,  ni  la  lumière,  ni 
l'électricité  ne  pourraient  expliquer  ce  déplacement  de  l’ai¬ 
guille  qui  se  produit  constamment  au  bout  de  3  ou  4  minu- 
tesaprèsqu’on  en  a  approché  la  main. 

Ces  expériences  ont  été  reproduites  à  la  Société  d'hypnolo- 
gie  et  de  Psychologie,  à  l’Institut  psycho-physiologique  du 
D'  Bérillon,  et  dans  le  service  de  M.  Huchard,  à  Necker.  Les 
fésultats  se  sont  montrés  parfaitement  concluants. 

L’angle  de  déplacement  de  l’aiguille,  observé  successive¬ 
ment  avec  la  main  droite  et  avec  la  main  gauche  est  variable 
suivant  que  l’on  a  affaire  à  des  sujets  dont  le  système  nerveux 
est  déprimé,  ou  à  des  neurasthéniques,  à  des  hystériques,  à 
des  épileptiques,  des  choréiques,  etc. 

Chacune  de  ces  maladies  s’inscrit  au  moyen  du  sthénomè- 
lee  par  une  formule  qui  est  spéciale. 

De  plus,  chez  un  malade  en  traitement,  on  peut  suivre  les 
progrès  vers  la  guérison,  par  le  changement  des  déplace¬ 
ments  de  l’aiguille  que  l’on  constate  à  mesure  que  l’état  du 
malade  s’améliore.  Les  nombreuses  formules  indiquées 
“âns les  communications  de  M.  Joire  sont  absolument  dé¬ 
monstratives. 

Ces  observations  montrent  l’emploi  utile  que  l’on  peut 
mre  du  sthénomètre  pour  le  diagnostic,  le  pronostic  et  le 
^itement  d’un  grand  nombre  de  maladies  du  système  ner- 


Les  ictus  dans  la  démence  précoce. 

Mlle  le  Df  Pasc.vl.  —  Les  ictus  survenant  au  début  et  au 
urs  de  l’évolution  de  la  démence  précoce  peuvent  relever 
nombreuses  causes.  1.  Dans  les  cas  avérés  d’hystérie  ou 
où  les  attaques  datent  depuis  très  longtemps, sou- 
Qt  depuis  l’enfance  (Morel, Kraplin,  Llaus)  on  peut  conclure 
'I  M  ^  ®®sociation  de  la  névrose  avec  la  démence  précoce. 
^^  lais  il  y  a  des  faits  qui  nous  autorisent  à  croire  qu’il  existe 
appartenant  à  la  démence  précoce  et  non  au  terrain 
l'on  ou  épileptique  sur  lequel  peut  germer  cette  affec- 
*Uri^*^*  ce  cadre  restreint  :  !  >  les  cas  isolés  de  convulsions 
saj  insistait  Kalbaum  ;  'J”  les  cas  de  démence  rapide 

Scij  après  une  seule  attaque  convulsive  décrits  par 
oà  les  ictus  qui  apparaissent  à  une  période  tardive 

Mass  Irace  de  névrose  est  effacée  comme  dans  les  cas  de 

m  et  nos  observations  personnelles.  Tous  les  cas  d’ictus 


survenant  chez  des  jeunes  sujets  en  l’absence  de  toutes  autres 
manifestations  morbides  :  stigmates  mentaux  hystériques, 
stigmates  mentaux  épileptiques,  symptômes  en  foyer  (dans 
les  cas  de  tumeurs  cérébrales)  et  en  l’absence  de  symptômes 
physiques  de  paralysie  générale,  doivent  être  considérés  comme 
suspects  et  faire  penser  à  la  démence  précoce.  En  somme,  ces 
ictus  par  leur  précoce  apparition  annoncent  le  début  de  la 
maladie,  au  même  titre  que  les  ictus  delà  période  initiale  de 
la  paralysie  générale. 

Leur  pathogénie  est  différente  suivant  la  période  à  laquelle 
ils  apparaissent.  Leur  rareté  au  cours  de  l’évolution  du  pro¬ 
cessus  morbide  est  due  à  plusieurs  causes,  absence  de  lésions 
vasculaires,  fréquence  des  hallucinations,  etc. 

M.  Marie  a  poursuivi  ses  recherches  antérieures  publiées 
avec  MM.Duflot  et  Viollet  sur  les  ponctions  lombaires  en  sé¬ 
rie  dans  la  paralysie  générale.  Par  des  examens  microbiolo¬ 
giques  du  liquide  céphalo-rachidien  parallèlement  à  Talbu- 
mo-diagnostic  et  l’examen  du  sang  et  des  urines,  il  a  cherché 
à  reconnaître  la  présence  et  la  nature  d’éléments  figurés  pou¬ 
vant  concorder  avec  les  lymphocytoses  polynucléaires. 

Ces  recherches,non  encore  terminées  tendraient  à  confirmer 
celles  de  MM.  Brousse  et  Robertson  et  de  M.  Metchnikoff,sur 
les  diflusions  infectieuses  finales  dans  les  démences. 

Physiologie  des  crises  laryngées  des  tabétiques. 

M.  Maurice  Faure  (de  La  Malou).  —  Sans  contester  le  rôle 
des  paralysies  ou  des  parésies  des  cordes  vocales  dans  la  pa¬ 
thogénie  des  crises  laryngées, sans  nier  la  possibilité  de  spasa.es 
dont  la  réalité  ne  semble  pas, d’ailleurs,  avoir  jamais  été  bien 
établie,  il  nous  a  semblé  que, dans  la  majorité  des  cas,  le  mé¬ 
canisme  physiologique  de  la  crise  laryngée  du  tabétique  était 
le  suivant  :  chez  un  homme  normal,  lorsqu’ascensionne,  de 
la  trachée  dans  le  larynx, un  grumeau  de  mucus  ou  demuco- 
pus,  la  présence  de  ce  corps  étranger  sur  la  muqueuse  laryn¬ 
gée  détermine  une  sensation  spéciale,  aussitôt  suivie  d’un  ré¬ 
flexe  de  toux,  ou  d’un  léger  effort  expiratoire  sonore,  que  l’on 
caractérise  par  la  syllabe  «  hem  ».  Cet  effort  est  renouvelé  s’il 
est  insuffisant  et,  par  le  passage  d’une  colonne  d'air  soufflant 
avec  violence  dans  le  larynx,  chasse  la  mucosité  dans  le  pha¬ 
rynx  où  elle  est  aussitôt  crachée  ou  déglutie.  Chez  le  tabéti¬ 
que,  cette  succession  de  phénomènes  sensitifs  et  moteurs  est 
perturbée  :  l®  parce  que  la  muqueuse  laryngée  peut  être  hy¬ 
peresthésique  ou  hypoesthésique  ;  2°  parce  que  le  réflexe  d’ex¬ 
pulsion  que  détermine  le  chatouillement  de  la  muqueuse  la¬ 
ryngée  est  troublé  ;  3“  parce  que  les  muscles  de  la  respira¬ 
tion  sont  atteints  d’incoordination.  Lorsqu’un  corps  étranger 
se  présente  dans  le  larynx  d’un  tabétique  (soit  parce  qu’il  y  a 
été  introduit  par  l’infiltration  pharyngée  dans  une  glotte  mal 
fermée,  soit  parce  qu’il  y  aboutit,  venant  de  la  trachée),  il  ne 
détermine  pas  la  sensation  normale  ;  mais  une  sensation  exa¬ 
gérée,  ou  diminuée,  ou  ralentie,  le  réflexe  qui  en  résulte  sur¬ 
vient  en  retard,  ou  mal  à  propos,  ou  avec  trop  de  violence, ou 
avec  trop  de  faiblesse.  Enfin,  les  muscles  gloltiques,  thora¬ 
ciques,  abdominaux,  qui  concourent  à  la  respiration  et  à  la 
toux,  font  des  efforts  désordonnés  et  qui  se  contrarient  mu¬ 
tuellement,  au  lieu  d'être  synergiques  et  coordonnés.  C’est 
ainsi  que  l’on  voit,  par  exemple,  le  diaphragme  relâché  être 
aspiré  dans  la  cavité  thoracique,  au  moment  même  où  les 
muscles  inspirateurs  dilatent  celle-ci,  et  l’effort  respiratoire 
annulé  pour  cette  raison.  Réciproquement,  le  diaphragme 
peut  être  brusquement  refoulé  dans  l’abdomen,  au  moment 
où  le  thorax  revient  sur  lui-même,  et  le  volume  de  la  cage 
thoracique  n’étant  point  changé,  l’eftort  expiratoire  ne  se  pro¬ 
duit  pas.  Ou  bien,  la  glotte  se  ferme,  au  moment  où  un  cou¬ 
rant  d’air  chassé  à  travers  le  larynx  va  expulser  le  corps  étran¬ 
ger,  ou  lorsqu'un  effort  de  dilatation  thoracique  exigerait  la 
pénétration  d’un  supplément  d’air  inspiré. Très  généralement, 
on  voit  leréflexede  la  toux  déterminer  une  série  d’expirations 
courtes  et  saccadées  qui.  n’ayant  pas  été  précédées  d'inspira¬ 
tions  destinées  à  remplir  d’air  le  thorax,  ne  peuvent  aboutir  à 
la  formation  de  la  colonne  d’air  nécessaire  au  balayage  du 
larynx,  et  restent  sans  effet. 

La  crise  laryngée  est  donc  composée  des  symptômes  que 
voici,  qui  ne  sont  pas  toujours  réunis,  et  dont  la  violence  et 
le  nombre  plus  ou  moins  grand  créent  des  variétés  dans  la 


S06 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


durée,  l’importance  et  la  gravité  de  ces  crises.  Le  malade  per¬ 
çoit,  d'abord,  un  picotement,  un  chatouillement  violent,  au 
niveau  du  larynx,  déterminant  l’envie  impérieuse  de  tousser. 
Ce  picotement  est  hors  de  proportion  avec  la  cause  qui  le 
provoque  et  son  intensité  doit  être  mise  sur  le  compte  des 
troubles  de  sensibilité  de  la  muqueuse.  Les  efforts  de  toux 
qui  le  suivent,  au  lieu  d’être  constitués  par  une  inspiration 
large  et  silencieuse,  suivie  d’une  expiration  forte,  bruyante, 
et  saccadée,  sont  formés  d’une  série  de  petites  expirations 
courtes  que  n’interrompent  point  des  efforts  d’inspiration 
angoissants  et  sans  résultat.  La  glotte,  au  lieu  de  rester 
ouverte  pour  l’inspiration  et  l'expiration  nécessaires  à  la  toux, 
se  ferme  comme  dans  ref[ort,ou  ne  s’ouvre  que  mal  à  propos, 
et  le  malade,  n’inspirant  pa.=,  ne  faisant  que  des  expirations 
insuffisantes  pour  se  débarrasser,  continuant  de  percevoir  le 
chatouillement  paroxystique  du  larynx,  s’agite,  devient  pâle, 
se  cyanose,  et  peut  courir  de  graves  dangers.  Quelquefois  (et 
ce  ne  sont  pas  les  cas  les  moins  graves),  tout  se  réduit  à  de 
l’incoordination  et  de  l’anesthésie  du  larynx  lui-même.  Les 
muscles  glottiques,  en  l’état  où  sont  les  muscles  des  jambes 
chez  un  grand  ataxique,  sont  incapables  de  maintenir  les  dif¬ 
férentes  pièces  du  larynx  dans  leur  position  régulière.  Et 
celles-ci,  mues  par  des  secousses  désordonnées,  prenant  des 
attitudes  anormales,  que  l’anesthésie  de  la  muqueuse  et  des 
parties  profondes  ne  permet  plus  de  contrôler, ne  savent  plus 
maintenir  la  glotte  ouverte  pour  la  respiration,  fermée  pour 
l’etlort  ou  la  déglutition.  De  là,  une  respiration  sifflante, 
rauque,  difficultueuse,  comme  celle  du  croup,  et  dont  le 
moindre  incident  peut  compromettre  le  jeu  précaire. 

La  pathogénie  de  tous  ces  accidents  s’éclaire,  si  on  la  com¬ 
pare  aux  autres  symptômes  du  tabès.  A  côté  de  l'hyperesthésie 
laryngée,  il  faut  rappeler  l’hyperesthésie  du  col  vésical  ou  du 
rectum  déterminant  des  besoins  incessants  d’aller  à  la  selle 
ou  d’uriner.  Parfois,  ces  sensations  anormales  se  produisent 
d’elles-mêmes,  sans  aucun  objet  qui  les  explique.  Telle  est 
cette  gêne  insupportable  provenant  de  la  sensation  de  corps 
étranger  dans  le  rectum  et  déterminant  des  efforts  incessants 
d’aller  à  la  selle,  que  rien  ne  légitime.  La  peau  n’est,  d’ailleurs, 
pas  plus  à  l’abri  que  les  muqueuses  de  cette  hyperesthésie 
et  de  ces  sensations  anormales.  A  certains  moments,  dans 
certaines  régions,  le  contact  d’un  vêtement,  d’un  drap, 
un  effleurement  aussi  léger  que  possible  sont  insupportables. 
Chez  presque  tous  les  tabétiques,  le  contact  d’un  tampon 
d’ouate  imbibé  d’éther  qui, chez  un  homme  normal,  provoque 
une  simple  sensation  de  froid, amène  une  sensation  extrême¬ 
ment  désagréable,  qui  peut  aller  jusqu’à  une  douleur  insup¬ 
portable,  ete.,  etc.  C’est  là  une  catégorie  de  symptômes  des 
plus  constants  et  des  plus  caractéristiques  dans  le  tabès  ;  il 
est  naturel  que  le  larynx  n  échappe  point  à  la  règle  commune. 
La  perturbation  du  réflexe  de  la  toux  s’explique  aussi  par  la 
perturbation  générale  des  réflexes  dans  le  tabès .  Le  réflexe 
patellaire,  la  plupart  des  réflexes  tendineux  sont  abolis,  les 
réflexes  pupillaires  sont  troublés,  etc. 

Enfin,  les  muscles  du  larynx,  du  thorax,  du  diaphragme, 
ne  sont  pas  plus  à  l’abri  de  l’incoordination  que  les  autres 
muscles  du  tronc  et  des  membres.  Au  précédent  Congrès  de 
Neurologie  (Rennes,  août  1905),  nous  avons  décrit  et  expliqué 
les  troubles  respiratoires  des  tabétiques,  précisément  par  l'in¬ 
coordination  des  muscles  du  cou  et  du  tronc.  Les  troubles  de 
la  miction  et  de  la  défécation  s’expliquent  de  la  même  ma¬ 
nière,  au  moins  en  grande  partie.  Si  l’ incoordination  des 
muscles  des  membres  inférieurs  produit  le  trouble  de  la 
marche,  —  si  l’incoordination  des  muscles  des  membres  su¬ 
périeurs  produit  le  trouble  de  récriture  et  de  la  préhension, 
—  il  n’est  pas  moins  explicable quel’incoordination  des  mus¬ 
cles  du  bassin  et  du  périnée  se  traduise  par  les  troubles  de 
la  miction  et  de  la  défécation,  —  que  Tincoordination  des 
muscles  thoraciques  se  traduise  par  le  trouble  de  la  respira¬ 
tion,  —  et  que  l’incoordination  des  muscles  du  larynx  se  tra¬ 
duise  par  des  crises  laryngées. 

Il  peut  exister  aussi  des  parésies  et  même  des  paralysies 
ou  des  atrophies  des  muscles  laryngés,  comme  il  existe  des 
parésies,  des  paralysies  ou  des  atrophies  d’un  groupe  démus¬ 
elés  des  membres  ou  du  tronc  chez  les  ataxi([ues.  Cet  acci¬ 
dent  est  imputable,  tantôt  à  des  névrites  périphériques,  tan- 


tôtà  des  altérations  des  cellules  spinales  des  cornes  antéri 
res  coexistant  avec  la  sclérose  des  cordons  postérieurs  —b*' 
tôt  à  l’exagération  et  la  prolongation  inusitées  d’une  incoorif 
nation  et  d’une  atonie  très  accentuées,  ayant  amené  l’imm  * 
bilisation  indéfinie  et  la  dénutrition  du  groupe  musculaire 
atteint.  Mais  ce  sont  là  des  faits  rares. 

Les  spasmes  musculaires  sont  exceptionnels  dans  le  tabes 
et  ils  sont  rapides,  bénins  et  transitoires.  C’est  pourquoi  le 
terme  de  spasme  laryngé,  employé  pour  désigner  l’ensemble 
des  phénomènes  de  la  crise  laryngée,  est  certainement  mal 
choisi.  Rien  n’est  plus  éloigné  de  la  séméiologie  ordinaire  du 
tabétique  que  l’élément  spasmodique  :  l’incoordination,  l’a¬ 
tonie,  le  relâchement,  l’abolition  des  réflexes  sont,  précisé¬ 
ment,  le  contraire  du  spasme.  Si  donc  il  existe  de  véritables 
spasmes  laryngés  (ce  qui,  d’ailleurs,  n’est  pas  démontré),  ce 
sont  certainement  des  faits  exceptionnels. 

11  nous  paraît  donc  que,  sous  le  nom  de  «  crise  laryngée  ». 
ont  été  compris  des  accidents  complexes  pouvant  ressortir 
de  la  paralysie  ou  du  spasme  glottique,  mais  s'expliquant 
beaucoup  pius  souvent  par  la  dysesthésie,  l’incoordination, 
et  la  perturbation  des  réflexes,  qui  se  produisent  dans  cette 
région,  comme  dans  toutes  les  autres  régions,  chez  le  tabéti¬ 
que.  —  La  thérapeutique  de  ces  accidents  résulte  de  leur  mé¬ 
canisme  physiologique.  Au  moment  même  delà  crise,  il  faut 
recommander  de  grands  efforts  volontaires  d’inspiration  pour 
détruire  l’effort  expiratoire  instinctif  ;  —  la  prononciation  de 
voyelles  ouvertes  (  «  a  ».  par  exemple).  Les  mouvements  pas¬ 
sifs  de  respiration  pourront  également  rendre  des  services.  — 
Mais  c’est  surtout  dans  l’intervalle  des  crises  que  la  théra- 
poutique  pourra  être  efficace  ;  on  fera  l’apprentissage  de  la 
coordination  respiratoire,  généralement  détruite,  des  exer¬ 
cices  vocaux,  —  l’examen  et  le  traitement  de  la  muqueuse 
glottique,  —  parfois,  la  faradisation  des  muscles  laryngés, 
enfin,  tout  ce  qui  pourra  contribuer  à  rétablir  la  synergieet 
la  tonicité  des  muscles  du  larynx,  du  cou,  du  thorax,  et  de 
l’abdomen,  à  diminuer  l’hyperexcitabilité  de  la  muqueuse,  à 
régulariser  le  réflexe  normal  de  la  respiration  et  de  la  toux. 
Tout  cela  est  possible  dans  une  large  mesure,  les  muscles  qui 
interviennent  dans  le  mécanisme  de  ce  réfle.xe  étant  soumis 
à  l'action  de  l’intelligence  et  de  la  volonté,  et,  par  conséquent 
de  l’éducation.  —  M.  B.  {A  suivre.) 

MEDECINE  PRATIQUE 

Uetraitement  de  l’épilepsie  et  des  névroses. 

L’épilepsie  essentielle  a  été  considérée  comme  une  affection 
rebelle  à  tout  traitement,  jusqu'au  jour  où  Voisin,  Legrana 
du  Saulle  et  Falret  ont  introduit  le  bromure  de  potassium 
dans  la  thérapeutique.  Depuis  lors,  il  est  resté  le  remèdesou- 
verain  dans  la  plupart  des  maladies  nerveuses,  et  on 
sage  à  juste  titre  comme  un  véritable  spécifique  de  1  excii  ^ 
bilité  médullaire.  Aussi  n’est-il  plus  possible  de  [soigner  u 
épUeptique  sans  lui  administrer  du  bromure  à  haute  do  • 
non  seulement  pendant  la  maladie,  mais  encore  pendant 
deux  ans  qui  suivront  la  guérison.  Comme  l’a  si  ju®!®®®  . 
fait  remarquer  M.  Voisin,  le  bromure  doit  rester  un  alun® 
pour  l’épileptique  guéri.  • 

Il  est  encore  toute  une  série  d’affections,  les  névroses, 
sont  justiciables  du  bromure,  car  elles  présentent, 
plupart,des  symptômes,  tels  que  douleurs,et  excitabiht® 
ro-musculaire,  qui  nécessitent  l’usage  d’un  sédatif.  .  jj 

Or,il  serait  difficile  de  trouver  en  thérapeutique  un 
autre  que  le  bromure  qui  agisse  plus  efficacement 
veau  et  sur  la  moelle  tout  en  ne  présentant  qu’un  très 
nombre  d  inconvénients.  Il  suffit,  pour  se  rendre  comp 
son  importance  thérapeutique,  d’ouvrir  un 
maladies  du  système  nerveux,  pour  constater  que  le  bin 
est  utilisé  comme  analgésique,  anti-spasmodique  ® U  jj- 
notique.  A  part  l’épilepsie,  dont  il  est  pour  ainsi  dire  _ 
dote,  toutes  les  névroses  présentent  des  symptômes 
cessitent  son  concours.  L’insomnie  elles  douleurs  ,  meni» 
rasthénie,  les  palpitations,  la  tachycardie,  les 
du  goitre  exophtalmique,  les  tremblements  de  la  P® 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


507 


agitante,  de  la  chorée,  les  spasmes  des  tics  convulsifs,  les  se- 
coüssesdu  paramyoclonus  multiple,  les  convulsions  de  l’hys¬ 
térie,  de  l’éclampsie,  les  vertiges,  les  migrations,  sont  du  res¬ 
sort  du  bromure  de  potassium. 

Le  Sirop  de  Henry  Mure  s’estacquis  dans  ce  genre  de  médi¬ 
cation  une  notoriété  justifiée  par  sa  composition,  son  mode 
de  préparation  et  son  dosage  exact.  Le  sel  employé  est  rigou¬ 
reusement  exempt  de  chlorures,  d’iodures  et  de  bromate.  Son 
association  au  sirop  d  écorces  d’oranges  augmente  ses  proprié¬ 
tés  calmantes  et  sédatives,  en  même  temps  qu’elle  en  fait  une 
préparation  tonique,  stimulante,  et  qu’elle  aide  la  tolérance 
du  médicament  pour  les  estomacs  délicats. 

Dansles  cas  où  le  bromure  de  potassium  serait  contre-in- 
diquéou  mal  supporté  par  certains  sujets,  on  pourrait  avoir 
recours  aux  sirops  Henry  Mure  à  base  de  bromure  de  sodium 
depolybromure  ou  de  bromure  de  strontium.  Les  prépa¬ 
rations  à  base  de  bromure  de  sodium  doivent  être  prescrites 
quand  l'usage  des  sels  de  potasse  présente  quelque  inconvé¬ 
nient.  Quant  aux  polybromures.ils  permettent  d’instituer  un 
traitement  intensif,  et  de  comparer,  dans  des  conditions  iden¬ 
tiques.  les  bromures  alcalins  seuls  associés. 

Le  bromure  de  strontium  préconisé  par  MM. G.  Sée,  Constan¬ 
tin  Paul  et  Dujardin-Beaumetz,  passe  pour  moins  toxique  que 
les  autres,  tout  en  étant  aussi  efficace.  Le  sirop  de  Henry  Mu- 
reau  bromure  de  strontium  peut  être  substitué  au  sirop  de 
bromure  de  potassium  chez  les  sujets  qui  sont  lassés  de  cette 
dernière  médication.  Il  a,  d’autre  part,  la  propriété  de  régula¬ 
riser  la  digestion  dans  les  dyspepsies,  de  faire  disparaître  les 
douleurs  des  gastralgiques.  Son  usage  est  tout  particulière¬ 
ment  Indiqué  chez  les  cardiaques,  les  albuminuriques,  dont 
il  facilite  la  diurèse  et  la  décharge  urinaire. 

Ces  propriétés  sont  suffisantes  pour  que  le  bromure  de 
strontium  se  fasse  une  place  éminente  dans  la  thérapeutique  ; 
mais  à  une  condition,  c'est  qu’il  soit  à  l’état  de  pureté  parfaite 
etqu’ilne  renferme  pas  la  moindre  trace  de  baryte.  C’est  pour 
offrir  au  corps  médical  un  produit  d’une  pureté  irréprocha¬ 
ble  que  M.  Henry  Mure  a  créé  son  sirop  au  bromure  de 
^ontium,  dosé  dans  les  mêmes  proportions  que  le  sirop  au 
bromure  de  potassium,  c’est-à-dire  à  raison  de  2  grammes  de 
sel  chimiquement  pur  par  cuillerée  à  potage. 

En  ayant  recours  à  l’une  ou  l’autre  de  ces  préparations,  les 
médecins  peuvent  être  certains  qu'ils  agiront  avec  efficacité 
sur  les  manifestations  si  diverses  des  névroses.  Ils  se  laisse¬ 
ront  guiderdans  leur  choix  parle  genre  de  la  maladie,et  aussi 
Wd état  des  organes,  estomac,  cœur  ou  rein,  qui  peut  né- 
•Sssiter  une  variante  dans  leur  médication. 


INSTRUMENTS  N0UVE.UJX  (') 


et  la  manœuvre  des  interrupteurs.  Sur  courant  continu  110 
volts,  la  mise  en  servieedu  pupitre  se  fait  par  l’intermédiaire 
d’un  fil  souple  et  d’un  simple  bouchon  de  prise  de  courant. 
La  forme  de  disposition  sur  pieds  facilite  le  déplacement  de 
ra[)pareil.  Au  repos,  il  peut  êtœ  placé  contre  un  mur.  En 
service  il  se  place  auprès  des  malades,  couchés  ou  non.  Son 
volume  i-estreint  permet, dans  un  hôpital  par  exemple,  de  le 
placer  entre  deux  lits  en  laissant  les  malades  en  place. 


Nouveau  mégascope  Lippmann  à  incidence  variable. 

Ce  nouveau  dispositif  est  destiné  à  remédier  à  un  inconvé¬ 
nient  souvent  signalé  dans  la  projection  des  photrjgraphies  en 
couhmrs  par  procédé  direct.  Selon  l’angle  d’incidence  de  la 
lumière  sur  la  photographie,  les  tonalités  varient  et  s’écartent 
souvent  beaucoup  de  la  réalité. 

Le  nouveau  mégascope  à  incidence  variable  permet  de  mo¬ 
difier  cet  angle  d’incidence  et  d’obtenir  avec  des  différences 
très  notables  dans  les  teintes  une  correction  parfaite  de  la 
photographie  projetée. 

Stéréoscope  pigeon. 

Les  stéréoscopes  employés  couraniiuent  aujourd’hui, (ptelle 
que  soit  la  diversité  desdispositifs  de  détail  (pi’ils  comi)ortenl 
ont  un  -caractère  commun  :  ils  utilisent  2  vues  un  peu  distinc¬ 
tes.  disposées  côte  à  côte  dans  leur  sens  naturel.  De  ce  faite! 
de  la  nécessité  d’observer  avec  des  loupes  les  images  de  petit 
format,  ré.sultela  conséquence  pratiifue  que  l’angle  embrassé 
par  la  vue  représ('ntée  se  trouve  nécessairement  assez  res¬ 
treint.  Le  stéréoscope  dièdre  à  miroir  bissecteur  dcM.  Pigeon 
comporte  des  dispositions  très  simples  tout  à  fait  distinctes 
des  précédentes. 

Les  Z  vues  dont  la  fusion  optique  formera  le  relief  sont  grou¬ 
pées  sur  une  même  feuille  portant  un  pli  en  son  milieu.  L’un 
est  symétrique  par  rapport  à  l’autre  ;  une  des  épreuves  est 
regardée  directement  par  l’œil  droit,  l’autre  est  regardée  par 
l’œil  gauche,  réfléchie  dans  un  miroir  (pii  la  redresse,  ef  la  su¬ 
perposition  des  2  images  sur  un  plan  don  ne  l’effet  stéréoscoiii- 
({ue.  11  s’ensuit  que  cet  appareil  permet,  sans  oculaire  d’aucune 
sorte,  de  présenter  en  stéréoscopie  des  épreuves  d’un  format 
(pielcoiKpie,  en  augmentant  considérablement  l’étendue  du 
champ  visuel. 

En  particulier,  le  stéréoscope  Pigeon  trouvera  une  applica¬ 
tion  importante  dans  une  branche  de  la  radiographie  qui  tend 
de  plus  en  plus  à  se  répandre  ;  nous  voulons  parler  de  la  sté- 
ri'oradiographie,  si  utile  pour  la  recherche  des  projectiles  ou 
des  coriis  étrangers  dans  l’organisme. 


.VSSfiGLVTION  FRANGAISE 

POUR  L’AVANCEMEXT  DES  SCIENCES 


Bobine  à  trembleur  platine  à  masse  vibrante. 

^  Cette  bobine  fonctionne  directement  sur  courant  de  110 
int  alternatif,  ef  donne  25  centimètres  avec  une 

fensité  de  3  ampères.  Cette  faible  dépense  de  courant  per- 
A  utiliser  la  bobine  sans  canalisation  spéciale, en  se  bran¬ 
lât  simplement  sur  une  douille  de  lampe  à  incandescence 

ordinaire. 

phomp- trembleur  peut,  à  l’aide  d’un  système  de  con- 
prévu  d’avance,  être  remplacé  par  un  trembleur  sé- 
0  d  un  type  iiueleonqiie. 

Pupitre  électrique  du  D'  Guilteminot. 
mç  dispositif  contient  sous  une  forme  condensée  éminem- 
tjQ  pratique  les  apiiareils  divers  permettant  les  applica- 
roiir  Eélecfricité  sous  les  formes  thérapeiiticiues  les  plus 
■  galvanisation,  faradisation,  galvano-faradisation 
Maltevillel, courant  rythmé. 

juj  P'r.Pilre,  contrairement  à  tous  les  appareils  construits 
U  iji,  rie  comporte  que  2  bornes  d’emploi,  quelle  (jue  soit 
y  j.'rredes  courants  auxquels  le  docteur  veut  avoir  recours. 
’* 'iiio  appareil  coupleur  breveté  permet,  par  le  jeu 

'bais  ®orrle  manette,  d’établir  automatiquement  les  conne- 
---^^J^^^^spoudantes.  On  évite  ainsi  les  erreurs  de  montage 

I  Raison  Radiguel  et  Massiol. 


Congrès  de  Lyon  (2-7  août  lOOfi). 

L’Association  française  pour  l’avancement  des  sciences  a 
ouvert  son  Congrès  à  Lyon,  où  elle  ne  s’était  pas  réunie  de¬ 
puis  1873. 

Le  congrès,  présidé  par  M. Lippmann,  membre  de  l'Institut, 
est  professeur  à  la  Sorbonne.  11  comprend  vingt  et  une  sec¬ 
tions  et  sous-sections  ;  mathématiques,  astronomie,  géodésie 
et  mécanique  ;  navigation,  génie  civil  et  militaire  ,■  physique  ; 
chimie  ;  météorologie  et  physique  du  globe  ;  géologie  et  mi¬ 
néralogie  ;  zoologie,  anatomie  et  physiologie  ,  sciences  médi¬ 
cales  :  hygiène  et  médecine  publique  ;  agronomie  ;  géogra¬ 
phie  :  économie  politique  ;  pédagogie  ;  sciences  appliquées 
aux  métiers  d’art.  Ces  sections  sont  présidées  par  M  M .  An- 
dré,Tavernier.  Vautier,  Cazeneuve  Garrigou- Lagrange,  De- 
peret,  kœhler,  Chanlrè,J.  Teissier,  Imbert,  Arloing,  Brunhes 
Frey,  Isaac,  Bérillon,  Courmont,  Dissart  et  Cox. 

Le  congrès  a  été  ouvert  le  2  août  matin,  à  neuf  heures  et  de¬ 
mie,  dans  le  grand  amphithéâtre  du  palais  de  l'université  et  des 
facultés,  quai  Claude-Bernard,  par  le  professeur  Lippmann. 

M.  Herriot, maire  de  l>yon,  etM.  Alapetite,  préfet  du  Rhône, 
ont  souhaité  d’abord  la  bienvenue  aux  congressistes  dans 
des  termes  particulièrement  aimables  pour  l’Association  ;  puis 
le  secrétaire  annuel  de  l’association.  M.  Bourlet,  et  son  tré¬ 
sorier,  M.  Emile  Galante,  ont  lu  leurs  rapports.  Le  l’rof.  Lipp- 


508 


LE  PROGRÈS  MEDICAL 


mann  a  prononcé  ensuite  le  discours  d’usage,  qui  traitait  de 
V Industrie  et  des  universités.  M.  Lippmann  s’efforce  de  définir 
le  lien  qui  relie  la  science  et  l’industrie  et  qui  doit  unir  l’en¬ 
seignement  scientifique  à  l’enseignement  industriel.  Après 
avoir  remercié  le  maire  et  le  conseil  municipal  de  Lyon,  féli¬ 
cité  le  président  du  comité  d’organisation,  M.  Arloing,  et  son 
secrétaire  général,  M.  Chantre,  ainsi  que  M.  J.  Teissier,  en 
même  temps  président  de  la  section  de  médecine  qui,  dit-il, 
«  grâce  à  son  dévouement,  est  assurée  de  fonctionner  cette 
année  d’une  manière  particulièrement  brillante  »,  il  traite 
magistralement  le  sujet  qu’il  a  choisi  bien  à  sa  place  dans 
cette  ville  industrieuse  de  Lyon.  Il  déplore  qu’en  France,  on 
ne  donne  pas,  comme  à  l’étranger,  aux  savants  la  place  qui 
leur  conviendrait  dans  les  industries. 

M.  Lippmann  a  terminé  son  discours  par  une  critique  des 
plus  acerbes  de  l’Enseignement  de  nos  universités.  Il  est  cu¬ 
rieux  de  relever  ce  jugement  de  l'enseignement  universitaire 
dans  une  bouche  aussi  autorisée,  aussi  en  ferons  nous  la  ci¬ 
tation  entière. 

Après  avoir  montré  le  manque  de  liberté,  d’indépendance 
de  notre  enseignement  supérieur  qui  le  réduit  à  l’impuis¬ 
sance  par  la  création  d’une  sorte  de  mandarinat  dont  on  ne 
ne  trouve  d'exemple  qu’en  Chine,  en  Espagne  et  en  France, 
M.  Lippmann  continue  : 

«  Chez  nous,  lè  même  effet  ne  s’est  produit  que  partiellement. 
Fort  heureusement  nous  avons  un  enseignement  supérieur.  La  Con¬ 
vention  a  créé  des  écoles  savantes  ;  puis  les  universités  sont  nées, 
et  la  République  a  favorisé  leur  dévelopjjemcnt.  C’est  là  qu’est  le 
remède.  L’enseignement  supérieur  a  pour  but  de  développer  les 
facultés  de  l’adulte.  Il  prend  l’homme  à  vingt  ans.  Dans  les  pays 
où  les  conditions  de  la  culture  sont  normales,  on  a  soin  d’envoyer 
à  l’Université  tous  les  jeunes  gens  auxquels  on  a  la  prétention  de 
donner  une  instruction  libérale,  et  cela  ne  ffit-ce  que  par  vanité  et 
par  respect  humain,  et  en  dehors  de  toute  nécessité  professionnelle. 
Cette  nécessité  d'une  instruction  supérieure  n’est  pas  suffisamment 
comprise  en  France.  On  va  bien  à  l’Université  pour  y  faire  son 
droit,  sa  médecine,  etc.,  mais,  pour  former  un  homme  instruit,  on 
se  contente  de  l’envoyer  au  collège.  C’est  se  résigner  à  produire 
l’arrêt  de  développement  àvingt  ans;  c’est  faire  delà  culture  naine. 

Le  rôle  de  1  Université  est  surtout  d’enseigner  l’art  de  la  recher¬ 
che,  ce  qui  veut  dire  la  science  ;  car  la  science,  c’est  l’art  de  ces 
recherches,  et  pas  autre  chose.  Kt  nous  savons  que  la  recherche 
est  indispensable  à  l’industrie.  En  même  temps,  l'Université  est 
faite  pour  mettre  les  hommes  qui  n’ont  pas  d’ambitions  scientifi¬ 
ques,  mais  qui  veulent  acquérir  une  culture  générale  digne  de  ce 
nom,  en  contact  avec  la  science  de  première  main,  la  seule  qui  soit 
attrayante  et  féconde,  la  seule  qui  soit  libre  de  toute  pédanterie. 

Nos  universités  ne  sont  pas  entièrement  en  état  de  remplir  cette 
double  fonction.  Elles  sont  encore  soumises,  tout  comme  l’ensei¬ 
gnement  secondaire,  à  la  loi  napoléonienne.  On  sait  que  notre 
grand  César,  par  raison  politique  sans  doute,  a  écarté  les  projets 
dé  réforme  soumis  à  la  Convention  et  qu’il  a  rétabli  la  pédagogie 
de  l’ancien  régime  ;  on  sait  en  outre  qu’il  a  osé  donner  à  son  admi¬ 
nistration  le  pouvoir  absolu  de  diriger  les  études,  et  en  même 
temps  la  collation  des  grades.  Telle  est  l’origine  du  régime  actuel  ; 
et  aujourd’hui  encore  il  n’existe  pas,  à  côté  du  grand-maître  de 
l’Université,  un  seul  conseil,  une  seule  commission  ayant  voix  dé¬ 
libérative.  Il  serait  temps  que  la  République  intervînt  et  qu’elle 
défit  l’œuvre  de  Napoléon  avec  le  même  soin  qu’il  mit  à  la  faire. 
Il  y  a  urgence  à  délivrer  l’enseignement  du  pédantisme  bureaucra¬ 
tique  et  à  libérer  les  universités  du  joug  du  pouvoir  exéeutif.  Car 
celui-ci  n'a  pas  cessé  de  peser  sur  les  études  supérieures  en  leur 
imposant  sa  pédagogie  d’ancien  régime. 

Viendra-t-il  jamais  un  grand  ministre  ou  une  grande  Assemblée 
pour  retirer  au  pouvoir  exécutif  la  collation  des  grades  et  pour 
rendre  ce  droit  à  la  seule  autorité  compétente  ? 

Ici,  nous  sommes  étonamment  en  retard  sur  le  reste  du  monde, 
l’Espagne  exceptée.  Où  voit-on  ailleurs  une  administration  déli¬ 
vrant  des  diplômes  scientifiques  I  En  Russie,  certes,  la  bureau¬ 
cratie  jouit  d’un  pouvoir  absolu,  elle  s’entend  mal  avec  les  univer¬ 
sités,  elle  les  licencie  au  besoin,  mais  elle  n’empiète  pas  sur  leurs 
attributions.  A  Saint-Pétersbourg,  un  ministre  n’a  pas  le  prestige 
nécessaire  pour  faire  un  docteur.  Il  est  vrai  que  les  Russes  sont 
un  peuple  jeune  ;  comme  ils  n’ont  pas  à  porter  les  deux  mille  ans 
de  notre  histoire,  on  ne  peut  s’attendre  à  rencontrer  parmi  eux  le 
Gallo-Romain  enchinoisé. 

Je  conclus  en  émettant  le  vœu,  au  nom  de  l’industrie  et  du  dé¬ 
veloppement  national,  que  l’enseignement  de  la  science  soit  déli¬ 
vré  des  entraves  anciennes,  et  je  souhaite,  en  particulier,  à  l'univer¬ 
sité  de  Lyon,  l’autonomie  et  la  prospérité  qu’elle  n’a  pas  cessé  de 
mériter  » . 


Après  ce  discours  longuement  applaudi,  les  membres  dn 
congrès  se  sont  réunis  dans  les  diverses  sections  pour  arrêter 
le  programme  des  travaux.  Les  discussions  des  rapports  et 
communications  ont  commencé  le  soir  même. 

Section  de  medecine. 

Cette  section,remarquablement  organisée  par  le  P' Teissier 
son  président,  a  commencé  ses  travaux  le  2  août.  M.  Teissier 
a,  en  ouvrant  la  séance,  prononcé  une  allocution  d’une  haute 
portée  philosophique  : 

«  Bacon  ne  se  trompait  point,  a-t-il  dit,  expérience  et  observa¬ 
tion  ne  font  qu’un.  Car  l’expérience  n’est  que  l’observation  voulue 
et  provoquée  à  l’heure  propice.  Le  médecin  doit  avoir  le  culte  pas¬ 
sionné  des  sciences  exactes  et  il  lui  faut  de  plus  en  plus  complé¬ 
ter  et  fortifier  son  bagage.  Notre  jeunesse  médicale  est  peut-être 
trop  disposée  â  l’oublier  aujourd’hui.  Qu’elle  soit  bien  convaincue 
pourtant  que  désormais  nul  progrès  sérieux,  nulle  intervention 
thérapeutique  raisonnée,  et  partant  efficace,  ne  sauraient  exister 
sans  le  concours  de  connaissances  scientifiques  particulièremeiy; 
solides  et  toujours  incessamment  renouve  lées.  Souhaitons  doue  de 
voir  nos  jeunes  médecins  de  l’avenir  rechercher  et  recevoir  déplus 
en  plus  cette  éducation  scientifique  si  désirable  ;  qu’ils  demandent 
moins  à  leur  mémoire,  beaucoup  plus  au  raisonnement  et  à  ' 
l’expérience  ;  qu’ils  méditent  cette  plirase  de  Montaigne  «Je  ne 
cherche  pas  tanta  meubler  mon  âme  qu’à  la  forger.  «Enattenr 
dant,  et  pour  préparer  ces  résultats,  sachons  marquer  et  défendre' 
notre  place  au  milieu  des  savants  distingués  en  toutes  branches  qui 
forment  les  cadres  actifs  de  notre  association  et  en  constituent  les 
forces  vives.  Montrons-leur,  par  les  applications  que  nous  savons 
faire  de  leurs  méthodes,  par  la  rigueur  avec  laquelle  nous  pour¬ 
suivons  nos  travaux,  que  nous  ne  sommes  pas  de  ceux  qui  taxent 
d’accessoires  ces  mêmes  sciences,  qui  pour  nous  sont  au  contraire 
fondamentales,  parce  que  seules  elles  sont  capables  de  faire  péné¬ 
trer  la  sonde  assez  à  fond  dans  nos  sols  arides,  pour  en  faire  jaillir 
l’eau  vive  ! 

La  syphilis  expérimentale. 

Le  rapport  de  M.  Nicol.vs  a  été  l’objet  d’une  longue  discus¬ 
sion,  àlaquelle  ont  pris  part  MM.  Ferré  (de  Bordeaux)  etllap- 
pin  (de  Nantes)  et  bien  d’autres  spécialistes. 

La  sécrétion  de  l’ulcère  syphilitique  primitif  (chancrei, 
des  plaques  muqueuses  (érosions  secondaires),  les  ganglions 
lymphatiques  tuméfiés  de  syphilis  récente,  le  sang  des  sujeU 
récemment  infectés  sont  très  virulents.  On  peut,  en  impré¬ 
gnant  de  ces  produits  morbides  des  scarifications  faites  sur 
la  muqueuse  ou  même  la  peau  de  diverses  régions,  déve¬ 
lopper  la  syphilis  chez  certains  singes  comme  chez  l’homme. 
Les  animaux  les  plus  sensibles  sont  les  grands  singes  anthro- 
po'ides  ;  le  singe  de  choix  est  le  chimpanzé,  mais  l’expérience 
réussit  aussi  sur  l’orang-outang  et  le  gibbon.  On  peut,  dans 
quelques  cas,  communiquer  aussi  la  maladie  aux  macaques 
et  aux  cynocéphales. 

Au  bout  de  vingt  cinq  à  trente  jours  on  voit  apparaître  au 
point  d’inoculation  une  petite  vésicule  qui  se  rompt  et  est 
remplacée  par  une  ulcération  reposant  surune  base  indurée- 
La  lésion  est  identique  au  chancre  syphilitique.  Dans  un 
tiers  des  cas  chez  les  anthropo'ides,  et  quelquefois  aussi  chez 
des  singes  inférieurs,  on  voit  apparaître  sur  les  muquem 
ses  ou  la  peau  des  animaux  des  accidents  dits  secondaire 
analogues  à  ceux  qu’on  observe  chez  l’homme  dans  les  me 
mes  conditions.  Ces  lésions  débutent  environ  un  mois  apr 
le  début  du  chancre  primitif.  On  n’a  pas  encore  jj 

d'accidenls  dits  tertiaires  dans  la  syphilis  expérimentale.-  _ 
quelques  auteurs  ont  pu  produire  la  syphilis  du  singe  pa 
inoculation  de  produits  humains  tertiaires.  , 

Lorsque  les  produits  syphilitiques  ont  été  chaufies  a  ^ 
avant  leur  inoculation,  celle-ci  reste  stérile.Le  virus  est  ^ 
très  peu  résistant  à  la  chaleur.  Ce  viras  est  contenu 
liquide  du  raclage  des  lésions,  dans  le  sérum  du  sangi 
il  est  sûrement  figuré,  et  de  dimensions  plus 
celles  du  mici  obe  de  la  fièvre  aphteuse  des  vaches  par  o 
pie.  En  effet,  les  filtres-bougies  de  porcelaine,  qui  jj- 
passer  le  virus  aphteux  lorsqu’on  les  fait  traverser  par 
quide  qui  en  est  chargé,  retiennent  le  virus  syphilihfi'* 
les  mêmes  conditions.  ,  sembl® 

Le  spirochœte  pallida  découvert  l’année  derniere  ^ 
bien  être  l’agent  virulent.  C’est  un  tout  petit  protozoair 
sin  des  trypanosomes,  filiforme,  de  dix  millièmes  ne 


LE  PROGRES  MEDICAL 


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pendant  7  semaines.  —  Repos  5  semaines. —  Faire  une  2‘  série,  etc.— Femme  adulte  :  Une  injection  de  7  centigrammes  de 
mercure  par  semaine  pendant  5  semaines.  —  Repos  7  semaines.  —  Faire  une  2*  série,  etc.  —  Enfants  à  partir  de  3  ans  : 
Injection  de  1  centigramme  de  mercure.  Pour  ce  genre  d’injection  il  est  préférable  de  se  servir  d’une  seringue  spéciale 
à  i5  divisions,  dont  chaque  division  correspond  exactement  à  /  centigramme  de  mercure  métallique. 


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‘^^es  correspondantes  de  Gaïacol  qu'il  est  aisé  d' atteindre  avec  les  Comprimés  de  Thiocol  Roche.  » 


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;  le  Sirop  Roche  est  d’un  emploi  particulièrement  facile  chez  les  enfants. 

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LE  PROGRES  MÉDICAL 


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MÉDECIN-DIRECTEUR  :  D'  BOURNEVILLE 


L'Institut  médlou-pédagogique  est  des' 
tiné  : 

1*  Aux  enfants  présentant  de  l’instabiiiti 
mentale  et  sujets  à  des  impulsipns  mala¬ 
dives  qui  les  empêchent,  quoique  possédant 
un  certain  développement  de  l’intelligence, 
de  se  soumettre  à  la  règle  des  lycées  ou  des 
pensions,  et  qui  ont  par  conséquent  besoin  A  la 
rois  d’une  méthode  d’éducation  spéciale,  et 
d’une  discipline  particulière  ; 

Aux  enfants  arriérés,  faibles  d'esprit  à 


BOURBOULE^'^^^^ 

■AU  »»Y0iES“RESPIRAT0JÆ5 


MALADIES  DE  LA.PEAU 


LE  PROGRÈS  MEDICAL 


509 


environ  de  longueur  sur  un  quart  de  millième  de  mil- 
r  tre  de  largeur,  cylindrique,  contourné  sur  lui-même  en 
■  de  dix  à  douze  tours,  portant  un  cil  à  chacune  de  ses 
^^Irémités.  Lorsqu’on  l’examine  vivant  dans  une  goutte  de 
r  aide,  on  reconnaît  qu'il  est  très  mobile.  On  peut  le  colorer 
i  laide’ de  violet  ou  de  bleu  d’aniline,  ce  qui  le  rend  moins 
Ifficile  à  observer.  Ses  caractères  particuliers  permettent  de  le 
différencier  sûrement  d’avec  d’autres  spirilles  lui  ressemblant 
lus  ou  moins.  On  te  trouve  dans  les  lésions  primitives  ou 
^ndaires,  dans  le  sang,  les  ganglions  et  très  rarement  dans 
lesiésions  tertiaires.  On  l’observe  en  très  grande  abondance 
dans  la  muqueuse  et  la  peau  malade  des  nouveau-nés  syphi¬ 
litiques,  dans  les  divers  organes  des  fœtus  syphilitiques  (foie 
rate,  poumons,  etc.)  Enfin  on  le  voit  dans  la  syphilis  expéri¬ 
mentale  du  singe.  Cependant  on  n’est  pas  arrivé  à  le  trouver, 
dans  tous  ces  cas,  d’une  façon  constante.  Il  est  donc  probable, 
mais  non  certain  que  cet  organisme  est  bien  l’agent  spécifique 
de  la  syphilis.  On  ne  peut  l’affirmer  d’une  façon  absolue  tant 
qu’on  ne  sera  pas  parvenu  à  isoler  le  parasite  des  organes  vi¬ 
rulents,  à  le  cultiver  en  série  dans  des  milieux  de  culture  ai- 
tificiels,  et  comme  on  peut  faire  pour  tant  d’autres  maladies 
infectieuses  et  contagieuses,  à  reproduire  la  syphilis  en  ino¬ 
culant  les  générations  successives  du  microorganisme  ainsi 
obtenues. 

L’étude  de  la  syphilis  expérimentale  du  singe  a  permis  d’élu¬ 
cider  divers  points  concernant  la  prophylaxie  et  la  thérapeuti¬ 
que.  ,4insi  MM.  Roux  et  Metchnikoff  ont  vu  que  si,  une  heure 
et  même  une  heure  trois  cjuarts  après  une  inoculation  sur  le 
chimpanzé,  on  frictionne  la  région  inoculée  avec  de  l’onguent 
mercuriel  double  ou  avec  de  la  pommade  au  calomel, il  ne  se 
développe  aucun  accident  local  et  l’animal  reste  susceptiblede 
contracter  la  maladie  par  inoculation  plus  tard, ce  qui  prouve 
que  la  première  contamination  a  été  rendue  inoffensive.  Le 
virus  a  été  détruit  sur  place  par  la  friction  mercurielle;  tan¬ 
dis  que  des  lotions  de  sublimé  à  un  pour  mille,  f  aites  com¬ 
parativement,  se  sont  montrées  inefficaces. 

MM.  Roux  etMetchnikoff  ont  tenté  d’obtenir  un  sérum  im¬ 
munisant  en  inoculant  la  syphilis  à  des  macaques  et  à  des  cy- 
aocéphales,  et  ensuite  en  leur  injectant  sous  la  peau  du  sang 
de  syphilitiques  en  pleine  période  contagieuse.  MM.  Cippo- 
bnaetRisso  (de  Gènes),  ont  préparé  un  sérum.  Jlais  l’étude 
delà  sérothérapie  de  la  syphilis  n'a  pas  encore  donné  de  ré¬ 
sultats  positifs. 

Pour  répondre  à  une  demande  du  Ministre  de  l’Intérieur, 
«section  de  médecine  et  d’hygiène  du  Congrès  a  émis  le 
rœu  suivant  : 


Considérant  d’une  part  que  la  surveillance  de  la  prostitution  par 
autorité  administrative  est  une  mise  hors  la  loi  et  laisse  une  part 
Wcessive  à  l’arbitraire  et  aux  abus  :  que  d’autre  part  elle  n’a 
®'”'®  uu  point  de  vue  de  la  prophylaxie  des  maladies  vénériennes 
H  e  des  résultats  d’une  insuffisance  notoire. 

Soi  f*  MUS  lu  surveillance  de  la  prostitution  cesse  d’ètre 

les  *^.L^P,®udance  exclusive  de  l’autorité  administrative,  et  que 
attributions  de  cette  dernière  se  limitent  au  contrôle  et  à  l’exé- 
5,  mesures  légales,  conformes  aux  principes  du  droit  com- 

dim  ’  .  en  vue  de  la  réduction  de  la  prostitution  et  de  la 
■nution  de  la  morbidité  vénérienne. 


pL  F®?  l®^®PPort  scientifique  est  verni  le  rapport  de  pro- 
>ve  morale.  Le  D'Ma.squat  (de  Nice)  a  traité  la  question 
<5e  d  1*^^-**^  de  concilier  le  souci  de  la  santé  et  la  sauvegar¬ 
de  ra^  **  liberté. Le  P"-  Gaucher  et  le  D"  Yerchère  ont  discuté 
Pport  et  exposé  leurs  idées  contradictoires. 
yjjJjbfiue  lutte  des  deux  opinions  de  la  règlementation 
Cop„  ,  “Mii'règlementation  de  la  prostitution  a  trouvé  au 
^  efes  de  Lyon  un  nouveau  champ  de  bataille  pour  des  ; 
pions  également  ardents  et  sincères. 


P  Section  d’Ei.ectrologie  et  Radiologie 
la  ,®.  ®6etion  s’est  occupée  de  deux  questions  ;  les  effets  de 
hante  ®’'®Pi6  dans  la  leucémie  et  ceux  des  courants  de 
hèle  '^^Muence  dans  l’hypertension  artérielle  et  dans  le  dia- 

M.  ^Y^'^inlbérapie  n’a  pas  donné  dans  la  leucémie  d’après 
valisju'''  résultats  appréciables  pas  plus  que  la  Darson- 
encore  M.  F.  M  idal  a  poursuivi  avec  .M.  Challamel 


des  recherches  sur  l’action  des  courants  de  haute  fréquence 
dans  le  diabète.  Mais  il  n’en  a  obtenu  aucun  résultat. 

Section  d’z4nthrorologie 
Les  Criminels-nés 

Le  Lacassacne  invite  le  P'’  Césare  Lombroso  (de  Turin)  à 
aborder  la  discussion  de  la  théorie  des  criminels-nés. 

D’après  M.  Laccassagne,  le  criminel-né  n’existe  pas.  11  y  a 
des  hommes  qui  ne  résistent  pas  à  la  mauvaise  influence  du 
milieu  dans  lequel  ils  vivent,  et  sont  plus  disposés  que  les 
autres  à  devenir  des  criminels,  les  fils  d’alcooliques  par 
exemple.  M .  Lombroso  reconnaît  qu’au  début  de  ses  recher¬ 
ches.  il  a  été  trop  affirmatif  au  sujet  des  criminels-nés  il 
persiste,  néanmoins,  à  croire  que  certains  criminels  le  sont 
naturellement. 

En  Italie  30  0  0  seulement  des  criminels  sont  des  criminels 
de  naissance.  La  proportion  est  même  moins  forte  dans 
d’autres  pays.  En  Australie,  où  l’ouvrier  est  relativement 
riche  et  mène  une  vie  heureuse,  la  proportion  des  criminels 
nés  ne  serait  que  de  12  0  0.  Tous  les  autres  seraient  les  pro¬ 
duits  de  l’alcoolisme. 

Les  tares  anatomiques  des  criminels  nés  peuvent  se  trou¬ 
ver  chez  des  hommes  qui  n’ont  jamais  commis  et  ne  com¬ 
mettront  jamais  de  crimes,  et  même  chez  des  gens  de  génie. 
Recherches  expérimentales  sur  la  création  de  tendons  artificiels. 

Application  chez  l'homme. 

M.  le  D'' Menciére  (de  Reims)  montre,  sur  des  pièces  ana¬ 
tomiques  disséquées,  un  tendon  de  9  centimètres,  du  volume 
d’un  gros  crayon,  qu’il  a  refait  artificiellement  sur  un  chien, 
à  l’aide  d’un  écheveau  de  16  fils  de  soie  n“  4,  et  long  de  9  cen¬ 
timètres.  Ce  tendon  artificiel,  actuellement  normal  comme 
forme,  volume,  aspect,  est  composé  de  tissu  conjonctif,  de 
tissu  tendineux.  Les  tissus  tendineux  se  sont  substitués  aux 
fils  de  soie,  les  ont  absorbés  en  un  mot.  L’auteur  se  demande 
si  c'est  là  une  propriété  spéciale  au  tisgu  tendineux. 

L’auteur  cite  cinq  observations  chez  l’homme.  Son  expérience 
fait  suite  aux  constatations  de  Lange,  de  Munich.  Menciére  se 
propose  d’en  tirer  un  parti  utile  pour  les  recherches  qu’il 
continue  à  poursuivre  concernant  les  greffes  tendineuses 
applicables  aux  difformités  d’origine  paralytique.  11  a  déjà 
exposé  ses  différents  procédés  de  greffes  dans  sa  communica¬ 
tion  au  XVIIR  Congrès  français  de  Chirurgie  (Faris,  octobre 
1905). 


THÉRAPEUTIQUE 


Le  phytinale  de  <iuinine  est  le  plus  soluble  et  le  moins  toxi¬ 
que  des  sels  de  quinine.  Il  réunit  les  propriétés  thérapeuti¬ 
ques  de  l’alcalo'ide  et  les  effets  reconstituants  bien  connus  de  la 
phytine.  C’est  un  antinévralgique  puissant  particulièrement 
indiqué  dans  le  traitement  des  névralgies  rebelles,  delà  mi¬ 
graine,  etc. 

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de  phytinate  de  quinine, dosés  à  0,10centigr.  s’avalant  comme 
pilules  et  masquant  complètement  la  saveur  amère  de  ce  sel. 

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De  construction  récente,  connu  sous  fe  nom  de 

PRIEURÉ  DE  KERGONAN 

Sis  commune  de  Plouharnel 

canton  de  Quïberon,  arrondissement  de  Lorient  (Morbihan) 
Cet  établissement  qui  est  situé  à  proximité  de  la  mer  et 
entouré  de  bois  de  pins,  pourrait  être  facilement 
AMÉNAGE  EN  SANATORIUM 

S'adresser  pour  traiter,  à  .M.  .Ménage,  administrateur-judiciaire 
au  Tribunal  Civil  de  la  Seine,  44,  rue  des  Mathurins,  à  M"  Poterel* 
Maison.necve,  avoué  à  Lorient. 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


VARIA 


Histoire  de  la  médecine. 

Lfi  comte  Caglioslro,  le  fameux  charlatan. 

C’est  la  France  et  particulièrement  Paris,  la  ville  lumière, 
qui  furent  le  lieu  des  exploits  de  cetaventurier.il  sprgit  après 
Mesmer  et  Swedenborg,  à  une  époque  où  malgré  une  forte 
dose  de  septicisme,  la  société  comptait  le  plus  de  personnes 
crédules  et  Superstitieuses,  avides  du  surnaturel.  Ce  qui 
contribua  encore  au  succès  de  ce  charlatan,  ce  fut  le  mystère 
de  son  origine,  Gagliostro  se  fît  passer  tour  à  tour  comme 
fils  du  roi  de  Trebizonde,  comme  enfant  adoptif  du  shérif  de 
la  Mecque  comme  élève  du  célèbre  Althotas  sous  le  nom 
d’Acharat.Cependantiln’étaitquelefîlsd’un  pauvre  boutiquier 
de  Palerme,  nommé  Pierre  Balsamo,  probablement  d’origine 
juive.  Il  parlait  la  langue  italienne  comme  les  juifs  et  sut  ce 
jargon  allemand,  que  parlent  entre  eux,  encore  aujourd’hui, 
les  juifs  russes,  polonais,  roumains,  portugais. 

Sa  jeunesse  fut  des  plus  orageuses.  Orphelin  de  père,  il 
poussa  dans  la  rue,  se  paya  plnsieurs  fugues,  fut  inflrmier  à 
l’âge  de  treize  ans,  puis  compagnon  des  vagabonds  et  voleurs 
de  Palerme.  Rien  d’étonnant  qu’il  devint  lui-même  voleur  et 
faussaire.  A  Messine  il  fit  connaissance  du  fameux  Althotas, 
avec  lequel  il  voyagea  quelque  temps  en  Grèce,  Egypte,  Asie- 
Mineure,  pour  donner  des  représentations  de  magie. 

C’est  à  Malte,  chez  le  grand-maître  des  chevaliers  qu'il 
rencontra  sa  chance.  Ce  grand-maître,  qui  fut  alchimiste  et 
chercheur  de  la  pierre  philosophale,  donna  au  jeune  Balsamo 
des  lettres  de  recommandation  pour  Rome. 

Dans  la  ville  éternelle  il  épousa  Lorenza  Feliciani,  fille  d’un 
chaudronnier.  La  vie  régulière  que  lui  imposa  cette  union  ne 
lui  allait  guère.  Poursuivi  pour  faux,  il  parcourut,  sous  le 
costume  de  pèlerin,  l’Italie,  l'Espagne  et  le  Portugal,  échoua 
en  Angleterre,  et  fit  sa  première  apparition  à  Paris  sous  le 
nom  de  marquis  de  Balsamo.  Il  fit  croire  aux  bons  Parisiens 
qu'il  possédait  des  remèdes  secrets  contre  les  maladies  incu¬ 
rables,  qu'il  savait  rajeunir  les  vieillards,  faire  de  l’or,  trans¬ 
former  en  soie  le  coton,  fabriquer  des  perles  et  des  diamants. 
La  bonne  fortune  ne  dura  cependant  pas  longtemps.  11  dut 
quitter  Paris,  et  après  une  nouvelle  tournée  en  Espagne, 
vendant  toujours  à  des  sommes  folles  des  herbes  et  autres 
substances  servant  à  la  fabrication  de  la  pierre  philosophale, 
il  reparaît  à  Londres  comme  colonel  et  marquis  de  Cagliostro. 
En  1777,  il  devint  franc-maçon,  et  c’est  grâce  aux  recomman¬ 
dations  de  la  fameuse  loge  qu’il  put  flibuster  sur  une  grande 
échelle.  A  partir  de  ce  moment, il  ne  voyagea  plus  qu’en  chaise 
de  poste  lui  appartenant,  avec  laquais  en  livrées.  11  se  procura 
l'argent  par  des  moyens  différents.  Tantôt  il  exerça  la  méde¬ 
cine,  tantôt  il  employa  le  truc  du  coffre-fort,  bourré  de  faux 
diamants  et  cailloux  amalgamés,  on  vide,  mais  cloué  au  plan¬ 
cher,  ce  qui  fit  croire  aux  sommes  fabuleuses  d’or  et  d’argent 
que  son  propriétaire  disait  posséder.  Sa  femme,  par  son 
charme  et  sa  beauté,  fascinait  beaucoup  de  personnes,  et 
Cagliostro  ne  paraît  pas  avoir  été  très  regardant  quant  à  sa 
conduite. 

Toute  l’Europe  était  alors  remplie  de  sa  renommée,  il  n’a¬ 
vait  qu’à  cueillir  les  dupes  pour  les  tondre.  En  Courlande, 
les  habitants  eurent  l’intention  un  moment  de  cha-ser  le  duc 
régnant  et  de  mettre  Gagliostro  à  sa  place.  En  Russie,  il  eut 
moins  de  succès.  Dès  ses  débuts,  il  fit  perdre  la  vue  à  un  per¬ 
sonnage  haut  placé,  et  ne  réussit  pas  à  faire  pousser 
les  cheveux  d’un  général  chauve.  Lne  mère  lui  confia  son 
enfant  mourant.  Cagliostro  acheva  l’enfant  et  en  substi¬ 
tua  un  autre.  Mais  la  supercherie  fut  connue  et  Cagliostro 
dut  s'enfuir.  Après  un  séjour  très  rémunérateur  en  Pologne, 
il  trouva  ce  qu’on  appelle  la  vraie  mine  d’or  à  Strasbourg,  en 
la  personne  du  Cardinal  de  Rohan,  qui  le  logea  dans  son  pa¬ 
lais  et  lui  fit  servir  des  sommes  extraordinaires  Les  docteurs 
de  la  faculté  de  Strasbourg  surveillaient  ses  cures  et  lui  ren¬ 
dirent  la  vie  dure.  Aussi  partit  il  pour  Bordeaux  duper  une 
bonne  âme,  qui  demandait  son  secours  pour  chercher  un 
trésor,  puis  vint  à  Paris  prendre  la  place  de  Mesmer.  Toute 
la  haute  société  était  à  ses  pieds  et  il  était  du  meilleur  ton 


d’être  soigné  par  Cagliostro.  Comme  il  arrive  à  tous  les  ave 
luriers,  qui  sont  démasqués  un  jour  ou  l’autre,  Cagliost'* 
perdit  son  crédit.  La  police  le  surveilla,  on  lui  défendit  1™ 
représentations  et  petit  à  petit  Cagliostro  sentit  le  planch** 
céder  sous  lui.  En  homme  avisé,  il  n’attendit  pas  le  dénoué 
ment,  quitta  Paris  et  vint  à  Londres.  Son  étoile  pâlit  dès  ce 
moment,  et  il  dut  quitter  les  bords  de  la  Tamise  en  1787  H 
emporta  ses  bijoux,  mais  oublia  d’avertir  de  son  départ  sa 
femme,  qui  de  dépit  révéla  tout  ce  qu’elle  savait  de  son  mari 
infidèle.  Elle  le  rejoignit  plus  tard  en  Suisse  et  fut  arrêtée 
avec  lui  à  Rome.  Cagliostro  fut  condamné  comme  franc- 
maçon  à  la  réclusion  perpétuelle  et  mourut  oublié  dans  une 
oubliette  de  San  Léo.  Un  contemporain  de  Cagliostro  nous  a 
laissé  des  notes  sur  lui.  De  taille  moyenne,  un  peu  bedon¬ 
nant,  figure  ronde  à  teint  olivâtre,  ornée  de  deux  yeux  en 
boule  de  loto  et  d'un  nez  antisémite,  il  était  loin  d'être  beau 
garçon.  Carlyle  dit  de  lui  qu’il  possédait  la  figure  digne  du 
charlatan  des  charlatans  :  figure  abominable,  graisseuse,  ligu¬ 
re  de  voyou  impudent,  front  qui  n’a  jamais  rougi,  au-dessus 
de  deux  yeux  languissants,  paraissant  en  extase  continuelle  ; 
en  un  mot  «  the  most  perfect  quackface  »  du  XVTIF  siècle! 
On  pourrait  se  demander  par  quoi  alors  Cagliostro  a  su  tour¬ 
ner  la  tête  à  tant  de  gens  qui  étaient  loin  d’être  des  simples. 
Comme  aujourd'hui  encore,  c'était  par  le  savoir-faire.Ie  bluff, 
qui  réussit  admirablement  à  ce  juif  Italien,  qui  connais¬ 
sait  le  côté  faible  des  malades  et  des  oisifs  et  qui  savait  en 
tirer  parti.  {Practitioner.] 

Vu  à  la  consultation  de  nourrissons  de  Francfort. 

Un  dodécalogue  affiché  sur  les  murs,  en  grosses  lettres,  et 
ainsi  conçu  :  Mère  ! 

I.  Nourrissez  vos  enfants  vous-mêmes,  cela  leur  sera  utile 
pour  toute  leur  vie.  Chaque  semaine,  chaque  jour  d'allaite¬ 
ment,  leur  sera  un  gain. 

II.  Nourrissez  vos  enfants  vous-mêmes,  car  vous  le  pouvez, 
si  vous  voulez  y  mettre  le  temps  et  la  patience.  Si  votre  lait  ne 
suffit  pas  aidez  avec  le  biberon. 

IIU  Nourrissez  vos  enfants  vous-mêmes  et  n’écoutez  pas  les 
sols  conseils  de  vos  amies. 

D .  Nourrissez  vos  enfants  vous-mêmes,  vous  éviterez  les 
tumeurs  du  sein  qui  peuvent  se  former  avec  l’âge. 

Y.  En  nourri-sant  vos  enfants,  buvez  et  mangez  des  choses 
que  vous  digérez  bien,  afin  de  ne  pas  nuire  à  vos  enfants. 

VI.  Si,  malgré  votre  bonne  volonté,  vous  êtes  dans  la  néce^ 

sité  de  nourrir  l’enfant  au  biberon,  demandez  toujours  conseil 

au  médecin. 

YII.  Le  lait  que  vous  donnerez  dans  ce  cas  à  vos  enfants 
doit  être  frais,  pur  et  bouilli  et  être  conservé  au  frais  et  dans 
un  pot  couvert. 

N  III.  Ne  donnez  pas  à  l’enfant  trop  à  boire,  ni  trop  souvent. 
Il  est  mauvais  aussi  de  leur  donner  trop  peu  et  trop  rarement. 

IX.  Si  l'enfant  crie,  ne  croyez  pas  toujours  que  c'est  ne 
faim. 

X.  Changez  les  langes  souvent.  Si  l’enfant  est  écorché  ou 

des  boutons,  c’est  de  votre  faute.  ,  * 

XI.  Ne  mettez  pas  trop  facilement  les  malaises  de  Is^tan 

sur  le  compte  de  la  dentition.  Consultez  le  médecin,  quilro 
vera  presque  toujours  une  autre  cause.  .  j 

XII.  Venez  à  la  consultation  à  temps,  afin  qu’il  ne  soit  I» 
trop  tard  pour  guérir  votre  enfant. 

Un  Phénomène. 

Une  fillette  de  quatre  ans,  la  petite  Marie  Le  Guen,  est  e® 
passe  de  devenir  célèbre  dans  toute  la  Bretagne.  La  chun®’ 
de  ses  parents,  des  pêcheurs  de  Tile  Tudy  (pointe  du  f' 
tère!,  est  devenue  un  lieu  de  pèlerinage.  Marie  Le  Guen  ^ 
un  véritable  phénomène.  Elle  porte,  gravé  dans  la 
Tœil  gauche,  un  peu  plus  bas  que  la  pupille,  ,.  uics. 
horizontal,  le  nombre '22,4.  I>es  chiffres,  parfaitement  jg 
sont  très  bien  formés,  de  même  que  la  virgule  qui  s®?® 
second  2  du  4.  . 

Des  médecins  ont  donné  sur  ce  phénomène  des  oP'  jg 
différentes,  naturellement.  L’un  d’eux  dit  que  cette  biza^^^ 
de  la  nature  pourrait  n'être  qu’un  stigmate  dans  le  g®® 
ceux  que  portent  sur  le  corps  certaines  personnes,  te 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


511 


^  ils  épis  de  blé,  taches  vineuses,  végétations,  etc.  ;  il  est  i 
^ilile  également  que  le  chiffre  aperçu  provienne  d'un 
iXuaiïe  médical  au  nitrate  d’argent,  rendu  nécessaire  au 
^mier  âge  de  l'enfance,  par  une  affection  de  la  vue.  Mais 
^parents  affirment  que  l’enfant  n'a  subi  aucune  opération. 
L  pljarmacien  de  l'île  Tudy  a  donné  aussi  son  avis.  Le 
chiffre  aperçu  doit  être  formé  par  les  dessins  des  stries  de 
fœil,  et  ce  qui  semble  appuyer  «on  dire,  c’est  qu’il  n'est 
visible  d’une  façon  exacte,  que  sous  un  certain  angle  de 
lumière.  La  petite  Marie  Le  Guen  doit  être  bientôt  conduite  à 
paris.  {Journal,  23  juillet  1906.) 

La  Médecine  populaire  dans  le  Poitou. 

La  Revue  des  traditions  populaires  indique  quelques  remè¬ 
des  en  faveur  dans  le  Poitou.  S’agit-il  de  guérir  un  fiévreux  ? 
Prenez  une  araignée  noire  que  vous  rencontrerez  sans  la 
chercher;  meltez-la  entre  deux  coquilles  de  noix,  envelop¬ 
pez  d’un  linge  blanc.  Quelques  heures  avant  l’accès,  sus¬ 
pendez  au  cou  du  malade  lequel  doit  ignorer  ce  que  le 
paquet  contient.  Quand  l’araignée  sera  morte,  la  fièvre 
sera  coupée.  —  Mettez  dans  une  bourse  autant  de  petits 
cailloux  que  vous  avez  de  verrues  sur  les  mains,  jetez 
la  bourse  au  milieu  d’un  chemin  ;  qui  la  ramassera  héritera 
de  vos  verrues.  —  En  enfonçant  un  clou  avec  un  marteau 
dans  une  porte,  ou  en  allant  de  très  bonne  heure  puiser  de 
l’eau  à  un  puits  très  profond,  on  arrête  soudain  le  plus  vif 
mal  de  dents.  —  Ceignez  vos  reins  d’une  corde  ayant  servi  à 
nouer  un  pain  de  sucre  mais  n‘ayan,t  absolument  servi  qu’à 
cet  usage,  vous  vous  débarrasserez  de  vos  douleurs  lombai¬ 
res.  —  Pour  guérir  du  carreau,  il  faut  aller  sur  le  territoire 
d’un  ancien  fief  de  grande  noblesse  y  couper  avec  la 
bêche  un  carré  de  gazon  ;  le  retourner.  Le  mal  s’en  va  à 
mesure  que  l'herbe  pourrit.  —  La  sagesse  parisienne  n’i- 
Küore  pas  ces  sortes  de  remèdes.  Pendant  une  épidémie  de 
lièvre  typho'ide,  un  cocher  d’omnibus  confiait  à  son  voisin  : 
•11  n'est  pas  de  maladie  plus  facile  à  guérir.  Vous  fendez 
m  pigeon  vivant  ;  vous  l’appliquez  sur  le  front  du  malade  ; 

I*  pigeon  tombe  en  pourriture  ;  il  a  tiré  tout  le  mal.  Je  l'ai 
dit  à  un  médecin.  Il  m'a  répondu  :  «  C’est  vrai.  Mais  si  l'on 
“ivulguait  des  remèdes  aussi  simples,  nous  ne  pourrions 
plus  vivre  x...  On  connaît  en  Poitou  de  bien  autres  recet¬ 
tes-  Le  pivert  se  frotte  le  bec  contre  une  certaine  plante  afin 
de  percer  plus  facilement  les  arbres.  Frottez  vos  mains  avec 
eette  plante,  et  rien  ne  vous  résistera.  —  Veut-on  se  faire  sui- 
^de  la  personne  qu’on  aime  !'  On  met  une  grenouille  verte 
™ns  une  boîte  percée  de  trous  qu’on  abandonne  ensuite 
fourmilière.*  On  prend, quelques  jours  après,  ce  qui 
te  delà  bête,  on  le  broie,  on  le  jette  en  poussière  sur  la 
^'roée...  A  Paris,  c’est  souventplus  simple.  {Journal 

Protection  de  l’Enfance. 

helT  ‘^®Plôter  les  bienfaits  de  la  loi  du  27  juin  190i,  sur 
in  le  préfet  de  la  Seine  vient  de  prendre  une 

•d'^t  h  décision.  Les  ménages  nécessiteux  quels  qu’ils 
tout  d’enfants  en  bas  Age  exposés  à  la  misère,  pour- 

**vilLTo*-  secours  dont  les  3  5  seront  à  la  charge  de 
diiitijj^  ®  l’Etat.  Peut  être  arrivera-t  on  ainsi  à 

®f*aodons  d'enfants  par  les  mères  qui  recevront 
ment  il  ^  naissance  un  berceau  et  une  layette  gratuite- 
•  1  sera  statué  dans  les  48  heures  en  cas  d'enquête. 

3  LES  CONGRÈS 

Congrès  International  pour  la  répression  de  la 
traite  des  blanches. 

Qgç,  _  (Paris,  2Z-2Ô  octobre  190S.) 

Patronage  de  M.  Armand  F.vi.lières. 
dents  J’,  ne  ffôpublique  et  avec  le  concours,  comme  prési- 
ministre  de  affaires  étrangères  et 
de  l’intérieur,  doit  se  réunir  à  Paris  du  22 
J,  wtobre  1906. 

***  réunir  les  délégués  des  comités  constitués 

gouvernements  et  des  administrations 
^l*®ntu!®‘®'^’^P®''®nnnaiités  philanthropiques  que  préoc 
I  ^fonv,*?'^®®dons  sociales. 

1  "nement  aux  décisions  de  la  Conférence  Internatio¬ 


nale  tenue  à  Paris  les  15  et  16  novembre  1905,  le  Congrès  aura 
à  délibérer  sur  les  sept  questions  suivantes  ; 

P  Uuestion.  ■-  Utilité  d’une  entente  à  établir  entre  les  di¬ 
vers  Comités  nationaux  par  la  communication  réciproque 
des  poursuites  engagées  et  des  condamnations  prononcées 
pour  faits  de  traite.  Rapports  entre  les  Comités  nationaux  et 
les  autorités  chargées  par  les  Gouvernements  de  centraliser 
tous  les  renseignements  sur  la  Traite  des  Blanches.  Rappor¬ 
teur  ;  le  Comité  Allemand. 

2“' ÇufsP'on.  —  Création  dans  les  villes-frontières  et  dans 
les  porls  de  mer  de  Comités  locaux  ayant  autant  que  possi¬ 
ble  des  bureaux  d’informations.  Echange  réciproque  des 
listes  de  ces  Comités  et  de  ces  Bureaux.  —  Echange  entre  les 
divers  Comités  nationaux  des  extraits  des  procès-verbaux  de 
leurs  séances,  pour  autant  du  moins  que  ceux-ci  offrent  un 
intérêt  général.  Création  d’un  Bureau  International  d’infor¬ 
mations.  Rapporteur  :  Le  Comité  Suisse. 

3'  Question.  — -  Surveillance,  dans  chaque  pays,  des  gares  de 
chemins  de  fer  et  des  porls  de  mer.  Rapporteur  :  Le  Comité 
Français. 

4'=  Question.  —  Etablissement  et  rédaction  d’un  Code  télé- 
graphi(|ue  pour  les  correspondances  à  échanger  entre  les 
Comités  nationaux.Rapporieur  ;  Le  Comité  Argentin, 

5“  Question.  —  Interdiction  de  la  délivrance  aux  mineurs 
di  s  correspondances  adressées  poste  restante.  Rapporteur  ; 
Le  Comité  Belge. 

Q’ Question.  —  Surveillance  des  agences  théâtrales  et  des  ca¬ 
fés-concerts  on  des  établissements  analogues,  dans  leurs  rap¬ 
ports  avec  la  Traite  des  Blanches.  Rapporteur  :  Le  Comité 
Italien. 

7“  Question.  —  Rapatriement  des  prostituées  fixées  dans 
un  autre  pays  que  le  leur.  Rapporteur  :  Le  Comité  Hollan¬ 
dais. 

Le  Bureau  international  de  Londres  et  chaque  comité  na¬ 
tional  présenteront,  en  outre,  un  rapport  sur  l’état  de  la 
Traite  des  Blanches  et  sur  les  mesures  prises,  soit  par  lui- 
même,  soit  par  l’autorité  publique,  pour  la  prévenir  et  la  ré¬ 
primer. 

Les  rapports  sur  les  sept  questions  du  Congrès  devront 
être  rédigés  ou  traduits  en  français  par  les  soins  des  Comités 
nationaux. Ils  devrontêtre  envoyés  au  Comité  français,  chargé 
de  leur  impression,  le  septembre  aa  plus  tard.  Les  déli¬ 
bérations  auront  lieu  en  français  :  toutefois,  les  membres 
étrangers  seront  autorisés  à  parler  dans  leur  langue  mater¬ 
nelle  ,  un  résumé  de  leurs  discours  en  langue  française  sera 
communiqué  au  Congrès. 

Les  cotisations  au  Congrès  doivent  être  envoyées  à  M.  Loys 
Brueyre,  trésorier  de  l’Association  française  10,  ruePasquier, 
Paris  {H<‘  Arr.l.  Les  Comités  nationaux  sont  priés  de  faire  con- 
naîti  e  avant  le  P'  septembre  le  nom  de  leurs  délégué  et  d’en¬ 
voyer  à  l’adresse  ci-dessus  les  cotisations  correspondantes. 


FORMULES 

LIV.  —  Contre  la  teigne. 

Formaldéhyde . 4  gr. 

Glycérine . lüO  gr. 

A  appliquer  après  nettoyage  des  plaques  à  l’éther  et  au 
savon. 

LV.  ~  Contre  les  ophthalmies. 

Chlorate  de  potasse .  3  gr. 

Eau  distillée .  100  gr. 

Pour  instillations  et  lavages. 

LVI.  —  Contre  la  lithiase  biliaire. 

1“  Prendre  tous  les  matins  à  jeun  2  cuillerées  à  soupe 
d’huile  d'olive. 

2°  Prendre  le  soir  avant  le  sommeil  une  des  pilules  sui¬ 
vantes  : 

Phénolphtaléine .  ..  0.05  centigr. 

Menthol .  0.15  centigr. 

Pour  une  pilule  n"  20. 


512 


LE  PROGRÈS  MEDICAL 


LVII.  —  Contre  les  engelures. 

Teinture  de  benjoin .  i 

Glycérine . ■  àà  20  gr. 

Eau  de  Cologne . ! 

Frictionner  les  engelures  le  soir,  puis  envelopper  dans  de 
la  ouate.  Laver  le  matin  à  l’eau  froide. 


NOUVELLES 

Natalité  db  Paris,  —  Du  dimanche  22  au  samedi  28  juillet 
1906.  les  naissances  ont  ete  au  nomnre  dt  1009,  se  décomposant 
ainsi:  légitimes  748,  illégitimes  261. 

Mortalité  a  Paris.  —  Population  d'après  le  recensemeni  de 
1901  :  2.660.559  habitants.  Les  décès  ont  ete  au  nomdre  de  826, 
savoir;  439  hommes  et  387  femmes.  Les  décès  sont  dus  aux 
causes  suivantes  :  Fièvre  typhoïde  (typhus  abdomln.)  :  3.  — 
Typhus  exanthématique  :  0.  —  Fièvre  intermittente  et  cachexie 
palustre  :  0.  —  'Variole  :  0.  —  Rougeole  :  7.  Scarlatine  :L 

—  Coqueluche  :  6.  —  Diphtérie  et  Croup  ;  2.  —  Grippe  ;  1. 

—  Choléra  asiatique  :  0.  —  Choléra  nostras  ;  1.  —  Autres 
maladies  épidémiques  :  3.  —  Tuoercuiose  des  poumons  :  178.  — 
Tuberculose  des  méninges  :  24.  —  jVutres  tuberculoses  :  14.  — 
Cancer  et  autres  tumeurs  malignes  :  57.  —  Méningite  simple  :  24. 

—  Congestion  hémorrhagique  et  ramollissement  du  cerveau  :  55. 

—  Maladies  organiques  du  cœur  :  48.  —  Bronchite  aiguë  :  3. 
_  Bronchite  chronique  :  13.  —  Pneumonie  :  20.  —  Autres  affec¬ 
tions  de  l’appareil  respiratoire  ;  44.  —  Affections  de  l’estomac 
(cancer exc.)  ;  4. —  Diarrhée  et  entérite  deO  à  1  an  :  sein  :  5  ;  au¬ 
tre  alimentation  :64.  —  Diarrhée  et  entérite  de  1  à2  ans  :  3.-^  Her¬ 
nies,  obstruction  intestinale  :  7,  —  Cirrhose  du  foie  :  12.  —  Néphrite 
et  mai  de  Bright:  21.  Tumeurs  non  cancéreuses  et  autres  ma¬ 
ladies  des  organes  génitaux  |  femmes)  :  7.  —  Septicémie  puerpérale 
(fièvre,  péritonite,  phlébite  puerpérale)  :  5.  —  Autres  accidents 
puerpéraux  ae  la  grossesse  et  de  l'accoucnement  .  2,  —  Débilité 
congénitale  et  vices  de  conformation  :  18.  —  Débilite  senile  :  25. 

—  Morts  violentes  :  37.  —  Suicides;  11.  —  Autres  maladies  :  102. 

—  Maladies  inconnues  ou  mal  définies  :  5. 

Mort-nés  et  morts  avant  leur  inscription  :  66,  qui  se  décom¬ 
posent  ainsi  :  légitimes  46,  illégitimes  20. 

— Par  décret  du  Pré.sidentde  la  République  en  date  du  29  juillet 
1906,  rendu  sur  la  propo.sition  du  ministre  de  l’intérieur,  M.  le 
docteur  Gérente, sénateur, estnommé  maire  du  XVI®  arrondissement 
municipal  de  la  ville  de  Paris  en  remplacement  de  M .  le  docteur 


PHTISIE,  BKOJNCUl'l  E,  CAI  ARlVUEb.  —  Z,  .Émniyion 
Marchais  est  la  meilleure  nreparation  creosotee.  Elle  di¬ 
minue  la  toux,  la  fièvre  et  1  expectoration.  De  3  à  6  cuil¬ 
lerées  a  café  par  jour  dans  lait,  bouillon  ou  tisane. 

(D'  Ferrand.  —  Trait,  de  méd.  ) 


SIROP  LAXATIF  VERNEUIL  (H) 

j^éparé spécialement  pour  BÉBÉS  et  ENFANTS  de  2  mois 
àl5ans,  vrai  spécifique  de  la  CONSTIPATION.  Précieux  dans 
grippe,  bronchite,  coqueluche,  impétigo,  helminthiase, 
état  convulsif,  et  toutes  maladies  ou  indispositions  dans  les¬ 
quelles  un  laxatif  est  nécessaire. 

B  de  2  mois  à  2  ans  :  1  cuillerée  à  café  par  jour. 

I  de  2  ans  à  5  ans  :  1  cuillerée  à  dessert  par  jour. 

I  de  5  ans  à  15  ans  ;  1  cuillerée  à  soupe  par  jour. 


Le  conseiller  chaque  fois  que  les  parents  demandent  un  «  dépuratifs 
pour  leurs  enfants,  car  le  meilleur  des  dépuratifs  est  encore  un 
bon  laxatif. 

Toutes  pharmacies.  —  Echantillons  :  VERNEUIL, 
_  à  Conflans  fSeine-et-Oise! . 


Marmottan.  dont  la  démission  est  acceptée  et  qui  est  nommé maite 
honoraire  de  cet  arrondissement. 

Commis  d’inspection  de  l’assistancê  publique.  —  „ 

arrêté  à  la  date  du  30  juillet  1906,  le  ministre  de  l'intérient  a 
nommé,  à  partir  du  1®“'  août  suivant,  commis  d’inspection  de  l'assis¬ 
tance  publique,  les  employés  des  service.s  départementaux  di. 
l’assistance  publique. 

Congrès  intern.vtional  de  la  tuberculose.  —  Les  Membres 
du  comité  de  ce  Congrès  annoncent  l'ouverture  pour  le  14  15 « 
16  novembre  1906  àNew-York  (U-S.). 

Distinction  honorifique.  —  Par  décret  du  Président  de  la 
République,  a  été  promu  au  grade  de  commandeur  dans  l’ordre  de 
la  Légion  d’honneur  :  M.  Arloing  (Saturnin),  directeur  de  l’Ecole 
nationale  vétérinaire  de  Lyon  (Rhône), 

Enseignement  supérieur  libre  de  l’odontologie. —  L’Ecole 
dentaire  française  reconnue  et  autorisée  par  décret  ministériel  en 
date  du  25  novembre  1896,  est  située  au  29  du  boulevard  Saint- 
Martin  et  36  rue  Meslay .  La  rentrée  est  fixée  par  l’Académie  au  15 
octobre.  Le  registre  officiel  est  ouvert  du  15  octobre  au  15  novem¬ 
bre.  L’Ecole  reçoit,  outre  les  élèves  visant  le  diplôme  d’Eiai, 
des  élèves  libres,  français  ou  étrangers,  ([ui  peuvent  .s’inscrire» 
toute  époque  de  l’année.  Bon  accueil  est  réservé  aux  docteurs  en 
médecine  qui  désirant  se  spécialiser  en  art  dentaire  voudraient  ae 
faire  inscrire  pour  un  temps  facultatif. 

Un  nouveau  journal  médical.  —  Il  vient  d’être  créé  la  fiei'W 
Médicale  de  Biarritz.  Avec  la  collaboration  des  médecins  de  Biar¬ 
ritz.  cet  organe  désire  étudier  principalement  les  questions  de  thé- 
rapeutiquo”par  les  bains  chlorurés  sodiques  forts, les  bains  de  mer, 
le  climat  marin.  Nos  raoilleurs  souhaits  de  succès. 

Congrès  de  Milan.  —  Le  Ministre  de  rintérieur  a  délégué  au 
Congrès  de  Milan  pour  l’assistance  des  aliénés,  MM.  lés  D''  A. 
Marie  et  Lucien  Graux  et  M.  Decante  iiour  le  représenter. 


BULLETIN  BIBLIOGRAPHIQUE 


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tien  des  dents,  des  gencives  et  des  muqueuses  de  la  do 


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découvert  par  M.  Louis  OEQUfcANT.  û* 

de  Clignancourt,  Paris.  (Mémoires  déposes  à 
Médecine,  23  mars  1897,  8  mai  1898).  L'extrait  de  ces  ■  g[ 
est  adressé  gracieusement  a  tous  les  médecins  q 
feront  la  demande.  Renseignements  gratuits  et  prix 
pour  tous  tes  memores  du  corps  médical. 


Le  Rédacteur-Gérant  :  Boürni 


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llIPRIMERIS  Daix  vrères  et  Thiron,  Clehmo»* 


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5*  année.  3*  SÉRIE.  T.  XXII.  N”  33. 


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18  AOUT  i9;:6 


Le  Progrès  Médical 


SOMMAIRE  :  Ophtalmologie  :  Trombophlébite  de  la  veine 
centrale  de  la  rétine  chez  un  tuberculeux,  par  Péchin.  —  Phy¬ 
siologie  :  Mesure  de  l’ampliation  du  périmètre  thoracique, 
par  Lonys.  — Bulletin  :  Céruse  et  blanc  de  zinc,  par  Lom¬ 
bard.  —  Congrès  des  aliénistes  et  neurologistes  de  lan- 
oüE  française  :  Le  sang  chez  les  aliénés  ;  Le  cerveau  sénile, 
par  Léri  ;  Communications  diverses  :  Les  ataxiques  con¬ 
sidérés  comme  atteints  de  phobie  ou  d’astasie-abasie  sont  en 
partie  des  cas  d’incoordination  ou  d’anesthésie  du  tronc  mécon¬ 
nus,  par  Faure.  —  Médecine  pratique  ;  Entéro-côlite  muco¬ 
membraneuse.  —  Bibliographie  ;  Les  épidémies  et  les  mala¬ 


dies  contagieuses  au  XX"  siècle,  par  Félix  ;  Des  anévrysmes  de 
l’aorte  d’origine  rhumatismale,  par  Feytaud.  —  Thérapeuti¬ 
que  :  Traitement  de  la  chloro-anémie.  —  Varia  ;  Eloge  du 
D''  Hameau  ;  Concours  de  médecin  et  de  pharmacien  des  troupes 
coloniales  ;  Dans  les  facultés  de  médecine  suisses  ;  Circulaire 
adressée  aux  préfets  par  le  ministre  de  l’intérieur  relative  à 
l’organisation  et  au  fonctionnement  du  service  de  désinfection. 
—  Les  congrès  :  Association  française  de  chirurgie;  3' congrès 
international  pour  la  répression  de  la  traite  des  blanches  ;  Con¬ 
grès  international  de  la  tuberculose.  —  Formules.  —  Nou¬ 
velles.  —  Bulletin  bibliographique. 


OPHTALMOLOGIE 


Thrombophlébite  de  la  veine  centrale  de  la 
rétine  chez  un  tuberculeux  ; 

Par  M.  Alph.  PÉCHIN, 

La  rareté  des  cas  publiés  de  trombophlébite  de  la 
reine  centrale  de  la  rétine  chez  les  tuberculeux  m'en¬ 
gage  à  rapporter  l’observation  suivante  d’un  malade 
gne  j’ai  observé  dans  le  service  de  M.  le  Professeur 
Brissaud,  à  l’Hôtel-Dieu  : 

Ce  malade,  âgé  de  30  ans,  fut  atteint  de  pneumonie  il  y  a 
9'iatre  ans,  pour  laquelle  il  reçut  des  soins  à  l’IIôtel-Dieu 
ttnexe  où  il  resta  six  semaines.  A  sa  sortie,  il  reprit  son 
^tier  de  vannier,  mais  sa  santé  fut  dès  ce  moment  chance¬ 
lle.  La  toux  était  fréquente,  l’expectoration  abondante.  Il 
I*  un  an,  il  fut  pris  subitement  de  malaise  et  d'abattement, 
ictus.  Le  côté  droit  et  la  face  du  même  côté  (facial  infé- 
j^ur|  furent  parésiés.  Ces  phénomènes  parétiques  persis¬ 
tât  jusqu’à  maintenant  avec  toutefois  quelque  amélio- 
ntion. 

*ly  a  un  mois  environ  (exactement  le  19  février  1906)  il 
Wdit  brusquement  la  vue  de  l’œil  gauche  ;  il  était  une 
L  ^^T’^près-midi.  Le  soir,la  vision  revint,  se  maintint  le 
,  ;  mais  le  surlendemain,  la  cécité  revenait  de  nou- 

p®lte  fois  définitivement.  Et,  détail  qui  a  son  impor- 
ia,  J  l’œil  resta  douloureux  pendant  six  jours  à  partir  du 

de  Faccident. 

le  malade  quatre  jours  après  son  entrée  à 
jjjj,Pital.  La  papille,  très  pâle,  d'où  s’échappaient  des  artères 
jjji  et  des  veines  un  peu  grosses,  était  entourée  d’une 
iit  i  *  ^  ®.®Pect  blanc  neigeux.  Cette  teinte  blanche  se  per- 
teiju®®®®eiblement  à  la  périphérie  où  la  rétine  reprenait  sa 
pqit  Sur  les  limites  temporales  de  la  papille  un 

triangulaire  avait  conservé  également  une  teinte 
La  région  maculaire  s’accusaibpar  une  grosse  tache 
ioiif,  ’  ?°'râtre  qui  tranchait  sur  un  fond  blanc.  Quelques 
*^ite l^rd,  le  malade  dût  passer  en  chirurgie  pour  une 
Nads  gauche  suppurée.  Tel  était  l’état  de  ce 

WeU  ^  ® 

diaiig^  J  ®ent,  l’aspect  du  fond  de  l’œil  a  complètement 
Na^  •  La  teinte  blanche  neigeuse  a  disparu  ;  elle  est  rem- 
teinte  grisâtre,  grenue,  et  la  région  maculaire 
^  Papiii*  ^*'®blagée  et  parsemée  de  petites  taches  blanches. 
.  ®  est  pâle,  atrophique  ;  acuité  visuelle  nulle  u 
®'on  périphérique.  La  cécité  de  cet  œil  est  définitive. 


Il  s’agit  d'une  trombophlébite  de  la  veine  centrale 
de  la  rétine.  Et  il  n’est  pas  sans  intérêt  de  rapprocher 
les  deux  aspects  oplitalmoscopiques,  dont  le  premier 
est  typique  et  dont  le  second  serait  d’une  interpré¬ 
tation  difficile  s’il  n’était  expliqué  par  le  premier.  Bien 
différent  est  l’aspect  du  fond  de  l’œil  dans  l’embolie  de 
l’artère  centrale  de  la  rétine.  Il  est  à  noter  en  outre 
que  l'œil  a  été  douloureux  pendant  plusieurs  jours,  ce 
qui  est  un  caractère  de  la  phlébite  tuberculeuse  qui 
manque  dans  l’embolie  de  l’artère  centrale. 

D'ailleurs,  ce  malade  est  exempt  de  toute  affection 
cardiaque  et  l’on  connaît  la  valeur  séméiologique  de  la 
phlébite  chez  les  tuberculeux.  Au  début  de  la  tuber¬ 
culose  cette  valeur  est  grande,  il  s’agit  alors  de  la 
phlébite  prétuberculense  ou  mieux  de  la  phlébite 
précoce  des  tuberculeux.  Chez  ce  malade  la  thrombo¬ 
phlébite  perd  de  son"  importance  séméiologique  parce 
que  l’état  général  et  surtout  les  lésions  pulmonaires 
établissent  le  diagnostic. 

Le  même  processus  phlébitique  évoluant  vraisem¬ 
blablement  dans  la  région  de  la  frontale  et  de  la 
pariétale  ascendantes  a  été  la  cause  de  l’hémiplégie. 


PHYSIOLOGIE 


Mesure  de  l’ampliation  du  périmètre  thoracique. 

-Sa  signification,  sa  valeur,  ses  applications-, 

Par  G.  LOUYS, 

La  mensuration  du  périmètre  thoracique  a  été  long¬ 
temps  et  est  encore  une  des  bases  de  la  sélection  des 
jeunes  soldats  au  Conseil  de  révision.  Mais  depuis  peu 
(lors  de  l'introduction,  parmi  les-pièces  administratives 
du  service  de  santé  militaire,  d'une  fiche  médicale  d'in¬ 
corporation)  est  apparu  un  nouveau  mode  de  mensura¬ 
tion  :  la  mesure  de  l'ampliation  du  périmètre  thoraci¬ 
que.  Voici  comment  on  procède  à  cette  mensuration  : 

On  applique  un  mètre  à  ruban  sur  la  poitrine  du  su¬ 
jet  selon  des  points  de  repère  sur  lesquels  nous  revien¬ 
drons,  et  ou  évalue  ainsi  le  périmètre  thoracique  en 
inspiration  forcée.  —  Soit  I  ce  périmètre  :  on  répète 
cette  manœuvre  en  expiration  forcée  et  on  obtient  le 


514 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


nombre  E.  La  différence  1-E  représente  l’ampliation 
dn  périmètre  thoracique.  Que  représente  ce  chiffre,  et, 
quelle  est  sa  valeur  ? 

Etant  donnée  la  disposition  des  articulations  costo- 
vertébrales  et  des  muscles  intercostaux,  il  est  aisé  de 
comprendre  qu’il  existera  un  certain  rapport  entre  l'am¬ 
pliation  de  laçage  thoracique  et  la  capacité  respiratoire. 
Etant  donné  également  que,  chez  des  hommes  faits  et 
même  chez  des  jeunes  gens,  le  type  respiratoire  abdo¬ 
minal  a  déjà  fait  place  au  type  costo  -diaphragmatique, 
on  admettra  aussi  facilement  que  ladite  ampliation 
varie  en  même  temps  que  la  capacité  respiratoire  et  peut 
approximativement  lui  servir  de  mesure. 

Au  cours  d'une  période  d’instruclion  militaire  que 
nous  fîmes  en  1905,  nous  eûmes  l'occasion  de  mesurer 
le  périmètre  thoracique  de  l’effectif  de  deux  batteries 
d’artillerie.  Comparant  les  chiffres  obtenus  par  nous 
avec  ceux  résultant  de  la  mensuration  trimestrielle 
précédente,  nous  lîmes  à  ce  sujet  d’intéressantes  ob¬ 
servations  (1) .  Nous  n’en  donnons  ici  qu’un  aperçu  très 
général,  mais  néanmoins  des  plus  éloquents. 

Chez  certains  hommes  occupés  à  des  fonctions  sé¬ 
dentaires  (cordonniers,  tailleurs,  secrétaires), la  donnée 
I-E  était  demeurée  stationnaire.  Chez  deux  d'entre 
eux,  elle  avait  même  subi  une  très  légère  diminution. 
Chez  les  hommes  faisant  un  service  régulier  à  la  batte-  j 
rie,  nous  avons  constaté  une  très  légère  augmentation 
générale.  Quant  aux  hommes  dont  les  fonctions  spé¬ 
ciales  développaient  l’appareil  musculaire  en  général 
et  les  muscles  thoraciques  en  particulier  (conducteurs 
employés  au  dressage,  moniteurs  de  gymnastique,  de 
boxe,  d’escrime),  l’augmentation  constatée  chez  eux 
était  plus  sensible. 

Alors  que,  chez  beaucoup,  l’un  quelconque  des  péri¬ 
mètres  thoraciques  variait  avec  le  poids,  nous  n’avons 
jamais  trouvé  de  relation  constante  entre  le  poids  et  la 
donnée  I-E. 

De  ces  deux  ordres  de  constatations,  il  appert  nette¬ 
ment  que  cette  mesure  du  périmètre  thoracique  en  ins¬ 
piration  et  expiration  forcées  et  l’établissement  des  va¬ 
riations  de  la  donnée  I-E,  sont  destinés  à  exprimer 
les  variations  de  la  capacité  respiratoire,  et  que  la  va¬ 
riation  de  l’un  quelconque  des  périmètres  thoraciques 
pris  en  valeur  absolue  reconnaît  comme  cause  le  dé¬ 
veloppement  du  tissu  cellulaire  sous-cutané  et  de 
l’appareil  musculaire  de  la  région  thoracique,  de  sorte 
que  celte  mesure  fait  double  emploi  avec  celle  du 
poids. 

Depuis  quelques  années,  des  colonies  scolaires  pari¬ 
siennes  sont  reçues  à  l’Ecole  d’Audincourt  (Doubs)  et 
nous  avons  assisté  à  la  mensuration  de  ces  jeunes  sujets, 
faite  dans  un  but  statistique,  à  l’arrivée  et  au  départ. 
Ayant  fait  la  critique  de  ces  opérations,  nous  avons 
constaté  qu'elles  ne  pouvaient  fournir  un  résultat  sta¬ 
tistique  exact  —  Nous  allons  essayer  de  le  démontrer. 
Tout  d'abord,' quelles  données  évalue-t-on,  qui  doi¬ 
vent  servir  de  base  à  la  statistique  ?  Ce  sont  :  le  poids,  la 
taille  et  le  périmètre  thoracique  pris  en  valeur  absolue. 
Pour  ce  qui  est  de  la  taille,  son  allongement  ne  prouve 
pas  grand  chose,  étant  donné  que  certains  enfants 
(bacillaires  ou  candidats  à  la  bacillose)  poussent  avec 
une  vitesse  extraordinaire. 

Dans  ces  cas,  il  n'y  a  évidemment  pas  de  rapport 
direct  entre  l'allongement  de  la  taille  et  l’état  de 

(1)  Dans  un  travail  en  préparation,  nous  avons  l'intention  de  pu¬ 
blier  quelques  chiffres  provenant  de  ces  mensurations. 


santé. —  D'autre  part,  l’enfant  peut,  au  lieu  d'auo-mp  p 
ter  de  taille,  diminuer  par  suite  de  l’écrasemenf  deîl 
semelle  graisseuse  sous -cal canéenne  et  des  disque* 
intervertébraux  plus  mous  et  moins  fibreux  que  ceux 
de  l’homme  fait,  chez  qui  cependant  pareille  diminu 
tion  a  été  constatée  à  la  suite  de  grandes  marches.  Chez 
les  jeunes  Parisiens,  la  suractivité  consécutive  à  une 
transplantation  brusque  de  Paris  à  la  campagne,  et  le 
mouvement  inhérent  à  cette  villégiature  sont  les  condi¬ 
tions  qui  favoriseront  ce  tassement,  peu  considérable 
sans  doute,  mais  capable  de  masquer  les  résultats 
de  cette  mensuration  (1).  Quant  aux  chiffres  représen¬ 
tant  le  poids,  ils  no  peuvent  pas  avoir  une  valeur  bien 
intéressante  en  statistique,  atiendu  que  souvent  l'au»- 
menlation  de  poids  qui  devrait  être  mise  ainsi  en  évi¬ 
dence  par  les  pesées  est  marquée  par  la  disparition  au 
début  du  séjour  d'une  graisse  de  mauvais  aloi. —  Pour 
que  ce  poids  ait  une  valeur  statistique,  il  faudrait  des 
pesées  fréquentes  et  l'établissement  d’une  courbe.  Quaut 
à  la  mesure  du  périmètre  thoracique, il  n’est  pas  besoin 
d’en  faire  une  longue  critique  pour  en  faire  voiries 
inconvénients.  Elle  est  en  effet  entachée  de  nombreuses 
causes  d’erreurs. 

D'abord  l’épaisseur  du  vêtement  qu'on  laisse  sur  le 
dos  de  l’enfant  et  qui  ne  sera  pas  fait  du  même  tissu 
le  premier  jour  et  le  dernier.  Puis,  l’épaisseur  du  revê¬ 
tement  de  tissu  cellulaire,  dont  la  variation  peut  ne 
pas  être  du  même  sens  que  celle  des  muscles  et  du 
périmètre  de  la  cage  thoracique  osseuse,  comme  nous 
l’avons  indiqué  à  propos  du  poids.  Puis  encore,  le  péri¬ 
mètre  varie  considérablement, pour  peu  que  l'on  s'éloi¬ 
gne  des  points  de  repère  fixes.  Enlin,  on  néglige  d  im¬ 
mobiliser  la  cage  thoracique  dans  une  des  positions 
extrêmes  :  inspiration  ou  expiration  forcées,  et,  dès 
lors  on  s’expose  à  noter  des  mesures  énoncées  qui  s'éche¬ 
lonnent  entre  les  mesures  extrêmes. 

Si, après  avoir  fait  la  critique  de  ces  procédés  de  men¬ 
suration,  et  surtout  du  dernier,  nous  plaçons  en  regard 
le  mode  de  mensuration  dont  l'étude  fait  l’objet  de 
cette  note,  nous  ferons  des  constatations  entièrement 
intéressantes,  et  nous  ser,ons  frappés  de  la  disparition 
des  causes  d’erreur  :  nous  évaluons  à  la  premier 
mensuration  les  périmètres  I  et  E  et  nous  en  tirons  la 
donnée  I-E. Soit  de  chiffre  exprimant  la  variation  QU 
fait 'subir  à  la  donnée  I  l’interposition  de  vêtements o^ 
la  présence  de  tissu  cellulaire,  la  donnée  I  devien 
1  -f  e.  Il  est  clair  que  la  donnée  E  devient  E 
la  différence  (I  -f  e)  —  (E  -(-  =)  est  mathématiquem 

égale  à  I  —  E. 

A  la  deuxième  mensuration,  l’épaisseur  des  J® 
ments  a  changé  et  le  sujet  a  maigri  ou  engraiss^j^^ 
représente  alors  par  *  l’épaisseur  de  vêtement 
biné  avec  la  variation  de  la  couche  cellulaire  s 
cutanée.  i 

Alors  r  dc.vient  P  -b  E'  devient  E'  +  “  jf;  pv*  il 
née  (P  -f  «  -  (E’  +  »)  reste  égale  à  P  -- 
appert  qu  on  peut  comparer  (P  -f-  ®)  —  ^  p-  1 1— E- 
(I  +  s)_(E  -f  e)  comme  on  comparaît!’  -  E  J 

D'autre  part, nous  avons  constaté  expérimenta 
que,  si  I  et  E  changeait  sensiblement  lorsqu  on 
tait  des  points  de  repère,  la  différence  I  — E  res  e 
blement  la  même.  En  outre,  toutes  les  jje 

prises  à  des  points  extrêmes  et  fixes,  ceJlH'^®^^..^ 

(1)  Nous  nous  proposons,  au  cours  du  séjour  des  vf») 

siennes  de  190o,  d’étudier  cette  question  intéressante,^- 
bien  nous  autoriser  à  effectuer  des  mensurations  » 
enfants. 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


513 


.  gj.  à  I  et  à  E  des  valeurs  intermédiaires  corres- 
'  ndant  aux  différentes  positions  de  la  cage  thoracique 
Kdant  l’acte  respiratoire. 

ici  enfin,  pas  plus  que  chez  les  jeunes  soldats,  il  n’y 
uraàtenir  compte  des  mouvements  du  diaphragme, le 
type  respiratoire  thoraco-diaphragmatique  étant  déjà 
Jéfinitivement  établi. 

Mais,  quelle  peut  être  pour  les  hygiénistes  la  signi¬ 
fication  et  la  valeur  de  cette  mesure  de  l’ampliation  du 
nérimètre  thoracique  ?  L’augmentation  normale  de 
poids  et  de  taille  indique  bien  certainement  la  marche 
normale  du  développement  et  une  amélioration  de 
létal  de  santé.  Quant  à  l’augmentation  de  la  donnée 
l-E,  elle  indique  une  amélioration  de  la  formation  res¬ 
piratoire,  amélioration  portant  directement  sur  l’acte 
mécanique  et  physique,  mais  retentissant  indirecte¬ 
ment  et  d’une  façon  très  intense  sur  les  phénomènes 
purement  physiologiques  et  chimiques  de  cette  fonc¬ 
tion. 

Quel  est  le  but  médical  des  œuvres  d’hygiène  appe¬ 
lées  Colonies  scolaires, sinon  d’armer  les  enfants  de  la 
capitale  contre  ce  terrible  fléau  des  villes  qu’est  la  tu¬ 
berculose.  L’amélioration  de  l’état  de  santé  occasionnée 
parle  séjour  à  la  campagne  et  constatée  par  l’augmen¬ 
tation  de  poids  et  de  taille  est  certainement  un  puissant 
facteur  de  cette  lutte.  Mais  combien  plus  l’augmenta¬ 
tion  de  la  capacité  thoracique,  l’éducation  en  quelque 
sorte  de  la  respiration,  faites  la  campagne  a:i  cours  des 
longues  excursions  dans  la  montagne  et  des  jeux  en 
plein  air,  favorisant  l’hématose, activant  la  circulation, 
retentissant  enfin  en  général  surtout  l’organisme, com¬ 
bien  plus  cette  notable  amélioration  est-elle  efficace  à 
mon  avis,  dans  la  lutte  contre  la  tuberculose. 

D’ailleurs,  celte  augmentation,  constatée  au  bout  de 
fiois  semaines,  n'est  que  le  début  d’une  augmentation 
Ps  grande.  L’enfant  n’a  fait  en  quelque  sorte  que  son 
«ocation  respiratoire,  éducation  qui  portera  tous  ses 
W'ts  au  cours  de  l’année  suivante.  Aussi  serait-il  inté- 
ffssant de  retrouver  les  jeunes  sujets  et  de  les  suivre 
séjour  en  Colonie.  Toutes  ces  considéra- 
ns  semblent  assez  éloquentes  pour  marquer  une  très 
„  place  à  la  mesure  de  l’ampliation  du  périmètre 
^oracique  dans  les  mensurations  des  colonies  scolaires, 
l’emplacement  de  la  mesure  pure  et  simple  du  péri- 
i|j^jJ®*‘'°>’acique, donnant  des  résultats  trop  relatifs  et 
■boa  entachés  d’erreurs.  ^lais  cette  mensura- 

d’application  facile  et  n’introduil-elle  pas 
.  uncultés  dans  la  mensuration  des  sujets  des  Colo- 
scolaires  ?  Tout  d'abord,  peut-être  est-elle  un  peu 
j”®sue  et  plus  pénible  que  la  mensuration  simple 
delà  double  opération  qu  elle  nécessite  et  de 
’«at  "jg  dans  laquelle  on  se  trouve  de  répéter  sou- 
’  <(«S(le*  d’inspiration  et  d’expiration  for- 

I  n’ont  pas  compris  ou  qui  ne 

tieaçg  respirer.  Cependant  nous  savons  par  expé- 

[^Ure  peut  facilement  me  surer  60  sujets  en  une 

•ûe  l’éloignement  des  points  de  repère  n’ait  pas 
Jfeadre  considérable,  il  est  cependant  utile  de 

Hiquerle^*  Peinlsde  repère.  On  a  pris  l’habitude  d’ap- 
métrique  horizontal, de  telle  sorte  que 
'®HopjA®’^Périeur  soit  tangent  à  l’angle  inférieur  de 
étant  allongé  sans  raideur  le  long  du 
|“^esso,  viendra  passer  en  avant,  exactement 

d*''®led'  ”  mamelon  du  sein.  Il  faut  également 
g  r^^phragme  dans  les  mêmes  conditions  chez 
^  Jet  et  pour  chaque  mensuration.  Pour  cela  il 


faudra  opérer  à  une  heure  où  la  vacuité  de  l’estomac  soit 
aussi  complète  que  possible,  c’est-à-dire  avant  le  petit 
déjeuner  ou  le  repas  de  midi.  Il  faudra  aussi  tenir  la 
main  à  ce  que  chaque  sujet  ait  vidé  son  gros  intestin 
avant  chaque  mensuration  et  aussi  libérer  la  paroi  ab¬ 
dominale  de  toute  compression  par  caleçon,  ceinture, 
pantalon,  etc. 

En  observantees  précautions  on  ades  chances  d’opé¬ 
rer  en  dehors  de  toute  cause  d’erreur  et  de  faire  de  la 
bonne  statistique. 

Lorsque  les  jeunes  colons  parisiens  arrivent  à  la  cam¬ 
pagne, ils  présentent  à  la  descente  du  train  un  teint  pâle, 
des  lèvres  décolorées,  une  peau  transparente,  les  sclé¬ 
rotiques  bleuâtres,  les  paupières  rougies,  les  membres 
grêles,  en  somme,  tout  le  tableau  d’enfants  étiolés  par 
le  séjour  de  la  ville. 

Mais  à  la  tin  de  leur  cure  de  bon  air,  d’exercice  et 
de  nourriture  saine, quel  changement.L’œil  brille  d’un 
éclat  plus  net,  le  teint  rougit  sous  le  hàle,  les  muscles 
semblent  plus  fermes  ;  mais,  pardessus  tout,  la  taille 
s’est  redressée,  les  épaules  s’écartent,  la  respiration  de¬ 
vient  plus  régulière,  l’inspiration  plus  profonde,  l’ex¬ 
piration  plus  complète.  Les  grandes  courses  à  travers 
les  bois  et  les  prairies,  en  môme  temps  qu’elles  toni¬ 
fient  leurs  muscles,  font  en  quelque  sorte  l’éducation 
de  lenr  respiration.  Cela  est  très  net  pour  quiconque 
les  a  suivis  dans  leurs  promenades. En  effet,  les  courtes 
excursions  du  début  les  fatiguent,  mais,  lorsqu’on  les 
interroge  sur  le  siège  de  leur  lassitude,  la  plupart  indi¬ 
quent  d’un  geste  caractéristique  leurs  muscles  inspira¬ 
teurs,  la  fatigue  ne  ge  manifestant  dans  les  membres 
inférieurs  que  comme  accessoire.  Mais  petit  à  petit,  la 
respiration  se  régularise,  et,  au  soir  d’une  grande  ex¬ 
cursion,  on  ne  se  plaint  que  de  ses  jambes,  quand  on  se 
plaint. 

Plus  tard,  rentrés  chez  eux, ils  voient  sûrement  se  dé¬ 
velopper  en  eux  les  effets  de  cette  éducation  respira¬ 
toire  et  nous  sommes  persuadés  qu’il  serait  intéres¬ 
sant  de  revoir  à  une  année  d’intervalle  les  enfants  chez 
lesquels  on  aurait  mesuré  et  noté  l’ampliation  thora¬ 
cique.  Ils  doivent,  grâce  à  la  façon  énergique  dont 
cette  gymnastique  respiratoire,  effet  d’une  éducation 
inconsciente  facilite  les  échanges  gazeux,  et  l’hématose, 
offrir  un  terrain  incomparablement  plus  résistant  à 
l’invasion  bacillaire. Nombreuses  doivent  être  les  bacil¬ 
loses  ainsi  jugulées  alors  que  l’embonpoint  n’â  jamais 
arrêté  la  marche  envahissante  des  tubercules.  Et  si  un 
enfant  revient  de  son  séjour  à  la  campagne  sans  avoir 
gagné  ni  un  pouce  de  taille  ni  une  once  de  graisse,  si 
sa  poitrine  se  dilate  plus  vigoureusement,  et  s’il  respire 
mieux,  ses  maîtres  et  ses  parents  n’auront  qu’à  se  féli¬ 
citer  du  résultat  obtenu. 


NARCYL  GRÉMY  médicament  spécifi¬ 
que  de  la  toux,  spécialement  de  la  toux  des  tu¬ 
berculeux. 


Chronique  des  hôpitaux. 

Hospice  de  Bicêtre  {Fondat'on  Vallée).  —  M.  Bournevii.le. 
Visü':  du  service  (gymnastique,  travail  manuel,  écoles  et  présen¬ 
tation  de  malades)  le  samedi  à  10  h.  très  précises.  Consultations 
médico-pédagogiques,  gratuites  pour  les  enfants  ttidtÿenfi  atteints 
de  maladies'  du  syslème  nerveux,  le  jeudi  à  9  li.  1/2.  On  se  rend 
SL  la  l’ondation  Vallée  par  le  tramway  de  Montrouge  et  on  prend 
le  tramway  qui  va  de  la  porte  d’Orléans  au  métropolitain  et  on 
s’arrête  à  la  station  de  la  route  de  l’Hay. 


516 


LE  PROGRÈS  MEDICAL 


BULLETIN  DU  PROGRÈS  MÉDICAL 


Céruse  et  blanc  de  zinc. 

La  céruse  n'a  qu’à  bien  se  tenir  ;  depuis  plus  d’un 
demi-siècle,  on  a  signalé  les  dangers  de  son  emploi  et 
une  campagne  a  recommencé  contre  elle,  que  mènent 
les  hygiénistes,  les  médecins,  le  Parlement  et  quelques 
journaux. 

Ce  n’est  point  le  lieu  de  signaler  encore  les  dangers 
de  la  céruse  ;  ils  sont  décrits  dans  les  traités  classiques, 
ils  alimentent  les  discussions  des  Sociétés  savantes  et 
emplissent  des  colonnes  de  journaux.  Une  importante 
discussion  a  eu  lieu,  notamment  à  la  Société  de  méde¬ 
cine  do  Rouen,  à  l’occasion  d’un  travail  intéressant  du 
D'’  Deshayes(l),  traitant  de  la  céruse  et  du  saturnisme 
chez  les  peintres  en  bâtiments,  à  Rouen  et  en  Nor¬ 
mandie, et  la  Société  maintient  le  vœu  de  la  substitution 
du  blanc  de  zinc  au  blanc  de  céruse. 

Mais  ce  ne  sont  pas  seulement  les  ravages  que  cette 
substance  exerce  sur  l’individu,  qu’il  faut  envisager, 
ce  sont  surtout  ses  terribles  conséquences  sur  la  des¬ 
cendance,  elles  ont  été  bien  mises  en  lumière  par  le 
D''  Bourneville  (2),  qui,  à  plusieurs  reprises,  a  insisté 
sur  ce  sujet. 

Tous  les  auteurs  sont  d’accord  pour  reconnaître  que 
le  saturnisme  n’est  pas  seul  en  cause  ;  l’alcoolisme  est 
un  facteur  dont  la  funeste  gravité  n’échappe  à  personne. 
Quoi  qu’il  en  soit,  on  n’instruit  pas  seulement  le  procès 
du  blanc  de  céruse,  on  instruit  aussi  celui  de  l’alcool  ; 
on  émet  des  vœux,  mais  aucune  solution  n’intervient. 

Sans  doute,  on  a  déjà,  en  maints  endroits  et  dans 
maintes  entreprises,  substitué  le  blanc  de  zinc  au  blanc 
de  céruse  et,  selon  que  l’on  interroge  tel  ou  tel  ouvrier, 
c’est  telle  ou  telle  substance  qui  a  ses  préférences.  Je 
ne  connais  pas  encore  d’exemple  de,  nocivité  du  blanc 
de  zinc,  mais  j’ai  peine  à  croire  que,  quand  cette 
substance  sera  employée  sur  une  aussi  veste  échelle 
que  la  céruse  et  après  un  nombre  d’années  suffisant,  on 
n’observera  pas  de  maladie  qui  ne  lui  soit  imputable. 
A  moins  pourtant  que,  en  raison  des  progrès  inces¬ 
sants  de  l’hygiène  et  de  sa  pénétration  dans  les  masses, 
chaque  ouvrier  sache  se  laver  fréquemment  les  mains 
et  les  dents,  renonce  à  l'alcool  et  cherche  à  se  sous¬ 
traire  aux  maladies  évitables. 

Ce  qui  est  certain,  c’est  que  les  ouvriers  préfèrent 
travailler  avec  la  céruse,  qui  demande  de  leur  part  un 
moindre  effort  immédiat  que  le  blanc  de  zinc,  et  que 
certaines  maisons  rendent  hommage  à  cette  dernière 
substance,  en  qualifiant  hypocritement  la  céruse  dont 
ils  se  servent  de  «  substance  spéciale  »,  sur  laquelle 
les  ouvriers  ont  ordre  de  ne  donner  aucune  explication. 

Les  responsabilités  qu'entraînerait  le  vote  de  l’exten¬ 
sion  des  lois  sur  les  accidents  du  saturnisme  feraient 
assurément  réfléchir  ces  industriels.  Les  ouvriers  qui 
manient  la  céruse  et  en  sont  les  victimes  constituent 


(1)  La  Normandie  médicale,  1"  janvier  190C. 

li)  Recherches  cliniques  et  Ihérupeuliques  sur  l'épilepsie,  l'hys¬ 
térie  el  l'idiotie,  par  Bourneville,  Paris.  Aux  bureaux  du  Progrès 
médical,  14,  rue  des  Carmes,  F.  Alcan,  édit..  108,  boulevard  Sainl- 
Germain,  1904. 


déjà  un  formidable  réquisitoire  contre  une  industriel  '' 
qui  les  frappe  en  eux-mêmes  et  dans  leur  descendance  \!c 
Dans  ce  duel  entre  la  santé  des  ouvriers  pauvres  et  *|i 
l’industrie  si  riche  de  la  céruse,  qui  l’emportera'?  11  jjv  ix 
a  pas  que  des  hygiénistes  au  Parlement,ily  aaussi  des 

hommes  d’affaires  ;  le  temps  n’est  pas  bien  éloigné  où  fa 
l’on  en  comptait  104.  Espérons  qu’il  n’y  en  a  pas  même  U 
un  et  que  ce  sera  dans  la  pleine  indépendance  de  leur] 
jugement  et  pour  le  seul  bien  public  qu’ils  rendront  un 
arrêt,  après  avoir  entendu  M.  le  commissaire  du  gouver-  h 
nement,  dont  la  voix  a  tant  d’autorité  dans  le  public  ■ 
extra-médical,  leur  faire  le  tableau  du  saturnisme,  et,  I 
désignantla  coupable  de  ces  méfaits, leur  clamer:  «.  C’est  I 
la  céruse.  Messieurs.  »  D"  André  Lombard.  1 


L'eau  oxygénée  chimiquement  pure  et  neutre  nepeut 
être  obtenue  qu'en  diluant  le 

PERHYDROL-MERCK,  titré  à  100  voi. 

-  —  —  —  — ^  t 

CONGRÈS  DES  ALIÉNISTES  &  NEUROLOGISTES, 
DE  LANGUE  FRANÇAISE 
(Lille,  Août  IDOii.) 


Le  sang  chez  les  aliénés. 

Le  rapport  de  M.  le  G''  Dide  que  nous  avons  publié  dans 
le  n"  3'2  a  donné  lieu  à  la  discussion  suivante  : 

M.  ÏATY  félicite  M.  Dide  de  ce  travail  appelé  à  prendre 
place  désormais  dans  tous  les  laboraloires  de  médecine  men¬ 
tale.  Il  le  remercie  de. l’allusion  faite  dans  son  rapport  aui 
travaux  de  l'Ecole  lyonnaise  sur  la  typho-psychose,  travaux 
sur  lesquels  il  reviendra  d’ailleurs  en  communiquant  au  Con¬ 
grès  quelques  expériences  sur  ce  sujet.  Il  demande  à  M.Did® 
s’il  a  eu  l'occasion  de  rechercher  dans  le  sang  le  spirochaete 
pallida.  Trois  examens  de  foie  qu’il  a  faits  lui-même  dans  w 
but  ne  lui  ont  donné  que  des  résultats  négatifs.  L’un  J® J® 
examens  fut  fait  dans  des  conditions  très  favorables,  M-  TatJ 
ayant  suivi  la  malade  depuis  les  accidents  syphilitiques  se¬ 
condaires  jusqu’à  l’éclosion  d'une  paralysie  générale  qui 
cessita  l’internement  cinq  ans  après  les  premiers 
syphilitiques  ét  se  termina  par  la  mort  après  cinq 
ternement.  Aucun  spirochète  ne  put  être  mis  en  évide 
dans  le  foie.  ,  . 

M.  Dide  ne  peut  que  confirmer  ces  constatations  negau 
Toutes  les  recherches  hématologiques  qu’il  entreprit  ® 
jet  avec  M.  Bodin  furent  négatives  et  cela  conflrine, 

M.  Dide,  la  possibilité  de  la  guérison  de  la  paralysie  g®®® 
par  le  traitement  habituel  de  la  syphilis.  .  jj. 

M.  (Maurice  Faure  rappelle  les  travaux  qu’il  fit  <1®°®  ,. 
boratoirede  M.  Gilbert  Ballet,  de  1898à  l'JOl,  avec  la 
ration  de  Laignel-Lavastine  et  Rosenthal,  en  j  L^les 

le  sang  et  dans  les  humeurs,  une  ®xpficafion  d^  * 
mentaux.  La  recherche  des  microbes  porta  jnprend 

l'on  peut  diviser  en  trois  séries:  une  première  série  co 

les  recherches  faites  sur  le  cadavre  dans  les  à  d* 

eux-mêmes,  dans  environ  lOOcas  où  la  mort  avait  été  d 
maladies  infectieuses  variées  accompagnées  fi  j,pbi®”* 

taux.  Il  ne  trouva  que  dans  cinq  casdes  éléments 
dus  certainement  à  des  fautes  de  technique  :  les 
trouvaient  dans  les  vaisseaux,  par  conséquent  “““Lj  pré®®" 
et  présentaient  les  mêmes  caractères  que  des  jgpxié®* 
demment  décrits  comme  pathognomoniques.  I  ®  pef" 
série  porte  sur  C'i  cas  d'affections  diverses  des  ^  la'i®’ 
veux  ;  le  liquide  céphalo-rachidien,  examiné  P®^.  ppesd®^' 
présenta,  dans  quelques  cas.  des  colonies microbie ipji 
là  encore,  à  des  fautes  de  technique.  Enfin,  fi^^f  =  pr«^ 
sième  série  de  46  cas  d’examens  de  sang  de  malao  - 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


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d’ilfaiblissemeQt  mnsculajre  ou  n  entai 

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ïièyres  intermittentes,  paludée  mes 

Inflneaiâ;  etc.  .  ' 

ïèritaa'*  snscüipe/  de  h  Né^ralgin 

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le  phosphore  qui  entre  dans  sa  composition  que  les 
jntres  sels  de  quinine  ;  saUsiià,  cblarhydrate,  etc., 
fermés  d’un  acide  sans  valeur  thêrr  poutique. 

■Les  Byvopbospbitas  du  ib  CHUPCHkiJ, 
eofnposés  de  phosphore  au  icinimuin  u’oxydation 
■H  par  conséquent  tout  à  fait  assimilaldes,  ’-juissont 
de  propriétés  de  beaucoup  supérieures  .à  celles  de 
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LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


517 


nt  des  maladies  aiguës  diverses  avec  délire,  une  seule  fois  | 
omit  en  évidence  un  élément  microbien,  c’était  le  bacille  j 
j-Eberth  dans  un  cas  de  fièvre  typhoïde. 

Maurice  Faure  est  frappé  de  la  différence  qui  existe  en¬ 
tre  ces  résultats  et  les  résultats  contenus  dans  le  rapport,dont 
fauteur  décrit  une  vingtaine  d’espèces  microbiennes  banales 
trouvées  dans  le  sang  de  ses  opérés.  11  est  d’accord  avec  M. 
pide  sur  l'influence  des  toxines  charriées  par  le  sang,  alté¬ 
rant  les  fonctions  et  la  morphologie  des  éléments  cellulaires 
centraux  et  c'était,  d’ailleurs,  par  cette  conclusion  que  s’étaient 
terminés,  en  1901,  les  travaux  de  l’auteur. 

.M.  S.VBR.VZÈS  (de  Bordeaux). — J’ai  fait,  avec  MM.  Régis  et 
Laurès,  des  recherches  très  complètes  sur  la  composition  et 
les  réactions  du  sang  d’un  certain  nombre  de  sujets  atteints 
d'affections  du  système  nerveux  (méningite  chronique,  con¬ 
fusion  mentale,  démence  précoce,  stupeur  mélancolique,  dé¬ 
générescence  hyslériforrne,  paralysie  générale  juvénile,  etc.l 
Ce  qui  est  le  plus  remarquable  dans  les  résultats  que  nous 
avons  obtenus,  c’est  leur  discordance  mous  avons  noté  tantôt 
del’tiyperglobulie,  tantôt  une  légère  anémie,  tantôt  delà  leuco- 
qtose,  tantôt  un  chiffre  normal  de  leucocytes,  ainsi  que  des 
variations  de  sens  contraire  des  rapports  réciproques  des  glo¬ 
bules  blancs,  un  retard  ouune  accélération  delà  coagulation, 
etc.,  etc. 

J'ai  toujours  été  frappé,  d’autre  part,  de  l'insignifiance  des 
modifications  du  sang  par  rapport  à  l’énormité  delà  tare 
nerveuse  et  à  l'intensité  des  lésions  et  des  troubles  fonction¬ 
nels  du  système  nerveux. 

Sans  doute,  les  causes  morbigènes  qui  peuvent  être  à  l'ori¬ 
gine  de  la  vésanie,  causes  qui  sont  parfois  infectieuses  ou  to¬ 
riques,  exercent  leur  influence  et  sur  les  centres  nerveux  et 
sur  la  crase  sanguine  ;  aussi  n'est-il  pas  surprenant  que  ledé- 
but  d’une  telle  vésanie  s’accompagne  de  modifications  du 
sang,  imputables  à  ces  causes  plutôt  qu'à  la  tare  nerveuse 
contemporaine,  et  variables  avec  elles  (paludisme,  fièvre  ty- 
pho'ide,  tuberculose,  alcoolisme,  syphilis,  puerpéralité,  etc.). 
Mais  les  modifications  des  organes  hématopoiétiques  et  du 
sâng  sont  purement  transitoires.  11  est  vrai  que  les  tares  ner¬ 
veuses  survivent  sou  vent  aux  causes  morbigènes  et  continuent 
e  se  répercuter  de  neurone  à  neurone  sans  influencer  nota¬ 
blement  le  milieu  sanguin.  Aussi,  à  l’acné  des  vésanies,  le 
ssng  peut-il  se  révéler  cytologiquement  normal,  bien  entendu 
sd  n existe  pas  d’autres  tares  organiques  susceptibles  d’agir 
pour  leur  propre  compte  sur  sa  composition,  plus  puissam- 
®ent  que  la  tare  nerveuse  (cardiopathies,  brightisme,  tuber- 
*>lose,  etc.).  Bien  d’autres  facteurs,  étrangers  a  la  vésanie  ou 
dans  Une  certaine  dépendance  vis  à-vis  d’elle,  influent  sur  le 
*ang  des  aliénés  ;  les  agents  médicamenteux,  la  thérapeuti- 
jne  physique,  les  conditions  de  vie  au  grand  air  ou  claustrée, 
•a  jeûne  et  la  digestion,  le  repos  ou  l’exercice,  le  régime  laclé 
0  mixte,  les  troubles  vasomoteurs  (états  émotifs,  hallucina- 
Ole.  11  faudra  tenir  compte  de  tous  ces  éléments  dans 
déterminations  et  aussi  dans  les  interprétations  hémato- 
^tques  futures.  Encore  faut-il  ne  pas  oublier  que,  actuelle- 
des  variations  très  grandes  dans  les  résultats  sont  im¬ 
moles  à  la  technique  et  à  l’équation  personnelle, 
a  somme,  je  crois  que  bien  des  tares  nerveuses  une  fois 
ujimses  ne  troublent  pas  d'une  façon  sensible  la  composi- 
les**  l®°^,Pdologique  du  sang,  lequel  subit  par  contre,  chez 
*iôscomme  chez  d’autres  sujets,  des  influences  autre- 
‘Punissantes.  11  semble,  en  outre,  contrairement  à  l’opi- 
sent  •^^'ntenue  par  M.  Dide,  que  les  centres  nerveux  se  sufli- 
Lçj  ^  ^^n^'inèmes  dans  la  défense  contre  les  toxi-infections. 
taijg.^los  blancs  du  sang  n’y  interviennent  que  dans  cer- 
DjjjV^l^olions  suraiguës,  méningites  suppurées,  abcès,  etc. 

i^'^^.nnnnaations  chroniques  ce  sont,  soit  les  cellules 
tbéii  ®®des  libroblasies,  dos  parois  vasculaires  et  des  endo- 
ms  qui  réagissent  au  cours  des  processus  méningés  et 
qajjjj^os,  soit  les  cellules  né vrogliques  qui  interviennent 
Siaiion  nerveuse  est  impliquée  dans  des  inilam- 

M.  R  *  ^®nles  ou  dans  des  nécrobioses. 

bordeaux).  —  Je  regrette  que  M.  Dide  n’ait  pas 
Ses  dans  son  rapport,  la  courbe  urologique  de 

leûi’ j.^®nts  intoxiqués,  en  în  comparant  à  leur  courbe  ou  à 
^mule  hématologique.  En  ce  qui  me  concerne,  j  ai  tou¬ 


jours  constaté  qu’aux  modifications  en  plus  ou  en  moins  des 
éléments  figurés  du  sang  correspondaient  toujours  des  mo¬ 
difications  de  même  sens  dans  la  composition  des  urines. 

Par  contre,  je  partage  complètement  l’opinion  de  M.  Dide  — 
opinion  qui  a  du  reste  été  souvent  émise  —  relativement  à 
l  inlluence  heureuse  de  certaines  infections  sur  l’évolution  de 
quelques  maladies  mentales.  Dans  ces  derniers  temps,  des 
améliorations  et  même  des  guérisons  ont  été  obtenues  par 
diflérents  auteurs,  qui  n’ont  pas  craint  d'injecter  à  des  aliénés 
des  virus  atténués. 

M.  SicARD  (de  Paris).  —  Je  puis  rappeler  à  ce  propos  les  re¬ 
cherches  infructueuses  du  tréponème,  faites  par  M.  Queyrat 
et  par  moi,  dans  les  centres  nerveux  et  dans  les  méninges  de 
plusieurs  paralytiques  généraux  et  tabétiques. 

M.  LÉRiîde  Paris).  — J’ai  recherché  également,  sansle  moin¬ 
dre  succès,  le  tréponème  pâle  dans  le  sang  et  au  niveau  des 
centres  nerveux  d’un  sujet  qui  a  succombé  à  une  méningo- 
myélite  ascendante  aiguë  développée  au  cours  d’une  syphilis 
récente. 

àl.  Didk.  —  Succombant  sous  le  poids  des  éloges  qui  me 
payent,  et  bien  au  delà,  de  mon  effort,  j’essaierai  cependant 
de  répondre  aux  objections  que  vous  avez  bien  voulu  formu¬ 
ler. 

Je  suis  tout  à  fait  d'accord  avec  MM.  Taty  et  Sicard,  et  la 
recherche  du  spirochætepallida  est  toujours  négative  dans  le 
sang  et  les  organes  des  paralytiques  généraux. 

Les  constatations  de  M.  Sabrazès  sont  incontestables,  mais 
je  pense  qu’il  faut,  pour  édifier  une  formule  leucocytaire 
d’un  état  psychopatique,  étant  donné  les  contingences,  les 
difficultés  pratiques,  un  très  grand  nombre  d'examens  pour 
conclure  et  quelques  résultats  discordants  s'annulent  dans  de 
longues  séries. 

Quant  à  la  question  des  variétés  leucocytaires,  j’y  ai  con¬ 
sacré  des  développements  suffisants,  je  pense,  pour  que  je, 
n’aie  pas  besoin  d’insister  ;  je  ne  me  suis  pas  étendu  sur  ce 
point  dans  mon  exposé  oral  pour  ne  pas  fatiguer  l’attention 
des  congressistes  qui  ne  se  sont  pas  spécialisés  dans  l’hémato¬ 
logie.  Les  altérations  des  para-thyro'ides  n’ont  jamais,  que  je 
sache,  été  signalées  chez  les  aliénés. 

Les  constatations  négatives  de  M.  Maurice  Faure  viennent 
de  ce  qu’il  a  ensemencé  à  une  époque  où  la  technique  était 
mal  réglée;  il  s’est  servi  de  tubes  et,  actuellement,  on  emploie 
des  ballons  contenant  2.j0gr.  de  bouillon  qui  sont  indispen¬ 
sables  pour  arriver  à  des  résultats  positifs. 

Enfin,  le  reproche  de  M.  Régis  de  n’avoir  pas  parlé  des 
rapports  de  l’hématologie  et  de  l’urologie  m’a  été  d’autant 
plus  sensible  que  je  possède  ungrandnombre  dedocumenls 
sur  la  question,  je  ne  les  ai  pas  publiés  craignant  d’allonger 
à  l’excès  mon  rapport,  dont  le  cadre  m'était  fixé. 

Le  cerveau  sénile  ; 

Rtipporl présenté  par  M.  le  D'Lsri. 

Nous  avons  publié  dans  le  n°  31  le  résumé  détaillé  du  rap¬ 
port  de  M.  Léri.  Nous  donnons  aujourd’hui  la  discussion. 

M  .Angl.ade  (de  Bordeaux).  —  Il  y  aurait  eu,  à  mon  avis, 
une  manière  bien  séduisante  d'envisager, dans  son  ensemble, 
la  question  comple.xe  du  cerveau  sénile.  C’était  de  considérer 
d’abord  les  troubles  psychiques  qui,  lorsqu’il  s’agit  du  cer¬ 
veau,  doivent  toujours  garder  la  préséance,  ensuite  les  trou¬ 
bles  moteurs,  sensitifs,  sensoriels, réflexes,  etc.,  et,  cela  fait, 
d’envisager  les  lésions  multiples  du  cerveau  sénile, pour  ten¬ 
ter  enfin  une  superposition  des  données  cliniques  aux  alté¬ 
rations  anatomiques. 

11  est  vrai  que  le  rapporteur,  s’il  a  mis  les  troubles  psychi¬ 
ques  au  dernier  plan,  ne  les  a  pas  moins  bien  décrits  :  il  nous 
a  montré  le  vieillard  toujours  quelque  peu  sénile  psychique¬ 
ment,  et  le  sénile  toujours  mentalement  affaibli,  souvent  dé¬ 
lirant,  excité,  déprimé,  etc.  etc.  J’ajoute  que  le  radotage  sénile 
est  fréquemment  associé  à  un  degré  d'aphasie  sensorielle 
(jargonaphasie,  paraphasie,  aphasie  amnésique,  etc.,  etc.  et 
enfin  que  la  démence  sénile  réalise, quand  elle  se  complique 
d’un  appoint  méningé,  le  syndrome  complet  de  la  paralysie 
générale.  La  paralysie  générale  sénile  est  bien  une  réalité  cli¬ 
nique. 


518 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


Au  point  de  vue  neurologique,  il  y  a  également  quelques 
lacunes  dans  l’exposé  clinique  de  M.  Léri.  Le  cerveau  sénile 
traduit  sa  sénilité  non  seulement  par  des  hémiplégies,  des 
paraplégies,des  accidents  convulsifs, mais  encore  par  des  trem¬ 
blements,  des  troubles  delà  réflectivité,  de  la  sensibilité  gé¬ 
nérales  spéciale,  etc.  Il  est  vrai  qu’il  y  a  dans  le  rapport  une 
brève  indication  sur  l’état  de  la  réflectivité  :  le  réflexe  des  or¬ 
teils  serait  ordinairement  en  extension  dans  les  hémiplégies  et 
paraplégies  lacunaires. De  mon  observation  il  résulte, au  con¬ 
traire, r^ue  le  réflexe  de  Babinski  se  produit,  habituellement, 
en  flexion.  Les  tremblements,  les  troubles  sensoriels  et  sen¬ 
sitifs,  etc.,  ont  été  passés  sous  silence.  Pourtant,  les  troubles 
de  l’olfaction,  de  la  vision  et  de  l’audition  sont  fréquents 
dans  la  sénilité,et  il  s’agit  d'organes  qui  sont  des  émanations 
cérébrales, que  la  sclérose  frappe  au  même  titre  que  le  cer¬ 
veau  et  parfois  de  bonne  heure. 

Ces  regrets  exprimés,  j’arrive  au  fond  de  la  question,  à  l’é¬ 
tude  des  lésions  de  la  sénilité  cérébrale.  La  lésion  des  cellu¬ 
les  cérébrales  est  indiscutable.  Les  éléments  nerveux  sont 
altérés  qualitativement  et  quantitativement. L’altération  quan¬ 
titative  a  ici  plus  de  valeur  encore  que  l’altération  qualita¬ 
tive.  Les  vaiseaux  sont  souvent  lésés  ;  pas  toujours  de  la 
même  façon  ni  au  même  degré.  11  est  manifeste  qu’on  a  exa¬ 
géré  considérablement  le  rôle  des  lésions  vasculaires. En  réa¬ 
lité,  l’atrophie  sénile,  les  formations  lacunaires  ne  sont  pas 
le  résultat  d’une  nécrose  pure  et  simple  résultant  d'une  obli¬ 
tération  artérielle.  Dans  tout  le  cerveau  d’un  dément  sénile, 
au  niveau  des  foyers  chez  les  lacunaires,  ce  qui  frappe  sur¬ 
tout  c’est  l’importance  de  la  réaction  encéphalitique  intersti¬ 
tielle  inflammatoire.  On  peut  différer  d’avis  sur  la  significa- 
cation  de  cette  réaction,  soutenir  avec  de  bons  arguments 
qu’elle  est  primitive  ou  seulement  secondaire  ;  ce  que  tout 
le  monde  reconnaîtra  après  examen  de  mes  préparations, c’est 
la  réalité  de  cette  réaction  névroglique  toujours  intense. 

La  sclérose  des  séniles  se  présente  sous  deux  aspects  très  dif¬ 
férents.  Elle  est  diffuse,  englobe  tout  le  cerveau  ;  cette  diffu¬ 
sion  souffre  pourtant  des  prédominances  régionales. Un  sénile 
jargonaphasique,  par  exemple,  a  toujours  une  temporale 
gauche  plus  scléreuse.  Le  caractère  essentiel  de  cette  sclérose 
diffuse  est  de  ne  pas  aboutir  à  la  formation  lacunaire.  Au 
contraire,  dans  une  catégorie  de  cerveaux  séniles,  celles  qui 
a  été  plus  spécialement  visée  dans  le  rapport, la  sclérose  n’est 
pas  aussi  diffuse  ;  elle  s’organise  par  plaques  et  aboutit  à  la 
lacune.  Voici  comment  :  c’est  d’abord  la  réunion  en  un  point 
qui  n’est  pas  toujours  le  voisinage  d’un  vaisseau,  d’arthrocy- 
tes  géants  et  néoformés,  multinucléés.à  protoplasma  visible, 
à  gros  prolongements  formés  de  groupements  fibrillaires .  A 
cet  aspect  caractéristique  succède  celui  du  tassement  fîbril- 
laire  avec  effacement  des  figures  arthrocytaires,  disparition 
des  noyaux.  La  plaque  de  sclérose  est  mûre  ;  elle  va  s’effri¬ 
ter  et  la  lacune  commencera.  Le  processus  inflammatoire 
gagne  au  pourtour  de  cette  lacune  et  par  la  transformation 
successive  des  éléments,  la  lacune  s’agrandit,  lorsque  toute¬ 
fois,  comme  il  arrive  surtout  chez  un  sujet  jeune,  il  n’y  a  pas 
une  tendance  à  la  limitation  cicatricielle. Les  diverses  étapes 
de  cette  formation  lacunaire  peuvent  être  aisément  suivies 
sur  de  bonnes  préparations  et  particulièrement  sur  des  cou¬ 
pes  de  cervelets  lacunaii  es.C'est  par  un  processus  identique, 
mais  superficiel.que  se  réalise  l’état  vermoulu,  qu’ilfaut  rap¬ 
procher  d’une  lésion  identique,selon  moi,  au  niveau  de  l'é- 
pendyme.  On  y  voit  se  former  des  plaques  de  sclérose  sous- 
épendymaire  qui  se  détachent  et  tombent  dans  le  ventricule, 
laissant  à  la  paroi  un  aspect  rugueux. 

Si  j’essaie  maintenant  de  faire  une  tentative  de  superposi¬ 
tion,  je  dirai  que  la  sclérose  diffuse  correspond  à  la  démence 
sénile  avec  excitation  maniaque,  mélancolique,  parano'iaque, 
etc.,  avec  jargonaphasie-paraphasie  intermittente  ;  à  la  para¬ 
lysie  générale  sénile,  landis  qu'aux  états  lacunaires  corres¬ 
pondent  plus  particulièrement  les  troubles  de  la  motilité,  de 
la  sensibilité,  de  la  réflectivité.  Ce  qui  ne  veut  pas  dire  que 
l’état  lacunaire  n’occasionne  pas  la  démence.  Je  crois  pou¬ 
voir  faire,  à  ce  propos,  une  distinction  :  pour  qu  ily  ait  une 
démence  dans  les  états  lacunaires  il  faut  que  l’écorce  soit 
atteinte.  Cette  règle  souffrequelques  exceptions.  Les  lacunes 
de.s  étages  inférieurs  avec  intégrité  corticale  peuvent  être  très 


importantes  sans  entraîner  une  déchéance  intellectuelle  ao 
table.  J’ajoute  qu’avant  d’interpréter  les  diverses  formes  m 
raplégiques  par  ces  lacunes,  il  faudra  s’enquérir  de  l’état  du 
cervelet.  11  n’a  rien  été  dit  de  ce  cervelet  chez  les  lacunaires 
et  pourtant  il  est  toujours  intéressé  à  un  degré  qui  pour  être 
microscopique,  n’en  est  pas  moins  très  accusé.  On  ne  peut 
interpréter  correctement  ces  troubles  de  la  marche  des  séniles 
ou  les  désordres  de  l’équilibration  semblent  bien  clinique- 
ment  jouer  un  rôle  tant  qu’on  méconaîtrales  lésions  cérebel- 
leuses  dont  je  signale  l’extrême  fréquence. 

Je  devrais  me  borner  à  vous  présenter  des  faits.  11  me  sera 
permis  cependant  de  faire  une  incursion  dans  le  domaine 
des  considérations  hypothétiques.  Il  m’a  semblé,  en  regar- 
,  dant  de  nombreuses  préparations  provenant  de  maladies 
cérébrales  très  différentes,  que  l’on  pouvait  considérer  la  cel¬ 
lule  nerveuse  et  la  cellule  névroglique  comme  des  sœurs  en¬ 
nemies  s’observant  tout  le  long  de  l’existence,  toujours  prêtes 
à  se  combattre  à  la  première  occasion  morbide.  La  maladie 
diminue  la  résistance  de  la  cellule  nerveuse,  exalte,  au  con¬ 
traire,  l’activité  de  la  cellule  névroglique.  L'une  réagit  par  la 
mort,  l’autre  par  la  prolifération.  11  est  frappant  de  constater 
qu’en  lin  de  compte  la  névroglie  triomphe  avec  le  secours 
de  toutes  les  causes  de  la  sénilité.  Dans  le  cerveau  qui  suc¬ 
combe,  un  élément  semble  doué  d’une  puissante  vitalité, 
c’est  la  névroglie. 

M .  R.-i YMOND. (de  Paris) .—Je  dési re  rappeler  que  MM. Lejonne 
et  Lhermitte  ont  publié  sous  ma  direction  différents  travaux 
sur  les  paraplégies  des  vieillards  et  montré  que  parmi  c« 
paraplégies  certaines  sont  d’origine  cérébrale,  d’autres  d'ori¬ 
gine  médullaire,  d’autres  enfin  d'origine  musculaire. 

Les  paraplégies  cérébrales  sont  bien  dues  aux  lacunes  de 
désintégration,  mais  à  côté  de  l’hémiplégie  décrite  par  MM. 
Pierre  Marie,  Ferrand,  etc.,  hémiplégie  qui  peut  se  terminer 
par  une  pseudo-paraplégie,  il  existe  des  paraplégies  vraie» 
d'emblée,  qui  forment  un  type  clinique  parfaitement  dis¬ 
tinct. 

Les  paraplégies  myélopathiques  reconnaissent  pour  cause 
la  sclérose  polyfasciculaire  de  la  moelle.  MM.  Lejonne  el 
Lhermite,  en  examinant  d’une  façon  systématique,  chez  plu¬ 
sieurs  malades,  la  moelle  et  le  cerveau  sur  de  nombreuses 
coupes  microscopiques,  ont  établi  solidement  fexistence 
anatomique  de  cette  forme  de  paraplégie . 

11  peut  évidemmentexisterchez  les  vieillards  des  scléroMS 
médullaires  polyfasciculaires  sans  paraplégie,  de  même  qu  n 
existe  chez  eux  des  lacunes  cérébrales  sans  hémi  ni  paraplé¬ 
gie  :  ce  n’est  pas  là  un  argument  pour  refuser  à  la  sclérosé 
polyfasciculaire.  pas  plus  qu’on  ne  la  dénie  aux  lacunes.  » 
faculté  d’être,  dans  certains  cas,  l’origine  des  troubles  mo¬ 
teurs,  et  dans  l’espèce  de  paraplégies. 

M.Gr-vsset  (de  Montpellier).  —  J’appelle  fattention sur u 
détail  curieux  de  certaines  formes  de  paralysie  cérébrale  eue* 
les  scléreux  qui  marchent  à  petits  pas  et  en  raclant  m®?  ' 
c’est  la  conservation  de  la  force  du  mouvement 
Quand  on  dit  à  ce  malade,  qui  soxdève  à  peine  les  pieds 
trébuche  à  la  moindre  irrégularité  du  sot,  de 
^échissant  la  cuisse  très  haut,  en  steppant,  il  exécute 
faite  ment  ce  mouvement  à  son  grand  étonnement.Deme_ 
si  l’on  prend  chaque  articulation  l'une  après  l'autre,  et  si  ^ 
lutte  contre  le  malade  pour  chaque  mouvement  succès 
ment,  on  constate  qu'il  a  conservé  une  grande  force. 
particularités  que  je  signale  étaient  confirmées,  od  poo 
conclure  qu’il  s’agit  d’un  trouble  de  l’automatisme  mo  ’ 
de  la  marche  inconsciente,  delà  coordination  cérébrale  P 
tôt  que  de  la  marche  volontaire  et  consciente  de  la  'd 

motrice,  et  ceci  distinguerait  symptomatiquement  les 

dont  je  parte  des  faits  de  paraplégie  médullaireet  d  hem  V 
gie  cérébrale  bilatérale.  .:gnt 

M.  Meige  (de  Paris).  —  La  distinction  que  M. 
d’établir  entre  les  mouvements  spontanés  et  les  moi^® 
après  commandement,  dans  certains  cas  d'hémi  ou  de 
plégie  cérébrale,  est  très  utile  à  connaître,  car  elle  P^gja 
d’obtenir  de  très  réelles  améliorations  au  point  de 
motricité  en  apprenant  à  des  malades  comment  ils  P 
agir  plus,  en  voulant  plus  et  mieux.  ,,  ,  offi 

M.  Léri  répond  à  M.  Anglade  qu’il  a  fait,  dès  le  de 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


519 


tentative  de  superposition  des  lésions  anatomiques  et  des  syn- 
^mes  cliniques  ;  en  dehors  d’un  petit  nombre  de  faits,  cette 
superposition,  très  tentante  au  premier  abord,  ne  lui  a  pas 
Lru  réabsable  pour  l’ensemble  de  l'étude  du  cerveau  sénile  ; 

encore  un  idéal  vers  lequel  doit  tendre  l’avenir  et, actuel¬ 
lement,  il  a  été  obligé  de  se  contenter  de  faire  de  fréquentes 
incursions  dans  la  clinique  à  propos  de  l’étude  anatomique  et 
dans  l’anatomie  à  propos  de  l'étude  clinique.  S'il  n’a  pas  com¬ 
mencé  l'étude  du  cerveau  sénile  par  la  description  de  la 
déchéance  mentale,  c'est  que  le  cerveau  est,  non  seulement 
l'organe  de  la  pensée,  mais  aussi  l’organe  central  du  mouve¬ 
ment,  de  la  sensibilité  et  le  rapporteur  ne  pouvait  perdre 
de  vue  qu'il  avait  à  traiter  une  question  de  neurologie. 

M.  Léri  s'incline  devant  la  haute  compétence  de  M.  Anglade 
en  matière  de  névroglie,  mais  il  se  demande  pourtant  si  l’im¬ 
portance  de  la  prolifération  névroglique  est  aussi  grande  ; 
^ut-être  n'est-elle  pas  primitive  et.  en  tous  cas,  il  insiste  sur 
ce  fait  qu’elle  ne  lui  paraît  pas  être  la  cause  constante  des 
lacunes  de  désintégration 

.4.  M.  Grasset,  il  répond  que  l’intégrité  des  mouvements 
volontaires  isolés  des  membres  chez  les  hémiplégiques  lacu¬ 
naires  forme,  en  effet,  un  contraste  frappant  avec  les  troubles 
de  la  marche  ;  il  était  très  intéressant  de  signaler,  comme  l’a 
fait  M.  Grasset,  l'intégrité  de  la  «  marche  volontaire  »  avec  une 
altération  prononcée  de  la  «  marche  automatique  ». 

M.  Léri,  répondant  à  M.  Raymond  à  propos  des  importantes 
recherches  de  Lejonne  et  Lhermitte  sur  les  paraplégies  des 
vieillards,  rappelle  la  distinction  qu’il  a  faite  dans  son  rapport 
entre  les  «  pseudo-paraplégies  »  par  hémiplégie  bilatérale 
kcnnaire,  des  paraplégies  vraies,  soit  lacunaires,  soit  myélo- 
pathiques.  Comme  le  fait  remarquer  M.  Raymond;  ces  para¬ 
plégies  lacunaires  seraient  peut-être  dues  surtout  à  des 
lésions  bilatérales  des  lobules  paracentraux.  D’un  autre 
côté,  dans  certains  cas  où  les  lésions  des  faisceaux  pyrami¬ 
daux  dépendent  manifestement  des  lacunes  cérébrales,  d’une 
lacune  de  la  capsule  interne,  par  exemple,  ces  lésions  pyra 
midales  sont  pourtant  beaucoup  plus  nettes  dans  la  région 
dorsale  dans  la  région  cervicale  ;  cela  tient,  sans  doute,  à 
une  sorte  de  condensation  des  fibres  du  faisceau  pyramidal 
dans  les  régions  inférieures,  plus  ou  moins  analogues  à  la 
condensation  des  fibres  radiculaires  postérieures  dans  le  cor¬ 
don  de  Goil  à  la  région  cervicale. 


M.  le  D'-  Chocraux  qui  a  facilité  notre  tâche  nous  a  adressé 
la  note  suivante  : 

Le  Comité  d'organisation  du  prochain  congrès  s’est  réuni  le 
vendredi  3  août,  à  6  heures  du  soir,  composé  du  bureau  du 
Congrès  actuel,  auquel  se  sont  adjoints  les  anciens  présidents 
Vice-présidents,  secrétaires  généraux. 

L’.4ssemblée  générale  a  eu  lieu  le  samedi,  4  août,  à  11  heu¬ 
res  du  matin.  Il  y  avait  84  membres  présents. 

Il  a  été  décidé  que  le  Congrès  se  tiendrait  en  Suisse  et 
^'^p^dcait  le  nom  de  Congrès  de  Genève  et  de  Lausanne. 

^  "résident  :  Le  prof.  Prévost  (de  Genève).  —  Secrétaires  géné-r 
“aa:  :  professeurs  Berdez  (de  Lausanne),  Long  (de  Genève). 
Comité  d'org.vnisation  : 

^.Comité  Genevois.  —  Professeurs:  Prévost,  Bard,  Weber, 
yspine,  Flournoy,  Martin,  Ladame,  Claparède,  Long, 
toniite  Vaudois.  —  Professeurs  :  Berdel,  Bouyet,  Mahaim, 
Herzen,  Deucreville,  Witzner,  Paschand,  Loi],  Zbin- 
,jgpC^telain  (de  Neuchâtel),  Dubois  (de  Berne),  Serrigny 


Questions  choisies  : 

^  :  Définition  et  nature  de  l’hystérie.  —  Rappor- 

p  •  Wof' Claude,  de  Paris,  un  doct.  suisse  N... 

Pfof  A  *^**  **^  ■  psychoses  périodiques.  —  Rapporteur  : 
jjL^llieaume,  de  Paris. 

leyide  :  L’expertise  médico-légale  et  la  question 
pjj^^nsabilité .  —  Rapporteur:  prof.  Gilbert  Ballet,  de 


Lee 

hd07  décide  ensuite  de  nommer  pour  le  congrès  de 

•m  vice-président  qui  sera  de  droit  président  du  con¬ 


grès  de  1908.  Le  vice-président  élu  est  le  D''  Collerre  (de  La 
Roche-sur-Yon)  ;  élu  au  bulletin  secret. 

Le  Congrès  adopte  ensuite  à  l’unanimité  la  proposition  de 
nommer  un  Comité  permanent  du  Congrès  des  médecins 
aliénistes  et  neurologistes  de  France  et  des  pays  de  langue 
française.  Le  Comité  permanent  se  composera  de  sept  mem¬ 
bres  renouvelables  par  tiers  tous  les  2  ans  et  non  rééligibles 
immédiatement.  Ont  été  élus  :  Secrétaire-trésorier  du  Comité 
permanent  :  D»  Meige.  de  Paris.  —  Membres  :  D”  Arnaud, 
Paris  ;  Raymond.  Paris  ,  Vallon,  Paris  ;  Crocq,  Bruxelles  ; 
Giraud,  Rouen  ;  Régis,  Bordeaux.  Seront  adjoints  à  ce  co¬ 
mité  ;  le  président,  le  vice-président,  le  secrétaire-général  du 
congrès  suivant. 

Communications  diverses. 

Les  ataxiques,  considérés  comme  atteints  de  phobie  oit  d'astasie- 

qbasie,  sont,  en  partie,  des  cas  d'incoordination  ou  d'anesthé¬ 
sie  du  tronc  méconnus. 

M.  Maurice  Faure  (de  La  Malou).  —  Certains  tabétiques, 
qui  ne  présentent  pas  les  symptômes  de  la  démarche  ataxique 
classique, accusent,  néanmoins, une  gêne  si  considérable  de  la 
marcheet  delà  station  debout, qu’ils  refusent  de  s’aventurer  sur 
les  terrains  un  peu  difficiles, dans  les  escaliers. ou  même  sim¬ 
plement, sur  unsol  mouillé,sur  un  parquet  ciré,sur  une  route 
un  peu  obscure,  etc.  Le  plus  souvent,  il  suffit  d’un  point 
d’appui  brachial  pour  redonner  à  ces  malades  l'assurance 
qui  leur  manque  :  une  canne,  le  bras  d’un  aide,  la  tête  d’un 
enfant  où  ils  posent  la  main  même  très  légèrement, leur  per¬ 
met  d’entreprendre  un  chemin  qui  leur  paraissait  impossi¬ 
ble.  Enfin,  le  même  sujet,  qui  semble  se  mouvoir  à  peu  près 
sans  gène  dans  une  chambre  (dont  tous  les  meubles  lui  sont 
connus  et  lui  offrent  autant  de  points  d’appui  qu’il  est  assuré 
de  rencontrer  (toujours  à  la  même  place)  paraît  frappé  d’im¬ 
mobilité  complète,  lorsqu’il  se  trouve  devant  un  espace  dé¬ 
couvert  et  sans  points  de  repère  Itel  qu’une  place  publique), 
ou  dans  un  salon  vaste  et  inconnu,  ou  dans  une  rue  dont  les 
passants  qui  circulent  ne  peuvent  offrir  les  points  d’appui 
fixes  dont  il  a  besoin.  —  Ces  circonstances  font, généralement, 
taxer  le  tabétique  de  phobique,  d'astasique-abasique,  d'ago- 
raphobique,  et  l'on  met  sur  le  compte  d’un  état  névropa¬ 
thique  surajouté  cette  appréhension  qui  semble  injustifiée, 
parce  qu  elle  n’apparaît  qu’à  certains  moments,  dans  certains 
lieux,  et  qu'il  suffit,  pour  la  faire  disparaître,  de  conditions 
qui  diffèrent  fort  peu  de  celles  qui  l'entretiennent. 

Mais  si  l’on  examine  ces  malades  de  très  près,  on  constate 
qu’îL  sont  atteints  d'anesthésie  profonde  des  articulations 
de  la  hanche,  du  tronc,  et  d’incoordination  des  muscles  spi¬ 
naux,  lombaires,  des  muscles  de  la  ceinture  thoracique,  ab¬ 
dominale,  pelvienne.  Lorsqu’ils  sont  nus,  assis  sur  un  tabou¬ 
ret  étroit,  sans  dossier,  on  voit  leur  colonne  vertébrale  se  tlé- 
chir  ou  s’incliner  sans  qu’ils  en  aient  conscience,  leur  tronc 
perdre  son  équilibre,  —  et  il  suffit,  parfois,  de  leur  faire  le¬ 
ver  les  yeux  et  de  distraire  leur  attention,  pour  qu’ils  tom¬ 
bent  littéralement  de  leur  siège. 

Lorsqu’ils  sont  debout,  ils  ont  souvent  la  sensation  d’être 
perdus  dans  l’espace,  et  ils  ne  se  rendent  pas  un  compte 
exact  de  la  position  de  leur  corps.  Il  s’en  suit  qu’au  lieu  de 
se  maintenir  en  équilibre  sur  une  jambe  (ce  qui  est  indis¬ 
pensable  pour  la  marche  normale  et  pour  la  station  debout, 
qui  n’est  le  plus  souvent  qu’une  attitude  hanchée),  les  oscil¬ 
lations  de  leur  corps,  fussent-elles  de  quelques  centimètres 
seulement,  dépassent,  sans  qu’ils  s’en  rendent  compte  et 
sans  qu’ils  puissent  les  corriger,  leur  base  de  sustentation  et 
compromettent  leur  équilibre. 

\  ient-on  à  leur  fournir  un  point  d'appui  brachial,  tout 
change  (nous  supposons,  pour  la  clarté  de  la  démonstration, 
que  le  bras  et  la  jambe  ne  sont  que  peu  ou  point  anesthési¬ 
ques  ou  incoordonnés).  Pris  entre  la  jambe  qui  offre  un  point 
d’appui  fixe,  et  le  bras  qui,  avec  des  tractions  mêmes  légères, 
peut  corriger  des  oscillations  du  tronc  de  quelques  centimè- 
mètres  (suffisantes  pour  compromettre  l'équilibre  debout)  — 
le  corps  se  maintient,  à  moins  qu’il  ne  soit  atteint  d’incoor¬ 
dination  très  considérable,  et  le  malade  marche  librement 
(en  apparence). 


520 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


Le  tabétiqueatteintde  ces  troubles  du  tronc,  ne  saurait  être 
comparé,  pour  la  séméiologie,  au  tabétique  atteint  de  trou¬ 
bles  moteurs  des  membres  inférieurs.  Ce  dernier  jette  les 
jambes  follement,  à  droite,  à  gauche,  en  avant,  et  sa  marche 
saccadée  et  irrégulière  attire  l’attention  des  moins  prévenus. 
L’incoordonné  du  tronc,  au  contraire,  se  meut  lentement, 
avec  circonspection  et  régularité.  Rien  dans  son  attitude,  si 
cen’est  dans  la  fixité  de  son  regard,  l’intensité  de  son  atten¬ 
tion,  tendue  toute  entière  vers  le  maintien  de  son  équilibre 
compromis,  ne  traduit  son  trouble.  Les  esprits  non  prévenus 
ne  peuvent  deviner  pourquoi  ce  sujet, dont  l’attitude  est  d’ap¬ 
parence  àpeu  près  normale,  a  besoin  d’un  appui  presque 
constant.  L’accentuation  brusque  des  troubles,  lorsque  cet 
appui  manque,  ou  en  face  d’une  traversée  jugée  dangereuse 
(à  bon  droit,  cependant),  achève  de  rendre  la  situation  incom¬ 
préhensible,  Ce  n’est  pourtant  que  l'exagération  d'unphéno- 
mènenormal  !  Toute  personne,  placée  tout  à  coup  dans  un 
passage  où  la  conservation  de. son  équilibre  lui  paraîtra  dilfi- 
ficileou  dangereuse,  peut,  si  elle  est  un  peu  nerveuse,  perdre 
une  partie  de  ses  moyens. 

L’examen  clinique,  en  révélant  l'étendue  des  anesihésies  et 
des  incoordinatious  du  tronc  inaperçues,  donne  la  clef  de 
ces  accidents.  11  en  indique  aussi  le  traitement.  Par  des  exer¬ 
cices  méthodiques  des  muscles  du  tronc,  —  par  l'entraîne¬ 
ment  journalier  de  la  sensibilité,  du  sens  des  attitudes,  on 
arrive  à  corriger  les  troubles  du  tronc,  comme  on  corrige  les 
troubles  moteurs  des  jambes  et  des  bras,  depuis  10  ans.  pour 
les  exercices  compensatoires  indiqués  par  Frenkel.  Dans  le 
cas  d’incoordination  du  tronc,  le  réapprentissage  de  la  mar¬ 
che,  de  l’équilibre,  de  l’ascension,  de  la  descente,  est  égale¬ 
ment  nécessaire,  suivant  les  techniques  que  nous  avons  ré¬ 
glées  dans  ce  but;  mais  la  cure  des  troubles  moteurs  du  tronc 
dans  le  tabès  est  plus  longue  et  plus  diffîcultueuse  que  la 
rééducation  des  memi)res  inférieurs  et  supérieurs  par  les 
moyens  ordinaires. 

En  dehors  de  1  intérêt  propre  à  ces  faits  considérés  en  eux- 
mêmes,  on  en  peut  tirer  les  deux  enseignements  que  voici  : 

1°  Trop  souvent,  on  a  tendance  à  considérer  la  réédu¬ 
cation  motrice  de  l’ataxique  comme  un  exercice  de  sugges¬ 
tion,  dontl’autorité  morale  du  médecin  et  la  bonne  volonté 
du  malade  feront  à  peu  près  tous  les  frais.  Ce  sont,  certaine¬ 
ment,  les  cas  auxquels  nous  venons  de  faire  allusion  (jui  ont 
contribué,  pour  la  plus  grande  part,  à  faire  naître  et  à  déve¬ 
lopper  cette  opinion  :  le  malade  étant  considéré  comme  un 
névropathe. un  phobique, et  n'ayant  pas  de  troubles  moteurs 
apparents,  la  rééducation  n’a  semblé  être,  en  ce  cas,  qu’un 
moyen  d’encourager  le  patient,  de  le  rassurer,  de  vaincre  son 
appréhension,  etc. 

Sans  nier  que,  dans  la  plupart  des  cas,  le  tabétique  ne  soit 
un  névropathe  sur  lequel  l'inlluence  morale  d'un  médecin 
sérieux  s’exerce  heureusement,  —  il  nous  semble  certain  que 
cette  inlluence  bienfaisante  est  loin  d’être  suffisante  et  qu’el¬ 
le  n’aboutira  qu’à  des  résultats  bien  incomplet^,  si  elle  n’est 
secondée  par  une  technique  rigoureuse  et  d’une  application 
constante. 

Notre  deuxième  réflexion  sera  celle  ci  : 

Trop  souvent  aussi,  on  a  tendance  à  considérer  les  exercices 
de  Rééducation  comme  une  sorte  de  code  de  gymnastique, 
plus  ou  moins  complètement  réglé,  dont  il  suffit  de  conseil¬ 
ler  l’application,  et  qu’un  médecin,  un  masseur,  un  gym¬ 
naste  dirigeront  ensuite  sans  difficultés,  pour  peu  qu  iis  aient 
eu  quelquefois  l’occasion  de  voir  faire  des  exercices  gymnas¬ 
tiques  plus  ou  moins  analogues. 

Or,  quel  résultat  pourrait  bien  donner  aux  malades  que 
nous  venons  de  viser,  l’application,  fût  elle  minutieuse  et  in¬ 
définiment  prolongée,  d’exercices  des  membres  inférieurs, ou 
d’exercice  de  marche  (tels  que  ceux  indiqués  par  Frenkel. 
par  exemple,  dans  d'autres  cas)  et  qui  n’ont  guère  pour  objet 
que  de  régler  la  position  des  pieds  et  des  membres  inférieurs? 
Ce  sera  beaucoup  de  temps  perdu  pour  un  très  petit  résultat 
puisque  nos  malades  n’ont  que  peu  ou  point  de  troubles  mo¬ 
teurs  des  membres  inférieurs,  et  que  leur  inslabilité  vient 
seulement  de  l’anesthésie  et  de  Tincordination  des  muscles 
du  tronc.  —  Et  quel  labeur  pour  ces  malades,  s’ils  sont  sou¬ 
mis  à  des  exercices  de  marche,  d’ascension,  d'équilibre,  sans 


point  d'appui,  avant  que  leurs  muscles  du  tronc  aient  été 
entraînés  méthodiquement,  individuellement  pour  ainsi  dj 
rc.  à  reprendre  leur  fonction  I  L'effort  dépensé  ici  sera  cer¬ 
tainement  beaucoup  trop  grand;  il  risquera  d’augmenter  ù 
accidents  ;  — en  tout  cas,  il  fatiguera  les  malades  et  les  dé- 
couragera.  avant  qu’ils  aient  pu  obtenir  des  bénéfices  intéres¬ 
sants.  —  A  chaque  trouble  moteur  doit  correspondre  un 
exercice  spécial  qui  ne  vise  que  ce  trouble  moteur,  ne  convient 
qu’à  celui-là  et  reste  sans  efficacité  contre  tous  les  autres.  Lne 
technique  unique,  banale,  répétée  indifféremmentpour  tous 
et  par  tous,  ne  peut  être  que  faiblement  utile,  généralement 
inefficace,  et  quelquefois  dangereuse.  — Et  c'est  par  ce  que 
dans  le  large  champ  d’études  qui  est  sous  nos  yeux,  nous 
avons  vu,  trop  souvent,  des  tabétiques  épuisés  par  des  ma¬ 
nœuvres  maladroites,  découragés  par  la  répétition  d’exerci¬ 
ces  inutiles,  aggravés  par  des  fautes  de  technique,  que  nous 
avons  cru  devoir  insister  en  passant  sur  ce  point. 


LA  VALÉROBROMINE  LEGRAND 

est  plus  active  que  les  bromures  et  les  valé- 
riauates. 


MÉDECINE^[>RAT1QUE 

Entéro-colite  muco  membraneuse. 

Le  docteur  llelme  expose  dans  la  Rcoue  de  médecine  et  de 
chinivqie  les  travaux  du  docteur  Jouaust  et  de  M.  le  profes¬ 
seur  Combe  de  Lausanne. 

Cet  ouvrage  du Prof.Combe, dit-il, en  est  depuis  un  anàsaü' 
édition  ;  il  a  pour  titre  :  Traitement  de  Tentéritemuco-membra- 
nense  ;  celui  de  M.  Jouaust  s’intitule  simplement  :  Traitement 
des  entérites.  Le  premier  est  plus  personnel,  partantplus  par¬ 
tial  ;  le  second,  tout  en  étant  suffisamment  original,  est,  au 
contraire,  plus  éclectique,  plus  compréhensif,  comme  disent 
les  Allemands:  tous  deux  sont  fort  intéressants  et  résument 
à  merveille  la  question  ;  vous  allez  voir  qu’elle  est  compli¬ 
quée. 

En  France,  les  premiers  qui  étudièrent  l’entérite  muco¬ 
membraneuse  la  classèrent  dans  le  chapitre  des  névroses. 
Nous  voyons  que  Langenhagen,  G.  Lyon,  puis  Soupault  et 
ses  élèves  cherchent  à  établir  que  Tentérile  est  fonction  d’un 
trouble  nerveux  qu’ils  dénomment  trophonévrose.  Parallè¬ 
lement,  M.  Hayem  et  M.  Glénard,  de  Vichy,  entendent  dé¬ 
montrer,  le  premier, que  l’entérite  est  toujours  sous  la  dépen¬ 
dance  de  troubles  dyspeptiques,  le  second  qu'elle  estliéeaux 
ptoses  viscérales  et  au  mauvais  fonctionnement  du  foie,  à 
l’hépatisme.  «  Vous  oubliez  trop,  dit  M.  Ilayem,  que  les  gens 
dont  lechimisme  est  mauvais  fabriquent  du  mauvais  chyle- 
Celui  ci  irrite  l’intestin,  entretient  une  inflammation  seco^ 
daire  aux  perturbations  de  l'estomac.  La  preuve  que  j’airai- 
son,  continue-t-il,  c’estque  si  vous  traitez  la  dyspepsie,  voos 
guérirez  l’intestin.  L’entérite,  conclut  M.  Hayem,  n’est  donc 
pas  une  maladie  proprement  dite,  c’est  tout  au  plus  un  sytt' 
drome  bon  à  classer  au  chapitre  estomac.  » 

Qu’il  nous  soit  permis  de  faire  remarquer  ici  que  ledoc^ 

teur  de  Langenhagen  et  Froussard,  de  Plombières,  ont  con 

tribué  beaucoup  plusque  le  professeur  Hayem  à  éclairer 
question.  Leur  description,  moins  dogmatique, mais 
nique  et  positive,  a  assuré  le  succès  plus  fréquent  du 
ment.  L’erreur  de  M.  Hayem  est  de  vouloir  toujours 
l’estomac  un  laboratoire  modèle  de  chimie  biologiq^®' ‘  j,. 
vousoubliez.monsieurle Professeur  que  ce  laboratoire  ne®  ^ 
che  régulièrement  que  sous  l’influence  de  causes 
dans  lesquelles  entre  mille  coefficients  divers  :  les  ptoses 
raies,  l’alimentation  défectueuse,  les  nerfs,  les 
les  chagrins,  le  froid  et  le  chaud,  etc.  On  peut  se 
tomac,  non  d’intestin,  et  vous  n’aurez  pas  de  bon  es 
sans  fonctionnement  régulier  de  l’intestin.  .  .  ^oD 

Pas  de  toxines,  pas  de  fermentations  anormales,  ainsi 
l’obtient  avec  le  Charbon  Tissot,  etle  foie  et  l’estoniaci^Pj.^jj, 
dront  leurs  fonctions  régulières,  s’amélioreront  s’ils  so 
gués. 


LE  PROGRÈS  MEDICAL 


521 


^  La  preuve  c’est  que  MM.  Hutinel,  Marfan,Yariot.  Thier- 
jinet,  en  général,  tons  les  pédiatres  français,  ripostent  en 
Epjndant  ce  que  devient  l’entérite  primitive,  infectieuse, 
ÿlle-là?  Et  M.  Combe,  renchérissant  sur  nos  confrères,  déclare 
ijansson livre  que  l’entérite  infectieuse  estla  seule  quicompte. 
(i trophonévrose  de  G.  Lyon  et  Soupault,  l’entérite  secon- 
jjjredeHayem  et  de  Glénard,  existent  certainement,  mais 
(Oinbien  rares  1  Entérite  et  infection  sont  deux  termes  qui  ne 
^nt  pas  l'un  sans  l’autre.  Evidemment,  on  ne  peut  attribuer 
l’infection  à  un  microbe  spécifique.  Dans  sa  thèse,  inspirée 
ÉjrM.  Hutinel,  le  docteur  Thiercelin  disait  n’avoir  jamais 
Jouvéque  le  èaclertum  co/t  nmmitne,  probablement  parce 
ipi'il  est  plus  vivace  «lue  les  autres  et  étoulfe  leurs  cultures. 
Inpeu  plus  tard  cependant,  on  signalait  des  entérites  à  sta¬ 
phylocoques,  voire  à  bacilles  pyocyaniques.  Enfin,  revenant 
sur  ses  premières  affirmations,  M.  Thiercelin  déclarait  ré- 
eemment  à  la  Société  de  pédiatrie  que  l’entérocoque,  ce  sapro¬ 
phyte  qui  pullule  par  milliards  dans  tout  l’intestin,  devenait 
tiraient  sous  l’influence  de  la  grippe,  et  c’était  lui  qu’on  de¬ 
tail  surtout  incriminer  dans  les  cas  d’entérite.  Le  fait  était  à 
prévoir  ;  M.  Ilutinel  avait  déjà  eu  soin  de  noter  la  fréquerice 
delà  maladie  en  hiver  et  sa  coïncidence  avec  les  épidémies 
degrippe.  M.  Combe  est,  je  crois,  de  cet  avis,  mais  cequi  fait 
l’originalité  de  sa  théorie,  c’est  qu'il  s'attache  moins,  encore 
gu’infectionniste,  aux  agents  microbiens  qu’aux  produits  to¬ 
riques  sécrétés  par  ceux-ci,  d’où  le  rôle  du  Charbon  et  spé¬ 
cialement  du  Charbon  Tissot. 

Nos  cellules,  dit  le  professeur  de  Lausanne,  élaborent  avec 
DOS  aliments  des  molécules  de  plus  en  plus  simples  et  par 
conséquent  d’assimilation  de  plus  en  plus  facile.  Mais  que 
cesmolécules  deviennent  la  proie  d’un  agent  microbien,  elles 
seront  travaillées  par  ses  toxines  muées  en  agents  complexes 
et  nocifs,  d’où  irritation  de  l’intestin  et  entérite.  Si  j’ai  bien 
compris  les  leçons  de  M.  Combe,  il  a  voulu  surtout  établir 
l’action  de  la  cellule  et  du  microbe,  celui-ci  venant  boulever¬ 
ser  l'œuvre  de  celle-là. 

Quoi  qu’il  en  soit  des  théories  émises,  chacune,  ainsi  qu’il 
arrive  toujours,  apporte  au  débat  sa  part  de  vérité.  11  faut  sa¬ 
voir  être  éclectique  comme  M.  Jouaust.  Ainsi,  chez  Tenfant 
Oui,  l'entérite  est  primitive  ;  mais  qui  osera  soutenir  qu’elle 
lest  chez  telles  neuro-arthritiques  à  nutrition  ralentie,  cons- 
hpées  d’habitude,  et  dont  le  trouble  intestinal  s'accompagne 
tovariablement  d’accidents  nerveux  '?  De  même,  les  entérop- 
losiques,  les  dilatés,  dont  l'estomac,  le  foie,  fonctionnent  mal 
le  sont-ils  pas  entéritiques,  du  fait  de  leur  estomac  et  de  leur 
fcie  plutôt  que  de  leur  intestin  ?  «  Il  y  a  un  organe  malade, 
“LM.  Jouaust,  foie,  reins,  appendice,  un  terrain  favorable, 
tteuro-arthritisme  et  secondairement  de  Thy  per  sécrétion  in- 
*^110010  et  de  la  production  de  muco-membranes  »,  —  tous 
phénomènes  se  produisant  sous  l’influence  d'agents  micro- 
wens,  ajouterons-nous  avec  M .  Combe. 

'  allez  pas  croire,  au  surplus,  que  ce  sont  là  vaines  discus- 
d'école  ;  le  traitement  découle  de  la  théorie  pathogéni- 
We  adoptée.  Tel  traitera  le  système  nerveux,  alors  que  son 
’Sin  s’occupera  exclusivement  de  l’estomac  ou  du  foie,  tan- 
»que  M.  Combe  et  les  pédiatres  français  s'adonneront  plus 
«  ,‘^“lièrement  à  l’antisepsie,  tous  du  reste,  à  l'asepsie  intes- 
p  ®  moffensive  par  le  Charbon  Tissot, 
our  chaque  malade,  outre  l'analyse  d'urines,  il  est  procédé 
jg  analyse  détaillée  des  matières  fécales  ;  elle  seule  permet 
U  ^^oiaître  les  aliments  qui  ont  été  bien  ou  mal  digérés. 
yqjj  ‘  ^‘ùeiidu  que  je  ne  vous  ai  donné  qu’un  type  de  régime 
Jooa  trouverez  quantité  d'autres,  soitdàns  le  livre  de  M. 

®®tt  dans  celui  de  M.  Combe.  De  cet  ensemble  on 
q^  j-^^'^ture  qu’on  guérit  tout  aussi  bien  l'entérite  en  France 
nos  V  • ou  doit  aussi  s’inspirer  de  l’exemple  de 
lenrj  *us  Pour  redouter  moins  de  visiter  les  malades  et 
plus  d'énergie  nos  prescriptions  détaillées 

^ueusement. 

toute,  éviter  1  infection  et  la  fermentation  anorma- 
lexpm  !utestin,  assurer  la  division  du  bol  alimentaire  et 
teniç-.®‘ou régulière  et  quotidienne  :  telle  est  la  base  du  trai- 
Lug  qûe  soit  la  théorie. 

*Près  J  “‘tlerée  de  Charbon  Tissot  avalé  comme  des  granulés 
repas,  suffit  pour  assurer  ce  fonctionnement. 


BIBLIOGRAPHIE 

Les  épidémies  et  les  maladies  contagieuses  au  XX' 
siècle;  parle  D'  Fklix.  {Mgol,  Paris,  1905.) 

M.  le  D'  Félix  publie  sous  ce  titre  les  conférences  qu’il  a 
faites  à  l'Institut  des  Hautes  Eludes  de  l’üniversité  nouvelle 
de  Bruxelles.  Elles  s’adressent,  dit-il,  à  un  public  étranger 
aux  sciences  médicales,  et  ont  pour  but  principal  l’histoire 
des  épidémies  au  point  de  vue  de  l’hygiène  et  de  l'économie 
sociales.  Il  étudie  tour  àto.ur.  sous  une  forme  simple,  claire, 
éminemment  vulgarisatrice,  les  maladies  épidémiques  :  lecho- 
léra,  la  peste,  la  fièvre  jaune,  etc.,  etc.  De  chacune  de  ces 
questions,  il  trace  l’histoire,  fixe  l'étiologie  et  enseigne  les  me¬ 
sures  à  prendre  pour  s’en  préserver  et  de  s’en  guérir. 

Co  recueil  de  conférences  servira  utilement  à  tous  ceux 
qui  désirent  connaître  ces  questions,  ou  qui,  à  leur  tour, 
voudront  en  répandre  les  notions.  Mais  cette  appréciation  se¬ 
rait  incomplète,  si  nous  n’ajoutions  que  M.  le  D'  Félix  pos¬ 
sède,  sur  les  questions  qu’il  traite,des  idées  très  personnelles 
et  très  neuves,  que  l’on  peut  ne  pas  partager  dans  leur  inté¬ 
grité,  mais  auxquelles  on  réfléchira  toujours.  A  ceux  qui  con¬ 
naissent  ces  questions,  ce  livre  les  rappellera  et  constituera 
une  utile  mise  au  point  ;  à  ceux  qui  les  ignorent,  il  rendra 
les  plus  grands  services. 

Des  anévrysmes  de  l’aorte  d'origine  rhumatismale  ; 

par  le  D''  Jean  Feytacd,  de  Bordeaux.  (  Bonvalot-Jouve, 

éditeur.) 

La  syphilis  occupe  dans  l’étiologie  des  anévrysmes  de  l’aorte 
une  place  de  plus  en  plus  grande,  et  l’on  se  demande  aujour¬ 
d'hui  si  tous  ne  dépendent  pas  d’elle.  M.  le  D'  Feytaud  ne  le 
pense  pas.  L’auteur  ne  nie  pas  le  rôle  prépondérant  de  la  sy¬ 
philis,  mais  il  réclame  une  place  pour  d’autres  facteurs,  le 
rhumatisme  en  particulier. 

Le  rhumatisme  peut  déterminer  des  anévrysmes  aortiques  ; 
ce  fait  était  soupçonné  depuis  longtemps,  avant  même  que 
Ton  connût  l’importance  de  Tétiologie  syphilitique,  mais  peu 
à  peu,  devant  la  place  chaque  jour  plus  grande  de  cette  der¬ 
nière,  les  autres  facteurs  se  sont  effacés. 

M.  le  D'  Feytaud  retient  cinq  observations  d’anévrysmes 
aortiques  développés  au  cours  du  rhumatisme  polyarticulaire 
aigu  ;  la  progression  coïncidant  avec  des  poussées  articulaires, 
l’amélioration  par  le  traitement  salicylé,  sont  autant  de  rai¬ 
sons  qui  concourent  à  affirmer  l’origine  rhumatismale  de  la 
lésion.  D'  Fh.assier. 


THÉRAPEUTIQUE 


Traitement  de  la  chloro-anémie. 

La  première  chose  à  ordonner,  c’est  le  repos  absolu  au  lit, 
dans  une  chambre  bien  éclairée  et  bien  aérée.  Si  la  malade 
n’a  pas  encore  été  traitée,  c’est-à-dire  si  son  tube  digestif  n’a 
pas  encore  été  fatigué  par  les  médicaments,  surtout  les  spé¬ 
cialités  inutiles,  sinon  dangereuses,  prônées  dans  la  presse 
laïque,  on  pourra  instituer  une  médication  martiale  ou  arse¬ 
nicale  en  combinaison  avec  un  régime  approprié.  Fer  et  ar¬ 
senic  seront  donnés  avec  interruptions  régulières  pour  éviter 
l’inévitable  gastrite  médicamenteuse,  qui  compromet  tout 
succès.  Lorsque  cette  gastrite  existe, comme  cela  est  malheu¬ 
reusement  presque  toujours  le  cas,  il  faut  commencer  parla 
guérir  ;  régime  lacté  absolu  d'abord,  mitigé  ensuite  avec  l’a¬ 
mélioration  par  les  purées,  les  farineux,  les  oeufs,  la  viande 
râpée.  Ce  traitement  sera  couronné  de  succès  dans  les  anémies 
légères  et  de  moyenne  intensité,  ^éanmoins,  pour  en  activer 
es  effets,  il  faudra  dès  le  début  employer  la  chaleur  sous  tou¬ 
tes  ses  formes.  D’après  les  recherches  les  plus  récentes,  l’a¬ 
némie  est  une  névrose  vaso-motrice  qui  entraîne  des  troubles 
dans  l’échange  humoral  entre  le  sang  et  les  tissus,  troubles 
qui  influencent  défavorablement  la  formation  des  globules 
rouges  dans  la  moelle  osseuse.  Le  sang  est  trop  riche  en  plas¬ 
ma  et  trop  pauvre  en  globules  rouges.  Le  plasma  cède  son 
eau  aux  tissus  et  surtout  à  la  moelle  osseuse  et  l’hydratation 


622 


LE  PROGRÈS  MEDICAL 


3 


consécutive  des  érythrocytes  les  gonfle  et  diminue  leur  vita¬ 
lité.  Un  traitement  rationnel  doit  suivre  le  chemin  inverse  ; 
ramener  l’eau  des  tissus  dans  le  courant  sanguin  et  de  là  au 
dehors  ;  en  un  mot, il  faut  viser  la  concentration  du  sang.  Ce 
but  est  atteint  par  l’excitation  de  la  sécrétion  s  udorale.  Or 
nous  possédons  deux  moyens  inoflensifs  pour  provoquer  une 
transpiration  intense  :  le  bain  d’eau  chaude  et  le  bain  d’air 
chaud. 

Trois  fois  par  semaine,  l’anémique  prendra  un  bain  à  37“ 
d’une  durée  de  20  à  40  minutes,  jusqu’à  production  d’une 
forte  transpiration  de  la  tête.  Après  une  bonne  friction,  le 
malade  regagnera  le  lit.  Les  heureux  effets  de  la  balnéation 
se  montrent  en  très  peu  de  temps  (disparition  des  signes  sub¬ 
jectifs)  et  une  guérison  complète  peut  être  obtenue  en4à() 
semaines. 

Pour  les  bains  d’air  chaud,  on  peut  employer  la  lumière 
électrique,ou  l’appareil  connu  sous  le  nom  de  Phénix  à  air 
chaud.  Les  praticiens,  qui  ne  disposent  pas  d’une  installation 
spéciale,  obtiendront  les  mêmes  résultats  avec  le  dispositif 
suivant  ;  le  malade  est  assis  sur  une  chaise  cannée  au-dessous 
de  laquelle  brûlent  deux  ou  quatre  bougies  ;  deux  draps  de 
lit  le  recouvrent  du  cou  aux  pieds  ;  on  aura  soin  de  bien  ap¬ 
pliquer  les  draps  par  terre  par  un  moyen  quelconque.  Après 
(juinze  ou  vingt  minutes  de  forte  transpiration,  on  couche  le 
malade  entouré  des  draps  bien  chauds  qui  formaient  la  clo¬ 
che.  L’action  de  la  chaleur  se  prolonge  de  cette  façon  et  l’é¬ 
quilibre  avec  la  température  de  la  pièce  se  rétablit  d’une  fa¬ 
çon  insensible.  Ordinairement  cette  transpiration  est  suivie 
d’un  bien-être  très  agréable, et  d’un  sommeil  réparateur. \6ilà 
donc  une  thérapeutique  peu  coûteuse,  facile  à  se  procureren 
tout  lieu  et  très  efficace  dans  la  chlorose  et,soit  dit  en  passant 
en  toute  circonstance,  où  une  transpiration  abondante  est  in¬ 
diquée  (grippe). 

A  noter  une  seule  contre-indication  ;  la  trop  grande  faiblesse 
du  malade,  rare  d’ailleurs  dans  la  chlorose,  plus  fréquente 
dans  les  autres  anémies,  primitives  ou  secondaires.  Dans  ces 
cas  d’extrême  faiblesse,  on  sera  autorisé  à  faire  la  transfusion 
du  sang  :  40  c.c.  de  sang  provenant  d’un  sujet  humain  sain 
seront  défibrinés  en  vase  aseptique  avec  du  verre  pilé  et  stéri¬ 
lisé,  mélangés  avec  le  volume  double  de  sérum  physiologique 
à  39“  et  injectés  en  une  fois.  Après  échec  de  tous  les  autres 
moyens, la  transfusion  non  exempte  de  tout  danger,  peut  donc 
être  mise  en  pratique  comme  ultimum  refugium.  La  légère 
élévation  thermique  <iui  l’accompagne  semble  indiquer  qu  elle 
agit  par  excitation  directe  de  l’appareil  vaso-moteur.  Pour 
conclure,  nous  résumerons  le  traitement  des  chloro-anémies 
en  ces  termes  :  prescrire  le  repos  au  lit,  éviter  de  produire  la 
gastrite  par  les  amers,  instituer  un  régime  approprié,  don¬ 
ner  le  fer  par  intervalles,  employer  surtout  les'  bains  chauds. 

Friedel. 


VARIA 

Eloge  du  D>'  Hameau. 

Messieurs, 

En  venant  ici  prononcer  l’élc^e  d’un,  de  nos  collègues  dis¬ 
parus,  j’empiète,  je  le  sais,  sur  les  prérogatives  de  M.  le  Se¬ 
crétaire  général,  et  j’accomplis,  je  le  sais  aussi,  un  acte  de  vé¬ 
ritable  témérité.  Mon  excuse  est  dans  la  raison  qui  me  fait 
agir. 

J’ai  été  pendant  40  ans  l'ami  de  Gustave  Hameau.  Dans  une 
Société  comme  la  nôtre,  les  qualités  morales  du  médecin  sont 
inséparables  de  ses  titres  scientifiques.  Si  nous  savons  distin¬ 
guer  le  savant,  nous  voulons  honorer  l’homme. 

Les  titres  du  savant,  personne  ne  les  ignore  ;  chacun  de 
nous  peut  les  contrôler  et  les  juger.  Mais  l’homme,  qui  nous 
le  dévoilera  ?  Qui  nous  dira  les  facultés  de  son  intelligence, 
les  traits  de  son  caractère,  le  mobile  de  ses  actions  Qui,  si 
ce  n’est  pas  quelque  témoin  de  sa  vie  ?  Ce  témoin,  je  l’ai  été 
pour  H.A.MEAU  ;  et  c’est  pourquoi  je  prends  la  parole  aujour¬ 
d’hui.  Aussi  bien,  ma  tâche  est  aisée.  Je  n'ai  qu’à  retracer  une 
vie  toute  de  travail,  de  dévouement  et  d’honneur. 


Gustave  Hameau  est  né  à  La  Teste,  près  d’Arcachon 
1S27.  Il  est  le  fils  d'un  simple  médecin  de  campagne,  de  'jea** 
Hameau,  qui,  par  une  sorte  d’intuition  géniale,  sans  le  seco^ 

d’aucune  loi  scientifique,  uniquement  guidé  par  l’observatiMi 
avait,  dans  son  Mémoire  sur  les  virus,  publié  en  1836,  près! 
senti,  deviné,  affirmé,  sinon  démontré,  la  nature  vivante  des 
contages  dans  les  maladies  transmissibles. 

Je  ne  le  suivrai  pas  dans  ses  années  de  jeunesse,  dans  ses 
années  de  collégien,  d’étudiant,  d’interne  à  l'hôpital  Saint- 
André  de  Bordeaux.  Je  ne  veux  et  ne  dois  parler  ici  que  de 
l’homme  et  du  médecin. 

Gustave  Hameau  est  d’abord,  et  avant  tout,  un  Clinicien,  fi 
rejette  les  théories  qui  ne  s’appuient  pas  sur  les  faits.  Le  ma¬ 
lade  est  son  premier  et  son  plus  sûr  guide.  Pour  le  bien  con¬ 
naître,  il  l’interroge  dans  toutes  ses  manifestations  ;  il  l’épie 
dans  ses  impressions  les  plus  mobiles,  dans  ses  réactions,  phy¬ 
siologiques  ou  morbides,  les  plus  diverses  et  les  plus  fugitives. 
Antécédents  familiaux  ou  personnels,  pathogénie  générale  et 
spéciale, caractères  anatomiquesou  fonctionnels.évolution  pro¬ 
gressive  ou  régressive  de  la  lésion,  résistances  physiologiques, 
antagonismes  ou  connivences  pathologiques,  tout  est  pesé, 
contrôlé;  jugé  avec  une  sagacité  peu  commune.  S’agit-il  de 
déterminer  la  valeur  d’une  médication,  de  fixer,  par  exem¬ 
ple,  la  physionomie  d’un  climat.  Hameau  ne  négligera  certes 
pas  les  notions  que  peut  lui  fournir  le  Laboratoire.  Il  puisera 
des  arguments  dans  les  connaissances  exactes  et  positives  que 
lui  donnent  les  instruments  de  la  physique,  et  les  tables  de  la 
météorologie.  Mais  ces  documents  d'ordre  scientifique  céde¬ 
ront  toujours  le  pas  aux  documents  de  l’enquête  clinique. 
Celle-ci  aura  le  dernier  mot  dans  les  déterminations  théra¬ 
peutiques  ;  elle  reste  la  souveraine  maîtresse  des  indications 
proprement  médicales. 


Les  premières  publications  de  Gustave  Hameau  ont  trait  à 
des  questions  générales  de  Climatologie  médicale.  En  sa  qua¬ 
lité  de  médecin-inspecteur  des  Bains  de  mer  d’Arcachon,  no¬ 
tre  collègue  était  tout  désigné  pour  ce  genre  d’études. 

Dans  un  voyage  de  deux  mois,  entrepris  dans  le  Midi  de  la 
France,  en  novembre  et  décembre  1863,  il  visite  successive¬ 
ment  Nice,  Menton,  Villetranche,  Cannes,  Hyères,  et  Pau.  11 
relève  toutes  les  statistiques,  il  s’enquiert  de  tous  les  docu¬ 
ments  susceptibles  de  l’éclairer  sur  les  qualités  climatéri¬ 
ques  de  ces  différentes  stations.  Puis  il  consigne  ses  obsena- 
tions  dans  un  Mémoire  qu’il  présente  à  la  Société  de  méde¬ 
cine  de  Bordeaux. 

A  la  Forêt,  dit-il,  appartient  le  traitement  des  maladies 
chroniques  de  l’appareil,  respiratoire  :  Bronchites,  Asthme, 
formes  viscérales  de  la  Tuberculose  ;  à  la  Plage,  le  traitemen^ 
de  la  Scrofule  ganglionnaire,  osseuse  et  articulaire.  'qJ! 
toutes  ces  affections,  générales  ou  locales,  ajoute-t-il  aussi  > 
le  malade  impose  la  loi  de  sa  vie  cellulaire  ;  ce  sont  les  nua 
ces,  les  modalités  cliniques  qu’il  crée,  qui  vont  faire  la 
termination  spécifique  de  chacune  des  zones  climatériques. 

La  cure  forestière,  indiquée  dans  la  bronchite 
l’asthme  et  la  tuberculose  pulmonaire,  ne  conviendra  e^^ 
réussira  qu’au  bronchitique  irritable,  à  l'asthniatique 
lequel  prédomine  la  névrose,  le  spasme,  au  poitrinaire 
d'éréthisme  général  ou  local.  Si  ces  malades  sont  des 
tiques  mous,  à  type  lent  et  torpide,  à  sécrétions  hunao 
abondantes,  ils  deviennent  tributaires  de  la  cure 
même  titre  que  les  tuberculeux  ganglionnaires,  osseux 
ticulaires,  suppurants  ou  non  suppurants.  ,  bercu- 

Quant  au  pulmonaire  vrai,  simple  candidat  à  la  t 
lose  ou  tuberculeux  avéré,  il  est  notoirement  désigne  P® 
venir  l’hôte  assidu  de  ce  grand  Sanatorium  qu  est 
d’Arcachon.  Dans  certaines  conditions  pourtant,  U  pe“  j.jj,, 
mer,  lui  aussi,  d’une  façon  plus  ou  moins  temporal  , 
tervention  de  la  Médication  marine.  .  et  di 

Le  phtisique,  en  effet,  n’est-il  pas,  dans  ses  irrita' 

verses  incarnations,  un  véritable  protée  ?  La  lainles*  ^ 
ble  n’est-elle  pas  le  caractère  pathognomonique  de  .^es-’ 
tions,  de  ses  actes  tant  physiologiques  que  P® ,  jfts,  de® 
S’il  réclame  aujourd’hui  des  remèdes  doux  et  .  gt^i  tout 
réclamera  demain  de  forts  et  de  stimulants.  Aussi, 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


523 


,  et  très  légitimement,  tributaire  et  de  la  médication  sé - 
dative  et  de  la  médication  tonique. 

Sans  sortir  d’Arcachon,  la  double  indication  peut  être  rem- 
jie  Conseillée  dans  les  épisodes  aigus  ou  subaigus  de  la 
Ltisie,  appropriée  spécialement  aux  malades  excitables  et 
^rveux,  qu’ils  soient  lymphatiques  ou  arthritiques,  la  cure 
foreHÜre  devra  donc  alterner,  dans  des  cas  déterminés,  et  à 
des  époques  variables,  avec  la  cure  marine,  avec  le  séjour  sur 
ia  Plage  et  des  promenades  en  mer,  agents  salutaires  dans  les 
[ormes  froides  et  reposées  de  la  maladie. 

En  agrandissant  ainsi  le  domaine  médical  d’Arcachoii,  en 
précisant  les  différentes  indications  de  son  climat,  en  les  tai¬ 
sant  reposer  sur  une  analyse  raisonnée,  un  classement  mé- 
tiiodique  des  divers  facteurs  qui  le  constituent  ;  en  formulant 
ces  indications  après  le  contrôle  sévère  d’une  observation  cli¬ 
nique,  longue  et  soutenue,  Gustave  Hameau  est  et  demeure  le 
fondateur  incontesté  de  la  grande  Cité  sanitaire  de  la  Gironde. 
La  notoriété  de  la  station  est  son  œuvre.  Ses  travaux  scienti¬ 
fiques  ontdonnéla  première  impulsion  ;  son  nom  et  son  ho- 
norabüité  ont  fait  le  reste. 

Nous  tous,  médecins,  nous  l’avons  suivi.  Nous  savions  qu’il 
voyait  juste  et  qu’il  disait  vrai. 

Je  m’en  voudrais  de  ne  pas  citer  ici  celle  de  ses  œuvres 
qui,  chaque  jour  et  de  plus  en  plus,  contribue  au  succès 
grandissant  d’Arcachon.  Je  veux  parler  de  la  Société  scientifi- 
aueetdn  Laboratoire  marin  qu’il  fonda  en  1863.  Nos  physio¬ 
logistes  et  nos  savants  trouvent  là  des  éléments  d'étude  pré¬ 
deux  pour  assurer  les  progrès  de  la  Science  biologique. 

Va-t-il  se  prononcer  sur  la  valeur  hygiénique  et  thérapeu¬ 
tique  de  chacune  des  cités  hivernales  qu’il  a  visitées  ?  Ya-t-il 
les  juger,  les  comparer  l  une  à  l’autre,  et  arriver  à  des  con¬ 
clusions  fermes  ?  Ce  serait  contraire  à  la  droiture  de  son  es- 
prit,contraire  à  sa  conscience  de  médecin.  En  critique  impar¬ 
tial,  il  avoue  qu'il  ne  saurait  avoir  la  prétention  de  connaître 
un  climat,  encore  moins  de  le  juger,  parce  qu  il  l'aura  vu 
et  observé  pendant  quelques  semaines.  Si  les  documents 
qu’il  a  recueillis  sur  la  chaleur  et  la  tension  de  l’atmosphère, 
sur  son  degré  d’humidité  ou  de  sécheresse,  sur  le  régime  des 
reats,  surla  constitution  géologique  du  sol,  lui  permettent 
Refaire  certains  classements,  certains  rapprochements  ou 
certaines  oppositions,  il  n’a  garde  d’oublier  que  la  caractéris- 
hque  médicale  d’un  climat  ne  se  cherche  et  ne  se  trouve  ni 
éans  l’état  hygrométrique  de  l’air,  ni  dans  les  oscillations  de 
«  topérature,  ni  dans  la  topographie  des  terrains  ou  la  di¬ 
rection  des  vents.  Ce  sont  là  pures  données  climatologiques, 
fini  font  prévoir  les  indications,  mais  qui  ne  les  déterminent 
pas. 

Ennous  basant  sur  elles,  nous  pouvons,  d’une  façon  géné¬ 
rée,  assigner,  par  exemple,  au  climat  de  la  Provence,  une 
^honexcitante  et  tonique,  en  raison  de  l’intensité  de  sa  lu¬ 
xure,  de  la  sécheresse  de  son  air,  de  l’alternance  ou  plutôt 
1  antagonisme  des  vents  de  terre  et  des  vents  de  mer,  qui 
•régnent  habituellement.  Par  contre,  le  climat  de  l’Aqui- 
®e,  celui  de  Pau  et  d’Arcachon  en  particulier,  se  caractéri- 
]  *P®r  une  action  nettement  sédative,  grâce  à  l’humidité  de 
fé  ?°®P^®re,àsatiédeuruniforme,àune  certaine  constancede 
cnelle  thermométrique,  à  la  faiblesse  et  à  la  rareté  des  vents 
To  r^rr  midi,  opposées  à  la  force  et  à  la  fréquence  des 

de  l’ouest  ou  de  l’Océan.  Mais,  encore  une  fois,  tous  ces 
j^pnts  physico-chimiques  ne  constituent  que  l’anatomie,  la 
pv  ^re  médicale  d’un  climat  ;  ils  ne  donnent  sur  son  action 
p^?*"?gique  et  thérapeutique  ([ue  des  présomptions,  des 
rétibn malade  seul  il  appartient  d’en  révéler  les 
Irpli  ^  appropriations.  C’est  toujours  lui  qui  est  le  réactif 
Belles*  ®®rrsible  ;  ce  sont  ses  aptitudes,  ses  réactions  fonction- 
ftobr  ori  morbides,  qui  tiennent  et  gardent  la  clef  du 


vue  d'ensemble  sur  la  climatologie  des  stations 
kt;  ffu  Midi  de  la  France,  Hameau  aborde  son  vrai  sii- 
d’Arcachon,  et  son  influence  sur  l’organisme 
®‘alade.  C’est  là  qu'il  puisera  désormais  les  éléments 
Mtts  “"^'aux.  Une  étude  exclusive  lui  i)ermettra  de  pénétrer 
dans  l’analyse  des  nombreux  faits  soumis  à  son 


observation,  et  de  les  interpréter  avec  plus  de  sûreté  et  de  vé¬ 
rité. 

Dans  une  série  de  mémoires,  publiés  de  1366  à  1890,  il  dési¬ 
gne  et  précise  les  Etats  constitutionnels,  les  maladies  chroni¬ 
ques,  leurs  formes  lésionales  ou  fonctionnelles,  qui  récla¬ 
ment  ou  repoussent  l’intervention  des  facteurs  sanitaires  de 
la  Cité  marine,  aux  destinées  de  laquelle  il  préside  avec  un  s 
légitime  succès.  Il  ne  lui  suffit  pas  de  désigner  et  de  préciser 
les  Etats  morbides,tributaires  de  son  climat.  11  les  spécifie,  les 
différencie  au  point  de  vue  particulier  des  conditions  de  sé¬ 
jour,  que  chacun  d’eux  réclame.  C’est  ici  qu’il  trace  de  main 
de  maître  la  ligne  de  démarcation,  qui  sépare,  dans  leurs  at- 
trihutions  thérapeutiques,  les  deux  zones  climatiques  d’Arca¬ 
chon  :  la  Plage  et  la  Porêt. 

Les  appropriations  distinctes  de  ces  deux  zones.  Hameau  les 
formule  dans  deux  de  ses  principaux  mémoires  :  l’un,  Le 
climat  d'Atrachon  et  le  Sanatorium  (Ville  d'hiver)  ;  l’autre,  De 
l'action  des  climats  maritimes  dans  les  ajl'eetions  tuberculeuses . 
Ses  conclusions  sont  aussi  précises  que  formelles. 


Hameau  n'est  pas  seulement  le  Clinicien  qui  consigne  et 
interprète»  dans  des  études  impartiales,  les  faits  qu'il  a  vus  et 
vécus.  Après  l’analyse  vient  la  synthèse.  Il  porte  celle-ci  dans 
une  question  de  pathologie  générale  des  plus  ardues  et  des 
plus  délicates. 

Sur  quel  terrain,  dans  quel  organisme  la  graine  tubercu¬ 
leuse  trouve- t-elle  à  exercer  le  mieux  ses  facultés  fertilisan¬ 
tes  ?  Voilà  l’interrogation  qu’il  se  pose,  voilà  le  problème  dont 
il  demande  la  solution.  Comment  va-t-il  répondre? 

Dans  cette  question  de  pathogénie,  dit-il,  deux  terrains  sont 
en  présence  ;  l’un  favorable,  1  autre  défavorable  à  la  germi¬ 
nation  et  à  l’évolution  de  la  graine  infectieuse.  Le  premier,  le 
facorabte,  se  trouve  réalisé  «  dans  les  organismes  sains, 
«  exempts  de  tare  héréditaire  ou  acquise  »  ;  c’est  le  terrain 
vierge.  Le  second,  le  défavorable,  est  l’apanage  non  seulement 
des  tuberculeux  héréditaires,  mais  aussi  des  «  sujets  délicats, 
«  teneurs  de  quelque  diathèse,  telles  que  la  scrofule, la  goutte, 
«  l’artliritisme »  ;  c’est  \aterrain  stérilisé. 

«  Tout  le  monde  croit,  ajoute  Hame.au,  et  les  traités  classi- 
«  ques  enseignent  que  la  Tuberculose  pulmonaire  acquise  se 
«  montre  d’autant  plus  fatale,  et  rapidement  fatale, que  le  su- 
«  jet  atteint  se  trouve  par  hérédité  disposé  à  la  maladie... .  Or 
«  c’est  le  contraire  qui  est  la  vérité  ».  Pour  lui,  ce  sont  ou  des 
organismes  déjà  contaminés,  et  en  quelque  sorte  vaccinés  par 
des  attaques  antérieures  du  germe  virulent,  ou  des  organis¬ 
mes  altérés  d’une  façon  spéciale,  imprégnés  d’un  vice  nutri¬ 
tif  antagoniste  de  la  vie  du  bacille, qui  offrent  le  plus  de  résis¬ 
tance  à  la  tuberculose,  peuvent  la  faire  rétrograder,  et  sortir 
indemnes  de  ses  assauts  répétés. 

Ces  questions  de  pathogénie  tuberculeuse  sont  abordées  et 
discutées  dans  sa  très  intéressante  Etude  de  La  Phtisie  nor¬ 
male,  communiquée  par  lui,  en  1894,  à  la  Société  de  méde¬ 
cine  et  de  chirurgie  de  Bordeaux. 

11  y  développe  des  idées  personnelles,  avec  une  conviction 
et  une  indépendance,  bien  faites  pour  rallier  à  sa  cause  les 
esprits  non  prévenus. 


Les  distinctions  et  les  honneurs  étaient  bien  dus  à  une  telle 
vie.  Ils  ne  manquèrent  pas  à  Hameau,  et,  chose  flatteuse  entre 
toutes,  lui  furent  décernés  par  ses  pairs. 

Président  de  la  Société  scientifique  d'Arcachon  en  téSS,  le 
suffrage  de  ses  collègues  le  porte,  en  1884,  à  la  présidence  de 
l’Association  des  Médecins  de  la  Gironde.  En  1896,  il  est  élu 
vice-président  de  l’iNssociation  Générale  des  Médecins  de 
France. 

Qui  le  désigne  ainsi  pour  ces  hautes  fonctions?  Ce  ne  sont 
pas  les  titres  officiels  ;  il  n’en  possède  aucun.  Seule,  la  va¬ 
leur  de  l’homme  a  pesé  dans  la  balance. 

Chevalier  de  la  Légion  d’honneur  depuis  1830,  il  pouvait 
vouloir  mon  ter  en  grade.  Sa  modestie  et  son  désintéressement 
lui  ôtaient  de  ce  côté  toute  espèce  d’ambition.  Ce  qu  il  ambi¬ 
tionnait,  c’était  l’estime  de  ses  confrères,  de  ses  concitoyens. 


524 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


Nous  venons  de  voir  qu’elle  lui  était  acquise  d’un  consente¬ 
ment  unanime. 

Et  maintenant,  (|uel  portrait  faire  de  l’homme  ?  Comment 
retracer  sa  personnalité  morale  et  physique  ? 

D’apparence  frêle,  le  visage  ouvert,  consumé  de  pensée,  le 
regard  droit  et  périétrant,  Gustave  Hameau  avait,  dans  ses 
allures,  je  ne  sais  quoi  d’aisé  et  de  décidé,  qui  faisait  illusion. 
A  le  voir  si  actif,  toujours  prompt  à  remplir  tous  ses  devoirs, 
personne  n’eùt  dit  que  la  force  physique  pouvait  lui  man- 
(juer.  Il  voulait  être  utile  ;  une  volonté  inlassable  le  soute¬ 
nait. 

Les  premières  impressions  de  sa  vie,  il  les  doit  à  son  père  : 
il  y  restera  fidèle.  L  empreinte  de  la  tradition  familiale  ne  s'ef¬ 
facera  pas. 

Oue  n’aurais-je  pas  à  dire  sur  la  pondération  de  ses  vues 
et  la  sagacité  de  son  jugement  .3  sur  l’indépendance,  la  li¬ 
berté  de  son  esprit  sur  l’énergie  confiante  de  ses  actes,  la 
sûreté  de  ses  relations  !'  sur  son  besoin  d’agir  et  de  se  dé¬ 
vouer  A  tout  cela,  rien  d’étonnant.  N’a-t-il  pas  puisé  les 
germes  de  ses  sentiments  et  de  ses  pensées,  dans  une  éduca¬ 
tion  saine  et  forte  On  lui  avait  appris  à  vivre  et  à  penser 
noblement  ;  il  s'est  souvenu,  voilà  tout. 

Que  dirai-je  aussi  du  bienfaiteur,  du  philanthrope,  mettant 
son  grand  cœur  et  sa  généreu.se  intelligence  au  service  des  mi¬ 
sères  et  des  infortunes  ? 

Hameau  ne  se  contente  pas  de  créer  des  Sociétés  chari'.ables 
à  La  Teste  et  à  Arcachon,  de  les  soutenir  de  sa  personne,  de 
les  faire  prospérer  par  une  active  propagande.  11  porte  devant 
ses  collègues  de  l'Association  de  la  Gironde  et  de  l’Associa¬ 
tion  générale  la  question  de  l'Assistance  médicale  des  indi- 
ijenls  daîisla  campagne.  Dans  les  différents  rapports  qu’il  leur 
soumet,  il  énumère  les  conditions  d'organisation  qui  lui  pa¬ 
raissent  les  meilleures  pour  subvenir  aux  besoins  du  pauvre, 
pour  accorder  et  distribuer  le’s  secours  delà  façon  la  plus  di¬ 
gne  et  pour  le  malade  et  pour  le  médecin. 

11  me  paraît  inutile  d’insister  sur  le  libéralisme  et  la  géné¬ 
rosité  de  ses  actes:  ils  sont  gravés  dans  la  mémoire  de  tous. 
Si  la  générosité  est  le  luxe  de  la  puissance,  Gustave  Hameau 
est  un  riche  et  un  fort. 

Un  mot  encore,  un  seul:  et  c’est  lui  qui  le  dira.  Dans  une 
de  ses  dernières  lettres,  je  lis  ceci  :  «  Depuis  mes  amis  d’en- 
«  tance  et  de  collège  jusqu’à  ceux  que  le  cours  de  la  vie  a  at- 
«  tirés  vers  moi,  tous  me  sont  restés  fidèles....  Mes  confrères 
'<  de  la  Gironde  m’ont  donné  tant  de  marques  d'estime  et  de 
«  confiance,  que  j’en  suis  vraiment  fier,  parce  que  j’y  vois  la 
«  preuve  que  je  ne  me  suis  jamais  écarté  de  la  grande  voie  de 
«  l’honneur,  qui  m  avait  été  tracée  d  une  main  ferme  par 
«  mon  père  et  ma  mère  vénérés.  Enfin,  n’ai-je  pas  reçu  la 
«  plus  magnifique  des  satisfactions,  au  terme  de  mes  jours, en 
<i  assistant  à  la  glorification  du  meilleur  des  pères  ?  » 

Une  telle  lettrejuge  l’homme.  On  peut  fouiller  son  œuvre  et 
sa  vie;  on  ne  trouvera  que  désintéressement  et  bonne  foi, 
dévouement  et  bonté. 


H  vécut  ainsi  de  longues  années,  aimé  et  respecté  de  tous  : 
appuyé  sur  sa  femme,  la  compagne  assidue  des  bons  et  des 
mauvais  jours  ;  heureux  devoir  son  fils,  fidèle  aux  traditions 
familiales,  entrer  dans  le  même  sillon  que  lui, et  le  parcourir 
avec  la  même  indépendance,  la  même  probité;  fier  de  ses 
deux  filles,  qui  lui  rendaient  en  tendresse  le  bonheur  qu  il 
leur  avait  donné,  le  dévouement  qu  il  leur  avait  prodigué. 

Le  3aoùt  lyol,  Gustave  Hameau,  sans  aucun  amoindrisse¬ 
ment  de  lui-même,  s  éteignait  doucement,  au  milieu  des 
siens,  à  l’àge  de  soixante-quatorze  ans. 

11  mourait  avec  la  résignation  tranquille  du  sage,  en  pleine 
sérénité  d’esprit,  en  plein  calme  de  la  conscience.  Heureux 
(jui  entre  dans  le  repos  après  un  labeur  si  noblement  accom¬ 
pli  ! 

Concours  de  médecin  et  de  pharmacien  des  troupes 
coloniales 

Un  concours  s’ouvrira  le  3  décembre  prochain,  à  9  heures 


du  matin,  à  l’Ecole  d’application  du  Service  de  santé,  à  Pj. 
ris,  pour  l’admission  de  docteurs  en  médecine  et  de  pharma- 
ciens  de  U”  classe  à  des  emplois  de  médecins  et  de  pharma¬ 
ciens  aides-majors  de  2'  classe  des  troupes  coloniales. 

Les  candidats  devront  remplir  les  conditions  ci-après  indi¬ 
qués:  U  Etre  nés  ou  naturalisés  français  ;  2"  Avoir  eu  moins 
de. 32  ans  au  U'' janvier  de  l’année  du  concours  ;  3»  Avoir  sa¬ 
tisfait  aux  obligations  de  la  loi  du  recrutement  et  avoir  été 
reconnus  aptes  à  servir  activement  dans  l’armée,  en  France 
et  aux  colonies.  Cette  aptitude  sera  constatée  par  un  certifi¬ 
cat  d’un  médecin  militaire  du  grade  de  médecin-major  de  2' 
classe  au  moins  ;  4"  Souscrire  un  engagement  de  servir  pen¬ 
dant  six  ans  au  moins  dans  le  corps  de  santé  des  troupes  colo¬ 
niales  à  partir  de  leur  nomination  au  grade  d’aide-major  de 
?<=  classe. 

Epreuves.  —  1.  —  Pour  ks  docteurs  en  méde'cine.—  1»  Com- 
j  position  écrite  sur  un  sujet  de  pathologie  générale  ;.  2“  Exa- 
1  men  clinique  de  deux  malades  atteints,  l’un  d'une  affection 
I  médicale,  l’autre  d’une  affection  chirurgicale  ;  3°  Epreuve 
de  médecine  opératoire  précédée  de  la  description  de  la  ré¬ 
gion  sur  laquelle  elle  doit  porter  ;  4<=  Interrogation  sur  l’hy- 
!  giène. 

II.  —  Pour  les  pharmaciens  de  1’’'=  classe.  —  1”  Composition 
écrite  sur  une  question  d’histoire  naturelle  des  médicaments 
et  de  matière  médicale  ;  2“  Interrogations  sur  la  physique,  la 
chimie,  l'histoirenaturelle  et  la  pharmacie  ;  3“  Préparation 
d'un  ou  plusieurs  médicaments  inscrits  au  Codex  et  déter¬ 
mination  des  substances  diverses  (minéraux  usuels,  drogues 
simples,  plantes  sèches  ou  fraîches,  médicaments  composés); 

4°  Epreuve  de  chimie  analytique  :  recherches  des  acides  et 
des  bases  renfermés  dans  deux  sels  solides  ou  dissous. 

Notes. —  L’appréciation  de  chacune  des  épreuves  écrites  ou 
orales  est  estimée  par  un  chiffre  compris  entre  0  et  20.  Les 
notes  obtenues  par  les  candidats  sont  multipliées  par  des 
coefficients  fixés  ainsi  qu’il  suit  : 

Médecins. —  Composition  écrite,  12  ;  examen  clinique,  15  ; 
médecine  opératoire,  12;  interrogatoire  sur  l’hygiène,  10. 

Pharmaciens.  —  Composition  écrite,  12  ;  iaterroptoire  sur 
la  physique  et  la  chimie,  lü  ;  interrogatoire  sur  l’histoire  na¬ 
turelle  et  la  pharmacie,  10  ;  préparation,  12  ;  épreuve  de 
chimie  analytique,  15.  .  j 

Une  majoration  de  1.50  points  est  accordée  :  1“  Aux  anciens  J 
internes  reçus  au  concours  dans  les  hôpitaux  des  villes  ayant  i 
une  faculté  de  médecine  ;  2°  Aux  docteurs  en  pharmacie  ;  3* 
Aux  licenciés  ès  sciences  ;  et  une  majoration  de  50  points 
aux  lauréats  des  Facultés.  Les  majorations  ne  peuvent  etre 
cumulées.  Les  demandes  d’admission  au  concours  devron 
être  adressées,  avec  les  pièces  à  l’appui,  au  Ministre  de  a 
Guerre  (Direction  des  troupes  coloniales,  3= JBureau)  avant  . 
25  novembre  prochain.  , 

Pièces  A  fournir  — 1.  Avant  le  concours.  —  1“  Acte  de  na^ 
sance  établi  dans  les  formes  prescrites  par  la  loi  ;  '2° 
me  ou,  à  défaut,  certificat  deréception  au  grade  de 
en  médecineou  de  pharmacien  del"^  classe  (cette  pi^®  ^ 
vra  être  produite  au  plus  tard  le  jour  de  l’ouverture  j. 
preuves);  3°  S’il  y  a  lieu:certificats  dûment  légalisés 

tant  de  constater  les  titres  qui  donnent  droit  à  des 
tions  de  points  ;  4o  Certificat  d’aptitude  au  service 
établi  l’année  du  concours  ;  5°  Certificat  délivré  par  le 
mandant  du  bureau  de  recrutement,  indiquant  la  si  u 
du  candidat  au  point  de  vue  du  service  militaire,  ou  e 
gnalétiqueet  des  services  ;  ti»  Indication  du  domicile- 

Les  dossiers  des  candidats  non  reçus  seront  renvo) 
l’intermédiaire  des  maires  des  communes  indiquées  u® 
pièce  n"  (). 

H.  Après  l’admission.  —Engagement  de  servir  P®“  ^  de* 
ans  au  moins  au  titre  de  l’activité  dans  le  corps  de  sa 
troupes  coloniales,à  partir  de  la  nominationau  grau 
major  de  2'=  classe.  -g  à  1* 

Les  docteurs  en  médecine  et  les  pharmaciens  au  et 
suite  du  concours  sont  nommés  aides-majors  de  2' c 
vont  suivre  à  Marseille,  pendant  un  an,  les  cours  ;  il* 

d'application  du  Service  de  santé  des  troupes  colon 


Liquide  ou  en  Capsules 
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la  Leacémie,  le  Psoriasis,  le  Lnpns  érythématenx,  etc. 

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Chaque  perléine  contient  0  gr.  025  de  GAIACAGODYL 
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Prix  du  flacon,  4  fr.  50. 

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pour  injections  hypodermiques  ;  un  centimètre  cube 
représente  0  gr.  05  cent,  de  GAICACODYL. 

Prix  de  la  boîte  de  15  ampoules,  5  fr. 

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par  jour. 

Prix  du  flacon,  4  fr.  50. 

P  n  1 1  T  T  C  C  ^  gouttes  représentent  un  centi- 
U  U  U  I  I  L  O  gramme.  Dose  :  25  gouttes  par  jour. 

Prix  du  avec  compte-gouttes,  3  fr. 

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H  m  I  U  U  L  L  U  cent,  cube  représente  0  gr.  05  de  sel. 

Dose  :  1  à  2  ampoules  par  jour. 

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2  à  4  pilules  par  jour. 


GOUTTES 

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MNE  CATILLON 


STROPHANTUS 


îiWTONE  CATILLON 


SXRQPHANTINE 


THYROIDE^^ 


Tltrf»,»st6riiis6,  cien  tolère,  Eflicacitô  oert; 

lODO-THYROÏDINE 

Principe  iodé,  mêmes  usages. 


LE  PROGRES  MÉDICAL 


A  NT  I CMBL  Sg 


Traitement  PHOSPHO-ARSENIO-HÉMATIOUë 


GHEMIIJS  DE  FER 
DE  PARIS-LYON-MEDITERRANEE 

Relations  entre  Paris,  Vichy, 
Clermont.  Royat. 

Train  rapide  quotidien  de  jour  composé 
de  voitures  de  classe  à  couloir  avec  la¬ 
vabos  etwater-closets.  Voiture  directe  à  lits- 
salon  entre  Paris  Vichy,  et  Clermont.  Va- 
gon-restaurant  dans  le  train  d'aller. 

Dessert  directement  ou  par  correspon¬ 
dance  ;  Pougues,  Ris-Châteldon,  Riom  (Chà- 
tel-Guyon),  Clermont,  Royat  et  Coudes 
(Saint-Nectaire). 

Aller  :  Paris,  dép.  11  h.  10m.  ;  Pougues,  arr. 
2  h.  37  s.  ;Vichy,  5  h.  04  ;  Ris-Chàteldon,  5  h. 
36  ;  Riom  (Chàtel-Guyon),  5  h.  47  :  Clermont- 
Ferrand,  Ci  h.  04  :  Royat,  6  h.  25  ;  Coudes 
(Saint-Nectaire),  7  h.  13. 

Retour  :  Coudes  (Saint-Nectaire),  dép. 
10  h.  m.  ;  Royat,  midi  25  ;  Clermont-Fer¬ 
rand,  midi  45  ;  Riom  (Châtel-Guyon),  1  h.  s.; 
Vichy,  1  h.  19  ;  Pougues,  3  h.  39  ;  Paris, 
arr.  6  h.  46.  Jusqu’au  30  septembre. 


rCHÎTÊLGÎÎYSÏ  31  Octobre.  ^  ( 


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^  1,  Ftossini,  ^ 

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PTIÂLÂDIES  DE  L’ESTOIflAC  et  de  lINTESTIN 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


525 


nortent  Funiforme  des  aides-majors  de  2'  classe  du  Service  de 
^té  de  ces  troupes  et  perçoiven  t  une  solde  mensuelle  de 
50  ;  il  leur  est  en  outre  alloué  une  première  mise  d’é- 
‘uipementde  uS  francs  réversible  au  Trésor  dans  les  cas  où 
ygn’accompliraient  pas  les  six  années  effectives  de  service  à 
rtir de  leur  nomination,  à  moins  qu’ils  n’aient  été  réfor¬ 
més  pour  cause  de  maladie.  Ils  concourrent  à  la  fin  del’annéd 
d’études  avec  les  aides-majors  de  leur  promotion  provenant 
des  Çcoles  militaires  du  Service  de  santé  et  prennent  rang 
avec  eux,  sur  la  liste  d’ancienneté  dans  le  grade  de  médecin 
ou  de  pharmacien  aide-major,  dans  l’ordre  de  classement  de 
sorlie.Pour  ceux  qui  n’obtiendraient  pas  à  ce  concours  le  mi¬ 
nimum  de  points  déterminé  par  le  Règlement  intérieur  de 
l’Ecole,  il  sera  fait  application  de  l’article  26  du  décret  du  3 
octobre  1905. 

1.— Composition  des  jurys.  —  i-  Médecins. —  1'  Un  médecin- 
inspecteur  des  troupes  coloniales,  Président  ;  2"  Trois  méde¬ 
cins  du  grade  de  médecin-major  de  P®  classe  au  moins,  dont 
un  choisi  par  les  professeurs  de  l’Ecole  d’application  du  ser¬ 
vice  desanté  des  troupes  coloniales.  Deux  médecins-majors 
de  1'  ou  de  2“  classe  sont,  en  outre,  nommés  membres  sup¬ 
pléants  et  appelés  à  faire  partie  du  jury  en  cas  d’absence  des 
^membres  titulaires. 

12“  Pharmaciens.  —  1°  Un  médecin-inspecteur  des  troupes 
coloniales,  Président  ;  2“  Un  pharmacien  principal  de  P»  ou 
de  2'  classe  des  troupes  coloniales  ;  3"  Deux  pharmaciens- 
majors  de  ou  de  2“  classe  des  troupes  coloniales  dont  le 
pharmacien  professeur  à  l’Ecole  d’application.  Deux  phar- 
ladens-majors  de  P“  ou  de  2“  classe,  sont,  en  outre,  nom- 
y  més  membres  suppléants  et  appelés  à  faire  partie  jury  en  cas 
d  absence  des  membres  titulaires. 

11.  —  Opérations  du  jury.  —  A.  Epreuves  écrites. —  P  Méde¬ 
cins.  Composition  sur  un  sujet  de  patholo  gie  générale.  . 

2*  Pharmaciens.  Composition  sur  une  question  d'histoire 
naturelle  des  médicaments  et  de  matière  médicale.  La  compo¬ 
sition  écrite  a  lieu  le  même  jour  et  à  la  même  heure  pour 
les  médecins  et  les  pharmaciens  (3  décembre,  à  9  heures  du 
matini.  Après  l’ouverture  de  la  séance,  chaque  membre  du 
jnry  dépose  un  sujet  de  question  dans  l’urne  et  la  question 
•  Irai^r  est  tirée  au  sort  en  présence  et  par  l’un  des  candi¬ 
dats.  11  est  accordé  quatre  heures  pour  cette  composition, qui 
floitêtre  faite  sans  l’aide  de  livres,  ni  de  notes,  sous  la  surveil¬ 
lance  d’un  membre  du  jury. Les  compositions  sont  écrites  sur 
au  papier  revêtu  du  cachet  du  Ministère  de  la  Guerre  (Direc- 
non des  troupes  coloniales,  3“  Bureau).  Chaque  candidat  ins¬ 
crit  en  tête  de  sa  feuille  ses  nom  et  prénoms  et  appose  sa  si- 
^ature  à  l’endroit  indiqué  au  moment  de  la  remettre  à  l’of- 
icier  surveillant. Chaque  composition  est  placée  par  l’officier 
surveillant  dans  une  enveloppe  distincte  sur  laquelle  il  ap- 
I  pose  un  numéro  d'ordre  après  l’avoir  cachetée.  Toutes  les 
propositions  ainsi  cachetées  et  numérotées  sont  renfermées 
jUs  une  autre  enveloppe  qui  est  également  cachetée  et  re- 
Président  du  jury.  Cette  enveloppe  est  ouverte  en 
P  ^nce  des  candidats  qui  lisent  eux-mêmes  leurs  composi- 
t  J  ''®  devant  le  jury.  Chaque  candidat  sera  suivi  dans  sa  lec- 
i  fe  par  un  de  ses  concurrents. 

%^:^P>^^tves  orales.  —  Les  sujets  des  diverses  épreuves  sont 
'  Plh  par  les  jurys  avant  la  séance,  renfermés  dans  des 
déposés  dans  l’urne.  Chaque  candidat  est  ap- 
^ev  à  tirer  de  l’urne  le  pli  contenant  le  sujet  qu’il 

sqJ®  L’ordre  dans  lequel  les  candidats  sont  appelés  à 

^esa  ^  épreuves  orales  est  déterminé  par  le  sort. Les  épreu- 
diver  pur  le  jury  doivent  répondre  au  programme  des 
a  examens  de  doctorat  en  médecine  ou  de  pharmacien 
'  de  1''“  classe.  Elles  ne  comportent  ni  les  ques- 

i  etc.,  l'.®^lleulières  des  maladies  spéciales  toreilles,  nez, larynx 
f  Ptàtiq^®*  °P®^utions  qui  sortentde  la  chirurgie  courante 

>  E.xamen  clinique  do  deux  malades  atteints, 

gicjiç  affection  médicale,  l’autre  d'une  affection  chirur- 
•oiio^^aque  candidat  expose  devant  le  jury  le  résultat  de 
U^n^^'^ution  clinique  et  les  résultats  pratiques  à  en  tirer 
de  cette  épreuve,  examen  et  exposé  oral,  ne  doit  pas 


dépasser  quarante-cinq  minutes.  —  b)  Epreuve  de  médecine 
opératoire  précédée  de  la  description  de  la  région  sur  la¬ 
quelle  elle  doit  porter.  La  durée  de  cette  épreuve  n’est  pas 
limitée.  Il  est  accordé  au  candidat  dix  minutes  de  réflexion 
avant  de  commencer.  —  (}  Interrogation  sur  l’hygiène.  La  du¬ 
rée  de  cette  épreuve  est  de  quinze  minutes.  j 

2“  Pharmaciens. a)  Interrogations  sur  la  physique, la  chimie, 
l’histoire  naturelle  et  la  pharmacie.  —  b)  Préparation  d’un  ou 
plusieurs  médicaments  inscrits  au  Codex  et  détermination  de 
substances  diverses,  minéraux  usuels,  drogues  simples, plan¬ 
tes  sèches  ou  fraîches,  médicaments  composés.  Avant  de  com¬ 
mencer  leur  préparation,  les  candidats  doivent  indiquer  par 
écrit  les  produits  et  les  instruments  dont  ils  ont  besoin  ainsi 
que  les  doses  à  employer.  —  c)  Epreuve  de  chimie  analyti¬ 
que  :  Recherche  des  acides  et  des  bases  renfermés  dans  deux 
ou  plusieurs  sels  solides  ou  dissous.  La  durée  de  chacune  de 
ces  interrogations  est  de  vingt  minutes,  le  jury  fixe  lui- 
même  la  durée  de  ces  préparations. 

C.  Notes  et  coefficients. —  L’appréciation  de  chacune  des 
épreuves,  écrites  et  orales,  est  estimée  par  un  chiffre  compris 
entre  0  et  20.  Les  notes  sont  multipliées  par  des  coefficients 
fixés  ainsi  qu’il  suit  : 

Médecins.  Composition  écrite,  12  ;  examen  et  clinique,  15  ; 
médecine  opératoire,  12  ;  interrogation  sur  l’hygiène,  10. 

Pharmaciens.  —  Composition  écrite,  12  ;  interrogation  sur 
la  physique  et  la  chimie,  10  ;  interrogation  sur  l’histoire  na¬ 
turelle  et  la  pharmacie,  10  ;  préparation,  12  ;  épreuve  de  chi¬ 
mie  analytique,  15. 

La  liste  des  candidats  classés  par  ordre  de  mérite  et  en  te¬ 
nant  compte  des  majorations  auxquelles  ils  peuvent  avoir 
droit  est  adressée,  avec  les  procès-verbaux  des  séances,  au 
Ministre  (Direction  lies  troupes  coloniales,  3“  Bureau),  qui  ar¬ 
rête  le  nombre  des  candidats  dans  le  cas  d’être  nommés  mé¬ 
decins  ou  pharmaciens  aides-majors  de  2“  classe  des  troupes 
coloniales  et  fait  connaître  aux  intéressés  le  résultat  de  leur 
concours. 

Dans  les  Facultés  de  médecine  suisses. 

Il  y  avait  pendant  l’été  1906  : 


Bàle .  141  hommes.  5  femmes. 

Berne .  160  -  338  — 

Genève..  ..  184  —  159  — 

Lausanne...  140  —  322  — 

Ziirich .  261  —  174  — 


Total  :  1.884  étudiants  en  médecine,  comprenant  886 
hommes  et  998  femmes.  Sur  les  1.884,  553  seulement  étaient 
de  nationalité  suisse. 

Circulaire  adressée  aux  préfets  parle  ministre  de  l’in¬ 
térieur  relative  à  i’organisation  et  au  fonctionne¬ 
ment  du  service  de  désinfection. 

Paris,  le  28  juillet  1906. 

Monsieur  le  préfet. 

Le  Journal  officiel  du  19  juillet  1906  contient  le  texte  d’un 
décret,  signé  le  10  juillet,  par  M.  le  Président  de  la  République, 
et  dont  l'importance  ne  vous  a  pas  échappé.  Ce  décret  porte  rè¬ 
glement  d'administration  publique  sur  les  conditions  d’organisa¬ 
tion  et  de  fonctionnement  du  service  de  désinfection. 

Ce  décret  est  le  dernier  de  ceux  prévus  par  la  loi  du  15  février 
1902,  relative  à  la  protection  de  la  santé  publique  ;  déjà  avaient 
été  promulgués,  le  20  février  1903,1e  décret  sur  la  désignation  des 
maladies  entraînant  la  déclaration  ;  le  27  juillet  1903,  le  décret 
portant  règlement  d’administration  publique  sur  la  vaccination 
et  la  revaccination,  puis  le  décret  du  3  juillet  1905,  portant  rè¬ 
glement  d'administration  publique  pour  déterminer  les  condi¬ 
tions  d'organisation  et  de  fonctionnement  des  bureaux  munici¬ 
paux  d'hygiène. 

Par  le  décret  du  19  juillet  que  je  vous  signale,  l’œuvre  législa¬ 
tive  se  trouve  enfin  close  ;  il  reste  à  lui  faire  produire  son  plein 
effet  :  c'est  à  quoi  je  vous  invite  de  façon  pressante  à  consacrer 
votre  ellort. 

Nulle  tâche  n’est  plus  digne  de  solliciter  votre  zèle  ;  nulle  ne 
présente  une  plus  haute  importance  sociale. 


526 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


Soigner  et  secourir  les  malades  est  bien,  prévenir  les  malades 
est  évidemment  mieux  et  il  faut  faire  pénétrer  dans  l’esprit  pu¬ 
blic  cette  vérité  aujourd’hui  incontestable,  que  les  maladies  qui 
font  le  plus  grand  nombre  de  victimes  sont  heureusement  celles 
aussi  que,  grâce  à  une  hygiène  sociale  judicieusement  organisée, 
on  peul  le  plus  aisément  éviter,  que  ces  fléaux  :  fièvre  typhoïde, 
typhus,  variole,  scarlatine,  diphtérie,  choléra,  peste,  etc.,  et  la  tu¬ 
berculose  elle- môme,qui  déciment  si  souvent  les  agglomérations, 
sont  de  ces  ennemis  dont  l’homme  a  appris  l’art,  sinon  de  triom¬ 
pher,  du  moins  d’éviter  presque  sûrement  la  dangereuse  atteinte. 

La  loi  de  1902  et  le  décret  du  19  juillet  affirment  avec  force  et 
précision  que  si  la  collectivité  a  des  devoiis  envers  l’individu,  elle 
a  aussi  des  droits  sur  lui  et  que  l’un  de  ces  droits  essentiels, 
lorsqu’un  individu,  quel  qu'il  soit,  riche  ou  pauvre,  est  atteint 
d’une  de  ces  maladies  transmissibles,  de  le  contraindre  à  pren¬ 
dre  ou  au  besoin  à  subir  toutes  les  mesures  propres  à  empêclier 
la  dissémination  des  germes  pathogènes  issus  de  lui.  Ils  affirment 
que  l’individu  atteint  de  fièvre  typhoïde,  par  exemple,  et  dont 
les  linges  souillés  et  les  déjections  dispersés  au  hasard  vont  pol¬ 
luer  les  eaux  et  contaminer  le  voisinage  constitue  pour  le  public 
un  plus  grave  danger  qu’un  fou  furieux  et  qu’il  y  a  un  véritable 
crime  social  à  ne  point  prendre  à  son  égard  les  simples  précau¬ 
tions  d’isolement  et  de  désinfection  que  la  science  assigne  et  qui 
permettent  de  circonscrire  l’œuvre  de  mort. 

La  désinfection,  avait  dit  la  loi  de  1902  en  son  article  7,  est 
obligatoire  pour  tous  les  cas  de  maladies  prévues  à  l'article  4  et 
nommément  désignées  dans  le  décret  du  10  février  1903  ;  et  la  loi 
avait  ajouté  ;  «  Les  mesures  de  désinfection  sont  mi.ses  à  exé¬ 
cution,  dans  les  villes  de  20,000  habitants  et  au  dessus,  par  les 
soins  de  l’autorité  municipale,  et  dans  les  communes  de  moins  de 
20,000  habitants,  par  les  soins  d’un  service  départemental.  »  Le 
nouveau  décret  détermine  les  conditions  dans  lesquelles  ces 
deux  services  doivent  être  organisés  et  fonctionner. 

D'abord,  il  donne  au  mot  «désinfection»  son  sens  précis  et 
complet  ;  il  ne  s'agit  point,  pour  commencer  la  dé  sinfection, 
d’attendre  la  mort  ou  la  guérison  du  malade  ;  à  tarder  ainsi,  on 
risquerait  le  plus  souvent  de  faire  œuvre  vaine  ;  sans  doute  ce 
n’est  qu'à  ce  moment  qu’on  pourra  effectuer  la  désinfection  to¬ 
tale  des  locaux  occupés  par  lui:  mais  nul  n’ignore  et  n’a  plus  le 
droit  d’ignorer  aujourd  hui  que,  pour  être  efficace,  la  lutte  con¬ 
tre  les  germes  pathogènes  doit  être  entreprise  dès  le  début  et 
pendant  tout  le  cours  de  la  maladie.  Un  typhique,  un  varioleux, 
un  scarlatineux  peut,  avant  de  guérir  ou  de  mourir,  contaminer 
un  grand  nombre  de  personnes  à  l’égard  desquelles  les  pouvoirs 
publics  assument  de  ce  fait  la  plus  redoutable  des  responsabilités 
C'est  donc,  sur  ce  point  le  décret  e^^t  aussi  netqu’imp*érieux,  pen¬ 
dant  tout  le  cours  de  la  maladie  que  la  désinfection  doit  être  as¬ 
surée. 

Et  cette  désinfection  est,  à  un  double  point  de  vue,  obligatoire 
pour  les  individus  qui,  sous  aucun  prétexte, ne  sauraient  s’y  sous¬ 
traire,  obligatoire  pour  les  services  publics,  municipaux  et  dé 
partementaux  qui  doivent  y  procéder. 

Est-ce  à  dire  qu’un  monopole  municipal  ou  départemental  soit 
institué  ?  Nullement,  et  les  particuliers  sont  libres  de  s’adresser, 
s’ils  préfèrent,  à  quelque  entreprise  privée  de  désinfection,  mais 
s'ils  peuvent  ne  point  faire  appel  au  service  public,  ils  en  doivent 
toujours  accepter  le  contrôle.  Ce  n’est  point  un  simulacre  de  dé- 
sinfeétion  que  la  loi  rend  obligatoire,  c’est  une  opération  vrai¬ 
ment  efficace  et  la  gène  qu'elle  entraîne  provisoirement  ne  peut 
d’ailleurs  être  supportée  qu'à  la  condition  même  que  l’efficacité 
de  l’opération  compense  ce  petit  sacrifice. 

Dans  les  villes  de  plus  de  20,00j  habitants,  où  un  bureau  d’hv- 
giène  doit  être  organisé,  le  service  de  désinfection  sera  assumé 
par  ce  bureau  dont  il  sera  une  des  attributions  essentielles.  Vous 
aurez,  sur  ces  deux  points  connexes,  constitution  des  bureaux 
d  hygiène,  organisation  du  service  de  désinfection,  à  promouvoir 
l’initiative  des  municipalités.  Je  me  plais  à  espérer  qu’il  ne  s'en 
rencontrera  point  qui  n'ait  conscience  de  son  devoir.  La  loi, d’ail¬ 
leurs,  est  formelle  ;  l'ignorance  des  uns,  l'indifférence  svstemali- 
que  des  autres,  ne  saurait  en  paralyser  l'effet.  L'obligation  est 
aussi  impérieuse  en  matière  de  désinfection  qu’en  matière  d'ins¬ 
truction  primaire.  Si  quelque  municipalité  de  grande  ville,  ou 
rétrograde  ou  négligente,  restait  sourde  à  votre  invitetion,  puis 
à  votre  mi.se  en  demeure,  la  loi  donne  au  Gouvernement  le  droit 
et  lui  fournit  le  moyen  de  lui  imposer  l’accomplissement  de  son 


devoir.  Plusieurs  villes  ont,  les  unes  depuis  longtemps,  les  au¬ 
tres  depuis  peu.  devancé  la  loi  ;  il  nous  appartient,  monsieur  le 
préfet,  d’inciter  les  retardataires  à  suivre  cet  exemple  et  au  be- 
soin  de  les  y  contraindre. 

Dans  l’ensemble  des  communes  de  moins  de  20,000  habitants, 
dans  chacune  desquelles  on  ne  pouvait  songer  à  établir  un  ser¬ 
vice  autonome,  c’est  un  service  départemental  dont  la  loi  pres¬ 
crit  lacréation.  Cette  tâche  est  aussi  urgente  ;  elle  est,certes,plns 
délicate  et  pour  bien  la  mener  à  bien  il  ne  faudra  pas  moins  que 
tout  votre  effort  personnel.  A  la  vérité,  c’est, ici, le  conseil  général 
qui  délibère,  après  avis  du  conseil  départemental  d’hygiène,  sur 
la  création  des  postes  de  désinfection,  sur  la  composition  et  la 
rétribution  du  personnel  ;  c’est  luiqui  vote  les  crédits  nécessaires 
à  l'acquisition  et  à  l'entretien  du  matériel  et  au  fonctionnement 
du  service  ;  c’est  lui  qui .  en  se  conformant  aux  règles  fixées  par  le 
titre  111  du  décret,  arrête  le  tarif  des  taxes  de  remboursement. 
Mais  votre  action  personnelle  est  considérable  ;  sans  elle, rien  ne 
peut  aboutir. 

11  faut  que  dès  demain  chacun  prépare  la  mise  en  œuvre  delà 
loi;  si  dans  votre  département  n’a  point  été  organisé  le  service 
spécial  de  contrôle  et  d’inspection  prévu  à  l’article  19  de  la  loi 
du  15  lévrier  1902,  vous  aurez  d’abord  à  désigner  un  membre 
du  conseil  départemental  d'hygiène  qui,  à  défaut  du  chef  de  ce 
service  spécial,  sera  votre  collaborateur  immédiat.  Cette  désigna¬ 
tion  peut  avoir  une  importance  capitale,  et  il  est  certain  que, 
dans  une  large  mesure,  tant  vaudront  les  hommes,  tant  vaudra 
l’œuvre  ;  que  ce  choix  vous  soit  dicté  par  l’unique  souci  du  bien 
public  ;  cette  fonction  ainsi  que  celle  des  délégués  des  commis¬ 
sions  sanitaires  prévues  par  le  décret  ne  sera  pointune  sinécure; 
elle  pourra  être  rémunérée  dès  que  le  service  fonctionnera  effec¬ 
tivement  ;  il  serait  équitable  qu’elle  le  fût. 

D'urgence, vous  saisirez  le  conseil  départemental  d’hygiène  que 
vous  réunirez  à  cet  effet.  Vous  n'attendrez  point  qu’il  ait  termi¬ 
né  son  travail  prépara' oire  avant  de  saisir  à  son  tour  le  conseil 
général,  à  quelque  moment  en  effet  que  cette  assemblée  reçoive 
par  vous  la  première  communication  de  cette  affaire  ;  elle  ne 
voudra  et  ne  pourra  vraisembablement  point  se  prononcer  sur 
l’heure  ;  elle  mettra  la  question  à  l'étude  et  en  chargera,  selon 
ses  traditions  constantes,  une  commission  qu’elle  invitera  à  lui 
préparer,  pour  la  session  suivante,  un  rapport,  un  plan  et  un 
devis  détaillés.  Nous  pourrons  gagner  un  semestre  si  dès  la  ses¬ 
sion  d'août,  vous  présentez  au  conseil  général  une  premier  rap¬ 
port  sur  le  décret  du  10  juillet  et  sur  le  service  dont,  en  vertu  de 
la  loi,  ce  décret  prescrit  et  définit  la  constitution,  et  si  vous  in¬ 
vitez  le  conseil  général  à  nommer  immédiatement  une  commis¬ 
sion  à  laquelle  le  conseil  départemental  d’hygiène  transmettra 
ses  propositions  conformément  à  l’article  4",  dès  qu’elles  seron 

arrêtées.  Moi-même  je  ne  manquerai  pas  de  vous  communiquer 
ultérieurement,  et  le  plus  tôt  possible,  des  instructions  détaillées 
qui,  je  l’espère,  guideront  utilement  et  simplifieront  votre  tacn  , 
elles  tendront  à  vous  montrer  que,  à  peu  de  trais  en  sornme.  on 
peut  et  l’on  doit  obtenir  d’excellents  résultats  ;  elles  s  inspire 
ront,  au  point  de  vue  technique,  des  avis  si  hautement  autorise 
du  conseil  supérieur  d’hygiène.  , 

Parla  mise  en  œuvre  de  telles  lois,  la  mission  des  préfets  e 
vient  chaque  jour  plus  complexe,  mais  chaque  jour  aussi  P 
intéressantes  plus  digne  des  efforts  d’hommes  d  ^ 

d’action.  Ces  lois  sont  l’honneur  de  la  République  ;  travaillei 
en  assurer  l’exécution  est  l’un  des  moyens  les  plus  efficaces  e 
bien  servir.  Je  suivrai  avec  une  particulière  attention  tout 
vous  ferez  en  ce  sens  ;  et  je  vous  saurai  gré  de  l’activité  mo 
dique  et  tenace  que  vous  déploierez  pour  faire  produire 
de  1902  et  au  présent  décret  leur  maximum  d’effet  utile 
jussifier  ainsi  aux  yeux  de  tous  le  titre  même  delà  loi 
«  la  protection  de  la  santé  publique  B .  G.  Clémbmce 

LES  CONGRÈS 

Association  française  de  chirurgie- 

(I9«  Congrès,  1-6  octobre  19f 6.) 

Le  Congrès  s’ouvrira  à  Paris,  à  la  Faculté  de 
lundi  D"-  octobre  1907,  sous  la  présidence  de  -M- 
professeur  à  l’Ecole  de  médecine  d' Angers, chirurgien  n 
tel-Dieu  d’Angers. 

Trois  questions  ont  été  mises  à  l'ordre  du  jour  du  ^ 


I,K  PROGRÈS  MEDICAL 


,  rfiirurgie  des  gros  tvvncs  nerveux  ;  rapporteurs:  MM.  Le- 
•*  -Pt  Morestin  iParis).  — >  Kctoine  tesliculaire  et  ses  compli¬ 
quons  ;  rapporteurs  :  MM.  Souligoux  (Paris)  et  Villard 
?  Voies  et  mogeiis  d'accé-:  d'i’is  le  lliorac  au  point  de 

0eop'ératoire,  par  MM.  'Willetns  (Gand)  et  Loison  (agrégé  au 

Vâl-de-Gràce). 

yy  les  membres  de  l’Association  sont  priés  d  envoyer, 
vant  le  30  juillet,  le  litre  et  les  conclusions  de  leurs  commu- 
îications,  à  M.  le  D'  Walther,  secrétaire  général,  68,  me  de 
BdUchasse,  Paris.  Fendant  la  durée  du  Congrès,  une  Expo¬ 
sition  d’instruments  de  chirurgie,d  objets  de  pansement.élec- 
tricilé  médicale,  etc.,  sera  installée  dans  le  grand  vestibule 
de  la  Faculté  de  médecine.  Pour  tous  renseignements  con¬ 
cernant  le  Congrès,  s’adresser  au  secrétaire  général. 


Ce  Congrès,  sous  le  Patronage  de  M.  Armand  Fallières, 
Président  de  République,  et  avec  le  concours,  comme  prési¬ 
dents  d’honneur,  de  M.  le  ministre  des  afïaires  étrangères  et 
deM.  le  ministre  de  l’intérieur,  doit  se  réunir  à  Paris  du  22 
au  24  octobre  1906. 

Les  cotisations  au  Congrès  doivent  être  envoyées  à  M.  Loys 
Brueyre,  trésorier  de  l'Association  française  10,  rue  Pasquier, 
Paris  (8'  Arr.).  Les  Comités  nationaux  sont  priés  de  faire  con¬ 
naître  avant  lel"’  septembre  le  nomde  leurs  délégués  et  d'en- 
ïoyerà  l’adresse  ci-dessus  les  cotisations  correspondantes. 

Congrès  international  de  la  tuberculose. 

Les  Membres  du  comité  de  ce  Congrès  annoncent  l’ouver¬ 
ture  pour  le  14,  15  et  16  novembre  1906  à  New-York  (U. -S.). 


Iode  bisublimé . 

lodure  de  sodium . 

Glycérine  neutre . 

Eau  distillée  de  menthe 


Sirop  de  tolu .  lOÔ  gr. 

Sirop  de  fleurs  d’oranger .  50  gr. 

Eau  distillée  Q.  S.  P .  310  gr. 

par  cuill.  à  soupe  toutes  les  2  heures. 

(ScHEFFLER,  de  St-Etieiine). 


Appliquer  sur  le 
Ichthyol... 
Oxyde  de  z 
■Vaseline. . 
lu  bien  : 


-  Contre  la  blépharite. 

bord  des  cils  l’une  des  pommades  : 
.  0  gr.  20 


Acide  arsénieux . 

Bromhydrate  de  quinine. .. . 
Poudre  de  fève  de  Saint-Igna 
Extrait  mou  de  quinquina. . . 
pour  1  pilule,  4  à  5  par  jour. 

LXIII.  —  Contrôles  m« 

Pilocarpine . 

Sirop  de  fleurs  d’orangers  . . . 
Eau  distillée  de  tilleul . 


nillerées  à  soupe  par  jot 


.  0  gr.  01 

.  20  gr. 

.  100  gr. 

à  2  ou  3  heures  d’intervalle. 


LVIII.— Contre  la  toux  quinteuse  des 
âge. 

Teinture  d'aconit . 

Teinture  de  belladone . '. . . . 

Eau  de  laurier-cerise . 

Sirop  de  codéine . 

—  tolu . 

—  violettes . 

Infusion  de  tilleul . 

'  cuill.  à  dessert  toutes  les  2  heures. 


LIX.—  Contre  la  pharyngite  chronique. 


Natalité  de  Paris.  —  Du  dimanche  29  au  Samedi  4  août 
1906.  les  naissances  ont  été  au  nomore  de  985,  se  décomposant 
ainsi  :  légitimes  751,  illégitimes  234. 

Mortalité  a  Paris.  —  Population  d'après  le  recensemen’  te 
l9ül  :  2.660.559  habitants.  Les  deces  ont  ete  au  nombre  de  873, 
savoir:  488  hommes  et  385  femmes.  Les  décès  sont  dus  aux 
causes  suivantes  ;  Fièvre  typnoide  (typuus  abdomin.)  :  4.  — 
Typhus  exanthématique  :  0.  —  Fièvre  intermittente  et  cachexie 
palustre  :  0.  —  "Variole  :  0.  —  Rougeole  :  6.  —  Scarlatine  :  1. 

—  Goqueiucne  ;  0.  —  Diphtérie  et  Group  :  1.  —  Grippe  :  0. 

—  Gholéra  asiatique  :  0.  —  Ghoiéra  nostras  :  1.  —  Autres 
maladies  epidemiques  :  2.  —  Tuberculose  des  poumons  :  168.  — 
Tuberculose  des  méningés  :  22.  —  Autres  tuberculoses  :  16.  — 


mer,  tous  les  , 
coton  le  phar; 


meurs  malignes  :  61.  —  Méningit 
lorrhagique  et  ramollissement  du 


jours,  avec  un  pinceau  ou 
vec  la  mixture  : 


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528 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


—  Maladies  organiques  du  cœur  :  47.  —  Bronchite  aiguë  :  3. 

—  Bronchite  chronique  :  6.  -  Pneumonie  ;  8.  —  Autres  affec¬ 
tions  de  l'appareil  respiratoire  :  51.  —  Affections  de  l’estomac 
(cancer  exc.)  :  2.  -  Diarrhée  et  entérite  de  0  à  1  an  :  sein  ;  12  ;  au¬ 
tre  alimentation:  116. —  Diarrhée  et  entérite  de  1  à2ans:  17. —  Her¬ 
nies.  obstruction  intestinale:  14.  —  Cirrhose  du  foie  :  13. —  Néphrite 
et  mai  de  Bright:  25.  —  Tumeurs  non  cancéreuses  et»  autres  ma¬ 
ladies  des  organes  génitaux  (femmes)  :  3.  —  Sêpticémie  puerpérale 
(fièvre,  péritonite,  phlébite  puerpérale)  :  4.  —  Autres  accidents 
puerpéraux  de  la  grossesse  et  de  l’accoucnement  :  1.  —  Débilite 
congénitale  et  vices  de  conformation  :  21.  —  Débilité  sénile  :  36. 
_ Morts  violentes  :  26.  —  Suicides  :  6.  —  Autres  maladies  :  107. 

—  Maladies  inconnues  ou  mal  définies  :  10. 

Mort-nés  et  morts  avant  leur  inscription  :  65,  qui  se  décom¬ 
posent  ainsi  :  légitimes  45,  illégitimes  20. 

Ecole  préparatoire  de  médecine  de  Grenoble.  —  Un  con¬ 
cours  s’ouvrira  le  18  février  1907  devant  la  Faculté  mixte  de  mé¬ 
decine  et  de  pharmacie  de  l’université  de  Lyon,  pour  l'emploi  de 
suppléant  des  chaires  d’anatomie  et  de  physiologie  à  l’école  prépa¬ 
ratoire  de  Grenoble.  Le  registre  d’inscription  sera  clos  un  mois 
avant  l’ouverture  dudit  concours.  —  Un  concours  s’ouvrira  le  4 
février  1907,  devant  l'école  préparatoire  de  médecine  et  de  phar¬ 
macie  de  l’université  de  Lyon  pour  l’emploi  de  chef  des  travaux 
de  physiologie  à  l’école  de  Grenoble. Le  registre  d’inscription  sera 
clos  un  mois  avant  l'ouverture  dudit  concours. 

Ecole  navale  annexe  de  Brest.  —  Un  concours  pour  l’em¬ 
ploi  de  professeur  de  physique  biologique  à  l’école  annexe  de 
Brest  sera  ouvert  dans  ce  port  dans  le  courant  d’octobre.  Un  con¬ 
cours  pour  un  emploi  de  prosecteur  d’anatomie  à  l’école  annexe 
de  médecine  navale  de  Brest  sera  ouvert  dans  ce  port  le  15  octo¬ 
bre  1906. 

Conférence  internationale  de  la  tuberculose.  —  Cette 
conférence  aura  lieu  cette  année  à  La  Haye,  du  6  au  8  septembre, 
sur  l’invitation  de  l’Association  néerlandaise  contre  la  tubercu- 

Médecins  conseillers  généraux.  —  M,  le  D''  Aimé,  républi¬ 
cain,  vient  d’être  nommé  conseiller  général  du  canton  de  Nancy- 
Ouest. 

Nécrologie. —  Nous  avons  le  regret  d’apprendre  la  mort  de 
MM.  les  docteurs  Subervie,  inspecteur  honoraire  du  service  des 
enfants  du  premier  âge,  et  Devouges  (de  Gorbeil). Mardi,  ont  eu  lieu 
les  obsèques  de  M.  Géraudel,  pharmacien  à  Sainte-Menehould, 
l’inventeur  des  pastilles  qui  portent  son  nom.  (La  Dépêche,  9  août 
1906.) 

Mot  DE  la  fin.  —  Un  monsieur  rendant  visite  à  une  amie  : 
Inutile  de  vous  demander  ce  que  vous  avez  pour  déjeuner,  chère 
dame,  ça  vous  sent  une  petite  odeur  de  cochon  grillé.  —  Mon 
médecin  vient  de  me  faire  des  pointes  de  feu  !  !  ! 


AVIS.  —  Toute  demande  de  numéros  doit  êi 
accompagnée  du  montant  de  leur  valeur,  soit  Ofr  ^ 
pour  les  numéros  ordinaires,  0  fr.  6G  pour  i 

Numéro  des  étudiants.  * 


BULLETIN  BIBLIOGRAPHIQUE 


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riérés  de  Bicêtre  et  de  Vallée  pendant  l’année  1904. 

Par  BOURNEVILLE 

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découvert  par  M.  Louis  DEQUËANT.  pharmacien. 
de  Clignancourt,  Paris.  (Mémoires  déposés  à 
Médecine,  23  mars  1897, 8  mai  1898).  L'extrait  de  ces  Mémo 
est  adressé  gracieusement  à  tous  les  médecins  qm  ^ 
feront  la  demande.  Renseignements  gratuits  et  prix 
pour  tous  les  membres  du  corps  médical.  ^ 


Le  Rédacteur-Gérant  : 


iHPRiiiBRis  Daix  frères  et  Thiron,  Clermoht 
Maiton  apéciaie  pour  publicationa  périodiquea  médical 


35- année.  3»  SERIE.  T.  XXII.  N»  34.  BUREAUX  :  RUE  DES  CARMES,  14  25  AOUT  1906 

Le  Progrès  Médical 


gOMWAIRE  :  Clinique  médicale  :  L’ankylostomiase  chez  les 
mineurs  d’après  les  derniers  travaux,  par  Fabre.  —  Bulletin  : 
Les  manoeuvres  du  service  de  santé,  par  Lombard.  — Sociétés 
Savantes  :  Société  de  Pédiatrie  :  Rapports  de  l'adénoïdite  et 
de  l’entérite,  par  Guinon  ;  Exostoses  de  croissance,  par  Seves- 
tre  ;  Deux  cas  de  paralysie  diphtérique,  par  Guinon  et  Pater  ; 
Un  cas  de  collapsus  grave  au  cours  de  l’eczéma  chez  un  nour¬ 
risson,  par  Boulloche  et  Grenet  (c.  r.  de  Ch. -H.  Petit-Vendol). 
_  Congrès  des  aliénistes  et  neurologistes  de  langue 
française  :  La  responsabilité  des  hystériques,  par  Leroy  ;  Rap¬ 
port  du  traumatisme  et  de  la  paralysie  générale,  par  Brissaud  ; 
Deux  cas  de  tumeurs  du  corps  calleux  avec  autopsie,  par  Ray¬ 
mond  ;  Myxœdème  et  mongolisme,  par  Bourneville  ;  Microcé¬ 
phalie  familiale  ;  Hydrocéphalie  congénitale  ;  Sur  quelques  ca¬ 


ractères  de  certaines  formes  de  nymphomanie,  par  Ballet  ;  Deux 
cas  de  confusion  mentale  liés  à  la  fièvre  typhoïde  et  à  la  scarla¬ 
tine,  séro-diagnostic  et  étude  bactériologique,  parTatyet  Ghau- 
raier.  —  Bibliographie  :  Hygiène  alimentaire,  comment  on  se 
nourrit  aujourd’hui?  par  Diffloth  ;  La  marche  du  choléra  de  1902 
à  1906,  par  Peyron  ;  La  responsabilité,  étude  de  socio-biologie 
et  de  médecine  légale,  par  Morache.  —  Médecine  pratique  ; 
Le  formiate  de  quinine  ou  quinoforme,  par  Fontoynont.  — Va¬ 
ria  :  Enseignement  professionnel  des  infirmières  ;  Hôpital  Laën¬ 
nec,  isolement  et  traitement  des  tuberculeux  ;  Un  bel  exemple  à 
suivre  ;  Empoisonnement  mortel  par  le  véronal  ;  Le  lait  de  l’As¬ 
sistance  publique  et  les  domaines  administratifs.  —  Les  congrès  ; 
Programme  du  congrès  d’hygiène  et  d’assistance  de  Tourcoing. 
—  Thérapeutique.  —  Formules.  —  Nouvelles. 


CLINIQUE  JIP]1)ICALE 

L’ankylostomiase  chez  les  mineurs  d’après 
les  derniers  travaux; 

Par  le  b'  Paul  FABRE  (Commenlpy)  (1) 

Membre  correspondant  de  l’Académie  de  Médecine 
Médecin  en  chef  de  ITIopital  de  Commentry 
Membre  honoraire  de  l’Académie  Royale  de  médecine  'de  Belgique 

Les  SYMPTOMES  DE  l’ankylostomiase.  —  Si  le  bio¬ 
logiste  a  le  droit  et  même  le  devoir  d’être  satisfait  des 
recherches  récentes  sur  la  vie,  l’évolution  et  les  mi¬ 
grations  de  l’ankylostome  duodénal,  par  contre,  le 
médecin,  le  clinicien  éprouvera  encore,  nous  paraît-il, 
plus  d'une  déception  lorsqu’il  tentera  d’établir  la 
symptomatolgie  de  l’Ankylostomiase.  Elles  sont  bien 
curieuses,  en  effet  et,  fort  intéressantes  les  révélations 
lui  nous  ont  été  récemment  faites  sur  le  mode  de  pé¬ 
nétration  des  larves  d’ankylostome  dans  l’organisme. 

Annoncées  par  Looss  (au  Caire),  niées  par  Lichtens- 
Icrn,  confirmées  par  Schaudinn,  ces  recherches  et  ces 
découvertes  ont  été  complètement  mises  en  lumière 
Pne  Lambinct  (de  Liège),  par  Calmette  et  Breton  (  à 
Lue), par  Herman  (àMons)  parSabrazès  (de  Bordeaux), 
«c.On  lira  avec  intérêt  dans  le  Bulletin  de  l'Académie 
^yale  de  Médecine  de  Belgique  un  nouveau  mé- 
“luu'e  de  M.  Lambinet  sur  le  trajet  des  larves  d’anky- 
ostome  à  travers  les  organes,  après  infection  cutanée 
•P-  <62  et  77.5)  et  le  rapport  de  M.  Firket,  sur  ce  tra- 
nd  (page  685-6).  11  résulte  de  ces  nouvelles.recherches 
pé  rapidement  amenées  au  poumon  par  la  circulation, 
jCs  larves  d’ankylostonie  s’étant  introduites  à  travers 
sont  arrêtées  par  l’étroitesse  des  capillaires  du 
eau  alvéolaire  et  perforent  les  dernières  artérioles  ; 
peuvent  tomber  dans  les  alvéoles  pulmonaires 
dans  les  dernières  ramifications  bronchiques  ;  de 
uaouvements  de  rotation  les  font  remonter  a  la 
jusque  dans  la  trachée  et  la  gorge,  d’où  elles 
etfent  par  déglutition  dans  les  voies  digestives, 
•^uns  ce  trajet, les  larves  rencontrent  les  glandes 
filé  .““Uqueuse,  et  on  les  voit  s’enfoncer  dans  la  ca- 
(îes  glandes  culbutant  les  cellules,  perforant  la 
■^....^^^omme  elles  perforent  les  gaines  folliculaires 

Progrès  médical,  1905,  n"  du  8  avril,  du  17  juin  et  du 
®‘’Pp.  2i3f369,et  457. 


lors  de  l’infection  cutanée.  Peut-être  même  certaines 
larves  peuvent  elles,  au  sein  de  la  paroi  trachéale, 
pénétrer  de  nouveau  dans  des  veinules  et  refaire  dans 
la  circulation  sanguine  un  trajet  qui  les  ramène  rapi¬ 
dement  au  poumon,  à  peu  près  comme,  dans  la  tuber¬ 
culose,  le  bacille,  repris  par  les  lymphatiques  pulmo¬ 
naires,  peut  être  ramené  au  cœur  droit  et  de  là  au 
poumon.  Certaines  préparations  tendent  à  le  faire 
croire,  et  s’il  en  est  ainsi  dans  la  trachée,  il  est  proba¬ 
ble  que,  dans  les  cloisons  conjonctives  interlobulaires, 
un  phénomène  semblable  peut  aussi  se  produire  ; 
des  larves  ainsi  introduites  par  effraction  dans  le  ré¬ 
seau  pulmonaire  seraient  alors  ramenées  au  cœur 
gauche  et  de  là  disséminées  dans  les  organes  de  la  gran¬ 
de  circulation.  A  Jtriori  on  peut  croire  que  ces  égarés 
sont  voués  à  la  mort  et  à  la  calcification,  comme  bien 
d’autres  parasites  perdus  dans  nos  tissus.  (D’après  le 
rapport  de  M.  Firket). 

Cependant  si  la  vie  physiologique  de  l’ankylostome 
est  décrite  aujourd’hui  dans  plusieurs  de  ses  phases 
avec  ses  bizarres  péripétieset  ses  modes  inattendus  d’in¬ 
troduction  dans  l’organisme,  les  signes  formels  de  sa 
présence  sont  à  peu  près  nuis, les  symptômes  de  l’imci- 
nariose  sont  mal  caractérisés,  la  marche  n’en  est  pas 
définie,  et  le  diagnostic  reste  fort  difficile.  11  serait  ce¬ 
pendant  de  la  plus  haute  importance  pour  le  médecin 
d’être  mis  en  possession  de  signes  sinon  certains  de 
moins  probables, qui  puissent  lui  permettre  de  déceler 
ou  simplement  de  soupçonner  la  présence,  dans  l’or- 

anisme  d'helminthes  qui  passent  pour  constituer  un 

anger  individuel,  professionnel,  et  presque  social  des 
plus  redoutables. 

C’est  un  problème  qui  me  paraît  des  plus  ardus, 
que  celui  qui  consiste  à  établir  une  symptomatologie 
sérieuse  de  l’ankylostomiase.  Dès  1880,  à  Turin,  M. 
le  professeurBozzolo' (qui  revenait  du  Gothard  où  il  é- 
tait  allé  avec  son  collègue,  le  Professeur  d’hygiène,  M. 
L.  Pagliani,  étudier  les  conditions  du  travail  dans  le 
tunnel  et  d’où  ils  avaient  rapporté  un  travail  important 
sur  l’état  sanitaire  des  ouvriers)  (1)  m’avait  conduit  ,1e 
6  septembre,  dans  son  service  de  l’hôpital  Saint-Jean. 
Il  me  mit  en  rapport  avec  son  assistant,  M.  le  D"^  Gra- 
ziadei,  qui  me  montra  des  exemplaires  d’ankylostome 

(1)  L' Anémia  al  traforo  del  Gottardo  4al  punto  di  vista  igienico  e 
clinico.  Brochure  in-1"  de  75  pufçes.  Milan,  1880. 


530 


LE  PROGRÈS  MEDICAL 


qu'il  avaitrecueillis,  puis  me  conduisit  auprès  de  qua¬ 
tre  ouvriers  atteints  d'ankylostomiase  et  ramenés  ré¬ 
cemment  du  Gothard.  Je  pus  les  examiner  et  les  in¬ 
terroger  à  loisir.  Tous  les  quatre  étaient  des  hommes 
affaiblis.  (Ils  m’avouèrent  ne  manger  de  la  viande  de 
boucherie  que  très  exceptionnellement,  seulement  les 
jours  de  fête):  les  symptômes  que  ces  quatre  hospita¬ 
lisés  présentaient  étaient  fort  différents:  l'évacuation 
d’ankylostomes  était  presque  le  seul  symptôme  qui 
leur  fût  commun,  et  à  première  vue  on  pouvait  considé¬ 
rer  Tun  de  ces  malades  comme  phtisique,  le  deuxième 
comme  un  albuminurique,  le  troisième  était  hémi¬ 
plégique,  et  le  quatrième  était  gastralgique  et  assez 
nettement  anémique  (1).  On  voit  déjà  combien  peu 
uniforme,  combien  peu  nette  est  la  séméiologie  de 
l’ankylostomiase. 

Deux  ans  après,  j’eus  à  soigner  un  ouvrier  qui  tra¬ 
vaillait  dans  une  mine  dubassin  du  Centre,  voisine  de 
la  Houillèrede  Gommeniry  (12 kilomètres  dedistance) 
et  dont  je  vais  rapidement  reproduire,  pour  mieux  lixer 
les  idées,  l’histoire  médicale. 

Observatio.'j. —  Anémie. —  Inloxicanon  satiirnine.^AnlnjIos- 
torniase  (2).— Alafm  de  novembre  1882,  je  voyais  arriverdans 
mon  cabinet  de  consultation  un  mineur  âgé  de  jO  ans.  qui 
depuis  28  ans,  c’est-à-dire  depuis  l’âge  de  22  ans,  travaillait 
aux  Houillères  de  Bézenet  en  qualité  de  piqueur.  Excessive¬ 
ment  maigre,  la  peau  d’un  blanc  mat,  presque  terreux,  les 
conjonctives  complètement  décolorées, ainsi  que  la  muqueuse 
buccale,  cet  homme  m’aurait  présenté  le  type  de  l'anémie 
vraie,  confirmée  et  au  degré  le  plus  prononcé,  si  je  n’avais 
pensé  à  quelque  chose  de  plus  grave  encore.  L.  N. ...,  se  plai¬ 
gnait  de  coliques  atroces,  il  vomissait  presque  tous  ses  ali¬ 
ments  et  accusait  aussi ,  et  spontanément,  une  douleur  loca¬ 
lisée  dans  la  fosse  iliaque  gauche.  Je  songeai  à  l’existence 
possible  d’un  cancer.  Mais  j’eus  beau  chercher  par  la  palpa¬ 
tion  la  présence  soit  d’une  tumeur,  soit  seulement  de  quel¬ 
ques  nodosités,  mes  recherches  furent  vaines.  Ce  ne  fut  qu’a- 
près  plusieurs  examens  approfondis  que  je  crus  êtresurla 
trace  delà  cause  probablede  cet  état  morbide. 

L.N —  habite  à  environ  7  kilomètres  du  puits  de  mine  où 
il  travaille  :il  avait  l’habitude  d’emporter  sa  soupe,  son  vin, 
ses  aliments  dans  une  sorte  de  bidon  en  fer-blanc,  dont  les 
soudures  contiennent  du  plomb  ;  les  cuillers  et  les  divers  us¬ 
tensiles  dont  on  se  servait  dans  son  ménage  étaient  en  plomb, 
ou  du  moins  contenaient  une  forte  proportion  de  ce  métal. 
Cet  homme  avait  le  liseré  gingival  caractéristique  de  l’in¬ 
toxication  saturnine.  Les  douleurs  intestinales  étaient  pres¬ 
que  continuelles;  la  constipation  était  opiniâtre;  et  lorsque, 
par  des  purgatifs,on  parvenait  à  obtenir  quelques  garde-robes 
on  constatait  la  présence  de  matières  dures,  noirâtres  a  for¬ 
mes  globuleuses,  de  vraies  petites  boules,  des  matières  ovil- 
lées. 

Le  malade  avait  un  peu  de  glycosurie.  Mais  je  ne  trouvai 
ni  albumine  ni  plomb  dans  les  urines.  11  y  avait  de  l  arlbral- 
gie  dès  latin  dedécembre.  Vers  le  10  janvier  1883,  un  traite¬ 
ment  approprié  et  l  iodure  de  potassium  (  ,  ()  grammes  pris  en 
trente  jours!  avaient  déjà  amélioré  l’état  do  cet  homme  ;  les 
coliques  étaient  moins  intenses;  mais  l’anémie  resiait  encore 
très  prononcée.  A  la  tin  dejanvier,  je  procédai  à  l’examen  mi¬ 
croscopique  de  son  sang  ;  dans  les  deux  premières  numéra¬ 
tions  de  globules  (faites  par  le  procédé  de  M.  Malasscz)  je  ne 
constatai  qu’une  moyenne  de  1.838.200  globules  rouges.  Deux 
autres  numérations  pratiquées  11  jours  après  me  fournirqpt 
une  moyenne  plus  élevée  ;  je  comptai  2.238.600  hématies  par 
millimètre  cube  de  sang  (le  chiffre  normal  étant  d’environ 
5.000.0001. 

Comme  on  l’a  signalé  dans  les  cas  d’intoxication  saturnine, 


(I)  Voir  mon  travail  sur  le  Rôle  des  ento^oaires  et  eu  farticulier 
des  ankylostomes  dans  la  Pathologie  des  mineurs. 

{2i  Celle  observation  a  été  donnée,  résumée,  dans  mon  travail  : 
Lee  Mineurs  et  l’anémie.  Péris,  1881,  page  10, 


un  certain  nombre  de  globules  rouges  étaient  notableme 
augmentés  de  volume  ;  quelques-uns  atteignaient  et  mêm 
dépassaient  neuf  millièmes  de  millimètre.  Le  nombre  relatif 
desleuccoytes  était  très  augmenté;  j’en  comptais  un  pour  en¬ 
viron  200  globules  rouges  au  lieu  de  un  pour  500,  qui  pgjjg 
pour  être  la  proportion  normale . 

A  l’hémato-chromoraètre,  on  constatait  une  proportion 
d’hémoglobine  excessivement  faible,  La  capacité  respiratoire 
était  représentée  par  0  millimètre,  100  et  le  poids  de  l'hémoglo¬ 
bine  par  0  milligr,  048.  On  entendait  dans  les  vaisseaux  du 
cou,  à  droite,  un  bruit  de  souffle,  doux,  continu,  avec  renfor¬ 
cements.  11  y  avait  aussi  un  léger  souffle  cardiaque,  à  la  base. 
Les  vomissements  allaient  en  augmentant  de  fréquence,  et  le 
malade  croyant  à  la  présence  de  vers,  je  lui  administrai  delà 
fougère  mâle  :  12  grammes  d’extrait  éthéré  de  fougère  mâle, 
additionnés  de  12  grammes  de  poudre  de  rhizome,  pour  faire 
24  bols  qui  furent  pris  d’heure  en  heure.  Le  lendemain,  je  lui 
prescrivais  de  l’eau  chloroformée  {formule  de  Beurmann).  Le 
surlendemain  les  vomissements  étaient  arrêtés  et  It s  selles 
contenaient  environ  3(M)  ankylostomes  pourla  plupart  gorgés 
de  sang  ;  les  femelles  étaient  en  proportion  à  peu  près  trois 
fois  plus  forte  que  les  mâles.  J’adressai  un  certain  nombre 
de  ces  nématodes  à  mon  ami,  le  regretté  D'-  Charles  Brongniart 
assistant  du  Muséum  d'histoire  naturelle  de  Paris,  ce  natura¬ 
liste  distingué,  mort  il  y  a  3  ans. 

lima  paru  difficile  de  déterminer  quel  rôle  comparatif  ont 
joué  les  ankylostomes  et  le  saturnisme  dans  cet  état  par 
trop  complexe.  Qu’il  me  suffise  d'ajouter  que  cet  état  est  allé 
s’améliorant  à  tel  point  quel!  mois  après  l'expulsion  des  an¬ 
kylostomes,  an  mois  d'août  1884,  on  pouvait  considérer  cet 
homme  guéri.  Et  depuis  lors,  il  s’est  toujours  bien  porté.  Au 
mois  de  novembre,  une  dernière  numération  de  globules  me 
donnait  le  chiffre  à  peu  près  normal  de  4.937,6011. 


Ce  fait  était  le  premier,  et  il  est  resté,  jusqu'ici,  le 
seul  cas  d'ankylostomiase  que  j'ai  eu  l'occasion  d’obser¬ 
ver  personnellement  dans  le  bassin  houiller  du  Centre 
delà  France,  bien  que  mon  attention  ait  été  dirigée 
avec  persistance  sur  cette  question. 

Mais  nous  l'avons  déjà  dit  et  nous  ne  saurions  trop 
le  répéter,  la  symptomatologie  de  l'ankylostomiase,  du 
moins  dans  nos  régions  tempérées,  reste  encore  entou¬ 
rée  d'obscurité. C’est  pourquoi  j’estime  que  la  meilleure 
description  des  phénomènes  morbides  et  peut-être 
des  signes  pathognomoniques  de  cette  affection  nous 
sera  fournie  par  les  médecins  qui  ont  étudié  la  cachexie 
aqueuse,  l’anémie  interiropicale,  le  mal-cœur  des  nè¬ 
gres,  Topilaçao,  lachlorose  d’Egypte,  etc.., toutes  ma¬ 
ladies  dans  lesquelles  on  a  constaté  la  présence  des  an¬ 
kylostomes  dans  le  duodénum  et  le  jéjunum. 

Aussi  bien,  n’est-ce  pas  Griesinger  qui,  le  premier,  a 
mis  en  avant  (1),  dès  18r)4,  une  relation  de  cause  àct- 
fet  entre  les  symptômes  de  la  chlorose  d'Egypte  ® 

isTinlestin  grôle(2) 'Hia- 


présence  d’ankylostomes  dans 
près  Griesinger,  cette  affection  atteignait  j,t 

quart  de  la  population  égyptienne.  Cette  opinion  W 
pour  point  de  départ  Tautopsie  d'un  individu  mort  ae 
chlorose  d’Egypte  et  dans  laquelle  le  D"'  Griesmg^^ 
trouva  des  milliers  d'ankylostomes  fixés  aux 

l'intestin  grêle,  chacun, au  centre  d'une  ecchymose  se 

blable  à  Ta  morsure  d’une  sangsue.  Une  q"^^, 

lité  do  sang  rutilant,  qui  provenait  évidemment  ue^ 

plaies, était  épanchée  dans  le  duodénum,  la  jéjunn^^^^j 
jusque  dans  la  première  partie  de  l'iléon.  Ce  sa 

(1)  .4  la  suite  d’une  autopsie  faite  le  17  avril  1852  d  un  md 
mort  d  hypohémie.  .,  ArcW- 

(i)  ,\nkvloslomen-Krankheit  iind  chlorose  (in  t  J, 
fiir  phys.'Heilkunde,  1854  p.  564.  Ga:(ette  hebdomadaire  de 
et  de  chirurgie  de  Paris  An  \Z  avtW  1855.  inictto”'^\ 

(3)  Opinion  qui,  eomine  l’écrivait  Davaine  en  1860.  (  fsi 

Encyclopédique  des  sci-  ne  s  médicales  de  DechambreA-  *  J  Apn  f^*'' 
loin  d’étre  suffisamment  établie  car  elle  n’est  fondée  que» 


LE  rnOGIiÈs  MÉDICAL 


53i 


jjservateur  se  hâta  de  conclure  «  que  la  perte  de  sang 
^asionnée  par  les  ankylostomes  avait  été  la  cause  de 
la  maladie  et  de  la  mort  de  cet  individu  ». 

Les  travaux  de  Küchenmeister,  ceuxde  Van-Bene- 
denct  Gervais,  de  Spencer-Cobbold,  de  Sangalli,  de 
Grenet  qui  rencontra  (1)  l'ankylostome  duodénal  (sur 
jn  sujet  mort,  à  Mayotte,  de  cachexie  aqueuse  ou  mal- 
cÆurlceux  de  T.  de  Rochas,  de  O.  Wücherer,  la  pré¬ 
sentation  faite  à  l'Académie  de  médecine  de  Paris,  le  19 
septembre  1871,  par  le  ü’’  Delioux  de  Savignac, 
d'un  spécimen  de  ces  helminthes  provenant  de 
Bahia,  attirèrent  l'attention  du  monde  savant 
sur  ces  entozoaires.  L'année  suivante,  J.  Rodriguez 
deMoura  publiait  (dans  la  Gasetta  Medica  da  Bahia) 
une  étude  sur  l'hypohémie  intertropicale  considérée 
comme  maladie  vermineuse,  étude  dont  voici  le  ré¬ 
sumé  (2)  :  L’auteur  regarde  formellement  cette  affection 
comme  un  effet  de  la  présence  des  ankylostomes  dans 
l'intestin  grêle,  et  cite,  outre  l’observation  due  à  Grie- 
singer  et  ci-dessus  mentionnée,  une  deuxième  observa¬ 
tion  recueillie  par  Wücherer  et  une  autre  due  au  D‘’ 
Faria.  Dans  ces  trois  cas,  il  y  avait  anémie  profonde, 
œdème, oppression  ,etc., et  à  l'autopsie, ou  trouva  le  duo¬ 
dénum  et  le  reste  de  l'intestin  grêle  garnis  d'ankylosto- 
mes  attachés  à  la  muqueuse  qui  présentait  uhe  ecchy¬ 
mose  sur  le  point  d'insertion  des  parasites,  et  quelque- 
foisdes  traces  d’hémorrhagie. Rodriguez  de  Moura  ajou¬ 
tait  de  nouveaux  faits  dans  lesquels  la  présence  d’an- 
kylostomes  fut  également  démontrée  par  1  autopsie. 
«Ces helminthes  n’ont  point  été  rencontrés  sur  des  su- 
jetsayant  succombé  à  d’autres  cachexies  parvenues  à 
un  état  avancé  ou  à  des  maladies  différentes».  Le  D'' 
Moura  citait  encore  l'observation  d'une  enfant  de  trois 
ans, mulâtresse,  qui  pendant  la  vie  présenta  tous  les 
symptômes  de  l'anémie  intertropicale:  teinte  particu¬ 
lière  de  la  peau, décoloration  des  conjonctives,  soutfle 
cardiaque,  doulenr  gastrique,  perversion  de  l’appétit, 
^oùt  de  manger  de  la  terre,  etc.  A  l’autopsie  on  note 
liypertrophie  du  foie,  ulcération  du  gros  intestin,  pulpe 
sanieuse  brune,  obscure,  sur  la  muqueuse  du  côlon, 
Rrande quantité  devers  dans  l’estomac,  le  duodénun, 
Lntestin  grêle  et  le  gros  intestin.  (  L’auteur  a  fait  ici 
"ue  réserve  contre  cette  observation  duo  à  l'un  de  ses 
®*(üs,le  docteur  Marquez;il  croit  que  l’ankylostome  duo- 
I  aeual^  qui  est  très  abondant  dans  le  duodénum,  mais 
l  ^mdéjà  devient  rare  vers  la  fin  de  l’inteslin  grêle,  ne 
!  ^  rencontre  pas  dans  le  gros  intestin. 

Cncas  diagnostiqué  Cachexie  palustre^  parle  doc- 
"rForres-Homen,  de  Rio-de-Janeiro,  fut  reconnu  ap¬ 
partenir  à  l'hypohémie  enraison  de  la  multitude  d’an- 
jykstomes trouvés  dans  V estomac  (?)  et  le  duodénum. 
J  ^°®leurR,  de  Moura  citait  encore  trois  autres  cas, 
deux  observations  observées  à  Mayotte  (celles  du 
Tenet  et  du  D'' Monestier)  et  le  troisième  observé 
®jeune  parle  docteur  Riou- Kérangal. 
font  ^  fhou-Kérangal,  les  ankylostomes  ne  se  ren- 
pas  chez  les  sujets  à  symptômes  bilieux;ils  pa- 
^voirfui  la  présence  de  la  bile  chez  les  sujets 
'^'^odénum  est  colore  en  vert  ou  en  jaune;  on  les 
le  dans  l’intestin  grêle  et  même  jusque  dans 

;  mais  on  cesse  de  les  rencontrer  dans  le  gros 
deTu  ”^-  Le  mal-cœur  des  nègres  est  bien,  d’après  R. 
l’équivalent  de  l’hypohémie  du  Brésil;  il  a  été 
Abyssinie  par  Spencer-Cobbold;  il  est  très 
j  Egypte  surtout  sur  les  bords  du  Nil,  et  il  y 

i  de  médecine  navale,  Paris, 1807,  1.  VIII,  p.îj. 

ries  La  Galette  médicale  de  Paris,  1872,p.477. 


atteint  au  moins  un  quart  de  la  population.  Cette  mala¬ 
die,  ajoute  leD'  R.  de  Moura,  a  été  observée  aussi  dans 
l’Inde  et  en  Italie. 

Dès  1864,  dans  un  travail  fait  en  collaboration,  le 
docteur  Fonssagrives  et  le  docteur  Le  Roy  de  Méri- 
court  {Archives  de  médecine  navale),  travail  paru  sous 
le  titre  :  Essai  sur  le  Mal-cœur  ou  mal  d'estomac  des 
nègres,  avaient  décrit  un  certain  nombre  de  symptô¬ 
mes. 

Six  ans  après,  en  1870  (dans  l’article  «  Cachexie 
aqueuse  »  du  Dictionnaire  Encyclopédique  des  Scien¬ 
ces  Médicales  de  Dechambre),  le  docteur  Le  Roy  de 
Méricourt  signalait  dès  la  période  prodromique  une 
sorte  d’alanguissement  physique  et  moral, des  malaises, 
de  la  céphalalgie,  de  la  courbature,  des  vertiges,  parfois 
aussiun  mouvement  fébrile  irrégulier  , avec  diminution 
des  sécrétions, de  la  constipation  ;  et,  dans  la  deuxième 
période,  alors  que  la  maladie  est  confirmée,  on  constate 
un  mélange  de  gastralgie  et  de  chloro-anémie,  douleur 
épigastrique  rongeante,  spontanée  et  éveillée  aussi  par 
la  pression,  des  vomissements,  de  la  diarrhée  et  les 
perversions  si  remarquables  du  goût,  boulimie,  pica, 
géophagie,  ce  que  Volpata  avait  décrit  sous  le  nom 
aAllotriophagie.  [Gazzetta  Medica  Italiana  Lom- 
bardia,  1848),  anorexie  alternant  avec  la  malaria  (1), 
enfin  décoloration  de  la  peau,  battements  artériels, 
essoufflements,  œdème  des  extrémités,  lipothymies, 
etc., en  un  mot  tout  l’ensemble  des  symptômes  de  l'ané¬ 
mie  la  plus  profonde,  de  la  chlorose  la  plus  sérieuse. 

Dans  la  cachexie  aqueuse,  la  langue  est  décolorée, et, 
d’après  certains  auteurs, tellement  lisse  qu’on  ne  verrait 
plus  une  seule  papille. 

Par  contre,  Otto  Wücherer,  qui  exerçait  à  Bahia, 
affirme  qu’il  n’a  jamais  vu  la  langue  nette  et  lisse  ;  il 
l’a  toujours  trouvée  pâle  et,  dans  les  cas  graves,  rappe¬ 
lant  beaucoup  l’aspect  qu’elle  offre  chezles  cholériques 
à  l’état  algide  (2). 

Mais  ce  n’est  pas  seulement  la  cachexie  aqueuse, 
l’anémie  intertropicale,  le  mal-cœur  des  nègres, la  chlo¬ 
rose  égyptienne  que  les  ankylostomes  sont  accusés  de 
provoquer.  Ils  seraient  aussi  la  cause  d’une  maladie 
que  les  Brésiliens  appellent  Opilacao  ou  Cançaço, sur 
laquelle  j’avoue  n’avoir  pu  trouver  de  renseignements 
bien  précis,  mais  qui  n’est  probablement  autre  chose 
quel’obstruction  intestinale. En  effet,le  D" O. Wücherer, 
en  1866,  a  trouvé  des  ankylostomes  chez  tous  les  indi¬ 
vidus  qui  mouraient  d’obstruction  intestinale  à  Bahia(3). 

(A  suivre). 

(1)  Celte  perversion  du  goût,  qui  consiste  à  mangqi'  des  subs¬ 
tances  non  alinienlaires,  constituerait  un  symptôme  qui,  d'après  le 
docteur  Le  Roy  de  Méricourt,  peut  faire  défaut  chez  les  sujets  de 
race  blanche,  tandis  qu’il  est  très  fréquent  chez  les  sujets  de  race 
colorée.  L’expression  de  géophagie  est  d'ailleurs  vicieuse  ou  insuf¬ 
fisante,  car  si  les  malades  mangent  de  préférence  et  avec  avidité 
de  la  terre,  r  ils  rechercbenl  et  dévorent  aussi  bien  d’autres  subs¬ 
tances  non  alimentaires  et  bien  autrement  répugnantes,  telles  que 
la  cendre,  des  chiffons  de  papier,  des  cheveux,  de  vieux  pldlras,  la 
sciure  de  bois,  etc.  ». 

(2)  Dictionnaire  Encyclopédique  des  Sc.  Méd.,  article  Cachexie 
aqueuse,  page  390. 

(3)  D’  A.  Le  Danlec.—  Maladies  des  Pays  chauds,  1900,  p.819. 

NARCYL  GRÉMY  médicament  spécifi¬ 
que  de  la  toux,  spécialement  de  la  toux  des  tu¬ 
berculeux. 


532 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


BULIÆTIN  DU  PROGRÈS  MÉDÎCA  L 


Les  Manœuvres  du  service  de  santé. 

Les  leçons  de  choses  sont  toujours  d’un  puissant  in¬ 
térêt.  L'armée  exécute  périodiquement  des  manœuvres 
qui  permettent  déjuger  de  son  instruction  et  mettent 
officiers  et  soldats  aux  prises  avec  les  difficultés  de  la 
vie  en  campagne.  Nul  ne  songe  à  discuter  leur  utilité. 
Il  n’en  est  pas  de  même  pour  les  exercices  spéciaux  du 
service  de  santé  qui  n’ont  pas  toujours  eu  une  bonne 
presse.  11  nous  paraît  cependant  que  l’expérience  la 
plus  récente  consacre  définitivement  leur  nécessité. 

Ce  qui  fait  l’intérêt  tout  particulier  des  manœuvres 
du  service  de  santé,  auxquelles  j’ai  eu  la  bonne  fortune 
de  participer  effectivement  cette  année,  c’est  que,  d'une 
part,  comme  l’exprimait  dans  une  conférence  prélimi¬ 
naire,  M.  le  médecin  principal  Antony,  médecin- 
chef  du  Val-de-Gràce,  et  directeur  technique  des  exer¬ 
cices  spéciaux,  elles  ont  démontré  que  notre  personnel 
et  notre  matériel  sanitaires  pouvaient  s’adapter  parfai¬ 
tement  aux  exigences  de  la  tactique  moderne  ;  que, 
d'autre  part,  on  vit,  pour  la  première  fois,  synergique¬ 
ment  fonctionner  —  et  c’est  là  une  innovation  des 
plus  heureuses  —  les  formations  de  l’avant  et  celles  de 
l’arrière,  de  telle  manière  qu’il  était  possible  de  suivre 
le  blessé  dans  son  trajet  du  champ  de  bataille  au  terri¬ 
toire,  comme  dans  la  réalité.  Ajoutons  aussi,  impor¬ 
tante  mesure,  qu'il  avait  été  fait  le  plus  large  appel  au 
corps  de  santé  de  réserve  et  de  territoriale,  et  que  l’on 
eut  ce  spectacle  impressionnant  et  réconfortant  de  con¬ 
frères,  brusquement  distraits  de  leurs  habituelles  occu¬ 
pations,  devenus  immédiatement  adéquats  à  leur  si¬ 
tuation  nouvelle  et  remplissant  leurs  fonctions  sans 
que  rien  trahisse  chez  eux  leur  manque  d’expérience. 
Ceci  réduit  à  néant  les  craintes  que  d’aucuns  formulè¬ 
rent  sur  l’absence  de  cohésion  des  formations  sanitai¬ 
res  en  temps  de  mobilisation. 

M.  le  Directeur  technique  avait  pris  soin,  dès  le  dé¬ 
but  des  opérations,  de  faire  ressortir  l'importance  ac¬ 
tuelle  de  la  notion  du  fameux  «  vide  «  du  champ  de  ba¬ 
taille,  telle  qu’elle  ressort  des  rapports  des  attachés  mi¬ 
litaires  auprès  des  armées  russe  et  japonaise  durant  la 
récente  campagne.  Cette  notion  oblige  le  service  de 
santé  à  se  montrer  le  moins  possible  sur  le  champ  de 
bataille  pour  éviter  des  pertes  cruelles  en  personnel  et 
pour  ne  fournir  aucune  indication  à  l’ennemi.  Dans  cet 
ordres  d'idées,  M.  le  médecin  principal  Antony  recom¬ 
mandait  aux  premières  formations  du  service  de  l’avant 
a  les  postes  régimentaires  de  secours  »  d'être  aussi  «  li¬ 
néaires  »  que  possible,  de  manière  à  se  dissimuler  en 
profitant  des  couverts,  chemi?tements,  abris  de  toute 
nature. 

Dès  le  1“'^  août,  commençaient  réellement  les  ma- 
nœuvres,qui  eurent  pour  théâtre  la  région  difficile  Long- 
jumeau-Epinay-Juvisy.  Des  blessés  simulés  tombaient 
sur  le  champ  de  bataille,  où  ils  y  recevaient  les  soins 
du  service  régimentaire.  Nous  n’entrerons  pas  dans  le 
détail  du  fonctionnement  de  ce  service,  que  l’on  con¬ 
naît,  Nous  estimons  cependant  que  certains  points  doi¬ 


vent  être  mis  plus  spécialement  en  lumière  comme 
comportant  d’utiles  enseignements  : 

1°  Il  est  difficile,  pour  le  service  régimentaire,  de  con¬ 
server  le  contact  des  troupes.  Comme  conséquence  jl 
ne  doit  point  perdre  de  temps  dans  l’organisation  des 
premiers  secours.  L’installation  même  du  poste  de  se¬ 
cours  est  longue  et  cette  formation  doit  être  réduite  an 
minimum,  étalée  plutôt  que  concentrée.  En  outre,  le 
service  régimentaire  ne  doit  pas  trop  compter  sur  l’exis¬ 
tence  du  relai  d’ambulance  qui  peut,  pour  une  raison 
ou  pour  une  autre,  ne  pas  jalonner  la  route  entre  le 
poste  de  secours  et  l’ambulance. 

2“  Il  y  a  lieu  d’aller  aux  blessés  en  utilisant  les  abris 
naturels,  de  les  répartir  en  «  nids  »  où  les  brancardiers 
iront  les  chercher  dès  que  le  feu  le  permettra.  On  con¬ 
çoit  dès  lors  que  cotte  recherche  exige,  de  la  part  des 
médecins  auxiliaires  et  des  brancardiers,  une  initiative 
prudenteet  de  grandes  qualités  d’observation. 

3®  Le  paquet  individuel  de  pansement  demeure  la 
grande  ressource.  Il  nous  a  paru  toutefois  que  le  maté¬ 
riel  régimentaire  était  très  suffisamment  doté.  Nous 
avons  vu  appliquer  au  poste  de  secours  des  pansements 
ingénieux  et  même  originaux. 

Des  blessés,  ceux  à  qui  leur  blessure  permettait 
la  marche,  gagnaient  l’une  des  deux  sections  de  l’am¬ 
bulance  divisionnaire,  dirigées:  l’une  par  un  médecin- 
major  de  1™  classe;  Lautre  par  un  médecin-major  de 
2‘  clas-e,  ayant  chacun  sous  leurs  ordres  six  médecins 
de  l’active,  de  la  réserve  ou  de  la  territoriale.  Les  au¬ 
tres  étaient  apportés  par  des  voitures  d’ambulance  ou 
à  dos  de  mulet,  en  litière  ou  en  cacolet,  et  c’était  vrai¬ 
ment  un  curieux  spectacle  que  l’arrivée  des  convois  de 
blessés  couchés  ou  assis,  le  débarquement  de  ces  bles¬ 
sés  prenant  leur  rôle  au  sérieux  et  l’activité  des  bran¬ 
cardiers  empressés  à  les.transporter.  Là,  les  pansements 
étaient  vérifiés  ou  refaits,  les  opérations  très  urgentes 
pratiquées,  et  les  malades,  sériés  selon  la  gravité  de 
leur  état,  renvoyés  à  leur  corps  ou  évacués  sur  1  hô¬ 
pital  de  campagne. 

Nous  portions  un  intérêt  tout  spécial  à  l  ambulance 
divisionnaire,  non  pas  tant  parce  que  nous  y  étions  a  - 
taché  que  parce  qu’elle  constitue  la  formation  la  plu® 
importante  de  l’avant,  celle  à  qui  est  dévolu  le  rô  ® 
écrasant  de  suivre  partout  la  division  à  laquelle  e  e 
est  attachée,  de  fonctionner  comme  hôpital  le  jeu^ 
même  du  combat,  avec  obligation  de  céder  la  plac 
l’hôpital  de  campagne  le  soir  môme  de  l’action,  on 
plus  tard  le  lendemain.  La  difficulté  de  ce  rôle  a  fai 
haiter  depuis  de  longues  années  rinterchangeabtht®^^^ 


formations  sanitaires  :  on  conçoit,  en  effet, quC; 


si  I  au^' 


bulance  et  l’hôpital  de  campagne  ont  même 
tion,  leur  substitution  réciproque  sera 
facilitée.  Quoi  qu’il  en  soit,  nous  avons 
surprise  de  constater  que,  telle  qu’elle  est,  l’aoi 
divisionnaire  est  une  formation  «  manœuvrière 
n’en  voulons  pour  preuve  que  ce  qui  s’est  passe 
section  dont  nous  faisions  partie.  Le  1®'  août,  ce 
tion  trouve  dans  la  maison  d’école  d’Epinay-^^*^  |g5 
un  superbe  local,  de  vastes  pièces.  Tandis  à 

brancardiers  étaient  occupés  à  aménager  ces  s  1^ 
retirer  les  paniers  des  voitures,  d’autres  mon 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


M¥eOD  ER  M I N  E  DE  JARDIN 


EHRAIToe  malt  français  je JARIIN 


llHliiayi’8i!iiiinMmiiiB/-Tmff«me/irPHOSPHD-aRSÉHIO-HÉMA 


WERVOCITHlWEmSSQI 


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Milan,  pour  ÿ  visiter  l’Exposition  internationale,  elle  fera  délivrer,  jusqu’au  15  novem- 
re  1906,  des  billets  d’aller  et  retour  de  P%  2*  et  3'  classes  pour  Modane  et  Vintimille, 
ilables  30  jours,  conjointement  avec  des  billets  d’aller  et  retour  de  Modane  ou  Vinti- 
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LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


533 


tente  et  tous  suscitaient  par  leur  promptitude,  leur  ar- 
Jeur  silencieuse,  l'admiration  des  spectateurs.  C’est 
jinsi  que,  ayant  marché  depuis  le  matin,  arrivés  à 
P  ipayà9h.  45,  ils  avaient,  à  10  h.  30,  mis  l'ambulance 
en  état  de  fonctionner,  n'attendant  que  des  blessés. 
Sous  tenons  à  faire  remarquer  avec  quelle  rapidité 
huit  minutes),  fut  montée  latente  Tortoise,  qui  cons¬ 
titue  un  abri  immédiat.  Le  lendemain,  la  même  section 
se  trouve  à  Grand-Balisy  ;  mais  ici  les  conditions  sont 
bien  différentes  !  On  avait  encore  compté  sur  la  mai¬ 
son  d'école,  mais  personne  pour  l'ouvrir;  d’ailleurs, 
pas  de  clefs!  Le  médecin-cbef demande  alors  à  un  pay¬ 
san  la  permission  de  s'installer  dans  une  vieille  bâtisse  ; 
les  murs  sont  couverts  de  toiles  d’araignées  ;  des  gravats 
encombrent  le  sol  ;  en  moins  d’une  demi- heure  toutes! 
nettoyé  ;  les  salles  de  pansements  et  d’opérations  sont 
prêtes  ;la  tente  est  montée.  Et  tout  cela  s’est  fait  sim¬ 
plement,  qui  représente  un  effort  considérable  et  éton- 
necenx  qui  ont  mission  d’apprécier.  D'autres  brancar¬ 
diers  n'étaient  pas  restés  inactifs  ;  dès  leur  arrivée,  ils 
avaient  préparé  des  boissons  hygiéniques  et  réconfor¬ 
tantes  destinées  aux  blessés  et  dont  chacun eutsa  part. 
Ceqiii  nous  a  le  plus  frappé,  c’est  que,  dans  cette  forma¬ 
tion,  faite  d’éléments  si  divers,  qui  n’avaientjamais  été 
en  contact,  il  n’y  avait  aucune  espèce  de  confusion  :  les 
groupes  médicaux  opéraientchacun  pour  leur  compte  ; 
il  y  avait  promptitude,  mais  point  de  précipitation.  Pas 
d'ordres  donnés  au  hasard  ;  pas  de  cris  ;  mais  des  gens 
conscients  de  leur  devoir,  du  plus  élevé  au  plus  hum- 
tle,  donnant  la  plus  haute  idée  de  la  valeur  du  corps  de 
santé  dans  son  intégralité. 

En  arrière  des  ambulances  était  installé  et  fonc¬ 
tionnait  à  Savigny-sur-Ürge,  un  hôpital  de  campa¬ 
gne,  dont  la  destination  est  d’hospitaliser  les  blessés 
^on  évacuables  et  de  diriger  sur  l’arrière  les  blessés 
l^acuables  laissés  par  l'ambulance,  dès  que  leur  état 
fpermet.  Le  cadre  de  cet  hôpital  de  campagne  était 
pilnntionnellement  constitué  de  médecins  de  réserve 
-Jt  de  territoriale,  et  j’ose  dire  qu’il  n’y  a  point  paru, 
•'hôpital  de  campagne  évacuait,  le  3  août,  sur  des 
*harrettes  aménagées  à  l'aide  de  moyens  de  fortune, 
blessés  sur  la  gare  du  Triage  à  Juvisy.  Cette  gare, 
une  heureuse  disposition  habilement  exploitée, 
■^®ogelarive  gauche  de  la  Seine,  de  telle  sorte  qn’on 
procéder  à  une  évacuation  par  eau  sur  péniches  et 
■  «les  évacuations  par  trains  sanitaires  permanent  ou 
“'provisés  etpartrains  ordinaires. 

Les  journaux  quotidiens  ont  parlé  du  train-  sanitaire 
^rnianent  gracieusement  amené  par  la  Gie  d'DiTéans, 
®  1  infirmerie  de  gare  installée  à  la  gare  de  Juvisy 
, .  *<^5  soins  de  la  Société  de  secours  aux  blessés  mili- 
Louer  l’organisation  de  cette  société,  le  dévoû- 
de  scs  membres,  la  perfection  de  son  matériel  ; 
g®'’ le  désintéressement  et  le  degré  d'instruction  des 
^ji  “'’lsles  Français  n’est  que  faire  œuvre  de  justice  ; 
*  ceux-là  sont  des  volontaires. 

*  1^  louange  méritée,  il  y  a  une  petite  place  aux 
çjjj'iyes,  qui  n’atleignent  d’ailleurs  pas  le  corps  médi- 
i^gij,'®ôme.  Le  nombre  des  voitures  et  des  chevaux  à 
tj.  ."’Cr  est  énorme  pour  chaque  formation  sanitai- 
c  service  de  santé  doit  faire  appel  au  train  des 


équipages;  il  l’a  sous  ses  ordres,  il  est  vrai  ;  mais  il  reste 
tributaire  de  son  bon  vouloir  et,  au  point  de  vue  disci¬ 
plinaire,  le  train,  par  une  anomalie  extraordinaire, 
échappe,  comme  Ton  sait,  à  l’action  directe  des  méde¬ 
cins-chefs.  De  plus,  le  service  de  santé  ne  possède  pas 
ses  moyens  propres  de  transport,  qui  appartiennent  à 
l’artillerie,  ce  qui  est  absurde.  Ne  serait- il  pas  temps 
de  substituer  à  la  traction  animale  la  traction  mécani¬ 
que  ?  Et  ne  pourrait-on  voir  lesarmées  en  marche  sui¬ 
vies  d’automobiles  qui  auraient  l’avantage  de  diminuer 
le  nombre  des  voitures  et  de  former  des  convois  d’une 
mobilité  et  d’une  souplesse  supérieures  à  ceux  d’au¬ 
jourd'hui  ?  Quant  au  matériel  de  pansement  utilisé  en 
campagne,  peut-être  ne  répond-il  plus  aux  exigences 
de  la  chirurgie  actuelle,  mais  les  théories  en  médecine 
ont  si  vite  vieilli,  on  les  voit  si  facilefnent  disparaître, 
puis  reparaître,  que  nous  ne  nous  étonnons  pas  de  voir 
que  subsiste  encore,  dans  les  paniers  de  pansements,  la 
préoccupation  du  pansement  phéniqué-.  Le  remplace¬ 
ment  de  tout  ce  matériel  ne  serait  pas  une  petite  affaire 
de  temps  et  d’argent,  et  la  compétence  des  médecins 
militaires  y  pourvoira  sans  doute.  Au  reste,  chacun  de 
nous  n’a-t-il  pas  eu  l’occasion  de  faire  des  pansements 
et  mômecertaines  interventions  avec  des  objets  improvi¬ 
sés  etr  des  instruments  de  fortune?  et  les  manœuvres 
qui  se  sont  déroulées  ont  montré  la  suffisance  numéri¬ 
que  du  matériel  et  le  parti  qu’on  en  pouvait  tirer  en 
l’utilisant  au  mieux  et  en  faisant  preuve  de  décision  et 
d'ingéniosité. 

Quant  aux  brancardiers  militaires,  ils  ont,  cinq  jours 
durant,  sous  un  soleil  implacable,  manœuvré  avec 
discipline  et  avec  entrain.  Cela  tient  sans  doute  à  leur 
recrutement  spécial;  tous,  gens  intelligents  et  souvent 
d'esprit  cultivé,  apportent  à  l’accomplissement  de  leurs 
fonctions  une  conscience  admirable.  Mais  cela  tient 
aussi  aux  médecins  sous  les  ordres  de  qui  ils  sont  pla¬ 
cés.  J'ai  vu  Tun  d'eux,  particulièrement,  qui,  prenant 
à  son  compte  la  formule  japonaise  de  l'exaltation  de  la 
valeur  individuelle,  ne  négligeait  jamais  de  donner  une 
explication,  de  faire  saisir  l’intérêt  d'une  manœuvre  à 
celui  qui  la  devait  accomplir,  et  de  faire  de  chacun  non 
pas  l’auxiliaire  inconscient,  mais  le  collaborateur  intel- 
iigentd’une  œuvre  utile.  Il  savait  aussi  assurer  le  repos 
en  temps  opportun,  avoir  soin  de  la  santé  des  hommes. 
C'est  ainsi  que  Ton  a  pu  voir  des  soldats  fatigués  pur  la 
marche,  harassés  par  la  chaleur,  accomplir  avec  en¬ 
train  leur  besognede  brancardiers;  pas  un  cri,  pas  un 
murmure  ne  s’est  fait  entendre  ;  pas  un  homme  n'a 
allégué  son  état  de  fatigue  pour  éviter  une  corvée. 

Mais  il  y  avait  la  contagion  de  l’exemple  ;  tousles  chefs 
manifestaient  un  bel  entrain  et,  sous  la  longue  blouse 
blanche,  les  grades  avaient  disparu  ;  on  sentait  seule  • 
ment  l’effort  commun  des  hommes  soignant  d'aqtres 
hommes.  Médecins  militaires  et  médecins  civils  rivali¬ 
saient  de  zèle,  et  Ton  avait  l’impression  que  Ton  ne 
distinguait  pas  plus  les  uns  des  autres  sous  Tuniforrae 
qu’on  n’aurait  pu  les  différencier  à  leur  retour  dans  la 
vie  civile.  Il  faut  ainsi  que  chacun  soit  bien  pénétré  du 
rôle  qu’on  lui  demande  de  jouer  et  de  l'importance  qui 
s'atlache  à  sa  fonction.  Il  importe  qu'en  cas  de  mobili¬ 
sation,  les  médecins  militaires  sachent  qu’ils  ont  dans 


534 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


leurs  confrères  civils  des  auxiliaires  consciencieux,  sa¬ 
chant  au  besoin  prendre  des  responsabilités,  toujours 
soucieux  de  faire  leur  devoir. 

En  résumé,  les  manœuvres  du  service  de  santé  cons¬ 
tituent  un  salutaire  exercice  et  un  entraînement  profi¬ 
table  ;  chacun  y  parfait  son  instruction,  et  les  méde¬ 
cins,  venant  de  différents  régiments,  réunis  à  des  mé¬ 
decins  civils  de  plusieurs  générations,  apprennent  à  se 
mieux  connaître  et  à  mieux  s’apprécier.  C'est  déjàpour 
eux  un  avantage  ;  c'est  une  ressource  bien  autrement 
précieuse  pour  les  soldats  qui  combattront. 

André  Lomb.vrd. 


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5  à  6  par  jour  comme  sédatif  :  DYSMÉNORRHÉE, 
ou  hémostatique  :  HÉMORRHtGIES  de  toutes  sortes,  HÉMOPTYSIES 


SOCIETES  SAVANTES 

SOCIÉTÉ  DE  PÉDIATRIE 
Séance  du  19  juin  1900.  —  Prksidknce  de  M.  (ioMBv. 

Rapporta  de  l’ndéndidile  et  de  l’entérite. 

M.Guinon  appelle  Taftention  de  la  Société  sur  la  coïncidence 
fréiiuente  des  ndénoïdites  et  des  entérites.  L’infection  du 
rhino-pharynx  sc  propage  du  côté  du  tube  digestif,  et  ydéter- 
mine  des  accidents  divers,  sans  qu’il  y  ait  proportionnalité 
d'intensité  entre  les  manifestations  intestinales  et  les  désor¬ 
dres  antérieurs  observés  du  côté  du  rhino  pharynx. 

Mme  Aageotte  rapporte,  à  l’appui  de  l’opinion  de  M.  Gui- 
non  sur  ce  sujet,  trois  observations  d’enfants  chez  lesquels 
des  accidents  intestinaux  i)Ius  ou  moins  graves  ont  disparu 
après  l’ablation  d’adénoïdes.  En  plus  des  phénomènes  d’en¬ 
térite,  ces  enfants  présentaient  :  l’un  une  incurvation  de  la  co¬ 
lonne  vertébrale,  le  second  des  éruptions  licbénoïdes,  et  le 
troisième  du  rachitisme,  et  ces  diverses  lésions  ont  disparu 
en  même  temps  que  l’entérite  à  la -.suite  de  l’opération  qui  les 
a  débarrassés  cle  leurs  adénoïdes. Tous  ces  faits  prouvent  l’im¬ 
portance  des  adénoïdes  comme  origine  possible  de  désordres 
intestinaux  et  autres,  et  montrent  la  nécessité  qu’il  y  a  de  de 
surveiller  attentivement  l’état  du  naso  pharynx. 

M.  Go.mby  admet  qu’il  existe  d'étroites  relations  entre  l’adé- 
noidite  et  les  affections  intestinales,  y  compris  l’appendicite. 
Il  a  observé  de  nombreux  faits  qui,  comme  les  observations 
sur  lesquelles  M.  Guinon  a  basé  sa  communication  établissent 
catégoriquement  les  relations  existant  entre  ces  diverses  affec¬ 
tions.  Il  est  d’avis,  en  outre,  qu’il  y  a  lieu  d’incriminer  la  rhi- 
no-pharyngite  comme  origine  d'autres  maladies,  telles  que  la 
péricardite  et  la  néphrite. 

MM.  Aobécourt  et  P.  Merki.en  font  connaître  à  la  Société  les 
résultats  de  leurs  recherches  sur  les  deux  questions  suivan¬ 
tes  :  1°  Absorption  de  la  graisse  chez  les  nourrissons  sains  et  dyi- 
peptiques  ;  2»  Influence  de  La  teneur  en  albumine  sur  l’élimina¬ 
tion  de  l'urée  chez  les  nourrissons  sains  et  dyspeptiques . 

Exostoses  de  croissance. 

M.  Sevestre  présente  un  garçon  de  13  ans  qui  porte  un 
nombre  considérable  d’e.ros/oscs  de  croissance  —  plus  de  80  — 
disséminées  sur  le  squelette,  siégeant  particulièrement  au  ni¬ 
veau  des  épiphyses,  et  dont quelques-u nés  sont  symétriques. 
Les  dimensions  de  ces  exostoses  varient  du  volume  du  poing 
à  celui  d’une  noisette.  La  marche  ne  s’effectue  qu’avec  grande 
difficulté.  Ces  tumeurs  ont  ajvparu  chez  le  jeune  malade  entre 
9  et  11  ans.  Le  père  et  le  grand-père  sont  eux-mêmes  atteints 
d’exostoses,  et  il  en  est  de  même  du  frère  et  de  la  sœur  du 
malade  ;  il  y  a  dans  ce  cas  une  influence  héréditaire  bien  ca¬ 
ractérisée. 

M.  Sevestre  demande  l’avis  de  ses  collègues  au  sujet  du 
traitement  à  employer.  Le  traitement  opératoire  étant  sou¬ 
vent  suivi  de  récidive,  et  la  multiplicité  des  lésions  n’étant 
guère. d'ailleurs,  de  nature  à  en  encourager  l’emploi. 


M.  Toi.lemer  cite  un  cas  analogue  au  point  de  vue  de  l’i  ■ 
rédité  ;  mais  le  père  avait  eu  la  syphilis,  et  l’on  peut  se 
mander  si  celle-ci  ne  doit  pas  être  incriminée  dans  l’étioloeT 
des  exostoses  de  l’enfant. 

Mme  X.vGEOTTE  a  observé  un  cas  d’exostoses  multiples  d 
la  clavicule  de  l’omoplate  et  des  premières  côtes,  avec  accL 
dents  de  compression  du  plexus  brachial  ;  l’iodure  et  le  mer¬ 
cure  successivement  administrés,  n’ont  donné  aucun  résultat 

M.Variot  est  d’avis  d’essayer  le  traitement  mercuriel. 

M.  CoMBY  rappelle  un  cas  d’exostoses  multiples  nombreuses 
qu’il  a  observé,  et  dans  lequel  le  traitement  ioduré  intensif 
resta  absolument  inefficace. 

Deux  cas  de  paralysie  diphtérique. 

MM.  Glinon  et  Pater  communiquent  deux  cas  de  pandijsie 
diphtérique  traités  par  les  injections  de  sérum  antidiphtérique. 
Les  accidents  paralytiques  étaient  survenus,  dans  la  première 
observation,  au  l.ô*-- jour  après  angine  et  croup.  Chez  un  en¬ 
fant  de  5  ans,  et  dans  la  seconde  au  12'  jour  d’une  angine  chez 
une  fillette  de  6  ans,  les  deux  malades  ayant  subi  d’abord  un 
traitement  curatif  énerghjue  par  le  même  sérum. 

Le  premier  cas,  celui  du  garçon,  malgré  l’emploi  énergique 
du  sérum  contre  les  accidents  paralytiques,  se  termina  par 
une  mort  brusque  au  bout  de  5  jours  (ôüc.cubes  de  sérum  en 
3  injections)  :  chez  la  fillette,  la  guérison  ne  survint  <iue  len¬ 
tement  après  une  injection  de  20  c.  cubes  de  sérum.et  une  sé¬ 
rie  d’accidents  assez  préoccupants  (tout  d’abord,  aggravation 
delà  paralysie  après  1  injection,  puis  éruption  sérique  et  al¬ 
buminurie,  et  enfin  pleurésie  sèche  avec  état  général  sé- 


Un  cas  de  collapsus  grave  au  cours  de  !  eczema  che^  un  nourrisson.' 

MM.  Boulloche  et  Grenkt  rapportent  l’observation  d’nn 
enfant  de  14  mois  atteint  d’eczéma  depuis  les  premiers  temps 
de  sa  vie.  et  chez  leifuel,  l’eczéma  ayant  brusquement  disparu 
sans  cause  déterminante  appréciable,  il  se  produisit  d’abord 
quelques  troubles  digestifs  que  la  diète  hydrique  fit  rapide¬ 
ment  cesser  ;  puis  deux  jours  après,  brusquement, du  collap¬ 
sus  avec  pâleur,  excavation  desyeiixet  anurie.  Comme  trai¬ 
tement,  diète  hydrique,  bains  sinapisés  tièdes,  lavement  pur¬ 
gatif  et  injection  de  âügr.  de  sérum  artificiel.  A  la  sortie  du 
bain  courte  syncope,  avec  pouls  imperceptible,  mais  amelio¬ 
ration  prompte  après  une  injection  de  caféine  de  2  centigram¬ 
mes.  Le  lendemain,  réapparition  de  l’eczéma,  cessation  de  la- 
nurie,  et  ensuite  guérison.  La  relation  entre  la  disparition  ae 
l’eczéma  et  l’apparition  d  accidents  graves  semble  bien  éviden¬ 
te  dans  ce  cas,  et  cela  confirme  le  conseil,  donné  depuis  lo^' 
temps  déjà  par  nombre  d  auteurs,  de  ne  pas  chercher  à  obte¬ 
nir  trop  promptement  la  rétrocession  d’un  eczéma. 

Ch.  II.  Petit-\endol. 


11'  Congrès  intern.ational  d’assainisse.ment  IQ 

d’habitation.  —  Ce  Congrès  se  tiendra  à  Genève  du  4 
septembre  prochain.  Son  bureau  est  composé  comme  suit  • 
"Vincent, président  ;  Guillaume  Fatio,  vice-président  i.  V  ‘  ^ 

Davy,  secrétaire-général  ;  AlbertVuarinsecrétaire-genera  F 

la  Suisse  ;  Depoilly,  secrétaire-général  adjoint;  Zambratr 
Le  Congrès  comprend  des  membres  adhérents  versant  .ggjjott 
tion  de  20  francs  et  des  membres  associés  versant  une  co 
de  10  francs.  ,  , ,  4ifre3 

Pour  tous  renseignements,  s’adresser  ;  à  Genève,  a  -i-  - 
Wuarin,secrétaire-général  du  Comité  d’organisation,  1,  j» 

Moulins  ;  à  Paris,  à  M.  Marié-Davy,  secrétaire  généra 
Commission  permanente,  7,  rue  Brézin.  Les  adhésions 
être  adressées  àM.  Zambra,  trésorier,  12,  rue  Petitot,  *  gj^gnis 
Le  Comité  d’organisation  local  se  charge  de  fournir  des  ^ 
à  prix  réduits  à  toutes  les  personnes  qui  eu  feront  la  den»**  '  jg 
’  "  accordée  aux  membre 


demi-place 

Congrès. 


ir  les  chemins  de  fer  si 


î  RA’*!?’-' 


Congrès  internationaux  d’électrobiolocie  et  5,, 

)gie  médicales.  —  Secrétaire  général  ;  Prof.  E.  y®  d’Ëler' 
rue  Nicolas-Leblanc,  Lille.  Le  3'  Congrès  mtmTi“tion  ^  l’oc' 
trobiologie  et  de  radiologie  médicales  se  tiendra,  a  JR  ,  ^  Lrs 
casion  de  l’Exposition  universelle,  du  5  au  9  ^és 

demandes  de  billets,  ainsi  que  les  adhésions  au  Congr  >  pie 

être  adressées,  avant  le  1"  août,  à  M.  le  D'  Moutier. 
Miromesnil,  Paris. 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


535 


congrès  DES  ALIÉNISTES  &  NEUROLOGISTES 
DE  LANGUE  FRANÇAISE 
(Lille,  Août  190G.) 

Séance  du  i  août.  —  Présidence  de  M.  Grasset 
La-  responsabilité  des  hystériques. 

a.  Leroy  (de  Villle -Evrard),  rapporteur.  —  Lorsque  l’expert 
atcommis  pour  examiner  un  hystérique  délinquant,  son  pre¬ 
mier  soin  doit  être  de  s’assurer  que  l’inculpé  ressortit  bien  à 
la  névrose.  Son  diagnostic  doit  être  basé  sur  les  -symptômes 
sMnatiques  et  psychiques  de  l'hystérie  constatés  par  lui  ou 
mentionnés  dans  les  antécédents  :  attaque  dans  ses  différen- 
lesvariétés,  paralysies  etcontractures,  troubles  sensitifs,  mu¬ 
tisme,  accidents  viscéraux,  somnambulisme,  état  crépuscu¬ 
laire,  etc. 

Le  diagnostic  posé,  le  médecin  légiste  a  deux  points  essen¬ 
tiels  à  envisager  :  le  sujet  en  lui-même  et  les  caractères  par¬ 
ticuliers  de  Pacte  incriminé,  ainsi  que  des  circonstances  qui 
font  accompagné. 

Je  n’ai  pas  besoin  d’insister  sur  l’importance  primordiale 
de  l’étude  de  l’inculpé,  ds  ses  antécédents,  de  son  niveau 
mental,  des  particularités  de  son  caractère,  des  incidents  par 
lesquels  se  manifeste  le  plus  souvent  chez  lui  ta  névrose,etc. 

Un  inculpé  ayant  présenté  des  attaques  d’hystérie  moyen¬ 
ne,  voire  même  de  petites  attaques  vulgaires,  du  somnambu¬ 
lisme,  des  paralysies  ou  des  contractures,  a  certainement  un 
système  nerveux  plus  touché  que  la  jeune  fille  chez  laquelle 
on  constate  des  crises  syncopales  avec  une  sensation  plus  ou 
moins  nette  de  constriction  cervicale. 

On  peut  admettre  aussi  que  la  constatation  d’une  grande 
anesthésie  ou  d’un  rétrécissement  énorme  du  champ  visuel 
implique  l’existence  d'une  grave  perturbation  des  centres 
psychiques.  L’anesthésie  hystérique,  d’origine  auto-suggesti- 
’e,  est  une  insensibilité  par  inconscience,  par  désagrégation 
mentale,  une  insensibilité  psychique  indiquant  un  dédouble¬ 
ment  de  la  personnalité.  Il  est  bien  évident,  d'autre  part,cpe 
•  examen  des  stigmates  mentaux,  le  degré  de  suggestibilité, 
d’aboulie,  d'amnésie,  d’anorexie,  doit  entrer  en  ligne  de 
®mpte  dans  l’appréciation  médico-légale.  Il  en  est  de  même 
de  la  mentalité  du  sujet,  révélée  par  sa  vie  entière. 

Ces  considérations  générales  suffisent  à  montrer  que  la 
'®5ponsabiIité  varie  nécessairement  avec  chaque  sujet  et  qu’on 
“«peut  guère  appliquer  à  l’un  les  règles  qui  seront  de  mise 
pour  l’autre.  Si  la  maladie  est  légère,  ce  n'est  pas  sa  consta- 
«hon  qui  pourra  à  elle  seule  innocenter  le  délit,  il  fautd’au- 
os  éléments.  L’hystérie  est-elle, au  contraire.grave,  s’accom- 
^gne-t-elle  de  crises  nombreuses,  de  délire  hallucinatoire, 
®^mnambulisme, d’importants  symptômes  physiques, nous 
^ons  que  l'expert  doit  tendre  vers  l’irresponsabilité,  quand 
n  même  l’acte  n’aurait  aucun  caractère  hystérique  et  pa- 
‘  fait  avoir  été  inspiré  par  les  mobiles  les  plus  pervers.  La 
P  “part  des  experts  concluent  actuellement,  dans  ce  cas,  à 
fw^nsabilité  atténuée.  Je  crois,  au  contraire,  qu’on  doit 
^mdérer  le  délinquant  comme  un  malade  et  conclure  à  l’ir- 
Pnnaabilité  complète.  Lanévrose  a,  en  effet,  toujours  pour 
^^qnence  une  véritable  infériorité  psychique;  les  senti- 
sç  ‘^^•ifuistesou  sociaux  disparaissent  en  même  temps  que 
à  r  lechamp  de  la  conscience.  La  place  de  l’hystérique 
a  ‘asile  et  non  à  la  prison  ;  c’est  un  malade  qui  relève 
médecins. 

•des,  de  l’irresponsabilité  de  l’hystérique  avec  trou- 

ij^^^aves  du  système  nerveux  est  déjà  pratiquement  recon- 
Jtijjj  un  détenu  d’une  maison  centrale  présente  des 
^  hystérie  avérée,  on  ne  le  garde  pas  en  prison  ;  jus- 
itesj]-.  ®  année  on  avait  l’habitude  de  le  transférer  à  l’asile 
criminels  de  Gaillon.  Par  suite  de  la  fermeture 
de  cetétablissementon  le  place  désormais  à  l’asile 
Acniental  le  plus  voisin. 

•é^'?P°‘’lante  qu’elle  soit,  l’étude  de  l’inculpé,  de  ses  an- 
fappojf  ’  de  ses  manifestations  morbides  est  secondaire  par 
‘  a  celle  de  l’acte  lui-même.  Un  hystérique,  en  effet. 


peut  très  bien  être  responsable  de  certains  actes  et  irrespon¬ 
sable  d’autres,  cela  dépend  du  moment  et  des  circonstances. 
Etendre  trop  loin  l’irresponsabilité  de  tels  individus  serait 
leur  donner,  au  détriment  de  l'ordre  public,  un  véritable  bill 
d'indemnité.  Cette  conclusion  a  été  admise  par  tous  les  au¬ 
teurs  —  au  premier  rang  desquels  il  faut  citer  Legrand  du 
Saulle  —  qui  se  sont  occupés  de  la  responsabilité  des  hysté¬ 
riques. 

Quels  que  soient  lesactes  commis  pendant  les  troubles  men¬ 
taux  associés  aux  attaques  ;  hallucinations,  idées  délirantes, 
agitation,  états  extatiques,  etc.,  il  est  évident  que  l’expert  doit 
conclure  à  une  irresponsabilité  totale. Il  en  est  de  même  pour 
les  actes  accomplis  pendant  les  délires  transitoires,  plus  ou 
moins  frustes,  qui  sont  les  seuls  délires  hystériques  vrais  et 
qui  doivent  être  considérés  comme  les  équivalents  delà  crise 
convulsive. 

La  même  irresponsabilité  totale  doit  être*«cquise  aux  acte  s 
quels  qu’ils  soient,  vols,  homicides,  fugues,  etc.,commispen- 
dant  le  somnambulisme.  C’est  dans  ces  cas  que  l’on  peut  dire 
que  le  malade  est  un  pur  automate  devenu  le  jouet  de  son 
idée  fixe.  Les  mêmes  considérations  s’appliquent  à  l’état  se¬ 
cond  qui  n’est  qu’un  état  somnambulique  prolongé.  Dans  cette 
double  vie,  du  reste,  les  phases  de  l’existence  sont  assez  dis¬ 
tinctes  pour  quele  patient  puisse  présenter  et  présente  souvent 
dans  chacune  d’elles  une  mentalité  différente.  Une  hystéri¬ 
que  timide  à  l'excès.à  l’état  normal,  peut  se  montrer  bruyante, 
hardie  et  téméraire  dans  l’état  second.  L’inculpé  ne  sera,  en 
tous  cas,  déclaré  irresponsable  que  si  le  délit  a  été  réellement 
commis  pendant  l’état  somnambulique. 

Plus  délicate  est  la  recherche  de  la  responsabilité  dans  les 
actes  accomplis  en  état  de  subconscience.  Ces  «  états  cré¬ 
pusculaires  »  marquent  parfois  le  prélude  ou  la  fin  d’une 
attaque  convulsive  ;  quelquefois  aussi  ils  alternent  avec  celle- 
ci  ou  se  présentent  spontanément  sans  aucune  connexité  avec 
les  accidents  convulsifs,  réalisant  ainsi  un  équivalent  psychi¬ 
que  de  l’attaque.  Cesétatsde  subconscience  avec  ou  sans  trou¬ 
bles  sensoriels,  avec  ou  sans  désorientation,  s’accompagnent 
d’amnésie.  Leur  caractère  morbide  né  peut  pas  être  mis  en 
doute  et  l’irresponsabilité  doit  être  acquise  à  tous  les  actes, 
vols  ou  homicides, exécutés  pendant  ces  états. 

Si,  comme  cela  est  assez  fréquent,  l’expert  ne  peut  arriver 
à  démontrer  l’existence  de  cet  état  de  subconscience  au  mo¬ 
ment  de  l’acte.  Je  problème  devient  très  délicat.  Voici  habi¬ 
tuellement  comment  les  choses  se  présentent  r  un  sujet  de 
conduite  correcte,  complètement  lucide,  commet  un  crime 
puis,  l’acte  accompli,  prétend  n  en  avoir  gardé  aucun  souve¬ 
nir,  ne  pas  connaître  le  premier  mot  de  la  chose  dont  on  lui 
parle,  etc.,  etc.  Commént  dépister  ici  le  mensonge,  la  super¬ 
cherie  ?  Si  l’on  peut  démontrer  l’existence  d’une  hystérie 
grave,  l’amnésie  du  crime  peut  être  réelle  en  dépit  de  nom¬ 
breux  mensonges  portant  sur  d’autres  faits  :  dans  ces  condi¬ 
tions  il  est  au  moins  prudent  de  ne  jamais  rejeter  d’emblée 
l’hypothèse  d'une  folie  transitoire,  alors  même  qu’elle  est  en 
l’espèce  improbable. 

Il  a  été  question,  jusqu’ici,  de  la  responsabilité  dès  hysté¬ 
riques  pendant  les  crises  ou  pendant  les  équivalents 
psychiques  voyons  maintenant  dans  quelle  mesure 
peut  être  invoquée  l’irresponsabilité  pour  les  actes  com¬ 
mis  dans  l’intervalle  des  crises.  Dans  l’impossibilité  où 
nous  sommes  de  répondre  à  cette  question  par  une 
forfnule  unique,  nous  nous  bornerons  à  étudier  la  res¬ 
ponsabilité  dans  quelques  cas  particuliers  choisis  parmi  les 
plus  fréquents.  Un  fait  primordial  peut  d’abord  être  envisagé, 
c’est  l’acte  en  lui-même.  On  voit  souvent  des  délits  ou  des 
crimes  tellement  absurdes  que  leur  caractère  pathologique 
ne  peut  être  mis  en  doute  par  personne  ;  l’irresponsabilité 
de  ceux  qui  les  ont  commis  en  découle  alors  tout  naturelle¬ 
ment. 

La  profonde  suggestibilité  de  l’hystérique  explique  l’in- 
lluence  si  grande  du  rêve,  d’une  hallucination,  d’une  idée 
fixe,  d’une  suggestion  intrinsèque  ou  extrinsèque.  Plus  en¬ 
core  que  la  suggestibilité,  l’impulsivité  est  une  cause  impor¬ 
tante  d'actes  médico-légaux  hystériques  :  homicide,  de  vio¬ 
lence,  suicide  et  surtout  actes  passionnels  provoqués  par  la 
haine,  la  jalousie,  la  vengeance.  Leur  émotivité,  leur  irrita- 


536 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


bilité,  empêchent  ces  malades  de  se  contenir  ;  il  passent  pres¬ 
que  instantanément  de  l’idée  à  l’acte. 

La  plupart  des  auteurs,  dans  ces  cas,  concluent  à  une  res¬ 
ponsabilité  limitée.  D'après  eux,  le  criminel  hystérique  n’op¬ 
pose,  aux  mobiles  de  son  acte,  qu’une  résistance  affaiblie.  A 
l’impulsivité  des  hystériques  se  rattache  un  grand  nombre 
de  vols,  surtout  de  vols  commis  dans  les  grands  magasins. 
Lorsque  l’expert  se  trouve  en  présence  de  dégénérés  hy.-.téri- 
ques,  de  kleptomanes,  l’irresponsabilité  ne  saurait  être  mise 
en  doute.  La  solution  est  bien  plus  délicale  si  l’impulsion  ne 
s’accompagne  pas  d’obsession  proprement  dite,  de  lutte  an¬ 
goissante.  Le  médecin  réglera  sa  conduite  d’après  le  carac¬ 
tère  plus  ou  moins  pathologique  de  l’acte  et  les  circonstances 
qui  l’ont  précédé  ou  suivi. 

Mais  il  reste,  bien  entendu  que  ce  sont  seulement  les  actes 
pathologiqiirs  de  l’hystérique  qui  entraînent  l’irresponsabi¬ 
lité.  En  présence  d’un  délinquant  ne  présentant  que  des  ma¬ 
nifestations  anciennes  ou  atténuées  de  la  névrose  et  dont 
l'acte  n’aaucun  caractère  pathologique,  l’expert  doit  conclure 
à  la  responsabilité.  Le  rapport  devra,  toutefois,  contenir  un 
examen  approfondi  du  sujet  (antécédents  héréditaires  et  per¬ 
sonnels,  niveau  mental,  degré  de  la  maladie)  afin  d’éclairer 
le  tribunal  Si  celui-ci  croit  juste  d’appliquer  les  circonstan¬ 
ces  atténuantes,  il  le  fera  sans  que  le  médecin  intervienne. 
L’appréciation  de  la  maladie  seule  est  d’ordre  médical. 

11  me  faut  dire,  maintenant,  quelques  mots  de  la  respon¬ 
sabilité  des  sujets  chez  lesquels  l’hystérie  est  associée  à 
d’autres  facteurs  pathologiques.  Parmi  ces  facteurs,  le  plus 
habituel  est  incontestablement  la  dégénérescence.  Nous  ne 
pouvons  encore  ici  fournir  aucune  règle  fixe,  la  responsabi¬ 
lité  étant  variable  chez  les  dégénérés.  La  vie  entière  du  sujet 
indique  le  degré  de  son  déséquilibre,  et  ce  déséquilibre  per¬ 
met  d’arriver  à  déterminer  la  responsabilité.  A  chaque  cas 
correspond  une  solution  différente.  Lorsque  la  dégénéres¬ 
cence  s’affirme  par  unedébilité  mentale  avérée,  l’expert  de¬ 
vra  naturellement  faire  entrer  en  ligne  de  compte  ce  nou¬ 
veau  facteur.  Chezun  hystérique  présentant  en  même  temps 
des  manifestations  épileptiques,  il  est  fréquent  de  rencon¬ 
trer  simultanément  un  état  de  débilité  ou  de  dégénérescence 
mentale  plus  ou  moins  accusé.  Dans  cette  triple  association, 
l’acte  médico-légal  emprunte  ses  caractères  à  l’un  des  fac¬ 
teurs,  quelquefois  à  deux,  et  la  responsabilité  est  générale¬ 
ment  nulle,  llfaut,  cependant,  arriver  à  cette  conclusion,  que 
le  délit  ait  une  note  pathologique . 

Lorsque  l’hystérie  s’associe  avec  les  intoxications,  la  ques¬ 
tion  delà  responsabilité  devient  encore  plus  complexe.  Cette 
association  est  assez  fréquente,  car  on  sait  combien  les  désé¬ 
quilibrés  ont  une  appétence  singulière  pour  tous  les  toxi- 
qués,  principalement  l’alcool,  la  morphine  et  l’éther.  L’in¬ 
toxication  réagit  sur  l’état  mental  du  malade,  mais  il  est  tou¬ 
jours  possiblede  retrouver  dans  le  tableau  clinique  la  part  de 
chacun  des  fadeurs  surajoutés.  La  responsabilité  dépend  na¬ 
turellement  du  degré  d’hystérie  et  de  l’importance  de  l’in¬ 
toxication.  De  tous  ces  poisons,  l’alcool  est  le  plus  fréquent  et 
aussi  le  plus  nocif.  L’alcoolisme  chronique  augmente  le 
nombre  des  crimes  qu’il  aggrave.  L’ivresse  accroît  singuliè¬ 
rement  l’impulsivité,  l’automatisme  des  malades, et  l’hystéri¬ 
que  devient  criminel  par  suite  d’impulsions  déréglées,  sans 
qu’on  puisse  parler  de  troubles  mentaux  proprement  dits. 
Quelquefois  l’automatisme  ambulatoire  hystérique  succède 
à  une  intoxication  éthylique.  La  morphine  a,  au  contraire, 
cette  action  particulière  qu’elle  diminue  un  peu  la  fréquence 
des  attaques,  mais  l’état  mental  n’en  demeure  pas  moins  ag¬ 
gravé.  L’expert  devra  s’attacher  à  démontrer  dans  quelle  me¬ 
sure  l’acte  délictueux  dépend  de  l’hystérie  ou  de  l’intoxica¬ 
tion  surajoutée.  Cette  notion  a  plus  d’importance  que  la  gra¬ 
vité  de  la  maladie  elle -même. 

En  terminant,  je  crois  nécessaire  de  poser  devant  le  Con¬ 
grès  le  problèmede  la  responsabilité  limitée  qui  est,  comme 
on  l’a  vu,  la  solution  souvent  adoptée  par  les  experts  lors¬ 
qu’il  n’y  a  pas  de  trouble  pathologique  évident  au  moment 
de  l’acte.  La  loi  pénale  ne  reconnaît  pas  cette  responsabilité 
limitée  ;  il  n  y  a  pour  elle  que  des  responsables  et  des  irres¬ 
ponsables.  La  plupart  des  médecins  légistes  et  des  juriscon¬ 
sultes  admettent  qu’il  existe  des  gens  à  tares  insuffisantes 


pour  faire  disparaître  leur  volonté,  mais  suffisantes  pour  oh 
curcir  leur  intelligence  et  diminuer  leur  volonté.  Est-ce  u  * 
chose  juste  ou  simplement  utile  ?  D’aucuns  font  remarque^ 
que  l’idée  de  responsabilité  limitée,  avec  la  peine  divisée 
comme  en  petits  morceaux  est  une  absurdité.  D’autres  ajon 
tent,  avec  M.  Forel,  que  responsabilité  limitée  veut  dire  le' 
trois  quarts  du  temps,  danger  social  augmenté.  ’  * 

A  mon  tour,  je  déclare  que  la  responsabilité  limitée  est  une 
notion  non  seulement  inutile,  mais  irrationnelle  et  dange¬ 
reuse  :  irrationnelle  parce  que  les  hystériques  considérés 
comme  partiellement  responsables  sont  des  anm'maux  sur 
lesquels  pèsent  de  véritables  tares,  des  influences  d’ordre  in¬ 
trinsèque;  dangereuse  parce  qu’elle  conduit  les  juridictions 
répressives  à  1  indulgence,  à  la  courte  peine,  et  qu’on  remet 
ainsi  dans  la  circulation  un  individu  peut-être  plus  dange¬ 
reux  que  le  criminel  conscient.  11  serait  fâcheux,  à  mon  sens, 
que  le  Congrès  donnât  l’appui  de  son  autorité  à  la  reconnais¬ 
sance  officielle  de  la  responsabilité  limitée. 

M.  Grasset.  —  Conclure  comme  l’a  fait  M.  Leroy,  au  rejet 
absolu  de  la  responsabilité  limitée  est  une  grave  condamna¬ 
tion  de  la  plupart  des  experts  qui  adoptent  cette  formule. 
Pour  ma  part,  je  rejette  complètement  semblable  conclusion 
etj’estime  qu’il  faut  envisager  séparément  la  doctrine  scien- 
tifiquede  la  responsabilité  atténuée  et  ses  conséquencesjuri- 
diques  dans  la  législation  actuelle. 

En  d’autres  termes,  il  ne  faut  pas  assimiler  les  notions  très 
distinctes  de  responsabilité  atténuéeet  de  peine  atténuée. 

Dans  la  législation  actuelle,  la  déclaration  de  responsabilité 
atténuée  aboutit  à  la  multiplication  des  courtes  peines,  ce 
qui  est  reconnu  mauvais  ;  mais  cela  ne  prouve  pas  que,scien- 
tifiquement,  la  responsabilité  atténuée  n’existe  pas.  Si  elle 
existe,  il  ne  faut  pas  cesser  de  la  proclamer,  sauf  à  demander 
en  même  temps  une  modification  correspondante  de  la  loi. 
Or,  scientifiquement,  la  chose  ne  paraît  pas  douteuse.  Quelle 
est  actuellement  la  base  médicale  delà  responsabilité  ?  La 
normalité  des  neurones  psychiques.  Dès  lors,  il  me  paraît 
impossible  de  se  borner  à  classer  l’humanité  en  deux  blocs; 
celui  des  normaux  responsables  et  celui  des  anormaux  com¬ 
plètement  irresponsables. 

Entre  les  deux,  il  y  a  place  pour  une  vaste  catégorie  de 
sujets,  chez  lesquels  le  fonctionnement  psychiqiie  est  inférieur 
à  la  normale,  c  est-à-dire  qui  ne  sont  pas  doués  d’une  résis¬ 
tance  suffisante  aux  suggestions  malsaines,  et  qui,  par  consé¬ 
quent,  ne  peuvent  être  considérés  ni  comme  irresponsables 
au  sens  absolu  du  mot,  ni  comme  responsables. 

Prenons  un  épileptique  ;  tout  le  monde  est  d’accord  pour 
reconnaître  que  le  crime  com mis  en  état  de  crise  entraîne  1  ir¬ 
responsabilité  ;  mais  si  le  même  crime  a  été  accompli  dans 
une  phase  interparoxystique,  irez-vous  soutenir  que  ce  crime 
ne  mérite  aucune  indulgence,  qu’il  a  été  accompli  par  un 
sujet  dont  l’intégrité  psychique  est  absolue  11  en  est  de 
même  pour  les  actes  des  hystériques.  \  ous  voulez  que  ceux- 
ci  soient  toujours  responsables  ou  irresponsables.  Pour  moi. 
l’immense  majorité  de  ces  malades  est  responsable,  maj* 
dans  une  mesure  limitée  qu’il  appartient  à  l’expert  d’appre- 
cier. 

Loin  d’être  irrationnelle,  cette  conception  me  semble  au 
contraire,  la  raison  même.  Si  vous  n’admettez  pas  la  respon 
sabilité  atténuée,  vous  êtes  obligé  d’étendre  outre  uaesur 
tantôt  le  domaine  de  la  responsabilité,  tantôt  celui  de  l  irres 
ponsabilité.  , 

En  quoi  le  sujet  à  responsabilité  atténuée  diffère-t  “ 
du  responsable  et  de  l’irresponsable  ?  Du  responsable  u 
fère  en  ce  qu’il  n’est  pas  entier  dans  la  lutte  psychique  e 
ne  doit  pas  être  mis  dans  la  prisondes  normaux.De  1 
sable  il  diffère  en  ce  qu’il  «  comprend  »  le  gendarme  et  laP^ 
son  etnedoit  pas  être  mis  dans  l’asile  des  fous.  Et  qe 
ce  qu’il  ne  peut  être  ni  dans  la  prison  ordinaire  ni  dans! 
ordinaire,  il  ne  faut  pas  conclure  qu’il  n’existe  P*®  .,  pri- 
conclure  à  la  création  urgente,  indispensable  de 
son.  Tout  danger  disparait  ainsi.  La  société  se  ^ns 

tre  ce  demi-fou  plus  longtemps  parfois  que  contre 
fous,maiselle  le  traitera  en  même  temps. Elle  l’isolera 
un  cholérique  ou  un  pestiféré  et  s’en  préservera  tout  en 
gnant. 


LE  PROGRÈS  MEDICAL 


537 


Toutes  les  objections  sur  l’absurdité  de  la  «  peine  divisée  » 
bent.  Onnepeut  plus  dire,  avec  M.  Forel,  que  responsa- 
h'iité  limitée  égale  danger  social  augmenté.  Il  n’en  estrien.  Si 
classez  les  hystériques  en  responsables  et  irresponsables, 
flus  vous  exposez  terriblement,  au  contraire, à  mettre  en  pri- 
des  malades  et  à  enfermer  dans  les  asiles  des  sujets  dont 

cen’est  pas  la  place. 

Le  rapporteur  parle  enfin  de  sujets  partiellement  responsa¬ 
bles  ;  c'est  une  confusion  des  plus  fâcheuses  que  commettent 
encore  un  certain  nombre  d'auteurs  :  responsabilité  partielle 
elresponsabilité  atténuée  sont  deux  choses  absolument  dis¬ 
tinctes. 

La  responsabilité  atténuée  n’est  donc  ni  irrationnelle,  m 
dangereuse,  ce  n’est  pas  davantage,  comme  on  l’a  dit,  une 
cote  mal  taillée,  une  lâcheté  ou  une  erreur  :  c’est  une  vérité 
scientifique,  à  laquelle  un  jour  ou  l’autre  il  faudra  bien  que 
la  législation  se  conforme. 

M,  Briand  (de  Yillejuifi.  —  Le  terrain  sur  lequel  évolue 
l'hystérie  joue  un  rôle  primordial  dans  le  déterminisme  et  la 
forme  des  délits  divers  que  peut  commettre  l'hystérique. 

M.  Düpré  de  Paris).  -  Le  problème  delà  responsabilité 
des  hystériques  associe  deux  questions  dont  l’étude  séparée 
est  déjà  des  plus  difficiles.  A  mon  avis,  lorsque  l’hystérique 
devient  délinquant,  ce  n’est  pas  de  par  sa  névrose,  mais  bien 
de  par  les  tares  intellectuelles,  morales,  ou  volontaires  qui 
s’associent  à  l'hystérie  sur  le  terrain  dégénératif,  dont  la  né¬ 
vrose  elle-même  n’est  qu’une  expression. 

Parmi  ces  tares,  la  vanité,  la  malignité  et  la  perversité  dans 
le  domaine  moral,  la  débilité  mentale  dans  le  domaine  in¬ 
tellectuel,  l’impulsivité  dans  le  domaine  volontaire,  et  enfin 
d’autres  états  morbides,  toxiques,  obsédants,  etc.,  etc.,  re¬ 
présentent  les  principaux  facteurs  qui,  associés  à  la  névrose, 
entraînent  les  hystériques  à  la  délinquance  et  sont  les  mobi¬ 
les  non  hystériques  du  délit  chez  les  hystériques.  Je  ne  vois 
^ère  de  spéciale  à  l'hystérie  que  la  suggestibilité,  comme 
élément  psychologique  intéressant  à  considérer  en  médecine 
légale  ;  et  encore  une  suggestibilité  particulière,  aboutissant 
surtout  à  l’organisation  de  crises  ou  de  syndromes  somati¬ 
ques,  accessoirement  à  la  création  d’états  psychiques  qui 
nont^ère  de  conséquences  médico-légales,  en  dehors  de 
l'association  des  tares  morales  plus  haut  signalées. 

La  mythomanie  telle  que  je  l’ai  définie,  c’est-à-dire  la  ten¬ 
dance  constitutionnelle  au  mensonge,  à  la  fabulation  et  à  la 
simulation,  est  très  fréquemment  associée  à  l’hystérie,  mais 
sue  ne  se  confond  pas  avec  elle,  car  on  peut  être  mythomane 
Mns  être  hystérique.  Le  diagnostic  différentiel  entre  la  my- 
Inomanie  et  1  hystérie  repose  le  plus  souvent  sur  la  notion  de 
«présence ou  de  l'absence,  dans  le  processus  morbide,  de  la 
«nscienceet  de  la  volonté.  Cette  distinction  est  des  plus  dif- 
ncilesà  établir,  car  nous  ne  possédons  aucun  moyen  sûr  de 
®fisurer  chez  le  sujet  suspect  la  valeur  des  constatations  de 
«  conscience  et  des  efforts  de  la  volonté.La  cliniquemédico-lé- 
^te  et  pénitentiaire  fourmille  de  ces  cas  hybrides. où  il  est  im- 
Wssible  de  faire  dans  la  psychogenèse  des  accidents  le  dé- 
^rt  de  l’hystérie  et  de  la  simulation.  Il  me  paraît  difficile  de 
‘inguer,  à  cet  égard,  le  rôle  respectif  des  deux  psychis- 
;  le  problème  reste  dans  le  domaine  des  faits  subjectifs  et 
cconaporte  aucun  élément  objectif,  aucun  critère  expéri- 
"‘«“lal  de  solution. 

com*  de  vue  de  la  responsabilité  atténuée,  je  me  rallie 
Plctement  à  l’opinion  de  M.  Grasset. 

Rapport  du  traumalUme  et  de  lapamhjsic  générale. 

^'***00  (de  Paris).  —  J’ai  observé  plusieurs  malades  chez 
^  des  symptômes  de  paralysie  générale  ont  été  notés 
soQt  P®®  une  chute  ou  un  traumatisme  crânien  grave.  Quels 
Hiy  J  ces  conditions  les  rapports  réciproques  de  la  pa- 
l«tag  ®  |®nérale  et  du  traumatisme  ?  Celui-ci  a-t-il  été  réel- 
ton^,.*  cause  eflective,  unique  de  la  maladie,  a-t-il  créé  de 
Wos  Paralysie  générale  ?  ou  bien,  ce  que  je  serais 

*'fieut'  d’admettre,  n’a-t-il  pas  simplement  actionné  et 
qui  5g  ''C's  les  centres  nerveux  une  syphilis  en  évolution 
M.  tf*  aurait  peut-être  respectés  ? 

Liîa  ini  -*'^°'  ~  *^‘‘issaud  vient  de  soulever  une  question 
Pressante  et  bien  délicate.  Il  est  très  difficile  d’éluci¬ 


der  une  question  aussi  grave  par  des  fait.®  négatifs  ;  cepen¬ 
dant,  si  chacun  venait  ici  dire  qu’il  n’a  jamais  rencontré  de 
paralysie  générale  traumatique,  la  vérité  serait  bien  près 
d  être  établie.  Il  y  a  des  années  que  je  recherche  des  cas  de 
paralysie  générale  traumatique,  je  n’en  ai  jamais  trouvé.  Si 
l’on  remonte  un  peu  loin  dans  l’examen  du  malade,  on 
trouve  que  toujours  la  paralysie  générale  avaitdébulé  avant 
le  traumatisme  incriminé. 

M.  Raymond.  —  Je  suis  très  heureux  d’enlendre  exprimer 
des  conclusions  que  je  partage  complètement.  Quand  une 
paralysie  générale  est  certaine,  j'affirme  que  toujours  la  sy¬ 
philis  est  le  point  de  départ  et  que  le  traumatisme  n’a  été 
qu’un  épisode. 

M.  Bali.et  (de  Parisl.— Dans  2  cas  qu’il  m'a  été  donné 
d’observer  et  qui  tous  deux  se  présentaient  comme  des  types 
de  paralysie  générale  traumatique,  une  enquête  attentive  a 
montré  que  dans  1  un,  lessymptômes  de méningo -encéphalite 
chronique  étaient  antérieurs  au  traumatisme,  et  que  dans 
l’autre  il  existait  une  syphilis  conjugale  ;  ici  encore,  par  con¬ 
séquent,  le  traumatisme,  s’il  était  pour  quelque  chose  dans 
l’apparition  de  la  maladie,  n’avait  pu  jouer  que  le  rôle  de 
cause  occasionnelle.  Je  ne  crois  donc  pas  à  l’existence  de  la 
paralysie  générale  exclusivement  traumatique.  Mais  il  ne  faut 
pas  conclure  de  là  à  l’innocuité  complète  d’un  traumatisme 
en  matière  de  paralysie  générale.  Il  est  très  possible,  en  effet, 
que  tel  syphilitique  qui  serait  resté  toute  sa  vie  un  simple 
syphilitique  devienne  paralytique  général  à  l’occasion  d’un 
traumatisme. 

M.  Régis.  —  Je  n’ai  observé,  pour  ma  part,  que  des  cas  où 
le  traumatisme  était  consécutif  à  une  paralysie  générale  pré¬ 
existante.  Je  serais  donc  assez  disposé  à  me  ranger  à  l’avis  de 
MM.  Brissaud,  Raymond  et  Ballet.  11  résulte  cependant  d’une 
série  de  travaux  allemands  et  anglais  sur  ce  sujet,  qu’il  y  a 
présomption  de  relation  de  cause  à  effet  entre  le  traumatisme 
et  la  paralysie, d’abord  quand  il  n’y  a  pas  de  cause  connue  an¬ 
térieure  susceptible  decréer  la paralysie,générale, ensuite  lors¬ 
que  le  traumatisme  a  déterminé  un  ébranlement  sérieux  et 
enfin  lorsque  le  temps  écoulé  entre  les  deux  faits  n’a  été  ni  trop 
long,  ni  trop  court.  Dans  l'une  ou  l'autre  de  ces  alternatives, 
il  appartient  encore  à  l’expert  de  déterminer  pour  chaque 
cas  particulier  dans  quelle  mesure  le  traumatisme  a  dû  favo¬ 
riser  ou  hâter  l’éclosion  de  la  paralysie  générale. 

M.  Giraud  rapporte  un  cas  qu’il  a  eu  l’occasion  d’observer 
récemment  avec  M.  Lallemand  et  pour  lequel  les  experts 
conclurent  que  la  paralysie  générale  devait  être  déjà  en  évo¬ 
lution  lorsque  survint  le  traumatisme. 

M.  Duret.  —  Comment  faut-il  considérer  la  paralysie  gé¬ 
nérale  ?  Est-ce  un  syndrome  ou  une  maladie  spécifique  'f 
Toute  la  question  est  là,  et  si  la  paralysie  générale  est  consi¬ 
dérée  comme  un  syndrome,  il  est  logique  d’admettre  que  le 
traumatisme  puisse  jouer  un  rôle  dans  son  étiologie. 

M.  Brissaud  constate  qu'aucun  des  membres  du  Congrès 
n’a  vu  le  traumatisme  créer  de  toutes  pièces  la  paralysie  géné¬ 
rale.  Désormais  la  question  lui  paraît  résolue.  Au  point  de 
vue  médico-légal,  le  traumatisme  n’en  a  pas  moins  créé  un 
dommage  qui  doit  être  réparé. 

M.  Vaulon  (de  Paris).  —  Que  la  syphilis  joue  un  rôle  dans 
le  développement  de  la  paralysie  générale,  je  ne  le  consteste 
pas,  mais,  qu’elle  en  soit  la  conditionsuffisante.je  ne  le  crois 
pas.  Toujours  ou  presque  toujours  la  paralysie  générale  est 
le  résultat  de  l’association  de  la  syphilis  avec  un  autre  fac¬ 
teur  étiologique.  Le  plus  souvent  c’est  l'alcoolisme  qui  inter¬ 
vient,  mais  il  est  possible  que  dans  un  certain  nombre  de  cas 
ce  soit  un  traumatisme  qui  s’ajoute  à  la  syphilis. 

M.  Christian  insiste  sur  le  rôle  du  surmenage  dans  l’étiolo¬ 
gie  de  la  paralysie  générale. 

M.  Paii.has  rappelle  un  cas  qu’il  a  communiqué  à  un  Con¬ 
grès  précédent. 

Deux  cas  de  tumeurs  du  corps  calleux  avec  aulopsie. 

M.  Raymond.  —  Je  désire  vous  communiquer  les  observa¬ 
tions  de  deux  malades  ayant  succombé  àdes  tumeurs  du  corps 
calleux. 

Le  premier,  un  homme  de  cinquante-huit  ans,  avait  pré¬ 
senté,  à  la  suite  d’un  ictus  survenu  trois  mois  avant  sa  mort. 


538 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


une  hémiplégie  motrice  droite  progressive  avec  hémitremble¬ 
ment,  et  plus  tard  une  hypoesthésie  du  même  côté. 

Dès  l’ictus,  l’intelligence  s’était  montrée  affaiblie  :  on  cons¬ 
tatait  avant  tout  une  obnubilation  intellectuelle  générale.  Il 
existait  quelques  signes  de  compression  cérébrale  :  céphalée, 
vomissements,  stase  papillaire  légère,mais  aucun  phénomène 
du  côté  des  nerfs  crâniens.  A  l’autopsie,  on  trouva  une 
vaste  tumeur,  un  gliome  très  vasculaire  avec  foyers  hémor¬ 
rhagiques  détruisant  les  deux  tiers  antérieurs  du  corps  cal¬ 
leux,  se  prolongeant  en  avant  dans  le  lobe  frontal,  et  latéra¬ 
lement  dans  le  centre  ovale  du  côté  gauche.  Il  existait,  en 
outre,  un  noyau  secondaire  au  niveau  des  circonvolutions  pa¬ 
riétales  ascendante  et  deuxième  pariétale  gauches.  L’examen 
histologique  des  coupes  de  l’hémisphère  gauche  permit  de 
constater  une  atrophie  considérable  des  fibres  tangentielles 
d’Exner,  la  destruction  des  faisceaux  longitudinal  supérieur 
et  occipito-frontal  et  du  cingulum.  A  noter  des  altérations 
très  prononcées  des  vaisseaux  de  l’écorce. 

Le  deuxième  malade,  un  homme  âgé  de  quarante  ans,  n’a 
eu,  pendant  huit  mois,  comme  unique  symptôme,  que  des 
troubles  itientaux  spéciaux,  puis,  deux  mois  et  demi  avant  sa 
mort,  se  sont  montrés  de  nombreux  signes  ;  avant  tout  une 
hémiparésie  gauche  progressive  avec  hémiataxie  et  hémianes¬ 
thésie  du  même  côté,  ensuite  une  hémianopsie  temporale 
gauche  homonyme. 

Il  n’y  avait  pas  de  phénomènes  de  compression  des  nerfs  de 
la  base  et  ceux  de  compression  générale  étaient  modérés. 
Une  obnubilation  intellectuelle  progressive  avait  obscurci  le 
syndrome  mental  au  début,  lorsque  le  malade  vint  consulter 
à  la  Salpêtrière  ;  néanmoins,  on  put  le  reconstituer  et  porter 
le  diagnostic  de  tumeur  localisée  primitivement  au  corps 
calleux,  ayant  envahi  la  couche  optique  droite.  L’autopsie 
confirma  l’exactitude  du  diagnostic  ;  on  trouva  un  sarcome  à 
cellules  polymorphes,  très  vasculaire,  ayant  infiltré  le  tiers 
postérieur  du  corps  calleux  et  s’étant  développé  du  côté 
droit,  où  il  a  détruit  les  deux  tiers  postérieurs  de  la  couche 
optique,  le  tiers  postérieur  de  la  capsule  interne,  les  radia¬ 
tions  thalamiques  et  le  faisceau  longitudinal  inférieur.  Les 
cellules  pyramidales  de  l'écorce,  étudiées  par  la  méthode  de 
Nissl,  présentent  des  altérations  assez  considérables  (chroma- 
tolyse,  déplacement  et  vacuolisation  du  noyau,  etc.). 

11  résulte  de  ces  constatations  que  les  divers  symptômes 
observés  chez  ces  deux  malades  ont  presque  tous  pour  origine 
des  lésions  situées  en  dehors  du  corps  calleux  et  qu’en  som¬ 
me  il  n’y  a  que  les  troubles  mentaux  qu’on  puisse  considérer 
comme  un  symptôme  à  proprement  parler  d’origine  calleuse . 
Et  encore  parmi  ces  troubles  mentaux,  il  y  a  un  départ  à 
faire.  L’obnubilation  intellectuelle,  les  troubles  démentiels 
que  certains  auteurs  ont  décrits,  dans  les  tumeurs  du  corps 
calleux,  sont  des  symptômes  tardifs  dus  à  la  propagation  de 
la  tumeur  à  des  régions  voisines  ou  à  des  altérations  céré¬ 
brales  diffuses  (compression, intoxication,  lésions  vasculaires). 
Il  reste,  comme  caractéristique,  un  syndrome  mental  spé¬ 
cial  :  il  consiste  en  des  troubles  du  caractère,  de  la  bizarrerie 
dans  les  manières  et  dans  les  actes,  des  lacunes  dans  la  mé¬ 
moire,  un  manque  de  liaison  dans  les  idées,  tout  cela  avec 
une  conservation  apparente  de  l'intelligence  qui  peut  faire 
illusion  à  l’entourage.  A  part  ces  troubles  mentaux  spéciaux, 
pour  soupçonner  la  localisation  d’une  tumeur  dans  le  corps 
calleux,  peut-être  y  a-t-il  à  tenir  quelque  compte  du  siège  de 
la  céphalée,  mais  de  la  céphalée  précoce  seulement.  Les  au¬ 
tres  symptômes  donnés  par  les  auteurs  sont  des  symptômes 
d’emprunt,  la  tumeur  étant  bien  rarement  limitée  au  corps 
calleux.  C’est  donc  ce  syndrome  mental  particulier  qui  est  le 
signe  caractéristique  d’une  localisation  dans  le  corps  calleux, 
et  c’est  son  existence  précoce  et  longtemps  isolée  qui  a  permis, 
dans  le  deuxième  cas,  de  porter  un  diagnostic  de  localisation 
calleuse  primitive. 

De  cette  étude  anatomo-clinique,  je  ne  veux  tirer  aucune 
conclusion  ferme  au  sujet  de  la  physiologie  du  corps  calleux. 
Le  faisceau  occipito-frontal  était  détruit  dans  les  deux  cas  ; 
il  n’est  donc  pas  sûr  que  le  syndrome  psychique  décrit  plus 
haut  soit  unkiuement  d'origine  calleuse.  C’est  l’étude  des  lé¬ 
sions  limitées  au  corps  calleux  (hémorrhagie,  ramollisse¬ 
ments!  qui  pourrait  permettre  de  résoudre  ce  problème. 


Myxœdéme  et  Mongolisme. 

M.  Bourneville  rappelle  que,  l’an  dernier,  au  Congrès  de 
Rennes,  il  a  montré  une  série  de  photographies  concernant 
deux  groupes  bien  distincts  d’idiotie,  les  myxœdémateux  et 
les  mongoliens.  S’appuyant  sur  ces  documents,  il  a  essayé  de 
tracer  un  parallèle  entre  le  myxœdéme  infantile  et  le  mon¬ 
golisme,  que  chacun  a  pu  lire  dans  les  procès-verbaux  du 
Congrès.  Ce  parallèle  a  été  reproduit,  perfectionné,  dans  le 
dernier  numéro  de  la  Revue  d’hygiène  et  de  pathologie  infan¬ 
tiles  du  D*-  Il.de  Rothschild,comme  conclusion  d'une  nouvelle 

observation  de  myxœdéme  (Bon. . .)  et  d’une  nouvelle  observa¬ 
tion  de  mongolisme  (Burga...)  M.  Bourneville  complète  ce  pa¬ 
rallèle  par  des  renseignements  comparatifs  ;1“  des  calottes  cr⬠
niennes  des  deux  groupes  (avec  le  D''  Paul  Boncour)  ;  2»  de 
la  dentition  (avec  M.  le  D"'  Frey  et  M.  Royer),  3»  sur  l’absence 
de  la  glande  thyroïde,  constante  chez  les  myxœdémateux  in¬ 
fantiles,  et  l’existence  de  lésions  dans  les  glandes  tliyroîdes, 
existantes,  des  mongoliens. 

La  puberté  est  plutôt  précoce  chez  les  mongoliennes. 
Elle  ne  se  développe  généralement  pas  chez  les  myxœdéma- 
teuses  ou  incomplète  et  tardive,  sauf  chez  celles  qui  sont  sou¬ 
mises  longtemps  au  traitement  thyroïdien. 

Enfin  il  montre  les  photographies  d’un  groupe  de  myxœ- 
démateuses  et  d’un  groupe  de  mongoliennes,  vues  nues  de 
face,  de  profil,  de  dos.  Ces  belles  photographies,  dues  à  M. 
Infroit,  directeur  du  service  photographique  de  la  Salpê¬ 
trière,  mettent  bien  en  relief  les  différences  symptomatiques 
signalées  par  l’auteur. 

M.  Bourneville  résume  et  fait  voir  les  photographies  d’un 
nouveau  cas  de  mongolisme  (Cotto...)  morte  récemment,  dans 
son  service,  de  tuberculose  généralisée. 


Microcéphalie  familiale. 

Le  même  auteur  fait  passer  les  photographies  de  deux  frè¬ 
res  atteints  de  microcéphalie  à  un  degré  très  prononcé  (ni/cro- 
céphalie  familiale)  ainsi  que  les  photographies  du  cerveau 

de  l’un  d’eux.  Les  observations, rédigées  en  collaboration  avec 

son  interne,  Mlle  R.  Maugeret,  seront  publiées  dans  le  recueil 
des  travaux  du  Congrès. 


Hydrocéphalie  congénitale. 

La  dernière  communication  de  M.  Bourneville  (avec  .M.Ie 
D''  Julien  Noir)  a  trait  à  un  cas  d’hydrocéphalie  communi¬ 
qué  au  Congrès  de  la  Rochelle  (18931  parce  que  le  traitement 
produit  une  amélioration  considérable.  L'enfant  avait 
alors  près  de  4  ans.  En  terminant,  il  dit  :  «  Si  Valen- 
tine  Esc...,  malgré  une  hydrocéphalie  congiemmle  considéra¬ 
ble,  est  devenue  une  enfant  intelligente,  presque  normale, 
c’est  non  seulement  à  la  compression  du  crâne  par  des  cape¬ 
lines  de  bandelettes  de  Vigo,  à  la  révulsion,  au  calom^^ 
bains  salés,  etc.,  qu’il  faut  l’attribuer,  mais  encore  à  léduca^ 
tion  bien  dirigée  et  aux  soins  minutieux  que  nous 
faire  mettre  en  pratique  par  sa  mère  et  sa  sœur,  avec  mie 
gence  et  avec  beaucoup  de  suite.  _ 

De  1893  à  1903,  l'enfant  a  continué  à  s’améliorer  s 
tous  les  rapports,  ainsi  que  le  prouve  sa  photographie  co  ^ 
tive,  lorsque,  à  la  suite  d’une  chute  sur  la  tête,  il  s  est  P 
duit  une  énorme  bosse  sanguine  et  sont  survenues  des  . 
sions.  Tous  les  progrès  réalisés  ont  été  rapidement  per 
démence  et  paralysie  progressive.  Nous  avons  raconte 
riode  de  progrès,  nous  avons  pensé  utile  de  vous  faire 
naître  la  période  de  déchéance. 

Permettez-nous  une  remarque  à  propos  des 
collectives,  c'est-à-dire  représentant  tous  les  fie 

nous  venons  de  parler,  tous  les  deux  ans,  avecl’indtca  i  ^ 
leur  poids  et  de  leur  taille.  Ce  procédé  devrait  être  ^q. 
à  tous  les  enfants  normaux,  tous  les  ans  si  possible- 
cuments,  avec  les  cahiers  sco'aires,  devront 
vret  de  famille  qu’ils  illustreraient  et  sur  lesquels  on 
quer  toutes  les  maladies  de  l’enfant.  Ceci  viendra  pe 
un  jour  ! 

Sur  quelques  caractères  de  certaines  formes  de  nymph» 

M.  Gilbert  B.vli.et.  —  Ijl  existe  de  nombreux  cas 
de  nymphomanie  tout  à  fait  différents  de  la  descrip 


LE  PROGRÈS  MEDICAL 


539 


.  e  et  l'auteur  en  rapporte  trois  observations  des  plus  in-  I 
^i^ntes.  Tout  en  présentant  les  trois  caractères  les  plus 
mportants  peut-être  de  ce  syndrome,  l'exagération  du  désir, 
îffrigidité  et  l’absence  de  satisfaction  sexuelle,  ces  observa¬ 
tions  se  distinguent  entre  elles  par  le  mobile  auquel  obéit  la 
^mphomane.  La  première  des  trois  nymphomanes  dont  l’ob¬ 
servation  est  rapportée  est  ce  que  l’auteur  appelle  une  nym¬ 
phomane  par  curiosité  ;  la  seconde,  cherchant  par  ce  moyen 
à  faire  disparaître  les  symptômes  morbides  qu’elle  ressent,  est 
dite  nymphomane  thérapeute  ;  la  troisième,  plus  complexe 
encore,  se  comporte  comme  obsédée  et  voit  à  son  désir  exa 
géré  succéder,  dès  le  premier  contact,  une  répulsion  plus 
violente  encore. 

M.  Régis.  —  A  côté  du  symptôme  nymphomanie,  se  trouve 
toujours  un  substratum  morbide.  La  nymphomanie  se  ratta¬ 
che  à  un  état  constitutionnel,  hystérique  ou  dégénératif  ;  il  y 
amème  souvent  à  noter  une  altération  de  la  moralité  qui  fait 
que,  dans  ce  syndrome,  il  faut  souvent  considérer  autant 
l'amoralité  que  la  nymphomanie  proprement  dite. 

M.  Gilbert  Ballet  est  d’accord  avec  M.  Régis  sur  ce  fait  que 
la  nymphomanie  constitue  une  manifestation  de  la  tare  ner¬ 
veuse  ou  héréditaire.  Il  ne  croit  pas  qu'on  puisse  faire  de 
l'amoralité  un  caractère  constant  de  la  nymphomanie.  Si, 
dans  la  première  observation,  il  s’agit  bien  d’une  a  morale, 
le  fait  est  bien  improbable  pour  la  seconde,  et  la  troisième 
malade  était  d’une  moralité  parfaite  et  luttait  autant  qu’elle 
le  pouvait  contre  cette  obsession  morbide. 

Deux  cas  de  confusion  mentale  liés  à  la  fièvre  typhoïde  et  à  la 
scarlatine.  Séro-diagnostic M  étude  bactériologique. 

MM.  Taty  et  Chaumier  (Lyon)  présentent  au  Congrès  les 
observations  de  deux  cas  de  confusion  mentale  d’origine  in¬ 
fectieuse  ayant  évolué  chez  deux  jeunes  filles  de  vingt-six  ans. 
Dans  le  premier  cas,  la  période  fébrile  a  duré  environ  un 
mois.  La  maladie  s’est  montrée  chez  une  prédisposée  à  ca¬ 
ractère  hypocondriaque  ;  elle  s’est  accompagnée  d’agitation 
et  de  sitiophobie.  Le  séro -diagnostic  typhique  fait  à  la  conva¬ 
lescence  a  été  positif.  La  malade  est  sortie  guérie.  Chez  la 
deuxième  malade,  fille  d’alcoolique,  le  début  a  été  brusque. 
La  période  fébrile  observée  a  duré  deux  mois.  Les  princi¬ 
paux  symptômes  notés  ont  été  la  confusion  mentale  pliant 
lusqu’à  la  stupeur,  la  sitiophobie,  l’albuminurie,  des  accès 
parotidiens  et  de  l’bématurie.  La  convalescence,  aqcompa- 
^ée  d’amélioration  mentale,  a  été  troublée  par  des  poussées 
fébriles  concomitantes  des  abcès.  Séro-diagnostic  typhique 
aegatif  ;  streptocoques  dans  l’urine  ;  staphylocoques  dans  le 
pus  des  abcès.  Inoculation  de  sang  à  l’oreille  d’un  lapin  ;  pas 
d®  réaction  locale,  mais  paraplégie  du  train  postérieur  de 
‘animal.  La  malade  a  eu  une  desquamation  généralisée.  La 
scarlatine  paraît  seule  expliquer  l’évolution  morbide. 

Lu  tuberculose  chez  les  épileptiques  hospitalisés,  par  M.  Claude. 
’ulettr  pronostiquedela  lympho-polynucléose  dans  le  syndrome 
^  ^ndry,  par  Sicard. 

^^inc  périphérique  du  spasme  facial,  parM.  Levy. 

biir  la  présence  de  la  choline  dans  le  sang  au  cours  des  mala- 

tesdu  système  nerveux,  par  M.  Claude. 

associé  de  paralysie  faciale  gauche  et  de  spasme 
l’U^l  droit  d’origine  intracrânienne,  par  Sicard. 

ur  quelques  caractères  de  certaines  formes  de  nymphomanie. 

Ballet. 

^■loxiques,  considérés  comme  phobiques  ou  a.stasiques-aba- 
sont  le  plus  souvent  des  incoordonnés  ou  des  anesthési- 
^du  tronc,  par  Maurice  Faure. 
ouvelle  méthode  de  rééducation  de  la  marche  chez  les  ata.ri- 
par  Lewèvre. 

^^^orragie  méningée  au  cours  d’une  méningite  cérébro-spinale, 

^^caT*  dépressive  de  la  démence  précoce,  par  M"' 

mif*  Donc, lions  lombaires  en  série  nu  cours  de  la  paralysie  géné- 
Par  Marie. 

no^^'^aiion  des  troubles  nerveux  au  moyen  d'un  appareil 
y'®"»  If  sténomètre,  par Joire. 

des  états  neurasthéniques  par  la  médication  ferru- 
^'«Lparü.  Le.moi.ne. 


LA  VALÉROBROMINE  LEGRAND 

est  plus  active  que  les  bromures  et  les  valé- 
riauates. 


BIBLIOGRAPHIE 


Hygiène  alimentaire.  Comment  on  se  nourrit  aujour¬ 
d’hui  ;  par  Paul  Dikfloth,  ingénieur-agronome.  Unnales 
d'hygiène  publique  et  de  méd  cine  légale,  lOOB.i 
M.  PaulDifflot,  constate  en  débutant,  que  l’accroissement 
des  salaires  n’a  amélioré  en  rien  la  qualité  des  denrées  ali¬ 
mentaires.  Bien  au  contraire,  tandis  que  l’ouvrier  recher¬ 
chait  les  plaisirs  et  le  faux  luxe,  les  cours  du  pain,  de  la 
viande  et  des  légumes  ne  suivaient  pas  l’augmentation  des  sa¬ 
laires,  et  le  producteur, écrasé  de  charges  nouvelles, était  con¬ 
traint  de  réduire  ses  dépenses  par  l’emploi  de  matières  pre¬ 
mières  d’une  valeur  plus  faible  et  par  la  surproduction. 

Il  trouve  des  exemples  qui  confirment  l’exactitude  de  ces 
assertions  dans  les  diverses  branches  de  l’alimentation  hu¬ 
maine,  et  les  passe  en  revue. 

C’est  ainsi  que,  pour  la  production  de  la  viande,  on  utilise 
les  résidus  industriels,  pulpes,  drèches,  tourteaux,  etc...  Que 
les  poules  pondeuses,jadis  nourries  de  grains,  ne  le  sontplus 
que  de  déchets  de  sardines,  de  farines  de  viande,  de  larves  de 
vers  à  soie,  etc...  que  les  œufs  arrivent  de  Turquie  et  de  Rus¬ 
sie  dans  des  flacons  renfermant,  les  uns  les  blancs,  les  autres 
les  jaunes.  M.  Diffloth  emprunte  encore  d’autres  arguments 
au  pain,  au  beurre,  au  fromage,  aux  boissons,  etc. 

La  marche  du  choléra  de  1902  à  1906  :  par  le  Df 
R.  Peyron.  (Thèse  de  Paris,  Bonvalot-Jouve,  éditeur.) 
S’inspirant  des  récents  travaux  de  MM.  Chantemesse  et 
Borel,  l’auteur  a  repris  en  détail  l’étude  de  la  dernière  épidé¬ 
mie  cholérique.  Il  la  suit  depuis  son  départ  des  Indes,  et 
après  avoir  étudié  brièvement  les  manifestations  du  choléra 
à  l’est  de  son  foyer  d’origine,  il  montre  la  voie  suivie  par  le 
fléau  pour  gagner  l’Europe.  Ce  trajet  est  un  peu  particulier  et 
diffère  notablemeut  de  celui  des  épidémies  précédentes.  La  , 
récente  épidémie  a  suivi  une  route  mixte,  en  partie  maritime, 
en  partie  terrestre  :  ayant  quitté  les  Indes  par  la  mer,  elle 
vient  atterrir  à  la  Mecque, mais,  de  là,  au  lieu  de  gagner  l’Em 
rope  directement  par  la  Méditerranée,  elle  s’enfonce  dans 
l'Asie-Mineure,  traverse  la  Perse,  et  pénètre  en  Europe  par 
la  Mer  Caspienne. 

Ce  trajet  asiatique  du  choléra  est  très  bien  étudié  par  M. 
Peyron  qui  s’efforce  de  pénétrer  les  causes  qui  ont  déterminé 
l’épidémie  à  prendre  ce  chemin,  qui  l’ont  amené  à  faire  un 
long  détour  pour  atteindre  notre  continent  ;  il  étudie  les  épi¬ 
démies  d’Alexandrie,  de  Téhéran,  de  Bakou,  et  montre  leur 
rôle  dans  la  marche  du  fléau.  Pour  chacune  de  ces  épidémies 
locales,  l’auteur  a  pu  réunir  un  certain  nombre  de  faits  intéres¬ 
sants,  qui  mettent  bien  en  lumière  les  divers  modes  de  trans¬ 
mission  du  choléra.  Ces  faits  viennent  à  l’appui  des  idées 
récemment  émises  par  MM.  Chantemesse  et  Borel. 

Puisées  à  des  sources  autorisées,  empruntées  aux  récits  de 
médecins  compétents  qui  ont  vu  les  choses  de  près,  ces  ob¬ 
servations  éclairent  d’un  jour  particulier  le  mécanisme  de  la 
DissÉMiN.ATioN  et  de  la  propagation. 

Les  dernières  pages  sont  consacrées  à  une  étude  comparée 
de  la  marche  des  diverses  épidémies  de  choléra. 

La  Responsabilité.  —  Etude  de  Socio-biologie  et  de 
Médecine  légale;  par  le  I>’  C.  Morache,  professeur  de 
médecine  légale  à  la  Faculté  de  .Médecine  de  Bordeaux. 
(1  vol.  in-16  à  la  Collection  Médicale,  250  p.  Alcan,  éditeur.) 
Le  problème  de  la  justice  sociale  ne  comprend  pas  seule¬ 
ment  la  recherche  de  celui  qui  a  commis  un  acte  délictueux 
ou  criminel,  mais  le  fait  d’apprécier  si  cet  homme  pouvait 
comprendre  absolument  la  portée  de  l’action  qu’il  a  commise 
s’il  peut  la  juger,  l’apprécier  dans  toutes  les  conséquences, 
s’il  n’a  subi  quelque  influence  paorbide  qui  l’a  dominé,  enfin 
s’il  est  vraiment  conscient  et  libre  ;  en  un  mot, s’il  est  respon- 


540 


LE  PROGRÈS  MEDICAL 


sable.  Voilà  le  problème  qui  se  pose  devant  la  conscience 
sociale. 

Sans  prendre  parti  pour  l’une  ou  l’autre  des  théories  actuel¬ 
les  émises  sur  la  responsabilité. car  aucune  ne  nous  donne  une 
satisfaction  absolue,  l’auteur  pense  avec  raison  que  les  études 
de  biologie  sociale  peuvent  aider  à  trouver  une  réponse. 

Le  but  du  présent  ouvrage  de  M.  Morache,  a  été  d’apprécier 
les  différents  facteurs  pouvant  intervenir  dans  la  question,  les 
principaux  d’entre  eux  surtout. 

Tous  ces  facteurs  de  la  responsal)ilité  aboutissent  à  un  même 
point  :  la  déchéance  physique  de  l'individu,  qui  par  cela 
même  offre  un  terrain  de  moindre  résistance  au  point  de  vue 
moral. La  criminalité  peut  donc  être  regardée  comme  maladie 
morale,  elle  appartient  à  la  pathologie  sociale.  De  même  que 
la  morbidité  matérielle  est  combattue  par  les  moyens  fournis 
par  les  sciences  biologiques,  de  même  on  peut  combattre  la 
maladie  morale  par  les  procédés  qui  ressortissent  Ma  biologie 
sociale. 

L’auteur  s'est  efforcé  de  démontrer  que  le  facteur  misère  se 
trouve  à  l'origine  de  toutes  les  formes  de  criminalité  ;  il  faut 
donc  chercher  à  combattre  la  misère  dans  toutes  ses  manifes¬ 
tations  biologiques,  —  matérielles  aussi  bien  que  morales. — 
.Vinsi  parviendrons-nous  peut-être  à  faire  disparaître  cette 
cause  initiale,  si  longtemps  poursuivie,  de  notre  cruelle  dé¬ 
chéance  sociale,  la  criminalité. 

L’ouvrage  deM.  Morache  est  divisé  en  neuf  chapitres.  Dans 
le  premier  il  fait  l'historique  de  la  question  aux  différentes 
époques  et  montre  quel’idée  de  responsabilité  est  relativement 
nouvelleet  qu’elle  ne  peut  exister  que  si  la  machine  qui  pro¬ 
duit  la  pensée  fonctionne  normalement.—  Dans  les  chapitres 
suivants.il  étudie  les  facteurs  essentiels  qui  peuvent  modifier 
à  un  degré  quelconque  ou  annihiler  la  responsabilité  :  l’hé¬ 
rédité  (Chap.  11!  ;  le  facteur  milieu  ;  les  races,  les  âges,  les 
milieux,  l’éducation  (Chap.  111). 

Les  intoxications  :  falcool  et  l’alcoolisme  iChapitre  IV)  ;  le 
morphinisme  et  les  morphinomanes,  les  autres  substances 
ébriantes —  :  le  coca'inisme,  l’éther  et  l'éthéromanie,  le  pétrole 
le  pétrolisme,  le  datura  et  la  jusquiame,  le  tabac  et  le  nicoti¬ 
nisme,  lechanvre  indien  et  le  haschisch. Lesauto-intoxications 
par  les  toxines  dans  certains  états  morbides  (Chap  V). 

Les  obnubilations  temporaires  et  les  états  seconds  :  le  rêve, 
fhypnose,  l’hystérie,  la  neurasthénie,  les  épilepsies,  les  am¬ 
nésies  et  les  états  crépusculaires  (Chap.  Vlj.La  sexualité  fémi¬ 
nine  (Chap.  Ml).  Les  psychopathies  :  la  manie,  la  démence, 
précoce,  la  dégénérescence  héréditaire  et  ac(juise  ;  la  sénilité 
l’idiotie  ;  les  obsessions,  les  phobies  et  leurs  transformations, 
les  obsessions  criminelles  iChap.  Mil). 

Dans  le  neuvième  et  dernier  chapitre,  M.  Morache  aborde 
incidemment  la  question  brûlante  delà  théorie  philosophique 
de  la  responsabilité,  il  dit  un  mot  du  déterminisme  sans  s'y 
étendre  et  se  résume  dans  cette  phrase  :  «  Les  motifs  de  nos 
pensées,  de  nos  souvenirs  nous  restent  inconnus  ;  nous  com¬ 
mençons  à  en  expliquer  le  mécanisme,  mais  c'est  tout.  >> 

Il  cherche  ensuite  à  définir  ce  que  doivent  être  le  magistrat  et 
l’expert  médical  dans  l’avenir,  ainsi  que  leur  rôle  respectif. 

Etudiant  la  doctrine  de  la  responsabilité  limitée,  atténuée, 
il  constate  avec  raison  qu’il  manque  un  rouage  important 
dans  notre  réorganisation,  celui  d  un  établissement  spécial 
où  seraient  retenues  les  personnes  acquittées  comme  irrespon¬ 
sables,  qui  cependant  ne  sont  pas  des  aliénéset  qu'il  pourrait 
être  dangereux,  de  laisser  errer  au  milieu  de  la  société. 

.\u  point  de  vue  pratique  de  l’expertise  médicale,  il  insiste 
sur  le  choix  du  médecin,  qui  doit  être  versé  en  ces  questions, 
et  particulièrement'  auxétudes  de  mentalité  appliquée. 

On  devra  lui  donner  tout  le  temps  nécessaire  afin  d’éviter 
le  danger  des  solutions  rapides  qui  peuvent  faire  illusion  et 
pour  qu'il  puisse  donner  son  avis  autorisé  après  une  obser¬ 
vation  longue  et  intime  du  sujet  qui  lui  permettra  de  mieux 
juger  dans  quelle  situation  psychique  il  se  trouvait  lorsque 
l'acte  a  été  commis . 

Nous  ne  pouvons  donner  eju’un  aperçu  trop  rapide  de  l’ou¬ 
vrage  très  intéressant  de  M.  Morache,  qui  rencontrera  auprès 
de  tous,  comme  ses  précédents  livres,  l’accueil  rju'il  mérite. 

G.  C.XRRIER. 


Gli  uomini  primitivi  delle  Seici  e  delle  Caverne  ;  pjj 

le  Prof.  A.  ZuccARELLi.  Ouvrage  illustré  du  portrait  de 
l’auteur  et  de  112  fig.  (Napoli.  Perrelia:  1906.  Vol.  in-tfi. 
di  pag,  IV-128  O  20  Tav.;  L.  2.50.) 

Dans  cet  ouvrage,  écrit  avec  élégance,  les  termes  scientifi¬ 
ques  trop  ardus  sont  exclus  ou  expliqués  ;  en  un  mot  c'est 

un  livre  de  vulgarisation  que  tous  peuvent  lire  facilement 

Tous  les  grands  problèmes  de  paléontologie  sont  claire 
ment  exposés  :  origine  de  l’homme  ,  les  travaux,  la  vie,  la 
mentalité  des  hommes  d’il  y  a  deux  ou  trois  cent  mille  ans 
etc.  D'ailleurs  il  suffit  de  parcourir  les  titres  des  chapitres 
pour  se  faire  une  idée  du  travail  de  M.  Zuccarelli  :  I.  Problè¬ 
mes  fondamenteaux  ;  II.  Les  travaux  des  troglodites  ;  III.  Ex¬ 
ploration  de  l’auteur  à  la  Grolta  delle  ossa  allô  Molpo 
(cap  Palinuro)  ;  IV.  De  l'enfance  de  l’humanité  à  l’humanité 
actuelle.  Dans  ce  dernier  chapitre,  on  trouve  des  considéra¬ 
tions  psychologiques  fort  intéressantes,  ce  qui  prouve  que 
l'ouvrage  de  vulgarisation  peut  aussi  être  original,  tout  en 
étant  à  la  portée  de  tous.  Marcel  D. 


MÉDECINE  l'RATIQUE 

Le  formiate  de  quinine  ou  quinoforme; 

Par  M.  le  IP  FONTOYNOT 

Ancien  interne  îles  hôpitaux  de  Paris,  professeur  à  l’Ecole  de 
médecine  de  Tananarive  (1). 

Grâce  à  l’obligeance  de  M.  Lacroix,  qui  m'a  remis,  avant 
mon  départ  pour  Madagascar,  à  titre  d'expérimentation,  une 
certaine  quantité  de  formiate  de  quinine,  dénommé  par  lui 
quinoforme,  j’ai  pu,  à  Tananarive.  au  cours  de  l’épidémie  pa¬ 
lustre  qui  sévit  actuellement  sur  la  ville,  expérimenter  ce  sel 
de  quinine  et  me  faire  une  opinion  certaine  sur  sa  valeur  thé¬ 
rapeutique. 

J'ai  expérimenté  le  formiate  basique  de  quinine  en  le  don¬ 
nant  par  ingestion  et  par  injections  à  des  personnes  de  tous 
les  âges  etde  tous  les  sexes.  Le  moment  ne  pouvait  être  mieux 
choisi,  puisciue  le  chifïre  de  la  mortalité  par  paludisme,  chez 
les  indigènes,  n’a  cessé,  depuis  plusieurs  années,  de  croître 
d’une  manière  progressive  pour  atteindre,  cette  année,  des 
proportions  véritablement  inquiétantes.  Alors  qu’en  !901,  u 
était  noté,  dans  Tannée  entière,  77  morts  par  paludisme,  il 
s’est  produit,  pendant  les  cinq  premiers  mois  seulement  de 
Tannée  1906,  14.3S  dècès  par  cette  seule  même  cause. 

Le  formiate  basique  de  ^luinine,  assez  soluble  dans  Teau 
puisqu’il  se  dissout  dans  10  fois  son  poids  de  liquide,  est,  en 
tout  cas,  beaucoup  plus  soluble  que  les  sels  généralement 
employés,  puisque  le  bromhydrate  exige  60  fois,  le  cUorhy- 
drate  25  fois,  le  sulfate  680  fois  et  le  valérianate  1 10  fois  leur 
poids  d’eau.  Cette  solubilité  plus  grande  favorise  Tabsorphon 
médicamenteuse  et  est  précieuse  pour  les  enfants  lorsqu  on 
ne  veut  pas  leur  faire  prendre  le  sel  par  voie  hypodermique- 

11  a,  sur  les  autres  sels  de  quinine,  l’avantage  de  réduire  au 
minimum  les  symptômes  d’into-xication  même  chez  1®® 
sonnes  très  sensibles.  Ceux  qu’incommodent  le  chlorhydra  ^ 
et  le  bromhydrate  ne  ressentent  aucun  de  leurs  malaises  na 
bituels  avec  le  formiate.  fl  y  a  peuou  pas  du  toutde  bourdo^_ 
nements  d’oreilles,  pas  de  vomissements  .comme  il 
fréquemment  lorsqu’on  administre  tout  autre  sel  de  g 

par  voie  buccale  au  cours  des  accès  de  fièvre  ;  pas  de  bru 
d’estomac,  peu  ou  pas  de  vertige  ni  d'ivresse.  . 

Ces  constatations  ontété  faites  dans  tous  les  cas,  et 
de  nos  malades,  qui  avaient  toujours  montré  une  intolera 
marquée  pourla  (luinine.  malades  que  30  centigramnit^^^j 
(luinine assourdissaient  totalement  et  mettaient  dans 
d’énervement  spécial  à  la  quinine,  ont  pu  supporter  un  gr* 
de  formiate  de  quinine  sans  aucun  symptôme  d’intoxicaj^^. 
En  injections  hypodermiques. le  formiate  n’est  pas  d®  10 
renx.  Jen’ai  injecté  que  des  solutions  diluées  contena 
centigrammes  par  centimètre  cube.  Qu’elles  fussent 
tanéesou  intra  musculaires,  elles  ont  été  très  bien  supp®^^ 

j  (1)  Le  Caducee,  4  août. 


LE  PROGRES  MEDICAL 


DE  LA 


T  HUILE  GRISE  STÉRILISÉE  &  lADOLORE  DE  VICIER  A  40  0/0  DE  MERCURE 

T  Prii  du  flacon  :  «  f.  «S  ;  double  flacon  :  4  f.  *5.  —  Un  centimètre  cube  représente  0  gr.50  cent,  de  mercure  métallique. 

“  e  ordinaire  :  pour  Homme  adulte  :  Une  injection  Intra-aïuseulalre  de  8  centigrammes  de  mercure  par  semaine, 

7 semaines.  —  Repos  5  semaines.—  Faire  une  2‘  série,  etc.— Femme  adulte  :  Une  injection  de 7  centigrammes  de  ^ 
par  semaine  pendant^  semaines. —  Repos  7  semaines.  —  Faire  une  2*  série,  etc.  —  Enfants  à  partir  de  3  ans  :  ^ 
Injection  de  1  centigramme  de  mercure.  Pour  ce  genre  d’injection  il  est  préférable  de  se  servir  d’une  seringue  spéciale  ^ 


à  r5  divisions,  dont  chaque  division  correspond  exactement  à 


Serinjçnc  du  Barthélemy 


r  centigramme  de  mercure  métallique. 

-J— 


31ER  -  PARI 

e  iridié  de  5  centimètres,  prix  à  la  Pharmacie  VIgler,  15  francs 


Nouveau  modèle  déposé  ^ 

♦ 


▼  La  seringue,  avec  une  aiguille  en  piatme  inuie  ue  o  ceuuuieires,  prix  a  la  w  ^ 

^  Si  on  se  sert  de  la  seringue  de  Prava^  une  division  correspond  à  0  gr.  025  milligr.  de  mercure.  ^ 

2  HUILE  AU  CALOMEL  STÉRILISÉE  ET  IIVDOLORE  DE  VIGIER  « 

▲  à  0  gr.  05  centigrammes  par  centimètre  cube.  —  PRIX  DU  FLACON  :  2  FR.  25  ^ 

X  DOSE  ORDISAIRE:  Injecte^-  une  seringue  de  Pravas;  tous  les  lo  jours. — Faire  une  série  de  5  injections.—^i^as. — Faire  une  2’ série.etc. 

W  HCIlrE  BIIOUCRÉE  nvnill.onp  VieiER  à  0  gr.004  milllg.  par  centimètre  cube,  et  à  0  gr.  01  centlg.  par  cent.  cube.  W 

^  Pharmacie  VIGIER.  1 2.  boulevard  Bonne-Nouvelle  ^ 


PARIS 

9,  ru©  Paul'Baudry 


Les  Œuvres  complètes  deJ.-M  Ch&Tcot, y  compris  les  2  volumes 
leçons  du  mardi  et  les  deux  volumes  des  CLINIQUES  des 
du  système  nerveux,  sont  vendues  à  tios  abonnés  au  prix 
50  francs  au  lieu  de  190  francs  prises  dans  nos  Bureaux. 


INSTITUT  MilCO-PÉDAGOeiÛüE 

POUR  LE  TRAITEMENT  ET  l’ÉDÜCATION 

DES  ENFANTS  NERVEUX  £  ARRIÉRÉS 

RÉDEOIN-DIRBCTKUR  I  D'  BOÜRNEVILLE 
Médecin  de  la  section  des  enfants  arriérés 
et  nerveux  de  Bicétre 

VItpy,  près  Paris,  22,  rue  Saint-Aubin 


L’Institut  médioa-pédagogique  est  des¬ 
tiné  : 

1*  Aux  enfants  présentant  de  l’instabilité 
mentale  et  sujets  à  des  impulsions  mala¬ 
dives  qui  les  empêchent,  quoique  possédant 
un  certain  développement  de  l’intelligence 
de  se  soumettre  à  la  règle  des  lycées  ou  des 
pensions,  et  qui  ont  par  conséquent  besoin  à  la 
fois  d’une  méthode  d'éducation  spéciale,  et 
d’une  discipline  particulière  ; 

Aux  enfants  arriérés,  faibles  d’esprit  à 
tous  les  degrés  ; 

3*  Enfin  aux  enfants  atteints  d’affections 
nerveuses  compliquées  ou  non  d’accidents 
convulsifs. 

Les  enfants  de  ces  diverses  catégories 
forment  des  groupe  s  tout  à  fait  distincts. 

L’établissement  où  se  trouvent  réunis  tous 
les  moyens  d’instruction  et  d’éducation  em¬ 
ployés  dans  le  service  de  Bicétre,  est  placé  au 
milieu  d’un  parc  superbe,  sur  le  versant 
d’une  colline,  et  dans  les  meilleures  conditions 
d’hygiène.  Les  enfants  y  sont  l’objet  de  soins 
spéciaux  appropriés  à  leur  situation  intellec¬ 
tuelle  et  physique. 

Moyens  de  communication  :  Tramvyays 
du  Châtelet  à  Vltry  et  à  Ghoisy-le-Roi.  — 
Voitures  de  place. 

S’adresser  pour  renseignements  à  M.  le 
D'  Bourhkvillb,  14,  rue  des  Carmes,  à  Paris, 
le  mercredi  et  le  vendredi,  de  i  heure  à  2 
heures.  Ecrire  pour  rtndetf-vous. 


nai 


Formol  saponifié  —  Sans  odenr  —  Non  toxique  —  Non  irritant 


CHIRURGIE  -  OBSTÉTRIQUE  -  GYNÉCOLOGIE 


génér.  puitienne  d'Aotiupsù,  15,  rut  d'Argtiittiiil,  PABIsl 


ANTISEPTIQUE  ♦ 
DESODORISANT  J 
DESINFECTANT  J 

♦  ❖  ♦  «i*  ♦  ♦  ❖♦•i* 


Littérature  et 
échant.  s'  demande 
Docteurs 


VI 


LE  PROGRES  MÉDICAL 


DES  ENFANTS  ANORMAUX 

et  en  particulier  des  Arriérés,  Nerveux,  Epileptiques 
et  Aliénés.  (Assistance,  Traitement,  Education). 

La  Gazette  des  Bains  de  Mer  de  Royan  du  14  septembre  a 
relaté  un  acte  de  Sadisme  commis  par  un  malheureux,  deux 
fois  anormal,  car  il  est  atteint  de  surdi-mutité  el  d’arriération 
intellectuelle,  compliquées  de  perversion  morale.  Ce  cas  n’est 
pas  une  exception.  Des  actes  répréhensibles  de  tous  grenres 
sont  commis  journellementpar  des  anormaux,  sourds-muets 
et  idiots,  adultes  et  enfants.  Les  journaux  en  rapportent 
fréquemment  des  exemples,  sans  compter  les  séquestra¬ 
tions  ou  les  mauvais  traitements  dont  ils  sont  l’objet  dans 
leurs  familles.  Beaucoup  d'enfants  martyrs  sont  des  mala¬ 
des  que  leurs  parents  considèrent  comme  vicieux  et  aux¬ 
quels  ils  infligent  des  corrections  de  plus  en  plus  violentes, 
barbares. 

Ces  anormaux  adultes,  après  une  enfance  et  une  adoles¬ 
cence  plus  ou  moins  accidentées  ou  misérables,  devien¬ 
nent  dangereux,  commettent  des  vols,  des  attentats  divers, 
des  actes  de  sadisme,  comme  le  sourd-muet  imbécile  dont 
nous  venons  de  parler.  Ils  sont  arrêtés,  parfois  condamnés 
à  tort,  ou  envoyés  dans  un  asile  d’aliénés, leur  véritable  place, 
d’autres  fois  relâchés.  C’est  ce  qui  a  eu  lieu,  par  exemple, 
pour  notre  sourd  et  muet  ;  on  l’a  relaxé,  après  ses  premiers 
méfaits, — des  vols, — jugeant  qu’il  avait  agisans  discer¬ 
nement.  En  liberté,  ces  malades  recommencent,  sont  la 
risée  du  public,  l’objet  de  vexations  de  la  part  des  enfants 
qui  s’en  amusent.  En  tous  les  cas,  qu’anormaux  adultes 
soient  emprisonnés  ou  hospitalisés,  ils  sont  une  charge  pour 
la  Société.  A  cause  de  leur  âge,  qui  les  rend  incurables,  les 
sacrifices  sont  faits  en  pure  perte.  C’est  pendant  leur  en¬ 
fance  qu  il  aurait  fallu  s  occuper  d’eux.  «  A  l’asile  d’aliénés, 
a  dit  le  docteur  Courjon  dans  une  intéressante  communi¬ 
cation  au  Congrès  d’Ajaccio  de  l’Association  française  pour 
l'avancement  des  sciences  (1901),  les  anormaux  sont"  protégés 
contre  les  dangers  de  la  rue,  soit  -,  mais,  par  contre,  mélan¬ 
gés  le  plus  souvent  aux  aliénés  adultes,  ils  sont  exposés  à 
tous  les  inconvénients,  à  tous  les  périls  d’une  promiscuité 
parfois  révoltante  ;  fautede  recevoir  les  soins  pédagogiques 
utiles,  ils  voient  leur  état  s’aggraver  de  jour  en  jour...  Pla¬ 
cer  un  idiot  dans  un  asile  d'aliénés,  au  lieu  de  le  mettre  dans 
un  établissement  d’éducation  spéciale,  sous  prétexte  de 
moindre  dépense,  revient  à  enfermer  un  malade  dans  un 
hôpital  où  on  le  laisserait  mourir  sans  secours,  faute  de 
médicaments  qui  le  sauveraient  et  parce  que  ces  médica¬ 
ments  sont  trop  coûteux.  » 

Aujourd’hui,  on  sait  qu'il  est  possible  de  guérir  souvent, 
d’améliorer  presque  toujours,  la  majorité  de  ces  malheureu¬ 
ses  victimes  de  l'hérédité,  de  l’alcoolisme  des  procréateurs, 
des  accidents  de  la  grossesse,  d’une  mise  au  jour  laborieuse, 
des  maladies  infectieuses,  des  convulsions,  des  traumatis¬ 
mes  de  la  tête  (1),  des  mauvaises  habitudes,  etc.  Dans  l’in¬ 
térêt  de  ces  enfants,  dans  son  propre  intérêt,  que  doit  faire 
la  Société  ? 

Pour  tous,  il  faut  créer  des  asiles-écoles  et,  en  outre,  dans 
les  villes,  des  classes  spéciales,  et  les  y  soumettre  au  traite- 
.  ment  médico-pédagcgique,  suivant  l’expression  du  docteur 
Bourneville.  Il  n’y  a  pas  de  département  qui,  malheureuse¬ 
ment,  n’ait  assez  d’enfants  idiots,  imbéciles,  arriérés,  épi¬ 
leptiques,  etc.,  pour  justifier  de  semblables  institutions.  La 
loi  sur  l’obligation  de  l’instruction  primaire  impose  ces  créa¬ 
tions  aux  départements  et  aux  villes,  puisque  ces  enfants 
ne  peuvent  être  envoyés  aux  écoles  ordinaires . 

Jusqu’ici,  en  dehors  de  la  Seine,  il  n’y  a  que  quelques  dé¬ 
partements  qui  ont  abordé  timidement  cette  réforme  ac¬ 
complie  dans  la  plupart  des  pays  étrangers,  entre  autres  la 
Seine-Inférieure  et  la  'Vendée,  sur  l’initiative  des  docteurs 
Giraud  et  CuUerre.  C’est  la  Seine  qui  a  donné  l’impulsion. 


sans  être  parvenue  pourtant  à  donner  l’assistance  et  l’édu 
cation  à  tous  ses  enfants  anormaux  (1).  Le  docteur  Cour' 
jon,  dans  le  travail  que  nous  avons  cité,  rappelle  comment 
cette  réforme  s’est  accomplie  :  «  Médecin  de  Bicêtre  depuis 
de  longues  années,  Bourneville  y  a  organisé  et  créé  de  tou¬ 
tes  pièces  son  service  d’enfants  anormaux.  A  force  de  pa¬ 
tience  et  de  ténacité,  il  a  réussi  à  arracher  sou  par  sou  aux 
pouvoirs  publics,  les  sommes  indispensables  à  la  fondation 
de  son  œuvre,  qui  restera  comme  un  modèle  du  genre . 

«  Après  avoir  créé  la  section  des  enfants  arriérés  et  épilëp- 
tiques  de  Bicêtre,  qui  renferme  440  garçons,  et  organisé  la 
Fondation  Vallée,  qui  contient  200  filles,  établissements 
consacrés  aux  enfants  pauvres,  il  a  fondé  à  Vitry-sur-8eine, 
pour  les  enfants  de  familles  riches  ou  aisées,  un  établisse-^ 
ment  qu’il  a  dénommé  Institut  médico-pédagogique,  afin  de 
préciser  sa  destination.  » 

Nous  ne  pouvons  entrer  dans  le  détail  de  la  méthode  coédu¬ 
cation  spéciale  qui  est  emplojrée  dans  ces  établissements  et 
sur  les  nombreux  procédés  qui  la  composent.  Nous  nous  bor¬ 
nerons  à  dire  que  les  enfants  sont  occupés  depuis  le  matin 
jusqu’au  soir,  que  les  leçons  de  choses,  la  gymnastique,  les 
exercices  physiques,  l’instruction  proportionnée  au  degré 
intellectuel  des  enfants,  y  occupent  le  premier  rang. 

A  l’Institut  médico-pédagogique,  les  enfants  sont  natu¬ 
rellement  séparés  par  sexe,  groupés,  suivant  leur  état  intel¬ 
lectuel  et  aussi  d’après  les  complications  (ju’ils  présentent. 
Outre  les  enfants  arriérés  de  toutes  catégories,  l’Institut 
reçoit  les  enfants  instables,  indisciplinés,  atteints  dans  leurs 
facultés  morales,  sujets  à  des  impulsions  dues  à  l'irritabilité 
nerveuse. 

traitement  médico-pédagogique  doit,  être  institué  le  plus 
tôt  possible,  dès  qu’on  a  constaté  l’arriération  ou  les  per¬ 
versions  morales.  Dans  les  établissements  de  l’Assistance 
publique,  on  les  admet  avec  raison  à  partir  de  deux  ans.  Il  en 
est  de  même  à  l’Institut  médico-pédagogique. C’est  donc  à 
tort,  et  parce  qu’ils  sont  insuffisamment  renseignés,  que  des 
médecins,  même  très  instruits,  ajournent  l'application  du 
traitement.  En  voici  la  preuve,  fournie  par  un  garçonnet  de 
cinq  ans  et  demi  et  dont  l’état  peut  se  résumer  ainsi. 

»  Il  pince,  pousse,  renverse,  griffe  ses  petits  camarades  ; 
leur  donne  des  coups,  trouble  leurs  jeux,  est  turbulent,  sans 
cesse  en  mouvement,  menace  do  casser,  de  briser,  de  tuer 
son  petit  frère  qu'il  taquine  et  rend  comme  lui.  Sa  prononcia-- 
tion,son  attention, son  raisonnement,  sont  très  défectueux.  Il 
n'a  qu’une  conscience  imparfaite  du  danger.  Dans  ses  pério¬ 
des  d'énervement,  les  impulsions  sont  plus  accusées  et  il  pous¬ 
se  des  cris.  La  main  est  très  maladroite.  Enfin  les  facultés  iu- 
tellectuelles,  qui  auraient  été  normales  Jusqu'à  deux  ans  et 
demi,  ont  été  arrêtées  dans  leur  développement  à  la  suite  de 
convulsions  graves.  « 

Pour  nous,  cet  enfant  aurait  dû  être  soumis  depuis  deux 
ans  déjà  au  traitement  médico-pédagogique  qui,  chez  lui,  au¬ 
rait  certainement  donné  d’excellents  résultats.  C'est  un  en¬ 
fant  qui  pourrait  devenir  normal  si  le  traitement  était  pour¬ 
suivi  un  temps  suffisant.  Plus  on  attendra,  plus  la  situation 
s’aggravera.  Et  cependant  on  a  conseillé  d'ajourner  le  pla¬ 
cement.  Les  parents  maintenant  s’inquiètent  à  cause  ue  se 
menaces  envers  son  frère  et  parce  que  celui-ci  a  des  16““® 
ces  à  l  imiter,  ce  qui,  soit  dit  en  passant,  justifie  l’isolemen 
des  petits  malades  de  ce  genre. 

Notre  but  sera  atteint  si  nous  avons  pu  montrer  la  nece- 
sité  de  l’assistance  et  de  l’éducation  de  la  catégorie 
fants  anormaux  et  des  malades  que  nous  avons  plus  P®'"’"  j. 
lièrement  visée,  si  nous  avons  pu  faire  comprendre  la  po»  ^ 
bilité  de  leur  procurer  une  amélioration  sérieuse,  souv 
même  une  guérison  complète,  lorsque  le  traitement  me^^^ 
pédagogique  est  appliqué  de  bonne  heure  et  durant  tou 
temps  necessaire.  Que  de  bien  serait  réalisé,  si  l’on  P“  jg 
geait  notre  conviction,  au  bénéfice  incontestable  nunei 
d'enfants,  intellectuellement  et  moralement  déshérités  • 


(1)  Jamais  on  ne  devrait  frapper  les  enfants  sur  la  tête  a 
que  le  font  encore  trop  souvent  des  parents  qui  se  croient  i 
permis  sur  leurs  enfants. 


(1}  La  Seine  hospitalise  plus  d’un  millier  d’enfants  idiots  e 
i  leptiques. 


TIF  VERNEUIL  POUR  BEBES  ET  ENFANTS 

1.  _  Stimule  la  parafe  des  muscles  intestinaux,  supprime  la  congestion  du  foie.—  Précieux  dans  Coqueluches,  Influen^ 

,  Etat  convulsif.—  Ne  donne  jamais  de  Nausées,  Coliques,  Entérites  glaireiwes,  comme  la  plupart  des  autres  purgat»  •  , 

is  :  1  cuil.  à  café  ou  à  des.  par  jour,  j  Prix  :  3  Me  flac.  de  30  doses  dans  toutes  les  pharm.  (Go**  Oise)- 
s  :  I  cuilleree  a  soupe  par  jour.  |  Ech.Intillons  :  J.  vernel'IL,  Pharmac.  à  Conflans  (t?eir“-‘'" 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


541 


j„.„ais  lieu  ni  à  des  eschares,  ni  à  des  nodosités 
chez  des  cachectiques  palustres  dont  les  tissus  étaient 
"'^'latde  moindre  résistance.  Ces  résultats  sont-ils  dus  à  la 
rble  dilution  des  solutions,  je  serais  assez  porté  à  le  croire, 
des  solutions  aussi  diluées  d’autres  sels  de  quinine  sont 
bernent  indolores  et  ne  donnent  lieu  à  aucun  accident.  11 
^pêche  que,  toutes  choses  égales,  d’ailleurs,  le  formiate 
Jeoa^ne  l’emporte  encore,  en  ce  cas,  sur  les  autres  sels, 
puisque  sa  solubilité  est  plus  grande  et  sa  teneur  en  alcaloïde 
wpérieure.  ,  ,  ,  . 

Je  n'ai  pas  expérimente  des  solutions  concentrées  en  injec¬ 
tions  hypodermiques.  11  est  probable,  d’ailleurs,  qu’elles  don¬ 
neraient  des  résultats  aussi  bons  que  les  autres  sels  jusque-là 
employés.  Le  seul  écueil  pour  les  solutions  faibles  est  la  diffi¬ 
culté  que  l'on  éprouve  à  les  faire  accepter  aux  malades,  qui 
louvent  s’effrayent  d’une  quantité  de  liquide  aussi  grande  à 
injecter. 

Un’estpas  toxique  auxdosos  ordinaires.  J'ai  pu,  sans  aucun 
incident  fâcheux,  en  faire  absorber  par  voie  hypodermique 
jusqu’à  50  centigrammes  à  la  fois,  à  des  enfants  de  deux  ans 
seulement. 

En  résumé,  mon  expérience  déjà  assez  grande  du  formiate 
de  quinine  me  permet  d’affirmer  que  ce  sel  est  supérieur,  à 
tous  les  points  de  vue,  à  tous  les  autres  sels  de  quinine,  et 
que  ses  propriétés  particulières  permettent  son  usage  à  tous 
ceux  qui  se  trouvent  intoxiqués  et  incommodés  par  les  diffé¬ 
rentes  préparations  quiniques  jusque-là  employées  couram¬ 
ment.  Le  formiate  de  quinine  devra,  aux  colonies,  être  d'une 
grande  utilité  pour  les  personnes,  rares  il  est  vrai,  qui  ne 
consentent  pas  à  prendre  de  quinine  ou  en  prennent  trop  peu, 
àcausedes  troubles  auditifs  et  nerveux  cju’elles  ressentent 
après  l’absorption  de  cet  alcaloïde. 


VARIA 

Enseignement  professionnel  des  infirmières. 

Le  Journal  de  médecine  de  Bruxelles  du  9  août  contient 
un  article  très  intéressant  de  M.  Hustin,  intitulé  Quel- 
fues  notes  sur  les  hôpitaux  de  Philadelphie^  dont  nous 
Uïtrayons  les  pages  concernant  les  infirmières  et  l’en- 
uuignement  qui  leur  est  donné  dans  cette  ville. 

,  Mais  ce  qui  frappe  le  Belge  visitant  les  hôpitaux  américains, 
•uôtc  du  luxe  et  du  confort  qu’il  y  trouve,  c’est  une  institu- 
wn hospitalière  qui  lui  est  totalement  inconnue:  l’institu- 
non  des  «  nurses.  ■>  Le  yankee  comprend,  lui,  facilement, 
lue  le  malade  n'exige  pas  un  hôpital  classique  et  de  «  grande 
uavolée»  mais  qu’il  préfère  les  soins  assidus  et  intelligents 
'nhrinières  instruites  et  bien  entraînées  ;  aussi  n’a-t-il  pas 
VÎ^uugé  ni  ses  efforts,  ni  son  argent  pour  obtenir  un  corps 
^.^"*'®ières  de  premier  ordre.  Propres,  coquettement 
de  l)lanc,  polies,  patientes,  bien  considérées,  les  nur- 
ÿ  américaines  ont  dû  suivre  pendant  trois  ans  les  cours 
*  ïraining  School  »  annexée  à  l’hôpital.  Après  avoir 
4'a  *  'i*'-  d’entrée  portant  sur  les  notions  élémentaires 

Dglais  et  de  calcul,  elles  sont  admises  à  l’essai  pour  six 
bout  desquels,  si  elles  sont  agréées,  elles  doivent 
*9Se  f  ^’ougagement  d'achever  les  trois  années  d’apprentis- 
lay,  ,'*°ors  et  nuits,  elles  sont  employées  dans  les  salles  de 
dles  salles  d'opérations,  et  deux  fois  par  semaine 

Aij  J  ï^'^'^ont,  sortir  pendant  une  dizaine  d’heures, 
d'm,  ®uela  première  et  de  la  seconde  année,  elles  jouissent 
de  trois  semaines,  pendant  lesquelles  elles  se  re- 
1  ‘io  l’examen  qu  elles  viennent  de  subir, 

bur  f  ^  lour  accorde  une  indemnité  de  50  francs  par  mois, 
lour  uniforme  et  les  loge  dans  un  vaste  bâti- 
des  autres  pavillons. 

l'aae  de  leurs  cours  comi)rend  deux  grandes  parties  : 

Wtsg  J  *^001001  médicale,  enseignée  par  des  médecins,  l’au- 
lUes  plus  spécialement  aux  connaissancesprafi- 

4  ce{tg**”**rmière;  les  infirmières  en  chef  sont  chargées 
Partie.  Voici  le  programme  des  études  tel  (ju’il  est 
Pennsylvania  Hospital  »de  Philadelphie. 


Première  année. 

Anatomie  et  physiologie.  —  Embryologie,  la  cellule,  système 
osseux,  musculaire,  nerveux,  circulatoire,  respiratoire,  alimen¬ 
taire,  urinaire,  urines,  organes  des  sens,  la  peau. 

Connaissances  générales  de  l’infirmière.  —  Santé  générale,  de 
l’infirmière;  soins  à  donner  aux  mains,  sacs  à  glace  et  à  eau 
chaude;  manière  d’enlever  les  poussières;  notes  bactériologiques; 
ouvrages  des  salles  de  malades  ;  soins  des  instruments,  leur 
désinfection  ;  régime,  soins  à  donner  à  la  vaisselle  ;  comment 
nourrir  les  malades  impotents  ;  hygiène  d’une  salle  de  malades  ; 
soins  à  donner  aux  malades  entrants  ;  désinfection  des  vêtements  ; 
malades  au  lit  et  convalescents  ;  lits,  manière  de  faire  les  lits. 

Bains,  classification,  température,  bains  de  propreté  ;  tubs, 
bains  de  pieds,  bains  comme  agents  thérapeutiques  :  bains  de 
moutarde,  simples  bains  chauds  ;  bains  d’air  chaud,  de  vapeur, 
bains  salés,  lavages  et  tub  dans  la  fièvre  typhoïde:  bains  continus. 
Lavements  :  espèces  ;  méthodes  de  préparation, fréquence  et  mode 
d’administration.  —  Température  :  respiration  ;  pouls  ;  soins  des 
thermomètres  ;  graphiques.  — Traitements  externes  .-généraux  et 
locaux  ;  chaleur  sèche,  flanelles,  chaleur  humide  ;  fomentations, 
vésicatoires  ;  applications  froides  ;  glace,  eau  froide,  lotion.  — ^ 
Contre-irritants  :  cataplasmes  de  moutarde  ;  térébenthine  ;  iode  t' 
liniments,  ventouses,  cautère. 

Gynécologie  :  préparation  des  malades  pour  les  examens  ou  les 
opérations  ;  positions  ;  instruments  et  pansements  ;  soins  après  les 
lai)arotomies  et  les  petites  opérations  ;  termes  gynécologiques  et 
définitions.  —  Comment  observer  et  décrire  les  symptômes.  — 
Bandages.  —  Cas  d'urgence  chirurgicaux  :  shock,  fractures,  fou¬ 
lures,  contusions,  brûlures,  engelures,  corps  étrangers  dans  l’œil, 
le  nez,  l’oreille,  le  larynx. 

Pharmacologie  :  médicaments,  méthodes  d’administration, dosa¬ 
ges  ;  poids  et  mesures  :  symboles.  —  Solutions  antiseptiques. 

Mode  d’action  des  drogues  :  absorption,  élimination,  antispas¬ 
modiques  dépressomoteurs,  excitomoteurs,  anesthésiques  ;  stimu¬ 
lants  cardiaques,  toniques  antipériodiques,  antipyrétiques,  diapho- 
rétiques,  expectorants,  médicaments  divers.  —  Conférences  sur 
l'hygiène  et  la  morale  de  l’infirmière. 

Seconde  ANNÉE. — Partie  chirurgicale. —  Microbes,  sepsie, 
antisepsie,  stérilisation  thermique  et  chimique  :  préparations 
pour  les  opérations  ;  le  malade,  le  médecin,  l’infirmière  ;  les  ins¬ 
truments,  leur  usage,  les  sutures,  éponges,  pansements,  drains,so- 
lutions  septiques  et  aseptiques,  dermiques, hypodermiques,  cathé¬ 
ters.  —  Préparations  pour  une  opération  dans  une  maison  privée. 
Inflammation  :  traitement  de  l'inflammation,  fièvres  chirurgicales, 
terminaisons  de  l’inflammation,  abcès,  ulcères,  fistules,  gangrène, 
tétanos  ;  blessures  et  contusions,morsures  de  chiens  et  d’insectes, 
hémorragies  et  leur  traitement,  fractures  et  luxations  ;  bandages 
pour  fractures  ;  anesthésie  ;  corps  étrangers  dans  les  conduits  aé¬ 
riens  ;  anatomie  spéciale  du  bassin,  maladies  des  femmes,opéra- 
tions  de  gynécologie  ;  préparatifs  et  soins  post-opératoires  ;  ins¬ 
truments  de  gynécologie  ;  chirurgie  abdominale,  technique,  à  ob¬ 
server  ;  soins  à  donner  après  une  laparotomie  ;  grossesse,  travail, 
rôle  de  l’infirmière  pendant  le  travail  ;  accidents,  période  des 
couches,  Tenfant. 

Régime.  —  Remarques, composition  chimique  du  corps  humain; 
nécessité  d’un  régime  bien  ordonné,  eau,  sels,  acides  organiques, 
protéides,  lait,  la  falsification  du  lait  ;  bœufs,  viandes,  digestibi¬ 
lité,  gélatine,  poissons,  hydrates  de  carbone,  sucre  ;  nourriture  de 
Tenfant,  farineux,  diastases  ;  végétaux,  racines,  tubercules,  légu¬ 
mes  verts,fruit3,empoisonnement  par  les  fruits,champignons,noix, 
graisses,  huiles,  usages,  digestibilité,  stimulants,  boissons  ;  thé, 
café,  cacao,  leurs  préparations,  leurs  effets  sur  la  digestion,  leurs 
falsifications  ;  nourriture  dans  Tenfance,  Tâ^e  adulte  et  la  vieil¬ 
lesse  ;  digestion,  digestions  préliminaires  des  amidons  et  protéi¬ 
des  ;  relations  générales  de  la  nourriture  avec  les  maladies  ; 
moyens  de  nourrir  le.s  malades  ;  régime  dans  la  fièvre  ;  maladies 
influencées  par  le  régime. 

Massage.  —  Nomenclature  et  description  des  manipulations  ;  ef¬ 
fets  physiologiques  du  massage  ;  massages  dans  certaines  malar 
dies  et  blessures,  mouvements  suédois. 

Troisième  année.  —  Partie  médicale.  —  Considérations  gé¬ 
nérales  sur  les  maladies.  Etude  des  signes  subjectifs  et  objectifs  ; 
symptômes  ;  définitions,  pouls,  température,  respiration  ;  traite¬ 
ment  des  hémorragies,  des  cas  d'urgence,  des  empoisonnements. — 
Théories  du  traitement  antitoxique,  vaccination  ;  préparation  et 
hygiène  d’une  salle  de  malades  en  cas  d’affections  contagieuses  ; 
symptômes  de  la  fièvre,  technique  des  bains  froids  et  leur  applica¬ 
tion  dans  les  cas  fébriles,  maladies  infectieuses,  contagieuses, con^ 
titutionnelles  ;  intoxication,  coups  de  soleil  ;  maladie  du  système 
digestif,  circulatoire,  respiratoire,  urinaire,  nerveux,  maladies  dü 
sang,  maladies  des  enfants,  maladies  de  la  peau. 

Après  avoir  parcouru  ce  programme,  on  comprend  facilement 
que  des  jeunes  filles  de  vingt  et  un  à  vingt-cinq  ans,  possédant  des 


542 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


notions  suffisantes  d’anatomie,  de  physiologie  et  de  pathogénie, 
puissent  aider  considérablement  le  médecin  dans  sa  lutte  contre  la 
maladie  ;  oncomprend  que,  connaissant  le  pourquoi  du  traitement 
elles  exécutent  plus  scrupuleusement  et  avec  plus  de  goût  les 
prescriptions  faites;  on  comprend  aussi  que  les  soins  post-opéra- 
toires,  si  importants  et  pourtant  si  négligés,  soient  prodigués  intel¬ 
ligemment  et  qu'une  «  nurse  »  avertie  sache  prévoir  l'hémorragie 
qui  emporte  parfois  l’opérée,  et  puisse  avertir  le  médecin  à  temps. 
—  Innombrables  sont  les  avantages  de  bien-être  et  de  sécurité, 
présentés  par  une  tiurse  instruite  et  bien  entraînée. 

Hôpital  Laënnec.  Isolement  et  traitement  des  tuber¬ 
culeux. 

A  la  suite  d’un  rapport  présenté  par  M.  Navarre  au  nom  de 
la  cinquième  commission,  le  Conseil  municipal  de  Paris  a 
pris  une  délibération  par  laquelle  il  émet  l’avis  qu'il  y  a  lieu: 
d’affecter,  pour  partie,  l’hôpital  Laënnec  à  l’isolement  et  au 
traitement  des  tuberculeux  et  constituer,  au  moyen  du  sér- 
vice  ainsi  créé  et  d’un  dispensaire  spécial  y  attenant,  ainsi 
qu’avec  le  quartier  spécial  de  Brévannes,  un  premier  groupe 
•affecté  à  la  recherche,  à  l’isolement  et  au  traitement  des  tu¬ 
berculeux  ;  comme  conséquence  de  cette  affectation  nou¬ 
velle  d’une  partie  des  salles  de  Laënnec,  d’effectuer  dans  l’é¬ 
tablissement  un  ensemble  de  travaux  de  restauration  indis¬ 
pensables,  travaux  évalués  à  467.â25  francs  ;  d'exécuter  dans 
la  partie  de  Laënnec  affecté,  aux  tuberculeux  les  travaux  de 
tronsformation  et  d’aménagement  nécessités  par  la  nouvelle 
utilisation  des  locaux,  travaux  évalués  à  2,’4.743  francs  ;  de 
construire  sur  le  terrain  en  bordure  de  la  rue  "Vaneau  un  dis¬ 
pensaire  spécial  et  de  réinstaller  dans  d’autres  parties  del’é- 
tablissementles  services  généraux  (étuves,  chantier,  ateliers 
et  magasins)  qui  devront  faire  place  au  dispensaire,  ensem¬ 
ble  de  travaux  évalués  à  221.34(1  francs  ;  d'inscrire  au  compte 
de  l’opération  une  prévision  de  220.000  francs  pour  l’ameuble¬ 
ment  et  l'outillage  des  bàtimen' s  affectés  aux  tuberculeux  et 
du  dispensaire,  l’Administration  ne  devant  faire  emploi  de 
ce  crédit  qu’après  approbation  du  Conseil  municipal  sur 
le  vu  des  devis  ;  d’imputer  la  dépense,  évaluée  dans  son  en¬ 
semble,  après  rabais  et  tout  frais  compris, à  1.145.603  francs 
jusqu’à  concurrence  de  C45.G00  francs  sur  le  crédit  de  1 
million  réservé  pour  l’isolement  des  tuberculeux  (emploi  des 
ressources  dont  la  création  a  été  autorisée  par  la  loi  du  7  avril 
1903),  et  pour  le  surplus,  soit  500.000  francs, sur  une  subven¬ 
tion  spéciale  que  l’Administration  est  invitée  à  solliciter  de 
l’Etat  sur  les  fonds  du  pari  mutuel. 

Un  bel  exemple  à  suivre. 

Le  professeur  J AUME,  qui  avait  demandé  prématurément 
sa  mise  à  la  retraite  il  y  a  10  ans,  est  mort  vendredi  dernier, 
à  72  ans,  terrassé  par  la  douleur  d’un  deuil  qui  avait  boule¬ 
versé  sa  vie. 

Fils  d’un  professeur  à  la  faculté  de  médecine,  reçu  docteur 
en  1861,  agrégé  en  1866,  il  fut  nommé  professeur  de  médecine 
légale  en  1874,  et  pendant  24  ans  il  fut  l'expert  écouté  des  tri¬ 
bunaux  de  toute  la  région. 

Bienveillant  pour  tous,  tenant  haut  etfermele  drapeau  des 
droits  des  médecins  et  leurs  revendications  il  fut. par  ces  rai¬ 
sons  mêmes,  et  par  la  haute  dignité  de  sa  vie,  appelé  à  prési¬ 
der  pendant  de  longues  années  l’Association  confraternel  le 
des  médecins  de  l'Hérault. 

En  mourant,  il  a  institué  la  Faculté  de  médecine  sa  légataire 
universelle.  Voici  les  principales  dispositions  de  son  tes¬ 
tament.  Une  rente  de  6.000  fr.  est  laissée  pour  la  création 
d’une  chaire  de  Pathologie  générale  et  de  thérapeutique. 
Une  somme  de  30.000  fr.  à  l'Association  des  médecins  de 
l’Hérault.  Une  somme  de  30.000  fr.  à  l'Académie  des  sciences, 
lettres  et  médecine  de  Montpellier.  Un  prix  de  médecine  légale 
annuel  est  fondé  à  la  Faculté  de  droit.  Un  prix  de  médecine 
légale  annuel  est  fondé  à  la  Faculté  médecine. Une  rente  viagè¬ 
re  de  10.000  fr  est  laissée  à  une  parente  âgée,  pour  revenir 
à  sa  mort  à  la  Faculté  de  médecine. 

Comme  on  le  voit,  le  professeur  Jaumes,  qui  fut  homme 
de  bien  pendant  toute  sa  vie,  a  voulu  faire  encore  du  bien 
après  sa  mort. 

Médecin  depuis  45  ans.  professeur  depuis  40  ans,  médecin 
légiste  depuis  20  ans,  président  de  l’Association  pendant  de 
nombreuses  années,  M  Jaume  n’était  pas  décoré  delà  Lé¬ 


gion  d’honneur.  {Gaz.  hebd.  des  sciences  méd.  de  Bordeaux 
avril).  .  *’• 

Empoisonnement  mortel  par  le  véronal 
L’empoisonnement  signalé  par  l’auteur  est  l’empoisonne 
ment  volontaire  d’une  pcrsonnequiabsorbal5gr.de  vé 
nal  avec  l’intention  de  se  suicider  :  20  minutes  après  avoirnris 
ce  médicament,  cette  personne  perdit  connaissance  ;  la  res 
piration  faib'it.  et  le  visage  devintcyanosé  ;  on  observa  en¬ 
suite  des  vomissements,  le  refroidissement  des  extrémités  et 
la  contraction  des  pupilles.  Les  phénomènes  qui  se  produi¬ 
sirent  ressemblent  à  ceuxde l'empoisonnement  parlamorphi- 
ne.  Le  médecin  pratiqua  le  lavage  de  l’estomac  et  des  injec¬ 
tions  d'atropine  li2  millig.  toutes  les  demi-heuresi  ;  malgré 
ce  traitement,  le  malade  succomba  20  heures  après  l’absorp¬ 
tion  du  véronal,  après  avoir  eu  des  sueurs  abondantes  it 
avoir  émis  des  urines  acides,  ne  contenant  ni  su  -re.  ni  albu¬ 
mine,  ni  pigments  biliaires. 

En  opérant  sur  lOOc.  cubes  d’urine,  on  put  isoler  0  gr.  3'i 
de  véronal.  Le  cadavre  présentait  une  coloration,  jaune,  ver¬ 
dâtre  {Répirl.  de  pharmacie, 18  août),  d'après  Apolelœr  Zeituna. 
[1906],  p.  246. 

Le  lait  de  l’Assistance  publique  et  les  domaines  admi¬ 
nistratifs. 


Encore  que  l’Administration  de  l’Assistance  publique  s'en¬ 
toure  de  grandes  précautions  pour  s’assurer  de  la  qualité  du 
lait  qui  lui  est  livré  pour  les  besoins  des  hôpitaux  et  hospi¬ 
ces,  il  est  manifeste  que  celui  qu’elle  reçoit  ne  présente  pas 
toujours  toutes  les  qualités  désirables.  Ce  point  étmt  cons¬ 
taté  :  M.  Vincey,  s'appuyant  sur  l’exemple  fourni  par  la  colo¬ 
nie  de  â  aucluse,  en  Seine-et-Oise,  où  existe  une  vacherie  mo¬ 
dèle  qui  fournit  un  lait  de  premier  ordre  aux  a.ssistés  dépar¬ 
tementaux,  estime  que  la  solution  du  problème  serait  dedon- 
ner  accès  pour  les  fournitures  du  lait  nécessaire  à  la  consom¬ 
mation  de  l’Assistance  publique  aux  adjudicataires  des  do¬ 
maines  municipaux  d’épandage  compris  dans  la  grandeban- 
lieue  de  Paris.  Ainsi  l’on  pourrait  obtenir,  sans  aggravation 
sensible  des  charges  budgétaires,  du  lait  présentant  les  trob 
qualités  essentielles  à  rerchercher  :  la  fraîcheur,  l’innocuitc 
et  la  qualité  alimentaire  (1). 

Vous  ne  saurions  qu’applaudira  l’idée  de  M.  Vincey.  En 
dépit  des  préjugés  existants,  sans  aucunepreuvc,sur  les  pro¬ 
duits  des  champs  d'épandage, ces  produits  non  seulement  ne 
sont  pas  dangereux,  mais  sont  de  bonne  qualité.  Contraire¬ 
ment  à  ce  que  s'imaginent  beaucoup  de  gens,  les  eaux  d’é¬ 
gout  ne  servent  pas  à  l’arrosage,  mais  sont  seulement  mis  en 
contact  avec  les  racines  des  plantes,  par  l’intermédiaire  dC) 
raies  qui  séparent  les  billons. 


Program.me  d 


LES  CONGRÈS 

U  CONGRÈS  d’hygiène  ET  d’aSSISTANCE,  QUI  SERA 
L’HOTEL-DE-VILLE  DE  TOURCOING,  DU  19  .AD  23  SEPTEMBRE 
19Ü6.  A  l’occasion  De  l'Exposition  internationale  des  Inoo  ■ 
TRIES  textiles.  —  I.  IIygiene  urb.aine.  —  Mercredi  19  septe^ 
bre,  à  neuf  heures  du  matin  ;  Présidence  de  M.  le  Docteur  ~ 
METTE,  directeur  de  l’Institut  Pasteur  de  Lille.  A)  Communi 
r  les  «  Poites  Sanitaires  »,  parM.FÉvER,  chef  de  divis 
à  la  Préfecture  du  Nord.  Bj  Communication  sur  «  i'orgonisai 
générale  des  moyens  de  prévention  contre  les  maladies 
yieuses  ;  —  Désinfection  »par  le  docteur  René  Pûtelet,  msp^ 


départemental  d’hygiène.  C)  Discussion  du  rapport  s 
«  Tout  à  l'égout  »  Présenté  par  le  docteur  Julien, 
l’Office  sanitaire  de  Tourcoing. — Après-.midi  à  2  heures  et 
Démonstration  à  l’hôpital  deâ  procédés  expérimentés  '^gifjou. 
à  l’égout.  »  —  A  quatre  heures  et  demie,  visite  de 
Jeudi  20  septembre,  à  neuf  heures  du  matin, 
le  docteur  A. -J.  Martin,  Inspecteur  général  de 


de  la  ville  de  Paris.  —  A)  Communication  sur 


d’eau  potable  »  par  M.  Nourtier,  Ingénieur  des 

factures,  directeur  du  service  des  ean-r  de  Roubaix- 1 -or 


Bl  Communication  sur  «  la  fièvre  typhoïde  »  par  M 


■ésiduaires  »  présenté  par  M.  Grimpref,  ingénfeur  des  * 


chaussées.  —  Après-midi  à  deux  heures  et  demie,  A’isdej 
des  Bonnets,  du  réservoir  des  eaux  potables;  à  gps-ief 
i  .  démonstration  de  divers  proce 


(1;  Extrait  de  la  Cliniqne^infantilc,  p.  3d7. 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


543 


tiauralion  des  eaux  résiduaires  ;  le  soir,  à  huit  lieures  demie, 
DE  NUIT  A  l’exposition. 

'il  j^ssisTANCE.  —  Vendredi  21  septembre,  à  neuf  heures  du 
lin  ■  présidence  de  M.  Paul  Strauss,  sénateur,  président  du 
Snsei'l  supérieur  de  l’Assistance  publique.  Aj  Communication 
'^l'organisation  du  bureau  de  bienfaisance»  par  M.  Maurice 
^rdier,  vice-président  du  bureau  de  bienlaisance  de  Tourcoing, 
w  Communication  sur  <(  l'organisation  de  l'hospice  »  par  M. 
Jules  Labousse.  directeur  de  l'hôpital  de  Tourcoing.  C)  Commu- 
lication  sur  «  l'influence  de  l'état  hygrométrique  sur  l'apparition 
iledfoeloppemenldu  choléra  in'antile  »  par  M.  le  Df  Dkcherf 
(idccin  delà  Sauvegarde  des  nourrissons.  D)  Communication 
sur  «  les  résultats  médicaux  de  la  Sauvegarde  des  Nourrissons  », 
parM.  le  Docteur  Lagache,  médecin  de  la  Sauvegarde  des  Nour- 
^us.  E)  Discussion  du  rapport  sur  «  l'organisation  générale 
it  la  Sauvegarde  des  Nourrissons  »  présentée  par  .M.  Victor 
’Dibron,  avocat  à  la  Cour  d’appel  de  Douai,  président  du  comité 
JtNord  de  l’.Mliance  d'hygiène  sociale.  —  Après-midi,  à  deux 
kesres  et  demie,  visite  de  l’hospice,  du  bureau  de  bienfaisance,  de 
rétablissement  de  bains,  d’une  crèche,  et  de  l’hôpital  (siège  de  la 
Sauvegarde).  Samedi  22  septembre, àl)  heures  du  matin,  présidence 
éaM.  Mirman,  directeur  des  services  de  l’Assistance  et  de  l’hy¬ 
giène  publiques  au  Ministère  de  Tlntèrieur.  A;  Communication 
wr  •  un  essai  de  traitement  à  domicile  des  tuberculeux  »  ,  par 
M.  leD’’  Julien.  (B|  Communication  sur  iT l'organisation  hospi- 
aüère».  C)  Communication  sur  «  l'exploitation  de  la  ferme  des 

aires  »,  par  M.  Merchier,  juge  de  paix  à  Lille,  rapporteur 
Société  des  agriculteurs  du  Nord.  D)  Discussion  du  rap- 
firtsur  II  l'assistance  par  le  travail  »,  présenté  par  M.  le  doc¬ 
teur  Bron,  député,  maire  de  Tourcoing.  — Après-midi,  à  deux 
heures  et  demie,  visite  du  sanatorium,  de  l’atelier  mécanique  de 
Rssistance  par  le  travail  et  de  la  ferme  des  hospices. 

Dimanche  23  septembre,  à  onze  heures  du  matin,  sous  la  pré- 
«Jence  de  M.  Casi.mir-Perier,  ancien  président  de  la  République, 
président  de  l’Alliance  d'hygiène  sociale,  séance  dr  clôture, 
U-NQüET  à  une  heure,  dans  la  salle  des  fêtes  de  l  Exposition. 
Premier  congres  international  d’étudiants.  —  Le  l®»  con- 
Pés  international  d'étudiants  doit  se  réunir  à  Marseille,  à  la 
^enr  de  l’Exposition  coloniale  et  durer  du  30  août  au  5  septem- 
«t.  Deux  séances  seront  présidées  par  M.  d’Estournelle  de  Cons- 
une  autre  par  le  prof.  Pitres,  etc. 


THÉRAPEUTIQUE 


J^problème  de  la  métitcafî'oii  p'^osphorée  rationnelle  n'a  été 
I  par  la  découverte  de  la  phytine. 

•^"hytine  est  le  seul  principe  phospho-organique  naturel 
^ettant  l'administration  de  doses  réellement  actives  de 
l^phore  assimilable. 

^^^es  pharmaceutiques  :  Cachets,  granulé,  comprimés  et 


Eloge  du  D'  HAMEAU. 


éloge,  publié  dans  le  dernier 

le  D'  Leldet. 


numéro,  est  dû  à 


FORMULES 


LXIX.  -  Dans  l’Urémie. 

Poudre  de  feuilles  de  digitale .  l  gr.  50 

Poudre  et  extrait  de  réglisse .  àà  1  — 

pour  vingt  pilules.  En  donner  2  par  jour. 

I_XX.  —  Contre  l’épistaxis  rebelle. 

Antipyrine .  0  gr.  50 

Acide  tannique .  1  — 

Sucre  en  poudre .  10  — 

pour  priser.  (Rendu.) 

LXXI.  —  Contre  le  catarrhe  gastro-intestinal. 

Gélatine .  10  gr. 

Faire  bouillir  dans  eau  distillée  (500 gr.)  pendant  G  heures 

pour  réduire  à  80  gr.;  filtrer,  ajouter 

Acide  citrique .  1  gr. 

Sirop  d'écorces  d’oranges  amères .  100  — 

Toutes  les  deux  heures,  une  cuillerée  à  dessert  (pour  enfants). 


LXXIi.  —  Contre  les  brûlures. 

Ectogan . .  50  g?-. 

Talc  de  Venise  . .  200  — 

pour  saupoudrer  la  plaie. 

LXXIIL  —  Traitement  de  l’artériosclérose. 
a)  Régime  lacto-végétarien  réduit  au  strict  minimum.  Hy¬ 
drothérapie  :  bains  indifférents  ;  saignées  répétées. 


h) 


Induré  de  Na . 

Hydrate  de  ehloral . 
Eau  distillée . 


àà  5  gr. 

100  — 


2  cuillerées  à  soupe  par  jour. 

c)  Si  le  cœur  faiblit  : 

Poudre  de  feuilles  de  digitale .  2  gr. 

Extrait  d’hyosciamine .  0  —  50 

pour  20  pilules  ;  en  prendre  2  à  3  par  jour. 

d)  S’il  y  a  insommie  : 

Poudre  de  digitale .  2  gr. 

Chlorhydrate  d’héroïne .  0  —  50 

pour  20  pilules  ;  en  prendre  2  par  jour. 

e)  Nitroglycérine  à  dose  massive. 


LXXIV.  —  Apéritif. 

Prendre,  20  minutes  avani  le  repas,  un  verre  à  bordeaux  d'eau 
do  Vichy  «  Grande-Grille  »,  chaude  additionnée  d'une  cuillerée  à 
café  de  peptone  spengieuse  et  de  trois  gouttes  de  teinture  amère 
de  Baume  (D®. . .)  (Le  Scapel.) 


Commission  supérieure  d’hygiène  et  d’épidémiologie  mili¬ 
taires.  —  Le  Président  de  la  République  française,  sur  le  rapport 
du  ministre  de  la  guerre,  décrète  : 

Art.  1"'.  -  Par  modification  de  l’article  2  du  décret  du  31  mai 

1904,  instituant  une  commission  supérieure  d’hygiéne  et  d’épidé¬ 
miologie  militaires,  le  nombre  des  membres  de  cette  co  mmission 
est  porté  à  17,  dont  9  médecins  civils  et  8  médecins  militaires.  Le 
ministre  de  la  guerre  choisit  et  désigne  ces  médecins  conformé¬ 
ment  aux  dispositions  de  l’article  2  précité  du  décret  du  31  mai 
1904. 


CONTRE^reULEUR 


^m,qésique,  antipyrétique,  hypnotique,  antumiqraine,  antune'vralgique,  anodine 


NE  DONNANT  PAS  LIEU  A  L’ACCOUTUMANCE  ET  NE  PRODUISANT  JAMAIS  D’EFFETS  TOXIQUES 

CONSTANTE  DANS  SES  EFFETS  ihmmhmwhmmbmmwM 

sommes.  Névroses.  Hystérie.  Menstruations  douloureuses.  Névraleies.  Convulsions.  Vertiees  et  tontes  aSectlons  nerveuse! 


«.—De  deux  à  huit  tablettes  di 


LU/i  SUCCEDAAIE  DE  LA  MORPHINE. 


La  Société  Chimique  d’Antikamnia  s,  rue  de  la  paix,  paris 

'  DANS  TOUTES  LES  PHARMACIES 


544 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


NOUVELLES 

Natalité  dk  Paris.  —  Du  dimanche  5  au  samedi  11  août 
1906.  les  naissances  OHt  été  au  nombre  de  941,  se  décomposant 
ainsi  :  légitimes  698,  illégitimes  243. 

Mortalité  a  Paris.  —  Population  d’après  le  recensement  de 
1901  :  2.660.559  habitants.  Les  décès  ont  été  au  nombre  de  860, 
savoir:  441  hommes  et  419  femmes.  Les  décés  sont  dus  aux 
causes  suivantes  :  Fièvre  typhoïde  (typhus  abdomin.)  :  5.  — 
Typhus  exanthématique  :  0.  —  Fièvre  intermittente  et  cachexie 
palustre  :  0.  —  Variole  :  0.  —  Rougeole  :  2.  -  Scarlatine  :  0. 

—  Coqueluche  :  9.  —  Diphtérie  et  Group  :  1.  —  Grippe  :  0. 

—  Choléra  asiatique  :  0.  —  Choléra  nostras  :  3.  —  Autres 
maladies  épidémiques  :  2.  —  Tuberculose  des  poumons  :  186.  — 
Tuberculose  des  méninges  :  14.  —  Autres  tuberculoses  :  14.  — 
Cancer  et  autres  tumeurs  malignes  :  69.  —  Méningite  simple  ;  14. 
_  Congestion  hémorrhagique  et  ramollissement  du  cerveau  :  28. 

—  Maladies  organiques  du  cœur  :  50.  —  Bronchite  aiguë  :  3. 
_ Bronchite  chronique  :  7.  —  Pneumonie  ;  15.  —  Autres  affec¬ 
tions  de  l’appareil  respiratoire  :  57.  —  Affections  de  l’estomac 
(cancer exc.)  :  3.  —  Diarrhée  et  entérite  deO  à  1  an  :  sein;  11  ;  au¬ 
tre  alimentation  :  117.  —  Diarrhée  et  entérite  de  1  à2  ans:  20. —  Her¬ 
nies,  obstruction  intestinale;  5.  —  Cirrhose  du  foie  :  10. —  Néphrite 
et  ma!  de  Bright  :  18.  -  Tumeurs  non  cancéreuses  et  autres  ma¬ 
ladies  des  organes  génitaux  (femmesi  :  4.  —  Septicémie  puerpérale 
(fièvre,  péritonite,  phlébite  puerpérale)  :  0.  —  Autres  accidents 
puerpéraux  de  la  grossesse  et  de  l’accoucnement  :  1.  —  Débilit? 
congénitale  et  vices  de  conformation  :  11.  —  Débilité  sénile  :  28 

—  Morts  violentes  :  39.  —  Suicides  :  19.  —  Autres  maladies  :  107. 

—  Maladies  inconnues  ou  mal  définies  :  7. 

Mort-nés  et  morts  avant  leur  inscription:  63,  qui  se  décom¬ 
posent  ainsi  :  légitimes 48,  illégitimes  15. 

Médailles  d’honneur  des  épidémies.  —  Par  arrêté  du  minis¬ 
tre  de  l’intérieur,  pris  en  vertu  des  décrets  des  31  mars  1885  et  22 
juillet  1899,  la  médaille  d’honneur  des  épidémies  a  été  décernée 
aux  personnes  ci-aprés  désignées  en  récompense  du  dévouement 
dont  elles  ont  fait  preuve  à  l'occasion  de  maladies  épidémiques  : 
Seine.  —  Bronze.  —  Mme  veuve  Golard,  née  Vinohon  (Elisa- 
Eugénie),  directrice  surveillante  du  dispensaire  situé  rue  des 


Cendriers,  45,  à  Paris  :  soins  assidus  et  dévoués  donnés  den  ' 
dix-sept  ans  aux  enfants  atteints  de  maladies  épidémiques  et  tr^ 
missibles  ;  M.  Marielle  (Léon),  mécanicien  de  l’étuve  de  la^ 
conscription  de  Levallois-Perret  :  a  pratiqué  de  1894  à  1906 
grand  nombre  de  désinfections  nécessitées  notamment  par 
épidémies  de  diphtérie  et  de  scarlatine.  —  Seine-Inférieurï  IÎ 
Bronze.  — M.  Assire  (Edgard-.Ieanl,  externe  puis  interne  deshôp^ 
taux  de  Rouen,  chargé  du  service  des  varioleux  :  de  1902  h  1904 
au  cours  d’une  longue  et  grave  épidémie,  s’est  particurièremeni 
distingué  par  son  dévouement,  son  assiduité  et  son  esprit  d’ini¬ 
tiative.  —  Service  s.anitaire  maritime.  —  Argent. _ M.  le  D' 

Coppin,  médecin-major  de  P"  classe  des  troupes  coloniales  en 
Perse  auprès  de  S.  A.’  I.  le  prince  héritier  :  s’est  tout  spéciale¬ 
ment  signalé  par  son  intervention  et  son  dévouement  au  cours  de 
l’épidémie  de  choléra  qui  a  sévi  dans  ce  pays  avec  intensité  de 
1904  à  1905.  —  Tunisie.  —  Argent.  —  M.  Conseil  (Alfred-Er¬ 
nest),  interne  à  l’hôpital  Sadriti  à  Tunis  :  victime  de  son  dévoue 
ment  en  procédant  à  l'examen  du  sang  de  typhiques. 

Hôpital  civil  de  Mustapha.  —  Concours  pour  5  places 
d’interne  en  pharmacie,  le  lundi  29  octobre  1906.  Le  concours 
aura  lieu  à  1  heure  à  l’hôpital  civil  de  Mustapha.  Concours  pour 
7  places  d’élève  externe  en  médecine  et  en  chirurgie,  le  lundi  29 
octobre  1906. 

Hospices  de  Montpellier. —  Concours  pour  4  places  d’interne 
provisoire.  Le  lundi  19  novembre  1906,  il  sera  ouvert  à  l’hospioe 
général,  un  concours  pour  4  places  d’interne  provisoire  dans  les 
hospices  de  Montpellier. 

Faculté  DE  médecine  de  Paris.  —  La  faculté  est  autorisée  t 
accepter  la  donation  à  son  profit,  par  Mme  veuve  Paul  Lemonnier, 
d'un  capital  de  200.000  francs  dont  les  revenus  seront  employés 
à  faciliter  les  recherches  scientifiques  sur  la  bactériologie,  l’anato¬ 
mie  pathologique,  la  pathologie  expérimentale  ou  la  physiologie 
dans  les  laboratoires  de  la  Faculté. 

Excellente  clientèle  à  céder  dans  l’Aisne,  4.000  francs  de 
fixe,  9.000  francs  de  recettes,  pas  de  frais  généraux.  Prix  :  6.0(X) È- 

Nécrologie. —  Nous  avons  le  regret  d’apprendre  la  mort  de 
M.  le  Di  Maurice  Marchais  ide  Paris),  décédé  subitement  i  Borino 
(Italie)  ;  de  M.  le  D‘'Bertaux  (de  Lille)  ;  et  de  M.  le  Di^  Prunier, 
membre  de  l’Académie  de  médecine,  directeur  de  la  pharmacie  cen¬ 
trale  des  hôpitaux. 


PU  i  IMfe.  BHOACtilTE,  CAlAiaïUliS.  — L  Âwi 


Marchais  est  la  meilleure  préparation  creosotee.  Elle  di- 
et  l'expectoration.  De  3  à  6  cuil- 


minne  la  toux,  la  fièvre  et  l’expectoration, 
levées  a  café  par  jour  dans  lait,  bouillon  ou  tisane. 

(D'  Ferrand.  —  Trait,  de  méd. 


SIROP  LAXftTIF  VERNEUIL  (é 


/  Manne  \ 

I  Casse  I 
\Tamarin  / 

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Médecine,  23  mars  1897, 8  mai  1898).  L’extrait  de  ces  f  gj; 
est  adressé  gracieusement  a  tous  les  médecins  qu*  ^ 
feront  la  demande.  Renseignements  gratuits  et  prix 
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Ces  billets  ne  sont  pas  susceptibles  de  prolongation. 


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g<4NNÉB-3'  SERIE.  T.  XXII.  N°  3d 


BUREAUX  :  RUE  DES  CARMES,  14 


1='  SEPTEMBRE  1906 


Le  Progrès  Médical 


SOMMAIRE  :  Thérapeutique  :  Traitement  de  la  constipation 
habituelle,  par  Friedel.  —  Bulletin  :  Les  expertises  médicales 
(t  les  économies  portant  sur  les  frais  de  justice,  par  J.  Noir  ; 
bes  bibliothèques  municipales,  par  Rousselet.  —  Revue  de 
TglRAPEUTiQUE  ;  Contribution  à  l’étude  clinique  du  salioylar- 
siaate  de  mercure  ou  enésol,  par  Loquin  ;  Nouveau  formulaire 
magistral  de  thérapeutique  clinique  et  de  pharmacologie,  par 
Odillon  Martin  ;  Formulaire  des  médicaments  nouveaux  pour 
1906,  par  Bocquillon-Limousin  ;  Leçon  d’ouverture  du  cours  de 
thérapeutique  de  la  faculté  de  médecine  de  Paris,  par  Robin  ; 
Les  congestions  hépatiques  chroniques  des  pays  chauds,  leur 
traitement  à  Vichy,  par  Sollaud  ;  La  cure  de  déchlorura- 
6on  dans  le  mal  de  Bright  et  dans  quelques  maladies  hydro- 
pigénes,  par  Widal  ;  L’action  diastasique  dans  les  fermentations 
industrielles  ;  Le  vieillissement  artificiel  des  vins  et  spiritueux, 
par  Malvezin  ;  Précis  de  chimie  physique,  par  Pozzi  Escot  ; 
Physiologie  und  pathologie  des  Mineralstoffvvechsels,  par  Albu 


Cari  Neuberg  (c.  r.  de  Paul-Boncourj.  —  Bibliographie  :  Le 
charbon  comme  véhicule  de  la  créosote,  par  Bouchet  ;  Ville 
d’Orléans,  bureau  municipal  d’hygiène,  par  Le  Page  Viger.  —  Ju¬ 
risprudence  médicale  :  Médicament  remis  sans  ordonnance  par 
un  pharmacien,  exercice  illégal  de  la  médecine  et  homicide  par 
imprudence,  jugement  du  tribunal  civil  du  Puy  du  18  décembre 
1905.  —  Varia  :  Hygiène  alimentaire,  les  falsifications  d’ali¬ 
ments,  le  pain  et  la  bière  ;  Médecine,  hygiène  alimentaire  et  hié¬ 
rarchie  militaire  ;  L’organisation  du  service  de  la  vaccination 
en  province.  —  Les  congrès  :  Congrès  d’hygiène  et  d’assis¬ 
tance  ;  11“  congrès  international  d’assainissement  et  de  salubrité 
d’habitation  ;  Congrès  international  d’électrobiologie  et  de  ra¬ 
diologie  médicales  ;  IIP  congrès  international  pour  la  répres¬ 
sion  de  la  traite  des  blanches,  —  Thérapeutique.  —  Nécro¬ 
logie  :  Le  P'  A.  Herzen  (de  Lauzanne).  —  Formules.  —  Nou¬ 
velles.  —  Bulletin  bibliographique. 


THÉRAPEUTIQÜE 


Traitement  de  la  constipation  habituelle  ; 

Parle  D' G.  FRIEDEL. 

«La  constipation,  en  dehors  de  quelquesrares  condi¬ 
tions  particulières, est  un  phénomène  pathologique  nui¬ 
sible  qu’il  tant  faire  disparaître  »  (A.  Mathieu).  Les 
Boyens  thérapeutiques  dont  dispose  le  médecin  sont 
fc  trois  ordres  :  médicamenteux,  hygiéniques,  physi- 
es.  Nous  ne  nous  arrêtons  pas  aux  nombreux  pro- 
jts  pharmaceutiques,  simples  ou  composés,  dont  on 
^couise  si  souvent  l’usage.  On  guérit  la  constipation 
*^ut  par  l’hygiène  et  les  applications  physiques, 
bby^iène  seule  suffit  dans  beaucoup  de  cas.  Le  séjour 
•  <4 campagne, la  vie  en  plein  air,  le  régime  lacto-végé- 
presque  exclusif,  l’exercice  régulier,  suffisent 
our  régulariser  les  fonctions  intestinales  et  donnent 
(fïcellents  résultats.  Lorsqu'on  n’obtient  pas  d’amé- 
*rttiou  nette  et  durable  de  la  constipation,  il  faut  ad- 
^ce  les  moyens  physiques.  Voici  le  traitement  mis 
pratique  chez  nos  malades  : 

pue  feuille  imprimée  indique  en  détail  le  régime  à 
lon^r  •  sous  forme  de  potages  (le  lait  en  nature 
beaucoup  de  personnes),  farineux,  légumes  et 
ou, suivant  l’état  du  tube  digestif,  cuits,  peu 
;  pain  complet,  beurre.  Ces  aliments  laissent 
hé  résidus  pour  former  avec  les  sécrétions  intesti- 
^hne  quantité  suffisante  de  matières  capables  d’ex- 
la  motilité  intestinale. 

^Dstipation  opiniâtre  cède  cependant  rarement 
^“jrmction  des  lavements .  Le  malade  se  fait  tous 
^'Soh  soit  un  grand  lavage  avec  de  l’eau  bouil- 
préférence,  un  lavement  d’huile  suivant  la 
Kussmaul.  Cent  à  cent  cinquante  grammes 
*^io  H  ®  sont  introduits  lentement  et  sous  faible 
®  le  rectum,  le  soir,  avant  coucher  et  gar- 
lendemain  matin. Cette  huile  ramollit  les 
l’^brifie  les  parois  de  l’intestin,  de  sorte 
^^i^Mionalvine  se  fait  alors  spontanément. Elle 
spasme  et  l’irritation  de  la  muqueuse. 
Kijf^^^tion  de  l’huile  et  des  matières  ne  se  faisait 
amorcer  le  péristaltisme  par  un  petit  la¬ 


vement  d’eau  bouillie  simple.  Peu  à  peu,  au  fur  et 
à  mesure  quq  les  selles  deviennent  plus  faciles^  la 
quantité  d’huile  est  diminuée  et  les  lavements  sont  es¬ 
pacés  jusqu’à  suppression  complète. 

Mais  il  y  a  des  cas  où  hygiène  et  lavements  sont  im¬ 
puissants  contre  la  coprostase, ou  du  moins  leur  action 
n’est  pas  durable.  Dans  ces  cas, il  faut  avoir  recours  au 
massage  et  à  l’électrothérapie.  En  général,  on  prépare 
les  malades  à  ce  traitement.  Pendant  huit  ou  qiiinzè 
jours,  on  leur  fait  faire  chez  eux  une  série  d’exercicefs 
et  de  manipulations  que  nous  avons  notés  sur  une 
feuille  spéciale  remise  aux  constipés. 

GymMOsüque  et  massage  préparatoires.—  Le  ma¬ 
lade  couché,  à  jeun,  boit  un  demi-verre  d’eau  d’Evian 
à  la  température  de  la  chambre,  puis  fait  un  efflen-^ 
rage  superficiel  sur  tout  le  ventre,  circulaire,  lon-‘ 
giludinai,  suivant  les  côlons.  La  gymnastique  con¬ 
siste  en  :  1“  redressement  du  tronc  sans  l’aide  des  bras  ; 
2"  flexions  de  la  cuisse  sur  le  bassin  ;  3°  rotations  in¬ 
terne  et  externe  du  membre  inférieur;  4“  mouvements 
respiratoires  avec  abduction  des  membres  supérieurs  ; 
5“  gymnastique  du  périnée  :  propulsion  et  rétraction  du 
releveiir  (pour  les  femmes  qui  oit  fait  des  couches 
multiples  ou  difficiles).  One  friction  à  main  plate  avec  de 
l’eau  de  Cologne  onde  l’alcool  camphré  sur  l’abdomen 
et  la  région  lombaire  termine  ces  exercices.  Le  malade 
se  lève  et  prend  son  petit  déjeuner  :  café  au  lait  pré¬ 
paré  avec  beaucoup  de  chicorée,  cacao  léger,  puis  se 
présente  à  la  selle.  La  position  accroupie  est  la  plus 
favorable  pour  comprimer  l'intestin.  On  recommande 
de  faire  de  petits  efforts  prolongés,  de  préférence  aux 
grands  efforts. 

A  six  heures  du  soir, la  gymnastique  estfaite  debout 
(sans  corset  ou  ceinture)  :  1“  flexions  du  tronc  en  avant, 
en  arrière  et  latéralement  (très  important)  ;  2“  rotations 
du  tronc  sur  les  membres  inférieurs  fixes  ;  3“  élévations 
de  la  cuisse  et  des  membres  inférieurs  ;  4"  abductions 
et  élévations  des  membres  supérieurs  avec  inspirations 
profondes  ;  5"  flexions  des  genoux  et  abduction,  sur  la 
pointe  des  pieds  et  relèvement  (les  mains  appuient  sur 
une  chaise). 

La  durée  de  ces  exercices  est  de  20  à  30  minutes  ma¬ 
lin  et  soir.  Tous  les  mouvements  doivent  être  faits  len¬ 
tement  et  avec  augmentation  progressive. 


546 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


Les  bains  entiers  à  32°  (39°  pour  spasmodiques)  trois 
fois  par  semaine  avec  savonnage  de  tout  le  corps  et  fric¬ 
tions  avec  linge  dur,  les  bains  de  siège  à  domicile, dans 
un  cuveau,  à  24°, suivis  de  frictions  ;  les  douches  écos¬ 
saises,  en  pluie  ou  en  jet  brisé  sur  l’abdomen  et  la 
région  hépatique,  sont  un  excellent  adjuvant. 

Une  explication  pratique  est  donnée  sur  un  malade 
en  cours  de  traitement  et  en  général  gymnastique  et 
massage  sont  suffisamment  bien  exécutés. 

Nous  ne  nous  étendrons  pas  sur  le  mécanisme  de 
l'action  du  massage  et  de  la  gymnastique.  On  trouvera 
les  notions  courantes  sur  ce  sujet  dans  les  traités  spé¬ 
ciaux  de  massage  (Salignat,  de  Frumerie,  etc.,  etc.). 
Nous  voudrions  cependant  appuyer  sur  l’importance 
que  nous  attribuons  :  1“  au  redressement  du  tronc 
(malade  couché)  qui  fortifie  la  musculature  de  la  paroi 
abdominale,  2“  aux  flexions  latérales  du  tronc  (ma¬ 
lade  debout)  qui  agissent  sur  les  muscles  obliques, 
mais  aussi  et  surtout  sur  les  côlons  ascendant  et  des¬ 
cendant,  qui  sont  allongés  et  raccourcis  alternative¬ 
ment.  Les  mouvements  respiratoires  ont  pour  but  de 
développer  le  diaphragme,  qui  devient  un  véritable 
masseur  des  viscères.  Bien  entendu,  la  respiration 
profonde  a  une  action  heureuse  sur  tout  l’orga¬ 
nisme,  surtout  chez  la  femme,  qui  respire  si  défec¬ 
tueusement. 

En  résumé  nous  tendons  à  développer  la  muscula¬ 
ture  abdominale  (parois  antérieure  et  postérieure,  et  à 
faire  subir  aux  viscères  une  compression  et  une  disten¬ 
sion  indirecte).  En  même  temps —  et  ce  point  n’est  pas 
négligeable  —  nous  attirons  et  fixons  l’attention  du 
malade  sur  ses  fonctions  intestinales.  Nous  n’hésitons 
pas  à  affirmer  qu’une  part  des  résultats  est  certaine¬ 
ment  due  à  cette  'psychothérapie. 

A  la  suite  de  cette  préparation  préliminaire, le  ma¬ 
lade  vient  se  faire  masser  et  électriser,  sans  cesser  pour 
cela  de  faire  chez  lui  les  exercices  indiqués.  11  est  al¬ 
longé  sur  un  brancard,  qui  offre  une  bonne  résistance 

Eour  le  massage,  la  tête  à  peine  relevée  par  un  oreiller. 

e  brancard  est  préférable  au  lit,  parce  qu’il  offre  plus 
de  résistance  et  parce  que  le  masseur  peut  s’approcher 
complètement  du  sujet, ce  qui  diminue  beaucoup  la  fa¬ 
tigue  et  rend  les  manipulations  plus  aisées.  La  paroi 
abdominale  découverte  est  saupoudrée  de  poudre  de 
talc  et  la  séance  commence  par  une  palpation  légère  et 
prolongée,  qui  renseigne  sur  l’état  de  l’intestin  et  ras¬ 
sure  le  malade. 

Ici  nous  sommes  obligés  de  revenir  sur  la  division 
des  constipés  en  atoniques  et  spasmodiques.  Nos  idées 
ne  sont  pas  tout  à  fait  en  concordance  avec  celles  ad¬ 
mises  aujourd’hui  après  Fleiner  et  d’autres.  Nous  con¬ 
servons  la  distinction,  mais  nous  pensons  que  le  spasme 
véritable  est  plus  rare  qu’on  le  dit  et  nous  considérons 
comme  spasme  la  contracture  douloureuse  de  l’intes¬ 
tin,  la  crampe  intestinale  analogue  à  la  crampe  muscu¬ 
laire  vulgaire.  Et  cette  crampe  intestinale  se  rencontre 
dans  trois  cas  :  1°  chez  certains  névropathes  (hysté¬ 
riques,  spasme  continu)  ;  2°  chez  les  atoniques,  dont  la 
musculature  intestinale,  dégénérée  après  une  longue 
période  d’atonie,  a  atteint  le  degré  de  faiblesse  irritable 
(spasme  intermittent)  ;  3“  chez  les  malades  atteints  de 
colite  subaiguë  et  chronique.  Cette  colite  peut  être  due 
à  l’irritation  et  à  l’inflammation  par  les  matières  fé¬ 
cales  durcies  ou  à  l’inflammation  ou  déplacement  d’un 
organe  voisin  (utérus,  ovaires,  prostate,  rein)  ou  à  une 
fissure  anale  ou  ulcération  rectale. 


Si  donc  à  la  palpation  des  côlons  on  sent  l’intesti 
contracté  et  franchement  douloureux, si  nous  trou voiu 
d'autres  spasmes  :  cardiospasme,  pylorospasme,  con 
tracture  du  sphincter  anal,  douleurs  coliquatives  ffé 
quentes,  nous  admettons  la  constipation  spasmodique" 
Nous  agissons  dans  ce  cas  en  conséquence  :  gymnas^ 
tique  et  massage  sont  doux  et  ne  doivent  pas  provoquer 
de  douleurs.  Le  courant  faradique  est  très  léger,àpeme 
perceptible,  à  30  à  50  interruptions  par  seconde.  Le 
régime  est  plus  sévère  au  début,  les  légumes  verts  sont 
exclus  et  les  légumes  cuits  soigneusement  passés.  Les 
potages  de  céréales  (orge,  riz,  farine  d’avoine,  flou 
d’avoine)  et  les  pâtes  tiennent  la  principale  place  dans 
le  régime.  Une  pilule  de  belladone  (0,01  cgr.)  par  jour 
rend  d’excellents  services  pour  réduire  le  spasme.  En 
très  peu  de  temps,  l’intestin  s’habitue  au  massage,  li 
douleur  diminue  pour  disparaître  complètement,  et  à 
partir  de  ce  momentle  traitement  est  le  même  que  pour 
les  atoniques. 

Les  atoniques  sont  soumis  au  traitement  masso-et 
électrothérapique  suivant  :  nous  débutons  par  un  ef¬ 
fleurage  superficiel  circulaire  péri-ombilical  en  élar¬ 
gissant  petit  à  petit  les  cercles.  Au  bout  de  cinq  mi¬ 
nutes,  l’effleurage  devient  profond.  Les  deux  mains  ne 
glissent  plus  sur  la  paroi,  mais  font  glisser  laparoisur 
le  paquet  intestinal  sous-jacent,  qui  est  ainsi  frotté  di¬ 
rectement.  Puis  on  passe  à  la  pression  plus  forte  sur 
les  différents  segments.  La  main  droite  de  l’opérateur i 
glisse  avec  pression  du  flanc  gauche  obliquement  vers 
le  pubis.  L’S  iliaque  sous-jacent  comprimé  entre  la 
fosse  iliaque  et  la  main  est  e.xcité  et  les  matières  sont 
poussées  dans  le  côlon  pelvien.  1 

La  friction  et  la  compression  du  cæcum  se  font  de  même  ^ 
manière,  soit  avec  la  main  gauche,  soit  avec  le  talondf 
la  main  droite.  La  face  inférieure  du  foie  (du  moins  son 
bord  antérieur),  la  vésicule  biliaire,  sont  excitées  direc'| 
tement  sous  le  rebord  costal  avec  le  bord  radial  de  1» 
main  droite.  La  face  convexe  du  foie  et  le  foie  en  entier 
sont  comprimés  entre  la  main  gauche  placée  sous  les 
fausses  côtes,  et  la  main  droite  qui  comprime  lé  viscert 
en  glissant  avec  pression  sur  la  face  antérieure  de  lafé 
gion  hépatique.  Par  cette  manœuvre, on  vide  la  vésicn 
biliaire  et  on  active  la  circulation  hépatique  tant  s*®" 
guine  que  biliaire.  La  connaissance  de  coliques  nép 
tiques  antérieures  conseille  de  la  prudence  dans  1®®^ 
sage  des  voies  biliaires.  Enfin  on  masse  l’estotnac  ^ 
pincements  entre  le  pouce  et  les  doigts  de  la  ® 
droite  dirigés  de  haut  en  bas,  et  de  dedans  en  de 
puis  par  pressions  et  frictions  de  la  face  antérieur  j 
la  grande  courbure  vers  le  pylore .  Pylore  et  paa  | 
sont  accessibles  au  massage  par  le  pouce  ■ 

les  individus  maigres  à  parois  facilement  dépres»  ^ 
telles  qu’on  les  observe  chez  les  atoniques- 
un  pétrissage  transversal  et  longitudinal  de 
domen,  on  termine  le  massage  de  la  paroi  an  e 
par  un  effleurage  superficiel.  TpminO' 

La  durée  de  ces  manipulations  est  de  15  à  ~ 
tes.  Bien  entendu,  la  succession  dés  opérations  p 
gions  n’a  rien  de  fixe,  on  passe  d’un  mouvetnen^^ 
tre,  en  se  basant  uniquement  sur  les 
çucs  et  lu  commodité.  Un  point  est  jj,ain 

mouvements  doivent  être  doux  et  bien  liés, 
doit  pas  quitter  la  paroi  abdominale,  et  doj  ^ 
aux  inégalités  et  dépressions  naturelles.  L®  jjip 
sensibles  surtout  doivent  être  traitées  av^  jinstf®" 
grande  doucenr.  Nous  ne  nous  servons 
ments  pour  masser  (boules,  rouleaux  auto- 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


547 


une  main  exercée  fera  mieux  que  n’importe  quel 
^tr’iiment,  si  perfectionné  soit-il. 

Vous  ajoutons  au  massage  de  la  paroi  antérieure  le 
««sage  du  dos.  Les  muscles  des  régions  dorso-lombai- 
1  i^et  des  gouttières  vertébrales  sont  soumis  aupétris- 
aje  longitudinal  et  transversal,  auquel  on  joint  le  ta¬ 
pement  (percussion)  faite  avec  le  bord  cubital  des 
Bains.  Le  massage  dorsal  dure  2  à  3  minutes.  Son  ac- 
lionsurles  muscles,  sur  la  circulation  superficielle  et 
•fofonde,  agit  par  reflexe  sur  l’appareil  ligamenteux  de 
lltcolonne  vertébrale  et  sur  la  circulation  médullaire. 

Il .Uotreavis,  c’est  là  une  action  très  utile, surtout  dans 
il  viscéroptose,  qu’on  rencontre  si  souvent  chez  les 
iloniques.  Nous  parlerons  plus  loin  du  massage  vi¬ 
ctoire  à  propos  de  l’électrothérapie.  Exécuté  comme 
tous  l’avons  indiqué,  le  massage  ne  doit  pas  fatiguer  le 
iïlade  qui  doit,  au  contraire,  ressentir  un  bien-être  très 
iccusé  après  la  séance. 

Electrothérapie.  ■ —  L’électricité  a  été  employée 
seule  ou  combinée  avec  la  diète,  le  massage  et  l’hydro- 
llhcrapie.  On  s’est  serviteur  à  tour  des  courants  faradi- 
Le,  galvanique,  galvano-faradique  (de  Wateville), 
jialique,  courants  de  Morton,  courants  sinusoïdaux 
lUArsonvalisation)  (voir  Lützenberger,  Delherm  ,■ 
Dûumer,  etc.).  Un  fait  nous  a  frappé  dans  la  description 
Jecesméthodes  :  toujours  on  a  provoqué  des  commo¬ 
tions,  soit  par  interruptions  du  courant,  soit  par  ren- 
lerseinent,  soit  par  étincelles.  Ces  commotions  s'ac- 
wmpagnent  toujours  de  contraction  des  muscles  par- 
«urus  par  le  courant.  Nous  avons  donc  employé  le 
Murant  qui  fournit  ces  interruptions  par  définition  : 
It courant  faradique. 

Lappareil  employé  est  celui  de  Gailfe,  avec  bobine  à 
Jlfinet  trembleur  horizontal,  qui  permet  d’obtenir  de 
*  HO  interruptions  par  seconde. 

Comme  électrodes,  nous  noussomrnes  servi  soit  d'une 
wctrode  large  (plaque  de  10/20  ctm.),  reliée  au  pôle 
Ntif  (anode  placée  sur  la  région  lombosacrée),  ou 
••core  le  simple  tampon  placé  sur  la  région  hépatique, 
^pôle  négatif  est  relié  au  rouleau  (cathode).  Rouleau 
tampon  sont  trempés  avant  l’application  dans  de 
simple.  La  faradisation  intestinale  directe  est  trop 
l®neile  à  employer  pour  être  courante.  Nous  ne  nous 
servons  pas.  Avant  de  décrire  le  manuel  opératoire, 
B®utons  un  mot  sur  l’action  des  courants  faradiques. 
jP  ttineter.  Manger,  Metzger,  Marschal,  nient  l’action 
^eutanée  du  courant  faradique  sur  l’estomac  et  l’in- 
Einhorn  et  Ewald  l’admettent.  Quoi  qu'il  en 
P ’ÎJ^^savons  obtenu  de  bons  effets  par  notre  procédé. 
*11  intestinale  a  été  calmée,  les  spasmes  réflexes 
^làeU  '°*®*‘*’onipus  et  les  muscles  contractés  se  sont 
!6m.  .'  spasme  intestinal  n’est  donc  pas  une 

^"‘fe-mdication 


—  La  faradisation  suit  iramédia- 
f  fjJiorJ*®  “'^ssage.  Nous  appliquons  donc  le  courant 
[  région  dorso-lombaire  :  Bobine  à  fil  fin, 

‘  oû'  *  tampon  appliqué  sur  la  région  sacrée, 
Hésy*^*'^'’'’^'Pt'nns  par  seconde.  Le  rouleau  est  pro- 
I  Nlig  masses  musculaires,  pendant  qu’on  rap- 
Hipç  .aancement  la  bobine  induite  (mobile)  de  la 
:  (fixe),  jusqu’à  ce  que  le  malade  sente 

^Pén^M  ^  picotement.  Celte  sensation  ne  doit  pas 
S  r  a»  mais,  au  contraire,  très  supportable  au 
^ava  pour  le  massage,  il  faut, ici, de  la  dou- 

i  ha  durée  de  ces  applications  est  de  deux 
-Avant  défaire  reprendre  aumàlade  le  décubi¬ 


tus  dorsal,  on  diminue  le  nombre  des  interruptions  jus¬ 
qu’à  5  à  peu  près  par  seconde,  afin  d’obtenir  des  se¬ 
cousses  nettes  de  contraction  des  faisceaux  muscu¬ 
laires. 

Pour  appliquer  le  courant  sur  la  paroi  abdominale  an¬ 
térieure, nous  éloignons  de  nouveau  la  bobine  et  rame¬ 
nons  le  nombre  des  interruptions  au  maximum.  La  sensi 
bilité  de  cette  paroi  étant  plus  fine,  la  bobine  mobile 
reste  plus  éloignée  de  la  bobine  fixe  que  tout  à  l’heure. 
Nous  obtenons  de  ce  fait  une  contraction  tétanique' 
des  muscles  abdominaux  avec  sensation  de  fourmille¬ 
ment.  Le  rouleau  est  promené  le  long  des  côlons,  sur 
la  région  stomacale  et  hépatique.  Après  deux  minutes 
d’application,  les  interruptions  sont  réduites  au  nombre 
de  cinq  par  seconde.  Les  contractions  musculaires  de¬ 
viennent  cloniques,  et  par  certaines  combinaisons  de 
ces  contractions,  nous  obtenons  un  véritable  massage 
vibratoire.  De  cette  façon,  nous  nous  passons  des  appa¬ 
reils  spéciaux  employés  dans  ce  but.  Même  les  vibra¬ 
tions  manuelles,  très  fatigantes  pour  l’opérateur,  de¬ 
viennent  facultatives-  Pour  terminer,  nous  provoquons 
des  contractions  séparées  des  muscles  grands  droits, 
obliques  et  transverses  avec  1  ou  2  interruptions  à  la 
seconde.  Avec  une  compresse  imbibée  d’alcool,  nous 
frictionnons  la  peau  de  l’abdomen  pour  enlever  la  pou¬ 
dre  de  talc,  et  la  séance  est  terminée.  Elle  dure  en 
général  de  25  à  30  minutes. 

On  peut  se  rendre  compte  par  cette  description  que 
notre  façon  de  procéder  est  très  simple.  Tout  praticien 
possède  un  appareil  faradique,  et  peut  par  conséquent 
faire  ce  que  nous  faisons. 

Résultats.  — Nous  avons  traité  un  certain  nombre 
de  constipés  avec  plein  succès  chez  tous.  Pour  les 
atoniques,  la  selle  spontanée  est  survenue  de  la  2°  à  la 
6'  séance  et  elle  n’a  plus  jamais  manqué  à  partir  de  ce 
moment.  Nous  avons  suivi  nos  malades  guéris  pen¬ 
dant  plusieurs  mois, et  jusqu’à  présent  nous  avons  cons¬ 
taté  la  persistance  des  bons  effets  du  traitement.  Nous 
tenons  surtout  encore  à  signaler  la  disparition  des  symp¬ 
tômes  fonctionnels  qui  accompagnent  la  constipation. 
Les  symptômes  nerveux  disparaissent  :  le  sommeil  de¬ 
vient  meilleur,  la  céphalée  ne  se  montre  plus  qu’acci- 
dentellemenl,  le  malade  reprend  de  la  vigueur  physique 
etmorale.  Les  douleurs  lombaires,  les  pesanteurs,  les 
tiraillements  dans  le  bas-ventre  cèdent,  la  nutrition  gé¬ 
nérale  se  fait  en  de  meilleures  conditions,  et  les  mala¬ 
des  engraissent  jusqu’à  une  livre  (500  grammes)  par  se¬ 
maine.  L'appétit,  lorsqu’il  manque,  met  plus  de  temps 
à  revenir,  maislentement  il  s’améliore  et  le  malade  gué¬ 
rit  d’une  affection  qui,  quelquefois,  le  minait  depuis 
des  années. 


NARCYL  GRÉMY  médicament  spécifî- 
que  de  la  toux,  spécialement  de  la  toux  des  tu¬ 
berculeux. 


CHEMIN  DE  FER  DE  PARIS  LYON 
MÉDITERRANÉE 

La  Compagnie  vient  de  publier  un  ajbum  artistique  intitulé 
«  Itinéraire  illustré  Faris-Simplon-Milan  ».  Cet  album,  qui  ren- 
ferme  des  panoramas  cartographiques,  des  reproductions  en  simili¬ 
gravures  et  dessins  à  la  plume,  est  mis  en  vente  au  prix  de  0  fr.  üO 
dans  les  bibliothèques  des  principales  gares  du  réseau  ;  il  est  en¬ 
voyé  également  à  domicile  sur  demande  accompagnée  de  0  fr.  60 
en  timbres-poste  et  adressée  au  Service  Central  de  l’Exploitation, 
20.  boulevard  Diderot,  à  Paris. 


548 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


BULLETIN  DU  PROGRÈS  MÉDICAL 


Les  expertises  médicales  et  les  Économies  portant  sur 
les  frais  de  justice. 

M.  Saint-Aubin,  directeur  des  affaires  criminelles  et 
dès  grâces,  a  adressé  une  circulaire  aux  premiers  prési¬ 
dents  et  aux  procureurs  généraux  des  Cours  d’appel, 
pour  indiquer  les  abus  qui  augmentent  considérable¬ 
ment  les  frais  de  justice.  Dans  cette  circulaire, an  cha¬ 
pitre  :  Frais  de  justice  criminelle,  nous  relevons  les 
passages  suivants  qui  intéressent  les  médecins  : 

Médecins.  —  Visites.  —  Rapport.  —  Certificat  concernant  un 
prévenu  transféré  à  pied.  —  Certains  médecins  ont  pris  l’habi¬ 
tude  de  transformer  la  visite  avec  premier  pansement,  tarifée 
8  fr.^  en  une  opération  autre  que  l’autopsie,  tarifée  10  Ir. 
D’autres  exagèrent  le  nombre  des  vacations  pour  le  rapport. 
En  matière  correctionnelle, il  ne  devrait  pas,  en  principe,  être 
passé  plus  d’une  vacation  à  5  fr.  pour  cet  objet.  Il  ne  faut  pas 
confondre  les  rapports  d’expertise  avec  le  simple  certificat 
constatant  sommairement  que  tel  prévenu  peut  ou  non  être 
transféré  à  pied.  11  n’est  alloué  dans  ce  cas  qu’une  vacation 
tant  pour  les  constatations  que  pour  le  certificat. 

Expertise.'!  au  point  de  vue  mental.  —  Les  expertises  d'exa¬ 
men  mental  ne  doivent  être  ordonnées  que  s’il  y  a  des  pré¬ 
somptions  de  troubles  intellectuels  ou  si  elles  sont  réclamées 
par  la  défense,  qui  doit  alors  justifier  de  la  nécessité  de  cette 
mesure . 

Et  plus  loin  au  chapitre  :  Frais  d'assistance  judi¬ 
ciaire  : 

Médecins  et  experts.  —  E.rapération  des  mémoires.  —  Plu¬ 
sieurs  parquets  généraux  signalent  l’exagération  des  mémoi¬ 
res  de  médecins  dans  les  affaires  d’accidents  du  travail  de 
leurs  ressorts.  Il  y  aurait  avantage,  dans  les  arrondissements 
où  il  en  est  ainsi,  à  arriver  à  un  accord  pour  fixer  un  maxi¬ 
mum  d’honoraires  dans  les  affaires  qui  n’ont  aucun  caractère 
exceptionnel,  et  si  cela  n’est  pas  possible,  de  ne  pas  hésiter  à 
réduire  le  nombre  des  vacations  au  chiffre  équitable. 

Avances  de  frais  d'expertises  qui  ne  sont  pas  à  la  charije  du 
Trésor.  —  11  arrive  que  les  compagnies  d’assurances  ne  sc 
prêtent  pas  aux  transactions,  qu’elles  rendent  nécessaires  des 
expertises  médicales  longues  et  coûteuses  parce  qu’elles  ré¬ 
clament  la  commission  de  plusieurs  médecins  étrangers  qui 
ont  pris  l’habitude  de  se  faire  toujours  payer  par  le  Trésor. 
11  y  a  là  une  cause  de  dépenses  importantes  à  supprimer. 
L’avance  des  frais  incombe  à  la  partie  qui  requiert  ou  qui 
poursuit  l’expertise,  de  sorte  que  le  Trésor  ne  doit  y  pourvoir 
T|ue  dans  deux  cas  :  1"  lorsque  l’expertise  est  ordonnée  d’of¬ 
fice  dans  une  affaire  d’assistance  judiciaire  ;  2°  lorsqu’elle  est 
ordonnée  ou  poursuivie  à  la  requête  de  l’assisté.  11  convien¬ 
dra  donc  d’exiger  des  avoués  des  compagnies  des  conclusions 
formelles  tendant  à  l’expertise,  de  constater  dans  le  juge¬ 
ment  cette  circonstance  et  de  rejeter,  à  l’avenir,  les  frais  dont 
l’avance  est  à  la  charge  de  la  partie  non  assistée. 

A  propos  de  cette  circulaire,  le  Temps,  dans  un 
important  article,  fait  les  réflexions  suivantes  qui, 
croyons-nous,  méritent  d’être  soumises  à  nos  lecteurs  : 

On  ne  peut  que  souscrire  assurément  à  ces  sages  prescrip¬ 
tions,  à  une  condition  toutefois,  c’est  qu’elles  n’aient  point 
pour  résultat  final  de  provoquer,  dans  une  pensée  d’économie 
mal  comprise,^  une  réduction  inconsidérée  des  expertises 
médico  légales,  qui  pourrait  être  très  préjudiciable  à  la  bonne 
justice.  Gar  s’il  est  des  litiges  où  l’intervention  des  hommes 
de  l’art  soit  le  plus  souvent  indispensable  pour  éclairer  la 
religion  des  magistrats,  ce  sont  bien  ceux  que  motivent  les 
accidents  du  travail,  en  imposant  la  reclierche  des  consé¬ 
quences  véritables  des  blessures  ou  des  mutilations  subies. 


au  point  de  vue  de  la  capacité  de  travail  ultérieure  de  U 
victime.  C’est,  en  effet,  l’évaluation  de  la  diminution  de  cap», 
cité  qui  doit  servir  de  base  pour  le  calcul  de  la  rente  viagère  1 
due  par  l’employeur.  Et  quj  donc  peut  mieux  la  faire  que  le 
médecin  ou  le  chirurgien  ? 

Ces  considérations  viennent  naturellement  à  l’esprit  quand 
on  lit  les  passages  de  la  circulaire  que  venons  de  rappeler 
Elles  ont  particulièrement  frappé  M.  Georges  Touchard  1 
auquel  sont  familières  toutes  les  questions  d’accidents  de  1 
travail,  et  qui,  dans  la  Nouvelle  Revue,  se  fait  l’écho  des  craintes 
que  les  mesures  recommandées  par  la  chancellerie  ont  éveil- 
lées  dans  certains  milieux  compétents .  1 

M.  Georges  ’fouchardne  se  dissimule  d’ailleurs  pas  les  abus 
au  quels  la  chancellerie  voudrait  mettre  un  terme.  Il  se 
demande  seulement  si  elle  a  pris  le  bon  moyen  pour  y  par¬ 
venir.  Et  il  en  suggère  un  autre,  qu’il  soumet  aux  médita¬ 
tions  du  garde  des  sceaux.  A  son  avis,  «  il  suffirait  tout  sim¬ 
plement  d’instituer,  à  côté  de  la  chambre  des  accidents,  un 
comité  de  médecins  experts,  composé  de  trois  membres, 
devant  lequel  le  président  conciliateur  renverrait  d’office  les 
parties  en  cas  de  discussion  sur  l’état  du  blessé  ou  la  date  de 
la  consolidation  de  la  blessure  Ce  comité  «  siégeraitau 
Palais  les  jours  où  le  président  tient  ses  audiences  de  conci¬ 
liation  :  Userait  par  lui  saisi  d’urgence  et  sollicité,  sans  autre 
formalité  qu’une  lettre  du  greffier,  de  donner  son  avis  immé¬ 
diat.  qui  resterait  joint  au  dossier,  sous  forme  de  certifical 
.  officiel  » . 

De  la  sorte,  ajoute-t-il,  «quand  l’affaire  viendrait  à  l’audiena 
pour  fixation  définitive  de  la  rente,  le  tribunal,  complètemal 
éclairé,  n’aurait  plus  besoin  d’ordonner  une  mesure  d’instmo 
tion  inutile.  Il  pourrait,  au  surplus,  en  cas  de  besoin,  inle^ 
roger  dans  les  mêmes  formes  le  comité  ».  Des  jetons  de  pré¬ 
sence  —  par  exemple  de  50  francs  pour .  chaque  membre  de' 
comité  —  serait  la  rémunération  de  ce  service,  dont  les  fr^ 
se  répartiraient  au  prorata  des  affaires  entre  les  divers  patron* 
intéressés.  M.  Georges  Touchard  estime  (lu’à  Paris  ils  s’élève¬ 
raient  annuellement  à  15,600  francs  environ.  Ce  serait  peu  en 
comparaison  des  centaines  de  mille  francs  que  coûtent 
aujourd’hui  les  expertises  médico-légales,  et  les  affaires,  ce 
qui  a  bien  aussi  son  intérêt,  y  gagneraient  d  être  beaucoup 
plus  rapidement  solutionnées.  . 

^  oilà  le  système.  11  a  un  côté  ingénieux,  une  apparence  de 
simplicité  fait  pour  séduire.  Que  produirait-il  dans  la  pralj- 
(jue  ?  M.  Georges  ’l'ouchard  est  convaincu  qu’il  n’y  aurw 
aucun  mécompte.  11  est  clair  que  tout  le  monde  ne 
pas  cette  conviction.  On  pourra  faire  des  objections, 
a.ssez  sérieuses.  Mais  l’expérience  seule  permettrait  de  ro  _ 
(jui  a  tort  ou  qui  a, raison.  Et  rien  ne  s’oppose  absolutnen  ; 
ce  qu’elle  soit  tentée.  La  chancellerie  s’y  décidera-t-elle  ■ 

Il  est  certain  que  la  proposition  de  M.  G-  Toueb^ 
estime  solution.  Mais  cette  solution  est-elle 
Nous  doutons  qu'en  créant  un  comité  de  trois 
dans  de  pareilles  conditions,  on  arrive  à 
expertises  suffisantes  dans  les  cas  très  difficiles  e 
variés  où  l’avis  des  spécialistes  est  nécessaire 
hlir  le  moins  arbitrairement  possible  le  degre  «e 
capacité  permanente  et  du  dommage  causé.  G  es 
ces  cas  qu’il  est  indispensable  à  l’expert. 
juste,  de  jouir  d’une  compétence  spéciale.  jj,- 

cile  de  réunir  en  trois  personnes  toutes  les 
sauces  nécessaires  ;  et,  comme  en  général  le 
se  voit  obligé  d’adopter  les  conclusions  de  1  exp 
les  trois  experts  seront  en  fait  les  véritables 
rendra,  en  outre,  plus  difficiles  encore  les  exp 
contradictoires. 

Il  peut  se  produire  des  abus,  comme  partou  , 
règlement  des  honoraires  médico-légaux.  '  ®  g  po*’ 

avons  entendu  <à  leur  sujet  tant  de  plaintes»  5. 
avons  peine  à  croire  que  l’on  trouve  là 


F 


LE  PROGRES  MEDICAL 


Ufggphosphites  au  0'  CHURGHJLL  ' 

jiROPS  0*HYPOPHOSPMITE  os  CHAUX 
'  OU  DE  SOUDE 

rteîcîjssé.  Rachitisme,  Anémie 
BrancUte  chronique 

Allaitement.  Dentitiea,  etc. 

SIROP  D’HYPOPHOSPHITE  DE  FER 

I  li!iir')se.  Anémié.  Pâles  ceulenr»  ^ 

Dysménorrhée,  Aménorrhè' .  etc,  P 

imOPaHYPOPHOSPHiTES  CO /IPOnI  | 

lon;qne  puissant 

[(ritùie  alimentation  chimique  pourto  i$  lest  ts 
l  iiiaiWissemeBt  musculaire  ou  n  entai 

•IIULES  0  HYPflPHOSPHiTE  de'  ^U!Nlfi  E 

fièrres  intermittente»,  paludéc  mes 


ELIXIR  DE  VIRGINIE 

Souoeraln  contre  les 

MALADIES  DU  SYSTȌ  VEINEUX 

Varices  —  Hémorrhoïdes  —  Varicocèle  —  Phlébite 
Œdèmes  chroniques  —  Accidents  du  Retour  d’âge 
Congestions  et  Etémorrhagies  do  toute  nature. 

Le  flacon  ;  4'BO  franco. 

CIGARETTES  AMIRICMNES 

préparés»  par  Ci  LEROY,  Ucenoiê  ès-Scienees,  Pharmaoien  de  Première  Classe- 
Asthme,  Coryza, Tou:  Bronchite,  Maladies  des  Voies  Respiratoires. 

L  t  BoIte  :  3  Francs  Frtnoo, 

Vim  DE  MORIDE 

aux  Filantes  JSÆarines 

X.A.TJXZaâ.A.'X'  de  l’ÏKISTITXJT  —  PXEXX  ISÆOIiïTirsrOJW 

EDprpnieiits  gaoglioQaires,  LYmpbatisme,  Cblorose,  Allecüoas  de  Feitrine, 

La  Bouteille  :  4  fr.  Franco. 

DRAGEES  NYRDAHL 

A  l>a.se  d'Iloo^aïne. 

(Nouvei  alcaloïde  extrait  de  l'Iboga  du  Congo  J, 

ItUdiei  la  Système  nerveux  :  Neurasthénie,  Impuissance,  Surmenage,  etc 
Le  Flacon  :  5  francs  France. 

Ventd  es  Gros  :  PHARMACIE  MORIDE,  2,  Eus  de  la  Taolierîe,  FÂBI3. 


TRAITEMENT  .ES  AFFECTIONS  NERVEUSES 

PAR  LES  SIROPS  BROMURÉSde  J.  F.  LAROZE 


SIROP  LÂRQZE  AU  BROMURE  de  POTASSIUM 

complètement  exempt  d’iodures,  de  chlorures  et  de  hTOroates; 

_  contient  exactement  /  gr.  par  cuillerée  à  potage. 

SIROP  LÂROZi  AU  BROMURE  DE  SODIUM 

contient  exactement  /  gr.  ae  se!  ePimiquement  pur  par  cuillerée  à  potage. 

SIROP  LAROZE  au  BROMURE  de  STRONTIUM 

complètement  exempt  üe  Baryte,  contient  exactement  /  gr.  de  sel  par  cuillerée  à  potage. 

SIROP  LAROZE  POLYBROMURÉ 

^POTASSIUM,  SODIUM  AMMONIUM) 

Une  cuillerée  à  potage  de  Sirop  contient  exactement  3  gr.  ae  Bromures. 

SIROP  LAROZE  D’ÉCORCES  D’ORANGES  AMËRES 

contPB  iBS  üCClüBnts  h^püBUX  üb  Ici  cilgBStiQR.  Deux  ou  trois  cuillerées  à  potage  par  jour- 
ENVOI  d«  Oacoas  apécîmen  à  MM.  les  Docteurs  qui  voudront  bien  ‘i-  ‘.j  en  faire  la  demande. 

^,A.ISOIsr  L-A-IcOZE,  3,  rij.©  cies  j-jxOïie  Sx- Pa.\iL 


ROHAIS  et  C“’j  Pharmacien  d 


classe,  ex-interne  des  Hôpitaux  de  Paris. 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


ANALGÉSIQUE,  ANTIPYRÉTIQUE,  HYPNOTIQUE,  ANTLMIGRAINE,  ANTLNÉYRALGIQUE,  ANODINE 

NE  DONNANT  PAS  LIED  A  L’ACCOUTUMANCE  ET  NE  PRODUISANT  JAMAIS  D’EFFETS  TOXIQUES  _ 

^  1W  ■  1»^— ,  COINSTANTE  DANS  SES  EFFETS  . 

:ations.— Maux  de  tête,  Misrrame,  Insomnies,  Névroses,  Hystérie,  Menstruations  douloureuses.  Névralgies,  Convulsions,  Vertiges  et  tontes  affections  _ 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


549 


^ies  importantes.  Les  indemnités  pour  les  expertises 
^ico-légales  sont  fixées  par  le  décret  du  21  no- 
ffmbre  1893,  dont  les  circulaires  wÂnistèrielles  du 
ilnopembre  1893  et  du  31  juillet  1894  règlent  l'ap- 
Jication,  et  il  suffit  de  parcourir  ces  documents  pour 
jgssurer  que.  le  corps  médical,  auquel  on  demande  tant 
%  besognes  gratuites  ou  semi-gratuites,  est  loin 
lavoir  été,  dans  ce  cas,  plus  particulièrement  avan- 
.1.  Noir. 

Les  bibliothèques  municipales. 

Le  prêt  gratuit  et  la  contagion. 

Je  viens  de  voir  mourir  un  de  mes  pauvres  voisins, 
llflberculeux  au  dernier  degré.  Le  malheureux,  durant 
ses  longs  jours  d’agonie,  trouvait  un  léger  divertisse¬ 
ment  dans  la  lecture  des  livres  de  la  bibliothèque 
^pulaire  de  son  quartier,  dont  il  faisait  ample  con¬ 
sommation.  Je  suis  persuadé  que  presque  tous  les  livres 
Je  la  bibliothèque  ont  passé  sous  ses  mains,  ont  traîné 
sur  son  lit  de  douleur  pendant  ses  longues  insomnies 
et  même,  parfois,  pendant  son  sommeil,  lorsque  épuisé 
de  fatigue,  il  s’endormait  inconscient  sur  le  livre  muni- 
fcpal. 

Lelendemain,  ses  parents  allaient  changer  le  volume, 
lequel  tombait  dans  une  famille  de  gens  bien  portants, 
{eux-ci,  après  le  dur  labeur  du  jour,  se  font  un  régal 
do  lire  dans  leurs  lits  ;  de  plus,  ils  ont  la  mauvaise 
Wiitiide  de  mouiller  leurs  doigts  avec  leur  salive  pour 
bnmer  les  pages  et  s’intoxiquent  progressivement  de 
fermes  infectieux.  Comme  mon  pauvre  malade,  il  leur 
«ive  aussi  de  s’endormir  sur  leur  lecture,  et  le  même 
ivre,  qui  a  été  en  contact  avec  les  exj-mctorations  ou 
les  sueurs  du  tuberculeux,  rempli  de  tout  ce  qu’il 
fet  pour  propager  la  contagion,  devient  auprès 
tfoux,  sous  la  chaleur  bienfaisante  des  couvertures,  un 
^emi  dangereux  apportant  dans  l’honnèle  foyer  la 
*»ladie  et  la  mort. 

Par  ce  temps  de  désinfection  à  outrance,  oii  les  pou¬ 
voirs  publics  interdisent  de  cracher  sur  la  voie  publique 
*lmême  chez  soi,  où  la  désinfection  des  locaux  et  des 
*|>jots  contaminés  par  les  contagieux  est  obligatoire, 
*y  aurait-il  pas  un  moyen  simple  et  pratique  de.  sou- 
®ottre  tous  les  livres  rentrant  dans  les  bibliothèques 
populaires  a  une  sérieuse  désinfection,  avant  de  les 
“Vier  à  nouveau  au  public.  Je  ne  suis  pas  le  premier 
.signaler  ce  fait,  mais  il  est  bon,  quand  l’occasion 
|oii  présente,  d’en  rappeler  les  graves  inconvénients, 
ostdu  devoir  des  municipalités  de  trouver  un  simple 
à  ce  mal,  et  nous  appelons  à  ce  sujet,  tout 
^culièrement,  l’attention  du  conseil  municipal  de 
^  is  et  de  l’administration  préfectorale,  (jue  notre 
D"  A.-J.  Martin,  qui  a  tant  fait  pour  l’hygiène 
^‘oiaine,  en  prenne  bonne  note. 

Albin  Rousselet. 


^^ULES  D’iODIPINE-IVIERCK  :  3  représentent  1  gr.  Kl 
ç  “®aucoup  mieux  supportées  que  les  iodures  alcalin^  ; 
à  25  ”  O  pour  injections  sous-cutanées. 


REVUE  DE  THÉRAPEUTIQUE 

Rédacteur  spécial;  M.  le  »  PAUL  UORXET 

I.  —  Contribution  à  I  étude  clinique  du  Salicylarsina  te  de 
mercure  ou  Enésol;  par  M.  L.  LOQUIX.  {Thèse  de  Lyon,  1905.) 
Travail  d’une  centaine  de  pages, très  bien  fait, et  dont  voici 
les  conclusions  :  1°  l’Enésol  est  un  cofnposé  mercuriel  in¬ 
jectable,  obtenu  en  traitant  le  salicylate  basique  de  mercure 
en  suspension  dans  l’alcool  par  l’acide  métliyJarsinique  ; 
l'élimination  du  sel  se  fait  par  les  urines,  :2  heures  après 
l'ingestion  et  pendant  36  à  64  heures  ;  3“  les  injections  doi¬ 
vent  être  intra-musculaires,  et  à  la  dose  de  3  centigr.  par 
jour;  ces  injections  sont  indolores,  sans  réaction  rénale  ni 
imflammatoire  quelconque,  et  peuvent,  de  ce  fait,  être  utili¬ 
sées  dans  la  médecine  infantile. 

Il  —  Nouveau  Formulaire  magistral  de  thérapeutique  clinique 
et  de  pharmacologie;  par  le  D'  Odilon  Mautin,  ancien  chef  de 
clinique  de  la  Faculté  de  médecine  de  Lyon.  Préface  du  Profes¬ 
seur  Grasset  (de  Montpellier).  1  vol.  in-18  de  900  pages,  sur 
papier  mince,  cartonnage  souple  :  9  fr.  (Librairie  J. -B.  Baillière 
et  fils,  19,  rue  Hautefeuille,  à  Paris.) 

Comme  l’a  écrit  le  professeur  Grasset  : 

«Le  Nouveau  Formulaire' magistral  du.  O.  Martin  vaut 
«  plus  et  mieux  qu’un  formulaire. 

«  Un  formulaire  est, en  effet,  étymologiquementet  par  défi- 
«  nition,un  Recueilde  formules  ;  c’est-à-dire  que,  dans  le  for- 
«  mulâtre  classique,  sur  chaque  substance,  l'article  débute 
«  par  une  ligne  de  caractéristique  physique  ou  chimique  : 
«  puis  viennent  trois  lignes  sur  la  posologie  aux  divers  âges 
«  et  sur  les  incompatibilités  chimiques,  et  ensuite  s’alignent 
«  les  formules,  empruntées  à  l’un  ou  à  l’autre,  avec  le  nom 
«  des  maladies  auxquelles  on  peut  les  appliquer. 

«  Il  y  a  hieii  tout  cela  dans  le  formulalredu  D' Odilon Mar- 
«  tin.  Mais  il  y  a  aussi  autre  chose  :  il  y  a  sur  chaque  médica- 
«  ment  un  chapitre  résumé  de  thérapeutique. 

«  La  formule  n’est  utile  que  si  le  médecin  en  connaît  bien 
«  les  indications  et  les  contre-indications  ;  le  livre  ne  doit 
«  pas  seulement  lui  enseigner  les  maladies  dans  lesquelles 
«  il  faut  la  prescrire,  mais  les  malades  auxquels  elle  sera 
«  utile  ou  nuisible. 

«  C’est  pour  cela  que  le  D"-  Odilon  Martin  ne  se  borne  pas 
«  à  une  sèche  énumération  en  deux  colonnes,  contenant  : 
«  l’une,  les  formules,  et  l’autre,  les  maladies.  Il  expose  d’a- 
«  hord  la  pharmacologie  du  médicament,  puis  ses  actions 
«  physiologiques,  son  histoire  à  travers  l’économie  (absorption 
«  transformations,  élimination)  ;  les  premiers  signes  de  r»i- 
«  tolérance  (toxicité)  :  de  là,  il  déduit  les  applications  thérapen- 
«  tiques  indications  et  contre-indications]  ;  expose  les  modes 
O  d'administration  etlesdoses,  les  incompatibilités  (en  précisant 
«  les  conditiims  particulières  dans  lesquelles  certains  mé- 
«  dicaments  sont  incompatibles),  et  enfin  les  diverses  formu- 
«  les  avec  leurs  indications  particulières  et  respectives, 

«  Ne  peut-on  pas  dire  que  c’est  là  le  plan  d’un  Précis  de 
a  thérapeutique  qui  au  formulaire  a  uniquement  emprunté 
«  son  titre  et  l’ordre  alphabétique  d’exposition. 

«  Avec  un  livre  comme  celui-là,  le  praticien  saura  formu- 
«  1er  non  seulement  dans  une  maladie  donnée,  mais  chez  un 
«  sujet  donné,  en  tenant  compte  de  son  tempérament,  de  ses 
«  antécédents  héréditaires  et  personnels,  physiologiques  ou 
O  pathologiques,  de  la  période  de  la  maladie,  de  sa  forme, 

«  de  ses  complications.  En  un  mot,  tout  médecin  capahlede 
«  faire  d'abord  un  diagnostic  vrai,  précis  et  complet,  pourra 
«  avec  un  formulaire  de  ce  genre,  faire  une  bonne  thérapeu- 
«  tique,  rationnelle  et  appropriée,  d 

III.  —  Formulaire  des  médicaments  nouveaux,  pour  1906  ;  par 
H.  Bocqüillox-Limocsin.  Vademecum  portatif,  de  320  p.,  très 
bien  édité,  facile  à  consulter.  (Paris,  chez  .L-B.  Baillière  et  fils.) 
Il  s'agit  d’ailleurs  de  la  18' édition  ;  ce  n’est  donc  plus  un 
nouveau-né,  mais  au  contraire  un  ancien, dont  nous  ne  pou¬ 
vons  que  faire  ressortir  le  caractère  nouveau.  En  effet,  le  for¬ 
mulaire  de  1906  est  naturellement  modernisé.  Nous  trouvons 
de  nombreuses  et  importantes  additions  dont  voici  les  prin- 


550 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


cipales  :  Acide  formique,  almaténia,  alypine,  arhovine,  ben- 
zoilperoxyde,  bi'oméine,  calométol,  carbovis,  ceyssalile,  eau  de 
mer  éleclrolysée,  ektogan,  formlates,  gentiopicrinc,  hermitine. 
hippiofhopogan,  ibogaïne,  iodate  de  soude,  iothion,  iridine,  iso- 
forme,lentin,  marétine,  niélhylrodinc,morus  alba,musculosine, 
najtalan,  ncurodine,  oliueol.  perborates,  périplocine,  pétrosiilfo- 
purgène,  quinobromine.  qulnoforme,  quinoléine,  salifsanthénse, 
scopolamine,  fénoforme,  sodium  {glycncholate  de),  lannome, 
théoéine,  vasenol,  zimplièiie. 

X  oublions  pas  la  préface  d’un  éminent  et  fidèle  parrain  ; 
M.  Huchard. 

IV.  —  Leçon  d’ouverture  du  cours  de  thérapeutique  de  la  Fa¬ 
culté  de  médecine  de  Paris  ;  par  M.  Albert  RoniN,  professeur 
de  clinique  thérapeutique  à  celte  faculté. (1  brochure  de  S2p.,cbez 
Octave  Doin,  1906.) 

Cette  leçon  d’ouverture  d’une  chaire  spécialement  créée 
pour  M.  Albert  Robin  est  d’une  belle  envergure.  Laissons 
la  parole  au  nouveau  professeur,  pour  présenter  lui-même 
le  bienfaiteur  auquel  est  due  cette  fondation  : 

«  En  prenant  possession  de  la  Chaire  de  clinique  thérapeu- 
«  tique  à  la  Faculté  de  Médecine,  mon  premier  devoir  elle 
«  plus  haut  est  de  remercier,  au  nom  de  l’Université  de  Paris 
«  le  fondateur  de  la  chaire,  M.  le  duc  de  Loubat,  qui  en  con- 
«  çut  le  projet  et  en  fit  les  frais.  M.  le  duc  de  Loubat  n’en  est 
«  pas  à  sa  première  générosité.  Permeltez-moi  de  rappeler 
Cl  qu'il  a  déjà  doté  une  Université  des  Etats-Unis,  créé  des 
"  prix  à  Berlin,  à  Stockholm  et  à  l’Institut  de  France,  fondé 
Il  des  chaires  en  Allemagne  et  au  Collège  de  France,  et  sub 
«  ventionné  largement  l’Ecole  française  d’Athènes  pour 
«  qu’elle  pût  entreprendre  et  continuer,  sous  la  direction  de 
ce  M.  Ilomolle,  puis  de  M.  Ilolleaux,  les  fouilles  de  l’Ile  de 
CI  Délos.  qui  ont  mis  au  jour  d’incomparables  trésors  d’art. 
«  lime  pardonnera  de  vous  dire  qu’il  n’est  pas  seulement 
(•  un  Mécène  très  riche,  consacrant  sa  forttme  à  des  œuvres 
«  de  haute  instruction,  mais  aussi  et  surtout  un  homme  de 
CI  science,  à  qui  l’on  doit  la  plus  remarquable  étude  qui  ait 
K  été  publiée  sur  la  numismatique  des  Etats-Unis,  et  qu’il  est 
«  l’un  des  créateurs  d’une  science  nouvelle,  l’Américanisme 
«  pré-colombien,  ayant  pour  but  de  reconstituer  l’histoire 
Il  des  antiques  civilisations  du  Nouveau-Monde.  L’Académie 
Cl  des  Inscriptions  a  reconnu  la  valeur  de  ces  travaux  en 
«  nommant  M.  le  duc  de  Loubat  correspondant  à  titre  étran- 
II  ger.  » 

Puis  c’est  le  défdé  des  silhouettes  des  Maîtres  qui  tracèrent 
la  voie  du  futur  maître  :  Paul  Thénard,  Henri  Bouley,  Bé- 
hier,  Hardy,  Gosselin,  Germain  Sée,  Gubler,  pour  ne  citer  que 
les  morts  ;  Bouchard,  Jaccoud,  Armand  Gautier,  parmi  les 
vivants.  Chacune  de  ces  grandes  ligures  est  esquissée  par 
des  traits  qui  les  viviQent  synthétiquement. 

Après  ce  tribu  d’hommage,  M.  Albert  Robin  définit  la  thé¬ 
rapeutique,  met  en  garde  contre  la  «  scepticisme  décevant  », 
qu’il  ne  faut  pas  confondre  avec  le  doute  philosophique.  Mais 
il  eût  fallu  entendre  cette  belle  leçon  d’ouverture,  que  le 
maître  termine  en  montrant  la  supériorité  d’une  thérapeuti¬ 
que  en  apparence  «  terre  à  terre  »  mais  pratique,  sur  la 
Cl  haute  philosophie  thérapeutique,  »  et  les  «  grandes  envo¬ 
lées  »  de  l’esprit  vers  les  sommets. 

V.  —  Les  congestions  hépatiques  chroniques  des  pays  chauds, 
leur  traitement  à  Vichy  ;  par  Ir  1)'  Soi.L.vt:D.  (Tirage  à  part  du 
Centre  médical,  chezJouvet,  Imprimeur  à  Riom,  1906). 

Dans  cette  brochure  in-4,  de 85  page.s,  l’auteur,  ancien 
médecin  principal  de  la  marine,  étudie  cette  maladie  qu’il 
connaît  lûen  et  qu’il  range  sous  •'!  formes;  la  forme  commune, 
la  forme  pulustrc,  la  forme  dysentérique. 

La  médication  la  plus  puissante  est  la  cure  hydrominérale 
et  celle  de  Vichy  en  particulier.  Voici,  au  reste,  les  conclu¬ 
sions  de  l’auteur  : 

■I  En  résumé,  l’action  thérapeutique  delà  médication  hy- 
II  drominérale  de  Vichy,  en  cas  de  congestion  hépatique 
Il  chronique  des  pays  chauds, se  traduit  par  des  effets  cura- 
<1  tifs  qui  sont,  les  uns  immédiats  et  les  autres  médiats.» 

Il  Des  effets  immédiats,  les  uns  se  manifestent  souvent  dès 
<  le  début  ou  au  milieu  de  la  cure  et  consistent,  en  une  di- 
<1  minution  d’abord  et  en  une  disparition  plus  ou  moins  com- 


«  plèle  ensuite  de  tous  les  troubles  gastro-intestinaux  con 
Il  comitants.  Les  autres,  un  peu  plus  tardifs,  surviennent 
Il  commencement  ou  à  la  fin  de  la  saison  et  consistent  e" 
Il  une  régularisation  de  toutes  les  fonctions  de  la  nutrition 
Il  et  en  un  remontement  général  de  tout  l'organisme,  comme 
Il  en  font  foi  lesanalyses  d’urine  et  l’augmentation  du  poids 
Il  du  corps.  » 

Il  Les  effets  méiliats,  sous  la  dépendance  de  l’action  réso- 
11  lulive  locale,  sont  plus  ou  moins  tardifs,  suivant  la  gravité 
Il  et  l'ancienneté  de  la  lésion  et  se  traduisent, en  fin  de  comp- 
II  te,  par  une  régression  insensible  du  volume  du  foie  et 
Il  après  un  temps  variable,  par  un  retour  définitif  de  l'organe 
Il  à  ses  dimensions  normales. 

Il  On  peut  évidemment  regretter  que  cette  décongestion 
Il  hépati(|uene  soit  pas  plus  rapide,  mais  sans  parler  des ré- 
11  sultats  immédiats  de  la  cure,  déjà  si  remarquables,  ilne 
Il  faut  pas  oublier  qu’aucune  antre  médication,  si  énergique 
Il  soit-elle,  ne  saurait  agir  mieux,  plus  activement  ou  plus 
Il  vite. 

Il  Aussi,  croyons-nous  ne  pouvoir  mieux  conclure  qu’en 
Il  citant  les  paroles  qui  suivent,  prononcées  dans  une  remar- 
iiquable  leçon  orale  sur  l’action  thérapeutique  des  eaux  de 
Il  Vichy  par  l’éminent  professeur  Landouzy: 

l'Quand  un  malade, atteint  de  congestion  hépatique  chroni- 
II  que  vient  àVichy  pour  y  faire  une  saison,  le  résultat  qu’il 
Il  souhaite  et  celui  que  doit  désirer  le  médecin  traitant  est 
«moins,  au  moment  du  départ  ou  peu  après  le  départ,  unre- 
Il  trait  de  quelques  centimètres  du  côté  du  diamètre  vertical 
Il  du  foie,  qu’un  remontement  général  de  tout  l’organisme. 
Il  une  véritable  épuration  du  plasma  sanguin,  la  disparition 
Il  des  troubles  dyspeptiques,  et  surtout  la  disparition  de  la 
«  menace  de  congestion  du  côté  de  la  rate,  du  côté  des  reins. 
Il  des  poumons  et  du  cœur.  » 


VI.  —  La  cure  de  déchloruration  dans  le  Mal  de  Brightet  dans 
quelques  maladies  hydropigènes  ;  par  le  D'  Fern.inii  Widai, 
professeur  agrégé  à  la  Faculté  de  médecine  de  Paris,  médecin  de 
l'hôpital  Cochin.et  le  D'Adolphe  .I.avai.,  lauréat  de  rAcadétnie, 
1  vol.  in-16  de  96  pages,  cart.:  1  fr.  50  Librairie  .I.-R.  Baillièreel 
fils,  19.  rue  Ilautefeuille,  Paris  ) 


Dans  cette  Actualité  médicale,  le  D'  Widai.,  professeur 
agrégé  à  la  Faculté  de  médecine  de  Paris,  expose  les  princi¬ 
pes  et  les  applications  de  la  cure  de  déchloruration  dont  il 
a  été  le  promoteur,  il  y  a  quelques  années.  Cette  méthode 
diététique  qui  a  pour  base  la  restriction  des  chlorures  ali¬ 
mentaires,  a  été  rapidement  mise  à  l’épreuve  et  est  aujour¬ 
d’hui  d’une  application  courante. 

En  dehors  du  Mal  de  Bright,  les  régimes  hypochlorurésont 

trouvé  leur  application  dans  les  canliopathles,  les  asciles. 
les  phlébites,  les  dermatites  suintantes. 

M.  Widai  expose  d’une  façon  saisissante  les  résultats  que 
l’on  peut  obtenir  du  régime  déchloruré. 

La  pratique  delà  cure  de  déchloruration  exige  des  noim»® 
préalables  sur  les  besoins  de  l’organisme  en  sel,  sur 
libre  chloré  et  les  rapports  entre  la  chloruration  et  1 
talion,  sur  l'imperméabilité  rénale  relative  pour  les 
sur  la  nature  des  accidents  relevant  de  la  rétention  c 
ruréeet  sur  les  caractères  qui  lesdislinguent  de  ceux  O"®  . 
s  en  cas  de  rétention  azotee.  M.  Widai  a  donc 
r  étudier  chacune  de  ces  questions  avec  le.-i  développe® 
qu’elle  comporte.  i-onet 

Puis  il  passe  à  la  pratique  de  la  cure  de 

termine  son  intéressante  monographie  par  une  étude 
lée  de  la  composition  des  régimes  déchlorurés. 

VII.—  L'action  diastasique  dans  les  fermentations indus*^^^ 

par  Emile  Diederich.  licencie  és  sciences. (1  vol.  in-»,«‘  n^  .pris: 
avec  12  figures,  chez  Roussel,  1 ,  rue  Casimir-Dclavigne,  i 
4  fr.) 

Ce  traité  de  «  Chimie  Pastorienne  »  rend  comp^® 

grès  les  plus  récents  obtenusjusqu’ici  dans  une  des 

les  plus  importantes  de  la  biologie  appliquée  à  1  '  panJ® 
Ci^me  l’auteur  le  fait  remarquer  dans  sa  .g  trad®® 

extOTsion  et  le  caractère  trop  spécial  d’importan 
comme  ceux  de  Duclaux,  de  .lorgensen..  etc.  eiup'*'*" 

pas  à  ceux  qui  voudraient  abandonner  les  procédé 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


551 


en  dirigeant  leur  travail  suivantles  principes  directeurs 
^lathéorie  pastorienne,  de  puiser  dans  ces  vastes  docu¬ 
ments  les  éléments  de  chimie  biologique  utiles  à  la  simple 
^préhension  des  faits  ;  aussi  le  traité  de  M.  Diederich,  en 
ÎJrtantremède  à  cet  inconvénient,  serat-il  le  bienvenu  au- 
»^sdu  inonde  industriel  et  des  étudiants. 

Sans  trop  de  commentaire^,  on  trouvera  exposés  dans  ce 
tolumeles  points  essentiels  de  la  théorie  microbienne  dans 
ses  rapports  avec  les  diverses  actions  diastasiques  que  l'on 
est  appelé  à  rencontrer  dans  toutes  fermentations  :  iju’il  s’a- 
eisse  de  fabrication  de  la  levure,  de  la  bière,  du  vin,  de  l’al- 
eaol,  du  vinaigre,  soit  même  de  panification,  ou  encore  de 
Knnentation  putride  des  conserves  alimentaires. 

De  cette  théorie  ainsi  généralisée,  dont  chaque  industrie 
a'eslplus  qu'un  cas  particulier,  il  résulte  l’avantage  pour  le 
lecteur  de  reconnaître  les  relations  de  similitude  qui  iinis- 
sentles  diverses  fermentations,  de  pouvoir  dégager  les  cau¬ 
ses  génératrices  des  phénomènes,  et,  partant  de  pénétrer 
les  secrets  des  ouvriers  mystérieux  et  infiniment  petits,  aux¬ 
quels  se  rattache  une  chimie  complexe  et  capricieuse  restée 
trop  longtemps  inconnue. 

Les  trois  chapitres  de  la  h'  partie,  correspondent  au  déve- 
Tfloppemer.t  des  trois  idées  suivantes  : 

—  Les  fermentalions  sont  dues  aux  diastascs. 

—  Les  diastases  de  fermentation,  sont  sécrétées  par  les  micro- 
besdans  leursacte  vital. 

—  Quelles  relations  existe-t-il  entre  la  sécrétion  diastasique 
etl’acte  vital,  d'où  résultent  les  fermentations  ? 

Dans  la  2«  partie,  l’auteur  étudie  :  la  chimie  des  corps  fer- 
Bentescibles  (sucres,  amidons,  etc.),  la  chimie  des  réactions 
üastasiques  ;  la  chimie  des  produits  résultant  de  la  disloca¬ 
tion  des  corps  fermentescibles . 

Les  deux  dernières  parties,  plus  importantes  encore,  étu¬ 
dient  les  fermentalions  que  l'on  rencontre  dans  le  domaine 
industriel  en  s’appuyant  sur  les  éléments  théoriques  précé¬ 
dents. 


VIII. —  Le  vieillissement  artificiel  des  vins  et  spiritueux  ;  par 

Malvszis.(1  broc.in-8,  92  pafrps,chez  Itousset,  1  rue  Casimir-Dc- 
bvigne,  Paris,  1906  ;  prLx,  1  fr.  50.; 

Cette  brochure  forme  le  n»  5  de  la  collection. 

“  Les  actualités  chimiques  et  bioloqiques,  »  par  le  professeur 
^zi-Escot,  et  a  pour  auteur,  le  directeur  de  la  Revue 
^wphile.  On  y  trouve  les  procédés  de  vieillissement  ar- 
■“del.  dus  aux  théories  pastoriennes.  Ce  petit  travail  est 
®Posé  en  style  clair,  et  les  figures  qui  s'y  trouvent  le  ren¬ 
dent  encore  plus  explicite. 


'  Précis  de  chimie  physique  ;  par  M.  Pozzi  Escot,  professeur 
«  chimie  à  l’Ecole  nationale  d'agriculture  et  de  médecine  véléri- 
jure  de  Lima  (Pérou)  (1  vol.  in-S',  relié,  chez  Housset,  1,  rue  Ca- 
'‘'mir-Delavigne,  1906.) 

^Ce  volume,  très  bien  présenté,  fait  suite, pour  ainsi  dire, au 
Physico-chimie,  du  même  auteur.  On  y  découvre  17 
dont  voici  les  litres  :  Chapiire  I  ;  Etude  chimique 
—  Chapitre  II  :  Systèm  e  des  poids  atomiques  ; 
Ij.  ,  “set  formules  chimiques.  —  Clnpitre  III  :  Elude  de 
—  Chapitre  IV  :  C'assificalion  des  éléments. 
pi(  :  Propriétés  générales  de  l'état  liquide.  — Cha- 

yi-  Lois  générales  des  phénomènes  de  dissolution, 
de  solidification.  —  Chapitre  Vil  ;  Propriétés 
praij  de  dissolutions.  —Chapitre  VIII  :  Déterminations 
des  poids  moléculaires.  —  Chapitre  IX  :  Propriétés 
cojjp?.®.  de  l’état  solide.  -  ■  Chapitre  X  :  Influence  de  la 
«Ofpg  ®d'on  et  de  la  constitution  sur  les  propriétés  des 
d  ®|®‘'®°"Chimie  et  tantoniraie.  —  Chapitre  XI  :  Rela- 
Bènesth*  chimie  avec  la  lumière.  —  Chapiire  XII  ;  Phéno- 
Biqje  hcrmo-chimiqiies.  —  Chapitre  XIII:  Mécaniquechi- 
Chapitre  XIV  :  Vues  modernes  sur  les  propriétés 
~  Chapitre  XV  :  Lois  fondamentales  de  l’é- 
■Siqjgg  —  Chapitre  XVI  :  .Vpplications  électro-chi- 
**«8  ioiij"  Chapitre  XVII  :  Les  applications  de  la  théorie 

®ont  donc,  variés  et  présentent  de  l’intérêt  pour 
tïle_  ^  le  médecin  qui  s'inlétessent  à  la  chimie  médi- 


X.  —  Physiologie  und  Pathologie  des  Nlinéralstoffwechsels  ; 

I)ar  les  D”  Albeut  Albu  et  Caul  XauBEnG,  privatdocents.  (l'n 

vol.  relié,  in-4*  de  2:t0  p.  avec  nombreux  tableaux.  Chez.lulius 

Springer,  à  Berlin,  1906). 

Cet  ouvrage  sur  la  physiologie  et  la  pathologie  des  échan¬ 
ges  nutritifs  minéraux  dénote  un  travail  considérable  sur 
cette  question  méconnue  pendant  si  longtemps,  malgré  les 
recherches  déjà  lointaines  de  Liebig  et  autres  :  du  rôle  des 
sels  minéraux  dans  la  nutrition. 

II  y  a  douze  chapitres  dont  le  titre  soulignera  la  valeur. 
Chap.  2,  contenu  du  corps  hwmm  en  eau  et  en  matières  miné¬ 
rales:  chap.  Il,  contenu  des  sécrétas  et  excrétas  ensels  minéraux  ; 
chap.  4  :  dynamique  de  l'action  des  sels  ;  chap.  5  :  action  phy¬ 
sico-chimique  des  sels.  Chap.  6,7,  8,  9  et  10  :  rôle  nutritif  de  la 
chaux,  du  maynesium,  du  phosphore,  du  soufre,  du  fer,  du  chlo¬ 
rure  de  sodiitm.  Lhap.  Il  :  des  éléments  rares  et  en  petite  quan¬ 
tité  (iode,  orsemc,  etc.].  Chapitre  1?  :  méthode  et  critique  de 
l'analyse  des  cendres. 

Il  y  a  neuf  tableaux  synoptiques,  sur  :  1»  et  2“  le  contenu 
minéral  des  aliments  véyétaux  et  animaux  ;  3»  —  9”,  le  contenu 
des  aliments  les  plus  importants enehaux, potasse,  soude,  chlore, 
phosphore, fer;  la  composition  minérale  des  sources  et  bains  ther¬ 
maux. 

En  résumé,  nous  sommes  en  présence  d’un  beau  travail  de 
laboratoire,  qui  apporte  un  jour  nouveau  sur  le  rôle  nutri¬ 
tif,  si  important,  et  pourtant  si  peu  connu  jusqu’ici  des  ali¬ 
ments  minéraux. 


LA  VALEROBROMINE  LEGRAND 

est  plus  active  que  les  bromures  et  les  valé- 
rianates. 


BIBLIOGRAPHIE 


Le  charbon  comme  véhicule  de  la  créosote  ;  par  M.  le 

D’’  Bouchet.  (Communication  à  la  société  des  Sc.  méd.  de 

Poitiers  :  Poitou  médical,  L'' juillet  1016.) 

Après  avoir  critiqué  les  divers  autres  modes  d’administra¬ 
tion  de  la  créosote,  ycompris  la  forme  capsulaire,  qui  expo¬ 
sent  à  des  accidents  ü’intolérance,  M.  Bouchet  raconte  qu’il 
l)ut,  une  fois,  remplacer  avec  avantage  les  capsules  par  des 
cachets  de  charbon  créosoté.  Il  conseille  de  généraliser  cette 
méthode  dans  laquelle  on  fait  absorber  la  créosote  par  le  dou¬ 
ble  de  son  poids  de  charbon  médicinal  pulvérulent,  l  ne  fois 
sec.  ce  charbon  créosoté  est  divisé  en  cachets  que  les  malades 
tolèrent  parfaitement. 

ün  administre  la  créosote  par  différentes  voies  :  stomacale, 
rectale,  bronchique,  dermique,  hypodermique.  La  voie  sto¬ 
macale  va  seule  ici  nous  occuper.  Pour  être  introduite  par 
voie  stomacale,  la  créosote  est  mise  sous  deux  formes  phar¬ 
maceutiques  :  l’une  liquide,  l'autre  solide.  Dans  la  forme 
liquide,la  créosote  est  diluée  dans  un  li(iuide  approprié  :  huile 
d'olive  créosotée,  huile  de  foie  de  morue  créosotée,  émulsion 
créosotée,  vin  créosoté,  solution  hydro-alcoolique  créosotée. 
Les  formes  solides  sont  restreintes  :  forme  pilulaire  avec,  gé¬ 
néralement,  le  savon  comme  excipient,  forme  perle  ou  cap¬ 
sule,  c'est-à-dire  créosote  nature  ou  mélangée  incluse  dans 
une  enveloppe  gélatineuse.  V  ces  deux  formes  on  peut  en 
adjoindre  une  troisième  :  la  forme  cachet,dont  je  vais  entrete¬ 
nir  la  société. 

La  forme  perle  ou  capsule,  à  part  sa  difficulté  à  la  dégluti- 
tition  pour  certains  sujets,  est  la  plus  usitée  ;  avec  elle,  le 
malade  n’a  pas  à  souffrir  de  l’odeur  du  produit  et  les  papilles 
de  la  langue  ne  sont  nullement  mal  impressionnées.  Celte 
forme  est  critiquable.  Si  elle  présente  de  sérieux  avantages, 
elle  présente  aussi  de  sérieux  inconvénients.  S’il  arrive  que 
l’enveloppe  de  gélatine  laisse  échapper  la  créosote  au  sein  de 
la  masse  contenue  dans  l'estomac,  tout  est  bien,  car  immédia¬ 
tement  il  y  a  dilution  du  médicament.  Mais,  si  la  capsule  se 
trouve  dans  l’estomac  en  contact  direct  avec  la  muqueuse  au 
moment  où  la  gélatine,  suffisamment  molle  ou  digérée. 


552 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


déverse  son  contenij,  tout  est  mal.  Il  est  superflu  de  dire  que 
la  muqueuse  subit  une  certaine  causticité  qui  peut  s'étendre 
de  proche  en  proche  par  imbibition  cellulaire  et  intéresser 
aussi  une  plaque  épithélique  plus  ou  moins  grande.  Ce  phé¬ 
nomène  pouvant  se  renouveler  plusieurs  fois  chez  le  même 
sujet,  on  conçoit  parfaitement  que  ce  dernier  puisse  vite  arri¬ 
ver  à  la  saturation  et  partant  à  l’intolérance  de  la  créosote. 

En  vertu  du  phénomène  idiosyncrasique,  le  degré  de  satu¬ 
ration  n’est  pas  le  même  pour  tous  les  sujets,  il  est  soumis 
aux  aptitudes  de  tolérance  de  la  muqueuse.  Cette  tolérance, 
d’après  certains  auteurs, est  en  rapport  avec  le  pouvoir  absor¬ 
bant  de  la  peau.  A  priori,  il  doit  en  être  ainsi  puisque  les 
muqueuses,  tissu  de  revêtement  externe,  sont  de  même  pro¬ 
venance  embryologique  et  dérivent  du  feuillet  ectodermique. 

Lne  malade  ayant  une  aversion  prononcée  pour  les  prépa- 
tions  liquides  créosotées  tisait,  depuis  un  certain  temps,  de 
capsules  à  la  créosote.  L’intolérance  arriva.  Le  médecin  fit 
cesser  les  capsules  sans  cependant  renoncer  à  la  médication 
créosotée  qui  a\ait  donné  un  résultat  très  appréciable.  Il  vint 
me  prier  de  trouver  une  forme  pharmaceutique  non  liquide 
pouvant  remplacer  les  capsules  dosées  à  0.10  centigrammes 
de  créosote.  Après  réflexion  je  pensai  au,  charbon  comme 
véhicule.  Par  trituration,  au  mortier,  je  fis  absorber  à  2  gr. 
de  charbon  oflicinal  1  gr.  de  créosote  pure  de  hêtre. L'absorii- 
tion  fut  complète  au  bout  de  peu  de  temps.  La  masse  bien 
pulvérulente  fut  mise  en  dix  cachets  moyens  ditsn“  1.  Chaque 
cachet  contenait  mathématiquement  0  gr.  lOcentigr.  de  créo¬ 
sote.  La  malade  prit  •'«  cachets  par  jour  et,  pendant  longtemps, 
avec  parfaite  tolérance  pour  la  créosote  ainsi  présentée. 

Vvantla  mise  en  cachet, je  laissai  la  masse  à  Pair  libre  envi¬ 
ron  une  1/2  heure  et  je  refis  la  pesée.  En  vertu  de  cet  axio¬ 
me  :  le  poids  du  composé  est  égal  à  la  somme  des  poids  des 
composants,  la  masse  aurait  dù  peser  gr.  puisque  j’associais 
2  gr.  de  charbon  avec  1  gr.  de  créosote;  pas  du  tout, le  poids 
était  de  2  gr.  .lOavec  perte  de  0  gr.  ,j0  centigr.  Cette  perte  de 
poids  peut  être  attribuée  à  deux  causes  ;  1“  l'air  emprisonné 
dans  la  masse  pulvérulente  et  poreuse  du  charbon  a  été  rem¬ 
placé  par  la  créosote. 

2“  La  créosote,  se  trouvant  divisée  dans  cette  poussière  de 
charbon,'  a  présenté  une  surface  d’évaporation  plus  grande, 
il  y  a  eu  perte  d’humidité  et  la  créosote  est  devenue  plus 
concrète. 

La  dose  de  10  centig.  de  créosote  par  cachet  peut  être  medi- 
liée  au  gré  du  médecin  traitant  ;  il  peut  formuler  des  cachets 
contenant  h,  10,  l."),  20  centig.  de  principe  actif  associés  de 
10,  20,  30,  etc., de  charbon,  mais  toujours  mettre  double  dose 
de  charbon  pour  avoir  une  masse  qui  puisse  conserver  un 
degré  de  pulvérulence  compatible  avec  une  bonne  mise  en 
cachet.  On  peut  généraliser  cette  méthode  et  associer  le  char¬ 
bon  aux  huiles  esssntielles  ou  essences,  aux  teintures  et  faire 
ainsi  des  cachets  à  l’essence  de  térébenthine,  à  l’essence  de 
santal,  à  l'essence  d’anis  ou  de  badiane,  etc. 

11  résulte  de  ce  qui  précède  que  le  charbon  est  un  excellent 
véhicule  de  la  créosote,  qui  se  trouve  ainsi  div  isée  à  l’infini 
dans  une  poudre  qui,  outre  son  rôle  d’intermédiaire,  joue 
dans  l’estomac  celui  d’un  absorbant  de  premier  ordre  et  d’un 
excellent  désinfectant. 

Ville  d'Orléans  :  Bureau  municipal  d'hygiène. —  Bulle¬ 
tin  annuel,  par  le  !)'■  Lk  P.vge  Viger,  directeur  du  Bureau 
d’hygiène,  vice  président  de  la  Commission  sanitaire  de 
l’Arrondissement  d’Orléans  {Année  1905).  Orléans,  impri¬ 
merie  Gou,  lyOB,  1  vol.  gr.  in-S”  avec  planches  et  cartes  co¬ 
loriées. 

C’est  avec  plaisir  que  nous  recevons  le  premier  et  luxueux 
exemplaire  des  travaux  accomplis  par  le  Bureau  municipal 
d’hygiène  d'Orléans,  créé  par  arrêté  du  4  novembre  19U4.  11  a 
commencé  à  fonctionner  en  janvier  190.â  et  a  rendu,  pour  sa 
première  année,  de  signalés  services  à  la  population  orléa- 
naise.  La  Commission  technique  du  bureau  est  confiée  à  des 
hommes  de  valeur  qui  ne  sont  pas  des  inconnus  i>our  les  lec¬ 
teurs  du  Progrès  Médirai. 

Le  maire  de  la  ville,  .M.  Courtois-Bossigiiot.  en  est  le  prési- 
dent.Nous  trouvons  groupés  autourde  lui  le  D*^ Le  Page  \  iger, 
vice-président  et  directeur  du  Bureau,  les  D  '  Gefirier,  Fau- 


choy  et  Rocher  ;  Bissauge,  vétérinaire  ;  Cochinal,  pharmacicB 
en  chef  des  Hospices  ;  Noël,  architecte,  membre  du  ConseB 
technique,  plus  les  D'''  Chevillot,  Rousseau  et  HyvemaviiJ 
faisant  partie  du  personnel  actif,  sous  la  direction  du  D'  Le 
Page  Niger. 

Par  sa  situation  privilégiée.  Orléans  est  une  ville  d'avenir 
et  nous  ne  saurions  trop  féliciter  les  nombreux  intéressés  ap¬ 
pelés  à  assurer  son  développement  et  sa  bonne  administration 
sanitaire. 

Chaque  jour,  le  Bureau  d’hygiène  a  reçu  les  déclaration  s  des 
maladies  contagieuses  faites,  conformément  à  la  loi,  par  les 
médecins  de  la  Mlle  et  ceux  des  Hôpitaux.  Avis  a  été  immé¬ 
diatement  donné  aux  médecins  attachés  au  Bureau  des  c,is 
déclarés  dans  leur  circonscription,  ceux-ci  se  sont  transporlés 
au  domicile  de  chaque  malade  et  s’y  sont  assurés  que  tontes 
les  mesures  d’isolement  et  de  désinfection  étaient  rigoureuse¬ 
ment  suivies. 

Au  début  de  l’année,  le  service  de  la  désinfection  delà  ville 
était  commun  à  celui  de  l’Hôtel-Dieu,  à  partir  du  moistle 
juin,  il  a  été  exécuté  par  un  adjudicataire,  à  qui  toutes  les 
conditions  de  rigueur  ont  été  imposées  avec  un  sérieux  cabier 
des  charges. 

La  désinfection  des  logements  se  fait  à  l'aide  d’appareils  au¬ 
toclaves  formogènes  Trillat. 

La  désinfection  à  l’étuve  est  faite  par  un  appareil  Dehaitie, 
à  vapeur  sous  pression,  dont  le  fonctionnement  est  parfait. 

Ce  service,  exécuté  très  consciencieusement  et  placé  sous  la 
surv  eillance  des  médecins  du  Bureau  d’hygiène,  a  donné  tou¬ 
tes  les  satisfactions. 

La  désinfection  a  été,  au  cours  de  l’année,  très  régulièrement 
faite  pour  toutes  les  maladies  où  elle  est  obligatoire.  Par  sa 
situation,  M.  Le  Page  \  iger  a  pu  en  foire  accepter  un  certain 
nombre  pour  les  maladies  où  elle  est  facultative.  Presque  tons 
les  décès  par  tuberculose  ont  été  suivis  de  désinfection. 

Un  arrêté  prélectoral  avait  chargé  le  Bureau  d’ilygiène  du 
service  de  la  vaccination.  A  partir  de  190B,  le  service  est  deve¬ 
nu  exclusivement  municipal  et  attaché  au  Bureau  d’hygiène. 
L’établissement  du  casier  sanitaire  des  immeubles  est  en  voie 
d'exécution. 

L’application  du  règlement  sanitaire  est  faite  aussi  scrupu¬ 
leusement  que  possible,  tant  dans  les  questions  de  salubrité 
générale  que  pour  les  constructions  nouvelles,  l'évacuation 
des  eaux  et  la  prophylaxie  des  maladies  contagieuses. 

Nous  avons  parcouru  avec  le  plus  grand  intérêt  les  tableaux 
et  les  nombreux  graphiques  et  cartes  en  couleurs  relatifs:!"  a 
la  population,  2“  à  la  météorologie  (températures  extrem^, 
pressions  barométriques,  vents,  pluiesi  ;  3‘>  à  la  démograpniB 
(mariages,  divorces,  décès,  naissances  ;  4“  à  la  répartitio* 
par  rues  des  naissances,  décès  et  maladies  contagieuses! ,  a 
causes  des  décès  par  àgeet  par  sexe  ;  6" maladies  épidénH*10 
et  contagieuses  (déclarations  de  ces  maladies, 
transport  des  conta^eux,  décès  par  maladies  contaçeuses^ 
Le  nombre  des  désinfections  en  1905  a  été  de  637. 
transport  des  contagieux  de  leur  domicile  à  f  hôpital,  us 
effectués  dans  une  voiture  spéciale  désinfectée  9  ^ 
transport  et  tenue  dans  un  état  complet  de  propreté,  'Jj 
ports  ont  été  effectués  en  1^05. 

Le  chapitre  consacré  à  la  tuberculose  nous  fait 

avec  quel  soin  la  ville  d  Orléans  s'entoure  de  savants  et  de'  ^ 

collaborateurs  et  ne  refuse  aucun  sacrifice  pour 

le  fléau.  M.  Le  Page  Viger  rappelle  que  dans  de 

vaux  de  statistique  médicale  sur  la  ville  d'Orléans,  ^ 

la  période  de  1886  à  1897  il  avait  établi  qu’avec  une 

annuelle  globale  de  1536  décès  imort-nés  comprisi,  D 

culose  pulmonaire  seule  donnait  lieu  à  une 

décès,  soit  plus  de  1  déci’S  sur  10  et  la  tuberculose  sou  ^ 

ses  formes  (pulmonaire,  cérébrale,  péritonéale,  osseuse, 

une  moyenne  de  186  décès.  .  jgsài' 

De  1895  0  1904,  M.l,e  Page  a  constaté  la  dinnnution 
ct«  ;  il  n’y  en  a  plus  en  moyenne  que  1474,3  ujtanls  * 

de  la  population  orléaiiaise  ait  été  porté  «le  60.826  na^j^ljer' 
67.311  habitants.En  revanche, la  moyenne  riesdécèsP 
culose  s’est  accrue  dans  des  proportions  assez  consi  upo- 
Elle  est  de  1895  à  1904  de  167,;l  par  an  pour  la  forme  F 
naire  seule  et  de  209,4  pour  toutes  les  formes  réunies- 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


553 


H  Le  Page  \  iger  consacre  un  intéressant  chapitre  à  la  pro- 
hïlaxie  de  la  tuberculose  dans  le  département  du  Loiret.En 
L;  la  Société  de  médecine  du  Loiret  a  rallié  tout  le  corps 
j^’ical  du  département  pour  entreprendre  dans  sa  sphère 
i'actiônla  lutte  contre  la  tuberculose.  Les  efforts  soutenus 
ei  bien  coordonnés  des  médecins  arrivaient  au  moyen  de  con¬ 
férences  publiciues  à  grouper  les  premiers  adhérents.  Pen¬ 
dant  ce  temps,  les  travaux  de  ce  Comité  d'organisation  abou¬ 
tissaient  à  la  constitution  légale  delà  Ligue  contre  la  Tubercu¬ 
lose  dans  le  Département  du  Loiret. 

La  campagne  d'enseignement  commença  avec  le  con¬ 
cours  du  corps  médical  d'Orléans  auxquels  se  joignirent  les 
médecins  de  Paris,  Marfan,  Le  Gendre,  Léon  Petit,  etc.,  qui 
ont  fait  une  série  de  conférences  tant  à  Orléans,  que  dans  les 
communes  du  Département.  De  plus,  la  Ligue  a  lancé  plus 
de  15.000  brochures  traitant  de  la  tuberculose. 

Le  second  objectif  envisagé  était  de  traiter  les  tuberculeux 
nécessiteux  du  Loiret.  La  Ligue  encouragée  avec  le  patronage 
des  plus  hautes  notabilités  du  Département,  a  reçu  l’appui 
des  ministères  pour  sa  création  et  son  développement.  Re¬ 
connue  d’utilité  publique  en  1900.  elle  recevait  plus  tard 
100.000  fr.  sur  les  fonds  du  pari  mutuel.  Sur  un  terrain  donné 
par  M.de  Saint-Paul  dans  la  commune  deChéry,  la  première 
pierre  d’un_  Sanatorium  fut  posée  le  22  juillet  19(10.  A  la  fin 
de  1901,  un  premier  pavillon  était  terminé  et  comprenait  20 
lits.  Le  b  janvier  1902,  il  recevait  ses  premiers  malades,  et  de¬ 
puis  îl  a  rendu  d’inappréciables  services.  Depuis  son  ouver¬ 
ture  au  1"  janvier  1900,  93  tuberculeux,  venus  soit  d’Orléans 
ou  du  reste  du  département,  65  ont  été  admis,  44  en  sont  sor¬ 
tis  après  un  séjour  régulièrement  fait.  Le  Sanatorium  est  en 
principe  un  lieu  de  cure  et  non  d’hospitalisation. 

La  Ligue  a  essayé  d'organiser  \' assistance  antituberculeuse 
jratuile  a  domicile  ayant  pour  but:  1“  de  lutter  contre  les 
causes  delà  tuberculose  ;  2°  de  s’opposer  à  sa  contagion  ;  3° 
de  favoriser  sa  guérison.  Des  dames  visiteuses  devaient  s’ef¬ 
forcer  par  tous  les  moyens  possibles  de  rendre  salubres  les  lo¬ 
gements  occupés  par  les  tuberculeux,  de  recommander  l’aé¬ 
ration  des  pièces,  et  si  possible,  l’isolement  du  malade  ;  pour 
s’opposer  à  la  contagion,  elles  instruisaient  les  familles  pour 
le  nettoyage  et  la  désinfection  des  linges,  la  destruction  des 
crachats.  Pour  favoriser  la  guérison,  les  dames  visiteu.ses  de¬ 
vaient  veiller  à  la  rigoureuse  exécution  des  prescriptions  mé¬ 
dicales.  Malheureusement,  cet  essai  est  resté  infructueux  jus¬ 
qu’ici.  Nous  attendons  mieux  des  femmes  d'Orléans,  pour  une 
®uvre  comme  celle-là  où  il  s’agit  non  seulement  de  sauver 
semblable,  mais  de  combattre  le  mal  qui  menace  vos  en¬ 
fants  etvous-mêmes.  En  aucun  casoù  il  y  a  danger.ledévoue- 
ment  de  la  femme  n'a  fait  défaut,  (fu’un  de  vos  excellents 
médecins  conférenciers  vous  réunisse  un  soir,  qu’jl  fasse  ap- 
P«1  à  votre  cœur,  pas  une  de  ses  auditrices  ne  quittera  la  salle 
s  être  enrôlée  dans  les  bataillons  de  la  solidarité. 
L’Assistance  médicale  gratuite, qui  fonctionne  très  réguliè- 
fcment  à  Orléans  depuis  1391,  coopère  également  à  la  lutte 
•^ntre  la  tuberculose.  L  n  avantage  tout  particulier  est  pro¬ 
pre  par  le  service  de  l'Assistance  aux  jeunes  tuberculeux. 

lits  sont  fondés  pour  eux  aux  hôi)itaux  d’Ormesson  et 
“^'illiers  ;  les  jeunes  filles  sont  reçues  à  l’tlôpital  de  Ville- 
Pmie.  Ceux  qui  peuvent  voyager  sont  envoyés  chaque  année 
frais  de  la  \  ille  à  BercL-sur-Mer,  Saint-Trojan  ou  Pem- 
'Pn.  Lne  vingtaine  y  sont  envoyés  chaque  saison. 

-«•  Le  Page  clôt  le  chapitre  de  la  tuberculose  en  faisant  une 
®*cription  très  détaillée  des  œuvres  qui  existent  en  ce  mo- 
j  Orléans  et  dont  la  situation  prospère  s'accroît  cliaquc 
“v  :  Nous  citerons  le  Coin  ne  terre  et  le  foyer,  société  d'habi- 
•ons  ouvrières  à  bon  marché;  L'Œuvre  des  jardinsouvriers  ; 
local  des  hanitations ouvrières  :  L'œu\Te  des  h'our- 
j’g  économiques  d’Orléans  ;  Les  Sociétés  de  consommation. 

'leanaiic,  la  Huche  Orlénnaise  ;  La  Mutualité  ;  il  existe  à 
.  eato26  sociétés  de  secours  mutuels  qui  groupent  sous  leurs 
5i  ^’^'^res  8ü()0  adhérents.  Ceux-ci  ne  réclament  rien  de  P \s- 
^«nce  médicale  contre  la  tuberculose  contre  laquelle  eux- 
sont  armés;  IL  inspection  sanitaire  des  viandes  et  des 
“ffwe'ùmrcs,  etc...  Tous  ces  groupements  rayonnent 
^Jourd’hui  autour  du  Bureau  municipal  d’hygiène  qui  en 
®  couronnement.  Grand  en  a  été  le  succès  ;  mais  comme 


le  dit  M.  Le  PageMger,  il  reste  encore  à  faire  et  termine  son 
excellent  travail  en  rappelant  :  1“  que  dans  la  famille  il  y  a 
lieu  de  faire  la  stérilisation  de  la  tuberculose  parla  destruc¬ 
tion  des  crachats  ;  l’isolement  du  malade,  la  désinfection  to¬ 
tale  de  tous  les  objets  tuberculosés.  C’est  le  devoirde  l’Âssis- 
tanceà  domicile  ;  c’est  le  but  d'un  dispensaire  antüubercu- 
leu.r:  2°  11  serait  nécessaire  de  créer  un  hôpital  spécial  de  tu- 
bereuleux,  leur  présence  dans  les  hôpitaux  ordinaires  consti¬ 
tue  pour  les  autres  malades  un  danger  permanent  de  conta¬ 
mination  ;  3"  La  constitution  à  Orléans  d’une  Goutte  de  lait . 
M.  Le  Page  réclame  encore  la  déclaration  obligatoire  de  la  tu¬ 
berculose  au  même  titre  que  celle  de  toutes  les  autres  mala¬ 
dies  contagieuses.  «  La  lutte  contre  l’alcoolisme,  lelogément 
insalubre,  la  stérilisation  des  locaux  contaminés  formentune 
trilogie  dont  on  ne  saurait  se  départir  ;  en  y  joignant  la  dé¬ 
claration  obligatoire,  on  rendra  plus  facile  la  défense  sociale 
contre  ce  péril  qui  devient  de  jour  en  jour  plus  menaçant, 
mais  dont  les  efforts comljinés  de  tousviendrontà  bout,  dans 
un  avenir  plus  ou  moins  éloigné,  c’est  mon  plus  ferme  es¬ 
poir.  >’ 

C’est  aussi  celui  de  la  population  tout  entière.  Les  Bulle¬ 
tins  du  Bureau  d’hygiène  d'Orléans,  rédigés  avec  le  plus 
grand  soin,nous  promettent  pour  le  département  du  Loiret  et 
la  Mlle  d’Orléans  les  meilleurs  résultats.  Ces  publications 
sont  précieuses  et  leur  but  devient  chaque  jour  incontestable. 
Joints  et  comparés  à  ceux  des  \  illes  qui  possèdent  un  Bureau 
d’hygiène,  elles  entretiennent  entre  toutes  les  grandes  villes 
de  France  une  mine  de  renseignements  indispensables  et  une 
sourcede  rivalité  et  d  émulation  pour  l’amélioration  de  notre 
hygiène  et  la  conservation  de  nos  existences.  Nous  attendons 
avec  impatience  l’apparition  du  Bulletin  à  la  fin  de  cette  an¬ 
née.  Nous  aurons  à  nouveau  l’occasion  de  féliciter  son  excel¬ 
lent  rédacteur  M.  le  D"  Le  ï^age  Viger  ainsique  les  médecins 
et  la  Municipalité  d'Orléans  ({ui  ont  toujours  assuré  au  Bureau 
Municipal  d’hygiène  leur  concours  le  plus  dévoué. 

Albin  Roüssecet. 


.TüRISPRUDEXCE  MÉDICALE 

IVJédicament  remis  sans  ordonnance  par  un  pharma¬ 
cien.  —  Exercice  illégal  de  la  médecine  et  homicide 
par  imprudence.  —  Jugement  du  Tribunal  civil  du 
Puy  du  1  8  décembre  1  905. 

'  «  Le  J'ribunal  :  Attendu  que,  suivant  exploit  de  Maillard, 
huissier  à  Paris,  en  date  du  29  juin  1905,  G..,,  pharmacien,  a 
fait  assigner  la  Compagnie  d'assurances  La  Providence,  aux 
fins  de  s'entendre  condamner,  par  application  de  la  police 
d'assurances  intervenue  entre  eux  le  20  juin  1899,  à  payer 
audit  G,..  :  1“  la  somme  de  10,000  francs,  à  raison  des  faits 
qui  ont  donne  lieu  aux  actions  formées  ;  2"  les  intérêts,  à 
partir  du  2;  février  1902  ou  à  telle  date  qui  sera  fixée  par  le 
Tribunal  ;  3°  en  tous  les  dépens  ; 

<1  Vttendu  que  la  Compagnie  La  Providence  allègue  que, 
dans  l’espèce,  il  ne  s’agit  pas  d'une  substitution  d’un  médi¬ 
cament  à  un  autre  qui  aurait  été  délivré  en  vertu  d’une 
ordonnance  d’un  médecin,  mais  qu'il  s'agit  d'une  délivrance 
d’un  médicament  sans  ordonnance,  médicament  qui  n’aurait 
pas  dù  être  remis  sans  cette  ordonnance  ;  que  ce  fait  constitue 
de  la  part  du  pharmacien  un  acte  d’exercice  illégal  de  la 
médecine,  qui  a  augmenté  les  risques  prévus  lors  de  l'assu¬ 
rance  et  que,  dès  lors,  ce  fait  doit  rester  complètement  à  la 
charge  de  G.,.,  par  suite  de  la  déchéance  encourue  par  lui  : 
la  Compagnie  n'ayant  entendu  garantir  que  contre  les  risques 
courus  par  l'assuré  dans  l’exercice  régulier  de  sa  profession 
et  non  contre  ceux  courus  dans  l'accomplissement  d’actes 
illicites  ; 

.<  Attendu,  il  est  vrai,  que,  par  jugement  du  Tribunal  cor¬ 
rectionnel  du  Puy,  en  date  du  15  décembre  19Ü2,  conlinnéen 
appel,  C,.,  a  été  condamné  à  5Ü0  francs  d’amende  pour  avoir 
contrevenu  à  l’article  ;il  de  la  loi  du  germinal  an  \l,  en  déli¬ 
vrant,  sans  ordonnance  du  médecin,  un  médicament  com¬ 
posé,  non  prévu  au  codex  ; 

«  Mais  attendu  (jue,  par  le  même  jugcmenl,  C,,.  a  été,  en 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


outre,  coudamné  à  un  mois  d’empiis«nnement,  avec  sursis, 
pour  avoir,  par  maladresse,  imprudence,  inattention,  négli¬ 
gence  ou  inobservation  des  règlements,  commis  un  liomicide 
involontaire  sur  la  personne  de  Louis  Garmin  ; 

«  Or,  attendu  qu’il  appert  des  documents  de  la  cause,  que, 
le  30  décembre  1901,  Garmin  père  s’est  présenté  à  la  pharma¬ 
cie  C...,  a  fait  connaître  au  titulaire  qu’il  souffrait  de  crampes 
à  l'estomac,  et  C...  lui  a  alorsprescrit  de  la  clocidia,  lui  en  a 
délivré  un  flacon,  ou  du  moins  a  voulu  lui  en  livrer  un  fla¬ 
con,  mais  il  a  commis  une  erreur  et  lui  a  a  remis  un  liquide 
caustique  et  corrosif  : 

'<  Attendu,  sans  doute,  que  la  délivrance  dont  s’agit  a  été 
faite  sans  ordonnance  du  médecin;  (ju’en  prescrivant  delà 
clocidia,  C...  a  commis  un  acte  d’exercice  illégal  de  la  méde¬ 
cine  et  aurait  peut-être  encouru  la  déchéance,  qui  lui  est 
aujourd’hui  opposée  par  la  Compagnie,  si,  en  se  substituant 
à  un  médecin,  C...  avait  ainsi  délivré  un  médicament  nuisi¬ 
ble  et  malfaisant,  bien  qu'il  eût  été  bien  préparé  : 

«  Mais  attendu  qu’il  a  été  établi  que  la  clocidia,  telle  que 
G. ..  voulait  la  remettre  à  Garmin,  est  une  préparation  inof¬ 
fensive;  que,  si  Garmin  l’avait  absorbée  dans  les  conditions 
indiquées  par  le  pharmacien,  il  n’eùt  certainement  éprouvé 
aucun  malaise  et  l’accident  survenu  dans  la  nuit  du  30  au 
31  décembre  190!  eût  été  évité;  qu’il  a  été  également  établi 
que  cet  accident  est  dû  à  une  erreur  commise  par  G...  qui, 
au  lieu  de  délivrer  un  flacon  contenant  delà  clocidia,  a  remis 
à  Garmin  père  un  flacon  renfermant  le  liquide  caustique  et 
corrosif  dont  il  est  plus  haut  question  ;  que,  dès  lors,  l’erreur 
commise  par  G...,  pharmacien,  est  une  erreur  pharmaceu¬ 
tique,  en  prévision  de  laquelle  le  contrat  d’assurance  du 
20  juin  1899  a  été  consenti  et  accepté,  et  dont  les  conséquen¬ 
ces  doivent  être,  jusqu’à  due  concurrence,  garantie  par  la 
Gompagnie  La  Providence  : 

<■  Attendu,  en  effet,  qu'aux  termes  de  l’assurance,  il  est  dit 
textuellement  :  «  La  Gompagnie  garantit  l'assuré  contre  la 
«  responsabilité  civile  qui  peut  lui  incomber  en  cas  d’acci- 
«  dents  causés  aux  personnes  par  suite  d’erreurs  pharmaceu- 
«  tiques  de  son  fait,  ou  du  fait  de  ses  aides  ;  »  que  les  termes 
employés,  «  erreurs  pharmaceutiques,»  sont  généraux, ne  con¬ 
tiennent  aucune  restriction  et  comprennent  donc  toutes  les 
erreurs  que  le  pharmacien  peut  involontairement  commettre 
dans  l’exercice  régulier  ou  irrégulier  de  sa  profession  ; 

«  (lue, de  plus,  la  Compagnie  n’ignore  pas  que  les  pharma¬ 
ciens  délivrent  journellement  des  médicaments  sans  ordon¬ 
nance  ;  que  c’est  là  un  usage  constant  et  connu  de  tous  ;  que 
cela  étant,  on  peut  dire  et  aflirmer  que,  dans  des  calculs 
pour  déterminer  le  quantum  des  primes  à  payer  par  les 
assurés,  la  Gompagnie  a  tenu  compte  de  cet  usage  et  que  tous 
les  risques  ont  donc  été  prévus,  contrairement  à  ce  que  sou¬ 
tient  aujourd’hui  La  Providence  ; 

«()u'au  surplus,  si  cette  dernière  avait  voulu  ne  garantir 
le  pharmacien  que  contre  les  risques  courus  par  lui  dans 
l'exercice  régulier  de  sa  profession,  elle  aurait  ilù  l  insérer 
dans  ses  polices  ;  elle  aurait  dû  imiter  en  cela  1  exemple  de  la 
Gompagnie  La  Société  Cénérate,  qui  garantit  l’assuré  «  contre 
«  la  responsabilité  civile  qui  peut  lui  incomber,  parle  fait  des 
«  accidents  ou  de  la  mort  dont  pourraient  être  victimes  les 
«  personnes  auxquelles  auraient  été  administrés  des  médica- 
«  menls  délivrés  sur  ordonnance  du  médecin  »  ; 

«  (^u'en  réalité.  G..-  était  primitivement  assuré  à  ladite 
Société  Générale,  mais  qu’il  a  résilié  soncontrat  dans  la  crainte 
de  n’ètre  pas  assuré  contre  les  risques  courus  par  lui  dans  la 
délivrance  de  remèdes  sans  ordonnance  ;  que  celle  crainte 
pouvait  être  fondée  alors,  sachant  que  dans  les  conditions 
relatives  à  la  dépréciation  de  la  pharmacie,  ladite  Société  gé- 
néra'e  couvre  le  dommage  matériel,  même  en  cas  où  il  n’y 
aurait  pas  eu  d’ordonnance  ; 

«  Que  G. .  s'est  alors  adressé  à  La  Providence,  a  contracté 
avec  elle  l'assurance  dont  s  agit  et  l’a  contractée  dans  la  per¬ 
suasion  que  toutes  les  erreurs  pharmaceutiques  quelles 
«lu  clles  fussent,  commises  dans  l’exercice  régulier  ou  irrégu¬ 
lier  de  sa  profession  de  pharmacien  étaient  garanties  ; 

<(  Attendu  que  cette  persuasion,  le  Tribunal  la  partage  ; 
que.  dans  ces  conditions,  la  demande  de  G...  doit  être  ac¬ 
cueillie  ; 


«  Par  ces  motifs:  Déclare  G...  bien  fondé  en  sa  demande- 
en  conséquence,  condamne  la  Gompagnie  d’assurances  La 
Providence  à  faire  paiement  audit  G...  de  la  somme  de  10,000 
francs,  avec  intérêts  du  '29  juin  1905,  date  de  la  demande 
régulière  ;  condamne,  enfin,  ladite  Gompagnie  La  Providence 
en  tous  les  dépens.  »  (Extrait  du  Droit  médical.) 


Saison  thermale  et  faveurs. 

La  Société  des  eaux  de  Chatel-Guyon  nous  prie  de  rappe¬ 
ler  à  tous  les  intéressés  qu'elle  accorde  des  tarifs  de  faveur 
en  septembre  aux  instituteurs  primaires,  au  clergé  et  aux 
associations  religieuses  ;  aux  membres  de  l'armée  et  de  la 
marine  et  aux  fonctionnaires  et  coloniaux  ;  —  et  qu'en  octo¬ 
bre,  tous  les  tarifs  sont  réduits  de  50  %  pour  tous  les  bai¬ 
gneurs  indistinctement. 


VARIA 


Hygiène  alimentaire. 

Les  falsifications  d’aliments  :  Le  pain  et  la  bière. 

A  propos  de  la  discussion  sur  le  repos  hebdomadaire,  le 
secrétaire  de  la  fédération  des  ouvriers  boulangers  a  indiqué 
dans  la  Voi.x  du  Peuple  un  certain  nombre  de  falsifications 
dont  les  boulangers  se  rendraient  coupables  : 

Des  patrons  boulangers,  écrit-il,  ajoutent  ou  font  ajoutera 
la  pâte  tantôt  de  Valun,  qui  lui  fait  absorber  une  plus  grande 
quantité  d'eau  et  qui  leur  permet  de  masquer  les  défauts  des 
farines  détériorées,  tantôt  du  carbonate  de  magnésie,  dans  le 
même  but,  sans  se  soucier  de  l’action  nuisible  que  ces  subs¬ 
tances  exercent  sur  le  corps  humain. 

Pour  conserver  le  pain  à  l’état  frais,  d’autres  patrons  bou¬ 
langers  ajoutent  à  la  pâte  du  sulfate  de  zinc,  qu'ils  appellent 
couperose  blanche  ;  d’autres  encore,  pour  économiser  la  levure 
et  faire  avec  des  farines  altérées  du  pain  ayant  faspect  du 
pain  fabriqué  avec  de  bonnes  farines,  n’hésitent  pas  à  verser 
dans  la  pâte  soit  du  sulfate  de  cuivre,  qu’ils  appellent  coupe¬ 
rose  bleue,  soit  du  carbonate  d’ammoniaque. 

Toutes  ces  substances  peuvent  être  découvertes  dans  le 
pain  à  l’aide  de  différents  procédés  chimiques. 

Le  pain  peut  également  se  trouver  mêlé  de  plomb,  soit  que 
le  pain  soit  fabriqué  avec  de  la  farine  faite  avec  des  meules 
dont  les  éveillures  ont  été  bouchées  en  y  coulant  du  plomb 
tondu,  soit  qu’on  chauffe  le  four  avec  des  bois  de  démolition, 
peints  à  la  cériise. 

Le  docteur  Galmels  a  observé,  dans  une  commune  du 
Tarn,  une  épidémie  d’intoxication  saturnine  qui  se  déclara 
dans  la  clientèle  d'un  patron  boulanger,  et  atteignit  50  habi¬ 
tants  sur  150,  dont  un  mourut. 

La  farine  et  le  pain  de  ce  boulanger  furent  analysés  P®*' 
professeur  Filhol,  de  Toulouse,  qui  y  constata  la  présence  du 
plomb.  _  . 

\  Paris,  le  docteur  Duchamp  avait  observé  une  épidémie 
d'intoxication  saturnine  dans  la  clientèle  d’un  patron  boulan¬ 
ger  qui  faisait  cliauffer  son  four  avec  du  vieux  bois  de  démo¬ 
lition  peint  à  la  céruse. 

Les. consommateurs  peuvent  constater,  par  ces  quelques 
renseignements  rigoureusement  exacts,  qu'ils  nontriena 
envier  aux  consommateurs  de  Ghicago.  . 

Bien  entendu,  les  patrons  boulangers  protestent.  ^ 

remarquer  que,  pour  ce  qui  est  des  bois  de  chauffage,  ds  n 
peuvent  se  servirdes  bois  de  démolition. 

Une  ordonnance  de  iiolice  en  date  du  15  septembre  lo‘0 
complétée  par  celle  du  24  novembre  1(S98,  interdit  d’ailleu 
formellement,  pou  rie  chauffage  des  fours  de  boulangerie 
de  pâtisserie,  de  faire  usage  de  hois  provenant  de  dûmohh 
(peints  ou  non  peints)  ou  de  bois  ayant  subi  des  préparation- 

chimiques  quelconques.  Le  bois  neuf  doit  seul  être  emprnî 

Passons  maintenant  aux  boissons;  nous  sommes 
longues  années  édifiés  sur  la  pureté  des  vins  que  nous 
vons,par  le  laboratoire  municipal  ;  le  lait  ne  leur  cède  en 
et  de  récentes  campagnes  organisées  par  ceux  qui  ont  _ 
de  la  protection  des  enfants  ne  nous  permettent  plus  de 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


E55 


Restait  la  bière.  Le  Cri  de  Pa7-is,  nous  enlève  notre  der¬ 
rière  illusion  ;  trop  souvent  encore,  avec  elle,  nous  sommes 

«npoisonnés  : 

„  Qu’y  a-t-il  dans  la  bière  ?  écrit  le  Cri  de  Paris,  théorique- 
rjent,  du  houblon  et  des  malts,  c'est-à-dire  des  orges  ger- 
mées.  Dans  la  pratique,  l'amertume  de  la  bière  est  due,  le 
plus  souvent,  à  toute  autre  chose  qu’à  du  lioublon.  La 
preuve  ?  Conduisons  le  lecteur  à  Saint-Denis.  Vrrètons  nous 
avec  lui  au  numéro  377  de  l’avenue  de  Paris.  Là.  se  trouvent 
les  bâtiments  de  l’usine  de  produits  chimiques  de  la  Phar¬ 
macie  centrale  de  France.  Pour  visiter  la  fabrique,  nous 
montrons  patte  blanclie.  Or,  notre  cicérone,  après  nous  avoir 
promené  à  travers  les  laboratoires,  nous  Introduit  dans  un 
appentis  isolé,  où  travaille,  environné  d’un  décor  d’alchimie, 
un  homme  amaigri,  au  visage  creusé  de  rides,  jaune  et  éma 
cié,  véritable  apparition  d’outre-tombe.  On  nous  explique 
que  cet  ouvrier  est  celui  (jui  extrait  la  strychnine  des  noix  vo¬ 
miques,  petits  disques  plats,  gris-souris,  soyeux,  ressemblant 
a  des  boutons  d’habit,  et  «pii  nous  arrivent  de  Coromandel  et 
de  Ceylan. 

Par  centaines  de  kilogrammes,  annuellement,  cet  être  voué 
àlamort  lente  produit  l’alcaloïde  le  plus  redoutable  connu. 
Lncristal  suffirait  à  tuer  une  famille. La  médecine  ne  l'utilise 
qu'à  doses  infinitésimales.  Une  ([uestion  nous  monte  aux 
lèvres  ;  Que  fait  on  de  toute  la  strychnine  retirée  des  énor¬ 
mes  quantités  de  noix  vomiques  que  vous  traitez  ici  ?  Les 
brasseurs  anglais  achètent  la  plus  grande  partie  de  notre 
production  pour  fabritiuer  Yale.  Vous  savez  combien  la 
strychnine  est  amère.  Elle  remplace  en  partie ,  dans  la  bière, 
le  houblon.  Et  il  en  faut  très  peu  pour  suppléer  à  beaucoup 
de  matière  première. 

Reste  à  savoir  s’il  se  trouve  des  brasseurs  français  pour  imi¬ 
ter  leurs  confrères  d’Outre- -Manche.  Sans  doute.  Le  gros  pa¬ 
quet  de  la  strychnine  passe  le  détroit.  Quant  au  reste,  il  de¬ 
meure  en  France.  En  achète  qui  veut,  à  condition  que  ce  soit 
par  kilogramme.  Car  une  chinoiserie  inconcevable  de  la  loi 
n'entoure  d’inextricables  formalités  que  la.délivrance  des  pe¬ 
tites  quantités  destinées  aux  usages  thérapeutiques.  La  stry¬ 
chnine  du  bon  bock,  aux  terrasses  des  boulevards,  galvanise 
la  moelle  épinière  du  vieux  marcheur,  aguiché  tout  à  coup 
par  un  frou-frou  de  so'e.  peo.u  au  passage  de  quelque  mol¬ 
let  fripon.  A  quelque  chose,  strychnine  est  bonne  ». 

Wédecine,  hygiène  alimentaire  et  hiérarchie  militaire,  j 
La  discipline  est  la  première  qualité  des  armées.  C’est  ce 
ine  l’on  apprend  au  soldat  et  nous  n’y  saurions  contredire. 

La  discipline  nécessite  la  hiérarchie.Tout  le  monde  à  peu  près 
estd’accord  sur  ce  point.  Mais  dans  un  pays  (jui,  sur  tous  ses 
monuments  porte  :  Liberté,  Er/alité,  Fraternité,  les  privilèges 
de  la  hiérarchie  devraient  se  borner  exactement  aux  exigen- 
du  bon  fonctionnement  des  services  et  de  la  discipline, 
ycs  privilèges,  lorsqu’ils  s’étendent  jusqu'au  réfectoire  et 
Wsqu’a  l’hôpital,  forment  un  contraste  un  peu  choquant 
®'ec  les  idées  modernes.  .Avec  son  ironie  habituelle,  dont  il 
Wrait  avoir  hérité  île  Voltaire,  .M.  11.  llarduin  relève  dans  le 
les  faits  suivants,  qui  prouvent  combien  notre  bureau- 
^tie  militaire  est  restée .. .  moscovite  dans  ses  règlements, 
.ous  reproduisons  sans  commentaire  le  «  Propos  d’un  Pari- 
'p  M.  llarduin.  auquel  nous  faisons  allusion  : 
l^est  un  sergent  major  qui  écrit  :  «  A  mon  régiment,  le 
ch^f  J  sous-officiers,  dressé  d’après  les  indications  du 
«de  corps,  comprend  : 

'ià  H  sergents  et  fourriers  :  une  entrée,  un  plat  de 

nde,  un  plat  de  légumes,  un  dessert.  Pour  les  sergents- 
entrée,  deux  plats  de  viande,  un  plat  de  légu- 
fjdeux  desserts. 

menus  différents,  il  semble  résulter  que  l’appétit 
^‘maires  est  proportionnel  au  grade,  leur  estomac  étant 
^  des  galons.  Probablement  pour  la  môme  raison 
de  troupe  a  droit  à  une  ration,  le  sous-lieutenant 
à  J®'itenant  à  deux,  le  capitaine  à  trois,  le  commandant 
de  ainsi  de  suite,  en  progressant  jusqu’au  sommet 

**is5é  Ce  petit  point  administratif  m’a  toujours 

lioa  c’est  pourquoi  je  le  soumets  à  votre  apprécia- 


\  oilà  qui  est  bien.  Mais,  pour  émettre  une  opinion  sur  la 
question,  il  faudrait  que  j’en  aie  une.  Le  cœur  a  des  raisons 
que  la  raison  ne  peut  comprendre.  L’administration  militaire 
est  dans  le  même  cas.  J’ai  raconté  jadis  l’bistoire  d’un  sous- 
lieutenant  en  traitement  de  convalescence  à  l’hôpital  de  Vi¬ 
chy  qui,  ayant  réclamé  des  cornichons  à  son  repas,  s’enten¬ 
dit  répondre  que  les  cornichons  étaient  réservés  aux  officiers 
supérieurs,  et  les  lecteurs  du  Matin  ont  appris  à  cette  occasion 
que  la  nature  des  purgations  variait  suivant  les  grades. 

Sans  doute,  ces  dispositions  sont  prises  pour  maintenir  la 
discipline  qui  fait  la  force  des  armées.  Comment  veut-on  que 
le  grade  soit  entouré  du  prestige  nécessaire  quand  le  simple 
soldat  voit  son  colonel,  obligé  de  se  purger,  avaler  comme 
lui  de  l’huile  de  ricin  ?  Au  contraire,  la  supériorité  du  colo¬ 
nel  s’impose  si  l'homme  de  troupe  apprend  que  son  chef,  en 
pareil  cas,  absorbe  de  la  limonade  purgative.  De  même,  le 
soldat,  sachant  que  son  commandant  reçoit  quatre  rations 
quand  lui  n’en  reçoit  qu’une,  suppose  que  ce  commandant 
a  quatre  estomacs,  quatre  cerveaux  et  quadruples  muscles. 
Ainsi  il  sent  son  infériorité  et  accepte  d’autant  plus  passive¬ 
ment  la  direction  de  son  chef. 

Ce  sont  sans  doute  ces  considérations  qui  explique  l’ano¬ 
malie  apparente  signalée  par  le  sergent-major.  J.  A. 

L’organisation 

du  service  de  la  vaccination  en  province. 

L’arrêté  préfectoral  du  1"'  décembre  1904  pour  l’application 
de  la  loi  du  15  février  1902  sur  la  protection  de  la  santé  pu¬ 
blique  a  organisé  le  service  de  la  vaccination  dans  le  dépar¬ 
tement  de  la  Mayenne. 

Vous  avons  à  diverses  reprises  été  forcés  de  revenir  sur  les 
difficultés  que,  dans  la  pratique,  les  municipalités  ont  ren¬ 
contrées  pour  organiser  ce  service  conformément  à  ce  règle¬ 
ment.  La  chose  n’a  pas  marché  toute  seule  dans  les  campa¬ 
gnes.  Dans  les  villes,  on  s’est  heurté  à  des  difficultés  de  toutes 
sortes.  .A  Laval, -ce  n’est  qu’au  mois  de  mai  1906  que  la  muni¬ 
cipalité  a  pu  terminer  l’élaboration  des  listes  des  personnes 
soumises  à  l’obligation  de  la  vaccine.  Quant  à  l’organisation 
du  service,  elle  n’a  pu  être  menée  à  bien  que  par  le  concours 
des  médecins.  Nous  devons  à  nos  confrères  des  explications  à 
ce  sujet  : 

Le  16  mai  1906,  AI.  le  Maire  de  Laval  avait  convoqué  à  la 
.  mairie  six  médecins  et  trois  sages  femmes  de  la  ville  que 
M.  le  Préfet  avait  nommés  vaccinateurs  officiels.  En  les  réu¬ 
nissant,  M.  le  Maire  les  pria  de  bien  vouloir  l’aider  à  organiser 
le  service. 

Los  médecins  présents,  parlant  en  leur  nom  et  au  nom  de 
leurs  confrères  empêchés,  ont  de  suite  demandé  à  M.  le  Maire 
comment  étaient  composées  .les  listes  des  personnes  devant 
bénéficier  des  secours  de  vaccination  gratuite. 

Faisant  allusion  au  récent  incident  soulevé  au  Conseil  gé¬ 
néral  par  les  médecins  vaccinateurs  officiels  de  l'arrondisse¬ 
ment  de  Mayenne,  ils  demandèrent  si  à  Laval  ces  séances  de 
vaccination  gratuite  seraient  ouvertes  à  tous  les  inscrits  sur 
les  listes  de  vaccination,  ou  réservées  aux  seuls  indigents.  Ils 
déclarèrent  à  M.  le  Maire  que  les  médecins,  par  l’organe  de 
leurs  Syndicats,  avaient  toujours  protesté  contre  cette  exten¬ 
sion  aux  non-indigents  de  la  gratuité  de  la  vaccine  qui  ne 
découle  pas  du  tout  du  principe  de  l’obligajion.  —  Ils  atti¬ 
rèrent  l’attention  de  la  municipalité  sur  les  charges  abusives 
pour  la  ville  qui  en  résulteraient,  et  dirent  que  les  médecins 
de  Laval  se  refuseraient  d’être  ainsi  forcés  de  vacciner  les 
non  indigents  aux  frais  de  la  ville. 

Frappé  de  ces  observations.  M.  le  Maire  leur  communiqua 
les  listes  des  .assujettis  à  la  vaccination  obligatoire,  qui  com¬ 
prenaient  près  de  I.7ÜÜ  personnes.  Il  fut  facile  de  voir  tout 
d’abord  que  ce  chiffre  était  exagéré  par  une  erreur  d’inter¬ 
prétation. 

En  effet,  on  relevait  dans  la  première  catégorie  (enfants  de 
moins  de  I  an),  environ  310  à  320  inscrits. 

Dans  la  deuxième  catégorie  (enfants  de  10  à  11  ans,  près  de 
1,100  inscrits.  Enfin,  dans  la  troisième  catégorie  (jeunes  gens 
de  20  à  21  ans),  280  inscrits  seulement. 

Evidemment,  le  chiffre  de  la  deuxième  catégorie  était  exa¬ 
géré.  La  cause  de  cette  exagération  fut  reconnue  de  suite  dans 


556 


LE  PROGRÈS  MEDICAL 


l’erreur  d’un  certain  nombre  de  maîtres  des  écoles  de  la 
ville,  qui  avaient  donné  la  liste  de  tous  leurs  élèves  et  non 
pas  seulement  de  ceux  de  leurs  élèves  âgés  de  10  à  11  ans. 

En  rectifiant  cette  première  erreur,  on  pouvait  calculer  que 
Xa  liste  de  la  vaccine  devait  contenir  environ  000  personnes, 
3oC  dans  chacjue  catégorie. 

Sur  ces  900  inscrits,  en  prenant  la  proportion  de  la  popula¬ 
tion  indigente  avec  la  population  totale  de  la  ville,  on  ne 
devait  pas  compter  plus  de  250  ou  30' i  enfants  indigents. 

\  la  suite  de  ces  observations.  M.  le  Maire  de  Laval  promit 
de  faire  étudier  à  nouveau  cette  question,  et  pria  les  méde¬ 
cins  présents  de  lui  présenter  un  rapport  qui  serait  soumis  au 
Conseil  Municipal. 

Ce  rapport,  rédigé  par  les  membres  du  bureau  du  Syndicat, 
et  signé  par  les  médecins  et  les  sages-femmes  présents  à  la 
réunion  du  16  mai. fut  remis  peu  de  jours  après  à  la  municipa¬ 
lité. 

Voici  en  susbstance  les  conclusions  dece  rapportet  les  pro¬ 
positions  faites  à  la  municipalité  au  nom  du  corps  médical  ; 

1°  Une  affiche, portant  le  règlement  préfectoral  sur  l’obliga¬ 
tion  de  la  vaccine,  et  les  dispositions  ordonnées  par  M.le  Pré¬ 
fet, fera  connaître  aux  intéressés  leurs  obligations  et  les  sanc¬ 
tions  qui  en  découlent  —  cette  affiche,  rédigée  parla  préfectu¬ 
re,  était  déjà  prête . 

2°  Chacun  des  inscrits  sur  les  listes  de  la  vaccination  obliga¬ 
toire  recevrait  de  la  municipalité  un  bulletin  de  vaccination 
qu’il  devrait  faire  remplir  et  signer  par  le  médecin  de  son 
choix. 

Ce  bulletin  contiendrait:!  O  la  mention  du  libre  choix  du  mé¬ 
decin  par  l'intéressé,  et  2“  la  mention  de  l’institution  de  séan¬ 
ces  gratuites  de  vaccination  'pour  ksindigents  seulement. 

3“  Les  médecins  et  sages-femrnes  s’offraient  à  assurer  le 
service  des  séances  de  vaccination  gratuite  dans  les  conditions 
du  règlement,  mais  pour  les  indigents  seulement,  suivant  un 
roulement  à  établir  entre  les  médecins  et  sages-femmes  de  la 
ville. 

Ce  rapport  des  médecins  ayant  été  soumis  à  la  première 
séance  du  Conseil  municipal;  donna  lieu  à  une  discussion 
dans  laquelle  M.  le  D''  Dupré  a  soutenu  les  justes  demandes 
de  ses  collègues,  au  nom  de  l’intérêt  de  la  ^  ille  et  de  la 
bonne  organisation  du  service. 

Notre  confrère  s’est  attaché  à  démontrer  la  fausseté  du 
principe  de  la  gratuité  de  la  vaccination  pour  tous  comme 
découlant  de  l'obligation,  et  il  n'eut  pas  de  peine  à  faire 
adopter  ces  idées. 

En  conséquence  du  vote  du  Conseil,  la  municipalité  a 
arrêté  un  règlement  reproduisant  les  propositions  des 
médecins. 

Dans  une  nouvelle  réunion  provoquée  le  30  mai  par  M.  le 
.Maire  de  Laval,  celui-ci  donna  connaissance  aux  médecins  et 
sages-femmes  de  l  acceptation  de  leurs  propositions,  et  fixa 
avec  eux  le  lieu,  la  date  et  le  roulement  des  séances  gratuites 
de  vaccination  pour  l’année  1906. 

Pendant  le  courant  de  juin,  les  affiches  concernant  la  vac¬ 
cination  ont  été  apposées  en  ville.  En  même  temps,  chacun 
des  inscrits  de  la  liste  de  vaccination  a  re(;u  le  bulletin  de 
vaccine. 

Dans  celui-ci  est  mentionnée  l'obligation  de  faire  remplir 
ce  bulletin  avaht  le  31  décembre  1906  par  un  médecin  au 
choix  des  familles. 

En  outre,  les  séances  de  vaccination  pour  les  indigents 
seront  annoncées. 

De  concert  entre  la  municipalité  et  les  médecins,  ces  séan¬ 
ces  auront  lieu  à  la  Mairie  (salle  des  accords)  tous  les  deuxiè¬ 
mes  dimanches  du  mois  de  9  heures  à  midi. 

Elles  ne  commenceront  cette  année  que  le  12  août  et  auront 
lieu  par  conséquent  les  12  août,  9  septembre,  14  octobre, 
11  novembre  et  9  décembre  1906. Le  service  de  la  vaccination 
sera  assuré  à  chacune  de  ces  séances  par  un  médecin  et  une 
sage-femme,  suivant  un  roulement  organisé  entre  leurs 
confrères.  Le  vaccin  sera  fourni  aux  frais  et  diligences  des 
médecins,  c’est-à-dire  comme  il  a  été  convenu  par  le  Syndicat 
des  médecins. 

Enfin  ne  seront  admisà  ces  séances  de  vaccinations  que  les 
inscrits  sur  la  liste  de  l’Assistance  médicale  gratuite. 


Nous  espérops  que  le  service,  grâce  au  concours  des  méde¬ 
cins, pourra  foiictionner  ainsi  sans  difficultés. 

liés  maintenant  nous  avons  de  sérieuses  raisons  de  croire 
que  le  fonctionnement  du  service  sera  compris  de  la  popu. 
lation.  En  effet,  un  bon  nombre  de  parents  qui  ont  reçu  iç 
bulletin  de  vaccination  pour  leurs  enfants  sont  venus  de  sui¬ 
te  s'adresser  à  leur  médecin  ordinaire  soit  pour  faire  vacciner 
les  enfants,  soit  pour  faire  remplir  leurs  bulletins  èn  cas  de 
vaccinations  antérieures. 

Il  est  très  probable  qu’à  l’époque  du  commencement  des 
séances  officielles  de  vaccination,  la  plus  grande  partie  des 
personnes  obligées  à  la  vaccination  auront  envoyé  leurs  bul¬ 
letins  en  règle. 

(ünlletin  du  Syndical  delà  Mayenne,  juillet  1906.) 

UES  CONGRÈS 
Congrès  d’hygiène  et  d'assistance. 

1 19-23  septembre  1906.) 

Ce  congrès  sera  tenu  à  Tourcoing  du  19  au  23  septembre  à 
l’occasion  de  l’Exposition  Internationale  des  industries  tex¬ 
tiles. 

Hygiène  urbaine. —  Ce  sera  rendre  un  réel  service  aux  mu¬ 
nicipalités  si  on  parvient  à  leur  démontrer  qu’il  est  possible* 
sans  s’engager  dans  des  dépenses  dépassant  les  limites  d’un'B 
budget  moyen  et  normal,  de  remédier  aux  causes  d’infection  ' 
qui  rendent  l’atmosphère  pénible  ou  dangereuse  à  respirer,  j 
d’atténuer  les  dangers  que  font  courir  aux  agglomérations  les  ■ 
fléaux  épidi’-miffues  auxquels  périodiquement  elles  paient  • 
leur  tribut. 

A  cet  effet,  le  Congrès  limitera  son  effort  à  l'étude  d’un 
certain  nombre  de  mesures  d’une  application  courante,  sans 
viser  à  une  sorte  de  revue  encyclopédique  du  vaste  domaine  ; 
de  l’hygiène,  en  évitant  aussi  les  discussions  purement  théo¬ 
riques  pour  nous  maintenir  sur  le  terrain  des  faits.  j 

C'est  une  leçon  de  choses  essentiellement  pratique,  basée  , 
sur  des  essais  remontant  à  plusieurs  années  et  susceptibles  i 
d’aboutir  à  une  réglementation  municipale  nette  et  claire, 
c’est  cette  leçon  de  choses  qui  constituera  le  Congrès  d’hy¬ 
giène  .  .  . 

A  côté  de  simples  communications  uniquement  destinées 
à  commenterles  constatations  (luechacun  pourra  faire  dans  ^ 
les  visites  prévues,  quelques  questions  importantes  seront  j 
mises  en  discussion  :  L'une  concernant  le  <-  tout  à  l'égout  »,  , 

l’étude  des  conditions  permettant  de  déverser  sans  inconvé¬ 
nient  à  l’aqueduc  toutes  les  matières  usées.  (Les  différents 
systèmes  essayés  seront  soumis  au  contrôle  des  congressistes!. 

L  autre  sera  relative  aux  procédés  d’épuration  des  eaux  rert- 
duaires déversées  à  la  rivière.  (Une  visite  fera  voir  côte  à  co 
trois  expériences  instituées  dans  ce  but.!  irai-  • 

On  y  joindra  probablement  une  communication  sur  le  t 
tement  des  ordures  ménagères.  ,, 

Assistance.  —  L’Assistance  ne  saurait  être  séparée  de 
giène.  Qu’il  s’agisse,  par  exemple,  de  lutte  contre  la  tubercn^^ 
lose  ou  de  sauvegarde  des  nouveau-nés,  il  est  évideid 
solution  de  ces  problèmes  exige  le  double  effort  de  t  ■ 
giène  qui  prévient  et  de  l’assistance  qui  permet  de 
ou  de  guérir  le  mal  trop  souvent  engendré  par  la  : 

On  se  rend  compte  comment  a  été  compris  à  Tour 
et  comment  peut  être  pratiqué  ^e  devoir  de  solidarité.  A  ^ 
visite  détaillée  de  toutes  les  institutions  qui  concouren 
but  nous  joindrons  la  discussion  des  deux  questions  qu* 
frent  le  plus  d’actualité  ;  1“  celle  de  l’Assistance  aux 
de  la  sauvegarde  des  enfants  ;  secours  d'allaitement  ni  .^j, 

—  consultation  de  nourrissons  —  ferme  des  Hospices  ; 

santlelait  destiné  aux  enfants  —  organisation  de  la 
dc.  1°  celle  de  l'Assistance  par  le  travail  (grand  atelier  va 
que  affecté  à  cet  œuvre.  I  .  .  parier 

La  séance  de  clôture  sera  présidée  par  M. 
dont  chacun  se  plaît  à  reconnaître  le  zèle  louable  P^’^g  j,oBe 
pagation  des  idées  généreuses  qui  sont  l’honneur  .  f^riia' 
époque.  Elle  sera  suivie  d’une  visite  à  l’Exposition 
tionale  des  Industries  textiles  qui  offrira  un  réel  * 

A  côté  d'eux  se  trouveront  en  grand  nombre  le®  -gfrate»** 
des  Commissions  Sanitaires  du  Nord,  les  .Adniiui 


LE  PROGRES  MEDICAL 


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lecou,  etc.).— Savon  Panama,  S.  Banama  et  goudron,  S.  Naphtol,  S.  Naphtol  soufre,  S.  Goudron  et  Naphtol  {^ourles 
soins  de  la  chevelure,  de  la  barbe,  pellicules,  séborrhée,  alopécie,  maladies  cutanées).  —  S.  Sublime,  S.  Pbenique, 
S.  Boriqué,  S.  Gréolie,  S.  Eucalyptus,  S.  Eucalyptol,  S.  Résorclne,  S.  Sallcylé,  S.  Saloi,  S.  au  Solvéol,  S. 
Sulfate  de  cuivre  [accouchements,  anthrax,  rougeole,  scarlatine,  variole,  etc.)  —  Savon  à  l’ichthyol,  S  Panama  et  Ich- 
thyol,  S.  Sulfureux.  S.  à  l’huile  de  Gade,  S.  Goudron,  S.  Boraté,  S.  Pétrole,  S.  Goudron  boriqué,  S.  Iodé  à  5  0/0 
d’iode,  S.  Mercuriel  à  33  0  0  de  mercure,  S.  Au  tannoforme  contre  les  sueurs,  S.  à  l’huile  de  chaulmoogra,  contre 
la  lèpre,  le  psoriasis,  S.  B.  du  Pérou  et  pétrole  contre  la  gale,  parasites,  etc.,  pour  les  maladies  cutanées. 


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pour  l’entretien  des  dents,  gencives,  muqnenses,  et  éviter  les  accidents  buccaux  chez  les  syphilitiques. 

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LE  PROGRES  MÉDICAL 


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Facilités  accordées  par  Cartes  tC abonnement  individuelles  et  de  famille  valables  p 


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La  Compagnie  des  Chemins  rte  fer  df  l’Ouest  délivre  de  la  veille  de  la  Fête  des  R: 
au  31  Octobre,  des  cartes  d’abonnement  spéciales  permettant  de  partir  d’une  gare 
conque  de  son  réseau  pour  une  gare  au  choix  des  lignes  désignées  aux  alinéas  ci-' 
en  s’arrêtant  sur  le  parcours  ;  de  circuler  ensuite,  à  son  gré,  pendant  un  mois,  non 
ment  sur  ces  lignes,  mais  aussi  sur  tous  les  embranchements  qui  conduisent  à  la  i 


enfin,  une  fois  l’excursion  terminée,  de  revenir  au  point  de  départ  aVec  les  mêmesfai 
d’arrêt  qu’à  l’aller. 

Carte  valable  sur  la  côte  nord  de  Bretagne. 

1"  Classe,  100  francs  ;  2*  Classe,  75  francs. 

Rtncouas:  Ligne  de  Granville  à  Brest  (par  Folligny,  Dol  et  Lamballe)  et  les  emb 
ments  de  cette  ligne  vers  la  mer. 

Carte  valable  sur  la  côte  sud  de  Bretagne. 

1"  Clas.se.  100  francs  ;  2*  Classe,  75  francs.  ,  j 

P.\BcotTBs:  Ligne  du  Croisic  èt  de  Guérando  à  Chàteaulin  et  les  embranchemenu 
celle  ligne  vers  la  mer. 

Carte  valable  sur  les  côtes  nord  et  sud  de  Bretagne. 

1"  Classe,  130  francs  ;  2*  Classe.  95  fraiic.-i.  ,  , 

Parcours:  Lignes  de  Granville  à  Brest  (par  Foiligoy,  D  >l  et  Lambaltei  et  de  ore! 
Croisic  et  à  Guerande  et  les  embranchements  de  ces  lignes  vers  la  mer.  _ 

Carte  valable  sur  les  côtes  nord  et  sud  de  Bretagne  et  lignes  intérieures  situées  a  t  ouest  »• 


Des  trains  de  plaisir  auront  lieu  les  di¬ 
manches  2,  9,  16,  23  et  30  septembre,  entre 
Paris-Fontainebleau  et  Moret. 

Prix  des  places,  aller  et  retour,  Fontai¬ 
nebleau,  2*  classe  4  fr.  50  ;  3*  classe  3  fr. 
Moret,  2'  classe  5  fr.  50,  -'P  classe  3  fr.  50. 

Départ  de  Paris  à  7  h.  31  matin.  Arrivée 
à  Fontainebleau  S  h.  43  matin,  à  Moret 


Toute  personne  qui  souscrit,  en  même  tempsque  son  abonnement,  un  on  joïri 

abonnements  en  faveur  des  membres  de  sa  famille,  précepteurs,  gouvernantM^ 
tiques  habitant  avec  elle,  sous  le  même  toit,  bénéficié  pour  ces  cartes  suppleme'*  | 
réductions  variant  entre  10  et  50  %,  suivant  ie  nombre  de  cartes  délivrées.  ^ 

Pour  plus  de  renseignements  consulter  le  livret  Guide-illastré  du  réseau  é® 
vendu  0  fr.  50,  dans  les  bibliothèques  des  gare.s  de  la  Compagnie. 


Retour  par  tous  les  trains  du  dimanche 
dans  les  conditions  prévues  pour  les  voya¬ 
geurs  ordinaires. 

Nombre  de  places  limité. 

Franchise  de  301ùlog.  de  bagages. 


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LE  PROGRES  MEDICAL 


557 


.  jjospices  et  des  Bureaux  de  Bienfaisance  :  c’est  dire  qu’il 
^  ferait  dans  ce  Congrès  une  besogne  essentiellement  pratique 
'iminemment  utile  et  profitable  à  tous. 

*^\dresser  toute  la  correspondance  relative  au  Congrès,  sous¬ 
criptions,  demandes  de  renseignements,  etc.,  à  M.  le  Ju¬ 
lien,  123,  rue  Nationale.  (Le  Secrétaire  se  tient  à  la  disposition 
des  adhérents  en  ce  qui  concerne  le  logement  pendant  le  sé¬ 
jour  à  Tourcoing).  \  causedes  questions  traitées  et  de  l’intérêt 
des  visites  qui  seront  faites  par  les  adhérents,  il  ne  nous  a  pas 
été  possible  de  réduire  la  durée  du  Congrès.  Nous  ferons  re¬ 
marquer.  toutefois,  qu’en  réalité  ce  Congrès  se  compose  de 
deux  parties  distinctes  et  que  vraisemblement  un  certain  nom¬ 
bre  de  congressistes,  dont  le  temps  est  limité,  ne  suivront  que 
les  travaux  de  la  section  qui  les  intéresse  particulièrement. 

Programme.,  —  1.  Hygiène  urbaine.  —  Mercredi  19  septem¬ 
bre  à  neuf  heures  du  matin  ;  Présidence  de  M.  le  Docteur  Cal- 
mette,  directeur  de  l’Institut  Pasteur  de  Lille.  A)  Communica¬ 
tion  sur  les  «  Postes  Sanitaires  »,  par  M.Féver,  chef  de  division 
ila  Préfecture  du  Nord.  B)  Communication  sur  «  l’organisation 
générale  des  moyens  de  prévention  contre  les  maladies  conta- 
I  gieuses  ;  —  Désinfection  »  par  le  docteur  René  Potelet,  inspec¬ 
teur  départemental  d’hygiène.  C)  Discussion  du  rapport  sur  le 

t«  Tout  a  l'égout  »  Présenté  par  le  docteur  Julien,  directeur  de 
l’Office  sanitaire  de  Tourcoing. — Après-midi  à  2.Jieures  et  demie, 
Démonstration  à  l'hôpital  des  procédés  expérimentés  pour  le  «  Tout 
àiégout.  »  —  A  quatre  heures  et  demie,  visite  de  l’Exposition. 

Jeudi  20 septembre,  à  neuf  heures  du  matin.  Présidence  de  M. 
le  docteur  A.-J.  Martin,  Inspecteur  général  de  l’Assainissement 
de  la  ville  de  Paris.  —  A)  Communication  sur  «  la  distribution 
([eau  potable  »  par  M.  Nourtier,  Ingénieur  des  Arts  et  Manu- 
•  factu.'es,  directeur  du  service  des  eaux  de  Roubaix-Tourcoing. 

I  B)  Communication  sur  «  la  fièvre  typhoïde  »  par  M.  le  docteur 
JuuEN.  C)  Discussion  du  rapport  sur  «  l’ épuration  des  eaux 
résiduaires  »  présenté  par  M.  (Jrimpret,  ingénieur  des  Ponts-et- 
ehaussées.  —  Après-midi  à  deux  heures  et  demie,  visite,  au  Mont 
des  Bonnets,  du  réservoir  des  eaux  potables;  à  quatre  heures, 
Tisite  à  l’usine  à  gaz  ;  démonstration  de  divers  procédés  »  sur 
[épuration  des  eaux  résiduaires  ;  le  soir,  à  huit  heures  demie, 
F£te  de  nuit  a  l’exposition. 

IL  Assistance.  —  Vendredi  21  septembre,  à  neuf  heures  du 
matin  ;  présidence  de  M.  Paul  Strauss,  sénateur,  président  du 
Conseil  supérieur  de  l’Assistance  publique.  A)  Communication 
sur»  [organisation  du  bureau  de  bienfaisance  »  par  M.  Maurice 
ÇoRDiKR,  vice-président  du  bureau  de  bienlaisance  de  Tourcoing. 
B)  Communication  sur  «  [organisation  de  l’hospice  »  par  M. 
foies  Larousse,  directeur  de  l'hôpital  de  Tourcoing.  C)  Commu¬ 
nication  sur  «  [influence  de  l’état  hygrométrique  sur  l’apparition 
tt  le  développemenldu  choléra  iniantite  »  par  M.  le  Decherf 
médecin  de  la  Sauvegarde  des  nourrissons.  D)  Communication 

Isnr  iiles  résultats  médicaux  de  la  Sauvegarde  des  Nourrissons  », 
ParM.  le  Docteur  Lagache,  médecin  de  la  Sauvegarde  des  Nour- 
fmsous.  Ë)  Discussion  du  rapport  sur  «  [organisation  générale 
^  w  Sauvegarde  des  Nourrissons  »  présentée  par  .M.  Victor 
w^ON,  avocat  à  la  Cour  d’appel  de  Douai,  président  du  comité 
on  Nord  de  l’Alliance  d’hygiène  sociale.  —  Après-midi,  à  deux 
*femie,  visite  de  l’hospdee,  du  bureau  de  bienfaisance,  de 
établissement  de  bains,  d’une  crèche, et  de  l’hôpital  (,siége  de  la 
^vegarde).  Samedi  22  septembre,  à  9  heures  du  matin,  présidence 
Mirman,  directeur  .des  services  de  l’Assistance  et  de  l’hy- 
^éne  publiques  au  Ministère  de  l'Intérieur.  A;  Communication 
i  N  essai  de  traitement  à  domicile  des  tuberculeux  »,  pur 

,  Julien.  B)  Communication  sur  «  [organisation  hospi- 

».  C)  Communication  sur  «  [exploitation  delà  ferme  des 
»,  par  M.  Merchier,  juge  de  paix  à  Lille,  rapporteur 
Pett  éles  agriculteurs  du  Nord.  D)  Discussion  du  rap- 

I';f  ^  ‘  »  [assistance  par  le  travail  »,  présenté  par  M.  le  doc- 

jt  Bron,  député,  maire  de  Tourcoing.  —  Après-midi,  à  deux 
^  6t  demie,  visite  du  sanatorium,  de  l’atelier  mécanique  de 

*^i8tance  par  le  travail  et  de  la  ferme  des  hospices, 
lyg^onche  23  septembre,  à  onze  heures  du  matin,  sous  la  pré- 
iS  PéésA  Gasi.mib-Perier,  ancien  président  de  la  République, 

de  l’Alliance  d’hygiène  sociale,  séance  db  clôture, 
f'  à  une  heure,  dans  la  salle  des  fêtes  de  1  Exposition. 

kl  international  d’assainissement  et  de  sa- 

I  '  jQ**  d’habitation .  —  Ce  Congrès  se  tiendra  à  Genève  du  4 
ééptembre  prochain.  Pour  tous  renseignements,  s'adresser  : 
à  .M.  Alfred  Wuarin,  secrétaire-général  du  Comité  d’or- 
***'^e*  Moulins  ;  à  Paris,  àM.  Marié-Davy,  secré- 

tle  la  Commission  permanente.  7,  rue  Brézin.  Les 
,  l^J^ons  doivent  être  adressées  à  M.  Zamhra,  trésorier,  12,  rue 
’  È  Genève.  Le  Comité  d'organisation  local  se  charge  de 


fournir  des  logements  à  prix  réduits  à  toutes  les  personnes  qui  en 
feront  la  demande.  La  demi-place  sur  les  chemins  de  fer  sera  ac¬ 
cordée  aux  membres  du  Congrès. 

Congrès  international  d’électrobiologie  et  de  radio¬ 
logie  médicales.  —  Secrétaire  général  ;  Prof.  E.  Doumer,  ùi, 
rue  Nicolas-Leblanc,  Lille.  Le  3»  Congrès  international  d’éleo- 
trobiologie  et  de  radiologie  médicales  se  tiendra,  à  Milan,  à  l’oc¬ 
casion  de  l’Exposition  universelle,  du  5  au  9  seiitembre  19Ü6.  Les 
demandes  de  billets,  ainsique  les  adhésions  au  Congrès,  doivent 
être  adressées,  avant  le  I»’’  août-,  à  M.  le  D'  Moutier,  11,  rue  Mi- 
romesnil,  Paris. 

3°  Congrès  International  pour  la  répression  de  la 
traite  des  blanches.  {Paris,  'é'J-Üà  octobre  1906. i  —  Les  coti¬ 
sations  au  Congrès  doivent  être  envoyées  à  M.  Loys  Brueyre,  tré¬ 
sorier  de  l’Association  française,  10,  rue  Pasquier,  Paris  fd»  arr.). 
Les  Comités  nationaux  sont  priés  de  faire  connaître  avant  le  R'' 
septembre  le  nom  de  leurs  délégués  et  d’envoyer  à  l’adresse  ci- 
dessus  les  cotisations  correspondantes. 


THÉRAPEUTIQUE 

La  phytine  est  indiquée  dans  tous  les  cas  où  il  s'agit  d’ac¬ 
tiver  les  échanges  phosphorés  et  de  relever  la  nutrition  générale 
de  •  l’organisme  :  Neurasthénie,  Psychasthénie,  Grossesse, 
Allaitement,  Maladies  consomptives,  Chlorose,  Anémies, 
Faiblesse  constitutionnelle.  Convalescences,  Rachitisme, 
Troubles  de  la  croissance,  etc. 

Sont  particulièrement  à  signaler  les  résultats  favorables 
obtenus  dans  le  traitement  des  pollution^  nocturnes,  de  la 
neurasthénie  sexuelle  et  de  l'insomnie  due  au  surmenage 
physique  et  intellectuel. 


NÉCROLOGIE 

Le  P  A.  HERZEN  (de  Lauzanne). 

Nous  apprenons  quele  savant  physiologiste,  Alexan- 
,dre  HERZEN.vient.ie  mourir  à  Lausanne,  Je  août, frappé 
d’une  attaque  d’apople.xie  à  Tàge  de  (57  ans.  Nous  repro¬ 
duisons  l’intéressante  notice  biographique  que  M.  (Ga¬ 
briel  Monod  consacre,  dans  le  Temps,  au  savant  profes¬ 
seur  d’origine  russe  qui,  depuis  vingt-cinq  ans,  illus¬ 
trait  l'Université  de  Lauzanne  : 

M.  A.  Herzeii,  né  le  ;5  juin  1839,  était  le  fils  du  célèbre 
publiciste,  romancier  et  homme  politique  russe  Alexan¬ 
dre  Henzen  (Iscander).  Il  se  voua  de  bonne  heure  à  la 
carrière  scientifique  et  se  fit  recevoir  docteur  en  méde¬ 
cine  à  l’université  de  Berne.  En  1862, il  prend  part  â  une  e.x- 
ploration  scientifique  en  Islande  et  au  Spitzberg,  dirigée 
par  Karl  Vogt.  En  1865,  il  fut  choisi  comme  assistant  à 
l'institut  des  études  supérieures  de  Florence  par  l’illustre 
physiologiste  Moritz  Schifif,  et  depuis  cette  époque  il 
s’est  consacré,  soit  en  collaboration  avec  SchifF,  soitpour 
son  compte  personnel,  aux  recherches  sur  le  système 
nerveux  et  sur  la  digestion.  C’est  lui  qui  a  publié  l’édi¬ 
tion  française  du  grand  ouvrage  de  Sctiiff  sur  la  Diges¬ 
tion  et  le  recueil  des  œuvres  complètes  de  Schiff,  édité 
par  les  élèves  du  maître  à  l’occasion  de  son  cinquante¬ 
naire.  Les  principales  publications  scientifiques  person¬ 
nelles  deHerzen  sont  :  Expériences  sur  les  centres  modé¬ 
rateurs  de  [action  réflexe  (1864);  Leçons  sur  la  Digestion, 
en  italien  (1877)  ;  la  Uig-esffon  stomacale  [1^^).  lia,  eu 
outre,  composé  des  ouvrages  de  vulgarisation  qui  sont 
de  petits  chefs-d’œuvre  de  lucidité  et  de  verve  :  Il  libero 
arbitrio  wmano  (  1870),  devenu,  en  français,  la  Physiologie 
de  la  volonté  (Alcan.  1878)  ;  le  Cerveau  et  l’activité  céré¬ 
brale  {Baillière, ISTS]  ;  Causeries  physiologiques  (.Alcan, 
1890).  A.  Herzen  avait  été  assistant  de  SchitTde  1805  a 
1877  ;  il  le  remplaça  en  1877  à  1  Institut  de  Florence, 
quand  Schiff  fut  appelé  à  Genève.  En  1881,  il  fut  lui- 
I  même  appelé  à  Lauzanne  comme  professeur  extraordi¬ 
naire  de  physiologie .  Il  y  devint  en  1898  professeur  or- 
1  dinaire,  après  avoir  été  undesprincipau.\  organisateurs 


558 


LE  PROGRES  MEDICAL 


de  l’école  de  médecine  de  la  nouvelle  université  créée  en 
1890.  A.  Herzen  a  pris  une  part  très  vive  dans  le  canton 
de  Vaud  aux  polémiques  relatives  à  l’organisation  de 
l’enseignement  secondaire. 

Le  succès  de  sa  brochure  sur  Y  Enseignement  secon¬ 
daire  dans  la  Suisse  romande  (1885),  où  il  préconisait  la 
division  de  l’enseignement  en  cycles,  lui  donna  l’idée 
d’exposer  son  système  à  un  point  de  vue  théorique  dans 
un  article  sur  Y  Enseignement  primaire  et  secondaire 
(18891,  qui  parut  dans  la  Revue  de  l'enseignement  supé¬ 
rieur  et  secondaire  de  Paris.  Ce  système  est,  à  peu  de 
chose  près,  celui  qui  a  été  appliqué  en  France  dans  la 
dernière  réforme  de  nos  lycées,  opérée  sous  le  ministère 
Leygues.  .A.  Herzen  s’était  occupé,  en  moraliste  et  en 
physiologiste  à  la  fois, des  questions  de  moralité  sexuelle 
qui  se  rattachent  à  l’éducation  des  jeunes  gens.  Une  ad¬ 
mirable  petite  brochure  :  Hygiène  et  moralité^  qui  a  eu 
déjà  neuf  éditions  à  plusieurs  milliers  d’exemplaires  et 
qui  a  été  traduite  dans  toutes  les  langues,  mériterait 
d’être  mise  dans  les  mains  de  tous  nos  écoliers.  La  tra¬ 
duction  allemande,  faite  par  le  célèbre  professeur  Har¬ 
nack,  a  été  officiellement  recommandée  dans  tous  les  éta¬ 
blissements  d’instruction  de  Prusse. 

A.  Herzen,  resté  fidèle  aux  idées  politiques  et  sociales 
de  son  père  (il  refusa  dédaigneusement  la  restitution 
des  biens  confisqués  à  sa  famille  en  1847,  que  lui  offrit  le 
gouvernement  d’Alexandre  111,  à  la  condition  qu’il  ex¬ 
primât  un  blâme  à  l'égard  des  idées  paternelles),  ne 
s'occupa  jamais  dè  politique  active,  il  a  seulement  pu¬ 
blié  en  1890  une  brochure  sur  \e  Peuplerusse  et  son  gou¬ 
vernement,  écrite  au  point  de  vue  libéral  constitution¬ 
nel. 

A.  Herzen  a  été  un  professeur  brillant  et  influent.  Il 
parlait  et  écrivait  avec  une  égale  aisance  le  français,  le 
russe,  l’italien,  l'anglais  et  l'allemand,  et  son  talent  de 
vulgarisateur  égalait  son  esprit  d’invention  scientifique. 
H  est  l’auteur  de  plusieurs  traductions  de  travaux  de  sa¬ 
vants  étrangers  dont  la  principale  est  celle  de  la  Phy¬ 
siologie  de  l'esprit,  de  Maudsley  (1879). 

M.  A.  Herzen  laisse  sept  fils  et  trois  filles.  L’aîné  de 
ses  fils  est  inspecteur  des  forêts  en  Italie,  le  second  mé¬ 
decin  à  Mazargan  (.Maroc), le  troisième  médecin  à  l'hôpital 
Catherine  (Moscou),  le  quatrième  ingénieur,  à  Thaon 
(Vosges),  le  cinquième,  professeur  de  droit  romain  à  l'uni¬ 
versité  de  Lausanne,  le  sixième  ingénieur  à  l’usine 
d’électricité  de  Jeumont  (Nord),  le  septième  ingénieur  à 
l’usine  Sol vay  (Bruxelles).  L’aînée  des  filles  a  épousé  M. 
Abauzit,  professeur  de  philosophie  à  Alais  (Gard);  la  se¬ 
conde  M.  Erman,  professeur  de  droit  romain  à  Münster 
[■Westphalie). 


FORMULES 


LXXV.  —  Contre  I  impétigo  chronique. 

Lavages  avec  : 

Eau  d’Alibour .  10  gr. 

Eau  bouillie .  55  gr. 

Puis,  poudrage  avec  : 

Oxyde  de  zinc . . 

Benzoate  de  bismuth . ’  ââ  10  gr. 

'  Talc  stérilisé . ) 


Funérailles  des  mii.itaires  décédés.  —  La  note  ministérielle 
suivante  règle  le  transport  des  militaires  décédés  : 

Lorsque  la  famille  demande  le  transport  immédiat  des  restes 
d(un  militaire  qui  vient  de  décéder  et  qu’elle  n’est  pas  en  mesure 
d’acquitter  les  frais,  et  si,  d’autre  part,  en  cas  d'inhumation  provi¬ 
soire,  les  réglements  de  police  sanitaire  locaux  ne  permettent  pas 
pour  des  motifs  particuliers  (par  exemple,  l’emploi  d'un  simple 
cercueil  en  bois  pour  enfermer  le  corps)  l'exhumation  avant  un 
délai  déterminé,  le  transfert  est  effectué  par  les  soins  de  l’admi¬ 
nistration  militaire,  qui  en  avance  les  frais, sans  qu’il  soit  néces¬ 
saire  d’en  référer  au  ministre. 


NOUVELLES 


Natalité  dk  Paris.  —  Du  dimanche  12  au  samedi  18  août 
1906.  les  naissances  ont  été  au  nombre  de  855,  se  décomonaan. 
ainsi  :  légitimes  675,  illégitimes  180. 

Mortalité  a  Paris.  —  Population  d’après  le  recensement  de 
1901  ;  2.660.559  habitants.  Les  décès  ont  été  au  nombre  de  84') 
savoir  :  422  hommes  et  420  femmes.  Les  décès  sont  dus  aùt 
causes  suivantes  :  Fièvre  typhoïde  (typhus  abdomin.)  :  ‘2  _ 
Typhus  exanthématique  :  0.  —  Fièvre  intermittente  et  cachexie 
palustre  :  0.  —  Variole  :  0.  —  Rougeole  ;  1.  Scarlatine  ;0. 

—  Coqneiucne  :  5.  —  Diphtérie  et  Group  :  1.  —  Grippe  :'o' 

—  Choléra  asiatique  :  0.  —  Choléra  nostras  :  0.  —  Autres 
maladies  épidémiques  :  3,  —  Tuberculose  des  poumons  :  171.— 
Tuberculose  des  méninges  :  8.  —  Autres  tuberculoses  :  14.  _. 
Cancer  et  autres  inmiars  malignes  ;  60.  —  Méningite  simple  :  21. 

—  Congestion  hémorrhagique  et  ramollissement  du  cerveau  ;  39^ 

—  Maladies  organiques  du  cœur  :  46.  —  Bronchite  aiguë  :  3I 

—  Bronchite  chronique  :  15.  —  Pneumonie  :  15.  —  Autres  affec¬ 
tions  de  l’appareil  respiratoire  :  45.  —  Affections  de  l’estomac 
icancerexc.)  :  5.  -Diarrhée  et  entérite  de  0  à  1  an  :  sein  :  15  ;  au¬ 
tre  alimentation  ;107.  —  Diarrhée  et  entérite  de  1  à2ans:  20.—  Her¬ 
nies,  obstruction  inrestinaie:  4.  —  Cirrhose  du  foie  :  21.— Néphrite 
et  mal  de  Bright;  23.  -  Tumeurs  non  cancéreuses  et  autres  ma¬ 
ladies  des  organes  génitaux  (femmes)  :  6.  —  Septicémie  puerpérale 
(fièvre,  péritonite,  phlébite  puerpérale)  ;  3.  —  Autres  accidents 
puerpéraux  de  la  grossesse  et  de  l’accoucnement  ;  3.  —  Débilité 
congénitale  et  vices  de  conformation  :  19  —  Débilité  sen  le  ;  23. 

—  Morts  violentes  :  30.  —  Suicides  :  12.  —  Autres  maladies  :  98. 

—  Maladies  inconnues  ou  mal  définies  :  13. 

Mort-nés  et  morts  avant  leur  inseriotion  :  58,  qui  se  dé  im¬ 
posent  ainsi  :  légitimes  40,  illégitimes  18 


[ÉDAiLLES  d’honneur  DES  ÉPIDÉMIES. —  Par  arrêté  du  ministre 
de  l’intérieur,  pris  en  vertu  des  décrets  des  31  mars  1885  et  22 
juillet  1899,  la  médaille  d’honneur  ou  la  mention  honorable  des 
épidémies  a  été  décernée  aux  personnes  ci-après  désignées  en  ré¬ 
compense  du  dévouement  dont  elles  ont  fait  preuve  à  l’occasion 
de  maladies  épidémiques  ;  Alpes  (Hautes-).  —  Argent.  —  M.  le 
docteur  Dozoul  (Honoré),  médecin  à  Barrême  :  en  témoignage  du 
dévouement  exceptionnel  dont  il  a  fait  preuve  à  l’occasion  notam¬ 
ment  d'une  épidémie  de  fièvre  typhoïde  observée  en  1904  et  an 
cours  de  laquelle  il  a  été  atteint  lui-même  de  la  maladie.  Isère.— 
Bronz'. —  M.  Josserand  (Louis),  infirmier  des  hospices  civils  de 
Grenoble  ;  consciencieux  dévouement  auprès  des  malades.  A  con¬ 
tracte  la  fièvre  thyphoïde  dans  l’exercice  de  ses  fonctions.M.ARNE. 
—  Bronze. —  M.  Gromer  (Jean-Eugène),  attaché  au  service  de 
désinfection  de  la  ville  de  Châlons-sur-Marne  :  s’acquitte  depuis 
dix  ans  de  son  service  avec  un  zèle  et  un  dévouement  constants. 
Nord.  —  Bronze.  — Mme  Caron,  née  Flament  (Philomène),  sa¬ 
ge-femme  à  Houplines  ;  a  fait  preuve  d’un  zèle  et  d’un  dévouement 
de  tous  les  instants  au  cours  d’une  grave  épidémie  de  lièvre  ty¬ 
phoïde  observée  dans  cette  commune.  —  P.as-de-Calais. 
Bronze.  — M.  le  docteur  Desuet  (Lucien-Henri-Joseph),  méde¬ 
cin  à  Hersin-Coupigny  :  s’est  distingué  par  son  activité  et  son 
dévouement  tant  auprès  des  malades  qu’au  point  de  vue 
lactique  pour  combattre  diverses  épidémies,  notamment  de  he'^ 
typhoïde,  observées  dans  cette  commune.  Seine.  —  Argent.  ^ 
M.  le  docteur  Tollemer  (Louis- Alexandre),  chef  du  laboratoire 
diphtérie  à  l’hôpital  Bretonneau(titulaire  de  la  médaille  de  .’ 
1902).  — fiiwi-e.  —  M.  Boinot  (Georges),  interne  à  l’hôpital 
rold  ;  M.  Roussel  (Lucien-René-Charles),  externe  à  ■  *, 

la  Pitié  ;  M.  Avenier  (René-Jean-Pierre), externe  hôpital  ba 
Antoine;  M.  Cottard  (Henri-'Victor-Félix),  externe  ^  j 

Saint-Antoine  ;  M.  Denéchau  (Désiré-Marie-Joseph),  m‘®f 
l’hôpital  des  Enfants-Malades  ;M.  Duru  (Léon-Théodore),  ex 
ne  à  l’hôpital  Lariboisière  ;  M.  Jais  (Joseph-Gaston-Jules),  ,, 

bénévole  à  l’hôpital  Lariboisière  ;  M.  Kuts  iGeorge^Eu®  •  ' 
interne  à  l’hôpital  Lariboisière  ;  M.  Chartier  (Marius-Paut-ri 
interne  à  l’hôpital  des  Enfants-Malades  ;  M.  Halbron 
rice),interne  à  l’hôpital  Trousseau  ;  M.ChastagnoljGaston-. 
interne  provisoire  à  l’hôpital  Boucicaut  ;  M.  Boivin  '  .  y  (jol 
seph),  interne  provisoire  à  l’hôpital  des  Enfants-Malades  ■  ■  '  ; 

lin  (.Tean-Baptiste-André),  interne  provisoire  à  ,ssais  ! 

M.  Faugeron  (François-Louis),  externe  à  l’hôpital  B''®  y  pj. 
Mlle  Bourdereau  (Elise), fille  de  service  à  l’hôpital  ,  .’j  .  '  M- 
not  (Gaston-Félicien-Abel),  serveillanf  à  l’hôpital  gaiiit- 

Méraudet  (Jules-Eugène), garçon  d’ampithéâtre  à  l’hopita 
ouis  ;  Mme  Merlier,  née  Baroli  (Marie),  concierge  ^ 

sairé,  rue  Gauthey,  43  ;  Mlle  Kervoal  (Sarah-Marie-Fmi^^^^’.jjgl 
firmiéreà  rhôpitaï  Saint -Antoine  ;  Mme  Degaufrant,  E.  de 

(Louise- Joséphine),  iulirmiére  à  l’hôpital  Hérold  :  seP" 

leur  dévouement,ont  contracté  des  maladies  contagieu.s^^^  pob>o 
ticémiques  dans  l’exercice  de  leur  fonctions.  M .  le  docte 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


559 


-jjg|  médecin  aide-major  de  la  compagnie  des  sapeurs-pompiers 
j^antin  :  soins  donnés  à  des  malades  atteints  d’affections  con- 

t»giens;s. 

gaRvicE  SANITAIRE  MARITIME. —  Médaüles  d' Argent. —  M.  le  doo^ 
j,Clair(Victor-Frank),  médecin  sanitaire  maritime  au  service  des 
«essai'eries  maritimes  :  en  témoignage  du  dévouement  dont  il  a  fait 
reuve  dans  l’exercice  de  ses  fonctions,  notamment  en  procédant 
i  de  nombreuses  et  utiles  observations  tant  au  point  de  vue  clini- 
gae  qu’au  point  de  vue  prophylactique.  M.le  docteur  Raybaud  (An- 
dioine-Marie),  médecin  à  Marseille  :  a  prêté  depuis  plusieurs  an¬ 
nées  à  l’administration  sanitaire  un  concours  dévoué  et  efficace 
pour  la  recherche  et  l’examen  bactériologique  des  rats  suscepti- 
^es  d’importer  ou  de  transmettre  la  peste.  M.  le  docteur  Vigné 
(Charles),  médecin  sanitaire  maritime  ;  s’est  signalé  par  son  dé¬ 
vouement  en  cette  qualité,  notamment  à  bord  d’un  paquebot  con¬ 
taminé  de  fièvre  jaune.  Inde  française.  — Argent.  —  M.  Dela- 
fflourd,  officier  de  santé  indigène,  chargé  du  service  sanitaire  de 
Chandernagor  ;  M.  Kirode  Chondor  Pâlit,  médecin  indigène  à 
Chandernagor;  M.  Chondor,infirmier  chef  de  l’hôpital  Margain. 
Bronze.  —  M.  Oury,  infirmier-major  de  l’hôpital  Margain  ;  M. 
Achour,  infirmier,  chargé  de  la  pharmacie  de  l’hôpital  Margain. 
Se  sont  distingués  au  cours  de  l’épidémie  de  peste  observée  à 
Chandernagor  en  1905  avec  un  zèle  et  un  dévouement  d’autant 
plus  méritoires  pour  des  indigènes  que  leur  race  oflrait  une  pré¬ 
disposition  marqué  à  la  maladie. 

Trousseau  pour  l’école  du  servicé  de  santé  de  Lyon.—  Le 
prix  du  trousseau  des  élèves  qui  entreront  à  l’école  du  service 
de  santé  militaire  en  1906  est  fixé  à  996  fr.  99. 

Ecole  d’appi.ication  nu  service  de  santé  militaire.  —  Le 
médecin-major  de  2'  classe  Picqué,  surveillant  à  l’Ecole  d’appli¬ 
cation  du  service  de  santé  militaire  du  ’V’al-de-Gràce,  est  nommé 
professeur  agrégé  de  la  chaire  d’anatomie  chirurgicale  (opérations 
et  appareils)  à  cet  établissement. 

Le  médecin-major  de  2®  classe  Tanton,  de  l’hôpital  militaire  du 
Dey  à  Alger,  est  nommé  professeur  agrégé  de  la  chaire  de  chirur¬ 
gie  d’armée  (blessures  de  guerre)  à  l’école  du  Val-de-Grâce. 

Commission  supérieure  d’hygiène.  —  La  Commission  supé¬ 
rieure  des  médecins  civils  et  militaires,  instituée  par  le  décret  du 
31  mai  1904,  ayant  démontré  sa  haute  utilité  en  se  livrant  à  des 
étades  très  approfondies  sur  des  questions  d’hygiène  et  d’épidé¬ 
miologie,  le  ministre  de  la  guerre  a  fait  signer  un  décret  aux  ter¬ 
mes  duquel  le  nombre  des  membres  est  porté  de  13  à  17,  dont 
9  médecins  civils  et  8  médecins  militaires.  La  Commission  com¬ 
prendra  ainsi  les  compétences  les  plus  variées  et  l’examen  des 
questions  soumises  à  ses  délibérations  n’en  sera  que  plus  complet 
et  plus  rapide. 

Méningite  cérébro-spinale  a  Toulon.  —  Deux  soldats  du 
3'  régiment  d’artillerie  coloniale  ont  été  atteints  de  méningite 
cérébro-spinale  et  ont  été  transportés  à  l’hôpital  dans  un  état  très 
grave. 

Le  choléra  A  Berlin.  —  Une  dépêche  adressée  au  Matin  de 
uerlinà  la  date  du  22  août  annonce  qu’une  fillette  de  huit  ans,  Eli¬ 
sabeth  Weimann,  est  morte  du  choléra,  à  Berlin.  Le  corps  a  été 
saisi  pour  en  permettre  l’autopsie.  L’appartement  a  été  désinfecté 
P^la  police  municipale  et  l’école  a  été  interdite  aux  frères  de  la 
aefunte.  De  sévères  mesures  ont  été  prises,  qui  excluent  tout  dan- 
vfll  propagation  du  fléau.  Néanmoins,  l’émotion  est  grande  en 

j,^^ήPECIN  inspecteur  de  LA  MoRGUE .  —  Le  P®  Thoinot  qui, 
rait  déjà  succédé  au  docteur  Brouardel  comme  professeur  de  mé- 
nS”®  à  la  Faculté  de  médecine,  vient  d’être  nommé  par  le 
de  police  médecin  inspecteur  de  la  Morgue,  en  remplace- 
ent  de  l’éminent  médecin  légiste. 

déd  Asie-Mineure.  r-  En  raison  de  la  peste  qui  s’est 

PenH  à  Trébizonde,  la  Compagnie  du  Lloyd  autrichien  a  sus- 
r’’  au  jusqu’à  nouvel  ordre  son  service  pour  cette  ville. 

g  ^P'ÉTÉ  d'oTOLOGIE,  RHINOLOGIE  ET  LARYNGOLOGIE .  —  La 

leté  française  d’otologie,  laryngologie  et  rhinologie  ayant  de- 
émi  ^  reconnue  d'utilité  publique,  le  Conseil  municipal  a 
Sun  avis  favorable  à  cette  demande. 
tu^^'PRÉFECTURES  HOPITAUX.  —  Dans  la  séance  d’aujourd'hui  le 
général  des  Côtes-du-Nord  a  émis  un  vœu  tendant  à  la 
des  sous -préfectures  dans  le  délai  d’un  an  et  l’affec- 
des  immeubles  à  l’hospitalisation  des  vieillards  et  infir- 

t*.q^.*^.*‘ENT  E.  Duclaux.  —  Le  conseil  général  de  la  Charen- 
ittaujg’^j®are  sous  la  présidence  de  M.  Combes,  a  rejeté  une  de- 
Duçj^^de  souscription  pour  le  monument  à  érigera  M.  Emile 

DES  ÉGLISES.  — On  doit  recommander  aux  amateurs 
mresque  la  lecture  d’une  thèse  soutenue  devant  l’université 


de  Bahia  (Brésil)  par  M.  Othon  Château,  et  traitant  de  l’hygiène 
des  églises.  Les  conclusions  de  l’auteur  sont  les  suivantes  ; 

1“  Construire  des  églises  simples,  sans  nefs  latérales,  ni  abon¬ 
dance  de  chapelles  et  d’autels.  2°  Bannir  tapis,  rideaux,  tentures 
funèbres,  ornements"  de  gaze  et  de  papier  coloré.  —  3“  Employer 
des  chaises  en  fer  ou  en  bois,  faciles  à  laver.  —  4“  Installer  l’é¬ 
lectricité  partout  ou  c’est  possible.  —  5°  Ouvrir  les  fenêtres,  les 
portes,  les  vitraux  au  moins  pendant  les  cérémonies. 

6“  Supprimer  les  «  tambours»  des  portes.  —  7“  Placer  aux  en¬ 
trées  des  racloirs  métalliques  pour  débarrasser  les  chaussures  des 
impuretés  les  plus  grosses. —  8“  Tousles  jours  ou  après  les  gran¬ 
des  fêtes,  arroser  avec  des  solutions  antiseptiques  puis  balayer. On 
peut  employer  la  méthode  conseillée  par  les  évêques  Jano  et  Emi- 
lio,  sciure  de  bois  imbibée  desublimé  à  1  ou  3  p.  100.  —  9“  Pla¬ 
cer  près  des  autels,  des  piliers, partout  enfin,  des  crachoirs  élevés 
qu’on  lavera  tous  les  jours. 

10“  Placer  des  écriteaux  bien  en  vue, avec  cette  mention  in  Res¬ 
pectez  la  loi  du  Seigneur,  ne  crachez  pas  par  terre  ».  —  11“  Laver 
les  boiseries  au  sublimé.  —  12° Supprimer  les  confessionnaux  ou 
bien  les  laver  au  sublimé, au  savon  et  à  la  lessive  dépotasse. —  13“ 
Employer  les  bénitiers  de  Bruns  ou  de  Dalpiavaz  qui  sont  les  plus 
hygiéniques  ;  les  vieux  bénitiers  seront  vidés  une  fois  par  semaine, 
lavés  au  sublimé  ou  à  la  potasse,  suivant  la  matière  dont  ils  sont 
faits.  On  les  munira  d’un  couvercle  en  métal.  —  14o  Défendre  de 
baiser  lesreliques,  les  statues,  etc. —  lô»  Sectionner  ces  prescrip¬ 
tions  par  l’établissement  d’amendes.  (Trtôuue  méd.  4  août). 

.Médecin  CONSEILLER  général.  —  Dans  le  canton  de  Ghantan- 
nay  ('Vendée),  le  D^Ouvard,  conservateur,  a  été  élu  conseiller 

Clinique  des  maladies  cutanées  et  syphilitiques.  Cours 
pratique  et  complet  de  dermatologie  et  vénéréologie.  — Ce  cours 
aura  lieu  du  15  octobre  au  20  décembre  1906,  sous  la  Direction 
de  M.  le  Professeur  Gaucher,  avec  le  concours  et  la, 
collaboration  de  MM .  Balzer,  Médecin  de  l’hôpital  Saint-Louis 
ancien  Chef  de  Laboratoire  de  la  Faculté;  De  Beurmann,  Méde¬ 
cin  de  l’hôpital  Saint-Louis,  ancien  Chef  de  clinique  de  la  Fa- 
cullé;  Gastex,  Chargé  du  cours  d'oto-rhino-laryngologie  à  la  Fa¬ 
culté;  Queyrat,  Médecin  de  l’hôpital  Ricord,  ancien  Chef  de  Clini¬ 
que  de  la  Faculté;  Hudelo,  Médecin  des  hôpitaux,  ancien  Chef 
de  clinique  de  la  Faculté  à  l’hôpital  Saint- Louis;  Morestin,  Agrégé 
de  la  Faculté,  Chirurgien  des  hôpitaux:  Gastou,  Chef  du  labo¬ 
ratoire  de  l'hôpital  Saint-Louis,  ancien  Chef  de  clinique  de  la  Fa¬ 
culté  ;  Emery  ancien  Chef  de  clinique  de  la  Faculté  à  l’hôpital 
Saint-Louis;  Edmond  Fournier,  Chef  de  laboratoire  à  l'hôpital 
Saint-Louis,  ancien  chef  de  clinique  de  la  Faculté  ;  Milian, Méde¬ 
cin  des  hôpitaux,  ancien  Chef  de  clinique  de  la  Faculté  à  l’hôpital 
Saint-Louis;  Terrien,  Ophtalmologiste  des  hôpitaux,  ancien  chef 
de  clinique  de  la  Faculté;  Lacapère,  ancien  Chef  de  clinique  de 
la  Faculté  à  l’hôpital  Saint-Louis  ;  Cathelin,  Chef  de  Clinique  de 
la  Faculté  à  l'hôpital  Necker;  Paris,  ancien  Chef  de  clinique  de 
la  Faculté  à  l'hôpital  Saint-Louis;  Sabatié,  Chef  de  Clinique  de 
la  Faculté  à  l’hôpital  Saint-Louis. 

Le  cours  sera  complet  en  quatre-vingt-dix-huit  leçons.  Il  aura 
lieu  tous  les  jours,  deux  fois  par  jour,  excepté  les  dimanches  et 
fêtes,  à  deux  heures  et  à  trois  heures  et  demie  de  l’après-midi,  à 
l’hôpital  Saint-Louis, dans  l’Amphithéâtre  de  la  Clinique,sauf  les 
leçons  de  M. Cathelin, qui  seront  faites  à  l’hôpital  Necker,  dans  le 
service  de  M.le  professeur  Guyon.  Il  commencera  le  lundi  15  octo¬ 
bre  1906  et  finira  le  jeudi  20  décembre  1906.Ce  cours  sera  essentiel¬ 
lement  pratique,  et  portera  surtout  sur  le  diagnostic  et  le  traite¬ 
ment.  Toutes  les  démonstrations  seront  accompagnées  de  présen¬ 
tations  de  malades,  de  moulages  du  musée  de  l'hôpital  Saint- 
Louis  et  de  préparations  microbiologiques  ou  histologiques.  L’ap¬ 
plication  des  médications  usuelles  (frotte,  douches,électricité, sca¬ 
rifications,  épilation,  électrolyse, photothérapie,  radiothérapie, etc.) 
sera  faite  devant  les  élèves.  Un  horaire  détaillé  sera  distribué  à 
chacun  des  auditeurs.  Des  certificats  d’assiduité  et  d’instruction 
pourront  être  délivrés  aux  auditeurs  à  la  fin  du  Cours. 

Programme  et  répartition  des  cours. —  MM.  Gaucher:  Lé¬ 
sions  élémentaires  de  la  peau.  Matière  médicale  dermatologique  et 
médication  hydrominérale.  —  Balzer  :  Eczéma.Impétigo.Ecthy- 
ma.  — De  Beurmann  ;  Psoriasis.  Lupus.  Tuberculoses  cutanées. 
Traitement  du  lupus.  —  Gastex  :  Syphilis  du  nez,  du  larynx  et  de 
l’oreille.— QuEYRATtBlennorrhagie  aiguë. Blennorhagie  chronique. 
Complications  et  traitement  de  la  blennorrhagie.  Les  Balano-posthi- 
tes  Herpès. Végétations.  Phimosis.  Chancre  mou.  Chancre  syphiliti¬ 
que. — Hudelo  :Gale,  Erythèmes, Urticaire. Prurits  et  Prurigo.  Li¬ 
chens.  Pityriasis. Pemphigus. —  Morestin:  Chirurgiedu lupus,  des 
nævi  et  des  tumeurs  de  la  peau.  Opérations  esthétiques.  Cancer  de 
la  verge,—  Gastou  :  Maladies  parasitaires  du  cuir  chevelu  :  Teigne 
tondante  et  Favus.  Pityriasis  versicolor.  Erythrasma.  Examendes 
cheveux  et  des  poils  dans  les  maladies  parasitaires.  Diagnostic 
dermatologique  par  les  méthodes  de  laboratoire  :  Examen  des 
squames,  sérosités,  sang,  pus.  Anatomie  pathologique  générale 


LE  PROGRES  MEDICAL 


des  maladies  de  la  peau.  Electrothérapie  et  Radiothérapie.  Petite 
chirurgie  dermatologique: — Emery  :  Traitement  de  !a syphilis. — 
Edmond  Fournier  :  Syphilissecondaire.Hérédo-syphilis,  Syphilis 
et  grossesse.  —  Milian  ;  Syphilis  tertiaire  :  Syphilides  tuberculeu- 
•ses  ;  syphilides  ulcéreuses  ;  gommes  ;  ulcères  de  jambes.  Syphilis 
de  la  langue,  du  voile  du  palais,  des  amygdales,  du  pharynx,  du 
testicule  et  des  os.  Syphilis  cérébrale.  Syphilis  médullaire.  Para- 
syphilis  :  Neurasthénie.  Paralysie  générale.  Tabès. —  Terrien  : 
Syphilis  oculaire.  —  Lacapère  :  Pelade  et  Alopécies.  Derma¬ 
toses  congénitales.  Sclérodermie.  Séborrhées  et  acnés.  Eczéma 
acnique.  Folliculites  suppurées.  Dyshidrose.  Lèpre.  Leucoplasie. 
Cathelin  :  Complications  génito-urinaires  chirurgicales  de  la 
blennorrhagie  chez  l’homme  :  Prostatites.  Cystites.  Abcès  uri- 


suppurées.  Traitement  des  i 


l’urèthre.  —  Paris  ;  Phthiriase.  Zona.  Dystrophies  pigmentaires. 
Purpura.  Morve  et  Farcin  Actinomycose.  Eléphantiasis. —  Saba¬ 
tié  :  Dermites  artificielles.  Tumeurs  de  la  peau. 

Un  cours  semblable  a  lieu  deux  fois  par  an  :  le  premier  en  Mai, 
.luin  et  Juillet,  le  second  en  Octobre.  Novembre  et  Décembre. — 
Le  droit  à  verserest  de  I.jO  francs.  —  Seront  admis  les  Docteurs 
et  Etudiants  français  et  étrangers,  sur  la  présentation  de  la  quit¬ 
tance  du  versement  du  droit  et  de  {a  carte  d’immatriculation.  Les 
Bulletins  de  versement,  relatifs  à  ce  cours,  seront  délivrés  au  Se¬ 
crétariat  delà  Faculté  (Guichet  n”  3),  les  Mardis,  Jeudis, Samedis, 
de  midi  à  3  heures.  Pour  renseignements  complémentaires,  s’a¬ 
dresser  le  matin  à  la  clinique  (Hôpital  Saipt-Louis). 

Nécrologie.  —  Nous  avons  le  vif  regret  d'annoncer  la  mort  de 
M.  le  D’’  GuYor,  sénateur  républicain  du  Rhône.  Né  à  Saint- 
Dizier  (Haute-Marne),  en  1830,  docteur  en  médecine,  il  fit  la 
campagne  de  1870  en  qualité  de  chirurgien-major.  Elu  à  l’Assem- 
■  blée  nationale  en  1873,  réélu  en  1876,  il  fît  partie  des  363.  Il  fut 
encore  réélu  en  1877  et  en  1881.  M.  Guyot  quitta  la  Chambre  pour 
le  Sénat.  Il  fut  élu  sénateur  du  Rhône  en  1882  et  réélu  aux 
renouvellements  partiels  de  1891  et  de  1900.  Il  appartenait  au 
groupe  de  la  gauche  démocratique. Les  obsèques  civiles  ont  eu  lieu 
à  Saint-Georges-ds-Reneins  (Rhône),  le  dimanche  19  août. 
(D’après  le  Temps).  —  Nous  avons  le  vif  regret  d’annoncer  la  mort 
du  Pr  Morache,  de  Bordeaux,  ancien  médecin  inspecteur  du 


BULLETIN  BIBLIOGRAPHIQUE 

EN  VENTE  AUX  BUREAUX  DU  PROGRÈS  MEDIC.iL 
li  )-ue  des  Carmes . 

BOURNEVILLE.  —  Traitement  médico-pédagogique  ^es 
différentes  formes  de  l'idiotie.  In-8“  de  136  pages  avec  Si 

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Pour  nos  abonnés .  ;j 

BOURNEVILLE.  —  Recherches  cliniques  et  thérapeu¬ 
tiques  sur  l'épilepsie,  l’hystérie  et  1  idiotie.  Compte  rendu 
I  du  service  des  enfants  idiots,  épileptiques  et  arriérés  de  Bicêtre  « 
I  Vallée  pendant  l’année  1904,  avec  la  collaboration  de  MM.  Dn- 


:and,  Friedel  et  Perrin.  Vol.  de  314  pages  avec  17  fig.  Tome  XXV 

Prix .  7  f,  ' 

Pour  nos  abonnés .  5  f, 

BOURNEVILLE.  —  Les  enfants  anormaux  au  point  de 
vue  intellectuel  et  moral.  In-18  de  24  pages.  Prix  :  pour  nos 
ibonnés  (  franco) .  0  fr.  50 


Ginestous  et  Coullauo. 
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louLLAuo.  —  La  vision  des  tii 


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ère  ("G.).  —  Le  saturnisme.  1  vol.  in-S”  de  260  pages. 
Librairie  A  MALOIXE 
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3  (F.).  —  L’œil  diathésique.  1  vol.  in-18,  de  266  pages 


:,  membre  associé  de  l'Académie  de  méde-  Prix .  4  fr. 


cine.  Professeur  de  médecine  légale,  M.  Morache  était  un  de  ce 
rares  professeurs  qui,  à  l'exemple  de  MM  Brouardel  et  Lacassa 
gne,  se  préoccupait  des  questions  professionnelles  et  de  l’aveni 
des  praticiens.  Il  avait  écrit  il  y  a  quelques  années  un  intéressai 
petit  livre  sur  la  Profession  médicale  qui  montrait  l’intérêt  qu’ 
portait  à  ses  confrères.  —  Nous  apprenons  encore  la  mort  d 
M.  le  D’’  Gouraud,  ancien  médecin  des  hôpitaux  de  Paris.  - 


xwuo  avons  le  regret  d'annoncer  la  Wimc  iv-o  - -  .  . . .  „„  ... -  - 

Guillarmou,  médecin  de  la  marine  en  retraité  ;  Auret,  de  Saint-  Lagarde.  —  La  prothèse  par  les  injections  de  paraffine.  1 

Laurent-d’Aigouze  ;  Pallier,  de  Saint-Quay-Portrieux  ;  Roger  in-18  de  260  pages.  Prix .  4  fr. 

Maillard,  d’Andernos,  mort  de  diphtérie,  victime  du  devoir  pro-  Icard.  —  Le  signe  de  la  mort  réelle.  1  vol.  in-18  de  290 
fessionnel  ;  Fredet,  de  Saint-Chamond.  Prix .  4  fr. 

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jrêt  qu’il  Gautrelet  (E.).  —  Physiologie  urosémiologique.  1  vol.  in-ln 

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Paris.  —  PiLLiET  (E.|.  —  Maladies  des  voies  urinaires,  interrogatoire, 


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Laurent-d’Aigouze  ;  Pallier,  de  Saint-Quay-Portrieux  ;  Roger 
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fessionnel  ;  Fredet,  de  Saint-Chamond. 


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préparé  spécialement  pour  BÉBÉS  et  ENFANTS  de  2  mois 
à  15  ans,  vrai  spécifique  de  la  CONSTIPATION.  Précieux  dans 
grippe,  bronchite,  coqueluche,  impétigo,  helminthiase, 
état  convulsif,  et  toutes  maladies  ou  indispositions  dans  les¬ 
quelles  un  laxatif  est  nécessaire. 

B  de  2  mois  à  2  ans  :  1  cuillerée  à  café  par  jour. 

I  de  2  ans  à  5  ans  :  1  cuillerée  à  dessert  par  jour, 

I  de  5  ans  à  15  ans  :  1  cuillerée  à  soupe  par  jour. 

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pour  leurs  enfants,  car  le  meilleur  des  dépuratifs  est  encore  un 
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Le  Sebumbaoille.  microbe  de  la  calvitie 
découvert  par  M.  Louis  DEQUetANT.  pharmacien.  ^ 
de  Clignancourt,  Paris.  (Mémoires  déposes  à  l’Aca®®® 
Médecine,  23  mars  1897, 8  mai  1898).  L'extrait  de  ces  Memoi  ^ 
est  adressé  gracieusement  a  tous  les  médecins  qm  *  ^ 
feront  la  demande.  Renseignements  gratuits  et  prix  «  / 
pour  tous  les  memores  du  corps  médical. 

Le  Rédacteur-Gérant  :  Boornbvills^ 
Imprimerie  Daix  frères  et  Thiron,  Clermoet  (Ois*)- 


35.  année.  3”  SERIE.  T.  XXII.  N'  36 


BUREAUX  :  RUE  DBS  CARMES,  14 


S  SEPTEMBRE  1906 


Le  Progrès  Médical 


SOMMAIR—  '•  Thér.^peutique  :  Traitement  de  certains  cas  de 
neurasthénie  par  le  fer,  par  Lemoine.  —  Hygiène  publique  ; 
De  la  législation  française  en  matière  de  logements  insalubres, 
élat  actuel,  réformes  nécessaires,  par  Fillassier.  —  Bulletin  : 
Valeur  nutritive  et  valeur  marchande  des  aliments,  par  Cornet. 
_  Revue  d’urologie  clinique  :  Urologie  et  séméiologie,  par 
Huguet.  —  Bibliographie  :  Traité  d’hygiène  de  P.  Brouardel 
etE.  Mosny,  par  Anthony,  Dupré,  Ribierre,  Brouardel,  Bou- 
lay.  Morax  et  Lafeuille  ;  De  Tapepsie,  par  Français  ;  Etude  sur 
le  peœphigus  congénital  à  kystes  épidermiques,  par  Grandjean  ; 
Anatomie  sur  le  vivant,  guidepratique  des  repères  anatomiques, 
par  Bruandet  ;  Notes  et  observations  de  médecine  légale,  par  Le- 


gludic.  —  Intérêts  professionnels  :  Les  services  de  médecine 
publique  et  le  syndicat  des  médecins  du  Rhône.  —  Varia  : 
Le  service  de  santé  aux  grandes  manœuvres  de  1906  ;  Ancienne 
Faculté  de  médecine  de  la  rue  de  la  Bùoherie  et  la  Commission 
du  Vieux-Paris  ;  La  désaffectation  de  Thôpital  Andral  ;  L’an¬ 
cien  hôpital  et  l’ancien  cimetière  de  la  Trinité  ;  Exercice  illégal 
et  escroquerie.  —  Les  congrès  :  Le  congrès  international  des 
étudiants  ;  Congrès  national  d’hygiène  et  de  salubrité  publique 
à  Marseille  ;  Congrès  d’hygiène  et  d’assistance  ;  Congrès  italien 
de  médecine  interne  ;  IIP  congrès  international  pour  la  répres¬ 
sion  de  la  traite  des  blanches  ;  Voyages  d’études  médicales.  — 
Formules.  — Nouvelles.  —  Bulletin  bibliographique. 


THÉR.\PEÜTIQUE 


Traitement  de  certains  cas  de  neurasthénie 
par  le  fer  ; 

Par  le  Prof.  LEMOINE. 


Le  fer  joue  un  rôle  considérable  dans  la  transforma¬ 
tion  de  l'hémoglobine  en  oxvhémoglobine,  alors  capa¬ 
ble  d'amener  l'oxygénation  (îes  cellules  dans  l’intimité 
des  tissus.  Le  système  nerveux  est  l’élément  noble  de 
loiganisme,  car  c’est  lui  le  régulateur  de  toutes  les 
fonctions  importantes  :  sécrétoire,  glandulaire,  trophi- 
ine,  etc.  Il  est  actuellement  démontré  que  les  organes 
ÎJii  fonctionnent  le  plus  sont  ceux  qui  ont  besoin  d’une 
ïie  plus  active  et  partant  d'une  oxygénation  plus  in¬ 
tense. 

Lorsqu'il  se  produit  une  altération  de  l'hémoglobine 
*1  particulièrement  un  appauvrissement  de  sa  teneur 
®  fer,  les  éléments  intimes  des  tissus  sont  en  souffrance 
«  les  premiers  à  en  subir  les  conséquences  sont  les 
éléments  les  plus  sensibles,  c’est-à-dire  les  cellules  ner¬ 
veuses. 


l'organe  noble  aura  repris  normalement  ses 


souffrir,  la  machine 
établira  aussitôt  dans 
qui  ne  cessera  que 


.  Que  le  système  nerveux  vienne  à 
niuaine  sera  «  détraquée  »  ;  il  s’él 
‘/'fganisme  un  état  ”  ’  ’ 

wil: 

Que  ce  défaut  d’oxydation  dû  à  une  insuffisante 
J^tiléde  fer  dans  le  sang  et  les  viscères  vienne  à  se 
onger,  igg  troubles  légers  et  intermittents  qui  se 
pl,  *  ^®fent  dès  le  principe  ne  feront  qu’augmenter  de 
®A  plus. 

nctiondufer  sur  le  système  nerveux  estrendue  plus 
par  l’étude  de  l’histoire  clinique  de  certains 
Pathologiques.  Elle  est  éminemment  congestive, 
qui  explique  que  les  préparations  martiales 
vivvo  aggravation  des  symptômes  d’excitation 
byjj^^^vtaiDs  nerveux  déjà  surexcités,  par  exemple,  les 
les  paralytiques  généraux, 
ïs^.tvnvaux  de  Féré  sont  assez  probants  pour  qu’on 
lettre  en  doute  l’action  bienfaisante  du  fer 
hle  j^ffuitement  des  épileptiques  à  constitution géné- 
Êig^'olie. 

•toscas  dégoutté  ou  de  rhumatisme  chronique 


asthénique  ont  été  guéris  par  les  ferrugineux,  ce  qui 
pourrait  paraître  paradoxal  puisque  les  manifestations 
viscérales  ou  articulaires  de  ces  mômes  maladies  ont 
été  peu  influencées  par  ce  mode  de  traitement.  On  peut 
dire  que  la  médication  martiale  semble  efficace  toutes 
les  fois  que,  le  système  nerveux  étant  atteint,  le  sujet 
est  devenu  asthénique. 

G.  Sée  n’est  guère  partisan  de  la  médication  martiale 
dans  les  différents  genres  d’épuisement  nerveux  :  «  11 
n’y  a,  dit-il,  de  règle  absolue  que  pour  les  indications 
thérapeutiques  qui  excluent  formellement  de  la  médi¬ 
cation  ferrugineuse  toutes  les  pseudo-anémies,  à  sa¬ 
voir  : 

1»  Les  inanitions  atmosphériques  ou  alimentaires  ; 

2°  Tous  les  genres  à' épuisement  musculaire,  ner¬ 
veux,  sécrétoire  ». 

Axenfeld  et  lluchard  recommandent  au  contraire  les 
ferrugineux  chez  les  neurasthéniques  anémiques  : 

«  Mais  il  importe,  disent-ils,  de  ne  pas  oublier  que 
dans  les  cas  où  l’irritation^spinale  est  sous  ladépendance 
d’un  état  anémique,  le  traitement  hydrothérapique  de¬ 
vra  être  dirigé  principalement  contre  Tanémie,  cause 
principale  de  la  maladie  ;  on  trouve  en  outre  souvent 
l'indication  d'associer,  à  ces  différents  moyens,  les 
ferrugineux  et  les  toniques.  » 

Dans  le  Traité  des  maladies  nerveuses  de  Kraft-Ebing, 
je  lis  :  «  Vu  que  nous  ne  connaissons  que  très  peu  les 
changements  chimiques  les  plus  subtils  qui  se  passent 
dans  notre  système  nerveux  et  qui  sont  peut-être  la 
cause  delà  neurasthénie,  ou  que  nous  ne  savons  seu¬ 
lement  que  d’une  façon  imparfaite  quel  est  l’effet  de 
nos  médicaments  journellement  prescrits,  nous  devons 
nous  contenter  de  l’empirisme.  Les  toniques  les  plus 
usuels  sont  :  fe/er,  l’arsenic,  lequinquina, le  phosphore, 
le  zinc.  Il  seraittrès  difficile  de  donner  leurs  indications 
spéciales  ». 

Les  premiers  cas  que  j’ai  observés  l’ont  été  également 
au  point  de  vue  empirique,  mais  j’ai  eu  ensuite  l’occa¬ 
sion  de  rencontrer  en  ville  et  à  l’hôpital  toute  une 
série  de  neurasthéniques  on  le  fer  a  donné  d’excellents 
résultats  ce  qui  m’a  permis  de  me  faire  une  opinion  ra¬ 
tionnelle  sur  ce  sujet. 

Darmi  les  observations  que  j’ai  eu  l’honneur  de  pu¬ 
blier,  il  eu  est  qui  ont  trait  à  des  neurasthéniques  ané¬ 
miques  :  il  en  est  d’autres  où  l’anémie  ne  pouvait  être 


502 


l.Iî  PROGRÈS  MEDICAL 


en  cause  ;  du  reste  dans  les  observations  de  neurasthénie 
s'accompagnant  d’anémie,  traitées  et  guéries  par  les  fer¬ 
rugineux,  l'étatanémiquen’a jamais  été  bien  accentué, 
incapable,  par  lui-même  d’amener  un  état  sérieux  de 
dépression  physique  ou  psychique. 

Les  préparations  ferrugineuses  que  j’ai  employées 
sont  le  protoxalatedefer  et  le  ferroplasma,  jen’ai  eu  qu'à 
m’en  louer.  Mais  en  même  temps  que  je  prescrivais  les 
ferrugineux,  j'avais  bien  soin,  d'ordonner  l’acide  chlo¬ 
rhydrique  pour  favoriser  l’assimilation  du  fer  et  activer 
la  digestion  de  ces  malades,  presque  toujours  hypochlo- 
rhydriques. 

Ce  traitement  était  complété  par  l'usage  d'eaux  mi¬ 
nérales  ferrugineuses  comme  celles  d’Orezza,de  Bussang, 
de  Spa.  Les  eaux  minérales  qui  conviennent  le  mieux 
à  ces  états  neurasthéniques  sont  sans  conteste  celles  de 
Saint-Parize  (source  des  Vertus),  car  elles  contiennent 
en  même  temps  que  le  fer,  des  sels  de  chaux  et  de  manga¬ 
nèse  qui  les  rendent  laxatives,  ce  quifait  qu’elles  ne  cons¬ 
tipent  pas,  mais  au  contraire  facilitent  la  régularité  des 
selles  (1). 

N  A  RC  Y  L  G  R  EM  Y  médicament  spécifi¬ 
que  de  la  toux,  spécialement  de  la  toux  des  tu¬ 
berculeux. 


HYGIÈNE  PUBLIQUE 

De  la  législation  française  en  matière  de  loge¬ 
ments  insalubres.  Etat  actuel.  Réformes  né¬ 
cessaires  (2)  ; 

Par  M.  Alfred  FILi-ASSIER, 

Docteur  en  droit  et  D'  en  médecine. 

Il  ne  nous  appartient  pas  de  démontrer  aux  membres 
du  IP  Congrès  international  de  l’Assainissement  et  de 
la  Salubrité  de  l’habitation  l’influence  que  peuvent  exer¬ 
cer  sur  la  santé  des  habitants  des  villes  les  habitations 
insalubres.  Cette  influence  a  été  invoquée  bien  des  fois  ; 
elle  a  été  démontrée  par  de  nombreux  travaux  parmi 
lesquels  il  suffira  de  rappeler  les  rapports  de  M.  Paul 
JuiLLERAT,  au  1"  Congrès  International  de  l’Assainisse¬ 
ment  et  de  la  Salubrité  de  l’habitation,  et  au  Congrès 
de  la  Tuberculose,  tenus  à  Paris  en  1904  et  en  1905. 

Nous  nous  proposons  de  rechercher  simplement  de 
quelles  armes  la  législation  française  a  muni  les  auto¬ 
rités  pour  assurer  l’assainissement  des  logements  et 
comment  ces  armes  doivent  être  fortifiées  dans  l’ave¬ 
nir.  Cela  dit,  si  nous  négligeons  les  textes  antérieurs  à 
l’époque  révolutionnaire,  qui  eurent  cependant  leur  uti¬ 
lité,  mais  qui  s’inspirèrent  plus  des  nécessités  du  mo¬ 
ment  que  d’une  pensée  directrice,  nous  en  arrivons  im¬ 
médiatement  aux  textes  de  1789  et  1790,  qui  confiaient 
au  pouvoir  municipal  le  soin  de  veiller  à  la  salubrité  pu¬ 
blique  dans  la  commune.  La  loi  du  5  avril  1884  sur  l’or¬ 
ganisation  municipale,  de  laquelle  il  faudra  rapprocher 
celle  du  21-23  juin  1898  sur  la  police  rurale,  reprit,  sauf 
de  légères  modifications,  dans  son  article  97,  les  dispo¬ 
sitions  de  la  loi  des  16-24  août  1790. 

De  l’examen  de  ces  différents  textes,  il  résulte  que  le 
Maire  est,  en  France,  le  principal  fonctionnaire  sani¬ 
taire,  et  M.  Léon  Say  écrira  que  le  Maire  en  matière 
municipale  —  et  l’hygiène  fait  partie  de  la  police  muni¬ 
cipale  —  est  administrateur,  juge  et  exécuteur  de  ses 
décisions  ».  Quel  usage  pouvait-il  faire  de  ces  pouvoirs 
en  ce  qui  concerne  l’assainissement  des  maisons  ? 


(1)  Ce  travail  a  été  eonimiiniqué  au  Congrès  des  aliénistes  et  neu¬ 
rologistes. 

(2)  Rapport  au  II*  Conorrés  international  d'assainissement  et  de 
salubrité  de  l’habitation.  (îenève,  sejJtenibre  1900, 


D’après  cette  législation,  le  Maire  peut  prendre  dan 
l’intérêt  général,  toutes  les  mesures  propres  à  faire  dis* 
paraître  les  causes  d’insalubrité  relevées  dans  les  mai 
sons.  C’est  ainsi  notamment  qu’il  peut  intervenir  cha¬ 
que  lois  que  la  cause  d’insalubrité  qui  existe  à  l’intérieur 
d’une  propriété  prolonge  en  quelque  sorte  ses  effets 
sur  le  domaine  public  ;  tel  l'arrêté  municipal  qui  inter¬ 
dit  toute  communication  entre  les  fosses  d’aisances  et 
les  égouts,  ou  défend  de  placer  des  écuries  le  long  delà 
voie  publique.  11  interviendra  également  chaque  fois  que 
la  salubrité  publique  est  en  cause,  et  en  vertu  du  même 
principe,  le  Conseil  d’Etat  a  déclaré  légal  un  arrêté  qui 
prescrivait  à  un  propriétaire  d’assurer  l’entier  assai¬ 
nissement  de  sa  propriété  dans  un  délai  déterminé. 

Ces  pouvoirs  semblent  vastes;  ils  ne  tardent  pas  à 
recevoir  de  nombreuses  limitations  :  c’est  ainsi  que  le 
Maire  n’a  pas  le  droit  de  prescrire  le  «  moyen  à  em¬ 
ployer  »  pour  remédier  à  l’insalubrité  signalée  ;  c’est 
ainsi  qu'il  ne  peut  intervenir  si  seule  la  santé  des  loca¬ 
taires  est  en  cause,  il  faut  que  tous  les  habitants  de  la 
commune  y  soient  intéressés,  et  dès  lors,  la  salubrité 
publique. 

Enfin,  et  celte  critique  sera  encore  vraie  sous  l’empire 
de  la  loi  du  15  février  1902,  il  ne  faut  pas  oublier  que  le 
maire  est  un  magistrat  élu  par  ceux-là  précisément  con¬ 
tre  lesquels  il  lui  faudra  peut-être  sévir,  et  bien  souvent 
cette  dépendance  gênera  son  initiative. 

Dès  1850,  ces  critiques  frappèrent  le  législateur  et  il 
tenta  d’y  remédier  en  promulguant  la  loi  du  13  avril  ISiV.i 
sur  les  Logements  Insalubres  qui  ne  porta  nullement 
atteinte  au  pouvoir  des  Maires  de  prendre,  dans  l’intérêt 
général,  toutes  mesures  utiles,  mais  créa  de  nouvelles 
garanties  pour  la  salubrité  des  logements  occupés  par 
d’autres  que  le  propriétaire,  l’usufruitier  ou  l’usager.  Ce 
ue  fut  cette  loi  de  1850,  nui  ne  l'ignore  et  nous  ne  le  re¬ 
irons  pas  ;  elle  marqua  une  phase  de  cette  évolution 
qui, se  dégageant  du  respect  exagéré  et  faussé  des  droits 
de  la  propriété  privée,  tente  d’aboutir  à  une  formule  de 
conciliation  très  large  entre  les  droits  de  la  propriété  et 
les  lois  de  la  solidarité  humaine. 

La  loi  du  15  février  1902  sur  la  protection  de  la  saute 
publique  répondit  à  quelques-unes  des  critiques  adres¬ 
sées  à  la  loi  de  1850  ;  elle  est  obligatoire,  elle  s’appliqi® 
à  toutes  les  agglomérations  quelle  qu’en  soit  la  nature, 
à  toute  cause  d’insalubrité  inhérente  à  la  propriété  pri¬ 
vée  ;  sa  procédure,  bien  que  contradictoire,  est  sensible¬ 
ment  plus  rapide.  .  . 

En  vertu  de  l’article  1'"'  de  la  loi  de  1902,  le  maire  es 
tenu  de  déterminer  sous  forme  d’arrêté  réglementaire 
les  mesures  destinées  à  assurer  la  salubrité  des  ma'S^ 
et  de  leurs  dépendances,  des  voies  privées,  des  lOo 
ments  loués  en  garni,  des  autres  agglomérations  1“®. 
qu’en  soit  la  nature,  notamment  les  prescriptions  re 
tives  à  l’alimentation  en  eau  potable  et  à  l’évacua 
des  matières  usées.  , 

Des  arrêtés  réglementaires  types  ont  été  élabores 
le  Comité  consultatif  d’hygiène  publique  de  Èranc  .  . 
ils  ont  fixé  les  règles  générales  de  la  salubrité  des 
tâtions.  Ils  ne  sont  toutefois  applicables  qa  aux 
sons  à  construire  et  non  aux  maisons  e.xistantes 
le  régime  est  fixé  par  le  chapitre  2  de  la  loi  pouve 
Par  application  des  dispositions  du  chapitre  1  > 

12,  13,  14,  lorsqu’un  immeuble,  bâti  ou  non,  des 

non  à  la  voie  publique  est  dangereux  pour  la 
habitants  ou  des  voisins,  le  maire  visitel’ininieubie, 
un  rapport  dans  lequel  il  énumère  les  causes  d’insa^^ 
et  indique  les  moyens  d’y  remédier,  et  son  so»' 

mis  à  la  disposition  des  intéressés.  Si  l’intéresse^ 
met,  la  procédure  est  terminée  ;  s’il  résiste,»  .pj-ocèà^ 

qué  devant  la  Commission  sanitaire  qui  l’entend,  F^,. J 

contradictoirement  à  une  visite  sur  place,  e  go 
s’exécute  pas  encore,  un  arrêté  d’injonction  l 
demeure,  arrêté  qu’il  peut  cependant  déférer  a  ,  pgjer- 
de  Préfecture  et  au  Conseil  d’Etat.  S’il  renonc  .  jjgpoBS 
cice  de  çe  droit  et  s’il  ne  se  soumet  pas  aux  mj 


LE  PROGRÈS  MEDICAL 


503 


.  liiaire,  il  est  poursuivi  devant  le  tribunal  de  simple 
«lice  qui'  autorise  le  maire  à  exécuter  les  travaux  d’of- 
Le  et  aux  frais  du  contrevenant. 

Cette  procédure  paraît  inattaquable.  Il  convient  ce- 
«ndantde  signaler  quelques  imperfections  : 

^C’est  ainsi  que  la  loi  prévoit  l’exécution  des  travaux 
jar  le  propriétaire,  et  Fy  contraint  par  la  menace  d’une 
flécution  d’office  avec  privilège  sur  les  revenus  de  l'im- 
Bienble.  _ 

Mais  n’arrivera-t-il  pas  que  le  proprietaire  sera,  bien 
des  fois,  hors  d’état  de  faire  face  .à  la  dépense,  alors  que 
h  propriété  sera  de  si  peu  de  valeur  que  le  gage  dispa¬ 
raîtra  ?  Bien  mieux,  s’il  s’agit  de  l’assainissement  d’un 
terrain  non  bâti,  d'une  mare,  il  ne  saurait  y  avoir  de  re¬ 
venu  à  saisir  !  Ne  serait-il  pas  préférable  devenir  en 
aide  au  propriétaire  ?  Les  propriétaires  mis  en  cause  re¬ 
cevront  à  leur  domicile  propre  toutes  significations  uti¬ 
les.  Mais  sera-t-il  toujours  jtossible  de  les  découvrir  ? 
Qu’arrivera-t-il  si  la  propriété  est  l’objet  de  quelque  mu¬ 
tation?  Cette  critique  est  plus  vive  encore  lorsqu’il  s’a- 
jtit  des  voies  privéeq.  Ici,  les  propriétaires  sont  souvent 
très  nombreux,  10,  20,  100  môme  ;  il  sera,  en  fait,  très 
difficile  de  les  atteindre  ;  de  plus,  si  les  travaux  pres¬ 
crits  ne  peuvent  être  exécutés  que  d’ensemble,  il  suffira 
de  la  mauvaise  volonté  d’un  seul  pour  tenir  la  procédure 
en  suspens. 

L’article  18  de  la  loi  de  1902  décide  que  la  commune 
pourra,  dans  certaines  conditions,  recourir  à  la  procé¬ 
dure  d’expropriation  de  la  loi  de  1841.  Sera-ce  suffisant? 
U  loi  de  1902  prévoit  bien  l’autorisation  préalable  de 
bâtir,' mais  outre  que  cette  mesure  n’est  obligatoire¬ 
ment  applicable  que  dans  les  villes  de  plus  de  20,00  i  ha¬ 
bitants,  le  maire  est  désarmé  lorsque  cette  autorisation 
est  délivrée,  et  si,  les  travaux  terminés,  il  note  des  dé¬ 
rogations,  il  n’a  d’autre  recours  que  d’appliquer  les  dis¬ 
positions  du  chapitre  II  de  la  loi  dont  la  procédure  est 
sssez  longue. 

La  loi  du  15  février  1902  ne  s’est  préoccupée  que  des 
eanses  d’insalubrité  inhérentes  à  l’immeuble  ;  elle  n’a 
Ms  eu  souci  des  causes  d’insalubrité  qui  dépendent  de 
qui  en  est  fait.  Soit  un  propriétaire  qui  livre  à 
•babitation  des  locaux  salubres  ;  au  boutdepeude  mois, 
•*locataire,par  sa  malpropreté,  son  incurie,  nécessite  de 
"ooveaux  travaux  ;  le  propriétaire  seul  pourra  être  mis 
M  cause  ;  il  y  a  là  une  injustice  réelle  et  un  véritable 
®osens.  Que  le  propriétaire  se  soumette  et  exécute  ces 
^ïaux,  faudra-t-il  que  demain  il  recommence  parce 
^eson  locataire  persiste  dans  ses  procédés  blâmables  ? 

y^  roleux,  le  maire  prescrit  l’interdiction  d’habiter 
1  «eV  propriétaire  en  informe  le  locataire  qui 

PTi  •  ®  ;  va-t-on  poursuivre  le  propriétaire?  Une  des 

^  ®®*P^les  causes  d’insalubrité  provient  de  l’encombre- 
[,1g locaux  ;  est-ce  le  fait  du  propriétaire  ?  Il  sem- 
|Qonc  nécessaire  de  permettre  la  mise  en  cause  du 
lorsque  la  cause  d’insalubrité  est  dépendante 
^usage  qui  est  fait  des  locaux . 

^  oôté  de  ces  textes,  il  en  est  d’autres  que  les 
^mistrations  peuvent  invoquer  pour  assurer  l’assai- 
'"p^^Bient  des  maisons. 

le  nous  citeronslaloi  du  16  septembre  1807 sur 

tonç  ®®™6ment  des  marais,  dont  l’article  35  est  ainsi 
‘  Tous  les  travaux  de  salubrité  qui  intéressent 
>etnem  ®  ot  les  communes  seront  ordonnés  par  le  gou- 
i*téregg?l'  los  dépenses  supportées  parles  Uommunes 

furent  employés  en  1887  pour  assurer  l’é- 
I  on  de  l’Espierre  et  en  1803  de  la  Dives. 
ïtonj.j^jlloles  30,  31  et32  de  cette  loi  décident  que  les 
?l‘on  d  ^  privées  qui  tireront  des  avantages  de  l’exé- 
r  *  fian^ prévus  co  ntribueront  à  leur  exécu- 
'^di»“®ln  mesure  des  avantages  qu’ils  en  retirent. 
2^cepg®^ontes  dispositions  sont  tombées  en  désuétude 
'•csao^oant  on  comprendra  de  quel  secours  les  arti- 
'  '  t  et  32  seraient  dans  l’assainissement  des  vil¬ 


les,  si  l’on  retient  qu'à  Paris  seulement  il  a  été  fait  de 
1852  à  1870pour  1200  millions  de  travaux  de  voirie. 

Citons  également  la  loi  du  21  juin  1805  sur  les  asso¬ 
ciations  syndicales,  complétée  par  celle  du  24  décembre 
1888  et  le  décret  du  29  novembre  1904  sur  lesquels  nous 
aurons  l’occasion  de  revenir. 

Il  nous  reste  maintenant  à  examiner  quelles  sont  les 
réformes  qui  doivent  être  apportées  aux  textes  que  nous 
venons  d’étudier  sommairement,  pour  assurer  le  parfait 
assainissement  des  maisons. 

Tout  d’abord,  il  convient  de  distinguer  les  immeubles 
situés  à  la  campagne,  éloignés  souvent  les  uns  des  au¬ 
tres,  possédant  tous  des  jardins  ou  ouvrant  directement 
sur  les  champs,  peu  élevés,  peu  emcombrés,  et  les  im¬ 
meubles  édifiés  dans  les  villes  où  le  prix  du  terrain  et 
l’exploitation  en  quelque  sorte  industrielle  des  immeu¬ 
bles  a  singulièrement  aggravé  la  situation. 

A  la  campagne,  il  suffira  le  plus  souvent  de  quelques 
prescriptions  simplifiées  ;  de  veiller  à  l’installation  sa¬ 
nitaire  des  cabinets  d’aisances,  à  l’éloignement  des  puits 
des  fosses  et  des  dépôts  de  fumiers,  etc.,  etc.  Il  faudra 
surtout  faire  l’instruction  de  la  masse  et  démontrer  au 
cultivateur,  ainsi  que  le  réclamait  AI.  le  D''  Henri 
Thierry  (1),  que  son  intérêt  pécuniaire  est  lié  à  l’obser¬ 
vation  de  ces  prescriptions  sanitaires.  Le  jour  où  cette 
vérité  aura  pénétré  dans  l’esprit  de  nos  cultivateurs, 
l’assainissement  des  campagnes  sera  bien  vite  réalisé 
aucune  cause  contraire  n’exerçant  une  détestable  in¬ 
fluence. 

La  situation  sera  différente  lorsque  nous  nous  trou¬ 
verons  dans  les  grandes  villes  où,  nous  l’avons  dit,  le 
prix  du  terrain  constitue  le  plus  gros  obstacle.  Ici,  à  la 
faveur  des  données  du  casier  sanitaire  de  Paris  que  créa 
M.  Paul  JuiLLERAT,  nous  distinguerons  les  immeubles 
ou  des  améliorations  peuvent  être  exécutées,  et  ceux 
pour  lesquels  il  faudra  recourir  à  la  démolition. 

A.  Immeubles  QUI  peuvent  être  améliorés.  —  Pour  les 
premiers,  la  loi  de  1902  sera,  sauf  quelques  perfectionne¬ 
ments,  suffisante  ;  l’exemple  de  Paris  témoigne  d’ailleurs 
que  le  plus  souvent  les  propriétaires  consentent  à  faire 
les  travaux  prescrits,  lorsque  la  nécessité  leur  apparaît. 
C’est  ainsi  quesurOOOO  affaires  suivies  depuis  l’applica¬ 
tion  de  la  loi  nouvelle,  35  seulement  ont  donné  lieu  à  des 
recours.  L’essentiel  est  de  découvrir  les  immeubles  mal¬ 
sains,  et  ici  l’institution  des  casiers  sanitaires  doit  être 
généralisée.  Déjà,  le  Congrès  d’hygiène  sociale  deNancy 
a  émis  un  vœu  de  ce  genre,  sur  la  proposition  de  M. 
Emile  Cheysson,  et  la  circulaire  du  Ministre  de  l’Inté¬ 
rieur  du  23  mars  1906  donne  le  Casier  Sanitaire  de  Paris 
en  exemple  aux  municipalités.  C'est  ainsi  qu’à  Paris,  le 
Casier  Sanitaire  a  révélé  5263  maisons  dangereuses,  par¬ 
mi  lesquelles  800  ont  paru  tout  à  fait  meurtrières  ;  c'est 
ainsi  qu’une  enquête  détaillée  ayant  été  faite  en  1906 
sur  265  maisons  choisies  parmi  les  plus  mauvaises  ;  ces 
265  maisons  habitées  par  25,938  personnes,  ont  présenté 
du  P'’ janvier  1894  aul"  janvier  1906,  une  mortalité  tu¬ 
berculeuse  moyenne  annuelle  de  7.98  pour  1000. 

Dans  ces  265  maisons,  1398  chambres  insalubres  ne 
pouvaient  être  modifiées  ;  on  ne  pouvait  y  faire  péné¬ 
trer  l’air  et  la  lumière  ;  12i9  autres  étaient  inhabitables, 
mais  pouvaient  être  améliorées,  dans  6  maisons,  aucune 
chambre  n’était  inhabitable. 

Nous-même,  nous  avons  été  assez  heureux  pour  faire 
adopter  par  le  Congrès  de  la  Tuberculose  tenu  à  Paris 
en  1905,  un  vœu  tendant  à  une  union  nécessaire  entre 
les  casiers  sanitaires  et  les  œuvres  d’assistance  dans 
cette  lutte  commune  et  déjà  M.  le  Professeur  Albert  Ro¬ 
bin,  au  Dispensaire  Jacques  Siegfried  et  Albert  Robin, 
MM.  les  docteurs  Rénon  et  Carnot,  aux  hôpitaux  de  la 
Pitié  et  de  Broussais.  M,  le  D''  Boureille,  à  son  dispen¬ 
saire  du  Boulevard  Garibaldi,  M.  le  sénateur  Paul  Strauss 

(1)  IV  Henrï  Thierry.  —  FîcmerY  et /oyyc.y  (Hygiène  générale 
(T  appliquée,  mars,  19(>6.)  L’assainissement  des  villages  (Itvgiéne 
gcner.ale  et  appliquée,  mai  1906). 


en  une  série  d’études  ont  entrepris  le  bon  combat.  Dès  garnies  ne  sera  jamais  inférieur  à  14  m,  par  personne  - 
qu’un  malade  atteint  de  tuberculose  ouverte  se  présente  7  et  10  mètres  seront  suffisants  s’il  s’agit  d’ateliers  oùdes  " 
dans  un  de  ces  services  hospitaliers,  note  est  prise  de  personnes  travaillent  toute  la  journée.  Les  causes  de  - 
son  domicile  et  avis  en  est  donné  au  Casier  qui  procède  nuisance  sont  plus  considérables  parce  que  plusieurs 
aune  visite  et  prescrit  s’il  y  a  lieu  les  améliorations  né-  personnes  occupent  le  même  local  et  y  manient  parfois 
cessaires.  des  matières  malsaines  et  les  garanties  seraient  moin. 

Vous  venez  de  voir  quels  résultats  ont  été  obtenus  dres  ! 
déjà.  Il  y  a  plus  ;  l’art  5  dispose  in  fine  :  «  Ces  locaux,  leurs 

Il  y  a  d’autres  moyens  ;  c’est  ainsi  que  M.  André  Lefk-  dépendances  et  escaliers  seront  convenablement  éclai- 
VRE  propose  l’apposition  facultative  d’une  plaque  de  salu-  l’és  »  —  Que  faut-il  entendre  par  convenablemen  t  éclai- 
brité  sur  les  maisons  reconnues  en  bon  état  ;  il  serait  rés  ?  —  S’il  faut  entendre  par  là  que  le  mode  d’éclairage 
dressé  une  sorte  de  barème  indiquant  la  cote  des  dispo-  est  indifférent  pourvu  qu’il  soit  suffisant,  il  faut  enten- 
sitions  reconnues  indispensables  pour  assurer  la  salu-  dre  que  les  locaux,  c’est  en  fait  l’interprétation  qui  est 
brité  des  logements.  Chaque  partie  d’un  immeuble  serait  donnée  dans  ffipratiquepar  l’Inspection  du  Travail,pour- 
cotée  d’après  ce  barème.  La  somme  de  toutes  ces  cotes  ront  être  éclaires  à  la  lumière  artificielle  ;  c’est  dire  que 
donnerait  un  chiffre  qui  permettrait  de  classer  la  mai-  les  ouvriers  travailleront  dans  une  nuit  perpétuelle,loin 
son  d’après  un  tableau  comprenant  plusieurs  catégories,  delà  lumière  solaire  qui  seule  exerce  une  action  efficace 
La  plaque  indiquerait  le  numéro  de  la  catégorie  dans  la-  sur  les  germes  nocifs  qui  peuvent  se  trouver  dans  les 
quelle  serait  classée  la  maison.  Déjà  sur  la  proposition  ateliers.  Sur  ce  point  encore,  le  décret  de  1904  doit  être 
de  l’honorable  Conseiller,  la  Ville  de  Paris  communique  modifié  et  seuls  les  ateliers  éclairés  par  la  lumière  solaire 
le  Casier  Sanitaire  de  leur  maison  aux  propriétaires  qui  doivent  être  autorisés, 
enfont  la  demande.  M.  le  D’’ Lucien  Graux  souhaite  qu’une 

copie  soit  délivrée  à  tous  les  propriétaires  qui  la  ré-  B.  Immeubles  qui  ne  peuvent  être  améliorés.  —  Cela 
clameront. Par  toutes  ces  mesures  le  propriétaire  devien-  dit,  examinons  une  deuxième  hypothèse  ;  la  maisoncons- 
drait  le  premier  associé  de  l’administration  dans  son  œu-  titue  un  tel  danger  qu’il  importe  de  la  faire  disparaître, 
vre  d’assainissement  ;  cette  union  produirait  de  féconds  il  s’agit,  par  exemple,  d’une  de  ces  «  maisons  maudites  » 
résultats.  où  la  tuberculose  a  fait  son  lit  et  qui  sont,  pour  cette  ma- 

Toutefois,  il  importe  de  prévoir  que  des  propriétaires  ladie,  de  véritables  foyers.  Aucune  mesure  d’assainisse-  ] 
bien  disposés  peuvent  se  trouver  dans  l’impossibilité  ma-  ment  ne  serait  capable  de  l’améliorer, 
térielle  d’exécuter  les  travaux  prescrits  par  suite  de  dé-  L’article  18  de  la  loi  de  1902permet  aux  municipalités, 
faut  de  ressources.  Aussi  semble-t-il  bon  de  compléter  lorsque  l’insalubrité  est  le  résultat  de  causes  extérieures 
ici  encore  la  loi  de  1902  en  créant,  dans  une  forme  à  dé-  ou  permanentes.ou  lorsque  les  autres  causes  d’insalubrité 
terminer,  une  caisse  qui  ferait  des  avances  aux  proprié-  ne  peuvent  être  détruites  que  par  des  travaux  d’ensem- 
taires  et  leur  permettrait  de  se  libérer  par  annuités.  La  blc,  d’exproprier  les  propriétés  comprises  dans  le  péri-' 
Municipalité  y  trouverait  d’ailleurs  son  compte  car,  mètre  des  travaux  ;  la  procédure  suivie  est  alors  celle  Je 
nous  l’avons  dit,  si  elle  fait  exécuter  les  travaux  d’office,  la  loi  du  3  mai  1841,  sauf  certaines  dérogations  desli- 
son  recours  sur  les  revenus  de  l’immeuble  est  bien  sou-  nées  à  éviter  la  reconstitution  sur  place  d’immeubles  ia- 
vent  illusoire.  M.  Ambroise  Rendu  a  récemment  déposé  salubres.  .  1 

une  proposition  dans  ce  sens  au  Conseil  municipal  de  Cette  disposition  réalise  un  véritable  progrès,  mais 
Paris.  comme  l’écrit  M.le  Député  Delory  :  «  cette  loi  est  impuis- 

Deux  autres  modifications  nous  paraissent  néces-  santé  si  l’on  veut  faire  une  guerre  sérieuse  à  ces  mala- 
saires  :  dies  qui  déciment  l’humanité,  à  la  terrible  tuberculoM 

En  ce  qui  concerne  les  voies  privées,  qui  constituent  en  particulier. . .  ».  «  Le  vrai  remède  consiste  à  prom- 
fréquemment  dans  les  grandes  villes  de  très  réels  foyers  guer  l’air  et  le  soleil  ;  il  faut  permettre  aux  municipalités 

de  contagion,  la  procédure  actuelle  est  infiniment  trop  de  nos  grands  centres  industriels,  de  faire, avec  le  moins 

longue,  il  faut  la  simplifier,  et  ici  nous  proposerions  de  de  frais  possible,  de  larges  trouées  dans  ces  quartiers 
recourir  à  la  procédure  d’urgence  de  laloi  de  1902  (art. 3)  malsains  où  pullule  obligatoirementla  classe  ouvrière, 
ou  mieux  de  décider  qu’en  matière  d’assainissement  et  qui  senties  véritables  foyers  de  ces  maladies.  » 
des  maisons,  qu’il  s’agisse  de  maisons  ou  de  ypies  pri-  Pour  remédier  à  cette  situation,  l’honorable  depm 
vées,  les  significations  soient  faites  à  l’immeUDle  même  proposait  de  permettre  au  Conseil  municipal  de  recm* 
considéré  comme  domicile  arf  àoc  du  pi’opriétaire.  D'au-  mer  du  gouvernement  l’autorisation  d’exproprier  tou 
tre  part,  il  semble  qu'il  y  aurait  tout  intérêt  à  rendre  les  terrains  destinés  aux  voies  de  communication  ' 

obligatoire,  dans  les  voies  privées  qui  ont  nécessité  l’in-  d’autres  usages  ou  services  publics,  ainsi  que  les  p 
tervention  des  services  sanitaires,  la  constitution  d’as-  priétés  comprises  dansle  plan  général  des  ^ aj, 

sociations  syndicales  telles  qu’elles  ont  été  définies  par  jetés,  lorsqu’il  s’agit  de  travaux  ayant  pour  but  dass 
lesjois  du  21  juin  1865  et  22  septembre  1888.  nirun  quartier  ou  d’en  construire  un  nouveau.  . 

Mais  avant  que  de  quitter  les  mesures  destinées  à  as-  M.  Jules  Siegfried  s’inspira  de  considérations  ao 

sainir  les  locaux  insalubres,  il  importe  de  signaler  une  gués  dans  la  proposition  de  loi  qu'il  déposa  en 

anomalie  singulière.  termes  de  cette  proposition,  si  le  Conseil  municipa*^ 

La  loi  de  1902  n’est  pas  applicable  aux  ateliers  et  ma-  poursuivre  l’expropriation  d’un  immeuble  ou  d 
nufactures.  Ces  locaux  sont  régis  par  des  textes  dis-  tier  jugé  insalubre,  le  Maire  provoquera  une  dei 
tincts.  Or  nous  trouvons  dans  le  décret  du  29  novembre  tion  tendant  à  réclamer  l’expropriation  po'i*' ®menl. 
1904  sur  l’hygiène  et  la  salubrité  dans  les  locaux  du  tra-  salubrité  publique  etfixantle  périmètre d’assainissc^j 
vail  des  dispositions  fâcheuses  ;  L’art.3  décide  que  «  les  Le  préfet  consultera  la  Commission  sanitaire 
locaux  affectés  au  travail  ne  seront  jamais  encombrés,  dans  les  trois  mois  un  arrêté  portant  déclaration 
Le  cube  d’air  par  personne  employée  ne  pourra  être  in-  salubrité  et  autorisant  le  Maire  à  poursuivre  i  V 
férieur  à  7  mètres  cubes. ..  Le  cube  d’air  sera  de  10  m.  priation.  ropri®' 

aumoins  par  personne  employée  dans  les  laboratoires,  .  De  plus,  le  jury  ne  devra  jamais  allouer  au  P  Je 
cuisines,  caves  ;  il  en  sera  de  même  dans  les  magasins,  taire  une  indemnité  supérieure  à  la  valeur 
boutiques  et  bureaux  ouverts  au  public».  l’immeuble  ;  il  devra  décider,  par  délibérations  jg 

Ainsi,  tandis  que  le  règlement  sanitaire  de  la  Préfec-  tes  et  motivées,  avant  toute  fixation  d’indemni 
ture  de  la  Seine  décide  que  les  pièces  destinées  à  l’habi-  revenu  de  l’immeuble  ou  des  locaux  loués  est  |g  pré' 
tation  ne  pourront  présenter  un  cube  inférieur  à  20  m.  suite  de  l’entassement  des  habitants  ;  si  l  ini®®“"  j.e  à 
(art.  341  ;-tapdis  que  le  règlement  sanitaire  delà  Préfec-  sente  quelque  cause  d’insalubrité  ;  s’il  est 
ture  de  Police  (art.  7)  décide  que  le  volume  des  chambres  l’habitation  :  ce  seront  là  autant  de  causes  de 


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LE  PROGRÈS  MEDICAL 


tion  de  l’indemnité  qui,  dans  le  dernier  cas,  ne  repré¬ 
entera  plus  que  la  valeur  du  sol  et  des  matériaux  démo¬ 
lis  U  est  désirable  qu’une  telle  loi  soit  promptement 

^°Mais  il  ne  suffit  pas  de  supprimer  les  maisons  insalu- 
•bres,  d'interdire  à  l'habitation  les  locaux  qui  ne  peuvent 
L  'être  assainis.  Il  faut  encore  se  préoccuper  de  loger  les 
E  habitants  ainsi  expulsés. 

^  On  avait  cru  longtemps  que  les  travaux  d’expropria¬ 
tion  dans  les  grandes  villes  avaient  pour  effet  de  repous¬ 
ser  vers  la  périphérie  les  locataires  peu  fortunés  qui  ne 
trouveraient  plus  à  se  loger  dans  les  immeubles  démolis 
et  à  faibles  loyers.  Il  n’en  est  rien  et  les  ti  avaux  deM.  le 
T3' Noir,  notamment,  ont  démontré  que  l’ouvrier  n’était 
pas  maître  de  choisir  son  domicile.  En  réalité,  il  se  loge 
'  an  voisinage  de  son  travail  et  si  l’immeuble  qu’il  occupe 
-est  démoli,  il  se  réfugie  dans  les  maisons  les  plus  voisi- 
!  nés  dont  il  augmente  ainsi  l’encombrementet  accroît  l’in 
1  salubrité.  Les  travaux  de  Casier  Sanitaire  de  Paris  ont 
1  amené  aux  mêmes  constatations.  _ 

Si  donc,  dans  une  espèce  déterminée, il  faut  dé.'nolir,on 

-  doit  se  préoccuper  de  reconstruire  dans  des  conditions 
■  telles  que  les  habitants  peu  fortunés  puissent  trouver 

-  asile  dans  les  nouvelles  constructions. 

En  Angleterre,  le  médecin  du  Service  de  Santé  estime 
qu’il  y  a  lieu  de  réclamer  la  disparition  d’un  îlot  de  mai¬ 
sons,  qu’il  s’agisse  de  maisons,  cours  ou  ruelles  impro¬ 
pres  à  l’habitation,  ou  de  locaux  exigus,  mal  disposés, 
mal  aérés,  présentant  des  causes  graves  d’insalubrité, 
il  en  est  référé  à  l’autorité  locale  qui  délibère  sur  ses 
propositions. 

Si  elle  les  adopte,  elle  présente  à  l'autorité  compétente 
nn  projet  d’amélioration  qui  doit  renfermer  notamment 
les  mesures  à  prescrire,  et  le  moyen  d’assurer  le  loge- 
I  ment  des  ménages  ouvriers  qui  se  trouveront  expulsés 
I  par  suite  de  son  exécution. 

Cette  autorité  prend  un  arrêté  provisoire  fixant  les 
limites  des  propriétés  à  exproprier  et  déléguant  à  l’au¬ 
torité  locale  les  pouvoirs  nécessaires  ;  cet  arrêté  n’aura 
/  force  obligatoire  que  lorsqu’il  aura  été  approuvé  par  le 
Parlement. 

[  ,  1 1  de  l’art.  11  de  Tact  de  1893  (Housing  of  the  wor- 

.  wng  classes)  est  à  reproduire  ;  il  comporte  cependant 
certains  tempéraments  dictés  par  la  pratique  ; 

!.  ‘  Tout  projet  concernant  un  îlot  de  maisons  situées 

«ans  le  comté  ou  dans  la  Cité  de  Londres  devra  pour- 
1  ^oir  aulogcment  d’un  aussi  grand  nombre  de  personnes 
®e  la  classe  ouvrière  qu’il  en  sera  déplacé  parles  travaux, 

ioaiis  des  locaux  convenables. Sauf  exception,  ceux-ci  de- 
'’font  être  situés  dans  le  périmètre  de  i’îlot  exproprié 
cu  dans  le  voisinage.  » 

1  ^  à ’’emarquer  que  l’autorité  ne  sera  pas  tenue  de 

procéder  elle-même  à  l'assainissement  de  Tîlot;  ellepour- 
T  ®  le  vendre  ou  le  louer  à  des  tiers,  particuliers  ou  socié- 
charge  pour  eux  de  respecter  les  clauses  qui 
Ijj  "éierminé  l’expropriation,  qu’il  s’agisse  de  démolir 
sons  reconstruire  ou  d'en  aménager  les  mai- 

France,  M.  Siegfried  a  envisagé  dans  sa  proposi- 
loi  ce  côté  du  problème  lorsqu’il  indique  que  la 
pourra  affecter  les  immeubles  à  des  construc- 
de  !>*  ’^lilité  publique,  ou  les  attribuer  <à  des  sociétés 
onstructiou  d'habitations  à  bon  marché. 
ing  “,®^eux  questions  de  la  démolition  des  immeubles 
sés  ob  du  logement  sur  place  des  habitants  expul- 

étroitement  liées  et  appellent  une  même  solution. 
ris^lO^slateur  de  1936  l’a  bfen  compris  lorsqu’il  a  auto- 
gr"é  1®®  départements  à  céder  de  gré  à 

I  ‘■'ûns'^^  sociétés  de  constructions  à  bon  marché  des  ter- 
I  fooiti'^'^  constructions  jusqu’à  concurrence  de  la 
I  En  n  ^  '^olour  réelle . 

Untu  saufla  loi  de  190G,  tous  ces  textes  appel- 

|.  oriliquc  d’ordre  général.  C'est  le  Maire,  magis- 

I  chargé  d’assurer  leur  application.  Or  tous 

R  aterèts  électorauxseront  souvent  en  contradiction 


avec  ses  devoirs,  et  il  aura  tendance  à  cé  1er  le  pas  aux 
premiers  sur  les  seconds.  M.  le  Professeur  Chantemesse, 
dans  son  travail  sur  les  dangers  que  font  courir  au  pays 
tout  entier  les  émigrants  logés  à  Marseille,  a  montré 
que  la  Municipalité  de  cette  ville  .  pour  ne  pas  s’aliéner 
la  puissante  corporation  des  hôteliers -logeurs,  se  désin¬ 
téressait  à  peu  près  complètement  des  questions  relatives 
au  logement  des  émigrants.  L’.-\cadémie  de  Médecine,  en 
présence  des  dangers  formidables  que  cette  incurie  fait 
courir  au  pays,  s’est  émue  à  juste  titre  ;  mais  en  l’état  de 
lalégislation  sanitaire,  l’Administration  supérieure  est 
à  peu  près  désarmée. 

De  tout  ce  qui  précède,  il  résulte  donc  que  la  loi  du  15 
février  1902  a  réalisé  un  réel  progrès  en  ce  qui  concerne 
les  moyens  d’assurer  l’assainissement  clesmaisons,  mais 
qu’elle  appelle  certaines  dispositions  complémentaires. 
À"ous  les  formuleron.s  sous  forme  de  vœux  pour  lesquels 
nous  nous  réjouirons  d’obtenir  la  haute  approbation  du 
IP  Congrès  international  de  l’assainissement  et  de  la 
salubrité  de  l’habitation  :  nous  aurions  alors  conscience 
d’avoir  fait  œuvre  vraiment  utile. 

Le  Congrès  émet  le  vœu  : 

P  Que  l’exécution  des  travaux  d’assainissement  soit 
facilitée  par  l'intervention  d’une  loi  d’expropriation  pu¬ 
blique  pour  cause  d'insalubrité,  qui  se  préoccuperait  éga¬ 
lement  de  la  i-econstitulion  des  habitations  salubres  et  à 
bon  marché  sur  l’emplacement  des  immeubles  expro¬ 
priés 

2°  Que  des  c.asiers  sanitaires  soienteréés  dans  toutes 
les  villes  et  qu'une  entente  s’établisse,  chaque  fois  que 
faire  se  pourra,  entre  les  Casiers  sanitaires  et  les  œuvres 
d’assistance. 

3°  Que  la  procédure  de  la  loi  de  1902  soit  simplifiée, 
notamment  eii  ce  qui  concerne  les  voies  privées. 

4»  Que  l’administration  soit  autorisée  à  mettre  en  cause 
non  plus  seulement  les  propriétaires  d’habitations  insa¬ 
lubres,  mais  encore  tous  ceux  qui  auront  nui  à  la  salu¬ 
brité  de  l'immeuble. 

Que  l’autorisation  de  construire  soit  complétée  par 
l’autorisation  d’habiter.  • 

6°  Que  l’administration  vienne  en  aide  aux  propriétai¬ 
res  dans  l’exécution  des  travaux  d’assainissement  par  la 
création  d’une  caisse  d’assainissement  ou  par  tout  au¬ 
tre  moyen. 

7°  Que  l’exécution  des  lois  d’hygiène  soit  confiée  à  des 
fonctionnaires  sanitaires  relevant  d’une  adminisiration 
autonome. 


Le  microbe  de  la  coqueluche. 

MM.  les  D"'  Bordet  et  Gingou,  de  l’Institut  Pasteur  du 
Brabant,  auraient  découvert  l’agent  spécifique  de  la  co¬ 
queluche.  Ce  serait  un  fort  petit  bacille  qui  serait  à  l’état 
presque  pur  dans  les  premières  expectorations  formées  d’un 
exsudât  blanc,  extrêmement  riches  en  leucocytes  ou  globules 
blancs.  Les  travaux  des  deux  savants  bactériologistes  permet¬ 
traient  d’espérer  la  découverte  d’un  sérum  curatif. 

Le  sérum  de  la  fatigue. 

M.  Weichardt,  de  Berlin,  a  trouvé  le  «  sérum  delà  fati¬ 
gue  »,  invention  évidemment  précieuse.  'Voici  en'quoi  cela 
consiste:  On  produit  chez  des  animaux  une  grande  fatigue 
musculaire  ;  puis,  lorsque  les  pauvres  bêtes  sont  éreintées, 
on  les  saigne.  Le  tissu  musculaire  est  alors  porté  à  une  tem¬ 
pérature  de  37  degrés  centigrades  pendant  plusieurs  heures 
on  le  hache,  on  en  exprime  le  jus,  et  on  filtre  le  jus.  On  en 
fait  ensuite  des  injections  à  d’autres  animaux  qui  sont  tout 
aussitôt  exténués,  mais  qui  réagissent  ;  on  les  saigne,  et,  de 
ce  sang,  on  extrait  un  sérum,  une  antitoxine,  qui  a  la  pro¬ 
priété,  paraît-il,  de  neutraliser  ou  de  détruire  les  toxines  ré¬ 
sultant  de  la  fatigue.  Voilà  qui  va  bien  faire  plaisir  aux  em- 
plo3és  de  ministère!  {Gil  Dlas.) 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


56f) 


BULLETIN  DU  PROGRÈS  MÉDICAL 


Valeur  nutritive  et  valeur  marchande  des  aliments  (1); 

Après  avoir  exposé  les  raisons  scientifiques  et  prati¬ 
ques  pour  lesquelles  le  choix  des  aliments  doit  porter 
sur  le  lieu  d'origine,  sur  ^âge,  Vêtat  de  fraîcheur,  etc. , 
il  est  peut-être  utile  de  songer  au  prix  des  substances 
alimentaires.  Certes,  il  importe  d’être  économe,  mais 
il  faut  l’être  en  connaissance  de  cause.  Avec  des  ren¬ 
seignements  exacts,  on  peut  avoir  à  bon  compte  une 
nourriture  saine  et  suffisante.  On  a  calculé  qu’une 
famille  de  six  personnes,  consommant  par  jour 
1,500  gr.  de  viande  et  de  lait,  peut  vivre  à  4  francs 
par  jour,  c’est-à-dire  à  moins  d’un  franc  par  tête  et  en 
ingérant  plus  de  viande  qu’il  n’en  faut  en  moyenne. 
Avec  cent  grammes  de  viande  par  jour,  le  prix  de  la 
nourriture  quotidienne  pour  chacune  des  six  personnes 
reviendrait  à  0  fr.  40  centimes.  On  a  encore  calculé 
(la  bonne  déesse  Nature  sourit  peut-être  de  ces  cal¬ 
culs!)  qu’un  restaurant  populaire  peut  fournir  300 
repas  (composés  de  potage,  pain,  viande,  légumes)  au 
prix  de  21  centimes  le  repas,  y  compris  le  loyer,  le 
service,  le  chauffage  et  l’éclairage. 

Mais  il  faut  bien  se  garder  de  prendre  au  pied  du 
chiffre  ces  dépenses  minimum,  pour  les  ériger  en  règle 
absolue  d’économie  domestique.  Dans  leur  enquête  sur 
V alimentation  d'une  centaine  d'ourriers  et  employés 
parisiens  (2),  MM.  Henri  et  Marcel  Labbé,  dont  les 
recherches  sont  d’ailleurs  pleines  d'intérêt,  proposent 
à  la  population  parisienne  des  menus-tvpe  aux  prix 
respectifs  de  1  fr.  78,  1  fr.  96,  I  fr.  oiS,  0  fr.  96. 
Une  telle  précision  n'est  sans  doute  que  schématique 
dans  l’esprit  des  distingués  chefs  de  laboratoire  ;  en 
fait,  ce  n’est  qu’une  imprécision  susceptible  d’in¬ 
duire  en  erreur,  si  on  n’a  soin  d’établir  pour  chaque 
menu-type,  un  prix  maximum,  et  un  prix  minimum 
entre  lesquels  l’écart  peut  être  assez  grand.  Il  suffit 
de  consulter  le  cours  des  halles  et  marchés  de  Paris 
pour  constater,  abstraction  faite  du  mode  d’achat  (en 
gros  ou  en  détail),  de  grandes  différences  de  prix 
suivant  la  qualité  (3)  : 

Le  bœuf  (viande  nette),  coûte  de  0  fr.  86  à  1  fr.  46  le  kilog. 

Le  veau,  varie,  comme  prix,  de  1  fr.  36  à  24'r.  30  le  kilog. 

Le  'mouton  coûte  de  1  fr.  0^  à  2  fr.  16. 

Le  beurre  (Isigny),  de  2  fr.  à  o  fr.  75  le  kilog. 

Le  camembert,  de  20  fr.  à  60  fr.  le  cent,  etc.,  etc. 

Or,  sans  méconnaître  les  graves  erreurs  acceptées 
par  l’ignorance,  qui  peut  nier,  en  ce  qui  est  de  la 
viande  et  des  fromages,  par  exemple,  que  le  prix  soit 
en  rapport,  au  moins  dans  la  plupart  des  cas,  avec  la 
valeur  ntitritive  ?  Le  fromage  de  Brie  «  double  ou 
triple  crème.  »,  au  prix  relativement  très  élevé,  n’est-il 
pas  nutritivement  supérieur  au  même  fromage  «  mai¬ 
gre  »,  dont  le  bas  prix  est  relativement  surprenant  ? 


(1)  E.-îlrait  iVun  ouvrage  de  vulgarisation,  à  paraître.  Il  s’agit  ici 
d'aperçus  préliminaires. 

(2)  Comniuuiealion  à  la  IV’  section  du  Congrès  international  de  la 
tuberculose  (Paris,  i-T  octobre  190.”)). 

(3)  Nous  prenons  ay  hasard  et  comme  exemple  les  cours  ofli- 
eiels  de  mars  190ii. 


.  Ces  réserves  étant  faites,  il  faudrait  faire  pénétrer 
dans  les  masses  la  vérité  suivante  : 

Le  prix  des  aliments  n’est  pas  nécessaireme^ 
EN  R.4.PPORT  AVEC  LEUR  VALEUR  NUTRITIVE.  C’est-à- 
dire  qu’il  est  des  aliments  qui  nourrissent  mieux  que 
d’autres,  tout  en  coûtant  moins  cher.  D’où  la  nécessité 
d’avoir  sur  la  valeur  nutritive  des  denrées  alimen¬ 
taires  des  notions  plus  ou  moins  succinctes,  pour  per¬ 
mettre  des  comparaisons  utiles.  Aussi  faut-il  applaudir 
aux  études  méthodiques  et  patientes  de  l’Américain 
Atwater  (1),  dont  les  travaux  ne  sont  que  contributifs 
et  n’ont  pas  la  prétention  de  conduire  immédiatement 
à  des  solutions  définitives  quant  à  leur  application  au 
problème  encore  si  complexe  de  l’alimentation  indivi¬ 
duelle.  C’est  dans  ce  même  sens  qu’il  faudrait  multi¬ 
plier  les  recherches  de  laboratoire,  pour  élargir  et 
consolider  la  base  sur  laquelle  on  pourra  construire 
avec  plus  d’assurance  un  système  d’alimentation  ration¬ 
nelle  de  l’homme.  Il  faut  reprendre,  pour  les  contrôler 
et  les  étendre,  les  réels  travaux  de  chimie  pure,  émanésde 
savants  comme  Lavoisier,  Liebig,  Moleschott,  Rubner, 
Konig,  Uffelmann,  Münk,  Pettenkofer,  Voit,  Berthelet. 
Armand  Gautier,  Attwater,  etc.,  et  ne  produire  qu’à 
petites  doses  les  résultats  obtenus  lentement,  pénible¬ 
ment,  mais  profondément. 

Voici  des  exemples  d’aliments  d’un  prix  plus  élevé 
que  d’autres,  et  d’une  valeur  nutritive  moindre.  La 
viande  de  veau  coûte  plus  cher  et  nourrit  ou  stimule 
moins  (sous  le  même  poids)  que  la  viande  de  bœuf  {2), 
laquelle  coûte  plus  et  nourrit  moins  que  la  viande  de 
porc  (3).  Passons  aux  aliments  d’origine  végétale  :  les 
primeurs  flattent  les  sens,  mais  n’ont  pas  la  valeur  in¬ 
trinsèque  des  légumes  et  des  fruits  cueillis  à  l’époque  de 
croissance  normale,  sans  avoir  été  «  forcés  ».  Les 
salades  coûtent  bien  plus  cher,  sous  le  même  poids, 
et  nourrissent  incomparablement  moins  que  des  légu¬ 
mes  secs  (haricots,  pois,  lentilles).  Certains  pains  de 
fantaisie  sont  nutritivement  intérieurs  à  d’autres  pains 
d’apparence  plus  rustique,  etc.,  etc. 

C’est  d’après  de  telles  observations,  faites  en  grand, 
et  après  une  série  d’expériences  faites  dans  les  grands 
hospices  d’aliénés  de  New-York  (4),  qu’est  résultée  la 
possibilité,  dans  ces  établissements,  de  réaliser  une 
économie  de  20à  25  C/0  sur  l’ordinaire  des  malades  (5). 
tout  en  améliorant  d’une,  façon  notable,  leur  régime 
alimentaire. 

De  ce  qui  précède  découle  ce  qui  suit  : 

L’économie  mal  appliquée  ou  mal  comprisk  peut 

NUIRE  A  LA  NUTRITION  ET  CONSÉQUEMMENT  Aü  TRA¬ 
VAIL.  Il  est  des  gens  qui,  sans  y  être  forcés  P®’’ 
misère,  se  montrent  dans  leur  alimentation,  d’une  so^  • 

(1)  Rapports  annuels  de  la  Station  de  Stores  (de  lf*91  * 

4'  rapport  sur  le  régime  diététique  for  Hospitals  for  Ibe  In=” 

the  State  of  New- York  (1902).  »  ■  •  i  fr  4® 

(2)  A'eau.  l"  qualité.  2  fr.  30  le  kilog.  ;  bœuf,  l”  qualité- 
le  kilog.  {Marché  de  la  Villette,  à  Paris,  février  et  mars  ig» 

(3)  Nous  apprécierons  en  lieu  voulu,  l’évaluation  raloriq«  -j 
admettons  ici  l’inégalité  normale  en  contenu  gras,  du  bce® 
porc,  élevés  l’un  et  l’autre  dans  les  conditions  normales. 

(4)  Expériences  faites  de  1899  à  1902.  sur  une  popula» 

1.720  hommes  et  2,110  femmes.  .  j  pire 

(5)  Il  est  bon  de  noter  que  grand  nombre  d'aliénés  dou® 
considérés,  au  point  de  vue  nutritif,  comme  bien  portantr- 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


5C7 


jité  dont  ils  sont  les  victimes.  Ils  ne  songent  pas,  les 
malheureux,  que  le  corps,  insuffisamment  ou  mal 
nourri,  ne  peut  fournir  ni  en  qualité  ni  en  quantité,  un 
travail  suffisant.  L'organisme  mal  réparé  s'use  plus 
facilement  et  plus  vite  ;  on  veut  conserver  sa  bourse,  on 
perd  sa  santé;  on  veut  jouir  plus  longtemps,  on  se 
suicide.  !’•  Cornet. 


DI0XINE“MERCK  spécifique  de  la  TOUX  et  de  la  DOULEUR 
plus  active,  moins  toxique  que  les 
opiacés  et  tous  leurs  dérivés,  même  synthétiques 

SÉDATION  IMMÉDIATE  de  la  TOUX 

SIROP  DU  D"  BOUSQUET,  A  LA  DIONINE  IVIERCK 

0,01  par  cuil.  à  bouche,  avec  2  gtt"  de  Broraoforme  (4  à  8  par  jour) 


REVUE  D’UROLOGIE  CLINIQUE 


Urologie  et  Séméiologie  ;  par  M.  le  D'  R.  Muguet, 
professeur  de  Chimie  à  l’Ecole  de  Médecine  de  Cler¬ 
mont-Ferrand,  directeur  du  Laboratoire  de  Chimie  de 
La  Bourboule-les-Bains.  (Clermont-Ferrand,  Raclot, 
impr.,  1906.) 

M.  le  D''  R.  Muguet,  professeur  de  chimie,  dont  nous 
avons  pu  apprécier,  au  début  de  nos  études  médicales, 
la  haute  valeur  scientifique  et  l’esprit  essentiellement 
pratique,  avait  publié,  fan  dernier, une  critique  des  plus 
judicieuses  et  des  plus  flatteusement  appréciées  par  les 
urologistes  compétents,  sur  la  manière  dont  on  prati¬ 
quait  les  analyses  d’urine.  Ces  analyses,  faites  sans 
méthode  sur  des  urines  prises  au  hasard,  ne  peuvent 
donner  aucun  renseignement  précis  et  sérieux  au  clini¬ 
cien  ;  au  contraire,  dans  bien  des  cas,  avec  les  varia¬ 
tions  d’alimentation  et  de  manière  de  vivre,  elles  peuvent 
induire  en  erreur  si  on  les  compare  entre  elles  et  si  l’on 
Tcut,  superficiellement,  tirer  des  conclusions  définitives 
des  oscillations  quelles  présentent  dans  leur  compo¬ 
sition. 

M.  Huguet  n’est  pas  homme  à  signaler  un  mal  sans 
rechercher  le  remède,  et  aujourd’hui  il  publie  une  courte 
ettrès  intéressante  brochure  intitulée  ;  Urologie,  Séméio¬ 
logie,  premier  chapitre  de  recherches  pratiques  impor¬ 
tantes  que  nous  prenons  la  liberté  de  soumettre  in 
oxienso  à  nos  lecteurs  : 

Pour  que  le  clinicien  puisse  tirer  des  analyses  d’urines  tou¬ 
te®  les  indications  qu'elles  comportent,  il  faut  qu’il  procède 
®'’ec  méthode  et  ciu'il  connaisse  bien  la  composition  normale 
“e  l’urine. 

Qu  est-ce  que  l'urine  ?  C'est  un  liquide  aijueux,  coloré,  à 
^^oction  acide,  contenant  en  dissolution  un  certain  nombre 
“e  Principes  dont  l'ensemble  est  désigné  sous  le  nom  d’e.r- 
Cet  extrait  communique  à  l'eau  jouant  le  rôle  de  dis- 
tyantun  certain  nombre  de  propriétés.  Il  augmente  sa  den- 
U  change  sa  tension  superlicielle.  i  Billard  et  Perrin  ont 
montré  que  la  toxicité  urinaire  était  en  raison  inverse  de 
tension  superficielle  de  ce  liquide),  il  abaisse  son  point  de 
'^ogélation  iCryoscopiei. 

^extrait  lui-même  n’est  pas  composé  de  substances  de 
tne  nature  ;  les  principes  qui  le  constituent  peuvent  se 
j^^eter  à  trois  types  :  substances  azotées,  minérales  et  ter- 

{3®,°titre,  l’urine,  en  traversant  les  organes  urinaires,  aen- 
“e  des  éléments  histologiques  dont  l’examen  microscopi- 
est  susceptible  de  donner  des  renseignements  précieux, 
c’est  sur  ces  divers  éléments  que  doit  porter  une 
analyse .  Ce  sera  l’analyse  primitive  ou  analyse  type 
>  elle  comprendra  : 


Extrait. 

Substances  azotées. 

—  minérales. 

—  ternaires. 

Densité. 

Tension  superficielle. 

Cryoscopie. 

Couleur. 

Acidité. 

Examen  microscopique. 

Sucre . 

Albumine. 

J’ai  dit  plus  haut  :  «  Cet  extrait  communique  à  Y ean  jouant 
le  rôle  de  dissolvant  un  certain  nombre  de  propriétés.  On 
considère  en  effet  le  plus  souvent  les  urines  comme  une 
solution  dans  l'eau  ».  Eh  bien  !  ce  point  de  vue  est  faux  :  la 
vérité  est  que  chaque  substance  contenue  dans  l'urine  est  dis¬ 
soute  non  dans  l’eau,  mais  bien  dans  la  solution  de  l'ensem¬ 
ble  des  autres  substances.  11  semblera  peut-être  que  c'est  là 
une  distinction  bien  subtile  et  que  c’est  ergoter  sur  les  mots  : 
nous  espérons  démontrer  par  les  faits  que  nous  allons  citer 
qu’il  n’en  est  pas  ainsi  et  que  la  distinction  que  nous  faisons 
est  très  importante. 

1“  Le  coefficient  densimétrique  de  l’urée  dans  l’eau  est  sen¬ 
siblement  de  4  :  dans  l'urine  il  n’est  guère  que  de  1 . 

«  2"  L’abaissement  de  la  tension  superficielle  produit  par  la 
«  dissolution  de  certaines  substances  dans  l’eau  pure  et  dans 
«  l’urine  n’est  pas  identique.  Ainsi  les  phénols  dissous  dans 
«  l’eau  donnent  toujours  un  abaissement  de  tension  superfi- 
«  cielle  beaucoup  moins  marqué  que  lorsqu’ils  sont  dissous 
«  dans  l’urine. 

«  3°  La  diffusion, à  travers  une  membrane  poreuse, des  sels  ou 
<c  de  l’urée  contenus  dans  l’urine  ne  se  fait  jamais  avec  la  même 
(c  vitesse  que  lorsque  ceux-ci  sont  dissous  dans  l’eau  pure. 

«  4»  L’abaissement  du  point  de  congélation,  obtenu  par 
«  addition  de  chlorure  de  sodium  à  l’urine  en  général  fet 
«  d’une  manière  remarquable  pour  certaines  urines)  n'est 
«  pas  égal  à  celui  obtenu  par  dissolution  de  la  même  quantité 
«  de  chlorure  de  sodium  dans  l’eau  pure.  »  —  (Billard). 

Nous  avons  signalé  plus  haut  les  recherches  qui  doivent 
constituer  l’analyse  type  PB.  Gomment  présenterons-nous 
cette  analyse  au  médecin  !*  Nous  ne  nous  occupons  pas 
ici  des  renseignements  d'ordre  physique,  microscopique, 
faciles  à  indiquer  très  simplement  :  nous  allons  parler  seu¬ 
lement  des  résultats  susceptibles  d’être  traduits  par  des  chif¬ 
fres.  INoiis  croyons  qu’il  est  bon  de  les  donner  d’abord  dans 
un  tableau  indiquant  les  chiffres  par  litre  et  par  24  heures  ; 
puis  étant  donné  l’habitude  adoptée  aujourd'hui  de  tout  tra¬ 
duire  par  des  graphiques,  nous  résumerons  le  tableau  dans 
un  graphique  analogue  à  celui  que  nous  avons  proposé  dans 
nos  notes  d'urologie  (1894)  et  qui  a  été  reproduit  par  C.  Vieil¬ 
lard  dans  son  livre  «  Türine  humaine.  »  Ce  graphique,  basé 
sur  l’emploi  de  la  règle  à  calcul,  a  l’avantage  de  donner 
simultanément  les  chiffres  vrais  trouvés  par  l’analyse,  soit  au 
litre,  soit  aux  24  heures,  et  les  proportions  qui  existent  entre 
les  éléments  dosés. 

Nous  avons  toujours  été  satisfait  de  ce  graphique  ;  nous 
proposons  cependant  de  lui  faire  subir  une  légère  modifica¬ 
tion  :  dans  le  graphique  actuel,  la  normale  est  représentée 
par  une  verticale;  à  sa  droite  se  trouvent  les  points  péchant  par 
excès,  à  sa  gauche  ceux  qui  pèchent  par  défaut  ;  nous  propo¬ 
sons  de  nous  ranger  au  type  beaucoup  plus  répandu,  dans 
lequel  la  normale  est  représentée  par  une  ligne  horizontale 
au-dessus  de  laquelle  se  trouvent  les  chiffres  par  excès,  et 
au-dessous  les  chiffres  par  défaut.  Une  expérience  de  plus  de 
dix  années  ne  nous  a  conduit,  en  somme,  qu’à  cette  légère 
modification. 

\  oici  donc  le  clinicien  en  présence  d’un  tableau  indiquant 
les  résultats  fournis  par  une  analyse  type  PR.  Comment  va-t-il 
discuter  en  lui-même  ces  résultats  ?  Nous  allons  indiquer  ici 
quelles  devraient  être  les  idées  directrices  devant  présider  à 
la  discussion  d'une  analyse  urologique. 

Ce  que  le  tableau  nous  indiquera  en  premier  lieu,  ce  sera 
l’intensité  des  échanges  nutritifs.  Si  les  rapports  entre  l’aci¬ 
dité,  la  couleur,  l’extrait,  les  substances  azotées,  les  sels,  les 


568 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


substances  ternaires,  la  toxicité,  sont  normaux,  l'analyse  sera 
représentée  par  une  ligne  droite;  mais  cette  ligne  droite 
pourra  se  trouver  au-dessus  ou  au-dessous  de  la  normale, 
indiquant  de  la  sorte  si  les  échanges  nutritifs  pèchent  par 
excès  ou  par  défaut;  mais  s  il  n’cn  est  pas  ainsi,  si  le  tracé  de 
notre  analyse  présente  une  ligne  brisée  décelant  des  excès  ou 
des  défauts  dans  les  éléments  dosés,  nous  examinerons  les 
résultats  méthodiquement,  les  uns  par  rapport  aux  autres, 
et  nous  arriverons  à  conclure  ou  que  ce  sont  les  matières 
azotées  ou  que  ce  sont  les  sels  dopt  les  rapports  sont  mauvais. 

Une  nouvelle  analyse  poussée  dans  cette  direction  nous 
indiquera  dans  quel  sens  se  trouve  la  défectuosité  signalée, 
et  nous  arriverons  ainsi  à  donner  la  formule  urologique  des 
différentes  «  diathèses  »  (pour  parler  le  langage  usité  il  y  a 
encore  peu  d’annees)  sur  lesquelles  peuvent  se  greffer  diver¬ 
ses  affections. 

.\ujourd  hui,  les  diathèses  n’étant  plus  admises,  nous  di¬ 
rons  qu'il  nous  sera  possible  d’arriver  par  examen  méthodi- 
(jiie  à  donner  la  caractéristique  des  «  terrains  »  et  de  même 
(lue  le  jonc  ne  pousse  ({u’en  terrain  acide,  que  la  digitale  no 
SC  trouve  jamais  en  terrain  calcaire,  nous  arriverons  un  jour 
à  dire  :  un  grand  nombre  de  dermatoses  prurigineuses  pous¬ 
sent  en  terrains  manquant  de  chaux,  d’autres  en  terrains  in¬ 
toxiqués,  la  tuberculose  en  terrains  déminéralisés,  les  trou¬ 
bles  trophiques  sont  sous  la  dépendance  de  l’hypo  ou  de 
l'hypertension  qu’indiquera  un  trouble  urinaire,  etc.,  etc. 

Mais  ces  travaux  ne  sont  pas  encore  faits  et  l’on  voit  d'a¬ 
près  ce  que  nous  avons  dit  jusqu’ici  que  même  en  adoptant  : 
1“  la  méthode  rationnelle  (l’interprétation  dont  nous  venons 
de  parler  ;  2'’  une  technique  uniforme  pour  tous  les  chimis¬ 
tes  ;  3“  une  représentation  également  uniforme  des  résultats, 
il  faudra  qu’un  grand  nombre  de  travailleurs  se  cqnsa- 
crent  à  de  patientes  et  minutieuses  études  pour  arriver  à  la 
détermination  de  la  formule  urologique  dichotomique  des 
affections  ;  encore  est  il  probable  que,  dans  un  certain  nom¬ 
bre  de  cas,  on  n’y  arrivera  jamais,  car,  pour  continuer  la 
comparaison  que  nous  avons  déjà  empruntée  au  règne  végé¬ 
tal,  il  est  des  affections  comme  des  plantes  qui  s’adaptent 
pres(iue  indifféremment  à  tous  les  terrains. 

Dans  un  prochain  article,  M.  Huguet  promet  d’étu¬ 
dier  la  technique  de  l’analyse  type  PR  ;  il  s’excuse  à 
l’avance  si  l’article  e^tun  peu  long  à  paraître,  car  il 
représente  une  somme  considérable  d’expériences  à 
exécuter.  Nous  ne  doutons  pas  des  progrès  considéra¬ 
bles  que  retirera  de  ce  consciencieux  travail  la  science 
urologique  et  de  tous  les  bénéfices  qui  en  résulteront 
pour  la  clinique  et  la  thérapeutique  :  en  un  mot,  pour  la 
médecine  pratique.  J.  Noir. 


LA  VALEROBROMINE  LEGRAND 

est  plus  active  que  les  bromures  et  les  valé- 
rianates. 


Assistance  publique  :  Fournitures  de  pansements. 

Le  samedi  22  septembre  1906,  à  2  heures  1  .',  il  sera  procédé 
publiquement,  au  chef-lieu  de  l'administration  de  l’Assistance 
publique,  avenue  Victoria,  n“  3,  à  l’adjudication  au  rabais  et 
sur  soumissions  cachetées  de  la  fourniture  des  articles  de 
pansement,  gazes  et  cotons  antiseptiques,  mackintosch.profec- 
tivc.  etc.  ;  nécessaire  au  service  des  établissements  de  cette 
administration  pendant  un  an,  à  partir  du  octobre  1906. 
Ces  fournitures  sont  évaluées  approximativement  à  ; 

l'*'  lot.  Gaze  iodoformeet  au  salol  lavant  rabais'.  18.000  fr. 
2'  lot.  Coton  au  salol  et  borhiué  (avant  rabaisi./ 

—  Mackininscli  nmlenti  va  i  l'J.UUU  — 


—  Mackintosch.  protective . ( 

3'  lot.  Coton  hydrophile .  Uâ.OOO  kil. 

4=  lot.  —  —  .  45.000  — 


S’adresser,  pour  prendre  connaissance  du  cahier  des  char¬ 
ges,  au  Service  do  l’exploitation,  tous  les  jours,  non  fériés,  de 
10  heures  à  4  heures  fliureau  des  adjudications'. 


B’ELIOGRAPHIE 


Traité  d’Hygiène  da  P.  Brouardel  et  E.  IVlosny:  Anihro~ 
pologie,  Hijgihie  individuelle  et  Education  physique^  //p 
fascicule  ;  par  R.  Anthony,  E.  Duprk,  P.  Ribierre,  U.  Brou.w- 
DEi.,  M.  Boul.w,  ’V.  Morax  et  P.  Lafeoili.e.  (J. -B.  Baillière 
edi  leur,  1996.) 

Le  111”  volume  du  grand  Traité  d’Hygiène  est  un  des  plus 
intéressants,  c’est  en  somme  un  véritable  traité  d’.Vnthropo- 
logie  divisé  en  :  Anthropologie  proprement  dite,  Hygiène 
individuelle  et  Education  physique. 

L Anthropolnqk  comprend  elle-même  deux  parties: 

1"  L'Anthropologie  physiqite  dont  l’exposé  est  fait  avec  toute 
la  clarté  et  la  netteté  désirables  par  M.  R.  .\nthony,  le  savant 
secrétaire  de  la  Société  d’ Anthropologie.  Cette  étude  a  d’abord 
trait  à  l'anthropométrie  et  à  la  technique  de  l’anthropologie; 
puis  .M.  Anthony  aborde  l'étude  du  développement  de  la 
forme  humaine,  c’est-à-dire  la  croissance. 

2"  L'anthropologie  jisychique  est  l’objet  d’un  chapitre  dû  à 
la  collaboration  de  M.  E.  Dupré.  agrégé  de  la  Faculté  de 
Paris,  médecin  de  l'Infirmerie  du  Dépôt  et  médecin  des  hôpi¬ 
taux  et  de  M.  P.  Ribierre,  c’est  l’étude  de  la  croissance  psy¬ 
chique  si  l’on  peut  s’exprimer  ainsi.  Après  avoir  exposé  en 
quelques  pages  les  généralités  sur  la  phylogenèse  et  l’onto¬ 
genèse  psychiques;  les  auteurs  ont  étu(iié  les  diverses  étapes 
de  révolution  psychique  :  les  premières  années,  l’àge  ante- 
scolaire,  1  âge  scolaire,  l’époque  de  la  puberté,  l’âge  adulte  et 
l’involution  mrntale  sénile.  L’étude  de  l’éducation  intellec¬ 
tuelle  permet  aux  auteurs  d’aborder  le  problème  important 
du  surmenage  scolaire  et  de  sa  prophylaxie,  d’indiquer  les 
méthodes  dévaluation  du  surmenage  scolaire  chez  les 
'écoliers. 

V Hygiène  individuelle  comprend  d’abord  l'hygiène  du  vête¬ 
ment,  traitée  avec  détails  par  M.  (ieorges  Brouardel,  médecin 
des  hôpitaux  de  Paris  et  auditeur  au  Conseil  supérieur 
d’Hygiène  publique  de  France,  qui  fait  aussi  l’exposé  des 
soins  de  propreté  corporelle,  ce  qui  l'amène  à  donner  une 
étude  des  bains  publics. 

L'Hygiène  de  l'oreille,  du  ne:,  de  la  bouche  et  de  la.  gorge, 
nécessitait  les  connaissances  (d’un  spécialiste.  M.  Boulay, 
ancien  interne  des  hôpitaux  de  Paris,  a  savamment  traité  ces 
différents  points  en  insistant  sur  leur  intérêt  prophylactique. 
Le  très  distingué  ophtalmologiste  des  hôpitaux  de  Paris,  M- 
V.  Morax,  a  rempli  le  chapitre  d'Hygiene  de  la  vue,  en  expo¬ 
sant  en  détail  le  développement  et  l’exécution  normale  des 
fonctions  de  l’œil,  puis  en  abordant  la  question  de  la  protec¬ 
tion  de  l  œd  sain,  et  l’entretien  et  le  contrôle  de  la  vision 
normale. 

Le  chapitre  sur  les  esercires  phusigues  et  l'éducation  phy^^' 
que,  qui  termine  le  volume,  est  dû  à  la  plume  autorisée  de 
M.  P.  Lafeuille.  médecin  militaire.  L’étude  de  la  physiologie 
du  travail  musculaire  (production  d’énergie  musculaire^ 
utilisation  mécanique  de  cette,  énergie  et  son  épuisemen 
fonctionnel)  se  termine  par  l’exposé  de  la  théorie  de  la  fau 
gue  et  du  surmenage.  Viennent  ensuite,  décrits  minutieuse^ 
ment,  les  effets  physiologiques  des  exercices  physiques,  su 
la  nutrition  générale,  sur  la  respiration,  la  circulation, 
système  nerveux,  l’appareil  locomoteur.  Logiquement,  ce 
étude  physiologique  conduit  à  l'examen  de  l’éducaticin  p  ï 
sique  (gymnastique  et  sports)  avec  ses  conséquences,  lent 
nement,  la  fatigue  et  le  surmenage.  ^ 

Trente-huit  figures  dans  le  texie  facilitent  la  lecture  de 
excellent  ouvrage.  J.  Noi®- 

De  l’apepsie  ;  par  Français  (IL.  (20f)p.  Edité  chez  Steinhed» 
2,  rue  Casimir-Delavigne  ;  Paris  1906.1 
Ce  très  important  travail  aboutit  aux  conclusions  sui 
vantes  :  _ 

.4.  L’apepsie  n’est  pas  une  entité  pathologique,  mais  L. 

drome  caractérisé  par  des  altérations  du  chimisme 
telles  qu’elles  démontrent  l’abolition  complète  de  la  lon 
digestive  de  l’estomac.  jf. 

B.  Elle  est  le  plus  ordinairement  en  rapport  avec  d 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


569 


graves  de  la  rr.uqueuse  stomacale  (gastrites  dégénératives, 
^rstitielles,  mixtes,  ou  atrophiques).  Elle  se  montre  fré- 
*  mment  à  l'état  isolé  caractérisant  cliniquement  les  for¬ 
ces  destructives  delà  gastrite  chronique.  Elle  apparaît  par¬ 
te  au  cours  du  cancer  de  l’estomac,  et  un  des  points  les 
lus  importants  du  diagnostic  est  desavoir  distinguer  les  cas 
Je  gastrite  simple  des  cas  de  cancer  avec  apepsie. 

/'  Elle  peut  accompagner  encore  différentes  maladies,  mais 
ellene  semble  pas  toujours,  dans  ces  cas,  jouer  le  rôle  d’une 
auseou  être  une  conséquence,  et  souvent  elle  n’apparaît  que 

comme  une  maladie  concommitante. 

J).  La  lésion  gastrique  est  consécutive  à  l'action  de  différents 
irinripes  irritants,  toxiques  ou  toxi-infectieux  qu'il  s’agisse 
ija''cnts  venus  de  l’extérieur  ou  de  produits  de  l'organisme 
lui-même.  L’expérimentation  permet  de  se  rendre  compte 
de  l’importance  des  agents  toxiques  ou  toxi-infectieux.  Nous 
avons  pu  la  déterminer  chez  le  chien  par  injections  intrapéri¬ 
tonéales  d’une  gastro-cytolysine  préparée  sur  le  lapin  par 
inoculation  à  cet  animal  de  muqueuse  gastrique  de  chien. 


Etude  sur  le  pemphigus  congénital  à  kystes  épidermi¬ 
ques  ;  par  Gr-xndje.sn.  (Editeur,  Maulde  Doumeng,  Ai,  rue 
de  Rivoli,  Paris.) 


Conclusions  de  l’auteur; 

l’ur  l’cnsembte  de  ce  travail,  nous  espérons  avoir  prouvé 
que  le  pemphigus  congénital  à  kystes  épidermiques  (épider- 
molyse  bulleuse  de  forme  dystrophique)  et  le  pemphigus  hé¬ 
réditaire  traumatique  simple  (épidermolyse  bulleuse  trau- 
toali([ue  siraplei  forment  bien  deux  entités  morbides  distinc¬ 
tes.  Si,  pour  celte  démonstration,  nous  nous  sommes  basés 
uniquement  sur  les  faits  cliniques, c’est  que  les  travaux  d’au- 
leurs  très  autorisés  nous  avaient  convaincus  que  ni  les  re- 
dierches  anatomo-pathologiques, ni  surtout  les  investigations 
patliogéniques  ne  pourraient  nous  être  d’aucun  secours. 

Nous  avons  entrevu  la  multiplicité ,des  fadeurs  que  com¬ 
portent  et  l’anatomie  pathologique,  et  la  palhogénie,  et  la 
romplexitc  inlinie  des  processus  morbides  auxquels  elles 
peuvent  donner  lieu. 

Mais  en  pratique,  ces  processus  se  traduisent  par  des  symp- 
lùmes  assez  constants,  et  ces  symptômes  se  grouperit  souvent 
oe telle  sorte  que  rétablissement  de  types  pathologiques  dis- 
'incls  devient  possible.  Ainsi,  les  mêmes  caractères  essentiels 
«retrouvant  nombre  de  lois  et  effaçant  les  symptômes  se- 
Wndaiics  qui  les  accompagnent,  ont  permis  d’établir  les  en- 
“los  morbides  reconnues  jusqu’ici.  Or,  il  nous  semble  que 
®  caractères  essentiels  de  Tépidermolyse  bulleuse  dystro- 
Pwqueet  de  l'épidermolyse  bulleuse  traumatique  simple  sont 
^wdinérents  de  l’une  à  l’autre,  et  suffisamment  fixés  par 
c nombreuses  observations,  pour  permettre  de  reproduire 
"’Çn  toute  connaissance  de  cause,  le  parallèle  que  nous  en 
Çions  schématiquement  au  début  de  cette  élude. 

;  J.  epidermolyse  dystrophique  conserve  donc  sa  valeur  d’en- 
1  morbide,  mais  étant  données  les  formes  de  transition  qui 
j  à  toutes  les  dermatoses  voisines,  il  faut  veiller  à  en 

I  limites  par  un  contrôle  rigoureux.  Sinon  toute 

!  des  dermatoses  congénitales  deviendrait  bientôt 

possible  et  il  n'y  aurait  plus  moyen  de  s'orienter  dans  ce 
*  c  de  faits  complexes  et  enchevêtrés. 


oiuie  surle  vivant,  guide  pratique  des  repères 


»natoi 


^avec 


uniques;  par  Bhi 


'.  (Un  volume  in  8“  de  lü8  pa- 


photographies,  cartonné  4  fr.  Edité  chez  J. -B. 
here  et  fils,  11).  rue  îlautefeuille,  Paris.) 

Fuqc!®  ce  livre  dont  il  n'a  pas  encore  paru  d'analogue  en 
i4{QtJ  d’origine  anglaise.Dansce  pays  à  l’esprit  pratique, 
«Orfj  praticiens  étudient  tout  simplement  l'anatomie  de 
hâiy)  ’  repères  anatomiques  superficiels  (surface  ana- 

W  qy®  ®®®lomie,qui  s’ofireàla  vue  et  au  toucher  chez  le  su- 
Podfj  peut  être  pratiquée  chez  les  patients  eux-mêmes 
le  médecin  a  besoin  de  se  rappeler  des  notions 
‘|iyes.  Celte  anatomie  de  surface  est  d’un  intérêt  très 
.■.d’une  part,  les  organes  superficiels  sont  les  plus 
lésés  par  les  agents  extérieurs  et  d’autre  part,  pour 


examiner  et  traiter  une  lésion  profonde  quelconque,  il  faut 
fatalement  partir  du  plan  anatomique  superficiel. 

Cette  anatomie  doit  être  pratiquée  par  l’étudiant  à  l'hôpi¬ 
tal.  Il  doit  répéter  très  souvent  dans  les  régions  saines  la  re- 
cherche'des  saillies  osseuses,  des  bords  musculaires,  des  ten¬ 
dons,  des  artères.  —  Connaissant  ces  éléments  sains,  il  les  re¬ 
connaîtra  modifiés  par  la  maladie  et  sera  expert  <à  appliquer 
ce  grand  principe  «  comparer  le  cjté  sain  et  le  côté  malade  ». 

1 /orientation  dans  toutes  les  parties  du  corps  doit  devenir 
précise  et  rapide,  chez  tous  les  sujets  jeunes  ou  vieux,  obèses 
ou  maigres.  Pour  les  débuts,  le  sujet  de  choix  sera  un  adulte 
musclé  mais  un  peu  maigre.  L’usage  de  crayons  dermogra- 
phiques  est  très  recommandable. C’est  avec  eux  que  M.Bru.xs- 
DET  a  réalisé  les  tracés  sur  les  sujets  qui  ont  été  photogra¬ 
phiés  pour  cet  ouvrage. 

Il  ne  faut  pas  sc  confiner  à  l'anatomie  du  cadavre,  puisque 
celle-ci  n'a  d  intérêt  pour  le  praticien  que  dans  son  application 
aux  patients.  Or,  cette  application  de  l’anatomie  à  l’homme 
vivant  marque  un  travail  intellectuel  propre  et  qui,  pour 
être  bien  mené  demande  une  grande  pratique  :  par  l'habitude 
les  sens  affinés  arrivent  à  reconnaître  de  nombreuses  disposi¬ 
tions  anatomiques,  qui  resteraient  cachées  à  celui  qui  ne  se 
serait  pas  formé  à  cette  méthode. 

Le  livre  du  D''  BRUANoETest  un  guide  pour  explorer  le  corps 
humain  de  celte  façon.  En  répétant  souvent  ce  travail,  le  pra¬ 
ticien  arrivera  à  bien  connaître  tous  les  repères  accessibles  du 
corps  humain  vivant.  Il  ne  sera  jamais  désorienté  en  exami¬ 
nant  et  en  auscultant  ses  malades.  11  en  retirera  confiance  et 
sécurité.  Insistons  donc  tout  particulièrement  sur  le  but  es¬ 
sentiellement  pratique  de  ce  travail  clairement  rédigé,  bien 
édité  et  utile  aux  médecins.  A.  X. 

Notes  et  observations  de  médecine  légaleipar  Leglubu: 
ill  '.  (Editées  chez  Masson,  120, boulevard  Saint-Germain,  Pa¬ 
ris,  l'JOâ.) 

Cet  important  travail,  fruit  d’une  longue  expérience  est  non 
moins  utile  à  consultera  un  autre  point  de  vue. Chaque  jour, 
des  difficultés  se  dressent  imprévues  en  matière  d’expertise, 
difficultés  qu’un  traité  de  médecine  légale  ne  saurait  envisa- 
ger.Or,dans  la  pratique, les  faits  se  présentent  sous  mille 
nuances.  N’est-ilpoint  dès  lors  évident  que  le  rapprochement 
d'observations  (juelque  peu  similaires  est  un  précieux  moyen 
de  fixer  le  jugement,  de  préciser  le  rôle  de  l'expert, en  multi¬ 
ples  circonstances  délicates.  En  parcourant  la  liste  des  lift 
rapports  colligés  dans  ce  volume,  on  voit  quel  intérêt  il 
présente  pour  les  médecins-légistes  et  les  experts. 


INTÉRÊTS  PROFESSIONNELS 

Les  services  de  Médecine  publique  et  le  Syndicat  des 
Médecins  du  Rhône. 

La  Chambre  syndicale  des  médecins  du  Rhône  vient  de 
prendre  les  résolutions  suivantes  au  sujet  des  services  de 
médecine  publique,  résolutions  qu’en  bonne  justice  tout  k 
monde  ne  peut  qu’approuver.  Il  est  temps  que  l’Etat  et  le? 
collectivités  se  lendent  compte  que  le  médecin  est  un  citoyen 
comme  les  autres  et  qu’il  est  injuste  de  faire  supporter  à  lui 
seul  les  frais  des  services  d’hygiène  et  d’assistance. 

I.  —  Stir  la  qttesliun  du  service  médical  communal  projeté: 

Considérant  :  1"  que  les  malades  atteints  d’affections  béni¬ 
gnes  à  leur  début,  lesprétubcrculeux,  même  les  tuberculeux 
aux  premières  périodes,  appartiennent  à  la  catégorie  des 
malades  qui  peuvent  sans  inconvénients  se  déplacer  pour 
consulter  le  médecin  chez  lui  ;  2“  que  la  présence  d’un  méde¬ 
cin  à  jour  fixe  dans  la  commune  aurait  pour  conséquence 
certaine  de  faire  différer  les  soins  dans  maints  cas  aigus  où 
cette  abstention  aurait  les  pires  conséquences  ;  3°  que  la 
désignation  d’un  médecin  officiel  serait  incompatible  avec  le 
respect  de  la  liberté  de  confiance  des  indigents  et  des  mala¬ 
des  peu  aisés,  aussi  qualifiés  pour  user  de  ce  droit  impres¬ 
criptible  que  les  ouvriers  blessés  au  cours  de  leur  travail 
(article  4  do  la  loi  .\ccidents);  4“  que  la  désignation  dans  ce« 
conditions  d’un  médecin  communal  contribuerait  à  faciliter 


570  , 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


la  fonctionnarisation  delà  médecine,  tendance  que  nos  orga¬ 
nisations  professionnelles  doivent  combattre  systématique¬ 
ment  ;  a"  que  là  où,  par  exception,  l’utilité  d’un  service 
médical  serait  démontrée,  il  paraît  peu  probable  que  les 
disponibilités  budgétaires  laissées  libres  par  l’application  de 
la  loi  d’Assistance  aux  vieillards  puissent  être  suffisantes  à 
indemniser  équitablement  un  médecin,  auquel  on  impose¬ 
rait,  à  jour  et  à  heure  fixes,  au  détriment  par  conséquent  du 
service  de  sa  clientèle  ordinaire,  un  déplacement,  au  bout 
duquel  il  ne  serait  pas  sûr  d’avoir  toujours  des  consultations 
à  donner  ou  des  visites  à  faire  ;  6°  qu’au  surplus,  la  majorité 
des  syndicats  médicaux  admettent  que  les  tournées  médi¬ 
cales  à  jour  et  à  heure  fixes  sont  propres  à  déconsidérer  le 
corps  médical  et  à  porter  atteinte  à  la  dignité  profession¬ 
nelle  ;  La  Chambre  syndicale  des  médecins  du  Rhône, 
décide  ;  qu'il  n’y  a  pas  lieu  pour  les  médecins  d’accueillir 
favorablement  un  projet  dont  l’utilité  est  contestable,  qui 
présente  des  inconvénients  certains  pour  la  sauvegarde  de  la 
santé  publique  dans  les  campagnes,  qui  porte  atteinte  au 
droit  essentiel  reconnu  à  tout  malade  de  choisir  librement 
son  médecin,  qui  irait  à  l'encontre  de  nos  intérêts  les  plus 
respectables,  ne  nous  assurant  qu’une  rémunération  insuffi¬ 
sante  et  aléatoire,  tout  en  compromettant  l’indépendance  et 
la  dignité  de  notre  profession. 

II.  —  Sur  la  question  du  service  d'hytjiène  ; 

Considérant  :  1»  que  la  vulgarisation  des  notions  d’hygiène 
est  une  des  préoccupations  tes  plus  constantes  du  corps 
médical,  conscient  de  son  rôle  social  ;  2"  qu’en  luttant  contre 
l’éclosion  et  la  propagation  des  maladies,  les  médecins  tra¬ 
vaillent  à  tarir  les  ressources  qui  leur  sont  nécessaires  ; 
3°  que  le  département  et  les  municipalités  n’ont  pas  le  droit 
de  compter  sur  pareil  dévouement  et  d’y  faire  constamment 
appel,  tout  en  paraissant  ne  pas  en  remarquer  les  consé¬ 
quences  ;  4“  que  la  société  ne  peut  exiger  des  médecins  plus 
qu’elle  ne  demande  aux  autres  citoyens,  l’humanité  étant  un 
devoir  social  avant  d’être  une  obligation  médicale  ;  5°  que 
l’administration,  chaque  fois  qu’elle  demande  aide  aux 
médecins,  doit  examiner  si  tout  ce  qui  est  dû  à  la  sauvegarde 
de  leurs  droits  professionnels  est  équitablement  réalisé  ; 
6°  que  les  médecins,  tous  égaux  devant  les  charges  fiscales, 
doivent  pouvoir  tous  aussi  participer  au  fonctionnement  des 
services  publics  rétribués  ;  La  chambre  syndicale,  émet 
l’avis  :  que  les  médecins  doivent  coopérer  activement  à  la 
création  de  services  d’hygiène  dans  les  communes  et  aider 
de  tout  leur  pouvoir  à  l’application  des  prescriptions  de  la 
loi  sur  la  Santé  publique,  même  par  des  conférences,  là 
où  les  municipalités  trouveront  le  moyen  de  leur  assurer 
des  auditeurs  ; 

Mais  décide  :  que  le  concours  des  médecins  doit  être  subor¬ 
donné  à  l’acceptation  par  les  communes  des  conditions 
suivantes  ;  a)  là  où  plusieurs  médecins  se  trouveront  en  pré¬ 
sence,  pas  de  monopole  au  profit  d’un  seul,  mais  participa¬ 
tion  de  tous  les  consentants  au  fonctionnement  du  service 
d’hygiène  ;  b)  attribution  d’honoraires  équitables  au  lieu  de 
l’indemnité  insuffisante  allouée  d’ordinaire  pour  les  services 
publics.  (Extrait  du  Bulletin  officiel  du  Syndicat  des  médecins 
du  Rhône,  sept.  1900.) 


Les  hallucinations  du  chloroforme. 

Au  cours  d’un  procès  en  séparation  de  corps  entre  un  méde¬ 
cin  et  sa  femme  on  afait  les  curieuses  constatations  suivantes  : 

La  femme  du  confrère  alléguait  le  grief  suivant  :  Un  jour, 
son  mari  était  allé  faire,  à  domicile,  chez  un  de  ses  amis,  une 
opération  à  la  bonne  de  la  maison.  La  bonne  fut  chlorofor- 
misée.  A  son  réveil,  elle  prétendit  avoir  vu  le  docteur  qui  ve- 
naitde  l’opérer,  embrasser  sapatronne,la  femme  de  son  ami. 
Appuyé  de  l’avis  des  professeurs  Brouardel  et  Debove,le  mari 
répondait  que  le  chloroforme  engendrait  des  hallucinations 
non  seulement  pendant  le  sommeil  anesthésique,mais  même 
après  le  réveil.  La  petite  bonne  avait  vu  en  imagination  et 
non  en  réalité  ce  qu'elle  racontait. 

Le  tribunal  après  plaidoiries  de  Dufour  et  Labori,  a 
adopté  l’opinion  des  docteurs  Brouardel  et  Debove  et  écarté 
le  témoignage  de  la  bonne. 


VARIA 


Le  service  de  santé  aux  grandes  manœuvres 
de -1906. 

Les  grandes  manœuvres  de  1906  devaient  avoir  uneimpor- 
tance  plus  grande  que  les  exercices  des  années  précédentes 
les  services  de  l’arrière  devaient  y  fonctionner  comme  ils 
doivent  fonctionner  en  campagne  et  le  service  de  santé  de¬ 
vait  opérer  le  plus  possible  comme  dans  une  guerre  véri¬ 
table.  Dans  le  Temps  du  4  septembre,  M.  Emile  Manceau  qui 
a  suivi  les  manœuvres  en  détail  et  a  publié  sur  elles  de  nom¬ 
breux  articles  compétents,  fait  en  ces  termes  la  critique  du 
fonctionnement  du  servies  de  santé  : 

«  Il  ne  fonctionnait  pas  grand’chose,  écrit  M.  Emile  Man¬ 
ceau.  Cependant  j’ai  vu  (spectacle  inaccoutumé  et  pittores¬ 
que  I")  les  musiciens  du  72'',  sur  la  grimpette  qui  mène  aux 
curieuses  ruines  de  Montépilloy,  tenir  d'une  main  une  ci¬ 
vière  et  de  l’autre  leur  instrument.  (Leur  instrument  de 
musique,  bien  entendu.  Il  ne  s’agit  pas,  bien  qu’ils  aient  à 
remplir  au  combat  le  rôle  de  brancardiers,  de  les  charger 
aussi  de  celui  de  M.  Purgon).  Un  peu  plus  loin,  sur  le  pla¬ 
teau  de  Rozières,  les  postes  de  secours  de  la  8”  brigade  {i> 
et  87=).  Le  tram  régimentaire  de  ce  dernier  corps  se  trouvait 
à  la  sortie  est  de  Ducy,  tandis  qu’une  voiture  à  quatre  roues, 
relais  d’ambulance,  stationnait  au  nord  de  ce  hameau.  Quant 
à  l’ambulance,  elle  était  installée  dans  la  spacieuse  ferme  de 
Luat,  pavoisée  aux  couleurs  nationales,  avec  le  drapeau  delà 
Croix-Rouge.  iJ’ai  su  que  l’hôpital  de  campagne  était,  pen¬ 
dant  la  bataille,  à  Augé-Saint-\  incent,  puis  qu’il  s’était  trans¬ 
porté  à  Vaumoise  ;  mais  je  ne  l’ai  pas  vu.  ) 

Donc,  en  effet,  tout  était  bien  en  place,  mais  sans  vie.  Les 
braves  infirmiers  sommeillaient  les  uns  couchés  sur  le  gazon 
les  autres  étendus  mollement  sur  les  civières  destinées  au 
transport  des  blessés  qui  ne  venaient  pas.  Des  étiquettes 
portaient  ces  mots  :  a*  Vestiab-e  »  —  mot  un  peu  étrange, 
dans  cette  cour  de  ferme  —  ou  «  Pansements  simples  »,  ou 
Blessés  intransportables  »,  ou  «  Blessés  à  transporter  cou¬ 
chés  ».  Mais  c’était  tout.  Une  file  de  mulets  portant  des  ca- 
colets  avaient  bien  été  chercher  les  victimes  de  la  guerre. 
Seulement  ils  n’étaient  pas  rentrés  quand  la  manœuvres 
pris  fin.  , 

Il  est  vrai  que  celle-ci  a  été  écourtée  (elle  devait  durer  « 
six  à  neuf  heures,  mais  elle  a  commencé  en  retard  et  a  ces 
avant  l’heure  fixée),  et  elle  a  été  si  mollement  conduite  qu 
vraiment  il  n’y  a  pas  à  s’étonner  s’il  n'y  a  eu  ni 
blessés,  ni  prisonniers.  D'ailleurs  il  est  de  tradition  dans 
manœuvres  d'automne  qu’il  n'y  en  ait  point.  Etony  po 
l’occasion  de  s’exercer  à  diverses  opérations  qui  ne  sont  pa- 

sans  importance .  , 

Après  une  courte  disgression  sur  les  précautions  j. 

pour  se  débarrasser  des  cadavres  (incinération  et 
tion)  et  éviter  leur  profanation  comme  le  prescrit  la 
tion  de  Genève  et  avoir  cité  comme  exemple  les 
ses  par  les  Japonais  dans  la  dernière  guerre,  M.  ^ 
ceau  continue  en  exprimant  le  regret  qu’on  n’ait  pas  te  _ 
faire  tenir  aux  officiers  de  l’état-civil  aux  armées  les 
de  décès  comme  cela  devrait  avoir  lieu  en  temps  de  gù 
Les  critiques  ne  se  bornent  pas  là.  re  dit 

Mais  combien  il  me  semble  plus  regrettable 
M.  Manceau,  qu’on  n’y  fasse  pas  fonctionner  les 
successifsdu  service  de  santé,  et  que  tout  le  personn^jjgg 
voqué  pour  la  coûteuse  expérience  de  cette  année-ci  n 
aucun  profit  !  Avant-hier,  il  a  eu  chaud  et  U  a  ao- 

Hier  il  s’est  reposé  Aujourd’hui...  j’ai  dit  ce  qu d 
jourd’hui.  Rien,  sauf  peut-être  que  l’ambulance 

naire  a  évacué  un  vrai  malade  (appendicite!  par  le 
1  h.  26  sur  l’hôpital  de  Compiègne.  noeuvr*® 

Remarquez  qu’on  procède  tous  les  ans  à  des  m 
spéciales  destinées  à  l’instruction  du  corps  iu®dica 
auxiliaires  :  infirmiers  et  brancardiers.  Des  jjj  ou  * 
sont  relevés,  transportés  au  poste  de  secours  voi 
l’ambulance  la  plus  proche,  conduits  aux 
pagne  ou  évacués  sur  l’arrière.  Ün  n’a  pas  à  iadi' 

leur  cas,  attendu  que  chacun  d’eux  a  reçu  une 


LE  PROGHÈS  MEDICAL 


571 


,  jj,  fracture  dont  il  est  censé  être  atteint .  Mais  d’abord 
'I“®“‘jtion  se  pose  de  savoir  si  le  blessé  doit  se  servir  du 
****net  individuel  de  pansement  dont  il  est  muni  et  qui 
P“*.jejjt  l’essentiel  pour  exécuter  un  bandage  sommaire. 

une  enveloppe  hermétique  et  imperméable  se  trouvent 
^  plumasseau  d’étoupe,  de  la  gaze,  une  bande  de  coton, 
cela  chimiquement  purifié  et  imprégné  de  bichlorure 
rmercure  de  façon  à  êtreantiseptisé.  Eh  bien,  l’homme  qui 
'•pas  reçu  de  secours  doit- il  faire  lui-même  l’application 
îe  ces  matières  sur  sa  plaie  ?  Si  cette  plaie  est  sale  ou  s’il 
manipule  le  contenu  du  paquet  avec  des  doigts  malpropres, 
je  risque-t-il  pas  d’envenimer  son  mal  et,  comme  on  dit, 
d'enfermer  le  loup  dans  la  bergerie  ? 

Et.  d’autre  part,  si  on  tarde  à  intervenir,  n’y  a-t-il  pas  dan¬ 
ger  pire  encore  ? 

"  Bref,  on  a  longuement  discuté  le  pour  et  le  contre.  En  dé- 
Snitivè.  l’autorité  compétente  semble  s’être  prononcée  en 
faveur  de  l’emploi  direct  par  les  intéressés.  «  Dès  le  temps 
de  paix,  des  théories  sur  le  mode  d’emploi  du  paquet  indivi¬ 
duel  seront  faites  aux  hommes  de  troupe  dans  les  compagnies, 
escadrons,  batteries  ou  sections,  par  des  sous-officiers  préa¬ 
lablement  exercés  à  cet  effet  par  les  médecins  du  corps  ». 
Ainsi  s'exprime  la  décision  ministérielle  du  27  juin  18',I4.  Il 
est  vrai  qu’elle  ajoute  aussitôt  après  :  es  Les  infirmiers  <et 
brancardiers  régimenfaires  seront  fréquemment  exercés  à 
appliquer  ces  pansements  ».  Qn’est-ce  donc  à  dire,  et  la  doc¬ 
trine  orthodoxe  ne  serait-elle  point  par  hasard  la  suivante  ? 
Lepremier  homme  de  l’art  (et  dans  l'espèce,  j’entends  les 
infirmiers  ou  brancardiers)  qui  trouve  un  blessé  prend  dans 
la  poche  spéciale  pratiquée  dans  la  capote  de  celui-ci,  du  côté 
gauche  de  la  poitrine,  le  paquet  de  pansement  appartenant  à 
la  victime,  et  il  s’en  servira  pour  panser  la  plaie...  à  moins 
que  ladite  victime,  ayant  perdu  patience  et  s’étant  jugée  ca¬ 
pable  de  prendre  ce  soin  elle-m^e,  ait  fait  le  nécessaire . 

Quoi  qu,’il  en  soit,  aux  manœuvres  spéciales  de  santé,  sur 
le  vu  de  la  fiche  dont  est  porteur  chaque  soldat  censément 
atteint,  brancardiers  et  infirmiers  ont  à  faire  le  simulacre 
soit  d'arrêter  l’hémorragie  en  comprimant  une  veine  ou  en 
agissant  sur  l’artère  intéressée,  soit  de  placer  une  attelle,  soit 
<ie  donner  au  membre  fracturé  la  position  convenable,  soit 
de  le  soutenir  par  une  écharpe  ou  un  moyen  de  fortune.  Il 
la  ensuite  à  transporter  le  pseudo-blessé  soit  à  bras,  soit  sur 
>106  civière,  jusqu’à  l’endroit  où  les  médecins  opèrent. 
Et  ces  médecins,  à  leur  tour,  se  conformant  aux  indications 
^  la  fiche,  prononcent  sur  les  moyens  thérapeutiques  ou 
™rurgicaux  auxquels  ils  recourraient  dans  ta  réalité,  en 
j^nt  compte  des  ressources  qu'ils  possèdent  dans  leur 
ïtonnacie,  du  temps  dont  ils  disposent,  du  nombre  de  lits 
distant  dans  la  localité,  etc. 

firef,  chaque  année,  on  exerce  de  cette  façon  les  membres 
P  corps  de  santé  appartenant  soit  à  l’armée  active,  soit  à  la 
^cve.  A  cet  effet,  on  exécute  une  véritable  petite  action  de 
^  des  troupes  qu’on  emploie  à  figurer  à  tour  de 
«les  combattants  et  les  blessés. 

fiien  de  mieux  :  s’il  faut  diviser  pour  régner,  il  faut  pareil- 
^ot  décomposer  pour  instruire.  Mais  à  l’analyse  doit  suc- 
la  synthèse.  Quand  chaque  chef  de  pupitre  a  fait  répé- 
Pprtie  aux  instrumentistes,  on  réunit  tous  les  ar- 
^de  l’orchestre,  et  ils  jouent  ensemble. 

.bien  !  l’occasi.m  était  singulièrement  propice  pour  met- 
V(g  j®dltanément  en  action  l’œuvre  de  destruction  et  î'œu- 
Hèm*  '^®Pdcdtion:  de  faire  fonctionner  le  service  de  santé  en 
btj  f®.^,®Psquele  personnel  combattant. Pourquoi  ne  l’avoir 
i|jjjj^l\Pourquoi  avoir  laissé  se  morfondre  ces  braves  gens 
?  —  Parce  qu'on  a  accéléré  les  opérations  pour 
fatigue  aux  troupes,  paraît-il.—  Eh  bien  !  c’est  l'oi- 
aurait  fallu  éviter  aux  services  de  l’arrière  ». 
d'ions  rien  à  ajouter  à  ces  critiques  si  justes.  Elles 
pas  au  service  de  santé  qui  sait  dans  des  exer- 
il*n,ç^®diaux  faire  tout  son  devoir,  mais  au  haut  comman- 
dédaigne  un  peu  trop  les  services  de  l’arrière  et 
enseignements  de  la  gnerre  russo-japonaise 
lojjj  ‘Piètre  médités  et  l’on  devrait  se  souvenir  de  tous  les 
WitJ^beles  Japonais  ont  mis  au  bon  fonctionnement  de 
^'■''‘ce  sanitaire. 


Ancienne  Faculté  de  médecine  de  la  rue  de  la 
Bûcherie  et  la  Commission  du  Vieux  Paris. 

M.  Charles  _\orvi.\nd  a  apporté  sur  le  bureau  de  la  Commis¬ 
sion  du  Vieux  Paris  un  vœu  de  la  Société  des  Amis  des  monu¬ 
ments  parisiens  tendant  à  conserver  la  salle  gothique  de  l'an- 
cienneFaculté  de  médecine  de  la  rue  de  la  Bûcherie,  à  l’occa¬ 
sion  du  projet  de  Maison  des  étudiants,  dont  il  a  été  question 
dernièrement.  M.  Charles  Sellier  a  signalé  que  le  projet 
dressé  d’accord  entre  l’Administration  municipale  et  la  Com¬ 
mission  du  Vieux  Paris, comportait  cette  conservation. M. An¬ 
dré  H.vllays  a  rappelé  que  jadis,  il  avait  été  question  de  clas¬ 
ser  ce  monument,  ce  qui  devait  assurer  sa  conservation  in¬ 
tégrale.  Il  propose  à  la  Commission,  au  cas  où  la  chose  ne  se¬ 
rait  pas  faite  encore,  d’adopter  ce  vœu  séance  tenante  afin  de 
pouvoir  s’appuyer  sur  l’Etat  si  le  monument  était  réellement 
menacé. 

M.  Lucien  Lambe.au a  rappelé  que  le  Conseil  municipal  a 
été  saisi  de  la  question  par  une  pétition  de  VAssociatmi  des 
étudiants  déposée  par  M.  .André  Lefèvre.représentant  le  quar¬ 
tier  à  l’Hôteî-de-Ville.  Il  est  certain  que  la  charmante  roton¬ 
de  de  AVinslovv  ne  pouvant  pas  seule  remplir  le  but  recherché, 
l’on  sera  obligé  d’édifier  d’autres  bâtiments.  Dès  lors,  pour¬ 
quoi  ne  pas  conserver  la  façade  du  XA  <■  siècle,éclairée  de  plu¬ 
sieurs  fenêtres  en  ogive,  qui  existe  encore  sur  la  cour,  en  la 
débarrassant,  bien  entendu,  les  parties  modernes  qui  la  sur¬ 
montent.  M.  Lucien  Lambeau  rappelle  à  ce  propos  le  curieux 
projet  de  restitution,  dû  au  docteur  Le  Baron,  et  dont  les 
planches  ont  été  annexées  au  procès-verbal  de  la  Commission 
du  Vieux  Paris . 

Le  vœu  de  classement  de  l’ensemble  des  bâtiments  a  été 
adopté  par  la  Commission  du  Vieux  Paris.  A  été  également 
adopté  le  vœu  de  conservation  de  la  salle  gothique. 

La  désaffectation  de  I  hôpital  Andral. 

M.G.  Mesureur,  directeur  de  l’Assistance  publique, a  infor¬ 
mé  la  Commission  du  Vieux  Paris  de  la  désafïectation  très  pro¬ 
chaine  de  l’hôpital  Andral  ;  à  la  fin  du  mois  courant.  Cette 
ancienne  maison,  qui  fut  occupée  par  la  direction  munici¬ 
pale  des  Nourrices  et  auparavant  par  la  Filature  des  Indigents 
sera  évacuée,,  et  il  sera  loisible  à  la  Commission  de  la  visiter 
pour  y  faire  telle  constatation  qu  elle  jugera  avant  la  démo¬ 
lition. 

L’ancien  hôpital  et  l’ancien  cimetière  de  la  Trinité. 

Les  fouilles  ouvertes  sur  le  boulevard  Sébastopol  ont  mis 
à  jour  un  certain  nombre  d’ossements  provenant  de  l’ancien 
cimetière  de  la  Trinité.  A  cette  occasion,  M.  Charles  Sellier 
a  fait  à  la  Commission  du  Vieux  Paris  une  très  intéressante 
communication  sur  l’histoire  de  l’ancien  hôpital  et  de  l’an¬ 
cien  cimetière  de  la  Trinité,  Cette  communication  est  d’un 
grand  intérêt  au  point  de  vue  de  l’assistance  et  de  l’hygiène 
du  Vieux  Paris. 

Fondé  vers  12ü0par  deux  frères  utérins  Jean  Palée  et  Guil¬ 
laume  Escuacol  à  l’angle  de  la  rue  Saint-Denis  et  de  la  rue 
Grenéta,TlIôpital  de  la  Trinité  porta  d’abord  le  nom  d’aumô¬ 
nerie  de  la  Croix-de-la-Reine.En  li07,le  nom  de  la  Trinité  lui 
était  attribué,et  la  maison  passait  aux  Prémontrés  d’Hermières 
qui  la  négligèrent  et  la  louèrent  en  partie  aux  confrères  de  la 
Passion,  qui  y  jouèrent  leurs  mystères  jusque  vers  le  milieu 
du  XVP  siècle,  si  bien  que  le  Parlement,  ému  de  cette  profa¬ 
nation  des  lieux,  décida  d'en  changer  la  destination,  il  rem¬ 
plaça  d’abord  les  religieux  prémontrés,  qui  en  avaient  la  di¬ 
rection,  par  des  administrateurs  spéciaux,  et  ordonna  ensuite 
que  des  enfants  mâles  de  pauvres,  âgés  de  plus  de  sept  ans, 
seraient  reçus  à  l’hôpital  de  la  Trinité  pour  y  être  nourris,  lo¬ 
gés  et  instruits  dans  la  religion  chrétienne,  en  môme  temps 
qu'on  leur  apprendrait  un  métier.  On  appelait  ces  orphelins 
les  Enfants  bleus,  à  cause  de  la  couleur  de  leurs  vêtements. 
L'hôpital  de  la  Trinité  a  été  supprimé  à  la  Révolution;  le 
passage  de  la  Trinité  et  la  Cour  des  Bleus  en  gardent  seuls  au¬ 
jourd’hui  le  souvenir  sur  place. 

Cet  établissement  hospitalier  formait  un  enclos  assez  impor¬ 
tant  qui  s'étendait  depuis  la  rue  Grenéta  jusque  vers  la  rue 
Guérin-Boisseau,  et  comprenait,  avec  ses  bâtiments,  un  vaste 
jardin,  où  l’on  accédait  par  une  ruelle  qui  subsiste  encore 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


ïous  son  ancien  nom,  Pimpasse  Bas/b)»-,  c’est  là  que  l’hôpital 
fie  la  Trinité  avait  établi  son  cimetière,  et  comme  il  était 
alors  au-delà  des  portes  de  la  Ville,  on  le  choisit,  en  1348,  à 
ce  qu’affirme  l'abbé  Lebeuf,  «  pour  y  porter  les  corps  des 
pestiférés,  au  lieu  deles  inhumer  anx  Innocents,  et  jusqu’au 
WP  siècle,  cet  usage  se  pratiquait  encore  en  pareil  cas».  Mais 
Jaillot  prétend  révoquer  en  doute  cette  assertion  faute  de 
preuve  (11. 

Cependant,  dans  son  Histoire  de  la  Ville  de  Paris  (  livres 
W’II  et  WIII  Félibien  a  rapporté  qu’en  1496,  il  survint  à  Pa¬ 
ris  une  si  grande  mortalité  causée  par  les  chaleurs  excessives 
del’été,  que  le  cimetière  des  Innocents,  quelque  spacieux 
qu'il  fût,  ne  put  suffire  pour  la  quantité  des  corps  qu’on  y 
porlait  incessamment,  tant  de  la  Ville  que  de  l’IIotel-Dieu,  ou 
il  mourait  plus  de  cinq  cents  personnes  par  jour,  si  bien 
(ju'ayant  continué  à  recevoir  les  victimes  des  épidémiesde 
peste  qui  désolèrent  tant  Paris  au  seizième  siècle,  le  cimetière 
delà  Trinité  fut,  à  son  tour,  reconnu  dangereux  pour  lasécu- 
lilé  publi<iue  et  fut  sur  le  point,  en  1556,  d’être  supprimé 
pour  ce  motif  et  remplacé,  à  la  demande  du  Parlement,  par 
un  cimetière  établi  dans  Pile  Maquerelle,  auprès  de  Grenelle. 
Mais  le  bureau  de  la  Ville  s’opposa  à  cette  translation,  etjiré- 
féra  pour  des  raisons  d’économie,  laisser  les  choses  en  Tétat 
quelle  qu’en  dût  être  la  conséquence. 

Il  est  vrai  de  dire  que,  depuis  longtemps,  le  cimetière  de 
la  Trinité  était  devenu, en  majeure  partie, portion  du  domaine 
de  la  Ville,  et  l’on  pourrait  même  ajouter  que  ce  fut  peut- 
être  le  premier  cimetière  parisien  proprement  dit,  avec  l’idée 
que  nous  nous  faisons  actuellement  de  ce  mot.  En  effet,  un 
acte  fort  curieux  du  XIV®  siècle,  que  Jaillot  ^  connu,  mais 
qu’il  a  trop  brièvement  mentionné,  fait  connaître  que  les  re¬ 
ligieux  d'ilermières  atlermèrent,  en  13  3,  au  prévôt  des  mar¬ 
chands  et  aux  échevins  partie  de  leur  cimetière  de  la  Trinité 
«pour  l’usage  et  prouffit  de  tout  le  commun  de  la  Ville  de 
Paris»,  en  y  percevant  un  droit  de  dix-huit  deniers  pour  une 
fosse,  de  dix  deniers  pour  une  fosse  en  commun  et  de  six  de¬ 
niers  pour  une  fosse  à  enfant  ».  C’est,  on  le  voit,  le  point  de 
départ  des  concessions  faites  actuellement  par  l’administra- 
lion  municipale  p2  ). 

Mais  ce  qui  est  non  moins  intéressant  à  rappeler,  c’est  que 
le  cimetière  de  la  Trinité  peut  être  aussi  regardé,  sans  aucun 
doute,  comme  le  premier  champ  de  sépulture  que  possédè¬ 
rent  ofticiellement  les  protestants  à  Paris.  En  effet,  jusqu’à  la 
Saint-Barthélemy,  on  voit  qu’aucun  cimetière  n’était  spécia¬ 
lement  affecté  aux  réformés.  Mais  après  la  cinquième  guerre 
de  religion,  lorsque  la  paix  dite  de  Monsieur  fut  conclue,  Té- 
dit  de  pacification  donné  à  Paris  par  Henri  HT  en  mai  1576, 
«ontintla  disposition  suivante: 

«  .Vi  t.  VL —  Ordonnons  que,  pour  l’enterrement  des  morts 
de  ceux  delà  dite  religion  (réformée)  estans  en  nostre  dite  ville 
8t  faux  bourgs  de  Paris  leur  sera  baillé  le  cimetière  de  la 
Trinité..  .» 

Ce  cimetière  protestant  avait  son  entrée  rue  Saint-Denis  et 
Faisait  donc  partiede  l’ancien  cimetière  de  Tbôpital  de  laTri- 
nilé.  dont  il  occupait,  à  l’extrémité  septentrionale,  une  su¬ 
perficie  de  63  toises,  vis-à-vis  la  rue  Basfour.  à  l’emplacement 
peprésentéaujourd  hui  par  la  partiede  la  rue  de  Palestro  sise 
entre  les  nuisons  portant  les  numéros  20  et  21  et  l’extrémité 
de  l’impasse  Basfour.  U  était  séparé  du  cimetière  catholique 
parune  cloison  en  planches  (3). 

Le  cimetière  de  la  Trinité,  comme  celui  des  Innocents,  était 
déjà  supprimé  un  peu  avantla  Révolution.  On  ne  commen- 
ç-a  seulement  qu’en  1843  à  en  transporter  les  ossements  aux 
catacombes;  le  30  mars  1843,  on  en  transporta  encore  une  voi¬ 
lure:  puis  le  26  novembre  1857,  3  voitures,  le  9  avril  1858, 
>  voiture,  et  le  20  décembre  suivant  2)  voitures.  Ces  osse¬ 
ments  mis  à  découvert  par  la  percée  du  boulevard  de  Sébas- 
lopol.  se  trouvent  dans  Tossuairc  des  catacombes  sous  Tins- 
{.Tiption  :  «  septembre  1859  »  (4). 


Exercice  illégal  et  escroquerie. 

La  sottise  des  dupes  n’a  d’égale  que  l’impudence  des  chat 
latans  et  des  escrocs.  On  peut  en  juger  par  cette  nouvelle 
que  nous  empruntons  au  Matin  : 

Sur  mandat  de  M.  Bourdeaux,  juge  d'instruction,  les  ins- 
pecteurs  de  la  Sûreté  ont  arrêté,  à  son  domicile,  ruedel’Epée- 
de-Bois,  une  dame  X...,  trente-sept  ans,  qui  avait  imaginénn 
truc  des  plus  ingénieux  pour  se  faire  des  rentes,  tout  en  pié¬ 
tinant  quelque  peu  les  plates-bandes  du  code  pénal.  A  la 
quatrième  page  des  journaux,  elle  publiait  des  annonces 
médicales,  avertissant  les  dames  atteintes  de  maladies  abdo- 
dimales  qu’elle  possédait  un  secret  pour  les  guérir.  Les 
clientes  affluaient  rue  de  TEpée-de-Bois,  où,  sous  prétexte 
de  les  ausculter,  Mme  X.,.  les  faisait  déshabiller.  Cependant 
qu’elle  examinait  doctoralement  ses  clientes,  sa  bonne  Z... 
vidait  les  poches  des  vêtements  et  s’emparait  de  tout  l’argent 
(]ui  lui  tombait  sous  la  main.  Mais,  en  femme  précaution¬ 
neuse,  elle  leur  laissait  toujours  trente  centimes  pour  qu’elles 
pussent  prendre  Tomnibus.  Ce  n’est  souvent  qu’en  rentrant 
chez  elles  emportant  quelques  fioles  d  eau  pure,que  les  mala¬ 
des  s’apercevaient  qu’elles  avaient  été  volées. 

G  est  à  la  suite  d'un  nombre  énorme  de  plaintes  déposées 
au  parquet  de  la  Seine  que  M.  Bourdeaux,  juge  d'instruction, 
a  fait  arrêter  Madame  X.  et  sa  bonne,  qui  ont  été  écrouées  à 
Saint-Lazare. 

LES  CONGRÈS 

Le  Congrès  international  des  Etudiants. 

(Août-septembre,  Marseille.  I 

Le  Congrès  international  des  Etudiants  s’est  ouvert  le 
.'Il  août,  sous  la  présidence  de  M.  le  sénateur  d’Estournellesdr 
Constant,  le  vaillant  apôtre  de  la  paix  universelle,  à  Alarseille. 
au  Grand  Palais  de  l’Exposition  coloniale. 

M.  Laurens,  président  de  l'Association  des  Etudiants  de 
Marseille,  a  souhaité  la  bienvenue  aux  délégués  et  expliqué  le 
but  du  Congrès,  puis,  M.  d’Estournelles  de  Constant  a  pro¬ 
noncé  le  discours  présidentiel.  Il  a  expliqué  comment  les 
étudiants  pourraient  procéder  à  la  création  d'une  fédération 
internationale.  En  télégramme  du  ministre  de  TinstructiM 
publique  d’Italie,  ainsi  que  différentes  dépêches  émanant  de 
représentants  étrangers,  ont  été  alors  lues  à  la  tribune.  l’u'^ 
un  délégué  russe  a  vivement  attaqué,  dans  un  discours  fort 
applaudi,  le  gouvernement  russe  qui  a  enlevé  toute  liberté 
aux  étudiants,  et  a  terminé  au  cri  de  «  ATve  la  liberté  .  » 

M.  Mastier,  préfet  des  Bouches-du-Rhône,  averti,  axai 
quitté  la  salle  des  séances.  M.  Campinebi,  président  de  I  AsK 
ciation  des  Etudiants  de  Paris,  a  affirmé  la  solidarité  dese 
diants  français  et  russes,  et  a  terminé  au  cri  de  « 
Douma  !»  ,, 

Cette  effervescence  enthousiaste  calmée.  AI.  d'Estourne 
de  Constant  a  recommandé  aux  étudiants,  dans 
tous,  de  ne  plus  mêler  à  leurs  travaux  les  questions  pohtw^^^- 
Dans  les  séances  suivantes,  une  scission  regrettabiO 
produite  au  sein  des  étudiants  français  au  sujet  du 
votation.  Les  étudiants  de  province  demandaient  que  c  4 
université  disposât  d'une  voix.  Les  étudiants 
testèrent,  s’appuyant  sur  ce  fait  que  l’Université  de  _ 
compte  14,610  étudiants,  presque  autant  que  toutes  les®^ 
Universités  de  France  réunies.  Cette  protestation  n’ayao 
été  prise  en  considération,  les  étudiants  parisiens  se 
rèrent.  ,  .  ..-jiiés 

Il  serait  injuste  (jue  les  étudiants  de  toutes  les  Uni' 
françaises  soient  à  la  merci  des  représentants  des  étudia 
plutôt  des  groupements  d’étudiants  parisiens,  mais  *  "^pte 
encore  moins  équitable  que  l’Université  parisienne  ne  je 
pas  plus  dans  un  vote  que  des  Universités  comme  (ent 
Clermont-Ferrand,  Besançon  ou  Grenoble,  qui  ne  co 
guère  plus  d’une  centaine  d’étudiants.  Il  faut  df 

différend  se  sera  aplani  et  que  les  jeunes  gens 
nos  écoles,  une  fois  leur  querelle  calmée,  comprend  .j 
l’œuvre  de  leur  Congrès  a  une  portée  plus  grande  e 

faut  pas  la  borner  à  des  disputes  d’amour-propre  et 

eussions  stériles. 


r 


LE  PROGRES  MEDICAL 


IUIllT«u™iLLi.«inKiMimS 

HUILE  GRISE  STÉRILISÉE  &  INDOLORE  DE  VICIER  A  40  0/0  DE  MERCURE 

PrixduOacoii  :  »  f.  *5  ;  double  flacon  :  4  f .  *5.—  Un  centimètre  cube  représente  0gr.50  cent,  de  mercure  métallique. 

Dose  ordinaire;  pour  Homme  adulte  :  Une  injection  lntra-j»ni»cuiaire  de  8  centigrammes  de  mercure  par  semaine, 
pendant  7semaines.  —  Repos  5  semaines.—  Faire  une  2*  série,  etc.— Femme  adulte  :  Une  injection  de7  centigrammes  de 
mercure  par  semaine  pendant  5  semaines.  —  Repos  7  semaines.  —  Faire  une  2*  série,  etc.  —  Enfants  à  partir  de  3  ans  : 
Injection  de  1  centigramme  de  mercure.  Pour  ce  genre  d’injection  il  est  préférable  de  se  servir  d’une  seringue  spéciale 
à  /5  divisions,  dont  chaque  division  correspond  exactement  à  i  centigramme  de  mercure  métallique. 


Seringue  du  D'  Barthélemy 


Nouveau  modèle  déposé 


La  serineme,  avec  une  aiguille  en  platine  iridié  de  5  centimètres,  prix  à  la  Pharmacie  Vigler,  15  francs 
Si  on  se  sert  de  la  seringue  de  Prava^  une  division  correspond  à  0  gr.  025  miHigr-  de  mercure. 

HUILE  AU  CALOMEL  STÉRILISÉE  ET  INDOLORE  DE  VICIER 

à  0  gr.  05  centigrammes  par  centimètre  cube.  —  PRIX  DU  FLACON  :  2  FR.  25 

DOSE  ORDIRAIRE  :  injecte^-  une  seringue  de  Prava^  tous  les  lo  jours. — Faire  une  série  de  5  injections. — Repos. — Faire  une  2‘ série. etc. 
HCILiE  BllODl'RÉE  I.’VHOI.ORE  VICIER  à  0  gr.004  milllg.  par  centimètre  cube,  et  à  0  gr.  01  centlg.  par  cent.  cube. 

Pharmacie  VIGIER.  12,  boulevard  Bonne-Nouvelle 


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Meilleur  marché  que  toutes  les  préparations  Créosotées  ou  Gaiacolées 

Les  Comprimés  de  Thiocol  Roche  se  présentent  dans  un  tube  de  petit  volume  et  sont  par  suite 
d’un  emploi  facile  pour  les  personnes  que  leur  occupation  retient  au  dehors.  Les  Comprimés  de 
Thiocol  Roche  se  conservent  indéfiniment,  ils  sont  entièrement  solubles  dans  l’eau.  Chaque 
Comprimé  renferme  0,50  de  substance  active. 

«  Il  serait  impossible  d’obtenir  au  prix  des  Comprimés  de  Thiocol  Roche  des  préparations  de 
Créosote  et  de  Gaiacol  semblablement  titrées  ;  il  serait  surtout  impossible  de  les  administrer  aux 
doses  correspondantes  de  Gaïacol  qu'il  est  aisé  d' atteindre  avec  les  Comprimés  de  Thiocol  Roche.  » 
{D' Jifard.) 

Prix  du  Tube  de  Comprimés,  au  public  :  2  francs 


SIROP  ROCHE  AU  THIOCOL 

Les  principes  aromatiques  qui  distinguent  le  Sirop  Roche  des  préparations  similaires,  facilitent 
digestion  du  malade  et  l’action  énergique  de  la  médication  créosotée.  Les  qualités  du  Sirop 
l^oche  permettent  d’en  prolonger  l’usage  à  hautes  doses  chez  les  malades  délicats,  sans  crainte  de  les 
lasser  ;  le  Sirop  Roche  est  d’un  emploi  particulièrement  facile  chez  les  enfants. 

Prix  du  flacon,  au  public  :  4  francs 


P.  HOFFMANN-LAROCHE  &  C°,  7,  rue  Saint  Claude,  PARIS  (3^  arr.) 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


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PODR  LE  TRAITEMENT  ET  l’ÉDDCATION 


DES  ENFANTS  NERVEUX  A  ARRIÉRÉS 

HÉDECIN-DIRECTBUR  :  D'  BOURNEVILLK 
Médecin  de  la  section  des  enfants  arriérés 
et  nerveux  de  Bicêtre 


Aux  enfants  arriérés,  faibles  d'esprit  à 
tous  les  degrés  ; 

3*  Enfin  aux  enfants  atteints  d’affections 
nerveuses  compliquées  ou  non  d’accidents 
convulsifs. 

Les  enfants  de  ces  diverses  catégories 
forment  des  groupes  tout  à  fait  distincts. 

L’établissement  où  se  trouvent  réunis  tous 
les  moyens  d’instruction  et  d’éducation  em¬ 
ployés  dans  le  service  de  Bicêtre,  est  placé  au 
milieu  d’un  parc  superbe,  sur  le  versant 
d’une  colline,  et  dans  les  meilleures  conditions 
d’hygiène.  Les  enfants  y  sont  l’oÿet  de  soins 
spéciaux  appropriés  à  leur  situation  intellec¬ 
tuelle  et  physique. 

Moyens  de  communication  :  Tramways 
du  Châtelet  à  Vitry  et  à  Ghoisy-le-Roi.  — 
Voitures  de  place. 


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Véritable  SPÉCIFIQUE  des  DYSCRASIES  CONSOMPTIVES  | 

Accélérateuretftégulateurdeioflutritwn  Générale.  \  MÉDICATION  PHOSPHORÉE,  ARSENICALE  et 


HÉMATIOJJ 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


573 


n.nnrès  national  d’hygiène  et  de  salubrité  publique  à 
Marseille. 

(du  7  au  13  octobre). 

de  congrès  e.st  organisé  sous  le  haut  patronage  de  la  ville  de 
«•rseille^n  département  des  Bouches-du-Rhône  et  de  l’Etat,  de 
5  le  commissaire  général  et  de  l'Administration  de  l’exposition 
■^looiale  par  le  conseil  départemental  d’hygiène  et  avec  la  ool- 
lJ)oration  de  la  commission  d'hygiène  de  l’exposition  coloniale  et 
jj,  commissions  sanitaires. 

début  que  se  proposent  ses  organisateurs  est  de  faire  appel  à 
toutes  les  compétences  pour  rechercher  en  commun  les  meilleures 
oéthodes  de  vulgarisation  et  d'application  des  principes  d’hygié- 
ue  publique,  consacrés  par  la  science  moderne,  et  nécessaires  au 
4éreloppement  matériel  et  social  des  nations.  Les  colonies  et  la 
uétropole  sont  solidairement  intéressés  à  laquestion  car  si  les  ex¬ 
plorateurs.  les  troupes  coloniales,  les  colons,  en  un  mot  tous  le.S 
coloniaux,  doivent,  pour  résister  aux  intempéries  et  aux  dangers, se 
conformer  rigoureusement  aux  lois  de  l'hygiène,  c’est  également 
de  leur  état  sanitaire  que  dépend  directement,  par  les  échanges 
commerciaux  de  toute  nature,  celui  de  la  métropole. 

Programme  des  travaux  :  R®  section u  Technologie  sanitaire  et 
hvgiéne  urbaine.  1“  Alimentation  des  villes  en  eaux  potables.  — 
A)  Eau  de  source.  Rapporteur.  M.Marboutin.  — ■  B)  Traitement, 
filtration  et  stérilisation  des  eaux:  R.  M.  Imbeaux.  —  2“  Evacua¬ 
tion  et  traitement  des  eaux  et  résidus  dans  les  petites  aggloméra- 
tionsrurales:  R.  M.  Launay.  —  3“  Nettoiement  de  la  voie  pubii- 
00.  Traitement  et  utilisation  des  ordures  ménagères  :  MM.  Tur  et 
Vincey.  — 5 “Salubrité  de  l’habitation  :  Aménagement  intérieur. 
Orientation:  M.  Juillat.  —  6“  Chauffage  et  ventilation:  M.  Hoc. — 
7*  Eclairage,  chauffage,  acération,'  et  désinfection  des  véhicules 
servant  au  transport  en  commun,  MM.  Roussy  et  Fayol. 

Deuxième  section.  (Hygiène  industrielle,  professionnelle  et  mi¬ 
litaire.  Hygiène  sociale}.  1“  —  Législation  et  règlementation  du 
travail  ■  M.  Leclerc  de  Pulligny.  —  2°  Habitations  à  bon  mar¬ 
ché  M.  Siegfried.  —  3“  Logements  insalubres.  Les  taudis.  Surpeu¬ 
plement  des  logements.  M.  Cheysson.  4“  Hygiène  des  hôtels  et 
desgarnis.  M.  Torcl.  —  5“  Empoisonnements  professionnels  :  M. 
Domergue.  —  (j“  Hygiène  dansles  hôpitaux  et  les  écoles  :  MM. 
Queirel  etLacau. — ■  7“  Hygiène  dans  les  casernes,  les  bivouacs  et 
les  campements  et  en  campagne.  Alimentation  en  eaux  potables 
des  troupes  en  campagne.  Hospitalisation  extemporanée,  pour  les 
ttonpes  en  campagne.  M.  Very.  —  8“  Bains-douches  ;  Bains  pu¬ 
blics.  M.  Cazaletl  — 9“  Cimetières,  crémation.  M.  Lejourdan. 

Troisième  section.  (Hygiène  navale  et  coloniale).  —  1“  Trans¬ 
port  en  commun.  Police, sanitaire  internationale.  Logement  des 
passagers  et  de  l’équipage  à  bord  des  navires.  —  'Ventilation  des 
navires.  M.  Reynaud.  —  2“  Alimentation  des  passagers  et  del’é- 
^page.  Travail  à  bord.  Eaux  potables  :  M.  'Torel.  —  3“  Désin- 
lectton  des  navires.  Isolement  des  malades  :  M.  Loir.  —  4“  Les 
®nvTesde  mer  :  M.  Grandral.  —  5“  Hygiène  des  émigj-ants  :  M. 
lorel —  0o  Précautions  à  prendre  pour  les  expéditions  et  explo¬ 
rons  en  Extrême-Orient  et  les  régions  équatoriales  de  l’Afrique: 
■.l;  “acob  de  Cordemoy.  —  7“  La  convention  internationale  de 
l'Iis  :  M.  Torel. 

Quatrième  section  (  Epidémiologie.  Prophylaxie  des  mala¬ 
dies  transmissibles.  —  Hygiène  infantile).  —  !“  Epidémiologie  et 
^ophylaxie  générale.  Les  trypanosomes  :  M.  Billet.  L’agent  de  la 
^W6jauno;M.  Billet.  Peste  et  choléra:  M.  Gautier.  Déclaration 
gagatoite  et  ses  résultats  :  M.  Livon.  Dispensaires  anti-tu- 
W^nleux,  Traitements  prophyiactiques  et  luttes  anti-tubercu- 
■^ses,  sanatoriums  coloniaux  :  M.  Raymond.  ■ —  4“  Rôle  de  la 
«Wualité  dans  lalutte  contre  la  tuberculose  et  la  mortalité  infan- 
e.  M.  Furster.  —  5“  Hygiène  de  l'enfance  :  lutte  contre  la  mor- 
fKA  :  M.  d’Astros.  Stations  rurales  pour  enfants.  Cré- 

“?.•  Gouttes  de  Lait  :  M.  Cassoute. 

utfiouième  .vect  fora  (Hygiène  administrative).  Législations; 
“^“lographie.  Loi  du  15  février  l‘JU2).  M.  A.  J.  Martin. 
jA'*  “dd  réglements  sanitaires  municipaux.  — M.  Bluzet.'  Con- 
Ij  ®  “dpartementaux  d’hygiène  et  commissions  sanitaires  :  M. 
^arot.  Projet  de  conseils  départementaux  d’hygiène.  M.  Quei- 
^iA  ^  Enseignement  de  l’hygiène.  MM.  Courmont  et  de  Mon- 
^dr.  Contrôle  des  eaux  minérales:  M.  Domergue. Contrôle  des 
jj^nces  alimentaires.  Conserves  alimentaires,  les  récipients  : 
ij'l  nuergue. —  Etudes  démographiques.  Mouvement  comparé 
Population  en  France  par  départements  etvilles:M.  DeMon- 
^louvement  comparé  par  la  population  en  France  et  à 
>|er:M.  Bertillon. 

réunies.  Les  questions  à  discuter  seront  désignées  nl- 
5ii^Ofeinent  en  séances  générales.  Conférences  et  visites.  Les 
générales  seront  données  au  nombre  de  2  ou  3  le 
A  ^^Éàtre,  à  la  Faculté  des  sciences  ou  à  la  bibliothèque  de 
sommités  scientifiques.  Les  visites  e»  ovc.iirainnR 
.porteront  entre  autres  :  Visite  a 


de  Longehamp  et  au  bassin  des  eaux  d’alimentation,  au  Lazaret 
du  Frioul,  Institut  Pasteur,  Institut  vaccinogène.  Excursions  sur 
le  canal  de  Marseille  prise  sur  la  Durance,  bassin  de  St-Chri.sto- 
phe.  Pont  de  Roquefavour.  Excursions  aux  ex  ploitations  et  au 
traitement  des  ordures  ménagères  de  la  Crau.  Pour  tous  rensei¬ 
gnements,  s’adresser  à  M.  H.  de  Montricher^eerétaire  général,  7, 
rue  Grignon.  Marseille. 

Congrès  d’hygiène  et  d  assistance. 

(Tourcoing  :  19-23  septembre  190B.) 

Ce  congrès  sera  tenu  à  Tourcoing  du  19  au  23  septembre  à 
l’occasion  de  l’Exposition  Internationale  des  industries  tex¬ 
tiles. 

Adresser  toute  la  correspondance  relative  au  Congrès,  sous¬ 
criptions,  demandes  de  renseignements,  etc.,  à  M.  le  D"  Ju¬ 
lien,  123,  rue  Nationale.  (Le  Secrétaire  se  tient  à  la  disposition 
des  adhérents  en  ce  qui  concerne  le  logement  pendant  le  sé¬ 
jour  à  Tourcoing).  A  cause  des  questions  traitées  et  de  l’intérêt 
des  visites  qui  seront  faites  par  les  adhérents,  il  ne  nous  a  pas 
été  possible  de  réduire  la  durée  du  Congrès.  Nous  ferons  re¬ 
marquer,  toutefois,  qu’en  réalité  ce  Congrès  se  compose  de 
deux  parties  distinctes  et  que  vraisemblement  un  certain  nom¬ 
bre  de  congressistes,  dont  le  temps  est  limité,  ne  suivront  que 
les  travaux  de  la  section  qui  les  intéresse  particulièrement. 

Congrès  italien  de  médecine  interne.  —  La  seizième 
session  du  Congrès  italien  de  médecine  interne  se  tiendra  à  Rome 
en  octobre  prochain.  Les  sujets  proposés  sont  les  suivants  ; 
Artério-sclérose  ;  Fièvres  analogues  à  la  lièvre  typhoïde  et  à  la 
lièvre  de  Malte  ;  Arthritisme.  M.  le  professeur  Ferramimi,  de 
Naples,  prononcera  une  adresse  sur  les  progrès  du  diagnostic,  et 
V.  le  professeur  Michelazzi,  de  Pise,  sur  les  progrès  de  la  théra¬ 
peutique. 

3“  Congrès  International  pour  la  répression  de  la 
traite  des  blanches.  iParis,  22-25  octobre  1006. i  —  Les  coti¬ 
sations  au  Congrès  doivent  être  envoyées  à  M.  Loys  Brueyre,  tré¬ 
sorier  de  l’Association  française,  10,  rue  Pasquier,  Paris  (8“  arr.). 
Les  Comités  nationaux  sont  priés  de  faire  connaître  avant  le  Rr 
septembre  le  nom  de  leurs  délégués  et  d’envoyer  à  l’adresse  ci- 
dessus  les  cotisations  correspondantes. 

Voyages  d'Etudes  Médicales. 

Voici  la  longue  liste  des  adhérents  au  S"  vogage  aux  stations 
de  la  Savoie  et  du  Dauphiné,  qui  a  lieu  actuellement  du  R'’  au 
12  septembre  190G.  —  Oin  cleur  scientifique,  Président  du  Comité 
de  Patronage:  1.  L.vndouzy  ;  Organisateur  des  V.E.  M.  :  2.  D' 
C.tRRON  DE  LA  Carrière  ;  3.  D’’  Jouaust,  Secrétaire  ;  4.  M. 
lle.oxt,Secrétaire  technique  ;  5.  D'’ Allalv, conseiller  général  du 
Finistère,  directeur  de  la  Santé,  Brest  ;  6.  M.  Amblard,  interne 
à  l’hôpital  Necker,  Paris.  Bourse  de  la  Société  des  eaux  minéra¬ 
les  de  Chdtel  Gugon  ;  7-8.  D''  Amigo  Brey,  médico-director  de 
Banos  y  Aguas  Minero-Medicinales  et  M™»  Amigo  Brey,  Goruna 
(Espagne)  ;  9.  D’’  Andrese.n,  Charlottenlund  (Danemark)  ;  lü. 
Dr  Asselbergs,  maladies  de  la  peau,  Bruxelles  iBelgique)  ; 
11.  Dr  Battarel,  médecin  de  Ihôpital  civil  de  Mustapha, 
Mustapha  (Algérie)  :  12.  Dr  Bellou,  Formerie  (Oise;  ;  13.  Dr 
Berthod,  directeurde  laMédecme  Sociale,  Paris  ;  14.  Dr  Blanc, 
Mont-Dore  |Puy-de  Dôme)  ;  15.  Dr  Bluett,  Rensington  (An¬ 
gleterre)  :  16.  M  Bord,  interne  à  l’hôpital  Broca,  Paris  ; 
Bourse  de  la  Compagnie  dxs  eaux  minérales  de  Rogat  [Pug-de- 
Dôme)  ;  17.  Dr  Bories,  Le  Cannet  de  Cannes  (A.-M.)  ;  18-19. 
Dr  Cailleret  et  M'"”  C.AiLLERET,  Yaucottes-sur-Mcr  ;  20.  Dr 
Caroe,  médecin-inspecteur  de  la  ville  de  Copenhague,  Copen¬ 
hague  (Danemarki  ;  21  Dr  C.astor,  médecin-major  de  l’ar¬ 
mée  des  Indes,  Londres  ;  22.  M.  Chemery,  étudiant  en 
médecine,  Vic-sur-Cère  (Cantal)  ;  23.  Dr  Cochez,  chirurgien- 
adjoint  à  l'hôpital  d’Alger.  Alger  ;  24-25.  Dr  Coffé  et  M“>« 
CoFFÉ,  Bracquegnies,  province  du  Hainaut  (Belgique)  ;  26.  M. 
Coupel,  interne  en  chirurgie  à  l’hôpital  de  Rennes.  Bourse  de 
la  Compagnie  des  eaux  minérales  d’Eoian-les-Bains  [Haute-Sa¬ 
voie)  ;  27.  Dr  Couri  ault,  rédacteur  en  chef  des  Taoiettes  Médi¬ 
cales  Mobiles  et  de  la  Médecine  des  Accidents  du  Travail,  direc¬ 
teur  dt*  l'institut  de  mecanothérapie.  Paris  ;  28.  D'  Germe, 
M.  R.  C.  S.  Dorset  (Angleterre)  ;  2y.  Dr  Daubois,  ex  prépara¬ 
teur  à  la  faculté  de  médecine  de  Lyon  (Valence)  ;  30.  D'-  Dau- 
RiAC,  Bordeaux  (Gironde)  ;  31-32.  Dr  Dehon,  préparateur  à  la 
faculté  de  médecine,  Lille.  Bourse  de  la  Compagnie  fermière 


574 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


du  Monl-Dore  (Puy-de-Dôme)  et  M"»'  Dehon  ;  33.  D’’  Dejace  (L.), 
rédacleur  en  chef  du  Scalpel,  Flemalle- Grande  (Belgique)  ; 
34.  D'^Dceois.  Saint-Laurent  de  la  Salanque  (Pyrénées-Orien¬ 
tales)  ;  35-36  D"'  Dussauze  et  M'"'=  Dussauze,  Cognac  iCharen- 
te)  ;  37.  D'-  Dyssel,  Hvalsoe  (Danemark'  ;  38-39.  Prof.  D'^ 
Ehlers,  directeur  de  la  Policlinique  dermatologique  de  l’hô¬ 
pital  Royal  Frédéric  à  Copenhague,  membre  correspondant 
étranger  de  l’Académie  de  médecine  de  Paris  et  M™'  Ehlers, 
Copenhague  (Danemark)  ;  40.  D' Eichmuller,  Arcueil  (Sei¬ 
ne)  ;  41.  Kschricht,  Copenhague  (Danemark)  ;  42.D''Flan- 
DRois,  92,  rue  Carnot.  Lorient  ;  43-44.  D'’  Fleury  etM''''^  Fleu¬ 
ry,  Harfleur  (Seine-Inférieure)  ;  45.  D’’  Gough,  Northwich, 
Gheshire  (Angleterre)  ;  46.  Grandjean-Bayard.  docteur 
en  médecine,  Paris  ;  47-48.  D''  Hafstrom,  médecin  de  S.  M.  le 
roi  de  Suède  et  M"®  Hafstrom,  Helsinhorg  (Suède)  ;  49-50.  D'' 
IIardouin,  chef  de  clinique  chirurgicale  à  l'école  de  médecine 
et  M"'  Hardouin,  Rennes  ;  51.  D"'  Hoummel,  Remiremont 
{\osges].  Bourse  du  Conseil  municipal  des  Eaux-Bonnes  (Basses- 
Pyrénées  ;  52-53.  D"'  Jaquerod,  médecin  du  Sanatorium  du 
Chamossaire  et  M™'  Jacquerod,  Leysin  (Suisse)  ;  5L  D’’  Jones, 
>1.  R.  C.  P.,  médecin  au  Farringdon  Dispensary  età  l’hôpital 
Dreedhaught,  Londres.  Bourse  de  la  Société  des  eaux  de  Plom- 
hières  (Vosges)  ;  55.  D''  Jorgensen,  Privât  Docent,  directeur  du 
laboratoire  de  bactériologie  de  l’armée  danoise,  Osterbrogade 
Copenhague  (Danemark).  Bourse  de  la  Compagnie  des  eaux 
minérales  d'Evian-les-Bains  (Haute-Savoie)  ;  56.  D'’  Lacourt, 
Bruxelles  (Belgique)  :  57.  M.  Laederich,  interne  à  l’hôpital 
Laënnec,  lauréat  des  hôpitaux,  Paris  ;  58.  1)''  Laroulandie, 
33,  rue  Saint  André-des-Arts,  Paris  ;  59.  D''  Laurens,  ancien 
prosecteur  de  la  faculté  de  Toulouse,  Graulhet  (  larn)  ;  60-61. 
D''  Le  Clerc  et  M”»'  Le  Clerc,  Levallois-Perret  ,  62.  D"^  Le¬ 
febvre,  Louhans  (Saône-et-Loire)  ;  63.  D'  Lefèvre,  Livry 
(Seine-et-Oise)  ;  64.  M.  II.  Lefèvre,  étudiant  en  médecine, 
Livry  (Seine-et-Oise)  ;  65.  D''  Le  Fur,  ancien  interne  des  hô¬ 
pitaux  de  Paris,  maladies  des  voies  génito-urinaires,  Paris; 
66-67.  M  Lematte,  étudiant  en  médecine  et  M™''  Lematte, 
Paris  :  68.  D--  Lepage,  Evaux-les-Bains  (Creuse)  ;  69.  D''  Levis- 
TE,  Dreux  (Eure-et-Loir)  ;  70.  M.  Lippens,  interne  des  hôpi¬ 
taux.  Bruxelles.  Bourse  de  la  Compagnie  des  eaux  minérales 
de  Fougues  ;  71.  D'  Mallet,  Tournan  (Seine-et-Marne)  ;  72.  D-' 
Machen.wd,  médecin  en  chef  de  la  marine,  Rochefort-sur- 
Mer  ;  73.  D'  Mercanti,  Florence  (Italie).  Bourse  de  la  Compa- 
pagnie  des  eaux  minérales  d’ Evian  (Haute-Savoie)  ;  74.  D"  Mol- 
lbr,  Amsterdam  (Hollande)  ;  75.  D-- Monnet,  Paris  ;  76-77.  D-- 
Mottart  et  M"'  Mottart,  Hannut  (Belgique)  ;  78.  D’’  Nedj- 
MEDDiN  Arif  Bey,  médeciu  du  haut  commissariat.  lmp.  Otto¬ 
man,  membre  correspondant  de  la  Société  d’obstétrique  de 
Paris,  Le  Caire  (E^pte)  ;  79.  D"-  Noguès,  assistant  de  la  cli¬ 
nique  des  voies  urinaires  à  l’hôpital  Necker,  Paris;  80.  D' 
Olivier,  La  Bourboule  (Puy-de-Dôme)  ;8I.  D''OREFFicE,secré- 
taire  général  du  congrès  d’hydrologie  à  Venise  en  1905,  Ve¬ 
nise  (Italie)  ;  82.  D''  Pallardy,  Marennes  (Charente-Inférieu¬ 
re)  ;  83.  D''  Pamart,  Paris.  Bourse  de  la  Compagnie  des  eaux 
minéralci  d’ Evaux-les-Bains  (Creuse)  ;  84.  D'  Pechin,  ophtal¬ 
mologiste-expert  près  le  tribunal  de  la  Seine,  Paris  ;  85.  D"^ 
Pénard,  Bourg.  Bourse  de  la  Compagnie  des  eaux  minérales 
d' Evian- les-Bains (Haute-Savoie)  ;  8ét.  ly  Pernet,  dermatolo- 
giste  à  l’hôpital  university  college  Lobdres,  Londres  W,  ;  87. 
D--  Perorard,  Copenhague  (Danemark)  ;  88.  D"  Pichon,  Pa¬ 
ris  ;  89.  D"-  PoMPiDOR,  Narbonne  ;  90-91.  D--  Robin,  ex-chef  de 
clinique  à  l'école  de  médecine.  Rennes  et  M'"<=  Robin  ;  92.  D"^ 
Rowe,  médecin  de  l’hôpital  français  de  Londres.  Bourse  de  la 
Compagnie  des  eaux  minérales  d’Evian-les-Bains  (Haute-Sa¬ 
voie)  ;  93.  D''  Royen,  Saint-Georges-sur-Meuse,  Belgique. 
Bourse  du  Touring-Club  de  France 9i.  D''  Sandby,  Regstrup 
(Danemark)  ;  95.  D'  Sapcaliu,  Buzen  (Roumanie)  ;  06-97.  D'' 
SouBisE,  médecin  à  l’asile  de  convalescence  Ledru-Rollin  et 
Mm*  SouBisE,  Fontenay-aux-Roses  ;  98.  !)■■  Theas,  Levignac 
(Landes).  Bourse  de  la  Compagnie  des  eaux  minérales  et  bains 
de  mer  ;  99.  D'  Thompson  F.  R.  G.  S.  chirurgien  oculiste  de 
l’hôpital  français  de  Londres  et  au  Western  ophtalmie  hos¬ 
pital  Londres,  Londres  ;  100.  D’’  V’aill.ant,  licencié  ès-scien- 
ces,  Paris.  Bourse  de  la  Compagnie  fermière  de  Vichy  (Allier)  : 
101.  D''  4  ENAssiER,  interne  à  l’Hotel-Uieu,  de  Reims,  fioi/j-se  de 
H.  le  Profeeseur  Henrot  ;  103.  M'“'  Volovatz,  docteur  en  mé¬ 


decine,  Paris;  104.  D''  Williams,  Esq.  A.  D.  M.  R.  c  p 
médecin  de  l’hôpital  français  à  Londres,  rédacteur  en  chef 
du  Journal  Balneology  and  Climatology,  Londres. 

Nous  avons  tenu  à  publier  la  longue  liste  des  médecinsqni 
prennent  part  aux  voyages  d’études  médicales  si  merveillen. 
sement  organisés  et  dont  le  succès  va  toujours  croissant 
Soulignons  cette  année  le  nombre  considérable  des  étraiR 
gers,  33,  qui  prennant  part  à  cette  utile  odyssée  et  les  nom¬ 
breuses  bourses  données  par  diverses  compagnies  et  sociétés 
Ces  voyages  contribuent  beaucoup  aux  succès  de  nos  stations 
peu  connues.  Espérons  que  les  villes  et  les  stations  de  notre 
pays  sauront  reconnaître  tous  les  services  que  leur  auront 
rendus  les  organisateTirs  de  ces  voyages  et  les  en  récompen¬ 
seront  en  contribuant  de  plus  en  plus,  non  à  leur  succès,  c'est 
un  fait  accompli,  mais  à  leur  extension.  J,  X. 


FORMULES 


LXXVI. —  Contre  l  eczéma,  les  séborrhéïdes, 
l’impétigo,  etc. 


Le  baume  suivant,  que  M.  de  Beurmann  a  présenté  à  la 
Société  de  Dermatologie ,  donne  les  meilleurs  résultats  dans 
l’eczéma,  l’impétigo,  lacné  séborrhéique,  le  prurigo  etlesy- 
cosis.  Voici  sa  formule  complexe  tel  que  l’a  préparée  M.  Duret, 
interne  en  pharmacie  de  M.  de  Beurmann  : 


Goudron . 

Huile  de  cade.  . . 
Résorcine ...... 

Menthol . . . 

Gaïacol . 

Camphre . 

Soufre . 

Borate  de  soude. 

Glycérine  . 

Acétone . . 

Huile  de  ricin. . . 
Lanoline . 


18  gr. 
la  gr. 

5  gr. 
0  gr. 
40  gr. 
15  gr. 


43  gr. 
100  gr. 


NOUVELLES 

Natalité  dk  Paris.  —  Du  dimanche  19  au  samedi  25  août 
1906.  les  naissances  ont  ete  au  nomnre  de  825,  se  déoomposant 
ainsi  :  légitimes  590,  illégitimes  235. 

Mortalité  a  Paris.  —  Population  d'après  le  recensement  de 
1901  :  2.660.559  habitants.  Les  deces  ont  ete  au  nomore  de  844, 
savoir  :  430  hommes  et  414  femmes.  Les  décès  sont  dus 
causes  suivantes  ;  Fièvre  typnoïde  (typhus  abdomin.)  :  a-  . 
Typnus  exanthématique  :  0.  —  Fièvre  intermittente  et 
palustre  :  0.  —  Variole  :  0.  —  Rougeole  :  4.  -  Scarlatine  :  -■ 

—  Coqueiucne  :  4.  —  Diphtérie  et  Grouo  :  2.  —  Grippe  :  - 

—  Choléra  asiatique  ;  0.  —  Choiera  nostras  :  1.  —  ^"o*^** 
maladies  épidémiques  :  4.  —  Tuberculose  des  poumons  :  -Oa- "" 
Tuberculose  des  méninges  ;  17.  —  Autres  tuberculoses  :  16.  ^ 
Cancer  et  autres  tumiurs  maiignes  :  44.  —  Méningite  simple  ■  la- 

—  Congestion  hem jrrnagique  et  ramollissement  du  cerveau  .  da. 

—  Maladies  organiques  du  cœur:  54.  —  Bronchite  ’ 

—  Bronchite  chronique  :  3.  —  Pneumonie  :  15.  —  Autres  au® 
tions  de  l’appareil  respiratoire  .  38.  —  Affections  de  1’®®*°®^, 
icancerexc.)  :  4.  -  Diarrhée  et  entérite  de  0  à  1  an  :  sein  :  8  ;  » 
tre  aiiinentatiou  :  94.  —  Diarrhée  et  entérite  de  1  à2  ans:  8^  " 
nies,  obstruction  mtestiuaie  ;  8.  —  Cirrhose  du  foie  :  10. — 

et  mai  de  Bnght  •  29.  Tumeurs  non  cancéreuses  et  gle 

ladies  des  organes  génitaux  (femmes)  :  5.  —  Septicémie  puerpa 
(6èvre,  péritonite,  phlébite  puerpérale)  :  4.  —  Autres  ®®jîLj]jte 
puerpéraux  ue  la  grossesse  et  de  l'accoucnement  ;  2.  ""  .  .i(. 

congénitale  et  vices  de  conformation  :  18.  —  Débilité  s®9  .  ■j]7. 

—  Morts  violentes  :  30.  —  Suicides  :  14.  —  Antres  maladies . 

—  Maladies  inconnues  ou  mal  déHnies  :  12.  ,  ja.oiH' 

.Vort-nés  et  ta.oris  avant  leur  inscription  :  50,  qu*  s®  “ 

posent  ainsi  :  légitimes  37,  illégitimes  13.  jj, 

Distinctions  honorifiques. —  Sont  nommés  Oans  1  ordre 
Mérite  agricole  :  Au  grade  de  chevalier  :  MM.  les  D” 
de  Paris,  et  Loup,  médecin-major  à  l'hôpital  thermal  de  vi 
Médailles  d’honneur  des  épidémies.  —  Far  arrêté  du?®j  ->2 
de  l’intérieur,  pris  en  vertu  des  décrets  des  31  mars  l,°jLemée 
juillet  1899,  la  médaille  d’honneur  des  épidémies  a  été  a 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


575 


nersonnes  ci-après  désignées,  en  récompense  du  dévouement  | 
ont  fait  preuve  à  l'occasion  de  maladies  épidémiques  : 
y.  B.  — Mme  veuve  Colard,  née  Vinclion  (Blisa-Eugéniol, 
toctricê  surveillante  du  dispensaire  situé  rue  des  Cendriers,  45, 
*tois  :  soins  assidus  et  dévoués  donnés  depuis  dix-sept  ans  aux 
*  feots  atteints  de  maladies  épidémiques  et  transmissibles.  — 
—  M.  Marielle  (Léon),  mécanicien  de  l’étuve  de  la  circons- 
^ption  de  Levallois-Perret  :  a  pratiqué  de  1894  à  1906  un  grand 
M^re  de  désinfections  nécessitées  notamment  par  des  épidé- 
ipes  de  diphtérie  et  de  scarlatine. 

^Pararrêté  du  ministre  de  l’intérieur,  la  médaille  d'honneur  ou  la 
•entionhonorabledesépidémiesaété  décernée  aux  personnes  ci-après 
ijésignées  en  récompense  du  dévouement  dont  elles  ont  fait  preuve  à 
l'(^^ion  de  maladies  épidémiques  ;  Loir-et-Cher.  Médaille  de 
— -Mme  Carlier,née  Boisset  (Marthe-Marie)  sage-femme  à  La- 
motte-Beuvron  :  a  fait  preuve  à  plusieurs  reprises  du  dévoument  le 
plusméritoire  auprès  de  malades  atteints  d’affections  oontagieuse.s. 
M.ColIing  (Pierre),  garçon  de  laboratoire  à  l’hôpital  civil  de  Reims. 
JiIrse.  —  M.  Pierson  (Eléonor)  garçon  d’amphithéâtre  à  1  école 
deMédecine  de  Reims.  Dévouement  dans  certaines  circonstances. 
BOUmment  au  cours  d’une  épidémie  de  fièvre  tyhpoïde  et  dont 
ils  ont  été  victimes.  Marne  (Haute-).  Mention  honorable.  — 
M.  Bocquenet  (Joseph-Emile-Lucien),  infirmier  à  l’hôpital  mili- 
iBire  Saint  Laurent  à  Langres  :  a  fait  preuve  de  dévouement  dans 
MS  dernières  années  à  l'occasion  de  diverses  manifestations  épi¬ 
démiques.  Seine.  Médaille  de  bronze.  —  M.  Millot  (François), 
ûde-désinfecteur  à  l'étuve  d’Aubervillers  :  a  pris  part  à  un 
grand  nombre  de  désinfections  et  a  été  contaminé  au  cours  de 
l'une  d’elles.  S’est  distingué  d’une  façon  toute  particulière  en 
visitant  dans  divers  arrondissements  de  Paris,  les  immeubles  con¬ 
taminés,  et  en  veillant  à  l’application  des  mesures  d’assainisse¬ 
ment  nu  de  désinfection. 

Service  s.xnitaire  maritime.  Médaille  d'argent.  — M.  le  doc- 
tenr  Marianelli  (Marie-Paul-Bmile),  agent  sanitaire  principal  à 
Rochefort-sur-Mer. 

Nouvelle-Calédonie.  Mentions  honorables.  —  M.  Fruitet 
lAnguste),  médecin  civil  ;  M.  Mialaret  (Théophile),  médecin  civil; 
M“' Le  (ihanteur  (Isabelle),  infirmière  au  dépôt  des  indigents  de 
l’orphelinat. 


Ministère  de  l’intérieur.  Cabinet  du  Ministre.  —  Par  ar- 
fèté  du  ministre  de  l’intérieur  en  date  du  l”  septembre  1906, 
M.  Roth,  chef  adjoint  du  cabinet  du  ministre  de  l’Intérieur,  est 
Bonuné  chef  du  cabinet  du  ministre  de  l’intérieur.  Par  arrêtés  du 
'"septembre  1906,  MM.  Muller,  licencié  ès-lettres  et  en  droit, 
etBoNiFAS,  rédacteur  au  ministère  de  la  justice,  ont  été  nommés 
chefs  adjoints  du  cabinet  du  ministre  de  l’Intérieur. 


Service  de  santé.  —  Le  médecin  principal  de  2®  classe  Lacro- 
“(pe,  de  l’hôpital  militaire  Bégin,  à  Saint-Mandé,  détaché  au 
■sinistère  de  la  guerre,  est  remis  à  la  disposition  de  l’hôpital 
BBlitaire  Bégin. 

Le  médecin  major  de  2'  classe  Remlinger,  directeur  de  Tlnsti- 
Pasteur  de  Constantinople,  hors  cadres,  sans  solde,  est  placé 
“Ws  la  position  «  en  mission  pour  service  »  et  maintenu  hors 
“wres,  sans  solde. 

Commission  supérieure  d’hvgiène  et  d’épidémiologie  mili- 
•Ures.  —  Par  décret  en  date  du  6  août,  et  par  modification  de 
^icle  2  du  décret  du  31  mai  1904  :  instituant  une  commission 
prieure  d’hygiène  et  d’épidémiologie  militaires,  le  nombre  des 
^res  de  cette  commission  est  porté  à  17  dont  9  médecins  civils 
"  médecins  militaires.  Le  ministre  de  la  guerre  choisit  et  désigne 
fflédecins  conformément  aux  dispositions  de  Part.  2  précité. 

Vert  professionnelle  d’infirmières  de  Lyon.  —  La  réou- 
de  l’Ecole  professionnelle  d'infirmières  pour  l’année  sco- 
\^-1907  aura  lieu  le  mardi  2  octobre  1906,  à  2  heures,  à 
d’o(?î?*  de  la  Charité.  —  C’est  également  la  première  semaine 
obre  que  recommencent  les  cours  des  quatre  écoles  d’infîr- 
"■fis  et  d’infirmiers  de  Paris. 

BDBL  hebdomadaire  et  LE  PERSONNEL  DE  l’aSSISTANCE 

•anw  —  Les  journaliers,  ouvriers  et  ouvrières  de  l’Assis- 
ip^P.^Llique  ont  tenu  à  la  Bourse  du  travail,  un  meeting  relatif 
jj^Plication  de  la  loi  sur  le  repos  hebdomadaire.  M.  Thomas, 
^ozi*  ^^^rohn-Bicêtre,  présidait.  Les  orateurs,  notamment  .MM. 
’Ptew’  et  Deslandres,  conseiller  municipal,  ont  commenté 

Wilio  circulaire  de  M.  Mesureur,  directeur  de  l’Assistance 
Wvq-  personnel  de  l’Assistance  parce  qu’elle  fait 

®ctnme  conséquence  du  repos,  la  perte  de  deux  journées 
*Ph)t*^*'  l’ordre  du  jour  adopté  à  l’unanimité,  les  assistants 
laite  er*^"^  dernière  énergie  contre  la  diminution  du  sa- 

**  payement  intégral  des  365  journées  atout 

vatioQ  ouvrier,  sans  distinction  de  corporation  ».  Une  délé- 
tt  |j„„  ®  dté  chargée  d’aller  protester  auprès  de  l’adroinistratibn 
®  pouvoirs  publics,  {Le  Temps}, 


Hospices  civils  de  Toulouse.  —  La  Commission  administra¬ 
tive  des  Hospices  civils  de  Toulouse  a  l’honneur  d’informer  le 
public  que  le  concours  annuel  d’internat  en  médecine  s’ouvrira  le 
lundi  22  octobre  prochain,  pour  six  places  d’interne  titulaire  et 
trois  d’interne  provisoire. 

Hôpitaux  de  province.  —  Bayonne.  La  place  d’interne  de 
l’hôpital  de  Bayonne  est  vacante  à  partir  du  novembre  pro¬ 
chain.  La  Commission  désire  confier  ce  poste  à  un  étudiant  de  4° 
année.  Les  conditions  du  service  sont  les  suivantes  :  logé,  chauffé, 
éclairé  et  nourri,  avec  un  traitement  de  600  fr.  Si  le  titulaire  désire 
prendre  ses  repas  en  ville  le  traitement  est  fixé  à  1.200  fr. 

Hospices  civils  de  Saint-Etienne.  —  La  Commission  admi¬ 
nistrative  des  hospices  civils  de  Saint-Etienne  rappelle  qu’il  sera 
ouvert  à  l’Hôtel-Dieu  de  Lyon,  le  lundi  15  octobre  prochain,  un 
concours  public  pour  une  place  de  chirurgien  de  ses  établisse¬ 
ments.  Ce  concours  aura  lieu  devant  la  commission,  assistée  d’un 
jury  médical.  Il  se  composera  de  5  épreuves.  Le  chirurgien  à 
nommer  entrera  en  fonctions  le  1"  juillet  1907,  son  traitement  est 
fixé  à  2.000  fr.  par  an.  Pour  tous  renseignements,  s’adresser  au 
Secrétariat  des  hospices,  rue  Valbenoite,  40,  à  Saint-Etienne. 

Maiso’n  d’arrêt  et  de  correction  de  Saint-Lazare.  —  Un 
concours  pour  l’admission  à  l’emploi  de  médecin  suppléant  à  la 
maison  d’arrêt  et  de  correction  de  Saint- Lazare  aura  lieu  le  10 
décembre  prochain.  MM.  les  docteurs  qui  désirent  prendre  part  à 
ce  concours  sont  priés  de  se  faire  inscrire  à  la  Préfecture  de  police, 
service  du  personnel.  Le  registre  d'inscription  est  ouvert  dès  à 
à  présent  ;  il  sera  définitivement  clos  le  24  novembre,  à  4  heures. 
Tout  candidat  devra  :  1"  justifier  de  la  qualité  de  Français  et  du 
titre  de  docteur  d’une  des  facultés  de  médecine  de  l’Etat  ;  —  2“ 
Etre  âgé  de  25  ans.  —  Au  moment  de  son  inscription,  il  devra 
déposer  :  une  demande  sur  papier  timbré  un  extrait  authentique  de 
son  acte  de  naissance,  ses  diplômes, l’indication  de  ses  titres  scien¬ 
tifiques  et  hospitaliers,  ses  états  de  service,  s’il  y  a  lieu,  et  tous 
autres  documents  qu'il  jugerait  utile  de  présenter. 

Direction  des  affaires  départementales.  —  M.  Magny 
(Paul-Victor-Modeste),  préfet  de  la  Meuse,  directeur  honoraire 
au  Ministère  de  l’Instruction  publique,  des  Beaux-Arts  et  des 
Cultes,  a  été  nommé  directeur  des  Affaires  départementales  à  la 
Préfecture  de  la  Seine,  en  remplacement  de  M.  Defrance.  La  di¬ 
rection  départementale  comprend  le  service  des  aliénés. 

Le  feu  dans  un  hospice.  —  Nancy,  2  septembre.  —  Un  violent 
incendie  a  éclaté,  hier  soir,  vers  dix  heures,  à  l’hospice  des 
vieillards  et  à  l’hôpital  de  Pompey.  Le  feu  a  pris  rapidement  une 
grande  extension  et  a  été  vu  de  loin.  Les  pompiers  et  les  habitants 
des  villages  voisins  accoururent,  ainsi  que  des  détachements 
d’artilleurs  et  de  fantassins  du  fort  Frouard. 

Les  sauveteurs  eurent  les  plus  grandes  peines  à  arracher  des 
salles  les  vieillards  en  traitement  et  dont  beaucoup  étaient  inca¬ 
pables  de  se  mouvoir.  Cependant,  il  n’y  eut  aucun  accident  de 
personnes  et  on  parvint  même  à  sauver  une  partie  du  mobilier  et 
du  matériel  des  salies  d’opérations  de  l'hôpital.  Les  pompiers  ont 
réussi,  après  plusieurs  heur  s  d’efforts,  à  préserver  les  bâtiments 
voisins  de  celui  où  le  sinistre  avait  pris  naissance.  Une  partie 
seulement  de  l’hospice  a  été  détruite  par  le  feu.  Los  dégâts  sont 
estimés  200.000  francs.  {Le  Petit  Journal,  2  septembre  1906.) 

D’où  la  nécessité  de  pourvoir  les  hôpitaux  d’eau  en  abondance. 
Que  d’établissements  hospitaliers  laissent  à  désirer  sous  ce  rap- 

L’ Assistance  aux  vieillards  infirmes  et  incurables  dans  le 
Puy-de-Dôme.  —  Le  conseil  général  a  voté  l’achat  de  la  propriété 
de  Mirabeau  pour  la  création  d'un  hospice  départemental  destiné 
à  assurer  l’application  .de  la  loi  du  14  juillet  1905  sur  l’assistance 
aux  vieillards,  aux  infirmes  et  aux  incurables. 

La  fièvre  TYPHOine  a  Remiremont.' —  La  fièvre  typhoïde  sé¬ 
vit,  à  Remiremont,  dans  la  caserne  du  15'  bataillon  de  chasseurs  à 
pied. 

Le  bureau  d’hygiène  d’Orléans.  —  Dans  notre  dernier  article, 
relatif  au  Bureau  d’hygiène  d’Orléans,  imprimé  trop  tôt  sans  que  j’aie 
corrigé  les  épreuves,  un  grand  nombre  de  fautes  se  sont  glissées, 
notamment  on  a  omis  le  nom  de  notre  excellent  et  dévoué  ami,  le 
D'  Robert  Halma-Grand,  vice-président  du  Bureau,  chirurgien  en 
chef  de  THôtel-Dieu  d’Orléans  et  qui  a  rendu  d’immenses  succès 
à  la  municipalité.  Le  D'  Halma-Grand,  intimement  allié  aux  famil¬ 
les  Maygrier  et  Brissaud,  est  un  modeste  et  dévoué  savant  qui  ho¬ 
nore  grandement  le  parti  républicain  et  la  médecine  d'Orléans  où 
il  est  l’objet  de  la  considération  générale.  Albin  Rousselet. 

Encore  la  guérison  du  cancer.  —  Le  docteur  Otto  Schmidt, 
de  Cologne,  a  trouvé,  dit-on,  un  reniède  contre  le  cancer. 

Un  correspondant  du  Lokal  Anzeiger  vient  de  l’interviewer  à 
ce  sujet.  «  Je  suis  le  premier,  lui  a  dit  le  docteur  Schmidt,  à  avoir 
prouvé  qu’on  peut  inoculer  le  cancer  à  un  animal  ».  Et  il  montra 


LE  progrès  MEDICAL 


au  journaliste  plusieurs  animaux  subitement  atteints  de  cancer,  à 
la  suite  d’inoculations.  Le  docteur  Schmidt  croit  possible,  en  pour¬ 
suivant  dans  la  voie  où  il  s’est  engagé,  de  trouver  contre  le  can¬ 
cer  un  traitement  plus  rapide  dans  des  cas  jugés  incurables,  a-t-il 
déclaré.  «  J’ai  obtenu,  affirme-t-il,  un  arrêt  prolongé  du  mal,  une 
grande  amélioration  de  l'état  général  des  maladies  et  la  disparition 
totale  des  manifestations  les  plus  douloureuses  de  la  maladie  ».(Le 
Matin.) 

Contre  LA  STÉRILITÉ. —  LeD‘'G...  (de  Lyon)  pensant  aux 
rapports  intimes  qui  existent  entre  l’utérus  et  le  larynx,  nous  di¬ 
sait  dans  ses  leçons  intimes  :  «  Si  jamais  vous  rencontrez  un 
jeune  mari  se  plaignant  de  l’infécondité  de  sa  femme,  conseillez- 
lui  de  la  faire  chanter  à  haute  voix  pendant  l’actus  conjugii,  c’e.st 
un  moyen  très  bon  pour  faciliter  la  conception.  »  Une  fois,  j’ai 
donné  ce  conseil  à  un  ami  qui  attendait  sa  progéniture  depuis 
plusieurs  années  ;  il  eut  deux  enfants  coup  sur  coup  :  après  quoi 
il  recommanda  à  sa  femme  de...  bien  serrer  les  dents. 

Petite  correspondance.  —  The  médical  Press  and  Circular. 
—  Prière  d’adresser  vos  numéros  d’échange  14,  rue  des  Carmes. 


BULLETIN  BIBLIOGRAPHIQUE 


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Nécrologie.  —  On  annonce  la  mort,  à  l’âge  de  soixante-treize 
ans,  de  M.  le  D' Frédéric  Escanyé,  ancien  conseiller  dé  préfec¬ 
ture,  conseiller  général  et  ancien  député  des  Pyrénées-Orientales. 
M.  Frédéric  Escanyé,  dans  son  premier  passage  au  Parlement,  de 
1876  à  1877,  fut  des  363.  Battu  en  1877,  il  fut  réélu  en  1878  et 
siégea  jusqu’à  1885  sur  les  bancs  opportunistes.  Battu  de  nou¬ 
veau  en  1885,  il  continua  de  collaborer  aux  travaux  du  conseil 
général  dont  il  était  encore  le  doyen.  Il  rentra  à  la  Chambre  en 
février  1891,  à  la  suite  d’une  élection  partielle,  ety  siégea  jusqu’au 
printemps  dernier.  Nous  avons  le  regret  d’annoncer  la  mort  du 
docteur  Eugène  Kœchlin,  de  Bischwiller,  en  Alsace-Lorraine,  à 
l’âge  de  soixante -quatorze  ans.  Il  était  né  à  Mulhouse  en  1832  et 
y  exerça  la  profession  médicale.  Il  fut  médecin  de  l’hôpital  pen¬ 
dant  quarante  ans.  Le  défunt  était  le  fils  de  Kœchlin  et  le  beau- 
frére  de  Jean  Mieg-Kœchlin,  tous  deux  anciens  maire  de  Mulhouse. 


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de  Clignancourt,  Paris.  (Mémoires  déposés  à  l’Acad®®  , 
Médecine,  23  mars  1897,  8  mai  1898).  L’e'xtrait  de  ces  M®® . 
est  adressé  gracieusement  à  tous  les  médecins  qù* 
feront  la  demande.  Renseignements  gratuits  et  prix  de] 
pour  tous  les  membres  du  corps  médical. 


Le  Rédacteur-Gérant  :  Bourhbt®^* 


Imprimerie  Daix  frères  et  Thiron,  Clermont  (i 


BUREAUX  :  RUK  ORS  CARM!;'",  14  15  SEPTEMBRE  19C6 

Le  Progrès  Médical 


SOMMAIRE  ;  Thérapeutique;  Quelques  réflexions  sur  le  code  civil.  —  Pharmacologie.  —  Varia  :  Le  futur  institut  de 

Kjitement  de  la  fièvre  héraoglobinurique  bilieuse,  par  Kanellis.  médecine  légale  de  Paris  ;  Les  infirmières  laïques  ;  Folie  reli- 

^  Bulletin  :  Les  maisons  de  prompt  secours  en  Espagne  et  gieuse  des  Aïssouas  ;  Ecoles  d’infirmièrçs  de  Toulon  ;  La  fer- 

eaFrance,  par  Rousselet.  —  Sociétés  Savantes  :  Le  deuxième  meture  des  pharmacies  ;  La  lutte  contre  la  maladie  du  sommeil  ; 

ggigrès  international  d'assainisseynent  et  de  salubrité  de  l'ha-  Validité  juridique  de  la  cession  d'une  clientèle.  —  Les  congrès  : 

Station  :  Viciation  de  l’air  des  locaux  scolaires  publics  et  pri-  XIX=  Congrès  de  l’association  française  de  chirurgie  ;  Congrès 

ïés,  par  Chassevant.  —  La  conférence  internationale  de  national  d’hygiène  et  de  salubrité  publique  à  Marseille  ;  Con- 

u  tuberculose  de  la  Haye.  —  Médecine  pratique  :  Faut-  grès  d’hygiène  et  d’assistance  ;  IIP  congrès  international  pour  la 

Jmobiliser  les  hémiplégiques,  par  Faure.  —  Bibliographie  :  répression  de  la  traite  des  blanches  ;  Congrès  international  pour 

Eléments  de  médecine  mentale  appliquée  à  l’étude  du  droit,  par  l’assistance  des  aliénés.  —  Formules.  —  Nouvelles.  —  Ensei- 

Ljorjjn, _ Médecine  légale  :  Les  médecins  et  la  révision  du  gnement  médical  libre.  —  Bulletin  bibliographique. 


r 

FERIE  T.  XXII  N"  37. 


THÉRAPEUTIQUE 

luelqu.es  réflexions  sur  le  traitement  de  la  fièvre 
hémoglobinurique  bilieuse  : 

Parle  H' Spirldion  KANELLIS 

.Héiteoinde  l’hôpital  Elpis  et  de  l'hôpital  Sotiria  (d’Athènes). 

J. 

Hrophyl.axie.  —  En  commençant  par  la  prophylaxie 
fgiénique  de  la  fièvre  hémoglobinurique  bilieuse, 
onsnous  hâtons  d’avouer  que  nous  sommes  de  l’ordre 
K  conservateurs  etque.par  conséquent, nous  sommes 
wle  principe  :  non  tout  au 'paludisme^  mais  seule- 
ce  qui  est  au  paludisme d' une  façon  évidente. 
Comme  la  fièvre  hémoglobinurique  n’est  point 
lemptede  rechute  et.que  l’anémie  et  la  faiblesse  gé- 
du  corps  augmentent  api’ès  chaque  accès,  ce  qui 
?gmente  en  même  temps  la  prédisposition  à  des  nia- 
destalions aiguës  ettrès  graves  de  l'infection  palustre, 
prudent  d’éloigner  du  foyer  endémique  toute  per- 
f»ne  qui  aurait  présenté  un  accès  plus  ou  moins  grave. 
®nième  temps,  on  rendra  le  malade  attentif  à  ce  qu’il 
*8*ranlisse  de  toute  cause  de  refroidissement  et  à 
piller  de  vêtements  de  laine  jusqu’au  parfait  réta- 
^anaent  de  la  santé  ;  de  plus,  le  malade  doit  pré- 
toute  manifestation  et  tout  accès  palustres  par 
assidu  des  préparations  de  quinquina, ou  même 
«  quinine  à  des  doses  légères.  Enfin,  tout  accès  pa- 
antérieur,  même  le  plus  léger  doit  être  traité 
^  façon  radicale. 

,  ®®éme,  les  personnes  qui  souffrent  de  fièvre  hé- 
^labinurique  bilieuse,  ou  celles  qui  en  sont  mena- 
|.  ou  celles  qui  en  ont  eu  des  atteintes  antérieures, 
^^A®^idès  qu’elles  ont  ressenti  un  certain  mouvement 
mettre  an  lit,  conserver  la  peau  chaude, boi- 
Hj  pissons  chaudes  (infusion  de  sauge,  de  tilleul 
liçjjj  "ô)  et  prendre  toutes  les  trois  heures  une  dose  de 
*#f^'^"ydrate  de  quinine,  30  centigr.  par  exemple  de 
lai,  par  la  voie  hypodermique.  En  général,  elles 
i(jf3  éviter  le  refroidissement  et  l’humidité,  les  diver- 
l«  excessives,  ainsi  que  toute  cause  débilitante 

et  des  forces  en  particulier.  Manuel  Ferreira 
lièvres  aux  colonies  de  l’A- 
^upico-équatoriale  ou  les  Sels  de  quinine  et  l’hy¬ 


giène  dans  le  paludisme,  1900,p.  157),  en  parlant  de 
la  prophylaxie  des  maladies  paludéennes,  reconnaît  que 
les  sels  de  quinine,  administrés  convenablement  contre 
le  paludisme  dans  un  but  prophylactique,  modifient 
complètement,  ou  bien,  ils  repousssent  l’apparition  des 
fièvres  malignes  et  des  hématuriques  bilieuses.  Puis 
enfin  il  faut  détruire  les  moustiques  et  se  protéger  con¬ 
tre  les  piqûres  de  ces  insectes. 

11. 

Traitement.  —  Ayant,  de  tout  temps,  admis  doux 
formes  de  fièvre  hémoglobinurique  bilieuse,  la  foryyie 
palustre, oi  la  forme  quinique,nons  croyons  utile  avant 
d’entamer  la  question  de  leur  traitement  de  faire  précé¬ 
der,  au  pointde  vuedu  diagnostic  dilférentiel, les  signes 
suivants  que  nous  considérons  comme  tels  :  1)  emploi 
précédent  de  la  quinine,  2)  non  répétition  de  l’accès 
hémoglobinurique  sans  administration  d’une  nouvelle 
dose  de  quinine,  3)  grande  intensité  do  l’ensemble  des 
phénomènes  cliniques  (ictère,  hémoglobinurie,  vomis¬ 
sements,  douleurs  des  reins);  plusgrande  durée  de  ces 
phénomènes  et  répétition  des  accès  hémoglobiniiriqiies 
(forme  intermiltenlede  la  maladie)  on  continuation  de 
l’hémoglobinurie  (forme  rémittente  ou  continue)  dans 
la  fièvre  hémoglobinurique  palustre,  4)  amélioration 
de  l'accès  par  l'ingestion  de  la  quinine  et  guérison  ;  dans 
la  plupart  des  cas,  des  malades  souffrant  d'hémoglo¬ 
binurie  palustre,  5)  aggravation  des  phénomènes  par 
l’administration  d’une  nouvelle  dose  de  quinine,  et  mort 
du  malade  par  la  persistance  non  raisonnée  du  médecin 
dans  l'usage  de  la  quinine,  en  cas  d’hémoglobinurie 
quinique,  6)  apparition  de  riiémoglobinurie  palustre, 
dans  certains  cas,  sans  usage  préalable  d'une  prépara¬ 
tion  quelconque  de  quinine,  7)  découverte  dans  beau¬ 
coup  de  cas,  des  parasites  palustres  de  Laveran,  8)  nous 
savons  que  parfois, après  la  guérison  de  la  fièvre  hémo- 
globinuriqne  palustre,  les  malades  souffrent  d’accès  de 
paludisme  sous  diverses  formes  (  paludisme  intermittent 
ou  tiers);  l'administration  de  la  quinine  contre  ces  ac¬ 
cès  ne  produit  jamais  de  l’hémoglobinurie  ;  par  c«ntre, 
cette  hémoglobinurie  se  produit  toujours  chez  leslindi- 
vidus  quiontles  urines  noires  chaque  fois  qu'ils  pren¬ 
nent  même  la  plus  petite  dose  de  quinine,  pareequ'ils 
oiit  une  prédisposition. 

Bastianelli  agit  delà  façon  suivante  dons  la  fièvre  hé- 


578 


LE  PROGRÈS  MÉDICAL 


moglobinuriqne  ;  1)  si,  au  cours  d’un  accès  palustre, 
survient  l’hémoglobinurie,  et  qu'on  révèle  les  parasites 
palustres  dans  le  sang,  il  administre  la  quinine,  2)  il 
évite  de  prescrire  la  quinine:  si  l'examen  microscopi¬ 
que  du  sang  ne  révèle  la  présence  des  hématozoaires, 3) 
il  cesse  de  donner  la  quinine  si  elle  avait  été  adminis¬ 
trée  avant  l’apparition  de  l’accès hémoglobinurique,tou- 
tes  les  fois  que  le  sang  ne  paraît  pas  contenir  des  para¬ 
sites  palustres;  mais, au  contraire,  il  conseille  de  conti¬ 
nuer  l'usage  delaquinine,  si  les  hématozoaires  persis¬ 
tent  dans  le  sang. 

Selon  notre  avis,  comme  l’élément  palustre  est,  dans 
la  plupart  des  cas,  la  cause  principale  de  la  fièvre  hé- 
moglobinurique  bilieuse,  on.doit  avoir  recours  à  l'admi¬ 
nistration  des  diverses  préparations  quiniques.  La  qui¬ 
nine  doit  être  administrée  le  plus  tôt  possible  et,  de  pré  - 
férence,  par  injections  hypodermiques.  L’épigastre,  la 
surface  interne  des  cuisses  et  lesomoplates  sont  les  ré¬ 
gions  les  plus  propices  pour  les  injections  hypoderrni- 
ues,  et  surtout,  d'après  Corre,  lesdeiix  premières  sont 
es  régions  où  l’absorption  se  fait  le  plus  rapidement. 
Quant  à  la  dose,  tout  en  étant  prodigues,  nous  devons 
en  surveiller  avec  attention  l’absorption  réelle  si  le  mé¬ 
dicament  a  été  administré  non  par  la  voie  hypodermi¬ 
que,  mais  bien  par  la  bouche  ou  par  la  voie  rectale.  La 
quinine  sera  prescrite  àla  dose  de  1 1  /2gr.  par  la  bouche, 
en  solution,  si  possible;  à  la  dose  dé  2-3  gr.  en  lavement. 
Pour  les  injections,  on  doit  prescrire  1  gram,  de  brom- 
hydrateou  debichlorhydrate  de  quinine,  dilué  Icge  ar- 
fîsdans  3c.c.  d'eau  distillée  stérilisée, etcontinuer  cette 
dose  quotidienne,  toujours  en  rapport  de  l’intensité 
de  la  maladie. 

Nous  nous  contentons  de  relater  un  seul  cas  de  trai¬ 
tement  de  fièvre  hémoglobinurique  bilieuse  palustre. 

J.  B., 35 ans,  issue  d’une  mère  hystérique  et  d’un 
père  arthritique  ;  aucune  maladie  sérieuse  n’a  été  faite 
jusqu'à  cet  âge  ;  elle  a  deux  enfants  bien  portants.  Au 
mois  de  mai  1895,  à  cause  d'une  bronchite  chronique 
dont  souffrait  son  mari,  elle  fut  obligée  d’accompagner 
celui-ci  aux  bainsde  Kyllini,  lieu  très  marécageux.  Cette 
femme,  qui,  durant  son  séjour  à  Kyllini,  pendant  un 
mois,  se  portait  bien,  une  semaine  après  son  retour  à 
Athènes,  où  elle  demeurait  en  permanence,  commença 
à  avoir  des  accès  palustres  de  forme  tierce  qui  ne  du¬ 
rèrent  pas  plus  de  deux  semaines  ;  ces  accès  revenaient 
dans  la  suite  sous  une  forme  irrégulière  et  ne  cessèrent 
qu’au  mois  d’août.  Le  10  octobre  de  la  même  année, 
après  un  temps  froid  et  humide, elle  fut  de  nouveau  pri¬ 
se  d’une  fièvre  intermittente  qui  commença  de  la  façon 
suivante  :  10  octobre,  frissons  répétés  auxquels  succé¬ 
dèrent  la  fièvre, de  la  céphalalgie  et  de  l’osphyalgie  in¬ 
tense  ;  je  fus  appelé  à  4  h.  p.m.  et  je  trouvai  une  fièvre 
de  39“5.  Purgatif  (eau  de  Janos),  du  lait  et  du  bouillon 
alternativement  toutes  les  2  heures;  à  9  h.  p.  m.  je  fus 
de  nouveau  appelé  etje  trouvai  le  mari  de  la  malade 
très  épouvanté  de  cequeles  urines  de  lamalade  élaient 
d(un  rouge  foncé.  La  malade  avait  des  vomissements 
bilieux  incoercibles;  potion  de  Rivière  et  sinapismes  sur 
la  région  stomacale;  quinine  1  gr.  30  pour  le  lende¬ 
main:  Il  octobre, 3  garde-robes,  intolérance  de  la  qui¬ 
nine,  laquelle  a  été  vomie  deuxfois.  Les  urines  du  ma¬ 
tin  étaient  noires,  contenant  de  l’hémoglobine  et  2-3 
hématies  intactes  sur  chaque  champ  opliquedu micros¬ 
cope.  Couleur  ictérique  intense  répandue  sur  tout  le 
corps;  température  38°2;  pulsations  100;  foie  débordant 
deux  travers  de  doigt  des  fausses  côtes  ;  rate  débordant 
des  fausses  côtes  trois  travers  de  doigt  et  sensible  à  la 


pression;  1  gram.  de  bromhydrate de  quinine  eniDi», 
tiens  hypodermiques  pratiquées  à  10  h.  a.m  ;  à  . 
m.,  urines  moins  noires;  vomissements  plus  rares- J 
lait,  une  tasse  de  café  toutes  les  2  h.;  température 
pulsations  110.  8  heures  p.  m.,  nouveaux  frissons  rik 
légers;  tempéralure39  8;  pulsations  140;  vomissement 
fréquents;  urines  d’un  rouge  foncéen  quantité  coiîsi. 
dérable  et  contenant  de  l'hémoglobine  ;  morceaux  de 
glace  par  la  bouche  et  sirop  d’éther  ;  champagne  ;  \ 
gram.  de  bromhydrate  de  quinine  en  injections  pour  le 
lendemain:  préparations  microscopiques  du  sangdeli 
malade.  —  12  octobre,  8  h.  a.  m.,  température  38*3; 
pulsations  faibles  108;  vomissements  rares;  la  couleur' 
ictérique  persiste:  injection  de  quinine:  11  h.  a.  m.tem-' 
pérature  37°2  ;  pulsations  78;  urines  abondantes  et 
moins  foncées;  diaphorèse  abondante;  l’examen  micros- ! 
copique  des  préparations  de  la  veille  a  révélé  la  présence  ; 
des  hématozoaires  de  Laveran,  et  en  particulier  des 
corps  sphériques  et  de  peu  de  corps  en  croissant.  4  h.p. 
m.  température  36'’8;  pulsations  68:  urines  à  peine  rou¬ 
geâtres;  injection  de  quinine  (0,35),  lait,bouilion, cham¬ 
pagne.  —  13  octobre,  température  36°2:  pulsations 60: 
la  malade  se  trouve  en  bonne  disposition  :  1  gram.  chlo¬ 
rhydrate  de  quinine  en  3  doses  par  la  bouche.  A  partir 
du  14  octobre,  la  malade  commence  à  prendre  des 
médicaments  toniques,  des  aliments  nutritifs,  du  via 
généreux  etentra  peu  à  peu  dans  la  convalescence  défini¬ 
tive  et  dans  la  santé.  Le  sang  a  été  examiné  à  plusieurs 
reprises  et  ne  contenait  aucune  des  formes  des  hémalo- 
zoaires  palustres. 

Au  contraire,  dans  les  hémoglobinuries  quiiiiqu», 
simples,  aussi  bien  que  dans  les  lièvres  hémoglobinuti- 
ques  quiniques,  nous  évitons  la  quinine  et  nous  ordon¬ 
nons  le  repos,  les  limonades,  l’eau  de  Vichy,  et  comme 
nourriture,  le  lait  et  exceptionnellement  lebouillonde 
poule. 

Nous  n’ignorons  point  qu’on  a  publié  des  statistiques 
de  malades  atteints  de  fièvre  hémoglobinurique  bilieuse 
et  guéris  par  la  quinine,  ainsi  que  des  malades  traites 
sans  quinine,  dans  le  but  de  prouver  l’efficacité  de  I» 
médication  non  quinique;  mais  nous  croyons  que  a 
ces  statistiques  on  ne  puisse  arriver  à  aucune  conci 
sion,  du  fait  que,  parmi  les  cas  traités  sans  quinme, 
on  a  embrassé,  selon  notre  avis,  outre  les  fièvres  hem« 
globinuriques  provenant  de  l’infection  palustre,  u 
grand  nombre  de  cas  d’hémoglobinurie  quinique  si 
pie  et  de  fièvre  hémoglobinurique  quinique,  de  sor 
que  tous  les  cas  cités  dans  ces  statistiques  ne  ' 
répartis  d’après  leur  forme  particulière  :  ce  qui  ^  • 
permet,  par  conséquent,  d’abonder,  avec 
dans  le  sens  de  la  plus  grande  autorité 
siècle  dernier,  savoir  que  la  statistique  ne  | 

la  vérité  scientifique.  En  médecine  et  en  physio  o  ^ 
disait  Claude  Bernard,  <<  la  statistique  conduit 
reur  presque  nécessairement  ».  Lorsque, 
matière  des  statistiques  n’est  pas  examinée  à  fon 
pas  répartie  d’une  façon  spéciale,  lorsq